Laval médical, 1 novembre 1944, Novembre
[" VoL.9 No 9 NovEMBRE 1944 LAVAL MEDICAL BULLETIN DE LA SOCIETE MEDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUEBEC Direction FACULTE DE MEDECINE UNIVERSITÉ LAVAL QUEBEC SOUFFRENT DAVITAMINGOSE Un régime carencé en riboflavine chez les animaux d'expérience amène un arrêt de croissance, des signes prématurés de vieillesse.L\u2019 administration de riboflavine ramène l\u2019état normal et disparition des lésions.(Day, P.L., et Darby, W.J., J.Biol., Chem., 123, 28- 29, mai 1938.) Il est hors de doute que nombre d'individus, surtout chez les pauvres, ne consomment pas assez d'aliments contenant une teneur suffisante en vitamines À et G pour assurer un état de nutrition essentiel au bien-être et à la résistance aux infections.(Sherman, H.C,, Lanford, C.S., J.A.M.A., 111; 1278-1280, 16 avril 1938.) LAVAL MÉDICAL VOL.9 N° 9 NOVEMBRE 1944 COMMUNICATIONS LES FURONCLES DE LA FACE : LEUR PRONOSTIC ET TRAITEMENT \u201c par Jean GRANDBOIS Assistant bénévole à l\u2019Hôtel-Dieu C\u2019est en 1880 que Pasteur découvrit que le furoncle avait pour agent causal le staphylocoque doré et, exceptionnellement, le staphylocoque blanc.p Les causes prédisposantes peuvent étre locales ou générales.Les premiéres comprennent toutes les irritations cutanées et toutes les dermatoses prurigineuses.La barriére cutanée étant attaquée, le staphylocoque pénètre au niveau du follicule pileux et provoque le développement d\u2019un furoncle.Souvent, aussi, 1l s\u2019agit de l\u2019irritation d\u2019un ostium folliculaire hébergeant d\u2019avance le stap \"coque.| ar niles causes générales, nous_pouvons aflirmer que les & athologr ues, \u2018n inuant la résistance de individu, prédisposen pparition d\u2019vm f ror cle ou, plus souvent, de la furonculose.1 aenage physique ¢ intellectuel, l\u2019anémie, les troubles digestifs \u20ac grivde de convales ence des fièvres éruptives comptent po certar .e ces états.(1) Trav ul du Service de de .utologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec E.Gaumond).3) 690 Lavar.MÉpicaL Novembre 1944 La plupart des auteurs admettent l\u2019influence prédominante du diabète sur l\u2019apparition de ces infections pyogéniques de la peau.Cependant Williams (1), après une étude de 70,419 patients, dont 850 diabétiques, conclut que le furoncle et l\u2019anthrax (carbuncle) ne sont pas plus fréquents chez le diabétique que chez ceux qui ne souffrent pas de cette maladie.Quelque soit le siège du furoncle, l\u2019agent causal et les causes pré- disposantes demeurent les mêmes, mais le pronostic devient beaucoup plus sérieux si la lésion fait son apparition dans la région faciale.Cette région, dans son ensemble, est plus vulnérable, mais pour des raisons tant anatomiques que physiologiques, la lèvre supérieure et le nez doivent être considérés très particulièrement comme la «zone dangereuse ».Celle-ci est comprise dans un triangle qui s\u2019étend des angles de la bouche à la racine du nez.La peau, au niveau de cette zone, est très mince et très adhérente aux muscles sous-jacents, dont les fibres sont insérées dans le derme.I[ n\u2019y a que peu ou pas de tissu de liaison lâche et de tissu adipeux sous la peau, et le tissu cellulaire s\u2019y restreint particulièrement autour des vaisseaux lymphatiques et sanguins et autour des fibres musculaires.La vascularisation est très riche à la lèvre supérieure, et ce riche plexus veineux est plus superficiel qu'ailleurs.Le tronc collecteur pour la lèvre supérieure monte dans le sillon naso-labial et se déverse dans la veine faciale, au niveau de la narine ou du bord de l\u2019erbite.Les veines nasales se déversent aussi dans cette veine faciale.Celle-ci, à son tour, se déverse dans les veines ophtalmiques supérieures et inférieures, et ces dernières dans les sinus caverneux.La lèvre inférieure possède deux branches collectrices, dont la branche collectrice inférieure se vide également dans la veine faciale.Une autre voie peut être suivie, celle de la veine faciale antérieure, de la faciale commune, de la jugulaire interne et, enfin, de la circulation générale.La veine angulaire fait aussi communiquer le système veineux superficiel avec les canaux veineux profonds intra-cräniens.Un autre point important de ce réseau veineux est l\u2019absence de valvules dans les veines faciales et ophtalmiques de même que la rigidité des parois de ces veines.Cela rend plus facile l\u2019accès des sinus caverneux. Novembre 1944 Lavar.MÉDICAL 691 Supposons maintenant qu\u2019un petit furoncle fasse son apparition au niveau de la « zone dangereuse ».La dissémination de l\u2019infection peut se faire très facilement entre les fibres musculaires, dans le tissu de liaison dense.La vascularisation étant intense et superficielle, le contact de l\u2019agent infectant avec le lacis veineux se réalisera sans difficulté.Une thrombo-phlébite s\u2019y fstallera, et il y aura alors progression ou arrêt.Deux facteurs importants entrent Ici en ligne de compte, ce sont le traumatisme et le mouvement.Le traumatisme dénudera certaines vel- nules, provoquera un saignement plus ou moins léger, et aidera à la dissémination de l\u2019infection.Le mouvement, comme on le sait, est particulièrement prononcé aux lèvres supérieure et inférieure.La pression ainsi exercée sur le furoncle, par la contraction des muscles labiaux aidera également à la propagation de l\u2019infection.II y aura alors thrombo- phlébite des troncs collecteurs veineux, et l\u2019absence de valvules dans les veines faciales et ophtalmiques rendra vulnérable l\u2019accès des sinus caverneux, des vaisseaux méningés et de la circulation générale.Nous nous trouvons donc 1c1 devant, soit une thrombo-phlébite des sinus caverneux, soit une méningite, soit une septicémie massive à staphvlocoque doré, complications qui rendent si sérieux le pronostic du furoncle de la face.Grove (2), en faisant une revue de la littérature, rapportait qu'avant 1936, la mortalité dans la thrombo-phlébite des sinus caverneux était de 100%.Depuis cette date, quelques rares cas de survie ont été publiés.Cohen et Cohen (3) constataient un succès thérapeutique dans une thrombo-phlébite des sinus caverneux chez un enfant de deux ans, et, grâce à l\u2019emploi simultané de sulfathiazole, de transfusions sanguines et d\u2019héparine, Doorly (4) observait un résultat semblable chez un patient atteint d\u2019un furoncle du nez, compliqué de thrombo-phlébite des sinus caverneux.Ces mois derniers, une Jeune patiente de 10 ans se présentait à l\u2019hôpital pour un furoncle du front, compliqué de thrombo-phlébite des simus caverneux, de méningite et de septicémie à staphylocoque doré ; administration de pénicilline, par voie intra-rachidienne et intramusculaire, amena la guérison de cette patiente.Ce cas sera publié 1cr prochainement, et au complet, par le Dr E.Gaumond.Espérons que l\u2019avenir nous réservera des succès thérapeutiques de plus en plus nombreux, puisque l\u2019action de la pénicilline sur le staphylocoque doré est maintenant démontrée. 692 Lavar.MÉDicaL Novembre 1944 Avant de passer à l\u2019étude de quelques observations de furoncles de la face, Je voudrais de nouveau insister sur la gravité du pronostic de cette affection, surtout si le siège du furoncle se trouve dans la « zone dangereuse ».Pour la première fois dans la littérature, Ludlow (3), en 1852, en exposait la gravité, puisque, sur ses six cas rapportés, 1l eut trois morts.Martin (6), sur sept patients avec des furoncles multiples de la lèvre supérieure, en perd six.Totten (7) observe trente-et-un malades avec des furoncles de la face, dont trois meurent.Maes (8) rapporte la mort de vingt patients souffrant d'infections dans la «zone dangereuse » et de sept autres malades infligés d\u2019un furoncle à la lèvre inférieure.Berman (9) observe huit cas d\u2019anthrax de la face dont quatre meurent.Loubejac (10) publie trois cas de mort.Dittrich, cité par Walker et Awtrey (11) donne, comme taux de mortalité pour les furoncles de la face incisés : 13%.Le professeur Terracol (12) nous fournit aussi des statistiques : celle de Monin : 1507, et celle de Nowicka : 29\u20ac de mortalité.On peut constater, d\u2019après ces auteurs, que le pronostic des furoncles de la face, et surtout celui de la « zone dangereuse » est grave, puisque le taux de mortalité varie de 10 à 90\u20ac.Depuis quelques années nous avons eu l\u2019occasion d'observer huit cas de furoncle et un cas d\u2019anthrax (carbuncle) de la face dans le Service de dermatologie de l\u2019Hôtel-Dieu.Sur ce nombre, sept patients étaient affligés d\u2019un furoncle dans la « zone dangereuse ».Les deux autres patients souffraient, l\u2019un d\u2019un furoncle, l\u2019autre d\u2019un anthrax au niveau de la lèvre inférieure.Sur ces neufs patients, un de ceux qui souffraient d\u2019un furoncle de l\u2019aile du nez est décédé moins de trente-six heures après son admission à l\u2019hôpital.Ce cas comprend l\u2019autopsie.Voici les observations de ces malades.FURONCLES DE LA LÈVRE SUPÉRIEURE Première observation : M.H.M., 26 ans, est admis, le 8 octobre 1940, pour tuméfaction douloureuse énorme de la lèvre supérieure.Cette lésion avait débuté, il y a une huitaine de jours, par un petit « bouton », que le patient s\u2019était Novembre 1944 LavarL MEbicAL 693 hâté de presser pour en faire sourdre quelques gouttes de pus.Les jours suivants, le « bouton ) avait augmenté de volume, et était devenu très douloureux.A son admission, la température est de 103°F., le pouls, de 80 pulsations à la minute, et la respiration, de 20.Le patient se plaint d\u2019asthénie prononcée, de céphalée, et de douleur intense à la lèvre supérieure.Celle-ci est augmentée d\u2019au moins trois fois son volume normal.Du côté gauche, une tumeur, de la grosseur d\u2019un œuf de pigeon, recouverte en son centre d\u2019une croûte jaunâtre, fait légèrement saillie sur la zone œdémateuse environnante.Toute cette zone est de couleur rouge violacé, dure et douloureuse au toucher.L\u2019ædème empiète sur la région génienne gauche, et s\u2019étend même jusqu\u2019à la région sous-orbitaire du même côté.Ce gonflement énorme rend très difficile tout mouvement de la bouche.L\u2019examen clinique des différents appareils est négatif.Un examen des urines décèle 0 g.20%o d\u2019albumine et quelques cellules pavimenteuses.Le traitement consista dans une diète liquide, le rèpos complet au lit avec défense de parler, et l\u2019application de pansements humides chauds au permanganate de potassium sur la lèvre supérieure.Un dérivé sulfa- midé, le Dagenan (sulfapyridine), lui est donné à raison de 1 gramme aux 4 heures.Une injection d\u2019héroïne (\u2018/12e gr.) réussit à le soulager durant deux heures environ.Le lendemain, 9 octobre, notre patient, dont l\u2019état est le même que la veille, reçoit un premier traitement de rœntgenthérapie sur la lèvre supérieure gauche.La dose est de 350 r.(Kv : 135 ; Ma : 5% ; filtre 50/10 AL.; local.: 20 ; dist.: 27 ; temps : 14 min.).La douleur augmente dans les quelques heures qui suivent ce traitement.Le Dagenan et les pansements humides chauds sont continués.Le 10 octobre, la température est de 102°F., le pouls, de 100.Des troubles digestifs, sous forme de douleurs stomacales et de vomissements, exigent la cessation du Dagenan.Les douleurs locales ont un peu diminué, mais réclament quand même l\u2019administration d\u2019héroïne ('/i2 gr.).Le malade est tou- Jours très fatigué.Le 11 octobre, il est soumis à une deuxième séance de rœæntgen- thérapie, mais cette fois sur la lèvre supérieure droite.L\u2019état général de 694 Lavar MÉDicaL Novembre 1944 notre patient s\u2019améliore.Il s\u2019alimente un peu et semble moins abattu.La température est de 101°F., et le pouls, de 92.La lèvre supérieure diminue de volume, les douleurs sont moins fortes, Un nouvel examen d\u2019urines décèle 0 g.50%o d\u2019albumine et des cylindres granuleux peu nombreux.Un examen pulmonaire est négatif.Les symptômes diminuent de Jour en jour, et le 15 octobre, l\u2019état du patient s\u2019est beaucoup amélioré.La température est de 98°F., et le pouls, de 90 pulsations à la minute.Le volume du furoncle est de moitié \u2018momdre.Les douleurs sont complètement disparues depuis environ deux Jours.Le patient s\u2019alimente très bien, et ne reçoit, comme traitement, que des pansements humides chauds au permanganate de potassium.Un examen des urines est complètement négatif.Le 20 octobre, la lèvre supérieure de notre patient est à peu près de volume et d\u2019aspect normal, et seule une petite induration subsiste.Le 22 octobre, 14 Jours après son admission, il quitte l\u2019hôpital, guéri.Deuxième observation : Mme A.P., 40 ans, vient consulter, le 14 juillet 1942, pour une tuméfaction douloureuse de la lèvre supérieure droite.Le début du processus remontait à une semaine, sous la forme d\u2019une petite pustule douloureuse que la patiente pressa à plusieurs reprises.Au lieu de disparaître, comme elle s\u2019y attendait, la tumeur augmenta de volume jusqu\u2019à ce jour.La malade se plaint également de fatigue générale.La température est de 100°F., le pouls, de 74 pulsations à la minute et la pression artérielle, de 110 65.Elle semble à bout de forces.A la lèvre supérieure droite, on voit une tumeur rouge, tendue, de la grosseur d\u2019un noyau de prune.Un léger œdème entoure le furoncle.L\u2019examen physique clinique est négatif.Un examen des urines décèle des traces d\u2019albumine, quelques cellules pavimenteuses et du pus en quantité assez abondante.Le traitement comprit une alimentation légère, le repos complet au lit, et l\u2019application de pansements humides chauds au permanganate de potassium.Le lendemain, 15 juillet, notre patiente reçoit une application de rœntgenthérapie de 350 r.(Kv : 135 ; Ma : 54 ; filtre : 5 Al.; local.: 40 mm.; dist.: 27 ; temps : 14 min.).Durant les quelques heures qui Novembre 1944 Lavar.MÉDICAL 695 suivirent ce traitement, le furoncle sembla augmenter de volume et les douleurs devinrent plus fortes.Au bout de douze heures la douleur cesse complètement, et douze heures plus tard encore, il y avait évacuation spontanée du bourbillon.Le 16 juillet, la température est de 99°F., le pouls, de 71, et la patiente se sent moins affaissée.Les pansements chauds au permanganate de potassium sont continués.Le 20 juillet, six Jours après son entrée, notre malade quitte l\u2019hôpital, guérie, sa lèvre supérieure étant d\u2019aspect normal.Troisième observation : M.M.B., 59 ans, arrive à l\u2019hôpital, le 1°\" novembre 1942, présentant une tuméfaction érythémateuse et purulente à la lèvre supérieure, et une autre moins prononcée sur l\u2019arle gauche du nez.La maladie a débuté 11 y a huit Jours par un petit « bouton » induré et douloureux sur l\u2019aile gauche du nez.Le patient inquiet de la prolifération de cette lésion, consulta son médecin.Celui-ci, après avoir porté le diagnostic de furoncle, lux preseri- vit l\u2019application locale d\u2019antiphlogistine.La guérison s\u2019ensuivit mais, malheureusement pour notre malade, un autre furoncle fit son apparition sur la lèvre supérieure.Ce dernier ne fut pas influencé par le même traitement, et continua à progresser.C\u2019est alors que son médecin le dirigea vers l\u2019hôpital.À son admission, il a une température de 101.3°F., un pouls de 104 et une respiration de 24.Son aspect général est celui d\u2019un grand fatigué.À la lèvre supérieure on voit une tumeur rouge foncé de 3 à 4 cms de diamètre.La lèvre, dans son ensemble, est œdématiée.L\u2019aile gauche du nez est aussi le siège d\u2019une petite tuméfaction indurée.L\u2019ædème environnant est assez marqué.L\u2019examen clinique des différents systèmes est négatif.Le patient est soumis aussitôt à une séance de rœntgenthérapie.Il reçoit une dose de 350 r.au niveau de l\u2019aile gauche du nez, et deux autres doses de 350 r., l\u2019une à la portion médiane, l\u2019autre à la portion latérale droite de la lèvre supérieure.Des pansements humides au streptocide (\"/se gr.dans 4 onces d\u2019eau) sont appliqués localement.On lui administre aussi du sulfathiazole per os, a la dose de 1 gramme aux 4 heures. 696 Lavar MÉDICAL Novembre 1944 Le lendemain, 2 novembre, après une nuit d\u2019insomnie presque complète, l\u2019œædème s\u2019étend à la joue gauche, mais la tension douloureuse a diminué d\u2019une façon notable.La température est la même et notre patient se dit très affaissé.Le 3 novembre, on discontinue le sulfathiazole à cause de troubles digestifs, d\u2019une diurèse de 650 c.c.en 24 heures, et d\u2019un examen d\u2019urines décelant 2 g.%o d\u2019albumine, quelques cylindres granuleux et des cristaux de sulfamidés excessivement abondants.Le malade ne semble plus souffrir, et sa lèvre supérieure, ainsi que sa région nasale gauche, ont diminué légèrement de volume.11 est encore très las, et sa température est de 100.3°F.Les pansements humides au streptocide sont continués.Le 5 novembre, l\u2019œdème du nez et de la lèvre est beaucoup moins prononcé.La faiblesse diminue et la température est de 99.3°F.Le 10 novembre, la figure de notre patient est à peu près revenue à l\u2019état normal.La température est de 99°F., son pouls bat à 96, et, quoique légèrement fatigué, il se sent bien.Un nouvel examen d\u2019urines décèle 0 g.14% 0 d\u2019albumine.Un état grippal qui se développe les jours suivants retarde son départ Jusqu\u2019au 21 novembre.Il quitte l\u2019hôpital, à cette date, complètement guéri.FURONCLES DE LA LÈVRE INFÉRIEURE Première observation : Mme A.L., 35 ans, vient consulter, le 13 décembre 1936, pour une tumeur douloureuse de la Ièvre inférieure gauche.Il y a une semaine, elle s\u2019aperçut de l\u2019apparition d\u2019un petit « bouton » à la lèvre inférieure.Elle le toucha.Peu à peu, une tumeur érythémateuse et douloureuse se développa.La douleur augmenta et présenta des irradiations dans l\u2019hémi- crâne gauche.À son arrivée, cette patiente a une température de 99°F., un pouls de 88 et une respiration de 24.Elle se sent faible.Une tumeur assez volumineuse (+ cms de diamètre) de couleur rouge foncé, et au centre de laquelle il y a un point ramolli blanchâtre, existe à la lèvre inférieure gauche.Un léger œdème circonserit la lésion.L\u2019examen clinique des différents appareils est négatif.Un examen d\u2019urines ne décèle rien d\u2019anormal. Novembre 1944 LavaL.MÉDICAL 697 Le traitement de cette malade consista dans une diète complète, le repos au lit, et l\u2019application de pansements humides chauds au permanganate de potassium.Le 14 décembre, après une nuit d\u2019insomnie, le furoncle s\u2019ouvre spontanément et il y a écoulement purulent.La tumeur diminue de volume, et la douleur est moins intense.La température est normale, mais la patiente se sent encore lasse.Les jours suivants, il y a amélioration constante et, le 20 décembre, 7 jours après son admission, elle quitte l\u2019hôpital, complètement guérie.Deuxième observation (anthrax) : M.E.P., 59 ans, est admis à l\u2019hôpital, le 22 août 19H, pour tuméfaction douloureuse et purulente de la lèvre inférieure gauche.La maladie a débuté il y a une quinzaine de jours par une sensibilité douloureuse de la lèvre inférieure.Trois ou quatre jours plus tard un petit furoncle fait son apparition dans cette région.Le patient consulte son médecin, qui lance la lésion et en fait sortir le bourbillon.Les jours suivants, le furoncle reprend son évolution, et apparaît sous la forme d\u2019un placard rouge violacé, dur et très douloureux.La température est de 101°F., le pouls, de 80, et la respiration, de 20.Notre patient se sent fatigué.A la lèvre inférieure gauche, on voit une tuméfaction purulente de 2 pouces de diamètre, couverte de plusieurs phlycténes.Quelques-unes de ces phlycténes laissent échapper du pus.L\u2019œdème de la lèvre est trés important et immobilise complétement sa bouche.L\u2019examen clinique des différents appareils est négatif.Un examen des urines ne décéle rien de spécial, et une glycémie donne le chiffre de 0 g.9190.Le traitement consiste dans une diète liquide abondante, le repos complet au lit sans parler, et des pansements humides chauds au permanganate de potassium.Il reçoit, en plus, 1 gramme de sulfathiazole aux 3 heures.Le lendemain, le pus s\u2019écoule plus abondamment de la lésion, mais la douleur et le gonflement sont toujours très importants.La température est normale.Notre patient est soumis à une première séance de rœntgen- thérapie de 200 r.(Kv : 135 ; Ma : 5 ; filtre : 5 AI.; local.: 6 x 8 dist.: 30 ; temps : 6 min.).On nota que le gonflement et la douleur 698 Lavar MÉDICAL Novembre 1944 augmentèrent quelques heures après ce premier traitement, mais que, douze heures plus tard, la douleur avait complètement disparu.Le 24 août, l\u2019anthrax suppure abondamment et le malade se sent beaucoup mieux.Les pansements humides chauds au permanganate de potassium sont continués, ainsi que le sulfathiazole à la dose d\u2019un gramme aux 8 heures.Le 23 août, la température est normale, et l\u2019état général de notre patient s\u2019est encore amélioré.Il reçoit un deuxième traitement de rœntgen- \\ thérapie de 200 r., et le sulfathiazole est diminué à 2 grammes par 24 heures.L\u2019anthrax suppure toujours très abondamment.Les 26 et 27 août, :l y a amélioration progressive.Le 28 août, il est soumis à une troisième et dernière séance de rœntgenthérapie de 200 r.Le sulfathiazole est discontinué, et le seul traitement qu\u2019il reçoit consiste en des pansements humides.Le 29 août, il n\u2019y a plus de suppuration et l\u2019anthrax a presque complètement disparu ainsi que l\u2019œdème de voisinage.Le 1°\" septembre, 10 jours après son admission, notre patient quitte l\u2019hôpital, guéri.FURONCLES DU NEZ Première observation : Mlle T.G., 28 ans, est admise à l\u2019hôpital, le 27 novembre 1942, pour tuméfaction douloureuse de l\u2019aile gauche du nez.Les troubles ont débuté il y a six jours par une tension désagréable à ce niveau.Il est inutile d\u2019ajouter que la patiente n\u2019a pas manqué de frotter un peu cette région.Une petite tumeur est apparue, a grossi et est devenue douloureuse.La température, le pouls et la respiration sont normaux.Elle souffre seulement d\u2019une légère fatigue.Sur l\u2019aile gauche du nez, il y a une petite tumeur de la grosseur d\u2019une noix.Cette tumeur est dure et centrée par un poil.Les régions génienne et sous-orbitaire gauches sont le siège d\u2019un œdème assez important.L\u2019examen clinique des différents systèmes est négatif, amsi qu\u2019un examen sommaire des urines.Le traitement consiste en une séance immédiate de rœntgenthérapie.La dose habituelle de 350 r.est administrée.Notre patiente est aussi Novembre 1944 Lavar.MÉDICAL 699 soumise au repos complet au lit, et à l\u2019application d\u2019un sac d\u2019eau chaude sur la région malade.Le lendemain, 28 novembre, l\u2019ædème de la partie supérieure gauche de la face est disparu, la tumeur est moins volumineuse et la tension douloureuse n\u2019existe plus.II y eut, sans aucun doute, avortement du furoncle.Le 30 novembre, + jours après son admission, la patiente, guérie, quitte l\u2019hôpital.Deuxième observation : M.N.V., 47 ans, est admis à l\u2019hôpital, le 5 juillet 1938, pour tuméfaction douloureuse à l\u2019aile droite du nez, ainsi que légère asthénie.Le début de ces troubles remonte à six Jours, moment de l\u2019apparition d\u2019un petit « bouton ».Depuis ce temps, 1l y a eu progression de cette lésion, et la douleur augmente.La température est de 100°F., le pouls, de 90, et la respiration, de 28.Une lésion inflammatoire dure, mesurant 1 cm.de diamètre, et recouverte en son centre d\u2019un point Jaunâtre, est présente sur l\u2019aile droite du nez.De l\u2019ædème entoure cette tumeur, et s\u2019étend même à la paupière inférieure droite.Un examen clinique ne révèle rien d\u2019autre d\u2019anormal.L\u2019examen des urines est négatif.Le traitement consista dans le repos au lit, des pansements humides boriqués, et l\u2019administration d\u2019un dérivé sulfamidé, le streptocide (sulfa- nilamide), à la dose de 4 grammes par 24 heures.Le lendemain, la température est de 99°F., le pouls, de 78, et la respiration, de 24.La douleur a légèrement diminué, et l\u2019infection semble plus localisée.La dose de streptocide est abaissée a 2 grammes par 24 heures.Le 7 juillet, le furoncle s\u2019ouvre spontanément et le drainage s\u2019établit.La température est normale et la douleur a presque complétement disparu.La tuméfaction a diminué de volume, et on ne voit qu\u2019un très léger œdème au niveau de la paupière droite.Le 8 juillet, il y a élimination du bourbillon, et toute tension douloureuse disparaît.Le streptocide est discontinué, et le seul traitement consiste dans l\u2019application locale de pansements humides boriqués.Le 11 Juillet, six Jours après son admission, notre patient quitte l\u2019hôpital, guéri. 700 Lavar MÉDicar Novembre 1944 Troisième observation : M.J.F., 35 ans, vient consulter, le 2 juin 1939, pour érythème douloureux du nez et asthénie importante.Ces troubles ont débuté, il y a six jours, par de la douleur dans la fosse nasale droite.La douleur augmenta de Jour en Jour et notre patient se sentait affaissé.C\u2019est alors qu\u2019apparut un léger érythème sur le nez.À son admission, la température est de 98°F., le pouls, de 78 pulsations à la minute, et la respiration, de 20.L\u2019apparence générale de ce malade est celle d\u2019un grand fatigué, bien que l\u2019examen clinique des différents organes soit négatif.La peau de la région nasale est rouge dans son ensemble, mais l\u2019érythème et la sensibilité sont plus prononcés du côté droit.La fosse nasale droite est obstruée par deux petits furoncles.Le traitement consista dans le repos complet au lit, l\u2019administration de streptocide (sulfanilamide) à la dose d\u2019un gramme aux + heures, et l\u2019application de pansements humides chauds boriqués sur le nez.Il reçut aussi des instillations d\u2019argyrol à 10°% dans les deux fosses nasales.Le 4 juin, deux jours après on arrivée, nous ne constatons aucun changement dans l\u2019état du patient.L\u2019érythème douloureux semble même avoir augmenté d\u2019intensité.Le même traitement est suivi, sauf que le streptocide est discontinué.Le 6 juin, il y a écoulement purulent abondant de la narine droite et la douleur diminue.Notre malade se montre toujours très abattu, et son appétit est léger.On lui donne du vin de quinquina avant les.repas.Le 12 juin, I\u2019écoulement purulent est tari, la douleur et l\u2019érythème de la région nasale ont disparu.De l\u2019ædème persiste dans la fosse nasale droite et le patient est toujours très affaissé.Il reçoit des instillations d\u2019huile mentholée dans son nez, et de la strychnine a la dose de '/30e gr.deux fois par Jour.\u2019 Le 17 juin, notre patient se sent moins fatigué.La région nasale est à peu près normale.Il continue cependant à recevoir des instillations d\u2019huile mentholée dans sa fosse nasale droite.On lui donne aussi des reconstituants généraux sous forme de vitamines, de cacodylate de soude et de strychnine.Le 25 juin, son état général est amélioré, mais le 9 Juillet seulement il peut quitter l\u2019hôpital, complètement guéri. Novembre 1944 LavarL MebpicaL 701 Quatrième observation : M.E.L., 19 ans, arrive à l\u2019hôpital sur civière le 27 novembre 1943, à 5 heures du soir.Il est à demi-conscient et seules de fortes douleurs à la tête semblent le faire sortir de cet état.La région nasale ainsi que les paupières sont de couleur rouge violacé et très œdématiées.La maladie de ce patient a débuté 1l y a sept Jours par une petite tumeur douloureuse sur le nez.Cette tumeur devenait de jour en jour plus douloureuse et son état général faiblissait.Le gonflement s\u2019étendit de la région nasale aux paupières des deux côtés.C\u2019est alors qu\u2019un médecin consulté derande son hospitalisation.- - Sa température est de 103°F., son pouls, de 110, et sa respiration, de 28.Le nez est le siège d\u2019un œdème rouge violacé et dur, qui empiète sur les régions géniennes.Les fosses nasales sont obstruées et laissent s\u2019écouler des sécrétions muco-sanguino-purulentes.Les régions palpébrales sont aussi très œdématiées, ce qui rend impossible les mouvements des paupières.Sur ce gonflement diffus, on peut noter quelques petites surélévations au niveau de l\u2019aile droite du nez.L\u2019examen clinique révèle une raideur marquée de la nuque et un signe de Kernig positif.Le traitement consista dans une diéte liquide abondante, l\u2019administration buccale de sulfathiazole (1 gramme aux 4 heures) et I\u2019application de pansements humides chauds au sérum physiologique.Les [csses nasales sont lavées avec une solution de streptocide.Notre malade est agité et demi-conscient durant toute la nuit, et deux injections de morphine ('/6e gr.) ne lui donnent que quelques instants de repos.Le lendemain, 28 novembre, à 6 heures du matin, étant inconscient et ne pouvant boire, on lui donne 1,0C0 c.c.de sérum mixte et 1 gramme de soluthiazamide par voie intra-veineuse Sa température rectale est de 104°F., son pouls, de 127, et sa respiration, de 32.L\u2019eedéme est plus ¢tendu et plus dur au niveau du nez et des paupiéres.Nous sommes dans l\u2019impossibilité de faire un examen de sa vue.A 10 heures du matin, il reçoit du camphoral, de l\u2019héroïne ('/12- gr.), et une nouvelle injection intra-veineuse de soluthiazamide (1 gr.).Il est de plus en plus agité et inconscient.L\u2019écoulement nasal sanguino- purulent augmente. 702 Lava\u2026 MépicaL Novembre 1944 A 11 heures du matin, 1l est soumis à une séance de ræntgenthérapie de 350 r.appliquée sur le nez.A 2 heures du soir, 1l reçoit de nouveau 1,000 c.c.de sérum mixte ainsi que 1 gramme de soluthiazamide.A 4 heures du soir, sa respiration devient difficile et son faciès est vultueux.On pratique une ponction lombaire.La pression initiale est de 58 mm.d\u2019eau, et on retire 20 c.c.d\u2019un liquide fortement xanthochromique louche et coagulant spontanément.Un examen immédiat de ce liquide décéle 12.70%, d\u2019albumine et 4,270 leucocytes par mm3.La cytologie qualitative comprend des polynucléaires désagrégés en grande quantité.L\u2019ensemencement de ce liquide est fait sur de la gélose au sang.Notre patient semble plus calme à la suite de cette ponction lombaire mais ne repose pas.Les stimulants cardiaques, le sérum mixte, les sédatifs ainsi que le soluthiazamide sont continués toute la Journée, mais sans produire aucune amélioration.A 10 heures du soir, 29 heures après son admission, notre patient meurt.Quelques heures plus tard, le Dr Henri Marcoux, chef des laboratoires de l\u2019hôpital, pratique l\u2019autopsie.Extraits du protocole : Macro : Œdème marqué de la face.Furonculose de l\u2019aile droite du nez.Cerveau : Les enveloppes du cerveau sont assez adhérentes au crâne et au cerveau.À la base, sur la protubérance et le début de la moelle, il y a un liséré fibrino-purulent assez marqué (méningite).Les sinus latéraux et les sinus caverneux sont normaux.Thorax : Dans les poumons, il y a d\u2019assez nombreuses embolies septiques ainsi que quelques abcès.Au côté gauche, il y a 250 c.c.de liquide séro-fibrineux sale.Cœur et organes abdominaux : Rien de particulier.Micro : Méningite fibrino-purulente contenant, par endroits, des amas microbiens, apparemment staphylococciques. Novembre 1944 LavAL.MÉDICAL 703 Les poumons sont parsemés de petits abcès dont quelques-uns sont centrés par des amas microbiens.Au niveau des plévres, il y a des foyers de pleurésie fibrino-purulente.Le 30 novembre, l\u2019examen du milieu de culture, sur lequel on avait ensemencé du liquide céphalo-rachidien, montrait du staphylocoque doré hémolytique.Comme on le constate par l\u2019observation, les examens de laboratoire, et l\u2019autopsie de notre patient qui souffrait de furoncles du nez, est mort d\u2019une méningite et d\u2019une septicémie à staphylocoque doré.Ces neuf observations de patients souffrant de furoncles de la face nous démontrent clairement la gravité du pronostic de cette affection.La plupart de nos malades ont présenté des symptômes généraux en plus d\u2019une réaction locale très importante.L\u2019un d\u2019entre eux, affligé de furoncles du nez, compliqués de méningite et de septicémie, est décédé quelques heures après son admission à l\u2019hôpital.Leur traitement a consisté en des mesures conservatrices, excluant toute intervention chirurgicale.Six de nos neuf patients ont reçu de la rœntgenthérapie.Je désirerais insister ici sur le traitement des furoncles de la face, et particulièrement, de ceux de la « zone dangereuse ».Le grand principe de ce traitement est de ne pas traumatiser un furoncle qui siège dans cette région.Ce principe a été le sujet d\u2019un éditorial (13) dans le J.A.M.A.Toute intervention, soit de la part du patient, soit de la part du médecin doit être évitée.Ceci pour prévenir l\u2019extension de l\u2019infection, et l\u2019apparition de complications pour la plupart fatales.L'adoption de mesures conservatrices atténuera la gravité de ces cas.A ce propos, Bænsch (14) publie des chiffres convainquants.En effet, sur 103 patients traités pour des furoncles de la face au moyen de méthodes médicales et chirurgicales, 11 eut 10.7% de mortalité, et sur un même nombre de patients traités par des mesures exclusivement médicales, la ræntgenthérapie comprise, 1l eut 1.9% de mortalité.Les mesures conservatrices comprennent le repas au lit avec défense de parler, une diète liquide, des sédatifs, des pansements humides chauds 704 LLavar MEbpicaL Novembre 1944 et de la reentgenthérapie.[administration d\u2019un dérivé sulfamidé (15), surtout le sulfathiazole (16), d\u2019un vaccin autogéne, d\u2019anatoxine staphylococcique ou de bactériophage stimulera les mécanismes de défense.Enfin, la correction d\u2019un état pathologique préexistant tel que le diabète, le surmenage physique et intellectuel, etc, complètera le traitement des furoncles de la face.Parmi ces mesures conservatrices énoncées plus haut, la rentgen- thérapie, comme nous avons pu le constater chez nos patients, est une aide très précieuse, sinon indispensable.Elle devrait être recommandée dans 100% des furoncles de la face à leur période de début, c\u2019est-à-dire avant la suppuration.Elle provoquera l\u2019avortement du furoncle, et il v aura résorption.Si la période de suppuration existe, celle-ci sera de.courte durée, et la dissémination ne sera pas à craindre.La rœntgen- thérapie possède aussi l\u2019avantage de faire disparaître la douleur dans les 24 heures.L'action des ravons N sur les lésions inflammatoires de la peau est aujourd\u2019hui reconnue, mais leur mécanisme d\u2019action n\u2019est pas définitivement prouvé.La théorie la plus admise est la suivante : Il y aurait destruction des lymphocytes, qui sont des cellules radio-sensibles, et ces cellules détruites libéreraient des substances protectrices qui agiraient sur les produits toxiques microbiens.Au reste, quelque soit ce mécanisme, l\u2019important est que nous avons la preuve clinique de leur action.Plusieurs auteurs ont publié des résultats intéressants à ce sujet.Faure-Beaulieu et ses collaborateurs (17) rapportent les observations de 7 patients affligés de luroncles de la lèvre supérieure et traités uniquement par la rœntgenthérapie.La cicatrisation se fit sans suppuration ou après suppuration de courte durée.La douleur augmenta dans les quelques heures qui suivirent le traitement, mais disparut complètement dans les 24 heures.Aucune complication sérieuse ne survint.Light et Merrill (18) ont traité cinquante cas d\u2019anthrax par les rayons X, et eurent pour résultat une amélioration importante chez trente-quatre et aucun changement chez les autres.Duhnam (19) obtint des résultats excellents chez 11 de ses patients aflligés d\u2019anthrax.Firor (20) conclut que la rœntgen- thérapie remplit un rôle très important dans le traitement des furoncles et des anthrax, puisque dans 56 de ces cas ainsi traités, 1l eut d\u2019excellents Novembre 1944 Lavar.MÉDpicaL 705 résultats.ll ajoute que la précocité de l\u2019irradiation est un facteur important.Tillier et Tillier (21) en arrivent à la même conclusion.Enfin Terracol (12) termine un travail sur la furonculose en disant que « la rœntgenthérapie est actuellement le traitement de choix des furoncles de la face ».Il mentionne qu\u2019à « la clinique de Cologne, 339 furoncles de la face ont été observés, et la mortalité n\u2019a été que de 2.99 ».Nous pouvons ajouter à ces cas nos 9 observations, qui viennent corroborer les résultats mentionnés par ces auteurs.Nous excluons évidemment l\u2019observation du patient admis à l\u2019hôpital avec méningite et septicémie, dans lequel cas il ne fallait attendre aveun résultat de la rœntgenthérapie.Les doses employées chez nos patients dans le Service de radiothérapie de l\u2019hôpital, dirigé par le Dr L.Payeur, ont été de 200 ou 350 r.(Kv : 135 ; filtre : 5 AI.).Ceci équivaut à 40 à 75% de la dose d\u2019érythème.Nous avons obtenu, ainsi que plusieurs auteurs, d\u2019excellents résultats avec cette intensité d\u2019irradiation.Desjardins (22) préconise de petites doses (10 à 15% de la dose d\u2019érythème), car de trop fortes doses, prétend-il, pourraient donner des réactions générales, et ainsi, aggraver la condition au lieu de l\u2019améliorer.En terminant, Je tiendrais de nouveau à insister sur l\u2019emploi de mesures conservatrices dans le traitement des furoncles de la face, si on veut en rendre le pronostic moins sévère.À ce propos, Je désirerais mentionner les conclusions d\u2019un rapport fait par Ayres et associés (23), à la suite d\u2019un questionnaire envoyé à 250 chirurgiens et à 250 dermatologistes des États-Unis, sur le traitement de l\u2019anthrax et du furoncle.« La durée du traitement par les chirurgiens est à peu près 2 fois plus longue que celle de celui des dermatologistes.La mortalité est basse, mais elle est trois fois plus haute sous un traitement chirurgical que sous un traitement dermatologique.Les résultats esthétiques sont de beaucoup supérieurs avec le traitement conservateur des dermatologistes.» Ajoutons, cependant, qu\u2019aujourd\u2019hui les chirurgiens partagent l\u2019opinion des dermatologistes, et préconisent l\u2019emploi d\u2019un traitement conservateur, dans la période de début des furoncles de la face.(4) 706 LavAaL MÉDICAL Novembre 1944 CONCLUSIONS 1° Le furoncle de la face doit la gravité de son pronostic à des raisons anatomiques et physiologiques.2° Les statistiques de plusieurs auteurs très sérieux démontrent que le taux de mortalité varie de 10 à 90%.3° Nos neuf observations de patients, affligés de furoncles de la face, apportent une nouvelle preuve de la sévérité de cette affection.L\u2019un d\u2019entre eux avec un furoncle du nez, compliqué de septicémie et de méningite, est mort quelques heures après son admission à l\u2019hôpital.4° Le traitement des furoncles de la face doit être un traitement conservateur, si nous voulons réduire la gravité de ces cas.5° La rœntgenthérapie est, de l\u2019avis de plusieurs auteurs et du nôtre, le traitement conservateur le plus favorable dans les furoncles de la face, et plus particulièrement, dans les furoncles de Ia « zone dangereuse ».BIBLIOGRAPHIE 1.WiLLiams, J.R.Does Diabetes Millitus, Predispose the Patient to the Pyogenic Skin Infection?J.A.M.A., 118 : 1357, 1942.2.Grove, W.E.Septic and Aseptic Types of Thrombosis of the Cavernous Sinus.Arch.Otolaryng., 24 : 29, 1936.3.COHEN et COHEN.Septic Thrombophlebitis of the Cavernous Sinus in a two-year Old Child (Recovery).Am.J.Dis.Child., 63 : 546, 1942.4.Doorry, A.R.C.Thrombophlebitis of the Cavernous Sinus (Recovery).British M.J., 1 : 42 (janv.) 1943.5.Luprow, H.On Carbuncular Inflammation of Lips and Other Parts of the Face.Med.Times, 5 : 387 (sept.) et 332 (oct.) 1852.6.MarTIN, W.The Fatal Outcome of Certain Cases of Staphylococcus Infections of the Face and Lips.Ann.of Surg., 76 : 13-27 (Juillet) 1922.7.Torten, H.P.31 Facial Cases.West.J.of Surgery, 43 : 609, 1935. Novembre 1944 LavaL MEDICAL 707 10.11.13.14.16.17.18.19.20.21.22.23.Mags, U.Infections of the Dangerous Areas of the Face.Ann.of Surg., 106 : 1, 1937.Berman, J.K.Carbuncle.Am.J.of Surgery, 40 : 419, 1938.Lousesac, A.M.Furunculosis of Face.Arch.Urug.de med., cir.v especialidades, 11 : 589-612 (nov.) 1938.WALKER et AWTREY.Infections in Danger Area of Lips, Face and Nose.California and West.Med., 48 : 427-430 (janv.) 1938.TerracoL.La rœntgenthérapie dans la furonculose grave de la face.Bull.méd.(Paris), 52 : 144-45 (fév.) 1938.Editorial : Avoid Trauma.J.A.M.A, 109 : 278, 1937.BÆnscH.Rœntgentherapie des Gesichtsfurunkel, Strahlentherapie.Bd.XCVII, p.188, 1933.Wyss-CHopaT.Therapy of Furuncles of Upper Lip with Sulfa- pyridine and Sulfathiazole.Schweiz.med.W'ebnscher, 70 : 892, (sept.) 1940.BEINHAUR, KnoLt et PERRIN.Clinical Responses of Certain Dermathological Diseases to Sulfathiazole.Arch.of Derm.and Syph , 43 : 621-627 (avril) 1941.FAURE-BEAULIEU, M., GILBERT, P., et SorLomon, I.Rœntgen- thérapie des furoncles de la lèvre supérieure.Bull.et Mém.Soc.méd.Hop.de Paris (29 juin) 1934.Lieut et MERRILL, C.S.Treat.of Boils and Carbuncles by X-rays.New England Med.Jour., 203 : 349, 1930.DUNHAM, K.Carbuncles.Amer.Jour.Rentgenol., 3 : 259, 1916.Firor, W.B.Rœntgen treatment of Carbuncles.Amer.Jour.Ræntgenol.and Rad.Ther, 33 : 71, 1935.TILLIER, G., et TILLIER, Henry.Radiothérapie dans les furoncles et inflammations aigués de la face.Algérie médicale, (Janv.) 1936.DESJARDINS, Arthur-V.Radiotherapy for Inflammatory Condi- \u201ctions.J.A.M.A., 96 : 401, 1931.Ayres S.ANDERSON et Paul D.Foster.Dermatological vs.Surgical treatment of Carbuncles and furuncles.J.A.M.A., 108 : 858, 1937. KYSTE DERMOÏDE SUBLINGUAL par O.FRENETTE et Jules HALLÉ Du Service d\u2019oto-rhino-larvngologie de l'Hôpital du Saint-Sacrement Pour en rappeler brièvement l\u2019origine, disons que les kystes der- moïdes sublinguaux résultent d\u2019un enclavement de l\u2019ectoderme au cours des transformations morphologiques embryonnaires que subit la région cervicale, à l\u2019occasion de la soudure des arcs mandibulaires ou de la constitution du champ méso-branchial.Ce sont là des données théoriques, mais l\u2019étiologie de cette formation kystique reste obscure.Y en a-t-il plus chez l\u2019homme que chez la femme ?Les travaux de Rolland plaident en faveur d\u2019une plus grande présence chez l\u2019homme.Histologiquement parlant, le kyste dermoïde est recouvert d\u2019un épithélium pavimenteux.Le kyste mucoïde, d\u2019occurrence non moins fréquente au niveau du plancher de la bouche, est, au contraire, limité par un épithélium cylindrique.Le kyste dermoïde pourra renfermer des follicules pileux et des poils, des glandes sébacées et parfois même des glandes sudoripares.Il tient, en somme, de la peau.D\u2019autres kystes dermoïdes du plancher de la bouche sont revétus d\u2019épithélium pavimenteux stratifié et ont davantage l\u2019aspect de la muqueuse bucco- pharyngée.En l\u2019absence de couche cornée, de follicules pileux et de glandes sébacées, ils contiennent du tissu lymphoïde, ce qui a permis à Lecène de les rapprocher du tissu amygdalien.Une dernière variété de kystes dermoïdes du plancher de la bouche renferme uniquement un liquide Novembre 1944 Lavar MebpicaL 709 séreux et leur revêtement est constitué d\u2019une couche unique d\u2019épithélium cylindrique à plateau et à cils vibratils.II convient d\u2019insister sur ces différentes formations histologiques des kystes branchiaux parce que beaucoup d\u2019auteurs, dont Hamilton Bailey, du Royal Northern Hospital, de Londres (1), ont tendance à nier l\u2019existence, à ce niveau, de kystes contenant des poils.Ils soutiennent que leur contenu est épais et granuleux, jaunâtre et grisâtre, sans système pileux.OBSERVATION R.P.est âgé de 26 ans.Son histoire personnelle et familiale ne révèle rien de particulier.D\u2019aussi loin qu\u2019il se souvienne, il a toujours eu dans la bouche une tuméfaction.Elle se serait beaucoup développée depuis deux ou trois ans, nous affirme-t-il.Elle est restée indolore jusqu\u2019à ces trois derniers Jours.Le 16 janvier 1944, le malade vient consulter non seulement à cause de cette douleur, mais aussi en raison de l\u2019embarras progressif de l\u2019élocution et de la gêne produite par le volume de la masse.Les mouvements de déglutition et de mastication sont rendus pénibles.A l\u2019examen physique, nous constatons que le malade ferme la bouche péniblement, ne pouvant rapprocher complètement les arcades dentaires.Il paraît avoir un double menton.Les ganglions des régions cervicale et sous-mentonnière ne sont pas tuméfiés et la température est normale.L\u2019examen de la bouche laisse voir une langue soulevée et projetée en arrière par une énorme tuméfaction sub-linguale.Au toucher, celle-ci est régulière, lisse, arrondie, nettement limitée et d\u2019un volume comparable à celui d\u2019une orange de moyenne grosseur, Les tissus qui la recouvrent sont mobiles et on y voit une petite ulcération dans le sillon alvéolo-lingual, causée par une morsure récente.Cette tumeur est douloureuse au toucher, mobile dans le sens latéral, fixe dans le sens antéro- post érieur.Nous avons cru qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un kyste dermoïde adgénien.La grenoufllette n\u2019atteint jamais ce volume et ne présente pas la même coloration.Le phlegmon du plancher de la bouche à une évolution plus rapide et plus bruyante.Une lésion tuberculeuse ainsi localisée ne saurait exister seule, tout au moins sans adénite satellite. 710 Lavar.MéÉpicaL Novembre 1944 Dans un but thérapeutique, la chirurgie nous suggère deux procédés.Le premier consiste en une extirpation complète de la tumeur par voie buccale et a été préconisé, en 1939, par Fig: et Dix, de la clinique Mayo (2).Le second atteint la tumeur par voie sous-mentonnière.Il est le plus usité parce qu\u2019il fa vorise le moins une localisation infectieuse au plancher de la bouche, en tenant compte que c\u2019est un procédé sanglant.Nous avons opte pour la voie buccale.À cette fin, l\u2019intervention est retardée de cinq Jours pendant lesquels le malade reçoit bi-quotidienne- ment, par voie intra-veineuse, un litre de sérum mixte contenant une ampoule de soluseptazine.Tel quel, le volume du kyste aurait nécessité une incision très longue pouvant intéresser, au moment opératoire, le canal de Wharton.Afin de ce prévenir, nous avons profité de ce délai pour ponctionner, à tous les jours, la tumeur, à l\u2019aide d\u2019un trocart de gros calibre.Nous avons ainsi retiré, en tout environ 20 c.c.d\u2019un magma caséeux, d\u2019odeur rance, et contenant des poils en grande quantité.La tumeur s\u2019est ainsi affa issée.L\u2019extirpation du kyste est pratiquée, le 24 janvier, par une incision dans le sillon alvéolo-lingual.Le muscle génio-glosse est repoussé et le sac disséqué jusqu\u2019a sa région postérieure.Celui-ci enlevé, la muqueuse est suturée à la soie, après avoir laissé en place un petit drain.La plaie guérit en cinq jours, et le malade peut quitter l\u2019hôpital le 29 janvier.C\u2019est là un résultat opératoire satisfaisant.Nous croyons volontiers que l\u2019emploi des sulfamidés, antérieurement à l\u2019acte chirurgical, a contribué à éviter l\u2019infection secondaire, hâtant ainsi la guérison.Nous osons même ajouter que le résultat n\u2019aurait pas été identique si nous avions choisi la voie externe.L\u2019examen histo-bactériologique de la pièce a été fait par le Dr Édouard Morin.Celui-ci a appuyé le bien-fondé de notre diagnostic et a établi l\u2019absence de tout microbe pyogène.BIBLIOGRAPHIE 1.Hamilton BaiLey.Sublingual Dermoids.The British Journal of Surgery, vol.27, 1939-1940, p.140.- 2.Proceedings of the Staff Meeting of the Mayo Clinic, vol.14, n° 19, (10 mai) 1939. UN CAS D\u2019UTÉRUS DOUBLE AVEC GROSSESSE SIMULTANÉE DANS CHACUNE DES CAVITÉS UTÉRINES par Jos.CAOUETTE Chef du Service de gvnécologie à l\u2019Hôtel-Dieu Il nous a été donné d\u2019observer le cas intéressant et excessivement rare d\u2019une femme ayant un utérus double avec grossesse simultanée développée dans chacune des cavités utérines.La gestation a évolué jusqu\u2019à son terme normal sans complication, mais le travail s\u2019est déclaré d\u2019une façon indépendante pour chacun des utérus, c\u2019est-à-dire à 15 jours d\u2019intervalle.I] s\u2019agit d\u2019une malade qui nous a été adressée d\u2019urgence, le 4 Janvier dernier, par un médecin du comté de Beauce.Fait intéressant à mentionner, c\u2019est la deuxième malade présentant une duplicité utérine et vaginale que ce confrère, praticien expérimenté et averti, a l\u2019occasion de rencontrer au cours d\u2019une pratique de près de vingt ans.Ces deux malades ont été traitées dans le Service de gynécologie, à l\u2019Hôtel-Dieu.Dans le premier cas, rapporté par le Dr Oscar Garant en 1937, 1l s\u2019agissait d\u2019une grossesse unilatérale dans un utérus double, grossesse qui a été interrompue spontanément au huitième mois et qui a été compliquée de rétention placentaire, d\u2019hémorragie et d\u2019infection. 712 LavAL MÉDICAL Novembre 1934 Lorsque les femmes atteintes de malformations utéro-vaginales congénitales présentent certaines manifestations cliniques comme une aménorrhée primitive, un hématocolpos ou une hématométrie, ou qu\u2019elles consultent un médecin pour dyspareunie ou parce que, mariées depuis un certain temps, elles demeurent stériles, un examen attentif et complet de l\u2019appareil génital permet à un médecin averti de poser un diagnostic.Une exploration radiographique, après injection de lipiodol, peut rendre de très grands services pour le diagnostic des anomalies congénitales de l\u2019utérus et des trompes.Mais si, en pratique, les malformations génitales et, en particulier, les utérus doubles qui, nous le savons, sont la conséquence d\u2019un défaut total de fusion des canaux de Muller, sont de diagnostic clinique le plus souvent très difficile, c\u2019est que l\u2019on oublie fréquemment de penser à leur possibilité.Nous devons retenir que la duplicité utérine est une malformation parfaitement compatible avec l\u2019intégrité des fonctions génitales.L\u2019ovulation, la menstruation sont le plus souvent normales, et la gestation peut évoluer jusqu\u2019au terme sans incident.L\u2019utérus double avec deux corps et deux cols séparés et indépendants fonctionnant chacun pour son compte peut ne donner naissance à aucun trouble pouvant révéler son existence.Ce n\u2019est, le plus souvent, qu\u2019au moment du travail que l\u2019accoucheur est exposé à affronter des complications imprévues et très graves qui peuvent mettre en danger la vie de sa patiente.Mme L.D., 31 ans, sujet de notre observation, est une femme de petite taille mais généralement bien conformée qui ne présente rien de particulier dans ses antécédents héréditaires et personnels.Pubère à l\u2019âge de 12 ans, ses menstruations apparaissent régulièrement à tous les trente jours avec une durée de trois à quatre jours.Mariée à l\u2019âge de 29 ans, elle a conduit heureusement à terme deux grossesses très rapprochées, l\u2019une simple, la seconde double.Les trois enfants sont vivants et bien conformés.Son premier enfant est né le 24 janvier 1943.Sa grossesse a (tc eutocique, l\u2019accouchement, quoique un peu long, s\u2019est terminé par une application de forceps facile.Les suites de couches ont évolué sans incident. Novembre 1944 Lava\u2026.MÉDpicaL 713 De nouveau enceinte dès le début d'avril 1943, cette nouvelle grossesse s\u2019est poursuivie normalement jusqu\u2019au 20 décembre, alors que le travail s\u2019est déclaré par des contractions apparaissant dès le début à intervalles réguliers avec, comme résultat, l\u2019explusion spontanée d\u2019une fille pesant environ quatre livres, mais ayant bonne envie de vivre.La délivrance s\u2019est faite d\u2019une façon naturelle et l\u2019examen a montré un placenta et des membranes intacts.Cependant, constatant la petitesse du fœtus et que l\u2019abdomen de sa patiente était encore volumineux, son médecin a pensé qu\u2019il avait affaire à une grossesse gémellaire bi-vitelline et 11 pratiqua un toucher avec l\u2019intention de rupturer la deuxième poche des eaux.Mais comme il ne pouvait rien percevoir par le toucher vaginal et intra-cervical, il anesthésia de nouveau sa malade pour faire un toucher intra-utérin, mais cette exploration a été négative, la cavité utérine était complètement vide.A la palpation de l\u2019abdomen notre confrère perçoit une masse résistante inclinée du côté droit en remontant jusqu\u2019à la région sous-hépatique.Les mouvements actifs d\u2019un fœtus sont faiblement perçus et l\u2019auscultation permet de distinguer les battements du cœur d\u2019un deuxième enfant, réguliers et très bien frappés.Devant cette situation inquiétante, un confrère appelé en consultation, pratique lui aussi une exploration intra-utérine avec le même résultat négatif.Comme la jeune femme paraissait un peu fatiguée et étant donné qu\u2019elle ne présentait aucun signe d\u2019hémorragie, nos confrères lui donnèrent des stimulants, firent placer un sac de glace sur la paroi abdominale et la quittèrent pour la nuit après avoir insisté pour qu\u2019elle soit bien surveillée.À sa visite du lendemain, le médecin de famille trouva sa cliente bien reposée et n\u2019accusant aucun malaise.Toujours avec un enfant quelque part dans le ventre, la malade a eu des suites de couches normales et a quitté son lit le neuvième Jour.Le matin du + janvier 19H, c\u2019est-à-dire quinze jours après la naissance de sa première petite fille, un second travail se déclare, le médecin conseille le transport immédiat de sa cliente à l\u2019hôpital et elle se présente à mon bureau vers quatre heures de l\u2019après-midi fatiguée, excessivement souffrante et dans un état d\u2019agitation extrême. 714 LavaL MEbpicaL Novembre 1944 Mis au courant de l\u2019histoire de cette malade par une lettre de son médecin, un rapide examen me permet de constater qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une femme en travail et en menace de rupture utérine.Les contractions étant très violentes, excessivement douloureuses et anormales par leur énergie et leur durée.L\u2019utérus très fortement incliné à droite en remontant au bord inférieur des fausses côtes, était très dur et douloureux à la palpation.Il n\u2019y avait aucun engagement de l\u2019extrémité céphalique qui demeurait en transverse au détroit supérieur bien que la malade fût en travail depuis environ dix heures.Le toucher vaginal permet de constater dans l\u2019excavation une tumeur du volume de deux poings qui, agissant comme une tumeur prxrvia, empêchait l\u2019accouchement de se faire par les voies naturelles.La réduction de cette tumeur enclavée dans le bassin est impossible à réaliser.En présence de ce cas de dystocie grave, redoutant l\u2019accident d\u2019une rupture imminente, une piqûre de 14 de gr.de morphine et '/150: d\u2019atropine est donnée afin de diminuer l\u2019intensité des contractions utérines et faire disparaître la tension au niveau des parois du segment inférieur.Une heure après son admission à l\u2019Hôtel-Dieu, nous pratiquons une césarienne abdominale qui, dans le présent cas, était le seul traitement rationnel permettant de sauver la vie de la mère et de son enfant.L'intervention très simple, et de courte durée, nous a permis d\u2019extraire une fille de cinq livres étonnée, un peu affectée par la morphine, mais facilement ranimée par des frictions alcooliques.Afin d\u2019éviter la répétition de cet accident d\u2019enclavement lors d\u2019un accouchement ultérieur, nous avons fait la résection de la trompe de l\u2019utérus droit.L\u2019exploration du petit bassin nous a permis d\u2019identifier un deuxième utérus en sub-involution qui, enclavé dans l\u2019excavation, avait empêché la descente du deuxième fœtus.Nous avons pu constater que notre patiente était porteuse de deux utérus complètement distincts situés l\u2019un près de l\u2019autre.Au fond de chacun d\u2019eux, sur le côté externe, nous avons trouvé une trompe et un ovaire.Les deux utérus étaient très bien conformés et susceptibles d\u2019être devenus gravides en même temps. Novembre 1944 LavaL MEbicaL 715 Les suites opératoires ont évolué normalement jusqu\u2019au quinzième jour alors que la malade a fait une complication pleuro-pulmonaire pour laquelle elle a été traitée dans le Service du Dr J.-B.Jobin ; elle a quitté l\u2019hôpital én bonne voie de convalescence.Un examen physiologique, pratiqué quelques jours avant le départ de a malade, nous a permis de constater la présence d\u2019une cloison verticale et antéro-postérieure divisant le vagin en deux conduits Juxtaposés et de même profondeur.Au fond du vagin gauche, nous trouvons un col qui présente les caractères de celui d\u2019une multipare avec une fente transversale au niveau de l\u2019orifice externe et dans le vagin droit un col petit, conique et à orifice arrondi.L\u2019observation que nous venons de rapporter démontre qu\u2019il s\u2019agit bien d\u2019un cas d\u2019utérus double avec grossesses simultanées dans chacune des deux cavités utérines.Il est probable que si cette grossesse double s\u2019était développée dans un seul des deux utérus, l\u2019accouchement aurait pu se faire par les vcies naturelles sans incident et que la malformation utérme de notre malade aurait été méconnue.Nous devons retenir que, dans le cas de duplicité utéro-vaginale, le diagnostic n\u2019est fait qu\u2019à l\u2019occasion d\u2019une complication survenant à l\u2019âge de la puberté, au cours d\u2019une grossesse ou au moment d\u2019un accouchement dystocique et que, dans certains cas, le médecin doit prendre une décision rapide et que, le plus souvent, seule une laparotomie permet de poser un diagnostic exact de l\u2019anomalie génitale et de sauver la vie de la mère et de son enfant. LA SYMPATHECTOMIE PRÉ-SACRÉE DANS LA DYSMÉNORRHÉE par Euchariste SAMSON Assistant en chirurgie à l\u2019Hôtel-Dieu et Jules LAVOIE Assistant bénévole à l\u2019Hôtel-Dieu Les traitements proposés pour guérir la dysménorrhée fonctionnelle sont si nombreux que leur nombre même prouve que pas un n\u2019est complètement satisfaisant.Par ailleurs, 1l est très difficile d\u2019évaluer l\u2019efficacité d\u2019une opération dans le soulagement de la dysménorrhée car, dans la plupart des cas, il s\u2019agit d\u2019opérations combinées et l\u2019on ne peut rapporter, d\u2019une façon certaine, à tel ou tel procédé les résultats obtenus.Parmi tous les procédés employés, la résection du plexus hypogastrique supérieur ou sympathectomie du nerf pré-sacré a fait l\u2019objet de plusieurs publications depuis que Cotte en a précisé la technique et en a posé les principales indications.C\u2019est une des interventions sympathiques les plus répandues et, en même temps, une des plus efficaces.HISTORIQUE Jaboulay et Ruggi! seraient les premiers chirurgiens à avoir tenté des sections de la chaîne sympathique sacrée pour des douleurs pelviennes. Novembre 1944 LavaL MEDICAL 717 Plus tard, Leriche introduisit la sympathectomie péri-artérielle des artères iliaques internes.Ces deux procédés donnent plus ou moins de résultats.En 1924, Cotte préconisa la résection du plexus hypogastrique supérieur (nerf pré-sacré de Letarguet) comme traitement des dysménorrhée fonctionnelles rebelles et rapporta d\u2019excellents résultats.Depuis lors, des publications très intéressantes sont venues confirmer les données de Cotte.RAPPEL ANATOMIQUE Les rameaux sympathiques provenant des deux ou trois premiers ganglions lombaires se rejoignent pour former, de chaque côté, un tronc nerveux qui descend sur la face antérieure de l\u2019aorte puis du sacrum.Ces deux troncs se rapprochent l\u2019un de l\u2019autre et sont unis, de plus, l\u2019un à l\u2019autre par le lacis de fibres qui descendent du plexus solaire, constituant le plexus inter-mésentérique.Cette réunion forme la lame plexiforme pré- aortique et pré-sacrée que Letarget et Bonnet ont décrite sous le nom de nerf pré-sacré.On voit aisément ces fibres sous le péritoine, au-dessus de [a bifurcation aortique et sur le promontoire sacré, cu les atteint facilement une intervention chirurgicale.Au-dessous du promontoire sacré, la lame plexiforme pré-aortique se divise et rejoint, de chaque côté, les artères iliaques internes (hypogastriques) pour aller se perdre dans le plexus hypogastrique inférieur, dont elle forme, par conséquent, la racine supérieure ou sympathique.Le plexus hypogastrique inférieur fournit toute une série de plexus secondaires, nerfs du rectum, nerfs de l\u2019utérus et du vagin, nerfs de la prostate et des vésicules séminales, nerfs de la vessie, nerfs des corps caverneux enfin, qui constituent les nerfs érecteurs.Rappelons que le testicule, comme l\u2019ovaire, dépend, par le plexus de l\u2019artère spermatique ou ovarienne, du sympathique abdomino-rénal et non du plexus hypogastrique supérieur.Dans la plupart des cas, le nerf pré-sacré est divisé en trois ou quatre branches verticales à disposition plexiforme, étalées sur la face antérieure de la cinquième vertèbre lombaire et du promontoire - c\u2019est le plexus qu\u2019il faut réséquer. 718 Lava\u2026 MÉDICAL Novembre 1944 Nous avons recueilli 18 observations de patientes où la dysménorrhée était assez marquée pour imposer une sympathectomie présacrée.Nous leur avons envoyé un questionnaire, auquel 17 ont répondu.RÉSULTATS INTERVENTION Nou- Bon SATIS- Nu.! FAISANT Avec appendicectomie .10 7 1 2 Avec petit kyste de l\u2019o- | valre.3 1 0 2 Sympathectomie pré- sacrée Avec adhérences.3 2 0 1 Avec suspension .1 0 1 0 Total.|icooiiiiii iii, 17 10 2 5 Voici un résumé de l\u2019histoire clinique des malades à qui nous avons fait la sympathectomie pré-sacrée pour dysménorrhée : PREMIFR CAS Léda B., 23 ans, vient consulter pour des douleurs abdominales au moment de ses menstruations ; ces douleurs sont très vives et irradient vers les cuisses.Les règles sont très irrégulières et très abondantes.Le 22 juin 1940, laparotomie.Utérus en rétroversion, trompes et ovaires normaux, appendice neurogène à l\u2019examen microscopique.Sympathectomie pré-sacrée, suspension utérine et appendicectonie.Suites opératoires orageuses.La malade souffre continuellement de son côté droit.Nouvelle intervention le 12 juillet : incision inguinale, décollement du péritoine.On constate la présence d\u2019une grosse thrombo- phlébite de la veine iliaque externe.Elle a répondu comme suit au questionnaire : régles beaucoup moins douloureuses, excepté une fois de temps à autre où la douleur est assez forte, régulières et d\u2019abondance normale.Résultat satisfaisant. Novembre 1944 Lavar MÉDpicaL 719 DEUXIÈME CAS Valérie C., 24 ans, consulte pour de la dysménorrhée et de l\u2019hyper- ménorrhée rebelles au traitement médical.Laparotomie le 16 décembre 1939 : utérus hypo-développé, ovaire gauche normal ; l\u2019ovaire droit et l\u2019appendice enlevés en 1935.Sympathectomie pré-sacrée.Lors d\u2019une récente visite à l\u2019hôpital, ces jours derniers, cette patiente nous a informés que ses règles sont aussi douloureuses qu\u2019antérieurement.TROISIÈME CAS Françoise R., 16 ans, souffre de dysménorrhée depuis la puberté.Le début de chaque menstruation s\u2019accompagne de douleurs très vives et, quelquefois, de perte de connaissance.Le 28 août 1943, laparotomie ; on enlève l\u2019appendice, qui présente une poussée catarrhale et on pratique l\u2019opération de Cotte.Bon résultat.QUATRIÈME CAS Mme Camille C., vient consulter pour des douleurs menstruelles intenses avec perte de connaissance.Ces troubles sont apparus après une première opération au cours de laquelle on enleva l\u2019appendice et l\u2019ovaire droit ; un curettage, pratiqué deux ans plus tard, n\u2019apporta aucune amélioration.Elle se présente donc dans la Service du Dr Vézina, le 6 avril 1943.Le 15 avril, nous pratiquons une résection du plexus hypogastrique supérieur et l\u2019ablation d\u2019un corps jaune hémorragique, kystique.Dans sa réponse au questionnaire, cette patiente affirme n\u2019avoir ressenti aucune amélioration après cette intervention.Finalement, elle entra dans un autre hôpital où on pratiqua une hystérectomie, et elle est bien depuis.CINQUIÈME CAS Yolande L., 22 ans, se présente à l\u2019hôpital, le 18 septembre 1943, pour douleurs menstruelles-intenses, nécessitant parfois l\u2019injection de calmants.Réglée à 14 ans, elle a toujours eu des menstruations doulou- 720 Lavar MÉDicaL Novembre 1944 reuses, mais elles le sont davantage depuis une intervention subie, trois ans auparavant, dans un autre hôpital ; on lui avait alors enlevé l\u2019appendice, l\u2019ovaire droit et des petits kystes sur l\u2019ovaire gauche.Laparo- tomie le 22 septembre : utérus normal ; petit kyste sur l\u2019ovaire gauche ; quelques adhérences dans la fosse iliaque droite.Ablation du plexus hypogastrique supérieur et du kvste de l\u2019ovaire gauche Aucune amélioration ne s\u2019est manifestée.SIXIEME CAS Emilie G., 20 ans, accuse une forte dysménorrhée depuis la puberté.De 14 à 17 ans, ses règles duraient de 10 à 13 jours ; maintenant, elles ne durent plus que trois jours.En 1942, dans un autre hôpital, elle a subi une intervention pour adhérences du côlon au petit intestin.Laparo- tomie le 6 novembre 1943 : débridement de quelques adhérences de l\u2019épiploon à la paroi abdominale ; on enlève un appendice long, un peu congestionné et coudé et l\u2019on termine par 'opératicn de Cotte.Au questionnaire, cette patiente a répondu que ses règles ont été plus douloureuses qu\u2019avant l'intervention, excepté les deux derniers mois.Résultat nul.SFPTIÈME CAS Antoinette M., 18 ans, vient consulter pour douleurs abdominales et dysurie durant depuis 7 jours.Elle raconte de plus que, depuis 2 ans, ses règles sont devenues douloureuses ; leur durée est de trois jours et elles sont toujours irrégulières.Un examen de l\u2019appareil urinaire s\u2019étant révélé négatif, on intervient le 16 avril 1943 : utérus et ovaires normaux.Opération de Cotte et appendicectomie.Depuis ce temps, les menstruations sont devenues régulières mais demeurent toujours douloureuses.Résultat nul.HUITIÈME CAS Gabrielle L., 19 ans, ressent de fortes douleurs abdominales à chaque période menstruelle depuis qu\u2019elle est devenue pubère.Règles irrégulières ayant une durée de 5 à 6 jours.Chaque mois, la malade doit s\u2019aliter 2 ou 3 jours.Laparotomie le 13 juillet 1940 : appendice, utérus et Novembre 1944 LavaL MegEbpicaL 721 ovaires normaux.Appendicectomie et ablation du plexus hypogastrique supérieur.La malade se déclare sensiblement améliorée.Bon résultat.NEUVIÈME CAS Lucie L., est menstruée depuis l\u2019âge de 13 ans et elle a toujours été irrégulière ; au moment des règles, elle accuse de très fortes douleurs au niveau des lombes et des fosses 1liaques et présente quelques vomissements.Laparotomie le 10 février 1943 : on trouve un appendice et deux ovaires normaux, mais l\u2019utérus est bifide, ayant 2 corps, 2 isthmes mais un seul col.Appendicectomie et Cotte.Dans sa réponse, cette patiente nous dit que ses règles, quoiqu\u2019encore irrégulières, sont beaucoup moins douloureuses et que ses vomissements ont cessé.Bon résultat.DIXIÈME Cas Mme J.-A.F., 23 ans, consulte pour dysménorrhée et douleurs à la défécation au moment des règles.Menstruée à 14 ans, cycle de 28 jours, durée de + jours.À fait un avortement de 2 mois il y a quatre semaines.Appendicectomie antérieure.On intervient le 18 février 1943 : utérus et ovaire droit normaux ; varice des veines ovariennes gauches ; adhérences de l\u2019ovaire au pér:- toine pariétal postéro-externe ; 2 petits kystes sur le pavillon de la trompe gauche.Ablation de ces deux kvstes et sympathectomie pré-sacrée après débridement des adhérences.A la suite de cette intervention, nous écrit la patiente, les douleurs menstruelles ont sensiblement diminué.Le cvele, la durée et l\u2019abondance sont normaux.Bon résultat.ONZIEME CAS Eugénie C., 26 ans, vient consulter pour douleurs dans la fosse iliaque droite et dysménorrhée.Laparotomie le 26 janvier 1943 : utérus légèrement hypertrophié, dur, surtout au niveau de l\u2019isthme et du col ; l\u2019ovaire droit présente une masse scléreuse de la grosseur d\u2019un jaune (5) 722 Lavar MÉDicaL Novembre 1944 d\u2019œuf ; le gauche est normal ; petit fibrome sous-séreux sur la paroi antérieure de l\u2019utérus ; l\u2019appendice est long, scléreux, congestionné à Ja pointe.On pratiqua l\u2019opération de Cotte, l\u2019appendicectomie, l\u2019ablation de la masse scléreuse sur l\u2019ovaire droit et du petit fibrome utérin.En réponse à notre questionnaire, cette patiente nous affirme que ses menstruations sont beaucoup moins douloureuses.Résultat satisfaisant.DOUZIÈME CAS Blandine M., 17 ans, est transportée d\u2019urgence à l\u2019hôpital avec le diagnostic d\u2019appendicite aiguë.L\u2019interrogatoire ayant révélé que cette patiente souffrait également de dysménorrhée intense, on intervient, le 1°\" décembre 1943, le lendemain de son arrivée et, après ablation d\u2019un appendice congestionné, rempli de calculs, on pratique une sympathec- tomie présacrée.Les résultats sont satisfaisants puisque la malade vient de nous faire savoir qu\u2019elle ne souffre pratiquement plus au moment de ses règles.q g TREIZIEME CAS Gilberte G., 21 ans, a été menstruée à 12 ans : cycle de 28 jours, durée de 4 a4 5 jours.Douleurs intenses, surtout les premiers iours, l\u2019obligeant à s\u2019aliter.Nausées et vomissements.Ménorrhagies.Laparo- tomie le 21 septembre 1942 : utérus et trompes normaux.Opération de Cotte, appendicectomie et dilatations du col utérin ; ablation d\u2019un adénome du sein droit.Cette jeune fille nous dit n\u2019avoir plus autant de douleurs menstruelles ; ses règles sont cependant demeurées abondantes.Résultat satisfaisant.QUATORZIÈME CAS Rolande D., 17 ans, souffre de dysménorrhée depuis sa première menstruation à 13 ans.Cycle irrégulier avec durce de 6 à 7 jours.En Juin 1942, a été opérée pour appendicite aiguë.Elle nous revient en août de la même année pour ses troubles menstruels.Les douleurs sont surtout Novembre 1944 LAavAL.MÉDICAL 723 intenses à la région lombaire, mais elles existent aussi au bas-ventre avec irradiations dans les cuisses et les organes génitaux.Laparotomie le 28 août 1942 : utérus et ovaires normaux.Ablation d\u2019un kyste de la grosseur d\u2019un pois sur la trompe droite et résection du plexus hypogastrique supérieur.La patiente, qui s\u2019est mariée et est actuellement enceinte, nous déclare que ses règles, après l\u2019intervention, étaient devenues régulières et moins douloureuses.Bon résultat.QUINZIEME CAS Iréne L., 20 ans, se plaint de dysménorrhée deux jours avant ses règles et la premiére journée de ses menstruations depuis la puberté; cette dysménorrhée résiste au traitement médical.En avril 1942, une douleur assez vive est apparue dans la fosse iliaque droite, douleur qui nécessita son hospitalisation.Deux Jours plus tard, laparotomie ; ablation d\u2019un kyste hémorragique de l\u2019ovaire droit de la grosseur d\u2019une orange ; appendicectomie (appendice normal), et sympathectomie pré- sacrée.Les menstruations ne sont plus douloureuses depuis ce temps.SEIZIÈME CAS Jeanne-d\u2019Arc Vv.17 ans, souffre de dysménorrhée depuis la puberté ; les douleurs commencent huit Jours avant les règles et durent jusqu\u2019à la fin des menstruations.En 1938, laparotomie : utérus et ovaires normaux, appendice sans particularité.Appendicectomie et résection du plexus hypogastrique supérieur.La dysménorrhée a disparu depuis.DIXx-SEPTIÈME CAS Noëlla V.est atteinte de dysménorrhée depuis plusieurs années : les douleurs abdominales durent presque continuellement, mais sont très intensifiées au moment des règles ; le traitement médical n\u2019apporte aucune amélioration notable.En 1943, résection du plexus hypogastrique supérieur et appendicectomie.Le résultat obtenu est bon puisque cette 724 Lavar MÉDicaL Novembre 1944 patiente nous a déclaré récemment qu\u2019elle ne souffrait plus au nroment de ses règles.S1 on étudie les observations des patientes qui n\u2019ont pas bénéficié de la sympathectomie pré-sacrée, on constate que 3 cas sur 3, soit les observations 4, 5 et 6, avaient subi une opération antérieure et que la dysménorrhée était apparue ou avait augmenté après cette première intervention.Aussi, faut-il être très conservateur et très prudent dans ces cas et ne proposer l'opération de Cotte que dans les cas où cette intervention a le plus de chances de réussir, c\u2019est-à-dire les cas ou les douleurs apparaissent un ou deux Jours au maximum avant l\u2019écoulement menstruel et augmentent avec cet écoulement, c\u2019est-à-dire dans les cas de dysménorrhée utérine.En résumé, la sympathectomie pré-sacrée, seule ou combinée avec d\u2019autres procédés, fut pratiquée dans 17 cas ; nous avons obtenu de bons résultats dans 10 cas ; l\u2019opération fut satisfaisante dans 2 cas et nulle dans cinq.C\u2019est donc une opération qu\u2019il est bon de pratiquer, mais à bon escient, et seulement après avoir tenté un traitement médical sérieux et bien suivi.BIBLIOGRAPHIE |.Apson et Masson.Dysmenorrhea Relieved by Resection of Pre- sacral Sympathectic Nerves.J.A.M.A, 102 : 13 ; 986 (31 mars) 1944.J.TINFL.Le système nerveux végétatif.R.LERICHE.La chirurgie de la douleur.He QU NN .J.C.Masson et R.SHOEMAKER.Surgical Treatment of Dysmenor- rhea.American Jour.of Obst & Gyn., vol.36, n° 3, pp.441-445, (sept.) 1938.5.O.LAMBERT, P.R0OzEMon et P.Decaurx.Technique de la chirurgie du sympathique.(.Doin & Cie, éditeurs, 1939.6.Frs Roy.Plexus hypogastrique supérieur dans les dysménorrhées rebelles (résection).Laval Médical, vol.+, 1939. CLINIQUE ET LABORATOIRE TUMEUR DE KRUKENBERG par Carlton AUGER Assistant à l\u2019Institut d\u2019anatomie pathologique de l\u2019Université Laval et aux laboratoires de l\u2019Hôtel-Dieu Les métastases d\u2019un cancer sont constituées par des éléments cellulaires de même nature que ceux de la tumeur primitive.Elles forment donc généralement des masses tumorales, qui rappellent de près la tumeur primitive par leur aspect macroscopique, leurs limites floues et leur envahissement et destruction des tissus voisins.Il y a cependant des exceptions à cette règle et parfois une métastase se présente avec des caractères macroscopiques d\u2019une tumeur bénigne.L'observation suivante en est un exemple.OBSERVATION (Malade du Service de gynécologie du Dr Jos.Caouette et du Serrice de chirurgie du Dr Charles Vézina) Une femme de cultivateur, de 38 ans, est admise à l\u2019Hôtel-Dieu, le 10 janvier 1944.Elle vient consulter pour une tumeur abdominale.Il n\u2019y a rien de particulier dans ses antécédents héréditaires et personnels.Menstruée à 18 ans, ses règles furent toujours régulières et non douloureuses et ne persistaient que de 3 à +4 jours.Mariée à l\u2019âge de 22 726 Lavar MÉDICAL Novembre 1944 ans, elle a eu six enfants à terme et n\u2019a jamais présenté de fausses- couches.De mars a juillet 1943, ses menstruations furent plus espacces qu\u2019auparavant ; elles ne survenaient que tous les 40 jours et plus, sans être, cependant, plus abondantes que normalement.En juillet, la malade fit une hémorragie assez abondante par voie vaginale, hémorragie qui persista 12 heures et fut suivie, pendant plusieurs jours, de pertes rouges moins importantes.Au début, la malade prit ces symptômes pour les premiers signes d\u2019une ménopause, mais en août, comme ses règles tar- x daient toujours a réapparaitre, elle commença à se croire enceinte.Jusqu\u2019à son entrée à l\u2019hôpital, en janvier 1944, elle ne présenta plus aucune perte sanguine.En septembre, octobre et novembre, :l y eut des nuits où la malade fut réveillée par une douleur assez forte en barre au niveau de 'ombilic ; cette douleur, cependant, était généralement très passagère, ne persistant qu\u2019une minute au plus.Quelques jours avant Noël, il survint une crise douloureuse abdominale, qui ne céda qu\u2019après une journée et demie.À cette occasion, la malade alla consulter un médecin, qui constata une tumeur abdominale.À son arrivée à l\u2019hôpital, Ie 10 janvier, elle se plaignait d\u2019une vive douleur péri-ombilicale, qui persistait nuit et Jour.Sa digestion était difficile depuis septembre et, sur un syndrome de flatulence peu marqué, s\u2019étaient greffé quelques nausées et quelques rares vomissements.La malade dit qu\u2019elle a perdu du poids, sans pouvoir, cependant, préciser combien de livres.Examen physique : La cavité pelvienne est remplie par une masse dure, bosselée, que l\u2019on peut facilement mobiliser et qui remonte du côté droit jusqu\u2019au niveau de l\u2019ombilrc.Examens de laboratoire : 13/1/44 : Kline : négatif. Novembre 1944 LavaL MÉDicaL 727 14/1744 : Formule sanguine : Hémoglobme .929, Globules rouges (par mm3).\u2026.3,640,000 Valeur globulaire.1.27 Globules blancs (par mm3) .5,571 Polynucléaires neutrophiles.52% « éosinophiles.\u2026.1% « basophiles.1% Lymphocytes.31% Monocytes.LL.109, Formule d\u2019Arneth.24-45-29-2-0 14/1,44 : Réaction de Friedman-Brouha : négative.14/1/44 : Examen des urines : urates de soude en petite quantité.Le 18 janvier, on pratiqua une laparotomie au cours de laquelle l\u2019utérus, les deux trompes et de volumineuses tumeurs solides de chaque ovaire, libres dans la cavité abdominale, furent enlevés.Examen anatomo-pathologique (H-D : 20274) : L\u2019utérus et les trompes n\u2019offrent rien de particulier à l\u2019examen macroscopique.Chaque ovaire est remplacé par une tumeur parfaitement lrsse d\u2019aspect fibreux et du volume d\u2019un gros pamplemousse.La tumeur du côté droit pèsé 650 grms et présente des diamètres de 16, 14 et 8 ems ; celle de gauche pèse un peu moins, 495 grms, et mesure 13 par 10 par 8 cms de diamètre.Les deux masses tumorales ont un aspect à peu près identique ; légèrement réniformes, elles conservent vaguement la forme de l\u2019ovaire et leur surface, arrondie et légèrement bosselée, est très polie, sans trace de tractus fibreux ou scléreux adhérentiels.A la coupe, 1l existe une capsule très nette et le tissu tumoral est solide et généralement de couleur jaune safran avec quelques plages plus blanches et plus nacrées; sur quelques endroits les tissus sont un peu plus mous et légèrement gélatineux.L'ensemble de ces caractères font penser à une tumeur fibreuse de l\u2019ovaire, soit simple, soit d\u2019origine thécale (théco-fibrome), mais la bi- 728 Lavar\u2026 MÉDICAL Novembre 1944 latéralité des lésions plaide surtout en faveur d\u2019une tumeur de Kruken- berg.Examen histologique (H-D : 20274) : L\u2019utérus présente une muqueuse très atrophique et afonctionnelle et un myomètre modérément atrophique.Tumeur de Krukenberg (plage de cellules « en chaton ) X 610) Les tumeurs ovariennes correspondent à un épithélioma diffus très atypique constitué par des cellules isolées ou en minuscules plages parfois centrées par des cavités glandulaires.La majorité des éléments néoplasiques contiennent de grosses gouttelettes de mucus (muci-carmin : positif), qui remplissent presque tout le protoplasme et repoussent le noyau latéralement (cellules en chaton).Toutes ces cellules, dont quelques-unes sont en mitose, sont noyées dans un tissu fibreux hyper- plasique abondant, assez riche en bandes de collagène. Novembre 1944 Lavar MÉDicaL 729 Par leurs caractères macroscopiques et histologiques, ces tumeurs.rappellent parfaitement les tumeurs de l\u2019ovaire décrites par Kruken- berg, sous le nom de Sarcoma ovarir mucocellare carcinomatodes.Selon cet auteur, ces tumeurs devraient être considérées comme des épithélio- mas primitifs de l\u2019ovaire.Cette conception, cependant, fut trouvée erronnée par la suite.Schlagenhaufer, en 1903, a établi, en effet, que le plus grand nombre de ces néoplasmes constituent des métastases d\u2019un épithélioma le plus fréquemment gastro-intestinal.Les nombreuses publications de tumeurs analogues rencontrées subséquemment dans la littérature confirment complètement cette manière de voir.En se basant donc sur ces connaissances, les examens suivants furent pratiqués : 9/2/44 : Recherche du sang dans le liquide gastrique : positive (réaction de Kastle-Meyer).12/4/44 : Radiographie de l\u2019estomac : rétrécissement tubulaire au tiers moyen faisant penser à une image néoplasique.La malade fut réopérée le 16/3/44 et on pratiqua une gastrectomie sub-totale (Polya trans-mésocolique).Examen anatomo-pathologique : À quatre pouces du pylore, sur la grande courbure de l\u2019estomac, il y a une petite ulcération peu profonde et à bords ombiliqués de 4 mm.de diamètre.À cet endroit la paroi gastrique est légèrement épaissie et très indurée.Le tissu épiploïque voisin contient quelques ganglions hypertrophiques du volume de gros pois.Examen histologique (H-D : 20461) : Il s\u2019agit d\u2019un épithélioma ulcéré extrêmement atypique de l\u2019estomac.Le néoplasme est très peu étendu au niveau de la muqueuse (8 mm.).A cet endroit, Il est constitué par des petites plages cellulaires très irrégulières et, sur certains points, vaguement glandulaires et par un très grand nombre de cellules isolées, le plus souvent à mucus et présentant l\u2019aspect «en chaton ».Ces éléments infiltrent abondamment la sous- 730 Lavar MeEpicaL Novembre 1944 muqueuse après avoir détruit la muscularis mucosa sur une longueur de 3 mm.; ils dissocient aussi les fibres de la musculeuse sur une longueur de 20 mm.en s\u2019accompagnant d\u2019un tissu fibreux relativement important.La séreuse et une partie des tissus épiploïques voisins, sont également fibreux et envahis par le néoplasme.Quelques ganglions lymphatiques épiploïques sont partiellement infiltrés de cellules néoplasiques.COMMENTAIRES La tumeur de Krukenberg, dans la très grande majorité des cas, est une tumeur métastasique et la lésion primitive siège le plus souvent au tube digestif, en particulier à l\u2019estomac.Il n\u2019y a que quelque rares cas dans la littérature, où cette tumeur semble correspondre à un épithé- lioma primitif de l\u2019ovaire.Novak, en effet, ne cite dans son traité que les deux observations de Frankl et Andrews.L'observation que nous venons de rapporter n\u2019est donc qu\u2019un exemple d\u2019une observation classique.]l est assez rare que des métastases se présentent avec les caractères macroscopiques relativement bénins.Généralement, elles infiltrent et détruisent les tissus voisins tout à fait comme les tumeurs primitives.A la coupe, aussi, l\u2019aspect des deux lésions est-Il assez superposable.La tumeur de Krukenberg est une exception à cette règle.À l\u2019œil nu, elle rappelle singulièrement une tumeur bénigne de nature fibreuse.Arrondie, parfaitement lisse et libre dans la cavité abdominale, elle présente une capsule nette.Sa consistance solide sous le couteau et la couleur jaune ou blanche de sa tranche sont loin de faciliter le diagnostic macroscopique.Aussi est-il assez difficile de différencier cette tumeur d\u2019un fibrome ovarien simple ou d\u2019un fibrome d\u2019origine thécale (théco- fibrome).La présence de quelques plages vaguement gélatiniformes et, parfois, de petites cavités kystiques au centre de ces plages aident à orienter le diagnostic, mais le caractère principal, qui permet de poser, avec assez de certitude, le diagnostic de tumeur de Krukenberg, la pièce en main, est la bilatéralité des lésions.Devant une tumeur arrondie et solide de l\u2019ovaire, qui est dure et ne présente aucune adhérence avec les organes voisins, le chirurgien doit Novembre 1944 LavaL MEDICAL 731 avoir l\u2019attention attirée sur la possibilité d\u2019une tumeur de Krukenberg et explorer immédiatement le tube digestif, et tout particulièrement l\u2019estomac, pour déceler, si possible, une lésion primitive.Si les deux ovar- res sont ainsi transformés en tumeurs solides, il peut poser un diagnostic de tumeur de Krukenberg avec peu de chances d\u2019erreur.Son exploration chirurgicale devra être très minutieuse, car la tumeur primitive est souvent petite et peut passer inaperçue i un examen scmmaire.L\u2019observation que nous venons de rapporter est ausst un exemple de tumeur primitive petite et de métastases volumineuses.L\u2019épithéliona gastrique, en effet ne constitue qu\u2019une masse de 2 cms dans son plus grand diamètre et n\u2019intéresse la muqueuse que sur une longueur de 8 mm.et les métastases ovariennes, sans compter les métastases épiploïques, pèsent 1,145 grammes. MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES A PROPOS DE PÉNICILLINE \u2014_ bh L\u2019arsenal thérapeutique s\u2019est enrichi, en ces dernières années, de diverses substances, les unes chimiques, comme les sulfamidés, les autres biologiques, comme la pénicilline, qui permettent au médecin de sortir plus souvent victorieux dans sa lutte contre les maladies infectieuses.Depuis longtemps, on a isolé de cultures de champignons des substances antibactériennes, telles que : gramicidine, tvrocidine, citridine, strepto- thricine, gliotoxine, lesquelles sont toutes plus ou moins toxiques pour l\u2019animal, ressemblant plutôt à des antiseptiques.Pour sa part, la pénicilline est une substance hautement anti- bactérienne avec une toxicité presque nulle.Ainsi elle est mille fois plus active que le meilleur sulfamidé contre les : staphylocoque doré, streptocoque, pneumocoque, gonocoque, méningocoque à une dilution allant jusqu\u2019au '/30,000,000e.Cet agent est, en général, sans influence sur les bactéries, gram-négatif, comme par exemple les bacilles du groupe coli- typhique, le pneumobacille de Friedlander, et également le B.melitensis Il serait aussi sans action contre un bacille pourtant gram-positif, comme le bacille de Koch.HISTORIQUE C\u2019est A.Fleming qui, il y a déjà une quinzaine d\u2019années (1929) découvrit et nomma pénicilline un agent antibactérien produit par la culture Novembre 1944 Lavar MEpicaL 733 de Penicillium notatum.Il constata que, dans les cultures bactériennes souillées par ce champignon, les microbes ne poussent plus ; mais il ne put isoler ce produit.A la suite des travaux de A.Fleming, plusieurs auteurs comme H.Raistrick, puis P.W.Clutterbuck, R.Lowell et H.Raistrick effectuèrent des recherches biochimiques, et donnèrent une modification du milieu de Czapek-Dox, favorable à la culture de P.notatum.C\u2019est de ce milieu qu\u2019on a isolé d\u2019abord une protéine, puis un pigment Jaune soluble, la chrvsogénine.Puis P.W.Clutterbuck et ses collaborateurs 1solèrent la pénicilline au moven de l\u2019éther dans le milieu acidifié, sous forme d\u2019une substance stable à pH >.0 à 6.0.Mais ce ne fut qu\u2019en 1939 que d\u2019autres études furent entreprises sur la pénicilline par H.W.Florey et W.Dunn, en Angleterre : ceux-ci purent isoler une quantité suffisante du produit pour traiter neuf\u2019 (9) patients, et constater son efficacité.Puis survinrent les travaux de E.P.Abraham et E.Chain, et de plusieurs autres chercheurs, dont 1l ne peut être question dans ce bref résumé.CARACTÈRES BIOLOGIQUES DE P.NOTATUM Le milieu de choix pour sa culture consiste dans le Czapek-Dox modifié.Le champignon pousse en une couche superficielle, mince, de 1.5 à 2 ceritimètres d\u2019épaisseur, à une température optima de 22 à 23°C.La culture est accélérée par l\u2019addition de 10% de levures.Il s\u2019agit d\u2019un aérobie strict.Après trois Jours d'\u2019ensemencement, apparaissent des petits points blancs qui forment bientôt un voile en surface.Vers le sixième Jour, apparait, sur le milieu, une teinte bleu verdâtre, et deux jours plus tard, toute la surface est couverte par une couche de mycélium de teinte vert foncé.Plusieurs jours après apparaissent, en surface, des gouttellettes Jaunes, et tout le milieu devient lui-même de cette teinte, avec un pH de 3.0 à 6.3, puis cette acidité diminue quand la pénicilline apparaît.Quand le pH atteint 7.0, la teinte jaune et la pénicilline augmentent rapidement.Puis le taux demeure constant, sauf si le pH monte à 8.5 734 Lava.MÉDicaL Novembre 1944 ou plus : dans ce dernier cas, la solution devient brun foncé, et la pénicilline disparait.L\u2019extraction de la pénicilline du milieu de culture est une opération délicate, laquelle a, au début, embarrassé les chercheurs.E.P.Abraham et E.Chain ont employé comme solvant l\u2019éther, le chloroforme et l\u2019acétate d\u2019amyl.La solution est refroidie entre 0 à 4°C., puis acidifiée avec de l\u2019acide phosphorique à 10% jusqu\u2019à pH 1.9, et la pénicilline est extraite aussi rapidement que possible.D\u2019après des auteurs, c\u2019est le sel baryté de pénicilline qui serait le plus actif, stable et non-hygroscopique, ayant une activité de 450 à 500 unités Oxford par milligramme.Il inhibe toute culture de staphylocoque doré en solution de \u2018/20,000,000e à \u2018/30,000.000c.PROPRIÉTÉS CHIMIQUES ET PHYSIQUES Ces propriétés sont encore Imparfaitement connues.La pénicilline est scluble dans : l\u2019éther, l\u2019alcool, l\u2019acétone, l\u2019acétate d\u2019éthyl, le cyclohexanone, le dioxane et moins soluble dans : le benjoin, le chloroforme et le tétrachlorure de carbone.La formule chimique n\u2019est malheureusement pas connue ; cependant, quelques auteurs ont suggéré quelques formules chimiques des produits qu\u2019ils ont 1solés : Abraham et Chain : C24H320'®Ba, ou C23H3009Ba ; Meyer et ses collaborateurs : C!4H16NO5, ou C14H17NO5H20 ; Catch, Cook et Heilbron : C24H3401INSr. Novembre 1944 Lavar MÉDicaL 735 ABSORPTION ET EXCRÉTION La pénicilline, donnée par voie orale, n\u2019est d\u2019aucune utilité pour le patient, parce qu\u2019elle est ou détruite par le suc gastrique, ou, encore, retrouvée telle quelle dans les urines.Le produit purifié se donne maintenant en injections intra-muscu- laires.Cependant la voie de choix est la voie intra-veineuse chez l\u2019homme quoique la pénicilline injectée ne donne pas pendant très longtemps une concentration efficace dans le courant sanguin : en effet après quelques heures, le produit injecté y est disparu.Ainsi, après une injection intraveineuse de 100 mgrs, on peut à peine en déceler quelques traces dans le sang, au bout d\u2019une heure.Après une injection de 200 mgrs, l\u2019effet dure deux heures, quoique l\u2019excrétion urinaire se fasse encore après six heures.C\u2019est pourquoi, on préfère actuellement la voie intra-veineuse, mais en goutte-à-goutte, de façon continue, pendant un laps de temps nêces- saire pour donner à l\u2019organisme le nombre d\u2019unités requises pour telle infection ; de telle sorte qu\u2019il y ait une concentration sanguine adéquate.Si on emploie la voie intra-musculaire, il faudra, pour les raisons données plus haut, faire des injections rapprochées les unes des autres.Environ 70% de la pénicilline, donnée en injection intra-veineuse, se retrouve dans les urines, et de 50 à 60% peut être recouvré.EXPÉRIENCES CLINIQUES A) Chester S.Keefer et ses collaborateurs, après avoir traité, avec la pénicilline, 500 patients souffrant d\u2019infections diverses, constatent que, par voie orale, cette substance est inefficace, tandis que, par les voies intra-musculaire et intra-veineuse, elle est remarquablement anti- bactérienne.Cet auteur préconise l\u2019injection continue ou à intervalles rapprochés.L'action antibactérienne est particulièrement marquée dans les infections à staphylocoque doré, gonocoque, pneumocoque et streptocoque hémolytique, sauf dans les cas d\u2019endocardite maligne, exception que W.F.Herrell, de la Clinique Mayo, avait déjà constatée.Les résultats sont excellents dans les gonococcies résistantes aux sulfamidés. 736 Lavar.MÉDicaL Novembre 1944 Dosage : Dans les infections graves à staphylocoque doré, on doit donner de 500,000 à 1,000,000 d\u2019unités Oxford, et les meilleurs résultats s\u2019obtiennent avec un traitement de 10 jours à deux semaines.Au moins 10,000 unités doivent être données toutes les deux ou trois heures au début du traitement.Dans les cas de gonorrhées rebelles, on administre de 100,000 à 160,000 unités pendant 24 heures.Dans la pneumonie, 100,000 unités pendant trois jours sont en général suffisantes.B) W.E.Herrell et ses collaborateurs, ont traité 150 patients atteints d\u2019une infection connue, dont 103 furent traités avec un sel sodique de pénicilline, et 47 avec un sel calcique.Sur 28 septicémiques résistants aux sulfamidés, 25 guérirent et 3 seulement sont morts ; l\u2019auteur conseille d\u2019administrer 80,000 unités par 24 heures dans de tels cas.Les autres malades traités souffraient d\u2019infections diverses : ostéomyélite, gangrène, gonorrhée, suppurations pulmonaires, etc, etc, et montrèrent également des résultats thérapeutiques satisfaisants, parfois même brillants : sur 107 cas, seulement 44 bénéficièrent peu ou pas d\u2019un tel traitement.C) D.H.Rosenberg et P.A.Arling rapportent dernièrement les résultats obtenus chez 63 patients souffrant de méningite à méningocoque, > de méningite à streptocoque, et 1 de méningite à pneumocoque.Soixante-dix (70) des soixante-onze patients furent guéris.Les auteurs employèrent ici des injections intra-rachidiennes de 10,000 unités par 24 heures, allant jusqu\u2019à 50,000 unités dans les infections graves, après drainage d\u2019une quantité suffisante de liquide céphalo- rachidien.Les travaux expérimentaux de C.Pilcher et W.Meacham sur les méningites et les abcès cérébraux du chien avaient déjà démontré que la pénicilline, donnée par voie intra-veineuse, était inefficace dans de tels cas.Au contraire, ils constatarent qu\u2019en injections intra-rachidiennes, laÿpénicilline a peu d\u2019effets toxiques, et abaisse le taux de mortalité de 93% chez les témoins, à 34% chez les chiens traités. Novembre 1944 LLavaL MEpicAaL 737 D) D\u2019aprés J.W.Hirshfeld et ses collaborateurs, les grefles cutanées sont rendues plus faciles, parce que moins sujettes à l\u2019infection, si on injecte de 5,00\u20ac à 10,000 unités de pénicilline toutes les 2 heures pendant 5 jours environ.Avant l'emploi de cet agent antibactérien, les auteurs perdaient chez au moins le tiers des cas, 25% des greffes par infection subséquente.Sur la série de 19 cas présentés, les résultats furent bons dans 90 à 100% des greffes.E) La pénicilline, d\u2019après plusieurs auteurs (J.F.Mahoney et coll, J.E.Moore et coll., J.H.Stokes et coll.) aurait une action indubitable sur la syphilis, surtout quand il s\u2019agit de cas d\u2019infection récente.La dose employée consiste en 1,200,000 unités, données en injections intramusculaires, à toutes les trois heures jour et nuit, jusqu\u2019a un total de 60 Injections en 714 jours.EFFETS TOXIQUES Les effets toxiques dus à la pénicilline sont pratiquement nuls, ou peuvent consister en frissons, fièvre, maux de tête, avec visage vultueux : parfois 1l y a des réactions d\u2019urticaire, et de la thrombo-phlébite au point de l\u2019injection.Mais ces quelques rares inconvénients passagers, ne sont d\u2019aucun poids dans la balance, en regard des résultats vraiment merveilleux obtenus dans de si nombreuses infections avec la pénicilline.Maurice Giroux.BIBLIOGRAPHIE 1.W.E.HErreur, D.R.NicHors et D.H.HriLman.Penicillin.J.A.M.A., vol.125, n° 15 (12 août) 1944, p.1003.2.W.E.Hrrreur et D.R.NicHors.The Calcium Salt of Penicillin.Proc.of Mayo Clinic, vol.18, n° 18, (sept.) 1943, p.313.3.J.W.HirsureLp, C.W.Buccs et W.E.ABBOTT.Penicillin and Skin Grafting.J.A.M.A., vol.125, n° 15 (12 août) 1944, p.1017.(6) 738 Lavar.MÉDICAL Novembre 1944 4, W.M.Kirey et V.E.Hepp.Treatment of Osteomyelitis of the Facial Bones with Penicillin.J.A.M.A., vol.125, n° 15 (12 août) 1944, p.1019.C.S.KEEFER et al.Penicillin in the Treatment of Infections.J.A.M.A., vol.122, n° 18 (août) 1943, p.1217.C.C.Lucas.The Can.Journ.of Med.Tech., vol.13, (sept.) 1943, pp.89-97.J.F.MAHONEY et al.Penicillin Treatment of Early Syphilis.J.A.M.A., vol.126, n° 2 (sept.) 1944, p.63.J.E.Moork et al.The Treatment of Early Syphilis with Penicillin.J A.M.A, vol.126, n° 2 (9 sept.) 1944, p.67.C.PILCHER et W.MEACHAM.The Chemotherapy of Intracranial Infections : Penicillin.J.A.M.A, vol.123, n° 6 (oct.1943), p.330.D.H.RosensErc et P.À.ArciNG.Penicillin in the Treatment of Meningitis.J.A.M.A, vol.125, n° 15 (12 août) 1944, p.1011. Penicillin DESBERGERS Penicillin DESBERGERS ANALYSES David J.SANDWEISS.The Immunizing Effect of the Anti- Ulcer Factor in Normal Human Urine (Anthelone) Against the Experimental Gastro-Jejunal Ulcer in Dogs.(L\u2019effet immunisant du facteur anti-ulcéreux de l\u2019urine normale de l\u2019homme sur l\u2019ulcère gastro-jéjunal expérimental du chien.) Gastroenterology, vol.I, n° 10, (oct.) 1943.L'auteur a déjà démontré l\u2019existence, dans l\u2019urine de l\u2019homme, d\u2019un facteur anti-ulcéreux qui a un effet thérapeutique et prophylactique sur l\u2019ulcère expérimental Mann-Williamson.Ce facteur agit en entraînant une prolifération fibroblastique, la formation de nouveaux vaisseaux sanguins et le recouvrement épithélial de la muqueuse.Dans une nouvelle communication, l\u2019auteur démontre le rôle 1m- munisant de ce facteur contre la formation de ces ulcères.Le chien qui a subi l\u2019opération de Mann-Williamson meurt en moyenne 71 Jours après d\u2019un ulcère gastro-jéjunal.Les chiens ayant reçu préventivement, pendant trente Jours, une injection d\u2019anthélone (facteur anti-ulcèreux de l\u2019urine) et ensuite tous les Jours après l\u2019opération, vivent en moyenne 345 jours.Un petit nombre seulement développe un ulcère.Dans une autre série d\u2019expériences, des chiens sont opérés et traités par l\u2019anthélone pendant plusieurs mois.Un an après la cessation des injections, les animaux vivent encore sans présenter d\u2019ulcère.II est donc évident que le facteur produit une immunité de longue durée.Cet effet n\u2019est pas obtenu grâce à une dépression de la sécrétion d\u2019 HCI (urogastrone) puisque le taux de la sécrétion acide demeure le même chez ces animaux.L\u2019auteur rappelle que Hands et al.ont obtenu des résultats analogues en traitant des chiens par des injections d\u2019entérogastrone (principe dé- presseur de la sécrétion gastrique extrait de la muqueuse duodénale).J.-Paul DucaL. 740 LavaL MEbicaL Novembre 1944 Hans SELYE, O.SYLVESTER, C.E.HALL et C.-P.LEBLOND.Hormonal Production of Arthritis.(Les arthrites hormonales.) J.A.M.A., vol.124, n° 4 (22 jan.) 1944, p.201.L\u2019administration d\u2019acétate de désoxycorticostérone, à hautes doses, entraîne de la néphrosclérose, de l\u2019hypertension artérielle, des troubles du métabolisme des électrolytes, la formation de « corps d\u2019Aschoff » dans le cœur et de la périartérite noueuse.L\u2019ablation préalable d\u2019un rein et l\u2019administration simultanée de chlorure de sodium facilite l\u2019apparition de ces actions toxiques de l\u2019acétate de désoxycorticostérone.En plus de ces accidents, on a pu noter fréquemment l\u2019apparition d\u2019arthrite et de phénomènes rhumatismaux, surtout chez l\u2019animal qui a subi préalablement la thyroïdectomie ou la surrénalectomie et, principalement, s1 .l\u2019animal est maintenu ou exposé au froid.Les lésions articulaires, de même que tous les autres accidents apparus à la suite de l\u2019administration d\u2019acétate de désoxycorticostérone, sont absolument superposables à ceux que l\u2019on observe dans le rhumatisme articulaire spontané.Au cours de ces expériences, l\u2019exposition au froid, la thyroïdectomie et la surrénalectomie ont certainement grandement facilité la production de lésions articulaires, mais ces facteurs n\u2019ont agi que comme causes prédisposantes.En l\u2019absence de ces trois facteurs, il est possible de provoquer des lésions d\u2019arthrite, uniquement par l\u2019action de l\u2019hormone cortico-surrénale.A la suite de ces constatations et à cause de la similarité clinique et histologique entre ces arthrites expérimentales et celles que l\u2019on observe chez l\u2019homme au cours du rhumatisme articulaire aigu, il semble que l\u2019on puisse déduire que les manifestations rhumatismales que l\u2019on voit chez l\u2019homme sont le résultat de l\u2019hyperfonctionnement des cortico-surrénales.On sait que le rhumatisme articulaire, la néphro-sclérose et l\u2019hypertension artérielle surviennent fréquemment à la suite de causes variées telles que l\u2019exposition au: froid, les chocs émotionnels, les maladies 1n- fectieuses.Or, on a constaté que ces mêmes facteurs causent l\u2019hypertrophie surrénale, avec hyperproduction d\u2019hormone cortico-surrénale ; ce qui est une réaction de défense de l\u2019organisme en vue d\u2019augmenter la résistance générale.Il peut arriver que, dans certaines conditions, cette réaction de défense dépasse son but et qu\u2019il y ait une surproduction d\u2019hormone cortico-surrénale qui entraîne alors les mêmes accidents toxiques que l\u2019on observe lors de l\u2019administration exogène de l\u2019acétate de désoxycorticostérone.Ces accidents seront plus manifestes et sérieux chez les patients déjà sensibles aux actions toxiques de l\u2019hormone cortico-surrénale, à la suite d\u2019une affection rénale ou d\u2019une grande inges- - tion habituelle de chlorure de sodium.Ces accidents articulaires, tout comme la néphrosclérose et l\u2019hypertension artérielle méritent donc d\u2019être appelés des « maladies d'adaptation ».L'action de l\u2019insuffisance thyroïdienne dans la genèse de ces accidents articulaires peut s\u2019expliquer par un trouble de la thermo-régulation, favorisant la localisation de l\u2019action de l\u2019hormone cortico-surrénale sur les articulations. Novembre 1944 LavaL MEbpicaL - 741 Ces observations montrent davantage les inter-relations complexes qui existent entre les glandes endocrines et les articulations.Ces relations sont d\u2019ailleurs déjà bien établies dans certaines affections articulaires : le rhumatisme thyroidien, les arthrites de la ménopause et les arthropathies hypophysaires.Antonio MARTEL.Albert BERTRAND.Facteur « Rh » et fausses couches répétées.Union Médicale, tome 73, n° 1, (janvier) 1944, pp.40 et seq.Le facteur Rh, ainsi appelé à cause de sa ressemblance avec celui qu\u2019on trouve dans les globules rouges du Macacus Rhesus, a été isolé et décrit dans les globules rouges de 85% des humains, par Landsteiner et Weiner, en 1940.C\u2019est une agglutinine qui se transmet suivant les lois de Mendel et qui a le pouvoir d\u2019engendrer des antigènes.On lui attribue certains accidents de la grossesse ou certaines affections du nouveau-né tels que l\u2019érythroblastose, l\u2019ictère hémolytique et les fausses couches répétées.Père : Rh positif, plus mère : Rh négatif = fœtus Rh positif qui sensibilise sa mère au cours de la grossesse et crée un facteur anti-Rh.Cet anticorps revient vers le fœtus et provoque l\u2019ictère, l\u2019érythroblastose ou une fausse couche.Ce facteur est aussi responsable des accidents de la transfusion.Des sangs Rh positif injectés à un individu Rh négatif finiront par engendrer l\u2019antigène Rh et des accidents tels que frisson, hémolyse et même la mort.Dans 111 cas d\u2019érythroblastose, 101 fois la mère avait un Rh négatif.L\u2019auteur présente un cas typique : une femme accouche d\u2019un premier enfant sain.Le deuxième fait un ictère marqué.Le troisième meurt d\u2019un ictère grave.Le quatrième meurt d\u2019ictère hémolytique.Le cinquième meurt au bout de 36 heures d\u2019ictère avec splénomégalie et érythroblastose.Par la suite, elle fait trois fausses couches.En 1943, après ces trois fausses couches, son sang possédait des agglutinines anti-Rh.Ces agglutinines atteignent leur intensité dans le sang au moment de l\u2019accident.Entre temps, elles se localisent dans le système réticulo- endothélial.Conclusion : Rechercher le facteur, ou mieux l\u2019antigène anti-Rh chez les femmes qui font des fausses couches répétées et les patients chez qui 1l faut multiplier les transfusions.\u201c\u201cSylvio LEBLOND. 742 LavAL MÉDpicaL Novembre 1944 J.J.ELLER, Mm.p., et Luis A.DIAZ, M.p.Vitamines et cheveux gris.New York State Journal of Medicine.vol, 43, n° 14, (15 juillet) 1943, pp.1331-1332.Les auteurs rapportent quelques expériences sur le sujet, faites depuis 1938 sur des animaux, ainsi que quelques essais dans le domaine humain.Des rats recevant une alimentation carencée en vitamine B ont vu leur fourrure se dépigmenter, alors que ce processus était réversible si on ajoutait à leur diète le facteur vitaminique manquant.Ce facteur a été identifié comme étant l\u2019acide pantothénique.D\u2019autres expérimentateurs ont trouvé que l\u2019acide para-amino- benzoïque aurait le même pouvoir, mais cette assertion n\u2019a jamais pu être vérifiée (J.A.M.A., 15 janvier 1942).Les auteurs eux-mêmes l\u2019ont essayé sans résultats appréciables, alors que l\u2019acide pantothénique leur a paru avoir des succès plus probants.Les auteurs, d\u2019accord avec le J.À.M.A.déjà cité, émettent l\u2019opinion que la vitamine n\u2019agirait peut-être pas directement, mais seulement en améliorant la vitalité générale.Et 1ls concluent en disant que, bien que quelques succès aient été enregistrés dans ce domaine, on n\u2019en est pas encore au stade du médicament-miracle.Emile GAUMOND.Carl F.SHAFFER, M.p.(Omaha).The Diuretic Effect of Ascorbic Acid.\u2014 Preliminary Report on its Use in Cardiac Decom- pensation.(Effet diurétique de l\u2019acide ascorbique ; rapport préliminaire sur son emploi dans l\u2019insuffisance cardiaque).The Journal of the American Medical Association, vol.124, n° 2, (mars) 11, 1944, p.700.Il a été démontré qu\u2019une personne est saturée de vitamine C après ingestion d\u2019une dose de 3 gms en 6 Jours ; l\u2019action diurétique se manifeste au moment de la saturation, soit le troisième ou le quatrième jour.Lorsque la vitamine C est administrée par voie intra-veineuse, la saturation est plus rapide, mais alors l\u2019action diurétique est nulle.L'auteur a étudié l\u2019effet de l\u2019acide ascorbique chez 10 malades souffrant d\u2019insuffisance cardiaque avec œdèmes périphériques, 5 hommes et 5 femmes, de 20 2 60 ans.Ils ont été gardés au lit, étaient soumis à un régime alimentaire apportant 50 mgms de vitamine C par jour, n\u2019ingéraient que 1,500 c.c.de liquides par 24 heures, et recevaient une dose de maintien de digitale.Pendant 6 Jours, ils ont pris par la bouche 500 mgms de vitamine C par jour en plusieurs doses.Dans chaque cas, Novembre 1944 Lava\u2026.MÉDpicaL 743 les 3°, 4° et 5° jours, la diurèse a augmenté de 250 à 1,000 c.c.pendant ces 72 heures.Dix autres malades ont recu la vitamine C (500 mgms par jour) par voie Intra-veineuse pendant 6 jours ; il n'y a pas eu d\u2019effet diurétique appréciable.Dans 20 autres cas, l\u2019auteur a combiné l\u2019emploi d\u2019un diurétique mercuriel avec la vitamine C.Les malades ont d\u2019abord reçu une 1n- jection intra-veineuse de 2 c.c.de mercupurin.Trois jours plus tard ils ont reçu la même injection additionnée de 500 mgms de vitamine C ; la quantité d\u2019urine émise dans les 24 premières heures a été plus considérable de 500 à 2,000 c.c., dans 15 cas, soit 75% des cas.D\u2019après des recherches expérimentales chez l\u2019animal, cette action diurétique de la vitamine C est due à des modifications de la pression osmotique.La vitamine C combinée à un diurétique mercuriel provoque une diurèse de @ à 2% fois plus grande que celle qui suit l\u2019administration d\u2019un diurétique mercuriel seul.Guy DROUIN.Martin Henry DAWSON, M.D., et Gladys L.HOBBY, pu.pb.(New- York).The Clinical Use of Penicillin.\u2014 Observations in one hundred cases.(La thérapeutique par la pénicilline.\u2014 100 ob- .servations cliniques).The J.A.M.A., vol.124, n° 10, (4 mars) 1944, p.611.Les auteurs rapportent les résultats qu\u2019ils ont obtenus de l\u2019emploi de la pénicilline dans le traitement de 100 malades porteurs d\u2019infections diverses.L\u2019expérimentation a montré que la pénicilline agit sur les micro- organismes gram-positifs : cocci et bâtonnets, sur les cocci gram-négatifs.En règle générale, les micro-organismes les plus sensibles à la pénicilline sont le gonocoque, le méningocoque, puis viennent les pneumocoques, le streptocoque hémolytique, enfin les staphylocoques et le streptocoque viridans.Dans la plupart des cas la voie intra-musculaire a été utilisée pour l\u2019administration de la pénicilline.Les avantages de cette voie d'administration sur la vole intra-veineuse seraient les suivants : possibilité de maintenir, pendant plus longtemps, une concentration plus élevée de pénicilline dans le sang circulant ; simplicité de la méthode, l\u2019administration pouvant être confiée à l\u2019interne ou à une garde-malade, enfin, une meilleure tolérance du produit par le malade traité.La voie intra-veineuse a été employée dans les infections graves à forme septicémique.La pénicilline a encore été administrée par voie intra-rachidienne, intra-pleurale, intra-articulaire ; en irrigation dans les sinusites, dans les plaies profondes ; en pansements dans les plaies super- Icielles. 744 LavAL MéÉDicaL Novembre 1944 Lorsqu'elle est administrée par voie intra-veineuse, la pénicilline disparaît très rapidement de la circulation ; après 15 minutes, 75% du produit est éliminé ; après 30 minutes 90% de la pénicilline est disparue ; aucune trace n\u2019est retrouvé dans le sang après 3 à 4 heures.Après injection intra-musculaire, la concentration sanguine en pénicilline augmente rapidement, atteint un maximum après 15 à 30 minutes, reste stationnaire pendant 30 minutes, puis s\u2019abaisse graduellement ; après 3 à 4 heures, on ne retrouve plus de trace de pénicilline dans le sang.Le liquide céphalo-rachidien contient encore des traces de pénicilline 24 heures après son administration par voie rachidienne ; 1l en est ainsi après l\u2019injection intra-pleurale ou intra-articulaire.La posologie de la pénicilline est encore incertaine.Les doses varient suivant la nature des microbes en cause.Les gonocoques, les méningocoques se sont montrés très sensibles à la pénicilline, puis viennent les pneumocoques, les streptocoques hémolytiques (groupe A), le staphylocoque doré, le streptocoque viridans, le staphylocoque blanc, puis les bâtonnets gram-positifs.Certains staphylocoques se sont montrés particulièrement résistants à la pénicilline.Les caractères de l'infection elle-même influent sur l\u2019efficacité de la pénicilline.Ainsi les infections diffuses, phlegmoneuses, répondent plus rapidement que les infections localisées ; cependant l\u2019action de la pénicilline n\u2019est pas entravée par la présence de pus\u2019 ou d\u2019exsudat.Les infections siégeant dans des tissus bien vascularisés répondent à des doses de pénicilline qui seraient tout à fait inefficaces dans les infections de tissus compacts et peu vascularisés comme le tissu osseux.Comme pour les sulfamidés, une concentration sanguine effective de pénicilline doit être maintenue au cours du traitement.On ne connaît cependant pas encore avec exactitude le degré de cette concentration.Infections à staphylocoques : Dans l\u2019ostéomyélite chronique, dans l\u2019abcès chronique à staphylocoque, avec ou sans septicémie, la dose moyenne est de 20,000 unités Intra-musculaires toutes les 4 heures.La durée du traitement dépend de l\u2019étendue des\u2019 lésions: et des réactions du malade.Dans l'ostéomyélite aiguë, l\u2019abcés aigu, le phlegmon, la cellulite, la dose est de 10,000 à 15,000 unités intra-musculaires toutes les 4 heures, pendant 6 à 7 Jours.Dans les infections du tractus génito-urinaire, une dose de 10, 000 à 15,000 unités intra-musculaires est administrée toutes les 4 heures.Si n\u2019y a pas d'amélioration notable, le traitement est discontinué après 4 à 5 Jours.Dans l\u2019empyème, \u2018la méningite, l\u2019arthrite suppurée .à staphylocoque, la dose est de 20,000 unités injectées localement tous les jours ou tous les 2 jours.Infections à pneumocoques : Dans la pneumonie franche, la dose moyenne est de 10,000 unités intra-musculaires aux 4 heures, 10 injections suffisent habituellement.Empyème : 20,000 unités intra-pleurales, diluées dans 30 à 40 c.c.de solution saline, tous les 2 Jours pour 3 à 4 injections.Méningite : 20,000 unités intra-rachidiennes tous les jours ; 2 ou 3 injections, suffisent habituellement. Novembre 1944 Lavar MéeEbicaL 745 Infections a streptocoques : Dans les infections dues au streptocoque hémolytique (groupe A de Lancefield), on donne habituellement 10,000 unités intra-musculaires toutes les 4 heures pendant 4 à 5 Jours.Dans les infections dues aux streptocoques autres que celui du groupe A, et le streptocoque viridans, la dose moyenne est de 20,000 unités intra-musculaires toutes les 4 heures ; la durée du traitement dépend des réactions du sujet traité.Infections à méningocoques et à gonocoques : Dans l\u2019infection aiguë du tractus génito-urinaire, la dose habituelle est de 10,000 à 15,000 unités intra-musculaires toutes les 4 heures, le traitement dure deux jours.Dans la méningite, on administre 20, 000 unités intra-rachidiennes par Jour, pour 2 ou 3 injections et dans l\u2019at- thrite aiguë, 10,000 unités intra-articulaires tous les jours, pour 2 ou 3 injections.Infections mixtes : La dose habituelle est de 20,000 unités intra-musculaires toutes les 4 heures jusqu\u2019à guérison.Applications locales : Dans les infections superficielles, l\u2019application locale d\u2019une solution contenant 100 unités par c.c.a donné des résultats très satisfaisants.La dose initiale de pénicilline est habituellement 1dentique aux doses subséquentes.Il ne semble pas y avoir grand intérêt à donner de fortes doses au début du traitement.Les septicémies n\u2019exigent habituellement pas de plus fortes doses de pénicilline que les infections localisées.La voie intra-musculaire est la plus recommandée, sauf pour les septicémies où la voie intra-veineuse semble préférable.La pénicilline est utilisée sous forme d\u2019un sel sodique, habituellement en solution saline dont la concentration est de 5,000 unités par c.c.; une concentration plus élevée, à 10,000 unités par c.c., peut cependant être employée sans aucun inconvénient.Pour les applications locales les solutions à 100 unités par c.c.ont donné d\u2019excellents résultats dans la plupart des ças.Aucun signe de toxicité n\u2019a été constaté chez les 100 malades qui ont été traités par la pénicilline.La pénicilline s\u2019est montrée très efficace dans la septicémie à staphylocoque : 15 cas sur 18 guérirent rapidement.Les résultats ont été excellents dans les infections à staphylocoques non septicémiques : guérison dans 15 cas sur 19 malades traités.Dans l\u2019ostéomyélite chronique, un traitement chirurgical approprié augmente nettement l\u2019efficacité de la pénicilline.Les résultats ont été frappants dans la pneumonie franche aiguë (9 sur 10) et les infections gonococciques résistantes aux sulfamides.Des résultats encourageants ont été obtenus dans les endocardites à streptocoques non hémolytiques.Les résultats ont été intéressants dans les infections mixtes où les micro-organismes gram-positifs prédominent.Par contre, la pénicilline n\u2019a été d\u2019aucune utilité dans 3 cas de pneumonie atypique.: Honoré NADEAU.- 746 Lavar.MÉDicAL Novembre 1944 Réal DORÉ.Thiouracil, nouvel agent thérapeutique de l\u2019hyperthyroïdie.Union Médicale, tome 73, vol.4, (avril) 1944, page 401 et seq.L\u2019auteur résume, ou traduit, un article paru dans le Journal of American Medical Association, du 8 mai 1943.Le thiouracil, dont la formule chimique est : H?N \u2014 CS \u2014 NH?(groupe sulfa-carbonique placé entre deux groupes aminés), a été expérimenté par Astwood, de Harvard.Plus de 100 produits divers ont été essayés et le thiouracil s\u2019est montré le plus actif et le moins toxique.Il inhibe la fonction thyroïdienne et semble très prometteur dans le traitement de l\u2019hyperthyroïdie.Il s\u2019administre par voie buccale à dose décroissante.Astwood l\u2019a administré à 8 sujets dont 4 normaux.Le thiou- racil n\u2019eut aucune influence sur le métabolisme basal ou l\u2019état d\u2019équilibre thyroïdien.Trois hyperthyroïdiens classiques répondirent admirablement bien au traitement et virent leur métabolisme de base s\u2019abaisser et les signes toxiques diminuer.Le 8° cas était un carcinome thyroïdien sur lequel le médicament n\u2019eut aucun effet.Au début, Astwood employait un autre dérivé soufré, thiouréa, qu\u2019il a abandonné.Il donnait à l\u2019haleine une odeur très désagréable et les patients en discontinuaient l\u2019usage.Le thiouracil est aussi actif que thiouréa et n\u2019a pas cet inconvénient.Les doses de thiouracil utilisées sont : 0.60 gramme par jour en 3 ou 4 fois jusqu\u2019à ce que les symptômes s\u2019amendent d\u2019une façon appréciable, c\u2019est-à-dire 15 jours environ, puis 0 gr.40 pendant 2 3 4 semaines et, enfin, une dose d\u2019entretien de 0 gr 20.Quelques réactions toxiques ont été observées : leucopénie, fièvre, éruptions cutanées qui disparaissent dès qu\u2019on cesse l\u2019administratien du médicament.L\u2019iode administré antérieurement en retarde l\u2019action et 1l faut en prolonger l\u2019administration pour obtenir le résultat voulu.Donne concomittamment, l\u2019iode n\u2019a pas semblé en diminuer l\u2019effet.En somme, thiouracil est un médicament précieux : il n\u2019est pas toxique, inhibe d\u2019une façon sûre la fonction hormonale thyroïdienne.Quand 1l ne guérit pas l\u2019hyperthyroïdie, 11 remplace avantageusement l\u2019iodothérapie pré-opératoire.L'auteur a actuellement plusieurs cas sous traitement et il en publiera les résultats bientôt.Sylvio LEBLOND.A.M.HUGHES.Cretinism in Rats Induced by Thiouracil.(Crétinisme expérimental du rat provoqué par l\u2019administration de thiouracil.) Endocrinology, vol.34, n° 1, (jan.) 1944, p.69.L\u2019administration continuelle de thiouracil a des rats, dés les premiers jours de leur naissance, améne un retard marqué de la croissance, un arrêt de développement, une anémie légère, et des changements sem- Novembre 1944 LavaL.MÉDicaL 747 blables à ceux que l\u2019on observe dans le crétinisme.Ces effets, qui, semble-t-il, sont causés par inhibition thyroïdienne, ne s\u2019observent pas si les injections de thiouracil ne sont pas faites tous les jours ou s1 on administre de la thyroxine en même temps.Les petits des mères traitées par le thiouracil semblent normaux à la naissance, mais ils développent une hyperplasie thyroïdienne dès leur premier jour et un retard de développement dès le 10° Jour, ce qui indiquerait la possibilité de la transmission du produits par voie placentaire ou mammaire.L'activité fonctionnelle de la thyroïde semble donc essentielle au développement normal et ceci dès le 6° jour de la vie.: Antonio MARTEL.RAWSON, EVANS, MEANS et al.The Action of Thiouracil upon the Thyroid Gland in Graves\u2019 Disease.(Action du thiouracil sur la thyroide au cours du goitre exophtalmique.) Journ.of Clin.Endocrinology, vol.4, n° 1, (Jan.) 1944, p.1.Depuis les travaux d\u2019Astwood, on sait que le thiourea et ses dérivés agissent sur la glande thytoïde en produisant de l\u2019hyperplasie et en causant, en même temps, un état d\u2019hypothyroidie.Cette action est semblable à celle que produit le thiocyanate sur la thyroïde.L\u2019effet du thriouracil tel qu\u2019observé sur 19 patients souffrant de maladie de Graves peut se résumer ainsi : abaissement du métabolisme basal, suivant une courbe absolument semblable à celle que produit l\u2019administration de l\u2019iode.Disparition des signes de thyrotoxicose.Hyperplasie de la thyroïde, avec perte de la substance colloïde et augmentation de la vascularisation de la glande.Diminution de la capacité de la glande thyroïde pour retenir l\u2019iode ; élimination augmentée de l\u2019iode par les urines.Les effets observés à la suite de l\u2019administration de thiouracil peuvent se comprendre ainsi : le thiouracil agit en empêchant ou bloquant l\u2019utilisation de l\u2019iode dans la synthèse de l\u2019hormone thyroïdienne à l\u2019intérieur de la glande thyroïdienne.Sous l\u2019influence du thiouracil, la glande thyroïdienne ne produit plus d\u2019hormone thyroïdienne active.Cet arrêt de production d\u2019hormone thyroïdienne active entraîne, par réaction, une hypersécrétion d\u2019hormone thyrotropique hypophysaire qui, à son tour, cause l\u2019hyperplasie thyroïdienne.Antonio MARTEL.E.V.NEWMAN, W.RIENHOFF, et À.R.RICH.Symposium on the Use of Thiouracil in Hyperthyroidism.(L\u2019emploi du thiouracil dans l\u2019hyperthyroïdisme.Revue générale.) Bull.Jobns Hopkins Hosp., vol.74, n° 2, (fév.) 1944, p.153.E.V.NEWMAN : Les nouveaux composés récemment jugés actifs dans le traitement de l\u2019hyperthyroïdie sont de deux ordres : Lava\u2026 MÉDicaL Novembre 1944 1° les dérivés de l\u2019aniline, comprenant surtout les sulfonamides ; 2° les dérivés du thiourea, dont le thiouracil est le plus actif ; la dose active du thiouracil est de 0.6 gramme par jour.Etude comparative entre le thiouracil et l\u2019iode : a) Disparition des symptômes : le thiouracil produit une rémission complète des symptômes dans chaque cas, si l\u2019on continue assez longtemps le traitement ; l\u2019iode ne le fait que dans 50% des cas ; b) Rapidité de la rémission : elle est plus grande avec l\u2019Iode qui ne requiert que 10 jours pour amener une réponse complète au traitement, tandis que le thiouracil requiert 20 à 60 jours ; .c) Récidives : on n\u2019en a pas observé avec le thiouracil ; le métabolisme basal est contrôlé dès que le médicament est administré, tandis que l\u2019iode ne contrôle le métabolisme basal que temporairement ; d) Effets toxiques : légers ou très limités avec l\u2019iode, tandis qu\u2019avec le thiouracil on a pu observer de la fièvre, de l\u2019œdème malléolaire et, dans un cas, une augmentation de l\u2019exophtalmie.W.RIENHOFF : Il n\u2019est pas persuadé que le thiouracil est préférable à l\u2019iode.Dans deux cas, 1l a observé une chute du cholestérol sanguin après un traitement par le thiouracil.Comme traitement pré-opératoire, l\u2019iode semble préférable.A la suite d\u2019un traitement par le thiouracil, la glande thyroïde est beaucoup plus vascularisée, ce qui rend plus difficile la thyroïdectomie, en ce qui concerne l\u2019hémostase.A.R.RuicH : L\u2019iode et le thiouracil agissent de façons différentes : l\u2019Iode amène une augmentation de la substance colloïde et un aplatissement des cellules glandulaires.L\u2019iode agit probablement en favorisant la sécrétion dans les acini glandulaires plutôt que dans le sang.Le thiouracil, au contraire, entraîne de l\u2019hyperplasie et inhibe la formation de thyroxine.Antonio MARTEL.J.B.MACKENSIE et C.G.MACKENSIE.Effect of Prolonged and Intermittent Sulfonamide Feeding on the Basal Metabolic Rate, Thyroid and Pituitary.(Effets de l\u2019administration prolongée et intermitente du sulfonamide sur le métabolisme de base, la thyroide et \u2019hypophyse.) - Bull.Jobns Hopkins Hosp., vol.154, n° 2 (fév.) 1944, p.85.L\u2019administration de sulfaguanidine à de jeunes rats provoque une baisse marquée du taux du métabolisme Dbasal et entraîne, en même temps, une hyperplasie et une hypertrophie de la glande thyroïde.On note, en même temps, des modifications au niveau du lobe antérieur de l\u2019hypophyse : augmentation des cellules basophiles qui deviennent agrandies et vacuolaires.On a pu calculer \u2018qu\u2019un taux de 2% de sulfa- Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire_reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 So Se INDICATIONS : : Les comprimés Agrippol s'emploient pour soulager les symptômes accompagnant les rhumes, le coryze, la grippe la bronchite, l'asthme des foins, l'asthme bronchique, la dysménorhée, les maux de tête et les névralgies.+ COMPOSITION 501: \u2018 Acétophénétidine oo © Acide acéthylsalicylique Chlorhydrate d\u2019 sminoxide-atropine I HERDT à \"CHARTON.INC.\u20ac AN .MÉDICAMENTS DE MARQUE \u2018 : 2027, AVENUE DU COLLÈGE McGILL \u2014 MONTRÉAL Thérapeutique VITAMINO-MINÉRALE avec le E.B.S VITAMINES PLUS MINERAUX Ce n\u2019est que de temps en temps que l\u2019on trouve des cas indiquant, d\u2019une façon bien définie, la carence d\u2019une seule vitamine.En général, les carences de vitamines sont multiples et offrent une image clinique confuse très difficile à diagnostiquer.La peau, l\u2019appareil digestif, les systèmes nerveux, hémopoiétique et cardio-vasculaire peuvent être affectés.Dans les cas où le diagnostique indique une carence quelconque, sans indiquer positivement quelle est la vitamine qui fait défaut, une préparation multivi- taminique est indiquée.LE MINEROVITE, E.B.S.est une préparation de ce genre, contenant, dans chaque comprimé, environ la moitié du minimum quotidien de chacune des vitamines qui sont reconnues comme essentielles à la santé humaine.Pour vous guider dans la prescription de la dose convenable, le tableau ci-contre, montrant la composition du Minerovite, se trouve sur tous les flacons.* ÉLÉMENTS TRACEURS : Il y a quelques années, des chercheurs agricoles commencèremt à dépister la cause des maladies résultant d'une carence quelconque qui affectaient le bétail dans certaines régions.L'on trouva que cela provenait du manque de quantités minimes de certains éléments (appelés depuis « éléments traceurs »).Plusieurs de ces éléments ont été trouvés, et de petites quantités de chacun sont essentielles à la vie saine des mammifères.Parmi eux, le cuivre et le manganèse qui sont incorporés dans le Minerovite, 100 mgr.de chaque par comprimé.INDIQUÉ comme supplément de vitamines et sels minéraux prophylactique dans les cas de régimes restreints pour des raisons d'allergie, ulcère peptique ou convalescence, et comme remède thérapeutique dans les cas d'hypovitaminose.(®) Oscar Baudish, J.A.M.A., Vol, 123, page 959.C.C.T No.466 e Minerovite E.BS.Dose: Three or four tablets daily, Control Pr THEE BS | TI [TTT Comp Hl ETS Le TS tr TORONY Formule C.C.T.#466 Minerovite E.B.S.Chaque comprimé contient : Vitamine À .2,500 Unités Int.Vilamine D.400 Unités Int.Vitamine C .175 mer.(350 Unités Int.) Vitamine K .008 mgr.(200 Unités Dam) Vitamine B1 (Chlorure de Thiamine) .375 mer.(125 Unités Int.) Vitamine B2 (Ribofiavine) .Lo.mgr.Vitamine Be (Chlorhydrate de Pyridoxine) .125 mgr.Acide Pantothénique .0202 125 mer.Niacine .5 mgr.Combinés aux sels des éléments suivants: Fer, manganèse, cuivre et calcium.En flacons de 190, 500 et 1,000 comprimés.Sur vos ordonnances, inscrivez E.B.S.après le nom MINEROVITE.TORONTO THE E.B.SHUTTLEWORTH CHEMICAL CO.LIMITED MANUFACTURING CHEMISTS CANADA Laval Médical, Québec, novembre 1944 \u2014 Vol.9\u2014 No 9 Novembre 1944 Lava\u2026 MÉDICAL 749 guanidine produit une chute du métabolisme basal de 10% en 5 à 7 Jours, alors qu\u2019approximativement la moitié de la substance colloïde de la thyroïde est disparue ; et une chute du métabolisme basal de 20% en 10 à 14 Jours, alors que toute trace de substance colloïde a disparu.Lorsqu'on administre la sulfaguanidine pendant longtemps, on voit le taux du métabolisme basal s\u2019abaisser à celui que l\u2019on observe à la suite de la thyroïdectomie.L\u2019hyperplasie de la thyroïde est extrême.Son poids peut s\u2019augmenter jusqu\u2019à 465%.Le contenu de la thyroïde en substance colloïde s\u2019abaisse de 75%.L\u2019hypertrophie de la glande est plus marquée chez la femelle que chez le mâle.Plus l\u2019animal est jeune, plus sont marquées l\u2019hyperplasie et l\u2019hypertrophie.L\u2019arrét de \"administration de la sulfaguanidine aux animaux provoque un retour du métabolisme basal à la normale, la thyroïde et l\u2019hypophyse retrouvent leur aspect histologique normal.Mais la thyroïde reste hypertrophiée pendant environ 4 semaines.Lorsqu\u2019on administre de la sulfaguanidine de façon intermittente, on voit la glande s\u2019hyperplasier pendant la durée d\u2019administration du médicament, puis l\u2019hyperplasie régresser lorsqu\u2019on cesse le traitement.De ces constatations, 11 semble qu\u2019on puisse conclure qu\u2019il y a peu de danger que l\u2019administration prolongée ou répétée de sulfaguanidine produise de l\u2019atrophie d\u2019épuisement de la thyroïde ni y provoque une hyperactivité dangereuse.Le fait qu\u2019on n\u2019ait pas encore rapporté de troubles de la thyroïde chez des êtres humains traités par les sulfonamides semblerait indiquer que, dans ce domaine, les humains ne réagissent pas comme les rats, les souris ou les chiens et qu\u2019ils ne sont sensibles qu\u2019à l\u2019action des thiouréas.Antonio MARTEL.Alfred COHN, W.E.STUDDIFORD et I.GRUNSTEIN (New-York).Affections gonococciques résistantes aux sulfamidés, traitées par la pénicilline.° J.A.M.A., vol.124, n° 16, (15 avril) 1944, pp.1124-1125.Plusieurs études ayant antérieurement été faites sur le traitement des affections gonococciques résistantes aux sulfamidés chez les hommes, les auteurs rapportent leurs expériences dans le Service de gynécologie de l\u2019Hôpita!l Bellevue, de New-York.Reçurent la pénicilline, 44 femmes dont 42 n\u2019avaient eu aucun résultat avec au moins 20 grammes de sulfathiazole et dont les deux autres montraient une hypersensibilité au sulfamidé.Leur histoire variait, en durée, de 21 Jours à neuf mois, avec une moyenne de 92.2 jours.Chez toutes, la présence du gonocoque fut démontrée par des examens sur lames et par des cultures.De ces malades, 12 souffraient uniquement de cervicite, 1 d\u2019uré- thrite et 31 des deux a la fois.De plus 15 avaient des propagations annexielles et 4 étaient enceintes. GROUPE PATIENTES Doses ! 12 20,000 2 10 25,000 3 12 25,000 4 1 20,000 5 8 25,000 1 25,000 25,000 Lava\u2026 MÉDicaL Dissolvant chaque 10,099 unités Oxford dans deux centimètres cubes d\u2019eau distillée ou de soluté isotonique, les auteurs injectèrent, par voile intra-musculaire et aux trois heures, les doses totales suivantes : INJECTIONS TortaL Novembre 1944 100,000 100,000 75,000 60,000 50,000 50,000 100,000 DODO LOW BWI tieur de 100,000 unités.toujours négatifs.eurent nullement à souffrir.25 jours.des patients ambulants.De ces 44 patientes, 43 devinrent bactériologiquement négatives dans les 24 heures suivant le traitement complet, plus souvent même dans les douze heures.Une seule du groupe 5, marquée 1\u201d\u2019, ne le devint pas avec un total de 50,000 unités, mais répondit à un traitement ulté- En général, l\u2019écoulement du col a persisté, mais la sécrétion uréthrale disparut ou fut diminuée.L'\u2019atteinte annexielle fut guérie dans 7 cas sur quinze, mais persista dans 5 avec exacerbation chez 3 malades.Enfin, une des femmes développa une salpingite après son traitement.Les malades demeurèrent hospitalisées durant une moyenne de 7.2 jours et, sur chacune d\u2019elles, furent faits 5.8 examens bactériologiques qui demeurèrent négatifs.Trente-sept de ces mêmes patientes furent ensuite suivies par le Service de santé de la ville de New-York pendant 38.4 Jours et, jusqu\u2019à date, ont subi une moyenne de 3.6 examens, Onze sujets souffraient aussi de vaginite à Trichomonas qui ne fut pas affectée par la pénicilline.Enfin, les quatre cas de grossesse n\u2019en Les auteurs rapportent également le cas d\u2019une petite fille de cinq ans atteinte de vulvo-vaginite et rendue négative après 4 injections, aux trois heures, de 10,000 unités et qui l\u2019est toujours demeurée depuis Aucun effet toxique ne fut remarqué, mais presque toutes les patientes se sont plaintes d\u2019une douleur irradiée dans la région injectée, qui ne dura Jamais plus de quelques minutes.En conclusion, les auteurs croient, bien que quelques malades aient été guéries par 56,000 unités, que la dose satisfaisante et suffisante pour la femme adulte est de 75,000 unités, les 25,000 additionnelles parant aux variations particulières du terrain, comme le montre le cas 1'\u2019 du groupe 5.C\u2019est donc un traitement qui se complète facilement en six heures chez Emile GAUMOND. $ 52 LAS » are ve es a Reste RR a i oy EUSTHENYL $ E te Wy 2% de Se st de %, an es me ose Re Les voeiprie 2: mis = > AN oo = x a NN 1 a ad OGIÈtÉ BE aPANSE 2AMASRE YR sie SEP =.5s 5° sox \"i ES AE SE, À = Re 28 IN \u2014 col a \u2014vitamine B méthylarsinate de sodi 9 acide de sodiume= noi phosphat vomique ñucl inate de sodium tei ture de gentiane 2% A i = 2 ue % nl 2 7 | A 2 8 2 CR x 23 2 Zh, A 74 Le 7 2 Z Ë 2 mére 3 155 ed 14 in # wo 7%; 5.A 8 1 # Une à deux cuillerées à dan un peu qd ean avant les répas % re Shs.# % 3 : Md N 8680 OUEST RUE SHERBROOKE MONTRÉAL ax 5 Laval Médical, Québec, novembre 1944 Vol.9\u2014 No 9 (7) iy \"SC AN 2 Binet 4 ?§ $ iY Wi 4 7 4 \u201c Li si N « pue = a i NEU-SPAS MY L Le NEO-SPASMYL agit comme tonique du système nerveux central, dont il modère l\u2019excitabilité.Dans la journée, il prédispose au calme les malades surexcités, anxieux.La nuit, il les aide à obtenir un sommeil naturel et réparateur.Il n'occasionne pas de mauvais réveil ni de prostration le lendemain.LR) Laboratoires \u201c National Limitée Agents généraux au Canada : MILLET, ROUX & CIE, LIMITÉE MONTRÉAL, P.Q.28 \u2014 Laval Médical, Québec, novembre 1944 - Vol.9+ No 9 CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES LA SOCIÉTÉ CANADIENNE D\u2019ENDOCRINOLOGIE Les médecins de Québec viennent de fonder, en septembre dernier, une section locale de la Société canadienne d\u2019endocrinologie.Cette dernière, née à Montréal il y a un an, s\u2019est donné pour but de vulgariser l\u2019endocrinologie et de faire pénétrer dans le milieu médical cette science dite de laboratoire.Les fondateurs de cette section sont les neuf médecins suivants : Antonio Martel, président ; Louis-Napoléon Larochelle, vice-président ; Charles-A.Martin, secrétaire ; Carlton Auger, secrétaire-archiviste ; Oscar Garant, René Simard, Lomer Cayer, F.-X.Demers et Paul-Emile Fiset, tous directeurs.Ces fondateurs ont projeté la vulgarisation de l\u2019endocrinologie sous la forme de cours publics spécialement destinés aux médecins en exercice.Ils espèrent, pour l\u2019année qui commence, une série d\u2019au moins quatre | leçons où l\u2019on traitera des récentes découvertes et de leur application à la clinique, ce qui nécessitera évidemment des rappels de physiologie et de pathologie.Cette intégration d\u2019une science immense et primordiale, quoique encore incomplètement développée, répond à un besoin certain et général, ce qui est un gage de longévité et d\u2019intérêt.Le Laval Médical est heureux de saluer la naissance de la Société canadienne d\u2019endocrinologie et d\u2019offrir ses meilleurs vœux aux fondateurs de la section de Québec. Lavar MÉDicaL Novembre 1944 LE PROFESSEUR HANS SÉLYÉ Le premier cours public de la Société canadienne d\u2019endocrinologie, qui a attiré un très nombreux public médical, traitait des tumeurs ovariennes.Le conférencier invité, le Pr Hans Sélyé, directeur des recherches en endocrinologie à l\u2019Université McGill, est surtout connu par ses découvertes dans le domaine des stéroïdes.Hongrois de naissance, 1l est docteur en médecine de l\u2019université de Prague, 1929, lauréat de l\u2019Institut Rockefeller, 1931, associate professor de l\u2019Université McGill, 1934, et docteur ès sciences, 1937.Le Dr Sélyé a repassé en une heure toute la pathologie tumorale de l\u2019ovaire.La grande division des tumeurs en « actives » et « non actives » a permis au conférencier d\u2019éclairer et de simplifier une nomenclature énorme.Il a réussi, grâce à l\u2019aspect clinique, à faire vivre son sujet, tout particulièrement au chapitre des tumeurs actives où l\u2019on retrouve les syndromes du corps jaune et de la folliculine, les climatères mâle et femelle.Pierre JOoBIN. Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire_reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 "]
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