Possibles, 1 janvier 2000, Automne
[" oI \u2014 scr it =.eme motte RRR te \u2014 Ny \u2014\u2014\u2014 WIR LE ec a VOLÉE D'OISEAU 4 site 5 i \u20ac i.of +, = Dy ir fi 5, Pis = S © SE = = ae x ne is 5 A xe oR Ce = er Xs 5 i Le Ex Pi = « a & Ë Lamour 2 WE = Se a 2 mil \u20ac Sil 8 ES NE SN SES NS AE i $e Wy 132 POSSIBLES.AUTOMNE 2000, ESSAIS ET ANALYSES | Aol d \u2018oiseau voyagent Les voyelles du vent. S = : VOLÉE D'OISEAUX 133 = 5 ans euillage inquiet NE OISEAU dou Soudai us eur.n je nat Rl it t: x Ja S / 3 R RO A METEO SR OUR RN SOU 1 RY nn Rx SES 134 POSSIBLES.AUTOMNE 2000, ESSAIS ET-ANALYSES J eben mon souffle Au vent Mes farmes à à fin mer Mon chant à l'oiseau. cup A Espaces intérieurs PAR JACQUES GAUTHIER | Bibliothèque 1 | On meurt avec tant de ferveur dans les livres | qu\u2019ils vivent longtemps sur des rayons d'or | poussière de l\u2019humaine connaissance | Des ombres se profilent à la cadence des titres le corps se laisse prendre blotti entre les pages l\u2019étreinte jamais terminée La vie s'échappe des mains l'écho d\u2019un cœur à l\u2019autre le monde enluminé de lettres vivantes immergées dans l\u2019espace 136 POSSIBLES, AUTOMNE 2000, POÉSIE ET FICTION Voici un auteur adopté par son lecteur rencontre intime entre deux désirs qui s'offrent en restant insatisfaits pages tournées comme des battements d'ailes mots-orphelins que l\u2019on attrape au vol lancés comme des flèches au nœud du rêve Le lecteur recompose l\u2019élan de l\u2019avenir en grappes de signes pour se nourrir de la beauté du verbe et franchir les gouffres en aveugle de naissance Le livre reste à lire lent mouvement d\u2019arpenter d\u2019autres univers engourdis le regard illuminé de l\u2019enfant qui retourne vers sa rivière Le livre accompagne se donne plusieurs genres pour émouvoir et consoler avant de reposer sur les étagères le temps que tout recommence I] ouvre des portes libère l\u2019âme scintille de blanc jusqu\u2019à l\u2019usure des yeux tient salon pour servir des mots qui parlent et font vivre Quel festin de paroles chacun fait sa demeure dans l\u2019une d\u2019elles après une journée d\u2019errance ESPACES INTÉRIEURS 137 POSSIBLES.AUTOMNE 2000, POÉSIE ET FICTION Salon Assis dans ma propre naissance prop je prends feu bleu de \u2019Ame J'entends une voix féminine glissante dans le soir satiné qui convie d\u2019autres voix sur des sentiers inédits qui s\u2019enroulent sur elles-mêmes comme un manche de violoncelle où flambent les légendes Je grave l'endurance du monde sur mon âge réconcilié ESPACES INTÉRIEURS J'écoute les mots-voyageurs ces photos délaissées des dictateurs ces bijoux sonores taillés à distance des bassins aux clairières de simples poèmes envoyés à ceux qui gîtent en eux-mêmes Cette voix des ondes chaude des îles du Sud résout les énigmes fend les mers désaltère les ports une chanson en liberté qui me sert de maison là dans mon salon réceptacle de mélancolie au bout du monde où finit ma rue 139 140 POSSIBLES, AUTOMNE 2000, POÉSIE ET FICTION Boudoir Qu'est-il écrit au bas des tableaux pour qu'il traduise en équilibre l\u2019envol des coquelicots l\u2019ondulante lavande la futaie de clochers cette unité derrière tout mouvement Son âme farouche fait le guet sempourpre de légendes à déchiffrer loin des bateaux au long cours Saura-t-il renoncer à toucher le ciseleur de fables qu'on ne trouve pas sans espérance têtue sans métamorphose ESPACES INTÉRIEURS Lorsque la nuit tombe comme une pluie fine il retrace l'impulsion de tout dire entre les murs blanchis fragile maison du langage Il écoute l\u2019harmonie des sèves dans la forêt imprégnée d'argile et d'ailes Le chœur des érables éclaircit son oreille la paume d\u2019un ange Il laisse le mystère à lui-même dévaler les sentiers du silence et de l\u2019intériorité 141 POSSIBLES.AUTOMNE 2000.POÉSIE ET FICTION Grenier L\u2019âme ensommeillée lève la garde chuchote des secrets au corps La nuit s'accroche au grenier l\u2019obscurité se pend au toit en pente charmeuse de serpents vieille tristesse oubliée dans un coin échappée du coffre ancestral Près d\u2019un totem troué d\u2019insectes des chauves-souris masquées des veilleurs en extase attendent le signal du soleil - > qui fondra son plomb sur l\u2019urne tout le bruit d\u2019une larme désuète la mort occupée à se vendre Lhaleine aride des cendres descend jusqu\u2019à la corniche le puits tressaute de ne pas contenir ceux que nous laissons ces eaux épurées depuis le déluge oublié Je suis nulle part chez moi si une parole ne me baptise une vague image de l'exode fissure du temps sur la peau étincelante du huitième jour Je reconstruis la maison qui a mal à ses fondations bric-à-brac d\u2019objets trop lourds abritant des peines d'amour caverne d\u2019Ali Baba reconquise paradis perdu entre quatre murs qui se niche en l\u2019âme restaurée ESPACES INTÉRIEURS 143 144 POSSIBLES, AUTOMNE 2000, POÉSIE ET FICTION Remise Remise couchée comme un rocher après le va-et-vient des feuilles et du vent l'hiver se répand dans l\u2019espace clos Le monde cette cour de service une écume volatile sur le temps polaire les pieds poudrés par la marche ce versant blanc de la solitude Tout autre s\u2019évanouirait mais pas le visage qui frappe à la fenêtre givrée de mon repaire Comment pourrais-je discerner ce qui meurt sous les bancs de neige lorsque l'habitat est entouré de vide ESPACES INTÉRIEURS Je n'oublie pas les instants troublants des rendez-vous à la brunante où la passion met en cage les cœurs volages pour l'hiver Que de secrets à découvrir avant la blessure du froid que de combats à revêtir avant la tendresse des corps Tout se retourne dans ma bouche les mots s'impatientent de nouer le rêve au réel seul un silence de neige m\u2019enfante Ne reste que la purifiante lumière qui éblouit mon âme anéantie l\u2019abandon au travail caché 145 TIO Ce TC NSTI a LL Lo oy Po = i y \u2014\u2014 PR \u2014 is \u2014\u2014\u2014 Les jeunes et la création sociale-historique par DIANE PACOM Le Sommet du Québec et de la jeunesse tenu en mars 2000, a eu le mérite, malgré sa maladresse et ses nombreux ratés, de mettre pour quelques semaines la question du rôle social, politique et culturel des jeunes au centre des débats politiques.À plusieurs égards cet événement a confirmé pour moi la nécessité de repenser la façon dont notre société appréhende la situation des jeunes.Je crois, en effet, qu\u2019il existe en ce moment un décalage fondamental entre les représentations symboliques que notre société se fait des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui et le vécu réel de ces derniers.Par ceci, je veux dire que nos sociétés éprouvent de la difficulté à saisir la dynamique socioculturelle des jeunes de notre époque.De fait, je pense que les sociétés contemporaines minimisent considérablement l\u2019apport non seulement réel mais aussi potentiel des jeunes à la vie sociale contemporaine.Ce texte a donc deux objectifs complémentaires.En un premier temps, je proposerai une approche qui permettra de fonder l\u2019analyse du statut sociopolitique des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui 150 POSSIBLES.AUTOMNE 2000, DOCUMENT dans un cadre théorique critique.Ensuite j\u2019appréhenderai, à l\u2019aide de cette approche critique, le rapport problématique, qui prédomine aujourd\u2019hui, entre les jeunes et la société.Vers une nouvelle théorisation critique de la place des jeunes Mon approche s'inspire d\u2019une tradition théorique contemporaine qui place la création sociale-historique, l\u2019autonomie et l\u2019indéterminé au centre de ses préoccupations épistémologiques'.Je me réfère plus particulièrement à l\u2019œuvre de Cornelius Castoriadis pour qui la société est avant tout le résultat de l\u2019institution et de l\u2019auto-institution de significations imaginaires sociales, sans cesse renouvelées*.Pour cet auteur, dont j\u2019ai partagé, et ceci depuis plusieurs années, les présupposés épistémologiques et les prémisses philosophiques\u2019, la société est façonnée par le flux incessant des créations sociales-historiques.Ces dernières émergent de la capacité que possèdent les individus et les groupes sociaux de se distancier de l\u2019ordre établi afin de produire des significations et des institutions imaginaires sociales nouvelles, qui concordent avec le sens qu'ils se forgent de la réalité et des institutions sociales qu\u2019ils habitent.Dans son œuvre qui se déploie sur plusieurs décennies l\u2019illustre philosophe analyse les mécanismes subtils et complexes de l\u2019institution de la société et de l\u2019histoire.Pour Castoriadis l\u2019his- 1.D.Pacom, Vers une nouvelle théorie critique du social-historique, thèse de doctorat, sous la direction de Marcel Rioux, Université de Montréal, 1980 et « Hommage à Cornelius Castoriadis », Possibles, vol.23, n° 2, 1999, p.175-205.2.C.Castoriadis, L'Institution imaginaire de la société, Paris, Seuil, 1975; Domaine de l'homme, Paris, Seuil, 1986; Les Carrefours du labyrinthe, Paris, Seuil, 1978.3.D.Howard, D.Pacom, « Dialoguing Castoriadis », Thesis Eleven, Sage Publications, février 1998, p.83-101. LES JEUNES ET LA CRÉATION SOCIALE-HISTORIQUE toire est le sous-produit de la création incessante de significations imaginaires sociales qui, en s'instituant, permettent aux sociétés humaines de se donner sens et direction.Cette création continue de significations et d\u2019institutions sociales est la condition sine qua non de la création d\u2019un cosmos.Afin d\u2019échapper au chaos qui, tragiquement, les guette à tout instant, les êtres sociaux créent et s\u2019auto-créent.L'institution sociale dérive ainsi de cette tension constante existant entre l'équilibre et le déséquilibre, le sens et le non-sens.Mouvance perpétuelle du magma de significations imaginaires qui soutient les sociétés humaines dans toute leur diversité, le social-historique est le sous-produit du face-à-face soutenu et complexe entre les sujets sociaux et les institutions sociales qu\u2019ils créent.Chaos, Création et Cosmos deviennent les trois éléments de la dialectique tragique du vécu que la pensée de Cas- toriadis nous propose, le tout se déroulant à la remorque du rapport exigu et problématique qui relie chaque individu à sa société.Il est important de soulever ici un autre point essentiel : la lecture castoriadienne de la dynamique sociale-historique tranche avec les lectures traditionnelles de l\u2019édification sociale d\u2019une façon tout à fait particulière.Il s'agit du fait que dans cette perspective la participation au processus de création sociale-histo- rique n'est pas seulement le privilège exclusif de certains groupes (des dirigeants politiques, des élites, des artistes, des dissidents, par exemple).I] est essentiel de comprendre que pour notre auteur les sujets sociaux dans leur ensemble sont aptes à prendre part intégralement au processus de création des significations et des institutions d\u2019une société donnée.Je dirais même que pour Casto- riadis les sujets sociaux, en se confrontant quotidiennement aux 151 152 POSSIBLES, AUTOMNE 2000, DOCUMENT défis que pose l'être en société, sont non seulement obligés de créer des stratégies de survie qui leur sont propres, mais sont aussi portés à devoir souvent réinterpréter le donné, à s'approprier les symboles et les significations existants, à les transformer, à les détourner même, en fonction de leurs expériences existentielles et individuelles, à contourner les règles et les lois de leur société.Cela se fait avant tout dans le but de permettre à chacun d\u2019avoir la possibilité de réussir à se créer (à l\u2019intérieur du donné et de l\u2019institué) une version de l\u2019ordre symbolique conforme à sa réalité particulière, à ses besoins et dans le meilleur des cas, à ses désirs.Chez Castoriadis la création sociale-historique ne relève donc pas de l'exceptionnel mais des possibilités réelles accordées à chaque sujet.Elle émerge de l\u2019activité quotidienne des membres/citoyen(ne)s d\u2019un groupe donné.Évidemment, il ne faut pas oublier que pour Castoriadis, qui a toujours préconisé des idéaux de gauche, si cette possibilité existe bel et bien à l\u2019échelle de la société elle n\u2019est néanmoins pas distribuée de façon égalitaire (en tous cas pas dans le contexte des sociétés capitalistes industrielles avancées d'aujourd'hui).Mais, même si pour lui l\u2019autonomie réelle des individus face au système reste relative ou parfois difh- cile à atteindre (selon la place qu\u2019occupent les sujets dans la hiérarchie sociale, en fonction de leur classe, de leur âge, de leur sexe ou de leur appartenance ethnique), elle est dans l'essentiel inscrite comme possibilité dans le code sociopolitique des sociétés modernes.Ces dernières, en s'étant émancipées du modèle hé- téronome des sociétés mythico-religieuses traditionnelles, ont placé l\u2019autonomie au centre de leur logique philosophique, existentielle et politique.Selon l\u2019auteur de /\u2019Institution imaginaire de la société, depuis l\u2019avènement de la modernité l'individu est toujours poten- LES JEUNES ET LA CRÉATION SOCIALE-HISTORIQUE tiellement un sujet autonome apte (dans des conditions propices) à participer l'institution de sa société*.Même si l\u2019action des jeunes reste peu reconnue et dans l\u2019essentiel périphérique aux intérêts économiques et politiques des groupes au pouvoir, il n'en demeure pas moins que les jeunes contribuent au processus de l\u2019institution des sociétés contemporaines, tel que nous l\u2019avons défini plus haut à l\u2019aide de la théorie de Castoriadis.Selon moi, le silence qui règne maintenant sur la place qu\u2019occupent les jeunes sur la scène sociale contemporaine ne relève pas, comme il est souvent avancé, de leur désaffection, de leur indifférence ni de leur prétendue inaction, elle relève, avant tout, de la non-reconnaissance et de l\u2019occultation de leur rôle de la part du système et des institutions établis.Dans le contexte des sociétés actuelles, les jeunes sont rarement perçus comme des sujets sociaux autonomes, des citoyens et des citoyennes à part entière qui ont leur place à l\u2019intérieur des structures sociales établies et une part reconnue comme telle, dans le processus de l'institution des sociétés contemporaines.En effet, nous constatons quaujourd\u2019hui \u2014 contrairement aux années de la contestation (années 60 et 70) où la question du rôle et de l'importance des jeunes avait été placée au cœur des préoccupations sociales et politiques aussi bien dans le monde intellectuel et scientifique que dans le monde des médias, de l\u2019éducation et des arts \u2014 la créativité des jeunes et les rôles qu\u2019ils remplissent dans l\u2019édification symbolique et factuelle des sociétés actuelles restent encore très négligés.4.C.Castoriadis, L'institution imaginaire de la société, op.cit, 153 154 POSSIBLES.AUTOMNE 2000, DOCUMENT Entre la « criminalisation » et la « victimisation » Malgré la prolifération récente de discours (de nature surtout alarmiste et morbide) sur les jeunes des sociétés actuelles, la plupart du temps ceux-ci ne sont vus par le système que comme groupe marginal ou périphérique sans aucune portée créatrice dans le meilleur des cas ou disposant d\u2019un potentiel destructeur, pour ne pas dire dévastateur, dans le pire.À ce sujet, notons que l\u2019image des jeunes qui semble prévaloir en ce moment, ne serait-ce que dans les médias, est celle du jeune criminel détraqué et dangereux qui corrompt l'ordre social par sa rage meurtrière.Sous le joug de ces configurations symboliques déformées et déformantes toute la diversité de la réalité des jeunes et leur créativité sont ainsi oblitérées! Sans vouloir, en aucun cas, minimiser le phénomène de la violence qui sévit chez certains groupes de jeunes, je voudrais cependant ici contester l\u2019élargissement de ce phénomène, non seulement à l\u2019ensemble de la jeunesse, mais aussi à l\u2019ensemble des pratiques culturelles et politiques qui la caractérisent.Sous-produit de la soif de sensationnalisme propre aux pratiques médiatiques de notre temps et entretenue par des dirigeants politiques qui sont, à mon avis, en mal de nouveaux boucs émissaires maintenant que la « rectitude politique » les a privés de leurs traditionnelles cibles de haine et de discrimination (basées avant tout sur la race, le sexe et la religion), la fixation de notre société sur les versants négatifs de la culture jeune devrait être non seulement critiquée mais dénoncée.La problématique, selon moi très galvaudée, de la violence des jeunes s'exprime à travers deux versants complémentaires qui sont aussi insidieux et politiquement dommageables l\u2019un que l\u2019autre.En effet, dans cette société vieillissante, qui est LES JEUNES ET LA CRÉATION SOCIALE-HISTORIQUE en train de devenir, à mes yeux, de plus en plus « néophobe » nous retrouvons d\u2019un côté le discours criminalisant des garants du pouvoir et de leurs acolytes qui entretient et alimente une vague irrationnelle de panique à l\u2019endroit des jeunes en les représentant comme étant des êtres dangereux et imprévisibles.D\u2019un autre coté, le rapport malaisé qu'entretient notre société vis-à-vis des jeunes s'exprime aussi par une vision « victimisante » de ces derniers.Très répandu chez la grande majorité des « thérapeutes » et des intervenants sociaux de tout genre qui œuvrent (au nom du système) auprès des jeunes, ce point de vue, qui ne voit dans les jeunes que des victimes passives, est aussi partiel et partial que le premier.Tout comme la vision « criminalisante », cette vision « victimisante » cantonne les jeunes d'aujourd'hui dans un univers de significations déficitaires qui non seulement les désauto- nomise et les infantilise en les pathologisant, mais qui se trouve à mille lieues de leur réalité, qui reste à notre avis largement plus polymorphe, plurielle, riche et diversifiée que le discours dominant sur les jeunes et les représentations qui y sont attachées voudraient nous le faire croire.Un autre fait intéressant qu\u2019il faut souligner à ce sujet, c\u2019est que s'ajoutent aux traditionnelles catégories de spécialistes : psychologues, criminologues, sociologues et intervenants sociaux de toutes sortes qui ont pris traditionnellement en charge la réalité des jeunes, de nouveaux types de chercheurs : biologistes, médecins et généticiens surtout.Dans cette version sombre de sa sempiternelle « obsession » de la jeunesse l'Amérique mobilise encore une fois ses spécialistes! À l\u2019aide d\u2019outils à la fine pointe de la technologie ils s'affairent à dévoiler les mystères « moléculaires » de la jeunesse et de l'adolescence.Dans un processus outrageant d\u2019objectivation scientifique des jeunes, ces savants découvrent, en 155 156 POSSIBLES.AUTOMNE 2000, DOCUMENT effet, que le cerveau des adolescents est différent, tout comme leur constitution hormonale, de celui des adultes.Présentement, ce sont surtout les adolescents, qui semblent être la cible favorite de ce nouveau regard inquiet et « professionnel » qui est posé sur les jeunes.Les adolescents et les adolescentes, en raison de l'intérêt que leur confère en ce moment un présumé boum démographique qui influencera radicalement leur poids numérique, sont scrutés sous tous les angles : leur sexualité, leurs humeurs, leurs goûts, leurs attitudes et leurs besoins sont analysés, d\u2019une façon avant tout instrumentale.La question du jour porte surtout sur la façon d\u2019empé- cher que ces jeunes personnes, qui pour l'instant n\u2019ont d\u2019intérêt que pour Ricky Martin, Britney Spears, \u2019N Sync, les Back Street Boys, Pokemon, les Game Boys et autres objets de désir de la culture populaire, se détraquent! Dans un rituel qu\u2019on pourrait qualifier \u2014 avec une pointe d\u2019ironie \u2014 de « néogothique » l'Amérique s'acharne à identifier les secrets et les vérités de l\u2019être adolescent, sa différence.Une différence qui a comme but de créer de la distance, de rassurer et de déculpabiliser.Une différence, aussi et avant tout, qui se dompte en se prêtant parfaitement aux mécanismes et aux techniques disciplinaires du « biopouvoir » actuel si bien cernés par Michel Foucault.Les Tweenies : le jeune comme consommateur averti\u2026 Toujours dans ce même ordre de discours mais à l'extrême opposé de l\u2019image trouble et alarmante du jeune détraqué, nous constatons l'apparition récente d\u2019une autre représentation étriquée et réductionniste des jeunes : celle du jeune consommateur préadolescent que les journalistes ont baptisé Tweeny.Très vite LES JEUNES ET LA CRÉATION SOCIALE-HISTORIQUE ces « Tweenies », qui sont dans un certain sens le versant prometteur (le Yin lumineux du Yang sombre du jeune criminel) de la construction archétypale des jeunes d'aujourd'hui, deviennent le centre de l\u2019attention de nombreux chercheurs\u2019.Avec le même zèle qui caractérise le traitement de la violence chez les jeunes, un peu comme si elle cherchait à créer un équilibre, la société nous annonce avec fébrilité l\u2019arrivée de cette nouvelle cohorte supposée très prometteuse\u201c démographique- ment de préadolescents aux prises avec une puberté qui se fait de plus en plus précoce.Héritiers privilégiés de deux générations de consommateurs, fils et filles de yuppies performants, on leur reconnaît (par l\u2019entremise, cette fois, d\u2019une nouvelle cohorte de spécialistes) un style de vie particulier, des goûts musicaux, une sexualité (non seulement précoce, mais confuse et inquiétante) et surtout un appétit très vorace pour la mode.C\u2019est au tour cette fois-ci des multinationales Pepsi, Tommy Hilfiger, Warner, Nike, Sony, Gap, Cover Girl, Adidas et autres magnats de l\u2019univers de la culture populaire de scruter cette tranche, à leur avis existentiellement fragile mais économiquement très prometteuse, de jeunes.Des recherches sont ainsi commanditées quotidiennement par ces grandes compagnies.La plupart du temps, ces recherches sont menées par des spécialistes du marketing, de la publicité ainsi que par des psychologues industriels.Ces derniers se penchent sur ces nouvelles recrues du système de consommation, avant tout dans le but d\u2019évaluer leur rentabilité économique.5.B.Kantrowitz et P Wingert, « The Truth about Tweenies », Newsweek, 18 octobre 1999, p.62-69.6.Au dernier décompte il y aurait 27 millions de jeunes gens entre 8 et 14 ans, aux États-Unis seulement (Kantrowitz, Wingert, 1999 ; Stern, 1999).157 158 POSSIBLES.AUTOMNE 2000, DOCUMENT Paradoxalement, aux dires de ces spécialistes, les Twee- nies, tout en étant encore en dehors du marché du travail, bénéficient de multiples sources d'allocations monétaires qui proviennent non seulement de l'argent de poche qui leur est versé comme récompense pour des bonnes notes ou l\u2019accomplissement de petites tâches par des parents aisés (n'oublions pas qu\u2019il s\u2019agit ici des enfants des boomers et des yuppies), mais aussi par des grands-parents qui ont bénéficié d'excellentes conditions de retraite.Selon les spécialistes du marketing, s'ajoutent à cela les effets pervers du divorce : il semblerait que beaucoup de parents divorcés essayent de minimiser la culpabilité qu\u2019ils ressentent envers leur progéniture à coups de dollars.Cet aperçu de l'univers du préadolescent explique que l\u2019importance et le potentiel économique des Iweenies est sans arrêt invoqué (cyniquement et sans aucune pudeur) dans plusieurs dossiers journalistiques.Enfin l\u2019objectivation contemporaine des jeunes dont il a été question plus haut pèse de façon dramatique sur cette tranche particulière de jeunes qui semble n'avoir comme vertu, aux yeux du système, que son pouvoir d\u2019achat et sa propension à la consommation : ils ne sont vus que comme des cibles potentielles pour le marché des produits de la culture populaire.Les jeunes et la créativité au quotidien Pourtant, une analyse plus fine de la situation nous amène assez vite à la conclusion qu\u2019au delà de ces clichés simplistes, le vécu sociopolitique des jeunes d'aujourd'hui est beaucoup plus riche.Les recherches que nous avons effectuées sur les jeunes depuis bientôt vingt ans nous obligent à constater qu\u2019à travers leurs expériences multiples et les différents styles de vie qui LES JEUNES ET LA CRÉATION SOCIALE-HISTORIQUE les caractérisent\u201d, les jeunes aujourd\u2019hui sont engagés dans une gamme très vaste d\u2019activités socioculturelles.Comme tous les autres agents sociaux, les jeunes de notre époque créent.Ils créent en effet les multiples significations imaginaires et symboliques qui leur permettent de se donner un univers de sens qui les aide à ne pas sombrer dans le chaos et à survivre dans la structure magmatique et indéterminée de la réalité sociale contemporaine.Ils créent des symboles, des valeurs, des représentations qui leur permettent de s'insérer dans la configuration imaginaire et symbolique de la société environnante.Ils font ainsi partie intégrante de la dynamique du vécu collectif.En tant que jeunes, ils sont quotidiennement immergés dans l\u2019univers des significations de leur époque.La société adulte à travers ses institutions politiques, culturelles et sociales, cherche à les intégrer dans un monde qui est à son image.L'État, la famille, l\u2019école, les médias, pour n\u2019en nommer que les plus importantes en ce moment au Canada et au Québec, cherchent à leur imposer certaines stratégies de survie, certains tracés iden- titaires, certains cheminements individuels et collectifs, ceux qui sont hégémoniques.À l\u2019intérieur de cet univers de significations imaginaires dont ils héritent, les jeunes doivent individuellement et collectivement se trouver un sens existentiel, une niche symbolique, une place socioéconomique*.La négociation constante entre l\u2019individu et la société instituée, qui caractérise selon Cas- toriadis la vie sociale, se met ainsi en action.7.Nous avons traité plus en profondeur du caractère fragmenté et pluriel de la réalité des jeunes dans un texte intitulé : « La fragmentation postmoderne de la culture et son impact sur les jeunes des années 90 », Journal of Canadian Studies, vol.30, n°.|, juin 1995, 90-105.8.E.Dubet, La Galère : jeunes en survie, Paris, Fayard, 1987 et B.E.Ellis, « The Twenty Somethings Landscape », The New York Times, Hi, 2 décembre 1990.159 160 POSSIBLES.AUTOMNE 2000.DOCUMENT La participation des jeunes à l'institution de la société contemporaine est, pour nous, un fait incontournable.Elle a lieu dans différents secteurs de la vie collective et se manifeste de façon quotidienne dans une gamme très diversifiée d'expressions.Sur le plan quotidien on retrouve, ainsi, toutes les stratégies que les jeunes inventent sans répit pour survivre dans un monde qu\u2019ils ne maîtrisent pas et dont le sens, de plus en plus, leur échappe.En ce moment de transition historique, où nous nous retrouvons collectivement suspendus entre deux imaginaires, deux époques, deux siècles, ce processus d'auto-institution est amplifié par les hésitations, les fuites en avant, les contradictions et les tensions d'un système en profonde mutation.Cette période chaotique et incertaine, que nous aimons appeler postmoderne, est aux prises avec un imaginaire partiellement déconstruit, un système de valeurs en perte de légitimité, un système politique invalidé par l\u2019histoire grave et tragique de ce siècle et un marché de travail instable et volatile.Les jeunes doivent, plus que jamais créer, se donner des points de repère aussi bien subjectifs qu\u2019objectifs.Dans leurs études, leur choix de carrière, leur travail, leur vie amoureuse, leurs amitiés, leur rapport avec l\u2019altérité dans un monde de plus en plus globalisé et multiculturel, les jeunes des sociétés postmodernes affrontent des défis majeurs avec lesquels ils doivent transiger quotidiennement.Je pense que tout chercheur devrait être sensible à cette créativité, peu célébrée car difficile à comptabiliser économiquement, à chiffrer statistiquement ou à mettre en scène médiatiquement, qui marque la vie des adolescents et des jeunes adultes contemporains.L'improvisation créatrice que requiert la crise symbolique actuelle oblige les jeunes de cette dernière partie du siècle, du i LES JEUNES ET LA CREATION SOCIALE-HISTORIQUE moins ceux qui choisissent de s'intégrer au système, à vivre dans l\u2019éphémère, dans un rapport avec le temps et l\u2019espace qui contraste avec celui, relativement plus homogène et plus stable, auquel s'étaient accoutumées les générations précédentes.Cette précarité rend créateurs la grande majorité des jeunes, non seulement dans leur vie professionnelle mais aussi dans tous les secteurs de leur vie sociale.Je crois que plutôt que d\u2019être vue comme une aporie, la démarche existentielle expérimentale des jeunes devrait être applaudie comme étant une des expressions de leur volonté créatrice de vivre et de réussir dans un contexte des plus incertain et difficile.La grande majorité des jeunes d'aujourd'hui innovent, parfois par la force des choses, d\u2019autres fois par dépit et d\u2019autres fois encore par choix.À la recherche d\u2019un mode de vie qui doit s'accommoder de la réalité fuyante des temps présents, ceux qui ne tombent pas entre les mailles défaites du système, ceux et celles qui réussissent à rester accrochés font preuve d\u2019une créativité inouïe.Entre le cynisme et l\u2019enthousiasme ils deviennent des experts de la négociation (ce qui nous étonne beaucoup, nous adultes : éducateurs, parents, enseignants ou amis), des acrobaties spatiotemporelles du nomadisme physique, affectif et moral.Tout ce qui reste à accomplir, c\u2019est la reconnaissance politique et la validation sociale de cette créativité quotidienne de nos jeunes.Une créativité contre-culturelle plurielle et fragmentée Mon argumentation est fondée sur l\u2019idée centrale qu'en ce moment spécifique de l\u2019histoire de l'Occident, nous passons en tant que société à travers une transition majeure.Un des enjeux de base de cette période inédite est celui de la renégociation collec- 161 Ukiat it) BRHF, 182 POSSIBLES, AUTOMNE 2000, DOCUMENT tive des rapports sociaux de base et du sens qui leur avait été traditionnellement conféré.En effet, la logique et le sens qui sous-tendaient le rapport entre les classes, entre les sexes, entre les races, entre les religions et entre les cultures ont été déconstruits.Cela a été aussi le cas pour ce qui relève de la gestion collective des rapports entre les âges et les générations.L'univers des significations et des représentations qui ont traditionnellement défini les confins de notre univers symbolique collectif moderne a été fondamentalement et radicalement remis en question par les mouvements sociaux des trente dernières années.Le mouvement féministe, celui des droits de la personne (s\u2019opposant au racisme, à l\u2019hétérocentrisme, à l\u2019âgisme et à plusieurs autres formes de discrimination), le mouvement écologiste, le mouvement pacifiste ont défait à la racine les valeurs culturelles et les codes politiques sous-tendant l\u2019imaginaire social de cette dernière partie du vingtième siècle.Ce vaste processus de déconstruction se poursuit au- jourd\u2019hui à plusieurs autres niveaux parmi lesquels se trouve la problématique des jeunes.En effet, ces derniers poussent la logique de l\u2019autonomisation des groupes sociaux revendiquée pendant les années soixante et soixante-dix jusqu'à ses ultimes conséquences et prennent possession aujourd'hui parfois avec le panache et l\u2019éclat des mouvements contre-culturels, parfois très tranquillement, dans le quotidien, des lois sociales et culturelles qui structurent leur vécu et qui les définissent collectivement.La pratique politique des jeunes s'exprime par leur gestuelle contre-culturelle : plusieurs générations de jeunes ont choisi LES JEUNES ET LA CRÉATION SOCIALE-HISTORIQUE d\u2019inscrire leur vie au delà des codes du système, et cette nouvelle forme de contestation fait désormais partie du territoire imaginaire des temps présents.Avec ses mythes et ses pratiques, avec son panthéon de héros et d'héroïnes, de dieux et de déesses, avec son esthétique, son sens du particulier du politique et son éthique, avec ses moments de gloire et ses tragédies, cet univers culturel bigarré s'articule à celui du monde établi.À l\u2019aube d\u2019un nouveau millénaire il faut reconnaître que les contre-cultures jeunes font désormais partie intégrante de l\u2019histoire de la deuxième partie du vingtième siècle.Woodstock, I'ile de Wight, Haight Ashbury, Greenwich Village ; les Weatherman, Mai 68, les Pantheres noires; Hendrix, Morrisson, Dylan, Warhol, Basquiat, Joplin, les Beatles, les Stones, les Sex Pistols ; les Mods, les Rockers, les Hippies, les Yip- pies, les Technos, les Alternos, les Rappers; le folk, le rock, le glam, le disco, le heavy metal, le punk, le rap, le hip-hop, le techno ; Bowie, Kurt Cobain, Madonna, Lauren Hill, Lillith-Fair, les sit-ins, les love-ins et plus récemment les raves; de 1968 à 1999 les symboles des contre-cultures se juxtaposent dans un continuum discontinu mais soutenu.Au cceur de cette histoire, il y a surtout et avant tout les jeunes et leurs pratiques culturelles variées et multiples.Les jeunes sont des troubadours, vagabonds, visionnaires, poètes, prophètes, gourous et magiciens.Romantiques, cyniques ou exaltés, ils décident ne serait-ce que l\u2019espace d\u2019un instant de pure jeunesse, d\u2019inscrire leur corps, leur cœur et leur raison dans un autre code, dans un autre univers de sens et de significations.En prenant possession des significations imaginaires de leur 9.D.Gaines, Teenage Wasteland : Suburdias Dead End Kids, New York, Pantheon Books, 1990.163 164 POSSIBLES.AUTOMNE 2000, DOCUMENT société et en les transgressant, ils se métamorphosent.Et en se métamorphosant ils transforment l\u2019institué et le donné.À travers des pratiques corporelles spécifiques (coiffures, accoutrements, posture, démarche, langage, tatouages, perçages), avec des gestes (sports extrêmes ou shamanisme, drogues ou méditation, nihilisme ou spiritualité, gangs ou individualisme) et surtout et avant tout à travers l\u2019art (poésie, musique, danse, graffiti, vidéo, cinéma, théâtre), les jeunes contre-culturels d\u2019hier et d'aujourd'hui inscrivent le sens de leur existence en dehors des codes établis.Chemin faisant ils nourrissent cette culture jeune parallèle qui s\u2019est installée dans les interstices des sociétés actuelles et qui se renouvelle à des rythmes variés et moyennant des expressions multiples (parfois même contradictoires) au rythme des générations de jeunes qui se succèdent.En effet, depuis les années soixante et soixante-dix une lutte s\u2019est engagée entre les jeunes contre-culturels et la société, visant la reconnaissance de la contribution des jeunes aux sociétés contemporaines.Cette lutte est inscrite dans le sillage des luttes pour la reconnaissance des droits de la personne qui ont eu lieu en Amérique de Nord et en Europe au cours de la même période.Ce mouvement de contestation, qui a permis aux minorités sexuelles, raciales, ethniques, religieuses de faire valoir \u2014 et dans une certaine mesure qui reste encore incomplète d\u2019institutionnaliser \u2014 leurs droits politiques, a engagé les sociétés occidentales dans un vaste processus de démocratisation.Ainsi la problématique de la reconnaissance des droits des femmes, des homosexuels, des enfants et même des animaux dans certains pays postindustrialisés s'étend depuis l\u2019explosion démographique de l\u2019après-guerre (1945-1963) \u2014 qui est désormais passée à l\u2019his- LES JEUNES ET LA CRÉATION SOCIALE-HISTORIQUE toire sous le nom de baby-boom \u2014 la reconnaissance des droits, de la place et de la contribution des jeunes à l\u2019ensemble de la société.Par ailleurs, comme j'ai tenté de le démontrer dans certaines de mes analyses antérieures, les baby-boomers forts de leur nombre ont réussi pendant les années soixante et soixante-dix à instituer de nouvelles significations imaginaires sociales relatives à la réalité culturelle des jeunes au sein de l'imaginaire social dominant.Par l\u2019entremise de leur pouvoir démographique et des privilèges politiques et économiques que leur accordait leur nombre, les jeunes des années soixante et soixante-dix se sont approprié plusieurs espaces symboliques et comme nous l'avons avancé plus haut, leur nouvelle culture et la contre-culture ont engagé la société entière dans un débat (qui est loin avoir été épuisé) autour de la reconnaissance de l'autonomie, prise ainsi dans le sens castoriadien du terme des jeunes comme citoyens.Sous la maladresse qui caractérise les nombreux débats qui se déroulent, en ce moment, au sujet des jeunes se cache, en effet, la question épineuse (posée il y a trente ans par les jeunes contestataires des années soixante) de la citoyenneté des jeunes dans le cadre des sociétés occidentales contemporaines.Tout ce qui reste à faire maintenant, c\u2019est de combattre les forces de l\u2019inertie sociale qui empêchent cette réalité d'acquérir une reconnaissance sociale et politique et de s\u2019institutionnaliser.Nonobstant les stéréotypes qui continuent a peser sur le rapport qu\u2019entretiennent les jeunes avec le politique au sens strict, leur militantisme continue à faire surface au fil des événements.En témoignent la mobilisation récente de Seattle, les sessions parallèles au Sommet de la jeunesse à Québec, la contestation ré- 165 166 POSSIBLES, AUTOMNE 2000, DOCUMENT currente par les étudiants des budgets publics en éducation, l\u2019engagement écologique (le dossier actuellement très chaud des OGM), les critiques soutenues de la mondialisation sauvage (l'opération SALAM, qui a eu des répercussions à l\u2019échelle internationale).Donc, entre 1968 et 1999, comme une constellation éblouissante, les contre-cultures jeunes ont illuminé l\u2019imaginaire social des sociétés contemporaines.Trente ans de déploiement d\u2019une dynamique créatrice inégalée qu\u2019aucun système n\u2019a pu, malgré ses tentatives, apprivoiser ni contenir réellement. RÉJEAN BEAUCAGE, réalisateur à CIBL 101,5, à Montréal, de l\u2019émission AnémixinémA, consacrée aux musiques contemporaines (émission récipiendaire d\u2019un prix Opus du Conseil québécois de la musique au titre de Production médiatique de l\u2019année 1996-1997).Il participe régulièrement à la revue ESSE Arts + opinions.Il est musicien autodidacte.JULIE BosMAN, est bachelière en Études littéraires (UQAM) et prépare un mémoire de maîtrise.Elle a publié des nouvelles.ALAIN-G.GAGNON, professeur de science politique, directeur du P politiq programme d\u2019études sur le Québec, Université McGill.JAcQUES GAUTHIER, professeur à l\u2019Université Saint-Paul d'Ottawa, poète et essayiste.SYLVIE GENDRON enseigne le français et la littérature au cégep Saint-Jean- sur-Richelieu et est étudiante au doctorat en Études françaises à l\u2019Université de Montréal.NAÏM KATTAN, écrivain.Eve LANGEVIN, artiste et travailleuse culturelle.ÉMILE OLLIVIER, professeur à l\u2019Université de Montréal et écrivain.DAINE PACOM, professeur de sociologie, Université d'Ottawa.MirroN TANAKA, responsable du Fonds Canada-Japon du Conseil des arts du Canada.SYLVANA VILLATA, chargée de l\u2019interculturalisme et des relations internationales au Service de la culture, Ville de Montréal. : BULLETIN D'ABONNEMENT En vous abonnant, vous épargnez 7 $ sur le coût de quatre numéros en kiosque, vous contribuez à l\u2019essor de la revue et vous recevez un numéro en prime.Je souscris un abonnement à PossIBLESs.Envoyez-moi le numéro suivant, en prime : [ vol.12, n° 3 : Le Québec des différences ©] vol.17, n°1: À qui le droit?(le droit dans divers domaines) [J vol.17, n° 2 : Parler d\u2019ailleurs/d\u2019ici (sur les communautés culturelles) [J vol.18, n° 4 : L'Estrie NOM ADRESSE VILLE CODE POSTAL TÉLÉPHONE OCCUPATION Ci-joint: cheque mandat-poste au montant de abonnement d\u2019un an (quatre numéros) : 25 $ abonnement de deux ans (huit numéros) : 45 $ abonnement institutionnel : 40 $ abonnement de soutien : 40 $ abonnement étranger : so $ Revue PossiBLEs 5070, rue de Lanaudière Montréal (Québec) H2J 3R1 @ PRQCHAIN da 2 Questions d'environnement NUMÉRO 1 NUMÉRO : NUMÉRO 3/4 : NUMÉRO 1 NUMÉRO 2/3 : NUMÉRO 4 NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3/4 : NUMÉRO 1 NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 NUMÉRO 3/4 : NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3/64 : :5$ 5$ 5$ :5$ 5$ :5$ :5$ 5$ 5$ :5$ NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3/4 : 5$ 5% :6$ :6$ 5$ :6$ 6$ 6$ NUMÉROS DISPONIBLES ; VOLUME 1 (1976-1977) Tricofil ; sciences sociales et pouvoir Poèmes de Roland Giguère et Gérald Godin Santé; question nationale Poèmes de Gilles Hénault, Luc Racine, Robert Laplante Les Amérindiens : politique et dépossession De l'artisanat comme instrument de conquête VOLUME 2 (1977-1978) Fer et titane : un mythe et des poussières Nouvelles perspectives du roman québécois Nouvelle de Jacques Brossard Bas du fleuve/Gaspésie i Poème de Françoise Bujold 5 Mouvements sociaux, coopératisme et autogestion Texte d\u2019Alexis Lefrançois VOLUME 3 (1978-1979) À qui appartient Montréal ?Poèmes de Pierre Nepveu L\u2019éclatement idéologique La poésie, les poètes et les possibles Paul Chamberland : la dégradation de la vie Éducation Sur les chemins de l\u2019autogestion : Le JAL Poèmes de François Charron et Robert Laplante VOLUME 4 (1979-1980) Des femmes et des luttes Projets du pays qui vient Faire l\u2019autogestion : réalités et défis Poèmes de Gaston Miron VOLUME 5 (1980-1981) Qui a peur du peuple acadien ?Élection 81 : question au PQ.Gilles Hénault : d\u2019Odanak à l\u2019Avenir Victor-Lévy Beaulieu : l\u2019Irlande trop tôt Les nouvelle stratégies culturelles Manifeste pour les femmes VOLUME 6 (1981-1982) Cing ans déja.Lautogestion quotidienne Poèmes inédits de Marie Uguay Abitibi : La voie du Nord Café Campus Pierre Perrault : Éloge de l\u2019échec La crise\u2026 dit-on Un écomusée en Haute-Beauce Jacques Brault : leçons de solitude NUMÉROS DISPONIBLES NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3 : NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 : NUMÉRO 3 : NUMÉRO : NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 NUMÉRO 3 NUMÉRO 4 NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 NUMÉRO 3/4 NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 NUMÉRO 3 NUMÉRO 4 NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 NUMÉRO 3 NUMÉRO 4 NUMÉRO 1/2 NUMÉRO 3 NUMÉRO 4 NUMÉRO 1 NUMÉRO 2 NUMÉRO 3 NUMÉRO 4 :6$ 6$ 6$ :6$ 6$ 6$ 6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ :6$ VOLUME 7 (1982-1983) Territoires de l\u2019art Régionalisme et internationalisme Roussil en question(s) Québec, Québec : à l\u2019ombre du G Jean-Pierre Guay, Marc Chabot : un beau mal Et pourquoi pas l\u2019amour VOLUME 8 (1983-1984) Repenser l'indépendance Vadeboncœur et le féminisme Des acteurs sans scène Les jeunes L'éducation 1984 \u2014 Créer au Québec En quête de la modernité L'Amérique inavouable VOLUME 9 (1984-1985) Le syndicalisme à l'épreuve du quotidien .et les femmes Québec vert.ou bleu?Mousser la culture VOLUME 10 (1985-1986) Le mal du siècle Du côté des intellectuels Autogestion, autonomie et démocratie VOLUME 11 (1986-1987) La paix à faire Un emploi pour tous?Langue et culture Quelle université ?VOLUME 12 (1988) Le quotidien : modes d'emploi Saguenay/Lac Saint-Jean : les irréductibles Le Québec des différences : culture d\u2019ici Artiste ou manager ?VOLUME 13 (1989) Il y a un futur [Droits de] regards sur les médias La mère ou l\u2019enfant ?VOLUME 14 (1990) Art et politique Québec en 2000 Culture et cultures Vies de profs NUMÉRO 1 :7$ NUMERO 2:7 $ NUMÉRO 3 : 7 $ NUMÉRO 4 : 7 $ NUMÉRO 1 : 7 $ NUMÉRO 2.:7$ NUMÉRO 3 :7 $ NUMÉRO 4 : 7 $ NUMÉRO 1 :7$ NUMÉRO 2 :7$ NUMÉRO 3/4 : 12 $ NUMÉRO 1 :8$ NUMERO 2:8 § NUMERO 3:8 % NUMÉRO 4 : 8$ NUMÉRO 1/2 : 10 $ NUMÉRO 3 : 8$ NUMÉRO 4 : 8$ NUMÉRO 1 :8$ NUMÉRO 2 :8$ NUMÉRO 3 : 8 $ NUMÉRO 4 : 8 $ NUMÉRO 1 :8$ NUMÉRO 2/3 : 10 $ NUMÉRO 4 : 8$ NUMÉRO 1 :8$ NUMÉRO 2 : 8$ NUMÉRO 3/4 : 12 $ NUMÉRO 1 :8$ NUMÉRO 2.:8$ NUMÉRO 3 : 8 $ NUMÉRO 4 : 8 $ NUMÉRO 1 :8$ NUMÉRO 2/3 ?$ NUMÉROS DISPONIBLES VOLUME 15 (1991) La souveraineté tranquille Générations 91 Bulletins de santé Les publics de la culture VOLUME 16 (1992) Lautre Montréal What does Canada want?Les excentriques Formations professionnelles VOLUME 17 (1993) A qui le droit?Parler d\u2019ailleurs/d\u2019ici (les communautés culturelles) À gauche, autrement VOLUME 18 (1994) L'artiste (auto) portraits Pensées pour un autre siècle L\u2019État solidaire l\u2019Estrie VOLUME 19 (1995) Rendez-vous 1995 : mémoire et promesse Créer vif Possibles@techno VOLUME 20 (1996) Modernité : élan et dérives Éduquer quand même Québec.On continue?L'art dehors VOLUME 21 (1997) Penser avec Giguère et Miron Travailler autrement : vivre mieux?Homo violens VOLUME 22 (1998) Générations : des liens à réinventer Un art qui s'engage Québec 1998 : l\u2019alternative VOLUME 23 (1999) L\u2019affirmation régionale (les régions québécoises) Ethnies, nations, sociétés Avec ou sans Dieu Nouvelles stratégies culturelles VOLUME 24 (2000) Québec : capitale ou succursale ?Sortir de la pensée unique Monde et réseaux de l\u2019art Diffusion, migration et cosmopolitisme en art contemporain AR We a el PR bt a CR PA RUE _ AU\" (1310 1 or 312 pages, 27 dollars Sous la direction de Guy Bellavance Sous la direction de Stéphane Aquin Francine Couture Jean-Pierre Denis Andrée Fortin Marcel Fournier Louis Jacob Monique Langlois Jan Marontate Jean Paquin Véronique Rodriguez Guy Sioui Durand Jean-Philippe Uzel Lis sit Eau ; i , i A ; I: 8 » ©] Wl 1 fl.i fl it At it, D ù : i : A i K A fh Eg 1} R ; à : R i i I Re fh BE: - it > Re Bt ge: 8 +4 I th i Be th LN Ne \u201c RY na RN nL (x x \\ AO ORIEN an CEE 1 2) SORRY HIN CRC SEEN I) De XH ahha SR NTRS D Depuis une quinzaine d'années, on assiste à une forte croissance des communautés immigrantes sur le territoire québécois, principalement montréalais.Cette réalité à la fois visible et irréversible a nécessairement changé nos perceptions et nos modes de vie.Nous vivons désormais à l'heure du pluralisme culturel marqué par un dialogue interethnique inédit dans notre société et par le métissage artistique.C\u2019est dans ce contexte que la revue POSSIBLES livre une réflexion sur l'interculturalisme.Différents spécialistes et acteurs du domaine de la culture et des sciences humaines analysent les multiples dimensions et enjeux reliés à la pluriethnicité et aux mutations qu'elle engendre sur les plans artistique, politique et social.INTERCULTURALISME QUÉBÉCOIS cAAM NN ES Plaidoyer pour l\u2019interculturalisme ALAIN-G.GAGNON La lutte contre le racisme au fondement de la perspective interculturelle ÉMILE OLLIVIER Les néo-Québécois et les médias du Québec MILTON TANAKA L\u2019interculturalisme à la croisée des chemins SYLVANA VILLATA Culture : spécificité et mouvement NAÏM KATTAN Le Québec vu par\u2026 (entrevues avec Miguel Rebelo et Massimo Guerrera) JACQUELINE MATHIEU Identité démultipliée ÈVE LANGEVIN Le sens de l\u2019histoire RÉJEAN BEAUCAGE Carnet d\u2019intentions MASSIMO GUERRERA POÉSIE ET FICTION My beautiful launderette JULIE BOSMAN Volée d\u2019oiseaux SYLVIE GENDRON Espaces intérieurs JACQUES GAUTHIER F jeunes et la création sociale-historique DIANE PACOM } | a "]
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