L'avenir, 10 mars 1849, samedi 10 mars 1849
[" CTE ee XE © Samedi, 19 Mars 1849.L\u2019AVENIR.Paraît tous les MERCREDIS et SAHEDIS au matin.ABONNEMENT.Pour sixmois,.FR 0020 58.Pour un an.\u2026\u2026.\u2026.108, L'abonnement est invariablement payable d'avance, JOURNAL PUBLIÉ DANS PUBLIÉ PAR UNE SOCIÉTÉ \u201cEN COMMANDITE DE PROPRIÉTAIRES.Bureau.122!, Rue St.Paul, à Wentreal.Nenriome Annee, No.C3.\u2014 \u2014 = parent ANNONCES., Prix: Six lignes'et au-desseus, premiere Ânsertion.Lo.26 INTÉREÊTS DE LA JEUNESSE ET DU \u201cLE TRAVAIL TRIÉMPHE DE TOUT re Lx gues et au-destous, ler insert.3 4 Au dessus par lichens .Toutes insert.subséquentes, ie § du prix, Déductien libérale fuite sur les auncas \u2018tes à être publiées longtems.COMMERCE.0\" RÉDIGÉ PAR UN COMITÉ DE COLLABURATEURS.CHAMBRE D'ASSEMBLÉE.SÉANCE DE MARDI 27 FÉVRIER.RAPPORTÉ POUR L'AVENIR.DÉBATS.Suite et fin.M.Parine ro.\u2014 Il n\u2019est pas, dans le moment ac- \u2018tuel, de réputation comme jurisconsultes, plus grande que celle des hommes qui viennent d\u2019être \u201ccités à l\u2019appui de la motion de l\u2019hon.membre pour le comté de Québec.Il n\u2019est pas, surtout pour des hommes qui se flattent d\u2019être loyaux, d'autorité plus grande que celle du parlement anglais.Le parlement anglais, surtout en pareille matière, doit être considéré, comme une autorité aussi imposante au moins que celle des tribunaux judiciaires du Canada.L\u2019hon.membre pour le comté de Norfolk ®t Ceux qui le soutiennent veulent renverser la décision de la métropole ; ce sont ces autorités infiniment secondaires qui veulent aujourd\u2019hui contrebalancer, annuler l\u2019autorité du parlement impérial, et de premiers jurisconsultes de l\u2019âge actuel! Lord Durham, pour les vexations qu\u2019il a infligées à ceux \u201cde nos compatriotes qu\u2019il a fait iniquement déporter à la Bermude, a été flétri comme un meurtrier, et il le méritait bien ce titre, si jamais tyran l\u2019a mérite.Après avoir publié une amnistie, en vue peut- être de ce qu\u2019il considérait être la justice publique, il tombe immédiatement dans la contradiction manifeste de donner une amnistie et de punir en méme temps, La première partie de son amnistie était générale.Néanmoins se dit-il, jeu ai enlacé quelques uns, Jai trompé quelques uns de ces hommes que je tiens sous les verroux ; je leur ai promis à ceux qui étaient dans cette situation bien plus que ce qui les inté- ressail eux seuls ; ils auraient pu être indifférents, si je ne leur eusse promis que ce qui pouvait les concerner particulièrement, mais je leur ai promis que Je ruppellerais le bonheur en Canada, et au moyen de ce gain, de ces avantages que je.leur proposais pour leur patrie, je leur ai arraché un consentement qu\u2019ils n\u2019avraient Jamais donné, s\u2019il ne s\u2019était agi dans rnes promesses que d\u2019eux seuls.Et ce consentement que lord Durham a arraché ainsi au moyen du mensonge à ces hommes, à ces prisonniers, il le traduit faussement en confession de crime sur accusation de haute-trahisom.Ceci est un procédé nul de plein droit, c\u2019est un procédé déclaré nul par le parlement anglais lui-même.Ceci a été nullifié par ceux qui ne sont pas obligés de veiller à la conser- Vation de nos droits et de notre honneur, et je ne comprends pas, lorsque cette indépendance est montrée ailleurs, cette servilité à céder à des clameurs publiques ridicules et illégales, parce qu\u2019elles sont accompagnées de menaces de résistance à la volonté de la législature du pays.Je ne conçois as que de si puériles démonstrations puissent ainsi faire courber la tête à un ministère qui a eu dix mois pour müûrir sa mesure, et qui, du moment qu\u2019il entend un cri au dehors, du moment qu\u2019il voit que sa mesure est examinée ouvertement, croit devoir y renoncer.Tous les citoyens ont le droit d\u2019exprimer leurs sentiments, de faire connaître leurs opinions sur une question et d\u2019en appeler, s\u2019ils désapprauvent une mesure de cette Chambre, à nos convictions, pour nous détourner d\u2019une démarche qu\u2019ils croient être injuste.Ils ont le droit d'exprimer leurs convictions, de donner jour à leur pensée, mais ils ne doivent pas avoir la prétention d\u2019influer sur nous par l\u2019intimidation.Pourtant, il n\u2019y a pas d\u2019autre motif que celui-ci qui semble agir eur le cabinet, quand il recule ainsi en appelant la honte sur ce Pays et sur cette Chambre.Les membres de l\u2019administration ne veulent pas que nous nous constituions en cour d\u2019appel, et ils veulent nous constituer en bureau d\u2019enregistrement de la conduite et des actes de lord Durham! que nous nous associions à sa conduite et que nous fassions comme lui, que publier une amnistie générale qui mette tous les citoyens du pays sur un pied d\u2019égalité, pour ensuite punir les uns et récompenser les autres.On ac- \u2018corde hier une amnistie générale et aujourd\u2019hui on nous dit: faites des classifications, soumettez quel- \u2018ques uns de vos compatriotes à l\u2019injustice, à des exceptions déshonorantes ; que pour eux l\u2019amnistie ne soit pas entière.Eh! pourquoi?parcequ\u2019ils ont ont souflert l\u2019injustice plus que tous les autres.Il faut pour eux aggraver l\u2019injustice.Ce n\u2019est pas à \u2018nous pourtant à faire le procès à qui que ce soit ; ce nest pas à nous à examiner, s\u2019il y a eu des coupa- ples ; il n\u2019y en à plus aujourd\u2019hui.I) n\u2019y a pas eu -d\u2019exception à l\u2019amnistie.Tous ont droit à l\u2019indem- inité.Chacun peut dire, j\u2019ai souffert ; mes propriétés \u2018ont été détruites, lorsqu\u2019il n\u2019y avait plus de résistance armée, lorsque les personnes qui avaient cru devoir se mettre sur la défensive n\u2019y étaient plus, j'ai droit à une indernnité.C\u2019est à des femmes et à des enfants qu\u2019on a fait la guerre.Ce sont des personnes qui n\u2019avaient pas participées au mouvement qui sont punies, parce que d\u2019autres n\u2019ont pas été punies en la manière que le voulait la loi.Il n\u2019y a pas eu un seul juré qui ait condamné un seul de nos compatriotes.Il n'y a pas ea dans tout le pays un seul coupable contre qui on puisse adopter une seule exception de droit commun.De la part du dernier ministère et de ceux qui Pont appuyé dans la nomination de leur commission d\u2019enquête sur les pertes de 37 et 35 dans le Haut- Canada, lorsqu\u2019on savait que pendant les troubles ceux qui avaient souffert et qui avaient déclaré être demeurés attachés à la cause du gouvernement, que ceux qui sous le nom de loyaux avaient dit, nous avons souffert parce que nous avuns été loyaux, avaient tous été payés, la demande d\u2019une nouvelle \u2018indemnité prouvait clairement que dans l'intention de ce ministère, il ne voulait pas faire de distinction entre une classe on une autre.Autrement il y au- tait eu de leur part infamie grossière ou bien une supercherie qui leur ferait aujourd\u2019hui monter le rouge au front, s\u2019ils venaient nous dire, nous avions donné ordre de faire des distinctions.S'ils avaient voulu dire à leurs commissaires, vous invitez les ens à Venir se compromettre, pour qu\u2019ils n\u2019eussent dans le fait aucun avantage à en retirer, n\u2019aurait-ce pas été leur tendre un piége honteux ?N \u2019aurait-ce pas été une infamie que de leur dire, nous vous invitons à faire des déclarations sur vos pertes pour ensuite ne pas les payer; soyez assurés d\u2019avance que vous n\u2019en retirez aucun avantage ?Le ministère précédent, en disant qu\u2019il payerait \u2018toutes les réclamations disait qu\u2019il y avait eu des hommes qui avaient pris les armes contre le gouvernement, mais qu\u2019ils ne devaient plus être re- l du Bane de la Reine avaient décidé cherchés, que l\u2019indemnité devait leur être accordée comme à tout autre.L\u2019hon.procureur-général pour le Bas-Canada a dit qu\u2019il avait essayé, devant les cours de justice, à faire quelques réclamations et à mettre en question la légalité des cours martiales.Il nous a dit qu\u2019il les croyait illégales, mais que les juges avaient décidé contre lui.Et c\u2019est parce que sur une première application, lorsque la violence était encore à l\u2019ordre du jour, lorsque des juges venaient d\u2019être destitués et que les tribunaux n°étaient pas indépendants, il n\u2019a pas réussi, qu\u2019il recule dans sa démarche.C\u2019est parce qu\u2019il n\u2019a pas réussi dans une première application que, comme si son amour propre était blessé, qu\u2019il renonce à tenter de nouveæu, de faire déclarer par des cours dans de meilleures circonstances, dans des temps de calme et d\u2019indépendance, ce que d\u2019autres cours ont pu craindre de faire, l\u2019illégalité des cours martiales! Mais il fait mieux encore.Il vient interdire à nos tribunaux l\u2019examen de cette question ; il l\u2019interdit à tout le barreau, il se l\u2019interdit à lui-même comme avocat.Il nous propose l\u2019adoption d\u2019une mesure par laquelle toute la législature de cette province aura concouru à dire que quiconque aura souffert l\u2019exportation, que quiconque a été ariêté par les cours militaires de 37 et 38, n\u2019aura droit à aucune indemnité.N\u2019est-ce pas dire qu\u2019ils n\u2019auront pas plus droit à faire de réclamation en dommage contre leurs persécutions auprès des cours de justice ?Or, de quel droit pouvons- nous le priver de ce privilege, de cette faculté ?Qu\u2019apporte-t-on pour excuser ce pas rétrograde ?Uniquement l\u2019expédience du moment ; la crainte de ne pas être en majorité ; des considérations d\u2019ex- pédience, lorsqu\u2019elles courent sur des faits qui sont évidemment injustes et contradictoires avec tout ce que le ministère précédent et tout ce que le minis- tere actuel ont fait, qui mettent la législature en contradiction avec elle-même.Un tel abandon de principes ne peut être excusé par aucunes circonstances, par quelques raisons que ce soit.L\u2019hon.procureur-général doit proposer ici ce qui lui paraît bon.Et comme dans ce moment, ça lui paraît bon et non en contradiction avec lui-même, il lui plait de voter l\u2019amendement qui est proposé par hon.membre pour Norfolk.Eh! cet hon.membre, comme homme de loi, regarde-t-il que la confession hors de la présence du juge, en l\u2019absence du juré, sans que la personne accusée soit avertie, puisse être regardée comme valide ?Non ; assurément, non.Il faut pour que la confession puisse compter pour quelque chose, qu\u2019elle soit faite en présence d\u2019autorité régulière ; que celui qui l\u2019a faite ait passé par les formes voulues par la loi, qu\u2019il ait pu se procurer un avocat, qu\u2019il ait pu parler ou ne pas parler, et qu\u2019il n\u2019ait pas été soumis à la contrainte.Or, ce cas de la confession d\u2019un prisonnier est considéré comme non avenu.L\u2019hon.procureur-général pour le Bas-Canada nous a dit qu\u2019il avait essayé, devant les cours de justice, à faire quelque réclamation et à mettre en question la légalité des décisions des cours martiales ; qu\u2019il les croyait illégales, mais que les juges fe contraire.Et c\u2019est parce que sur une première application, lorsque la violence était encore à l\u2019ordre du jour, lorsque des juges venaient d\u2019être destitués, tout récemment, lorsque les juges n\u2019étaient pas indépendants ; wil n\u2019a pas réussi dans sa démarche qu\u2019il aban- onne à jamais, comme si son amour-propre eut été blessé, le soin de faire déclarer dans dus temps de calme et d\u2019indépendance, par d\u2019autres cours de justice, ce à quoi il n\u2019a pu réussir au premier abord, l\u2019illégalité des procédés des cours martiales.Loin de penser à soumettre de noureau cette question à nos cours, il vient leur eu interdire l\u2019examen, et il se l\u2019interdit à lui-même.L\u2019hon.membre pour le comté de Norfolk a rempli plusieurs charges dans les cours de justice et, parceque je lui sais des connaissances et des lumières, je n\u2019ai aucun doute qu\u2019il a dû remplir ces situations avec avantage.Or, peut-il dire en conscience qu\u2019il approuve des cours martiales siégeant pour connaître des délits commis par des persunnes qui ne sout pas de l\u2019armée ?Le parlement anglais tout entier a déclaré qu\u2019il n\u2019approuvait pas cette doctrine.Il à déclaré ouvertement que les sauvegardes des formes que la justice et l\u2019expérience de siècles avaient introduites entre l\u2019accusation et la défense ne pouvaient pas ainsi être violées.La Chambre des Communes a déclaré hautement que lord Durham ne savait pas ce qu\u2019il fesait, qu\u2019il n\u2019avait pas la tête à lui, quand il a pu prendre sur lui, par son conseil de décréter les ordonnances qu\u2019il a décrétées,contradictoirement à tout droit existant avant, pendant et après leur proclamation.Dans le cas où la rébellion éclate dans quelque partie de l\u2019Irlande, est-ce à des cours militaires que sont livrés les condamnés.Les officiers de l\u2019armée prennent-ils sur eux, ont-ils ce droit de décider sur la vie d\u2019un citoyen qui ne s\u2019est pas enrôlé dans un régiment, dans l\u2019armée.Il n\u2019y a pas d\u2019exemple d\u2019une pareille désorganisation.Dans le moment l actuel ceux qui subissent leur procès en Irlande ont-ils été traduits devant des cours militaires ?Non, la jurisdiction de ces cours ne s\u2019étend pas jusque là ; une pareille prétention est partout repoussée.Comment donc hésiter à se prononcer sur la légalité ou l\u2019illégalité de nos cours martiales?En vertu de quelle autorité avaient-elles pu se permettre d\u2019empiéter sur des droits qui leurs étaient étrangers ?Elles ont siégées uniquement en vertu d\u2019autorités ui leur donnaient le droit de prendre connaissance des délits des gens de l\u2019armée, mais'nullement des délits d\u2019aucune autre classe de la société, Je crois donc fortement que c\u2019est ridicule pour nous que de vouloir sur cette question nous mettre en lutte contradictoirement avec le parlement anglais, que c\u2019est humilier nos jurisconsultes que de les mettre en présence et contradictoirement avec l\u2019opinion des lords Ellenborough et Brougham.C\u2019est refuser le conseil de la justice, c\u2019est rejeter les règles d\u2019après lesquelles nous devons agir, c\u2019est repousser les conseils de l\u2019honneur et du respect pour soi-même et pour le pays que de concourir dans un amendement comme celui qui nous est proposé.Les hons.membres qui composent le cabinet n\u2019ont pas droit de savoir avant le vote, s\u2019ils seront en ma- Jorité ou non; s\u2019ils pensent une mesure juste, ils doivent la proposer et ne plus reculer, que sur conviction qu\u2019ils sont dans l\u2019erreur, et non devant la crainte de perdre leurs places.Je prends maintenant l\u2019argumentation de ceux qui disent : nous ne voulons rien donner du tout à des malheureux qui ont été la suite des troubles qui ont été excessifs pour ceux qui ont été vaincus, voilà tout ; ils doivent subir la conséquence des malheurs qu\u2019ils ont recherchés.À cela nous répondons que ce n\u2019est pas l\u2019état de la question.S\u2019il y a eu des personnes qui, sous le prétexte de soumettre une résistance armée, qui, sous le prétexte d\u2019une loyauté honnête, ont commis des méfaits ; s\u2019i] y avait de ces personnes qui ne savaient pas que même pour faire ratiquer la loi, il ne faut pas fouler aux pieds les fois du bon.sens et de l\u2019humanité, ce n\u2019est pas pour blâmer un parti plutôt que l\u2019autre que nous croyons devoir le rappeler ici en cé moment.| probation ou de censure à donner à personne.Nous mn aii pris les armes, qui se sont insurgés, ne peuvent pas reprocher à d\u2019autres hommes d\u2019avoir pris les armes contre eux.Ce que nous voulons, c\u2019est que l\u2019injts- tice et la violence n\u2019aient pas l'air d\u2019avoir été sanctionnées par les autorités légitimement constituées.Car alors elles tireraieut à conséquence et deviendrait infiniment dangereuses pouvant être invoquées plus tard comme excuse et comme exemple.Il n°y a plus de motif de faire souffrir, de punir un seul homme.Tout gouvernement qui voudra la conciliation, qui voudra la paix et le contentement dans le pays, qui voudra que tous les citoyens puissent s\u2018y voir et y avoir des rapports de sociétés, sans avoir à se reprocher éterneliement les violences commises dans des temps de troubles et de surexcitation, devra, pour amener ces résultats, faire ce qui se fait toujours dans un moment où des décisions légales remédient au mal qui a été souffert, c\u2019est-à-dire accorder une indemnité sans.restriction.Ici c\u2019est quelque chose de nouveau, mais c\u2019est une pratique, un principe qu\u2019il devient grandement utile de consacrer, que lorsque pour une fin même légitime on a commis des excès si odieux, ils doivent être réparés.Ceux qui sont attachés à l\u2019ordre doivent, s\u2019il leur reste quelque sentiment de moralité, faire tout en eux pour empêcher qu\u2019on puisse toujours reprocher de pareils excès à ceux qui, travaillant dans un but honnête, pratiquaient néanmoins ie vol et le pillage dans tout le pays.Ce sont donc des considérations de haute politique que celles qui nous porteut à faire cesser toute distinction entre les citoyens de ce pays; ce sout des considérations qui deviennent d\u2019un droit stricte et rigoureux pour le ministère.Pourquoi done lhon.membre pour Norfolk vou- drait-il se montrer moins libéral que le parlement anglais ?Pourquoi voudrait-on nous traduire aveuglément en bureau d\u2019enregistrement des ordonnances du conseil spécial de lord Durham ?Voilà ce qu\u2019on veut nous faire faire.Je n\u2019ai pas entendu dire autre chose à nos ministres libéraux que ceci ; nous ne serions pas réelu, si nous persistions à faire passer nos résolutions telles que d\u2019abord proposées.Eh! bien je dis que des hommes qui hésitent à faire ce qu\u2019ils considérent être juste, par la crainte de perdre leur place, devraient être remplacés par d\u2019autres hommesqui se conduiraient d\u2019après des principes fixes, par des hommes qui seraient indifférents à garder ou à perdre le pouvoir.mais qui seraient vigilants à veiller sur leur honneur et sur l\u2019honneur de la nation.Je crois qu\u2019il n\u2019y a rien de plus funeste que de se former en comité de nouveau pour faire écho aux observations de 1\u2019hon.membre.Il ne peut pas y avoir ici de Chambre étoilée.Nous ne voulons nullement examiner quelle a été la conduite de qui que ce soit.Nous n\u2019avons pas d\u2019ap- voulons seulement connaître la valeur des propriétés qui ont été détruites par une violence non nécessaire, pour accorder une indemnité indistinetement à tous ceux qui ont souffert par suite de cette violence injuste.Eh! bien, quand nous avons lieu de croire que nos commissaires seront des hommes honnêtes, et que nous voulons leur laisser pleine latitude, pourquoi veut-on nous faire applaudir aux meurtres des cours martiales, aux crimes de tribunaux militaires inconstitutionnels ?C\u2019est là une contradiction manifeste.Une journée l\u2019amnistie est promise, et le lendemain on la retire à ceux de nos compatriotes qui l\u2019ont le mieux méritée, par le sacrifice qu\u2019ils ont fait, par leur protestation hautement énoncée que ce qu\u2019ils avaient fait, ils l\u2019avaient fait dans l'intérêt du pays uniquement.Lorsque leurs souffrances leur sont ainsi un mérite de plus, pourquoi se prévaloir de ces souffrances pour leur en imposer de nouvelles ?Je crois que, quelque puisse étre Popinion de Phon.membre pour Norfolk, la question est assez sérieuse, pour qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019opposition à la ré- considération de cette question dans un comité général de cette Chambre.Tous ceux qui veulent donner une indemnité agissent, bien plus certains d\u2019avoir l\u2019approbation publique que ceux qui reculent aujourd\u2019hui sur cette mesure, de crainte \u2018de perdre leurs siéges, ce qui semble être le seul mobile sur lequel roule leur détermination.Le pays comprendra que c\u2019est une inconséquence politique que cette détermination soudaine de nos ministres ; que c\u2019est appeler la lévislature à dire encore aujourd\u2019hui après une amnistie, qu\u2019ils voulaient encore exercer des vengences, quand il ne s\u2019axissait que de pardonner, que d\u2019adopter le principe d\u2019une amnistie générale.S°il reste quelque reclamation, M.l\u2019orateur, pour le Haut-Canada, il faut y faire droit.Ii y a eu vingt mille louis de payés en 37 pour les pertes à ceux qui se sont présentés comme loyaux.La première commission était distincte, en ce sens qu\u2019elle était établie pour prendre counaissunce des pertes des loyaux qui avaient été attachés à l\u2019étendard du souverain.S°il reste encore de ces pertes non indemnisées, ils ont le droit d\u2019en reclamer le paiement.Il est assez incertain de savoir s\u2019il reste beaucoup de ces pertes qui n\u2019ont pas encore été payées, Vû que tous ont pu les reclamer pendant longtemps.Toujours, s\u2019il en reste, ceux qui les ont souffertes ont droit d\u2019en exiger le paiement.La législature, si elle veut oubli du passé, doit appeler tous ceux qui ont des réclamations à faire à les venir indistinctement formuler.Mais les hous.membres veulent de l\u2019exclusion que je dis être en contradiction avec l\u2019idée d\u2019une amnistie qui nous a été accordée.\u2018 Dans ces circonstances, jespére que la'motion de Phon.membre pour le comté de Québec sera adoptée.M.Guey.\u2014 M.Porateur, comme je dois donner mon appui au ministère en cette occasion, je désire rendre compte des motifs qui me porient à leur donner mon support.Il s\u2019agit d\u2019un amendement de l\u2019hon.membre pour Québec, par lequel il veut référer à un comité général, les résolutions dont la \u2018Chambre s\u2019occupe depuis quelques jours.Je suis, quant à moi, d'avis que pas une de ces résolutions \u2018n\u2019auraient dû être passées.Je ne puis être responsable des malheurs arrivés pendant nos troubles politiques.Je ne saurais donc demander la formation de la Chambre en comité sur l\u2019amendement qu\u2019on propose.Si cet amendement venait à passer, il faudrait accorder compensation à tous ceux qui se \u2018trouvent dans la cathégorie des souffrants pendant les années néfastes de 37 et 38.Je comprends cet amendement parfaitement pour ceux qui disent que la résistance des canadiens a été juste, pout ceux qui croient que tous ceux qui ont pris part à ces évêne- ments étaient également innocents.Je comprends parfaitement que pour des personnes qui croient que les canadiens étaient justifiables d\u2019avoir pris les armes ; je comprends, dis-je, que pour tous ceux-là, un amendement semblable, qui veut accorder à tous également une compensation, comme celle qu\u2019on ne veut accorder qu\u2019à quelques personnes.Cet amendement pour eux me parait découler des prémisses établies dans cette discussion par les membres de l\u2019autre côté de la Chainbre, et des résolutions elles-mêmes telles qu\u2019elles ont été d\u2019abord soumises à notre considération.Mais pour moi, Ceux qui ont ; Chabre qui veulent restreindre la compensation à comme pour plusieurs autres membres de cette ceux qui n\u2019ont pas pris part aux troubles, ou qui y ayant pris part n\u2019ont voulu que rhaintenir l\u2019ordre, je dis qu\u2019il découle aussi comme conclusion nécessaire de nos principes que nous devons nous oppôser à cet amendement.Voilà comment je me trouve à voter aujourd\u2019hui avec l\u2019administration.Comment puis-je consentir à un amendement comme celui-là qui me priverait \u2018de pouvoir invoquer l\u2019opinion du ministère en faveur des cours martiales ! M.lorateur, quand le ministère a déclaré qu\u2019il ne voulait pas se former en cour d\u2019appel, il a déclaré en termes formels qu\u2019il confirmait les décisions des cours martiales, qu\u2019il voulait que leurs sentences eussent plein et entier effet.Les ministres en adoptant cet amendement, au moins c\u2019est ainsi que je vois la chose, ont déclarés qu\u2019ils prenaient pour bonnes et valables toutes les décisions des cours martiales.Avec une décision pareille, il est bien clair que le ministre a fait un pas, je dirai même qu\u2019il à fait vingt pas vers nous, qu\u2019il a voulu en effet se rapprocher du parti tory, en déclarant que tous ceux qui avaient été condamnés par la cour martiale ne recevraient aucune partie de la compensation voulue par les résolutions devant la Chambre.N°est-ce pas déclarer que ceux qui étaient condamnés par les cours martiales étaient coupables, et puisqu\u2019ils étaient coupables, n\u2019est-ce pas déclarer aussi pour vraies et valides toutes les décisions de ces cours.Et maintenant, pour nous qui fesons ce qu\u2019on ap- elle de l\u2019autre côté une faible minorité, une faction bien faible, pour nous ces cours martiales avaient en effet droit de jurisdiction en pareille matière, nous devons nous accorder avec les ministres en cotte occasion._ Je n\u2019ai pas consulté l\u2019administration pour en ve- nit à ce vote.(rires) Les hons.membres de l\u2019autre côté de la Chambre paraissent surpris de ce \u2018que je dis ici ; sans doute que c\u2019est que ces messieurs regrettent que nous ne soyons pas comme eux, qui n\u2019ont aucune autre volonté que celle du ministère.(M.Cauchon rit avec force} Quand à l\u2019hon.membre pour Montmonrency, il ne devrait jamais ouvrir la bouche, il ne l\u2019a jamais fait utilement, mais toujours pour faire entendre de sots grognements.(rires) lt pendant que j\u2019y suis, je ferai Temarquer à l\u2019hon.membre qui m\u2019interrompt que ma position à moi est une position infiniment plus raisonnable, plus logique, plus en accord aveè mon passé que ne Post la sienne, quand il renie ainsi les intérêts de ses corapatriotes.° Peutends déclarer à cette Chambre, quoique je ne sois jamais entré dans les cours martiales, quoique j\u2019aie déploré les excès qui s\u2019y sont passés, J\u2019entends déclarer que ces cours sont, pour tous ceux qui pensent comme moi, des cours indispensables, d\u2019autant plus indispensables qu\u2019il est certain que les meurtriers qui alors exercaieut leurs ravages sur ce pays auraient eu pleine liberté de vaquer sans gène à leur infâme métier, si ce n\u2019eut été de ces cours militaires.Il n\u2019y avait pas de jurés qui eussent voulu les condamner.Aucun juré composé de canadiens n\u2019ont voulu condamner leurs compatriotes dans ces circonstances.Je vois dont avec plaisir qu\u2019il y a dans le ministère et chez ceux qui sont toujours prêts à le supporter, des canadiens qui veulent prendre pour bonnes toutes les décisions des cours martiales.Est-ce vrai?M.DrumMonp.\u2014 Pas une seule.M.Gucy\u2014 Pourquoi donc le ministére ne s\u2019est-il pas opposé à l\u2019amendement présenté à ses résolutions par l\u2019hon.membre pour le comté de Nortfolk ; à cet amendement par lequel on blâme, on flétrit des gens qui se sont sacrifiés eux-mêmes, qui se sont courbés devant lord Sydenham, qui se sont voués pour Je salut et le bonheur de leurs compatriotes?Encore un court espace de temps et vos concitoyens vous feront monter la honte au front au souvenir d\u2019une pareille lâcheté ! Ce n\u2019est pas à moi qu\u2019on pourra faire le reproche d\u2019avoir sacrifié personne en cette Occasion ; on comprendra que je ne fesais qu\u2019être consistant avec mes principes, mais il y a des gens auxquels on pourra faire ce reproche d\u2019avoir consenti à sacrifier cette partie de leurs compatriotes qui ont pris part à la rébellion, il est vrai, mais qui étaient les plus innocents, qui ont expié leur mæu- vaise conduite, leurs actes imprudents, par un long xil et des confiscations qui entrafnaient le deuil et l\u2019indigence pour leurs familles.Pour moi, si j\u2019avais été pour quelque chose dans cette affaire, j\u2019aurais préféré aujourd\u2019hui partager leur honte que Œenregistrer ici, comme vous le faîtes, un vote qui aura l\u2019effet de valider les jugements de h cour exceptionnelle qui les a condamnés.Je suis content de dire que leur condamnation par cette Chambre n\u2019est pas un acte dont j\u2019ai à prendre sur moi la responsabilité.C\u2019est un acte dont je vois avec plaisir que le ministère a bien voulu prendre sur lui la res- ponsabilfié ; c\u2019est aussi un acte qui me rapproche de lui, ou plutôt qui le rapproche beaucoup de nous.Je voterai donc avec le rninistère, parceque par son vote il concourt avec nous pour reconnaître que les cours martiales étaient des cours légitimement constituées.C\u2019est ainsi que je comprends la question et v\u2019est ainsi qu\u2019elle est comprise ici.M.CaucHon.\u2014 Non, non.M.Davicnon.\u2014 Je suis bien aise que mon hon.ami pour le comté de Québec m\u2019ait donné Poccasion de protester encore une fois contre les procédés et les sentences des cours martiales.Je n\u2019ai aucun reproche à faire à l\u2019hon.membre pour Norfolk.Mais quant à moi, je puis dire qu\u2019en aucun temps, jamais je ne concourrai dans aucune résolution qui tendra à confirmer la légalité des sentences de la cour martiale.Je veux bien ctoire que nous ne sommes pas ici pour décider de la validité de ces sentences, mais je crois que si nous les laissions passer sans protét, ça serait les excuser, les déclarer légales.L\u2019hon.membre pour Richelieu veut bien renoncer à ses droits à l\u2019indemnité, c\u2019est bien.Mais qui nous donne le droit de renoncer aux droits de ceux qui ont été persécutés par les ordres de la cour martiale Je suis d'opinion qu\u2019il ne nous appartient pas de les priver de leur part à l\u2019indemnité.Si nous avons quelque chose à faire avec la cour martiale, ça ne doit toujours pas être pour l\u2019approuver.En conséquence de ceci je voterai de nouveau contre l\u2019amendement de l\u2019hons membre pour Notfolk.M.Laurin.\u2014 La discussion sur ce sujet a été assez prolongée.Néanmoins je crois devoir donner les raisons qui m'ont engagé à seconder la motion d\u2019amendement de l\u2019hon.membre pour le comté de Québec.Malgré les remarques des hons.membres de l\u2019administration pour justifier leurs votes, je considère que voter pour l\u2019ainende- ment de l\u2019hon.membre pour le comté de Norfolk, c\u2019est approuver et sanctionner les décrêts de la cour martiale, puisque, par ce vote nous devons priver de l\u2019indemnité, ceux qui ont été faussement condamnés par ce tribunal.L\u2019hon membre pour Norfolk, par son amendement, nans propose sé reconnaître coupables de haute-frahison, qui re sont soumis au bon plaisir de Sn Majesté et qui en conséquente ont été transportés hors de leur pays.Si l\u2019hon.membre pour Richelieu avait'ennsu!té ses amis avant d\u2019en venir à ane pareille détermination sur cet amendement, j\u2019anrais peut-être voté pour le proviso, mais lorsque, sans qu\u2019il les ait constités, nous sommets appelés à voter vne ré-o- lution qui propose de priver de l\u2019indemnité, tons ceux qui ont été vonvaincus de haute-trabison, je ne sis pas prêt à lui prêter mon appui.Je cruis que ça serait appuyer les décisions d\u2019une cour illégale.J'aurais voulu voir ici hon.membre pour le comté de Richeliew.Sa conduite actuelle me semblé ne pas se concilier avec su conduite d'autrefois, Il nous a dit qu\u2019il ne s'était déclaré coupable de haute-trahison que pour l\u2019inférét de ses compatriotes, mais que dans le fait i! n\u2019était pas coupable.Pourtant, il vient aujourd\u2019hui seconder un amendement qui tend à dire qu\u2019il se te- connait comimnb ayant participé an crime de haute-trahison, Je crois que c\u2019est là vre contra- thetion dans laquelle il n'aurait jamais dû tomber, comme il l\u2019a fait en secondant un tel proviso.Jo voterai donc, M.l\u2019érateur, comme j'ai voté-dans le comité de la Chambre, conire le proviso de Phan.membre pour Norfolk.parce qu\u2019il nous în- vite à sanctionner, et même justifier les jugements atroces et.barbares de la cour moñtiale.Voi'a les raisons pour lesquelles je seconde la motion de l\u2019hon.membre peur Québec et pour lesqueltæ je crais devoir le sæpporter.M.LaTwrniène.\u2014 Il est certain que cette Chambre a subi une rude bataille.Nous n\u2019en avons peut-étre pas a supporter d\u2019aussi rude et toulabt-sur un sujet aussi important dans tont ce parlement.J\u2019ai eru un moment qu\u2019une ré- volutipn.non fMoins pénible que celle dont on à tant parlé allait avoir lieu entre les membres Les mêmes éléments et les mêmes causes sy \u2018sont fait remarquer.Lies canons ont tiré ot paraissent être silencieux.Seraient-ils au bout de leurs munitions ?Les batteries de toute espèce ont été mises én action pendant des Jjour- nées entières, et maintenant qu\u2019elles semblent vouloir se reposer nn instant, qne leurs voix sonores viennent de cesser de gronder, j'espère Gite pour faire diversion aux discussions less plus virülentes, il me sera permis de faire un peu usage de l\u2019allégorie.H faut que l\u2019allégorie.fasse partie des frais de cette discussion, ou autrement ce serait extré.mement et souverainement énnuyant ; ce serait à n\u2019y plys tenir.Le germe, I'embryon d*me indémnité en- faveur du Bas-Canada par le précédent mimis- tère mété par Ini un semblant de conception, un travail monstre ; cela se congoit maintenant ! Ce monstre, éomme ses auteurs le qualifient à présent, Sans exemple dans les annales politiques et historiques de l\u2019univers civilisé, ve monstre dont s\u2019est trouvé embarrassée la présente administration pay titre d\u2019héritage, aprés 18 mois de gestion, (terme qui cadre avec cette monstruosité) à la suite d'un travail de huit jours, d\u2019un.accouchement des plus Taborieux.est enfin venu an monde au milieu des plus: violentes et des convulsions Jes plus prolongées, grâce à la prudence, à la persévérance du médecin opérateur, du père putatif de ce pauvre enfant et de ses assistants collegues et autres, malgré la détermination diabolique de ses véritables anteurs qui ont voulu l\u2019étouffer, ne vous.lant point le reconnaître, Qu\u2019il s\u2019en soit suivi de la part des suhôrneurs: de cette pauvre province qui crbyaient n\u2019avoir déposé dans.son sein-qu\u2019un être qui ne devait point voir lé jour, qu\u2019un avorton parexcellence ;.Qu'il s\u2019en soit suivi, dis-je, une explosion épileptique de surprise inexprimable, cela se con- goit!.mais ¢e ne sont plus les hauts cris, la: démonstration marquée de leur loyauté sous les plus vilaines grimaces qui changeront la nature de l\u2019enfant qui leur appartient et pour lequel il faut qu\u2019ils paient.A-t-on jamais vu une aussi mauvaise foi conjugale?après avoir compromis, ruiné far leurs extravagances, l\u2019héritage de leur fiancée, ils se\u2019 mettent aujoutd\u2019hui & la torture pour la perdra dans l\u2019opision publique, pour teruir sa réputation de: vierge des vierges.À l\u2019instar de tous les roués, de tons les coureurs de bonne fortune, sans cœur et sans entrailles, ils osent la menacer même d\u2019un divorce prochain pour se jeter dans les bras de sa .goquette voisine, et se débarrasser par cette mawelle union des dettes dont la bonne femme John Bull nous a renda responsables solidairement par ce mariage monstrueux d\u2019intéiêt en faveur de ges enfants gâtés, de ses petits taureaux.Mais ce n\u2019est pas tout d'avoir mis cet enfant répudié au jour, avec la petite anicroche du savant Dr.de Norfolk, Pheure de son baptême.est arrivé, et il faut espérer que cette dernière opération ne scra pas aussi longue que la pre- miére.Mais laissons-là l\u2019allégorie, puisque ces messieurs n\u2019entendent point le badinage.Parlons- des 100 mille louis, c\u2019est là véritablement la question.Oh! mais ce ne serait qu\u2019une bagatelle, si ces misérables antagonistes voulaient simplement leur céder leurs places.Foi de tories, ils auraient leur 100 mille louis et seraient les plus loyaux sujpts de empire britannique: Le pouvoir a tant de charmes malgré ses épines, que ce n\u2019est pas surprenant, tout à l\u2019a- gunie sur cette question que sont des messieurs; s'ils reviennent encore à la charge pour le res- Saisir: ; Ils ont certainement essayé de tirer de cette question tout le parti qu\u2019ils pouvaient espérer d\u2019en obtenir ; le renversement du présent ministère, mais c\u2019est envain, l\u2019heure de la justice est arrivée, Ce serait une tâche au-dessus des mes forces de priver de l\u2019indemnité ceux qui ont bien voulu que de vouloir faire un résumé de tout te qui a été dit, - \u2018 Je.vais essayer seulement te signaler la vraie \u201ccause des troubles que l\u2019on paraît avoir éludé de mentionner, spit que Pon envisage lachose autre- Tuerit.Eh bien! suivant moi, Ta \u2018cause de tous ces troubles, ça été lin bon homme, un hon gouver- \"neur, mais faible, un espèce de Louis XVI quien\u2018 \u2018voulant faire le bien a fait tout le mal, car il n°é-, tait pas:à la hauteur de se mission.Devait-il permettre, Gevait-il se laisser insulter, \u2018insulter tout le \u2018pays pur les hommes du doric «club?Non.Eh bien, à cetle époque, c\u2019état le doric-club qui voulait gouverner, comme il le vou- \u2018drait-encore aujourd\u2019hui en insultant tout le monde, en fesant une agitation intempestive militairement dans les rues.Que devaient faire les canadiens-frangais pour \u2018se protéger et repousser les avancés, les insultes Fournalières de tous ces jeunes fanfarons ?\u2018S\u2019organiser semblablement, comme s\u2019organisé- rent en effet les enfants de la liberté.: Le gouvernement colonial dormait, malgré ces signes précurseurs de la tempête.Voilà en peu de mots la cause des troubles en 3.Que fallait-il faire pour les arrèier ?Cinq à six arrestations de ces perturbateurs publics.Les a- *-on arrêtés?Non.Or, à qui la faute des trou- | bles?Au gouverneur de la celonie.Les ennemis des canadiens, ces enfants gâ'és «d\u2019 Albion, intéressésa les faire comprometre de plus \u201ceu plus (car C\u2019était un plan bien arrêté comme \u2018savent en imaginer messieurs les bretons) conti- muèrent leur provocation.Ce qui s\u2019en est suivi a sété «lit et cent fois dit dans cette Chambre.\u2018On a omis de dire seulement que lord Durham \u2018aurait dit qu\u2019à la place des canadiens ainsi mal- *raités, il en aurait fait autant et beaucoup plus jprobablement.C\u2019est ua nom qui n\u2019est pas suspect.Mais ce que Pon n\u2019a pas dit, cest que cet im- Prévoyant gouverneur sir Gosford, au lieu de convoquer le parlement, consulter le pays, suspendit au contraire la constitution et déclara la loi martiale.Pouvait-il avoir recours 4 des moyens plus inflammatoires?aussi de grands malheurs sont arri- wés, ça pouvait-il être autrement.C\u2019est alors que l\u2019on fit sonner haut sa loyauté, \u2018que des bandes de volontaires plus fortes pour le mal que le gouvernement pour le bien qui avait peur, s\u2019arganisèrent.Tout ce monde était payé \u2018pour brûler, ravager les campagnes au nom impro- \u2018visé de ce gouvernement militaire et sanguinaire.De plaisibles citoyens arrêtés et emprisonnés sans distinctions, par centaines tous les jours, tyrannisés, exportés et même pendus sous de criminelles \u2018et spévieuses formalités.A-t-on jamais vu les tribunaux de la terreur en France se prononcer avec plus de fureur ?Peut-on croire aujourd\u2019hui, peut-on un seul instant penser que si les canadiens eussent été en xéhellion sérieuse, que le seul district de Montréal n\u2019eut point pu faire disparaître en un seul déjeûner à la fourchette tous ces formidables loyaux, qu\u2019une poignée de gens égarés à St.-Char- les, avec des canons de bois, ont tenu en échec.+ Que ces messieurs votent pour cet acte d\u2019indemnité et de plus, des actions de grâce à la providence si la rénellion, que le parti auquel ils ap- \u2018partiennent a seul soulevé, n\u2019a pas eu pour eux des suites qu\u2019elle anrait eue, si cent mille canadiens compris dans leur accusation de rébellion, se fussent soulevés en masse pour étouffer leurs oppresseurs et ceux qui les accusent aujourd\u2019hui.Aurait-il été possible alors avec deux ou trois mille soldats et volontaires de supprimer une insurrection qui aurait pu éclater sur tous les points de la province ?Les soldats que l\u2019on envoyait de la Nouvelle- Ecosse, qui arrivaient à moitié morts de fatigne, de misère et de froid dans les campagnes les plus populeuse du district de Québec, où il aurait été si facile de les massacrer ; n\u2019en recevaient-ils pas au -contraie la plus noble et charitable hospitalité.Se seraient-ils jamais rendu jusqu\u2019ici, si les canadiens ne se fussent pas montrés loyaus a toute épreuve! * Les canadiens en 1775 et surtout en 1812, n\u2019ont-ils fait preuve en sauvant deux fois la province, de ce qu\u2019ils auraient pu faire en 1837, s'ils eussent voulu l\u2019annexation aux Etats-Unis, le plus grand malheur qui pourrait nous arriver ?C\u2019es bien beau pour ces personnes ivres d\u2019outrecuidances, de courir les rues, de prôner ce qu\u2019elles ont fait en 1837 et de nous apostropher de \u2018Dam French Canadians,\u201d de méconnaître nos services quand le danger r\u2019existe plus, - Que Pon ait encore une guerre américaine et l\u2019on verra si toute cette jactance, cet engin de la héte puante dont on fait ici explosion, serait de force à repousser une invasion.Je sais qu\u2019il entrait dans Péducation de tous les gamins du temps de lord Castlereagh, qu\u2019un anglais pouvait battre douze français, mais ces temps d\u2019exagération sont passés.Je ne parlerai pas du gouvernement spécial, je ne dirai rien non plus de l\u2019union des deux provinces.Je concluerai par dire que ce serait proprement au gouvernement impérial, à payer cette indemnité, puisque ce sont ses représentants ici qui ont été la cause de tous nos désastres.\u2018 Jaimerais que les 10Q mille louis qui vont être ainsi depensés et peut éti@N@insi gaspillés, j\u2019aimerais mieux, dis-je, que cés-#00 mille louis fussent dépensés en améliorations publiques dans le district de Québec dont on ne fait aucun cas et auquel on n\u2019a nullement à reprocher d\u2019avoir participé aux malheurs de.37, mais toujours ce distriet loyal payera sa quote part sans se plaindre, et je le dis franchement, le Haut-Canada qui a tant gagné de nos désastres involontaires, en faveur duquel le Bas-Canada a été confisqué, devrait être le dernier à se plaindre de cette mesure, mais au contraire la voter en accompte des destitutions qu\u2019il aurait à faire sous un tout autre régime.M.Chauveau, parla ensuite en anglais et la «Chambre en vint aux divisions.- TRIBUNE DU PEUPLE.\u2018Liberté de penser.LA A AA AI AAA M.le Directeur, Quand, 7 y a trois ans, M.Draper retira sa mesure relative an Kings\u2019 Culege parcequ\u2019il crut voir qu\u2019elle serait opposée par une majorité de la Chambre, il n\u2019y eut de Li part des membres et des jouruaux libéraux qu\u2019un concert de réclamations contre cet acte de roueric politique.M.Drapcrayant à choisir, entre l'alernutive de L'AVENIR \u201410 MARB: \"1849.7 mettent ae.+ perdre sa plaee de ministre et celle de-comecr- ver £es émoluments en faisant un pas rétrograde qui n\u2019ébréchait que l\u2019honneur de !Mom- te politique, se décida pour ce dernier parti et il parut très clair à plusieurs de nos ministres d'atjourd'hui, et à leur queue que l\u2019ambition et lAIntérêt étaient ses seuls mobiles.Eh bien, ne pourrait-on pas dire aujourd'hui que notre ministère vient de commettre, non pas même une rouerie, car un parcil acte indique au moins de énergie et de laudace, maïs ane Jachete cent fois déshonorante au poiut de vue politique ?Car, au moins, M.Draper n\u2019a reculé que devant la probabilité d\u2019une défiite et s'est montré habile sinon honnête : mais nus ministres ont abandonné leurs résolutions, quand ils avaient la certitude de les fuire adopter par une majorité d\u2019au moins deuze voix ; et ils n\u2019ont été ni énergiques, ni consistants, ni habiles.Leur incompréhensible reculnde est la juste mesire et la preuve la plus péremptoire de leur fsi- blesse comme hommes d\u2019état, de leur attachement au pouvoir, de l\u2019impossibilité où ils sont de faire prédeminer les idées et les principes de Justice que teurs compatriotes invoquent ; elle est surtout une nouvelle preuve irréfragable de Pubsence, chez eux, de tout sentiment de dignité nationale.Ce pénible aveu de faiblesse et d\u2019impuissance de la part d'hommes qui font vauter leur force par tant de prôneurs dévonés, parcequ\u2019ils sont grassement payés, a frappé tout le monde de stupeur.On le croyait impossible le jeudi, on essayait encore d\u2019en douter le vendredi.Dans l\u2019après-midi du jeudi, les ministériels que l\u2019on questionnait, afin de savoir si le ministère allait adopter les amendements de M.Boulton, répondaient avec une évidente conviction.\u201c Mais vons voyez bien que la chose est impossible; le ministère est trop engagé pour reculer ainsi ; ce serait désavouer Blake : on dirait qu\u2019il suffit qu\u2019on ait un ministère canadien pour que vous supposiez tout au pire.\u201d Voilà, M.le Directeur, des paroles qui m\u2019ont été adressées.Je me permis d'observer que je croyais sevoir de bonne source que la chose était décidée.Non, me répondit-on, c\u2019est impossible, je le croirais à peine, si je le voyais.\u201d Le lendemain Je rencontrai mon interlocuteur sur le même trottoir: mais il regardait si fixement en avant qu\u2019il ne me vit pas, et je respectai sa préoceupation.Peut-être ce bénovole admirateur n\u2019est-il pas encore convaincu, me suis-je dit, qu\u2019un évènement si impossible hier, soit si palpable aujourd\u2019hui.Le dernier ministère ne voulait, a dit l\u2019hon.M.Hincks, payer que les pertes qui tombent sous la classification impliquée par les amendements de M.Boulton.Nous savions cela avant que l\u2019hon.M.Hincks ne nous l\u2019eut dit: mais pourquoi vou- lions-nous avoir un ministère libéral et pourquoi avons-nous porté les hommes actuels au pouvoir?C\u2019était parceque nous espérions raisonnablement que nos amis nous donneraient plus que nos adversaires.Quoique nos amis soient au pouvoir, nos ennemis ont eti assez d\u2019influence pour ne faire donner que ce qu\u2019ils avaient d\u2019abord décidé de donner eux-mêmes, c\u2019est donc encore, malgré le fait de l\u2019existence de ce ministère prétendu libéral, l'influence anglaise qui domine.Ici comme sur la question de la réforme électorale, nos amis ne nous donnent que ce que nos ennemis nous donneraient eux-mêmes : autant vaudrait done avoir le ministère Draper.ŸY a-t-il un seul des ministres actuels, y a-t-il un seul membre canadien de la Chambre qui eut osé dire à ses constituants aux dernières élections, \u201c je ne veux indemmser que ceux qué le ministère Draper consentait à indemniser1\u201d évidemment non ! Celui qui l\u2019eut dit aurait été honni, bafoué ; n\u2019aurait jamais osé de nouveau se montrer sur un kustings ! ! Les membres canadiens du miinistère et de la Chambre violent done leur devoir et insultent leurs constituants de la manière la plus injustifiable, en fuisaut aujourd'hui ce qu\u2019ils n\u2019auraient jamais osé annoncer et défendre alors.Ceux done qui disent aujourd'hui que le rni- nistère ne voulait que ce que M.Bouton a proposé et fait accepter affirment sciemment une fausseté.I] n\u2019est pas possible que M.Lafontaine ne voulut que ce que M.Draper von- lait on bien done il est pire pour nous, dix fois plus coupable que M.Draper, parcequ\u2019il avait tout a la fois et des obligations plus étroites et des engagements plus explicites.Puisqu\u2019il voulait suivre la route traçée par celui qu\u2019il a si énergiquement opposé, pourquoi donc avoir laissé promettre mer et monde à ceux qui ont souffert, par les journaux qui le soutiennent, et surtout par cette cotterie d\u2019individus qui fourmillent partout et qu\u2019on est convenu d\u2019appeler les jappeurs ministériels?si M.Boul- ton voulait ce que voulait le ministère, pourquoi done M.Lafontaine n\u2019u-t-il pas prié M.Boulton de retirer un amendement qui était évidemment inutile?Le ministère n\u2019a- til pas déclaré qu\u2019il n\u2019entendait pas fuire de distinction entre les tories et les lihé- raux ?qu\u2019il ne pouvait pas tirer une ligne de dérnarcation entre les libéraux eux-mêmes puis- qu\u2019il faudrait de nouvelles enquêtes, une chambre étoilée en un mot?Pourquoi M.le sol.gên.Blake a-t-il dit en toutes lettres qu\u2019il voterait pour les résolutions de M.Lafontaine qui étaient bien moins exclusives que l\u2019amendement de M.Boulton?Pourquoi M.Price s\u2019est- il prononcé dans le même seus?Pourquoi M.Blake a-t-il dit que les vrais rebelles, c'étaient les tories ?N\u2019était-ce pas dire implicitement qu\u2019il n\u2019y avait pas eu de rebelles et que les condamnations par les cours martiales étaient tyranniques et injustes ?Si les tories étuient les vrais rebelles, n\u2019était-ce pas ceux qu\u2019ils avaient aiusi qualifiés qui avaient le plus grand droit à l\u2019indemmité ?La ligne de démarcation que voulait tirer le ministère Draper était injuste, et voici comment.Les dommages causés à la propriété étaient de deux sortes : cenx causés pendant le temps qu\u2019on se battait, ceux causés quand on n\u2019avait fait aucune résistance.Nul doute que pour les dommages de la première espèce le gouvernement n\u2019était pas tenu à une indemnité, car pendant la hataille on a le droit de faire à l\u2019ennemi tout le mal possible.Mais pour les dommages de la seconde espèce, le guuverne- ment y était tenu, que ceux qui les avaient soufferts eussent été condamnés ou non.I'incendie d\u2019une maison quand son propriétaire ne résistait plus et était en fuite était uu acte de bri- gaudage, un vrai crime passible d\u2019une poursuite criminelle, s\u2019il n'avait pas été illusoire d'espérer obtenir justice.Celui dont ou brulait la maison n\u2019était pus encore condamué quand on la bru- lait, et il devait être présumé ingucent-a Ou au \u2018moins # ne devait être paut qteprès sh condamnation.Si lu maison de medæne St.Germain eut été démolie pur l\u2019artifietie anglaise pour en déloger les Canadiens, ce n\u2019est pas le gouvernement qui eut été obligé de l\u2019indemniser mais hin ceux qui s\u2019en setgient emparé pour s'ydéfendre.Mais quand le colonel Gore, dix jowssaprés ume bataille qu\u2019il n\u2019avait perdu que par sa propre ineptie, car quoique les Canadiens se soient bravement conduits ils n\u2019au- raieut jamais pu, avec leurs mauvais fusils de chasse résister à des troupes mieux armées, mieux disciplinées, munies d\u2019artillerie et surtout beaucoup plus nombreuses, s\u2019il avaient été attaqués avec autant de bravoure qu\u2019ils en ont mis à se défendre, quand le Colonel Gore, dit- Je, est revenu bruler cefte maison et plusieurs autres, en ayant Pair de vouloir racheter par du pillage et de la destruction l\u2019humiliation de sa défaite, il n\u2019a commis là que l\u2019acte du brigand qui incendie quand il n\u2019a pu surprendre et faire son coup.On a détruit pour le plaisir de détruire : ce n\u2019était nullement pour punir, c\u2019était pour satisfaire soit sa haine nationale soit ses rancunes personnelles.Dour toutes ces raisons, le gouvernement était tenu d\u2019indemniser ceux qu\u2019il avait pillés et ruinés sans 'ombre de nécessité.Les ministres actuels devaient agir d\u2019après un principe de justice et non se traîner lourdement sur les pas de leurs prédécesseurs qu\u2019ils ont stigmatisés.Ils avaient, dans cette circonstance-ci comme en tant d\u2019autres, une magnifique mission à remplir, ils ne l\u2019ont pas comprise parcequ\u2019ils onteu peur.Ce que le gouvernement devait payer, c'était toute destruction de propriété injuste ou inutile ; que les propriétés appartinssent ou non à des condamnés ; car les propriétés ayant été, dans tous les cas, brulées avant la condamnation des inculpés, al était injuste de les bruler, puisque les propriétaires pouvaient être déclarés innocents.Le gouvernement n\u2019avait donc pas brulé les maisons de gens reconnus coupables, mais celles de gens incarcérés sous accusation, et dont un grand nombre ont été refâchés.Ceux qui ont été condamnés l\u2019ont été par des tribunaux illégalement constitués ; les ministres actuels l\u2019ont cent fois soutenu et publié; on ne devait done pas légaliser les condamnations faites par ces tribunaux.Que le ministère Draper le fit, rien d\u2019étonnant, il agissait dans le sens des idées des tories; mais que des ministres canadiens l\u2019aient fait, et cela quand le parlement d\u2019Angleterre avait désavoué lord Durham, quan:l, en Angleterre, l\u2019autorité judiciaire avait relâché et renvoyé dans le pays des gens condamnés à la déportation parcegn\u2019ils n\u2019avaient pas été jugés par les tribunaux ordi- maires, voilà ce qui imprimera à leur nom une tache ineffaçable ! Nos ministres savent que grand nombre de ceux qui ont été condamnés par les cours martiales étaient moins coupables que plusieurs de ceux qui ont eu le bonheur d\u2019échapper à leur action : plusieurs de nos membres, qui ont voté avec le ministère savent qu\u2019eux-mêmes ont été plus loin dans la résistance que heaucoup de déportés.Eh bien! ceux là, (ils sont en petit nombre, mais il y en a,) ont été assez vils pour consentir à ce que -des geus moins conpables qu\u2019eux, aient été rayés de la liste des recla- mants.Pour ces membres, ce n\u2019était nullement le fait de la déportation qui devait être la mesure de la culpabilité.Sous le ministère Draper on n\u2019exceptait que ceux qui avaient été condamnés par les cours martiales; notre ministère a enchéri sur un ministère tory, et au moyen des amendements de M.Boulton, on a fait tomber dans l\u2019exception les exilés de la Bermude, qui n\u2019ont jamais été condamnés, et qui n\u2019ont jamais avoué qu\u2019ils fussent coupables de hawte-trakison.Nos ministres ont été plus loyaux que la reine, plus loyaux que le parlement impérial, comme l\u2019a dit M.Chauveau ; ils ont donc joué le rôle du valet du diable qui fuit toujours pire que son maître.\u2014 Mais le Dr.Nelson a secondé l\u2019amendement de M.Boulton.\u2014 M.le Dr.Nelson a fait là ce qu\u2019il a toujours fait: il a agi sans réflexion (il eût été bien étounant, à mon avis, qu\u2019il eût montré du simple sens commun) et il a fait voir qu\u2019il n\u2019avait ni cœur ni tête.Ce n\u2019était pas la peine de s\u2019exposer aux balles en 37 pour venir faire aujour- d\u2019hui une humble amende honorable.Puis ce noble espion, ce brave délateur de 37 vient se targuer de son désintéressement ! Examinons un peu.D'abord comment avait-il le droit de seconder un amendement à une mesure sur laquelle il ne devait pas et s\u2019était d\u2019avance engagé à ne pas voter, ensuite comment pouvait-it stipuler pour les antres?Les créanciers de M.Nelson auraient été indemnisés sous le ministère Draper ; peuvent- ils l\u2019être aujourd\u2019hui ?Ils n\u2019avaient droit qu\u2019aux sommes auxquelles le Dr.aurait eu un droit légal; maintenant que ce droit n\u2019existe plus pour le Dr., comment peut-il exister pour eux ?Le Dr.a obtenu son certificat de banqueroute ; il ne doit par conséquent rien à ses créanciers ; sur quoi ceux-ci vont-ils se fonder pour reclamer du gouvernement ce que le Dr.ne leur doit plus?Le gouvernement ne peut devoir aux créanciers qu\u2019en autant qu\u2019il reconnaîtrait devoir au Dr.; or celui-ci renonce à sa créance contre le gouvernement, il se moque donc de la parole qu\u2019il a donnée à ses créanciers de les payer.\u2014 Mais c\u2019est le gouvernement qui a ruiné le Dr.\u2014 C\u2019est vrai,et pourtant le Dr.ne reclame rien.Il a sa décharge, de quoi s\u2019inquièterait- il?\u2014 Mais Jai stipulé que mes créanciers seraient payés.\u2014 Le gouvernement a-t-il souscrit à cette stipulation ?Doit-il, quand vous ne devez pas?vous avez votre décharge et vous croyez qu\u2019il n\u2019a pas la sienne ?\u2014 Non, puisque c\u2019est lui qui m\u2019a ruiné.\u2014 Si c\u2019est le gouvernement qui vous a ruiné, il ne doit qu\u2019à vous ; or vous ne demandez rien, il ne donnera rien.Si vous étiez réellement en bangueroute avant les troubles, ce n\u2019est pas par le fait du gouvernement que vos créanciers perdent mais par le vôtre, dans ce cus encore il ne leur doit rien, puisque vous ne leur devez pas vous-même.Tout ce que vous avez, mou- tre autant d'honneur envers vos créunciers quenvers vos amis de 37! Ils ont en.quoi?Précisément ce que les créanciers du grand Robert Macaire ont eu le jour où ils se disaient pitensement les uns aux autres en voyant l\u2019atfiche-monstre : \u201cun million de frimes!!!\u201d Vos créanciers doivent se dire,par le temps qui \u2018Wôtrt : \u201c« Ce auvie Dr.(et GW sait, peut-être disent-ils, ce s.Dr.vous saurez cela à Ri- Fehelien,) aurait bien dû embarasser un peu plus le ministère et ne pas tant se presser de stipuler pour nous !! Eh M.y pensez-vous?embarrasser le ministère !! muis c\u2019est donc la mort du Canada que vous voulée ! voyez comme tous les médecins, membres de *a Chambee, ledurlotent et lui protestent qu\u2019ils ne yeulent pas l\u2019embarrasser ; ils ne prennent pas autant de précautions même auprès de certaines jeunes femmes dans certaines circonstances.que Je ne dé- erirai pas, par égard pour la pruderie Anglaise ! Mais le Dr.-Nelson reclamait douze mille louis et il y renonce ! Ceci n\u2019est rien moins qu\u2019un mensonge.Le Dr.a bien réellement réclamé douze mille louis, mais il n\u2019a nullement démontré la validité de cette réclamation.Je ne renonce tout au plus qu\u2019à une somme inconnue.Et puis tous ceux qui connaissent le dessous des cartes se demandent encore \u201c mais comment a-t-il osé réclamer une pareille somme !!\u201d je reviendrai là-dessus si c\u2019est nécessaire.Le ministère vient donc de commettre un acte de lâcheté; vient de forfuire à ses devoirs et à ses promesses.Ou il ne devait pas amener ses résolutions, ou une fois proposées, il devait les soutenir.Il ne pensait pas rencontrer autaat d\u2019opposition.Quoi, depuis un an que les ministres du Haut et du Bas-Canada travaillent ensemble à leurs mesures, aucun d\u2019eux n\u2019avait encore pensé à la possibilité d\u2019une opposition sur celle-là en particulier! Ce n\u2019est que quand la mesure est entrée en Chambre qu\u2019on découvre des obstacles invincibles ! Les ministres du Haut-Canada n\u2019avaient jamais eu l\u2019idée de ce que M.Boul- ton a découvert en un clin d\u2018œil! Mais voyez donc, pour Pamour de Dieu, comme vos amis d\u2019en haut vous bernent ! On parle d\u2019une réforme électorale : vite le Haut-Canada vous bâcle un recensement par lequel il prouve que la population du Hant-Ca- nada, qui auparavant croissait dans la même proportion que la nôtre et doublait à peu près tous les vingt ans,a tout d\u2019un coup pris sa grande course et s\u2019est augmentée dans la proportion d\u2019un doublement en neuf ans: puis on nous empêche de faire un recensement l\u2019année dernière, précisément quand il était le plus neces- saire: puis on nous invente des chiffres par lesquels justement dans le temps que la population du Haut-Canada paraît se faire au moyen de la vapeur, celle du Bas-Canada se met au petit pas et ne va plus que dans la proportion d\u2019un doublement en trente-six ans; Voilà des coïncidences bien étranges ; hé bien ! vous vous prosternez d\u2019admiration devant M.l\u2019inspecteur général qui fait de vous ce que les charlatans font des badauds qui les écoutent ! Puis vient la question de l\u2019indemnité.On vous laisse marcher pendant dix mois: vous donnez des poignées de mains à droite et à gauche avec ce sourire de protection particulier aux petits hommes qui ont un grand pouvoir ; vous fuites faire des assemblées, dans lesquelles on blame le ministère Draper à propos de la question d\u2019indemnité ; vous faites promettre les perdrix toutes rôties aux malheureux qui ont souffert ; vous amenez votre mesure en Chambre avant toute autre, afin de mieux jeter de la poudre aux yeux; vous commencez bravement méme la bataille; M.Blake pulvérise les tories pendant cing heures; leur signifie implicitement que si quelqu\u2019un devait être forclos quant au droit à l\u2019indemnité, c\u2019étaient les tories puisqu\u2019ils étaient les vrais rebelles ; il fait preuve, suivant l\u2019hon : et savant membre pour.le bureau du journal de Québec (car le comté de Montmorenci l\u2019a rejetté avec dégont, mais je ne sais pas précisément si c\u2019est pour la forme ou pour le fonds de son intéressante individualité) il fait preuve, dit-il, d\u2019une terrible puissance d\u2019invectives et croit par là ui faire un magnifique compliment ; en vn mot le discours de M.Blake paraît devoir être dans cette bataille à coup de langues, le pendant de cette charge terrible et désespérée de cavalerie que Napoléon fit faire à Waterloo, et qui fit pleurer de rage ce grand due de Wellington qui était perdu sans la trahison de Grouchy et l\u2019arrivée de Blucher ; les tories sont aux abois et ne savent plus que grogner noblemert dans les rues et assouvir leur vengeance sur un homme de paille ; et puis voilà que tout-à-coup, Bour- mont passe à l\u2019ennemi dans la personne de M.Boulton ; en un clin d\u2019eil le revirement a lien, la panique s\u2019empare des vainguenrs ; les tories relévent la téte et leministére libéral, qui avait stigmatisé, foudroyé le ministére Draper parce- qu\u2019il ne donnait pus assez finit, après tout ce travail, par accoucher d\u2019une mesure moins libérale encore qne celle que le ministère Draper voulait ! !!t IEP PE! Le ministere de M.Lafontaine a augmenté les exceptions au lieu de les diminuer!!! Puis la Minerve et tous les autres journaux de crier: \u201c Voilà un résultat pratique !! Voilà des hommes d\u2019état !! Voilà des canadiens !! \u201d Je regrette que M.Blake ait fait à Sir Allan McNab Papplication de deux vers qui Ini convenaient beaucoup moins qu\u2019ils ne conviennent au- jourd\u2019hui a M.Lafontaine.S\u2019il eut prévu que toute cette éloquence versée à flots cinq heures durant, n\u2019allait être qu\u2019un boulet perdu; sil eût prévu qu\u2019on allait le jeter au fort de la mêlée pour ne pas l\u2019y suivre ; s\u2019il se fut apperçu que touten le lançant contre ennemi on lui attachait, comme au faucon, une corde de retenue,je crois un peu, moi qu\u2019il aurait réservé sa comparaison pour l\u2019appliquer à son chef dans le plus prochain tête-à-tête.Sir Allan McNab peut au moins dire.\u201c Dai brulé la Caroline pendant que vous tous vous n\u2019avez pas seule- meut brulé une mêche de cheveux ;\u201d mais certainement sur la question d\u2019indemriité celui des deux qui a monté sur la montagne avec fracas, en jetant les populations dans l\u2019ébahissement .et l\u2019a redescendue en serrant bien fort ce que vous savez .c\u2019est le vaillant chef des journaux ministériels ! ! Maintenant je le donne en cent, en mille ; qu\u2019on devine quelle raison de puissants ministériels (je dis puissants relativement au ministère, mais nullement pour signifier leur force morale intrinsèque) ont donné pour expliquer lu reculade du ministère le plus fort qu'on ait encore ein.Quit n\u2019y avait pas d\u2019nrgent 7\u2014 Non \u2014 Qn\u2019on faisait une injustice au Bas-Canada 7\u2014 Non, \u2014 Que le ministère courait le risque d\u2019être battu1\u2014 Vous n\u2019y êtes pas, ils étaient certains d'une majorité.\u2014 Que le gouverneur n\u2019ainiit pas leur mesure ?\u2014 Non : le gouverneur agit Pohnêtement et laisse faire le ministère à sa guise.\u2014 Qu\u2019il y avait division dans le cabinet sur le mode ?\u2014 Non.\u2014 Qu'il n\u2019était pas juste que les rebelles fissent payés après avoir fait tant de peur aux loyaux ?\u2014 Non, quelques jappeurs ont dit cela, mais je ne sache pas que les gros bonnets l\u2019aient dit.\u2014 Eh bien diable, qu'est-ce donc ?C\u2019est, mon cher lecteur, (préparez-vous bien à entendre tout ce qu\u2019il peut y avoir de plus colossal en fait d\u2019énormités) c\u2019est: « qu\u2019il fallait menager les susceptibili- tes des tories ?!!! \u2014 Allons, vous plaisantez.\u2014 Pas le moins da monde, c\u2019est trop triste.\u2014 Mais ce n\u2019est pas croyable, c\u2019est trop impossible.\u2014 Il paraissait tout aussi impossible à de violents ministériels, qui savent généralement ce qui se passe, que le ministère accédât aux amen- dementsde M.Boulton.C\u2019était désavouer Blake ; c\u2019était tout supposer au pire que de prévoir cet acquiescement.Eh bien, il est aussi vrai que le motif que je viens d\u2019énoncer est le vrai motif de la glorieuse re-descente de la montagne, qu\u2019il est vrai que l\u2019amendement de M.Boulton a été adopté.\u2014 Mon Dieu, si c\u2019était vrai, ce serait effrayant ! Pas plus que de dire au gouvernement Anglais: ¢ Vous étes juste \u201d pas plus que de dire : \u201c nous sommes attachés à nos institutions\u201d pas plus que de faire dire par ses journaux \u201c que le Haut-Canada, en quatre ans, a augmenté sa population de deux cent quarante mille âmes, et que le Bas-Canada, en cinq ans, n\u2019a vu la sienne s'augmenter que de soixante-dix mille.\u201d Il est bien pire de dire tout ce que je viens de citer que de ménager les susceptibilités des tories, car dans un cas, c\u2019est mentir et se rendre, dans l\u2019autre, ce n\u2019est qu\u2019avouer sa peur : or, on sait que tout le monde n\u2019est pas obligé d\u2019être brave.Faire de la diplomatie en disant au gouvernement \u201c Vous êtes juste,\u201d \u201c nos institutions sont parfaites :\u201d et faire de la diplomatie en faisant des concessions aux tories qui æous ont élus, c\u2019est tout un, \u2014 c\u2019est toujours de la diplomatie ; c\u2019est renier son pays ! ! c\u2019est renier sa nationalité ! ! ! ! Céder au Haut-Canada la réforme parlementaire, et céder aux tories l\u2019indemnité, je ne vois pas là une différence essentielle ! Déclarer l\u2019Union bonne et absoudre sir John Colborne, cet incendiaire imbécille et dévot, ou encore légaliser les cours martiales, l\u2019un ne vaut guères mieux que l\u2019autre ! Or, M.le proc.-gén.du Bas-Canada est un partisan de l\u2019Union \u201c dans ses résultats, \u201d a-t-il dit! ! Ménager les tories et dire au gouvernement impérial \u201c vous n\u2019avez pas été assez sévère.contre les rebelles\u201d cela se balance à fort peu de chose près ! ! Or que vient de dire la Chambre à l\u2019Angleterre?Le voilà: \u201c Vous avez déclaré qu\u2019on \u201cavait eu tort de créer des cours martiales long- \u201c temps après que toute résistance eut cessé ! ! « Vous vous êtes lourdement trompée : et pour « preuve nous allons sanctionner tout ce que les \u201c cours martiales et les troupes.et les braves et \u201c généreux volontaires ont commis d\u2019iniquités \u201c et d\u2019infamies.Vous êtes si libérale à notre \u201c égard que nous voulons être plus loyaux et \u201c plus serviles encore que vous ne l\u2019avez jamais \u201c osé rêver ! \u201d Il est donc vrai de dire que c\u2019est à toutes ces stupides démonstrations de rage faites par les tories de Montréal, insignifiante poignée de hâbleurs qui n\u2019ont su, en 1837, qu\u2019insulter les femmes et piller les maisons abandonnées ; qui étaient toujours derrière les troupes au combat, toujours en avant d\u2019elles pour le brigandage et incendie, que le ministère a cédé ! Il était sûr d\u2019une majorité en chambre ; ila donc en peur des clameurs de la rue ; des hurlements de ces hordes de carrefours désignées sous les titres de Dolphins, Steel Caps, etc.glorieux restes de ces volontaires de 37 qui ont été toujours et partout cent fois plus ivrognes et plus pillards que la soldatesque anglaise ! de ces volontaires avec lesquels les officiers de l\u2019armée avaient honte de marcher ! auxquels ils disaient qu\u2019il était déshonorant de commander ! ! Vous respectez les susceptibilités tories ! mais nos suscoptibilités, à nous, qu\u2019en faites-vous ?Pourquoi donc n\u2019en tenez-vous pas le moindre compte ?N\u2019étes-vous pas canadiens comme nous?Vous avons-nous portés au pouvoir pour les fouler aux pieds?Que parliez-vous donc dernièrement de votre fibre nationale ?Quoi, vous ne l\u2019avez pas sentie se briser de douleur et de honte, quand vous avez légalisé lessangui- naires vengeances que la faction tory a exercées au moyen descours martiales ! ! Quoi vous avez été assez mauvais canadiens pour ne pas voir que vous deviez réhabiliter ceux qui ont été assassinés juridiquement !! que vous ne deviez pas laisser leurs familles dans la misère !! que vous aviez la mission de fiire triompher les principes libéraux et non de respecter les décisions absurdes d\u2019un ministère que vous avez opposé avec tant d\u2019acharnement ! ! Vous croyez vous justifiés en disant : \u201c Nous ne faisons que ce que nos prédécesseurs ont fait ! ! mais c\u2019est précisément cela qui est odieux ; car vous devez faire plus!! Vos prédéces- aeurs voilent la justice et vous vous croyez autorisés par là à la violer! vos adversaires vous tracent un sentier, et vous vous y précipitez, tê- te baissée : Vous approuvez aujourd\u2019hui ce que vous avez combattu 1l y a deux ans ! Les tories disent à vos compatriotes : \u201c\u201c Nous vous avons brulés, pillés, déportés, pendus, parceque vous étiez d\u2019infâmes rebelles \u2019 et vous, nos mandataires, vous leur avez dit: \u201c vous avez raison de l\u2019avoir fait ; ces gens ne méritent aucnne indemnité !!\u201d Ce sont précisément ceux qui ont été déportés qui avaient à la fois et le plus de droit et le plus de besoin d\u2019être indemnisés, et vous les retranchez parce que les tories se fa- chent !! Vous pouviez vous appuyer sur des décisions parlementaires et sur des décisions judiciaires rendues on Angleterre et vous avez pâli, quand il fallait être ferme jusqu\u2019à la fin! Après dix mois de travail, vous faites un peu moins qu\u2019un ministère tory ne voulait faire !! \u2014 Mais nous avious aussi à ménager les libéraux du Haut-Canada qui s\u2019y opposaient.\u2014 Encore une fois les libéraux du Hant-Ca- nada ne valent donc pas mieux que les tories ! Les membres libéraux du Haut-Canada ne disaient pas: \u201c c\u2019est injuste ;\u201d ils disaient : \u201c nous ne ferons Jamais entendre raison à nos constituants là-dessus, et si nous votous les résolutions de M.Lafontaine nous ne serons pas réélus ! > eh bien ! on pouvait leur répondre : : Ou vos constituanls sont respeciables et in- 11124 = or \u201cEEN Pg _ -\u2014 _ telligents, ou ils ne le sont pas.S\u2019ils le sont, une discussion un peu sérieuse et un peu de persévérance les ramèneront,s\u2019ils vous désapprouvent au premier moment d\u2019effervescence causée par de fausses représentations : s\u2019ils ne sont ni l\u2019un ni l\u2019autre, et que vous soyiez convaineus que, quelqu\u2019honorable que soit votre conduite parlementaire, ils vous désavouerout parce que vous n\u2019aurez pus voulu souscrire à un acte immoral, ne parlez plus d\u2019abord de la supériorité de la race saxonne sur la notre, ensuite respec- tez-vous Vous-mêmes assez pour ne pas vous lnisser dominer par des brigands de cœur et d'intention si non de fait.Mais il n\u2019est pus question de cela; on sait que le ministère auruit emporté ses résolutions ; ce n\u2019est donc pas tant aux libéraux qu\u2019on a cédé qu\u2019aux torics qu\u2019on voulait appaiser.On a été sourd à la voix de la justice, parceque la peur assiégcait la porte de chaque bureau ! ! La Minerve a déjà donué, comme preuve de Phabileté de M.Lafoutaine et de la bonté de son système, la bonne volonté que les tories lui témoignaient partout; le contentement dans lequel ils paraissaient être : \u201c Voyez, disuit-elle, les haines, les rivalités nationales ont cessé ; à qui le devons-nous ?Eh bien ! êtes-vous convaincus maintenant que les tories ne disaient rien, pendant vu temps, que parce que votre système leur convenait de fout puint?Avez-vous entendu leurs cris de ra- e à la légère incartade que votre patrou leur a aite ?On parle d\u2019indemniser non pas des rebelles, mais des gens qui ont été, sans l\u2019ombre de nécessité, pillés et ruinés ; on parle en un mot de restituer ce qui a été volé ! ! Oh! halte là, messieurs ; vous comptiez sans I\u2019honnéte faction tory qui vous aime quand vous nous anglifiez, quand voiis nous bernez a son profit, mais qui aussi rugit devant un acte de Justice comme Lucifer devant l\u2019eau bénite.Maintenant passons à la manière dont vous allez payer ceux dont les créances seront admises.Il y a injustice dans la classification, y aura-t-il au moins justice dans le paiement?Eh bien non, tout est au pire.Dans la classification, il y a injustice criante ; dans le paiement, il n\u2019y a ni justice ni Bon sens.On va donner des débentures payables dans vingt ans et portant intérêt ! \u2014 Cela pro:ive, dit la Minerve, que les finances du pays sont dans un état prospère et qu\u2019il faut être un grand sot pour\u2019 prétendre que le pays est en banqueroute ! \u2014 Vous n\u2019êtes pas heureuse, ma bonne, dans Vos appréciations, et vous me paraissez être, en finances, un peu plus myope qu\u2019il n\u2019est permis a un journal politique et commercial.Deplus il me semble que vous n\u2019avez guères le droit de lancer a personne l\u2019épithète de sot.Les dé- benturas données pour les incendiés de Québec sont à courte échéance, et néanmoins elles sont à vingt et vingt cinq pour cent d\u2019escompte.Celles émises l\u2019année dernière sont à un an de dute et sont à cinq pour cent d\u2019escompte.Voilà qui n\u2019est pas d\u2019un excellent augure pour \u201cles possesseurs des nouvelles débentures.Si elles ont une valeur proportionnelle à celles émises cette année, voilà une bien riante perspective! Si tous ceux qui vont obtenir une indemnité pouvaient attendre après leur capital, je dirais: \u201c passe encore; l\u2019intérêt qu\u2019ils vont recevoir * doublera Ja somme!\u201d mais il n\u2019en sera pas ainsi.Dix-neuf sur vingt de ceux qui vont être indemnisés sont des gens peu aisés qui n\u2019attendent cette somme que pour payer des dettes contractées dans l\u2019espoir de l\u2019obtenir, ou pour la placer de suite sur quelque petite propriété et se faire un chez soi.\u2018Un grand nombre ne voient dans la somme après laquelle ils ont tant attendu qu'un moyen de vivre un peu moins misérablement pendant un certain temps.La grande majorité de ces débentures va done tomber dans les mains de gens qui ont un besoin pressant de toute la somme qu\u2019ils réclament.Tous ces gens vont de suite tâcher de négocier leurs débentures, et en moins de deux mois le marché sera encombré de ce papier.Personne n\u2019a d\u2019argent ; et personne n\u2019a de confiance dans les fonds publics.Le crédit de la province est évidemment tombé.Les banques ne prendront pas ces débentures; c\u2019est hors de question.Il ne reste que les usuriers.Mais les usuriers prêtent aujourd\u2019hui leur argent à dix et quinze pour cent pour six mois et retournent constamment leur capital.Or combien croyez-vous qu\u2019ils offriront pour une dé- benture dont le capital ne sera payable que dans vingt ans et qui ne leur donnera qu\u2019une misère de six pour cent par année ?Ils ne don- meront pas Vingt cinq pour cent.\u2014 Les gens ne vehdront pas.\u2014 Ceux qui ne vendront pas seront lo.ceux \u2018qui n\u2019auront pas immédiatement besoin d\u2019argent, et quiconque connait l\u2019état des affaires sait combien peu il y en a dans cette catégorie : 20.ceux qui auront un capital suffisant pour que l\u2019intérêt anuvel forme une somme un peu ronde.Excepté ceux-là, tout le monde vendra, à n'importe quel rabais.La grande majorité des réclamations est de moins de cinquante louis.Voilà plusieurs centaines de personnes qui n\u2019auraient, si elles ne vendaient pas, qu\u2019un revenu d\u2019un à trois louis! ! Or, croyez-vous, MM.les ministériels qu\u2019avec un pareil revenu on puisse soit nourrir, soit soulager sa famille, soit payer une dette actiiellement detnandée par le marchand ou le fournisseur?Evidemment ceux qui n\u2019auront que de petites sommes chercheront à vendre patceque le besoin les y forcera.Tous ceux qui, à la campagne, auront fait des avances aux malheureux qui ont souffert, vont exiger impérieusement la rentrée de leurs fonds, précisément parcequ\u2019ils auront par là un moyen de spéculation: mais ne croyez pas que les dében- tures seront reçues à leur valeur.Le meilleur billet à trois mois, duns la pénurie générale actuelle, ne serait reçu qu\u2019à quinze ou vingt pour cent d\u2019escompte ; or votre débenture, que vous ne pouvez pus appeler un bon billet, sera reçue pour az plus vingt pour'cent ; c\u2019est à dire qua- tre-viugt pour cent d\u2019escumpte ! Un grand nom- \u2019bre de ministériels qui ne foulent que les trot- \u2018toirs des villes ignorent complètement que l\u2019usure dans les campagnes est regardée comme \u2018très modérée si elle n'arrive qu\u2019à quarante pour \u2018cent.Soixante pour cent est commuu ; cent pour cent n\u2019est pas rare., Vous avez voulu secourir des panvres! Eh \"bien, ce sont précisément les débentures des \u2018pauvres qui auront le moins de valeur, parce- \u2018qu\u2019elles seront faibles par leur total.L'homme qui aura me déheuture de cinq
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