Traces : revue de la Société des professeurs d'histoire du Québec, 1 mars 2019, Mars
[" = pr 2 = = cs Tre mms >, sas = = on EES cezzea co ZE ii = = == EERE oC en EE = = 233 == Smet = ER DES \u2018 A ue Sa Tp 7) = 2% A ON \u20acs = + JF A qr NO ; -£ \u201c ; k EL] ™ d'a Le } PES 11] 4 * ir Xo in = pe au LA ow, - ; ar VOLUME 57 | 2 Ki 1181 21d hh i 4h { = .4 som\u2014\u2014 A y 4 Mie 3 1 K 4 ah orme al 1S Pia IN) 4 CEN Su 7 : | | Lo RE & Pa x} [E Hm + 25 Li wT à 5 5 Lam | A PS A M #15 \u201c af = % Ary re 41 ir rf à Le 4 3} ui POET Tou Lo PE i] 4 +2 VY Ry LT fire Wr \u201cNe |X LN UST) ih ox 7 a Es N bp ABR a, } co ET ~~ & - 2 Re 4 = fos Æ a ss : po > #5 EF AS > > A Sie WN a Pro 22 Bs EA = 7 sa SE LE CS Se \u201c # i) J) an 4 La = ; A & Lt ~ À = Tori À \u201c & Ë i sg Ge ra w ST BT \u20ac s Ani, 3 \u201cx A u af Ps Bt Si a Ire TE oo, IC #i = w= Mine be 9 LN > = & hg SAR æ ce 2h \u201c a.5 À a 5) ve av NA J = | 4 Ps »% ~ PR * E _- LS pi nn, RLS cr EF: = A à 3x ce D'HISTOIRE DU ea # a re < ped 1) Fy.3 Pe Pa | : IA 0 a { * B hl af ee ES SE int = N VOUS AVEZ UNE APPROCHE ORIGINALE POUR ENSEIGNER L'HISTOIRE CANADIENNE?NOUS VOULONS LA CONNAÎTRE! La Société Histoire Canada est à la recherche des meilleurs professeurs d'histoire canadienne au pays.Que vous ayez trois où trente années d'expérience, la Société veut souligner le leadership et l'esprit innovateur des enseignants qui transmettent aux jeunes leur passion pour le passé.SIX LAURÉATS REÇOIVENT une bourse de 2 500 $; une seconde bourse de 1 000 $ réservée à leur école; une médaille décernée par la gouverneure générale; un voyage pour deux personnes à Ottawa afin de participer à une cérémonie officielle, assister au Forum Histoire Canada et festoyer lors du Gala Histoire en marche.Pour de plus amples renseignements ou pour proposer un enseignant, visitez histoirecanada.ca/Prix Canadä D HISTOIRE Rey Adi Traces Volume 57 no 2 e Printemps 2019 | SPHQ | Mot du président Raymond Bédard 3 À la mémoire de Michel Sarra-Bournet 5 Prix d'excellence de la SPHQ \u2014 17° législature du Parlement des jeunes 17 Pleins feux sur l'Histoire La Grande Guerre et ses retombées sur les Etats-Unis Is NOLUME 57-NO2 yu.Bernard Lemelin 6 Une histoire du droit, de la justice et de l'indépendance CL .Martine Valois 37 Activités pédagogiques Le potentiel éducatif des lieux historiques pour les élèves du primaire : le cas ° ° du Fort Chambly | Didactique en mouvement Catinca Adriana Stan, Julien Vallée-Longpré et | oo ; Alexandre Zarié 12 Le programme d'histoire du Québec et du Canada au secondaire, une grande ; victoire de la SPHQ - 3¢ partie (2013) La Réserve des collections archéologiques pe ; de la Ville de Montréal Félix Bouvier 24 Valérie Dezelak 18 Apprendre l'histoire en jouant à des jeux vidéo ?21120 n Thierry Karsenti et Julien Bugmann 39 Ephéméride XX siècle Raymond Bédard 22 Quoi de neuf ?Côté livres 45 En page couverture, vue de l\u2019Église de Saint-Dominique depuis le Pavillon Pierre-Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec, Plus d\u2019information en p.44.Côté musées 47 Photo : Lucie Lagué, 5 mars 2017 Revue de la SPHQ | Printemps 2019 TRACES Volume 57 no 2 1 p 2 des SPHQ La Société des professeurs d'histoire du Québec (SPHQ) a été fondée à Québec le 20 octobre 1962 à l'initiative du professeur Pierre Savard (1938-1998), secrétaire de l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Université Laval, avec la complicité du professeur Marcel Trudel (1917-2011), de la même.institution, et de l'abbé Georges-Étienne Proulx (1921-1998).La SPHQ a pour mission de promouvoir l\u2019enseignement de l\u2019histoire au Québec, sous tous ses aspects auprès de ses membres et de la population en général, et de contribuer à assurer l\u2019information et le développement professionnel de ses membres.À cette fin et par son expertise, elle peut mener des campagnes d'information et d\u2019éducation, faire des représentations et des recherches concernant l\u2019enseignement de l'histoire au Québec, développer des alliances avec d\u2019autres organismes et prendre tout autre moyen jugé utile pour réaliser cette mission.La revue Traces vise à assurer la diffusion de l'information et le développement professionnel des membres de la SPHQ.Elle se veut un outil de perfectionnement pour tous ceux que l\u2019enseignement de l\u2019histoire intéresse, et le promoteur de l\u2019enseignement des sciences humaines au primaire et de l\u2019histoire au secondaire.Le nom Traces a été choisi pour rappeler les fondements de l\u2019Histoire qui se construit à partir des preuves de la présence des humains et de leur société dans le passé.Il rejoint, en second lieu, l'empreinte particulière laissée par l\u2019enseignement de l\u2019Histoire sur l'individu qui le reçoit.Il évoque finalement l\u2019action et l'influence passées et présentes de la SPHQ dans le domaine de l\u2019Histoire et de son enseignement au Québec.TRACES | Volume 57 no 2 Société professeurs d'histoire Québec Comité de rédaction : Raymond Bédard, Félix Bouvier, Marc-André Éthier Révision des textes : Suzanne Richard Infographie : Lucie Laguë Impression : Imprimerie des Éditions Vaudreuil, 2891, du Meunier, Vaudreuil- Dorion, Québec, J7V 8P2 Dépôt légal : Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada, ISSN 0225-9710.Envoi de publication no 40044834.Port de retour garanti.Date de parution : mars 2019 Indexé dans Repère.Reproduction autorisée avec mention de la source, à moins d'avis contraire.Les opinions exprimées dans les articles publiés dans ce numéro engagent la responsabilité de leurs auteurs uniquement.Les titres, textes de présentation, encadrés, illustrations et légendes sont de la rédaction.Correspondance Revue Traces de la SPHQ C.P.311 Saint-Bruno-de-Montarville (Québec) J3V 568 Site Internet : www.sphq.quebec Publicité et distribution president@sphq.quebec Adhésion annuelle à la SPHQ avec 4 numéros Individu : 75 $ Institution : 85 S Retraité ou étudiant : 40 $ Frais de-poste et de manutention inclus Revue de la SPHQ | Printemps 2019 Bes Bos Suiv Bos Oy the di Ce Jou i Yo my On de Rey rien.Aes acon.melts Mot du président Raymond Bédard Enseignant d\u2019histoire en 4° secondaire Baccalauréat en enseignement au secondaire Pénurie d\u2019enseignants a présence de représentants de nombreuses commissions scolaires au colloque du BES, qui avait lieu à Drummondville en début mars, est symptomatique du manque d'enseignants dans les écoles secondaires de plusieurs régions du Québec.La SPHQ (représentée alors par Samuel Rabouin et moi-même), qui participait à ce colloque avec un kiosque d'information au salon des exposants, n'a pas manqué de souligner l'importance de la formation continue chez ces futurs enseignants.Les nombreux finissants qui se sont arrêtés au kiosque ont pu constater le rôle dynamique que joue la SPHQ pour la profession avec la tenue de son congrès annuel, la publication de la revue Traces, son site web, les infolettres et les nombreux partenariats développés au fil des années avec différentes institutions telles que les musées et les organismes voués à l'éducation.C'est dans cet esprit que la SPHQ décerne chaque année, en collaboration avec les facultés des sciences de l'Éducation et aux étudiants recommandés par leurs professeurs, des prix d'excellence universitaire comportant une inscription gratuite au congrès de la SPHOQ.À l'instar des rencontres organisées dans les facultés d'éducation, cette participation au colloque du BES fut une belle occasion pour la SPHQ de rejoindre les futurs enseignants.Appropriation culturelle ?En janvier 2020, le Metropolitain Opera de New York présentera au Lincoln Center le célèbre opéra Porgy and Bess de George Gershwin (1898-1937) créé en 1935 à Boston et joué à Londres en 1952, puis à Paris l'année suivante.Cet opéra en trois actes, sur un livret de Du Bose Heyward et Ira Gershwin d'après le drame Porgy de Du Bose et Dorothy Heyward, est considéré comme un chef-d'œuvre du genre.L'action se déroule en Caroline du Sud et raconte l\u2019histoire de Porgy, infirme, et de Crown, débardeur, qui se disputent l'amour de Bess.Le joueur Sportin'Life convainc cette dernière d'aller vivre à New York, Porgy furieux tue Crown et suit Bess à New York.\" Le commentaire de Jean-Yves Bosseur sur cette ceuvre nous fait réfléchir sur le sens que certains donnent au concept d'appropriation culturelle.« Il est caractéristique des États-Unis que ce soit un Juif de New York, d'origine Revue de la SPHQ | Printemps 2019 russe, qui ait imposé internationalement une grande œuvre lyrique destinée à être exécutée uniquement par des Noirs.Le drame des minorités raciales et de leurs problèmes sociaux y est conduit avec un sens profond du tragique, dans une réussite musicale qui ne fait appel à aucune idéologie.»° Par sa nature, la culture est métissée et se nourrit d'influences multiples, il ne faut pas l'isoler dans des chapelles culturelles dogmatiques qui risquent de l\u2019asphyxier.Impérialisme américain Le 17 avril 1961, un corps expéditionnaire composé de mercenaires et d'exilés cubains entraînés par la CIA débarque à Cuba dans la baie des Cochons pour reprendre l\u2019île aux mains des révolutionnaires socialistes TRACES | Volume 57 no 2 Castro et Che Guevara.Cette tentative d'invasion échoue lamentablement et amène le président américain Kennedy à décréter un blocus économique de Cuba toujours en vigueur aujourd\u2019hui.Le 11 septembre 1973, le gouvernement d'union populaire d'Allende au Chili est renversé par l\u2019armée et remplacé par une junte militaire dirigée par le général Pinochet avec la complicité de la CIA.Ces deux exemples d'interventions américaines dans les affaires internes d'autres pays illustrent bien la forme d'impérialisme américain issue du corollaire que le président Théodore Roosevelt a ajouté à la doctrine Monroe au début du 20° siècle et qui autorisait les États-Unis à intervenir là où ses intérêt sont menacés.Les menaces du président américain Donald Trump à l'égard de Cuba et du Venezuela semblent renouer avec cette position puisqu'il s'apprête à utiliser la loi américaine Helms-Burton de 1996 qui ne fut jamais appliquée depuis la présidence de Clinton, en raison de son chapitre 3 qui permet la suspension de la loi tous les six mois.Face à cette situation, l'ambassadrice de Cuba au Canada, Josefina Vidal, déclarait à juste titre que « [les] États-Unis ne peuvent pas poursuivre devant leurs tribunaux des sociétés ou des investisseurs des autres pays, comme le Canada, parce qu'ils font affaire avec Cuba.Ça viole toutes les règles et tous les principes du droit international.C'est une application extraterritoriale des lois américaines.»* Assisterons-nous à la mise en place d'un nouvel impérialisme américain plus agressif ?Le mea culpa de l\u2019Église catholique Le sommet sur les abus sexuels de l'Église tenu à Rome en février à l'initiative du pape François est une premiere et les attentes étaient grandes pour les nombreuses victimes à travers le monde.La destitution du cardinal Pell en Australie, un proche du pape François, les scandales du clergé catholique aux États-Unis et le récent procès pour abus sexuel dans la région de Lyon (déjà abordé dans le film Grâce à Dieu de François Ozon !) sont autant de malaises que suscite l'Église catholique à l'heure actuelle.Plusieurs s'interrogent sur les causes qui rongent les rangs de l'épiscopat catholique depuis tant d'années.Le rejet de l'homosexualité et l'interdiction du mariage des prêtres sont dans la mire des analystes.Le Québec n'a évidemment pas été à l'abri des abus sexuels commis par des membres du clergé catholique au fil des ans.Les récentes poursuites judiciaires intentées contre cinq communautés religieuses en témoignent.Au delà de ces actes d'agressions sexuelles qui ont brisé la vie de centaines d'enfants, le plus troublant est le culte du silence ou l'omerta des autorités ecclésiastiques à l'égard de ces actes odieux.Dans sa pièce de théâtre, La 4 TRACES | Volume 57 no 2 divine Sarah, l'auteur québécois Michel Marc Bouchard avait abordé ce sujet troublant de notre histoire récente par le biais de la venue, fortement dénoncée par l'évêque de Québec, de la grande Sarah Bernard dans la ville de Québec au début du 20° siècle.Ce nouveau chapitre de l\u2019histoire de l\u2019Église vient s'ajouter à la liste déjà tristement célèbre des abus sexuels qui ont eu lieux dans les pensionnats autochtones et devra aussi éventuellement être abordé en classe d'histoire.Pont Samuel-De Champlain Lorsqu'à l'automne 2014, le gouvernement conservateur de Stephen Harper lance l'idée de rebaptiser le nouveau pont Champlain, alors en construction, du nom de Maurice Richard, la SPHQ avait réagit rapidement dans les médias pour dénoncer ce manque de sensibilité à l'égard d'un des personnages les plus marquants de l\u2019histoire du Canada, Samuel de Champlain considéré comme le père de la Nouvelle-France.Le 7 novembre 2014, un article signé par moi-même et Félix Bouvier était publié dans Le Devoir dénonçant l'abandon du toponyme Champlain, suivi d'une entrevue sur les ondes de Radio-Canada, avait clairement positionné la SPHQ.De plus, nous soulignions que le moment était opportun de respecter les règles de la toponymie en nommant le pont du nom complet du personnage Samuel De Champlain.Nous écrivions en terminant, « Enfin, nous avons un devoir de mémoire et une obligation pour la conservation de notre patrimoine.En somme, il faut respecter notre histoire et maintenir, pour le nouveau pont, le nom de ce grand homme que fut Samuel de Champlain.Si l'on veut une distinction avec l'ancien pont, aussi bien le nommer conformément aux règles de toponymie : Samuel-De Champlain.» L'annonce récente du gouvernement Trudeau de rebaptiser ce nouveau lien entre Montréal et la Rive-Sud, pont Samuel-De Champlain, est une excellente nouvelle pour la mémoire de ce personnage majeur de notre histoire.Partenariats Le lancement du numéro Traces 57-1 (hiver 2019) au Centre Segal à Montréal, en collaboration avec le Musée de I'Holocauste de Montréal, a été un beau succès et ce, malgré le report d'une semaine de l'événement en raison de la tempête de neige.Après le cocktail d'ouverture et les mots de bienvenue, les personnes présentes ont pu assister à une conférence de l'historienne Mme Audrey Lecop sur la façon d'enseigner les génocides suivi d'une visite commentée du Musée de l\u2018Holocauste.Vous trouverez sur le site Internet de l\u2019École Branché, dans la rubrique des rendez-vous pédagogiques, une entrevue de moi réalisée par Stéphanie Dionne lors du Revue de la SPHQ | Printemps 2019 Raye There dem Jel Um \u201cHl ma À Rey Mug è Forte Te pa \"0 dans Muiggy als - Irigy SET lel TOuveay \"om de \"ent dan sblté à ts de Considéré Ovembre : Bouvier ndor du ss ondes PHO soon \"ommant mel De Fr, TOUS 1 pour s | fut ue mue de nen aes get nouvel ye 08 nmol 193 2 Musée 2% ae, on 30 reel cot huey dune gardé 65 ure ; rs d 15579 Raymond Bédard, Stéphanie Cousineau , Véronique Charlebois, Theresa Gabosse et Caroline Charest Traces Dans ce numéro du printemps, l'historien Bernard Lemelin analyse les impacts multiples de la Première Guerre mondiale sur l'évolution des États-Unis, tandis que Félix Bouvier propose le 3° volet de sa série sur les débats entourant le programme d'histoire du Québec.Julien Vallée-Longpré, et Alexandre Zarié, sous la supervision de Catinca Adriana Stan, évoquent le potentiel pédagogique d'une visite scolaire au Fort Chambly.Valérie Dezelak visite pour nous la Réserve des collections archéologiques de Montréal.Thierry Karsenti et Julien Bugmann soulignent la pertinence du jeu Assassin's Creed pour l'apprentissage de l\u2019histoire.Martine Valois de la faculté de droit aborde les limites d'une société de droit et des impératifs politiques.Pour ma part, je vous propose un projet pédagogique à l'aide des archives du journal La Presse numérisées par la dernier congrès et qui s'intitule « Éveiller la curiosité des BaNQ.Et pour terminer, la rubrique Quoi de neuf, côté jeunes pour l\u2019histoire ».livres et côté musées.Bonne lecture ! w No Université d'Oxford, Dictionnaire encyclopédique de la musique, sous la dir.de Denis Arnold, Paris, Robert Laffont, 1988, p.511 Histoire de la musique occidentale, sous la dir.de Jean et Brigitte Massin, Paris Fayard, 1885, p.1088 Propos de Josefina Vidal citée par Réjean Bourdeau, «Trump pourrait durcir les sanctions.et cibler les entreprises étrangeres, » La Presse+, 2 mars 2019 : Section Actualités, 19° écran À la mémoire de Michel Sarra-Bournet (1964-2019) C'est avec tristesse que nous avons appris le décès de Michel Sarra-Bournet, le 1° février dernier.I| a été conférencier d'ouverture du congrès de la SPHQ en octobre 2017, juste avant que la maladie ne se déclare et limite ses activités professionnelles.Membre du CA de la SPHQ de 2007 à 2010, il a collaboré à la revue Traces.Historien et politologue, Michel était spécialiste de l'histoire politique, économique et intellectuelle du Québec.Il a complété un doctorat en histoire à l\u2019Université d'Ottawa et poursuivi des études postdoctorales à l'École nationale d'administration publique.Sa passion pour un Québec souverain l'a mené à être conseiller politique du chef de l'opposition officielle à la Chambre des communes d'Ottawa, puis du premier ministre du Québec, Lucien Bouchard.Il à de plus été conseiller aux affaires gouvernementales pour l'Association nationale des éditeurs de livres et directeur de la revue Bulletin d'histoire politique.|| était le grand spécialiste de la période Duplessis depuis son étude sur l'affaire Roncarelli.Chargé de cours à l'Université de Montréal et à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), il était chercheur associé à la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes de l'UQAM.Parmi ses œuvres, on compte notamment : L'affaire Roncarelli-Duplessis contre les Témoins de Jéhovah, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1986, (Prix Edmond-de-Nevers) Duplessis-Entre la Grande Noirceur et la société libérale, sous la dir.A-G Gagnon et M.Sarra-Bournet, Montréal, Québec-Amérique, 1997.L'autre 150°, l'Histoire derrière l'anniversaire, Gilles Laporte et Michel Sarra- Bournet, Montréal, Québec-Amérique, 2017.Revue de la SPHQ | Printemps 2019 TRACES | Volume 57 no 2 5 La Grande Guerre et ses retombées sur les États-Unis Bernard Lemelin Professeur, Département des sciences historiques, Université Laval ovembre 2018 a marqué, nous le savons, le 100° anniversaire de la cessation de la Première Guerre mondiale, le conflit le plus dévastateur de l\u2019histoire de l'humanité jusqu'alors.De faire valoir un historien à cet égard : « The totals of people affected by the war were staggering: over 65 million military personnel were engaged, with 8 million killed in combat and more than 21 million wounded.The losses among civilians were even higher.[.] The war cost more than $281 billion in military expenses and damage to civilian property.The ground operations, in terms of personnel losses, were the costliest in military annals up to that time ».! Bouleversant la carte politique de l'Europe et posant les germes de la Seconde Guerre mondiale, ce premier conflit mondial a également de multiples conséquences sur une nation telle les États-Unis, et ce, même si ces derniers, dont la contribution militaire et financière a revêtu un caractère on ne peut plus décisif,?connaissent une période de belligérance (avril 1917-novembre 1918) plutôt courte.Jeter un bref regard sur quelques-unes des répercussions fondamentales dudit conflit sur le pays de l'Oncle Sam, tant sur les plans socio-économique que militaire et politique, tel est l'objectif prioritaire de ce texte.Impact militaire Causant la mort d'environ 53 000 soldats américains et en blessant plus de 200 000, la Première Guerre mondiale permet d'abord l'adoption rapide de la conscription (Selective Service Act de mai 1917).Une telle mesure n'est pas banale pour les États-Unis si l\u2019on considère qu'il s'agit d'une première depuis l'époque de la guerre civile\u201c et que le métier des armes n'entiche apparemment que très peu la population masculine : « En 1913, la France compte 1 soldat pour 53 habitants; en 1917, les États-Unis, eux, comptent 1 soldat pour 516 habitants ».° Toujours est-il que les premières troupes américaines arrivent en France dès juin 1917 et ne manquent pas de s'illustrer, surtout à partir du printemps 6 TRACES | Volume 57 no 2 1918.Incidemment, ce sont plus de deux millions de soldats des États-Unis qui, vers la fin de la conflagration, ont été transportés sur le Vieux Continent.\u201d Outre la mobilisation des hommes, la Première Guerre mondiale donne ni plus ni moins naissance à l\u2019armée américaine du XX° siècle.\u201c En fait, l'expérience de 1917- 1918 amène les autorités militaires du pays à examiner pleinement les correctifs devant être apportés à ladite « institution ».Or, cet effort de réflexion, entre autres choses, mène au National Defense Act de juin 1920, une mesure qui, malgré ses lacunes, s'avère significative : At last, the Army high command endorsed the citizen-soldier\u2019s worth, ending a long debate about the ability of militia-type forces to achieve high-level combat efficiency.The generally impressive performances of the citizen-soldiers in the First World War led to new emphasis on reserve and militia forces.The measure also provided for a sweeping reorganization of the Army, dividing it into the Regular Army, the National Guard, and the Organized Reserves.The Army's authorized strength was far larger than previously allotted during peacetime.The National Defense Act also provided for two new branches, the Air Service and the Chemical Warfare Service, which, like the strengthened reserves, would prove crucial in World War Il Retombées diplomatiques et politiques Les effets de la Première Guerre mondiale se font également sentir, comme on peut le deviner, sur la politique étrangère américaine.Mentionnons simplement ici que ce conflit, alimentant les tensions avec des pays tels le Japon et la Russie, élève véritablement le pays de l'Oncle Sam au rang de puissance mondiale,\" celui-ci passant notamment de nation débitrice à créancière.Conscients de leurs nouvelles responsabilités, les Américains, quoique désintéressés par le rôle de gendarme mondial durant l'immédiat après-guerre, se fe- Revue de la SPHQ | Printemps 2019 sont C celta! ge prés Brant en dé ites fode nce dup ol fete fed Woo lépo fed prog par des prod une mon Boar Aer nto que des Eo Supe all Inter dans 100s ge agration 1 : Ore | amée pe 1917.3g FE 2 autres A 920) me ront d'ailleurs connaître pendant les années 1920 pour certaines de leurs initiatives internationales (conférence de Washington de 1921-1922 sur le désarmement naval, prêts consentis à la réhabilitation de l'Allemagne, pacte Briand-Kellogg de 1928, etc.).En somme, les États-Unis, en dépit de leur attachement aux principes isolationnistes, ne vivront nullement en vase clos durant la période post-1918.\" En ce qui a trait à la politique intérieure, les conséquences du premier conflit mondial ne sont pas triviales non plus.Qu'il suffise de relever que la période 1917-1918 voit l'extension considérable des pouvoirs du gouvernement fédéral et spécialement de ceux du président démocrate Woodrow Wilson,'?ce qui préfigure en quelque sorte l'époque du New Deal.\"* Le dirigisme du gouvernement fédéral, accueilli plutôt favorablement par les leaders progressistes de l'époque,'* se manifeste entre autres par le fait que ce dernier, veillant au financement des achats de guerre et désireux d'en arriver à une productivité efficace, prend, suivant l'entrée en guerre, une série de mesures énergiques touchant à la fois le monde du travail (création du « National War Labor Board »),* de l\u2019agriculture (établissement de la « Food Administration »)'\u201c et de l'industrie.Sur ce dernier point, notons surtout l'apparition du Bureau des industries de guerre (« War Industries Board »), certes la plus puissante des agences fédérales à avoir été créées à cette époque,\" et dont l\u2019un des objectifs-clés consiste en la supervision du financement des achats de guerre et des allocations de matières premières.'® Représentant une intervention sans précédent du gouvernement fédéral dans l'économie,'\u2019 ce Bureau permet la conversion de de 1913 à 1921.Revue de la SPHQ | Printemps 2019 pas moins de 25 % de la production civile en production de guerre.\u201d Au dire du spécialiste David Kennedy, une telle agence servira clairement de modèle à la « National Recovery Administration » (NRA) des années 1930.\u201d C'est en ce sens, incontestablement, qu'il faut interpréter les propos du même historien selon lesquels la Première Guerre mondiale « established many precedents for future political developments ».\u201d Effets économiques Au chapitre de l'économie, les répercussions de la Première Guerre mondiale sont également notables.Ainsi, si celle-ci stimule considérablement l\u2018inflation\u201d et contribue à l'augmentation de la dette nationale,\u201d elle a pour effet de placer les États-Unis sur la voie de la prospérité.\u201d En effet, l'achat massif de produits américains (matériel ferroviaire, essence, céréales, sucre, etc.) par les belligérants européens, conjugué à la mobilisation en hommes et aux 10 milliards de dollars prêtés aux Alliés à partir du printemps 1917, fait que l'économie tourne à plein régime.\u201d Favorisant les fusions d'entreprises dans un contexte où les lois antitrust tendent alors à être appliquées avec laxisme,\u201d la participation du pays de I'Oncle Sam à la guerre, en garantissant des marchés intérieurs et extérieurs, bénéficie grandement à l'agriculture qui peut ainsi sortir du marasme dans lequel elle était plongée.\u201d Les prix agricoles, à vrai dire, font plus que doubler entre 1913 et 1918, assurant du même coup aux fermiers une prospérité sans précédent.Durant les pénibles années de l'entre-deux-guerres, incidemment, une myriade d'agriculteurs américains ressentiront de la nostalgie pour ces années fastes de la Première Guerre mondiale.\u201d Par ailleurs, tel qu'évoqué plus tôt, les États-Unis, en cessant d'être les débiteurs de l'Europe,\u201d se libèrent en quelque sorte de l'emprise étrangère et les bénéfices ainsi accumulés « vont bientôt leur permettre d'affirmer leur prépondérance financière, au moins sur le monde Thomas Woodrow Wilson (1856-1924) 28° président des États-Unis, il est élu pour deux mandats consécutifs Sa présidence marque un tournant majeur dans la diplomatie américaine en mettant fin à presque un siècle d\u2019une position isolationniste pour s'ouvrir à une politique interventionniste.À la fin de la Première Guerre mondiale, il proposera la constitution d\u2019un organisme international pour le règlement de conflits entre les pays, la Société des Nations, que malheureusement les États-Unis n\u2019intègreront pas.Le prix Nobel de la paix lui est décerné en 1919.TRACES | Volume 57 no 2 7 occidental.Le début d'une nouvelle époque ».\u201d Dans pareil environnement financier, il ne faut pas s'étonner de ce que les investissements américains à l'étranger se multiplient, passant d'un peu plus de 3 milliards de dollars en 1914 à 7 milliards de dollars en 1919.Une telle tendance s'amplifiera nettement au cours des années subséquentes : « By the mid-1920s US trade with Asia had doubled over prewar figures, and exports to Latin America had increased by twenty percent, with U.S.firms becoming the largest suppliers of foreign goods to Latin America by 1929.U.S.oil companies began to gain a foothold in the Middle East, and in the world's financial and trade circles Americans replaced the British as dominant figures ».* Répercussions sociales Nombreuses et primordiales, telles sont les qualificatifs décrivant au mieux les retombées de la Grande Guerre au plan social.« [L]a société [américaine] subit [alors \u2026] bouleversements sur bouleversements » affirme sans ambages André Kaspi à cet égard.\u201d En premier lieu, la Première Guerre mondiale alimente le climat d'intolérance propre aux années 1917-1920 en particulier.Précisons ici que les autorités américaines, durant la période de belligérance, cherchent à tout prix à supprimer les dissidences.Dans cette optique, le gouvernement de Woodrow Wilson ne tarde pas à créer (avril 1917) un « Committee on Public Information » afin de diriger les efforts de propagande\u201d et le Congrès, dans la foulée, adopte un arsenal législatif (Espionage Act de juin 1917, Sedition Act de mai 1918, etc.) pour mobiliser les « esprits » et protéger la sécurité nationale.\u201d Or, de telles initiatives ont pour effet d'attiser les passions populaires, * pavant ainsi la voie à maintes violations du 1 amendement à la Constitution sur la liberté d'expression.Dans un tel contexte, maints Américains écopent, à commencer par les « radicaux », dont le leader socialiste Eugene Debs qui est incarcéré plus de deux ans après avoir prononcé un discours pacifiste en juin 1918.\u201d Toutefois, ceux qui font le plus les frais d'un tel climat chauvin s'avèrent sans contredit les Germano-Américains.La raison en est que bon nombre de « super-patriotes » aux États-Unis les voient comme de potentiels saboteurs et espions.Malgré le fait que la grande majorité d'entre eux fassent alors preuve d'une loyauté indéfectible, ceux-ci ne sont nullement à l'abri de comportements hystériques et sectaires.Dans certaines localités, à titre d'exemple, « [flamiliar German terms like \u2018hamburger\u2019 [.] were replaced by \"liberty sandwich\u2019 [.] Playing German music and teaching [.] the German language were prohibited.One German- American was [.] lynched by a mob of five hundred 8 TRACES | Volume s7 no 2 persons near St.Louis ».* Ce n'est pas tout : « Streets [.] and even entire towns with Germanic names were renamed.Some military volunteers altered their family names from \u2018Schmitt\u2019 to \u2018Smith\u2019 to avoid rejection [.] or ostracism ».*' Incidemment, ceux qui subiront le plus l'intolérance pendant l'immédiat après-guerre, dans un contexte alors marqué par l'inflation et les grèves Incessantes, ne seront plus les Germano-Américains mais plutôt les « rouges », c'est-à-dire les socialistes, communistes, anarchistes, etc.(d'où l'appellation Red Scare pour désigner la période 1919-1920).En second lieu, le contexte général de la Première Guerre mondiale, incluant ici la période de neutralité américaine s'étalant d'août 1914 à avril 1917, favorise une migration massive des Noirs du Sud à destination des États du Nord.Attirés par le plein-emploi de plusieurs villes septentrionales (Chicago, Detroit, Cleveland, Philadelphie, New York, etc.) et le caractère alléchant des salaires consentis au sein de certaines entreprises,\u201d une pléthore d'Afro-Américains du Sud décident alors de migrer; ils sont près de 500 000 à se déplacer ainsi entre 1916 et 1918.Une telle migration, par exemple, fait que la population noire de Chicago passe de 44 000 en 1910 a 110 000 en 1920, alors que celle de Cleveland, pour la méme période, fait un bond de 8 000 a 34 000.\" Dans les circonstances, les tensions interraciales s'intensifient nettement au Nord à cette époque, d'autant que des syndicats perçoivent ces Noirs nouvellement arrivés comme de potentiels briseurs de grève.\u2018° De là ces émeutes et épisodes de violence qui surgissent parfois, entre autres à East St.Louis (lIlinois) en juillet 1917 et à Chicago deux ans plus tard.\u201c || n'est pas étonnant non plus qu'une organisation en faveur de la suprématie blanche telle que le Ku Klux Klan s'implantera de plus en plus dans les Etats du Nord, notamment en Indiana, au début des années 1920.\" Qui plus est, il apparaît indéniable que l'entérinement de la prohibition (18° amendement à la Constitution de 1919) a été facilité par l'atmosphère de la période de belligérance.Si une trentaine d'États ont approuvé l'interdiction de fabrication et de vente des boissons alcooliques sur leur territoire depuis le début du XXe siècle, ® ce sont en effet les nécessités de la guerre qui contribuent à emporter les dernières hésitations concernant l\u2018implantation d'un régime prohibitionniste à l'échelle nationale.\u2019 Les partisans d'un tel régime invoquent d'abord des raisons « morales » dans un contexte de rationnement sévère imposé à la population, il importe de réserver les céréales entrant dans la composition de l'alcool (nommément l'orge et le seigle) à l'alimentation, non à l'étanchement festif de la soif.\u2019 Interviennent en outre des considérations Revue de la SPHQ | Printemps 2019 mit ace ma et on Rey, Steg MES gry hei fn ton], | egy 8 ing ERE Hii ali 20 Ry \u201cta \"elma \" Tonge station li de Detot, 30CES, 5 à No HRN ootendel sodes de A 205 LS A £ KK Ci Nord ANS i ere ton 3 péroo appro po SOS olf à que?gsitanofs gine ] hme oa Will You Back Me\u2014 or back Booze Vote \u201cYes\u201d for Prohibition militaires le soldat qui s'adonne aux boissons alcooliques est forcément, de l'avis de plusieurs, un mauvais combattant.\u2018 Toujours est-il que le Congrès ne tarde pas à agir.En fait, le Sénat avalise une mesure prohibitionniste dès le mois d'août 1917, puis la Chambre des représentants fait de même à la fin de l\u2019année.Le processus constitutionnel suit ensuite son cours pour en arriver finalement à ce dénouement de 1919 : l'entrée en vigueur de l'amendement le plus controversé de l'ère progressiste.\u201d Enfin, un autre amendement à la Constitution américaine, et non le moindre, a aussi été favorisé grandement par la période de belligérance : celui sur le vote des femmes (19° amendement de 1920).Précisons d\u2019abord ici que les femmes, en 1910, ne peuvent voter que dans quatre États peu peuplés de l'Ouest.\u201d Des gains s'observent après coup graduellement dans des États tels la Californie, l'Arizona et New York, et ce, dans un contexte où des militantes féministes blanches de la classe moyenne s'insurgent alors de ce que quantité d'immigrants illettrés disposent de ce précieux droit.\u201c La résistance à l'adoption du droit de vote des femmes à l'échelle nationale demeure cependant vive, spécialement dans les États du Sud.Par contre, avec la participation active des femmes à l'effort de guerre (environ un million d'entre elles oeuvrent en milieu industriel en 1917-1918 afin de compenser la pénurie de main-d'œuvre masculine), le vent commence à tourner véritablement, d'où l'aboutissement historique de 1920.Somme toute, le propos d'un historien selon lequel la guerre « affected [American] women [.] profoundly »* a pleinement sa raison d'être\u2026 Telles sont donc, en définitive, quelques-unes des conséquences majeures de la Grande Guerre sur les États-Unis.Il pourrait être intéressant dans une étude subséquente de se pencher sur les effets culturels (littérature, cinéma, musique, etc.) de ce même conflit sur le pays de l'Oncle Sam, surtout quand on sait que des écrivains réputés tels John Dos Passos, Ernest Hemingway et Edith Wharton, pour ne nommer que ceux-là, l'ont connu de très près.\u201d 1 D.Clayton James et Anne Sharp Wells, America and the Great War, 1914-1920, Wheeling, Harlan Davidson, Inc., 1998, p.6.2 Kendrick A.Clements, « World War | », dans Bruce W.Jentleson et Thomas G.Paterson, éds., Encyclopedia of U.S.Foreign Relations, New York, Oxford University Press, 1997, p.340.3 Thomas L.Purvis, A Dictionary of American History, Cambridge, Blackwell Publishers, Inc., 1997, p.446.4 Dans les 10 jours suivant I'entrée en guerre du début avril 1917, l'état-major américain anticipait quelque 700 000 engagements volontaires.Or, il y en a eu moins de 5000.(André Kaspi, La vie quotidienne aux Etats-Unis au temps de la prospérité, 1919- 1929, Paris, Hachette littérature, 1980, p.21).5 Paul S.Boyer et al., The Enduring Vision: A History of the American People, vol.2 : From 1865, Lexington, D.C.Heath and Company, 1990, p.802.André Kaspi, op.cit., p.21.Thomas L.Purvis, op.cit., p.446.André Kaspi, op.cit., p.29.D.Clayton James et Anne Sharp Wells, op.cit., p.93.= 0 00 ~N OO 0 Kendrick A.Clements, dans Bruce W.Jentleson et Thomas G.Paterson, éds., op.cit, p.333, 341-342.11H.William Brands, The United States in the World: A History Revue de la SPHQ | Printemps 2019 of American Foreign Policy, vol.Il, Boston, Houghton Mifflin Company, 1994, p.89.12 De dire l'historien H.W.Brands au sujet de l'impact de la Grande Guerre sur le président démocrate : « Wilson became more powerful than any president before him.As commander in chief, he controlled an army of nearly 3 million and a large and rapidly growing navy; as head of the executive branch, he directed the operation of [several] boards, which in turn directed majar sectors of the American economy.The Sedition Act [of May 1918] allowed him to jail political opponents |[.].Never in American history had one person so thoroughly directed the destiny of the nation » (H.William Brands, op.cit., 70-71).13 Bernard Vincent, Histoire des États-Unis, Paris, Flammarion, 1997, p.180.14 Paul S.Boyer et al., op.cit., p.811.15 Agissant comme médiateur dans les conflits de travail de l'époque, ce Bureau, plutôt favorable aux revendications des syndicats, annonce dans une certaine mesure le fameux « National Labor Relations Board » de 1935 créé en vertu du Wagner National Labor Relations Act (David M.Kennedy, « World War | », dans Eric Foner et John A.Garraty, éds., The Reader's Companion to American History, Boston, Houghton Mifflin Company, 1991, p.1174).16 Dirigée par Herbert Hoover, celui-là même qui sera porté à la TRACES | Volume 57 no 2 9 présidence des États-Unis à la fin des années 1920, cette agence se préoccupe particulièrement de la régulation de la production agricole (André Kaspi, Les Américains, tome | : Naissance et essor des Etats-Unis, 1607-1945, Paris, Seuil, 1986, p.270).Bernard Vincent, op.cit, p.181.André Kaspi, Les Américains, op.cit, p.270.D.Clayton James et Anne Sharp Wells, op.cit., p.61.Ibid.David M.Kennedy, dans Eric Foner et John A.Garraty, éds., op.cit, p.1174.Créée en 1933, la NRA entend notamment faire définir par des négociations entre patrons et travailleurs des centaines de codes, reposant tous sur le droit syndical au sein des entreprises et l'établissement d'un salaire minimum (Jean-Michel Lacroix, Histoire des États-Unis, Paris, Quadrige, 2006, p.375).David M.Kennedy, dans Eric Foner et John A.Garraty, éds., op.cit.p.1174.Entre avril 1917 et janvier 1921, a vrai dire, les prix connaissent une augmentation de l'ordre de 169 % (Thomas L.Purvis, op.cit, p.446).En fait, celle-ci passe de 1 milliard de dollars en 1915 à 24 milliards de dollars en 1920 (Kendrick A.Clements, dans Bruce W.Jentleson et Thomas G.Paterson, éds., op.cit., p.341).Rappelons que la nation américaine est en récession de la fin 1913 au milieu de l'année 1915.Plus de 16 000 faillites sont observées pour la seule année 1914 (Yves-Henri Nouailhat, Les États-Unis : l'avènement d'une puissance mondiale, 1898-1933, Paris, Éditions Richelieu, 1973, pp.236-237).André Kaspi, La vie quotidienne aux États-Unis au temps de la prospérité, 1919-1929, op.cit., p.27.Les industries profitant le plus du contexte de belligérance, incontestablement, sont celles de la construction navale, des munitions, de l'acier et du textile (Paul S.Boyer et al., op.cit, p.813).Ibid., p.804.Kendrick A.Clements, dans Bruce W.Jentleson et Thomas G.Paterson, éds., op.cit., p.344.Paul S.Boyer et al., op.cit., p.814.Ibid.D\u2019expliquer André Kaspi : « C'est que les acheteurs [européens] doivent payer leurs achats.Ils sont contraints de vendre les valeurs qu'ils détenaient sur le marché américain.Fini le temps où les États-Unis représentaient un marché privilégié pour la finance européenne.La tendance se renverse.C'est au tour des Américains d'être les créanciers » (André Kaspi, La vie quotidienne aux États-Unis au temps de la prospérité, 1919-1929, op.cit, p- 17).Ibid.Kendrick A.Clements, dans Bruce W.Jentleson et Thomas G.Paterson, éds., op.cit., p.344.Ibid.André Kaspi, La vie quotidienne aux Etats-Unis au temps de la prospérité, 1919-1929, op.cit, p.21.L'historien H.William Brands, pour sa part, mentionne que « the social effects of the war were as great as the economic effects » (H.W.Brands, op.cit., p.69).Thomas L.Purvis, op.cit., p.446.TRACES | Volume 57 no 2 37 André Kaspi, Les Américains, op.cit, p.269; La vie quotidienne aux États-Unis au temps de la prospérité, 1919-1929, op.cit, p.23.À titre d'exemple, l'Espionage Act, visant notamment à contrer les pacifistes et les mouvements de gauche, prévoit de sévères amendes et peines de prison « for a variety of loosely defined antiwar activities » (Paul S.Boyer et al., op.cit., p.812).C'est en vertu d'une telle loi, incidemment, que le représentant Victor Berger (Wisconsin) écope alors d'une peine d\u2019emprisonnement de 20 ans « and was denied his seat in the House of Representatives for publishing antiwar articles in his socialist newspaper, the Milwaukee Leader » (Ibid., p.813).D.Clayton James et Anne Sharp Wells, op.cit., p.73.André Kaspi, La vie quotidienne aux États-Unis au temps de la prospérité, 1919-1929, op.cit, p.25.David M.Kennedy, dans Eric Foner et John A.Garraty, éds., op.cit, p.1172.D.Clayton James et Anne Sharp Wells, op.cit., p.72.Ibid., p.68.Jean-Michel Lacroix, op.cit., p.349.Paul S.Boyer et al., op.cit., p.814.David M.Kennedy, Over Here: The First World War and American Society, New York, Oxford University Press, 1980, p.282.Les émeutes de East St.Louis font 9 morts chez les Blancs et un minimum de 35 chez les Noirs.Les événements de Chicago de juillet 1919, quant à eux, sont à l'origine du décès de 15 Blancs et de 23 Afro-Américains (David M.Kennedy, dans Eric Foner et John A.Garraty, éds., op.cit, p.1173).Allen W.Trelease, « Ku Klux Klan », dans Eric Foner et John A.Garraty, éds., op.cit, p.626.André Kaspi, Les Américains, op.cit, p.285.Ibid.De là cette affirmation d'un historien à l'effet que la belligérance américaine de 1917-1918 « worked wonders for the prohibition movement » (Paul S.Boyer et al., op.cit., p.816).Ibid.; Jean-Michel Lacroix, op.cit., p.322.Dans le contexte du climat xénophobe de l'époque touchant particulièrement les Germano-Américains, lesquels règnent alors sur l'industrie de la brasserie, des défenseurs de la prohibition voient aussi dans cette dernière une manière de nuire à ce groupe ethnique abhorré par plusieurs (Paul S.Boyer et al., op.cit., p.816).Grosso modo, l'ère progressiste désigne la vague réformiste déferlant sur la nation américaine au cours des deux premières décennies du XX° siècle.Paul S.Boyer et al., op.cit., p.771.Ibid., pp.771-773.Ibid, p.816.Il convient par ailleurs de noter que la contribution significative des femmes à cette époque ne se limite nullement au front domestique : « An estimated 25,000 American women served abroad during the World War | period.Of these, 10,000 served in the Army and Navy Nurse corps, often working in dangerous, difficult situations [.] Many relieved [.] males for combat duty, functioning as telephone and telegraph operators, secretaries and clerks, dietitians, cooks [.] and hospital aides » (D.Clayton James et Anne Sharp Wells, op.cit., p.57).Paul S.Boyer et al., op.cit., p.815.Amy Lewis et Paula McGuire, éds., American Cultural Leaders From Colonial Times to the Present, Santa Barbara, ABC-CLIO, 1993, p.126, 212, 523.Revue de la SPHQ | Printemps 2019 Revie à ni er nn ee italie shit eat ee seat Li en ida % Wing = 7, ES Ny CLR $ wy f) hy va A x) Toe À Serie ABONNEZ-VOUS = Pas PF Me 7 AU MAGAZINE 705 0 à y L fit Hh \"\\/ pi & $.EC & = j Ÿ & À S$ = =.L = f > 2 & An , Sa e ¢ & > 2 Le SS = $ v aE © > # fit! Sy & i él \u20ac & sv &: =.> © ih 1Q 2, Ge | 5 \u201c4 chibiton aa > NN ©.0 = 4 je SS S.Nd NV fy rent £05 $ to I) Laissez-nous vous ÿ gee inspirer toute l'année er BES mal LAR avec notre publication oh VE (ef ES I M spécialisée dans les 4 a ~~ ee nouvelles approches fd) N Ti LLIN; ' NEMENT/ à Fo pédagogiques et le ame TRE HW ened numérique.ised nu 4 0s pa ange vit 04) (automn Printemps) scene vid! g À GB a Ecol d ne æ REL + LLY Li Y N 2 5 ER is te - OBTENEZ I TN Se tante Le INSCRIVEZ-VOUS AUSSI GRATUITEMENT Ecole Ane le FOUR RECEVOIR NOTRE HEROC scolebranchee.com/hebdo =X pil Revue de la SPHQ | Printemps 2019 TRACES | Volume 57 no 2 11 an CORNET Le potentiel éducatif des lieux historiques pour des élèves du primaire : le cas du Fort Chambly Catinca Adriana Stan, professeure adjointe en didactique des sciences humaines, Université Laval Julien Vallée-Longpré et Alexandre Zarié, étudiants à la maîtrise en didactique de l\u2019histoire, Université Laval n site historique désigne un lieu où se sont déroulés des événements ayant marqué l'histoire du Québec.|| s'agit d'une aire renfermant des biens ou des monuments historiques et classée comme telle par le Gouvernement du Québec (Mémoire du Québec, 2018).À la différence des musées, les sites ou les lieux historiques évoquent le passé d'une manière plus signifiante, puisque l'endroit lui-même agit à titre de témoin du passé.Alors, ce ne sont plus seulement les collections qui se constituent en hétérotopies (Foucault, 1984), qui ont donc la capacité de renvoyer à d\u2019autres espaces (Lavoie et Stan, 2018), mais le lieu lui-même \u2018qui assure une médiation culturelle, renforçant ces collections puisque présentées in situ, dans le contexte qui les a vu naître.Dans cet article, nous faisons valoir la pertinence de visiter avec des élèves du primaire le Fort Chambly, lieu historique.Situé près de Montréal, il évoque le temps de la Nouvelle-France : un temps de tensions, ou Autochtones et Européens entretiennent des relations complexes et changeantes, colorant ainsi la spécificité de cette partie de l'Amérique du Nord et traçant son destin autour du commerce lucratif des fourrures.1.Les musées et les sites historiques, des lieux d\u2019éducation Les musées offrent des expositions permanentes et temporaires souvent à caractère thématique, ils ne montrent pas seulement des objets, ils enseignent.Le choix et l'ordre des objets, l'espace qu'ils occupent, les plaques descriptives qui les accompagnent, les guides présents sur place, les écrans interactifs, etc, tout cela est mis au service du public, en facilitant la compréhension et en orientant l'interprétation, la construction de sens 12 TRACES | Volume 57 no2 des visiteurs.Même les expositions sur les civilisations anciennes, comme par exemple sur l'Égypte antique, font ressortir des sujets familiers au visiteur : les rituels et l'attitude devant la mort, la hiérarchie sociale et les rapports de pouvoir, la richesse, les croyances, le rôle des femmes, etc.Les thèmes des expositions tendent à se rapprocher des préoccupations du public et participent de plus en plus à la dynamique d'un quartier ou d'une ville.Ainsi, les musées poursuivent leur rôle de transmission de la culture (surtout dans son acception patrimoniale) dont ils sont depuis toujours les gardiens et augmentent leurs revenus grâce une plus grande fréquentation.Jadis le privilège d'une élite sociale, les musées ont besoin plus que jamais d'un large public, qui s'approprie à son tour ces institutions de haute culture et qui est prêt à les défendre.1.1.Le rapport au temps Si les musées ont évolué, se sont investis d'autres missions que celle de préserver et présenter des collections d'objets, s'ils souhaitent désormais assumer un rôle d'acteur social, bien ancré dans leur communauté, cela découle en partie d'un nouveau rapport au temps que les sociétés modernes entretiennent autant avec le passé évoqué par des artefacts, qu'avec le futur et le présent.Déjà au tournant du XX® siècle, les historiens avaient signalé la place grandissante du présent et de l'immédiateté, notamment grâce à des « facteurs d'accélération techniques » (Koselleck, 2011 : 3).En effet, selon l'historien français François Hartog, l'ordre du temps à travers l'histoire s\u2019est transformé, est instable et a été remis en question.Ainsi, la mémoire « n\u2019est plus ce qu'il faut retenir du passé pour préparer l'avenir Revue de la SPHQ | Printemps 2019 w on {Eu pret] ;, 0 cé a url qurité Yuck] l'évanerné 198, Le ltenos! lente récit fisto 7 raies 8 Der\u201d gurste anlosop' 1 distanc soectateu appro #9 QUE Had 12 lan les aon Dège so \u2018em, 0 à Taves ae gf Gimp ÉDSEncE æaw wie Wig Et £ Ge 0, tem Dre Ears Cpe % tomy Ca¥ any Dis Tête Re \u201ce ier reg Brig.Ste 02 r Jt ge 0e son 0e \u201caie dont \u201ceres 5 sai orig! des si.mE ;.emt pt or £ qu'on veut; elle est ce qui rend le présent présent à lui- même » (p.138); elle est, autrement dit, un instrument du présentisme, ce dernier étant défini comme « présent étendu » (Hartog, 2003 : 216) vers le passé et le futur.D'autres historiens signalent l'existence d'une pluralité des durées, comme c'est le cas de Fernand Braudel, qui identifie trois échelles temporelles l'événement, la conjoncture et la structure (Braudel, 1958).Le philosophe et historien Paul Ricœur identifie le temps humain (vécu) avec le temps raconté, « issu de l'entrecroisement entre la refiguration du temps par le récit historique et par le récit de fiction » (Picardi, 2017 : 137).C\u2019est cet enracinement des temporalités multiples et stratifiées de l'histoire dans l'expérience du temps vécu que permet de découvrir une visite d'un musée ou d'un site historique.Comme l'art moderne qui, selon le philosophe Hans-Georg Gadamer (1992) cherche à briser la distance qui s'est instaurée entre l\u2019œuvre d'art et les spectateurs, le rapport au passé suppose maintenant un rapprochement des événements racontés et célébrés ainsi que d\u2019être conscient de sa propre historicité, c'est- à-dire de son appartenance au temps long de l\u2019histoire.1.2 La notion du temps historique chez les élèves du primaire Tout comme ils apprennent à lire et à écrire, les enfants d'âge scolaire apprennent « à sentir » le passage du temps, développent graduellement ce rapport au temps à travers leur propre « temps vécu ».Le programme actuel d'univers social au primaire (PFEQ, 2001), bien qu'imparfait à plusieurs égards, notamment à cause de l'absence des repères chronologiques significatifs et de la rupture temporelle entre le 1 cycle du primaire (où les élèves se familiarisent avec leur environnement social) et le 2° cycle du primaire qui commence avec l'étude des sociétés autochtones vers 1500, prône le développement graduel du temps quotidien, puis du temps historique.Ainsi, au 1° cycle, les élèves apprennent entre autres à décoder un calendrier, à lire et à créer des lignes du temps, afin de développer la compétence « construire sa représentation de l'espace, du temps et de la société » (PFÉQ, 2001 : 167).Aux 2° et 3° cycles, les élèves sont censés développer leur capacité d'ordonner des événements du plus ancien au plus récent à travers trois compétences en univers social, soit « lire l'organisation d'une société sur son territoire », « interpréter le changement dans une société et sur son territoire » et « s'ouvrir à la diversité des sociétés et de leur territoire » (PFÉQ, 2001 : 173-177).Plus précisément, les élèves apprennent à observer « les traces laissées par une société sur la nôtre et sur notre territoire » Revue de la SPHQ | Printemps 2019 (PFEQ, p.173).lls doivent donc saisir comment le passe s'inscrit dans le présent, quels changements marquants se sont opérés au fil du temps, connaître les différents événements ou personnages politiques et se rendre compte des conséquences et de l'impact à long terme que les actions et les décisions prises ont entraînés sur les plans politique, social-démographique, territorial- environnemental et culturel.Autrement dit, c'est le présent qui confère un sens au passé, qui permet aux élèves de saisir des changements et des continuités.Mais il s'agit d'un présent bien ancré, circonscrit dans un espace défini et connu, qui réalise par le fait même une médiation entre les élèves et l\u2019histoire.La pertinence d'amener les élèves à visiter un lieu historique réside notamment dans la force évocatrice du lieu : les visiteurs peuvent concevoir que le même endroit réfère au passé tout en appartenant au présent.Ajoutons que la période mise en exergue au Fort Chambly est celle de la Nouvelle-France, réalité historique étudiée au primaire sous différents angles, qui rendent compte de la complexité des relations établies entre Autochtones, Canadiens, Acadiens, Hollandais puis Britanniques.2.L'importance de valoriser les ressources du milieu dans l\u2019enseignement des réalités historiques Dès leur jeune âge, les enfants sont mis en présence des récits historiques, autant à l'école qu'à la maison ou encore par l'entremise des médias ou des musées.À cet égard, ces derniers constituent des puissants « producteurs de récits historiques » (Wallace-Casey, 2016 : 372).Les chercheurs s'accordent à dire que les musées ont le potentiel d'être des ressources éducatives pertinentes pour l'apprentissage de l\u2019histoire et le développement de la conscience historique (Wallace-Casey, 2016).En fait, en tant que milieu d'apprentissage alternatif (Martinko et Luke, 2018), « les musées offrent aux élèves des possibilités pédagogiques difficilement reproductibles à l'école » (Marcus et Levine, 2011, p.104).En effet les musées proposent des expériences sensorielles immersives (Martinko et Luke, 2018), une interaction physique avec le passé, l'accès à des professionnels de l'interprétation historique (Marcus et Levine, 2011) et une proximité avec les sources premières (Wallace-Casey, 2016).C'est d'ailleurs principalement par l'entremise de ces sources, ou artéfacts, que les élèves pourront questionner la construction historique sur laquelle repose l'exposition (Wallace-Casey, 2016).En effet, des études ont démontré que lorsque les élèves sont \u201cinvités à «cartographier» les expositions et interpréter TRACES | Volume s7 no 2 13 le sens donné aux artéfacts, ils sont en mesure de questionner la manière dont les musées utilisaient ces objets authentiques pour proposer une certaine vision du passé (Marcus et Levine, 2011; Wallace-Casey, 2016).À titre d'exemple, la didacticienne des sciences humaines Cynthia Wallace-Casey de l'Université d'Ottawa a demandé à une classe d'élèves du primaire de questionner les artéfacts présentés dans un musée du quartier et de déconstruire l'exposition muséale de manière à ce que les élèves soient à même de constater la construction théorique et spatiale effectuée par le musée.Les élèves devaient ensuite proposer leur propre construction historique et justifier leur utilisation des objets du musée.L'étude a démontré qu\u2019en effectuant ce travail de créateurs d'exposition, la conscience historique des élèves était mobilisée à travers l'utilisation d'artéfacts.Cette étude (Wallace-Casey, 2016) a permis d'envisager qu'avec un encadrement adéquat les élèves sont en mesure de proposer leur propre lecture du passé fondée sur l'analyse d'artéfacts.En 2011, dans une recherche semblable, Marcus et Levine ont amené les élèves à prendre en compte la subjectivité du musée dans la construction des expositions.En effet, les élèves devaient photographier des éléments de l'exposition et se questionner sur la place et la signification des éléments représentés.Les chercheurs incitaient les élèves à critiquer les choix du musée, et ont pu démontrer que cet exercice permettait à la fois d'acquérir des connaissances historiques et de mieux comprendre l\u2019histoire comme une construction subjective.Une autre étude datant de 2013, qui visait à repérer, chez des enfants en visite libre dans une exposition, des comportements ou des réactions découlant des concepts de la pensée historique de Peter Seixas, a documenté de manière exploratoire la capacité des enfants âgés de 8 à 13 à mobiliser les compétences liées à la pensée historique, notamment l'usage de sources et la perspective historique (Martinko et Luke, 2018).Au Québec, les didacticiens des sciences humaines se sont prononcés à maintes reprises en faveur d'une prise en compte des ressources qu'offre l\u2019environnement local des élèves, dans l'intention de bonifier l'enseignement de l\u2019univers social.À titre d'exemple, la didacticienne des sciences humaines Marie-Claude Larouche (UQTR) soutient que les ressources patrimoniales favorisent une meilleure connaissance de l\u2019histoire québécoise et canadienne, mais elle met en garde quant à la méconnaissance des contenus présentés dans les expositions : \u2018 Au primaire et au secondaire, en revanche, la 14 TRACES | Volume 57 no 2 relation entre l'école et le milieu patrimonial demeure fragile.Des démarches « clé en Main » sont préconisées, mais les enseignants rejoints par les didacticiens n\u2019ont démontré qu'une connaissance partielle des thématiques abordées dans les activités d'enseignement qui leur ont été proposées (Larouche, Burgess, et Beaudry, 2016 : 6-7).La chercheure en didactique de l'histoire Sabrina Moisan de l'Université de Sherbrooke définit les ressources du milieu comme référant à toutes « les activités qui ne sont pas a priori faites pour l\u2019enseignement de l\u2019histoire ou de la géographie, mais que l'enseignant d'histoire ou de géographie exploite » (Moisan, 2014 : 243).Selon Moisan, le musée peut servir à légitimer les savoirs enseignés en classe.En effet, les activités réalisées en classe et les compétences qu'elles mobilisent sont souvent perçues comme étant difficilement transférables dans un contexte autre que l'école.Une approche problématisée des savoirs en contexte muséal qui impliquerait l'analyse des sources, ou encore la déconstruction du métadiscours du musée permettrait alors aux élèves de mettre en exercice, dans un contexte réel, les habiletés propres à la pensée historique et servirait à donner une nouvelle valeur aux apprentissages (Moisan, 2014).Autrement dit, lorsque le musée est perçu non pas uniquement comme une ressource extérieure mais faisant partie de la situation d'apprentissage, il permet de renforcer les compétences propres à l'histoire.Il faut préciser que les musées, tout comme les programmes scolaires, peuvent s'inscrire dans des tendances d'apprentissage différentes.Ainsi, une histoire centrée sur le développement de la mémoire collective met de l'avant des grands événements et des personnages centraux.Elle vise l'acquisition de connaissances et l'adhésion à un récit historique.À l'opposé, il existe une conception de l'apprentissage qui soutient le développement de la pensée historique à l'aide de la méthode propre à la discipline historique (LeVasseur, Moisan, et Cardin, 2013).Bien que la pensée historique puisse inclure de nombreuses compétences et attitudes en lien avec l'histoire, le contexte muséal nous incite à la circonscrire à deux habiletés disciplinaires, soit l'empathie historique (Seixas et Morton, 2013), et l'analyse critique de sources premières (Marcus et Levine, 2011).3.Le Fort Chambly : une ressource multidimensionnelle Situé sur les berges de la rivière Richelieu, à quelques dizaines de kilomètres de l\u2019île de Montréal, l\u2018actuel fort de pierre est en fait une restauration du fort de 1711, Revue de la SPHQ | Printemps 2019 anu pue 3h const, st, pec 8 stuf ge lobj aide ol Musee pésice France él 3 pind ls Amer corespon usque Ca «a Fon C gam gop miele composé lt pi avant mêr feo dooumen 0M ah Un uest Fort Cher men dans po Chanson : comme ç pele fd q Meme vent : ami la Musee oer Miami Vig sag fire Ta Popose egy Ve a lors de | \u201cali UES dy SI1ne sont \"Stole gy lore ou de On Mon RES on 58 et les perçues \"Ones ee dus case ds \u201cadiscous \u201clle en cropres à nouvel 4 rement ig ement pane te voces mme ls sins 9 igi, Je rémoie ments \u20acf ston 0 onu À enka ritoniué gone pense sel seal nous pra f, 08 feos & construit par les troupes françaises.L'histoire du lieu est toutefois plus ancienne, la présence française remontant à la construction du premier fort de bois en 1665.À cette époque, les Français étaient aux prises militairement avec la confédération iroquoise, et le fort de 1665, construit par le régiment Carignan-Salières, témoignait de l'objectif français d'occuper le territoire et de contrôler la route vers le lac Champlain.La thématique du musée recouvre donc près de quatre siècles de présence européenne l'époque de la Nouvelle- France et des conflits avec les Iroquois et les Anglais, la période d'occupation britannique et les conflits avec les Américains, ainsi que la période contemporaine qui correspond la restauration et la mise en valeur du site jusque dans les années 2000 (Fort Chambly, 2018).Le Fort Chambly possède depuis plusieurs années un programme éducatif spécifiquement construit pour les groupes scolaires.En effet, sur une fréquentation annuelle de 31 000 visiteurs en 2018, près de 10 % était composée de groupes scolaires (Fort Chambly, 2018).Il faut préciser que l'apprentissage des élèves débute avant même la visite sur le site.En effet, les enseignants reçoivent, quelques semaines avant la visite, un document préparatoire qui présente les thèmes qui serontabordés, de manière à susciter l'intérêt et à éveiller un questionnement chez les élèves.Une chanson sur le Fort Chambly reprend à son compte ces thèmes et sert d'élément déclencheur pour la séquence pédagogique dans laquelle s'inscrit la visite.Ainsi, les paroles de la chanson servent à introduire un vocabulaire spécifique, comme par exemple la fenêtre étroite d'un fort qu'on appelle couramment meurtrière : « Fort de paix comme fort de guerre / Glorieux Fort Chambly / Je vois à travers une meurtrière / La cour du roi Louis ».Lorsque les classes arrivent au musée, elles sont prises en charge par des guides qui se chargent de faciliter l'appropriation des connaissances liées non seulement au lieu historique, mais également aux méthodes de conservation et de mise en valeur des artefacts exposés.Parmi la multitude des activités développées par le musée, nous présentons ici trois activités qui, selon nous, apportent une plus-value pédagogique aux élèves, notamment en ce qui concerne les habiletés historiques.D'abord, dans une démarche d'apprentissage autonome des savoirs et à l'intérieur du développement du savoir- faire mobilisé en contexte muséal, le cahier Xplorateurs propose un parcours ludique et autonome dans l'exposition.Fréquemment utilisé dans les musées, ces livrets amènent les élèves à recueillir des informations lors de la visite.Dans le cadre de la visite animée, les élèves analysent, à Revue de la SPHQ | Printemps 2019 l\u2019aide du guide, des sources archéologiques témoignant du passage de plusieurs sociétés.Cette deuxième activité, réalisée en groupe, amène les élèves à faire des hypothèses sur la nature des objets historiques retrouvés lors de fouilles.Ces artéfacts couvrent toutes les périodes d'occupation du site, incluant les passages des Premières Nations.Ce rapport très actif à la construction des connaissances historiques est difficilement applicable en classe et constitue un exemple intéressant de l'apport muséal en contexte de formation historique.Effectivement, la présence d'artéfacts, et donc de sources premières concrètes, permet aux élèves de mieux saisir le travail de l'historien et de développer par le fait même leurs compétences d'analyse critique (Marcus et Levine, 2011).En ce sens, « la pensée historique peut être davantage mobilisée dans un musée que dans une classe » (Wallace-Casey, 2016 : 373).Une nouvelle exposition datant de 2018 a pour objectif de comprendre les activités économiques de la Nouvelle- France, en mettant les élèves dans la peau d'acteurs historiques.Cette troisième activité aborde le sujet de la contrebande de fourrures en Nouvelle-France, en incitant les participants à jouer le rôle d\u2019un contrebandier.Ainsi, à l'aide de cartes préprogrammées, les élèves doivent prendre les décisions qui leur permettront d'acheminer des marchandises entre le Fort Albany et Ville-Marie, et ce, en déjouant les autorités coloniales.Bien que cette approche permette aux élèves de jouer le rôle d'un acteur historique, il ne faut pas confondre l'empathie historique, soit la capacité à comprendre que les gens du passé ont interprété le monde à l'intérieur d'un système de valeurs différents du nôtre, avec la sympathie historique, associée à la dimension affective et au fait de projeter une vision contemporaine sur les actions d'acteurs historiques (Bryant et Clark, 2006).Dans le cas de l\u2019activité de contrebande, les informations fournies aux élèves ne leur permettent pas nécessairement de saisir la vision du monde des acteurs en place.Toutefois, le jeu encourage la compréhension du fait que les acteurs du passé ont agi en lien avec leurs propres objectifs.Cette agentivité déployée par les acteurs historiques pourrait amener les élèves à prendre conscience de leur propre capacité d'action (Barton, 2012).Nous croyons qu'il serait préférable de réaliser ces trois activités lors d'une même visite, ayant en vue que le sens, la signification historique, comme le dit si bien l'historien Fernand Braudel, dépasse leurs étroites dimensions et n'est perceptible que par l'élargissement de l\u2019échelle temporelle de l'étude historique voyant ainsi non pas simplement des événements mais des ensembles dont ces événements ne sont que des éléments.TRACES | Volume 57 no 2 15 Ces différentes activités s'inscrivent dans des séquences pédagogiques dont la phase exploratoire commence en classe, favorisant l'apprentissage des connaissances historiques et le développement de certaines capacités, notamment l'observation et la comparaison.C'est lors de l'activité post-visite, prévue après le retour en classe, que les élèves seront peut-être amenés à faire la synthèse de leurs apprentissages et à mieux consolider les nouvelles connaissances (Allard et al., 1995).Conclusion Les études sur les musées montrent que les élèves, lorsqu'ils questionnent les expositions et l'utilisation des artéfacts par les musées, développent leur capacité réflexive et leur pensée historique.Ils sont en mesure de reconnaître le caractère subjectif du récit historique du musée, et même de proposer leur propre analyse des données à la manière des producteurs d'histoire.Bien que ce travail nécessite la médiation d'un adulte, il est important à retenir que les élèves, dès le primaire, sont en mesure de développer des compétences propres à la pensée historique, notamment la capacité d'analyser des objets et de concevoir le temps historique, plus spécifiquement la longue durée (ce qui implique par le fait même la pratique de la mise en ordre chronologique du passé).Le Fort Chambly, important lieu historique témoignant du passé colonial français, permet de légitimer et d'ancrer dans l'histoire locale les savoirs enseignés à l\u2019école.L'authenticité du lieu et la riche collection muséale, ainsi que la mise en scène des jeux et des activités pour lesquelles les élèves commencent la préparation en classe, font de ce site historique une ressource incontournable pour la compréhension de l'histoire de la Nouvelle-France.Références Allard, M., Boucher, S., Forest, L.et Vadeboncoeur, G.(1995).Effets d'un programme éducatif muséal comprenant des activités de prolongement en classe.Canadian Journal of Education / Revue Canadienne de l'éducation, 20{2), 166.https://doi.org/10.2307/1495275 Barton, K.C.(2012).Agency, choice and historical action: How history teaching can help students think about democratic decision making.Citizenship Teaching and Learning, 7(2), 131-142.https://doi.org/10.1386/ctl.7.2.131_1 Braudel, F.(1958) Histoire et sciences sociales : la longue durée.Annales.Economies, Sociétés, Civilisations,13° année, n.4, p.725-753.Bryant, D.et Clark, P.(2006).Historical Empathy and "Canada: À People's History" Canadian Journal of Education / Revue Canadienne de l'éducation, 29(4), 1039.https://doi.org/10.2307/20054210Mémoire du Québec (2018) Le site historique.[définition en ligne] hitp:// www.memoireduquebec.com/wiki/index.phptitleSite_ historique_definition29 Fort Chambly (2018) [en ligne] https://www.pc.gc.ca/fr/Ihn- nhs/qc/fortchambly/culture Foucault, M.(1984).Des espaces autres, hétérotopies.Architecture, Mouvement et Continuité, (5), p.46-49.Gadamer, H.-G.(1992).L'actualité du beau.Aix-en-Provence : Éditions Alinea.Hartog, F.(2003) Régimes d'historicité : présentisme et expériences du temps.Paria : Éditions du Seuil.Koselleck, R.(2011) Y-a-t-il une accélération de l\u2019histoire ?Trivium (9) [En ligne] en ligne le 30 nov.2011, consulté le 5 mars 2018, _http://journals.openedition.org/trivium/4079 Larouche, M.-C., Burgess, J.et N.Beaudry (2016) (dir.) Eveil et enracinement.Approches pédagogiques innovantes du patrimoine culturel.Québec : Presses de l'Université du Québec.16 TRACES | Volume 57 no 2 Lavoie, M.-P.et Stan, C.A.(2018).Interactions des espaces dans l'exposition muséale : les cas de l'exposition Montréal : Points de vue du Musée McCord.Traces, 56 (3), p.6-11.LeVasseur, L., Moisan, S.et Cardin, J.-F.(2013).Les enseignants d'histoire et le programme d'Histoire et éducation à la citoyenneté : de la transmission de la mémoire à une citoyenneté « subjective » et ouverte.Phronesis, 2(2-3), 77.https://doi.org/10.7202/1018075ar Marcus, À.S.et Levine, T.H.(2011).Knight at the Museum: Learning History with Museums.The Social Studies, 102(3), 104-109.Repéré à https://doi.org/10.1080/0 0377996.2010.509374 Martinko, M.et Luke, J.(2018).\"They Ate Your Laundry!\u201d Historical Thinking in Young History Museum Visitors.Journal of Museum Education, 43(3), 245-259.Repéré a https://doi.org/10.1080/10598650.2018.1469907 MELS (2001).Programme de formation de l'école québécoise (PFÉO), chapitre 7, Univers social.Moisan, S.(2014).Les musées, une ressource du milieu.Dans Ethier, M.-A., Lefrançois, D.et Demers, S.(Dir.) Faire aimer et apprendre l\u2019histoire.L'histoire et la géographie au primaire et au secondaire (p.243-266).Québec: Éditions Multimondes.Picardi, R.(2017) Penser l'histoire après Lôvith : Koselleck et Ricœur.Revue germanique internationale, (25), p.119-143.Seixas, P et Morton, T.(2013).The Big Six Historical Thinking Concepts.In The Big Six Historical Thinking Concepts (pp.74-101).Calgary: Nelson Education.Wallace-Casey, C.(2016).Thinking historically in community history museums: A case study in contextual learning.Loisir et Société / Society and Leisure, 39(3), 371-395.https:// doi.org/10.1080/07053436.2016.1243828 Revue de la SPHQ | Printemps 2019 2 9 Pari Queb tanto patemef mises Lesélèv vote sec de 15\u20ac de toute! étapes 0 SENTE at Cali M Marc Vérorique feng UB fig 5 \"are sm 0D; Sindy \"Qu.bus QUE Dar ê iogque \"Stone AME ge Sion £4 fithe \u20ac CES jeun \"Enger: CEE Monti oe SONS AED § 018 3% nan Mise J Shoes A106\" ie Prix d\u2019excellence de la SPHQ 17¢ législature du Parlement des jeunes a SPHQ poursuit sa collaboration avec l'organisme Par ici la démocratie de l'Assemblée nationale du Québec en offrant un prix de 100 $ à deux élèves s'étant démarqués lors des trois journées de simulation parlementaire qui se sont déroulées du 23 au 25 janvier 2019 au Salon bleu de l'Assemblée nationale.Les élèves députés ont choisi eux-mêmes les lauréats par vote secret.Cette activité pédagogique permet à près de 135 élèves des 3° et 4° secondaires en provenance de toutes les régions du Québec de vivre toutes les étapes du processus législatif sur les lieux même où s'exerce notre démocratie.Mmes Véronique Charlebois et Catinca Adriana Stan, respectivement trésorière et M.Marc Picard, vice-président de l\u2019Assemblée nationale, Véronique Charlebois (SPHQ), Julian Menga, récipiendaire et Catinca Adriana Stan (SPHQ).Les élèves-députés au Salon bleu de l\u2019Assemblée nationale Revue de la SPHQ | Printemps 2019 Photos : Collection Assemblée nationale du Québec Photographe Marc-André Grenier administratrice de la SPHQ, ont procédé à la remise des deux prix, peu avant la clôture du parlement.Julian Menga, du Collège Saint-Louis (Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys) et parrain du Projet de loi no 3 \u2014 Loi sur les bouteilles d'eau en plastique à usage unique, a mérité le prix de la SPHQ pour son adhésion aux valeurs de respect, d'ouverture et de tolérance.Simon Veilleux, du Collège Notre-Dame de Montréal et parrain du projet de loi no 1 - Loi sur la réforme du système d'évaluation dans l'enseignement primaire et secondaire au Québec, a mérité le prix de la SPHQ pour la qualité de son discours.M.Marc Picard, vice-président de l'Assemblée nationale, Véronique Charlebois (SPHQ), Simon Veilleux, récipiendaire et Catinca Adriana Stan (SPHQ).Enseignantes et enseignants accompagnateurs TRACES | Volume 57 no 2 17 La Réserve des collections archéologiques de la Ville de Montréal Chronique archéologique Valérie Dezelak, pour Archéo-Québec Avec la participation de Raymond Bédard La richesse archéologique de Montréal se compose de plus de 200 collections d'objets issus des sites archéologiques des périodes préhistorique et historique.Ces vestiges du passé témoignent d'occupations variées allant entre autres de la carrière de pierre préhistorique aux complexes agricoles, militaires, commerciaux ou industriels en passant par les occupations domestiques.La Réserve est un espace aménagé selon les standards de conservation muséale et renferme notamment une collection de référence, accessible aux chercheurs.Elle comprend plus de 7 500 objets dont les plus anciens datent de plus de 4 000 ans.(site web de la Ville de Montréal) C\u2019est ce lieu riche en histoire que Valérie Dezelak propose de visiter pour vous dans cette chronique.À notre arrivée, le 14 février dernier, il a fallu se présenter, donner notre nom au gardien de sécurité, déposer nos sacs et notre manteau, épingler une cocarde à notre chandail et retirer nos chaussures.J'étais enthousiaste à l'idée de visiter la Réserve des collections archéologiques de la Ville de Montréal.Je m'étais préparé et j'avais fait mes recherches, parcouru les archives du Mois de l'archéologie, les descriptions d'artéfacts et les publications sur le site web de la Ville.J'avais révisé mes manuels scolaires, mémorisé les dates importantes et visionné avec attention les courts-métrages mettant en valeur le travail des archéologues.Au total, trois vidéos \u2014 bientôt quatre, me dira-t-on plus tard \u2014 sont disponibles gratuitement sur Youtube, qui sont le fruit du travail de François C.Bélanger, archéologue et conseiller en aménagement pour la Ville de Montréal.Ces capsules permettent d'apprécier le travail minutieux de ceux qui évoluent souvent de manière bien discrète, dans un petit carré de terre, en plein cœur de la ville.La Réserve des collections archéologiques municipale fait partie de ces lieux où un immense bagage de connaissances n\u2019est pas nécessaire à l'expérience.La sensibilité et la curiosité suffisent ! La Ville de Montréal cache sa réserve loin des regards, dans l'ancien complexe brassicole Dow, situé au 333 rue Peel.Fondée en 1790 par Thomas Dunn (1729- 18 TRACES | Volume 57 no 2 1818), immigrant britannique arrivé à Québec à l'âge de 31 ans au lendemain de la capitulation de Montréal, la brasserie Dow débute ses activités à La Prairie.Un certain John Molson (1763-1836), autre immigrant britannique arrivé en 1782, vient d'ouvrir sa brasserie à Montréal et il suffit à peine à la demande.Les Écossais peuvent enfin consommer un produit qui leur rappelle leur pays d'origine et les Anglais emboitent le pas, ce qui rend Molson très heureux et surtout, débordé.Le produit brassé par Dunn devient si populaire qu'une vingtaine d'années plus tard, il déménage ses cuves à Montréal, sur la rue Notre-Dame, avant de procéder à un deuxième déménagement, sur la rue Peel.Il embauche un jeune maître brasseur du nom de William Dow (1800- 1868), fils de brasseur écossais, qui deviendra l'héritier de la compagnie.En 1834, l'entreprise devient la William Dow and Company et prospère pour devenir l'une des principales concurrentes montréalaises de la brasserie Molson.La brasserie Dow est active pendant plus de 175 ans avant de fermer ses portes en 1991, après avoir été fusionnée avec la brasserie O'Keefe en 1967.C'est dans cet ensemble patrimonial que sont conservées les collections archéologiques de la Ville de Montréal.La Réserve municipale n'est pas ouverte au public comme l'est un musée.|| s'agit plutôt d'un lieu de conservation des collections qui peut être visité sur Revue de la SPHQ | Printemps 2019 pence d'espaté gars § engi oft de ml des col en pass ol df recevoir Reserve raponret les expo ls arf Les ah objes et dans partage connais desc does une des nfimed des ch À tre Objets plac d Un nig: andy optimale 3% ef Plotége De mari Ge iy Pam | disposé ont joué Ce son parte nti de ly \" con dure hig Fo Is ont Hud Rig dog, Ui Wel hig Pegg da od, fie, Ur Tigra si 2038 ope 35, 8 ce le curé vies à al que \u201c1800 héritier Nia «a dés \u201csarl 58 sal Ces 225 5 oie eu de 23 ps 704 rendez-vous.Au-delà d'une contrainte d'espace qui ne permet pas l'accueil de grands groupes, un manque de personnel empêche la tenue de visites à l'année.En effet, la petite équipe qui y travaille se divise de multiples tâches, qui vont de la gestion des collections, à la restauration d'objets, en passant par les prêts, la programmation et la diffusion.Même s'il est impossible de recevoir des invités quotidiennement, la Réserve n\u2019est pas statique et ses collections rayonnent grâce aux institutions muséales qui les exposent et aux universités qui empruntent les artéfacts à des fins d'études et d'analyse.Les archéologues sont satisfaits de voir les objets transiter aux quatre coins du Québec et dans différents musées du pays, afin de partager ces témoins de notre histoire et d'enrichir notre connaissance du passé.Quant à l'exposition informelle, elle se déploie autour d'une sélection d'une centaine d'objets, disposés sur une grande table dressée dans une des salles de la Réserve.Cette sélection change au rythme des thématiques de présentation, ce qui permet des échanges dynamiques avec le public.À travers les collections archéologiques de la Ville, les objets sont soigneusement étiquetés, numérotés et placés dans des caisses.Chacune des salles présente un niveau d'humidité et une température contrôlés, conditions de mise pour permettre une conservation optimale.Dans les couloirs blancs, chaque porte doit se refermer avant qu'une autre ne puisse s'ouvrir, pour protéger les espaces d'une contamination extérieure.De manière très respectueuse, ceux qui ont le privilège de circuler ici acceptent ce protocole avec diligence.Parmi les objets les plus lourds et hors dimension, disposés au sous-sol, se cachent cinq pièces de bois qui ont joué un rôle clé dans la protection de la ville fortifiée.Ce sont des troncs de cèdre blanc ayant fait partie de la palissade qui ceinturait Montréal, entre 1687 et 1716, avant que Chaussegros de Léry (1682-1756), ingénieur en chef du roi, ne commande une fortification maçonnée.D'autres vestiges en bois découverts par les archéologues témoignent de la fondation du Royal Insurance Building, aujourd'hui disparu.Ils ont été recueillis par les archéologues et étudiés, mais ils ne font plus partie des objets de la Réserve.Ces pilots ont retrouvé leur position d'origine, au musée Pointe-à-Callière, dans le cadre de l'exposition permanente Montréal au cœur des échanges.Ainsi, certaines découvertes archéologiques retournent en terre dans une Revue de la SPHQ | Printemps 2019 volonté de gestion de l'espace de la Réserve ou encore, lorsqu'il y a prise en charge par une institution des objets retrouvés.Un autre exemple de cette situation concerne cinq palettes de pierre prélevées de l'égout collecteur William, sous la Place d'Youville, qui ont été remises en terre après avoir été analysées.Comme ces objets ne seraient vraisemblablement pas exposés dans le futur, il valait mieux les replacer à l'endroit de leur découverte.Monsieur Bélanger a observé à plusieurs reprises les principes du recyclage et de la récupération à travers sa carrière, car il n\u2019est pas rare de découvrir des objets qui montrent plusieurs techniques et savoir-faire différents, sorte de co-création entre les experts de différentes décennies.La Réserve est remplie de ces objets qui témoignent du mode de vie de ceux qui ont vécu en sol montréalais au fil des siècles.Nous avons ainsi eu la chance d'observer de près une douzaine de fourneaux de pipes à fumer retrouvés dans le quartier Sainte-Marie, le quartier des pipiers.Jusqu'en 1876, la fabrique de pipes à fumer Henderson confectionne et exporte des milliers de pipes, avant TRACES | Volume 57 no 2 19 que la compagnie ne devienne la propriété d'un autre pipier nommé W.H Dixon, jusqu'en 1892.Les détails des objets sont magnifiques, petites œuvres d'art si fragiles retrouvées par milliers dans les couches du sous-sol de Montréal.On a même retrouvé des pipes de fabrication montréalaise jusqu'en Australie ! La visite de la Réserve nous est apparue trop brève.Nous voulions entendre M.Bélanger nous raconter l'histoire derrière chaque objet et derrière chaque site.La Réserve donne une impression de musée sans direction précise : tous les objets sont là, dans un ordre médical, mais ils sont muets.Aucune description ne les accompagne, aucun indice ne peut aider le visiteur à comprendre ce qu'il voit.Les objets conservés nécessitent la présence de l'archéologue devenu médiateur pour prendre vie devant nos yeux.Maintes fois exposés et étudiés, ces artéfacts révèlent un passé riche et une histoire à préserver.Si le travail de François C.Bélanger est aussi fascinant, c'est probablement à cause de cette étincelle dans son regard, digne de ceux qui ont plus d'idées que de temps \u2014 et parfois, de moyens \u2014 pour les réaliser.Il nous guide dans la visite d'un lieu qu'il connaît par cœur, pour l'avoir fréquenté depuis une quinzaine d'années.Les sols de Montréal aussi, il les connaît bien, et il sait les défendre.Des anecdotes de chantiers de construction où il a fait réaliser des fouilles, il en a quelques-unes à raconter.Avec le temps, les différents intervenants unis lors des nouveaux projets de constructions et d'aménagement ont bien compris le rôle important de l'archéologie.|l 20 TRACES | Volume 57 no 2 s'agit maintenant d'un travail d'équipe où l'archéologie est proactive et intégrée.Une autre fierté de l\u2019équipe d'archéologues de la Ville se traduit par leur grand travail de diffusion : capsules vidéos, collection numérisée et accessible gratuitement en ligne et plus récemment, publication d\u2019un ouvrage racontant le travail des archéologues et l'histoire d'une quarantaine de sites archéologiques.Il est difficile de croire qu'une si petite équipe arrive à produire tout cela.La volonté de partager les découvertes et les connaissances acquises grâce aux fouilles est grande et les archéologues de la Ville de Montréal savent bien s'entourer pour la création d'activités de diffusion riches et variées.Le personnel a pour mission de faire rayonner ces objets qui ont été témoins de la grande histoire de Montréal.Dans les salles immaculées, entre les étiquettes soigneusement attachées, se cache aussi un amour infini pour cette ville aux multiples visages.* Pour en connaître davantage sur les activités de la Réserve des collections archéologiques de la Ville de Montréal http://ville.montreal.qc.ca/culture/ archeologie-montreal e Pour découvrir le livre « Lumières sous la ville.Quand l'archéologie raconte Montréal », paru en 2016 sous Recherches Amérindiennes au Québec https:// recherches-amerindiennes.qc.ca/site/produit/ lumieres-sous-la-ville * Pour visionner les courts-métrages produits par l'équipe : chaîne Youtube MTLVille Revue de la SPHQ | Printemps 2019 > feng hig S08, NG Jetta ln Og Sore fy df NE $ pe ei Produire pig Bis of fy Ces acquis foules E ks arti la Vil de savent bien Jour la tés edf 8 vanes Xl à par fle an | ets oui al Dans ese Ir ete Ii mites 26 | dp lo Ve call \u201cie, Quand «216 sut begs! ool aus a | FORUM DES ENSEIGNANTES ET DES ENSEIGNANTS SUR LA DEMOCRATIE PARLEMENTAIRE CANADIENNE PARLEMENT | PARLIAMENT CANADA Revue de la SPHQ | Printemps 2019 TRACES | Volume 57 no2 21 Éphéméride XX: siècle Projet en histoire du Québec et du Canada Raymond Bédard Enseignant en 4° secondaire, École d\u2019Éducation internationale de McMasterville Je vous propose un projet pédagogique simple dont l'objectif est d'amener les élèves à découvrir l'importance des journaux comme ressource première dans l\u2019étude de l\u2019histoire.Grâce à la lecture d\u2019un journal numérisé par la BaNQ, les élèves pourront constater toute la richesse d\u2019information qu\u2019 il comporte et faire un lien avec les notions abordées en classe.Une « éphéméride » est un livre qui contient les évènements accomplis dans un même jour, à différentes époques.Je suggère de travailler avec le journal La Presse.Fondé à Montréal en 1884, le quotidien La Presse est depuis cette époque le témoin des événements qui façonnent le Québec, le Canada et le monde.La Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ) www.banq.qc.ca/ archives a numérisé l'ensemble des numéros du journal La Presse depuis sa fondation.Le projet Éphéméride XXe siècle veut vous amener à explorer cette source première d'information afin de tracer un portrait d'une époque sur les plans politique, économique, social et culturel.Première partie \u2014 fiche résumée 1.Faire piger aux élèves (en équipe de deux) un carton sur lequel est inscrit une année entre 1900 et 2000 et un autre carton pour le mois.Demandez aux élèves de consigner cette date dans leur agenda.Laissez aux élèves le choix du jour afin qu'ils puissent faire, dans les jours suivants, une petite recherche au préalable sur le potentiel historique d'un jour par rapport à un autre, par exemple si un élève pige novembre 1929, il pourra choisir la date du jeudi noir à Wall Street.2.Se rendre dans un local où se trouve des ordinateurs afin d'indiquer aux élèves comment se rendre sur le site web de la BaNQ et trouver le numéro du journal La Presse qu'ils auront à lire.Une fois familiarisés avec le site, les élèves peuvent télécharger I'exemplaire sur une clé USB afin de pouvoir consulter les articles du journal sur différents supports.3.Pour chacun des thèmes, les équipes doivent lire des articles d'une édition du journal La Presse et consigner les informations sous forme de fiches résumées.22 TRACES | Volume 57 no 2 4.Une fiche résumée contient le thème choisi, le titre de l\u2019article, l'auteur (si mentionné), la page, ainsi qu'un résumé de l'article.Thèmes e Titre de la Une du journal (1 fiche) avec un résumé de l'évènement * Politique (4 fiches) : A) Locale (municipale) B) Provinciale C) Canadienne D) Internationale e Économie (2 fiches) : industries, marché boursier, investissements, construction, etc.* Social (2 fiches) : évènement à caractère religieux, mondain, accidents, incendies, etc.e Sport professionnel (1 fiche) : résultat de compétitions, match, course, etc.e Loisirs (1 fiche) : cinéma, radio, danse, théâtre, etc.* Publicité (3 fiches) : reproduire la publicité et décrire l'article (automobile, vêtement, électroménager) et indiqur le prix e Caricature (1 fiche) : reproduire la caricature avec une brève analyse en identifiant les personnages et l'événement de l'actualité auxquels le dessinateur fait référence À cette étape du projet, il est bon d'évaluer la qualité du fichier documentaire, soit de l\u2019ensemble des fiches.Deuxième partie \u2014 affiche Cette partie vise à permettre aux élèves de l'école de parcourir le XXe siècle à l'aide d\u2019une grande ligne du temps affichée dans la classe ou dans une aire commune de l'école et conçue à partir des fiches de lecture du projet Éphéméride XXe siècle de chaque équipe.1.À partir de vos fiches de lecture, concevez une affiche en sélectionnant cinq articles qui font état d'événements marquants sur le plan national et international ainsi que des publicités, caricature ou événement sportifs.Mettre en évidence le titre de l\u2019article et le résumer.Revue de la SPHQ | Printemps 2019 ) fates men sr 8, dipor al Jour Li Lephsg \u2014 Porn POUR.Uncen rede Fiohsde§ nei dst Pus wed Apres pie Fahrdees re qontd Pte Indiquez la date de l'édition du journal La Presse en haut à gauche de l'affiche de la façon suivante : logo 2.Faites une mise en page originale en respectant les 3.dimensions imposées (11,5 sur 17 pouces ou 27,94 [ UNE PROTECTION É À : F OrDre DONNÉ À EN 1886- dour | éducation pourrait être un jour autant en phase avec le Trois objectifs de recherche ont guidé nos travaux.Nous Dieux OÙ quotidien numérique des élèves.Etsi la clé de l'éducation ., ) LL.; LT souhaitons tout d'abord mieux comprendre comment se trouvait ici ?En d'autres termes, est-ce qu'en étant .42 4 dea os es .; .i.le jeu vidéo Assassins Creed est utilisé à l'école, puis ;Ç au plus proche des pratiques ludiques des élèves, ,( ; , ee à lho .mieux comprendre les avantages éducatifs associés a cela ne serait-il pas plus simple pour aller vers certains |, |.à 7 , , svoulons .l\u2019utilisation de ce jeu à des fins d'apprentissage, et enfin ' apprentissages ?En effet, comment ne pas prendre en \u20ac ee te.Une .; , LL mieux comprendre les défis associés à l\u2019utilisation de ce compte ce média qu'est le jeu vidéo alors que tous les.4 slaquele ,( Ls ; > ; jeu à des fins d'apprentissage.jeunes ont déjà joué, ou jouent de manière fréquente, et monet parfois passionnée, aux jeux vidéo ?Finalement, est-ce Le jeu vidéo Assassins Creed, sado que le jeu n'en vaudrait-il pas la chandelle ?un blockbuster au service de \u2019 : 2?\u2014 Dans ce contexte, et alors que l'industrie vidéo ludique enseignement : ps?if est en passe de devenir l'industrie culturelle numéro un devant le cinéma et le livre, il est d'une grande importance de s'intéresser à cette influence du jeu vidéo sur les apprentissages des élèves.Dans ce texte, nous présentons brièvement les conclusions d'une recherche exploratoire menée sur l'impact des usages d\u2019un jeu vidéo particulier à l\u2019école.Ce jeu vidéo, appelé Assassin's Creed\u2019 a cela de particulier qu'il n'a pas été conçu, initialement, pour apprendre aux élèves, mais qu'en raison de son potentiel attrayant et vraisemblablement pédagogique, il pourrait être un allié privilégié des éducateurs en histoire et/ou en géographie, par exemple.C\u2019est ce que nous avons cherché à voir dans le cadre de cette recherche exploratoire menée au Québec.Reposant sur une méthodologie de recherche impliquant des observations en classe, des entretiens Nous portons donc notre intérêt dans cette recherche, sur le jeu vidéo Assasins Creed.Mais pourquoi un jeu de ce type ?Et pourquoi celui-ci, précisément ?Tout simplement parce qu'il semble être un intéressant mélange entre le ludique et l'éducatif dans la mesure où il regroupe de nombreuses composantes proches des apprentissages attendus à l'école, notamment en ce qui concerne l'histoire et la géographie.Par ailleurs, ce jeu vidéo fait partie des favoris des jeunes aujourd'hui et, comme son nom l'indique, le personnage principal de ce jeu créé par la compagnie UBISOFT, est ce que l'on appelle un « assassin ».Dans ce jeu vidéo d\u2019action-aventure, le joueur va évoluer, via un avatar, à travers différentes époques en fonction des univers du jeu vidéo (Révolution américaine, Renaissance, etc).Chaque opus amène ainsi le joueur à évoluer dans une 1 Signalons que cette recherche n'est nullement le fruit d'une association avec UBISOFT, l'entreprise éditrice du jeu vidéo Assassin's Creed.Elle ne souffre donc pas d'une entente quelconque qui serait susceptible de remettre en question ses conclusions.Revue de la SPHQ | Printemps 2019 TRACES | Volume 57 no 2 39 époqu sagt Geudeme | tieme A wi | gans le! | fone | cagjacé adhd de Best germe Tes des (red Sept-Ars I Revol Bf, As sed el | Oigns: À Cecemi à haute) ales Venez découvrir la nouvelle activité interactive de Je Me Souviens où les participants doivent renégocier le Traité de Versailles! - 1° mai 2018, 16h à 19h au Musée Royal 22° Régiment (à la Citadelle de Québec) | C ge patio 2 e DLs des pl Musée Royal 22° Régiment os LA CITADELLE DE QUEBEC ces dem stposs ise BI | IT Bouchées et vin offerts Rejoignez-nous pour une visite : i\u201d thématique du musée, une - Tirage d\u2019une visite au musée pour une classe (inclut la location d\u2019autobus) 1 Pron | mic Contexte | pour ace stade démonstration de nos outile - Événement gratuit pédagogiques gratuits et découvrir notre jeu de rôle fig =) y 9 & |= a) Kiang N 4 de lag \u2018out | Im pal Ê Cig » Pig .du Jey \\ A > Dill oT ns + * M Sig Pour d Peut êt Revue de la SPHQ.| Printemps 2019 \u2018ee Ie nent époque particulière.Dans le premier Assassins Creed, il s'agira de la troisième croisade au XII° siècle, dans le deuxième, Assassin's Creed Il, il s'agira de la Renaissance italienne au XV siècle avec Florence en toile de fond, Forli, San Giminoni et la campagne toscane, tout comme dans le troisième, Assassins Creed Brotherhood, avec Rome alors que dans Assassins Creed Revelations, il s'agira de Constantinople.Parla suite, Assassins Creed Il! sera dédié à la Révolution américaine et à la découverte de Boston et New-York, Assassin's Creed IV Black Flag permettra au joueur de découvrir le XVIIIe siècle dans les Îles des Caraïbes, âge d\u2019or de la piraterie, puis Assassin's Creed Rogue sera dédié au XVIIIe siècle et à la guerre de Sept-Ans avant qu'Assassins Creed Unity se consacre à la Révolution française à Paris, toujours au XVIIIe siècle.Enfin, Assassins Creed Syndicate, sera consacré au XIX° siècle et à la Révolution française et Assassins Creed Origins aura pour lieu d'exploration l'Égypte antique.Ce dernier volet verra même, et nous y reviendrons par la suite, la création d\u2019une édition spécifiquement dédiée à l'éducation, Assassin's Creed Origins \u2014 Discovery Tour.Ce jeu, disponible sur différents supports est particulièrement connu et reconnu pour son graphisme des plus impressionnants et sa jouabilité, qui font presque de lui un film-jeu vidéo.Ainsi, réunissant tous ces éléments, ce jeu vidéo pourrait permettre de simuler, et possiblement d'enseigner, certaines connaissances en histoire et en géographie, dans la mesure où le contexte du jeu permettrait d'emmener virtuellement le joueur dans un contexte historique donné.Par conséquent, pourquoi alors ne pas s'inspirer d'un tel jeu vidéo et de son potentiel ludique et pédagogique en contexte éducatif ?Et pourquoi même ne pas l'utiliser pour accompagner, voir soutenir les enseignements dits « traditionnels » à l'école ?Assassin's Creed, du jeu vidéo ludique au jeu vidéo potentiellement pédagogique Avant tout, précisons qu'il ne s'agit pas exclusivement de l'usage du jeu, mais bel et bien de l'usage, sous toutes les formes, dont il est question.Aussi, lorsque l\u2019on parle d'usage pédagogique du jeu vidéo Assassin's Creed, nous entendons couvrir non seulement la pratique du jeu vidéo mais aussi l'utilisation d'éléments du jeu vidéo (images, vidéos, bandes annonces, etc.).D'ailleurs, Carrasco Molina (2017) a montré que le simple fait d'utiliser un documentaire intégrant un personnage clé du jeu vidéo a permis aux élèves de s'intéresser à cette période majeure de la piraterie.Pour d'autres auteurs, le recours au jeu Assassin's Creed peut être particulièrement pertinent dans la mesure où Revue de la SPHQ | Printemps 2019 de nombreux monuments et lieux historiques figurent dans la série, même si tous ne sont pas représentés au même niveau (Westin et Hedlund, 2016).En effet, les villes ne sont pas reproduites à l'identique mais en « polychronie » selon les auteurs, c'est-à-dire que la version de Rome du jeu d'Ubisoft partage deux registres : celui de l'archéologie et celui de l'imagination populaire.Ceci est particulièrement intéressant dans la mesure où cette représentation en serait davantage reconnaissable par le destinataire par rapport à une représentation uniquement « experte ».Qui plus est, ce jeu vidéo proposerait un potentiel beaucoup plus grand pour la création et la représentation de l'histoire que tout autre média ou divertissement selon Spring (2015).La narration interactive de tels jeux vidéo semble ainsi permettre au joueur d'évoluer dans un monde singulièrement attrayant.Aussi, par le fait que le joueur guide un personnage à la troisième personne, il va pouvoir évoluer librement dans des décors historiques et donc s'y intéresser potentiellement davantage.D'autant que, toujours selon Spring (2015), le fait d'utiliser un jeu de genre-aventure permet au joueur de s'immerger dans l'environnement historique en fournissant un espace « bac à sable » pour son exploration historique.Enfin, selon Joly-Lavoie (2018), il existait encore très peu de littérature en lien avec la pratique du jeu vidéo Assassin's Creed et la didactique de l'histoire en 2017 (2 publications seulement) mais cela aurait très clairement changé depuis l'année passée, notamment parce que de plus en plus d'enseignants lancent des projets particulièrement intéressants et novateurs.Ce même auteur, avec Yelle (Yelle et Joly-Lavoie, 2017) a proposé de problématiser, dans le cadre d'un cours en histoire, la représentation de la prise de la Bastille et la Révolution française dans le jeu vidéo Assassin's Creed, en s'inspirant des commentaires de plusieurs personnalités politiques.Ainsi, même si le recours à ce type de jeu vidéo reste pour le moment le fruit d'initiatives isolées de la part d'enseignants que l\u2019on peut qualifier de précurseurs, on constate tout de même que la recherche ignore de moins en moins ce domaine en pleine expansion.Et l'éditeur du jeu Ubisoft l'a bien compris puisqu'il propose désormais la version éducative du jeu Assassin's Creed - Origins, Discovery Tour.Méthodologie Ce sont en tout 329 élèves du secondaire (âge moyen = 14,3 ans) qui ont participé à cette étude.Par ailleurs, cinq enseignants, d'établissements secondaires différents, ont également participé à ce projet.Précisons enfin que ce n\u2019est pas la pratique du jeu vidéo Assassin's Creed qui fut étudiée dans cette recherche mais l'utilisation, par TRACES | Volume 57 no 2 41 l'enseignant, de cet outil, rendu pédagogique, à l'aide d'images, de séquences filmiques, de séquences de jeu, ou de tout autre scénario s'inspirant du jeu et servant à l'enseignement de l'histoire au secondaire.Nous avons ainsi pu constater que les usages étaient divers et nous en ferons état dans la partie qui suit pour répondre à la première question de recherche que nous avons posée.Dans cette recherche quatre méthodes de collecte de données ont été utilisées.Il s'agit de questionnaires, d'entrevues individuelles, d'entrevues de groupe et d'observations vidéographiées.L'ensemble de ces méthodes a porté sur l'usage d'éléments du jeu vidéo Assassins Creed en classe, sur les avantages, et sur les défis rencontrés lors de ces séances.Signalons enfin que ce sont les mêmes élèves et enseignants qui ont fait l'objet de l'ensemble des méthodes de collecte de données.Résultats Élèves, garçons comme filles, jouant beaucoup à des jeux vidéo On constate que près de 89 %, garçons et filles des élèves interrogés, indiquent jouer à des jeux vidéo au minimum une fois par semaine.Près de 23 % d'entre eux y jouent même tous les jours.On remarque enfin que les élèves interrogés dans notre corpus sont 55,12 % à jouer ou à avoir déjà joué au jeu vidéo Assassin's Creed, toutes éditions confondues.La pratique des jeux vidéo fait donc partie intégrante du quotidien de ces élèves, tant pour les garçons que pour les filles.Elèves aimant jouer à Assassin's Creed avant son usage éducatif en classe Parmi ces élèves qui ont joué ou qui jouent à Assassin's Creed, 96 % ont apprécié l'expérience.Très rares sont donc les élèves qui ont découvert le jeu et ne l'ont pas apprécié.Ce que l'on retient de ce résultat c'est que ce jeu vidéo est particulièrement apprécié des élèves et que cela pourrait amplifier son potentiel attrayant auprès de ce public.Usage en classe différent selon les enseignants Les observations menées en classe ont ainsi permis de mettre en évidence l'existence d'usages divers et variés du jeu dans les cours d'histoire au secondaire.En effet, nous avons d'abord remarqué que plusieurs enseignants utilisaient surtout des visuels du jeu vidéo Assassins Creed pour faire des liens avec des évènements historiques, des lieux géographiques ou des personnages.Le tableau était parfois partagé en deux zones qui permettaient une comparaison entre le contenu du cours et son penchant virtuel, dans le jeu 42 TRACES | Volume 57 no 2 Assassins Creed.Tout au long de ces comparaisons, l'enseignant rappelait les relations historiques dans le jeu vidéo, les noms des personnages et montrait l'existence de liens forts entre les photos de certains lieux et les visuels du jeu vidéo.Ce cours était donc basé sur une comparaison entre virtuel et réel.L'une des activités qui nous est apparue comme la plus pertinente, pour le développement de diverses compétences chez les élèves, participait grandement au développement de leur esprit critique.Les élèves devaient, entre autres, comparer les faits présentés dans une des bandes annonces du jeu Assassin's Creed à une vidéo du politicien français Jean-Luc Mélenchon qui critiquait vivement l'entreprise Ubisoft parce qu'elle dépeignait les révolutionnaires comme des « barbares ».Cet usage pédagogique du jeu Assassins Creed permettait non seulement aux élèves d'en apprendre plus sur des faits et des lieux historiques, mais il participait aussi au développement de la compétence du programme d'histoire « Interpréter une réalité sociale ».Principaux avantages exprimés par les élèves Les données collectées permettent de mettre en évidence cinq avantages majeurs par rapport aux bénéfices exprimés par les élèves dans le fait d'utiliser Assassin's Creed à l\u2019école : 1.Le développement de la motivation à apprendre (43,21 % des élèves) 2.L'aspect attirant du visuel du jeu et son côté multimédia (24,28 % des élèves) 3.La variété dans les supports d'apprentissage (modernité) (20,99 % des élèves) 4.Le fait d'apprendre avec un jeu vidéo (5,76 % des élèves) 5.La possibilité de voir et comparer des faits historiques de manière virtuelle (5,76 % des élèves) Ainsi, les résultats montrent que le fait d'avoir recours au jeu vidéo Assassins Creed, a été particulièrement apprécié car cela permettait notamment de développer la motivation à apprendre des élèves (43,21 %).Aussi, le recours à un tel outil constitue un avantage selon les élèves grâce à l'aspect attrayant de ses visuels et par son côté multimédia (pour 24,28 % des élèves interrogés).Le fait de varier les supports, en étant dans la « modernité » et donc en ne se limitant pas au livre, par exemple, est un des autres grands avantages de cette pratique pédagogique selon les élèves.Enfin, le fait d'apprendre avec un jeu vidéo est évoqué, très certainement car il s'agit d'une pratique novatrice (5,76 %), tout comme la possibilité qui est offerte par cet outil de pouvoir se référer à certains faits historiques de manière virtuelle (5,76 %).Revue de la SPHQ | Printemps 2019 res es fs des Joss motivat Pour ce 0 (Tee en end asi § pls d {esto went de lis notammé flere à app fleet peu pbs nous int Cataspe a lms des entré voie re et del ED thse ¢ dam cer le Pour eu Sin, or Made?(ing pr Bienes êuss, ça leat Sy dy LE do Ju vidé U Many tant Bday fang fing tay Pit Wen tag Ute Pray Tidy Que is; Fee SA sent ASS: 2 © iE ggtiqu parie ui oe nt\u2019 # 2 ET 5 - Et ces résultats sont confirmés par les données recueillies lors des entretiens menés avec les élèves.Assassin's Creed, un jeu vidéo pour stimuler la motivation des élèves à l'école Pour ce qui est de l'impact positif du jeu vidéo Assassin's Creed en classe sur le développement de la motivation à apprendre, les élèves déclarent qu'en utilisant le jeu vidéo Assassin's Creed en classe, ils ont « du plaisir » et vont « plus chercher à comprendre », notamment parce que c'est « plus motivant, plus facile à visualiser ».D'autres voient l'association entre le jeu vidéo et l'enseignement de l\u2019histoire comme étant particulièrement motivante, notamment par le fait qu'ils s'amusent en apprenant.Et le recours à ce jeu vidéo motiverait les élèves à apprendre et les amènerait à mémoriser plus facilement comme ils le confient eux-mêmes : « c'est un peu plus facile de retenir les informations parce que ça nous intéresse, ça nous motive ».Cet aspect motivationnel se ressent dans les adjectifs liés à l\u2019'amusement qu'emploient de nombreux élèves lors des entretiens : « c'est le fun », ou « c'est plus amusant », voire « cool de faire des parenthèses avec un jeu vidéo » et « de faire ça autrement ».Finalement, et ce sont les élèves qui le disent, avoir recours à Assassins Creed en classe, cela permet de rendre le cours « plus intéressant et ça met des images ».Les élèves déclarent apprécier le fait d'apprendre en s'amusant, ce qui constitue pour eux un avantage, notamment pour la compréhension, comme le confirme un des élèves interrogés : « ça m'aide à comprendre ».Cinq principaux défis exprimés par les élèves Bien évidemment, un certain nombre de défis se dressent aussi dans l'usage du jeu vidéo Assassins Creed en éducation.Aussi, nous avons tenu à interroger les élèves sur d'éventuels difficultés inhérentes à ces usages.Les données recueillies montrent que le recours à ce jeu vidéo en classe rencontre, comme frein principal, un manque d'intérêt pour le jeu et pour les jeux vidéo en tant qu'outils d'apprentissage (27,86 % des élèves).En d'autres termes, ces élèves voient comme un défi la défiance des jeunes par rapport à l'utilisation, en classe, d'un jeu vidéo pour apprendre.Ceci est possiblement dû à l'habituel rejet d\u2019un tel type d'outil à l'école, tout particulièrement d'un point de vue social où il ne fait qu'entrer, de manière épisodique, dans les pratiques pédagogiques des enseignants.Aussi, et cela est proche du premier défi, 22,14 % des élèves estiment qu'il existe un problème de fond dans le jeu vidéo Assassins Creed qui n'aiderait pas à apprendre.Par exemple, ils vont trouver que les actions des personnages ne leur apprennent rien, Revue de la SPHQ | Printemps 2019 ou alors que le jeu souffre d'un déficit d'informations et est limité d'un point de vue pédagogique par rapport au cours.Les élèves trouvent désavantageux l'usage qui en est fait, car il est parfois trop éloigné du contenu d'un cours traditionnel (21,43 % d'entre eux).Ceci est tout de même un résultat attendu dans la mesure où il s'agit d'une utilisation détournée d'un jeu vidéo commercial qui n'est pas conçu, initialement, pour l'éducation.Aussi, l'écart avec le contenu du programme scolaire officiel, même s'il est réduit dans certains cas, demeure évident.Les autres défis qui pourraient exister selon les élèves sont la répétition du contenu par rapport à ce qui est présenté dans le cours traditionnel pour 16,43 % des élèves et un problème de forme qui met en évidence le fait que les élèves aimeraient concrètement jouer au jeu vidéo, et non pas seulement regarder des images ou des vidéos (12,14 %).Conclusion Cette recherche exploratoire menée auprès de quelques centaines d'élèves au secondaire, avait pour objectif d'en apprendre davantage sur l\u2019utilisation du jeu vidéo Assassin's Creed en éducation et sur son impact auprès des élèves.Tout d\u2019abord, nous avons constaté qu'il existait différents types d'usages de ce jeu vidéo en classe.Par exemple, nous avons constaté que certains enseignants se servaient exclusivement des visuels du jeu pour procéder à des comparaisons avec les manuels scolaires, alors que d'autres avaient un usage plus proche du jeu vidéo en tant qu'objet multimédia interactif avec l\u2019utilisation de séquences de jeu ou de clips dédiés, tout en adaptant le cours, et même les questionnements.Et comme nous l'avons vu, cela peut faire la différence dans la perception qu'ont les élèves de l'impact d'un tel jeu en éducation.En effet, plus l'utilisation du jeu serait contextualisée, liée et intégrée au cours, plus les élèves apprécieraient cet usage et y verraient un potentiel éducatif fort.Nous souhaitions d'ailleurs savoir quels étaient, pour les élèves, les avantages et les défis liés à de tels usages du jeu vidéo Assassins Creed en classe.|| apparaît ainsi que les élèves voient dans cette utilisation du jeu cinq impacts positifs majeurs, à savoir le développement de la motivation à apprendre, l'aspect attirant du visuel du jeu et son côté multimédia, la variété dans les supports d'apprentissage, le fait d'apprendre avec un jeu vidéo, et enfin la possibilité de voir et comparer des faits historiques de manière virtuelle.Ces différents impacts positifs sur le déroulement d\u2019un cours qui intègre des éléments du jeu vidéo Assassins Creed montrent qu'il est possible d'envisager une éducation avec le jeu vidéo et ce pour le plus grand plaisir des élèves.TRACES | Volume 57 no 2 43 En conclusion, et c'est ce que révèle notre recherche exploratoire, on peut confirmer que le recours à Assassin's Creed en classe peut être particulièrement intéressant à des fins éducatives.Toutefois, pour que cela soit le cas, ou du moins pour intéresser un maximum d'élèves, il est important d'adapter le cours et de voir le jeu vidéo comme un outil d'apprentissage et non pas comme une fin en soi.Ce qu'il est important de préciser ici c'est que le jeu vidéo reste un support, un outil, qu'il faut adapter au contenu d'apprentissage souhaité et inversement.Sans cela, il pourrait être difficile d'exploiter le plein potentiel pédagogique d\u2019un jeu vidéo, quel qu'il soit.Par conséquent, la multiplication de telles initiatives par les enseignants, ou par les chercheurs pourrait aider à en savoir davantage encore sur les apprentissages liés à la pratique vidéoludique et en améliorer les effets sur les élèves.Bibliographie Carrasco Molina, Enrique.(2017).Pedagogical proposal to support the teaching of history with audiovisual content including video game advertising: the example of Assassin's Creed IV: Black flag and privateer Amaro Pargo.Nova Science Publishers.Consulté à l'adresse http:// abacus.universidadeuropea.es/handle/11268/6396 Joly-Lavoie, A.(2018).Assassin's creed : synthèse des écrits et implications pour l\u2018enseignement de l\u2019histoire.McGill Journal of Education / Revue des sciences de l'éducation de McGill, 52(2).Consulté à l'adresse http://mje.mcgill.ca/ article/view/9508 Spring, D.(2015).Gaming history: computer and video games as historical scholarship.Rethinking History, 192), 207- 221.https://doi.org/10.1080/13642529.2014.973714 Westin, J., & Hedlund, R.(2016).Polychronia \u2014 negotiating the popular representation of a common past in Assassin's Creed.Journal of Gaming & Virtual Worlds, 8(1), 3-20.https://doi.org/10.1386/jgvw.8.1.3_1 Yelle, F, & Joly-Lavoie, A.(2017).Exploiter l'univers cinématographique d'Assassin's Creed en classe d'histoire.Enjeux, 12(4).Consulté à l'adresse https://ledidacticien.com/2017/08/13/exploiter-lunivers-cinematographique- dassassins-creed-en-classe-dhistoire/ L'église de Saint-Dominique a été érigée pour les Dominicains.L'ordre des Prêcheurs ou des Frères prêcheurs est aussi connu comme l\u2019ordre des Dominicains, nom donné par association au fondateur, Dominique de Guzman (1170-1221).En 1900, l\u2019ordre obtient l'autorisation de fonder un monastère à Québec, attiré notamment par la présence d'une université catholique.En 1906, ils louent une petite maison sur la rue Taché, tout près de la tour Martello.En 1908, ils s'établissent en bordure de la Grande Allée, dans une résidence construite en 1829 connue sous le nom de Battlefield Cottage.Ils deviennent officiellement propriétaires du lieu en 1909.En 1918, la construction d'un monastère conçu par l'architecte Joseph- Albert LaRue (né en 1891) est amorcée.Le projet retenu prévoit l'édification par étapes de quatre ailes disposées autour d'une cour intérieure carrée, à la manière des cloîtres des abbayes médiévales.L'aile ouest est d'abord érigée et une chapelle y est aménagée.Cette dernière est très fréquentée par les résidents du secteur.La création de la paroisse Saint-Dominique est approuvée en 1925.La chapelle de l'aile ouest devient alors l'église paroissiale, mais se révèle rapidement trop petite.Une souscription permet de lancer la construction d'un nouveau lieu de culte, qui fermera la cour du côté est.L'église est ouverte au culte en 1930 et bénie en janvier 1931.À ce moment, seul l'extérieur est terminé.L'intérieur de la nouvelle sacristie est achevé en 1931.Le programme iconographique pour l\u2019ornementation de l'église est élaboré par les dominicains Marc Labonté et Dominique Laurin ainsi que par LaRue.Les travaux pour la réalisation du décor intérieur sont amorcés en 1935 sous la surveillance de l'architecte Gabriel Desmeules de Québec.Ces Église Saint-Dominique en page couverture travaux sont partagés entre la Maison Villeneuve de Saint-Ro- muald, l'atelier Ferland et Frères de Saint-Jean-Chrysostome et Deslauriers et Fils de Québec.En 1939, un mausolée est aménagé à l'arrière du lieu de culte pour accueillir la sépulture du père Henri Martin (1880- 1939), curé fondateur de la paroisse.La même année, LaRue demande que la totalité de la sculpture et de l'ornementation soit confiée à un seul artiste, afin d'assurer l'unité du décor.C'est Lauréat Vallière (1888-1973), aidé par son fils Robert pour certains détails d'ornementation répétitifs, qui y travaillera durant 14 ans.À l'oeuvre sculptée s'ajoute une quarantaine de vitraux conçus par Théodore-Gérard Hanssen (1885-1957) et réalisés dans les ateliers Chigot de Limoges.De plus, la partie haute des murs du baptistère est ornée de mosaïques créées par Walter Del Mistro (1913-2003).Par la suite, l'église connaît peu de modifications.Le carillon cesse d'être utilisé en 1956 pour une raison inconnue.Le projet de le restaurer naît au début du XXIe siècle.Enfin, les trois cloches à la volée sont restaurées et un nouveau carillon de 25 cloches est coulé par la fonderie Paccard.Le nouveau carillon est béni en avril 2008.L'église de Saint-Dominique est classée en 2014.Plusieurs objets patrimoniaux qui y sont conservés (statues en bois, couvercle des fonts baptismaux, chandelier pascal, lampe de sanctuaire) sont classés au même moment.En 2011, le couvent qui se rattachait à l'église est détruit pour faire place au pavillon Pierre-Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec et en, 2016, l'église est rattachée à la paroisse Saint-Jean-Baptiste.Extrait du Répertoire du patrimoine culturel du Québec, Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2014.[En ligne] (consulté le 11 mars 2019) 44 TRACES | Volume 57 no 2 Revue de la SPHQ | Printemps 2019 Que Denis V2 Srepharé Hortéal Hisoren andi yn obser Celu Qu dome 80 tute entreprs des ob d'acité réseau d mau.B dficaces Queces fee Gf Maurice Jean Lam Québer, bu lende \u2018lecture semi cent lancé sontd'ab aMenen Sard 185 pe Dhénong Qi per % feo Hiaton \u201cain, Tele! leg Del Wty Mong Wi oye te Quoi de neuf côté livres ?Denis Vaugeois, Entretiens Stéphane Savard Montréal, Édition du Boréal, 2019 Historien de renommée, Denis Vaugeois est devenu une référence pour le grand public.Ses recherches sur la Nouvelle-France et les Autochtones en font un observateur et un défenseur de l'Amérique métissée.Celui que René Lévesque considérait comme un « homme de culture » a donné son nom à d'importantes politiques culturelles qui aujourd'hui encore structurent l\u2019action gouvernementale.Avec la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre, Denis Vaugeois a su arrimer des objectifs de diffusion culturelle aux impératifs économiques d'un secteur d'activité fragile mais essentiel à la collectivité.Et son action en faveur d'un réseau de bibliothèques publiques constitue un legs culturel et démocratique majeur.Bien qu'épris de culture, l'homme n'en est pas moins un gestionnaire efficace et il se livre ici à une véritable leçon d'administration publique et privée.Que ce soit comme haut fonctionnaire, ministre ou éditeur, Denis Vaugeois se révèle être un praticien rigoureux et déterminé.Maurice Séguin, historien du Québec d'hier et d'aujourd'hui Jean Lamarre Québec, Septentrion, 2019 Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, Maurice Séguin propose une relecture de l\u2019histoire du Canada et du Québec en développant une approche systémique.Alors que l'historiographie antérieure s'employait, en mettant l'accent sur des caractéristiques culturelles, à montrer en quoi les Canadiens français étaient différents des autres peuples, Séguin propose que les sociétés sont d'abord semblables entre elles, mais que diverses circonstances historiques amènent une société particulière à se différencier.Son oeuvre offre un cadre d'analyse qui, sans prétendre à la vérité, propose une lecture de l'histoire très pertinente.Elle permet de rendre intelligible et surtout de nommer les phénomènes qui relèvent du national pour le Canada et le Québec d'hier et qui perdurent toujours aujourd'hui.D'autres nations pourraient également se reconnaître aisément dans les dynamiques qui caractérisent leur propre situation.À l'occasion du centième anniversaire de naissance de Maurice Séguin, Jean Lamarre retrace la genèse de cette approche tout en mettant en relief les principales conclusions auxquelles elle nous invite.De la distanciation en histoire Mark Salber Phillips Montréal, PUM, 2019 Dans un style élégant doublé d\u2019un grand souci de vulgarisation, ce livre consigne les réflexions d'un historien de la vie intellectuelle sur sa pratique et Revue de la SPHQ | Printemps 2019 TRACES | Volume 57 no 2 Réphane ELEN Jean Lamarre historien du Québec d'hier et d'aujourd'hui 45 De la distanciation cn histoire Mana oesate Pvass = Lit Proust 64 ML aA C0 ACAD sur les façons d'écrire l\u2019histoire.Il montre que la distanciation nécessaire a son métier n'est pas seulement affaire d'éloignement dans le temps, mais que la médiation qui s'opère avec l'objet de sa recherche fait intervenir chaque fois des considérations formelles, sentimentales et idéologiques.Tout en rendant compte de façons nouvelles de pratiquer l'histoire à trois époques différentes \u2014 autour de 1500, de la chronique médiévale à Machiavel et Guichardin; autour de 1800, siècle des Lumières à l'historicisme du XIXe siècle; et autour de 1968, avec l'intégration des affects et des sentiments \u2014 , et sans prétendre constituer une histoire de l'historiographie, mais en en livrant les principales balises, l'auteur se penche notamment sur les usages de l\u2019histoire en littérature, en peinture, et en muséologie.Mark Salber Phillips est professeur d'histoire à l'Université Carleton d'Ottawa.On Historical Distance a remporté le Prix Wallace K.Ferguson en 2013.Infographies.quebec Gilles Laporte Québec, Septentrion, 2019 L'historien Gilles Laporte propose un ouvrage comprenant une série d'infographies sur l'histoire, la géographie, la population, l'économie, la culture, la politique, la consommation et même les sports au Québec, de ses origines à aujourd'hui.Chacune de ces infographies, publiées en planches dépliables de grand format, relève le défi de rendre attrayante et accessible une information à la fois riche et rigoureuse à propos du Québec et de son histoire.Elles sont destinées aux élèves en histoire des écoles et collèges du Québec, ainsi qu'au grand public désireux de revisiter son histoire sous l'angle graphique.Un guide pédagogique, sous forme de questions abordant chacune des planches, complète le volume.Les cahiers des Dix Collectif, sous la direction de Fernand Harvey Montréal, Les éditions La Liberté, 2019 Le 72° numéro des Cahiers des Dix réunit huit articles inédits sur des sujets aussi variés que la figure de Jeanne d'Arc au Québec, l'action, les idées et les représentations de Louis-Joseph Papineau, la voix des esclaves autochtones et des esclavagistes dans le système judiciaire de la Nouvelle-France, une collection de cartes postales sur l'artisanat textile, la place de la pièce Tit-Coq de Gratien Gélinas dans la dramaturgie québécoise; on y trouve aussi un corpus de « films de famille » comme image de la société en changement, et, enfin, la politique culturelle sous le premier gouvernement de Robert Bourassa.Revue de la SPHQ | Printemps 2019 w Le Mus Néand Create de Ne begutou ql anader Homo 9 laprem dehors pere perdant ans, a Cia 1Côteo Armist ARMS 0tljin Musée 001 Autour Lxpoy erie bn ent Passant sta 5 Que Je \"He fi ign orn.\u201cAyr de 08 ae SW ne Erg Ve etn ane.On \u201cographies s'ique jus nd format, Fi riche ngs ait nd oublie oil ume ts SUPP es el les jones d He 2 Gratien gt Fims poli ique rip 2 \u2026 COté musées ?Le Musée canadien de l\u2019histoire 100, rue Laurier, Gatineau Néandertal 17 mai 2019 au 26 janvier 2020 Créature des cavernes ou proche parent ?Partez à la rencontre de l'homme de Néandertal, un être longtemps considéré comme primitif, mais en réalité beaucoup plus proche de nous qu\u2019on ne le croyait.Cette grande exposition du Muséum national d'Histoire naturelle de France, adaptée par le Musée canadien de l'histoire, jette un nouveau regard sur cette espèce du genre Homo grâce aux plus récentes découvertes scientifiques.Elle réunit pour la première fois des fossiles exceptionnels rarement exposés au public en dehors de l'Europe.Grand chasseur, l'homme de Néandertal façonnait la pierre, maitrisait le feu et enterrait ses morts.Il a peuplé l'Europe et l'Asie pendant 300 000 ans avant de disparaitre mystérieusement il y a 30 000 ans.NÉANDERTAL » La Citadelle de Québec - Musée du Royal 22° régiment 1 Côte de la Citadelle, Québec Armistice 2018 : ils ont vécu la guerre Jusqu'au 26 septembre 2019 ARMISTICE 2018 - ILS ONT VÉCU LA GUERRE lls sont dans la jeune vingtaine.lls incarnent le visage de Du 21 juin 2018 au 29 septembre 2019 la guerre.A travers leurs yeux de soldats, de prisonniers, de blessés et d'infirmières, revivez les événements marquants de la fin de ce conflit majeur et le retour à la = MÉCU : paix Ils ont éprouvé une gamme d émotions teintées de \u201cGUERRE découragement et de peur, mais aussi d'espoir et de joie.Partis vers l'inconnu, ils sont revenus changés dans un 7 PT mere monde à jamais transformé.MBRMISTICE ° aus \u2014 } ©, Musée Pop 200, rue Laviollette, Trois-Rivieres Autour d'une broue : L'aventure de la bière au Québec Jusqu'au 13 septembre 2020 L'exposition offre une incursion dans l\u2019histoire de ce breuvage prisé des Québécois, de la Nouvelle-France jusqu'à la récente effervescence des microbrasseries sans oublier la populaire pièce de théâtre Broue.En entrant dans l'exposition, le visiteur découvre l'origine de la bière au Québec, des débuts de la colonisation en passant par le régime britannique.La religion catholique n'étant jamais loin dans cette période de notre histoire, il y est question des ligues de tempérance et de tous les efforts du clergé pour détourner leurs ouailles de la dive boisson.Des artéfacts inusités sont montrés; des calvaires en bouteille en passant par les tracts des Lacordaire.L'histoire de l'industrie brassicole québécoise y a également une place de choix.Par la suite, on entre dans une taverne des années 1970, avec son bar, ses chaises et tables d'époque, une machine à boules et même un pot de langues dans le vinaigre ! Une zone est réservée à la pièce de théâtre Broue où certains costumes et accessoires utilisés dans la pièce et récemment acquis par le Musée de la civilisation sont présentés.Les visiteurs peuvent visionner des témoignages inédits des comédiens et des extraits de la pièce.Revue de la SPHQ | Printemps 2019 TRACES | Volume 57 no 2 47 Prix d'excellence de la SPHQ 1 000 $ aux élèves et enseignants en histoire ÉLÈVES : 5 PRIX DE 100 $ Ces prix récompensent les élèves de 3° ou 4° secondaire s'étant démarqués par l\u2019intérêt soutenu qu\u2019ils ont démontré pour l\u2019histoire du Québec, par leur participation active dans les cours et activités scolaires liés à l\u2019histoire et par des résultats académiques supérieurs à la moyenne.Sont admissibles les élèves qui ont suivi un cours d'histoire du Québec pendant l\u2019année scolaire 2018-2019.ENSEIGNANT : 1 PRIX DE 500 $ Ce prix vise a souligner le travail accompli par un enseignant du secondaire pour faire découvrir, connaitre et aimer l\u2019histoire du Québec.L'enseignant doit s'être démarqué par des approches pédagogiques originales, par son dynamisme en classe et au sein de l\u2019école ou par la conception et la publication de matériel didactique.REMISE DES PRIX Les prix d'excellence en histoire pour les élèves sont transmis aux écoles participantes afin qu\u2019elles puissent les remettre aux lauréats à la fin de l\u2019année scolaire lors de leurs soirées Méritas.Le prix d'excellence en histoire pour l\u2019enseignant est remis à l'automne, lors du congrès annuel de la SPHQ.MODALITES Les enseignants doivent soumettre leur candidature et celle de leur élève en envoyant par la poste le formulaire complété et les documents requis avant le 15 avril 2019.Les formulaires pour poser une candidature sont disponibles sur le site Internet de la SPHQ à www.sphg.quebec.Société SPHO | \u201cprofesseurs d'histoire \u201cQuébec Revue de la SPHQ | Printemps 2019 8 \u2014_ ¢ o fo \u201ca 209 re pres = ee ne 1 Ë 2 3 =: E % > pe Le _ Le a RE, Ge JO DE oo Ca = cas sis Eg 2 eH EE ES i Z EE = AE ES = = 2e ee = = = or =i AEE SE word Zo ea = PES RER = oe = = CES = PE en SE Zon = Sr TEE == = ae = = en A = = ae STE REE se = RRM RI EET iol = 27 EE = ce POSTES PUBLICATIONS NUMERO DE CONVENTION : 40044834 Adresse de retour SPHQ, CP 311, Saint-Bruno-de-Montarville Québec, J3V 5G8 À REVUE DE LA SOCIÉTÉ 3 DES PROFESSEURS _ D'HISFOIRE DU QUÉBEC HIVER 2069 = .Loupe NO) REVUE DE LA SOCIETE DES PROFESSEURS D'HISTOIRE DU QUÉBEC A H I} 1] Al Pr ef: Chevaliers teutoniques * Histoire des Juifs dû Québec * Jistoire parlementaire par la bande dessinée * Insoumis de 1 »° l\u2019Empire britannique * Analyse des œuvres d\u2019art en classe CIE Ty - OR R' VOLUME 56-NO2 ° PTS > ISSN 0225-9710 "]
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