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Titre :
Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec
Éditeur :
  • Montréal :Société des professeurs d'histoire du Québec,1988-
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
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Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 2013-01, Collections de BAnQ.

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[" GL PER wh] Ao hw A 5-339 0 a, BAnQ GX a Sida Ta lags CA | A ; j ae EE es x] A Le \u20186 \u201c>, LL +.- M Pa 3 7 Fe 3 Ç A 0 & > \u2014 (x 2 % pt 2 ) A er XL gh + = Jl \\ ] , 2 di par 3 3 J 2 \"3X 1 er > i Ce P= = ure - - Fl Le me ae Ve: La, qu > er = = Le haat ve, ver - | > _\u2014 2m J armee += a RRS: taper A TPE wi RY ar ae fe Lv FU PA À = -p, + *% Lu 0225-9710 Volume $4 po?Foy æ No x) i i BS i a i il 2 i | ji i Bl i ik \" Ji i Jit fs 4 i (ie 1h gs Lar w } i moi HA da i ad i id mi i 1m i A Xi wl ji i i in i j i UT i j } / iy ui H j i ih ñ i / i \u2018 i Um i pi 4 Ab ih Bl 45 it 5 : {y Xe hi le ih h RR : BIRR ae TRACES Le nom de la revue Truces fait premièrement référence aux fondements de l'Histoire qui se construit à partir des preuves de la présence des humains et de leur société dans le passé.Il rejoint, en second lieu, l'empreinte spécifique laissée par l'enseignement de l'Histoire sur l'individu qui le reçoit.I] évoque, finalement, l'action et l'influence passées et présentes de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (SPHQ) dans le domaine de l'Histoire et de son enseignement au Québec.La revue Truces vise à assurer l'information et le développement professionnel des membres de la Société des professeurs d'histoire du Québec.Elle se veut le reflet du dynamisme de l'enseignement de l'histoire au Québec, un outil de perfectionnement pour fous ceux que l'enseignement de l'histoire intéresse, et le promoteur de l'enseignement des sciences humaines au primaire et de l'histoire au secondaire.Abonnements et distribution: Louise Hallé : Ihalle2@videotron.ca Dépôt légal : B.N.C.- B.NQ.Envoi de publication Date de parution : février 2013 Numéro de la convention : 40044834, port de retour garanti Parutions : 4 numéros par année Tarifs : membres de la SPHQ - inclus dans les frais d'adhésion , Abonnement annuel : Individu : 65 $ Institution : 75 $ Retraité : 35 $ - Étudiant : 35 $ Une adhésion à la SPHQ, quelle que soit sa date, donne le droit de recevoir la revue Traces au cours de l\u2019année qui suit Traces appartient aux membres de la SPHQ.Les articles peuvent être reproduits avec mention de la source, à moins d'avis contraire, et leur contenu n'engage que leurs auteurs.Pour proposer un article, contacter la direction de la revue.Un exemplaire est envoyé à chacun des auteurs.Les illustrations sont de la rédaction.Adresse postale de la SPHQ : 1319, Chemin de Chambly, bureau 202 Longueuil, Québec, J4J 3X1, (514) 242-1645 raymondbedard@videotron.ca Comité de rédaction : Laurent Lamontagne (directeur), Raymond Bédard, Félix Bouvier, Marc-Andre Ethier llamontagne@cslaval.qe.ca (450) 628-6007 Correction des épreuves : Suzanne Richard Impression : Imprimerie des Editions Vaudreuil, 2891, rue du Meunier, Vaudreuil-Dorion, Québec Publicité ou pour commander d'anciens numéros : Laurent Lamontagre : Ilamontagne(àcslaval.qc.ca Site Web de la SPHQ : Le site Web de la SPHQ est hébergé par le RÉCIT.Vous y trouverez 271 articles numérisés de 7races (1986 à 2011).Visitez-le : http://sphq.recitus.qe.ca/ HIVER 2013 de la SPHQ.hoces ct kn cre Volume 51, n°1 REPERE depuis 1989.Sommaire GRAFFITI 3 |.LE 51-1 DE L\u2019HIVER 2013, par Sandra Chiasson- Desjardins, membre du conseil d\u2019administration de la SPHQ LA SPHQ LA PRESIDENCE www.csdecou.qc.ca 4] MOT DU PRÉSIDENT., HIVER 2013, par Raymond Bédard, président de la SPHQ TEMPS FORTS 5 {- LE VOLUME 50 EN UN COUP D'ŒIL, par la ¢ rédaction ._, 8 + LE 50°CONGRES EN PHOTOS, par la rédaction 50 L\u2019ENSEIGNEMENT ANS DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE Ne 9|+ LA RÉFLEXION DIDACTIQUE DANS LA REVUE TRACES : LES ANNÉES 1993-1995 (1° PARTIE), par Félix Bouvier, UOTR, Jean-François euro- Cardin, Université Laval, Catherine Duquette, Uni- floor50.blogspot.ca versité Laval STRATEGIE D\u2019APPRENTISSAGE «LIRE EN HISTOIRE : MIEUX LIRE LES TEXTES INFORMATIFS ET S\u2019OUVRIR AUX ŒUVRES LITTERAIRES, par Virginie Martel, UQAR, Campus de Lévis VUE D'EUROPE < NAUFRAGE TRAGIQUE RUE DE GRENELLE : UN BLESSE GRAVE, par Gérard NAU- DY, TZR Histoire-géographie, Moulins sur Allier blio ot.ca HISTOIRE DU QUEBEC 32}.LE REGIME SEIGNEURIAL : UN REGARD HISTORIOGRAPHIQUE (1**PARTIE), par Michel Morissette (étudiant à la maîtrise en histoire à l\u2019Université de Sherbrooke) et Oliver Lemieux (étudiant à la maîtrise en politique appliquée à l\u2019Université de Sherbrooke) « LES FILLES DU ROI, par Suzanne Richard RECENSION « WILLIE STERNER, SURVIVANT DE L\u2019HOLOCAUSTE, par Martin Destroismaisons, enseignant au Collège St-Louis, M.A.histoire H, DIVERS Willie Sterner, 1919-2011 40|e MACÉDOINE, par le webmestre de la SPHQ www.legacy.com hoto de la couverture : Chemin d'hiver, île Saint-Quentin, (Trois-Rivières), 2000, © Hélène S.Dubois, Le monde en images, CCDMD.Le Parc de l'île Saint-Quentin dispose d'infrastructures, d'installations et d'équipements permettant d'offir au public différents services de qualité rassemblés dans un espace vert situé au centre de la ville de Trois-Rivières.À son second voyage, en 1535, Jacques Cartier érigea une croix sur l\u2019île Saint-Quentin.Elle deviendra un lieu d'échanges entre les amérindiens et les blancs.En 1650, Quentin Moral, concessionnaire et commerçant de fourrures, s\u2019établit à Trois-Rivières et laisse son nom l\u2019île.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 1 a Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (SPHQ) a été fondée à Québec le 20 octobre 1962, à l'initiative du professeur Pierre Savard (1936-1998), secrétaire de l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Université Laval, et avec la complicité du professeur Marcel Trudel (1917-2011), de la | Lé même institution, et de l\u2019abbé Georges-Etienne Proulx (1921-1998).; 1319, Chemin de Chambly, bureau 202 SM Longueuil, Québec, J4J 3X1, (514) 242-1645 DOCUMENT À PHOTOCOPIER ET À COMPLÉTER POUR JOINDRE LA SPHQ A ET POUR RECEVOIR Traces (document également disponible sur le site Web, dans la rubrique Traces) gl IDENTIFICATION (en lettres moulées, s.v.p.) ; | [916 STE LE 16191 à STE ou \u2014 Nom de 'organisme : Ma eee eee eters eee eet eee rene ee eee eens eae eee een ea erent Wl ADRESSE ok NO ieee eee TUE | L.cuncnccececsecsrereeeererseerrn ess ene serre re emesca se rranen name resserre seen serre eee ma AA ESP Province : \u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026rrerseessenere- Code postal : \u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 Li i TÉLÉPHONE : (résidence) \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026nnennnnnnnn (DUFEAU) © veers eee i PROVINCE/PAYS SI HORS QUÉBEC ! _\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026ciareaceserrsereerrenrerrrrncenverneerrereareserer ere er eres eee A COURRIEL : \u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026nrccrerrreceecrerrenerrrrereesrrrreeten erreenccrneen w IE FONCTION ORDRE D'ENSEIGNEMENT hs 0 Conseiller (e) pédagogique U Primaire j Q Directeur, directrice .0 Secondaire 140 2°10 3°0 4°0 50 I U Enseignant (e) 0 Collégial : O Étudiant (e) O Universitaire i Q Autre (précisez) ! \u2026\u2026\u2026.\u2026eriersnnenennnes ; S'IL S'AGIT D'UN ORGANISME: OU Commission scolaire (précisez): O École primaire D École secondaire O Cégep O Autre (précisez) : nn ; {0 a RÉGION ADMINISTRATIVE li O 01 Bas-St-Laurent D 07 Outaouais O 13 Laval ul Q 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean U 08 Abitibi-Témiscamingue OU 14 Lanaudière là O 03 Capitale-Nationale D 09 Côte-Nord O 15 Laurentides if OU 04 Mauricie DO 10 Nord-du-Québec DU 16 Montérégie Î O 05 Estrie D 11 Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine O 17 Centre-du-Québec | kK DU 06 Montréal QU 12 Chaudière-Appalaches O 18 Hors Québec Ÿ I COTISATION ANNUELLE Li 35 $ Étudiant (e) 35 $ Retraité (e) 65 $ Enseignant (e) 75 $ Organisme ou institution Ÿ ( RESERVE A LA SPHQ Date © iii Code de fa fonction : cco k Montant : ocean OU Chèque U Mandat O Comptant C Expédition : carte : \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.O Reçu pour fin d'impôts q Retournez avec votre cotisation a la SPHQ (adresse indiquée plus haut) 4 2 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 En Ela) li GRAFFITI Le 51-1 DE L'HIVER 2013 SANDRA CHIASSON-DESJARDINS, MEMBRE DU CONSEIL D'ADMISNISTRATION près des vacances hivernales bien ménitées, l\u2019équipe de rédaction de 7races et ses collaborateurs vous ont concocté un nouveau numéro fort intéressant.Pour ce premier de l\u2019année 2013, un court retour sur 2012 afin de souligner l\u2019année dynamique qu\u2019a connue la SPHQ semblait nécessaire.Bilans et rétrospectives alimentent donc les premières pages de la revue avec, suivant le mot du président, le volume 50 en un coup d'oeil.mre.un XCAR ieee wc aR ES LaSPHQ Maintenant que 2012 est bel et bien dernière nous et que nous pouvons désormais nous tourner vers la nouvelle année, le président de la SPHQ, Raymond Bé- dard, rappelle que l\u2019année 2013, à l\u2019instar de celle qui vient de se terminer, en sera une de commémoration historique avec le 250\" anniversaire de la signature du Traité de Paix de Paris.Est- ce que le gouvernement fédéral déploiera autant d'effort pour souligner cet événement historique qui a profondément bouleversé le sort de la colonie française comme il l\u2019a fait avec la guerre de 1812?À suivre\u2026 Un regard sur tous les articles publiés dans ses pages l\u2019année demière permet de constater que la revue Traces propose des articles variés tantôt à saveur didactique, tantôt de saveur plus revendicatrice.De plus, quelques photos du demier congrès se retrouvent dans ces pages.L'enseignement Félix Bouvier, Jean-François Cardin et Catherine Du- quette poursuivent leur recension des écrits de la revue Traces.Nous voila maintenant arrivés aux années 1993-1995.L'article qui nous est ici proposé témoigne bien des réflexions qui alimentent, à ce moment, chercheurs et praticiens quant au rôle que doit jouer l\u2019élève dans l\u2019apprentissage de la discipline historique.De plus, cette recension témoigne bien, encore une fois, du rôle important de porte-parole ou de relais que joue la SPHQ auprès des autorités concernées, voir ici le MEQ, alors que c\u2019est notamment le programme d'histoire du XX° siècle et l\u2019évaluation qui suscitent des réflexions et des questionnements.Bref, un autre pan de l\u2019histoire de la SPHQ à lire attentivement ! Puis Virginie Martel propose une réflexion fort pertinente sur les difficultés liées à la lecture de textes en histoire, en plus de suggérer plusieurs pistes très intéressantes pour y remédier.Un éclairage pour tous les enseignants soucieux d\u2019exploiter au maximum les textes en classe.Ensuite, Gérard Naudy nous offre une réflexion poétique et personnelle sur les dérives de l\u2019école française\u2026 Voilà un sujet tout aussi d\u2019intérêt au Québec.Est-ce que nos dirigeants prendront le temps, en 2013, de réfléchir à l\u2019avenir du système scolaire québécois en général et sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire en particulier?Le Sommet sur l\u2019éducation accordera-til une petite place à la question de l\u2019enseignement de notre histoire nationale au niveau DE LA SPHQ ÉCRIVEZ-NOUS! eee se fera un plaisir de publier les commentaires et les analyses de ses lecteurs dans le volume 51 de 2013.Les prochaines dates de tombée sont le 10 mars et le 10 mai.Utilisez votre courriel (ou un autre support électronique) et envoyez vos propos à la rédaction en indiquant vos coordonnées complètes.collégial dans les multiples ow | discussions et rencontres prévues?L'histoire Michel Morissette ef Oli- smd vier Lemieux nous offrent un premier tour d'horizon d\u2019un aspect incontournable de notre histoire nationale : le régime seigneunal.L\u2019article nous amène à poser un regard plus éclairé sur cette organisation terntoriale à travers l\u2019étude de l\u2019historiographie qui traite de ce mode d\u2019organisation des terres.Enfin, Suzanne Richard et Martin Destrois- maisons vous suggèrent des lectures pour rester bien au chaud lors de ces journées froides d'hiver.Bonne année et bonne lecture! Photo de la couverture hemin d'hiver, île Saint- Quentin, 2000, © Hélène S.Dubois, Le monde en images, CCDMD.Le Parc de l'île Saint- Quentin dispose dinfastruc- tures, d'installations et d'équipements d'offrir au public différents services de qualité rassemblés dans un espace vert situé au centre de la ville de Trois- Rivières, À son second voyage, en 1535, Jacques Cartier érigea une croix sur l\u2019île Saint-Quentn.Elle deviendra un lieu d'échanges entre les amérindiens et les blancs.En 1650, Quentin Moral, concessionnaire et commerçant de fourrures, s\u2019établit à Trois-Rivières et laisse son nom l\u2019île.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 3 An AR Ue albert MT I Cars SLL ONE EE LR VE QE CA Nu \"at dé.un ST CE LA PRÉSIDENCE MOT DU PRÉSIDENT, HIVER 2013 RAYMOND BÉDARD, PRÉSIDENT DE LA SPHQ L\u2019 SPHQ se porte bien et notre dernier congrès, fort apprécié de nos membres, en est la preuve.En effet, un excellent taux de participation, de nombreux exposants, un lieu convivial et des conférenciers et animateurs dynamiques et passionnés, une soirée festive au Trou du Diable et une visite de Shawinigan fort enrichissante, voilà une formule qui répond aux attentes de nos membres.Nul doute que notre prochain congrès, qui se tiendra le 1\u201d et le 2 novembre 2013 en Montérégie, saura vous plaire.Les membres du conseil d\u2019administration de la SPHQ travaillent déjà à ce rendez-vous annuel incontoumable pour les enseignantes et enseignants passionnés.Nouvelle année historique.Après la très médiatisée Guerre de 1812 par le gow vemement fédéral, que nous réserve 2013 en commémoration historique?D\u2019emblée, il m\u2019apparaît difficile de passer sous silence le 250 ami versaire de la signature du Traité de Pans.Le 10 février 1763, des manifestations de joie accompagnées de feux d\u2019artifice à Versailles soulignaient la ratification d\u2019un traité mettant fin à la Guerre de Sept ans qui sévissait non seulement en Europe, mais dans l\u2019ensemble des colonies d\u2019Amérique, d\u2019Affiqgue et d\u2019Asie.Mais encore plus, ce traité scella le sort de l\u2019Amérique du Nord qui passa officiellement sous la domination de la Grande-Bretagne (hormis les îles Saint-Pierre- et-Miquelon).La France de Louis XV atelle sous estimé le potentiel de ses colonies de la Nouvelle- France?Ft la Grande- Bretagne de George III at elle fait un investissement rentable?Des questions toujours pertinentes.Cinquante ans plus tôt, le 7 Juillet 1713, une grande cérémonie avait eu lieu à la cathédrale Saint-Paul de Londres où étaient conviés la reme Anne, tous les membres du Parlement britannique ainsi qu\u2019une partie de la population de la Cité.Le compost teur officiel de la cour George Frédenc Haæendel dirigea pour l\u2019occasion son Te Deum d\u2019Utrecht pour souligner la fin de la Guerre de Succession d\u2019Espagne.En effet, en avril 1713, à Utrecht aux Pays-Bas, une série de traités étaient signés pour mettre fin à la Guerre de Succession d\u2019Espagne qui faisait rage en Europe et dans ses colonies depuis le début du 18 siecle.Un Louis XIV en fin de règne cédait Terre-Neuve, l\u2019Acadie (sauf l\u2019Ile-Royale) et la baie d\u2019Hudson.Il est cependant peu probable que ce 300° anniversaire trouve écho dans les médias.Nouveau gouvernement à Québec L\u2019amivée au pouvoir d\u2019un gouvemement du Parti québécois aura-t-elle un impact sur les programmes d\u2019enseignement en histoire ?C\u2019est un dossier à suivre de près puisque, selon la Coalition pour l\u2019histoire, certains irri tants sont toujours présents dans ces programmes et qu\u2019il y a place pour l\u2019amélioration.Mais le statut de gouveme- ment minontaire limrtera peut-être la marge de ma nœuvre de la nouvelle mi niste de l\u2019Education Mme Marie Malavoy.Cinéma et histoire Outils pédagogiques ou simples divertissements, les films historiques ont encore la cote.Ainsi l\u2019histoire des Etats-Unis, de par son industrie cmématographique florissante, remporte la palme avec de nombreuses productions de prestige.La guerre de Sécession, déjà souvent traitde, a son grand cru cette année avec Lincoln de Stephen Spielberg, La crise des américains en Iran où l\u2019ambassade du Canada joua un rôle de premier plan se trouve abordée avec Argo, de Ben Affleck.Puis un premier film sur la traque du chef d\u2019Al-Qaïda, Ben Laden, par Kathryn Bigelow, avec Opération avant l'aube.Au Québec, on s\u2019ouvre sur le monde avec Rebelle, de Kim 4 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 Nguyen, qui nous montre la triste réalité des enfants sol dats en République du Congo, tandis que Inch Allah d\u2019Anaïs Barbeau-Lavallette nous entraîne au coeur des tensions entre Israël et la Palestine.Du côté européen, la Deuxième Guerre mondiale est toujours un sujet qui inspire les cinéastes, ainsi, In Darkness (amvée en DVD en 2012) d\u2019 Agnieszska Holland nous révele-til cet incroyable destin de Juifs qui ont vécu plusieurs mois dans les égouts afin d\u2019éviter la mort dans les ghettos de Pologne.Etlabd.En terminant, un petit mot sur un ouvrage ongmnal part culièrement intéressant et fort bien écrit par une équipe d\u2019historiens spécialisés, Les personnages de Tintin dons l'histoire, Les événements qui ont inspiré l'œuvre d'Hergé, en deux volumes.C\u2019est tout le 2(F siecle qui y est traité, de la colonisation du Congo a la Guerre froide en passant par l\u2019exploitaton du pétrole au Moyen-Orient et la Révolution cubaine, au fil des aventures du célèbre journaliste.Le mot de La fin La SPHQ poursuit sa mission avec dynamisme et tient à vous remercier de la con- flance que vous lui témoignez depuis de nombreuses années.Bonne année 2013.| PAR te Su (mn M Ids | ak nk ik II Wi DID Hi 11 day ig 1e wf ui | wi ea i ir eg i lg xl qi ni és =.Fa: A x TEMPS FORTS LE VOLUME 50 EN UN COUP D'ŒIL PAR LA RÉDACTION DE TRACES Volume 50, n°1, hiver 2012 Sommaire RAFFITI \u2014 .UN NUMÉRO DIVERSIFIÉ, par Marc-André Ethier, comité de rédaction de Traces LA SPHQ LA PRÉSIDENCE RENOUVEAU ET ANNIVERSAIRES, par Raymond Bédard, président de la SPHQ TEMPS FORTS LE VOLUME 49 EN UN COUP D'ŒIL, par la rédaction - LE 49°CONGRÈS EN PHOTOS, par la rédaction L'ENSEIGNEMENT HISTOIRE NATIONALE .L\u2019INTERDISCIPLINARITÉ ET L\u2019HISTOIRE NATIONALE, DES ELEMENTS DE BASE DE L\u2019EUVRE MAJEURE DU BOTANISTE MARIE- VICTORIN, par Félix Bouvier, UQTR, Ghyslain Samson, UQTR PROBLEMATISATION DES APPRENTISSAGES - \u2019ENSEIGNEMENT DE L\u2019UNIVERS SOCIAL ET LA NECESSITE DE PROBLEMATISER LES APPRENTISSAGES, par Anderson Araûjo-Oliveira, pro- fesseur-chercheur, Unité d\u2019enseignement et de recherche en Sciences de l\u2019éducation, Université du Québec en Abi- tibi-Témiscamingue VUE D'EUROPE « JUSTE LE TRAVAIL JUSTE, par Gérard Naudy, TZR, Histoire- géographie, Moulins sur Allier COMPTE RENDU DE LECTURE - Didactique de l\u2019univers social au primaire.Contenus disciplinaires et suggestions d\u2019activités pour les 2° et 3° cycles, par Marie-Hélène Brunet, étudiante au doctorat, département de didactique, Université de Montréal - Chronique de lecture : sur la récente biographie de Gilles Lamontagne, par Nicolas de Surmont, collaboration spéciale L'HISTOIRE ARCHÉOLOGIE ET HISTOIRE DEJA 20 ANS, par Jean-Claude Richard, collaboration spéciale L\u2019HISTOIRE ET SON ENSEIGNEMENT .PROJET « OBJETS D\u2019HISTOIRE », par Raymond Bédard, école intemationale de McMasterville DIVERS - MACÉDOINE, par le webmestre de la SPHQ Volume 50, n°2, printemps 2012 Sommaire GRAFFITI PRINTEMPS ÉTUDIANT, par Madeleine Vallières, ca.de la SPHQ LA SPHQ LA PRÉSIDENCE D'UN PRINTEMPS À L'AUTRE, par Raymond Bé- dard, président de la SPHQ TEMPS FORTS - LE 50° CONGRÈS DE LA SPHQ DE 2012, par Sandra Chiasson- Desjardins, c.a.de la SPHQ .APPEL D\u2019ARTICLES AUX ENSEIGNANTES ET ENSEIGNANTS POUR LE NUMERO SPECIAL DE L\u2019ÉTÉ 2012 DE TRACES, par Laurent Lamontagne, rédacteur de Traces OÙ SONT PASSÉS LES CONSEILLERS PÉDAGOGIQUES?Par Raymond Bédard et Félix Bouvier, président et vice-président de la SPHQ L'ENSEIGNEMENT ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE ENQUÊTE AU SECONDAIRE DE LA COALITION POUR L\u2019HISTOIRE : LES RÉSULTATS, par Laurent Lamontagne, rédacteur de Traces RESSOURCES ÉDUCATIVES « L\u2019'IDÉAL DÉMOCRATIQUE DES PATRIOTES DE 1837-1838 : UN CONCOURS POUR LES ELEVES DU SECONDAIRE, par Luc Guay, professeur retraité de l\u2019Université de Sherbrooke - LE FILM ET L\u2019ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE : EN FAIT-ON TOUJOURS UN BON USAGE?Par Fariza Yessad, étudiante au baccalauréat en enseignement TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 5 dt a aa 2 Re el te CE TE Se HE TEMPS FORTS Le volume 50 en un coup d'oeil secondaire, Université de Montréal - LIRE ENTRE LES IMAGES, par Roxane Genty, étudiante au baccalauréat en enseignement secondaire, Université de Montréal DIDACTIQUE/PÉDAGOGIE .COMMENT AIDER LES ÉLÈVES AYANT UN TROUBLE D\u2019APPRENTISSAGE QUI SUIVENT LES COURS D'HISTOIRE DU CHEMINEMENT REGULIER?Par Jessie Leblanc, étudiante au baccalauréat en enseignement secondaire, Université de Montréal ÉDUCATION À LA CITOYENNETÉ L\u2019'ÉDUCATION À LA CITOYENNETÉ : CE QUE LA RECHERCHE DIT ET CE QUE LES ENSEIGNANTS FONT.par Karen Cloutier, étudiante au baccalauréat en enseignement secondaire, Université de Montréal L\u2019HISTOIRE ; HISTOIRE DE L\u2019ÉDUCATION - LES CLERCS DE SAINT-VIATEUR AU COLLÈGE DE JOLIETTE : PAS SEULEMENT DES PEDAGOGUES DES ARTS MAIS AUSSI DES SCIENCES, par Christian Morissonneau, Université du Québec à Trois-Rivières CLIO ET LES JEUNES CLIO EN RENFORT'! Par Jean-Claude Richard, consultant en didactique de l'histoire ÉPHÉMÉRIDES 1962-2012 : 50 ans! Par Laurent Lamontagne, président de la SPHQ de 2004 à 201 1 DIVERS - MACÉDOINE, par le webmestre de la SPHQ Volume 50, n°3, été 2012 Sommaire GRAFFITI ; \u201c2037, par Laurent Lamontagne, rédacteur de Traces LA SPHQ LA PRESIDENCE -MOT DU PRESIDENT, ETE 2012, par Raymond Bédard, président de la SPHQ TEMPS FORTS « RETOUR DE VIMY, par Raymond Bédard, président de laSPHQ LA REVUE TRACES AUX ORIGINES DE LA SPHQ, UNE PENSÉE DIDACTIQUE NOVATRICE, par Jean-François Cardin, Université Laval et Félix Bouvier, Université du Québec à Trois-Rivières, avec la collaboration de Catherine Du- quette, Université du Québec à Chicoutimi SUR LA PISTE DE TRACES.ÉPOPÉE DE LECTURE EN BIBLIOTHEQUE, par Catherine Duquette (Ph.D.), Université du Québec à Chicoutimi L'ENSEIGNEMENT ENSEIGNER DANS LES ANNÉES 1960 - L'APPRENTISSAGE SUR LE TAS, DANS LES ANNEES 1960., par Michel Allard, professeur associé au département de didactique, Université du Québec à Montréal LA SPHQ, L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE ET MOI, par Jean-Claude Richard, consultant en didactique de l'histoire; ex-directeur de 7races; chargé de cours à l'Université du Québec à Trois-Rivières ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE .UN PROBLÈME DE COMMUNICATION OU DE PERCEPTION?CONFUSIONS MULTIPLES AUTOUR DE L\u2019ENSEIGNEMENT DE L\u2019HISTOIRE, par Micheline Dumont, didacticienne - HOMO SAPIENS ET HOMO NUMERICUS À LA MEME ECOLE, par Luc Guay Ph.D., didactique de l\u2019histoire, professeur retraité de l\u2019Université de Sherbrooke - ANALYSE DES DISCOURS SUR LA NATION, LES REFORMES ET LA REVOLUTION MONDIALE, par David Lefrançois, Université du Québec en Outaouais et Marc-André Ethier, Université de Montréal L\u2019HISTOIRE HISTOIRE DE LA SPHQ - MES DIX ANS AU C.A.DE LA SPHQ, par Félix Bouvier, Université du Québec à Trois-Rivières » LA SPHQ A 50 ANS, par Jean-Vianney Simard, président de la SPHQ de 1992 à 1996 6 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 \u2014 2e ES 0e gs EN ee 0e (SSP 0e er iy i i TEMPS FORTS Le volume 50 en un coup d'oeil HISTOIRE DE L'ÉDUCATION AU QUEBEC .LES REFORMES EN ÉDUCATION.UNE CLÉ POUR S\u2019EN SORTIR, par Bruno Deshaies, directeur de la division de l'enseignement des sciences humaines au primaire et de la géographie, de l'histoire et de l'économique au secondaire au ministère de l\u2019Education (1969- 1977) RETOUR SUR LE PASSE, par Denis Vaugeois, historien et éditeur, directeur de l\u2019enseignement de l\u2019histoire au ministère de l\u2019Education (1965) DIVERS - MACÉDOINE, par le webmestre du site Intemet de la SPHQ Volume 50, n°4, automne 2012 Sommaire .PRESENTATION DU 50° CONGRÈS, par Raymond Bédard, président de la SPHQ MESSAGE DE LA MINISTRE DE L'ÉDUCATION, DU LOISIR ET DU SPORT, MME MICHELLE COURCHESNE .MESSAGE DU MAIRE DE SHAWINIGAN, M.MICHEL ANGERS .CONFÉRENCE D'OUVERTURE DE M.CLAUDE BELLAVANCE, DIRECTEUR DU CIEQ-UQTR .HORAIRE DU 50°CONGRES ORDRE DU JOUR DE LA 50° ASSEMBLEE GE- NÉRALE .ORGANISMES PRÉSENTS AU 50°CONGRÈS .GRILLE DES ACTIVITÉS .DESCRIPTION DES ACTIVITÉS DU VENDREDI 2 NOVEMBRE .DESCRIPTION DES ACTIVITÉS DU SAMEDI 3 NOVEMBRE CONCOURS LIONEL-GROULX 2012-2013, 35° ÉDITION / HISTOIRE LOCALE .COMMENT VOUS RENDRE À L\u2019AUBERGE GOUVERNEUR DE SHAWINIGAN .FICHE D'INSCRIPTION AU 50° CONGRÈS Volume 50, no 1, Volume 50, no 3, Volume 50, no 2, printemps 2012 Volume 50, no 4, automne 2012 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 7 oti.SOOONK - wba voce 2 R- TEMPS FORTS LE 50° CONGRÈS DE LA SPHQ EN PHOTOS.PAR LA RÉDACTION DE TRACES uelques photos du 50* congrès : à droite Claude Bel- lavance, de l\u2019UQTR; en-dessous ici, de gauche à droite, Linda Matteau (mère d'Emy Gagnon), Claudia Gagnon, Emy Gagnon, gagnante du concours Lionel- Groulx et François Garceau, son enseignant d\u2019histoire; en- dessous, dans l\u2019atelier d\u2019ERPI, on aperçoit Geneviève Goulet, debout; en bas à droite, trois des auteurs de L 'His- foire nationale à l'école québécoise.Regards sur deux siècles d'enseignement.Merci à Suzanne et Jean-Claude Richard pour leur grand support a Ÿ Claude Bellavance, conférencier d'ouverture, Directeur du CIEQ-UQTR, codirecteur du CIEQ, coresponsable du comité scientifique du CIEQ.Photo de Jean-Claude Richard.Sia rca a 4 5: AA GE Au centre droit, Émy Gagnon, gagnante Visite de Shawinigan.Merci à Mario Lachance, du concours Lionel-Groulx.Photo de Jean-Claude Richard.d'Appartenance Mauricie.Photo de Jean-Claude Richard.Atelier d'ERPI.Photo de Jean-Claude Richard Paul Aubin, Félix Bouvier et Gabriel Arsenault.Photo de JCR 8 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 CR IS DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE LA RÉFLEXION DIDACTIQUE DANS LA REVUE TRACES TIE) FÉLIX BOUVIER, UQTR JEAN-FRANÇOIS CARDIN, UNIVERSITÉ LAVAL CATHERINE DUQUETTE, UNIVERSITÉ LAVAL n 1993-1995, les programmes de 1982 en histoire sont à maturité.Toujours importants et réguliers, les écrits et les réflexions de nature didactique qui en émanent continuent d\u2019enrichir ceux que l\u2019enseignement-apprentissage de l\u2019histoire intéresse.La revue 7races de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec (SPHQ) continue en effet d\u2019être l\u2019organe de diffusion privilégié de ceux qui réfléchissent et écrivent par exemple sur les tenants et aboutissants conceptuels et didactiques de ce qui entoure ce qui se passe, ou devrait se passer, en classe d\u2019histoire.Certains autres réfléchissent aussi à la nature épistémologique de l\u2019histoire et de ce que cela implique quant à son apprentissage.À travers cela, la revue Traces continue d\u2019être le principal promoteur de l\u2019histoire et de son enseignement, solidifiant ainsi le rôle et l\u2019influence de la SPHQ auprès du milieu et des enseignants.Ce sont là quelques-unes des constatations qui ressortent de la lecture des articles de ces années 1993 à 1995 qui se concluront par des réflexions de fond sur la nature et les composantes de ce que devrait être l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec à l\u2019avenir, c\u2019est-à-dire au tournant du vingt et unième siècle.Volume 31, numéro 2, mars/avril 1993 En c printemps 1993, Ghis- lame Couturier-Tremblay, conseillère au primaire de la SPHQ, propose un projet pédagogique qui part du vécu des enfants \u2014 l\u2019étude de leur municipalité \u2014 pour favoriser leur apprentissage de l\u2019histoire.Elle développe l\u2019armature didactique du projet en le reliant aux différentes exigences formulées par le programme par objectifs de 1982 (objectif général, objectifs terminaux, objectif intermédiaire, habiletés techniques, attitudes, matériel didactique, intention pédagogique, etc.).Puis, elle propose une démarche en trois étapes : re ES 2 ds A A BRE.in MA TA ini Hn i la phase d\u2019exploration, la phase de recherche de traitement de l\u2019information, puis la phase d\u2019échange\u2019.Lorsque l\u2019on analyse ce projet aux premier et deuxième cycles du primaire, il est difficile de ne pas y voir de solides liens avec les programmes actuels au même ordre d\u2019enseignement, ceux implantés à partir de l\u2019année 2000.L\u2019auteure traite d\u2019un «projeb» se développant sur un temps assez long.Or, le projet a ét brandi au début de la réforme, notamment au primaire, comme la stratégie privilégiée pour développer les compétences du programme Géographie, histoire et éducation à la citoyenneté.Dans la même veine, il est difficile pour les didacticiens que nous sommes de ne pas voir les trois compétences disciplinaires des programmes d\u2019histoire et éducation à la citoyenneté (HEC) du secondaire derrière la démarche en trois temps et la mise en situation en 5 étapes qui sont ici proposées.La phase d\u2019exploration ressemble à la compétence interroger dans une perspective historique, la phase de recherche et de traitement de l\u2019information est ni plus ni moins que l\u2019interprétation du passé à l\u2019aide de la méthode historique, la deuxième compétence disciplinaire et la phase d\u2019échange sont tout à fait compatibles avec la cons- LES ANNEES 1993-1995 (1° PAR- Volume 31, numéro 2, mars/avril 1993 Photo de la couverture : Trois-Rivières vers 1935.Archives nationales du Québec.Direction de Montréal, de Laval, des Laurentides et de la Montérégie.Collection \"Marthe et Gérard Lépine\" : p.248- TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 9 = ADRS AEN NN A he ES ER & EY = A OR SA DO a BB DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE La réflexion didactique.Volume 31, numéro 3, mai/ Juin, /juillet Photo de 5 couverture : Pointe-à-Callières, Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, Edifice de l\u2019ancienne douane, Exposition permanente.\"Montréal, lieu de commerce et d'échanges : du Wampum a la carte de crédit\".truction de la citoyenneté de l\u2019élève.Au fait, il n\u2019y a rien là de bien mystérieux, puisque les trois compétences en HEC reproduisent en quelque sorte la séquence classique des trois temps pédagogiques.Le conseiller pédagogique et chargé de cours Gilles Berger propose ensuite un mo- dele théorique de l\u2019apprentissage issu des écrits de David Ausubel\u2019.Même si l\u2019article s\u2019avère peu précis sur les processus pédagogiques à suivre pour la mise en application de la méthode suggérée, il est néanmoins révélateur d\u2019une certaine vogue théorique à cette époque (1990-1995), nous semble-t-il, celle découlant du cognitivisme et plus spécifiquement de l\u2019organisation et de la hiérarchisation des connaissances.Volume 31, numéro 3, mai/juin/juillet 1993 Dans un court article, Grégoire Goulet, vice-président aux affaires extemes de la SPHQ, indique aux membres de la Société qu\u2019un processus de consultation pour le cours d'histoire du XX*siècle est «enfin» amorcé\u2019.En soi, cet article est un témoin du fait que la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec Joue toujours un rôle de «défense corporative» de l\u2019enseignement de l\u2019histoire dans Traces en cette première moitié des années 1990.La proportion d\u2019articles de ce type semble toutefois nettement en baisse par rapport aux années 1960 et 1970 alors qu\u2019il était beaucoup question d\u2019enseignement et de promotion de l\u2019histoire nationale, par exemple.Ici, c\u2019est le cours d\u2019histoire du XX\u2018 siècle qui cause, semble-t-il, des maux de tête aux ensel- gnants depuis sa sortie la fin des années 1980.Le lobby de la SPHQ auprès du ministère de l\u2019Education (MEQ) semble avoir porté frut puisque l\u2019association est impliquée de près avec le ministère où Marius Langlois dirige une équipe pour produire un guide pédagogique complémentare au pro gramme officiel.La didacticienne Nicole Le- brun, de l'UQAM, propose ensuite une réflexion sur le concept de culture en sciences humaines.Pour elle, ce concept, en éducation, est d\u2019abord celui de la formation de l\u2019espfit par opposition à un simple cumul de connaissances.Elle explore entre autres les concepts de culture totale ou de culture nationale, ainsi que le concept de sous- culture.Pour cette didacti- cienne, «L\u2019environnement culturel demeure ainsi la plus forte influence qui s\u2019exerce sur le comportement social de la grande majorité des gens.Un individu ne perd Jamais les empreintes et les marques de la culture dans 10 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 laquelle il a originellement grandi\u201d, Elle aboutit ensuite à une définition opérationnelle.du concept de culture qui est la suivante : «La culture peut être ainsi définie comme un ensemble de règles, d\u2019habitudes, de comportements, de façons de faire conditionnant le fonctionnement des individus d\u2019une communauté\u2019.Les comportements appris, les coutumes ainsi que les objets qui sont fabriqués en lien avec les comportements font tous partie de la culture.Le- brun conclut son exploration théorique fine du concept de culture en suggérant des pistes d\u2019application pédago- gque.En premier lieu, sont présentés le jeu de rôle, le jeu et la simulation.Ces stratégies permettent à l\u2019élève du primaire de reproduire une situation réelle ou hypothétique et de s\u2019engager de façon active dans ses apprentissages.L\u2019enquête et la représentation sous forme de graphiques sont également perçues comme d\u2019excellents moyens de développer le concept de culture : «des projets réalisés à l\u2019aide de tels outils sur la présence, l\u2019origine et la composition multiethnique de la classe, de l\u2019école, de la région, etc., ainsi que la comparaison des différents profils pour en dégager les ressemblances et les différences permettent a [i ci 1 ik m di m0 ure 0 ga (® IR AN or i nw iu & 1 l\u2019élève une représentation concrète et un traitement structuré des informations sur les différentes communautés culturelles», œtte démarche, ajouterions-nous, pourrait aussi s\u2019appliquer à la communauté nationale et à d\u2019autres phénomènes de société.En ce même été 1993, Gabriel Auclair, stagiaire à l\u2019école Paul-Hubert de Ri- mouski, s\u2019interroge sur le rôle de l\u2019histoire dans la formation fondamentale des élèves au secondaire.Auclair note qu\u2019en 1993 l\u2019école québécoise tient à enseigner la démarche historique et que c\u2019est cette démarche qui vient la lier à la formation fondamentale.En effet, cette démarche demande une bonne capacité de lecture, de la cohérence dans l\u2019expression orale et écrite, mais surtout elle a un rôle important à jouer dans l\u2019apprentissage d\u2019une pensée critique et méthodique.En d\u2019autres mots, la démarche intellectuelle de l\u2019histoire est la pensée historique, que l\u2019on peut définir comme «un mode de réflexion critique doublé d'une méthode de travail éprouvée»!!.L'auteur termine cet article de nature épistémologique en disant que, pour lui, I objectif del\u2019 enseignant d\u2019histoire n\u2019est pas nécessairement de faire aimer la discipline à ses élèves, mais plutôt de leur faire réaliser des ap- DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE prentissages précis d\u2019ordre cognitif et de l\u2019ordre des habiletés.Volume 31, numéro 5, novembre/décembre 1993 Deux enseignants de la Polyvalente Calixa-Lavallée, Denis Langlois et Gilles Forget, présentent aux lecteurs de Traces les grandes lignes théoriques ayant présidé à la confection d\u2019un cahier d\u2019exercices novateur qu\u2019ils viennent de publier à compte d'auteur et qui a le même titre que leur article, Une clé pour l'histoire\u201d.Les auteurs indiquent qu\u2019ils ont modifié leur approche pédagogique afin d\u2019y inclure des activités structurant les informations présentées.En catégorisant et en regroupant les connaissances en unités qui sont significatives pour les élèves, ces demiers développent l\u2019habileté à retenir et à comprendre de plus en plus d'informations.C\u2019est pourquoi ces enseignants incluent dans leur pratique des tableaux, des schémas explicatifs et des cartes conceptuelles.Pour que cette méthode d'enseignement soit véritablement profitable, Lan- glois et Forget indiquent que les élèves doivent être conscients des stratégies utilisées.Ils doivent de plus multiplier les activités pour que ces procédés deviennent des automatismes.L\u2019une des méthodes employée est la caté- La réflexion didactique.gorisation de l\u2019étude des so- clétés selon des facteurs prédéfinis : politiques, économiques, etc.On peut aussi proposer l'assemblage des idées en réseaux pour ainsi développer l\u2019esprit de synthèse des élèves.Revenir sur la matière enseignée est également présenté comme une condition importante de l\u2019apprentissage.Les auteurs ont donc favorisé une démarche en spirale, faite de retours sur les connaissances et le processus d\u2019organisation.En somme, cet article relate une méthode d\u2019enseignement référant au cognitivisme, dans la mesure où il s\u2019intéresse à la fameuse «boîte noire» que constitue le cerveau de l\u2019élève et la façon qu\u2019il a de gérer l\u2019information.Les auteurs auront certainement contribué à une plus grande préoccupation, à compter de ces années, envers l\u2019organisation puis la hiérarchie des concepts et des connaissances factuelles.Par contre, certains didacticiens se sont alors montrés critiques, qualifiant le cahier de «méo- mécaniste».L\u2019année 1993 se conclut par un autre article à teneur théorique sur les bienfaits de l\u2019enseignement des sciences humaines au primaire.Pour Nicole Lebrun, les principales contributions des sciences humaines à la formation des enfants sont au Volume 31, numéro 5, novembre/ décembre 1993 Photo de la couverture : Les sciences humaines au primaire.Archives de Traces.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 11 DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE La réflexion didactique.5.28 DA CCH II Se NAS: Volume 32, numéro 1, janvier/février 994 Photo de la couverture : Québec, rue du Petit-Champlain pendant les Médiévales, été 1993.nombre de quatre : |.la compréhension des concepts; 2.devenir membre à part entière de la société; 3.favoriser l\u2019acceptation des autres cultures et 4.favoriser un esprit démocratique\u201d.On remarque ici que les trois dernières composantes qu\u2019elle privilégie comme bienfaits des sciences humaines réfèrent à des éléments du développement de la citoyenneté.Aussi, les sciences humaines favorisent une démarche réflexive chez l\u2019élève, de même que l\u2019affirmation de la pensée critique.Lebrun conclut par une affirmation qu\u2019une observation empirique sur le terrain confirme, à savoir que l\u2019enseignement des sciences humaines au primaire constitue un défi de taille puisque les enseignantes tendent à favoriser les autres disciplines.Volume 32, numéro 1, janvier/février 1994 Servant à l\u2019évidence de relais d\u2019information au MEQ sur les programmes et leur évaluation, la revue Traces publie un article à caractère technique sur les présupposés théoriques de l\u2019examen d\u2019histoire du Québec-Canada à venir en juin 1994 quant à ce qui est attendu des élèves\u201d.Le conseiller pédagogique Gilles Berger, de la Commission scolaire Jérôme Le Royer, propose ensuite un article où il se demande si la pédagogie non directive promue par Rogers est applicable dans le contexte des années 1990, avec les programmes par objectifs post 1982.Rappelons que la structuration des programmes des années 1980 autour d\u2019objectifs précis, nombreux, clairs et reliés entre eux par une hiérarchie d\u2019objectifs tout aussi claire, avait notamment pour but de répondre au flou et à la grande liberté des programmes cadres des années 1970.On se souvient également que les didacticiens André Lefebvre, Michel Al- lard et Geneviève Racette Jugeaient que ces programmes et devis de 1982 étaient trop «tigides»» par comparaison aux programmes des années 1970.Nous déduisons ici que Berger devait également partager cette interprétation, puisqu\u2019il tente de concilier l\u2019approche dite rogérienne, avec l\u2019approche encadrante des programmes de 1982.Ce modèle comprend deux phases : 1.la création d\u2019un climat mutuel d\u2019acceptation et de confiance, puis 2.la poursuite de buts individuels et/ou de groupe, ce qui suppose de demander aux élèves leurs attentes et d\u2019identifier les intentions d\u2019action.Conséquemment, l\u2019enseignement est basé sur «un principe : clarifier les attitudes de l\u2019élève en les reflétant pour développer trois attitudes» \u201d.Ces façons d\u2019être sont l\u2019au- 12 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 thenticité, l\u2019empathie et l\u2019acceptation inconditionnelle.Berger croit que l\u2019approche rogérienne fait le lien entre le savoir, le savoir-faire et le savoir-être qui sont au cœur du programme par objectifs.Enfin, il est tentant de faire le lien entre l\u2019approche de Rogers, centrée sur l\u2019élève et son point de vue, d\u2019une part et, d'autre part, l\u2019approche constructiviste, également centrée sur l\u2019apprenant, à la base des programmes actuels.Toutefois, nous ne prétendons pas ici qu\u2019il y ait correspondance parfaite, du fait notamment que le constructivisme découle de la psychologie cognitive et non de la psychologie de la personne comme dans le cas des idées développées par Rogers.En ce même hiver 1994, l\u2019étudiante en didactique de l\u2019histore à l\u2019Université de Montréal, Isabelle Dallafior, présente un projet d\u2019enrichissement en histoire.Il prend la forme d\u2019un club de lecture où les élèves sont amenés à lire, partager et critiquer des romans historiques °.Quels en sont les avantages?Développement du sens critique, partage et mise en commun d\u2019informations, éclosion ou progression de l\u2019empathie historique, échange et confrontation de point de vue sur les phénomènes historiques abordés, etc.Encore une fois, comme c\u2019est le cas régulière- ment depuis les années 1960, les pages du Bulletin de liai- sowTraces poussent dans la direction d\u2019un enseignement riche de l\u2019histoire, axé moins sur la transmission de connaissances déclaratives que sur le développement d\u2019habiletés intellectuelles et méthodologiques ainsi que d\u2019attitudes propres à la discipline historique.Jean-Claude Richard, conseiller pédagogique à la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM), présente ensuite les différents niveaux de la taxonomie de Bloom, essentiels à l\u2019application des programmes par objectifs.Les six niveaux de savoir sont dans l\u2019ordre : 1.connaître : être capable de se remémorer, 2.comprendre : pouvoir saisir le sens littéral d\u2019une communication; 3.appliquer : être en mesure d\u2019utiliser des idées, des principes, des théories; 4.analyser : être capable de décomposer un tout en ses parties et d\u2019étudier ses rapports; 5.synthétiser : être apte à fusionner les parties ou les éléments d\u2019un tout, 6.évaluer : être à mème de juger la valeur d\u2019une idée et d\u2019une méthode\".L'historien et étudiant au certificat en enseignement à l'UQAM Mario Filion se demande, pour sa part, si l\u2019enseignement et l\u2019étude de l\u2019histoire se rapportent au même objet.Il amorce sa DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE réflexion par un bref historique du rôle de l\u2019historien qui passe du magister au scientifique, à la recherche du savoir nouveau où il se dote d\u2019une démarche scientifique particulière.Il spécifie ensuite que l\u2019enseignement de l\u2019histoire au secondaire a des finalités bien différentes parce qu\u2019il n\u2019est pas question à ce niveau de former des spécialistes.Pour Filion, la finalité de l\u2019enseignant d\u2019histoire est de dispenser une culture : «En un sens, l\u2019enseignement de l\u2019histoire vise moins la connaissance que l\u2019appréciation et la prise de conscience»'®.Cependant, l\u2019enseignement de l\u2019histoire relève aussi de la science : de la science historique, mais aussi de la science éducative, la pédagogie.Du coup, l\u2019enseignant d\u2019histoire et l\u2019historien appartiennent donc au même objet qu\u2019ils considèrent toutefois sous des angles différents.Filion discute ensuite du savoir.Il indique à ce sujet que celui de l\u2019historien précède toujours celui de l\u2019enseignant d'histoire.Les délais entre la production des savoirs par les historiens et leur enseignement au secondaire font parfois grogner les historiens.Ce décalage est cependant imputable à la place que chacun entretient dans la chaîne du savoir.Cela étant, l\u2019enseignant doit prendre une distance critique en regard La réflexion didactique.des savoirs savants et s\u2019interroger sur leur validité.Le praticien doit ainsi chercher à faire le pont entre l\u2019histoire de niveau universitaire et l\u2019histoire scolaire qu\u2019il diffuse.Dès lors, cette demière devient une création au même titre que l\u2019histoire savante.En somme, il s\u2019agit là d\u2019une réflexion critique concemant l\u2019épistémologie de l\u2019histoire et de son enseignement qui se situe un peu dans la même veine que celles d\u2019André Ségal publiées dans Traces au cours des demières années.Filion réfère d\u2019ailleurs à une d\u2019entre elles\u201d.De façon plus importante encore, Fi- lion se base une publication récente sur ce thème, Ænsei- gner l'histoire : un métier qui s'apprend, des auteures Jacqueline Le Pellec et Violette Marcos-Alvarez\u201d.Cette riche cuvée didactique amorçant l\u2019année 1994 se termine par un article de Nathalie Poirier, étudiante à l\u2019Université de Montréal, qui tente d\u2019expliquer les liens unissant l\u2019enseignement des sciences humaines et le développement du concept de démocratie chez les élèves du secondaire.Elle souligne l\u2019importance de développer un jugement critique chez ces élèves pour qu\u2019ils puissent poser les gestes politiques nécessaires à la démocratie.Ces gestes sont : évaluer, analyser et comprendre TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 13 DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE La réflexion didactique.Volume 32, numéro 2, mars/avril 1994 Photo de la couverture : Manifestation à New York.Photo : CIDIHCA.les événements qui surviennent au quotidien.Dans ce contexte, l\u2019un des rôles de l\u2019enseignement des sciences humaines au secondaire est d\u2019outiller les élèves à comprendre la société les entourant.La méthode hypothéco- déductive utilisée constitue le grand outil d\u2019interprétation sociale mis à la disposition de l\u2019élève, ce qui lui permet aussi de comprendre qu\u2019il fait partie d\u2019une collectivité.De plus, les sciences humaines permettent aux élèves de prendre un recul critique face aux médias de masse.Pour l\u2019auteure, «c\u2019est dans la mesure où les adolescents sauront participer efficacement aux processus qui régissent notre société que la démocratie gardera son sens».Volume 32, numéro 2, mars/avril 1994 Jean-Claude Richard, conseiller pédagogique à la CECM, présente une démarche d\u2019enseignement adaptée au contexte multiculturel des écoles montréalaises.Il s\u2019agit d\u2019un thème d\u2019actualité car, au début des années 1990, les effets de la loi 101 dans les écoles de la région de Montréal sont dorénavant pleinement ressentis et requièrent des enseignants des adaptations sur ce plan.L\u2019article de M.Richard rend compte de cette réalité, même si les résultats, aux dires même de l\u2019auteur, sont décevant\u201d.À l\u2019analyse de l\u2019article, on ne voit pas bien non plus l\u2019articulation entre le problème des classes mul- tiethniques et la planification montée par les promoteurs de ce projet.En d\u2019autres mots, en quoi cette planification estelle particulièrement adaptée à la variété multieth- nique des classes?Puis, un enseignant, Pierre Michaud, présente un tableau reproduit d\u2019un document provenant de la Direction générale de l\u2019évaluation des ressources didactiques du MEQ.Ce tableau est divisé en trois habiletés : décrire, analyser, synthétiser.Il _illustre les regroupements possibles entre les connaissances historiques et des comportements observables.Michaud note que le tableau aide surtout les enseignants à reconnaître les comportements perceptibles de leurs élèves et ainsi développer des questions pour les examens\u201d.Cet article est un indice de plus qu\u2019à cette époque, la revue Traces sert régulièrement de lien entre le MEQ et les membres de la SPHQ.Pour les didacticiens que nous sommes, cet article jette de la lumière sur le fait que, selon les principes du behavio- rsme à la base des programmes de 1982, l\u2019on traduise en comportements observables certains objectifs du programme, nous indiquant 14 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 sans doute que l\u2019on devait constater à l\u2019époque que les enseignants vivaient des difficultés de ce côté.Les reproches que l\u2019on fait ces an- nées-ci à bon droit à l\u2019égard de l\u2019évaluation des compétences, ne doivent pas faire oublier qu\u2019un des ratés des programmes par objectifs, durant les deux décennies précédentes, concemait également l\u2019évaluation.Comme quoi, en enseignement- apprentissage de l\u2019histoire, il est difficile, et ce de longue date, de sortir d\u2019une évaluation axée sur une simple «régurgitation» des connaissances exposées par l\u2019enseignant\u2026 Poursuivant son analyse épistémologique amorcée au numéro précédent, l\u2019historien et étudiant au certificat en enseignement Mario Filion continue sa réflexion sur les différences entre l\u2019historien et l\u2019enseignant d'histoire.De manière générale, il indique que l\u2019enseignant ne fait qu\u2019énoncer une histoire construite par d\u2019autres.S°il fait cela, il s\u2019en tient à une histoire vérité.Cependant, l\u2019enseignant a la possibilité de problématiser le récit qu\u2019il présente.Il peut donc remonter aux questions de l\u2019historien : «Ainsi rejoint-on un courant de pensée de la didactique de l\u2019histoire par lequel l\u2019élève-historien pose l\u2019acte du chercheur, non plus iid = == DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE La réflexion didactique.bg dans un banal calque de geste enseignants d\u2019histoire ont fant dans ses progrès initiaux bls mais dans le niveau supé- donc un double role, celui pour éviter le décourage- sd rieur, dans son essence \u2026d\u2019historiens qui connaît en ment.Dans cette foulée, l\u2019en- AR: même»\u201d*.Pour parvenir à ce profondeur sa discipline et seignant doit également favo- Sd niveau, l\u2019élève doit confron- celui de praticiens en mesure riser par son attitude et le cli- qu ter des concepts abstraits.d\u2019effectuer les transpositions mat de sa classe la construc- Tp: L'usage de documents histo- didactiques requises.En tion de la confiance en soi\u201d.ûr riques est perçu ici comme somme, il s\u2019agit ici d\u2019une Comme on le vott, il s\u2019agit fs un moyen de favoriser la réflexion intéressante et de moins d'un article sur la di- su compréhension du passé par haut niveau qui se révèle être dactique disciplinaire propre ms ['éléve.L\u2019auteur croit cepen- une pierre de plus à l\u2019édifice aux sciences humaines, mais dant que l\u2019utilisation d\u2019une que les didacticiens et cer- davantage des propositions I démarche inductive fausse tains historiens, notamment a pour favoriser la motivation Tk les données comme si seul le travers les pages de Traces, et la confiance en soi des en- Ri document était porteur de tentent de construire depuis fants de l\u2019élémentaire.Il I sens en histoire.Ainsi, l\u2019en- les années 1950 et 1960 dans s\u2019agit là de conditions englo- te seignant doit considérer le le sensd\u2019unenseignementde bantes et nécessaires a I\u2019'ap- mk document comme un outil et l\u2019histoire axé sur le dévelop- propriation des sciences hu- IN non pas comme une finalité.pement d\u2019habiletés et de mames comme des autres TR: L\u2019usage des concepts est uti- compétences intellectuelleset disciplines, croyons-nous.lisé à la fois par l\u2019historen et méthodologiques propres à la Mario Déry et Serge Vidal, 2 l\u2019enseignant.En histoire, le discipline historique\u201d.étudiants en sciences de uo concept sert à désigner un Volume 32, numéro 3, l\u2019éducation à l\u2019Université de volume 32, numéro va événement tandis qu'en en- maifjuin/juillet1994 Montréal proposentune étude 3-mai/juin/Juillet Tr seignement le concept consti- Conseillère au primaire pour portant sur les manuels sco- Photo de la couver- in tue un moyen pour aider les |, SPHQ, Ghislaine Coutu- Aires.Avec une démarche de fede © Is élèves à classer ou ordonner rier-Tremblay propose un recherche propre au monde ad des informations.De plus, article où trois démarches Universitaire (problématique, % l\u2019enseignant doit comprendre d'apprentissage sont expo- cadre conceptuel, méthodo- que les élèves n\u2019ont pas en- logie, etc.), les auteurs en arri- ie 1 < À sées.Elles visent à permettre , -.i vel st ten sor OF de favoriser a la fois Péveil de vent a des propositions toutes we mele, \u20ac plutot SON eNSe soi et l\u2019éveil du monde chez Simples relevant finalement ir ; l\u2019enfant La première dé ©: Ir son développement | marche consiste à créer au- \"édigent des manuels de- ra Pour conclure, Filion réitère tour de l\u2019enfant un environ- \\Talent «composer un texte è que l'historien et l'enseignant nement attrayant pour exciter clair en utilisant un vocabu- pi d'histoire partagent le même sa curiosité et favoriser son \\aire simple; prévoir un glos- y objet, mais son exploitation adhésion.La deuxième vise à Saire ou un lexique à la fin du qe procède d\u2019une perspective donner à l\u2019élève un problème manuel, des définitions de on différente.Les enseignants à résoudre, à sa portée, pour MOIS et/ou des explications é doivent être conscients des qu\u2019il puisse percevoir la pro- de vocabulaire dans le corps be similitudes mais également gression de ses apprentis- du texte; éviter de couper le be des différences dans leur pré- Sid ; texte principal par des docu- RN W ANS CUT PIE\" sages.La troisième dé- prin aes N js sentation de la discipline.Ces marche vise à soutenir l\u2019en- MENS ou des activités trop 3 gnement qui va promouvoir du sens commun.Ceux qui TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 15 aa Te peus DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE La réflexion didactique.longues, prenant trop d\u2019espace [.] et bien identifier les sections dans le volume»\u201d.L\u2019étude se préoccupe donc de lisibilité des textes et non des idéologies véhiculées par les dits manuels.La revue Traces sert ensuite au MEQ pour traiter des résultats de l\u2019examen ministériel de l\u2019année précédente (uin 1993) en histoire du Québec et du Canada de quatrième secondaire.C\u2019est Monique Brunelle qui est la porte-parole et qui diffuse ici l\u2019information, celle-ci étant aussi disponible dans le réseau, relayée aux enseignants d'histoire nationale par les commissions scolaires qui les font distribuer dans les écoles par les conseillers pédagogiques.Quoi qu\u2019il en soit, il appert que les questions de l\u2019examen en question sont bien mieux réussies lorsqu\u2019il s\u2019agit pour les élèves de dé- cnre (70,5%), d\u2019analyser (73,7%), plutôt que de synthétiser (53,4%)*.II ne s\u2019agit pas là d\u2019une surprise quand au plus haut niveau cognitif requis par la compétence propre à synthétiser.Ensuite, Brunelle propose des commentaires sur les items sur lesquels les élèves ont échoués.Certains éléments didactiques ressortent.Ainsi, les répondants auraient de la difficulté à lire une ligne du temps.Dans les questions à long développement, l\u2019auteure note que plusieurs élèves ne font que recopier des extraits du texte fourni.Aussi, Bru- nelle observe que les élèves méconnaissent le module 7 sur le Québec contemporain depuis 1939.Cela s\u2019explique aisément par le manque de temps dont souffrent plusieurs enseignants en fin d\u2019année scolaire pour l\u2019étudier, occupés qu\u2019ils sont souvent à assurer une révision globale du programme en vue de l\u2019examen ministénel.D'ailleurs, Brunelle note que les résultats sont satisfaisants dans tous les autres modules antérieurs à la période 1939- 1990.Enfin, notons que ce sont les connaissances et habiletés liées au module 3 sur la Conquête et les débuts du régime britannique qui sont les mieux comprises et réussies.Références bibliographiques | André Ségal (1993).«Historre et mémoire», Traces, vol.31, no |, janvier- février, p.32.* Ibid.p.33.° Ibid.p.34.* Michèle Franche (1993).«Chers parents.», Traces, vol.31, no |, janvier-février, p.39.> Ghislaine Couturier- Tremblay (1993).«Sur les traces du passé», Traces, vol.31, no 2, mars-avril, p.3.\u201cGilles Berger (1993).«Le 16 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 modèle des ordonnateurs supérieurs», Traces, vol.31, no 2, mars-avril, p.16-19.\u201d Grégoire Goulet (1993).«Enfin un pas en avant, Traces, vol.31, no 2, mai- juin-juillet, p.4.\u201cNicole Lebrun (1993).«Le concept de \"culture\u201d dans les sciences humaines», Traces, vol.31, no 2, mai-juin-juillet, p.9.Ibid, p.10.bid, p.14.! Gabriel Auclair (1993).«L histoire dans la formation de base», Traces, vol.31, no 3, mai-juin-juillet, p.15.2 Denis Langlois et Gilles Forget (1993).«Une clé pour l\u2019histoire», 7races, vol.31, no 5, novembre-décembre, p.10-13.> Nicole Lebrun (1993).«Importance des sciences humaines au niveau pn- maire», 7races, vol.31, no 5, novembre-décembre, p.18- 22.* Responsables de la chronique Echo du secondaire (1994).«L\u2019épreuve unique de juin 1994 en 4°secondaire», Traces, vol.32, no 1, Janvier-février, p.6-8.> Gilles Berger (1994).«La pédagogie non-directivey, Traces, vol.32, no |, janvier- février, p.15.'S Isabelle Dallafior (1994).«Cliomanie : un projet d\u2019enrichissement en histoire», Traces, vol.32, no 1, janvier- leurs J, 9 a, MA sks , | ko mo fon 1 ks février, p.19-20.Jean-Claude Richard (1994), «Les niveaux de savoir), 7races, vol.32, no |, janvier-février, p.22.\u201cMario Filion (1994).«Les deux visages de Janus : l\u2019historien et l\u2019enseignant d\u2019histoire, 1° partie», Traces, vol.32, no 1, janvier-février, p.25.\u201cAndré Ségal (1992).«Sujet historien et objet historique», 7races, vol.30, no 2, mars-avril-mai, p.42.* Jacqueline Le Pellec et Violette Marcos-Alvarez (1991).Enseigner l'histoire : un métier qui s apprend, Pars, Hachette; Toulouse, Centre régional de documentation pédagogique, p.56.\u201c| Nathalie Poirier (1994).«Sciences humaines et démocratie», Traces, vol.32, no |, janvier-février, p.28.7 Jean-Claude Richard (1994), «Sciences humaines et classes pluriethniques», Traces, vol.32, no 2, mars- avril, p.9-15.7 Pierre Michaud (1994).«Précisions sur le domaine», Traces, vol.32, no 2, mars- avril, p.16-18.HMario Filion (1994), «Les deux visages de Janus : entre l\u2019historien et l\u2019enseignanv», Traces, vol.32,no2, p.21.A noter que Filion réfère ici encore à Le Pellec et Marcos -Alvarez, Op.cit.= A ce sujet, voir Michel DIDACTIQUE DE L'HISTOIRE Allard et Félix Bouvier (2009).André Lefebvre, di- dacticien de l'histoire, Septentrion, Sillery, 170 p.® Ghislaine Couturier- Tremblay (1994).«Trois démarches d\u2019apprentissage», Traces, vol.32, no 3, mai- juin-juillet, p.6.7\" Mario Déry et Serge Vidal (1994).«La lisibilité des manuels», Traces, vol.32, no 3, mai-juin-juillet, p.14.# Monique Brunelle (1994).«L\u2019épreuve unique de juin 1993», Traces, vol.32, no 3, mai-juin-juillet, p.20.Note de la rédaction Cet article est le sixième d\u2019une série, par les mêmes auteurs, visant à retracer, à travers le Bulletin de liaison de la Société des professeurs d'histoire du Québec (la revue Traces), l\u2019évolution de la didactique de l\u2019histoire au Québec, tant aux plans des conceptions que des pratiques, depuis les années 1960 jusqu\u2019à nos jours.Vous trouverez ces articles dans les numéros suivants: |.« Recherche didactique sur l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec : les années 60 », publié dans le volume 46, numéro 2, mars/avril 2008.2.« Les années 1970-1975 en didactique de l\u2019histoire dans le Bulletin de liaison de la Société des professeurs d'histoire du Québec », publié dans le volume 47, nu- La réflexion didactique\u2026 méro |, hiver 2009.3.« L'évolution de la didactique de l\u2019histoire entre 1975 et 1982 dans le Bulletin de liaison de la Société des pro- Jesseurs d'histoire du Québec », publié dans le volume 47, numéro 3, été 2009.4.« Recherche didactique : l\u2019implantation de nouveaux programmes et ses suites entre 1983 et 1989 », publié dans le volume 48, numéro 3, été 2010.5.« Recherche didactique, des années de vitesse de croisière : 1990-1992, 1°\u201c partie », publié dans volume 49, numéro 2, printemps 2011.La deuxième partie a été publiée dans le volume 49, numéro 3, été 201 1.AA 51° congrès de la SPHQ Notre 5l*rencontre annuelle se tiendra les 1 et 2 novembre, en Montérégie.Les informations sont déposées sur notre site web quand elles deviennent disponibles.Entretemps, contactez-nous si vous désirez y présenter un atelier ou pour toute autre question : Raymond Bédard, au (514) 242-1645 ou raymond- bedard(@hotmail.com TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 17 ts ben ta re it Abu it SEG Hotte us STRATÉGIE D'APPRENTISSAGE LIRE EN HISTOIRE : MIEUX LIRE LES TEXTES INFORMATIFS ET S\u2019OUVRIR AUX ŒUVRES LITTÉRAIRES VIRGINIE MARTEL, UQAR, CAMPUS DE LÉVIS A l\u2019école, les élèves doivent acquérir une compétence essentielle pour réaliser les apprentis- À sages visés dans les multiples domaines de formation : l\u2019apprentissage par la lecture.La recherche illustre que très peu d\u2019enseignants du primaire et du secondaire forment les élèves à à cette compétence qui consiste à lire dans l\u2019objectif précis d'acquérir des connaissances\u2019.Pourtant, à partir du 2*cycle du primaire, les enseignants font lire dans le but d'apprendre.Peu formés, les élèves éprouvent bien entendu de grandes difficultés face à cette tâche complexe\u201d.Virginie Martel 1.Le défi de la lecture en histoire Au cœur de toutes les disciplines scolaires, c\u2019est à l\u2019histoire que revient la palme des difficultés liées à la lecture, ce qui est problématique puisque le document historique, peu importe sa forme, est un point d\u2019appui essentiel en histoire.De tous les types de textes, les textes historiques à visée didactique (donc les textes issus des manuels scolaires très utilisés à l\u2019école) sont les plus difficiles à lire pour les élèves\u201d.Faciles pour les spécialistes, ces textes sont largement incompris et peu retenus, entre autres parce qu\u2019ils portent sur des contenus plus abstraits, qu\u2019ils utilisent un lexique spécialisé et des phrases plus complexes et qu\u2019ils recourent à une variété de structures (informative ou narrative) de présentation\u201d.Pour comprendre les difficultés soulevées par la lecture en histoire, il est important de saisir toute la complexité de cette tâche pour les élèves du primaire, comme pour ceux du secondaire.Lorsqu\u2019ils lisent un texte de manuel (ainsi qu\u2019un texte issu d\u2019Intemet ou d\u2019un ouvrage documentaire), les élèves doivent comprendre, sélectionner et organiser les éléments d\u2019information.Pour ce faire, ils doivent recourir aux stratégies de lecture qu\u2019ils apprennent en classe de français et qui assurent le décodage et la compréhension du texte.Ils doivent aussi recourir à des stratégies qui, bien qu\u2019encore très peu enseignées, permettent spécifiquement d\u2019apprendre par la lecture.En histoire, ils doivent de plus se familiariser avec les défis que suppose la lecture dans cette discipline.À cet égard, ils doivent, par exemple, apprendre à surmonter les difficultés spécifiquement liées aux textes à visée historique.De même, ils doivent apprendre à distin- 18 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 guer les documents pertinents des documents non pertinents et examiner les textes en fonction de leur questionnement.En d\u2019autres mots, ils doivent se familiariser progressivement à la critique des sources\u201d.La complexité de toutes les habiletés nécessaires à la lecture en histoire explique que cette dernière soit laborieuse pour bon nombre d\u2019élèves.Ces derniers sont particulièrement nombreux à éprouver les difficultés suivantes mauvaise interprétation des exigences de la tâche, problèmes de compréhension en lecture, problème d\u2019engagement (démotivation) et méconnaissance des stratégies cognitives et métacognifives utiles à lecture\u201c.Afin d\u2019outiller davantage les enseignants quant au soutien en lecture qu\u2019il importe d\u2019offrir aux élèves du primaire comme du secondaire, nous avons investi au cours des dernières années ce champ =n sas = =; =\" cD BB 2 5 = =.= = = = 2 = = = \u2014 = STRATÉGIE D'APPRENTISSAGE Lire en histoire.S S de réflexion.Dans cet article, 2.2 Soutenir la lecturedes offre des pistes d\u2019intervention nous avons jugé intéressant textes didactiquesàvisée et de soutien aupres des de présenter les pistes d\u2019inter- historique élèves.Le travail sur les conventions (recensées dans la littérature) qui ont servi d\u2019assises a I\u2019expérimentation de dispositifs de soutien en lecture en univers social dans neuf classes de 6° année primaire.Ces pistes permettent d\u2019entrevoir différents champs d\u2019action qu\u2019il est possible Depuis quelques années, des modèles, dont celui de Cartier\u2019, sont élaborés afin de - faciliter l\u2019enseignement et l\u2019apprentissage de la lecture pour apprendre, toute discipline confondue\u201d.Le modèle de Cartier, qui a l\u2019avantage de prendre en compte les naissances antérieures des élèves est une première piste d\u2019intervention à retenir.Un grand nombre de recherches soulignent que les élèves du primaire et du secondaire ont souvent très peu de connaissances (sur le sujet traité, sur les types de textes, sur la iJ d\u2019investir dans les classes du différents courants de re- tâche et sur les stratégies Lu primaire et du secondaire, en cherche sur la lecture, l\u2019ap- utiles) ou qu\u2019ils utilisent très Is fonction des besoins décelés.prentissage, I'autorégulation partiellement ou inefficace- tir De même, l\u2019expérimentation et la motivation, offre une ment les connaissances qu\u2019ils jrs de ces pistes d\u2019intervention définition complète de toutes possèdent.Face à ce constat, ir dans le cadre de notre re- les dimensions actives dans Cartier précise la nécessité de Ut cherche nous a permis de le processus d'apprentissage soutenir les élèves dans l\u2019acti- mettre en lumière les apports en lisant.La compréhension Vation et l\u2019utilisation des con- \u2026 mais aussi les limites de cer- de ces caractéristiques per- naissances antérieures.Pour be taines de ces pistes.met de baliser ce que doit être surmonter un manque de i 2.Soutenir la lecture une situation de lecture où Connaissance sur le sujet, il aw en histoire l\u2019apprentissage est visé.A cet est, entre autres, recomman- a De l\u2019avis de Moniot, la lec- \u201cgard, il est important de dé de préparer les élèves au ë ture de textes d'histoire est si COMprendre que les activités plan du vocabulaire ou des hd aventureuse qu\u2019il faut réelle- qui présentent des exercices Concepts ou plus générale y | ment entraîner les élèves à les Simples, comme répondre a Ment au plan du thème à a lire\u201d.des questions suite à la lec- l\u2019étude.Pour Vn le re- \\ y os Ù ture d\u2019un texte, ne sont cours au cau savoir- ; Afin d'aider les élèves à lire des activités d'apprentissage vouloir-apprendre) ou à tout plus efficacement en histoire, EX, > : > : : par la lecture (il s\u2019agit plutôt autre organisateur graphique Ë deux perspectives dominent de tâches d \u201chensi est utile.notamment Ie dans la littérature actuelle : 1.Chis de comprehension \u2019 parce soutenir la lecture des textes didactiques à visée historique, complexes et difficiles pour les élèves; 2.sortir de l\u2019utilisation souvent exclusive des textes didactiques qui en lecture).Une activité d\u2019apprentissage par la lecture doit plutôt demander à l\u2019élève de discuter de ce qu\u2019il a lu, de prendre position, de réaliser des recherches ou d\u2019investir qu\u2019il engage les élèves à traiter plus en profondeur l\u2019information.Il est aussi possible de recourir à un guide d\u2019anticipation du contenu du texte .; C 1 démarche de résolution Les stratégies cognitives né- pe visent spécifiquement à in- T° M se UP .of former en ouvrant la classe a de problèmes.; ; cessaires a apprentissage en RW i la lecture d'œuvres de fiction.Le modèle de Cartierestéga- lisant doivent être également , lement intéressant parce qu\u2019il au cœur des interventions $ TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 19 STRATÉGIE D'APPRENTISSAGE Lire en histoire.Figure 1.Exemples de stratégies cognitives et métacognitives utiles à l\u2019apprentissage en lisant (Cartier, 2007) Quelques stratégies cognitives utiles à l'apprentissage en lisant Stratégies Stratégies Stratégies Stratégies de sélection de répétition d\u2019organisation d\u2019élaboration Souligner l\u2019informa- .Relire » Résumer - Faire un schéma tion importante Réciter à voix haute « Expliquer ce qui - Faire une carte - Utiliser les titres et ou mentalement est lu à quelqu\u2019un sémantique les sous-titres « Revoir ce qui a été « Donnerunexemple - Regrouper .Identifier les mots- lu mentalement l\u2019information clés dans un organisateur graphique Quelquies stratégies métacognitives utiles à apprentissage en lisant Stratégies Stratégies Stratégies Stratégies de planification de contrôle d\u2019ajustement d\u2019autoévaluation Ex.Faire un plan Ex.Faire un plan Ex.Changer ses stra- Ex.S'assurer tégies d\u2019avoir appris sur le sujet mises en place, particulière- P\u2019enseignant des stratégies\u2019\".2.2 Ouvrir à la portée ment parce que les élèves les Parallèlement aux interven- informative des œuvres de connaissent peu.Les straté- tions liées à l\u2019apprentissage fiction à contenu historique gies véritablement utiles à en lisant (utiles à toute disci- Pour pallier au problème des l\u2019apprentissage en lisant sont pline), il est aussi nécessaire difficultés liées à la lecture présentées dans la figure 1.de soutenir les élèves afin des textes historiques à visée Pour aider les élèves à maîtriser les stratégies liées à l\u2019apprentissage en lisant, il suffit parfois de les encourager à réfléchir aux stratégies utiles à la tâche.Dans d\u2019autres cas, il est nécessaire de porter beaucoup plus loin l\u2019intervention.Des lors, il est im- qu\u2019ils parviennent à surmonter les obstacles liés spécifiquement à la lecture des textes didactiques à visée historique.A cet égard, plusieurs auteurs'\u201d proposent des interventions permettant de surmonter la diversité de structure de présentation de didactique, certains auteurs mentionnent l\u2019intérêt de multiplier les sources d\u2019informations afin, notamment, de sortir de l\u2019utilisation pres- qu\u2019exclusive des manuels et d\u2019augmenter l\u2019engagement des élèves.Pour ouvnr la classe d\u2019histoire à des textes portant de favoriser la discus- ces textes, la complexité du qui ne sont pas spécifique: sion autour des stratégies et lexique et la complexité du ment informatifs, certains\u201d l\u2019expérimentation de ces der- contenu.Quelques-unes de soulignent l\u2019intérêt de recou- nières en recourant notam- ces interventions sont présen- rir aux œuvres de fiction à ment à la modélisation, c\u2019est- tées dans la figure 2 de la contenu historique\".à-dire à la démonstration par page suivante.Pour utiliser de manière effi- 20 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 ~~ =| BS TTI ST fae TTF >.\u2026s = ey =\u2014-\u2014 STRATÉGIE D'APPRENTISSAGE Lire en histoire.Figure 2.Quelques interventions permettant de surmonter les obstacles liées aux textes didactiques à visée historique (Martel, 2009) Objectif visé Interventions possibles Aider l\u2019élève à surmonter la diver- - Assurer la reconnaissance des structures de présenta- sité des structures de présentation tion et leurs caractéristiques (ex.structure de comparaison) Assurer la compréhension de l\u2019organisation du texte (ex.faire réaliser le plan du texte) Aider l\u2019élève à surmonter la complexité du lexique Donner et afficher les définitions des concepts importants .Inviter l\u2019élève à réaliser des cartes de vocabulaire Aider l\u2019élève à utiliser les marqueurs de relation en tant qu\u2019indices de cohérence .Identifier les marqueurs de relation liés à l\u2019idée de séquence (d\u2019abord, ensuite, etc.), de relation de cause à effet (parce que) ou de comparaison (comme) Aider l\u2019élève à surmonter la complexité du contenu Modéliser les stratégies de traitement et d\u2019organisation de l\u2019information (identifier les idées principales, mettre de côté l\u2019anecdotique, résumer en fonction de l\u2019intention de lecture, etc.) Mettre en lumière la portée des aides (table des ma- tières, glossaire, etc.) Assurer le traitement de tous les types de documents (documents textuels et documents iconographiques) cace les œuvres de fiction en sciences humaines, il importe de s\u2019assurer que les élèves touchent à la dimension fonctionnelle de la lecture (lire pour apprendre) par laquelle des apprentissages sur des savoirs propres à l\u2019histoire peuvent se construire.Dans la mesure où la fiction historique est utilisée en classe grace a cette lecture et juger elles, qu\u2019ils pourront juger de $Ÿ pour expliquer le passé, les de la validité de l\u2019œuvre en la qualité « documentaire » 8 intentions de lecture doivent, tant que médium d\u2019apprentis- de l\u2019œuvre lue\".en effet, être résolument tour- sages en histoire.Pour aider les élèves dans N nées vers intellect (ce qui Pour acquérir des connais- cette quête complexe du \\ exige de dépasser la lecture- sances en histoire à partir de «vrai», les didacticiens d\u2019his- | EP PE NS | Riad aca plaisir).Au cours de cette lecture plus spécialisée qui vise l\u2019acquisition intentionnelle de connaissances à par- tr d\u2019une œuvre de fiction, les élèves doivent d\u2019abord et avant tout comprendre et interpréter l\u2019œuvre qui leur est donnée lire.Ceci fait, ils doivent par la suite apprendre TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 21 la lecture d\u2019une œuvre de fiction historique (un album, un roman ou une bande dessinée), les élèves doivent donc être invités à réfléchir aux notions de vérité historique, de vraisemblance et de fiction.C\u2019est en réalisant cette réflexion, mais aussi en comparant des sources entre ae ee EE \u2014\u2014 AME ATL SL STRATÉGIE D'APPRENTISSAGE Lire en histoire.toire ouverts à l\u2019utilisation de la fiction sont unanimes: il importe de soutenir les élèves dans l\u2019exploration du texte en leur offrant un cadre de réflexion critique.Des grilles de lecture d\u2019œuvres littéraires dans le contexte de la classe d'histoire ont, à cet égard, déjà été élaborées\u201d.Certaines s\u2019intéressent plus largement aux récits historiques et d\u2019autres s\u2019intéressent plus spécifiquement aux romans ou aux bandes dessinées historiques.Toutes ces grilles proposent, à leur manière, des interrogations qui permettent aux élèves d\u2019établir des relations entre l\u2019œuvre lue, son contexte de production, son contenu, les acquis des élèves et le savoir historique admis.Expérimenter des dispositifs de soutien à la lecture en histoire Inspirés de ces pistes susceptibles de soutenir la lecture en histoire, nous avons au cours des deux dernières années expérimenté des dispositifs de soutien variés à partir d\u2019un thème de travail commun la Chine de Mao.La moitié des classes de G\u2018année primaire avec lesquelles nous avons travaillé a été invitée à lire des textes didactiques à visée historique puisés dans un manuel.L'autre moitié a plutôt été invitée à lire des textes puisés dans des ouvrages documentaires jeunesse et des œuvres littéraires (romans, albums et bandes dessinées).Dans les deux types de groupes ainsi créés, certaines classes ont dû lire afin de compléter un cahier d\u2019activités; ces classes n\u2019ont reçu aucun soutien spécifique en lecture.Au contraire, les autres classes ont dû lire afin de réaliser une situation- problème en histoire; ces classes ont reçu un soutien spécifique en lecture inspiré des pistes précédemment I] est impossible pour cet article de présenter toutes les observations qui ont été réalisées dans le cadre de cette expérimentation comparative.Voici tout de même certaines des conclusions tirées de ces observations.- La lecture des textes d\u2019un manuel, lorsque cette dernière est réellement soutenue par l\u2019enseignant, est beaucoup plus efficace.La grande majonté des élèves se sentent par la suite plus compétents; les élèves en difficulté bénéficient encore davantage de ce soutien, notamment en ce qui a trait à la modélisation par l\u2019enseignant des stratégies d\u2019élaboration (réaliser un schéma ou un tableau suite à la lecture).- Le soutien offert en lecture ne doit pas être trop lourd; il doit aller à l\u2019essentiel et cibler les difficultés réelles 22 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 des élèves.Un soutien explicite en début d\u2019année et des interventions complémentaires en fonction des besoins donnent des résultats intéressants.Dans l\u2019idéal, la lecture en histoire devrait être travaillée à toutes les années des cycles de formation du primaire et du secondaire.- L'ouverture à d\u2019autres types de textes suscite grandement l\u2019intérêt des élèves.Les élèves accueillent avec joie la mise de côté du manuel.- Par contre, le recours à la lecture d\u2019œuvres littéraires n\u2019est pas une panacée.La lecture de ces œuvres reste ardue pour les élèves (du moins ceux du primaire), notamment parce que ces derniers (et leurs enseignants) n\u2019ont pas le recul ou les connaissances leur permettant de juger de la qualité « documentaire » des œuvres.Ce qui est écrit est considéré comme vrai.- De même, les élèves peinent à retrouver dans les œuvres documentaires ou les œuvres de fiction les informations liées à leur thème d\u2019étude.Au contraire du manuel, une grande parte du contenu de ces œuvres ne sert pas directement l\u2019étude du thème.Conséquemment, les élèves doivent être guidés dans leur recherche (par exemple \u201c5e se x tt a = ES LL EEE 0) Red Ip 0 ds Bore Ri ws ir hs y par le biais de fiches de lecture).- Interrogés sur l\u2019idéal à atteindre en matière de lecture et d\u2019histoire, les élèves sont unanimes : ils ont besoin d\u2019aide pour bien lire en histoire et la variété (lire un manuel mais lire aussi sur Intemet et lire des œuvres de fiction) suscite la motivation.Notes ! Blaser, C.(2007).Fonction épistémique de l'écrit : pra- fiques et conceptions d'enseignants de sciences et d'his- foire du secondaire.Thèse de doctorat inédite.Université Laval.7 Selon l'OCDE (2004), 45% des élèves canadiens de IS ans n\u2019ont pas atteint les niveaux 3 et plus de l\u2019échelle de compréhension de l\u2019écrit qui permet entre autres d\u2019établir des liens entre différentes parties d\u2019un même texte ou avec ses connaissances antérieures,; en d\u2019autres mots, 45% des élèves ne peuvent effectuer des tâches de lecture d\u2019une complexité modé- > Lappara, M.(1991).« Problèmes de lecture posés par l\u2019écniture des textes historiques à visée didactique ».Pratiques, 69, pp.97-124.*Moniot, H.(1993).Didactique de l'histoire.Paris : Nathan.Martineau, R.(2010).For- PI STRATÉGIE D'APPRENTISSAGE dements et pratiques de l'enseignement de l'histoire à l\u2019école : traité didactique.Montréal : PUQ.° Cartier, S.(2007).Apprendre en lisant au primaire et au secondaire.Anjou : Editions CEC.\"Moniot, H.Didactique de l'histoire, Paris, Nathan, 1993,p.192 * Présenté dans plusieurs articles et traduit pour les praticiens dans l\u2019ouvrage de Cartier mentionné à la note 6.° Pour Cartier, l\u2019apprentissage en lisant se définit comme une situation (gérée par l\u2019enseignant) et un processus (activé par l\u2019élève) par lesquels le lecteur/apprenant acquiert des connaissances par la lecture de textes informatifs.! Le guide d\u2019anticipation comprend un ensemble d\u2019énoncés sur un sujet qui vise à amener l'élève à se prononcer sur ces énoncés en se servant de ses connaissances sur le sujet.\u2018Pour soutenir les élèves dans l\u2019utilisation des straté- gles utiles, 1l est bien entendu essentiel que les enseignants connaissent eux-mêmes un vaste répertoire de stratégies utiles afin qu\u2019ils puisent faire connaître aux élèves l\u2019existence et l\u2019utilisation de ces dernières en insistant sur le comment, quand et pourquoi les utiliser.Lire en histoire.\u201cDont Martel, V.(2009).Lire et écrire: deux compétences fondamentales.Dans Lebrun, J.et Araujo, O.(sous la dir.).L'intervention éduca- five en sciences humaines au primaire : des fondements aux pratiques (177-203).Montréal : Editions Chene- lières.Entre autres Guay, L.et Charrette, D.(2009).« La bande dessinée : un outil didactique pour enseigner l\u2019histoire ».Traces, vol.47 (2), pp.1-7; Hébert, A.et Ethier, M.-A.(2009).« Le roman historique comme instrument didactique ».Québec fran çais, no.154, pp.127-129; Martel, V.(2007).« Littérature de jeunesse et éducation à la citoyenneté : un pont à parcourir pour mieux juger de sa solidité ».Enjeux de | univers social au primaire et au secondaire, vol.3 (4), pp 9-13; Peltier, P.(2002).Trésors des récits historiques pour la jeunesse.CRDP de l\u2019Académie de Créteil.\"Les auteurs qui recommandent le recours aux œuvres de fiction en histoire le font pour diverses raisons.En voici quelques-unes : qualité d\u2019écriture supérieure; intérêt et motivation; relation plus vivante avec le sujet ; meilleures compréhension et rétention.\"> Bordage, F.(2008).Contribuer au développement de la pensée critique des élèves TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 23 te SA ahi.A.ME Bann.A ASE SBI nh BBR i aor co AA ABR ES ps 3 STRATÉGIE D'APPRENTISSAGE Lire en histoire.en histoire du collégial : la bande dessinée à caractère historique.Mémoire de maîtrise présenté à l\u2019Université Laval.Les œuvres de fiction historique présentent à des degrés divers un rapport à la vérité historique.Certaines sont de très bonne qualité alors que d\u2019autres sont de très piètre qualité, d\u2019où la nécessité d\u2019un constant jugement critique.\"Entre autres par les auteurs cités à la note 13.Bibliographie Blaser, C.(2007).Fonction épistémique de l'écrit : pra- fiques et conceptions d'enseignants de sciences et d'his- foire du secondaire.Thèse de doctorat inédite.Université Laval.Bordage, F.(2008).Contribuer au développement de la pensée critique des élèves en histoire du collégial : la bande dessinée à caractère historique.Mémoire de maîtrise présenté à l\u2019Université Laval.Cartier, S.(2007).Apprendre en lisant au primaire et au secondaire.Anjou : Editions CEC.Guay, L.et Charette, D.(2009).« La bande dessinée : un outil didactique pour enseigner l\u2019histoire ».Traces, vol.47 (2), pp.1-7; Hébert, A.et Ethier, M-A.(2009).« Le roman historique comme instrument didactique ».Québec francais, no.154, pp.127-129; Martel, V.(2009).Lire et écrire: deux compétences fondamentales.Dans Le- brun, J.et Araujo, O.(sous la dir.).L'intervention éducative en sciences humaines au primaire : des fondements aux pratiques (177-203), Mor- tréal : Editions Chenelières.Martel, V.(2007), « Littérature de jeunesse et éducation à la citoyenneté : un pont à parcourir pour mieux juger de sa solidité ».Enjeux de l'univers social au primaire et au secondaire, vol.3 (4), pp 9-13.Moniot, H.(1993).Didactique de l'histoire.Paris : Nathan Martineau, R.(2010).Fondements et pratiques de l'enseignement de l'histoire à l'école : traité didactique.Montréal : PUQ.Peltier, P.(2002).Trésors des récits historiques pour la jeunesse.CRDP de l\u2019Académie de Créteil.kkk Document d\u2019information - Epreuve unique - Histoire et éducation à la citoyenneté - Enseignement secondaire, deuxième cycle (4° secondaire) (087-404) Juin, août 2013, janvier 2014 e document d\u2019information est maintenant sur le site de la Direction générale de la formation des jeunes (DGFJ, du côté de la Direction de l\u2019évaluation) et présente des renseignements concemant l\u2019épreuve unique d\u2019histoire et éducation à la citoyenneté destinée aux élèves de la quatrième année du secondaire.Il a également pour but de guider les enseignantes et enseignants dans le travail préparatoire à effectuer au cours de l\u2019année auprès de leurs élèves afin que ceux-ci soient en mesure de réussir l\u2019épreuve.Cette épreuve unique permet de reconnaître officiellement les apprentissages associés aux critères d\u2019évaluation Utilisation appropriée de connaissances et Rigueur du raisonnement à des fins de sanction des études.Les critères d\u2019évaluation sont définis dans le Cadre d\u2019évaluation des apprentissages, lequel tient compte du Programme de formation et de la Progression des apprentissages en histoire et éducation à la citoyenneté.www.mels.gouv.qc.ca/defj/ 24 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 =s = = = 2 ee SO 5 VUE D'EUROPE NAUFRAGE TRAGIQUE RUE DE GRENELLE : UN BLESSE GRAVE Ii * | GÉRARD NAUDY , TZR HISTOIRE-GÉOGRAPHIE, Tp MOULINS SUR ALLIER (FRANCE) mb mr < J'ai rien fais M°sieur ! » Avance mordicus celui que l\u2019on vient de prendre sur le fait.Rien ky n\u2019est grave.Les fautes d\u2019orthographe à la pelle ?« J\u2018en ai toujours fais plein! ».Grave de re mentir, injurier l\u2019enseignant, être puni, ne rien faire à l\u2019école ?Absolument pas.La disparition fe des conseils de discipline ?« Vous savez, ils viennent avec des avocats maintenant ! ».Chacun He est rendu a ses lâchetés et ses petites cuisines.Et pourtant il n\u2019y a rien de plus à manger.Plus ie d\u2019éboueurs à nos ames délabrées.Nous voila trainant nos métastases de réves d\u2019éducation kar- M cherisés, se regardant au fond des yeux dans le miroir des souvenirs, comme un étranger dans la glace.À boire le sang de nos illusions perdues.Plus aucun symbole unificateur car profond, Fir n\u2019identifie aujourd\u2019hui la personnalité morale de notre communauté.Le brouillage du sens de la lo gravité, voilà peut-être au final la raison cachée de notre récurrente indignation.ie ite Refondation dela gravité une régulation, bien disten- officielle.« Refonder l'école.».due, pouren garantir les rem- Nous parlons ici de la pro- TL Comme vous y allez ! Du parts contre la sédition.Or, fondeur, du condensé de ji passé faisons table rase ?déjà, le règlement mtéreurse sens.De ce qui nous rap- fe Vous voudriez de nouvelles trouve bafoué au profit illu- proche en plongée du ventre fondations.Mais jusqu\u2019à quel soire d\u2019une réputation d\u2019éta- de la terre, une fois passée sa point de gravité êtes-vous blissement procédant de mul- lingerie de pierre.Et non pas prêt à creuser ?Le bien-fondé tiples démissions, par ceux-là de \"absence de gravité comme : de la question repose sur la mémes qui Pont fait voter et ne déclinaison du je-m'en- Gerard Naudy possibilité d\u2019un rebâti pos- redigé.Cestgrave d'auteur?foutisme ambiant.La gravité sible sur des ruines, d\u2019'unseuil || ne s\u2019agit pas d\u2019un objet à est une donnée permanente à retrouver, une appartenance palper.Mais d\u2019un sacré de- mais qui se manifeste qu\u2019en à restituer.D\u2019une gravité à ant lequel il faudrait pouvoir quelques moments choisis.recentrer.encore se recueillir.Signa- C\u2019est le négatif qui la passe Qu'est-ce qui est ou apparaît lons-la plutôt comme une au révélateur.Il y a toujours ji grave ?C'est une réponse relation que l\u2019on s est donnée de la gravité.Mais pas pour ob qu\u2019il ne faut pas faire.La gra- âve les choses ou les êtres.toujours.La gravité nous pré- ei vité n'existe pas.Elle relève Une invention des hommes cède.Il y a fort à craindre ib d\u2019une anthropologie.D\u2019une QU'EUX-MéMesont consacrée qu\u2019en ces temps de basses qui liaison dont nous ne sommes © lui attribuant des à-prion eaux mythologiques elle ne : pas libres, et en ce sens-là de moralité.Sans regrets de nous succède longtemps 4 A nous dérange, au point de M POUVOIT le placer sous la sous une forme consensuelle.k i vouloir la saborder sans coupole d\u2019un moralisme li- Mais en tous les cas, elle 3 cesse.Jusqu\u2019à signer sa berticide.Comme le ferait nous excède.Au sens où elle hi # propre perte car la gravité Par exemple cette loi votée dépasse l\u2019homme tout en se E doit nous rassembler.Le peut- Contre « l\u2019Armnésie » d\u2019un présentant comme une don- Ee ; elle encore?Elle implique 2OCide, affichant non sans née, un construit qu\u2019il n\u2019a pas $ donc une autorité, en péril, et danger la gravité en vérité choisi.La gravité est sacré- Ri TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 25 F: aren A A At ES EE ae AS CTE as MRE a game 1 \u2018 WORE NS ee VUE D'EUROPE ment génante.Elle ne répond pas au « si je veux, quand je veux », et revendique son incongruité en se plaçant hors- commerce.Les professeurs d\u2019histoire endurent ainsi leur peine.Comme l\u2019Histoire, elle ne se négocie pas.On peut la transgresser.Mais il y aura toujours quelque chose qui en empêchera le libre- service.Un résidu d\u2019éducation, un ersatz de limite intériorisée.Ne désespérons pas trop.Ayant averti un élève au langage châtié, par un mot bénin dans le camet à destination de ses parents, il revient le lendemain avec trois pages de punition qu\u2019ils lui avaient eux-mêmes administrée, et me demandaient de les signer.I] est possible de la réparer, de l\u2019oublier, de la pardonner même.Difficilement de s\u2019en affranchir.Disparue ici, elle rejaillira sous d\u2019autres formes, peut-être plus séculières ou archaïques.À refuser celle que l\u2019on nous impose comme une marque identitaire plaquée au fer rouge de l\u2019Histoire, ou d\u2019une survivance de religion dans un pays largement déchristianisé, on finit par éparpiller la gravité en cavités profanes: codes d\u2019honneur, paroles de pirates, sans foi ni loi s\u2019autorisant une sorte de clientélisme.Chacun vérifiant le grave de son point de vue laconique ou de principe.Au mieux, le noyau dur Naufrage tragique rue de Grenelle.se défragmente.« Monsieur, horizontalement, c\u2019est comme ça ou comme ça ?» me lance une élève de collège avec des signes de croix d'aiguilleur du ciel en stage.Flle me rappelle au sacrifice de la réponse maintes fois répétée.Me voyant défait devant son propre sacrilège à la plus modeste des connaissances, elle crut bon de rajouter: « Vous savez, ce n\u2019est pas grave!\u2026 ».L\u2019individu console son ignorance en abjurant la gravité.Aussi vite que toute communauté tend par erreur à nier le besoin de conserver ce qui la conserve elle-même.Refondre eut donc été sans doute un choix lexical préférable à refonder.Car à la lecture du mode d'emploi qui suit ces appels corrélés à un nouveau pacte d'acier, il semble aussi que les terrassiers de l\u2019enseignement ne replâtrent les murs plus qu'ils ne bétonnent une nouvelle dalle.La faim légitime de voir reconnaitre sa douleur présume des forces de rédemption, et l\u2019appétit même d\u2019un réel changement.La moindre tentative de réforme traduite en crime de lèse- majesté pousse le majordome de circonstance à remettre le couvert sur une nouvelle nappe, plus qu\u2019à renverser la table.La gravité a aujourd\u2019hui plus de tourneurs que de fraiseurs.Le 26 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 vertige du slogan à pic fait au final les discours à plat.Montrer les crocs ne rend pas les loups moins frileux.Pas de nouvelle griffe donc au prêt à penser.A force de focaliser la contestation uniquement sur les postes et des moyens, on a peut-être réduit le problème scolaire à une quantification dont on se plaint plus que jamais de la faiblesse.Aucun léninisme ne peut mettre en scène le « Que faire ?» révolutionnaire.Une école ne se refonde pas.N\u2019est pas Philippe Merrieu qui veut.Il n\u2019y a pas plus noble scellé que la transmission des savoirs.Même supprimée le samedi.Plus belle rencontre qu\u2019entre un enseignant, un groupe d\u2019élèves et une méthode.Et aussi la bonne sanction le cas échéant, pourrait-on rajouter.L\u2019école a son côté humain.Elle ne varie pas ses fondamentaux.Elle vieillit.De retour à la gravité il n\u2019y aura pas.Il reste aux puristes à se vautrer dans l'algèbre de leurs mélancolies hors d\u2019usage.À l\u2019enseignant de vivre des rêves tranquillisants dans la clarté numérique de ses journées carcérales quand la répétition de mots glacés d\u2019ef- ffoi comme travail, progrès, ne gercent ses lèvres, uniques scarifications des guerriers de l'absurde.I] ne sert à rien d\u2019espérer re- fonder.Il nous resterait à nous indigner.Mais si nous nl my Ind = = = TE.BBC = = ea 6-5.= = = fau Mon ks ir ar BO oe ain à qe lon Rit on rf ji ob mi | en avons les raisons, nous n\u2019en n\u2019avons plus les moyens.Moins contraignante que la syndicalisation, l\u2019indignation est érigée en modèle actuel de pensée.Cependant, derrière les bouches en flammes, se dissimule, en ventriloque, une superbe impuissance à donner quelconque dignité à la suite.Le sitting, oui, mais en forêt.L'affirmation solennelle de l'égalité outragée fait preuve de gravité plébéienne et finit en clip.Le signe de ralliement en bras raccourcis.L\u2019acide en « espérance lucide ».Autrefois, déjà, la force était tranquille.Gravité de corps et d'esprit Reste à différencier la gravité selon les situations pour ne pas broyer l'horizon du message ou se tromper de motif d'indignation.L\u2019Education nationale n'a guère été surprise par la dégradation récente du triple À.Gravité vite tempérée d\u2019ailleurs par son maintien par d\u2019autres agences.Les tergiversations sur les modalités de notation avaient été, en effet.largement anticipées chez nous par la réflexion, depuis quelques semaines déjà.qui consiste à envisager de retirer à vif du corps des IA-IPR, l'organe géniteur de leur autonté.La dépouille de leur fonction d'évaluation des personnels enseignants fut saluée, dans un premier temps, d'une ma- VUE D'EUROPE Naufrage tragique rue de Grenelle.nière qui dort beaucoup au caractère fortuit de leur trépas annoncé.Qui l'eut cru, eux qui avaient échappé à toutes les réformes depuis 1945 ! Enfin le grand choir ?Au nom de la gravité, la défense de l\u2019inertie se voua, une fois de plus, en marches funéraires Chopin-clopant, des nostalgiques des avant-veilles insomniaques, promus par copinage, pèlerins goguenards toujours prêts à composter leur billet d\u2019humeur, pour réclamer la permanence d\u2019une religiosité de l\u2019onction de la note par des pairs, dont on s\u2019accorde tous, pourtant, à reprocher l\u2019infortune.La masse encore plus nombreuse de tous ceux qui ont été descendus dans les graves, comme des moins que rien, d'après quelques indices vagabonds, de ceux qui souffrent encore de patrouiller dans le gel suite à un rapport injuste, alors qu'ils faisaient juste de leur mieux, était restée, elle, muette.Avant de pouvoir assouvir la pression de sa joie contenue sur le tombeau d'une fonction où la nécessité d\u2019évaluer une science molle s\u2019est durcie d\u2019arrogance.Ne nous décentrons pas de la gravité, en lestant le léger.Ici, faute de preuve évidente de gravité, l\u2019ordre de marche avait été alourdi d\u2019une nouvelle et vraie protestation contre l\u2019inquiétante suppression de TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 27 =_ eel © ss.SON ES Nat Be EE.RC ss Xo ee postes, ralliant à la communion effervescente, de vraies figures inquiètes pour leur métier et leur famille.Toutes les suppressions n\u2019ont pas la même pesanteur.Ne repérons pas la gravité, uniquement dans l\u2019atteinte à l\u2019esprit de corps auquel on n\u2019oppose qu\u2019un rituel chaleureux, mais si temporaire.Cette gravité-là ne nous rassemble plus (à peine 12% de grévistes dans le secondaire, 15% dans le primaire pourtant moins con- cemé pour le 31/01), et ne nous dépasse en rien.Il y a de la gravité plus permanente et plus froide comme le marbre.Celle qui commande et légitime le sacrifice.Pour laquelle on devrait toujours se mobiliser.À défendre les poussières au lieu de méditer devant les cendres de la petite Agnès, violée, tuée et brûlée, quelques jours auparavant aux portes de son école en Haute-Loire, nous revétissions la cotte de mailles en nous trompant de côte d'alerte.« Je l\u2019ai bousculée » avait avoué lors de sa première audition le présumé coupable.La gravité a ses détoumements de mineurs par des élégances verbales qui voudraient l\u2018effacer.Le silence, a plus de pudeur.Pour une fois à titre d\u2019exemple, sans oublier les cas moins médiatisés, une minute en noir et blanc aurait suffi à rendre hommage à VUE D'EUROPE Naufrage tragique rue de Grenelle\u2026 ceux qu\u2019on n\u2019a pas su protéger, et réhabiliter la notion de limite à l\u2019élève.Tout en rappelant, si besoin était, la gravité de la mission citoyenne auprès du maître.Celle qui touche à la vie d\u2019innocents.Qui grave la chair et les inscriptions ultimes en lettres de sang.Celle qui prend au corps et n\u2019endiable pas forcément la symbolique de notre fonction.La seule gravité.L\u2019unique sacré.Celle qui mérite que l\u2019on se dévoue.La vie.À fortiori celle d\u2019une enfant.En anglais, grave se dit grave (tombeau).Au risque d\u2019un introspectif coupable dans notre bulle savonnée à la surface de laquelle plus rien de l\u2019extéreur ne peut décidemment s\u2019accrocher, on nous a abstenus de tout geste de recueillement aux valeurs pourtant éminemment éducatives.De quoi donner le bourdon du haut du clocher de nos injustices.Il nous avait bien demandé l\u2019observation d\u2019un silence pour les victimes du sous-marin du Koursk en 2002.C\u2019était plus loin et il y a longtemps.« L\u2019onde bout dans une ume trop pleine »; Le plus grand regret d\u2019une vie, ne sera-t-il pas, à titre personnel, celui de ne pas avoir su toujours saisir la gravité au bon moment ?De ne pas avoir été à la hauteur du grave ?Le ministère a aujourd\u2019hui renoncé à décréter la gravité.En abandonnant à des groupes de pression le soin de spéculer sur sa réalité et d\u2019en décider des réactions à des fins propres.Comme pour cette lette de Guy Môquet oubliée.Oui, souve- nons-nous comment ce papier griffonné quelques heures avant sa mort, n\u2019a pu faire carrière.Elle a accouché dune jacquerie libérale et d\u2019une polémique d'historiens qui en ont füsillé l'initiative autant que le souvenir et le message.Certes, l\u2019éducation ne peut pas se faire qu\u2019au Panthéon.En ombre portée, J'avais placé récemment la lettre dans un panel de documents mis à l'étude au cours d'un devoir surveillé.Seulement 6 élèves sur 26 de la classe de troisième ont repris la phrase la plus forte de la lettre : « Mais ce que je sou- harte de tout mon cœur, c'est que ma mort serve a quelque chose ».Eh bien, non.Deux fois non.Les enfants ne sont plus que ce qu\u2019ils voient.Accoutumés à la violence rapportée, eux aussi de presque 17 ans, savent inconsciemment que la vie ne vaut rien.Pas encore que rien ne vaut la vie.L\u2019abus de mémoire ne permet plus de voir l\u2019Histoire en face.Le continu s\u2019impose au contenu, gâchant bien des occasions de revenir de temps en temps, à la ligne.I] faut juste être besogné par 28 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 le temps pour vouloir retrouver du sens au sein de nos chimériques erances.Me mélant à l'hommage qui est rendu à nos supérieurs pédagogiques, je voulais ici vous narrer mon premier souvenir d'inspection en tant que titulaire, par un intermittent du spectacle dont c'était la tournée d'adieu.Un jour de mai 1993.J'envisageais d'évoquer pour une classe de troisième, la fin de la guerre d'Indochine.Voulant mieux connaître mon adversaire du Jour, je m'étais enquis de ses quatre volontés.Paraissait quil était grand mélomane.Cela tombait bien.J'avais sous la main une cassette du film de Pierre Schoendoerf- fer « Dien Bien Phu ».Les dernières images de la reddition française sont accompagnées dune musique magnifique de Georges Delerue, « Le chant de l'adieu » pour violon et orchestre.La séance se passe.Puis vient l'entretien.Et là, mon hôte me dit « Et puis cette musique de l'extrait de film ! homible, insoutenable, je ne regardais même plus les images ».Puis, «Vous savez, je viens de m'acheter l'intégrale de Kerth Jarrett.Et là, vous fermez les yeux.».Pour ceux qui ne connaîtraient pas le musicien en question, sachez qu'il vaut mieux ne pas avoir oublié de prendre des sucres lents avant d'écouter.« Je FÉVOI+ kis Me Ua ps Log IT pI fil Hour qi dar Vid Inde on ed bi sit Tak is Rd bel Les ai US uh ane pr ane aie edi ok hk ns 5 H vos \u2018 & fr vais vous dire comment faire.N'utilisez pas le rétroprojecteur, vous allez bronzer ! Poser sur le tableau une image de guerre en noir et blanc, et là, vous laissez les élèves dix minutes devant sans rien dire.Vous n'imaginez pas l'impact du noir et blanc sur les élèves.Une photo, uniquement ! ».Je reconnais du vrai aujour- d'hui.Alors que je n\u2019avais su qu\u2019envisager la transmission possible d\u2019une émotion musicale et visuelle.Un bon début.« N\u2019aggrave pas ton cas ! » « C'est plus intéressant ! » me déclarait récemment d'une Voix penaude un élève de troisième plutôt dégourdi, que j'avais surpris en train de faire en sous-main un exercice de mathématique alors que j'évoquais tragiquement les camps de la mort.Les photos du livre, la lecture de textes choisis n'avaient pas provoqué d'émotion suffisante.Juste de la suffisance.J'aurais préféré, quitte à ce qu'il dise quelque chose un : « C'est trop dur, je préfère faire ça ».J'en aurais conclu à un désir de fuite devant l'horreur.Mais non.Que demeurent nos automnes à côté de ma joie ?La peur de la semonce éventuelle du professeur officiant au cours suivant l'avait juste emporté sur la reconnaissance d'une gravité tragique et collective.L'élève trop scolaire en vient VUE D'EUROPE Naufrage tragique rue de Grenelle.à oublier pourquoi il est là.C'était presque aussi simple que ça.Ma rétorsion s'est juste contenue à lui faire valoir que son attitude était indigne.La gravité s\u2019était troquée ici contre de l\u2019utilitaire.Comme l\u2019idée de nation se retoume en défense de la nature.L\u2019affirmation des droits de l\u2019homme supplée l\u2019espnit de lutte.En escamotant la morphologie d\u2019enclave de la gravité, cet élève ignore encore que pour faire la liaison, il faut spécifier la différence.On ne grandit qu\u2019en référence à des espaces clos, en conservant des sanctuaires.L\u2019émancipation passe toujours par une forme de nostalgie du milieu clos, utérin, protecteur.C\u2019est la condition du vivant.L'absence de minéral, du palpable de l\u2019attribut historique ne s'accorde plus aux attentes d\u2019élèves angoissés.Ils ont leur propre bornage du sacré d\u2019une inviolable intimité Comme le Costa Concordia, navire de croisière où le capitaine, pour avoir oublié les dures lois de la gravité en a réveillé d'autres chez ses passagers masculins, qui, suivant son modèle, ont déserté la bienséance en se précipitant en premier sur les chaloupes à l\u2019amer.Chacun sa vision propre de la gravité, solidement arrimée au rocher de sa personre, et liquéfiée au plan collectif.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, H Quelques jours plus tard, mon cours de quatrième est annulé au profit d'une sensibilisation au handicap physique.Deux responsables d'association, dont un aux jambes sectionnées et marchant avec deux prothèses, avaient tout d\u2019abord organisé un bref parcours dans un fauteuil roulant pour révéler les difficultés de mobilité.La prise de conscience de la difficulté n'a pas étouffé la joie de circuler pour la première fois dans un tel viatique.Encore un souvenir de franche rigolade.Les élèves avaient sublimé le parcours de course a handicap, en véritable compétition de vitesse entre eux.Le discours qui leur a été servi ensuite tendait à atténuer la discrimination que l'on pouvait exercer à l'égard des handicapés.Du genre « Nous sommes tous égaux, tous différents mais pareils ».Peut- on parler du handicap comme on parlerait de l\u2019homosexualité ou des races ?L'alerte contre les dangers de la circulation, la brutalité des châtiments en vie amputées par un instant d'inattention se trouvaient ici éteints par un discours communicatif sur la reconnaissance de l\u2018Autre.Rien sur la souffrance individuelle.Pourtant, le soir, quand la violence d\u2019un souvenir vous arrache à vos pensées.Vous en croyez l\u2019aveu infertile?Ou réfractaire à IVER 2013 29 VUE D'EUROPE Naufrage tragique rue de Grenelle\u2026 l\u2019échange ?Paraissait qu'on pouvait jouer de son handicap.Et même le colorer.Voilà notre animateur sortant de son sac, des prothèses originales, toutes décorées de feuilles colorées de magasines plaqués à la cire sur le réceptacle de bois ou de plastique.L\u2019œuvre d'art est sensée sûrement consoler.Les élèves ont été surpris puis admirateurs.Certains ont demandé où s'en procurer, avant de sortir de la séance d\u2019information, sûrs de leur bon droit à ne pas prêter davantage attention aux handicapés qui sont, eux-mêmes le disent-ils, très heureux comme ils sont.L'élève a une tendance naturelle à dédramatiser tout seul à la moindre difficulté.Faut-il qu\u2019on l'incite davantage à le faire?Pou- vons-nous encore former à la gravité ?Sans doute, en évitant le mensonge.Fn cherchant moins l\u2019horizontale éperdument que la verticale en œu- vrant en profondeur.Contrairement à ce que je peux lire de mon IPR actuel, qui sans doute très sensible aux commentaires de la retransmission du Tour de France cycliste, tient à envoyer un coureur de son équipe dans toutes les échappées.« Je réitère ma demande quant au nouvel enseignement optionnel \"Droits et Grands enjeux du monde contemporain\" qui sera proposé aux élèves des classes terminales série L.J'aurai donc besoin de connaître les noms de ceux d'entre vous\u2026 afin que nous puissions éventuellement les solliciter et faire en sorte que lhistoire-géographie participe, même de façon minoritaire, à ce nouvel enseignement ».Vital, en effet.Une façon d\u2019occuper le terrain que nous opérons, nous, en trois axes.La diffusion de connaissances de manière préventive: enseignons.Répondre à une déstabilisation de ma- nicre défensive: grevons.Lancer une action offensive contre un concurrent ou un autre acteur qui peut vous nuire: punissons.C\u2019est-ce que nous faisons tous les jours.Pour le reste, il y a Keith Jarrett.AAA La Fin.Allemagne 1944-1945, [an Kershaw (2012), aux Éditions du Seuil (version française) -.D KERSHAW e l\u2019attentat manqué contre Hitler, le 20 juillet 1944, à la capitulation du 8 mai 1945, l\u2019Allemagne tombe peu à peu dans la folie meurtrière et la destruction.C\u2019est un pays tout entier qui se transforme en immense charnier.Les civils tués sous les bombardements alliés, ) ; rescapés des camps victimes des « marches de la mort », soldats sacri- \"288 fiés dans des batailles perdues d\u2019avance se comptent par milliers.Mal- 4 gré tout, la guerre dure, le régime tient.La Wehrmacht continue d\u2019en- À voyer des soldats combattre sur le front.Pourquoi la guerre a-t-elle duré si longtemps ?Comment expliquer l\u2019incroyable résistance du régime nazi au milieu des décombres ?C\u2019est pour répondre à ces questions que le grand historien britannique lan Kershaw a entrepris ce vaste récit des derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, L\u2019obstination fanatique du Führer, l'emprise du parti nazi sur la population, la peur viscérale de l\u2019armée Rouge, mais aussi les choix stratégiques et militaires des Alliés sont quelques-unes des hypothèses explorées dans ce livre, qui est aussi une réflexion brillante sur les rouages du régime nazi au moment de son agonie.www.seuiLcom 30 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 UISTRA BRANCHÉ CAMPUS CHEZ SOI CERTIFICAT EN SCIENCES DES RELIGIONS À DISTANCE « Formation initiate ou pr TR pour APR ne ; Formule souple et adaptée aux besoins personnels et professionnels o = pour les enseignants d'éthique et de culture religieuse ga so ftsr.ulaval.ca PE 0 Mod UNIVERSITÉ 6 LAVAL Faculté de théologie et de sciences religieuses Les Filles du Roy.Mères de la Nation québécoise.Commémoration pour le 350* anniversaire du premier départ de la décennie 1663-1773 > Ex 1663 et 1673, plus de 800 femmes sont venues \"i de France s'installer sur les rives du Saint-Laurent.Dès la première génération, les enfants nés de ces pionnières seront plus nombreux que les migrants arrivés de France.De cet apport démographique fondamental pour le peuplement de la Nouvelle-France naîtra la nation : « canadoise » comme l'appelait Marie de l'Incaration Ÿ dans ses lettres mémoires.« Femmes à marier » destinées à fonder des familles, ces « filles du Roy » sont pour la plupart des orphelines qui se sont rendues, puis se sont installées en Nouvelle-France, L'arrivée des Filles du roi en Nouvelle-France en 1667 Le ; .Eleanor Fortescue Brickdale / Bibliothèque et Archives Canada / avec l'aide du trésor royal français.Deux cent cinquante C-020126.Banque d'images en univers social.d'entre elles nt doté par le roi.Elles ont été « tées », « sélectionnées », « rassemblées », « embarquées » en divers lieux du Royaume, à l'instigation de Louis XIV et de Colbert, sous l'œil vigilant et critique de l'intendant Jean Talon.L'importance historique de l'arrivée de ces femmes en Nouvelle-France sera soulignée par la commémoration organisée par la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs-France les 6, 7, 8 et 15 juin 2013.Cette manifestation se veut une reconnaissance de quatre lieux de mémoire à Paris, Rouen, Dieppe et La Rochelle.Dans chaque ville y seront organisées des conférences pour faire connaître ces pionnières du Nouveau Monde au public français et y seront dévoilées des plaques commémoratives, hommage au rôle qu'elles ont joué dans l'historre de l'Amérique française.Le programme de cette commémoration ne se limite pas à ces seules conférences.Le programme enrichi de toutes les manifestations sera disponible sur le site de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs au premier trimestre de l'année 2013.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 31 HISTOIRE DU QUÉBEC LE RÉGIME SEIGNEURIAL : UN REGARD HIS- TORIOGRAPHIQUE (1° PARTIE) MICHEL MORISSETTE (ETUDIANT A LA MAITRISE EN HISTOIRE A L'UNIVERSITE DE SHERBROOKE) OLIVIER LEMIEUX (ETUDIANT A LA MAITRISE EN POLITIQUE APPLIQUEE A L'UNI- VERSITE DE SHERBROOKE) Al pays de la seigneurie « carrée' » nous remarquons encore aujourd\u2019hui de nombreux signes de la présence seigneuriale.En effet, sur les rives du Saint-Laurent, ces marques sont à la fois visibles, à travers les anciennes censives prenant la forme de longues bandes de terre cultivée, les anciens manoirs et moulins seigneuriaux, lesquels sont parfois devenus des attraits touristiques (par exemple, à Saint-Roch des Aulnaies ou à Montebello) ou, encore, la toponymie de certains lieux\u201d.Cette présence seigneuriale, dont les traces nous renvoient à une époque désormais révolue, semble cependant absente de la mémoire collective québécoise.Mais qu\u2019est-ce, en fait, que le régime seigneurial, hormis ces quelques réminiscences que nous venons de mentionner ?C\u2019est une question à laquelle plusieurs historiens ont tenté de répondre, et ce, depuis le milieu du XIX°siècle.D'abord homogène, la seigneurie est vue, par les historiens du XIX® et de la première moitié du XX° siècle, comme une institution où les droits et devoirs du censitaire étaient contrebalancés par œux du seigneur.Ensuite, à partir des années 1960, sous l\u2019influence de l\u2019Ecole des Annales, puis du marxisme, les historiens se sont mis critiquer l\u2019historiographie traditionnelle.Sous leurs plumes, la seigneurie transforme en un système d\u2019exploitation où la classe seigneuriale domine la classe paysanne.Finalement, à partir des années 1990, un troisième courant historiographique fait son apparition, lequel affirme la diversité de cette institution dans le temps et dans l\u2019espace Mais comment sommes-nous passés d\u2019une seigneurie homogène où seigneurs et censitaires vivaient en harmonie à une seigneurie plurielle où la diversité du monde seigneural est mise à jour ?De surcroît, est-ce que cette évolution historiogra- phique est perceptible au sein des manuels scolaires du cours d'Histoire et d\u2019éducation a la citoyenneté ?Pour bien cemer notre problématique, de prime abord, un bilan historiogra- phique s\u2019impose.Par la suite, nous pourrons explorer, dans un article ultérieur, la représer- tation du régime seigneurial dans les manuels scolaires.Le régime seigneurial avant 1960 la représentation traditionnelle La vision traditionnelle de la seigneurie est grandement issue de l\u2019interprétation de Fran- çois-Xavier Gameau, laquelle 32 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 date du milieu du XIX siecle, c\u2019est-à-dire avant même que le régime seigneunal ne soit aboli en 1854.Gameau décnit le se gneur comme un « fermier\u201d » et un agent de colonisation\u201d.En continuité avec Gameau, dès 1859, l\u2019historien français Rameau de Saint-Père expose les relations seigneur/censitaires comme étant œlles « d\u2019une grande famille patriarcale\u2019 ».Cela concorde assez bien avec la proposition des historiens Serge Jaumain et Matteo Sar- filippo a l\u2019effet que « Gameau, Rameau, Casgran et Sulte jouent assurément le rôle de définisseurs d\u2019idéologie* » du régime seigneurial.Mais il demeure que l\u2019un des auteurs qui fut le plus influent dans la création d\u2019une représentation traditionnelle de l\u2019institution seigneuriale est probablement le seigneur et romancier Philippe All és ci ns sy Ir S 625 8 ss E@æp = 8 = = =F EE EE TE Es E Aubert de Gaspé.En effet c\u2019est à travers ses Mémoires et, surtout, son roman Les ar- ciens Canadiens\u201d, que ce det- nier a poussé la vision de l\u2019harmonie seigneuriale à son paroxysme.Allant beaucoup plus loin que les historiens de son temps, nous pouvons le considérer comme le créateur de « l\u2019ancienne famille seigneuriale > dans la mémoire collective.Sa vision, conjuguée avec celle des historiens du XIX\"et du début du XX\" siècle, influence l'historiographie du régime seigneunal jusque dans les années 1950 et 1960\".D\u2019après le chanoine Groulx, la paysannerie sous l'institution seigneuriale, est encore représentée comme « l\u2019une des plus libres au monde'\" ».D'ailleurs, l'historien Marcel Trudel, référence incontoumable pour celui qui s'intéresse au régime seigneurial, propose un modèle au sein duquel nous retrouvons un équilibre quasi idyllique entre les droits et les devoirs du seigneur et des censitaires \u201d.II dira même que le régime se gneurial, en Nouvelle-France, « n\u2019est pas de la féodalité™ » un peu comme si seigneurs et cnsitaires vivaient en symbiose.Trudel reprend également l\u2019argument * selon lequel le régime seigneurial aurait permis de « sauvegarder la çaise\u201d*,,.La seigneurie, de par son caractère français, aurait repoussé les colons anglais, ie HISTOIRE DU QUEBEC lesquels auraient choisi de s'installer dans les cantons.Trudel en amve donc à des conclusions similaires à celles que nous retrouvions un siècle plus tôt\u201d.1960-1980 l\u2019historiographie traditionnelle contestée Après avoir vanté les mérites d\u2019un régime seigneurial ou seigneurs et censitaires cohabitent harmonieusement, une rupture survient avec l\u2019entrée en scène de nouveaux historiens influencés par l\u2019Ecole des Annales et prêts à mettre en perspective les travaux de leurs prédécesseurs.Deux des premiers auteurs qui montreront les aspects répressifs et mégali- taires de ce système sont Fernand Ouellet et Louise De- chêne\u201d.Dès 1953, le premier réévalue les travaux de l\u2019historiographie en actressant quelques critiques à l\u2019interprétation traditionnelle'*.En plus de montrer l'évolution du groupe seigneurial entre 1663 et 1840, il prétend, entre autres, que la Nou- velle-France était une société d\u2019Ancien Régime similaire à celle de l\u2019Europe à cette époque\u201d.Antinationaliste, Ouellet voulait ainsi démontrer l\u2019archaïsme de la société de la Nouvelle-France.Pour sa part, Louise Dechéne démonte, avec l\u2019exemple de Montréal, que le régime seigneunal est un système d'exploitation féodal\u201d.Notons d'ailleurs que tarres les grands perdants de ce Le régime seigneurial.régime, fut reprise par de nombreux historiens.En effet, à la suite de Dechéne et Ouellet, nous voyons s\u2019appliquer à la question seigneuriale les notions propres au cadre d'analyse marxiste\u201d : une classe dominante (les set gneurs) et une classe dominée (les censitaires) qui ont des intérêts opposés.Or, cœlui qui poussera le plus loin cette mter- prétation est probablement Allan Greer.D\u2019abord publiée en 1985, sa thèse doctorale propose qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un ré gime d\u2019« exploitation » des paysans qui n\u2019a « pu que servir les intérêts de ces classes supé- Elle montre toute la diversité des seigneunes du Bas Richelieu, les fiefs de Sorel, de Samt-Denis et de Saint-Ours, puisqu'ils avaient chacun leur réalité propre.La qualité des sols, la présence de marchands et importance que les set gneurs accordaient à leur fief ont fait en sorte que cs trois seigneuries ont évolué de ma nières bien différentes.En somme, depuis 1960, « le durcissement du régime set gneurial, ses causes et son n+ fluence sur l\u2019économie et la société représentent la trame dominante de ctte production historique\u201d.Cependant, dan née en année, nous remarquons que les études s\u2019écartent des simples rapports entre set TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 33 % 3 Rr HA ; ox HISTOIRE DU QUÉBEC Le régime seigneurial.gneurs et censitarres.Le régime seigneunal qui semblait homogène apparaît alors comme une institution très diversifiée.En d\u2019autres termes, les historiens de cette période ont ouvert de nouvelles perspectives de recherches, qui touchent de plus près les aspects sociaux de la seigneurie.1990 à aujourd\u2019hui : l'étude sociale du régime seigneurial et la seigneurie plurielle Depuis 1990, nous assistons à un certain essoufflement de l\u2019histoire seigneuriale.En fait, cette histoire est délaissée au profit d'autres problématiques de l\u2019histoire rurale.Le cadre seigneurial demeure tout de même central dans la plupart de ces études.Parmi les auteurs de cette période nous comptons Françoise Noël qui démontre \u2014 par l\u2019exemple du Bas- Richelieu \u2014 que l'administration d\u2019une seigneurie varie selon le propriétaire\u201d.De son côté, en observant les seigneuries de Sainte-Anne-de-la-Pérade et de Batiscan, Colin Coates sou ligne l\u2019incidence des proprié- tares dans l\u2019évolution de leur fief\u201d.Poussant davantage cette réflexion, grâce à une étude plus générale sur la résidence des seigneurs, Benoît Grenier met en évidence « l\u2019influence qu\u2019eut cette présence [des seigneurs sur leur seigneurie] tant du point de vue de la famille seigneuriale que de celui de la population locale qu en \"bénéficiait™ ».Dans cette étude, il fait la démonstration que le seigneur résidant est, en fait, une exception.De plus, il démontre que plus nous avançons dans le temps plus la bourgeoisie acquiert des fiefs.Aussi, cette période ouvre la vole à l\u2019étude du cycle de vie familiale de la paysannerie québécoise\u201d.De plus, des chercheurs, comme Christian Dessureault, vont remettre en question l\u2019homogénéité de la classe paysanne et montrer toute la diversité de ce groupe\u201d.Serge Courille révèle les grandes disparités et inégalités régionales des cens et des rentes à travers le temps : « loin d\u2019être uniformes partout, [.\u2026] [les cens et rentes] sont au contraire très diversifiés, en raison de facteurs historiques, géogra- Hi ; io nomiques et sociaux, qui en font un reflet des changements socio-économiques de la période\u201d».D\u2019autres chercheurs élargissent également nos cor- naissances sur la seigneune en y incluant certains acteurs historiques, jadis margmnaux, tels que les et les Amérindiens\u2019'.Plus récemment, les recherches du professeur Grenier sur la lente extinction du régime seigneural montrent que les persistances du lien seigneur/œnsitaire ont perduré jusqu\u2019en 1940\u201d.Cela nous éloigne de près d\u2019un siècle du cadre traditionnel d\u2019étude du régime seigneunal, soit 1854.34 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 En ce sens, cette persistance donne lieu à de nombreuses perspectives de recherches.Somme toute, sortant du cadre réducteur des relations seigneurs/censitaires, l\u2019étude du régime seigneurial est aujour- d\u2019hui plurielle.Bien entendu, certains constats peuvent s\u2019appliquer à l\u2019ensemble du territoire.Cependant, la diversité du monde seigneurial est mise au Jour grâce à ces études qui ont choisi de sortir du cadre traditionnel.Par contre, cette pluralité s\u2019illustre-telle aussi dans les manuels scolaires du secondaire ?À suive dans la seconde partie\u2026 Notes | Annie Antoine, Préface, dans Benoît Grenier, Seigneurs campagnards de la Nouvelle- France.Présence seigneuriale @ sociabilité rurale des la vallée du Sairt-Larent à l'époque préindlustrielle Renres, Presses universitaire s de Rennes, p.10.2 Le nom des villes de Boucherville, Chambly, Neuville et Sorel, étant entre autres issu des noms donnés anciennement aux seigneuries de ces régions, patronyme d\u2019abord ongmaire du nom des premiers seigneurs ayant possédé ces lieux.* François-Xavier Gameau, Histoire du Canada (Première édition), Québec, Aubin, 1845, p.314.* Cet aspect du seigneur colonisateur est également repris par : Benjamin Sulte, « Le système => +\u2014 e\u2026> 71e = ez = _- \u2014 - _\u2014 EEE EEE ES = EE \u2014 ne; E Ke kd UF ip En od kd I wi 0s iw gl = Ww seigneunal », dans Mélanges Historiques, Montréal, G.Du- charmen, 1918.\u201d Rameau de Saint-Père, La France aux colonies, études sur le développement de la race française hors de l'E rope, Paris, À.Jouby, 1859, p.63.; Cet aspect des relations seigneurs/censitaires est également repris par : Abbé Casgrain, Une paroisse canc- clienne cut XVIF siècle, Québec, Léger Brousseau, 1880.\u2018Serge Jaumain et Matteo San- filppo, « Le Régime Seigneurial en Nouvelle-France : Un Débat historiographique », dans The Register, No.5, Vol.2, 1980, p.228.\u201d Philippe Aubert de Gaspé, Memoires, 1866.\u201cPhilippe Aubert de Gaspé, bec, Desbarats et Derbishire, 1863,411p.° Jaumain et Sanfilippo, loc.cit, p.229.! On retrouve cette vision traditionnelle dans de nombreux ouvrages historiques du début du 207siécle dont : J.Bruchesi, Histoire du Canada pour tous, Montréal, Lévesque, 1933 ; Victor Morn, Seignewrs et censitaires.castes disparues, Montréal, Editon des Dix, 1941, 104p.; Gérard Filteau, Histoire du Canada, Synthèse publiée dans la rene « Mes fiches », Montréal-Paris, Fides, 1964.Lionel Groulx, Histoe du HISTOIRE DU QUÉBEC Canada français depuis la découverte, Montréal, L\u2019Action nationale, 1950, p.110.!\u201cPropos qu\u2019il tient dans : Marcel Trudel, /ritiction à la Nou- velle-France, Montréal, Holt, Rinehart et Winston, 1968 ; Marcel Trudel et al, Canada : Unité et diversité, Toronto, Holt, Rinchat et Winston, 1971.> Marcel Trudel, Le régime seigneuwrial, Ottawa, La société historique du Canada, Brochure historique N°6, 1971 [1956], p.17.!* Ces propos ont également été tenus par Lionel Groulx et Maurice Séguin.PTrudel op.cit, p.19.Cette représentation harmonieuse du régime seigneurial se poursuit dans quelques cas jusqu\u2019à la fin des années 1960 avec des études comme : Jean- Pierre Wallot, « Le régime seigneurial et son abolition au Canada », Canadian Historical Review, 1969, p.367-393.\"IIs seront cependant devancés par Maurice Ségum en 1947, qui montre que l\u2019augmentation des rentes seigneuriales au 1% siècle a entrainé un surendettement de la classe paysanne.(Maurice Séguin, « L'évolution seigneunale au pays du Québec, 1760-1854 », Revue d'histoire de l'Amérique française, 1, 3, 1947, p.382- 402.) ®Femand Ouellet, « Un problème économique et social », Le régime seigneurial.BHR, LIX, 1953.\u2018\u2019Femand Ouellet, « Le régime seigneurial dans le Quebec (1760-1854) », dans Fle- ment d'histoire sociale du Bas- Canada, Montréal, HMH.,, 1972 [1966], p.91-110 ; Fer nand Ouellet, « Propriété set gneuriale et groupes sociaux dans la vallée du Saint-Laurent (1663-1840) », dans Mélanges d'histoire du Canade-français oferts au Professeur Marcel Trudel, Ottawa, E.U.O, 1978, p.183-213.Louise Dechêne, « L\u2019évolution du régime seigneurial au Canada : le cas de Montréal aux XVIÉ et XVIIÉsiècles », Recherches Sociographiques, 12, 2, 1971, p.143-184 ; Louise Dechêne, Habitants et marchands de Montréal au XVIF siècle, Paris, Plon, 1974.\u201cSerge Courville, « Rente déclarée payée sur la cœnsive de 90 arpents au recensement de 1831, méthodologie d\u2019une recherche », Cahiers de géographie du Québec, 27, T0, 1983, p.4361 ; Sylvie Dépa- tie, Mario Lalancette et Chris- à l'étude du régime seigneurial canadien, LaSalle, Hurtubise, 1987, 296p.7 Allan Greer, Habitats, Marchanes et Seigneurs.La société rurale du bas Richelieu 1740-1840, Sillery, Septentrion, 2000 [1985], p.299.7 Christian Dessureault, « L'évolution du régime se gneurial canadien de 1760 à TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 35 Lass HISTOIRE DU QUÉBEC Le régime seigneurial.1854 », dans Le régime sei- gnewrial au Québec 150 ans après.Bilan et perspectives de recherches à l'occasion de la commémoration du 15(F anni- versdire de l'abolition du régime seigneurial, Centre inter- universitaire d\u2019études québécoises, 2009, p.24.Francois No&l, The Christie Seigneuries.Estate, Management and Settlement in the Upper Richelieu Valley, 1760- 1854, Montréal/ Toronto, McGill-Queen>s University Press, 1992,222p.P Colin M.Coates, Les transformations du paysage et de la société au Québec sous le régime seignewrial, Sillery, Septentrion, 2003 [2000], 262p.°° Benoît Grenier, Seigneurs campagnard de la Nouvelle- France Présence seignewriale et sociabilité rwale ders la vallée du Saint-Laurent à l'époque universitaire s de Rennes, p.24.\u201d\" Gérard Bouchard, Quelques arpents d'Amérique.Population, économie, famille au Sa- guenay, 1838-1971, Montréal, Boréal, 1996, 635p.; Diane Gervais, « Succession et cycle familial dans le comté de Ver- chères, 1870-1950 », Revue d'histoire de l'Amérique fran çaise, vol, 50, n° 1, 1996, p.69- A.« L\u2019égalitarisme paysan dans l\u2019ancienne société rurale de la vallée du Saint-Laurent : éléments pour une réinterpréta- ton », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol.40, n°3, 1987, 373-407.?Serge Courville et Normand Séguin, Le coût du sol Deux études de géographie historique, Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 1996, p.77.\u201d Benoit Grenier, Marie- Catherine Peuvret (1667- 1739).Veuve et seigneuresse en Nouvelle-France Québec, Septentrion, 2005, 260p.* Michel Lavoie, C\u2019est ma seigneurie que je réclame.La lutte des Flurons de Lorette pour la seigneurie de Sillery, 1650-1900, Montréal, Boréal, 2010, 568p.2 Pour plus d\u2019informations, voir : Benoît Grenier, « Note de recherche : « Le demier endroit dans l\u2019univers ».À propos de l\u2019extinction des rentes seigneunales au Québec, 1854- 1974 », Revue d'histoire de l'Amérique française, Vol.64, N°2, p.75-98.HA L'Histoire nationale à l\u2019école québécoise.Regards sur deux siècles d\u2019enseignement (2012), Félix Bouvier et alii (dir.), Septentrion L\u2019HISTOIRE NATIONALE À L'ÉCOLE QUÉBÉCOISE Regards sur deux siècles d'enseignement S 1 l'enseignement de l'histoire nationale fait souvent partie de l'actualité québécoise, assez curieusement enseignants et historiens se sont peu penchés sur l'histoire de l'enseignement de leur propre discipline.Plusieurs spécialistes dessinent sous nos yeux une gigantesque fresque allant des origines à nos jours et détaillent l'enseignement de l'histoire au primaire, au secondaire et au collégial, tant dans les écoles francophones, anglophones qu'autochtones.Le tout constitue la première tentative de description et d'analyse de ce qui s'est enseigné et de la manière dont on a procédé dans les écoles, s'attachant ainsi à dresser les contours scolaires de l'histoire nationale à l'échelle d'un terntoire à géométrie variable selon les époques.Cet ouvrage met en lumière les courants pédagogiques qui ont animé les milieux de l'éducation dans ce secteur névralgique pour la mémoire et l'identité collective des Québécois.www .eptentrion.qe.ca 36 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 | Sul [ I re ré dub iol Nil = gH 5 5 52 £5 = 1108 rie ff me Ju ely ote ion, lo \\e Tr BE pi LA [1 | ik ore 8 HISTOIRE DU QUÉBEC LES FILLES DU ROI SUZANNE RICHARD | faudrait inciter tous les élèves, et particulièrement les filles, à lire cet ouvrage de Colette Piat, une romancière qui aime l\u2019histoire et qui nous la fait vivre à travers des personnages fictifs et réels.Son roman, Les Filles ui Roi, en deux tomes, est un récit vivant, bien écrit, bien documenté et de lecture facile.Il m'a apporté beaucoup de plaisir et a réveillé en moi une fibre que javais oubliée le patriotisme.Le patriotisme, direz-vous?Eh oui! C\u2019est un mot devenu suranné, car, pour être patriote, il faut un pays, et, pour avoir un pays, il faut d'abord Être fier de ses ancêtres et en connaître les héros.Où sont- ils?Qui sont-ils?Depuis plusieurs années, on s\u2019est évertué, comme l\u2019Eglise avec les saints, à dégommer, rayer et même dénigrer ceux qui sont nos ancêtres.Colette Piat nous les réapprend à travers la vie trépidante de Marie Amault et de ses petits enfants.Partie de France comme fille du roi, Marie traverse l'océan pour aider à la fondation de sa nouvelle patrie, la Nouvelle- France, qu\u2019elle aimera profondément, mais qu\u2019elle devra quitter dans des circonstances particulières.Fille instruite, d\u2019abord au service de Marie de l'Incamation, elle devient chirurgienne à ses heures et se lie d\u2019amitié avec une herboriste de Québec, Catherine, qui restera toujours fidèle malgré les vicissitudes de la vie et leur mariage respectif, Catherine à Montréal et Marie à Québec.À travers la vie de Marie, nous revivons cette fondation pénible d\u2019un territoire qui nous a été laissé, délesté de nombreuses parcelles et déchiré par des luttes implacables.Sa vie et celle de ses petits enfants, ici comme en France, nous font revivre la genèse de notre histoire.Nous réapprenons la vie laborieuse, ingénieuse et courageuse des premiers colons qui sont nos ancêtres.Ils ont survécu aux attaques des Iroquois, ils ont survécu à la déportation de l\u2019Acadie, à la turpitude et la corruption de ses gouvemeurs et intendants; ils ont survécu au mépris et à l\u2019indifférence de la mère patrie envers les habitants de « quelques arpents de neige », ils ont survécu à la bataille des Plaines d\u2019Abraham et à la présence des Anglais, mais ils ont persisté; ils ont travaillé sans relâche à développer ce coin de pays qu'ils aimaient, ils se sont battus pour sauver cette parcelle de territoire et faire de nous des survivants.Nous souvenons-nous?Les Filles du Roi, c\u2019est une relecture de notre histoire : l\u2019histoire du Québec et du Canada.Pas celle des gou- vermements, du ministère de l\u2019Education ou des fonctionnaires, mais celle de notre devise, « Je me souviens », qui, malheureusement, ne veut plus rien dire : on se souvient de quoi?De qui?Qui sont nos courageux aventuriers qui ont découvert le pays?Qui sont nos intrépides coureurs des bois, dépeints par des annonces idiotes à la télé, qui ont con- trbué au développement économique et social?Que sont devenus les hommes et les femmes qui ont formé la base de notre pays?Les Filles du Roi, c\u2019est une relecture et une réappropria- tion des personnages qui nous ont façonnés et à qui nous devrions ressembler.Ils n\u2019étaient pas tous des enfants de chœur, ils n\u2019étaient pas non plus, comme les héros de notre enfance, sans peur et sans reproche, mais ils étaient forts, débrouillards, courageux, honnêtes; et c\u2019étaient nos ancêtres.Piat, Colette.Les Filles du Roi, (s.1), Editions du Rocher, 1998, tome 1, 260 p.; 1999, tome 2, 298 p.TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 37 hat été: Este debe MOMS, ER aos.a ARR ALANA goat is So ce à = rR rs EER ub ay Jt A ies - a Sin ia A, 3 a Le = HL HB OR pr a HR RA KI EA EN S11.BRN RA IR ERR ENDL SM pi + cals of RECENSION WILLIE STERNER, SURVIVANT DE L'HOLOCAUSTE MARTIN DESTROISMAISONS, ENSEIGNANT AU COLLÈGE ST-LOUIS M.A.HISTOIRE « Although Schindler was a nazi and Bankier a Jew, 1 preferved the nazi Oskar Schindler.» Willie Stemer, un Juif ayant survécu à l\u2019Holocauste L: citation ci-dessus peut sembler des plus surprenante.Il est en effet paradoxal qu\u2019une personne ayant vécu l\u2019enfer concentrationnaire du IN Reich puisse ouvertement préférer un industriel sudète germanophone et membre du parti nazi à un coreligionnaire faisant partie des réprouvés.Pourtant, telle est l\u2019opinion de Willie Stemer, un Juif polonais ayant survécu à l\u2019Holocauste et demeurant maintenant au Québec.En affirmant une telle chose, Stemer nous montre de façon probante que les relations interpersonnelles des individus coincés dans les affres de la Seconde Guerre mondiale étaient fort complexes et qu\u2019il serait fort réducteur d\u2019établir de façon dichotomique deux camps : les « bons » et les « méchants ».C\u2019est d\u2019ailleurs une des nombreuses leçons que nous livre ce dernier dans sa courte autobiographie écrite dans le but d\u2019accomplir son « devoir de mémoire ».Martin Destroismaisons Willie Sterrer naquit en 1919 à Wolbrom (Pologne) au sein d\u2019une famille juive très unie comptant sept enfants.Suivant les traces patemelles, il appnit le métier de peintre en bâtiment au sein de l\u2019entreprise familiale avant de parfaire sa formation dans une école technique.Selon Stemer, la vie était attrayante dans la Pologne de l\u2019entre- deux-guerres malgré le fait que les relations entre les catholiques et la minorité juive n\u2019étaient pas toujours au beau fixe.Puis vint la catastrophe.En 1939, l\u2019armée polonaise fut mise en déroute par la Wehrmacht (armée allemande) et les nazis instaurèrent rapidement, dans leur zone d\u2019occupation, un nouveau régime politique ayant pour fondements le racisme et l\u2019eugénisme.Pour l\u2019auteur, ¢\u2019était le début d\u2019une longue période de perte de liberté, de culture, de fierté et de dignité pour les Juifs européens.Sterer fut ensuite confronté à toutes les étapes du processus de destruction de la juiverie européenne tel que décrit par l\u2019historien Raul Hilberg: identification, expropriation, concentration (ghettoisation), déportation, travaux forcés puis extermination.Il ne sera pas question ici d\u2019aborder toutes les horreurs auxquelles l\u2019auteur dut faire face.Nous laissons aux lecteurs la tâche ingrate de découvrir à quel point l\u2019Homme s\u2019abaissa en abandonnant toute morale lors de l\u2019Holocauste.Pour nous, l\u2019importance que revêt le témoignage de Sterner ne conceme aucunement les détails entourant la dépor- 38 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 tation au camp d\u2019extermination de Treblinka de sa mère et de ses quatre sœurs ni les meurtres de son père et de ses deux frères dans le ghetto de Cracovie.Ni même la faim, le froid et les supplices endurés par l\u2019auteur.La leçon à tirer de cette expérience se situe plutôt au niveau des rôles joués par les acteurs principaux de cette tragédie.Dans le récit de Stemer, on découvre que pour tout tortionnaire nazi on retrouve un Oskar Schindler et que pour tout Juif sadique de l\u2019OD (Ordmingsdient\u201d il y avait une Kazimiera Strzalka.Bref, même au sein d\u2019un régime totalitaire comme le III Reich, la liberté de choix subsistait.Ce ne sont que les conséquences effrayantes derrière le choix de résister qui firent en sorte que les es ol hi (ii 1 sui, dan fn Pie be Oi dh [at his on thi (a L tn (Sen Ki ao Nr is ) nk fill sd ni 2 die Al Qi cul qu 0 gens préféraient considérer qu\u2019ils étaient impuissants.Schindler et Strzalka, eux, décidèrent d\u2019aider Sterner au péril de leur vie.Ce faisant, ce demier eut la chance de survivre et de témoigner.Plusieurs éléments de ce livre plairont aux lecteurs.Outre l\u2019émotivité touchante avec laquelle l\u2019auteur raconte sa terrible histoire, on appréciera les nombreuses cartes géographiques et les photos d\u2019époque qui ponctuent ce récit.De plus, le style très lapidaire utilisé par l\u2019auteur (Stemer avoue lui-même ne pas être un écrivain et avoir de la difficulté à manier la langue de Shakespeare) permet à ce court récit d\u2019être intelligible pour un élève de l\u2019ordre secondaire.Il ne faudrait cependant pas croire que The Shadows Behind Me est parfait en tout point Son auteur n\u2019étant pas un historien, des erreurs (mineures) subsistent au sein de son ouvrage\"et certains trouveront à redire de la syntaxe un peu simpliste adoptée par ce dernier.En somme, il s\u2019agit d\u2019une intéressante biographie dont on peut aisément se servir au sein d\u2019une activité pédagogique _interdisciplimaire (avec le cours d\u2019anglais).Il RECENSION ne serait pas inutile de préciser ici que ce livre fut publié grâce à la participation de la fondation philanthropique Azneli.Cette dernière se spécialise dans la publication de témoignages de survivants de la Solution finale.Depuis sa création en 2005 par le magnat de l\u2019immobilier et survivant de l\u2019Holocauste David J.Azrrieli, elle a publié 22 témoignages.Fait intéressant pour tout enseignant d\u2019histoire ou d\u2019anglais, elle offre gratuitement l\u2019intégralité de sa collection sur son site Intemet.Bref, ce livre représente une altema- tive peu coûteuse et intéressante à l\u2019usuel Diary of Anne Frank.Notes \u2018Cet historien Juif d\u2019origine autrichienne, dont le mentor fut nul autre que Franz Neumann, consacra toute sa vie à tenter de comprendre le mécanisme de la Endlosüng der Juden- frage (la Solution finale de la question juive).Son ouvrage définitf en trois tomes intitulé La desfruc- tion des Juifs d'Europe demeure un incontournable.Voir: Hilberg, Raul.La destruction des Juifs d'Europe.Paris, Galli- mard, 2006.3 tomes.\u201cL\u2019OD était une force policière constituée de Juifs.Cette institution était créée TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 39 Willie Sterner.par un Conseil juif (Judenräte) dans le but de maintenir l\u2019ordre dans un ghetto, et ce, à la demande des Allemands.Sterner écorche passablement l\u2019OD dans son livre pour le ca- ractere brutal de ses maintes interventions et pour la corruption manifeste de cette organisation.*Schindler et Strzalka reçurent le titre de « Juste parmi les nations ».Ce titre, la plus haute distinction honorifique de l\u2019Etat d\u2019Israël pour des civils, récompense ceux qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs.* L'erreur la plus flagrante commise par Stemer survient lorsqu\u2019il affirme qu\u2019Hitler devint l\u2019homme le plus puissant de la république de Weimar après avoir été nommé chancelier, le 30 janvier 1933.Or, tel n\u2019était pas le cas.À l\u2019époque, c\u2019était Paul von Beneckendorff und von Hindenburg (le président du Reich) qui par sa lecture très « présidentielle » de la constitution (lire la possibilité de gouvemer par décrets) détenait la balance des pouvoirs.Bibliographie Hilberg, Raul.La destruc- fion des Juifs d'Europe.Paris, Gallimard, 2006.3 tomes.Site de la Fondation Azrie- I [http// www.azrielifoundation.org /memoirs/program.asp] (Page consultée le 11 mai 2011).Stemer, Willie.The Shadows Behind Me.[sl], Fondation Azneli, 2010.210 pages.(Coll.« The Azrieli series of Holocaust survivor memoirs >»).HRK SIE AIBN UVUCED 30 VSSCOLEST RSEPZECE DEBTLES The Shadows Behind Me Willie Sterner itr Br ta is DIVERS MACÉDOINE sphq epuis 50 ans, la SPHQ à pour mission de promouvoir l\u2019enseignement de l\u2019his- WEBMESTRE DE LA SPHQ toire au Québec, sous tous ses aspects, auprès de ses membres et de la population en général D ivers faits, événements, congrès, colloques ou parutions sont ici © de contribuer à assurer l'information et le dé- soulignés.Faites-nous part de toute information que vous vou- Yéloppement professionnel de ses membres.driez y voir.Depuis février 2007, 325 000 intemautes ont visité notre La SPHQ ne bénéficie d\u2019aucune subvention.site Web.Et vous?Devenez-membre.(514) 242-1645 A Le conseil d\u2019administration de la SPHQ | 2012-2013 16 D e gauche à droite : Tommy Jacob, enseignant, cs {> iË du Chemin-du-Roy ; Sandra Chiasson-Desjardins, $17 FAL étudiante de Zcycle en éducation, UQTR ; Félix Bou- a Vier, UQTR; Madeleine Vallières, enseignante, cs des | Hauts-Bois de l\u2019Outaouais; François Garceau, enseignant, cs de l\u2019Energie; Valérie Lapointe-Gagnon, étudiante de 3°cycle en histoire, Université Laval; Pascal Debien, enseignant, cs de Laval, Raymond Bédard, enseignant, école internationale de McMasterville.Absent de la photo: Laurent Lamontagne, enseignant, cs de Laval .La gestion de la classe au secondaire.\\/ ous déménagez?Afin de continuer Guide pratique (2012), Julia G.Thomp- à recevoir races, prévenez-nous son, Chenelière éducation.au plus tôt de votre changement | \u2018| d\u2019adresse!!! v ig a gestion de ; » Lin est un des Ihalle2@videotron.ca A.aspects les plus CoM- Pérou : royaumes du Soleil et de la Lune, 2 février au \"*j plexes du travail des Musée des beaux-arts de Montréal j enseignants au secon- a nitiée, conçue, produite et mise en toumée par le MBAM, l\u2019exposition : Pérou : royaumes du Soleil et de la Lune - Identités et conquêtes aux Le comportement par- époques ancienne, coloniale et modeme révèle une vaste sélection de trésors © {fois difficile de cer- précolombiens et de chefs-d'œuvre issus de l\u2019ère coloniale jusqu\u2019à l\u2019indigé- jl (ais jeunes peut pren- nisme, dont plus d\u2019une centaine n\u2019a encore jamais été montrée en dehors du mul dre au dépourvu pérou.\u2018 même les enseignants les plus expérimen- ; es Lo.tés.Sont montrées des stratégies éprouvées Représenter l\u2019événement historique (2012), Cécile Huchard, à appliquer rapidement en classe afin de Presses universitaires de Nancy créer un environnement positif, propice à | littérature s\u2019approprie l\u2019histoire selon des modes multiples, pour y l\u2019apprentissage et à la réussite ou encore trouver des motifs d\u2019inspiration romanesque, des possibilités de con- prévenir les problèmes de discipline.textualisation et « d\u2019effets de réel », ou des lieux de réflexion sur l\u2019expérience humaine.Il s\u2019agit ici de voir comment discours et fiction s'emparent P our et par des enseignants: Claude Gra- de « l\u2019événement », de « ce qui arrive », réalité surgissant de manière impré- vel et Didier Helliet, Editions Grahel : vue et souvent dramatique dans le cours du temps, des choses et des exis- (514) 835-2706 www.editionsgraheLcom tences, pour en livrer une représentation et lui donner forme et signification.40 TRACES, REVUE DE LA SPHQ, VOLUME 51, N° 1, HIVER 2013 De x pe EE a 532 Ty i us = = a = = = 2 238 le pre = i> = #* = = Wb POSTES - PUBLICATIONS .- 41 R = Eibl.nationale du Québec NUMERO DE CONVENTION : 40044834 Sec.Dépôt légal Adresse de retour 2275, Tue Holt SPHQ, 1319-A, Chemin de Chambly Montréal Québec Hes 3H1 LONGUEUIL, QC J4J 3X1 \"DES CITOTENS ENGAGÉS HISTOIRE Ea er WI mirent J EES - 535 fé TRACE) co ST LES PÂTRIOELS À L'ÉCOLE f La aéauiTÉ ou Pouvoir \u201c, ve RENDEI-VOUS À RimousHi TAGES CAP SUR : te 5 El L\u2019HISTOIRE = SES .\\WECUHISTOIRE 9 lee \u201cVAN tite «Duthil °° Cap fie ES "]
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