Possibles, 1 janvier 1991, Automne
[" , iy, = mossible va _\u2014 Sas _ VOLUME 15 © NUMERO 4 _ AUTOMNE 1991 ql her ek surtout iF fat PUBLICS arts visuels CINEMA danse littérature musique théâtre JAN 5 A PS LL PRE ia 5 Py Hi LES PUBLICS DE LA CULTURE possibles VOLUME NUMER RO 4 - AUTOMNE possibles B.P.114, Succ.Céte-des-Neiges, Montréal, Québec, H3S 254, 521-4625 Comité de rédaction Rose-Marie Arbour, Yvan Comeau, Francine Couture, Marcel Fournier, Gabriel Gagnon, Lise Gauvin, Jean-H.Guay, Raymonde Savard, André Thibault.Collaborateurs{trices) Éric Alsène, Roland Giguere, Jacques T.Godbout, Suzanne Jacob, Alexandra Jarque, Monique LaRue, Gaston Miron, Marcel Rioux, Amine Tehami.Secrétariat et administration Stéphane Kelly Responsable du numéro Francine Couture La revue Possibles est membre de la SODEP (Société de développement des périodiques culturels québécois) et ses articles sont répertoriés dans Point de repére.Les textes présentés a la revue ne sont pas retournés.Possibles est subventionnée par le ministère des Affaires culturelles du Québec et le Conseil des Arts du Canada.Le numéro : 7 $ La revue ne perçoit pas la TPS.Conception graphique et maquette de la couverture : Nicole Morisset Révision des textes : Micheline Dussault Typographie et mise en page : Composition Solidaire Inc.Impression : Les ateliers graphiques Marc Veilleux Inc.Distribution : Diffusion Édimédia Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec : D775 027 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada : ISSN : 0703-7139 © 1991 Revue Possibles, Montréal * Dans le dernier numéro de Possibles (vol.15, no.3, été 1991), dans la chronique intitulée « Territoire dégriffé » (page 163), le nom de I'artiste Gilbert BOYER a été écorché par deux fois.Nous le prions de nous en excuser les refranscriptions et non l'ignorance en étant la cause. Éditorial 7 ESSAIS ET ANALYSES Rêverie \u2014 un jour dans un musée scientifique ANDRÉ THIBAULT 15 Du public ; CHANTAL DUPONT, PAUL-ANDRÉ FORTIER, ALAIN FOURNIER, LISE GAUVIN, NICOLE JOLICOEUR, GUY VANASSE____ Les publics de la culture GILLES PRONOVOST 47 Circuits fermés THIERRY HORGUELIN 59 Le public, c\u2019est les autres.Quelques notes échevelées sur l\u2019art public LISE LAMARCHE 67 L'écrivain et son public MONIQUE LARUE 77 Le plaisir des yeux, c\u2019est aussi le plaisir du cœur CAROLE DUHAIME, ANNAMMA JOY, CHRISTOPHER A.ROSS 85 3 l'art et le public scolaire SUZANNE LEMERISE 97 Le public lecteur en Belgique.et la littérature québécoise à l'étranger JEANNE PAINCHAUD 107 FICTION Chambre, avec baignoire HÉLÈNE RIOUX 117 La bienséance GILLES PERRON 127 Veilleur de nuit SUSY TURCOTTE 137 IMAGE Les leçons singulières (partie 1) MICHEL GOULET 145 SUR LES CHEMINS DE L'AUTOGESTION L\u2019écologie politique et les Ami-e-s de la Terre SYLVAIN AUCLAIR 149 DOCUMENTS Identité(s) MONIQUE RÉGIMBALD-ZEIBER 161 Comment « je » entre dans le texte MARILYN BURGESS 173 L'impossibilité d\u2019une ou des identités féministes MIREILLE PERRON 181 CHRONIQUES Hommes de parole GABRIEL GAGNON 189 Chronique sur l\u2019art ROSE-MARIE ARBOUR.193 Chronique de la vie quotidienne YVAN COMEAU 199 Les médailles de Possibles UBALD H.NATTIER_ 203 COURTEPOINTES L'inlassable appétit de beauté ANDRÉ THIBAULT 207 Les mythes se dégonflent SUZANNE MARTIN 209 ÉDITORIAL Les multiples portraits du public de l\u2019art L'identité du public de l\u2019art se transforme, prend des visages différents, selon les points de vue que l\u2019on choisit pour l\u2019examiner, selon les questions que l\u2019on se pose à son propos.On le perçoit tantôt comme un consommateur, fantôt comme un lecteur, un auditeur, un spectateur, et parfois même, comme un usager.On observe ses comportements, on évalue son rythme de lecture, son degré de fréquentation des musées et des salles de spectacles.On trace les traits sociaux de son identité.On découvre l'existence de sa diversité.On constate que les publics de l\u2019art se distinguent par leur appartenance à une génération et à un groupe social, par leur formation académique et par leurs habitudes culturelles.On s'intéresse aussi aux différents modes de réception des œuvres par le public qui prend alors l'identité d\u2019un lecteur, d\u2019un auditeur ou d'un spectateur.Ce point de vue met en évidence que la lecture d\u2019un roman ou la perception d\u2019une œuvre visuelle met en jeu un processus de reconnaissance.Le public puise dans sa vie quotidienne et dans son expérience artistique, des émotions, des références, des idées pour donner du sens à une production artistique, pour entrer en communication avec elle.| peut arriver, par ailleurs, que ce processus de reconnaissance soit mis en échec par une œuvre.Le ublic peut se sentir exclu de l'univers culturel qu\u2019elle ui présente parce qu\u2019elle sollicite des notions propres à des théories de l\u2019art qu'il ne possède pas.Cette œuvre s'adresse alors, le plus souvent, à une communauté savante formée d'artistes et de théoriciens de l\u2019art.Par ailleurs, le public peut être aussi provoqué, agressé par une œuvre parce qu\u2019elle remet en question sa propre identité, son propre système de valeurs.Il peut refuser d'explorer ce nouveau territoire du sens ou, au contraire, accepter l'invitation d\u2019interroger sa propre perception de la réalité.Les conditions de ces rencontres, de ces moments de communication entre l\u2019art et le public sont imprévisibles, car les œuvres répondent, le plus souvent, à des questions que l\u2019on se pose.La lecture d\u2019un livre, l\u2019audition d\u2019un concert, la visite d\u2019une exposition sont des moments d'échange et de partage d'expériences émotives et réflexives dont il est difficile de connaître tous les déterminismes.Ces moments de rencontre entre l\u2019art et le public ne peuvent être stimulés que par des stratégies de mise en marché comme le laisse entendre le discours économique sur la culture qui s\u2019est imposé, ces dernières années, comme le point de vue dominant sur la culture.Ils résultent plutôt d\u2019un climat culturel valorisant le contact avec des expériences artistiques parce qu'elles nourrissent l'imaginaire de chacun, qu'elles enrichissent notre qualité de vie et qu\u2019elles élargissent notre vision du monde.La question du public de l\u2019art nous amène donc à poser une autre question concernant la valorisation de l\u2019art par ceux et celles qui imposent une orientation à la vie culturelle de la société québécoise.Ces dernières années, le ministère des Affaires culturelles 8 POSSIBLES Les publics de la cultu thal Editorial a adopté le ton du discours économique sur la culture qui perçoit principalement l\u2019objet artistique comme un produit à consommer, ou conçoit les relations entre l\u2019art et le public en termes d'offre et de demande.C'est le point de vue, par exemple, qu\u2019il a privilégié lorsqu'il a commandé l\u2019Étude sur le Fnan- cement des arts et de la culture.Dans ce rapport, le public prend la figure d\u2019un consommateur absent qui n\u2019est pas à tous les rendez-vous que les diffuseurs de la production artistique lui donnent.En effet, ses auteurs nous ont appris que, bien que la production artistique soit abondante, que certains organismes de diffusion soient dynamiques, la réponse du public est mitigée.Car 60 % de To population québécoise n\u2019a jamais fréquenté un musée ou assisté à une pièce de théâtre.Une explication à cette situation, souligne avec raison le rapport, est la maigreur des ressources dont disposent les organismes culturels régionaux qui ne sont pas privilégiés par la politique culturelle du gouvernement.Les individus rejoints par les activités culturelles habitent principalement les grands centres urbains qui possèdent l\u2019équipement nécessaire à la diffusion de lo production artistique.Comment corriger cette situation ?La solution proposée concerne surtout la consolidation structurelle des organismes installés sur tout le territoire du Québec.Cette opération devra favoriser la création de marchés, la constitution de publics et redonner à la vie artistique une vitalité.Ce rapport, conformément à son mandat, a donc considéré exclusivement les aspects économiques et administratifs des relations s\u2019installant entre l\u2019art et le public et a donné peu de place à la dimension proprement culturelle.On ne peut nier l'importance de la fonction de médiation exercée par les organismes de diffusion qui mettent l'artiste en contact avec un public.On peut aussi se demander, cependant, si ces recommandations ne reconnaissent pas que la densité du 1/ Samson Bélair Deloitte et Touche, Étude sur le financement des arts et de la culture au Québec, novembre 1990. public, sa capacité de consommer et de payer, comme critères de reconnaissance sociale de la production artistique.Cette vision est corrigée par le document du groupe-conseil présidé par Roland Arpin qui revalorise la formation artistique et cultu- celle donnée dans les écoles.Il réactive ainsi un discours qui avait été relégué aux oubliettes par les responsables des politiques culturelles qui ne semblaient plus se souvenir que l\u2019école joue un rôle fondamental dans la constitution d\u2019un public pour les arts.En ayant accordé la primauté à la dimension économique de la production artistique, ces responsables ont minimisé le caractère spécifique de la participation de l\u2019art à la vie sociale.Ils ont oublié que l\u2019art pense notre condition sociale, interroge notre rapport au monde et à notre vie intime.S'ils ne changent pas leur attitude, ils consolideront la marginalité des œuvres et des pratiques artistiques qui explorent de nouveaux champs de l'expérience et qui renouvellent notre perception de la réalité.La vision administrative de l\u2019art et de la culture semble, toutefois, bien ancrée dans la mentalité de nos élus comme en témoigne cette déclaration de la ministre des Affaires culturelles, Liza Frulla-Hébert, faite à La Presse en juin dernier, lors du dépôt du document Propositions de politique de la culture et des arts : « La culture au Québec a 30 ans.Avant, c'était le désert ou une petite chose réservée à une élite.Pendant 30 ans, on a bâti un réseau.Il reste à le compléter, bien sûr, mais on a des infrastructures ».Borduas a dû se retourner dans sa tombe ! La ministre oublie que si nous avons un ministère des Affaires culturelles, c'est qu\u2019il y avait des artistes qui, avant 1960, avaient produit des œuvres qui ont justifié la création d'une telle structure.Leurs œuvres n'étaient pas nécessairement réservées à une élite, mais plutôt la classe dominante n\u2019en voulait pas.Ce n\u2019est qu\u2019en 1960 que certains membres de l'élite politique en a reconnu la pertinence culturelle, et ont 10 POSSIBLES Les publics de la cultu eh oly Editorial vu, par exemple, dans la peinture automatiste, un symbole de la lutte menée par la société québécoise pour son émancipation.Il est utile de rappeler ici la déclaration du premier ministre des Affaires culturelles, Georges-Emile Lapalme, faite à l\u2019Assemblée nationale, qui disait, pour justifier la création du Musée d'art contemporain : « C'est dans la peinture que nous sommes des maîtres à l\u2019heure actuelle, si nous en sommes.» ?Dans ce numéro de la revue Possibles sont exposés des éléments de ce débat qui concerne les relations entre l\u2019art et le public, et que, faut-il le souligner, il devient urgent de poser en ce moment de redéfinition de l'avenir politique du Québec où l\u2019imaginaire artistique occupe une place bien secondaire ! Francine Couture pour le comité de rédaction ES 2/ Débats à l'Assemblée législative du Québec, le mardi 3 mars 1964, vol.1, n° 34, p.1431. pe _ PCR Pen ESSAIS ET ANALYSES oe = A A pe re ANDRÉ THIBAULT Rêverie \u2014 un jour, dans un musée scientifique Le public visiteur est happé par une ambiance qui l'enveloppe totalement.Le nouveau concept des centres de science et de technologie n\u2019en exige pas moins : on estime que la découverte doit passer par une expérience de toute la personne.Les ressources les plus avancées des moyens de communication modernes sont mises à contribution.Aucun doute que ce jour-là, ce jour précis où se déroule la visite, on embarque à fond, on est saisi, ébloui.Les secrets de la matière se livrent à nous avec une générosité qui dépasse nos attentes.On prend conscience de la foule qui nous entoure.Quelques survivants d\u2019une autre époque sont venus là on ne sait pas trop pourquoi et traînent leur ennui comme dans une promenade familiale du dimanche le long de la rue principale.Mais on les oublie vite.On sent une communion très forte avec les autres, on échange à l\u2019occasion un regard entendu : on comprend qu\u2019on a compris.La curiosité des enfants, qui 15 captent tout, lisent tout, commentent tout, nous emplit d'optimisme.Ce jour où, à la faveur d'un voyage ou d'un congé, on a brisé sa routine pour visiter un centre de science et de technologie, on croirait qu\u2019on vient de vivre, que l'humanité vient de vivre, un point tournant.Les connaissances scientifiques ne sont plus l'apanage exclusif d'experts et de dirigeants qui gèrent notre planète et nos vies à notre insu.Nous ne sommes plus les bonnes poires de ce monde techno- logisé.La science s\u2019est faite événement.Et parfois un événement change le monde.À condition qu\u2019il marque un temps fort dans une démarche continue.Et ces temps forts sont souvent nécessaires pour déclencher ou relancer une telle démarche.Je lève mon chapeau à ces concepteurs qui n\u2019ont rien négligé pour que le choc de la découverte se produise.Ils sont, de toute évidence, mus par le désir ardent de contribuer au développement d\u2019une culture scientifique et à son insertion das un style de vie, dans un réseau d'échanges, dans une large dynamique de débats et de décisions.D\u2019autres articles du numéro parleront de ceux qui n\u2019y sont pas venus, pas plus qu\u2019ils ne mettent les pieds aux concerts ou dans les galeries d'art, pas plus qu'ils ne bouquinent ou ne se risquent à un film d'auteur.On se demandera comment en attirer un plus grand nombre.Je m'arrête plutôt à nous qui, tel jour telle date, profitons de cette chance qui nous est offerte.Et je me demande à quel point nous sommes en état de digérer ce flux d\u2019informations nouvelles, à quel point elles vont s'intégrer à notre vision du monde et nous fournir des ressources pour participer un peu à ce qui se passe autour.Est-ce une banale question de mémoire Je soupçonne qu'il s\u2019agit d\u2019une tout autre forme de disponibilité.Et je me questionne à savoir si cette 16 POSSIBLES Les publics de la cul lé fh Rêverie, un jour, dans un musée scientifique A \\ v Shh disponibilité dépend surtout de l'ouverture d'esprit individuelle de chacun ou de conditions sociales favorables.Je me demande aussi quel est l'impact réel de la dimension show, de toute cette virtuosité spectaculaire mise en œuvre pour nous rendre l\u2019information attrayante.Je ne veux surtout pas bouder mon plaisir.Ce qui ne nous dit quand même pas dans quelle mesure ce caractère agréable et facile a our effet de faciliter au maximum l'apprentissage et lo compréhension, ou au contraire de réduire l'expérience à un beau spectacle dont on se délecte en passant avant d'effacer la bobine et d'y enregistrer n'importe quoi d'autre.Même en ce dernier cas, on pourrait y voir la preuve que les loisirs gagnent en qualité et en diversité.Partager ce genre de joie avec une foule d\u2019inconnus fait partie de ces moments où on reconnaît à l'espèce humaine de réelles dimensions conviviales.Cela rend bienveillant.Pour le reste, on ne court pas un grand danger à émettre l'hypothèse que la portée de cette expérience varie du fout au tout selon qu\u2019elle représente un hors-d'\u2019œuvre purement occasionnel ou se situe dans une suite de démarches convergentes.Cette affirmation ne surprendrait pas les responsables des institutions existantes ou de celles qui sont à l\u2019état de projet!.Unanimement, ceux-ci cherchent à établir une relation de travail durable avec les milieux de l'enseignement, des médias et de la recherche.Les épaules visibles ou la main invisible ?Est-ce qu'il suffit donc que le public soit touché pour prendre aussitôt son envol, comme dans un parfait enchaînement de toccata et fugue 2 rer) 1/ À Montréal qui, étonnamment, ne compte pas encore de centre de science et de technologie, un tel projet est en gestation ainsi qu\u2019en rendait compte l'émission Partage de la science, diffusée au réseau FM de Radio-Canada, le 1° février 1991.17 Avec son « cœur toujours confiant », le grand Jean-Sébastien n\u2019en doutait pas.Mais si pour sa part, il s\u2019en remettait à Jésus pour que sa « joie demeure », il s\u2019est rudement démené pour entretenir la nôtre.Sans que le besoin en ait d\u2019abord été démontré par des études de marché.En nos temps et âges, le chœur des disciples du Mercantilisme Infini ne cesse de nous chanter à tue- tête : « Bénie soit la Main invisible! » On a vu il y a quelque temps sur quoi débouchait la façon dont cette main contribuait à la « paix sur la terre », quand il a fallu recourir à des représailles démesurées parce que l'offre avait trop bien répondu à la demande de missiles et de canons du consommateur Saddam.Le mystère de l'instant où advient la rencontre vivante entre le produit innovateur et l'esprit qui l\u2019accueille, échappe aux techniques de prévision des études de marché.Tout simplement parce que cette rencontre n\u2019est pas le fruit d\u2019un déterminisme.Elle émerge de l\u2019inattendu.Selon les méthodes d'analyse de marché, les Inquisiteurs semblaient avoir réussi à reléguer sur des tablettes la demande du public pour les théories galiléennes sur le Soleil et les planètes.Et quelle analyse de besoins aurait pu annoncer aux gestionnaires des industries culturelles de l'époque qu\u2019un jour Félix Mendelsohn découvrirait l\u2019œuvre de Bach et réussirait à faire partager son émerveillement à ses contemporains \u20ac Ce geste de Mendelsohn n\u2019avait rien en commun avec les jeux de dés de la main invisible.L'élégant compositeur mélomane appartenait à ce groupe d'atlantes et de cariatides qui créent des ouvertures en soulevant de lourds linteaux sur leurs épaules.Car un mur épais se dresse entre le public potentiel et les œuvres neuves de l\u2019art ou de la science : le mur de I'inconnu, de l\u2019étrange, du déroutant, du difficile à décoder.La porte pour franchir ce mur n\u2019est pas donnée.Sans l'effort de ceux et celles qui y creusent 18 POSSIBLES Les publics de la cul dans un musée 4 ; .Rêverie, un jour.shel ij ! ! : scientifique des brèches et paient de leur personne pour empêcher les plafonds de s'effondrer, le temple conserverait à jamais son mystère.Il n\u2019y a pas de demande réexistante pour ce que l\u2019on ne connaît pas, à plus forte raison pour ce que les outils mentaux disponibles ne permettaient pas d\u2019imaginer.La demande que cernent les sondages est une demande morte, le résidu du vécu et des acquis, 'héritage des expériences cognitives et esthétiques passées, une demande de répertoire ; elle obéit non à l\u2019imagination mais & la mémoire.Les chansonniers le savent, eux à qui on réclame inlassablement leurs anciens succès, et qui doivent se battre contre leur propre légende pour obtenir l'attention à ce qu'ils inventent aujourd\u2019hui.Les cariatides et les atlantes de la promotion et de l\u2019éducation culturelles font face à une tâche de pionniers, « par essence et non par accident » comme on disait dans le temps.S'il faut, comme incite le rapport de la firme Samson Bélair, que es indications à court terme du marché dictent les orientations de la production culturelle, on va reproduire le scénario d'un épisode des Pierrateu.Rétréci, par la faute d'une expérience chimique hasardeuse, à des dimensions moindres que celles d'un jeune enfant, Fred Cailloux se voit engagé avec enthousiasme par Ed Sullistone pour son super- show télévisé ; mais comme il retrouve sa taille normale durant le spectacle, il perd à l'instant toute valeur commerciale et on l\u2019expulse séance tenante.Tôt ou tard, l'artiste ou le chercheur que la logique commerciale contraint à se rapetisser pour entrer dans le moule des goûts du jour, finit par révéler ses véritables dimensions et le charme est rompu.Non pas que le public soit idiot.Mais il faut beaucoup de temps pour s'habituer à se déshabituer Les mécanismes de socialisation courants ont consacré de puissants moyens à inculquer ce que Laborit appelle des « automatismes de perception ».Je rencontre des étudiants qui achèvent un premier cycle universitaire et qui sont surpris qu\u2019on leur demande 19 un travail personnel original, inquiets aussi.Le potentiel d'exploration existe.Mais peu d'occasions de le développer ont été fournies jusqu'alors.Pour en arriver à pratiquer une promotion culturelle démocratique, À est nécessaire de démystifier les illusions d\u2019un populisme naïf : on voudrait croire qu\u2019un groupe social pourrait avoir subi mille privations économiques, une quasi absence de pouvoir, toutes sortes de limitations, et que rien de cela n'aurait entamé sa curiosité et sa créativité : une culture populaire débordante de vie n\u2019attendrait qu'un signal pour faire la fête ! Populiste dans son discours, cette attitude est élitiste dans ses conséquences réelles.Sans aucun plan précis N\u2019avoir aucun plan précis constitue déjà une forme de choix ; c'est le secret bien gardé des responsables qui s'abritent derrière des discours libéraux.Le ministre québécois du Tourisme envisage d'ouvrir des casinos afin d'attirer plus de visiteurs chez nous.Ses supporters, à commencer par
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