L'avenir, 12 février 1848, samedi 12 février 1848
[" WT ;:,_ _\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014\u2014_ ppp Vol.2.L\u2019AVENIR Paraît tous les SamEDrs dans l\u2019aprés-midi.ABONNEMENT.vance.Montréal, Samedi 12 Fovrier, 1848.Poursixmois, .3a Pourunan, .- no, .10s.L'abonnement est invariablement payable d\u2019a- - ; P N oO.15.ee pee ANNONCES.On reçoit les ANNONCES tous les jours de 8h.a.M.à 6h.PM.Les prix des-annonces, quoique ler eolonnes du journal soient plus larges que celles des autres journaux, sont les mêmes, et l\u2019on fait def remises considérables sur celles publiées à long rme.JOURNAL PUBLIÉ DANS LES INTÉRÊTS DE LA JEUNESSE, PUBLIÉ PAR UNE SOCIÉTÉ { EN COMMANDITE DE JEUNES GENS.$ \u201c LE TRAVAIL TRIOMPHE DE TOUT\u201d RÉDIGÉ PAR UN COMITÉ DE COLLABORATEURS.Lecture Publique DONNÉE DANS LES SALLES DE LECTURES DE L'INSTITUT CANADIEN, JEUDI, 3 FEVRIER 1848.- » D'APRES INVITATION SPECIALE.Sur : \u201c Les Jeunes Gens du Canada, ce qu\u2019ils se doivent À eux-mémes, à leurs semblables, à la sciétoé, au pays ; leur perspective, leur avenir.\u201d Par lc Juge C.Mondelet.M.le Président et MM.de l\u2019Institut, Mesdames et Messieurs, Chaque fois que je rencontre mes concitoyensen grand nombre, et que je me mets en rapport avec eux, j\u2019éprou- we un plaisir indicible ; car, sentant en moi-méme quelque chose qui ne me laisse aucun doute sur lasympathie mutuelle qui existe entre nous tous, je me retrouve, pour ainsi dire, en famille, et comme au milieu des miens.C\u2019est alors que més facultés mentales et toutes les puissances de mon âme semblent se rallier pour évoquer ce que le cœur a de plus chaleuyeux, de plus affectueux, mais en même tems de plus sincère et de plus vrai, pour ie dire a ceux a qui il serait indigne de proclamer aucune chose que désavouerait l\u2019honneur.Si ces senti- mens me dominent ordinairement, je vous laisse, mesdames et messieurs, à imaginer, si vous le pouvez, ce que je dois ressentir, lorsque je vois se presser dans cette enceinte une jeunesse intelligente, l\u2019élite de la société, avide de jouissances littéraires, appuyée qu\u2019elle est de parens heureux de l\u2019accompagner, de la protéger, dans ses excursions, ses explorations scientifiques.Quel coup d\u2019œil! Ces figures animées, raiyonnant de joie et d\u2019espérance, cette vivacité caractéristique des canadiens, cette politesse en gageante, cette bienveillance que l\u2019on m\u2019a déjà témoignée, et que je m'aperçois que l\u2019on est encore disposé à ne pas me refuser, remontent mon courage et me font pressentir un accueil indulgent, là même où J'aurai à parler le langage de la franchise.L'heure que nous allons passer ensemble, mesdames et messieurs, ne peut être consacrée à un sujet plus utile que celui sur lequel j'ai concentré mon intention.Il n\u2019y a que quelques semaines, je me hasardai à aborder un sujet d\u2019une telle délicatesse, que le succès de mes faibles tentatives me parut problématique.Celles au bien-étre desquelles comme membre de la grande famille humaine, comme canadien, comme père de famille, je m\u2019intéresse vivement, ont semblé, sinon partager toutes mes opinions, du moins approuver le choix que j'avais fait du sujet dont j'ai eru devoir les entretenir.C\u2019était déjà beaucoup, et l\u2019on peut m\u2019en croire, lorsque je déclare, qu\u2019après le témoignage de ma conscience qui me commandait d\u2019en agir ainsi, la récompense que j'ambitionnais le plus, c\u2019était de mériter l\u2019approbation de la plus belle, de la plus aimable, de la plus influente portion de la société, dont la position est si élevée et l\u2019avenir si éminemment digne d\u2019intérêt.La jeunesse mâle et vigoureuse du Canada, me permettra bien, je pense, de me présenter devant elle.Si je n°\u2019ai pas, pour agir au plus haut dégré sur ma sensibilité, un sujet comme celui que j\u2019entrepris de traiter, il y a quelques terns, j'ai, du moins, des considérations à envisager, à peser, à présenter qui, si elles sont confiées à des mains faibles, n\u2019en sont pas moins dignes de l\u2019auditoire brillant au milieu duquel je me vois.Les jeunes gens du Canada ! c\u2019est le thême de notre entretien ce soir.Les jeunes gens ! ces mots, dans quelque pays qu\u2019on les prononce, ont un effet magique.La jeunesse est belle, aimable, séduisante partout, on s\u2019y intéresse, on l\u2019aime souvent, sans la connaître, c\u2019est un sentiment dont on ne peut se défendre.Quelle puissance doit donc avoir ce mot sur les intelligences, lorsqu\u2019on regarde la jeunesse sous le point de vue véritablement intéressant ! La jeunesse, c\u2019est l\u2019espoir de la patrie ! La jeunesse, c\u2019est le cœur de l\u2019état ! La jeunesse, c\u2019est l\u2019âme du corps social ! La jeunesse, c\u2019est le foyer de tout ce qui est beau, grand, héroïque ! La jeunesse, c\u2019est, depuis ce qu\u2019il y a de plus charmant, jusqu\u2019au plus haut dégré d\u2019élévation morale, ce qui agit avec le plus d\u2019action, le plus de générosité, le plus de désintéressement ! Mais, mesdames et messieurs, la jeunesse serait la perfection, si elle était sans faiblesses, si l\u2019expérience lui était acquise, comme à l\u2019âge mûr, et si elle n\u2019avait pas besoin des avis des anciens, des suggestions fraternelles de ceux qui eux-mêmes sont bien-aises de s\u2019étayer des conseils d\u2019hommes plus avancés qu\u2019eux dans leur carrière.Unis- sons-nous donc de cœur et d\u2019action pour donner, au sujet qui réclame notre attention, notre meilleur vouloir.Commençons par nous dire que nul d\u2019entre nous n\u2019est exempt de fautes, que chacun a besoin d\u2019aide, et que c\u2019est un commerce de fraternelle sollicitude que nous allons avoir ensemble, dans l\u2019intérêt de tous, et particulièrement celui de la jeunesse.S\u2019il est vrai, et qui peut en douter, que la jeunesse est l\u2019espoir de la patrie, l\u2019âme du corps social, le foyer de tout ce qu\u2019il y a de beau, de grand, d\u2019héroïque, quel sujet de graves et importantes réflexions, que celui qui se rattache à la jeunesse canadienne ! Rien que depuis quelque tems, le Canada semble se réveiller et donner quelques signes de mouvement, après un sommeil qui tenait d\u2019une profonde léthargie, et qu\u2019ici, comme ailleurs, il se manifeste quelques symtômes d\u2019un ébranlement général chez les masses, et une tendance vers le progrès en législation, dans les sciences et les arts, l\u2019agriculture et tout ce qui constitue une société civilisée, avouons-le, nous sommes encore bien en arrière ! Tous les jours, on dit que nous sommes jeunes: je dirais plutôt que nous sommes vieux d\u2019âge, mais bien jeunes sous d\u2019autres rapports.Pourquoi se faire illusion sur sa position?Pourquoi s\u2019endormir dans une molle et coupable indifférence ?Pourquoi fermer les yeux, lorsqu\u2019en les ouvrant et regardant autour de nous, nous ne pouvons qu\u2019apercevoir tout ce qui nous manque à nous.Il n\u2019est pas nécessaire de nous arrêter à discuter sur les causes qui nous ont retenus sur la route, lorsque tant d\u2019autres nous ont devancés, et nous apergoivent à peine lorsqu\u2019ils jettent un regard sur l\u2019espace qu\u2019ils ont franchi, nous dépasserions les limites d\u2019un court entretien d\u2019une heure, il suffit que nous sachions ce qui en est: un moment de refiéxion nous indiquera ce que nous avons à faire.Je ne puis pourtant me défendre d\u2019un sentiment qui, depuis ma jeunesse, m\u2019a dominé, et qui me porte naturellement à vous demander si, parcequ\u2019on est né sur le continent de l\u2019Amérique, on est inférieur en intelligence, en énergie, et en moyens de faire tout ce qu\u2019on accomplit en fait de progrès, en tout genre, dans les vieilles sociétés européennes Je vous entends, mesdames et messieurs, je vous entends me répondre, et pourquoi le serions-nous ?Serait-ce donc parce que le créateur a tout fait en grand dans le nouveau-monde, qu\u2019il a sillonné le continent de fleuves immenses, qu\u2019il l\u2019a enrichi de réservoirs étendus, qu\u2019il lui a imprimé, par ses hautes chaînes de montagnes, un dégré de force et de majesté toute visible, qu\u2019il a marqué tous ses actes du sceau d\u2019une grandeur vraiment sublime, et que, surtout, nous sommes environnés, imprégnés plutôt, d\u2019un atmosphère aussi pur que l\u2019air en est vif et actif, qu\u2019il aurait soumis à toutes ces beautés de la nature l\u2019intellect de l\u2019homme, au lieu de le placer audessus de ces objets qu\u2019il a créés pour son usage.Ah non, mille fois non.En Amérique, on naît avec du génie, de l\u2019intelligence et du cœur! En Amérique, on a de l\u2019énergie en proportion des grandes choses, des destinées sublimes qui sont à accomplir! En Amérique, l\u2019intellect de l\u2019homme, s\u2019il est moins cultivé que dans les vieux pays, n\u2019en est pas moins naturellement plus élevé, plus fort, plus frais! Ailleurs, on con- nait, comme en parle incessamment, les spécialités ; en Amérique, le génie est universel, par cela même, sans doute, que la nature offre à l\u2019homme tant de ressources, qu\u2019il lui faut, pour les faire valoir, une intelligence qui les comprenne et les embrasse toutes.Puisqu\u2019il en est air.si des populations de l\u2019Amérique en général, les canadiens feraient-ils donc exception ?Non certes ! Nous savons tous le contraire, et s\u2019il était besoin du témoignage d\u2019Européens intelligens, d\u2019hommes audessus du préjugé, et trop éclairés eux-mêmes pour s\u2019y tromper, il me serait facile d\u2019étayer de noms imposans l\u2019assertion que je vous fais.Je la fais cette assertion, sans craindre le reproche que nous sommes présomptueux ;carapréstout, s\u2019il y a, chez les canadiens, du génie, du génie universel, de l\u2019aptitude à tout apprendre, à tout faire, nous n\u2019en avons pas le mérite, c\u2019est au créateur de toutes choses qu\u2019il faut l\u2019attribuer ce mérite, en lui la cause, a lui seul la gloire.Je vais plus loin: un être intelligent doit faire usage de sa raison pour acquérir la chose la plus essentielle, la connaissance de soi-même ; sans cela, on ne peut rien d\u2019efficace.Il y a loin de là aux prétentions désordonnées et ridicules de la vanité et de la suffisance ; ainsi, n\u2019oublions jamais que la coupable négligence du génie et du talent est un attentat contre la volonté de l\u2019être suprême.Ici, je ne cacherai pas ma pensée : Si les canadiens sont intelligens, et certes ils le sont à un haut dagré, il n\u2019y a pas d\u2019excuse pour eux, s\u2019ils ne deviennent pas qualifiés à remplir les devoirs de leur état, les professions, l\u2019agriculture, les métiers et toutes les conditions dans la société, réellement tout ce que nos jeunes compatriotes, et tous les jeunes gens du Canada, possèdent de talenset d'aptitude pour les sciences, le mécanique, et tout ce qui aide à progresser dans la voie de l\u2019utile, du nécessaire plutôt.11 est vrai de dire, que les professions sont surchargées, et la manière dont nombre de personnes les suivent n\u2019est guère propre à exciter l\u2019ambition de ceux qui songent à s\u2019y consacrer.Malgré cela, les gens de vrais talens et d\u2019un mérite éprouvé se feront jour partouf et dans tous les tems, si à ce mérite ils joignent la persévérance ; car, sans persévérance, point de succès.Que les jeunes gens, donc, travaillent, mais sérieusement ; avec cela, succés, éÉminence : sans cela, inférioirté, déshonneur, pauvreté.À quelque état, jeunes gens, que vous soyez appelés, ne perdez jamais de vue la responsabilité qui s\u2019y rattache, c\u2019est là la première obligation.Votre honneur y est tout engagé, motif plus que suffisant pour vous animer de la plus noble amt\u2019 -atre intérêt exige que vous soyez justes envers les autres, si vous #oulez qu\u2019on le soit envers vous.En effet, quelle responsabilité de l\u2019agent vis-à-vis de ceux qui deviennent, pour ainsi dire ses commettans, lorsqu\u2019ils l\u2019emploient ! Qu\u2019on y songe sérieusement quelques instans, et l\u2019on arrivera, de suite à la conclusion, que tout jeune homme qui se destine à l\u2019exercice d\u2019une profession, d\u2019un.métier ou d\u2019un état quelconque, doit, au préalable, faire les études indispensables pour en bien accomplir tous les Hevoirs.Sans descendre aux détails, qu\u2019il me suffise, en passant, de dire aux jeunes gens, que les professions savantes demandent des études telles que l\u2019assiduité la plus soutenue, le travail le plus opiniâtre et les lectures les plus générales peuvent à peine suffire pour le préparer.Inutile d\u2019ajouter, qu\u2019à une éducation libérale, qu\u2019à des connaissances universelles, ct à autant d\u2019expérience qu\u2019on en peut acquérir dusts fe cours d\u2019une ciéricature, si le jeæne homme parvenu à se faire recevoir n\u2019associe pas le sentiment de sa responsabilité a Dieu, 4 sa conscience, a la société et's .des cliens ; s\u2019il ne consacre pas tous les momens disponi- } bles à une étude suivie, et s\u2019il n\u2019augmente pas, de jour *- en jour, le fonds de ses connaissances, il engage dans.- une voie où il s\u2019égarera infailliblement ; ce qui a immédiatement rapport à son état réclame ses premiers soing, sans doute ; mais qu\u2019il se rappelle bien qu\u2019il ne suffit s à l\u2019homme de loi de connaître parfaitement la lettre de- la loi ; au médecin, de posséder les élémens d\u2019une seiefi- ce aussi étendue qu\u2019elle est exacte ; au prêtre de se retrañ- cher derrière la théologie ; en un mot, à l\u2019homme de quelque profession que ce soit, d\u20198tre, comme souvent on l\u2019entend dire, exclusivement, l\u2019homme de telle pri.fession, c\u2019est une erreur.À l\u2019homme de loilà l\u2019avoëgat.\u2018 au notaire, au médecin, au juge, il faut des connais sances étendues, libérales, universelles.An prêtre! au prêtre qui doit être le père de tous, il faut desy qualités universelles, et s\u2019il ne les a pas, non seulement il ne peut accomplir sa mission, mais il fait ou laisse faire autant de mal qu\u2019il eût répandu de bienfaits, au moy d\u2019une intelligence bien cultivée, d\u2019une âme divinisée per les plus sublimes enseignemens bien médités, étoquem- ment proclamés, et, pardessus tout, fidèlement pratiqués.Si des professions dites savantes nous en venons à d\u2019autres états, en est-il autrement ?Le négociant ne doit-il pas être l\u2019homme de tous les pays ?L\u2019agrieulteur ne doit-il pas être un homme bien instruit ?-Peut-il exercer son état, s\u2019il ignore les principes fondamentaux de- ce qu\u2019il a à faire ?N\u2019en est-il pas ainsi de tous les états de tous les métiers ?Qui pourrait le nier ?| \u2019 Voila quant a la responsabilité ; mais compterons-nous l\u2019honneur pour rien ?Est-il honorable, est-il.honnête de se lancer dans une profession, dans un état, dans un métier quelconque, sans s\u2019être, au préalable, qualifié à en remplir les devoirs?Et un jeune homme peut-il, de sangfroid, s\u2019engager dans une carrière qui l\u2019expose aux regards du public, où la honte et le ridicule l\u2019attendent, si, aulieu de demeurer dans une raisonnable médiocrité, il se donne en spectacle au grand monde, et s\u2019acquiert une réputation toute autre, que celle d\u2019un homme d\u2019ez prit et de talent, et même de sens commun \u2018 Et si des jeunes gens étaient sourds au cri de l\u2019honneur, et qu\u2019ils s\u2019abusassent sur leur responsabilité, il n\u2019est pas probable qu\u2019ils se méprendraient sur leurs propres intérêts.Or, rien de plus évident que, pour bien çe servir eux-mêmes, ils doivent d\u2019abord être capables de- bien servir les autres ; car les cliens ne sont pas longteras \u2019 ae 8 Nu > WAVENR\u2014FEVRIER, 1843.EE à s\u2019apercevoir de'l\u2019impéritie du talent de ceux qu\u2019ils emploient; et comme ils ne sont tenus envers leur employé qu\u2019en proportion de ce qu\u2019il fait pour eux, imaginez combien est brillante la perspective de celui qui se hasarde de se mêler de faire ce qu\u2019il ne connaît pas.Entrons maintenant dans un champ plus vaste, je parle de la vie publique.Autant il est préjudiciable à la société, comme aux individus, que des jeunes gens se lancent sur le grand théâtre de la vie publique, avant d\u2019avoir acquis une position qui les justifie d\u2019en agir ainsi, autant est-il avantageux à l\u2019état, à chacun de ceux, par conséquent, qui le composent, que les hommes qui le peuvent faire se consacrent au service de la patrie.Il en sort, il doit en sortir de tous les rangs, de tous les états, de toutes les conditions ; car il est à peu près juste de dire que, sur le sol américain, l\u2019homme devient ce qu\u2019il vent être.Il n\u2019y a pas en Canada, j'en conviens, une aussi belle carrière à fournir pour la jeunesse que dans d\u2019autres pays, c\u2019est un grand mal dont le remède est en nos propres mains, si nous le voulors.Mais, uvec tous les désavantages inséparables de notre état de société, nous ne sommes pourtant pas sans moyens d\u2019existence et sans voies d\u2019avancement.Je vous ai déjà dit un mot des professions libérales, .La vie publique offre aujourd\u2019hui un avenir plus brillant que par le passé, et maintenant plus que jamais, il nous faut des hommes à la hauteur des circonstances.Le théâtre où les hommes de talens et de cœur se rencontrent, lorsqu\u2019on a besoin d\u2019eux, est si élevé qu\u2019on n\u2019y doit pas monter imprudemment; mais aussi, quel champ .pour le patriotisme, le génie, l\u2019éloquence ! Si les jeunes gens du jour, si nos jeunes ct intelligens canadiens, en sougeant à la patrie, aux destinées de leur pays, au bonheur des leurs et de leurs semblables, ne s\u2019oublient pas eux-mêmes, ils apercevront, sans effort aucun, ce que l\u2019avenir leur réserve.Ils verront qu\u2019à une époque qui est moins éloignée peut-être qu\u2019on le pense généralement il s\u2019opèrera chez les masses, comme il se fait chez les individus, de prodigieuses révolutions morales; ils com- \u2018 prendront qu\u2019à mesure que l\u2019éducation étendia son irrésistible puissance, et que l\u2019opinion S\u2019éclairera, la force du peuple s\u2019accroîtra gigantesquement ; ils, mesureront.par conséquent, l\u2019espace qu\u2019il y aura alors entre les lumières et les ténèbres, et trembleront d\u2019avance en apercevant, dans le lointain, l\u2019état d\u2019abjection et de malheur qui sera le partage des ignorans, des fainéans, et de ceux \u201c que l\u2019oisiveté consignera au vice, à la misère et à la honte.\u2018 \u2018 S\u2019arrêtant et fesant un retour sur eux-mêmes, nos jeunes amis, tout en pénétrant dans l\u2019avenir, regarderont naturellement au passé, où ils découvriront les traces de ce que leurs devanciers ont fait.Ils admireront l\u2019énergie des hommes qui, dans des tems d\u2019épreuve et de difficultés, ont ouvert le sein d\u2019une terre toute vierge, après avoir porté la coignée à la racine d\u2019arbres dont la grosseur et l\u2019élévation eussent fait pâlir de moins intrépides qu\u2019eux ; ils vénèreront les patriarches de la constitution qui ont frayé la route à nos hommes du jour, qui, certes, comprennent admirablement bien leur mission : ils rendront hommage aux travaux, en tous genres, des amis du pays, des arts, des sciences et du progrès, quelqu\u2019il soit, qui servent de base à ce qui s\u2019améliore aujourd\u2019hui, et, se perfectionnera par la suite.Eh bien, avec tout cela.comme nous ne sommes encore qu\u2019à l\u2019entrée de la carrière qui s\u2019ouvre devant nous, quels doivent être les sen- timens de notre jeunesse, à la vue du passé, du présent et en regard qu\u2019elle est avec l\u2019avenir ! Oh, mesdames et messieurs, les sentimens de la jeunesse devraient être gros d\u2019énergie, d\u2019espoir et de confiance.Cette énergie, cet espoir, cette confiance ne devraient pas être plus bornés que l\u2019avenir même.L'avenir! T\u2018avenir du Canada, du Bas-Canada surtout! Quelqu\u2019il soit cet avenir, quelque soit le sort que nous réserve la providence, ne devenons pas,vousen sans douter, d\u2019aveugles fatalistes.Libres arbitres, ayant en partage l\u2019intelligence, la volonté et les puissances du cœur, nous pouvons, jusqu\u2019à un certain point, nous caser pour les tems futurs.Mais gardons- nous de nous repaître de chimères, Cernés, pressés comme nous le sommes, par des populations actives, entreprenantes, et qui marchent à pas de géant, marchons avec elles, dovançons-les, si nous le pouvons, par la force morale, de peur qu\u2019elles ne nous écrasent par la force physique.Demeurer seuls, isolés, peuple à part.sur le continent Américain! C\u2019est un rêve! Il ne s\u2019agit plus d\u2019illusions, nous ne sommes plus au tems où l\u2019on pouvait, sans danger immédiat, caresser des susceptibilités nationales ; nous sommes arrivés aux jours d\u2019action: avan- gons, ou l\u2019on nous devancera, sans compter que les mil- ions qui le feront nous écraseront dans leur marche et leur progrès colossal ! Il ne faut pas, pour tout cela, nous effacer, renoncer à ce qui fait de nous un peuple civilisé, et plus civilisé que ne le sont la plupart des peuples pris en masse, non certes ! Que notre intelligence se tienne au haut point d\u2019élévation où elle s\u2019est placée; que \u201cnotre force morale acquière un ton encore plus imposant ; que nos usages, nos manières, notre socialité soient per nous, le rempart qui nous défende des invasions de la grossièreté, de la sotte suffisance et de l\u2019ignorance ; que notre industrie nous soutienne au milieu des actives populations qui entrent honorablement en compétition avec mous: mais surtout, que le sentiment religieux soit éclairé, car il n\u2019y a de véritable religion chez homme que 1: où la lumière a pénétré, où le christianisme civilisa- t ur, par excellence, a détruit le fanatisme, dissipé les p'éjugés enfantés et nourris par l\u2019ignorance, et subtitué à de brutales observances le cuite avoué par l\u2019intelligence, le cœur et le gentiment.Il me semble, mesdames et messieurs, voir dans le lointain une cohorte formidable, se grossissant toujours.ne s\u2019arrêtant jamais, et forte, de ses succès, s\u2019avançant avec confiance pour atteindre un but encore éloigné, mais qui, du moins, ne recule pas, et qu\u2019on touchera un jour, s1 on le veut.Si j\u2019examine de plus près ce bataillon qui sc presse, j\u2019y distingue des législateurs éclairés et fermes, des juges savans et incorruptibles, des ministres de l\u2019évangile, qui toujours se rappellent et jamais n\u2019oublient, qu\u2019étant ici-bas entre Dieu et l\u2019homme, ils doivent recommander et pratiquer, à l\u2019exemple de leur maître, la charité et la bienveillance envers tous les hommes, sans distinction aucune ; des avocats éloquens, des défenseurs aujourd\u2019hui de la veuve et de l\u2019orphelin, et du faible contre les injustices du fort, et toujours les fidèles gardiens des libertés du peuple ; des notaires intègres et instruits qui offrent aux familles comme aux individus des garantiessur leur avenir matériel et moral ; des médecins éclairés qui comprennent leurs devoirs, et qui sachent que la perfection de leur état est de seconder au lieu de contrecarrer la nature ; des commerçans qui comprennent que leurs succès doivent tourner au bien, à la force, à l\u2019honneur de leur pays; des artistes qui mettent à profit les dons de leur génie, pour rendre l\u2019homme plus aimable et meilleur, et plüs heureux, par conséquent ; des agriculteurs pour qui, la routine ne soit connue que de nom, et qui marchent avec les populations qui grandissent autour de nous ; des artisans quel- qu\u2019ils soient, etle nombre de cette classe si recomman- duble, est immense, des artisans, dis-je, qui eux aussi, soient au niveau des connaissances qui'leur sont indispensables ; et qui, tout en assurant le bien-être de leurs familles, donnent à l\u2019état, l\u2019appui que leurs succès, leur influence, par conséquent, leur assurent ; j\u2019aperçois enfin, des jeunes gens qui ne persistent pas à demeurer dans les villes, qui comprennent qu\u2019il y a là, trop de cen- \u2018ralisation, que nombre de ceux qui n\u2019y réussissent pas, s\u2019enrichiraient, s\u2019ils se répandaient dans les campagnes, et s\u2019ils s\u2019y livraient à différens genres d\u2019industrie, et mettaient à profit les ressources que leurs talens, la nature et les circonstances contribueraient à développer, et en devenant des membres marquans dans la société, sous tous rapports échapperaient à la médiocrité, et apporteraient à la cause commune, je veux dire le bien-être des masses, une accession de force et d\u2019énergie, et par suite, un dégré de succès dont on ne se fait pas d\u2019idée.Je me demande d\u2019où sont sortis tant d\u2019nommes distingués par leur génie, leur science, leur patriotisme désintéressé, leur énergie inébranlable, et leurs succès, la réponse est là : ils sortent des rangs de la jeunesse, ils ont été à votre âge, jeunes amis à qui je parle, car n\u2019en doutez pas, tel qui, aujourd\u2019hui se fait remarquer au milieu de vous, par la fucilité de l\u2019élocution, la force de la parole, fera un jour rete Jr l\u2019enceinte du parlement, du barreau, de son «\u2018oquence mâle et vigoureuse ; tel autre honorera le bane Je la justice, et deviendra un oracle par ses décisions lumineuses, et inspirera, par l\u2019inflexibilité de sa conduite dans les plus grandes épreuves, et ses connaissances profondes et variées, de la confiance à tous, et méritera le respect de la société, sans distinction de castes ou d\u2019opinion ; celui-ci, quelque soit sa profession, y sera savant et honnête homme ; tel autre, quels que soient ses moyens de se rendre utile, sera activé, poussé irrésistiblement, à faire du bien à ses semblables.Enfin, je le dis, parce que je le pense, et j\u2019en suis aussi con- vaineu que Je l\u2019étais en avril 1846, lorsque je vous le déclarai, l\u2019Institut-Canadien est destiné à opérer de grandes choses, et si, comme je n\u2019en doute pas, vous comprenez bien votre mission, messieurs de l\u2019Institut, vous saurez donner à vos travaux, une direction utile aux classes ouvrières, à celles qui, grâce à l\u2019influence irrésistible de l\u2019éducation pratique, seront un jour placées à la hauteur de la position qu\u2019elles sont appelées à oceu- per.En répandant, de la sorte, l\u2019instruction au milien des masses, vous contribuerez à populariser la science qui est le domaine de tous, bien qu\u2019on ait eu l\u2019idée impie d\u2019en accorder le monopole au petit nombre.Si vous êtes secondés, si la législature, si tous les corps, si tous ceux qui le peuvent, mettent la main à l\u2019œuvre, et que l\u2019on porte le flambeau de l\u2019instruction à toutes les portes, l\u2019Institut sera comme un foyer d\u2019où jailliront mille traits de lumières qui dissiperont les ténèbres épaisses qui obscurcissent encore notre horison ; et de ce même foyer, s\u2019échapperont aussi des jets de feu qui réchaufferont les jeunes cœuuvs, et rappelleront à la vie intellectuelle, ceux que l\u2019indifférence au sort du pays, et au progrès des sciences ct des arts, avait plongés dans une profonde léthargie mentale.On ne saurait, en effet trop s\u2019évertuer pour remuer les masses.Il est grand tems que l\u2019on comprenne que nous avons assez, sinon trop de colléges, et que ce n\u2019est pas toujours là, qu\u2019on puise la science par excellence, la srience pratique, et l'éducation de l\u2019expérience.Sans ici, désigner particulièrement, aucune institution, sans signaler les méthodes lentes et retrogrades que l\u2019on a d\u2019enseigner chez les uns, non plus que le progrès chez d\u2019autres, et sans m\u2019arrêter au préjudice causé à la jeunesse que l\u2019on persiste, dans quelques maisons d\u2019éducation, à faire passer par J\u2019étroit sentier battu et suivi depuis longtems, et auquel l\u2019on tient comme par droit de prescription, qu\u2019il me suffise de vous observer ce que vous savez, comme moi, que le grec et le latin, l\u2019histoire mal apprise, et tout ce qui remplit imparfaitement, le M Ray \u2014_ rr a cadre de ce qu\u2019on appelle l\u2019éducation classique, est tout- à-fait insuffisant.Il faut que la jeunesse, en comprenant le prix et la valeur du tems, sache le mettre à profit, et ne perde jamais de vue, que la vie est trop courte, pour qu\u2019on se permette de s\u2019assécher l\u2019intellect à apprendre des inutilités, au lieu de donner aux intelligences, autant d\u2019expansion qu\u2019elles en sont susceptibles, et répondre ainsi, à la volonté si bien, si clairement exprimée par l\u2019auteur de la vie, sur l\u2019usage que l\u2019homme est tenu de faire de ses talents qu\u2019il doit cultiver.Il ne faut pas un grand effort de logique, non plus qu\u2019une connaissance bien approfondie du cœur humain, pour comprendre la grande vérité qui ne variera\u2019 jamais, que les masses doivent être éclairées.C\u2019est le seul moyen de conserver l\u2019ordre ; le seul moyen d\u2019avoir des citoyens observateurs des lois, c\u2019est le seul moyen d\u2019avoir des hommes parfaitement probes, puisqu\u20191l n\u2019y a de véritable probité, que là où il y a reconnaissance des droits, et pratique des devoirs par conséquent.Qu\u2019on ne dise pas qu\u2019il est dangereux d\u2019instruire les masses, que c\u2019est le moyen de leur faire connaître ce qu\u2019elles doivent ignorer, et qu\u2019au point de vue religieux, c\u2019est encore pire.Ces erreurs qui ont eu pour prétexte, la mauvaise éducation trop souvent donnée à la jeunesse, sont, grâce à de meillenrs tems, évanonies ; ct tous les cris et les lamentations de la trop nombreuse paternité des éteignoirs, sous quelque habit qu\u2019on en connaisse les membres, ne serviront plus qu\u2019à rendre ridicules, les coupables fauteurs de l\u2019ignorantisme.Vous voyez donc, mesdames et messieurs, et vous, nos jeunes amis, comprenez bien, que vos intérêts en Canada, sont identiquement les mêmes que ceux des masses, et que votre mission est des plus nobles, des plus élevées, et qu\u2019en accomplissant cette mission, vous contribuerez éminemment à l\u2019émaneipation intellectuelle, au bonheur par conséquent, de vos semblables, et par contrecoup, à votre propre bien-être, à votre propre bonheur et à votre gloire.Mais, pour pouvoir contribuer à porter le flambeau de l\u2019instruction, sur tous les points du pays, il faut, jeunes gens, que vous le puissiez saisir l\u2019élever, et le mani puler.Or, comme l\u2019on ne parvient à ce dégré d\u2019habileté, qu\u2019au moyen d\u2019un travail judicieux et soutenu, il importe que je vous entretienne quelques instans, sur ce que vous avez à faire, vis-à-vis de vous-mêmes, envers les vôtres, et la société en général, et surtout, ce que vous devez à votre pays.À votre âge, messieurs, l\u2019on est tout bonillant d\u2019activité et d\u2019espérances.L\u2019on regarde rarement à la partie sombre du tableau de la vie humaine ; si l\u2019on cherche à en saisir les nuances, c\u2019est ordinairement pour se repaître la vue, des teintes brillantes que la lumière imprime aux objets les plus rapprochés; ct s\u2019il arrive qu\u2019on aperçoive dans le lointain, quelque chose de rembruni, on se détourne, ou on s\u2019alambique l\u2019esprit, pour se persuader que la vue est en défaut.Telle est fmalheureusement, l\u2019histoire de tous les jours.Il faut donc, messieurs, se mettre en garde contre les eflets pernicieux des illusions du jeune age.C\u2019est en vous bien pénétrant que vous êtes, tons les jours, exposés à vous tromper vous-mêmes, que vous échapperez à l\u2019erreur.De toutes ces connaissances, la plus utile, la plus nécessaire, c\u2019est la connaissance de soi- même, sans cela, les autres sont nuisibles Sachant donc messieurs, avec quelle fermeté vous devez en agir vis-à- vis de vous-mêmes, ct me tenant pour certain que vous avez le cœur trop noblement placé, pour ne pas recevoir en bonne part, quelques observations que me suggère ma sollicitude pour votre bien-être, je me permettra de vous.dire quelques mots à ce sujet.S1 la santé est de première importance pour la plus belle, là plus aimable, la plus délicate, la plus retirée des deux grandes portions de la famille humaine ; si leurs consciences, letir position et leur intérêt, leur font un devoir de se mettre en état de remplir les plus difficiles comme les plus nobles et les plus importantes fonctions : et si l\u2019oubli ou la négligence de se qualifier ainsi : si l\u2019excès du plaisir, et mille autre causes les affaiblissent au point de les rendre incapables de s\u2019acquitter de ces devoirs, je vous le demande, messieurs.quelle responsabilité péserait sur vous, si vous omettiez ce que vous avez à faire, à cet égard ! Vous êtes nés pour la vie active, il vous faut de la force, de la vigueur, une énergie à toute épreuve, et une volonté inébranlable, lorsque la conscience et le devoir parlent.Si la vigueur intellectuelle ne se soutient longuement, que là où il y a de la force physique, où en seriez-vous, et comment en présence de vous-mêmes, vous justifierez-vous du défant d\u2019accomplissement d\u2019un devoir qui se rattache s1 essen- ticllement à tant d\u2019autres?Vous ne le pourriez jamais à votre satisfaction.Vous avez donc, messieurs, de bien puissantes raisons de vous livrer à tous les exercices propres à vous faire acquérir une grande activité.Je l\u2019ai dit aux dames, je le répèterai, sans difficulté par conséquent, aux jeunes messieurs, qui veulent bien m\u2019accorder leur bienveillance.\u201c Le secret de la santé c\u2019est de ne pas veiller, se lever matin, être tempérant dans le manger comme dans le boire, toujours s\u2019oceuper, prendre beaucoup d\u2019exercice, et ne pas négliger les amusemeus raisonnables.\u2019 Je sais que nombre de jeunes gens sont tellement oe- cupés le jour qu\u2019il leur paraît essentiel de prolonger leurs heures d\u2019étude avant dans la nuit ; je pense que c\u2019est une mauvaise méthode qui ne se réduit à rien moins qu\u2019à s\u2019épuiser le soir pour se remettre des fatigues de Ja journée.Il re semble, et j'en connais quelque \u2019 \u2014\u2014 AAT: A CEASE: Pa > mp2» ee M L\u2019AVENIR.\u2014FEVRIER, 1848.\u2018 .chose par expérience, qu\u2019en se levant de grand matin, et en partageant bien son tems, l\u2019on peut, dans quelque état où profession qu\u2019on soit, facilement suppléer à ce que les occupations d\u2019une profession, d\u2019un état on d\u2019un métier, arrachent aux heures que réclament l\u2019étude, la réflexion, on méme le délassement.D'ailleurs, en évitant les veilles, et se levant matin, on acquiert tant de force, que l\u2019on peut faire en une heure ce qu\u2019il faudrait plusieurs heures de travail pour accomplir, lorsqu'on est affaibli ou fatigué par le défaut de repos du soir.Je suggérerais donc aux jeunes gens de se lever matin, d\u2019aller respirer l\u2019air pur, de travailler, par des lectures solides, et une étude bien dirigée et bien soutenue, à se fiure un fonds étendu de connaissances, et après avoir vaqué le jour à leurs occupations, et fait la part de l\u2019exercice, de chercher dans la soirée, des délassemens qui, en donnant du ton et une grande vigueur à l\u2019intellect, remettent le corps, épurent les sentimens et resserrent les licus de la société.L\u2019emploi du tems, est d\u2019une telle importance, que toutes les recommandations possibles n\u2019auront jamais la centième partie de l\u2019effet que produit la mise en pratique du principe de nos voisins, Time is money, Un jeune homme quelqu\u2019il soit, de profession libérale, ou de métier, peut devenir savant, s\u2019il sait ménager le tems.Témoin, cet homme pratique, ce négociateur des plus grands intérêts d\u2019une nation, ce philosophe éminent, cet administrateur si sage, ce citoyen si vertueux, cet écrivain unique dans son genre, ce bienfaiteur de l\u2019humanité, cette lumière de l\u2019Amérique qui a lui sur l\u2019ancien monde, Franklin, de garçon imprimeur, sans ressources pécuniaires, sans influence, sans protecteur, persécuté par un parent, à jeté à la dérobée, à la lueur d\u2019une lampe enfumée, dans un obscur et sale grenier, les fondemens de la plus belle, de la plus glorieuse, de la plus durable réputation qu\u2019on connaisse.Et comment le fit-il ?Le livre à la main, ne perdant pas un instant, saisissant le tems à la volée pour ainsi dire, il ne le tuait pas, comme font tant de gens, mais il s\u2019en emparait, et l\u2019exploitait à son profit.J\u2019ai lu, quelque part, qu\u2019un homme distingué, en Europe, par sa profonde érudition, s\u2019expliqua un jour à un de ses amis, sur le moyen qu\u2019il avait employé pour acquérir les connaissances universelles qu\u2019il possédait.Il lui dit qu\u2019étant livré aux occupations multipliées d\u2019un haut emploi dans l\u2019Etat, il avait peu de loisirs; mais qu\u2019ayant une femme qui retardait toujours les repas, d\u2019une vingtaine de minutes, afif de mettre au grand complet sa toilette, il en profitait pour étudier ; et que ces vingt minutes précédant chaque repas avaient, en somme, produit des heures, des jours, des semaines, des mois et des années; qu\u2019il avait ainsi utilisées.Si le tems le permettait, je pourrais appeler à mon secours, nombre d\u2019exemples tout aussi frappans que les deux précédens.mais comme je m'adresse à des êtres intelligens et qui réfléchissent, et que d\u2019ailleurs les nombreuses citations affaiblissent souvent le raisonnement, je préfère livrer à vos méditations, et à votre imitation, la conduite comme les succès d\u2019un homme que réclame notre continent, et qui est la gloire des deux hémisphères \u201cMais comme l\u2019esprit se lasse à trop de travail, et qu\u2019il devient inerte, s\u2019il ne se repose ; que, d\u2019ailleurs, le corps succombe, et l\u2019intellect qui d\u2019ordinaire, le domine s\u2019affaisse, il faut à l\u2019homme, et surtout à la jeunesse, un relâchement raisonnable.Or, s\u2019il est des délassemens auxquels l\u2019intellect, le moral et le physique, ont tout à gagner, il n\u2019y a pas à hésiter sur le choix.Aux exercices intellectuels des salles de discussion, aux débats intéres- sans des membres de l\u2019Institut, à leurs assemblées ordinaires et extraordinaires, où de jeunes athlètes se préparent à devenir des géans, aux exercices gymnastiques, au dessin et à la peinture, à la danse, à l\u2019escrime, n\u2019omettez pas d\u2019associer la musique.La musique, messieurs.la musique ! Que de titres elle a à votre attention, à votre étude ! Quelles récompenses délicieuses elle vous réserve ! Quels passetems heureux, clle vous ménage ! Quelles douces, quelle suaves, quelles divines associations \u2018elle vous offre ! Quel bonheur, ici-bas, lorsque vous vous mettez en rapport avec vos sœurs, Vos amies, vos connaissances, vos compagnons d\u2019enfance et d\u2019études ! Quel céleste commerce que le commerce de la musique ! Quel bonheur que celui de connaître, de pratiquer et de faire goiter aux autres, le délassement le plus pur, le plus propre à élever les intelligences, a les apptyer, et à les resserrer des liens les plus indissolubles de la bienveillance la mieux -entendue, la mieux érouvée,en un mot la srefaistible 1 pe .plus irrésistible ! Je l\u2019ai déjà dit aux dames, Je vous le répète, la musique assure le bonheur et peut soustraire aux corps de l\u2019adversité.Le ciel fasse que mes aspira tions se réalisent nn jour, et que la musique soit enseignée dans toutes les écoles du pays; que dans tous les états on \u2018la connaisse, et que l\u2019homme de métier, le cultivateur, et leurs familles, travaillent en chantant en chœur: ils en seront meilleurs, plus industrieux, plus aimables, plus heureux.Rassemblez-vous donc; jeunes et intéressans canadiens, rassemblez-vous le soir, de tergs à autres, faites de la musique, et ambitionnez de vous perfectionner dans un art qu\u2019il est honorable de posséder à fond.Si vous vous rencontrez seuls, sans dames, ne permettez pas au cigare et au vin d\u2019obscurcir vos intelligences, de séparer votre mérite, et de vous faire descendre dans votre appréciation de vous-mémes.Que jamais il n\u2019y aip daus vos réunions, d\u2019autre enivrement que celui de la musique, et vous pouvez en pareille occasion, comme en toute autre, faire tous les honneurs à l\u2019eau froide.Mais \u2018si vos soirées musicales coulent calmement au milieu de i votre naissance, dans l\u2019enfunce, dès notre plus tendre ces êtres qui semblent rendre encore plus délicieuse qu\u2019elle n\u2019est, cette voix descendue du ciel, pour nous en donner l\u2019avant-goût, vous n\u2019avez pas besoin d\u2019avis: le respect pour vous-mêmes, l\u2019admiration pour tout ce qu\u2019il & a de meilleur, ct une influence qui vous dominera, vous protégeront, et vous feront comprendre la nature et la délicatesse de vos rupports réciproques.Et si ces considérations ne suffisaient pas, cherchez et sachez trouver dans le chant de ces beaux morceaux, d> ces chanw sons, admirables inspirations du génie du patriotisme, de la bienveillance et de l\u2019aumour éprouvé, un guide sûr dans vosactions.Et tout enapprenant a bien diriger ce\u2019 sentiment qui nous révéleque les intelligences, comme tous les corps, sont soumises au pouvoir de l\u2019attraction, prenez garde de ne pas l\u2019étouffer, ce serait contrarier les vues et la volonté du créateur, ce serait, de plus, un contresens.~ Ne nous séparons pas de ce sexe qui fait que les hommes demeurent hommes, et ne rentrent pas dans l\u2019état de nature, sans nous dire un mot de certaines exigences de société.: Et d'abord, sans trop vous pressrr sur un point anssi délicat que l\u2019est la tendance toute naturelle que vous avez tous, j'en suis persuadé, gers 1a société des dames, permettez que je vous rappel qu\u2019à cette société, si vous la savez choisir, sont liés vos intérêts les plus chers.À Jeunesse, durant l\u2019adolescence, à l\u2019âge viril et sur le déclin de la vie, la femme est toujours la, pour.nous protéger, nous impressionner, nous comforter et répandre dans toute notre existence, le baume de la consolation ; et si à une éducation soignée, un jeune homme joint le travail et la société de personnes intelligentes et aimables, je lui assure honneur, délicatesse et félicité.Le respect et les prévenances qu\u2019on doit à celles qui en sont dignes, ont invariablement l\u2019effet chez l\u2019homme qui les rend, de le relever à ses propres yeux, de lui mériter la considération des femmes, et par suite, celle de la société en général.Par prévenances, je n\u2019entends pas ces soites cérémonies, que des exigences plus sottes encore, imposent à certains esprits frivoles qui renoncent à leur dignité d\u2019homme, pour se travestir en harlequins, ou en bouffons ; j'entends au contraire, ces témoignages qui partent du cœur, et qui, étant la fidèle expression du respect et d\u2019un sentiment délicat inspirés par le mérite, produisent et entretiennent entre les deux sexes, ces manières et ces convenances qui font le charme de la société.Se respectant mutuellement, ils ne s\u2019en aiment que plus solidement.; Il faut avouer, bien qu\u2019à regret, que la vraie politesse et le véritable respect pour les femmes, qui étaient le trait caractéristique et dominant du bon vieux tems, ne sont gnères à l\u2019ordre du jour.C\u2019est fâcheux, car non seulement, en devenant moins polis envers celles qui inspirent où \u2018-vraient inspirer les meilleurs et les plus beaux sou\u2018in les hommocs perdent de la noblesse et de l'élévatior ie caractère, qui ne devraient jamais les laisser, mais 113 contraignent, pour ainsi dire, les femmes, à leur donner l\u2019exemple de l\u2019accomplissement de certains devoirs que l\u2019on se plaint à qualifier, d\u2019exigences de société.Ces êtres nés pour être entourés de considération et d\u2019égards, sortent quelquefois, de leur caractère, franchissent les limites de la sphère qui leur est propre, et ne s\u2019offrent plus sous ces apparences de timidité et de réserve, qui donnent tant de relief à la beauté et au mérite: par exemple, vous voyez certains hommes qui ont des prétensions au savoir vivre, à l\u2019élégance même, attendre un salut des dames, et s\u2019abstenir de cette marque de respect, si celles à qui cet hommage est dû, ne descendent pas de leur position naturelle, et ne se transforment pas, pour ainsi dire, en hommes, qui eux se parent assez grotesquement, des dehors de la plus sensible, de la plus délicate portion de la société.Ailleurs, vous verrez, dans une réunion, tous les messieurs d\u2019un côté, et les dames de l\u2019autre.Je vous mentionnerais, si le tems me le permettait, d\u2019antres incidens du même genre, et qui ne sont guères plus édifiants.Ces écarts en entraînent d\u2019autres, et produisent de sinistres ~ffets, par cela même, qu\u2019au lieu de se rapprocher de ce sexe dont les qualités éminentes ont Un pouvoir magi que sur ceux qui le connaissent et savent l\u2019apprécier, ils s\u2019en éloignent: de là, souvent, un isolement réciproque.Il est un autre écart dont je dois à la franchise, et au bien que je veux à mes jeunes compatriotes, de vous lire quelques mots, je parle de la tenne extérieure des jeunes gens.Je sens que je suis sur un terrein glissant, et que je m\u2019expose à froisser certaines susceptibilités ; mais jai un devoir à remplir, c\u2019est de dire la vérité, et si nes observations déplaisent, on rendra, j\u2019en suis persuadé, justice à mes motifs, et on me tiendra compte de mes intentions.Bien qu\u2019on ne doive pas juger d\u2019un homme, à son habit, uniquement, et que souvent, sous a mise la plus humble et l\u2019extérieur le plus modeste, habitent le génie cet le mérite le plus distingué, souvent, aussi, le calibre d\u2019esprit d\u2019un homme (et d\u2019une femme, soit dit en passant) se reflète dans la manière dont il s\u2019habille.Il faut, en cela, de la modération, du bon sens, de la convenance.La m dération qui est l\u2019op- pusé de l\u2019excès, annonce l\u2019homme sensé, et la bizarrerie dans le costume, l\u2019affectation de se mettre en dehors de usage, etla manie de s\u2019affabler de manière à fronder les préjugés, où mépriser les convenances, n\u2019indiquent pas l'esprit le mieux fait, encore moins, du bon sens.| Dail: rs outre qu\u2019une tenue comme souvert on en re-, marque, apprête à rire, aux dépens de qui il appartient, il faut être de bon compte, et convenir, qu\u2019aux yeux des étrangers, ct à l\u2019avis de nos concitoyens, l\u2019intellect de © ux qui s\u2019amusent à de telles facéties, ne doit pas être d\u2019un ordre bien élevé, et que le jugement qu\u2019en portent les gens sensés, est, si je ne me trompe, peu favorable aux irt\u2019ressés Si l\u2019on peut, en Europe, obéir impunément à de si singuliers penchans, et satisfaire de si étranges prédilections, l\u2019on se trompe si l\u2019on pense qu\u2019en Amérique, on se rend recommandable, ou digne d\u2019atien- tion, en se livrant à des gouts qui font oublier aux jeunes gens, qu\u2019ils ont toute autre chose à faire, qu\u2019à compromettre leur dignité, appauvrir leur intelligence, négliger de se meubler la tête de connaissances nécessaires, utiles et agréables, et se donner en spectacles à \"In public qui se rappelle plus facilement, les ridicules, que les vertus qui ne comimandent le respect et la confiance qu\u2019autant qu\u2019elles sont durables.11 est une vertu, jeunes et intéressans canadiens, il est une vertu qu\u2019il ne tient qu\u2019à vous de posséder, an plus haut dégré, je veux dire, l\u2019exercice constant d\u2019une volonté ferme.Avec cela, il n\u2019est pas de grandes choses.que vous n\u2019accomplissiez ct par contre coup, d\u2019erreurs auxquelles vous n\u2019échappiez.Avec de la volonté, un seul homme peut faire ce que des milliers n\u2019oseraient pas entreprendre.Il en a été ainsi, des découvertes, de tentatives gigantesques, du progrès en civilisation et de la marche presque miraculeuse de tout ce que nous voyons passer et repasser aveg une telle rapidité, que nous.en sommes quelques fois au point de n\u2019y voir que lorsque nous touchons.ntre les mille et mille traits que vous connaissez comme moi, jen citerai deux qui sont de nos jours.Il est un homme qui, toute providentielle que soit sa mission, n\u2019en doit pas moins beaucoup à l\u2019action de sa volouté énergique, puissante par là-même qu\u2019elle est éclairée.Cet homme a eu la force d\u2019esprit de secouer la poussière des tems, de briser les liens da servilisme; il a proclamé à l\u2019univers, que la religion et la liberté sont, non seulement compatibles, mais qu\u2019elles sont faites pour ne jamais se séparer, et que les intérêts de cette religion qui en est une de charité et de bienveillance, seront mieux servis par des hommes éclairés que par des ignorans, par des hommes libres que par des esclaves; et que Lous les hommes doivent être regardés et traités comme des frères.Aussi, cette volonté d\u2019un seul homme.doué des plus heureuses qualités, à rendu à César ce qui appartient à César.Fidèle à sa mission, et comprenant l\u2019enseignement de son divin maître, il a restitué au citoyen ce qui est au citoyen, et sait n°attribuer à la puissance Ecclésiastique, que ce qui est de son ressort, révolution morale plus étonnante encore, que le grand drame que les convictions et le devoir ont fait jouer aux treize colonies anglaises, et qui agira sur le monde entier, avec d\u2019autant plus d\u2019effet, que naguère on regardait comme entaché de servilisme, une autorité qui ne peut agir avec efficacité qu\u2019autant qu\u2019elle a pour appui, la consentement, et la raison qu > Pêtre suprême a donnée à l\u2019homme afin qu\u2019il le connût et le servit avec intelligence.Je crains d\u2019avoir affaibli, au lieu de faire ressortir le mérité d\u2019un homme audessus de l\u2019éloge ; je pense donc qu\u2019il vaut mieux n\u2019en rien dire de plus, et me contenter de livrer à votre admiration, la volonté inébranlable de Pie IX ! Dans une antre sphère, mais aussi, une sphère intellectuelle, je retrouve un homme que j'ai connu intimement, et que j'aime, que je m\u2019honore d\u2019admirer et de respecter de concert avec tout le monde civilisé.Vous n\u2019avez pas manqué, j'en suis certain, d\u2019apercevoir dans une longue suite d\u2019actions les plus bienveillantes, et le dévouement le plus désintéressé, ce que la volonté de parvenir à un but quelconque, inspire de courage, et suggère de moyens.De tout tems, les novateurs, ou plutôt, les génies ont été ridiculisés, dès lorsque secouant les chaînes de Pha- bitude et de la routine, ils se sont lancés en plein champ, pour ainsi dire, et ont voulu montrer à leurs semblables, ce qu'eux seuls voyaient à découvert.Sans vous rappeler Socrate, Galilée, Christophe Colomb et Fulton, je puis bien répéter ce qui a déjà été dit et redit tant de- fois : que le commun des hommes tout en aimant le merveilleux, est éminemment moutonnier.Aux découvertes suns nombre, qui se sont succédé avec la rapidité de l\u2019éclair, devait s\u2019ailier un moyen admirable et certain de resserer les liens des peuples entre eux, détruire les préjugés, remplir les lacunes dans les annales des nations, convertir le globe en un cabinet d\u2019histoire naturelle, accessible a toute la grande famille humaine, et cimenter plus fortement que jamais, les rapports entre les peuples aussi bien qu\u2019entre les individus, et assoeier à cet œuvre, tous les hommes, sans distinction d\u2019origine, de couleur, d\u2019opinions et de croyances palitiques et religieuse.Mais pour accomplir un si grand, un si noble- projet, il fallait une volonté comme il est rare d\u2019en rencontrer ; il fallait une volonté qu: résolûât de surmonter tous les obstacles.Cette volonté, mesdames et messieurs, vous la connaissez.Le monde ancien et notre continent lui rendent hommage aujourd\u2019hui.Le succès qui, toujours aux yeux des masses, est la marque du mérite, le succès à couronné l\u2019œuvre, et le monde civilisé- voit en M, Vattemare, la réalisation de ce que l\u2019homme à convictions ct à la volonté ferme, avait conçu et a su exécuter.Nombre d\u2019entre vous, messieurs, l\u2019avez secondé, et moi aussi, j\u2019ai joint à vos efficaces encourage- mens, mes humbles efforts, et noussommes tous témoins, par conséquent, d\u2019un des plus beaux triomphes qu\u2019ait jamais remporté sur les préjiigés, la volonté éclairée .L\u2019AVENIR.\u2014 FEVRIER, 1848.d\u2019un seul homme.Si nous devons en croire ce qui se dit, M.Vattemare reviendra nous voir au mois de mars prochain.Henreuse nouvelle ! Il sera, je n\u2019en doute pas, accueilli comme la reconnaissance, notre intérêt, et surtout l\u2019honneur nous en font à tous, un devoir.Ce sera, à la vérité, un faible moyen de réparer la faute commise à Montréalfoù l\u2019on n\u2019a pas fait ce que l\u2019on a accompli aux Etats-Unis, en France,en Angleterre, en Russie, au fond de l\u2019Inde, et dans presque tous les pays, en Turquie méme! Réparons notre faute noblement, comme nous le devons, et que tous mettent la main à une œuvre qui doit être l\u2019œuvre de tous.Il existe une loi, et légalement, un Institut, pour effectuer les échanges, suivant l\u2019admirable système de M.Vattemare, mais, cette loi, qui n\u2019a fait que donner une expression authentique à Popinion que l\u2019on avait manifestée dans une assemblée publique, en décembre 1841, est là, on n\u2019y a pas donné suite.Si de si haut, je descends aux actions ordinaires de la vie, que d\u2019exemples nous avons tous les jours, sous les veux, de la puissance qu\u2019exerce la volonté de l\u2019homme ! \u201c Dans toutes les conditions, dans toutes les circonstances, dans la prospérité, dans l\u2019adversité surtout, que n\u2019a pas fait la volonté de l\u2019homme! Quelle résistance n\u2019a pas toujours opposée avec efficacité, aux désirs illimités, la volonté ferme et résolue de l\u2019homme qui comprend qu\u2019il faut les borner ! Quelle magnanimité chez les femmes, dans des tems d\u2019épreuves, et de renversement de fortune, amenés par les incertitudes du commerce ! Quels résultats produits dans mille et mille occasions ! Quels fortunes sauvées du naufrage, quels malheurs réparé, par l\u2019action do la volonté individuelle ! Quels bienfaits conférés à la société, par cette volonté d\u2019un seul homme soutenue, animée, élevée par la philantro- pie et la charité éclairée et bien comprise ! Quelles réformes chez les individus ! Je ne vous apprends rien, je ne fais que rappeler ce que vos convictions et votre expérience vous retracent tous les jours.Hésiterez-vous, maintenant, jeunes canadiens, vous l\u2019élite de la génération présente, hésiterez-vous à vous enrôler sous le drapeau qui doit vous servir à tous, de ralliement! En est-il un seul qui ne se sente bondir le cœur, lorsqu\u2019il prononce ce nom sacré qui, dans tous les tems, a produit, comme il a dominé les plus grands hommes, se nom magique de \u201c La.Patrie,\u201d et qui ne prenne la résolution la plus inébranlable de grossir les rangs de cette cohorte qui se presse et s\u2019avance si noblement, pour asseoir et solidement, l\u2019empire de l\u2019intelligence ! Non, vous ne balancerez pas un instant, vous vous leverez commè un seul homme, et vous ralliant,vous redirez ce se- rmentsolemne] que vousavez déjà prêté sur l\u2019autel de votre mère commune, de travailler avec ardeur,à la cause sacrée de l\u2019éducation,au bien être de toutes les classes,et à l\u2019émar- cipation intellectuelle de vossemlables.A la hauteur de la belle position qu\u2019a prise et que rehausse, tous les jours, l\u2019Institut-Canadien, vous comprenez que vous compromettiez votre dignité, si vous ne vous placiez au-dessus de ces Usages puéri'es et dégradans, que patronisent de faibles esprits, et des hommes, qui oublient qu\u2019ils ont un avenir, et qu\u2019il y a des destinées, de grandes destinées à accomplir, pour répondre aux vues de la providence qui nous les réserve, que dis-je, qui nous les montre presque à découvert ?Et si la patrie était, pour vous un mot sans puissance, n\u2019avez vous pas votre propre honneur, pour vous retenir toujours dans le sentier que vous devez suivre ! Et vos intérêts, messieurs, vos plus chers intérêts, allez vous les méconnaître, et étouffer la voix qui vous les rappelle à tous les instans ! Allez-vous négliger le solide, dédaigner l\u2019industrie et vous repaître de chimères, au lieu de songer a votre existence même ! Et si toutes ces ravissantes et pressantes considérations étaient pour vous, des mots et rien de plus, si je ne savais pas que vos cœurs battent noblement, je vous dirais: regardez autour de vous, jetez les yeux sur ces êtres que le ciel nous envoie pour nous ennoblir, nous élever, nous épurer, et nous animer à tout ce qu\u2019il y a de plus beau, de plus grand, de plus sublime ; comment, en leur présence, ne pas vous sentir inspirés des sentimens les plus patriotiques, des résolutions les plus fermes de ne rien épargner pour de- veair des hommes éminens par vos vertus, votre intelligence éclairée, votre dévouement à vos semblables ; dignes de la patrie que vous avez à servir, de l\u2019Institut dont vous avez l\u2019honneur d\u2019être membres, des destinées qui vous attendent, et de ce sexe qu\u2019on ne saurait jamais entourer de trop de respects et d\u2019hommages, et que vous aiderez à placer au plus haut degré de l\u2019échelle sociale, si vous vous montrez dignes de lui, et qu\u2019il n\u2019ait aucun prétexte de ne pas s\u2019y tenir au-dessus de vous, ¥\u2019i] est possible.L'AVENIR.Reis NA AAA IE AL ar, Laissons là ceux qui croient que le monde va erouler, parceque tout se remue et s\u2019agite autour d\u2019eux, CN er A ARRAN AIS MONTRÉAL, SAMEDI 12 FÉVRIER, 1848, \u2014 = \u2014\u2014 Comme nous l\u2019avons annoncé dans notre dernier numéro, les chambres sont convoquées pour le vingt-cinq du courant, pour la dépêche des affaires.Il n\u2019y a pas d\u2019exa- gération dans le titre de travaux d\u2019 Hercule\u2019 qui se trouvait en tête d\u2019un article de la Minerve sur la besogne du prochain ministère.Des amendemens sont demandés à la loi des écoles, que le législateur doit pese} mûrement.Il devra bien examiner si ces changemens sont si importans, qu\u2019ils balaucent le mal qui résulte du changement si fréquent de nos lois, qui met le cahos dans notre législation, et qui inspire d\u2019abord la défiance, et ensuite le mépris à ceux pour qui elles sont faites.Nous avons été extrêmement satisfaitsen apprenant que l\u2019on se proposait de remettre en activité les municipalités de paroisse.Le système municipal est un des plus puissants moyens d\u2019éclairer le peuple, et de l\u2019iritier à la connaissance des affaires.En laissant seules les municipalités de comtés, cela fait l\u2019effet d\u2019un édifice que l\u2019on commencerait parle toit.L'organisation de l\u2019agrieultu- re demande certaines améliorations pour opérer son effet plein et entier.Le fonctionnement de l\u2019ancienne loi a pu les indiquer au législateur.La liberté du commerce et la libre navigation du St-Laurent demandées par l\u2019opinion publique, sont depuis longtemps l\u2019objet de savantes dissertations.Ces mesures, rendues nécessaired par la nouvelle politique commerciale de l\u2019Angleterre, sont un sujet de profondes méqitations pour les chambres, et devront attirer leur plus sérieuse attention.C\u2019est une route nouvelle que l\u2019on ouvre au Canada; c\u2019est pres- qu\u2019une transition subite de l\u2019état de colonie à celui de Puissance.La dette publique, qui va toujours croissant, entrera pour beaucoup dans la marche que vont adopter les chambres à cet égard.L\u2019amortissement de la dette publique, problème contre lequel ont échoué bien des génies financiers, doit être pris en considération.Il faut un remède, et bien vite, si l\u2019on ne veut pas d\u2019une banqueroute.On peut voir par ce simple et rapide exposé combien le programme du nouveau ministère est difficile à remplir.Certains de nos confrères se sont presque effrayés pour les nouveaux ministres, à la vre d\u2019une tâche aussi ardue.Ils ont dit qu\u2019il serait impossible-de faire tout cela à la prochaine session.Nous avouons que tout ne peut se faire à la fois; mais il y a deux mesures dont nous n\u2019avons pas encore parlé, qui, à notre avis, ne peuvent être ajournées, sans faire un tort considérable au pays; deux mesures aussi pressantes qu\u2019importantes et qui doivent être réglées dès la prochaine session, l\u2019émigration et la réforme électorale.La triste expérience de l\u2019année dernière, les pertes sensibles faites par notre capitale surtout, le typhus exerçant ses ravages dans Québec et Montréal, et sur bien d\u2019autres points du pays, nous ont appris ce que nous devions déjà savoir: que la prudence est la mère de la sûreté, grâce à la négligence coupable de ceux qui devaient y veiller, nous avons vu fondre sur nous à l\u2019improviste des milliers de pestiférés.Il faut prendre des mesures, afin que, cette année, le fléau soit détourné.Quant à la réforme électorale, tout le monde en sent le besoin, la pressante nécessité.Cette mesure peut au- jourd\u2019hui s'effectuer, si les réformistes du Hant-Canada le veulent.L'acte de réunion des deux provinces permet de changer les cadres électoraux, du consentement des deux tiers des législateurs.Cette réforme demande une exécution prompte, immédiate ; elle nous donnera une majorité considérable et permanente.Qui sait si ce pouvoir que nous avons en mains nous restera longtemps?Avec l\u2019angmentation de la représentation, nous tiendrons ferme.Vienne ensuite un anfagonisme, ou des aviseurs secrets et irresponsables, nous n\u2019aurons pas à soutenir une lutte pénible, de quatre ans, pour gouverner pendant quelques jours.Les élections nous améne- ront toujours une écrasante majorité de Réformistes.Cus.L.Organisation, Réforme et Progres.Les évènemens des dernières élections générales dans le Bas-Canada doivent nous faire sentir qu\u2019il manque beaucoup au parti libéral pour qu\u2019il puisse profiter des avantages que lui donnent sa force numérique, la supériorité de ses hommes politiques et l\u2019unité des principes que professent les membres du parti.La victoire ne nous a rien appris de nouveau, nous connaissions d\u2019avance les forces dont nous pouvions disposer ; mais les contestations entre libéraux, les tentations des tories nous ont appris que nous manquions d\u2019organisation pour prévenir les unes et pour n\u2019avoir plus rien à craindre des autres.Il ne se trouve presque pas de comté, dans le district de Montréal surtout, où l\u2019on ne rencontre des hommes d\u2019origine étrangère et de politique différente de celle de la masse des Canadiens.Beaucoup de ces hommes très respectables dans la vie privée ne sont cependant pas propres à représenter nos compatriotes dont ils ne partagent pas les opinions, Mais les canadiens, pénétrés, comme ils le sont, d\u2019un grand sentiment de respect pour l\u2019honneur et les vertus privées se laissent facilement entraîner par ces considérations à donner leur appui à des étrangers politiquement indignes de cette confiance.Plusieurs élections penvent prouver notre allégué.Qu\u2019il nous suffise de citer celle de Huntingdon où nous avons vu avec peine des canadiens aveuglés par leur estime personnelle pour M.O*del faire de l\u2019opposition à M.Sau- vageau et travailler avec ardeur pour assurer le triomphe d\u2019un homme dont les sympathies, les opinions sont loin d\u2019être canadiennes.Nous connaissons pourtant ce pa- triotisme de quelques uns de ces hommes, nous savons qu\u2019ils ne sont pas traîtres ; leur conduite n\u2019est que le mat- heureux résultat du manque d\u2019association, du défaut d\u2019or: ganisation.Comme nous l\u2019avons dit, nous pourrions encore citer d\u2019autres exemples d\u2019une conduite semblable.Ces élections, il est vrai, ont été un triomphe pour les libéraux ; mais c\u2019est un triomphe qui n\u2019a pas été aussi complet qu\u2019il aurait pu l\u2019être, si le parti plus uni, mieux organisé, n\u2019eût pas divisé ses rangs comme il l\u2019a fait.Dans des comtés presqu\u2019exclusivement canadiens il ne devrait pas y avoir de contestations.A coup sûr un tory n\u2019oserait pas s\u2019y présenter s\u2019il ne croyait pouvoir compter sur l\u2019appui de quelques libéraux.C\u2019estle défaut d\u2019organisation qui jusqu\u2019ici nousa fait trembler de voir entrer dans la chambre des hommes dont les vertus sociales remplacent souvent auprès de nos compatriotes les vertus politiques qu\u2019ils n\u2019ont pas.| C\u2019est encore le défaut d\u2019organisation qui, dans les dernières élections a causé de malheureuses luttes entre des hommes de politique absolument semblable, luttes regrettables, et pour les candidats qui sont forcés d\u2019y faire des dépenses considérables, et pour les électeurs qu\u2019elles démoralisent, sans les éclairer.Les principes politiques n\u2019étant pas en jeu, on ne peut guères invoquer que des intérêts locaux ou les qualités personnelles des candidats.De là des disputes, des animosités qui peuvent, avec le tems, devenir funestes au parti.La loi permettant d\u2019exiger plusieurs sermens des voteurs, ces affirmations multipliées effraient les gens peu éclairés; leur inspire du dégoût pour les luttes électorales ; ou, ce qui est plus malheureux encore, introduisent la corruption la plus dangereuse pas \u2019abus de cet acte solemnel qui perd de son caractère auguste auprès du peuple.Tous ces funestes résultats se sont fait sentir dans les élections de St-Hyacinthe, de Chambly, de Leinster, de Berthier, de Rouville, où des candidats de principes libéraux se sont disputé l\u2019honneur de représenter le peuple.Il serait donc extrêmement important de prévenir pour le futur de semblables contestations et d\u2019ôter par une sage organisation l\u2019envie à tout tory de se glisser dans un comté à la faveur de la désunion, Depuis déjà quelque tems, Québec a vu ses premiers personnages politiques fonder \u201c l\u2019association de la réforme et du progrès.\u201d Le programme de cette association, répandu dans les campagnes, a fructifié et de nouvelles associations se sont formées dans un grand nombre de paroisses 4 imitation de celui de la ville.L\u2019organisation dans ce district fait de rapides progrés, pendant que Montréal n\u2019a pas encore fait un pas dans cette carridre.Cette apathie est d\u2019autant plus inexplicable que le district de Montréal est beaucoup plus exposé que celui de Québec aux tentatives de nosadversaires politiques.C\u2019est à la presse libérale, à la presse canadienne surtout à recommander la nécessité de cette organisation à laquelle il est singulier qu\u2019on n\u2019ait pas encore songé.Nous sommes surpris que ce soit nous, le dernier arrivé, qui soyons obligé de désigner ce sujet à l\u2019attention publique.Quoique nous espérions bien qu\u2019un jour nous mériterons la confiance de la masse de nos compatriotes, que notre voix fera sensation dans les rangs des libéraux, cependant nous ne nous dissimulons pas que, si jeune, nous n\u2019avons pas encore le poids qu\u2019ont nos devanciers, la Minerve surtout.C\u2019est donc à notre confrère de es journal que nos remarques s\u2019adressent particulièrement.Sans doute il ne sent pas moins que nous le besoin d\u2019une - organisation forte, par tout le pays, pour assurer aux canadiens une représentation digne de la nationalité.Qu\u2019il se joigne donc à nous, qu\u2019il presse la formation de comités, dans toutes nos divisions électorales, dont le but serait de faire le choix des candidats auxquels les lis béraux devraient donner leur confiance.Nous ne prétendons proposer aucun projet sur une semblable matière, car de fait nous ne voyons rien de mieux que le principe du comité de la réforme et du progrès de Québec.Montréal n\u2019A certainement pas moins besoin de réforme et de progrés que Québec ; pourquoi ne suivrions-nous « pas l\u2019élan que nos frères de l\u2019ancienne capitale ont donné ?Il n\u2019est jamais honteux de suivre un bon exemple.Nons terminons ici nos remarques pour cette feuille ; et nous aurons peut-être occasion de revenir sur ce sujet.CORRESPONDANCES.M.le Directeur.Tout le monde parait être dans la ferme conviction que nous avons le gouvernement responsable ; partant que le pauvre ministère qui préside encore à l'administration intérieure de la province, devra résigner dès les premiers jours de l\u2019ouverture de la prochaine.session du parlement provincial, pour faire place à un autre composé d\u2019hommes ayant Ja confiance publique et par 1a méme plus capables de nous gouverner avec fermeté, avec honnêteté, et certainement avec plus de désintéressement que ne l\u2019auront fait leurs prédécesseurs immédiats.La majorité sera certainement contre le ministère actuel ; c\u2019est un point qui ne souffre aucune difficulté.Aussi la question : \u2018 Que vont faire nos ministres future ?* selfor- me-t-elle au milieu de toutes les conversations politiques du jour, et chacan d\u2019énumérer les mesures qui devraient tout d'abord aftirer- Pattention des nouveaux ministres.Certes, s\u2019il leur faut ainsi remplir immédiatement tout ce que l\u2019on attend d\u2019eux, leur tâche ne- sera pas petite, ils ne dormiront pas toutes les nuits de leur ministère sur un lit de rose.Membres responsables de l\u2019Exécutif, leur devoir sera, de surveiller les fonetionnaires subalternes du gouvernement, de corriger les \u2014 \u2014\u2014 ~ ! } (2 .L'AVENIR.\u2014FEVRIER, 1548.abus administratifs dont ces derniers peuvent s\u2019être rendus coupables, prévenir le retour d\u2019abus semblables, mettre l\u2019administration intérieure des départements publics sous leur contrô:e, sur un pied capable de faire obtenir bonne et prompte justice au pauvre comme au riche, au faible comme au puissant, à celui qui est à l\u2019extrémité, comme à celui qui est au centre de la province, sans partialité pour Pun plus que pour l\u2019autre, en un mot de veiller à l\u2019honnête, prompte et impartiale, exécution des lois ; c\u2019est là leur premier devoir, leur première obligation ; c\u2019est pour cela qu\u2019ils sont apyelés à être chefs responsables de l\u2019exécutif- C\u2019est une besogne ardue, difficile et compliquée, elle demande beaucoup d\u2019application et de travail minutieux et ingrat.Si à cette tâche ils veulent s'imposer, ou si l\u2019on veut leur abandonner le fardeau de toute la léaislation sur les matières d\u2019intérêt général, il est à craindre ou qua les devoirs de leurs charges de con- seillets exécutif seront néglisés, ou que nos lois les plus importantes, celles qui doivent le plus influer sur la richesse du pays, sur ses progrès, sur le bien-être et la tranquillité de ses habitants, seront faites à la hâte, remplies de lacunes, souvent d\u2019obscurités, quelques tois de contradictions, comme l\u2019on en voit de fréquents exemples dans nos statuts.Mais c'est un inconvénient du gouvernement responsable, dira- t-on.Puisque nous voulons cette forme de gouvernement il nous la faut prendre avec ses avantages et ses inconvéniens ; pas de ini- lieu.D\u2019accord; au moins doit-il bien être permis de {enter d\u2019en conserver les avantages.et d\u2019en diminuer ou même faire disparai- tre les inconvéniens graduellement ; il ne peut y avoir de mal à cela.Au reste il ne ms paraît pas encore de la dernière évidence qne ce soit un inconvénient inhérent au gouvernement responsable que cet amas de travanx sur la tête de quelques uns, et voici pourquoi.La fameuse dépêvhe du lord John Russell nous a accordé cette forme de gouvernement ; nous l\u2019avons ensuite, par adoption des célèbres résolutions de 1841, solemnellement acceptée, non comme une concession, Un don, mais comme un doit revendiqus depuis longtemps, et toujours d'wié jus:jn'alors.Avant cette époque, dans le Bas-Canada nous avions une chambre d'asseinblée, siégeant chaque année à Québec, et dans le Haut- Canada ils en avaient une autre, siégeant à Turonto ; s\u2019il m'en souvient, ces deux assemblées délibérantes étaient composées de membres élus par les comiés de chaque province : ces corps nommaient des comités permanents, d'autres spéciaux ; ordonnaient des enquêtes, adoptaient des résolutions, faisaieut des pétitions à l'Angleterre, passaient des lois, en abrogeaient d'autres, avec le concours (bien entendu quand elles pouvaient l\u2019obtenir) des denx autres branches du pailement, en un mot ces corps électifs étaient de vrais législateurs, profonds ou superficiels peu importe ; et ces législateurs étaient respousables de leurs actes, et tellement responsables que ceux d\u2019entr\u2019eux qui votaient pour les lois dés rées de la majorité du pays et qui suivaie:t la marchz politique adoptée par cette même majorité, étaient sûrs généralement d\u2019être réélus à une électin subséquente, tandis que leurs adversaires sur ces mêmes questions étaient presqu'infailliblement rejets des hustings; c\u2019était bien, ce me semble, de la responsabilité, cela.Et pourtant l'on n\u2019entendait pas dire alors un seul mot de gouvernement responsable, ou plutôt notre organisation gouvernementale n\u2019était pas du tout celle d\u2019aujour- p\u2019hui qui 2 nom \u2018 gouvernement respcnsable.\u201d?La responsabilité Que nous aVions était une responsabilité législative ; mais seule elle ne suffisait pas, il en fallait une autre, indispensable pour que la première ne fût pas illusoire, la responsabilité des personnes chargées de Pexicuticn des lois promulguées par le législateur, ainsi que de Vexgrcice des prérogatives de la couronne, prérogatives qui n\u2019ont été établies que pour le plus grand bien et le plus grand avantage du peuple.Or personne ne pouvant mieux que le peuple lui-même, connaître ses besoins, ses nécessités, ce qu\u2019il lui faut, ce qui lui convient, c\u2019est le peuple qui doit en avertir la couronne.Ne pouvant guères exercer ce droit par lui-même, il le doit faire au moyen de personnes jouissant de sa confiance et responsables des avis qu\u2019ils dounent sur chaque acte de l\u2019exercice de ces prérogatives.C\u2019est done pour la responsabilité des fonctionnaires publics au peuple, poûr la responsabilité exécutive sous toutes ses formes que nous avons luttä conrageusement depuis l\u2019établissement de la constitution de 91, lutte incessante, énergique, que les ennemis des droits coloniaux ont cru un moment avoir terminé à leur avantage, par la suspension de cette constitution, par les illégalités, les violences, les pillages, les incendies et les échafauds de 1836, 37 et 83, mais où ils ont fini par succomber, en principe du moins, puis- qu\u2019ils ont reconnu notre droit à la responsabilité de l\u2019exécutif pour tous ses actes.Lors donc que nous parlions de la resporsabilité, que nous la demandions, il ne pouvait être question de la responsabilité des législateurs, nous l\u2019avions déjà ; mais c\u2019était la responsabilité exécutive qui faisait l\u2019objet de la difficulté.Pourquoi aujourd\u2019hui les mêler lune avec l\u2019autre, les confondre, prétendre que la reconnaissance de l'une doit avoir pour effet essentiel l\u2019absorption de l\u2019autre ; les conséquences qui ont déjà découlé et qui naitront encore de l\u2019admission de cette doctrine sont plus graves et plus sérieuses qu\u2019on pour- tait d\u2019abord le croire.Une fvis ces deux responsabilités, distinctes l\u2019une de l\u2019autre, bien constatées e! comprises, il peut être si non aisé, du moins possible et même assez facile, d\u2019avoir des réformes dans les diverses branches de l\u2019administration du gouvernement, et en même temps de r des lois utiles et d\u2019un intérêt général, sans qu\u2019un petit nom- re de citoyens soient trop surchargés, el sans attendre trop loug- temps-des mesures législatives urgentes sur un grand nombre de matières de la plus haute importance pour le pays.Que chacun supporte une partie du fardeau ; c\u2019est une obligation morale, et pour les (lus du peuple c\u2019en est une légale et constitu- tionelle., Ils sont choisis non pour rejeter sur quelques uns d\u2019entre eux tbute responsabilité, et par là nullifier de fait, en grande partic, le pouvoit représentatif, mais pour agir eux-mêmes activement ; non pour donner des votes passifs pour on contre les volontés de ceux qu\u2019il peut plaire à la couronne d\u2019appeler à ses conseils, mais pour juger eux-mêmes, pour eux-mêmes el pour leurs mandataires ; non pour être un simple bureau d\u2019enregistrement et d\u2019approbation ou d\u2019improbation des opinions, des id es et des actes de l\u2019exécutif, mais paus être eux-mêmes législateurs, et accepter la responsabilité de leur législation.Que les administrateurs admimistrent et les législateurs législa- tent : voilà ce qu\u2019il nous faut; et de cette manière nous pourrons voir marcher de pair une bonne administration et une législation sage et prudente, débarassée des innombrables ambiguités et des obscurités Tréquentes qui font un des principaux mérites de nos statuts provineMtux ! C\u2019est du moins ce que JE CROIS.Montréal, 7 février 1817, DE L'EMPLOI DU PLATRE.M.le Directeur, Le printems dernier je fis semer six arpents de terre (3 de haut sur 2 de large) en pois.Le morcean fut divisé en deux et sur l\u2019un je fis répandre, après que les puis eurent atteint la hauteur de trois pouces environ, la quantité d\u2019un quart et demi de plâtre ; l\u2019autre morceau fut semé huit jours plus tard versie 22 de mai et n\u2019eut pas de plâtre.Le sol était pauvre mais facilesà égoutter, ayant une surface plane avec une légère déclivité vers deux ruisseaux dont l\u2019un à chaque extrémité du morceau de terre en question, Lors de la récolte la différence entre les deux morceaux était visible à tie grande distance ; les pois sur lesquels on avait répandu du plâtre avaient six pouces plus haut que les autres, étaient beaucoup plus forts, et d\u2019un vert bicu foncé, les cosses en étaient aussi extrêmement nombreuses comparées aux autres, et le produit en a été de 44 minots, tandis que l\u2019autre morceau n\u2019a produit que 16 minots de pois d\u2019une quantité inférieure aux premiers.En comparant le coût du plâtre avec la valeur de la différence dans la quantité de pois recucillis sur les deux morceaux de terre en question, l\u2019on a le résultat suivant: Pour 4 quart de plâtre 4 8d.£0 12 0 3-4 de Jour pour répandre le plâtre, 288 2224082 2.2 0 2 0 £014 0 Cr.Par 28 minots de pois à 43d.2.2 2.© «+.B19 0 Profitnet .£55 0 Xl est impossible de méconnaître ici influence du pla- tre sur la différence du produit de ces deux morceaux de terre, quand même l\u2019on serait disposé à en attribuer une partie à la circonstance que l\u2019une a reçu la semence huit Jours plutôt que l\u2019autre.J'ai aussi éprouvé l\u2019effet du plâtre sur du Llé ct du trèfle, et voici comment.J'ai fait semer environ quatre arpents de terre en blé et à cette semence j'ai aiouté 12 lbs.de graines de trèfle rouge.Le sol n\u2019était nullement préparé pour cn faire une prairie, mais au contraire il était épuisé par plusieurs récoltes successives ; aussi mon intention en semant du trèfle n\u2019était que de détruire les mauvaises herbes et en faire un bon pacage pour l\u2019année prochaine.Lorsque le blé eut entre 2 ou 3 pouces de hauteur je fis répandre sur une partie, environ les deux tiers du terrein, § quart de platre.L'effet fut a pen près seul sur le blé et je ne jugeai pas à propos d\u2019en faire mesurer le produit séparément comme j'avais d\u2019abord eu intention de le faire.Mais après que le blé fut enlevé de sur le champ, l\u2019effet du plâtre était si apparent sur le trèfle que la partie où il y a eu du plâtre me promet pour l\u2019année prochaine une récolte abondante, tandisque l\u2019autre partie n\u2019offrira au plus qu\u2019un pacage.De ces deux expériences je conclus que le plâtre peut être employé avec beaucoup d'avantages sur les pois et les prairies artificielles, et je;pense aussi qu\u2019on peut obtenir de merveilleux résultats en l\u2019appliquant plutôt sur un soi maigre et pauvre que sur un sol riche.Il est probable qu\u2019en employant une plus grande quantité de plâtre que je ne l\u2019a: fait, par exemple $ quart ou deux par arpents, les cffets en seraient merveilleux ou du moins plus durables.- A.Comtéde .J} 8 février 1848.$ M.le Directeur.M.le sécretaire de l'association des médecins de Montréal ayant cula complaisence de m'adresser dernièrement une copie du nouveau bill de médecine, avec injonction de sa part, par l\u2019ordre du président de cette association, (ne les membres de la faculté démontrent et fussent savoir, pour leurs localités, si les moyens suggérés dans le bill ne lenr seraient point applicables, en conséquence je crois devoir observer, tout en approuvant, sinon tout le contenu du bill, du moins la plus grande partie, pour l\u2019avantage de plusieurs paroisses où il n\u2019y a pas de médecins résidants, que la douzième section, chapitre Ze, est par trop rigoureuse, et même inexécutable, lorsqu\u2019il s\u2019y trouverait par fois tn médecin résidant ; car il ne serait pas possible de rencontrer dans nos campagnes des femmes qui sussent écrire leur langue, ct qui voulussent aussi apprendre l\u2019art obstétrique, pour le pratiquer d\u2019après le sens du bill.Cette clause, supposée mise en vigueur pour l\u2019avantage de la société, lui serait au contraire essentiellement nuisible dans beaucoup de circonstances, quoique nos sages-femmes, toutes plus ou moins inhabiles, causent très souvent des accidents des plus graves.Je compte, seulement dans la nouvelle paroisse que j'habite, plus de dix femmes, sans capacité aucune, qui pratiquent l\u2019art des accouchemens, avec la plus grande impudence.Cependant je désapprouve souverainement ec détestable désordre,et je connais qu'il ne faut pas moins qu\u2019une loi coercitive pour opposer une résistance à l\u2019ambition désordonnée de la plupart de ces femmes.On pourrait peut-être substituer, dans la clause où il est dit : \u201c et \u201ctoutescelles qui n\u2019auront pas un certificat de capacité, \u20ac après ce temps,seront tenues de subir un examen sur l\u2019art \u201c obstétrique devant l\u2019un des dits bureaux et qu\u2019il soit bien \u201c entendu que toute sage-femme devra savoir lire et écrire \u201csa langue.\u201d, on pourrait peut-être substituer, dis-je, ce qui suit : Dang toutes les parotsses érigées, on il n'y aurait point de médecin résidant, les personnes du sexe pourront y exercer et y pratiquer l\u2019art obstétrique, après avoir été examinées devant au moins deux médecins les plus voisins d'elle et avoir obtenu d\u2019eux un certificat de seconde capacité ; mais, ei il y aurait un ou plusieurs médecins résid ants, ellez seront tenues de se conformer rigoureusement à la clause du bill, telle qu\u2019elle est conçue aujourd\u2019hui.Pour en finir monsieur, j\u2019observerai encore, au sujet de la 24e section, chapitre 5e, qu\u2019il serait impossible aux médecins de toutes les localités, sans nuire essentiellement à leur intérêts personnels, de faire les poursuites contre les charlatans délinquants, ennemis acharnés de notre profession, et qui, sous différentes dénominations, infestent nos paroisses, captent la confiance de nos trop crédules habitans de la campagne et finissent très souvent par en faire des dupes.Il serait done a désirer, principalement pour l\u2019avantage des médecins pratiquant dans les paroisses, où la plupart de ces êtres éhontés vont faire leurs demeures,que les membres des bureaux prissent enx- mêmes les causes en mains, ou qu\u2019ils eussent à déléguer pour cet objet soit un médecin, soit un autre individu dénommé par eux, avec émolumens prélevés sur les pénalités.Ces deux derniers moyens seraient, suivant moi, infaillibles, et purgeraient les campagnes d\u2019une classe d\u2019êtres malfaisans et très nuisibles à la fois.Jai l\u2019honneur d\u2019être, etc.D.Mépecix.EE NOUVELLES, Etraxcires.\u2014Le steamer Acadia apporte des nouvelles importantes de Liverpool du 15 janvier.Parmi ces nouvelles, les plus importantes sont la soumission d\u2019A bd-el-Kader et sa reddition au général Lamoricière.Les journaux français prétendent que le gouvernement lui offrira de rester en France ou d\u2019aller finir ses jours à Alexandrie ou à St-Jean d\u2019Acre.Mme À délaïde, sœur du roi des Français, est morte au palais des Tuileries lo 31 décembre, à l\u2019âge de 71 ans, d\u2019une attaque d\u2019influenza.\u2014 Les prix des grains ont peu varié depuis les dernië- res nouvelles sur les marchés anglais et il y avait peu d\u2019activité dans les affaires.\u2014 Le tableau des revenus de l\u2019année 1847 accuse un déficit de £2,217,454 stg., sur les recettes de l\u2019année dernière.D\u2019après le Times ce seraient les branches fixes de revenu qui auraient décru.-\u2014 La tranquillité semblait se rétablir en Irlande, mais la famine continuait à y exercer des ravages.Le coroner de Kenmure a cu à faire une enquête sur les cadavres de quatre enfants morts de faim sur la grande route, après avoir vainement sollicité un morceau de pain d\u2019un.capitaine et d\u2019une institution de charité.\u2014 La frégate à vapeur anglaise l\u2019.Avenger s\u2019est perdue sur les rochers de Sorelle, sur la côte d\u2019Afrique.Elle avait à bord 270 hommes, qui ont tous péri, à l\u2019exception d\u2019un lieutenant et trois hommes d\u2019équipage.Parmi les victimes on compte un fils de l\u2019amiral Napier, qui commandait le vaisseau, et le lieutenant Maryatt, fils du capitaine Maryatt.LocaLzs.\u2014 Nous avons reçu le Journal d\u2019Agriculture pour le mois de février, et pour lequel nous offrons nos remercimens aux propriétaires ; ce numéro contient plusieurs articles importants sur l\u2019agriculture et nous ne saurions trop recommander à tous lesamis du progrès de s\u2019y abonner.L'agriculture est la principale ressource du Canada, et par conséquent c\u2019est un devoir imposé à chaque citoyen que de contribuer à répandre les connaissances agricoles au milieu de notre population, puisqu\u2019en augmentant les productions de notre sol nous augmentons la somme (que ces productions sont suceptibles de produire par leur échange) qui se répand en définitive au milieu de la société, augmente le bien-être de celle- ci en alimentant son commerce et son industrie, qui la multiplie encore par la main-d\u2019œuvre.Que chacun y contribue donc pour sa quote part ?Nous voyons avec plaisir que l\u2019encouragement qu\u2019a reçu ce journal est tel qu\u2019il a dépassé toutes les espérances de ses fondateurs.Nous aimons à enregistrer ce fait, c\u2019est une preuve non équivoque de l\u2019importance que le peuple canadien commence à attacher aux puissants moyens qu\u2019a la presse\u2019en général de répandre chez lui les connaissances et l\u2019instruction.Que cet encouragement ne se ralentisse pas, au contraire, qu\u2019il aille toujours augmentant ; c\u2019est là le seul, l\u2019unique moyen de rendre la presse ce qu\u2019elle doit-être ! \u2014 Les exportations du port de Montréal, pendant.l\u2019année 1847,s\u2019élèventà .£ 697,794 3 11 Les importations au même port, à 1,695,978 11 5 En 1844, les chiffres étaient comme suit :\u2014 Importations, .» £2,034315 15 9 Exportations, .617,916 0 © En 1845 :\u2014Importations, .2,153,631 18 3 Exportations, .592436 4 1 En 1846 :\u2014Importations, .1,893,623 10 11 Exportations, .541,100 0 © Pour le port de Québec, en 1847 on compte ainsi :\u2014 Importations, .£ 612,579 10 11 Exportations, .1,504,259 19 10 Pour Gaspé,\u2014Impor.11,847 10 11 Expor.: 36,154 11 10 Le commerce du Canada pour 1847, se classe ainsi :\u2014 Impor.\u2014£2,320,405 13 3.Expor.\u2014£2,238,208 13 7 -\\& - L\u2019AVENIR.\u2014FEVRIER, 1848.Causes Criminelles Importantes.\u2014 Simon Lafrenière, accusé de meurtre sur la personne du nommé Boyd, par la collision des bateaux à va- ur Lady Colborne et Pioneer, est acquitté ; Messrs.F.S.Judah et J.Armstrong occupent pour la défense ; M.Buchanan déclare qu\u2019il n\u2019entend pas procéder contre Tate accusé conjointement avec Frenière.\u2014 James Godwin, mis en accusation pour avoir laissé mourir sa femme de froid et de misère, est acquitté.M.Rossiter était conseil du prisonnier.\u2014 Peter Brennan et Catherine Whelan accusés d'un double infanticide sont acquitlés, la preuve n\u2019étant pas suffisante.\u2014 Godfroy Céré, chargé du crime de viol sur la personne d\u2019une enfant de 5 ans, est trouvé coupable.i \u2014 James Carroll subit son procès pour meurtre, est trouvé coupable ct condamné à être pendu le 3 mars prochain.Le prisonnier a entendu sa condamnation sans paraître ému, la salle d\u2019audience était encombrée d\u2019Irlandais qui manifestaient par leur contenance et leurs gestes, l\u2019inquiétude où ils étaicnt sur le sort de leur compatriote.On a même craint de leur part quelque tentative pour le délivrer et ona cru prudent de faire escorter par - une compagnie de soldatsla voiture qui a reconduit Car- Les solduts furent obligés d\u2019écarter au , roll à la prison.moyen de la baïonnette la foule qui cncombrait les avenues.La sentence de mort contre Carroll sera probablement commuée, suivant lusage maintenant établi, en une détention à vie.\u2014 James O?Donnell chargé d\u2019avoir volé les vases sacrés de l\u2019église de la Pointe-aux-Trembles, est trouvé coupable.C\u2019est le même individu qui a été dernièrement accusé du crime de meurtre sur la personne de Leonard, et qui avait été acquitté.AUX CORRESPONDANTS.\u2014 Un accident des plus fucheux, est arrivé dans la nuit de jeudi à vendredi, entre la Pointe-Claire et La- chine.Le stage avec la malle du Haut-Canada descendait sur la glace, vers le milieu de la nuit, lorsque le eonducteur perdit le chemin à peu près à une lieue de Lachine; ct les quatre chevaux ainsi que le stage etc, etc.allèrent se précipiter dans le fleuve.Il y avait deux passagers, l\u2019un d\u2019eux s\u2019est noyé ainsi que le conducteur et les quatre chevanx.Le passager qui a échappé au funeste accident est un M.Russel, contracteur de Hamilton, qui s\u2019est sauvé d\u2019une manière presque miraculeuse.On le croyait perdu lorsqu\u2019on l\u2019a trouvé horriblement gelé, mais'vivant encore ct se tenant sur le stage qui flottait en suivant le courant.On espère qu\u2019il sera mieux sous peu.La malle a été apportée en ville hier.\u2014 Une dépêche télégraphique de Washington, annon- sait hier après-midi, de source à peu près certaine, qu\u2019il y avait eu un traité de signé centre les Etats-Unis et le Mexique.-\u2014 Ceux à qui nous avons adressé le journal ct qui n\u2019étaient pas souscripteurs devront nous lu renvoyer s\u2019its ne veulent pas y.souscrire.\u2014Des bruits malveillants ayant été mis en circulation durant l\u2019élection de Kouvilie contre M, le Dr.Davignon, maintenant élu pour le comté, nous sommes bien aise d\u2019apprendre que ces bruits étaient tout à fait dénués de fondement, et que le nouveau membre pour ce comté à en sa possession des documents qui prouvent qu\u2019il avait été calomnié.\u2014.Minerve.\u2014 Le Canadien nous rend compte d\u2019une opération chirurgicale faite à l'hôpital de la marine à Québec, qui intéresse par la circonstance quo le patient a été soumis pendant l\u2019opération à l\u2019influence du chloroforme.C\u2019est l\u2019amputation des deux jambes, faite 4 un matelot.Le tient n\u2019a rien senti de l\u2019opération et se portait très bien : pa , pour son état.\u2014 On dit que les gouvernemens anglais et des Etats-Unis auraient pris des arrangemens pont le transport des malles anglaises et canadiennes à travers la république voisine.! NouveirE-Ecosse.\u2014Le parlement provincial de la Nouvelle-Écosse s\u2019est réuni le 22 du mois dernier.L\u2019opposition a obtenu contre le minstère un vote de nou- confiance, la division de la chambre a été de 28 contre 21, le lendemain le prucureur-général offrait sa résignation et celle de ses collègues.La prochaine malle nous apportera probablement la nouvelle de la formation du nouveau ministère et les noms de ceux qui doivent en faire partie.AVIS AUX ACTIONNAIRES, CORRESPONDANTS, ETC., ETC.\u2014 1} y aura une assemblée des-actionnaires de l'Avenir, dimanche, à l'issue du service divin, chez M.P.Gendron, rune St-Vincent.\u2014 Un Papineautiste malgré lui, au prochain numéro.\u2014L T.G., J.Le et plusieurs autres sons considération.\u2014 J.R.Champluin.Dr.D.St-Paschal de Kamouraska.Do do.Institut-Canadien, Québec.Do do.\u2014 Notre agent de S-Hyacinthe est prié de nous répondre aussitôt qu\u2019il le pourra.Reçu remise.Deces.A St-Pie, le 27 déeembre dernier aprés une maladie de deux heures, Damo Sophie Blanchard, épouse de Henri Benjamin Dovaire Coady, Yer, N.P.a 'age de 33 ans et 6 mois.Brasserie Pigeon.M.À DORAY s\u2019étant retiré de cet établissement, les affaires se feront à l\u2019avenir sous le nom de \u2018\u2018 PIGEON, SAUVAGEAU & Cie.( NARCISSE PIGEON.2 A.& T.SAUVAGEAU.Montréal, 9 fév.1848.- A VENDRE A CE BUREAU, Quelques copies du premier volume de L\u2019AVENIR.Ce volume contient entre autres matières intéressan\u201d tes : LECTURE DE E.PARENT, Écr: Du travail chez l\u2019homme.ESSAI LU A L\u2019INSTITUT-CANADIEN, PAR J.H: Des besoins ct de la position de la jeunesse canadienne- française._ : DON CESAR DY: BAZAN.Drame en cing actes mélé de chant.Plusicurs articles sur les associations etc., ete.PRIX: UN ECU.12 Février.Cours de Langue Francaise EN 60 LEÇONS.Le Soussigné a l\u2019honneur d\u2019informer les familles Canadiennes, les Dames et Messieurs de cette cité et des environs qu\u2019il commencera, DEMAIN, un cours suivi et raisonné sur l\u2019art difficile d'écrire la langue française grammaticalement ; il se flatte de pouvoir donner ce nouveau mode d\u2019enseignement en SOIXANTE LECONS, Il osc compter beaucoup sur le patronage de tous les | amis de l\u2019éducation.Des certificats et spécimens attestant en faveur des succès qu\u2019il a obtenus jusqu\u2019à ce jour seront produits à quiconque les désirera voir.Tour plus amples informations, s\u2019adresser an Soussigné, fa l\u2019Hôtel de Québec, ou il se trouvera chaque jour depuis 9 heuzes A.M.jusqu\u2019à 7 heures P, M.M.L.dunnera son cours à domicile, aux dames et aux Demoiselles qui voudront bien l\u2019honorer de leur confiance; UNE HEURE de séance par Jour.Quant aux Messieurs, ils suivront le Cours à HOTEL DE QUEBEC.CHS.H, LASSISERAYE.Montréal, 30 nov.1447.LE VÉRITABLE PORTRAIT = 5,5, PIEIX.PEINT D'APRÈS NATURE, A ROME, EN 1847, ET GRAVE SUR GRAND PAPIER DE CHINE.28 pouces de haut sur 22 de large.CETTE MAGNIFIQUE GRAVURE, Copie fidèle d\u2019un des plus beaux chefs-d\u2019œuvre de l\u2019école Italienne, sera bientôt mise en vente chez les soussignés.L'intérêt toujours croissant qui entoure aujourd\u2019hui LE GRAND APÔTRE DE L\u2019ÉGLISE ET DE LA LIBERTÉ, S.SPIE IX, ne peut qu\u2019inspirer le plus vif désir de posséder le portrait D\u2019UN si ILLUSTRE PONTIFE.Les grandes dimensions et le mérite artistique de cette gravure lui mériteront, sans doute, l« première place dans les salons de nos concitoyens.CHAPELEAU er LAMOTHE, Cc Rue Notre-Dame, vis-à-vis le Séminaire.; Montréal, 20 novembre 1847.| RESTAURANT COMPAIN, | PLACE D\u2019ARMES.i 1 M.Comparx, qui a été plusieurs années chef de la mess ide deux brigades de carabiniers et du 77e régiment, ainsi que de plusieurs clubs, au nombre desquels était celui de ki Réforme où sc trouvaient les plus célèbres : gourmets, vient d'ouvrir un RESTAURANT au coin de la Place d\u2019Armes cet de la Grande rue St-Jacques, vis-à-vis la nouvelle Banque de Montréal.On trouvera constamment à ce Restaurant une liste \u201cde mets qui égale celle de Paris et de New-York, sous \u201cle rapport de la variété ct de la qualité.Son salon et ses \u2018autres appartements sont élégants et commodément | meublés et n\u2019en cèdeut en rien à aucun autre établis- | sement on ce genre.Le propriétaire sollicite le patronage , du publie, persuadé qu\u2019il est qu\u2019un Restaurant, tenu sur jun bon pied, peut être utile aux hommes d\u2019affaires et | autres qui se trouvent dans le besoin de prendre un repas ;lorsqu\u2019ils sont éloignés de chez eux.On trouvera à ce | restaurant des mets de tontes espèces, préparés à toute , heure du jour.Ses vins et ses liqueurs seront toujours du premier choix.Il peut donner des diners publics à vingt et soixante personnes.Les soupers pour un nombre plus ou moins \u2018 grand de personnes seront aussi servis avec les mets les plus délicats qu'offre la saison.; Vraie soupe à la tortue en tout temps.! 4 déc.1847.! on P.GENDRON, IMPRIMEUR, No.24, Rue St-Vincent,\u2014Montreai.OrrRE ses plus sincères remerciments à ses amis et an public pour l\u2019encouragement qu\u2019il en'a reçu, depuis qu\u2019il a ouvert son ATELIER TYPOGRAPHIQUE, et prend la liberté de solliciter de nouveau leur patronage, qu\u2019il s\u2019efforcera de mériter par le soin qu\u2019il apportera à l\u2019oxécution des ouvrages qui lui seront confiés On exécute à cette adresse, toutes sortes d'impressions telles que :\u2014 Livres, CATALOGUES, CARTES D\u2019 ADRESSE, PAMPHLETS, BILLETS D\u2019ENTERRAMBNT, CIRCULAIRES, CHEQUES, PoLICES D\u2019 ASSURANCE, TRAITES, CARTES DE VISITES, CONNAISSEMENTS, ANNONCES DE DILIGENCES, PROGRAMMES DE SPECTACLE, ETC.Blancs de toutes espèces pour MM.les Avocats, Notaires et Huissiers.Le tout avec goût et célérité.Tout le matériel de son établissement est Nevr, acheté depuis 5 ou 6 mois seulement.PRIX TRÈS RÉDUITS.SALSEPAREILLE ! 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