Laval médical, 1 janvier 1948, Janvier
[" ul -\u2014 EJ Aerolineas ft.= - = ES en a 5 FTE Tol el Sis TL = 5 = = DER TE Co = SPs Em oe seat MIRE i bd \\] ES oar = Er Een EEE | Le ER CSV Zl ms laa oN re, = Le Ÿ 7 \u2014I% cou EF en HN \u2014\u2014 | \u2014 \u2014 \u2014 = r a ~3 \u2014\u2014\u2014 \u2014 \u2014 = \u2014 X= KA \\ #7 CAAA A A A A VR AY A EV Ro Av Rv x y 2.) = Ee Ay A 5 FL A \\ bao Et aa a pu) 1684 \u2014 =o es = FE A 1914 == FT = \u2014 F7 ë se = y =.= \u2014 4 == EE rs == \u2014 [ter T ) TI = \u2014 \u2014 i = BIBLIOTHEQ CE nov SAINT-SVLPI N 7?71] \"of sk of CA de de + { Rai Ea aiid RE EE amet \u2014 \u2014\u2014 pe ent bs 1-54 Vor.13 \u2014 No1 QUEBEC, JANVIER 1948 MEDICAL BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ MEDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC se, seo, .° .e e L oo 2.tes, .eo 9 : e tee °°, ° e900 [XX NW esse e ° AAR So Te.DIRECTION .\u2014 my pe of,\u2019 8 £ Cleces - Unlversité Laval, Québec.®e * ° .bu ° Que & .0° 0, 000 ose ° J > S H' vAlLon ayere Sime aor fr Ver AGM M 2 TE LAVAL MÉDICAL VOL.13 N° 1 JANVIER 1948 COMPOSITION DU BUREAU DE DIRECTION PRÉSIDENT M.le docteur Chs Vézina Doyen de la Faculté de médecine VICE-PRÉSIDENT M.le docteur A.-R.Potvin Professeur de biologie et d\u2019histologie SECRÉTAIRE M.le docteur Roméo Blanchet Secrétaire de la Faculté de médecine ADMINISTRATEURS M.le docteur R.Gingras Secrétaire adjoint à la Faculté de médecine M.le docteur J.-Édouard Morin Professeur de bactériologie (5) 1201 LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC 1948 MEMBRES CORRESPONDANTS ÉTRANGERS M.le professeur A.CLERC, de Paris.M.le professeur A.LEMIERRE, de Paris.M.le professeur René CRUCHET, de Bordeaux.M.le professeur Jean BRAINE, de Paris.COMPOSITION DU BUREAU Président : M.le professeur Renaud LEMIEUX.Vice-président : M.le professeur J.-L.PETITCLERC.Secrétaire général : M.le docteur Ph.RicHARD.Trésorier : M.le professeur Sylvio LEBLOND.Membres : MM.les professeurs Émile GAumonD, J.-E.Morin, M.le docteur Charles-A.Martin.LISTE DES MEMBRES MM.ALLARD, Eugène, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.AUDET, Jacques, à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.AUGER, Carlton, à l\u2019Hôtel-Dieu.AUGER, Gustave, à l\u2019Hôtel-Dieu. Janvier 1948 MM.BéparD, Arthur, BEeaupeT, Hector, Beaupry, Maurice, BÉLANGER, Ls-Émile, BERGER, Louis, BERGERON, Geo.-A., BLANCHET, Roméo, BONENFANT, J.-Ls, CAOUETTE, Robert, Caron, Sylvio, Caron, Wilfrid, CaucHon, Roland, CAYER, Lomer, Cork, Chs-E., CoTÉ, C.-E., Cork, J.-Chs, Cork, Paul-Émile, CourrLarD, Ed, DÉCHÈNE, Euclide, DE.ace, Maurice, DEMERS, F.-X., DEesMEULES, Roland, DESROCHERS, Gustave, DE SAINT-VicTor, Henri, DE SAINT-V1cTOR, Jean, Dorvar, Chs-H., Drouin, Guy, Ducaz, J.-Paul, DussauULT, N.-A., FiseT, P.-Émile, FisHER, J.-G., FoLEy, A.-R., LavaL MEegbicaL à l\u2019Hôtel-Dieu.x à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à la Faculté de Médecine.à la Faculté de Médecine.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Clinique Rov-Rousseau.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.a Hopital du Saint-Sacrement.a \"Hopital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.à la Faculté de Médecine.à l\u2019Hôpital de la Crèche.à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital Laval.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à Hôpital Laval.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.a I\u2019Hotel-Dicu.à l\u2019Hôtel-Dieu.x à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.x à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à la Faculté de Médecine. Lavar MéDicAL MM.ForrTIER, de la Broq., Fortier, Emile, FORTIER, Jean, FRENETTE, Olivier, GAGNON, Fabien, GaLiBois, Paul, GARANT, Oscar, GAUMoND, Émile, GAUTHIER, Cajétan, GAUTHIER, Chs-Auguste, GIGUÈRE, Alphonse, GINGRAS, Rosaire, Giroux, Maurice, GossELIN, Jules, GRANDBOIS, Jean, GRÉGOIRE, Georges, GRÉGOIRE, Jean, Guay, Marcel.Haur£, Jules, Hupon, Fernando, JACQUES, André, JoBiN, Albert, JoBIN, J.-Bte, JoBiN, Joachim, JoBiN, Pierre, JoLICŒUR, Amyot, LACERTE, Jean, LALIBERTÉ, Henri, LANcLoIs, Marcel, LAPOINTE, Donat, LAPOINTE, Henri, Janvier 1948 à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à la Faculté de Médecine.à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.à l\u2019Hôpital du Saimnt-Sacrement.Hôpital du Saint-Sacrement.Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.\u2019Hôtel-Dieu.H Hôpital des Anciens Combattants.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Faculté de Médecine.à l\u2019Hôpital Laval.à l'Hôpital du Saimnt-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.au Dispensaire antituberculeux.à la Faculté de Médecine.à PHôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à la Faculté de Médecine.A à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de Ia Crèche.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus. Janvier 1948 MM.LAROCHELLE, Jean-Louis, LAROCHELLE, Napoléon, LAROCHELLE, Paul, LarUE, G.-Henri, LARUE, Lucien, LAVERGNE, Nérée, LAVvoiE, Jules, LesLoND, Sylvio, LEBronp, Wilfrid, LecLERC, L.-Ph., LeErFeBVRE, Lucien, Lemieux, Jean-M., Lemieux, Renaud, LessarD, J.-Marc, LessarD, Richard, LEssArD, Robert, LETARTE, François, MARANDA, Émilien, Marcoux, Henri, MARTEL, Antonio, MARTIN, Charles-A., MERCIER, Arthur, Micuavup, J.-Thomas, MILLER, J.-Chs, Morin, Eustace, Morin, J.-Edouard, NADEAU, Honoré, Naup, Robert, PAINcHAUD, Chs-A., ParncHauD, Paul, PAQUET, Adrien, PAQUET, Albert, LAavAL MÉDicaL à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital Saint-Mrchel-Archange.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital du Samt-Sacrement.à lHôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.a Hopital du Saint-Sacrement.a l\u2019Hôpital du Samt-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à PHôprtal du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital du Samnt-Sacrement.a la Clinique Roy-Rousseau.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.x à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôtel-Dieu.a \"Hopital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus. LavarL MEbpicaL MM.Paquet, Berchmans, PARADis, Bernard, PAraDIS, Yvon, PaTry, Laurent, PayEur, Léo-R,, PELLETIER, Alphonse, PELLETIER, J.-Emile, Perron, Edmour, PETiTcLERC, J.-Louis, PETITGREW, Antoine, PICHETTE, Henri, PLAMONDON, Marcel, Poriquin, Paul, PoTviN, A.-R., POULIOT, Antoine, Rein, Léonide, RicHaARD, Philippe, RINFRET, Lucien, RocHETTE, Paul, Rocer, J.-Paul, Rousseau, Louis, Roy, L.-François, Roy, Ls-Philippe, Rover, Louis, Royer, Maurice, SAINT-ARNAUD, Grégoire, SAMSON, Euchariste, SAMsoN, Mathieu, Samson, Maurice, SIMARD, André, SiMARD, Philippe, SimarD, René, Sirois, Jean, SYLVESTRE, Ernest, Janvier 1948 l\u2019Hôtel-E eu.l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de [a Miséricorde.as m- à l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.à l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital Sammt-Michel-Archange.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hoôpital du Saint-Sacrement.an fo - à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpita! de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.à l\u2019Hôpital Laval.a \"Hopital du Saint-Sacrement.a \"Hopital de l\u2019Enfant-Jésus.a \"Hopital du Saint-Sacrement.a \"Hopital Laval.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.à l\u2019Hôtel-Dieu.x à PHôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital Saint-Michel-Archange.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.l\u2019Hôtel-Dieu.l\u2019Hôpital des Anciens Combattants.es a os Ae fe mm © l\u2019Hôpital de la Miséricorde.l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.- l\u2019Hôpital Laval.© a Janvier 1948 LavAL MÉDICAL 7 MM.THiBaUDpEAU, Roland, à l\u2019Hôpital du Saint-Sacrement.TREMPE, Florian, a \"Hopital du Saint-Sacrement.TurcoT, Jacques, à l\u2019Hôtel-Dieu.TurcoT, Roland, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.TURrcoTTE, Maurice, à l\u2019Hopital de l\u2019Enfant-Jésus.VaAcHoN, Malcolm, à l\u2019Hôpital de l\u2019Enfant-Jésus.VERGE, Willie, a Hopital de \u2019Enfant-Jésus.VERREAULT, J.-E., a la Faculté de Médecine.VEZINA, Charles, à l\u2019Hôtel-Dieu.Voyer, Victorin, à l\u2019Hôpital des Anciens Combattants. RÈGLEMENTS de la SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX UNIVERSITAIRES DE QUÉBEC MEMBRES La Société se compose de membres titulaires, de membres adhérents et de membres correspondants.Peuvent devenir membres titulaires : les professeurs et les agrégés de la Faculté de médecine ; Iles chefs de Service dans les hôpitaux universitaires.Peuvent devenir membres adhérents : les assistants dans les Services hospitaliers et dans les laboratoires universitaires.Les membres adhérents ne font partie de la Société que pendant la durée de leurs fonctions universitaires.Les membres correspondants sont élus parmi les notabilités médicales canadiennes et parmi les médecins et savants étrangers qui peuvent apporter à la Société une contribution utile ou qui ont des titres à sa reconnaissance.Pour être élu membre de la Société, à quelque titre que ce soit, il faut : 1° Que le candidat soit proposé par écrit au Bureau de direction par un membre titulaire ; 2° Que sa candidature soit ssumise aux membres de la Société lors d\u2019une séance régulière ; 3° Que le candidat recueille la majorité des suffrages des membres présents à la séance suivante. Janvier 1948 LavAL MéÉpicaL 9 La qualité de membre de la Société se perd : 1° Par la démission ; 2° Par la radiation prononcée, pour motifs graves, par l\u2019assemblée générale comprenant au moins la moitié des titulaires, à la majorité des deux tiers des membres présents ; 3° Par le refus de régler sa cotisation annuelle pendant deux années consécutives.OFFICIERS Le Bureau de la Société se compose d\u2019un président, d\u2019un vice- président, d\u2019un secrétaire et d\u2019un trésorier.Le Conseil d\u2019administration se compose des membres du Bureau et de trois membres de la Société élus pour trois ans.Ces derniers, de même que le secrétaire et le trésorier qui sont élus pour un an, sont indéfiniment rééligibles.Le président et le vice-président sont élus pour un an.Ils ne sont rééligibles qu\u2019une fois.RESSOURCES Les ressources de la Société proviennent des cotisations et souscriptions de ses membres ; des dons et legs ; des subventions qui pourraient [ui être accordées.La cotisation annuelle, payable en janvier, est de $5.pour les membres titulaires et de $3.pour les membres adhérents.Les membres reçus lors des séances d\u2019octobre, novembre et décembre ne sont pas sujets à la cotisation pour l\u2019année courante.La cotisation n\u2019est pas exigée des professeurs émérites.RÉUNIONS A.\u2014 Une assemblée générale des membres de la Société se réunit au moins une fois l\u2019an, 1° Pour entendre le rapport du Conseil d\u2019administration sur la Fr situation générale de la Société ; 10 Lavar MÉDICAL Janvier 1948 2° Pour entendre le compte rendu, par le secrétaire, des travaux de la Société pendant le cours de l\u2019année ; 3° Pour entendre le rapport du trésorier ; 4° Pour procéder à l\u2019élection des officiers.L\u2019Assemblée générale des membres de la Société aura lieu à l\u2019École de médecine.B.\u2014 Les séances.En dehors de la période des vacances (juillet et août) les séances ont lieu tous les premier et troisième vendredis de chaque mois, sauf le premier vendredi de janvier et le Vendredi saint.Les séances ont lieu soit à l\u2019École de médecine, soit dans les hôpitaux universitaires.On tient un procès-verbal des séances.Ordre des séances 1° Lecture et adoption du procès-verbal ; 2° Discussion à propos du procès-verbal : 3° Correspondance ; 4° Présentation de malades ; 5° Lecture des travaux.Les séances ne doivent pas durer plus de deux heures.À moins d\u2019une autorisation préalable et exceptionnelle du président, quinze minutes seulement sont allouées pour chaque présentation ou communication.La discussion consécutive à chaque présentation ou communication est limitée à cinq minutes.Texte et résumé des communications Le texte de toute communication faite devant la Société doit être déposé séance tenante entre les mains du secrétaire pour publication dans le Laval Médical.Un résumé succinct (une vingtaine de lignes) des travaux doit être annexé au texte intégral.Ces formalités sont de rigueur absolue. Janvier 1948 Lavar MÉDICAL 11 INVITÉS Les membres de la Société médicale de Quêbec sont admis aux séances de la Société médicale des Hôpitaux universitaires.PUBLICATIONS Aucune communication ne peut être publiée au nom de la Société sans l\u2019approbation du Bureau. COMMUNICATIONS TRAITEMENT ET GUÉRISON DE LA SYPHILIS PRIMO-SECONDAIRE PAR LE BISMUTH par Émile GAUMOND Chef du Service de dermatologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec Le titre de cette communication pourra paraître un peu curieux à plusieurs.Pour la plupart d\u2019entre nous, les directives que nous recevons et que nous donnons à propos du traitement de la syphilis à son début comprennent bien la bismuthothérapie, mais elle est toujours associée à l\u2019arsénothérapie.Le but de cet exposé n\u2019est pas de détruire ni même de contredire ce qui se fait couramment, mais bien, et uniquement, de démontrer, à l\u2019aide de l\u2019observation de dix malades atteints de syphilis primo-secondaire et traités uniquement au bismuth, que ce médicament peut guérir la syphilis.Après avoir rappelé quelques notions nécessaires concernant le médicament lui-même, nous présenterons dix observations de malades.Ces malades n\u2019ont reçu, pour seul et unique traitement de leur syphilis Janvier 1948 LavarL MEbpicaL 13 récente, que des préparations bismuthiques.Nous terminerons en vous faisant part de quelques réflexions qui nous ont été suggérées par le résultat obtenu.Disons, tout d\u2019abord, que le nombre des cas elit été plus considérable si nous avions inclus, dans cette statistique, dix-huit autres syphilitiques récents qui, après avoir reçu quelques injections arsenicales seulement, ont été traités par le bismuth.Nous n\u2019avons pas voulu le faire et l\u2019on comprendra facilement pourquoi.L\u2019année 1946 marquait le vingt-cinquiéme anniversaire de l\u2019introduction des composés bismuthiques dans la thérapeutique antisyphilitique.C\u2019est à Sazerac et à Levaditi que l\u2019on doit de connaître l\u2019action tréponémicide du bismuth et la plupart des syphiligraphes français considèrent que son activité est comparable, comme voisine sinon égale, à celle du 914.Par ailleurs, les syphiligraphes américains pensent que le bismuth est utile dans le traitement de la syphilis mais Ils croient que son activité est inférieure à celle des arsenicaux trivalents.Le bismuth s\u2019emploie uniquement en injections intramusculaires.Les essais de traitement au moyen de préparations administrées par les voles intraveineuse et buccale ont été abandonnés, parce que ces produits se sont avérés trop dangereux ou pas assez actifs.Les préparations bismuthiques existent, dans le commerce, sous deux formes : solubles et insolubles.Les premières ont l\u2019avantage d\u2019agir un peu plus rapidement que les secondes, mais leur action est de moins longue durée.Les sels insolubles sont surtout utilisés.Tous nos malades ont été traités par des sels de bismuth insolubles, sauf une patiente (observation n° 10) qui a reçu quelques injections d\u2019un sel de bismuth soluble dans l\u2019eau.Les produits commerciaux que nous avons utilisés portent différents noms.Le néoluatol est un hydroxyde de bismuth lipo-insoluble et 1l renferme O g.08 de bismuth métal par centimètre cube.La dose injectée est de deux centimètres cubes.Le muthanol, qui est un hydroxyde de bismuth radifère, renferme 0 g.0646 de bismuth métal par centimètre cube.La dose injectée est de deux centimètres cubes.Le salicylate de bismuth, qui s\u2019injecte à raison de un centimètre cube, renferme 0 g.075 de bismuth métal au 14 Lavar MEbpicaL Janvier 1948 centimètre cube.Le thiobismol est un sel de bismuth hydro-soluble qui renferme 0 g.076 de bismuth métal par injection.Nos malades ont reçu, pour la plupart, deux injections par semaine, quelquefois trois, au début du traitement.Par la suite, après négativa- tion de la réaction de Bordet-Wassermann, ils ont eu une injection par semaine.Les séries d\u2019injections furent de douze, quinze ou vingt, selon les cas.Un repos de deux semaines était ordonné entre la première et la seconde série d\u2019injections.Les périodes de repos furent plus longues, à mesure que le traitement progressait.Les urines furent examinées, à différentes périodes, chez tous les malades.Nous n\u2019avons observé aucun accident.Les incidents furent de peu d\u2019importance.Ilsont consisté surtouten douleurs locales passagères qui disparaissaient, souvent, en changeant tout simplement la préparation employée et en gingivites facilement guéries par une hygiène buccale bien appliquée.La période d\u2019observation pour ces malades va de un an et demi à neuf ans.Six malades sur les dix ont eu un examen du liquide céphalo- rachidien, après leur traitement.La sérologie, chez tous, devint négative, six à neuf mois après le début du traitement, et elle s\u2019est maintenue négative.Le nombre total d\u2019injections a varié de dix-sept (observation n° 6) à cent quatorze (observation n° 2).Les résultats sont exactement les mêmes pour dix-huit autres malades traités par le bismuth mais qui ont reçu quelques injections arsenicales, au début du traitement de leur syphilis récente.Ces vingt-huit malades sont les seuls qui aient été traités de cette façon, tant à la clinique antivénérienne de l\u2019Hôtel-Dieu qu\u2019en clientèle privée, sur un nombre total de trois cent soixante-douze syphilitiques primo-secondaires vus durant la période s\u2019étendant de 1938 à 1947.Pour quelles raisons, se demandera-t-on, traiter par le bismuth un malade atteint de syphilis primo-secondaire?Les arsenicaux et la pénicilline ne sont-ils pas plus actifs et plus rapides?Les arsenicaux agissent plus rapidement que le bismuth.La cicatrice du chancre se fait plus vite et les accidents secondaires disparaissent aussi plus tôt.Il faut dire, toutefois, que cette différence dans l\u2019action des deux médicaments ne se calcule pas en mois mais en Jours seulement.La péni- Janvier 1948 LavAaL.MÉDICAL 15 cilline a un effet certain sur les accidents syphilitiques récents ; cette forme de traitement n\u2019existait toutefois pas, au moment où les malades ont contracté leur maladie.La rapidité d\u2019action semble bien la seule raison qui milite en faveur des arsenicaux, car à cette thérapeutique on adjoint toujours le bismuth comme traitement de fond.La pénicilline, a elle seule, semble incapable de guérir la syphilis.Elle a une action rapide et certaine dans la syphilis récente, mais on conseille, de plus en plus, de [ur adjoindre le bismuth et quelques-uns même préconisent d\u2019ajouter au traitement par la pénicilline un traitement complet arséno- bismuthique.Dans ces conditions, on se demande pourquoi on donne de la pénicilline.Les arsenicaux présentent certains dangers : [a crise nitritoide, l\u2019érythrodermie, l\u2019encéphalite, les troubles sanguins.Tous ces accidents peuvent être mortels.Certains malades sont arséno-résistants et voient leur syphilis continuer son évolution, malgré les hautes doses d\u2019arsenic reçues.Certains syphilitiques récents ont, par ailleurs, un état constitutionnel morbide (observation n° 4) qui contre-indique ou fait craindre l\u2019emploi des arsenicaux.L\u2019âge du malade est un facteur important, à notre avis.Les premiers malades traités au bismuth uniquement, l\u2019ont été après que nous eussions vu mourir, dans le même mois, deux malades de cinquante-cinq et de soixante-sept ans, qui, pour une syphilis récente, avaient été traités, ailleurs, selon une technique très répandue et qui comprend les arsenicaux à haute dose, sans tenir compte de l\u2019âge du patient.Cette dernière constatation nous a incité à adopter la règle suivante : pas d\u2019arsenic trivalent pour une syphilis récente ou ancienne chez un individu ayant cinquante ans ou plus, quel que soit son état de santé apparent ou réel.Même avec les progrès récents de la pénicillinothérapie, le bismuth conserve une place au premier rang dans le traitement de la syphilis.Le professeur Gougerot, dans les Annales de dermatologie, numéro de février 1947, prétend que la pénicilline remplacera les arsénobenzènes, mais il ajoute qu\u2019elle devra toujours être associée au bismuth, le bismuth devant être continué et répété, comme si on n\u2019administrait pas de pénicilline ! 16 Lavar.MÉDicAaL Janvier 1948 Voici, maintenant, les observations de ces dix malades atteints de syphilis récente et traités uniquement par le bismuth.Elles serviront, croyons-nous, à démontrer que le bismutb seul peut guérir un malade atteint de syphilis.Première observation : 273-B, une femme de cinquante ans, présente des syphilides papulo- squameuses, surtout aux membres.Les muqueuses semblent indemnes.Les réactions de Bordet-Wassermann et de Kahn sont positives (+++).Cette malade serait intéressante à étudier, à un autre point de vue.Elle a trois filles.L\u2019une a une syphilis remontant à plus de quatre ans, à sérologie négative, au moment où la mère est examinée.Une autre a une syphilis latente de moins de quatre ans, a sérologie se négativant et la dernière des filles a une syphilis secondaire avec sérologie positive.Cette dernière vit séparée de son mari et la mère et la fille vivent ensemble, chez l\u2019ami de cette dernière.Le traitement s\u2019échelonne du 20 novembre 1941 au 27 juillet 1944.Il est interrompu, coupé par des séjours à la prison, où, toutefois, la mème thérapeutique est appliquée.Le traitement est suivi plutôt irrégulièrement, ce qui explique pourquoi la réaction de Bordet-Wassermann n\u2019a pas été faite plus tôt ; mais la sérologie est négative, deux ans, deux ans et demi et trois ans après le début du traitement.La ponction lombaire fournit, elle aussi, un résultat négatif, après trois ans d\u2019un traitement irrégulier qui a demandé quatre-vingt-trois injections de néoluatol.Deuxiéme observation : 284-S, est un homme de cinquante-trois ans qui, au moment de l\u2019examen, présente des syphilides papulo-érosives aux commissures labiales et aux régions inguino-scrotales.Les réactions de Bordet- Wassermann et de Kahn sont positives (+++ +).Ce malade, qui a été d\u2019une régularité exemplaire, a vu disparaître assez rapidement ses lésions, et les réactions sérologiques sont devenues négatives après SIX mois. Janvier 1948 Lava\u2026.MÉDICAL 17 Le traitement, chez ce patient, le plus docile de la clinique, a consisté en cent quatorze injections de néoluatol, du 25 novembre 1941 au 12 novembre 1943.Le liquide céphalo-rachidien, examiné trois ans après le début du traitement, est normal.L\u2019examen clinique ne révèle aucun trouble imputable à la syphilis antérieure.Troisième observation : 523-C, est un homme « pittoresque » de soixante-treize ans qui se présente à la consultation pour une syphilis secondaire cutanéo-muqueuse.II a des syphilides de toutes catégories, un peu partout sur le corps, et des plaques muqueuses buccales nombreuses.Les réactions de Bordet- Wassermann et de Kahn sont positives (+++ +).II reçoit soixante- sept injections de néoluatol, assez régulièrement, du 30 mai 1942 au 28 septembre 1943.Les accidents cutanéo-muqueux disparaissent, les réactions sérologiques deviennent négatives et se maintiennent négatives cinq ans après le début du traitement.Le liquide céphalo-rachidien est normal, le 4 septembre 1943.Ce malade a dû être hospitalisé, en septembre 1943, pour une dermite eczémateuse des pieds et des jambes.L\u2019examen des urines a toujours été normal.Nous ne croyons pas que le bismuth ait été responsable de sa dermatose ; les conditions hygiéniques déplorables dans lesquelles il vit en sont plutôt la raison.Revu en juillet 1947, le patient, qui a près de soixante-dix-neuf ans, est encore alerte et ne conserve qu\u2019un léger souvenir de cet épisode ennuyeux qu\u2019a été pour lui une syphilis contractée à soixante-treize ans ! Quatrième observation : 629-M, est un homme de vingt-six ans qui vient nous demander le traitement d\u2019un chancre syphilitique encore visible, accompagné de roséole.Les réactions de Bordet-Wassermann et de Kahn sont positives (++++).Ce malade est soumis à la thérapeutique bismuthique exclusive, parce qu\u2019il est un asthmatique depuis toujours, nous dit-il.A chaque visite, on note en effet qu\u2019il respire difficilement et, comme nous redoutions un mauvais effet des arsenicaux, seul le bismuth lui est donné.(6) 18 LavaL MÉDICAL Janvier 1948 Il reçoit, très irrégulièrement, soixante-deux injections de muthanol et néoluatol, du 1°\" juillet 1941 au 25 février 1943.La réaction de Bordet- Wassermann, positive (++++) au début, est devenue négative et l\u2019est encore, deux ans et deux ans et demi après le début.Malgré plusieurs tentatives pour retracer ce malade, il nous a été impossible de le revoir.Cinquième observation : 895-B, est âgé de soixante-deux ans, en 1943, quand il vient nous consulter, le 7 mai, pour une syphilis secondaire très récente comme en font foi la roséole et le chancre syphilitique balano-préputial non encore disparu.Ce malade donne facilement l\u2019impression d\u2019une jeunesse bien conservée ; 1l est d\u2019une activité débordante, il travaille assez régulièrement, quatorze et seize heures par Jour ; il a, malgré son travail et son âge, une vie nocturne très active, qui l\u2019a conduit à contracter la syphilis.Il reçoit, du 11 mai 1943 au 7 septembre 1944, soixante-trois injections de néoluatol.Tout se passe normalement, les accidents syphilitiques, roséole et chancre, disparaissent ; la sérologie redevient définitivement négative, plus de quatre ans après le début du traitement.Une ponction lombaire faite, deux ans après le début de la maladie et huit mois après le dernier traitement, indique que le liquide céphalo- rachidien est absolument normal.Revu le 7 juillet 1947, le patient se porte très bien et la réaction de Bordet-Wassermann est toujours négative, plus de quatre ans après le début du traitement.Sixième observation : 1476-B.L'observation de ce malade porte à réflexion et, dans une certaine mesure, à un certain degré de scepticisme.Nous ne croyons pas, toutefois, que les conséquences qui découlent du traitement de ce patient doivent être généralisées.Le malade, âgé de soixante-treize ans, se présente à la clinique anti vénérienne de l\u2019Hôtel-Dieu avec une syphilis secondaire récente, comme on peut le constater par les syphilides papulo-squameuses de la face Janvier 1948 LAvAL MÉDICAL 19 palmaire des mains.Les réactions de Bordet-Wassermann et de Kahn sont positives (++ ++).Le patient, questionné, n\u2019a aucune idée de la personne qui peut l\u2019avoir contaminé et 1l nie tout contact sexuel avec une femme.Nous croyons devoir le classer alors dans la catégorie des pédérastes.I! reçoit à la clinique, le 1°\", Ie 5 et le 8 septembre 1944, trois injections de néoluatol, puis nous le perdons de vue.Un avis de l\u2019assistante médico-sociale lui est envoyé et, comme la lettre reste sans réponse, une visite lui est faite.Nous apprenons alors que le malade a été interné à l\u2019asile, le 9 septembre 1944.Le 20 septembre 1944, l\u2019examen sérologique est pratiqué, à l\u2019asile d\u2019aliénés, et le résultat se lit comme suit : réaction de Bordet-Wasser- mann, sérum non chauffé : réaction positive (+++) ; sérum chauffe : réaction positive (++++).Le malade reçoit, alors quatorze injections de néoluatol ce qui, avec les trois injections qui lui ont été faites à la clinigue de l\u2019Hôtel- Dieu, fait un total de dix-sept injections.Le 14 mars 1915 et le 1°\" août 1945, le sang examiné fournit une réaction sérologique négative.Pour une raison ou pour une autre, le malade ne reçoit plus aucun traitement spécifique.Le 30 juin 1947, la sérologie est encore négative, trois ans après le début du traitement, alors que dix-sept injections seulement de bismuth ont été données.Le 4 juillet 1947, l\u2019examen du liquide céphalo-rachidien montre que toutes les réactions \u2014 réactions de Bordet-Wassermann, globuline, or colloidal \u2014 sont négatives et qu\u2019il y a 0 g.379,, d\u2019albumine et un lymphocyte par mm3.Ce malade, vieux pervers, actuellement 4gé de soixante-seize ans, est dans un état physique excellent et il ne conserve aucune trace de sa syphilis antérieure.Il a reçu un traitement qui doit être considéré comme insuffisant mais qui a tout de même donné un excellent résultat.Septième observation : | 2099-L, vient consulter, a la fin de novembre 1945.Vue antérieurement ailleurs, quelques jours auparavant, elle a recu 400,000 unités de 20 LavaL MEbpicaL Janvier 1948 pénicilline pour une vulvo-vaginite.Le prélèvement vaginal, fait à la clinique de l\u2019Hôtel-Dieu, se montre négatif pour le gonocoque à deux reprises ; mais on constate des syphilides papulo-hypertrophiques vulvaires avec œdème de la grande lèvre gauche.Les réactions de Bordet-Wassermann et de Kahn sont positives (+ +++).Le traitement spécifique est commencé, le 1°\" décembre 1945 et, actuellement, quarante-neuf injections de salicylate de bismuth ont été données à cette fillette de quatorze ans.La sérologie, après trois mois, commence à se montrer négative.Elle est complètement négative, après six mois, et se maintient telle, depuis ce temps.Cette malade doit recevoir, pour terminer le traitement, une dernière série d\u2019injections de salicylate de bismuth, ce qui fera un total de soixante et une injections.| Dans ce cas-ci, 1l est possible que la pénicilline reçue (400,000 unités) ait aidé à la négativation plus rapide de la réaction de Bordet-Wasser- mann.Cette hypothèse ne peut pas être retenue, toutefois, si on compare les réactions sérologiques de la malade avec celles de la deuxième observation.Ce dernier malade, sans pénicilline, avait, après le mème laps de temps, une sérologie à peu près négative et il n\u2019avait reçu que du bismuth.Huitième observation : 633-M.Cette malade, âgée de cinquante-cinq ans et dont le mari est militaire, est sous traitement pour une syphilis primaire.Elle subit un examen, le 23 octobre 1942, dont le résultat clinique et sérologique fut négatif.Le 9 novembre 1942, elle est de nouveau examinée.On peut alors constater un chancre syphilitique de la grande lévre avec un début de roséole.Les réactions de Bordet-Wassermann et de Kahn sont positives (+++).Le traitement débute le 9 septembre 1942 et se poursuivra jusqu\u2019au 10 avril 1944, alors qu\u2019une dose totale de soixante-douze injections de néoluatol aura été donnée.Tous les accidents syphilitiques disparaissent, les réactions séro- logiques sont négatives, six mois après, et le sont encore, deux ans après Janvier 1948 Lavar MÉDICAL 21 le début.En janvier 1945, une ponction lombaire donne un résultat tout à fait normal.Cette malade, qui se plaignait constamment de douleurs lombaires, a eu de très nombreux examens d\u2019urine qui ont toujours été normaux, à tout point de vue.Neuvième observation : 500-X, est un malade de clientèle privée, âgé de soixante ans, qui vient nous consulter, un dimanche matin, pour une petite plaie du sillon balano-préputial.L\u2019examen sur fond noir fait voir de nombreux tréponèmes.La réaction de Bordet Wassermann n\u2019est pas faite.Le 11 avril 1938, il reçoit une première injection de bismuth.Le chancre se cicatrise assez rapidement.Le traitement se poursuit jusqu\u2019au 1°\" octobre 1941, alors que le malade a reçu trente-sept injections de muthanol et trente-deux injections de néoluatol, fournissant un total de soixante-neuf injections.Les réactions sérologiques pour la syphilis étaient encore négatives, trois mois après le début du traitement et se sont maintenues négatives, même neuf ans après le début.Revu le 7 mars 1947, le patient, qui a soixante-neuf ans, est en excellente santé ; il n\u2019a éprouvé aucun trouble quelconque, local ou général, pendant le traitement.Dixième observation : 501-X.Cette malade est la femme du précédent et elle a été contaminée par son mari, avant que celui-ci n\u2019ait été traité par le bismuth.Le 10 juin 1938, elle est âgée de cinquante-neuf ans et elle est atteinte d\u2019une syphilis secondaire cutanée avec réactions de Bordet-Wassermann et de Kahn positives (+++).Les lésions spécifiques sont des syphilides maculeuses disséminées, ict et la, sur le corps.Elle reçoit, alors, une première injection de bismuth et, jusqu\u2019au 13 novembre 1941, quarante-deux injections de néoluatol et vingt-huit injections de.thio- bismol lui seront données.Le thiobismol a été utilisé à cause d\u2019une certaine difficulté de tolérance locale.Cette intolérance locale a toutefois cessé d\u2019elle-méme, car le traitement s\u2019est terminé par des injections de bismuth lipo-insoluble. 22 Lavar.MÉDicAL Janvier 1948 La réaction de Bordet-Wassermann, faite neuf mois après le début du traitement, était négative et elle se maintient telle encore, neuf ans après.Revue le 7 mars 1947, \u2014 la syphilis remonte à 1938, \u2014 la patiente semble en parfaite santé, elle ne se plaint de rien, elle ne pose aucune question concernant sa maladie antérieure, ce qu\u2019elle n\u2019a d\u2019ailleurs jamais fait, sans doute parce que son mari lui a fourni lui-même des renseignements suffisants.Dans les deux derniers cas, il ne nous fut pas possible de faire une ponction lombaire.L'examen clmique du système nerveux est toutefois absolument normal.Au cours du traitement de tous ces malades, nous n\u2019avons assisté à aucun accident.Les seuls incidents à noter ont consisté en gingivites, peu graves, que des soins hygiéniques dentaires ont facilement guéries.Quelques malades ont mal toléré, localement, une des préparations bis- muthiques employées ; l\u2019emploi d\u2019une autre préparation bismuthique a suffi à rétablir la tolérance locale.Le salicylate de bismuth jouit habituellement d\u2019une bonne tolérance locale ; mais il donne lieu, chez certains malades, à un prurit ennuyeux qui oblige à en interrompre l\u2019administration.Les urines de tous ces malades, comme nous l\u2019avons déjà signalé, ont été examinées, à plusieurs reprises, et, toujours, le résultat de l\u2019examen a été normal.Doit-on préconiser le traitement de la syphilis primo-secondaire par le bismuth uniquement?On peut répondre, oui et non.Oui, si on est en présence d\u2019un individu qui a plus de cinquante ans, si le malade est arséno-résistant, si le patient souffre d\u2019un trouble constitutionnel sérieux ou s\u2019il vit loin des centres médicaux et que le traitement, dirigé par un médecin, peut se faire en utilisant les services d\u2019une infirmière ou d\u2019un infirmier qualifiés.Le bismuth seul peut encore être employé quand un malade refuse les injections intraveineuses ou quand celles-c1 sont très difficiles à faire, quand un malade a mal toléré les premières injections arsenicales ; quand, enfin, le malade \u2014 il peut s\u2019agir d\u2019un médecin \u2014 préfère les injections bismuthiques aux injections arsenicales.Non, Janvier 1948 LavAL MÉDICAL 23 s\u2019il est nécessaire de supprimer plus rapidement la période contagieuse, pour les personnes vivant en promiscuité sexuelle constante par exemple, ou s\u2019il s\u2019agit d\u2019un malade bismutho-résistant, ce qui est très rare.Les syphiligraphes français ont, pour quelques-uns, traité plusieurs centaines de cas de syphilis primo-secondaire par le bismuth et leurs constatations sont exactement les mêmes que celles que nous pouvons faire chez les dix malades rapportés ou les vingt-huit malades signalés dans ce travail.On peut, croyons-nous, affirmer après eux que le brs- muth a une valeur tréponémicide réelle et qu\u2019on peut l\u2019utiliser, non seulement sans danger, mais avec grand avantage pour le traitement et la guérison de la syphilis, à sa période primo-secondaire.Nos dix malades ont reçu une moyenne de 66.6 injections.En admettant que soixante-dix mjections de bismuth insoluble dans l\u2019huile sont suffisantes pour guérir une syphilis primo-secondaire, le traitement serait de neuf mois, sans tenir compte des périodes de repos.Il est nécessaire, 1ci, de souligner encore une fois le nombre d\u2019injections reçues par le malade de la sixième observation.Ce patient n\u2019a reçu pour le traitement de sa syphilis sécondaire que dix-sept injections de néoluatol et, pourtant, trois ans après le début, les réactions séro- logiques pour la syphilis comme le liquide céphalo-rachidien et l\u2019examen clinique sont négatifs, sauf une albummorachie à O0 g.37%.Ce fait isolé ne peut certainement pas servir d\u2019argument ; il ne peut que nous inciter à un certain scepticisme, à propos du rôle de la thérapeutique en matière de syphilis.Quatre des dix malades ont été observés pendant plus de quatre ans, et pour deux d\u2019entre eux, (neuvième et dixième observations) la période d\u2019observation a été de neuf ans.Trois malades ont été sous observation pendant trois ans ; deux, pendant deux ans et demi et un, depuis un an et demi.Dix-huit autres malades, atteints de syphilis primo-secondaire, n\u2019ont regu que quelques injections arsenicales, au début du traitement, et les bons résultats de la thérapeutique bismuthique sont les mêmes, après deux et trois ans d\u2019observation.Le liquide céphalo-rachidien de six des dix malades sous observation, examiné en temps utile, est parfaitement normal, si l\u2019on excepte une albuminorachie à 0 g.37%, chez le patient de la sixième observation. 24 LavAL MÉDicaL Janvier 1948 Nous croyons donc devoir conclure, à l\u2019aide des observations que nous présentons, que le bismuth employé seul peut guérir une syphilis primo-secondaire.Il nous paraît, en même temps, À la suite de faits observés à la clinique, depuis deux ans, que si on peut lui adjoindre, au début, la pénicilline, on peut aussi supprimer l\u2019emploi des arsenicaux.En résumé, dix cas de syphilis primo-secondaire traités uniquement par le bismuth sont rapportés.Les réactions de Bordet-Wassermann et de Kahn étaient fortement positives chez neuf de ces malades, avant le traitement, et, chez le dixième, l\u2019examen sur fond noir a montré la présence de tréponèmes.Tous les malades ont vu disparaître, relativement vite, leurs accidents cutanéo-muqueux et chez tous, les réactions sérologiques pour la syphilis sont rapidement devenues négatives.Le bismuth utilisé seul est capable de guérir la syphilis récente.Une moyenne de neuf mois de traitement, sans tenir compte des périodes de repos, à raison de deux injections par semaine, semble suffisante pour amener la guérison.Les malades ont pu être observés de un an et demi à neuf ans, après le début de leur maladie.Le bismuth, comme traitement de fond, associé a la pénicilline, comme traitement d\u2019attaque, constituera, peut-être, dans l\u2019avenir, le traitement idéal de la syphilis récente et supprimera l\u2019emploi! des arsenicaux, Discussion Le docteur C.-A.Gauthier souligne la parfaite tolérance du rein pour le bismuth et la facilité avec laquelle l\u2019homme et la femme de 50 ans et plus guérissent d\u2019une syphilis secondaire avec traitement sans faire de syphilis nerveuse.(Ph.R.) SYPHILIS PRIMO-SECONDAIRE TRAITÉE UNIQUEMENT PAR LE BISMUTH > TABLEAU 1 2
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