L'avenir, 4 mars 1848, samedi 4 mars 1848
[" Vol.2.No.19.Montréal, Samedi ¢ Mays, 1848.; \u2014 = 222522 ANNONCES.: =~ .# v - - L\u2019AVENIR + \u2018 a, n .Peralt tous les Samxprs dans l\u2019aprés-miei.Ne.on it les A .de 8 \u2018 La reçoit les ANNONCES tous les jours de 8h.a.Co .ABONNEMENT.® .®.d 6h.p.m.Les prix des annonces, quoique les Pour #ix mois, .Bu.EE * 1.colonnes du journal soient plus larges que celles des \\ - Pourunan, ., .10.- autres journaux, sont les mêmes, et l\u2019on fait des L'abonnement est invarablement payable d\u2019a- P - remises considérables sur celles publiées à tong \\ vance, - terme.JOURNAL PUBLIÉ PAR UNE SOCIÉTÉ ?EN COMMANDITE DE JEUNES GENS.\u201cLE TRAVAIL TRIOMPHE DE TOUT\" PUBLIÉ DANS LES INTÉRÊTS DE LA JEUNESSE.RÉDIGÉ PAR UN COMITÉ DE COLLABORATEURS.; ~~ POESIE CANADIENNE.(Pour l'Avenir.) Folie, Monte, Déshonneur.Flebile nescio quid.Oven.I.Hold! vous qui passez, quand les cieux se font sombres.| Près de mon noir logis.là-bas, dans les décombres, Î Teunes hommes, voués aux douleurs de l\u2019affront, ! Arrétez-y vos pas! Peu sûres sont les ombres A qui n\u2019a pour tout tot que la peau de son front! T1 ne fat jamais bon défier la tempête ! Flle gronde: écoutez ! c\u2019est comme un chant de fête, Ue fête échevelée, où la voix du tambour, Absorbe sons joyeux, sistre, harpe, trompette.Soupirs, bruisscinens de longs baisers d\u2019amour ! Entrez donc ! Cette nuit promet d\u2019être orageuse : Voyez, son dôme gris se sillnnne, se creuse, Sous le carreau blafard de la foudre en courroux ! Entrez! mon seuil est noir, et sa forme hideuse Comme un manteau de fer, vous protégera tous ! J'ai pour vous délasser des regards de la haine, Des filles aux doux yeux, à la lèvre sereine ; Leurs corps sont blaves ct purs ; et sous leurs blonds eheveux, Coulant en mèches d\u2019or, sur des scins de sirène, Elles laissent glisser un bras aventureux ! Car vous avez péché contre xous, jeunes homuines, Quand, posant votre pied, sur le sol où nous sommes, Vous avez dit : \u2018\u2018 Beauté, vierge au limpide cœur, # Donne nous -du bonheur, afin que de doux sommes, \u2018 Dans nos corpsalanguis ramènent la vigueur ! \u201d Et vous avez puisé dans l\u2019urne du délire ! Et des baisers de feu, navrants, comme un martyre, De stygmates honteux soudain vous ont couverts Car ces lèvres de marbre, où courait le sourire, Etaient, n\u2019en doutez pas, pleines de sucs amers ! Ne cherchez donc jamais à confier vos vies Aux mains, eux lourds regards de ces pâles harpies, Que Satan, pour vous perdre, ameute contre vous ! Arrêtez-vous ici ! ces colombes ternies Ont, à leurs doigts chochus, des ongles de hiboux ! Entrez donc ! cette nuit promet d\u2019être orageuse ! Voyez, son dôme gris se sillonne, se creuse, Bous le carreau blafard de la foudre en courroux ! Entrez ! mon seuil est noir, et sa forme hideuse, Comme un manteau de fer, vous protégera tous ! II.Mensonge ! mensonge exécrable ! Celui qui leur parlait ainsi, Sur une face abominable, Portait le sceau d\u2019un long souci ! Pour se !es rendre plus propices H leur dit les grances délices, Que n\u2019avait certes pas son bouge de malheur ! Or, quand l'orgie ardente et folle Eût fait taire chants et parole, Pour un métal infâme, il leur donna sa sœur ! If.Sans cœur, sans âme, hébêtés par le crime, Hommes maudits, quand vint l\u2019aube du jou, Dun pied furtif, il quittèrent l\u2019abîme, Où les jetait un monstrueux amour ! L\u2019or leur manquait ; leurs faces étaient pales! Il leur fallait pourtant de l\u2019or, des voluptés ! Ils durent mendier : leurs prières brutales Ne calmeérent en rien leurs désirs effrontés ! « Leurs poignards leur restaient : c\u2019était une ressource ! Eh bien ! ee dirent-ils, arrétons dans leur course, Le pelerin tardif, ou l\u2019obscur voyageur ?Traquous les, dèns la nuit ! l\u2019or d\u2019une riche bourse, Tombant entre nos mains, noys porters bonheur ! IV.Un jour, ceux qui passaient, dirent en voyant pendre \u2018Trois cadavres puants, aux clous d'un noir gibet : * Qu'est-ce done, O bourreau ! quoi ! ne peux-tu pas rendre « Les suprêmes devoirs à cetie immonde cendre 1?Le bourreau répondit : « Si le roi le permet ! ?.J.Lenoix.- Montréal ler.Mars 1848, Lettre de M.O\u2019Reilly.LETTRE PREMIERE.Quésec, mardi 12 octobre 1847.MONSIEUR LE RÉDACTEUR \u2014J\u2019ai long-temps hésité à vous adresser les réflexions suivantes ; mais, ayant consulté quelques amis dont je dois respecter l\u2019opinion, je me suis décidé à placer, devant vos nombreux lecteurs et tout le public canadien, l\u2019exposé de l\u2019état et des besoins de la population catholique dans Jes townships de l\u2019Est.Ma mission, dans le diocèse de Québec, comprend tout le comté de Sherbrooke, avec une partie du comté de Drummond : en outre, je suis depuis onze mois chargé de la desserte des missions de Stanstead et de Stukeley, situées dans le diocèse de Montréal, et comprenant tout le comté de Stanstead et une partie de celui de Shefford ; le tout faisant un cercle de trente lieues de diamètre, si l\u2019on considère que je suis obligé d\u2019administrer à la population catholique voisine de la frontière tous les secours du saint ministère.Comme je me suis trouvé dans la nécessité de parcourir, en personne, les différents postes de cette vaste mission, je puis parler sciemment de l\u2019état spirituel et temporel des milliers de Canadiens-français et, d\u2019Trlandais catholiques commis à mes soins.Je me ferai un devoir de ne point exagérer la peinture de leur destitution spirituelle.\u2019 Je ne saurais dire au juste le nombre total des fidéles de ma desserte ; dans les cinq stations principales qui possèdent des chapelles, je me vois toujours entuuré d\u2019un peuple bien nombreux, et dont le nombre va toujours s\u2019augmentant avec rapidité.La très-grande majorité se compose de Canadiens-français.Ceux-ci viennent, pour la plupart, travailler à la journée, on s\u2019employer aux manufactures de Sherbrooke et autres lieux.Ils sont bien pauvres.Quelques-uns d\u2019entre eux ont acquis, par leur- persévérance et leur industrie, une assez jolie indépendance.Malheurcusement, ceux-ci font exception à la pauvreté qui domine chez leurs frères.Les Irlandais, de leur côté, au bout de quelques années après leur arrivée dans les townships, réalisent un bien-être qui contraste avec leur premier dé- nûment Quelles sonttiles causes du succès des derniers, pendant que les premiers vivent et meurent généralement pauvres?D\u2019abord la population canadienne-française, qui afflue vers cette partie de la province, vient, famille par famille, s\u2019établir au milieu des Américains, au lieu de chercher les territoires fertiles et encore incultes, qui ne manquent point par chez nous.Les Canadiens, pères de familles comme jeunes gens, aiment mieux travailler à la journée que de se fixer sur une terre.Encore, s\u2019ils prennent une terre à défricher, sont-ils presque tous dans l'habitude de négliger leur propre champ pour cultiver le champ du voisin américain.De là vient qu\u2019ils gagnent de l\u2019argent plus facilement, mais perdent leurs.propres récoltes, et n\u2019avancent point dans la culture de leurs terres.Puis cet argent, acquis aisément, se dissipe de même.Au contraire, les émigrés labourent plus péniblement ct persévéramment le lot qu\u2019ils ont choisi ; ils préfèrent le soin, plus ingrat d\u2019abord mais plus rémuné- ratif ensuite, des quelques arpents qu\u2019ils éclaircissent avec une gauche lenteur, à la tentation d\u2019avoir de l\u2019argent comptant au service des voisins.Assez rarement les voit- on abandonner leurs fermes et leurs familles pour aller chercher de l\u2019emploi aux factories dé Lowell etde Manchester ; et quand ils y vont, ils peuvent se convaincre qu\u2019ils s\u2019enrichiront et plus sûrement et plus vite, en s\u2019attachant à leurs torres et à leurs familles.Ainsi il ya une double cause de l\u2019état comparatif d\u2019indigence ou reste notre population canadienne-fran- çaise vis-à-vis des personnesjd\u2019une autre origine.Ilsai- ment à s\u2019employer pour les autres, et ils ne restent point assez longtemps sur leurs terres.Lees Américains les trouvent adroits en tout, les aiment d\u2019ailleurs pour leur caractère doux et poli, et leur donnent toujours des gages élevés.Voila oe qui fait qu\u2019ils ne demeurent point stationnaires.- Puis, venant les uns après les autres s\u2019éparpiller sur la surface de cette contrée, ils sont pour ainsi dire noyés au milieu des Américains.Ils se trouvent dans la nécessité d'apprendre la langue de ceux qui les emploient.Leurs enfants sont placés dès l\u2019âge de dix ou douze ans dans les familles américaines.Ils perdent leur langue, apprennent celles de leurs maîtres ; ils oublient la politesse exquise de leurs pères, et contractent les allures rudes et républicaines de ceux qui les entourent.Sans écoles où ils puissent s\u2019instruire dans la connaissance de lor: langue maternelle, sans église où ils puissent recueillir même les éléments de l\u2019instruction - religeuse, il n\u2019est point étonnant, si, en cessant \"de parler français, un trop grand nombre, hélas ! cessent aussi d\u2019être catholiques et Canadiens.Je passe nssez légèrement par-dessus cette plaie dont je trouverai l\u2019oceasion, dans la suite, de montrer toute la profondeur.Que faut-il faire pour empêcher que des milliers de Canadiens-français, maintenant épars sur toute l\u2019étendue des Townships de l\u2019Est, ne perdent point leur langue, leur amour de la nationalité et enfin leur religion ?J\u2019invite ici Vattention de tous les hommes véritablement canadiens et catholiques; car on ne devrait pas plus séparer ces deux qualités chez nous, que celles d\u2019Irlandais et de Catholiques.J\u2019invite l\u2019attention sérieuse et l\u2019active coopération de tous les véritables patriotes.Je n\u2019ai en vue que le bien, et le plus grand bien, de mon peuple ; et devant Dieu, ma conscience, et mon pays adoptif, je n\u2019hésite point à indiquer ce qui me semble l\u2019unique et le plus prompt remède.1e Qu\u2019on empêche le sureroit de la population cana- dienne-française des paroisses qui bordent le St-Laurent de se diriger par familles, par individus, parr goupes isolés, vers lestownships ou vers les Etats-Unis.Quand est-ce que le.clergé canadien usera enfin de son influence légitime, pour empêcher cette belle et précieuse jeunesse d\u2019affluer vers nous, de passer les frontières, et d\u2019aller se perdre à jamais dans les villes manufacturières des Etats limitrophes?Former une association de prêtres et de laïques, qui aurait pour objet de prendre connaissance des terrains encore incultes et non achetés, qui abondent derrière les paroisses canadiennes des districts de Québec et des Trois-Rivières ; association qui présiderait à l\u2019émigration des familles canadiennes, qui obtiendrait pour elles les terres les plus avantageuses ; qui les réunirait dans un même canton fertile, qui veillerait sur leurs premiers travaux, et encouragerait, récompenserait leurs premiers succès.Me dira-t-on qu\u2019une telle association n\u2019est point nécessaire, n\u2019est point possible, et ne serait au plus que peu utile ?Pour démontrer sa nécessité, il m\u2018eût été facile de faire une peinture plus vive, et pourtant plus vraie des besoins moraux et.physiques de mon peuple ; j'ai voula éviter les tableaux hautement coloriés.Ce que j'ai dit, néanmoins, suffira à quiconque aime son pays et ses compatriotes, et lui fera sentir l\u2019urgence de la mesure que je propose.Quant à la possibilité d\u2019une association chargée de veiller aux intérêts politiques et religieux des catholiques des townships de l\u2019Est, je n\u2019ai qu\u2019un mot à dire: il y en \u2018a de semblables pour les émigrés Ecossais, pour ceux qui viennent d'Angleterre.Au nom dusens commun, pourquoi n\u2019y en aura-til pas pour les Canadicns-français ?Voyez la florissante colonie d\u2019Ecossais établie à Eaton ! Ils viennent de bâtir une chapelle, ils vont avoir un ministre parlant leur langue maternelle, le Gælique.Ils se tiennent toujours ensemble, parceque des hommes influents les protégent, les favorisent, les dirigent.Et toute l\u2019histoire de l\u2019établissement du Haut-Canada présente, jusqu\u2019à ce jour, une série de faits semblables.Des colonies entières laissant leur sot natal, s\u2019établissant au\u201d sein d'une même région, et croissant ensemble en prospérité et en influence.Et les Canadiens-français, qui n\u2019ont pas leur pays d\u2019enfance à laisser, ni l\u2019Atlantique à traverser, hi un sol nouveau, ni un nouveau climat à affronter, vous les voyez tous les ans partir d\u2019au milieu de vous, non pas pour former des établissements distincts, des colonies prospères et indépendantes, mais s\u2019engloutir au sein de la population américaine, et leurs descendants au bout de quelques années, ne conserver de trace de leur origine qu\u2019un nom estropié! Voyez donc si les émigrés Ecossais ou Anglais sont perdus de vuc par leurs riches et influents compatriotes en Canada.Non, ceux- ci comprennent que leur propre importance civile et politique dépend de l\u2019appui qui leur doit donner un jour la jeune colonie dont le berceau leur est confié ; que la prépoudérance politique est attachée à l\u2019affection qui les lie a leurs compatriotes.Et qui d\u2019entre nos législateurs Canadiens-français a jamais donné seulement une heure de sérieuse réflexion à cet élément immense de force actuelle et de puissance future qui est concentré dans la population Canadienne des townships?Pense-t-on à la centrâliser, à la retenir dans les limites de la nationalité 1 Pense-t-on, dans les lois d\u2019éducation passées et présentes, à faire pour elle une allocation, une provision spéciale rendue nécessaire par les circonstances malheureuses qui entourent son établissement chez des étrangers ?Assez pour cette fois, M.le rédacteur ; la faiblesse où m'\u2019a laissé une grave indisposition m\u2019interdit, pour le mo- e QI[.oM à \u2014\u2014 en \u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014- seems = - y.\u201cREL paw Mars 10 OT > » a a\u2019 ment, de continuer\u2019 mes réflexions.En attendant que vous receviezde moi une nouvelle épitre, veuillez accep- têr l\u2019assurance de ma parfaite considération.B, O'REu\u2026r.- L'AVENIR.Laissons là ceux qui croient que le monde va crouler, A Parceque tout se remue et s\u2019agite autour d\u2019eux.MONTRÉAL, SAMEDI 4 MARS 1848.me Colonisation des Townships.La jeunesse canadienne-frangaise de Montréal a répondu à l\u2019appel, fait par l\u2019Institut, de venir jeter les bases d\u2019une association pour l\u2019établissement des townships du Bas-Canada.L\u2019assemblée convoquée à cet effet eut Jieu dans la salle.de l\u2019Institut sous la présidence de M.Papin.Nous publions plus bas les résolutions qui furent adoptées.Tous furent agréablement surpris de la présence du révd.M.O\u2019Reilly, dont les éloguentes lettres avaient provoqué cette association.Comme il se trouvait alors en ville, il avait été invité par plusieurs membres du comité de venir être témoin de sa formation et de son début.Après quelques mots du Président sur le sujet de l\u2019assemblée, M.O\u2019Reilly fut prié de parler, et il pfononça quoique sans préparation un discours éloquent, où on reconnaissait bien l\u2019écrivain de ces belles lettres dont nous offrons aujourd\u2019hui la première à nos lecteurs.Des discours furent ensuite prononcés à l\u2019appui des différentes résolutions, par MM.Loranger, Lanctot, P.planchet, Daoust, J.B.E.Dorion, C.Coursol et C.Large.A la suite de ces discours, 60 chefs de dizaines s\u2019enrô- lérent sur la liste et, s\u2019ils complètent leurs décuries, comme nous en sommes persuadés, l\u2019association comptera dans quelques jours 600 associés.M.Dorion en terminant les remarques qu\u2019il fit à l\u2019appui de sa motion annonça à l\u2019assemblée que la Société Mer- cartile d\u2019Economte avait décidé, à son assemblée men- suetle du ler mars, de donrier dix piastres à l\u2019association projetée, comme un encouragement et l\u2019approbation la plus entière du projet et du but de la nouvelle société.Monseigneur l\u2019évêque de Montréal a fait une réponse très favorable aux députés du comité, qui étaient chargés de s\u2019enquérir de Sa Grandeur comment elle envisageait le plan, l\u2019idée et le projet de l\u2019association.Le digne prélat s\u2019est montré, comme en toute circonstance, le vrai pasteur de son peuple, l\u2019ami de son pays et de sa nationalité.Sa Grandeur leur a dit que, pour un objet eomme celui-là, ils pouvaient compter sur l\u2019appui et la coopération certaine du clergé canadien.Nous espérons que cette association grandira assez rapidement pour que son but soit, en partie au moins, bientôt réalisé.À cette œuvre, le plus beau monument de philantropie chrétienne élevé en Carada, à cette œuvre la plus patriotique, la plus nationale, la plus généreuse, la génération canadienne-française toute entière doit travailler ; c\u2019est sur elle que repose le succès de son exécution.Elle y est intéressée, et si le but est grand le moyen est facile.Cinq sous par mois est tout ce qu\u2019on demande, et nous ne croyons pas qu\u2019il se trouve un ca- nadien-français, encore moins Une canadienne-française qui refuse de concourir dans une si noble entreprise.Nous reviendrons sur ce sujet.) Ci suivent les résolutions adoptées à la première assemblée de l\u2019association.M.Papin ayant été appelé au fauteuil, et M.R.Laflamme prié d\u2019agir comme secrétaire ; Sur motion de M.Loranger, secondé par M.Lanctôt, Résolu qu\u2019il est de la plus haute importance pour les Canadiens-Français de s\u2019établir dans les Townships du Bas-Canada, afin d\u2019augmenter la force et la prospérité de notre race par la propriété du sol.Sur motion de M.P.Blanchet, secondé par M.Lajoie, Résolu que, pour atteindre ce but, il soit fondé une association ayant nom association du district de Montréal ur l\u2019établissement des Canadiens-Français dans les ownships du Bas-Canada.Sur motion de M.Jos.Doutre, secondé par M.A.Papineau, ° Résolu que cette association soit formée sur le même plan que celle de la Propagation de la Foi, par centuries et décuries, dont chacun des membres paiera une contribution de cing sols par mois.Sur motion de M.Chs.Daoust, secondé par M.Chs.LaBerge, : Résolu que l\u2019association soit sous le patronage de Mgr.l'Evêque de Montréal et du.Clergé Canadien.Sur motion de M.Delorme, secondé par M.P.Ma- an, Résolu qu\u2019un comité de quinze membres soit formé avec pouvoirde s\u2019en adjoindre d\u2019autres pour organiser l\u2019association ; et que les MM.suivants com sent le comité.MM.Huston, J.Doutre, P.Blanchet, L.Delorme, Ls.LaBrèche, J.Papin, A, G Lajoie, Cha.- LaBerge, A.Mousseau, M.Lanctdt, J.B.E.Dorion, Rjnoennes, C.Papinedu, R.Laflamme, A.L.Lacroix.\u201cSur motion de M.Chs.LaBerge, secotidé par M.La- montagne, Résolu que le comité soit tenu de convoquer d\u2019ici au huit avril prochain une assemblée des personnes qui seront alors membres de l\u2019Association afin de présenter son | rapport et de compléter l\u2019arganisation.- Sur motion de M.Dorion, secondé par M.LaBrèehe, Résolu que le secrétaire pro tempore soit chargé de prendre immédiatement les noms de ceux qui voudront se charger de trouver une dégurie ou centuric.COMMERCE.Importations et Exportations.La difficulté des communications cet hiver a mis notre commerce intérieur dans une grande gêne ; les transactions, les échanges, de toute nature, se sont fait difficilement ; ils ont dû conséquemment être bien moindres que les années précédentes, et les profits, que les particuliers font toujours sur chacune de leurs opérations, ont donc dû répéter moins souvent.Ayant moins de profits, chacun a moins de ressources, moins de moyens ; de là ce que l\u2019on appelle la rareté de l\u2019argent ; de fait ce n\u2019est pas l\u2019argent qui manque, c\u2019est une circulation active des produits, ce sont des échanges souvent répétés, sur chacun desquels un profit est fait.De moindres ressources, créées par le commerce intérieur, nous forceront à moins acheter ; ce qui diminuera notre commerce extérieur, et aussi les profits que nous y faisons ordinairement.La température extraordinaire de cet hiver influera donc aussi jusque sur ce commerce ; elle aura ef! fet sur lui encore d\u2019une autre manière.Un de nos amis a visité la partie supéricure du district de Montréal et vu plusieurscommerçauts de bois; il rapporte que ce commerce surlout devra souffrir considéra- yblement du défant presque total de communications.Plusieurs des bourgeois établis sur l\u2019Ottawa ont été obligés de renvoyer leurs employés faute de provisions, qu\u2019ils ne pouvaient se procurer qu\u2019à de grands frais.Quelques-uns même se sont vus forcés de tuer leurs bé- tes de somme pour nourrir les travailleurs Le çom- merce des lois étant la branche la plus importante de notre exportation, il devra nécessairement en résulter une diminution dans le montant de ces exportations et par contre-coup de nos importations.: La comparaison du inontant de nos exportations avec celui de nos importations a été le sujet de bien des félicitations ou de bien des regrets et de bien des craintes.Plusieurs, en voyant l\u2019exoédant des exportations d\u2019un pays sur ses importations, en concluent que ce pays se trouve enrichi d\u2019autant ; parce que, disent-ils, n\u2019ayant reçu de l\u2019étranger que très-peu et lui ayant envoyé beaucoup, 1l est endetté vis-à-vis de nous, ce raisonnement à été publié aussi dans certains papiers.Ces personnes s\u2019attendent, sans doute, à voir affluer l\u2019argent dans un pays où les importations et les exportatfons se règlent conformément à ce raisonnement, et nous les avons entendues se féliciter lorsque les importations du Canada étaient moindres, comparativement à ses exportations.Nous leur ferons cette question: dans le commerce entre nations, voit-on souvent importer où exporter de la monnaie ?La plupart des achats ne se paient-ils pas par des traites, ou lettres de change, acquittées ensuite à leur échéance, avec la valèur des produits, de toutes espèces,exportés ou à être exportés par le pays qui achète, dans le pays qui lui a vendu.C'est-à-dire, que celui qui achète des produits étrangers les paie avec ses pro- l'duits ; et celui qui vend ses produits en est payé avec des produits de son acheteur.Ou voit-on un négociant aller ou revenir avec son vaisseau chargé de monnaie ?Cela arrive assez rarement suivant nous.Le commerce international se fait, à peu de chose près, comme le commerce entre les particuliers ; c\u2019est-à- dire, nous le répétons, chaque nation paie, avec ses produits, ceux qu\u2019elle fait venir de l\u2019étranger.Un particulier fait bien quelquefois un paiement avec de la monnaie ; mais cette monnaie elle-même comment l\u2019a-t-iT obtenue ?en donnant sa valeur en produits ;-avant de payer avec cette monnaie, il a fallu l\u2019ackefer avec d\u2019autres produits.Il en est de même de nation à nation.Mais, dit-on, nous avons, par supposition, envoyé à l\u2019étranger des produits an montant de cinq millions, nous n\u2019avons emporté en retour qu\u2019une valeur de quatre millions; donc l\u2019étranger nous doit un million qu\u2019il nous remettra en monnaie et le pays se trouvera avec autant d\u2019argent acquis et plus riche d\u2019un million.Bien; en serons-nous plus riches ?non, car la richesse consiste dans \u2018une plus grande somme de valeurs produites sous queique orme que ces valeurs existent.\u201d Cinq millions de valeurs, sous la forme de draps, de cotonnades de fer, de bois, de soieries, de quincailleries, sant autant que cinq millions, sous forme d\u2019espéces.Par notre importation, d\u2019un million d\u2019espèces, nous ne serons donc pas plus riches d\u2019un million.Bien loin de là, et malgré ce million, si, en échange de nos exportations nous n\u2019importons en tout et partout, espèces et autres produits compris, que cinq | millions, nous serons plus pauvres après l\u2019opération qu\u2019avant.En effet nous estimons nos produits & cing millions lée et du retour, la valeur de ces produits devra augmenter, sans cela nous aurons fait une spéculation bien mauvaise, en expédiant nos produits pour un pays où ils ne pourront avoir que leur valeur première, au moment de l exportation.Car alors ces frais pèseront sur nous.C\u2019est évidemment ce qui a lieu si l\u2019objet de notre exportation ne vaut que cing millions, une fois rendu à sa destina- \u201ction; la chose est encore pire, st elle vaut moins.Pour faire un commerce prospère, il faut donc que la valeur des importations soit plus considérable que a valeur {des exportations.7 Pour faire voir plus clairement le désavantage d'un pays, lorsque ses iinportations sont moindres que ses exportations ou quand seulement clles s\u2019égalisent les unes les autres, examinons comment se fait le commerce avec l\u2019étranger.Soit que les opérations d\u2019échange se fassent en exportant, pour importer ensuite, ou qu\u2019elles commencent par l\u2019importation, pour se terminer par l\u2019exportation en retour ; que les échanges se fassent par l\u2019entremise de la monnaie ou immédiatement par le troc de produits contre produits ; il est constant qu\u2019un peuple ne peut recevoir des produits d\u2019un autre qu\u2019en lui fournissant ses propres produits, en matière première, en produits manufae- turés, ou transformés en monnaie.Ainsi tout se réduit, en dernière analyse, à donner une certaine quantité de ses produits superflus pour en acquérir que l\u2019on n\u2019a pas et dont on sent le besoin.Un négociant se charge donc d\u2019expédier ce qui fait l\u2019objet de son trafic, d\u2019avoir en retour ce qui peut répandre le mieux aux demandes de ses pratiques et lui donner pur conséquent de plus amples profits.Supposons que notre négociant du Canada entreprenne d\u2019envoyer, en Angleterre, des bois En laissant nos ports, ces bois sont estimés un million ; parvenus en Angleterre, comme ce produit a un débouché considérable, vu la grande demande qu\u2019on en fait dans ce dernier pays, ils doivent avoir une plus grande valeur: nous supposons un million ct demi, 1! faut déduire les frais de transport que nous supposons être d\u2019un quart de million, ce qui lui laissera une valeur nette, rendu en Angleterre, d\u2019un million un quart, au lieu d\u2019un million qu\u2019il avait lors de son départ du Canada ; que fera notre négociant de ce million un quart de valeur?Ii prendra en retour des produits de l\u2019Angleterre, pour le même montant, mais quels produits?ceux qu\u2019il saura convenir à notre pays, dont il saura que la valeur originaire, celle du moment où il aura acheté ces produits, ne sera pas diminuée par leur importation an Canada, bien plus, dont la valeur devra augmenter par cette opération.De retour au pays, ce négociant a en mains, pour un million exporté, des produits qui, en Angleterre, valent un million un quart et au Canada devront valoir encore plus, donc le pays se trouvera plus riche de l\u2019excédant de valeur des importations sur les exportations.i Supposons qu\u2019au lieu de produits manufacturés, ou autres, il importe des espèces.Sera-ce l\u2019importation qui conviendra le plus au pays et qui scra censéquemment la plus profitable à ce négociant?nous ne le pensons pas; comme nous l\u2019avons déjà dit, ce n\u2019est pas l\u2019argent ou la monndie qui manque ordinairement, ce sont des échanges nombreux, et des produits à échanger ; si, néanmoins, les échanges sont plus multipliés et se font si rapidement qu\u2019en effet la même quantité de monnaie (l\u2019agent intermédiaire des échanges) r@ puisse plus y suffire, les échanges n\u2019en seront pas diminués pour cela ; seulement la valeur de la monnaie augmentera.C\u2019est à dire que pour avoir une même quantité de produits on sc contentera de donner une moins grande quantité de produits ou, pour la même quantité de monnaie, l\u2019on consentira à donner une plus grande quantité de produits.Dans le cas où le manque de produits, ou bien la difficulté des échanges diminue le nombre de ces derniers, pendant que la quantité de monnaie reste la même, alors la valeur de celle-ci diminue.En un mot, un pays a généralement assez d\u2019espèces pour satisfaire à ses échanges, ces espèces augmentant en valeur dans la même proportion qu\u2019elles diminuent en quantité et réciproquement.Un fait suffit pour nous le faire concevoir : la dernière guerre, contre nos voisins, avait mis beaucoup d\u2019argent dans le pays; qu\u2019en est-il résulté ?on a vu aussitôt le prix des produits agricoles et autres hausser considérablement: le blé s\u2019est vendu jusqu\u2019à vingt chelins le minot! et tous les autres produits à proportion.On s\u2019imaginerait en voyant ce prix énorme que la disette devait être bien grande.Pas du tout ; les récoltes étaient superbes ; c\u2019est l\u2019argent, qui, étant devenu très commun, avait diminué de valeur.Nous admettrons pourtant que la monnaie peut quelquefois devenir plus rare et sa valeur augmenter, dans Un pays, au point de gêner un peu les opérations commerciales ; cela, toutefois, ne peut jamais être que passager, Aussitôt que ce cas se présente, les voisins, s'apercevant que l\u2019argent a une grande valeur dans ce pays, s'empressent de venir acheter, aveo des espèces, les produits de.ce pays qu\u2019ils ont coutume de troquer contre leurs propres produits et la valeur du métal monnayé retombe bientôt à son niveau naturel.Dans le cas contraire, c\u2019est-à-dire, celui où la valeur de l\u2019argent est retombée audessous de sa valeur actuelle, dans les pays voisins ou à l\u2019étranger, diminution cansée soit par l\u2019inactivité des échanges, soit par une importation d\u2019espèces, audelà de ce qu\u2019il en faut pour la facilité des transactions, nous voyons les possesseurs d\u2019espéces les réexporter pour donner, à la partie de leur richesse qui existe sous cette forme, un emploi plus utile et plus en laiæant nos feontières ; pour couvrir les frais de l\u2019al- profitable que celui qu\u2019ils peuvent trouver dans leur Id - >>
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