Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec
Éditeur :
  • Montréal :Société des professeurs d'histoire du Québec,1988-
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin de liaison
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 1989-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" vf gir és ia to de _ Me J as agi ASS Ce ES #4 li man et tira a ete Te PER PS À C3 am \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 25 I ! | \u2014 H re et terre i = = rc = prt} 2 \u2014 = 1 am rE \u2014 rc | ceux rte) = Ps py LÉ mr _\u20142 ee = axe sna Et \u2014 eee CRIE Creer 0] 989 J Bd 0841-6397 il Volume 27, N° 2 / Avr ES i 4 ite ne tte fes i ij tit a i! Hn fat i H f Ih fit ] i ih i il ites i hits $ = D = 3 1) » = = se Ey S > = = aN = = 2) li ih: * Ss ay SN RE = fil tie 3 S .Ha _ ay N x 5 4 fae 1 $ a a Na $ 2 5 ht tii in fs & = S 5 1 = .> se fd be NR SR - a = .hv ii + a S tr il S .2 5 tL qe Se aN .nn = © = = & .= N S a = i 4 > fit dr = Se S S = > s te a MN DN EN N & x s 5 = + RX = oN Le = > $ © , Si = 8 .= WN a a ci AN Si = s 0 , = $ > se = .RS a S S fa 3 Su = ES i - .5 = a y 2 & A .a < , = , + S RD 8 N a WN a Re = 7 5 ss.it HE Ly HH 0 = 5 a i , S as = = N 3 $ \u20ac se 8 = = .fo HA = > = Si +.a 2D 5 0 3 > wo x 5 S + Ap A = 5 = Ri & HN 5 Lied \u20ac 3 > Wh it i = = if = | | fi a A nf i i oh oF i DN \\ A pt i = WN ot Ai i = ; ht | a { = 3 | ht ES , B Se = 3 Wg S = 5 x > 5 Hy NN 9 = qu \u201c N & = & Hs Sig Le th a x = = À i 5 5 AX N SHIN fn i D fi = Ni & Sol > S = Nl = SE s = S .8 a a N N AN $ y = an S DN Se No Ne à S i Sh = il Sh Ne 5 Ha Ne S , = & A WF ss pi ® HE hw si ss S $ i se .» a = iS .A 3 NS , = SN My = = a © s S $ = N fi A = nN § = er Ë N 8 i i 5 « = S 5 3 > NR a = ss = .$ se iS = $ 2D Soe HN | \\ RN os Li er ui ui Ë i by it ie i i.if pes Hi Jon È 8 MON HISTOIRE, SON HISTOIRE, \"NOTRE HISTOIRE i iy fi} iil ih Hh 1 ie ih te gt i ] i id iv : i w ft { ir BE ei i i + i i ! x fy i) Ath 1h | ice i pa hi in ii oh: 8 N it in Wi dy iH REVUE DE LA SOCIÉTÉ DES PROFESSEURS D'HISTOIRE DU QUÉBEC | AE on a AP rr RR yi TRY ve : Ht ORT ayaa Hi RI ToT SRNR i ne ih, by Ra Hii ih te = VE st PS 3 THe i it GEN i li hr HH Jin Hi it ER i ii AIS ur fin SH bi a I i i fan i HOI Rit LITT HY «LES AVENTURES DE L'HISTOIRE> Pour découvrir l\u2019histoire tout en s\u2019amusant! ® Ecritsa quatre mains, les romans de la collection «Les aventures de l\u2019histoire» brossenti le tableau d\u2019une époque à travers une intrigue mettant en vedette de jeunes héros.Michel Guay est historien, Jean Bernier, écrivain.@ Chacun des titres reprend un des thèmes abordés par les élèves des cours d\u2019histoire au secondaire: La Rome impériale, l\u2019Egypte pharaonique, etc.® Les ouvrages comprennent des cartes et des notes en bas de page pour expliquer les mots difficiles ou étrangers.© Un guide pédagogique et un cahier de l\u2019élève accompagnent chacun des titres et sont fournis gratuitement aux professeurs sur demande.Marcus Métellus, fils d\u2019un haut fonctionnaire romain, s'apprête à rentrer à Rome.C'est alors qu\u2019il fait la connaissance de Petkouï, Un orphelin aux origines mystérieuses.À première vue, ce dernier ressemble à tous les garçons de son âge, mais le sort semble s'acharner sur lui et, bien contre son gré, il va entraîner Marcus dans une suite d'aventures qui les conduiront des bas-fonds de Rome jusqu'aux marches de l'Empire.MICHEL GUAY JEAN BERNIER ARCHITECTE DU VAN] wae.» DIEU VI MICHEL GUAY JEAN je A Après de longues années d'étude, Sénab B - SI ; : devient le bras droit de son vieux maître | 5 : Quinze 4 Niousséra, architecte de la pyramide du %@ j FR grand pharaon Khoufou.à HS Les accidents se multiplient au chantier.Fa 230 pages \u2014 9,95 $ Un sinistre complot se trame, qui ralentit À les travaux.Dès lors, Sénab n\u2019aura plus § qu'un but: démasquer les coupables, i malgré Jl'aveuglement obsting de \u201cSadi Khoufou, qui refuse d'admettre qu'il esi M la cible de rebelles sans scrupules.unze 240 pages - 9,95 $ ad 0 / fl IN i fi Éd {4 VOLUME 27, N° 2 AVRIL 1989 Sommaire ÉDITORIAL INFORMATIONS ÉCHO DU PRIMAIRE ÉCHO DU SECONDAIRE ÉCHO DU COLLÉGIAL DOCUMENT PERFECTIONNEMENT DIDACTIQUE MOYENS D'ENSEIGNEMENT ÉVALUATION PARUTIONS / ENSEIGNEMENT L'HISTOIRE QUI S\u2019ENSEIGNE DISCIPLINES COMPLEMENTAIRES PASSIONS OBSCURES PARUTIONS La société e Alaguerre comme alaguerre .iii.2 e Traces a index .i R a ee ee de ea aa 4 * Eclairer le présent a la lumiére dupassé .6 * Pourquoi un réseau d\u2019échange en 2e secondaire.7 oe Derniéres nouvelles.ane 7 * Pour en finir avec I'Histoire en cassette .9 L'enseignement * Un nouveau certificat en immigration et relations interetchniques.15 * Les modèles en éducation .0000000 04e s ae eee eee es ea ee 16 * Apprendre par images perdues .00000000 20e een ass aa nee 17 eo Cestquoi ton probleme?.ee.19 e Undevisderecherche .ee 20 oe Delécoleaumusée .iii eee ee a a ae 22 CR ©1752 ETC) HN A 24 e Revision générale - programme Histoire 214 .25 e Lenfant et I'échec scolaire.ii 0 27 ¢ la descouverture du chemin quimarche .ee 28 l\u2019histoire e L'enseignement de l'histoire .iil 29 e La philatélie, reflet de histoire .a.37 e Alorigine était la faim .a aan na an 41 * Quand l\u2019histoire se fait juge et partie: à propos de deux ouvrages récents de Pierre Anctil .43 TRACES - revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, indexée dans REPÈRE depuis janvier 1989.TRACES, Vol.7, N° 2 - succède au périodique «Le Bulletin de liaisons paraissant depuis 1962.Comité de rédaction Louis-Edouard Augé Conception graphique et correction d\u2019épreuves Monique Constant - (514) 620-4586 Publicité Yolande Prairie - (514) 455-9239 Direction de la revue Robert Martineau - (514) 596-4110 Conception et impression Imprimerie des Editions Vaudreuil inc.Société des professeurs d\u2019histoire du Québec 600, rue Fullum - 6e étage, Montréal H2K 411 Téléphone: JeanVienney Simard - (418) 623-8640 Robert Martineau Pierre Michaud Dépôt légal: B.N.C.- B.N.Q.\u2014 Courrier de deuxième classe \u2014 Numéro d'enregistrement: 6323 - port de retour garanti \u2014 Envois postaux - Denise Tellier - (514) 488-1555 \u2014 Parutions: 5 numéros / année \u2014 Tarifs: membres SPHQ - gratuit; non membres - 6$ / numéro 25$ - abonnement annuel pour institutions TRACES appartient aux membres de la SPHQ.Le contenu des articles n'engage que leurs auteurs.Les textes peuvent être reproduits avec le consentement préalable du comité de rédaction.Pour faciliter la lecture, le comité de rédaction a décidé d'utiliser exclusivement la forme masculine des mots.Veuillez donc sous- entendre la forme féminine lorsqu'il y a lieu.PAGE COUVERTURE: «LE NOUVEAU VISAGE DE MONTRÉAL», CE.C.M.TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 1 ÉDITORIAL À la guerre i Par: Robert Martineau comme a la guerre! $ Conseiller pédagogique - CECM ans son discours d'ouverture du dernier Congrès de la SPHQ®, Pierre Bourgault cons- 3 tatait: \u201cLes jeunes ne sont pas intéressés à l\u2019histoire parce qu'ils ont de mauvais profs; 3 nous ne sommes pas toujours a la hauteur! Nous ne sommes pas toujours aussi bons 3 et aussi bonnes que nous devrions l'être.\u201d Difficile à avaler!?Mais il y a peut-être matière à réflexion.- Pour qui \u201cconnait le tabac\u201d de l\u2019enseignement de cette \u201dmatière\u201d, on sait qu\u2019il se dépense dans les salles de travail des profs d'histoire une somme d'énergie et de temps incroyables pour être justement \u201cà la hauteur\u201d.Je suis souvent étonné de constater à quel point, après vingt-cinq et même trente années à enseigner l\u2019histoire, plusieurs collègues investissent encore dans la préparation de leurs cours et la correction de travaux.sans réussir à \u201cfaire lever\u201d de façon appréciable l'intérêt des élèves, et encore moins les résultats.Plus on en fait, disent certains, moins ils réussissent! Plus on leur explique, moins ils comprennent! Certains chercheurs américains préoccupés d'adaptation de l'enseignement ont baptisé cette approche \u201cMore of the same\u201d.Ils concluent que devant des groupes d'élèves en difficulté d\u2019apprentissage, la solution réside plutôt dans \u201cSomething else\u201d.\u201cL'autre chose\u201d, disent-ils, ne réside pas nécessairement dans un allègement ou une dilution du contenu mais surtout dans un ajustement de l'interaction entre le prof et l'élève.À cet égard, la préparation de cours consistera à suggérer un cheminement signifiant, pertinent et adapté à l'élève, acteur principal de cette dynamique dont la fin est l'apprentissage, et à favoriser la progression de sa démarche par le feedback le plus stimulant possible.Il est vrai qu\u2019une bonne partie du comportement des étudiants peut être expliqué par des facteurs culturels, sociaux et économiques.Il est aussi vrai qu\u2019une proportion appréciable de ses attitudes en classe d'histoire dépendent de la nature de l'interaction avec son professeur et que cette contrepartie soulève des questions?Qu'est-ce vraiment qu\u2019un \u201cbon prof d'histoire\u201d?- Celui qu\u2019on aime?Celui qui fait aimer sa matière?Celui de qui on apprend plein de choses?Celui avec qui on réalise un \u201cprogramme d'apprentissage\u201d?Pourquoi investissons-nous tant et dans quel but?- Connaissons-nous vraiment les intentions du ou des programmes enseignés?- Les élèves sont- ils au courant de ces intentions?Comment est organisé notre enseignement?- Avons-nous un plan de cours?- Qu'y trouve-t-on?- Les élèves sont-ils au courant de ce plan?Comment est organisé l\u2019apprentissage des élèves?- Nos cours sont-ils structurés en fonction d\u2019une démarche cohérente d'apprentissage des élèves?- AVANT: Les élèves sont-ils mis \u201cdans le coup\u201d des apprentissages à réaliser, des moyens mis à leur disposition pour ce faire, des activités qu'ils auront à réaliser, de leur rôle et de celui du prof durant cette démarche?Procédons-nous à des \u201cmises en situation\u201d?> 2 TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 - PENDANT: Quel genre d'activités d'apprentissage soumettons-nous aux élèves et dans quel but?Jusqu'à quel point ces activités sont pertinentes, utiles, adaptées?Les élèves ont-ils l\u2019occasion de suivre un cheminement d'apprentissage cohérent, logique, transparent?Les élèves sont-ils actifs et comment?Quel rôle jouons-nous pendant cette démarche?- APRÈS: Les élèves ont-ils l'impression que ce qu'ils ont appris leur est utile?Ont-ils l'occasion d'éprouver ça?Ont-ils la possibilité de réinvestir ce qu'ils ont appris dans leur réalité ou dans des activités subséquentes?Quand, pourquoi et comment évaluons-nous?Comment utilisons-nous le matériel didactique disponible?Les réponses à chacune de ces questions constituent autant de facettes de l'interaction entre l'enseignant et ses étudiants et une bonne partie des clefs d'ajustement de la pratique.Mais la démarche d'adaptation demande du temps, la volonté de s'y engager et un bon support.Le soldat sur la ligne de feu a rarement le temps ni l'opportunité de se \u201cperfectionner\u201d et de réfléchir au sens de son action.Pourtant, parce que sa vie et l'efficacité de son combat en dépendent, il est indispensable qu'il puisse d\u2019une façon ou d\u2019une autre accéder aux derniers développements en matière d'armements ou de techniques militaires.II doit se donner les moyens d'avoir prise sur sa réalité et de s'ajuster constamment aux problèmes qu'il affronte à la lumière des données les plus récentes.Or, l'innovation pénètre mal notre champ de bataille.Nous en avons pourtant grand besoin; non pas pour satisfaire aux exigences du MEQ, mais pour rester \u201cmai- tres\u201d de notre pratique et nous ajuster aux données les plus récentes du combat contre l'ignorance.L'innovation n'est pas menaçante; elle est même, comme le soulignait Huberman, en un sens conservatrice, du fait que sa fonction première est de rendre familier ce qui ne l\u2019est pas, de greffer le neuf sur l\u2019ancien.La société change, nos élèves aussi.II se fait peu de recherche en didactique des sciences humaines au Québec et la littérature américaine, européenne et anglo-canadienne pourtant abondante sur le sujet ne circule pas beaucoup ici.Enfoncés dans leurs tranchées, plusieurs d'entre nous continuent à \u201ctirer à la poudre\u201d: ils atteignent mal la cible, ont grande difficulté à reconnaître l'ennemi et s'épuisent à remplir les fusils de plus en plus vite pour compenser l\u2019insupportable inefficacité.Je ne connais pas beaucoup de \u201cmauvais profs\u201d d'histoire.Mais je rencontre souvent des enseignants à qui l\u2019on n'a pas donné le temps et la possibilité d'arrêter le combat quelques minutes pour réfléchir et s'ajuster.Le perfectionnement doit être repensé comme un processus d'alimentation continuelle afin de garder nos outils de travail bien rôdés et à la fine pointe de la recherche, et non pas comme un luxe nécessaire pour implanter des nouveaux programmes! 4 \u2018 Pour en finir avec \u201cL'histoire en cassette\u201d ÉDITORIAL TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 INFORMATION Par: Robert Martineau Conseiller pédagogique - CECM epuis janvier 1989, la revue D TRACES est analysée et indexée par les professionnels des Services Documentaires Multimedia Inc.pour la banque de données REPERE.Rappelons que REPERE est une réalisation conjointe de la Bibliothéque nationale du Québec et SDM.REPERE constitue aujourd\u2019hui une source unique et complète pour le repérage de l'information dans plus de 275 périodiques canadiens, québécois et européens de langue française.Déjà plusieurs centaines d'usagers au Québec et à l'étranger ont accès à REPÈRE, soit sous forme de publication imprimée ou microfiches ou soit directement par l'intermédiaire de la banque de données.Vous pouvez consulter l'index dans les grandes bibliothèques et centres de documentation.La SPHQ et sa revue s'assurent donc ainsi d\u2019une nouvelle diffusion et rendent disponible aux chercheurs et aux personnes intéressées par l'enseignement de l'Histoire, l'expertise et les réflexions des nombreux auteurs qui alimentent ses pages maintenant depuis vingt-sept ans.REPÈRE a la particularité d'offrir des références complètes et détaillées (près de 14 000 par an): outre le titre, l'auteur, la page, la source de l'article, elles en proposent un titre enrichi ou encore incluent un bref résumé pour mieux en révéler le contenu.Enfin une série de codes simples mettent en relief quelques aspects particuliers de l'article: présence d'un lexique, de cartes, de statistiques, etc.4 TRACES, Vol.27, N° 2/ Avril 1989 Traces à l\u2019index Le chercheur est ainsi assuré de ne retenir que les articles qui lui conviennent parfaitement.Tous peuvent trouver rapidement dans REPÈRE les références adéquates grâce à la facilité d'utilisation et à la richesse de ses mots-clés qui respectent tant l'usager courant que le voca- INDEX D'ARTICLES DE PÉRIODIQUES DE LANGUE FRANÇAISE 265 périodiques canadiens ou européens sont indexés dans REPÈRE: des périodiques d'intérêt général ou spécialisé, soigneusement sélectionnés avec la collaboration des clientèles, pour couvrir tous les publics et tous les domaines: de la technologie a l'éducation en passant par l\u2019histoire, les loisirs ou la psychologie.| bulaire spécialisé.De plus, un systeme de renvois augmente pour l'usager les possibilités de repérage.L\u2019usager a le privilège d'accéder aux références selon le mode qui lui convient le mieux.H La publication imprimée POINT DE REPÈRE propose un accès aux références par ordre alphabétique des sujets (6 numéros par an).H Les microfiches permettent l'accès à l'ensemble de REPÈRE ou encore aux références de l\u2019année seulement.Deux séries disponibles: classement par ordre alphabétique d'auteurs d'articles ou de sujets.BW l'accès direct à l'ensemble des références (plus de 100 000) assure une grande rapidité alliée à des possibilités presque illimitées de recherche.B Des recherches sur mesure peuvent aussi étre effectuées pour l'usager par nos spécialistes.REPÈRE est une réalisation conjointe de SDM et de la Bibliothèque nationale du Québec.+ ERRATA Nous tenons à nous excuser auprès de nos lecteurs pour les erreurs contenues dans le dernier numéro.La rédaction cs dre Il is le Défis et progres Ce manuel, conçu en fonction du nouveau programme d'histoire générale, propose une démarche pédagogique originale.Rédigé dans un style simple et clair, le texte est facilement accessible aux élèves de deuxième secondaire.De nombreux documents figurés et écrits illustrent le texte.Des activités sont proposées pour aider à la compréhension du texte et pour développer les habiletés essentielles en histoire.Plus de 300 illustrations en couleurs agrémentent la présentation.Un guide de I'enseignant(e) et un cahier d'activités accompagnent le manuel.Une deuxième édition du cahier d'activités sera bientôt disponible.Le Québec: héritage et projets Ce manuel complet, original et attrayant est l'outil idéal pour l'enseignement du nouveau programme d'histoire du Québec et du Canada.Structuré à partir des objectifs du nouveau programme, l'ouvrage propose une démarche originale et motivante pour les jeunes.Rédigé dans un style simple, le texte a été relu par de nombreux enseignants et par d'éminents historiens.Plus de 275 illustrations, le plupart en couleur, en agrémentent la présentation.Une deuxième édition du cahier d'activités est présentement disponible.héritages et projets Casdin Bodara Demers Torta on re ose Les Éditions HRW ltée 8035 rue Jarry Est.Montréal (Québec) H1J 1H6 ME (514) 351-7810 EH Télex (05-S28639 M Télécopieur (514) 351-4040 ÉCHO DU PRIMAIRE Par: Jean-Luc Picard Conseiller pédagogique e programme de sciences humaines amène l'enfant à mieux comprendre les réalités géographiques, historiques et sociales du monde dans lequel il vit.Par ailleurs, l'enfant du primaire est essentiellement préoccupé par l'instant présent.À première vue, il peut donc sembler inapproprié de vouloir l'éveilter au concept de temps et l\u2018initier à l'histoire du Québec et du Canada.Ces constatations sont-elles en réalité irréconciliables?Observons d'abord l'enfant du primaire.Le monde qui l'entoure constitue son principal champ de préoccupations.Toutefois, sa quête de compréhension du réel actuel l'amène inévitablement à se tourner fréquemment vers le passé: «Pourquoi est-ce que je n'ai qu'un grand-papa?», «Pouquoi la gare a-t-elle été abondonnée?», «Pourquoi la rivière porte-t-elle un nom amérindien?», «Pourquoi y a-t-il surtout des français et des Anglais au Canada?» Qu'en est-il maintenant du programme du M.E.Q.?On y retrouve plusieurs objets d'étude ayant trait au passé: la vie au temps des parents et des grands-parents; l'école d'autrefois; l'arrivée des premiers habitants de l'Amérique; la Conquête; etc.L'exploitation en classe de ces divers faits et évé- nements du passé ne risque-t-elle pas d'être passablement dénuée d'intérêt?Ce sera sûrement le cas si ces réalités d'autrefois sont traitées comme des en-soi, sans lien avec le milieu actuel de l'enfant.Heureusement, le programme de sciences humaines met l'accent sur les interactions entre l\u2019hier et l\u2019aujourd\u2019hui.I! comporte aussi une démarche d'apprentissage en trois phases: exploration, recherche et traitement de l'information, synthèse et échange.La première de ces trois phases est particulièrement importante pour assurer le lien entre le présent et le passé.En effet, c'est au cours de cette phase que l'enseignante ou l'enseignant doit présen- 6 TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 Éclairer le présent à la lumière du passé ter à l'enfant des situations d'apprentissage qui vont l'amener à se questionner sur la société actuelle.Dans plusieurs cas, cette compréhension de l'aujourd\u2019hui conduira tout naturellement l'enfant à scruter le passé.C'est a ce moment que les réalités historiques prennent leur véritable sens: jeter un éclairage sur le présent.Pour illustrer le rôle essentiel de l\u2019histoire en regard de la compréhension de la société actuelle, examinons d'abord un exemple tiré du programme du 1er cycle du primaire.La compréhension du concept de besoin y occupe une place prépondérante.L'enfant explore successivement ses besoins, ceux de sa famille et ceux de sa collectivité locale.I| découvre aussi les groupes et les moyens qui existent dans son milieu pour satisfaire ces divers besoins.Au-délà de cette exploration du présent, le fait d'amener l'enfant à se questionner sur le présence de ces mêmes besoins autrefois et sur les moyens de les satisfaire enrichit son expérience actuelle et favorise chez lui une meilleure compréhension de l'être humain et de la société.Le fait de se questionner et de recueillir des informations sur ses besoins quand il était bébé, sur les besoins de ses parents et de ses grands-parents quand ils avaient 7,8 ou 9 ans et les besoins des gens de son milieu local autrefois permet à l'enfant de dégager en synthèse et, par le fait même, de mieux comprendre la permanence de certains besoins personnels et sociaux à travers les générations tout en prenant conscience de l'évolution de la société à travers les moyens et les solutions qu\u2019elle invente sans cesse pour répondre à ces besoins.Comme on le voit dans cet exemple, l'exploration des réalités passées est essentielle pour comprendre l'être humain et la société actuelle.Grâce au passé, il est aussi plus facile de prévoir l'avenir.En effet, comment savoir où l\u2019on va si on ne sait pas d'où l\u2019on vient?Au 2e cycle, l'éveil au concept de temps se double d'une initiation a l\u2019histoire.Ici encore, la référence à certains faits passés de l\u2019histoire de la région, du Québec ou du Canada doit puiser sa signification dans la résolution d\u2019une problématique actuelle.Ce n'est qu'à cette condition que la cueillette et le traitement d'informations historiques peuvent être signifiantes pour l'enfant.La compréhension de la composition actuelle de la population du Québec et du Canada illustre bien ces derniers propos.«Comment s'est formée la population de ces territoires?» «D'où sont venus les divers groupes qui constituent cette population?» «Sont-ils arrivés tous en méme temps?» «Quelles circonstances les ont amenés à s'établir sur ces mêmes territoires®» Voilà autant de pistes de recherche de nature à éclairer la situation présente.À partir des matériaux historiques mis à sa disposition, l'enfant devrait prendre conscience en synthèse que la population du Québec et du Canada actuels s\u2019est formée à partir de l'ajout de peuples qui se sont installés sur ces territoires à des moments différents de leur histoire.Ainsi, les réalités telles que les peuples autochtones, la fondation de la Nouvelle-France, la Conquête ou l\u2019arrivée des Vietnamiens ne sont plus vues comme des éléments isolés et coupés de la société d'aujourd'hui mais plutôt comme des étapes importantes qui expliquent les circonstances de la présence au Québec et au Canada de divers groupes ethniques.En se référant aux exemples précédents, il m'apparaît justifié de dégager la conclusion suivante: sans un éclairage historique, la compréhension de la société contemporaine ne saurait être que partielle; par ailleurs, une étude du passé qui ne partirait pas des préoccupations actuelles ne saurait être que verbiage et perte de temps pour l'enfant du primaire.\u20ac (on ls Ia la dan © = ÉCHO DU SECONDAIRE Par: Thérèse Chevalier-Coderre Conseillère - 2e secondaire abord, c'est un rêve que je caressais depuis plusieurs années.Avec l'implantation du nouveau programme d'Histoire générale a 7 modules, j'avais besoin d'aide et je voulais trouver un moyen d'alléger ma tâche: 6 groupes de 32 à 33 étudiants pour lesquels je devais parfois rédiger 2 à 3 examens différents pour éviter le plagiat ou la copie en classe, planifier les cours, composer des jeux, des mots croisés, trouver des trucs pour faire aimer l\u2019histoire.Bref, je passais des heures là-dedans.| Lorsque j'ai accepté le poste de conseillère en 2e secondaire, je me suis dit: \u201cLà v'la ma chance.\u201d et j'ai donc démarré au congrès d'octobre 87 à Québec, le réseau d'échanges parallèles de documentation pédagogique susceptible de \u201cservir\u201d à tous les enseignants de 2e secondaire.À l'atelier-rencontre, 33 enseignants m'ont laissé leur adresse et j'ai reçu 16 envois dans l'année 8788.Pourquoi un réseau d\u2019échange en 2e secondaire?Lors de l'atelier-rencontre, au dernier congrès tenu à Laval en octobre 88, les enseignants présents ont manifesté le désir de continuer de participer au réseau d'échange de documentation pédagogique en m'envoyant soit des examens, des exercices d'apprentissage, des textes avec questionnaires, des jeux (mots fléchés, mots croisés, mot-mystère, associations, etc.).À date, j'ai reçu beaucoup de documentation de toutes sortes, ce qui prouve qu'il y a plusieurs façons de permettre aux élèves d'atteindre un même objectif d'apprentissage.J'ai fait 4 envois bien garnis aux enseignants qui m'ont laissé leur adresse.Alors, l'invitation est lancée à tous les enseignants de 2e secondaire, membres de la SPHQ qui veulent participer à cet échange: une belle façon de se constituer une banque de travaux utiles.Cependant, il faut alimenter ce réseau.[| n\u2019est pas à sens unique.Une petite compensation monétaire sera exigé pour couvrir les frais d'imprimerie et de poste, coût qui est souvent couvert par le budget- matière.J'ai reçu de nombreux commentaires très encourageants qui me motivent à poursuivre jusqu'à la fin de mon mandat, en octobre 89: \u201cPour avoir assisté aux ateliers de la SPHQ j'ai fort apprécié votre travail et votre implication.\u201d Jean-Marie Labbé, St-Joseph-de-Beauce \u201cMerci pour les nombreux documents reçus et pour tout le beau travail.\u201d Aline Lavoie-Théberge, Cap-Chat Je me permets de vous faire part d'un outil pédagogique très bien structuré par Michel Phaneuf, École secondaire Jean-de- la-Mennais, La Prairie: Travail de recherche pour le module 5 (voir \u201cMoyens d\u2019enseignement\u201d).\u20ac ÉCHO DU COLLÉGIAL Par: JeanVianney Simard Conseil d'administration u dernier congrès de la SPHQ, JeanVianney Simard a été élu au poste de représentant du collégial.Il fera le lien entre le comité pédagogique provincial d'histoire (coordination provinciale) et le conseil d'administration de la SPHQ.Les 5 et 6 juin prochains se tiendra au cégep André-Laurendeau un colloque regroupant les dix disciplines des Sciences humaines touchées par la réforme au collégial.Tous les professeurs des sciences humaines du collégial sont invités à ce colloque.La Société des professeurs d'histoire sera présente.Dernières nouvelles La SPHQ appuiera la demande des professeurs d'histoire du collégial de maintenir le cours \u201cFondements historiques du Québec contemporain\u201d dans les cours du bloc ministériel.Le coordonnateur provincial d'histoire, Gilles Pesant, nous confirme que la réforme en sciences humaines ne se fera pas avant septembre 1990.La SPHQ veut demander au ministère de l'éducation de rendre obligatoire un cours d'histoire au niveau collégial.Une résolution en ce sens a été votée au dernier congrès.En collaboration avec les professeurs du collégial, la SPHQ va essayer de relancer le Concours d'histoire nationale Lionel- Groulx pour 1989-1990.Nous rappelons à nos lecteurs qu'il existe un bon manuel de niveau collégial pour le cours d'Histoire 961.Il s'agit de l'ouvrage de Lise Pothier, Histoire des Etats- Unis, publié en 1987 chez Modulo.Tous les professeurs d'histoire du collégial sont invités, comme le font leurs collègues des autres niveaux d'enseignement, à écrire dans la revue Traces.4 TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 7 RRôNn STORE TON ISSUE Approuvé par le M.E.Q.e e LES 7 MODULES: Module 4 4° secondaire Module 1 Les débuts du parlementarisme L\u2019Empire français d\u2019Amérique Module 5 Module 2 Le Québec et la Confédération La société canadienne sous Module 6 AUTEURS: le Régime français Le développement industriel Jacques Marchand Module 3 Module 7 François Charbonneau La Conquête et les débuts du Le Québec contemporain Jean-Pierre Sansregret Régime britannique (1939 à nos jours) Guérin, éditeur ltée 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) H2T 2G2 Tél: (514) 842-3481 J IL ret DOCUMENTS Par: Pierre Bourgault Conférencier N.D.L.R.: Le texte qui suit constitue la plus grande partie d\u2019une conférence donnée par l\u2019auteur à l'ouverture du 26e Congrès de la SPHQ.Nous en avons reproduit ici de très larges extraits.(.) e pense que pour parler de n'importe quoi, et y compris d'histoire, il faut d\u2019abord \u201ccasser les cassettes\u201d.les disCours qui se répètent inlassablement, les discours redondants, les discours répétitifs\u2026 sur lesquels on ne réfléchit plus et qui, à force d'être répétés sans réflexion, finissent par passer très souvent à côté de la vérité.[| y a un discours, en histoire qui est un \u201cdiscours de cassettes\u201d.J'aimerais si possible en casser quelques-unes dès le départ.IGNORER L'HISTOIRE, C'EST SE CONDAMNER À LA RÉPÉTER! On dit depuis très longtemps qu'\u201d\u201cignorer l'histoire, c'est se condamner à la répéter!\u201d Ça fait bien de dire une chose pareille.Ça peut impressionner de nouveaux écoliers, des écolières, mais je suis pas sûr que cela soit vrai.D'abord c'est avoir de l\u2019histoire une vue extrêmement pessimiste.Si nous pouvions nous condamner à ne répéter que les belles choses de l\u2019histoire, que les bons moments.pourquoi pas! Mais quand on dit cest se condamner à la répéter, ce qu'on entend par là, c'est se condamner à répéter les erreurs, à répéter ce qui n'a pas marché, à répéter les drames, les tragédies.Déjà cela me semble fausser l'idée qu'on doit se faire de l\u2019histoire.D'autre part, connaître l\u2019histoire peut être utile, bien sûr, mais il arrive que pour certains, ou Certaines, cela soit un empêchement de l'action ou alors une justification de l\u2019inaction.Combien de fois, quand quelqu'un décide de faire quelque chose, ne trouve-til pas tout près quelqu'un pour lui dire: \u201cJ'ai essayé.c'est impossible.ça ne se fait pas!\u201d (.) On se rassoit, et on n'en reparle plus! Quelqu'un a dit un jour qu\u2019il y avait quelque part un ignorant qui ne savait rien de Pour en finir \u201cl\u2019histoire en avec cassettes\u2019.l\u2019histoire et du passé; et il ne savait pas que ce qu'il entreprenait était impossible.Et il le fit.D'où on peut conclure que parfois, il vaut mieux ignorer l\u2019histoire.L'HISTORIEN DOIT ÊTRE NEUTRE ET OBJECTIF! Une autre cassette voudrait nous faire croire à l'objectivité voire à la neutralité de l'historien, de l\u2019historienne.Encore là, je n'arrive pas à y croire.(.) Je ne pense pas qu'on puisse \u201cfaire de l'histoire\u201d sans y apporter son propre éclairage.Je ne pense pas qu\u2019on puisse \u201cfaire de l'histoire\u201d sans privilégier telle date, tel moment, tel aspect des événements.Je ne pense pas qu'on puisse racconter la guerre en se plaçant des deux côtés à la fois.On est du côté de ceux qui lancent les bombes ou de ceux qui les reçoivent.Et l\u2019histoire qu'on en tire n'est pas la méme.(.) L'HISTORIEN DOIT CONSTATER LES FAITS SANS LES JUGER! Une autre cassette qui m'agace, c'est quand l'historien se présente comme quelqu'un qui se contente de constater les faits sans jamais les juger ou les critiquer.(.) Je pense que les historiens, (.) surtout parce qu'ils connaissent, doivent prendre parti, doivent juger les faits, doivent juger les personnes, quitte à se tromper (.).Si ceux et celles qui prétendent savoir refusent de porter un jugement ou de parler de ce qu'ils connaissent vraiment, alors, nous sommes condamnés à laisser la parole aux ignorants et aux imbéciles.\u201cLES JEUNES NE SONT PAS INTÉRESSÉS À L'HISTOIRE!.Parce qu'ils ont de mauvais profs.! Je pourrais dire ça de n'importe quelle matière.(.) Nous ne sommes pas toujours à la hauteur! Nous ne sommes pas toujours aussi bons, et aussi bonnes, que nous devrions l'être! Voilà pourquoi nos élèves et nos étudiants (.) s'ennuient trop souvent dans nos cours.Ils ne s'intéressent pas à l\u2019histoire, ils ne s'intéressent pas au français, ils ne s'intéressent pas à la chimie ni à la physique, ils ne s'intéressent à rien si nous ne savons pas les intéresser.Et c'est pas facile aujourd'hui\u2026; nous avons forte concurrence.C'est pas ma faute, mais les vidéo-clip sont \u201cplus le fun\u201d.Je pense qu'on peut intéresser les jeunes à l\u2019histoire, et qu'il y a des façons de le faire.POURQUOI L'HISTOIRE?Vous avez pris comme thème de votre Congrès: \u201cL'histoire, au moment où le Québec s'ouvre sur le monde!\u201d (.) Pourquoi l\u2019histoire?Je suis persuadé que c'est une question qu'on doit vous poser tous les jours.Vous savez très bien que ça n'est pas très bien vu, au Québec depuis quelques années, de faire de l\u2019histoire, d'enseigner l'histoire et de suivre l'histoire.On se dit que vraiment, à quoi ça sert?J'ai tenté de chercher des réponses à ces questions, D'abord, il y a l\u2019histoire des autres, de tous les autres.À quoi ça sert?D'abord ça sert peut-être à la comprendre davantage, mais ça sert aussi à mieux comprendre la nôtre, en tentant de comparer ce qui est différent, et ce qui est semblable.Vous savez, les individus comme les peuples, se trouvent presque toujours dans des situations d'isolement.Je prends les individus adolescents, par exemple.Vous savez très bien que quand on leur donne un conseil, dans la plupart des cas ils ne le suivront pas.Mais à quoi sert un conseil?[| sert à quelque chose de très précieux: c'est qu\u2019un jour, l'adolescent ou l'adolescente, n'ayant pas suivi le conseil, se retrouve dans la situation dont on l'avait averti.|| ne suivra peut-être toujours pas le conseil mais il saura qu'il n'est pas seul.Il saura que d'autres vivent les même situations, ont vécu les mêmes situations, et c'est parce qu'il saura qu'il n\u2019est pas seul qu'il pourra peut-être s'en sortir.L'histoire nous apprend un peu la même chose.à condition de ne pas la trahir.à condition de la savoir correctement.Par exemple, il faut détruire certains mythes, en se comparant aux autres, mais en sachant que l\u2019histoire des autres est la nôtre.> TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 9 DOCUMENTS .\u2026.CASSETTES.Qu'est-ce qu'on dit, au Québec, tout le temps: \u201cAh les canadiens-français, les québécois et les québécoises, on se déchire entre nous! Les Juifs eux, ils saident.!\u201d C'est pas vrai \u201cpantoute\u201d! Tous les historiens et les historiennes savent que tous les peuples du monde à toutes les époques du monde se sont déchirés entre eux, pour se rallier autour de certaines causes, et se sont encore redéchirés puisque c'est partout pareil, puis il y a des moments de fraternité, de très grande tolérance, des moments de folie, puis des moments de vengeance! Quand on ne connaît pas l'histoire, on peut s'imaginer qu'on est seul, et ce qu'on se dit de soi peut être terrible et terriblement exigeant parce qu'on ne sait pas que les autres ne valent pas mieux ou que nous valons autant (.): Apprendre l\u2019histoire des autres, c'est nous permettre de savoir comment faire la nôtre Un autre exemple: nous parlons de notre tolérance et vous savez ou avez par exemple cette merveilleuse attitude non pas des québécois et des québécoises, mais des canadiens et des canadiennes: \u201cAh, le passeport canadien.C'est merveilleux, tout le monde nous aime!\u201d Ils nous aiment parce que nous ne sommes pas dangereux.|| faut connaître l\u2019histoire des autres et connaître la sienne pour savoir pourquoi nous sommes aimés.Il faut aussi connaître l\u2019histoire des uns et des autres pour savoir que même si tout le monde nous aime, nous n'en sommes pas moins peu aimables à l\u2019occasion.Cela nous permet de savoir que quand nous parlons contre les blancs d'Afrique du Sud qui exploitent les noirs, quand nous parlons de tel ou tel peuple qui en écrase un autre, quand nous parlons d\u2019une majorité qui écrase sa minorité, nous pouvons bien nous sentir au- dessus de tout cela, mais quand on connaît un peu l\u2019histoire, on sait très bien que tous les individus, si faibles soient-ils, tous les peuples, si faibles soient-ils, se trouvent toujours des boucs-émissaires, se trouvent toujours des minorités à condamner et à martyriser; 10 TRACES, Vol.27, N° 2/ Avril 1989 que cela n\u2019est pas l'apanage des grandes puissances.Pour le savoir, il faut faire un peu d'histoire, il faut connaître un peu ce qui se passe chez les autres.LES DISCOURS FAUX.(Ces discours) auxquels on ne peut pas répondre si on ne connaît pas un peu l'histoire.Ca tombe bien.ya un de ces discours que j'ai entendu cette semaine, presque toute la semaine; c'est la grève dans les cégeps.Je ne veux pas vous parler de cette grève comme tel.Chacun a ses opinions là-dessus, sauf qu'il y a un discours derrière cette grève qui est d\u2019une fausseté absolue, et qui a toujours été d'une fausseté absolue.C'est l'argument suivant: \u201cll n'y a que les riches qui vont a l\u2019université, et ce qui empêche les gens de se rendre à l'université au Québec, c'est la faiblesse des prêts et bourses et l'absence de totale gratuité scolaire.C'est compiètement faux! Parce que, si on regarde l\u2019histoire d'ici, si on regarde l'histoire d'antan, si on regarde l\u2019histoire des Etats-Unis et du Japon, on a toutes sortes de systèmes qui ont des effets différents.En France, ils ont la gratuité scolaire depuis 1895.C'est un des peuples les plus instruits du monde.Aux États-Unis, ça coûte extraordinairement cher pour s'éduquer et c'est le peuple qui a le plus grand nombre ou la plus grande proportion de ses jeunes qui se rendent jusqu'à l\u2019université.Donc, il n'y a pas de rapport de cause à effet entre les deux.Il n'y a jamais eu de rapport de cause à effet.[| y a d'autres causes, d'autres formes de comportements qui font qu'un peuple s'instruit davantage ou pas.Les Juifs de Montréal n'ont pas toujours été riches, mais mêmes pauvres ils s'instruisaient.Et on va retrouver les causes de cette motivation dans leur histoire et non pas dans l'argent.Voilà un discours actuel, voilà un discours politique, qu\u2019on ne peut pas juger, qu'on ne peut pas discuter, si on ne connaît pas un peu d'histoire.Apprendre l\u2019histoire des autres, c'est aussi s'aider à corriger la sienne.POURQUOI NOTRE HISTOIRE?Notre histoire maintenant.Pourquoi notre histoire?Pour plusieurs raisons, mais une en particulier, me semble-t-il, c'est pour nous aider à nous expliquer à nous-mêmes.Nous avons des comportements, aujourd'hui, qui ne seraient pas les nôtres si nous avions eu une histoire différente.Les peuples conquis ne se comportent pas comme les peuples conquérants.Les peuples forts ne se comportent pas comme les peuples faibles.Les peuples riches ne se comportent pas comme les peuples pauvres.Encore faut-il savoir comment c'est arrivé.Y'a toutes sortes d'exemples de ça.(.) Une collectivité qui a eu peur, qui a eu des raisons d'avoir peur, une collectivité qui a été exploitée et qui continue de l'être, cette collectivité-là aura le même comportement au restaurant, à l'église, à l'école ou dans la rue.Une collectivité qui est sûre d'elle-même, qui peut aller jusqu'au mépris des autres à l'occasion, on la verra se comporter de cette façon dans tous les aspects de la vie.On ne saura pas pourquoi, et on ne saura pas comment changer ça, si c'est souhaitable de le changer, sans une connaissance d'où ça vient.Apprendre l\u2019histoire, c'est nous aider à expliquer nos propres comportements et à les changer si possible, si nécessaire.Je reprends l'exemple de la Conquête; (.) il y a certains de nos comportements qui viennent de là.il y a certaines de nos institutions qui sont ce qu'elles sont parce qu'il y a eu la Conquête.il y a certaines de nos habitudes qui viennent de la Conquête.Des choses aussi triviales que boire du gin, par exemple.Y'en avait pas avant la Conquête! Nous sommes en éducation.S'il n'y avait pas eu la Conquête, nous n'aurions pas attendu 1960 pour faire la révolution en éducation, ou pour nous donner les écoles dont nous avions besoin.C'est la Conquête qui nous en a privé pendant des décennies.S'il > Me DOCUMENTS n'y avait pas eu la Conquête, on n'aurait pas pu fonder McGill sur un terrain donné par monsieur McGill avec trente huit mille livres- sterling volées aux Jésuites.S'il n'y avait pas eu la Conquête, il y aurait eu des grammaires françaises dans les écoles.avant 1940! S\u2019il n\u2019y avait pas eu la Conquête, les grandes industries auraient payé leurs taxes aux écoles françaises plutôt que de les payer exclusivement aux écoles anglaises jusqu'en 1964 et nous n'aurions pas été obligés de nous \u201csaigner à blanc\u201d, depuis, pour arriver à rattraper le temps perdu.Nous ne saurons pas pourquoi nous sommes dans l'état où nous sommes si nous ne savons pas que la Conquête a eu lieu, si nous ne savons quelles conséquences elle a aujourd'hui sur nos vies.Et si nous ne savons pas, quel discours allons-nous tenir?Le discours que nous entendons encore hélas aujourd'hui: \u201cC\u2019est de notre faute.les Anglais sont ben plus fin que nous-autres; on est des paresseux.des ignorants.! C'est ça le discours qu'on tient\u2026 quand on refuse de regarder les conséquences de l'histoire.Nous avons des torts, bien sûr, mais quand nous connaissons les conséquences d'un événement comme la Conquête, nous avons aussi des maudites bonnes raisons de croire que si nous sommes encore là, c'est parce que nous avons aussi des vertus.L'histoire, notre histoire, nous permet de nous reconnaître nous-mêmes aujourd'hui, de savoir pourquoi nous sommes tels, et comment nous y sommes venus.(.) \u201cNOUS AVONS DES RETARDS ÉCONOMIQUES!\u201d Comment les expliquer si nous ne remontons pas un peu en arrière, et jusqu'à la Conquête?Nous ne sommes pas un peuple commer- cant, nous dit-on! Ah oui.?Sous le régime français, nous étions un peuple commerçant.Sous Jean Talon, nous étions un peuple commerçant.un commerce considérable! Tout ça a été brisé à la Conquête.Et tout le commerce qui se faisait avec la France a été détourné vers l'Angleterre; et ce sont les nouveaux conquérants qui se sont emparés de ce commerce.Si on ne le sait pas, et si on n'en évalue pas les conséquences aujourd'hui, on continuera à dire que nous sommes des imbéciles dans ce domaine.des incompétents\u2026 des incompétentes! Alors que nous pouvons prouvrer le contraire en quelques années, quand nous savons que ça n\u2019est pas inné, que ça n\u2019est pas véridique mais que c'est une tare historique.C'est pour ça aussi, qu'il faut connaître notre histoire.\u201cNOUS SOMMES XÉNOPHOBES!\u201d C'est bien vrai! Si nous ne connaissons pas l\u2019histoire, bien sûr, nous allons regarder quelques manifestations de racisme, de xénophobie autour de nous en disant \u201cquel peuple épouvantable!\u201d.Si nous connaissons un peu l\u2019histoire, d'abord celle des autres, nous allons nous apercevoir que racistes et xénophobes.il y en a de bien pire que nous dans le monde.Deuxièmement, si nous connaissons bien notre histoire, nous allons voir à quel point nous avons été d'une tolérance extraordinaire pendant deux cents ans, y compris avec nos conquérants et si nous avons aujourd'hui cet accès de xénophobie, c'est que, à cause de l\u2019histoire et de la Conquête, il y a des gens qui arrivent cette année et qui nous assimilent I'an prochain.et que dans ces cas-la, il vaut mieux étre un peu xénophobe que d'être \u201cépais\u201d.Si nous ne connaissons pas l'histoire, nous allons nous culpabiliser éternellement comme on essaie de le faire et nous nous croirons (très durs) alors même que ce sont les autres qui essaient de nous réduire à cet état.L'HISTOIRE GÉNÉRALE.POUR METTRE LES CHOSES EN PERSPECTIVE Je suis étonné des discours qu'on tient au Québec, dans le monde, chez nos jeunes en particulier.Ils sont si ignorants de l'histoire qu\u2019ils n'arrivent pas à mettre les choses en perspective.Par exemple, vous entendez très souvent le discours: \u201cNous vivons dans une société extraordinairement violente!\u201d - Qui ne connaît pas l\u2019histoire va venir vous dire: \u201cC\u2019est ben vrai! Cinquante-quatre meurtres à Montréal l'an dernier, dans le métro, quelques agressions, la bombe au-dessus de nos têtes\u201d Mais quand on connaît l\u2019histoire, on sait très bien que presque toutes les sociétés qui nous ont précédé partout dans le monde ont été d'une violence cent mille fois pire que celle que nous connaissons aujourd\u2019hui! (.) Et l\u2019histoire nous permet de tout remettre ça en perspective, non pas pour s'en faire une excuse ou un prétexte à ne pas bouger, mais pour savoir bouger dans le bon sens.Si nous croyons vraiment que nous vivons dans la société la plus violente qui ait jamais existé, si nous croyons vraiment que nous sommes une société qui vit dans la misère, et que nous ne nous Comparons pas aux autres sociétés du monde et aux sociétés antérieures, si nous croyons vraiment ces sornettes, nous allons faire toutes les erreurs possibles et impossibles.Si nous le savons, nous pouvons faire deux choses: - nous dire: \u201cBon ben ça va pas si mal, on \u201cs'assoit dessus\u201d et on bouge plus!\u201d - Ou alors: \u201cll reste des choses a faire et passons a l'action!\u201d.Les premiers vont prendre prétexte que ça va pas si mal pour ne rien faire.Les deuxie- mes vont se dire que, puisqu'on a réussi si bien, on peut sant doute faire encore mieux.Il faut connaître l\u2019histoire, pour pouvoir mettre les choses en perspective.\u201cLA FRANCE NOUS A ABANDONNE.\u201d Vous avez entendu ce discours-là.Vous le répétez peut-être.Quand on ne connaît pas son histoire, on croit ça! Dans quel état était la France en 1759?Elle avait toute l\u2019Europe sur le dos.et elle avait ses philosophes en plus, qui ont joué un rôle considérable.Toute l'Europe sur le > TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 11 DOCUMENTS .CASSETTES.dos, et elle avait peine a se défendre.Vous comprenez bien que la petite colonie, a l'autre bout du monde n'était pas une priorité.Les philosophes français, à l'encontre des philosophes anglais, étaient anti-colonisa- teurs.Voltaire n'a pas dit qu'une phrase: \u201c.quelques arpents de neige\u201d.[| a aussi dit: \u201cLes rois de France n'ont pas d'affaires dans d'autres pays, chez d'autres peuples, à les exploiter ou à les coloniser.Jean-Jacques Rousseau a dit la même chose.et combien d'autres.Et ils avaient l'oreille des rois.Quand on sait cela, on met les choses en perspective, et par la suite, on est peut-être un peu moins francophobe.Autrement dit, on cesse de répéter les discours des conquérants et on se fait le nôtre! LE PROGRÈS.OUI OU NON?Pour apporter une réponse, il faut connaître les choses.Il faut pouvoir mettre les éléments en perspective.Alors si on parle de se chauffer ou s'éclairer, l'évidence est là: il y a progrès.On se chauffe et on s'éclaire plus facilement qu'autrefois.Mais pour ça, il faut savoir qu'on s\u2019est déjà éclairé au gaz! Puis a la lampe aussi.Quon s'est déjà chauffé au bois, au charbon.Ici au Québec, dans ce climat effrayant, des gens crevaient littéralement de froid; ils devaient se réunir dans une pièce qu'on chauffait de peine et de misère pour arriver à survivre.Si on ne sait pas ça, on ne peut pas savoir qu'il y a progrès.On est là, on en jouit, on en profite sans savoir que cela n'a pas toujours été.C'est ainsi qu'on peut savoir aussi pourquoi certains peuples sont plus avancés que d'autres.Si on ne connaît pas l\u2019histoire, on dira: \u201cles blancs sont les meilleurs, les noirs valent rien\u201d.Quand on connaît l\u2019histoire, on s'aperçoit que les choses furent fort différentes, il n'y a pas si longtemps.et que les jaunes ont dominé le monde bien avant nous, et ainsi de suite.12 TRACES, Vol.27, N° 2/ Avril 1989 Connaître l\u2019histoire, c'est aussi voir pourquoi les choses sont comme elles sont aujourd'hui, éviter les préjugés, et voir comment elles seront bientôt.LES FEMMES! Beaucoup de gens ne comprennent pas ce qui se passe avec les femmes! Et on ne peut pas comprendre si on ne remonte pas dans l\u2019histoire et si on ne la sait pas! (.) On ne peut pas comprendre ce qui se passe aujourd'hui, si on ne sait pas ce qui se passait hier et ce qui s'est passé il y a mille ans, il y a deux mille ans et comment ça a commencé tout ça! Le résultat: on dit qu'elles sont achalantes {.) On leur a tout donné, elles ne sont pas encore contentes! Quand on ne sait pas mettre les choses en perspective, quand on ne connaît pas l\u2019histoire, on fait ça! Enseigner l\u2019histoire, c'est aussi dire, quand on parle des femmes à ses élèves, qu'en Suisse, cette semaine, il y a un vote dans un des cantons de Suisse.un des pays les plus avancés du monde.les plus démocratiques du monde.il y a un vote sur le vote des femmes.Dans un canton de Suisse, une femme ne vote pas encore! || y a donc un nouveau référendum, c'est le onzième en quinze ans, et seuls les hommes ont droit de vote sur le vote des femmes! (.) Mettre les choses en perspectives, les relativiser\u2026.L'histoire générale nous apprend à faire ce genre de choses! LE POUVOIR.l\u2019histoire, pour nous apprendre l'importance de tous les pouvoirs, du pouvoir, de ses formes, de ses bienfaits et de ses méfaits.On ne peut pas le savoir, si on ne connaît pas l\u2019histoire! Les pouvoirs politiques, les pouvoirs militaires, les pouvoirs des forces occultes, des blocs, des marchés.Quand on regarde les jeunes aujourd'hui, on les trouve très \u201cséparés les uns des autres\u201d, très secrets vis-à-vis nous et entre eux! Des morceaux, l\u2018un à côté de l'autre, qui ne se touchent à peu près jamais.Nous l'avons tous noté! Et je trouve ça extraordinairement dangereux.C'est parce qu'on ne leur a pas appris que, divisés comme ils le sont, n'importe quel pouvoir peut les abattre, n'importe quand, a sa guise! (.) Connaître l\u2019histoire pour apprendre le pouvoir du pouvoir, comment l'acquérir, se le donner plutôt que le subir! Les profs d'histoire doivent apprendre ça à leurs élèves.LE BILAN INDISPENSABLE l\u2019histoire.comme idée générale de ce qui a été fait, et de ce qui reste à faire.Pour pas perdre trop de temps, pour ne pas s'enliser, pour ne pas réinventer la roue chaque semaine.(.) Connaître l'histoire générale, c'est se donner une idée générale de ce qui a été fait et de ce qui reste a faire (.) Quand on ne connaît pas l\u2019histoire, on a l'impression qu'il n'y a pas grand chose qui a été fait et qu'il ne reste pas grand chose a faire.(.) ENSEIGNER L'HISTOIRE.J'ai l'habitude de dire que l'école, c'est des profs, des élèves, et rien d'autres.Tout le reste, c'est au service des profs et des élèves! Vous vous souvenez de quoi.à l'école?Des bons profs et des mauvais profs\u2026! Les bons profs vous ont intéressés, les mauvais vous ont ennuyés! Un mauvais prof dans une \u201csuper école\u201d ça vaut rien! Un bon prof dans un \u201ctrou\u201d, on apprend quelque chose, et on s'en souvient toute sa vie! C'est pourquoi la responsabilité des profs est extrême et je trouve que nous n'en avons pas assez conscience.(.) Être un bon prof, ce n'est pas seulement être compétent dans sa matière, c'est savoir aussi communiquer, et ça, nous avons du chemin à faire! Comme prof d'histoire, je pense qu'il faut être constamment en prise avec le réel.L'élève ou l'étudiant ou l\u2019étudiante, me semble-t-il, doit se reconnaître comme consé- > da if his 0g DOCUMENTS quence de ce qu\u2019on lui enseigne en histoire.S'il ne voit pas sa place, là-dedans, il va décrocher! La Conquête, c'est quoi sa conséquence sur un élève de \u201csecondaire quatre\u201d aujourd\u2019hui?Si on n\u2019est pas capable de faire le lien, il va décrocher! (.\u2026.) L\u2019hotocauste, comment ça l\u2019affecte, lui, ici en 1988, avec les juifs Sépharades.les juifs Ashkhenaze.les arabes qui parlent français, les arabes qui parlent anglais.et Israël.S'il ne voit pas comment ça l'affecte, lui, le prix du café, le prix du sucre.Si les étudiants, les étudiantes ne savent pas comment c'est établi et comment ils payent trop cher pour telle ou telle raison.ils vont décrocher! Ça fait partie de l\u2019histoire, ça! Pourquoi il y a tant de voitures japonaises aujourd'hui?Si un étudiant ou une étudiante ne peut pas comprendre pourquoi il voit tant de voitures japonaises dans la rue, ça ne l'intéressera pas, le Japon! I! n'écoutera pas le cours d'histoire! (.) Ses libertés qu'il a aujourd'hui, il faut savoir d'où elles viennent, sans ça, il va décrocher.il va les prendre pour acquises.Or, chez un élève, un étudiant ou une étudiante, rien ne doit être pris pour acquis si on veut qu'il ne décroche pas! || faut que chaque chose qu'on lui enseigne en histoire, il puisse y référer comme étant, lui ou elle, une conséquence.Si quelque fait historique n'a pas de conséquence, chez lui à qui on enseigne, il vaut mieux passer a autre chose.Plus tard, it s'y intéressera peut-être par dillettantisme ou simplement pour se cultiver.Mais, à ce moment-ci, il doit pouvoir se réaliser comme conséquence de l\u2019histoire.Je pense qu'on doit se servir de la réalité, et aussi des nouvelles réalités, pour faire comprendre ce qui se passe.Vous avez des écoles où il y a plein de jeunes immigrants, d'immigrantes.Vous avez des Vietnamiens qui parlent vietnamien, d'autres qui parlent anglais, et des Vietnamiens qui parlent français.Personne comprends ça! Comment ça se fait?Je parle de ceux qui arrivent, avant même d'avoir appris une langue ici.Beaucoup de Vietnamiens ne savent pas pourquoi! Un prof d'histoire le sait, et peut se servir de cet exemple-là pour intéresser les élèves comme conséquences d'un fait historique! {.) Et il y a tous ces jeunes gens qui nous arrivent; (.) .Pourquoi nous narrivons pas a les intégrer?Pourquoi its ne veulent pas parler français.et préfèrent parler anglais?Ils ne s'en aperçoivent pas.(.) Comment ça se fait que les iraniens ne sont pas arabes?.Pourtant, tout le monde les traite de \u201cmaudits arabes\u201d.! Ça s'explique, ces choses-là.C'est ça faire de l\u2019histoire à partir du réel! FAIRE L'HISTOIRE I! faut montrer, leur montrer que l\u2019histoire, c'est leur affaire! Qu'ils peuvent la comprendre.Qu'ils peuvent comprendre quelles conséquences et quelle influence elle a sur eux, et que surtout, ils peuvent la faire.Ca, on oublie ça! On enseigne l'histoire comme une matière morte ou alors on dit \u201cc'est tout fait d'avance.c'est le déterminisme.on ne peut pas l'expliquer\u201d, alors qu'on sait très bien l'importance des individus dans le cours de l\u2019histoire.Les individus, ils sont là, c'est nous, c'est nos enfants.Est-ce que nous leur enseignons que l'histoire, ça se fait et qu'on n\u2019est pas obligé de la subir?Est-ce que nous leur enseignons l'histoire comme une matière vivante dont ils sont partie prenante.la principale?(.) Nos étudiantes, nos élèves, nos écoliers, nos écolières doivent sentir qu\u2019ils peuvent faire l\u2019histoire, || faut leur donner l'envie (.) de pouvoir et de liberté, leur montrer qu'il reste des choses à faire, leur apprendre surtout que les faits historiques, comme dans les sciences exactes, ne sont que des hypothèses; que rien n'est jamais fini, et qu'à partir d\u2019une hypothèse, on peut aller plus loin! Une société ouverte sur le monde, pour moi, c'est une société ouverte sur l'esprit.TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 C'est une société qui fait, au lieu de subir.C'est une société qui se reconnaît, pas seulement dans l\u2019histoire qui s'est faite, mais dans l\u2019histoire qui reste à faire.Et qui aura envie de la faire avec les autres, s'ils le veulent bien, et seule si nécessaire.Je crois que la société québécoise a toujours été et reste une société ouverte.J'en suis fort heureux, parce que je crois aux sociétés métissées.Je crois que ce sont les sociétés fortes.Je ne crois pas aux sociétés de ghettos.Et quand nous n'avons pas de volonté politique, quand nous refusons de faire notre propre histoire, nous nous donnons une société de ghetto! Et tous ceux et celles qui arrivent, au lieu de s'intégrer, fondent des colonies.Je crois à la société ouverte, je crois à la société métissée, je crois qu'il faut avoir la volonté politique de faire son histoire et de la vivre pleinement si on veut vraiment que les gens s'intégrent à nous, au lieu de se réfugier dans leurs ghettos.Mac Luhan disait que nous sommes la première société \u201chippye\u201d du monde! Une société \u201cmolle\u201d.ouverte à toutes les influences, à toutes les modes, les bonnes, les mauvaises.a toutes les tolérances, à toutes les bêtises.J'aime vivre dans une société \u201cmolle\u201d c'est agréable! || ne faudrait pas que notre tolérance vire à la bêtise! La clef pour ça, pour que ça n'arrive pas, c'est d'accepter tous ensemble de faire l'histoire au lieu de la subir! Merci! + \u201cLes mots sont à la pensée ce que les outils sont au travail; et l\u2019on sait que la perfection de l'ouvrage dépend en partie de la qualité de l\u2019outillage/\u201d Will Durant SITIES x | XX To de Jean-Luc Picard Il Mémes completes, avec leurs manuels, leurs cahiers et leurs guides, ces deux Ny + Nat J A oh de Fiches d'apprentissage avec corrigé et fiches .d'évaluation Activités de recherche, de traitement de l'information et de synthèse pour chaque niveau, avec corrigé.~ \u2018 Sv TENG Wf WY JR de Cartes murales du Québec et ses régions administratives, du Canada et du monde 4 cartes de la nouvelle collection L\u2019Eclaireur, gr: \u2014 La a= \u201cil F VN _ x = de Jean-Luc Picard.Format géant « @#/ (91,5 x 122 cm), imprimées en couleurs avec photos caractéristiques.+; d\u2019une Ligne du temps *7 Nouvel outil pour la classe \u2018 (collection L'Éclaireur) Ligne graduée géante, plastifiée recto-verso, à compléter par des rectangles autoadhérents illustrés en couleurs.CENTRE ÉDUCATIF ET CULTUREL INC.8101, boul.Métropolitain Est, Montréal, Qc, Canada.H1J 1J9 Téléphone: (514) 351-6010 Télécopie: (514) 351-3534 collections viennent s'enrichir.\u2026 SK 3] dede var nn = Ca \u2014 .aD 7 TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 17 DIDACTIQUE \u2026IMAGES PERDUES.me diront que la religion était importante à l'époque et je leur demanderai de comparer ce fait avec l'importance de celle-ci aujourd\u2019hui.Ces comparaisons aideront les élèves à s'intéresser à la matière car ils s'imagineront un peu ce que pouvait être la vie à cette époque.Évidemment, j'aide les élèves s'ils oublient de parler de certains éléments importants.Il est aussi certain que, durant cet exercice pédagogique, le professeur ajoute plusieurs éléments d'information à celles qui ont été données par le biais de l'émission.Il serait possible de se servir de cette émission comme document déclencheur car elle apporte plusieurs éléments d'informations utiles pour aider à la compréhension de la matière.Notons que l\u2019on pourrait tout aussi bien s\u2019en servir comme document synthèse car elle aide à reviser plusieurs notions qui sont abordées durant l\u2019unité 7.2.Les éléments du contenu notionnel non abordés par les réalisateurs peuvent d'ailleurs aussi être vus en visionnant cette émission: il suffit pour cela de mentionner les éléments manquants après le visionnement.GRILLE D'ANALYSE DE LA PROJECTION DU FILM LA FAMILLE EN 1950 Grands thèmes liés au contenu notionnel: * Éléments du film liés au contenu notionnel.7.21 Changement et évolution sociale 18 TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 La prospérité économique: e Le coupel marié part en voyages de noces: ils ont donc de l'argente Les familles sont nombreuses: il y a donc une certaine prospérité.* La famille de Victor a une voiture: cela est aussi un signe de prospérité.L'industrie: e Victor travaille dans une usine de vêtements.e Les voitures qu\u2019on voit sont produites en usine et elles sont nombreuses à New York: importance de l'industrie.Communication de masse: * La famille écoute la télévision.* On voit que plusieurs personnes passent beaucoup de temps a regarder la télévision.Les indices de I'influence américaine: e On va à New York pour le voyage de noces.* Antoinette est impressionnée par la mode quand elle va à New York.* Influence de docteurs américains dans la façon d'élever les enfants: (méthodes du docteur Ogino et du docteur Spock, etc.) 7.2.2 Eléments traditionnels de la société québécoise Ascendant de l\u2019Église dans le secteur social: e On fait des prières au jour de l'an.* On se marie l\u2019Église.e On fait l'amour seulement après le mariage.* On travaille le dimanche à la campagne mais seulement avec la permission du curé.* Les familles sont nombreuses: l'Eglise était en faveur de la famille nombreuse.Idéalisation de la vie rurale: On va se balader à la campagne le dimanche et on semble beaucoup apprécier ces journées à la campagne.N.D.L.R.Les émissions de la série IMAGES PERDUES sont disponibles en format VHS ou BETA, au coût de 25$ chacune, à l\u2019adresse suivante: RADIO QUÉBEC Service de la distribution du matériel didactique 600, rue Fullum Montréal (Québec) H2K 3L6 Pour de plus amples informations, on peut contacter sans frais le service de la distribution.Montréal: 521-2424, poste 4200 Province: 1-800-361-4522 + TITRES DISPONIBLES .La campagne en 1935 (21 min.26 sec.) .Le choix d\u2019une vocation (21 min.36 sec.) 3.Le retour de la guerre 1945-1950 (26 min.42 sec.) 4.La famille de 1950 (27 min.15 sec.) 5 Le Québec moderne 1955-1958 (26 min.4 sec.) 6 Le syndicalisme et les loisirs 1958-1960 (26 min.34 sec.) 7.Le mariage 1960 (27 min.10 sec.) 8.La maison 1962-1964 (27 min.42 sec.) 9.L'automobile 1965 (27 min.56 sec.) 10.L'argent (27 min.54 sec.) M.Les voyages 1970 (28 min.17 sec.) 12.La société moderne 1976 (28 min.22 sec.) N= An Ne i h ll on de DIDACTIQUE C\u2019est quoi ton problème?PROBLÈMES LES PLUS FRÉQUEMMENT CITÉS AU SECONDAIRE\u2019 Années quarante Années quatre-vingts Parler en classe Tenue débraillée Courir dans les corridors Mâcher de la «gomme» Faire du bruit Se bousculer dans les rangs Papiers jetés à terre Copiage aux examens «Sacrer» Retard à respecter la fin de la récréation Alcoolisme et drogues Grossesse et avortement Maladies vénériennes Suicide Vol Dommage à la propriété Viol et prostitution Violence et intimidation Conflits raciaux Batailles entre «gangs» *Adapté de Noble, P.et Horton, B., Séminaires de l'Ontario Council for Leadership in Educational Administration, 1987.TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 19 MOYENS D'ENSEIGNEMENT Par: Michel Phaneuf Ecole secondaire Jean-de-la-Mennais ISTOIRE GENERALE H TRAVAIL DE RECHERCHE MODULE 5 OBJECTIFS 1.Être capable de caractériser la Renaissance dans le domaine des sciences, de la technique et de la culture.2.Expliquer les principales explorations du 15e et 16e siècles.3.Être capable d'appliquer la démarche historique apprise en début d'année scolaire.4.S\u2019initier au travail de recherche en bibliothèque.SUJETS Les sujets qui seront présentés font partie intégrante du module 5 \u201cLa Renaissance et les grandes explorations\u201d Chaque sujet comportera un nombre différent de questions à répondre avant de passer à d'autres centres d'intérêts.Le travail de recherche se veut un travail d'équipe (2 personnes) où chacun est appelé à mettre en action ses talents et ses capacités.Le choix du sujet pour chaque équipe se fera par un tirage au sort.Aucun sujet ne doit revenir deux fois dans un même groupe, de sorte que chaque équipe ne sera pas défavorisée par l'emploi des mêmes volumes par plus d\u2019une équipe.FICHES La plus grande partie du travail s'effectuera sur des fiches.Une fiche est une feuille mobile coupée en deux où sur chaque partie de feuille tu 20 TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 Un devis de recherche prends des informations concernant le sujet qui te sera assigné.Chaque fiche devra avoir son adresse bibliographique complète ou abrégée s\u2019il s'agit de plus d'une fiche sur la même idée.Il y a trois sortes de fiches: * une fiche citation: ou tu copies mot a mot une phrase ou un paragraphe du volume consulté.* une fiche résumée: OÙ tu redis en d\u2019autres mots ce que le texte que tu consultes raconte.* une fiche synthèse: où tu n\u2019écris que les idées importantes d\u2019un texte, mais de façon schématique.Chaque travail doit présenter au moins 25 fiches parmi lesquelles je devrais retrouver au moins une fiche de chaque sorte.Pour les vingt-deux autres fiches, elles peuvent être du type qui t'est familier.Tu peux excéder le nombre minimal de fiches demandées et il n'y a pas de limite supérieure.VOLUMES Tous les volumes, livres ou revues concernant de près ou de loin les sujets de la recherche seront confinés à la bibliothèque du premier cycle pour toute la durée de la recherche.Il te sera possible d'utiliser des volumes provenant d'ailleurs, soit de la maison ou d\u2019une autre bibliothèque.EXIGENCES Chaque équipe doit produire un travail qui doit être remis dans une chemise ou dossier et son contenu doit être présenté selon l'ordre suivant: Tere page: une page titre (sur feuille blanche) 2e page: introduction 3e page: les fiches (25 numérotées dans l'ordre des questions à développer 4e page: résumé (i.e.une page ou feuille mobile qui résumera le contenu des fiches) 5e page: bibliographie (des volumes consultés) be page: dessins ou cartes ou graphiques ou photocopies de dessins (minimum 3) 7e page: une page blanche (qui servira pour commentaires et correction du professeur) Aucune équipe de trois ne sera acceptée.Les équipes seront formées de deux élèves, sauf pour les groupes de 35 élèves où un élève devra prendre un sujet pour lui et travailler seul.Toute équipe qui ne répondra pas aux exigences disciplinaires requises ou aux efforts quotidiens à fournir sera démentelée et chacun des membres de cette équipe devra travailler seul.ÉVALUATION e Chaque élève sera évalué séparément pour le travail effectué à la bibliothèque.e Pondération: Participation 12 pts Page titre 5 pts Fiches et résumé 35 pts Bibliographie 10 pts Cartes et dessins 8 pts 70 pts \u20ac \\ ITT Te, 4 ou Afin de mieux dégager les mécanismes de l\u2019évolution, l\u2019Atlas d\u2019histoire générale est découpé en tranches agencées selon un ordre chronologique: l\u2019être humain préhistorique et certaines «premières civilisations», les traits fondamentaux des civilisations athénienne et romaine dans l\u2019Antiquité, la société médiévale en Europe occidentale, l\u2019expansion européenne dans le contexte de la Renaissance, les aspects déterminants de l\u2019ère des révolutions en Occident, la continuité et le changement qui sont l\u2019héritage du siècle actuel, sans oublier certains aspects de notre histoire locale.LUCE DESCHÊNES DAMIAN 2° secondaire RAYMOND DAMIAN Guérin, éditeur ltée 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) H2T 2G2 Tél.: (514) 842-3481 MOYENS D'ENSEIGNEMENT Par: Caroline Duval Parc Canada présente des richesses historiques exceptionnelles.Entre autres, le canal de Lachine, cette splendide aire de verdure au coeur de la ville, nous rappelle l'intense activité commerciale au XIXe siècle, et le site historique \u201cLe commerce de la fourrure à Lachine\u201d, quant à lui, nous fait revivre la grande épopée de la traite des fourrures.| a grande région de Montréal L'entrepôt et le Canal de Lachine offrent aux écoles un programme sco- faire structuré et complet afin de sensibiliser les jeunes du primaire et du secondaire à notre patrimoine canadien.En 1988, plus de 240 enseignants sont venus nous rendre visite, accompagnés de leurs élèves.Pourquoi ne seriez-vous pas du nombre cette année?UN PEU D'HISTOIRE AVANT TOUT Au XVIIIe siècle, les fourrures constituaient la principale exportation du Canada.Située à un carrefour stratégique, la ville de Montréal domina rapidement ce commerce.En effet, en 1800, 80% des peaux passaient par Montréal.Les principales activités de la Compagnie du Nord-Ouet, compagnie formée en grande partie par les bourgeois écossais qui contrôlaient le commerce des fourrures, consistaient à importer des marchandises de traite de Grande-Bretagne, remiser et emballer ces marchandises, engager des voyageurs canadiens-français pour emporter les marchandises qu'on troquait aux Amérindiens contre des fourrures et, enfin, rapporter ces fourrures a Montréal pour qu'elles soient expédiées à Londres.Dans le contexte de cette activité commerciale inter-continentale, l'en- 22 TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 De l\u2019école au musée trepôt de Lachine servait à la Compagnie du Nord-Ouest de dépôt de marchandises de traite et de fourrures.En 1825, le canal de Lachine, permettra aux bateaux d'éviter l'obstacle des rapides sur le Saint-Laurent.Cette voie d'eau artificielle pourrait être qualifiée de berceau de l'industrialisation au Canada.En effet, proximité du port de Montréal, la disponibilité du canal pour le trafic commercial et sa puissance hydraulique firent de cette zone le premier site industriel au Canada.UN PROGRAMME SCOLAIRE DYNAMIQUE ET ORIGINAL Le programme scolaire, créé en 1981, comprend des activités couvrant deux thématiques.La première est celle de la traite des fourrures au Canada.L'exposition vivante et humoristique du parc historique national \u201cLe commerce de la fourrure à Lachine\u201d saura plaire aux élèves à coup sûr.Tout en comparant la texture de différents types de fourrure, en essayant un chapeau de castor ou en vérifiant leurs connaissances sur un jeu électronique, ils pourront se familiariser avec une partie de l'histoire du commerce des fourrures.C'est dans un centre d'interprétation moderne et invitant que les groupes scolaires se verront transporter au coeur du XIXe siècle.entourés d'Amérindiens, de coureurs des bois et de marchands écossais! La seconde thématique, tout aussi intéressante, est celle de la navigation fluviale.La présence du canal de Lachine a amené plusieurs transformations socio-économiques depuis le début du XIXe siècle.Tout au long de leur visite, les élèves en apprendront davantage sur lindustrialisation et l'urbanisation le long du canal.Ils pourront également assister à la présentation, à l\u2019aide d'une grande maquette, d'un canal et de son fonctionnement.Les deux thématiques du programme de visite correspondent parfaitement aux objectifs en Sciences humaines du ministère de l'Éducation du Québec.La durée d\u2019une visite à l'entrepôt et au Canal de Lachine est d'environ une heure trente minutes.Le programme comprend une visite commentée et entièrement encadrée par un guide- interprète ainsi qu'un rallye à l'intérieur du musée permettant aux élèves de découvrir l'exposition d\u2019une façon intéressante et instructive.Outre les activités sur le site, les écoles bénéficient des programmes de pré-visite et de post-visite à réaliser en classe.Ceci permet de préparer les élèves à leur visite ainsi que d'assurer un suivi concret.De plus, toutes les activités sont gratuites.Le programme éducatif peut être adapté à tous les groupes: maternelle, premier et deuxième cycles du primaire, secondaire.Des objectifs précis et complets sont établis pour chacun des niveaux.De plus, un programme spécifique peut être mis sur pied pour les groupes qui auraient des besoins particuliers.|| est important de mentionner que les deux sites sont accessibles aux personnes physiquement handicapées.RENSEIGNEMENTS ET RÉSERVATIONS Le Commerce de la fourrure à Lachine 1255, boulevard Saint-Joseph Lachine (Québec) H8S 2M2 Tél.: (514) 6377433 ou (514) 283-6054 + el gear val EE yy \\ g\u2014 EE ou : MOYENS D'ENSEIGNEMENT fer af if Tl il i i pres re it tl 35 i 3 ÿ de = & SH ay EN Sf Le lieu historique national a & 2 Sn \u201cOn = SR © Le Commerce de la fourrure à Lachine, $ 2 x = = 4 en i sur la rive du canal de Lachine.i a EE \u201c \\ Go = 2 5 If \u20ac 2x RE gid i Ÿ i fh Dar Se AN RS : 0 By fie meee \u201ctr ily 3 EY Th © itn oN \\ Hit Ns S 8: A! \" 5 RN Ÿ SH i .A , .; x SF Rte ke dy \u201d 7 if = > Re a cd = : sx i # Le S > # SL = S À.Ÿ i à { i i de = L = Sr = nf Une ed Ee di, APR Le A is on a ora - it me ~ = > pese ts \u201c+ S i peed y ; ; iota $ $ ¢ | hb : = Îles 3 sa = AY 7 ES de so aX = ss Ne SX os ot | RFE A Lan RN OR = Ln = > a0 Ww nu a ss ss A te: ns S& SS NE ss A a wigs a ¥ .a se a WW \" s ; ss te - a se WES ?; Rx ae NY SH = DN & : = TE .NE a : + 4 = 2 = a \u201ca mn = ; S 5 Se oo = SN \u2018 le & = Ne 2 se E S & 2 se a id | os aN fl $ $ = NS SN A ef 3 a itl: S = = se A 3 a gli ec SN li Ni io A fe ur {i | he .SY i zc da isi er On i 2 i S Su x a Bt i nt a WN se % di 0 i A .= 7 % 2 i ' à Su : + = TR Ÿ > thi gh i Hit it tie aa 0 3 Activité \u201crallye historique\u201d hi i 4 dans la salle d\u2019interprétation i i le ; = Rs és sa ÿ M à Ë = 5 - re 3 A Se re = 5 se SEE A I 8 ee = Se [EN acer i | = Ba = Re ge It # % So = A .SENS NER Ti ane = i i Si se » i] | = ti Le .a i Sein = 5 = Sa jh 0 $ # Sa = .| Na | Iii i ; .ur ji i $ fi nt 5 x x a 5 Re | i N Û ® A si = Si i V $ es » = = soos 5 Ah St ih 5 Dh ant fl so S S in À N : Le se.2 > S Hi i, 4 se J Ke ih oY 3 i i on £7 3 ih i = i vx oo ON ih 5 a i \\ 5 > $ 3 SB i 3857 4 ofl i = Xe ig ov ty 18 uh se NS 9 S.va | « $ S on ] A Se AN SS N 1% ili S\u2026 PN A >.1 DN Fe x sk Se § Ne .ih >a TN i \u20ac Vi = Sa 3 = ui Présentation de la maquette , A iH is! hi o A Wh Thème: Le canal et la ville S fn ni = # pu i au XIXe siècle.be RE = SR \u2026 iB in i a TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 23 tt Qi i Ih ih en si RS i \\ ET SON FE ih SH I y h a SAE x Lo RARE SRN A ORNS RH x SH de ih i (it DOUANES Hl i Way ÉVALUATION Par: Pierre Boucher Polyvalente des Chutes ors d'une journée pédagogique, au cours du mois de janvier dernier, plusieurs professeurs de sciences humaines venant de trois commissions scolaires différentes eurent le privilège d'assister à une session d'information sur l'évaluation Histoire 414.Quelle ne fut pas leur surprise d'apprendre que de nouvelles modifications à la spécification de l'épreuve d'Histoire du Québec et du Canada avaient été publiées par le ministère de l'Éducation en décembre 1988.Naturellement, dans aucune des écoles des trois commissions scolaires, représentées par les professeurs, ne se trouvaient ledit document.Miracle! Quelques semaines plus tard, au début d'une journée particulièrement chargée, ces modifications se retrouvèrent sur mon bureau.Février se passe.Aucune reunion avec les conseillers pédagogiques de la commission scolaire n'eût lieu pour nous expliquer les changements en profondeur et surtout les causes pédagogiques de ces changements par rapport aux anciennes spécifications de l'épreuve d'Histoire 414.Mars! Session intensive de perfectionnement sur l'application des nouveaux programmes en histoire 414, programme implanté officiellement depuis septembre 1986.Les nombreux enseignants présents furent unanimes à trouver le nouveau programme comme étant celui qui correspond le plus au rehaussement de la qualité des sciences humaines.24 TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 Quel item! De plus, en cours d'apprentissage, ils ont découvert que leurs objectifs personnels, comme enseignants d\u2019histoire 414, se retrouvent intégralement dans les objectifs du nouveau programme tel que défini par le ministère de l'Éducation.En sus, la démarche historique définie par le M.EQ, ie.la mise en situation, la recherche et le traitement des informations et la synthèse répond spécifiquement aux objectifs des professeurs et du M.EQ.La difficulté d'appliquer cette démarche réside surtout au temps consacré à l'apprentissage individuel des étudiants ie.le nombre d'heures d'enseignement véritablement données à l'étudiant pour qu\u2019il puisse acquérir toutes les habiletés définies dans le nouveau programme.Et pourtant! Quelle ne fut pas notre stupéfaction de voir quelle tendance prendrait l'examen d'Histoire 414 en juin 1989.Tendance qui a pointé dès l'examen de janvier 89 naturellement précédé par les nouvelles modifications à l'épreuve datant de décembre 88.Personne au M.EQ., ni dans les commissions scolaires nous ont expliqué le pourquoi de telles modifications, ni sur quels principes ces gens (sic) se sont basés pour les appliquer, ni surtout qui ils ont consulté.Aussi, sommes-nous en droit de poser certaines questions en tant que professeur d\u2019histoire.e Y a-t-il eu concertation entre les responsables de l'évaluation et ceux des programmes en histoire 412 * Est-ce que ces modifications de l'épreuve viennent à la suite d\u2019une nouvelle définition du domaine?* Si oui, cette modification du domaine fut faite à la suite de quelle consultation?* Où sont rendus les phénomènes et les manifestations inscrits comme concepts-intégrateurs contenus dans l\u2019ancienne (sic) définition du domaine?e Devons-nous, comme professeurs, axer notre enseignement uniquement sur l'examen de fin d'année ou sur le programme véritable?Voilà quelques questions qui viennent à notre esprit à la suite de ce qui se passe présentement dans le merveilleux monde de l'éducation au niveau des sciences humaines en 1989.En espérant en soulever de nouvelles et surtout que quelqu\u2019un de responsable prendra de son précieux temps pour y répondre.4 \u201cApprendre est le corrélat d\u2019enseigner qu\u2019à deux conditions: d\u2019abord qu'on soit soumis à un enseignement; ensuite, que cet enseignement ait atteint son but\u201d Olivier Reboul pa} sh No Nous 1 Pr 14 Lh ul Te = x = \u2014 = ÉVALUATION Revision générale - Par: Mariette Poitras programme Histoire 214 E.S.Paul Arsenault - L'Assomption Org N.D.L.R.Nous invitons nos lecteurs à jouer avec les mots afin de vérifier leurs connaissances du programme Histoire 214.de Une ne?| =\u201c .Première période de la préhistoire.Vers -3500 à 476.Partie de la seigneurie que le seigneur garde pour lui.32.35.37 4.Utilisé pour moudre le grain.1 | | | | | | | 5.Temple célèbre dans la ville d'Athènes.\u2019 6.Il a découvert le Canada.26.I 40.46.50.7.8 Ww No .|! rend la liberté de culte aux chrétiens.2.| | | | | | .Capitale de la Grèce.29 3 | | | | wo 9.Moyen de transport inventé au 19e siècle.\u2014 \u2014 \u2014 ° 1 ; 10.Maître de l'Égypte.|| is 11.Homme d'état athénien.4.| | | 5, | | | | Us 12.En Égypte, il contrôle la vie économique car sit il sait lire, écrire et compter.13.Mode de gouvernement instauré à Athènes.14 Modifie l\u2019industrie au 20e siècle.15.lls passionnent les Romains.es.16.Maladie qui tue 13 de la population au Moyen Age.27.33.[| || | ent 17.Source alimentaire au néolithique et base 8.| 42 48.fn de l'économie égyptienne.34 me 18.Inventeur de la machine à vapeur.\u2014 \u2014 : 1 \u2014 19.Source d'énergie au 19e siècle.| 9.lL _ 20.Instruit, il domine le Moyen Age.21.Chef de l'armée romaine.- 22.Maître de la France à partir du Moyen Âge.\u2014 \u2014 .23.Source d'énergie au 20e siècle.qu 24.Tombeau du pharaon.n.| | | | | | | er- 25.Leur architecture domine les bourgs du (11 | | 10 | [ [11 | [1 [] Moyen Age.1 i 26.Colline de Grèce sur laquelle sont érigés pE | | | | 13 L | | | | | | lL in des temples célèbres.27.Empereur romain.28.Sans habitation fixe.28.1a] I | L | | | | | | | | | 29.Les Athéniens y ajoutent les voyelles.i 30.On y trouve des pyramides.a 31.Demeure du seigneur.32.Source d'énergie non renouvelable du 20e siècle.33.Pierre utilisée pour faire des outils préhistoriques.34.Une des premières sources alimentaires.\u2014 35.Propriétaire industriel.36.Vers -2 000 000 à vers -3500.37.Fondateur d\u2019une religion protestante.38.Régime hiérarchique au Moyen Âge.39.Amphithéâtre romain.40.Grâce à elle, Rome a constitué un empire.41.Processions en l'honneur d'Athéna.42.Maître des dieux grecs.43.Bateau à voiles utilisé à la Renaissance.44.Technique d'arrosage des terres en Égypte.45.Deuxième période la préhistoire.25.) | | | | | | | 46.Génie de la Renaissance.\u2019 47.Elles ont permis la découverte de l'Amérique LJ LJ 48.Mouvement artistique et intellectuel aux 15e J et 16e siècles.49.Sa venue a transformé plusieurs personnes.50.Maître du vassal au Moyen Âge.TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 25 HISTOIRE IF 7 HISTOIRE ET CIVILISATIONS Michel Gohier Luc Guay Ir HISTOIRE ET CIVILISATIONS histoire générale 2° secondaire de la préhistoire a nos jours HISTOIRE DU QUEBEC ET DU CANADA histoire nationale 4° secondaire A LA RECHERCHE DE MES RACINES histoire nationale 4° secondaire TOUJOURS DISPONIBLE \u2014 Je fais mon atlas historique N LIDEC | inc.\u2014 Notre monde actuel 4350 de l'Hôtel-de-Viil \u2014 Les grands courants de la pensée contemporaine , avenue ge 1 Hotel-de-ville < Montréal (Québec) H2W 2H5 \u2014 tél.: (514) 843-5991 Dép ll él al us dé des des nel gil som st con iit Yi uf Ces pe ti pro Ing i; i Qu Na au PARUTIONS Par: Michel Allard et Suzanne Boucher Département des Sciences de l'Éducation - UQAM N.D.L.R.Le 4 avril 1989, les éditions NOIR sur BLANC lançaient, au Musée Macdonald Stewart de l\u2019Île Ste- Hélène, un Guide d'exploitation de la visite au musée, fruit des recherches effectuées depuis maintenant sept ans par une équipe de l'UQAM, le GREM, Les auteurs présentent leur ouvrage et le cheminement qui à conduit a cette publication.?/ objectif général des travaux du Groupe de recherche sur l'éducation et les musées (GREM) est d'établir des modèles didactiques appliqués aux activités éducatives muséales.Spécifiquement, il s'agit d'élaborer, d'expérimenter et d'évaluer des programmes éducatifs de musées destinés aux jeunes (garderie, maternelle, primaire, secondaire et collégial), d'établir les relations entre le personnel des musées et celui du système scolaire, d'analyser, enfin, les conceptions éducatives mises en oeuvre dans les musées.De 1982 à 1987, les membres du GREM avec la collaboration de muséo- logues, de conseillers pédagogiques et d'enseignants, ont entrepris au Musée David M.Stewart un projet ayant pour objet l'élaboration d\u2019un modèle didactique d'utilisation des musées pour les élèves du second cycle du primaire.Le programme de visite au musée s'inscrivait dans le cadre d\u2019un enseignement des sciences humaines.Pour mener à bien ce projet, il a fallu concevoir des activités de préparation, élaborer une visite au musée, composer des activités de prolongement et mettre au point des Instruments d'évaluation.En somme, il a fallu affiner des moyens pédagogiques susceptibles de favoriser les apprentissages des élèves.Ces outils nous les avons regroupés dans le guide pédagogique La descouverture du chemin qui marche afin de faciliter La descouverture du chemin qui marche\u201d leur utilisation par les usagers du Musée David M.Stewart.Nous sommes cependant convaincus que ces outils peuvent être adaptés à d'autres publics et à d'autres musées.La descouverture du chemin qui marche regroupe un ensemble d'activités pédagogiques élaboré en fonction de la collection du Musée David M.Stewart.Le thème a pour objet l\u2019établis- Les éditions Noir sur Blanc Michel Allard Suzanne Boucher LA DESCOUVERTURE DU CHEMIN QUI MARCHE Guide pédagogique sement français dans la vallée du fleuve Saint-Laurent au 17e siècle.Il propose aux élèves du second cycle du primaire de découvrir la principale route de la Nouvelle-France à cette époque, le \u201cchemin qui marche\u201d.Le premier volet du guide pédagogique propose quatre activités à réaliser en classe avant la venue au musée.Ces activités veulent susciter une piste de questionnement chez l'élève et le préparer à la sortie au musée.La visite au Musée David M.Stewart constitue le deuxième volet d'activités.Le musée reflète des réalités vécues à l'époque des premiers établissements à Montréal.L'élève peut y observer directement des objets qui évoquent le passé.La visite proposée prend l'allure d\u2019un rallye et s'effectue à l'aide de guides personnels.Ces guides relatent le voyage et l'établissement d\u2019un premier arrivant et d\u2019une première arrivante.Le troisième volet propose des activités de prolongement pour le retour en classe après la visite.Aux activités d'analyse et de synthèse, s'ajoutent des suggestions de production par les élèves.Finalement, le dernier volet comprend deux instruments pour évaluer les apprentissages des élèves: un questionnaire d'ordre affectif pour évaluer les attitudes des élèves à l'égard des sciences humaines et du musée et un questionnaire d'ordre cognitif pour évaluer l'acquisition de faits, la maîtrise d'habiletés techniques et la compréhension de concepts.En plus d\u2019un déroulement détaillé de chacune des activités, le guide comprend des fiches de travail pour les élèves.Nous formulons le voeu que ce guide démontrera combien le musée et l'école, sans renoncer à leur identité propre, ont intérêt à unir leurs efforts pour assurer l'éducation de la jeunesse.En effet, nous croyons que ces deux institutions culturelles doivent oeuvrer de concert pour assurer la continuité de notre civilisation.4 |e terme \u201cdescouverture\u201d est tiré des Oeuvres de Champlain.\u201cChemin qui marche\u201d était la désignation du fleuve Saint- Laurent par les Amérindiens.@ on peut obtenir le Guide au Musée McDonald Stewart ou auprès du GREM, À L'UQAM, Département des sciences de l'Éducation.TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 27 | | PARUTIONS | Par: Robert Martineau Ll\u2019enfant et l\u2019éc hec scolai re fm Conseiller pédagogique - CECM | | | | en septembre 1988 un numéro numéro spécial, d\u2019une lecture somme | fo a revue Sciences et Vie publiait, saires a l'efficacité de son combat.Ce Quelques titres pour vous \u201cagacer\u201d.1 2 L Hors Série fort intéressant inti- toute assez facile, ne peut qu\u2018alimen- * le jeu, le plaisir et l'apprentissage op tulé \u201cl'enfant et I'échec scolaire\u201d.Je me ter une prise de recul sur ce probleme e Les rythmes biologiques de permets de vous le souligner, carilen pour lequel on cherche parfois à se l'enfant fi restait encore récemment des exem- déculpabiliser dans un contexte ou e L'installation du découragement plaires sur les tablettes des libraireset l'enseignant lutte souvent seul, privé * Logiques d'échec | même d'un \u201cdépanneur\u201d.de ses indispensables alliés naturels * Les enfants fatigués que sont les parents et la société en * La religion des notes | Vingt sept textes courts, apportent général.e l'échec en chiffres au lecteur les fruits de recherches * La perte des premiers acquis | d récentes sur les multiples facettes e Pédagogie: Des discours aux tv d\u2019un problème avec lequel nous méthodes | er vivons quotidiennement.Ces contri- * les bons maitres et les autres j butions de psychologues, psychiatres, e La \u201cdéprime\u201d des enseignants | & conseillers pédagogiques, ensei- e L'illettrisme: | im gnants et chercheurs rappellent que LES RYTHMES DE L'ENFANT d\u2019abord neurologique qu la question n'est pas simple et at es + | Is s'aborde vraiment \u201cavec-la-lunette- int collée-sur-le-syndrome\u201d.M l'Enfant et l'échec scolaire, revue Sciences et Vie, N° 164, Septembre 1988, H.S.® La recherche a permis d'apprendre i beaucoup depuis quelques années Ih sur le sujet; mais comme toujours, les \u201cCe nest pas tellement notre | « enseignants n'ont pas facilement talent, c'est celui d 416 pr accès à ces données.Le soldat sur la 4 x sev | a en y C'est celui de nos élèves \" ligne de feu na pas le temps, les ATX \u201cps el la | qu'il s'agit de révéler.\u201d | moyens et l'énergie pour s'informer, I I | digérer et intégrer a sa pratique les as a A.M.Pavart 0 plus récents développements néces- I à it le le 1 suite de larticle de la page 16 i Des spécialistes de divers domaines des scien-_ férents aspects de l'éducation qui sont présen- ' Cos de (education feront vor comment i on foment Objet de recherches ou de dicussions DU 16 AU 19 MAI 1989 à élaboré et développé des modèles qui sont de r la place qui sera accordée aux modèles théo- Fo .nature a mieux fire comprendre ja réalité édu- ques issus de différentes disciplines scientifi- AI UNIVERSITÉ Du QUEBEC ; cative, Enfin, des chercheurs et des praticiens ques, ce Colloque de lAIPELF permettra l'analyse À MONTREAL illustreront, par leurs travaux scientifiques ou éclairée de problèmes actuels en éducation et INSCRIPTIONS LE 16 MAI ; leurs expériences, comment des modèles théo- conduira à envisager des solutions rationnelles À 13H00 riques contribuent à guider les investigations et scientifiquement acceptables aux problèmes SÉANCE D'OUVERTURE i et leurs interventions.présentement identifiés dans le monde de .L'ensemble des activités de ce Colloque de l'éducation.\u20ac À 15H00 l'AIPELF constituera un lieu de réflexion sur dif- 28 TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 ent Be L\u2019'HISTOIRE QUI S'ENSEIGNE Par: Micheline Dumont Université de Sherbrooke \u201cLe passé n'est rien, sinon ce qui de l'avenir vit en lui et qui nest rien de plus qu'une grande leçon de choses.\u201d Philippe Couture (Victor Lévy-Beaulieu) L\u2019Héritage, 24 janvier 1989 enseignement de l\u2019histoire nationale n'a pas été obligatoire chez nous durant une dizaine d'années.I! semble que notre collectivité ne se remettra jamais de cette erreur pédagogique, ou administrative, ou politique c'est selon.Cette décision de notre réforme scolaire est invoquée régulièrement pour expliquer la morosité actuelle du nationalisme.Et pourtant.Il semble que nos intellectuels aient la mémoire bien courte.Je soutiens au contraire que cette décision n'a eu qu'un effet secondaire sur l'enseignement de l\u2019histoire en particulier et sur notre conscience collective en général.Ces propos pourront surprendre.Aussi je m'en explique à l'instant.L'enseignement de l\u2019histoire s'est toujours trouvé au coeur de nos préoccupations nationales.On a tour à tour voulu l\u2019instaurer, le diffuser, le restaurer, le dénoncer, le canadianiser, le démystifier, le laïciser, le regretter, le réintroduire, et quoi encore?En 1969, Marcel Trudel le pointait du doigt pour stigmatiser notre double solitude.\u201cSi le Canada est plus que jamais menacé de scission, écrivait-il en conclusion d\u2019une enquête sur les manuels, il faut en chercher la cause pour une bonne part dans la façon dont les citoyens d'aujourd'hui ont appris l\u2019histoire de leur pays\u201d.L'étude avait été commandée dans la foulée des grandes enquêtes pan- canadiennes sur le biculturalisme et le bilinguisme, juste avant l'arrivée de Pierre-Elliot Trudeau a Ottawa.L\u2019enseignement de l\u2019histoire La vérité, c'est qu\u2019à l'époque où cette enquête avait été conduite, on souffrait au Québec d'une overdose d'enseignement d'histoire du Canada et que c'est au niveau primaire que s'effectuait cet enseignement.\u201cSept années de primaire où revenait pendant une heure chaque semaine, le même récit de martyrs et d'édifiants colons.Puis juste au moment où l'élève croyait s'en être tiré, hop! il recommencait le tout au secondaire.Et aprés une bréve incursion en histoire générale, avant le grand départ pour la vraie vie, on s'empressait de revenir à la civilisation française et catholique au Canada, histoire de s'assurer que le message était bien appris\u201d ?.Or, n'oublions pas que les écoliers des années cinquante et soixante à qui ces programmes et les manuels qui les accompagnaient avaient été imposés étaient les premiers enfants de l\u2019école obligatoire et qu'ils étaient les enfants du baby boom.Il faut retenir cette vérité fondamentale: ce sont les plus grosses cohortes scolaires de notre histoire collective qui ont subi ces manuels et ces programmes, qui ont appris à détester l\u2019histoire nationale à l\u2019école.\u201cPas étonnant, écrit une spécialiste de l'enseignement de l\u2019histoire que le Québec ait voté non au référendum!\u201d 6 Or, en critiquant cette interprétation grandiose et religieuse de notre passé collectif, le Rapport Parent, le nouveau ministère de l'Éducation, les premiers départements d'histoire de nos universités, (sous la houlette vigilante de Michel Brunet), le Comité Catholique lui-même, (qui a officiellement condamné les manuels des écoles primaires en janvier 1967) ont vraisemblablement davantage contribué à transformer le statut de l\u2019histoire dans les programmes d'enseignement que l'établissement de son optionalité en 1968.Toujours est-il qu'après une très brève période, (au regard de l\u2019histoire, la période 1968-1974 est brève) l'enseignement de l'histoire est redevenu obligatoire pour les élèves de Secondaire IV; que le dynamisme des professeurs d'histoire a été revigoré par ce combat à mener; que le Livre vert sur l'éducation en 1977 a fini par imposer un bloc de cing matieres de sciences humaines au secondaire dont un cours d'histoire générale en Secondaire Il et un cours d'histoire du Québec et du Canada en Secondaire IV; que de nouveaux programmes ont été longement préparés avec la collaboration d\u2019une bonne partie des enseignants: (leur préparation s'est étalée durant cing ans et leur implantation vient à peine de s'achever); qu'il existe pléthore de manuels scolaires pour enseigner ces programmes.Contrairement à l\u2019idée reçue, je voudrais démontrer que, par rapport à la situation de 1960, le bilan est positif dans l'enseignement de l'histoire.Cela serait-il possible?Voyons plutôt.LE NIVEAU PRIMAIRE C'est à ce niveau d'enseignement que les gains sont les moins visibles.La décision du Comité Catholique, en 1967, a été sans appel.L'enseignement de l\u2019histoire a disparu des écoles primaires.Un programme intégré a été lancé en 1971: Orientation nouvelle des sciences humaines à l\u2019élémentaire.Des cahiers ont été préparés.Pas moins de six séries de manuels ont tenté de percer le marché.Des dizaines de journées pédagogiques ont été organi- > TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 29 L\u2019'HISTOIRE QUI S'ENSEIGNE \u2026 ENSEIGNEMENT.sées.Peine perdue: l'implantation de ce nouveau programme na jamais vraiment décollé.Les institutrices n'ont pas saisi, à ce qu'il semble, ce qu'on attendait d'elles.La seule leçon qu'elles avaient retenue était qu\u2019il était incorrect d'enseigner l\u2019histoire et la géographie au primaire.Et puis de toutes manières, elles n'avaient pas beaucoup le temps.Ce temps a-t-il été perdu?Pas vraiment.Les enseignantes ont assimilé une nouvelles méthodologie face à l'enseignement des sciences humaines avec les enfants.Dix ans plus tard, un nouveau programme était prêt en 1982: Les sciences humaines au primaire.|| s'agit d\u2019une approche intégrée, construite autour de trois concepts fondamentaux: le concept de temps, le concept d'espace et le concept de société.Dans le cadre de ce programme, des thèmes \u201chistoriques\u201d sont prévus.Ce sont: 2e année: C'était comment avant?3e année: Au temps d'autrefois (Cadre local) 4e année: Images d'autrefois (Cadre régional) 5e année: Les gens du Québec * Les premiers occupants x Les explorateurs x Les pionniers * Les gens de mon pays be année: les Canadiens d\u2019hier à aujourd\u2019hui x Peuples fondateurs * La vie au temps de nos arrière- arrière grands-parents + Les arrivants au 20e siècle x Les Canadiens de nos jours Une série de manuels est disponible: la collection Éveil à la réalité pour le premier cycle et la collection Exploration de la réalité au second cycle\u2018*.Le matériel relatif à la perspective historique compte pour le tiers du pro- 30 TRACES, Vol.27, N° 2/ Avril 1989 gramme et contient des enseignements d'histoire.Certains pourront penser que c'est peu.Mais fort heureusement, l'unanimité pédagogique et didactique est totale pour souhaiter que les anciens récits pieux et émus disparaissent des manuels scolaires.Et fort heureusement, une décade d'abs- tension totale a complètement éliminé les relents de Guy Laviolette qui auraient pu traîner ici ou là.Les institutrices partent avec un matériel complètement neuf.Il semble que la volonté d'implanter véritablement le programme soit enfin réalisée.La pédagogie historique pour les enfants a abandonné la culture des \u201cdates\u201d et des \u201chéros\u201d et c'est tant mieux.LE NIVEAU SECONDAIRE Depuis 1982, deux nouveaux programmes sont imposés.Histoire générale en Secondaire |! et Histoire du Québec et du Canada en Secondaire IV.On notera au passage cet intitulé.Depuis l'époque du Farley-Lamarche, dont l'Histoire du Canada a nourri les élèves privilégiés des collèges classiques, le manuel d'histoire a subi passablement de dénominations: 1956: Plante Marcel Mon pays 1959: Filteau La civilisation française et catholique au Canada 1968: Vaugeois / Lacoursière Canada Québec: Synthèse historique 1972: Lacoursière / Bouchard Notre histoire: Québec-Canada 1972: Lefebvre Histoire du Canada à partir du Québec actuel 1974: Bilodeau / Morin Histoire nationale (Fascicules d'histoire thématique) 1977: Cachat L'aventure française en Amérique: un défi 1980: Allard et al.Histoire nationale du Québec Cette liste en dit long sur les détours sémantiques de la conscience nationale.Or, la liste des nouveaux manuels qui correspondent aux nouveaux programmes est tout aussi éloquente: Secondaire Il: Histoire générale Guy DAUPHINAIS, De la préhistoire au siècle actuel.Montréal, Éditions du renouveau pédagogique inc., 1986.Bernard DEFAUDON et Normand ROBIDOUX, Histoire générale.Montréal, Guérin, 1985.Michèle FRASER et Claude BLOUIN, Défis et progrès.Histoire générale.Montréal, Les Éditions HRW Ltée, 1985.Michel GOHIER et Luc GUAY, Histoire et civilisations.De la préhistoire à nos jours.Montréal, Lidec inc, 1985.Lorraine LÉTOURNEAU, l\u2019histoire et toi.Montréal, Librairie Beauchemin Ltée, 1985.Secondaire IV: Histoire du Québec et du Canada Claude BOUCHARD et Robert LAGASSÉ, Nouvelle-France Canada Québec.Histoire du Québec et du Canada.Montréal, Librairie Beau- chemin Ltée, 1986.Gérard CACHAT, À la recherche de mes racines.Montréal, Lidec inc., 1984.Jean-François CARDIN, R.BÉDARD, E.DEMERS et R.FORTIN, Le Québec: héritages et projets.Montréal, Les Editions HRW Ltée, 1984.François CHARBONNEAU, Jacques MARCHAND et Jean-Pierre SANSREGRET, Mon Histoire.Montréal, Guérin, 1985, Louise CHARPENTIER, René DUROCHER, Christian LAVILLE et Paul-André LINTEAU, Nouvelle histoire du Québec et du Canada.Montréal, Les Éditions du Boréal Express, 1985, Danielle DION-MCKINNON et Pierre LALONGÉ, Notre histoire.Montréal, Éditions du renouveau pédagogique inc, 1984.> intel fives de! dyn ont! dun dan dép pol gr du tal me gel est for of Jus da ve S00 I qu si de LS L'HISTOIRE QUI S'ENSEIGNE Cette seule diversité témoigne des interrogations existentielles et collectives qui sous-tendent l'enseignement de l\u2019histoire.Elle témoigne aussi du dynamisme des enseignants qui les ont rédigés.Ces manuels ne sont pas d'un calibre identique mais il n'est pas dans l'objectif de cet article de les départager.En histoire nationale, le contenu politico-juridique des anciens programmes a été abandonné au profit d'une approche beaucoup plus globale qui fait une large place à des thèmes économiques, sociaux et culturel ©.En histoire générale, le contenu est axé principalement sur la civilisation matérielle.Les programmes sont copieux, c'est vrai.Mais personne jusqu'ici n'a réussi à résoudre la quadrature du cercle que constitue le mariage d\u2019une grille horaire décente avec les objectifs polyvalents que la société assigne à l'école.Plus de 600 professeurs d\u2019histoire bardés de diplômes enseignent ces programmes.Ils sont réunis dans une association La Société des professeurs d'histoire du Québec qui a été fondée en 1962 et compte plus de 400 membres.Ils publient une revue Traces et organisent à chaque année un congrès où les problèmes les plus importants, pédagogiques, historiques, didactiques, politiques sont débattus.Ils organisent depuis 1978, avec la collaboration de la Fondation Lionel- Groulx et plusieurs commanditaires, un \u201cConcours Lionel-Groulx\u201d En 1986, un nombre record de 856 élèves ont participé à ce concours qui couronne une dizaine de lauréats chaque année.Lors du premier palmarès, en 1978, il me semble que le ministre de l\u2019Éducation d'alors, JacquesYvan Morin, a versé quelques larmes.Les thèmes du concours ont été les suivants: 1978: Lionel Groulx historien d'hier ou d'aujourd'hui?1979: Maurice Duplessis le chef?1980: Louis Riel, patriote ou rebelle?1981: Louis-Joseph Papineau et le mouvement insurrectionnel au Bas-CAnada.1982: Daniel Johnson, un homme, une époque, 1944-1968.1983: L'aube de la société industrielle au Québec (19671896) 1984: Le Saint-Laurent et l'aventure française en Amérique (le thème de concours le moins populaire!) 1985: Les ouvriers et le syndicalisme (1944-1966) 1986: La révolution tranquille: 1960-1968 1987: Le Québec d'Honoré Mercier 1988: La rébellion dans le Bas-Canada 1989: Une réponse des Canadiens-français à Lord Durham.Les élèves du secondaire aiment-ils l\u2019histoire?Bien sûr que non.Pourquoi l\u2019aimeraient-ils?Pas plus qu'ils n'aiment la chimie, le français ou l'éducation physique.Ils n'aiment pas l\u2019école, c'est tout, et cela est une question qui n'a rien a voir avec l'identité collective.Surtout, ils ont quinze ans! Les éléves de Secondaire IV de cette année sont nés en 1974.Pour eux, la révolution tranquille est aussi lointaine que pour nous, gens de cinquante ans, le régime Taschereau quand nous avions 15 ans en 1950.Ils avaient 2 ans en 1976, 6 ans au référendum, 11 ans quand René Lévesque s'est retiré.À 11 ans n'étiez-vous pas préoccupés comme eux d'aller jouer avec vos amis sans vous douter le moins du monde qu'il y avait quelque part, une question nationale?Ils ignorent, comme d'ailleurs plusieurs millions de Québécois, qu'il existe une revue qui s'appelle L\u2019Action Nationale! La réussite du cours d'histoire nationale est obligatoire pour l'obtention du Diplôme d'Études Secondaires.Vous en parlerez à Benoit Dionne (ou à d'autres comme lui) qui enseignent à des groupes de décrocheurs à qui ne manque que ce cours, et qui se sont déjà présentés trois fois à l'examen.Ce processus ne produit pas des amateurs d'histoire, croyez-moi! Les professeurs seraient-ils tous incompétents?Allons donc.[ls sont fatiqués, ah ça oui! Mais quand je vois ce qu'ils réussissent à faire dans les conditions qui sont les leurs! La baisse des clientèles scolaires les oblige à enseigner plusieurs programmes, et parfois plusieurs matières.Ils rencontrent parfois entre 185 et 210 élèves quotidiennement.Ils sont menacés par le \u201cbumping\u201d et les nouveaux venus nenseignent que rarement dans leur spécialité.Le niveau de leur compétence est considérablement augmenté depuis 1960, mais vraisemblablement diminué depuis dix ans à cause des contraintes démographiques et syndicales.La tâche est également plus difficile dans les milieux où le nombre d'élèves d'origine étrangère est considérable.Mais malgré tout, ils écrivent des manuels (cf, liste précédente); préparent des expériences; organisent des activités et des ateliers au congrès de leur association.Et en plus ils se battent: pour obtenir plus de minutes, pour rendre l'histoire obligatoire en Secondaire V, pour faire abolir le sacro-saint examen du Ministère, cause de tous leurs maux.Cet examen comptait 54 pages en juin 1987.Oui.Vous avez bien lu: 54 pages.Même un lecteur de L\u2019Action Nationale n'y aurait pas résisté.S'il y a quelque chose qui cloche dans l'enseignement de l\u2019his- > TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 31 2 ah 2 \u20188 i i pe: L\u2019HISTOIRE QUI S\u2019'ENSEIGNE \u2026 ENSEIGNEMENT.toire au secondaire, c'est bien cet examen imposé à toute la province qui limite les initiatives des enseignants.Mais il semble que ce soit une utopie de réclamer son abolition.Y a-t-il suffisamment de matériel didactique?Outre les manuels cités plus haut, on trouve des guides pédagogiques, des livres du maître, des séries de cassettes, quelques films, des cahiers d'exercices, (huit séries distinctes dont il s'est vendu 214 775 copies de 1975 à 1985)\u201c, une série de 50 cartes murales en couleurs, plusieurs vidéos piratés sur les réseaux d'état, et, dans les armoires de chaque local d'histoire, sous des couches de poussière, tout un matériel oublié, laissé par les sédiments successifs des vagues pédagogiques qui ont déferlé dans nos écoles depuis 1965.Je peux me tromper, mais je crois que nous ne manquons pas de matériel didactique.Ce qui n'empêche pas qu'il se trouve des profs trop fatigués pour ouvrir la porte du placard.Si on compare les clientèles de deux périodes données, on obtient le tableau suivant qui se passe de commentaires.It est sans doute scandaleux que le tiers puis les 2/5 des élèves n'aient pas reçu d'enseignement de l\u2019histoire.Il l'est certainement bien davantage qu'un nombre aussi considérable de jeunes ne se rendent PAS au niveau secondaire et soient exclus de quel qu'enseignement que ce soit.Et surtout, ne venez pas me parler des collèges classiques! Au premier cycle, la clientèle variait de 12000 à 16 000 entre 1955 et 1960\u201d.Et je compte les filles, les religieuses et les frères! AU NIVEAU COLLÉGIAL Quand le réseau collégial s\u2019est constitué, en 1968, le programme comportait 13 cours optionnels dont 5 en histoire canadienne.Cette proportion est passée a 9 sur 19 en 1975.Jusqu'en 1980, un des cours les plus populaires était Le Québec de 1867 a nos jours.Ce cours semble en ce moment supplanté par Histoire des relations internationales de 1914 a nos jours.En 1978, une loi a été votée a 'Assemblée nationale pour rendre obligatoire un cours de Civilisation québécoise au niveau collégial.Apres plusieurs Nombre d\u2019éleves présents aux examens d\u2019histoire du Canada D.I.P.11e année M.EQ.Secondaire IV % de la clientèle Date Nombre Date Nombre approx.du secondaire IV* 1948 2231 1968 46 000 62% 1949 2 405 1969 53 000 65% 1950 2 665 1970 52 000 60% 1951 2 667 1971 45 000 47% 1952 2 891 1972 48 000 46% 1950 17 412 1973 42 000 39% ou 20 To *secteur général et professionnel Source: Procès-verbaux du Source: B.Deshaies \u201cQuelle place fait-on à Comité Catholique.l\u2019histoire dans l\u2019organisation de l'ensei- (1948-1952) gnement secondaire au Québec\u201d R.Q.PQ., 1962, p.75 Conférence donnée à Québec et 178.le 10 mai 1974.Les chiffres sont tirés d'un graphique d'où leur manque de précision.32 TRACES, \\ol.27, N° 2/ Avril 1989 années de négociations, le ministère a abandonné l'idée de mettre cette loi en opération.Car qui aurait cédé sa place dans la grille horaire?|| semble également que le coût de l'opération et l'absence de volonté politique ait été à l'origine de cet échec.À partir de 1990, la banque de cours sera réduite à huit dont 2 en histoire canadienne: 1.Les fondements historiques du Québec contemporain 2.Histoire du Canada Il est très difficile, dans le cadre de cet article de donner un panorama du statut de l'histoire dans les programmes, compte tenu de la variété extrême de situations d\u2019un collège à l'autre.La majorité des collégiens et collégiennes qui choisissent l\u2019histoire provient de cette voie académiquement stigmatisée: les \u201csciences humaines sans math\u201d Les profils d'entrée de l\u2019université ont ici un pouvoir décapant qu'aucune mesure pédagogique ne pourrait contrer.L'histoire peut aussi servir de \u201ccours complémentaire\u201d à tous les programmes du général ou du professionnel\u201d.Dix collèges sur 45 ont une grille de cours qui orientent les choix des collégiens et collégiennes.Les autres pratiquent le système de \u201ccafétéria\u201d.Chose certaine, les cours d'histoire du Québec et du Canada n\u2019ont plus la cote de popularité, principalement à Montréal où ils sont écartés par la clientèle d'origine étrangère.Il y a en ce moment près de 140 professeurs d'histoire, la plupart munis d\u2019une maîtrise, qui boudent la Société des professeurs d'histoire mais se réunissent dans leur regroupement officiel appelée la Coordination provinciale de l'enseignement de l\u2019histoire.> Ni © \\E ire L'HISTOIRE QUI S'ENSEIGNE l'an dernier, près de 30000 cours d'histoire ont été choisis par approximativement 15% de la clientèle totale du réseau.Mais dans le bloc des sciences humaines, l\u2019histoire ne constitue pas une discipline très populaire.Elle est déclassée par la philosophie, forte de ses 4 cours obligatoires, mais aussi par la psychologie (88 069 cours), la sociologie (37 712 cours), l'économique (41454 cours), l'administration (59 350 cours), qui sont pourtant des matières optionnelles tout comme l\u2019histoire ®.Le Concours Lionel-Groulx était proposé également aux élèves du niveau collégial mais il a attiré un nombre dérisoire de participants.Les collèges classiques constituaient naguère le terreau principal où se décelaient les préoccupations historiques et nationales.Il semble que cette époque soit bel et bien révolue.Par ailleurs, elle est bien révolue également, l'époque où, au collège, on dissertait sur: \u201cPar la croix, la charrue et l'épée!\u201d Sur cet aspect, le progrès actuel est indiscutable.Et les chiffres, encore une fois, viennent éclairer différemment les souvenirs émus des collèges classiques.Les quelques 15 000 élèves qui choisissent l\u2019histoire à la fin des années 1980 et dont le % semble si dérisoire en regard de la clientèle totale du niveau collégial, surpassent de beaucoup les élèves des humanités des collèges classiques.En additionnant les classes de Belles-Lettres et de Rhétorique, on obtient 3 116 en 1952, 3 306 en 1954 et 4 456 en 1958! LE NIVEAU UNIVERSITAIRE C'est certainement à ce niveau d'enseignement que les changements sont le plus spectaculaires.On compte au moins dix départements d'histoire qui réunissent au-delà de 200 professeurs.De ce nombre, près de la moitié enseignent l\u2019histoire du Québec et/ou du Canada.Mais il faut ajouter un nombre inconnu de chargés de cours.Hs sont réunis dans plusieurs sociétés et regroupements, participent chaque année à une demi- douzaine de congrès et autant de colloques et se font une lutte impitoyable pour l'obtention des fonds de recherches.Ils se décernent entre eux des prix (Prix Lionel Groulx, Guy Fré- gault, Michel Brunet) pour s\u2019en tenir aux prix québécois spécifiques à l'histoire.Mais comme chacun sait, l\u2019histoire n'est plus la seule discipline a exercer son magistère souverain sur la nation.Des milliers d'étudiants et d'étudiantes s'y retrouvent chaque année et, si on en croit le dernier Répertoire de thèses publié par la Société historique du Canada, 934 étudiants et étudiantes de 2e et 3e cycles sont en train de compléter une thèse de maîtrise ou de doctorat.Les professeurs d\u2019université sont responsables de la majorité des publications en histoire et alimentent plusieurs revues spécialisées en articles scientifiques.Les bibliographies sont sans cesse à refaire.La multitude des cours offerts et \u201cchoisis\u201d (mais peut-on parler de choix véritable?) dans chaque université défie toute analyse.Chose certaine les intitulés de cours illustrent l\u2019éclatement actuel de la nature, de la méthode et de l'objet de l'histoire de même que l'avènement du pluralisme dans l'interprétation.Elle semble bien lointaine l'époque où on opposait les écoles dites \u201cde Montréal\u201d et de \u201cQuébec\u201d.Il n'est pas possible de mettre en rapport les mouvements de cette clientèle universitaire avec les mouvements démographiques, trop de facteurs influants sur cette distribution.On peut peut-être malgré tout souligner que c'est la période 1975-1980 qui a vu les plus grosses cohortes d\u2019étudiants en histoire, en nombre absolu, et que ces groupes correspondent justement aux années où l\u2019enseignement de l\u2019histoire n'était ps obligatoire à l'école! Les motivations des jeunes qui fréquentent les départements d'histoire ne sont pas connues.On sait toutefois que l'histoire constitue le plus souvent un deuxième choix et qu\u2019il se trouve dans les départements de forts contingents d'exclus des programmes de droit, d'administration et de psychologie.Devant le peu de débouchés réels qu'offre la spécialisation dans cette discipline, il faut faire I'hypothèse que leurs motivations se partagent entre un peu d'amour pour l\u2019histoire, un intérêt certain pour la politique et des atomes plus ou moins crochus avec la \u201cconscience nationale\u201d.Mais la formation méthodologique et scientifique qui est dispensée à l'université ne correspond peut-être plus à ce qui est sous-entendu lorsque les intellectuels s'intéressent à l\u2019'enseignement de l\u2019histoire.C\u2019est que cette préoccupation dissimule une profonde ambiguïté.Aussi, au-delà du bilan somme toute positif qui vient d'être tracé, convient-il de poursuivre notre réflexion.Les ambiguïtés de l\u2019inquiétude actuelle 8 q Que les intellectuels de maintenant s'inquiètent de l'enseignement de l\u2019histoire, c'est une vérité de LaPalice.Dans la présente série d'articles, la > TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 33 L'HISTOIRE QUI S'ENSEIGNE ENSEIGNEMENT.plupart des collaborateurs ou collaboratrices ont commis un petit couplet sur l'enseignement de l'histoire, et sur la fatidique période 1968-1974 où cet enseignement n\u2019était pas obligatoire.Soit.Mais j'aimerais qu'on s'arrête un peu à quelques réflexions paradoxales.Il se publie, depuis quelques années, de nombreuses études sur l'analyse idéologique des manuels d'histoire.Une récente bibliographie américaine rassemble plus de 500 titres, et on trouve des recherches semblables dans tous les pays.Marc Ferro a publié récemment un petit ouvrage Comment on enseigne l\u2019histoire aux enfants à travers le monde entier qui illustre à l'envie le parti-pris idéologique qui sous-tend tous les manuels d'histoire, où que ce soit dans le monde.l'histoire, comme Ferro l\u2019a bien montré, dans un autre ouvrage, est sous surveillance\u201d.La société québécoise a dénoncé avec énergie l'interprétation clerico-natio- naliste de l'enseignement de l'histoire et on lui a substitué progressivement une interprétation que certains ont qualifiée de nouvelle\u201d.Mais ne dénoncerons-nous pas cette interprétation dans une ou deux générations?Nous devons nous poser la question.Et il me semble fort étrange que les intellectuels qui sont tellement à l'affût pour pointer du doigt les petites modulations de l'identité collective, ne soit pas sensibles au paradoxe qu'il y a à vouloir en même temps réclamer de l'enseignement de l\u2019histoire qu'il forme l'esprit critique et qu'il nourrisse l'identité nationale.Henri Moniot a très bien exposé ce paradoxe dans sa présentation de l'ouvrage: Enseigner l\u2019histoire: Des manuels à la mémoire: \u201cCar l\u2019enseignement de l\u2019histoire a deux natures et 34 TRACES, Vol.27, N° 2/ Avril 1989 deux prétentions contradictoires.Il y a deux versions successives au coeur des plaidoyers en sa faveur, une ou il semble servir l'intérêt des élèves une autre où il semble servir l'intérêt des adultes.(.) Dans la première de ses rationalisations, l'enseignement de l\u2019histoire propose des connaissances pour la construction desquelles par principe, tous les groupes sont examinés à la même aune, il développe l'esprit critique et l'aptitude à s'informer, il prépare à une certaine intelligence du mouvement des sociétés.Personne autonome et futur citoyen, l'élève en sera mieux armé pour des décisions individuelles et communes encore à venir.Dans la seconde, l'enseignement de l\u2019histoire socialise les enfants, fonde leur identifications sur des récits particuliers, les attache affectivement à des groupes, leur fait sentir où sont leurs causes d'appartenance et les bonnes causes en général.(.) Cette curieuse duplicité est un secret de polichinelle.Voilà une vérité sue en fait de tous, mais régulièrement oubliée, maquillée ou tue.C'est que les deux argumentations se minent réciproquement alors qu\u2019on voudrait au contraire capitaliser sans gêne les prestiges et les ressorts des deux références à la fois et pallier les faiblesses de chacune par les avantages de l'autre.\u201d Quand on parle d'enseignement de l\u2019histoire, il faut être conscient de cette ambiguïté.Mais il faut aussi réaliser que la conscience nationale ne se construit pas exclusivement à l'école et qu\u2019elle s'enracine bien davantage dans la gestion politique de la culture, de la langue, du patrimoine, de notre situation de minoritaire, des fêtes nationales, de ce qu\u2019on a appelé l\u201d\u201caffirmation nationale\u201d, et que ce n'est pas à l\u2019école que ces décisions se construisent.À cause de ses liens inextricables avec le pouvoir, avec la conscience collective, l\u2019enseignement de l\u2019histoire reste donc toujours \u201csous surveillance\u201d Elle est, chez nous, la seule discipline scolaire à avoir fait l\u2019objet d'une loi spéciale de l'assemblée Nationale.Avec le français, et depuis peu, les sciences, elle partage l'honneur de se voir consacrer régulièrement des articles dans les quotidiens et les revues.Des journalistes en mal de copie se scandalisent périodiquement de l\u2019état d\u2019ignorance des jeunes sur des informations de type encyclopédique.Mais coupables de l'ignorance de leurs élèves, les profs sont également responsables de leur influence.À l'automne de 1970, les autorités politiques établissaient une enquête pour éclairer les cas de \u201cpolitisation\u201d soupçonnés dans les polyvalentes et les cégeps.Les profs d'histoire figuraient au premier rang des accusés.En 1980, des professeurs se sont vu interdire de faire référence au referendum! Personne cependant ne s\u2019est jamais avisé de mettre au pilori le rôle politique joué par les mathématiques dans le processus de contrôle social et de sélection académique des clientèles scolaires.Mais ne nous leurrons pas.Les objectifs sociaux, nationaux ou politiques qu\u2019on assigne à l'histoire sont désormais multiples: unité de la nation, légitimité de l'état démocratique, vérité et objectivité (?) du passé, identité des groupes particuliers, intelligibilité des mécanismes de la vie économique et politique, et quoi encore?À ma stupéfaction, j'ai même lu récemment les propos d'un universitaire qui proposait aux profs d\u2019histoire le projet de \u201cnous créer des mythes collectifs positifs\u201d! /® Tous ces objectifs-là, cependant, ne sont pas spécifique l\u2019histoire: ils colorent tous > que an (ls ole pol tell vel (ar Pac i jou Be ae bull leg ca.Die Vel.ol le I L'HISTOIRE QUI S'ENSEIGNE les enseignements.Tous simplement, ils semblent plus visibles en histoire.Quant aux programmes officiels, ils formulent des objectifs beaucoup plus neutres.(Voir annexe).Or, ce qu'il faut comprendre, c'est que tous ces beaux discours n'ont rien à voir avec ce qui se passe dans les classes.Ces fonctions de l\u2019histoire, elles se produiront tôt ou tard via la politique, les médias, le marketing de telle ou telle idée, les bulletins de nouvelles, les émissions du Point ou de Caméra 89 et les sites historiques de Parc Canada.Dans cet orchestre tonitruant, l'humble professeur d'histoire joue du picolo.Il ne saurait rivaliser avec la force d'évocation d'un film, avec la puissance dramatique d\u2019un bulletin de nouvelles, avec l'astuce d'une campagne publicitaire.Son rôle nest pas de diffuser un message donné, il est justement avant tout de préparer l'élève à affronter ce mitraillage d'informations disparates avec des instruments efficaces.* * *x \u201cLa conception de l'avenir n\u2019en est qu'une supposition, produite par la mémoire du passé\u201d, écrivait Hobbes en 1772.Commentant cet aphorisme, l'historien Edward Carr écrivait, \u201cNotre vision de l'avenir influence notre conception du passé\u201d 9, J'avoue que je préfère ce point de vue et que c'est ma vision de l'avenir qui m'a permis de dresser un bilan positif de l'enseignement de l\u2019histoire: de meilleurs programmes, de meilleurs manuels, des professeurs plus nombreux, mieux formés, dont plusieurs sont mobilisés par leur travail, surtout plus de jeunes (mais pas encore assez, c'est entendu) à l\u2019école, et plus d\u2019historiens et d\u2019historiennes que jamais, qui consacrent leur vie à la recherche historique.Si la jeunesse actuelle ne s'intéresse pas malgré tout cela, à l'enseignement de l\u2019histoire, c'est peut-être tout simplement parce qu\u2019elle n'est pas contente du monde où on l\u2019a fait naître.PS, Je remercie Louise Charpentier, Luigi Trifiro, Louisette Pothier, Daniel Lépine et Jean-Luc Picard dont les informations m'ont été précieuses pour documenter cet article, J'assume toutefois toutes les interprétations évidemment.ANNEXE LES OBJECTIFS DE FORMATION DES PROGRAMMES SCOLAIRES EN HISTOIRE Les Sciences humaines au Primaire (1982) Conclusion De cette analyse des grandes perspectives du nouveau programme, se dégage un certain nombre de principes fondamentaux qui commandent et éclairent l'enseignement des sciences humaines au primaire.* L'enseignement des sciences humaines porte sur l'étude des réalités dans leur globalité et leurs relations.e l'enseignement des sciences humaines part du vécu des enfants et s'y réfère constamment.* l'enseignement des sciences humaines vise à aider les enfants à développer leur compréhension du monde plutôt qu'à accumuler des connaissances particulières.Un enseignement conçu sur la base de ces principes * éveille les enfants aux concepts de temps, d'espace et de société; * les initie aux rudiments de l\u2019histoire et de la géographie du Québec et du Canada; * les habilite à réfléchir par eux-mêmes sur le réel, avec méthode et sens critique; * les incite à adopter et à développer des attitudes positives à l'égard de leur environnement et de leur collectivité.Ces principes ne doivent pas rester des énoncés théoriques dont on convient rapidement et qu'on oublie très vite.Ils ont inspiré la rédaction du programme, ils doivent maintenant imprégner son application en classe en inspirant l'organisation de la démarche d'enseignement, le choix des moyens pédagogiques et la réalisation de l'évaluation.Histoire générale (1982) 24 Objectifs de formation Le programme d'histoire générale propose d'atteindre des objectifs de formation qui relèvent du domaine cognitif, mais aussi du domaine affectif.La connaissance historique ne saurait en effet se dissocier de l'expression des valeurs, tant présentes que passées.Cependant, en raison des multiples variantes de la pratique pédagogique, c'est à l'enseignant que revient l'initiative de faire ressortir la dimension affective correspondant au contenu d'ordre cognitif.Ainsi, à la fin du programme d'histoire générale, l'élève devrait: 1.Avoir acquis des concepts et des habiletés relatifs à l'étude de l'évolution des sociétés.2.Être initié à la démarche historique.3.Être sensibilisé aux réalisations humaines et à la valeur de cet héritage.4, Pouvoir se situer dans l'évolution du monde occidental.5.Avoir pris conscience de la diversité des conditions matérielles et socio-culturelles qui influencent le mouvement social.6.Être sensibilisé à la complexité et à la relativité des phénomènes sociaux.7.Faire preuve d'ouverture d'esprit à l'égard des valeurs étrangères à la société à laquelle il appartient.> TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 35 L'HISTOIRE QUI S\u2019ENSEIGNE \u2026 ENSEIGNEMENT.8.Être sensibilisé à l'interdépendance grandissante des différentes sociétés.9.Avoir développé son intérêt pour l'histoire.Histoire du Québec et du Canada 24 Objectifs de formation Le programme d'histoire du Québec et du Canada propose d'atteindre des objectifs de formation qui relèvent du domaine cognitif mais aussi du domaine affectif.L'étude du passé ne saurait en effet se dissocier de l'expression des valeurs et des attitudes qui expliquent la diversité des comportements sociaux.Toutefois, en raison des multiples variantes de la pratique pédagogique, c'est à l'enseignant que revient l'initiative de faire ressortir la dimension affective inhérente au contenu cognitif du programme.Ainsi, à la fin de l'étude du programme d'histoire du Québec et du Canada l'élève devrait: 1.Avoir compris les principales conditions politiques, sociales, économiques, culturelles et religieuses qui ont façonné le Québec dans le contexte canadien.2.Avoir accru ses habiletés intellectuelles relatives à la démarche historique.3.Être sensibilisé à la nécessité, aux principes et aux limites de l'analyse historique des phénomènes sociaux.4, Être sensibilisé à la diversité des appartenances sociales et à la réalité des solidarités et des conflits.5.Avoir développé la capacité d'analyser ses valeurs personnelles et celles de son environnement social.6.Avoir développé une attitude d'ouverture et de respect à l'égard des valeurs autres que les siennes.7.Avoir pris conscience de son rôle de citoyen responsable de l'avenir de la collectivité.36 TRACES, Vol.27, N° 2/ Avril 1989 CAHIERS DE L'ENSEIGNEMENT COLLÉGIAL 1988-1989 HISTOIRE Objectifs de la discipline * L'histoire contribue à la formation fondamentale de l'étudiant(e) en tant qu'instrument d'interrogation scientifique à partir de l'observation des faits dans leur évolution structurelle et conjoncturelle, en tant qu'instrument de conscientisation apte à faire comprendre les paramètres des grandes problématiques et en tant qu\u2019instrument d'identification et d'appartenance.* L'histoire est dialogue du passé et du présent et vise à favoriser chez l'étudiant(e) ta découverte de ses origines, la conscience de son appartenance à une évolution humaine et de sa participation à un héritage culture.* L'histoire cherche à connaître le comportement de l'homme dans sa totalité, sa globalité et sa continuité.Par sa méthode scientifique d'observation, d'analyse, et de synthèse, l'histoire permet de saisir la complexité des phonémènes dans leur interactions, et de développer la capacité de jugement, l'esprit critique et le sens du relatif.* l'histoire soulignant le poids respectif de l'individu, de la société et des déterminismes qui influent sur eux révèle que l'homme est un agent majeur de l\u2019évolution historique.NOTES Marcel Trudel, L'histoire du Canada.Enquête sur les manuels.Ottawa, 1969, p.169.L'enquête avait eu lieu vers 1965-67.(2) Louise Charpentier, \u201cQu'avons-nous enseigné?\u201d dans Bulletin de Liaison de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec.Vol.25, N° 3, (oct.1987), p.31.Ce numéro du 25e anniversaire de la SPHQ est un excellent instrument pour faire le point sur 25 ans d'enseignement de l\u2019histoire.( = Louise Charpentier a rédigé une magistrale analyse sur le Le programme et les manuels d'histoire de la réforme de 1948, Université de Sherbrooke, 1983.© Ibidem, p.1.\u201c) par Ginette Lambert et Jean-Luc Picard, publié au Centre éducatif et culturel.6) La remarque de Lorraine Pagé dans son article \u201cHistoire nationale et jeunesse\u201d, Action Nationale, janvier 1989, p.70, est inexacte.De même que son commentaire sur le matériel didactique.(6 Robert Martineau, \u201cLes cahiers d'exercices.un cheval de Troie dans la classe d'histoire?\u201d Bulletin de Liaison de la SPHQ, Vol.23, N° 6 (oct.1985), p.20.7) Fédération des collèges classiques, Recensement de l\u2019enseignement classique.1957.Document N° 5.® DG.E.C., Nombre d'inscriptions au cours par discipline pour les sessions A-87 et H-88.©) L'enseignement secondaire au Canada, Vol.XXXII, N° 3; Vol.XXXII, N° 5, Bulletin de la Fédération des collèges classiques, Vol.HI, N° 5.(%Marc Ferro, Comment on raconte l\u2019histoire aux enfants à travers le monde entier, Paris, Payot, 1981.M Marc Ferro.L'histoire sous surveillance.Paris, Calmann-Levy, 1985.(2)Charpentier, Durocher, Laville, Linteau, Nouvelles histoire du Québec et du Canada.Montréal, Boréal, 1985.(Henri Moniot, \u201cPrésentation\u201d, à Enseigner l\u2019histoire.Des manuels à la mémoire.Berne, Peter Lang, 1984, p.5-6.(Gérard Bouchard, \u201cPour une récupération et une ouverture de la culture québécoise\u201d dans Bulletin de Liaison de la SPHQ, Vol.25, N° 1, p.13-14.(Edward Carr, Qu'est-ce que l\u2019histoire?Paris, La Découverte, 1988, p.41.\u201cLes ingrédients de l\u2019histoire enseignée: des faits - \u201cvrais\u201d mais construits - des problèmes, des concepts, des esquisses de démonstration, des savoir-faire.\u201d Henri Moniot pro INT i] ~ NE rae nues lêde bl a Clon e.Oe ere ie i, ais, DISCIPLINES COMPLEMENTAIRES Par: Jacques Nolet Professeur d'histoire, AQEP INTRODUCTION ouvent on se demande quel rôle précis peut jouer un hobby chez une personne qui s'y adonne régulièrement, et on répond habituellement à cette question en se disant qu'un hobby n'est rien d'autre qu\u2019un passe-temps agréable.Toutefois, une analyse davantage poussée de certains passe-temps peut nous révéler leur importance exceptionnelle dans la formation culturelle des personnes qui s\u2019y adonnent d\u2019une façon particulière: ainsi en est-il de la \u201cphilatélie\u201d ou de ceux que l'on appelle familièrement les \u201ctimbrés\u201d.Ayant été moi-même un philatéliste dès mon plus jeune âge, je sais précisément ce dont je parle présentement.Pour un professeur d'histoire qui est en même temps philatéliste, le pas est vite franchi pour découvrir dans ce hobby passionnant.un reflet de l\u2019histoire.DÉVELOPPEMENT En étayant cette affirmation que \u201cla Philatélie est\u2026 un reflet de l'Histoire\u201d qui ne peut être qu'un euphémisme chez tout philatéliste, avancé ou simple collectionneur débutant, nous verrons le rôle essentiel que peut jouer la philatélie dans la promotion, chez nos élèves du Secondaire, de toutes les formes de l'histoire: générale (Secondaire Il), nationale (Secondaire IV) et contemporaine (Secondaire V).I.HISTOIRE GÉNÉRALE (085-214) La philatélie.reflet de l\u2019histoire Grotte préhistorique de Lascaux La Vénus de Brassempouy Péricles ; .Le pharaon égyptien Tout philatéliste est conscient du fait qu\u2019un bon collectionneur de timbres- poste, que ce soit de son propre pays ou des divers pays du monde, doit posséder un gros bagage de connaissances générales afin dordonner correctement ces merveilleuses petites vignettes multicolores par des données sur les pays collectionnés: géographie, politique, économique, population, etc.La philatélie développe automatiquement chez un jeune esprit, âgé de 10 à 15 ans, avide de connaissances nouvelles et ouvert à toute opération intellectuelle, un goût prononcé pour l'accumulation d'informations.En effet, quand il contemple une multitude de timbres-poste qu'il doit classer dans ses albums, le jeune philatéliste se doit de posséder un minimum de connaissances pour effectuer un travail de classement efficace: nous dirions même avoir beaucoup d'informations reliées à la démarche historique (situer les faits dans le Temps et l'Espace, établir des relations entre les événements et les personnages, etc.).Plus il pratique ce travail de classement des vignettes postales, davantage il approfondit ses connaissances générales et accumule des informations multiples qui allongent systématiquement sa culture générale.Voilà pourquoi nous pouvons parler déjà pour tout jeune collectionneur de timbres, d\u2019un bagage extraordinaire de connaissances que souvent nous ne retrouvons pas chez ceux qui ne pratiquent pas la collection des timbres-postes.Le fait d'avoir fréquenté continuellement depuis environ quinze ans de jeunes collectionneurs de timbres- poste, confirme l'impression perçue par tous les adultes qui sont animateurs de clubs philatéliques ou qui travaillent avec des collectionneurs: les jeunes qui pratiquent sérieusement la collection de vignettes postales en arrivent, après seulement quelques années de travail, à un niveau de développement culturel plus avancé que les jeunes qui ne connaissent pas ce hobby.> TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 37 DISCIPLINES COMPLÉMENTAIRES .PHILATELIE.Cette accumulation de connaissances chez un jeune déclenche automa- tiqguement l'ouverture de son esprit non seulement sur les autres pays que le sien mais aussi sur les populations qui les composent.II est normal, des points de vue psychologique et patriotique, de se concentrer dans une premiére étape de sa collection, sur son propre pays.D'ailleurs, l'étude de la philatélie nous le confirme: la plupart des jeunes philatélistes s'intéressent d'abord à collectionner leur propre pays avant de s'ouvrir aux autres États du monde.Mais ils sont rapidement entraînés à pousser plus loin et à s'intéresser aux autres pays qui constituent l'univers philatélique, en raison de la multitude des vignettes postales qu'ils accumulent dans leur collection.Rarement ils resteront fixés uniquement sur la collection de leur seul pays d'origine, mais ils déborderont tout naturellement sur une vision des autres pays et des autres civilisations comme l'histoire le fait pour tous ceux qui l\u2019étudient.Tout cela les mènera naturellement et logiquement à s'ouvrir aux événe- ments, aux personnages et aux cultures différentes des pays rencontrés à travers les nombreux timbres-poste qui composent leur collection.Quand il a devant lui une vignette postale qui célèbre un événement politique, le jeune philatéliste s\u2019interroge naturellement sur sa signification.Il doit par conséquent faire une cueillette d'informations auprès de ses parents ou des adultes qu'il rencontre, ou en consultant un dictionnaire, une encyclopédie ou des livres appropriés.38 TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 Cette quête d\u2019information ne peut produire sur le jeune collectionneur de timbres-poste qu'un effet positif sur le développement de son esprit et en faire, par voie de conséquence, un meilleur historien! Ces informations s\u2019inscriront évidemment dans un cadre plus étendu, celui de l'HISTOIRE GÉNÉRALE des divers événements commémorés par ces timbres-poste à l'échelle de la planète.De cette façon la collection des timbres-poste du monde entier (ou même de certains pays) entraîne le jeune philatéliste à s'intéresser d'abord à l\u2019histoire des autres pays et à l\u2019histoire générale représentée par ces petites vignettes postales.Pour le professeur d'Histoire Générale de Secondaire |! (085-214), la philatélie peut constituer une mine d\u2019or inépuisable pour le développement de son cours ou pour des applications concrètes de son enseignement: qu'il suffise de penser à toutes les vignettes postales traitant de la Pré-Histoire (module Il), des premières grandes civilisations de la haute Antiquité (module Il) ou de la basse Antiquité (module 111), du Moyen-Âge (module IV), de la Renaissance et des grandes explorations (module V), etc.La seule limite posée a ces applications demeure son aptitude personnelle a exploiter les illustrations fort appropriées que sont les timbres- poste: un étudiant de Secondaire Il peut trouver autant de connaissances à travers les timbres-poste qu\u2019à l'écoute d'un cours magistral; avec toutefois un gros avantage: il aurait fait par lui-même la recherche d'une façon active et avec un moyen qui le passionne! Malgré la brièveté de cet exposé, nous n\u2019en pensons pas moins que la philatélie est une excellente introduction à l'HISTOIRE GÉNÉRALE pour un jeune esprit de 12 à 14 ans, et que les maîtres devraient davantage aviver l'intérêt des jeunes à cette matière qu'ils enseignent en deuxième Secondaire en se servant de cet instrument privilégié que constitue la philatélie.ll.HISTOIRE NATIONALE (085-414) CANADA © SÉSTER POSTIGE La Vérendrye T° CANADA a Bel CAVELIER IW 1A SALLE 300 ANNIVERSARY FHV SHIMRAEY OOF FUN VT HIST Champlain et vue de Québec \\ TT ni DISCIPLINES COMPLÉMENTAIRES Jean-Talon Si la philatélie peut constituer Louis Riel une approche concrète à l'Histoire Générale (085-214) que nous enseignons actuellement, à plus forte raison elle représente l'occasion rêvée d'appliquer les notions de l'Histoire nationale du Québec et du Canada, enseignée en 4e Secondaire (085-414).Le Canada a émis jusqu\u2019à maintenant environ treize cents vignettes postales qui abordent à peu près toutes les facettes possibles de la connaissance humaine et historique de notre pays: faune et flore, architecture, découvertes, explorations, grands hommes, événements, etc.Mais le sujet privilégié par les timbres-poste canadiens contemporains demeure évidemment l'Histoire nationale tant des provinces que du Canada, à travers les anniversaires, les personnages marquants, les grands faits, etc.(le Québec y a une large part).Néanmoins, la philatélie poussera ses adeptes à une connaissance beaucoup plus profonde de l\u2019histoire nationale de leur pays ou de leur province.En effet, la célébration par le timbre- poste canadien d\u2019un événement ou le rappel d\u2019un grand personnage fascine naturellement le collectionneur qui a le timbre-poste en main.Le timbre conduit généralement le collectionneur à une connaissance plus approfondie du sujet qu\u2019il doit replacer dans son contexte précis.Ce qui peut constituer une application concrète et facile pour l\u2019étudiant- philatéliste des notions qu'il a apprises sur l\u2019histoire nationale soit par lui- même, soit en classe.Quel professeur de l'histoire nationale n'a pas remarqué, au fil de son enseignement, à travers de nombreux manuels ou de ses recherches personnelles, les idéologies sous-jacentes aux diverses approches de cette matière.Il en est de même pour la philatélie canadienne, qui est également le reflet d'une certaine \u201cconception\u201d historique de la réalité nationale.Grâce à sa collection de timbres- poste canadiens, l'étudiant-philatéliste a déjà une bonne idée des diverses \u201cidéologies\u201d qui ont présidé aux émissions des vignettes postales canadiennes depuis plus de 140 ans: en particulier l'unité nationale, le bilinguisme, la fête nationale, la dualité ethnique.Le professeur n'aura aucune difficulté à expliquer ce difficile et étrange concept à des élèves de Secondaire IV déjà marqués par l'approche historique véhiculée par les timbres-poste canadiens.Il n\u2019est pas nécessaire ou utile que l'adolescent philatéliste possède tous les timbres-poste canadiens émis par notre pays pour avoir une bonne idée de son histoire nationale: il lui suffira d'avoir ceux qui ont été émis depuis environ quarante ans (dont l\u2019acquisition peut se faire a peu de frais) pour bénéficier d\u2019une excellente introduction au programme d'Histoire Nationale 085-414.En commençant par les Amérindiens (des Plaines, Algonquins, du Pacifique, Iroquoiens, Inuit, etc.) dont la culture a été abondamment montrée depuis 1972 par la Poste canadienne, puis les Découvreurs qui ont été un sujet d'émission depuis 1851 (Cartier, Champlain, Frobisher, Davis, etc.) jusqu'à aujourd\u2019hui, les souverains (Victoria, Édouard VII, Georges V, Georges VI, Élisabeth Il), les anniversaires politiques ou historiques importants (le tricentenaire de Québec en 1908, la Confédération canadienne presque à tous les ans, etc.), la promotion de certains lieux canadiens (régions, paysages ou sites divers), certains faits marquants de la vie canadienne (anniversaires des villes les plus importantes, les Loyalistes ou le Gouvernement responsable, etc.) ou même éléments de notre vie sociale (Citoyenneté, les diverses Constitutions, etc.).Nous pourrions continuer cette énumération presque à l'infini.Le professeur n'a que l'embarras du choix dans sa présentation des divers sujets étudiés en Histoire 085-414, tandis que le philatéliste-étudiant n'aura aucun mal à comprendre ces sujets historiques nationaux car il en a déjà une bonne connaissance intellectuelle et une approche concrète grâce aux timbres-poste.C'est peut-être dans ce domaine précis de l'Histoire nationale que la philatélie peut jouer le mieux son rôle de reflet de l'histoire.Le collectionneur de timbres-poste connaîtra mieux que quiconque son histoire nationale, parce qu\u2019il en > TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 39 DISCIPLINES COMPLÉMENTAIRES .PHILATELIE.acquiert une connaissance qui s'accroît presque quotidiennement à travers ses timbres-poste.C'est la raison qui nous pousse, encore une fois, à croire et à affirmer que la philatélie demeure l'instrument idéal de l'Histoire au plan de notre approche \u201cnationale\u201d en Secondaire IV.Il n'est pas nécessaire que le professeur oblige tous ses étudiants à devenir des collectionneurs de timbres- poste canadiens, mais plutôt il peut offrir à ceux qui pratiquent ce hobby une approche historique qu\u2019ils puiseront dans leur passion.Ainsi il fera d\u2019une pierre deux coups, puisqu'il intégrera leurs intérêts philatéliques aux connaissances historiques qu'il leur enseigne dans son cours d'Histoire Nationale.Ill.HISTOIRE CONTEMPORAINE (086-514) Lénine et des travailleurs Quel autre \u201cpasse-temps\u201d pourrait le mieux initier un étudiant de Se- 40 TRACES, Vol.27, N° 2/ Avril 1989 condaire V aux réalités de l'Histoire contemporaine du XXe siècle! Car les timbres-poste, tant canadiens qu'étrangers, demeurent un reflet direct et privilégié de l'Histoire contemporaine de notre temps, avec ses moments exaltants et ses vicissitudes, hélas! Un simple regard sur le programme de Secondaire V en Histoire (085-514) nous résume brièvement les thèmes traités: l\u2019industrialisation de la société contemporaine (premier), les grands courants de la pensée contemporaine (deuxième), la guerre froide (troisième), le marxisme mondial (quatrième) et enfin la décolonisation et le sous-développement (cinquième).Tous ces thèmes sont abondamment traités par la philatélie contemporaine du XXe siècle, en particulier par la philatélie thématique où, au lieu de collectionner les timbres d'un pays, on collectionne plutôt les timbres traitant d'un sujet spécifique.Jamais les administrations postales ne se sont embarassées de distinctions pour promouvoir leurs idées politiques ou faire la propagande de leur pays à travers leurs émissions postales.Voilà pourquoi la philatélie contemporaine est un instrument privilégié qui permet d'aborder avec efficacité le programme d'histoire de Secondaire V.Que l\u2019on pense à la Première ou à la Deuxième Guerre mondiale, aux idéologies dominantes d'aujourd'hui (marxisme-léninisme, socialisme ou capitalisme), à la décolonisation depuis 1945, etc.: voilà sans doute la meilleure approche de l'Histoire contemporaine qui puisse exister.Grâce à la philatélie thématique, un domaine qui intéresse de plus en plus les adolescents collectionneurs de timbres-poste, nous pouvons choisir un sujet précis et le suivre à la trace à travers une multitude de timbres- poste.Ce qui permettra à l'élève concerné d'aborder le sujet précité d'une façon agréable tout en l\u2019obligeant à une première synthèse historique qui pourrait être améliorée évidemment en classe par le professeur.C'est la raison qui nous incite à croire également pour l'Histoire 086-514 que la philatélie demeure encore aujourd'hui l'instrument le plus concret pour initier des adolescents à la fascinante mais complète étude de l'Histoire contemporaine du XXe siècle.Même si nous avions pu développer davantage cette argumentation, nous sommes sûrs d'avoir fait comprendre plus facilement que la philatélie demeure.un reflet de l'Histoire.aussi bien générale, nationale que contemporaine.Tous ceux qui sadonnent à ce hobby (qu'ils soient jeunes, adolescents ou adultes) possèdent là un instrument concret et privilégié d'introduction à n'importe quel sujet historique traité par les programmes officiels d'Histoire du ministère de l'Éducation du Québec, au niveau Secondaire.Il n\u2019en tient qu'aux maîtres d'histoire de découvrir parmi leurs étudiants ceux qui s'intéressent particulièrement à la philatélie et de susciter davantage l\u2019intérêt pour leurs cours au moyen de ce fascinant instrument qu'est la philatélie, le reflet de I'histoire sous toutes ses formes! @ fool ef is Is 5358 fest Jour UM ser sc che cel à ire Ire bs 3 PASSIONS OBSCURES Par: Louis-Edouard Augé Ecole Secondaire Vaudreuil \u201cLe plaisir de la table est de tous les ages, de toutes les conditions, de tous les pays et de tous les jours: il peut sassocier a tous les autres plaisirs, et reste le dernier pour nous consoler de leur perte.\u201d Brillat-Savarin, circa 1725 LIMINAIRE ous ceux et celles qui ont eu le plaisir de visionner \u201cLes Rois maudits\u201d au petit écran ne seront pas sans se rappeler la fameuse scène où Robert D'Artois, arrivant chez sa tante Mahaut, se fit offrir par celle-ci un verre d'hypocras pour calmer ses ardeurs belliqueuses.L'hypocras résonna longuement à mes oreilles.Que pouvait être ce breuvage?Le Petit Robert en donne une définition succincte nous disant, grosso modo, qu'au Moyen Age, ce breuvage était composé de vin dans lequel avaient macéré le girofle et la cannelle.AU FEU La composition pour le moins inusitée du breuvage me poussa à un examen plus détaillé des moeurs culinaires médiévales.Grâce aux Éditions de l'Aurore, aujourd'hui disparues, je me procurai Pain, vin et venaison \u201d et le dévorai littéralement.Plus que l'apprentissage de recettes, ce recueil m'introduisit à un monde de saveurs et d'odeurs qui m'étaient, jusqu'alors, demeurées inconnues.En guise d'exemple, je mentionnerai le macis et la cardamome.Les épices me donnèrent du fil à retordre.Difficiles d'approvisionnement aujourd\u2019hui, je me suis imaginé ce qu'il devait en être il y a quatre ou cinq siècles.À l\u2019origine était la faim Loin de moi l\u2019idée de revoir et corriger l\u2019historiographie relative à la cuisine médiévale.Disons plutôt qu'elle s'avère différente de ce que j'avais toujours cru.De frugale, elle passe à un raffinement certain malgré l'absence de fourchettes et, à la rigueur, d'assiettes.Elle m\u2019initia à des durées de cuisson différentes.De plus, l'ordre, la chimie et les agencements finirent de me déconcerter.Tout amateur désirant renouveler sa \u201cbatterie\u201d de recettes devrait se replonger aux premiers fondements d'une alchimie qui demeure encore mystérieuse.La littérature nous permet de voyager mais les voyages nous permettent de goûter et d\u2019expérimenter.Plus au sud, il ne fait pas uniquement chaud à l'extérieur mais aussi à l'intérieur de votre oesophage.N'avez-vous jamais ressenti la sueur couler sur votre front, votre rythme cardiaque s'accélérer suite à Un repas très relevé?Sensation curieuse mais qui possède un puissant pouvoir d'attraction.Piments, chilis, curry, proviennent d'ailleurs.Si ce type de cuisine m'intéresse, c'est parce qu'elle me permet d'apprendre sur les lieux d'origine de ces continents.Une fois cette opération terminée, la tradition séculaire nationale s'ouvre à nous.Les questions soulevées peuvent nous mener à de curieuses constatations.Pourquoi deux pays limitrophes possèdent-ils des traditions radicalement différentes?Pourquoi a l'intérieur d'un méme espace, retrouve-t-on une multiplicité d'adaptations d\u2019un même plat?Je n'ai pas de réponses définitives à soumettre car je ne sais comment aborder le problème.Une analyse historique des arrivages pourrait nous révéler la nature des épices disponibles à UN moment donné.Pensons au poivre qui fut introduit en Europe grâce à l'ouverture des marchés orientaux.Les dispositions du sol à produire une essence plutôt qu\u2019une autre expliquerait les variantes observées dans plusieurs pays.Les conditions climatiques jouent un rôle certain dans la maturation d\u2019idyosyncra- sies nationales: prédisposition marine ou carnée, etc.La composition de la population peut révéler des sous- traditions obscures.Les mélanges raciaux viennent complexifier l'interprétation de toutes ces données.LES CAROTTES SONT CUITES Entre le champ de l\u2019histoire, le champ de tubercules et le plat, la filiation est difficile, ardue.Néanmoins, tenter de retracer les différentes étapes que connut un plat est un jeu qui en \u201cveau\u201d la chandelle.Pour le plaisir du palais, à vos feux, cuisinez! \u20ac \u2018D C.B.Hieatt, S.Butler, Pain, vin et venaison, un livre de cuisine médiévale, Ll\u2019'Aurore, Montréal, 1977.\u201cl'image que nous avons des autres peuples, ou de nous-mémes, est associée à l\u2019histoire qu'on nous a racconté quand nous étions enfants.Elle nous marque pour lexistence entiére.Sur cette représentation, qui est aussi pour chacun une découverte du monde, du passé des sociétés, se greffent ensuite des opinions, des idées fugitives ou durables, comme un amour.alors que demeurent, indélébiles, les traces de nos premières curiosités, de nos premières émotions\u201d Marc Ferro TRACES, Vol.27, N° 2/ Avril 1989 41 Mon nouveau programme d\u2019études en HISTOIRE DU QUÉBEC ; pr Üp En fonction du nouveau programme du M.E.Q.1 Auteurs: André Francoeur 4e secondaire Claude Jeannotte Robert Savoie wi Le programme d\u2019histoire du Québec et du Canada est oh axé sur la compréhension de l\u2019évolution de la société vel li ne rs vus eux ns pal (e | |g oe 1, Mon nouveau programme d\u2019études en | le HISTOIRE GÉNÉRALE |: mm te québécoise dans le contexte canadien, nord-américain et occidental.Contenu 1.L'Empire français d\u2019Amérique 2.La société canadienne sous le Régime français 3.La Conquête et les débuts du Régime britannique 4.Les débuts du parlementarisme y 6 7 5.Le Québec et la confédération .Le développement industriel .Le Québec contemporain 2 Secondaire En fonction du nouveau programme du M.E.Q.ve eMon nouveau programme d'études en fa Auteurs: André Francoeur 2° secondaire oil Claude Jeannotte bs André Francoeur : Claude Jeannotte « Robert Savoie Robert Savoie A L\u2019étude de l\u2019histoire générale se fait de deux façons.La \u2019 | première consiste à situer, sur une ligne du temps, les événements qui ont marqué l\u2019histoire de l'humanité.La im deuxième nécessite la recherche et l\u2019étude des docu- pos ments utiles pour assimuler ces événements.ho Contenu ie 1.L\u2019histoire et ses matériaux i 8 2.La préhistoire et les premières civilisations La 3.Athènes et Rome dans l\u2019Antiquité i 4.La société médiévale en Europe occidentale i 5.Renaissance et expansion européenne en Amérique 6.L\u2019ére des révolutions en Occident oH 7.Le siècle actuel D | de ks | 1 ow i .i We Guérin, éditeur ltée IK 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) H2T 2G2 Tél.: (514) 842-3481 | f | PARUTIONS Par: Alain Duchesneau Cap-aux-Diamants l'automne dernier, l\u2019Institut québécois de recherche sur la culture publiait coup sur coup deux ouvrages de Pierre Anctil sur les Juifs du Québec.Ces études, fortement documentées, posent avec acuité le problème de l'interprétation en histoire.La difficulté fondamentale demeure toujours la même: conserver une attitude bienveillante envers tous les acteurs de l\u2019histoire, y compris ceux qui sont aux antipodes de nos idées.En somme, il s'agit d'éviter d'être juge et parti.Certains sujets sont d\u2019abord plus difficiles, car trop chargés d'émotivité.L'histoire des groupes ethniques, et plus particulièrement des groupes ethniques minoritaires, se classe parmi ces sujets \u201cchauds\u201d.Dans le cas de la communauté juive, la température augmente de plusieurs degrés.Peuple dont l\u2019histoire est marquée par un génocide massif, les Juifs attirent immédiatement la sympathie de l'intellectuel.Leur passé tragique, entretenu par une masse d'écrits, est pratiquement intouchable.Le procès intenté en France contre Robert Forisson, qui niait l'existence des chambres à gaz allemandes durant le second conflit mondial, en témoigne de façon éloquente ®.Pierre Anctil nourrit une très grande sympathie à l'endroit de son sujet.Il se pose même en partisan inconditionnel de la communauté juive montréalaise.Tous ses ennemis, réels, potentiels ou imaginaires, sont jugés à l'aune de ce parti pris.L'auteur, on le sent bien, n\u2019a pas retenu le sage et judicieux conseil de Marc Bloch, qui se résume en un seul mot: comprendre.Dans Le rendez-vous manqué, Antil étudie la situation des Juifs de Montréal entre les deux guerres.|| s'attarde tout particulièrement aux rapports de cette communauté avec l'Université McGill et l\u2019Université de Montréal, à la crise des écoles juives, qui culmine entre 1920 et 1930, au développement du Congrès juif canadien Quand l\u2019historien se fait juge et partie: à propos de deux ouvrages récents de Pierre Anctil et, enfin, aux \u201cracines religieuses du refus\u201d.Dans tous ces chapitres, l\u2019auteur montre la discrimination profonde dont furent victimes les Juifs, \u201cpremiers non-chrétiens à tenter de s'intégrer dans le Québec d'avant la Révolution tranquille\u201d (couverture arrière du livre).En introduction, Anctil définit l'antisémite \u201ccomme celui qui, méme sans association avec d'autres personnes, fait de son hostilité à l'endroit du Juif la principale et souvent l'unique rationalité de sa pensée politique et sociale.Les antisémites demeurent convaincus que le \u201cJuif\u201d menace fondamentalement la société, et ne peuvent tolérer de les côtoyer à quelque niveau que ce soit, même symboliquement\u201d (p.29).En dépit de cette définition restrictive et du fait que, entre 1918 et 1938, \u201cpeu de gens au Québec (.) se méritèrent explicitement le qualificatif d'antisémistes\u201d (p.29), Anctil distribue assez généreusement l\u2019anathème.Épousant l'attitude méfiante de la communauté juive à l'égard des Canadiens français, il se montre particulièrement sévère à leur endroit.\u201cOn pouvait observer au sein du haut clergé, comme chez les simples prêtres et religieux, une sorte d'antisémitisme latent, fruit de siècles de sédimentation doctrinale et théologique.\u201d (p.142).Deux pages plus loin, Anctil parle \u201cde la campagne antisémite\u201d d'achat chez nous, menée dans certains milieux francophones.Bien sûr, l'auteur ne peut passer sous silence les véritables antisémites, et notamment le célèbre Adrien Arcand, éditeur de plusieurs journaux à tendance fasciste \u2014 le Combat national, le Fasciste canadien, le Goglu, le Miroir, le Patriote \u2014 et fondateur du Parti national social chrétien.Avec un débordement de rage évident, Anctil décrit ce milieu comme un \u201ccloaque où baignaient côte à côte des individus à la réputation douteuse, des hystériques vite portés aux épithètes grossières et des suprémacistes doctrinaires\u201d; dans \u201ccette zone pestilencielle dont les émanations étaient insoutenables (.), ajoute-t-il, tout espoir de dialogue s'évanouissait\u201d (p.224).Cette kyrielle de jugements laisse pantois.Même si Arcand et ses pareils font figure de racistes convaincus, l'historien (ou tout autre spécialiste des sciences humaines ou sociales) se doit de replacer leur idéologie dans le contexte qui lui est propre et tenter de l'expliquer.| ne s'agit pas de savoir s'ils ont tort ou raison; s'ils ont pêché contre la communauté juive ou non.Il s'agit encore moins de décrier ces hommes, dont l'idéologie, après coup, nous paraît inquiétante et ridicule.\u201cPour séparer, dans la troupe de nos pères, les justes des damnés, sommes-nous donc si sûr de nous-mêmes et de notre temps, écrivait Marc Bloch dans son Apologie pour l\u2019histoire.(.) quelle plaisanterie d'(.)infliger (.nos) normes à la façon dont Sylla gouverna Rome ou Richelieu les États du roi Tres Chrétien\u201d.En conclusion, Anctil se veut plus nuancé, Insistant toujours sur \u201cl'antisémitisme\u201d de certains francophones, il reconnaît que leur influence fut moins néfaste que celle des \u201cmilieux financiers et professionnels anglophones de Montréal\u201d \u201cArcand pouvait certes vitupérer et tonner d'impatience contre le mythe juif de domination du monde, sa seule arme demeurait le recours à la foule; tandis qu'une simple décision administrative prise à l'université McGill, ou dans les couloirs feutrés d'une banque du centre-ville, privait d\u2019une éducation supérieure ou d'emplois bien rémunérés un segment de la nouvelle génération juive.Caiserman\u2018* et ses collègues eurent raison à coup sûr de s'élever contre les excès commis par les nationalistes québécois à l'endroit de la communauté juive, mais ce combat occulta sans doute aux yeux de Juifs du temps, à cause de son intensité dramatique et émotive, la discrimination plus coûteuse, mais que rien ne permettait d'identifier au grand jour tant était étanche sur ce sujet le consensus de l'élite anglo-protestante de Montréal\u201d (p.317).> TRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 43 PARUTIONS \u2026.\u2026JUGE ET PARTI.Cet aveu tardif et tout aussi feutré que certains couloirs de banques du centre- ville laissera sûrement insatisfaits plusieurs lecteurs québécois (des Québécois francophones, bien entendu).Elle montre, de façon presque caricaturale, combien l\u2019auteur s\u2019est laissé occulter par le combat de Caiserman et ses collègues! Dans Le Devoir, les Juifs et l'immigration: de Bourassa à Laurendeau, Anctil se propose de mettre \u201cà jour (.) l'idée du Québec francophone à l'égard de l'immigrant (juif) ainsi que les effets de l'immigration\u201d (p.16).Le Devoir représente donc la population québécoise dans son ensemble?Non, répond l'auteur implicitement, qui parle quelques lignes plus bas.de l'élite canadienne-française puis, plus bas encore, de l'élite nationaliste.Voilà une singulière réduction de l'objet.Pourquoi, dans de telles conditions, étudier Le Devoir?Peut-être parce que ce quotidien, fondé par Henri Bourassa en 1910, s'intéresse d'une façon toute particulière à l'immigration juive?Non, répond encore l\u2019auteur à la page 98 de son ouvrage puisque, \u201ccolligés et reliés, les textes du Devoir portant d\u2019une manière ou d\u2019une autre sur la communauté juive tiendraient dans un petit cahier d'écolier\u201d.C'est sans doute pour cette raison que Anctil s'intéresse moins au Devoir qu'à certains de ses journalistes: Henri Bourassa (chapitre 1), Omer Héroux, Gérard Pelletier (chapitre 2) et André Laurendeau (chapitre 3).Malgré ses débuts, relativement inquiétants, il y a peu à dire de Bourassa.\u201cEsprit abstrait et détaché des contingences partisanes, Bourassa eut le courage d'évaluer sa doctrine politique à l\u2019aune de situations concrètes et vécues.|| ne faut pas s'étonner qu'il ait été sensible à la communauté juive de Montréal qui, par sa position doublement minoritaire et les questions qu'elle soulevait, ébranla (.ses) certitudes premières\u201d (p.65).André Laurendeau, reconnu par plusieurs comme un esprit ouvert et généreux, pose davantage de problèmes à l'auteur.À peine entré dans 44 YRACES, Vol.27, N° 2 / Avril 1989 l\u2019âge adulte, il fit preuve d'un \u201cantisémis- tisme primaire\u201d (p.116) en tant que membre des Jeune-Canada.Pour expliquer cette incartade malheureuse, Anctil propose que \u201cLaurendeau et ses amis furent en réalité (.) une caisse de résonnance et une troupe de première ligne\u201d pour les gens des générations précédentes qui, \u201cplus âgés et plus compromis (,) pouvaient difficilement se permettre d'être aussi radicaux et aussi intransigeants\u201d (p.116).Parmi ces hommes plus âgés et plus compromis figure bien sûr l'abbé Lionel Groulx, le principal inspirateur du mouvement.Après tant d'autres, Anctil se pose la grande question: \u201cGroulx fut-il antisémite?\u201d (p.122).Dans un autre paragraphe ambivalent et contradictoire, l'auteur répond par la négative, quoiqu'il reconnaisse en l'abbé historien un \u201canti-juif\u201d (222).La même question se pose à l'égard de Gérard Pelletier et Omer Héroux.Prudent, l'auteur refuse de les accuser implicite ment d'antisémitisme.En revanche, ses sous-entendus laissent planer de sérieux doutes ®, écrit Anctil, ce fut Héroux qui incarna un parti pris de méfiance viscérale* vis-à-vis les Juifs.Bagarreur formidable et catalyseur (?) infatigable des énergies nationalistes, Héroux était desservi par un style peu nuancé et une vision parfois mani- chéiste de la réalité politique et sociale canadienne\u201d (p.99).\u201cPeu soucieux de mesurer les conséquences, hors du cercle immédiat des milieux francophones, de ses prises de positions à l'emporte-pièce, Héroux réagit envers les Juifs avec peut- être plus d'aigreur qu'il le faisait en général à l'égard des francophobes du Canada anglais\u201d (p.76).Ces esquisses biographiques sommaires conduisent l'auteur à une conclusion tout à fait prévisible: sous Gérard Pelletier (c'est- à-dire entre 1932 et 1947) Le Devoir fut un \u201cbastion de conservatisme\u201d et fit preuve, \u201cpar moment\u201d, d\u2019'antisémitisme (pp.142-143).La boucle est ainsi bouclée entre cette étude et Le rendez-vous manqué.Toute deux concluent à un antisémistisme plus ou moins latent sinon dans la population québécoise dans son ensemble, du moins chez une bonne partie de l'intelligentsia québécoise durant l'entre-deux-guerres.Mais s'agit-il vraiment d'antisémitisme?Peut-on parler, sauf dans le cas des fascistes regroupés autour d'Adrien Arcand, d'une hostilité profonde et totale à l'égard de la communauté juive?j'en doute fortement \u201c.Et même si c'était le cas, il faudrait expliquer cet état de chose, et non la juger.L'auteur, il est vrai, laisse échapper quelques explications dans la conclusion de ses ouvrages.Mais elles sont peut convaincantes, voire extrêmement contestables, Ainsi, l\u2019auteur soutient dans Le Devoir et les Juifs que \u201cexclus du monde des grandes entreprises et des banques, les Canadiens français n\u2019hésitaient pas a porter au niveau du discours et des représentations, les aspirations de leur collectivité.Développer des idées, bâtir des théories et alimenter des polémiques, voilà ce qui a constitué des formes d'activité consolantes aux yeux de lintelligentsia québécoise.Attaquer la classe anglophone, cela est certes possible, mais il semble plus tentant de s'en prendre a l'ennemi vulnérable et qui menaçait par le bas le peu de mobilité socio-économique dont bénéficient les francophones.Malgré lui, le Juif remplit la fonction d\u2019exutoire.\u201d (p.152).Rien de moins! En dépit de la recherche fondamentale sur laquelle ils s'appuient, Le rendez-vous manqué et Le Devoir et les Juifs demeurent donc des ouvrages décevants.Ils renvoient à une conception de l\u2019histoire arbitraire, démodée et, pour le dire franchement, irritante.*C'est moi qui souligne.(1 Pierre Anctil, Le rendez-vous manqué: les Juifs de Montréal face au Québec de Ventre-deux-guerres, (Québec), IQ.R.C., (1988), 366 p.Le Devoir, les Juifs et l\u2018immigration: de Bourassa à Laurendeau, (Québec), 1.Q.R.C., 1988, 172 p.(2) Je ne me porte pas à la défense de la thèse Forisson; elle m'apparassait alors et m'apparaît toujours sans fondement sécieux.3) Marc Bloch, Apologie pour l\u2019histoire ou métier d\u2019historien, Paris, Armand Colin, (c.1974), p.118.(4) Secrétaire général du Congrès juif canadien G) Le titre du chapitre 2 est en lui-même évocateur: \u201cLe Devoir antisémite?\u201d (6) Chose certaine, les preuves avancées par Anctil sont insuffisantes pour convaincre le lecteur critique. les US, i a atlas transcanadien En fonction du nouveau programme du M.E.Q.3° année du secondaire L\u2019ouvrage par excellence pour maîtriser et apprécier la géographie du Québec et du Canada.Tant de ressources humaines et physiques à notre portée! Luce Deschênes Damian *® Raymond Damian | Guérin, éditeur Itée 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) H2T 2G2 | Tél: (514) 842-3481 pda Es.SR Fy © Le « À Ee 2 4 in fr Be a 02 \u201cA ~ * rd \u2014 9 a # & # xz % 2 AA NE po : pu CO + AA Pe Le = £% 2 i J 21 en .er 0° 4 A k \u201c Fe > \u20ac 7 CE ta +. eg Zs pr A PT) 10 LY | LL Ed is ) i Fo 2 4 a 2s ss a EF =, REHISTOIRE LH = ELAP 2 2 i IECLE ACTUEL ne 5 - Ft, % E Ce) py RS Pome - ~ Montréal(Québec) H2N 1M5 TEM (514)384-2690 NS Le "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.