Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 1 janvier 2001, Janvier
[" fice Volume 39, N° 1/Janvier-Février 2001 ISSN 0225-9710 Revue de la société des professeurs oire du Québec PER S 33 Vl BNQ 5 uvnvRE DES Ÿ ENSEIGNANTS ste Pe! / ¥ \u201d RENCONTRE PATRIMOINE ; HISTOIRE J Jc 3\u20ac Yo LE VOLUME A 38 ZF RAISONNER EN GEOGRAPHIE TOURISME MEDIEVAL = FORMER A LA CITOYENNETE UN DRAPEAU DANS L'ARCTIQUE tent hii nti i hy) ni x us Hi | i i i # pi of Lenom i rélerne consul kil o uma hy | rain, \u20ac lisse p | did in fi i nen fon et | ih oi i PHO 4 3 ee larevue devel i Jo Soa i Hee He sgn i I Ï pret | i rene del'ense hh i | i maire et colégal Adresse 5 wh i Compl pi I) (Pgs oh SainteT fi i i Direct \" Pili Jen 5 Comité jit i VaroF Chrsta # Un Pire Pere.Laurent land it (once (hay i Core zany ity pr Iii Publ Jag Aon Louise Dig j = Em ~ Di \u2014Xun \u201cPan \u201chi ks = Un i lie hg lé Mogg Mag leg, ley Teng Site W lh ; an Ll ly TRACES Le nom de la revue TRACES fait premièrement référence aux fondements de l'Histoire qui se construit à partir des preuves de la présence des | humains et de leur société dans le passé.Il rejoint, en second lieu, l'empreinte spécifique laissée par l\u2019enseignement de l'Histoire sur l\u2019individu qui le reçoit.I! évoque, finalement, l\u2019action et l'influence passées et présentes de la SPHQ dans le domaine de l\u2019Histoire et de son enseignement au Québec.La revue TRACES vise à assurer l'information et le développement professionnel des membres de la Société des professeurs d'histoire du Québec.Elle se veut le reflet du dynamisme de l'enseignement de l\u2019histoire au Québec, un outil de perfectionnement pour tous ceux que l'enseignement de l\u2019histoire intéresse, et le promoteur de l\u2019enseignement des sciences humaines au primaire et de l\u2019histoire aux niveaux secondaire et collégial.Adresse postale de la revue : Comptoir postal Turgeon C.P.98 557 Sainte-Thérèse (Québec) J7E 5R9 Direction de la revue : Jean-Claude Richard : (450) 435-0244 ; Comité de rédaction : | Mario Filion Christian Gilbert Pierre Gingras Pierre Laperriére Laurent Lamontagne Jean-Claude Richard Conception graphique : Charlemagne Correction des épreuves : Suzanne Richard Impression : Imprimerie des Editions Vaudreuil Publicité : Jacques Décarie : (514) 334-4768 Abonnements et distribution : Louise Hallé Dépôt légal : B.N.C.- B.N.Q.\u2014 Envoi de publication \u2014 Date de parution : février 2001 \u2014 Numéro de la convention: 1531212 port de retour garanti \u2014 Parution : 4 numéros / année \u2014 Tarifs : membres de la SPHQ - inclus dans les frais d\u2019adhésion.\u2014 Abonnement annuel : individus : 50$ institutions : 60$ retraités : 30% étudiants : 25% Une adhésion a la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (sphq), quelle que soit la date d'entrée dans la société, donne le droit de recevoir la revue TRACES au cours des douze mois suivants.TRACES appartient aux membres de la SPHQ.Le contenu des articles n'engage que leurs auteurs.Les textes peuvent être reproduits avec mention de la source, à moins d'avis contraire.Site web de la SPHQ : http:/ /station05.qc.ca/ Partenaires / SPHQ a UE JANVIER-FÉVRIER 2001 Revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec.Indexée dans REPÈRE depuis janvier 1989 C'EST ÇA, MA QUESTION ! 3 4 6 QUESTION / RAISONNEMENT P.13 8 9 10 11 12 TOURISME AU MOYEN-ÂGE 13 P.18 18 24 28 WILLIAM WAKEHAM P.33 33 En couverture : Marie-Thomas Chevalier De Lorimier 38 (Luc Picard) dans 75 février 1839 Photo : Carl Valiquette VOLUME 39, N° 1 SOMMAIRE GRAFFITI + EN ATTENDANT LE PRINTEMPS LA SPHQ PRESIDENCE * DES COMMENTAIRES.DES NOUVELLES DOSSIER * L'ORDRE PROFESSIONNEL DES ENSEIGNANTS FORTS * LE C.A.DE LA SPHQ POUR 2000- 2001 * MISSION ACCOMPLEE ! * RENCONTRE PATRIMOINE- HISTOIRE DOSSIER ETUDIANT * FAIRE CONNAÎTRE LA SPHQ DIVERS * LE VOLUME 38 EN UN COUP D'OEIL L'ENSEIGNEMENT DIDACTIQUE * LA QUESTION ET LE RAISONNEMENT EN GÉOGRAPHIE MOYENS D'ENSEIGNEMENT * LABOR OMNIA VINCIT IMPROBUS LA REFORME * FORMER LES ENSEIGNANTS SELON LEURS BESOINS * ÉCOLES CIBLÉES: RAPPORT SUR LE SUM L\u2019HISTOIRE DOSSIER * LE COMMANDANT WILLIAM È WAKEHAM 3 J'AILU, VU, ENTENDU È * LE 15 FEVRIER 1839 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FEVRIER 2001 1 -e eee ele eee cle eo COCO oO OOo oO CC en oO One COCO Oo COCO O0 COCO 0 COCO 0 COCO COCO OO OO COCO COCO CC 0 COCO ame se mme em meme COCO 00007 201, Charles-Lemoyne, 6e étage, Longueuil (QC) J4K 2T5 « Tél.- SPHQ : (418) 626-8737 + CPIQ : (450) 928- 8770 FORMULAIRE D\u2019ADHÉSION N.B.: CE FORMULAIRE DOIT ÊTRE COMPLÉTÉ PAR TOUS ET PAR TOUTES IDENTIFICATION (en lettres moulées, s.v.p.) | OY etree re rene rraa se raen eee eee eee eae eee tance 35 (3 1110] vs HO ET OOTP OU SPP PRPPI {ou NOM DE L'ORGANISME .ooooivoiooeooeoeeooeeo eee eee eee eee eee eee eee eee | À l'attention d\u20ac evita ieee eee eee eee eee eee eee eee ee eee eee eee eee eee | ADRESSE | NC eee, FUË.sea cran ares re sen ce senc ses rasée ra sene area era reset a eee eee eee eee eae eaten eee naan eee EE | VIIIE L.cccececncessere caca rene cerere nana n een e een nesenneeee Province \u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.esssscescerer res Code postal ns | TÉLÉPHONE Résidence ( ) eee, Bureau ( ) eee eee, | TÉLÉCOPIE ( DE COURRIEL \u2026.\u2026.\u2026.\u2026.uccrscscesececrersescererrerarececes ares | FONCTION NIVEAU | | O Professeur O Primaire a Etudiant OU Secondaire: 2e O 3e OÙ 4e J 5¢ 1 | D Directeur O Collégial | U Conseiller pédagogique U Universitaire | autres RECU TS ELA RS | S\u2019il s\u2019agit d\u2019unnorganisme : | D École : O Primaire OO Secondaire OO CÉGEP Oo Commission scolaire | | D Autre (PIECISEZ) ov viii ieee teeta eee ee er re ' REGION ADMINISTRATIVE (cochez votre région) | {J 01 Bas-St-Laurent-Gaspésie U 07 Outaouais U 13 Laval a 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean O 08 Abitibi-Témiscamingue I 14 Lanaudière | D 03 Québec O 09 Côte-Nord O 15 Laurentides | : D 04 Mauricie U 10 Nord du Québec O 16 Montérégie 0 05 Estrie D 11 GAspésie-Îles-de-la-Madeleine 1 17 Centre du Québec '0 06 Montréal O 12 Chaudière-Appalaches O 18 Hors Québec | frorrerrerereereeteee tree remet nee eee ee ee ASAE LARS TLE LLL LLL TE RARER ERA ern À | COTISATION ANNUELLE 25 $ étudiant(e) 30 $ retraité(e) 50 $ enseignant(e) 60 $ organisme ou institution | RÉSERVÉ À LA SPHQ BETA E Code de la fonction .ooeeeririiiii screens ID COLLE LOS ES D Chèque) Mandat OU Comptant | Expédition 1 CATTE «otitis OU Reçu pour fin d\u2019impôt Retournez avec votre cotisation à la SPHQ (adresse indiquée plus haut) RE RER RE RER EEE RER SERRES EEE RER EE PEER RE PRE EEE ESS RER SEE EEE EEE EEE EEE EE tete tutti 7 3 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FEVRIER 2001 eu iv GRAFFITI EN ATTENDANT LE PRINTEMPS J A GENERALEMENT L'HUMEUR SAISONNIERE.CETTE ANNÉE, TOUTEFOIS, JE ME SENS UN PEU EN AVANCE ET JE HUME DEJA L'ODEUR DE LA TERRE QUI SE »\"CHAUFFE LA COUENNE» AU SOLEIL.C'EST PEUT-ETRE DU AU FAIT QUE J'AI L'IMPRESSION QUE L'HIVER S\u2019EST INSTALLÉ À DEMEURE DANS SES QUARTIERS, QUE J'EN AI ASSEZ DE VOIR LA NEIGE S'ACCUMULER DEVANT MA PORTE.QUOI QU'IL EN SOIT, JE SUIS HEUREUX DE VOUS PRÉSENTER UN NUMERO QUI SENT LE RENOUVEAU, Ça commence avec le texte de notre bien-aimé président qui vous informe des développements survenus dans plusieurs dossiers.Vous êtes intéressés \u2014 ou vous êtes inquiétés \u2014 par la création d\u2019un Ordre professionnel des enseignants?, nous reprenons un texte de L'Intersection qui aborde le sujet.Nous publions également la traditionnelle «mosaïque» des membres du C.A.de la SPHQ pour l\u2019année 2000- 2001, la liste des articles parus dans nos sections L'enseignement et L'histoire au cours des douze derniers mois, un bref rapport concernant le congrès de Québec, ainsi que les appels des responsables à renouveler les adhésions et à recruter de nouveaux membres.À ce propos, j'ose espérer que vous avez fait le nécessaire pour recevoir les prochains numéros.et que vous n\u2019oublierez pas de nous prévenir si vous changez d\u2019adresse.Renouvellement.renouveau.Vous voyez bien que je ne perds pas le fil.Renouveau, donc: la fusion avec les collègues du monde de l\u2019uni vers social \u2014 rien à faire, je ne m'\u2019habitue pas à cette appellation! \u2014 la possible fusion, disais-je, incite aux rapprochements.Nous vous proposons un article, sous la rubriqueDidactique, qui aborde le thème du questionnement pour favoriser le raisonnement dans l\u2019enseignement de la géographie.Le rapprochement était d\u2019autant plus facile à opérer que les principes que l\u2019auteur expose sont très facilement transférables à l'enseignement de l\u2019histoire et rejoignent les préoccupations d\u2019un grand nombre d\u2019entre nous.Renouveau, également: une étudiante de quatrième année de l\u2019université Laval nous expose une activité qu'elle a réalisée en classe au cours de son dernier stage.Peut-être y attrapperez-vous le goût de dégeler votre latin.Renouveau, toujours: nous créons une rubrique, La réforme, que nous garderons active aussi longtemps qu'il le faudra pour vous informer et alimenter les discussions et les débats que provoqueront l\u2019élaboration et la mise en place des «nouveaux JEAN-CLAUDE RICHARD DIRECTEUR \u2014 TRACES programmes», si jamais ils voient le jour.Le fond de l'air étant encore très frais dans ce domaine, la survie de notre nouvelle rubrique ne semble pas menacée à court terme.Pour l'inaugurer, un article qui traite de la formation des maîtres en lien avec l\u2019éducation à la citoyenneté et un compte-rendu du rapport sur le suivi des écoles ciblées.Vous ne savez pas de quoi il s'agit?Allez lire le texte.On a beau parler de renouveau, nous sommes toujours en hiver.Quoi de plus pertinent, alors, qu\u2019un article au sujet de l'homme qui a permis au Canada d'affirmer sa souveraineté sur le Grand Nord?Vous découvrirez William Wakeham dans un Dossier de la section L'histoire.Renouverau, enfin: le film tout neuf de Pierre Falar- deau, 15 février 1839, que vous ne pourrez pas \u2014 que vous ne devrez pas \u2014 bouder.Je vous souhaite une bonne lecture, allez.Et, puisque j'en suis là, je vous souhaite, aussi, une très joyeuse et très heureuse année 2001 et \u2014 pourquoi être avare?\u2014 un magnifique printemps.Que diriez-vous s\u2019il était hâtif?TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 3 i | i! ams ane isi GREGOIRE GOULET PRESIDENT \u2014 SPHQ E TROISIEME MILLENAIRE SERA COMMENCE LORSQUE VOUS LIREZ CES QUELQUES LIGNES.J'AIMERAIS TOUT DE MÊME SOUHAITER A TOUS CEUX ET CELLES QUI TRAVAILLENT À FAIRE DE L'HISTOIRE UNE DISCIPLINE APPRÉCIÉE DES ÉLÈVES, DU SUCCÈS ET UN INTÉRÊT TOUJOURS PLUS GRAND POUR LUI DONNER UNE PLACE DE CHOIX DANS LE CURRICULUM DE LA JEUNESSE QUÉBÉCOISE.Le premier conseil d\u2019administration s\u2019est tenu a Québec le 9 décembre dernier.Quelques jours auparavant, nous avons reçu la démission de monsieur Rolland Glaude, responsable de dossiers.Des raisons professionnelles et personnelles I'incitent a quitter le CA.Depuis trois ans, il assurait la représentation de la société a des organismes importants: il menait avec efficacité les dossiers éduca- tion-média et ordre professionnel au CPIQ; il assurait les suivis pédagogiques au GRSH.J'aimerais, au nom de tous les membres de la SPHQ, le remercier pour le travail fourni et le temps consacré à notre société.Le bénévolat n\u2019a de gratifiant que l'avancement des questions qui nous sont confiées et les relations humaines développées au sein d'un organisme comme le nôtre.Merci Rolland de la part de tes amies et amis du C.A.À cette rencontre, des dossiers importants ont été abordés et sur lesquels je voudrais vous livrer quelques commentaires.4 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 ORDRE PROFESSIONNEL Un document émanant du CPIO à l'intention des différentes associations est disponible dans le présent numéro de la revue: «L'ORDRE PROFESSIONNEL DES ENSEIGNANTS, FAISONS LE POINT».Il peut vous servir de référence pour vos réflexions ou commentaires.Tel que convenu l'assemblée générale d\u2019octobre 2000, nous commençons une période d\u2019information et d'échange qui se fera sur notre site internet, afin de permettre une décision éclairée sur ce sujet.En mars prochain, vous pourrez écrire vos idées et les partager avec des collègues.Pour connaître la façon de procéder, il suffira de consulter le menu du site de la société.Je vous rappelle que quelques éléments d\u2019informations ont déjà été publiés dans des revues précédentes sous la plume de Rolland Glaude et dans la rubrique «La présidence».La formation d\u2019un ordre professionnel est une démarche qui remonte à l\u2019année 1995, Le ministère de l\u2019Éducation avait lancé, en 1992, le dossier de la valorisation du personnel enseignant.Le tout s\u2019inscrivait dans une perspective de meilleure réussite scolaire.À ce titre, le CPIO avait été invité à participer à un comité de travail qui avait comme objectifs de : \u2014 Mettre en valeur la profession enseignante auprès de la population \u2014 Valoriser les enseignantes et les enseignants dans leur milieu \u2014 Promouvoir la profession enseignante comme choix de carrière La création d\u2019un ordre professionnel semblait un moyen incontournable pour atteindre ces objectifs.Et les étapes de formation ont suivi.C\u2019est un dossier qui mérite une attention particulière et nous devons partager nos idées sur ce sujet.CONCOURS LIONEL-GROULX 2000-2001 Vous avez tous reçu une affiche vous permettant de faire connaître à vos élèves le thème du concours de cette année.Plusieurs années s'étaient écoulées depuis la dernière parution d\u2019une telle publicité.J'espère que vous l'appréciez et qu'elle incitera les jeunes a s\u2019inscrire nombreux a notre concours.N\u2019oubliez pas les dates de participation; elles sont différentes pour le volet (2m volets landes fe {1 fle Ste, DES Lear connu vous {4m dams.ley mard Hal ler qu Nom ment serait Ne Une | dis | toute in lng wal Pour Nh ley 1g) {oon § di Tif aye sly Ten Qui Ont den, Bing ti risation ant Le 15 Une leure ire, nié à nié de comme lip apr gunk ns ler ssn hour ik ep | jt un e pou Bis pont er qu put oy Ns ur 8 oui I Un nt de élèves 5 & es us due 2 dé y gine p (i 5 I ds i ip volet «historien en herbe» (12 mars 2001) et pour les volets «jeunes historiens, bandes dessinées et maquettes» (19 avril 2001).Consultez le site de la société à ce sujet.CONGRÈS DES SCIENCES HUMAINES Le congrès d'octobre 2000 a connu un grand succès et je vous invite à lire le bilan d\u2019Armand Guérard publié dans ce numéro.Le congrès 2001 est en marche avec une équipe de Hull.J'aimerais vous signaler que la participation d\u2019un nombre plus élevé de nos membres de cette région serait souhaitable et même nécessaire.Il permettrait une meilleure répartition des responsabilités pour toutes les tâches inhérentes à un congrès.Plus l\u2019équipe est nombreuse, moins le travail est lourd et surchargé pour quelques personnes.N'hésitez pas à me contacter (greggoulet@videotron.ca) ou à rejoindre Bernard Gendron (gendronbernard@hotmail.co).Si chacun d\u2019entre nous fournit un peu de temps à son association, nous pourrons assurer le succès de notre rencontre annuelle.FUSION Quel dossier! Des démarches ont été faites pour réaliser la demande de l'assemblée générale, soit de tenir des réunions avec les autres i Aw gn anh ES.\u2014 4 paie I membres de la SPEQ et de la SPGQ pour élaborer un rapport indiquant les modalités d\u2019une fusion éventuelle après avoir éliminé les sujets à litige: le nouveau conseil d'administration; les conseils régionaux; le protocole d'entente sur les congrès; les commanditaires: la carte de membre; la revue et le site.L'énumération n\u2019est pas exhaustive mais à titre indicatif.Depuis novembre, nous n\u2018avons pu tenir aucune réunion faute d'entente sur les dates de rencontre.Il se fait tard pour avancer dans ce dossier! Nous sommes au milieu de janvier et nous devons préparer un bilan pour la fin de mars, afin de consulter les membres.J espère qu'il y aura déblocage, puisque je ne peux concevoir une telle intégration sans assurer à chacune des sociétés un respect de leur spécificité et une collaboration très efficace.Le COUS (comité de l'univers social) doit se réunir.PROJET DE COOPÉRATION Un comité des trois sociétés a été formé en juin 2000 pour étudier la possibilité de sensibiliser la population et le ministère de l\u2019Éducation du Québec à l'absence d'un cours de géographie en 3e secondaire, c\u2019est-à-dire à la fin du premier cycle du secondaire.Précisons que le cheminement à poursuivre dans ce dossier n\u2019était pas facile et comportait des embâches: Qui devons-nous contacter?Comment devons- nous aborder la question sans refaire tout le curriculum?Que devons-nous inclure dans ce cours pour qu'il y ait continuité?Quelles compétences particulières devons-nous faire acquérir à nos jeunes?Toutes ces questions étaient sujets à débat.De nombreuses rencontres ont permis d'écrire un projet de continuum géographique, historique et économique pour tous les élèves du primaire et du secondaire.Ce dernier fut présenté à quelques membres responsables des sciences humaines au congrès de Québec.Mais le tout est demeuré sans issue véritable depuis ce temps.Les membres du GRSH en prendront connaissance à leur réunion et décideront peut-être d\u2019y donner suite.C\u2019est un souhait puisque le projet en vaut la peine.QUELQUES NOUVELLES Lise Proulx s'est jointe au conseil d'administration pour l\u2019année 2000-2001.Au nom des membres, je la remercie d\u2019avoir accepté de travailler au sein de l'équipe exécutive et de prendre en charge certains dossiers importants pour la bonne marche de la société.Pierre Cécil et Geneviève Boivin, en ce début d'année, feront a nouveau des envois à des membres qui auraient oublié de renouveler leur adhésion.Profitons de cette période de recrutement pour en parler à nos collègues qui pourraient à leur tour adhérer a notre société.J'ai eu le bonheur, le 10 janvier, d'assister à un diner offert par le Président de l'Assemblée Nationale du Québec, monsieur Jean- Pierre Charbonneau, à l\u2019occasion du Forum des étudiants.J'ai rencontré des professeurs pleins d'énergie et disposés a travailler à l'avancement de l'éducation à la citoyenneté.La plupart d\u2019entre eux étaient responsables du Parlement des professeurs tenu lors de notre congrès.Leur implication est toujours appréciée par notre société.En terminant, n'oubliez pas de consulter notre site et, surtout, de l\u2019alimenter de vos expériences pédagogiques si utiles à chacun d\u2019entre nous.TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 5 Faisons le point L\u2019ORDRE PROFESSIONNEL DES ENSEIGNANTS SOURCE: L'INTERSECTION, VOLUME 18, NUMERO 2 (MAI 2000) OICI COMMENT LE PROJET A ÉVOLUÉ DEPUIS L'AUTOMNE 1999.LE CPIQ A RENCONTRÉ À NOUVEAU L'OFFICE DES PROFESSIONS DU QUÉBEC (OPQ), EN NOVEMBRE 1999, POUR FAIRE LE POINT SUR LE DOSSIER.LORS DE CETTE RENCONTRE, LE CPIQ A PU CLARIFIER CERTAINES RÉALITÉS ACTUELLES QUI RENDENT PLUS QUE NÉCESSAIRE LA MISE SUR PIED D'UN TEL ORDRE, EN PARTICULIER LE BESOIN D'UNE DÉFINITION DE L'ACTE PROFESSIONNEL, D'UN CODE D'ÉTHIQUE ET DES NORMES D'EXERCICE DE LA PROFESSION, AFIN DE CANALISER LE FLOT DE PLUS EN PLUS IMPORTANT DE CRITIQUES ET DE PLAINTES DE TOUTES SORTES, FONDEES OU NON FONDÉES, FORMULÉES CONTRE DES ENSEIGNANTES ET DES ENSEIGNANTS.Il faut souligner à cet égard qu\u2019un Ordre professionnel a comme première mission d'assurer un service de qualité à la «clientèle» concernée mais que, pour ce faire, il consacre l'essentiel de son action à assurer et à faire respecter la compétence professionnelle de ses membres, notamment en précisant les limites de leurs responsabilités professionnelles.Par la suite, le CPIO a fourni à l'Office des professions, à sa demande, un dossier sur trois Ordres professionnels d'enseignants existants.Le CPIQ a de plus exprimé, en avril 2000, le voeu que l'analyse du dossier s\u2019intensifie afin que la ministre de la Justice, responsable des professions, puisse prendre position à cet effet d'ici le début de l\u2019année 2001.D'ici là, le CPIQ va continuer à étoffer le dossier tout en se préparant à la consultation de 'OPQ, que nous souhaitons prochaine, pour donner suite à la requête de création 6 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 d\u2019un Ordre professionnel des enseignantes et des enseignants du Québec.L'URGENCE D'AGIR Quand des parents se plaignent qu'un enseignant est trop exigeant pour ses élèves.Quand une enseignante est accusée de faire peur à ses élèves.Quand un enseignant est accusé d'incompétence, alors qu'il doit enseigner un programme pour lequel il n\u2019a reçu aucune formation.Quand des parents accusent une enseignante d\u2019être despotique et névrosée.Quand une enseignante est accusée de n\u2019avoir aucun encadrement pédagogique.Quand une enseignante est transférée dans une autre école « pour mettre fin a un probleme».II y a urgence d\u2019agir et d'offrir aux enseignantes et aux enseignants, de même qu'aux parents, un Ordre professionnel pour gérer les aspects professionnels de l\u2019enseignement et auto- réglementer la profession enseignante afin de faire respecter les droits, tout comme les responsabilités véritables, des enseignantes et des enseignants concernés.DONNER L'HEURE JUSTE! Dans le no 5 du bulletin «La profession en marche!» (mai 2000), sont précisées la vraie nature et la raison d\u2019être d\u2019un Ordre professionnel ainsi que sa complémentarité avec un syndicat, tout cela dans le but de donner l'heure juste sur ce projet majeur pour les enseignantes et les enseignants, pour les parents et pour les élèves du Québec.VOUS DÉMÉNAGEZ ?_ SVP, PRÉVENEZ-NOUS aut ession taire tout ils nantes one STE n-là {mal VaR d'être onnël nent out nner | pool | qu | pour Jove ( ANS Congres des Sciences humaines NS d,_\\ au Centre des Congrès de Hull les 11, 12, 13 et 14 octobre 2001 Coordonnateur : Luc Lapointe Téléphone : (819) 850-0980 Télécopie : (819) 230-8357 Courriel : scoop.luc@sympatico.ca Tous les professeurs qui sont intéressés à tenir un atelier ou qui connaissent des personnes qui donneraient un atelier sont invités à correspondre avec Luc Lapointe.Si quelques idées vous viennent à l'esprit pour l'amélioration de notre congrès, soumettez-les au coordonnateur.Merci de votre collaboration.TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FEVRIER 2001 7 Président Vice-président Secrétaire Trésorier Grégoire GOULET Pierre LAPERRIÈRE France PARENT Jacques DÉCARIE 7260, Place Verneuil 10 583, Péloquin 770, 115e avenue 10 808, rue Verville Charlesbourg (QC) Montréal (QC) Drummondville (QC) Montréal (QC) G1H 464 H2C 2K4 J2B 4J1 H3L 3G1 Tél.: (rés.): (418) 622-0252 Tél.: (rés).(514) 387-3128 Tél.: (rés): (819) 478-8515 Tél.: (rés): (514) 334-4768 (bur): (418) 872-9836 (bur): (450) 455-9311 (bur): (819) 474-0750 (bur): (450) 662-5552 #2206 #7313 Télécopie : (819) 474-0858 Télécopie : (450) 662-5553 Télécopie : (418) 872-8142 Télécopie : (450) 455-0074 parentfrance@hotmail.com fe391801 @er.ugam.ca greggoulet@videotron.ca citrouil@total.net Responsable de dossier Responsable de dossier Responsable de dossier Lise PROULX Johanne NOISEUX Ghislaine COUTURIER 921, Claudel 1796, Fonrouge 125, de la Presqu'île Repentigny (QC) Chambly (QC) Saint-Nicolas (QC) J5Y 3T5 J3L AT8 G7A 2R9 Tél.: (rés.): (450) 654-8567 Tél.: (rés.): (450) 464-7189 Tél.: (rés.): (418) 839-6814 (bur.): (450) 654-6792 (bur): (450) 773-7478 (bur): (418) 831-9545 liseproulx2000@hotmail.com Télécopie : (450) 773-1413 Télécopie : (418) 831-8546 jnoiseux@colba.net roberttremblay@hotmail.com Responsable de dossier Responsable de dossier Représentante des étudiants Réal NADEAU Nathalie POTVIN Geneviève BOIVIN 3895, rue de l'Église 1140, rue de I'Aigue-Marine #206 620, Chouinard # 17 Ste-Rosalie (QC) Charlesbourg (QC) Québec (QC) JOX 1X0 G2L 2X2 G1S 3E4 Tél.: (rés.): (450) 799-4928 Tél.: (rés.): (418) 621-8868 Tél: (rés.).(418) 654-1930 (pur): (450) 773-7478 (bur.): (418) 849-1401 ou (418) 682-0696 realnadeau@hycgocable.ca Télécopie : (418) 849-1185 genboivin@yahoo.fr dimie@moncourrier.com 8 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 mat TEMPS FORTS = an 0 O < > 0 0 O = © mi ARMAND GUÉRARD \u2014 COORDONNATEUR 3\u20ac CONGRÈS DES PROFESSEURS DE SCIENCES HUMAINES DU QUÉBEC ISSION ACCOMPLIE provinces de l'Atlantique s'étaient donné rendez-vous EN JUIN 1999, UNE ÉQUIPE FORMÉE D'ENSEIGNANTES ET D'ENSEIGNANTS pour découvrir et partager D'HISTOIRE, DE GÉOGRAPHIE ET D'ÉCONOMIE DE LA RÉGION DE des expériences pertinentes QUEBEC RECEVAIT LE MANDAT DE PRÉPARER LE 39 CONGRÈS DES SCIEN- à leur enseignement.CES HUMAINES.LA TACHE SEMBLAIT ENORME ET CONSTITUAIT UN VERITABLE DEF.Acceptant le poste de coordonnateur de ce congrès, il fallait me mettre au boulot sans perdre de temps.La liste des tâches à accomplir était longue: choisir un lieu pour la tenue du congrès, compléter l\u2019équipe, définir les tâches de chacun, établir un calendrier de travail et des échéanciers qu\u2019il faudrait respecter.Dès les premières rencontres, le comité organisateur fixe les grands objectifs directeurs de ce congrés: 1.préparer un congrès dans lequel les trois sociétés retrouveraient leur identité propre; 2.à l\u2019aube de la réforme, proposer des activités qui répondraient aux interrogations et aux besoins des enseignants; 3.réduire de façon significative les coûts inhérents à un congrès dans le but de favoriser une plus grande participation; 4.mettre en valeur la belle région de la Capitale nationale, sa géographie, son histoire, ses institutions politiques , culturelles et économiques.Je savais que la réussite d\u2019un congrès serait le fruit du travail d\u2019une équipe qui partagerait des objectifs communs et le désir de faire tous les efforts nécessaires à l'atteinte de ces objectifs.Autour d\u2019un thème rassembleur: «Québec: une région, une ville, une capitale», le comité organisateur a proposé aux congressistes plus de 60 ateliers, 9 excursions, une table ronde sur l'avenir de la région de Québec, une expérience parlementaire bâtie spécialement pour les enseignantes et les enseignants.Du 12 au 15 octobre 2000, 378 enseignantes et enseignants de toutes les régions du Québec et même des Ce n\u2019est pas sans difficultés, sans longues discussions et sans questionnement que l\u2019on arrive au bout du chemin! C\u2019est par un désir profond d'offrir ce qu'il y a de meilleur, par un travail sans mesure d\u2019une équipe dynamique et compétente qu\u2019on peut atteindre l'objectif ultime: mission accomplie ! Je remercie tous les membres du comité organisateur qui ont donné tout le temps nécessaire à la réalisation et à la réussite d\u2019une si vaste entreprise.Merci à Mesdames Louise Hallé, Ghislaine Couturier, Nicole Poulin, Nathalie Potvin, Nathalie Vézina et Danielle Dumas.Merci à Messieurs Daniel Dupuis, Jean-Eudes Jean, Pierre Beaudoin, Jacques Leblond, Jocelyn Noël, Bernard Drouin, Claude Miville et Grégoire Goulet.Merci à tous les congressistes qui ont répondu à notre appel et qui ont fait de ce rendez-vous annuel, une fête à l'importance et à la grandeur des sciences humaines dans le curriculum scolaire.Au plaisir de se revoir dans l'Outaouais en octobre 2001.TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 9 FRANCE PARENT C.A.\u2014 SPHQ E 4 DÉCEMBRE 2000, AU MUSÉE DE LA POINTE-À-CALLIÈRES, À MONTRÉAL, SE TENAIT UNE RENCONTRE DE LA TABLE PATRIMOINE-HISTOI- RE.À LAQUELLE PARTICIPAIT UNE REPRÉSENTANTE DE LA SPHQ.VOICI, EN RÉSUMÉ, QUELQUES-UNS DES SUJETS TOUCHÉS ABORDÉS À CETTE OCCASION, Cette table s\u2019inscrit dans la suite de la signature du protocole culture-éducation qui veut favoriser le rapprochement du milieu de la culture et du monde de l'éducation.II s\u2019avérait aussi important, dans le domaine de la réforme qui s\u2019amorçait, de resserrer les liens culture- éducation car un consensus social s\u2019était établi, lors des états généraux sur l\u2019éducation, sur l'importance de rehausser le niveau culturel de la formation générale des jeunes.FORMATION DES MAÎTRES La formation des maîtres est très importante.Marius Langlois explique qu'elle comprendra onze compétences professionnelles dans le domaine de l'univers social où trois profils se dessinent: 1.Géographie-Histoire- Économie-Monde contemporain.2.Géographie-Histoire- Économie-Morale-Sciences Religieuses.3.Géographie-Histoire- Économie-Morale-Sciences Religieuses protestantes.Mais on laisse les universités définir le programme de formation.10 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 RAPPORT ARPIN On souhaite l'intégration de la culture à l\u2019histoire et à la géographie.On nous remet le rapport Arpin qui veut sensibiliser les jeunes à la culture ce qui entraînerait de nouveaux fonds.RÉPERTOIRE CULTUREL Mme Suzanne Bernier, du ministère des Affaires culturelles, nous parle du répertoire culturel qui existe et qui est disponible dans nos écoles.Ce répertoire nous présente toutes les activités culturelles disponibles.On déplore le manque de visibilité des musées.On prévoit que la Société des musées soit plus en contact avec les enseignants.DÉCLARATION POUR LES JEUNES, L'ÉCOLE ET LA CULTURE ET LES ACTIONS CIBLÉES.Mme Bernier présente «La déclaration pour les jeunes, l\u2019école et la culture et actions ciblées 2000».Cette déclaration du ministre Lebeau nous apprend qu\u2019une somme de 1, 3 million soit investie dans le but de développer des activités culturelles.DOMAINE DE L'UNIVERS SOCIAL: Marius Langlois nous donne les informations suivantes: Au primaire: Un nouveau programme de 3e et 4e année l\u2019an prochain.On l\u2019expérimente actuellement dans 10 écoles-cibles.En février, un rapport sera produit sur l'univers social.En mai, un «feed-back» sera donné.À la fin de l\u2019année, il y aura un réajustement.Au secondaire: Une première rencontre aura lieu les ler et 2 février 2001 Les premieres réflexions: A propos des programmes géographie (I-II), et d\u2019histoire (I-IT-IIT) (IV-V): - On veut des compétences nouvelles au secondaire.- on vise l'espace canadien dans le monde.Perspective (en discussion) Histoire au secondaire: En I et Il: De la Préhistoire à la Renaissance.En III et IV: Renaissance, Autochtones, Canada-Québec.Toutes les compétences seront prescriptives en juin 2002. mede chain.tell hls, it sera soda, ena ram | contre jerrer nw mes {hie RO R.alien on! fl ff DOSSIER ETUDIANT FAIRE CONNAÎTRE LA SPHQ GENEVIÈVE BOIVIN REPRÉSENTANTE AUPRÈS DES ÉTUDIANTS genboivin@yahoo.fr Bonjour, » Bien des efforts sont faits afin de faire connaître la Societe des professeurs d'his- ded informations sur la SPH2 (affiches, feuilles d'informations, anciens numeros de la neue TRACES) aux associations étudiantes en enseignement decondaire el seconde gu to fiendra à Chicoutimi les 2 3 et 4 mans prochains, Nous concentrons aussi nos efforts du côte des professeurs et changes de cours des univertites, Ces derniers nous aident en faisant connaîire la reve TRACES et la Société dant leur cours de didactique.Leur aide nous est très précieuse ot mous les en remenciond.Nous désinons aussi faire appel à vous toutes ok tous, enseignantes of enseignants des écoles primaires et secondaires, afin que vous parliez de la SPA aux stagiaires el aux étudiants qui havaillent avec vous.Vous éles souvent la personne qui a le plus d'influence aupres des futurs maîtres; voire collaboration est donc ettentielle pour faire connaitre la Societe des professeurs d'histoire.Prétez-leur vod revues ef encouragez-les à vitiler le dite à l'adresse suivante: http: / /atation0O5.gc.ca / Partenaires | SPH 2 [ sphg.html Plus le nombre de membres de la SPH 2 sera eleve, mieur nous representenons les internes de l'enseignement et de la didactique des sciences humaines.Menci de votre collaboration dani ce dossier.TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FEVRIER 2001 11 ie PN. COMITÉ DE RÉDACTION TRACES ES SECTIONS ENSEIGNEMENT ET HISTOIRE DE TRACES RECÈLENT DES RÉFLEXIONS ET DES ANALYSES SUR PLUSIEURS SUJETS RELATIFS À L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE.LE LECTEUR TROUVERA CIH-APRÈS UNE LISTE DE TOUS LES ARTICLES PARUS SOUS CES DEUX SECTIONS EN 1999, AVEC L'IDENTIFICATION DES AUTEURS, DES RUBRIQUES ET DU NUMÉRO DE L'ÉDITION.IL POURRA AINSI RETROUVER RAPIDEMENT ET FACILEMENT UN TEXTE QU'IL AURA REMARQUÉ.L'ENSEIGNEMENT L'HISTOIRE L'HISTOIRE QUI S'ENSEIGNE MOYENS D'ENSEIGNEMENT À «L'apprentissage de l'univers * Des projets en histoire social nationale Sous-comité des sciences Jean-Claude Richard, # 1 e Nouvelles et anciennes publications à découvrir Pierre Gingras, # 2 e La Société d'histoire de l\u2019école Le Ber Comité de rédaction, # 2 humaines, # 1 e À l'assaut de la mémoire collective Christian Laville, # 4 e Mario Mimeault au premier rang Jean-Claude Richard, # 4 e Saint-Eustache et ses Patriotes au musée Jean-Claude Richard, # 3 e Un musée dynamique et passionnant Jean-Claude Richard, # 4 DISCIPLINES COMPLÉMENTAIRES * Enseignement de l'histoire et multidisciplinarité Martin Dumont, # 3 J'AI VU, LU, ENTENDU e Enseigner l'histoire au lycée Étienne Rouleau, # 1 e Une épave raconte J'AI VU, LU, ENTENDU e Winoflède, Mondofède, Léoudomalla, Taligie, Poupa et Marjolaine Boutin-Sweet, #2 les autres e Enseigner l'histoire au col- Laurent Lamontagne, # 3 lège e La réforme: pour une nou- Jean-Claude Richard, # 2 e Le Gladiateur: apologie pour une histoire frelatée Marc-André Éthier, # 4 velle vision Pascal Debien, # 4 e On n\u2019en sait jamais trop ! Charlemagne, # 4 12 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FEVRIER 2001 REPERES e La Guerre de Corée Comité de rédaction, # 4 GRANDS ANNIVERSAIRES * Au fil du temps Comité de rédaction # 1 « La peur du millénaire Jean-Claude Richard, # 1 e Une sainte Pionnière Christian Gilbert, # 3 e Les Québécoises aux urnes Comité de rédaction, # 4 DOSSIERS ° Trois-Rivières, berceau de la milice canadienne Pierre Cécil, #1 e La bataille de Trois-Rivières: 8 juin 1776 Pierre Cécil, # 2 * La guerre froide au compte- gouttes Jacques Pincince, # 2 DIVERS « Le Ménétrier, gagnant d\u2019un prix Opus Lise Roy # 1 e La peur du millénaire Jean-Claude Richard, # 1 e Législation scolaire de Charlemagne Comité de rédaction, # 2 ry pied ms | ny .is fog ih moma IRA SY + bs py ee = 3 Cade er DIDACTIQUE LA QUESTION ET LE RAISONNEMENT EN GÉOGRAPHIE! SUZANNE LAURIN DÉPARTEMENT DE GÉOGRAPHIE UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL U'EST-CE QU'UNE «QUESTION GÉOGRAPHIQUE»?COMMENT FORMULER DES QUESTIONS QUI INVITENT L'ÉLÈVE À PENSER?TOUTES LES QUESTIONS SONT-ELLES D'ÉGALE VALEUR DANS L'ENSEIGNEMENT DE LA GÉOGRAPHIE?PEUT-ON ÉTABLIR DES CRITÈRES DE PERTINENCE DIDACTIQUE DE CES QUESTIONS?| Je propose des exemples qui s'appliquent à l\u2019enseignement de la géographie.L'enseignant d'histoire peut faire aussi l'exercice de transposer ces façons de faire à sa discipline.Questionner les élèves en classe n\u2019est certainement pas nouveau.Tous les enseignants s\u2019y exercent quotidiennement.La plupart des auteurs en didactique de la géographie abordent le questionnement de la matière et des élèves avec la série des «quoi, qui, où, comment, pourquoi, combien, par qui, pour qui».Mais il s'agit là de pronoms interrogatifs et non de questions avec un contenu significatif.Ces pronoms n\u2019appartiennent pas en propre à la géographie.Les choses se compliquent drôlement lorsqu'on tente de formuler des questions complètes sur un sujet à travailler en classe en s\u2019assurant de leur caractère géographique, de leur potentiel réflexif et de leur valeur civique.Et c\u2019est sans compter avec les questions des élèves qui n'entrent pas nécessairement dans la case «géographique» mais qu'il faut savoir articuler à la compétence disciplinaire en construction ! Les transformations actuelles dans l\u2019enseignement de la géographie exigent que les enseignants se penchent sur les enjeux du questionnement.Ce qui change et vient influencer autrement la façon de formuler les questions, c\u2019est l'objet géographique questionné, la finalité éducative poursuivie et la nature des liens à construire avec les autres étapes du raisonnement en géographie.La géographie scolaire appartient maintenant clairement au domaine de l'univers social et se définit comme l'étude de l\u2019organisation des territoires.C\u2019est un changement majeur qui exige une nouvelle posture des enseignants et des élèves devant la réalité des espaces à comprendre.Les questions ne sont plus les mêmes, elles ne portent plus sur les mêmes objets.La finalité de la formation du citoyen influence aussi la formulation des ensembles de questions qui s'adressent à l'élève comme sujet pensant et agissant dans une société.Ces questions n'abordent donc plus le savoir comme un objet neutre et donné d'emblée par la science.Enfin, s\u2019il y a question, c'est qu\u2019il y a problème.Un problème, il faut savoir le poser, le construire et le résoudre ou le compléter.Je ne discuterai pas ici les multiples aspects de la situa- tion-problème qui sera l\u2019objet d\u2019une prochaine communication au Congrès.Mais il faut seulement prendre conscience que la question est beaucoup plus qu\u2019une façon d\u2019éveiller la curiosité des élèves ou d'accéder à ses connaissances antérieures: une question, c'est une porte d'entrée dans la connaissance, dans la relation avec l\u2019autre et avec le monde; l'élève est à la porte d\u2019une démarche de réflexion qui le conduira ailleurs.DIFFÉRENTS TYPES DE QUESTIONS POSÉES PAR LES ENSEIGNANTS Giordan et Vecchi (1987) ont résumé les différents types de questions les plus utilisées par les enseignants.Je propose des exemples qui s'appliquent à l\u2019enseignement de la géographie.L'enseignant d\u2019histoire peut faire aussi l'exercice de transposer ces façons de faire à sa discipline.Il y a ces questions qui contiennent en elles-mémes la réponse.La manière de poser la question n'implique qu\u2019une seule réponse possible.Ainsi, quand l\u2019enseignant demande: «Ah! Tu es vraiment sûr que.l\u2019eau est une ressource inépuisable?», l'élève sent bien alors qu\u2019il doit répondre «non».Certaines questions sont dites fermées lorsque sur un sujet ponctuel, une seule réponse convient.Par exem- TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FEVRIER 2001 13 .question .ple: «Quelle est la capitale du Canada?Ou se situe Montréal sur la carte?».Des questions sont dites ouvertes lorsqu\u2019il existe plusieurs réponses possibles.Par exemple: «Comment expliques-tu le tremblement de terre que nous avons senti la nuit derniere ?Pourquoi certaines industries sont-elles relocalisées ailleurs?».Enfin, il existe des questions d'incitation, celles qui invitent l'élève à la recherche, à I'approfondissement d\u2019un argument, à l\u2019action.Par exemple: «Comment pourrait-on s\u2019y prendre pour répondre à cette question?Qu'est-ce qui te fait dire cela?Selon toi, comment réagiraient les habitants de ton quartier si une telle décision était prise?» Ces types de question sont utilisés régulièrement par les enseignants.Si on peut affirmer que les questions ouvertes et incitatives ont un plus fort potentiel de réflexion, il ne faut pas rejeter les questions fermées pour autant.En fait, chacune joue son rôle dans l\u2019apprentissage et il importe surtout de varier les formules et de ne pas se limiter à un seul type de question.14 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 QU'\u2019EST-CE QU\u2019UNE QUESTION GÉOGRAPHIQUE ?Mais tout cela ne nous éclaire pas beaucoup sur la nature d\u2019une question géographique.Assurément, il s\u2019agit là d\u2019une question ouverte! Bien sûr, c\u2019est une question posée à la réalité sociale sous l'angle de la géographie.Mais encore, dira-t-on.Une question géographique interroge la façon dont les êtres humains s\u2019approprient, organisent, transforment leur(s) territoire(s).Disons aussi que l\u2019élaboration d\u2019une réponse géographique à une question exige le recours à des concepts généralement utilisés en géographie, à la notion d\u2019échelle et de mise en relation des échelles, a une représentation du réel (carte, photo, schéma, image aérienne ou satellitaire).En éducation, aujourd\u2019hui, les sujets suivants, sans aucun ordre d'importance, sont généralement considérés comme des sujets géographiques à questionner: * les migrations; * la croissance des villes; * les flux d'échanges économiques et culturels entre les groupes sociaux; * la diversité des cultures dans les différents territoires; * le partage des territoires entre les divers groupes humains sur la planète: découpage juridique, tensions et conflits, coopération, création de nouveaux territoires, tracé des frontières, rôle des hommes et des femmes sur les territoires; la transformation des environnements naturels; e la gestion des milieux à risque; * la gestion des ressources naturelles; * la distribution de la population sur la planète; * l'influence des technologies sur l'organisation des territoires.Il faudrait ajouter aussi toutes les questions qui concernent les relations d'identité et d'appartenance des citoyens aux territoires qu\u2019ils habitent ou fréquentent et qui prennent en compte l'éducation du sentiment géographique.Par exemple: «Où aimerais-tu vivre?Où refuserais-tu de vivre?Qu'est-ce que tu ressens devant ce paysage?Pourquoi dis-tu que ce quartier est laid?».La géographie scolaire au Québec n\u2019a pas beaucoup de tradition ni d'expérience dans le traitement de ces sujets et il y a là, pourtant, des possibilités extraordinaires à explorer.Formulons quelques exemples de questions ouvertes sur ces sujets: Cor 0 ler Qu fer Tou Se.ph dique, néits, ion de X Tit le des es n des ents jeux à UIs Popur ; nol ation aust jan den 2 des poires qu nt ei en Par ait y de Af ot Comment les sociétés organisent-elles leur(s) territoire(s) ?Quelles relations entre- tiennent-elles avec d\u2019autres territoires ?Pourquoi les populations se déplacent-elles sur la planète ?Comment le lieu que j'habite s'est-il construit ?Les ressources naturelles appartiennent-elles aux territoires où elles se trouvent ?Pourquoi le développement des territoires est-il inégal sur la planète ?La réalité géographique que j'observe ici se retrouve-t-elle ailleurs ?Pourquoi les gens habitent-ils des territoires à risque ?Pourquoi les gens sont- ils attachés au lieu qu\u2019ils habitent ?Comment les développements technologiques influencent-ils l\u2019organisation des territoires ?Pourquoi les sociétés tra- cent-elles des frontières entre les territoires ?Comment les groupes sociaux se partagent-ils les territoires ?Comment juger ce qui doit être préservé d\u2019un paysage ou d\u2019un environnement ?QUESTION-CLÉ ET MISE EN SITUATION La question aide à donner du sens aux apprentissages.Chaque question devient pour l'enseignant une ques- tion-clé qui structure non seulement le contenu d\u2019un cours, mais aussi la démarche de raisonnement de l'élève dans ses activités d'apprentissage.Comment peut-on les bonifier sur le plan didactique?Il existe des façons de construire des questions qui contiennent des «obstacles cognitifs»; l'élève se trouve en situation de raisonnement puisqu\u2019il doit les dépasser pour apprendre.À partir des quatre catégories suggérées par Giordan et de Vecchi (1987), créons des exemples de questions-clés en géographie, dans le cadre d\u2019une mise en situation (ouverture d\u2019un cours).e À partir d\u2019une contradiction: «On sait que les Monté- régiennes ne sont pas des volcans.Pourquoi alors sont-elles formées de roche volcanique ?» «L'Antarctique est un continent inhabité et inhospitalier.Pourquoi alors sus- cite-t-il autant l'intérêt des autres pays ?» «Pourquoi décide-t-on de fermer une ville minière alors que le minerai n\u2019est pas épuisé ?» e À partir d'une question indirecte: «Est-ce que les Indiens ont des privilèges sur leur territoire ?» «Pourquoi les gens croient-ils que le Mont- Royal est un volcan ?» À partir d'une expérience:?«Quand vous mangez vos céréales le matin, vous pouvez lire sur la boîte qu\u2019elles contiennent des minéraux: du zinc, du fer, du magnésium, du calcium, du phosphore.Est-ce que ce sont les mêmes que ceux qu'on exploite dans les mines ?» À partir d\u2019une analogie: «Pourquoi dit-on que l'Amazonie est le poumon de la planète ?» Ces questions font référence, pour la plupart à des contenus des programmes actuels.La nature géographique de certaines d\u2019entre elles est à mon sens fort discutable.Les nouveaux programmes vont bien sûr exiger un travail de fond sur l\u2019art du questionnement centré sur l\u2019apprentissage du raisonnement et sur le développement de la conscience territoriale dans une géographie rattachée à l\u2019univers social.L'idée à retenir ici, c\u2019est qu'il faut «intriguer», au sens cognitif et civique du terme, tout en TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 15 \u2026 question \u2026 s'assurant qu'on n\u2019est pas en train de véhiculer des «fausses conceptions» de la connaissance géographique.Qu'est-ce qui nous empêche de commencer avec les programmes actuels ?LES QUESTIONS SONT-ELLES TOUTES DE MÊME VALEUR ÉDUCATIVE ?Je ne le pense pas.À mon sens, ce qui fait la différence, c'est la qualité de I'engagement de l\u2019élève en regard de la question formulée.Voilà pourquoi les questions- obstacles sont intéressantes: l'élève est déjà «dedans» en quelque sorte.Ce sont d'ailleurs des types de questions que les jeunes enfants posent souvent aux adultes sur diverses réalités de la vie.Il faudrait prendre l'habitude de les collectionner.3 Ainsi, qu\u2019est-ce qui distingue ces deux questions, sinon l'intrigue ajoutée qui oblige l'élève à résoudre un problème implicite: est-ce que je mange des «mines»?qu'elles contiennent des minéraux: du zinc, du fer, du magnésium, du calcium, du phosphore.Est-ce que ce sont les mêmes que ceux qu'on exploite dans les mines?» En marchant au Mont St- Bruno, j'ai observé un panneau d'information qui posait la question suivante: «Les lacs du Mont St-Bruno ont-ils été creusés par l'homme?» En géographie, la question habituelle serait plutôt: «Comment ont été formés les lacs du Mont St Bruno?» Mais la question du panneau a une valeur éducative plus grande, car elle oblige ici encore à résoudre un problème implicite: il y aurait des cas où les hommes creusent des lacs.pourquoi ?comment fait-on pour le savoir ?Si ce ne sont pas les hommes qui les creusent, alors comment se forment les lacs sur une montagne?La question ouvre sur une multitude de sous-questions qui obligent aussi a trouver une méthode pour les organiser et a trouver des réponses ou du moins des compléments d\u2019information.Voici deux autres exemples.Les deux questions suivantes sont certainement riches en soi: «Pourquoi les populations se déplacent-elles sur la planète?Pourquoi les gens sont-ils attachés au lieu qu'ils habitent?» Pourtant, je considère que la suivante est encore plus riche, car elle soulève un paradoxe qui nous entraîne vers l\u2019explication des relations multiples que les gens entretiennent aujourd\u2019hui à différents territoires: «Pourquoi les gens se déplacent-ils sur la planète s'ils sont attachés au lieu qu'ils habitent ?».Enfin, la question «Pourquoi le développement des territoires est-il inégal sur la planète?» peut être remplacée par «Le développement inégal des espaces habités concerne-t-il seulement les «autres» territoires ou s'ap- plique-t-il aussi au territoire que «nous» habitons?».Cette dernière question ne traite pas la relation entre les échelles de la même manière que la première et invite donc à explorer d\u2019autres facettes de la réalité.COMMENT ÉVALUER LA PERTINENCE DES QUESTIONS EN GÉOGRAPHIE ?Quelques critères peuvent servir de guide dans la formulation des questions en géographie.Mais en fait, si les questions des élèves sont toujours bonnes, celles des enseignants sont toujours perfectibles dans la mesure où elles doivent prendre en compte à la fois la réalité de la classe, le contexte socioculturel dans lequel évolue l'enseignement, les contenus géographiques à faire apprendre, etc.Le tableau de la page suivante présente des critères de pertinence éducative d\u2019une question en géographie.e «Dans la vie de tous les jours, comment utilise-t-on les minéraux?» e «Quand vous mangez vos Céréales le matin, vous pouvez lire sur la boite MONSIEUR 7 C'EST ÇA, MA QUESTION ! + Cele e trill Ie Js Danière Invite autres PERTI- NS EX euvent alor ons en faits ast ps de pjours nse dre en fie de sou syolue com à hi Hea ent pee ion ef HIN # Tableau 1 Critères de pertinence d'une question géographique * Signification géographique La question interroge l'univers social sous l\u2019angle de la géographie.» Potentiel générateur de problèmes: La question incite à formuler plusieurs problèmes géographiques dans une démarche réflexive où des obstacles cognitifs doivent être dépassés.Elle entraîne la formulation de sous-questions, celles des élèves ou celles de l'enseignant.Elle laisse à l'élève la possibilité de la ou les reformuler autrement.Potentiel organisateur d\u2019idées: La question devient le fil conducteur du cours: elle ouvre le cours, guide les activités des élèves et elle sert de boucle à la fin du cours (fermeture du cours et ouverture sur de nouveaux apprentissages).Le contenu de la question a de la profondeur: - S'adresse à l'élève dans sa relation au monde - |Incite à établir des liens, des enchaînements explicatifs - Soulève une contradiction ou un paradoxe - Questionne un préjugé ou une préconception - S'appuie sur une analogie - Incite à l\u2019action - Invite & poser un regard critique sur la réalité étudiée + Potentiel intégrateur et généralisateur: La question appelle l'usage de concepts géographiques, permet de relier des cas particuliers et incite à l'élaboration de «modèles» par l\u2018élève (schéma explicatif, carte ou réseau conceptuel, symboles, etc.) CONCLUSION Cet article visait simplement à réveiller nos pratiques d'enseignants: les questions que nous formulons en classe influencent les apprentissages des élèves et la qualité de leur contenu géographique est à améliorer sans cesse.Le défi est d'autant plus important dans le contexte de la réforme du programme de géographie.Par ailleurs, il faudra se pencher autrement sur les questions que les élèves posent.C\u2019est une problématique différente, la posture de l'enseignant n\u2019est pas la même.Le «contenu» est alors présenté par l'élève et l'enseignant doit développer des méthodes pour amener l'élève à enrichir ses connaissances.Quoi qu'il en soit, les questions invitent l'élève à avoir confiance en sa capacité d'interroger le monde et à aller plus loin dans l'univers fascinant de la découverte.RÉFÉRENCES Giordan et Vecchi (1987) L'enseignement des sciences: comment faire pour que ça marche ?Z'éditions.LAURIN, Suzanne (à paraître en 2001) «Éduquer à la pensée en géographie: cerner ce quelque chose de fondamental».Dans Gohier, C et S.Laurin (dir.), La formation fondamentale, entre contenu, compétence et culture: un espace à redéfinir.Montréal, éd.Logiques.LEAT, David (1998) Thinking Through Geography.Cambridge, Chris Kington Publishing, University of Newcastle.Slater, Frances (1993) Learning Through Geography.Fathways in Geography.National Council for Geographic Education, Indiana University of Pennsylvania.NOTES 1 Cet article résume la communication présentée au Congrès des professeurs de sciences humaines, le 14 octobre 2000, à Québec.2 Cette question a été créée par une stagiaire en géographie, il y a quelques années.3 J'ai trouvé cette anecdote au cours de mes lectures.L'enseignant demande à un élève de définir un lac.L'élève répond: «C\u2019est le contraire d\u2019une île».Utilisez ce fait comme une question- obstacle et demandez à vos élèves de discuter la réponse de l\u2019enfant: que veut-il dire?Pourquoi dit-il ça?Cette réponse est-elle juste?Pourquoi?Comment diriez- vous à l'enfant ce qu'est un lac?D'un certain point de vue, l'enfant n'a pas com- pletement tort.TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FEVRIER 2001 17 ge LABOR QMNIA VINCIT IMPROBUS * Le Moyen Age : une activité en histoire générale GENEVIÈVE BOIVIN ÉTUDIANTE EN HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE À L'UNIVERSITE LAVAL, 4E ANNEE OICI UNE ACTIVITÉ RÉALISÉE DANS LE CADRE D'UN STAGE Ill EN HISTOIRE GÉNÉRALE DE 2E SECONDAIRE.IL S'AGIT D'UN PROJET CONCERNANT LE MODULE 4, «LA SOCIÉTÉ MÉDIÉVALE EN EUROPE OCCIDENTALE».CE PROJET N\u2019A ÉTÉ REALISE QU'UNE FOIS, IL RESTE DONC DE NOMBREUSES AMÉLIORATIONS À APPORTER.TOUTEFOIS, IL A SOULEVÉ L'ENTHOUSIASME DES ÉLÈVES QUI ONT TRAVAILLÉ DESSUS.CES DERNIERS L'ONT RÉALISÉ À L'AIDE D'ORDINATEURS, MAIS IL PEUT FACILEMENT ÊTRE ADAPTÉ ET RÉALISÉ SUR PAPIER.C'EST À VOUS DE DÉCIDER SELON VOS GOÛTS ET VOS MOYENS.IL S'AGIT D'UN TRAVAIL D'ÉQUIPE DE TYPE COOPERATIF.NOUS AVONS FAIT TRAVAILLER ENSEMBLE QUATRE ELEVES QUI DEVAIENT SE DIVISER LES TÂCHES ET ACCOMPLIR CELLES IMPOSEES PAR LE TRAVAIL COOPERATIF.VOICI DONC LE PROJET, Bienvenue au Moyen Âge occidental An de grâce deux mil un # Ouél Oué! Gentilhommes et nobles dames des royaumes 31 et 32, ce message est pour vous.Un projet vous est soumis: Le guide touristique historique du Moyen Âge.En combinant les forces des membres de otre équipe, vous devrez créer un guide touristique et historique.Le dit guide permettra à tout bon habitant désirant visiter les royaumes d'Europe au Moyen Âge de savoir s\u2019y retrouver.Il s\u2019agit d'une époque à fabuleuse, mais aussi bien redoutable! K C\u2019est pour cela que nous vous mandatons pour créer un tel instrument.C\u2019est une mission importante, mais nous VOUS savons capables de l\u2019accomplir.Plusieurs consignes vous seront Données par le maitre du royaume.Écoutez-la bien pou comnaître les buts de votre quête, les ÿ modalités ainsi que les résultats attendus.& Votre travail vous demandera ardeur, discipline, coopération et courage.Soyez ÿ braves et relevez avec brio les défis qui vous sont offerts! 2 18 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 Labor ommia vincit improbus But visé : Permettre À un voyageur Du 20e siècle de visiter un bourg ou une seigneurie.Pour cela vous devrez créer un bourg ou une seigneurie que vous présenterez dans un svide touristique et historique.Il vous fau- Ora faire ressortir les différences et les similitudes entre la société du Moyen Âge et la nôtre (contemporaine) en décrivant la vie Dans une seigneurie (fief) ou dans Ja ville (bourg).Le guide doit informer le : lecteur sur ce qu'il faut faire et ne pas faire lorsqu\u2019on visite la ville ou la campagne du Moyen Âge.Elles doivent êtres liées: | aux us et coutumes; ( à Ja hiérarchie sociale; | aux modes de vie; À l\u2019économie: | À Ja religion (l'Église); Ÿ À l\u2019agriculture: à l'instruction: ÿ aux institutions politiques. CO ROR VÉLO.VALÉ D Résultat attenou : PR ee SSSR Prodwire un guide touristique historique permettant à un voyageur du 20e siècle de inspirer de ce qui a réellement existé (exemple: nom de bourg ou de seigneur, plan d'un bours, etc.) Votre guide devra faire ressortir les caractéristiques de cette société.Vous devrez expliquer au lecteur comment faire une bonne visite du site choisi en comparant constamment la société du Moyen Âge avec la nôtre.isiter un bourg ou une seigneurie du Moyen Âge.Vous devrez créer vous-même un bourg ou une seigneurie, mais vous pouvez vous Le guide devra contenir : Un site Une introduction qui explique au lecteur le pourquoi d'un tel travail (ie.expliquer les similitudes et différences de la vie du Moyen Âge et de la nôtre dans la vie d\u2019un bourg ou d'une seigneurie ).Une description de la vie dans la ville ou la campagne.Des images ou photos qui viendront appuyer votre texte.Une carte de la ville ou de la seigneurie que vous aurez créée.Vous devez identifier les éléments les plus importants de la carte à l\u2019aide d'une légende (ex.: les bâtiments et lieux importants).La visite d'un lieu caractéristique de la vie À la campagne ou A la ville (ex.: 1a cathé- drale, le monastère ou le château).Vous devrez également ajouter la visite d'un autre lieu de votre choix (ex: le oulin, la foire, la banque, l\u2019université, etc.) Une conclusion qui résume la comparai- son (similitudes et différences) que vous aurez fait tout au long de votre guide entre la vie au Moyen Âge et la nôtre.Le guide historique sera présenté à la classe avec le canon et remis à l\u2019informa tique.Vous devez donc le créer sur support informatique à l\u2019aide du logiciel Avec lequel l\u2019équipe se sent le plus A l\u2019aise (format Word, Power Point ou Web.).TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 19 TN Etapes du projet < Description Temps (approx.) Lecture introduction Moyen Âge (Dauphinais) p.158 à 161 1 période | Lancement du projet | Choix: seigneurie ou bours Recherches préliminaires, 6 sections Du livre (1 par élève) 2 périodes Préparation ' http://www.protic.net/profs/jp/texte/ francais/plans-detailles.html Plan détaillé (synthèse) et Glossaire.3 périodes : Préparation questionnaire J (10 questions ouvertes) Partage des connaissances (jeu) 1 période 0 LE GViDE: planification du iravail 1/2 période Recherche d'informations et d'images 5 périodes( Traitement ct sélection de information N Format et organisation du guide | Présentation Canon et remise informatique 2 périodes Réflexion i | Évaluation et critères: L rojet: Moyen Age Critéres A |B C D Notes, remarques Equipe: 1- Introduction -Informe le lecteur sur les intentions du guide historique.-Respecte SA,SP,SD.2- Qualité de la langue (orthographe, grammaire, ponctuation, { syntaxe) 3- Respect des consignes générales et des différentes étapes du projet 4- Photos et images: - Min, 10, max.15 - pertinence par rapport au texte - Description de la ville ou la campagne - fieu(x) à visiter (Au moins deux) 7- Fait ressortir les différences et similitudes entre la société du Moyen Âge et la société contemporaine.8- Présentation orale: - Qualité du francais oral - Participation de tous i 1 &_ 5- Carte: - clarté - légende 6- Contenu historique | i i i Originalité Commentaires : Cote globale Comme \\ fravall Le travail en projet Commentaires ve de Grille d'auto évaluation Correspondance des cotes (par critère): bourg, Une pe Projet : La Masen-Âge A Maîtrise au delà des attentes Du critère évalué in B Très bonne maîtrise du critère évalué 5 Planifie bien son travail C Maîtrise minimale Du critère évalué or A B CD D Maîtrise insuffisante du critère évalué once A : ç > Correspondance des cotes globales: 5 A BCD Tessor Réalise le travail qu\u2019illelle) s était A Maîtrise au delà des attentes de quelques-uns ln engagéle) à faire des critères évalués et très bonne maîtrise des ds A BCD autres critères.n A B CD L'élève démontre clairement qu\u2019il a dépassé les ot A BCD exigences minimales du projet Dans son ensem- il, A BCD ble ou dans son produit fini.S vu Respecte les échéances hier AB CD Très bonne maîtrise de l\u2019ensemble des critères ots A B CD évalués.un A BCD L'élève démontre clairement qu\u2019il atteint les Cp AB CD objectifs et respecté la plupart dDes exigences DU yy Respecte les décisions de l\u2019équipe projet.\u201came A BC D A BCD C Maîtrise minimale de l\u2019ensemble des critères De ph A B CD évalués.li A BCD L'élève démontre mne faiblesse en rapport avec | hey Écoute les autres quand ils parlen certains aspects du projet et/ou un non-respect A BCD de certaines exigences.tte AB CD fi AB CD D Maîtrise insuffisante de plusieurs des critères Ml AB CD évalués.fey, A mn rôle actif au sein de l\u2019équipe L'élève dDémontre clairement qu\u2019il n'a pas atteint le AB CD les objectifs du projet et/ou qu'il n\u2019a pas respec- a A BCD té plusieurs de ses exigences.Ny AB CD bg , oA B CD , fo, a A a A \u20ac jo tng 22 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FEVRIER 2001 I | IN is \u2018 al Comme ce projet permet de travailler seulement sur la vie de la seigneurie ou du bourg, nous avons prévu une période d'exploration afin de mettre en contact tous les élèves avec la matière.Ils ont donc eu à lire une partie du chapitre concernant la matière sur laquelle ils ne travailleraient pas et ils devaient faire ressortir les mots importants, inconnus ou peu clairs.Ils en ont fait une liste avec leur définition.Puis, chacun des élèves compare ses définitions avec les autres membres de l\u2019équipe.Si vous travaillez avec un cahier d\u2019exercices ou des notes, vous pouvez trouver un moyen de leur faire compléter afin qu\u2019ils aient quelque chose de concret à étudier (si vous faites un examen bien-sûr!).De plus, lorsque cela était fait, les élèves devaient entreprendre leurs propres recherches pour la ville ou la seigneurie qu\u2019ils devaient bâtir en équipe.Ils ont donc dû faire des recherches préliminaires dans les différentes sections de leur volume de classe (étape 4) et, ensuite, préparer un plan détaillé de ce qu'ils allaient écrire (étape 5).En même temps, chacun préparait 10 questions de type ouvertes afin de pouvoir participer à un jeu de partage des connaissances.En effet, comme nous l\u2019avons précédemment mentionné, les élèves étaient experts sur une partie de la matière.Une fois ces questions composées, nous les changions d'équipe afin qu'ils se retrouvent avec des élèves qui étaient experts sur un autre aspect de la matière.Ils partageaient alors toutes leurs connaissances en se posant des questions (ils avaient alors droit à leur volume de classe).Puis, nous les faisions revenir en groupe expert (seigneurie ou bourg) et nous faisions un grand jeu de classe avec toutes leurs questions (où les équipes jouaient les unes contre les autres).À la suite de cela, les équipes travaillaient sur leur projet respectif (étape 8).Ce projet se rapproche de la nouvelle façon de faire que préconise la réforme de l\u2019éducation mise en place cette année.La présentation de ce projet dans cette revue se voulait une façon de vous faire partager ce qui est fait par des stagiaires lors de leur stage afin de vous inspirer des idées pour vos propres classes.* N.D.L.R.: Si vous avez perdu votre latin.Labor omnia vincit improbus: le travail opiniâtre vient à bout de tout.r\u2014\u2014\u2014=\u2014=\"=\u2014==\"=\"=\"=\"\"==7=7 VOUS DEMENAGEZ ?INFORMEZ-NOUS! 3 > 7 Communiquez avec : Louise Hallé 295, Moisan Saint-Augustin (Québec) G3A 1K8 (418) 8/8-3407 INale@mediom.qc.ca \u2014 en EE Em Gm mn Gm mv fs we Ro Ee Ew Ew A em mn mm EE ee mmm mmm mmm mn hrm mm mm mm em mm \u2014 r- \u2014\u2014\u2014 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FEVRIER 2001 23 RIERA An DANIELLE QUINIOU Communication présentée à Québec, en octobre 2000, dans le cadre du 3e Congrès de la SPEGHQ PROFESSEURE DE SCIENCE POLITIQUE \u2014 CÉGEP AHUNTSIC LE CONTEXTE Le monde est en pleine mouvance, c\u2019est un constat généralisé et extrêmement médiatisé.Face à la mondialisation et à ses effets, face à des sociétés qui se sont complexifiées, face à des entités gigantesques, lointaines et puissantes qui semblent déterminer les choix des sociétés, un sentiment d\u2019impuissance et de perte de pouvoir du citoyen est désormais hélas partagé par un nombre croissant de gens.Le ministère de l\u2019Éducation a, fort louablement, réagi à cette nouvelle donne en instaurant désormais un cours d\u2019Éducation à la citoyenneté dans le curriculum des élèves du Québec.Il en fait une compétence transversale qui se retrouvera tout au long de la formation de l'élève du moins jusqu\u2019à la fin du niveau secondaire.Ce sont désormais les disciplines de l\u2019u- 24 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 Éduq uer à la citoyenneté: FORMER LES ENSEIGNANTS SELON LEURS BESOINS ORS DU CONGRÈS DES PROFESSEURS DE SCIENCES HUMAINES DU QUEBEC EN OCTOBRE DERNIER, J'AI EU LA CHANCE D'ÊTRE INVITÉE À PRESENTER UN ATELIER PORTANT SUR LE THÈME DE «L'ÉDUCATION À LA CITOYENNETÉ».DEPUIS LA RÉFORME ENGENDRÉE PAR LE NOUVEAU PROGRAMME, UNE ZONE D'INCERTITUDE S'EST ÉTENDUE AU-DESSUS DE LA COMMUNAUTÉ ENSEIGNANTE.PARMI LES NOMBREUSES INTERROGATIONS SOULEVÉES PAR CETTE DERNIÈRE, RESSORTENT NOTAMMENT LA DÉMARCHE DE «L'APPROCHE-PRO- JET» ET L'INTRODUCTION, DANS LE CURRICULUM DE L'ÉLÈVE, D'UNE COMPÉTENCE TRANSVERSALE: L'ÉDUCATION À LA CITOYENNETÉ.CE TEXTE VISE À REPRENDRE L'ESSENTIEL DE MA COMMUNICATION ET IL CIBLE PLUS PARTICULIÈREMENT LES ÉLÉMENTS SUIVANTS: EFFECTUER UN RAPPEL DU CONTEXTE ACTUEL, IDENTIFIER CE QU'EST LE CONCEPT DE CITOYENNETÉ, COMMENT INTRODUIRE LA NOTION DE CITOYENNETÉ DANS LE CADRE D'UNE APPROCHE-PROJET ET, ENFIN, TRAITER DE LA NÉCESSITÉ POUR LES ÉDUCATEURS D'OBTENIR UNE FORMATION ADAPTÉE À LEURS BESOINS.nivers social qui serviront de courroie de transmission de cet univers qui touche à la fois le domaine du savoir et celui de l'être.Récemment, le ministère informait la communauté enseignante des objectifs concernant le Programme d'études du primaire.Voici comment il énonce ses intentions: «la géographie et l'histoire à l'école permettent l'ouverture sur le monde, (.) l'acquisition de repères et de clés de lecture, permet à l'élève de saisir le sens des transformations et le conduit à s'engager et à participer, en tant que citoyen responsable, au devenir de son territoire, de sa société et de ses institutions démocratiques»! .Et le ministère de compléter en identifiant les apprentissages communs au domaine de l'univers social: \u2014Lire, de façon rigoureuse et systématique, des réalités sociales et territoriales d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs; \u2014Construire sa conscience sociale et sa conscience territoriale; \u2014Agir en citoyen responsable et éclairé.Il y a là un mandat ambitieux mais combien passionnant.De ce programme d'action il faut, à notre avis, retenir les éléments suivants.Des bases solides de connaissances sont indispensables à la prise de conscience de soi comme partie prenante de la société.La géographie et l\u2019histoire, disciplines trop longtemps négligées, feront un retour en force et c\u2019est tant mieux.Car comment développer un esprit critique chez l'être humain s\u2019il ne possède pas une conscience claire de ces deux dimensions dans lesquelles il s\u2019inscrit, l'espace et le temps.Cependant, à la lecture du reste du document, la conception que le ministère se fait d\u2019une Éducation à la citoyenneté n'apparaît pas aussi clairement que pour celles de l'Histoire et de la Géographie.«prendre position, nuancer son point de vue et exercer son jugement critique tout en faisant preuve de créativité (.), l\u2019élève s'affirme et interagit positivement dans le respect des autres tout en exploitant l'nlom prend pra ge I ny infrodu sion tr salle ¢ Maissan de lé social mente de cel cation saurait lisa Biss Fong fons des in enor d'autre Hors fh I: ne fr Ss | ab Pe rame fe ar Vas je con pes scene Rae raphe ps fre feront fod met if ar ins er : deux pele gi pe J [ov pre $ Lid i pouf dl pur int i ett jo ie po sp at l'information afin de comprendre des situations- problèmes liées à la dynamique sociale».II m\u2019apparaît qu\u2019il y a ici introduction d\u2019une dimension très différente de la seule acquisition des connaissances puisqu'elle parle de l'élève en tant qu\u2019acteur social et d'agent de changement en devenir.Il découle de cette remarque que l\u2019éducation à la citoyenneté ne saurait se limiter à l\u2019apprentissage théorique de connaissances sur la démocratie, le fonctionnement des institutions qui nous régissent, des droits fondamentaux ou encore de la connaissance d\u2019autres cultures.2.LE CONCEPT DE CITOYENNETÉ Le ministère poursuit: «Toutefois l\u2019énoncé de politique éducative L'école, tout un programme rattache l'éducation à la citoyenneté, plus particulièrement au domaine de l'Univers social, lequel demeure un lieu privilégié d'initiation au politique et au culturel.On y développe les compétences indispensables à l\u2019agir responsable d'un citoyen éclairé dans une démocratie»?Le défi majeur de l'Éducation à la citoyenneté qui en découle est donc, à notre avis, le développement de cette conscience aiguë que l'Humain est un ayant droit, mais aussi un ayant devoir.Le concept de citoyenneté est un concept particulièrement complexe.Selon les auteurs, des classifications différentes sont proposées, mais de manière générale, elles recoupent selon T.H.Marshall 3 les trois secteurs suivants: la citoyenneté civile, la citoyenneté politique et la citoyenneté sociale.Trois citoyennetés La citoyenneté civile réfère aux constituantes essentielles du cadre civique commun.Il s\u2019agit d'identifier clairement les principes de base sur lesquels s'articule l\u2019organisation politique, économique et sociale de la société concernée.On fait ici référence aux droits fondamentaux ainsi qu'aux institutions qui les protègent, cours de justice et tribunaux.II existe par ailleurs également une citoyenneté politique.Celle-ci fait davantage référence au cadre à l'intérieur duquel se prennent les décisions communes, les mécanismes mis en place pour organiser de manière ordonnée (du moins c\u2019est l'objectif poursuivi) les décisions qui affecteront l\u2019ensemble de la société ou des fragments importants de celle-ci .On parle alors du droit de vote et des mécanismes de prise de décision que constituent les institutions parlementaires et gouvernementales.Enfin, la citoyenneté sociale porte sur les valeurs soutenues par la société quant aux rapports entretenus entre ses citoyens (justice, équité, rejet de l'exclusion, égalité etc.), les droits et les institutions qui y sont associés (système d'éducation, services sociaux etc).On voit donc que l\u2019éducation à la citoyenneté peut, dans le cursus scolaire de l'élève, constituer un filon intégrateur autour duquel peut s\u2019ordonner une partie de l'enseignement.En effet, elle constitue un lieu de convergence d\u2019interrogations, de connaissances et de pratiques au potentiel très riche pour les milieux d\u2019enseignement.La citoyenneté selon le gouvernement du Québec Un avis émanant du Conseil des relations interculturelles (1997) et soumis au gouvernement du Québec identifiait les quatre principales constituantes du cadre civique commun des Québécois comme étant: e Le Québec est une société démocratique et pluraliste, * il y existe le principe de LA RÉFORME la primauté de la Loi, ainsi que le respect des droits fondamentaux de tous les citoyens et plus particulièrement, la liberté, l'égalité, la sécurité et la solidarité.* enfin, le partage d\u2019une langue publique commune: le français*.3.L'ÉDUCATION À LA CITOYENNETÉ PAR UNE APPROCHE\u2014PROJET L'orientation pédagogique proposée par le ministère requiert, « que l'élève s'engage, individuellement ou en équipe, dans une démarche de construction du réel débouchant sur une représentation qu'il doit exposer aux autres élèves.L'élève doit se questionner, s'approprier des situations-problèmes, chercher de l\u2019information, la traiter, dégager des réponses, réaliser des productions, communiquer le résultat de ses recherches et le comparer à celui d\u2019autres élèves, prendre position, nuancer son point de vue et exercer son jugement critique tout en faisant preuve de créativité.Enfin, l'élève s\u2019affirme et interagit positivement dans le respect des autres tout en exploitant l'information afin de compren- TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 25 mmm .former les enseignants.dre des situations\u2014pro- blèmes liées à la dynamique sociale.» On peut facilement imaginer que l'enseignant se sente rebuté par des ambitions qui, aussi louables soient- elles, ne dégagent rien de concret pour l'enseignant qui est d\u2019abord un praticien, une personne de terrain.En tant que praticienne de l\u2019enseignement au niveau collégial depuis de nombreuses années, j'ai eu l\u2019occasion d'être moi aussi confrontée, dans le cadre d\u2019une réforme, à une pédagogie basée sur l\u2019approche-projet.L'expérience que mes collègues et moi-même en avons faite révèle qu'il s\u2019agit d\u2019une approche pédagogique qui peut être très intéressante pour l'élève.En effet, celui-ci peut organiser ses savoirs autour d\u2019une thématique intégratrice en plus de mettre à contribution des habiletés et des savoir\u2014 être sans lesquels le projet ne peut atteindre son objectif.L'approche-projet peut donc contribuer à contenir le problème qu\u2019 Edgar Morin énonce en ces termes: «La suprématie d\u2019une connaissance fragmentée selon les disciplines rend souvent incapable d'opérer le lien entre les parties et les totalités et doit faire place à un mode de connaissance capable de saisir les objets dans 26 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 leurs contextes, leurs ensembles».6 L'approche-projet justement peut favoriser une intégration des apprentissages, et la citoyenneté constitue par son essence même, un grand thème intégrateur.L'approche-projet, exige de la part de l'élève une grande implication dans ses apprentissages.Il devient l'acteur de ses propres apprentissages alors que l'enseignant joue alors davantage un rôle de facilitateur auprès de l'élève.Bien sûr cela modifie grandement les rôles appris et joués par ces deux acteurs d\u2019une classe: l'élève et l\u2019enseignant.Le projet mené par l'élève ou la classe dans son ensemble, peut devenir un élément de motivation extraordinaire, car chaque projet s'inscrit dans un monde concret dont les résultats sont observables, et sur lesquels les élèves ont pu agir.L'éducation à la citoyenneté doit s'adresser à l'élève là où il en est dans son développement et sa perception du monde.Quand il est jeune il connaît son environnement immédiat, mais on doit l\u2019encourager à s'ouvrir à des horizons beaucoup plus vastes au fur et à mesure qu'il prend de la maturité et que sa perception du monde s\u2019élargit.Prenons, à titre d'exemple, le concept très abstrait des droits.Le jeune élève sait fort bien utiliser l'expression «j'ai le droit de».Cela constitue un excellent point de départ pour faire l\u2019apprentissage de la citoyenneté et amener l\u2019élève à intégrer le pendant si souvent occulté des droits, celui des devoirs et responsabilités ! Parler de «droits» c\u2019est faire référence à un concept abstrait, mais par contre, élaborer en classe une charte des droits et des responsabilités de chacun ne l\u2019est pas, c\u2019est un acte concret.On pourrait par ailleurs songer à étendre l\u2019idée d\u2019une charte des droits à l\u2019école.On pourrait aussi, pourquoi pas, faire faire un exercice à la maison, une charte entre frères et soeurs autour de l\u2019utilisation de certains appareils (télévision, ordinateur) ou encore en fonction de l'occupation d\u2019espaces, de distribution de tâches etc.Faire une charte de l\u2019environnement dans l\u2019école, voilà aussi un beau défi! Une fois ce principe compris par l'élève, on peut ensuite aborder la question des droits à un niveau de plus en plus global: les Droits au Québec, au Canada, dans d\u2019autres pays et, enfin, au niveau international.Bien entendu, il ne faut pas oublier, dans ce processus, d\u2019insister sur les conséquences de labs du non (dicat 41 H EE ADT Pour 9 AUSSI à sueu TÉe des permet ft nig sein Une for fenne à leur Tomb, ête à egg lé part de fombr Ure 4 le devra ng lack hu My Témy ls dy du (ity Le jeune utiliser e doi nese it pour de la er él dent si duit respon- st tre pncept contre, > charte sa est pas et On ; songer » dre le, On al iced ¢ ene qur de tains , ore n fon , dr on & até da jbl one ait 0 dès le pl ais de in & | Bet bl Jr oi de l'absence de ces droits ou du non-respect de ceux\u2014ci (dictature, violence etc.).4.LA NÉCESSITÉ D'UNE FORMATION DES ENSEIGNANTS QUI SOIT ADAPTÉE À LEURS BESOINS Pour qu\u2019un projet éducatif aussi ambitieux soit viable, seule une contribution éclairée des enseignants pourra permettre d'atteindre l\u2019objectif fixé par le ministère.Il m'apparaît essentiel que les enseignants puissent obtenir une formation qui les soutienne dans les objectifs liés à leur nouvelle tâche.De nombreux thèmes peuvent être abordés dans le cadre de l'éducation à la citoyenneté, mais cela exige de la part des maîtres un certain nombre de connaissances.Une formation portant sur le Québec et le Canada devrait, à notre avis, inclure une connaissance de ses caractéristiques, physiques et humaines, ainsi que des mécanismes qui régissent les rapports entre ses citoyens, les droits, la participation du citoyen, les institutions.Une connaissance minimale sur l\u2019état du monde actuel m\u2019apparaît incontournable.Cette connaissance pourrait s\u2019articuler autour des deux poles d\u2019interrogation suivants: quels sont les acteurs principaux de la scéne contemporaine (qui?quoi?ou?), quels sont les grands enjeux mondiaux (pourquoi?comment?).De nombreuses thématiques particulières se greffant aux deux pôles de questionnement, pourraient être alors abordées.A titre indicatif mentionnons: e des régions; \u2014 les Amériques par exemple, * l'eau comme enjeu entre les peuples du monde, quelles règles pour qui?- les Droits de l'homme, * ce que j'achète ça vient d\u2019où?et comment ça m'est parvenu?* la place des enfants dans notre monde; \u2014 les enfants et la guerre, les enfants ont-ils des droits?l\u2019école moi j'y vais et toi?les enfants et le travail dans notre monde * je parle français.comme toi (francophonie dans le monde), etc.Ces quelques exemples démontrent qu\u2019il sera difficile pour l'enseignant de démarrer un projet dans sa classe sans un certain bagage de connaissances, d\u2019outils et de stratégies d'apprentissage sur lesquels il peut s'appuyer.La citoyenneté, à l'heure de la mondialisation, c'est penser globalement ,mais agir localement.Il serait donc très approprié que les enseignants disposent de connaissances solides sur le plan local, national et enfin international pour amener leurs élèves à s'ouvrir à la communauté du quotidien, du Québec, du Canada et enfin du monde.Les préalables de la réussite de la réforme impliquent, à notre avis, une compréhension claire de ce que signifie le concept de citoyenneté.Cela devrait constituer le fondement de cette démarche dans la formation du maître.Une compréhension suffisante des principales formes que la citoyenneté peut revêtir, complétée par une expérimentation d'activités concrètes pour chacune de ces formes de citoyenneté en tenant compte des niveaux de la citoyenneté qui s\u2019élabore d\u2019abord au niveau local pour atteindre enfin le niveau international.Cela n'implique pas que nos enseignants deviennent poli- ticologues ou juristes avant d\u2019être en mesure d\u2019accomplir leur tâche.Cela exige cependant, une formation à la fois bien ciblée sur le plan de l'information qu\u2019il conviendra de véhiculer et sur des activités d\u2019apprentissage concrètes (exercices pratiques et simulations de situations) m\u2019apparaissent des avenues prometteuses pour atteindre les objectifs fixés par le ministère.NOTES : 1 Extrait de Géographie, histoire et éducation à la citoyenneté aux 2e et 3e cycles du primaire, Ministère de l'Éducation du Québec, Juin 2000, p.255.2 Idem, p 256 3 T.H.Marshall (Citizenship and Class, 1950), cité par F.Desroches, in REES, Anthony M.; «T.H.Marshall and the Progress of Citizenship», in Citizenship Today, the contemporary relevance of T.H.Marshall, Ed.Martin Bulmer et Anthony M.Rees, 1996, p.5 4 Un Québec pour tous ses citoyens, Avis émanant du Conseil des relations inter- culturelles, février 1997, p.27.5 Extrait de Géographie, histoire et éducation à la citoyenneté aux 2e et 3e cycles du primaire, Ministère de l'Éducation du Québec, Juin 2000, p.256.6 Edgar Morin, Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur, Seuil, septembre 2000, p.12 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 27 pd Mai 1999 \u2014 juin 2000 GHISLAINE COUTURIER- TREMBLAY RESPONSABLE DE DOSSIER \u2014 SPHQ ANS LE BUT D'ASSURER UN RETOUR ÉCLAIRÉ SUR LE PROGRAMME ET SUR SES CONDITIONS D'IMPLANTATION, LE MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION A DÉCIDÉ DE DÉTERMINER DES ÉCOLES DITES CIBLÉES.LE PRINCIPAL OBJECTIF DU MINISTÈRE, EN CHOISISSANT CES ÉCOLES, ÉTAIT DE METTRE À L'ESSAI LA VERSION PROVISOIRE DU PROGRAMME, DE VÉRIFIER SON APPLICATION POUR PERMETTRE D'EN DÉGAGER LES POINTS FORTS, D'ANALYSER LES DIFFICULTÉS DE SON APPLICATION AFIN D'Y APPORTER DES CORRECTIFS.SOURCE Ministère de l\u2019Éducation Direction de la formation générale des jeunes Par ce mandat, la Direction de la formation générale des jeunes, avait comme objectif premier d'évaluer la pertinence et le réalisme du programme du premier cycle du primaire et de ses conditions d'implantation et, en deuxième lieu, de dégager les besoins de formation et les conditions essentielles à l'application de ce programme en allant recueillir des informations auprès d\u2019enseignants.La démarche pour l\u2019expérimentation comprenait quatre étapes, à savoir: - le perfectionnement du personnel enseignant choisi; - l'expérimentation dans les classes; - l\u2019objectivation sur la pertinence et le réalisme du contenu et de son application; - l'évaluation de l\u2019expérimentation et la production d\u2019un rapport.Cette démarche a nécessité l'appui d\u2019un membre du personnel de la Direction de la formation générale des jeunes qui a assumé la coordination de l'animation et 28 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 de la formation offertes au personnel enseignant sur la compétence, le Programme des programmes et les différents programmes disciplinaires.L'objectif a été, durant toute la démarche, de rassembler des données venant des milieux d\u2019expérimentation qui permettaient d'évaluer la pertinence et l'application du nouveau programme.Le mandat était de vérifier, de façon toute particulière, les fondements scientifiques du Programme, son apport sur les apprentissages des élèves, sa réponse aux attentes de la société, etc.La Direction de la formation générale des jeunes a offert vingt journées de formation pour les enseignants et sept pour les directions d'école.Chacun des membres du personnel enseignant participant était invité à un minimum de quatre de ces rencontres qui réunissaient des membres de différentes écoles.Cette formation offerte aux membres du personnel enseignant a porté sur la conception de situations qui favorisent le développement de compétences.En d\u2019autres mots, l'élément central de l'exercice était le plus souvent la démarche pédagogique que l\u2019on cherchait à maîtriser pour ensuite déterminer les compétences dont elle favorisait le développement.C'était a partir de l'expérience, des valeurs et du profil professionnel de chaque enseignante et enseignant.Le moyen utilisé par la représentante du ministère pour l'appropriation du nouveau programme a été de partir de l'expérience du personnel enseignant, de leur faire découvrir les changements à apporter pour favoriser le développement de compétences et de les inciter à cheminer dans le sens de la réforme.Les différents types de compétences, c'est-à-dire, les compétences transversales, les compétences reliées aux domaines d'expérience de vie et les compétences disciplinaires étaient présentées par une situation pédagogique se rapportant à ces différents types de compétences.Il faut dire que la majorité des enseignants participants, ceux des seize écoles ciblées (neuf écoles francophones, dont une école privée et deux écoles anglophones) étaient généralement volontaires pour expérimenter le nouveau prog accom démar {anim pidge miner fons démar ppc vent d pier pertine reg de do i pr écoles enlg lou dou desan all pr Mise | smb) provin Pare on pa Progr tag les 5, In lèment etait le marche Mn der Ju En come fic le était à ce, des pros ele ar i instère an ét à J i ie du md fir les parer lopye: sel de y das pan pe.ls Se Ts is programme et être ainsi accompagnés dans leur démarche par une équipe d'animation et de conseillers pédagogiques.Pour déterminer les différentes conditions d'implantation et les démarches à suivre, les appréciations positives doivent donc être jugées avec prudence en regard de la pertinence et du réalisme du programme.Des collectes de données ont également été prises en dehors des écoles ciblées et chez des enseignants plus critiques à l\u2019égard de la réforme afin d'ajouter des correctifs et des améliorations à apporter au programme quant à sa mise en œuvre dans l\u2019ensemble des écoles de la province.Par les réactions recueillies, on peut dire que le nouveau programme est pertinent dans son ensemble.Les commentaires recueillis sur le contenu du programme sont les suivants: «L'orientation retenue derrière le nouveau programme est bonne pour les enfants.» * «C'est bien d'accorder plus d\u2019importance a la culture.» e«C\u2019est une bonne idée d\u2019avoir introduit des compétences transversales dans le programme.» e«C\u2019est bien d'aborder les contenus par compétences, ça rapproche l\u2019école de la vraie vie.» e«Le nouveau programme devrait permettre d\u2019améliorer l'efficacité de l\u2019école.» «Sur le fond, c\u2019est un bon programme même s\u2019il suscite des inquiétudes à d\u2019autres niveaux.Les commentaires recueillis sur le rôle des pédagogues sont: «Les enseignants seront moins dans la fonction de contrôle.» «Les enseignants disposeront de plus de temps pour réfléchir; ils seront moins captifs de leurs activités.» e«Les enseignants auront plus de latitude dans l\u2019exercice de leur profession.» «Les enseignants seront mieux en mesure de bien connaître leurs élèves.» e«L'\u2019organisation par cycle va favoriser le travail d'équipe entre nous.» «Avec l\u2019organisation par cycle, on n\u2019est pas seul responsable de porter un jugement sur ses élèves, ça devient une responsabilité partagée.» Ce jugement favorable laisse croire que la réforme et I'orientation choisie pour la mettre en oeuvre sont relativement bien acceptées par le milieu scolaire.La pédagogie du projet, plus ouverte, laissant une plus grande part à l'initiative et à l'autonomie de l\u2019élève, tout en amenant les élèves à objectiver leurs apprentissages, a été proposée aux enseignants des écoles ciblées.Et voici les commentaires au sujet de cette orientation pédagogique suggérée: «Le travail en situation de projet est une bonne chose.» «La pédagogie du projet permet un enseignement plus différencié.» «La pédagogie du projet est très près de ce qui se fait en plusieurs endroits en enseignement des arts, notamment de la musique.» e«La démarche d\u2019objectivation des apprentissages donne des résultats intéressants avec les élèves.» Et enfin, deux enseignants formulent: e«C\u2019est beau, les projets, mais il faut continuer d\u2019enseigner.» Des questions se posent donc sur l'efficacité de cette pédagogie.Néanmoins, les rapports sont très favorables lorsqu'on s\u2019interroge sur la dimension pédagogique au regard des élèves.«Les enfants sont plus heureux.» «Cette pédagogie leur donne la possibilité d'aller plus loin.» e«Les enfants s'approprient davantage leur rôle d\u2019apprenants.» «Les enfants deviennent acteurs dans leur démarche d'apprentissage.Ils ne sont plus passifs, ils sont au centre de leurs apprentissages.» e«Les enfants maîtrisent mieux ce qu'ils ont appris; ils sont plus conscients de leurs apprentissages.» Et les ajoutent: orthopédagogues e«Les enfants en difficulté sont plus stimulés; ils sont plus dégagés et mieux disposés pour réaliser des apprentissages.» * «Les enfants dysphasiques apprennent davantage et sont plus motivés.» Par contre, plusieurs critiques sont apportées sur les éléments de contenu du programme: e«Sur le plan de la communication, le Programme des programmes est une redite si on le compare au programme de français.Pourquoi alors cette compétence transversale?» e«La portée et l'utilité des compétences transversales ne sont pas toujours évidentes.» *«Le programme d\u2019éducation préscolaire est incomplet.II manque les disciplines et le développement cognitif.» TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 29 fii LA REFORME .ecoles ciblées.e«Retirer les sciences de la nature au premier cycle est un recul.» e«Le programme d'arts occupe trop d'espace proportionnellement aux autres programmes.» e«L'intégration de l'éducation à la santé au programme d'éducation physique ne va pas de soi; elle pourrait menacer la place actuelle de l'éducation physique.» e«Il n\u2019est pas logique de trouver un plus grand nombre de compétences en enseignement moral et religieux qu'en français, langue maternelle.» e«Le programme d\u2019éducation préscolaire ne devrait pas être séparé du premier cycle.» e«Le concept de compétence, tel qu'il est défini dans le programme; ne construit pas sur du connu.Ca prête à confusion, c'est difficile à comprendre.» e«Le lien entre compétence et socioconstructivisme n\u2019est pas évident.Il faudrait l\u2019expliciter davantage.» Il y a donc des divergences quant aux éléments du contenu du nouveau programme.Les enseignants participants soulignent l'importance du changement représenté par l'application du nouveau programme.Il est cité dans le rapport que: 30 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 e«Le nouveau programme exige un changement de mentalité.» «Le nouveau programme, c\u2019est un changement de culture.» «Les enseignants devront passer d\u2019une attitude attentiste à une attitude proactive.» «Tous les enseignants ne sont pas prêts à être des animateurs, des coordonnateurs d'apprentissage.» e«Je ne peux plus être la seule leader de la classe.» el orientation est bonne, mais susciter l\u2019adhésion de tous ne se fera pas du jour au lendemain.» Il est ajouté dans les commentaires que: e«L'appropriation du nouveau programme sera un long processus qui demandera du temps.» e«Il faut accepter de laisser venir les choses, de prendre le temps nécessaire.» e«Nous aurons besoin de temps pour approfondir le programme.» *«Nous ne pouvons plus travailler isolément; il faut nous concerter et ça prend du temps.» e«Nous aurons besoin de temps et d'entraide.Par exemple, on pourrait créer un lieu d\u2019échange au niveau régional.» e«C\u2019est un changement de pratique exigeant.» e« Etc.» Pour la plupart des enseignants, la mise en oeuvre du nouveau programme demandera du temps, du soutien et de l'entraide afin qu'ils puissent s'adapter à cette nouvelle présentation des contenus et à cette transformation dans la façon de faire acquérir des connaissances et des apprentissages durables aux élèves, c\u2019est-à- dire, des compétences.La pédagogie du projet apporte aussi des commentaires, les voici: «Avant de l'essayer, je ne croyais pas qu'on pouvait partir des enfants pour passer les contenus.» e«Je ne pourrai plus jamais enseigner comme avant.» «La pédagogie du projet donne des résultats très intéressants, mais elle exige beaucoup des enseignants et elle suppose des conditions matérielles facili- tantes.» e«Ce n\u2019est pas facile de toujours être en projet.» *«La pédagogie du projet ne nous permet plus de faire tout le monde la même chose en même temps.C\u2019est plus demandant.» e«Ce n\u2019est pas évident de trouver l'équilibre entre le processus et le produit, entre laisser travailler les élèves et contrôler les apprentissages.» e«C\u2019est exigeant, la péda- gg dedu \u201cles face prog { Ona forma dupr \u2018Pour rai \u201cen ge Mien de @ By gnent école poss] lesa Talk gard as le Pid diff; Élève Équipe Sont le \u2018Les les dime fig, ! es | Mi bry \u201clg à k J 1, Ce Om ent Un vy C fie uy tds en gel Tamme ps, du de afin gpl à ion pirans- on de mal sages Cat ç port me pee ouval pout jamais ant.pra 5 très p au mais cond tall gogie du projet; ca demande du temps.» «Les locaux actuels ne facilitent pas le travail par projets.» * «On aura besoin de plus de formation sur la pédagogie du projet.» * «Pour bien faire, ¢a prendrait de l\u2019aide en classe.» * «Le programme et la pédagogie du projet préconisent le travail en équipe des enseignants.Or, pour les spécialistes qui enseignent dans plus d\u2019une école, ce n\u2019est pas toujours possible.» Les commentaires, quant au réalisme du programme en regard des élèves, sont tous aussi partagés et soulignent le caractère exigeant de la pédagogie du projet et la difficulté pour certains élèves de travailler en équipes.Ces commentaires sont les suivants: «Les élèves sont enthousiastes, ils sont motivés, ils aiment cette façon de faire.» «Les élèves travaillent plus même s'il y a plus de bruit.» «Les élèves réagissent bien à la pédagogie du projet.» e« C\u2019est intéressant de voir comment les enfants peuvent s\u2019entraider dans leurs apprentissages.» *« C'est parfois difficile de faire travailler les élèves en équipe.» -e«La pédagogie du projet exige plus d'effort de la part des élèves.Certains s'essoufflent déjà.» e«C\u2019est plus facile pour eux de travailler avec les manuels.» e«Ce n\u2019est pas toujours facile de partir des intérêts des enfants.On revient souvent à Pokémon.» Les commentaires à l'égard du contenu du programme portent sur le concept de compétence lui-même ou sur les contenus des programmes disciplinaires.Voici les commentaires sur les contenus: «Le programme ne comporte pas assez de balises pour nous guider dans notre enseignement.» e«Le programme devrait présenter des objectifs par année.» e«Les tâches intégratrices, c\u2019est trop complexe.» «Les programmes d'arts sont trop vastes.»» e«En musique, ça ne va pas de soi de travailler avec un programme ouvert.» «Après un an d'essai, on n\u2019a pas encore vraiment abordé les contenus disciplinaires dans esprit de I'approche par compétences.Changer notre pédagogie et s'approprier le Programme des programmes, c\u2019était déjà beaucoup.» e«Il nous faudrait l\u2019aide de bons techniciens pour assurer une bonne intégration des TIC.» Et voici les commentaires sur les compétences: e«Il n\u2019est pas facile de retrouver les compétences dans la réalité concrète, surtout dans le cas des compétences transversales.» e«I] faut de la formation continue pour réussir à travailler sur les compétences avec les élèves.» e «On arrive à travailler avec les compétences, mais ça demande un effort et il faut y mettre le temps.Ça exige qu\u2019on étudie vraiment le programme.» -e«Ça va bien, l'intégration des compétences transversales dans les projets, mais c\u2019est difficile avec les compétences des domaines d\u2019expérience de vie, surtout qu'il ne faut pas oublier les compétences disciplinaires.Ça en fait beaucoup.» L'organisation par cycle, avec le non- redoublement avant la fin du cycle et l\u2019évaluation sommative de fin de cycle sont les composantes dans le nouveau programme qui vont entraîner les plus grands changements.Voici les réflexions des enseignants même si cette façon de faire n\u2019a pas été mise à l'essai pour les fins de ce rapport: «L'organisation par cycle, c\u2019est une bonne chose, mais nous n\u2019aurons pas le choix: nous devrons nous concerter et ça va exiger du temps de rencontre.» e«Il y a bien des façons de penser l\u2019organisation par cycle.Ça nous prendrait plus d\u2019information et de la formation.» e«L'organisation par cycle, ce ne sera pas évident.Ça va bousculer nos habitudes.» e«Il n\u2019est pas certain que le non-redoublement soit une pratique à généraliser.Il y a des élèves à qui profite le redoublement de leur première année.» e«Le fardeau de l\u2019évaluation de fin de cycle ne risque-t-il pas de se retrouver sur les seules épaules de l\u2019enseignante de deuxième année?» D'après le rapport, l\u2019évaluation constitue un élément primordial dans l'implantation du nouveau programme.Les enseignants n\u2019en- seignent-ils pas ce qui est objet d'évaluation?Voici les commentaires sur l\u2019évaluation: «L'évaluation doit changer.» *«Nous manquons de modèles pour évaluer les compétences.» e«L'évaluation des compétences disciplinaires est plus facile à imaginer.» «Les compétences trans- TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 31 LA RÉFORME ali i iit! .ecoles ciblées.versales sont particulièrement difficiles à évaluer.» «Il n\u2019est pas facile d\u2019identifier ce que les élèves apprennent.» «Comment s\u2019évaluent des attitudes?» «En éducation physique, comment évaluer la dimension cognitive?Est- ce que ça ne risque pas d\u2019avoir un effet pervers sur l\u2019enseignement qui doit être centré sur l\u2019activité physique?» *«Il nous faudrait des critères de fin de cycle.» Quelques commentaires ont été formulés sur la nouvelle évaluation descriptive: e«Les élèves sont mieux informés de leur cheminement.» e«Les parents, après explication, ont plutôt bien réagi au nouveau bulletin.» e«Les parents ont été déçus du nouveau bulletin.» L'application du nouveau programme s'accorde mal avec le matériel pédagogique disponible dans les classes.Est-il possible de produire des outils pédagogiques respectant la pédagogie du projet?Voici des commentaires: *«Nous manquons d'outils pédagogiques pour appliquer le nouveau programme.» ol nous faut des éléments déclencheurs pour mettre les élèves en démarche.» * «Comment nous outiller pour pratiquer la nouvelle pédagogie?» *«Nous n'avons pas de titres de livres qui seraient adaptés au nouveau programme.» e«Les cahiers d\u2019exercices, c'est pratique et rassurant pour les jeunes professeurs.» *«Un guide d\u2019accompagnement du programme serait tres utile.» e«Les petites écoles auront- elles un budget suffisant pour acheter le nouveau matériel nécessaire?» L'application du nouveau programme demande chez les enseignants un changement dans les attitudes et les mentalités.Et, de plus, le contenu du programme avec les différentes compétences soulève des questions.En conclusion, deux questions se posent: - Quelles seront les façons de faire et les moyens utilisés pour une implantation réussie de ce nouveau programme pour l'ensemble du Québec?- Quelles compétences l'élève de ce début de 21e siècle aura- t-il besoin d'acquérir pour vivre en citoyen responsable, heureux et bien adapté à son milieu?32 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 EN oui! Pierre Cécil m'a demandé, encore cette année, de vous rappeler que vous avez tout intérêt à renouveler votre adhésion à la SPHQ DES AUJOURD'HUI C'est facile, vous n'avez qu'à utiliser (Ou à reproduire) le formulaire de la page 2 Vous pouvez même imprimer celui que vous trouverez sur notre site internet Ne tardez pas! Sinon.(4 Vous me reconnaissez 2) If EPA ASIC AC CANA SON DANG ORGA CRC COM Con Wike: 10 a Mt i ae Sea A ieee 3 Ë d 3 LE COMMANDANT WILLIAM WAKEHAM | La prise de possession du Grand Nord canadien en 1897 | MARIO MIMEAULT, MA HISTOIRE 1 HISTORIEN ET ENSEIGNANT À L'ÉCOLE ANTOINE-ROI DE RIVIÈRE-AU-RENARD, GASPÉ É E NOM DE WILLIAM WAKEHAM NE DIT PROBABLEMENT RIEN AUX PROFESSEURS D'HISTOIRE DU CANADA TANDIS QUE CELUI DE JACQUES CARTIER EST POUR EUX PLUS ÉVOCATEUR.LES DEUX HOMMES ONT POURTANT BEAUCOUP EN COMMUN.CARTIER EST VENU À GASPÉ EN 1534.WAKEHAM Y EST DEMEURÉ À PARTIR DE 1866.CARTIER ÉTAIT UN MARIN EXPÉRIMENTÉ.WAKEHAM A COMMANDÉ UN BATEAU DE PATROUILLE CANADIEN QUI A SILLONNÉ LES EAUX DU GOLFE SAINT-LAURENT PENDANT PRÈS DE TRENTE-CINQ ANS.CARTIER A REÇU UN ORDRE DE MISSION POUR PRENDRE POSSESSION DU CANADA AU NOM DU ROI DE FRANCE.WAKEHAM A AUSSI REÇU UN ORDRE DE MISSION, POUR PRENDRE POSSESSION DE L'ARCTIQUE CANADIEN AU NOM DU ROI D'ANGLETERRE ET DU CANADA.CURIEUX, QUAND MÊME, COMMENT LE DESTIN PEUT ORGANISER LES CHOSES! LE PREMIER A TERMINÉ SA MISSION À GASPÉ EN VENANT CHERCHER LA MOITIÉ DE CE QUI EST AUJOURD'HUI LE CANADA ET LE SECOND A COMMENCÉ LA SIENNE EN QUITTANT GASPÉ EN 1897 POUR ASSURER LE PAYS DE LA SECONDE MOITIÉ DE SON TERRITOIRE.ALORS, QUI PEUT BIEN ÊTRE CE WILLIAM WAKEHAM, QU'A-T-IL RÉALISÉ DE SI VALABLE ET COMMENT S'EST DÉROULÉE CETTE HISTOIRE?VOILÀ LE PROPOS DE CET ARTICLE?! au besoin la force avec l\u2019appui d\u2019une équipe d'hommes bien armés.Représentant du gouvernement, il avait pour tâche de voir au respect des conventions internationales reliées aux activités de pêche.Wakeham a de plus, avec ses années de services, développé quelque expérience dans les questions de juridiction territoriale et maritime.II lui a ainsi été demandé en 1893 de copré- sider une commission portant sur les problèmes frontaliers Canada-Etats-Unis.WILLIAM WAKEHAM, MÉDECIN ET INSPECTEUR DES PÊCHES.Le Dr William Wakeham était un médecin originaire de Québec.Son père y avait fondé une clinique pour alcooliques, la Belmont Retreat.Après des études commencées dans sa ville natale, le jeune Wakeham s\u2019est inscrit en médecine à l\u2019Université McGill.Diplômé de la faculté en 1866, il décide d'aller travailler à Gaspé où il pratique son art pendant dix ans avant de s\u2019en revenir à Québec rejoindre sa famille.Pendant les trois années suivantes, il prendra la relève de son père à la tête de la Belmont Retreat.Ce type de travail ne lui plaisant sans doute pas, William Wakeham reprend la route de Gaspé en 1879.Ce sera, cette fois- ci, pour de bon.Le gouvernement canadien venait d\u2019ouvrir un poste d\u2019inspecteur des pêches devenu vacant depuis peu et pour lequel on cherchait un médecin.Wakeham avait appliqué et obtenu l'emploi.Ce sera pour lui l\u2019occasion de se tailler une réputation de médecin dévoué et de fonctionnaire efficace.À titre d'Inspecteur des Pêches pour le gouvernement canadien dans le golfe Saint- Laurent et sur les côtes du Labrador, il avait à commander le vapeur La Canadienne et à patrouiller toutes les eaux de la côte est.Ses visites étaient l\u2019occasion de prodiguer ses soins à la population riveraine.Commissaire de police dûment mandaté, il tranchait les litiges entre les pêcheurs et les entrepreneurs.II distribuait les permis de pêche et faisait régner l\u2019ordre en employant UN PAYS EN DEVENIR Wakeham remplissait son mandat d\u2019inspecteur des péches depuis dix-huit ans quand s\u2019est achevée une série de développements politiques qui auraient dû le projeter à l\u2019avant-scène canadienne.Le Canada était alors un jeune pays en pleine construction.Constitué de quatre provinces au départ, il avait acheté les Territoires du Nord-Ouest de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1869, ajouté la province du Manitoba à ses frontières en 1870, négocié l'entrée de la Colombie Britannique dans la Confédération l\u2019année suivante et accepté l'adhésion de l\u2019Île- du-Prince-Edouard en 1873.L'organisation du pays se fait dès lors à grands pas, grâce surtout à la Politique nationale du Parti conservateur de John A.Macdonald.TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FEVRIER 2001 33 DOSSIER du \" ut i it Ho ibe i is .Wakeham .Le 17 août 1897, William Wakeham fait lever l'Union Jack sur l\u2019île de Kekerton et déclare formellement devant les Inuit, l'agent de la compagnie écossaise établie sur l\u2019île et ses officiers que le territoire est propriété canadienne.On finalise la construction du Canadien Pacifique en 1885, on peuple l'Ouest à la faveur d\u2019une immigration européenne massive et on structure l'administration des Territoires du Nord Ouest en quatre districts en 1895.Le pays étant maintenant, en 1897, lié d\u2019est en ouest du continent, le gouvernement envisageait la construction d\u2019un tronçon ferroviaire qui joindrait la capitale du Manitoba au poste de Churchill, sur la côte ouest de la Baie d'Hudson.De Ia, on pourrait relier les prairies à l\u2019Atlantique en développant un lien maritime qui passerait par le détroit d\u2019Hudson, mais on connaissait peu les temps de passage de cette voie navigable, bien que le gouvernement Collection Mario Mimeault ait déjà envoyé, en 1893, Andrew Robertson Gordon en étudier les courants.Le Canada rencontrait de plus un problème d'autorité sur ce territoire, tant terrestre que maritime.Le Dominion s\u2019était vu offrir en 1880 tout l'archipel arctique par le gouvernement britannique, mais les autorités canadiennes ne firent rien par la suite qui puisse être interprété comme une appropriation officielle du territoire ou comme une occupation effective, n\u2019au- rait-ce été que d'envoyer une mission de la Gendarmerie royale ou d'établir un poste de douane.C'était pourtant 500 000 milles carrés de territoire, déjà beaucoup plus que la superficie représentée par ses six provinces.C\u2019est aussi, si on 34 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 veut se faire une idée juste de sa superficie, l'équivalent de la moitié du territoire national actuel.Or, les Allemands, les Écossais, les Danois et les Américains fréquentaient depuis longtemps les régions arctiques assez régulièrement.Depuis assez longtemps, en tout cas, pour que les capitaines des navires baleiniers étrangers se pensent chez- eux.L'autorité canadienne n'étant pas affirmée, il devenait même difficile, sinon délicat dans les circonstances, de prétendre gérer les eaux du détroit de Hudson qui séparaient l\u2019Archipel arctique du continent et d'établir en toute quiétude un lien maritime entre les provinces de l'Ouest et l'Océan atlantique par le nord.LE PLENIPOTENTIAIRE GOUVERNEMENTAL C'est donc afin d\u2019amener des solutions à ces deux problèmes que l\u2019on allait demander à William Wakeham de commander une mission dans le détroit de Hudson à l'été 1897.Le ministre de la Marine et des Pêches, l\u2019Honorable Louis H.Davies, lui adressa une lettre officielle, le 23 avril de cette année-là, dans laquelle il lui demandait concrètement deux choses: déterminer les temps limites de passage dans le bras de mer, ceci afin de permettre aux compagnies marchandes de planifier correctement le mouvement de leurs navires, et affirmer l\u2019autorité canadienne sur le territoire de l\u2019Archipel arctique au nom du roi d'Angleterre et 5 AR a At hae, Nest oie, Le ss Diana, construit à Dundee en 1870, était un baleinier en bois, mû à voile et à vapeur.|| pouvait transporter 473 tonnes de marchandises, et ses chaudières développaient jusqu\u2019à soixante-dix chevaux-vapeur.Collection Mario Mimeault Wilko foire ( Tomer fio du G Minis ne peu derier de dt kr Fil andy à vou Dom Plant Tot; Tay day Or May E CCL- amener $ deu 1 lai liam mander détroit 8.Le pet des > Louis 5 Une a de aquele ncrèté deter jes de de mer pe dl des de nt à «ir joe mito ie ore William Wakeham se tient debout derrière la roue de son navire (barbe blanche et chapeau).En rade à Nachvak, le moment est à la détente.Il regroupe autour de lui ses officiers et quelques invités.du Canada.La lettre du ministre canadien était on ne peut plus claire sur ce dernier aspect de la mission de Wakeham: «lt will be your duty firmly and openly to declare and upheld jurisdiction in all these British territories you may visit of the Dominion of Canada, to plant the flag as to open, notorious evidence to the natives and others of our claim to jurisdiction, and our determination to maintain and upheld it».5 L EXPEDITION Le commandant Wakeham monta rapidement son expédition.6 II loua les services d\u2019un baleinier terre- neuvien, le SS.Diana, propriété de la Job Brothers de Collection Mario Mimeault Saint-Jean de Terre-Neuve, et il engagea un équipage aguerri à la navigation en eau arctique, aussi originaire de la petite colonie britannique.Ensuite, comme pour toutes les expéditions canadiennes qui suivront, le port d'attache de l\u2019opération fut fixé à Halifax, en Nouvelle-Ecosse.On y fera l'achat de tous les équipements et des victuailles nécessaires au voyage.Après plusieurs semaines de préparatifs, le SS.Diana quitta le port de Halifax par temps clair à 1 heure de l\u2019après-midi, le 3 juin 1897, et prit le large en direction du nord-est jusqu\u2019au Cap Breton.Le lendemain, il mettait le cap franc nord puis il longeait, dans les jours suivants, la côte ouest de Terre-Neuve, traversait le détroit de Belle-lsle et remontait la côte du Labrador jusqu\u2019au détroit de Hudson.Arrivé à cet endroit le 22 juin, Wakeham s\u2019occupa d\u2019abord d\u2019étudier les champs de glace et les courants maritimes, puis de débarquer les équipes de scientifiques qu\u2019il amenait avec lui.Le bateau du gouvernement canadien parcourut, dans les semaines suivantes, le bras de mer de part en part a deux reprises, tant et si bien, d\u2019ailleurs, qu'il eût bien pu n'être pas capable de remplir le volet de sa mission qui présente aujourd\u2019hui le plus d'intérêt.En effet, après avoir pénétré le détroit d\u2019Hudson, le SS.Diana resta paralysé dans un champ de glace et sa progression fut arrétée pendant une dizaine de jours.Le vaisseau fut mis a rude épreuve.La pression fut telle sur sa coque de bois que, le premier juillet, le commandant Wakeham fit préparer les chaloupes en prévision d\u2019un départ précipité.Le 4 juillet, l\u2019entrepont et le pont principal du Diana pliaient sous la force des glaces et commengçaient à faire eau.Le bateau forçait et craquait dangereusement par moment et les officiers songèrent même à l\u2019abandonner; puis, le 10 juillet, le champ de glace se disloqua et le navire put repartir.Rien ne vint menacer l'expédition après cet incident.Le SS.Diana gagna la baie de Cumberland puis le poste de Kekerton, à l\u2019est de la Terre de Baffin, le 15 août suivant.Il y avait là une station baleinière exploitée depuis trente-cinq ans par la Noble and Company de Aberdeen, en Écosse.Le poste était, à l\u2019arrivée du représentant officiel du Canada, sous les ordres d\u2019un certain monsieur Milne.Plus de cent cinquante Inuit travaillaient au service de sa compagnie et trouvaient là toute la nourriture, les armes et les vêtements dont ils avaient besoin pour la durée de leur engagement.Kekerton était probablement l'établissement en opération le plus ancien et le mieux tenu de l\u2019Archipel arctique.Et puis le gérant, monsieur Milne, pensait, tel que relaté plus haut, que le territoire était américain.Voilà qui décida le commandant Wakeham à prendre officiellement possession du territoire à cet endroit.\u201d La cérémonie eut lieu en toute simplicité, le 17 août 1897, en présence des officiers du SS.Diana, du gérant de l'établissement écossais et des Inuit.Elle donna lieu à une courte allocution que le commandant Wakeham prononça après avoir hissé l\u2019Union Jack: TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 35 DOSSIER .Wakeham .«I hereby declare in the presence of all now assembled that I hoist the Union Jack as the open and notorious conduct that all this territory of Baffin\u2019s Land \u2014 with all the adjacent territories and Islands \u2014 is now as it always been since the time of the first discovery and occupation under the exclusive Sovereignty of Great Britain.God save the Queen.» II est resté de l'événement une photographie de la cérémonie qui témoigne du geste posé.Elle atteste aussi du mérite qui doit être reconnu au commandant Wakeham pour avoir été le premier à conférer au pays une assise juridique sur les îles arctiques, un territoire aux richesses encore insoupçonnées, mais combien importantes aujourd\u2019hui.LES SUITES DU VOYAGE Le voyage du SS.Diana a, de son temps, soulevé bien peu d\u2019écho, tant au pays qu'ailleurs dans le monde.Pour une partie de la population du Canada, les disputes territoriales avec nos voisins américains à propos des frontières de l'Alaska l'ont emporté sur les problèmes plus abstraits de la souveraineté du pays sur l'archipel arctique.L'or du Klondike capta aussi davan- hn RHR EA pititagh scott i ERR Li Le «Ash Inn», résidence de William Wakeham à Gaspé.tage l'attention des gens que les froids espaces enneigés du Grand Nord.?Les étrangers ne prendront pas davantage le voyage du SS.Diana au sérieux.Même en Angleterre, on en fera des gorges chaudes.Le London Mail ridiculisera le geste de Wakeham qui s\u2019empresse de souligner, des le 28 septembre, le sérieux de son travail a son ministre.Sa lettre est intéressante parce qu'elle précise l'aire géographique visée par sa prise de possession et la latitude que ses chefs lui avaient laissée: «] was instructed to enquire into the extent to which trade has carried on in the territories North of Hudson Strait to aliens and others, and to firmly and openly proclaim our right to Jurisdiction in all the Britih Territories - The special steps necessary to 36 TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 SE es Collection Mario Mimeoult proclaim our sovereignty was left to my own Judgement and discretion.»10 Seule Terre-Neuve paraît avoir accordé une certaine attention à sa mission.On le comprendra, les Terre-neuviens étaient intimement liés au succès de Wakeham.Aussi, le gouverneur de la colonie, Sir Herbert Murray, recevra le commandant Wakeham à Saint-Jean à la fin de septembre 189711 A long terme, le pays ne pourra que se féliciter du travail de William Wakeham quand les Américains enverront, en 1985, le Polar Sea dans l'archipel arctique, sans demander la permission à Ottawa, tout en déclarant que ces eaux étaient internationales au même titre que le canal de Suez et le canal de Panama!?.C\u2019est en ayant bien en perspective les prétentions des Américains que les résultats de l'expédition de 1897 doivent être considérés.L\u2019appropriation du magistrat canadien, croyons- nous, procurait au pays des droits sur le sol nordique.Pour ce qui est de son autorité sur le Passage du Nord-Ouest et des autres canaux et détroits pouvant donner accès au Pacifique, ce qui relève du droit maritime international, force est de constater que les ordres de mission du commandant Wakeham ne faisaient pas mention de prétentions explicites à cet égard de sorte qu'elles laissaient place au problème soulevé par les revendications américaines sur cette route maritime.Enfin, si on voulait se permettre une projection dans le futur, ce qui n'est pas le propre de l\u2019histoire, probablement verra-t-on avec encore plus d\u2019acuité au cours du siecle actuel la pertinence du travail de William Wakeham, quand les nations s\u2019entrechoqueront pour l'appropriation des dernières réserves d\u2019eau douce du globe.CONCLUSION Le voyage du SS.Diana a, de son temps, suscité bien peu d'intérêt.La ruée vers l'or a davantage fasciné les gens que les froids espaces du Grand succè Will la pu Cana tique, tribué plate fn Cri \u2018esp (are Oru temp Tuy LW malo Hill ao Sain (asp dng oi Croix loute clé Sion poig su fêm ai der any | ( ns que édition pnsidé on du TS 15 dis dique le son ge du autres pusart ifque [marl je ès ordres andant tp ions gd de saient pulère ae mart JL dans ps 3 obi ved fed apèf | de pond ju ao feat Le po lord al sd Grand Nord.Pourtant le succès du commandant William Wakeham a assuré la propriété effective du Canada sur l\u2019Archipel arctique, mais elle a aussi contribué à lui donner une place dans l\u2019histoire, en continuité avec les travaux de Christophe Colomb, d\u2019Americo Vespuci et de Jacques Cartier.Or, on sait combien longtemps Cartier est resté dans l\u2019oubli chez ses pairs.Encore la, Wakeham et le capitaine malouin se rejoignent.William Wakeham repose aujourd\u2019hui au cimetière Saint-Paul Church de Gaspé, à deux pas de sa résidence, presqu\u2019en face de la pointe où Cartier a planté sa croix.Tandis qu\u2019en 1984 toute la province de Québec célébrait la prise de possession de Cartier, seule une poignée de Gaspésiens soulignait, au jour du centième anniversaire, le 17 août 1997, l\u2019entrée officielle de l'Arctique dans le giron canadien.NOTES : 1 L'ensemble de la carrière de William Wakeham a été évoqué par l'auteur dans «Wakeham, William», Dictionnaire biographique du Canada, vol.XIV, p.1134 s.L'auteur a aussi davantage contextualisé son voyage dans un autre article, «A Dundee Ship in Canada\u2019s Arctic: SS Diana and Wiliam's Wakeham Expedition of 1897», The Northern Mariner/Le Marin du Nord, VIII (July 1998), pp.51- 61.2 Ken Annett, «William Wakeham M.D.C.M.», SPEC (Gaspé), 13 May 1981, 14-15.3 A titre indicatif, lire «German Expedition at Clearwater Fiord, Baffin Island, 1882- 83», The Beaver, Autumn 1982; Stephen Bown, «The Blessed Regions of Boothia Felix The Arctic Ordeal of Captain John Ross», The Beaver, August-September 1 998, pp.4-10.4 Parmi les nombreux articles de revue qui parlent de la juridiction canadienne sur I\u2019 Arctique, le lecteur pourrait consulter Gordon W.Smith, «Canada\u2019s Arctic Archipelago - 100 Years of Canadian Jurisdiction» North/Nord, XXVII, No 11 (Spring / Printemps 1980), 10- 15 and No 2 (Summer/ Ete 1980), 10-17, 59.Parmi les ouvrages les plus récents, il y a Trevor H.Levere, Science and the Canadian Arctic: A Century of Exploration, 1818- 1918, Boston, 1 993.5 Archives nationales du Canada (désormais A.N.C.), RG 42, Archives du Ministère de la Marine, vol.336, dossier no 13205 A., Lettre du Ministre de la Marine et des Péches, Louis H.Davies, a William Wakeham, le 23 avril 1897.6 William Wakeham, Report of the Expedition to Hudson Bay and Cumberland Gulf in the Steamship «Diana» under fhe Command of William Wakeham, Marine and Fisheries Canada, 1897, Ottawa, Marine and Fisheries Canada, 1898, 83 p.ill.L'ouvrage a aussi été publié en francais sous le titre Rapport de l'expédition à la Baie d'Hudson et au détroit de Cumberland à bord du navire Diana sous le commandement de William Wakeham.Wakeham, Op.cit, pp.74-75.A.N.C., RG 42, vol.336, dossier 13 205 A: William Wakeham to the Minister of Marine and Fisheries, St.John's, Newfoundland, September, 28th 1897.Wakeham rapporte la cérémonie dans des termes semblables dans son rapport officiel: II est écrit «Tuesday, 17th August.- Landed and hoisted the Union Jack in presence of the agent, a number of our own officers crew, and the Esquimaux, formally declaring in their presence that the flag was hoisted as an evidence that Baffin\u2019s Land with all the territories, island and depen- dancies adjacent to it were now, as they always had been since their first discovery and occupation, under the exclusive sovereignty of Great Britain.Fog all day.» Wakeham, Report of the Expedition ft Hudson Bay., p.24.Morris Zaslow, soulignant ce manque d\u2019attention apportée à l'expédition de Wakeham, avance comme explication l'intérêt suscité par la course au pôle Nord de Peary et les travaux de Nansen dans l'Arctique: The Opening of the Canadian North 1870-1914, (Toronto), 1971, pp.259-260.10 A.N.C., Ministry of Marine and Fishries Archives, RG 42, vol.336, File no 13205A, SS.Diana, St.John\u2019s, Nf, William Wakeham to the Minister, 28 september 1897.11 Wakeham, Report of the Hudson Bay Expedition of 1897, p.44.L'implication de Terre-Neuve dans l\u2019expédition de Wakeham est mise en exergue dans un article publié par l'auteur dans la revue Northern Mariner/Le Marin du Nord, St John's University, Nfd., sous le titre «A Dundee Ship in Canada\u2019s Arctic: SS Diana and the Expedition of William Wakeham in 1897», vol.VII, no 4 (July 1998).12 A défaut d\u2019étude sur ce récent litige entre le Canada et les Etats-Unis a propos des droits de passage internationaux dans les eaux arctiques, le lecteur peut référer aux articles de journaux: Montréal, (PC), «Selon Jean Chrétien - L\u2019affaire du Polar Sea est une provocation», Le Soleil , le 4 août 1985.Raymond Giroux, «A nous le passage du Nord-Ouest», Le Soleil, le 4 août 1985.Ottawa, (PC et NYTNS), «Les Américains veulent faire la loi dans les eaux de l'Arctique», Le Soleil, le 12 août 1985.Ottawa (PC), «Ottawa assure sa souveraineté dans l\u2019arctique - Construction d\u2019un brise- glace de $500 millions», Le Soleil, le 11 septembre 1985.TRACES, Vol.39, N° 1 / JANVIER-FÉVRIER 2001 37 LE 15 FÉVRIER 1839 JEAN-CLAUDE RICHARD COMITÉ DE RÉDACTION \u2014 TRACES J EST UNE HISTOIRE DE PASSIONS.D'ABORD, CELLE QUE CHEVALIER DE LORIMIER VOUE À SA CAUSE ET CELLE QUI L\u2018UNIT À HENRIETTE, SON ÉPOUSE.ENSUITE, CELLE DE PIERRE FALARDEAU POUR SON SUJET, AUSSI BIEN QUE CELLE DE TOUTES CES PERSONNES QUI ONT CRÉÉ ET ANIMÉ LE COMITÉ DU 15 FÉVRIER 1839 AVEC LA VOLONTÉ DE PERMETTRE AU CRÉATEUR DE MENER SON PROJET À BIEN.MAIS ÉGALEMENT LA PASSION ET L'ENGAGEMENT DE LUC PICARD QUI A REFUSÉ DES CONTRATS POUR SE «GARDER LIBRE, AU CAS.», QUI À LU DES LETTRES DE DE LORIMIER DANS DES CAFÉS, À LA TÉLÉVISION, AU SPECTRUM, POUR SUPPORTER LA COLLECTE DE FONDS POUR LE FILM.ET, ENFIN, LA PASSION DES COMÉDIENS, LUC PICARD, BIEN SÛR, MAIS ÉGALEMENT SYLVIE DRAPEAU ET FRÉDÉRIC GILLES POUR LEUR MÉTIER C\u2019est, également, une histoi- les décors, avec deux autres re de talent et de travail.comédiens, «pour vivre Ceux du cinéaste, évidem- vraiment dans ma cellule, ment, mais, énormément, l\u2019arpenter, la connaître.» et ceux des comédiens.s\u2019est souvent privé de Le talent de Sylvie Drapeau, Manger, pendant le tour- par exemple, que l'on a Nage, parce qu\u2019il voulait appris à connaître au théatre avoir faim pour vrai.(Oh, les beaux jours, La Peut-on ne pas souligner, Locandiera, La Tempête, encore une fois et au risque Bonjour, là, bonjour, Elvire d'avoir l'air de radoter, le Jouvet 40) et à la télévision talent et le travail de Luc (Bouscotte), que Falardeau a Picard (Marie-Thomas Che- choisie parce qu'il était con- valier De Lorimier) qui, vaincu qu\u2019elle incarnerait pendant les nombreux mois une Henriette De Lorimier qui ont précédé le tournage, troublante, tragique et mer- a porté son personnage com- veilleuse, et qui avoue qu\u2019à me une femme enceinte la fin des journées de tour- porte son enfant et qui pleu- nage elle était «crevée» à rait chaque fois qu'il lisait le cause de l'intensité du tra- scénario?«Cette histoire-là a vail accompli.un impact très fort», dit-il.Le travail de Frédéric Gilles, «On dirait que ça réveille de peu connu du public (petits vieilles blessures en nous.» rôles dans Scoop et dans L'or
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