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Titre :
Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec
Éditeur :
  • Montréal :Société des professeurs d'histoire du Québec,1988-
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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    Prédécesseur :
  • Bulletin de liaison
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Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 2012-06, Collections de BAnQ.

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[" NEA hana EE e pe * re ra + PAT TS RX oh we Fey ; Fi og 7 \u201cee -\u2014} a i A ah ah 3 3 Wor ko > 2 A A A Ra æ PR À AW oF AE, 8 0, TE 1 * 1.= | = - | \u2014_ \u2014\u2014 \u2014 m= ~ 8 - D [ AE 4-4; \u20ac A ga \u2014 ou À - ec Ouva a L£E- S ddd rap\u201d HA Bly, ni fh ne atid ih (hla ito dh hi: a uh i Ri | i Hl ji D Bi el i | | A 5 H If dsp {sk i bt gelé fh! i i\" id ks i JS luk pd if Mt [ain il a Mi w pt mise Hy i oe dent Is i on Hi i ude ith ily al hi ne fr jt TH ie sont wn hi ih fi pt A a J bi ih Lug) i Dai pi i i ji i mi OÙ died pit Vi mi Ji 1h \u2018JR Pudi Ae ; Ta i À {ay i Am ti Iii of 0 Rots; ! Ia Ri thi ih ; ui Ji} als à Moy hy trè Hi hy ig i 18, my Fig ny ed hi Sey lege i IT RR RR AA TRACES e nom de la revue Truces fait premièrement référence aux fondements de l'Histoire qui se construit à partir des preuves de la présence des humains et de leur société dans le passé.Il rejoint, en second lieu, l'empreinte spécifique laissée par l'enseignement de l'Histoire sur l'individu qui le reçoit, Il évoque, finalement, l'action et l'influence passées et présentes de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (SPHQ) depuis 1962 dans le domaine de l'Histoire et de son enseignement au Québec.La revue Truces vise à assurer l'information et le développement professionnel des membres de la Société des professeurs d'histoire du Québec.Flle se veut le reflet du dynamisme de l'enseignement de l'histoire au Québec, un outil de perfectionnement pour tous ceux que l'enseignement de l'histoire intéresse, et le promoteur de l'enseignement des sciences humaines au primaire et de l'histoire au secondaire.Abonnements et distribution: Louise Hallé : lhalle2@üvideotron.ca Dépôt légal : B.N.C.-B.NQ.Envoi de publication Date de parution : juin 2012 Numéro de la convention : 40044834, port de retour garant Parutions : 4 numéros par année Tarifs : membres de la SPHQ - inclus dans les frais d'adhésion Abonnement annuel : Individu : 65 $ - Institution : 75 $ Retaité : 35 $ - Étudiant : 35 $ Une adhésion à la SPHQ, quelle que soit sa date, donne le droit de recevoir la revue Traces au cours de l\u2019année qui suit.Traces appartient aux membres de la SPHQ.Les articles peuvent être reproduits avec mention de la source, à moins d'avis contraire, et leur contenu n'engage que leurs auteurs.Pour proposer un article, contacter le rédacteur de la revue.Un exemplaire est envoyé à chacun des auteurs.Les illustrations sont de la rédaction.Adresse postale de la SPHQ : 1319, Chemin de Chambly, bureau 202 Longueuil, Québec, J4J 3X1, (514) 242-1645 raymondbedard(àvideotron.ca Comité de rédaction : Laurent Lamontagne (rédacteur), Raymond Bédard.Félix Bouvier, Marc-André Ethier, Claude Gravel Ilamontagne(cslaval.ge.ca (450) 628-6007 Correction de l\u2018épreuve : Diana Mihele Impression : Imprimerie des Éditions Vaudreuil.2891.rue du Meunier, Vaudreuil-Dorion, Québec Publicité ou pour commander d\u2019anciens numéros : Laurent Lamontagne : llamontagne(@cslaval.ge.ca Site Web de la SPHQ Le site Web de la SPHQ est hébergé par le RÉCIT.Vous y trouverez 264 articles numérisés de Truces (1986 à 2010).Visitez-le : http://sphq.recitus.qc.ca/ ÉTÉ 2012 Démosthène 38 (Wikipedia) evw de la SPHO.Indexée dans REPERE depuis 1989.®,.x À .4 e euro- floor50.blogs 5 pot.ca csd23.blogsp ot.c ecoledecour- sac.wifeo.com % | : r one-step- 23 ahead- coaching.com mycrazystuff.com 32 Volume 50, n°3 Sommaire GRAFFITI + 2037, par Laurent Lamontagne, rédacteur de Traces LA SPHQ LA PRESIDENCE e MOT DU PRÉSIDENT, ÉTÉ 2012, par Raymond Bédard, président de la SPHQ TEMPS FORTS ¢ RETOUR DE VIMY, par Raymond Bédard, président de la SPHQ LA REVUE TRACES AUX ORIGINES DE LA SPHQ, UNE PENSÉE DIDACTIQUE NOVATRICE, par Jean-François Cardin, Université Laval et Félix Bouvier, Université du Québec à Trois-Rivières, avec la collaboration de Catherine Duquette, Université du Québec a Chicoutimi e SUR LA PISTE DE TRACES.FPOPEE DE LECTURE EN BIBLIOTHÈQUE, par Catherine Duquette (Ph.D.), Université du Québec à Chicoutimi L'ENSEIGNEMENT ENSEIGNER DANS LES ANNÉES 1960 e L'APPRENTISSAGE SUR LE TAS, DANS LES ANNÉES 1960.par Michel Allard, professeur associé au département de didactique, Université du Québec à Montréal e LA SPHQ, L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE ET MOL par Jean-Claude Richard, consultant en didactique de l'histoire; ex- directeur de 7races; chargé de cours à l'Université du Québec à Trois-Rivières ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE + UN PROBLÈME DE COMMUNICATION OU DE PERCEPTION?CONFUSIONS MULTIPLES AUTOUR DE L\u2019ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE, par Micheline Dumont didacticienne » HOMO SAPIENS ET HOMO NUMERICUS A LA MEME ÉCOLE, par Luc Guay PhD, didactique de l\u2019histoire, professeur retraité de l\u2019Université de Sherbrooke * ANALYSE DES DISCOURS SUR LA NATION, LES RÉFORMES ET LA REVOLUTION MONDIALE, par David Lefrançois, Université du Québec en Outaouais et Marc-André Ethier, Université de Montréal L\u2019HISTOIRE HISTOIRE DE LA SPHO MES DIX ANS AU C.A.DE LA SPHQ, par Félix Bouvier.Université du Québec à Trois-Rivières e LA SPHQ A 50 ANS.par Jean-Vianney Simard.président de la SPHQ de 1992 à 1996 HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUÉBEC « LES RÉFORMES EN ÉDUCATION.UNE CLÉ POUR S'EN SORTIR.par Bruno Deshaies, directeur de la division de l'enseignement des sciences humaines au primaire et de la géographie, de l'histoire et de l'économique au secondaire au Ministére de l'Éducation (1969-1977) * RETOUR SUR LE PASSE.par Denis Vaugeois.historien ct éditeur, directeur de l'enseignement de l'histoire au Ministère de l'Éducation (1965) DIVERS e MACÉDOINE.par le webmestre du site Intemet de la SPHQ TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 1 _ La Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (SPHQ) a été fondée à | + Québec le 20 octobre 1962, à l\u2019initative du professeur Pierre Savard | (1936-1998), secrétaire de l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Université Laval, avec la complicité du professeur Marcel Trudel (1917-2011), de la même insti- 20 tution, et de l\u2019abbé Georges-Étienne Proulx (1921-1998).1319, Chemin de Chambly, bureau 202 Lue Longueuil, QC, J4J 3X1, (514) 242-1645 ; ; , , ; \u201c DOCUMENT A PHOTOCOPIER ET A COMPLETER POUR ADHERER A LA SPHQ L ET POUR RECEVOIR Traces (document également disponible sur le site Web, dans la rubrique Traces) daim fd IDENTIFICATION (en lettres moulées, s.v.p.) se | Lee à SRE PET n PrÉNOM © Loot cece e enr eenen rene nee ou Di Nom de l\u2018organisme : i i Doarrrereeeer ere racan ere re ae para nee see eee en ee seen eee eee reset eee ee ere en serre eee ee ol ADRESSE \u2014 NO eee ee [0 TT COO OPPO POROUS POP POO PPPS VIll@ : LL.saree sree ene es Province ! \u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026rrcrserceensss Code postal : ee Deux 2 die TELEPHONE : (résidence) .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.ecercenmererrencenennençnnnen (DUreau) : \u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026rsscersrerrencererrseerencerereacae rer sen serie ln TÉLÉCOPIE : \u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026. / tly ls REGION ADMINISTRATIVE Sn 0 01 Bas-St-Laurent-Gaspésie O 07 Outaouais Q 13 Laval Th U 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean 0 08 Abitibi-Témiscamingue O 14 Lanaudière Jen, O 03 Québec D 09 Côte-Nord O 15 Laurentides Fey OU 04 Mauricie O 10 Nord du Québec OU 16 Montérégie bry O 05 Estrie O 11 Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine D 17 Centre du Québec i U 06 Montréal U 12 Chaudière-Appalaches OU 18 Hors Québec igs oy COTISATION ANNUELLE Tg 35 $ Étudiant (e) 35 $ Retraité (e) 65 $ Enseignant (e) 75 $ Organisme ou institution i { | RÉSERVÉ À LA SPHQ a Date © oii cere Code de la fonction : \u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026.\u2026reecrereceere by MONtANt © ooo O Chèque DO Mandat D Comptant Île Expédition : carte : O Reçu pour fin d'impôts ks, Retournez avec votre cotisation a la SPHQ (adresse indiquée plus haut) my 2 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ETE 2012 = ©) = &= 2037 GRAFFITI LAURENT LAMONTAGNE, REDACTEUR DE TRACES Ls prochain rendez-vous vers le siècle d\u2019existence de la SPHQ sera en 2037, où elle aura 75 ans.Pour y parvenir, lentement mais sûrement, une relève s\u2019active déjà au conseil d\u2019administration, énergiquement, je l\u2019ai vu le 2 juin dernier à une rencontre du C.A.Les derniers changements d\u2019importance y étaient survenus en 2004 (présidence, vice-présidence et trésorerie), De mon point de vue, les turbulences qui sévissaient depuis 2006 s\u2019apaisent.D\u2019ores et déjà une institution dans l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, la SPHQ est bien vivante et vous attend donc à Shawinigan, les 2 et 3 novembre prochains, pour sa 50° rencontre annuelle.En attendant, je vous présente maintenant ce numéro spécial de Traces, voulant souligner, sobrement, le demi-siècle d\u2019existence de la SPHQ.LA SPHQ Deux articles de la présidence inaugurent le numéro.Le premier souligne entre autres la publication de deux cahiers d\u2019activités, l\u2019un premier couvrant la période allant de 1500 à 1840 (3°sec.), l'autre de 1840 à aujourdhui (4'sec.).Le deuxième article du président relate les cérémonies officielles entourant les célébrations du 95° anniversaire de la bataille de la crête de Vimy, le 9 avril dernier, en France.Il y était.Les deux articles suivants S\u2019intéressent à notre revue, Traces.En premier lieu, Jean-François Cardin et Félix Bouvier, avec la collaboration de Cathenne Du- quette, témoignent des positions didactiques et pédagogiques foncièrement novatrices qui animaient les pages du Bulletin de liaison de la SPHQ aux premieres années de sa publication.Ensuite, dans un autre article, cette demière souligne les aspects qui lui ont fait prendre conscience de l\u2019importance de la revue et celle de la SPHQ pour l\u2019enset- gnement de la discipline historique au Québec.L\u2019ENSEIGNEMENT Michel Allard et Jean- Claude Richard, deux artisans de la première heure, nous livrent ici leurs expériences et réflexions.Le premier nous signale qu\u2019en 1962, le Québec et le secteur de l\u2019éducation en particulier étaient en pleine ébullition.La Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement débutait ses travaux et d\u2019un peu partout s\u2019élevaient des voix pour remettre en cause l\u2019enseignement de l\u2019histoire, en particulier celui de l\u2019histoire nationale.Puis Jean-Claude Richard, rédacteur de Traces pendant au moins quinze ans, nous raconte comment il en est venu à s\u2019impliquer dans le milieu et revient sur les péripéties de la fusion avortée de 2006, de triste mé moire.La deuxième partie de la section est occupée d\u2019abord par Micheline Dumont, qui cherche à savoir pour quelle raison on continue de penser que les jeunes n\u2019étudient pas leur histoire.Ensuite, Luc Guay se demande si, attendu que les élèves ont développé un rapport .au savoir différent de leurs pre- décesseurs depuis la généralisation du réseau de l\u2019Intemet dans toutes les sphères d\u2019activité de notre société, nous sommes préparés et prêts à assumer ces changements en classe.Enfin, David Lefrançois et Marc-André Ethier insistent sur des dimensions prospectives pour la SPHQ, sur le rôle qu\u2019elle peut jouer dans l\u2019amélioration des programmes d'histoire et sur le renouvèlement des pra tiques d\u2019enseignement.L\u2019HISTOIRE Outre la rubrique Divers, la demicre section abrite quatre articles.Félix Bouvier, vice- président de la SPHQ, nous fait part de ses 10 ans passées au C.A.Ensuite, Jean- Vianney Simard, un autre artisan de la première heure, nous raconte ce qui l\u2019a amené à l\u2019histoire et nous livre quelques détails concernant la fondation de la SPHQ.Le numéro se termine avec deux articles de poids: d\u2019abord, Bruno Deshaies recrée et analyse la genèse de quelques réformes éducationnelles au Québec et pose la question du rôle que l\u2019on veut faire jouer à l\u2019école dans la société.Enfin, Denis Vaugeois historien et éditeur, nous raconte comment il s\u2019est retrouvé à l\u2019automne 1965 directeur de l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Mt- nistère de l\u2019Education.Merci à tous ces collaborateurs et au comité de rédaction.Bonne lecture de ce numéro estival et borne Fête nationale! Photo de la couverture Bardeaux et couleurs (2003) Détail de la façade d'un des bâtiments du site historique de La Grave, dans la MRC Les Îles-de-la-Madeleine, Havre-Aubert.Denis Chabot, CCDMD.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 3 Led ati LA PRÉSIDENCE MOT DU PRÉSIDENT, ÉTÉ 2012 RAYMOND BÉDARD, PRÉSIDENT DE LA SPHQ roite, gauche, droite\u2026 La marche de l'histoire oscille passablement entre la droite et la gauche par les temps qui courent.Le 6 mai dernier, en élisant un président socialiste, François Hollande, la France a fait un virage à gauche, mais pas trop brusque puisque l'écart entre les deux candidats fut très mince.Le nouveau président saura-t-il sor- tr la France de la morosité économique et sociale?Au Québec, la contestation étudiante au sujet des frais de scolarité universitaire a bousculé le calendrier électoral du premier ministre Jean Charest, forçant ce demier à reporter l'appel aux umes.Tandis qu'au Canada, le gouvernement conservateur, fort de sa majorité parlementaire, fait la sourde oreille aux demandes de l'opposition néo-démocrate.Raymond Bédard Parlementarisme en péril?L'Institut québécois des affaires publiques, organisme auquel je participe depuis peu, Sinterroge sur le peu d'intérêt des jeunes concernant les institutions parlementaires et cherche des pistes d'interventions pour en améliorer leur compréhension et contrer le cynisme qui sévit.À cet égard, le programme Parlement des jeunes, mis sur pied par l'Assemblée nationale, joue un rôle important pour sensibiliser les élèves du pr- maire au collégial, à l'importance de bien comprendre les mécanismes parlementaires et de s'impliquer dans la société par le biais des ces institutions.La SPHQ est d'ailleurs associée à ces activités puisqu'elle remet à chaque année une bourse aux élèves du niveau secondaire qui se sont illustrés lors du Tournoi des jeunes démocrates.Cette activité avait lieu à Québec les 21 et 22 avril demier pour une 20° année.Samedi le 21 avril, un souper était offert par le président de l'Assemblée nationale, M.Jacques Chagnon, aux 169 élèves du secondaire et étudiants du collégial accompagnés par leurs enseignants.Jean-Vianney Si- mard nous y représentait.Il signe aussi un article dans ce numéro.Nouvelle cuvée de cahiers Ça bouge du côté des cahiers d'activités en histoire du Québec.D'une part, les éditions CEC et Grand-Duc font la promotion de nouveaux produits en conformité avec la progression des apprentissages et d'autre part, la maison d'édition ERPI tente un grand coup avec la publication de deux cahiers de savoirs et d'activités.Selon les représentants de l'éditeur, lesdits cahiers répondent à une demande des enseignants.Le premier couvre la période allant de 1500 à 1840 (3° sec.), l'autre 4 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 de 1840 à aujourdhui (4° sec.).Cette approche rejoint la première mouture du programme en histoire du Québec, avant l'adoption officielle du nouveau programme comprenant l'approche thématique en 4 sec.Si certains enseignants applaudissent l'initiative d'ERPL il semble que les conseillers pédagogiques soient sur un pied d'alerte.Coalition pour l\u2019histoire Le président de la Fondation Lionel-Groulx, M.Claude Béland, et le porte-parole de la Coalition, M.Robert Comeau, ont dévoilé récemment les résultats d\u2019un sondage commandé par la Fondation sur l'enseignement de lhistore au Québec.Il semble qu'une majorité de Québécois soit insatisfaite de la situation.Ainsi, le sondage montre que les Québécois, en particulier les Québécois francophones, sont mécontents de l\u2019enseignement de l\u2019histoire du Québec dans le réseau scolaire.Ainsi, moins du quart (24%) des personnes interrogées sont d\u2019avis que le nombre de cours d\u2019histoire est suffisant.Une proportion de 52% (59% chez les francophones) juge, au contraire, le nombre de cours insuffisant.48% des Québécois francophones se déclarent en outre globalement insatisfaits de la qua- le à [so Sn me ha LA PRÉSIDENCE Mot du président.+= BRE ERR BE EFE% FE 5 sees = = TRF Rm FE = = = lité de l\u2019enseignement de l\u2019histoire du Québec contre 32% qui, de leur côté, s\u2019estiment satisfaits.Il y a donc de la place pour l'amélioration.Dossier à suivre.Éphémérides Certains anniversaires sont plus médiatisés que d'autres.Ainsi on aura beaucoup parlé du 100'anniversaire du naufrage du Titanic au large des côtes de Terre-Neuve, en 1912.Cette même année, le Québec obtenait le terntoire de 'Ungava.En 1962 naissait la SPHQ, 50 ans donc au ser vice des enseignants.L\u2019événement sera souligné lors du 50°congres a Shawinigan, a I\u2019 Auberge Gouverneur, les 2 et 3 novembre.Cette méme année voyait aussi la nationalisation du réseau hydroélec- trque du Québec.D'autres anniversaires n'ont pas encore trouvé écho dans les médias.En voici quelques uns: le 370° anniversaire de la fondation de Ville-Mane, le 160° anniversaire de la fondation de l'Université Laval, la première université cana- dienne-française et catholique; l'inauguration à Montréal, il y a 90 ans, de la première station radiophonique de langue française (CKAC), et le décès de René Lévesque il y a déjà 25 ans.Pour ma part, dans un article intitulé Retour de Vimy, je souligne le 95° anniversaire de la bataille de la Crête de Vimy qui marqua une étape importante pour la reconnaissance du Canada pendant la Première Guerre mondiale.50° congrès Les préparatifs en vue de notre 50° congrès vont bon train.Le comité est à pied d'œuvre pour vous offrir un congrès des plus stimulants.Numéro spécial! Enfin, savourez bien ce numéro spécial de 7races, juste pour souligner ses 50 ans d\u2019existence\u2026 Bonne lecture et bonnes vacances! AH GRANDS ANNIVERSAIRES RETOUR DE VIMY RAYMOND BÉDARD, PRÉSIDENT DE LA SPHQ n compagnie d'autres lauréats du prix du gouvemeur général en histoire, j'ai eu le privilège d'assister aux cérémonies officielles entourant les célébrations du 95\u2018 anniversaire de la bataille de la crête de Vimy.Cette commémoration a eu lieu en France, le 9 avril dernier, au pied de l'imposant monument du sculpteur Walter Allward, inauguré en 1936 par le roi Édouard VIII, situé au sommet de la célèbre crête qui domine la plaine de Douai.Les cérémonies Sous le patronage de l'agence de voyage étudiant EF, près de 5000 élèves de toutes les provinces canadiennes assistaient à cette cérémonie et même participaient par des témoignages, des chants et le dépôt de couronnes de fleurs au pied du monument.Le gouvemeur général du Canada, M.David Johnston, qui de par ses fonctions officielles est le commandant en TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 5 chef de l'armée canadienne, le ministre des anciens combattants du Canada, M.Steven Blaney, de même que le corps de musique du Royal 22° régiment étaient au cœur de ces cérémonies.La France nd 1h id GRANDS ANNIVERSAIRES Retour de Vimy était représentée par plusieurs dignitaires, préfet de la Picardie, maires des villes avoisinantes et vétérans.Deux autres lieux étaient le théâtre de cérémonies en hommages aux soldats canadiens morts dans cette région lors de la Grande Guerre, soit au Monument commémoratif de Terre-Neuve à Beaumont Hamel et à Ypres en Belgique.La bataille de la crête de Vimy (les événements) Dès 1915, les soldats canadiens participent activement à la guerre des tranchées qui se déroule dans le nord-est de la France et en Belgique.Avec l'enlisement du conflit et les lourdes pertes humaines, il apparaît de plus en plus important de percer certaines lignes allemandes qui contrôlent cette région.La crête de Vimy, située à 12 km au nord d'Arras, est l'élément central du système défensif allemand assurant la protection des mines de charbon de Lens.En avril 1917, après l'échec des troupes françaises en 1915 puis des Britamiques l'année suivante d'en déloger les Allemands, la tâche est confiée aux troupes canadiennes.Au matin du 9 avril 1917, les quatre divisions de l'armée canadienne regroupées pour la première fois de leur histoire sous le commandement du lieutenant-général britannique Byng assisté du général canadien Currie, mettent en branle l'opération militaire.L'attaque des lignes allemandes sur un front de 6,4 km se termine cinq jours plus tard par une éclatante victoire des troupes canadiennes.«Le 14 avril, elles ont gagné plus de terrain, plus de munitions, et fait plus de prisonniers qu'aucune aftaque antérieure des Britanniques.»'Cette bataille a fait dans les deux camps 10 602 victimes, dont 3598 soldats canadiens.Au-delà du courage et de la détermination des soldats canadiens, le succès de l'opération a reposé en grande partie sur une planification et une coordination méticuleuse de l'artillerie et de l'infantene.De plus, l'offensive fut précédée d'un bombardement de cinq jours et du creusage de plusieurs tunnels pour se rapprocher des lignes allemandes.Nul doute que cette victoire a conféré aux troupes canadiennes une réputation de professionnalisme et d'efficacité.Les Français ont même sumommé cette victoire «de cadeau de Pâques du Canada à la France» Le gouveme- ment français a d'ailleurs fait don du site de Vimy au Canada.La symbolique Lhistorien Desmond Morton, spécialiste de l'histoire milrtaire canadienne, accorde à cette victoire de la crête de 6 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 Vimy une symbolique puissante sur la naissance de l'identité canadienne.Ainsi, il écrit : «Pour les Canadiens, la crete de Vimy fut l'une de ces expériences sur lesquelles sédifie une nation.Aux yeux de certains, tant à l'époque que par la suite, elle symbolisait le fait que la Grande Guerre était aussi la guerre d'indépendance du Canada, même si celui-ci la livrait aux côtés de la Grande-Bretagne conte un ennemi commun\u2019 Si cette affirmation, souvent entendue lors de discussions et de discours d'usages pendant mon séjour dans la région de Vimy, semble souvent évidente pour le Canada anglais, elle trouve peu d'écho au sein de la population du Québec.Il est vrai que l'his- tore militaire canadienne n'est pas au cœur des programmes d'histoire et éduca- ton à la citoyenneté du MELS du Québec.Ainsi, pour la période qui va de 1850 à 1929, soit la 5°réalité sociale du programme de 3° sec.traitant de la formation de la fédération canadienne, la Première Guerre mondiale est abordée sous l'angle de l'industrialisation L'amée 1917 est plus souvent associée a la crise de la conscription qu la victoire de Vimy.Au Québec, le programme d'histoire situe généralement la naissance du Canada mo- Ce BR t= \u2014 & £5 FR BE BARE SFR EE x es ew 258 = 3 2\" = derne à l'adoption du Statut de Westminster de 1931, une loi britannique qui reconnaît légalement la pleine autonomie du Canada.En conclusion, mes propos ne sont pas le résultat d'une étude en profondeur sur le sujet, mais simplement le fruit de réflexions personnelles suite à ma participation aux célébrations du 95\u2018anniversaire de la bataille de la crête de Vimy.Cependant, il serait intéressant de comparer les différents programmes provinciaux en histoire du Canada sous l'angle militaire (choix et traitements des événements, nombres d'heures prévus, personnages, etc.) et d'en faire l'historique.Au-delà de cette perspective, et sans vouloir instumentalr- ser à des fins politiques les hauts faits d'arme du Canada, l'enseignant n'a-til pas, en quelque sorte, un devoir de mémoire lorsqu'il aborde cette période de notre histoire?La question est posée.Notes | RH.Roy, dans, L'encyclopédie du Canada, Montréal, Stanké, 1987, p.2053.\u201cCraig Brown (sous la direction de), Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal.1988, p.492.* Desmond Morton, Une histoire militaire du Canada, 1605-1991.Sillery, Septen- tion, 1992, p.211.AK GRANDS ANNIVERSAIRES Retour de Vimy Monument de Vimy du sculpteur et architecte canadien Walter Seymour Allward parachevé en 1936, où sont gravés les noms de 11 285 soldats canadiens tués en France.pa Le gouverneur général du Canada M.David Johnston et le ministre des anciens combattants M.Steven Blaney en présence du Royal 22° Régiment au pied du monument de Vimy.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 7 Was as f i fi LA REVUE TRACES AUX ORIGINES DE LA SPHQ, UNE PENSÉE DIDACTIQUE NOVATRICE JEAN-FRANÇOIS CARDIN, UNIVERSITÉ LAVAL, FÉLIX BOUVIER, UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES, AVEC LA COLLABORATION DE CATHERINE DUQUETTE, UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI l\u2019occasion du 50* anniversaire de la Société des professeurs d'histoire du Québec (SPHQ), nous aimerions témoigner, dans ce court texte, des positions didactiques et pédagogiques foncièrement novatrices qui animaient les pages de son Bulletin de liaison aux premières années de sa publication.Nos constats découlent d\u2019une recherche en cours depuis plusieurs années portant sur le discours de nature didactique et pédagogique du Bulletin et de la revue 7races - qui lui succède en 1988 -, entre 1962 et 2005.À l\u2019heure où la SPHQ a pris des positions critiques envers les nouveaux programmes d'histoire, il n\u2019est pas vain d\u2019ancrer ces positions dans celles qu\u2019elle mettait de l\u2019avant au moment de ses origines.En 1962, la plupart des pays occidentaux vivent des changements profonds dans le secteur de l\u2019éducation, comme du reste dans l\u2019ensemble de la société.La fin de la Deuxième Guerre mondiale n\u2019est pas si lointaine et, comme ce fut le cas au lendemain de la Grande Guerre, ce conflit et ses horreurs ont provoqué durant les deux décennies qui ont suivi de nombreuses réflexions et remises en question sur l\u2019école et les méthodes d\u2019enseignement.Un vent d'innovation au plan des idées pédagogiques souffle alors, notamment en histoire.Concemant cette discipline, Garcia et Leduc (2003, p.206-207) rapportent qu\u2019en France les années 1950 et 1960 voient la « montée en puissance de la méthode dite inductive dans le secondaire », notamment en s'appuyant sur l\u2019analyse en classe de documents historiques.Au moment où est fondée la SPHQ, ces idées circulent au Québec et elles auront notamment des échos dans certains mémoires soumis à la commission d\u2019enquête Parent qui vont durement dénoncer l\u2019enset- gnement traditionnel de l\u2019histoire, un enseignement qui n\u2019avait pas vraiment changé depuis le début du siècle (Martineau, 2010, p.17).Et selon Allard (2010), c\u2019est la virulence de certains de ces mémoires, demandant un dépoussiérage et un renouvellement des méthodes d\u2019enseignement dans cette discipline, qui mena, entre autres, à la fondation de la SPHQ en 1962.En effet, un premier constat qui s\u2019impose en lisant le Bulletin durant ses premières années de publication, au moins jusqu\u2019en 1966-1967, c\u2019est l\u2019omniprésence de la commission Parent et de son rapport.Il est clair que les auteurs des premiers articles de nature didactiques et/ou pédagogiques sont publiés dans le Bulletin, qu\u2019ils soient historiens, enseignants ou autres, cherchaient en quelque sorte à répondre, directement ou indirectement, aux re proches véhiculés par la commission Parent, et qui, parfois, faisaient surface dans les joumaux, notamment Le Devoir.Dans un premier temps, surtout dans les textes de 1962-1963, 11 fallait montrer que la situation n\u2019était pas aussi catastrophique que ce qu\u2019on en disait, que déjà beaucoup de professeurs d\u2019histoire se tournaient vers un enseignement renouvelé de la discipline (Séminaire de Ri- mouski, 1962).Puis, d\u2019un article à l\u2019autre, un véritable discours à tendance réfor- 8 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 miste se déploie sous nos yeux, un discours qui, bien que construit sous la plume d\u2019auteurs d'horizons divers, trouve sa cohérence autour d\u2019une dichotomie entre deux conceptions de l\u2019enseignement : d\u2019un côté, le « cours magistral », où l\u2019élève est vu comme relativement passif (il écoute et, éventuellement, prend des notes) et, d\u2019autre part, la « démarche active », par laquelle l\u2019élève serait amené, d\u2019une manière ou d\u2019une autre, à s'impliquer plus directement dans son apprentissage (exploitation de documents et de manuels « plus pédagogiques », recherche guidée, visites au musée, fabrication et mise en contexte de maquettes, visionnement et exploitation de films, etc.).On est surpris à quel point, dès les années 1960, les formules d\u2019enseignement nouvelles et originales et les proposi- fs al qui qi! font à ta eT?wm om TP BR A BROS = 5 \u2014 5 A I WA IE wn tions d\u2019activités novatrices, même avec nos yeux d\u2019au- Jourd\u2019hui, se succèdent et sont montrées comme la nouvelle voie à suivre, et ce à travers une Justification pédagogique et des thématiques didactiques d\u2019une très grande contemporanéi- té.Ainsi, le thème très actuel de l\u2019histoire comme moyen pour comprendre le présent et former le citoyen, celui du développement du « sens critique » des élèves, ou encore celui de la nécessité d\u2019enseigner une histoire « intégrale » dépassant l\u2019histoire politico -militaire sont récurrents dans les pages du Bulletin de cette période, comme du reste ils le resteront au fil des décennies jusqu\u2019à au- Jourd\u2019hui.Il apparaît que la meilleure synthèse - et l\u2019archétype même - de cette rhétorique est l\u2019article de Claude Ga- lameau dans le numéro d'octobre 1966 (Galameau, 1966).Après avoir brossé un tableau presque sarcastique du « bon vieux temps » où l\u2019enseignement de l'his- foire « appartenait tout entier à la némore verbale », où LA REVUE TRACES «il fallait apprendre chaque année avec un peu plus de détails, les mêmes listes de gouvemeurs, d\u2019intendants et d\u2019évêques, de pays, de provinces, de capitales et de populations », où « l\u2019illustration sonore venait tou- Jours d\u2019une source unique, la voix du maître », il conclut que c\u2019était de cette ma- niere « que la mémoire collective était retransmise à la mémoire individuelle de chaque petit d'homme [sic] » (p.1).I] oppose à cette façon de faire, dont il laisse entendre qu\u2019elle est encore bien présente dans les classes, une nouvelle conception de l\u2019enseignement qui serait en voie de se répandre : « Nos disciplines peuvent et doivent, autant que les autres, développer chez l\u2019élève l\u2019attention, l\u2019observation, la réflexion, l\u2019analyse, la synthèse, le sens critique, le raisonnement déductif et inductif et l'entraînement à définir un problème » (p.1).En histoire, il en appelle désormais à ce que « l\u2019enfant et l'adolescent acquièrent [.], par un travail incessant, sous la surveil lance et avec l'aide du maitre, des connaissances en même temps qu\u2019ils développent leur intelligence et toutes leurs facultés » (p.2).On croirait Îire un passage des programmes québécois actuels ou de 1982.Ceci dit, force est de reconnaître que les thèmes évoqués ci-haut sont généralement traités à travers le point de vue qui dominait à l\u2019époque, soit celui de l\u2019enseignant et de l\u2019enseignement, par opposition à celui de l\u2019apprenant et de l\u2019apprentissage.Même un article convoquant pourtant les stades du développement cognitif de Piaget (octobre 1968) se situe de ce point de vue.La « boîte noire » et les mécanismes d\u2019apprentissage qui s\u2019enclenchent chez l\u2019enfant qui appréhende le passé et lui donne du sens ne sont pas encore au centre des préoccupations, même si ces sujets ne sont pas totalement absents des articles analysés.Ce n\u2019est que plus tard, durant les années 1970, que s\u2019imposeront les approches davantage cen- Aux origines de la SPHQ.trées sur l\u2019élève.Références bibliographiques Allard, M.(2010).La section de Montréal de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (1966- 1968).Traces, 48(3), p.5- 9.Galameau, C.(1966).« Les moyens audio-visuels dans l\u2019enseignement de l\u2019histoire et de la géographie ».Bulletin de liaison de la Société des professeurs d'histoire, (no 17), octobre, pp.1-12.Garcia, P.et J.Leduc (2003).L'enseignement de l'histoire en France de l'Ancien Régime à nos jours.Paris, Armand Colin.Martineau, R.(2010).Fondements et pratiques de l\u2019enseignement de Vhis- toire, traité de didactique, Québec, Presses de l\u2019Université du Québec.Séminaire de Rimouski (1962).L'enseignement de l\u2019histoire.Bulletin de liaison de la Société des professeurs d'histoire, 1(1), p.39.#7 es dernières années, les recherches de Jean-François Cardin ont principalement porté sur l\u2019éducation à la citoyenneté et l\u2019enseignement de l\u2019histoire, dans le contexte de l\u2019avènement de nouveaux programmes d'histoire au secondaire qui mettent de l\u2019avant de manière plus explicite que jamais ce lien entre histoire et citoyenneté.Par ailleurs, il s\u2019intéresse aussi à tout ce qui ÿ conceme, de près ou de loin, l'enseignement de l\u2019histoire, plus particulièrement au secondaire et au collégial : enseignement et apprentissage, concepts et conceptualisation, programmes et curricula, histoire de l\u2019histoire à l'école, éducation historique et questions d\u2019identité, TIC et manuels scolaires, formation initiale, continue et pratique des enseignants, etc.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 9 ; RCE TRUE RÉ PAT LA REVUE TRACES SUR LA PISTE DE TRACES.ÉPOPÉE TURE EN BIBLIOTHÈQUE CATHERINE DUQUETTE (PH.D.), UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI DE LEC- on expérience au sein de la SPHQ a surtout été lien avec la revue Traces.En effet, a l\u2019égard de certains, je peux m\u2019enorgueillir d\u2019en avoir lu tous les numéros: des tous premiers en 1962 lorsqu\u2019elle se nommait encore le Bulletin de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec aux tous derniers fraîchement sortis des presses.Ce marathon de lecture a été entrepris, un peu naïvement je dois l\u2019avouer, lors de l\u2019étude sur l\u2019évolution de la didactique de l\u2019histoire au Québec telle qu\u2019illustrée dans les pages de la revue ; recherche qui a été menée par Jean- François Cardin et Félix Bouvier.Catherine Duquette Lorsque Jean-François et Félix m\u2019ont proposé de faire le recensement et le résumé de tous les articles traitant de près ou de loin à la didactique l\u2019histoire retrouvés dans la revue de la SPHQ, j\u2019ai trouvé le projet fascinant et j'ai osé m\u2019imaginer passant de longues heures dans une bibliothèque aux murs en bois d\u2019acajou éclairé par le reflet verdâtre d\u2019une multitude de lampes de bureau.Prise par le romantisme de cette image, j'ai accepté sans plus attendre de participer au pro- Jet.Plusieurs heures plus tard, assise dans la blancheur des néons de la bibliothèque de l\u2019Université Laval, je prenais conscience de l\u2019immensité de la tâche.50 ans de Traces, c\u2019est : 50 volumes composés de quatre à cinq numéros par année chacun d\u2019entre eux proposant un nombre impressionnant d\u2019articles.Entreprendre le recensement complet des publications de la revue est une entreprise de taille, mais une fois ce marathon termmé, qu\u2019ai-je retiré de toutes ces lectures, de toutes ces heures passées avec les Dumont, Laville, Vigeant-Galley, Martineau, Richard, Trifiro et Augé pour ne nommer que ces demiers?Ce sont ces impressions, quelque peu en vrac, que je vous livre aujourd\u2019hui.Une collection incontournable Une des raisons qui nous amène parfois à sous-estimer l\u2019importance des publications de Traces est, selon moi, le fait qu\u2019il est difficile d\u2019avoir accès à une collection complète.Si les numéros des années 1980 à 2010 sont habituellement disponibles sur les rayons des bibliothèques universitaires, les années 60 à 79 sont plus rares.Par exemple, la bibliothèque de l\u2019Université Laval qui semble, à prime abord, proposer une collection complète (notamment grâce au don de Christian Laville), ne possède pas les - numéros de l\u2019année 1969 ainsi que quelques autres numéros éparpillés à travers les années.Les publications 10 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 de l\u2019année 1969 se sont avérées être les plus problématiques à retrouver.En effet, leur absence de la collection de la bibliothèque de l\u2019Université Laval m\u2019a tout d\u2019abord fait croire qu\u2019il n\u2019y avait pas eu de publications cette an- née-là.Puis, après plusieurs recherches infructueuses dans les bibliothèques universitaires du Québec, j'ai retrouvé une copie des numéros de l\u2019année 1969 à la Grande Bibliothèque à Montréal.Je m\u2019y suis aussitôt rendue avec l\u2019espoir d\u2019enfin avoir entre les mains ces numéros insaisissables.C'était sans compter la bureaucratie qui frema efficacement mon élan à coup de cartes de membre et de demandes d\u2019accès aux documents archivés.Ce n\u2019est que deux semaines plus tard que je pus recevoir les trois numéros, sur cinq supposément publiés, entreposés à la Grande Bibliothèque.Cette aventure archivistique est quelque peu troublante dans le sens ou il ne semble pas exister au (ur fhe hi ajo ny 1% hr I | (et ln Gen i sm du, it ds bl 0 bs py bray Pet min US fy ug (ons thy \u201c+ Québec une collection complète et facilement accessible de la revue de ses origines à aujourd\u2019hui.Cette constatation m\u2019inquiète, car il semble aisé de perdre des numéros de la revue et donc de perdre une partie de son histoire.C\u2019est pourquoi j\u2019applaudis l\u2019initiative prise par la SPHQ de numériser les anciens numéros et d\u2019en foumir les sommaires en ligne.Cependant, jose aller plus loin en proposant de créer une table des matières générale, disponible sur le site de la SPHQ, qui engloberait l\u2019ensemble des publications de 1962 à aujourd\u2019hui.Ainsi, les nombreux articles qui sont encore pertinents de nos jours seraient plus facilement accessibles.11 me semble qu\u2019en favorisant leur lecture, ces numéros risquent moins de tomber dans l\u2019oubli sur une tablette poussiéreuse au fond d\u2019une bibliothèque universitaire.Un objectif toujours présent : favoriser l\u2019enseignement de l\u2019histoire Une lecture continue des volumes de 7iuces permet d\u2019acquérir une vision d'ensemble des tendances, des objectifs et des questions qui ont ponctué l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec.Je ne ferai pas ici l'inventaire de ces tendances ni leur analyse, puisque cela a déjà été fait dans les articles précédemment publiés par LA REVUE TRACES Jean-François Cardin, Félix Bouvier et moi.Je préfère traiter de la constance d\u2019un thème en particulier : celui de l\u2019importance accordée à l\u2019enseignement de l\u2019histoire en tant que discipline essentielle à la formation des élèves québécois.Que ce soit dans les tous premiers articles de 1962 aux articles retrouvés dans les numéros de 2012, la SPHQ, par l\u2019entremise de sa revue, a toujours eu le désir de promouvoir l\u2019enseignement et l\u2019apprentissage de la discipline historique.Pourtant, cet objectif a été mis à rude épreuve à travers les années.Changement de programme, perte d\u2019importance de la discipline au sein du curriculum avant la venue du programme par objectifs, tensions intemes et externes, autant d\u2019évènements qui auraient pu la détoumer de sa mission originale.Heureusement, ce ne fut pas le cas.En effet, la SPHQ a toujours fait en sorte que les articles publiés dans Traces aient comme prrcipale préoccupation l\u2019enseignement de l'histoire.Cela a eu pour résultat que les éditoriaux qui gardent un œil sur les agissements du Ministère de l\u2019Education, les articles à saveur didactique qui proposent réflexions et outils d\u2019enseignement et les articles de fond qui traitent d\u2019histoire à proprement parler.visent tous, chacun à leur manière, à Sur la piste de Traces.assurer un enseignement de qualité de la discipline tant au primaire, qu\u2019au secondaire ou au collégial.Cette permanence est selon moi une des forces de la revue, et incidemment de la SPHQ, qui a su, à travers les années, conserver sa fonction principale : celle de partager avec ses lecteurs l\u2019importance d\u2019enseigner l\u2019histoire à l\u2019école.Un lieu de rencontre Enfin, ma demière constatation est en lien avec le rôle que joue la revue 7races au Québec.Il m'est apparu, pendant mes lectures, que celle-ci faisait office de lieu de rencontre pour les différents intervenants du milieu.En effet, les pages de la revue ne sont pas exclusivement remplies par les dires des didacticiens ou des conseillers pédagogiques.Enseignants du primaire, du secondaire, du collégial, historiens, muséologues, archivistes, étudiants en formation initiale et étudiants gradués se partagent également cet espace.Il s\u2019agit d\u2019une des particularités de la revue qui la rend si unique à mes yeux, puisque peu d\u2019autres publications peuvent se vanter d\u2019avoir des auteurs et un lectorat aussi variés.Ces lieux de partage sont peu nombreux et pourtant nécessaires afin de promouvoir la discussion entre les différents intervenants et ce, même si leurs échanges TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 11 LA REVUE TRACES Sur la piste de Traces.sont parfois houleux.Sans un lieu pour tenir ces discussions, enseignants, étudiants, historiens, conseillers pédagogiques et didacticiens travaillent chacun de leur côté dans l\u2019ignorance du travail de l\u2019autre.Lieu de partage, de discussions et même de débats, 7races rassemble tous les intervenants dans un même endroit afin qu\u2019ils discutent de leur passion : l\u2019histoire.: En guise de conclusion : des souhaits d\u2019anniversaire Dans ce court texte, j'ai tenté, à travers ma lecture intensive de la revue, de souligner les aspects qui m\u2019ont fait prendre conscience de son importance et celle de la SPHQ pour l\u2019enseignement de la discipline historique au Québec.Au bout d\u2019un demi- siècle, la SPHQ en a vu et en a vécu des moments importants pour l\u2019enseignement de l\u2019histoire que ce soit lors de la mise en place du programme par objectifs ou du programme par compétences ou encore lors des pourparlers pour rendre le cours d\u2019histoire du Québec et du Canada obligatoire pour tous.Durant toutes ces années, son objectif de promouvoir l\u2019enseignement de l\u2019histoire n\u2019a jamais faibli et ce faisant elle est devenue, entre autres grâce à sa revue, un instrument incontournable pour quiconque désire enseigner la discipline au Québec.Il ne me reste plus qu\u2019à souhaiter à la SPHQ et à 7races un joyeux cinquantième anniversaire et à espérer qu\u2019elles contmueront toutes deux à prospérer afin que l\u2019on puisse, un jour, célébrer leur centième anniversaire.Si cela devait arriver, je préfère vous avertir tout de suite que je ne serai malheureusement pas disponible pour lire et relire l\u2019ensemble de la collection! AAA atherine Duquette, Ph.D.en éducation à l\u2019Université Laval, a récemment été embauchée à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).Elle possède une expertise dans le champ de la didactique des sciences humaines et sociales.Cette expertise s\u2019articule autour de l\u2019enset- gnement et de l\u2019apprentissage de la pensée historique et de la conscience historique chez les élèves du primaire et du secondaire.Outre sa thèse de doctorat portant sur la progression des apprentissages en classe d\u2019histoire et d\u2019éducation à la citoyenneté, Catherine Duquette est chercheuse principale au sein d\u2019un projet de recherche financé par l\u2019Association québécoise des enseignants d\u2019univers social portant sur l\u2019apprentissage de l\u2019histoire par les controverses.L'ensemble de ses recherches vise à mieux comprendre la manière dont les élèves développent leur capacité à penser historiquement afin de fournir aux enseignants du matériel pédagogique adapté aux besoins de leurs classes.Au cours des dernières années, Catherne Duquette a publié seule ou en collaboration une dizaine d\u2019articles, deux chapitres de livre et a conçu du matériel pédagogique abordant le développement de la pensée historique chez les élèves du primaire et du secondaire.Ses champs de spécialisation touchent à la didactique des sciences humaines (histoire- géographie), le développement de la pensée historique et de la conscience historique et l\u2019enseignement de l\u2019histoire par les controverses.12 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 FF = == = ENSEIGNER DANS LES ANNEES 1960 L'APPRENTISSAGE SUR LE TAS, DANS LES AN- NEES 1960.MICHEL ALLARD, PROFESSEUR ASSOCIE AU DEPARTEMENT DE DIDACTIQUE UNIVERSITE DU QUEBEC A MONTREAL E' 2012, la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (SPHQ) célèbre le cinquantième anniversaire de fondation.Coïncidence, c\u2019est aussi le cinquantième anniversaire des débuts de ma carrière d\u2019enseignant d\u2019histoire.Remontons le cours du temps.Le contexte?1962 ! Le Québec et le secteur de l\u2019éducation en particulier sont en pleine ébullition.La Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019enseignement débute ses travaux.D\u2019un peu partout s\u2019élèvent des voix pour remettre en cause l\u2019enseignement de l\u2019histoire, en particulier celui de l\u2019histoire nationale.Des pamphlétaires, dont le couple Chalvin, de futurs didacticiens, dont André Lefebvre, des historiens, dont Michel Brunet, fustigent qui les manuels en usage, qui les fondements de la péda- gogle mise en œuvre, qui le caractère peu scientifique du contenu historique.Bref, de toutes parts, des voix réclament la réforme de l\u2019enseignement de l\u2019histoire sous toutes ses facettes.Michel Allard D'autant que de plus en plus de diplômés des Instituts d\u2019histoire des Universités de Laval et de Montréal envahissent les institutions d\u2019enseignement, particulièrement les collèges classiques, les séminaires, les écoles secondaires publiques et les écoles de formation des maîtres.Ils plaffent d\u2019impatience, prêts à relever leurs manches et à s\u2019engager dans une profonde réforme de l\u2019enseignement de l\u2019histoire, en particulier de l\u2019histoire nationale.Toutefois, à l\u2019enthousiasme succède bientôt le dépit.Ils se retrouvent professeurs de francais, d\u2019anglais voire d'éducation physique, etc.Quelques heureux peuvent compléter leur tâche en donnant un ou deux cours d\u2019histoire.C\u2019est alors que Pierre Savard, jeune professeur, soutenu par l'historien Marcel Trudel, directeur de l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Université Laval, secondé par quelques autres diplômés, décide de former une association de professeurs d\u2019histoire.C\u2019est ainsi que naît la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec.Depuis sa fondation, la SPHQ a toujours été au centre des débats qui ont cours et est toujours montée aux barricades pour défendre bec et ongles la place de l\u2019histoire et, en particulier, celle de l\u2019histoire nationale, dans tous les ordres d\u2019enseignement.Sur le terrain Cette même année, 1962, détenteur d\u2019un diplôme en pédagogie et en histoire, je suis engagé comme professeur du secondaire à la Commission scolaire de Sainte- Thérèse de Blainville à titre de titulaire de la classe de 8° année B (aujourd'hui, deu xième secondaire).J'enseigne toutes les matières, sauf les mathématiques et l\u2019éducation physique.De fait, je n\u2019enseigne l\u2019histoire qu\u2019une heure par semaine.Car l\u2019histoire, au même titre que la géographie, les sciences naturelles, l\u2019anglais, l\u2019hygiène, la bienséance, la musique ou le dessin compte parmi les « petites matières ».Chacune d\u2019entre elles, réduite à la portion congrue d\u2019une heure par semaine dans la grille horaire, fait habituellement partie de la tâche de l\u2019enseignant titulaire d\u2019une classe.Seules le français, les mathématiques et la religion sont considérées comme étant des matières «importantes».Pour compléter ma tâche, j\u2019enseigne le français dans la classe de 8° année À (deuxième secondaire) dont le titulaire est un frère de Saint-Gabriel.L année suivante, apres avoir plaidé ma cause auprès du fière directeur de l\u2019école, j'obtiens de n\u2019enseigner que TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 13 ENSEIGNER DANS LES ANNÉES 1960 L'apprentissage sur le tas.l\u2019histoire mais à raison de deux heures par semaine dans une douzaine de classes.Je deviens le premier et le seul professeur spécialisé en histoire de la Commission scolaire de Sainte-Thérèse de Blainville.À la rentrée, malheureusement, je constate que les plus belles classes sont celles du cours classique et elles ont été confiées à un frère qui ne détient aucun diplôme en histoire.Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, je m\u2019attaque à la tâche.Je dois préparer à chaque semaine de trois à quatre cours différents qu\u2019heureusement je répète.Rapidement, je me rends compte que je connais mal la matière, en particulier celle du cours d'histoire du Canada que, pourtant, je croyais connaître très bien.De fait, j'apprends « qu\u2019enseigner, c\u2019est apprendre deux fois ».C\u2019est ma première leçon d\u2019autodidac- tique.Les conditions avec lesquelles un enseignant d\u2019histoire doit composer ne sont certes pas faciles.Pour les élèves, l\u2019histoire ne compte pas au nombre des matières importantes d\u2019autant qu\u2019ils ont droit à l\u2019usage du manuel pour compléter l\u2019examen de fin d\u2019année du Département de l\u2019Instruction publique.Certes, cette mesure procède d\u2019une excellente raison pédagogique.On veut que les élèves ne se limitent pas à mémoriser des faits et des dates, mais qu\u2019ils puissent sattarder à comprendre le sens des événements, à en déterminer les causes, à en analyser les conséquences voire à confronter des interprétations différentes et parfois opposées.Concrètement, cette mesure conduit à une désaffection des élèves et aussi des enseignants à l\u2019égard de l\u2019histoire.Tres sou vent, le cours d\u2019histoire consiste à demander aux élèves de lire à tour de rôle un paragraphe du manuel puis à répondre oralement à quelques questions dites d\u2019association afin de développer leur capacité de rétention de la date des évé- nements.Parfois, on les entraîne par des exercices écrits, dits de synthèse, à trouver les réponses avec l\u2019aide du manuel et\u2026 à les copier intégra lement C\u2019est dans ce contexte que je dois enseigner.Le défi à relever était plus grand que je ne l\u2019eus cu.À l\u2019école où j\u2019enseigne, il n\u2019y avait pas ou presque pas de matériel pédagogique à l\u2019exception de quelques cartes géographiques désuètes affichant fièrement les logos de leurs commanditaires, dont une certaine compagnie de chocolat.Au bout de quelque temps, je découvre que je peux faire venir par autobus des films dits historiques produits par l\u2019Office national du film.En plus de préparer les réquisitions et de quérir les 14 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 films au terminus, il me faut apprendre à dompter l\u2019instrument de projection aux multiples caprices et, enfin, faire aménager à des fins de projection cinématographique le seul local de l\u2019école susceptible de s\u2019y prêter, c\u2019est-à-dire la salle où les élèves se changent pour pratiquer des sports extérieurs, dont le hockey.C\u2019est la salle dite « des patins ».En bout de ligne, mes élèves peuvent visionner des films comme Champlain, Les Montréalistes et d\u2019autres, dont certains d\u2019un jeune réalisateur du nom de Denys Ar- cand.Le film permet de concrétiser le récit des manuels et surtout de susciter des discussions parfois passionnées.Chaque élève a en sa possession un manuel.Pour le cours d\u2019histoire du Canada, c\u2019est La civilisation française et catholique au Canada, de Gérard Filteau.Inutile de dire que je n\u2019adhère pas à l\u2019interprétation toute teintée de messianisme et d\u2019un nationalisme bon ententiste de cet historien.J\u2019entreprends alors la tâche de préparer pour les élèves du matériel de mon cru.Le soir et les fins de semaine, je rédige des textes, je compose des exercices qui me semblent appropriés.Je dois apprendre aussi le métier d\u2019imprimeur afin de pouvoir opérer moi-même la vieille imprimante à l\u2019alcool qui trône dans un coin de la salle de classe transformée pour 555 EE = owes RES les besoins de la cause en salle d\u2019étude et de repos (772), au bénéfice de la vingtaine de professeurs laïcs que compte le corps enseignant de l\u2019école.Un jour, par hasard, je mets la main sur un numéro du journal historique le Boréal Express.Ma surprise est grande.L'histoire y devient un calendrier du temps.J'apporte mon exemplaire à l\u2019école, je le prête à un élève qui durant mes cours est si on peut dire « normalement » dissipé.O miracle! Durant toute la durée du cours, il est tellement absorbé par sa lecture qu\u2019il ne souffle mot.Le numéro éveille la curiosité des autres élèves.Il se promène de l\u2019un l\u2019autre.Je dois me procurer, à mes frais, des exemplaires supplémentaires.Les élèves présentent, commentent et discutent en classe quelques articles.Quelque temps plus tard, je rencontre sur les bancs de la faculté des lettres de l'Université de Montréal l\u2019un des initiateurs et rédacteurs du Boréal Express, Denis Vaugeois, alors professeur d'histoire a Trois- Rivières.Il m\u2019explique alors, en long et en large, l\u2019origine de ce projet, l\u2019organisation et la division du travail de l\u2019équipe de rédacteurs.Les premiers numéros du Boreal Express, du moins en autant que je me rappelle, sont accompagnés d\u2019un petit guide pédagogique qui suggère des ENSEIGNER DANS LES ANNÉES 1960 L'apprentissage sur le tas.travaux à proposer aux élèves à partir des numéros.J\u2019y puise quelques idées que j'applique en classe.La rencontre avec Denis Vaugeois, pour toute fortuite qu\u2019elle puisse paraître, ne l\u2019est pas en réalité.Car, à cette époque, nombreux sont les enseignants et enseignantes d\u2019histoire qui, comme moi, fréquentent l\u2019université afin de compléter leurs études.Rares sont ceux et celles qui peuvent se permettre d\u2019étudier sans travaille.Les bancs d\u2019université deviennent des lieux de rencontre où nous pouvons échanger nos expériences avec des collègues qui, comme nous, doivent sinon lutter du moins se démener pour faire reconnaître l\u2019importance de l\u2019histoire dans le curriculum et développer une méthodologie d\u2019enseignement (nous dirions aujourd\u2019hui une didactique) spécifique à cette matière.Peu à peu, nous apprenons au fil de nos succès et de nos échecs qu\u2019il importe de varier nos stratégies d\u2019enseignement en tenant compte non seulement de la matière enseignée et des aptitudes, des intérêts et du comportement des élèves, mais aussi de l\u2019heure du cours, de la journée, de la semaine voire de la température.Au cours de cette même année, je découvre que la tenue d\u2019un examen avec le manuel, que l\u2019absence de maténel TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 15 pédagogique et l\u2019usage d\u2019un manuel inadéquat, loin de restreindre le professeur, deviennent des conditions dont il est possible de tirer le meilleur parti.Elles confèrent à l\u2019enseignant toute la liberté dont il n\u2019a jamais rêvé.La hantise de l\u2019examen du Mi- nistere de l\u2019Education qui tenaille aujourd\u2019hui plusieurs enseignants disparaît.De toute façon, les élèves peuvent réussir l\u2019examen du Département de l\u2019Instruction publique sans même suivre de cours.Le programme officiel et les manuels agréés peuvent être relégués aux oubliettes.Cependant, plusieurs défis se dressent : comment intéresser les élèves à l\u2019histoire?Comment les amener à comprendre l\u2019histoire pour ce qu\u2019elle est et non pour ses prétendues leçons?Comment leur faire prendre conscience que le présent émane du passé mais que le passé n\u2019explique pas tout le présent?Une fois cette prise de conscience faite, impossible de mettre les difficultés propres à l\u2019enseignement sur le dos des élèves, des directeurs ou des programmes.Il faut relever ses manches, observer, analyser et trouver soi-même ses propres réponses.A chaque fois que j'aborde une situation historique à partir du milieu de vie des élèves, je me rends compte que je suscite alors leur inté- Us ENSEIGNER DANS LES ANNÉES 1960 L'apprentissage sur le tas.rêt et que je capte leur attention.Par exemple, je débute l\u2019étude du régime seigneurial en posant la question suivante : pour quelle raison la rue Blain- ville s\u2019appelle-telle ainsi?De là, je peux déborder vers les seigneurs de la région et remonter à l\u2019explication de tout le système seigneural.J\u2019apprends aussi à utiliser les noms de famille pour inciter les élèves à confectionner leur propre généalogie et à trouver des événements correspondant à chacune des générations.L\u2019étude de la révolution industrielle se concrétise par la présence a Sainte- Thérèse de plusieurs usines de piano, dont une subsiste encore à cette époque, et par la situation de la ville au cœur de plusieurs réseaux ferroviaires.Peu à peu, avec mes élèves, je découvre la richesse de notre milieu.Toutefois mon approche de l\u2019histoire ne se réduit pas à une progression dans le temps et dans l\u2019espace.Elle ressemble plutôt à un vitrail dans lequel tous les morceaux se posent l\u2019un après l\u2019autre et dont la signification apparaît lorsqu\u2019ils ont tous été placés.Au fond, peu à peu, Je tente de leur faire comprendre que l\u2019histoire n\u2019est ni rectiligne, ni logique mais se constitue au gré d\u2019un continuel mouvement de va-et-vient entre le présent et le passé.Je tire aussi parti du plaisir qu\u2019éprouvent les élèves à rivaliser entre eux ou avec le professeur.J\u2019adapte alors les règles du baseball à un jeu de questions et réponses qui se pratiquent en équipe.Aucun élève ne voulant faire perdre la sienne, tous s\u2019astreignent à l\u2019étude.J\u2019invente aussi un Jeu dit « de colles »» où tous les élèves tentent de trouver des questions auxquelles le professeur est incapable de répondre alors que ce dernier effectue la démarche inverse.Il s\u2019ensurt des luttes épiques dans lesquelles plus l\u2019année scolaire progresse, plus le professeur voit fondre son ascendant quant aux connaissances.Les résultats de tout cela s\u2019avèrent difficiles à évaluer.Mais, au moins, les élèves aiment les cours d'histoire, ils ne sont pas anormalement indisciplinés et ils réussissent les examens du Département de l\u2019Instruction publique.L\u2019enseignant demeure un semeur, mais qui ne voit Jamais le produit de son labeur.Je conserve encore la ferme conviction que, dans l\u2019enseignement de lhis- toire comme dans l\u2019enseignement tout cout, il n\u2019existe pas de recettes miracles.Toutefois, il appartient à l\u2019enseignant de choisir et de doser différentes stratégies d\u2019apprentissage en tenant compte de ses propres aptitudes, de celles de ses élèves et des conditions du milieu.C\u2019est sans doute le plus grand enseignement que j'ai retiré de Aujourd\u2019hui, je ne suis pas nostalgique.Parfois, j\u2019envie les enseignants qui disposent d\u2019une panoplie de moyens d\u2019enseignement.Toutefois, dans la pratique quotidienne de notre profession, je crois sincèrement que nous jouissions jadis d\u2019une autonomie beaucoup plus grande que celle dévolue aujourd\u2019hui à toutes celles et à tous ceux qui pratiquent la difficile mais fascinante profession d\u2019enseignant d\u2019histoire.Conclusion C\u2019est ainsi que se déroulèrent mes premières années à titre de professeur d\u2019histoire.Lorsqu\u2019en 1966, la SPHQ mit sur pied une section à Montréal, je participai à l\u2019assemblée de fondation et je fus élu comme membre du comité exécutif.En plus de défendre la place de l\u2019histoire comme matière du curriculum, la SPHQ, depuis 1962, contribue a la promotion et au développement de l\u2019enseignement de l\u2019histoire.Elle brise le relatif isolement de ses membres et est devenue en quelque sorte une institution informelle d\u2019éducation permanente.Je lui souhaite une longue vie.AAA M ichel Allard est titulaire d\u2019un doctorat en histoire.Professeur à la retraite, il est associé à la maîtrise en muséologie et au Département d\u2019éducation et pédagogie de l\u2019Université du Québec à Montréal ; il dirige le Groupe de recherche sur l\u2019éducation et les musées (GREM).Il a notamment publié Échiquer au musée, Le musée et l'école, Le guide de planification d'évaluation des programmes éducatifs, Les programmes d'études des écoles catholiques francophones du Québec : des origines à aujourd hui en collaboration avec Bemard Lefebvre.La Société des Musées québécois lui a décemé en 2002 le prix Carrière pour sa contribution au progrès de l\u2019éducation muséale.(PUQ) 16 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 ENSEIGNER DANS LES ANNÉES 1960 LA SPHQ, L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE ET MOI JEAN-CLAUDE RICHARD, CONSULTANT EN DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE; EX- DIRECTEUR DE TRACES; CHARGE DE COURS A L'UNIVERSITE DU QUÉBEC À TROIS-RIVIERES orsque Pierre Savard et ses collègues ont fondé la Société des professeurs d'histoire du Québec (SPHQ), en octobre 1962, j'avais tout au plus un mois d'expérience dans l'enseignement.Et je n'enseignais pas l'histoire : j'étais titulaire d'une classe de sixième année dans une école primaire de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CÉCM).Je n'avais donc aucune raison de devenir membre de la nouvelle société, mis à part le fait que j'avais choisi le français et l'histoire comme disciplines de spécialisation à l'école normale.Ce n'est qu'à l'automne de 1964, à la suite de ma « promotion » au secondaire où on m'avait confié l'enseignement de l'histoire générale et « nationale » en huitième et neuvième années - en plus de la géographie générale, de la tenue de livres dans quelques classes des mêmes niveaux et d'un titulariat en dixième « générale-arts » - que j'ai adhéré à la SPHQ,.Ce fut l'une de mes meilleures décisions.Dès les premiers temps, la SPHQ a été pour moi une source d'inspiration et de per- fectonnement.Il y avait d'abord le Bulletin de liaison qui proposait des textes intéressants et utiles.Et il y avait les congrès.Les congrès! J'y ai, bien sûr, rencontré des « experts » qui m'ont fait découvrir des pistes que j'ignorais et que j'ai explorées par la suite, mais comme j'étais déjà à l'affut des nouvelles tendances pédagogiques et que je nhésitals pas a m'aventurer en terres.inconnues - juste pour le plaisir -, Jai été particulièrement heureux dy côtoyer des collègues qui osaient sortir des sentiers battus et qui acceptaient de partager leurs expériences avec le novice aventureux que j'étais.Le temps a passé, je me suis aguerri et j'ai continué à expérimenter toutes sortes d'approches pour enseigner l'histoire.Tant et si bien qu'un beau jour d'automne, dans un congrès tenu à Granby, j'animais un atelier en compagnie d'une consœur d'une autre école secondaire, presque aussi folle que moi, avec laquelle je collaborais.Nous traitions, je m'en souviens très bien, de la façon dont nous enseignions le programme thématique Initiation a l'histoire et aux sciences de l'homme de deuxième secondaire.Nous nous délections du scepticisme qui naissait dans les yeux de nos collègues auxquels nous expliquions que nos élèves travail- latent constamment en équipes, que chaque équipe explorait un moment diffé- rent de l'histoire et avait pour tâche d'analyser différents types de documents reliés au TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 17 thème étudié - l'homme se nourrtt, l'homme se loge, etc.- et de présenter le résultat de sa recherche à toute la classe, à la suite de quoi nous construisions avec toute la classe une synthèse collective en guise de conclusion, et que.ça marchait.La plupart ne croyaient pas qu'il était possible de travailler de cette façon avec des élèves « ordinaires ».Un petit nombre nous trouvait « courageux » - et probablement un peu cinglés - et nous demandait où nous avions pigé des idées pareilles.Bien sûr, notre façon de procéder dépendait d'abord de notre besoin de pimenter une pratique professionnelle que nous jugions un peu monotone, mais notre inspiration découlait en grande partie de note participation aux congrès de la SPHQ et de la lec- Jean- Claude Richard pia ns it EE ; apte Masten th pH EEG EOLA, votes Rn ni hl Hi at i ét it ENSEIGNER DANS LES ANNEES 1960 La SPHQ, l'enseignement de l\u2019'histoire\u2026 ture du Bulletin de liaison.Je travaillais dans une petite école.Avec le temps, j'y ai enseigné tous les pro grammes, y compris le programme optionnel de 5° se condaire intitulé Histoire du monde contemporain que la direction de l'école avait proposé aux élèves à mon intia- tive.C'était une sorte de pro- gramme-cadre ol, à mon grand désespoir, on parquait généralement les élèves qui ne souhaitaient pas se lancer dans les sciences ou les mathématiques plus avancées.Je trouvais que l'histoire mé- ritat une attitude plus positive.Mes collègues de 4° secondaire et moi avons entrepris une campagne de promotion dynamique et nous avons recruté des élèves vraiment intéressés au contenu du cours.À la CECM, nous étions toutefois moins d'une dizame d'enseignants - dont Robert Martineau - à nous attaquer à ce cours et les outils étaient rares; nous nous passions du matériel, mais la filière de la SPHQ ma encore une fois servi de source d'inspiration.Jai vieilli Les programmes ont été modifiés.J'ai changé d'école, de quartier et de niveau d'enseignement, je suis devenu chef de groupe.Mais Je suis resté allumé par l'innovation pédagogique et j'ai contnué à m'abreuver à la SPHQ.Au cours des années, Jy ai rencontré des gens comme Christian Laville, Luc Guay, Michel Allard, Louise Sauvageau, Huguette Dussault, Micheline Du- mont, et bien d'autres encore, avec lesquels j'ai discuté et auprès desquels j'ai élargi et approfondi mes conrais- sances.Sous la direction de Robert Martineau, le Bulletin de liaison s'est transformé et a été rebaptisé Traces.Peu de temps après, j'ai été invité à me joindre au comité de rédaction.Collaborateur, rédacteur en chef puis, au départ de Martineau, directeur, j'ai dû écrire; et ma réflexion pédagogique s'est approfondie et enrichie.Encore un cadeau de la SPHQ.Un beau matin, on m'a demandé de remplacer le conseiller pédagogique de l'école qui venait d'être promu à la direction.J'ai sauté dans un tran en marche.Acrobatique! Mais quelle merveilleuse aventure j'ai vécue! Quand la Canada's National History Society a lancé le prix d'excellence en enseignement de l'histoire canadienne - qui est devenu le Prix du Gou- vemeur général -, elle sest adressée à la SPHQ pour constituer le jury.Et c'est à moi que la Société a offert de participer à l'aventure.J'ai assumé cette tâche au cours des six premières années.En évaluant les candidatures 18 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 venues de toutes les régions du Canada, j'ai été en contact avec quelques autres prati- clens engagés et audacieux.Ma conception de l'enseignement de l'histoire s'est étoffée.Je ne peux pas songer à l'évolution de la SPHQ sans aborder la problématique concernant la naissance, sur la lancée enrichissante qu'avaient été neuf années de collaboration avec la Société des professeurs de géographie du Québec (SPGQ) et la Société des professeurs d'économie du Québec (SPEQ), d'une association parallèle appelée Association québécoise pour l'enseignement en univers social (AQEUS) qui a contribué à affaiblir le milieu de l'enseignement des sciences humaines.Cet événement s'est produit à la suite dun vote ambigu de l'assemblée générale de la SPHQ sur un projet de fusion des trois associations qui traînait sur la table depuis quelques années et qui avait pris des formes assez différentes avec le temps.J'aimerais expliquer pourquoi je me suis prononcé contre le projet de fusion alors que j'y avais toujours été favorable.Au cours de l'année qui a précédé le vote en question, un comité, mandaté par le congrès, devait étudier les modalités et les mécanismes devant permettre la fusion des trois organismes.Le prin- Tey =\" ENSEIGNER DANS LES ANNÉES 1960 La SPHO, l\u2019enseignement de l\u2019'histoire\u2026 cipe avait déjà été adopté en congrès et nous nous attendions tous à ce que la fusion soit entérinée.Toutefois, plusieurs membres de la SPHQ entretenaient des craintes légitimes à propos de cette opération.Pour respecter ces membres et afin de leur permettre d'apprivoiser l'idée, et comme il n'y avait pas péril en la demeure, je croyais - et je crois encore - qu'il aurait été plus habile de fusionner quelques activités comme la tenue du congrès annuel - ce que nous faisions déjà depuis neuf ans - la publication d'un magazine - j'avais entrepris, comme directeur de Traces, un rapprochement avec Enjeux, la revue de la SPGQ - et de remettre la fondation de la nouvelle association à l'année suivante.Jai malheureusement le sentiment que l'impatience intraitable de certains les a poussés a faire passer leurs désirs irraisonnés avant le bien commun.En effet, dans un compte- rendu préliminaire, le comité de la fusion, qui connaissait très bien l'inquiétude exprimée par plusieurs des membres de la SPHQ et les hypothèses de solutions proposées, affirmait qu'il n'y avait pas lieu d'attendre, que l'idée de se donner des activités communes était impossible - alors que nous le faisions depuis neuf ans -, que des difficultés pouvaient surgir si le congrès était déficitaire, car nous n'avions pas de caution judiciaire, etc.J'ai répondu qu'un contrat qui protégerait tout le monde pouvait être établi et qu'il y a toujours une solution quand on désire en trouver une.On n'a tenu aucun compte des craintes des membres.J'ai eu la nette impression qu'on tentait de me forcer la main et.jai voté contre une fusion à laquelle j'avais travaillé et que j'avais souhaitée.Je persiste à trouver idiot qu'il y ait deux associations et à croire que si on avait été plus attentif aux craintes exprimées, on aurait procédé par étapes et que la division ne se serait pas produite.Vanitas, vanifatum, et omnia vanitas! La SPHQ célèbre son 50° anniversaire.Au cours de ce demi-siècle, elle m'a beaucoup apporté : des connaissances, du soutien, des rencontres, des amitiés.Je suis heureux d'avoir contribué à son développement et à son maintien et je lui souhaite d'autres jours ensoleillés.AK ès ses débuts dans l\u2019enseignement, Jean-Claude Richard s\u2019est intéressé aux mécanismes de l'apprentissage et aux diverses méthodes mises de l\u2019avant pour les activer de façon effi- cace dans la transmission des savoirs.Il a suivi de près les mouvements nés de la pédagogie expérimentale, de la pédagogie altemative et de l\u2019école nouvelle et il n\u2019a jamais hésité à sortir des sentiers battus pour tenter des expériences dans sa classe.Enseignant d\u2019histoire, il a été très tôt convaincu de la nécessité de faire réfléchir les élèves à partir de sources premières.Il a été membre actif du groupe de travail de Roger Saucier voué à l\u2019histoire locale ; il a également travaillé de très près avec Robert Martineau.Ses champs d\u2019intérêt actuels demeurent les mécanismes de l\u2019apprentissage, la didactique de l\u2019histoire et l\u2019éducation à la citoyenneté.I] porte un intérêt particulier à la perception et à la représentation du temps chez les élèves, Il est chargé de cours à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières, l\u2019a été à l\u2019Université du Québec à Montréal et au Centre universitaire des Basses-Laurentides (Université Laval).Il a aussi été directeur de la revue Traces pendant une bonne quinzaine d'années, ce qui n\u2019est pas peu dire.Des 264 articles de la revue qui ont été numérisés et déposés sur notre site web, 34 sont signés par Jean-Claude Richard, et se répartissent entre 1987 et 2009.II a de plus été membre du C.A.de la SPHQ.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 19 Rs pc RRC \u201cHl sa vit i ied teats ti Hl phish Ri {hah Eo Gt hte iia CO ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE UN PROBLÈME DE COMMUNICATION OU DE PERCEPTION?CONFUSIONS MULTIPLES AUTOUR DE L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE MICHELINE DUMONT, DIDACTICIENNE* orsque les programmes scolaires de la réforme Parent se sont mis en place, en 1968, l\u2019enseignement de l\u2019«Histoire du Canada», qui avait figuré presque à chaque année du cursus scolaire à partir de la quatrième année, et cela durant plus de trois générations, est devenu optionnel au secondaire.On oublie toutefois que malgré ce fait, les cohortes d\u2019élèves qui étudiaient l\u2019histoire étaient désormais beaucoup plus nombreuses puisque la persévérance scolaire était dramatiquement faible avant la loi de l\u2019obligation scolaire en 1943 et les années 1960.(L'enseignement de l\u2019histoire a également disparu du primaire, mais c\u2019est une autre histoire que je ne veux pas aborder ici.) En effet, les «sciences humaines» formaient un bloc, et les élèves devaient choisir au moins un cours de «sciences humaines» à chaque cycle du secondaire.La gestion des options causait de graves problèmes de logistique et plusieurs directeurs d\u2019école ont dirigé les choix.Dans l\u2019exercice, l\u2019enseignement de l\u2019histoire a été très souvent négligé au profit de la géographie.C\u2019est le responsable de l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Mmnis- tere de l\u2019Éducation, Bruno Deshaies, qui a révélé en 1974, que le nombre d\u2019élèves baissait régulièrement à l\u2019examen du Ministère.Plusieurs groupes se sont alarmés et, dans une action commune sans précédent, la SPHQ et l\u2019IHAF ont organisé une séance conjointe et ont pris la décision de saisir l\u2019Assemblée nationale de cette réalité.A l\u2019unanimité, les députés ont voté pour le caractère obligatoire de l\u2019enseignement de l\u2019histoire nationale, au secondaire, et en effet cela s\u2019est réalisé dans les années suivantes.Plusieurs séries de manuels ont été lancés sur le marché.On enseigne donc l\u2019histoire dans les écoles secondaires depuis plus de trente ans, après une brève parenthèse de dix années où cet enseignement a été optionnel.La réussite de l\u2019examen d\u2019Histoire du Québec et du Canada est obligatoire pour l\u2019obtention du diplôme d\u2019études secondaires.Et pourtant, on contmue de dire un peu partout qu\u2019on n\u2019étudie plus l\u2019histoire à l\u2019école.À mon avis, les associations de professeurs d\u2019histoire ont manqué à leur devoir de communication en ne disant pas publiquement, haut et fort, que l\u2019histoire figure au programme des écoles secondaires et que son 20 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 enseignement est obligatoire.Pourquoi, dans ces conditions, continue-t-on de penser que les jeunes n\u2019étudient pas leur histoire?C\u2019est qu\u2019on confond manifestement l\u2019apprentissage de l\u2019histoire avec la connaissance de l\u2019histoire.C\u2019est aussi que l\u2019on se méprend passablement sur ce que signifient ces mots : connaissance de l\u2019histoire.Les élèves du secondaire étudient l\u2019histoire mais ils l\u2019oublient, comme ils oublient d\u2019ailleurs la plupart des autres «matières» qu\u2019ils étudient.Personne ne s'en formalise.On fait exception semble-t-il pour l'histoire.Ils l\u2019oublient parce qu\u2019il n\u2019existe aucun terreau dans lequel les informations peuvent prendre racine (qui aurait été construit au primaire).Ils l\u2019oublient parce qu \u2019elle n\u2019est pas reprise au cégep, sauf pour un maigre 15% de la clientèle.Or, pour la majorité des gens, su at qi = = savoir son histoire c\u2019est reconnaître les noms de personnages historiques qui désignent la topographie urbaine ou qui figurent dans les discours des politiciens et les articles des jouralistes.Régulièrement, on procède à des sondages qui mesurent les soi-disant connaissances historiques des étudiants universitaires ou du grand public.L\u2019instrument de mesure est toujours le fameux questionnaire à choix multiple pour identifier des personnages ou des événements.Comme les personnes interrogées ignorent le plus souvent la réponse, ils cochent au hasard; les résultats sont catastrophiques et les joura- listes font des gorges chaudes des réponses obtenues: René Simard a été le Premier ministre du Québec, et tutti quanti.On oublie cette vérité élémentaire : les mauvaises réponses sont issues du questionnaire lui-même.Pour être intégrées, les connaissances doivent s'enraciner dans un substrat intellectuel dans lequel on continue de piocher.Les politiciens, les journalistes politiques, savent leur histoire (du moins ils le prétendent, mais je serais bien curieuse de le vérifier!) et ils se trompent s'ils croient que cela est dû à ce qu'ils ont appris à l'école.Ils savent leur histoire parce qu'ils n'ont jamais cessé de se ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE Un probleme de communication.documenter sur la question, parce qu\u2019ils reprennent sans cesse les informations; parce qu'ils lisent des livres d'histoire, et que, pour eux, les connaissances apprises au secondaire ont pu prendre racine.Les gens ne savent pas leur histoire en fonction de ce que savaient leurs professeurs mais en fonction des manipulations intellectuelles qu'ils ont faites au cours des années.Un professeur ultra savant ne servira à rien si ses élèves ne sont pas dans la situation d'intégrer les connaissances.Il y a plus.Qu\u2019est-ce que savoir son histoire?Nationalistes, politiciens, didacti- ciens, historiens ne s\u2019entendent pas.Au Canada anglais, c\u2019est la même lamentation : Who Killed Canadian histo- rv?se demandait Jack Gra- natstein en 1998, accusant les Ministères de l\u2019Education des dix provinces et tous les historiens universitaires qui font des recherches en histoire sociale.Car pour lui et ses pareils, l\u2019étude de l\u2019histoire doit servir des intérêts nationaux.(Quel est le sujet de l\u2019histoire canadienne?La querelle est ouverte depuis le début du XX siecle).C\u2019est un débat tellement ancien dans n'importe quel pays.Il a fleur après la Première Guerre mondiale, dans tous les pays européens et sur la scène intemationale et no- TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 21 tamment à la Société des Nations.Des milliers de thèses ont examiné le caractère idéologique de l\u2019enseignement de l\u2019histoire dans tous les pays.Depuis l\u2019éclatement du sujet de l\u2019histoire (entre les pays, les groupes sociaux, les sexes, les races, etc.), la tâche est devenue impossible.Il se trouvera toujours, quelque part, un groupe qui se sentira lésé dans la présentation de quelque histoire nationale que ce soit.Au Québec, des comités pour la défense de l\u2019histoire nationale sont aux créneaux dans ce débat.Ils questionnent la formation des futurs enseignants et enseignantes; ils critiquent la recherche universitaire qui se complait un peu trop dans l\u2019histoire sociale et délaisse l\u2019histoire politique; ils déplorent les nouveaux programmes dits «constructivistes»; ils protestent contre la domination des sciences de l\u2019éducation.Ce faisant, ils tombent dans le vieux travers de l\u2019enseignement de l\u2019histoire : ils visent autre chose que la connaissance de l\u2019histoire.Les didac- ticiens ont beaucoup réfléchi sur cette question: les apprentissages sont dus à ce que les élèves font et non pas à ce que les élèves entendent.Ils estiment aussi que le développement de l\u2019esprit critique est préférable à la mémorisation mécanique de dates ou vi ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE Un problème de communication.de noms.C'est pourquoi ils ont construit leur pédagogie sur le développement des différents degrés des objectifs cognitifs de l\u2019apprentissage : connaissance, compréhension, application, analyse, synthèse, évaluation.Mais cette forme d'apprentissage ne saurait être évaluée par un questionnaire à choix multiples qui, d'habrtude, ne mesure que la connaissance et la compréhension.Voulant mesurer l'analyse et la synthèse, les faiseurs d'examen en sont venus à proposer un contenu de plus en plus long pour les examens, v.g.un document, ou une caite, ou un graphique, etc.sur lequel ils posent des questions.Les élèves, eux, (n'oublions pas qu'ils ont 15 ou 16 ans) apprennent rapidement qu'il est inutile de retenir les connaissances historiques puisque le libellé de l\u2019examen propose les connaissances.De là, ces examens qui couvrent des dizaines de pages et que beaucoup trop d'étudiants réussissent à 100%, parce que la normalisation donne ce score à ceux et celles qui sont «bons en histoire».Comme 85% des élèves ne choisront PAS l\u2019histoire au cegep, ces connaissances seront vite oubliées comme la trgonométre, la chimie, etc.Ça fait 25 ans que je déplore qu'on at décidé en 1968 de NE PAS enseigner l'histoire au collège.Les universités anglo-saxonnes sont plus sages: elles ne lancent pas tous leurs étudiants dans des profils spécialisés et imposent à tous un profil de formation générale (philo, littérature, histoire, etc.) durant2 ans.Jai déjà émis l'opinion que les bons profs d'histoire sont d'anciens cancres en histoire, parce qu'ils sont davantage en mesure de comprendre les manques d'intérêt et les difficultés de leurs élèves.Les élèves étudient l\u2019histoire.Mais ils ne la savent plus au bout de quelques années.Et de toute manière, ils préfèrent les iPod, le hockey, les humoristes et les niaiseries.Note ! Micheline Dumont est au- Jourd\u2019hui professeure éménte et spécialiste de l\u2019histoire des femmes à l\u2019Université de Sherbrooke.Elle a reçu un prix de la Société Royale du Canada, le Prix pour l\u2019étude du genre, qui souligne une contribution importante à la compréhension des questions liées à la différence sexuelle.En 1979, elle avait écrit L'Histoire apprivoisée, en réimpression chez Boréal, où elle proposait au problème de l\u2019enseignement de l\u2019histoire des solutions concrètes qui respectaient à la fois les capacités intellectuelles des élèves, les exigences de la méthode historique et la nécessité d\u2019ouvrir sur le présent.kkk Prix Idola St-Jean : L\u2019historienne Micheline Dumont honorée Q uébec, 27 mai 2012 \u2014 La Fédération des femmes du Québec (FFQ) a la grande fierté d\u2019annoncer le nom de la récipiendaire du prix Idola St-Jean 2012.L\u2019hommage revient à la très réputée historienne Micheline Dumont.La FFQ salue l\u2019œuvre de pionnière de Mme Dumont ainsi que son inestimable contribution à l\u2019histoire des femmes au Québec depuis plus de quarante ans.« Micheline Dumont est une géante de l\u2019histoire.Nous sommes ravies de lui offrir cette reconnaissance bien méritée », déclare la présidente de la FFQ, Alexa Conradi.Micheline Dumont devint professeur en didactique de l\u2019histoire à l\u2019Université de Sherbrooke en 1970.Sa contribution fut requise par la Commission royale d\u2019enquête sur la situation de la femme au Canada en 1971.Elle a publié De /\u2019histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Le féminisme québécois raconté à Camille et L'anthologie de la pensée féministe au Québec (en collaboration avec Louise Toupin).(Adapté du site web de la FFQ) 22 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 | SELS 0 C0 2 SEE EF 55 re ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE HOMO SAPIENS ET HOMO NUMERICUS À LA MÊME ÉCOLE B28 AT 82 = 7m BEE sk = \u2014 LUC GUAY PH.D., DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE PROFESSEUR RETRAITÉ DE L'UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE LUC.GUAY@USHERBROOKE.CA | y a quatre siècles, Comenius (1632), décrivait ainsi les écoles de son temps : « des chambres de torture pour l\u2019intelligence d\u2019où ne sortaient que des âmes sauvages, des mulets sans frein et dissolus.».Il n\u2019en fallait pas plus pour qu\u2019il se penche sur la question afin de rendre l\u2019école plus invitante pour les élèves qui la fréquentaient : il souhaitait entre autres utiliser la force d\u2019attraction des illustrations en les intégrant dans les manuels imprimés afin de motiver les élèves à apprendre.Il souhaitait aussi les rendre plus actifs dans leurs apprentissages.Pendant les années 1990, des chercheurs américains (Downey et Levstick, 1992) que québécois (Martineau, 1997), ont publié des études qui montraient que l\u2019histoire était la discipline jugée la moins intéressante par les élèves! J\u2019ai montré que l\u2019histoire était aussi la discipline ou les élèves avaient les moins bons résultats (Guay, 2002).Parmi les hypothèses retenues par ces chercheurs pour en comprendre les raisons, les outils didactiques l\u2019Intemet dans toutes les sphères d\u2019activité de notre société?Sommes-nous préparés et prêts à assumer ces changements?Pas facile pour Homo Sapiens de s\u2019adapter aux outils d\u2019Homo Numen- cus! Et aujourd\u2019hui?Le réseau de l'Internet a tellement secoué nos façons de communiquer et de s\u2019approprier les informations, les appareils mobiles se sont tellement insérés dans nos vies, que nous avons développé âgés de 12 à 24 ans (CEFRIO, 2009).Des études montrent que la façon de s\u2019approprier les savoirs a changé (Lévesque, 2011, Guay, 2010, 2007, 2002).Mais tous ces changements ne sont pas nouveaux en soi : que d\u2019inventions Homo Sa- piens n\u2019a-til pas conçues pour améliorer sa qualité de vie?Imagmons les pas de géant qui ont été accomplis depuis l\u2019invention de l\u2019impn- merie, puis de l\u2019ajout des illustrations aux caractères ainsi que les démarches peda- mn rapport aux savoirs diffé- imprimés, faisant miroiter au gogiques utilisés par les ense- rent de ce qu\u2019il était il y a tout didacticien Comenius des gnants qui « ennuyaient » les juste une vingtaine d\u2019années : possibilités plus grandes pour élèves ont été ciblés: les manuels scolaires et les dé marches axées sur la mémo- nous sommes devenus ce que Prensky appelait, des « Digital Immigrants » par aider les élèves de son époque à apprendre avec plus defficacité.Aujour- risation de savoirs déjà cons- rapport aux « Digital Natives» d'hui, dans les environne- ruts.que sont les élèves daujour- METS pédagogiques mfor- Si Comenius avait vécu au d'hui(Prensky, 2001).matisés, nous pouvons XXI siècle, quels outils au- Les « Natifs Numériques » compter non seulement sur raît-il privilégiés étant donné que nous appelons affectueuse- des textes et des illustrations que les élèves ont développé ment, « Homo Numericus », Présentés de façon très nette, un rapport au savoir différent sont nés durant la « révolution AUS Aussi sur des séquences de leurs prédécesseurs depuis intemet ».et sont aujourd\u2019hui audio et vidéo qui enrichis- la généralisation du réseau de \u2019 sent encore plus les dé TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 23 Luc Guay jn i MH dire ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE Homo sapiens et homo numericus.marches pédagogiques.Ajoutons à cela, le caractère interactif de ces nouveaux outils tant au niveau de la traque des informations que de leur traitement, ainsi que de la communication des connaissances nouvelles construites, et nous voilà transportés dans un univers fort différent de ce qu\u2019ont connu les générations précédentes.Toutefois, il faut considérer les deux principaux défis qui nous guettent, celui de l\u2019adaptation de ces nouvelles cohortes d\u2019élèves à l\u2019école et celui de l\u2019adaptation des enseignants nés avant la révolution « Net » avec ces nouvelles cohortes d\u2019élèves : qui doit s\u2019adapter à qui?L\u2019acte d'enseigner ne consiste-til pas à aider l\u2019Autre à apprendre?Ces enfants et ces élèves nés après la révolution « Net » comptent aujourd\u2019hui pour 27% de la population du Québec (CEFRIO, 2009, MFA, 2011), soit près de 2,5 millions de personnes.Des études montrent qu\u2019ils passent 22 heures par semaine sur Internet, qu\u2019ils y font leurs recherches, délaissant les ouvrages imprimés, délaissant la télévision pour s\u2019informer ou se divertir, téléchargeant leur musique plutôt que de se l\u2019approprier sur des supports physiques.Devant ces constats, est-ce que l\u2019école d\u2019Homo Sapiens est encore invitante pour Homo Numericus?Comment apprend-on dans les classes d\u2019Homo Sapiens?Sans vouloir généraliser, nous pouvons convenir avec Bissonnette et d\u2019autres chercheurs (2008, Spallanzani et al, 2007, Downey et Levs- tick, 1992 et Martineau, 1997), que les outils et pratiques pédagogiques utilisés par les enseignants toument encore, comme il y a quatre siècles, autour des manuels scolaires, des présentations magistrales effectuées par les enseignants, des exercices effectués par les apprenants dans des cahiers d\u2019activités, la correction de ces exercices et des examens par les ensel- gnants afin d\u2019évaluer la « performance » des élèves qui leur sont confiés.Comment pourrait-il en être autrement me direz-vous?Il est vrai que les manuels scolaires imprimés occupent une grande place dans nos pratiques pédagogiques, car plus de 40 millions de dollars sont investis annuellement par le gouvemement du Québec pour l\u2019achat de manuels scolaires, et autant, simon plus dans l\u2019achat de cahiers d\u2019activités par les parents des élèves.Cette formule favorise des activités où tout est prévu par les enseignants et ce, selon une organisation linéaire et séquentielle d\u2019ap- 24 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 prentissage.Et si Perrenoud ne s\u2019explique pas pourquoi les démarches dites transmis- sives occupent une place si importante à l\u2019école (Perrenoud, 1996, p.23), nous pouvons établir qu\u2019elle correspond a ce qui se pratiquait à l\u2019époque de Comenius au.siècle ! Bien entendu, nos écoles du XXI siècle ne sont plus de tels lieux de torture pour l\u2019intelligence! Nos écoles s\u2019équipent non seulement d\u2019ordinateurs, le ratio est passé de 1 ordinateur pour 125 élèves en 1982 à celui d\u2019un pour quatre élèves en 2011 (MELS, 2011); plusieurs classes se sont équipées de tableau blanc interactif (les fameux TBI).Mais au- delà des outils, encore faut-il les utiliser en classe! Des études menées aux USA et au Québec montrent qu\u2019à peine 21% des enseignants utilisent ces nouveaux outils de façon régulière! Il y a donc résistance de la part du personnel enseignant à intégrer les TIC en support à l\u2019apprentissage et à l\u2019enseignement.En plus de s'adapter à de nouveaux effectifs scolaires et à de nouveaux outils, les enseignants doivent aussi s\u2019adapter à de nouvelles pratiques pédagogiques comme celles proposées par le MELS depuis 2005 au secondaire : ce passage du paradigme de l\u2019enseignement à celui de l\u2019apprentissage cons- by fh AR 5e 5 Eau BOS BE ee A rns Be TP LT CO Re titue le fer de lance du Renouveau pédagogique au Québec depuis une décennie, ce qui ne fait pas que des heureux, comme le rapportent régulièrement les journaux.Mais il s\u2019en trouve chez les enseignants qui ont profité de ce Renouveau Pédagogique pour modifier leurs approches pédagogiques en ce sens et en recourant à l\u2019utilisation des TIC pour intervenir en classe, et ce, de façon efficace comme le montrent plusieurs expériences.Des exemples d\u2019environnements pédagogiques informatisés Vous connaissez peut-être l\u2019Ecole secondaire Les Com- pagnons-de-Cartier de Québec qui a entrepris, depuis 1997, un virage technologique et pédagogique important en outillant les élèves afin qu\u2019ils puissent acquérir des connaissances factuelles et développer des compétences intellectuelles susceptibles de les aider à devenir des citoyens autonomes, responsables et critiques (Francoeur, 2010).Il y a !S ans, j'ai conçu et réalisé avec la collaboration d\u2019une dizaine d\u2019étudiants du BES un manuel électronique d\u2019histoire générale qui proposait une démarche où les élèves étaient actifs tant pour traquer des informations que pour les traiter, ainsi que pour ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE Homo sapiens et homo numericus.partager les connaissances nouvellement construites.Ce manuel nouveau genre a été mis à l\u2019essai dans des classes régulières et de cheminement particulier, dans des écoles publiques et privées, et vous savez quoi?Les élèves ont appris et ont bien aimé apprendre avec de tels outils qui, vous vous en doutez, n\u2019étaient pas très, très performants à l\u2019époque ! (Guay, 2002).Au cours de ma carrière, tant dans les écoles secondaires qu\u2019à l\u2019Université de Sherbrooke, jai vu comment les écoles changent et comment les profs s\u2019approprient les technologies que la société met à leur disposition.Les facultés d\u2019éducation mettent en place des activités d\u2019intégration des TIC en support à l\u2019apprentissage et à l\u2019enseignement, des programmes de formation de 2° cycle sont offerts entièrement en ligne afin d\u2019accommoder les profs qui doivent bien souvent concilier travail-études-famille, les outillant à se familiariser avec les outils TIC ainsi qu\u2019avec les démarches d\u2019apprentissage contemporaines.C\u2019est pourquoi j'ai pu écrire, suite à toutes ces expérimentations, que les TIC peuvent transformer nos pratiques enseignantes (Guay, 2007).Conclusion Je ne cesse de m'émerveiller devant toutes ces inventions TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 25 que furent l\u2019écriture, l\u2019impri- mere, la photographie, le cinéma, l\u2019ordinateur et les différents types de projecteurs qui ont permis à Homo Sapiens d\u2019apprendre et d\u2019enseigner de fagon de plus en plus efficace à travers l\u2019Histoire.Et ce n\u2019est pas fini! Que d\u2019inventions Homo Sapiens ou \u2026 Homo Numericus sera-t-il capable de mettre au point dans une décennie, un siècle! C\u2019est Comenius qui doit ss mor fondre dans sa tombe ! 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et continuera vraisemblablement de contribuer - à l\u2019épanouissement de l\u2019enseignement-apprentissage de l\u2019histoire.La SPHQ offre en effet non seulement des lieux de rencontre, comme son Bulletin et ses congrès, entre chercheurs en didactique de l\u2019histoire et enseignants d\u2019histoire qui expriment leurs besoins de formation continue, mais également entre enseignants qui développent ou évaluent des outils de réflexion et des pratiques éprouvées ou neuves, Les congrès et Traces participent aussi, à leur mesure, à la dissémination des recherches récentes en didactique, lesquelles, synthétisées et accompagnées de pratiques professionnelles contextualisées, peuvent servir à questionner la pratique et à informer le jugement ou l\u2019expérience.Ce forum est une richesse importante, car, on le sait, l\u2019étiolement de la formation continue et du perfectionnement institutionnalisés nuit aux enseignants qui veulent partager, développer et réactualiser leur compréhension des programmes ou leurs savoirs dans un domaine dis- ciplimaire - dont certaines pra tiques de référence, comme c\u2019est le cas en histoire, demeurent stables, tandis que d\u2019autres se transforment - ou de réfléchir sur leurs pratiques et d\u2019en développer de nouvelles, si nécessaire.Pis encore, ils disposent de trop peu de temps, de marge de manœuvre et de moyens pour se consacrer à leur développement professionnel collectif aussi bien qu\u2019ils le pourraient, en d\u2019autres circonstances, et, surtout, aussi bien qu\u2019ils le voudraient et en ressentent le besom.La dégradation des conditions de travail est une tendance trop lourde dans le monde pour s\u2019imaginer que cette situation changera toute seule.La recherche en didactique montre d\u2019ailleurs l\u2019importance d\u2019avoir de tels instruments de formation contmue pour adopter une démarche réflexive et questionner sa pratique (Clerc et Martin, 2012, p.16), ce qui est encore plus vrai dans un contexte où, selon Guay et Jutras (2004), plusieurs enseignants supportent mal \u2014 et pour cause ! \u2014 d\u2019avoir eu trop peu l\u2019occasion de réfléchir posément et en profondeur aux bases idéologiques et théoriques ou aux motifs et finalités sociaux et politiques ayant mené à l\u2019intégration de l\u2019éducation à la citoyenneté à l\u2019enseignement de l\u2019histoire, voire de ne pas avoir exercé une Influence sensible sur des décisions qui les touchent pourtant directement, au quotidien.À ce propos, l\u2019un des obstacles auxquels, à notre avis, se butent certains enseignants ou étudiants qui se penchent sur ce problème consiste à se représenter le concept d\u2019univers social comme un dérivatif à la réflexion politique sur David Lefrançois Marc-André Éthier TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 27 + 104 yh Sin il Rl ah HA { ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE Analyse des discours.Ja nation, alors que le social ne se résume pas à de la sociabilité pacifique, mais inclue aussi les rapports de pouvoir de nature politique, économique, culturelle, etc.des positions et intérêts sociaux irréconciliables, etc, y compris ceux qui concement la nation et le national.La revue Traces et les congrès annuels de la SPHQ permettent aussi aux lecteurs et participants d\u2019apprécier la diversité des positions idéologiques et politiques sur les moyens et fins de l\u2019enseignement de l\u2019histoire.C\u2019est sur ce deuxième aspect que nous insisterons maintenant.Le 47 congrès de la SPHQ de 2009, notamment lors d\u2019une table ronde portant sur la « Conquête, l'histoire nationale et le nouveau curriculum d\u2019histoire et éducation à la citoyenneté », illustre la vitalité du débat sur la nature de l\u2019histoire nationale et les fina- Iités de son enseignement, ayant cours depuis 2006.On sait que plusieurs journalistes, politiciens, historiens et enseignants d\u2019histoire, notamment parmi les membres du conseil d\u2019administration (C.A.) de la SPHQ, ont vu, dans le nouveau cours d\u2019histoire, un projet de programme « dénationalisé » visant l\u2019endoctrnement au service d\u2019un vivre-ensemble pourvu d\u2019une identité nationale multiculturelle canadienne, voire antiquébécoise.Bien que nous récusions cette interprétation et qu\u2019elle était portée (et est encore portée) par un courant majoritaire dans la SPHQ qui, notamment en 2007-2008, exerçait un quasi-monopole de facto sur ses instances et organes, nous pouvons témoigner que Jamais notre liberté d\u2019expression n\u2019a été brimée.Au contraire ! La SPHQ n\u2019est pas une association professionnelle frileuse tentant de neutraliser les tensions et de censurer les débats entre les différents groupes (historiens, didacticiens, enseignants, etc.) qui la composent et qui ne forment pas non plus eux- mêmes des blocs monolithiques.Ainsi, à l\u2019occasion de la table ronde susmentionnée et dans les pages de Traces, nous avons justement pu offrir une lecture du programme différente de celle à laquelle souscrivaient notamment les membres du C.A.Nous avons pu soutenir que l\u2019enseignement de l\u2019histoire est axé depuis longtemps sur la formation à la citoyenneté, et non pas seulement depuis la réforme de 2001-2006, malgré les assertions de ses contempteurs, et que le type de reproduction sociale à l\u2019œuvre dans le programme actuel s\u2019accorde avec le nationalisme civique québécois, conduisant les élèves à s\u2019identi- 28 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 fier à un territoire, aux institutions publiques provinciales et aux valeurs démocratiques qu\u2019elles sont réputées incarner, un type de reproduction sociale que, par ailleurs, nous récusons comme nous en repoussons d\u2019autres.(A notre avis, aucune idéologie \u2014 ce que Lukâcs (1923) appelait la fausse conscience \u2014 ne doit Être sciemment transmise aux élèves ; il ne faut pas aliéner, mais conscientiser au sens freirien et développer des attitudes appropriées, comme la curiosité et l\u2019honnêteté intellectuelles, la volonté, etc.).Nous avons aussi eu, en maintes occasions, le loisir de rappeler que le cours de sciences sociales de quatre ans au primaire, centré sur l\u2019histoire du Québec et du Canada, et le cours d\u2019histoire nationale de deux ans, au deuxième cycle du secondaire, laissent une (trop) grande place à tous les personnages de l\u2019historiographie clérico-nationaliste cana- dienne-française.Il ne s\u2019agit donc pas ici de défendre les thèses que nous avons alors soutenues.Ce serait futile : elles se trouvent en toutes lettres dans quelques articles de Traces.Nous mettons provisoirement entre parenthèses les débats sur la nature de l\u2019enseignement de l\u2019histoire nationale et sur son curriculum ; nous insistons plutôt ici sur fi is j I eT ws ET oF des dimensions prospectives pour la SPHQ, sur le rôle qu\u2019elle peut jouer dans l\u2019amélioraton des programmes d\u2019histoire et le re- nouvèlement des pratiques d\u2019enseignement.Pour aider les élèves à comprendre et transformer collectivement le monde dans lequel ils vivent, afin de le rendre plus juste, pour qu\u2019ils continuent de défendre avec détermination et lucidité les droits et libertés comme nous croyons qu\u2019ils voudront et devront le faire, les programmes d'histoire doivent leur permettre d\u2019enquêter sur les racines, la substance et les résultantes des luttes et débats sociaux, politiques et économiques qui ont marqué, marquent et marqueront la société québécoise et le monde.Pour ce faire, nous croyons que les programmes devraient accorder une place accrue à l\u2019étude du discours de la nation à travers l\u2019histoire.En disant cela, nous ne rallions pas le convoi des im- probateurs de la dénationalisation (imaginaire) des programmes d\u2019histoire ou de son caractère postmodeme.Nous croyons même que la déconstruction des discours sur un concept comme la nation (les idéologies nationalistes au premier chef) augmente la valeur pédagogique du concept à l\u2019étude, car elle ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE permet aux élèves de mener une enquête qui mobilise des savoirs valides, consistant, durables et liés aux attitudes, connaissances, euristiques et habiletés pouvant être associées, entre autres, à l\u2019histoire : problématiser, analyser, synthétiser, critiquer et débattre de façon autonome et disciplinée \u2014 ce qui a été, nous l\u2019avouons, notre mantra dans les pages de cette revue depuis l\u2019an 2000.En effet, pour reprendre Wal- zer (1994), bien que le caractère national soit manifestement un mythe en tant que cadre consistant et durable, les nations n\u2019en sont pas moins une donnée vitale dans l\u2019histoire de la modernité occidentale.Elles forgent, pour plusieurs, des horizons de sens, de choix significatifs.Comme le phénomène reli- gleux, le phénomène national est un incontoumable : bien des gens l\u2019aiment ou la haïssent, sa définition peut être dense ou mince, ethnique ou juridicopolitique, etc.Il faudrait donc que les programmes d\u2019histoire fassent comme ceux d\u2019Éthique et culture religieuse (ÉCR), en offrant un enseignement « culturel » et non « pastoral » du nationalisme, par l\u2019ancrage des comportements collectifs dans l\u2019histoire de leurs contextes sociopolitiques.Cette perspective n\u2019est pas nouvelle et d\u2019autres ont soutenu que le TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 29 Analyse des discours.nationalisme dans les programmes n\u2019implique pas forcément une forme d\u2019éducation nationaliste, au contraire (Barton & McCully, 2010 ; Thomton & Barton, 2010) ; le nationalisme a l\u2019école « devrait être désigné et expliqué aux jeunes comme phénomène historique, politique et social » (Cormier et McDonough, 2012).La SPHQ devrait militer pour un enseignement non nationaliste du nationalisme (à la Anderson ou Hobsbawm, par exemple).Dans un tel enseignement, les élèves apprendraient à identifier, analyser et expliquer les facteurs sociaux de l\u2019appanttion et de la variation de la nation, les discours publics contrastés qu\u2019elle a suscités, y compris des discours mémorieels actuels \u2014 québécois (Bouchard), canadien- français (Courtois) ou canadien (Létoumeau), par exemple\u2014, et les conséquences culturelles, économiques, sociales et politiques actuelles des discriminations passées sur ceux qui en souffrent et ceux qui en profitent.Ils pourraient également induire ou tester des modèles théoriques ou encore classer et comparer des cas selon certains paramètres, tels le lieu, l\u2019époque, le statut (dominant ou dominé), le développement des relations sociales ou la modalité identi- taire assignee (religieuse, lin- nee I ii Hin Hii toit ed tata ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE Analyse des discours.guistique, phénotypique, ter- ter à des obstacles et leur four- rieures de la société de si ritoriale, etc.).nir les maténaux (explications classes ?i Demander cela peut, d\u2019une de contenu et de techniques, = Qui empochait le fruit des h certaine manière, apparaître Consignes, documents, règles exactions des compagnies | i comme une sorte de désaveu de travail, rappel à l\u2019ordre, minières et des banques ë infligé à l\u2019approche chrono- etc.) pour surmonter ceux-ci, canadiennes à l\u2019étranger a logique et comme un plai- notamment en modélisant et ou dans les territoires spo- a doyer en faveur d\u2019une ap- \u20acn faisant pratiquer (seuls ou liés aux Amérindiens, ie proche thématique ambi- en équipe) la problématisa- ainsi que la différence de ok tieuse.Or, ce n\u2019est pas uni- tion, I'enquéte et la concep- salaires entre les travail- in quement cela : il s\u2019agit sur- tualisation.leurs immigrés ou franco- Ka tout de tenir un pari auda- La lecture de Barnes (2010) phones et les autres ?Qui I cieux, le pari que les ensei- inspire à cet effet des pistes utilisait les préjugés identi- TH gnants, malgré leurs condi- pouvant conduire à se poser taires (chauvins ou sexistes) i tions de travail mappropriées, des questions comme les pour diviser et régner ?Qui di trouveront des problèmes suivantes: invoquait les salaires infé- di authentiques, signifiants et \u2014 Comment concilier, par rieurs ayant cours dans wi adaptés à leurs élèves, ainsi exemple, le rôle joué par d\u2019autres pays pour souti- ay que des documents pertinents la nation tant dans les rer des concessions sala- dû et en variété suffisante, à par- guerres, l\u2019impénalisme ou riales ?Qui avait intérêt à Per tir desquels les adolescents le fascisme que dans les lutter contre toute oppres- 5 pourront exercer les tech- mouvements de libération sion nationale et pour la Px niques visées et abstraire des nationale qui ont soulevé solidarité et la dignité hu- fi concepts et généralisations l\u2019Afrique, I'Asie et les maine?a valides.Plusieurs recherches Caraïbes après 1945 ?= Comment comprendre I montrent que les élèves, _, Comment interpréter la l\u2019usage du concept de i même en bas âge, ont le po- contribution \u2014 hors de nation dans le discours (i tentiel intellectuel pour ma- proportion avec leur dé- d\u2019un R.Nelson, d\u2019un É.nier des outils sémiotiques et mographie \u2014 des travail- Chartier, d\u2019une É.Circé- N mentaux ; de ct ordre leurs qui sont noirs dans Côté ou d\u2019un P.Vallières i (pénodisation et échelle tempo- les grandes luttes poli et dans celui d\u2019un J.-J.ny relle ; abstraction, conceptuali- tiques et sociales menées Lartigue, d\u2019un J-L.Mi og sation, généralisation ; repé- aux États-Unis, de la gué ou d\u2019un M.Bock- ln rage, dépouillement, critique et guerre civile à aujour- Côté, voire d\u2019un J.-P.Tar- a interprétation de sources), si les d\u2019hui ?divel ou d\u2019un E.Minville, i enseignants agissent comme 51° sans analyser les \\ STE - Greil mele | caces (Cooper et Capita, l\u2019action du système social II ne s\u2019agirait donc pas de ta 2004 ; Grant, 2001 ; Ponte- @t économique mondial sacrifier à la mode de lher- i corvo et Grrardet, 1993 ; perpétuaient-ils des formes méneutique ou de la biogra- Re VanSledright, 2002 ; Wertsch, d\u2019oppression et d\u2019exploi- phie intellectuelle, mais de n 2011).tation héritées de modes Ménager une place de choix Tg Pour aider les élèves à se dé- de production qui domi- à l\u2019analyse socioéconomique à velopper, il faut les confron- naient les périodes anté- \u20ac sociopolitique des tenants à 30 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 et aboutissants des débats sur la nation (en particulier ceux qui invoquent l\u2019histoire, qu\u2019ils soient ou non le fait d\u2019historiens), des conditions d\u2019énonciation, des différences dans les discours et les faits des acteurs individuels et collectifs, des témoins, des commentateurs, etc.Il n\u2019y a pas plus de démarche scientifique applicable mécaniquement à tous les cas qu\u2019il n\u2019y a de vérité morale inconditionnée, de conduite transcenden- talement bonne, de source en soi ou de périodisation universelle : la justesse des unes et des autres dépend de leur pertinence et de leur robustesse par rapport la question posée et au but recherché (Trotski, 1973, p.15).Mais il faut d\u2019abord que les élèves se posent réellement des questions.Conclusion : choisir la fin avant les moyens Pour ce faire, bien entendu, le cours d\u2019histoire requiert une rigueur scientifique, laquelle exige à son tour de la part de l'enseignant de ne pas imposer aux élèves une vision so- ciopolitique, mais plutôt de les aider à s\u2019intéresser plus profondément au monde, à transformer leurs représentations (portant sur la nation, par exemple) relevant du sens commun en concepts (le nationalisme, par exemple) raisonnés et soumis à la validation de la discipline a la- ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE quelle ils se rattachent.L\u2019histoire est-elle la seule voie pour conduire les élèves à collecter et traiter toute l\u2019information pertinente, afin de résoudre des problèmes de nature historique, géographique ou politique, de comparer les institutions politiques ou encore de prendre position de façon éclairée dans un débat dans lequel seuls comptent les arguments vérifiables ?Ne serait-il pas possible de poursuivre ces visées dans un cours de sciences sociales ?Pourquoi l\u2019histoire devrait-elle avoir à l\u2019école une place quantitativement ou qualitativement différente de la sociologie, de la science politique, de l\u2019anthropologie, etc.?Nous croyons que la SPHQ et Traces, pour continuer de Jouer leur rôle de forum sur l\u2019apprentissage des outils disciplinaires les plus opérants pour réfléchir et agir sur le monde social, doivent rejeter le corporatisme et défendre explicitement un enseignement de l\u2019histoire en tant que processus et non que produit visant à distraire des dilettantes.Un tel enseignement nécessite de bonnes conditions de travail (comme disposer de temps pour penser calmement, de ressources documentaires suffisantes pour préparer de bonnes leçons, etc.), auquel cas il peut Être intégré \u2014 ou non ! \u2014 à TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 31 Analyse des discours.n\u2019importe quel cours de sciences sociales.En somme, pour nous, ce qu\u2019il faut, ce n\u2019est pas défendre un fétiche, mais exiger des conditions d\u2019enseignement permettant de cultiver un rapport disciplinaire au savoir.Une histoire qui n\u2019en a que le nom ne mérite pas d\u2019être défendue.Elle mérite la poubelle ! 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Past.Learning to Read History in Elementary School New York : Teachers College Press.Walzer, M.(1997).Spheres de justice.Une défense du pluralisme et de l'égalité.Paris : Seuil.Wertsch, J.W.(2011).Beyond the archival model of memory and the affor- dances and constraints of narratives, Culture & Psychology, 1721), p.21-29.kkk avid Lefrancois est professeur à l\u2019Université du Québec en Outaouais.Il s\u2019intéresse aux fondements de l'éducation, à l\u2019enseignement de l'histoire (primaire et secondaire), à l\u2019éducation à la citoyenneté, à l\u2019éthique et culture religieuse et à l\u2019analyse de contenu de manuels scolaires.Il détient un Ph.D.en philosophie.Marc-André Éthier est professeur titulaire au département de didactique de la Faculté des sciences de l\u2019éducation, à l\u2019Université de Montréal.Son domaine d\u2019expertise est l\u2019éducation à la citoyenneté, la conscience citoyenne des jeunes et l\u2019usage de l\u2019histoire.Il détient un Ph.D.en sciences de l\u2019éducation.32 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 HISTOIRE DE LA SPHQ MES DIX ANS AU C.A.DE LA SPHQ FÉLIX BOUVIER, UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES h oui, cela fait 10 ans à l\u2019automne 2012 que je suis membre du conseil d\u2019administration (C.A.) de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (SPHQ).C\u2019est sous l\u2019angle de souvenirs diffusés d\u2019une façon la plus chronologique possible, en bon historien que je suis au départ, que j'envisage ce témoignage.Ces souvenirs sont évidemment fort nombreux au cours de cette décennie parfois bien fertile en émotions.Il me faudra donc sélectionner ce qui m\u2019apparaît prioritaire.En parallèle à cela, la partie la plus agréable sans doute lorsqu\u2019on fait partie d\u2019un tel C.A.est de côtoyer des collègues enseignants d'histoire, ou de didactique de l\u2019histoire, ou historiens.Celles-ci et ceux-ci sont souvent devenus des amis ou encore l\u2019amitié et le respect déjà présents se sont accentués en leur présence.Comme ils sont nombreux, je ne pourrai évidemment tous les nommer ou même les évoquer.Les débuts Quelques jours avant le congrès des sciences humaines de l\u2019automne 2002 à Longueuil, je reçus un appel à la maison après une journée à la Polyvalente Saint-Joseph de Mont-Laurier où j\u2019enseignais l\u2019histoire nationale du Qué- bec-Canada depuis 1992.C\u2019était Grégoire Goulet, président de la SPHQ depuis 1996.Il m\u2019offrait de faire partie du C.A., ce que jai accepté quelques jours plus tard avant d\u2019être élu en assemblée générale.Des années 2002 à 2004, je me souviens de peu d\u2019événe- ments marquants, si ce n\u2019est l\u2019agréable collégialité qu régnait au C.A., cela grâce à Grégoire puis aussi grâce à des personnes telles Jacques Décarie, alors trésorier de la SPHQ depuis des lustres.Cela m'impressionnait de côtoyer Jacques, cet arbitre de la ligue canadienne de football que je voyais tous les jours à l\u2019époque de mon adolescence, de secondaire trois à cinq à l\u2019école Mont-de-la Salle de Laval-des-Rapides, là où il enseignait et où j\u2019étudiais.Pour les adolescents sportifs dont je faisais partie, Jacques était un fort beau modèle, voire presque une idole.L'événement le plus important de cette période pour la SPHQ fut, je crois, l\u2019arrivée de mon ami et très estimé collègue Laurent Lamon- tagne au CA, en 2003.Il a su s\u2019y faire remarquer très rapidement, tant et si bien qu\u2019il fut nommé président du comité organisateur du congrès des sciences humaines qui s\u2019est tenu avec grand succès à Montréal en 2004.C\u2019est à ce moment que Laurent prit la relève d\u2019un Grégoire Goulet dorénavant à la retraite de l\u2019enseignement à la présidence de la SPHQ.Les années 2005-2006 Ces années furent d\u2019une grande importance dans ma vie professionnelle et dans ma participation à la vie associative de la SPHQ.Au printemps 2005, j'ai obtenu le poste de didacticien des sciences humaines à l\u2019Université du Québec à Trois- Rivières (UQTR), poste que j'occupe avec bonheur depuis.Ensuite, la vie d\u2019un membre du CA.de la SPHQ allait bientôt devenir mouvementée.Dès l\u2019automne 2005 en effet, Jacques Robitaille, un ancien président de la SPHQ, proposa à l\u2019assemblée générale de la SPHQ tenue à Sherbrooke de créer un comité de la fusion où la SPHQ, la Société des professeurs de géographie du Québec (SPGQ) et la Société des professeurs d\u2019économie du Québec (SPEQ) auraient pour mandat d\u2019étudier les possibilités d\u2019une fusion au cours de l\u2019année à venir en vue de présenter un rapport à ce sujet à l\u2019assemblée générale suivante, à l\u2019automne 2006 donc.Robitaille présiderait le comité alors créé.Grégoire Goulet et Laurent Lamontagne y Félix Bouvier TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ETE 2012 33 site iti ts Ait à ih i HISTOIRE DE LA SPHQ Mes dix ans au C.A.représenteraient la SPHQ.Celui-ci a déjà exprimé longuement dans ces pages les péripéties du comité en question, ce qui met en lumière, pour qui sait lire, les façons de faire questionnables de son président\u2019.Pour faire une histoire courte qui n\u2019engage que celui qui rédige ces lignes, le président du comité de la fusion visait d\u2019abord, oul, a créer une nouvelle association regroupant les enseignants des sciences humaines découlant du démantèlement des trois associations prénommées, ce à quoi adhérait et adhère toujours à ce jour Grégoire Goulet.J'ai suivi l\u2019évolution de ce comité attentivement au long de nombreux téléphones et de rencontres du C.A.avec Laurent Lamontagne.Dès le départ j'ai senti qu\u2019on voulait noyauter la SPHQ, voire la faire disparaître.Pourquoi voulait-on ainsi voir disparaître la SPHQ, me demandais-je alors?Pourquoi?Pourquoi une nation comme le Québec n\u2019aurait- elle plus une association qui pourrait défendre spécifiquement les enseignants d\u2019histoire et l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, mais aussi l\u2019authenticité de son histoire nationale.?Jallais bientôt avoir une forte réponse.Entretemps, mon ami Laurent veillait à l\u2019autonomie et à l\u2019intégrité de la SPHQ au sein du comité de la fusion, ce qui s\u2019opposait aux tactiques pour le moins discutables de son président, pour dire le moins\u201d.Pendant ce temps, les autres membres du comité de la fusion appuyaient son président, selon toute vraisemblance et selon ce qui se passe depuis.Quoi qu\u2019il en soit, après la fin de ma première année d\u2019enseignement l\u2019université, j\u2019ai pris connaissance en avril 2006 du nouveau programme concocté par le Ministère de l\u2019Education, du Loisir et du Sport (MELS) en histoire et éducation à la citoyenneté de troisième et quatrième années du secondaire, autrefois le cours d\u2019histoire nationale du Québec et du Canada.Pour être franc, je ne m\u2019en Suis pas encore remis six ans plus tard.J'ai eu l\u2019occasion d\u2019écrire beaucoup à ce sujet\u201d, mais disons ici, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un témoignage plus personnel, que le traitement que l\u2019on faisait dans cette première version du programme de l\u2019histoire du Québec et de sa question nationale, en l\u2019occultant ou en la biaisant autant que faire se pouvait, relevait pour moi du scandale.Et Laurent Lamon- tagne et moi l\u2019avons traité comme tel dans un article pau dans Le Devoir quelques jours plus tard\u201d.Le plus important débat dans l\u2019histoire de l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec s\u2019ensuivit.Au départ, le C.A.de 34 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 la SPHQ vécut une crise au cours de l\u2019été 2006, certains de ses membres ayant travaillé avec le MELS à la confection du programme.Un autre était proche de Jacques Robitaille.Néanmoins, il se rendit à l\u2019assemblée générale du 27 octobre 2006 en demeurant cohérent et majoritairement décidé à y sauver la SPHQ.Cette assemblée générale, par son intensité et son côté historique, mériterait à tout le moins un article à elle seule.De façon très serrée, la SPHQ fut sauvée après que deux propositions y furent présentées : « une fusion- absorption et une entente de services (congrès, site Internet revue).Ni l\u2019une ni l\u2019autre n\u2019a obtenu la majorité [.\u2026].La fusion-absorption a obtenu 22 votes pour, 22 votes contre et 5 abstentions.L\u2019entente de service a obtenu 21 votes pour, 21 votes contre et 5 abstentions »°.Toutes les personnes qui ont voté pour le maintien de l\u2019intégnté corporative de la SPHQ peuvent se dire qu\u2019elles l\u2019ont sauvée\u2026 Parmi elles, de mémoire : Pascal Debien, Madeleine Vallières, Céline Benoit, René Durocher, Robert Comeau et plusieurs autres peuvent en être fiers.L\u2019histoire de la SPHQ venait toutefois de prendre un tournant.Depuis 2006 Dès le lendemain matin, l\u2019une d\u2019entre nous entendit au ee.x = = um = = \u2014 Le IL al déjeuner l\u2019inénarrable Jacques Robitaille faire la proposition d\u2019une nouvelle association regroupant les anciens de la SPHOQ en faveur de la fusion et les deux autres associations d\u2019enseignants de géographie et d\u2019économie.Ce sera l\u2019AQEUS (Association québécoise pour l\u2019enseignement de l\u2019univers social).Cette association se pose dorénavant en rivale de la SPHQ, pour dire le moins encore ici.Depuis lors, la SPHQ a pour- Suivi avec vigueur, dévouement et ténacité la mission fondamentale qui est la sienne dans la société québécoise depuis 1962.Voyons voir quels sont ces rôles, d\u2019après les Règlements généraux eux-mêmes de notre association professionnelle : La SPHQ a pour mission de promouvoir l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, sous tous ses aspects, auprès de ses membres et de la population en général et de contribuer à assurer l\u2019information et le développement professionnel de ses membres.À cette fin et par son expertise, elle peut mener des campagnes d\u2019information ou d\u2019éducation, faire des représentations et des recherches concemant l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, développer des alliances avec d\u2019autres organismes et HISTOIRE DE LA SPHQ prendre tout autre moyen jugé utile pour réaliser cette mission\u201d.Moi qui ai été au cœur des activités de la SPHQ depuis 2006, qui est le vice-président de l\u2019organisme depuis 2007 et qui a été en contact constant avec Laurent Lamon- tagne tout au long de ces années (il a été président de 2004 à 2011), je puis affirmer avec fierté que c\u2019est exactement à ce qui précède que nous nous sommes conformés.Je puis témoigner aussi du dévouement exceptionnel et du travail incessant de Laurent Lamontagne pendant les années 2006 à 201 1 surtout.La grande envergure intellectuelle qui est la sienne, sa motivation profonde et son ardeur au travail bénévole auront permis à la SPHQ de mener à bien les différents volets de sa mission, tel qu\u2019évoqués ci-dessus.Il n\u2019est qu\u2019à lire ou à relire les différents numéros de la revue Traces au cours des six dernières années pour s\u2019en convaincre.Grâce à Jean-Claude Richard et à Laurent Lamon- tagne (encore lui !), la qualité de la revue ne s\u2019est jamais démentie.Encore aujour- d\u2019hui, la revue Traces est d\u2019une richesse incomparable pour les enseignants d\u2019histoire du Québec en ce qui touche l\u2019enseignement de l\u2019histoire en général et la didactique de l\u2019histoire en particulier.Et je suis bien placé TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 35 Mes dix ans au C.A.pour l\u2019affirmer, parce que j'ai mené au cours de ces mêmes années une recherche assez exhaustive, avec les didacti- ciens Jean-François Cardin et Catherine Duquette, sur les écrits à teneur didactico- pédagogique de cette même revue depuis 1962, elle qui se nommait le Bulletin de liaison de la Société des professeurs d'histoire du Québec entre 1962 et 1987.Depuis 2006 aussi, je tiens à remercier tous ceux qui ont collaborés aux différents C.A.de la SPHQ.Tous et toutes ont donné de leur âme et de leur temps et ils avaient pour point commun d\u2019aimer l\u2019histoire en général et l\u2019histoire du Québec en particulier en étant prêts à se battre pour défendre l\u2019intégrité de cette dernière et de son enseignement.Tous ont travaillé a la bonne marche de nos différents congrès au cours de cette période.Encore ici, comment ne pas témoigner du grand travail de Laurent Lamontagne quant à l\u2019organisation de chacun de ces congrès entre 2006 et 2011 ?Mais la SPHQ a aussi dû faire face à l\u2019adversité pendant cette période.Les enseignants ne sont plus aussi nombreux qu\u2019autrefois a venir à nos congrès.Quelles en sont les raisons ?Ce n\u2019est certainement pas à cause de la qualité des ateliers et de la formation professionnelle qui y est offerte.Celle-ci est va- Bt A RA HISTOIRE DE LA SPHQ Mes dix ans au C.A.riée et excellente, année après année, tout en offrant aussi des volets géographiques.Non, la grande raison est la présence de l\u2019AQEUS qui offre un congrès au cours des mêmes semaines que nous.Un de ses principaux buts semble bien de vouloir nous étouffer.Pour cela, tel qu\u2019 évoqué dans un article récent\u2019, elle reçoit un appui manifeste et qui semble bien concerté des conseillers pédagogiques et du GRUS (Groupe des responsables en univers social, composé surtout de conseillers pédagogiques) qui tient à chaque année ces temps-ci une réunion de regroupement dans les mêmes lieux et au même moment que l\u2019AQEUS.Est-ce que la directive proviendrait du responsable des programmes au MELS en sciences humaines, c\u2019est-à- dire de Marius Langlois lui- même ou encore de ses patrons?Sans pouvoir l\u2019affirmer à coup sûr, culte du secret oblige, on peut toutefois se poser la question.Pourquoi semble-til en être ainsi ?À mon humble avis, c\u2019est parce que la SPHQ s\u2019est quelquefois montrée critique envers le MELS, tout particulièrement en 2006, tel qu\u2019évoqué.Contrairement à ce qui se passait à la fin des années 1990 et au toumant des années 2000 par exemple, la SPHQ n\u2019est pas automatiquement alignée sur le MEQ au départ quant aux dossiers sensibles.Selon ce que nous pouvons voir et constater, tel n\u2019est pas le cas à l\u2019AQFUS et au GRUS.Pourtant, la SPHQ continué d\u2019offrir de la formation en concordance avec les programmes par compétences sans en remettre en cause les fondements didactiques, par exemple.Cependant, la SPHQ n\u2019a pas accepté le traitement que l\u2019on a voulu faire de la question nationale en histoire autrefois nationale dans la foulée me semble-+il du référendum serré de 1995 et de l\u2019influence beaucoup trop forte qu\u2019a eue jusqu\u2019en 2006 sur le MEQ devenu le MELS, selon toute vraisemblance, les héritiers de la frange bonne ententiste d\u2019historiens qui a cours au Québec depuis des générations et du didacticien à la retraite C.Laville en particulier\u201d.À cet égard, la SPHQ peut être fière d\u2019avoir fait reculer le Ministère et son responsable des programmes toujours davantage et par étapes successives depuis 2006.Le document sur la progression des apprentissages en troisième, et quatrième secondaires\u2019constitue à cet égard un retour à la case départ et à l\u2019esprit du programme d\u2019histoire du Québec et du Canada, enseigné dans nos écoles de 1982 à 2007, quant au traitement a faire en classe de 36 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ETE 2012 cefte question nationale.Ce n\u2019est pas rien et j\u2019affirme ici avec fierté que la SPHQ fut une des causes essentielles de ce processus au fil des dernières années.On peut présumer toutefois que le responsable des programmes en sciences humaines ne l\u2019a pas apprécié, ce processus.Cependant, d\u2019un point de vue didactique, pour que la méthode historique puisse se déployer avec succès, l\u2019enseignement et l\u2019apprentissage ont besoin de liberté.La «liste d\u2019épicerie » que constitue la progression des apprentissages est en fait à l\u2019opposé de ce qu\u2019il faudrait faire pour que la méthode historique puisse être vécue en classe, foi de didacticien ! Il faudra donc à mon avis que le programme d'histoire nationale du Québec et du Canada soit à terme refait.Pour revenir au C.A.de la SPHQ, il est en ce moment composé de gens passionnés d'histoire, de son enseignement, d\u2019apprentissage, de didactique, de contenus et de fresques historiques et d\u2019un amour certain du Québec et de la trame historique somme toute très belle qui est la sienne.Je vois ces gens travailler avec cœur et passion pour le rayonnement de la SPHQ, par exemple pour assurer cette année le succès du cinquantième congrès qui se tiendra les 2 et 3 novembre à Shawinigan et je suis très A il g fier d\u2019eux.Je tiens à les remercier tous : Raymond, cette chère Madeleine, Laurent, François, Pascal, Sandra, Tommy et cette chère Valérie, nouvelle venue de Québec.Vous voir plusieurs fois par année est un plaisir et une source de mise a niveau a la fois saine et presque nécessaire pour l\u2019universitaire que je suis dorénavant.Merci de vous impliquer de cette façon.Conclusion Que de chemin parcouru en dix ans, tout de même ! La SPHQ est toujours bien vivante, saine dans son ensemble je crois et toujours fidèle à la mission qui est la sienne dans la société québécoise.Elle compte toujours quelques centaines de membres et la revue Traces continue d\u2019être une source de référence incon- toumable pour qui s\u2019intéresse à l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec.A chacune des années, elle continue d\u2019offrir nombre d\u2019articles a saveur didactique, historique et plusieurs occasions de forma- HISTOIRE DE LA SPHQ tion aux enseignants et aux amants de l\u2019enseignement de l\u2019histoire.La revue et la SPHQ ne sont pas alignées idéologiquement et ne veulent pas l\u2019être.Il s\u2019agit principalement là de l\u2019œuvre des différents C.A.au fil des ans.Je souhaite du fond du cœur longue vie à la SPHQ.Je lui souhaite par exemple un beau centenaire en 2062 ! La société québécoise a à l\u2019évidence tirée profit des actions de notre association professionnelle depuis un demi- siècle.Il est pour moi très clair que ce même Québec a toujours besoin de l\u2019action vigilante de la SPHQ, ce qui ne saurait se démentir au fil des années, des décennies et des générations à venir.Références bibliographiques Laurent Lamontagne (2007).« A deux amis di- dacticiens », Traces, Vol.45, No 4, Novembre- Décembre, p.6-14.?Idem.* Voir, entre autres, Félix Bouvier (2007).« Quand Mes dix ans au C.A.l\u2019histoire nationale devient problématique au nom de l\u2019éducation à la citoyenneté : phénomène à inverser », Bulletin d'histoire politique, Vol.15, No 2, hiver, p.89-106.Voir aussi Félix Bouvier (2008).« Bilan du débat relatif au programme Histoire et éducation à la ci- toyermeté du deuxième cycle de l'ordre d'enseignement secondaire », Commission de consultation sur les pratiques d\u2019accommodements reliées aux différences culturelles (20 p.) http// www.accommodements.q c.ca/documentation/ rapports-experts.html, Gouvernement du Quebec.* Félix Bouvier et Laurent Lamontagne (2006).« Quand l\u2019histoire se fait outil de propagande », Le Devoir, 28 avril, p.4-9.> Raymond Bédard et Félix Bouvier (2012).« Ou sont passés les conseillers pédagogiques », Traces, Vol.50, No 2, p.8-9.; ° Ce texte est adapté des Lettre patentes, loi des compagnies, 3°partie, données et scellées à Québec, le 15 juin 1976.\u201d Raymond Bédard et Félix Bouvier, op.cit.* À ce sujet, voir : Christian Laville (1992).« Le loup et le Clocher.Histoire et enseignement de l\u2019histoire du Canada.XTX*-XX° siècles », dans François Audigier et al.(dir), Enseigner l'histoire et la géographie.Un métier en constante rénovation.Mélanges offerts à Victor et Lucile Marbeau, AFDG, Québec, p.58-63.Ministère de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport (2011).Programme de formation de l'école québécoise, Progression des apprentissages au secondaire, Histoire et éducation à la citoyemneté Set £ secondaire, Gouvemement du Québec, S5p.www.mels -gouv.qc.ca/progression/ secondaire/, page consultée les 3 et 4 novembre 2011.AA étenteur d\u2019un baccalauréat en histoire (1984) et d\u2019un certificat en enseignement de l\u2019histoire (1989) de l\u2019Université de Montréal, d\u2019une maîtrise en histoire de l\u2019Université du Québec à Montréal (1993) et d\u2019un doctorat en sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université de Montréal (2003), Félix Bouvier est l\u2019auteur, seul ou en collaboration, d\u2019ouvrages historiques, d\u2019essais et de guides d'enseignement de l\u2019histoire.Ses champs d\u2019intérêt sont les suivants la didactique de l\u2019histoire et des sciences humaines ; l\u2019enseignement de l\u2019histoire, de la géographie, de l\u2019univers social et des sciences humaines ; l\u2019éducation à la citoyenneté ; la formation des enseignants relative à l\u2019éducation à la citoyenneté et les partenariats enseignant(eYélèves qu\u2019une éducation à la citoyenneté réussie permet ; l\u2019histoire du Québec et, enfin, l\u2019histoire de l\u2019éducation et le nationalisme québécois.Il est membre de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois.(Raymond Bertin) TRACES, REVUE DE LA SPHQ,.VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 37 a TTI ji ii fii BL tt ed HISTOIRE DE LA SPHQ LA SPHQ A 50 ANS JEAN-VIANNEY SIMARD PRÉSIDENT DE LA SPHQ DE 1992 À 1996 E n septembre 1962, je me présente à la Faculté des Lettres de l\u2019Université Laval, sise à cette époque dans le Vieux-Québec, pour entreprendre des études universitaires.Mais j'hésite encore entre la littérature française, l\u2019histoire et la géographie.Je demande à la personne qui est à l\u2019entrée à quel endroit dois-je aller pour m\u2019inscrire en littérature.En parlant avec moi et constatant mon intérêt pour les trois champs de connaissance, cette personne me demande: « Pourquoi ne pas vous inscrire en histoire.» ?Cette personne, ¢ est monsieur Marcel Trudel, directeur de l\u2019Institut d\u2019histoire.Il m\u2019explique qu\u2019en m\u2019inscrivant pour obtenir la Licence ès lettres en histoire, je pourrais suivre aussi des cours de littérature et de géographie.« Et en histoire, avait-il ajouté avec un sourire, vous aurez l\u2019autorisation de lire tous les livres censurés ».Après réflexion et rencontres avec les littéraires et les géographes, j\u2019opte pour l\u2019histoire.Jean-Vianney \u2018 Simard Quelques semaine plus tard, plus précisément le 20 octobre 1962, je participe a une réunion où les étudiants en histoire étaient invités, réunion qui devait être « très importante» nous avaient dit nos professeurs.Elle le fut.Cette journée - 20 octobre 1962 - est la date de naissance de la SPHQ.Des professeurs d\u2019histoire de différents collèges et séminaires de l\u2019est du Québec, qui avaient enseigné l\u2019histoire à quelques-uns d\u2019entre nous; nos nouveaux professeurs depuis septembre - dont Marcel Trudel, Pierre Sa- vard, Claude Galameau, Jean Bernier et Roland Sanfaçon - et nous, les étudiants en histoire, avons constitué une société dont les buts étaient de « tenir les membres au fait du mouvement de la science historique et aider à l\u2019amélioration des techniques de l\u2019enseignement.» En cet après-midi d\u2019octobre 1962, les membres présents, dont les étudiants, se sont donné une constitution et des règlements et ont élu Pierre Savard comme président.Celui-ci tenait beaucoup aux rencontres entre collègues pour échanger sur les instruments pédagogiques, et la production historique.C\u2019est d\u2019ailleurs Pierre Savard lui- même qui a proposé que la nouvelle société se dote d\u2019un Bulletin de liaison qui deviendra la revue Traces.Les deux objectifs ciblés en 1962, soit l\u2019évolution de la science historique et la façon de transmettre cette science aux élèves sont toujours présents à la SPHQ.Que s\u2019est-il passé depuis 1962 ?Qu'est-il advenu de la SPHQ cinquante ans plus tard ?I] serait illusoire de passer en revue tous les événements survenus à la SPHQ en cinquante années.C\u2019est plus en tant que membre actif et responsable des archives de la 38 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 SPHQ que je ferai de mémoire ce survol d\u2019un demi- siècle.Dans les mois et les années qui suivent sa création, la SPHQ m\u2019apporte beaucoup plus que je ne lui donne.En effet, par la voie du Bulletin de liaison, je peux comme étudiant et professeur d\u2019histoire au collégial bénéficier d\u2019excellentes bibliographies, connaître certaines expériences pédagogiques vécues dans des collèges et communiquer assez facilement avec les personnes, dont plusieurs, à cette époque-là, donnaient leurs coordonnées personnelles.À partir de 1967, début de la création des cégeps et des polyvalentes, jusqu\u2019en 1976, tout en étant membre, je me consacre davantage à préparer et dispenser les cours d'histoire à mes étudiants du collégial et à rédiger ma thèse de maîtrise sous la direction de monsieur Pierre Savard. HISTOIRE DE LA SPHQ La SPHQ a 50 ans ¢ _ = Lv T= ww Mais cela ne m\u2019a pas empé- ché de suivre tous les débats de plus en plus sérieux sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, de constater, entre 1966 et 1972, certaines divisions, voire des scissions, à l\u2019intérieur de notre association, de suivre très attentivement les Etats généraux sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire en 1971 qui mèneront à l\u2019établissement, en 1974, d\u2019un cours obligatoire d\u2019histoire du Canada et du Québec pour tous les élèves du secondaire.La mobilisation des professeurs pour le cours d\u2019histoire obligatoire permettra à la SPHQ de refaire son unité en 1973 sous la présidence de monsieur Nelson Dubé; qui aura l\u2019heureuse idée de regrouper aux archives de l\u2019Université Laval tous les documents de la SPHQ existant depuis 1962 qui étaient à la fois partout et nulle part.En 1976, la SPHQ obtient ses lettres patentes et devient, dans les années qui suivent, incontournable pour le MEQ lorsqu\u2019il s\u2019agit des cours d\u2019histoire au secondaire.À la demande de La Fondation Lionel-Groulx, en collaboration avec celle-ci, la SPHQ organise le concours Lionel- Groulx qui s\u2019adresse aux élèves du secondaire et aux étudiants du collégial.Au début, en 1978, le concours consiste à faire une recherche sur un thème historique et à produire un texte.À titre d\u2019exemple, le premier thème proposé était : Lionel Groulx, éveilleur de conscience nationale de ses compatriotes.Je me souviens qu\u2019une trentaine de mes étudiants du collégial y avaient participé.Le concours existe toujours pour les élèves du secondaire mais il a pris des formes diverses au cours des années : examens, bandes dessinées, diapora- mas, etc.et c\u2019est la SPHQ qui l\u2019organise.C\u2019est à cette époque qu\u2019elle devient membre du Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec, «organisme qui regroupe des associations professionnelles et dont la mission est de contribuer au développement de la pédagogie et de la compétence des enseignants en vue d\u2019une meilleure qualité de l\u2019enseignement et de l\u2019éducation au Québec».En 2012, la SPHQ y envoie toujours des délégués.Dans la période 1980-2006, la SPHQ a connu des événe- ments dignes de mention.Pensons à l\u2019accueil des professeurs enseignant l\u2019histoire au primaire, incluant un représentant au conseil d\u2019administration et une journée spéciale pour eux aux congrès.Que dire des congrès annuels préparés par des comités d'organisation dévoués et préoccupés d\u2019abord de la qualité en invitant des confé- TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 39 renciers de renom et en offrant aux congressistes des ateliers d\u2019histoire au contenu riche, dirigés par des animateurs compétents?Souve- nons-nous des congrès tenus à Valleyfield, Gatineau, Trois- Rivières, Montréal, Sherbrooke, Granby, Laval, Sa- guenay, Québec, Victoriaville, Saint-Hyacinthe, Mirabel.Pour chacun des congrès, il y aurait des dizaines de souvenirs à évoquer.Pour ma part, je me souviens du congrès de 1993 à Trois-Rivières qui a permis à la SPHQ de reprendre vie sur le plan financier et de celui de Québec, l\u2019année suivante, où les congressistes avaient siégé une jouée complète de session comme députés à l\u2019Assemblée nationale.Aujourd\u2019hui, la SPHQ est toujours un partenaire de l\u2019Assemblée nationale et participe au Parlement des jeunes et au Toumoi des jeunes démocrates.En 1990, la SPHQ, par l\u2019ntermédiaire de sa présidente, Lise Pothier, obtient de la Fondation Lionel-Groulx les archives liées au concours.La SPHQ, à son tour, cède à l\u2019Université Laval toutes ses archives qui seront numérisées en 2001.C\u2019est avec plaisir que je m\u2019occupe des archives de la SPHQ depuis 1989 en déposant régulièrement à l\u2019Université Laval les documents d\u2019intérêt public et conservant chez \u201d lh ERIE: pu cu IBC RN, A ste HISTOIRE DE LA SPHQ La SPHQ a 50 ans moi les documents confidentiels (documents financiers) et les numéros de Traces qui n\u2019ont pas été écoulés.Je crois bien, monsieur Trifiro, que vous devez être satisfait ! Plusieurs se souviendront qu\u2019en 1995, la SPHQ a déposé, aux Etats généraux sur l\u2019éducation, un Mémoire sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec aux ordres primaire, secondaire et collégial.Essentiellement, la SPHQ a demandé que les éléves et étudiants du Québec aient un plus grand nombre d\u2019heures de cours en histoire et que l\u2019histoire soit enseignée par des gens qui ont une formation en histoire.Plus tard, en 1999, la SPHQ, s\u2019est exprimée lors de la commission Bisaillon sur la réforme du curriculum.À la fin des années 1990, la SPHQ a accepté que son congrès annuel se tienne en même temps que ceux des professeurs de géographie et des professeurs d\u2019économie.Cette formule était intéressante parce que tous les enseignants de sciences humaines du primaire et du secondaire pouvaient tous être présents, la revue Traces étant même à quelques reprises le véhicule pour annoncer le congrès commun des trois sociétés.J\u2019ai pu participer à quelques congrès «communs », le demier se tenant à Québec en 2006.À partir de 2007, la SPHQ, n\u2019ayant pas accepté la fusion proposée par d\u2019ex-présidents, se trouve amputée de beaucoup de membres.Le nouveau conseil d\u2019administration décide alors qu\u2019elle va se concentrer sur ses objectifs essentiels : la promotion de la science historique et de sa méthode.Les statuts et règlements sont refondus et le président, Laurent Lamontagne, prend personnellement en main le dossier du site web de la SPHQ qui ne contenait à peu près rien en 2007.Cinq ans plus tard, il a été visité par plus de 280 000 personnes qui peuvent obtenir de nombreuses informations sur la SPHQ, sur l\u2019histoire, sur la didactique dans 264 articles numérisés de la revue 7races couvrant les années 1986 à 2012, dans 44 lettres d\u2019information et 11 communiqués mis en ligne pour les professeurs d\u2019histoire, tout cela sans frais ni mot de passe.Quant à la revue Traces, elle a continué de paraître avec un contenu riche susceptible d\u2019intéresser ceux qui enseignent l\u2019histoire dans nos écoles.Il faut rendre un hommage spécial aux membres du conseil d\u2019administration qui, malgré l\u2019adversité, ont dirigé la SPHQ.Si la SPHQ a cinquante ans, c\u2019est parce que de nombreuses personnes dans toutes les régions du Québec 40 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 ont cru que la science historique méritait cet effort d\u2019œu- vrer pour la promotion de l\u2019histoire à l\u2019intérieur de la SPHQ et il est agréable ici de citer les noms de quelques présidents demeurés fidèles à la SPHQ, de Pierre Savard en 1962 à Raymond Bédard en 2012 : Nelson Dubé, René Durocher, Gilles Berger, Gérard Cachat, Luigi Trifiro, Lise Hébert, Pierre Carle, Lydia Gionet, Lise Pothier, Laurent Lamontagne et les noms de quelques-uns des auteurs, chercheurs, didacti- ciens, animateurs que l\u2019on a écoutés dans les ateliers lors des congrès annuels, dont on a lu les articles dans Traces Micheline Dumont, André Ségal, Madeleine Vallières, Jean-Claude Richard, Monique Constant, Michel Guay, Louise Hallé, Pierre Michaud, Robert Martineau, Josiane Lavallée, Michel Guay, Gilles Bureau, Ghyslaine Couturier, Félix Bouvier, Marc-André Ethier.Mille excuses pour celles et ceux que je n\u2019ai pas nommés et qui ont fait leur part pour l\u2019Histoire, vous avez droit à notre admiration.La SPHQ doit aussi un grand merci aux valeureux professeurs d\u2019histoire qui, dans toutes les régions du Québec, ont fait ou font participer leurs élèves ou étudiants aux activités proposées par la SPHQ, comme le concours Lionel-Groulx et les activités d'in ula + eo oR = 7 TE | =| om RR ve a 5 = em eR ST qui se déroulent depuis 20 ans à l\u2019Assemblée nationale pour les jeunes de tous les ordres d\u2019enseignement.Mer- Ci aussi à tous les enseignants qui ont partagé leurs expériences pédagogiques avec leurs collègues.En somme, mon attachement a la SPHQ commence dès que j\u2019entre à l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Université Laval en 1962 et que j\u2019assiste à la réunion de fondation.Chose remarquable, j'ai toujours été lié à la SPHQ, comme étudiant en histoire et comme professeur d\u2019histoire au collégial.Le Bulletin de liaison, rédigé surtout par des professeurs d\u2019histoire, m\u2019a beaucoup aidé dans mes études en histoire et dans les cours d\u2019histoire dispensés à mes étudiants qui avaient à peu près le même âge que moi, parce qu\u2019au début, tout en faisant mes études à temps complet à l\u2019Université, je donnais des cours d'histoire à temps partiel.Jai toujours été membre de la SPHQ mais c\u2019est à partir HISTOIRE DE LA SPHQ de 1978 que je commence à m\u2019impliquer davantage en faisant participer mes étudiants au concours Lionel- Groulx et en étant présent régulièrement aux congrès.En 1988, je suis élu au conseil d\u2019administration de la SPHQ comme représentant du collégial, nommé secrétaire par le conseil d\u2019administration, (la personne élue s\u2019étant désistée dès la première réunion) et responsable des archives.Elu président en 1992, j\u2019occupe cette fonction durant quatre ans.Au cours des huit années au conseil d\u2019administration, la question des archives et celle des finances ont été réglées et nous avons produit un mémoire aux Etats Généraux de l\u2019Education.Mais, comme représentant du collégial, je n\u2019ai pas réussi à convaincre les professeurs d\u2019histoire des cégeps d\u2019adhérer à la SPHQ, ces demiers préférant avoir leur propre association pour tenir leur congrès à la fin de l\u2019année scolaire plutôt qu\u2019en automne.Jai alors décidé de ne pas me représenter au La SPHQ a 50 ans C.A.en 1996.Celui qui était vice-président et qui a rendu de grands services à la SPHQ sera alors élu à la présidence.Depuis 1996, je suis demeuré membre de la SPHQ et j'ai participé comme bénévole à plusieurs congrès des Sciences humaines et à chacune des assemblées générales de la SPHQ.Depuis 2007, à la demande du président, j'ai l\u2019honneur de représenter la SPHQ a des activités qui se déroulent à Québec.Et, bien sûr, je m'occupe toujours des archives de notre association.Je me demande ce que dirait de la SPHQ son premier président, monsieur Pierre Sa- vard.Et je ne peux faire autrement que penser avec gratitude à ce grand historien, Marcel Trudel, qui m\u2019avait dit : « Pourquoi ne pas vous inscrire en histoire?» HA ean-Vianney Simard a été enseignant d\u2019histoire au collégial et président de la SPHQ de 1992 à 1996.Il gère depuis plusieurs années les archives de la Société et la représente dans la région de Québec, en se rendant notamment au Parlement des jeunes et au Toumoi des jeunes démocrates.Au printemps 1995, le Québec s\u2019engageait dans les États généraux sur l\u2019éducation, convaincu que le temps était venu de faire le point sur la situation de l\u2019éducation.Le 10 août, M.Simard présentait le mémoire de notre association devant les membres des Etats généraux, réunis à Québec.Traces avait publié le texte intégral du mémoire et l\u2019article a depuis été numérisé et est disponible sur notre site web.(Volume 33, no 6, novembre/décembre 1995) TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 41 i: fer dater Re ii ti ue HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUÉBEC LES RÉFORMES EN ÉDUCATION, UNE CLÉ POUR S\u2019EN SORTIR BRUNO DESHAIES, DIRECTEUR DE LA DIVISION DE L'ENSEIGNEMENT DES SCIENCES HUMAINES AU PRIMAIRE ET DE LA GÉOGRAPHIE, DE L'HISTOIRE ET DE L'ÉCONOMIQUE AU SECONDAIRE AU MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION (1969-1977) vant 1976, toutes ces années sont marquées par le courant d\u2019idées cristallisé, en 1964, dans le Rapport Parent (5 vol.).Jusque-là, le monde scolaire au Québec est sous la tutelle du Département de l\u2019Instruction publique et de deux Comités confessionnels.Le gouvemement Lesage adopte la Loi sur le Ministère de l\u2019Éducation et de ce fait l\u2019État québécois prend en charge le monde de l\u2019éducation.En 1966, le nouveau Ministère adopte le Règlement no I.Le processus de la réforme scolaire est véritablement amorcé.La Direction générale de l\u2019enseignement élémentaire et secondaire (DGEES) est créée, puis chargée de l\u2019application du règlement.Une Direction des programmes et examens est aussi créée.Bruno Deshaies Pour « les programmes d\u2019études », on trouve dans le Rapport Parent, au volume 3, trois chapitres directement consacrés à la géographie, l\u2019histoire et les sciences de l\u2019homme (dans l\u2019esprit des « social sciences » aux Etats- Unis).«Il y a là, lit-on dans le Rapport Parent, tout un champ de savoir qui va sans doute devenir de plus en plus important dans l\u2019enseignement secondaire et même sans doute élémentaire.» (CÉ., vol.3, paragr.867.) Or, cette recommandation du Rapport Parent s'apparente étrangement aux 1dées véhiculées dans le dernier virage de 1998 consacré au « Renouveau pédagogique ».La finalité des choix éducatifs sociaux est clairement exprimée : « [L]es sciences humaines sont à la fois une discipline intellectuelle et une science morale susceptible de modifier la vision du monde et le comportement de celui qui l\u2019étudie » (cf, Ibid., paragr.866).En arrivant au Ministère de Education a l\u2019automne 1969, j\u2019entrevoie immédiatement l\u2019idée d\u2019une formation à des disciplines de sciences de l\u2019homme : l\u2019économie, la géographie et l\u2019histoire qui constituent des disciplines de base parmi les sciences humaines.Dans mon esprit, les programmes devront s\u2019orienter vers des sciences humaines à l\u2019élémentaire, puis la géographie, l\u2019histoire et l\u2019économique au secondaire.Dans les faits, l\u2019enseignement des sciences humaines à l\u2019élémentarre, en 1971, est principalement orienté vers le sens de l\u2019observation et de l\u2019éveil aux principales réalités de l\u2019Homme et de la Nature suivant les dimensions de Temps (histoire), d\u2019Espace (géographie) et de Société (faits sociaux et économiques) en relation avec des situations d\u2019Hier, d\u2019Aujour- d\u2019hui et de Demain, d\u2019Ici ou 42 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 d\u2019Ailleurs.Bref, une première étape d\u2019apprentissage pour conduire à l\u2019initiation aux méthodes et aux connaissances appliquées dans les disciplines de géographie, d'histoire et d\u2019économique au secondaire.(Voir la Liste des publications en 1970- 1977 de la Division des sciences de l\u2019homme, ici : http//Www.rond-point.qc.ca/ histoire/reforme-02.html).À partir de 1966, la plupart des directeurs de Division de la Direction générale des programmes et des examens avaient réalisé la rédaction des programmes-cadres de l\u2019enseignement élémentaire et secondaire.Ils en sont rendus en 1969 à la diffusion et à l\u2019implantation de leurs programmes.Les commissions scolaires ont déjà amorcé leur implantation dans les écoles.Quant aux sciences de l\u2019homme, elles étaient en retard sur le travail déjà réalisé par les autres directeurs de HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUÉBEC Les réformes en éducation.TE hand programmes a la DGEES.Devant cette situation, il fallait contoumer les Comités confessionnels et le Conseil supérieur de l\u2019Education.Il a été proposé aux différents comités consultatifs et de travail en sciences de l\u2019homme de préparer des Plans d\u2019études qui serviraient à réorienter les programmes officiels de 1959 pour faire en sorte que les enseignants et enseignantes de l\u2019élémentaire et du secondaire puissent avoir un document officiel du Ministère de l\u2019Education qui leur permette de développer dans leur milieu respectif des sciences humaines au primaire ainsi que de la géographie, de l\u2019histoire, de l\u2019économique et, surtout, de maintenir la place de l\u2019enseignement de la géographie du Québec et de l\u2019histoire nationale (Nouvelle-France, Québec et Canada) dans toutes les écoles publiques et pr- vées, catholiques et protestantes, françaises et anglaises, au Québec.Cet objectif a été attemnt.Toutefois, le travail de dissémination et d\u2019implantation dans les commissions scolaires devait subir un revers après 1976.1976.La Crise d\u2019Octobre de 1970 avait laissé des séquelles profondes.Le Parti québécois se fait élire le 15 novembre 1976 ; il chasse du pouvoir le Premier ministre Robert Bourassa et son gou- vemement.Jacques-Y van Morin devient ministre de l\u2019Education.Certaines choses vont se gâter.Le ministre de l\u2019Éducation se lance tête baissée dans une vaste opération de consultations publiques.Il néglige de vérifier à l\u2019inteme auprès de la Direction des programmes les enjeux qui sont en cause.Il se donne personnellement la mission d\u2019entreprendre des audiences publiques qu\u2019il préside lui- même.Ses conseillers ont des intentions précises : réécrire tous les programmes du primaire et du secondaire.Finalement, il a trouvé ce qu\u2019il cherchait.Publication du Livre vert, du Livre orange et du Livre blanc en éducation.Le secteur de l\u2019enseignement primaire et secondaire se lance dans cette mission sous la Direction générale du développement pédagogique (DGDP) qui met fin à l\u2019existence de la DGEES.Dorénavant, tout à la « vie pédagogique » ! De nouveaux programmes sont rédigés.L'histoire de leur cheminement est pathétique.Si je résume, les disciplines doivent s\u2019adapter aux écoles et à l\u2019opinion publique.1996.Vingt ans plus tard, avec le même parti politique, le bal de la révision des programmes recommence.Pendant des mois et des années, la course à la rédaction de programmes d\u2019enseignement TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 43 par objectifs a en quelle que sorte repris.Des programmes sont réécrits et même révisés et réécrits.Après trois décennies, les sciences humaines sont toujours sous la loupe de pédagogues et d\u2019éducateurs fervents.Vient alors le « virage » annoncé par la ministre de I Éducation après les États généraux sur l\u2019éducation (1995).En 1997, la ministre Marois sait quoi faire.Flle publie Prendre le virage du succès.Plan d'ac- fion ministériel pour la réforme de l'éducation (1997).La DGDP devient la Direction générale de la formation des jeunes (DGFJ).Sur tout ce travail, voici la conclusion de Gisèle Pain- chaud et Claude Lessard au sujet de cette « nouvelle » réforme.« Une fois la période de consultation terminée, les décisions à propos de la réforme de l\u2019éducation au Québec, se sont succédé à une cadence rapide et la mise en œuvre se réalise avec une certaine précipitation, pour le moment sans dérapage.[.\u2026 ] I faudra donc attendre quelques années pour savoir si celle-ci a mené aux changements envisagés.» Nous avons vu au début de cet article que le Rapport Parent préconisait un enseignement des « sciences de l\u2019homme » dans [esprit même du Rapport final de la Commission des Etats géné- = sity on i HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUÉBEC Les réformes en éducation.raux (16 juillet 1997).Les commissaires du Rapport Parent proclamaient, en 1964, qu\u2019« il nous semble que l\u2019on devra de plus en plus considérer l\u2019éducation comme un domaine d\u2019exploration sociologique important [.] au mveau des études de comportement collectifs chez les enfants, des prolongements de ces comportements chez les adultes, et l\u2019important facteur que représente l\u2019école pour la formation de la mentalité collective adulte aussi bien qu\u2019enfantine.» (C£, vol.3, paragr.866.) Est-ce assez clair, 48 ans plus tard, que les pédagogues, les sociologues et les éducateurs fervents n\u2019ont pas lâché prie ?Le MELS s\u2019est donc doté d\u2019une DGF.2012.Les inquiétudes et les contradictions persistent au sujet de la réforme scolaire du primaire et secondaire dans l\u2019opinion publique\u201d.Par ailleurs, l\u2019ampleur de la documentation relative à l\u2019étude de la réforme met en lumière la difficulté d\u2019en saisir les forces et les faiblesses.De plus, on peut constater que l\u2019esprit des réformes est trop axé principalement sur le décrochage scolaire, autrement dit sur l\u2019idée assez simpliste de faire aimer l\u2019école.Dans le cas de cette énième réforme, les finalités éducatives et sociales ont pris le pas sur les quatre autres grandes dimensions du processus de l\u2019acte pédagogique.Le rejet du processus «enseignement- apprentissage» a conduit cette nouvelle réforme dans l\u2019impasse.Malgré les choix éducatifs sociaux qui touchent tous les programmes d\u2019études, il fallait sans faute tenir compte de quatre autres dimensions qui sont d\u2019ordre pédagogique, d\u2019objets d\u2019étude, d\u2019approche scientifique et du domaine psychologique\u201d.Premier problème à régler.De plus, la complexité du fonctionnement des systèmes d\u2019éducation combinée à l\u2019organisation des conditions optimales nécessaires pour viser l\u2019« amélioration en vue de l\u2019action commune »* en fonction des écoles, n\u2019exigent- elles pas qu\u2019il faille trouver une clé pour s\u2019en sortir ?Second problème à considérer.Deux problèmes à examiner Le premier problème con- ceme davantage chaque enseignant parce que l\u2019acte pédagogique constitue le propre même de son travail.Nous y reviendrons dans un instant.Le second problème est plus diffus parce qu\u2019il affecte indirectement l\u2019acte pédagogique dans la mesure où les services, les instruments, les ressources humaines et financières, le fonctionnement de l\u2019organisation, les conventions collectives et les relations de travail, le style de 44 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 direction, la Loi sur l\u2019instruction publique, les règlements, les programmes d\u2019études, les outils pédagogiques, le mode de fonctionnement de l\u2019école, les espaces scolaires, autres que la classe, tels que la bibliothèque, les locaux communautaires, les lieux d\u2019activités sportives ou culturelles, le transpoit scolaire, etc.façonnent le milieu de vie de tous les membres de la « mini-société-école »°.Ce milieu n\u2019est pas dissociable de la vie pédagogique.Il y a une synergie entre ces deux aspects de l\u2019activité scolaire.Dans le cadre de cet article nous n\u2019analysons que le premier problème.Le processus est en soi complexe parce qu\u2019éduquer ne consiste pas simplement à « ouvrir, instruire » (former) mais aussi à « conduire hors de » l\u2019élève qui est l\u2019interlocuteur du maître.Le processus de communication ne se fait pas en vase clos, il est conditionné par les cinq dimensions de l\u2019acte pédagogique\u201d.Le curriculum Revenons au premier problème.L'ensemble des programmes d\u2019études distincts, leur arrangement ainsi que leur intentionralité constitue la base du curriculum.L\u2019enseignement - apprentissage qui en résulte en dépend largement.Une société libre, démocratique et progressiste ne peut se limiter à « former » ER \u2014 EEE HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUÉBEC Les réformes en éducation.des sujets de l'État même s'il se dit de droit et en plus démocratique.Dans les sciences humaines, il y a un quelque chose qui ne peut se satisfaire de l'éducation dans le sens uniquement de « former » quelqu'un à des techniques mais plutôt de « conduire hors de », c\u2019est-à-dire de « faire éclore ».L'élève n\u2019est plus un acteur mais un auteur.D\u2019où, selon Gaston Bachelard, l\u2019éducation nécessite une « Société faite pour l'École et non une Ecole faite pour la Société.\u201d » Les cinq dimensions de l\u2019acte pédagogique L Dimension pédagogique Si l'on suppose que l'éducation ne constitue pas une vaste opération de manipulation des individus, alors la question de la relation pédagogique prend tout son sens éducatif.Essentiellement, il sagit des rapports entre des maîtres et des élèves dans une situation scolaire donnée.Dans le cadre restreint de la classe, il s'agit de la relation dun maitre avec un groupe denfants.Dans cette relation pédagogique, ce qu'il ne faut pas sous-estimer c'est le rapport complexe de la communication humaine entre deux personnes : l'une, adulte, et l'autre, l'élève (soit un enfant ou un adolescent).Dans ce contexte-là, la technologie éducative fait plus référence à l'élève en tant que personne qu'au contenu de l'enseignement Cependant, une bonne communication ne peut mettre hors de portée de l'interlocuteur le contenu du message à transmettre.D'où l'importance de comprendre les éléments fondamentaux du processus de communication, car celui-ci suppose une interaction dynamique entre le locuteur et l'interlocuteur ou entre la source et le récepteur du message.Cependant, la communication réelle dans un groupe n'est pas unidirectionnelle, mais multidirec- tionnelle ; elle est un processus\u2019, Done, dans l\u2019immédiateté de l\u2019acte pédagogique, le maître est aux prises avec une double responsabilité : la première, maintenir le contact avec son interlocuteur (mécanismes affectifs), la seconde, de mettre au point un message éducatif qui pourra être accessible à chacun des élèves (interaction communicationnelle).IL.Dimension des objets d'étude Le contenu de l'enseignement ou la « matiere » a enseigner, comme on le dit couramment, pèse lourdement sur la transmission d'un savoir adulte auprès des enfants et des adolescents.Les choix de savoir à transmettre déterminés par les programmes d'études officiels traduisent une vision des « matières » à enseigner.Par TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 45 exemple, en limitant trop strictement la dimension des objets d'études à un savoir de base seulement, c'est-à-dire à ce qu'il faut apprendre (par exemple, les dates en histoire, les lieux géographiques, les quatre opérations en mathématique, etc.), l'enseignement satrophie sous le poids de l\u2019apprentissage des « formules utiles ».Ainsi, pense Albert Jacquard, l\u2019école « passe à côté, de l\u2019essentiel : la participation à l\u2019effort humain pour comprendre et pour se construire »\u201d.Tel a été le sens du courant américain du « back to basic » que nous avons traduit au Québec par l'expression « le retour à l'essentiel » à l'époque du Livre Vert la fin des années 1970.Cette vision éducative a fortement influencé les objectifs et les méthodes d'enseignement.D'ailleurs, n'est-il pas significatif de constater que le milieu scolaire fasse un usage considérable (voire même abusif) des cahiers d'exercices ?Le virage de 1998 a accéléré la dépendance des contenus d\u2019enseignement aux prétentions des compétences\u2019.Les disciplines des sciences humaines offrent des objets d\u2019études incomparablement plus éducatifs que les objets d\u2019études fourre-tout parce qu\u2019il y a aussi les dimensions II et IV qui sont essentielles au développement global des HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUÉBEC élèves.IIL Dimension scientifique (et artistique) Cette dimension pose le problème spécifique de la démarche intellectuelle.Elle conceme tout autant la science que les arts.La question scientifique peut se poser sous deux plans : lun, méthodologique et laure, épistémologique.Méthodologiquement, comment peut se présenter le programme des sciences humaines ?Des sciences de la nature ?Ou encore de langue matemelle ?Etc.Quelle est la méthode qui se trouve sous-jacente à ces corpus de connaissances?Quelle démarche semble Être celle des chercheurs eux-mêmes?Par ailleurs, au plan épistémologique, il est impossible d'échapper aux processus de la connaissance elle-même, du rapport entre le sujet et l\u2019objet.Sagit-l dune science-certitude ou dune science-du-doute ?Il est une chose dassimiler des affirmations scientifiques, mais we autre de rechercher lobjectivité à travers le doute, l'incertitude, l'hésitation, bref l'angoisse personnelle.L'acte pédagogique qui évacue cette dimension mutile le développement de la connaissance chez le sujet qui apprend.Il lui donne l'impression d'un savoir-tout-fait, immobile, garanti et certain mais qu'il ne découvrira pas nécessairement dans la vie réelle.Au fond, l\u2019élève devra apprendre qu\u2019il sera en quête toute sa vie et en procès de maturation (nous sommes déjà dans la dimension IV).Il n\u2019y a pas de cloisons étanches entre connaissance et intelligence mais plutôt un mouvement circulaire.IV.Dimension psychologique Les processus cognitifs sont au cœur même de lacte pédagogique.Cette dimension s'attache au vaste sujet des activités- mêmes de l'intelligence, soit la connaissance.Or celle-ci apparaît moins au- Jourdhui comme un état, Mais comme un processus.L'éducation de la pensée réfère à l'intelligence et à son corollaire : le processus de construction mentale qui représente le résultat de l'effort personnel à appréhender, comprendre et expliquer le réel.Contrairement à une idée assez répandue, le langage n'est pas surtout un instrument technique, mais principalement et fondamentalement un outil de la pensée.Langage et pensée sont indissociables.Dans cette perspective, les théories de l'apprentissage tout autant que Les réformes en éducation.celles de l'enseignement doivent saisir la portée du dilemme entre apprentissage et développement\u2019.Dailleurs, la portée d'un tel raisonnement passe les théories behavioristes, les usages simplifiés des théories psychanalytiques, les abus mutilants des théories de la socialisation, la réduction des processus d'adaptation cognitive à des savoirs acquis ou encore à la limitation des théories du sens et de la signification.La \"cognition\", c\u2019est la connaissance sous toutes ses formes : perception, apprentissage, mémoire, langage, intelligence, aiten- tion, conscience.» La pensée humaine est multiforme.L'emprisonner dans un carcan particulier, c'est faire peu de cas de la différence qui existe entre tous les êtres humains.Le respect commande l'acceptation de l'autre.La dimension psychologique veut rappeler ce fondement particulier de toute éducation profonde.V.Dimension des choix éducatifs sociaux Cette dernière dimension du curriculum soulève les problèmes de finalités éducatives et d\u2019objectifs pédagogiques.Les finalités éducatives se réfèrent aux choix effectués par rapport à la SOCIETE (par 46 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 exemple, la société et l'école en tant que sous- système social); les objec- fs pédagogiques concernent les apprentissages de l'ÉLÈVE (par exemple, le projet éducatif de l'école comme instument de développement individuel).De tels choix éducatifs sociaux mettent en cause tant des conceptions que des options sur la SOCIÉTÉ et sur l'HOMME.Il est reconnu que ces choix peuvent varier selon les époques, les différents milieux et les cultures.Ces choix influencent et même conditionnent le processus éducatif ; ils touchent, indéniablement, l'ensemble des quatre autres dimensions \u201c.Le débat fondamental au sujet de l'éducation consiste à trouver cet équilibre qui permet à un individu d'être ce qu'il est tout en étant conscient de sa participation et de son intégration harmonieuse dans la société de manière consciente.Pour reprendre une idée chère à Albert Jacquard : « \u2026l faut aussi \"entrer en humanitude\", comme un engagement que l\u2019on prend, engagement dans le Jeu collectif où les hommes se font les uns les autres\u201d.» Il ne s\u2019agit plus de la croissance d\u2019une plante et de son rendement mais de la croissance d\u2019un enfant ou d'à dis Lagu ie fel Pour d\u2019un adolescent et de son épanouissement personnel et social.La question qui tue : Quel rôle veut-on faire jouer à l\u2019école dans la société ?Pour répondre, les sociétés de professeurs en sciences de l\u2019homme sont bien placées pour corriger le tir.À cet égard, elles doivent travailler à définir leur position au sujet des cinq dimensions de l\u2019acte pédagogique.Références |« La réforme de l\u2019éducation au Québec : le curriculum.» (1998) http//Www.unige.ch/fapse/ life/textes/ Painchaud Lessard A1998_01.html).Voir Réaffirmer l'école (1997).http/// www.mels.gouv.qc.ca/ reforme/curricwecole.htm N.B.Plusieurs documents de cette réforme ont quitté depuis le radar du site Internet du gouvemement du Québec.HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUÉBEC Les réformes en éducation.\u201cBrigitte Friset, « Réforme de l\u2019éducation - Le refus d\u2019'avancer en arrière\" ».Lettre à la Ministre de l\u2019Education Michelle Courchesne.» Le Devoir, 19 mars 2010, 23 réactions entre le 19 mars 2010 et le 6 juin 2010.Ayez le courage de lire les 23 réactions.Source : http// www ledevoir.com/ politique/quebec/285227/ reforme-de-l-education-le- refus-d-avancer-en-arriere * Bruno Deshaies, « 11.Les choix éducatifs sociaux et l\u2019acte pédagogique.» Doc.PDF p.7-8 etp.12 : ANNEXE I.http//Www.rond- point.qe.ca/auteur/imprime -moi/acfas98.pdf Vigile.net, 4 mai 2000.Sources : http// www.archives.vigile.net/0 0-5/deshaies-14.html et http//Www.vigile.net/L- histoire-et-|-education-a-la Consulter les chroniques sélectionnées sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire : http// blogscienceshu- maines.blogspot.ca/2012/0 5/lenseignement-de- lhistoire-au-quebec.html Bruno Deshaies, « Amélioration en vue de l\u2019action commune.» Colloque de l\u2019AFIDES à Montréal en 1996.Figure 3, graphique en arête de poisson.VOIR diapositive no 26.http//Www.rond- point.qc.ca/multimedia/ppt afides96/sld026.htm > Dans Albert Jacquard, L'héritage de la liberté, Paris, Seuil, 1986, p.181-182.6 Dans le processus de communication, on doit tenir compte du fait que la source et le récepteur du message sont des personnes qui se caractérisent par 1.des habiletés de communication, 2.des attitudes, 3.des niveaux de connaissances, 4.des adhérences à un système social et 5.des cultures respectives.En effet, chaque per- 4 sonne a sa manière individuelle de coder et de décoder un message; toute notre personnalité et notre culture y concourent.Voir David K.Berlo, The Process of Communication.An Introduction to the Theory and Practice Toronto, Holt, Rinehart and Winston, 1960, vii +318 p.\u2019 Voir Jean Piaget, Epistémologie et sciences de l'homme, Paris, Galli- mard, 1970, p.192-193 (coll.\"Idées\" No 260).8 Jean-François Dor- tier, dir, Le cerveau et la pensée.Le nouvel âge des sciences cognifives, Paris, Sciences humaines Editions, 1998/2011, 480 p.Ed.entièrement revue et augmentée.Réf.: http:// editions.scienceshumaines.co nvle-cerveau-et-la- pensee_fr-402.htm AA runo Deshaies a reçu l'enseignement d\u2019André Lefebvre, Jean-Charles Faucher, Maurice Séguin, Guy Frégault, Jean Blain et Michel Brunet.En 1968-1969, il a assumé la coordination de la fusion des départements d'histoire des institutions impliquées par la création de l'UQAM.En 1969, il est nommé professeur au Département d'histoire de l'UQAM.Cependant, il accepte le poste de directeur de la Division de l'enseignement des sciences de l'homme au ministère de l'Éducation du Québec.Pendant la même période, il a enseigné, à titre de chargé de cours, l'histoire de l'éducation au Québec à l'Université Laval et à l'Université du Québec à Chicoutimi, où il a aussi enseigné la didactique des sciences humaines au primaire pendant les années1970, 1980 et au début des années 1990.Pendant huit ans, il a assumé la direction de la division de l'enseignement des sciences humaines au primaire et de la géographie, de l'histoire et de l'économique au secondaire pour toutes les écoles publiques du Québec.C'est sous son mandat que l'enseignement de la géographie et de l'histoire nationale est devenu obligatoire dans toutes les écoles secondaires .TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 47 qu itil ih Su HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUÉBEC RETOUR SUR LE PASSÉ DENIS VAUGEOIS, HISTORIEN ET ÉDITEUR, DIRECTEUR DE L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE AU MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION (1965) P ropulsé par la popularité du joural historique Boréal Express, je me suis retrouvé à l\u2019automne 1965 directeur de l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Ministère de l\u2019 Éducation.Le rapport Parent avait recommandé la création d\u2019une quinzaine de postes semblables, pour autant de disciplines, regroupés dans une direction générale des programmes et des examens.Notre mandat allait de la maternelle à l\u2019université.Denis Vaugeois En l\u2019espace d\u2019une nuit, dès les premiers mois d\u2019existence du Ministère de I\u2019 Éducation, des centaines.de manuels et de programmes ont été mis de côté.Tout était à refaire.En priorité toutefois, nous devions avoir les yeux fixés sur les prochains examens de la fin du secondarre.En juin 1965, le Ministère avait frisé la catastrophe.Des ordinateurs géants avaient fait leur apparition et un docimo- logue, fraîchement diplômé d\u2019une université américaine, avait présidé à la préparation d\u2019examens de type objectif.Ce fut la pagaille.Des étudiants qui n\u2019avaient pas fait l\u2019examen recevaient des résultats et d\u2019autres qui l\u2019avaient fait n\u2019en recevaient pas.Les notes de passage étaient établies de façon fantaisiste.Le fier Ministère de I\u2019 Éducation, encore dans ses langes, avait vacillé.Les anciens du Département de l\u2019Instruction publique étaient trop civilisés pour pavoiser et acceptaient de seconder les nouveaux venus qui eux ne doutaient de rien.La population qui assistait impuissante à une improvisation généralisée dans le domaine de l\u2019éducation renvoya aux douches, en juin 1966, Lesage et son équipe du tonnerre.La création du Ministère de l\u2019Education était devenue une entreprise de démolition.Dans notre ouvrage de synthèse, Canada-Québec publié à l\u2019automne 1968 sous le titre Histoire 1534-1968, nous ra contons les orgmnes de l\u2019opération 55 qui entraînait dans son sillage d\u2019immenses polyvalentes construites lom des gens.L'équipe des « programmes et examens » était affolée.En haut lieu, on nous contoumait A cout d\u2019arguments pédagogiques qui n\u2019avaient aucun effet nous évoquions le coût du transport scolaire.« C\u2019est le Ministère des Transports qui paiera », nous a-t-on répondu.Tout était faux sauf pour les organisateurs libéraux qui avaient renoué avec le patronage malgré les beaux dis- COUrS ».La Direction générale des programmes et examens fut abolie.Cette petite équipe d\u2019élites était en état de rébellion et refusait d\u2019être soumise au pifomètre d\u2019un mandarin.On la versa dans une direction générale de l\u2019élémentaire 48 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 et du secondaire.En quelques mois, la plupart des spécialistes recrutés à l\u2019été 1965 firent leur bagage.Je fus de ceux-là à l\u2019automne 1967.Je renouai avec l\u2019équipe du Boréal Express et, avec Jacques Lacoursière, je mis en chantier la rédaction d\u2019un ouvrage de synthèse qui ferait abstraction de tout programme.Jean Provencher vint nous rejoindre de même que quelques collaborateurs tels Paul-André Linteau et Francine Nichols.Jean Hamelin et Maurice Séguin nous épaulaient.Les examens de juin 1966 avaient été sauvés de justesse, des programmes avaient été improvisés et des documents fabriqués à la hâte tenaient leu de manuels.Les plus agés se souviennent du fameux Document « C » intitulé La civilisation française et catholique en Amérique du Nord.Ce n\u2019était pas un programme électoral mais un programme-cadre qui dégageait quinze thèmes pour guider les professeurs.On est loin de la caricature qui résume les anciens cours d\u2019histoire à de la mémorisation de dates.J\u2019ai fait mon école normale et j'ai enseigné dans is =F OR = 2 = une école normale.Je me considérais comme un pédagogue et l\u2019histoire était a mes yeux une formidable discipline de formation.Les choses ont été plus ou moins bien pendant des années jusqu\u2019au jour où on a remplacé l\u2019histoire par l\u2019univers social, euphémisme destiné à camoufler l\u2019infiltration soumoise d\u2019un cours d\u2019histoire doublé d\u2019un pan appelé éducation à la citoyenneté.Ce jour-là, le Ministère a fait fausse route.C\u2019est comme si l\u2019histoire était jugée inutile et qu\u2019il fallait lui assigner un rôle, la rendre utile, la faire « servir » à éduquer les futurs citoyens.Servir ou asservir?La valeur de l\u2019histoire L'histoire doit être enseignée pour ses propres mérites.Dans l\u2019esprit même ds nouveaux pro grammes, c\u2019est une des disciplines qui sert le mieux le développement de compétences transversales.L'histoire implique un recours constant aux nouvelles technologies, exige une méthode de travail rigoureuse, oblige à communiquer de façon claire et surtout force l\u2019exercice d\u2019un jugement critique.L'éducation à la citoyenneté est une compétence d\u2019ordre personnel et social et non seulement d\u2019ordre intellectuel.Et encore, j\u2019hésite à parler de « compétence ».On n\u2019est pas loin du dressage.S\u2019il s\u2019agit d\u2019expliquer les institutions, le mieux est nettement l\u2019approche historique.Les fameuses « études canadiennes » Cette réorientation vient de loin.Il y a longtemps qu\u2019on la préparait, elle couvait sous les « Canadian studies ».J'étais à peine débarqué au Ministère qu\u2019un certain M.Hodgetts me rendait visite.J'ai vite compris qu\u2019il cherchait à établir un lien entre la montée du nationalisme québécois et l\u2019enseignement de l\u2019histoire.J\u2019eus beau lui montrer des échantillons du matériel qui avait tenu lieu de manuels et de programmes, il s\u2019accrochait à son hypothèse et publiait en 1968 What Culture?What Heritage?A Study of Civic Education in Canada En gros, il critiquait l\u2019enseignement de l\u2019histoire à travers le Canada qui avait manqué à son rôle de soutenir « a sense of national unity » et appelait à la rescousse des fonds privés.Ils viendront sous diverses formes et on les retrouve aujourd\u2019hui dans nos écoles.Parfois des odeurs de scandale ont flot- HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUÉBEC Retour sur le passé té dans l\u2019air.Qu\u2019est devenu Robert Guy Scully?Le pire c\u2019est que ces idées et ces objectifs ont fini par contaminer les programmes.À la défense des didacti- ciens qui ont concocté les nouveaux programmes, il faut souligner que les historiens ont leurs torts, trop souvent enfermés dans leur tour, occupés à l\u2019histoire structurale, sérielle, quantitative, égarés dans les tendances, les concepts, les représentations, à discourir de modernité et d\u2019identité.L'histoire politique est venue bien près de rendre l\u2019âme.Le passé dérange, on l\u2019ignore.Il faut s\u2019en fabriquer un neuf, aimable, pacifique, inclusif.Cela a été proposé avec le plus grand sérieux du monde.Je serai gentil, je ne donnerai pas de noms.Le temps de l\u2019histoire Le rapport Lacoursière a fini par déboucher sur une nouvelle grille qui donnait plus de place à l\u2019histoire.Le rapport allait dans la bonne direction.Il se préoccupait du rôle joué par les autochtones, je dis bien du rôle et non de leur mode de représentation du monde, aussi de la contribution des divers groupes ethniques et non de leur seule existence.Le Québec n\u2019a pas attendu les nou veaux programmes pour vivre la pluralité, se nourrir de la diversité et se montrer inclusif.Il y a un lien à faire entre les orientations du programme proposé et la tentative de faire de l\u2019histoire une discipline utilitaire plutôt qu\u2019un lieu de formation.Jai tellement peur de ces citoyens qui connaîtraient par cœur leurs devoirs et leurs responsabilités et auxquels on aurait enseigné « les réalités sociales du présent à la lumière du passé ».Je conviens qu\u2019il y a un progrès par rapport aux cours de civisme d\u2019autrefois, mais je crois profondément que pour bien faire on risque de priver les Jeunes de ce qu\u2019ils auront le plus besoin tout au long de leur vie : la capacité de décoder un programme électoral, d\u2019analyser un discours politique, de se situer dans l\u2019espace et dans le temps.De savoir d\u2019où vient cette collectivité à laquelle ils appartiennent.C\u2019est l\u2019histoire qui façonne une collectivité, qui forge les mentalités, qui noue les solidarités.L histoire dite nationale fait peur ou du moms elle dérange.Raison de plus pour la connaître et la désamorcer.Pour la situer dans un large contexte et pour en connaître les composantes.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 49 litho HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUÉBEC Retour sur le passé Personne n\u2019a aussi bien résumé la situation que Marie-Andrée Chouinard (Le Devoir du 21 sep tembre 2009).Dans son éditorial intitulé « Pan de brouillard », elle décrit l\u2019opération la plus déso- Jante qui soit : « L'histoire apprise à l\u2019école repose sur un socle fragile nommé construction de la conscience citoyenne.Les dates ont laissé place aux approximations.Le défilé des généraux a cédé le pas à un inventaire flou où les noms n\u2019ont plus d\u2019importance.Les conflits du passé sont adoucis, au point que perdants et victorieux sont passés à l\u2019impossible camp de la neutralité ».Horizons bouchés?Non, pas du tout.Tout n\u2019est pas perdu, loin de là.Les débats qu\u2019ont suscités les nouveaux programmes peuvent être salutaires si on cesse de se gargariser avec des concepts fumeux, d\u2019interroger les réalités sociales et de prétendument construire une conscience citoyenne à partir de théories et de bonnes intentions.Les horaires, du moms au secondaire, font plus de place à l\u2019histoire, profitons-en pour en faire et confions cette tâche à des professeurs qui ont des connaissances historiques.Le cours d\u2019histoire ne doit pas être une « queue de tâche ».Au collégial, le défi est total.L'histoire qu\u2019on considérait comme une discipline fondamentale est absente.Les programmes des cégeps ont été préparés au cours de deux fins de semaine organisées par le fière Desbiens.D\u2019entrée de jeu, il avait décrété qu\u2019il fallait de la philosophie, mon collègue, professeur d\u2019éducation physique, avait plaidé la cause de sa discipline.Le bal était parti.J'avais invité dans mon atelier des professeurs d\u2019école normale, de collèges classiques et de départements universitaires.Ces derniers ont pris le haut du pavé.J\u2019en entends encore un déclarer que lui et ses collègues universitaires préféraient recevoir des jeunes qui auraient reçu le moins de cours possible en histoire.Ils ont gagné leur point.La parole à des professeurs Depuis 50 ans, la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec a rendu des services mestimables et donné la parole à des professeurs.Elle était déjà bien en place au moment des balbutiements du Ministère et elle a permis à maintes reprises de corriger le tir, de soutenir la motivation et d\u2019enrichir la réflexion.Jen veux pour exemple deux articles récents, parus dans la revue de la SPHQ, Traces, Tun de Marc- André Ethier dans le volume 45, no | et l\u2019autre de Marc Collin dans le volume 46, no 4.Le premier est fort éloquent avec un article intitulé « À l\u2019aide de l\u2019histoire; apprendre à exercer sa citoyenneté ».L'auteur fait comprendre qu\u2019un bon cours d\u2019histoire contribue naturellement à former l\u2019individu.« Prendre le parti d'associer l'historre à la citoyenneté n'implique pas automatiquement, écrit-il, de réduire l'histoire à un instrument de controle social, d'asservir les élèves à une vision sociopolitique prédéterminée ni de leur inculquer des préceptes civiques (payer le fisc, voter, recycler, senrôler dans l'armée, faire la charité et du bénévolat, etc.), bref de détoumer l'histoire de sa tâche ».Les responsables des programmes sont-ils d\u2019accord avec lui?Marc Collin, pour sa part, rassure ceux qui doutent de l\u2019utilité de l\u2019histoire.L\u2019histoire conduit à « une meilleure capacité d\u2019exercer la citoyenneté.[\u2026] Les bénéfices de la connaissance historique sont le résultat d\u2019une activité qui présuppose un minimum de gra- 50 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ETE 2012 tuité et d\u2019autonomie.[.\u2026] Les \u201ccompétences\u201d qui constituent les objectifs principaux du programme, \u201cinterroger les réalités sociales dans une perspective histonque\u201d, \u201cinterpréter les réalités sociales à l\u2019aide de la méthode historique\u201d et \u201cconstruire sa conscience citoyenne à l\u2019aide de l\u2019histoire\u201d, font passer le savoir historique au second plan et ne l\u2019abordent qu\u2019en tant que moyen mis au service d\u2019une fin ».Et que dire des bienfaits que donne la connaissance! ri ec ee ee tb ee is sie dE Se HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUÉBEC Retour sur le passé D enis Vaugeois a été un des principaux artisans du journal historique Boréal Express.Il est sorti de l'ombre en 1968 avec l'édition d'une synthèse historique appelée Histoire 1534-1968.1 a complété ses études classiques au Séminaire Saint-Joseph, oli il obtient un brevet A de l'École normale Jacques-Cartier en 1955, une licence en pédagogie de l'École normale secondaire de l'Université de Montréal en 1962 et une licence ès lettres de l'Université de Montréal en 1959.It est aussi titulaire d'un diplôme d'études supérieures depuis 1967, et d'une scolarité de doctorat en histoire de l'Université Laval.De 1955 à 1965, il enseigna à Trois-Rivières au Séminaire Saint-Joseph, à l'Ecole normale Duplessis et au Centre des études universitaires.Chargé de cours à Outremont, à Saint-Hyacinthe et à l'Université Laval, il a été directeur de la division de l'histoire à la direction générale des programmes et des examens au ministère de l'Education (1965 à 1967), directeur de la section québécoise au Centre franco-québécois de développement pédagogique (1967 a 1969), directeur général des relations internationales au ministère des Affaires intergouvernementales (1970 & 1974), et coordonnateur d'ententes ACDI-Québec au Maroc et au Pérou (1974 à 1976).Il a écrit plusieurs comptes rendus, articles et ouvrages en histoire.Élu député du Parti québécois dans Trois-Rivières en 1976 et en 1981, il est adjoint parlementaire du ministre des Affaires intergouvernementales (1976 à 1978), Il devient alors Ministre des Affaires culturelles (1978 à 1981), puis des Communications (1979 à 1980), Adjoint parlementaire du Ministre délégué aux Affaires parlementaires (1981 à 1984), il est par la suite directeur des Editions du Septentrion et consultant en histoire et enfin directeur général des Presses de l'Université Laval (1993 à 1995).(Adapté du site web de l\u2019Assemblée nationale) OLEATE CAMPUS CHEZ SOI CERTIFICAT EN SCIENCES DES QE DISTANCE * Formation initiale ou PES pour non-spécialistes » Formule souple et adaptée aux besoins personnels et professionnels Q ource pour les enseignants d'éthique et de culture religieuse wm ftsr.ulaval.ca \u2014\u2014\u2014 MoH UNIVERSITE mi LAVAL Faculté de théologie et de sciences religieuses TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 51 ik DIVERS MACEDOINE sph Deo la SPHQ a pour mission de promouvoir l\u2019enseignement de l\u2019his- WEBMESTRE DE LA SPHQ toire au Québec, sous tous ses aspects, auprès de ses membres et de la population en général Di faits, événements, congrès, colloques ou parutions sont ici et de contribuer à assurer l\u2019information et le soulignés.Faites-nous part de toute information que vous vou- développement professionnel de ses membres.driez y voir.Depuis février 2007, 280 000 internautes ont visité notre La SPHO ne bénéficie d\u2019aucune subvention.site Web.Et vous?Devenez membre.(514) 242-1645 Colloque international des didactiques de l'histoire, de la géographie et de l'éducation à la citoyenneté, Québec (Université Laval), les 27 et 28 octobre 2012 / De nouvelles voies pour la recherche et la pratique en Histoire, Géographie et Éducation à la Citoyenneté G ros colloque à l\u2019automne, à l\u2019Université Laval, d\u2019une durée de trois jours.L espace manque pour en mentionner ici le contenu.Voici par contre en extraits du programme provisoire quelques exemples de conférences: Vendredi 27 octobre, 10h45 - 12h15 Les manuels scolaires Président : Marc-André Éthier, Professeur au département de didactique de la Faculté des sciences de l'éducation.Directeur du Département de didactique, Université de Montréal .= Lorsque le manuel d\u2019histoire adopté par l\u2019enseignant est en rupture avec ses conceptions : quels usages effectifs dans les classes et quelles significations construites autour de ces usages : Mafhieu Bouhon, Professeur, Université catholique de Louvain, Belgique Jean-Louis Jadoulle, Professeur en didactique de l\u2019histoire, Université de Liège, Belgique.= Des manuels scolaires au service du Sonderfall helvétique (1941-1998) : Lyonel Kaufimann, Professeur formateur, Haute école pédagogique du Canton de Vaud, Suisse.= Les manuels scolaires comme médiateurs entre le curriculum et les apprentissages et entre la didactique et les disciplines : Pedro Milos, Professeur d\u2019histoire, Direction de l\u2019enseignement, Universidad Alberto Hurtado, Chili.Samedi 28 octobre, 10h45 - 12h15 Les questions socialement vives Président : Yannick Le Marec, Maître de conférences en histoire et didactique de l\u2019histoire, Université de Nantes, Francee = Comment développer la compétence sociale et civique dans la salle de classe à partir de l\u2019analyse des problèmes so- claux?: Neus Gonzalez-Monfort, Professeure, Universitat Autônoma de Barcelona, Espagne / Montserrat Oller, Professeur, Universitat Autonoma de Barcelona, Espagne / Joan Pages, Professeur, Universitat Autonoma de Barcelona, Espagne / Antonio Santisteban, Professeur, Universitat Autonoma de Barcelona, Espagne.\u2014 Débattre d\u2019une question controversée : un exemple du développement durable, plus précisément des ressources alimentaires, en particulier de la viande : François Audigier, Professeur honoraire, Université de Genève, Suisse.= Peut-on enseigner les Questions socialement vives en histoire et en géographie?Une analyse de la situation française : Nicole Tutiaux-Guillon, Professeure des universités, didactique de l\u2019histoire-géographie, IUFM, Université d\u2019Artois, France.Dimanche 29 octobre, 9h00 - 10h15, Tables de discussion , Table 2 \u2014 Le film de fiction utilisé en classe peut-il donner aux élèves une «vision de l\u2019histoire» : Dominique Briand, Agrégé d\u2019Histoire, Docteur en Sciences de l\u2019éducation, IUFM, Université de Caen Basse-Normandie, France / Gérard Pinson, Agrége d'Histoire, [UFM, Université de Caen Basse-Normandie, France.= Lalecture partagée dans l'enseignement de l'histoire : Beatriz Aisenberg, Universidad de Buenos Aires, Argentine.= Lire en histoire et en géographie : réflexion sur les supports de lecture et l\u2019accompagnement pédagogique nécessaire: Virginie Martel, Professeure en didactique des sciences humaines, Université du Québec à Rimouski.Conférence de clôture par Linda S.Levstik, Professeure, département du curriculum et enseignement, Université du Kentucky.Consulter le site web de L'Association québécoise pour la didactique de l'histoire et de la géographie (AQDHG) pour en savoir plus.52 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 50, N° 3, ÉTÉ 2012 oc 02 0: lis ii mn = : kl fk {8 ol i i i il | D Un : { 1 ih! i ! i! qu he RE, HH {iif hy i i {i ite Hi ÿ he be, hit tte i?| 0 fine di it i) I ee ity ti Di i ih ith 1 1 4 fii i ta i k fi os | | it i, 0 1, Yu = f 16 3 He it + i.ih hi RE \u2014 | : i : = 9 50 TS EG D qu ne E i Sed.= Ë ) POSTES \u2014- PUBLICATIONS NUMÉRO DE CONVENTION : 40044834 Adresse de retour weil 978 MONTREAL OC FD wk BW SPHQ, 1319-A, Chemin de Chambly Co w légal Bibliothèque LONGUEUIL, QC J4J 3X1 iy pus Holt a Montréal Québec HEG 3HL DESTINATAIRE MUSIQUE ET MISTOIRRE oar ZLES PATRIOTLS A À L'ÉCOLE i GR.La REALITÉ \u2018FORMER \u201cui : LT \u2018 Du POUVOIR DES CITOYENS - Tue ENGAGÉS RODIN guisrc RENDEZ-VOUS À RIMOUSKI _ .y.7 LS RENDE/-VOLS L'histoire au pays de Faurier CAPS Ki 4 fener ts ip AVEC L'HISTOIRE 1 a +2 Toe ~~ PATRIO! .L'ÉCOL "]
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