Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Laval médical
Éditeur :
  • Québec :Faculté de médecine, Université Laval,1936-1971
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de la Société médicale des hôpitaux universitaires de Québec
  • Successeur :
  • Vie médicale au Canada français
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Laval médical, 1946-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" LAVAL MÉDICAL VOL.11 N° 4 AVRIL 1946 COMMUNICATIONS UN CAS D\u2019ANOSMIE PSYCHIQUE par Sylvio CARON Surintendant médical de la Clinique Roy-Rousseau L'histoire, de ce patient fait plutôt partie d\u2019une clinique neuro- psychiâtrique Elle vous permettra de rafraîchir votre mémoire sur les troubles de l\u2019odorat qui peuvent être symptomatiques d\u2019une maladie mentale ou d\u2019un trouble neurologique siégeant sur le trajet du nerf olfactif, première paire crânienne Elle vous permettra, d\u2019autre part, de comprendre le mécanisme de certaines interprétations ; de noter que ces affections peuvent survenir chez un malade qui, apparemment, n\u2019avait pas la constitution psychopathique du paranoïde, et que l\u2019électro- plexie ne modifie pas heureusement toutes les anomalies mentales.Albert B., célibataire, âgé de 35 ans, est un homme robuste.De sa naissance à l\u2019âge de 30 ans, 1l ne fut Jamais malade.II à travaillé dès l\u2019âge de 12 ans comme menuisier, journalier, bâcheron, explorateur de mines.@) 366 Lavar.MÉDicaL Avril 1946 Il a abandonné les études à 12 ans, en 5° année ; il avait un talent moyen, ne présentant aucun signe d\u2019une constitution psychopathique, a part celui d\u2019aimer a vivre dans les bois.En 1940, il contracte une gonorrhée, laquelle passe à l\u2019état chronique avec les traitements d\u2019usage : lavement urétral au permanganate et absorption de pilules de santal.Un an plus tard, il constate que sa muqueuse nasale est sèche ; il ne mouche pas et 1l ne distingue plus les odeurs.Il quitte donc les chantiers pour subir des traitements et pour les troubles de l\u2019odorat, et principalement pour l\u2019écoulement purulent urétral.Il serait venu à Québec pour recevoir les dits traitements ; ceux-ci modifièrent très peu son état puisque, à l\u2019anosmie et à la sécheresse des fosses nasales, s\u2019ajouta la constatation pénible et douloureuse de sentir d\u2019une façon intermittente des mauvaises odeurs.Ces sensations désagréables apparaissaient après le rejet par les narines de sécrétions muco-séreuses.Nous sommes en 1942.La patient revient de nouveau à Québec et suit,durant deux mois, des traitements spécialisés pour le nez.Nous ne connaissons pas le diagnostic posé par l\u2019ophtalmologiste d\u2019un de nos meilleurs hôpitaux de Québec, mais l\u2019interrogatoire personnel du patient ne permet pas de penser au coryza gonococcique ; l\u2019écoulement ou mieux la goutte militaire n\u2019est pas encore tarie.C\u2019est au cours de cette année 1942 qu\u2019il remarqua des phases d\u2019anosmie, d\u2019agneusie et des phases de cacosmie.C\u2019est aussi au cours de cette année qu\u2019il commença à devenir un interprétant.Les mauvaises odeurs qu\u2019il sentait comme celles que devaient sentir les gens qui l\u2019entouralent provenaient de sa vessie, affirme-t-il.Un syphiligraphe lui avait dit qu\u2019il souffrait d\u2019urétrite postérieure et de cystite.II avait alors l\u2019irréductible conviction que sa vessie dégageait des odeurs ; 1l pouvait le certifier car les gens en parlaient ou le lui faisaient comprendre.Il commença à fuir la société et à prendre la résolution de se débarrasser de cette gonorrhée intarissable et de la cacosmie.Il revint une troisième fois se confier aux soins d\u2019un autre ophtalmologiste qui pratiqua une sous-muqueuse en 1943.Le résultat fut nul, car il constate, dans la suite, qu\u2019il était bien plus anosmique que cacosmi- que.Ayant réussi à tarir l\u2019écoulement urétral, 1l partit pour les chantiers Avril 1946 Lavar MÉDicAaL \u2019 367 pour revenir en 1944.Au cours de cette année 1944, il guérit sa gonorrhée ; l\u2019urologiste traitant lui fit une appendicectomie et, à l\u2019automne, 1l partait de nouveau pour le bois.En 1945, 1l revint à Québec revoir le premier ophtalmologiste consulté pour se plaindre de la persistance de l\u2019anosmie, de la parosmie, de l\u2019agneusie, malgré l\u2019absence totale de la goutte militaire, et de l\u2019obligation de fuir la société qui lui faisait mcontestablement remarquer les mauvaises odeurs qui se dégageaient de sa personne.On le dirigea donc à la Clinique Roy-Rousseau.Nous remarquons, à l\u2019admission et les jours suivants, que le patient n\u2019a pas l\u2019allure triste, déprimée, dépressive, ni Ie vocabulaire du délirant.Il raconte son histoire sans y apporter l\u2019animus, l\u2019hypertonie et la conviction irréductible du paranoïaque hypochondriaque.Il est conciliant ; il admet que ses interprétations sont probablement fausses.II ne fait pas bande a part; il est plus sociable qu\u2019un schizoïde.Avant de procéder à la thérapeutique par les chocs électriques, l\u2019électroplexie, nous procédons à un examen général afin de bien être convaincu que les troubles de l\u2019odorat et du goût ne sont pas d\u2019origmne organique, et que les hallucinations olfactives n\u2019ont pas une cause neurologique.Il faut donc nous rappeler certaines notions neurologiques que je vous résumerai.Examen physique : Apparence générale, bonne.Résistance, robuste.Taille, 67 po.; poids, 148 Ibs.Système osseux, scoliose.Système respiratoire : rhinopharynx, amygdalectomie il y a 8 jours; poumons, normaux.Système vasculaire: cœur, normal; tension artérielle, 110/65; pouls, 70.Système digestif : bouche, normale ; estomac, sensibilité épigastrique ; abdomen, sensibilité en barre ; foie, normal ; anus, hémorroïdes.Système génito-urinaire : blennorragie il y a 5 ans, mal traitée, dit- il.Il n\u2019y a plus d\u2019écoulement, ni de ganglions.Système nerveux : réflexes oculo-pupillaires, normaux ; réflexes tendineux, normaux ; réflexes cutanés, normaux.Résistance musculaire, excellente.Membres : aucun trouble vasomoteur aux extrémités et aux aisselles. 368 Lavar MÉDICAL Avril 1946 Pas de paralysie des paires criniennes.Pas d\u2019hémiparésie ou mono- plégie.Pas d\u2019apraxie.Aucun trouble sensitif et cérébelleux.Résumé clinique.\u2014 Cacosmie depuis une sous-muqueuse faite il y a 3 ans pour corriger une anosmie.Radrographie du sinus sphénoidal : Résultat de l\u2019examen.\u2014 Crâne, sinus, (face et profil).Aspect osseux normal ; sinus de transparence normale.Calcifications au niveau de la faulx.Examen d\u2019urines : réaction, neutre ; densité, 1,018 ; albumine et sucre, néant.Examen du sang: réaction de Bordet-Wassermann, négative ; azotémie, 0 g.30 par litre.Numération globulaire, leucocytes : 13.750 mm.c.Hyperleucocytose coïncidant avec l\u2019évolution d\u2019un anthrax.Examen du liquide céphalo-rachidien : pression initiale, 40 en position assise ; pression terminale, 30 ; Queckenstedt, positif.Albumine.0 g.26 par litre.Cytologie.0.4 éléments p.mm.c.Bordet-Wassermann.négatif.Voici, en deuxième lieu, certaines considérations : 1° Sur les troubles de l\u2019odorat qui peuvent être soit l\u2019anosmie, l\u2019hyperosmie, la parosmie et la cacosmie, ou l\u2019hallucination olfactive; 2° Sur les voies olfactives et les centres de l\u2019olfaction; 3° Sur l\u2019association des troubles de l\u2019odorat et du goûter qui sont sous la dépendance de voies nerveuses différentes.L\u2019anosmie est la perte plus ou moins complète du sens de l\u2019odorat.La parosmie est la perversion de l\u2019odorat. Avril 1946 LavaL.MÉDicaL 369 L\u2019hyperosmie est le développement exagéré de l\u2019odorat ; c\u2019est moins un état pathologique qu\u2019une exagération de la fonction physiologique.Les odeurs sont perçues plus fortes qu\u2019elles ne sont en réalité pour tout le monde, mais elles ne changent pas de caractères.Cette exagération peut donner lieu à des troubles réflexes : céphalée, migraine, vertige, nausée et écoulement séreux des narines, véritable coryza allergique.L\u2019hyperosmie sans signe allergique est un symptôme que l\u2019on voit chez les hyperémotifs, les hypersensibles ; chez la plupart des malades, \u2018 l\u2019hyperosmie est une manifestation psychique qui peut entraîner chez quelques-uns des désordres neuro-végétatifs ; ce n\u2019est pas un signe d\u2019une lésion neurologique.La parosmie se présente sous deux formes : tantôt le sujet perçoit des sensations olfactives mauvaises, désagréables, en présence d\u2019un corps odorant agréable ou indifférent ; tantôt, au contraire, la sensation perverse est continue en l\u2019absence de toute odeur : c\u2019est la cacosmie, que les psychiâtres appellent l\u2019hallucination olfactive.La parosmie peut, comme l\u2019anosmie, être le symptôme d\u2019une maladie organique des voies respiratoires supérieures, des voies olfactives ou d\u2019une maladie mentale.L\u2019étiologie de l\u2019anosmie est donc l\u2019étiologie de la parosmie.L\u2019étiologie de l\u2019anosmie : L\u2019anosmie peut donc être symptomatique : 1° d\u2019une malformation congénitale des fausses nasales; 2° des infections aiguës ou chroniques de la muqueuse nasale : coryza aigu et chronique ; de la muqueuse de la bouche ou de l\u2019arrière- gorge : adénoïdite chronique ; 3° d\u2019une lésion du nerf olfactif ou du bulbe olfactif au cours de certaines fractures du crâne ou au cours de processus tumoraux osseux crâniens, fractures passant par la lame criblée de l\u2019ethmoïde, de même que d\u2019ostéite du sphénoide.4° des tumeurs frontales.Dans ces cas, l\u2019anosmie s\u2019accompagne d\u2019une paralysie faciale, du syndrome de la moria et de l\u2019ataxie frontale.5° des tumeurs temporales.Dans ce cas l\u2019anosmie s'accompagne : a) d\u2019hallucinations olfactives, c\u2019est-à-dire du fait de sentir subitement, 370 Lavar.MÉDICAL Avril 1946 et pendant quelques minutes ou secondes, des mauvaises odeurs ou de percevoir un mauvais goût dans la bouche en l\u2019absence d\u2019un corps odorant, agréable ou indifférent ; b) d\u2019apraxie idéo-motrice soit à gauche soit à droite ; 6° des altérations du corps calleux.Dans ce cas, le patient présente une apraxie idéo-motrice qui est toujours à gauche, une hypertension intra-crânienne et une paralysie (hémiparésie \u2014 hémiplégie) ; 7° de séquelles post-commotionnelles ; 8° de maladies mentales (mélancolie, délire de persécution à mécanisme hallucinatoire).Certains médecins belges ont signalé une anosmie héréditaire et familiale.La parosmie ou perversion de l\u2019odorat a été signalée comme aura épileptique chez des malades porteurs de tumeurs cérébrales, fronto- temporales.Or, dans l\u2019histoire de notre malade, nous relevons une sécheresse de la muqueuse nasale et des soins d\u2019un ophtalmologiste pendant plusieurs mois durant 3 années consécutives.Donc il aurait existé, au début, des troubles de l\u2019odorat, des signes d\u2019une perturbation chronique des fosses nasales.A l\u2019admission à la Clinique Roy-Rousseau, 1l ne présentait plus les symptômes d\u2019un coryza chronique et, malgré la guérison de ce coryza et de la gonorrhée, le patient se plaignait des troubles de l\u2019odorat énumérés plus haut.L'examen de la sensibilité olfactive a permis de nous convaincre que le malade n\u2019avait pas perdu totalement l\u2019odorat; car 1l nous disait : « ceci sent fort ; ceci sent moins fort ), sans pouvoir nommer les parfums dont nous nous sommes servi comme tests d\u2019exploration (eau de Cologne, essence de menthe, cognac, chloroforme).Nous n\u2019avons signalé aucun signe neurologique ; pas de paralysie, ou parésie ; pas de moria ; pas d\u2019apraxie idéo-motrice ; aucun signe radiologique du côté du crâne, des sinus sphénoïdaux ou frontaux ; un liquide céphalo-rachidien tout à fait normal ; pas de syphilis ; pas de gonorrhée ; pas d\u2019hérédité similaire ; donc les troubles de l\u2019odorat nous ont paru être d\u2019origine psychique et non neurologique.Comme l\u2019examen Avril 1946 LAava\u2026 MÉpicAL 371 d\u2019un anosmique exige certaines précautions, Je me permets de vous en signaler quelques-unes.L\u2019anosmie est très difficile à mettre en évidence, et sa véritable existence peut être souvent mise en doute.La collaboration sincère et sans supercherie du sujet à examiner est nécessaire et, d\u2019autre part, il faut que le patient soit intelligent et familier avec les odeurs expérimentales.Il faut, alors, employer les odeurs expérimentales qui sont d\u2019ordre professionnel ou du métier, ainsi que des substances chimiques volatiles et gazeuses en prenant soin d\u2019obstruer la narine non intéressée, ainsi que la bouche.Les sujets à examiner ne sont pas tous des experts en olfaction ; on emploie donc : eau de Cologne, cognac, vinaigre, chloroforme.De plus, la corrélation entre l\u2019olfaction et la gustation étant tellement intime, il devient difficile au clinicien, au cours d\u2019un examen, d\u2019être certain de n\u2019interroger que l\u2019olfaction sans avoir influencé le mécanisme compliqué de la gustation.1° Il faut se rappeler que les substances qui excitent la muqueuse olfactive doivent être à l\u2019état de gaz-vapeur.2° Il faut que la muqueuse olfactive présente un certain degré d\u2019humidité ; on ne perçoit pas quand la muqueuse est sèche ou trop humide.3° Il faut inspirer par les narines et non par la bouche, et 1l faut que les inspirations soient brusques et répétées ; c\u2019est pour cela qu\u2019on flaire quand on veut sentir.4° Il y a un temps pendant lequel l\u2019odeur agit-sur la muqueuse ; très bien perçue au début, l\u2019odeur ne tarde pas à ne plus provoquer de sensation.5° Quand deux odeurs agissent à la fois sur la muqueuse olfactive, on ne perçoit que l\u2019une d\u2019elles, 11 ne se produit jamais de sensation composée ; 1l faut donc reprendre les examens d\u2019heure en heure.6° Les excitations olfactives ne déterminent Jamais de phénomène réflexe, comme éternuement et larmoiement qui sont des réflexes dus à excitation du trijumeau.Les physiologistes affirment que les sensations gustatives seraient fort limitées si [\u2019olfaction ne venait en quelque sorte 372 Lavar MEpicar Avril 1946 les compléter.La saveur des mets, l\u2019arôme n\u2019ont plus aucun sens pour l\u2019anosmique.Tous les aliments ont le même goût.L\u2019anosmique distingue juste la sensation du doux et du salé.7° L\u2019appareil gustatif qui est corrélatif du sens de l\u2019odorat, est localisé dans la muqueuse de la base de la langue, des bords et de la pointe de la langue.Le voile du palais, la luette, les piliers antérieurs ne jouent aucun rôle dans la gustation.8° L\u2019appareil gustatif serait sous la dépendance : a) du glosso- pharyngien, ses branches terminales formant le plexus lingual, distribué à la portion de la muqueuse Iinguale située en arrière du V lingual ; b) du facial au moyen de la corde du tympan qui, à sa sortie du crâne, se porte vers lenerf lingual, branche du trijumeau, et se fusionne avec lui pour se terminer, en partie, sur les deux tiers antérieurs de la muqueuse linguale, et au moyen du rameau lingual vers la base de la langue.Le nerf de l\u2019hypoglosse, 12° paire crinienne, nerf exclusivement moteur, ne joue aucun rôle dans la gustation.L'examen de notre malade a pu mettre en évidence une anosmie avec absence de coryza, de sinusite, de troubles neurologiques, d'histoire commotionnelle, de lésions osseuses crâniennes, d\u2019hérédité similaire ; par conséquent, nous pouvons admettre que les nerfs olfactifs, depuis leur origine jusqu\u2019à leur terminaison, n\u2019ont pas participé à l\u2019éclosion de cette anosmie du début qui, par la suite, est devenue une parosmie, une hallucination olfactive.Les nerfs olfactifs, qui sont les homologues des racines postérieures des nerfs rachidiens, traversent de bas en haut les trous de la lame criblée de l\u2019ethmoïde, arrivent dans le crâne et pénètrent dans l\u2019épaisseur du bulbe olfactif qui est une petite masse nerveuse (semblable \u2018aux ganglions rachidiens) qui repose sur la lame criblée de l\u2019ethmoïde ; de là, les fibres se terminent pour quelques-unes dans la substance grise de l\u2019espace perforé.D\u2019autres, au nombre de 4, se terminent au corps calleux, centre calleux du goût, dans la circonvolution de l\u2019hippocampe, centre de l\u2019hippocampe, et dans le lobe temporal, centre temporal du goût. oh - - \u2014 \u2014_\u2014\u2014 SESE di Avril 1946 Lavar.MÉDICAL 373 Comme je vous l\u2019ai dit plus haut, notre malade n\u2019a pas souffert de traumatisme des fausses nasales ; la sous-muqueuse qu\u2019un ophtalmologiste s\u2019est permis de faire fut effectuée deux ans après le début des troubles de l\u2019odorat.La sécheresse de la muqueuse nasale, suivie parfois de sécrétions muco-séreuses, qui existait depuis 4 ans et qui fut traitée pendant deux ans par des ophtalmologistes avertis, nous paraît être une fausse rhinite.Nous l\u2019observons depuis un mois et ses sécrétions nasales ont un caractère physiologique.Nous pouvons affirmer que les centres du goût, celui du centre calleux, de l\u2019hippocampe et des lobes temporaux ne sont pas touchés.L'histoire de ce malade est donc celle d\u2019un interprétant.La gonor- rhée dont il avait honte fut le motif de ses interprétations.L\u2019électropexie a heureusement modifié, durant quelque temps, les troubles de l\u2019odorat, mais ne les a pas fait disparaître entièrement.Nous craignons que les hallucinations olfactives obligent le malade a adopter le comportement du schizophréne.De tous les anosmiques que nous avons examinés à la Clinique Roy-Rousseau, plusieurs étaient des commotionnés sans fracture du crâne ; deux étaient porteurs d\u2019une tumeur temporale, et souffraient d\u2019épilepsie Bravais-Jacksonienne avec aura olfactif, cacosmie.Dans la littérature médicale, on signale que l\u2019anosmie se rencontre dans 6% des tumeurs cérébrales ainsi que dans plusieurs traumatismes crâniens avec commotion cérébrale, et dans une proportion très grande chez les aliénés.Je serais heureux de savoir si les ophtalmologistes ont signalé plusieurs observations d\u2019anosmie symptomatique d\u2019une lésion des voies aériennes Supérieures. PRÉSENTATION D\u2019UNE MALADE ATTEINTE D\u2019HYPEROSTOSE FRONTALE mr par Lucien LARUE Chef de Service médical Mathieu SAMSON Radiologiste et pathologiste et Laurent PATRY Assistant en médecine (Hôpital Saint-Michel-Archange) Plusieurs observations d\u2019hyperostose frontale interne ont déjà été rapportées ici, soit par les Drs Samson, Caron et Martin, soit par le Dr Samson seul, dont les fiches radiologiques se sont enrichies de plusieurs cas en ces dernières années.Nous nous contenterons tout simplement de vous présenter, aujourd\u2019hui, une malade de notre Service qui est atteinte, elle aussi, de ce syndrome et chez laquelle nous relevons à peu près tous les éléments caractéristiques de cette affection, laquelle se rencontrerait, d\u2019après la majorité des auteurs, presque exclusivement chez les femmes. Avril 1946 LavaL MEbpicaL 375 L\u2019hyperostose frontale pariétale s\u2019accompagne, comme 1l vous sera facile de le voir, d\u2019une obésité extrèmement marquée mais d\u2019un type assez particulier : le pannicule adipeux, qui est très développé, l\u2019est surtout au niveau du tronc, où les seins sont larges, étalés et très relâchés, et au niveau de l\u2019abdomen, où le pannicule graisseux forme un tablier qui recouvre la racine des membres inférieurs.La radiographie vous fera voir, en outre, une image caractéristique sur laquelle on constate, sur la table interne du frontal et du pariétal, des épaississements à contours irréguliers et légèrement verruqueux.De plus, nous relevons, dans presque toutes les observations quiont été rapportées, des troubles digestifs Avec vomissements qui s\u2019accompagnent de douleurs abdominales vagues, de telle sorte que la plupart de ces malades ont une cholécysto- graphie et un transit gastro-intestinal qui ont permis d\u2019élimmer tout état pathologique de ces organes.Et c\u2019est généralement à la suite de ces examens qu\u2019on arrive à penser à la possibilité d\u2019un syndrome d\u2019hyperostose frontale, surtout au début lorsque l\u2019obésité ne fait que commencer.La malade que nous vous présentons a été hospitalisée d\u2019abord pour des troubles mentaux survenus à l\u2019occasion d\u2019une phlébite consécutive à une césarienne, et caractérisés par un état confusionnel qui a régressé complètement, ce qui nous a permis de la libérer.Quatre ans après cet accident, est apparu un syndrome mélancolique qui s\u2019est accompagné d\u2019idée de suicide, et au cours duquel elle avait tenté de se pendre avec les draps de son lit.Hospitalisée de nouveau, elle n\u2019est pas sortie depuis, malgré que les troubles mentaux aient partiellement régressé, car elle est devenue pratiquement impotente du fait de son obésité.De plus, elle est demeurée impressionnable, fatigable, et présente très souvent des modifications de l\u2019humeur et du caractère qui en font une personne difficile à garder à l\u2019extérieur.Elle est actuellement âgée de 39 ans.Elle ne présente rien de particulier au point de vue physique à part son adiposité.Ses urines sont normales, son Bordet-Wassermann est négatif, sa tension artérielle est de 150/90, son métabolisme a déjà donné des chiffres normaux et on ne relève chez elle aucun signe neurologique.Elle pèse 259 livres avec une taille de 5 pieds.Elle mesure 48 pouces de buste, 43 de ceinture, 30 pouces de circonférence aux cuisses et 18 pouces aux mollets.Elle 376 \u2018LavaL MEbicaL Avril 1946 est cependant capable de marcher mais ne peut le faire sans devenir rapidement essoufflée.Ce syndrome évolue d\u2019une façon régulière depuis 5 ans environ, car dans ce laps de temps, son poids a augmenté de 102 livres.Elle présente des crises abdominales douloureuses qui sont accompagnées de vomissements et qui ont fait penser à une calculose vésiculaire, mais la radiographie nous a montré une vésicule normale, et, comme nous le signalions tout à l\u2019heure, plusieurs observations font mention de ces troubles digestifs rappelant la calculose vésiculaire.Tels sont les principaux caractères du syndrome d\u2019hyperostose frontale.Toute une série de théories ont été émises pour tenter d\u2019expliquer l\u2019étiologie de cette affection.L\u2019un de nous en a fait mention longuement dans des communications antérieures.L'hypothèse la plus communément acceptée, c\u2019est celle de Steward et Morel, qui veut que l\u2019hyperostose soit l\u2019expression d\u2019une lésion du système tuber-infundibilum et hypophyse, lésion qui entraînerait un trouble du métabolisme des graisses et du calcium.Nous vous avons présenté cette observation surtout parce que nous avions l\u2019opportunité de vous montrer, en même temps, une malade avec tous les signes radiologiques et cliniques de cette affection. SEPTICÉMIE A BACILLUS PROTEUS ?(Forme pseudo-palustre à point de départ urinaire) par C.-Aug.PAINCHAUD Chef de Laboratoire à l\u2019Hôpital-Saint-Michel-Archange Au terme de nos études médicales, de nos souvenirs de bactériologie déjà lointains, émergeaient seulement quelques notions sur des microbes hautement pathogènes, tels Ie bacille de Læffler, les agents de la typhoide, des dysenteries, de la tuberculose, de la gonorrhée, de la syphilis, et quelques autres.Nous n\u2019avions guère de regrets de ne pas nous être attardés davantage à l\u2019étude de microbes habituellement saprophytes tel le vulgaire proteus (proteus vulgaris).Fort heureusement, on nous avait aussi enseigné qu\u2019un saprophyte peut parfois devenir pathogène, dans des circonstances et pour des raisons que le médecin n\u2019est pas toujours en mesure d\u2019expliquer.Il en est ainsi du bacille proteus, hôte habituel de l\u2019intestin et des milieux extérieurs, qui peut devenir pathogène et causer des infections locales et même des infections généralisées dont le pronostic est mortel dans bon nombre de cas.À vrai dire, ce genre d\u2019infections reste assez rare, mais leurs caractères cliniques sont assez mal dessinés pour que l\u2019observation suivante paraisse digne d\u2019être rapportée.Elle possède, d\u2019ailleurs, un intérêt particulier, du fait que le proteus, isolé à plusieurs reprises des urines et du sang, 378 Lavar MeEbicaL Avril 1946 a déterminé I\u2019éclosion de poussées septicémiques d\u2019allure pseudo-palustre, et une localisation urinaire qui a résisté à toutes les thérapeutiques utilisées jusqu\u2019à présent.OBSERVATION Mme J.R.,\u201865 ans, était hospitalisée à l\u2019Hôpital Laval depuis un an, quand elle fut transférée à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange, le 21 octobre 1943.C\u2019est une double arthrite, sacro-iliaque droite et coxo-fémorale gauche qui l\u2019avait conduite à Laval.C\u2019est son gâtisme qui lui valut l\u2019opportunité de venir rejoindre, à Saint-Michel, un de ses fils hospitalisé ici depuis 15 ans.A Padmission, à part l\u2019impotence, l\u2019examen clinique ne révèle rien de particulier.L\u2019examen des urines de routine décèle une albuminerie de 0 g.30 p.1,000, une légère glucosurie de 2 g.47 ; et, l'examen microscopique des hématies, bon nombre de leucocytes altérés, sans bactériurie apparente.La glycémie est normale d 1g.03.L\u2019azotémie est de 0g.33, le Bordet-Wassemann, négatif.Rapidement, avec un régime hyposucré, le sucre disparaît des urines et, durant le semestre suivant, on ne relève rien d\u2019autre que la persistance de l\u2019infection urinaire.Au début de Juin 1944, la malade présente trois grands accès fébriles, avec frisson prémonitoire, sueurs consécutives, intervalles d\u2019apyrexie.Ces accès ont tout à fait l\u2019allure d\u2019accés palustres.Toutefois, la recherche de l\u2019hématozoaire du paludisme demeure négative.Dans la suite, et pour quelques mois encore, rien d\u2019anormal, sauf la persistance du foyer d\u2019infection urinaire contre laquelle on emploie sans succès véritable, diverses médications.Vers la fin de novembre 1944, assez subitement, cette patiente présente de nouveau des signes d\u2019infection généralisée : fatigue, nausées, vomissements, grands frissons, ascension thermique, transpirations profuses, défervescence.Durant les jours suivants, se répètent de semblables accès fébriles qui ressemblent encore étrangement à des accès de malaria.Les urines contiennent 0 g.40 d\u2019albumine, des bactéries, des globules rouges et du pus.L\u2019exploration clinique ne montre pas d\u2019autre localisa- Avril 1946 Lavar MÉDicaL 379 tion infectieuse.La recherche de l\u2019hématozoaire du paludisme est de nouveau négative.On prélève un échantillon de sang pour l\u2019hémoculture et un autre pour l\u2019épreuve du séro-diagnostic.Le sérum de la patiente ne contient pas d\u2019agglutinines pour les antigénes typhiques, O et H, les para- A et B et le brucella abortus.Cependant, \u2019hémoculture fournit un résultat positif.Nous identifions un bacille mobile, gram-négatif, présentant tous les caractéres d\u2019un proteus fortement protéolytique, mais ne donnant pas d\u2019indol en eau peptonée.L\u2019examen bactériologique des urines permet d\u2019isoler, à l\u2019état pur, une bactérie ayant en tous points les mêmes caractères bactérislogiques.La réaction d\u2019agglutination pratiquée avec le sérum de la malade vis-a-vis de son propre germe isolé du sang et des urines, donne un résultat fortement positif.Les deux souches ne sont pas agglutinées par des sérums d\u2019individus normaux.Le proteus X 10 n\u2019est pas non plus agglutiné.Le pouvoir pathogène expérimental du germe isolé est nul ou à peu près.Deux centimètres cubes d\u2019une culture en bouillon de 24 heures, injectés par voie sous-cutanée à un cobaye de 400 g.environ ne provoque aucun trouble appréciable.Malgré l\u2019absence de pouvoir pathogène expérimental pour le cobaye, le faisceau de preuves recueillies, bactériologiques et sérologiques, nous permettrait d\u2019affirmer que le bacille proteus était bien l\u2019agent de la localisation urinaire et sanguine de cette infection.Durant quelques jours, la malade a continué de faire des accès de température d\u2019allure palustre, pour tomber ensuite dans un cycle de pyrexie à oscillations moins élevées durant trois semaines environ.La défervescence fut ensuite assez longue et entrecoupée de légers frissons, suivis de petits clochers thermiques.En apparence, cette défervescence se produisit spontanément, puisque les différentes médications utilisées durant toute la période febrile : septicémine, sulfamidés, pénicilline, ne parurent pas influencer la courbe thermique.Un auto-vaccin, préparé avec la souche de proteus isolée des urines, commença à être utilisé au cours de la période de défervescence.Ce , 380 Lavar.MÉDICAL Avril 1946 fait empêcha le médecin traitant d\u2019en connaître la valeur curative.Il semble toutefois qu\u2019il ait eu une action préventive, puisque, malgré la persistance de l\u2019infection urinaire, les poussées septicémiques ne se sont pas reproduites depuis plus d\u2019une année.On a répété, dans la suite, les séries d\u2019injections d\u2019auto-vaccin, qui n\u2019ont paru provoquer jusqu\u2019à maintenant que des améliorations passagères de l'infection urinaire.Un examen des urines récent nous a permis de constater que l\u2019infection des urines persiste.Le proteus fut encore isolé, et l\u2019urine contenait du pus, des hématies des cellules épithéliales.Toutefois, la patiente ne fait pas de fièvre, et l\u2019azotémie reste normale.Cette malade, alitée depuis l\u2019admission à cause de l\u2019impotence due à sa double arthrite, présente une anémie secondaire hypochrome vraisemblablement entretenue par l\u2019infection urinaire chronique.Au surplus, cette patiente souffre actuellement d\u2019un diabète léger qui évolue depuis six mois.Quand 1l fut découvert, la glycosurie était de 24 g.au litre et la glycémie de 1g.60.Le trouble modéré de la glyco- régulation s\u2019est montré facilement réductible par de faibles quantités d\u2019insuline.Telle est, très résumée, l\u2019histoire de ce cas d\u2019infection à bacille proteus.Le diagnostic en fut établi sur Jes caractéres morphologiques, et tinctoriaux, \u2014 bacille mobile, gram-négatif, \u2014 et sur les caractères biochimiques suivants : cultures muqueuses épaisses, rapidement envahissantes, pouvoir protéolytique marqué du germe dans les cultures sur gélatine et sérum coagule, production abondante de H°S, fermentation de plusieurs sucres avec production de gaz, excepté sur les milieux au lactose.Ces caractères bactériologiques suffisent à l\u2019identification du bacillus proteus, et permettent de fournir au clinicien, dans un délai assez court, le résultat d\u2019une analyse microbiologique dans une infection à proteus.L'absence de production d\u2019indol nous a fait placer le proteus isolé dans la variété connue sous le nom anindologenes.On sait qu\u2019il existe plusieurs races de bacilles du genre proteus.On peut même les mul- Avril 1946 LAvAL MÉDicar 381 tiplier à loisir par les réactions d\u2019agglutination.Cette notion n\u2019a toutefois d\u2019intérêt que pour le bactériologiste et nous passons outre sur ce sujet.Nous ne croyons pas inutile de souligner que le diagnostic d\u2019infection à proteus, ne doit être accepté qu\u2019avec circonspection.Le proteus, comme le fait remarquer Lemierre, est un saprophyte qui, de l\u2019intestin peut faire irruption dans le courant sanguin, à l\u2019occasion d\u2019une septicémie grave.Sa présence dans une hémoculture n\u2019a alors que la valeur d\u2019une bactériémie transitoire, d\u2019accompagnement ou de sortie.Il appartiendra au laboratoire de trancher la question, en apportant à l\u2019appoint bactériologique, l\u2019appoint sérologique décisif de la réaction d\u2019agglutination.C\u2019est ainsi que, dans le cas qui nous concerne, nous avons pu constater que les souches de proteus isolées du sang et des urines de la malade, se sont laissées agglutiner fortement par son propre sérum.x Les septicémies vraies à proteus sont le plus souvent consécutives à des infections locales des voies urinaires, de l\u2019oreille, de la mastoïde, de la peau (plaies).Les plus graves seraient d\u2019origine otitique ou mastoïdienne.Elles sont habituellement mortelles.À titre d\u2019exemple, je vous rappelle l\u2019observation des Drs Vallée et Giroux, présentée à l\u2019Hôtel-Dieu, voici quelques années.Il s\u2019agissait, dans leur cas, d\u2019une septicémie à proteus d\u2019origine mastoïdienne, compliquée de localisation métastatique du côté de la plèvre.Le proteus fut isolé, à l\u2019état pur, du sang et de la mastoïde trépanée.Le malade âgé de 25 ans, mourut après dix jours de maladie.Chez notre patiente, le point de départ urinaire de la septicémie p , p p paraît assez évident, puisque, dès l\u2019admission, nous avons pu constater des signes d\u2019infection de ce côté.L\u2019allure particulière de la courbe thermique, sous forme d\u2019accès palustres, mérite également d\u2019être soulignée.Ce type clinique ne paraît pas exceptionnel, bien que les auteurs n\u2019y insistent guère.Nous l\u2019avons retrouvé au moins pendant une partie de l\u2019évolution de la septicémie.Il ne semble pas, d\u2019ailleurs, comporter un pronostic particulièrement grave, comme en témoigne notre observation.Il à cependant l\u2019inconvé- 3) 382 Lava\u2026 MÉDicaL Avril 1946 nient de retarder les chances de succès de l\u2019hémoculture à cause des intervalles d\u2019apyrexie.Le diabète apparu chez cette patiente depuis six mois, nous apparaît comme un accident banal, chez une prédisposée comme en témoigne la légère glycosurie constatée à l\u2019admission en octobre 1943.D'autre part, l\u2019infection urinaire chronique a pu favoriser son éclosion comme aurait pu le faire toute autre infection.Ceci est un fait bien connu.Sur la thérapeutique employée, nous ne dirons que quelques mots.La guérison de la septicémie a coïncidé avec l\u2019emploi d\u2019un auto-vaccin.Mais 1l nous faut aussi nous rappeler que la défervescence était déjà amorcée quand 1l fut employé.Contre l\u2019infection urinaire elle-même, il n\u2019eut que peu d\u2019action.Nous sommes cependant d\u2019avis que son emploi devrait être continué par séries, pour parer à l\u2019éventualité de nouvelles poussées septicémiques toujours à craindre, tant que persistera le foyer d\u2019infection urinaire.Les sulfamidés furent utilisés apparemment sans succès.Et la pénicilline qui, théoriquement, devait être sans effet contre cette variété de bactérie, fut de fait inopérante.En guise de conclusion, disons que le proteus, saprophyte banal de l\u2019intestin, hôte très répandu dans la nature, peut causer des infections locales relativement fréquentes, et souvent tenaces ; des infections généralisées plutôt rares, mais de pronostic très grave, particulièrement quand elles compliquent une localisation otitique ou mastoïdienne de cet agent infectieux.Que dans cette variété d\u2019infection, le diagnostic doit être entouré de circonspection, et établi sur la double preuve bactériologique et sérologique aussitôt que possible.Car il semble que dans les infections à proteus, la précocité du diagnostic importe plus que la nature du traitement, dont le meilleur procédé, malgré ses échecs, parait être encore l\u2019auto-vaccinothérapie. FORME THORACIQUE D\u2019UN CANCER D\u2019ESTOMAC par | Sylvio CARON Chef de Service a la Clinique Roy-Rousseau et J.-R.DESGAGNES Assistant bénévole à la Clinique Roy-Rousseau Le 12 mars 1945, madame P.L., âgée de 40 ans, accouchait d\u2019un onzième enfant, après une grossesse relativement banale.Son passé pathologique et obstétrical était dénuë d\u2019intérêt.Au début du mois suivant, en avril donc, elle est brusquement atteinte d\u2019une violente douleur thoracique gauche, basse d\u2019abord, puis, dans la suite, progressant vers le sommet.Des expectorations rouges et spumeuses apparaissent, et un amaigrissement rapide et progressif s\u2019installe.La température est dénivelée.La malade se cachectise, devient faible, anorexique, s\u2019alimentant peu, affrontant, sans défense, une pathologie thoracique sérieuse.Somme toute, jusqu\u2019au 13 juin, elle vivote dans un état lamentable.C\u2019est alors qu\u2019elle se présente dans un hôpital de Québec, car, dans un tel état, il était osé pour cette moribonde de mourir sans le secours de la Faculté. 384 Lavar.MÉDICAL Avril 1946 Différents examens sont pratiqués chez elle.Lors de thoracentèses, plusieurs fois répétées pour donner quelque soulagement à la malade, on a constamment retiré un liquide pleural sanglant, où pullulaient les globules rouges et prédominaient les polynucléaires.La bactériologie n\u2019a décélé aucun microbe, pas de bacilles de Koch et aucun élément suspect de néoplasme.Une radiographie pulmonaire indiquait une « opacification de la plage gauche et un cœur fortement repoussé à droite.» Les crachats et le liquide gastrique étaient indemnes de bacilles de Koch.Le taux de l\u2019azotémie était normal (0.30% ) et la formule sanguine fixait les globules rouges a 4,360,000.La leucocytose était de 13,000 globules blancs avec une éosinophilie plus élevée, à 16.Après une heure, la sédimentation était de 68 mm.Enfin, la température oscillait tous les Jours, montait même jusqu\u2019à 104°F.et le cœur versait dans l\u2019insuffisance.En présence de ce tableau pathologique, le diagnostic suivant est porté concernant l\u2019épanchement pleural : possibilité d\u2019une origine néoplasique.Les examens pratiqués n\u2019ont cependant rien confirmé.Comme traitement, la malade reçoit 1,600,000 unités de pénicilline, des stimulants cardiaques, des toniques généraux, et, le 9 août, elle regagne sa demeure sans autorisation.Signalons qu\u2019à cette époque, Madame L.souffrait légèrement de son estomac depuis un an : de l\u2019anorexie et des éructations, symptômes sans intérêt comparativement à la symptomatologie pulmonaire pour laquelle elle était venue consulter.De retour dans sa famille, la malade côtoie la mort de près, mais, parfois, elle se remonte assez pour pouvoir se lever.Cependant, elle s\u2019habitue à un décubitus ultérieur définitif.Dans les premiers jours de septembre, elle fait du ballonnement, son état s\u2019aggrave et, en cette circonstance, elle est administrée.Elle ne s\u2019alimente pas et ne dort pas.Son mari, qui nous l\u2019amène le 19 septembre 1945, insiste surtout sur le fait que sa femme, maussade, indocile, n\u2019endurant pas la contradiction, n\u2019est pas tellement malade et que, comme toutes ses sœurs, elle est portée à exagérer ses bobos.Elle devait souffrir d\u2019un « mal imaginaire ».Elle nous arrivait donc un samedi avec, certes, beaucoup plus d\u2019élégances morales que physiques.On ne pouvait trouver une personne plus cachectique.Elle était de grande taille et ne pesait que Avril 1946 Lavar MÉDicaL 385 80 livres.Pale et très faible, dyspnéique et râleuse, elle parlait d\u2019une voix éteinte, sans âme.Son ventre était légèrement ballonné.Elle avait une diarrhée noire et des mictions rares et peu abondantes.Le cœur était défaillant, ce qui était marqué par un souffle d\u2019insuffisance mitrale et par un œdème aux deux pieds qui remontait au-dessus des malléoles.L\u2019examen pulmonaire laissait supposer un gros épanchement à gauche et une dextrocardie acquise.Au creux épigastrique, on pouvait palper une masse dure qui se continuait avec un foie hypertrophié.Un liquide hémorragique fut soutiré de la cavité pleurale et créa un léger soulagement chez la malade.Dans son sang, elle avait 4,343,620 globules rouges par mm.c.et 15,210 globules blancs.L\u2019urine contenait 0 g.30 d\u2019albumine au litre, des microbes nombreux avec réaction leucocytaire.Comme la thérapeutique n\u2019a jamais ressuscité les morts, 48 heures après son admission, la malsde movrait.Nous avons eu une autopsie dont voici le rapport : Péricarde : symphyse péricardique.Cœur : refoulé vers la droite.Plèvres : 600 c.c.de liquide rougeâtre, hémorragique dans la cavité pleurale droite.2,500 c.c.de ce même liquide dans la cavité gauche.On constate que la plèvre pariétale est épaissie, mamelonnée et forme à la partie interne un placard dur cirrhotique adhérent au péricarde.Poumons : atélectasie marquée du poumon gauche.Foie : nombreux nodules néoplasiques à centres dégénérés.Reins : rein gauche, petit nodule néoplasique au niveau du pôle inférieur.Surrénale gauche : petit nodule néoplasique.Estomac : petit ulcus.perforé, localisé à la partie moyenne de sa face antérieure.Cavité abdominale : 1,000 c.c.environ de liquide hémorragique.L\u2019examen histologique permet de constater qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un petit cancer atypique de l\u2019estomac ayant produit des métastases dans la plévre, le péricarde, le foie, le rein gauche et la surrénale gauche.Cette histoire clinique nous invite aux conclusions suivantes qui en ont motivé la présentation. 386 Lava\u2026.MÉDicaL Avril 1946 C\u2019est par une symptomatologie pleurale et pulmonaire que s\u2019est extériorisée cette maladie du début à la fin.Les troubles les plus grossiers, les plus patents à l\u2019examen clinique existaient dans la cage thoracique surtout.Ce qui a capté l\u2019attention des médecins des hôpitaux où elle a consulté, c\u2019est l\u2019épanchement pleural sanglant, posant la possibilité d\u2019une origine cancéreuse.Tel était le diagnostic le plus plausible.II fallait maintenant chercher le cancer primitif.Du côté de l\u2019estomac, nous n\u2019avons trouvé aucun symptôme digne d\u2019importance et suspect d\u2019une lésion grave, rien pouvant nécessiter une radiographie du tube digestif.Quant au foie, il était hypertrophié, surtout en direction du creux épigastrique.Il n\u2019était pas Dosselé, n\u2019avait pas causé d\u2019ictère, mais un peu d\u2019ascite.Il pouvait être métastatique.Quoi qu\u2019il en soit, cette femme mourait donc d\u2019une pathologie vraisemblablement thoracique ; l\u2019estomac ne semblait pas en cause.Mais cet organe, à l\u2019autopsie, présentait, à sa face antérieure, un petit ulcus perforé, un ulcus négligeable, sans intérêt, perforé peut-être au cours des manœuvres d\u2019extraction.Histologiquement, c\u2019était un petit cancer atypique, à l\u2019origine de métastases multiples, disséminées, qui ont primé dans le tableau clinique.Ainsi est illustrée cette forme thoracique du cancer primitif de l\u2019estomac décrite par Hanot et Gilbert : « Cancer viscéral primitif et cancer hépatique secondaire restent tous deux latents, ne se traduisant que par des symptômes pleuro-pulmonar- res ». POLYRADICULITE POSTÉRIEURE ASCENDANTE A VIRUS par Charles-A.MARTIN Assistant à la Clinique Roy-Rousseau Toute 'originalité de cette présentation étant fournie par la patiente en cause, je commencerai par vous résumer l\u2019observation de sa maladre.Clothilde M., âgée de 21 ans, vit à la campagne et a toujours été en parfaite santé, suivant les bonnes habitudes d\u2019une famille de 13 enfants.Le seul incident pathologique dont elle se souvienne lui est survenu il y a deux ans : après un repas ordinaire et sans cause apparente, elle fut atteinte d\u2019une hémiparésie droite proportionnelle directe, avec picotements dans le même hémicorps et avec anarthrie totale.Cet accès à début brusque, ayant duré moins d\u2019une heure et ne s\u2019étant jamais répété depuis, fut attribué à un spasme sylvien et relégué dans l\u2019oubli.Pour débuter l\u2019année en bonne forme, Clothilde va faire une promenade en ski, le Jour de l\u2019An après-midi.Le lendemain soir, au moment de se mettre au lit, elle remarque que ses deux Jambes sont lourdes, grosses, engourdies.Une fois au lit, elle sent mal le contact des couvertures : elle se sent dans l\u2019ouate Jusqu\u2019aux genoux.Elle se Iève avec les mêmes troubles le matin suivant 388 Lavar MÉDICAL Avril 1946 et marche avec une sensation de feutre dans ses souliers, mais sans hésitation ni faiblesse, pour continuer ses occupations ordinaires de la journée.Elle ne se sent pas malade ; elle a bien dormi ; elle n\u2019a pas de fièvre ; elle n\u2019a rien perdu de son appétit et de son entrain.Le 4 janvier, ces drôles de paresthésies sont remontées, symétriquement des deux côtés, jusqu\u2019aux reins.Le 5 au matin, elles atteignent les côtes et s\u2019accompagnent d\u2019une sensation légèrement constrictive ; le soir, les sensations sont estompées jusqu\u2019aux clavicules.Il n\u2019y à pas de douleurs véritables, mais une sensation de fourmillement, de pesanteur, de grossissement, de feutrage dans tout le territoire envahi, de fraicheur dans le dos.Cependant les chocs, même légers, sont ressentis comme douloureux, de même que les efforts et la toux provoquent des élancements dans les côtes.Le 7, l\u2019envahissement continue, bilatéral et symétrique, sur la face interne des deux bras, englobant les petits doigts.Le 9, les annulaires et les médius sont atteints en même temps.Le 11, les deux index s\u2019engourdissent à leur tour.La pression des ongles est douloureuse, tout comme Si On voulait les arracher.C\u2019est à ce moment que la patiente est hospitalisée et qu\u2019un examen neurologique complet est pratiqué.Les constatations sont maigres : aucun trouble moteur, aucun trouble réflexe, aucun trouble de l\u2019état général.Même l\u2019examen de la sensibilité superficielle ne révèle aucun trouble objectif : les discriminations tactile et thermo-algésique sont conservées.Seul le sens de la position des doigts est perdu et celui de la position des jambes émoussé.L\u2019hyperflexion des cuisses et du tronc provoque une douleur lon.baire qui limite le mouvement.Le signe de Munzer (exagération des douleurs par l\u2019hyperflexion de la tête), supposé caractéristique des radiculites postérieures, est à peine esquissé.La pression des troncs nerveux ne révèle ni anesthésie, ni hyperesthésie.Il n\u2019y a pas d\u2019attitude antalgique, pas de points de Valleix, aucun signe méningé, aucune anomajie de la colonne vertébrale.Les urines sont normales, le Bordet-Wassermann, négatif.Le liquide céphalo-rachidien, sous pression initiale de 17 cm.d\u2019eau en position couchée, est clair et contient 0 g.23 p.1,000 d\u2019albumine et Avril 1946 Lavar.MÉDICAL 389 24.6 lymphocytes par millimètre cube.Le cobaye inoculé se porte bien jusqu\u2019à maintenant.Le traitement par le salicylate et la vitamine B est institué.Le 15 janvier, l\u2019engourdissement s\u2019étend à la face palmaire du bout des pouces, toujours symétriquement.Mais le lendemain, au réveil, les jambes sont dégourdies jusqu\u2019au genoux et, le 18, tout le plexus lombo-sacré est libéré.Depuis lors, malgré la continuation du traitement, l\u2019état de la patiente n\u2019a pas bougé.Aucun symptôme général n\u2019est apparu.Elle a continué son activité normale, avec une diminution relative, pour satisfaire au premier principe de la thérapeutique.Cette grande tricoteuse sent mal ses aiguilles et sa laine le matin, mais s\u2019habitue facilement à se passer du besoin de les sentir davantage.Ses ongles sont encore un peu douloureux à la pression.Elle n\u2019a plus de douleur lombaire à la flexion du tronc.En définitive, le tableau clinique se résume simplement en dysesthésies à disposition nettement radiculaire, absolument bilatérales, rigoureusement symétriques, progressivement ascendantes, à partir du plexus sacro-lombaire de la queue de cheval, jusqu\u2019à la septième racine cervicale inclusivement.L\u2019extension des troubles à la portion supérieure a été marquée d\u2019un temps d\u2019arrêt progressivement croissant au passage d\u2019un territoire radiculaire au suivant, démontrant cliniquement l\u2019exactitude de la distribution topographique de ces territoires, Puis, la guérison a commencé à se faire par le bas, au niveau des racines qui avaient été les premières atteintes.Une semblable présentation ne peut correspondre à autre chose qu\u2019une polyradiculite postérieure symétrique ascendante à virus neurotropes.L\u2019absence des troubles moteurs, réflexes, sphinctériens et la guérison par le bas éliminent absolument tout soupçon d\u2019une origine médullaire ou polynévritique.L\u2019attemnte des racines postérieures, qui est la seule logiquement imputable, rend bien compte de l'exclusivité des troubles sensitifs, de leur distribution radiculaire, du temps d\u2019arrêt au passage 390 Lavar.MÉDpicaL Avril 1946 d\u2019un territoire radiculaire au suivant, de la guérison caudale ascendante et de la lymphocytose rachidienne.L'intérêt de la présente affection ne réside pas dans sa forme mono- symptomatique.Souvent les radiculites s\u2019accompagnent de troubles moteurs, réflexes, trophiques, sympathiques, parce que la racine antérieure est atteinte en même temps que la racine postérieure.Mais la disposition des gaines méningées autour des racines explique pourquoi les radiculites, surtout dans leurs formes toxi-infectieuses primitives, «sont essentiellement des syndromes sensitifs », suivant l\u2019expression de Tinel.Les radiculites donnent surtout des douleurs vives, même fulgurantes, nettement exagérées par l\u2019effort ; mais sous ces douleurs variables, les dysesthésies ne manquent jamais, même quand les phénomènes douloureux sont moins intenses, L'intérêt de cette affection particulière ne réside pas tellement dans son étiologie non plus.La malade, à aucun moment, n\u2019a présenté de signes généraux d\u2019infection ; elle n\u2019a absorbé aucun toxique ; elle n\u2019a aucun signe d\u2019autre maladie pouvant être cause de radiculite.Mais son liquide céphalo-rachidien présente une lymphocytose isolée, telle qu\u2019on en rencontre dans les infections à virus neurotropes.Et de quoi ces virus ne sont-ils pas capables ! Leur épidémiologie est obscure et sournoise.Ils ont une prédilection pour les individus jeunes.Ils ont un tropisme électif pour une formation cellulaire particulière ; ils n\u2019infectent rien du voisinage et peuvent réaliser ainsi des atteintes étendues, sans troubles infectieux généraux proportionnés.Joseph Russetzki, de Kazan, a rapporté plusieurs cas de poly- radiculites post-grippales, polyradiculites asymétriques, généralement unilatérales, compliquées de troubles réflexo-moteurs et sympathiques, mais vraisemblablement attribuables à des virus.Quand un monsieur revient de pelleter avec un « tour de rein, » ou se lève le matin avec un «tour de cou », 1l dit qu\u2019il a mal forcé ou qu\u2019il à « pris un courant d\u2019aur », et 1l se graisse d\u2019huile électrique ou de lini- Avril 1946 Lavar MEpicaL 391 ment Minard.Si, par hasard, on est dans l\u2019occasion de faire une ponction lombaire à ces perclus, on a souvent la satisfaction de retrouver une réaction inflammatoire du liquide céphalo-rachidien, qui explique pourquoi le monsieur forçait mieux la veille, ou se défendait mieux contre le vent.L\u2019intérêt véritable de cette affection spéciale, ce qui en fait toute l\u2019originalité, réside dans la localisation et l\u2019évolution parteulières des troubles observés.Les polyradiculonévrites de Guillain et Barré sont fréquentes.Tous les ans, les revues neurologiques nous en signalent de longues séries de cas.Ce ne sont, en somme, que des polynévrites remontées.A.Juba a rapporté l\u2019observation d\u2019une polyradiculonévrite ascendante, d\u2019origine virale probable, avec troubles réflexo-moteurs et dégénérescence inflammatoire des racines et des nerfs périphériques constatée à l\u2019autopsie.Mais, comme le dit Tinel : « Les radiculites sont le plus souvent isolées, limitées à une racine ou, plus souvent, à un groupe de racines ; et leur caractère unilatéral habituel est un bon élément de diagnostic avec les polynévrites.«On a cependant rencontré, chez un même malade, plusieurs radi- culites évoluant simultanément ou successivement dans des territoires distincts.« Elles affectent parfois une apparence de symétrie, mais, dans ce cas même, l\u2019inégalité des troubles en extension et en intensité d\u2019un A fo côté à l\u2019autre permet encore de les distinguer des polynévrites.« Dans d\u2019autres cas, elles affectent des territoires différents, réalisant de véritables polyradiculites, comme dans un cas de Dejerine et Egger, atteignant L-5, S-1, et S-2 à droite et à gauche, C-5, C-6, C-7, C-8 et D-1 à droite, C-8, D-1 et D-2 à gauche.« Mais dans ces cas, même la généralisation conserve un caractère d\u2019inégalité et d\u2019asymétrie, qui, joint à la topographie nettement radiculaire, aux symptômes d\u2019irritation méningée diffuse et à l\u2019existence de la lymphocytose rachidienne, permet cependant le diagnostic.« Ces radiculites multiples, souvent en rapoort avec une syphilis méningée précoce ou plus rarement avec les prodromes d\u2019une méningite 392 Lavar MEbicaL Avril 1946 tuberculeuse sont ordmairement plus graves ; elles témoignent d\u2019une infection méningée plus diffuse et plus profonde.» Cette citation suffit pour souligner tout ce qu\u2019il y a d\u2019inusuel dans l\u2019observation que je viens de relater.Les polyradiculites pures sont rares, elles sont secondaires et jamais symétriques.Flles sont de forme sensitivo-motrice et leur composant réflexo-moteur pose leur diagnostic avec les polynévrites.J\u2019ai vainement cherché, dans la littérature qui m\u2019était accessible, un cas analogue à celui-ci : polyradiculite primitive indubitable, exclusive- ment postérieure, à manifestation paresthénique pure, symétriquement ascendante, sautant d\u2019une racine à l\u2019autre après un temps d\u2019arrêt, commençant sa guérison par les racines inférieures atteintes les premières, causée probablement par un virus neurotrope et, je l\u2019espère bien, d\u2019un bon pronostic.BIBLIOGRAPHIE DÉJERINE et EGGER.Un cas de névrite radiculaire sensitivo-motrice généralisée à marche chronique, Rev.Neurol., p.527, (15 juin) 1904.Paul Camus.Étude de neuropathologie sur les radiculites, Baillière et Fils, Paris, 1908.Edward E.MAYER.Radiculitis, diagnosis and interpretation, J.A.M.A., 71 : 353, (3 août) 1918.: J.Trer.Les radiculites.Traité de Roger, Widal et Tessier, Fasc.21, Masson, Paris, 1927.Kinnier Wirson.Sysæsthesiæ and their neural correlates, Brain, 1: 428, 1927.Joseph RusseTzk1.Les polyradiculites post-grippales, Ann.de Méd., 36 : 142, (juil.) 1934.F.T.Munzer.Symptôme produit par la flexion de la tête : signe diagnostic différentiel dans les lésions des racines rachidiennes postérieures, Monatschr.f.Psychiat., u.Neurol., 92 : 202, (déc.) 1935.A.JuBa.Polyradiculonévrite aiguë ascendante, Deutsche Ztschr.f.Nervenb., 144 : 190, 1937.Charles-A.MARTIN.Les infections à virus neurotropes.Laval Méd., 8 : 714, (déc.) 1943. ÉTUDE CLINIQUE ET PSYCHIATRIQUE DE L\u2019HYPERTENSION ARTÉRIELLE (1) par Sylvio LEBLOND Chef de Clinique médicale et Victorin VOYER (Hôpital du Saint-Sacrement) INTRODUCTION Depuis longtemps, l\u2019influence psychologique du milieu de vie sur l\u2019état de validité physique des malades souffrant d\u2019hypertension artérielle est reconnue.Les thérapeutes, sous cette inspiration étiologique, favorisent un changement d\u2019entourage pour leurs malades, ajoutant avec à propos un sédatif ou un hypnotique.Notre travail, ici, outrepasse le développement de cette donnée étiologique.L\u2019expérience militaire permet une exploration plus complète et audacieuse du problème.(1) Travail de l\u2019Hôpital militaire de Québec. 394 LavaL MEbicaL Avril 1946 Entre autres, trois constatations différentes ont stimulé la curiosité médicale.La première que voici : le petit hypertendu, même en l\u2019absence de tout autre signe physique ou psychiatrique, était voué à une faillite fatale dans sa vie militaire.Avant 1943, la pression artérielle n\u2019était explorée que chez les sujets dont l\u2019âge ou les signes physiques l\u2019ind1- quaient.C'était une grave erreur, puisque nombre de jeunes sont des hypertendus et, après des mois perdus, ils étaient renvoyés pour « anxiété chronique ou instabilité émotionnelle ».Deuxième fait : des milliers de certificats médicaux de médecins de famille, faits dans le but honnête de protéger une recrue inapte, affir- malent un diagnostic d\u2019affection cardiaque, alors que des symptômes en relation avec la région du cœur n\u2019indiquaient aucune lésion organique ; la presque totalité de ces recrues, avec leur foi inaltérable en leur « maladie du cœur y, étaient simplement renvoyées comme inaptes pour troubles névrosiques bien établis.Troisième constatation : avec des statistiques très élaborées, les Drs Dancey et Ross, de Montréal, dans un travail intitulé Heart complaints of the recruits in the Army, affirmaient ce que l\u2019on avait constaté, sans y insister, que les Canadiens français se présentant à l\u2019armée se plaignaient de leur cœur dans une proportion de 5 à 2 par rapport à leurs compatriotes d\u2019autre ascendance.Leur conclusion était celle-ci : « L\u2019attitude médicale française dans la province de Québec tend beaucoup à mettre sur le compte d\u2019une pathclogie cardiaque des troubles à caractères exclusivement anxieux ».Combien de jeunes gens de 20 ans ne mentionnaient-ils pas avoir pris de la teinture de digitale entre leur puberté et l\u2019âge de 25 ans.Sous cette inspiration, nous nous sommes arrêtés à une étude particulière, tant clinique que psychiatrique, d\u2019une série de malades hypertendus.ÉTUDE CLINIQUE A cause des nombreux phénomènes neuro-végétatifs qui accompagnent l\u2019hypertension artérielle ou qui font partie du tableau de cette affection, on peut se demander si, dans certains cas, l\u2019hypertension elle- on tte elle ee \u2014\u2014\u2014 a era TO.AAR SA ES TS reo a te © ee Sm Avril 1946 LavaL MEpicaAL 395 même n\u2019est pas un phénomène neuro-végétatif au même titre que les bouffées de chaleur, les palpitations, etc.Il nous a été donné d\u2019observer 20 cas de jeunes gens présentant une hypertension artérielle portant surtout sur la maxima, avec des chiffres allant de 150 à 180, et une minima ne dépassant pas 100.Leur âge varjait de 20 à 35 ans.Un seul avait plus de 40 ans (44).Ces malades se plaignaient tous, plus ou moins, des mêmes malaises : points au cœur, palpitations, dyspnée survenant à l\u2019effort ou à l\u2019occasion d\u2019une émotion, d\u2019une fatigue, parfois à propos de rien du tout.Ils transpiralent, avalent un appétit capricieux et un Sommeil troublé, peu reposant.Ces malaises existaient depuis plusieurs années.Les uns étaient très étonnés de se voir dans l\u2019armée, sûrs qu\u2019ils étaient atteints d\u2019une maladie de cœur ou d\u2019une maladie hypertensive.Ils s\u2019étaient prétés, du mieux possible, à leurs devoirs militaires et s\u2019étaient rapportés fréquemment chez les médecins avec l\u2019espoir, à chaque fois, qu\u2019ils seraient admis à l\u2019hôpital ou renvoyés chez eux.Leurs malaises étaient les mêmes ou s\u2019étaient exagérés depuis leur entrée dans l\u2019armée.Cette hypertension artérielle cédait assez bien, habituellement avec le repos, ou dès qu\u2019ils se sentalent en confiance, et les chiffres relevés étaient des plus variables.Ils furent soigneusement explorés-au point de vue médical.Tous eurent un examen d\u2019urines, une radiographie cardio-thoracique, une histoire clinique détaillée.Plusieurs furent hospitalisés et soumis à des tests d\u2019élimination rénale (P.S.P.; Mosenthal), à une exploration électrocardiographique ou à une mesure du métabolisme basal.Tous ces tests se montrèrent parfaitement normaux et il n\u2019a pas été possible de mettre en évidence une affection organique rénale ou autre pour expliquer les phénomènes hypertensifs.EXAMEN PSYCHIATRIQUE L\u2019examen psychiatrique a été pratiqué avec le même soin que l\u2019examen somatique en vue de cette étude.Nous avons pris un soin particulier à noter les expressions personnelles des patients et leurs remarques qui traduisent toujours spontanément un état d\u2019âme parti- 396 LavaL MEbpicaL Avril 1946 culier.Nous faisons donc un faisceau de toutes ces données pour construire l\u2019histoire clinique type.Les troubles subjectifs dont 1ls se plaignent peuvent être formulés sommairement comme suit : « Je ne puis faire de longue marche, je deviens tout essoufflé, mon cœur bat fort.Sur le terrain de parade, je me sens comme si j'allais tomber sans connaissance.C\u2019est pire lorsqu\u2019on est mis à l\u2019attention.Mes yeux s\u2019embrouillent, je suis étourdi.C\u2019est comme si j'avais l\u2019estomac (thorax) dans un étau.J\u2019ai des sueurs froides et je gèle des pieds même lorsqu\u2019il fait chaud.« Après chaque repas, j'ai un mal de tête, je ne puis faire de P.T.parce que cela me cogne dans la tête.Je ne puis supporter mon casque d\u2019acier, j'ai la tête sensible.Ma digestion est lente, j'ai comme une boule pesante dans l\u2019estomac, et je suis constipé pour des trois ou quatre jours, J\u2019urine fréquemment, surtout le soir.« Bien sûr que jJ\u2019ai une maladie de cœur ; j\u2019entends mon sang qui court dans mes tempes le soir quand je me couche, Je roule dans mon lit, J\u2019ai des crampes au cœur ; plus je roule, pire c\u2019est.La nuit j'ai des cauchemars, je rêve d\u2019accidents, Je tombe d\u2019une hauteur, le sergent m\u2019attend en bas pour me donner une râclée.Je m\u2019éveille tout en sueurs, J'ai le cœur qui bat très fort.Le matin je suis plus fatigué que lorsque Je me suis couché le soir.Je suis tellement fatigué que je ne déjeune pas le matin.« Depuis que je suis dans l\u2019armée je me sens bien mieux le dimanche que la semaine.Chez nous, c\u2019était exactement le contraire ; le dimanche J\u2019avais mal à la tête et la semaine à mon travail je me sentais mieux.Chez nous le mal de tête commençait à l\u2019église, 11 me semblait que J\u2019étouffais ou allais perdre connaissance.Le midi, je mangeais comme d\u2019habitude, mais Je me sentais pesant toute la Journée ; bien souvent je vomissais mes repas.» Dans l\u2019histoire de famille, sur vingt patients, la plupart ont perdu leur père ou leur mère dans le Jeune âge ; ils mentionnent qu\u2019ils sont morts de maladie de cœur.C\u2019est dans la famille.De famille nombreuse où l'esprit familial est très vivace, la plupart mentionnent aussi Avril 1946 LavaL MEpicAL \u201c397 des troubles nerveux, d\u2019ordre anxieux et émotionnel, chez les sœurs surtout.Tous sont des jeunes gens qui ont atteint au plus la huitième année d\u2019études.Un s\u2019est rendu en éléments latins, mais quitta le collège parce qu\u2019il ne pouvait s\u2019adapter à la vie de groupe.Au cours du jeune âge, on a observé chez presque tous nos patients des épisodes allergiques ou des affections pulmonaires, Ce sont les deux épisodes pathologiques prédominants.La plupart font très peu de sport.Au Jeu, la compétition provoque des colères inusitées ; 1ls se font remarquer par leur manque d\u2019esprit sportif : ils se montrent trop dominateurs.La même chose arrive dans leur milieu familial, où ils cherchent à dominer leurs frères et leurs sœurs.Tous dans leur travail gravitent autour du foyer familial et persistent à y demeurer attachés.Bien peu pourront se résoudre à accepter du travail au-dehors.Les citadins choisissent des emplois bien au- dessous de leurs capacités intellectuelles ou physiques.Quant aux troubles à caractère névrosique du jeune âge, il est intéressant de noter que pas un n\u2019a souffert d\u2019énurésie.Mais tous, sans exception, font des troubles du caractère plus ou moins marqués, des colères, des susceptibilités exagérées ou ont des habitudes d\u2019ordre impulsif.Les quelques sorties qu\u2019ils font les portent à l\u2019alcool : pour se donner une contenance.Ce sont alors les seules circonstances où 1ls ont des rapports sexuels.Presque tous se sont rongé les ongles jusqu\u2019à l\u2019âge de 15 ans.La moitié d\u2019entre eux se les rongent encore aujourd\u2019hui.Ils ont une extrême attention pour ce qui a rapport à leur cœur : palpitations, bruits circulatoires, etc.COROLLAIRES PSYCHOLOGIQUES Le petit hypertendu n\u2019extériorise donc pas une névrose grossière.C\u2019est même cela qui à permis pendant longtemps de l\u2019ignorer, même en psychiatrie.On disait, il y a bien hypertension, mais il n\u2019y à pas de tremblements ni de gros signes extérieurs d\u2019instabilité nerveuse.Mais lorsqu\u2019on s\u2019arrête aux remarques des patients, ne peut-on pas croire, plutôt, que l\u2019hypertension n\u2019est que le grand signe extérieur d\u2019une névrose ?(4) Lavar.MÉDicaL Avril 1946 Ce sujet chez lui est invalide le dimanche ; dans l\u2019armée, il l\u2019est de la même manière avec le même cortège physique durant la semaine.A quoi cela tient-1I?Quel est donc ce mécanisme de réaction ?Les tests psychologiques démontrent chez tous une intelligence normale, même au-dessus de la moyenne, malgré une scolarité Iimitée.Mais c\u2019est un individu hypersensible, surtout sensible aux remarques de l\u2019entourage.Il n\u2019a pu subir le milieu scolaire bien longtemps.II a souffert, chez lui, de l\u2019absence de l\u2019un de ses parents ; 1l lui a fallu garder ses émotions pour lui-même.La mère étant la confidence habituelle des enfants, 1l à appris à réprimer ses émotions d\u2019une manière prolongée et excessive, Souvent, 1l a été témoin de la mort de sa mère, a passé des nuits d'angoisse à cette occasion ; il est resté traumatisé, d\u2019autant plus que le médecin de famille aura constaté et déclaré une prédisposition familiale aux affections cardiaques.Dès son Jeune âge, 1l se contracte à la moindre émotion, ne sollicitant Jamais de conseils de son entourage au sujet de ses problèmes de vie, de ses Inquiétudes sexuelles ou autres.II souffre de constipation, est allergique comme 1l est hostile à tout contact émotionnel.II a souvent des pâleurs de colère ; tout sport, toute compétition sont pour lui une souffrance.Il n\u2019a Jamais appris à se relâcher dans les activités de groupe.C\u2019est l\u2019allergie émotionnelle qui s\u2019exprimera souvent par une allergie physique.La nuit, au repos, dans l\u2019écrasante impression d\u2019impuissance que l\u2019homme ressent à l\u2019approche du sommeil, il se sent traqué et défait dans des cauchemars, pour s\u2019éveiller en sursaut en pleine crise d\u2019anxiété.Lui qui ne peut travailler paisiblement que lorsqu\u2019il est isolé, 1l est incapable de recevoir d\u2019ordres ; de là, les crises de Ilipothymie du soldat à la parade.C\u2019est une expression du refus émotionnel de s\u2019adonner aux exercices de groupe.Sommairement, notre hypertendu est un individu qui se refuse à son entourage, est allergique au travail d\u2019ensemble.Dans la vie civile, c\u2019est l\u2019agoraphobique chez qui le fait de paraître à la messe paroissiale provoquait déjà des troubles d\u2019adaptation aux groupes humains.Dans l\u2019armée, tous les jours c\u2019est travail de groupe, d\u2019où réaction anaphylactique hypertensive exacerbée. Avril 1946 LavaL MEbicaL 399 PATHOGENIE PSYCHOSOMATIQUE Une pathogénie autonome et exclusive des stimuli mentaux, émotionnels ou affectifs sur I\u2019hypertension artérielle existerait-elle?Serait- ce une Simple création de l\u2019esprit ?Cannon a synthétisé, dans une formule très suggestive, le fruit de ses longs travaux sur les facteurs endocrino-sympathiques de l\u2019émotion : « Il est remarquable, dit-il, que la plupart des grandes réactions d\u2019adaption de l\u2019organisme se produisent au cours des puissantes émotions de colère ou de peur.La respiration devient plus profonde, le cœur bat plus vite, la pression artérielle monte, le sang est chassé de l\u2019estomac et de l\u2019intestin vers le cœur, le système nerveux central et le muscle, les processus digestifs sont suspendus.Le foie perd ses réserves de sucre, la rate se contracte et se décharge de ses cellules, les glandes surrénales sécrètent l\u2019adrénaline.L'\u2019adrénaline et les influx sympathiques font appel aux réserves de glycogène, le sang chargé de sucre est mis à la disposition des muscles en travail, du cerveau et des membres, c\u2019est-à- dire des parties essentielles à un effort physique intense, et ce même sang est soustrait aux organes abdommaux en état d\u2019inhibition ; ainsi se trouvent abolis les effets de la fatigue musculaire.Si bien que l\u2019organisme qui peut fournir l\u2019adrénaline au sang peut rendre à ses muscles lassés cette même rapidité d\u2019action qu\u2019ils avaient au repos.L\u2019accroissement de la ventilation pulmonaire, la redistribution du sang s\u2019écoulant 4 haute pression, l\u2019augmentation du nombre de globules rouges libérés par la rate, pourvoient à l\u2019apport essentiel d\u2019oxygène et à l\u2019évacuation des déchets acides .En résumé, tous ces changements tendent directement à augmenter l\u2019efficience de l\u2019organisme au cours du violent déploiement d'énergie que peuvent comporter la peur ou la colère.» (Cannon) Mais, là encore, 1l s\u2019agit de réactions momentanées sans perturbations physiologiques chroniques.A quoi tiendrait-elle cette perturbation chronique de l\u2019organisme qui fait que l\u2019individu souffrant d\u2019hypertension ne peut se remettre au travail sans une exacerbation de ses symptômes qui, d\u2019ailleurs, ne disparaissent que partiellement au repos.La réponse se trouve, très satisfaisante, dans les travaux sur les réflexes conditionnels, le système végétatif et les fonctions corticales de 400 l Ava.MÉDicaL Avril 1946 Pavlov et de ses successeurs, dont Popov, qui, en 1932, a démontré que les réflexes conditionnels anciennement fixés dans l\u2019organisme font obstacle au « frayage » de voies nouvelles.La force et la résistance des habitudes anciennes, les efforts répétés que nécessite Ja constitution de nouveaux réflexes conditionnés est tout juste la notion physiologique, remarquable, 1l va sans dire, dont se réclament les psychiâtres pour soutenir leur pathogénie et leur thérapeutique des troubles neuro- végétatifs, telle l\u2019hypertension artérielle sans troubles organiques.THÉRAPEUTIQUE Le repos.\u2014 Chez nos patients, mis au repos durant les recherches cliniques, on a observé une baisse appréciable de la tension maxima, soit de 10 à 50 degrés.Quant aux signes neuro-végétatifs d\u2019instabilité, ils ne cèdent pas aussi vite : tels sont surtout les étourdissements, les palpitations, les maux de tête, les crises de tachycardie, les frémissements musculaires, les douleurs précordiales, etc.Et, fait digne de mention, chez la plupart de ces patients 1l existe, à la seule palpation au niveau de la pointe du cœur, une douleur, une sensibilité exagérée.Chez un de nos patients, entre autres, nous pouvions constater une hyperesthésie cutanée au même endroit.Ceci illustre bien ce que peut produire une fixation angoissée et obsédante d\u2019une région où un patient se croit traumatisé.Notion à rapprocher de l\u2019organ language des Américains, de la causalgie de l\u2019amputé gardant une conscience douloureuse du membre disparu.La psychothérapie.\u2014 Une discussion franche avec le patient des traumatismes émotionnels du jeune âge, de sa situation actuelle, de ses possibilités intellectuelles fut systématiquement employée.Nous avons évité particulièrement toute mention du mot nerveux.La psychothérapie réussit à condition d\u2019être et de n\u2019étre que positive.La mise au clair des conflits provoque l\u2019apaisement affectif.Les crises anxieuses, les exacerbations lipothymiques diurnes disparaissent graduellement.En deux ou trois jours, le patient quitte la salle générale et se rend au gymnase ou à l\u2019atelier de réadaptation.Les troubles subjectifs alors disparaissent à condition encore de convaincre le patient que son cœur est en tout normal, Avril 9146 Lavar MÉDicaL 401 que ses bruits circulatoires au coucher sont des choses normales, qu\u2019il en est ainsi des palpitations survenant à l\u2019occasion d\u2019une émotion.Depuis, 12 de nos patients ont été libérés de l\u2019armée.Les huit autres ont reçu des catégories inférieures.Six des 12 libérés se sont rapportés à la clinique externe des vétérans, se plaignant de leur travail dans le civil.Rébabilitation civile.\u2014 L\u2019un d\u2019entre eux est à l\u2019emploi du C.P.R.et ne se plaint de rien, mais sa tension artérielle se maintient à 180/100.Il nous visite régulièrement pour une entrevue hebdomadaire durant laquelle la méthode free association est employée.Souvent, nous n\u2019avons fait que suggérer un changement de travail pour voir disparaître un état d\u2019invalidité.Tel est le cas de F., d\u2019Arvida, électricien sur les lignes à haute tension à l\u2019Aluminium Company qui x fut assigné à un travail moins angoissant et se porte très bien.L\u2019insulinothérapie.\u2014 Elle est actuellement employée pour amener une sédation drastique chez un autre patient.Combien n\u2019a-t-on pas vu d\u2019hypomaniaques admis à la clinique psychiatrique avec hypertension artérielle, guéris de leur hypomanie et, aussi, de leur hypertension après le traitement de shock.Il nous a déjà été donné d\u2019observer que l\u2019hypoglycémie provoquée produit une sédation du sympathique sans pour cela se rendre jusqu\u2019au shock.Chimiothérapie et psychothérapie.\u2014 Une dose de deux grains et demi de phénobarbital, trois fois par Jour, associée à une entrevue psycho- thérapique journalière nous à permis une prise de contact beaucoup plus rapide avec les misères subconscientes dont souffrent ces individus.Nous poussons actuellement nos recherches plus loin.L\u2019électrocardiogramme fut positif dans un cas d\u2019hypertension, donnant une courbe positive de spasme des coronaires.Une dose de nembutal de un grain et demi, une heure avant la prise de la courbe, associée à des exercices préalables de relichement musculaire est actuellement à l\u2019étude.N\u2019a-t-on pas réussi, chez des épileptiques, à rendre la courbe de l\u2019électro-encéphalogramme négative par un sommeil hypnotique, modifiant assez radicalement un diagnostic et une thérapeutique ? 402 Lava\u2026 MÉDicaL Avril 1946 Pourquoi ne réussirions-nous pas à modifier un électrocardiogramme en faisant relâcher un état de spasmogénie par le sommeil hypnagogique ou, encore, par la narcose ?CONCLUSION Pour le moment, nous nous permettons de conclure que, dans les 20 cas étudiés, nous avons observé la fixation manifeste dans l\u2019hypertension d\u2019un mode d\u2019expression émotionnelle.Nous avons pu, même, dégager un tableau psychologique saisissant et particulier à la personnalité de l\u2019hypertendu.De plus, une chimiothérapie, associée à une psychothérapie suivie, a donné des résultats évidents et modifié sensiblement les réactions affectives excessives et prolongées chez nos patients, en plus d\u2019extirper cette conviction morbide, souvent cause d\u2019imvalidité, qu\u2019est la conviction de souffrir d\u2019une « maladie de cœur ».Quant à la stabilité possible de tels résultats, elle ne pourra être affirmée qu\u2019après des examens de contrôle, poursuivis pendant plusieurs années.C\u2019est ce que nous nous proposons de faire, ajoutant déjà un bon nombre de nouveaux malades sujets à investigation.BIBLIOGRAPHIE 1.BroussEAU, A., Système végétatif et pathologie mentale.Encyclopédie méd.chir.1'É édition 1-1937.2.CANNON, W.B., Wisdom of the body, Norton, New-York, 1932.3.Dancey et Ross, Lecture on heart complaints among the recruits in the army, faite au Montreal Psychiatric Meeting, 1944.4.Kraines, S.H., The therapy of neurosis and psychoses.2¢ édit., Lea ¢» Febiger, Philadelphia, 1943. MÉDECINE ET CHIRURGIE PRATIQUES LA BIOPSIE Son utilité et son interprétation Depuis que la médecine s\u2019est dégagée de sa tournure spéculative pour entrer dans le domaine scientifique, le médecin a l\u2019impérieux devoir de se munir de tous les moyens que lui fournissent les laboratoires, pour poser un diagnostic précis et guider la thérapeutique.Or, de toutes les méthodes d\u2019investigation courantes de laboratoire, la biopsie est, sans \u201c contredit, l\u2019une des plus importantes et des plus fructueuses.La biopsie consiste dans le prélèvement, chez le malade, d\u2019un fragment de tissu vivant qui comprendra du tissu pathologique et du tissu sain.La pièce excisée est ensuite examinée au microscope.« L\u2019histolo- giste compétent », comme l\u2019a écrit si justement Pierre Masson (1), « reconnaît, à coup sûr, les tumeurs les unes des autres, des inflamma- .tions et des tissus sains.II sait distinguer les cancers les uns des autres, mais, en présence d\u2019une lésion inflammatoire, il hésite souvent à désigner son agent pathogène.» Au mois d\u2019avril 1935, lors de la souscription nationale au Fonds Bessborough pour le dépistage du cancer, on avait adopté la devise (1) Pierre Masson.Les tumeurs.\u2014 Diagnostics bistologiques, p.715. 404 Lavar.MÉDICAL Avril 1946 suivante : « Tuez le cancer avant qu\u2019il ne vous tue y».Or, de la clinique, de la radiologie et de la biopsie, celle-ci est la méthode d\u2019investigation la plus sûre pour dépister Ie cancer au début.Disons tout de suite que la prise de cette biopsie, pratiquée le plus souvent sous anesthésie locale, n\u2019est nullement dangereuse.Mais, pour la faire correctement afin de permettre au pathologiste un diagnostic précis, le chirurgien doit procéder de façon à prélever un fragment suffisant par une section franche dans le tissu sain et malade.Certains ont laissé entendre, à tort, que ce prélèvement provoquait l\u2019introduction de cellules cancéreuses dans les fins capillaires sectionnés au cours de la manipulation et qu\u2019elle favorisait ainsi l\u2019apparition, à distance, de tumeurs secondaires.La pratique journalière de cette Intervention, répandue de plus en plus dans tous les Services hospitaliers, en démontre l\u2019innocuité.Quel est celui qui peut soutenir, avec preuves à l\u2019appui, qu\u2019une intervention chirurgicale dans un foyer inflammatoire con- iribue à essaimer l\u2019infection dans l\u2019organisme ?Pourtant, les données sont les mêmes.Mais, dira-t-on, a) cette biopsie est-elle vraiment nécessaire quand le diagnostic clinique est 1rréfutable ?b) n\u2019est-ce pas perdre un temps précieux que d\u2019attendre quelques Jours pour connaître le rapport histologique ?c) enfin, n\u2019est-1l pas préférable de pratiquer une seule intervention, en enlevant tout le foyer, quitte à connaître, plus tard, la nature exacte et le degré de malignité de la lésion ?Telles sont les principales objections que l\u2019on entend formuler.A.La première semble de prime abord la plus sérieuse.En effet, le médecin compétent peut, le plus souvent, par les seuls signes cliniques, diagnostiquer un cancer de la peau ou du sein qui évolue depuis des mcis.Même là, il est très important de connaître le type cellulaire car, souvent, les caractères histologiques du néoplasme peuvent orienter et, parfois, Avril 1946 LavAa\u2026 MÉpicAL 405 modifier du tout au tout la thérapeutique.Ainsi, certaines tumeurs nécessitent la radiothérapie ou la radiumthérapie avant la cure chirurgicale, et vice versa.1.\u2014 BIOPSIE SUR LES TISSUS ÉPITHÉLIAUX DE REVÊTEMENT Il ne faut pas oublier que la biopsie trouve surtout et avant tout son application, non pas dans les cas extrêmes de cachexie cancéreuse, mais dans les nombreuses lésions ambiguës de la peau et de certaines cavités (bouche, vessie, col utérin, etc.).Ces lésions se présentent tantôt sous forme d\u2019une masse mal délimitée, bourgeonnante et ulcérée, tantôt sous forme d\u2019un bourrelet induré, violacé, également ulcéré, à bords irréguliers et qui, comme dans la forme précédente, s\u2019étend progressivement sans aucune tendance à la guérison.La durée et les caractères cliniques les apparentent à la crasse sénile (baso-cellulaire), au lupus, à la syphilis et enfin aux mycoses.Dans tous ces cas, médecins et dermatologistes les mieux avertis restent souvent perplexes.C\u2019est alors que seule la biopsie établira le diagnostic d\u2019une façon précise, et partant, orientera la thérapeutique.2.\u2014 BIOPSIE SUR LES GANGLIONS Parfois le problème se pose sur le système Iymphopoiétique de la chaîne cervicale, axillaire, sus-claviculaire ou inguinale.Ici la clinique se trouve en présence d\u2019un puzzle que, parfois, l\u2019histologiste même, ne pourra résoudre.En effet, le système lymphopoiétique est sujet d\u2019une part, à des lésions organoïdes propres et, d\u2019autre part, à des lésions secondaires, inhérentes à son rôle d\u2019organe de filtration.Lésions organoïdes.\u2014 Dans le premier cas, l\u2019hypertrophie et l\u2019hyperplasie des constituants cellulaires du ganglion, expriment une réaction tumorale bénigne, dont l\u2019étiologie nous est inconnue.Nous sommes alors en présence d\u2019un lymphadénome.Par ailleurs, le ganglion peut présenter un bouleversement anarchique, tant au point de vue de la topographie que de la structure cellulaire ; dans ce cas, les limites de la tumeur sont imprécises et, le plus souvent, \u201d 406 Lavar MÉDicaL Avril 1946 les cellules sarcomateuses ont dépassé la capsule et fusent dans les tissus avoisinants.Il s\u2019agit soit d\u2019un [ymphosarcome, soit d\u2019un réticulo- sarcome.Lésions secondaires.\u2014 Dans le second cas, les lésions sont purement inflammatoires.Les unes témoignent de l\u2019existence d\u2019un foyer infectieux dans le voisinage qui, par ses produits élaborés (toxine, etc.) influence la multiplication des éléments lympho-réticulaires du ganglion : c\u2019est le ganglion 1rrité.Les autres, au contraire, sont constituées par un granulome à évolution aiguë, sub-aiguë ou chronique dont l\u2019agent étiologique est parfois facilement décelable par des examens bactériologiques.Il s\u2019agit alors d\u2019un microbe du pus, d\u2019un foyer tuberculeux ou mycosique.Quelquefois, l\u2019infection relève d\u2019un agent difficile à déceler, tel les virus : v.g.mononucléose infectieuse.Organe de filtration.\u2014 Dans leur rôle d\u2019organe de filtration, les ganglions retiennent des cellules néoplasiques métastatiques, élaborées par une tumeur primitive sise dans le voisinage.Celle-ci déverse dans les vaisseaux lymphatiques des cellules qui vont aboutir et se multiplier dans le relais ganglionnaire.Ces tumeurs peuvent provenir de la bouche, du sein, de l\u2019estomac, du poumon, etc.Enfin, les ganglions sont le siège d\u2019un processus de nature inconnue, caractérisé par la présence de cellules spéciales, volumimeuses, multi- nucléées, d\u2019origine réticulaire, mêlées à des éosinophiles, des lymphocytes, des plasmocytes, etc.Cette entité histologique correspond à la maladie de Hodgkin.Il est important d\u2019ajouter que l\u2019on aura presque toujours recours à la biopsie pour préciser la nature des tumeurs du sein, du col et de la cavité utérine, du rectum, de la vessie, etc.En effet, que de malades ont eu la vie sauve, grâce à un examen histologique précoce.Par ailleurs, combien d\u2019autres sont morts par suite de tâtonnements, de négligence ou d\u2019erreur de diagnostic clmique.J\u2019ai vu mourir de cancer généralisé, une Jeune femme, qui, porteuse d\u2019une petite tumeur axillaire, n\u2019a cessé, pendant les cinq mois qui ont précédé la biopsie, d\u2019exprimer vainement ses craintes à son médecin. Avril 1946 Lava\u2026 MÉDiIcaAL 407 3.\u2014 HISTOLOGIE DES LIQUIDES D\u2019ÉPANCHEMENTS DE NATURE NÉOPLASIQUE En plus de l\u2019étude des tissus de revêtement, des organes [ympho- poïétiques et des lésions viscérales facilement accessibles, 1l arrive fréquemment que nous soyons obligés de porter un diagnostic cytologique sur des liquides d\u2019épanchements ou d\u2019excrétion de nature néoplasique.Ces lésions se rencontrent, en particulier, dans la plèvre, dans la cavité péritonéale et même dans le rein.Ces liquides d\u2019épanchements ou d\u2019excrétion (urine), renferment presque toujours, dans les cas de tumeurs, des petits amas ou des bourgeons de cellules néoplasiques facilement décelables, Pour ce faire, il s\u2019agit de centrifuger les liquides pour obtenir un culot assez volumineux qui sera par la suite fixé, et conduit comme une biopsie.Depuis plusieurs années, nous avons eu à nous féliciter de l\u2019emploi de cette technique qui rend le diagnostic beaucoup plus facile et beaucoup plus sûr.B.\u2014 Ajoutons que, contrairement à l\u2019énoncé de la deuxième objection (durée de la technique bistologique), le diagnostic peut être établi dans les 24 heures, avec la technique courante effectuée sur une pièce de petites dimensions ; ou, encore, dans quelques minutes [orsqu\u2019on utilise la méthode de congélation.Cette méthode, par ailleurs, est dangereuse s\u2019il s\u2019agit de porter un diagnostic sur du tissu provenant des ganglions.C.\u2014 Enfin, nous croyons que la troisième objection, (recommandant l\u2019intervention d\u2019emblée, quitte à connaître plus tard la nature histologique de la pièce), est condamnable.En effet, des erreurs graves dans le diagnostic clinique sont assez fréquentes.Tous les pathologistes ont, dans leurs dossiers, des rapports de lésions tuberculeuses, syphilitiques, mycosiques ou autres, considérées cliniquement comme du cancer.J'ai présent à la mémoire une demande d\u2019un examen histo-patholo- gique (à la suite d\u2019une amputation de la verge) dont le diagnostic clinique était étiqueté : cancer ou syphilis ? 408 Lava\u2026.MEbpicaL Avril 1946 Ce court exposé nous montre, d\u2019une façon 1rréfutable, l\u2019importance de la biopsie dans le dépistage, non seulement du cancer, mais aussi des lésions inflammatoires de toutes sortes, spécifiques ou non.C\u2019est pourquoi, on peut dire avec raison, que la biopsie est le fil d\u2019ariane qui conduit presque infailliblement au diagnostic et qu\u2019elle doit être considérée comme la sentinelle dans le cancer.La technique chirurgicale de la biopsie sera donnée à la fin de ce symposium.J.-Édouard MORIN, M.C.R.M.(C.), Directeur des Laboratoires de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement. BUUREN LES MALADIES ET LESIONS PRECANCEREUSES Des observations cliniques, en partie déjà anciennes, avaient montré que le cancer prenait souvent naissance dans des tissus qui étaient le siège de lésions antérieures.Une analyse plus détaillée et l\u2019étude systématique et statistique d\u2019un nombre plus considérable de cas fit constater que certaines lésions étaient suivies de cancer d\u2019une façon particulièrement fréquente, de sorte qu\u2019on a appelé lésions précancéreuses les « états pathologiques qui sont s1 fréquemment l\u2019origine de cancers que le fait ne peut être le résultat du hasard » (Darier).Cette fréquence est cependant assez variable et 1l est impossible de la déterminer avec précision, mais même les documents imparfaits que nous possédons permettent de distinguer deux grandes classes de lésions précancéreuses : l\u2019une, où la transformation cancéreuse est fréquente ; l\u2019autre, où le cancer apparaît plus rarement, mais néanmoins plus souvent que dans les tissus apparemment sains correspondants.On pourrait ainsi distinguer entre lésions précancéreuses dans le sens strict du mot ou proprement dites, et entre lésions précancéreuses dans le sens large ou éventuelles.Deux exemples feront mieux comprendre la différence : le xeroderma pigmentosum ou la polypose colique, une fois leur diagnostic posé, imposent un pronostic réservé, puisque les probabilités d\u2019une transformation cancéreuse sont grandes ; une cicatrice, méme vicieuse, ou un lupus nous feront seulement envisager la possibilité de l\u2019apparition ultérieure d\u2019un cancer.Il y a une troisième catégorie de lésions précancéreuses que l\u2019on pourrait appeler individuelles ou occasionnelles et qui constituent un problème surtout histopathologique.Il s\u2019agit de lésions apparemment 410 Lavar.MÉbicaL Avril 1946 banales, comme une érosion du col utérin ou un nodule de sclérose mammaire, dans lesquelles on trouve à l\u2019occasion des lésions hyperplasiques d\u2019un caractère un peu particulier, parfois métaplasiques, qui, par certaines irrégularités ou atypies cellulaires, dépassent les caractères habituels des hyperplasies sans cependant être déjà franchement cancéreuses, qui « sentent le cancer » comme disent un peu familièrement certains pathologistes.- A.\u2014 LES MALADIES PRÉCANCÉREUSES PROPREMENT DITES La facilité de l\u2019observation des lésions au niveau des téguments, tant au point de vue clinique que biopsique, à voulu que, de toutes les lésions précancéreuses, celles de la peau soient les mieux connues et les plus nombreuses, tandis que celles des tissus profonds nous sont encore en partie inconnues.1.La maladie ou dyskératose de Bowen est caractérisée par l\u2019apparition de papules lenticulaires qui se transforment en plaques croûteuses serpigmeuses, dont la surface est, suivant les cas, suintante, granuleuse ou très légèrement papillomateuse.Ces plaques sont uniques ou multiples et s\u2019étendent lentement, en involuant souvent dans la zone centrale.Elles peuvent siéger à n'importe quel endroit de la peau glabre.Dans la majorité des cas, il est difficile de faire clmiquement un diagnostic diffe- rentiel avec le psoriasis, voire les syphilides tertiaires ou les kératoses séniles, et une biopsie est nécessaire pour étayer le diagnostic.Les lésions peuvent évoluer lentement et rester presque stationnaires durant de longues années, mais sont souvent suivies d\u2019un épithélioma dans lequel persistent les aspects du début : dyskératose et kératinisation de cellules individuelles ; polymorphisme nucléaire trés marqué avec noyaux condensés anfractueux ou tout à fait irréguliers ; cellules mal- pighiennes géantes ; vacuolisations protoplasmiques et parfois présence de « corps ronds ».On a décrit quelques rares cas de maladie de Bowen au niveau des muqueuses.2.Le « xeroderma pigmentosum » de Kaposi, dont Gaumond a rapporté ici-même \u2018une très belle observation, est une maladie familiale de type mendélien récessif, qui débute généralement durant l\u2019enfance par un érythème ou des taches pigmentaires de l\u2019aspect des éphélides. Avril 1946 Lavar MEbpicaL 411 Les lésions semblent être dues à une hypersensibilité de la peau aux rayons ultraviolets, car elles apparaissent et évoluent surtout durant l\u2019été et sont stationnaires ou peuvent régresser en hiver.Elles affectent surtout les parties découvertes, mais peuvent s\u2019étendre au tronc, voire à tout le tégument.Ces taches peuvent confluer et former des placards pigmentés.Il y a souvent des télangiectasies ou minuscules angiomes qui sont suivis de taches blanches atrophiques et de foyers cicatriciels rétractiles ; ceux-ci peuvent aussi se constituer indépendamment.Bientôt on voit apparaître un nombre plus ou moins grand de lésions verruqueuses de dimensions et de forme très variables, dont l\u2019une ou l\u2019autre ou plusieurs finissent par donner naissance à des épithéliomas du type baso- ou spinocellulaire ; dans quelques rares cas on a même observé des nævocarcinomes et des sarcomes.Le xeroderma pigmentosum est ainsi « par excellence une affection précancéreuse » (Darier).La radiothérapie est strictement contre-indiquée, car la sensibilité de la peau semble s\u2019étendre à ces radiations de plus petite longueur que les ondes lumineuses.3.La kératose sénile, crasse sénile ou crasse des vieillards des anciens, se rencontre chez des individus ayant passé l\u2019Âge moyen, mais surtout après 60 ans, au niveau des tempes, de la face, des oreilles, du cou et de la face dorsale des mains.Elle débute par une croûte dure, jaune brunâtre ou noire, peu élevée, qui se constitue sur une peau présentant par ailleurs des phénomènes atrophiques ou d\u2019hyperpigmentation.Dans un cinquième des cas, un épithélioma spinocellulaire prend naissance sur une ou plusieurs de ces crasses et poursuit ensuite son évolution locale et métastatique.4.La corne cutanée est apparentée à la kératose sénile, sur laquelle elle se développe dans la majorité des cas, et est également suivie d\u2019épithé- lioma dans un pourcentage substantiel des cas.5.L\u2019arsenicisme cutané ou la kératose arsenicale peut être due à l\u2019inhalation de vapeurs, mais Se rencontre surtout au cours de la thérapeutique arsenicale.La disposition individuelle Joue un rôle indiscutable, car les lésions peuvent être précoces, apparaître au cours du mois qui suit une injection unique, ou se manifester seulement de nombreuses années après une cure arsenicale.Les lésions siègent de préférence à la 412 Lavar.MÉDICAL Avril 1946 face, au cou et aux extrémités, mais peuvent aussi intéresser le tronc.Elles peuvent rappeler certaines phases du xeroderma pigmentosum et s\u2019accompagnent en particulier assez souvent de télangiectasies.Après une phase verruqueuse apparaissent des épithéliomas spinocellulaires qui peuvent être multiples.6.La maladie du brai des goudronneurs, paraffineurs, etc, aboutit au cancer par une succession de symptômes assez semblable à celle de l\u2019arsenicisme.7.La radiodermite professionnelle chronique mène également très souvent au cancer après une phase atrophiante, puis verruqueuse.8.La leucoplasie des muqueuses, dont l\u2019étiologie syphilitique a été quelque peu exagérée, même en admettant l\u2019action de facteurs adjuvants comme celle du tabac, est assez souvent suivie de cancer pour que Darier ait pu la considérer comme précancéreuse «au premier chef ».Nous venons d\u2019énumérer les affections dermatologiques précancé- reuses essentielles.Darier y ajoute l\u2019érythroplasie de Queyrat, affection plutôt rare, la maladie de Paget du sein et les nevi.En ce qui concerne ces derniers, il est vrai que la majorité des mélanomes malins (nævo- carcinomes; « mélanosarmes ») prennent naissance sur des nævi, mais la proportion entre les mélanomes, qui ne constituent qu\u2019un faible pourcentage des néoplasmes malins, et les nævi, qui sont extraordinairement fréquents, est tellement petite, qu\u2019il nous semble difficile de considérer les nævi comme précancéreux au même titre que les affections susmentionnées.Quant à la maladie de Paget du sein, classée comme dyské- ratose éminemment précancéreuse, il semble, de plus en plus, que les lésions mamelonnaires sont constituées par l\u2019envahissement et la propagation intra-épidermiques d\u2019un épithélioma, généralement intra-canali- culaire, à évolution souvent très lente, de la glande mammaire sous- jacente et qu\u2019elles sont par conséquent, déjà cancereuses des leur apparition.Parmi les lésions des autres tissus, qui sont précancéreuses par excellence, 1l y a : 9.Le syndrome de Plummer-Vinson, d\u2019origine probablement héréditaire, qui est caractérisé par une atrophie des muqueuses digestives Avril 1946 Lavar.MÉDICAL +13 supérieures et une anémie achlorhydrique, accompagnées d\u2019une chute précoce des dents et d\u2019une mollesse des ongles (« en cuillère »), et suivi d\u2019un cancer buccal, pharyngien ou cesophagien chez la femme.II est intéressant de noter que le cancer peut étre évité par une thérapeutique préventive par le fer et l\u2019acide chlorhydrique., 10.La «côlite » polypeuse, mieux appelée\u2018 polypose intestinale, puisqu\u2019elle n\u2019est pas due à un processus inflammatoire, et qu\u2019elle peut intéresser tout l\u2019intestin, est nettement héréditaire et peut-être la maladie précancéreuse par excellence, car elle est suivie de cancer dans la grande majorité des cas.Elle se présente sous forme de saillies adénomateuses multiples, sessiles ou pédiculées, prédominant au niveau du côlon, mais pouvant s\u2019étendre au grêle et même à l\u2019estomac.La maladie peut débuter dans l\u2019enfance et la transformation cancéreuse, parfois simultanée au niveau de plusieurs polypes, peut être précoce ; elle se fait de préférence dans le segment terminal.11.Les papillomes de la vessie : l\u2019expérience nous montre que la plupart de ces tumeurs, lorsqu\u2019elles sont laissées en place ou imparfaitement extirpées, récidivent et se transforment en cancers ; elles constituent à ce titre un exemple assez rare dans le domaine de la pathologie humaine, où un néoplasme bénin devient assez régulièrement malin.12.La môle bydatiforme du placenta est un autre néoplasme bénin qui semble être assez souvent suivi d\u2019un cancer sous forme de chorio- épithéliome ; s\u2019il est vrai que beaucoup de ces derniers sont précédés d\u2019une môle, les statistiques sont cependant assez discordantes en ce qui concerne le pourcentage des môles qui deviennent cancéreuses.13.Le lymphadénome à follicules géants ou la maladie de Brill : il s\u2019agit là d\u2019une hypertrophie d\u2019un ou de plusieurs ganglions lymphatiques, qui est caractérisée par une hyperplasie systématisée et conjointe de tous les éléments du ganglion (par conséquent avec conservation de sa structure générale), dans laquelle les follicules avec leurs centres clairs occupent une place prépondérante.Cette lésion peut régresser et disparaître complètement, mais dans une assez grande proportion des cas elle est suivie, à échéance plus ou moins longue, soit d\u2019un lympho- ou réticulo- sarcome, Soit d\u2019une leucémie.(5) 414 Lavar.MÉpicaL Avril 1946 B.\u2014 LÉSIONS PRÉCANCÉREUSES ÉVENTUELLES À côté de ces lésions précancéreuses proprement dites, il y en a toute une série d\u2019autres, où le cancer apparaît moins fréquemment, mais encore assez souvent pour qu\u2019il soit possible de leur attribuer un certain rôle dans la genèse néoplasique.À cet ordre de lésions appartiennent : 13.La neurofibromatose de von Recklinghausen qui est caractérisée par des tumeurs multiples d\u2019origine nerveuse surtout tégumentaires, mais pouvant aussi apparaître au niveau des viscères et du cerveau.Dans un cinquième des cas, l\u2019une de ces tumeurs subit une transformation maligne et constitue un « sarcome neurogène ».\u2018 14.La maladie osseuse de Paget ou ostéite déformante (qu\u2019il importe de distinguer de l\u2019ostéite fibreuse de von Recklinghausen) dans laquelle on trouve assez souvent des « tumeurs brunes » se présente histologique- ment sous forme de tumeurs à myéloplasies, dont certaines sont susceptibles de se transformer en sarcomes ostéoclastiques.15.Les næmn que nous avons discutés plus haut.16.Les cicatrices de brûlures, sur lesquelles un épithélioma peut naître à plus ou moins longue échéance, parfois après une trentaine d\u2019années.17.Le lupus tuberculeux qui peut être suivi d\u2019un épithélioma ou plus rarement d\u2019un sarcome, et les fistules tuberculeuses.18.La maladie de Hodgkin ou le lymphogranulome malin qui, après une phase de « paragranulome » et de granulome, peut se terminer dans certains cas par une phase franchement sarcomateuse.19.Le mycosis fongoïde dont la terminaison se fait parfois sous forme d\u2019un lymphosarcome.20.La maladie de Reclus ou « mastite » chronique kystique, sur laquelle peut se constituer un épithélioma mammaire ; cette transformation nous semble cependant moins fréquente que ne le prétendent beaucoup d\u2019auteurs.21.Les ulcères variqueux.22.Les pneumokonioses.23.Les kystes « sébacés » qui sont le plus souvent des kystes épider- moides.24.Les ulcères de l\u2019estomac. Avril 1946 Lavar.MÉDicaL 415 Il est très difficile d\u2019estimer, même approximativement, le degré de prédisposition au cancer de toutes ces lésions, car 1l nous faudrait des données statistiques et histologiques encore plus précises et plus générales que celles dont nous disposons actuellement.On est donc plus ou moins forcé de se laisser guider dans ce domaine par des impressions et par l\u2019expérience personnelle.C\u2019est dire qu\u2019il est difficile de décider quelles maladies et lésions peuvent être classées comme précancéreuses dans le sens large du mot, car 1l semble que, d\u2019une façon générale, le cancer prenne naissance de préférence dans des tissus antérieurement modifiés.Nous savons qu\u2019environ 90% des cancers de la vésicule biliaire naissent sur une cholélithiase et qu\u2019à peu près 70% des cancers hépatiques sont précédés d\u2019une cirrhose, mais il serait exagéré de classer les cholélrthiases et les cirrhoses parmi les maladies précancéreuses, même dans le sens large du mot.L\u2019omission de certaines lésions dans notre énumération, que d\u2019aucuns s\u2019attendaient à y voir figurer, n\u2019a d\u2019autre justification que la difficulté d\u2019établir avec précision ce point de démarcation.C.\u2014 LES LÉSIONS PRECANCEREUSES OCCASIONNELLES Un dilemme analogue, mais d\u2019une façon plus individuelle, se pose à l\u2019histopathologiste au cours de certains examens de routine.S\u2019il est simple en théorie de marquer les différences entre une lésion hyper- et néoplasique, il peut parfois devenir bien malaisé de distinguer l\u2019une de l\u2019autre en pratique.Tout porte à croire que, dans maints cas, le cancer est précédé d\u2019une phase purement hyperplasique et que, dans d\u2019autres, la prolifération néoplasique débutante peut être tellement typique qu\u2019il est parfois impossible d\u2019en affirmer la nature maligne.On peut évidemment se laisser guider par le critère fondamental qu\u2019une croissance pathologique n\u2019est cancéreuse que lorsqu\u2019elle est envahissante et que l\u2019expression morphologique de cet envahissement est donnée par la « rupture de la basale ».Ce critère est heureusement suffisant dans la grande majorité des cas, mais 1l fait défaut dans quelques-uns, où la prolifération cellulaire respecte encore la basale, mais s\u2019accompagne d\u2019atypies cellulaires, de mitoses irrégulières et d\u2019une propagation intra- épithéliale qui sont généralement l\u2019apanage du cancer.Certains cas de maladie de Paget du sein ou d\u2019épithéliomas intra-canaliculaires de la \u2018 416 Lava\u2026 MÉpicaL Avril 1946 glande mammaire (intra-duct carcinoma) 1llustrent bien ces faits.Il est donc possible qu\u2019une lésion, encore « bénigne » à un point de vue strictement histologique, puisse être en réalité « maligne » biologiquement, ce qui revient à dire que l\u2019histopathologie, elle aussi, a ses limites.,Pour ne citer qu\u2019un exemple : 1l arrive assez souvent que, dans une érosion glandulaire du col de l\u2019utérus, l\u2019une ou l\u2019autre des glandes est transformée en plage cellulaire solide, qui est encore bien limitée, mais dont les éléments sont irréguliers, présentent d\u2019assez nombreuses mitoses et se substituent aux cellules normales situées en amont ou en aval.Ce dernier caractère correspond à un envahissement mitigé qui n\u2019est pas sans rappeler le cancer intra-canaliculaire du sein.Il est cependant malheureusement impossible de faire toujours la distinction entre un pareil envahissement épithélial et une hyperplasie un peu atypique se propageant de proche en proche par transformation de cellules jusque-là normales.Le diagnostic dans ces cas ne pourrait donc être catégorique, mais l\u2019aspect peut justifier l\u2019histopathologiste d\u2019émettre l\u2019opinion qu\u2019il corréspond peut-être à un état précancéreux.Or, des phénomènes de cet ordre ne sont pas limités aux lésions du col, mais s\u2019observent dans beaucoup d\u2019autres organes, en particulier au niveau de la glande mammaire.Une dernière question peut se poser : des néoplasmes bénins peuvent-ils étre considérés comme précancéreux?Nous croyons pouvoir répondre dans l\u2019ensemble négativement Il est, p.e., exceptionnel qu\u2019un adénome du sein devienne cancéreux ; nous n\u2019en avons jamais observé personnellement, mais nous nous souvenons de deux cas, où un épithélioma avait pris naissance dans le voisinage immédiat d\u2019un adénome.Toutefois, les sarcomes mammaires semblent de préférence prendre naissance au niveau du stroma d\u2019un adénome, mais leur exceptionnelle rareté ne permet guère de considérer les fibro-adénomes comme présarco- mateux.Il en est de même pour les sarcomes de l\u2019utérus, dont une partie sont précédés de fibro-myomes, et pour l\u2019immense majorité des néoplasmes bénins en général.Nous avons fait allusion, plus haut, à trois exceptions : la polypose intestinale, les papillomes de la vessie et la môle hydatiforme du placenta, qui sont, par contre, précancéreux dans le sens propre du mot.II semble donc que, dans l\u2019ensemble, une lésion Avril 1946 Lavar.MÉDicAL 417 hyperplasique simple ait plus de chances de devenir cancéreuse qu\u2019un néoplasme bénin.Avant de terminer, il peut être intéressant de faire remarquer que la question des lésions précancéreuses vient d\u2019être attaquée expérimentalement par Cowdry et une équipe de collaborateurs.Ces recherches ont montré que, quelques heures après l\u2019application d\u2019un carcinogène sur la peau de la souris, les endroits badigeonnés présentent des changements profonds du métabolisme cellulaire qui se traduisent même par des modifications morphologiques.Le métabolisme aboutit à un nouvel équilibre qui est caractérisé par une baisse marquée en calcium, en fer, en lipides, en cholestérol, en cuivre et en biotine, tandis que le sodium, le potassium, le magnésium et l\u2019acide ascorbique sont normaux ; quant aux changements morphologiques, 1ls consistent surtout dans une augmentation du volume cellulaire avec diminution du rapport nucléo-plasmatique.Entre l\u2019apparition de ce nouvel équilibre et celle du cancer chez la souris s\u2019écoule un laps de temps qui correspond grossièrement à celui de la durée des lésions précancéreuses chez l\u2019homme.Cowdry pense qu\u2019il est donc probable que les cellules de ces lésions précancéreuses humaines se trouvent, au moins sous certains rapports, également dans un nouvel équilibre, qui diffère de celui des tissus normaux correspondants.L\u2019étude à peine ébauchée de cet équilibre précancéreux ne permet encore aucune conclusion, mais semble être pleine d\u2019avenir, en particulier en vue de la guérison des lésions précancéreuses par des efforts tendant à ramener l\u2019ancien équilibre normal.Louis BERGER, F.R.C.P.(C.) Professeur de Pathologie générale et d\u2019Anatomie pathologique à l\u2019Université Laval. REVUE ENDOCRINOLOGIQUE \u201c LE CLIMATÈRE MASCULIN MATÉRIEL D'ÉTUDE \u2014 OBSERVATIONS Dixième observation : E.B., 58 ans, nous est adressé, par un médecin, en avril 1943, pour hypertension artérielle avec syndrome angineux.Depuis quelques mois, il ressent fréquemment, à l\u2019occasion du moindre effort, des douleurs à la poitrine, sous forme de barre ou de pesanteur au niveau du sternum ou bien de serrement dans tout le thorax.La dyspnée empêche pratiquement la montée des escaliers et les promenades à pied.Il a souvent des vertiges, de la céphalée, des engourdissements aux membres inférieurs.Il doit uriner fréquemment le jour.Il ne peut dormir sans le secours de somnifères.Depuis les derniers mois, la puissance sexuelle a diminué considérablement.L\u2019examen du cœur ne montre aucune lésion organique ; on y entend un fort clangor aortique.La pression artérielle est de 204/144.Les urines sont normales.Le Bordet-Wassermann est négatif.Les oscillations sont normales aux membres inférieurs.Le traitement est institué comme suit : propionate de testostérone, 25 mgms, trois fois par semaine.On recommande également du phénobarbital.L\u2019éloignement du malade nous empêche de suivre ultérieurement le cours du traitement qui est appliqué par son médecin.Quatre mois plus tard, toute thérapeutique (testostérone en injection et en ingestion) est suspendue.La pression se maintient à 154/72.Le malade ne ressent aucune douleur angineuse.Tous les troubles fonctionnels : urinaires, (1) Voir Laval! Médical, 11 : 318, (mars) 1946. Avril 1946 LavaL MEpicaL 419 circulatoires et sexuels sont complètement disparus.Après un an, sans aucune médication, le patient peut nous écrire : « Je puis faire de longues marches et d\u2019un pas assez rapide, sans ressentir aucune douleur au cœur ni être obligé de me reposer ».Onzième observation : A.D, 61 ans.Lorsqu\u2019il consulte pour la première fois, en 1940, il souffre de sensations d\u2019engourdissements des mains et des pieds.II se plaint de faiblesse aux membres inférieurs, de refroidrissements constants des pieds avec fourmillements.I est à tel point sensible au froid qu'il doit quitter son occupation de livreur de pain.L\u2019examen du cœur, de la pression artérielle et des urines ne révèle rien de pathologique.Le diagnostic d\u2019artérite oblitérante des membres Inférieurs est confirmé par la mesure des oscillations qui sont fortement diminuées aux deux membres inférieurs.Un traitement prolongé par des injections d\u2019acécholine procure peu de soulagement au malade.En avril 1943, nous revoyons le patient qui accuse toujours les mêmes troubles circulatoires aux jambes et aux pieds.En plus, il se plaint de dyspnée d\u2019effort, et de sensations douloureuses à la région précordiale.Il est nerveux, dort mal, est fortement émotif, pleure facilement, est découragé.Toute activité sexuelle lui est devenue tout à fait indifférente.La pression artérielle est de 192/124.Les oscillations demeurent très faibles aux membres inférieurs.Sous l\u2019effet d\u2019injections de 25 mgms de propionate de testostérone, au rythme de trois par semaine, puis subséquemment 10 mgms, trois fois par semaine, les phénomènes douloureux et paresthésiques diminuent au niveau des pieds.La marche est plus facile.La pression artérielle baisse à 154/96.Malgré la prolongation du traitement, bientôt tous les mêmes troubles réapparaissent.Quatre mois après le début du traitement par le testostérone, cette thérapeutique est suspendue, le malade ne semblant pas en retirer de bénéfices.Douzième observation : J.B., 54 ans, consulte pour asthénie physique et psychique.Se dit toujours fatigué, sans résistance au travail.Il est nerveux, irritable, impatient.Recherche la tranquillité, la solitude.II est distrait au travail, sans enthousiasme, sa mémoire est paresseuse.Il dort mal.Eprouve de la dyspnée ou des palpitations au moindre effort comme à la moindre émotion ou contradiction.Est très frileux ; sa peau est plutôt sèche ; ses ongles sont friables.Les mictions ne sont pas trop fréquentes, mais se font à jet plutôt lent.L'appétit sexuel est normal ; les érections sont faciles, mais les coïts sont laborieux.Le cœur est 420 Lavar MÉpicaL Avril 1946 normal.La pression artérielle est de 128/74.Le métabolisme basal est de \u201412%.Il reçoit deux injections par semaine de 25 mgms de propionate de testostérone, pendant un mois et demi, puis on remplace les injections par des linguettes, 5 mgms, de méthyl-testostérone, à la dose de deux par jour.L'amélioration clinique tarde à se manifester, et ce n\u2019est qu\u2019en prolongeant le traitement pendant plusieurs semaines que l\u2019on voit, graduellement, s\u2019atténuer la plupart des troubles plus haut mentionnés.Le patient reprend le goût des activités physiques ; son psychisme se modifie progressivement mais la persistance d\u2019ennuis familiaux empêche le complet redressement du déséquilibre émotif.Treizième observation : T.D., 62 ans.Malgré son Age, il ne présentait aucun trouble physique ni psychique jusqu\u2019au milieu de l\u2019année 1944, alors que, subitement, et sans raison apparente, il commença à ressentir des douleurs thoraciques vagues.Bientôt ces douleurs augmentèrent d\u2019intensité et se précisèrent ; elles prirent la forme de serrements pénibles au milieu du thorax.Elles étaient provoquées par une marche rapide, une émotion, une contrariété ou une inquiétude.Flles s\u2019accompagnaient d\u2019angoisse qui alertait fortement le malade habituellement calme.Il devint graduellement nerveux, inquiet, en proie à des crises de désarroi mental qui, au milieu d\u2019un travail intellectuel ou artistique, le laissaient dans un véritable état de panique.La mémoire devint paresseuse, la concentration laborieuse.En même temps, 1l commença d\u2019avoir moins de résistance à l\u2019effort.II présenta de la pollakiurie nocturne.Il maigrit assez rapidement de vingt livres.La digestion devint lente, accompagnée de flatulence.Le cœur était normal.La pression artérielle de 160/90.L\u2019examen électrocardiographique du cœur ne montra aucune anomalie.Les urines étaient normales.Après avoir pris, pendant un mois, du méthyl-testostérone à une dose auss1 faible que un comprimé par Jour, le malade accuse une sensation de bien-être inespérée.Le sommeil est redevenu naturel et réparateur.Les troubles psychiques et nerveux se sont tous amendés.La vigueur physique et intellectuelle est retrouvée.La quiétude a remplacé l\u2019anxiété.Les sensations de serrements médio-thoraciques sont moins fréquentes et moins angoissantes.le patient note, avec surprise, que l\u2019eczéma qu\u2019il avait sur les mains, depuis des années, tend à disparaître graduellement.Il continue encore la même médication et aucun symptôme climatérique ne semble vouloir récidiver. Avril 1946 LAvaL.MÉDICAL 421 Quatorzième observation : A.M., 45 ans (patient du Dr G.Drouin que nous avons eu l\u2019avantage d\u2019observer avec lui).Se plaint, depuis trois ans et demi, de fatigabilité facile et excessive, d\u2019asthénie constante.A moins de facilité pour les travaux intellectuels et la concentration qui ne se font que sous contrainte.Est irritable, impatient, nerveux.Il ressent fréquemment des douleurs précordiales, à caractère angineux ainsi que des douleurs à la nuque.Est dyspnéique, sujet aux palpitations.Depuis quelques mois, l\u2019appétit sexuel s\u2019est émoussé, malgré que persiste la capacité d\u2019érection.Il est obèse ; poids 230 ; taille 5 pi.3 po.A l\u2019auscultation du cœur, on entend les bruits assourdis, sans signes de lésions organiques.La pression artérielle est de 130/90.Le métabolisme basal est de \u2014 18%.Il est soumis au traitement suivant : propionate de testostérone, 10 mgms, trois fois par semaine, en injection et extrait thyroidien : 34 gr.par jour.Sous l\u2019action de cette thérapeutique, le malade accuse une grande amélioration de tous ses troubles.II est moins dyspnéique, n\u2019a plus de douleurs précordiales, retrouve sa facilité habituelle pour le travail intellectuel.Son poids baisse de 230 à 221 livres.Après un mois de ce traitement, comme certains troubles physiques et psychiques persistent, et que le poids du malade subit de fréquentes variations, la dose de testostérone est augmentée à 75 mgms par semaine tandis que l\u2019extrait thyroïdien est prescrit à dose presque négligeable.Ces fortes doses de testostérone produisent rapidement une atténuation de tous les symptômes ; le poids reste cependant stationnaire entre 220 et 222 livres.Les réactions du malade à cette thérapeutique sont inconstantes.Pour lui procurer une sensation de bien-être, avec disparition des signes cardiaques et des troubles psychiques 1l faut bientôt diminuer graduellement la dose de testostérone, 10 mgms deux fois par semaine, et augmenter la dose d\u2019extrait thyroïdien (1 grain par jour).Ce malade chez qui le syndrome climatérique est venu compliquer l\u2019obésité antérieure s\u2019est comporté de façon bien spéciale vis-à-vis du traitement androgénique.Dans la première étape du traitement les hautes doses de testostérone furent rapidement efficaces.Subséquemment l\u2019extrait thyroidien s\u2019est avéré plus utile et plus opérant que l\u2019hormone sexuelle masculine.Les variations dans le volume total des urines que nous avons observées sous l\u2019action alternée de cette double 422 Lavar MeEpicaL Avril 1946 thérapeutique peuvent rendre compte de ces réactions inaccoutumées, tel que nous le verrons plus loin.Quinziéme observation : E.B., 52 ans, est hospitalisé dans le Service de médecine de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement, en mai 1943, pour des troubles cardiaques et névropathiques marqués.L'histoire de ses troubles remonte à trois mois, alors qu\u2019il a commencé de se sentir fatigué, déprimé, nerveux.Il est porté au découragement.Il dort mal, se plaint de céphalée constante, avec vertiges et bourdonnements d'oreilles.Il est dyspnéique, a constamment une sensation d\u2019engourdissement aux jambes.Se dit frileux.D'autre part, il [ui arrive fréquemment d\u2019avoir des accès de transpiration profuse.Il est anorexique, digère lentement, est porté à la constipation.Il présente des troubles urinaires : mictions lentes, difficiles à amorcer et se faisant à Jet fin ; pollakiurie nocturne.Il a récemment maigri de 30 livres.Les examens fournissent les renseignements suivants : cœur: arythmie extra-systolique.Bradycardie à 60, pression artérielle 115/78- Urines normales.Glycémie, 1.40% 0.- Métabolisme basal, \u20148%,.Electro- cardiogramme : « Signes de prédominance ventriculaire gauche.Présence, dans toutes les dérivations, d\u2019extra-systoles d\u2019origine sinusale ».Les oscillations sont fortement diminuées au niveau des membres inférieurs.Poids du malade : 265 livres.Le diagnostic est posé : troubles psychiques, nerveux et cardio-vasculaires du climatère.Le traitement est ainsi institué : propionate de testostérone, en injection, 25 mgms trois fois par semaine, pendant trois semaines, puis, 10 mgms trois fois par semaine, pendant les cinq semaines suivantes.Dès la deuxième semaine du traitement, les troubles urinaires diminuent, le malade dort mieux, a meilleur appétit, engraisse de six livres.Les troubles circulatoires des membres inférieurs disparaissent : l\u2019indice oscillométrique a passé de 14 et 1 à 4 et 415 au '/; inférieur des jambes.La pression artérielle et le pouls accusent peu de changements.Le patient abandonne alors complètement tout traitement, 1l se sent physiquement mieux, mais présente toujours un état névropathique que la thérapeutique a peu influencé.Seizième observation : E.S.O., 70 ans.L\u2019âge de ce patient ne devrait pas lui permettre de figurer dans cette série d\u2019observations, mais la singularité des troubles qu\u2019il présentait et la surprenante efficacité de l\u2019hormonothérapie dans son cas, nous autorisent à rapporter son histoire clinique. Avril 1946 L.avaL MEbpicaL 423 Ce patient accuse, depuis quelques mois, des sensations constantes de douleurs et gonflements dans les pieds, avec chaleur, souvent intolérables.Ces phénomènes sont exacerbés par la station debout et la marche ; la position couchée en diminue l\u2019intensité.À l\u2019examen, on trouve que les deux pieds sont rouges et très chauds.Ces constatations font poser le diagnostic d\u2019érythromélalgie.A cause d\u2019une histoire antérieure de glycosurie passagère, le malade subit des examens d\u2019urines et épreuves d\u2019hyperglycémie provoquée dont les résultats sont parfaitement normaux.L\u2019azotémie est normale, la pression artérielle est de 210/110.Les réflexes sont normaux.L\u2019examen du cœur ne montre aucune lésion.Les oscillations sont normales aux deux membres inférieurs.Ce malade avait déjà reçu d\u2019un médecin des injections d\u2019acécho- line qui avaient exacerbé les phénomènes douloureux.Il est alors soumis à un traitement par le propionate de testostérone, à la dose de 25 mgms deux fois par semaine.Après quelques injections de ce produit, les douleurs et sensations de cuisson aux pieds diminuent rapidement.La marche et la station debout ne causent plus les ennuis antérieurs.La pression artérielle baisse à 168/80.Quatre mois plus tard, le malade ayant suspendu le traitement, les sensations thermiques et douloureuses réapparaissent.Le traitement repris, à raison de trois injections de 25 mgms par semaine, procure de nouveau la sédation des douleurs.Le patient ressent en même temps plus de vigueur physique et intellectuelle.Les injections de testostérone ont été subséquemment remplacées par le méthyl-testostérone en comprimés de 10 mgms qu\u2019il prend encore actuellement à la dose de un ou deux par jour.Cette dernière médication suffit à empêcher le retour des phénomènes érythromélalgiques.Les oscillations récemment contrôlées aux pieds et aux Jambes demeurent normales.Le malade avoue cependant que les longues marches occasionnent encore un peu de douleur et gonflement aux deux pieds.Chez ce malade, la thérapeutique androgénique a, en somme, influencé favorablement deux ordres de symptômes de pathogénie tout à fait différente : l\u2019hypertension artérielle et l\u2019érythromélalgie.Dix-septième observation : R.P., 52 ans.Lorsqu\u2019il consulte pour la première fois, en 1942, R.P.se plaint de faiblesse générale, d\u2019asthénie marquée au moindre 424 Lavar MepicaL Avril 1946 effort prolongé.Tout travail physique ou intellectuel lui répugne.Il est nerveux, inquiet, émotif, hypocondriaque.II se croit atteint alternativement de cardiopathie, d\u2019ulcère d\u2019estomac ou de prostatisme.Il fait largement usage de médicaments variés : digestifs, sédatifs nervins, toniques, etc.Le sommeil est difficile, agité, troublé par de fréquents besoins d\u2019uriner.A l\u2019examen, on constate que le cœur est normal.La pression artérielle est de 138/108.L\u2019azotémie, de 0.41% g.La cholestérinémie, de 4.28%o.La glycémie à jeun, de 1.36%g.Le métabolisme basal, de +19%.L\u2019électrocardiogramme est normal.Les urines sont normales.La prostate est légèrement augmentée de volume.La radiographie du tube digestif ne montre aucune anomalie de l\u2019estomac ni de l\u2019intestin.Le malade reçoit trois injections par semaine, de 10 mgms de pro- pionate de testostérone.On conseille en même temps un cholagogue.Le traitement est suivi de façon très irrégulière.Le malade alterne à sa guise les injections de testostérone et les piqûres de toniques variés.Malgré cette inconstance dans le traitement prescrit, le patient accuse une amélioration manifeste à plusieurs points de vue.Le sommeil est meilleur.La capacité de travail et la persévérance dans l\u2019effort reviennent plus normales.Les mictions sont plus faciles et moins fréquentes.La pression artérielle qui subissait de fréquentes variations (de 108/62 à 138/108) se maintient généralement à 132/92.Le taux du cholestérol sanguin baisse à 2.21%g.Les troubles digestifs sont grandement améliorés, malgré que viennent, de temps en temps, des spasmes gastriques.L\u2019état psychique du malade n\u2019a cependant pas retrouvé une stabilité idéale.Il lui arrive encore souvent de subir des périodes de dépression et de tristesse, mais le souvenir qu\u2019il a des bienfaits retirés des injections de testostérone, le fait, chaque fois, recourir de nouveau à cette thérapeutique de ses jours sombres.Dix-buitième observation : X.T., 59 ans, est admis à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement en novembre 1944 pour syndrome ang neux.L'histoire des crises cardiaques remonte à environ dix ans.Peu fréquentes au début et de moyenne intensité, ces crises surviennent trois ou quatre fois par semaine, depuis quelques mois.Elles sont provoquées par le moindre effort, une marche, une émotion, un simple effort de toux.Les sensations douloureuses sont ressenties à la région sternale sous forme de point, de crampes ou de constriction qui irradient entre les épaules et aux membres supérieurs, surtout à gauche.Le malade évite volontairement les marches et les montées d\u2019escalier.Il se plaint de dyspnée facile.Il est nerveux, Avril 1946 Lava.MÉDpicaL 425 dort mal.Urine plusieurs fois le jour et la nuit.Est anorexique, a une digestion laborieuse.A fréquemment des maux de tête.II a récemment perdu du poids.L\u2019appétit et la capacité sexuels sont très diminués.L\u2019examen du malade permet les constatations suivantes : cœur, normal.Pression artérielle, 125/78.Azotémie, 0.15%g.Urines, normales.Métabolisme basal, \u20147%.La radiographie pulmonaire laisse voir une aorte déroulée et élargie.Electrocardiogramme : (12 nov.1944) « Arythmie sinusale.Segment S-T abaissé de un millimètre en D-II et D-III.Légère diminution du voltage du groupe Q-R-S.T positif mais d\u2019amplitude diminuée : suspicion d\u2019insuffisance coronarienne ».Le patient était habituellement obligé de rester au repos presque complet.Il prenait régulièrement des comprimés d\u2019 aminophylline, ce qui n\u2019empêchait pas la venue de crises angineuses qu\u2019il devait calmer par le nitrite d\u2019amyle ou la trinitrine.Cette médication est alors suspend ue et remplacée par des injections de propionate de testostérone : 25 mgms, trois fois par semaine.Dès les premiéres injections, le malade accuse un changement marqué dans son état général.Il se sent plus fort.Deux semaines après le début du traitement, 1l peut marcher sans dyspnée ni douleurs thoraciques ; 1l peut gravir les marches de deux escaliers sans ressentir aucun malaise cardiaque.Après un mois de traitement par le testostérone, les doses sont diminuées progressivement.Le malade continue de se dire bien.Il n\u2019a pas fait une seule crise angineuse pendant le mois ; 1l n\u2019a pas eu recours une seule fois à la trinitrine.II dort mieux.Marche sans dyspnée ni angoisse.Sa pression artérielle varie entre 112/80 et 126/80.Le chiffre du métabolisme basal est de \u20148%.Le taux del\u2019azote sanguin est resté à 0.15%.Un tracé électrocardiographique obtenu à ce moment se lit comme suit : « Rythme régulier, d\u2019origine sinusale, au taux de 75 par minute.Aucune anomalie ».L'analyse comparative des deux tracés électrocardiographiques permet au cardiologue qui en fait la lecture les commentaires suivants : « Comme le segment S-T est remonté à la ligne 1so-électrique et que l\u2019amplitude de l\u2019onde T est augmentée, on peut en déduire une amélioration de la circulation coronarienne ».Sans autre médicament que le testostérone, ce patient qui faisait régulièrement trois ou quatre crises graves d\u2019angine de poitrine par | semaine, qui prenait en vain des médicaments vaso-dilatateurs variés, 426 Lava\u2026 MÉDICAL Avril 1946 ce patient peut maintenant se permettre des activités physiques nombreuses sans l\u2019angoisse d\u2019un serrement thoracique.Nous avons eu l\u2019occasion d\u2019observer, chez ce malade, les variations du métabolisme général, les variations du taux de l\u2019urée et des chlorures sanguins et urinaires, au cours de l\u2019administration du testostérone.Ces constatations seront rapportées plus loin, lorsque nous parlerons du mode d\u2019action de l\u2019hormone sexuelle masculine dans le climatère (1), , SOMMAIRE ANALYTIQUE DES OBSERVATIONS Si on fait l\u2019analyse des observations que nous venons de rapporter et qu\u2019on évalue la fréquence des symptômes constatés, on obtient les pourcentages suivants : Troubles nerveux et psychiques : NervosIté.ooooviiiieiiiii i, 559, Dépression nerveuse.45% Insomnie.ereer renier reserve 45% ANgOISSE.e ee arr e as a arr sers cesser recrue 40% IrritaDilité.\u2026\u2026.eee res eee rr rares ee, 35% Auto-dépréciation.\u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026srs 35% Emotivité.cL, 35% Distraction.35% 724 19-\u20ac (A 4 30% Troubles de concentration.30% Troubles de la mémoire.259, Crises de larmes.cooooiiiiiiiii 20% Troubles vaso-moteurs et neuro-circulatoires : Céphalée.occooiiii 55% Bourdonnements d\u2019oretlle.3597, Palpitations.UTR res 30% Vertiges.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.rreerreerrrr race renr ere erren rec 30% Paresthéstes.25% Engourdissements et refroidissements des extrémItes.ecran racer are 25% Frilosité.ee eee e eee ee rer een 20% Eblouissements visuels.159, Beuffées de chaleur.109, \u2014 (1) Chez tous les malades dont nous avons rapporté les observations, le propionate de testostérone fut administré sous forme de « Perandren ), et le méthyl-testostérone, sous forme de @ Métandrène ) (comprimés et linguettes) qui furent mis gracieusement à notre disposition par la Compagnie Ciba, Ltée.Nous lui en exprimons nos remerciements. Avril 1946 [.avarL MEDICAL 427 Troubles généraux et constitutionnels : Faiblesse générale.75% Fatigabilité.rene ssrn ere aanne 50% Amailgrissement.\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026ernennes 40% ANOFEXIE.\u2026.\u2026.eee ere a ere a eee enr seee 30% Troubles digestifs.30% Constipation.20% .Myalgles.ccooiiiiiiiiei 159, Tendance a Pobésité.c 109, Arthralgies.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026\u2026rrsrsiecsssererneneaanse 5% Douleurs abdominales.5% Dermatoses \u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026ncnricrcercrrenssruee 59; Troubles génitaux-urinaires : Troubles urinaires.(Fréquence et troubles de la miction).o 50% Impuissance sexuelle.40% Perte de la libido.25% Hypertrophie de la prostate.20% Troubles\u2019 cardio-vasculaires : Hypertension artérielle.70% Dyspnée.\u2026.\u2026.\u2026rrierrrsrerss verrererssere serres 55% Syndrome angineux.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026s 40% Syndrome pseudo-angineux.20% Bradycardie.\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026\u2026errss creer enr sesseee 20% Troubles circulatoires des membres 1n- fErIOUIS.cenit Se, 159, Tachycardie.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026rrcerrresrssrsressenerrnee 10% Hypotension artérielle.10% Examens de laboratoire : Métabolisme basal abaisse (\u201410% à \u2014 30).ec eac creer enr rar ere caca re nescrn rene ses 70% Métabolisme basal élevé (4 199%).10% Métabolisme basal normal.20% Azotémie normale ou basse.85% Azotémie élevée.15% Cholestérinémie élevée.50% Anomalies de l\u2019électrocardiogramme.\u2026\u2026\u2026 20% CHAPITRE IV PATHOGÉNIE DU CLIMATÈRE MASCULIN Après avoir étudié la symptomatologie du climatère masculin et en avoir vu, à l\u2019aide d\u2019observations, les principaux aspects cliniques, il 428 LavAr MÉDICAL Avril 1946 importe maintenant de rechercher une explication pathogénique de ce syndrome.Jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, la plupart des auteurs qui ont étudié le problème de la ménopause de l\u2019homme, l\u2019ont fait surtout du point de vue clinique et ceux qui ont cherché à en préciser l\u2019étiologie ont unanimement avoué sa complexité.Gold et Markham (14) concluent ainsi d\u2019une étude sur cette question : « Le climatère masculin constitue un des problèmes les plus complexes dans le processus du vieillissement.La symptomatologie en est excessivement variée.L\u2019étiologie est confuse et indéterminée ».Puisque, du simple point de vue clinique, le syndrome climatérique présente de fortes analogies avec la symptomatologie bien connue de la vieillesse, il n\u2019est peut-être pas sans intérêt de rappeler les facteurs qui conditionnent le vieillissement normal et de se demander si ce ne sont pas les mêmes causes qui agissent dans les deux cas.Ce problème du vieillissement a retenu récemment l\u2019attention de plusieurs médecins et biologistes.Une science nouvelle s\u2019est même créée \u2014 la gérontologie \u2014 qui s\u2019est donné pour rôle d\u2019étudier les changements physiologiques, biologiques et pathologiques qui surviennent dans la sénescence et la sénilité.Des études de Nascher, Bancroft, Davis, Carlson et Thewlis, dans ce domaine, 1l ressort que, vers la soixantième année, l\u2019organisme de l\u2019homme commence à perdre graduellement de sa vitalité générale.Les processus anaboliques (de réparation) se ralentissent pendant que s\u2019accélèrent les phénomènes cataboliques (usure tissulaire et ralentissement des métabolismes).La vitesse des phénomènes d\u2019oxydation diminue.La nutrition est défectueuse, par suite du ralentissement des échanges, et de l\u2019insuffisance de la circulation causée par la sclérose vasculaire progressive.Tous ces phénomènes intimes, qui amènent une transformation générale de l\u2019organisme et qui témoignent du ralentissement du métabolisme général, sont favorisés et accélérés par le déclin fonctionnel de la plupart des glandes endocrines.En effet, depuis longtemps on a constaté que l\u2019insuffisance thyroïdienne, hypophysaire, surrénalienne ou gonadique produisent des effets « sénilisants ».De nombreux autres facteurs peuvent intervenir qui retarderont ou accélèreront les processus du vieillissement : des facteurs héréditaires, la fréquence des maladies, Avril 1946 LAvaL MÉDICAL 429 le genre d\u2019alimentation, les habitudes de vie, le genre d\u2019occupation, le climat, des facteurs économiques, etc.Le vieillissement apparaît, en somme, comme la marche progressive de l\u2019organisme vers le déclin de ses activités fonctionnelles.Cette involution de l\u2019organisme est favorisée par des déficiences poly-glandu- laires et sa rapidité est influencée par de nombreux facteurs extérieurs.Considérant le problème du vieillissement de cette manière, la question suivante se pose : les facteurs responsables du vieillissement sont-ils les mêmes qui opèrent dans le climatère masculin, ou, plus précisément, le syndrome climatérique dépend-il d\u2019une insuffisance pluriglandulaire ?Certains auteurs ont déjà soulevé l'hypothèse d\u2019une insuffisance thyroïdienne à l\u2019origine du climatère masculin.L'identité de certains symptômes de l\u2019hypothyroïdie avec ceux que l\u2019on observe au retour d\u2019âge de l\u2019homme justifient, de prime abord, cette hypothèse : la fatigue, la frilosité, la sécheresse de la peau, les troubles de la mémoire, la diminution de la puissance sexuelle.Mais, l\u2019analyse attentive des symptômes dominants du climatère masculin \u2014 fréquence de la nervosité, de l\u2019amaigrissement et de l\u2019hypertension artérielle, inconstance de l\u2019abaissement du métabolisme basal (70%) et de l'augmentation du cholestérol sanguin (50%) \u2014 ne permet pas d\u2019y reconnaître une manifestation évidente d\u2019insuffisance thyroïdienne primitive.L\u2019intervention de la surrénale dans la production du syndrome climatérique n\u2019a jamais été soutenue de façon bien sérieuse.Si l\u2019asthénie, la fatigabilité, l\u2019amaigrissement, les troubles sexuels, l\u2019abaissement du métabolisme basal sont des symptômes communs à l\u2019insuffisance surrénale et au climatère masculin, l\u2019étude des électrolytes du sang (augmentation du K sanguin dans l\u2019insuffisance surrénale), le chiffre de la pression artérielle, la nature des troubles psychiques ne plaident aucunement en faveur d\u2019une étiologie surrénalienne.D'ailleurs, l\u2019insuccès de la thérapeutique à base d\u2019extraits cortico-surrénaux et même l\u2019aggravation (6) 430 LavAu MÉDiCAL Avril 1946 fréquente de l\u2019état du malade par cette médication viennent confirmer cette manière de voir.À cause de l\u2019influence prépondérante de l\u2019hypophyse sur les testicules, il semblait logique de supposer que l\u2019insuffisance hypophysaire pouvait être la condition principale de l\u2019apparition de la ménopause de l\u2019homme.Cette hypothèse pathogénique ne semble plus résister maintenant à la critique qu\u2019en ont faite certains expérimentateurs.En effet, des auteurs ont démontré récemment (27) que non seulement l\u2019hypophyse n\u2019est pas déficiente lors du climatère masculin, mais qu\u2019elle est même en état d\u2019hyperactivité.Cet hyperfonctionnement pituitaire, dit de réaction, a été démontré par Hellers et Myers (6) qui, dans la majorité des cas de.syndrome climatérique qu\u2019ils ont étudiés, ont trouvé une augmentation appréciable du taux des gonadotropines urinaires.S\u2019il était nécessaire d\u2019apporter un autre argument contre l\u2019hypothèse d\u2019une étiologie hypophysaire du climatère, nous pourrions ajouter que l\u2019administration d\u2019extraits hypophysaires n\u2019a jamais modifié l\u2019évolution de la ménopause de l\u2019homme.Tandis que l\u2019hormone testiculaire peut en corriger pratiquement tous les symptômes.Comme le laissaient supposer l\u2019Âge particulier où survient le climatère de l\u2019homme, la similitude des symptômes avec la ménopause féminine et l\u2019importance des troubles sexuels, c\u2019est du côté des testicules qu\u2019il faut chercher l\u2019explication pathogénique de ce syndrome.Les arguments en faveur de cette étiologie sont nombreux et ils nous sont fournis par la clinique et le laboratoire.La ressemblance entre les symptômes que l\u2019on constate chez l\u2019homme au climatère et ceux que l\u2019on observe chez la femme à la même période, servit, pour certains auteurs, de preuve suffisante pour affirmer l\u2019identité des mécanismes dans les deux syndromes.Sachant que la ménopause féminine est conditionnée par l\u2019insuffisance ovarienne, on en conclut que le climatère masculin devait également être causé par l\u2019imsuffisance gonadique.Un autre argument apporté en faveur de l\u2019étiologie testiculaire du syndrome climatérique, c\u2019est la similitude des modifications générales et métaboliques qui surviennent chez l\u2019homme à la ménopause et chez Avril 1946 LAvar.MÉDICAL 431 l\u2019eunuque.En effet, l\u2019eunuchisme, qui représente la forme la plus complète de l\u2019insuffisance testiculaire, s\u2019accompagne de troubles psychiques, vaso-moteurs, circulatoires et génitaux que l\u2019on retrouve, bien que de façon atténuée, chez l\u2019homme «au retour d\u2019âge ».Les éléments essentiels de similitude résident surtout dans le profil des troubles métaboliques.Des les deux cas, on retrouve un abaissement général du métabolisme de base, une augmentation de l\u2019élimination rénale du phosphore inorganique, du potassium, de l\u2019urée, du sodium et des chlorures avec un abaissement correspondant du taux de ces électrolytes dans le sang et, enfin, une augmentation du volume des urines.Enfin, la troisième preuve d\u2019ordre clinique est fournie par l\u2019épreuve thérapeutique.Tel que nous l\u2019avons déjà dit, la disparition des symptômes climatériques est si impressionnante à la suite de l\u2019administration de l\u2019hormone sexuelle masculine, que cette seule efficacité thérapeutique milite en faveur de l\u2019origine testiculaire du syndrome.Une autre constatation qui vient confirmer cette opinion, c\u2019est que tous les troubles climatériques réapparaissent si l\u2019on suspend brusquement le traitement.Si la clinique fournit déjà des éléments de présomption en faveur de cette étiologie, le laboratoire seul peut apporter des éléments de certitude.À cette fin, on a pratiqué des dosages des substances andro- géniques dans les urines, afin de s\u2019en servir comme index de l\u2019activité gonadique et comme moyens de déterminer s\u2019il y avait réellement insuffisance testiculaire dans le climatère masculin et d\u2019en apprécier le degré.La mesure de l\u2019activité testiculaire se faisait autrefois uniquement d\u2019après des méthodes biologiques dont, principalement, le « test de la crête de chapon » proposé par Callow (28) en 1936, et qui fut modifié par Frank et ses collaborateurs (29) en 1942.Cette méthode, qui était basée sur la capacité d\u2019une substance androgénique de provoquer la croissance de la crête chez un coq castré, fut remplacée par la méthode colorimé- trique, pourtant plus ancienne (1935), de Zimmermann.Cette dernière épreuve jugée longue, compliquée, laborieuse et qui prêtait à de fré- 432 Lavar MEbicaL Avril 1946 quentes erreurs d\u2019interprétation, fut subséquemment modifiée par plusieurs auteurs : Wu et Chou, (Esting et Webster, Callow et ses collaborateurs, Friedgood et Whidden et, enfin, Wooster (30) qui proposèrent chacun leur technique.Ces épreuves, basées sur des réactions colorimétriques, ont pour but la recherche, qualitative et quantitative, dans les urines de l\u2019homme, de substances appelées 17-kétostéroïdes (31).Ce composé stéroide, dont le groupe cétone se trouve dans la position 17 du noyau, est le produit de transformation et d\u2019élimination urinaire de \u2019hormone testiculaire (testostérone) et de quelques-unes des stéroides de la cortico-surrénale.Sa présence et son taux dans les urines témoignent de l\u2019activité fonctionnelle de l\u2019écorce surrénale et des testicules.Cependant, ces substances (17-kétostéroïdes) ne sont pas un témoin fidèle et rigoureux du fonctionnement testiculaire.En effet, les 17-kétostéroïdes comprennent des substances (œstrogènes) dont l\u2019activité biologique n\u2019est pas androgénique (32) et qui doivent être élimrmnées au cours de l\u2019épreuve.D'autre part, certaines substances essentiellement androgéniques n\u2019y sont pas incluses.Tenant compte de l\u2019imperfection de la méthode et de la valeur limitée des informations qu\u2019elle fournit, plusieurs auteurs l\u2019ont utilisée, sinon comme une mesure précise, du moins comme un index sommaire de l\u2019activité testiculaire.On a d\u2019abord établi le taux d\u2019élimination des 17-kétostéroïdes chez l\u2019homme normal.Les chiffres fournis varient de façon appréciable, d\u2019un laboratoire à l\u2019autre (33), à tel point que, récemment, la fondation Josiah Macy Junior a cru opportun de réunir les principaux expérimentateurs dans ce domaine pour proposer plus d\u2019uniformité dans les méthoces techniques et déterminer l\u2019interprétation qu\u2019on doit en donner.On admet généralement, comme taux moyen d\u2019élimination urinaire des 17-kétostéroïdes, chez l\u2019adulte normal, le chiffre de 14 milligrammes au litre (dont 9 mgms pour la cortico-surrénale et 5 mgms pour les testicules).Le résultat des expériences de la plupart des auteurs confirme habituellement l\u2019exactitude de ce chiffre, tel qu\u2019en fait foi le tableau suivant : Avril 1946 Lavar MÉDicAL 433 Taux moyen d\u2019élimination, chez l\u2019homme normal, des 17-kétostéroïdes (exprimé en milligrammes d\u2019androstérone au litre) Homme Homme de 20 à 50 ans de plus de 50 ans Talbot et Butler (34).9 à 15 mgm \u2014 Wooster et Harold (30).12 9 Fraser et ses collaborateurs (31).13.8 1.8 à 4.2 Kenyon et ses collaborateurs (35).11.3 à 14 11.3 Comme l\u2019indique ce tableau, le taux d\u2019élimination des 17-kétosté- roïdes, malgré ses fortes variations, baisse de façon appréciable, en général, chez le vieillard.En effet, à partir de 50 ans, on note un déclin progressif et, après l\u2019âge de 60 ans, ce déclin est encore plus manifeste et accéléré à mesure que ralentit l\u2019activité des cellules de Leydig.Lorsqu\u2019on veut apprécier les résultats du dosage des 17-kétostéroïdes et s\u2019en servir comme d\u2019un critère de l\u2019activité testiculaire, il faut se rappeler les nombreux facteurs qui peuvent en faire varier le taux.D'abord, on doit se souvenir que l\u2019élimination des 17-kétostéroïdes varie, chez le même individu, d\u2019un Jour à l\u2019autre (34) et même d\u2019une partie de la journée à l\u2019autre (36).Durant le jour, le taux d\u2019élimination est plus haut le matin que le soir (30).La nuit, ce taux est plus bas et plus constant.C\u2019est pourquoi, 1l y a intérêt à faire l\u2019expérience sur les urines recueillies la nuit, afin de pouvoir obtenir ce que Wooster et Harold (30) ont appelé les « 17-kétostéroïdes de base ».Le taux de ce composé stéroïde doit être évalué d\u2019après sa concentration au litre (ce qui est beaucoup plus constant) plutôt que par 24 heures, puisque les variations du volume des urines modifient sensiblement le taux d\u2019élimination des 17-kétostéroïdes (37).Il faut aussi tenir compte que l\u2019homme en activité ou même sous l\u2019effet d\u2019une tension nerveuse, élimine plus de 17-kétostéroïdes que l\u2019homme au repos (Freeman).Enfin, il faut prendre en considération que plusieurs facteurs non-endocriniens tels que les 43-1 Lavar MÉDicaL Avril 1946 maladies chroniques, l\u2019insuffisance hépatique (34), l\u2019anémie, les infections et certains troubles de la nutrition (31) ont tendance à faire baisser le chiffre des 17-kétostéroïdes dans les urines.En résumé, le titrage colorimétrique des 17-kétostéroïdes dans les urines est sujet à de nombreuses causes d\u2019erreurs ; les chiffres qu\u2019il fournit pèchent habituellement par excès (chez les eunuques, on a trouvé des chiffres de 17-kétestéroïdes aussi élevés que 14 mgms (35) et 15 mgms (27) au litre) ; la fraction des 17-kétostéroïdes qui sert d\u2019index pour l\u2019activité testiculaire est très faible (5 mgms sur le chiffre normal de 14 mgms).Pour toutes ces raisons, la plupart des auteurs, n\u2019accordant à cette épreuve que le crédit limité qu\u2019elle mérite, l\u2019ont considérée comme une méthode plutôt au service de la recherche que de la clinique (22).Cependant, Prados (7), qui affirme avoir toujours trouvé des chiffres de 17-kétostéroïdes peu élevés et même extrêmement bas, dans le climatère masculin, y voit un élément appréciable du diagnostic.Dans l\u2019ensemble, on peut conclure que le dosage des substances androgéniques dont on espérait tant pour apporter un élément de certitude en faveur de l\u2019étiologie testiculaire du syndrome climatérique, ne fournit habituellement pas les informations précises qu\u2019on en attendait.Le manque d\u2019utilité pratique de cette épreuve a incité certains auteurs à recourir au dosage des substances gonadotropes dans les urines de l\u2019homme comme moyen indirect d\u2019appréciation de l\u2019activité testiculaire.On sait que l\u2019hypophyse commande et entretient l\u2019activité fonctionnelle des testicules et des ovaires ; que les hormones testiculaires et ovariennes, d\u2019autre part, ont une action dépressive sur l\u2019hypophyse, et, enfin, que l\u2019insuffisance et l\u2019absence des sécrétions testiculaires et ovariennes provoque un hyperfonctionnement réactionnel de la glande pituitaire.En effet, l\u2019absence des glandes sexuelles masculines et féminines ou leur insuffisance fonctionnelle empêche l\u2019utilisation, le métabolisme des hormones gonadotropes qui passent alors en ercès dans les urines.Et, de fait, chez la femme castrée ou à la ménopause, une élévation du taux des gonadotropines urinaires apparaît et persiste pour Avril 1946 Lavar MEbicaL 435 le reste de la vie (6).Chez l\u2019homme castré, on observe les mêmes phénomènes (38).L\u2019homme normal a un taux presque constant d\u2019élimination urinaire des gonadotropines : 7 4 20 unités-souris par jour (38).Chez l\u2019homme âgé, en santé, ce taux ne varie pas de façon sensible ; on n\u2019y observe pas, comme chez la femme âgée, une augmentation des gonadotropines urinaires (39).Se basant sur ces constatations, certains auteurs, dont particulièrement Heller et Myers (6), ont pratiqué cette épreuve chez des individus présentant des symptômes suggestifs du climatère masculin.S'il était possible de mettre en évidence une augmentation du taux des gonadotro- pines urinaires chez l\u2019homme au climatère, on pourrait en conclure à l\u2019insuffisance testiculaire primitive.La technique employée par Heller et Myers consiste à injecter, pendant trois jours consécutifs, à des rates âgées de 22 à 25 jours, certaines quantités d\u2019urine des sujets à examiner La quantité minime de gonadotropines urinaires qu\u2019élimine le sujet normal n\u2019est pas suffisante pour provoquer une augmentation du poids des ovaires de la rate-test tandis que les urines des individus castrés contiennent un taux suffisamment élevé de gonadotropines pour faire passer le poids normal de l\u2019ovaire de la rate de 12 mgms à 52 mgms.En pratiquant cette épreuve avec les urines d\u2019un homme au climatère, on peut, d\u2019après l\u2019intensité de stimulation de l\u2019ovaire de la rate, apprécier l\u2019existence et le degré de l\u2019insuffisance testiculaire.Les expériences de Heller et Myers ont montré que les urines de l\u2019homme au climatère contiennent un taux élevé de gonadotropines puis- qu\u2019elles provoquent une augmentation marquée du poids de l\u2019ovaire de la rate injectée.D\u2019où 1l fut conclu que l\u2019insuffisance testiculaire était réellement le facteur essentiel et primitif dans la pathogénie du syndrome climatérique.Procédant avec une technique un peu différente, nous avons pratiqué des expériences du même ordre chez quelques-uns de nos malades dont l\u2019observation est relatée dans cette étude.Ces épreuves furent appliquées d\u2019abord à un adulte normal, puis à un eunuque (âgé de 30 ans) 436 Lavar MÉDicCAL Avril 1946 pour servir de point de comparaison, puis à trois de nos patients présentant un syndrome clmique de climatère masculin.A.M.(quatorzième observation) : syndrome climatérique associé avec obésité.X.T.(dix-huitième observation) : syndrome climatérique et angine de poitrine, D.G.(dix-neuvième observation) : syndrome climatérique avec psycho-neurasthénie.EssAI BIOLOGIQUE DE L\u2019HORMONE GONADOTROPE HYPOPHYSAIRE { EXTRAITE DES URINES (1) Technique : Précipitation par l\u2019acide tannique d\u2019après la méthode de Levin (40).Extrait dilué à 6 cm.3.Injection de 1 cm.* deux fois par jour pendant trois jours à des rates d\u2019environ 25 jours.Décapitation dix-huit heures après la dernière injection.Dissection des ovaires et de l\u2019utérus.Pesée après fixation au formol.Résultats : Poids (milligrammes) Ovaires Uterus 1.Rate témoin (non Injectée).ccccoeeeenirn.19 16 2.Extrait d\u2019urine normale (vol.& « 1 »).19 28 3.P.G.Eunuque (Agé de 30 ans).47 115 4.A.M.(quatorziéme observation).18 15 5.X.T.(dix-buitiéme observation).16 18 6.D.G.(dix-neuvième observation).20 29 (1) Ces expériences furent conduites dans les laboratoires de biochimie de la Faculté de médecine de l\u2019Université Laval, par le Pr Rosaire Gingras et le Dr Édouard Pagé à qui nous désirons exprimer notre plus profonde reconnaissance. Avril 1946 Lavar MEbpicaL 437 Les résultats de nos expériences, évidemment peu nombreuses, ne sont pas en harmonie avec ceux qu\u2019ont rapportés Heller et Myers.Nous n\u2019avons pas obtenu d\u2019augmentation du poids des ovaires ni de l\u2019utérus des rates injectées avec les urines des sujets chez qui nous avions fait le diagnostic clinique de climatère masculin.Le procédé d\u2019extraction employé ne semble pourtant pas sujet à caution puisque, tel que prévu, nous avons obtenu une réaction fortement positive dans l\u2019épreuve pratiquée chez un eunuque.Il semble logique de croire que l\u2019augmentation du taux des gona- dotropines urinaires chez l\u2019homme au climatère, lors même qu\u2019elle est constante, n\u2019est pas toujours d\u2019un ordre suffisant pour se manifester par une stimulation appréciable de l\u2019ovaire des rates servant aux épreuves.Cette manière de voir semble confirmée par des expériences du même ordre faites par Kenyon et ses collaborateurs (35).Ces auteurs ont en effet observé que, même chez des eunuques par castration (dont l\u2019insuffisance testiculaire ne fait alors pas de doute), le taux des gona- dotropines urinaires n\u2019est pas nécessairement très élevé.Un argument décisif fut récemment fourni par Heller et Myers (6) pour élucider ce problème de la pathogénie du climatère masculin : les constatations histologiques des biopsies testiculaires.Examinant des fragments de testicule prélevés sur huit malades qui présentaient les manifestations les plus caractéristiques du syndrome climatérique, ces auteurs ont pu trouver les lésions anatomiques suivantes : diminution du volume et de l\u2019activité des tubes séminifères, diminution du volume et du nombre des cellules de Leydig.Ces constatations confirmaient l\u2019étiologie gonadique du syndrome ménopausique de l\u2019homme et elles démontraient, en même temps, la nature des lésions testiculaires spécifiques du climatère.Faisant suite à ces démonstrations pathogéniques, vne question se pose tout naturellement : pourquoi cette déficience testiculaire sur- vient-elle, chez certains individus, vers l\u2019âge de 45 à 50 ans?En parlant du vieillissement normal, nous avons dit que l\u2019involution des glandes génitales de l\u2019homme se faisait habituellement par un pro- 438 Lavar MEvbicaL Avril 1946 cessus lent et insidieux.Chez l\u2019homme normal, l\u2019atrophie testiculaire progressive se produit à un rythme si régulier, opérant sur un si grand nombre d\u2019années, qu\u2019un réajustement glandulaire a Ie temps de se faire en vue d\u2019un équilibre endocrinien nouveau.Or, il arrive que, chez certains individus, le déclin de la fonction testiculaire survient trop brusquement, trop précocement et que le réajustement glandulaire normal n\u2019a pas le temps de s\u2019opérer.A cause des relations étroites qui existent entre le système endocrinien et le système nerveux, il s\u2019ensuit un désiquilibre neuro-endocrinien qui conditionne et explique tous les symptômes du climatère.Ce déclin brutal et prématuré des fonctions testiculaires peut être provoqué par de nombreux facteurs : troubles inflammatoires ou infectieux locaux, infections générales aiguës ou chroniques, intoxications, maladies chroniques, troubles nutritifs, avitaminoses et surtout avitaminose B (Biskind et Biskind (41), Bessey et Walbrook), les excès sexuels.ÇCes différents facteurs produisent des troubles nutritifs ou circulatoires locaux qui entraînent des phénomènes de sclérose et d\u2019atrophie des testicules, sans cependant en modifier l\u2019aspect extérieur.Il s\u2019ensuit un état réfractaire, une insensibilité biologique des testicules aux influences de l\u2019hypophyse, une diminution ou une perte de l\u2019activité fonctionnelle de ces glandes.Tous les symptômes que l\u2019on observe lors du climatère masculin peuvent se justifier de ce déséquilibre neuro-endocrinien provoqué par l\u2019insuffisance de sécrétion hormonale des testicules.Les troubles psychiques, nerveux, vaso-moteurs et sexuels que l\u2019on observe chez l\u2019homme à la ménopause s\u2019expliquent assez facilement par la seule notion du déséquilibre nerveux et endocrinien.Mais, il est plusieurs autres manifestations du climatère dont la pathogénie n\u2019est pas aussi évidente et dont 1l ne sera peut-être pas superflu de tenter de fournir l\u2019explication.Troubles urinaires : Les troubles urinaires que présente l\u2019homme au climatère tiennent à deux causes : la diminution du tonus vésical et l\u2019hypertrophie de la prostate.La diminution du tonus vésical est un phénomène qui s\u2019ob- Avril 1946 Lavar MEpicaL 439 serve pratiquement toujours dans les cas d\u2019insuffisance testiculaire (6).Lippross (13) en a même montré le degré par des mesures cystométriques précises.L\u2019hypertrophie de la prostate constitue ur problème excessivement complexe et la variété des explications qu\u2019on en a donné indique bien l\u2019incertitude dans laquelle on est au sujet de sa pathogénie.Les uns, Lucherman et Laqueur, ont prétendu que l\u2019insuffisance testiculaire qui est à l\u2019origine du climatère masculin entraîne un déséquilibre entre les androgènes et les œstrogènes.La diminution des androgènes permettrait l\u2019action libre des œstrogènes qui s\u2019exercerait sur la prostate en y provoquant l\u2019hypertrophie.Cette opinion semblait être confirmée par les expériences de Moore et Miller (15) qui avaient constaté une augmentation du taux d\u2019élimination des œstrogènes chez les prostatiques.Mais, récemment, Heckel (17), ainsi que Skibbaet et Irwin (63), ont fortement ébranlé cette hypothèse en montrant les résultats favorables qu\u2019ils avaient obtenus, grâce à l\u2019emploi des œstrogènes, dans le traitement de l\u2019hypertrophie de la prostate.D\u2019autres auteurs, Lower, Engle et McCullagh ont émis l\u2019hypothèse que, lors du climatère masculin et à cause de l\u2019insuffisance testiculaire, 1l manque un facteur (qu\u2019ils ont appelé inhibitin) qui, normalement, inhibe l\u2019hypophyse et empêche ainsi l\u2019hypertrophie de la prostate.Ces hypothèses ne rendent pas compte de phénomènes assez contradictoires et qui sont d\u2019observation facile : l\u2019homme âgé dont les glandes testiculaires vieillissent et vont en s\u2019atrophiant présente souvent de l\u2019hypertrophie de la prostate que l\u2019on corrige par l\u2019administration d\u2019hormone sexuelle masculine.D\u2019autre part, l\u2019eunuque a habituellement une atrophie de la prostate et par l\u2019administration d\u2019hormone testiculaire on produit une augmentation du volume de cet organe.Il semble logique d\u2019en conclure que l\u2019hypertrophie de la prostate, chez l\u2019homme à l\u2019âge climatérique, ne tient pas seulement à un déséquilibre hormonal ; qu\u2019elle est favorisée, en plus, par l\u2019intervention de nombreux autres facteurs (inflammatoires et infectieux) peut-être mal connus, mais dont il ne faut pas méséstimer l\u2019importance.C\u2019est ce qui expliquerait les insuccès habituels du traitement hormonal qu\u2019on lui applique. 440 LavaL MEbpicaL Avril 1946 Troubles cardio-vasculaires : La fréquence des troubles cardio-vasculaires (hypertension artérielle et angme de poitrine) lors du climatére et leur disparition si impressionnante sous effet de \u2019ad ministration d\u2019hormone testiculaire ont incité plusieurs auteurs à chercher le mécanisme de leur production.La conclusion de ces expériences fut unanime : l\u2019insuffisance de sécrétion de l\u2019hormone testiculaire produit des effets vaso-constricteurs.En effet, chez l\u2019eunuque (43) on constate une diminution du calibre des artères, des artérioles et des capillaires, en même temps qu\u2019une dilatation des veines.De ces constatations, on peut déduire que le syndrome angineux, observé lors du climatère, est réellement dû à un ralentissement de la circulation coronarienne et de la nutrition du myocarde (18).L\u2019état de déséquilibre neuro-végétatif qui existe en même temps chez l\u2019homme, à cette période, favorise l\u2019apparition de phénomènes spasmodiques, vasoconstricteurs qui s\u2019ajoutent à la déficience circulatoire déjà existante.On trouve la preuve de l\u2019exactitude de ces prétentions en observant les effets que produit l\u2019hormone sexuelle masculine sur la circulation et la nutrition générale.Des expérimentateurs (22, 43 et 18) ont constaté, chez l\u2019animal, que l\u2019administration de testostérone produisait une vasodilatation marquée des vaisseaux sanguins, améliorait le tonus vasculaire des artères coronaires, augmentait la vitesse circulatoire (44), améliorait la nutrition du myocarde (19), augmentait le contenu glycogénique du cœur jusque dans des proportions de 100%, (22), augmentait le volume du sang artériel local et que le sang contenait plus d\u2019oxyhémoglobine (19).Ce pouvoir vaso-dilatateur du testostérone est même assez puissant pour empêcher les principaux effets vaso-constricteurs de l\u2019ergotamine (18).Cette action vaso-dilatatrice s\u2019exerce grâce à une libération d\u2019acétylcholine.On a aussi prétendu que l\u2019amélioration de la fonction cardiaque que l\u2019on observe au cours du traitement par l\u2019hormone testiculaire serait due à la similitude de constitution chimique du testostérone et de certains glucosides de la digitale (18).L\u2019apparition de troubles cardio-vasculaires au climatère est certainement favorisée aussi par d\u2019autres facteurs dont, principalement, les perturbations métaboliques qu\u2019entraîne l\u2019insuffisance de sécrétion testicu- Avril 1946 LavaL MEDICAL 141 laire.Ces troubles métaboliques qui modifient et ralentissent l\u2019ensemble des fonctions de la nutrition sont toujours identiques et ils sont spécifiques de l\u2019insuffisance gonadique.Abaissement du métabolisme basal : Cet abaissement du métabolisme basal est une conséquence directe de la déficience testiculaire et il ne se produit pas par l\u2019intermédiaire de la thyroïde.Si on observe les changements qui surviennent dans l\u2019organisme lors de l\u2019administration de l\u2019hormone testiculaire, on constate que l'augmentation du métabolisme basal qui s\u2019opère ne se fait pas de la même manière que l\u2019effectuerait la glande thyroïde.En effet, lorsque la glande thyroïde agit directement pour accélérer le métabolisme basal, on voit ce changement se ranifester en 8 à 10 jours, le pouls s\u2019accélère, le poids diminue, le taux du cholestérol sanguin s\u2019abaisse, la diurèse augmente en même temps que l\u2019élimination urinaire de l\u2019urée, du potassium, du sodium et des chlorures.Dans le climatère masculin, au contraire, l\u2019augmentation du métabolisme basal, sous l\u2019action du testostérone, prend beaucoup plus de temps à se manifester ; le pouls n\u2019a pas tendance à s\u2019accélérer de façon aussi marquée, le taux du cholestérol augmente pendant le traitement, le malade gagne du poids, le volume des urines diminue ainsi que l\u2019élimination urinaire des électrolytes.Même lorsque le testostérone provoque une forte élévation du métabolisme basal, on n\u2019observe pas le tableau clinique habituel de l\u2019hyperthyroïdie (45), ce qui indique bien l\u2019autonomie et la spécificité de l\u2019action hormonale testiculaire, sans intervention de la glande thyroïde.Il est maintenant bien prouvé (46) que l\u2019hormone sexuelle masculine exerce cette action par la capacité qu\u2019elle a en propre d\u2019oxyder les graisses et d\u2019augmenter la production de chaleur.Troubles des métabolismes généraux : Les modifications des métabolismes généraux que l\u2019on observe par suite de l\u2019insuffisance testiculaire, chez l\u2019homme au climatère, sont tout à fait caractéristiques : abaissement, dans le sang, du taux de l\u2019azote, du potassium, des chlorures, du sodium, et du phosphore inorganique 442 Lavar MEpicaL Avril 1946 qui sont éliminés en excés par les urines (47), augmentation du volume des urines.[\u2019administration de testostérone modifie complètement le comportement de ces éléments.Dès les premiers jours du traitement, on trouve que l\u2019excrétion, par les urines, des sels minéraux, est fortement réduite, que la diurèse est diminuée.L\u2019eau et les minéraux ainsi retenus sont emmagasinés dans les muscles dont la fermeté augmente d\u2019autant.Il est intéressant de constater que, malgré la rétention d\u2019azote provoquée par le testostérone, on n\u2019observe pas d\u2019augmentation correspondante des protémes (albumine et globuline) dans le sang.Il y a même fréquemment, du moins au début du traitement, hypoprotéinémie.D\u2019ou l\u2019on peut conclure que les protéines ainsi retenues dans l\u2019organisme vont se déposer dans les tissus, surtout dans les muscles, pour servir de matériaux de fabrication tissulaire (48 et 49).Comme l\u2019a démontré Sélyé, ces actions sont produites grâce à l\u2019augmentation de l\u2019activité fonctionnelle des reins dont même le volume augmente sous l\u2019effet du testostérone.Cette amélioration générale de tous les métabolismes intimes de l\u2019organisme, à laquelle 1l faut ajouter l\u2019augmentation régulière de l\u2019hémoglobme et du nombre des globules rouges, explique l\u2019heureuse influence qu\u2019on note sur la nutrition générale, le meilleur degré de fonctionnement des muscles, surtout du myocarde.Elle rend compte aussi de la sensation de bien-être et de l\u2019augmentation du poids qu\u2019accusent les malades ainsi traités lors du climatère.Nous avons voulu, personnellement, nous rendre compte de l\u2019intensité et de la constance de ces effets métaboliques de l\u2019hormone testiculaire.Il nous intéressait surtout de savoir si l\u2019administration d\u2019une substance diurétique, chez un malade traité par le testostérone, pouvait empêcher ou diminuer les effets métaboliques de l\u2019hormone testiculaire.À cette fin, nous avons employé deux médicaments dont l\u2019action diurétique est bien connue : l\u2019extrait thyroïdien et le chlorure d\u2019ammonium.Chez des malades recevant des injections de propionate de testostérone depuis quelque temps, à des doses fixes (25 mgms trois fois par semaine), nous avons suivi les variations du poids, de la diurèse d\u2019abord, puis de Avril 1946 LavAL MÉDICAL 443 l\u2019azote et des chlorures, dans le sang et les urines, avant et pendant l\u2019administration d\u2019un de ces deux diurétiques.L'administration d\u2019extrait thyroïdien fit invariablement augmenter le volume des urines et baisser Je poids des malades cependant que ceux- ci continualent d\u2019accuser la sensation de bien-être et d\u2019amélioration générale que leur procurait le testostérone depuis le début du traitement.Ce qui indiquerait que la rétention d\u2019eau et l\u2019hydratation tissulaire n\u2019est pas le facteur primordial et indispensable pour que se manifestent les bienfaits du testostérone.Les malades qui reçurent en même temps des injections de testostérone et du chlorure d\u2019ammonium furent soumis à un régime fixe en chlorure, aussi précis et constant que possible en protéines et en graisses.Les dosages de l\u2019azote sanguin, de l\u2019urée et des chlorures urinaires furent pratiqués chaque jour.Dès les premiers jours (2 jours) du traitement par le testostérone, nous avons noté une diminution appréciable du taux de l\u2019urée et des chlorures urinaires : les chiffres de l\u2019urée passant en moyenne de 10 gms à 4 gms, ceux des chlorures de 10.75 gms à 4.550 gms.Le taux de l\u2019azote du sang n\u2019était aucunement modifié pendant ce temps.Après administration du chlorure d\u2019ammonium, on n\u2019observa aucun changement dans les chiffres précités ; la diurèse - augmenta légèrement, le poids des malades Dbaissa faiblement.En somme, l\u2019action diurétique habituelle du chlorure d\u2019ammonium ne s\u2019exerça pratiquement pas en présence du testostérone.L\u2019intensité et la constance de l\u2019action du testostérone ne furent nullement modifiées par l\u2019ad jonction du chlorure d\u2019ammonium.L\u2019action de l\u2019hormone sexuelle masculine dans le climatère masculin apparaît donc, non seulement évidente, mais spécifique et constante, et même l\u2019administration concomitante de diurétiques ne peut empêcher son efficacité de se manifester.Antonio MARTEL, (A suivre.) Professeur agrégé. REVUE DE PÉDIATRIE LES VERS INTESTINAUX CHEZ L\u2019ENFANT Ces parasites de l\u2019intestin, rencontrés chez l\u2019enfant, posent un problème clinique dont la solution n\u2019est pas toujours heureuse.Les espèces en sont nombreuses, mais toutes ne se trouvent pas sous nos climats et particulièrement chez les enfants.Cette étude se limitera donc aux espèces de la plus fréquente occurrence.Il est opportun d\u2019insister sur leur classification biologique et d\u2019y souscrire, à défaut de classification clinique.Les vers intestinaux se divisent en deux groupes distincts.Les plathelminthes ou vers plats et les némathelminthes, nématodes ou vers ronds.Les plathelminthes se divisent à leur tour en cestodes, vers rubanés et en trématodes, vers à ventouses.Au groupe des cestodes une famille intéresse particulièrement le pédiatre, celle des tæniadés.Intentionnellement le groupe des trématodes est omis.Le deuxième grand groupe, celui des nématodes, permettra d\u2019étudier l\u2019ascaris lombricoïde et l\u2019oxyure vermicularis.(1) Travail présenté devant la Société de pédiatrie de Québec. Avril 1946 \u2018Lavar MEbpicaL 445 CLASSIFICATION BIOLOGIQUE (schéma abrégé) Cestodes.\u2014 Tæniadés Plathelminthes Trématodes VERS INTESTINAUX Ascaris lombricoide Nématodes Oxyure vermicularis Les vers intestinaux sont des endoparasites permanents, 1.e.que, de leur éclosion à Pétat adulte, ils habitent le tube digestif.A ce stade d\u2019évolution, l\u2019individu qui les héberge devient leur hôte définitif, en opposition avec l\u2019hôte intermédiaire, unique ou multiple, qui en a permis le développement hors de l\u2019organisme.Il se conçoit que cette notion gagne en Importance clinique en regard de l\u2019auto-infestation, seule responsable en l\u2019absence de l\u2019hôte intermédiaire.I] est rare que tous les œufs soient déposés dans un milieu propice à leur éclosion ; beaucoup se perdent, trop encore parviennent à rencontrer leur hôte intermédiaire, grâce à la multiplicité des moyens de propagation.Il a été établi qu\u2019un tænia saginata peut, en un an, produire 150 millions d\u2019œufs, soit -40,000 à 50,000 œufs par jour, qu\u2019une femelle d\u2019ascaris peut produire 100,000 à 200,000 œufs par jour.Plusieurs facteurs d\u2019ordre général ou individuel concourent à cette multiplication fantastique.| D\u2019ordre général, l\u2019influence des saisons et des climats est suffisamment connue.D\u2019ordre individuel, il faut reconnaître les perversions gustatives, l\u2019enfance, les habitudes hygréniques défectueuses, la variabilité de la constitution humorale influencée par des facteurs physiologiques ou pathologiques.De la notion précise d\u2019un cycle biologique et des facteurs qui l\u2019influencent ne découle pas nécessairement une conception proportionnelle de la pathogénie.Celle-ci est encore très discutée étant donné en premier lieu sa multiplicité.Les parasites agissent-ils par traumatisme (7) 446 Lava\u2026 MÉDicaL Avril 1946 local, entraînant ains: des lésions de pénétration avec cicatrisation plus ou moins importante et, par leur répétition, un état de sclérose ou de dégénérescence, Ce fait a été signalé, par exemple, dans les adénomes de l\u2019estomac du singe produits par des nématodes, et dans les signes révélateurs de sclérose hépatique apparus en cours de distomatose hépatique.Agissent-ils mécaniquement par le jeu de leur masse quantitative entraînant des obstructions de la lumière appendiculaire, du canal de Wirsung, des canaux hépatiques, des bronches, et des voies lymphatiques (éléphantiasis des arabes)?Malgré sa rareté relative, ce mécanisme a été nettement établi.Agissent-ils par voie réflexe, réponse à distance à une irritation locale : syncopes, palpitations, vertiges, larmoiement, picottement nasal, etc.Il serait très hasardeux d\u2019accorder à cette façon de voir une valeur absolue.Agissent-ils à titre de vecteurs de germes ou de virus (typhoide, appendicite, encéphalite, etc.)?Ce mode d\u2019action n\u2019a jamais été rigoureusement démontré.Agissent-ils par une toxine?Du fait qu\u2019on ait pu mettre en évidence des substances sécrétées par les vers qui donneraient au sérum sanguin des propriétés spécifiques, telles l\u2019agglutination, la lyse, la précipitation et la fixation du complément, on a cru pouvoir conclure à la sécrétion d\u2019une toxine.De l\u2019imprégnation toxique à l\u2019évidence symptomatique, 1l n\u2019y à qu\u2019un pas.C\u2019est un fait admis malgré que ces toxines n\u2019aient pu encore être isolées.Il est difficile d\u2019accorder la préférence à une de ces pathogénies pour plusieurs raisons.Entre autres, il n\u2019est pas toujours possible de prouver un rapport étiologique en présence d\u2019une simple coexistence ; d\u2019expliquer certains faits paradoxaux ; la présence considérable de parasites, sans réaction, et de fortes réactions sans parasites décelables.II s\u2019ensuit que tous ces mécanismes pathogéniques peuvent entrer en ligne de compte, influencés par les réactions du terrain et aboutir à des disparités cliniques parfois troublantes.Quelquefois, l\u2019évolution est tout à fait asymptomatique et la présence des vers est mise en évidence grâce à un prélèvement.Dans d\u2019autres Avril 1946 Lavar.MÉDICAL 447 cas, l\u2019enfant présente certains symptômes qu\u2019aucun état clinique deter- miné parvient à expliquer, Parmi les troubles de l\u2019état général, on note de la maigreur, de la pâleur, de l\u2019hypotrophie pondérale et un retard de la croissance en général.L\u2019examen du sang peut révéler un certain degré d\u2019anémie, accompagnée d\u2019une augmentation des polynucléaires éosinophiles, jusqu\u2019à 65% à 94% (Boycott, Hermann et Dascotte) cependant absente dans l\u2019anémie botriocéphale.Dans certains cas, l\u2019anémie vermimeuse s\u2019est présentée avec les allures d\u2019une anémie pernicieuse progressive.Quelques auteurs, dont Chauffard, ont admis l\u2019existence d\u2019une toxine pyrétogène pouvant expliquer certains états fébriles, simulant l\u2019état typhique, le paludisme et le choléra.Cette température serait imputable surtout aux produits de décomposition des parasites (Nilatow).Le système digestif ne saurait échapper.L\u2019appétit est souvent altéré en plus ou en moins et parfois dévié.Toute la gamme des douleurs peut se rencontrer : spasmes, coliques, lenteurs digestives.On peut avoir des nausées, des vomissements, de la diarrhée ou de la constitpation, de la flatulence, des hématémèses, des crises appendiculaires, des occlusions intestinales.C\u2019est peut-être le système nerveux qui fournit le plus de symptômes alarmants : paralysies, tremblement, tics, spasmes divers, convulsions, accès épileptiformes, laryngospasmes, signes bulbaires, chorée, contractures, troubles de la sensibilité, troubles sensoriels, incontinence et irritation des sphincters, agitation, insomnie, troubles psychiques, etc.Par leur groupement, les symptômes ont parfois simulé des maladies nerveuses comme la méningite ou toute autre affection.La circulation et la respiration payent aussi leur tribut : troubles de rythme, dyspnée, cyanose, toux, tachycardie, asthme bronchique, syncope, troubles vaso-moteurs.À la peau et aux muqueuses, 1l est inutile de rappeler les lésions de prurit anal ou vulvaire, de conjonctivite, de larmoiement, d\u2019urticaire, d\u2019eczéma, de leucorrhée, etc.Cette longue énumération des troubles communs à plusieurs familles de vers intestinaux a été rendue nécessaire de par l\u2019absence d\u2019un symptôme pathognomonique à l\u2019espèce, et loin d\u2019aider à la clarté du sujet, elle contribue à sa complexité.Force est donc d\u2019entreprendre une 448 LavaL MeEbicaL Avril 1946 étude particuliére de chacun des vers susceptibles d\u2019intéresser le médecin de nos régions.\u201d Par ordre de fréquence, 1l faut retenir trois vers principaux : les oxyures, les ascaris et les tenia.LES OXYURES Ces petits vers blancs qui, à l\u2019état adulte, habitent la portion terminale de l\u2019intestin grêle et le gros intestin sont connus sous différents noms : en latin, enterobius vermicularis, ascaris vermicularis ; en anglais, pin worm, seat worm et thread worm.L\u2019infestation des plantes comestibles, fruits et légumes, se fait, soit directement au contact de matières fécales déposées sur le sol, soit indirectement par les mouches ou par le vent après dessication.Ces œufs rendus dans l\u2019intestin se transforment en vers adultes ; les femelles pondent au niveau de l\u2019anus où l\u2019enfant ramasse avec ses ongles, par grattage, ces nouveaux œufs.L\u2019infestation familiale résulte d\u2019une contamination par les draps de lit, serviettes, couches, etc.Leur fréquence est variable suivant les régions et les climats.Les zones rurales où la disposition des matières usées laisse le plus à désirer sont les plus propices.Il en est de même des institutions ou des agglomérations d\u2019enfants.D'ailleurs, la fréquence ne saurait être établie rigoureusement à moins que ne soit fait le dépistage en série.Les chiffres suivants, empruntés a divers auteurs, établiront une fréquence relative seulement.Brumpt, en 1913, en fait la distribution suivante.Chez enfant 33%, chez la femme 21%, chez l\u2019homme 189, sur 3,000 examens.W.Price Killingsworth, de Port Arthur, Texas, en 1943, sur 614 examens coprologiques chez des moins de 14 ans signale 111 cas, soit 18%.Holt, en 1940, rapporte les pourcentages suivants : 33% de 1 à 5 ans et 50% de 6 à 18 ans.Son étude a porté sur 1,800 enfants.Les chiffres révélés par A.H.Jacobs sur 228 enfants pris au hasard depuis au delà de 15 ans corroborent les chiffres précités, 29.1% du sexe masculin et 33.9% du sexe féminin étaient positifs.Par contre, Wright et Moursund, du Texas, n\u2019ont obtenu que 0.9% sur un total de 4,194 examens copro- logiques. Avril 1946 LavaL MEbicaL 449 Deux symptômes dominants peuvent aider le clinicien ; ce sont le prurit anal vespéral et les réactions appendiculaires.Ils peuvent s\u2019associer ou non à des symptômes plus généraux et déjà décrits n\u2019ayant aucune valeur pathognomonique.Déjà Moty, en 1901, sur 60 examens d\u2019appendices enlevés en a relevé 6.Bégouin, en 1902, a constaté le même chiffre.Hœpfl, en 1904, constate la même chose dans 21% de ses examens ; Brumpt et Broca en ont trouvé 37%.Killingsworth, en 1943, estime la fréquence de l\u2019appendicite vermimeuse à 10% environ et Mayer recommande de toujours s\u2019enquérir d\u2019une histoire de prurit anal et de l\u2019éosinophilie en présence d\u2019un cas d\u2019appendicite.La discussion reste ouverte à ce sujet, et si les oxyures ne sont pas toujours en cause, il faut toujours y songer.Le diagnostic positif repose sur la présence des vers ou sur Ja recherche des œufs de parasite à l\u2019aide de la méthode appelée NIH préconisée, en 1937, par Hall du département de la Santé publique des États-Unis.Elle consiste à recouvrir une tige mousse d\u2019un morceau de cellophane et, avec ce dispositif, à râcler la surface de l\u2019anus.Ce morceau de cellophane, sur lequel on aura déposé une goutte d\u2019eau ou de sérum, Sera prêt à être appliqué sur une lame et à être examiné directement au microscope.Cette méthode s\u2019est révélée la plus effective.La multiplicité des efforts thérapeuthiques démontre l\u2019absence de spécificité des agents préconisés, La première étape de tout traitement doit être prophylactique : 1° Éviter le fumier humain en agriculture ; 2° Lessiver à chaud les linges ayant servi à des individus parasités ; 3° Utiliser les eaux filtrées et faire abstention de fruits et légumes crus mal lavés ; \u2018 4° Éviter l\u2019auto-infestation par des lavements répétés et des applications soit de suppositoires au calomel, soit d\u2019onguent gris réduit au '/;, par l\u2019emploi de couches serrées, le port de mitaines, l\u2019emprisonnement des bras et par l\u2019éducation de l\u2019entourage.Le traitement curatif doit s\u2019appliquer à tous les infestés en même temps.Plusieurs auteurs, dont Brennemann, Killingsworth, Holt, Evans et Moore recommandent l\u2019usage de l\u2019hexylrésorcinol et du violet de gentiane.L\u2019hexylrésorcinol se prescrit à raison de 0.10 grm.par année d\u2019âge sans dépasser 1 gramme, à jeun le matin, sans manger 450 LavaLr MEpicaL Avril 1946 jusqu\u2019au midi.L\u2019eau est conseillée en quantité.Peu après, un lavement savonneux est administré suivi d\u2019un lavement à garder d\u2019hexylrésorcinol au '/1.000e.Ce traitement doit être répété deux fois par semaine Jusqu\u2019à ce que deux lavements consécutifs ne ramènent plus de vers.Cette thérapeutique est difficilement applicable chez le jeune enfant qui ne sait pas encore avaler des capsules rondes et parce qu\u2019il y a danger à les briser.Cette réserve s\u2019applique aussi au violet de gentiane qui se donne à raison de 10 milligrammes par année d\u2019âge au-dessus de trois ans.Cette dose peut être divisée en trois et prise avant les repas.Evans et Moore accordent leur préférence à ce detnier médicament, non à cause de sa plus grande valeur thérapeutique, mais parce que mieux supporté.II donne moins de nausées et évite la période de jeune de 5 heures, subséquemment nécessaire à la thérapeutique par le Kaprocol.Les lavements à l\u2019ail restent indiqués, au début, à raison de deux par semaine et, plus tard, à raison de un par semaine.Un autre médicament éminemment plus maniable chez les plus jeunes est la santonine.Elle est associée à du calomel à parties égales et à de la poudre de jalap avec du sucre.Sa composition est généralement la suivante : Santonine } FER 0.01 à 0.03 grams Calomel Poudre de jalap.0.1 40.3 « Sucre.03 « Le premier jour, à un intervalle d\u2019une heure, il faut prescrire trois de ces poudres.Il est recommandé d\u2019imposer à l\u2019enfant un régime lacto- hydrocarboné durant toute la journée qui précède l\u2019application présumée du traitement.| Malgré la variété de médicaments employés, 1l est difficile d\u2019accorder une préférence, les résultats obtenus dépendant plus de l\u2019intensité d\u2019application des mesures d\u2019hygiène comme l\u2019éducation de la mère, les soins des mains des enfants, etc., que d\u2019une pharmacopée abondante.II faut se garder d\u2019employer des médicaments qui seraient trop énergiques ; le risque toxique encouru serait disproportionné à la bénignité Avril 1946 LAava\u2026 MÉDICAL 451 des symptômes présentés, le prurit anal nocturne et les chances éloignées et discutables d\u2019une appendicite vermmeuse.ASCARIS LOMBRICOIDES Connu sous ce seul nom en francais, en anglais il est appelé de même facon ou sous le nom de the large intestinal roundworm.Sa ressemblance à un ver de terre est connue et contribue à elle seule à identifier.Son embryon se développe dans l\u2019eau de la terre humide d\u2019autant plus lentement que la température est plus basse.Cet embryon résiste à la gelée et vit longtemps dans le milieu extérieur.Davaine en a conservé 5 ans dans l\u2019eau, Sa transformation à l\u2019état adulte, après absorption par l\u2019homme s\u2019opèrerait en 5 ou 6 semaines d\u2019après Grass1 et d\u2019autres.Les émanations de vers morts ou vifs dans le système peuvent provoquer une toxémie aiguë et parfois grave.Les larves peuvent passer à travers la paroi intestinale et par la circulation portale ou lymphatique atteindre le poumon.Du poumon, elles gagnent la bronche et l\u2019épiglotte pour retomber dans le tube digestif où s\u2019opère leur transformation vers l\u2019état adulte en deux mois ou deux mois et demi, ce qui constitue, en quelque sorte, une période d\u2019incubation.Sa femelle peut pondre 200,000 œufs par jour.Marcel Lelong a souligné la fréquence à raison de 5% des enfants de 5 à 15 ans, surtout à la campagne, parce qu\u2019il y existe moins de dispositifs convenables pour les égouts.On le retrouve sous tous les climats avec accroissement dans les zones chaudes et humides ; 1l cohabite volontiers dans les classes pauvres où les mains crasseuses d\u2019une mère peuvent même contaminer son jeune bébé.Le diagnostic repose sur la présence dans les selles d\u2019œufs de parasites, soit dans des selles molles ou dans des selles plus compactes mais homogénéisées au sulfate de zinc.A défaut de la présence des œufs, il faut attendre l\u2019expulsion des vers et leur présence concordante à un état pulmonaire permet parfois de présupposer une évolution pneumo- pathique d\u2019origine vermineuse.Plusieurs facteurs interviennent dans l\u2019architecture symptomatique rarement pathognomonique.Les facteurs les plus saillants et connus sont l\u2019intensité de l\u2019infestation et la sensibilité plus ou moins grande du 452 LavAL MÉDICAL Avril 1946 sujet aux toxines.II n\u2019est pas rare d\u2019observer des épisodes bronchiques ou pulmonaires.Au niveau de l\u2019abdomen, l\u2019intensité des symptômes causés par le ver adulte varie de la simple douleur paroxystique au creux épigastrique, à la péritonite, a l\u2019abcès du foie, à l\u2019appendicite et à l\u2019iléus mécanique.La plèvre peut être atteinte simulant un empyème.Les symptômes généraux sont de l\u2019ordre d\u2019un retard physique et mental, et d\u2019un degré variable de toxémie.Les troubles nerveux sont complexes et variés et parfois difficiles d\u2019interprétation.La thérapeutique par la santonine et l\u2019huile de chénopodium n\u2019est pas sans dangers.Il est préférable d\u2019avoir recours au Kaprocol enrobé à raison de 0.4, 0.6 ou 0.9 grm.2 fois par Jour en respectant la période de jeûne de 5 heures après l\u2019administration du médicament et en le faisant suivre d\u2019une purgation salime.Quoiqu\u2019il en soit, il n\u2019existe pas de médication suffisante à empêcher la réinfestation et, surtout, à atteindre les œufs en transit dans le poumon ou la circulation.C\u2019est ce qui nécessitera une reprise ultérieure du traitement.Une recherche systématique de ce ver s\u2019impose donc en présence d\u2019une symptomatologie dissociée, ou troublante, car son action pathologique est parfois complexe Sinon grave.TANIA SAGINATA Le tania saginata, ou the beef tape worm ou tania inerme ou tania mediocanellata ou tania shynbus saginatus sont des synonymes pour décrire un des principaux cestodes.C\u2019est le seul de tæniadés qui intéresse le plus fréquemment le médecin ; c\u2019est pourquoi 1l sera décrit ici & exclusion des autres et i] est bon d\u2019attirer l\u2019attention sur sa fausse dénomination de ver solitaire, terme qui doit étre réservé au tenia solium.Son héte intermédiaire est le beeuf, chez qui les embryons produisent le cysticerque, et lorsque la viande de cet animal est ingérée par l\u2019homme la larve évolue vers l\u2019état adulte en trois ou six mois.Les anneaux du ver deviennent très mobiles, grossissent à mesure qu\u2019ils s\u2019éloignent de la tête et finissent par être expulsés un à un dans l\u2019intervalle des selles.Leur présence dans la lingerie est ainsi expliquée.Cette notion démontre sa fréquence accrue chez les consommateurs de viande de bœuf plus ou moins cuite.Chez l\u2019enfant, il est très rare de Avril 1946 [Lavar MÉDicAL 453 l\u2019observer, quoique Lelong, en France, lui reconnaisse une fréquence égale à celle de l\u2019adulte.Par contre, Wright et Mounsund, sur 4,194 examens coprologiques intentionnels de 0 à 16 ans, ne l\u2019ont pas trouvé une seule fois.La fréquence de ce ver reste donc en relation directe avec le degré de consommation de viande de bœuf cru.Le diagnostic positif en est établi par la recherche des œufs dans les selles.Mais il est préférable de dénombrer les branches utérines dans des anneaux fraichement émis.Il va sans dire que le rejet d\u2019une partie du ver facilite le diagnostic.À ce propos, Il faut faire une réserve au sujet de I\u2019bymenolepia nana ou tenia nana ou dwarf tapeworm.Sa fréquence chez l\u2019enfant est tellement prépondérante, qu\u2019il est souvent confondu avec le saginata, d\u2019après Faust et d\u2019après Holt.Il est difficile d\u2019attribuer au tænia une symptomatologie pathognomonique ; le plus souvent, il s\u2019agit d\u2019une trouvaille accidentelle.Quoiqu\u2019il en sait, il faut mentionner spécialement les variations de l\u2019appétit, tant au point de vue qualitatif que quantitatif, et certaines pertes de poids inexpliquées.L\u2019éosinophilie ne dépasse pas 5 à 10%.Le traitement prophylactique repose sur la plus grande cuisson de la viande et sur une meilleure disposition des excreta humains et l\u2019examen des viandes avant leur mise sur le marché.Le traitement curatif est divers.1° Il consiste à administrer de Uexirait éthèré de fougère mâle ou de l\u2019oléorésine.La veille, le malade absorbe du sulfate de soude à titre de purgatif (1 once dans un verre d\u2019eau pour les enfants jusqu\u2019à 10 ans).Le lendemain matin, à jeûn, 1 minime du médicament par année d\u2019âge, à répéter trois fois à 14 heure d\u2019intervalle.Deux heures après, administrer une nouvelle purgation.Ensuite, surveiller dans les selles pendant 48 heures l\u2019expulsion de la tête.Certains auteurs ont préconisé l\u2019administration de ce médicament par sonde intra-duodénale sous écran et à jeun.La purgation première est nécessaire et la solution à introduire est la suivante.Point n\u2019est besoin de purgation dernière : Oléorésine.6 à 8 minimes par année d\u2019âge.Sulfate de soude saturé.30 c.c.Gomme d\u2019acacia.30c.c. 454 Lavar Mépicar Avril 1946 2° Le tannate de pelletiérine, à la dose de 5 à 8 grains, peut être donné, tout en suivant le même procédé que celui adopté pour l\u2019oléorésine.L\u2019épilepsie est une contre-indication.On peut, à la place, faire mâcher de la graine de citrouille fraîche.3° Maplestone et Mukezi en 1931, Sandground en 1938, et autres, ont recommandé le tétrachlorure de carbone à raison de 3 minimes par année d\u2019âge, précédé et suivi d\u2019une purgation.4° Sans contre-indication aucune, le tétrachloréthyléne peut remplacer le tétrachlorure à même dose avec peut-être moins d\u2019efficacité et en suivant le même procédé.Les vers intestinaux chez l\u2019enfant posent donc un \u2018problème diagnostique délicat et un problème thérapeutique épineux.Il est très hasardeux d\u2019attribuer certains symptômes à la présence concomittante de vers, et non moins présomptueux de nier systématiquement leur influence.Le succès du traitement reste aléatoire et conditionné plus à des mesures d\u2019hygiène publique qu\u2019à des mesures thérapeutiques.C\u2019est un de ces états pathologiques qui ne s\u2019imposent pas, mais auquel il faut penser surtout dans un pays où fort peu de vers se rencontrent.BIBLIOGRAPHIE 1.BRENNEMANN, J., Prac.med., vol.2, chap.35 et 36, W.F.Prior, Co.2.BrumPT, E., Précis de parasitologie, p.415.3.Davipson, W.C., Complete pediatrician, 3° éd., p.32, Duke University Press, 1940.4.Evans, H.L., et Moore, H., Comparison of gentian violet and hexylresorcinol in the treatment of pinworm infestation, J.Pediat., 20 : 627, (mar) 1942.5.Faust, E.C., The use of anthelmentics, J.A.M.A., 108 : 386, (30 jan.) 1937.6.Faust, E.C., Duver, H.L,, et Casparis, H., Intestinal parasitic infestations in children, J.Pediat., 10 : 542, (avril) 1937.7.GrirruTtH, J.P.C., et MitcHELL, A.G., Dis.of inf.chil., p.645, W.R.Saunders, Co., 1934.8.Holt, Diseases of infancy and childhood, Intestinal parasites, p.444. Avril 1946 .HussLE, D., Toxicity of phenothiazine, Lancet, 2 : 600, (15 nov.) 10.11.12.13.14.20.21.22.Lavar MÉpicaL 455 1941.Jacoss, A., Enterobiasis in children, J.Pediat., 21 : 497, (oct.) 1942.Joyeux, C., Quelques données nouvelles sur les helminthiases, Bull.méd., Paris, 52 : 796, (29 oct.) 1938 ; 803, (5 nov.) 1938.KiLLingsworTH, P.W., Diagnosis and treatment of the common intestinal worms in children, M.Rec.& Ann, 37 : 534 (avril) 1943.LeELoNG, M., Maladie des enfants.Vers intestinaux, vol.111, p.969.MAYER, V., Acute appendicitis and pinworm infestation occurring concomitantly in the same family, J.A.M.A., 115: 1009, (21 sept.) 1940.Quick, A.J., Pinworm (ozyuris vermicularis) Wisconsin Med.J., 39 : 532, (juil.) 1940.THONWARD-NEUMANE, E., Treatment of intestinal protozoal and helminthic infection in man.20th Annual Report, Medical Dept.United Fruit Co., p.122, 1931.WarLtuarp, B., The infection with ascarides in infants and children, Schweiz.med.Wchnschr., 63 : 421, (mai) 1933.WaArinG, J.L., Oxyuris infestation, Arch.Pediat., 57 : 615, (oct.) 140.WELLER, T.H., et Sorenson, C.W., Enterobiasis : its incidence and symptomatology in group of 505 children, New England J.Med., 224 : 143, (23 jan.) 1941.WiLLiams, C.D., Clinical ascariasis in children, Arch.Dis.Childhood, 13 : 235, (sept) 1938.WricHT, H.E., et Moursunp, W.H., A study of the incidence of intestinal parasites in 2,800 persons in Dallas, Texas and vicinity, Texas State J.Med., 34 : 292, (août) 1938.WricuT, W.H., Brapy, F.J., et BozicevicH, H., Studies on oxyuriasis ; controlled tests with various methods of therapy, Pub.Health Rep., 54 : 2005, (10 nov.) 1939.Marcel LANGLOIS, Professeur de pédiatrie. Lavar MépicaL Avril 1946 £a ea) DN Discussion Le Dr Euclide Déchène demande au conférencier s\u2019il lui est possible de fournir une statistique proportionnelle des vers intestinaux rencontrés à l\u2019hôpital.Il s\u2019informe également si la sialorrhée est en rapport avec les vers intestinaux et, également, si l\u2019on peut instituer un traitement sans avoir constaté, au préalable, la présence de vers intestinaux.Le Dr Antoine LaRue désirerait savoir si des extraits de parasites peuvent être utilisés pour mettre en évidence une réaction allergique.Le Dr Donat Lapointe demande s\u2019il n\u2019y à pas une explication pour résoudre ce point fréquemment constaté de la susceptibilité individuelle aux vers intestinaux.Le conférencier croit-il que la méthode de prélèvement des vers intestinaux avec un tampon imbibé de sérum physiologique donnerait de meilleurs résultats que les autres modes de prélèvement ?Le Dr Langlois répond, premièrement, au Dr Déchène, qu\u2019au point de vue statistique il semble qu\u2019il existe une faible proportion d\u2019oxyures, que la variété de vers le plus fréquemment rencontrée dans le milieu hospitalier de l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement, serait l\u2019Ascaris.Quant au symptôme de sialorrhée, il ne semble pas que les auteurs aient trouvé quelque rapport avec la présence de vers intestinaux.En raison de l\u2019énergie du traitement 1l semble préférable de ne pas l\u2019instituer avant d\u2019avoir constaté la présence de vers intestinaux.Au Dr LaRue, le Dr Langlois répond qu\u2019il croit facile de réaliser des extraits de parasites capables de provoquer des réactions cutanées allergiques.Au Dr Lapointe.\u2014 La susceptibilité personnelle aux vers intestinaux semble exister chez des enfants hypoglandulaires.La méthode de prélèvement au moyen de tampons imbibés de sérum physiologique risque de troubler le champ microscopique par les brindilles de coton absorbant qui peuvent adhérer sur la lame de prélèvement.(Notes du \u2018secrétaire, M.le Dr de la Broquerie Fortier.) ANALYSES F.M.LIPSCOMBE.Medical aspects of Belsen concentration camp.(Aspect médical du camp de concentration de Belsen.) Lancet, 2 : 313, (8 sept.) 1945.L'auteur a assisté à la libération du camp de Belsen, ou étaient internés 22,000 femmes, 500 enfants et 35,000 hommes de nationalités différentes, la plupart d\u2019origine juive.10,000 morts étaient disséminés Ici et là dans le camp.Tous ces gens étaient en état d\u2019inanition marquée.Depuis janvier 1945, la ration n\u2019avait été que de 800 calories par jour environ.Depuis 5 Jours, ces prisonniers n\u2019avaient ni bu ni mangé.Les affections prédominantes étaient : les maladies par carence, le typhus, la tuberculose pulmonaire et une diarrhée généralisée.La carence était surtout une carence générale de nourriture, une manition.Il n\u2019existait pas de carence vitaminée spécifique : pas de xérophtalmie, pas de béribéri ni pellagre, pas de scorbut ni rachitisme.Ces inanitiés furent soumis à des diètes progressivement croissantes, riches en protéines et à une médication vitaminée.5% seulement reçurent des solutés intra-veineux.Presque tous recouvrèrent rapidement.Le typhus existait chez 25% des sujets, la tuberculose pulmonaire chez 20%.Tous présentaient une diarrhée qui cessa avec la reprise des forces.Environ 10% présentaient de la dysenterie bacillaire type Flexner-II.On trouva 4 cas de diphtérie seulement.Il n\u2019y avait ni malaria, ni méningite cérébro-spinale.Manifestations psychiques.\u2014 Les patients, à mesure qu\u2019ils s\u2019inanitiaient, devenaient égoïstes.Au début, le groupe du sujet se bornait aux amis et aux parents, puis aux parents et enfin à lui seul.La préoccupation principale consistait à se trouver quelque chose à manger, même de la chair humaine.Tous, même les enfants, étaient Indifférents aux scènes de mort qui se passaient autour d\u2019eux.À mesure que l\u2019état physique s\u2019améliorait les malades devenaient plus lucides et ils reprenalent conscience de ce qui s\u2019était passé autour d\u2019eux.Ils en gardaient comme le souvenir d\u2019un mauvais réve.Sylvio LEBLOND. 458 Lavar MÉDicaL Avril 1946 ÉDITORIAL.Advances in disinfestation (DDT).[Les progrès dans la désinfestation (DDT).] Lancet, 2 : 609, (10 nov.) 1945.Le Dr Burn, de Salford, a expérimenté divers produits désinfestants, entre autres le DDT.Cette substance, peu soluble dans l\u2019eau, se rencontre dans le commerce sous le nom de Neocid Dust pour les poux, Neocid Solution pour les punaises, et Buerasol pour les besoins de l\u2019agriculture.Découverte en 1874 par un chimiste allemand, Zeidler, elle fut utilisée en Suisse depuis 1939, par Geigy et ses élèves.La dose léthale est faible.Elle est un poison nervin qui engendre de l\u2019hyperexcitation, des tremblements musculaires, des convulsions, la paralysie et, enfin, la mort.Elle se vend bon marché et est facile à utiliser.La poudre, ou la suspension aqueuse, n\u2019attaquent pas la peau.Un expérimentateur en a avalé 1.5 gramme avec du beurre et n\u2019en a ressent! aucun effet toxique.I a, à Salford, un refuge qui peut loger 285 individus.C\u2019est une maison à 4 étages séparée en deux ailes.Chaque aile contient trois dortoirs.L\u2019aile nord contient 47 cubicules par étage et l\u2019aile sud 48.Les cloisons des cubicules sont des plaques métalliques et les lits, métalliques aussi, y sont fixés.Les murs extérieurs sont de briques.ques punaises abondaient dans les murs métalliques et les supports de it.\u2019 De temps à autre, on avait fait un traitement au Léthane, mais sans succès complet.Un seul cubicule choisi au hasard contenait _ 49 punaises et 434 œufs.Les trois dortoirs de l\u2019aile sud furent traités au DDT, gardant l\u2019aile nord comme témoin.Ce fut un succès.Dès les premiers jours on\u2019 trouva de nombreuses punaises mortes.Au bout de 139 et 141 Jours on ne put trouver aucune punaise vivante.Le DDT reste toxique pendant longtemps.Dix mois après, des punaises apportées par de nouveaux pensionnaires, furent captées sur les murs.Mises sous verre elles moururent 48 heures plus tard avec tous les signes d\u2019intoxication par le DDT.Les poux de tête chez les enfants disparaissent vite et le DDT n\u2019a pas d\u2019odeur.On applique 2 c.c.d\u2019une émulsion en arrière de chaque oreille et sur le rebord frontal.Dans les hôpitaux et les maternités, des vaporisations d\u2019une poudre à 3% sur les murs, les fenêtres et les lampes électriques, ont fait disparaître les mouches.GAMMEXANE Le Gammexane, ou 666, a des propriétés tout a fait semblables a celles du DDT.Découvert par Michel Faraday, en 1825, il fut redécouvert par F.J.D.Thomas en 1943.Trés efficace contre les punaises, les poux, les mouches, les coquerelles et les crickets.TETMOSOL (Tetraéthylthiuram monosulfure).Le T'etmosol a été employé en savon contre la gale.Son emploi prolongé s\u2019est montré efficace Avril 1946 Lava\u2026 MÉpicaL 459 contre des gales rebelles dans 6 familles de Salford.Ce traitement unique n\u2019est pas suffisant, cependant, car 1l est long, et peut permettre la contagion.Il peut être indiqué là où les autres traitements ne peuvent être appliqués facilement, les tropiques et l\u2019Europe centrale.Sylvio LEBLOND.René WEGRIA et Katherine SMULL.Salicylate therapy in acute rheumatic fever.(La médication salicylée dans le traitement de la fièvre rhumatismale aiguë.) J.A.M.A., 127 : 485, (oct.) 1945.CONCLUSIONS 1.Il faut maintenir le taux de la concentration sanguine entre 350 et 450 microgrammes par c.c.; ce taux baisse plus rapidement après administration du médicament par voie intra-veineuse ; 1l est plus facile à maintenir lorsque le médicament est administré par voie orale, sans associer le bicarbonate de soude au salicylate de soude.2.Au cours de leurs expériences, les auteurs ont prescrit des tablettes entériques dosées à 5 grains.3.Afin d\u2019obtenir, le plus rapidement possible, le taux recherché de concentration sanguine, les auteurs ont constaté qu\u2019il est préférable de donner une dose double durant les douze premières heures.4.Le titrage du salicylate dans le sang se fait suivant une méthode colorimétrique.5.La posologie moyenne doit être la suivante : a) le médicament est administré, jour et nuit, à intervalles de quatre heures ; b) 6 à 10 comprimés de 5 grains par dose pour les 4 premières ; c) puis 3 à 5 comprimés par dose pour les doses suivantes ; d) ainsi, la concentration sanguine nécessaire est obtenue au bout de 24 à 36 heures, et est maintenue par la suite ; e) il y a parfois intérêt à associer la voie intra-veineuse à la voie buccale pendant les 24 à 48 premières heures.f) le médicament est administré aussi longtemps que persistent des signes d\u2019activité, c\u2019est-à-dire tant que la sédimentation globulaire est au-dessus de 20 après une heure.6.Les réactions toxiques suivantes ont été observées : a) dans quelques cas, des bourdonnements d'oreille avec une concentration sanguine d\u2019environ 200 microgrammes ; b) hyperpnée, tachycardie sinusale, apathie, hallucinations visuelles et auditives avec une concentration de 500 microgrammes ; \u20ac) stupeur et inconscience avec une concentration sanguine de 600 microgrammes ; 460 Lavar MÉDicaL Avril 1946 , d) toutes ces réactions disparaissent dans les 24 à 36 heures qui suivent la suppression du médicament.7.En suivant cette technique, la fièvre, la douleur, le gonflement et la rougeur des articulations sont disparues au bout de 24 à 48 heures ; l\u2019hyperleucocytose disparaît au bout de 4 à 5 jours., 8 Il est possible que la durée d\u2019une attaque soit raccourcie si ce traitement est institué dès le début, soit au cours de la première semaine.Guy Drouin.N.FIESSINGER, R.HAZARD, J.RAVASSE et G.CHARLES.Un nouveau mode d\u2019exploration fonctionnelle du foie basé sur l\u2019étude de la novocaïnestérase du sérum sanguin.Bull.de l\u2019Académie de Médecine, 129 : 558, (9 octobre) 1945.On sait, aujourd\u2019hui, que l\u2019insuffisance fonctionnelle du foie s\u2019accompagne d\u2019une déficience nette de la tributirynestérase et de la cholinestérase.Les auteurs présentent une nouvelle méthode d\u2019exploration de la cellule hépatique : le dosage de la novocainestérase au moyen de l\u2019hydrolyse de la novocaïne par le sérum sanguin et le dosage de l\u2019acide para-aminobenzoïque libéré.Résultats normaux : Le sérum des individus normaux hydrolyse, en trente minutes, toute la novocaïne employée dans la réaction.En examinant le contenu des tubes mis en expérience de cinq en cinq minutes, on peut constater une courbe d\u2019hydrolyse pratiquement la même chez tous les sujets normaux et ceux qui ne souffrent pas d\u2019affection hépatique.Ainsi, l\u2019on a obtenu 100% d\u2019hydrolyse dans les maladies suivantes : leucémie myéloïde, coma urémique, rétrécissement mitral, poliomyélite chronique, aortite syphilitique, épilepsie, hydronéphrose, cancer du poumon, défaillance cardiaque et infarctus cardiaque, ictère catarrhal bénin, ictére cancéreux, ictére lithiasique sans infection, petit ictère au cours d\u2019une cholécystite lithiasique.Dans d\u2019autres cas, une diminution de l\u2019hydrolyse a été observée : 89% dans un rhumatisme articulaire aigu avec péricardite ; 80% deux jours avant la mort d\u2019un individu atteint de granulie tuberculeuse ; 73% au cours d\u2019une néphrite chronique avec insuffisance cardiaque.Quelques ictères cancéreux ont fourni 77%, 68% et 67%.Au cours d\u2019un ictère infectieux avec syndrome hémorragique on a noté un taux de 60%.Résultats nettement anormaux : L\u2019hydrolyse s\u2019est montrée nettement diminuée dans toutes les cirrhoses décompensées qui ont fourni des chiffres variant entre 36% à 81%. Avril 1946 Lavar.MéÉpicaL 461 Plus la décompensation est accentuée, plus le taux de l\u2019hydrolyse est bas.Ce chiffre s\u2019élève quand 1l y a amélioration de l\u2019état général et du foie.La diminution ne concorde pas toujours exactement avec l\u2019évolution clinique ; mais, en général, la quantité d\u2019acide para-aminobenzoique varie dans le sens de l\u2019évolution clinique et permet de.faire un pronostic.Après une étude approfondie de tous les malades qui font l\u2019objet de cette communication, on à pu dire que l\u2019activité de la novocaïnestérase représente fidèlement le degré de l\u2019insuffisance hépatique.Comparaison avec l\u2019exploration chromagogue et le taux de la choline- stérase : L\u2019exploration hépatique par le rose bengale et l\u2019épreuve à la novocaïne ne fournit pas des courbes exactement superposables ; mais on peut affirmer que tous les tracés ont la même signification, une rétention élevée de rose bengale postulant une diminution proportionnelle de la novocaïnestérase.La cholinestérase varie et fournit des variations comparables à celles de l\u2019estérase de la novocaine.Cette nouvelle méthode d\u2019exploration permet donc de mesurer, d\u2019une «façon intéressante et nouvelle », une des modalités fonctionnelles du foie.Henri MArcoux.René HAZARD et Jean RAVASSE.Hydrolyse de la novocaine par le sérum sanguin.Evaluation quantitative de cette hydrolyse.Bull.de l\u2019Académie de Médecine, 129 : 585, (16 octobre) 1945.L\u2019hydrolyse de la novocaïne fournit deux substances inactives : de l\u2019acide para-aminobenzoïque et du diéthylaminoéthanol.L'\u2019inactivation de la novocaïne dans l\u2019organisme humain se fait vraisemblablement par saponification et le foie joue un rôle important dans ce processus.On démontre la vérité de cette hypothèse en prouvant que le sang peut libérer de l\u2019acide para-aminobenzoïque à partir de la novocaine.J.Ravasse a réussi à séparer, en milieu éthéré et alcalin, les azoïques de la novocaïne et de l\u2019acide para-aminobenzoïque en utilisant la réaction de Marshall modifiée par E.Fourneau.La coloration rose violacé de la novocaïne vire au jaune et passe dans l\u2019éther ; la coloration violacé de l\u2019acide para-aminobenzoïque vire au rose saumon et reste dans la couche aqueuse.L\u2019intensité de la coloration est proportionnelle à la concentration de l\u2019acide para-aminobenzoïque.On peut donc se servir de cette méthode pour mesurer l\u2019hydrolyse de la novocaïne et doser l\u2019acide para-aminobenzoïque produit. Lavar MÉDICAL Avril 1946 Le principe de la réaction peut s\u2019énoncer ainsi : 1° Mise en contact, dans une étuve à 37°C., du sérum avec une solution aqueuse titrée de novocaine; 2° Désalbumination du sang par l\u2019acide trichloracétique ; 3° Diozatation au moyen de l\u2019a-naphtyl-diéthylpropylène-diamine ; 4° Traiter le produit obtenu par l\u2019éther en milieu alcalin et doser l\u2019acide para-aminobenzoïque dans la couche aqueuse.Normalement, le sérum sanguin hydrolyse 1009, de la novocaine en 20 à 30 minutes.Henri MaArcoux.T.HORWITZ et R.LAMBERT.Treatment of ununited fractures of long bones.(Le traitement des pseudarthroses des os longs.) Bone and Joint Surg., 27 : 637-645, (oct.) 1945.Cet article constitue un rapport préliminaire du traitement des pseudarthroses et des retards de consolidation en employant une plaque métallique pour fixer l\u2019os fracturé, et, en plus, un greffon prélevé sur l\u2019arle 1liaque comme matériel osseux.Le greffon tibial massif, dont on se sert généralement, a l\u2019avantage d\u2019être plus solide ; par contre, le greffon 1llaque, à cause de ses qualités ostéogéniques, compense largement ce manque de rigidité si on lui incorpore une plaque métallique pour le rendre plus solide.De plus, le prélèvement d\u2019un greffon tibial massif qui s\u2019incorpore très lentement, se facture parfois et affaiblit la jambe où il a été prélevé.Le greffon illaque même de dimensions d\u2019un pouce par cing pouces, n\u2019a Jamais entraîné de boiterie et le greffon possède des qualités ostéogéniques beaucoup plus élevées.Dans les seize cas que rapportent les auteurs, il y avait dix fractures du fémur dont trois étaient des fractures ouvertes.Jamais il n\u2019y a eu d\u2019intervention avant six mois après la guérison complète de la plaie et de la peau ; pour les fractures fermées, ce n\u2019est pas non plus avant ce minimum de temps que l\u2019on est intervenu.Dans la plupart des cas, la plaque a été placée latéralement et le greffon en avant.\u2019 Voici comment Horwitz et Lambert procédent.Extension trans- osseuse par broche de Kirshner ou de Steinmann quelques jours avant l\u2019opération, qui sera continuée ensuite.Le classement sanguin est fait ; le matin de l\u2019opération, du sérum salé est administré avant ; et dès que l\u2019opération commence, le sang remplace le sérum.Il y a deux équipes opératoires : l\u2019une découvre le foyer de fracture et pose la plaque métallique ; l\u2019autre procède au prélèvement du greffon iliaque par une longue incision de huit pouces de long, de la crête 1liaque, Avril 1946 Lavar.MÉDicaL 463 et en se servant de la scie pour prélever l\u2019os.Cette équipe aide ensuite à celle qui travaille sur le foyer de fracture, où 1l faut enlever tout le tissu fibreux et bien ouvrir le canal médullaire des deux bouts.La plaque posée, on enlève une bande de la corticale du côté externe sur une longueur de 6.2 cm.et le greffon iliaque y est inséré avec des parcelles d\u2019os spongieux prélevées sur la crête 1liaque également.Le greffon est fixé par deux vis métalliques.Puis chaque équipe referme sa plaie opératoire.La traction trans-osseuse est continuée durant dix à douze semaines après l\u2019opération.\u2018 Quatre fractures de l\u2019avant-bras ont guéri en trois mois.Deux fractures du tibia, l\u2019une simple, l\u2019autre ouverte et encore sous traitement évoluent de façon très satisfaisante.L.-P.Roy.Michael H.STREICHER.Phthalylsulfathiazole (Sulfathalidine).Clinical, chemical and bacteriologic evaluation in infectious disease of the colon.(Phthalylsulfathiazole « Sulfathalidine ».Étude clinique, chimique et bactériologique dans les infections du côlon.) J.A.M.A., 129 : 1080, (15 déc.) 1945.Au cours de ces dernières années, deux produits sulfamidés ont été employés avec succès dans le traitement des infections du côlon : la sulfaguanidine et le succinylsufathiazole.Ce dernier paraît doué d\u2019une toxicité relativement modérée ; son absorption, au niveau de la paroi intestinale, paraît négligeable ; sa concentration dans le sang ne s\u2019élève qu\u2019à 0.5 à 1.5 mgm.par 100 centimètres cubes de sang, même lorsque son administration est prolongée.Un nouveau produit sulfamidé ; la phthalylsulfathiazole « sulfatha- lidine » a tout récemment été mis au point, et s\u2019est montré d\u2019une grande efficacité dans le traitement des infections du côlon.Les expériences cliniques ont montré que l\u2019absorption intestinale de la sulfathalidine était pratiquement négligeable puisque la concentration sanguine ne dépasse pas 1.5 mgm.par 100 centimètres cubes de sang lorsqu\u2019elle est administrée à fortes doses et pendant longtemps.L'action bactériostatique de la sulfathalidine apparaît quatre fois plus élevée que celle du succinylsulfathiazole.L\u2019auteur a employé la sulfathalidine chez 100 malades souffrant d\u2019affections coliques diverses : côlites ulcéreuses (80) ; dysentérie amibienne (6) ; dysentérie bacillaire (2) ; lamblias intestinales (8) ; para- typhoide (2) ; dientemæba fragilis (2).Chez 84 malades les résultats ont été excellents ; dans 6 cas l\u2019amélioration a été satisfaisante ; le traitement s\u2019est montré inefficace dans 10 cas.Les infections aiguës réagissent favorablement et rapidement au traitement.Chez certains malades, le traitement a pu être prolongée pendant 4 à 6 semaines sans 464 Lava\u2026 MÉDICAL Avril 1946 qu\u2019il n\u2019apparaisse de manifestations toxiques.Au début de l\u2019expérience, on établit les doses journalières à 0.125 gm.par kilo de poids corporel ; ces doses parurent bientôt excessives et furent réduites à 3 grms par jour.Les analyses répétées du sang révélèrent que la concentration sanguine de sulfathalidine s\u2019élevait à 0.5 à 1.5 mgm.par 100 c.c.quelque soient les doses administrées et la durée du traitement.On retrouve 5% du produit dans les urines et 55 à 65% dans les selles.A la suite de ces expériences, l\u2019auteur en arrive à la conclusion que la sulfathalidine possède un pouvoir toxique moindre et une action bactériostatique plus élevée que ceux de tout agent antiseptique intestinal employé antérieurement.À cause de ces propriétés la sulfathalidine peut être employée avec succès à doses modérées de l\u2019ordre de 3 grammes par jour, par voie orale.L\u2019étude comparée a démontré que la phtalyl- sulfathiazole jouit de propriétés thérapeutiques supérieures à celles du succinylsulfathiazole dans le traitement des Infections du côlon.Honoré NADEAU.Far] HL HERRICK.Tensile strength of tissues as influenced by male sex hormone.(Résistance des tissus à la tension sous l\u2019influence de l\u2019hormone mâle.) Anat.Rec., 93 : 145, (oct.) 1945.Le propionate de testostérone a considérablement augmenté la résistance à la tension de la peau et des muscles des poules et des chapons (de 25 à 50%).L'\u2019histologie a montré une augmentation du nombre des fibres du tissu conjonctif.Pierre JoBIN.T.W.McELIN et Boyard T.HORTON.Clinical observations on the use of Benadryl: a new antihistamine substance.(Etude clinique de cas traités avec Bénadryl, une nouvelle préparation antihistaminique.) Proc.Mayo Clin., 20 : 417, (14 nov.) 1945.Le Bénadryl est une nouvelle préparation antihistaminique des Laboratoires Parke, Davis and Company.Cette préparation semble pouvoir prévenir, dans une certaine mesure, les effets de l\u2019histamine.Dans la nomenclature chimique on l\u2019appelle : B-dimethylaminoethbyl benzhydryl etber byperchloride.C\u2019est une poudre blanche solube dans l\u2019eau de l\u2019alcool, stable dans les conditions de pression et de température ordinaires.Les expériences tentées avec le nouveau produit indiquent clairement qu\u2019il est doué de propriétés antispasmodiques triples en ce sens qu\u2019il aurait une action antihistaminique, une action antispasmodique antibarium chloride effect, enfin une anti-acethylcholine action ou un effet se rapprochant de celui de l\u2019atropine. Avril 9146 Llava\u2026 MÉDICAL 465 Les auteurs sont convaincus, en particulier Horton, que le dénominateur commun de toutes les maladies d\u2019origine allergique et de quelques autres manifestations morbides, est la résultante d\u2019un certain degré d\u2019œdème produit par la libération, la production dans les tissus, d\u2019histamine ou d\u2019une substance qui s\u2019en rapproche.Cet œdème se manifesterait sur les muqueuses par l\u2019asthme des foirns ou par une rhinite vaso-motrice, selon les saisons.Sur la peau, l\u2019ædème produit donnerait l\u2019urticaire ; au labyrinthe, le syndrome de Ménière.Poursuivant cette hypothèse d\u2019un facteur étiologique commun à des problèmes très divers, les auteurs ont appliqué à diverses maladies de nature soupçonnée allergique un traitement par le Bénadryl, substance qui agirait comme désensibilisant de l\u2019histamine.Le médicament a été donné à des doses variant de 50 à 500 milligrammes par jour, par la bouche, de 20 milligrammes par injection intramusculaire et de 60 milligrammes par 100 c.c.de sérum salé physiologique, par voie intra-veineuse.L'injection-musculaire est un peu douloureuse et cause des ennuis ; l\u2019Iintra-veineuse ne présente à peu près pas d\u2019inconvénients de même que la prise du médicament par la bouche.Les auteurs concluent en disant que le Bénadryl, une nouvelle préparation antihistaminique, mérite d\u2019être employé largement dans le traitement des œdèmes qui très probablement ont un facteur éticlog!- que commun (la mise en liberté d\u2019histamine ou d\u2019une substance qui s\u2019en rapproche), comme l\u2019urticaire, l\u2019œdème angio-neurotique, la rhinite vasomotrice, l\u2019asthme des foins, le syndrome de Ménière, etc.L\u2019usage de la préparation, par injections, donne un effet rapide et presque instantané, dans les cas aigus.Les recherches se continuent pour trouver à cet intéressant produit d\u2019autres applications dans la sécrétion gastrique ou comme antispasmodique.Emile GAUMOND. CHRONIQUE, VARIÉTÉS ET NOUVELLES L'Institut d\u2019hygiéne et de biologie humaine de l\u2019Université Laval Je voudrais, en quelques mots, tenter d\u2019expliquer, dans les grandes lignes, le but et le fonctionnement du nouvel Institut d\u2019Hygiène et de Biologie humaine récemment créé par l\u2019Université Laval.Pendant la tourmente qui vient de ravager le monde, 1l est apparu de plus en plus évident que les sciences biologiques appliquées aux problèmes de la vie quotidienne des hommes pouvaient rendre d\u2019immenses services.On sait, depuis longtemps déjà, le rôle social important qu\u2019ont Joué et que jouent encore tous les jours la bactériologie, l\u2019immunologie, l\u2019hygiène urbaine, l\u2019hygiène industrielle.Ces sciences sont devenues à ce point essentielles aux hommes que tout état moderne possède dans son organisation directrice un ministère de la Santé.Mais, Jusqu\u2019à ces tout derniers temps, les efforts ont porté pres- qu\u2019exclusivement sur la prévention des épidémies, des maladies, des accidents, et cela à juste titre, d\u2019ailleurs, car il fallait parer au plus dangereux et au plus pressé.A l\u2019heure actuelle, nous pouvons, nous devons aller plus loin.Dépassant le stade de la défensive, nous devons rechercher les moyens de créer plus de Santé, de rendre les hommes plus robustes, de mieux les adapter aux conditions de vie qui les environnent et, inversé ment, d\u2019organiser leur travail pour qu\u2019il ne leur soit pas préjudiciable.Probleme immense Si l\u2019on pense à la multiplicité des tâches que l\u2019homme accomplit, dans des conditions extrêmement diverses et sous des climats des plus variés.Mais aussi problème passionnant et devant lequel nul ne peut se dérober puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019améliorer la condition humaine._ (1) Causerie radiophonique de M.le Dr Lucien Brouha au programme des Actualités universitaires. Avril 1946 LAvAL MÉDbicaL 467 Les autorités de l\u2019Université Laval doivent être félicitées : ayant compris l\u2019importance de la question, elles se sont résolument engagées dans une voie nouvelle et ont organisé des laboratoires consacrés à l\u2019étude de la Biologie humaine.Biologie humaine est un terme qui couvre un domaine immense, et J'aimerais préciser comment nous l\u2019entendons 1ci.Le nouvel Institut a pour but d\u2019étudier l\u2019homme normal, bien portant, non pas pour le protéger contre les attaques des germes pathogènes ou de certaines substances toxiques, \u2014 c\u2019est là le domaine essentiellement important des bactériologistes, des toxicologues et de la plupart des hygiénistes, \u2014 mais bien pour apprendre à connaître les comportements physiologiques, les capacités, les limitations de la machine humaine dans des conditions variables de vie, de climat, d\u2019alimentation, de travail et de repos, d\u2019âge.La connaissance de ces facteurs permet alors de déterminer, dans des circonstances précises, ce que l\u2019homme peut ou ne peut pas faire, ce que certains hommes peuvent faire alors que d\u2019autres en sont incapables, ce que certains hommes peuvent faire mieux que d\u2019autres parce que leurs aptitudes naturelles ou acquises soit par adaptation, soit par entraînement, sont supérieures.Et tout ceci n\u2019est ni du domaine d\u2019Utopie, ni du domaine de la pure spéculation intellectuelle.Des recherches analogues ont permis, pendant la guerre, une sélection judicieuse des aviateurs, des conducteurs de chars d\u2019assaut, des hommes composant les troupes de choc et devant combattre sous divers climats.C\u2019est sur la base de recherches scientifiques précises que les besoins alimentaires des soldats ont été établis et que les rations ont été calculées en tenant compte des exigences particulières de certains théâtres d\u2019opérations militaires.Et les résultats obtenus ont prouvé que le temps consacré à ces études n\u2019avait pas été perdu.Maintenant que la tourmente est passée, on doit se tourner vers les problèmes du temps de paix et étudier, de façon systématique, quelles sont les exigences et les limitations de l\u2019homme au travail.Pour ce faire, un Institut tel que celui de l\u2019Université Laval doit, de toute nécessité, être capable de poursuivre deux ordres principaux de recherches : tout d\u2019abord des expériences de hase, d\u2019intérêt théorique général, avec la possibilité de faire, quand c\u2019est nécessaire, de l\u2019expérimentation sur animaux.Ensuite des expériences d\u2019application pratique plus immédiate, faites directement sur l\u2019homme, pour répondre à des questions que pose la vie courante du travailleur, à la ville, à la campagne ou à l\u2019usne.Sans expériences fondamentales, le progrès scientifique est nécessairement limité.II est, en effet, indispensable de pouvoir mettre au point des méthodes nouvelles, de découvrir des moyens d\u2019attaque adaptés aux problèmes qui surgissent à chaque pas, d\u2019établir et de vérifrer des théories inédites.D\u2019autre part, sans la possibilité d\u2019expériences d\u2019ordre pratique, Il est à peu près impossible d\u2019appliquer, à la vie de tous les jours, les découvertes du laboratoire sans encourir une perte de temps souvent considérable et toujours inutile. 468 Lava\u2026 MÉDicaL Avril 1946 En outre, sans une étroite liaison entre les deux ordres de recherches, comment savoir si des conclusions obtenues au laboratoire sont applicables en tout ou en partie aux conditions de la vie en dehors du laboratoire ?: Il a donc été décidé que l\u2019Institut serait outillé et organisé pour pouvoir entreprendre des recherches de base aussi bien que des recherches d'application.Les laboratoires ont été groupés en trois départements correspondant aux trois grandes classes de problèmes que pose la biologie humaine : physiologie et hygiène du travail, physiologie et hygiène des climats, physiologie et hygiène de la nutrition.En outre, un département de cinématographie biologique et industrielle est au service des trois autres départements.II va de soi qu\u2019une telle division est bien plus théorique que réelle et qu\u2019elle est surtout imposée par la diversité et l\u2019étendue des problèmes à considérer.En fait, pour comprendre et pour tenter de résoudre la plupart des questions qui se posent actuellement en biologie humaine, il est indispensable que ces divers départements fonctionnent comme une seule unité de recherche.C\u2019est surtout grâce à un travail d\u2019équipe que l\u2019on peut espérer obtenir des résultats intéressants.Citons rapidement quelques-uns des problèmes principaux qui se posent.Dans le domaine de la physiologie du travail, il faut poursuivre les recherches sur les modifications que provoquent, dans l\u2019organisme, divers genres et diverses intensités de travail musculaire.TI faut étudier l\u2019entraînement, la fatigue, les rendements physiologiques.Ces questions sont à la base de problèmes plus pratiques tels que l\u2019étude du coût physiologique des métiers manuels, l\u2019orientation et la sélection professionnelles, l\u2019influence de l\u2019âge sur la capacité de travail, le ré- entraînement des convalescents, la réadaptation des chômeurs, bien d\u2019autres encore.Le département de physiologie de l\u2019acclimatation doit étudier les mécanismes de l\u2019adaptation au froid, à la chaleur, à l\u2019humidité, aux changements brusques de climats, à la lumière, aux poussières, aux variations de la pression atmosphérique, etc.Et cela conduit à des recherches pratiques comme l\u2019étude de l\u2019influence du climat et de l\u2019environnement sur la capacité de travail, sur la santé, sur les besoins alimentaires.Le département de nutrition doit s\u2019attaquer non seulement à l\u2019étude des aliments et des régimes, mais aussi à celle des rapports importants qui existent entre les besoins alimentaires, les climats, l\u2019environnement et le travail musculaire.Enfin, le département de photographie et de ciné matographie permet de recueillir des documents indispensables à l\u2019étude scientifique de nombreux problèmes tels que l\u2019analyse des mouvements, la coordination musculaire, la simplification des travaux manuels et, aussi, d\u2019utiliser ces documents dans un but éducatif. Avril 1946 Lava\u2026 MÉDicaL 469 Des locaux ont été aménagés dans le sous-sol de l\u2019Ecole de médecine pour abriter les divers laboratoires nécessaires à la réalisation de ce projet.Un outillage moderne sera à la disposition de l\u2019équipe de chercheurs que l\u2019Université a déjà réunie.Au moment où les travaux scientifiques commencent qu\u2019il nous soit permis de formuler le vœu que ce nouvel institut soit aidé par les pouvoirs gouvernementaux et par l\u2019industrie afin que, rapidement, 1l prenne sa place parmi les organisations scientifiques dont les efforts sont consacrés à cette tâche de haute portée morale et sociale : l\u2019amélioration de la vie des hommes au travail.Le Dr R.Power, de McGill En février dernier, M.le docteur R.Power, obstétricien de l\u2019Hôpital Sainte-Marie, et attaché au département d\u2019anatomie de l\u2019Université McGill, est venu donner, en français, devant le personnel de la Faculté de médecine de Laval, une conférence sur la constitution anatomique des parties molles du bassin en rapport avec l\u2019accouchement.Ses recherches personnelles ont porté sur les ligaments transversaux et longitudinaux du col de l\u2019utérus et particulièrement sur le ligament de Mackenroth qui s\u2019étend transversalement du col de l\u2019utérus et du dôme vaginal au releveur de l\u2019anus.Par des clichés personnels très démonstratifs, le conférencier en a montré l\u2019intérêt obstétrical et chirurgical.Pierre JoBIN.Le Salon d\u2019Art et de Photographie des médecins canadiens Le Salon d\u2019Art des médecins s\u2019ouvrira, cette année, avec la convention du Canadian Medical Association, à Banff.Avec les photographies, on y exposera les peintures à l\u2019huile, à la gouache, les aquarelles, les eaux-fortes, les dessins au fusain et les pastels.Ce sera bien, en effet, le « Salon d\u2019Art et de Photographie des médecins canadiens ».Ceux qui ont entendu dire que le Salon de Photographie avait ainsi élargi ses cadres pour inclure la peinture, manifestent déjà un très vif intérêt, et la maison Frank W.Horner, Limited, initiatrice de cet événement artistique, se prépare à une exposition de grande envergure.Des ententes ont été conclues pour que chaque envoi soit jugé sur les lieux mêmes, à Banff, par des artistes éminents.L\u2019exposition des tableaux acceptés durera tout le temps de la convention.Le docteur T.\u20ac.Routley, secrétaire général du Canadian Medical Association, fera la présentation des plaques représentant, en bas-relief, la tête de Sir Frederick Banting, lui-même un artiste réputé.Ces plaques auront une Lavar MÉDicaAL Avril 1946 470 Inscription appropriée et seront décernées : l\u2019une, dans la section des peintures ; l\u2019autre, dans la section des photographies, aux médecins dont l\u2019œuvre sera primée.Afin que tous les médecins du Canada puissent exposer leurs œuvres à ce Salon, les formules nécessaires seront bientôt adressées de Montréal.* à Canadian Foundation for the Advancement of Pharmacy A une réunion des directeurs, tenue en février dernier à Toronto, une somme ne dépassant pas dix mille dollars, pour l\u2019année financière 1946-47, fut placée à la disposition du Comité des bourses afin de pourvoir au programme éducatif de la Fondation.Ce programme comporte des bourses d\u2019études scolaires et postscolaires, des bourses pour la préparation à l\u2019enseignement, ainsi que des octrois pour la recherche en pharmacie.La Fondation prévoit encore l\u2019extension de ses services aux associations provinciales en assurant des cours de récapitulation pour les pharmaciens détaillants afin qu\u2019ils puissent être bien instruits des nouveautés pharmaceutiques ainsi que de leur mode de prescription.En plus de ce premier objectif, qui consiste à aider au maintien ainsi qu\u2019au progrès de l\u2019éducation pharmaceutique au Canada, la Canadian Foundation for the Advancement of Pharmacy étudie les meilleurs moyens de venir en aide aux vétérans, hommes et femmes, qui désirent étudier la pharmacie et l\u2019exercer.La neuvième exposition de l\u2019A.P.A.AÀ.\u2014 (1947) Cette exposition sera tenue à Atlantic City, à l\u2019occasion du centième congrès de l\u2019American Medical Association.C\u2019est alors que sera jugé le concours artistique « Le courage et le dévouement à l\u2019appel du devoir » ($34,000 de primes en bons d\u2019épargne).Ce concours avait été prévu pour 1946, à l\u2019occasion du congrès de l\u2019'A.M.A., mais, après considérations pertinentes, il fut retardé d\u2019un an afin de permettre à un plus grand nombre de médecins de terminer leurs travaux pour ce concours spécial.: Pour toute information, au sujet de l\u2019exposition artistique de San Francisco (1946) ou de celle d\u2019Atlantic City (1947), les médecins peuvent écrire au Dr Francis H.Redewill, Flood Building, San Francisco Cal., secrétaire-trésorier de I\u2019American Physicians Art Association ou, encore, au commanditaire, Mead Johnson & Co., Evansville, Indiana, U.S.A "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.