Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 1 janvier 2016, Janvier
[" ERC de oy 144 PER iin 5-33) UE DE LA SOCIETE BAnQ \"JE a D\u2019HISTO DU QUEBEC URAGES JER |\" i = 0d A i min I ; i à \\ fi À | | | il ' y i mag t la Nouvelle-France ose ii lL [Fbndation de la Place des Arts 3S: VO cole ÿ CY uid R Beaugrand if \" | | | | | hy 1} i / | 1 | ple i | M 10 VOLUM EUR ol 2 | \u2014 vol D Téléchargez l\u2019application gratuite avec vos élèves | Une soixantaine d'interventions historiques à découvrir en classe ou dans le Vieux-Montréal! D Relevez le Défi Montréal en Histoires 300 questions, 6 catégories, un chrono de 45 secondes par question.D Découvrez 375 archives qui ont fait Montréal PRÉSENTÉ PAR et son histoire.BMO Ô D Contenus accessibles gratuitement et en tout temps sur montrealenhistoires.com/jouez (Sian cess DOIN CIF TER (AGILE a ) Québec Montréalés Canadd Bell ik}Mcom Sphq Reve, Iraces Volume 54 no 1 e Hiver 2016 SPHQ Mot du président Raymond Bédard 3 Retour sur le 53* Congrès 54 Prix d'excellence de la SPHQ Remise du prix 2015 4 Formulaire 47 Pleins feux sur l'Histoire Honoré Beaugrand : une vie d'audace Jean-Philippe Warren a « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! » Le drame des cathares Jean-Claude Richard 8 Réflexions sur l'enseignement classique et le Séminaire de Mont-Laurier Félix Bouvier 13 Dorimène et Alphonse Desjardins, artisans d'une économie au service de la nation Claude Béland 32 Louis XIV et Louis XV, les décideurs Louis Gagnon 36 Didactique en mouvement Regard statistique sur l'opinion d'enseignants à l'égard de l'apprentissage de la pensée historique Daniel Moreau 18 En page couverture, l'édifice Price qui domine la vieille ville de Québec.Plus d'information en page 41.Photo : Lucie Laguë Revue de la SPHQ | Hiver 2016 1 Sommaire 2 d RACZS Destination Montréal 375¢ La Place des Arts, premier dossier de la Révolution tranquille Laurent Duval 25 Portrait : Herbert Brown Ames Montreal en Histoires 40 Fortifications de Montréal Montréal en Histoires 44 Activités en classe Mots entrecroisés \u2014 De l'Acte d'union à la fédération canadienne Raymond Bédard 42 Corrigé 35 « Des passeurs de mémoire » qui suscitent la réflexion \u2014 L'histoire d'Anne Frank dans les écoles canadiennes avec la méthode d'éducation par les pairs Julie Couture 48 Quoi de neuf ?Côté livres 57 Côté musées 60 TRACES | Volume 54 no 1 1 La Société des professeurs d'histoire du Québec (SPHQ) a été fondée à Québec le 20 octobre 1962 à l'initiative du professeur Pierre Savard (1938-1998), secrétaire de l\u2019Institut d'histoire de l\u2019Université Laval, avec la complicité du professeur Marcel Trudel (1917-2011), de la même institution, et de l\u2019abbé Georges-Étienne Proulx (1921-1998).La SPHQ a pour mission de promouvoir l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, sous tous ses aspects auprès de ses membres et de la population en général, et de contribuer à assurer l'information et le développement professionnel de ses membres.À cette fin et par son expertise, elle peut mener des campagnes d\u2019information et d\u2019éducation, faire des représentations et des recherches concernant l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, développer des alliances avec d\u2019autres organismes et prendre tout autre moyen jugé utile pour réaliser cette mission.La revue Traces vise à assurer la diffusion de l\u2019information et le développement professionnel des membres de la SPHQ.Elle se veut un outil de perfectionnement pour tous ceux que l\u2019enseignement de l\u2019histoire intéresse, et le promoteur de l\u2019enseignement des sciences humaines au primaire et de l\u2019histoire au secondaire.Le nom Traces a été choisi pour rappeler les fondements de l'Histoire qui se construit à partir des preuves de la présence des humains et de leur société dans le passé.Il rejoint, en second lieu, l'empreinte particulière laissée par l'enseignement de l'Histoire sur l\u2019individu qui le reçoit.Il évoque finalement l\u2019action et l\u2019influence passées et présentes de la SPHQ dans le domaine de I'Histoire et de son enseignement au Québec.r 1 Comité de rédaction : Raymond Bédard, Félix Bouvier, Marc-André Éthier, Geneviève Goulet Révision des textes : Suzanne Richard Infographie : Lucie Laguë, Sandrine Bédard Impression : Imprimerie des Éditions Vaudreuil, 2891, du Meunier, Vaudreuil- men 0\u20ac \u2018 Dorion, Québec, J7V 8P2 Société des professeurs 4 ich 2 bs d'histoire du Québec Dépôt légal : Bibliothèque et Archives spha.recitus.ac.e nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada, ISSN 0225-9710.Envoi de publication no 40044834.Port de retour garanti.Date de parution : janvier 2016 Indexé dans Repère.Reproduction autorisée avec mention de la source, à moins d'avis contraire.Les opinions exprimées dans les articles publiés dans ce numéro n\u2019engagent que la responsabilité de leurs auteurs.Les titres, textes de présentation, encadrés, illustrations et légendes sont de la rédaction.Correspondance Revue Traces de la SPHQ 1319, chemin de Chambly, bureau 202 Longueuil (Québec) J4J 3X1 Site Internet : http://sphg.recitus.qc.ca/ Publicité : raymondbedard@hotmail.com Distribution : lucielague@gmail.com Adhésion annuelle à la SPHQ avec 4 numéros Individu : 65 $ Institution : 75 S Retraité et étudiant : 35 $ Frais de poste et de manutention inclus 2 TRACES | Volume 54 no 1 Revue de la SPHQ | Hiver 2016 9f La ques Le dép de la sur fey recon elle Les reg por ly gouvem Tendre 9 doizièm à l'âge de mp des peu lumière des dé Cerlaine ins fy fay ar Proving du ME Consul Onsta Leni Dring; Que 1g la wy Lay Mag, TY oft Seb Membres On et des rete PHO Hee enselenement eme erient de se domaine Bedard, Fl eiève Goulet hard ne Bédard os (dreul- ives ald fon dels ries tel 5 Bi, strats ols er Mrelhgy | Mot du président Raymond Bédard Enseignant d'histoire au 4¢ secondaire a SPHQ amorce sa 54° année avec optimisme et est fière du travail accompli par les membres du CA en 2015.Le nouveau programme d\u2019histoire du Québec et du Canada, dans lequel la SPHQ s\u2019est fortement impliquée, est présentement en expérimentation dans plusieurs écoles au niveau de la 3° secondaire et l\u2019écriture du volet pour la 4° secondaire va bon train au MEESR.Le congrès 2015 à l\u2019Hôtel Estrimont d\u2019Orford, moment fort pour nos membres, a connu une hausse importante de participation, ce qui augure bien pour l'avenir.Comme par le passé, la SPHQ a été sollicitée par les médias sur différents sujets, dont le débat sur la place des Amérindiens dans les nouveaux programmes et l\u2019enseignement de l\u2019histoire des génocides dans les classes d\u2019histoire au secondaire.Plus que jamais, la SPHQ s\u2019inscrit comme un acteur incontournable dans les questions liées à l\u2019histoire et à son enseignement.La question autochtone Le dépôt, en décembre dernier, du volumineux rapport de la Commission vérité et réconciliation du Canada sur les pensionnats autochtones, et ses nombreuses recommandations que le premier ministre Trudeau veut mettre en œuvre intégralement, interpelle la SPHQ.Les recommandations 62 à 65, sous le titre L'éducation pour la réconciliation, demandent, entre autres, « aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux de rendre obligatoire, pour les élèves de la maternelle à la douzième année, l\u2019établissement d\u2019un programme adapté à l\u2019âge des élèves portant sur les pensionnats, les traités de même que les contributions passées et contemporaines des peuples autochtones à l\u2019histoire du Canada ».À la lumière des révélations de cette commission mais aussi des développements historiographiques récents, il y a certainement lieu d'améliorer la place de ces derniers dans les programmes d'histoire au Québec.Cependant, il faut garder à l'esprit que l\u2019éducation est une compétence provinciale et qu\u2019il revient à la direction des programmes du MEESR de gérer ce dossier.La SPHQ qui a été consultée sur les programmes en cours de rédaction a pu constater qu'il y avait déjà une réelle volonté de mieux tenir compte de l\u2019apport des Autochtones à toutes les périodes de l\u2019histoire.Que nous réserve 2016 ?La victoire du Parti libéral aux élections fédérales de l'automne dernier qui a portée Justin Trudeau au pouvoir en a surpris plus d\u2019un.La grogne contre le gouvernement Revue de la SPHQ | Hiver 2016 de M.Harper semble s\u2019être exprimée par une volonté de mettre un terme à une décennie d\u2019un gouvernement idéologiquement trop à droite pour la majorité.La décision du nouveau gouvernement de redonner aux chercheurs une plus grande liberté d\u2019expression et le retour au formulaire long du recensement sont les signes d\u2019une réelle volonté de changement de ton.Le flot de migrants en provenance de la région de la Syrie, que l\u2019Europe connaît depuis plus d\u2019un an, ne semble pas vouloir se résorber.La chancelière allemande Angela Merkel, personnalité de l\u2019année du Times, aura donné un bel exemple de solidarité en accueillant près de 800 000 de ces apatrides.Le Canada et le Québec auront fort à faire pour offrir une aide à tous ces réfugiés qui espèrent refaire leur vie ici.La connaissance de notre histoire apporte une perspective qui permet de mieux mettre en contexte ces phénomènes migratoires qu\u2019ont connus le Québec et le Canada.Ainsi, rappelons- nous qu'en pleine Guerre froide, des milliers d'Hongrois fuyaient leur pays et trouvaient refuge au Canada dans les années 1950.Dans les années 1970, c\u2019étaient les Boat People qui à leur tour arrivaient au Canada en quête d\u2019une vie meilleure.Suivra le Kosovo en 1995.Congrès 2015 Le congrès de l'automne dernier dans le site enchanteur d\u2019Orford fut un beau succès tant par la qualité, la variété et la pertinence des différents ateliers, que par l'animation qui régnait au salon des exposants.Le premier jour s'est clôturé par une soirée en musique avec un souper concert en compagnie du sympathique chansonnier et conteur Alexandre Belliard.Lors de l\u2019assemblée générale TRACES | Volume 54 no 1 3 annuelle de la SPHQ tenue le vendredi matin, nous avons procédé à l\u2019élection d\u2019une partie des membres du conseil d\u2019administration.C'est ainsi que nous sommes heureux d\u2019accueillir au conseil de nouveaux visages : Josée Prévost, enseignante à l\u2019école Rivière-des-Quinze en Abitibi et superviseure à l\u2019UQAT et Mélanie Tanguay, enseignante à l\u2019école La Camaradière de Québec.Lors du congrès, la SPHQ a aussi remis le premier prix d\u2019excellence en enseignement de l\u2019histoire à Mme Sylvie Richer de la Polyvalente Deux-Montagnes.Le prochain rendez-vous aura lieu à Montréal les 20 et 21 octobre avec comme thème À l'aube du 375° de Montréal.Avec la participation de Montréal en Histoires, nous vous préparons un congrès qui sera, nous l'espérons, à la hauteur de vos attentes.Plus de détails dans le prochain numéro de Traces.Négociations Le dernier sprint de négociations qui avait lieu avant Noël entre les centrales syndicales et le président du Conseil du trésor, Martin Coîteu, a finalement permis in extremis la signature d\u2019une entente de principe qui doit être soumise au vote des syndiqués en janvier.La grande mobilisation des membres et l\u2019appui d\u2019une partie de la population à la cause des enseignants et de l\u2019école publique ont probablement incité le gouvernement à revoir ses offres initiales pour le moins inacceptables, voire à la limite du mépris envers la profession.Malgré les importantes concessions faites par le côté syndical, on peut affirmer que le pire a été évité et que les syndiqués ont fait preuve d\u2019une belle solidarité.Il est à noter le curieux silence du ministre de l\u2019Éducation, M.Blais, tout au long du processus de négociation, alors qu'il est évident que la qualité de l\u2019école publique est intimement liée aux conditions dans lesquelles s\u2019exerce la profession d\u2019enseignant.Traces La revue Traces vous propose un numéro très bien garni.Une grande place est faite aux textes d\u2019historiens et conférenciers qui ont fait une communication lors du dernier congrès.Claude Béland retrace les débuts des caisses populaires avec Dorimène et Alphonse Desjardins; Félix Bouvier propose une réflexion sur l\u2019enseignement classique au Séminaire de Mont-Laurier; Louis Gagnon analyse le rôle de Louis XIV et Louis XV sur les destinées de la Nouvelle-France; Jean-Claude Richard nous plonge dans la guerre de religion que le roi de France mène contre les cathares; Jean-Philippe Warren, qui vient de remporter le prix du Gouverneur général pour son essai sur Honoré Beaugrand, nous résume le parcours de ce Québécois hors du commun au 19° siècle.Dans la rubrique sur le 375¢ de Montréal, Laurent Duval relate les évènements qui ont mené à l\u2019inauguration de la Place des Arts, tandis que Montréal en Histoires nous trace l\u2019origine des fortifications de la ville et présente l\u2019homme d'affaire et philanthrope Herbert Brown Ames.Julie Couture de la Fondation Anne Frank expose quant à elle le projet d\u2019exposition itinérante sur le destin tragique de cette jeune juive lors de la Deuxième Guerre mondiale.Côté didactique, Daniel Moreau présente ses recherches sur les enseignants et la pensée historique.Côté pratique, la rédaction vous offre une grille de mots entrecroisés à faire en classe.La rubrique Quoi de neuf ?vous informe des nouveautés côté livres et musées.Bonne lecture et bonne année 2016 ! CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION SPHQ 2016 + Raymond Bédard (président), enseignant, CS des Patriotes + Félix Bouvier (vice-président), historien et didacticien, UQTR * Madeleine Vallières (trésorière), enseignante, CS des Hauts- Bois de l\u2019Outaouais + Véronique Charlebois, enseignante, Collège Héritage, Chateauguay + François Garceau, enseignant, CS de l\u2019Énergie * Geneviève Goulet, enseignante, Collège Saint-Anne-de- Lachine » Josée Prévost, enseignante, école Rivière-des-Quinze et superviseure à l'UQAT + Mélise Roy-Bélanger, étudiante en histoire, Université de Sherbrooke - Mélanie Tanguay, enseignante, CS de la Capitale + Gilles Tremblay, enseignant, Collège Sainte-Anne-de- Lachine Photo : Jean-Claude Richard Prix d'excellence en histoire 2015 | Lors du 53° Congrès tenu le 22 octobre 2015, M.Bédard, | président de la SPHQ, a eu l'honneur de décerner le prix d'excellence en histoire à Mme Sylvie Richer pour le travail qu'elle a accompli afin de faire découvrir, connaître et aimer l'histoire du Québec, Mme Richer s'est démarquée par des approches pédagogiques originales dans l'enseignement, notamment par un projet de recherche généalogique des élèves réalisé en collaboration avec la Société de généalogie de St-Eustache.Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Hor | \u2018 aux pr dela Ré Ja plus progres ultram Nest hs [ns disper publi ên if [in de met sey Proving discou 187 br affine eng, Téfomi Wns \u201c0 lly Cry | Ces DR leurs I Semi lave] Dour par Un Clergé Reve, Dey > Use == Honoré Beaugrand : ts A e d I d {ot pl ) une vie dudace Mite : Lu Jean-Philippe Warren i Professeur au Département de sociologie et arg d'anthropologie de l'Université Concordia Tes gi a 5, nds qe Foie, Ce texte reprend des passages de l\u2019introduction et de la conclusion lng de Jean-Philippe Warren, Honoré Beaugrand.La plume et l'épée Photo : Jean-Claude Richard Le Foie (Montréal, Boréal, 2015), un ouvrage qui s'est mérité le prix du Co Gouverneur genéral en 2015.Coipsiin en ans l'esprit de bien des gens, la seconde moitié Mais si ce tableau est véridique de manière générale, ue Poe du XIX® siècle confirme le repli conservateur que faire d\u2019une figure comme Honoré Beaugrand (1848- SEMI à d\u2019une population canadienne-française encore 1906), qui traverse cette période non sans une certaine tin aux prises avec les conséquences douloureuses de l\u2019échec flamboyance ?Ce diable d\u2019homme confond en effet tous de l de la Rébellion de 1837.La tradition portée par la frange les préjugés que nous pourrions entretenir au sujet d\u2019une Rs la plus radicale des patriotes se serait à cette époque société canadienne-française immobile et repliée sur elle- lb progressivement tarie sous les coups de boutoir d\u2019un clergé même.| ultramontain allié a la classe des notables de village.Soldat dans l\u2019armée mexicaine, journaliste à La Nouvelle- Pari Il est vrai que les signes de cet assagissement ne manquent Orléans, touriste en Chine, romancier et poète à ses heures, din pas : condamnation par l\u2019épiscopat de ; maire de Montréal, riche actionnaire de l\u2019Institut canadien de Montréal en 1869, banques et de compagnies de chemins ds Ha disparition du journal Le Pays en 1871, de fer, propriétaire du journal La Patrie, publication du Programme catholique dont le succes fait bien des envieux dans i en 1871, dissolution du ministère de g le milieu de la presse, il pourfend les \"Instruction publique en 1875.En vue - a monarchistes et les ultramontains avec de mettre fin à la domination du Parti R une raideur qui ne cesse de surprendre dr conservateur sur les scènes fédérale et A le lecteur contemporain.Reprenant le ; provinciale, Wilfrid Laurier.dans un va L.programme des rouges de 1854 sans y ps discours célèbre prononcé à Québec en à .changer grand-chose, il entend convaincre el 1877, tente de délester le Parti libéral [Fapmata aca/TH ses compatriotes du droit des peuples à de ses principes les plus iconoclastes et br disposer d\u2019eux-mêmes, du principe d\u2019une | affirme que le libéralisme auquel il adhère B A éducation obligatoire et gratuite, de l\u2019idéal pb s\u2019enracine dans la grande philosophie AR, du suffrage universel et de l\u2019autonomie des réformiste britannique et qu\u2019il n\u2019a par tr affaires temporelles vis-à-vis de l\u2019autorité \u2014 conséquent rien de révolutionnaire.de l\u2019Église catholique.Il pose la nécessité « O'Connell est de nos chefs, lui qui a si du républicanisme à la française au milieu un vaillamment défendu la religion dans le Parlement anglais; d\u2019une métropole canadienne dominée, entre autres, par 7 c\u2019est là que nous puisons nos doctrines, et non pas chez _l\u2019ombre de Mgr Bourget (1799-1885), évêque de Montréal pe ces prétendus libéraux qui cherchent à faire triompher de 1840 à 1876.nd leurs idées par la violence et l'effusion de sang!.» , \u2018 AP im Beaugrand n\u2019est pas du genre a cacher ses convictions ou 1 Il semblerait donc qu\u2019à ce moment le républicanisme de à les diluer dans de l\u2019eau de rose.Il ne veut point, comme lh la vieille école, celui des Louis-Joseph Papineau, Joseph il le dit de son ami Edmond Lareau, sacrifier « la moindre pt Doutre et Antoine-Aimé Dorion, a vécu, pour êtreremplacé parcelle de sa vieille foi libérale aux ronces de la route oie par un mouvement modéré fait de bonne entente avec le étroite et tortueuse qui conduit aux honneurs politiques?».clergé et de concessions envers les élites traditionnelles.; - ; .Ce trait de caractère paraît remarquable a tous ceux qui .Revue de la SPHQ | Hiver 2016 TRACES | Volume 54 no 1 5 Hie = ont le bonheur de le croiser dans les salons, les cafés ou les assemblées.« J'ai rencontré peu d\u2019hommes dans la vie, affirme la journaliste Robertine Barry, alias Françoise, qui eussent aussi ouvertement qu\u2019Honoré Beaugrand le courage de leurs opinions.Il était tout d\u2019une pièce et carrément, soit un ami soit un adversaire, et loyal toujours, dans l\u2019un ou l\u2019autre cas*.» Il multiplie les charges à fond de train contre les pleutres qui refusent le progrès, les parasites politiques qui s\u2019accrochent à leurs privilèges et les cafards qui font de la religion un antre d\u2019obscurantisme.Ses combats lui attirent rapidement des haines tenaces.I] est l\u2019objet d\u2019une cabale incessante dès le jour où 1l s\u2019établit pour de bon dans la métropole, en 1878.« Depuis six ans que M.Beaugrand habite Montréal, écrit La Patrie au sujet de son propriétaire, nul homme n\u2019a été plus calomnié que lui par la presse réactionnaire.Tous les préjugés ont été soulevés contre lui.On a essayé de faire de lui un épouvantail auprès des consciences religieuses et des citoyens paisibles*.» Cependant, aussi vilipendé et malmené qu\u2019il soit par ses contemporains, il ne faudrait pas croire que Beaugrand ait été une figure isolée dans le Québec de son époque.Le succès commercial de son journal donne au contraire la mesure de son rayonnement et de son influence parmi ses concitoyens.Le directeur de La Patrie est l\u2019un des personnages les plus en vue parmi ceux qui se mêlent de politique.« Il n\u2019y a pas de Canadien qui ait alimenté la chronique de Montréal plus que le directeur de /a Patrie.Éternue-t-il, il ébranle l\u2019Olympe, comme le Jupiter d\u2019Ovide.Monte-t-il à cheval, tout le pays est en l\u2019air°.» Bien que les collaborateurs qu\u2019il réussit à réunir autour de lui possèdent quelques-unes des meilleures plumes du pays (dont Louis Fréchette), La Patrie est d\u2019abord et avant tout identifiée à son fondateur.Beaugrand n\u2019y est pas seulement chez lui.La Patrie, c\u2019est lui.Ce sont ses mots, sa voix, son timbre.Ses lecteurs s\u2019attachent à lui comme à un ami fidèle, honnête, droit, vaillant, avec qui l\u2019on rit de bon coeur aux heures de détente et vers qui l\u2019on accourt aux heures de combat.Ils sont des milliers à s\u2019arracher chaque jour La Patrie à sa sortie des presses.Elle est réellement pour eux, selon le mot de Hegel, une prière du matin.C\u2019est de cet homme, qui aime à se décrire lui-même comme un natural-born kicker, que nous avons fait la biographie.Sa vie nous permet de recréer une époque qui est loin d\u2019être un long fleuve tranquille : les polémiques et les batailles de plume s\u2019y succèdent dans un tourbillon de pamphlets, de piques, de manifestes et de brûlots qui, s\u2019ils ne provoquent pas mort d\u2019hommes, assassinent quand même des réputations et brisent des carrières.Il faut avoir la peau dure et l\u2019estomac solide pour descendre dans cette 6 TRACES | Volume 54 no 1 arène.Beaugrand ne manque ni de courage ni d\u2019élan.S\u2019adressant aux lecteurs de La Patrie, Joseph-Damase Chartrand, un Canadien français devenu officier de l\u2019armée française, décrit ainsi son ami : « Tous mes lecteurs connaissent l\u2019entrain endiablé de Beaugrand dans l\u2019attaque, son à-propos dans la riposte et la parade, sa courageuse attitude quand il lui faut défendre ses convictions.C\u2019est un jouteur de première force, difficile à toucher, très souple, toujours prêt à la lutte, même quand on le croit par terre\u201c.» Beaugrand reconnaît lui-même être un « lutteur » et un « nerveux ».Il ferraille à sa droite avec les ultramontains « ultramontés » qui se veulent plus catholiques que le pape et s\u2019escrime à sa gauche avec les merciéristes (disciples d\u2019Honoré Mercier) qui préfèrent l\u2019exercice du pouvoir à la jouissance de la vérité.Si le républicanisme est sa religion, l\u2019on peut dire que la politique est son élément.Au physique, Beaugrand est un homme maigre et de grande taille, autempérament gai et à l\u2019allure énergique.Sa volonté de tout entreprendre est toutefois très tôt handicapée par de graves attaques d\u2019asthme qui minent sa santé et le forcent à rester enfermé chez lui ou à partir, à l\u2019approche de la saison froide, dans des régions dotées d\u2019un climat plus clément que le Canada.« La poésie et le sentiment faisaient, plus qu\u2019on ne le croyait généralement, le fond de la nature de Beaugrand, que la maladie, obsédante et cruelle, rendait parfois maussade et nerveux\u201d.» Assis dans son fauteuil, buvant des infusions thérapeutiques, le trentenaire a beaucoup de temps pour lire et s\u2019instruire, étant de son propre aveu un « curieux » qui s\u2019intéresse à tout : à la musique, à la peinture, aux découvertes scientifiques, aux innovations technologiques.Sa bibliothèque, qui contient près de 8 000 volumes en 1896, révèle l\u2019étendue de ses champs d\u2019intérêt.Il passe aussi du temps avec sa femme et sa fille unique, qu\u2019il cajole.Il se coule dans la vie d\u2019un grand bourgeois, choyé par la fortune, s\u2019occupant aux passe-temps qui sont ceux de sa classe tout en jetant un regard nostalgique vers ses origines canadiennes-françaises, ce monde bercé de légendes et de croyances à jamais condamné par la-marche inexorable du progrès.Ses dernières années seront consacrées, entre autres, à préparer de beaux livres, dont le superbe recueil de La Chasse-galerie qui demeure, par sa présentation luxueuse autant que par son riche contenu, un monument de l\u2019édition littéraire au Québec.Beaugrand aime aussi voir du pays, prenant sans cesse le train pour traverser le Canada, les États-Unis ou le Mexique, faisant plus de quatre-vingts fois la traversée de l\u2019Atlantique et accomplissant même un tour du monde.Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Cele be devoir à vorsgé Berl.| de ln ak comme vagabon coeurs monde \u20ac rives du la Gal Ces exp Teva vénère \u20ac républe res fi een ky toujours Femv el mas fr Absrat de Bean NOUS tr Un Qué momen élites la Ping Ig a lene; Unf LC XE 46 + How Fray aE ser Ee tes _ æ so = Reve, LS gy Chat ie Tagg S Wingy age, gy Sous gy EU jute pe.og id W eur set among Scope is (displ Ipouvorä le Harlin, | ei dégrade e Savolont cap pr sante a le {ppc d'un cima ke sentimnl ent, le fond hice fis temps po Cue Ae, 2 jos snes of i [ps ge pi aa, che sent CEUX Jig vers etant (li ple : Jur.J le 1 ele è [ten ans © is O° k pren A on Hie! Be | Cette bougeotte, cette manie des voyages, il affirme la devoir a ses ancétres de la Nouvelle-France.« Je me plais a voyager.Washington, Paris, Londres, Moscou, Vienne, Berlin, Rome, Madrid, Lisbonne \u2014 sans parler du Japon, de l\u2019Inde et de la Chine, de l\u2019Égypte jusqu\u2019à la deuxième cataracte, du Mexique et de Longueuil ou Boucherville, comme dirait M.Royal.Je reste comme type de l\u2019esprit vagabond, dans la bonne acception du mot, de nos anciens coureurs de bois.Seulement, je vagabonde autour du monde et ce n\u2019est que de temps à autre que je revois les rives du Saint-Laurent, des Grands Lacs, de l\u2019Ottawa, de la Gatineau ou de la Saskatchewanê.» Ces explorations continuelles ne l\u2019empêchent pas de revenir régulièrement vers la France, le pays qu\u2019il vénère en tant que mère patrie des Canadiens et foyer du républicanisme.« Dès qu\u2019il s\u2019agit de traverser les mers, je reste fidèle au vieux sang gaulois qui coule dans mes veines et en Europe, je reste Français quand même, républicain toujours et libéral de la grande école de Gambetta, de Ferry et de Rabot°.» Beaugrand est cosmopolite d\u2019esprit mais français de coeur.Abstraction faite des idéologies politiques, la biographie de Beaugrand nous dévoile un Québec qui ne cesse de nous surprendre.Un Québec fortement empreint de valeurs martiales à un moment où la milice demeurait encore sous le contrôle des élites locales et apparaissait comme le prolongement de l\u2019institution royale française, avant d\u2019être intégrée dans une armée canadienne régulière qui infériorisait, quand elle ne les excluait pas, les recrues canadiennes-françaises.Un Québec ouvert sur l\u2019Amérique, nourri par le va-et-vient constant des personnes qui empruntaient régulièrement le train pour se rendre à New York, Boston, Saint Louis, Denver ou La Nouvelle-Orléans, quand ce n\u2019était pas le Mexique, et qui n\u2019avait pas encore abandonné le rêve de faire du continent, comme autrefois, sous le régime de la Nouvelle-France, l\u2019aire d\u2019expansion naturelle de la nation canadienne de langue française.Un Québec, également, emporté par la vague montante de la société de consommation, avec ses médias de masse (dont, bien sûr, le journal La Patrie), ses voyages organisés, son culte des loisirs et sa passion du confort.Un Québec nationaliste qui ne croyait pas que l\u2019affirmation collective devait servir à broyer l\u2019individu et la vie privée, et dont l\u2019idéologie républicaine était affranchie du credo religieux et de la loyauté monarchiste.Un Québec, enfin, résolument industriel et urbain, et qui Jetait, déjà, un regard nostalgique sur la ruralité, célébrant le folklore et les traditions désormais condamnées par les progrès de la science et de la technologie.Bref, un Québec très différent de l\u2019image ordinairement entretenue dans l\u2019imaginaire collectif et dont Beaugrand représentait, pour ainsi dire, l\u2019antithèse complète.Du grand-père coureur de bois, navigateur et investisseur dans les chemins de fer au petit-fils globe-trotteur et businessman se dessine une trame familiale qui nous renseigne sur les lignes de partage des Canadiens français au lendemain de la Rébellion des patriotes de 1837.À ceux qui refusent la résignation et la soumission que préchent les élites conservatrices de la seconde moitié du XIX® siècle, la vie de Beaugrand rappelle la valeur, au fond si simple, de l\u2019audace.I.Cité par Yvan Lamonde, « Le libéralisme et le passage dans le XX® siècle », dans Yvan Lamonde (dir.), Combats libéraux au tournant du XX\" siècle, Montréal, Fides, 1995, p.12.Yvan Lamonde, Histoire sociale des idées au Québec.1760-1896, Montréal, Fides, 2000, p.462- 464.2, Honoré Beaugrand, « Edmond Lareau », La Patrie, 30 avril 1890, p.1.3.Françoise, « Honoré Beaugrand », Le Journal de Françoise, 19 octobre 1907, p.214.+ «La mairie », La Patrie, 3 mars 1885, p.1.5, « M.Beaugrand », La Patrie, 19 janvier 1891.p.1.6.Chartrand] des Écorres [pseudonyme de Joseph-Damase Chartrand], « Causerie canadienne », La Patrie, 22 novembre 1889, p.1.7.Françoise, « Honoré Beaugrand », p.214.L Honoré Beaugrand, « Tarte », La Patrie, 22 septembre 1896, p.1.Le Honoré Beaugrand, « Chronique », La Patrie, 19 septembre 1896, p.1.Sur l\u2019histoire du républicanisme au Québec, lire Marc Chevrier, Louis-Georges Harvey, Stéphane Kelly et Samuel Trudeau (dir.), De la république en Amérique française.Anthologie pédagogique des discours républicains au Québec.1703-1967.Québec, Septentrion, 2013.Revue de la SPHQ | Hiver 2016 TRACES | Volume 54 no 1 7 « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens Le drame des cathares Jean-Claude Richard Consultant en didactique de l'histoire ien que l\u2019une des réalités sociales inscrites au programme d\u2019histoire du premier cycle du secondaire prescrive l\u2019étude de /a christianisation de l'Occident et pose l'influence de l\u2019Église dans la formation de l\u2019Occident comme objet d\u2019interprétation,! on n\u2019y aborde le thème des croisades que pour en indiquer l\u2019objectif \u2014 libérer Jérusalem de la présence musulmane\u201d \u2014 et les conséquences \u2014 échanges commerciaux et échanges culturels.\u201d La croisade menée contre les cathares et l\u2019acharnement inquisitorial qui l\u2019a suivie sont, pour leur part, totalement ignorés.Ils illustrent pourtant clairement les méthodes adoptées par l\u2019Église pour imposer et maintenir sa domination dans l\u2019Europe du XIII° siècle.Il m\u2019apparaît dès lors essentiel que les personnes chargées d\u2019enseigner ce programme d\u2019histoire approfondissent ce theme, car son étude permet d\u2019ajouter une facette au développement du concept de croisade et d\u2019aborder quatre autres des huit concepts proposés par le programme : soit ceux de chrétienté, d\u2019Église, de féodalité et de pouvoir.Je vous invite donc à découvrir un épisode important de Phistoire de la chrétienté européenne.Le drame des cathares « Tuez-les tous; Dieu reconnaîtra les siens ! » On pourrait facilement imaginer cette injonction dans la bouche d\u2019un enragé de l\u2019État islamique.Elle est pourtant attribuée à l\u2019évêque Arnaud Amaury, abbé de Cîteaux puis prélat pontifical, qui l\u2019aurait prononcée lors du massacre de la population de Béziers, le 22 juillet 1209, au tout début de la croisade lancée contre les « hérétiques » du Languedoc par le pape Innocent III.Avant d\u2019examiner l\u2019ensemble des éléments qui composent ce que l\u2019on peut sans hésitation baptiser « le drame des cathares », établissons les contextes spatio-temporel et sociopolitique dans lesquels ce drame s\u2019est déroulé.+ L\u2019espace et le temps Les événements ont pour cadre principal les comtés de Toulouse et de Foix ainsi que l\u2019ensemble des vicomtés de la famille des Trencavel \u2014 Carcassonne, Béziers, Albi et Limoux \u2014 tous situés au centre-sud de l\u2019Occitanie et constituant la plus grande partie de la région du Languedoc.8 TRACES | Volume 54 no 1.Bordés au sud par les Pyrénées et à l\u2019est par le Rhône et la rive occidentale de la Méditerranée, ces territoires sont arrosés par l\u2019Aude, l\u2019Ariège, le Tarn, le Gard, l\u2019Hérault et la Garonne et présentent des zones au relief parfois très escarpé et à l\u2019accès difficile.Le catharisme prend graduellement racine au Languedoc quelque part au XI siècle.Au XII* siècle, il y est déjà bien implanté et solidement structuré puisqu\u2019il compte quatre évêchés : Agen, Albi, Toulouse et Carcassonne.Dans le dernier quart du XII° siècle, des prédicateurs cisterciens délégués par le pape tentent, sans grand succès, d\u2019intervenir pour enrayer le mal, poussant l\u2019Église, dès le début du XIII® siècle, à recourir à des méthodes plus « musclées » et plus coercitives qui se perpétueront jusqu\u2019au milieu du XIV siècle.» Société et politique Le destin cathare se joue au sein de la société qui s\u2019est érigée dans un désordre assez généralisé et fortement teinté de brutalité sur les restes de l\u2019empire carolingien, une société où, chez les grands seigneurs, règne une recherche d\u2019indépendance en même temps qu\u2019un esprit guerrier de conquête et de domination et dans laquelle suzerains et vassaux, imbriqués dans des liens de dépendance rigides et complexes, tiennent très peu compte du petit peuple : la société féodale.Cette structure sociale prend parfois des aspects biscornus.Le roi de France, par exemple, ne possède en propre qu\u2019un territoire assez restreint, ses autres possessions étant des fiefs rattachés à la couronne, mais qui peuvent facilement échapper à son contrôle.Le roi d\u2019Angleterre, pour sa part, souverain chez lui, est le vassal du roi de France pour ses possessions sur le continent.D\u2019autres seigneurs ont parfois des liens de vassalité avec plus d\u2019un suzerain.C\u2019est le cas, notamment, du comte de Toulouse qui, Revue de la SPHQ | Hiver 2016 LL is qui il d'autres LE A ere insite A quel Dieu pa pret Sine volonté de Dieu fous contd le pa [medi Cette st Je cone ceux qu comb Ceux qu Egle avant d Aufl Unig {cone ler ps Lomey re Rhine moe sn l'Hérault rar ts y Langue est déja be mp quale me, Dans 3 ise Jimerveny le début du sts a miles À fo quid amen ingen.0% cheri quer gil à pie 108% ia pica ope qu gén lnk 2 pra sage de vassal du roi de France pour la plus grande partie de ses possessions, doit également hommage au roi d\u2019Angleterre, au roi d'Aragon et, même, à l\u2019empereur germanique pour d'autres territoires sous son autorité.< L'Église À cette époque, l\u2019Église constitue, pratiquement, l\u2019unique institution organisée et stable.Avec le temps, elle réussit à quelque peu policer les mœurs, en instituant la Trève de Dieu, par exemple, et en créant la chevalerie.Elle en vient à présenter la chrétienté comme le domaine de Dieu où les seigneurs règnent et exercent le pouvoir temporel par la volonté divine, sous l\u2019autorité du pape qui, à titre de vicaire de Dieu ici-bas, s\u2019impose de facto comme le suzerain de tous.L'Église, au grand dam de plusieurs seigneurs, entend contrôler la politique sur tout le territoire de la chrétienté et le pape n\u2019hésite pas à utiliser l\u2019excommunication et l\u2019interdit pour asseoir son autorité.Cette vision du monde amène enfin l\u2019Église à promouvoir le concept d\u2019une société hiérarchisée selon trois ordres : ceux qui travaillent (paysans, artisans, ouvriers), ceux qui combattent (nobles et souverains, qui doivent protéger) et ceux qui prient (moines et clercs).L'Église a toutefois dû affronter de sérieuses intempéries avant d\u2019acquérir l\u2019influence dont elle jouit au XII® siècle.Au fil du temps, après son accession au statut de religion unique de l'Empire romain, l\u2019Église a établi son crédo (conciles de Nicée et de Constantinople), développé son interprétation des Écritures (Pères de l'Église) et fixé son message et ses rites.Au X\u201c siècle, à l\u2019approche de « l\u2019an mil », on attend la fin du monde (en 1000 ou 1033); une certaine inquiétude règne et des individus entreprennent de dénoncer les mœurs de certains évêques et d\u2019autres membres du clergé qui vivent dans une immoralité incontestable.On réclame des réformes.Certains iront même jusqu\u2019à remettre en question le dogme catholique.Conscient de la justesse de certaines critiques, le pape Grégoire VII (1073-1085) impose des réformes.Mais la crise a laissé des séquelles : des sectes révisionnistes se sont formées dont quelques- unes commencent à se répandre en Europe occidentale à compter du XI® siècle.Les cathares Ces Languedociens qui, aux XII*, XIII° et XIW siècles, se nommaient eux-mêmes apôtres \u2014 mais que leurs persécuteurs appelaient cathares ou parfois albigeois \u2014 étaient d\u2019abord des chrétiens, mais des chrétiens dissidents.À l\u2019instar de plusieurs autres groupes apparus à la même époque notamment en Rhénanie et en Italie, ils dénoncent la dépravation des clercs et des prélats de l\u2019Église catholique et prétendent que cette dernière a perverti les enseignements du Christ et des Apôtres.Ils s\u2019inspirent, pour leur part, de l\u2019Église primitive et promeuvent la pratique des vertus de pauvreté, de chasteté, de charité, de Justice et de vérité.+ Le crédo cathare Leur vision du monde et leur interprétation des Ecritures Le monde cathare d'Occitanie vers 1200 D'après une carte d'Anne Brenon 2012, p.33 divergent également de celles de l\u2019Église romaine.Se référant surtout au Nouveau Testament, les cathares | considérent que le monde visible, ou le mal règne, ne peut pas avoir été créé par Dieu le Père, car, disent-ils en s\u2019appuyant sur la parabole du bon et du mauvais arbre, un bon arbre \u2014 le Père \u2014 ne peut pas donner de mauvais fruits \u2014 le mal.D\u2019autre part, comme l\u2019a enseigné le Christ, « le Royaume du Père n\u2019est pas de ce monde ».Par conséquent, le monde visible ne peut avoir été créé que par Lucifer \u2014 l\u2019ange rebelle de l\u2019Apocalypse \u2014 ou Satan \u2014 le diable.« Deux créations, deux créateurs.Mais un seul Dieu, le Père.»* Ce monde serait donc peuplé d\u2019âmes divines emprisonnées dans des corps par le mauvais créateur et dépouillées du EEE Pornaine ces comtes de Toulouse [_] Domaine des Troncavei [[) Domaine des aitée des comtes de Toulouse ] Comte de Foix Revue de la SPHQ | Hiver 2016 souvenir de leur origine céleste et de la bonté de leur nature.TRACES | Volume 54 no 1 9 Le Christ est au centre des croyances cathares, mais c\u2019est un Christ désincarné qui a vécu, a souffert et est mort parmi les hommes en apparence seulement, car, de nature divine, il ne pouvait pas s\u2019abaisser à prendre un corps corruptible.Par l\u2019Évangile \u2014 la « Bonne Nouvelle » \u2014, le Christ a rendu les âmes conscientes et, au nom du Père, leur donne accès au baptême par imposition des mains qui remet les péchés et leur permettra de retrouver le Royaume invisible de Dieu.C\u2019est par l\u2019Esprit, le troisième membre de la trinité divine, que ce baptême arrive, réalisant ainsi la prédication de Jean le Baptiste : « Un autre viendra après moi, plus puissant que moi, qui vous baptisera par le feu et l\u2019Esprit.» La foi cathare s\u2019articule autour de la Pentecôte et non autour de la Passion et de la résurrection du Christ.Les cathares ne pratiquent qu\u2019un seul sacrement, le consolament, qui, selon les circonstances, tient lieu de baptême, de confirmation, d\u2019ordination, de pénitence ou d\u2019extrême-onction et peut même être considéré comme un mariage spirituel entre l\u2019âme et l\u2019Esprit° Ce sacrement se confère dans tous les cas par l\u2019imposition des mains qui constitue le geste sacré des rites cathares.Les cathares n\u2019acceptent pas l\u2019eucharistie \u2014 ils ne croient pas à la transsubstantiation \u2014, mais, lors de repas collectifs en présence d\u2019un clerc, ils commémorent la Cène en partageant le pain bénit qui symbolise pour eux la parole de Dieu à partager avec l\u2019humanité.En dernier lieu, soulignons que les cathares ne croient pas à l\u2019enfer, car, pour eux, le mal n\u2019existe que dans le monde visible.Ils enseignent donc que toutes les âmes seront sauvées.L\u2019Église cathare L\u2019Église cathare est formée des fidèles \u2014 les croyants \u2014 d\u2019un clergé mixte \u2014 Bons Hommes et Bonnes Femmes \u2014 qui anime les communautés, prêche et remet les péchés et, au sommet de la hiérarchie, d\u2019évéques qui ordonnent les clercs par imposition des mains et supervisent les communautés locales.Soulignons enfin que de nombreux sympathisants, parfois nommés « auditeurs », gravitent autour des communautés locales.I] n\u2019y a ni lieu de culte ni symbole religieux, bien que la croix discoïdale soit souvent présente dans leur environnement.Les membres du clergé font vœu de pauvreté, de chasteté et d\u2019obéissance; ils pratiquent également la nonviolence et un végétarisme strict.Ils vivent en communautés unisexes au sein des villages où, en plus de prêcher, ils enseignent et s\u2019occupent des malades.Les clercs doivent aussi tirer leur subsistance du travail de leurs mains, car les fidèles ne sont soumis à aucune forme d\u2019imposition; chez les cathares, « ceux qui prient » font partie de « ceux qui travaillent ».« Les cathares au Languedoc Contrairement aux actions entreprises dans d\u2019autres régions de l\u2019Europe chrétienne à l\u2019encontre de chrétiens dissidents, les cathares vivant en Languedoc n\u2019ont été victimes d\u2019aucune répression religieuse.Cette situation s\u2019explique principalement par le fait que la culture occitane, héritière de la civilisation romaine \u2014 une grande partie du territoire était sous la domination de Rome dès le II° siècle avant l\u2019ère chrétienne \u2014, est empreinte de tolérance, que la féodalité y est moins rigide que dans le nord du royaume de France et que l\u2019habitat, le castrum°, favorise un rapprochement qui amène les seigneurs à protéger et, souvent, à adopter le catharisme.En conséquence, comme nous l\u2019avons vu plus haut, l\u2019Église cathare est, dés le milieu du XII siècle, très 10 TRACES | Volume 54 no 1 Baptême par l'Esprit Prédicateurs cathares Religieux cathares Revue de la SPHQ | Hiver 2016 çolideés [a li Hértiue pour di Jeurs pr Jarod l'exil réagir fr + Lapri Lgl top bi soit pos On cour donc des rae fo jouisen succés Guzman, ou des d Carcass ropesan pauvre quis ing des ry lenteur d plus exp Lien À comp France | elas font pr Mast par Tay années, Plat pg de Toy fal dese hore fey i Le 2h shir Massey ple dans I Sd Qe gy Fay Mas Rey à pire\u201d solidement implantée dans la région.La persécution des cathares Hérétique ! C\u2019est le terme qu\u2019utilisera l\u2019Église catholique pour désigner ces chrétiennes et ces chrétiens qui par leurs pensées, leurs gestes, leurs croyances, contestent l\u2019orthodoxie de son enseignement.Elle ne peut tolérer l\u2019existence d\u2019une organisation qui la menace.Il lui faut réagir fermement afin d\u2019éliminer ces ennemis.* La prédication L'Église cathare languedocienne est trop importante et trop bien protégée par les seigneurs locaux pour qu\u2019il soit possible d\u2019employer contre elle les méthodes qui ont cours ailleurs.En 1178, puis en 1181, le pape charge donc des moines cisterciens d\u2019aller prêcher le retour à la vraie foi auprès des dissidents.Les missionnaires, qui ne jouissent pas de l\u2019appui des autorités, n\u2019obtiennent qu\u2019un succès mitigé.En 1206, le moine castillan Dominique de Guzmân, qui fondera plus tard l\u2019ordre des frères prêcheurs ou des dominicains, s\u2019installe à Fanjeaux, tout près de Carcassonne; il entreprend de prêcher simplement en proposant un idéal de vie apostolique et de se présenter, pauvre et mendiant, devant les hérétiques.Cette approche, qui s\u2019inspire des attitudes des prédicateurs cathares, donne des résultats plus probants.Mais le pape, exaspéré par la lenteur du processus, décide d\u2019avoir recours à des moyens plus expéditifs.+ La croisade À compter de 1203 en effet, Innocent III exhorte le roi de France, Philippe Auguste, à intervenir contre ses vassaux occitans, car il considère la tolérance dont ces derniers font preuve envers les hérétiques comme un acte de lèse- majesté divine.Le roi, qui veut sauvegarder son autonomie par rapport au Saint-Siège, résiste pendant quelques années.En 1208 toutefois, à la suite de l\u2019assassinat du prélat papal Pierre de Castelnau sur le territoire du comte de Toulouse qui venait d\u2019être excommunié, il accepte finalement d\u2019autoriser ses barons à participer, s\u2019ils le désirent, à la croisade contre les hérétiques à laquelle les exhorte le pape, mais sans s\u2019impliquer lui-même.En 1209, le feu et la fureur s'abattent sur les territoires cathares.Le 22 juillet, la population de Béziers, qui a refusé de livrer les hérétiques ou de quitter la ville en les abandonnant, est massacrée par les croisés.Au début d\u2019août, Carcassonne capitule.Raymond-Roger de Trencavel se rend et meurt dans un cachot.Puisqu\u2019il avait appuyé les hérétiques, il est dépouillé de son domaine et de son titre de vicomte que l\u2019on offre aux barons qui le refusent à tour de rôle.On l\u2019accorde alors à Simon de Monfort, guerrier talentueux, mais ambitieux, fourbe, sanguinaire et sans pitié qui.Revue de la SPHQ | Hiver 2016 jusqu\u2019à sa mort devant Toulouse en juin 1218, tentera sans ménagement de conquérir toute la région, Son fils, Armaury, prendra la relève.Marquée par la destruction de villes, de villages et de châteaux forts et, surtout, par l\u2019érection de bûchers dans lesquels on jette les hérétiques, la croisade se poursuit pendant vingt ans.En 1220, après dix années d\u2019atrocités, le territoire est toujours aux mains des seigneurs occitans et l\u2019Église cathare, décimée, commence à se reconstituer.Les hostilités se poursuivent et Armaury de Montfort cède ses droits à la couronne.En janvier 1226, Louis VIII, fortement sollicité par le pape Honorius III, prend les choses en mains.« L\u2019intervention royale Dès le début, l\u2019intervention royale est terrifiante.En novembre, toutefois, Louis VIII tombe malade et meurt; son fils Louis IX, âgé de douze ans, lui succède et la \u2018guerre se poursuit sous l\u2019autorité de la régente, Blanche de Castille.À l\u2019automne 1228, le comte de Toulouse, Raymond VII, décide de négocier la paix.En avril 1229, il doit signer le traité de Meaux-Paris dont une des clauses le force à marier sa fille et seule héritière, Jeanne de Toulouse, à Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX.Le couple mourra sans enfant en 1271 et, par conséquent, le comté de Toulouse deviendra territoire royal.+ L\u2019Inquisition La croisade a pris fin.Le roi a gagné politiquement la guerre religieuse déclarée par le pape.L'Église peut maintenant s\u2019attaquer librement aux communautés cathares du Languedoc qui se sont reconstituées et qui, privées du soutien des seigneurs locaux, survivent dans la clandestinité.En 1233, le pape Grégoire IX lance l\u2019Inquisition, une institution dont la mission consiste à réconcilier avec la foi catholique toute la population des territoires soumis par la croisade et, surtout, à exterminer le clergé cathare et à détruire le réseau d\u2019appui par la terreur et la délation.La tâche est confiée aux Dominicains et aux Franciscains.On oblige alors tous les habitants à comparaître devant des équipes itinérantes de confesseurs, sorte de tribunaux religieux permanents qui ne dépendent que du pape.Tous les moyens sont bons pour éliminer l\u2019hérésie.Une spirale infernale s\u2019enclenche : confessions \u2014 dénonciations anonymes \u2014 arrestations de « suspects » \u2014 mise au cachot sans accusation \u2014 privation de nourriture et de sommeil, « question » : flagellation, estrapade, charbons ardents, plomb fondu, écrasement des doigts \u2014 obtention d\u2019aveux et dénonciations de complices \u2014 nouvelle enquête.TRACES | Volume 54 no 1 11 On évite toutefois, si possible, de mutiler les membres du « suspect » et de provoquer sa mort.Les croyants repentis sont condamnés au port de croix jaunes sur leurs vêtements, à la privation de leurs biens et à la prison à vie.Contre les Bons Hommes \u2014 le clergé \u2014 non repentis et les croyants relaps, on prononce la peine de mort qui est exécutée par le bras séculier, car les hommes de Dieu ne peuvent enlever la vie.Les condamnés sont brûlés vifs, car le feu délivre du mal.En incinérant les hérétiques non repentis, leurs défenseurs et leurs écrits, on réduit en cendres une réalité qui n\u2019aurait jamais dû exister, on purifie le monde.Dans leur acharnement, les inquisiteurs s\u2019en prennent également à celles et ceux qui sont morts « en odeur d\u2019hérésie » : leurs corps sont exhumés et brûlés et leurs maisons sont détruites.La fin Réfugiés dans l\u2019enceinte de la forteresse pyrénéenne de Montségur après le traité de Meaux-Paris, des membres du clergé cathare continuent néanmoins à prêcher et à administrer le consolament.En 1242, un commando de chevaliers sympathisants se rend à Avignonet et assassine les inquisiteurs qui s\u2019y trouvaient.La région se soulève, mais la révolte est rapidement maîtrisée par les seigneurs maintenant fidèles au roi.Montségur est assiégée et, le 12 mars 1244, au bout d\u2019un an de résistance, elle capitule : 220 religieux et 20 laïcs sympathisants sont jetés dans un brasier.Cet événement marque la fin des églises cathares.L\u2019Inquisition poursuivra son œuvre en s\u2019attaquant systématiquement à tous les foyers de survivance cathares, même les plus infimes.Il y aura des bûchers épisodiquement jusque vers 1329.Le bilan est facile à formuler : la noblesse occitane a été dépossédée, le pouvoir royal s\u2019est agrandi et consolidé et, surtout, comme l\u2019écrit Anne Brenon : « Une Église de pouvoir, au nom du Christ, a mis à mort une autre Église chrétienne.»\u201d Mais, le fantôme du catharisme flotte toujours sur les ruines des forteresses cathares de l\u2019Occitanie\u2026 1.Programme, p.357 2.Progression, p.15, 2d.3.Idem, 2f.4.Brenon 2012, p.24.5.Idem, p.41.6.Castrum : « petite ville-château enroulée autour du noyau de la tour féodale; habitat groupé réunissant au sein des mêmes murailles, les différentes classes de la société.» (Brenon 2012, p.31) 7.Brenon 2012, p.54.Bibliographie Documents ministériels Ministère de l\u2019Éducation, des Loisirs et du Sport (2006).Programme de formation de l\u2019école québécoise, Enseignement secondaire, premier cycle, chapitre 7, « Domaine de l\u2019univers social », « Histoire et éducation à la citoyenneté », p.336-368.(Référence : Programme) Ministère de l\u2019Éducation, des Loisirs et du Sport (2010).Progression des apprentissages au secondaire, Histoire et éducation à la citoyenneté, 1\u201d cycle, « La christianisation de l\u2019Occident », p.14-15.(Référence : Progression) Documentation utilisée pour cet article BÉLY, Lucien (1999).Connaître les cathares, Bordeaux, Éditions Sud Ouest, 96 pages.BRENON, Anne (2000).« Inquisition, la terreur au nom du Christ », Pyrénées Magazine, Cathares.Les vertiges de l'histoire, Toulouse, p.18-29.BRENON, Anne (2012).Les cathares, Toulouse, éditions Milan, collection les Archives de l\u2019histoire, 71 pages.(Référence : Brenon 2012) JIMENEZ-SANCHEZ, Pilar (2014), « Églises cathares.Une organisation dissidente », Pyrénées Magazine, Spécial Cathares, Toulouse, p.22-27.JIMENEZ-SANCHEZ, Pilar (2006), « Le catharisme en Languedoc (XII°-XITI* s.), Châteaux et abbayes du pays cathare », Editions Gaud en partenariat avec l\u2019Association des Sites du Pays Cathare.p.8-57.LEBÉDEL, Claude (2010).Comprendre la tragédie des cathares, Rennes, Éditions Ouest-France, 127 p.NELLI, René (1995).Les cathares du Languedoc, Hachette littératures, 292 p.VISSIÈRE, Laurent (2015).« Inquisition : tout feu tout flamme », L'Histoire, numéro 24, juillet-août 2015, p.44-50.Numéro spécial ayant pour thème « Les assassins de la mémoire ».(Référence : Vissière 2015) 12 TRACES | Volume 54 no 1 Revue de la SPHQ | Hiver 2016 et Deri apr THI, A Tu Chit un bea l'orcas l'idéed 1907 à général tél Lauren l'An n op Sarçon din Ch sus (ral Pony font Dis vy 19%, hel seu li Celles Uy thr, Command & LE MS sul es Seigneur gee |p el ap JS das es cars | Siig > SUNanee des Dicher lee à de èl console me fie & ae Fle os Sir fy ade EMS non 01 a pe fio fis.Re allan M\" im! ier 0° u cours de la derniére année, deux activités professionnelles et scientifiques liées à l\u2019enseignement classique québécois, tout particulièrement, m\u2019ont donné le goût de coucher sur papier des réflexions à ce chapitre fondamental, rien de moins, de notre histoire nationale.À l\u2019automne 2014 d\u2019abord, la Société des professeurs d'histoire du Québec (SPHQ) a tenu son 52° congrès \u2014 un beau succès \u2014 à Sainte-Adèle, dans les Laurentides.À l\u2019occasion de la préparation de cet événement m\u2019est venue l'idée de présenter une synthèse de mes travaux des années 1997 à 2005 sur l\u2019enseignement classique québécois en général et sur l\u2019histoire du Séminaire de Mont-Laurier!, cette ville étant le chef-lieu historique et actuel des Hautes- Laurentides.Puis, à l'hiver 2015, l\u2019Institut d\u2019histoire de l'Amérique française (IHAF) m\u2019a demandé de rédiger un compte rendu du livre Le collège classique pour garçons.Études historiques sur une institution québécoise disparue des historiens Louise Bienvenue, Ollivier Hubert et Christine Hudon?.Cette synthèse critique sera publiée sous peu dans la Revue d'histoire de l'Amérique française (vol 69.no |, m\u2019a-t-on affirmé).Pourquoi l\u2019enseignement classique est-il tout à fait fondamental dans l\u2019histoire des Canadiens jusqu\u2019en 1840, puis des Canadiens français et des Québécois depuis 1960 environ ?C\u2019est tout simple.Entre 1635 et les années 1965- 1970, ce type d\u2019enseignement, dominé et assuré presque exclusivement par le clergé et l'Église catholique, a été le seul formateur de nos élites et a aussi nettement dominé l\u2019esprit de la formation de nos classes moyennes, telles celles assurées par le cours commercial.C\u2019est pourquoi c\u2019est majeur dans notre histoire.Origines du cours classique C\u2019est en France, à la Renaissance, au cours de la seconde Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Réflexions sur l\u2019enseignement classique et le Séminaire de Mont-Laurier Félix Bouvier Historien et professeur en didactique de l'histoire à l'UQTR portion du XVI® siècle que le cours classique est mis en branle par les jésuites.Ceux-ci rédigent le Ratio studiorum qui décrit les modes de fonctionnement de cet enseignement pour les dirigeants et les professeurs ainsi que pour chacune des huit années d\u2019étude prévues au cursus © éléments latins, syntaxe, méthode, versification, belles-lettres, rhétorique, philosophie | et philosophie II.Cet enseignement classique est basé sur l\u2019étude du grec ancien et du latin, eux-mêmes tributaires de l\u2019analyse de textes.Basé donc sur les humanités grecques et latines, le cours classique se répand bientôt dans toute l\u2019Europe occidentale.Partout, il vise a cimenter « par l\u2019amitié et la culture commune tout ce qu\u2019il y a d\u2019honorable dans une cité »*, Cet enseignement humaniste classique se répand bientôt dans les sociétés coloniales élargissant l\u2019Occident, telles les colonies anglo-américaines appelées à devenir les États-Unis et la Nouvelle-France allant devenir le Québec.Le cours classique au Canada français Dès 1635, les jésuites instaurent l\u2019enseignement classique dans la ville de Québec.De concert avec le clergé canadien, ils s\u2019en occupent jusqu\u2019à la Défaite face aux Anglais en 1760, à la suite de quoi les jésuites sont chassés de ce qui devient alors la province de Québec, nom donné par le conquérant.« Le clergé canadien-français assure ensuite l\u2019essentiel de la prise en charge de ce type d\u2019enseignement jusqu\u2019en 1970, aidé en cela par quelques congrégations »*.Le cours classique vise à façonner une élite canadienne, puis canadienne-française après 1840 (nous l\u2019avons mentionné, mais c\u2019est important de le souligner car le conquérant s\u2019appropriera éventuellement notre nom) qui fait preuve de cohésion et est soumise au clergé catholique surtout et à son Église en général.Pour bien positionner son statut d\u2019élite, on vise à ce que le jeune homme \u2014 et la jeune fille parfois, à partir de 1908 \u2014 sache s\u2019exprimer avec TRACES | Volume 54 no 1 éloquence et précision et ainsi permettre une ascendance sur la masse de la population.C\u2019est pour cela que le curriculum est d\u2019abord basé sur l\u2019étude des langues, afin de permettre l\u2019expression d\u2019un français oral ou écrit châtié et de grande qualité.La vie et les activités quotidiennes au collège ou au séminaire tournent autour de l\u2019étude bien sûr, mais tout autant autour des activités religieuses et c\u2019est d\u2019ailleurs sur cet aspect que les professeurs et dirigeants portent une appréciation sur l\u2019élève en formation.« De la même façon, mais de manière plus subtile que pour la religion, le nationalisme canadien-français s\u2019intègre à l\u2019humanisme »*.De cette façon, « si la culture classique nous définit [\u2026 ], elle doit entrer comme composante dans l\u2019idéologie nationaliste »°.Après 1940, le discours nationaliste basé sur la religion catholique se poursuit dans l\u2019enseignement classique québécois, tels que l\u2019évoquent les liens que fait à ce sujet Nicole Gagnon\u2019, lorsqu\u2019elle affirme que plus le XX\u201c siècle avance, plus les programmes du cours classique accentuent l\u2019importance accordée à l\u2019histoire comme matière diffusée, ce qui se base sur un nationalisme imprégné de religion*.Nous sommes tout à fait d\u2019accord avec cette façon d\u2019interpréter les dernières décennies de l\u2019enseignement classique au Québec, tel que nous l\u2019évoquons plus spécifiquement ci-dessous lorsqu\u2019il est question du Séminaire de Mont-Laurier.Pour le moment, bornons- nous à reproduire un passage de la brillante synthèse de Claude Galarneau (1978) sur l\u2019histoire du cours classique au Canada français : La nation est corrélative de la famille et de l\u2019Église.Le cœur en est l\u2019aristocratie intellectuelle, le clergé en tête, les littérateurs, les historiens, les orateurs et les philosophes ensuite.Les commerçants et les industriels, tout en étant au second plan, doivent aussi passer par la formation humaniste parce que conducteurs d\u2019hommes.Au bas de l\u2019échelle gît la masse informe et indifférente.Quant au bachelier [le diplômé du cours classique], bouclier de l\u2019ordre social, il contribue à étendre le règne du Christ et à défendre nos droits et nos libertés.La société est de la sorte un être national et religieux, mais religieux d\u2019abord et avant tout°.De façon rafraîchie, mais nettement plus anecdotique, les historiens Bienvenue, Hubert et Hudon ont très récemment, et tel que mentionné, offert des points de vue différenciés sur ce thème.Les auteurs ont fouillé les archives des séminaires de Saint-Hyacinthe, Nicolet et Sherbrooke, ainsi que les collèges de Montréal et Sainte-Anne- 14 TRACES | Volume 54 no 1 de-la-Pocatière, avec des données sur l\u2019enseignement commercial au XIX\u201c siècle pour ce dernier, par-delà l\u2019enseignement et la culture classique reçue pour tous.Les analyses tracées insistent beaucoup sur l\u2019écart que provoque l\u2019étude du grec, du latin et de nombreux textes analysés pendant huit ans pour ceux qui savent devoir être l\u2019élite de ce peuple francophone et catholique d\u2019une part et d\u2019autre part la masse de la population, peu instruite, souvent analphabète même et de plus en plus américanisée et industrialisée au fil du temps.À travers ce prisme, une grande question posée par les trois historiens est la suivante : qu\u2019est-ce qu\u2019un « vrai homme » ?\"° Il y a en effet de profondes différences entre l\u2019élite ainsi formée à utiliser encore une fois une langue relevée et la masse de la population, beaucoup plus rustre à cet égard.Phénomène tout à fait nouveau dans l\u2019historiographie de l\u2019enseignement classique canadien- français, les auteurs s\u2019intéressent à la vie sexuelle des adolescents du cours classique et parfois à celle de leurs professeurs et surveillants.C\u2019est ainsi qu\u2019ils notent une plus grande tolérance pour l\u2019homosexualité et les « amitiés particulières » au tournant du XX\u201c siècle qu\u2019après 1930\", par exemple.De façon plus globale et moins circonstancielle peut- être, les historiens observent dès le départ qu\u2019étudier au collège ou au séminaire, « c\u2019est toujours aussi penser le pouvoir et sa distribution changeante au sein de la Nation et de la société »'\u201d.D'ailleurs, les dirigeants de l\u2019enseignement classique, c\u2019est-à-dire le clergé catholique canadien-français lui-même, présenteront très longtemps l\u2019institution comme étant notre grande, si ce n\u2019est notre « seule garantie de survie nationale »'.À ce sujet, tout juste avant la débâcle de 1965-1970 causée entre autres par la Révolution tranquille et le concile Vatican II du début des années 1960, les dirigeants du cours classique québécois considèrent qu\u2019il constitue toujours le seul rempart approprié contre l\u2019américanisation, l\u2019anglicisation et, surtout, la diffusion du protestantisme ou, pire, de l\u2019athéisme chez les Canadiens français'*.Pour contribuer à enrayer ces craintes appréhendées, ces dirigeants ont depuis les années 1930 fait en sorte que le cursus de base du cours classique soit davantage orienté vers un renforcement de l\u2019importance donnée à l\u2019enseignement de l\u2019histoire \u2014 tout particulièrement l\u2019histoire nationale \u2014 afin de renforcir le nationalisme canadien-français qui bifurquera par la suite vers un nationalisme beaucoup plus revendicateur et dorénavant centré sur le Québec'*.Voilà exactement le genre de phénomène que j'ai pu observer lors de mes études doctorales sur l\u2019histoire du Séminaire de Mont-Laurier; voici un aperçu de son histoire.Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Hire [¢ $m conse Il) qui pe deni dévelop Hest religeny La vol supine! ge cee le clergé pendant exacte d'écrire Aude (extérk Hautes- Téglona Sartre majeure Tassie nil à celle ol gra 5 pat, bra Environ Le eo Laren sll Rouge, Dour nm logy erg ily En 19; Wn Laur Lau ire i.Cg du Séy Elgg ] Rai, Lisa gy liye Mong Ta, Rev, | ein el, rg GE Dour py U Pa qu Li.dei fe dpe py RU ge Samira DOSE par e Que Frencssemre Se fnge BALD pls HOUveau dans ie tale \u2018sexuel de celle de leur Is tent ne Hes ami ris 190\" piel pe qu'éuder a AUS) Pers y sen de À digg & fae 5 longemps e n'est noir e ue Ul gle de cas IL q5 ch as goin pie Ë pale.seit qe! a ep! ar juga 4 yo pui Vi I id it fe ih pie 0° Histoire du Séminaire de Mont-Laurier Le Séminaire Saint-Joseph de Mont-Laurier est la conséquence de la vision qu\u2019avait le curé Labelle (1834- 1891) de Saint-Jérome du développement intégral qu\u2019il prévoyait pour les Hautes-Laurentides dont il est indéniablement le père fondateur.Quand on parle de développement intégral, dans le contexte de la fin du X1X siècle, il s\u2019agit de développement social, politique, religieux bien sûr, mais tout autant économique et culturel.La volonté de créer une institution d\u2019enseignement supérieure classique, commerciale et industrielle découle de cette vision.Après des débuts à Nominingue en 1910, le clergé diocésain de Mont-Laurier en assure la mainmise pendant un demi-siècle, entre 1915 et 1965, 11 y a donc exactement 100 et 50 ans respectivement au moment d\u2019écrire ces lignes (été 2015).Au départ, il faut savoir que la colonisation périlaurentienne (extérieure à la Vallée du Saint-Laurent), celles des Hautes-Laurentides, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la région au nord de Joliette, est un « fait social total »'°.Cela s'avère une réponse de l\u2019Église et du clergé à la saignée majeure que constitue, entre 1840 et 1930, l\u2019émigration massive de Québécois vers les États-Unis.Entre 900 000 et | million des nôtres quittent définitivement la province à cette époque'\u2019, dans ce qui constitue notre deuxième plus grand drame national après la Défaite de 1760.Pour sa part, la colonisation périlaurentienne évoquée et mise en branle par l\u2019Église québécoise et son clergé attirent environ 50 000 personnes à la fin du XIX* siècle'*.Le commerce du bois est à l\u2019origine des Hautes- Laurentides.Des terres de ravitaillement sont d\u2019abord installées sur les sites stratégiques et fertiles (Ferme- Rouge, Ferme-Neuve, etc.) par les compagnies forestières pour nourrir les camps de bûcherons, suite à quoi des colons s\u2019installent spontanément à proximité, ce que le clergé et l\u2019Église viennent bientôt encadrer dans ce qui constitue les véritables débuts des Hautes-Laurentides.En 1913, le bourg de Rapide-de-l\u2019Orignal (ou le premier colon agriculteur s\u2019installe en 1885), devenu Mont- Laurier, devient le chef-lieu du nouveau diocèse de Mont- Laurier justement, au centre d\u2019un immense territoire allant entre autres jusqu\u2019à Ste-Agathe et même Val-David au sud.Ce territoire devient le terrain naturel de recrutement du Séminaire qui forme ensuite une part significative des élites puis des classes moyennes de la ville centre et de la région environnante.Les débuts du Séminaire de Mont-Laurier s\u2019insèrent dans un contexte socioreligieux où le Québec est encore le théâtre d\u2019un débat d'idées où l\u2019ultramontanisme (doctrine prônant la supériorité de l'Église sur l\u2019État) est toujours d'actualité.Toutefois, l'urbanisation accélérée \u2014 le Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Québec devient pour la première fois majoritairement urbain en 1921 \u2014 sape les fondements socioreligieux, ce contre quoi luttent le clergé et l\u2019Église.À ce sujet, tout au long de la première partie du XX° siècle, l\u2019Église est présente dans tous les secteurs sociaux québécois, ce qui est tout particulièrement vrai en éducation et dans un monde empreint de ruralité, tel Mont-Laurier.À partir des années 1950, une mutation socioreligieuse importante est en marche au Québec, ce qui ne devient plus visible qu\u2019au long des années 1960.Entre autres phénomènes, cela se traduit par l\u2019avènement de la télévision en 1952, l\u2019arrivée massive des femmes sur le marché du travail, une croissance économique soutenue atténuant une pauvreté générale séculaire, ce que nourrit bien une demande en éducation en pleine croissance.Au Séminaire de Mont- Laurier comme ailleurs, de plus en plus de laïcs doivent soutenir les religieux et religieuses dans leurs tâches d\u2019enseignement.Dans un type de maison d\u2019enseignement tel un séminaire, l\u2019atmosphère est très religieuse et laisse des souvenirs impérissables à tous ceux qui les ont fréquenté, pour le meilleur et pour le pire diront certains.Aussi, de nombreux cercles de réflexion, souvent nationalistes, meublent les activités parascolaires, par-delà les sports, incontestablement dominants.La vie scolaire est pour sa part intense et exigeante à l\u2019enseignement classique destiné à l\u2019élite cléricale et laïque, ce qui est plus nuancé pour l\u2019enseignement commercial qu\u2019assure jusqu\u2019en 1951 le Séminaire de Mont-Laurier pour les classes moyennes\".D'ailleurs, ces deux types d\u2019enseignement, très imbriqués au début de l\u2019histoire de cette institution chargée de forger dans une large mesure le tissu social de cette région de colonisation neuve, sont de plus en plus séparés à compter des années 1930.L\u2019institution est fondamentalement nationaliste dans son esprit, ce qui se manifeste de plusieurs façons\u201d, souvent subtiles ou en l\u2019affichant clairement, telle la célébration récurrente de Dollard-des-Ormeaux en mai.Aussi, au fil des décennies et tel que mentionné ci-dessus, l\u2019enseignement de l\u2019histoire \u2014 nationale \u2014 du Canada prend après 1935 de plus en plus d\u2019importance et devient le fondement du système humaniste québécois, c\u2019est-à- dire qui supporte la religion et que la religion supporte.Cela se vérifie à Mont-Laurier.Après 1955-1956, le Séminaire de Mont-Laurier forme très peu de prêtres, ce qui va à l\u2019encontre de sa fonction premiere.Pourtant, au début de la décennie, la confiance règne chez les dirigeants du Séminaire.Les changements socioreligieux sont en effet fulgurants au tournant des années 1960.L'épisode qui l\u2019illustre probablement le mieux au Séminaire de Mont-Laurier est celui de la messe devenue facultative pour les élèves \u2014 internes ou pas \u2014 en 1964, alors que la vie religieuse avait toujours été TRACES | Volume 54 no 1 15 très importante, voire fondamentale dans les activités des séminaristes : « du jour au lendemain, la fréquentation de la messe jusque-là obligatoire a baissé de 90 %.Cela a dû ébranler les prêtres qui ne devaient pas s\u2019attendre à une telle débandade »°'.L\u2019année suivante, le dernier dirigeant ultime du Séminaire, l\u2019évêque du diocèse, Mgr André Ouellette, se résout à fermer l\u2019institution.« Ce n\u2019est pas de gaieté de cœur que nous nous voyons forcer d\u2019abandonner le Séminaire »%.La fermeture du Séminaire Saint-Joseph constitue une perte sèche au niveau de l\u2019enseignement supérieur à Mont-Laurier et dans les Hautes- Laurentides.II faut attendre 1983 pour que l\u2019enseignement collégial revienne à Mont- Laurier, sous la forme d\u2019une annexe du Cégep de Saint-Jérôme.Pendant plus de cinq décennies, l\u2019institution d\u2019enseignement supérieur planifiée par le curé Labelle aura joué son rôle d\u2019agent de développement de la région\u201d, Des données quantifiées ferment la marche de cette étude scientifique sur le Séminaire de Mont-Laurier.Il s\u2019agit d\u2019une étude attentive du parcours socioprofessionnel de 1002 séminaristes, pendant l\u2019entre-deux guerres, entre 1919 et 1938, tant au cours classique qu\u2019au cours commercial, en étudiant leur persévérance scolaire, leur taux de diplomation et en comparant lorsque c\u2019est possible le parcours socioprofessionnel des fils par rapport à leur père.Au départ et en nous référant beaucoup à l\u2019étude phare en sociologie de l\u2019éducation de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron\u2019\u201d*, nous avons divisés tant les pères que les fils en sept catégories, en allant du haut de la hiérarchie sociale de l\u2019époque vers le bas de celle-ci.Il s\u2019agit des : 1) professions libérales (en ajoutant les clercs pour les fils); 2) cadres supérieurs et industriels; 3) cadres moyens et commerçants; 4) employés; 5) cultivateurs; 6) ouvriers spécialisés; 7) ouvriers non spécialisés\u201d, Au total et de façon très succincte, le cours classique a tendance à favoriser le maintien du statut socioprofessionnel chez les fils de professionnels et de la promotion \u2014 production \u2014 sociale chez les six autres catégories.Au cours commercial, on note une tendance à favoriser la perte de statut social chez les fils des classes supérieures (1 et 2) et moyennes (3 et 4).On retrouve aussi de la reproduction sociale surtout chez les fils de cadres moyens et commerçants et chez les fils de cultivateurs.Pour revenir à l\u2019enseignement classique, il y a nettement de la promotion sociale chez les prêtres, ceux-ci provenant de trois catégories du bas de la hiérarchié dans une proportion de 64,4 %\u201d.Aussi, l\u2019étude s\u2019est penchée sur l\u2019origine géographique des élèves fréquentant le Séminaire de Mont-Laurier au cours de la même période\u201d.Il en émane que la proximité du lieu de résidence familiale a un effet à la hausse sur la persévérance des élèves.Conclusion C\u2019est toute une page d\u2019histoire, une très longue page en fait, qui s\u2019est tournée, lorsque l\u2019enseignement classique a cessé d\u2019être diffusé en tant que tel dans la deuxième portion des années 1960, à Mont-Laurier comme ailleurs au Québec.C\u2019est aussi tout un mode de vie qui s\u2019en est trouvé profondément modifié.Pendant la génération suivante, les taux de scolarisation des masses ont explosé au Québec, ce qui ne peut évidemment être dissocié de la fin de ce cours classique aux fonctions assumées d\u2019élitistes.Pendant cette même génération, je crois pour ma part que l\u2019esprit résolument nationaliste des dernières décennies du cours classique s\u2019est répercuté chez une bonne part de nos élites, nos classes moyennes et par effet d\u2019interrelation logique, sur une bonne portion aussi de la population.Cela a largement contribué à mener le Québec aux portes de l\u2019indépendance en 1995, ce que l\u2019historiographie devrait éventuellement fouiller davantage.Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019esprit qui animait l\u2019humanisme classique depuis des siècles dans ce qui est aujourd\u2019hui le Québec, ne peut qu\u2019être en perte de vitesse et c\u2019est bien ce que l\u2019on observe dans cette civilisation devenue matériellement si aisée \u2014 bien qu\u2019elle ne le sache que trop peu, contrôle de l\u2019information oblige et que perdurent nombre d\u2019injustices et d\u2019inégalités condamnables \u2014 où la croissance économique à tout prix est élevée au rang de dogme par trop de gens, nos dirigeants politiques élus au premier chef.1.Félix Bouvier (2014).Histoire du Séminaire de Mont-Laurier, communication présentée au 52° congrès de la SPHQ, Ste-Adèle, 24 octobre.2.Louise Bienvenue, Ollivier Hubert et Christine Hudon (2014).Le collège classique pour garçons.Études historiques sur une institution québécoise disparue, Éditions Fides, Montréal, 416 p.3.André Petitat (1982).Production de l'école - Production de la 16 TRACES | Volume 54 no 1 société, Librairie Droz, Genève-Paris, p.160.4.Félix Bouvier (2005).Histoire du Séminaire de Mont-Laurier.formation d'une élite et d'une classe moyenne, Editions Fides, Montréal, p.31.5.Ibid.p.34.6.Nicole Gagnon (1963).« L\u2019idéologie humaniste dans \u2018l\u2019enseignement secondaire\u201d », Recherches sociographiques, vol.Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Pew Es 3 de È ES iy lng Ine dae à ls dey digs ue sd cat 6 cleus netemende vend Ie proportion ur l'orge Semnare de \u201cdenémare Jesunelirà 148 age ent Casiue Ja deuvème mme als qui sn à générale snipe fssocie de aad elise a par qe 35 décennies ou part \u2018preeltior plton.Ce: ju près à phe devra \u2018mans gourd gui on devenue che Que vf o lie bles - al s amd psd 7 fr ions Le x = ph pi Wh Tre 12 >> Vulgarisation des données archéologiques 4, p.176.Ibid, p.169-200.Félix Bouvier (2005), précité, note 4, p.35.Claude Galarneau (1978).Les collèges classiques au Canada français, Éditions Fides, Montréal, p.236.Bienvenue, Hubert et Hudon, précité, note 2, p.107-108.Ibid, p.373.Ibid., p.14.Ibid, p.111.Fédération des collèges classiques (1963).Notre réforme scolaire H.l'enseignement classique, Centre de psychologie et de pédagogie, Montréal, 254 p.Voir à ce sujet Félix Bouvier (2004).« L\u2019enseignement classique au Canada français : ses programmes, son évolution et son nationalisme », Bulletin d'histoire politique, vol.12, no 3, p.181- 188.Voir aussi Félix Bouvier, Michel Allard, Paul Aubin et Marie- Claude Larouche (dir) (2012).L'histoire nationale à l\u2019école québécoise : regards sur deux siècles d'enseignement, Les éditions du Septentrion, Québec, p.318-343.Gabriel Dussault (1983).Le curé Labelle.Messianisme, utopie et colonisation au Québec 1850-1900, Hurtubise-HMH, Montréal, 392 p.Yolande Lavoie (1978).L'émigration des Québécois aux États- Unis de 1840 à 1930, Éditeur officiel, Québec, 58 p.Jean Hamelin et Yves Roby (1971).Histoire économique du >>>» Archéologie publique >>> Foullles simulées >>> Activités en classe >>> Tours et visites archéologiques >>> Soutien scientifique dans le cadre d'expositions muséales Revue de la SPHQ | Hiver 2016 19.20.21.22.La coop Artefactuel offre également une gamme de services pour diffuser le patrimoine archéologique à travers divers types d'activités.L\u2019archéolcgie constitue un patrimoine collectif que nous avons à cœur de transmettre au grand public et aux plus jeunes.Une équipe de professionnels est à votre disposition pour vous faire découvrir une science passionnante et vous faire voir notre passé d'un autre œil.Toutes les activités décrites peuvent être offertes aux gens du public, à des groupes scolaires, à des camps de jour ou des terrains de jeux, ainsi qu'aux touristes.Québec (1851-1896), Éditions Fides, Montréal, 436 p.Voir sur ces sujets : Félix Bouvier (2005), précité, note 4, 267 p.Ibid.C\u2019est ce que nous indiquent de nombreuses sources archivistiques ou orales, telles des entrevues menées par exemple avec d'anciens élèves, comme celle du 29 septembre 2000 avec l\u2019historien de l\u2019éducation Marcel Lajeunesse.Ibid, p.161.Entrevue du 10 mars 2001 avec Gilles Ouimet, un humaniste, sportif et homme de théâtre qui a enseigné l\u2019histoire nationale surtout pendant plusieurs décennies, à partir de 1971, dans l\u2019enceinte de l\u2019ancien séminaire devenu la Polyvalente Saint-Joseph.L'auteur de cet article est heureux de remercier ici l\u2019équipier de grande qualité et mentor que fut Gilles Ouimet en enseignement de l\u2019histoire du Québec-Canada entre 1992 et 2004.Ibid, p.177.Monseigneur Ouellette (1913-2001) fut un trés grand humaniste, un authentique homme de Dieu a nulle autre pareille dans ma vie.Il m\u2019a aussi beaucoup aidé à dépouiller les archives et a les interpréter au début de mes études doctorales, a la toute fin de sa vie, entre 1997 et 2001.« Connaitre un tel homme a été un grand bonheur », Félix Bouvier (2005), op.cit., p.15.Ibid, p.177.Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron (1970).La reproduction, Editions de Minuit, Paris, 279 p- .Voir à ce sujet le huitième chapitre de Félix Bouvier (2005), précité, note 4.p.187-217.Ibid, p.216.Ibid, p.237-249.ae) 11130, rue des Laurier, Québec (Qc) G2B3P5 (418) 999-0138 infogartefactuel.ca www.artefactuel ca TRACES | Volume 54 no 1 17 MT EE ET Regard statistique sur l'opinion d\u2019enseignants à l\u2019égard de l\u2019apprentissage de la pensée historique Chargé de cours et enseignant Université du Québec à Rimouski apprentissage de la pensée historique (APH) représente un aspect important des pratiques d\u2019enseignement en histoire à l\u2019heure actuelle.D\u2019une part, les programmes d\u2019histoire réfèrent à « l\u2019appropriation graduelle d\u2019un mode de pensée historique » (Gouvernement du Québec, 2006, p.337; Gouvernement du Québec, 2007, p.1) au regard du développement de compétences disciplinaires, des compétences qui consistent à interroger et à interpréter les réalités sociales, ainsi qu\u2019à développer l\u2019exercice de la citoyenneté chez les élèves.D\u2019autre part, cet apprentissage fait l\u2019objet d\u2019un intérêt croissant dans la documentation scientifique, notamment depuis une vingtaine d\u2019années'.Même si des divergences existent, les chercheurs francophones et anglophones s\u2019accordent globalement pour associer l\u2019APH au développement d\u2019une compréhension critique des réalités sociales dans une perspective temporelle (Demers, Lefrançois et Ethier, 2010; Duquette, 2011; Gagnon, 2011; Martineau, 2010; Seixas, 1998; Seixas et Morton, 2013).Une compréhension détachée des préjugés et des stéréotypes donnés par la culture (Briley, 2008; Dagenais et Laville, 2007; Laville, 2001), et acquise par une forme d\u2019exercisation a la méthode ou a la démarche historique, impliquant généralement une analyse de documents historiques (Bain, 2000; Boutonnet, 2013; Denos et Case, 2006; Lévesque, 2008; Lee, 2005; Wineburg, 2001).En dépit de cette importance de I\u2019APH, reconnue dans la documentation officielle et scientifique, il semblerait que les enseignants d\u2019histoire entretiendraient à cet égard des rapports équivoques.Il y a un peu plus d\u2019une quinzaine Daniel Moreau Photo : Jean-Claude Richard d\u2019années, Martineau (1997) faisait le constat d\u2019un « échec » de la pensée historique dans l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec.Plus récemment, Moisan (2010) a brossé un portrait plus contrasté.Si les enseignants d\u2019histoire ne font pas d\u2019emblée référence au construit de la pensée historique, ils reconnaissent néanmoins la valeur et la portée de la pensée critique, associée par certains à la compréhension des causes et des conséquences des événements historiques.Ce résultat rejoint ceux de LeVasseur (2015), et également ceux de van Hover et Yeager (2007) aux États-Unis.Un tel portrait contrasté nous est également proposé par Boutonnet (2013), qui rend compte à la fois de finalités critiques professées par les enseignants d\u2019histoire, et de pratiques pédagogiques en classe fondées sur un usage limité de l\u2019analyse de documents historiques.Un usage qui tendrait à se résumer à la cueillette d\u2019informations, et qui contribuerait peu au développement de la pensée historique.En France, Tutiaux-Guillon (2008) décrit des pratiques passablement comparables, qui illustrent un curieux paradoxe : « d\u2019un côté les enseignants français adhèrent très fortement à la volonté de former l\u2019esprit critique, composante vive de la citoyenneté (Lautier, 1997); de l\u2019autre ils ne mettent guère en œuvre des pratiques en permettant l\u2019apprentissage.» (Tutiaux-Guillon, 2015, p.13) C\u2019est pour mieux comprendre ce paradoxe que nous nous sommes intéressé, dans le cadre d\u2019une recherche doctorale, à la question des pratiques et de l\u2019apprentissage chez les enseignants d\u2019histoire québécois.Nous ne retiendrons toutefois de cette recherche, réalisée dans la perspective 1.A tout le moins dans la production anglophone, comme le révèle une brève recherche menée dans la base de données ERIC, réalisée en mai 2014, alors que les mots historical thinking et learning ont généré 94 articles traitant de l\u2019apprentissage de la pensée historique.De ce nombre, 87 ont été publiés entre 1994 et 2014, avec une intensification des publications à partir de 2004 (cinq et plus par année) et un ralentissement marqué en 2013, avec deux publications seulement.18 TRACES | Volume 54 no 1 Revue de la SPHQ | Hiver 2016 des qous Jes his 1.Op Dans lapin prie objet {Fim pos J'aur cireon à tou des [apn oem Ens un à repré mg hig aft à de ality im sou, di selon om iden ind Nea er is de le uk Pers du d ie ] ah Vig Tra Tog M Son Sng île i ny sta dn seem isa (2010) ensigns ons de Is fa valeur Dar Ces MsEquences int ceux de 1 Rover à ji contra (2013) qu fesees pt anus pile & Se IER! heal pol En Franc, sable ge r4 d'un est ied for gists.sous Junk ç chez ls nos ie A7 jee pu wo pis je des représentations sociales, que les données d\u2019opinion, en nous limitant à la question de l\u2019apprentissage.Lorsqu\u2019on les interroge, que répondent spontanément les enseignants d\u2019histoire à propos de la démarche sous-tendant l\u2019APH ?1.Opinion, attitude et représentation sociale Dans la perspective théorique des représentations sociales, l\u2019opinion est une variable de personnalité exprimant une prise de position ponctuelle à l\u2019égard des attributs d\u2019un objet de représentation, dans un contexte de communication (Flament et Rouquette, 2003).Variable très labile, cette position peut varier non seulement d\u2019un individu à l\u2019autre, mais également pour chaque individu selon les circonstances.Ainsi, dans la vie quotidienne, il est loisible à tout un chacun de changer d\u2019opinion dépendamment des contextes, Les revirements et autres louvoiements de l\u2019opinion publique en contexte d\u2019élections en sont un bel exemple.En soi, à cause de son instabilité, l\u2019opinion apporte un éclairage quelque peu superficiel sur un objet de représentation \u2014 l\u2019APH dans ce cas-ci \u2014 partagé par un groupe social de référence, à savoir les enseignants d\u2019histoire.La stabilité est une qualité fondamentale des attributs d\u2019un objet de représentation sociale, qui s\u2019articule à des valeurs (voire des idéologies), des croyances, des attitudes et des opinions (Jodelet, 1989; Moscovici, 1984).À travers la vie quotidienne, l\u2019objet de représentation est soumis à un processus de communication, dont l\u2019enjeu est la définition de ses attributs, qui est susceptible de varier selon les opinions de tout un chacun.Cette variabilité exprime le défi d\u2019une analyse de représentations sociales : identifier des attributs stables au-delà de la variabilité des individus et des situations.Néanmoins, l\u2019opinion demeure une porte d\u2019entrée pertinente pour identifier dans une perspective exploratoire des attributs susceptibles de structurer, dépendamment de leur stabilité, la représentation de cet objet.En outre, en la mettant en perspective avec une autre variable de personnalité, l\u2019attitude, comme nous l\u2019avons fait lors du dernier Congrès de la SPHQ, en octobre 2015, il a été possible de faire ressortir des attributs relativement stables de l\u2019APH.Il faut savoir que l\u2019attitude est une variable plus stable que l\u2019opinion.Du point de vue de la pratique d'enseignement, l'attitude est au fondement de modèles personnalisés de pratique (Joyce et Calhoun, 2009).Pour Rouquette (1996), l\u2019opinion et l\u2019attitude sont intercorrélées, et contribuent à mettre en lumière la structure d'une représentation sociale.Toutefois, l\u2019espace ne permettant pas de reproduire ici l\u2019intégralité de notre communication, nous laisserons de côté la question des attitudes et nous nous en tiendrons à une analyse des attributs de l\u2019APH, tels que formulés à travers les opinions Revue de la SPHQ | Hiver 2016 d\u2019enseignants d\u2019histoire.Des attributs dont les modalités d\u2019identification seront précisées dans la prochaine section.2.Méthodologie Le recensement d\u2019attributs susceptibles de décrire la structure probable d\u2019une représentation sociale de l\u2019APH a été réalisé par l\u2019analyse de discours recueillis auprès d\u2019un échantillon de convenance de huit enseignants.Le corpus de données a été constitué à partir des réponses recueillies au cours d\u2019un entretien semi-dirigé réalisé auprès de chacun des répondants.La question posée à ces derniers était la suivante : « Selon vous, comment apprend-on à penser historiquement en classe d\u2019histoire ?» Ces réponses ont été retranscrites pour se prêter à une analyse factorielle des correspondances, effectuée dans le cadre d\u2019une démarche lexicométrique.Pour dire les choses sommairement, cette opération statistique permet de produire, par association statistique, une représentation multidimensionnelle du corpus sous la forme d\u2019un « nuage de points » (Lebart et Salem, 1994, p.18).Chacun des points de ce nuage sont des mots (ce qu\u2019il convient d\u2019appeler des « formes lexicales » dans le jargon) exprimant des liens sémantiques dans le discours commun.Mathématiquement, ces liens sont calculés par la mesure de la distance algébrique entre chacun des mots.À cause d\u2019une inertie plus élevée, certains mots s\u2019avèrent plus structurants que d\u2019autres : ce sont les attributs structurants que nous recherchons.Pour guider l\u2019interprétation des données, le logiciel utilisé (DTM-Vic) a tracé des axes au travers de ce nuage de points en fonction de l\u2019inertie plus élevée de ces mots structurants.Ces axes expriment respectivement un pourcentage de variance, elle-même attribuable à l\u2019inertie de ces mots structurants.Notre interprétation des résultats se limitera aux trois premiers axes.L\u2019identification de ces mots structurants ne suffit toutefois pas pour prétendre décrire une probable représentation sociale de l\u2019APH.Qu'est-ce qui prouve que, dans un autre contexte, ceux-ci ne changeront pas de signification ?Rien n\u2019interdit de supposer qu\u2019une modification de l\u2019échantillon suffirait à expliquer les pourcentages de variance (Lebart, Piron et Steiner, 2003).N\u2019oublions pas que les mots sont comme des valises : leur contenu en signification peut changer selon la destination, et il demeure toujours possible qu\u2019ils soient.vides ! Pour s\u2019assurer que non seulement les mots utilisés décrivent les attributs de l\u2019objet, mais en plus qu\u2019ils le font d\u2019une manière stable, nous avons eu recours à une technique de validation, celle de la validation par rééchantillonnage (bootstrap).Concrètement, cette technique consiste à perturber les données par la projection de formes lexicales (ou mots) sélectionnées en tant qu\u2019éléments supplémentaires.TRACES | Volume 54 no 1 19 Illustré en langage populaire, il s\u2019agit de procéder à un tirage comparable à celui de la 6/49 : chacun des mots décrivant des attributs structurants sont ajoutés dans le boulier.Pour être certain de leur stabilité, cette opération est répétée à vingt-cinq reprises pour chacun des mots.En principe, le même mot (la « boule dans le boulier ») doit atterrir à chaque fois sensiblement au même endroit dans le nuage de points.Le cas échéant, nous conclurons que le mot concerné et les attributs qu\u2019il décrit à la lumière des extraits d\u2019entrevue sont plutôt stables.Inversement, si l\u2019emplacement de ce mot varie significativement dans le nuage de points, alors il sera considéré instable (même s\u2019il peut être structurant au regard de son inertie).3.Résultats Les huit enseignants de l\u2019échantillon ont répondu à la question : « Selon vous, comment apprend-on à penser historiquement en classe d\u2019histoire ?» Au premier axe, comptant pour 35 % de la variance, ils expriment un rapport entre la théorie et la pratique relative à l\u2019enseignement de puis déterminer des conséquences.À l\u2019autre extrémité de cet axe, les mots structurants on, est, c, ça, là et vraiment expriment plutôt les modalités de mise en œuvre de cette démarche d\u2019apprentissage en classe d\u2019histoire.Une mise en œuvre qui donne lieu à différentes activités d\u2019apprentissage, relevant de l\u2019analyse de l\u2019actualité, de la lecture de sources, et d\u2019une réflexion sur le temps.Ainsi, le mot on désigne alternativement les élèves actifs dans le cadre de situations d\u2019apprentissage, l\u2019enseignant qui intervient dans ce contexte d\u2019apprentissage, et la société au sens large.Un coup d\u2019œil sur les extraits d\u2019entrevue révèle que les mots c, ça et là réfèrent aux réalités sociales et historiques qu\u2019il s\u2019agit d\u2019analyser et de comprendre.Cependant, avec est, ces mots expriment également une limite de l\u2019APH, qui est celle des pratiques sociales, jugées défavorables : « le Québécois moyen sur le plan intellectuel, c\u2019est zéro puis une barre.Notre culture, ça se résume au centre d\u2019achat puis aller chez Costco et Walmart.Comment penser historiquement ?» (Sujet 02) peux 3 époque ils tire 1% leur © tout ars partir Shame , a5 pensée montrer, un 0s a chez mages passé ! au a hestoire tons os Me om M 1° a Gy amd eshons _histonques 10 TM longues ur souvent pour une J%%ns © ablea het Tempe y Istoriques 025 Lu Aussi plus esprittexteS ganfités éléveélèves'aits peut sont as ot rétresntévénements gone ces .ce \u2019 for peigneéquence qu chose queique aporend comme 075 15 Figure 1.Plan factoriel des axes 1 et 2 : validation par rééchantillonnage des formes lexicales (mots) contribuant à l\u2019inertie du premier axe.l\u2019histoire.D\u2019une part, les mots structurants acquisition, concepts, démarche, déterminer, conséquences, enseignement, faire, intellectuel, opérations, outils, questionnement, solutions, établir et séquence (tous sous séquence) décrivent les propriétés d\u2019une démarche d\u2019apprentissage que nous pourrions qualifier de « didactiquement homologuée ».Apprendre à penser historiquement, c\u2019est mettre en œuvre une démarche qui implique un questionnement, des concepts à acquérir, et des outils et des opérations intellectuelles permettant de 20 TRACES | Volume 54 no 1 Le mot vraiment exprime une idée de dépassement, visé par l\u2019exercice de la pensée historique, autant au regard des savoirs que des pratiques sociales, car, « à la base, les jeunes n\u2019ont pas vraiment de pensée historique.» La validation de ces mots, comme en témoigne la figure 1, rend compte d\u2019une tendance globale à la stabilité.Hormis la forme on, les mots c, ça, là, est, vraiment, déterminer, outils et séquence sont relativement stables.Les autres, c\u2019est-à- dire acquisition, concepts, connaissance, conséquences, démarche, enseignement, faire, intellectuel, opérations, Revue de la SPHQ | Hiver 2016 quest ran Lg do han proces les m0 dune épaglé pers pls iho qu'il quelqu peutn Consg Un ch Mathe Hey Be Sr if Qi a; Co Peux] k Ji Revs Mili os mg pn T2 qu Come HE, Tow be sus à DL on ge e destins Ent das qe eus large Un | Qe ls mo tones qu'il a, ave le l'APH, qu | robes: le ol 60 entre d'achat ment pens | eme VS J qu # Ë, (jar 1 sahéstof en complé ih fom A qu ified ps! a pipe 7 ; ao Hier 201\u20ac : questionnement et solutions sont très stables, alors que leur zone de projection n\u2019est pas visible.Le deuxième axe, illustré par la figure 2, décrit la nature de la médiation réalisée par l\u2019enseignant à l\u2019égard de ce processus d\u2019apprentissage.Cet axe met en opposition les mots structurants quelque, chose, qui, s'apprend, d\u2019une part, et je, fais, peux, ils, ont , mes, leur, puis, lire, époque, d\u2019autre part.Ces premiers mots indiquent que la pensée historique est quelque chose qui s\u2019apprend, mais plus exactement que cet apprentissage est attribuable à la médiation de l\u2019enseignant et au modelage cognitif qu\u2019il réalise dans le rapport des élèves à l\u2019APH : « C\u2019est quelque chose qui s\u2019apprend, qui se développe, qu\u2019on leur et lire décrivent la nature de l\u2019activité attendue des élèves : la lecture.Cette activité de lecture est perçue comme un élément fondamental à l\u2019acquisition de la démarche intellectuelle visée par l\u2019APH : « D\u2019après moi, c\u2019est la méthode historique.C\u2019est de /ire des documents, surtout avec des sources, je dirais, de consulter des sources historiques et de se poser des questions.» (Sujet 04) Les formes contribuant à l\u2019inertie de ce deuxième axe ne sont toutefois pas très stables, comme l\u2019illustre la figure 2.Ainsi, les formes quelque, chose, qui, s, apprend sont très instables, tout comme époque, puis, fais et peux, dont les zones de projection apparaissent imposantes.Seules les formes qui et je pour la médiation de l\u2019enseignant sont les Figure 2.Plan factoriel des axes 2 et 3 : validation par rééchantillonnage des formes lexicales contribuant à l\u2019inertie des deuxième et troisième axes.peut montrer.C\u2019est un mélange de pratique guidée et de conscientisation personnelle.C\u2019est une évolution.C\u2019est un cheminement académique, comme en français ou en mathématique » (Sujet 05).Les mots je, fais, peux, puis et époque, également situés dans la partie négative de cet axe (inférieure), suggèrent que cette médiation repose sur l\u2019initiative de l\u2019enseignant et qu\u2019elle est ouverte à différentes possibilités pédagogiques.Des possibilités qui ont pour propriété commune d\u2019être une expression matérielle du passé : « Je peux leur montrer des images d\u2019époque.Je peux leur montrer des cartes d'époque, je peux leur montrer des artefacts.Un exemple, c\u2019est ça que Je /ais actuellement » (Sujet 02).Les mots ils, ont, mes, Revue de la SPHQ | Hiver 2016 moins instables, avec des zones de projection comparable à on, dans le plan précédent.D\u2019une inertie un peu moindre (15,7 %), le troisième axe illustré par la figure 2 exprime la dimension temporelle de l\u2019APH.Au-delà de l\u2019arsenal documentaire que l\u2019élève doit lire, c\u2019est le temps qui semble être l\u2019objet de l\u2019APH.Nous retrouvons dans la portion négative (inférieure) de l\u2019axe les mots quelque, chose, apprend, c et est, qui rappellent la médiation de l\u2019apprentissage par l\u2019enseignant.À l\u2019autre extrémité, les formes ligne et temps contribuent significativement à l\u2019inertie de cet axe, avec passé, souvent, vraiment, vous, elles, il, nous, sont, y, là, on et les.Ces dernières formes expriment le rapport au TRACES | Volume 54 no 1 21 i i k: Ke I ji temps établi dans le cadre de la situation d\u2019apprentissage, et qui est ouvert à diverses possibilités : « Le temps c\u2019est perçu un peu comme une narration, [.] mais je sais que dans certains cas, le temps ça peut être aussi très visuel.C\u2019est une ligne, c\u2019est des dates qui sont.indiquées avec des événements qui se produisent à ces dates-/à.» (Sujet 07) Les formes relatives à cette dimension temporelle sont d\u2019une instabilité variable.Les mots ligne, femps, il et sont paraissent relativement stables, avec des zones de projection relativement contenues.Les formes passé, souvent, nous et là semblent très instables, comme en témoignent leurs importantes ellipses de confiance.4.Conclusion L\u2019examen de ces trois axes a indiqué que l\u2019APH s\u2019articule autour de trois principes : rapport théorie-pratique, médiation et temporalité.Un élève apprend à penser historiquement dans la mesure où il acquiert une démarche articulant des opérations intellectuelles, des connaissances et des concepts à partir d\u2019un questionnement.Cette démarche est nécessaire pour s\u2019insérer dans la société actuelle,etsonapprentissage exige une forme d\u2019exercisation régulée par la médiation de l\u2019enseignant.Cette régulation est associée au temps, qui est l\u2019objet de cette activité.Elle implique également une médiation de l\u2019apprentissage par la lecture.Ce résultat rejoint la préoccupation portée par Martel (2014) en faveur de l\u2019apprentissage par la lecture (APL).C\u2019est par la lecture que, à l\u2019instar de l\u2019historien, l\u2019élève « doit traiter l\u2019information écrite pour en tirer des connaissances nouvelles.» (/dem, p.167) Si les enseignants interrogés semblent conscients de cela, nos données ne nous permettent pas d\u2019en dire davantage sur la nature des stratégies de lecture enseignées.De quelles stratégies est- il question ?Se limitent-elles au décodage ou concourent- elles à une compréhension critique de l\u2019histoire ?Pour nous assurer de la stabilité de ces principes, nous avons soumis à la validation par rééchantillonnage l\u2019ensemble des mots leur étant relatifs.Il est apparu une stabilité au regard du rapport théorie-pratique.L\u2019APH se réalise par l\u2019enseignement et l\u2019acquisition d\u2019une démarche intellectuelle.Cette démarche repose sur une forme de questionnement, un certain nombre d\u2019opérations à mettre en œuvre, et un ensemble de concepts et de connaissances permettant de déterminer des conséquences et de trouver des solutions.L\u2019inertie élevée du premier axe, expliquant plus du tiers de la variance totale, et la stabilité des mots lui étant structurants, appuient cette interprétation.La manière dont cet apprentissage s\u2019opère apparaît cependant moins affirmée.Si l\u2019APH a pu être attribué à l\u2019exercisation réalisée par la médiation de l\u2019enseignant, les mots exprimant cette opinion ne se sont pas révélés stables.D\u2019un certain point de vue, ce résultat nous semble rejoindre, au moins partiellement, ceux de Boutonnet (2013) ou de Moisan (2010) : les attributs de la médiation de l\u2019enseignant paraissent moins clairs, ou moins affirmés.La dimension temporelle, quoique appuyée sur un axe dont l\u2019inertie est moins élevée, s\u2019est avérée néanmoins relativement stable.Elle est rattachée au principe que l\u2019APH se réalise à l\u2019aide d\u2019une ligne du temps.Réalisée suivant le postulat selon lequel le processus d\u2019apprentissage est l\u2019objet des pratiques d\u2019enseignement (Oser et Baeriswyl, 2001), cette recherche a mis au jour certains attributs de la démarche favorisant le développement de la pensée historique.Si ce postulat a permis d\u2019identifier des attributs structurants et stables, nous nous interrogeons sur la médiation de l\u2019enseignant, dont les mots qui en décrivent les attributs sont apparus relativement instables.Si les enseignants sont vraisemblablement au fait de la démarche d\u2019apprentissage « didactiquement homologuée », ils semblent avoir plus de difficulté à préciser avec assurance la nature de leur rôle dans la réalisation de celle-ci.Pourquoi ?Références Bain, R.(2000).Into the Breach.Using Research and Theory to Shape History Instruction./n P.N.Stearns, P.Seixas et S.Wineburg (dir.), Knowing, Teaching and Learning History.National and International Perspectives (p.331-352).New York, NY: New York University Press.Boutonnet, V.(2013).Les ressources didactiques : tvpologie d\u2019usages en lien avec la méthode historique et [intervention éducative d'enseignants d'histoire au secondaire.Thèse de doctorat en éducation, Université de Montréal, Montréal.Briley, R.(2008).Hollywood\u2019s Reconstruction and the 22 TRACES | 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pad Te 5 acc jf ji fll Tne 5 1 J ap! per 0° de la pensée historique au primaire./n J.-F.Cardin, M.-A.Ethier et A.Meunier (dir.), Histoire, musées et éducation à la citoyenneté (p.213-245).Québec : Editions MultiMondes.Denos, M.et Case, R.(2006).Teaching about Historical Thinking.Vancouver: The critical thinking consortium.Duquette, C.(2011).Le rapport entre la pensée historique et la conscience historique.Élaboration d'un modèle d'interaction lors de l'apprentissage de l'histoire chez les élèves de cinquième secondaire des écoles francophones du Québec.Thèse de doctorat en éducation, Université Laval, Québec.Flament, C.et Rouquette, M.-L.(2003).Anatomie des idées ordinaires : comment étudier les représentations sociales.Paris : Armand Colin.Gagnon, M.(2011).Vers une heuristique des relations systémiques entre pensée historique et pensée critique./n M.-A.Éthier, D.Lefrançois et J.-F.Cardin (dir.), Enseigner et apprendre l'histoire ; manuels, enseignants et élèves (p.429-456).Québec : 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Euro = avé E+i Co © Canadi pep rome gone 24 TRACES | Volume 54 no 1 = Diag afim oe sister a Fafftrr IR siof® Caracs a fos TERS SET Pe | vari goer PE NISL mad din dés 2 li [REDE yn@r = dein et Iles Val 5253 é à lex aécalle; 3211 3 CEE à [060 + Touv@RRe Ur GÉRÉE GYRE HE de cfitagnn : es auféens clu a Es 21% D EF Voyages 5 SNF BIE Ire aren GIR © EE HISTOIRE Revue de la SPHQ | Hiver 2016 laf del Laurer è i 2 Present lon to Passé à lv pour le du qu Suscep ae $ em iso; te ly Lesage simp Seige Pri igs li 19s, Poy eue - La Place des Arts, premier dossier de la Révolution tranquille v Laurent Duval La Grande Salle de la Place des Arts, subséquemment renommée Salle Wilfrid- Pelletier, l\u2019œuvre de la firme d\u2019architectes de Montréal, Affleck, Desbarats, Dimakopoulos, Lebensold & Sise, inaugurée le 21 septembre 1963.Photo : Panda Associates, Toronto.e 21 septembre 2014 marquait le 50° anniversaire de l\u2019inauguration de la Place des Arts; plus de quatre millions et demi de personnes s\u2019y étaient présentées, démontrant que l\u2019institution aura dépassé de loin toutes les attentes.Cet anniversaire pratiquement passé inaperçu à Montréal, ignoré au Québec, ne signifiait à l\u2019évidence rien de particulier tant pour le public que pour les médias, ces derniers invariablement préoccupés du quotidien et toujours obsédés par tout ce qui est susceptible de maintenir et d\u2019augmenter les cotes d\u2019écoute et le tirage.Quelle occasion aura-t-on alors manqué de se remémorer l\u2019un des épisodes les plus palpitants de l\u2019histoire récente du Québec, celle, fondamentalement, de la transition du pouvoir de Maurice Duplessis à Jean Lesage, hors des vieux clichés, comme celui, si persistant et simpliste de « la grande noirceur », et d\u2019en avoir dégagé les traits saillants qui constituent la trame de l\u2019histoire.Le quatrième pouvoir, celui des médias, est passé à une nouvelle génération à l\u2019évidence peu soucieuse de l'histoire, hormis celle des hommes politiques, pourtant si indispensable à la compréhension de l\u2019évolution de toute société.Préalable L'idée d\u2019une salle de concert pour Montréal était liée à l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM) qui, depuis 1935 tenait ses concerts à l\u2019auditorium du Plateau, à proximité du Parc Lafontaine.C\u2019était un pis-aller qui Revue de la SPHQ | Hiver 2016 \"tee 222 Anke DE TN PA 2e CS N ea comportait l\u2019avantage de satisfaire tant la clientèle anglophone que francophone.M.Louis-Athanase David, député libéral de Terrebonne à l\u2019Assemblée législative de Québec et Secrétaire de la province, n\u2019était pas étranger à cette décision : « Nous irons vers l\u2019Est, avait-il déclaré, et donnerons à la population canadienne-française les concerts symphoniques auxquels elle a droit.»' La ville de Montréal, alors la métropole du Canada, accueillait déjà les plus grands solistes d\u2019Europe et d\u2019Amérique, tous tenus de s\u2019accommoder tant bien que mal non seulement d\u2019une salle de concert des plus rudimentaires, mais dépourvue de loges pour les artistes.Un étudiant en droit, placeur à l\u2019auditorium, en sera abasourdi, humilié en tant que fier citoyen de Montréal, au point de se promettre d\u2019y remédier lui-même, un jour.Il se nommait Jean Drapeau.Jeune avocat, il s\u2019est d\u2019abord fait un nom dans les années 50 en collaborant avec Pacifique Plante, cet ancien directeur de la police de Montréal, chargé de mener une enquête sur la moralité publique dans la métropole.Jean Drapeau fut élu maire de Montréal le 25 octobre 1954; son principal objectif : doter Montréal d\u2019une salle de concert appropriée pour l\u2019Orchestre symphonique de Montréal.[1 s\u2019agissait d\u2019un projet considéré comme utopique par tous ceux qui l\u2019avaient envisagé avant lui, en raison surtout du clivage socio-culturel et économique entre l\u2019Ouest et l\u2019Est.Le jeune maire Drapeau n\u2019avait qu\u2019un seul atout en main, sa détermination.Sept mois après TRACES | Volume 54 no 1 25 avoir été élu maire de Montréal, il réunit au restaurant municipal Hélène de Champlain vingt-quatre personnes, en majorité des avocats et des hommes d\u2019affaires, pour les convaincre de la nécessité de doter Montréal d\u2019une salle de concert à la mesure de ses besoins et à la hauteur de ses aspirations.Avant de lever la séance, il prit soin de faire souscrire à chacun, sur-le-champ, la somme de cent dollars (l\u2019équivalent de dix fois plus, de nos jours) pour constituer les fonds nécessaires à la mise sur pied du projet qui lui tenait tant à cœur.1] ne lui restait plus qu\u2019à devoir surmonter, un à un, chacun des obstacles qui lui barraient la route.La ville de Montréal était alors légalement une cité et sa charte ne lui permettait pas de s\u2019engager dans un projet immobilier de grande envergure comme la construction d\u2019une salle de concert; or le droit de légiférer était le pouvoir exclusif du gouvernement provincial, alors dirigé par Maurice Le Noblet Duplessis.I] y avait un hic : Jean Drapeau avait été préalablement candidat (défait) pour le Bloc populaire, dirigé par André Laurendeau; le premier ministre était reconnu pour avoir la mémoire longue en pareille matière.Comment allait-il accueillir la requête d\u2019un adversaire politique de la veille ?Au dire de monsieur Drapeau, le premier ministre du Québec se montra très accueillant à son égard et d\u2019emblée réceptif à l\u2019idée d\u2019entériner la requête du groupe de citoyens de Montréal.Ainsi, la Loi pour faciliter l\u2019établissement et l'administration d\u2019une salle de concert à Montréal fut- elle adoptée par l\u2019assemblée législative le 26 janvier 1956 et sanctionnée le 2 février de la même année.De même, at, À ARR 4 or ou EE ee ES Aa 2 26 TRACES | Volume 54 no 1 5 ÉT Een «oc MEN AFIN Ne A MEENA AK, ARN AE BABETTE 3 HAS md BAILA RL NOB KOURAR AK NEN KO AEE LK hy a A = = i WT a Cw Duplessis se montra favorable à l\u2019adoption d\u2019une structure tripartite pour la corporation à naître, qui serait constituée de représentants en nombre égal de la province, de la ville et des souscripteurs.Il s\u2019agissait d\u2019une innovation audacieuse pour l\u2019époque.Avait-on envisagé un nom pour la nouvelle corporation ?Dans quel \u2018quartier\u2019 envisageait- on de construire la salle de concert ?Duplessis était friand des calembours, il y excellait, nous pouvons y voir la source de l\u2019appellation Centre Sir Georges-Étienne Cartier (C.S.G.E.C.).ll ne restait plus au maire de Montréal qu\u2019à aborder la redoutable question financière, celle dont tout dépendait pour la suite des choses.Le premier ministre accepterait-il que la province de Québec souscrive le même montant que la ville de Montréal, soit deux millions cinq cent mille dollars ?Une somme considérable alors.Rien ne s\u2019y opposait : c\u2019était donc acquis ! La rencontre prit fin, comme elle avait débuté, par une cordiale poignée de mains.Le lecteur averti ne manquera pas d\u2019en être surpris, cette rencontre au sommet contredisant d\u2019emblée tous les sombres clichés colportés par nombre d\u2019intellectuels jusqu\u2019à ce jour.Ce que tout le monde a toujours ignoré, a fortiori, cinquante ans plus tard, c\u2019est que sans Duplessis, il n\u2019y aurait pas eu de Place des Arts ! Se posait dorénavant la question primordiale du concept de l\u2019aménagement d\u2019une salle de concert à Montréal.Comme New York était alors à l\u2019avant-garde dans tous les domaines, il fut décidé de confier à la firme Raymond Loewy/William Snaith, de N.Y., l\u2019élaboration d\u2019un plan directeur\u2019 que, par la suite, un bureau d\u2019architectes de Montréal*, choisi par voie de concours, serait tenu de Signature du contrat de construction entre le Centre Sir Georges- Étienne Cartier et la firme Duranceau, à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal, le 10 février 1961.De gauche à droite : Arthur Laplante, Claude Robillard, le maire Jean Drapeau, le président du C.S.G.E.C,, Louis-A Lapointe, Émé Lacroix, conseiller juridique, Robert Letendre et Charles Duranceau.Photo : Archives de la Ville de Montréal.EE Revue de la SPHQ | Hiver 2016 d\u2019entrepreneurs Quémont- Gerd sérérl ea Mon di pu f cor de / dével Les a on neces; loi Jean din | biel {ny ls il [ge Sr Tle tong te | le Suen Ul tor ince.& L À taie nan pe, ge dai ig IS § op | ee Cie Ion qu le den tou Nr Tims The mine Des cng alors Rien None pi poigné de ER Sup, emblée ois ince US ignore à s Daplss, du vorceg à Monte 2 das fus e Raymond à d'un fies 8 gi eos de ict entre Kg tla fm Quemont ûtelde J 510 pA ola pe 2 GE fe ( ji o CE hE Jie 10 Tournée du chantier de l\u2019Édifice des théâtres, printemps 1966.Dans l\u2019ordre habituel, Pierre David, de la firme David, Barott & Boulva; Pierre Laporte, ministre des Affaires culturelles; Gérard Lamarche, directeur général de la Place des Arts; Jean Drapeau, maire de Montréal; Laurent Duval, directeur des Relations publiques; Naïm Kattan, écrivain et membre du conseil d'administration de la Régie de Place des Arts; Gérard Gauthier, surintendant des immeubles.Photo : André Le Coz.développer.Les administrateurs du C.S.G.E.C eurent à faire face à nombre de décisions onéreuses : la nature du sol argileux nécessitant la construction de murs de soutènement tout autour du quadrilatère formé des rues Sainte-Catherine, Jeanne-Mance, Ontario et Saint-Urbain; la construction d\u2019un couloir souterrain pour donner accès au Métro, bientôt en construction; pourvoir le complexe architectural d\u2019un garage souterrain; aménager une voie d\u2019accès pour les taxis; prévoir des fondations pour les immeubles à venir et installer un système de chauffage central pour l'ensemble des édifices à venir.Ce à quoi s\u2019ajoutait, de surcroît, l\u2019achat du magasin à rayons Woodhouse, situé rue Sainte-Catherine, angle Saint Urbain, et le coût de sa démolition.De huit millions, on était passé à une vingtaine de millions ! L'horizon s\u2019obscurcit Conscients de la nécessité d'informer le public via les médias, les administrateurs ont eu recours à la firme Editorial Associates pour émettre des communiqués de presse.Ces derniers, conformément au ton de la presse anglophone, acquise sans réserve au projet d\u2019une salle de concert à Montréal, ne portaient que sur les caractéristiques du nouvel immeuble l\u2019atmosphère était au beau fixe.Il en allait différemment de la presse française, en partie alimentée par les nationalistes, notamment par le Rassemblement pour l\u2019indépendance Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Lo -\u2014 Pegs, = Voies serge Canin! nationale (R.I.N.), au faîte de son existence, d\u2019où bientôt deux slogans dévastateurs : « La Place des Arts, la place des autres »; « La Place des Arts, la Place des Anglais ».° Voilà qui augurait fort mal.Personne, par ailleurs, n\u2019avait anticipé qu\u2019Actors Equity, le puissant syndicat américain de la scène, allait revendiquer la mainmise sur la naissante institution, jouissant depuis toujours de l\u2019hégémonie complète non seulement aux États-Unis mais au Canada tout entier.Et comble de malheur pour le C.S.G.E.C., l\u2019Union des artistes de Montréal, constituée de comédiens et comédiennes à l\u2019avenir incertain, jusqu\u2019alors un syndicat de boutique dirigée par l\u2019un des leurs, Pierre Boucher, un homme clairvoyant, allait jouer un rôle décisif.Ce dernier saisit au vol l\u2019occasion rêvée de faire de son syndicat une véritable entreprise d\u2019affaires, à l\u2019instar des autres, disposant de pouvoirs et de moyens financiers nécessaires à son bon fonctionnement.S\u2019imposer comme syndicat exclusif à la Place des Arts, quelle perspective ! Assuré de l\u2019appui des médias et surtout de celui, inconditionnel, au sein du gouvernement, d\u2019un certain ministre du nom de René Lévesque.Le combat était gagné d\u2019avance ! Quant au C.S.G.E.C,, coincé entre deux syndicats, il s\u2019est retrouvé ipso facto dans l\u2019impuissance totale.Nul doute alors que la question épineuse du coût de construction allait apparaître sous un jour des plus défavorables.Entre- temps, la programmation du grand festival d\u2019inauguration était arrêtée; la population de Montréal serait conviée à plusieurs événements artistiques du plus haut calibre.TRACES | Volume 54 no 1 27 Place des Arts \u2014 Ephéméride 14 juin 1894 : Inauguration du Massey Hall a Toronto.1894 à 1896 : L'honneur d\u2019avoir dirigé le premier ensemble symphonique de Montréal revient à Guillaume Couture qui présenta dix-huit concerts, de 1894 à 1896, à la salle Windsor, de l\u2019hôtel du même nom.1902 : Fondation de l\u2019Orchestre symphonique de Québec.1930 : Fondation de The Montreal Orchestra.1932 : Inauguration du Palais Montcalm à Québec, 16 novembre 1934 : Annonce par M.Louis-Athanase David, député et secrétaire de l'Assemblée législative du Québec, de la fondation de la Société des concerts symphoniques de Montréal, dont [appellation Orchestre symphonique de Montréal/Montreal Symphony Orchestra sera adoptée en 1954.4 janvier 1935 : Le premier concert de la Société des concerts symphoniques de Montréal, donné à l\u2019auditorium de l\u2019École supérieure Le Plateau, fut dirigé par le chef Rosario Bourdon.1939 : Fondation de l'organisme Les Festivals de Montréal/The Montreal Festivals par M.et Mme Louis-Athanase David.Ce festival fut présidé jusqu\u2019en 1951 par Mme David (née Antonia Nantel), pianiste et artiste lyrique, par la suite, par M.Paul Gouin, de 1952 à 1955 et, enfin, de 1956 à 1965, par M.Robert Letendre, l\u2019un des membres de la corporation Centre Sir George-Étienne-Cartier (1956).2 février 1956 : La Loi pour faciliter l'établissement et l'administration d\u2019une salle de concert à Montréal fut adoptée par l\u2019Assemblée législative le 26 janvier 1956 et sanctionnée le 2 février de la même année (5.Q.1955-56, c.24), sous le gouvernement de l\u2019Union nationale dirigé par Maurice Duplessis.11 février 1961 : La cérémonie de la première pelletée de terre du chantier a eu lieu le 11 février 1961.21 septembre 1963 : La Grande Salle de la Place des Arts, ultérieurement rebaptisée Salle Wilfrid-Pelletier, fut inaugurée le 21 septembre 1963 par un concert de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal sous la direction de Wilfrid Pelletier, pour l'hymne national \u2018O Canada\u201d, et de Zubin Mehta pour le programme.En lieu et place de la IXe symphonie de Beethoven (exigeant chœur et solistes), c'est la première symphonie de Gustav Mahler qui fut exécutée, en raison d\u2019un conflit de travail opposant l\u2019Union des Artistes de Montréal et l\u2019Actors\u2019 Equity de New York.28 TRACES | Volume 54 no 1 Quant au financement du festival pour lequel la corporation ne disposait pas au préalable de budget, il serait assuré par les recettes de la soirée d\u2019inauguration, pour laquelle le coût des billets serait de l\u2019ordre de cent dollars, ce qui allait permettre au public d\u2019assister à prix modique à tous les autres événements artistiques.Cette révélation suscita un nouveau slogan des plus désastreux : « La Place des Arts, la Place des riches ! »\u2019 Les administrateurs avaient envisagé une solution heureuse pour offrir au public montréalais, friand d\u2019opéra, deux oeuvres parmi les plus populaires du répertoire, soit Otello, de Verdi, avec la participation de Jon Vickers, Tito Gobbi, Joseph Rouleau, Jean-Louis Pellerin, Claude Corbeil et Huguette Tourangeau, et Lucia di Lammermoor, de Donizetti, avec Joan Sutherland, Ann Golden, André Turp, Joseph Rouleau, Robert Savoie et Jean-Louis Pellerin.Une nouvelle imprévue attendait le public : Covent Garden, de Londres \u2014 la célèbre maison d\u2019opéra (dont les Rouleau, Savoie et Turp étaient) \u2014 offrait à titre gracieux les costumes, les décors, y compris l\u2019équipe technique pour ces opéras, n\u2019imposant à la corporation que les frais de transport, de voyage et de séjour.Loin de satisfaire les médias francophones, ce fut un tollé : pas d\u2019opéra français ! Inimaginable ! Scandaleux ! C\u2019est dans ce contexte que survint un article acerbe de Jean Hamelin, du Devoir, ce qui incita le président, Louis-A.Lapointe, à intervenir illico, par télégramme, auprès du rédacteur en chef, André Laurendeau, le 28 février, et le 6 mars, par une lettre confidentielle, doublée d\u2019une longue mise au point, pour publication.M° Louis-A.Lapointe, au demeurant le président du C.S.G.E.C., était président de la cimenterie Miron; homme d\u2019affaires averti, l\u2019un des citoyens les plus en vue de Montréal, il jouissait d\u2019une certaine renommé comme conférencier.Il publiera, à compte d\u2019auteur, en fin de carrière, sous le titre // illo tempore, \u2014 évoquant ainsi ses souvenirs de cours classique \u2014, un ouvrage constitué de ses textes et autres écrits, dont les deux lettres mentionnées plus haut.Dans sa lettre confidentielle, 1l recourt au tutoiement, ce qui atteste de sa longue amitié avec le destinataire, mais, en rétrospective, ce qui étonne, c\u2019est l\u2019extrême candeur dont il a fait preuve.Il croyait vraiment que \u2018son ami\u2019 Laurendeau allait se rendre à sa requête.Dans sa deuxième lettre \u2014 pour publication \u2014 1l démontre par ailleurs sa méconnaissance du style requis pour ce genre d\u2019intervention.Au lecteur d\u2019en juger par cet extrait : Ceux qui prétendent représenter l\u2019opinion publique \u2014 il y en a chez vous autant qu\u2019ailleurs \u2014 se donnent une autorité et une importance disproportionnées à leurs véritables mérites.Ils ne se rendent malheureusement pas compte, j'ose l\u2019espérer, de la responsabilité qu\u2019ils Revue de la SPHQ | Hiver 2016 On uf 5) Tour ie ) fy hop Sri ass PO ag Os, Wi ge dim 2 ce de 8 Solon it doper, RIO, yo In Vier, en.Chute eg en, nde Jeun-Lous le publie: so dopa fra à re Ts l'équipe comoraln ur.Loin de ol pas C'est dns n Hamelin Lagonne à facteur en ys, pre eal poi.sien Ù je Mon 5 pus 0 son \u2018er, 4 roa 1 a ees ai.| je mi i do {Lea age in Jo eS \" pr wl qu it ui | CONTRIBUTION FINANCIÈRE « La Place des Arts a reçu de la Province de Québec un don en argent de 2 500 000 $, un terrain d\u2019environ 100 000 pieds carrés qui représente à peu près le quart de la superficie totale du quadrilatère Ste-Catherine \u2014 Jeanne-Mance \u2014 Ontario \u2014 St-Urbain et la promesse que la dépense effectuée pour l\u2019acquisition, au prix de 1 500 000 $ de la propriété de la Commission des écoles catholiques serait remboursée.La Place des Arts a reçu de la Cité de Montréal une somme de 2 325 000 $, la cession d\u2019un bout de rue pour un dollar de quelque 4 600 individus.[.] œuvre canadienne qui sera jouée au concert inaugural.et l'assurance de garantie d'emprunts jusqu\u2019à concurrence de 10 000 000$.Le public a souscrit 1 758 969,76 $ dont 353 892,82 $ n'avaient pas encore été versés au 3 janvier dernier [1963].Ces souscriptions comprennent environ 500 000 $ provenant de quelque 500 compagnies, environ 1 000 000 $ provenant Le gouvernement fédéral a offert de contribuer de (sic) 1 500 $ par son Conseil des Arts, pour la composition d\u2019une À part Montréal, aucune autre municipalité n\u2019a contribué à la Place des Arts.Sur cette base, chaque citoyen de Montréal peut affirmer qu\u2019il a contribué d'environ deux dollars de l\u2019argent de ses taxes municipales et chaque citoyen de la province de Québec environ cinquante cents de ses taxes provinciales.» Source : Lettre du président de la C.S.G.E.C., Louis-A Lapointe, adressée au rédacteur en chef du Devoir, André Laurendeau et datée du 6 mars 1963.Cette lettre n'a pas été publiée.assument ainsi, en créant une opinion publique, basée sur leur étroitesse de vues, sur leurs préjugés et sur leur attitude mesquine; c\u2019est à cause de ces coups de marteau répétés, de ces gouttes d\u2019eau chinoises (sic), presque quotidiennes, que l\u2019on finit pas pousser à bout ceux qui, habituellement, n\u2019ont malheureusement pas le temps d\u2019entreprendre, tous les jours, des polémiques avec des sourds.Il est bon, cependant, de temps en temps, que l\u2019on fasse le point et, aujourd\u2019hui, le voilà.On n\u2019a jamais vu un chef de rédaction désavouer publiquement un collègue de travail: à l\u2019occasion, publiera- t-on une brève note, proprement nommée N.D.L.D, pour corriger une information erronée, sans plus.Cette intervention n\u2019aurait pu changer en rien l\u2019attitude hostile des médias d\u2019expression française envers la Place des Arts, six mois avant son inauguration.Le mal était fait.Lors du concert inaugural, le 21 septembre 1963, le fort contingent d\u2019animateurs et d\u2019animatrices de la digne Société Radio- Canada se montrera malveillant, malgré l\u2019atmosphère de fête, l\u2019exubérance des invités, la splendeur des lieux, la présence du premier ministre Jean Lesage, et nombre d\u2019invités de marque, tous sous l\u2019effet de l\u2019admiration.À l\u2019extérieur, à leur décharge, rue Sainte-Catherine, c\u2019était l\u2019émeute : la gendarmerie à cheval avait fort à faire pour contenir une foule de manifestants bruyants®.C\u2019était un secret de polichinelle que René Lévesque s\u2019était approprié le dossier de la Place des Arts° et que le ministre des affaires culturelles, Georges-Émile Lapalme, s\u2019était désisté de ses responsabilités alors qu\u2019il était dans Revue de la SPHQ | Hiver 2016 une position unique pour intervenir et restaurer l\u2019ordre.Soudain, ce fut le pavé dans la mare : une station anglaise de radio, ayant eu vent d\u2019un scoop du Montreal Star, en fit \u2018état; Lévesque, par pure coïncidence, l\u2019entendit.Cette fois, il s\u2019agissait d\u2019un secret d\u2019État bien gardé, soit l\u2019abolition de la corporation C.S.G.E.C.dès l\u2019inauguration passée, et la destitution de tous ses membres, y compris celle du maire de Montréal, Jean Drapeau.Offensé, le ministre fit une sainte colère, y ayant vu une atteinte à la démocratie !'° « La plus belle salle de concert au monde », s\u2019était exclamé le célèbre chef d\u2019orchestre Charles Munch.Voilà que le gouvernement Lesage, sous l\u2019instigation d\u2019un ministre dont ce n\u2019était pas le champ de compétence, commettait un geste aussi déplacé ! Jean Drapeau démissionnera aussitôt pour éviter l\u2019affront.Ce fut l\u2019impasse.Dénouement « C\u2019est l\u2019homme qui fait l\u2019histoire et non pas l\u2019histoire qui fait l\u2019homme », a écrit Henri Massis.La Place des Arts connaissait depuis le premier jour un succès qui dépassait de loin toutes les attentes, mais sa situation financière était à ce point précaire qu\u2019il fallait la régler dans les plus brefs délais.Les administrateurs de la C.S.G.E.C., en fin de piste, à leur insu, comme nous venons de le voir, toujours à la recherche d\u2019une source constante de revenus, envisagèrent en désespoir de cause d\u2019accorder un contrat à long terme à une pétrolière pour l\u2019exploitation d\u2019un poste d\u2019essence, dans les limites du quadrilatère.Pouvait- on, en rétrospective, commettre une plus grave erreur ?À titre de président du comité exécutif, Lucien Saulnier TRACES | Volume 54 no 1 29 recevait d\u2019office un exemplaire des procès-verbaux.Il faut rappeler que le maire de Montréal, Jean Drapeau, et le président du comité exécutif, Lucien Saulnier, formaient un formidable tandem; monsieur Saulnier avait acquis l\u2019habitude de tempérer les ardeurs du maire de Montréal.C\u2019est ainsi que les administrateurs de la corporation reçurent une lettre sobre mais sans équivoque de la part du président du comité exécutifles dissuadant de donner suite à leur résolution''.Il en ressort que le rôle de monsieur Saulnier, homme d\u2019une grande probité, d\u2019une discrétion remarquable, aura été extrêmement important à l\u2019époque cruciale de l\u2019embrouillamini de la Place des Arts, dans les années soixante.Erreur sur la personne Lors de l\u2019aménagement de l\u2019espace qui relie depuis peu la Salle Wilfrid-Pelletier à la Maison symphonique, on a apposé sur un mur une plaque commémorative pour rendre hommage à monsieur Georges-Émile Lapalme, premier titulaire du ministère des affaires culturelles sous le gouvernement Lesage.Cet honnête homme est étranger tant à l\u2019existence de l\u2019institution qu\u2019à sa survie en temps de crise : cette singulière erreur doit être corrigée prestement.La réalité historique, incontestable, c\u2019est que sans le maire Jean Drapeau, l\u2019instigateur et le promoteur du projet, et sans le premier ministre Maurice Duplessis, qui l\u2019a rendu possible par sa législation et son aide financière, il n\u2019y aurait pas eu de Place des Arts.« Le réel ne peut s\u2019exprimer que par l\u2019absurde », a écrit Paul Valéry : nous y sommes.Combien d'hommes et de femmes, Louis-Athanase David et sa femme, née Antonia Nantel, en tête, mériteraient la reconnaissance des générations montantes ?Ils sont légion.Quelle misère, par exemple, qu\u2019il n\u2019existe aucune inscription à Montréal pour rappeler l\u2019apport incomparable des Nicolas Koudriatzef et Ludmilla Chiriaeff ! Certaines erreurs sont irréparables; d\u2019autres, heureusement, pas : c\u2019est une question de dignité, de respect et de gratitude pour toute société.1.Les cinquante premières années/The First Fifty Years/Orchestre symphonique de Montréal, Editions Stanké, Montréal, 1984.Statuts de la province du Québec 1955-56, c.24.Nd 3.De nos jours, on écrirait « Le Centre Sir George-Etienne Cartier », conformément a la signature de ce dernier.4.À Cultural Center in Montreal, An Economic Analysis in the Arts for Corporation Sir Georges-Etienne Cartier The Raymond Loewy Corporation - Market Plans Division, 1958.5.Le bureau Lebensold, Desharats, Affleck & Sise sera retenu, ayant déjà conçu et réalisé les plans d\u2019une salle de concert à Vancouver.6.Un an auparavant, Silas Edman, un newyorkais, unilingue, aux qualifications douteuses, fut embauché comme directeur des programmes et les médias anglophones, enthousiastes, virent en lui le véritable « patron » de l\u2019entreprise.Ce fut à l\u2019origine de la première intervention médiatique du R.I.N.Autant c\u2019était de bonne guerre pour les nationalistes, autant c\u2019était désastreux pour Pinstitution.7.Claude Robillard, directeur général de la Place des Arts, fut alors victime d\u2019un odieux montage lors de l\u2019émission d\u2019information de dix-huit heures, à la télévision de Radio-Canada, le réalisateur n\u2019ayant retenu du coût d\u2019admission au Festival que le 100 $ de la soirée d\u2019inauguration.M.Robillard s\u2019est alors juré de ne plus jamais accorder d\u2019entrevue à Radio-Canada et il tint parole.La veille de l\u2019inauguration, il me dira sans malice, sourire aux lèvres : « Bonne chance avec vos petits amis de Radio-Canada ! » 8.Les archives de Radio-Canada disposent de l\u2019enregistrement de cette soirée.On serait surpris d\u2019y voir le chaleureux Richard Garneau, interviewant le soussigné (à défaut du directeur général, Claude Robillard) au piano nobile, bourru, outré, littéralement monté-sur ses ergots : que des questions piégées de sa part ! Il s\u2019est avéré par la suite que les feuilles de route de chacun des animateurs et animatrices avaient été préparées par un pigiste pisse-vinaigre, embauché pour l\u2019occasion.9.Dans ses mémoires, Fais ce que peux, Boréal, 1989, Gérard Filion écrit : « il (René Lévesque) continue de se mettre le nez partout et à jouer dans le dos de tout le monde.» 10.Pour le récit complet, voir Le mythe René Lévesque, portrait d'une société divisée.Laurent Duval, Liber, 2015.11.Lors de la publication de L 'Étonnant dossier de la Place des Arts, 1956-1967, Laurent Duval, Éditions Louise Courteau, 1988, cette intervention ne pouvait pas alors être révélée \u2014 droit de réserve oblige \u2014; par ailleurs, il s\u2019y trouve en appendice une lettre du président du comité exécutif, Lucien Saulnier, au premier ministre Jean Lesage, ayant trait aux accords financiers si indispensables à la suite des choses.Le mythe René Lévesque (Liber, 2015).Né à Québec en 1926, Laurent Duval a été directeur des relations publiques de la Place des Arts, du Centre national des Arts et des services français de Radio- Canada.Il à lancé et dirigé P/acedart, à Montréal, et Dialogue à Ottawa.Il a publié L\u2019étonnant dossier de la Place des arts, 1956-1967 (Louise Courteau, 1988), Abus de presse (Liber, 1995) L\u2019orgue, ce méconnu (Fédération des amis de l'orgue, 2012), et 30 TRACES | Volume 54 no 1 Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Rey eles sp A ranger 0 lem de Déstement, NS le mar og ley i, | ï Siping sommes \"se David Friern 215 sont Se aucune pirate Certaines el, pa mide ink.fr Lada» emènt Richard ur gr, glen pt | més igs i eme hi Te tl.2- il I jer 38 ties er HISTOIRE DU QUÉBEC ET DU CANADA 3° SECONDAIRE Nouveau programme Mis jour Histoire Revue de la SPHQ | Hiver 2016 a InfoService : 1 800 567-3671 TRACES | Volume 54 no 1 31 Dorimène et Alphonse Desjardins, artisans d'une économie au service de la nation Claude Béland, avocat et professeur-associé à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM et à l\u2019Institut de recherche en coopération de l\u2019Université de Sherbrooke.Président du conseil d'administration de la Fondation Lionel-Groux et du Mouvement démocratie et citoyenneté ; Sr du Québec Iphonse et Dorimène Desjardins naissent au milieu du XIX® siècle, une centaine d\u2019années après la conquête par les armées du roi d\u2019Angleterre de la colonie française qu\u2019est alors le Québec au XVI siècle.Pendant 160 ans (1600 à 1760), l\u2019économie du Québec aura été au service de la nation française.Puis, à compter de 1760, elle se transforme en une économie au service de la nation anglaise.Malgré cette conquête et une guerre appauvrissante et malgré l\u2019espoir d\u2019un retour des francophones à leur patrie d\u2019origine, la majorité francophone décide de demeurer au Canada.Malgré aussi l\u2019interdiction aux Canadiens français de participer au développement économique de la colonie, le Roi d\u2019Angleterre désirant sauvegarder la prépondérance de la métropole britannique en ce domaine.Les Canadiens français sont contraints de se satisfaire d\u2019une économie de subsistance ou de survivance.Pas étonnant que, plus tard, Lord Durham, dans un rapport à son Roi, écrira : « les français de la Nouvelle-France sont forcés de reconnaitre la supériorité et l\u2019esprit d\u2019entreprise des Anglais, que les Anglais détiennent l\u2019immense partie des propriétés et qu\u2019ils ont pour eux la supériorité de l\u2019intelligence.»\u2019 En conséquence, les Français résistent et se réfugient dans une attitude de résignation, d\u2019acceptation de leurs conditions modestes.Ils en viennent à croire qu\u2019ils sont nés « pour un p\u2019tit pain », ce qui fait dire au théologien Louis-Adolphe Paquet : « Notre mission est moins de manier des capitaux que de remuer des idées; elle consiste moins à allumer le feu des usines qu\u2019à entretenir et faire rayonner au loin le foyer lumineux de la religion et de la pensée [.] »° Toutefois, cent ans plus tard, au milieu de XIX\u201c siècle, les Anglais étant en plein contrôle du développement économique ne s\u2019inquiètent guère de quelques expériences 32 TRACES | Volume 54 no 1 Ouébecoises commerciales et industrielles de Canadiens français.Ni de quelques discours appelant les Canadiens français à s\u2019intéresser au monde des affaires.En 1846, Étienne Parent, à l\u2019occasion d\u2019une conférence, lance cet appel : « Je vous demande d\u2019ennoblir la carrière de l\u2019industrie, en la couronnant de l\u2019auréole nationale car de là je veux tirer un moyen puissant de conserver et d\u2019étendre notre nationalité [\u2026] Je vous supplie d\u2019honorer l\u2019industrie, de l\u2019honorer non plus de bouche, mais par des actes, par une conduite toute opposée que nous avons suivie jusqu\u2019à présent et qui explique l\u2019état arriéré où notre race se trouve dans son propre pays [.] Disons-le, on méprise l\u2019industrie.»° Alphonse Desjardins nait en octobre 1854.Il est le huitième enfant de François Roy-Desjardins.Son père, comme il l\u2019a fait pour tous ses enfants, laisse tomber le patronyme « Roy ».Alphonse ne vivra pas dans une famille riche.La santé de son père est fragile et il ne réussit pas à subvenir seul aux besoins de la famille.Sa mère, courageuse, réaliste et infatigable, offre ses services de « femme de ménage ».Elle quitte tôt le matin et revient tard le soir.Malgré cela, la pauvreté familiale ne l\u2019empêchera pas de fréquenter le collège de Lévis.Pendant quatre ans, on lui enseigne le français, l\u2019anglais, la géographie, la tenue de livres comptables, la sténographie, des notions élémentaires des mathématiques et de physique.Son dossier scolaire révèle un élève tenace qui éprouve toutefois quelques difficultés de concentration et de constance.À l\u2019âge de 15 ans, la famille ne pouvant soutenir les frais de scolarité, il abandonne le collège et vit alors l\u2019apprentissage à l\u2019insécurité.I comprend qu\u2019il a besoin des autres.Il comprend aussi que le bonheur familial dépend de l\u2019effort de chacun de ses membres à assurer le bienêtre des autres.Revue de la SPHQ | Hiver 2016 ne ty Day kil ty Fanças, À 15 français i, Bie appel ère de aréol isa! Le one! ar ne sue pre ol isl Thu amt para rite à syprei go lie one\u201d alé ci pige sl gp Id ert sé qe ig del ole 8 qui k ji au je [1 en conclut que ce souci de l\u2019autre \u2014 cet éthique du bien- être commun \u2014 devrait être le fondement de toutes les sociétés.Cette idée ne le quittera jamais.Quant à Dorimène, elle nait le 17 septembre 1858, à Sorel.Elle est la cinquième enfant d\u2019une famille de onze décimée par les maladies infantiles.Dépourvus d\u2019instruction, les parents de Dorimène ne savent ni l\u2019un ni l\u2019autre signer leur nom.Devant la précarité de leur situation, la mère de Dorimène confie la garde de sa fille à l'une de ses soeurs et à son mari, un couple sans enfant vivant à Lévis et dont la situation financière est rassurante.Contrairement à Alphonse, Dorimène profitera d\u2019une aisance matérielle et d\u2019une éducation réservée aux enfants des mieux nantis dans les maisons d\u2019éducation de Lévis.Les élèves y vivent dans un univers culturel qui fait référence à des valeurs, des normes et des modèles de comportements éducatifs élevés.Elle entre au pensionnat en 1865, à l\u2019âge de sept ans, et sa scolarité s\u2019étendra sur une durée d\u2019une dizaine d\u2019années.Alphonse et Dorimène se marieront le 2 septembre 1879.Dix enfants naitront de cette union, quatre filles et six garçons, dont trois mourront en bas âge.Afin d\u2019assurer à sa famille une certaine sécurité financière, il exercera diverses fonctions : journaliste, ensuite éditeur des débats parlementaires de l\u2019Assemblée législative du Québec, et finalement, en quête d\u2019emploi, il se résignera à devenir sténographe officiel francophone au Parlement d\u2019Ottawa, poste qu\u2019il occupera de 1892 à 1916, même s\u2019il doit abandonner sa famille à Lévis pour gagner sa vie à Ottawa ! Pendant ce temps, avec grande compétence, Dorimène gèrera les finances familiales, écrira des textes pour son mari \u2014 et maintes fois, agira comme une utile conseillère.À Ottawa, son statut de sténographe de langue française accorde à Alphonse beaucoup de temps libre.Il en profite pour visiter la bibliothèque du Parlement.Après avoir lu l'encyclique Rerum Novarum du Pape Léon XIII, il en conclut que la charité et la philanthropie ne suffisent pas à régler les problèmes sociaux et que l\u2019association et la responsabilisation citoyenne sont un moyen plus efficace de résoudre la question sociale.Le 6 avril 1897, a la Chambre des communes, un jeune député, l\u2019avocat Michael Quinn de la circonscription montréalaise de Sainte-Anne, plaide avec force en faveur de l'adoption d\u2019une loi limitant les taux d'intérêt sur les prêts aux emprunteurs.Après une tournée du pays, il a Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Source : Alfred GeorgePittaway.Wikipedia Commons, domaine public.constaté que, par tout le pays, des prêteurs perçoivent des taux d\u2019intérêt équivalant à un taux de près de trois mille pour cent par année ! Et le député en rajoute en soulignant qu\u2019à Montréal, quelques jours plus tôt, un homme qui avait emprunté 150 $ fut poursuivi en justice et condamné à payer en intérêts sur le capital la somme invraisemblable de 5 000 $.' Alphonse Desjardins est renversé.À la bibliothèque, il découvre un livre intitulé People 5 bantks, écrit par Henry Wolff, le président de l\u2019Alliance coopérative internationale.Il réussit à rejoindre Monsieur Wolff qui apporte des solutions concrètes et efficaces au problème de l\u2019usure.1] découvre dans ses lectures l\u2019existence de caisses populaires du Pasteur Raiffaisen, en Allemagne.Il entre en communication avec Alfred Micha de la Fédération belge des banques populaires, de Luigi Luzzati en Italie, de Charles Raynerie, Louis Durand, et autres en France.Tous ces coopérateurs lui fournissent de l\u2019information.Wolff lui écrit en 1898 : « Je me suis vanté de ce que vous faites et allez faire au Canada aux deux congrès allemands auxquels j'ai assisté.»° Ses recherches lui enseignent que les raisons d\u2019être des coopératives d\u2019épargne et de crédit sont différentes selon les pays.1] songe donc pour le Québec à un modèle dont l\u2019idée fondamentale est le relèvement économique de la classe laborieuse et plus spécialement celui des Canadiens français.Il résume ainsi sa pensée : « Dans ce nouveau genre d\u2019association, ce n\u2019est pas le capital qui domine, qui fait la loi et règle tout, mais c\u2019est la personne.La coopération a ceci de particulièrement attachant, c\u2019est qu\u2019elle étend ses bienfaits à tous.C\u2019est l\u2019union pour la Alphone Dorimène Source : Wikipedia Commons, domaine public TRACES | Volume 54 no 1 33 vie, non la lutte pour la vie.» Et pour assurer des bases solides, il ajoute : « il est important de regrouper les membres dans une petite entité territoriale \u2014 condition essentielle de succès, de contacts intimes et nombreux par lesquels les intéressés peuvent se mieux connaitre, s\u2019apprécier réciproquement avec plus de justice tant au point de vue moral qu\u2019économique.» Au mois d\u2019août 1900, avec l\u2019aide constante de son épouse, le dossier de la création d\u2019une société d\u2019épargne \u2014 un nouveau modèle québécois \u2014 lui apparait complet.Le 6 décembre, plus d\u2019une centaine de personnes décident de créer la Caisse populaire de Lévis.Les premières années seront difficiles.Au départ, la Caisse n\u2019a pas de revenus et ne peut faire de dépenses.Elle compte sur le bénévolat du personnel et des administrateurs.Et même sur la gratuité des locaux qu\u2019elle occupe pendant quelques heures durant les semaines.Ce qui incite les membres à se présenter souvent à la résidence du fondateur.De plus, les démarches en vue d\u2019obtenir l\u2019adoption d\u2019une loi précisant le statut juridique de la Caisse demeurent vaines.Au niveau fédéral, on considère la caisse et celles qui seront créées au cours des armées comme étant des associations à fins sociales \u2014 ce qui ne relève pas de la juridiction du gouvernement central, mais des provinces.Et au Québec, le gouvernement tarde à écrire une loi régissant les caisses populaires.D\u2019autres s\u2019inquiètent de l\u2019absence de cautionnement de la part du directeur-général de la Caisse \u2014 soit d\u2019Alphonse Desjardins.Ils s\u2019inquiètent aussi des absences de ce dernier pendant plusieurs mois par année puisqu\u2019il gagne sa vie comme sténographe à Ottawa, laissant à Dorimène le soin de répondre aux besoins des membres de la Caisse de Lévis.Ils s\u2019inquiètent également de ses absences du Québec, à cause de ses déplacements afin de susciter la création de nouvelles caisses en d\u2019autres paroisses du Québec.Finalement, en mars 1906, la Loi concernant les syndicats coopératifs est adoptée au Québec.\u2019 En 1917, alors qu\u2019on compte 150 caisses en activités au Québec, Alphonse Desjardins s\u2019inquiète de l\u2019indépendance et de l\u2019isolement des caisses.Après une sérieuse réflexion, il écrit aux dirigeants des caisses et propose la création d\u2019une fédération \u2014 un organisme provincial.Aucune suite immédiate n\u2019est donnée à cette proposition.Trois ans plus tard, en 1920, quelques mois avant sa mort, il propose à nouveau de convoquer une réunion de représentants des caisses pour écrire les règles constitutionnelles de cette fédération.Mais, le 31 octobre 1920, 11 décède avant son 66° anniversaire de naissance.À Lévis, Raoul Desjardins, 34 TRACES | Volume 54 no 1 l\u2019ainé de la famille Desjardins, succède à son père au poste de gérant de la caisse et de membre du conseil d\u2019administration.Quant à Dorimène, elle décède en juin 1932.Le quotidien L'Action catholique évoque « un deuil pour le Canada français car elle aura été assurément l\u2019une des femmes les plus au courant de la question économique considérée du point de vue social.Sans elle, reconnaissons-le, les caisses populaires Desjardins n\u2019existeraient probablement pas.» Un parcours remarquable \u2014 et fortement supporté par un grand projet social.Il faut le reconnaitre : Alphonse et Dorimène ont initié le modèle québécois : 1.Le modèle de la social-démocratie et de la participation citoyenne par la création d\u2019entreprises à fins sociales dont les valeurs fondamentales sont celles de la liberté (une liberté qui ne nuit pas à celle des autres), l\u2019égalité des droits, l\u2019équité dans la relation entre les individus, la fraternité par la pratique de la solidarité.Ils créent et multiplient les rendez-vous de la solidarité en proposant le bénévolat des administrateurs qui ne recherchent pas leur intérêt personnel mais celui de la collectivité.Alphonse Desjardins fut lui-même un bénévole et n\u2019a jamais réclamé de salaire.Au contraire, quelques jours avant sa mort, il avouait à son épouse \u2014 et s\u2019en excusait \u2014 d\u2019avoir dépensé au cours de ces 20 ans de bénévolat une somme de près de 4 000 $ de l'argent familial à l\u2019occasion de différentes activités afin de créer de nouvelles caisses.2.Ils ont fait en sorte que les caisses soient des écoles d\u2019éducation au « mieux vivre ensemble » par la coopération \u2014 et des écoles à la gestion des épargnes et du budget familial.Alphonse Desjardins a écrit : « Je peux donc affirmer en toute vérité que les coopératives sont de véritables écoles primaires où l\u2019on enseigne la science économique d\u2019une manière touchante puisqu\u2019elle se traduit par des résultats pratiques et avantageux.»\u2019 Ils ont insisté pour que ce projet soit un projet citoyen.C\u2019est pourquoi ils n\u2019ont jamais voulu que les caisses portent le nom Desjardins et ont plutôt nommé ces entreprises des « caisses populaires ».LUI 4.lls ont créé une nouvelle fierté nationale.À ce sujet, Henri Bourassa, directeur du journal Le Devoir dans une conférence au Monument national à Montréal disait, en 1915 : « Une autre œuvre intéressante et utile, c\u2019est celle des Caisses populaires et du mouvement coopératif en général.L\u2019initiateur de ce Mouvement au Canada est un modeste : c\u2019est Monsieur Alphonse Desjardins, de Lévis.Que de Revue de la SPHQ | Hiver 2016 | | | M KR à \u20ac dam fhe in toque eng h Question SOUL.Sa s Des af RIE pi in Alphonse à Ppa Éns soc je la Here al dale 2 did, serene prope Techerchent collecte Evo ana clues ors envi je bémèrolat i fill le arr de des cols opr b gee aise papers 9 ei qouchanie pape ge fos me += RES por dus ; ype ca anit pe Sat LE We & wel = peines il a eu à faire percer son idée.Il avait le très grand tort de s\u2019appeler Desjardins au lieu de Browr ou McFarlane.Ce vice d\u2019origine le faisait tenir pour un incompétent en matière de finance.Car c\u2019est là que nous a conduits le servilisme colonial : nous étions rendus à croire qu\u2019un Canadien français est par nature et par éducation, forcément incompétent à traiter toute question économique et financière.De plus, Monsieur Desjardins avait l\u2019autre tort, non moins grand, d\u2019être un simple fonctionnaire du parlement, au lieu d\u2019être l\u2019un des faiseurs ignorants et prétentieux qui légifèrent et gouvernent.En dépit des obstacles que les politiciens et les hommes d\u2019affaires à courtes vues ont mis à son oeuvre, elle marche lentement mais sûrement; et un jour viendra où le nom d\u2019Alphonse Desjardins figurera dans l\u2019histoire canadienne au rang de ceux de Raiffaisen en Allemagne et de Luzzati en Italie \u2014 bien au-dessus de la tourbe des ramasseurs de votes et des accapareurs d\u2019écus.pour leur prompte compte.» 5.Et puisque depuis la Conquête, il n\u2019y avait pas de place pour un Canadien français aux conseils d\u2019administration des banques ou autres institutions financières, voilà que des milliers d\u2019entre eux, au fil des ans, grâce à la formule coopérative, ont été initiés aux affaires de la finance et ont pu les démystifier.Ce qui me fait croire que le Québec moderne aurait avantage à s\u2019inspirer de ces valeurs coopératives et mutualistes qui lui ont permis de prendre sa place « dans le concert des nations ».Les Québécois et Québécoises forment un grand peuple.Mais, sur le plan mondial, ils ne peuvent compter sur la force du nombre.De là, la nécessité de multiplier les rendez-vous de la solidarité.Ce que je souhaite de tout cœur ! to John George Lambton Durham, Le Rapport Durham, Montréal, Editions de l'Hexagone, 1990.Jacques Mathieu et Jacques Lacoursiére, Les mémoires québécoises, Québec, PUL, 1990, p.255.Montréal, Lidec, 1983, p.3.5 Pierre Poulin, Histoire du Mouvement Desjardins, Tome 1 : Desjardins et la naissance des caisses populaires 1900-1920, Montréal, Editions Québec-Amérique, 1990, p.45.3 Roger-J.Bédard, L'essor économique du Québec, Montréal, 6 Statuts de la province de Québec,1906, chapitre 33.Beauchemin, 1969, p.17-31.Lettre à Lomer Gouin, premier ministre du Québec, 1907.4 Réal Bertrand, Alphonse Desjardins, Célébrités canadiennes, Corrigé des mots entrecroisés de la page 42 Horizontal Vertical 2.Laval 25.Lowell 1.Universel 13.Éducation 5.Cartier 28.Sanction royale 2.Libéralisme 14.Sénat 9.Résiduaires 30.Exode rural 3.Ministres 15.Protectionnisme 12.Instabilité ministérielle 31.Grand Tronc 4.Choléra 16.Conservateur 18.MacDonald 32.Filatures 5.Coalition 17.Véto 19.Institut canadien 33.Réformiste 6.Anticléricalisme 18.Mgr Bourget 20.Elgin 34.Cleargrits 7.Dorion 24.Charlottetown 21.Victoria 35.Lafontaine 8.Réciprocité 26.Laurentides 22.Dominion 36.Responsable 10.Ultramontanisme 27.Fédération 23.Double majorité 37.Lincoln 11.Excommunication 29.Budget Revue de la SPHQ | Hiver 2016 TRACES | Volume 54 no 1 35 Louis XIV et Louis XV, les décideurs Louis Gagnon, historien e nos jours, pour désigner une personne jouissant d\u2019une certaine réputation et exerçant une influence réelle ou présumée, on emploie le terme « décideur » tiré de l\u2019anglais.Le mot avait disparu des dictionnaires français.Toutefois, si l\u2019on consulte le dictionnaire du français classique du XVII® et XVIII siècle, le Littré, le mot « décideur » tiré du latin désigne la personne qui est la cause première d\u2019une action.Autrement dit, un décideur, c\u2019est celui qui tranche.Le terme a une connotation presque physique comme dans ses dérivés : décision, incision, Ne dit-on pas qu\u2019on tranche un débat ?Cette définition s\u2019applique à Louis XIV et Louis XV.En 1763, Louis XV prend la décision de céder le Canada à l\u2019Angleterre.Moins connue, cette autre date, 1666, dont l\u2019influence sera déterminante dans l\u2019histoire de la Nouvelle-France.Louis XIV nous interpelle parce que ce monarque absolu par sa naissance et le sacre détient tous les pouvoirs, 1l a l\u2019autorité de disposer, de décider du sort de la Nouvelle- France.Louis XIV est jeune, très jeune (22 ans en 1660).11 s\u2019est convaincu qu\u2019ayant reçu ses pouvoirs de Dieu, sans être autrement lié, le pouvoir de décision lui revient, et à lui seul, même s\u2019il s\u2019oblige à prendre conseil de gens éclairés comme Colbert.Comment se voit-il ?Dans ses Mémoires pour l\u2019année 1662, il se représente sous les traits du Roi-Soleil, dispensateur de lumière et de chaleur également pour tous.Programme ambitieux, Louis XIV en est bien conscient.Mais cette auto-proclamation résiste-t- elle à l\u2019épreuve des faits ?C\u2019est à voir.De 1663 à 1666, le Roi est confronté à un problème : quel sort faut-il réserver à la Nouvelle-France ?Il reçoit au Louvre, sa résidence habituelle, le gouverneur de Trois- Rivières, Pierre Boucher, qui agit comme représentant du gouverneur D\u2019Avaugour inquiet de l\u2019avenir de la Nouvelle-France.Boucher a longuement entretenu le Roi de cette lointaine colonie, du danger que lui font courir les Iroquois, et surtout de la nécessité de créer en Amérique un État qui pourrait, un jour rapproché, être aussi peuplé et puissant que la France.« Il faudrait qu\u2019il vint beaucoup de monde 36 TRACES | Volume 54 no 1 Louis XIV par Hyacinthe Rigaud dans ce pays [.] Les Anglais, nos voisins, ont fait de grandes dépenses pour les établissements, là où ils se sont placés [.] Ils y ont jeté force monde, et l\u2019on compte 50 000 hommes portant les armes [.\u2026.] C\u2019est merveille de voir leur pays aujourd\u2019hui [.] Ce pays-là n\u2019est pas autre que le nôtre, ce qui se fait là, se peut faire ici.» La Nouvelle-Angleterre, déjà fortement peuplée, lui sert de référence, sinon de modèle.Le Roi a écouté Boucher, qui s\u2019est vu recommandé à Colbert, avec promesse de rédiger un manifeste.De retour en Nouvelle-France, Boucher, maintenu dans sa fonction de gouverneur, dédia à Colbert son « narré », entendez son manifeste : « Ce narré pourrait contribuer aux projets que vous avez déjà de faire fleurir notre Nouvelle-France et d\u2019en faire un monde nouveau.» Le terme « fleurir » revient souvent sous la plume des acteurs sociaux tant du XVII® siècle que du XVIII* siècle (Montesquieu par exemple).Une colonie florissante, un royaume peuplé et riche ! C\u2019est possible.Il est permis de rêver.Louis XIV envoie en Nouvelle-France un commissaire enquêteur pour vérifier les dires de Pierre Boucher.Marie Guyart dite de l\u2019Incarnation résume pour nous le rapport de l\u2019enquêteur De Monts.Cette religieuse contemplative a les deux pieds sur terre, est au courant de tout et commente les événements d\u2019ici dans ses lettres destinées à son fils resté en France, assurée qu\u2019elles seront lues dans tous les couvents des Ursulines et dans les abbayes bénédictines (le web de l\u2019époque) : « Le commissaire est tombé d\u2019accord de tout ce que le gouverneur D\u2019Avaugour a fait savoir au Roi, et que Monsieur Boucher lui avait confirmé verbalement, que l\u2019on peut faire en ce pays un_royaume Revue de la SPHQ | Hiver 2016 LE L'idée fis Trois les m0 Jie 00 Noel i Nou nié Pourle 0 Vi (isan des I ome D) enfer nm Tou Ruin\u2019 an 166 iin iil time dereco gen Cancer dla Hana he lise tie pil C par meuf 0u du Elk Mais | Uy dar \u201cne Laure San big Coley Tovey, He Ney, \u2018Una dir my Ree , Ont fat de où is se son on compe 5 miele à est pus ir in La Ju set de ond: & te De retour sy foncion lender son jel fel ri event pd {VIF pon) aie! ( wl mit cher Mire sept PIL t anit SEL 5105 Bi gré al i ur?a i i pi 4 per 0° plus grand et plus beau que la France ».L\u2019idée d\u2019un État, d\u2019un Royaume, est solidement ancrée dans l\u2019esprit des Habitués du Canada.Louis XIV hésite.Trois options s\u2019offrent à lui : créer un État et lui fournir les moyens de devenir florissant, ou bien confier à une compagnie de commerce le soin de développer la Nouvelle-France; ou encore inclure dans le Domaine royal la Nouvelle-France administrée par des gestionnaires nommés par lui.Pour le moment, le roi veut tout et son contraire.Il nomme un vice-roi, le comte D\u2019Estrades, retenu en France; il désigne un lieutenant général pour établir la Compagnie des Indes Occidentales laquelle pourra éventuellement nommer le gouverneur et autres officiers; enfin, il remet une commission provisoire de gouverneur et d\u2019intendant en attendant que la Compagnie des Indes occidentales soit en mesure d\u2019assumer ses responsabilités.Tout ça sent le provisoire, l\u2019improvisation.C\u2019est que le Roi n\u2019a pas encore tranché.On voit donc arriver à Québec en 1665 le marquis de Tracy, le gouverneur de Courcelles et l\u2019intendant Talon.Ce dernier nous intéresse.À peine débarqué, il se met au travail.On est en septembre, il ne chôme pas.En novembre, il envoie deux rapports porteurs de recommandations au Roi.Il donne son opinion, comme sa commission d\u2019intendant l\u2019y oblige, sur deux projets.Concernant le premier, il écrit au Roi : « La cession du Canada à la Compagnie des Indes occidentales est avantageuse au Roi si le motif est d\u2019augmenter les profits de la compagnie.Il est à mon avis plus utile au Roi de laisser à la dite compagnie cette propriété sans aucune réserve.» Toutefois, selon Talon, Louis XIV devrait privilégier le deuxième projet : « Si Sa Majesté a regardé ce pays comme un beau plan (domaine) dans lequel on peut former un grand Royaume et fonder une monarchie ou du moins un État fort considérable, Je ne vois pas qu\u2019Elle réussisse dans son dessein, laissant en d\u2019autres mains la seigneurie, la propriété du pays.» L\u2019invitation est intéressante.Mais le Roi est d\u2019humeur chagrine en ce mois de janvier 1666.Il vient de perdre sa mère qu\u2019il aimait beaucoup.Il quitte définitivement le Louvre qu\u2019il a en horreur, lui préférant le château royal de Saint-Germain-en-Laye en attendant Versailles.En mai 1666, le verdict tombe sans appel, relayé par Colbert : « J'ai reçu vos deux dépêches des 4 octobre et 12 novembre de l\u2019année dernière.Après en avoir fait lecture entière au Roi, et que Sa Majesté a fait les réflexions nécessaires sur tous vos raisonnements, Elle m\u2019a commandé de vous expliquer ses intentions sur toutes les affaires du Canada en la manière qui suit : Le Roi ne peut convenir de tout le raisonnement que vous faites sur les Revue de la SPHQ | Hiver 2016 moyens de former du Canada un grand et puissant État ».Le Roi a tranché.Une fois pour toutes.Pour lui le rêve canadien d\u2019un État est illusoire pour deux raisons.D\u2019abord, « Il ne sera pas de la prudence de dépeupler son royaume comme il faudrait pour peupler le Canada ».Puis, une immigration massive ne ferait qu\u2019appauvrir les Habitants.Colbert tire deux conclusions : « Le Roi ne dispose pas de peuples inutiles ».Entendons : excédentaires.« Le pays se peuplera insensiblement ».Il fixe de plus une limite à l\u2019expansion coloniale : « Il vaudrait mieux se restreindre à un espace de terre que la colonie sera elle-même en état de maintenir ».La colonie se voit condamner à végéter.On fait état bien sûr de l\u2019arrivée des soldats du régiment de Carignan- Salière, et des filles à marier, moins de 1 000.C\u2019est très peu.La Nouvelle-France sous Louis XIV est et sera une colonie pauvre.Retenons deux jugements sur la politique coloniale du Roi.Celui du gouverneur Frontenac en 1672 : « Si le Roi voulait seulement faire pour la conservation du Canada ce qu\u2019il fait pour la moindre des villes qu\u2019il a prises aux Hollandais et envoyer pour le Canada et l\u2019Acadie ce qu\u2019il y a de garnisons dans la plus petite de ces places, nous serions à couvert de toutes sortes d\u2019insultes et en état de faire des choses très avantageuses pour l\u2019augmentation d\u2019un pays qui peut devenir un jour un Royaume très considérable».Le Roi, en 1672, n\u2019en a que pour son pré carré.La guerre occupe tout son esprit.Vingt ans après la guerre de Hollande, le maréchal de Vauban porte un jugement sévère sur la politique coloniale en Amérique.C\u2019était au lendemain du traité de Ryswick.Vauban s\u2019inquiétait de la situation de la Nouvelle-France, plus que jamais immense, plus que jamais vide d\u2019Habitants.Après 160 ans de colonisation, le Canada, selon le maréchal, aurait dû avoir une population de 1 500 000 habitants « dans de belles villes avec des citadelles, alors que présentement on en comptait 16 000 et aucune ville vraiment fortifiée [.\u2026] C\u2019est une grande honte entre nous\u2026 C\u2019est une très grande honte pour nous que cette colonie soit encore dans l\u2019enfance et qu\u2019elle ne puisse subsister par elle-même et sans le secours de la vieille France ».Vauban souhaitait la création de deux royaumes en Amérique : la Nouvelle-France et la Louisiane.I! préconisait une immigration massive de soldats-colons.Telles étaient les conséquences de la décision prise par Louis XIV en 1666.Une décision jamais rappelée, maintenue tout le long du règne en dépit d\u2019indications claires qu\u2019on faisait fausse route.Vauban ne fut pas entendu d\u2019autant moins que le Roi s\u2019engageait alors dans TRACES | Volume 54 no 1 37 Portrait de Louis XV en costume royal par Louis Michel van Loo, huile sur canvas, Château de Versailles un long et ruineux conflit connu sous le nom de la guerre de la Succession d\u2019Espagne.La France en sortit exsangue, ruinée, menacée même de démembrement.Louis XIV sauva ce qu\u2019il put en Amérique.Mais il céda l\u2019Acadie, ne conservant que l\u2019Île Royale (Cap-Breton) où il s\u2019empressa de faire construire la forteresse de Louisbourg.Y avait-il matière à s\u2019inquiéter ?En 1715, deux ans après le traité d\u2019Utrecht, le Roi mourait.Son successeur était un enfant de cinq ans, d\u2019âge de la maternelle, Louis XV.C\u2019est lui qui en 1763 scellera l\u2019issu du long conflit qui l\u2019opposait à l\u2019Angleterre en cédant le Canada.On l\u2019accusera, certains historiens en tout cas, d\u2019avoir abandonné le pays et les Canadiens.Le jugement posé par les témoins de l\u2019époque, particulièrement celui de Louis XV, nous intéresse.De 1715, année de son accession au trône, jusqu\u2019à 1743, moment choisi pour assumer les pleins pouvoirs, le Roi subit l\u2019obligation contraignante imposée par l\u2019Angleterre : l\u2019observance stricte de la paix, une paix désarmée.Ces trente années de paix se soldent par l\u2019abandon presque complet de la marine.On sait que la Nouvelle-France dépendait du secrétariat à la marine.En 1743, Louis XV \u2014 il a maintenant 33 ans \u2014 engage malgré lui la France dans une guerre contre 1\u2019 Angleterre au sujet de la Succession d\u2019Autriche.Il gagne cette guerre quoique les Français aient eu l\u2019impression de s\u2019être battus pour rien, « pour le roi de Prusse », disaient- ils.Le Roi avait sacrifié tous les bénéfices de sa victoire 38 TRACES | Volume 54 no 1 dans l\u2019espoir de trouver un accommodement avec les Anglais sur la question de l\u2019Acadie.Voici, présenté par Voltaire, l\u2019imbroglio créé par le traité d\u2019Utrecht en 1713 : « Une légère querelle entre la France et l\u2019Angleterre pour quelques terrains sauvages vers l\u2019Acadie inspira une nouvelle politique à tous les souverains d\u2019Europe.» II est utile d\u2019observer, nous dit Voltaire, que cette querelle était le fruit « de la négligence de tous les ministres qui travaillèrent en 1712 et 1713 au traité d\u2019Utrecht.La France avait cédé l'Angleterre l'Acadie, voisine du Canada, avec toutes les anciennes limites, mais on n'avait pas spécifié qu'elles étaient ces limites, on les ignorait ».Voltaire en rajoute : « Des démélés ont résulté nécessairement de cette omission ».Des démêlés ?Deux guerres dont celle de Sept Ans qui fera un million de morts.Ce point litigieux fut débattu aux Conférences de Paris (1750-1755).Le roi avait nommé pour le représenter Marin de La Galisonnière, un moment gouverneur par intérim de la Nouvelle-France.Celui-ci lui avait soumis un plan de défense qui faisait du Canada un rempart contre l\u2019expansionnisme anglais.Pour compenser la faiblesse de la marine française, La Galisonnière suggérait de peupler massivement le Canada.Va pour le plan de défense.Quant au peuplement, le roi, comme jadis Louis XIV, convaincu de la dépopulation de la France, 1l n\u2019y fallait pas compter.L\u2019échec des Conférences de Paris coïncide avec l\u2019ouverture des hostilités en Amérique, la French and Indian War.En 1756, le conflit s\u2019étend à l\u2019Europe.Il se termine avec le traité de Paris.C\u2019était sur mer et non sur terre qu\u2019avait eu lieu le choc définitif.La guerre avait été perdue, non à Québec, mais lors de la bataille navale des Cardinaux un mois après celle des Plaines d\u2019Abraham.Que faut-il retenir ?Le traité de Paris de 1763 est une décision royale.Déjà en 1761, Louis XV, en vue d\u2019arracher à l\u2019Angleterre un lambeau de paix, avait fait une ouverture en offrant le Canada comme monnaie d\u2019échange.Par ordre et au nom de Sa Majesté Très-Chrétienne, le duc de Choiseul-Stainville déclare que le Roi est prêt à garantir la possession du Canada « pourvu que l\u2019Angleterre rendît Fait au Camp devant Montréal, Je 8 Septembre, 1762.{Srgré) JEFFERY AMHERST +.QUATRIEME ARTICLE de TRAITE DEFINITIF de PAIX, CONCLU Entre les ROIS de la GRANDE-BRETAGNE & de FRANCE, le some jeur de Frvriex, en l'ennée 1763, CONTENANT La Ceffion du Carada à la Courorne de la Grande.Bretagne, Sh Majeñé trës Chrétienne renonce à toutes prétentions qu\u2019elle a jufqu\u2019ici for- L) mées, ou pnurroit tormer, fur la Nouvalle Ecoffe où Acadie, dans toutes fes parer, et cm garantit le tout ct toutes les dépendances, au Roi de ls Grande- Bictagne, D De pom Revue de la SPHQ | Hiver 2016 al fai gr Af 10 gl ar 1763.lf (ed sexo au pu plis Bran IE Ono si bin nif Oubli Choi drige Prin THe {liso For.1 es fr du lg lets Tarte al ng dry amie Dit Tr Jeg Dug Pry bi « Dir bi iggy tll ne fim \"eine Int Bi Je PRE pe hey 7 1.ère mu Ii (re Bug, ele ue Tes qui H LaFrpge Conti pis ec Ont résulte ls ?Deux inde mors, ues & Pas Teper Semel par Va soumis pa cont faiblesse de Le peur ème, Quant | qa 35 pit, [ower lr En ie avec le te qual sûre 1014 dias Un esl 08 damier gout ad die i wall ge ru au Roi l\u2019Île du Cap-Breton ».William Pitt refuse net.La guerre continue.À la fin de 1762, une toute petite fenêtre s\u2019ouvre.Pitt est renvoyé, remplacé par Lord Bute.George ITI lâchera assez de lest pour que le duc de Choiseul-Praslin signe, sur l\u2019ordre formel du Roi, le traité de Paris, le 10 février 1763.Ainsi se terminait la guerre de Sept Ans.On ne lui avait pas trouvé d\u2019autre nom tant elle était dénuée de sens.Que dit l\u2019article 4 du traité ?« Sa Majesté Très-Chrétienne renonce à toutes les prétentions qu\u2019Elle a formées autrefois ou pu former, à la Nouvelle Écosse ou l\u2019Acadie [.] De plus Sa Majesté Très-Chrétienne cède à Sa dite Majesté Britannique, en toute propriété le Canada ».Il y aura assurément des compensations sous forme de restitutions.On croirait lire un contrat de marchands : on renonce, on cède, on restitue.Cette guerre se termine platement sur ce bien étrange marchandage.Indifférence du Roi de France ?Voire.C\u2019est une façade.Oublions la diplomatie officielle menée par les deux Choiseul.Le plus influent des deux, Choiseul-Stainville, dirige les Affaires étrangères jusqu\u2019en 1761.Choiseul- Praslin, après l\u2019échec des pourparlers de 1761, prend la relève.Il signera le traité de Paris en 1763.Glissons-nous par une porte dérobée dans le Secret du Roy, une pièce oubliée du château de Versailles.Louis XV s\u2019y livre à un jeu de cache-cache dont les Choiseul feront les frais.Un petit nombre de personne connaît l\u2019existence du lieu.On s\u2019échange le courrier.Un valet retient les lettres chiffrées destinées au Roi.D\u2019autres lettres codées partent vers des destinataires choisis sur le volet, menant au nom de Louis XV qui se méfie des Choiseul, une diplomatie parallèle.Qui sont ces destinataires ?Le comte de Broglie, patron des services secrets, Durand de Distroff, un ambassadeur chargé de missions spéciales, et Tercier, premier commis aux Affaires étrangères chargé d\u2019espionner les Choiseul.Durand a eu des paroles dures à l\u2019endroit de Choiseul- Praslin qui a signé une paix jugée honteuse.Louis XV écrit à de Broglie au lendemain de la signature du traité : « Durand témoigne un peu trop que la paix que nous venons de faire n\u2019est pas bonne ni glorieuse; personne ne le sent mieux que moi, mais dans les circonstances malheureuses, elle ne pouvait être meilleure, et je vous réponds bien que si nous avions continué la guerre, nous en aurions fait Revue de la SPHQ | Hiver 2016 encore une pire l\u2019année prochaine ».À quoi le Roi attribue-t-il sa défaite ?À la malchance ?Des facteurs humains ont aussi contribué à la débâcle française : l\u2019intransigeance de Pitt et la duplicité de Frédéric de Prusse.Le Roi a cédé le Canada contre son gré.Il ne l\u2019a pas pour autant abandonné, ni les Canadiens, une clause du traité de Paris prévoyant leur rapatriement.Louis XV a-t-il regretté sa décision ?La réponse est on ne peut plus catégorique : c\u2019est non.Les acteurs impliqués dans la défense de la Nouvelle-France avaient insisté sur la nécessité de la peupler.Louis XV qui n\u2019est pas dépourvu de sens commun ni de lucidité met en garde le comte de Broglie contre l\u2019idée de rendre florissante une colonie.De Broglie vantait les mérites d\u2019une colonie peuplée et riche ?Le Roi lui répond : « Prenons garde qu\u2019en voulant faire fleurir nos îles nous ne leur donnions les moyens un Jour et peut-être promptement de se soustraire à la France, car cela arrivera sûrement un jour de toute cette partie du monde ».Cette lettre est de 1766, trois ans après le traité de Paris.Clairvoyance, perspicacité ?La cession du Canada à l\u2019Angleterre fait débat chez les historiens d\u2019ici.A-t-elle été bénéfique, ou au contraire a-t- elle ouvert une période jugée néfaste ?Les paradoxes ne manquent pas pour nourrir la discussion.Vauban avait servi en 1699 un avertissement : il y a urgence à peupler le Canada.À défaut de le faire, la France le perdra, « et pour lors nous n\u2019y reviendrons jamais, et nous n\u2019aurons plus en Amérique que la part qu\u2019ils (les Anglais et les Hollandais) nous en voudront faire.» De son côté, que dit Louis XV en 1763 ?Une colonie riche et peuplée pourrait dans un avenir rapproché « se soustraire à la France » et se déclarer indépendante.Dans les deux cas, peuplé ou non, le Canada échappant à l\u2019autorité du roi de gré ou de force serait séparé de la Mère-Patrie.C\u2019est ce qu\u2019expriment Louis XV et Vauban.Autre paradoxe la Province of Quebec, ex-colonie française, décline l\u2019invitation à s\u2019affranchir de la tutelle britannique en 1774, alors que treize des provinces anglaises d\u2019Amérique déclarent leur indépendance et prenent les armes contre George III.Qu\u2019est-ce qu\u2019un paradoxe ?Une vérité trop vieille ou trop jeune, écrivait Jules Lemaître.Simple question de perception, semble-t-il, d\u2019où la difficulté de clore un débat sur la seule assurance d\u2019un paradoxe.TRACES | Volume 54 no 1 39 Portrait - Herbert Brown Ames Montréal en Histoires, direction programme pédagogique Herbert Brown Ames (1863-1954) est un homme d'affaires, un philanthrope et un politicien méconnu de l'histoire de Montréal.Il a notamment commandité l\u2019étude de sociologie The City Below The Hill (1897) pour améliorer le sort des plus démunis.ils unique d\u2019Evan Fisher Ames et de Caroline Brown, Herbert grandit au sein d\u2019une famille bourgeoise aisée d\u2019origine américaine.Instruit des nouveaux procédés mécanisés, son père, Evan Fisher Ames fonde en 1855 Ames, Holden & Company, une importante industrie de bottes et chaussures montréalaises.Comme son père avant lui, le jeune Herbert obtient un baccalauréat au Collège Amherst au Massachusetts en 1885.Il poursuit sa scolarité à Paris où il apprend le français et étudie la littérature.De retour à Montréal, Herbert travaille au sein de l\u2019entreprise familiale jusqu\u2019en 1892-93.Par la suite, il se consacre largement à une carrière politique et à des activités de nature philanthropique.Fortement inspiré par le mouvement réformiste américain, Herbert est l\u2019un des rares industriels de son époque à être conscient de la responsabilité civile qui lui incombe à l\u2019égard des conditions de vie de la classe ouvrière.Actif au sein d\u2019organisations politiques telles la Volunteer Electoral League contre la fraude électorale, Herbert est préoccupé par la gouvernance municipale et les mesures d\u2019aide sociale.Tout en diffusant ses idées lors de conférences et dans divers journaux, il commande en 1897 une étude sociologique bien connue : \"The City Below The Hill\".Le rapport relève les conditions de vie déplorables des familles ouvrières de Griffintown.À l\u2019aube du 20° siècle, la moitié des résidents utilisent toujours des latrines extérieures ! Des familles de huit en moyenne s\u2019entassent dans des logements insalubres, parfois aménagés à même un hangar en arrière-cour.En voulant inciter les industriels à doter leurs ouvriers d\u2019appartements décents, Herbert donne l\u2019exemple en construisant quatre immeubles à logements, le Diamond Court, une habitation modèle avec toutes les commodités modernes.Le loyer s\u2019élevait à 11 $ par mois pour un appartement de six pièces en 1896 (pour vivre au même endroit en 2015, il en coûte 1 250 $ par mois pour un studio deux pièces dans les condos Lowney 8).Bien que sa philosophie soit peu suivie par les hommes d\u2019affaires, Herbert se fait connaître.Élu comme conseiller municipal en 1898, il s\u2019efforce de réformer le système électoral et de professionnaliser la fonction publique.D\u2019échevin municipal (1898-1906), il est élu député fédéral conservateur (1904-1920) et finalement nommé comme administrateur financier au Secrétariat à la Société des Nations à Genève à la fin de 1919.Après une vie bien remplie, il passe ses derniers jours à l\u2019île du Grand Manan .au Nouveau Brunswick où il décède en 1954 à l\u2019âge de 90 ans.Sources Sources Centre d\u2019histoire de Montréal, « Herbert Brown Ames et la philanthropie à 5 % », en ligne : T.D.Regehr, « Sir Herbert Brown Ames », dans Encyclopédie Canadienne, Historica Canada, publié 2001-15-08, en ligne : Herbert Brown Ames, \u2018\u2019Fhe City Below The Hill, A Sociological Study of a Portion of the City of Montreal, Canada\u201d, s.n.TRACES | Volume 54 no 1 1897, 76 p.Industrial Architecture of Montréal, \"The City of Wealt and Death.Living Conditions in Montreal\u2019s Industrial Neighborhoods\", Blackader-Lauterman Library of Architecture and Art, McGill University, en ligne : Mélanie Méthot, \"Herbert Brown Ames: Political Reformer and Enforcer\", Urban History Review / Revue d'histoire urbaine, vol.31, n° 2, 2003, p.18-31.Revue de la SPHQ | Hiver 2016 logé ga bourgeo comme: Le Dom a0 Quet graduel sur Fi Grifinto qualfié De nos Nommé: voisine, Red dale esi Pour avg hie k Keni tet Lag Cie, lege Paie ip lip qu Ty T0py 0 Se te: dies, on fot | à low The Hi abe du 2 sis ines eS alse isa mène indus ns, Fer meubles à modèle avec Jeratä 11 $ 118% pour 1595 par fos Lowes Jes hommes ecoseller Je ite Blige ple fin ie comme Socle des je Vie ED ad Manan lied jl pote : ai i adh je ie hae pct xe Le saviez-vous ?Construit en 1896, le Diamond Court était situé au 1010, rue William, entre les rues Ann et Shannon.Il est une construction peu commune pour le Griffintown de l\u2019époque où l\u2019on ne trouvait pas toujours des toilettes à l'intérieur des logements, la plupart étant dépourvus de bain.Le Diamond Court, c'était quatre solides bâtiments en brique abritant 39 logements de 3 à 6 pièces.Une seule porte donnait sur une petite cour extérieure.L'escalier intérieur et le ISTO IRE vestibule étaient éclairés au gaz.Les cuisines étaient dotées de planchers en béton, d\u2019une N cuisinière et d\u2019un évier.Les salles de bain étaient munies d\u2019une toilette et d\u2019un bain.Dans la 40° unité de logement, on trouvait une épicerie 3 PRESENTE PAR où on ne vendait pas d\u2019alcool : l\u2019alcoolisme étant le fléau des familles ouvrières.En échange de ses services, un concierge était logé gratuitement dans l'immeuble.À l\u2019époque, seules les familles bourgeoises du riche quartier Saint-Antoine avaient accès à des commodités aussi luxueuses.Le Diamond Court est l\u2019un des premiers projets de logement social au Québec.Malheureusement, la désindustrialisation et le départ graduel des populations du quartier eurent des effets dramatiques sur l'immeuble.Construit à l'origine pour combattre les taudis de Griffintown, le Diamond Court est démoli en 1967, ironiquement qualifié de slum housing.De nos jours, on retrouve sur le site les condos de luxe Lowney 8, nommés ainsi en l\u2019honneur de la célèbre usine de chocolat, jadis voisine.Diamond Court Projet d'habitation de H.B.Ames, tel que vu sur ce plan d'assurance de la ville de Montréal en 1909.Source : Wikipedia Commons, domaine public Édifice Price Réalisé en 1930, l\u2019édifice Price est le premier gratte-ciel (17 étages) érigé dans la capitale.Il a été construit, dans le style Arts Déco en vogue à cette époque, pour le compte de la Price Brothers, une importante entreprise forestière du Saguenay.On retient alors les services des architectes montréalais Ross et MacDonald, connus pour avoir réalisé plusieurs immeubles de prestige, notamment le Dominion Square Building à Montréal et l\u2019hôtel Royal York à Toronto.Réalisé au coût d\u2019un million $, l\u2019édifice est doté des plus récentes innovations techniques de son époque : enveloppe non autoportante détachée de la charpente d\u2019acier, climatisation, réseau de conduites d\u2019eau réfrigérée alimentant tous les étages et contrôle automatique du chauffage et de l\u2019humidité.La Ville de Québec achète le bâtiment en 1983.Par la suite, la Société immobilière Trans-Québec, une filiale de la Caisse de dépôt et placement, s\u2019en porte acquéreur.D\u2019importantes restaurations, rénovations et transformations sont entreprises jusqu\u2019en 2005.L'appartement de fonction du premier ministre du Québec est aménagé dans la partie supérieure du bâtiment.Un 17° étage habitable est ainsi ajouté aux 16 niveaux d\u2019origine, sans modifier l\u2019apparence extérieure de l\u2019édifice.En 2001, la restauration est confiée aux architectes Régis Côté et associés qui remportent de nombreux prix pour la qualité de leur intervention sur un édifice historique, notamment le TOBY pour l\u2019édifice de l\u2019année au concours BOMA-Canada 2002.Source : site Web de la ville de Québec, Culture et patrimoine, édifice Price (consulté le 22 décembre 2015) Revue de la SPHQ | Hiver 2016 TRACES | Volume 54 no 1 41 De l'Acte d'union à la fédération canadienne Mots entrecroisés par Raymond Bédard Nom Groupe : ~\u2014 SE 3H 8 BESS ee = as = oo += Ss = = \u2014 Oo \u2014 Om a em tan es 1$8s = = 5 ID & oa = 5H ss EE res es es es pa as ea pa 4 42 Revue de la SPHQ | Hiver 2016 TRACES | Volume 54 no 1 eng 8 = tj jet 29° DONDUBUNE = © 11.13.14.15.16.17.18.24.26.27.29.HORIZONTAL Première université canadienne-française.Chef du Parti conservateur du Canada-Est.Se dit des pouvoirs qui ne sont pas prévus dans la constitution canadienne.Situation politique où les gouvernements ne restent pas longtemps au pouvoir.Premier 1°\u2019 ministre du Canada.Organisme composé d'intellectuels aux idées libérales installé à Montréal et à Québec.Gouverneur général qui met en vigueur le gouvernement responsable.Reine de Grande-Bretagne à l\u2019époque du Canada-Uni.Se dit d\u2019un État autonome rattaché à la Couronne britannique.Principe politique qui deviendra source d\u2019instabilité ministérielle.Ville américaine de Nouvelle-Angleterre dans laquelle de nombreux Canadiens français trouvent du travail.Dernière étape législative avant qu\u2019un projet de loi n\u2019entre en vigueur.Phénomène démographique lié à la crise agricole.Compagnie de chemin de fer propriétaire du pont Victoria.Type de manufactures où travaillent de nombreux Canadiens français aux États-Unis.Parti politique du Canada-Uni qui revendique la responsabilité ministérielle.Parti politique du Canada-Ouest qui revendique le rep by pop.Chef des Réformistes du Canada-Est.Se dit d\u2019un gouvernement dont les membres du conseil exécutif sont choisis parmi les députés en chambre.Président américain lors de la Guerre de Sécession.VERTICAL Se dit du suffrage qui permet à tous les citoyens majeurs de voter.Courant de pensée qui prône un minimum d'intervention de l\u2019État.Membres du conseil exécutif.Maladie épidémique qui est à l\u2019origine de la création de la station de quarantaine de Grosse-Île.Situation politique par laquelle plusieurs partis se regroupent.Mouvement de pensée qui rejette l'influence du clergé dans la vie publique.Chef politique canadien français qui s'oppose au projet de Confédération.Entente économique avec les États-Unis signée en 1854.Courant de pensée qui défend l'autorité absolue du pape et du clergé catholique dans tous les domaines de la société.Mesure religieuse qui vise à exclure une personne de la communauté catholique.Responsabilité confiée à l\u2019Église au 19° siècle.Institution du Parlement dont les membres sont nommés par le 1°\" ministre.Politique économique de la Grande-Bretagne qui sera favorable au Canada-Uni.Parti politique à l\u2019origine de la création du Canada.Droit qu\u2019a le gouverneur général d'annuler une loi au Canada-Uni.Chef des ultramontains au Canada.Ville où a lieu une conférence déterminante pour l\u2019avenir des colonies de l\u2019ANB.Région ouverte à la colonisation au nord de Montréal.Regroupement politique de plusieurs États dans lequel les pouvoirs sont partagés entre deux ordres de gouvernement.Une des responsabilités importantes du conseil exécutif.Reproduction autorisée pour utilisation en classe Corrigé en page 35 Revue de la SPHQ | Hiver 2016 TRACES | Volume 54 no 1 43 Fortifications de Montréal Montréal en Histoires, direction programme pédagogique ette archive est le plan en coupe et élévation des murs des fortifications de Montréal.Elle est tirée du « Devis des ouvrages de fortification pour l\u2019enceinte de la ville » de Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry, daté du 1\u201c avril 1717.Elle témoigne du processus de construction des fortifications de la ville qui a eu lieu dans la première moitié du 18° siècle.Dès 1685, il devient évident que Ville-Marie est mal protégée face aux attaques de ses ennemis.Les habitants sont en effet très vulnérables aux agressions des Iroquois, qui sont de plus en plus nombreuses aux alentours de la ville.Entre 1685 et 1689, le gouverneur de Montréal fait donc construire une palissade de pieux autour de la ville pour protéger ses habitants (la palissade n\u2019était pas très « étanche », les fermiers passaient entre les pieux pour aller travailler à leurs champs).Rapidement, toutefois, la palissade s\u2019avère peu avantageuse parce que son entretien est exigeant et très coûteux.De plus, la menace des Iroquois est à peine écartée TH Lor \u201cFérrification-_> pour Lenceinte> DelarUiite Vu.tContreal.wis des o ar de - rity.\u2014 \u2014 yr, Es in fo \u2014\u2014 + pren Suiuca\u2026 le 97/55 que Les SA Éraces uv Le Teécairo Dont for hauteurs Ju reuctescent Sexont manques Jusque dut cordon.pac des balise.au.Qugles Saillane + renttans Ve mêmes que la.lacquier Des assez.de qu Jerr porc an fect.xe Jer.7d qe ee des feta De a grd 1lr0> on emnancron le rois R euctement du côte Ve far Tivee Frome.aura.» ied ka sey dau fa fondarion- Le deiner we.leconzennera au sncaa De jeu?De gone; fatssart were Tefraite + De eus MUC LOI IIEEUT CEER - [re - meerdelle coe faluld Jue Jere eh fret eue De- 13, >, >, frere du Mois Du order.Ayres Un Sizienie De .Centre d\u2019Archives d\u2019Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives nationales, France (DFC Amérique septentrionale 471) 44 TRACES | Volume 54 no 1 qu\u2019elle est remplacée par une autre.En effet, en 1701, la majorité des Iroquois signe le traité de la Grande Paix avec la France.lls cessent ainsi d\u2019attaquer les Montréalais.Malheureusement, un an plus tard, la guerre de Succession d\u2019Espagne éclate en Europe et oppose la France et I\u2019 Angleterre ainsi que leurs colonies respectives en Amérique.Montréal est donc de nouveau menacée, cette fois par les Treize colonies américaines.Il devient nécessaire de construire des fortifications vraiment efficaces pour protéger la ville.En 1713, les autorités décident de profiter de la période de paix relative pour entreprendre la construction d\u2019une muraille de pierre autour de la ville.Toutefois, le Conseil de la Marine juge que les ressources du Canada ne sont pas assez importantes pour justifier le financement royal des fortifications.Les Montréalais devront donc en assumer les coûts, ce qui nuit au développement du projet.En 1716, le Conseil de la Marine désigne finalement Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry pour concevoir et mettre en œuvre un plan de construction des remparts autour de la ville.Dès 1717, il élabore donc ses plans et devis, dont cette archive est extraite, et, à l\u2019été de cette même année, les travaux de construction commencent.Le tracé des fortifications passe par ce qui est aujourd\u2019hui la rue Saint-Jacques, le Champ-de-Mars, la rue Notre-Dame jusqu\u2019à la rue Saint-Hubert, la rue de la Commune et la rue McGill.Chaussegros de Léry prévoit que les travaux seront effectués en cinq ans.Ceux-ci s\u2019étireront toutefois sur presque 25 ans.En 1738, la construction des fortifications, dont les travaux sont achevés en 1741, fait de Montréal la première ville française fortifiée en Amérique du Nord.Les remparts construits selon les plans de l\u2019ingénieur ont un périmètre d\u2019environ 3 500 mètres.Le long du fleuve, au sud, les fortifications s\u2019étendent sur la rue de la Commune.Au nord, elles se trouvent à la ruelle des fortifications près de la rue Saint-Antoine.Les murs à la hauteur des rues Berri (est) et McGill (ouest) ferment la forme rectangulaire du tracé des fortifications.À la fin du régime français, la moitié des 4 000 habitants de Montréal vivent dans les faubourgs à l\u2019extérieur des fortifications.Les murs font près de six mètres de hauteur et sont percés de meurtrières à tous les deux mètres.Ils comportent 14 fronts défensifs reliés par des courtines et 16 portes et poternes, dont la plus importante, la porte de la place du marché, près de la pointe à Callière.Dix d\u2019entre elles donnent sur le Saint- Laurent, parce que la ville est orientée dans la direction Revue de la SPHQ | Hiver 2016 que fest du one 60 mé ville du mu my fe de ] fut à Une mesh à réal les cal se Te ele doe Ce mk éclater certain et ls bo fra lish Br alin rt ls sa Sq di Sont \u20ac ly Sey Thos | lt) des fp tan | tes Capi Rese Fray Peu ap fury Ce tng iy té û él, Mey Ree fon 1, \u20ac là Grande ager es 1, là ème \u201coppose la STéspetives I Mere, Ifans 11715, les ras relative lide pire Marne ge ports cations, Les Ce quinut finalement oncevor el es empa es las 1 se de vel eet Le aut hii ote-Dame peat arte yas er ye Sur flfations.> Mont el \u2018or ur on fleuve du Commu: Js pds EE uli?ats I dans ks us font ure isl i?isk! je Soi fate?ill 0 du fleuve, et les six autres sont réparties sur les trois autres faces de la muraille.Celle-ci est aussi entourée d\u2019un fossé et d\u2019un glacis (une zone en pente douce, privée de tout couvert, qui entoure un mur ou une forteresse.) d\u2019au moins 60 mètres.Ce faisant, si un attaquant désire atteindre la ville, il doit d\u2019abord traverser le petit ruisseau à l\u2019extérieur du mur, gravir le glacis, traverser le fossé et trouver un moyen de franchir les fortifications, tout en esquivant le feu des soldats postés sur les nombreux fronts défensifs.Il faut dire que les fortifications sont conçues pour résister à une attaque à l\u2019artillerie légère.La protection contre une attaque de canons aurait été beaucoup plus coûteuse à réaliser.On n\u2019imagine pas non plus, à l\u2019époque, que les colonies anglaises ennemies seraient en mesure de se rendre jusqu\u2019à la ville avec de l\u2019équipement lourd ou qu\u2019elles envisageraient d\u2019attaquer avec une flotte armée du côté du fleuve.Ce système de défense ne sera cependant pas d\u2019une grande utilité lorsque les affrontements avec les Anglais éclateront, même si la présence de fortifications a certainement eu un effet dissuasif puisque Montréal n\u2019était plus une proie facile à attaquer.En effet, dès 1755, les hostilités reprennent entre les colonies anglaises et françaises d\u2019Amérique du Nord entraînées par les conflits qui sévissent aussi en Europe.En 1759, la ville de Québec est prise par les Anglais.Les troupes françaises se replient à l'intérieur des murs de Montréal, mais la situation y est particulièrement difficile.La ville est rapidement cernée par les Anglais et privée de secours.Le moral des combattants est au plus bas et l\u2019on craint que Montréal subisse le même sort que Québec dont les deux tiers des bâtiments ont été détruits par les bombardements.Les troupes anglaises sont équipées d'artillerie lourde et sont postées tout autour de la ville : sur le fleuve et vis-à-vis de l\u2019île des Sœurs, Longueuil et Pointe-aux-Trembles.En d\u2019autres mots, les fortifications de la ville conçues pour résister à l\u2019artillerie légère ne font pas le poids devant l\u2019équipement des Anglais.Les Britanniques, dont Murray, ont réussi un coup de force : faire passer une frégate d\u2019artillerie lourde dans le lac Saint-Pierre, alors peu profond.Pour éviter la destruction de la ville, le gouverneur Vaudreuil signe la capitulation générale en septembre 1760.Toute la colonie passe donc aux mains des Britanniques.À son retour en France, Vaudreuil est emprisonné à la Bastille en 1762, peu après l\u2019intendant Bigot.Le Roi est déçu du marquis qui a cédé Montréal sans combat au général Amherst.Quelques affrontements auraient pu garantir de meilleures conditions de redditions, mais lorsque Vaudreuil signe la capitulation, il voulait épargner la population de Montréal, déjà éprouvée par plusieurs années de guerre.Acquitté lors de l\u2019Affaire du Canada (accusant essentiellement l\u2019ancien intendant Bigot), Vaudreuil reçoit une modeste pension Revue de la SPHQ | Hiver 2016 qui lui permet de vivre avec quiétude ses dernières années à Paris.Malgré ces grandes tensions, à l\u2019intérieur des murs, la population montréalaise se densifie.Entre 1720 et 1780, environ 400 maisons sont construites.La ville est aussi occupée par plusieurs grands édifices des communautés religieuses.Au début du 19° siècle, les remparts commencent à poser problème.En effet, tout le monde reconnaît que les murs sont en mauvais état et qu\u2019ils ne peuvent pas défendre la ville adéquatement.Même dans leur meilleur état, ils ne résisteraient pas à des attaques aux canons.Ils deviennent ainsi inutiles.Ils sont aussi un frein au développement de la ville puisqu\u2019ils restreignent son territoire et qu\u2019ils constituent un obstacle à la circulation.En plus, certaines sections du mur ressemblent à des dépotoirs où les habitants ont jeté toutes sortes de déchets, comportant ainsi un risque pour la santé publique (les Montréalais prennent des pierres des fortifications pour construire ou restaurer leur propre maison).De plus, la présence de forts défensifs autour de Montréal (Québec, les régions du Richelieu et des Grands Lacs) rendait les fortifications de Montréal peu utiles.Pour atteindre Montréal située au centre de la colonie, l\u2019ennemi devait d\u2019abord abattre ces forts, ce qui s\u2019avère un effort considérable et hautement improbable.Pour toutes ces raisons, la Chambre d\u2019assemblée du Bas-Canada adopte une loi pour faire démolir les fortifications de Montréal en 1801.La démolition des murs débute en 1804.10 000 charrettes de pierres en provenance des chantiers de démolition des fortifications sont déversées dans un secteur marécageux à l\u2019ouest de McGill souvent inondé et pollué, et qui nécessitait d\u2019être renfloué.Après la démolition, la ville peut s\u2019ouvrir sur le fleuve et sur les faubourgs avoisinants.À partir de 1805, on compte déjà deux fois plus d\u2019habitants dans les faubourgs que dans la vieille ville.Celle-ci adopte un caractère plus administratif parce qu\u2019on y retrouve plusieurs bâtiments religieux, administratifs et commerciaux ainsi que plusieurs places de marché et places publiques.L'architecture d\u2019origine française se mêle graduellement à celle d\u2019origine anglaise.Le démantèlement des remparts se termine en 1817.Montréal aura donc eu des fortifications pendant près de cent ans.De nos jours, il est possible de voir les fondations du mur de fortifications à Pointe-à-Callière, musée d\u2019histoire et d\u2019archéologie de Montréal.Récupérées pour la construction de nouveaux bâtiments, les fondations du mur sont tout ce qui nous reste des remparts français.Si vous arpentez la rue de la Commune entre les rues McGill et Berri, remarquez que les édifices, tous bâtis sur les anciennes fondations du mur, suivent l\u2019ancien tracé des fortifications.TRACES | Volume 54 no 1 45 Chaussegros de Léry Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry est né à Toulon en France en 1682.En 1717, Chaussegros de Léry épouse à Québec Marie-Renée, la fille du grand René Legardeur de Beauvais et décède à Québec en 1756.Il est initié au génie militaire par son père, qui est lui-même ingénieur dans l\u2019armée française.Admirateur de Sébastien Le Preste, Marquis de Vauban, célèbre architecte militaire de Louis XIV, même s\u2019il n\u2019a pas de formation d'ingénieur, Chaussegros de Léry a de solides connaissances, ce qui lui permet d\u2019être engagé comme ingénieur du roi en Nouvelle-France.En plus des fortifications de Montréal, on lui doit de nombreux bâtiments construits en Nouvelle-France, comme les forts Chambly, Niagara, Saint-Frédéric et Sault-Saint-Louis (Kahnawake); les fortifications de la ville de Québec; le château Saint-Louis à Québec et la façade de l\u2019église Notre-Dame de Montréal.Chaussegros de Léry est aussi l\u2019auteur d\u2019un Traité de fortification divisé en huit livres qui n'a toutefois jamais été publié.Chaussegros de Léry a aussi dessiné de nombreuses cartes des villes de Montréal et de Québec (comme celle ci-contre de 1725) qui sont parvenues jusqu\u2019à nous.D'une grande beauté, ses plans sont considérés comme les premiers plans directeurs des deux villes.Ils donnent une bonne idée des constructions existantes à l\u2019époque et du développement envisagé.Chaussegros de Léry est particulièrement reconnu pour son sens de l\u2019adaptation aux conditions socio-économiques et climatiques de la Nouvelle-France.Il a su tenir compte du contexte nord-américain bien différent de celui de la France pour concevoir des bâtiments qui répondaient aux besoins de la région.Par exemple, il s\u2019est soucié d\u2019utiliser des matériaux locaux dans ses constructions et de faire PLAN DE LA VILLE ARE a MoNTsEAL.© a des prototypes pour permettre aux loNTeEn travailleurs d'acquérir le savoir-faire au - sein de la Nouvelle-France.C\u2019est grâce à ces qualités que Chaussegros de Léry reçoit la croix de Saint-Louis en 1741.En 1745, il achève le modèle d\u2019une maison urbaine qui répond parfaitement aux exigences du milieu (notamment la lutte contre les incendies) et qui correspond en même temps aux codes de la société française hiérarchisée.À sa mort, en 1756, Chaussegros de Léry obtient des funérailles militaires à la cathédrale Notre-Dame de Québec, : : dont il a lui-méme dessiné les plans.On Favor JéRENS &\u2014-|| le considère aujourd\u2019hui comme le père de la première véritable architecture canadienne.Centre d\u2019Archives d\u2019Outre-mer, Aix-en-Provence, Archives nationales, France (DFC Amérique septentrionale 475B) Documents consultés Fougères, Dany.« Les années de dispersion », dans Dany Fougères, dir, Histoire de Montréal et de sa région, Tome 1: des origines à 1930, Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 2012, p.305-354.Noppen, Luc.« Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry », Encyclopédie canadienne, en ligne : , 2008.Stewart, Alan M, « La ville fortifiée construite et reconstruite, 1685- 1800 », dans Gilles Lauzon et Madeleine Forget, dir, L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, Sainte-Foy, Les Publications du Québec, 2004, p.65-106.Thorpe, F.J.« Chaussegros de Léry, Gaspard-Joseph (1682-1756) », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne : , vol.3, 1974.46 TRACES | Volume 54 no 1 Viau, Roland.« Pour qui souffle le vent ?Heur et malheur d\u2019une entité coloniale, 1702-1760 », dans Dany Fougères, dir, Histoire de Montréal et de sa région, Tome | : Des origines à 1930, Québec, Les Presses de l\u2019Université Laval, 2012, p.165-219.Vieux-Montréal.Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry en 1725, en ligne : .Vieux-Montréal.À la découverte de la fortification de Montréal.et des lieux d'établissement, en ligne : .Vieux-Montréal.Sur les traces de Montréal, ville fortifiée au XVIII siecle, en ligne : .Revue de la SPHQ | Hiver 2016 iy tin hts (8.Bn pl Shanty its Hf -Ontre de deceurs Niques et f France Matériaux de faire fre aux Hie au est grâce 5 de Léry 174, 1e maison nent ut tl ute mréspond a société gros de aes 3 Quête Jans.On Je père terre Jue ai | fi i, Que en él asie.pi ds pet ÉLÈVES : 5 PRIX DE 100 $ Ces prix récompensent les élèves de 3° ou 4° secondaire qui se sont démarqués par l\u2019intérêt soutenu qu\u2019ils ont démontré pour l\u2019histoire du Québec, par leur participation active dans les cours et activités scolaires liés à l\u2019histoire et par des résultats académiques supérieurs à la moyenne.Sont admissibles les élèves qui ont suivi un cours d\u2019histoire du Québec pendant les années scolaires 2014-2015 ou 2015-2016.ENSEIGNANT : 1 PRIX DE 500 $ Ce prix vise à souligner le travail accompli par un enseignant du secondaire pour faire découvrir, connaître et aimer l\u2019histoire du Québec.L'enseignant doit s'être démarqué par des approches pédagogiques originales, par son dynamisme dans sa classe et au sein de l\u2019école ou par la conception et la publication de matériel didactique.Revue de la SPHQ | Hiver 2016 REMISE DES PRIX Les prix d'excellence en histoire de la SPHQ seront remis au printemps 2016 lors des soirées Reconnaissance Mérite en histoire, organisées par les Sociétés Saint-Jean-Baptiste participantes en collaboration avec le Mouvement national des Québécoises et Québécois.MODALITÉS Les enseignants doivent soumettre la candidature de leur élève et/ou leur propre candidature en envoyant par la poste le formulaire complété et les documents requis avant le 31 mars 2016.Les formulaires pour poser une candidature sont disponibles sur le site Internet http://sphq.recitus.qc.ca.AR # PRIX DU 77 MERITE EN HISTOIRE Mouvement national des Québécoises et Québécois TRACES | Volume 54 no 1 47 « Des passeurs de mémoire » qui suscitent la réflexion l\u2019histoire d\u2019Anne Frank dans les écoles canadiennes avec la méthode d\u2019éducation par les pairs Julie Couture e 11 novembre 2011 marque le quatrième anniversaire de la naissance d\u2019un projet éducatif développé aux Pays-Bas pour les (jeunes) Canadiens.Ce jour-là, une quarantaine de personnes sont rassemblées dans une école à Rigaud pour participer à l\u2019inauguration officielle de l\u2019exposition itinérante sur Anne Frank au Québec.À partir de cette date, une, deux, puis finalement trois copies de l\u2019exposition sur Anne Frank voyageront à travers le Canada.Dans cet article, l\u2019histoire d\u2019Anne Frank, dont le destin est tristement célèbre, sera d\u2019abord brièvement racontée.Qui était-elle ?Comment cette jeune fille est-elle devenue un symbole des victimes de l\u2019Allemagne nazie ?Quelle est la pertinence de cette histoire pour nous en 2015 ?Pour répondre à cette dernière question, nous étudierons les projets éducatifs de la Maison Anne Frank d\u2019Amsterdam au Canada.« Je veux continuer à vivre, même après ma mort » Née le 12 juin 1929 à Francfort, Anne était Allemande et non Néerlandaise, comme beaucoup le croient.La prise de pouvoir par Hitler en Allemagne en 1933 (et sa prise de position contre les Juifs) force la famille Frank, juive libérale, à quitter leur pays.La famille Frank comprend quatre membres : Otto Frank, le père; Édith, la mère; Margot, l\u2019aînée et Anne, la cadette.Ils trouveront refuge aux Pays-Bas, où Otto devient propriétaire d\u2019une compagnie.Pendant sept ans, ils vivront relativement paisiblement à Amsterdam, loin de l\u2019Allemagne nazie où la situation pour les Juifs devient de plus en plus difficile.Mais leur vie va basculer le 10 mai 1940.Les Nazis envahissent les Pays-Bas.L\u2019occupation nazie débute et bientôt, les Juifs néerlandais vont subir les mêmes discriminations que leurs coreligionnaires allemands.La famille Frank se trouve alors devant un premier dilemme : rester ou partir ?Mais pour aller où ?Et comment s\u2019y rendre alors que la Seconde Guerre mondiale bat son plein ?Au début de l\u2019occupation nazie aux Pays-Bas, 48 TRACES | Volume 54 no 1 Anne Frank Portrait d'école, 1941 Otto Frank se souvient de l\u2019Allemagne de 1933 et tente encore d\u2019échapper à l\u2019étau qui se resserre.C\u2019est alors que l\u2019idée d\u2019une cachette germe dans son esprit.11 détermine rapidement l\u2019endroit idéal qui servira de refuge à sa famille.Déjà, la situation des Juifs aux Pays-Bas se détériore à mesure que les années d\u2019occupation se succèdent et les mesures anti-juives se multiplient.En 1942, tous les Juifs néerlandais de 6 ans et plus doivent porter l\u2019étoile jaune.Finalement, en juillet 1942, soit plus de deux ans après le début de l\u2019invasion nazie des Pays-Bas, une convocation envoyée à Margot Frank bouleverse les événements.Cette convocation est la nouvelle loi anti-juive imposée par les nazis.Elle oblige les jeunes Juifs de 16 ans et plus à se livrer aux autorités pour aller « travailler » en Allemagne.Il s\u2019agit en réalité d\u2019un subterfuge des nazis pour faciliter la déportation des Juifs.La famille Frank se retrouve alors devant un deuxième dilemme : laisser partir leur fille de 16 ans travailler en Allemagne nazie ou refuser et risquer de désastreuses conséquences ?C\u2019est donc le moment de mettre le plan de cachette à exécution.Ainsi, le 6 juillet 1942 au matin, les quatre membres de la famille Frank se rendent au 263 Prinsengracht, dans le centre-ville d\u2019Amsterdam, où se situe l\u2019entreprise d\u2019Otto.Quatre employés ont été mis au courant et aideront les clandestins à survivre.Ainsi débute un confinement sur deux étages de la maison arrière des Revue de la SPHQ | Hiver 2016 urea pour bh poi dé ley gis 30 comme! apr fern conmais que rug nel desl Despu lls Mai to Tous pêr Lire fle & hs de mon que Mie andes fs fy Its ge relend kafl Miller als bur) des am Su cet usé À [i Yop bi, h Mr \u2018ete d Nes = 033 f tee est alors gue | determine Asa famille here à den els pus les Jus dole jure as 4S k gopvoclion mel.Cell sprl dl pls 18 Alena olf fer i {pune galere jrs qu ET fau pati.gal » do.ol $ ik pit git per bureaux de l\u2019entreprise Opekta (produisant un gélifiant pour la fabrication de la confiture).C\u2019est durant ces 25 mois de clandestinité qu\u2019Anne écrira son journal intime.Elle y notera ses états d\u2019âme, ses peurs quotidiennes, mais aussi son espoir de s\u2019en sortir.Elle utilise son journal comme une amie, à qui elle se confie pour survivre à cet emprisonnement.Enfermés à huit personnes (une autre famille et une connaissance de la famille Frank viendront les rejoindre quelques temps après, tous des Juifs allemands venus se réfugier aux Pays-Bas), les situations de discorde sont nombreuses et la guerre suit son chemin.Le débarquement des Alliés le 6 juin 1944 laisse présager une fin imminente.Des projets d\u2019avenir sont alors pensés dans ta cachette, les filles espèrent pouvoir retourner à l\u2019école en septembre.Mais tout espoir est finalement anéanti lorsque, le 4 août 1944, après plus de deux ans d\u2019angoisse à l\u2019idée d\u2019être découverts, les huit clandestins du 263 Prinsengracht sont dénoncés et arrêtés.[Is seront alors déportés et presque tous périront.Libéré d\u2019Auschwitz le 27 janvier 1945, Otto Frank est en fait le seul survivant parmi les huit clandestins, Il mettra plus de cinq mois à revenir aux Pays-Bas où il apprend la mort de sa femme et de ses enfants.C\u2019est à ce moment que Miep Gies, une employée d\u2019Opekta et protectrice des clandestins, lui remet le journal d\u2019Anne.Elle l\u2019a retrouvé dans la cachette, abandonné par la jeune fille et les nazis lors de l\u2019arrestation.Lorsqu\u2019elle apprend qu\u2019Anne ne reviendra pas, elle le remet à son père.Lire le journal intime de sa fille changera sa vie a jamais.et bouleversera des milliers de lecteurs à travers le monde, même à l\u2019approche du 70' anniversaire de la parution de cet ouvrage en 2017.En réalité, c\u2019est une pièce de théâtre américaine au milieu des années 1950 qui attirera l\u2019attention du monde entier sur cette histoire et poussera Otto à fonder, en 1960, le musée de la Maison Anne Frank.À l\u2019ouverture du musée, Otto s\u2019est donné deux missions.Be sh Otto Frank entouré des quatre protecteurs (de gauche à droite) : Miep Gies, Johannes Kleiman, Victor Kugler et Bep Voskuijl.Victor Kugler émigrera au Canada en 1955 et vivra à Toronto où il décède en 1981 Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Premièrement, il souhaite offrir la possibilité aux lecteurs de plus en plus nombreux du Journal de visiter les lieux où il a été rédigé.Mais surtout, il veut créer un endroit où des jeunes pourront se rencontrer et échanger pour combattre l\u2019ignorance, la haine et la violence.Otto Frank reçoit aussi de nombreuses lettres des lecteurs du Journal de sa fille.Grâce à celles-ci, il réalise que l\u2019histoire d\u2019Anne touche tout le monde et que chaque personne y puise du courage pour traverser les adversités.Il se rend aussi compte que tous n\u2019ont pas la chance de venir à Amsterdam pour visiter l\u2019endroit où lui et sa famille se sont cachés.C\u2019est alors que la Maison Anne Frank décide de produire, dès les années 1980, une exposition itinérante sur l\u2019histoire d\u2019Anne et de sa famille.Bientôt, ces expositions voyageront à travers le monde entier.Ainsi, il existe à l\u2019heure actuelle de nombreux modèles de l\u2019exposition présentés plus de 5 000 fois dans 82 pays depuis leur conception.L'exposition présentée au Canada de façon intensive depuis 2011, s\u2019intitule Anne Frank, une histoire d'aujourd'hui.Attardons-nous maintenant à son histoire.Réfléchir et agir face aux événements historiques ! Une exposition itinérante \u201c Comme mentionné plus haut, le projet de tournée de l\u2019exposition Anne Frank au Canada a réellement débuté il y a quatre ans.Bien que l\u2019exposition ait fait quelques apparitions dans le pays entre 1980 et 2010, 1l a fallu attendre l\u2019arrivée d\u2019une Canadienne à Amsterdam pour véritablement propulser le projet tel qu\u2019on le connaît aujourd\u2019hui.Au début, des écoles secondaires de la province de Québec accueillent l\u2019exposition et font vivre une expérience éducative unique à leurs élèves.Dès 2012, le projet connaît un tel succès qu\u2019une deuxième exposition est présentée au Canada.Celle-ci voyagera dans les provinces d\u2019Ontario, de Colombie-Britannique ainsi qu\u2019au Yukon.Les deux expositions bilingues ont depuis été présentées Élève guidant ses collègues de classe dans l'exposition, Québec, 2013 TRACES | Volume 54 no 1 49 dans plus de 40 endroits et dans presqu\u2019autant de villes au Canada.En 2015, une troisième exposition destinée aux musées fait son apparition au Canada.Avec présentement trois expositions au Canada, c\u2019est déjà plus de 70 000 Canadiens qui les ont visitées, guidés par les quelques 700 élèves formés pour l\u2019occasion.En effet, l\u2019exposition a ceci de particulier qu\u2019elle est combinée à une méthode d\u2019éducation qui amène les jeunes à être des acteurs participatifs; soit la méthode d\u2019éducation par les pairs.Cela signifie que ce sont des jeunes qui guident leurs collègues de classe dans l\u2019exposition en transmettant les informations apprises lors d\u2019une formation donnée par des employés de la Maison Anne Frank d\u2019Amsterdam ou leurs partenaires locaux.Durant la formation, les jeunes sont amenés à apprendre l\u2019histoire d\u2019Anne Frank et le contexte dans lequel elle vécut (la Seconde Guerre mondiale et la Shoah \u2014 terme préféré à celui d\u2019Holocauste en Europe; ces deux termes seront utilisés dans cet article), mais aussi et surtout à réfléchir sur la pertinence de cette histoire pour eux aujourd\u2019hui.Ce projet éducatif veut sensibiliser les jeunes aux dangers de la discrimination, encore très présents dans nos sociétés.L\u2019utilisation de cette méthode pédagogique reconnue remplie de nombreux objectifs éducatifs.Tout d\u2019abord, les jeunes qui participent de façon volontaire à ce projet ont la possibilité de se familiariser à parler devant un public.À la question, « Qu\u2019avez-vous le plus appris de votre expérience de guide pour l\u2019exposition sur Anne Frank ?», une guide de Montréal a indiqué en 2013 « [j]\u2019ai appris à parler aisément devant un groupe.» Cet apprentissage lui sera utile tout au long de ses études et même dans sa vie professionnelle.Les guides font aussi des découvertes sur leur propre personnalité.« J\u2019ai appris que j\u2019ai un bon leadership et que je suis très [à l\u2019aise] pour discuter avec le monde.Je suis très sociale et capable d\u2019interagir avec toutes sortes de monde », dira une guide de Rigaud en 2012.L\u2019expérience de guide permet aussi aux jeunes d\u2019approfondir et de partager leurs connaissances.Ceci est quelque chose qui revient régulièrement dans leurs commentaires.Ils sont fiers de pouvoir instruire les visiteurs sur ce qu\u2019ils ont appris, comme l\u2019indique une autre élève guide de Rigaud en 2012, qui « conseille à tous ceux qui s\u2019intéresse[nt] à l\u2019histoire de participer à cette expérience si enrichissante qui nous permet de transmettre nos connaissances à des gens intéressés à ce qu\u2019on dit et avides d\u2019en apprendre plus.» Dans la transmission de leur apprentissage aux visiteurs, les guides ont aussi su rendre l\u2019histoire d\u2019Anne Frank compréhensible pour différents publics.Une professeure qui a amené ses élèves voir l\u2019exposition dira : 50 TRACES | Volume 54 no 1 « Un merci très spécial à chacun et chacune de vos guides.Ils ont témoigné avec passion de la vie d\u2019Anne Frank.Chacun a su y mettre sa petite touche personnelle et ils ont su nous émouvoir.Ils ont été des « passeurs de mémoire » extraordinaires.Ils ont tous et toutes mon admiration.lls ont su s\u2019adresser aux élèves avec assurance, doigté, dynamisme et passion.lls ont écrit à leur façon une page d\u2019 Histoire auprès de nos étudiants en rendant Anne Frank accessible.» (Enseignante de secondaire, Québec, 2013) Le projet a démontré que les jeunes guides utilisent régulièrement des exemples de leur quotidien pour expliquer les grands concepts présents dans l\u2019histoire d\u2019Anne Frank.Les jeunes visiteurs peuvent ainsi plus aisément s\u2019identifier et comprendre les processus.Un enseignant d\u2019une école en Colombie-Britannique en 2014 qui accueille l\u2019exposition raconte au tout début du projet que « l'expérience de leadership obtenue par les guides est unique.Ils ont déjà pris possession du sujet alors officiellement par une représentante de la Maison Anne Frank.On voit à l'arrière des travaux réalisés par les élèves de l\u2019école et présentés en même temps que l'exposition, 2012 imaginez comment ils guideront dans un mois ! En tant qu\u2019enseignant, c\u2019est ce qui me fait croire à ce projet » Aussi, l\u2019utilisation d\u2019exemples concrets de la vie de tous les jours montre à quel point cette histoire est bel et bien une « histoire d\u2019aujourd\u2019hui ».C\u2019est aussi ce que nous souhaitons faire réaliser aux jeunes.Ce sujet est longuement discuté durant la formation.En effet, suite à la lecture d\u2019un texte écrit par une jeune de secondaire 4 qui met en parallèle Shoah et intimidation, les futurs guides ont l\u2019occasion de donner leur point de vue sur cette comparaison.Ils sont conscients qu\u2019il peut être dangereux de faire un tel rapprochement car ces deux situations renferment des différences bien distinctes.Par contre, Revue de la SPHQ | Hiver 2016 qus géèun rendent pod aver ail avoir fraps ied arc Jes ame NOTE gl dura diel Finan ely gis Franks Un gui ol Da le M Eon 00mg fa Têtes ntl, diy hegre Un al le aly Pop op ny fel iy | ty i Fe, ie ely toh bon 4 Slson ily mime ¢ Hise De Frank Québec, 8 visent des pou 5 l'histoire List plus ests, Up queen 2014 i prj ls guides sut dos dès 1 Anê pas x y Fp i! ñ pik pe 25 Xe gs de du gp fi qui ani js i a pace su con tous les jeunes sont d\u2019accord pour dire que l\u2019intimidation a été un processus utilisé tout au long de la Shoah.Ils se rendent compte que si celui-ci avait été stoppé, on aurait peut-être pu empêcher le processus de s\u2019accélérer et d\u2019en arriver au paroxysme qu\u2019il a connu.En discutant de cela avec les jeunes durant la formation, on veut les encourager à avoir les mêmes discussions lors de la visite guidée de l'exposition.On veut aussi les pousser à réagir lorsqu\u2019ils sont en présence d\u2019actes d\u2019intimidation.La visite se veut donc un moment d\u2019échange entre les jeunes.On souhaite les amener à discuter des thèmes de l\u2019exposition qui sont encore d\u2019actualité comme les dangers de la discrimination et du racisme ainsi que l\u2019importance de l\u2019égalité des droits et de la démocratie.Finalement, toutes ces nouvelles compétences et habiletés développées par les jeunes guides favorisent leur estime de soi.Ils reçoivent d\u2019ailleurs un certificat de la Maison Anne Frank attestant leur participation en tant que guide officiel.Un guide conclut son expérience de la façon suivante : « L'expérience de guide est unique et enrichissante.D'abord, le fait de s\u2019instruire sur l\u2019histoire d\u2019Anne permet d\u2019élargir ses connaissances sur le génocide et la Deuxième Guerre mondiale.Cette façon de connaître les conséquences des évènements terribles de l\u2019Holocauste, en découvrant la vie réelle d\u2019une jeune fille qui les vit, est frappante et marquante dans l'esprit.Ensuite, être guide permet d\u2019interagir avec différentes personnes, donc de découvrir toutes sortes de gens venant de différentes classes sociales.Finalement, différentes compétences, tels l\u2019éloquence et le leadership, sont développées car le guide doit savoir regrouper les gens et maintenir leur concentration tout au long de la visite.» Guide de Montréal, 2013 Le projet semble donc, pour certains à tout le moins, répondre aux buts espérés qui sont d\u2019accroître leurs connaissances sur la Seconde Guerre mondiale en Europe et au Canada et sur la Shoah, d\u2019acquérir des compétences nécessaires pour les aider dans le futur (parler devant un public, partager leur savoir, développer leur estime de soi) et discuter des thèmes et des enjeux que cette histoire a encore aujourd'hui.Un autre succès de ce projet est l'implication des écoles.La plupart d\u2019entre elles veulent s\u2019approprier le projet et proposent alors une panoplie d\u2019activités, en lien avec l'exposition, aussi multiples qu\u2019intéressantes.Visite et témoignage d\u2019un survivant de la Shoah ou d\u2019un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, présentation de projets artistiques sur un thème en lien avec Anne Frank, création d\u2019un arbre où des messages d\u2019espoir sont inscrits sur ses feuilles, invitation aux élèves à tenir un journal, ne sont Revue de la SPHQ | Hiver 2016 que quelques exemples des activités mises en place par les écoles participantes.Ainsi, presque toutes les matières scolaires peuvent être rattachées au projet anglais, français-littérature, art plastique, éthique, histoire et ainsi favoriser l\u2019implication de nombreux enseignants et de l\u2019établissement dans son entier.L'exposition étant bilingue (français/anglais), elle favorise aussi les projets réunissant ces deux communautés linguistiques.De plus, l\u2019exposition est ouverte au grand public au moins une fois, invitant les guides à adapter leur présentation à ce nouvel auditoire.Un visiteur adulte raconte à sa sortie de visite que la guide l\u2019a fait réfléchir.En lui indiquant une photo où on voit une classe dans laquelle les élèves juifs sont absents, elle lui a demandé de réfléchir sur ce qu\u2019ils ont dû ressentir, après avoir été exclus de la photo de groupe.Ce visiteur a pu se mettre dans la peau de la victime et comprendre les conséquences de cette situation d\u2019isolement et de discrimination des Juifs.En éveillant la sympathie du visiteur, la guide l\u2019a fait réfléchir à la prochaine fois que ce dernier sera témoin d\u2019un tel geste.Finalement, à l\u2019été 2015, le projet de tournée de l\u2019exposition Anne Frank au Canada a voulu souligner le 70° anniversaire de la libération des Pays-Bas, réalisée en grande partie grâce aux soldats canadiens.C\u2019est ainsi Panneaux supplémentaires sur les soldats canadiens qui sont présentés en accompagnement de l'exposition sur Anne Frank au Canada.que des panneaux supplémentaires à l\u2019exposition « Anne Frank, une histoire d'aujourd'hui » ont été ajoutés.Is sont dédiés aux différentes expériences des soldats canadiens durant la Seconde Guerre mondiale.Tout comme les panneaux sur Anne Frank présentent des images de l\u2019époque et des citations de son Journal, les histoires des 15 soldats canadiens sont racontées à travers des images ou des écrits de la période de guerre.Ainsi, on apprend l\u2019histoire d\u2019un sino-canadien victime de discrimination lors de son enrôlement, on comprend le rôle qu\u2019ont joué les femmes, on découvre les batailles majeures dans lesquelles les Canadiens se sont illustrés, on est TRACES | Volume 54 no 4 51 conscientisé à l\u2019expérience des prisonniers de guerre et on revit la libération des Pays-Bas.Ces panneaux se veulent aussi être un moment pour commémorer et respecter le sacrifice que ces jeunes Canadiens ont fait.Les jeunes et les visiteurs sont appelés à se remémorer les personnes qui ont contribué à construire le monde démocratique dans lequel nous vivons aujourd\u2019hui.Ainsi le projet rend hommage à la mémoire de certains soldats canadiens ainsi qu\u2019à celle d\u2019Anne Frank et de ses contemporains.Apprendre et entreprendre \u2014 L\u2019apprentissage par l\u2019action à travers deux autres projets Outre la méthode d\u2019éducation par les pairs, la Maison Anne Frank utilise aussi celle du Learning by doing, ou l\u2019apprentissage par la pratique.Les deux autres projets de la Maison Anne Frank qui ont vu le jour au Canada en mai 2015 engagent la participation active des jeunes (12- 18 ans).Il s\u2019agit en fait de la pierre angulaire des projets Free2Choose et Memory Walk.Free2Choose-create est un atelier de formation de 3 à 4 jours pendant lesquels les jeunes participants sont amenés à produire une courte vidéo sur une situation de l\u2019actualité présentant une tension entre deux droits humains.Par exemple, la vidéo réalisée à Peterborough, Ontario, en mai 2015 nous questionne sur la Loi C-51 en nous demandant : « Le gouvernement devrait- il avoir le droit d\u2019accéder à nos courriels et nos comptes sur les médias sociaux ?» Dans cette situation, le droit à la vie privée entre en conflit avec celui d\u2019être en sécurité et d\u2019être suffisamment protégé par son gouvernement.Cette loi viserait, selon les auteurs de la vidéo et autres experts, davantage les membres des Participants travaillant au montage de la vidéo Free2CHoose, Peterborough 2015.Premières Nations qui sont ainsi ciblés lors d\u2019actions de protestation contre des projets environnementaux.Mais la vidéo pose la question au sens plus large, a savoir s\u2019il est nécessaire que les comptes des médias sociaux soient accessibles au gouvernement pour la sécurité du public contre le terrorisme, car c\u2019est cela précisément que tente de contrer la loi C-51.Mais comment définir un terroriste ?Et comment le gouvernement canadien définit-il ce mot ?Est-ce que les membres des Premières Nations s\u2019opposant 52 TRACES | Volume 54 no 1 à un projet environnemental peuvent être qualifiés de terroristes ?Les vidéos produites servent ensuite de ressources pour provoquer un débat en classe sur les droits humains et leurs limites.Où est la ligne de partage entre deux droits humains qui entrent ainsi en conflit l\u2019un avec l\u2019autre ?Existe-t-il une hiérarchie entre les droits humains ?Ce projet vise à apprendre aux jeunes le respect, d\u2019une façon très participative.Le respect de sa propre opinion, de celles des autres et du processus de débat.Celui-ci peut amener les participants à réajuster leur opinion (suite à des arguments entendus qu\u2019ils n'avaient pas nécessairement envisagés) et oser modifier leur point de vue.L\u2019écoute et le respect sont donc deux compétences que les jeunes vont apprendre alors qu\u2019ils seront captivés par le débat en question.L\u2019atelier propre de la production de ces films (qui est restreinte à un plus petit nombre d\u2019élèves) permettra de fournir des aptitudes spécifiques.En effet, les jeunes vont prendre en main chaque étape de la production de la courte vidéo, que ce soit la recherche du sujet et des informations, le tournage, les interviews des passants pour présenter différentes opinions, le montage, l\u2019enregistrement de la voix hors-champs, etc.Toutes ces étapes seront effectuées par les jeunes sous la supervision d\u2019une équipe de spécialistes.En quelques jours d\u2019atelier, les jeunes participants de Free2Choose-create vont créer une vidéo.Voir le produit final, souvent très professionnel, après un si court délai, est un résultat tangible pour les jeunes.La promotion de cette vidéo dans les classes et sur le net est une source de fierté pour ceux qui y ont participé.Ce projet a fait une timide apparition au Canada en mai 2015, mais connaît déjà un succès grandissant dans différents pays européens et à l\u2019échelle mondiale.Le dernier projet qui applique également l\u2019apprentissage par la pratique est Memory Walk.Ce projet éducatif a aussi débuté au Canada en mai 2015 à Vancouver.À travers Memory Walk, les jeunes participants sont amenés à réfléchir sur les concepts du souvenir et de la commémoration.Cette réflexion est amenée à travers l\u2019étude des monuments de la ville.Quel monument commémore quelle histoire dans une ville ?Pourquoi se sert-on de monuments pour se souvenir du passé ?Souhaite-t-on oublier certaines histoires ?Toutes ces questions sont discutées lors de cet atelier de 4 à 5 jours où une équipe d\u2019une dizaine de jeunes produit des vidéos sur un monument de leur choix dans leur ville.Que représente-t-il ?Que savent les habitants de la ville sur ce monument ?Le considère-t-il utile ou présente-t-il une histoire contestée ?Est-il important de se souvenir des événements passés et de les retrouver dans l\u2019architecture Revue de la SPHQ | Hiver 2016 de mes Lime \u20ac pre maj Gh de Van T'es Gener i dip (nen Hon Que fue le pr pro dans la npr ar Res run es Jeune ls sun afte lar pa uf five Ca lef Ls Lo sal OURS y Domi deu di à l'ange?mas?Ce ime fy opi, thi peu (suteà des Saree : Lou les jeunes ar le débat 0 de es à d'élèves) En effet ape de la cherche du TENS des 2 Oe.Tous ces pen sn cents de Jo produ au de, motion de pure de à fat une js cour eurpeens fel atl Oe ars Sl ga 3 ve nur Pourguot pe ! as 3m ji i.0% pill ll gai piel?ie! 7014 de nos villes d\u2019aujourd\u2019hui ?L\u2019une des vidéos réalisées à Vancouver en mai dernier présente un petit monument caché dans un parc majoritairement utilisé par les personnes défavorisées de la ville.La vidéo présente la réaction des habitants de Vancouver face à ce monument.Plusieurs ignoraient l\u2019existence du petit monument qui représente une histoire dernièrement très médiatisée et très contestée, à savoir la disparition et le meurtre des femmes autochtones.On en vient alors à se demander si l\u2019emplacement d\u2019un monument peut avoir une raison politique ?Outre les compétences et habiletés de la production d\u2019une vidéo (qui sont relativement les mêmes que pour le projet Free2Choose-create mentionnées plus haut), ce projet se veut donc un moment pour engager les jeunes dans la commémoration et l\u2019importance de se souvenir de leur propre histoire locale.À la Maison Anne Frank, nous croyons qu\u2019il n\u2019y a rien de plus puissant que l\u2019histoire personnelle d\u2019une personne qui a vécu et qui a été marquée par un événement.Nous croyons que l\u2019histoire de chaque personne devrait être racontée.Ce projet conscientise les Jeunes sur le fait que les monuments ont un lien direct avec les survivants de cette histoire et leurs descendants.Cela affectera grandement leur capacité à se réconcilier avec leur passé.La reconnaissance d\u2019une communauté face à un conflit passé est essentielle pour les victimes et ceux qui y ont joué un rôle.Ce projet conscientise les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui sur leur responsabilité face à la mémoire collective.Les jeunes réaliseront que les monuments ont un enjeu politique car ils ont le pouvoir de favoriser le discours d\u2019un groupe en particulier ou de taire l\u2019histoire d\u2019une minorité.L'emplacement, le style, la-symbolique du monument, tout cela peut être fait dans le but de servir des buts politiques.En prenant conscience de ces réalités, les jeunes pourront agir pour exiger que chaque histoire soit représentée dans nos villes à travers nos monuments.En présentant leur vidéo dans leur classe ou dans leur communauté, les participants assureront la continuité et la dispersion de cette discussion et de cette réflexion à un public plus large.En utilisant l\u2019exemple concret des projets au Canada, cet article a démontré que les méthodes éducatives de la Maison Anne Frank, mises en place à travers le monde, fournissent des compétences et des aptitudes non négligeables aux jeunes qui prennent part à ces activités.Ces projets destinés aux jeunes sont nombreux : devenir guide de l\u2019exposition itinérante, organiser un débat sur une vidéo de Free2Choose, participer à l\u2019atelier de production d\u2019une telle vidéo, ou encore engager la communauté à réfléchir sur les monuments présents dans leur ville et ce qu\u2019ils commémorent.Tous ces projets encouragent la jeunesse à s\u2019intéresser au passé, sans pour autant le regarder comme quelque chose qui ne signifie plus rien pour eux aujourd\u2019hui.Ils ont aussi pour but de pousser les jeunes à réfléchir sur ce passé qui les hante encore et à agir dans le présent, pour s\u2019assurer que les erreurs du passé ne soient commises à nouveau dans le futur.Une fois de plus, tout cela nous montre que finalement, l\u2019histoire d\u2019Anne Frank, malgré les 70 ans qui nous en séparent, semble toujours être une « histoire d\u2019aujourd\u2019hui ».Participants de l'atelier Memory Walk à Vancouver interviewant une passante sur le monument à l'étude.Chaque participant a un rôle bien défini.Vancouver, 2015.+ Amsterdam.Elle est native de Québec et détient un baccalauréat en histoire ainsi qu\u2019un certificat en enseignement au collégial (Université Laval, 2004 et 2005).Elle j habite les Pays-Bas depuis 2005.Si vous souhaitez en apprendre plus sur les projets et comment votre école et vos éléves peuvent participer, n\u2019hésitez pas & contacter Julie à l\u2019adresse suivante j.couture@annefrank.nl.Julie Couture est la coordinatrice des projets canadiens de la Maison Anne Frank à | | i Revue de la SPHQ | Hiver 2016 TRACES | Volume 54 no 1 53 Le 53° Congrès WY de la SPHQ en photos Un salon riche en exposants et fourmillant de congressistes \u2014 Chargées de l'accueil et des inscriptions : Madeleine Val Mélise Roy-Bélanger et Suzanne Richard Photo : Roger Thiffault NE Hele mis Pho: Catherine Thibault alias Marguerite f nd 1) Martin de la Commission des v champs de batailles I A nationaux (Plaines | § Fo el d'Abraham) % pz Sw E .Photo : Roger Thiffault Photo : Roger i fog .Jason Picard-Binet de Tourisme Thiffault a * Wendake 5 ay Photo : Roger Thiffault Lr » 3 piston À François Roy de la Citadelle de Québec, Royal 22° régiment Photo : Roger | | Thiffault Myriam Mongeau et Frédéric Côté-Garand du Réseau ArtHist \u2018 Photo : Roger Thiffault | ( & nés A Myriam D'Arcy du Mouvement national Québécois Photo : Roger Thiffault 54 Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Reg ar Un Congrès animé et des conférences inspirantes Lorraine Pagé, conférencière Le président de la SPHQ, d'ouverture sur le droit de vote Raymond Bédard, des femmes au Québec présente la conférencière Photo : Roger Thiffault d'ouverture Photo : Roger Thiffault Conférence de Marie-Hélène Brunet sur le rôle des femmes dans les récits historiques Photo : Jean-Claude Richard Atelier de Lise Roy et Philippe Gélinas sur la musique en Nouvelle-France Photo : Jean-Claude Richard Jimmy Grenier expliquant son vlogue sur l'histoire au secondaire Photo : Jean-Claude Richard Frédéric Côté-Garant et ses maquettes dans sa communication sur les cageux Krystal McLaughlin, conseillère aux programmes Photo : Jean-Claude Richard éducatifs de l'Assemblée nationale Photo : Jean-Claude Richard Alexande Dumas, conférencier sur le suffrage féminin entre l'Église et les politicien san Photo : Jean-Claude Richard Conférence de Martin Destroismaisons sur le génocide arménien Photo : Raymond Bédard Revue de la SPHQ | Hiver 2016 TRACES | Volume 54 non 55 Remise des prix lors du Congrès Photos : Roger Thiffault Raymond Bédard accompagné de tous les gagnants de ; prix de présence remis lors du 53° Congrès V0 \u2018 [ > \\) Raymond Bédard, Marie-Hélène Laverdière, gagnante, et Martin Landry de Montréal en Histoires ¥ ; LEE Mélanie Tanguay gagnante du prix Sylvie Richer, gagnante du prix de la Société du Musée du Grand Châteauguay - Maison LePailleur décerné par la directrice Karine Landerman remis par Jason a o£ Karine Trudel, gagnante et Caroline Castonguay, Picard-Binet, a représentante des Editions Pearson/ERPI représentant de Tourisme Wendake Guy Croteau, gagnant du prix remis par Catherine Thibault de la Commission des champs de batailles nationaux (Plaines d'Abraham) Sophie Beaudoin, gagnante du prix remis par Stefanie Johnston, représentante du Morrin Center François Garceau et Marie-Hélène Laverdière, gagnants du prix offert par Tourisme Cantons-de-l'Est Jean-François Maurice gagnant vi L die A du prix remis par incent Laverdiére, gagnan Marlene Walsh de la / et Maude Provençal du LC Musée des Ursulines de Station touristique Cn Trois-Rivières Duchesnay TRACES | Volume 54 no 1 Raymond Bédard en compagnie de Josée Prévost, gagnante du prix remis par Alain Houle des Éditions CEC Frédéric Gobeil, gagnant et Stella Begic, représentante de la Fondation Vimy Gilles Tremblay, gagnant et Véronique Binette de EF Voyages Culturels Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Q Les Pit fümon Deux! a XV sgl Wilfn pou de Sep fv dy 1940 e seen Sen fl dan dl adm fs pl baal J: Hau chacan Char Monde Prati Jeanp Ina 00g; Pip leg [sch Gl mé ny Andre ti i Stil hig Soi le No Mig), Rory tei LE in Vig) & Ces gant dy 2 du Musée auguay- Urdéceme Karine 1compagr \u20ac apte du Hove ds cr aed pate Quoi de neuf coté livres ?Les Pitt \u2014 Angleterre face a la France, 1708-1806 Edmond Dziembowski, Québec, Septentrion, 2015 Deux hommes politiques britanniques vont avoir une influence déterminante au XVIII* siècle en Angleterre, mais aussi en Amérique.Au cours de deux générations, ils se révéleront des ennemis acharnés de la France.William Pitt, dit le premier Pitt, entre aux Communes en 1735 et est porté au pouvoir en 1757 alors que son pays connaît les pires déboires dans la guerre de Sept Ans où s'opposent Français et Anglais à la fois sur mer et sur terre.Il y déploie une combativité indomptable, un peu comme le fera Churchill en 1940, et finit par triompher des Français au Canada.Mais, dans l'incapacité de s'entendre avec le nouveau roi, George III, il démissionne en 1761.Son fils William, dit le second Pitt, devient premier ministre à l'âge de 24 ans et gouverne l'Angleterre jusqu'à sa mort.À l'intérieur, son oeuvre économique et administrative est considérable.À l'extérieur, il se montre l'un des ennemis les plus farouches de la France révolutionnaire puis de Napoléon.Il défend également l'Acte constitutionnel de 1791 qui divise la colonie en deux provinces, le Haut-Canada et le Bas-Canada, avec des institutions parlementaires propres à chacune.C'est la naissance de l'Assemblée législative élue.Chacun à leur manière, ils ont installé la domination anglaise qui marquera le monde pour les décennies à venir.Pratiques et discours de la contreculture au Québec Jean-Philippe Warren et Andrée Fortin, Québec, Septentrion, 2015 En abordant la révolution sexuelle, la découverte des drogues, la création des coopératives d'alimentation naturelle ou la fondation des communes, Jean- Philippe Warren et Andrée Fortin offrent un panorama de la dynamique sociale sur laquelle repose la contestation des années 1960 et 1970 au Québec.[Is cherchent également à comprendre en quoi nous sommes en partie les héritiers de la contreculture.Du vacarme des spectacles rock au silence des séances de méditation et des rêves de voyages interstellaires aux retours à la terre, la contreculture ne cesse, encore aujourd'hui, de surprendre.Andrée Fortin est professeure émérite de sociologie à l'Université Laval.Elle a écrit plusieurs ouvrages sur le Québec, notamment sur ses réseaux, sa culture et sa ville.L'histoire nationale telle qu\u2019elle est enseignée dans nos écoles Sous la direction de Catinca Adriana Stan, Québec, PUL, 2015 Le nouveau programme d'histoire des 3° et 4° années du secondaire sera inévitablement le reflet du rapport de forces entre les historiens et les didacticiens, représentants de deux visions différentes de l\u2019histoire.Dans ce débat, les concepts de citoyenneté et de nation semblent s'exclure mutuellement, l\u2019un encourageant l'élève à s\u2019intégrer comme individu, l'autre s'adressant à lui comme membre d'une collectivité politique.Au bénéfice des enseignantes et enseignants qui travaillent en première ligne, la chercheure a réuni dans cet ouvrage les partisans de ces deux visions tout en suggérant, en introduction et en conclusion, qu\u2019elles Revue de la SPHQ | Hiver 2016 eu Rnglotèrr face 4 la Ags-1e06 ets Ek 15 5 Py Be Jp.= TRACES | Volume 54 no 1 57 fr 4] ph \u201c0 a | à bi: { a 4 \\ 5 1 A, 7 At Ë a \\ - oY LA ¢ { | On ez au CCM LAC ®t K D.istoire du Quebecet du Carada Parution ce intemps res MOUSE Macs LS od EC inistonss ges IBSEED daire 58 TRACES | Volume 54 no 1 Revue de la SPHQ | Hiver 2016 Ke Le 1 a | MARCEL MARTEL 1424 it QU VICE AU CANADA my.\"EXEMPLE, 5 Mh: «YF LS EPMONS GID, = +2 Peter Gossage et ) 1.Life UNE HISTOIRE .DU QUÉBEC \u201cte HOGAN oF mode té Cos tp Hurtubise | Revue de la SPHQ | Hiver 2016 sont complémentaires et tout à fait compatibles avec l\u2019enseignement de l\u2019histoire nationale.Vous y trouverez l\u2019avis de M.Bédard, président de la SPHQ, ainsi que celui du vice-président Félix Bouvier co-signé par Myriam D\u2019Arcy.Une brève histoire du vice au Canada depuis 1500 Marcel Martel, Québec, PUL, 2015 Une brève histoire du vice au Canada depuis 1500 s\u2019intéresse aux débats et aux réglementations qui ont influencé, pendant plus de 500 ans, les attitudes des Canadiens à l\u2019égard de certains vices.Les premiers colons européens ont instauré un ordre moral chrétien régissant les comportements sexuels, les jeux d\u2019argent et de hasard et la consommation d\u2019alcool.Plus tard, certaines transgressions ont été considérées comme des problèmes de santé nécessitant un traitement.Ceux qui refusaient de considérer ces comportements comme des maladies affirmaient qu\u2019ils faisaient partie de l\u2019éventail normal des comportements humains.Cette synthèse historique montre comment la régulation morale a évolué au fil du temps et comment elle a façonné la vie des Canadiens.Elle cherche à expliquer pourquoi certains comportements ont été ciblés pendant des périodes précises et pourquoi certains individus et groupes se sont sentis habilités à tenter de résoudre des problèmes sociaux collectifs.Avec, en toile de fond, l\u2019évolution de l\u2019État, l\u2019accroissement de la participation citoyenne à la vie politique et l\u2019usage de plus en plus fréquent des tribunaux par les activistes, l\u2019auteur illustre la complexité des diverses formes de régulation sociale et de contrôle du vice.L'homme et la forêt.L'exemple de l\u2019Outaouais Pierre-Louis Lapointe, Québec, GID, 2015 Ce livre présente les grands pans de l\u2019histoire forestière du Québec en prenant pour exemple la région de l\u2019Outaouais.L\u2019auteur relate l\u2019exploration du bassin de la rivière des Outaouais et de ses affluents par les voyageurs de l\u2019époque de la traite des fourrures, le travail périlleux des cageux et des draveurs menant vers les moulins le bois laborieusement arraché à la forêt par les bûcherons.Il retrace aussi le mode de vie des travailleurs forestiers dans l\u2019industrie du sciage et dans celle des pâtes et papiers au début du XX\u201c siècle.Présenté en 48 textes abondamment illustrés, ce survol historique permettra sûrement à de nombreux lecteurs d\u2019y raccrocher la tradition orale de leur propre famille et, qui sait, d\u2019y relier le parcours et le récit de vie d\u2019un grand-père, d\u2019un père ou d\u2019un oncle dans cet important secteur d\u2019activité.Une histoire du Québec : entre tradition et modernité Peter Gossage et Jack |.Little, Montréal, Hurtubise Il y a environ 7 500 ans, le glacier continental se retira du paysage de ce qui deviendra le Québec.Ainsi commence cette histoire fascinante et abondamment illustrée d\u2019une terre unique et magnifique, une histoire qui s\u2019est constamment transformée au fil des siècles au gré des mouvements des habitants de ce territoire.Dans une langue concise et élégante, traduite avec justesse de l\u2019anglais par Hélène Paré, Peter Gossage (professeur d\u2019histoire à l\u2019université Concordia) et Jack I.Little (professeur d\u2019histoire à l\u2019Université Simon Fraser) racontent le passé du peuple et de l\u2019espace québécois, là où les interactions entre la tradition et la modernité ont forgé une identité comparable à nulle autre dans le monde.TRACES | Volume 54 no 1 59 \u2026 COté musées ?MUSÉE POINTE-À-CALLIÈRE 350, Place Royale, Vieux-Montréal (Du 8 décembre 2015 au 17 avril 2016) Sur les traces d\u2019Agatha Christie Pointe-à-Callière présente en primeur mondiale l'exposition Sur les traces d\u2019Agatha Christie qui propose une découverte de la célèbre romancière a travers sa vie, son ceuvre, son imaginaire et ses univers dont celui de l\u2019archéologie.Cette exposition se classe parmi les grands événements internationaux qui soulignent le 125\u201c anniversaire de naissance de la célèbre auteure qui a vu le jour le 15 septembre 1890.Peu de gens savent que le destin de cette femme imaginative et aventureuse est intimement lié à l\u2019archéologie qui a joué une part importante dans sa vie personnelle et professionnelle.Mariée à l\u2019archéologue Sir Max Edgar Lucien Mallowan, Agatha Christie a été témoin d\u2019importantes découvertes Y entre 1930 et 1960 sur des sites de l\u2019antique Mésopotamie, région historique qui correspond aujourd\u2019hui à l\u2019Irak et la Syrie et où sont nées l\u2019écriture et l\u2019agriculture, entre autres.Elle n\u2019a pas été que spectatrice sur ces sites : en plus de financer certaines fouilles entreprises par son mari, elle nettoyait, classait et documentait les travaux par des photos et des films que l'on peut voir dans l'exposition.Certains artefacts manipulés par Agatha Christie et provenant des chantiers de fouilles gérés par Max Mallowan ou de sites archéologiques qu\u2019elle a visités en Égypte et au Moyen-Orient font partie de l\u2019exposition.Offerte en exclusivité à Montréal, l'exposition réalisée par Pointe-à-Callière présente au total quelque 320 objets provenant de musées renommés tels le British Museum de Londres, le Metropolitan Museum of Art de New York et le Musée Royal de l\u2019Ontario de Toronto.MUSÉE CANADIEN DE L\u2019HISTOIRE 100, rue Laurier, Gatineau (Québec) (Du 3 décembre 2015 au 17 avril 2016) Viking Les réalisations d\u2019une culture scandinave complexe d\u2019un grand raffinement, et un monde surnaturel habité par Thor, Odin et d'autres dieux et géants, sont à l\u2019honneur dans cette exposition remarquée à l\u2019échelle internationale.On tente d\u2019y rétablir la vérité sur ces peuples nordiques que sont les Vikings.L\u2019exposition Vikings propose un grand nombre de présentations interactives stimulantes et 500 artefacts provenant du musée national d\u2019histoire de Suède dont certains ont rarement été exposés à l\u2019étranger.L'exposition permet de mieux comprendre le véritable univers des Vikings et de déboulonner le mythe qui les entoure.L'exposition est réalisée par le Statens historika museet de Suède, en partenariat avec la firme Museums Partner d\u2019Autriche, et présentée au Musée canadien de l\u2019histoire.TRACES | Volume 54 no 1 Revue de la SPHQ | Hiver 2016 (sf Formulaire d\u2019adhésion Devenez membre de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec dès maintenant et recevez gratuitement les quatre numéros annuels de la revue Traces.IDENTIFICATION | NOM © .\u2026.\u2026.\u2026\u2026\u2026vvccrcrrrescrereersense evrrvtsrrcerersenses en encemesre sess sss session PLÉNONI © ees esses sess essen | Nom de l'organisme (s\u2019il y à ll@U) : \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026rcrerceerremerrerevrerrrererareensenserensrensreeeraceree or roremercererevecvererrerenseesen een AQTESSE : verser srsraneeraeresesoneeseonreneenmncenserreemeern meer ones one evene rene er eer ee meer | | ! VÎIlE © crete snes rss sree snes es sss srs sass sess sss srs assesses Code postal : \u2026\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026ceeeeeenens | PrOVINCE © evecare sees sess sess ses srs PAYS © oer crn rnin rss rss ra etnies He | TEIEPRONE © oostevo es essere rere estes ess ses esse etre et re esse rete errr errs ree aps | koi | COUFFÏ@Ï © .\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026.\u2026.ncrcnecrmessrmsereoneereasves serres notre re een er re te tr mr eee eres sere soe ads f ane | .; | FONCTION OU ORGANISME O Établissement d\u2019enseignement 1 dyes D Enseignant O Directeur d\u2019école Yoketle O Commission scolaire 4 i D Étudiant D Conseiller pédagogique 0 AULIE © eee ceria ene ORDRE D'ENSEIGNEMENT O Primaire O Secondaire Od Collégial O Universitaire 5 Autre : cere COTISATION 1 AN 35 $ Étudiant ou retraité 65 $ Enseignant 75 $ Organisme ou institution © qui ; is 2 ANS 65 $ Étudiant ou retraité 125 $ Enseignant 145 $ Organisme ou institution que soi gl MODE DE TRANSMISSION iy gui Retourner le formulaire rempli accompagné d\u2019un chèque à l\u2019ordre de la SPHQ à l\u2019adresse suivante : rite à Madeleine Vallières, trésorière 36, rue Frost, CP 48 Fort-Coulonge (Québec) JOX 1V0 Ce formulaire est également disponible sur le site : http://sphq.recitus.qc.ca re POSTES PUBLICATIONS DESTINATAIRE NUMERO DE CONVENTION : 40044834 Adresse de retour SPHQ, 1319-A, Chemin de Chambly Longueuil, QC, J4J 3X1 NE AY SN HR w (M ui f 7 à HAT {UIA \\ f Rs .x ad BEC | | Ig i A 7 | 4} 2, ae a | \u2018a x Via 225 A I | | / | | 7\u201d vif | i 7 a à ell 4 | yal OA ET 3° CONGRÈS QUÉBÉCO NEGA is i ETAT GIS &S I! | ov ul?Ww | | fo Eu VAR A) ne Ÿ RU AY TRACES TRACES 1 {AEG nigh } Fo \\ IE \u2014 Vi \\ ba, hl ent ; | ; / Fh \\ | at - ee a: {bi \\ = 2 iY o at fes 5 FM Pare = Gh 1 4 | ICE m far fes > =.1* hy £17 aT 4 CIEL 3 | Pa 4 vi ai > a ES a I "]
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