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Titre :
Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec
Éditeur :
  • Montréal :Société des professeurs d'histoire du Québec,1988-
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 2001-03, Collections de BAnQ.

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[" re a , A ] \\ 1.remet ri \u2014 Zz ; 11 \u2014 0 ese?«7 be ?! À: » Si a 3 + ul [r| JE \u2014_\u2014 re Na NEA x3 rr Ca pd \\ TTL ON __] ain UE \u2014_ [1 |, Cu C2 J 17 \u2014 {om = C1] XH y Ja [= Pond = = ee = \u2018Pn - alla phoma\u201d : _ aa.== Fm] DE 34 Cm) i) PER i DE 34 \u2014.12 LE CPU DE IR if 4 8 ge\u2019 7 À hal, OS A C, 1 Jame Come) Pc gamme Hol Ny - A % 3 MY PES Coma) 3 Ae pam pen PEE te a a 7 us XL Me LL 1) p \u2014 px 4d pe 17 Be.| -GROULX de la société ofesseurs sire du Québec 2 ISSN 0225-9710 Volume 39, N° 2/Mars-Avril 2001 PER BNQ LA FUSION 235 CONCOURS LIONEL RÉSOUDRE DES PROBLEMES EN CLASSE CUBA DES VISIONS CONTESTABLES UN CIMETIERE MILITAIRE SORTI DE L'OUBLI Lu 5-339 \u2014 ti fi ji iy ui ol 5 it où jit fi in ih | enon * fit ad | stl } i fume em, ef lise pa iu diida qu hl fim I i TH de | enseigner [steve] Inde Soci i Jil Bit fle se v sepnème ; pec grement I delence WA maire ¢f pu pi colég.Adresse Compl / CP Sante / Director ln-Cla Comité J Yar Christy Pere; ] i Pie L ; Lavent lan Coa Chey Comet in Sua pre pi bi bbl Jigs Abony le Dit ~Eny Date on ~My \"hi ls > Ue lp Li, Tey Mos Tye ley Ay, Men Si i SRA AREA Lo » PEERS ETN eg TRACES Le nom de la revue TRACES fait premièrement référence aux fondements de l'Histoire qui se construit à partir des preuves de la présence des humains et de leur société dans le passé.Il rejoint, en second lieu, l'empreinte spécifique laissée par l\u2019enseignement de l'Histoire sur l\u2019individu qui le reçoit.Il évoque, finalement, l\u2019action et l'influence passées et présentes de la SPHQ dans le domaine de l'Histoire et de son enseignement au Québec.La revue TRACES vise a assurer l'information et le développement professionnel des membres de la Société des professeurs d'histoire du Québec.Elle se veut le reflet du dynamisme de l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, un outil de perfectionnement pour tous ceux que l\u2019enseignement de l\u2019histoire intéresse, et le promoteur de l\u2019enseignement des sciences humaines au primaire et de l\u2019histoire aux niveaux secondaire et collégial.Adresse postale de la revue : Comptoir postal Turgeon C.P.98 557 Sainte-Thérèse (Québec) J7E 5R9 Direction de la revue : Jean-Claude Richard : (450) 435-0244 Comité de rédaction : Mario Filion Christian Gilbert Pierre Gingras Pierre Laperrière Laurent Lamontagne Jean-Claude Richard Conception graphique : Charlemagne Correction des épreuves : Suzanne Richard Impression : Imprimerie des Éditions Vaudreuil Publicité : Jacques Décarie : (514) 334-4768 Abonnements et distribution : Louise Hallé Dépôt légal : B.N.C.- B.N.Q.\u2014 Envoi de publication \u2014 Date de parution : avril 2001 \u2014 Numéro de la convention: 1531212 port de retour garanti \u2014 Parution : 4 numéros / année \u2014 Tarifs : membres de la SPHQ - inclus dans les frais d'adhésion.\u2014 Abonnement annuel : individus : 50$ institutions : 60$ retraités : 30% étudiants : 25% Une adhésion à la Société des professeurs d'histoire du Québec (sphq), quelle que soit la date d'entrée dans la société, donne le droit de recevoir la revue TRACES au cours des douze mois suivants.TRACES appartient aux membres de la SPHQ.Le contenu des articles n'engage que leurs auteurs.Les textes peuvent être reproduits avec mention de la source, à moins d'avis contraire.Site web de la SPHQ : http:/ / station05.qc.ca/ Partenaires / SPHQ MARS-AVRIL 2001 VOLUME 39, N° 2 SOMMAIRE Revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec.Indexée dans REPERE depuis janvier 1989 GRAFFITI * OUF! w LA SPHQ LA PRESIDENCE * DES DOSSIERS IMPORTANTS MN LA RESOLUTION DE PROBLEMES P.8 TEMPS FORTS 7 * LE 23° CONCOURS NATIONAL LIONEL-GROULX L'ENSEIGNEMENT DIDACTIQUE * LA CRÉATION D'UNE SITUATION- PROBLÈME oo aM clink AS tdi i REGARDS SUR CUBA P.12 L\u2019HISTOIRE J'AILU, VU, ENTENDU 12 * DEUX REGARDS SUR CUBA * LES MORTS DE LA GUERRE DE SEPT ANS DOSSIER * TRACES ET CONVERGENCES * PROFESSION: COUREUR DE BOIS.En couverture : Couvent des Ursulines (façade) Rue des Ursulines, Trois-Rivières Photo : Charlemagne (mars 1999) TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 1 201.Charles-Lemoyne, 6e étage, Longueuil (QC) J4K 2T5 « Tél.- SPHQ : (418) 626-8737 » CPIQ : (450) 928- 8770 FORMULAIRE D\u2019ADHESION N.B.: CE FORMULAIRE DOIT ÊTRE COMPLÉTÉ PAR TOUS ET PAR TOUTES ggg gop ggg EEE EE EEE | ou NOM DE L'ORGANISME ooo eee eee, | À l\u2019attention d@\u20ac o.oo ooo eee eee eee eee eee a er ee : ADRESSE | TÉLÉPHONE Résidence ( ) oser eee aa res Bureau ( rene ea aie eee | TÉLÉCOPIE ( ) ere rare (O0 00 44 0 09 PRE b.LLLL.L.LLL.Le Le.le nel ll 0e nl ame men ee en een eee 000000 0000000000 em mn oem 0 ea men ee 0000000 een en ee 000000 mama a ETS See 000 RO 000000000000 00m A0 SRE 00000 000000070000 000000000000 GAS MONET MO AE TEEN COS 000000000000 TT ACC AGE SCT S ! FONCTION NIVEAU a Professeur I Primaire a Etudiant D Secondaire: 2e OÙ 3e U 4e D 5e O I= Directeur O Collégial ! D Conseiller pédagogique O Universitaire | autres ! (PrÉCISEZ) Le eec ea cee sacre na naar anne nana nec an ed eee eee eee ae ee ere eee eee re S\u2019il s\u2019agit d\u2019unnorganisme : a École : O Primaire DO Secondaire J CEGEP 9 Commission scolaire Ér-erarceceece 000000 ee nee 000 en eo ee dame eme ee 0 ee ee 00 eee 00e Gama MEET 0e 0 00e eee ETC e 0e RAC 0 UMA EEE CASSER CASE e 000 0e CETTE EEE O SCOR COCO A COCA ETAT CET S SARA SCAN TC ST N CONS SCC S CSC LOSC NS COS O CSC TA MEET TEE CSST TETE CS RÉGION ADMINISTRATIVE (cochez votre région) a 01 Bas-St-Laurent-Gaspésie O 07 Outaouais D 13 Laval | O 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean J 08 Abitibi-Témiscamingue O 14 Lanaudière D 03 Québec D 09 Côte-Nord O 15 Laurentides a 04 Mauricie J 10 Nord du Québec J 16 Montérégie 0 05 Estrie O 11 Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (J 17 Centre du Québec a 06 Montréal O 12 Chaudière-Appalaches O 18 Hors Québec COTISATION ANNUELLE 25 $ étudiant(e) 30 $ retraité(e) 50 $ enseignant(e) 60 $ organisme ou institution | RÉSERVÉ A LA SPHQ EDALE ee Code de la fonction .coooiiieiiiiiie RE ES D Chèque D Mandat OU Comptant | Expédition : Carte rene nre nee D Reçu pour fin d'impôt Retournez avec votre cotisation à la SPHQ (adresse indiquée plus haut) PR REP PSE EE EEE EE EEE EE teintes LE TR GRAFFITI \u2014 JEAN-CLAUDE RICHARD Hm} DIRECTEUR \u2014 TRACES OUS NE REVEZ PAS! VOUS TENEZ ENFIN ENTRE VOS MAINS LE NUMÉRO DE sur le sol québécois au cours MARS-AVRIL DE VOTRE REVUE.JE N'ENTREPRENDRAI PAS DE VOUS EXPLI- de la Guerre de Sept Ans et QUER CE RETARD DIGNE DU LIVRE DES RECORDS GUINESS: TANT DE qui furent inhumés au cime- CAUSES SE SONT COMBINÉES QUE LA PAGE QUE JE ME RESERVE POUR tière de l'Hôpital Général de VOUS PRESENTER LE NUMERO NE ME SUFFIRAIT PAS.QUE VOULEZ-VOUS, Québec.Nous vous présen- COMME DIRAIT QUELQU\u2019UN, LA PRODUCTION DE TRACES EST ASSUREE PAR DES BENEVOLES ET, DES BENEVOLES, CA NE SE REMPLACE PAS AUSSI FACILEMENT QUE DES PROFESSIONNELS.SACHEZ TOUTEFOIS QUE NOUS AVONS A PEU PRES COMPLÈTEMENT TERRASSÉ L'ADVERSITÉ ET QUE LE NUMERO DE MAI-JUIN DEVRAIT VOUS PARVENIR DANS DES DÉLAIS RAISONNABLES.C'EST-À-DIRE.QUELQUE PART EN JUILLET.Bon! assez tergiversé; passons aux choses sérieuses! L'enfantement de la future association devant regrouper les trois sociétés de professeurs de sciences humaines ne semble pas se dérouler aussi facilement que d\u2019aucuns l\u2019espéraient.La lecture du texte du président vous fera découvrir les écueils qui jalonnent la route.Quand les parents ne parviennent pas à se rencontrer.ça ne fait pas des enfants forts! Surtout que l\u2019on persiste toujours, selon votre humble serviteur, à vouloir à la fois ÊTRE et NE PAS ÊTRE.Avouons qu\u2019il faudrait se brancher une fois pour toutes.Bref, l'enfant se présente mal.Si tant est qu'il soit déjà conçu.Ça va mieux du côté du Concours national Lionel- Groulx.Le compte-rendu de Nathalie Potvin est plein de bonnes nouvelles.C\u2019est aussi le cas à propos de «la grande toile», nous dit Pierre Laperrière.La section L'enseignement est celle qui a été la plus affectée par le séisme qui nous a touché; elle est, ce moi-ci, réduite à sa plus simple expression: un seul article.Mais un bon! susceptible d'ouvrir des pistes à quiconque souhaiterait tenter une approche d'enseignement qui sollicite le processus cognitif des élèves.Dans un autre ordre d'idées, vous pourrez, sous la rubrique J'ai lu, vu entendu de la dernière section, lire deux critiques incisives de notre collaborateur Marc-André Éthier portant, la première, sur la superproduction cinématographique Treize jours et, la seconde, sur une publication intitulée L'Île du docteur Castro.Dans le style très vivant qui le caractérise, notre collaborateur dissèque les deux oeuvres, en fait une analyse poussée et nous présente son point de vue de façon\u2026 détaillée.À lire absolument! Les victimes militaires des guerres anciennes sont souvent oubliées.Un ouvrage publié récemment ravive le souvenir de soldats tombés TRACES, Vol.39, tons cet ouvrage.La section Montréal de l'Association canadienne pour les Nations Unies nous a proposé une collaboration que nous avons acceptée.Nous publions aujourd\u2019hui le premier d\u2019une série de trois articles ayant pour but de mieux nous faire connaître cet organisme.Vous trouverez, enfin, la première partie d\u2019un long article de Pierre Cécil qui porte sur des personnages illustres de notre histoire qui ont des liens avec la région de Trois- Rivières.Ce texte se poursuivra dans les prochains numéros de notre revue.Voilà donc ce que vous réserve la lecture du présent numéro.Un menu moins équilibré qu\u2019à l'accoutumée, mais non dénué d'intérêt.J'ose espérer que vous l\u2019apprécierez.Je profite de l\u2019occasion pour renouveler l'invitation que je vous fais régulièrement.Vous avez lu un ouvrage intéressant, vous avez réalisé une activité passionnante?Faites-en profiter vos collègues en publiant vos trouvailles dans TRACES.À la prochaine! N° 2 / MARS-AVRIL 2001 3 ha Sen SI Rh bidity idk DAAC LA PRESIDENCE di CRE DES DOSSIERS IMPORTANTS GRÉGOIRE GOULET PRESIDENT \u2014 SPHQ ANS LE PRESENT NUMERO, JE COMMETS UN TEXTE UN PEU PLUS LONG QUE D'HABITUDE.C'EST QU'IL Y A DES SUJETS DONT IL FAUT QUE VOUS SOYEZ SAISIS.JE VOUS PARLERAI PARTICULIÈREMENT DE DEUX DOSSIERS QUI ONT PROGRESSÉ DANS LES SEMAINES QUI ONT PRÉCÉDÉ.FUSION Eh bien c'est parti, deux réunions ont eu lieu.La première a permis aux membres des trois sociétés de prévoir un échéancier des questions à régler et de dresser un calendrier de travail.La seconde ne fut que la poursuite de nos travaux.Lors de ces rencontres, nous avons réussi à: Élaborer un protocole d'entente sur la mise en place d'éléments qui seraient renouvelables à chacun de nos congrès annuels.Nous sommes convaincus que beaucoup de travail est refait chaque année inutilement faute d'un cahier de charges approprié, précis et complet.Donnons à titre d'exemples: la formation d'une banque d'animateurs d'ateliers et de conférenciers; la formation d'une banque de références pour nos commanditaires, la préparation du cahier du congrès et la tenue informatisée des inscriptions.Ainsi nous n'aurons que la mise à jour annuelle à faire.D'autre part, le comité organisateur n'aurait pas, chaque année, à se reposer les questions suivantes: «Doit-on ou peut-on faire des profits à un congrès?» «Quels sont les objec- 4 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 tifs qui doivent étre atteints lors de cette rencontre?» L'information pédagogique la plus récente pour nos membres, le renouvellement de nos adhésions et le financement de nos sociétés doivent être les préoccupations des membres du C.O.Identifier quelques points de nos concours qui sont communs et que l\u2019on peut envisager de réunir d'une façon rapide: * La mise au point d'un cahier de présentation e La stratégie utilisée pour augmenter la participation e Site internet, table d'information au congrès et affiche * La recherche unique de publicité pour permettre la gratuité de l'impression et de l'envoi postal.Convenir des étapes à franchir pour réaliser une revue commune.La SPHO reste présentement la seule société qui produise une revue à contenu pédagogique et didactique.Trois questions feront l'objet de discussions: e L'administration et le comité de rédaction e Le contenu rédactionnel e La publicité et les commanditaires Voir à l'établissement des conseils d'administration régionaux (CAR) dans les plus brefs délais.Nous nous sommes rendu compte que c'est un vœu commun des trois présidences et que la mise en place de ces conseils dans nos régions permettra de rejoindre plus rapidement nos membres, de créer un réseau personnalisé de professeurs de sciences humaines dans nos milieux respectifs, d'organiser éventuellement des mini-colloques ou des activités de perfectionnement appropriées au milieu et à des coûts moindres.Nous devrons profiter du salon des exposants lors de nos congrès, pour communiquer à nos membres certaines actions qui ont été menées et réalisées au cours de l'année dans nos régions.Favoriser l'uniformité de nos sites internet dans le meilleur délai, puisque nos informations sont de nature à aider tant les professeurs d'histoire, que de géographie et d'économie.La mise sur pied d'un portail commun permettra une mise à jour plus rapide et plus fréquente et surtout une économie d'énergie en ressources humaines et financières.Convenir d'utiliser deux campagnes de recrutement des membres pendant l'année pour favoriser l'adhésion des nouveaux enseignants qui entrent sur le marché devrons membe fon av mish mainte notre : actuel Faire \u20ac en Con Tepe som md uur Teer els\" fir GR dir Sous.unig pour vues, qu se êtres iy i faves provi \u2018on: tens ely tig, ns, ks à hu Hg ue \u2018ons Toy Tepe tah Parl gg nt des ration ns les TOUS fe que In des qe la onsels mettra apide- e creer ie de ences pieux dent os ere: al moi ofr ts lors Qn nies ni dé cours gions de ps le je 10° ture Sur pte e sur pol jor per ane marché du travail.Nous devrons assurer un suivi du membership en collaboration avec les conseils d'administration régionaux et maintenir le montant de notre adhésion au chiffre actuel.Faire consensus sur la mise en commun de nos avoirs respectifs, tout en utilisant les sommes déjà accumulées par chacune des sociétés pour des projets spéciaux réservés à chacune d'entre elles.Nous permettrons un financement particulier aux CAR pour la réalisation d'activités reliées aux régions.Nous devrons nous assurer d'un fond de réserve de 5000 $ pour des activités imprévues.La nouvelle société qui sera formée devra être enregistrée au ministère des Institutions financières pour l'obtention des numéros des taxes fédérales (TPS) et provinciales (TVQ).Voir à l'urgence d'établir certaines normes d'éthique lors de la recherche de commanditaires autres que les maisons d'édition, les musées et les associations de sciences humaines.Puisque chaque cas devra être discuté, cette question sera débattue au conseil d'administration provincial.Nous devrons respecter les ententes déjà établies entre les différents partenaires et chacune des sociétés.Aborder l'épineuse question du futur conseil d'administration provincial.Les nombreux échanges que nous avons eus lors de la deuxième réunion nous ont seulement permis d'arriver à la conclusion que, pour l'instant, il n'est pas possible de terminer le dossier.Fixer le nombre de représentants de chacune des sociétés dans ce nouvel exécutif et s'entendre sur la représentation et la défense de la spécificité des matières d'enseignement ne nous est pas apparu opportun dans le climat actuel de travail des nouveaux programmes.En effet devant l'urgence de pousser certains dossiers concernant la réforme du curriculum, chaque société opte pour la solution de l'étapisme.Il semble difficile de percevoir pour l'instant la procédure à utiliser pour suivre l'évolution des dossiers que chaque comité de travail du MEQ est en train de réaliser.Nous pensons qu'il est préférable de laisser à chacune des sociétés le soin de s'informer, d'évaluer et de communiquer à ses membres toute question délicate concernant son domaine d'apprentissage.Les personnes les plus aptes à défendre une discipline, croyons-nous, sont celles qui y travaillent présentement et qui s'intéressent particulièrement aux nouveaux paradigmes d'apprentissage.Nous avons analysé la quantité de travail que la mise sur pied immédiate du conseil: d'administration provincial (CAP) exigeait et nous avons conclu qu'il était téméraire de notre part de penser réaliser tout ce boulot en un temps si court.En effet nous devons entrevoir des réunions du COUS pour réaliser certaines intégrations et pour s'occuper des affaires courantes de chacune des sociétés, ce qui n'est pas peu dire.Le temps exigé pour mener à bien ces tâches est facile à entrevoir mais difficile à évaluer.La réussite de l'expérience de nos congrès communs nous incite à choisir cette voie.Nous préférons nous attaquer à mettre en commun deux ou trois dossiers qui nous rassemblent et qui permettent d'avancer avec succès vers une fusion complète.Nous parlons ici de la formation des conseils d'administration régionaux, de la réalisation d'un concours commun et d'un site unique.COOPERATION DES TROIS SOCIETES Le deuxiéme dossier sur lequel je veux attirer votre attention est celui de la coopération des trois sociétés appelé «comité ad hoc des sciences humaines».Depuis le mois de février, le LA PRÉSIDENCE TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 5 \u2026 dossiers \u2026 dossier a évolué d'une façon différente.La société de géographie a décidé de faire cavalier seul et de procéder au lancement, le 7 avril, d'un cahier spécial dans le journal Le Devoir.Ce cahier veut démontrer l'importance de l'enseignement de la géographie et la place qu'elle devrait avoir dans la formation d'un étudiant au secondaire.Certains auteurs ont rédigé un plaidoyer pour l'enseignement de cette discipline tant au primaire qu'au secondaire.D'autres ont fait ressortir la relation entre l'homme et son milieu et la compréhension des enjeux des changements climatiques.La valeur du cahier est sans équivoque, mais nous sommes loin de l'objectif que s'étaient fixé les trois sociétés au tout début, soit démontrer l'absence de notions économiques essentielles et l'apprentissage partiel de la géographie dans le curriculum proposé.Notre démarche consensuelle a pris toute une dégringolade.Est-ce à dire que nous ne pouvons pas nous entendre sur des dossiers communs?Une telle conclusion serait trop facile.QUELQUES NOUVELLES Concours Lionel-Groulx 2000-2001 Une première étape est réalisée avec grand succès.Le volet «historiens en herbe» s'est déroulé dans une atmosphère de grande première.(voir l'article de Nathalie Potvin dans le présent numéro) La deuxième étape (volet Jeunes historiens et volet visuel) sera terminée lorsque vous lirez ces lignes.Je vous rappelle que les gagnants ou les gagnantes seront connus(es) avant la fin de l'année scolaire.Ordre professionnel Lors du dernier numéro, je vous avais recommandé de consulter le site du CPIQ puisqu'il renfermait de nombreux articles sur l'ordre professionnel, sous la rubrique La profession en marche.J'avais fait aussi le point à l'aide d'un article du CPIQ intitulé ['Intersection, volume 18, numéro 2.2000.(CPIQ: http://conseil-cpig.qe.ca/ ) Ceux qui veulent émettre des commentaires ou échanger avec des membres de la société ou du conseil d'administration sur cette question, n\u2019ont qu'à consulter notre site internet: http-/Istation05.gc.calpartenaires/sphq Pour conclure, je vous invite à nouveau à nous écrire par courriel pour des commentaires à formuler sur les sujets abordés aujourd'hui, en particulier celui de la fusion.6 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 «Gens du pays» Pierre Laperrière C.A.\u2014 SPHQ De bonnes nouvelles sur la grande toile.| me fait plaisir de vous faire part de la création d'un fout nouveau site internet en lien avec l'enseignement de l'histoire du Québec et qui intéressera aussi les passionnés d'histoire du Québec et de ses régions.Madame Suzanne Sirois du groupe «Gens du pays», responsable régionale pour Montréal, a fait parvenir la documentation à la SPHQ.Le siège de l'entreprise se trouve dans la vile d\u2019Amos, de là la volonté manifeste de donner une place aux gens des différentes régions qui ont façonné l'histoire du Québec.Ce site ouvrira officiellement en juin 2001, il nous sera sûrement utile dans l'élaboration de certains travaux d'élèves et pourra devenir une référence pour le passionné d'histoire du Québec Ce site sera constitué de profils biographiques, des gens qui ont participé à construire le Québec d'hier et d'aujourd'hui.Toutes les sphères de la société québécoise seront présentes: la culture, les arts, l'action sociale, la politique, les sciences, les affaires et tout autre domaine ayant marqué notre évolution.Cette entreprise entend faire du site «Gens du pays» un élément important de notre mémoire collective.| VOLET TEMPS FORTS NATHALIE POTVIN RESPONSABLE DE DOSSIER \u2014 SPHQ NE PREMIÈRE POUR LE VOLET HISTORIENS EN HERBE ! part, les douze élèves ont EN COLLABORATION AVEC LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE QUÉBEC, LA reçu un certificat de partici- SOCIÉTÉ DES PROFESSEURS D'HISTOIRE DU QUÉBEC ORGANISA POUR LA Pation de la société des pro- PREMIÈRE FOIS UN JEU QUESTIONNAIRE.EN EFFET, LE 30 MARS 2001, À LA fesseurs d'histoire du SALLE DU CONSEIL DE VILLE DE QUÉBEC, S'EST DÉROULÉE LA FINALE DU Québec.VOLET «HISTORIENS EN HERBE».Je tiens à féliciter tous les Avant d'arriver à cette étape, les jeunes de quatrième et cinquième secondaire ont dû participer à plusieurs épreuves.En effet, le 12 mars dernier, plus de 250 élèves provenant de vingt établissements scolaires différents ont répondu à cinquante questions courtes et ils ont rédigé un texte de vingt lignes sur les causes de la défaite de l'invasion américaine.Ensuite, nous avons reçu la meilleure copie de chaque établissement scolaire.Douze élèves ont été sélectionnés et se sont présentés, le 30 mars en avant-midi, dans l'édifice de Québec-France, à la Place Royale, afin de participer aux éliminatoires.Pendant plus de quatre-vingt-dix minutes, ils ont rédigé un texte de 200 mots sur les stratégies militaires utilisées par les soldats des Treize Colonies pour prendre possession de la «Province of Quebec» et, en particulier, de la ville de Québec.Dans une deuxième partie, ils ont expliqué brièvement cinq citations.Quatre élèves ont participé à la finale en après-midi.Monsieur Guy-Antoine Lafleur, professeur à l'Université Laval, a animé un jeu questionnaire de quarante questions sur les personnages, les événements, les lieux et les dates.Le premier prix a été remporté par Maxim St-Amant Lamy de l'école Ste-Ursule de Trois-Rivières.L'enseignante responsable était Madame Lise Lampron.Maxim a gagné un voyage d'une fin de semaine à Boston, pour deux personnes, offert par l'agence de voyage Global Tourisme International et il a reçu un prix de cinq cents dollars.Le deuxième prix a été remporté par Andréa Jinek, élève de Claude Gourdeau de la polyvalente la Pocatière.Elle a reçu un montant de trois cents dollars.Le troisième prix, de deux cents dollars, a été remporté par Marie-Pierre Picard, élève de Gilles Forget de l'école Calixa-Lavallé de la région de Montréal-Nord (C.S.de la Pointe-de-l'Ile).Quant au quatrième prix de cent dollars, il a été gagné par Amélie Bégin de l'école Marcelle- Mallet de Lévis.L'enseignante responsable est Caroline Ouellet.D'autre TRACES, Vol.39 éleves qui ont participé a ce volet et les professeurs qui les ont guidés.Je veux souligner également la précieuse collaboration de plusieurs personnes.Il y a entre autres, madame Nicole Blouin, messieurs Louis Balthazar, Maxime Boily, Gilles Bureau, Paul Fortin, Grégoire Goulet, Guy-Antoine Lafleur, Jean-Francois Martel et Luc Samson.Je tiens à souligner la générosité de Québec- France, qui nous a permis d'utiliser ses locaux pour les éliminatoires, et de la ville de Québec, qui a offert le cocktail offert après la finale.C'est grâce à toutes et à tous et, en particulier, à nos élèves, que le volet «historiens en herbe» fut une belle réussite., N° 2 / MARS-AVRIL 2001 7 tn DIDACTIQUE LA REDACTION DE TRACES D'APRÈS UN PLAN DE COURS DE RAYMOND DUCHESNE ENSEIGNANT À L'ÉCOLE ROGER-COMTOIS, LORETTEVILLE (QUÉBEC) FINALISTE AU PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL EN 1995-1996 EUT-ON ENSEIGNER L'HISTOIRE AUTREMENT QU'EN EXPOSANT LE CONTENU DE L'OBJECTIF TERMINAL \u2014OU DES OBJECTIFS INTERMÉDIAIRES QUI Y CONDUISENT \u2014 À DES ÉLÈVES DE PLUS EN PLUS BLASÉS, AUXQUELS ON DEMANDERA, PAR LA SUITE, DE COMPLÉTER UN «TEXTE À TROUS», DE RÉPONDRE À UNE SÉRIE DE QUESTIONS OU DE «FAIRE» LES EXERCICES DE L'INCONTOURNABLE CAHIER D'ACTIVITÉS QU'ILS ONT ACHETÉ AU DÉBUT DE L'ANNÉE SCOLAIRE?TOUS LES DIDACTICIENS AFFIRMERONT QU'ILS EN SONT PERSUADES.ILS AJOUTERONT PROBABLEMENT QU'ILS RÊVENT, SANS SE FAIRE TROP D'ILLUSIONS, AU JOUR OÙ TOUS LES ENSEIGNANTS UTILISERONT DES APPROCHES QUI METTRONT VÉRITABLEMENT EN ACTION LES MÉCANISMES COGNITIFS DES ÉLÈVES.TRACES VOUS PROPOSE ICI UN PLAN DE COURS QUI S'INSCRIT DANS CETTE PERSPECTIVE ET QUI A ÉTÉ CONÇU PAR RYMOND DUCHESNE, FINALISTE 1995-1996 DU PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL POUR L'EXCELLENCE DANS L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE NATIONALE.À VOUS DE VOUS EN INSPIRER.QUELQUES MOTS SUR LA PEDAGOGIE DE SITUATION-PROBLEME OBJECTIF DU PROGRAMME Evaluer les effets de la crise économique au Canada et L'activité présentée ici se au Québec.déroule selon le modèle de la situation-problème.Dans cette LES CONNAISSANCES démarche, l'élève est placé dans QUI SERONT une situation, un contexte, où DÉVELOPPÉES PAR il a un but à atteindre et des L'ACTIVITÉ contraintes ou des obstacles à surmonter.C\u2019est en effectuant une recherche cognitive active et en réalisant la tâche demandée que l'élève fera ses a) Les connaissances théoriques: - Les conséquences de la crise sur l\u2019économie: (déclenchement de la crise, apprentissages.Bien sûr, il ne connaît pas le contenu du sujet à l'étude, et ce n'est pas l\u2019enseignant qui va le lui indiquer.C\u2019est l'élève lui-même qui devra s'approprier les connaissances et construire son savoir sur le sujet à l'étude.C'est ce manque de connaissances, ce déséquilibre cognitif, qui le poussera à s'engager dans la tâche dans le but de comprendre le sujet abordé.8 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 secteurs économiques atteints, écroulement des exportations).- Les répercussions de la crise économique: (méfiance envers le capitalisme, nouveau rôle de l\u2019État et problèmes constitutionnels.nouveaux partis politiques, mouvement de retour à la terre au Québec).b) Les connaissances procédu- rales (stratégies, habiletés) - Les habiletés à décrire, analyser et synthétiser.- Chercher et trouver des informations dans des volumes, documents, etc.- Organiser les informations sous la forme de texte, dessin, schéma, etc.- Établir des liens entre différents éléments.- Poser des questions et émettre des hypothèses.- Utiliser ses connaissances antérieures.- Lire des cartes, des tableaux, des graphiques pour en retirer des informations.- Utiliser diverses stratégies de lecture.ÉLÉMENTS DE BASE La situation-problème présentée ici, a comme but de faire connaître tout le contenu de l\u2019objectif terminal 6.2 du programme d'histoire du Québec et du Canada.Ce travail fait suite à l\u2019étude de la période 1896-1929, période de prospérité dominée par la deuxième industrialisation du Canada.L'élève sera amené à découvrir les causes et les conséquences de l\u2019effondrement de l\u2019économie canadienne dans le contexte d\u2019une crise qui s'étend au niveau mondial.LE MATÉRIEL À UTILISER Séries de documents fournis à l'élève, manuel de l'élève, manuels de références en classe.LA PHA fan tm Près fi rap ré ko ly Hi hd déco Bolg tlre am fel PHA (pen, i [ de de\u201d + prob My Tel Ugg *P fr Pro tm by og; ue tar Oy th Ver des dae i orm: Me dé 2, fre it ons e Se SHIR i ik gues tar ste st crie qu de : du è du Lu dei ne mie i an a 15 À sul gm DEROULEMENT DE L'ACTIVITE EN CLASSE PHASE DE PREPARATION (avant la recherche) (45 minutes) l-Présenter aux élèves l\u2019objectif étudié et le situer par rapport à ce qui précède.2-Présenter le sujet et situer le contexte historique dans lequel il se déroule.3-Déclencheur: Faire écouter la chanson «Ça va venir, découragez vous pas» de la Bolduc et demander aux élèves d'exprimer ce qu\u2019ils connaissent déjà sur le sujet de la crise économique.PHASE DE RÉALISATION (pendant la recherche) (30 minutes de la 1° période, et trois autres périodes de 75 minutes) 4-Présenter la situation- problème «La crise économique des années 30, une rétrospective» (voir tableau ci-contre).5- Préciser les consignes du travail à réaliser: (recherche, produit attendu, matériel, temps, etc.) 6-Au besoin, préciser le vocabulaire et faire ressortir quelques stratégies utiles au travail (stratégies de lecture, d'organisation, de recherche, d'utilisation du matériel, etc.) 7-mettre les élèves en équipes de quatre et demander de réaliser le travail.** Dans cette étape, l'élève doit construire lui-même ses connaissances.Pour ce faire il devra effectuer une recherche active qui l\u2019amènera à collecter les informations pertinentes pour ensuite les organiser en vue de créer les trois pages-titres du journal Le Devoir de 1939.Le rôle de l'enseignant est alors de: guider l'élève dans sa recherche, l\u2019éveiller à l\u2019utilisation de diverses stratégies, encourager, soutenir l\u2019effort, montrer les progrès réalisés.PHASE D'INTÉGRATION (après la recherche) (35 minutes) 8-Objectiver:: - Faire un retour sur l\u2019activité réalisée pour faire prendre conscience des connaissances nouvelles qui ont été apprises et pour réfléchir sur la démarche utilisée pour faire le travail (difficultés rencontrées, procédures suivies, stratégies utilisées).- Mettre à jour les points forts et les points faibles.- Montrer l'utilité de la tâche réalisée, en comparant la crise des années 30, à la situation actuelle de l\u2019économie canadienne.PRÉSENTATION DE LA SITUATION-PROBLÈME «LA CRISE ÉCONOMIQUE DES ANNÉES 30, UNE RÉTROSPECTIVE» Nous sommes en 1939.L'économie s'améliore de semaine en semaine et beaucoup de personnes ont commencé à retrouver du travail.La crise économique qui sévissait depuis 1929, semble maintenant chose du passé.Cette année-là, le journal Le Devoir a décidé de réaliser trois numéros spéciaux qui feront la rétrospective de la grande crise des années 30.C'est à votre équipe de journalistes qu'a été confiée la tâche d'effectuer la recherche et de créer ensuite «la une» (page titre) de chacun de ces numéros.Voici les sujets qui devront être traités dans chacun des numéros: |- Le déclenchement de la crise et ses conséquences.2- Les solutions économiques et sociales imaginées par les gouvernements pour sortir de la crise.3- Les diverses réactions provoquées par la crise.* Dans chacune des pages-titres, on doit retrouver un grand titre, quelques tifres secondaires avec quelques phrases ou textes explicatifs.Vous pouvez aussi ajouter des schémas, des dessins, des caricatures, etc, qui décrivent certaines réalités.* N'oubliez pas de donner un caractère journalistique à votre travail.Vous devez être précis et complet si vous voulez que vos lecteurs comprennent bien le sujet que vous leur présentez.Le travail se fait en équipe de quatre.- Deux périodes pour préparer le travail et faire la recherche.- Deux périodes pour réaliser les trois pages-titres du journal.- Une période pour faire la présentation des travaux en classe et compléter ensuite un schéma en vue de vérifier les connaissances acquises et la compréhension du sujet.TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 9 DIDACTIQUE | .situation-probléme.Hi) F 9-Présenter les travaux à l'ensemble de la classe.ÉVALUATION FORMATIVE (Exposer les travaux, faire lire certains textes réalisés.etc.) SCHÉMA-SYNTHÈSE | Dem ÉVALUATION FORMATIVE 19 19 pur RÉTROACTIVE (45 minutes) fil 10- Pour vérifier les connaissances acquises et la compréhension du sujet, distribuer aux élèves un schéma de la crise économique (voir exemple ci-contre) et n \u2018 leur demander de le complé- Déclenchement de la Crise : ter à l\u2019aide de ce qu\u2019ils ont Date : appris.| PÉRIODE : de: 11- Mettre en commun les connaissances des élèves sur la crise économique, et ajouter les informations qui peuvent être manquantes.CONSEQUENCES Au Canada fi n ° Cor ui \u2019 Hy INTERVENTIONS DES GOUVERNEMENTS interventions Domaine économique Domaine social particulières au Québec 10 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 Cp)écouvrir la copitale De nombreux circuits spécialement conçus pour les élèves du primaire La capitale nationale et ee s'est refait une beauté pour vous accueillir et offrir à vos élèves Subvention au transport des activités qui répondent à leur besoin km Subvention de découverte et à vos objectifs pédagogiques.Communauté Profitez du programme de subvention baine de Québec : i y un uebee au transport et venez redécouvrir la capitale nationale, ors ç 1 jusqu'à 100 km plus belle que jamais\u2019 101 a 200 km 201 à 300 km A COMMISSION DE 301 à 400 km A LA CAPITALE 401 à 500 km & NATIONALE | 501 à 600 km ; [ Québec£s 601 km et plus .| Appelez au 418-691-7776 ou 1-888-726-8080 MARC-ANDRÉ ÉTHIER Parversité of partialité: DEUX REGARDS SUR CUBA SCIENCES DE L'ÉDUCATION \u2014 UQTR J ACTUALITÉ DE LA QUESTION CUBAINE NE SE DÉMENT PAS, DEPUIS PLUS DE 40 ANS, LA RÉVOLUTION S'ATTIRE EN OCCIDENT SON LOT D'ÉTUDES, D'ATTAQUES OU D'ÉLOGES, CES DERNIÈRES SE RARÉFIANT TOUTEFOIS DEPUIS LES ANNÉES 1980.CETTE TENDANCE S'EST MAINTENUE EN L'AN 2000, AVEC NOTAMMENT LA PROJECTION SUR LES ÉCRANS DE CINÉMA DE LA SUPERPRODUCTION TREIZE JOURS, PRÉSENTÉE COMME UNE INTERPRÉTATION FIDÈLE D'UN PAN IMPORTANT DE L'HISTOIRE DES RELATIONS CUBANO-ÉTATS-UNIENNES, ET LA PARUTION DE L'ÎLE DU DOCTEUR CASTRO.QUE NOUS APPRENNENT CES DEUX ŒUVRES EN FAIT?PEU, NOUS LE VERRONS ICI, EN CRITIQUANT SUCCESSIVEMENT CES DEUX ŒUVRES.Une fois de plus, Hollywood réussit à nous amener à nous identifier à la poignée de puissants qui ont droit de vie et de mort sur nous, Cette fois encore, elle nous fait prendre partie pour une des factions au sein du pouvoir: celle du légendaire président démocrate John F.Kennedy TREIZE JOURS: UN FILM PERVERS D'UNE REDOUTABLE EFFICACITE Inspiré du récit du même titre que Robert F.Kennedy (procureur général des États-Unis et frère du président d'alors) a fait des événements, le long métrage réalisé par Roger Donaldson nous fait vivre intensément et de l\u2019intérieur la crise qui secoua le monde, du 14 au 28 octobre 1962, lorsque, suite à la découverte de missiles nucléaires soviétiques sur l'Île, en pleine guerre froide entre l'Est et l'Ouest, les dirigeants des États-Unis envisagerent un temps d\u2019envahir Cuba, au risque de déclencher une guerre atomique.Ils instaurerent plutét un embargo contre l\u2019île et obtinrent le retrait des rampes de lancement de l'URSS en échange du démantèlement, en Turquie, des missiles désuets pointés sur l'URSS.L'instinct de survie du spectateur et sa sensibilité à la peur vécue par autrui sont détournés et manipulés.12 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 Une fois de plus, Hollywood réussit à nous amener à nous identifier à la poignée de puissants qui ont droit de vie et de mort sur nous.Cette fois encore, elle nous fait prendre partie pour une des factions au sein du pouvoir: celle du légendaire président démocrate John F.Kennedy (interprété par Bruce Greenwood) qui garde la tête froide dans l\u2019adversité.Son frère Robert (Steven Culp) le seconde, tout comme Kenneth P.O\u2019Donnell (Kevin Costner), l\u2019assistant spécial du président.Ce dernier est un gars «ordinaire» qui a peur que sa famille ne meure.Il s\u2019agit d'un personnage réel, comme les autres, mais dont l'importance est magnifiée.C\u2019est de sa perspective que l\u2019on voit la crise.Ensemble, ces trois-là forment le noyau des bons.Et les deux frères ont les attributs des héros sans peur et sans reproche: ils sont jeunes, riches, intelligents, responsables, courageux, cultivés, etc.Qui sont les méchants du film?Il y en a trois groupes.Les Russes, bien sûr: de sales menteurs, des comploteurs et des mauviettes.Les Cubains aussi, forcément, car ils sont à la solde des premiers.À la différence de ces deux-là, le dernier groupe ne veut pas de mal à l'hémisphère occidental.Formé des membres de l'état-major US, il n\u2019a rien appris de la défaite de ses mercenaires, suite à l'invasion ratée qu'il avait organisée, en avril 1961, à la Playa Girôn.Il veut convaincre le président d'adopter la ligne dure contre les méchants ou, à défaut de cela, lui forcer la main ou le court-circuiter.Une grande partie de la tension du film repose sur ce duel larvé entre Kennedy et les militaires obtus.Au sortir du spectacle, Candide conclurait-il que tous les dirigeants états- uniens ne sont pas aussi méchants qu'ils en ont l'air depuis l'affaire Watergate?Que lorsque ça va mal, c\u2019est sans doute parce que les élus ne sont pas de la trempe de JFK et ne tiennent pas tête aux dinosaures?Probablement! Désigner un bouc émissaire et minimiser le bellicisme pourtant avéré du président, voilà une façon pratique de disculper un système politique dont la crédibilité est au plus bas.Mais, pour y parvenir, le réalisateur passe sous { sien élud In tre oc ans [ave bata dps ir: de ample & Les ément de des nie de Tour mal à ental.es de à Tien de ses Ine ran Pl 1e le lime fal rer et Jk Ur iv et que ge qi aussi Lar silence bien des couacs et élude bien des questions.En fait, en se limitant à ces treize jours, Donaldson occulte la guerre US de trois ans menée contre Cuba (avec son lot d\u2019actes de sabotage contre les usines et les plantations, de terrorisme contre des civils et de tentatives d\u2019assassinats des dirigeants) et l\u2019écrasante supériorité nucléaire des États- Unis qui alimentait la paranoïa soviétique.Par ailleurs, fort de sa centration sur le clan Kennedy, Treize jours tait la duplicité des bureaucrates russes qui passèrent par-dessus la tête des responsables cubains dans leurs tractations avec les dirigeants des États-Unis, au terme desquelles les rampes de lancement furent démontées.En outre, le film postule que la possession de missiles par les Cubains était illégitime, que ce qui est bon pour «les Etats-Unis» est bon pour toute 'humanité.On compare les effets d\u2019une éventuelle faiblesse de l'exécutif US, face «aux Russes», avec ceux de l'attitude conciliante des puissances européennes (les futurs Alliés), en 1938, à Munich, face à Hitler.Hitler avait alors demandé et obtenu des concessions territoriales.Son succès, loin de le calmer, l'avait convaincu d\u2019exiger plus, ce qui aurait entraîné la Deuxième Guerre mondiale.Comme s'il n'y avait pas d\u2019autres causes a la guerre, comme si les Alliés n'espéraient pas que l'Allemagne et la Russie se détruisent mutuellement avant de se distribuer les lambeaux de leurs empires respectifs, comme s\u2019ils avaient agi pour sauver l'humanité et la démocratie en 1939-1945, comme si leurs investisseurs n\u2019avaient pas profité du régime hitlérien et de son racisme, comme si Cuba était nazie et comme si tous les États-uniens avaient le même intérêt dans cette affaire! Pourquoi n\u2019aurait-il pas été bon pour les travailleurs états-uniens et cubains que la révolution cubaine soit mieux défendue, que les États ouvriers de Russie ou d'ailleurs renversent le rapport de forces en s\u2019armant mieux contre les Kennedy et les Rockefeller?Pourquoi affaiblir les seuls utilisateurs de l\u2019arme atomique (les dirigeants US) n\u2019aurait-il pas réduit les risques de guerre nucléaire?Le bureaucrate en chef d\u2019URSS, Nikita Khrouchtchev, capitula-t-il simplement parce que le mythique JFK aurait remporté contre lui une partie de bras de fer psychologique ou parce qu'il était le moins irresponsable des deux?Que serait-il arrivé si Khrouchtchev n'avait pas plié?Y aurait-il eu encore de la vie sur la Terre?Aucune de ces questions n\u2019est anachronique: certains se les posaient en 1962.Le réalisateur laisse croire que les Kennedy désapprouvaient la stratégie des hauts-gradés.Tel n\u2019est pas le cas.JFK voulait lui aussi renverser la révolution cubaine et savait une invasion nécessaire pour cela.Or, le Pentagone l'avait prévenu que les Cubains se défendraient avec tant d\u2019ardeur que les dix premiers jours de l'invasion feraient probablement 18 000 morts US, ce que l'état-major considérait raisonnable.La divergence ne reposait-elle pas sur le sentiment de Kennedy qu'il valait mieux adopter provisoirement une autre tactique, car ses électeurs refuseraient d'aller à la boucherie?Dans ce contexte, ne devrait-on pas attribuer au courage des Cubains le mérite d\u2019avoir non seulement sauvé leur révolution, mais aussi d\u2019avoir évité la guerre en décourageant JFK d\u2019envahir l\u2019île, plutôt qu'aux négociateurs qui se sont entendus dans leur dos?L'ÎLE DU DOCTEUR CASTRO: UNE ANALYSE DE TKOIS FOIS TREIZE ANS DE RÉVOLUTION Presque 39 ans après la crise des missiles, la révolution cubaine survit toujours.Pourquoi?Et dans quel état?En fait, en se limitant à ces treize jours, Donaldson occulte la guerre US de trois ans menée contre Cuba et l\u2019écrasante supériorité nucléaire des États-Unis qui alimentait la paranoia soviétique.TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 13 I Fort de sa centration sur le clan Kennedy, i Treize jours tait la | duplicité des | bureaucrates 2 russes qui | passèrent par-dessus la tête des responsables cubains dans leurs tractations avec les dirigeants des États-Unis ite iti i fit] Corinne Cumerlato et Denis Rousseau répondent dans leur ouvrage, L'Île du Docteur Castro.L'allusion à l\u2019inquiétant roman de Wells, L\u2019Île du docteur Moreau, indique assez bien l\u2019intention des auteurs.Certes, tout comme Donaldson, ils considèrent que les Cubains errent, mais leurs sympathies vont plutôt à ceux que le réalisateur de Treize jours dépeint comme l\u2019arrière- garde, les partisans de la solution forte.Les correspondants (l\u2019une du périodique catholique La Croix et du magazine l'Express, l'autre de l'Agence France-Presse, tous deux en poste à Cuba de 1996 jusqu\u2019à leur renvoi en 1999) mènent en effet une charge à fond de train contre le président cubain Fidel Castro.Selon eux, son inextinguible soif de pouvoir constituerait la cause principale de la révolution cubaine de 1959.Malgré le charisme, la séduction et l'omnipotence qu'ils lui prêtent, les auteurs percent le masque de Castro.Il s\u2019agit d\u2019un dictateur dément (fou, narcissique, paranoïaque, psychopathe: tout y passe), aussi corrompu et sanguinaire que Fulgencio Batista, son prédécesseur.Le peu que la révolution aurait apporté aux Cubains se perdrait depuis l'effondrement ignominieux du «camp 14 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 socialiste».Seuls le chantage, la censure et la répression par Castro, l'inertie des Cubains affolés par la propagande mensongere du régime, ainsi que l\u2019aide apportée indirectement par le capitalisme (l'argent des exilés, des touristes, la rassembleuse haine des États- Unis consolidée par l\u2019embargo, etc.) expliqueraient la survie de Castro et de la clique de bureaucrates, de militaires et de nepmen qui en dépendent.Vivement, donc, que Castro meure ou soit renversé pour qu'ait lieu la transition au capitalisme et qu\u2019ensuite, tout aille mieux! Je croyais, en achetant ce livre, que les choses avaient changé depuis que j'avais étudié la révolution cubaine.Erreur! à part son ton virulent, ses contrevérités plus grosses et ses redites, l\u2019ouvrage de Cumerlato et Rousseau ressemble à des dizaines d'autres.Pourquoi alors prendre le temps de recenser un ouvrage redondant et fallacieux?Parce que son caractère caricatural le rend exemplaire! L'espace manque pour relever toutes les omissions, les demi- vérités, les inexactitudes factuelles et les déclarations sans preuve, unilatérales, basées sur des anecdotes invérifiables ou sur le témoignage de dissidents nommément cités.C\u2019est pourquoi je ne souligne que les erreurs les plus flagrantes.En dépit des faits Cumer- lato et Rousseau tentent de réhabiliter l'époque prérévo- lutionnaire.Contrairement à ce qu'ils soutiennent, la révolution de 1959 a renversé une dictature politique et sociale (et non la démocratie parlementaire qu\u2019ils idéalisent).Avec l'appui des États-Unis, Batista a dirigé Cuba de 1934 (après avoir écrasé une révolution) à 1959, directement ou par l'entremise d\u2019un homme de paille, par la force ou au moyen d\u2019élections truquées.Il ne reculait ni devant la torture ni devant les meurtres pour protéger les intérêts des grands propriétaires fonciers cubains et étrangers, surtout des États- uniens, mais aussi des Canadiens.Batista avait érigé la corruption en système.En échange de pots-de-vin faramineux (lui et ses proches auraient amassé entre autres 60 % des 800 millions de dollars dépensés pour embellir la capitale), il permettait aux compagnies de service public (téléphone, électricité, etc.) d'exiger des tarifs parmi les plus élevés au monde et au crime organisé de régner sur la prostitution, le jeu, la «protection», la vente de drogue, etc.La société cubaine était alors fies 7 byl (ail parc Ing côte Oss: qu'il fami elie tiers Na mi I ais, aux op infe caus que mais ke k fle, de) com ve pour dur Méy les fl li.des vil thy an des fp doy k 7 lt du de] qua des Te que Ales Came lent de rtevt- menti nt, là ever quel pcrati ideal i des dirige avoir nl à up me de qu ques nl fel plus pre: ns à Flats | des mp ange ines rail! tl alls Ii i pa lic gic! pis dal très polarisée: l'île comptait le plus grand nombre de Cadillacs per capita, mais ce parc automobile était très inégalement réparti.D'un côté, 700 000 Cubains ne possédaient pas la terre qu\u2019ils cultivaient; 60 % des familles à la campagne étaient sous-alimentées; deux tiers des foyers cubains n'avaient ni l\u2019eau courante ni le tout-à-l\u2019égout; les paysans n'avaient pas accès aux soins de santé (ce qui explique que des maladies infectieuses et parasitaires causaient 13% des décès, que l'espérance de vie à la naissance était de 55,6 ans et le taux de mortalité infantile, de 79 pour mille); plus de 24% étaient analphabètes complets; les «Noirs» étaient victimes de racisme et ne pouvaient pas faire partie du mème syndicat, boire à la même fontaine, fréquenter les mêmes bars, parcs, écoles, restaurants, etc.que les «Blancs»; plus de 625 000 des deux millions de travailleurs cubains étaient au chômage plusieurs mois annuellement; les deux tiers des femmes occupant un emploi rémunéré étaient des domestiques; le cinquième le plus désargenté de la population se partageait de 2 à 6 % du revenu national global.De l\u2019autre côté, une poignée de riches familles se partageait les meilleures terres, des villas somptueuses et prélevait au-delà de 55 % du revenu national global.Les deux auteurs attribuent la révolution à la volonté et à l\u2019action d\u2019un homme seul, alors que des milliers de Cubains ont pris les armes pour prendre le pouvoir ou le défendre, notamment lors de la tentative états-unienne d\u2019invasion de l'Île de 1961, et que c\u2019est par milliers que les Cubains ont eux-mêmes occupé et collectivisé les raffineries, etc.Les deux journalistes prétendent que la révolution n\u2019a presque rien apporté aux Cubains.Pourtant, dès le printemps 1959, les révolutionnaires cubains ont rétabli la Constitution de 1940 et appliqué une réforme agraire pour redistribuer les terres, réduit de 30 à 50% les loyers et les tarifs de l'électricité et du téléphone, interdit la ségrégation dans les lieux publics et la discrimination contre les «Noirs», amélioré et étendu le système d'éducation et de santé.Ces initiatives, appuyées par les travailleurs et les paysans cubains les ont favorisés, mais ont considérablement déçu les propriétaires états- uniens et leur gouvernement.Cependant, ceux-ci furent encore plus scandalisés lorsque les révolutionnaires cubains leur proposèrent de compenser les confiscations populaires des raffineries de sucre et de pétrole, des J'AI LU, VU, ENTENDU mines et des compagnies de service public en les payant à leur valeur déclarée pour fins d'impôts, au moyen de bons remboursables en 20 ans, à un taux d'intérêt annuel de 4,5%.En outre, l'économie préré- volutionnaire n\u2019était pas aussi florissante ni sa production aussi importante que l'affirment Cumerlato et Rousseau.Ainsi, en 1954, la valeur totale de la nourriture importée (riz, lard, huile végétale, pommes de terre, poisson, volaille, porc, fruits en conserve, oeufs, légumes et autres denrées qui auraient pu être produites à Cuba) représentait le quart des importations totales et le tiers de la nourriture consommée à Cuba.Les avoirs états-uniens se composaient de 50% des voies ferrées, 90% des ressources minérales, 80% des compagnies de service public et (avec la Grande-Bretagne) la totalité du secteur pétrolier.L'économie insulaire dépendait des États-Unis, avec qui elle négociait le trois quart de ses échanges internationaux, selon des termes inégaux: elle y vendait du sucre (80% des exportations et deux tiers du revenu national) à vil prix et y achetait des bonbons à prix fort.Par ailleurs, rien ne permet d\u2019imputer à la révolution les problèmes économiques Les auteurs de L'île du docteur Castro mènent une charge à fond de train contre le président cubain.Selon eux, son inextinguible soif de pouvoir constituerait la cause principale de la révolution cubaine de 1959, TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 15 Les deux auteurs attriouent la révolution à la volonté et à l\u2019action d\u2019un homme seul, alors que des milliers de Cubains ont pris les armes pour prendre le pouvoir ou le défendre actuels de l\u2019île.Au contraire, on ne peut nier l'effet néfaste des mesures adoptées par les gouvernements successifs des États-Unis pour renverser le régime qui nuisait ainsi à leurs intérêts et donnait un fort mauvais exemple au reste de l'Amérique latine.C\u2019est pour cela que les dirigeants états- uniens ont fait bombarder les plantations de canne à sucre, entraîné et rétribué 12 000 mercenaires, planifié plus de 600 tentatives d'assassinat des dirigeants de la révolution et tenté d\u2019étouffer l'économie cubaine en la privant des revenus de la vente du sucre sur le marché états-unien et de son approvisionnement en pétrole.S'ils avaient été certains que la révolution se ruinerait elle-même, ils n'auraient pas pris la peine d'attaquer l\u2019île de toutes ces façons et s'ils avaient disposé d'un moyen plus efficace pour l\u2019attaquer, ils l\u2019'auraient employé.Ce contexte de guerre économique, diplomatique et politique a contraint les révolutionnaires à demander de l\u2019aide à l'URSS.Peut- on en conclure, comme les auteurs de L'Île du docteur Castro, que la révolution cubaine est une créature de Moscou et n'aurait pas survécu sans elle?Non! Car si les échanges économiques avec l'URSS et son aide 16 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 (quatre milliards de dollars par an jusqu\u2019en 1990) ont pu aider en partie la révolution, il ne faut pas oublier que le matériel soviétique était peu fiable.Pis encore: ces échanges imposaient autant à Cuba les idées et les méthodes des bureaucrates staliniens qu\u2019une division internationale du travail inadaptée pour une Île aussi éloignée de ses alliés et aussi près de son adversaire.Cette division du travail l\u2019assignait à la production sucrière, freinait son développement et la faisait dépendre des importations pour 98% de son alimentation en pétrole et pour des aliments (comme le blé et le lait en poudre) représentant 57% des calories consommées dans l\u2019île.Par conséquent, si les effets de la chute du «bloc de l'Est» sur les échanges économiques de Cuba se sont avérés tout à fait catastrophiques à court terme (l'économie se contractant de 50% entre 1991 et 1994), ils le seront peut-être moins à long terme.Mais qu\u2019en est-il aujour- d\u2019hui?La révolution cubaine est-elle un échec, comme l\u2019assurent Cumerlato et Rousseau?Difficile de le croire, alors que le taux d\u2019analphabétisme est passé a 4% en 1999 et que celui de mortalité infantile se maintient désormais a 7,1 pour mille, malgré la crise des années 1990 et le resserrement de \"embargo US qui prive les Cubains de plus de 50% des antibiotiques existants, alors que la situation a continué de s\u2019aggraver dans les autres pays victimes de l'échange inégal, voire à Montréal, et alors que de nombreux Cubains participent à des missions internationales consacrées à la diffusion de l\u2019enseignement et des soins de santé, ainsi qu'à la lutte contre le racisme.Pourtant, Cuba reste un pays «sous-développé».Les dirigeants Cubains eux-mêmes admettent que tout n\u2019est pas parfait et que l'héritage (néo) colonial pèse encore.L'historiographie relative aux effets dévastateurs de l'embargo est très riche.Les Cubains sont-ils victimes d\u2019une répression systématique?Les deux auteurs insinuent que 1% des Cubains seraient des prisonniers politiques.En fait, d\u2019après les données des organismes cités dans l\u2019ouvrage, ils seraient moins de 0,003%! Par ailleurs, les nombreuses citations des dissidents et la production cinématographique cubaine attestent d\u2019une liberté d\u2019expression qui contredit leur thèse.Cela dit, un des impacts négatifs des conditions imposées à la révolution cubaine par l\u2019ex-URSS contre son aide économique consistait en l'usage à Cuba de pr (surto années desam diss a terlés Jes es nce presse da nr discus fique celle lrg discu geuse dig 0e mee [Fs np Plus a à Ces ba tegen Gi, Progr Sin li ze Gag Fais SEIT: US qu pus de Sous ation or dans nes de dire à pi de parc termi fa dik nent &t qd Se.purs X dir ES est pas 2 et) QO Jive rs de ' vi ite (teurs Ju rll y fi, ; des Jour ns hy de pratiques staliniennes (surtout au début des années 1970 et au tournant des années 1980) qui amoindrissaient des gains initiaux au chapitre des droits et libertés de la personne.Ainsi, les restrictions aux droits de parole, d'association et de presse affectent-ils tous les citoyens.Ceux-ci limitent en général leur dissidence aux discussions privées.La critique des politiques officielles n\u2019est tolérée que lorsqu'elle est confinée aux discussions (souvent orageuses) au sein du parti unique ou des associations officielles.La chute des régimes staliniens en Europe de l'Est et en ex-URSS a ouvert un espace pour discuter plus librement et commencer à apporter des solutions à ces problèmes.Le film Fraise et chocolat et les récents numéros de La Gaceta de Cuba illustrent ce progrès.Le premier portait sur l'homophobie, tandis que la seconde consacre ses pages à un débat sur l\u2019éradication des vestiges du racisme.Il n\u2019en reste pas moins que le régime communiste emprisonne les opposants politiques lorsqu'ils commettent des actes illégaux.Et ces actes sont relativement nombreux, car la révolution cubaine demeure l\u2019objet d\u2019une guerre froide: le gouvernement des États-Unis finance des groupes d\u2019opposants, organise des sabotages et des provocations, maintient son embargo commercial (malgré d'apparents assouplissements), etc.Dans ce contexte, on pourrait qualifier Cuba de dictature.Les dirigeants communistes eux- mêmes le disent: une dictature des travailleurs et des agriculteurs.Et en effet, le régime limite le droit à la propriété des moyens de production et à l\u2019accumulation du capital, comme il interdit à une multinationale d'imposer sur le territoire cubain des conditions de travail de maquiladoras et d\u2019en exporter ses profits a sa guise.La liberté d\u2019exploitation est restreinte.Faut-il en plaindre les Cubains?Il semble que non, puisque plusieurs d\u2019entre eux semblent encore prêts à prendre les armes (qui sont accessibles par l'entremise des syndicats, d\u2019ailleurs, dans ce supposé goulag à ciel ouvert) et à se défendre contre une invasion.Quel mauvais exemple, dans ce monde marqué par la crise croissante (malgré des apparences provisoires de succès partiel) du système capitaliste mondial et la remontée de la résistance ouvrière dans toute une série de pays, en commençant par les Amé- riques! Dans ce contexte, la partialité dont font preuve les deux auteurs de L'île du docteur Castro peut être de bonne guerre pour un pamphlet ou un éditorial.Encore faut-il ne pas tenter de le déguiser en essai neutre, sous peine de se faire répondre sur le même ton! Je croyais, en achetant ce livre, que les choses avaient changé depuis que j'avais étudié la révolution cubaine.Erreur! à part son ton virulent, ses contrevérités plus grosses et ses redites, l'ouvrage de Cumerlato et Rousseau ressemble à des dizaines d'autres.TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 RÉFÉRENCES CUMERLATO, Corinne et Denis Rousseau, 2000, L'île du docteur Castro.La transition confisquée, Paris, Stock, 313 pages.DONALDSON, Roger, 2000, Treize jours, Hollywood, Beacon Communications, 145 minutes.Pour en savoir plus, visitez les sites ouèbes des archives de la sécurité nationale des États-Unis à l\u2019université George Washington: (www.gwu.edul/~nsarchiv/nsal cuba_mis_cri) et du Département d'État des États-Unis: (wawru.state.gouhvrvrw/about_state thistory/frusXl/ index.html).1ls présentent de nombreuses sources primaires.Plusieurs textes de dirigeants cubains ont été publiés en anglais aux éditions Pathfinder.L'espace manque pour donner toutes mes références.Ceux qui voudraient les vérifier consulteront mon mémoire, déposé à l\u2019université de Montréal en 1994.Voir Peter Schwab, 2000, Cuba, confronting the US embargo, St Martin\u2019s Griffin, 226 pp.17 fats in uBR (i nh i JEAN-CLAUDE RICHARD COMITE DE REDACTION \u2014 TRACES AVIEZ-VOUS QUE LE CIMETIÈRE DE L'HÔPITAL-GÉNÉRAL DE QUÉBEC «RENFERME DANS SES ENTRAILLES LA PLUS IMPORTANTE CONCENTRATION CONNUE DE CHEVALIERS DE SAINT-LOUIS»?SAVIEZ-VOUS QUE CE LIEU EST UNIQUE, CAR IL EST LE «SEUL CIMETIÈRE DANS LE MONDE POUVANT ENCORE TÉMOIGNER DE LA GUERRE DE SEPT ANS»?SAVIEZ-VOUS QU'«lL A FALLU 240 ANS POUR «REDÉCOUVRIR» CE LIEU DE SÉPULTURE PRÉSERVÉ PAR LES AUGUSTINES DANS L'INDIFFÉRENCE GÉNÉRALE»?C'EST CE QUE VOUS APPRENDREZ \u2014 ET BEAUCOUP D'AUTRES CHOSES ENCORE \u2014 EN LISANT LES MORTS DE LA GUERRE DE SEPT ANS AU CIMETIÈRE DE L'HÔPITAL-GÉNÉRAL DE QUÉBEC, L'OUVRAGE QUE JEAN- YVES BRONZE VIENT TOUT JUSTE DE PUBLIER AUX PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL.Jean-Yves Bronze Preface de Jacsmee Muthion Los rs rts de la guerre de Cope An our Cametière del: Hépital 1 Geiival ee Quebre Lot Presser de [Université Laval BRONZE, Jean-Yves (2001).Les morts de la guerre de Sept Ans au Cimetière de l'Hôpital-Général de Québec, Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 190 pages.En couverture arrière, on apprend que l'auteur est conseiller à la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs, qu'il est à l\u2019origine du rapatriement d\u2019un soldat canadien inconnu et de la Tombe du soldat inconnu à Ottawa et, enfin, qu\u2019il est également l\u2019instigateur du projet de commémoration du Cimetière de l'Hôpital-Général de Québec, reconnu lieu historique national grâce à sa ténacité.Les morts de la querre de Sept Ans.constitue, d\u2019abord, un répertoire exhaustif de plus de mille soldats, marins et miliciens décédés «en service» entre l\u2019arrivée à Québec, le 23 juin 1755, des premiers renforts expédiés en Nouvelle-France par le roi, et la capitulation de Montréal, le 8 septembre 1760.La liste inclut également les militaires anglais.L'auteur s\u2019est imposé un travail de moine.Il a dépouillé les archives du monastère des Augustines de Québec, propriétaires du 18 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 cimetière, répertorié et classé tous les militaires qui y furent inhumés au cours de la période déterminée, effectué des recherches historiques et généalogiques pour compléter ou corriger des informations concernant certains individus, dressé des listes par régiment et par ordre alphabétique \u2014 comme c\u2019est la coutume dans le cas de cimetières militaires \u2014 et identifié les officiers, les victimes de la bataille des plaines d'Abraham (13 septembre 1759), de la bataille de Sainte-Foy (28 avril 1760) et du siège de Québec.Jean-Yves Bronze, enfin, attire l'attention sur les dix-sept chevaliers de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis qui reposent dans le cimetière.S'il ne s'agissait que d\u2019un répertoire de victimes militaires, Les morts de la guerre de Sept Ans.ne présenterait qu'un intérêt limité pour quiconque enseigne l\u2019histoire au secondaire.Ce qui le rend plus attrayant, ce sont les chapitres courts, mais bien documentés et clairement rédigés, consacrés à l\u2019histoire de l\u2019Hôpital- Général de Québec, à la guerre de Sept Ans et aux Chevaliers de Saint-Louis.On y puise également des renseignements intéressants concernant les cimetières militaires.On y apprend, par exemple, comment, après des débuts difficiles, l'Hôpital-Général, deviendra graduellement indépendant de l'Hôtel-Dieu, aura pour vocation première de recevoir «les infirmes, les invalides, les paralytiques, les aliénés, les vieillards \u201cen enfance\u201d, les femmes de \u201cmauvaise vie\u201d» et, vers 1720, commencera à recevoir les soldats malades et invalides et prendra, avec le temps, des allures d'hôpital militaire.L'auteur nous raconte qu'à la suite de la victoire anglaise de 1759, les Augustines, tout en soignant avec compassion les militaires britanniques, répandaient des rumeurs afin de saper le moral des troupes ennemies et collaboraient avec les troupes françaises.À propos de la guerre de Sept Ans, Bronze la présente comme le premier conflit d'envergure mondiale.Il rappelle également l\u2019escarmouche qui opposa, sur le territoire de l'actuelle Pennsylvanie, des troupes françaises à une quarantaine hon un je du no sian quel Villers ue.C ftuera Tome dela vele- son d Ms tembre Venon Chery Le traire sieurs mil Délai Maissz él de persor des of loup nt Cet 0 li a Sous they Qi fre Qué Pl ny Org Soul Py aly Jen: leg dre, Is opifal 0h dan Louis, nt des ess ettèrés empe débuts enr pment Dieu amère nes ls fies ds en ps de VOIS NG ies d ec pil i lie ; tout mp fant pres de te ir 7e elle alll b Ï if qu k Pen ar faite d'hommes commandés par un jeune officier virginien du nom de Washington, escarmouche au cours de laquelle Joseph Coulon de Villiers de Jumonville fut tué.Cet événement constituerait l\u2019un des premiers moments de la phase finale de la conquête de la Nou- velle-France qui connaîtra son dénouement sous les murs de Montréal en septembre 1760.Venons-en, maintenant aux Chevaliers de Saint-Louis.L'auteur précise que, contrairement à ce que plusieurs croient, l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis n\u2019était pas l'apanage de la naissance, mais avait été créé par le roi Louis XIV afin de récompenser «la valeur personnelle et le courage» des officiers catholiques des troupes de terre ou de mer ayant prêté serment au roi.Cet ordre, aboli à la Révolution, restauré par Charles X, sera définitivement dissous en 1830.Les dix-sept chevaliers de Saint-Louis qui reposent dans le cimetière de l'Hôpital-Général de Québec constitueraient la plus grande concentration connue de membres de cet ordre.Ce qui mérite d\u2019être souligné.Pour ajouter à l'aspect exhaustif de son ouvrage, Jean-Yves Bronze l'a bonifié de cinq annexes.La première dresse la liste alphabétique des soldats français «ayant perdu la vie à Québec et dans les environs, de l\u2019arrivée de l'escadre anglaise près de Québec le 27 juin 1759, jusqu'au départ des troupes de Lévis, le 16 mai 1760» et qui ne sont pas inhumés dans le Cimetière de l'Hôpital-Général.Le second reprend un article de Pierre-Georges Roy portant sur le «cimetière des héros» (autre nom du cimetière de l'Hôpital-Général) publié dans l'édition du Bulletin de recherches historiques d'octobre 1944.La troisième propose un plan du Cimetière de I'Hopital-Général.La quatrième affiche deux tableaux classant les militaires décédés à l'Hôtel-Dieu de Québec et inhumés dans le cimetière adjacent dit «des picotés» parce qu'il abritait «des victimes de l'épidémie de variole ou de picote de 1702-1703».La cinquième et dernière, enfin, dresse la liste des officiers britanniques tués à Québec du 27 juin 1759 au 21 mai 1760.De quoi satisfaire les plus curieux.L'ouvrage est de présentation agréable et de manipulation facile.De nombreux tableaux, une bibliographie détaillée et des notes en permettent une exploitation maximale.Des illustrations, dont sept planches représentant les uniformes des divers groupes militaires impliqués et une page consacrée aux drapeaux des neuf régiments français cantonnés en Nouvelle-France complétent le tout.Bref, un ouvrage bien fait et digne d'intérêt.code ee eee eee eee ee ele ee Ee eee Louise Hallé 295, Moisan Saint-Augustin (Québec) G3A 1K8 (418) 878-3407 lhalle@mediom.qgc.ca [EERE EERE REEREERERER EER EERE EE EEE EEE EEE EERE EE REEREE]E VOUS DEMENAGEZ ?PREVENEZ-NOUS ! Communiquez avec EEREREREEEEREEERERERE REE REECE EEE EEE ERE DE pEeoeEerRRrRPrErlliEiEErpooEpEonooeeeeaapee|E TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 19 MicHEL BRÛLÉ lle EA attire A PT ill Ent i tile step tds Ve, Gib, iw PEL te ts iis! iy itil, wikis, * Premier texte d'une série de trois QUI SOMMES-NOUS ?L'Association canadienne pour les Nations Unies, section Montréal (ACNU-Montréal) est née quelques mois après la création des Nations Unies (24/10/1945), soit au mois de mars 1946.Elle se nommait alors United Society in Canada.L'appellation a changé, mais la mission demeure: faire connaître les Nations Unies.Aujourd\u2019hui, l'ACNU-Montréal réunit environ 400 membres.Elle est l'une des 17 sections ou groupes de l'Association canadienne pour les Nations Unies, dont le siège est à Ottawa.L'association est membre de la Fédération mondiale des associations pour les Nations Unies qui a des ramifications dans 16 pays.Il est utile de souligner que l\u2019'ACNU-Montréal est totalement formée de bénévoles qui proviennent de divers horizons.Il s\u2019agit d\u2019une organisation non gouvernementale qui s\u2019autofinance et qui ne reçoit aucune subvention des pouvoirs publics.L'Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) a vocation de contribuer à promouvoir la démocratie 20 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 TRACES ET CONVERGENCES\u201d RÉDACTEUR EN CHEF DE ACNUEXPRESS , BULLETIN TRIMESTRIEL.ONVERGENCE.LE MOT EST À LA MODE QUI FARCIT TOUS LES DISCOURS DE L'HEURE, UN BUZZ WORD COMME DISENT LES AMÉRICAINS.MALGRÉ TOUT, C\u2019EST LE MOT QUI VIENT À L'ESPRIT POUR JUSTIFIER LA PARTICIPATION DE L'ASSOCIATION CANADIENNE POUR LES NATIONS UNIES, SECTION MONTRÉAL À LA REVUE DES PROFESSEURS D'HISTOIRE DU QUÉBEC, TRACES.VOYONS VOIR.et à resserrer les liens entre la population canadienne et les autres peuples de la terre par l'information et la sensibilisation.Par son appartenance au système des Nations Unies, l'Association concourt à la quête commune de la paix, du respect des droits de la personne, du développement équitable et durable, et de l\u2019élimination de la pauvreté.Pour sa part, la section mon- tréalaise de l'Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU-Montréal) entend canaliser d\u2019une manière toute spéciale ses énergies et ressources vis-à- vis ces citoyens en émergence que sont les jeunes.L'ACNU s\u2019est donné une double mission à leur égard.D'une part, l'association veut les sensibiliser au rôle unique et irremplaçable que l'Organisation des Nations Unies (ONU), ses agences, programmes et institutions spécialisées jouent à l'échelle planétaire.D'autre part, elle souhaite susciter en eux le désir d\u2019être des citoyens actifs au sein de la société civile pour qu'ils apportent leur contribution au traitement des grands enjeux abordés par l'ONU, et qui sont aussi les nôtres.LES CONVERGENCES Les jeunes Une première convergence a trait à l'intérêt que vous, professeurs, et nous de l'ACNU portons aux jeunes.I] serait inconvenant d\u2019expliquer à des enseignants que l'avenir du monde résidera dans les mains de ceux qu\u2019ils sont en train d\u2019éduquer et de former aujour- d\u2019hui.Il serait impertinent de leur dire que la qualité des citoyens de demain, et donc de l'avenir de grandes valeurs comme la démocratie, la paix et la justice, dépend en grande part de ce qui est dit, lu et vu à l'école.L'histoire La seconde convergence entre vous, historiens, et nous de l'ACNU se rapporte à l\u2019histoire.Il serait inapproprié de rappeler à quel point la connaissance de ce qu'ont fait (ou ont omis de faire) celles et ceux qui nous ont précédés est précieuse pour comprendre le temps présent et, parfois, pour orienter l'avenir.I] serait également inadéquat de rappeler à des professeurs d'histoire à quel point l\u2019histoire de la seconde moitié du vingtième siècle se confond avec celle de l'Organisation des Nations Unies, de ses pro- ey ened vous, us de eum.da gants onde ins de nde ji tient ile in, ls nec jsf dee école pd yd por if qu de & ps de pou jeux en ri alk pi ore fh it a pit gr Le système des Nations Unies L'APPELLATION SYSTÈME DES NATIONS UNIES ENGLOBE L\u2019Organisation des Nations Unies, comme telle, ses programmes et ses fonds; les institutions spécialisées.L\u2019Organisation des Nations Unies L'Assemblée générale Le Conseil de sécurité Le Conseil économique et social Le Conseil de tutelle La Cour internationale de justice Le Secrétariat.Les programmes et les fonds Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HRC) Bureau pour le contrôle des drogues et la prévention du crime (ODCCP) Centre de commerce international (CNUD- ED/OMC) Centre des Nations Unies pour les établissements humains (Habitat) Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR) Institut international de la recherche et de la formation pour la promotion de la femme (INSTRAW) Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de la Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) Programme alimentaire mondial (PAM) Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) Programme des volontaires des Nations Unies (PVNU) Université des Nations Unies (UNU) Les institutions spécialisées Organisation internationale du Travail (OIT) Organisations des Nations Unies pour l'alimentation et l\u2019agriculture (FAO) Organisations des Nations Unies pour l\u2019éducation, la science et la culture (UNESCO) Organisation mondiale de la santé (OMS) Groupe de la banque mondiale Fonds monétaire international (FMD Organisation de l\u2018aviation civile internationale (OACI) Union postale universelle (UPU) Union internationale des télécommunications um Organisation (OMM) Organisation maritime internationale (OMI) Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) Fonds international de développement agricole (FIDA) Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) Agence internationale de l'énergie atomique (agence indépendante sous l'égide de l'ONU) Organisation mondiale du commerce (OMC) météorologique: mondiale TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 21 grammes et fonds, comme de ses institutions spécialisées, soit ce qu\u2019on nomme communément le système des Nations Unies (voir encadré).La réforme scolaire La troisième convergence, mais non la moindre, se rapporte au virage que le Québec prend en matière d'éducation avec la réforme scolaire et la mise en place du Programme des programmes du ministère de l'Éducation et plus spécifiquement de certains des «domaines d'expérience de Vie» qui le trament.Pensons à ces domaines qui portent nom de Vision du monde où l\u2019on abordera des questions comme la paix, la violence, l'égalité, la discrimination.Pensons à Environnement où l\u2019on traitera de reconnaissance entre les systèmes et l\u2019activité humaine, de respect des écosystèmes et de la biodiversité, etc.Pensons aussi à Consommation où on évoquera le partage équitable des richesses.Enfin, pensons surtout au vaste et riche secteur nommé Vivre- ensemble et citoyenneté où «l'enfant doit maintenant aborder la question de prendre position quant à l\u2019interdépendance des grands enjeux mondiaux (.) s\u2019intéresser à comprendre ce qui se passe dans le monde afin de déterminer des liens d\u2019interdépendance qui existent entre les personnes d'ici et d\u2019ailleurs» .Voila qui rejoint des grands enjeux traités dans le cadre des grandes missions onusiennes : Paix et Sécurité humaine, Développement économique et social, Droits de la personne, Affaires humanitaires.Voilà d\u2019éloquents exemples de convergences entre ce qui mobilise des professeurs d\u2019histoire et motive les membres de l'ACNU-Montréal.COMPLICITÉ ET COMPLÉMENTARITÉ L'ACNU-Montréal souhaite développer au cours des mois qui viennent une complicité avec les enseignants pour favoriser la compréhension et la recherche de solutions concernant les grands problèmes qui affectent l'humanité, comme le requiert le programme du primaire et du secondaire.À titre d'exemple, l'ACNU, en collaboration avec le milieu scolaire, cherchera à développer et, surtout, à faire développer, des outils pour les enseignants afin de faciliter la connaissance et la compréhension de la mission de l'ONU et de son organisation.Elle s'inscrit donc en complémentarité au rôle des enseignants.22 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 I L'ONU COMME SOURCE DOCUMENTAIRE Il est utile d\u2019avoir à l'esprit que l'étude de l'Organisation des Nations Unies équivaut somme toute à se pencher sur une sorte de microcosme de l\u2019histoire de l'humanité des 60 dernières années.En effet l'ONU traite de problèmes qui sont les nôtres au quotidien et nous, Canadiens, prenons une part très active à ce grand forum de la démocratie contemporaine pour trouver des solutions à des enjeux qui nous préoccupent tous: la protection de l\u2019environnement, les droits de la personne, le contrôle de la circulation des stupéfiants, le développement économique et social.À bien y penser, on peut affirmer que rien de ce qui est humain n\u2019est étranger à l'ONU.On y trouve donc une source documentaire à caractère encyclopédique et d'actualité, éléments fort précieux pour tout pédagogue.L'ACNU invite donc les professeurs intéressés à utiliser ce que peut offrir l'expertise et la connaissance de l'Organisation des Nations Unies et à communiquer avec elle en vue d\u2019une collaboration dont les élèves, ces citoyens de demain, seront les grands bénéfi- claires.POUR NOUS REJOINDRE ACNU-Montréal 2020, rue Université, bureau 434, Montréal, (QC) H3A 2A5.Téléphone : (514) 987 9957.Télécopieur : (514) 489 9793.Unac-montreal@sympatico.ca.Programme de formation de l\u2019école québécoise, Gouvernement du Québec, ministère de l'Éducation, 2000.www.un.org COMMUNIQUER AVEC Mme Francine Payette fpayette@uideotron.ca francine.payette@meg.gouv.qc.ca ou Michel Brûlé brulemichel@hotmail.com michel.brule@videotron.ca Pour s'abonner à ACNUExpress (gratuit), communiquer avec l'ACNU.flor now Pen nou lm iq der Pa pa Qu #1 Qu a rea oh ul DOSSIER PROFESSION: COUREUR DE BOIS Pierre Cécil Vice-président \u2014 Société Appartenance Mauricie UX 15e ET 1ée SIECLES, LES EUROPEENS CHERCHAIENT A ETENDRE LEUR INFLUENCE DANS LE MONDE CONNU ET ILS ETAIENT A LA RECHERCHE D'OR, D'ARGENT, D'ÉPICES AFIN DE SOUTENIR, PAR CES RICHESSES, LEUR DESIR D'EXPANSION.N.D.L.R.Nous entreprenons aujour- d'hui la publication d'une série de textes de notre camarade Pierre Cécil, dont nous connaissons l'implication dans le recrutement de membres pour notre société.Pierre s'intéresse particulièrement aux explorateurs et aux aventuriers qui ont des liens avec la région de Trois-Rivières.La découverte de l\u2019Amérique par Colomb, en 1492, et des Bancs de Terre-Neuve par Cabot, en 1497, attirèrent annuellement des milliers de pêcheurs basques, espagnols, portugais, venus chercher leur cargaison de morues, de harengs et de maquereaux, afin de satisfaire aux nombreux jeûnes imposés par l'Église catholique à cette époque.Au contact des autochtones, ces pêcheurs découvrirent une denrée, jusqu'alors insoupçonnée, qui deviendra la base d'un commerce très lucratif pendant plus de deux siècles: la fourrure.Ces derniers, après le troisième voyage de Cartier, en 1541-42, et le retour officiel de la France avec Champlain, en 1603, en Acadie, garderont le lien entre la Nouvelle-France et la France.Ils feront connaître en Europe l'excellente qualité et l'abondance des fourrures de la Nouvelle- France.Bientôt, la demande et la concurrence deviendront très fortes.Un petit animal, le castor, couvrant toutes les aires de l\u2019Amérique du Nord, devint ainsi la denrée, la richesse si convoitée par les Européens.Un nouveau commerce venait de naître: le commerce des fourrures.Pendant deux siècles, plus de 200 000 000 de peaux de toutes sortes traversèrent l'Atlantique vers les marchés européens.De ce nombre, 70 % de ces peaux provenaient du castor.PROFESSION: COUREUR DE BOIS Sans eux, il n'y aurait pas eu de pays.lls s'appelaient Radisson, Des Groseilliers, Nicolas Perrot, La Vérendrye, Étienne Brûlé, etc.Ils ont inventé un métier typiquement canadien-français: coureur de bois.Ils voulaient être libres et s'enrichir avec la traite des pelleteries.Ils parlaient plusieurs langues autochtones, vivaient à l'indienne et avec des Indiennes, laissant derrière eux un grand nombre de petits Métis qui sont aussi nos ancêtres.Tels les Américains qui ont construit un mythe autour de leurs cow-boys, chasseurs de bisons et massacreurs d'Amérindiens, notre histoire a marginalisé le coureur de bois, au profit des gouverneurs de passage.Sans eux, il n'y aurait pas eu de pays.Ils méritent mieux que la place folklorique qu'on TRACES, Vol.39, leur a réservée.Sans eux, en outre, la grande aventure française en Amérique n'aurait pas été aussi captivante.EXPLORATIONS Commencèrent alors les explorations aux quatre points cardinaux.L'intendant Jean Talon désirait ainsi empêcher les concurrents anglais de s'emparer du commerce des fourrures que le Canada devait exploiter d'une façon rationnelle.Les Saint-Lusson, Duluth, Jolliet, La Salle, La Véren- drye, Perrot seront envoyés tous azimuts.Un engouement irrésistible pour le métier de coureur de bois attira les colons de la Nouvelle-France.Ils abandonnaient volontiers le travail de la terre, au point qu'au 17e siècle, le gouverneur Lauzon imposa, sous peine d'amende, l'obtention d'un «congé de traite» avant de partir en forêt.Seule une poignée d'entre eux s'est rendue célèbre.La Vérendrye, Perrot, Radisson, Des Groseilliers sont du nombre.Ces hommes partageaient plusieurs qualités essentielles à l'exercice de leur métier: courage, endurance, force, ténacité et une aptitude naturelle à l'apprentissage des langues, car la plupart des Amérindiens ne parlaient pas français.N° 2 / MARS-AVRIL 2001 23 SE cn des Heli bli |b DOSSIER .coureur de bois.PERSONNAGES DE en massacrant ses compa- ou North Dakota, bande de Hl TROIS-RIVIÈRES ET DES gnons endormis.Il s'enfuit terre inculte entre la prairie Tue ENVIRONS QUI ONT ESSAIMÉ en direction de Fort Orange et les contreforts des lj EN AMERIQUE DU NORD AU (Albany) puis New Amster- Rocheuses.Ils semblent avoir Seay COURS DES SIECLES dam (New York), pour enfin décrit un immense cercle à del passer en Hollande.Ayant travers les états actuels du ls «C'est du district des Trois- 8&agné la France, il partit de Wisconsin, lowa, Nebraska, ver Rivières que sortiront bientôt La Rochelle et rejoignit sa South Dakota et Minnesota.imp tant de coureurs de bois, de famille à Trois-Rivières en Partis depuis deux ans, ils via traitants et de découvreurs Mai 1654.Sa demi-soeur arrivèrent a Québec en com- vile fameux de la Nouvelle- Marguerite avait, entre- pagnie de 500 Sioux, Algon- part France»! temps, épousé Médard quins et Hurons.Radisson et fi Chouart, sieur Des Groseil- son beau-frére ramenaient trait liers, trafiquant de fourrures surtout une cargaison ines- vai PIERRE-ESPRIT RADISSON et son futur compagnon pérée de pelleteries évaluée ip (1636-1710) d'aventures.à 200 000 livres tournois, Ma Radisson, dont le père por- En 1657, on le retrouvait à SauVant ainsi la colonie de la a tait le méme prénom, est né Onondaga, colonie et mis- faillite.Il faut mentionner in à Paris en 1636.Il habita la sion française en pays iro- que le réseau d'alimentation Mit paroisse Saint-Nicolas et fut quois.Durant l\u2019hiver qui \u20acn fourrures avait été fg baptisé en l'église de Saint- suivit, les Iroquois, belli- démantelé par les guerres ny Sulpice, dans le quartier du queux, prirent les occupants iroquoises.La troupe de cui palais du Luxembourg?de la mission en otages.Radisson passa au Long- en} Vers 1651, il vint au Canada Radisson, grâce à un sub- Sault quelques jours après Ra avec sa famille.Ils s'établi- terfuge3, réussit à tirer ses 30 l'événement que lon con- fi rent à Trois-Rivières, où se compagnons de leurs griffes.naît.Qui sait ce qui serait sai trouve l'actuelle rue Saint- Ils atteindront Montréal, Arrivé, si Radisson et ses 500 de Pierre.La vie aventureuse saufs, le 3 avril 1658.compagnons étaient arrivés auf de Radisson commença à C'est en 1659 qu'il entreprit lors du combat de Dollard?li l'automne 1652 alors qu'il ne longue série de voyages Enfin, le gouverneur d'Argenson hp partit à la chasse au gibier qui firent de lui l'un des les accueillit en héros.soy sauvage avec deux de ses plus grands explorateurs Au printemps 1661, nos den camarades, sans l'autorisa- canadiens.Radisson et Des Aventuriers partirent en lou tion du commandant du fort Groseilliers partirent en direction de cette fameuse Un de Trois-Rivières.Attaquéet direction des Grands Lacs, Mer du Nord, dont les Cris Nor capturé par les Agniers, il yg atteignirent ce qui est © les Sioux avaient men- fo eut la vie sauve, grace a son aujourd'hui le Wisconsin et tionné l'existence.Le gou- le: courage démontré en com- débouchèrent sur un magni- Verneur D'Avaugour, qui de battant alors que ses com- fique fleuve qui ne pouvait avait remplacé d'Argenson, qu pagnons furent tués.Il fut être que le Mississippi, qua- exigeait la moitié des profits iy captif des Iroquois pendant torze ans avant Louis Jolliet, Pour leur octroyer un per- ls près de deux ans.Ayant vingt ans avant La Salle et mis de traite.Ils partirent gagné la confiance de ces quatre-vingts ans avant La Sans permis.Leur retour, N derniers, il s'échappa lors Vérendrye.Les explorateurs deux ans plus tard, en com- in d'une randonnée de chasse atteignirent les Bad Lands Pagnie de 300 Indiens et de du 24 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 Wde de prairie des tavoir ro à ds du Taka esol, 1s i On pon son et paient ings alee os.dei ores Ÿ de ong pes {on serait sl (ii fad a 150 canots remplis de fourrures, soit l'équivalent de 600 000 livres tournois, sauva de nouveau la colonie de la débâcle.Plutôt que de les recevoir en héros, le gouverneur d'Avaugour leur imposa des amendes équivalant aux deux tiers de la valeur des fourrures rapportées.Les deux beaux- frères, désabusés par ce traitement ignoble, tentèrent vainement d'obtenir justice auprès du roi de France.Incapables de faire fructifier en Nouvelle-France leurs intérêts commerciaux, ils se mirent en contact avec les Anglais de la Nouvelle- Angleterre.Ils furent introduits à la Cour de Londres en 1665.Le roi Charles II les reçut à Oxford, parce qu'une épidémie dévastatrice sévissait à Londres.Le roi, ébahi et envoûté par leurs récits, autorisa à la fin de l'année 1667, une levée de fonds de la part de ses proches pour soutenir l'entreprise des beaux-frères.Le roi leur fournit un navire, le Eaglet.Un deuxième navire, le Nonsuch sera acheté avec les fonds ramassés.Le 30 juin 1668, Radisson et Des Groseilliers s'embarquaient pour la Baie d'Hudson.En octobre 1669, les Français apportèrent une cargaison à Londres et la Compagnie de la Baie d'Hudson obtint une charte du roi Charles II 4, le 2 mai 1670.Nos Trifluviens furent les maîtres d'oeuvre de cette nouvelle et puissante compagnie qui existe encore de nos jours et dont les magasins La Baie sont l'un des fleurons.Les deux trafiquants feront plusieurs voyages à la Baie d'Hudson, et c'est au retour de l'un d'eux que Radisson épousa Mary, la fille de Sir John Kirke, ce dernier appartenant à la célèbre famille qui enleva Québec à Champlain en 1629.La grand-mère de John Kirke, Élisabeth Goudin, venait de Dieppe en France.En 1675, Radisson traversa la Manche et se remit au service de la France.Le changement d'allégeance ne lui profita pas beaucoup.Les intrigues, les exactions de la cour et les manoeuvres politiques eurent raison de sa bonne volonté.De plus, La Barre, un des plus incompétents gouverneurs de la Nouvelle-France, rabroua Radisson et retourna aux Anglais, un bateau de fourrures que ce dernier avait amené à Québec de la Baie d'Hudson.Désabusé une seconde fois, il accepta une offre de la Compagnie de la Baie d'Hudson et s'établit en permanence à Londres.La vieillesse de Radisson connaîtra des hauts et des bas, mais elle s'écoulera, somme toute, paisible et confortable.Il vécut entouré de sa femme et de ses enfants et s'éteindra entre le 17 juin et le 2 juillet 1710.OÙ RETROUVE-T-ON LE NOM DE RADISSON ?* Ville de Radissonville (Baie James) * Pont de Trois-Riviéres (entre Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine) + Près de 100 hôtels et lieux publics, exemple: l'Hôtel Radisson à Budapest (Hongrie) e Nombreuses rues * Navire canadien de Sa Majesté » Réserve navale et corps de cadets de la marine à Trois-Rivières * Traversier à l\u2018Île-aux- Coudres * Imposante collection de documents concernant Radisson et Des Groseilliers au Capitole de St.Paul (Minnesota).MÉDARD CHOUARD DES GROSEILLIERS (1618-1710) Il est né à Saint-Cyr-en-Brie, en Touraine, France.Mère Marie de l'Incarnation5 racontait que, vers 1618, Des Groseilliers a vécu, dans le vieux quartier de Tours, une enfance paisible.Des Groseilliers et Radisson connaissaient tous deux le père Poncet, un jésuite qui aurait peut-être influencé les deux jeunes hommes dans leur décision commune de se rendre en Nouvelle-France.Médard Chouard arriva au pays à l'âge de 16 ans.Il se mit au service des Jésuites comme «donné»é, il les accompagna pendant dix ans dans leurs courses.Des Groseilliers s'établira à Trois-Rivières où se trouve actuellement la rue des Ursulines (en face de la Galerie d'art).I] deviendra trafiquant de fourrures.Il épousera la demi-soeur de Radisson, Marguerite Hayet, dont le mari Jean Véron de Grandmesnil avait été massacré par une bande d'Agniers.Il avait épousé en premières noces (1647) Hélène Martin, fille d'Abraham Martin dont le nom est resté attaché aux fameuses plaines d'Abraham.Radisson et Des Groseilliers, malgré leur différence d'âge, partageront une grande amitié et deviendront associés dans leur fameuse carrière de coureurs de bois, de traitants et d'explorateurs.Sa carrière de coureur de bois aurait débuté en 1654 avec l'entrée des Outaouais sur la scène de la traite des fourrures.Il est établi que Des Groseilliers, sous l'influence du père Poncet, fut l\u2019un des explorateurs envoyés par le gouverneur Lauzon vers le Haut des Grands Lacs.Il était accompagné, entre autres, du père TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 25 Slt a DOSSIER .coureur de bois.Druillettes, jésuite, en route vers le lac Nipissing.II est considéré comme le pionnier des régions à l'ouest des lacs Michigan et Supérieur et aussi de la Baie d'Hudson vers l'ouest et le sud.ENDROITS RAPPELANT DES GROSEILLIERS * Rue Des Groseilliers À Trois-Rivières (haut de la côte de l'Hôpital Grimard et Des Groseilliers, de retour de leur expédition, reçurent des concessions de terre de la part de Pierre Boucher, dans la région de Trois-Rivières.Le fils de Grimard accompagna Radis- son et son beau-frère à la AB; fers hai St selor arch dus Deux Après 1660, c'est autour de Cooke de Des Groseil- Baie d'Hudson en 1682.me l'exploitation du réservoir lers à Trois-Rivières Jean-Baptiste Chouart, fils Chou des pelleteries de la Baie ° dants?de Des Groseilliers, était Tour d'Hudson que Des Groseilliers (descendants).aussi de l'expédition de pris et son beau-frère, Radisson, * Rivière des Groseilliers 1682.D'ailleurs, avant de ln concentrent leurs énergies.qui mène au lac des quitter Fort Nelson (Baie pi Après des péripéties qui Bois, vers Grand d'Hudson) en 1683, Radis- tiennent de la légende, ils Portage, a l'ouest du son et Des Groseilliers lais- Til reviendront avec une cargaison lac Supérieur, sèrent derrière eux la garde k ; de fourrures d'une richesse * Autrefois cap Chouart, du fort, à huit de leurs hom- de inouïe, que le gouverneur SUFla côte du Labrador mes, dont Hélie Grimard, su d'Avaugour confisque sous < Quelques noms de fils, et Jean-Baptiste Chouart.x prétexte que nos aventuriers places dans l'Ouest JEAN-BAPTISTE: GODEFROY inc sont partis sans permission.canadien et améri- fut aussi de l'expédition.Ce mn Quelques années plus tard, cain.dernier connaissait la ns devant l'indifférence de la «langue sauvage » et était le France, ils proposent leurs aR fils de Godefroy Linctôt, services à l'Angleterre où ils TRIFLUVIENS, NON CÉLÈBRES, fameux interprète et com- déclenchent le processus COMPAGNONS DE RADISSON pagnon-fondateur des Trois- \u201cor conduisant à la création de ET DE DES GROSEILLIERS Rivières.Né en 1658, Jean- Wp la compagnie de la Baie Baptiste avait 24 ans lors de 1 d'Hudson.Cette traitrise HELIE GRIMARD son voyage a la Baie à ayant été pardonnée en Néen 1590, en France, Hélie d'Hudson.Parmi les huit to 1674, les deux hommes se Grimard s'installa à Trois- Trifluviens qui accompa- Da tournèrent contre les rivaux Rivières.Il fit partie de l'ex- gnaient Radisson et Des G de la France à la Baie pédition envoyée par le Groseilliers à la Baie d'Hud- Li d'Hudson.Désabusé par le gouverneur Lauzon, en 1654, SON en 1682, puis en Angle- b manque de reconnaissance vers le Haut des Grands terre en 1684, il y avait, i de la Cour française, Des | acs.I était le compagnonde Outre Grimard, père et fils, P Groseilliers laissera Radisson voyage de Des Groseilliers le fils de Chouart, et \u201c4 retourner à Londres et s'ins- de 1654 à 1656, alors que LINCTÔT dont nous avons = tallera définitivement à certains historiens auraient Parlé plus haut, CLAUDE ; Trois-Rivières avec sa fem- cru à tort que l'accompagna- DuvAL, NICOLAS AIGRON DE = me et ses enfants passable- teur de Des Groseilliers était LA MOTHE ET ANTOINE 4 ment négligés depuis 20 Radisson.Doyon.Le huitième n'est ans.pas cité dans mes sources.| fo 26 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 fers ition, ns de Pier on de Is de Radi à Je: ffi etait in de ni de (Bar ade us gare fom ard oat 0! I ü id pile lt com [mis Jean IN œ Baie hurt N.B.: Radisson, Des Groseilliers et Grimard, père, étaient considérés comme sujets anglais depuis 1684, selon un document des archives de Londres, en date du 5 janvier 1688.Deux Trifluviens: Moreaux, un serviteur de Médard Chouart et Élie Godefroy la Tourette furent jetés en prison dans la Tour de Londres où furent décapitées les femmes d'Henri VIII.Le nom des deux Trifluviens apparaissent dans les registres de la Tour, en date du 23 décembre 1666.Ils ont été condamnés pour espionnage après avoir incité Des Groseilliers à se rendre à la Baie d'Hudson au service du roi de France.NOTES St.Paul capitale de l\u2019État du Minnesota, aux Etats-Unis, abrite une imposante collection de documents concernant Radisson et Des Groseilliers.Frémont, Donatien, Pierre Radisson, Roi des coureurs de bois, Ed.Lévesque, Montréal, 1933, p.10.La Revue Imperial Oil le tait naître à Avignon.Sa famille se serait installée à Paris par la suite.19 3.Radisson connaissant la gloutonnerie des Amérindiens (les grandes privations de la vie sauvage font du gaspillage un crime), décida d'offrir aux Iroquois un grand festin.On prépara alors d'énormes quantités de nourritures auxquelles on mêle un peu de soporifique.La fête eut lieu le 20 mars.Les Iroquois s\u2019empiffrérent et tomberent graduellement endormis.Un cochon auquel on avait attaché une clochette, des poules caquetant dans le poulailler et des mannequins montant la garde trompèrent ceux qui se réveillaient.A l'aide de deux barges à fond plat qu\u2019on avait fabriquées et bien camouflées, Radisson et ses compagnons affrontèrent les glaces en fonte et échappèrent à leurs ennemis.La Compagnie de la Baie d'Hudson, fondée à Londres le 2 mai 1670, fut la plus vieille compagnie à charte de tout le Commonwealth britannique.Devise: « Peau pour peau ».Des Groseilliers fut probablement la source inspiratrice de Mère Marie de l\u2019Incarnation pour les notes géographiques que renferment ses lettres célèbres.Le père Poncet, qui a influencé Des Groseilliers à venir en Nouvelle-France, avait vécu dans la même mission que ce dernier et c'est de là que le missionnaire écrivit des lettres à Mère Marie de l'Incarnation.Les «donnés», laïcs qui servaient les missionnaires jésuites, sans avoir prononcé les vœux, étaient des serviteurs dévoués, ainsi appelés parce qu\u2019ils se donnaient par contrat pour la vie, sans recevoir de salaire.La «Mission» profitait de leur travail et s\u2019engageait a pourvoir a leur entretien, toute leur vie (Frémont, Donatien) SOURCES Frémont, Donatien, Pierre Radisson, Montréal, Ed.Albert Lévesque, 1933.Découvreurs et Explorateurs du Canada, Album no I, Ed.Imperial Oil Limited.Le Boréal Express, 15241760, Tome I.Coupures de La Presse, dont La Presse, 30 janvier 1960.Internet, « Les Glorieux », « La traite de la fourrure en Nouvelle-France: les coureurs des bois ».Lacoursière, Jacques, Nos Racines, Histoire vivante des Québécois, « On marche l'Amérique », chap.11.Sulte, Benjamin, Mélanges historiques, Montréal, 1933, vol.3.Nute, Grace Lee, Quelques compagnons de Radisson et de Des Groseilliers, p.25.Nute, Grace Lee , Autour des voyageurs.Nute, Grace Lee , Ceasers of Wilderness.Archives de Trois-Rivières.NOTES 1) Raymond Douville, dans Visages du Vieux Trois- Rivières, met en doute l'énoncé de Grace Lee Nute qui avance que le compagnon de Des Groseilliers dans l'Ouest, en 1654-56, était Hélie Grimard.Douville croit que ce serait plutôt Eustache Lambert qui avait le même âge que Des Groseilliers et qu'ils avaient tous deux accompagné des missionnaires dans les Grands Lacs entre 1645-1647.2) D'après Douville, Jean- Baptiste Des Groseilliers, fils, et Hélie Grimard, fils, furent les deux premiers Trifluviens de naissance a être naturalisés citoyens britanniques, le 3 juin 1687.On a perdu leurs traces depuis.3) Pierre Remus (Romulus dit Ramieux) fut pendant des années le chirurgien attitré de Radisson et Des Groseilliers, qu'il accompagnait dans leurs voyages.Il s'était «engagé» à Médard Chouart pour trois ans.II vivait à Trois-Rivières en 1661-62-63.TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 27 i N'attendez pas ! Inscrivez dès aujourd\u2019hui à votre agenda.4e Congrès des Sciences humaines 11, 12, 13 et 14 octobre 2001 4 2 - Centre des Congrès de Hull Des précisions dans le prochain numéro, dans votre courrier et sur notre site internet http.//station05.qc.ca/Partenaires/SPHQ Al I I M 28 TRACES, Vol.39, N° 2 / MARS-AVRIL 2001 Coo Ba RE PVR PI Ll i Da ji i SA plats 1 HN a ile fon it mn ns nl, mh is i À \u2014\u2014 fe gi or i ih ir elite ft: he Ai fr I i it ne Hs; its t i J 4 ie th hl th i te au on a i fleet RE hh hits dh fein it hh i id ijt.i ih! ih {hile th GL ih ai hit | thir\u2019 hi A uli! i 4 Hi 2) i NOT tr hi i 11 en | Eh th i h i il ir A fh if it hi di ii ! ! fie i : ÿ i : ; i 4 ht ; hit i i 4 un NE ih i vi ht at vi ht fh: a i a hu fi} i on va ol a : a 3 Or ; CE cn qu.5 3 « | 2 Vhs TSS SSE TIS SEIS EEE aaa EEE ese in 1h 1 ji ti mn iL DESTIN AT AIDE POSTES - PUBLICATIONS Dépôt légal Bibliothèque NUMÉRO DE CONVENTION : 1531212 2275, rue Hoit Montréal Adresse de retour H2G3H1 17 Qc SPHO, 201, Charles-Lemoyne, 6e étage LONGUEUIL, QC J4K 2T5 i kK: # i ; ! il ho RA EI "]
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