Laval médical, 1 mars 1945, Mars
[" LAVAL MÉDICAL VOL.10 : N°3 MARS 1945 COMMUNICATIONS LES MALADIES ENTÉRIQUES par A.-R.FOLEY M.D., M.P.H., DR P.H., F.A.P.H.A., Épidémiologiste de la province au Ministère de la Santé Nous avons eu, dans la province de Québec, en 1943, 230 cas de fièvre para-typhoïde-B, 574 cas de fièvre typhoïde pour un total de 804 cas, et plus de cas de dysenterie que la somme des deux premières maladies réunies.Les maladies entériques sont probablement vieilles comme le monde civilisé et toutes les nations du globe leur paient tribut.L'homme est un animal grégaire et, dès qu\u2019il y a agglomération, se posent les problèmes de salubrité publique : approvisionnement en eau potable, accumulation et transport d\u2019aliments, évacuation des eaux usées de la communauté.L\u2019agglomération est, pour ainsi dire,le premier pas vers la civilisation ; mais les maladies entériques prennent prise dans le groupement humain avant l\u2019établissement de la culture et de l\u2019hygiène ; il s\u2019établit alors une lutte entre les maladies entériques et la Cité, lutte dont cette dernière doit sortir en vainqueur.La province de Québec a subi l\u2019invasion de ce fléau, l\u2019un des plus grands dont elle a eu à souffrir.La fièvre para-typhoïde propre à notre province est du type B ; on la rencontre dans un groupe de comtés de la partie sud-centrale de (4) 158 Lava\u2026 MÉDicAL Mars 1945 la province : Beauce, Deux-Montagnes, Dorchester, Frontenac, Mégan- tic, ainsi que dans l\u2019extrème pointe de la péninsule gaspésienne.Deux autres régions ont subi une atteinte en 1943, l\u2019île de Montréal avec 87 cas et le comté de Témiscouata avec 45.Nous n\u2019avons pas encore décelé une para-typhoïde du type C et les para- du type À sont très rares : environ 10-cas depuis 12 ans, dont 8 survenus dans une éclosion dans un grand hôpital de Montréal.La dysenterie est très fréquente chez nous, mais nous sommes atteints de la forme bacillaire seulement, notre climat ne favorisant pas la propagation de la forme amibienne.Les types de la dysenterie bacillaire les plus fréquents sont : le Flexner, le New-Castle, le Shiga, le Gaërtner, quelques Sonnes et quelques isolements de presque toute la nomenclature de Kaufman-White.L\u2019épidémiologie de ces maladies entraînant les mêmes mesures de salubrité publique, nous restreindrons cette étude, pour fins de clarté, au groupe typho-, para-typhoidique.Nous disposons dans un même tableau la fièvre typhoïde et la fièvre para-thypoïde-B, car elles ont une même signification épidémiologique : le.mode de contagion, de propagation et les mesures de prophylaxie sont identiques.TABLEAU I PROVINCE DE QUÉBEC 1900 à 1943 Mortalité par maladies entériques FIÈVRE TYPHOIDE* DiARRHEES** ANNÉE PoruULATION Décès Taux Décès Taux 1900 1,632,113 418 25 4,617 283 1901 1,648,898 506 30 4,520 274 1902 1,681,523 396 23 3,590 213 1903 1,714,792 467 27 3,993 232 1904 1,748,721 535 30 4,466 254 1905 1,783,320 384 21 5,299 297 Mars 1945 Lavar MEpicaL 159 FIÈVRE TYPHOIDE* DIARRHÉES** ANNÉE PoPULATION Décès Taux Décès Taux 1906 1,818,604 478 26 5,425 298 1907 1,854,586 530 28 4,404 237 1908 1,891,279 496 26 5,032 313 1909 1,925,700 625 32 5,943 308 1910 1,966,680 533 27 6,068 308 1911 2,005,776 691 34 7,397 369 1912 2,038,766 509 25 5,623 276 1913 2,072,299 428 .20 6,957 337 1914 2,106,384 454 21 6,408 303 1915 2,141,028 488 22 6,104 286 1916 2,176,243 514 23 6,630 305 1917 2,212,038 671 30 4,609 208 1918 2,248,420 404 18 4,953 221 1919 2,285,402 377 16 4,945 216 1920 2,322,991 511 22 6,795 292 1921 2,361,199 382 16 4,625 196 1922 2,520,724 323 12 4,665 185 1923 2,578,577 334 12 3,827 148 1924 2,608,597 316 12 3,599 137 1925 2,645,244 236 8 3,552 134 1926 2,561,800 256 9.8 3,800 148 1927 2,657,000 869 32.8 3,831 144 1928 2,713,000 260 9.0 3,469 128 1929 2,772,000 240 8.6 3,036 110 1930 2,825,000 258 9.1 3,451 122 1931 2,874,255 233 8.1 3,216 111 1932 2,925,000 204 7.0 2,282 78 1933 2,972,000 163 5.5 2,037 69 1934 3,016,000 172 5.7 2,389 79 1935 3,057,000 161 5.3 1,802 59 1936 3,099,000 127 4.1 1,233 40 1937 3,141,000 186 5.9 2,712 86 1938 3,183,000 102 3.2 1,396 44 1939 3,230,000 109 3.4 1,431 44 1940 3,278,000 129 3.9 1,109 34 1941 3,333,000 103 3.1 1,408 42 1942 3,390,000 73 2.2 1,430 42 1943 3,507,000 76 2.2 1,155 33 * Y compris les para-typhoides.** Y compris les dysenteries et les gastro-entérites.Le premier tableau présenté donne la morbidité par maladies entériques dans la province de Québec de 1900 à 1943.Nous voyons que nombreuses sont les années où la fièvre typhoïde, y compris les para-, ont occasionné des centaines de décès et où les diarrhées et gastro- 091 Hr un æc DR o TVOIAI TVAVT wr DiIVSÉ HN OU 4 8 QL UIVEDY WI4NIN Oo 1900 05 45 1920 25 30 35 0 5 Graphique I \u2014 Province de Québec, 1900-1943 \u2014 CtTOI SIEIN Courbe de la mortalité par fièvres typho- et para-typhoïdiques (A et B) SS Mars 1945 LavAL MépicAL 161 entérites nous ont coûté des milliers de vie.Au cours de ces 44 ans, la population de la province a passé d\u2019un million et demi à trois millions et demi et l\u2019on peut dire que le nombre absolu des décès par typhoïde est descendu d\u2019environ 500 à 75 annuellement et que celui des diarrhées est tombé de 5,000 à environ 1,000.Je ne crois pas trop m\u2019avancer en disant que si la province de Québec avait été indemne de ces maladies depurs 1900, elle compterait aujour- d\u2019hui plus de cing millions de population.| Le graphique I donne la courbe de la mortalité \u2018par fièvre typhoide et para-typhoïde dans la province de Québec de l\u2019année 1900 à 1943 mclusivement.Le taux de la mortalité antérieure à 1912 peut être qualifié d\u2019effarant si l\u2019on songe que le clocher déterminé par l\u2019épidémie de Montréal de 1927, année où 1l y eut 869 décès dans la province, est à peine plus élevé que la fréquence de ces douze années.Si l\u2019on fait abstraction de cette année 1927, on peut dire que la chute de la mortalité de 1917 à 1943 a êté rapide et soutenue.MORBIDITÉ Quelle est maintenant la situation de la province et quelle est l\u2019image épidémiologique de la typhoide chez nous?Il n\u2019est pas possible de faire d\u2019étude comparative de la morbidité actuelle avec celle d\u2019autrefois, car, avant 1930, la déclaration des cas de typhoïde était absolument déficiente et pouvait représenter approximativement 20% des cas réels.Cependant, depuis 1932, nous avons connaissance d\u2019au moins 98% des cas de typhoïde qui surviennent chaque année.Lors de la première année du fonctionnement de la Division de l\u2019Épidémiologie,en 1932, il y eut, dans la province, 1,690 cas connus de typhoïde ou para-typhoïde avec un taux de morbidité de 58 par cent mille âmes.Au cours de l\u2019année 1943, la morbidité est tombée 4 22.9 avec 840 cas. Lavar MÉDicaL Mars 1945 TABLEAU II PROVINCE DE QUEBEC Morbidité par fièvres typhoïde et para-tvphoïdes 1932-1943 ; _ Taux _ ANNÉE CAs RECONNUS DE MORBIDITE PAR 100,000 AMES 1,690 57.8 1933 1,352 45.2 1934 1,301 43.1 1935 1,143 37.4 1936 869 28.0 1938 846 26.6 1939 755 23.4 1940 990\" 30.2 1941 910 | - 273 1942 720 21.2 804 22.9 popukation taux par 100,000 de 1932 34 36 38 1940 42 1941 7 Graphique II.\u2014 Diagramme de la morbidité typhoïdique 1932-1943. Mars 1945 LAvAL MÉDICAL 163 Cette diminution est significative mais il est évident, par la courbe, que la réduction du taux des dernières années est lente et difficile à obtenir.MorBIDITÉ DE 1943 Il y eut donc, en 1943, 804 cas de fièvre typhoïde et de fièvre paratyphoïde avec 76 décès, soit un taux spécifique de mortalité de 2.2 par cent milles âmes et un taux de morbidité de 22.9 sur le même barème.Le taux de léthalité est de 9.4 décès par 100 cas.La distribution des cas selon le sexe est de 407 cas chez les hommas et 397 cas chez les femmes.Les deux sexes sont donc également atteints.TABLEAU III PROVINCE DE QUEBEC 1943 Distribution des cas de fièvre typhoïde selon l\u2019âge GROUPE D\u2019AGE NOMBRE DE CAS POURCENTAGE 0-1 3 0.4 1-4 39 4.9 5-9 121 15.0 10-19 248 30.8 20-29 179 22.2 30 \u2014 49 157 19.5 50 \u2014 69 48 6.0 70- + 9 1.1 Inconnu 1 0.1 Il y a eu trois cas chez les bébés de moins d\u2019un an, 39 cas dans le groupe d\u2019âges de 1 à 4, 121 de 5 à 9, 248 de 10 à 19, 179 de 20 à 29, 157 de 30 à 49, 48 de 50 à 69 et 9 cas chez des personnes âgées de plus de 70 ans.Le maximum de morbidité est atteint dans le groupe d\u2019âges de 10 ans à 19 ans, suivi de près par le groupe de 20 à 29 .L\u2019infection correspond avec la période d\u2019activité de la vie humaine. 164 Lavar MéÉpicaAL TABLEAU IV Province DE QUEBEC 1943 Classification des cas de fièvre typhoïde d\u2019après la date de début.Mars 1945 Mois NOMBRE DE CAS Janvier.A aa La La Février.La a a LL Octobre.a aa aa aa aan Au quatrième tableau, nous classifions les cas suivant la date de leur début.1943 a peut-être été une année exceptionnelle par ce fait que la morbidité a surtout porté sur les quatre premiers mois de l\u2019année ; d\u2019ordmnaire le maximum est atteint dans la période estivo-automnale.Le graphique III illustre bien cette anomalie de la morbidité en 1943, anomalie amenée par quatre épidémies presque concurrentes, épidémies qui, cependant, auraient toutes dû être évitées.TABLEAU V PROVINCE DE QUEBEC 1943 Distribution géographique des cas de fièvre typhoïde et de para- LocauITÉ PopULATION Cas % : Taux Province.3,506,236 804 100.22.9 Urbane.1,759,784 233 29.13.2 Rurale.1,746,460 571 ° 71.32.7 NO \u2018BR EAS TAL nu C AS 0 oH ai tr NOIS Mars 1945 ps En Janvier 3 5 \\ \\ à | À \\ \\ \\ 5 A \u201c4 An : A 3 S ne » Février A DISTRISUTI 53 nN 4x SY, Ax : U ! sy © 2x > es HES * Ts 4 +4 g 194 LÉGENDE ; 2% SY 43 Pa â on So ai gt no > el G Ne £5 N 5 33 Mai %A Ÿ 0 or AS Lx A es 1943 ces fai] Les wi Juin Le) Graphique IIÉ.= \u20ac La Lava\u2026.MÉDICAL Juillet ba A ti } Août x Ce Septembre TYPHC IDE Es xs AR Ï > Octobre FA ~ 2 Novembre IF oe] Décembre 165 166 Lava\u2026 MÉDICAL Mars 1945 TABLEAU VI PROVINCE DE QUÉBEC Distribution des cas de typhoïde par comtés NOMBRE NoMBRE SOMME DES CAS DE CAS DE TYPHOIDE DE COMTES DANS LE GROUPE DE COMTES Aucunecas.9 0 Moinsde 5.21 56 LE 23 154 10-19.LA 15 200 20-490.LL LL La 6 173 UE AS 1 77 Ce tableau ne comprend pas les cas survenus dans l'archipel de Montréal et les territoires non-organisés.Aucun cas ne fut rapporté par la marine, l\u2019aviation et l\u2019armée.La population urbaine de la province devient, en 1943, légèrement supérieure à la population rurale.Cependant, dans les agglomérations urbaines, nous rencontrons 29% des cas de typhoïde contre 71% dans les parties rurales où n\u2019existent pas une bonne alimentation en eau, la pasteurisation du lait et une saine manière de disposer des eaux usées.Au cours de l\u2019année, il y eut 9 comtés qui furent indemnes de typhoïde, 21 comtés subirent moins de cinq cas, 23 comtés ont eu de 5 à 9, 15 de 10 à 19, 16 de 20 à 49 et un comté eut, à lui seul, 70 cas.C\u2019est donc dire que la distribution de la maladie est générale dans notre province et que la typhoïde constitue chez nous un fléau de première grandeur.ENQUÊTE Chaque cas de typhoïde fait l\u2019objet d\u2019une enquête détaillée et vous me permettrez sans doute de placer devant vous les données obtenues par ce travail considérable.Les cas ont été portés à notre connaissance dans 71% des fois par le médecin traitant ou par l\u2019hôpital où le malade était hospitalisé, dans 13.6% par le laboratoire.Les autres cas, une proportion de 15.4% étant dépistés.Cette proportion est assez satisfaisante, surtout si on tient compte qu\u2019en envoyant des spécimens le médecin fait une déclaration indirecte. Mars 1945 Lava\u2026 MÉDICAL 167 La déclaration de la maladie est beaucoup trop tardive et la profession médicale peut ici jouer un rôle de premier plan pour aider les organismes de santé publique en hâtant cette déclaration : 4% seulement des cas ont été rapportés au cours de la première semaine de maladie, 19.7% au cours de la deuxième semaine et 76.3% au cours de la troisième semaine ou plus tard encore.Notre intervention est alors trop retardée pour nous permettre de protéger efficacement la famille et l\u2019entourage, de prévenir les cas secondaires et d\u2019enrayer les éclosions.Nous constatons avec plaisir que, dans 69% des cas de typhoïde, des épreuves de laboratoire ont été effectuées.Il en reste encore malheureusement 30% où on a négligé de recourir au laboratoire.D\u2019un autre côté, si la profession médicale recourt de plus en plus au laboratoire pour établir ou confirmer le diagnostic, il semble bien que les hôpitaux ou les institutions se soucient peu d\u2019établir la libération bactériologique des malades ; dès que le patient est en convalescence on le retourne dans sa famille sans faire d\u2019examen de fèces, sans avertir l\u2019autorité sanitaire et parfois même sans donner au malade les instructions élémentaires de propreté et d\u2019hygiène.Conséquence, ce brave homme, qui vient de passer cinq semamnes à l\u2019hôpital où parents et amis ont tenu à lui faire une visite de sympathie ou d\u2019encouragement, se croit tenu dans les moIS qui suivent, de leur rendre cette politesse, semant sur son passage la maladie et la mort.De nos 804 malades, 11% faisaient usage de lait pasteurisé, 76% de lait cru et 13% ne consommaient aucun lait ; 38% étaient alimentés par un bon approvisionnement en eau, 53% par une eau de mauvaise qualité et 9% par une eau dont la qualité n\u2019a pas été déterminée.Le mode de contagion est ainsi réparti : 1° eau contaminée, 38% ; 2° lait ou fromage contaminés, 8% ; 3° contact direct avec un cas, 16% ; 4° contact avec porteurs de germes connus, 9% ; 5° origine inconnue, 29%. 168 Lavar.MÉDICAL Mars 1945 Cette dernière proportion peut paraître élevée, mais il est parfois bien difficile et souvent impossible de dire avec certitude la cause qui a déterminé l\u2019infection chez un malade en particulier.Plus du '/3 des cas est encore attribué à l\u2019ingestion d\u2019eau souillée ; 1l s\u2019agit ici d\u2019un problème économique consistant en l\u2019amélioration d\u2019une foule de petits aqueducs dont le propriétaire se soucie peu de la vie de ses concitoyens ou est trop pauvre pour apporter l\u2019amélioration que nous lui suggérons.La contamination par les porteurs de germes et par les cas primaires peut être sensiblement diminuée par une déclaration plus hâtive, par une désinfection en cours de maladie et par la vaccination.Vous serez probablement étonnés d\u2019apprendre que nous tenons sous observation 247 porteurs de germes chroniques dont l\u2019état dangereux remonte dans le passé de 1 an a plus de 50 ans.DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES Ces faits établis, reprenons ensemble les grandes données épidémio- logiques relatives à la fièvre typhoïde.C\u2019est une maladie infectieuse, causée par l\u2019ingestion du bacille d\u2019Eberth, caractérisée par une évolution cyclique toute spéciale.La typhoïde est une maladie en voie de dispar:- tion bien qu\u2019elle existe certainement depuis des siècles pour ne pas dire des millénaires.Elle est apparue comme entité épidémique au dix- neuvième siècle pour disparaître au vingtième, si nous maintenons la régression actuelle par nos mesures de prévention.Comme Sedgwick le fait remarquer : «la typhoïde est une découverte de la civilisation moderne.Elle était inconnue à la naissance de la reine Victoria, en 1819.Lorsque la princesse eut dix ans, quelques pionniers réussirent à différencier la typhoide du typhus avec lequel on I\u2019avait toujours confondue.Lors de l\u2019ascension au trône en 1837, même les médecins avertis ne réussissaient pas souvent à poser un diagnostic ».Et ceci en dépit du fait que Louis, dans sa célèbre monographie, avait, en 1829, cliniquement différencié les deux maladies.C\u2019est en 1873 que William Budd, un médecin anglais, a établi le fait que la typhoide est, comme il le disait, contagieuse.Son étude sur l\u2019épidémiologie de la fièvre typhoide est un monument à l\u2019observation scientifique et à la déduction logique d\u2019un brillant esprit.Le médecin Mars 1945 Lava\u2026 MÉDICAL 169 de nos jours, qui, à l\u2019encontre de Budd, connaît l\u2019existence du bacille typhique, le traitement des eaux usées, la purification des eaux destinées à l\u2019alimentation, la vaccination éberthienne, ne peut s\u2019empêcher d\u2019être émerveillé de la lucidité de ce modeste savant et trouve un plaisir très vif à la lecture de son exposé.C\u2019est bien le cas de dire 1ci que les découvertes postérieures de la science expérimentale sont venues confirmer entièrement les découvertes du raisonnement pur et simple.Peu de maladies ont été aussi bien étudiées que la fièvre typhoïde ; malgré le perfectionnement de nos méthodes d\u2019investigation, 11 reste cependant encore plusieurs inconnues au problème.L\u2019exemble de Budd doit être comme le phare qui guidera nos travaux.Ainsi, il nous est parfois impossible de déterminer la cause de l\u2019éclosion d\u2019une épidémie, quand, dans certains cas, on peut au contraire remonter à la source, avec une extrême précision.Les infections causées par le bacille typhique et les bacilles paratyphiques présentent toutes le grand syndrome anatomo-clinique: tuphos, l\u2019état typhoïde, causé par une infection profonde de l\u2019économie et tou- Jours accompagné du grand trépied typhique : lésion du sang, lésion nerveuse et lésion intestmale.Le clinicien, même le plus averti, ne peut pas toujours déceler ce grand syndrome, car il y a des formes très bénignes et extrêmement frustes.Mais qui dit typhoide, dit, au même degré que l\u2019infection imprègne l\u2019économie \u2014 modification de la formule sanguine avec répercussion sur la rate et le cœur ; dit encore la douce stupeur, la tranquille hébétude du typhique dont le système nerveux est comme chloroformé et qui se traduit par la céphalalgie, la prostration, la carphologie et le délire doux et tranquille, car le typhique est un tranquille même lorsqu\u2019il a du délire ; dit, enfin, altération du système lymphatique de l\u2019intestin : Je n\u2019ai pas besoin de rappeler l\u2019ulcération des plaques de Peyer, la diarrhée, la douleur de la fosse iliaque droite et le météorisme abdominal.Ce type clinique typhoïdique peut être dû aussi bien aux bacilles para-typhiques qu\u2019au bacille d\u2019Eberth et il est le plus souvent impossible de distinguer par la clinique seule la nature du germe : il faut avoir recours au laboratoire : hémoculture, séro-diagnostic et recherche du bacille dans les matières fécales. Lavar MéDpicaL Mars 1945 Revenons maintenant à la source du contage.L\u2019homme, et l\u2019homme seul, est le réservoir de l\u2019infection.Le bacille ne vit pas longtemps en dehors du corps humain.On dit qu\u2019il meurt rapidement dans le sol, qu\u2019il ne vit que quelques heures dans l\u2019eau ; mais, personnellement, je serais tenté de lui accorder une survie plus longue, je parlerais en termes de Jours plutôt que d\u2019heures ; le bacille survit dans le lait, dans le beurre et dans le fromage : notre expérience est qu\u2019il est présent dans un lait qui a été contaminé aussi longtemps que celui-ci a les caractères physiques propres à la consommation, huit jours dans le beurre salé, une quinzaine dans le beurre non salé et au moins trois mois dans le fromage.On peut également le rencontrer dans d\u2019autres produits laitiers.Ces produits, ainsi que les aliments, lui servent comme milieu de culture.Cependant, ni l\u2019eau, ni le lait, ni les aliments ne seraient contaminés si ce n\u2019était de l\u2019homme.Le mode de transmission est par les excrétions humaines : les matières fécales surtout, ensuite les urines et on a aussi accusé les crachats, mais Je n\u2019ai Jamais pu confirmer cette dernière assertion.Ces excrétions contaminantes proviennent d\u2019un malade, d\u2019un convalescent ou d\u2019un porteur de germes de typhoïde.L\u2019homme se contamine en ingérant le bacille typhique.Vous aimerez sans doute que nous suivions maintenant ensemble le passage du bacille typhique dans l\u2019économie.Prenons donc une culture de bacilles typhiques au laboratoire, nous allons assaisonner un canapé de caviar : quant à nous infecter, faisons-le aussi proprement et agréablement que possible.Mangeons maintenant le hors-d\u2019œuvre meurtrier.De l\u2019intestmn, où le bacille trouve une température optimum, il passe dans les tissus lymphoïdes de l\u2019économie, où 1l se développe et se multiplie.C\u2019est ici la période d\u2019incubation, période qui peut aller de sept jours dans les infections d\u2019origine alimentaire qui sont toujours plus massives jusqu\u2019à une moyenne de quatorze jours dans les infections hydriques.Cette période d\u2019incubation dure en moyenne dix Jours, mais peut se prolonger Jusqu\u2019à vingt jours (on dit même trente Jours : je ne dirai pas que c\u2019est impossible, mais ce doit être très rare).On dit également qu\u2019à ce moment des examens répétés peuvent permettre d\u2019isoler le bacille des fèces : J\u2019avoue que nous n\u2019y avons jamais réussi.ta Un ie Mars 1945 LAavAL MÉDICAL 171 A ce moment commence la période d\u2019invasion, le début clinique de la maladie : le bacille passe dans le sang, où on le retrouve par l\u2019hémoculture.Hémoculture positive égale fièvre typhoïde établie, sans possibilité de doute.On remarque alors que la température s\u2019élève par une ascension progressive d\u2019environ un degré par jour, en escalier, avec une légère rémission le matin.Cette poussée thermique est très importante : c\u2019est la réaction de défense de l\u2019économie qui mobilise ses ressources de lutte contre l\u2019agent envahisseur, en produisant un anticorps, une ag- glutinine dont nous verrons le rôle à la période d\u2019état.Cette période d\u2019invasion dure environ dix Jours.Étendons maintenant une goutte d\u2019une culture d\u2019Eberth sur une lamelle microscopique.Ajoutons-y une goutte du sérum de notre sang infecté : les bacilles extrêmement mobiles au début, voient leurs mouvements se ralentir, diminuer et, enfin, s\u2019arrêter ; 1ls forment sous le champ microscopique, de petites agglomérations ; 1ls se sont serrés les uns contre les autres comme des moutons dans une prairie sous la pluie ; pour employer le terme technique, ils sont agglutinés.Le même processus se répète dans l\u2019organisme humain au cours de la période d\u2019état.Les agglutinines ont été produites toujours plus nombreuses à la fin de la période d\u2019invasion : les bacilles mis en présence de ce barrage ralentissent leur avance, arrêtent, rompent les rangs et s\u2019agglutinent les uns aux autres.Ils ont été cernés par une force supérieure : les morts sont immédiatement enterrés par les phagocytes, les prisonniers sont renvoyés au camp de concentration, le foie.Il est alors inutile de tenter une hémoculture, elle sera négative ; mais la science met une autre arme à notre disposition, la séro-agglutination que je viens de vous décrire.Quelle est la signification de cette épreuve ?Une séro-agglutination positive veut dire que la personne dont on examine le sang : 1° a fait, à un moment donné de sa vie, une infection typhique ; 2° a été vaccinée préventivement contre la typhoide ; ou, 3° s\u2019est immunisée naturellement contre la typhoïde par des doses minimes et répétées de bacilles.Au cours de la période d\u2019état et de la période de défervescence, on isolera le bacille typhique des selles dans une proportion constante de 172 LavarL MÉDiCaL Mars 1945 soixante-quinze pour cent.On admet aujourd\u2019hui, avec les meilleurs auteurs, que les bacilles s\u2019éliminent par les voies biliaires et sont déversés, de façon irrégulière, avec la bile dans l\u2019intestin grêle.Nous avons gagné notre guerre contre le bacille au caviar : c\u2019est la période de défervescence.Il nous reste à nettoyer le terrain : c\u2019est la guerre de guérillas.Vingt pour cent des convalescents excrètent le bacille typhique dans leurs selles et leurs urines, pendant des semaines et même des mois : ce sont les porteurs de germes convalescents.Il reste une proportion de deux à cinq pour cent des malades qui demeureront pour des années, sinon toute leur vie, des porteurs de germes chroniques.Cependant, pour une meilleure compréhension de cet exposé, permettez-moi de rappeler les grandes lignes, qui, d\u2019une manière générale, guident notre travail de recherches.Elles peuvent toutes souffrir des exceptions, mais nous ne nous attacherons ce soir qu\u2019aux principes généraux.Dans toute recherche épidémiologique, comme la typhoïde se prend en mangeant le bacille, 1l faut, lorsque nous sommes en présence d\u2019une éclosion, trouver un aliment commun à tous les malades.II faut cependant tenir compte, pour certains cas, de la contagion indirecte : la personne qui donne des soins au malade se souille les mains et se contagionne elle-même ou contamine son entourage ; la typhoïde de contact est la maladie des mains sales.La typhoïde est rare chez les nourrissons et la symptomatologie, profondément modifiée, lui donne l\u2019allure d\u2019une dysenterie bacillaire, avec phénomènes nerveux.En l\u2019absence de contagion connue le diagnostic se pose par le laboratoire.Chez les vieillards, la typhoïde est rare également, mais elle n\u2019est pas exceptionnelle, surtout à l\u2019occasion d\u2019une épidémie.La typhoïde se rencontre surtout chez les adolescents et les adultes d\u2019âge mûr.Lorsqu\u2019on a une éclosion chez les enfants, il faut penser au lait.L\u2019eau est le premier grand facteur auquel il faut penser, mais c\u2019est le dernier qu\u2019il faut incriminer.Il ne faut pas dire : c\u2019est l\u2019eau ! et négliger d\u2019éliminer tous les aliments, un par un, comme facteur commun.Dans une agglomération, les cas sont ordinairement plus nombreux à la fin de l\u2019été et à l\u2019automne, assez également divisés par sexe ; la pé- Mars 1945 Lava\u2026 MÉDICAL 173 riode d\u2019incubation est plus courte dans les infections d\u2019origine alimentaire et la courbe déterminée par la date de début des cas présente une image plus explosive que dans les infections hydriques.Le rôle typhoïsant des huîtres a été bien établi.Ces premières constatations faites, 1l faut ensuite dresser un tableau général de tous les cas, donnant, pour chacun, la consommation des différents produits, ainsi que le fournisseur ou le producteur suivant le cas.L'étude statistique de ce tableau nous amène alors au véhicule ou à l\u2019agent qui doit être incriminé.TYPES DU BACILLE TYPHIQUE En ces dernières années, une méthode de laboratoire développée par le Dr James Craigie, de l\u2019École d\u2019hygiène de l\u2019Université de Toronto, est d\u2019une aide précieuse à l\u2019hygiéniste qui fait des recherches sur une éclosion d\u2019origine entérique.Il s\u2019agit des types du bacille typhique, Par con- paraison, on peut dire que le bacille typhique est comme le genre humain dans lequel on distingue plusieurs races : blanche, noire, jaune, etc.De même, dans le genre bacille typhique, cn peut distinguer plusieurs familles qui ont la caractéristique d\u2019être toujours semblables à elles- mêmes lorsqu\u2019on les met en présence de différents bactériophages.Ces phages sont très sensibles et, d\u2019un autre côté, une famille de bacilles est toujours lysée par le même phage tout en restant insensible aux autres.En d\u2019autres mots, une souche du bacille typhique se différencie des autres par l\u2019action du bactériophage, elle demeure toujours constante avec elle-même et les souches filles ont toujours la même action que la souche mère.Ce travail de laboratoire, qui n\u2019a aucune importance pour le médecin à clientèle, fournit des renseignements très précieux à l\u2019hygiéniste.Par les types observés, on peut dire avec certitude si le cas dit secondaire provient d\u2019un cas primaire, si un patient appartient à une éclosion ou à une épidémie.De plus, nous avons, par cette méthode, établi à notre satisfaction que le génie épidémiologique de la fièvre typhoïde est très simple ; il semblerait que l\u2019infection est localisée, que les personnes susceptibles qui viennent dans la localité peuvent y contracter la maladie mais que cette dernière n\u2019a pas tendance à faire éruption au dehors.(5) 174 Lavar MÉDICAL Mars 1945 TABLEAU VII Province pe QUEBEC 1943 Distribution proportionnelle des types du bacille Typhosum, dans Québec selon les régions géographiques Types DISTRICTS A C E F AUTRES Abitibi-Témiscamingue.51 4 20 0 25 Ottawa.13 17 45 6 19 Montréal.7 11 34 6 42 Samt-Hyacinthe.9 47 13 8 23 Saint-Jean.11 61 0 8 20 Sherbrooke.0 8 83 0 9 Charlevoix-Saguenay.14 23 25 27 10 Saint-Laurent et grandes riviéres .\u2014 \u2014 \u2014 + \u2014 Ce tableau donne la distribution proportionnelle des types du bacille typhique dans la province de Québec selon certames régions géographiques ; ainsi, plus de la moitié des cas de typhoïde survenus dans l\u2019Abitibi et dans le Témiscamingue sont du type « A », 45% des cas de la région d\u2019Ottawa sont du type « E » ; la région de Montréal représente une agglomération de tous les types avec prédominance du type « E » ; dans les régions de Saint-Hyacinthe et Saint-Jean, le type le plus fréquent est « C » dans des proportions respectives de 47 et 61% ; dans la région de Sherbrooke, 83% des malades sont du type « E».Par contre, il semble constant que les infections survenues le long des grands cours d\u2019eau : Outaouais, Richelieu, Saint-Laurent sont du type « F ».Le type du bacille guide l\u2019enquêteur : un cas est toujours du même type ; le cas secondaire est toujours du même type que le cas primaire ; enfin, le type peut diriger les recherches vers une région ou une localité particulière.PROPHYLAXIE Les 804 cas de fievres typhoide et para-typhoide, y compris les 76 déces, survenus dans la province au cours de 1943, auraient pu et auraient dû être évités, si des mesures de prophylaxie intégrale avaient été appliquées chez nous ; car la typhoïde est évitable au même titre Mars 1945 LavaLr MÉDICAL 175 qu\u2019elle est transmissible.Au début de ce travail, le point de vue social de la répression de la typhoïde était mis en relief : si la province de Québec avait aujourd\u2019hui cinq millions de population, plusieurs de nos problèmes trouveraient immédiatement leur solution.Mais le point de vue économique du travail de salubrité ne doit pas être laissé de côté : s\u2019est-on jamais arrêté à calculer ce que nous coûtent les maladies entériques ?Nous avons eu 804 malades au cours de l\u2019année : la maladie et la convalescence durent chacune en moyenne cinq semaines ; il s\u2019agit donc d\u2019une perte de 60 jours de travail.Comme tous les patients ne sont pas des gagne-pain, disons que leur salaire moyen n\u2019est que de deux dollars par jour : un typhique perd $120.de gain, et le groupe $96,480.Soixante pour cent de ces malades ont été hospitalisés pour une moyenne de vingt-cinq jours ; facturons donc, pour 483 malades, 12,075 jours d\u2019hospitalisation à $2.00 per diem, soit $24,150.Les honoraires professionnels du médecin et les médicaments peuvent s\u2019établir A $50.par patient, soit, pour les 804 : $40,200.Etant donné le surcroit d\u2019ouvrage occasionné par la maladie, les familles des 321 malades non hospitalisés ont dû retenir les services d\u2019une bonne ou d\u2019une personne pour aider aux travaux domestiques, soit 321 mois de salaire à $25.00 ou $8,025.Enfin, il faut estimer la perte occasionnée à la société par les décès : les sociologues, les économistes et les statisticiens estiment une vie humaine sur des bases propres à chaque groupe ; leurs chiffres varient de cinq à vingt-cinq mille dollars.Acceptons la somme minimum comme base de notre calcul.Il y a eu en 1943, dans la province, 1,145 décès par diarrhées et gastro-entérites et 76 décès par typhoide et para-typhoide-B, soit 1,221 pertes de vie à $5,000, une perte pour notre province de $6,- 105,000.Nous ne pouvons faire entrer dans notre total les inquiétudes causées par la maladie, les fatigues, l\u2019anxiété, les veilles, le chagrin et la peine qui suivent un décès ; 1l est également difficile d\u2019apprécier la perte de temps et de gain occasionnée aux autres membres de la famille : la perte d\u2019un être cher ne s\u2019évalue que dans son cœur.Contentons-nous donc d\u2019additionner ce qui est tangible pour arriver à la somme de $6,273,855.Sommes-nous assez riches pour subir annuellement de telles 176 Lava\u2026 MÉDicaL Mars 1945 pertes ?Nous pouvons cependant facilement les éviter si nous voulons, pendant dix ans, employer le dixième de cette somme à promouvoir les grandes mesures de salubrité.Revenons donc à la prophylaxie de la fièvre typhoïde.Les mesures qui s\u2019appliquent au malade et à son environnement ont une influence considérable pour diminuer la morbidité et la mortalité et c\u2019est ainsi que le concours du médecin est surtout réclamé par l\u2019hygiéniste.Nous admettons qu\u2019il existe des formes de la maladie où le diagnostic se pose difficilement ; cependant, si, aux symptômes cliniques de la maladie, le médecin veut bien ajouter les épreuves de laboratoire, il établita rapidement son diagnostic et pourra faire une déclaration hâtive du cas.On ne peut assurer à la famille aucune protection, si le médecin ne fait pas la déclaration de ses cas de contagion.Il nous fait plaisir de constater que la profession médicale comprend de mieux en mieux le devoir qui lui est imposé par la loi et commandé par ce que le public est en droit d\u2019attendre de lui au point de vue social.Le médecin traitant, de concert avec l\u2019hygiéniste, doit voir à l\u2019isolement du malade.On ne saurait trop recommander, dans les familles atteintes, qu\u2019une chambre séparée, à l\u2019abri des mouches, soit mise à la di- position du patient et qu\u2019une personne désignée à cette fin s\u2019occupe uniquement de lui donner des soins.Lorsque la famille manque d\u2019espace au logis ou que les conditions sanitaires laissent à désirer, le malade devra être hospitalisé.L\u2019isolement ne sera discontinué qu\u2019après trois cultures négatives successives des selles et des urines, prélevées à 24 heures d\u2019intervalle.Bien que la désinfection concomittante fasse partie intégrante de l\u2019isolement, nous ne pouvons, en raison de son importance, nous empêcher de la mentionner particulièrement : les excrétions provenant de l\u2019intestin et des voies urinaires, de même que les objets possiblement souillés, doivent être désinfectés systématiquement avant d\u2019en disposer et ceci, tant que le laboratoire n\u2019a pas établi que l\u2019isolement peut être discontinué.On procédera à la désinfection terminale par un bon nettoyage, le grand ménage si bien connu.+ On doit procéder sans retard à la vaccination de chaque personne composant la famille épidémiologique du malade.Il faut bien réaliser Mars 1945 Lavar MÉDpicaL 177 qu\u2019il existe, dans ce milieu, une plus grande probabilité de contamination que dans l\u2019environnement et que la personne appelée à donner des soins au malade, si ce n\u2019est une infirmière, est apte à oublier les prescriptions qui lui ont été données pour empêcher la dissémination de l\u2019infection.L'enquête doit ensuite établir la source de l\u2019infection.On doit remonter à la cause actuelle ou probable de la contamination de chaque individu, en faisant la recherche des cas 1gnorés, des porteurs de germes, de l\u2019eau, du lait, des mollusques et des autres aliments possiblement contaminés.: xy II faut enfin suppléer à ces précautions d\u2019ordre privé par les grandes mesures d\u2019ordre général : | Purification et surveillance de l\u2019eau des aqueducs publics, semi-publics ou privés : plus du tiers des cas de typhoïde étant attribués à la consommation d\u2019une mauvaise eau, l\u2019amélioration des aqueducs apporterait une réduction sensible dans notre morbidité ; d\u2019ailleurs le public a droit de recevoir une eau potable et saine.Pasteurisation du lait commercial : pour ceux qui connaissent les conditions de travail sur la ferme, il n\u2019est pas à démontrer que le lait est en grand danger d\u2019être contaminé au cours de la production et du transport ; de plus, on sait que le lait gardé en de mauvaises conditions est un milieu favorable à la reproduction des microbes ; dans toutes les régions où ces deux mesures de santé publique ont été mises en force, on a vu diminuer considérablement la morbidité par maladies entériques.Disposition samitaire des eaux usées : 1l reste un travail considérable à accomplir ; dans ce but, il faudrait que le tout à l\u2019égout se généralise dans notre province et aux endroits où un égout collecteur ne peut être construit, que les puisards et les fosses septiques prennent soin des excrétats humains et des eaux vannes.| \u2018 \u2018 Surveillance des aliments : les manipulateurs de denrées alimentaires doivent être soumis à un minimum de mesures, de façon à assurer la protection du public et à diminuer la transmission d\u2019un groupe important de maladies contagieuses.Recherche et surveillance des porteurs de germes typhiques : le rôle des porteurs dans la transmission des maladies est trop bien connu pour qu\u2019il 178 LAvAL MÉDICAL Mars 1945 soit nécessaire de prouver qu\u2019un ensemble de mesures propres à diminuer leurs activités est justifiable au point de vue légal.Vulgarisation de la vaccination polyvalente : elle protège spécialement les personnes vivant en milieu endémique ou qui, en raison de leurs occupations, sont exposées aux contacts ; la vaccination éberthienne est simple, ne provoque pas d'accidents et assure une protection stable pour une couple d\u2019années.Éradication des mouches : la mouche, tel que prouvé par une enquête épidémiologique conduite à Washington vers 1912, est un véhicule important du bacille typhique ; 11 faut donc faire disparaître cet insecte de la maison en l\u2019y détruisant, prévenir son entrée au foyer par l\u2019installation de grillages métalliques et enlever de l\u2019environnement les matières de rebut en décomposition, qu\u2019elles soient d\u2019origine animale ou végétale, particulièrement les tas de fumier où les mouches naissent et se propagent.Enquéte systématique sur chaque infection afin de couper hâtivement les sources d'alimentation suspectes en eau, lait ou autres aliments.Enseignement de l\u2019hygiène personnelle : au malade, au convalescent, au porteur de germes chroniques ainsi qu\u2019à leur famille, en insistant sur les moyens de disposer des excrétats.Éducation du public: en particulier des manipulateurs de denrées alimentaires sur les sources d\u2019infection causes des maladies entériques, les modes de transmission de ces maladies et les mesures de prophylaxie qui s\u2019imposent pour en arrêter la propagation.Dans cet ensemble de mesures, il n\u2019en est aucune que nous ne puissions prendre dans notre province ; cependant, la réalisation d\u2019un certain nombre d\u2019entre elles pose un problème économique que l\u2019individu et même la municipalité n\u2019est pas en mesure de résoudre sans recevoir l\u2019aide d\u2019un pouvoir central.Cependant, il faut vaincre les maladies entériques : que l\u2019on prenne donc toute mesure qui s'impose pour en rendre notre province indemne. L\u2019ASPECT BACTÉRIOLOGIQUE DES SALMONELLOSES par J.-Edouard MORIN, F.R.cC.P.(c) (Université Laval, Québec) Afin de commémorer la mémoire de Salmon, que ses travaux sur le Hog cholera avaient rendu célèbre, Lignière a proposé, en 1900, de grouper, sous le nom de Salmonella, toute une série de microbes que l\u2019on trouve dans l\u2019intestin des animaux normaux, tels : le cheval, les bovidés (excréteurs permanents), l\u2019orignal, les ovins, les porcs, les carnassiers et animaux à fourrure (chien, renard, vison, etc.), le lapin, la souris, le rat, les poules, les poussins, les faisans, le perroquet, les pigeons, les dindons, les canards, les oies, le cobaye, le chat, le lièvre, la grenouille, les poissons, l\u2019éléphant marin, les abeilles, les guêpes, les huîtres, etc, etc.Dans certaines conditions, ces microbes déterminent, chez ces animaux, des infections de toutes sortes : septicémique, intestinale (sous forme de dysenterie, d\u2019entérite épizootique, de diarrhée cholériforme), des suppurations articulaires, osseuses ou tissulaires, des affections pneumoniques (bacille psittacosis), des foyers caséeux sur le poumon (S.pullorum), enfin, des infections qui entraînent chez plusieurs, la jument, la chèvre, des avortements.Depuis les travaux des bactériologistes américains (Salmon et Smith, 1885) sur le Hog cholera, jusqu\u2019à ces dernières années (1934), la plus grande confusion régnait dans ce groupe important de bactéries.Et, tout en reconnaissant certains caractères culturaux différentiels, on pressentait leur identité sans donner de bases précises à leurs distinctions.C\u2019est alors que le sous-comité des Salmonella, émané de la Société inter- 180 Lava\u2026 MÉDicaAL Mars 1945 nationale de microbiologie, définit, sous la dictée de Hauffmann, les caractères biologiques généraux de ce groupe microbien de la façon sur- vante : « Les bacilles du groupe Salmonella sont des bacilles gram- négatifs et non sporulés, mesurant habituellement 0.4 à 0.6u par 1.3u mais formant parfois de courts filaments ; présentant, avec certaines exceptions, une phase péritriche, mobile, qui est même celle habituellement rencontrée ; somme toute, ils se conforment au bacille typhique quant aux affinités tinctoriales et à la morphologie.Ils ne fermentent ni le lactose, ni le saccharose, ne coagulent pas le lait, ne liquéfient pas la gélatine et ne produisent pas d\u2019indol.Ils attaquent régulièrement le glucose, habituellement, mais non toujours avec production de gaz » Mm, Le groupe des Salmonella, tel que compris par ce comité, comprend +7 variétés (voir le tableau, page 182) parmi lesquels se trouve le bacille d\u2019Eberth.Or, Bergey, Breed, Murray et Hitchens, dans leur Manuel de la classification des bactéries, et Hauduroy, dans son Dictionnaire des bactéries pathogènes, n\u2019acceptent pas d\u2019inclure le bacille d\u2019Eberth dans ce groupe et ils le classent dans une catégorie distincte : «le genre Eberthella ».Les différents types tirent leur nom, soit des auteurs qui les ont étudiés et décrits pour la première fois (Salm.Schottmueller), soit de l\u2019endroit où a été isolé le microbe au cours d\u2019une épidémie (Salm.Aertrycke), soit enfin de l\u2019infection spécifique que le microbe occasionne chez l\u2019animal (Salm.suipestifer ou Salm.pullorum)._ Nous avons vu, ci-dessus, que l\u2019animal est l\u2019habitat naturel de ces microbes.L'homme, après avoir été contaminé, peut devenir un porteur de germes.Dans la nature, il s\u2019y trouve sur la terre et les objets qui ont été souillés par les excréments des animaux ou des porteurs de germes.ROLE PATHOGÈNE CHEZ L\u2019HOMME Le plus grand nombre de ces microbes qui contaminent l\u2019homme, pénètrent, sauf exception, par la voie digestive avec l\u2019eau ou les aliments de toutes sortes, viandes d\u2019animaux infectés et apprêtées de tceutes façons.Les plus dangereux sont les viandes de charcuterie, saucisson, (1) Salmonella Subcommittee, Journal of Hygiene, 1934, t.34, p.333. Mars 1945 Lavar MÉDICAL 181 poisson en boîte, bot dog, viandes faisandées (perdrix), le boudin, les fromages, le lait, les œufs, les pâtés à la viande de mouton ou de veau, etc.Dans ce cas, ils déterminent soit une infection intestinale suivie de septicémie, telle la para-typhoïde-B (Salm.Schottmueller), soit une toxi- infection gastro-intestinale brutale qui apparaît dans les 24 heures.C\u2019est le food poisoning ou empoisonnement alimentaire.Il est très important (ceci relève de la bactériologie) de faire le point sur ces deux syndromes tout à fait différents, d\u2019une part, quant à l\u2019horaire des premiers signes de la maladie et de l\u2019évolution clinique et, d\u2019autre part, quant à la pathogénie.Dans l\u2019infection septicémique par le para-typhique-B, la dose contaminante est presque toujours minime : il s\u2019agit de l\u2019ingestion de quelques microbes.Il s\u2019ensuit une période d\u2019incubation de plusieurs Jours avec des symptômes légers.Tandis que, dans l\u2019empoisonnement alimentaire, au contraire, occasionné par S.Typhi murium (Aertrycke) ou S.Choleræ suis (Suipestifer), la dose infectante est massive tant au point de vue de la bactérie que de ses toxines.En effet, 1l s\u2019agit là, pour ainsi dire, d\u2019une culture microbienne développée dans des conserves de viande ou de poissons en boîtes, ou d\u2019une viande infectée, qui ont été souvent maintenues à une température qui favorise la culture des bactéries.Ces bactéries, pour quelques-unes, produisent des toxines puissantes et très dangereuses pouvant tuer les animaux à des doses minimes.C\u2019est pourquoi, dans ces cas de food poisoning, les symptômes sont si brutaux et les réactions de l\u2019organisme si violentes en présence de ces toxines.Bien que la plupart de tous ces types (pp.182-183) aient été isolés chez l\u2019homme au cours de gastro-entérite aiguë d\u2019origine alimentaire (food poisoning), ou dans les infections dites para-typhoïdes, nous limiterons notre description aux bactéries rencontrées le plus fréquemment.Ceci nous permettra d\u2019expliquer plus à fond les données actuelles du diagnostic différentiel basé sur les caractères sérologiques et culturaux des Salmonella.Dans ces infections, auxquelles nous venons de faire allusion, on 1sole du sang (par hémoculture), des vomissements, des fèces ou des urines, soit les Salm.para-typhiques A, B, ou C, soit les Salm.typhi murium (bacille d\u2019Aertrycke), Salm.Choleræ suis (Suipestifer), Salm.Enteritidis (bacille de Gaërtner), ou, enfin, Salm.Morgani. 182 LavaL\u2026 MÉDicaL Mars 1945 TABLEAU I CLASSIFICATION SEROLOGIQUE DES SALMONELLA (Schéma White-Kauffmann) ANTIGÈNE « H » GROUPE TYPE ANTIGENE *\u2014\u2014{\u2014\u2014\u2014\u2014+\u2014 «0» Spi, Non spéc.1- = Para LL La aa H.S I-11 a \u2014 A 2-1S.senftenberg.s \u2014 3-|S.senftenberg, var.new castle G.E.I-IT1 oe 4-|S.paratyph-B.H.S.b 1,2 5-1S.typhi murium Aertrycke .| G.E.i 1,2,3 6-|S.typhi murium var.binus.| G.E.IV-V _ 1,2,3 7\u2014|S.stanley.G.E.d 1,2 8-IS.beidelberg.\u2026.G.E.r 1,2,3 B O-\u2014|S.reading.G.E.eh 1,4,5 10-|S.derby.occ G.E.fg \u2014 11-|S.abortus equi.IV enx _ 12\u2014|S.abortus ovis.1,4,6 13-|S.brandebourg.G.E.enlv \u2014 14\u2014|S.paratyphi-C .1280000 H.S.c 1,4,5 15-|S.choleræ suis « suipestifer » .| G.E.c 1,3,4,5 16-IS.choleræ suis, var.kunzendorf.|H.S.G.E.\u2014 1,3,4,5 17-{S.typhi suis.o.oo in c 1,3,4,5 18-|S.typbi suis, var.voldagsen.\u2014 1,3,4,5 19-|S.thompson.G.E.VI-VII k 1,3,4,5 20-|S.thompson, var.berlin.| G.E.\u2014 1,3,4,5 21-18.virchow.oc.G.E.1,2,3 C 22-15.oranienbourg.G.E.mt \u2014 23\u2014S.potsdam.0.G.E.enlv \u2014 24-|S.bareilly.E.E.y 1,3,4,5 25-|S.newport.o.oo G.E.eh 1,2,3 26S.newport, var.kottbus.G.E.eh 1,3,4,5 27-|S.newport, var.puerto-rico .E.E.VI-VIII \u2014 1,2,3 28-|S.bovis morbificans.r 1,3,4,5 20S.muenchen.G.E.d 1,2 30-1S.typhi.oo eee H.S.d \u2014 31\u2014IS.enteritidis gaërtner .G.E.gom \u2014 32-|S.enteritidis, var.danysz .G.E.gom \u2014 33-|S.enteritidis, var.chaco .G.E.gom \u2014 34S.enteritidis, var.dublin.A.gp \u2014 35-|S.enteritidis, var.rostock .A.gpu \u2014 D 36-|S.enteritidis, var.moscou .H.IN goq \u2014 37-|S.sendat.H.S.a 1,4,5 38-|S.dar es salamm.H.S.enlw \u2014 30-|S.easthourne.E.E eh 1,3,4,5 40-|S.panama.o.oo G.E Iv 1,3,4,5 41-|S.gallinarum (non pathologique pour l\u2019homme).- \u2014 \u2014 42-|S.pullorum (non pathologique pour l\u2019homme) .- \u2014 \u2014 Mars 1945 Lavar MÉDpicaL ANTIGÈNE « H » GROUPE ANTIGENE «O» Spi plc.S.london Iv X-I11 eh 6 S.anatum, var.muenster Æ.ch 5 F 46\u2014|S.aberdeen.G.E.XI i 1,2,3 47-S.morgan.G.E.H=Humain ; S=septicémie ; G.E.=gastro-entétrite, Food poisoning ; E.E.=entérite ; A = Animal.Voici les grands caractères fondamentaux de ces sept variétés : I° Salm.para-typhique-A (n° 1, page 182) : Il est l\u2019agent, chez l\u2019homme, de la para-typhoïde-A.Il fut isolé par Gwyn en 1898.La maladie existait surtout en Afrique du Nord.Elle a pris pied en France pendant la guerre.Merklen et Trottain en ont rapporté 356 cas contre 90 de para-typhoïde-B.Ici, dans notre pays, elle est très rare : 6 observations personnelles dans 17 ans (79,169 malades).On ne connaît pas, chez l\u2019homme, d\u2019observation de gastro-entérite ; cependant, celle-ci fut rencontrée une fois chez le porc (Broudin, 1927).Chez l\u2019animal : chez les brebis, chez les porcelets (Broudin) le microbe peut provoquer des avortements infectieux et des troubles intestinaux.Le rat peut être porteur de germes.L'\u2019inoculation de culture virulente par voie sous-cutanée, peut tuer le cobaye et la souris.Cette dernière peut développer une infection mortelle si on lui fait ingérer des microbes par voie buccale.De tout le groupe des Salmonella, c\u2019est le moins bien connu.Par ses caractères biologiques, il se rapproche beaucoup du bacille d\u2019Eberth.Composition antigénique : I-II-a.Le sérum expérimental, préparé avec les antigènes «O » ou « H », n\u2019agglutine que ce type.2° Salm.para-typhique-B (n° 4, page 182) : Ce bacille fut isolé par Schottmueller (1900) dans une maladie humaine dont les symptômes rappelaient l\u2019infection éberthienne.Les lésions siègent habituellement sur le gros intestin, mais comme dans la JS, 184 LavaL MeEbicaL Mars 1945 typhoïde, la rate et les ganglions sont atteints.Dès les premiers septe- naires, le microbe se rencontre dans le sang (hémoculture).II donne exceptionnellement lieu à des gastro-entérites du genre de l\u2019intoxication alimentaire.D\u2019après Topley et Wilson, 1l ne semble pas être un pathogène naturel des animaux.L\u2019infection est habituellement transmise à l\u2019homme par les malades, les porteurs de germes et par l\u2019ingestion d\u2019eau ou d\u2019aliments contaminés.Il a été identifié dans les fèces des bovins et au cours d\u2019affections intestinales chez le veau, le mouton (avortement des brebis), le chien, le chat, le cobaye, le rat, la souris, le lapin, la poule, le pigeon ; chez le cheval, 1l provoque une affection du type de la typhoide avec suppuration et paraplégie.Les souches 1solées depuis peu sont très toxiques et pour le cobaye et pour la souris, soit par inoculation sous-cutanée, soit par ingestion.La mort survient avec des symptômes de diarrhée et des suffusions sanguines dans l\u2019estomac, l\u2019intestin grêle, etc.Les porteurs de germes sont très dangereux.Le sérum agglutine à des titres très élevés : /4,000e.Son antigène « O » a les mêmes constituants que celui du bacille d\u2019Aertrycke.Leurs antigènes « H » spécifiques sont différents, ce qui permet de le distinguer parfaitement.La vaccination préventive combinée avec le bacille d\u2019Eberth et le para-typhique-A, fournit d\u2019excellents résultats et elle est pratiquée sur une large échelle.Composition : IV-V-b.spécifique, 1,2 non spécifique (33 observations personnelles dans notre laboratoire dans 17 ans).3° Salmonella Typhi murium (bacille d\u2019Aertrycke) (n° 5, page 182) : Ce bacille a été isolé à Aertrycke, en 1898, par de Nobele, d\u2019une gastro-entérite aiguë humaine consécutive à l\u2019ingestion de viande de veau.Il est l\u2019agent le plus fréquent du food poisoning.L\u2019infection est consécutive à l\u2019absorption de viande provenant d\u2019un animal malade, dont les tissus renferment des bacilles ; parfois, la viande a été contaminée par un malade ou un porteur de germes.Il se rencontre dans l\u2019intestin du porc et de veau en bonne santé.C\u2019est un pathogène naturel des rongeurs, spécialement de la souris et du cobaye et, aussi, du mouton, du porc.On l\u2019a identifié chez le cheval, le poulain (côlites infectieuses et des suppurations), les bovidés (excréteurs permanents) et chez qui 1l produit des entérites épizootiques, des septicémies, des phlébites, des métrites, des Mars 1945 Lavar MÉDICAL 185 avortements, les carnassiers et les animaux à fourrure (chiens, renard, vison), les lapins, les lièvres, les souris, les rats, les poussins, les poules, les faisans, les pigeons (arthrite, entérite), les dindons, les canards (œufs de cane), les oies (foie gras).Le bacille d\u2019Aertrycke, donné en injection ou en ingestion chez l\u2019animal, détermine la mort par toxémie et septicémie ; le nombre des bactéries est tel qu\u2019il y a de vraies thromboses dans les petits vaisseaux.A l\u2019autopsie, on trouve une entérite hémorragique et des suffusions sanguines dans les tissus et les viscères.Chez l\u2019homme, le bacille reste localisé dans l\u2019intestin et seule la toxine est en cause.Les excrétats et les vomissements contiennent des microbes en abondance.La vaccination chez l\u2019animal pourrait se pratiquer, mais elle n\u2019est pas en usage.Ce bacille diffère du para-B par ses caractères sur les milieux hydrocarbonés et par la composition de ses antigénes : 1V-V-1 spécifique, 1,2,3 non spécifique.4° Salm.para-typhique-C (n° 14, page 182) : Cette variété microbienne d\u2019une extrême rareté, détermine chez l\u2019homme un état septicémique très grave, souvent compliqué de suppuration.L'\u2019affection rappelle la typhoïde.Uhlenhuth et Hübener l\u2019ont rencontrées chez le porc et dans le saucisson.Elle a été plus tard identifiée par Hirschfeld dans les Balkans et en Mésopotamie.On l\u2019a également retrouvée en Guinée anglaise.Le microbe ne semble pas produire spontanément de processus pathologique chez l\u2019animal.Il est étroitement apparenté avec le Salm.Choleræ suis (Suipestifer).Leurs constituants antigéniques sont sensiblement les mêmes, sauf pour « H » non spécifique.Par ailleurs, ils ne font pas fermenter les mêmes sucres.Ceci a permis d\u2019en faire une entité distincte.Étant donnée la rareté de l\u2019infection, la vaccination n\u2019est pas employée.De plus, il ne fait pas partie des recherches sérologiques courantes dans le diagnostic de Widal.Composition antigénique : VI-VII-c spécifique, 1,4,5 non spécifique.5° Salm.Choleræ suis (bacille Suipestifer) (n° 15, page 182) : Ce bacille, découvert par Salmon et Smith (1885) dans une maladie du porc, fut considéré, à tort, comme l\u2019agent du Hog cholera.Nous savons 186 Lavar MéÉpicaL Mars 1945 maintenant que cette dernière infection est due à un virus filtrant.Ainsi, le bacille Suipestifer était Ia comme microbe de sortie ou en symbiose ( ?).Cependant, il a été retrouvé maintes fois chez l\u2019homme dans des gastro- entérites graves, consécutives à l\u2019ingestion de viande infectée (Clauberg, 1931).Chez le pore, il peut provoquer une véritable entérite nécrosante (Murray et Bester) ou des avortements chez la truie.Il est pathogène pour le renard, le poussin et le pigeon.Les bovidés sont tenus comme des excréteurs permanents.Il s\u2019ensuit que le lait non pasteurisé expose a des dangers.Expérimentalement, le lapin, la souris et le cobaye et, surtout, le porc, sont très sensibles à l\u2019infection soit par ingestion, soit par inoculation.Les sujets infectés possèdent des anticorps spécifiques qui agglutinent le microbe à de très grandes dilutions.La vaccination pourrait être pratiquée chez l\u2019animal dans les cas d\u2019épidémies.Composition antigénique : VI-VII-c.spécifique, 1,3,4,5 non spécifique.6° Salm.Enteritidis Gaërtner (n° 31, page 182) : De tous les microbes qui déterminent des infections gastro-intestinales, le bacille de Gaërtner est le plus commun.Il fut identifié en 1888 par Gaërtner dans un cas mortel d\u2019intoxication alimentaire.Le microbe fut retracé dans la viande ingérée et dans la rate du malade.Ces viandes proviennent d\u2019animaux malades présentant de la diarrhée, une septicémie (veau), de la métrite chez la vache.Certains pays (Allemagne, Belgique) où l\u2019on mange beaucoup de saucisson ou de saucisse, sont très souvent victimes chaque année, de nombreux cas d\u2019empoisonnements alimentaires.Il aurait été intéressant, si la chose n\u2019a pas été faite, d\u2019analyser les viandes de cet étalage de boucher, dont nous avons tant entendu parler l\u2019an dernier à Québec.Le bacille de Gaërtner est pathogène pour un grand nombre d\u2019animaux : le bœuf ou la vache, le veau, le poulain, le chien, le renard, le cobaye, le lapin et tout spécialement les rongeurs (souris et rats).Expérimentalement, l\u2019injection sous-cutanée ou intra-péritonéale de microbes aux animaux de laboratoire, ou leur ingestion déterminent la mort en quelques heures ou quelques jours.Ce microbe sécrète une toxine thermostable d\u2019une grande activité.La toxine résiste à un chauffage de 15 minutes à +100°C.Les cultures filtrées sont également très toxiques.Composition antigénique : IX-gom- spécifique. Mars 1945 Lavar MÉDICAL 187 7° Salmonella Morganni (n° 47, page 183) : Ce bacille, étudié de 1905 à 1906 par Morgan, est la cause de toxi- infection tantôt légère, tantôt assez grave de l\u2019intestin.Abstraction faite des para-typhoides, il est, de tout le groupe, celui que l\u2019on rencontre le plus fréquemment dans nos services d\u2019enfants.L\u2019infection, qui sévit surtout en été, se présente sous forme de diarrhée plus ou moins tenace.Le microbe possède une endotoxine qui, administrée au lapin par voie veineuse, entraîne la mort de l\u2019animal en quelques minutes.A dose légère, 11 y a production de diarrhée et de paraplégie survie de mort.L\u2019ingestion de culture vivante provoque des diarrhées.Au contraire, l\u2019injection intra-veineuse de la même culture produit une septicémie avec hémorragie du tissu cellulaire, des plaques de Peyer et de certaines portions du petit intestin.Le mode de contagion semble provenir du lait.Le sérum anti-Morganit n\u2019agglutine que son propre microbe (Besson et de Lavergne).Cet exposé des principaux prototypes des Salmonella nous amène nécessairement à en expliquer la classification et à définir les principes du diagnostic différentiel.Depuis une quinzaine d\u2019années, les bactériologistes se sont attaqués à l\u2019étude de la cellule bactérienne.C\u2019est ainsi que, dans une série de mémoires, Charles Nicolle (D a établi que « la bactérie (Fberth, paratyphique, etc.) est constituée par une mosaïque de substances particulières dénommées antigènes qui engendrent, par immunisation, des anticorps (sous forme d\u2019agglutinines, précipitines, lysines, etc.) ».Ces anticorps sont spécifiques par rapport à l\u2019antigène immunisant.Ainsi, ce qui caractérise chaque microbe, c\u2019est le mode de distribution des différents antigènes dans la masse bactérienne et la prépondérance ou la dominante de l\u2019un de ses constituants.En 1903, Smith, Reagh et Beyer signalèrent, dans leurs études sur les para-typhiques, qu\u2019il fallait distinguer deux antigènes : l\u2019un flagellaire, thermolabile et intimement lié aux cils ; l\u2019autre somatique, thermostable, rattachable au corps microbien.Ces deux antigènes donnent naissance chez l\u2019homme ou l\u2019animal, à deux agglutinines dis- (1) Chs Nicolle, Debaint et Raphaël.Annales de l\u2019Institut Pasteur, 1917, tome 31, pages 372 à 411. 188 Lava\u2026 MÉDICAL Mars 1945 tinctes.La même année (1917) que paraissaient les travaux de Nicolle, Weil et Félix, en étudiant une souche de Proteus-X, constatèrent qu\u2019il y avait des différences sérologiques dans les sérums préparés avec les cultures dont les colonies étaient circulaires, plates et isolées, et celles dont les colonies étaient confluantes, massives et qui couvrent toute la surface de la gélose.Ils en conclurent que les premières comprenaient des bacilles non ciliés qu\u2019ils dénommèrent antigène somatique « O », du mot allemand (ohne Hauch) sans buée ; tandis que les secondes étaient formées de bacilles ciliés qu\u2019ils appelèrent antigène cillé « H» (Hauch) signifiant culture voilée, en nappe avec buée s\u2019étendant sur la surface de la gélose.En sus de ces deux antigènes fondamentaux, Félix et Pitt ont démontré la présence d\u2019un troisième antigène qu\u2019ils dénommèrent Vi.Cet antigène possiblement logé dans la membrane ( ?) semble conditionner la virulence de la souche.I! est différent de « O » et de « H ».Ceci peut être démontré par la saturation des anticorps « O » et « H ».Dans ces toutes dernières années, en plus de ces données morphologiques distinctes des cultures et de leurs propriétés sérologiques spécifiques, on a voulu connaître la composition chimique de ces antigènes.Boivin et Mesrobeanu (I) se sont attaqués à ce problème, en étudiant tout particulièrement l\u2019antigène somatique « O » de Salm.Aertrycke et Salm.Gaërtner.Voici leurs conclusions : « L\u2019antigène somatique résulte de la combinaison complexe d\u2019un polysaccharide avec des acides gras, avec de l\u2019acide acétique et avec de l\u2019acide phosphorique ; il n\u2019est donc pas de nature protéique.» Les auteurs donnent un exemple du pourcentage de sucre et d\u2019acides gras, retrouvés dans Salm.Aertrycke et Gaërtner, Ces expériences ont été reprises et comfirmées par Topley et plusieurs autres.ANTIGÈNE COMPLET Sucre, pour cent Acides gras, pour cent | Aertrycke S.39.8 21.4 Gaértner S.51.7 20.5 (1) Boivin et Mesrobeanu.Revue d\u2019 Immunologie, tome 1, 1935, p.533. Mars 1945 Lavar MÉDiCAL 189 Quelles sont les propriétés de ces antigènes ?1° L\u2019antigène « O » somatique a les propriétés suivantes : a) Le mélange des polysaccharides avec des acides gras, avec de l\u2019acide acétique et avec de l\u2019acide phosphorique (Boivin) est responsable de la spécificité microbienne ; c) Il est thermostable, et le chauffage à 100°C.ne change pas son agglutinabilité ; d) Les acides dilués ou l\u2019alcoo! absolu ne le modifient pas ; e) Ses agglutinines sont spécifiques ; f) Il donne, avec le sérum correspondant, une agglutination finement granuleuse, se déposant en amas compacts ; g) En présence d\u2019un sérum anti-« H », il donne de très fines granulations ; h) Il ne possède qu\u2019un seul récepteur, contrairement à l\u2019antigène « H » qui en possède deux ; 1) L\u2019agglutinine correspondante est détruite à 70°C.; J) La vaccination serait fonction de cet antigène.2° L\u2019antigène « H » cilié : a) Cet antigène existe dans les cils ; b) Sa composition chimique est inconnue ; c) Il produit des anticorps capables d\u2019agglutiner les bacilles ciliés et, partant, de protéger les animaux contre l\u2019infection par ces agents ; d) Il est thermolabile, le chauffage à 100° amnsi que les acides dilués et l\u2019alcool absolu modifient son.agglutinabilité ; e) Avec un sérum correspondant, il donne de gros flocons volumineux, mais légers et peu denses.(aérés) ; \u201cb) Ne semble jouer aucun rôle dans la vaccination ; 1) Il possède deux groupes d'antigènes : l\u2019un spécifique et l\u2019autre non spécifique.Ce sont les phases décrites par Andrews.16) 190 Lavar MÉDpicAL Mars 1945 Cet auteur a montré en effet, que l\u2019antigène « H » cilié peut être mono- ou di-phasique.D\u2019après la définition d\u2019Andrews : « l\u2019antigène « H » est considéré comme mono-phasique lorsque ses caractères séro- logiques d\u2019agglutination sont toujours semblables à eux-mêmes.L\u2019antigène est dit di-phasique lorsque les caractères d\u2019agglutimation varient d\u2019une colonie à l\u2019autre, les unes étant spécifiques, les autres non spéci- frques (Hornus) » (D, 3° L'antigène « Vi» : Il semble conditionner la virulence.Antigène d\u2019origine capsulaire, détruit à 55°.Ne résiste pas à l\u2019alcool, mais au formol.I! peut être séparé des antigènes « O » et « H » : en ajoutant de l\u2019acétate d\u2019uranyle, l\u2019anti-« Vi» est précipité.(Boivin.C.R.S.B., t.128, p.2, 1938.) OBTENTION DES SÉRUMS AGGLUTINANTS Obtention des sérums anti-« O » et anti-« H » spécifiques et non spécifiques, et anti-« Vi » : a) Le sérum anti-« O » s\u2019obtient en émulsionnant une culture de 24 heures, sur gélose phéniquée à 1%p.Chauffage de l\u2019émulsion pendant 15 minutes à 100°.Le lapin est vacciné avec cette suspension (Hornus).b) Le sérum anti-« H » : Il faut traiter la culture par le formol à 5% go, de façon à détruire l\u2019antigène «O».L'émulsion ainsi traitée servira à inoculer le lapin (Hornus).c) Le sérum anti-« Vi » : Les cultures sont traitées par de l\u2019acétate d\u2019uranyle ; l\u2019antigène est ainsi précipité (Boivin) @), CLASSIFICATION DES SALMONELLA En prenant pour acquises ces données importantes de la constitution antigénique des microbes, nous allons donc nous baser sur elles pour (1) Hornus, G., Revue d\u2019Immunologie, tome 1, 1935, pp.488 à 500.(2) Boivin.Comptes rendus, Société biologique, tome 128, p.2, 1938. Mars 1945 Lavar MÉDICAL 191 établir la classification des Salmonella.Suivant le mode de distribution des antigènes dans le corps, la capsule et les cils du microbe, et aussi de la prépondérance ou de la dominante de l\u2019un d\u2019eux, nous aurons affaire à telle ou telle variété bactérienne.C\u2019est dire que la classification est basée essentiellement sur les propriétés sérologiques agglutinantes des anti-sérums par rapport à leurs antigènes correspondants.Le tableau de la page 182 correspond à la classification reconnue par la Société internationale de microbiologie.Dans ce tableau, l\u2019antigène « O », thermostable, est désigné par des chiffres romains.D\u2019après cet antigène « O », on peut distinguer cing grands groupes de Salmonella : le groupe À dont le type est le bacille para-typhique-A, le groupe B avec le para-typhique-B, le groupe C avec le bacille para-typhique-C.Ln ce qui concerne le groupe D, le type « en est le bacille Enteritidis de Gaértner.Le type du groupe EF, beaucoup moins important, est S.London.Enfin, S.Aberdeen constitue seul le groupe F.En ce qui concerne l\u2019antigène « H », l\u2019antigène spécifique est désigné par une lettre minuscule, l\u2019antigène non spécifique, par un chiffre arabe ».(Hornus.) Pour illustrer tout ceci, analysons un exemple concret : voici une culture isolée des selles d\u2019un malade.C\u2019est un bacille gram-négatif, cilié, qui ne fait pas fermenter le lactose ; par ailleurs, sur les autres milieux hydrocarbonés, il nous conduit dans le groupe B des Salmonella (tableau Il).Afin de préciser le type microbien, nous allons pratiquer un sérodiagnostic avec les sérums expérimentaux suivants : Antisérum para-B-« O », Antisérum para-B-« H » spécifique b, Antisérum bacille d\u2019Aertrycke « H » spécifique 1.Le résultat sera le suivant : Para-typhique-B, antigène «O ».agglutination : +++ Para-typhique-B, antigéne « H », « spéeifique b.LL.« +++++ 192 LavaLr MEbpicaL Mars 1945 S.Typhi murium (bacille d\u2019Aer- trycke), antigéne « O ».agglutination: +++ (Les deux microbes ont les mémes constituants antigéniques somatiques.) Salm.Typhi murium (Aertrycke), antigène « H », spécifique : .pas d\u2019agglutination.Conclusion : Infection à bacille para-typhique-B.Dans la pratique, si nous avons affaire au sérum du malade, nous procédons de la même façon en utilisant, cette fois, des suspensions microbiennes correspondant aux antisérums.D\u2019après cet exposé, vous constatez que les procédés modernes d\u2019identification bactérienne par les séro-diagnostics, sont bien différents de ceux de Widal.A ces deux procédés de la culture et du séro-diagnostic, s\u2019ajoute l\u2019identification des bactéries par les bactériophages correspondants.RESUME ET CONCLUSIONS Nous avons voulu, dans ce chapitre de bactériologie, préciser, d\u2019une part, l\u2019étiologie d\u2019un grand nombre de maladies infectieuses graves chez l\u2019homme, à évolution septicémique ou gastro-intestinale.Les Salmonella sont des infections qui proviennent de microbes contenus dans l\u2019organisme des animaux normaux.Plusieurs de ces bactéries peuvent déterminer des infections graves chez l\u2019animal, mais, dans la majorité des cas, ce sont des saprophytes.L'\u2019infection humaine relève de ces microbes qui ont été ingérés avec des aliments de toutes sortes, infectés, et préparés de différentes façons.D\u2019autre part, nous avons voulu étudier la constitution intime de ces bactéries en dévoilant la composition antigénique du corps, de la capsule et des cils de ces bactéries.Ces nombreux antigènes, suivant leur disposition moléculaire et suivant la prédominance de leurs constituants, détérminent la production d\u2019anticorps spécifiques ayant un pouvoir agglutinant élevé sur l\u2019antigène producteur.Ce qui permet d\u2019établir une classification d\u2019après ces groupements antigéniques producteurs d\u2019antisérums agglutinants spécifiques. Mars 1944 Lavar MÉDICAL 193 TABLEAU II \u2019 REACTIONS SUR LES HYDRATES DE CARBONE Salm.Salm.Salm.Ton: Choire Bam: HYDRATES para- para- para- |murium suis tidis Salm.DE CARBONE |/Phiaue|yphiqueftyphiauel rcille Bacille Bacille |Morsanii A B C d\u2019Aer- Sui- de trycke pestifer [Gaërtner Arabinose.4.0G 55G| + G +G 0+ + G 7.0 Cellobiose.8.0 8.0 7.5 Dulcite.6.0G 6.0G| + G + G + G| 7.0 Galactose.6.5G 5.0G +G +G +G 7.0 Glucose.\u2026.5.0G 6.0G| +G +G +G + G 4.0G Inosite.8.0 6.0G| O +G 0 0 7.0 Inuline.8.0 8.0 0 0 0 7.0 Lactose.8.0 8.0 0 0 0 0 7.0 Levulose.5.5 55G| + G + G + G + G 4.0G Maltose.6.0G}| 6.0G| + G +G +G +G 7.0 Mannite.55G| 3.06] +G| +G| +G| +G 7.0 Mannose.5.0G 5.5G +G +G 4.0G Mélézitose.\u2026.8.0 8.0G 7.0 Mélibiose.\u2026.7.0 | 6.0G 7.0 Raffinose.8.0 8.0G 0 0 0 7.0 Rhamnose.5.0G 4.0G| + G + G + G + G 7.0 Saccharose.8.0 8.0 0 0 0 0 7.0 Salicine.7.0 8.0 0 0 0 7.0 Sorbite.6.0G} 6.0G| + G + G + G + G 7.0 Tréhalose.\u2026.5.5G +G 0 + G 6.0G Xylose.7.0 556 +G| +G| +G + G 75 Amidon soluble.| 7.0 8.Gélose gluco-plomb| 0 xx + + + + La lettre G indique : Gaz ; les chiffres indiquent : pH\u2019; + indique : fermentation. LES EMPOISONNEMENTS ALIMENTAIRES \u2018PAR SALMONELLA par J.-P.DUGAL (de l\u2019Hôtel-Dieu) La classification actuelle des bactériologistes groupe, sous le nom de Salmonella, les bacilles para-typhiques À et B et une quantité d\u2019autres bactéries, dont les plus connues des cliniciens sont l\u2019enteritidis de Gaërtner et le bacille d\u2019Aertryckè.Devant vous donner ici la symptomatologie des infections à Salmonella, je laisserai de côté la description bien connue des fièvres para-typhoïdes pour n\u2019envisager que les affections causées par les autres bactéries du groupe.Comme ces affections se traduisent, presque toujours, par le syndrome clinique de l\u2019empoisonnement alimentaire, c\u2019est cette question que je vous présenterai.Les Français donnent volontiers comme synonyme : toxi-infection d\u2019origine alimentaire, et les Anglais : bacterial food poisoning.Les intoxications d\u2019origine alimentaire sont connues depuis longtemps.Elles sont signalées pour la première fois en Allemagne vers 1735, et, à cette époque, on était sous l\u2019impression que des poisons minéraux, provenant des récipients en étain, plomb, ou cuivre, étaient la cause de ces empoisonnements.En 1872, commence l\u2019ère des ptomaïnes (ptoma : cadavre), et l\u2019on accuse des amines toxiques développées dans les viandes en putréfaction Mars 1945 Lavar MépicarL 195 d\u2019être l\u2019agent causal.Cependant, les faits suivants font naître des doutes et rechercher d\u2019autres explications : l\u2019ingestion de substances organiques altérées contenant beaucoup de ptomaïnes n\u2019est que rarement suivie d'accidents ; d\u2019autre part, les intoxications alimentaires sont souvent causées par des aliments qui n\u2019ont subi aucune putréfaction.En 1888, pour la première fois, le rôle d\u2019une bactérie est démontré scientifiquement par Gaërtner qui isole des excrétats de malades et de la viande qu\u2019ils avaient consommée un bacille qui porte son nom.En 1896, Van Ermenghem découvre le bacillus botulinus, agent important d\u2019intoxications alimentaires, dont la toxine neurotrope produit un tableau clinique caractéristique.Par la suite, d\u2019autres auteurs ont réussi à démontrer l\u2019action pathogène de certains agents, comme les streptocoques du lait, le staphylocoque, le coli, le proteus vulgaris, ete.Ces bactéries agissent, soit en produisant des toxines dans l\u2019aliment avant sa consommation, c\u2019est le cas du staphylocoque, soit en proliférant massivement et entraînant ainsi une absorption formidable de corps microbiens autolysés.D\u2019anrè , .: : , après ces données, les empoisonnements alimentaires sont causés : 1° Par le Clostridium botulinum qui cause le botulisme ; il ne s\u2019agit pas 1c1 d\u2019une infection mais, plutôt, d\u2019une véritable intoxication par la toxine produite dans l\u2019aliment avant sa consommation ; 2° Par des substances encore peu connues quant à leur nature et à leur origine, résultant de la multiplication de bactéries dans l\u2019aliment.Ici, encore, 1l s\u2019agit plus d\u2019intoxication que d\u2019infection ; 3° Par infection due à des germes vivants, les Salmonella.Le titre de notre travail nous timite forcément à cette troisième catégorie, puisqu\u2019aujourd\u2019hui, conventionnellement, le terme d\u2019empoisonnement alimentaire est réservé aux accidents causés par les Salmonella.ANATOMIE PATHOLOGIQUE Une brève description anatomo-pathologique nous fera mieux comprendre la symptomatologie. 196 Lavar MÉDpicaL Mars 1945 Chez le sujet mort de salmonellose, les lésions prédominent au niveau du tube digestif.La muqueuse gastro-intestinale est, dans son ensemble, très œdématiée et congestionnée.Des suffusions sanguines abondantes infiltrent la sous-muqueuse.La muqueuse elle-même est peu altérée ; parfois, 1l y a des érosions superficielles.Les plaques de Peyer ne sont pas particulièrement touchées.Le colon, le jéjunum et le duodénum sont moins touchés.Le foie est en dégénérescence graisseuse, et les lésions des autres organes : rate, reins, capsules surrénales, etc., démontrent bien la nature toxi-infectieuse de l\u2019affection qui a entraîné la mort.SYMPTOMATOLOGIE Les infections & Salmonella se présentent, le plus souvent, sous la forme de gastro-entérite aiguë avec température et symptômes associés.Période d\u2019incubation : La période qui s\u2019écoule entre le moment où le sujet a ingéré l\u2019aliment infecté et celui où apparaissent les premiers symptômes est silencieuse.Elle est habituellement de 6 à 24 heures.Parfois très brève, elle ne dure qu\u2019une demi-heure ou une heure.Plus longue, elle s\u2019étend jusqu\u2019à 48 et même 60 heures.Cette variabilité dans le temps d\u2019incubation dépend des facteurs réceptifs individuels et est importante à noter pour établir le pronostic ; apparemment, 1l est d\u2019autant plus sérieux que la période d\u2019incubation est plus courte.Période d\u2019invasion : Les premiers symptômes de la maladie sont soit des troubles généraux d\u2019allure infectieuse : fièvre légère, fatigue, petits frissons, etc.; soit des troubles digestifs : état nauséeux, vagues douleurs gastriques ou intestinales, état saburral, sensation d\u2019indigestion prochaine.Cette période prodromique est très brève, dure à peine quelques heures.Parfois, elle n\u2019existe pour ainsi dire pas, la période d\u2019état éclatant brusquement.Période d\u2019étal : Les treubles digestifs sont prédominants et caractéristiques.La fièvre est constante.Les symptômes associés sont variables. Mars 1945 Lavar MÉDICAL 197 A) Les troubles digestifs : a) Les vomissements sont habituellement fréquents, se répétant + plusieurs fois par heure dans les débuts de la maladie ; ils prennent parfois une allure incoercible.Ils durent quelques heures ou quelques jours et vont en diminuant par la suite.Ils peuvent étre remplacés par un état nauséeux constant.Ces vomissements sont d\u2019abord alimentaires, et, s\u2019ils surviennent peu de temps après le repas, contiennent l\u2019aliment infectant.Rapidement, ils deviennent muqueux, aqueux, bilieux, et, parfois, sanguinolents.Leur répétition entraîne une déshydratation importante qui contribue à aggraver la maladie.b) La diarrhée apparaît dès le début, rapidement, et suit de près les premières douleurs abdominales.Les premières émissions sont constituées par des matières fécales, mais bientôt les selles sont afécales et sont formées plutôt de produits pathologiques 1ssus de la muqueuse intestinale enflammée : mucus, glaires, sérosités et même, parfois, sang ; il s\u2019agit presque d\u2019un syndrome dysentérique.Dans certains cas, 1l est possiblede voir des grains riziformes semblables à ceux dela selle cholérique.La fréquence des selles est variable et marche de pair avec la gravité de l\u2019affection.Dans les cas moyens, le malade va à la garde-robe 10 à 15 fois par jour ; si l\u2019intoxication est grave, les selles deviennent profuses et le patient n\u2019a à peu près pas de répit.La diarrhée est le symptôme le plus constant de la maladie, et, dans les formes légères, c\u2019est lui qui peut faire soupçonner la nature exacte de l\u2019affection.C\u2019est aussi le symptôme le plus tenace.c) Les douleurs abdominales sont souvent le premier symptôme, et précèdent presque toujours les vomissements et la diarrhée.Ce sont soit des douleurs épigastriques à forme de brûlure, de crampes, de torsion, exacerbées par les vomissements, soit, le plus souvent, des douleurs de type colique localisées ou diffuses.Elles sont intermittentes, ou à peu près continues, et, par leur intensité, rendent la situation très pénible pour le malade ; souvent on le trouve dans son lit en position de défense, les cuisses fléchies sur l\u2019abdomen.Ces douleurs durent le temps de la période d\u2019état ; plus intenses au début, elles s\u2019atténuent à mesure que la convalescence approche. 198 Lava\u2026 MÉDICAL Mars 1945 B) La fièvre : Insoupçonnée parce que légère dans les formes bénignes, elle est importante et constante dans les cas de gravité moyenne.Elle fait partie des symptômes de début et atteint rapidement 101, 102, 103 et mème 104°.Pendant la période d\u2019état, elle persiste en plateau avec un léger décalage matinal ; elle baisse ensuite graduellement et assez rapidement.Dans les formes fatales, elle baisse aussi, mais pour atteindre l\u2019hypothermie et annoncer la mort prochaine.C) Les symptômes associés : Troubles nerveux : 1ls se manifestent surtout dans les formes graves.Tantôt c\u2019est un état d\u2019excitation, qui tient le malade constamment agité et le prive de tout sommeil, tantôt c\u2019est un état de dépression physique et psychique analogue au tuphos de la dothiénenthérie.Les éblouissements, les vertiges et la céphalée sont banaux.Des auteurs ont rapporté des troubles moteurs, sensitifs et oculaires apparemment causés par les toxines microbiennes.Des troubles respiratoires, circulatoires et urinaires peuvent être enregistrés, surtout dans les formes graves.Durée de la période d\u2019état : Dans la forme moyenne, la période d\u2019état dure 5 à 6 jours.La défervescence s\u2019amorce peu à peu ou se fait brusquement, annoncée par une crise urinaire, I! persiste dans la suite un état d\u2019asthénie qui dure 5 à 8 jours.FORMES CLINIQUES Formes selon la gravité : Formes bénignes : la période d\u2019incubation est plutôt longue, les douleurs abdominales peu intenses ; les vomissements, rares ou absents, sont remplacés par un état nauséeux, et la fièvre est légère ou inexistante.La diarrhée est le symptôme le plus constant.L'évolution est brève, 1 ou 2 jours.Sans la notion de cas identiques dans l\u2019entourage du malade, l\u2019étiologie de l\u2019affection est méconnue et le diagnostic d\u2019indigestion ou d\u2019intolérance alimentaire est accepté sans discussion. Mars 1945 Lava\u2026 MÉDpicaL 199 Formes graves : l\u2019incubation est très courte, l\u2019individu gravement atteint dès le début.Les douleurs abdominales sont très violentes, occupent tout l\u2019abdomen et irradient vers le thorax et les lombes.La diarrhée est profuse, incoercible, sanguinolente.L\u2019intolérance gastrique est absolue.La fièvre est aux environs de 104°.Le malade est délirant et parfois comateux ; il est intensément déshydraté.Au bout de 2 ou 3 Jours apparaît la phase algide : la température baisse au dessous de la normale, les extrémités sont froides, le pouls devient petit et rapide, le myocarde faiblit, les reins se bloquent et le malade est menacé d\u2019une mort imminente.Si cette phase critique est surmontée la convalescence est habituellement annoncée par une crise urinaire.Cette convalescence est longue de quelques semaines et troublée par des manifestations digestives persistantes.Formes d\u2019après la durée : Évolution courte : il existe des formes abortives qui ressemblent à une indigestion banale.L'organisme se défend bien, ou la virulence du microbe est légère, ou la quantité d\u2019aliments absorbée est insignifiante.A l\u2019opposé, 11 se rencontre des formes foudroyantes hypertoxiques qui tuent parfois le malade en 24 heures.Évolution prolongée : c\u2019est la forme typhique, mais une typhoide abrégée.Le début est à peu près identique à celui de la vraie typhoïde mais l\u2019ascension thermique est plus rapide et le plateau de température moins régulier.Dans certains cas, l\u2019analogie est assez frappante ; ily a dissociation du pouls et de la température, bronchite, leucopénie, splénomégalie, etc.Évidemment, l\u2019hémoculture est négative, car les Salmonella ne provoquent pas de septicémie, à l\u2019exception des para-typhiques.Formes à prédominance d\u2019un symptôme : On a décrit des formes de gastro-entérite simple, des formes dysentériques, des formes cholériques, nerveuses et fébrile pure.COMPLICATIONS Les complications sont rares et se rencontrent surtout au cours des formes graves.Ce sont surtout l\u2019ictère, les cholécystites, les hémorragies gastriques et intestinales, les complications nerveuses, rénales et autres. 200 Lava\u2026 MÉDICAL Mars 1945 DIAGNOSTIC CLINIQUE Le diagnostic clinique des empoisonnements alimentaires par Salmonella est, en général, facile.La notion d\u2019atteinte collective signe le diagnostic.Il s\u2019agit, en général, d\u2019empoisonnement de groupe : individus d\u2019une même famille ou convives d\u2019un même banquet.Si, au contraire, un seul individu est atteint, l\u2019étiologie de l\u2019affection peut être soupçonnée, mais 1l faudra recourir au bactériologiste pour créer une certitude.DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL \u2019 L\u2019indigestion simple ne préte pas a confusion habituellement.Sa durée est plus courte, il n\u2019y a pas de diarrhée et la fièvre est absente.L\u2019embarras gastrique fébrile, tel que décrit, correspond souvent au tableau de l\u2019empoisonnement alimentaire.Nous sommes convaincu qu\u2019une Salmonella est l\u2019agent étiologique de plusieurs de ces cas, mais, sans la notion d\u2019atteinte collective, on ne peut accepter ce diagnostic.L\u2019entérite aiguë pose les mêmes problèmes de diagnostic et laisse, sans le support bactériologique, les mêmes incertitudes.La typhoïde et les para-typhoides peuvent être soupçonnées dans les formes prolongées de la maladie.Il y a certains signes différentiels que nous avons vus déjà, le principal étant la négativité de l\u2019hémoculture.Les intoxications par les métaux sont aussi à envisager ; la symptomatologie est, en général, caractéristique.Il en est de même pour l\u2019intoxication par les champignons.DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGI QUE Dans les cas d\u2019empoisonnement collectif, le diagnostic se pose par la seule clinique.Dans le cas d\u2019empoisonnement isolé, seule la bactériologie, par les procédés appropriés peut éclaireir le problème.TRAITEMENT Le traitement est simple et se résume à peu de choses si l\u2019on excepte le traitement prophylactique. Mars 1945 , Lava\u2026 MÉDICAL Le traitement hygiéno-diététique : C\u2019est celui de toute perturbation importante du tube digestif.La diète hydrique est de rigueur dans les premières 24 et 28 heures.L\u2019alimentation sera reprise progressivement selon l\u2019amélioration de l\u2019état du malade ; il faut y aller prüdemment, car, nous l\u2019avons déjà dit, le tube digestif de ces malades reste fragile pendant quelque temps.L\u2019hygiéne est celle de toute maladie infectieuse.Le traitement externe : \u2018 Les lavages d\u2019estomac sont indiqués si la période d\u2019incubation a été courte et si le médecin est appelé au tout début de l\u2019affection.Les lavages de l\u2019intestin relèvent des mêmes indications.Médication interne : Dans les conditions où les lavages d\u2019estomac sont indiqués, 1l est utile de donner des vomitifs et des purgatifs.Si la diarrhée est installée depuis quelques heures, ils sont à proscrire parce que nuisibles.Les anti- diarrhéiques sont condamnables, dans les débuts, parce qu\u2019ils amènent la rétention des bactéries.Plus tard, ils sont profitables par le repos qu\u2019ils procurent.Les calmants sont nécessaires pour soulager les douleurs abdominales.La médication anti-infectieuse ne paraît pas donner de résultats.Les sulfamidés sont sans action sur ces germes, de même que la pénicilline.Les sérums salés et glucosés sont une aide thérapeutique précieuse dans les cas graves ; il ne faut pas oublier leur emploi pour lutter contre la déshydratation des tissus.Les toniques cardiaques et généraux seront prescrits selon la nécessité.Traitements spécifiques : La vaccinothérapie est une arme trop lente pour lutter contre ces accidents aigus.Il n\u2019existe pas de sérum contre les Salmonella.La prophylaxie est encore l\u2019arme principale contre ces infections ; l\u2019éducation du public doit être mise au premier rang dans la lutte contre ce groupe de bactéries.\u2018 Lavar MÉDICAL Mars 1945 BIBLIOGRAPHIE Rosenau.Preventive Medicine and Hygiene.Encyclopédie médico-chirurgicale.ToprLEY et WiLsoN.The Principles of Bacteriology and Immunity.L.C.Havens.Bacteriology of Typhoid, Salmonella and Dysentery Infections.SMILLIE.Public Health Administration in United States.Rocer, Wipa\u2026 et TEIssIER.Nouveau Traité de médecine.C.P.EMErsoN.À Textbook of Medicine. SYNDROME PATHOLOGIQUE DES VEINES DU FOND D\u2019ŒIL (Pathologie physico-chimique de l\u2019œil ; modification de la pression artério-veineuse) par Henri PICHETTE Chef du Service d\u2019ophtalmologie et Lucien LEFEBVRE (Hôpital du Saint-Sacrement) Il y a peu de question qui ait une importance fondamentale plus grande que celle qui a trait à la circulation des liquides de l\u2019organisme.Cette dernière est la raison première des échanges physico-chimiques de tout être vivant : et, en dernière analyse, c\u2019est du milieu interne : sang rouge et sang blanc que dérivent toutes les manifestations de la vie cellulaire.Le sang forme la partie fondamentale de ce milieu, lequel est en mouvement continu.Ce milieu interne comprend également tous les liquides des espaces intercellulaires, des cavités séreuses et, surtout, la lymphe qui est la source principale du renouvellement du sang. 204 LAava\u2026.MÉDICAL Mars 1945 Le système lymphatique peut être comparé à une glande vasculaire branchée sur le système veineux, avec ramifications multiples au niveau de Pintestin.Le rôle général du sang est bien connu et il n\u2019est pas nécessaire de nous attarder sur ce point ; cependant, pour faire mieux comprendre ce qui va suivre, rappelons brièvement les notions suivantes : 1° le sang fournit aux tissus et aux organes le degré de tension nécessaire à leur fonctionnement ; 2° par sa coagulation et par sa fibrine, 1l participe à la réparation et à l\u2019accroissement des tissus.Chez les individus normaux, chez qui les échanges se font dans des conditions idéales, la pression osmotique est au voisinage de 0.55 et la viscosité sanguine de 5, par comparaison à celle de l\u2019eau distillée, à la température de 38° ; cette viscosité dépend surtout d\u2019un grand nombre de facteurs et du nombre de globules rouges en circulation.Mais chez les individus malades, la pression osmotique, la viscosité sanguine et le pouvoir de coagulation peuvent varier dans des limites extrêmes.On sait d\u2019autre part, par expérience clinique, que des substances chimiques, par exemple : les alcalins, les oxalates, les citrates, les sulfates de Na ou de Mg., introduites dans l\u2019organisme ont une action modificatrice élective sur les réactions biochimiques du sang : viscosité, coagulation, etc.Mais en dehors de ces grands systèmes vasculaire et lymphatique, il faut tenir compte, en outre, de ce que Achard a appelé le .système lacunaire et qui renferme la plus grande partie des liquides de l\u2019organisme dans les interstices des cellules et des tissus, surtout dans le tissu con- Jonctif et les cavités séreuses.Chez l\u2019homme et les mammifères supérieurs, le système lacunaire est très complexe, il est formé des fentes intercellulaires et des espaces aréolaires du tissu conjonctif, des cavités closes grandes et petites qui constituaient, pour Bichat, le système séreux et le systéme synovial. Mars 1945 Lava\u2026.MÉDpicAL 205 Entre les espaces conjonctifs et les cavités séreuses, le tissu sous- arachnoïdien forme, en quelque sorte, une transition.Les espaces sous- arachnoïdiens ne sont, en effet, que des espaces conjonctifs agrandis qui se prolongent sur les vaisseaux par des gaines endothéliales péri- vasculaires Jusqu\u2019aux capillaires sanguins, et sur les nerfs par des gaines endothéliales neurales jJusqu\u2019aux ganglions rachidiens et même encore plus loin, jusqu\u2019au chorion de la muqueuse nasale, sur le nerf olfactif, Jusqu\u2019aux cavités de l\u2019oreille interne sur le nerf auditif, et même jusqu\u2019aux milieux intra-oculaires, par le nerf optique.Les liquides de l\u2019oreille interne, la périlymphe de la rampe du limagon et l\u2019endolymphe du canal cochléaire peuvent être considérés comme des dépendances du liquide céphalo-rachidien.De même dans les enveloppes de l\u2019œil, les espaces conjonctifs péri- choroïdiens sont les homologues des espaces sous-arachnoïdiens.En outre, les milieux intra-oculaires sont, à n\u2019en pas douter, des prolongements du système lacunaire.Le mécanisme de la circulation intra-oculaire est fort complexe du fait qu\u2019il y a, en réalité, trois circulations différentes : la circulation artérielle, la circulation veineuse et la circulation des liquides intra- oculaires : humeur vitrée, humeur aqueuse.Ce mécanisme est conditionné par une foule de facteurs que nous connaissons très peu ; facteurs physiques, facteurs chimiques, facteurs mécaniques, et il serait puéril de tenir uniquement compte de ce dernier facteur dans l\u2019étude et l\u2019appréciation de la pression, soit artérielle, soit veineuse.Les chiffres que peuvent nous fournir un appareil de mesure donné doivent toujours être interprétés avec beaucoup de dis.ernement et de sens clinique.La circulation vasculaire proprement dite de l\u2019œil comprend deux systèmes séparés : 1° le réseau vasculaire du tractus uvéal ou de la choroïde, formé des artères ciliaires postérieures et antérieures qui s\u2019anastomosent largement ; 2° le réseau vasculaire de la rétine qui est anatomiquement indépendant et sans anastomoses, sous la dépendance de l\u2019artère centrale de la rétine.(7) 206 Lava\u2026 MÉDICAL Mars 1945 A ce système artériel fait suite un système veineux également double : 1° le réseau veineux antérieur et postérieur ; et, 2° un réseau très important de l\u2019angle scléro-cornéen et qui est connu sous le nom de canal de Schlemm.Entre les artères et les veines, il y a le réseau capillaire qui est excessivement développé.Les capillaires sont la partie vitale importante de la circulation, et c\u2019est à travers leurs parois que se font en réalité les échanges métaboliques.Le réseau capillaire est beaucoup plus considérable que le réseau vasculaire.Knoff, en 1929, a calculé que si les capillaires d\u2019un muscle humain étaient unis bout à bout, ils formeraient un tube qui ferait deux fois et demie le tour de la terre, ou, s\u2019ils étaient étalés, couvriraient une superficie d\u2019un acre et demi.~ Quant à la troisième circulation intra-oculaire, la circulation des milieux transparents : vitré, cristallin et humeur aqueuse, elle est différente des précédentes ; c\u2019est une circulation uniquement osmotique, tous ces différents milieux étant avasculaires.Le tension normale de ces différents milieux est très variable ; on considère comme tension normale, mesurée au tonomètre de Schiotz, les chiffres de 20 à 25 mm.Dans le glaucome, cette tension peut monter à plus de 100 mm.POULS ARTÉRIEL Il n\u2019y a pas de raison pour que le pouls, dans les artères de l\u2019œil, soit différent du pouls des artères du reste du corps, avec cette réserve, cependant, qu\u2019il est mécaniquement modifié par la tension intra-oculaire.Dans toutes les artères du corps, le pouls est toujours présent ; son amplitude diminue à mesure qu\u2019on approche de la périphérie.Dans l\u2019œil normal, l\u2019amplitude du pouls est si minime qu\u2019il faut des moyens spéciaux pour le mettre en évidence, sauf dans certains états pathologiques.Il devient très marqué quand la tension intra-oculaire et la pression artérielle de l\u2019artère centrale sont à peu près égales ; alors la pression diastolique correspond à l\u2019apparition du pouls et la pression Mars 1945 Lava\u2026 MÉpicaL 207 systolique à la disparition du battement.Cet état peut se produire, par exemple, au cours du glaucome, alors que la pression intra-oculaire augmente, ou, encore, lorsqu\u2019on comprime mécaniquement le globe soit avec les doigts, soit avec le tonomètre de Bailliart.Cet ophtalmodynamo- mètre nous permet de mesurer les pressions systolique et diastolique de l\u2019artère centrale.Quoique le diamètre de l\u2019artère centrale ne soit que de 1.5 mm,, la pression y est assez élevée.Si on admet comme pression normale, enregistrée à l\u2019artère brachrale, les chiffres de 60 à 80 pour la minima et de 110 à 125 pour la maxima, on aura, comme chiffres moyens dans l\u2019artère centrale de la rétine, 25 à 36 pour la minima, et 60 à 80 pour la maxima.Pour prendre la pression de l'artère centrale, on applique à l\u2019œil les mêmes principes que pour la prise de la pression en d\u2019autres endroits du corps : le globe lui-même étant converti en un sphygmomanomètre naturel.Nous savons que, dans l\u2019œil normal, la pulsation artérielle est très faible, mais si on augmente la tension intra-oculaire, en comprimant le globe, le pouls devient progressivement plus fort jusqu\u2019à ce qu\u2019on atteigne la pression diastolique ; à ce moment, les artères sont complètement collapsées pendant une partie du cycle cardiaque et la pulsation est à son maximum si on augmente davantage la pression ; l\u2019amplitude de la pulsation va progressivement diminuer jusqu\u2019à ce que la pression systolique soit dépassée, l\u2019écoulement de sang est alors arrêté, la pulsation disparaît et l'artère est collabée.Par suite, le point de la pulsation maxima indique la pression diastolique ou minima, et Ja cessation du pouls, la pression systolique ou maxima.Il faut cependant tenir compte, en plus, de la tension intra-oculaire mesurée au Schiotz et faire les corrections voulues au moyen de l\u2019abaque de Bailliart.PRESSION VEINEUSE Le pouls veineux spontané rétinien est normalement plus fréquent que le pouls artériel.D\u2019après Long et Barrett, on l\u2019observerait dans 70 à 80% des cas ; d\u2019après\u2018 Bailliart, dans 58% et, pour Elliot, dans 46% des cas. Lavar MÉDicaL Mars 1945 On peut le provoquer facilement par une très légère pression du globe.Malheureusement, il n\u2019y a pas d'appareil assez sensible pour mesurer la pression veineuse de la veine centrale ; cependant, par l\u2019examen objectif: du fond d\u2019œil : le diamètre des veines, leur conformation, leur couleur, etc, et, surtout, par la pression digitale du globe, nous pouvons facilement nous rendre compte, grosso modo, si la pression est normale, en bas ou au-dessus de la normale.Nous avons eu recours à la technique simple de Villaret et Descomps.Le chiffre normal, selon ces auteurs, est de 13 centimètres d\u2019eau chez l\u2019homme et de 12 centimètres chez la femme ; selon les auteurs anglais, 1l serait de 40 à 60 mm.d\u2019eau (Meakins).La pression veineuse normale dans les plis du coude est la pression résiduelle après que le sang a vaincu la résistance des capillaires et des vemnules, plus la pression de l\u2019oreillette droite.Si la contraction du cœur gauche et l\u2019aspiration thoracique sont des facteurs importants dans le maintien de la pression artérielle et de la pression veineuse, 1l y a d\u2019autres facteurs également importants, entre autres la résistance des capillaires et des veinules, laquelle résistance sera conditionnée en grande partie par l\u2019état de viscosité, par la pression osmotique et par la concentration plus ou moins grande du fibrinogène et des autres substances organiques coritenues dans les éléments figurés et le plasma.Enfin, les modifications physiologiques et, surtout, pathologiques au niveau des systèmes lymphatique et lacunaire se répercuteront de la même façon sur le débit circulatoire veineux et artériel. SYNDROME PATHOLOGIQUE DES VEINES DU FOND D'ŒIL V (Étude clinique et thérapeutique) \u2019 par Lucien LEFEBVRE } Coder Le milieu biologique dans lequel se débat le «cobaye humain » évolue perpétuellement et transforme avec lui le coloris des tableaux de la pathologie médicale.En ophtalmologie, nous avons été frappé par le nombre croissant de troubles vasculaires veineux du fond de l\u2019œil.Il s\u2019agit d\u2019une dilatation très marquée du calibre d\u2019une ou plusieurs veines du fundus : les troncs veineux sont gonflés et le sang y apparait noirâtre.Ces symptômes se retrouvent avec une fréquence croissante, dans des yeux.par ailleurs plus ou moins normaux.Nous avons suivi au delà de cent malades présentant ce syndrome, dans le Service d\u2019ophtalmologie du Dr Henri Pichette, à l\u2019Hôpital du .Saint-Sacrement.L'étude comparée des pressions artérielles et veineuses intra-oculaires et brachiales, et l\u2019observation du comportement ultérieur (1) Travail du Service d\u2019ophtalmologie de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement. 210 Lavar.MÉDicarL Mars 1945 de nos malades nous ont porté à croire à des troubles d\u2019ordre général et non à des phénomènes purement locaux.Cela nous a conduit à nous remettre à l\u2019étude du problème de la circulation du sang dans l\u2019organisme humain et, tout particulièrement, de la circulation veineuse.PHYSIOLOGIE DE LA CIRCULATION VEINEUSE Les veines, outre qu\u2019elles assurent le retour du sang au cœur, jouent un role de réservoir sanguin.Elles sont comme un lac sur le cours d\u2019une rivière.Leur contenance en sang est d\u2019au moins trois fois celle des artères.Cela est dû d\u2019abord à leur anatomie : elles sont plus nombreuses et plus ramifiées que les artères et leur calibre en est supérieur.Cela tient ensuite à leur histologie : les parois veineuses sont faiblement élastiques, peu contractiles et très dilatables.Leur calibre est donc facilement variable pour un changement minime de pression interne, et peut facilement doubler ou tripler.Ce qui ajoute encore à leur fonction de réservoir, C\u2019est dans ce lac calme et paresseux que vient s\u2019atténuer et s\u2019épuiser l\u2019impulsion mitiale, la vis a tergo de la systole ventriculaire gauche.L\u2019ondée sanguine franchit l\u2019aorte, les artères, les capillaires, progresse encore dans les veines, mais sous pression réduite et décroissante.La pression sanguine est d\u2019environ 120 mm.de Hg à l\u2019artère brachiale ; elle est de 30 mm.dans les capillaires ; elle descend à 10 mm.à la veine basilique du pli du coude.Elle tombe à zéro au début des gros troncs veineux intra-thoraciques : Jugulaires, sous-clavières, veines caves, etc.A ce moment entre en jeu un deuxième mécanisme de circulation veineuse : l'aspiration thoracique.Ce deuxième mécanisme développe une pression, négative cette fois, une succion qui pompe le sang vers le cœur, complétant ainsi le cycle de la circulation.Accrue par l\u2019action des muscles respiratoires sur les côtes, l\u2019aspiration thoracique abaisse la pression veineuse de zéro à une pression vacuum de 40 mm.de mercure, à l\u2019inspiration.L\u2019aspiration thoracique est favorisée dans son travail par la poussée abdominale respiratoire, par le massage du diaphragme sur les grosses veines abdominales. Mars 1945 Lavar MÉDicaL 211 Ajoutons que les propriétés physico-chimiques et biologiques du sang lui-même influent grandement sur les deux mécanismes de la circulation veineuse.La composition du sang en éléments normaux ou anormaux, sa viscosité, sa concentration en hydrate de carbones, en protéines, en graisses, en Seis minéraux reçus de l\u2019alimentation, sa teneur en eau, sont autant de facteurs favorisant ou gênant la circulation veineuse.PATHOGENIE DE L\u2019HYPERTENSION VEINEUSE Quelles sont les causes de l\u2019hypertension veineuse ?C\u2019est, d\u2019abord, tout ce qui nuit à l\u2019aspiration thoracique, donc l\u2019oisiveté musculaire, la sédentarité, le manque d\u2019exercice physique dans la profession ou dans les temps libres ; en somme, c\u2019est la machine qui fait le travail, sans suppléance par des sports adéquats.Ensuite, une alimentation mal composée ou excessive est aussi une cause directe d\u2019hypertension veineuse.L\u2019excès alimentaire crée une hyperconcentration sanguine en protéines, glucose ou graisses ; souvent, il augmente aussi le taux en ions métalliques du sang, tel le calcium.Nous avons vu des cas où le sang était ainsi tellement concentré, épais et visqueux qu\u2019il coagulait presque en sortant des veines, obstruant rapidement une aiguille-troquart de gros calibre.C\u2019est là un obstacle à la circulation facile du sang dans les veines.Notons, en outre, que celui qui ne boit que peu ou pas d\u2019eau pure, augmente sa concentration sanguine de jour en jour.Par le fait même que les reins n\u2019éliminent qu\u2019à un taux très faible, à cause du manque d\u2019eau, ils ne peuvent réussir à réduire l\u2019encombrement des humeurs.Il nous a semblé encore, que l\u2019usage immodéré des hydrates de carbone, et, principalement, des amidons était un facteur très actif êt, aussi, très fréquent de l\u2019hypertension veineuse.Claude Bernard a bien démontré que les hydrates de carbone sont brûlés au niveau des muscles, mais 1l n\u2019a jamais conclu que cela en faisait leur nourriture.La fibre musculaire brûle, débarrasse l\u2019organisme des hydrates de carbone mais, pour fournir son travail et remplacer chacune de ses parties qui s\u2019usent, elle doit recevoir des molécules de protéines et de graisses, 212 Lava\u2026 MÉDICAL Mars 1945 à formules multiples et complexes.Ces molécules, dont le règne végétal fait la synthèse pour le bénéfice du règne animal, sont contenues principalement dans les germes du blé, du riz et des autres céréales et graines, mais l\u2019Homme intelligent a bien soin de les enlever de son alimentation de peur de s\u2019en porter trop bien ! Nos malades, faibles parce qu\u2019inactifs, et inactifs parce que faibles, ne pouvaient brûler l\u2019apport considérable en hydrates de carbone de leur alimentation.Leur sang concentré et leur respiration amoindrie semblaient être la cause de leur hypertension veineuse.SYMPTOMES Le premier symptôme objectif, celui qui a attiré notre attention, c\u2019est la dilatation prononcée des veines du fond d\u2019œil (c\u2019est d\u2019ailleurs le seul endroit de notre économie où l\u2019on puisse explorer aisément les vaisseaux sanguins in silu).Le nombre et le calibre des veines dilatées est plus ou moins considérable ; la dilatation peut même prendre l\u2019aspect d\u2019une réelle maladie de von Hippel (angiome de la rétine).Les veines des autres parties de l\u2019économie subissent le même sort et on peut, dans plusieurs cas, le constater sur les membres.Le symptôme subjectif le plus fréquent est la céphalée.Il semble bien que la moitié au moins des malades qui nous consultent pour maux de tête persistants et tenaces ont une tension veineuse élevée, Ces malades se plaignent souvent, aussi, de faiblesse générale.Ils souffrent d\u2019asthénie et, si l\u2019on mesure leur force musculaire, on constate qu\u2019elle n\u2019est pas très considérable.Les extrémités sont froides, moites ; les téguments sont pâles ou bleutés ; la sensibilité au froid et même au chaud est exagérée.Sur ce tableau peuvent se greffer des syndromes cliniques très variés mais en grande corrélation avec les troubles de la circulation veineuse puisqu\u2019ils disparaissent avec eux.Ainsi, nous avons vu des ulcères à localisations diverses : jambe, tube digestif, cornée ; des varices ; des congestions oculaires non infectieuses, etc, le tout, souvent accompagné de troubles névropathiques, surtout d\u2019asthénie et de neurasthénie. Mars 1945 Lava\u2026.MÉpicaL 213 TECHNIQUE Au cours de l\u2019examen d\u2019un fond d\u2019œil à l\u2019ophtalmoscope, si l\u2019on comprime le globe oculaire avec la pulpe d\u2019un doigt, on voit apparaître le pouls veineux, des pulsations de la veine centrale de la rétine, pouls qui disparait si l\u2019on comprime davantage et qui est alors suivi du pouls artériel de l\u2019artère centrale.Si la tension veineuse est anormalement élevée, les pulsations de la veine seront en retard, et nécessiteront une pression du doigt un peu plus forte que pour une veine normale.La pression veineuse brachiale se mesure en enfonçant une aiguille (n° 18 environ) dans la meilleure veine du pli du coude.Un tube en caoutchouc la relie à un manomètre sur lequel on fait la lecture.Les manuels donnent de 60 à 120 mm.d\u2019eau comme pression normale.Avec notre technique, nous avons obtenu de 80 à 120.Nous avons rarement eu en bas de la normale.Par contre, nous avons obtenu des pressions allant jusqu\u2019à 350 et 400.La viscosité et la coagulabilité du sang ont Cté aussi mises en ligne de compte et mesurées.Mais elles n\u2019affectent pas le résultat final, car elles agissent dans le même sens que la pression du sang veineux.Dans une cinquantaine de cas, chez lesquels nous avons déterminé, à répétition, des tensions artérielles veineuses et oculaires, des mesures de la vision, des temps de saignement et de coagulation, nous obtenons les moyennes suivantes : Tension artérielle: 105/60 mm.de Hg; tension veineuse: 200 mm.d\u2019eau; tension oculaire: variable; temps de saignement: | minute; temps de coagulation: 5 minutes.Dans les cas les plus typiques, la tension veineuse est, par exemple, d\u2019environ 200 mm.d\u2019eau.Le sang est épais, visqueux, noirâtre et, habituellement, il coagule rapidement.La tension artérielle est relativement basse, v.g., 110/70.Le tableau symptomatologique est alors au grand complet, avec asthénie, froid et moiteur aux extrémités, céphalée rebelle.A examen physique, les tissus ont tendance à la cyanose ; les veines du fond de l\u2019œil sont dilatées et noirâtres.La tension artérielle est pratiquement toujours basse, car les causes de hypertension veineuse agissent en sens inverse sur elle. Lavar.MÉDICAL Mars 1945 FRÉQUENCE Le nombre de malades qui consultent pour de tels troubles est considérable et va en s\u2019accroissant.Les organismes jeunes n\u2019en sont pas exempts, car les cas se rencontrent le plus souvent chez des malades de 18 à 35 ans.La situation n\u2019est pas meilleure aux États-Unis qu\u2019ici TRAITEMENT La médication que nous avons employée est très simple et très efficace à la fois.Les résultats semblent avoir été très satisfaisants.Nous avons, d\u2019abord, réduit les excès habituels en tabac, alcool, thé et café, en aliments à base d\u2019amidons ou de sucres ; nous avons contrôlé l\u2019abus de viande ou de graisses.D\u2019une manière générale, nous avons supprimé les aliments dont le malade faisait antérieurement usage en excès.Au début du traitement les dépuratifs et les purgatifs : sulfates de soude et de magnésie, ou leur combinaison produisent un très bon effet.La saignée peut ête utile pour agir vite.Les malades sont soumis à un travail musculaire proportionné à leurs forces et progressif.Cela améliore leur mécanisme de pompage veineux, par l\u2019aspiration thoracique.Les exercices physiques et respiratoires sont très utiles chez les sédentaires.Une alimentation saine, suffisante et conforme aux besoins du malade est essentielle.On indique de préférence des aliments frais, simples, naturels : le pain de blé entier, cuit dans des fours à basse température, les légumes variés cuits à l\u2019eau, les fruits frais, principalement ceux du pays, quelques viandes et poissons bouillis : tel est le menu souvent indiqué.Pour compléter, on ajoute le diurétique par excellence, l\u2019eau fraîche, l\u2019eau pure ou sous forme d\u2019infusions faibles d\u2019herbages séchés : queues de cerises, etc.L\u2019eau dilue le marais veineux, élimine le trop-plein, rétablit les phénomènes d\u2019osmose, abaisse la viscosité sanguine et concourt grandement à rétablir l\u2019équilibre des pressions artérielle et veineuse et les rainène naturellement et physiologiquement à leurs chiffres normaux.(1) Cf.: Harrison, Tinsley R.Abuse of Rest as a Therapeutic Measure for Patients With Cardio-Vascular Disease ; et, Abuse of Rest in Obstetrics ; Surgery ; Psychiatry.J.A.M.À., 125 : (19 août) 1944. LE PRIODAX ET L\u2019ÉTUDE RADIOLOGIQUE DES VOIES BILIAIRES par Robert LESSARD Assistant en radiologie à l\u2019Hôtel-Dieu L'étude radiologique des voies biliaires s\u2019est révélée, surtout depuis ces derniers temps, une aide précieuse pour les cliniciens.Dès les débuts de la période radiologique, la radiographie simple de la région hépatique ne donnait des renseignements qu\u2019en présence de calculs opaques aux rayons X et, encore, cet examen donnait souvent lieu à des erreurs d\u2019interprétation.La découverte d\u2019une substance permettant l\u2019opacification de la vésicule biliaire fut un grand progrès, fournissänt au radiologiste le moyen de porter un diagnostic précis dans un grand pourcentage de cas examinés.C\u2019est à Graham et à Cole que nous sommes redevables d\u2019une méthode d\u2019examen si précieuse.Ces auteurs, en 1924, injectèrent à des patients de la tétrabromophtaléine et ils purent ainsi obtenir une visualisation pratique du cholécyste.Les recherches ne s\u2019arrêtèrent pas là et la tétraiodophénolphtaléine, dérivé 1odé pouvant s\u2019administrer par voie orale ou intra-veineuse, devait devenir la substance de choix pour l\u2019opacification des voies biliaires.Les modifications appropriées des techniques (l\u2019emploi des films de qualité supérieure, l'usage du tube à anode tournante), des variantes dans le mode d\u2019ingestion des corps opacifiants (la méthode des doubles 216 Lava\u2026.MÉDicaL Mars 1945 et des triples doses), et une meilleure préparation du patient (un repas gras susceptible d\u2019évacuer une vésicule pleine, un meilleur nettoyage des côlons) permirent des diagnostics concluants dans la plupart des cas.Mais on n\u2019était pas encore satisfait.Le tétraiode donne de bons résultats ; cependant, dans bien des cas, il est mal toléré et, partant, il est mal absorbé.N\u2019y aurait-il pas une autre substance dont les effets seraient plus agréables et qui donnerait un meilleur rendement ?En 1940, deux Allemands, Dorhn et Dietrich expérimentent sur plusieurs composés 10dés et 1ls Isolent une substance propice au diagnostic, le Bili-Sélectan.Ce corps chimique (4-hydroxy-3, 5-di-iodophényl) phényl-acide propionique, est une poudre blanche cristalline, insoluble dans l\u2019eau, soluble dans les hydrates, les carbonates et les bicarbonates alcalins et contenant 52% d\u2019iode.Il est présenté sous forme de comprimés de 0.50 gm.et ne s\u2019administre que par voie orale à la dose de 3 gms, nullement toxique pour l\u2019organisme humain.Modell, aux États-Unis, étudie la pharmacologie de ce corps 10dé connu en Amérique sous le nom de Priodax.Le Priodax s\u2019absorbe au niveau de l\u2019intestin grêle, contrairement au tétraiode, qui, souvent, n\u2019est pas absorbé et reste dans les côlons.Avec le Priodax, mème si la vésicule est invisible, on ne voit pas la substance opaque dans les côlons.Le Priodax s\u2019élimine par les reins dans la proportion de 60 a 809.Cette substance est mieux tolérée par les patients que le tétraiode.Le mode d\u2019emploi est plus facile, les nausées et les vomissements ont une fréquence moindre et la diarrhée est moins violente ; 1l semble également que la vésicule s\u2019opacifie mieux qu\u2019avec le tétraiode.Depuis avril 1944 jusqu\u2019a décembre 1944, nous avons examiné, dans le Service de radiologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, 350 patients qui avaient préalablement ingéré du Priodax.Nous avons noté les effets désagréables du médicament.l\u2019opacification plus ou moins bonne de la vésicule et, dans certains cas, nous avons comparé l\u2019interprétation radiologique et le protocole opératoire.Comme préparation, le malade prend un purgatif 24 heures avant l\u2019examen.La veille au soir, après un léger souper, 1l ingère 6 comprimés de Priodax, soit une dose de 3 grammes.Il se présente a 9 heures le Mars 1945 Lavar\u2026 MÉDicaL 217 lendemain matin, pour radiographies.Le malade est à jeun, il peut cependant prendre de l\u2019eau, des jus de fruits sans inconvénient.Après la prise des premiers clichés, à une heure d\u2019intervalle, si la vésicule est opacifiée, nouë faisons prendre au patient un diner comportant des corps gras et 1l revient à 2 heures 30 pour une dernière radiographie (ce qui nous permet d\u2019évaluer le pouvoir contractile de la vésicule).Si la vésicule est invisible, le patient absorbera une nouvelle dose de Priodax et il reviendra le lendemain pour un nouvel examen.Si, de nouveau, la vésicule ne s\u2019opacifie pas, nous pouvons la considérer comme pathologique sans grande crainte d\u2019errer.Le procédé est donc simple et ne comporte pas de complications.Les troubles que nous avons observés chez les sujets examinés peuvent se répartir de la facon suivante : Les vomissements sont plutôt rares.9 sujets en ont présenté, soit un pourcentage de 2.5%.Sans avoir de statistiques précises, nous pouvons affirmer qu\u2019avec le tétraiode, les malades vomissaient plus souvent.De vagues nausées ont été notées chez 39 sujets, soit dans 11% des cas et un état nauséeux important a été enregistré chez 8.29 de nos patients, soit chez 29.Avec le tétraiode, le pourcentage était sûrement plus élevé.TABLEAU I 350 patients examinés d\u2019avril à décembre 1944 et ayant ingéré du Priodax TROUBLES CONSTATÉS NOMBRE POURCENTAGE Vomissements.9 2.59, Nausées légéres.39 11.9% Nausées importantes.29 8.29, Diarrhée légere (1 a 2selles).85 24.29, Diarrhée importante (3 selles et plus).83 23.7% Brélements a la miction.45 12.89, Brilements a la gorge et au pharynx.3 0.89% Brilements d\u2019estomac.4 1.19, Brûlements à la défécation.4 1.1% Céphalée, gonflements.4 1.19, Bouffées de chaleur.1 0.39, Transpirations.1 0.39% Urticaire.EE 1 0.39, Prurit.LL LL LA LL LA 3 0.8% 218 \u201cLavaL\u2026 MéÉpicAL Mars 1945 La diarrhée est le trouble que nous observons avec le plus de fréquence chez nos patients.Mais, vu que nous faisons prendre un purgatif à l\u2019individu examiné, 1l est assez difficile, parfois, de faire la part et du purgatif et du Priodax.Nous avons quand même attribué cet effet désagréable au Priodax et, sur 85 sujets, soit dans 24.2% des cas, nous avons constaté une diarrhée légère (1 ou 2 selles) ; 83 patients (23.7%) ont présenté une diarrhée plus importante (3 selles et plus).Cet inconvénient se rencontre dans une proportion moindre que chez les sujets qui ingèrent du tétraiode et, avec cette dernière substance, la diarrhée semble beaucoup plus marquée.Le trouble le plus important après les vomissements et la diarrhée est propre au Priodax.Ces sont des brûlements à la miction.Ils sont dus à ce que le Priodax s\u2019élimine par les reins.Nous l\u2019avons noté chez 12.8% de nos patients, soit chez 45.Mais ce malaise n\u2019a jamais pris un caractère de gravité, c\u2019est tout au plus un inconvénient.Chez 4 sujets examinés (1.1%), il y a eu des brûlements d'estomac et chez 3 autres (0.897) des brlilements buccaux et pharyngés.(Ce dernier trouble peut étre évité si nous avons soin d\u2019avertir le malade de ne point croquer les comprimés de Priodax.) Du gonflement épigastrique, des bouffées de chaleur, de la céphalée et du prurit se sont rencontrés occasionnellement.Un de nos sujets a fait une crise d\u2019urticaire, signe d\u2019une intolérance à l\u2019iode.En somme le Priodax nous paraît supérieur au tétraiode si on considère les inconvénients physiques que son ingestion peut occasionner.Plus facile à prendre, il est cause de moins de nausées et de vomissements.La diarrhée, malgré sa fréquence, reste tolérable pour le sujet.Chez 136 de nos patients, soit chez 38.8%, il n\u2019y a eu aucune manifestation désagréable.Bien toléré par les malades, le Priodax est également bien absorbé et l\u2019opacification des voies biliaires est excellente dans un pourcentage élevé des cas.Sur 350 malades, 257 nous ont montré une vésicule bien opacifiée soit 73.49%.Chez 21 (6%), le cholécyste ne s\u2019est opacifié que faiblement et il n\u2019y a eu aucune visualisation de la vésicule dans 20.5% des cas, soit chez 72 sujets. Mars 1945 LavaL MEbicaL 219 TABLEAU Il OPACIFICATION 350 SUJETS POURCENTAGE Bonne.a aa a aa aa ee 257 sujets 73.49, Faible.21 « 6.09, Nulle.72 « 20.5% Là encore, les résultats nous paraissent meilleurs que ceux obtenus avec le tétraiode.Serait-ce dû à une meilleure absorption, à une meilleure tolérance du Priodax?Probablement, car lorsque le tétraiode est bien absorbé, chez un sujet à vésicule normale, nous obtenons une excellente opacification.Cependant, en présence des résultats que nous enregistrons avec le Priodax et de ceux que le tétraiode nous donnait, nous préférons le Priodax au tétraiode comme opacifiant des voies biliaires.Chez nos 350 sujets examinés, nous avons porté le diagnostic de calculose dans 15.4% des cas, soit chez 54 sujets et 9 vésicules opacifiées ou non (2.5%) étaient, à notre avis, suspectes de lithiase.32 de ces patients, soit 9.1% des cas examinés, ont été opérés dans les services de chirurgie de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec.Nous avons mis en parallèle le diagnostic radiologique et les constatations opératoires.TABLEAU III 32 patients opérés à l\u2019Hôtel-Dieu de Québec radiologique.| Calculose 1.Diagnostic 15 opératoire .| Calculose radiologique.| Suspect de lithiase 2.Diagnostic 2 opératoire .| Caleulose ; radiologique.| Vésicule invisible 3.Diagnostic A 9 opc¢ratoire .| Calculose Lava\u2026 MÉDICAL Mars 1945 TABLEAU III (Suite) 32 patients opérés à Hôtel-Dieu de Québec radiologique.| Pas de calculs 4.Diagnostic opératoire .| Pas de calculs ; , { radiologique.| Calculose 1 vésicule normale 5.Diagnostic < optratoire .| Pas de calculs 1 cancer de la vésicule 15 patients avec un rapport radiologique de lithiase ont été trouvés porteurs de calculs à l\u2019opération.\u2019 2 patients, avec une vésicule invisible, avaient sur les clichés rad:o- graphiques des calcifications suspectes ; à l\u2019opération, on a trouvé des calculs.9 dont la vésicule ne s\u2019était pas opacifiée, et sur les radiographies desquels nous n\u2019avons pu mettre de calculs en évidence, avaient de la lithiase à l\u2019opération.4 malades n\u2019avaient pas de calculs sur les radiographies et, à l\u2019opération, on n\u2019en trouva pas.Parmi eux, une-patiente dont la vésicule était invisible, était porteuse de cholécystite non calculeuse ; un autre, dont la vésicule était invisible, était porteur d\u2019un ulcère perforé enkysté.Chez un de nos sujets, à vésicule non opacifiée, nous avions porté le diagnostic de lithiase, l\u2019intervention chirurgicale a révélé la présence d\u2019un cancer du cholécyste.Chez un autre, nous avions cru voir un gros calcul dans une vésicule opacifiée ; à l\u2019opération, la vésicule et le cholédoque étaient parfaitement normaux ; heureusement qu\u2019un appendice malade et collé au foie justifiait l\u2019opération.Si on considère ces 32 cas, on ne peut guère imputer d\u2019erreur au radiologiste ; il n\u2019a interprété que ce que les radiographies lui ont montré.Cependant, un fait ressort de cette étude comparative : toutes les vésicules invisibles sur les clichés radiographiques sont des vésicules pathologiques et les vésicules bien opacifiées, sans image de calculose, se sont révélées parfaitement normales à l\u2019opération. Mars 1945 Lavar MÉDICAL 221 La littérature médicale n\u2019est pas encore très répandue sur le Priodax, mais les résultats obtenus jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, avec ce produit nouveau, sont Superposables aux nôtres.Bryan et Pederson, de San Francisco, dans une étude faite sur 845 patients, ont obtenu 73% de bonne opacification.Ces auteurs considèrent le Priodax comme le meilleur opacifiant de la vésicule biliaire et 1ls notent que l\u2019ingestion de cette substance ne provoque pas de troubles Importants.En 1940, Kleiber, en Allemagne, essaya le Bili-Sélectan chez 55 sujets.Dans 25 cas, la vésicule demeura invisible.On contrôla par l\u2019injection intra-veineuse de tétraiodophénolphtaléine et les 25 vésicules demeurérent non opacifiées.24 de ces patients furent opérés et tous avaient une vésicule pathologique.Einsel et Einsel, dans un bref rapport sur le Priodax, établirent qu\u2019une dose de cette substance était suffisante pour produire une opacification sinon supérieure, du moins égale a celle du tétraiode.Paul et Pohle, de l\u2019université du Wisconsin, ont administré à 46 sujets et du Priodax et du Stipolax.Ils ont noté moins de nausées et de vomissements avec le Priodax ; l\u2019incidence de Ia diarrhée est à peu près identique, mais elle est beaucoup moins sévère avec le Priodax.Quant à l\u2019opacification, elle est sensiblement la même avec les deux substances.Hefke, de Milwaukee, apporte une statistique de 600 examens avec le Priodax.80% des sujets ont montré une excellente opacification ; 10% ont eu une vésicule invisible.Ces derniers ont subi un deuxième examen et la vésicule ne s\u2019est opacifiée que chez un.Hefke conclut qu\u2019au point de vue tolérance, le Priodax est préférable au tétraiode et que, pour les fins d\u2019opacification, 1l a certainement une valeur égale.En plus, le Priodax permet de conclure qu\u2019une non-visualisation de la vésicule, après deux examens consécutifs, démontre une vésicule pathologique dans presque tous les cas.Ces statistiques, qui s\u2019allongeront certainement dans les années à venir, les résultats que nous avons observés jusqu\u2019à ce jour, nous permettent d\u2019affirmer que le Priodax, nouveau corps chimique utilisé pour l\u2019opacification des voies biliaires, est un adjuvant important tant pour le (8) 222 Lava\u2026 MÉDicAL Mars 1945 radiologiste que pour le clinicien.S\u2019il opacifie bien la vésicule, si celle-ci se rétracte bien et se vide bien sous l\u2019influence du repas gras, on peut conclure qu\u2019elle n\u2019est pas pathologique.Si, au contraire, le Priodax ne peut produire une visualisation de la vésicule après deux examens consécutifs, nous sommes en présence d\u2019une vésicule malade.Ces indications radiologiques, venant s\u2019ajouter aux constatations cliniques (lesquelles demeurent toujours au premier plan) peuvent sûrement être utiles aux cliniciens et leur dicter une conduite thérapeutique conforme au plus grand bien de leurs malades.BIBLIOGRAPHIE 1.Rosinson, Walter W.Oral Cholecystography.Radiology, 36, 131-144, (février) 1941.2.FELDMAN, Maurice.A Comparative Rœntgenologic Study of the Gall-Bladder by Intensified Cholescystography.Radiology, 39, 697-700, (décembre) 1942.3.BryAN, LLoyp et PEperson, N.S.A New Gall-Bladder Contrast Medium : Priodax.Radiology, 42, 224-226, (mars) 1944.4.Paur, L.W,, PouLE, E.A., BENsoN, R.R.Oral Cholecystography, a Comparative Study of the Single and Divided Dose Method.Radiology, 42, 226-233, (mars) 1944.5.Herxe, H.W.Cholecystography with Priodax : a Report of 600 Examinations.Radiology, 42, 233-237, (mars) 1944.hy ul Que Cr MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES ÉPIDERMOPHYTIE DES PIEDS ou « PIED D\u2019ATHLETE » Les champignons, végétaux inférieurs dépourvus de chlorophylle, sont responsables d\u2019une certain nombre de dermatomycoses, parmi lesquelles l\u2019épidermophytie des pieds, appelée communément « pied d\u2019athlète », est sans doute la plus fréquente.Cette affection, d\u2019ordinaire plus embarrassante que grave, peut atteindre tous les individus, jeunes, vieux, hommes ou femmes.Elle est devenue d\u2019une fréquence extrême depuis que les humains ont pris l\u2019habitude de se laver ; c\u2019est un autre résultat de la civilisation.L\u2019épidermophytie survient en effet de préférence chez les individus propres de leur personne.Si la contagion d\u2019un individu à pieds sains est possible par le champignon provenant de pieds malades, chose qui est loin d\u2019être certaine et qui n\u2019est pas admise par tous les dermatologistes, il faut croire que l\u2019individu propre et sain de ses pieds réalise certaines conditions qui favorisent le développement du champignon.Le champignon, qui est ordinairement du groupe épidermophyton ou, quelquefois, du groupe trichophyton, exige pour son développement un certain degré d\u2019humidité.Cette condition favorable se réalise très bien 224 LAvAL MÉDICAL Mars 1945 chez les individus qui se lavent les pieds souvent, comme 1l est fort recommandé, ou, encore, qui prennent chaque jour une douche ou un bain.Après la douche ou après le bain, chacun a soin de bien assécher la peau de la figure, du corps et des membres.Quant aux pieds et, surtout, les espaces interdigitaux, les derniers traités, on ne prend guère la peine de les assécher.Si on ajoute à cela que les orteils sont, par le port de la chaussure et de la chaussette, tenus en captivité forcée et manquent complètement d\u2019aération, on comprend facilement qu\u2019à la faveur de l\u2019humidité, quelquefois exagérée par un certain degré d\u2019hyperhydrose, le champignon, qu\u2019on peut rencontrer un peu partout, a toutes les chances de se multiplier.L\u2019épidermophytie des pieds peut se présenter de différentes façons, La forme la plus fréquente est celle qui siège dans les espaces interdigitaux et qui débute tout particulièrement entre le 4° et le 5° orteil.Si on écarte l\u2019un de l\u2019autre ces deux orteils, on constate un épiderme blanc, macéré, dans le pli interdigital.Lorsqu\u2019on veut enlever cette « peau blanche », ce qui est très aisé, on découvre une surface rosée, légèrement suintante, avec, souvent, une petite lésion fissuraire du sillon.Le tout s\u2019accompagne d\u2019un prurit qui, comme toujours, est très variable selon les individus, car, ici comme dans tous les prurits, les malades se grattent selon le tempérament de leur système nerveux.Une deuxième forme, plus étendue que la première, primitive ou secondaire à la forme précédente, est l\u2019épidermophytie dyshidrosiforme.Les lésions sont de l\u2019ordre de la vésicule, siégeant sur plusieurs orteils et surtout entre les orteils, se rencontrant à la face plantaire du pied, quelquefois aux talons, ne dépassant pratiquement Jamais les chevilles et, vu leur étendue, sont encore plus prurigineuses et plus embarrassantes que dans la variété précédente.Enfin, il en existe une troisième forme que l\u2019on pourrait qualifier de chronique par rapport aux autres et qui consiste en une hyperkératose plus ou moins marquée et plus ou moins étendue, siégeant de préférence à la plante du pied et aux talons, forme pour laquelle il est plus difficile de mettre en évidence les lésions vésiculeuses, qui existent cependant ; cette variété, je le répète, a tendance à durer plus longtemps. Mars 1945 LavaL MÉDICAL 225 Voici, en un résumé trés succinct, les différents aspects que peut prendre l\u2019épidermophytie des pieds que l\u2019on appelle couramment « pied d\u2019athlète » : Sans vouloir étendre très loin l\u2019étude de cette affection, 11 faut dire que les individus atteints de cette maladie ennuyeuse et agaçante font facilement des troubles du même ordre dans les plis inguino-scrotaux ou, encore, présentent aux mains, spécialement aux doigts, des lésions de dyshidrose qui ne sont souvent que des réponses allergiques à l\u2019antigène existant aux pieds.La discussion ou l\u2019explication plus détaillée de ce phénomène nous entraînerait trop loin, et nous la laisserons délibérément de côté.Le diagnostic est relativement facile.Il faut d\u2019abord connaître l\u2019existence de ces lésions et, ensuite, savoir les interprêter.On admet qu\u2019au moins 50% des lésions des deux premières variétés sont d\u2019origine mycosique.Le diagnostic certain repose évidemment sur la constatation du champignon dans une lésion non ouverte ; 1l est facile de mettre en évidence la présence de cet organisme.Toutes les lésions hyperkératosiques de la plante des pieds ne sont pas un signe d\u2019épidermophytie ; le traumatisme répété d\u2019une chaussure mal adaptée peut très bien la réaliser.Il en est de même pour la variété dyshidrosiforme.Il faut savoir en effet que cette forme d\u2019éruption peut être en rapport avec le port d\u2019une chaussette ou d\u2019une chaussure.Il s\u2019agit alors d\u2019une véritable dyshidrose, essentielle ou, le plus souvent, due à la teinture des chaussettes ou des chaussures.Quant à la première variété, chaque fois qu\u2019on la rencontre telle qu\u2019elle a été décrite, elle est plus que suspecte d\u2019une épidermophytie.I! est peut-être bon d\u2019ajouter que, dans les cas de « pied d\u2019athlète » qui persistent, les ongles, eux aussi, deviennent malades.L\u2019ongle s\u2019effrite facilement, s\u2019épaissit et devient cassant.Si l\u2019épidermophytie des \u2018pieds est fréquente; est-elle importante?Oui, sans aucun doute, car, en plus des ennuis occasionnés par un prurit qui ne peut pas être toujours satisfait par le grattage \u2014 on ne peut pas se grattet à son aise avec des chaussures, ou devant tout le monde \u2014 226 LAvAL MEbpicaL Mars 1945 elle peut immobiliser Je malade pendant plusieurs jours et même des semaines, sans compter que l\u2019épidermophytie est très fréquemment récidivante.Dans les forces armées, par exemple, le « pied d\u2019athlète » rend inactifs pendant de longs Jours des militaires qui, si leurs pieds n\u2019étaient pas malades, participeraient efficacement à certaines opérations.Si on a pu dire qu\u2019une armée marchait sur son estomac, elle marche avant tout avec ses pieds ! Le traitement de l\u2019épidermophytie des pieds peut se diviser en deux aspects : les lésions sont aiguës, suintantes et irritables, ou les lésions sont plutôt sèches, et d\u2019allure sub-aiguë ou chronique.Dans le premier cas, il ne faut pas utiliser des préparations antiseptiques trop fortes, ni trop concentrées.Il est quelquefois nécessaire de commencer par des pansements humides boriqués que l\u2019on remplace, l\u2019irritation passée, par des pansements humides au permanganate faible.Les bains de pieds sont quelquefois utiles ; le permanganate en solution faible est très utile mais le bain de pieds ne doit pas durer plus de cinq minutes.Lorsque les lésions sont devenues moins irritables ou si l\u2019on voit le malade au stade sub-aigu ou chronique, on peut utiliser des préparations aussi nombreuses que variées.Il vaut mieux, comme en toute thérapeutique dermatologique, s\u2019habituer à manipuler quelques médicaments que l\u2019on connaît bien que se fier aux nombreuses réclames faites à des médicaments dont on a une connaissance imparfaite.| | | ~ L\u2019alcool 10dé frais, a 19, en badigeonnages est trés utile.Le bain de pieds à l\u2019iode (1 c.à thé de teinture d\u2019iode par bassin d\u2019eau) rend aussi de bons services.| ) Les kératolytiques, comme la vaseline salicylée à 5% et la pommade de Witefield, rendent de bons services lorsqu\u2019il y a hyperkératose.Quelquefois, \u2018il est utile de terminer le traitement par des applications.de pommades contenant des kératoplastiques comme le goudron et lichtyoL* 1 TNT PE ES TE Mars 1945 LAavAL MÉDICAL 227 Enfin, le malade qui a souffert de « pied d\u2019athlète » reste un prédisposé aux récidives et il est utile de lui conseiller pendant assez longtemps comme prophylaxie le bain de pieds 10dé dont 1l a été question un peu plus haut, une à deux fois par semaine.Une poudre, très en faveur dans la marine américaine, peut aussi servir aux mêmes fins.En voici la formule : Acide salicylique.5 grammes Menthol .2 « Camphre.8 « Acide borique.50 « Amidon.35 « En guise de conclusion, on peut dire : chaque fois qu\u2019un malade consulte pour un trouble de la peau de ses pieds, 1l faut d\u2019abord penser à l\u2019épidermophytie.Même si on commet une erreur, si on veut bien suivre les directives thérapeutiques prudentes conseillées plus haut, on lui sera utile le plus souvent.Emile GAUMOND. ANALYSES Edgard BURNS.An Evaluation of Urinary Antiseptics.(La valeur comparative des antiseptiques urinaires.) The Southern Medical Journal, (juin) 1944, 37 : 320-326.Avant de tenter l\u2019emploi d\u2019un antiseptique urinaire, 1l importe de se rendre compte de la nature du micro-organisme en cause, de la réaction de l\u2019urine et de l\u2019état du fonctionnement rénal.Il n\u2019existe actuellement aucun médicament qui puisse lutter efficacement contre \u2018toutes les bactéries retrouvées dans les urines.Un antiseptique peut avoir une action contre un microbe particulier chez un malade et se montrer tout à fait inefficace contre le même microbe chez d\u2019autres malades.De sorte qu\u2019il est parfois nécessaire de faire l\u2019essai de plusieurs antiseptiques chez le même malade avant d\u2019en trouver un réellement actif.Les sulfamidés sont actuellement reconnus comme étant de puissants antiseptiques urinaires.Cependant, leurs diverses préparations n\u2019ont pas toutes la même valeur.Néoprotonsil : Le néoprotonsil a été employé largement comme antiseptique urinaire ; 1l trouve encore quelques indications.Il est présenté sous forme de comprimés de 5 grs, de capsules de 3 grs pour administration orale et en solution aqueuse à 2.5% et 5% pour administration intra-veineuse.Le néoprotonsil trouve son indication principale dans les infections non spécifiques du tractus urinaire, dans les cas où un antiseptique urinaire doit être administré pendant longtemps.Sulfonamide : Le sulfonamide s\u2019est montré efficace contre la majorité des microbes pathogènes retrouvés dans les urines, à l\u2019exception du streptococcus fecalis.Il est particulièrement actif contre le streptocoque hémolytique.Il est administré à la dose de 40 à 60 grains par Jour, par doses fractionnées, pendant 7 à 10 jours.Si \u2019amélioration ne se fait pas sentir après une semaine, on cessera le traitement et on recourra a un autre antiseptique.Sulfathiazole : | Le sulfathiazole s\u2019¢limine très rapidement par les urines ; de sorte que la concentration urinaire s\u2019éléve raprdement, en dépit du fait que Mars 1945 LAvAL MÉDICAL 229 la concentration sanguine est plutôt basse.Le sulfathiazole se montre très actif comme antiseptique urinaire même s\u2019il est donné à faibles doses, de l\u2019ordre de 30 grains par jour, par doses fractionnées.Sulfadiazine : La sulfadiazine a été introduite en thérapeutique il y a près de trois années.Son efficacité est actuellement prouvée dans le traitement des \u2018infections aiguës du tractus urinaire, particulièrement dans la colibacillose.La sulfadiazine est également active contre certains staphylocoques et certains streptocoques.Elle est administrée à la dose de 45 à 60 grains par jour en doses fractionnées ; cette dose doit être réduite à 30 grains par jour, dès que les phénomènes aigus sont disparus, Dans les infections sévères, telle la pyélonéphrite aiguë au cours de la grossesse, la sulfadiazine peut être administrée par voie intra-veineuse.La sulfa- diazine est moins toxique que le sulfathiazole, mais aussi, elle est moins active.Au cours du traitement par les sulfamidés, il importe que !e volume des urines soit maintenu au-dessus de 1,000 c.c.par 24 heures.La présence de cristaux de sulfamidés ou de globules rouges dans les urines n\u2019est pas une indication stricte de cesser le traitement, mais elle invite à une grande prudence.Par contre, le traitement sera immédiatement discontinué s\u2019il survient une hématurie importante, ou une forte réduction du volume des urines.L'administration de substances alcalines au cours du traitement par les sulfamidés prévient, dans une grande mesure, la formation de cristaux au niveau des reins.Acide mandélique : L\u2019acide mandélique s\u2019est montré actif dans la colibacillose urinaire.C\u2019est un spécifique des infections urinaires dues au streptocoque fecalis.Les autres infections à cocci du tractus urinaire ne sont pratiquement pas inffuencées par l\u2019administration de l\u2019acide mandélique.L\u2019acide mandé- lique jouit d\u2019un maximum d'efficacité lorsque le pH urinaire est à 5.5 ou au-dessous de ce chiffre.Il est donc souvent nécessaire d\u2019associer le chlorure d\u2019ammonium à !a dose de 15 grs, 4 fois par jour, à l\u2019acide mandé- lique, dans le but de maintenir le pH urinaire à un niveau assez bas.L\u2019acide mandélique s\u2019administre sous forme de sirop, d\u2019élixir ou de comprimés ; cette dernière forme ne paraît pas avoir donné de bons résultats.Néoarsphénamine : Ce médicament peut donner d\u2019excellents résultats dans les cas où les autres antiseptiques ont échoué ; on l\u2019administre à la dose de 0.30 à 0.45 tous les 3 ou 5 Jours.On cessera le traitement après 4 à 6 injections s1- l'amélioration tarde a se faire sentir et on recourra a un autre antiseptique.Urotropine : \u201cLJ uratropine est employee depuis longtemps \u2018comme antiseptique urinaire.On \u2019ddministre 4 [a-dose de 60°gts par jour, souvent associée au 230 Lava\u2026.MÉDICAL Mars 1945 chlorure d\u2019ammonium.Elle peut être administrée par voie intra-veineuse sous forme d\u2019urotone dont une ampoule contient 31 grs de produit actif.L\u2019urotropine peut être considérée comme un bon antiseptique prophylactique dans les cas où les cathétérismes répétés sont nécessaires.L\u2019urotropine a l\u2019inconvénient d\u2019être un peu irritante pour la vessie et les voies urinaires en présence d\u2019une urine acide ; elle n\u2019a cependant aucune toxicité et peut être utile lorsque l\u2019acide mandélique et les sulfa- midés sont contre-indiqués.Le pyridium et le sélénium sont encore employés comme antiseptiques urinaires ; leur efficacité apparaît encore douteuse.Leur action anesthésique sur la vessie justifie leur emploi dans de nombreux cas.Honoré NADEAU.B.B.CROHN.Benign Diseases of the Small Intestine.(Les affections bénignes du petit intestin.) Gastroenterology, vol.2, n° 6, (juin) 1944.L\u2019auteur résume, dans ses grandes lignes, l\u2019état actuel de nos connaissances sur les affections non tumorales du petit intestin.Sprue et conditions connexes : La sprue n\u2019est plus considérée exclusivement comme une maladie de la nutrition à distribution tropicale.La sprue des zones tropicales et des autres pays est considérée, par la majorité des auteurs, comme étant la même maladie ou à peu près.La plupart des auteurs regardent ces syndromes comme causés par des perturbations de la nutrition et des déficiences vitaminées.Il n\u2019y a pas de caractéristiques anatomo-pathologiques particulières à ce syndrome ; 1l existe une certaine atrophie et un amincissement de la paroi intestinale avec un peu de congestion.Une infiltration par des cellules rondes est la seule constatation microscopique digne de mention.La pathogénie de la maladie serait la suivante : une diète déficiente en vitamme B1 entraînerait l\u2019atrophie de la muqueuse duodénale et jéjunale et le défaut d\u2019élaboration d\u2019un principe intrinsèque contrôlant l\u2019absorption des graisses et la formation du sang.Radiologiquement, on note une altération du relief de la muqueuse iléale avec segmentation des premières anses et motilité diminuée.L\u2019intestin paraît atone, les valvules sont disparues et le baryum se répartit par masses.Le traitement est l\u2019administration d\u2019extraits de foie à hautes doses.Le petit intestin dans les états de carence : Dans les états de carence, 1l existe des images radiologiques particulières de l\u2019iléon.Mackie et Pound ont décrit les signes caractéristiques suivants : les reliefs circulaires de la muqueuse duodénale sont élargis et épaissis ; les valvules conniventes du jéjunum sont également élargies, et les espaces entre ces valvules plus étendus et irréguliers.Le baryum staghe par masses dans ces segments jéjunaux (image en saucisse).- Mars 1945 Lava\u2026 MÉDICAL 231 Iléo-jéjunate : Il existe une maladie organique du petit intestin dont le tableau clinique est différent de celui des carences.Cette affection est l\u2019analogue pathologique de l\u2019iléite régionale.Tout le petit intestin est pris par le processus ou certains segments seulement ; le côlon est indemne.C\u2019est un processus inflammatoire non spécifique de type ulcéreux et granulo- mateux.Cliniquement, la maladie est caractérisée par une diarrhée d\u2019intensité moyenne, des selles semi-liquides contenant du mucus, mais pas de pus ou de sang décelables à l\u2019œil, des douleurs abdominales et des crampes, une perte de poids importante et une anémie habituellement de type microcytaire.Radiographiquement, l\u2019image est caractéristique : la région atteinte présente une succession de segments intestinaux distendus et tordus séparés les uns des autres par des petits rétrécissements.Quand tout l\u2019intestin est pris, l\u2019image est celle d\u2019un long rétrécissement.L\u2019étiologie est inconnue.C\u2019est une maladie \u2018des jeunes, entre 20 et 30 ans qui atteint les mâles dans une proportion de 3 à 1.Le pronostic n\u2019est pas bon.I.n\u2019y a jamais d\u2019obstruction complète de la lumière intestinale.L\u2019étendue de la maladie prohibe tout traitement chirurgical.Iléite régionale : C\u2019est le processus inflammatoire le plus fréquent au niveau de l\u2019iléon.Le diagnostic précoce doit être avant tout un diagnostic clinique.La présence de douleur abdominale avec fièvre et diarrhée, perte de poids et anémie, sans lésions décelables par la sigmoïdoscopie et le lavement baryté, rend très probable le diagnostic d\u2019iléite terminale ou de jéjuno- iléite.Une étude radiologique minutieuse est nécessaire pour confirmer le diagnostic.Parfois, les images sont plutôt vagues mais 1l faut les inter- prêter à la lumière de la clinique.Jean-Paul Ducat.C.B.THOMAS.Prevention of Recurrences in Rheumatic Subjects.(Les mesures préventives contre les récidives de la fièvre rhumatismale.) J.A.M.A., vol.126, n° 8, (21 octobre) 1944, On a souvent observé que des infections du naso-pharyrix : maux de.gorge, amygdalite, précèdent fréquemment les exacerbations de la fièvre rhumatismale.C\u2019est pourquoi, la plupart des mesures préventives recommandées contre les récidives de Ja fièvre rhumatismale sont dirigées contre les infectibns naso-pharyrgées.Ces moyens de prévention sont les suivants : \"0 232 LAVAL MÉDICAL Mars 1945 1° Amygdalectomie et adénoïdectomie : Cette procédure a habituellement donné peu de résultats ; on continue de retrouver subséquemment du streptocoque B-hémolytique dans la gorge.La pharyngite superficielle, qui est le plus souvent responsable, persiste quand même.Variations avec les régions : Plusieurs médecins ont conseillé à leurs patients rhumatisants de faire un séjour dans des régions telles que Porto-Rico, la Floride ou l\u2019Arizona, où il n\u2019y a pas de streptocoques hémolytiques ni de fièvres rhumatismales.Les résultats ont été trés bons et concluants.3° Les sulfamidés : L'admmistration de 1 à 115 grm.par jour de sulfamidés, pendant plusieurs années, empêche, à coup sûr, l\u2019infection à streptocoque hémolytique et prévient, par le fait même, la fièvre rhumatismale, Sur 815 patients ainsi traités, pendant 7 ans, on a observé seulement 8 cas de récidive de rhumatisme, comparativement.à un taux de récidive de 10 à 35% chez les non traités.Dans la marine, on a administré 1 grm.par jour de sulfadiazine à 250,000 hommes et, comme résultat, on a observé une diminution de 90%, dans la fréquence des infections des voies respiratoires, et un seul cas de fièvre rhumatismale.Il est à propos de rappeler que la fièvre rhumatismale est un état allergique, analogue à la maladie sérique, qui est produit par une sensibilisation au streptocoque B- hémolytique, tandis que la fièvre scarlatine est une maladie qui est causée directement par l\u2019action de ce streptocoque.4° Immunisation : On immunise les enfants rhumatisants par des injections de filtrats de streptocoque hémolytique.Les résultats sont peu marqués.10% font encore des récidives.° Salicylate de soude : Il est administré, à titre préventif, à la dose de 1 à 2 grms par jour pendant des mois.Les résultats sont très variables.Le meilleur moyen de prévention semble bien être l\u2019administration prophylactique de sulfamidés.Le meilleur sulfamidé à employer est la sulfadiazine à la dose de Xe grm.deux fois par jour.Ce traitement devrait être institué aussitôt qu\u2019une poussée rhumatismale est terminée.On ne doit pas attendre que le taux de sédimentation globulaire soit devenu normal.Ce traitement doit étre poursuivi pendant 4 à:5 ans.Faire des numérations globulaires de temps en temps pour dépister en temps l\u2019apparition d\u2019une agranulocytose ; ; celle-ci apparaît habituellement pendant Le deuxième ou quatrième mois si elle doit survenir.où Antonio M.ARTEL.oe Mars 1945 Lava\u2026 MÉDICAL 233 T.D.JONES.The Diagnosis of Rheumatic Fever.(Le diagnostic de la fièvre rhumatismale.) J.A.M.A., vol.126, n° 8, (21 octobre) 1944, p.481.Des études bactériologiques ont démontré qu\u2019il y a une étroite relation entre la fièvre rhumatismale et les infections antérieures des voies respiratoires par le streptocoque B-hémolytique.Quoique nous connaissions assez bien la fièvre rhumatismale, il n\u2019existe pas encore d\u2019épreuve spécifique pour le diagnostic de cette affection.Le syndrome clinique appelé fièvre rhumatismale peut se traduire par des manifestations majeures auxquelles se joindront quelques manifestations mineures.Manifestations majeures : 1° Troubles cardiaques : ces troubles cardiaques peuvent être des signes d\u2019hypertrophie cardiaque, des souffles, une péricardite ou des signes de défaillance cardiaque.À ces signes se joignent habituellement des modifications du tracé électro-cardiographique : prolongation du temps de conduction auriculo-ventriculaire (prolongation de l\u2019intervalle PR), arythmies (fibrillation auriculo-ventriculaire), tachycardie sinusale.2° Arthralgies: sous forme de polyarthrite mobile.Fréquente surtout chez les jeunes.On ne doit pas faire un diagnostic de fièvre rhumatismale en se basant seulement sur ce symptôme, surtout en l\u2019absence d\u2019autres manifestations rhumatismales.Ce symptôme a de la valeur lorsqu\u2019il est associé à des signes cardiaques, ou bien lorsqu\u2019on a la notion que le patient a été exposé récemment à l\u2019infection par le streptocoque B-hémolytique ou à une épidémie de fièvre scarlatine, ou si le patient a eu, récemment, une amygdalite ou une pharyngite ou toute autre infection à streptocoque.3° Chorée : la chorée est en relation étroite avec la fièvre rhumatismale.50% des jeunes qui ont une fièvre rhumatismale font en même temps de la chorée.Les 34 des jeunes patients souffrant de chorée présentent en même temps d\u2019autres manifestations majeures de fièvre rhumatismale.Ce symptôme aura donc de la valeur surtout chez l\u2019enfant.Chez l\u2019adulte, une histoire de chorée antérieure aura une grande importance diagnostique.4° Nodules sous-cutanés : c\u2019est un signe très caractéristique.Ne s\u2019observe pas au début de la maladie.5° Les récidives : la tendance aux récidives est très caractéristique de la fièvre rhumatismale.709% des patients ont des récidives.Manifestations mineures : Comme la fièvre rhumatismale entraîne des modifications histo- pathologiques généralisées, les signes et symptômes en sont nécessairement très variés.Mais 1l est certains symptômes qui, à cause de leur fréquence, méritent une considération spéciale parmi les éléments du diagnostic. 234 Mars 1945 Lavar MÉDICAL 1° Fiévre: ce n\u2019est pas en soi un élément suffisant de diagnostic.Sa constatation en même temps que des souffles extra-cardiaques fait souvent faire des diagnostics erronés de fièvre rhumatismale.2° Douleur abdominale : symptôme très fréquent.On en ignore la cause.C\u2019est souvent un des premiers symptômes observés, Peut prêter à confusion avec l\u2019appendicite aiguë.3° Douleur précordiale : traduit parfois une affection cardiaque en évolution.4° Éruptions : parmi toutes les formes d\u2019éruption que l\u2019on peut observer lors de la fièvre rhumatismale, l\u2019érythème marginé est la plus significative.On voit souvent du purpura.5° Épistaxis : symptôme très fréquent.6° Signes pulmonaires : les signes pulmonaires peuvent être très variables, allant parfois jusqu\u2019à la condensation.7° Épreuves de laboratoire : aucune épreuve spécifique.On observe habituellement : anomalies du tracé électro-cardiographique, anémie microcytaire, leucocytose, sédimentation globulaire élevée.Ces épreuves sont utiles surtout pour déterminer l\u2019évolution de la maladie.8° Autres signes : n\u2019ont rien de pathognomonique : fatigue, pâleur, transpiration, perte de poids, vomissements, hématuries, bursite, pleurite.Tous ces signes, dits mineurs, quoiqu\u2019ils puissent être fortement favorables à un diagnostic de fièvre rhumatismale, ne sont pas suffisants pour imposer le diagnostic.Une manifestation majeure associée à au moins deux de ces manifestations mineures, suffit pour poser le diagnostic.La constatation d\u2019une lésion cardiaque, surtout le rétrécissement mitral, n\u2019est pas nécessairement une preuve de fièvre rhumatismale ; mais une telle lésion cardiaque, associée avec d\u2019autres symptômes mentionnés ci-haut, a une très grande valeur pour le diagnostic.Diagnostic différentiel : Les erreurs de diagnostic sont faciles parce que la plupart des signes majeurs et mineurs mentionnés peuvent s\u2019observer dans d\u2019autres aifec- tions.Les erreurs les plus fréquentes sont les suivantes : appendicite aiguë chez l\u2019enfant, poliomyélite, ostéomyélite, dermatoses, néphrite.Surtout la maladie de Still : lupus érythémateux avec arthrite rhumatismale.Autres erreurs possibles : tuberculose, fièvre ondulante, septicémie à méningocoque, arthrite gonococcique, goutte.Commentaires : Il semble bien y avoir une susceptibilité héréditaire pour la fièvre rhumatismale.La fréquence de la cardiopathie rhumatismale est aussi , 3 ° 31 I * grande chez l\u2019adulte que chez l\u2019enfant.Quoique l'épreuve thérapeutique au salicylate de soude puisse servir souvent comme élément de diagnostic, ce n\u2019est pas une preuve certaine de fièvre rhumatismale, parce que plusieurs maladies peuvent être favorablement influencées par ce pe médicament.Antonio MARTEL. Mars 1945 Lavar MEegbicaL 235 Evan SHUTE, M.np.(London, Ont.).On the Œstrogenic Origin of Uterine Fibromyomas.(De l'origine œstrogénique des fibromes utérins.) Can.Med.Ass.J., vol.51, n° 5, (novembre) 1944, pp.443- 445.L\u2019auteur étudie une série de 130 cas consécutifs de fibromes utérins et croit pouvoir conclure que les fibromyomes utérins de la femme ont une origine hormonale et que cette origine est un apport considérable dans la prophylaxie de cette tumeur.L'on sait que les animaux de laboratoire développent des fibromyomes utérins si on stimule leur fonction œstrogénique.52% des 130 femmes étudiées ont présenté, avant l\u2019âge de 20 ans, une ménorragie probablement fonctionnelle, tandis que 63% étaient des hypothyroïdiennes.Comme la ménorragie fonctionnelle et l\u2019hypothyroïdie s\u2019accompagnent généralement de taux élevés de substances œstrogéniques, l\u2019auteur voit, pour les gynécologues, l\u2019indication de substances anti-cestrogéni- ques, tels les extraits thyroïdiens et la vitamine E.Pierre JOBIN.Lt-col.E.H.BOTTERELL, major KEITH et major STEWART, R.C.A.M.C.Results of Surgical Treatment of Sciatica due to Herniation of Intervertebral Disc in Canadian Soldiers Overseas.(Résultats du traitement chirurgical de la sciatique due a la hernie du disque intervertébral lombaire.) Can.Med.Ass.J., vol.50, n° 3, (septembre) 1944, pp.210-214.Voulant démontrer la nécessité d\u2019un choix judicieux des opérés parmi les patients qui souffrent de sciatique par hernie du disque intervertébral, les auteurs présentent les observations de 51 soldats canadiens avec un recul variant de 3 mois à 2 ans et 10 mois : 29 (579%) sont retournés à leurs activités normales, 14 (27%) sont réduits à une vie sédentaire et 8 (16%) sont absolument inaptes au service militaire.Pierre JoBIN.Lt-col.Frank W.SHROEDER, Rr.c.A.M.C.External Abdominal Hernia.(Hernie abdominale externe.) Can.Med.Ass.J., vol.51, n° 3, (septembre) 1944, pp.253-257.L'auteur considère les résultats opératoires de la hernie abdominale externe, directe ou indireëte, chez 1,078 soldats canadiens outre-mer.Les récidives sont de la même fréquence que dans la vie civile : 4% chez (9) 236 Lavar MÉDICAL Mars 1945 ceux qui sont opérés pour la première fois, 8% chez ceux qui sont opérés pour des récidives de hernie.La technique semble influencer les récidives : avec le Bossini, 2.3% ; avec la simple résection du sac, 16.1% Pierre JoBIN.Roy D.McCLURE, K.WARREN et Lawrence FALLIS (Detroit, Mich.).Intravenous Pectin Solution in the Prophylaxis and Treatment of Shock.(La solution de pectine Intra-veineuse dans la prévention et le traitement du choc.) Can.Med.Ass.J., vol.51, n° 3, (septembre) 1944, pp.206-210.Les auteurs ont essayé une solution de pectine à 1% intra-veineuse chez 275 patients au cours des opérations de longue durée dans le but de prévenir le choc.C\u2019est une substance non toxique à cette concentration et inoffensive à la condition de ne pas injecter plus de 1,500 c.c.à la fois.Elle maintient mieux la pression artérielle que les solutés salés ou glucosés, mais elle est moins efficace que le sang et le plasma.Elle a été expérimentée dans les seuls cas susceptibles de produire du choc et les auteurs la recommandent.Pierre JoBIN.Lina S.STERN.A New Method of Treating Tetanus.(Une nouvelle méthode de traitement du tétanos.) American Review of Soviet Medicine, vol.I, n° 6, (août) 1944, p.540.La barrière hémato-encéphalique peut rendre des services en protégeant contre certaines substances nocives qui pourraient passer de la circulation sanguine dans le liquide céphalo-rachidien pour venir attaquer le système nerveux ; par contre, elle peut constituer un ennui, au point de vue thérapeutique, en empéchant certains médicaments, anticorps ou antitoxines d\u2019atteindre le système nerveux central touché par des toxines qu\u2019elle n\u2019a pas arrêtées.Ainsi pour le tétanos, qui, le plus souvent, ne peut être guéri par des doses, même massives, de sérum antitétanique introduites dans les muscles, les veines ou le canal rachidien.Au cours d\u2019expériences chez le chien, et à la lumière de la pratique vétérinaire chez le cheval, l\u2019auteur s\u2019est rendu compte qu\u2019il fallait introduire le sérum'au niveau des ventricules au moyen d\u2019une ponction de la grande citerne pour obtenir la guérison.La dose de sérum à injecter est économique : 15,000 unités amér:i- caines dans la grande citerne et, le même jour, 30,000 à 50,000 unités américaines dans un muscle ou une veine.Il n\u2019y a pas de danger à répéter dans les cas graves. Mars 1945 Lavar.MÉpicaL 237 La technique de la ponction de la grande citerne est la suivante : 1° Raser la nuque jusqu\u2019à la protubérance occipitale externe ; 2° Placer le malade dans une position de Trendelenbourg modifiée, pour que la tête soit plus basse que le corps ; 3° Fléchir la tête pour que le menton appuie sur le sternum ; 4° Repérer la protubérance occipitale et l\u2019épine de l\u2019atlas ; 5° Piquer à angle aigu entre ces deux points, l\u2019aiguille se trouve à passer dans le premier espace cervical ; 6° On sent la résistance de la dure-mère ; 7° Bloquer l\u2019aiguille à la limite qui fixera la longueur de la pénétration ; cette longueur est déterminée d\u2019après la circonférence du cou : CIRCONFÉRENCE PROFONDEUR DU COU DE LA PIQURE 40 cm.49 mm.39 cm.47 mm.38 cm.| 45 mm.8° Le liquide céphalo-rachidien qui s\u2019écoule provient de la grande citerne ; 9° On en retire une quantité égale à celle du sérum à injecter ; 10° Le sérum sera à la température du corps ; 11° Il faut injecter avec une certaine pression, pour que le serum pénètre bien dans les ventricules cérébraux, et qu\u2019il ne passe pas dans l\u2019espace sous-arachnoïdien,: car, alors, 1l repassera dans la circulation sanguine, rapidement.Généralement le trismus commence à disparaître 24 heures après l\u2019injection de sérum dans la grande citerne.Guy DROUIN.R.R.FITZGERALD.The Dangers of the Incorrect Use of Iodine in Goitre Treatment.(Dangers de l\u2019emploi intempestif de l\u2019iode dans le traitement du goitre.) Can.Med.Ass.Journ., (déc.) 1944, vol 51, p.527.Il y a deux types distincts de goitre : le goitre diffus et le goitre nodulaire.Dans le goitre diffus, toutes les parties de la glande thyroide sont uniformément affectées, tandis que, dans le goitre nodulaire, il y a des nodules encapsulés séparés par du tissu glandulaire sain: Dans l\u2019une ou l\u2019autre forme de goitre, le patient peut présenter ou non des signes de toxicité.Dans le goitre nodulaire, il est de règle de conseiller l\u2019ablation chirurgicale de tous les nodules, qu\u2019il y ait ou non des signes de toxicité.Cette règle se justifie par quatre raisons : 1° il n\u2019y a aucune autre forme de traitement efficace ; 238 LavAa\u2026 MÉDICAL Mars 1945 2° l\u2019hypertrophie progressive de la glande peut amener des signes de compression ; 3° des signes de toxicité peuvent survenir en tout temps ; 4° 1l peut se faire une transformation néoplasique.Jusqu\u2019à maintenant, on n\u2019a pas pu trouver un médicament spécifique pour lutter contre le goitre toxique.On se contente actuellement d\u2019amener une rémission des signes de toxicité ou de les atténuer, sans s\u2019attaquer à la cause.Les moyens actuellement employés pour faire disparaitre les signes toxiques sont les suivants : 1° l\u2019administration d\u2019iode ; 2° la thyroidectomie ; 3° le thiouréa.1° L\u2019administration d\u2019iode : Dans les goitres diffus, tous les signes de toxicité s\u2019atténuent et bientôt disparaissent, sous l\u2019effet de cette médication.Le corps thyroïde devient plus dur.Vers le dixième jour, le malade est habituellement prêt à subir la thyroïdectomie.Si l\u2019opération n\u2019est pas pratiquée à cette période optima, et si l\u2019iode est continué, les signes de toxicité réapparaissent et les risques opératoires augmentent.Dans les cas de goitre nodulaire, l\u2019amélioration par l\u2019iode est beaucoup moins marquée et beaucoup plus lente.On a même l\u2019impression, dans certains cas, que l\u2019iode a aggravé l\u2019état toxique.2° Thyroïdectomie après administration adéquate d\u2019iode : C\u2019est le meilleur traitement.Le taux de mortalité est bas.3° Thiouréa : Le thiouréa empéche la synthése de la thyroxine.C\u2019est probablement le médicament qui supplantera l\u2019iode mais il est trop tôt pour en tirer des conclusions thérapeutiques.HISTORIQUE DE L\u2019EMPLOI DE L\u2019IODE DANS LE GOITRE Depuis des années, il y a discussion, dans le monde médical, entre ceux qui préconisent l\u2019emploi généralisé de l\u2019iode et ceux qui blâment l\u2019emploi trop fréquent de l\u2019iode.L'emploi intempestif de l\u2019iode dans certains cas de goitre peut produire la thyrotoxicose ; surtout dans les cas de goitre nodulaire, de goitre des adolescents et de goitre exophtalmique.On ne peut affirmer avec certitude que l\u2019iode seul est responsable de ces phénomènes graves de toxicité, mais l\u2019observation de plusieurs cas le suggère fortement.L\u2019iode, semble-t-il, doit être réservé aux seuls cas de goitre diffus avec signes toxiques ; on doit l\u2019administrer environ dix jours, à la dose de 30 gouttes par jour, après quoi on procédera à la thyroïdectomie.Antonio MARTEL. Mars 1945 LavAL MÉDICAL 239 Artériographie des membres.Éditorial : Lancet n° XXLV, vol.11, (9 déc.) 1944.Les médecins anglais ont peu utilisé l\u2019artériographie.On craignait l\u2019aggravation de la gangrène, la thrombose au point de ponction, les hémorragies secondaires à la ponction, etc.Dos Santos a publié, en 1935, les expériences de son père en ce domaine et a signalé que, sur 1,500 cas, celui-ci n\u2019eut qu\u2019une hémorragie .persistante de la fémorale qui dut être ligaturée et le malade guérit sans incident.En 1929, Berberich et Hirsh introduisirent l\u2019iodure de soude à 25%.- On eut des accidents d\u2019iodisme.L\u2019iodoxyl (Néo-iopax, Urosélectan-B, etc.) produisit des accidents locaux graves dus à l\u2019irritation focale par la substance injectée.Leriche, Fontaine, Moniz, et dos Santos, ont utilisé par la suite, le thorotrast, il y a 13 ans.Cette substance se fixait sur \u201c tissu réticulo-endothélial et y était retenue (415 ans chez un lapin).plus, le thorotrast, étant une substance radio- active, pouvait HD ovoquer des dégénérescences malignes, quoiqu\u2019il n\u2019en ait pas encore été rapporte.Le thorotrast obstruait encore les veines et les capillaires.On l\u2019abandonna.Le Diodone (Perabrodil, Pyélosil), de découverte récente, n\u2019est pas irritant et peut étre injecté sous la peau ou dans les muscles.Learmonth l\u2019a utilisé.Sa technique consiste à dénuder 'artére et A injecter la substance avec une aiguille fine, la faisant pénétrer le biseau tourné en bas, pour former dans l\u2019artère un clapet qui puisse se fermer de l\u2019intérieur.Pour enlever tout effet vaso-constricteur, 1l fait son injection sous rachianesthésie.Il injecte 10 c.c.de Diodone.Il n\u2019a jamais injecté plus de 15 à 20 c.c.Dans le bras des quantités moindres sont suffisantes : 5 à 8 c.c.La pose d\u2019un brassard gonflé pendant l\u2019injection empêche la disparition rapide de la substance dans la grande circulation.Learmonth l\u2019a trouvé très utile pour localiser les thromboses locales si fréquentes chez les jeunes, surtout celles de la fémorale.Elles se font surtout à la trouée du grand adducteur.Elle a permis de déterminer l\u2019endroit d\u2019amputation dans les artérites oblitérantes et diabétiques.Inclan et Shallow ont pu, avec cette méthode, localiser l\u2019étendue des tumeurs malignes des os, en particulier du sarcome ostéogénique, dont la biopsie peut provoquer une dissémination sanguine des cellules cancéreuses.Dans les anévrismes artérioso-veineux, elle permet de localiser la fistule.Cette technique anodine peut rendre service dans de nombreuses affections vasculaires.Sylvio LEBLOND. CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES PROMOTION DU MAJOR JULES GOSSELIN Le major Jules Gosselin, du Corps médical de l\u2019armée canadienne, vient d\u2019être promu au grade de lieutenant-colonel.En même temps, les autorités militaires, reconnaissant sa valeur et ses longs services, lui confient la charge de conseiller technique en radiologie au Quartier général canadien outre-mer.Il aura ainsi la direction et la surveillance des Services de radiologie de nos unités cantonnées en Angleterre et en France.Le lieutenant-colonel Gosselin est un ancien de Laval : B.A.1920, M.D.1925 et professeur agrégé en 1930 ; 1l obtint son certificat d\u2019électroradiologie, à Paris, en 1927 et il était, avant la guerre, assistant au laboratoire d\u2019électro-radiologie de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement et chef du laboratoire d\u2019électro-radiologie de l\u2019Hôpital Laval.Il est membre de la Société de radiologie médicale de France, membre de la Société d\u2019électrothérapie française ; membre correspondant de la Société d\u2019Etudes scientifiques sur la tuberculose et membre de la Société canadienne d\u2019électro-radiologie médicale.En septembre 1939, 11 s\u2019engagea dans l\u2019armée active canadienne et il fut affecté à la 5° division militaire.En juin 1941, 1l partit outre-mer occuper un poste de radiologiste avec nos armées en Afrique et en Italie.Les autorités militaires viennent de lui offrir une situation de haute confiance en lui conférant le grade de lieutenant-colonel.Le Laval Médical se joint à ses amis pour lui offrir de cordiales félicitations.NOMINATION M.le Dr Fernando Hudon, anesthésiste à l\u2019Hôtel-Dieu et charge du cours d\u2019anesthésie à la Faculté de médecine, vient d\u2019être, en janvier dernier, nommé vice-président de l\u2019Association américaine d\u2019anesthésie ; en même temps, il a été fait membre du Comité des relations internationales des anesthésistes et membre consultant du Comité d\u2019admission des membres de l\u2019Association.Pierre JOBIN."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.