Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 1 mars 2010, Mars
[" REE cs te es pi in, oN ne A ) 5 FLE a Ad FO NE (1) N//4 | PLY AE A ze: es / i» OUR [A / & \u2018 ICL ion a 1% 7 A Xof REZ Fo = A 28 \u201cA 1 HE bY É Mall nN Sa qd RJ] 7 x \u2018 ET reel Cu / {tA La ~ Sel?\u201cof 2 7 = oy do A ie A] Ql -/ Za # 72 EN , 4x - y - = =X = 1 = J $7 » @.A Lad > A À { LJ Vs À.{| & Le & A 3 7 Ps AF SY, \" n = Le 2 ox À (| SA LS Avo Fa A FT LA Po h PASS = J ÿ CE PT tr Rr] Ea > a yyy S Sa 3) 7% Rest 47 PAL 7 ne P Anse ET\u201d, NN IA) 7 7 À 3 & a S 1385 cat HS CL LS 75 AS I~ FJ We ye 3 ; Pre ta Aan [SN a Lei A = Le I< Nes- ES rio 27 oe 4 oY oe Tr Se 1 RL JR / 2X3 DC PN ST 5 Xa oy ~ Cars yd VX] Hg HA CY) Cot as PL.oT Od Ce i Ù vy Faut À CE = sav YL 5 oa?rd CN \u2014\u2026\u2014 Nyce AN ET \u2014 EE Gat 2) rd ee) APS 43 ey \u2014 OX EF 4] a Po 7 = a hg, 2332 LC ESN Te ay = spa ARS NS faut + LS Pha N (be 1 ?SN - NES à) pre à 4 ete re ES va = LES N 8, = a mc PSE 1348 PER 3 : = = ; tte 14 a me tah yh Shh HA Lito ÿ it | sb iy 4 ih \u201coie wk Lun i: ne ity N wii ui i pur in?h fi 1 i ps gi hy il iH Ji ii oi i) Wh i [ I i H i if i A 4 pi \" fl ne is Hel el Kh Is 4 si ih i i! i oh) fill Lan al 1 i i: ih ii Ji! i Jit il oh ol hd A wi bi i : [i fi ol ji N = fé BR BR Baas Ki { id ÿ ht \u2014 = = fi i 9 * i Hi fil i i ji it id hl hi i ih i de Hs 4 Nu I = ii 0 fi ini He \u201cinit y it 1 i ne 2 HF rm oss oY lie fi x ih > I A i i pi an ; À fi i i he \u2014_\u2014\u2014 he i = = = EB io i i.es ve if li i (GS i iii i i ww 58 = 5 = ei ; # i i = = ÿ i 4 i et : br PE 7 Re ES 8 etm Ee OC BE pe \u2014 TRACES | nom dela revue TRACES fat premièrement réfé rence aux fondements de l'Histoire qui se construit à partir des preuves de la présence des humains et de leur société dans le passé.I] rejoint, en second lieu, l'empreinte spécifique laissée par l'enseignement de l'Histoire sur l'individu qui le reçoit.I] évoque, finalement, l'action et Imfluence passées et présentes de la Société des professeurs d'histoire du Québec (SPHQ) dans le domaine de l'Histoire et de son enseignement au Québec.La revue TRACES vise à assurer l'information et le développement professionnel des membres de la Société des professeurs d'histoire du Québec.Elle se veut le reflet du dynamisme de l'enseignement de l'histoire au Québec, un outil de perfectionnement pour tous ceux que lenseigne- ment de l'histoire intéresse, et le promoteur de l'enseignement des sciences humaines au primaire et de l'histoire au secondaire.Adresse postale de la revue : 1319, Chemin de Chambly, bureau 202 Longueuil, Québec, J4 3X1, (450) 628-6007 llamontagne(@cslaval.gc.ca Comité de rédaction : Laurent Lamontagne (directeur), Félix Bouvier, Marc- André Ethier, Josiane Lavallée, Michel Sarra-Bournet Correction des épreuves : Suzanne Richard Impression : Service de l'imprimerie, UQTR.Imprimé sur papier Enviro 100% recyclé Pour insérer de la publicité dans TRACES: Laurent Lamontagne : Iamontagne@cslaval.qc.ca Abonnements et distribution: Louise Hallé : Thalle(@mediom.qc.ca Dépôt légal : BN.C.-BNQ.Envoi de publication Date de parution : avril 2010 Numéro de la convention: 40044834, port de retour garanti Parutions : 4 numéros par année Tanfs : membres de la SPHQ - inclus dans les frais d'adhésion Abonnement annuel : Individu : 65 $ - Institution : 75 $ Retraité : 35 $ - Étudiant : 35 $ Une adhésion à la SPHQ, quelle que soit sa date, donne le droit de recevoir la revue TRACES au cours de l\u2019année qui suit.TRACES appartient aux membres de la SPHQ.Les articles peuvent être reproduits avec mention de la source, à moins d'avis contraire, et leur contenu n'engage que leurs auteurs.Pour proposer un article, contacter la direction de la revue.Un exemplaire est envoyé à chacun des auteurs.Les illustrations sont de la rédaction.Site Web de la SPHQ : Le site Web de la SPHQ est hébergé par le RÉseau pour le développement des Compétences par l\u2019Intégration des Technologies (Récit).Visitez-le: http//spha.recitusqc.ca/ PRINTEMPS 2010 eve de hh SPHQ Indexée dans REPÈRE depuis 1989.\u201d Collège Ste-Anne de Lachine Eglise Saint-Vincent-de- Paul, Québec la Lbs Do be seis Bey 32 MACHÉO-QUÉBEC résenude la ifasendelarhésioge 3 7 Philippe de Rigaud e Vaudreuil (Histoire Québec) 44 Volume 48, N°2 Sommaire GRAFFITI * UN TRAVAIL D\u2019ÉQUIPE, par la rédaction LA SPHQ PRÉSIDENCE e AU PRINTEMPS 1960, par la présidence TEMPS « LE 48\" CONGRÈS DE LA SPHQ, 5 ET 6 NOVEMBRE 2010, COLLÈGE STE-ANNE DE LA- CHINE, par le comité de rédaction L\u2019ENSEIGNEMENT L\u2019ENSFIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE e L\u2019ENSFIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE : UN ENJEU VITAL POUR LA DÉMOCRATIE, par Serge Cantin, professeur titulaire, chercheur régulier au Centre interuniversitaire d'études québécoises (CIÉQ-UQTR) DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE HIER, L\u2019ÉGLISE FAISAIT QUOI?par Philippe Chamberland, baccalauréat en enseignement des sciences humaines au secondaire, Université du Québec à Trois-Rivières PROGRAMMES D\u2019ÉTUDES 5|e HISTOIRE ET ÉDUCATION À LA CITOYENNE- TE, 25 CYCLE DU SECONDAIRE; UN PROGRAMME A REPENSER, par Louise Caron et les enseignants d\u2019histoire et éducation a la citoyenneté de 3° et 4° secondaire, école polyvalente Saint- Joseph, Mont-Laurier QUESTION e LA QUESTION NATIONALE DANS LES MANUELS DE 3° SECONDAIRE, par Michel Sarra- Bournet, chargé de cours en histoire et en science politique (UQAM et Université de Montréal) RECENSION e HISTORY ON TRIAL : CULTURE WARS AND THE TEACHING OF THE PAST, par Caroline Bergeron, étudiante en didactique de l\u2019histoire, Université de Montréal RESSOURCES ÉDUCATIVES LA RÉPUBLIQUE ASSASSINÉE DES PATRIOTES, par Jocelyn Jalette, auteur-bédéiste UN ARCHÉOLOGUE PRÉSENT DANS VOTRE CLASSE.LES PETITES HISTOIRES DE L\u2019ARCHÉOLOGIE, par Archéo-Québec e UN LIEU DE RASSEMBLEMENT, DE PARTAGE ET DE DIFFUSION., par Sébastien Vincent, enseignant et historien, responsable du site sebastienvincentilsontecritlaguerre.blogspot.com L\u2019HISTOIRE BIOGRAPHIE e PHILIPPE DE RIGAUD DE VAUDREUIL, GOUVERNEUR, DE MOUSQUETAIRE À VICE-ROI, par Robert Payant, conférencier et conteur DIVERS * MACEDOINE, par le webmestre du site Internet de la SPHQ Photo de la couverture: Pont Gendron, Wakefield, Québec.Photo de Jean-Claude Richard, printemps 2007.Construit en 1915 et un des premiers ponts a relier les deux rives de la rivière Gatineau, il est détruit par le feu en 984, puis reconstruit et rouvert en 1998.Il a conservé quelques pièces d'origine, dont les piliers qui le supportent.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 1 M tin pt tit Si 10 La Société des professeurs d'histoire du Québec (SPHQ) a été fondée à Québec le 20 octobre 1962, à l\u2019initiative du professeur Pierre Savard, secrétaire de l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Université Laval, et avec la complicité du professeur Marcel Trudel, de la même institution, et de l\u2019abbé Geor- ges-Etienne Proulx.1319, Chemin de Chambly, bureau 202 Longueuil, QC, J4J 3X1 (450) 628-6007 DOCUMENT A PHOTOCOPIER ET A COMPLETER POUR ADHERER A LA SPHQ ET POUR RECEVOIR TRACES (document également disponible sur le site Web, dans la rubrique TRACES) IDENTIFICATION (en lettres moulées, s.v.p.) NOT 2 .orcressereasecamrenevenerncenerarassnsamerereseneeennenteee nee» PRÉNOM : L.\u2026.\u2026cecrsssarenrersenenrareenerensrrenrenesencareacentenc enterrer ou Nom de l\u2019organisme : ADRESSE NO.rca eens 145 (= RASE SEE EEE EEE EEE VIE : L.\u2026ooococreccamcererererenennerrecemrneree ere cer seen eme semer ire» ProViNCe © coerce Code postal : rss TÉLÉPHONE : (résidence) .\u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026seerenmennnnnnçannn (DUFEAU) : .\u2026.\u2026\u2026oracrreecererrenserseessereerseneesesereneeencennmeunte TÉLÉCOPIE : \u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026coosrererceersencaennennnnnennrs COURRIEL : \u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026svrerrrrrenerarrancenaneeneresiecrensecrentena esse FONCTION ORDRE D'ENSEIGNEMENT OU Professeur DU Primaire D Étudiant O Secondaire 1°O0 2°03°0 4°0 5°0 OU Directeur U Collégial O Conseiller pédagogique D Universitaire O Autre (précisez) © verre estas S'il s\u2019agit d\u2019un organisme D Commission scolaire O École primaire O École secondaire U Cégep O Autre (précisez) : \u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026seseennnnns = =.soa sg 57 £8 \u2014 - = RÉGION ADMINISTRATIVE D 01 Bas-St-Laurent-Gaspésie D 07 Outaouais O 13 Laval OU 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean O 08 Abitibi-Témiscamingue O 14 Lanaudière 0 03 Québec 0 09 Côte-Nord O 15 Laurentides OU 04 Mauricie 0 10 Nord du Québec O 16 Montérégie OU 05 Estrie O 11 Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine O 17 Centre du Québec OQ 06 Montréal OU 12 Chaudière-Appalaches O 18 Hors Québec = æ@ COTISATION ANNUELLE 35 $ Étudiant (e) 35 $ Retraité (e) 65 $ Enseignant (e) 75 $ Organisme ou institution RÉSERVÉ À LA SPHQ Date © cece nn Code de la fonction ©.Montant : \u2026\u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026.erererenenençnennnn OU Chèque D Mandat OU Comptant Expédition : carte : \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026.O Reçu pour fin d'impôts Retournez avec votre cotisation à la SPHQ (adresse indiquée plus haut) Ee se gg = = ee Es 2 2 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 FH =] GRAFFITI UN TRAVAIL D'ÉQUIPE LAURENT LAMONTAGNE REDACTION DE TRACES ne vingtaine de collaborateurs ont contribué aux treize articles de cette édition, pour la plupart des enseignantes et des enseignants, en plus du comité de rédaction et de la révision Imguistique, effectuée par Mme Suzanne Richard.C\u2019est dire qu\u2019un numéro de TRACES, ¢a ne se fait pas seul.Et ça dure, depuis 1962.LASPHQ Plusieurs événements ont ou auront cours ce printemps dans notre milieu.L'article de la présidence vous en présente un aperçu, notamment les activités de la Coalition pour l\u2019histoire.Notre 48°congrés aura lieu au Collège Ste-Anne de Lachine.Fondé en 1861, il est riche d\u2019une histoire de plus d\u2019un siècle.Elle vous est brièvement racontée.Dès 1892, des élèves de cette mstitution se distinguaient à l'Exposition co- lombienne de Chicago, à l'occasion du 4° centenaire de la découverte de l'Amérique.Exceptionnel, non?L'ENSEIGNEMENT Pour Serge Cantm, professeur titulaire et chercheur régulier au Centre interuni- versitaire d'études québécoises, les professeurs d'histoire, vous, moi, nos collègues, sont dans une doivent composer avec les théories pédagogiques mo- demes et la dévaluation générale du passé qui les sous-tend; et ils doivent se faire, souvent a leur corps défendant, les promoteurs d\u2019une idéologie qui disqualifie la mémoire de notre peuple.La relève est encore présente dans nos pages, sous la plume de Philippe qui vous présente de façon détaillée une tâche intégratrice utilisable en troisième secondaire.Puis, Louise Caron et les enseignants d\u2019histore et éducation à la citoyenneté de 3° et 4° secondaire de l\u2019école polyvalente Samt- Joseph de Mont-Laurier vous écrivent ce qu\u2019ils pensent du programme d\u2019études et y proposent des améliorations.Dans les débats actuels de l\u2019enseignement de lhis- toire, les concepts d\u2019histoire nationale, d'histoire politique ou de question nationale gagneraient à être défi- is, sinon nous risquons bien de nous enfermer dans une tour de Babel termmo- logique.Michel Sara Boumet avance dans cette direction, dans un article rendant compte d\u2019une enquête où, à l\u2019aide de ses composantes, il a demandé à dix étudiants en enseignement de l'UQAM de déceler les éléments de la question nationale dans les manuels de 3° secondaire.Des débats ont aussi cours chez l\u2019Oncle Sam.Etu- diante à la maîtrise en didactique de l\u2019histoire à l\u2019Université de Montréal, Ca- rolne Bergeron vous présente l\u2019ouvrage History on trial (1994), qui aborde les grands enjeux en enseignement de l\u2019histoire aux USA depuis les tous premiers programmes d\u2019éducation.Ce livre traite de leur évolution, de leurs forces et faiblesses, ainsi que des crises et des guerres culturelles que se sont livrées historiens, enseignants, philosophes, psychologues, gou- vemement et grand public cennies.Ensuite, trois ressources éducatives vont sont suggérées.La république assassinée des patriotes, de Jocelyn Jalette; un projet éducatif clé en main, d\u2019Archéo- Québec et le site Web de Sébastien Vincent, un espace pour l\u2019échange, la diffusion et le partage d\u2019mfor- mations sur l\u2019historiographie militaire écrite au Québec, par des Québécois.Jy ai de mon côté trouvé la trace d\u2019un des équipiers de mon père (décédé en 1999) à bord d\u2019un bombardier Halifax de la 425 escadrille Alouette, un certain Vé- ronneau.Aujourd\u2019hui basée à Bagotville, cette escadrille l\u2019était alors à Thol- torpe, en Angleterre, et était la seule d\u2019origine ca- nadienne-française.Je me suis proposé d\u2019aller rencontrer M.Véronneau lors des prochames vacances d\u2019été L\u2019HISTOIRE Si vous habitez l\u2019ouest de Montréal, vous connaissez certamement la ville de Vaudreuil.Mais qui était cet homme?Je connaissais bien le trio de mous- quetarres d\u2019 Alexandre Dumas (Aramis, Athos et Porthos), mais j\u2019ignorais que Philippe de Rigaud de Vaudreuil en était un.Robert Payant vous I'm troduit.Enfin, la rubrique Macédome vous présente la table des matiéres du livre de Robert Martineau, qui vient de paraitre.Bonne lecture, vos commentaires sont appréciés.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 3 : LA PRÉSIDENCE AU PRINTEMPS 1960 LAURENT LAMONTAGNE PRÉSIDENCE DE LA SPHQ e 27 avril 1960, Antonio Barrette annonçait des élections pour juin.Comme chef de l'Union nationale, il avait succédé à Paul Sauvé après sa mort, le 2 janvier.Il a occupé ce poste pendant six mois avant de perdre l'élection générale du 22 juin 1960, au profit du Parti libéral de Jean Lesage.Apparemment, son nom fut mélé à des allégations de corup- tion et de favoritisme politiques qu'avaient dévoilés les travaux de la Commission Salvas, mise en place par le gouvernement Lesage pour faire la lumière sur l'administration précédente.Mis en cause dans le scandale du gaz naturel, des accusations ne furent toutefois jamais portées contre l'ancien premier ministre, malgré l'avis favorable des conseillers de Le- sage.Le 14 avril, côté sport national (vous avez lu l\u2019Histoire des Molson, chez VLB?), les Canadiens de Montréal remportaient une cinquième Coupe Stanley consécutive en défaisant les Maple Leafs de Toronto (4 parties à zéro).À l\u2019époque, les relations franco- québécoises étaient plus chaudes qu\u2019aujourd\u2019hui, puisque le général de Gaulle, venant au Québec pour la première fois depuis la guerre, déclarait à Montréal, le 20 ou le 21 avril: \"Vous pouvez compter sur la France comme elle compte sur vous\".Puis, deux mois plus tôt, l\u2019autoroute métropolitaine était inaugurée, à Montréal (l'autoroute de la misère, pour les Dans notre milieu, plusieurs la Coalition; SSIB du Centre-du- événements ont ponctué, Rencontre avec la Fédéra- Québec, qui a offert un apt ou auront ponc- tion autonome de l\u2019ensei- pui financier à la Coalition; tué le printemps 2010, dont gnement, ayant le même Parution de Fondements et voici un aperçu: objet; pratiques de l'enseigne- Janvier: rencontre de la A Rimouski, conférence de ment de l'histoire à l'école.coalition pour l\u2019histoire presse de la Coalition, où Traité de didactique, aux avec M.Réjean Parent pré- ellea reçu l\u2019appui du comi- PUQ, par Robert Marti- sident de la Centrale des té exécutif du Parti québé- neau, un livre attendu de- syndicats du Québec et le comité de coordination des réseaux d\u2019éducation du Québec.Février: rencontre à la Société nationale des Québécois (SNQ) de Lanaudière et de son président, M.Yvon Blanchet, pour une conférence de presse dénonçant le peu d\u2019enseignement de l\u2019histoire donnée dans les cégeps du Québec Rencontre avec M.Amir Khadir concemant l\u2019appui de Québec Solidaire envers cois de Rimouski et du Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep de Mars: M.Pierre Graveline a été nommé directeur général de la Fondation Lionel Groulx.Son plan d\u2019action prévoit un soutien financier des activités de la Le 13, lancement de Ils ont écrit la guerre, chez VLB, par Sébastien Vincent, au café Biscotti, a Dorval; Le 20, rencontre avec la puis longtemps; Le 26, remise des prix de la Francoféte 2010, a Laval Madame Marie-Ëve de Viller y a reçu le prix du Mérite d\u2019honneur en éducation.Avril: le 1°, à la SSJB, M.Jean-Claude Germam fera une présentation dans le cadre des jeudis de la langue.Une conférence de presse est prévue, puisqu\u2019il a été le porte-parole de la Le 6, Journée du livre politi- 4 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 que au Québec, à la Bibliothèque de l\u2019Assemblée nationale ; Le 8, lancement du livre 1968, des sociétés en crise: une perspective gio- bale, au bistrot Le Touski, 2361 rue Ontario Est, Le 25, rencontre avec la SNQ Laurentides et les Sociétés d'histoire des Milles Îles et de la Rivière du Nord ainsi que les professeurs d'histoire de leur territoire; celle de l'Outaouais organise actuellement une rencontre avec la Coalition; Mai: le 24, le Québec célèbre la journée nationale des Patriotes; Du 26 au 28, a Chicouti- mi, 15° congrès de l\u2019Association des professeures et des professeurs d\u2019histoire des collèges du Québec.Juin: du 18 au 20, à Longueuil, congrès 2010 de la Fédération des sociétés d\u2019histoire du Québec.Au MELS, les program mes Histoire du 20° siècle et Géographie culturelle sont actuellement en début de consultation.Ils seront tous deux optionnels en 5° secondaire.Serons-nous, enfin, directement consul tés?Quoi! On peut toujours rêver! SZ 5 %5:.=-6-E = = es | Z Es E E \u2014_\u2014= = Co RDB = = © = = 5 \u2018+ = = = _\u2014 I= pe =\u2014\" u = SR 2 = > Es en Es CSS \u2026s ess US ee Hs A rs dl ms \u2014 seur politique du XX° siècle \u2014 S\u2019inquiétait, tout comme David Solway aujourd\u2019hui, des conséquences désastreuses de l\u2019application des mêmes méthodes sociocons- tructivistes aux Etats-Unis, non sans dénoncer, elle aussi, leur prétendu égalitarisme qui sape les fondements de l\u2019autonité à laquelle l\u2019éducation est pourtant étroitement liée.« Dans le monde mo- deme, écrivait Arendt, le problème de l\u2019éducation tient au fait que par sa nature même l\u2019éducation ne peut faire fi de l\u2019autorité, ni de la tradition, et qu\u2019elle doit cependant s\u2019exercer dans un monde qui n\u2019est pas structuré par l\u2019autorité ni retenu par la tradition.» Non pas que Arendt fût conservatrice ou traditionaliste, au sens où on l\u2019entend généralement, ni qu\u2019elle fût hostile au changement.Bien au contraire, c\u2019est pour que le monde change, pour qu\u2019il se renouvelle que l\u2019éducation se doit à ses yeux, d\u2019être conservatrice.Il s\u2019agit d\u2019éduquer de façon à conserver chez les « nouveaux venus » la capacité d\u2019innover et de « remettre le monde en place ».Or cette capacité-là, d\u2019agir ou d\u2019intervenir dans le monde pour le renouveler, n\u2019est pas mnée ; elle suppose que l\u2019on ait d\u2019abord acquis la conscience du monde, la conscience d\u2019appartenir au monde, conscience que l\u2019é- L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE L'enseignement de l\u2019histoire, un enjeu vital.cole a pour fin ou, plutôt, devrait avoir pour fin d\u2019inculquer aux élèves.Non pas la conscience du monde concret et immédiat, du monde de Passe-Partout ; mais la conscience d\u2019un monde commun 1rréductible à la vie privée, d\u2019un monde qui dépasse le souci de soi et du présent.Au lieu de coller à l\u2019actualité sous prétexte d\u2019adapter les enfants à la société environnante, l\u2019école devrait plutôt promouvoir ce que Femand Dumont appelait une « culture scolaire authentique », qui dessaisisse les esprits de l\u2019actuel et qui soit « la représentation d\u2019un héritage de civilisation».Un héritage que les nouveaux venus dans le monde sont appelés a garder vivant en Pinterpretant a nouveau pour mieux ainsi le sauvegarder.Mais, encore une fois, pour sauvegarder et continuer l\u2019héntage, encore faut-il en avoir conscience et s\u2019en croire quelque peu responsable.Or, n\u2019est-ce pas le rôle de l\u2019école et en particulier des professeurs d\u2019histoire d\u2019imculquer à leurs élèves la notion de cet héritage, l\u2019idée d\u2019un autre monde que celui de leur vie quotidienne, le souci et le goût d\u2019un monde plus grand et plus vieux qu\u2019eux et qui leur survivra, d\u2019un monde qui a une histoire qui les dépasse mais à laquelle en même temps ils appartiennent ?TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 7 Cette tâche, comme vous le savez, est devenue fort difficile.Flle l\u2019est parce que l\u2019enseignement de l\u2019histoire est essentiellement tourné vers le passé et que, partout en Occident, et en particulier au Québec, le fil de la tradition a été rompu, rendant par le fait même le passé en tant que tel suspect, voire irrecevable.Comme l\u2019écrivait l\u2019un des plus grands penseurs politiques modemes, Alexis de Tocqueville, dans les années 1830 : « Le passé n\u2019éclairant plus l\u2019avenrr, l\u2019espnit marche dans les ténèbres.» Or, quand on ne sait plus d\u2019où l\u2019on vient ni, par conséquent, où l\u2019on va, la tentation est grande de trouver refuge dans le présent un peu comme on se réfugie dans l\u2019alcool ou dans les drogues.Quand le passé n\u2019est plus « notre maître » et que, par ailleurs, personne ne croit plus en l'avenir radieux que nous avait promis le communisme, le présent risque alors de devenir le seul horizon.Ainsi nos démocraties, y compris nos prétendues démocraties scolaires, fonction- nent-elles à l\u2019oubli et à l\u2019ignorance du passé ; c\u2019est non plus verticalement, comme l\u2019humanité d\u2019une mémoire à transmettre, qu\u2019elles se pensent, mais horizontalement, dans un présentisme obstiné qui doit sans cesse produire son futur et son passé. L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE L'enseignement de l\u2019histoire, un enjeu vital.Je ne crois pas me tromper en disant que c\u2019est ce présen- tisme qui sous-tend le nouveau cours d'\u2019histore du Québec au secondaire.Comme l\u2019a bien montré Charles-Philippe Courtois, ce cours ou ce programme \u2014 baptisé (et cela en dit long sur l\u2019intention qui le gouveme) « Histoire et éducation à la citoyenneté » \u2014 propose « une vision amnésique de notre histoire » axée sur « une identification au multicultura- lisme canadien ».« À bien des égards malhonnête, souligne Courtois, ce nouveau programme mérite d\u2019être vigoureusement dénoncé pour ce qu\u2019il occulte : tout référent national.Cette ablation de la mémoire québécoise apparaît dépourvue de légitimité démocratique ».En effet, c\u2019est bien la démocratie qui se trouve ici mise en question.Car que deviennent le pouvoir du démos et la réalité du monde commun dans le cadre du multicultura- lisme, lequel ne consiste au fond qu\u2019à juxtaposer des communautés culturelles dans l\u2019espace public en les soumettant elles-mêmes à la logique individualiste de la Charte des droits et libertés de la personne?Qu'est-ce qu\u2019une communauté politique sans « la possession en commun d\u2019un riche legs de souvenirs », pour reprendre la fameuse formule de Renan à propos de la nation ?Qu'est-ce qu\u2019une commu nauté politique sans solidarité nationale, sans mémoire collective, sans référence à un passé commun?À ces questions, le programme « Histoire et éducation à la citoyenneté » répond en faisant la promotion pédagogique d\u2019un pluralisme identitaire qui dissimule la réalité souvent brutale de l\u2019individualisme libéral.Dès lors, le professeur d\u2019histoire du Québec qui cherche tant bien que mal à rétablir le lien entre le passé et le présent, se trouve dans une bien fâcheuse position.Car non seulement lui faut-il, comme tous les autres enseignants, composer avec les théories pédagogiques modernes et la dévaluation générale du passé qui les sous-tend; mais encore doit-il se faire, souvent à son corps défendant, le promoteur d\u2019une idéologie qui disqualifie la mémoire de son peuple.Mais a-til le choix ?Comment pourrait-il ne pas se conformer au programme imposé par le ministère sans s\u2019attirer de sérieux problèmes ?Que faire dans ces conditions?Il ne reste, me semble- ti, que l\u2019action politique, que la dénonciation publique de cette intrusion de l\u2019idéologie dans l\u2019enceinte de l\u2019école québécoise.S\u2019il est vrai, pour paraphraser encore une fois 8 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 Hannah Arendt, que l\u2019éducation est par essence conservatrice et que « les enfants ont besoin d\u2019un abr sir pour grandir», alors nos programmes éducatifs ne doivent pas exposer nos enfants aux débats qui font rage dans le monde des adultes.C\u2019est pour mieux préparer nos enfants à participer demain de manière éclairée à ces débats qu\u2019il faut les en préserver au sein de l\u2019école primaire et secondaire.On s\u2019indigne trop facilement de ce que l'éducation au Québec ait été si longtemps sous la coupe de l\u2019Église.Ne serait-il pas plus urgent au- jourd\u2019hui de la soustraire aux prétendus bienfaits d\u2019une nouvelle religion, füt-elle séculière?kkk M om oem dep 8e TE SZ =\u20144 DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE HIER, L'ÉGLISE FAISAIT QUOI?PHILIPPE CHAMBERLAND, BACCALAURÉAT EN ENSEIGNEMENT DES SCIENCES HUMAINES AU SECONDAIRE, UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES ans le cadre d\u2019un cours mtitulé Didactique de l\u2019histoire et éducation la citoyenneté (HEC) suivi à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières à l\u2019hiver 2009, il nous était demandé de concevoir, à partir ou intégrant de façon significative une visite au Musée des Ursulines réalisée préalablement, une tâche intégratrice destinée aux élèves de troisième secondaire.Cette dernière devait, afin de satisfaire aux divers critères d\u2019évaluation : porter sur l\u2019une des sept réalités sociales du Programme de formation de l'école québécoise en histoire et éducation à la citoyenneté, amener l\u2019élève à aborder certains des concepts de ladite réalité, permettre de développer l\u2019une des trois compétences disciplinaires et minimalement deux de ses composantes, ainsi que décrire les diverses activités pédagogiques prévues à l\u2019intention des élèves, La tâche intégratrice élaborée et portant sur le rôle des diverses communautés reli- gleuses présentes en Nou- velle-France vous est présentée ici.Ceux d\u2019entre vous qui souhaiteront la faire vivre à leurs élèves sauront lui apporter les modifications nécessaires à son rémvestisse- ment.En voici donc les paramètres.Domaine d\u2019apprentissage, programme d\u2019études, réalité sociale et durée prévue: univers social, histoire et éducation à la citoyenneté de 3° secondaire, l\u2019émergence d\u2019une société en Nouvelle- France, pour une durée de 6 périodes (250 minutes).But recherché et intentions pédagogiques: encourager la de conscience, chez l\u2019élève, des rôles multiples \u20ac et fondamentaux joués par l\u2019Église, particulièrement les communautés religieuses, dans le contexte singulier de la Nouvelle-France; amener l\u2019élève à réaliser l\u2019importance des ecclésiastiques au sem de la colonie, de ses débuts jusqu\u2019à tout récemment et à approfondir, par le biais de la réalisation d\u2019une ligne du temps interactive, une di mension de l\u2019histoire de la Nouvelle-France.Angle d\u2019entrée : Les im pacts des programmes de colonisation sur l\u2019organisation de la société et du territoire.Compétences disciplinaires et composantes: Interroger les réalités sociales dans une perspective historique: > Explorer les réalités sociales à la lumière du passé : se tourner vers les origines.S\u2019enquénr de leur contexte.Se questionner sur des croyances, des attitudes et des valeurs.= Considérer les réalités sous l\u2019angle de la durée : se questionner sur les réalités sociales à l\u2019aide des repères de temps (chronologie, périodisa- tion, antériorité, postériorité).Tenir compte de la synchronie et de la diachronie des réalités sociales.S\u2019enquérir d\u2019éléments de continuité et de changement.= Envisager les réalités sociales dans leur complexité : s\u2019enquérir des divers aspects des réalités sociales.Se préoccuper d\u2019avoir une vision globale.Interpréter les réalités sociales à l\u2019aide de la méthode historique: > Etablir les faits des réalités sociales : se documenter sur des faits.Identifier des acteurs et des témoins.Détermmer leurs intérêts.Examiner différents points de vue.Délimiter le cadre spatio-temporel.= Expliquer les réalités sociales : rechercher des facteurs explicatifs.Etablir des liens entre ces fac- conséquences dans la durée.La tâche intégratrice vous est présentée sous forme de tableaux, accompagnés d\u2019une grille d\u2019évaluation et suivis d\u2019une conclusion.Philippe Chamberland baccalauréat en ensei- nement des sciences umaines au secondaire, Université du Québec Riviéres.a Trois- TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 9 DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE Hier, l'Église faisait quoi?LL \\ \\ : ji Is On \\ \\ ON \\ \u20ac L\u2019angle d\u2019entrée exploité permet d\u2019aborder le concept central de colonie et le concept particulier d\u2019Eglise.Chaque équipe abordera également, lors de la réalisation de sa ligne du temps, le concept d\u2019évangélisation.MÉTHODES EMPLOYEES : Discussions, recherche mdividuelle, extrait vidéo, visite muséale, exposés magistraux, [UID S .© EN SITUATIO .= S\\N Xx NEN Fi 2 A: a RAR \\ REN = i NEN DN se SN.ee ss \u2026 As eat La sa) 3 D ÉTAPES (forme, consignes, évaluation, \u2026 7 - + PREPARATION __\u2026______ a magistral (15 minutes): Présentation de la gravure de l\u2019Abitation de Québec et explication du concept de colonie, selon l\u2019optique mercantiliste, moyen pour la métropole d'acquérir des richesses et d\u2019accroître son pouvoir.Discussion en groupe (25 minutes): Déclencheur : À quel moment et par qui Québec a été officiellement fondée?Est-ce que certains savent quel était le symbole de la prise de possession du territoire au nom du roi de France?À votre avis, quels personnages ont joué les rôles les plus importants dans l\u2019histoire de la colonie et pour quelle raison?À quand remonte la présence de l\u2019E- glise catholique en Amérique de Nord?Alors que Jacques Cartier prend possession du territoire en 1534 à Gaspé au nom du roi de France, c\u2019est en 1608 que Samuel de Champlain fonde Québec et y érige l\u2019Abitation.Colonie française, la Nouvelle-France allait voir, dans une optique colonialiste, ses ressources exploitées afin d\u2019enrichir sa métropole, où la mode des chapeaux encourage la traite des fourrures, celle de castor principalement.Depuis, 400 ans se sont écoulées et les choses ont bien changées.Dans le contexte de cette nouvelle colonie au sein de laquelle les représentants de l\u2019Eglise catholique s\u2019installent rapidement, quelles sont les principales fonctions, à travers les années, occupées par \u201cles ecclésiastiques et religieux?Aujourd\u2019hui, que font essentiellement les religieux et les prêtres?Présentation du travail à accomplir, formulation des consignes et explication des critères de l\u2019évaluation formative (15 minutes) : La classe doit être divisée en équipes de six élèves.Chaque équipe doit réaliser une ligne du temps interactive sur diaporama informatique témoignant des rôles multiples occupés par les représentants des diverses communautés religieuses au sein de la Nouvelle-France.La ligne du temps comptera minimalement six « diapositives », accessibles par le biais de raccourcis, permettant d\u2019en savoir plus sur l\u2019histoire de chacune des communautés religieuses (Récollets, Jésuites, Sulpiciens, Ursulines, Congrégation Notre-Dame, Hospitalière de la Miséricorde de Jésus) abordées dans le cadre du cours.Les diapositives traitant des communautés religieuses compteront une image, ainsi que les rubriques suivantes : fondateur, moment d'arrivée dans la colonie, lieu(x) d\u2019installation, rôle(s) joué(s), particularités et « maintenant ».Afin d\u2019enri- | chir le contenu de leur ligne du temps, les équipes citeront minimalement cinq sources bibliogra- | phiques autres que le manuel scolaire employé.La ligne du temps sera remise à l\u2019enseignant au | commencement du sixième cours.L'une d\u2019elles sera présentée, en guise de « révision », au commencement de chacun des cours portant sur la réalité sociale « L'émergence d\u2019une société en | Nouvelle-France » sous forme d\u2019un exposé oral de 5 minutes.Tâche pour le prochain cours les élèves sont invités visiter le site web du Musée des Ursulines de Trois-Rivières (http:/Avww.musee-ursulines.qc.ca/) afin de se préparer à la visite muséale du cours suivant.Les élèves pourront s\u2019attarder à l\u2019exposition virtuelle « Sur les bancs d\u2019école », | retraçant la vocation d\u2019instruction de la communauté.= se Test 2] #5] | I | | = =| = DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE Hier, l\u2019Église faisait quoi?Visite muséale (50 minutes) : Les élèves sont mis en contact avec une communauté religieuse représentative de deux rôles sociaux importants joués par ces dernières dans le contexte de la Nouvelle-France.En effet, arrivées dans la colonie en 1639, les Ursulines, conduites par Marie de Cours2 : l\u2019Incamation, se sont vouées notamment, à Québec, à l\u2019instruction des jeunes filles ainsi qu\u2019aux Visite du Musée soins des malades, à Trois-Rivières où elles arrivent en 1697.Les élèves verront, en compagnie des Ursulines de la guide de I'institution muséale, des informations concemant la fondation de la communauté, de Trois-Rivières 2 vocation, son histoire, etc.Ils pourront ensuite rémvestirr les informations recueillies dans le cadre de la réalisation de leur ligne du temps.\u2018| Tâche pour le prochain cours : les élèves sont invités à feuilleter les pages de leur manuel et à effectuer des recherches sur les diverses communautés qu\u2019ils dorvent aborder.(Récollets, Jésurtes, Sulpiciens, Ursulmes, Congrégation Notre-Dame, Hospitalières de la Miséricorde de Jésus) TR \u201cDi ÉTAPES (forme, consignes, etc\u2026) + Plénière sur la visite muséale du cours précédent (5 minutes): Qu\u2019avez-vous retenu de la visite | du dernier cours?À quel moment les Ursulimes sont-elles arrivées en Nouvelle-France et se sont- \u201c| elles installées à Québec et à Trois-Rivières?Quelles ont été leurs principales fonctions dans la \u2018| colonie?S\u2019agit-il de fonctions religieuses ou sociales?| magistral (25 minutes) : Afin d\u2019obtenir les peaux, les Européens mettent sur pieds des \u2018| alliances avec les peuples amérindiens présents sur le territoire.Grâce au troc, les Français obtiennent la précieuse marchandise qu\u2019ils acheminent vers la métropole.Les relations qu\u2019ils entretien- «| nent avec les peuples amérindiens encouragent certaines communautés religieuses à venir s\u2019ins- \u201c| taller sur le temtorre.Récollets et Jésuites auront pour premier objectif de veiller à l\u2019évangélisation Commerce | des Amérindiens, bien que les Ursulines et les Sulpiciens se vouent également à cet ouvrage.Cer- desfourrureset | tames communautés rront jusqu\u2019à créer des réductions ayant pour but de sédentariser et d\u2019évangé- & 5 bed évangélisation > liser les peuples Amérindiens.4 L'enseignant aborde spécifiquement les Récollets et les Jésuites.| Extrait vidéo (10 minutes) : Présentation du film Robe Noire.La séquence permet de concréti- | ser, à l\u2019intention des élèves, ce que représentait l\u2019œuvre d\u2019évangélisation dans le contexte de la sel: | Nouvelle-France.En effet, le film, dont l\u2019action se déroule en 1634, présente le père Laforgue, Jésuite, dans son périple vers la Huronie, dans l\u2019intention de convertir les Hurons au catholicisme.; , Activité en équipe (10 mmutes): Les élèves doivent répondre aux questions suivantes : Parallèle- 1.Film Robe Noire _{ ment au commerce des fourrures, certaines communautés religieuses se vouent à l\u2019évangélisation 2.Projecteur ou télé-{ des peuples amérindiens.Peux-tu nommer les principales communautés religieuses qui s\u2019affec- viseur {| tent à cette tâche dans les premiers moments de la Nouvelle-France?Quels moyens les diverses \u2018| communautés religieuses présentes en Nouvelle-France emploient-elles pour parvenir à leur fin?| Peux-tu comparer les manières respectives de faire des Récollets et des Jésuites?Les communautés sont-elles parvenues à évangéliser autant d\u2019Amérindiens qu\u2019elles le souhaitaient?Pendant le temps restant, l\u2019enseignant est disponible afin de répondre aux interrogations des élèves et de les { orienter dans leur travail.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 11 DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE Hier, l'Église faisait quoi?nent s\u2019installer en Nouvelle-France afin d\u2019instruire les jeunes canadiens et de soigner les malades.Si, à Montréal, Jeanne-Mance dirige l\u2019Hôtel-Dieu, les Ursulines se chargent de l\u2019instruction des jeunes filles à Montréal et Trois-Rivières.L\u2019enseignant aborde les Ursulines, les Hospitalières de la Miséricorde de Jésus, les Sulpiciens et la Congrégation Notre-Dame.Activité en équipe (20 minutes): Les équipes sont invitées à dresser un schéma résumant les divers rôles sociaux et religieux des communautés religieuses mstallées en Nouvelle-France.Les informations colligées dans le cadre de cette activité seront réinvesties par les élèves lors de la réalisation de leur ligne du temps.Pour le temps restant, les élèves sont mvités à regrouper les mfor- mations recueillies lors des recherches qu\u2019ils ont réalisées, en prévision de la séance de travail au laboratoire informatique du prochain cours.L'enseignant circule parmi les équipes afin de réguler leur travail et de s\u2019assurer que toutes les équipes comprennent bien.Travail en équipe (50 minutes) : Les étudiants disposent de l\u2019ensemble de la période afin de mener à bien la réalisation de leur ligne du temps.L'enseignant s\u2019assure de préparer un tutoriel expliquant comment créer un hyperlien sur Power Point.La présence d\u2019un technicien en informatique pourrait être profitable afin d\u2019assurer un encadrement adéquat de toutes les équipes.Ces dernières pourront, par la même occasion, effectuer des recherches sur Intemet afin de savoir ce qu\u2019il advient des diverses communautés religieuses aujourd\u2019hui.Tâche à réaliser pour le prochain cours : compléter la ligne du temps.Au commencement du cours: chaque équipe doit remettre sa ligne du temps et les activités réalisées en classe à l\u2019aide d\u2019une clé USB ou d\u2019un cédérom.{ Qu\u2019est-ce qui a été le plus difficile dans la réalisation de la recherche ?Croyiez-vous que les communautés religieuses avaient occupé une place aussi importante dans l\u2019histoire de la colonie?Quels sont les principaux rôles qu\u2019elles ont occupés par le passé et jusqu\u2019à tout récemment?D\u2019après vous, certaines communautés ont-elles joué un rôle plus important que d\u2019autres?Justifiez.SYNTHESE: La réalisation de la ligne du temps et des activités liées à celle-ci amène l\u2019élève à réaliser la place majeure et les rôles pluriels qu'ont occupés les diverses communautés religieuses venues s\u2019installer à l\u2019époque de la Nouvelle-France sur le territoire de la colonie.Si certaines sont sont demeurées dans la dimension religieuse, notamment les Jésuites et les Récollets, d\u2019autres ont œuvré, et ce pour une longue période, dans la sphère sociale, notamment les communautés d\u2019institutrices et d\u2019hospitalières.OUVERTURE: Croyez-vous que le Québec d\u2019aujourd\u2019hui serait le même si les communautés religieuses n\u2019étaient venues s\u2019installe si tôt dans l\u2019histoire de la colonie?Justifiez votre point de vue.1 1> DIDACTIQUE/PEDAGOGIE Hier, l'Église faisait quoi?fe Evaluation formative: ä | Compétence discipinaire ae; rere rls ois l'aide dela méthode hire \u20ac 2) d\u2019évaluation (très peu Peu Cx | nd | |__ développée) ss).développée): Sources J consultéeset \u2018| Aucune autre 1 ou 2 source(s) sf citées en source que le autre(s) que le quelemanuel lemanuel lermanvel ; bibliographie manuel scolaire.manuel scolaire.scolaire.scolaire.scolaire.du da Sources em- 1 5.| Sources Sources Sources ployées très = | Ne employées peu employées employées portent et Hy 2 s applique pas.pertmentes, credibles maisde pertinentes ares I | recevables et de nature peu au sujet et (encyclopédie id : nature très peu diversifiée.de nature monographie, jm 5 diversifiée.diversifiée.TT is = la £ Desjugementset Faitssélectionnés Faitsretenuscré- Faitsrela- Faitsretenus = opinions sont +ou-pertinents dibles, mais+ou tésvéridi- riches, perti- 3 énoncés.et crédibles.- pertinents.queset nents, véridi- _ = pertinents.ques et bien = exploités = Bonne Excellente 5 Compréhension Discemement Représentation idéede compréhen- By | négligeablede incompletdurdle moyenne de l\u2019impor- sion des di- BR r importance des jouépar l\u2019Église l\u2019importance de tance du vers rôles ® | rôles joués par sur le territoire l\u2019Église en ,Ç rôle de joués par et | | [DEgliseen de la colonie.sol colonial.LEgliseen l'Égliseen x 3 | Nouvelle-France.: Nouvelle- Nouvelle il France.France.i J : Majorité Toutes les ; | Consignes Plupart des Certaines gE Soper 4 ol \u201c des consignes | pores ven mautés abordées 3 | , ombreux respectéeset abordées selonles i | éléments aspects prescrits dans la aspects ; manquants.+ou-couverts.majonté prescrits.u des aspects À presents.RE: SN A TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 13 DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE Hier, l\u2019Église faisait quoi?Conclusion Ainsi conçue, la tâche inté- gratrice « Hier, l\u2019Église faisait quoi?» permet à l\u2019enseignant d\u2019histoire de troisième secondaire d\u2019amener les élèves à développer les compétences disciplinaires « Interroger les réalités sociales dans une perspective historique» et « Interpréter les réalités sociales à l\u2019aide de la méthode historique ».Relativement à cette dernière, échelle qualitative a été développée afin de fournir à l\u2019élève les pistes de régulation d\u2019une évaluation formative.L'enseignant souhaitant étoffer cette tâche intégratrice pourrait aisément l\u2019enrichir de compétences transversales telles qu\u2019exploiter l\u2019m- formation, coopérer, se donner des méthodes de travail efficaces, etc.Néanmoins, sous sa forme actuelle, elle permet à l\u2019enseignant d\u2019aborder les concepts de colonie, d\u2019Église et d\u2019évangélisation relatifs à la réalité sociale l\u2019« émergence d\u2019une société en Nouvelle-France » et de favoriser la prise de conscience, chez l\u2019élève, des rôles multiples et fondamentaux joués par l\u2019Église, particulièrement les communautés religieuses, dans le contexte singulier de la Nouvelle-France.AAA JOURNÉE NATIONALE DES PATRIOTES 24 MAI 2010 a Joumée nationale des patriotes (JNP) c'est d'abord des centaines de bénévoles du Québec qui ont voulu concrétiser la décision du Gouvernement du Québec de reconnaitre le rôle de la lutte patriote pour la liberté politique de notre peuple et pour l'obtention d\u2019un système de gouvernement démocratique.Parmi les partenaires les plus constants depuis maintenant huit ans, le Comité de la Journée nationale des patriotes pour l'Estrie, à lorigme même de cette commémoration annuelle, et qui a depuis tenu plusieurs activités dans la région de Sherbrooke.De même, à Montréal, la Société Samt- Jean-Baptiste organise chaque année un grand spectacle à Montréal.Depuis 2003, ces initiatives et bien d'autres ont permis de bien ancrer cette commémoration dans les mœurs des Québécoises et des Québécois et de la voir inscrite dans les calendriers et les agendas, le lundi précédent le 25 mai de chaque année.En 2010, la Journée nationale des patriotes fait peau neuve grâce notamment à l'implication du Mouvement national des Quebécois(es) (MNQ), qui a accepté dy consacrer une partie de ses ressources, ainsi que son expertise, notamment acquise dans l'organisation de Fête nationale depuis 1984.Autour du MNQ, d'autres partenaires se sont joints, notamment du milieu de l'histoire et de l'éducation.En échange d'une visibilité par le biais des activités en marge de la JNP, les partenaires font bénéficier la fête de leur réseau de membres à travers le Québec, accroissant encore davantage le rayonnement de cette commémoration.http À Qumeadespatriotes qc.ca/ LE DEVOIR Libre de penser 14 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 PT) \u2014 VS pd \u2014 2 Ê# S8585SPEsëE5 io 0 an Jus sh [3 mi | % 2 PROGRAMMES D'ÉTUDES HISTOIRE ET ÉDUCATION À LA CITOYENNETÉ, 2\" CYCLE DU SECONDAIRE : UN PROGRAMME À REPENSER LOUISE CARON ET LES ENSEIGNANTS D'HISTOIRE ET ÉDUCATION À LA CITOYENNETÉ DE 3° ET 4° SECONDAIRE, ÉCOLE POLYVALENTE SAINT-JOSEPH, MONT-LAURIER N° les enseignants en histoire et éducation à la citoyenneté de 3° et 4° secondaire de notre profond Mont-Laurier dans les Hautes-Laurentides, avons déjà fait part de nos doléances par le biais d\u2019une lettre à la Mmnistre Courchesne, qui a bien daigné nous répondre.Nous suivons, depuis déjà trois ans, toutes les interventions de nos collègues du reste du Québec et nous ne nous sentons pas seuls et isolés dans nos revendications qui semblent pourtant être encore à l\u2019état de murmure.ll ize Nous partagerons ici ce que nous considérons comme les aspects mtéressants de ce programme, à conserver, mais encore à améliorer.Une critique positive ne va pas sans quelques suggestions de changements à apporter a ce nouveau programme.d\u2019expérimentation, les enseignants de 4° secondaire remarquent une plus grande capacité d\u2019argumentation de la part des élèves.Ils semblent arrivés de la 3° se condaire avec une base de conscience sociale, avec une pratique de prise de position.Les élèves sont plus allumés, plus sensibles à l\u2019actualité et aux réalités d\u2019enjeux qui les entourent.C\u2019est sans conteste que nous remarquons que les élèves de 4° secondaire sont plus enclms à comprendre les notions à assimiler, compte tenu de leur maturité.Même sil y a une grande compréhension des événements, il reste très difficile pour les élèves de 4°secondaire de fare les liens entre ces différents moments de l'histoire.Le fil conducteur n'est pas toujours très clair et évident pour ces élèves.On leur demande des réflexions complexes et les enseignants doivent faire des pieds et des mains pour faciliter la compréhension de l'interdépendance entre les différentes périodes.La méthode d' lyse historique, c'est bien, c'est facilitant, mais ne sont- ils pas encore jeunes?De plus, les élèves sont tou- Jours sous l'impression d'une répétition.Pourquoi ne pas avoir écouté la voix des enseignants qui recommandaient et qui se plaignent encore que le programme devrait être sur deux ans de façon chronologique; la 3°se- condarre de 1500 à 1800, ou la Confédération, et la 4° secondaire jusquà aujourd'hui, période dont les concepts sont plus difficiles à assimiler.Tous les enseignants du Québec le disent: « Nous n'avons pas le temps de terminer le programme ».Et pourquoi?Parce qu'une minorité d'élèves iront en formation professionnelle après la 3° secondaire et ils doivent absolument avoir les compétences ou les « connaissances » de notre histoire?En formation des métiers semi-spécialisés (FMS) (étude-stages) que nous of- frfons à notre polyvalente, le programme d'histoire de 3°et 4° secondaire est adapté à ces Jeunes qui éprouvent des difficultés d'adaptation au programme régulier et on leur enseigne une histoire et une géographie adaptées, cer- trées sur leur environnement; carte de la ville, histoire de la région.Pourquoi ne pas faire Louise Caron enseignante d'histoire et éducation à la citoyenneté de 3° et 4° secondaire, école polyvalente Saint- \u201cJoseph, Mont-Laurier TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 15 PROGRAMMES D\u2019ETUDES de méme avec la formation professionnelle?On y _mtè- gre une géographie pratique, manquante au régulier.Certes, nous manquons de temps et de plus, nous devons faire l\u2019arrimage avec la géographie que nous devons intégrer au programme.Cette pauvre géographie qui devient une lacune à la formation des jeunes parce que NOUS N\u2019AVONS PAS LE TEMPS.Le programme est donc trop chargé.On ne peut pas se permettre d'intégrer tous les ailleurs, les beaux projets proposés par les maisons d'édition, nous sommes à la merci d'un rythme effréné d'évaluations par dessus évaluations et parlons-en.Pour nous, la compétence 1 est très utile pour activer les connaissances.C\u2019est très bien pour une situation d'apprentissage, mais devons-nous absolument évaluer cette compétence à s\u2019interroger?Remarquez que nos voix ont dû être entendues parce que cette compétence n'est pas évaluée en 5° secondaire.Accorder 30% de pondération en 3° secondaire pour avoir la compétence « de la curiosité » cest énorme, trop et exagéré.Surtout lorsqu'elle est combinée à un autre 30% pour la compétence 3; consolider l'exercice de sa citoyenneté.Demandez à un de nos élèves de 3° secondaire de notre région, considérée comme un milieu défavorisé socio-économiquement, de vous expliquer ce que veut dire « consolider ».Malgré la complexité, ce sont les compétences que les élèves réussissent le mieux.La compétence 2 demandant de la lecture plus élaborée, ce qui est une lacune chez nos élèves.Le résultat du bilan final de l'élève est tout à fait biaisé par rapport aux Connaissances acquises, si importantes, quand il s'agit d'histoire.Le MELS ne semble pas considérer les connaissances comme étant importantes.Savoir lire et comprendre des textes sont beaucoup plus valorisés.Un renouveau pédagogique pour faciliter la réussite des élèves en difficulté?Qu'en est-il justement de ces élèves qui éprouvent des difficultés de lecture, de concentration mais qui adorent l'histoire, interviennent en classe en questionnant et répondant?La longueur des textes et le langage utilisé, autant dans les manuels que dans les évaluations, ne sont pas appropriés au niveau des élèves que nous retrouvons dans notre région.On veut savoir sils savent et comprennent leur historre afin qu\u2019ils puissent intégrer les réalités d'aujourd'hui et non évaluer leurs compétences de bons lecteurs.16 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 Programme d'histoire et éducation à la citoyenneté\u2026 Nous n'avons pas toutes les réponses, mais nous proposons certaines recommandations.Tout d'abord, au sujet de la pondération des compétences, nous recommandons d'enlever la compétence 1 dans l'évaluation comme ils l'ont si sagement fait pour le 5S°secondaire.On peut activer les connaissances par l'interrogation et l'émission d'hypothèses mais ce n'est pas pertinent d'en faire des évaluations.Tout au mieux, ne leur accordons pas la même valeur, plus réalistement nous verrions 20% pour la compétence 1- 60% pour la compétence 2 et 20% pour la compétence 3, comme en 4° secondaire et plus idéalement nous aimerions une pondération de 15% - 70% - 15%.Pour résoudre le problème de diviser le programme chronologiquement sur 2 ans, une solution serait d'intégrer un mini-programme d'histoire du Québec en formation professionnelle.Celui-ci ressemblerait au programme offert aux élèves de la formation des métiers semi-spécialisés et adaptation scolaire qui est centré sur l'environnement immédiat des élèves en partant de leur milieu.La division des thèmes et des événements sur deux ans serait peu envisageable parce que les élèves de 3° secondaire n'ont pas nécessairement la maturité pour faire = = == eee = © = gr => =\u2014 Se ee Ta Programme d'histoire et éducation à la citoyenneté.des liens entre les événe- ments en partant d'un thème.Ce serait une tâche trop complexe.Nous recommandons donc de diviser le programme en deux parties de façon chronologique; des Premiers occupants à la Confédération en 3° secondaire et la suite jusqu'à aujourdhui en 4° secondaire.Mais pourquoi nos doléances ne semblent-elles pas Être prises en considération?Nous pouvons avoir chacun notre petite idée, nous pouvons aussi mettre PROGRAMMES D'ÉTUDES le blâme sur un ou des mdi- vidus du MELS avec tous les Jugements appropriés ou inappropriés mais cela re règlera pas la réflexion qui doit se faire.Nous continuons de croire que Madame la ministre est à l\u2019écoute de cette réalité.Espérons qu\u2019elle est sensible à notre réalité d\u2019enseignants soucieux d\u2019un apprentissage collectif de notre Histoire, que nous serons pris en considération et que nous verrons les changements qui s\u2019imposent sous peu.Parce qu\u2019à cause de l\u2019insouciance des concepteurs du nouveau programme, nous formerons des compétents en lecture, quelques curieux assouvis, quelques élèves engagés et fiers mais combien resteront mcultes de leur histoire mise en perspective?kkk Ottawa, 31 octobre au 5 novembre 2010 FORUM DES ENSEIGNANTES ET DES ENSEIGNANTS SUR LA DEMOCRATIE PARLEMENTAIRE CANADIENNE Une semaine sur la colline du Parlement.une expérience a vivre! 70 participants de tout le pays seront choisis de la maternelle au cégep, la plupart des frais sont payés, bourses disponibles WWW, parl.g gc.ca/edu ucation Programmes et produits pédagogiques Le Parlement du Canada vous offre également plusieurs ressources pédagogiques.» Matériel à télécharger du site Web » Adaptées à tous les niveaux scolaires » Séries de classe et trousses d'enseignant disponibles All materials also available in English TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 17 LA QUESTION NATIONALE LA QUESTION NATIONALE DANS LES MANUELS DE 3\" SECONDAIRE!\u2018 MICHEL SARRA-BOURNET, CHARGÉ DE COURS EN HISTOIRE ET EN SCIENCE POLITIQUE (UQAM ET UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL) Or a beaucoup parlé du programme Histoire et éducation à la citoyenneté du deuxième cycle du secondaire comme d\u2019une histoire « dénationalisée ».Après avoir pris connaissance d\u2019une version presque définitive, les dirigeants de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (SPHQ), Félix Bouvier et Laurent Lamontagne ont écrit « À notre avis, l'actuelle proposition de programme est conçue par des historiens fédéralistes et vise à former une jeunesse qui penserait comme eux.Comment y arriverait-on ?Entre autres en taisant des côtés historiques de notre histoire qui amènent logiquement un développement de l'identité québécoise sur le plan historique, puisque c'est de cela qu'il est question, sans même parler d'avenir.%» Une telle charge n\u2019a pas manqué de créer une controverse\u201d.3 Michel Sarra-Bournet chargé de cours en histoire et en science politique UQAM et Université e Montréal) Le programme Le nouveau programme de formation de l\u2019école québécoise* n\u2019offre plus un récit de la genèse et de l\u2019évolution de la nation québécoise.L\u2019histoire et les autres disciples sont décloisonnées et inscrites dans des domaines généraux de connaissance.L\u2019histoire est d\u2019ailleurs couplée à l\u2019éducation à la citoyerneté.Les objectifs du curriculum s'inscrivent désormais dans un paradigme centré sur l\u2019apprentissage par les élèves de compétences transversales et disciplinaires qui doivent leur permettre de mieux affronter les enjeux du présent et de l\u2019avenir immédiat.En Histoire et éducation à la ci toyenneté, l\u2019élève est évalué en fonction de la réalisation de trois compétences : 1) « Interroger les réalités sociales dans une perspective historique », c'est-à-dire regarder le présent en s\u2019interrogeant sur ses origines, 2) «Interpréter les réalités sociales à l\u2019aide de la méthode historique », ou appliquer la méthode historique à l\u2019analyse de faits du passé et 3) « Consolider l\u2019exercice de sa citoyenneté à l\u2019aide de l\u2019histoire », en d\u2019autres termes, réinvestir ses connaissances et ses compétences dans sa participation comme citoyen.Le débat Pendant quelques mois, le nouveau programme est sorti des cercles restremts du ministère de l\u2019Education, du Loisir et du Sport (MELS) et a fait l\u2019objet d\u2019un débat de société.En juin 2006, les principales dates de l\u2019histoire nationale ont été mcorporées dans la ligne du temps propo- Se et ana redeoupe les bornes tempore relles des réalités sociales\u201d En novembre 2006, certams concepts, objets d\u2019interrogation et de ci toyenneté ont été réorientés vers la compréhension de la question nationale.\u201d Mais le 18 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 MELS ne pouvait pas aller plus lom sans modifier l\u2019approche par compétences ou augmenter la quantité de connaissances prescrites.Les connaissances historiques Ainsi, le contenu historique prescrit est réduit à une fonction utilitaire : il ne doit servir que de support à l\u2019apprentissage des compétences.Il n\u2019est pas évalué comme tel, ce qui rend aléatoire le bagage de connaissance acquis par chaque élève au terme du 2° cycle du secondaire.Durant la première année (autrefois appelée 3° secondaire), la matière, divisée en « réalités sociales », est déclinée de manière chronologique.En deuxième année, on reprend la même matière sur le mode thématique.Chaque réalité sociale doit être abordée par un angle d\u2019entrée et amener la maîtrise d\u2019un concept principal.Par exem- EE i ais i | ot REIFF RD aoBw BB Re =F LA QUESTION NATIONALE La question nationale dans les manuels.Les Premiers occupants L'émergence d\u2019une société en Nouvelle-France Le changement d\u2019emprre Revendications et luttes dans la colonie britannique La formation de la fédération canadienne La modemisation de la société québécoise Les enjeux de la société québécoise depuis 1980.ple, l\u2019angle d\u2019entrée de la réalité 5 de la 3° secondaire, qui porte sur la formation de la fédération canadienne, est « La dynamique entre l\u2019m- dustrialisation et les transformations sociales, territoriales et politiques » et le concept central est l\u2019industrialisation.Les contenus proprement dits comprennent également des objets d\u2019interrogation (pour la première compétence) des objets d\u2019interprétation (pour la deuxième) et les objets de citoyenneté (pour la troi- sieme), ainsi que des breuses) et des repères culturels et temporels (uniquement suggérés).Qu\u2019en est-il de la question nationale, dont on a dénoncé l\u2019absence ?La Chambre des communes du Canada reconnaît mamtenant les Québécoises et les Québécois comme une nation.On se serait attendu à ce que le programme de deuxième cycle du secondaire élaboré par un ministère québécois reflète cette réalité.Mais sous l\u2019influence de l\u2019histoire sociale, on a plutôt décidé de présenter le Québec comme une « société » occidentale qui a plus ou moins vécu la même évolution que les autres.Tels sont les paramètres étroits qui orientent la rédaction des nouveaux manuels scolaires.Les manuels et la question nationale Les manuels fournissent du contenu pour l\u2019apprentissage des compétences, c\u2019est le deuxième maillon d\u2019une chaîne qui en compte quatre : le programme, le manuel, l\u2019enseignant et l\u2019élève.Quatre manuels ont été approuvés par le Bureau d\u2019approba- ton du matériel didactique pour la 3° secondaire : Fresques, Repères, Présences et Le Québec, une histoire à suivre.Les maisons d\u2019édition, qui sont des entreprises privées, ont pe respecter le programme pour s\u2019assurer de l\u2019approbation de leurs volu- TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 19 mes, Ainsi, malgré la concurrence commerciale, qui devait être un gage de diversité, les manuels issus du programme se ressemblent énormément.Tous ont suivi à la lettre tant les quelques éléments prescrits par le MELS que les suggestions qui ne devaient que servir d\u2019exemple.C\u2019est notamment le cas des comparaisons in- temationales.Cela dit, la question nationale est-elle aussi absente des manuels qu\u2019on le disait du programme?Dans le cadre d\u2019un cours d\u2019histoire de troisième année, j'ai demandé à dix étudiants en enseignement de l'UQAM de déceler les éléments de la question nationale dans les manuels de 3° secondaire, à l\u2019aide du Tableau 2 de la page suivante.Ils ont constaté que plusieurs dimensions de la question nationale québécoise y étaient présentes à divers degrés.Ils ont relevé de nombreuses occurrences, surtout dans les réalités sociales 4 à 7. LA QUESTION NATIONALE Tout d\u2019abord, une définition de nation est obligatoire dans la 4° réalité sociale : Les revendications et les luttes dans la colonie britarnique, parce que « nation » y est un concept central.Toutefois, puisque le contenu du concept n\u2019est pas prescrit, chaque manuel en fournit sa propre définition.Par ailleurs, les éléments de la question nationale sont inégalement répartis et ne font pas l\u2019objet d\u2019une interprétation particulière.Par exemple, on n\u2019est guère étonné d\u2019en retrouver plusieurs dans la 5° réalité sociale : La formation de la fédération canadienne.Îls sont liés à la politique dans la compétence 1 et à l\u2019économie dans la La question nationale dans les manuels.Religion, culture, pluralisme, américanité Classes sociales, discrimmation, mférionté, corporatisme, étatisme, modèle québécois Assimilation, langue, promotion du français Émigration, natalité, immigration, intégration Libertés politiques, impérialisme, isolationnisme, dualité canadienne, autonomie, constitution, souveraineté compétence 3, mais ils ne forment pas un tout.Contre toute attente, c\u2019est le présent qui vient sauver la question nationale.Dans la 7° réalité sociale, Les enjeux de la société québécoise depuis 1980, on lui fait une large place, grâce aux repères de temps suggérés par le programme et littéralement copiés par les concepteurs des manuels.Il faut dire que la question constitutionnelle était mcontourable durant la période 1980-1995.Nous avons donc mis en évidence dans les quatre manuels des éléments de la question nationale.Il s\u2019agissait ensuite d\u2019évaluer leur poids quantitatif et qualitatif afin de déterminer si les nou- 20 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 veaux livres d\u2019histoire du Québec méritent les qualificatifs d\u2019histoire nationale, d'histoire nationaliste ou d\u2019histoire du nationalisme.Une histoire nationale?Deux conditions sont nécessaires pour qu\u2019on soit en présence d\u2019une histoire nationale.La caractérisation d\u2019un groupe comme étant national et le suivi de l\u2019histoire de ce groupe à tous les niveaux : social, économique, politique et culturel Bien qu\u2019on parle de la nation canadienne dans la 4° réalité sociale, c\u2019est surtout parce dant, lorsqu\u2019il est question des Autochtones dans la 1\" réalité, Les Premiers oc- \u2014 Eee BB BT ses oc sp BE ses a 4 ea es ee ad ee gm ess ss ss =| \u201cee S 885 7 =FRSs |__ Lo - Ears rE Es wZ = = = | cupants, on est plus catégorique: on parle des Premières nations ou des onze nations autochtones et inuit.À la limite, l\u2019existence d\u2019une nation québécoise est implicite dans la 7 réalité, lorsque la question de l\u2019intégration des immigrants la société majorité francophone est abordée.Toutefois, la nation ne forme pas le fil conducteur d\u2019un récit, celui de la nation québécoise.Dans la 6 réalité sociale, La modernisation de la société québécoise, il est clair que cela est attribuable à l\u2019angle d\u2019entrée : on ne fait pas de lien entre la Révolution tranquille et la question nationale mais avec les changements de mentalité et du rôle de l\u2019État.Par conséquent, l\u2019histoire présentée dans les écoles du Québec en 3° et 4 secondaire n\u2019est pas une histoire nationale.À preuve, un seul éditeur a cu bon d\u2019inscrire le mot Québec dans le titre de son manuel.Les autres se sont contentés d\u2019un titre passe-partout, avec comme sous-titre le nom du programme.Une histoire du nationalisme?Ce qui précède ne nous permet pas d\u2019affirmer qu\u2019on a occulté la présence de mouvements de pensée et d\u2019action motivés par l\u2019idéologie nationaliste.Les nationalismes canadien, canadien français, québécois et canadian LA QUESTION NATIONALE La question nationale dans les manuels.sont bel et bien présentés sous leurs différents visages : revendicateur de droits et de pouvoirs, identitaire, économique et étatique.Les mouvements nationalistes et ndé- pendantistes sont décrits à plusieurs endroits, tout comme les différences entre les « Canadiens » et les «Français » puis les Britanniques.Toutefois, bien que le nationalisme n\u2019occupe plus la même place que dans les manuels plus anciens, il constitue toujours une des facettes de la réalité historique du Québec relatée dans les quatre manuels actuellement en usage dans les écoles.Mais le nationalisme n\u2019étant pas au centre de leur propos, ces livres ne peuvent pas Être considérés comme des ouvrages relatant l\u2019histoire du Une histoire nationaliste?De plus, ces ouvrages ne peuvent en aucun cas être qualifiés d\u2019historre nationaliste au sens d\u2019un récit de groupe national, qui identifie les problèmes et les obstacles qu\u2019il a rencontrés, qui se penche avec sympathie sur les combats menés pour protéger ses intérêts et son intégrité ou promouvoir la condition de ses membres, et qui s\u2019interroge sur la pérennité de ce groupe.Selon la place et le traitement qui leur est accordé dans l\u2019un ou l\u2019autre des manuels, certains aspects du TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 21 nationalisme peuvent être valorisés, comme par exemple, la protection du fait français au Québec, un sujet qui semble faire consensus.Mais on n\u2019y trouve aucune apologie.Et pour cause : le programme critique l\u2019approche nationaliste qu\u2019il voit comme un objectif dépassé : « Au moyen d\u2019un récit historique, il s\u2019agissait entre autres d\u2019m- culquer aux citoyens une identité nationale et la validité de l\u2019ordre social et politique établi \u201c>.Bref, les manuels ne sont pas nationalistes parce que le programme n\u2019est pas nationaliste.Dans une perspective nationaliste, la nation devrait l\u2019emporter sur la diversité.En raison de l\u2019approche socio- constructiviste choisie par le gouvernement sur les sciences de l\u2019éducation, les deux phénomènes sont traités comme des faits, des phénomènes historiques, par rapport auxquels les élèves sont appelés à prendre position.Discussion et conclusion La question nationale n\u2019est pas résolue.Les critiques du nouveau programme d\u2019histoire et d\u2019éducation à la citoyenneté allèguent qu\u2019en occultant la question nationale, le MELS aurait pris parti pour le statu quo.Au moment même où on veut préparer les élèves à prendre part aux débats, on ne leur LA QUESTION NATIONALE donnerait pas les outils nécessaires.On se serait donc rallié à la position de Jocelyn Lé- toumeau de l\u2019Université Laval pour qui, plutôt que de se questionner sur l\u2019existence de la nation québécoise, on devrait parler des problèmes de « société » : « Le débat sur l\u2019éolien, opine-til, est sans doute plus important que celui sur la nation *».Le programme a donc été réalisé dans une perspective post- nationaliste qui éloigne les concepteurs de manuels de la rédaction d\u2019une histoire nationale et à plus forte raison d\u2019une histoire nationaliste.On doit toutefois relever la présence d\u2019éléments de base de l\u2019histoire du nationalisme québécois et de la question nationale.Or, parce qu\u2019il n\u2019est pas nationaliste québécois, plusieurs affirment qu\u2019il est nécessairement nationaliste canadien (fédéraliste ou multicultura- liste).Charles-Philippe Courtois écrit : « L\u2019axe central du nouveau programme d\u2019histoire du Québec est [.] le multiculturalisme.Le multi- culturalisme fait même l\u2019objet d\u2019une véritable catéchèse (.) Voilà qui cadre à merveille avec la politique officielle canadienne du multi- culturalisme, instituée par une Constitution à laquelle le Québec n\u2019adhère toujours pas.(.) Plutôt que de le présenter comme français et La question nationale dans les manuels.multiethnique, on veut favoriser une conception bilingue et multiculturelle du Québec.» On peut certainement défendre l\u2019argument que le programme ne remet pas en cause le statu quo canadien de 1982 et que tout ce qui ne remet pas en cause ce statu quo le renforce par défaut.Mais il est faux de prétendre que le programme fait une promotion active du nationalisme canadien.À mon avis, s\u2019il y aun parti pris quelconque, c\u2019est plutôt en faveur d\u2019une célébration de la démocratie libérale individua- On ne peut pas dire non plus que le programme omette sciemment la question nationale, surtout après les corrections apportées en novembre 2006.Qui plus est, les quatre manuels examinés fournissent des connaissances historiques de base reliées à la question nationale, mais sans proposer un récit national et sans faire l\u2019apologie du nationalisme québécois.Toutefois, et cela est fort important, l\u2019mterprétation de la question nationale est laissée aux élèves.Cela découle des choix pédagogiques faits par le MELS pour qui ces derniers doivent construire eux- mémes leurs connaissances.Pour le ministère : l\u2019école n\u2019est pas là pour transmettre, à travers l\u2019enseignement de Phistoire du Québec et du Canada, une mémoire ou une identité collective.« De nos jours, l\u2019éducation à la citoyenneté occupe encore une large place dans l\u2019enseignement de l\u2019histoire et vise à former des citoyens capables d\u2019une participation sociale ouverte et éclairée au sein de l'espace public, conformément aux principes et aux valeurs démocratiques\" ».L\u2019histoire est donc mise au service de l\u2019éducation à la citoyenneté.Lorsque Félix Bouvier et Laurent Lamontagne ont dénoncé un « esprit résolument ultrafédéraliste et le choix fortement subjectif des qui suscitent notre indignation », ils ont refusé de s\u2019en prendre au nouveau paradigme retenu par le ministère sur les conseils des didacti- ciens.« Il ne s'agit pas ici, ontils écrit, de remettre en cause ni d'évaluer la démarche par compétence qui a été choisie sur le plan didactique pour ce programme, une suite logique à ce qui se fait déjà en histoire et en éducation la citoyenneté à l'enses- gnement primaire et au premier cycle du secondaire.» Pourtant, on ne saurait expliquer convenablement l\u2019évacuation de l\u2019histoire nationale, cette trame historique substantielle et cohérente de la nation, en faisant abstraction de la réorientation impo- R\u2026 \u20ac Sa CL ne PI A es 22 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 ih sée par le MELS à l\u2019ensemble du curriculum.Cette étude des nouveaux manuels de 3° secondaire a bénéficié de la collaboration de futurs enseignants qui étaient inscrits à l\u2019hiver 2009 à mon cours Nations et nationalisme au Canada et au Québec.Depuis, signe des temps, il a été retiré de la banque de cours du département d\u2019histoire de l'UQAM.Bibliographie Charles-Antoine Bachand ef al, Présences, Histoire et éducation à la citoyenneté, I\u201d année du Z cycle du secondaire, Montréal, CEC- Québécois Média, 2007, 236 et326p.Raymond Bédard et al, Le Québec, une histoire à suivre.Des premiers occupants au changement d'empire et Le Québec, une histoire à suivre.Des revendications et luttes de la colonie aux er- jeux de la société québécoises depuis 1960, Montréal, Grand Duc, 2007, 552 p.Sylvain Fortn et al, Fresques.Histoire et éducation à la citoyenneté, 2 cycle du secondaire, 1\u201c année Manuels de l\u2019élève À et B, Montréal, Graficor-Cheneliére Education, 2007, 240 et 326 p.Andrée Thibault ef al., Repe- res.Histoire et éducation à la citoyenmete, 1° année du Z cycle du secondaire, Manuel LA QUESTION NATIONALE La question nationale dans les manuels.de l\u2019élève A et BB Montréal, ERPI, 2007, 216 et 528 p.Notes \u2018 Résumé d\u2019une communication au 47 congrès de la Société des professeurs d'histoire du Québec à l'UQAM, le 16 octobre 2009.* Félix Bouvier et Laurent Lamon- tagne « Quand [histoire se fait outil de propagande », Le Devoir, le 28 avril 2006, p.A9.* J'ai participé à ce débat que j'ai ensuite tenté d\u2019analyser dans « Quel avenir pour l\u2019histoire du Québec?», Bulletn d\u2019histoire politique 15, 2 (hiver 2007) p.59-65, dans « Histoire du Québec un difficile atterrissage », Le Devoir, 11 décembre 2006, p.A6 et dans « Le difficile atterrissage de la réforme de l'enseignement de Thistoire du Québec au secondaire » in François Charbon- neau et Martin Nadeau (dir), L'histoire à l\u2019épreuve de la diver- Sité culturelle, Bruxelles, PIF Peter Lang, 2008, p.48-60 et « Enseigner l\u2019histoire du Québec : avec ou malgré le \"renouveau pédagogique?», in Félix Bouvier et Michel Sarra-Boumet (dir), L\u2019enseignement de l\u2019histoire au 21° siècle au Québec, Sillery, Septentrion, 2008, p.142-174.\u201cMinistère de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport, Programme de formation de l\u2019école québécoise, domaine de l\u2019univers social, Histoire et éducation la citoyemneté, deuxième cycle du secondaire, [Québec], 2007, 105 p.° Voir Félix Bouvier, Bilan du débat relatif au programme histoire et éducation à la citoyenneté du deuxième cycle de l\u2019ordre d'enseignement secondaire qui a eu cous au Québec en 2006- 2007, Commission de consultation sur les pratiques d\u2019accom- culturelles, janvier 2008, p.12-13, TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 www.accommodements.qc.ca/ documentation/rapports/rapport- 13-bouvier-felix.pdf (document consulté le 23 juin 2008).$ Voir Antoine Robitaille « Adoption d\u2019un programme d'histoire toujours controversé », Le Devoir, 15 novembre 2006, p \u2018Al et AlO et Michel Sarra- Boumet, « Histoire du Québec : un difficile atterrissage », Le Devoir, 11 décembre 2006, p .A6.\"Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Matériel didactique approuvé pour l\u2019enseignement secondaire, Ensembles didactiques 2009-2020, [Montréal], Bureau d\u2019approbation du matériel didactique, Direction des ressources didactiques.2009, 48 p.® Programme de formation de Pé- cole québéeoise, op.cit, p.1 ° Cité dans Antoine Robitaille, « Le débat sur la nation, une perte de temps! », Le Devoir, 6 novembre 2006, p.A-1 et A-8.\"Le nouveau cours d'histoire du Québec au secondaire : l\u2019école québécoise au service du multi- culturalisme canadien?Montréal : Institut de recherche sur le Québec, mars 2009, p.39-40.!! Programme de formation de l\u2019école québécoise, op.cit., p.1.*kakok 23 ie M ME ge RECENSION HISTORY ON TRIAL: CULTURE WARS AND THE TEACHING OF THE PAST CAROLINE BERGERON, ÉTUDIANTE À LA MAÎTRISE EN DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL «En combinant les méthodes historiques avec celles de sciences sociales et en intégrant l'étude à long et à moyen terme des changements avec l'enregistrement des évènements à cours terme, on pourrait en arriver à une histoire totale, une grande synthèse de l'expérience humaine.» M Bloch, F.Braudel, et L.Febvre (p.81) e livre aborde les grands enjeux en enseignement de l\u2019histoire aux USA depuis les tous premiers programmes d\u2019éducation.Il traite de leur évolution, de leurs forces et faiblesses, ainsi que des crises et des guerres culturelles que se sont livrées historiens, enseignants, philosophes, psychologues, gouvemement et grand public américain depuis des décennies.À l\u2019aube de l\u2019an 2000, les programmes dans toutes les sphères de l\u2019éducation devaient être repensés en réaction aux nouvelles réalités sociales et économiques du monde en perpétuelle évolution.Suite à une longue période de questionnements et d\u2019études, les auteurs du présent livre ont participé à l\u2019élaboration de nouveaux standards pour le programme états-unien d\u2019éducation en histoire.Le résumé de ce livre propose une brève revue de l\u2019enseignement de l\u2019histoire aux États-Unis et de ses débats, ainsi qu\u2019un constat des nouveaux standards et de la controverse qu\u2019ils ont soulevée.Caroline Bergeron étudiante à la mat- trise en didactique de l'histoire, Université de Montréal En 1994, suite à la publication de nouveaux standards en enseignement de l\u2019histoire, les trois auteurs de History on trial (et collaborateurs au nouveau programme ayant mené aux standards) se sont fait cntiquer par la presse.Lyne Cheney, du Wall Street Journal, a d\u2019ailleurs publié un article, annonçant la fin de l\u2019histoire, qui aftaquait les standards avant même que le public en ait pris connaissance.Elle reprochait au nouveau programme de ne pas parler des faits importants et d\u2019aborder le côté sombre de l\u2019histoire des É-U.Elle voyait dans ces standards une menace et elle eut peur que le passé disparaisse des écoles (p.4) Rush Lim- baught, animateur à la radio, a vite fait d\u2019en ajouter en affirmant que ces nouveaux standards causaient l\u2019endoc- trimement des élèves et les décourageaient en ne montrant que le côté sombre des USA.Frustré que plusieurs parties de l\u2019ancien programme soient disparues, il ajouta que les nouveaux standards étaient «de lamerde» et qu\u2019on ne devait pas laisser de place à l\u2019interprétation de l\u2019histoire dans les écoles, que c\u2019était dangereux pour le développement mental des enfants.Pour lui l\u2019histoire est simple : «c\u2019est ce qui est arrivé.» (p.6) L\u2019interprétation de l\u2019historre est pourtant essentielle à sa compréhension.L histoire écrite est basée sur un regrou- 24 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 pement de faits et de preuves expliqués et analysés par les historiens, mais il très difficile de déterminer les faits les plus importants à prendre en considération, ainsi que leur authenticité et leur neutralité.Les sources sont grandement influencées par l\u2019auteur, par ce qu\u2019il pense et ce qu\u2019il veut qu\u2019on pense de ce qui est arrivé dans le passé.(p.10) Les faits et les artéfacts ne parlent pas d\u2019eux-mêmes et doivent être interprétés.L'histoire doit même être réécrite à chaque génération.De nouvelles questions sont posées, questions qui ne pouvaient l\u2019être lors des générations passées à cause de la société de l\u2019époque, de la culture et des limites du savoir.(p.13) Dans les écoles, \u2014 £2 wa Ses.es wy EE TR- =F =- 1 = LX 2 3 T= a ret oe es 1 em => = ee p\u2014\u2014 RECENSION History on trial.HE l\u2019histoire doit aussi être questionnée et analysée afin d\u2019être mieux comprise.Les élèves états-uniens doivent apprendre à trouver des hypothèses, à penser logiquement et à considérer les explications altematives en lien avec un sujet donné.Ils doivent être capables d'appliquer leurs sa et non plus seulement de mémoriser.Ils doivent aussi comprendre qu\u2019il n\u2019y a pas qu\u2019une seule version de l\u2019histoire.Histoire, patriotisme et controverse L'histoire est considérée par les auteurs comme un véhicule servant à promouvoir la cohésion nationale et la fierté civique.Elle sert aussi à former des citoyens éduqués et concemés.Aux E-U, certains croient qu\u2019il faut présenter le pays comme étant une nation ses faiblesses; d\u2019autres pensent qu\u2019il vaut mieux porter un regard honnête sur le passé.Les historiens sont de cet avis et croient qu\u2019il n\u2019y a rien de pire pour servir le patriotisme que de supprimer les chapitres sombres de l\u2019histoire.Depuis plusieurs générations, il y a un conflit aux E-U concemant le type d\u2019histoire qu\u2019on devrait enseigner dans les écoles.Les Etats-Uniens n\u2019ont jamais été en accord avec l\u2019enseignement d\u2019une seule version unifiée du passé.(p.23) Pourtant, l\u2019histoire raconta longtemps celle des hommes blancs protestants, n\u2019accordant que très peu d'importance aux femmes ou aux autres nationalités.De nos jours, l\u2019histoire est plus diversifiée, mais son contenu dans les écoles suscite encore la controverse.Un peuple qui défend l\u2019égalité et la démocratie devrait cependant apprécier l\u2019attention que l\u2019on porte désormais au rôle dans Phistoire des femmes, des Afro-américains, des minorités religieuses et des pauvres.Il est important de remodeler histoire a chaque génération, mais comment s\u2019assurer que les faits retravaillés seront encore représentatifs du passé?Ce sujet suscite encore bien des débats entre les pédagogues, les professeurs, et les sociologues, mais tous sont d\u2019accord sur le fait que lecivismeetla vertu doivent être amenés par la réflexion historique de l\u2019élève, les débats sociaux et l\u2019engagement liés à l\u2019histoire.La nouvelle histoire Déjà à la fin du 19* siècle, de de l\u2019histoire un élément essentiel de l\u2019éducation publi que : W.Wilson, A.McLaug- hlen, CK Adarrs, F.Jackson Tumer & A.B-Hart se sont nommés les «New histo- TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 25 riansy.Ils ont appris les méthodes scientifiques afin d\u2019explorer les causes et les significations de l\u2019histoire et après avoir étudié le curriculum traditionnel américain, ils ont affirmé que ces méthodes d\u2019enseignement étaient dysfonctionnelles dans cette société multiethnique en changement.L'histoire ne devait pas servir à endoctri- mais bien permettre d\u2019analyser et d\u2019interpréter le passé en jugeant les faits à partir de sources fiables.(p.34) Flle devait aussi permettre le développement de l\u2019espnit critique afin de former des citoyens responsables.Suite à une commission d\u2019enquête en 1916, la National Education Association publia un rapport et mis sur pied un comité (Comitee on Social Studies) dans le but de retravailler le curriculum et d'intégrer plus de politique, de sociologie et d\u2019économie que d\u2019histoire et de géographie.Le terme Social Studies sera dès lors employé et son contenu sera enseigné pour permettre le développement et l\u2019organisation de la société et l\u2019appartenance de l\u2019individu comme membre de ce groupe social Dans les années 1920-1930, tous les champs en éducation se mirent d\u2019accord pour que les Social Studies encoura- tt nt RECENSION History on trial.gent la pensée critique et la capacité d\u2019analyse.Harold Rugg, un nouveau penseur engagé dans le mouvement progressiste en éducation suggéra que les élèves devaient développer un Jugement d\u2019analyse, une pensée réfléchie et une libre- expression créative.L'histoire générale .dans les écoles A la fin du 19° siécle, on constata que l\u2019histoire était centrée sur l\u2019Europe, Rome, l\u2019Asie, la Chine et la Mésopotamie, mais de façon très globale.Les manuels de l\u2019époque se centraient davantage sur les valeurs et l\u2019attitude dominante anglo- saxonnes.Cette histoire des civilisations occidentales abordait principalement l\u2019histoire des É-U et de l\u2019Europe et était teintée d\u2019un racisme scientifique.Les Nouveaux historiens étaient d\u2019avis que, pour amener les jeunes à devenir des citoyens responsables, on devait leur enseigner les évènements internationaux de l\u2019Asie, de l\u2019Afrique et de l\u2019Amérique latine.Pourtant, l\u2019histoire de ces pays ne sera prise en considération qu\u2019après la Seconde Guerre mondiale et en conséquence du contexte mondial qui changera à jamais.Après la Seconde Guerre mondiale, l\u2019histoire se transforma : elle s\u2019ouvrit de plus en plus aux sujets négligés dans les livres d\u2019historre et dans les écoles comme l\u2019histoire des femmes, des Afro- américains et des travailleurs.Pourtant, déjà depuis plusieurs générations, ces gens créaient des histoires altema- tives, racontaient l\u2019histoire de leur point de vue, comme Mme M.O.Warren (1780) et l\u2019Afro-Américan W.E.B Dubois (1855).Dès le début des années 1950, plusieurs barrières de religion et de classe tombèrent tranquillement.De plus en plus de jeunes commencèrent à percevoir l\u2019histoire comme un métier et elle rejoignait davantage les classes pauvres de la société.Pas étonnant alors que ces nouveaux venus en histoire se questionnèrent davantage sur histoire «underground, moins médiatisée, l\u2019histoire de gens comme eux, des gens de la classe moyenne.Une décemie plus tard, les enseignants devaient faire de plus en plus attention à leurs propos : la peur du communisme rendait les gens méfiants.De plus, certains manuels scolaires furent mis à l\u2019index, accusés de contenir des propos communistes.De cette période naitra l\u2019histoire consensuelle, aussi appelée «counter progressive history».Développée dans les universités, cette histoire influença aussi les écoles à travers le pays.L'accent fut mis sur l\u2019éducation à la citoyenneté démocratique dans les écoles, visant à construire davantage de relations humaines démocratiques entre les cultures.Aussi, dans les années 1970, on remarqua une augmentation du nombre de chercheurs en histoire, ce qui entraina le développement de nouveaux sujets de recherche axés sur les races et la pauvreté (p.64).À partir des années 1960, le terme \u2026«multiculturalisme» sera de plus en plus utilisé en histoire aux E-U.Avant d\u2019étudier l\u2019histoire des autres nations, les auteurs mentionnent qu\u2019il est important de comprendre celle de son pays dans son ensemble (p.79) et ce dernier est teinté de multiculturalisme.Il est important de mentionner les grands noms de l\u2019histoire qui ont bâti la nation états- unienne, mais bien souvent, ces grandes gens furent influencées par des gens du peuple, issus de différentes cultures.Un fait historique peut se raconter de plusieurs façons il y a autant d\u2019histoires d'un même évènement qu\u2019il y a d\u2019acteurs et de points de vue.I] faut connat- tre et comprendre les rôles et les conséquences qu\u2019ont eus les Amérindiens, les Afro- américains et les femmes et non seulement les hommes blancs.Il faut aussi prendre en considération les évène- > oEe Us \u2014=z-os == TS fo == Lan ee.&@ = = = ey zm er, = he \u2014 BES m2 -\u2014- 7 7 \u2014_\u2014 = Ct i ey ees 26 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 pi i Cu je 5 ky ih Bk ir 5G: lil ik 0) il de hor ik en al ments moins reluisant de l\u2019histoire et ne pas s\u2019en tenir qu\u2019aux faits glorieux et prestigieux.Il faut faire voir aux gens les deux côtés de la médaille.Durant ces mêmes années, l\u2019agitation se fait sentir à travers le monde et aux É-U.La guerre du Viêt-Nam, l\u2019assassinat de M.King et de JFK amsi que la discrimination raciale amènent des interrogations et de l\u2019incompréhension au sein de la population.Plusieurs soulèvements auront lieu dans ce contexte et des tensions dans les écoles feront rage.Les enseignants devront affronter les évènements nationaux, les manifestations étudiantes de 1968, l\u2019augmentation de l\u2019immi gration dans les classes, les injustices de discrimination raciale et les inégalités.Tout cela amènera des changements majeurs dans les écoles afin de favoriser la déségrégation et l\u2019intégration.Dès les années 1980, de nouvelles approches en histoire amenèrent de la discorde dans les collèges et les universités états-uniennes.Beaucoup d\u2019historiens s\u2019inquiétaient à propos de «d'histoire sociale» qui mettait l\u2019accent sur les communautés distinctes.Ils craignaient qu\u2019elle fragmente l\u2019histoire des E-U et virent en elle une menace à la nation.Pourtant, plusieurs ouvrages de l'époque inté- RECENSION graient l\u2019histoire sociale, à laquelle s\u2019ajoutaient des sujets politiques, intellectuels et économiques (p.101).Un rapport publié en 1983 mentionnait que l\u2019éducation publique avait plusieurs lacunes qui mettaient les É-U en grave danger.On devait donc mettre l\u2019accent sur l\u2019enseignement de l\u2019économie étant donné les nouvelles réalités dans la compétition de l\u2019économie globale.ED.Hirsh, professeur à l\u2019université de Virginia, affirma aussi que « si tous les citoyens avaient un bagage de connaissances de base semblable, ils pourraient parler le même langage et la société serait plus équitable et unifiée» (p.106).D\u2019autres historiens plus traditionnalis- tes pensaient plutôt qu\u2019il vaudrait mieux enseigner aux Jeunes les faits pour qu\u2019ils les mémorisent et ensuite les analysent._ Nouvelles stratégies A la fin des années 1980, Diane Ravitch fit le constat que «d\u2019enseignement de l\u2019histoire ne se faisait pas seulement à partir des livres, mais se faisait aussi à l\u2019aide de simulations, de débats, de jeux de rôles, de jeux d\u2019ordinateur, de vidéos, de voyages sur le terra» (p.110).L\u2019ensei gnant est aussi un élément important dans le processus d'apprentissage de l\u2019élève et afin de l\u2019aider à enseigner adéquatement l\u2019histoire, TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 27 History on trial.l\u2019'History Teaching Alliance sera fondée en 1980.De plus, suite à des commissions d\u2019enquête, on en viendra à la conclusion que les enseignants des social studies devraient avoir des notions d\u2019historre dans leur certificat (p.111).En 1988, sous la direction des auteurs du présent ouvrage, naîtra le National Center for History.Cet organisme mettra sur pied plusieurs projets dont celui de rassembler des données sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire et celui de développer du matériel scolaire pour le curriculum.Nouveau gouvernement, nouvelle nation, nouvelle histoire À cause de la complexité des communications et des échanges internationaux grandissants, l\u2019aube du 21° siècle a vu émerger de nouveaux centres économiques et militaires, a vu la dissolution de l\u2019URSS et la fin de la Guerre froide.On a constaté qu\u2019il y avait un lien entre une société bien éduquée et son succès dans l\u2019économie mondiale.Le développement des technologies de l\u2019information a aussi permis de réaliser que les travailleurs de- valent apprendre à utiliser les ordinateurs et les machines.Les nouveaux états-nations de l\u2019Europe de l\u2019Est devaient maintenant posséder de nouveaux systèmes d\u2019éducation RECENSION History on trial.faisant le tri dans les idéologies et devant mettre fin a l\u2019autoritarisme.À Moscou, avant la chute de l\u2019URSS, le curriculum devait être autorisé par le Parti communiste et devait faire allusion au marxisme.Après la chute, ces allusions ont pu être retirées et les anciens pays satellites ont pu enfin redécouvrir leurs anciens héros qui avaient été interdits et éliminés de la mémoire collective durant le règne de l\u2019URSS.La plupart des enseignants de ces nouveaux pays ont accepté le révisionnisme historique puisqu\u2019il faisait partie des étapes de l\u2019évolution vers la démocratie.Un grand pays connaitra lui aussi plusieurs réformes dans son système scolaire en histoire : la Grande-Bretagne.Flle suivra parallèlement le modèle américain vers la fin des années 1980.Une grande décentralisation de la structure éducationnelle amènera le gouvemement britannique à s\u2019impliquer de moms en moins dans l\u2019enseignement et le Local Education Autori- ty s\u2019occupera du maintient des écoles, mais amènera aussi un manque d\u2019uniformisation entrainant une faiblesse chez les élèves.Une réforme verra le jour en 1988 dans laquelle on décidera de refaire le curriculum, de financer les universités, de tenir compte du choix parental et de l\u2019éducation religieuse ainsi que de revoir les respon- Autority.On décidera d\u2019uni formiser l\u2019enseignement des contenus historiques pour éviter que l\u2019enseignant enseigne ce qu\u2019il veut.Une question sera mise de l\u2019avant comme aux E-U: quoi enseigner?Les traditionnalistes voulaient, par ces cours d\u2019histoire, affirmer la nation br- tannique et se plaignaient que l\u2019histoire progressive amènerait les jeunes à comparer et analyser les différences sociales et économiques.En ce qui conceme le multicultura- lisme, la vision britannique diffère de la vision américaine : la vision culturelle du passé pour les Anglais du sud traditionnalistes ne prend pas en considération les Indiens, les Écossais, les Irlandais ni les autres groupes culturels.Le multiculturalisme en éducation ne sera pas implanté dans la conscience des Britanniques aussi intensément que dans celle des Américains.En 1989, le gouvemement Bush ammonga qu\u2019il fallait établir clairement des buts de performance en éducation dans toutes les matières (p.149).En 1990, six buts nationaux furent établis afin d\u2019inspirer de nouvelles idées en éducation pour que les É- U ne perdent pas leur leadership économique global.28 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 IIs serviront de guide afin de permettre aux Etats-Uniens d\u2019être aussi mstruits, compétents et mventifs que les autres nations.Le but numéro 3 propose que chaque école s\u2019assure que les élèves apprennent à utiliser leurs aptitudes mentales pour se préparer à devenir des citoyens responsables et des employés productifs dans l\u2019économie modeme des Etats-Unis (p.150).Le National Concil on Education Standard and testing fut créé durant cette période afin de détermmer les standards nationaux et les systèmes d\u2019évaluation.Le National History Standard Project serait lancé sous la direction de Crabtree, Nash et Cheney et un conseil national serait formé pour prendre les décisions concemant l\u2019ensemble des standards.Le groupe allait être composé d\u2019historiens, d\u2019enseignants et de professeurs.Débat sur le multiculturalisme et l\u2019histoire occidentale et mondiale Les spécialistes devaient se mettre d'accord sur la façon d'intégrer les expériences historiques des ethnies, des minorités religieuses, des femmes et des classes ouvrières dans les nouveaux standards.Certams affirmaient qu\u2019on ne pouvait pas mee E-sSus EEE TGV RE con == \u2014_\u2014 me] Pp EE EP E8 = eX =r = Ee = UT1- Fm \u2014\u2014 mre ea.Gaba SO \u2014 \u2014 4 5 4 ss Es a.oe = ii it in Ky i 1 $ ows BSB ® 9 5 passer à côté de ces gens, que grâce à eux la société américaine était devenue ce qu\u2019elle est.D\u2019autres avaient peur que l\u2019inclusion du multicultura- lisme dans l\u2019histoire enseignée aux jeunes amère la désintégration de l\u2019unité nationale.Finalement, en 1992, quinze critères furent adoptés et permirent d\u2019intégrer des éléments multiculturalistes en enseignement de l\u2019histoire.Un autre sujet chaud fit partie des débats menant au choix des standards : quelle histoire prendrait le plus de place dans le nouveau programme, l\u2019histoire mondiale ou occidentale?Étant donné que les É-U sont exposés aux forces compétitives du commerce intemational, les jeunes devaient être bien éduqués pour faire concurrence aux autres pays.Pour ce faire, ils de- Vaient être en mesure de connaître l\u2019héritage culturel de leur nation ainsi que celui des commurautés du monde (p.165).Les standards devaient donc contenir de l\u2019histoire occidentale, centrée sur l\u2019histoire des É-U, et de lhis- toire mondiale.Par contre, certains soutenaient que l\u2019éducation devait prôner les idéaux impartiaux et les savoirs enracinés dans l\u2019histoire des civilisations occidentales.IIs croyaient que l\u2019éducation était menacée par des idées marxistes, fémmistes et ultra- libérales.RECENSION Les faits historiques ou la pensée historique?Au 19 siècle, les historiens avaient développé l\u2019idée que l\u2019histoire était un processus de reconstruction, d\u2019analyse, d\u2019interprétation et de contestation d\u2019évènements qui ne pourraient jamais entiére- ment être appris ou compris, car ces faits ne pouvaient pas Être amenés mtacts dans le présent.À l\u2019inverse, dans la culture états-unienne, une tradition proposait l\u2019idée que l\u2019historre de la nation était une vérité, un ensemble d\u2019informations connues objectivement et que les enseignants devaient amener les enfants à devenir loyaux et de bons citoyens mdustriels (p.175).Cette idée laissait sous entendre que les élèves devaient absorber les faits avant de commencer à y penser.Durant cinq mois, Crabtree et Nash ont élaboré cinq stan- os sur la pensée historique qui furent acclamés par les écoles américaines: la pensée chronologique, la compréhension historique, l\u2019analyse et l\u2019interprétation de l\u2019histoire, la capacité de faire de la recherche en histoire, l\u2019anatyse de conclusion historique et prise de décision.Les standards généraux furent acceptés par la majorité des gens du milieu scolaire.Après la publication des standards et suite à la critique TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 History on trial.faite par Cheney et Lim baugh, les gens n\u2019ayant pas de documents sous la main pour lire les standards commencèrent à croire les propos diffamatoires.Certaines personnes envoyèrent leur témoignage sur ces propos et les standards au Wall Street Journal pour faire comaitre leur pomt de vue.Certains commentaires supposaient que les standards encourageaient le fait de dénigrer des réalisations des É-U et l\u2019apprentissage.Cette controverse fut très médiatisée et plusieurs débats eurent lieu à la télévision.Cette mauvaise représentation des standards ne pouvait cependant rester sans réponse et c\u2019est ainsi qu\u2019une réplique à l\u2019attaque suivit.Le bon côté de ce débat médiatique est qu\u2019il amena les gens à se poser des questions et à aller voir par eux-mêmes dans le programme de quoi il s\u2019agissait précisément.Les enseignants et les citoyens ayant lu les livres et les standards n\u2019arrivaient pas à comprendre la raison d\u2019autant de critiques, les situations d\u2019apprentissage étant bien conçues et donnant beaucoup de choix à l\u2019enseignant.Cheney et la Droite accusèrent aussi les standards d\u2019être «politically correct», au sens de la dérision et péjorativement.Ils considéraient que ces standards avaient été 29 i SH Ria RECENSION History on trial.congus pour attirer la sympathie envers les minorités et les femmes.Ils reprochèrent aussi aux standards d\u2019omettre plusieurs faits.Une autre critique reprochait aussi aux standards de mettre l\u2019accent sur des faits anodins qui ne permettaient pas à l\u2019élève de s\u2019identifier à son pays ni de devenir un États-Unien fier.Pourtant, en montrant des faits plus anodins ou des côtés sombres de l\u2019histoire, ces standards avaient comme but d\u2019amener l\u2019élève à recomai- tre les façons de traiter l\u2019injustice (p.206).Les critiques concemaient principalement deux points : le premier reprochait de minimiser et de dénigrer le rôle des civilisations occidentales dans l\u2019histoire mondiale; le second reprochait d\u2019inclure beaucoup trop d\u2019imforma- tions sur le reste du monde qu\u2019il était inutile de savoir.Les reproches allaient aussi bon train en ce qui conceme le fait de ne pas mentionner que la liberté avait été amenée par le christianisme et les civilisations occidentales.Les défenseurs des standards ont répliqué à ce propos en disant que de véhiculer pareille idée n\u2019amenait pas à comprendre le concept de liberté, mais amenait plutôt l\u2019élève à considérer la supériorité morale des É-U et de l\u2019Occident.Suite à cette campagne de Cheney contre les standards, une équipe aidera Nash à dénoncer les fausses représentations véhiculées et des rencontres au sein du gouvernement, d\u2019associations nationales d\u2019histoire et d\u2019universités permettront de faire changer ces préconceptions.Malgré les commentaires négatifs à l\u2019égard de Nash, souvent le seul à être considéré responsable de ces standards, les enseignants ne croyaient pas aux propos de Cheney.Ruth Rosen de l\u2019Université de Califomie dira que ce que les critiques de Cheney et compagnie n\u2019aiment pas, c\u2019est que cette nouvelle histoire a été écrite par ceux qui ont lutté contre la ségrégation, la discrimination de genre, ceux qui ont protesté contre le Vietnam et ont donné vie aux mouvements gais et environnementaux.Bref, une nouvelle histoire écrite par une génération qui croit aux promesses de la démocrate de l\u2019Amérique.Plusieurs historiens ont aussi déploré les motifs politiques de ces attaques de L.Cheney, qui était à l\u2019époque femme du politicien Dick Cheney.Pour empêcher la Droite de faire annuler les standards, on mit sur pied une commission d\u2019enquête composée de nonpartisans respectés qui pourraient étudier le problème, considérer les faits de la controverse et faire des recommandations pour améliorer les standards.Ces gens allaient construire des sug- TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 gestions pour réduire la controverse et remettre l\u2019enseignement de l\u2019histoire sur pied.Après plusieurs mois de délibération, le rapport de la commission déclara que les standards devaient être révisés.Une nouvelle édition permettrait de développer une citoyenneté responsable et productive (p.248).Il affirmait que les standards, détachés des activités d\u2019apprentissage, amenaient un nombre d\u2019attentes raisonnables pour l\u2019apprentissage et de solides bases pour l\u2019enseignement de l\u2019histoire (p.249).Il proposa aussi de clarifier certains concepts, d\u2019élimmer les propos qui pouvaient être mal interprétés et d\u2019intégrer les groupes ethniques et de genre dans des contextes historiques plus larges.En 1996, un nouveau groupe composé d\u2019enseignants au secondaire sera formé pour construire une nouvelle version des standards selon les recommandations.Cette nouvelle édition sera publiée en avril 1996 et la plupart des standards resteront les mé- mes (tous ceux n\u2019ayant pas fait l\u2019objet de scandale).On ajouta des éléments encourageant l\u2019étude de l\u2019impact des sciences et technologies ainsi que des éléments concemant l\u2019immigration et ses relations avec le développement de l\u2019identité nationale.On an plifia des thèmes d\u2019opportunité économique et d\u2019évolu- EE E- = = = 2 5 2 5 &s- = 2 ps == = = = = =\u2014 \u2014 \u2014- em.IR \u2014H\u2014>5 05H Gem uted 2 = \u2014 A A se ss MS kb dE Ror 5d kh EH Era E23 BE SEES E FE 3 T5 BE w= or i tion démocratique.On suggéra de porter une plus grande attention au bagage européen sur l\u2019histoire des E- U, de contextualiser et reformuler les allusions aux femmes et aux minorités par rapport au développement historique ou social afin de créer un groupe homogène et distinct de l\u2019histoire, etc.Les critiques sembleront en majorité avoir apprécié ce remodelage des standards, à l\u2019exception de Cheney et de ses alliés qui les trouveront toujours satisfaisants.Cette dernière sera mécontente et écrira même un livre dénonçant ces standards : «Telling the truth» (p.257).Conclusion Dans un pays démocratique, l\u2019imposition d\u2019une histoire officielle par les dirigeants est mconcevable, les valeurs de liberté étant trop fortement implantées.La guere de l\u2019histoire aux Etats-Unis à testé cette démocratie, mais cette controverse soulevée à propos des standards a aussi fait valoir cette liberté de penser et de s\u2019exprimer.Dès les années 1980, on commerçait à remettre en question l\u2019enseignement de l\u2019histoire aux E-U et les partis politiques étaient d\u2019accord pour travailler en harmonie af de l\u2019améliorer.Pourtant, en 1995, on remarquait un changement dans l\u2019attitude des républicams et la réforme en éducation devint alors très RECENSION politisée.La Droite, très influencée par la religion, n\u2019hésita pas à démoniser les buts de 2000 (Goals of 2000) et souleva une vague de paranoïa politique (p.261).Ces buts n\u2019avaient pourtant pas été créés dans le but d\u2019être imposés, mais bien dans le but d\u2019être volontairement appliqués par les enseignants.L'administration Cimton, qui n\u2019avait pas de ressentiment face aux standards changea d\u2019idée et appuya la Droite peu de temps après la médiatisation du sujet.En 1997, trois ans après la date limite et deux milliards de dollars plus tard, les nouveaux standards verront finalement le jour.Ce conflit aura soulevé une question au sein du système scolaire améri- caïn : Qui contrôle vraiment les écoles?Les états ou le gouvemement fédéral?Les standards nationaux ont of fert aux écoles l\u2019expertise académique et profession nelle en histoire que certains états espéraient depuis longtemps, mais tout comme les standards propres à chaque état, ils ne pourront jamais prendre en considération les demandes spécifiques, les besoins, les préférences de chaque localité et doivent pour cette raison être ouverts aux modifications.Aussi, la publication des nouvelles lignes directrices n\u2019amènera pas à elle seule une amélioration de l\u2019instruction en his- History on trial.tore.Les enseignants doivent maîtriser la matière et les élèves doivent avoir accès à de bonnes ressources pour apprendre.L'histoire de cette saga sur l\u2019éducation de l\u2019histoire n\u2019en est encore qu\u2019à son premier chapitre et la tempête est malheureusement loin d\u2019être termmée\u2026 Tous ces débats sur le passé ne signifient pas pour autant une dégradation de l\u2019unité nationale, au contraire : ils sont signes de démocratie.Le milieu scolaire et les enseignants ainsi que les Démocrates et les Républicams avaient intérêt à travailler ensemble pour relever le défi proposé par l\u2019admimnistration Bush en 1989 : éduquer les enfants de façon à ce qu\u2019ils possèdent des savoirs et des compétences («both to know and to be able to do», p.272).Ainsi, les jeunes connai- traient les transformations à long terme de leur pays, les bons coups et les mauvais, les héros et les vilains.Ils pourraient aussi réfléchir à tout cela et seraient capables de développer des habiletés pour trouver et utiliser des informations historiques.Ils pourraient par le fait même suivre des arguments historiques et relier les leçons du passé aux évènements contemporains.NASH, G, C.Crabtree & R Dunn.History on tial : culture wars and the teaching of the past, First Vintage Books Edition, 2000, 319p.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 31 RESSOURCES ÉDUCATIVES LA RÉPUBLIQUE ASSASSINÉE DES PATRIOTES JOCELYN JALETTE, AUTEUR-BÉDÉISTE \"auteur et bédéiste Jocelyn Jalette, après une décennie de travail, a fait paraître en mai 2009 un album de 48 pages intitulé Ja république assassinée des patriotes.Cette bande dessinée, publiée aux Éditions du soleil de minuit, résume l\u2019histoire politique du Québec, de Jacques Cartier à nos jours ,en s\u2019attardant principalement sur la période patriote de 1832 à 1840.L'auteur met en scène quatre personnages fictifs, dont une Anglaise et un Acadien.Le héros est, de plus, un Québécois d\u2019origme haïtienne (David Gérald) qui permet ainsi aux jeunes de toutes origines de se sentir interpellés.La révolte des Réformistes du Haut-Canada est aussi grandement abordée.L'album fut relu et approuvé, notamment par deux professeurs d\u2019histoire, messieurs Georges Aubin et Jacques Marchand.bis CAE SHR République assassinée des patriotes (2009), Jocelyn Jalette, éditions du Soleil de minuit Pour chacune des suggestions d\u2019activité qui survent, les références à la bande dessinée indiquent soit une partie de la réponse ou un indice de départ pour celle-ci.Une recherche par l\u2019élève est ensuite nécessaire pour compléter le questionnaire.Il faut voir cette bande dessmée comme un outil déclencheur d\u2019une réflexion et d\u2019un intérêt mettent à l\u2019auteur de créer une trame elle aussi fictive intégrée à la vérité historique.Le lecteur dispose ainsi d\u2019un fil d\u2019Ariane continu parcourant la plupart des grands moments patriotiques.Cette parte inventée comprend également des éléments d\u2019humour qui adoucissent l\u2019aspect tragique de l\u2019aventure.Le narrateur, par l\u2019ampleur de la période traitée (1832 à 1840), met en contexte et explique les causes de la révolte.L\u2019année chamière de 1837 ne commence qu\u2019à la moitié de l\u2019album.Les activités qui suivent sont des pistes à suivre par le professeur pour mieux utiliser le contenu de l\u2019album.Elles doivent être adaptées à la clientèle visée et aux objectifs voulus.Des documents supplémentaires se retrouvent dans Ja bande dessinée.Activité 1 : Les pages 11 à 14 sont lues en particulier (à défaut d\u2019avoir des copies de l\u2019album en nombre suffisant, photocopiez ces 4 pages).Demandez ensuite aux élèves d\u2019y trouver et d\u2019énumérer les principales revendications des Patriotes face au pouvoir anglais.Vous pouvez également leur demander leur opinion sur ces questions.Activité 2 : À l\u2019exemple de la présentation des personnages fictifs qui suivent, demandez aux élèves d\u2019inventer leur propre héros.Ils trouvent son nom, son origine et ses raisons d\u2019appuyer les Patriotes ou les Loyaux.Ils décrivent ensuite ses péripéties en s\u2019inspirant d\u2019un épisode réel de leur choix.Sous forme de texte ou de BD au choix.Variante : Choisir un 32 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 Patriote dont l\u2019histoire est abordée dans la BD comme Papineau, de Lormier, les frères Nelson ou Ludger Du- vemay et résumer son parcours et sa pensée.Principaux personnages DAVID GÉRALD est issu d\u2019une famille dont plusieurs des membres sont préoccupés de justice sociale, d\u2019égalité et de liberté.II n\u2019y a pas de traces réelles qu\u2019un fils d\u2019Haïti ait pris part active au mouvement des patriotes, mais rien n\u2019empêche historiquement qu\u2019il y aurait pu en avoir un.Des esclaves venus d\u2019Afrique étaient présents dès l\u2019époque de la Nouvelle- France.L'histoire des Noirs an Québec fut toujours occultée et recèle sûrement des Surprises.NAPOLEON (Jules) DU- BRULE est un Acadien dont la famille a fui l\u2019épuration ethnique de 1755 en venant se réfugier à Samnt- Jacques-de-L\u2019Achigan (Montcalm) dans la région de Lanaudière.Comme plusieurs Québécois de l\u2019épo- = == = = = = = = = = = \u2014>\u2014>\u2014=# = = gel Fr Eee EET \u2014S- za ses = em.EF a= rae 3 RESSOURCES EDUCATIVES La république assassinée\u2026 ES que, il doit son prénom en patriotes.(p.9, 16) bum).l'honneur de Bonaparte, \u2014 Racontez les deux épidé- > Qu'est-ce que la clique du l\u2019empereur français, alors très mies de choléra, leurs chateau?(p.30) admiré.De plus, comme et leurs = Qui était Louis Riel et malheureusement nombre de causes.(p.10, 16, 17) quels furent ses objectifs?ses concitoyens, il est ana+ _, Depuisquelleamnéey-at- (p.42,45) phabète.Ce e est ; ires à .Co par personnag ph il des maires à Québec et \u2014 Décrivez l\u2019organisation Sur une creation à Montréal Etaient-ils des Frères chasseurs.Maurice Tourangeau.élus?(p.11) Buts, son mode de fonc- AMABLE (Jocelyn) GA- _, Nommez quelques-unes tionnement, etc.(p.40 et LETTE estun bourgeois de des 92 résolutions de page de garde a la fin) ee or Tr res qui ne soit retoumée > Quelles sont l'institution Robert Nelson et ses camara- i en France après la défaite de © la fête patriotes qui au des imputérent leur défaite en Dr 1760 C'est un personnage jourd\u2019hui demeurent en- 1837 à un manque d'organi- Li « vaguement » inspiré de CeViantes?(p.15,16) sation et de discrétion.Is dé- l\u2019auteur de cet album aime 7 Pourquoi certaines r&- cidérent donc de mettre sur 05 séduire mais, ensuite, sup- glons étaientelles plus pled une société secrète qu'ils cn porte difficilement ° d'être patriotes que d\u2019autres?(p.baptisérent les Frères chas- Sas flancs 21) seurs.Logan isation suivait a , _ = Comment expliquer que le modèle dune armée.i RAW hoes [ection de 1834 nat À sa fête se trouvait le Grand 5k glais qui permet de mieux pas de date précise Aigle (un genre de major- fs comprendre leur point de comme de nos jours ?(p.général).ea vue\u2026 sans pour autant l\u2019ap- 7, 17) Sous les ordres de ce demier os prouver! À l\u2019époque, peu de > Enumérez les prmcipaux on retrouvait les Aigles qui ar femmes réussissaient à obte- gouvemeurs anglais des représentaient les différents ua nir beaucoup d\u2019importance.Bas et Haut-Canada lors districts du territoire et qui am Activité 3 : Voici des ques- de cette époque des Pa- étaient chacun responsable uid tions auxquelles vous de- triotes.(p.18, 35, 38, 41) d'une compagnie.fh: mandez à l\u2019élève de répon- = Décrire les objectifs res- Les Aigles choisissaient chais dre.Entre parenthèses se pectifs des Fils de la liber- cun deux hommes nommés i trouve la page de l\u2019album où té et du Doric club.(p.19, Castors (l'équivalent du rang i se situe la réponse ou un in- 27) de capitaine).| dice à approfondir : > Décrire le boycottage.(p.Chacun d'eux avait sous ses L > De quels mouvements 22) ordres cinq caporaux nom- ko révolutionnaires les Pa- = Quelle nouvelle raison les més Raquettes.w triotes s\u2019inspiraient-ils?(p.patriotes ont-ils en 1837 Chacun d'eux était à son tour u 45,6) de se révolter?(p.21) à la tête dun corps de neuf al De élection à et les différences entre les L'organisation fut subven- y cette époque.(p.7) Patriotes du Bas-Canada tionnée par des sympathi- ot \u2014 Nommez trois journaux et les Réformistes du sans du Bas-Canada et des x Haut-Canada.(tout lal Etats-Unis.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 33 RESSOURCES ÉDUCATIVES La république assassinée\u2026 Activité 4 : Les élèves relèvent les différents mots dont ils ne connaissent pas la signification (monarchie ou république, par exemple).Ils font ensuite une recherche pour les comprendre et les expliquer.Activité 5 : La lecture de l\u2019album terminée, demandez aux élèves de rédiger un texte sur leur perception du combat des Patriotes.Futile?Utile?Stupide?Héroïque?Comment auraient-ils ag dans pareille situation?Pourquoi ont-ils perdu?Ont-ils totalement perdu?Pourquoi y a-til eu plus de pendus dans le Haut-Canada?Etc.Une discussion en classe peut suivre ce travail.ANNEXES Déclaration d\u2019indépendance du Bas-Canada VU que le pacte solennel fait entre le peuple du Haut et du Bas-Canada enregistré dans le live des Statuts du Royaume-Uni de la Grande- Bretagne et d'Irlande, le 31° Chapitre des Actes passés dans la 31° année du règne du Roi George III, a été continuellement violé par le Gouvemement Bntannique; VU que le même gouvernement a foulé aux pieds et usurpé nos droits, qu'il a méprisé et fermé l'oreille à nos adresses, requêtes, protestations et remontrances contre son intervention inconstitutionnelle et injuste dans nos affaires; Quil a disposé de nos revenus sans le consentement constitutionnel de la Législature locale, pillé notre trésor colonial, ordonné l'arrestation de plusieurs de nos concitoyens, et leur mise aux chai- nes; jeté au milieu de nos campagnes des armées de mercenaires, qui y ont semé l'alarme, l'effroi et la consternation, que la même soldatesque a rougi notre sol du sang d'un nombre considérable de nos compatriotes, bru- lé nos villages, profané nos temples, établi dans toute l'étendue du pays, le règne le plus atroce de la terreur, Et VU que nous ne pouvons plus souffrir ces violations réitérées de nos droits les plus chers et supporter patiemment les outrages et les cruautés multipliées et récentes du Gouvemement du Bas-Canada, NOUS, au nom du Peuple du Bas- Canada, adorant les décrets de la Divine Providence, qui nous permet de renverser un Gouvernement, qui a méconnu l'objet et l'intention, pour lequel il était créé, et de faire le choix de la forme du gou- vemement la plus propre à établir la justice, assurer la tranquillité domestique, pourvoir à la défense commune, promouvoir le bien général, et garantir à nous et à notre postérité les bienfaits de la liberté, civile et religieuse, DÉCLARONS SOLEN- 34 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 NELLEMENT: 1.Qua compter de ce jour, le Peuple du Bas-Canada est ABSOUT de toute allégeance à la Grande-Bretagne, et que toute connexion politique entre cette puissance et le Bas- Canada CESSE dès ce jour.2.Que le Bas-Canada doit prendre la forme dun Gou- vemement RÉPUBLICAIN et se déclare maintenant, de fait, REPUBLIQUE.3.Que sous le Gouveme- ment libre du Bas-Canada, tous les citoyens auront les mêmes droits : les Sauvages cesseront d'être sujets à aucune disqualification civile quelconque, et jouiront des mêmes droits que les autres citoyens de l'Etat du Bas- Canada.4, Que toute union entre l'Église et l'État est déclarée abolie, et toute personne a le droit d'exercer librement la religion et la croyance que lui dicte sa conscience.5.Que la Tenure féodale ou seigneuriale, est, de fait, abolie, comme si elle n'eut ja- porte ou portera les armes, ou fournira des moyens d'assistance au Peuple canadien dans sa lutte d'émancipation, est déchargée de toute dettes ou obligations réelles ou supposées, envers les Seigneurs, pour arrérages en vertu de Droits Seigneurnaux c- devant existants.ae es 5 = TEs me \u2014 es = = = 2 \u2014_\u2014 a= fe sea 2 =F o£ \u2014 = = fol ts ES à a mk LS ae ab 1b gh | pa 1 55 7.Que le douaire Coutumier, est, à l'avenir, entièrement aboli et prohibé.sauf le cas de fraude évidente, que lon spécifiera dans un acte de la Législature du Bas-Canada à cet effet 9.Que la peine de mort ne sera prononcée que dans le cas de meurtre seulement et pas autrement.10.Que toute Hypothèque sur Biens fonds, devra être spéciale, et pour être valide, devra être enregistrée dans des bureaux créés à cet effet par un Acte de la Législature du Bas-Canada.11.Qu'il y aura liberté pleme et entière de la presse dans toutes les matières et affaires publiques.12.Que le PROCES PAR JURY est garanti au Peuple de l'État dans son entendue la plus libérale dans les procès criminels, et dans les affaires civiles au montant d'une certaine somme à être déterminée par la Législature de l\u2019E- tat du Bas-Canada.13.Que comme nécessité et un devoir du Gouvernement envers le Peuple, l'Education publique et générale sera mise en opération et encouragée dune manière spéciale, aussitôt que les circonstances pourront le permettre.14.Que pour assurer la franchise et la liberté élective, toute élection se fera par le RESSOURCES ÉDUCATIVES moyen du ballot.15.Qu'aussitôt que les circonstances pourront le permettre, le Peuple choisira des délégués survant la division actuelle du pays dans les Villes, Bourgs et Comtés, qui constitueront une Convention ou Coms législatif, afin de baser et d'établir une constitution, selon les besoms du pays, et conformément aux dispositions de cette Déclaration, sujette à être modifiée suivant la volonté du Peuple.16.Que toute personne mâle au-dessus de l'âge de vingt et-un ans aura le droit de voter ainsi que pourvu ci- dessus, pour l'élection des délégués sus-nommés.17.Que les Terres dites de la Couronne, ainsi que celles appelées, réserves de clergé et celles qui sont nominalement en possession dune certaine compagnie de spéculateurs en Angleterre, appelée \"Compagnie des Terres de Amérique Britannique du Nord\", deviennent de plein droit, la propriété de l'Etat du Bas-Canada, sauf telles portions de terres, qui peuvent être en possession de cultivateurs, qui les tiennent de bonne foi, pour lesquelles nous garantissons des titres en vertu dune loi qui sera passée afin de légaliser la possession de tels lots de terres, situés dans les Townships, qui sont maintenant en culture.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 35 La république assassinée.18.Qu'on se servira des langues française et anglaise dans toute matière publique.ET pour le support de CETTE DÉCLARATION, et le succès de la cause patriotique, que nous soutenons, NOUS, confiants en la protection du Tout Puissant et la justice de notre ligne de conduite, engageons par ces présentes, mutuellement et solennellement les uns envers les autres, notre vie, nos fortunes et notre honneur le plus sacré.Par ordre du Gouvemement provisoire, Robert Nelson, président.(Lu devant 300 Frères chasseurs, le 28 février 1838 près de Noyan.Les copies de ce texte furent imprimées aux États unis.) Prison de Montréal, 14 février 1839, à 11 heures du soir.Le public et mes amis en particulier, attendent peut-être une déclaration sincère de mes sentiments.À l'heure fatale qui doit nous séparer de la terre, les opmions sont toujours regardées et reçues avec plus d'impartialité.L'homme chrétien se dépouille en ce moment du voile qui a obscurci beaucoup de ses actions, pour se laisser voir en plem jour.L'intérêt et les passions expirent avec sa dépouille mortelle.Pour ma part, à la veille de rendre mon esprit à son créa- RESSOURCES ÉDUCATIVES La république assassinée\u2026 teur, je désire faire connaître ce que je ressens et ce que je pense.Je ne prendrais pas ce parti, si je ne craignais qu'on ne représentât mes sentiments sous un faux jour; on sait que le mort ne parle plus, et la même raison d'état qui me fait expier sur l'échafaud ma conduite politique pourrait bien forger des contes à mon sujet.J'ai le temps et le désir de prévenir de telles fabrications et je le fais d'une manière vraie et solennelle à mon heure dernière.Non pas sur l'échafaud, enviromné d'une foule stupide et insatiable de sang, mais dans le silence et les réflexions du cachot.Je meurs sans remords, je ne désirais que le bien de mon pays dans l'insurrection et l'indépendance, mes vues et mes actions étaient sincères et n'ont été entachées d'aucun des crimes qui déshonorent l'humanité et qui ne sont que trop communs dans l'effervescence de passions déchai- nées.Depuis 17 à 18 ans, j'ai pris une part active dans presque tous les mouvements populaires, et toujours avec conviction et sincérité.Mes efforts ont été pour l\u2019indépendance de mes compatriotes; nous avons été malheureux jusquà ce jour.La mort a déjà décimé plusieurs de mes collaborateurs.Beaucoup gémissent dans les fers, un plus grand nombre sur la terre d'exil avec leurs propriétés détruites, leurs familles abandonnées sans ressources aux rigueurs d'un hiver canadien.Malgré tant d'infortune, mon cœur entretient encore du courage et des espérances pour l'avenir, mes amis et mes enfants verront de meilleurs jours, ils seront libres.Un pressentiment certain, ma conscience tranquille me l'assurent.Voilà ce qui me remplit de joie, quand tout est désolation et douleur autour de moi.Les plaies de mon pays se cicatriseront après les malheurs de l'anarchie et dune révolution sanglante.Le paisible canadien verra renaître le bonheur et la liberté sur le Saint-Laurent; tout concourt à ce but, les exécutions mêmes, le sang et les larmes versées sur l'autel de la liberté arrosent aujourd'hui les racines de l'arbre qui fera flotter le drapeau marqué de deux étoiles des Canadiens.Je laisse des enfants qui n'ont pour héritage que le souvenir de mes malheurs.Pauvres orphelins, c'est vous que je plains, c'est vous que la main ensanglantée et arbitraire de la loi martiale frappe par ma mort Vous n'aurez pas comu les douceurs et les avantages d'embrasser votre père aux jours d'allégresse, aux jours de fêtes! Quand votre raison vous permettra de réfléchir, vous verrez votre père qui a expié sur le gibet des actions qui ont immorta- 36 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 lisé d'autres hommes plus heureux.Le crime de votre père est dans l'irréussite.Si le succès eut accompagné ses tentatives, on eut honoré ses actions d'une mention honorable.\"Le crime et non pas l'échafaud fait la honte.\" Des hommes, d'un mérite supérieur au mien ont battu la triste voie qui me reste à parcourir de la prison obscure au gibet.Pauvres enfants! vous n'aurez plus qu'une mère tendre et désolée pour soutien.Si ma mort et mes sacrifices vous réduisent à l'indigence, demandez quelque fois en mon nom, je ne fus jamais insensible aux malheurs de mes semblables.Quant à vous, mes compatriotes, mon exécution et celle de mes compatriotes d'échafaud vous seront utiles.Puis- sent-elles vous démontrer ce que vous devez attendre du gouvernement anglais!\u2026 Je n'ai plus que quelques heures à vivre, et j'ai voulu partager ce temps précieux entre mes devoirs religieux et ceux dus à mes compatriotes.Pour eux je meurs sur le gbet de la mort infâme du meurtrier, pour eux je me sépare de mes jeunes enfants et de mon épouse sans autre appui, et pour eux je meurs en m'écriant.Vive la liberté, vive l'indé ! Chevalier de Lormier, la veille de sa pendaison.kkk ae Ni | ES = = og =.Ose =e og Eo a =.= = 4 or em.£m.m3 5 mmm FE Xm Be EF CD el mn | 1d a, RESSOURCES ÉDUCATIVES UN ARCHÉOLOGUE PRÉSENT DANS VOTRE CLASSE.LES PETITES CHÉOLOGIE.TROUSSES ÉDUCATIVES SUR L'ARCHÉOLOGIE QUEBECOISE, PRIMAIRE (2F ET 3% CYCLES) ET SECONDAIRE ARCHEO-QUEBEC e mot archéologie suscite pour la plupart d\u2019entre nous des images exotiques agrémentées de ruines mayas, de pyramides d\u2019Egypte ou de chemins incas.Mais pas besoin d\u2019aller très lom pour être en contact avec l\u2019archéologie.Le sol québécois regorge de richesses archéologiques.Par le biais de trousses éducatives, le réseau Archéo-Québec propose aux élèves du primaire et du secondaire de découvrir ce patrimome dont les plus anciens sites sont âgés de 12 000 ans! Un projet éducatif clé en main Les trousses éducatives du réseau Archéo-Québec proposent un PROJET CLE EN MAIN avec la rencontre d\u2019un archéologue professionnel en classe.En fait, il s\u2019agit plus qu\u2019une présentation magistrale de la profession.Durant cette rencontre, les élèves ont l\u2019occasion de prendre le rôle d\u2019un chercheur et d\u2019analyser de VRAIS artefacts.Chaque trousse est congue de manière à explorer avec les élèves une des cinq thématiques suivantes à travers le temps : se nourrir, se vêtir, se loger, se défendre et commercer.Les élèves parcourent ainsi plus de 12 000 ans d'histoire : les modes de vie québécois, les grands moments de l\u2019industrialisation et tout l\u2019apport de l\u2019immigration dans le façonnement du pays.Cette approche par thématique permet d\u2019aborder la notion de chronologie, de présenter plusieurs sociétés, de comparer leurs technologies, de discuter de l\u2019évolution technologique dans une société, des changements, de leurs effets, etc.Compétences Les trousses éducatives du réseau Archéo-Québec constituent un projet stimulant en lien avec le renouveau pédagogique, favorisant le développement des compétences dans les domaines de l\u2019univers social et dans celui de la science et de la technologie, tout en intégrant l\u2019approche orientante.Comment ça marche?Avant la venue de l\u2019archéologue en classe, l\u2019enseignant choisit un des thèmes et reçoit un cahier contenant des questions préparatoires sur différents concepts : archéologie, artefact, ternitoire québécois, nomade, sédentaire, site archéologique, etc.Une fois en classe, l\u2019archéologue se présente en discutant de son métier, de son cheminement scolaire, de son expertise et de ses différentes découvertes archéologiques.A partir des connaissances des élèves, 1l construit peu à peu la petite histoire du thème choisi qui prend la forme d\u2019une ligne du temps.Par la suite, un exercice concret d\u2019observation est proposé aux élèves.De VRAIS artefacts sont remis aux élèves qui dorvent alors réfléchir en équipe à leur fonction, à leur nature et à leur datation.Cette étape terminée, les élèves présentent à la classe leur interprétation HISTOIRES DE L'AR- » La ( _ es oS © = [TI oo es m wm 2 e = aa = 2 æ 2 c\u2026 [4-1 = 5 = 2 ns ABoysetpise jo Uopeiasasd ah 0) PBI NOME TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 37 RESSOURCES ÉDUCATIVES Un archéologue présent dans votre classe.pate ici des objets analysés.L\u2019archéologue valide et bonifie les hypothèses, tout en résumant l\u2019évolution de la thématique à travers le temps.La rencontre en classe dure 90 minutes et est conçue pour un maximum de 30 élèves.Le projet se conclut par une activité de prolongement que les élèves pourront réaliser dans les jours suivants.En résumé Pour chacune des trousses, les élèves : > échangent avec un archéologue sur sa profession et son travail: = explorent l\u2019archéologie et l\u2019histoire de leur région; \u2014 manipulent de réels artefacts; > découvrent plus de 12 000 ans d\u2019histoire; > réfléchissent sur la fonction et la nature des artefacts; > analysent les artefacts et posent des hypothèses; > deviennent eux-mêmes archéologues et présentent leur interprétation des objets analysés.Chaque trousse propose une activité pédagogique de qualité et fournit des outils d\u2019apprentissage uniques : artefacts authentiques, photographies, documents d'archives, ligne du temps, documents d\u2019analyse, etc.Louez une trousse et décrochez un rendez-vous mémorable avec un archéologue professionnel! Une expérience inoubliable pour vos élèves.Informations, réservations Archéo-Québec, 333, rue Émond, Melocheville (Québec), JOS 1J0 Téléphone : (450) 225-4352 Télécopieur : (450) 429-5921 info@archeoquebec.com www.archeoquebec.com Réseau Archéo-Québec Corporation à but non lucratif fondée en 1999 par la rencontre de trente intervenants du milieu archéologique, ce réseau unique au Canada regroupe une centame d\u2019organismes voués à la recherche, à la conservation, à l\u2019éducation et à la mise en valeur du patrimoine archéologique québécois.Archéo- Québec est, entre autres, l\u2019instigateur du Mois de l'archéologie en août.AAA Histoire, musées et éducation à la citoyenneté (2009), Anik Meunier, Jean-François Cardin, Marc-André Éthier (coord.) D epuis une dizaine d\u2019années, l\u2019éducation à la citoyenneté occupe une place importante dans les débats, non seu- ement parmi les autorités scolaires, mais également dans ensemble de la société.Des expressions telles que : « éducation à la citoyenneté », « éducation citoyenne », « participation citoyenne », « préoccupations citoyennes », | « implication citoyenne » et bien d\u2019autres du même type abondent et s\u2019entrechoquent sans que pour autant tous ces À termes soient clairement définis, contribuant ainsi à entretenir s une certaine confusion.Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019observateur attentif à ce phénomène remarquera que l\u2019on revient souvent au ôle majeur que jouent \u2014 ou devraient jouer \u2014 l\u2019école (et notamment l\u2019histoire) et les lieux non formels d\u2019éducation dans ces appels à une citoyenneté plus consciente et plus assumée, notamment chez la jeune génération (\u2026).(Editions MultiMondes) http://multim.com/titre/?ID=301 38 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 =e mag re=E 28 gs rrr \u2014re tn 2 FB =_ oe m2 Ss =e 5 = => 5 & = sg8= 77 EZ 8 ke Eh 5 03 ig 1 = I= = RESSOURCES EDUCATIVES UN LIEU DE RASSEMBLEMENT, DE PARTAGE ET DE DIFFUSION D'UN PAN DE L'HISTOIRE MILITAIRE SPECIFIQUEMENT QUEBECOISE : LE SITE INTERNET LE QUEBEC ET LA SECONDE GUERRE MONDIALE SEBASTIEN VINCENT, ENSEIGNANT ET HISTORIEN, RESPONSABLE DU SITE SEBASTIENVINCENTILSONTECRITLAGUERRE.BLOGSPOT.COM ntre sa création à l\u2019automne 2003 et la cessation de ses activités en décembre 2008, la Chaire Hector-Fabre d\u2019historre du Québec (UQAM) a, entre autres, proposé un axe de recherches portant sur les Canadiens français/Québécois face aux guerres.Cette initiative a contribué à l\u2019institutionnalisation, certes fragile, de l\u2019histoire militaire au Québec.Depuis sa disparition, on compte malheureusement un lieu de rassemblement de moins pour les chercheurs de tous horizons, qu\u2019ils soient universitaires ou évoluant en périphérie.C\u2019est aussi un espace de moins pour l\u2019échange, la diffusion et le partage d\u2019informations sur l\u2019historiographie militaire écrite au Québec, par des Québécois.Certes demeure la Direction Histoire et patrimoine de la Défense du Canada avec ses historiens tels Serge Bernier et Yves Tremblay.Ce dernier tient depuis longtemps une chronique régulière d\u2019histoire militarre dans le Bulletm d\u2019histoire politique.Cette chronique continue, en dépit de la fin des activités de la Chaire Hector-Fabre, de faire état de l\u2019historiographie et des différentes activités scientifiques en lien avec l\u2019histoire militaire canadienne.I] incombe de poursuivre les avancées réalisées au cours des quinze demières années par les différents intervenants concemés par la question.Dans une perspective de continuité, j\u2019ai créé ce site qui se veut un complément aux différentes mstances et initiatives déjà en place.Mandat du site Le mandat du site, tel que je le conçois, consiste notam- mentà : - promouvoir, dans une perspective pluridisciplinaire, Phistoire sociale, culturelle, politique et militaire du Québec pendant la Seconde Guerre mondiale auprès du grand public, des étudiants, des milieux d\u2019enseignement et de recherche; - contribuer aux échanges entre étudiants, chercheurs et intervenants de tous les horizons dans un cadre de collaboration et d\u2019ouverture ; - permettre à des étudiants et des diplômés de 2°et de 3° cycle de bénéficier d\u2019un espace pour faire connaître leurs travaux; - contmuer la mise en valeur de la participation militaire des Canadiens français au conflit, en Asie, en Italie ou en Europe de l\u2019Ouest, considérant que la participation de plus de 130 000 volontaires ayant combattu outre-mer dans l\u2019amée de terre (infanterie et artillerie), l\u2019aviation et la marine doit demeurer un objet d\u2019étude ; - favoriser la diffusion de l\u2019historiographie en accordant une place importante aux ouvrages publiés par des maisons québécoises ; - permettre la diffusion d\u2019archives militaires (Correspondances, mémoires, etc.) que des anciens combattants québécois ou d\u2019ailleurs au Canada français, leurs descendants ou des orphelins Sébastien ent enseignant et historien, responsable du site sebastienvincentilson- tecritlaguerre.blogspot.com TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 39 RESSOURCES ÉDUCATIVES de guerre, ces grands oubliés, accepteront de partager.Ce type de documents est fort rare au Québec, comparativement à la France etau monde anglo- saxon; - promouvoir, sur une base non partisane, des activités publiques en lien avec la thématique du site.Le site ambitionne d\u2019emprunter de nombreuses voies dont : - l\u2019histoire sociale, culturelle, politique et militaire du Québec durant le conflit, au front comme à l\u2019arrière; - l\u2019histoire de la participation militaire des Canadiens français, au Canada et sur les différents théâtres d\u2019opérations; - Phistoire régimentaire d\u2019unités francophones; - la rédaction de biographies de militaires cana- diens-français s\u2019étant illustrés; - la mise en ligne de témoignages, - la muséologie militaire en sol québécois; - la recension d\u2019ouvrages qui font avancer l\u2019historiographie.Appel aux collaborateurs Le site aspire à « servir de pôle de rassemblement à tous ceux qui, de près ou de loin, ajoutent leur petite pierre à l\u2019édification de l\u2019histoire militaire des Québécois francophones et pourquoi pas de toute la francophonie canadienne », écrit Pierre Ven- nat dans un éditorial.« Il est faux de dire, poursuit Vennat, que l\u2019on n\u2019a pas de passé militaire.Il est aussi faux de croire que ce passé n\u2019a pas commencé pas à être fouillé, raconté.Mais il est vrai que trop souvent les chercheurs travaillent en parallèle ».La présente initiative couvre l\u2019histoire d\u2019une guerre.Il va sans dire qu\u2019il serait possible d\u2019en faire autant pour les autres conflits dans lesquels des Canadiens français Québécois ont pris part.Là encore, le choix est vaste, les sources nombreuses, les mtervenants aussi.Pour mener à bien le mandat dans sa forme initiale et pour couvrir les nombreuses avenues proposées, je fais appel aux chercheurs intéressés à collaborer à son développement.La collaboration peut prendre des formes variées, par exemple celle de courtes contributions telles : - notes de recherches en lien, par exemple, avec un projet de recherche institutionnel ou individuel en cheminement, un mémoire ou une thése en cours ou déjà déposée; - notes de lecture sous forme de recensions ou de courts résumés critiques; - diffusion de bibliographies; - rédaction de courtes biographies de militaires ou de tout autre sujet en lien avec l\u2019histoire sociale, culturelle politique et militaire du Québec durant la Seconde Guerre mondiale; - diffusion non partisane d\u2019activités en lien avec la thématique du site (colloques, expositions, etc.).Par ailleurs, il est possible d\u2019héberger des photographies et des articles libres de droit ayant été diffusés dans des revues.Les personnes intéressées à contribuer au site peuvent soumettre leurs textes en format WORD (1000 mots maximum) en me contactant à l\u2019adresse cour- riel suivante : svincent16(@hotmail.com Adresse du site http:/ sebastienvincentilsontecri- tlaguerre.blogspot.com/ kkk 40 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 Un lieu de rassemblement, de partage, de diffusion.SE ON aes VEE ILS ONT ÉCRIT LA GUERRE IIs ont écrit la guerre.La Seconde Guerre mondiale à travers des écrits de combattants canadiens-francais (2010), Sébastien Vincent, VLB éditeur ami les militaires qui ont fait la guerre, certains, peu qui témoignent de cette expérience qui demeure indicible pour la majorité.Ces souvenirs, lettres du front, camets, joumraux intimes et même romans de guerre constituent une précieuse source de documentation, qui a pourtant longtemps été négligée par les historiens.Sébastien Vincent se penche ici sur les écrits laissés par les combattants canadiens- français de la Seconde Guerre mondiale et il en tire un portrait saisissant de la vie militaire, sur terre, sur mer et dans les airs\u2026 www.edvib.com = = 5 = = > =r = ge ss = Ee PF eu PO FD =.se EOS ne Se a Rent WEYL a mat pot Sp | hie PHILIPPE DE RIGAUD DE VAUDREUIL, GOUVERNEUR, DE MOUSQUETAIRE A VICE-ROI BIOGRAPHIE ROBERT PAYANT, CONFERENCIER ET CONTEUR | de faire des recherches approfondies sur ce personnage m\u2019est venue en 2002 à l\u2019occasion des fêtes du tricentenaire de la concession de la seigneurie de Vaudreuil au marquis de Vaudreuil par le gouvemeur Callières.L'auteur, sans être un historien, n\u2019a d\u2019autre influence que de mettre la disposition du public, une documentation plus large jetant un nouveau faisceau de lumière sur plusieurs facettes de cette figure illustre.L'auteur a voulu reconstituer l\u2019histoire sans détour et sans intermédiaire en cherchant sans relâche à définir le personnage et y apporter un nouveau regard.Les nouvelles recherches menées par la Société archéologique et historique de l\u2019Île-aux- Tourtes, nous dévoilent un aspect obscur de notre personnage.Ces nouvelles informations ont le ménite de mettre à jour un épisode édit de l\u2019histoire.Le tout commence au pays du Languedoc.Le nom de Vaudreuille provient du nom latin « Vallis Drulha », qui signifie «Vallée de Dreuilhe.» Dreuilhe est une commune couvrant une superficie de 1130 hectares.Commandant et mousquetaire Philippe de Rigaud est né le 13 août 1650, près de Revel, dans le château familial du Languedoc.I] devient mousquetaire dès l\u2019âge de 19 ans etiln \u2018espérait aucun héritage, puisqu\u2019en vertu du droit d\u2019ai- nesse, son frère Amaud avait reçu l\u2019héntage familial.Sans fortune, il avait peu d\u2019espoir d\u2019avancement dans l\u2019armée française.Plus tard, cette situation favorisa sa décision de venir porter main-forte du côté de l\u2019Amérique.Les habitants de la Nouvelle-France à cette époque étaient aux prises avec des difficultés ternitoriales importantes sur les rives du Saint-Laurent.Au mois de mars 1687, afin de faire régner la discipline sur les côtes du Canada, le gouvemement de Versailles, par l\u2019entremise de son mmis- tre Jérôme de Pontchartrain, confia à Vaudreuil un poste important, la tête des troupes du détachement de la marine.Vaudreuil débarque à Québec et part aussitôt en compagnie de Champigny, le 31 mai 1687 pour se rendre à Montréal rejomdre le groupe de Denonville en mission militaire au pays des Iroquois.Un contingent d'hommes, sous les ordres de Vaudreuil, s\u2019employa a détruire les trois bourgades des Tsonnon- touans et à brûler les récoltes.À la suite du rapport du gou- vemeur, le Roi accorda à Vaudreuil une gratification de 500 livres.Ce témoignage reflétait la satisfaction du souverain.Vaudreuil prouve alors son habileté de soldat, en prenant la tête de plusieurs expéditions contre les Iroquois entre 1690 et 1700.À chaque fois ou presque, il leur mfligera des défaites cuisantes.Son zèle et l\u2019assiduité qu\u2019il apportait à son métier TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 41 lui valurent l\u2019admiration de tous ses supérieurs, sans exception.Gouverneur Vaudreuil obtient le titre de gouvemeur du Canada et affiche un portrait semblable à celui de ses prédécesseurs.Il correspond au profil d\u2019un homme âgé et recruté dans le milieu de la noblesse.Son parcours en tant que militaire de camtère et haut-officier de la marme facilite au roi sa nomination.La mission St-Louis L\u2019étalement des missions vers l\u2019Ouest de Montréal et l\u2019intensification de la pratique du commerce des fourrures sont à l\u2019ongine de la création du noyau villageois de Vau- dreuil.A cause de sa position stratégique, l\u2019Ile-aux-Tourtes occupe depuis le début du dix-hustième siècle, une frontière touchant deux axes de navigation : celui de la rivière des Outaouais aboutissant Robert Payant conférencier et conteur BIOGRAPHIE Philippe Rigaud de Vaudreuil.dans le lac des Deux- demeure permanente au com- Elle expliquera ses décisions.Montagnes et celui du lac mandant et à sa famille.En Flle imsistera et demandera des Saint-Louis formant le bassm 1719, un dernier bâtiment ser- grâces : une pension pour hydrographique du fleuve vira uniquement de magasin.Vaudreuil, une promotion Saint-Laurent.Cette voie ma- Les Européens occupent l\u2019en- pour un de ses fils, un bénéfice ritime représente le cœur de la cemnte du fort tandis que les pour un autre.S\u2019employant à navigation de l\u2019époque.Les Amérindiens occupent l\u2019exté- de nombreuses activités, elle voyageurs de passage profi- rieur du fort.est plus habile que son mari à taient de la générosité naturelle À Québec, pendant que l\u2019ingé- obtenir beaucoup du ministre.des lieux, en particulier, pour ÿ nieur Jacques Levasseur de Fn 1710, elle prévient les faire une pause et pour s\u2019ap- Neré travaillait fiévreusement à Coups des adversaires de son provisionner en tourtes, en consolider les fortifications, Mari.De faveur en faveur, poisson ou en gibier.avec I 28.Le fort des Sauvages sur l\u2019Île-aux-Tourtes, en face du fort de Sonneville (Source : Désiré Girouard, Lake St-Louis, Old and New, En 1710, on construira sur l\u2019Île celles-là mêmes que l\u2019on a pu dreuil sera gratifié d\u2019à peu près un fort avec palissade en pieux apercevoir durant les fêtes du tout ce qu\u2019il voudra.Quand le de bois.Le commandant du 400° anniversaire de la fonda- Roi le nomme commandeur fort, René Godefroy, aura l\u2019ap- tion de Québec en 2008, le de l\u2019Ordre de Samt-Louis, Ma- pui d\u2019un capitaine et de six gouverneur visite les établisse- dame de Vaudreuil en est pré- soldats durant la belle saison.ments éloignés, passant la mi- venue la première.C\u2019est au courant de cette lice en revue, examinant les Vaudreuil dut se consacrer même année que commence- armes et encourageant de son avant tout à empêcher l\u2019expan- ra la construction de l\u2019église de mieux la population.sion anglaise dans la région pierres placées sous l\u2019égide de La Marquise des Grands-Lacs et le long de Saint-Louis.En 171 1, s'ajou- Vaudreuil prendra épouse et la la frontière à l\u2019Est.Vaudreuil tera une maison de pièce sur nouvelle marquise de Vau- entamait maintenant la der- pièce pouvant servir à la fois dreuil défendra la politique du nière année de sa vie.Il était au corps de garde et de maga- Marquis, son mari, à Versailles, Certain qu\u2019une coexistence sin En 1714, on fournira une 42 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 es gs ee S \u20ac 8 'E, = gh ES BER EERE EE SSRs es Cr = pI «- + 2 \u2014a\u2014iQ\u2026 = 5 ms | or} ire jou à sd nn à ts em Nr w= + pacifique entre Anglais et Français était impossible en Amérique du Nord.Vau- dreuil aura tenu une administration marquée par la période la plus longue sans in- teruption de l'histoire du Canada et de la prolongation de la suprématie française sur le territoire de I\u2019 Amérique du Nord.Vaudreuil, bien que cela demeure mavoué, aura tenté de donner un empire a la France en prenant figure de grand gouvemeur.L'héritage À la fin de ses jours, le 13 octobre 1725, des Canadiens seront établis en Louisiane.On trouve en plein cœur du continent une chaîne de postes, à moitié commerciaux, à moitié militaires, entre le lac Supérieur et le lac Winnipeg dans la vaste région des Prairies de l\u2019Ouest que les récits coureurs de bois font de mieux en mieux connaître.Le règne de l\u2019équipe formée de Vaudreuil, Bégon, Rame- zay et M\u201d de Saint-Vallier se termine.Claude de Ramezay meurt le premier, à Québec, le 1\u201d août 1724 M?de Saint-Vallier, septuagénaire, accomplit sa demière toumée pastorale en 1725.Conclusion Sous Vaudreuil, un consensus se dessina autour de l\u2019idée que le pays aura bénéficié d\u2019une heureuse tranquilli- BIOGRAPHIE té intérieure.Sa tactique permit sans doute de garder ses ennemis à distance et même de les empêcher de franchir ses frontières.Excellent diplomate, il sut calmer et préparer les Sauvages à la paix par le respect ferme de ses propos et de ses actions.Il sut maintenir les Iroquois dans la neutralité, en plus de contenir les nations de l\u2019Ouest à sa politique d\u2019échange de cadeaux contre leur amitié.Il réussit à enrayer les intrusions des marchands anglais au-delà du lac Ontario.À la population des villes et des campagnes, il aura assuré, dans la limite de sa juridiction, une administration bien protégée, même aux heures d\u2019insubordination.Voilà l\u2019éloge appartenant à l\u2019homme de carrière, et ce, malgré des heures difficiles et des contestations persomnelles.Son administration fut en grande partie une suite d\u2019évé- nements heureux grâce à sa perspicacité, à sa discipline et au succès qui accompagnent presque toutes ses entreprises.Désormais, Philippe de Ri- gaud fait partie de ces premiers Canadiens, travailleurs, batailleurs et hommes d\u2019honneur, courageux et croyants.Par son sentiment d\u2019appartenance à un territoire et par ses actions soutenues, cet homme nous démontre, sans l\u2019ombre d\u2019un doute, la valeur TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 48, N° 2, PRINTEMPS 2010 43 Philippe Rigaud de Vaudreuil.profonde de son attachement à la survivance française au LIDLC Philippe de Rigaud de Vau- dreuil, Gouverneur.De mousquetaire a vice-roi (2008), Robert Payant, collection Célébrités Biographiques, Lidec e livre contient 62 pages, 43 tableaux commentés, 32 citations et lettres d'archives, 26 des plus importantes sources bibliographiques, 3 annexes (la lignée paternelle ascendante, la lignée patemelle descendante et le texte officiel de l\u2019acte de la concession de la seigneurie de Vaudreuil).kkk ee ET IN HEAT LAIR Se Sn een DIVERS MACEDOINE WEBMESTRE DU SITE INTERNET DE LA SPHQ ivers faits, événements, congrès, colloques ou parutions sont ici soulignés.Faites-nous part de toute information que vous voudriez y voir.Depuis février 2007, 180 000 intemautes ont visité notre site WEB.Notez son changement d\u2019adresse: http///sphq recitus.qc.ca/ Joanne Chilton: ad : 1888492112 3 FONDEMENTS ET PRATIQUES DE L\u2019ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE À L'ÉCOLE Traité de didactique (2010), Robert Martineau, Presses de l\u2019Université du Québec INTRODUCTION es attentes de la société.Une certaine tradition pédagogique.Les besoins criants de formation mitiale et continue.Les fondements d\u2019un enseignement « adapté » de l\u2019histoire à l\u2019école.Pratique et conceptions théoriques : deux cibles d\u2019adaptation.Les visées, les objectifs et le contenu de cet ouvrage.LES FONDEMENTS THÉORIQUES DE L'ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE À L\u2019ÉCOLE Les fondements de la pratique d\u2019enseignement de l\u2019histoire.Les conceptions disciplinaires sx et pédagogiques.Les fondements historiques : brève histoire de l\u2019enseignement de l\u2019his- « toire au Québec.Avant les années 1960.Le Rapport Parent et ses suites.Les années 1980 : les programmes « par objectifs comportementaux ».Les années 2000 : l\u2019ère des compétences.Les fondements épistémologiques.L'histoire : une discipline et son produit.L\u2019intelli- < gence historienne.La discipline historique, culture source de l\u2019histoire enseignée à l\u2019école.* Les fondements éthiques et politiques.La fonction sociale de l\u2019histoire et celle de l\u2019ensei gnement scolaire de l\u2019histoire.Les rôles respectifs de l\u2019historien et du professeur d\u2019histoire dans la société contemporaine.Les fondements didactiques.De la pédagogie à la didactique de l\u2019histoire.L'histoire et sa transposition didactique contemporaine.L'éducation historique contemporaine.L'apprentissage et l\u2019enseignement de l\u2019histoire.LA PRATIQUE DE L'ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE À L\u2019ÉCOLE La planification pédagogique.Planifier pour enseigner l\u2019histoire en connaissance de cause.La planification des périodes d\u2019enseignement.Le format du plan de cours.De la planification à l\u2019intervention pédagogique.L intervention pédagogique en classe d'histoire.Les stratégies pédagogiques au service de l\u2019apprentissage de l\u2019histoire.Les stratégies pédagogiques « générales » et « spécifiques ».Les stratégies « d\u2019intégration » : vers le développement de compétences.Les straté- ges de devoirs à la maison.Une activité de réinvestissement.Les moyens pédagogiques en classe d\u2019histoire.Les ressources extemes et la démarche d\u2019apprentissage en histoire.Les documents écrits, iconographiques et audiovisuels et leur exploitation pédagogique.Les cartes, les tableaux et les diagrammes et leur exploitation pédagogique.L'évaluation des apprentissages en histoire.L'évaluation des apprentissages : un peu d\u2019histoire et rappel de quelques notions.L'évaluation des compétences.Quelques prototypes d\u2019outils d\u2019évaluation par compétences.CONCLUSION Un retour sur les intentions initiales.Enseigner l'histoire en connaissance de causes.: .PRE FE re ES I XU RS SES SVoyaged d'élude annuel des champs de bataille canadiens, 19 au 31 juillet 2010 vos d\u2019études des champs de bataille canadiens 2010 de l\u2019Institut Historica Dominion visent 4 fire découvrié nl spi choper Fret Beige ; In lv) Na ns is | ss [fe 1) nil .® 8 REG Br Ly gud Ll POSTES - PUBLICATIONS NUMÉRO DE CONVENTION : 40044834 Adresse de retour SPHO, 1319-A, Chemin de Chambly LONGUEUIL, QC J4J 3X1 1/51 äj 13s Sidi.nationale gu Buéber Sec.bénot lén:! 227%.rue Holt Hontréal Judber HID JE! LES PATRIOTES À L'ÉCOLE A oukauc I = pein RENDEZ-YOUS À À RIMOUSKI SUR L\u2019HISFOIRE ps Ars ER.T° 22m MusIQUE ET ha y HISTOIRE romance - FORMER DES CITOYENS ENGAGÉS LN RENDEZ-VOUS AVEC L'HISTOIRE Le LÉ PATRISGINE "]
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