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Titre :
L'avenir
Éditeur :
  • Montréal, Québec :[L'avenir],1847-1857
Contenu spécifique :
vendredi 28 novembre 1851
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Sauvage
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L'avenir, 1851-11-28, Collections de BAnQ.

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[" Sêème Année.Vendredi, 238 Novembre 1 S31.No.14.JOURNAL RÉPUBLICAIN, PUBLIÉ DANS LES INTÉRÊTS POPULAIRES.PUBLIÉ PAR UNE SOCIÉTÉ EN COMMANDITE DE PROPRIÉTAIRES.Notre Programme.L\u2019année 1831 promet d\u2019être féconde en luttes et en rudes travaux pour la démocratie canadienne, \u2018car le peuple sera bientôt appelé à procéder à de nouvelles élections générales de ses représentants dans l\u2019Arsemblée Législative et les démocrates devront déployer toute leur énergie, toutes leurs forces pour s\u2019y faire représenter enfin par des hommes sincèrement dévoués aux intérêts populaires et résolus, en leur âme et conscience, à obtenir au Canada les réformes sociales et politiques dont il ressent si vivement le besoin.Afin de suggérer aux démocrates un ensemble de quelques unes des mesures qu\u2019ils devraient invoquer aux prochaines élections générales, l\u2019Avenir publie le programme suivant qui à été et scra toujours celui du journal.Nous invitons tous les amis du progrès à se mettre fréquemment en communication avec la direction du journal sur tontes les affaires qui pou: ront concerner les prochaines élections, (lesquelles auront lieu vers la fin de l\u2019anné*) telles que candidatures des différents partis politiques, leurs moyens de succès, les délibérations et résultats des assemblées de paroisse et de comté,en un mot, tout ce qui peut intéresser les partisans de la cause que nous défendons.Nous nous ferons constamment un plaisir de donner à nos amis toutes les informations qu\u2019ils désircront obtenir.Voici les articles de notre programme : Education aussi répandue que possible.Progrès agricoles : \u2014 Etablissements de fermes modè- es.- Colonisation des terres incultes à la portée des classes pauvres.Libre navigation du St-Laurent.Liberté des échanges aussi entière que possible, Réforme de la judicature :\u2014Décentralisation judiciaire :\u2014Codification des lois.Réforme postale.\u2014Libre circulation des journaux.Administration du gouvernement moins dispendieuse qu\u2019aujourd\u2019hui.\u2014Réduction des salaires dans toutes les branches du service public, et du nombre des employés.Indemnité aux Jurés.Municipalités de paroisse.Décentralisation du pouvoir.Institutions électives dans toute leur plénitude.Couverneur Electif.Conseil Législatif Electif.Magistrature Elective.Tous les chefs de bureaux publics rendus électifs, Réforme Electorale basée sur la population.Le suffrage universel.Eligibilité dépendant de la confiance publique.Convocations et durées des sessions du Parlement fixées par la loi.Défense par une loi spéciale à tout représentant du peuple d\u2019accepter aqgune charge lucrative de la couronne pendant l'exercice de son mandat et un an après son expiration, à moins que cette nominaiion ne soit ratifiée par l\u2019élection.Abolition de la tenure seigneuriale, Abolition du systéme des dimes.Abolition des réserves du clergé.Abolition du systéme des pensions par PEtat.Abolition des privilèges des avocats.Droits égaux, justice egale pour tous les citoyens.Le Rappel de l\u2019Union.Puis enfin et au-dessus dn tout; Indépendance du Canada et son Annexion aux Etats-Unis.Voilà ce que nous demandons, ce que nous demanderons toujours et sans cesse, jasau'ë ce qua ces améliorations, ces changements, ces libertés aient été accordés au Peuple Canadien.Hors ces libertés, hors ces améliorations et beaucoup d\u2019autres encore, il n\u2019y a pas de salut pour notre population.Aussi longtemps qu\u2019un gouvernement arrièré et corrupteur nous les refusera : nous ne reconnaîtrons à aucun ami de son pays le droit de l\u2019inaction et du repos.Et tant que le Peuple n\u2019aura pas conquis sur la Plate- forme Electorale la reconnaissance de ges droits indéniables, il sera toujours comme un troupeau d\u2019Tlotes que quelques hommes pourront exploiter à leur profit, conduire n\u2019importe où, sans qu\u2019il sache pourquoi ni comment.COMTE CHAMPLAIN.AUX ÉLECTEURS DU COMTÉ DE CHAMPLAIN.Messieurs, Invité par bon nombre de wes amis, électeurs de votre comté à me porter à la candidature du comté pour les prochaines élections, je me suis décidé à accepter leur offre.Jeune comme je le suis, demeurant à quarante lieues de votre comté, et peu connu politiquement par la masse qui ne suit point les affaires publiques, il n\u2019est que juste que l\u2019on exi- e de moi, plus que de-tout autre candidat, une pro- ession de foi politique afin que l\u2019on sache à quoi s\u2019en tenir sur mon compte.; ; Je profiterai du premier loisir que j\u2019aurai pour vous les exposer dans une adresse afin que vous les ayiez à domicile pour les considérer avec attention.J'ai déjà eu l\u2019honneur de vous en expliquer publiquement la plus grande partie dans huit assemblées ubliques qui ont eu lieu dans votre comté depuis F mois de mai dernier.Je ne vous ai suggéré les noms d\u2019aucun candidat, je ne vous ai jamais offert mes services non plus, carje tendais plus à vous faire accepter des principes politiques qu\u2019à vous désigner des hommes, me contentant seulement de vous metire en garde contre les charlatans politiques qui font métier d'acheter, vendre et livrer les consciences ainsi que le bonheur et la prospérité de leurs concitoyens.; LL Pour ma part, messieurs, je veux étre juge par mes actes et par mes principes politiques.Je nai de compliments, de conrbettes, de bassesses à faire à personne et je me présente à vous comme républicain et partisan de la démocratie canadienne.Je me présente donc à vous, le programme du journal l\u2019Âvenir en mains, journal avec lequel je suis identifié depuis plus de quatre années par le travail et les sacrifices, par ses succès et ses revers, aussl bien que par la persécution qu\u2019il a eu à subir pour sa franchise, ses plans de réformes, ses idées de progrès et de liberté.Si vous êtes démocrates et patriotes, votez pour des hommes qui représenteront vos principes en chambre, si vous éfes bureaucrates ou partisans du système de gaspillage et de corruption gouvernemental, votez pour les hommes du gouvernement.Quant à moi, je ne sacrifierai pas un de mes princi- es, pas une de mes croyances politiques pour Phonneur d\u2019avoir un siége en parlement , et si vous désirez ne pas m\u2019y envoyer je resterai ce que je suis, humble et simple soldat de la presse combattant pour les droits et les besoins sociaux et politiques du peuple canadien.J.-B.-E.Dorion.Montréal, 12 Novembre 1851.+ COMTE DE CHAMPLAIN.PLAIN.Messieurs, ce soit d\u2019entre vous.Je serai ouvert et franc.si difficilement acquérir, de 1834 à 1840, sur les bancs de l\u2019école commune d\u2019un village, je ne ferai du peuple.mes opinions, sur notre état politique actuel, que je m\u2019adresse à bon nombre de vieillards qui m\u2019ont vu parce qu\u2019ils ont été les compagnons de mon enfance sance.Une absence de dix années du comté de Champlain n\u2019a pas effacé de ma mémoire, que lors de nos grands événements politiques, j'avais déjà appris à prononcer les mots de pairiotes et bureaucrates et à sentir, comme vous, toute l\u2019infamie qui se rattachait aux canadiens qui, par leur conduite, avaient mérité d\u2019être classés au nombre de ces derniers, au nombre ce ceux qui voulaient par la corruption, la violence et l\u2019arbitraire dominer sur la masse du peuple du Bas-Canada.Jaime à rappeler le souvenir de cette époque de notre histoire, parce qu\u2019alors l\u2019opinion publique était toute patriotique, toute progressive et si forte qu\u2019elle fesait trembler les tyrans de-notre population.Ma premiére pensée, mon premier cri politiques ayant été en faveur des patriotes ; ayant été inspiré par l\u2019esprit de patriotisme et de liberté qui s\u2019infiltraient alors par tous les pores dans le ceur de la presque, totalité de mes compatriotes, je suis demeuré le même en entrant activement dans la vie publique; parce que j\u2019ai vu el senti que ia cause des patriotes qui demandaient des réformes salutaires pour le pays était une cause toute démocratique et que la démocratie produit la prospérité, élève l\u2019humanité en la rendant libre ; parce qu\u2019elle tire sa source de ce qu\u2019il y a de plus pur et de plus fort dans la société : la souveraineté populaire.Avec ces quelques réflexions préliminaires, j\u2019entre en matière.Rappel de l\u2019Union.celle d\u2019un petit peuple de braves dont le sang était notre sang, mats qui a disparu devant le droit du plus fort en laissant à peine une trace légère de son existence dans le passé.Je veux faire allusion aux Acadiens, descendans de français, comme nous, qui habitaient l\u2019Acadie ou ce territoire que l\u2019on appelle Brunswick et qui avoisine le Canada, Ouvrez le troisième volume de l\u2019histoire du Canada par notre sävant et estimable compatriote, M.l\u2019Angleterre.sont encore à naître avec les lumières de la civilisation.Je viens aujourd\u2019hui accomplir la promesse que je vous a1 faite de vous expliquer par écrit ma profession de foi politique, avant de briguer vos suffra- leurs terres et leurs bestiaux de toutes sortes étaient con- ges à l\u2019élection qui doit avoir lieu sous peu de jours.| fisqués au profit de la couronne avec tous leurs autres ef- Lu le fesant, je n\u2019entends pas prendre une voie dé- fets, excepté leur argent et leur linge, et qu\u2019ils allaient tournée pour en imposer momentanément à qui que | être eux-mêmes déportés hors la province.\u201d Aucun mo- naître, d\u2019hommes murs qui m\u2019ont vu grandir, de jeunes gens dont le souvetiir me sera toujours cher \u201cLe Travail triomphe de Tout.\u201d fide, les invitèrent à s\u2019assembler dans certains endroits qui leur étaient désignés, sous les peines les plus rigoureuses.418 chefs de famille, se fiant sur la foi britanni- AUX ÉLECTEURS DU COMTÉ DE CHAM- que, se réunirent le 5 septembre dans l\u2019église du Grand- Pré.Le colonel Winslow s\u2019y rendii avec un grand appa- Teil.Après leur avoir montré la coinmission qu\u2019il tenait du gouverneur, il leur dit qu\u2019ils avaient été assemblés pour entendre la décision finale du roi à leur égard ; et que, quoique ce fût pour lui un devüir pénible à remplir, il devait, en obéissance à ses ordres, leur déclarer \u201c\u201c que tif ne leur fut donné de cette décision.Un corps de trou- Elevé au milieu de vous, je connais vos senti- Pes: qui s\u2019était tenu caché jusque-là, sortit de sa retraite ments et vos besoins : n\u2019ayant eu l\u2019avantage de recevoir d\u2019autre éducation que celle que l\u2019on pouvait et cerna l\u2019église: les habitans surpris et sans armes ne firent aucune résistance.Les soldats rassemblèrent les femmes et les enfans ; 1,023 hommes, femmes et enfans se trouvèrent réunis au Grand-Pré seulement.Leurs bestiaux consistaient en 1269 tœufs, 1557 vaches, 5007 veaux, point de tours de force pour embellir mon style ;|493 chevaux, 8690 moutons, 4197 cochons.Quelques mon langage sera uni et vrai, je parlerai le langage Acadiens s\u2019étant échappés dans les bois, on dévasta le pays pour les empêcher d\u2019y trouver des subsistances.Je serai d\u2019autant plus libre dans l\u2019expression de Dans les Mines l\u2019on brûla 276 granges, 155 autres petits bâtimens, onze moulins et une église.Ceux qui avaient rendu les plus grands services au gouvernement, comme le vieux notaire Le Blanc, qui mourut à Philadelphie de chagrin et de misère en cherchant ses fils dispersés dans les différentes colonies, ne furent pas mieux traités que ceux qui avaient favorisé les Français.A leurs instantes pri- et qu\u2019ils foulent encore le sol du comté de ma nais- | ères, il, fut permis aux hommes, avant de s\u2019embarquer, de visiter, dix par dix, leurs familles, et de contempler pour la dernière fois ces champs fertiles où ils avaient joui de tant de bonheur, et qu\u2019ils ne devaient plus revoir.Le 10 fut fixé pour l\u2019embarquement.Une résignation calme avait succédé à leur premier désespoir.Mais lorsqu\u2019il fallut s\u2019embarquer, quitter pour jamais le sol natal, s\u2019éloigner de ses parents et de ses amis sans espérance de jamais se revoir, pour aller vivre dispersés au milieu d\u2019une population étrangère de langue, de coutumes, de mœurs et de religion, le courage abandonna ces malheureux, qui se livrèrent à la plus profonde douleur.Ea violation de la promesse qui leur avait été faite, et, par un rafinement de barbarie sans exemple, les mêmes famÿles furent séparées et dispersées sur différens vaisseaux., Pour les embarquer on rangea les prisonniers sur six de front, les jeunes gens en tête.Ceux-ci ayant refusé de marchér, réclamant l\u2019exécution de la promesse d\u2019être embarqués avec leurs parens, on leur répondit en faisant avancer contre eux les soldats la bayonnette croisée.Le chemin de la chapelle du Grand-Pré à la rivière Gaspareaux avait un mille de longueur ; il était bordé des deux côtés de femmes et d\u2019enfans, qui, à genoux et fondant en larmes, les encoura- genient en leur adressant leurs bénédictions.Cette lugu- re procession défilait Jentementæt priant et en chantant des hymnes.Les chefs de famille marchaient après les jeunes gens.Enfin la procession atteignit le rivage.Les hommes furent mis sur des vaisseaux, les fermes et les enfans sur d\u2019autres, pêle-mêle, sans qu\u2019on prit le moindre soin pour leur commodité.Des gouvernements ont ordonné des actes de cruauté dans un mouvement spontané de colère ; mais il n\u2019y a pas d\u2019exemple dans les temps modernes de châtiment infligé sur tout un peuple avec autant de calcul, de barbarie et de froideur, que celui dont il est question en ce moment.« Tous les autres établissemens des Acadiens présentè- L°histoire de notre pays est intimement liée avec | \"ent le même jour et à la même heure le même spectacle de désolation, « Les vaisseaux firent voile pour les différentes provinces où devaient être jetés ces proscrits.On les dispersa sur le rivage depuis Boston jusqu\u2019à la Caroline.Pendant plusieurs jours après leur départ, l\u2019on vit les bestiaux se rassembler à l\u2019entour des ruines fumantes des habitations de leurs maîtres, et le chien fidèle passer les nuits à pleu- maintenant la Nouvelle - Ecosse et le Nouveau-|rer, par ses longs hurlemens, la main qui lui donnait sa subsistance et le toît qui lui prêtait son abri.Heureux encore dans leur douleur, ils ignoraient jusqu\u2019à quel excès l\u2019avarice et l\u2019ambition peuvent porter les hommes, et quels .; ro 2 Garneau de Québec, et vous y trouverez quelques crimes elle peuvent lear faire commettre.pages éloquentes sur l\u2019expulsion des Acadiens par Le gouvernement Anglais n\u2019était pas animé par des sentiments plus humains, vis-à-vis des Cana- \u201c L\u2019évacuation de l\u2019Acadie laissa à la merci des An- diens, lors de la capitulation du Canada, qu\u2019il ne glais les habitans de cette province, qui portaient le nom l\u2019était envers les Acadiens, lors de la prise de l\u2019A- de Neutres, et qui n\u2019avaient pu se résoudre à abandonner | cadie.leur terre natale.Ce qui nous reste à raconter de ce peu-] prouve que l\u2019on n\u2019aurait pas agi avec la même bar- ple intéressant, rappelle un de ces drames douloureux dont | barie à l\u2019égard de nos pères et que l\u2019on n\u2019aurait pas les exemples sont rares même aux époques barbares de Phistoire, alors que les lois de la justice et de l\u2019humanité Si la chose eût été possible, rien ne nous adopté le moyen de l\u2019exportation sur ne plus grande échelle, pour se débarasser d\u2019eux et de leur \u201cSur 15 à 18 mille Acadiens qu\u2019il y avait dans la pé- postérité.Mais :l se présentait une grande difficul- heureuse peuplade, et dans laquelle on se deman- rée de son bonheur ?M.Garneau continue :\u2014 \u2018 Vains souhaits! La guerre de 1744 commença les ruine totale.habitans un objet à la fois de terreur et de haine.Le moindre employé voulait que sa volonté fût la loi.\u201c Si vous ne fournissez pas de bois à mes troupes, disait un capitaine Murray, je démolirai vos maisons pour en faire l\u2019Angleterre n\u2019avait pas même le droit d\u2019exiger.\u2018 Les Acadiens, observe M.Haliburton, n\u2019étaient pas des sujets britanniques, puisqu\u2019ils n\u2019avaient point prêté le serment de fidélité, et ils ne pouvaient être conséquemment regardés comme des rébelles ; ils ne devaient pas être non plus considérés comme prisonniers de guerre, ni envoyés en neutre.\u201d\u201d Mais beaucoup d\u2019intrigans et d\u2019aventuriers voyaient ces belles fermes acadiennes avec un œil de convoitise ; quels beaux héritages! et par conségnent quel ap- pit! Il ne fut pas difficile de trouver des raisons politiques pour justifier l\u2019expulsion des Acadiens.La très grande majorité n\u2019avait fait aucun acte pour porter attein- assistèrent les amiraux Boscawen et Mostyn, dont les flottes croisaient sur les côtes.Il fut résolu de disperser dans les colonies anglaises ce qui restait de ce peuple infortuné ; et afin que personne ne pût échapper, le secret le plus profond fut ordonné jusqu\u2019au moment fixé pour l\u2019exécution de la sentence, laquelle aurait lieu le même jour et à la même heure sur tous les points de l\u2019Acadie à la fois.On décida aussi, pour rendre l\u2019exécution plus complète, de réunir les habitans dans les principales loca- lités.Des proclamations, dressées aveo une habileté per- ninsule av commencement de leur émigration, il n\u2019en res- te; les canadiens élalent au nombre de 60,000 et tait qu\u2019environ 7,000 des plus riches, dont les mœurs dou- °CUpaient un vaste territoire.rans 4 ces ont fourni à Raynal un tableau si touchant et si vrai,\u201d| ce monde n\u2019eut pas été chose facile à accomplir.Après avoir cité une peinture de la prospérité, de on anrait pourtant bien voulu x Ge barrasser de cote l\u2019innocence des mœurs et de la tranquilité de cette POPU'Allon française qui élait un obslagle a la prospérité des colonies anglaises\u201d suivant le style dait qui est-ce qui ne ferait pas des vœux pour la du- anglais d\u2019alors.On songea donc à adopter d\u2019autres moyens.Le transport de tout L\u2019or anglais, le pouvoir et le patronage appuyés infortunes de ce peuple; celle de Sept ans consomma sa| Sr la force ont fait pourrir la société politique de Depuis quelques temps les agens de l\u2019An-| l\u2019Irlande.gleterre agissaient avec la plus grande rigueur; les tribu | s\u2019est infiltrée dans tous les rangs de sa population, naux, par des violations flagrantes de la loi, par des dénis| au grand détriment de ses intérêts nationaux et po- systématiques de justice, étaient devenus pour les pauvres litiques.La gangrène de la corruption politique L\u2019Irlande vendue et livrée à l\u2019Angleterre par sa propre représentation ; l\u2019Irlande unie à l\u2019An- sleterre el soumise à une législation étrangère ; PFrlande sans représentation, pour ainsi dire, dans du feu.\u201d Si vous ne voulez pas prêter le serment de fidé- le parlement anglais ; l\u2019Irlande lyranisee par des lité, ajoutait le gouverneur Hopson, je vais faire pointer [08 injustes et arbitraire se débat dans les angoisses mes canons sur vos villages.\u201d Rien ne pouvait engage: de la mort depuis plus d\u2019un demi-siècle.L\u2019Irlande ces hommes honorables à faire un acte qui répugnait à s\u2019anglifiant par l\u2019effet de ses institutions contre-na- leur conscience, et que, dans l\u2019opinion de bien des gens,| ture, s\u2019appauvrissant de jour en jour par les énormes impots dont elle est surchargée, dépérit, se dépeuple d\u2019une manière extraordinaire ; on la dirait morte ou mourante sous les coups de ses assassins politiques.Cependant, il y a encore de grandes étendues de France, puisque depuis près d\u2019un demi siècle on leur lais-| terre non cultivée, mais il n\u2019y a plus d\u2019espace ; il y sait leurs possessions à la simple condition de demeurer! a encore de l\u2019air mais il n\u2019y a pas de liberté ; il y a encore du travail, mais le fardeau est lourd et sa population traverse les mers pour respirer,\u2014se rend aux Etats-Unis, pour acquérir de la prospérité et jouir de la bienheureuse liberté américaine.On a voulu détruire les Acacliens, on les a chassés, te à la neutralité ; mais dans la grande catastrophe qui se| l'absportés, dispersés au sein d\u2019une population étran- préparait l\u2019innocent devait être enveloppé avec le coupa-| SCl\u20ac, loin du sol natal, en un seul jour, aprés avoir ble.Pas un habitant n\u2019avait mérité grâce.Leur sort fut confisqué leurs troupeaux et leurs propriétés.L\u2019A- décidé dans le conseil du gouverneur Lawrence, auquel | cadie n\u2019existe plus On a voulu assassiner l\u2019Irlande politique ; le coup a été mortel, elle s\u2019est affaiblie, elle s\u2019est énervée, elle se détruit elle-même.L\u2019Irlande est dégénérée, elle ne présente plus que l\u2019aspect d\u2019un cada- vie politique.On a voulu perdre les Canadiens ; l\u2019œuvre est commencée, elle se continue, mais s\u2019accomplira-t- elle ?L\u2019or anglais, le pouvoir, le patronage et la corruption jouent un grand rôle.Prenons garde ne 2 WE arn.d\u2019être les instruments de l\u2019Angleterre dans l\u2019œuvre de notre propre destruction comme cela est malheureusement trop souvent arrivé.Je n\u2019entreprendrai pas de récapituler tous les faits de notre histoire politique depuis 1760 à 1887 pour faire ressortir les moyens détournés que l\u2019on a adop- dés pour opérer notre extinction comme peuple.Tantôt on voyait un conseil gouvernant le pays d\u2019une manière arbitraire ; tantôt on entendait la proposition d\u2019un parlement d\u2019où les catholiques seraient exclus ; plus tard Pabolition de la langue française dans les affaires publiques et une foule d\u2019autres propositions tontes aussi iniques dans leurs tendances, aussi mauvaises pour nous dans leurs résultats.Arrivons de suite an grand rêve de l\u2019Angleterre : à l\u2019anglification des Canadiens, à leur perte par une union forcée et désavatageuse avec une population étrangère à sa langue, à ses mœurs, à ses habitudes et qui nous aurait dans sa dépendance.Lord Durham, envoyé-extraordinaire du gouvernement Anglais, pour s\u2019enquérir de la véritable cause des troubles de 1837 et 38 a fait un rapport dans lequel il déclara que s\u2019il avait été Canadien, il se serait révolté contre le gouvernement de la colonie cinquante ans avant 1837.Il recommanda à l\u2019Angleterre de changer sa politique envers nous ; d\u2019unir les deux Canadas ; d'inventer un système de gouvernement dont les apparences seraient populaires et par lequel on donnerait des places aux principaux chefs canadiens ; de faire construire un chemin de fer à travers loutes les colonies anglaises du lac supérieur à Halifax et d\u2019unir ensuite toutes les provinces Britanniques sous un même gouvernement.Par ce moyen, disait-il, vous ferez taire les chefs canadiens et vous noyerez la population française au milieu de la population-anglaise ; elle disparaîtra et tout ira bien.Le rapport de Lord Durham menace de s\u2019accomplir à la lettie.L\u2019union des deux Canadas imposée à notre population malgré sa volonté fortement exprimée et bien connue de l\u2019Angleterre a été faite dans le but de nous perdre et si l\u2019on en juge d\u2019après les fruits qu\u2019elle a déjà portés, nous touchons certainement à l\u2019abîme qui devra nous engloutir.Examinons un instant l\u2019acte d\u2019union et voyons si nous devons aujourd\u2019hui plus qu\u2019il y a dix ans en approuver le contenu, en subir les conséquences, sans protester ou sans en demander le rappel ou des modifications telles qu\u2019elles puissent nous amener à un meilleur état de choses.Le Bas-Canada était sous Peffet de la loi martiale ; sa constitution avait été suspendue ; bon nombre de ses représentants étaient expatriés ; ses revenus étaient votés par l\u2019Angleterre sans son consentement ; un conseil spécial composé presqu\u2019exclusivement de ce notre que population avait d\u2019ennemis les plus acharnés avait été créé par le gouvernement anglais pour nous imposer ses volontés.Le juge en chef actuel, sir James Stuart, qui présidait ce conseil fut chargé de préparer l\u2019acte d\u2019union en 1839.Son projet accordait une représentation basée en grande partie sur le chiffre de la population, mais le Juge Robinson, du Haut-Canada, obtint Un congé de dix-huit mois qu\u2019il employa à intriguer en Angleterre pour faire introduire dans l\u2019acte d\u2019union le système des bourgs pourris et le rendre pire qu\u2019il ne laurait été sans cela.Le conseil spécial accepta la proposition de l\u2019union et pour compléter son infamie, il le fit au nom du peuple du B.-C.Dans le Haut-Canada, la proposition fut acceptée par un parlement élu par la fraude et la force brutale, que lord Durliam dénonça comme vil et sans dignité et dont il prolongea injustement l\u2019existence afin de faire approuver la proposition.L\u2019Angleterre ayant obtenu l\u2019assentiment du fameux conseil spécial dans le B.-C.et de son servile Parlement du H.-C., le parlement anglais passa l\u2019acte d\u2019union qui est la bâse et l\u2019essence de notre système gouvernemental.Les quatre-vingt mille signatures des habitants des districts des Trois-Rivières de Québec, ®nvoyées en Angleterre pour protester énergiquement contre la proposition de l\u2019union n\u2019eurent aucun poids dans la balance.; F\u2019opinion du conseil spécial et la détermination de l\u2019Angleterre l\u2019emportèrent et la province du Bas- Canada violée, mariée malgré son consentement fut livrée au Haut-Canada.Les élections de 1841, les premières élections générales faites sous l\u2019acte d\u2019union, ont laissé dans la mémoire de chacun de ceux qui en ont été témoins des souvenirs qui ne s\u2019effaceront jamais.La corruption, l\u2019intimidation, la violence, tout fut mis en jeu pour assurer au gouvernement une majorité disposée à ratifier l\u2019union inique des deux provinces, le mariage forcé du Haut et du Bas-Canada.On voulait-enfin avoir le consentement du père de la mariée et pour cela, on essaya de le corrompre, de Penivrer ; on lui donna même de forts coups de bâtons pour lui faire signer le contrat, mais le peuple du Bas- Canada refusait toujours obstinément parce qu\u2019il avait la conscience de ses devoirs envers lui- même et sa postérité.La démoralisation produite par les élections à la Sydenham de 1841 a laissé de profondes couches daus la société politique du Canada et dont elie ne se relèvera probablement pas de sitôt.Comment se fait-il done, me direz-vous, qu\u2019après des élections faites sur la question de l\u2019union, pas une seule voix ne se soit fait entendre dans le premier parlement uni pour en demander le rappel ?Ah ! il est pénible d\u2019avoir à l\u2019avouer, c\u2019est que la corruption du gouvernement avait déjà gagné bien des cœurs ci-devant canadiens.L\u2019Angleterre avait inventé le beau et dérisoire gouvernement responsable au bureau colomal.Lord Durham lui avait recommandé de faire partager le pouvoir par les Canadiens et qu\u2019elle les amuserait, les affaiblirait, les détruirait par ce système de bascule qui n\u2019a produit aucun bien, toujours et toujours du mal an Bas-Canada.L\u2019on se rappelle que le district de Montréal n\u2019a pas envoyé une seule requête à l\u2019Angleterre contre la passation de l\u2019acte d\u2019union.Cependant le peuple de ce district était aussi opposé à l\u2019union que partout ailleurs.Mais le mouvement de l\u2019opposition fut\u2019 étouffé par les gros bonnets de Montréal, M.Lafontaine en 1ê- te, qui prévoyait déjà que deux années plus tard il gouvernerait le pays et jouirait d\u2019un patronage sans limite ot capable de détruire les trois quarts des RÉDIGÉ PAR UN COMITÉ DE COLLABORATEURS.plus belles consciences politiques de notre pays.Et voilà pourquoi notre parlement à l\u2019exemple du Parlement Irlandais a accepté l\u2019union tandis que le peuple qu\u2019il représentait la maudissait et la maudit encore.Quels avantages Avez-vous retirés de votre union avec le Haut - Canada ?\u2014 Aucuns.Toujours des avantages pour le Haut-Canada.Rien pour le Bas.Nous n\u2019avions pas de dette publique, nous en avons une qui est énorme pour les ressources du pays.Nous ne payions que peu d\u2019impôts, nous en avons maintenant qui sont exorbitants.Le rapport de lord Durham s\u2019accomplit à la lettre, on nous a unis au Haut-Canada sans nous consulter et malgré nous.On nous a imposé l\u2019entreprise du chemin de fer d\u2019Halifax sans consulter le peuple du pays et prenez y garde! demain on nous imposera l\u2019anion de toutes lez provinces britanniques de l\u2019Amérique du Nord sans que vous sachiez comment ni pourquoi si vous envoyez encore en chambre un représentant prêt à approuver le gouvernement en tout et partout.Oui, le mal qui nous a été fait est grand, irrépa- table peut-être.La condition faite au pays devient de plus en plus mauvaise.Ne sentez-vous pas le mal dans votre pays appauvri, dans votre comté, dans vos paroisses, dans vos propriétés, dans vos familles, dans votre sang et même jusque dans la moëlle des os de vos enfants ?Habitants de Champlain, écoutez la voix d\u2019un des enfans de votre comté : voyez les centaines, les milliers de jeunes canadigns intelligents, actifs, forts et robustes qui émigrent aux Etats-Unis tous les ans.C\u2019est la jeunesse, la sève, la vie de votre vie comme peuple qui s\u2019éloigne de vous pour aller vivre avec plus de liberté, de bonheur et de prospérité que noire pays peut leur en offrir actuellement.Sortez de vos maisons.Empressez-vous de voter pour un représentant qui travaillera pour vous obtenir le rappel de l\u2019union ; le rappel de !a loi qui crée une nouvelle dette pour le chemin de fer d\u2019Halifax, et qui sera prêt à combattre de toutes ses forces contre la proposition de l\u2019union des provinces britanniques.Songez que vous vous le devez à vous-mêmes et à vos descendants ; s1 vous restiez inactifs, l\u2019œuvre de la destruction s\u2019accomplirait, Encore une fois, voyez vos enfans forcés de s\u2019expatrier pour aller à l\u2019étranger chercher de quoi subvenir à leur existence.Il y a ici encore plus de place qu\u2019en Irlande, mais l\u2019espace n\u2019est pas libre, # y a du travail, mais le fardeau est lourd et si nous continuons l\u2019œuvre effectivement commencée depuis dix ans, bientôt, l\u2019on dira de nous : les cana- liens se sout endormis sur le bord du précipive, lésclavage colonial a épuisé lenis forces ; leur population ne présente plus que l\u2019aspect d\u2019un cadavre politique, et quelques années plus tard : les canadiens n\u2019existent plus.Votez pour le rappel de union.Gouvernement Responsable.Notre gouvernement responsable qui ne Pest même pas en théorie et encore bien moius dans la pratique a pour bâse l\u2019acte d\u2019union.Je l\u2019ai dit plus haut, je désire le rappel de l\u2019union, et s\u2019il est impossible de l\u2019obtenir je veux que l\u2019on demande de nombreux amendements à notre constitution, que l\u2019on obtienne en réalité la responsabilité du gouvernement envers le peuple.Parmi ces modifications que je désire voir s\u2019accomplir immédiatement dans notre constitution, 11 y en a de très importantes.Il faut assurer l\u2019indépendance de la chambre.Il faut oter autant que possible au gouvernement les moyens de la corrompre en demandant la \u201c\u2018 Défense par une loi spéciale à tout représentant du peuple d\u2019accepter aucune charge lucrative de la couronne pendant l\u2019exercice de son mandat et un an après son expiration, à moins que cette nomination ne soit ratifiée par l\u2019élection.\u201d\u201d Vous sentez tous que le gouvernement ayant le pouvoir de donner des places, et les représentants étant libres de les accepter, durant l\u2019exercice de leurs mandats, il est arrivé souvent que des représentants ont toujours voté avec le gouvernement et qu\u2019après avoir rempli un rôle servile, le gouvernement les a payés pour leurs votes.Rien moins qu\u2019une loi ou une clause de notre constitution dans le genre de la proposition ci-dessus, ne pourra remédier à ce mal qui menace d\u2019augmenter de jour en jour.La constitution est principalement vicieuse parce qu\u2019elle ne nous accorde pas la faculté d\u2019élire ceux qui doivent nous servir et nous gouverner.Pour ne pas prostituer le mot de responsabilité il nous faudrait des \u201c\u201c Institutions électives dans toule leur plé- nilude \u2014 Gouverneur électif \u2014Conseil Législatif électif \u2014Magistrature élective \u2014 Tous les chefs de bureaux publics électifs.\u201d Les démocrates ont toujours voulu le système électif.Sans cela il n\u2019y a pas de responsabilité réelle.Mais on dit, les employés publics sont responsables au go!iverneur, le gouverneur aux ministres, les ministres à la chambre, la chambre au peuple, donc vous avez le système électif et le véritable gouvernement responsable.Leurre et déception, mensonge et prostitution de la volonté pu- pulaire ! ; S1 vous aviez un employé, un commis qui travaillerait pour vous loin de votre maison ; et que ce commis dirigerait de grands travaux pour vous et qu\u2019il employerait un chef d\u2019atelier, que ce chef aurait un sous-chef dirigeant dix ouvriers ; que ces ouvriers ne vous verraient jamais ou que trés rarement ; qu\u2019ils ne seraient responsables qu\u2019au sous-chef ; que ce dernier le serait au chef ; que le chef le serait au commis et que vous mettriez toute votre confiance dans votre commis qui seul vous serait responsable des travaux qu\u2019il ferait exécuter, pen- sez-vous que les ouvriers pourraient se donner comme vous étant bien directement reponsables ?A qui vous en prendriez-vous pour les fautes d\u2019exécution de vos travaux ?N°est-ce pas que vous poseriez la main sur votre commis, le seul que vous pourriez atteindre ?Il en est de même de votre machine gouvernementale ; plus vous éloignez de vous la responsabilité directe, moins vous avez de contrôle sur vos affaires.Vous pouvez par l\u2019élection atteindre vos commis, vos serviteurs, vos membres de la Cham» bre, mais vous ne pouvez pas aller plus loin.Ceux que vous payez pour vous servir sont vos maîtres ; on dirait leur personne inviolable, car quelque justes que soient vos plaintes contre des officiers publies, quelleque soit la dissatisfaction qu\u2019ils aient donnée au public, le gouvernement a en maintes occasions intérêt À les maintenir en place en dépit de la volonté populaire.La réponse banale du gouvernement aux plaintes bien sou vent fondées, se résume en ces mots: le gouverneur est satisfait de monsieur un tel.Le Conseil Législatif, qui a tant fait de mal au pays autrefois, qui en sait et peut en faire encore lus d\u2019un jour à l\u2019autie, parcequ\u2019il a la tête plus haute que jamais, se composant comme toujours, d\u2019hommes choisis à vie par le gouverneur, d\u2019ordinaire perdus dans l\u2019opinion publique et dont les sept-huitième des membres ne pourraient pas se faire élire par le peuple ; le conseil législatif, dis-je, a encore la faculté de rejeter les lois passées en Chambre, comme il rejeta à plusieurs reprises différentes des lois passées dans l\u2019ancienne Chambre, pour faire instruire la jeunesse du pays.Ce conseil, qui mérita par sa concluite le surnom de vieillards malfuisans, sert le refuge aux rebuts de l\u2019opinion publique ; à des hommes serviles et nuls, par l\u2019esprit et le cœur; à des hommes qui ne représentent rien dans la société, si non des privilèges qui vous ont fait toujours du mal.Ils sont, pourla plus- part, la négation de tout mouvement progressiste dans le Canada.Sous notre prétendu gouvernement responsable, ce conseil a pris de la force ; son nombre s\u2019est augmenté et toutes les administrations, tories comme libérales, s\u2019en sont servis, tour à tour, pour se maintenir au pouvoir, disposer du patronage, démoraliser la société politique et jouir des bénéfices.Sous la pauvre et défunte administration Lafontaine-Bald- win, le Bas-Canada avait quatre ministres dont trois étaient seigneurs et trois dans le Conseil Législatif, MM.Bourret, Taché et Leslie ; un seul était responsable au peuple ! Dans un tems ou tout le peuple demandait l\u2019abolition de la Tenure Seigneuriale, la même administration, placait dans ce conseil, comme pour faire injure à l\u2019opinion publique, trois seigneurs d\u2019un seul coup, entr\u2019autres l\u2019honorable Saveuse DeBeau- jeu, qui n\u2019aurait jamais reçu la centième partie des.voix qui se trouvent dans le comté de Vaudreuil, où il réside et possède deux grandes seigneuries, s\u2019il avait été obligé de se faire élire, tant il y est impopulaire.C\u2019est avec des faits comme ceux-là devant vous, que vous voyez encore des hommes intéressés qui vous disent que nous n\u2019avons rien à envier, que nos institutious politiques sont les plus libres du monde ! Demandons, messigurs, demandons les inatitu- tions électives.Travaillons à obtenir un Conseil Législatif électif ou l\u2019abolition complète du présent conseil qui est une nuisance publique tel qu\u2019il est constitué.La proposition d\u2019un gouverneur électif scandalise les loyaux Canadiens-Français que l\u2019on désigne comme ministériels.Leur grande objection c\u2019est que l\u2019Angleterre ne l\u2019accordera pas, mais n\u2019a-t-elle pas accordée au Nouveau-Branswick, la permission de modifier son conseil l\u2019année dernière ?Et c\u2019est en face de ce fait que l\u2019on nous dit de ne pas le demander.Quant au gouverneur, l\u2019Angleterre n\u2019avait-elle pas accordé à quelques unes des colonies américaines le droit d\u2019élire leurs gouverneurs avant leur révolution ?Demandez et vous obtiendrez.Frappez et l\u2019on vous ouvrira.N°est- ce pas ?La constitution est encore défectueuse parce quelle accorde à vingt membres le droit de faire des lois pour le pays, ce qui l\u2019expose à être gouverné par la minorité.La constitution est vicieuse parce qu\u2019elle donne trop de patronage au gouvernement dans la nomination de tous les officiers publics depuis l\u2019enseigne de milice jusqu\u2019au juge en chef, lequel patronage, outre qu\u2019il est un moyen de corruption, fait perdre un tems précieux aux administrateurs et les engage à descendre dans des intigues indignes, pour .vendre avec le plus d\u2019avantage possible, pour leur popularité, l\u2019immense patronage dont ils disposent.La constitution est défectueuse parce quelle accorde au gouvernement seul l\u2019initiative de toute mesure d\u2019argent, initiative qui lui donne le pouvoir de corrompre et qui rend nul le contrôle des repré- sentans sur le gouvernement.La constitution est défectueuse parcequelle rend nulle la responsabilité des ministres envers le peuple en les exemptant de l\u2019élection et les appelant au conseil législatif lorsqu\u2019ils ont été repoussés par le peuple.La constitution est défectueuse pârce que la réserve de nos lois à la sanction de la métropole, qu\u2019elle lui accorde est un grand obstacle au progrès du pays et que la liberté absolue de législater, malheureusement incompatible avec le régime colonial, ne devrait être eniravée que quand il s\u2019agit de relations avec les nations étrangères.La constitution est défectueuse parce qu\u2019elle ne limite pas le droit qu\u2019a la législature d\u2019endetter le pays sans son consentement et surtout de lier les générations futures ; ce que notre législature a fait pour des sommes énormes et spécialement pour le chemin de fer d\u2019Halifax.Voilà autant de changements qu\u2019il faudrait obtenir au plus vite.Votez pour les institutions électives seul moyen d\u2019avoir un vrai gouvernement responsable.RÉFORME ÉLECTORALE BASÉE SUR LA POPULATION.L\u2019ucte d\u2019union nous a imposé une répartition de représentation que j'ai toujours répudiée.On a donné au Haut-Canada autant de représentans qu\u2019au Bas-Canada quoique sa population fut d\u2019un tiers moindre.On déclarait par là, pratiquement, que deux Haut-Canadiens valaient trois Bas-Canadiens.Les divisions territoriales étaient aussi iniques.On voulait noyer les canadiens en chambre et le résultat invariable des élections depuis dix ans est venu donner gain de gause à cette œuvre diabolique.La chambre se compose de 84 membres.Les origines étrangères à la nôtre ont tout l\u2019avanlage par ce système de représentation.Elles envoyent en chambre en moyenne 56 représentans tandis que les ca- nanadiens qui sont aussi nombreux que toutes les autres n\u2019en envoyent que 28, ou un tiers.Voila, messieurs, comme nous sommes représentés en chambre ! Votre comté qui contient quinze mille âmes ca- nadiennes-françaises n\u2019envoie qu\u2019un représentant en chambre, tandis que le bourg pourri de Sherbrooke avec 92 électeurs qualifiés d\u2019origine étrangère en envoie un.La ville des Trois-Rivières avec ses 4000 âmes, qui a souvent élu un homme d\u2019origine étrangère, envoie un représentent en Parlement ; tandis que le comté de St.-Maurice avec 40,000 âmes n\u2019en envoie aussi qu\u2019un seul.Pour ma part, je veux que les habitans des campagnes soient représentés comme ceux des villes dans le Parlement et je n\u2019accepterai d\u2019autre réforme électorale que celle qui sera basée sur la population.C\u2019est la seule réforme qui puisse satisfaire le pays, la seule réforme équitable et l\u2019unique réforme élèc- torale qui puisse satisfaire un démocrate.Votez pour la réforme électorale basée sur la population.LE SUFFRAGE UNIVERSEL.Je désire cette réforme parcequ\u2019elle est raisonable, qu\u2019elle rétablira l\u2019ordre et Ja morale publique dans .L\u2019Avenir,-28 Novembre 1851.nos élections contestées, surtout dans les villes où bien souvent la violence et la corruption l\u2019emportent sur la volonté du plus grand nombre.Toute qualification territoriale devrait-être abolie pour les électeurs parceque tons les citoyens pauvres ou riches ont le même intérêt à être bien gouvernés et que tous les habitans de ce pays paient des impots indirects pour le soutien du gouvernement.Accordez à chaque citoyen, né ou nathralisé dans le pays, le droit de vote et faites faire les élections au scrutin secrêt, vois verrez de suite disparaître les mauvaises passions et le désordre que créent ceux que l\u2019on prive du droit de voter et qui le prenvent bien souvent par la force brutale.Pour faire sentir l\u2019odieux et le ridicule de toutes ces qualifications territoriales, Franklin disait un jour qu\u2019autrefois un électeur avait le droit de voter quand il était propriétaire d\u2019un cheval ou d\u2019un âne.Une année, un homme propriétaire d\u2019un âne se présente pour voter, son vote est admis.L\u2019année sur- vante il se présente de nouveau, mais son âne étant mort ; on lui dit qu\u2019il ne pouvait plus voter ; il n\u2019était plus qualifié.Franklin se demande avec raison : est-ce l\u2019âne ou l\u2019homme qui avait voté la première année ?L\u2019âne était plus que l\u2019homme alors, comme aujourd\u2019hui l\u2019habit est encore plus que le moine bien souvent, aux yeux de lois exceptionnelles et ridicules.Votez pour la justice, l\u2019égalité, l\u2019humanité: le suffrage universel.ÉLIGIBILITÉ DÉPENDANT DE LA CONFIANCE PUBLIQUE.L'éducation, l\u2019intelligence, l\u2019activité, l\u2019intégrité, et le patriotisme devraient être les seules qualifica- lions exigibles de la part de candidats à quelque charge publique que ce soit et le peuple devrait en être le juge.Votez pour l\u2019éligibilité dépendant de la confiace publique: CONVOCATIONS ET DURÉES DES SESSIONS DU PARLEMENT FIXÉES PAR LA LOI.Les sessions devraient-être fixées par la loi.Le peuple saurait quand il lui faudrait faire parvenir ses demandes, la législation serait plus régulière, moins précipitée et meilleure.La dutée devrait aussi en être limitée car alors on n\u2019aurait pas d\u2019intérêt à traîner les affaires en langueur pour recevoir une meilleure part d\u2019indemnité.Votez pour les convocations et durées des sessions du Parlement fixées par la loi.DÉCENTRALISATION DU POUVOIR.Cette réforme salutaire pourrait s\u2019effectuer avantageusement pour le pays, en accordant aux municipalités ou au peuple directement l\u2019élection de tous les officiers locaux, tels que : officiers de milice, magistrats, régistrateurs, officiers rapporteurs, recenseurs, etc., etc., et en donnant plus de pouvoir aux conseils municipaux.Votez pour la décentralisation du pouvoir.MUNICIPALITÉS DE PAROISSE.Le système municipal est l\u2019une des plus belles institutions des peuples libres.C\u2019est une école d\u2019enseignement politique où le peuple peut puiser des connaissances et apprendre à se gouverner lui- même.Le conseil est en petit pour le comté ce que la chambre d\u2019assemblée est en grand pour le pays.L\u2019un gouverne les affaires de la localité, l\u2019autre administre la politique du pays.Il importe done que le système municipal soit aussi bien organisé que possible et l\u2019expérience a démontré que les mu- tnicipalités de paroisses avec des municipalités de comtés, avec des officiers tous électifs seraient ce qu\u2019il y aurait de plus avantageux pour le Canada.Le peuple des Etats-Unis doit en grande partie son éducation politique à son système municipal.Votez pour les municipalités de paroisses.ÉDUCATION AUSSI RÉPANDUE QUE POSSIBLE.L'éducation, c\u2019est la vie d\u2019un peuple.Un peuple ignorant est un peuple déchu, sa mort politique et sociale ne peut être éloignée.Pour nous surtout, il importe que nous nous iustruisions et que nous fassions instruire nos enfans.Le moyen le plus efficace de maintenir un bon système d\u2019école, de répandre l\u2019éducation d\u2019une manière générale, c\u2019est d\u2019adopter, d'accepter, de faire fonctionner avec toute la facilité possible le mode actuel de procurer de l\u2019éducation aux enfans du peuple.La loi peut avoir des défauts, modifions Jà, mais n\u2019en changeons pas la bâse.Un bon moyen de répandre l\u2019éducation pratique, serait d\u2019engager le gouvernement à sacrifier une légère somme par année pour faire progresser efficacement l\u2019agriculture, toujours négligée dans ce pays par toutes les administrations.Le progrès agricole ne s\u2019accomplira efficacement que par l'établissement de fermes modèles.C\u2019est par l\u2019exemple et la pratique qu\u2019il faut enseigner au peuple le moyen d\u2019obtenir de bons résultats.Votez pour l\u2019éducation aussi répandue que possible et l\u2019établissement de fermes modèles.COLONISATION DES TERRES INCULTES MISES A LA PORTÉE DES CLASSES PAUVRES.Un quart de notre population a laissé le pays pour se fixer aux Etats-Unis.II y a plus de 200,000 ca- nadiens-Français de l\u2019autre côté des lignes qui sont allés respirer un air plus libre, acquérir de la propriété, s\u2019établir sur les terres de l\u2019ouest parce que l\u2019établissement de nos terres incultes est trop difficile.Ils jouissent d\u2019une aisance peu commune en Canada pour des hommes de leur condition, partis sans autres moyens que leur intelligence, leur activité et leur probité.Tandis qu\u2019il part un grand nombre de nos jeunes compatriotes parce qu\u2019ils ne peuvent s\u2019établir avantageusement ici, le gonverne- ment de notre pays fait passer une loi pour importer, du premier coup, 500 pensionnaires militaires qui recevront après quatre années de service, comme hommes de police, chacun 50 acres des terres du pays pour rien.Nous n\u2019avons pas de terres, ou plutôt il y a de grands obstacles à surmonter pour former de nouveaux établissements.Au lieu d\u2019appla- nir ces difficultés en appliquant une certaine partie de ces terres à ouveiture de routes publiques et avantageuses, on en gaspille une partie pour en faire présent à des pensionnaires militaires cle l\u2019Angleterre.Bon nombre de Canadiens qui ont versé leur sang pour elle en 1812 et pour l\u2019insigne faveur de demeurer colons et esclaves d\u2019un pouvoir étranger, n\u2019ont pu obtenir la récompense non seulement due, mais promise pour leurs services, Rien ne doit être négligé pour faciliter l\u2019établissement des Townships aussi bien que des seigneuries qui ne le sont pas encore entièrement.Votez pour la colonisation des terres incultes mises à la portée des classes pauvres.LIBRE NAVIGATION DU ST.-LAURENT.Tout semble contrarié dans notre pays.La nature elle-méme est violée dans son cours ordinaire.On la force à prendre une voie détournée ; on la violente pour rendre notre condition moins désirable.Si le St.-Laurent, dont les eaux sont libres et qu\u2019aucun pouvoir ne saurait arrêter dans sa course, sans causer une catastrophe, n\u2019avait pas été détruit pour nous comme fleuve navigable, par toutes les restrictions àrbitraires imposées aux vaisseaux étrangers, jamais les Américains n\u2019auraient songé à creuser à côté de ce fleuve immense, une rivière artificielle, rn Canal giganiesque par sa longueur et qui rapporte à l\u2019Etat de New-York des revenus assez considérables pour le mettre en état de payer sa dette publique dans un court espace de tems.Sila navigation du fleuve St.-Laurent eut été libre, jamais le Canal Erié n\u2019aurait été confectionné, notre tleuve aurait été la voie directe, naturélle de tout le grand commerce de l\u2019ouest, nos canaux au lieu de nous être à charge, rapporteraient de grands profits et les nombreux petils vaisseaux des navigateurs de votre comté se seraient multipliés et auraient été vc- cupés continuellement pendant la saison navigable.Votez pour la libre navigation du St-Laurent.LIBRE CIRCULATION DES JOURNAUX.La réforme postale que nous avons obtenue nous met en droit d\u2019espérer davantage maintenant que l\u2019administration des postes est sous notre contrôle.Il faut demander la libre circulation des journaux comme moyen de répandre l\u2019éducation et les connaissances utiles.La libre circulation des gazettes diminuera bien peu les revenus des postes et en augmentera la circulation.Plus il se lira de journaux dans les campagnes, plus on sentira le besoin de correspondre, d\u2019écrire des leitres.Une lettre paie six sous tandis qu\u2019un journal n\u2019en paie qu\u2019un seul et je suis convaineu que l\u2019angmentation des lettres en conséquence de la plus grande circulation des journaux, rembourserait bientôt le département des postes de le perte des frais de port sur les journaux.Aux Etats-Unis, un journal circule librement dans tous les environs du lieu de sa publication, à une distance de dix lieues.Le peuple y est instruit, connait ses droits et sait les revendiquer.Votez pour la libre circulation des journaux.RÉFORME DE LA JUDICATURE.\u2014DÉCENTRA- LISATION JUDICIAIRE.\u2014CODIFICATION DES LOIS.La judicature à besoin d\u2019être réformée dans ce pays, car chacun de vous le sait, quand il s\u2019élève une difficulté entre deux individus, elle est bien souvent le signal de la ruine de l\u2019un d\u2019eux et quelquefois des deux familles dont le procès est en litige devant les tribunaux.Pour rendre la justice facile à obtenir, il faudrait décentraliser les pouvoirs judiciaires de nos tribunaux.Dans le Bas- Canada, 1l vous faut aller à la ville, parcourir une grande distance pour arriver À ce que l\u2019on appelle la justice, et les frais en sont ruineux.Nos lois sont un dédale que personne ne peut comprendre, pas même les avocats et encore moins ceux qui les font, parceque l\u2019on a adopté cette manie de faire des bills, des lois exceptionnelles, des lois pour tous les individus qui en veulent et finalement pour personne, au détriment du plus grand nombre.Un représentant écrivait dernièrement à l\u2019un des premiers avocats de Montréal pour lui demander une opinion sur une de nos lois.L\u2019avocat après avoir étudié pendant plusieurs jours le sens de la loi, ne pouvant en arriver à une opinion arrêtée, finit par écrire à son client pour lui dire ce qu\u2019il en pensait.\u201c\u2018 Monsieur, lui dit-il, vous êtes représentant et vous étiez en chambre lors de la passation de cette loi.Si vous voulez me dire ce que vous avez voulu cire par telle et telle clauses, je vous dirai ce que veut dire la loi et vous aurez mon opinion.\u201d Voilà messieurs où nous en sommes rendus.Voulez-vous que la justice coûte moins cher et que vos lois soient moins obscures, plus à la portée du peuple?Votez pour la réforme de la judicature, la décentralisation judiciaire et la codification des lois.INDEMNITÉ AUX JURÉS.Vous avez été appelés à servir comme jurés bien des fois.Bon nombre d\u2019entre vous, se trouvent à dix et douze lieues du lieu où siège la cour.Il vous est arrivé d\u2019être retenus dans la ville des Trois-Ri- vières pendaüt plusieurs jours et de faire un long voyage pour vous y rendre et en revenir afin d\u2019accomplir votre devoir de jurés.Ne vous est-il jamais arrivé de vous demander à vous même pourquoi vous ne receviez pas d\u2019indemnité pour vous rembourser des dépenses que vous êtiez obligés d\u2019encourir en vous acquittant de cette charge publique ?Le juge qui vous fait un discours est payé pour le faire.L'avocat qui accuse et celui qui défend sont tous deux payés pour le faire.Le greffier qui appelle les causes est payé pour le faire.Le shérif qui vous somme au nom de la reine de vous rendre à la cour, est payé pour le faire.Le crieur qui appelle les témoins, est payé pour le faire.L\u2019interprête qui traduit les témoignages est payé pour le faire.Le baillif qui distribue les ssmma- tions est payé pour le faire.Le copiste qui écrit ea votre présence est payé pour le faire.Celui qui balaye la cour, épouste les dossiers, ferme les poites est payé pour le faire.En un mot tous ceux que vous voyez dans les tribunaux sont payés.Iln\u2019ya que le malheureux juré qui, quelquefois vient de bien loin, laisse les travaux dé ses champs, perd un temps précieux s\u2019en retourne saus recevoir un seul sou pour ses services, sans même être remhoursé des dépenses les plus urgentes qu\u2019il est obligé d\u2019encourir pour ne pas subir une peine sévère.Les membres de 1a chambre, qui n\u2019ont pas encore trouvé moyen de faire indemniser les jurés, 1\u2019ont jamais manqué de se voter au moins quatre piastres par jour et trois chelius de la lieue pour s\u2019indemniser,(lisent-ils,des déboursés qu\u2019ils sont obligés d\u2019en- cotirir en allant au Parlement vous représenter.Si vos représentans ne s\u2019élaient voté que deux piastres d\u2019indemnité par jour, au lieu de quatre, ils auraieut épargné une somme d\u2019aumoins $16,800 pour la dernière session, ce qui aurait été plus que suffisant pour indemniser tous les jurés du Canada.Puisque vos représentants trouvent tonjours moyen de s\u2019indemniser ; de donner les terres aux pensionnaires militaires de l\u2019Angleterre ; d\u2019augmenter la dette publique et les impots pour des entreprises folles et ruineuses, forcez les donc à voter, et votez vous-mêmes ponr l\u2019indemnité aux jurés.ADMINISTRATION DU GOUVERNEMENT MOINS DISPENDIEUSE QU\u2019AUJOURD\u2019HUI.\u2014 REDUCTION DES SALAIRES DANS LES BRANCHES DU SERVICE PUBLIC, ET DU NOMBRE DES EMPLOYES.Les dépenses du gouvernement sont exorbitantes pour un pays pauvre comme l\u2019est le Canada.Les salaires des principaux officiers publies sont disproportionnés aux ressources d\u2019une colonie dont toutes les valeurs sont en souffrance.Le nombre des employés publics est tellement considérable que l\u2019on pourrait en former une armée régulière, formidable au besoin.Dans un article rédigé avec soin, l\u2019Avenir a fait voir en 1849 qn\u2019elles étaient les dépenses du gouvernement pendant l\u2019année aussi bien que le nombre des employés publics salariés diree- tement par le gouvernement.Je n°a1 pas le temps de faire le même travail pour l\u2019année conrante, mais je reproduis ici le tableau fait alors et qui vous dontiera une idée des dépenses et de l\u2019armée de salariés qui s\u2019engraissent À même vos impôts et dont la plupart sont si violents dans leur opposition à tout changement politique quelconque.Les dépenses et le nombre cles employés sont encore plus considérables cette année qu\u2019ils ne l\u2019étaient en 1848.TABLEAU DE LA LISTE CIVILE DU CANADA, Département.Dépenses.Nombre des salariés.Exécutif, £24,271 Edifices publics, 15,240 6 Bureaux des Procureurs et solliciteurs généreaux, 700 1 Bureau du secrétariat Provincial, 3,507 19 -.Bureaux des receveurs et inspecteurs généraux, 3,692 16 Perception des douanes, 34,000 306 Perception de l\u2019accise 3,430 20 Bureau du régistrateur provincial et du greffier en chancellerie, 1,383 6 # Adjudant des milices 2,020 7 \u201c de immigration 752 1 Pensionnaires, 5,257 60 Bureau de l\u2019éducation 1,775 6 Administration de la justice, 54,000 147 Imprimerie de la reine, 6,261 2 Commissions, 992 8 Bureau du Géologue Provincial, 2,160 3 Travaux Publics, 52,020 400 Terres Publiques, 29,121 83 Législature, 25,654 30 Totaux, £265,905 1150 Ce tableau grossit tous les ans.Les pensionnaires pour un exemple avalent £9,965, cette année au lieu de £5,257 qu\u2019ils recevaient en 1848.Et les commissions donc! elles se sont multipliées depuis quatre ans.Le nombre des employés salariés est d\u2019environ 1500 actuellement si vous ajoutez aux 1150 du tableau ci-dessus les 42 recenseurs, 36-régistrateurs, les arbitres, arpenteurs employés à arpenter les terres incultes etc.etc.Quelle jolie carte à payer n\u2019est-ce pas que celle que nous coûte seulement les dépenses nécessaires pour le service public, bagatelle de $1,063,620! Petite armée de 1500 salariés publics ! Il faudrait entrer dans de longs détails pour faire ressortir ici la disproportion qui existe entre les salaires de nos premiers officiers publics et de ceux des Etats-Unis dont les habitans sont généralément beaucoup plus riches que nous.Mais un exemple ou deux suffiront.Le gouverneur du Canada préside au gouvernement d\u2019une population d\u2019environ 1,500,000 âmes ; il nous est envoyé par l\u2019Angleterre et nous n\u2019avons aucun contrôle sur sa nomination ou ses actes.Son salaire est de £31,108 par année.Le président des Etats-Unis qui est élu par le peuple tous les quatre ans et responsable de ses actes ne reçoit que 825,000 par année, c\u2019est-à-dire $6,108 de moins que notre gouverneur ; cependant il préside trente deux Etats différents qui contiennent une population de près de 25,000,000 d\u2019habitants.Pour être plus juste dans la comparaisun fesons, la entre deux officiers publics occupant la même position.Prenons les salaires des gouverneurs de l\u2019Etat de New- York et du Canada.Notre population est de 1,500,000 ames et nous payons un salaire de $31,108 à notre gouverneur.La population de l\u2019Etat de New-York est de 3,000,000 d\u2019âmes et elle ne paye que $4,000 de salaire à son gouverneur.Dans la proportion de la population, nous payons près de seize fois autant pour noire gouverneur que les habitans de New-York paient pour le leur.Unie disproportion à peu près semblable existe dans les salaires de tous les principaux officiers publics des deux Etats.La somme de $1,063,620 est bien considérable pour les dépenses énumérées plus haut mais n\u2019allez pas croire que c\u2019est tout ce qu\u2019il nous faut payer au gouvernement.N\u2019y a-t-il pas l\u2019intérêt déjà énorme de la dette publique et mille autre choses encore ?Cette année nous allons payer plus de £808,000 d\u2019impots au gouvernement et cela suffira à peine pour rencontrer ses besoins.Cette somme énoI- me de $3,200,000 d\u2019impots indirects fait plus de deux piastres et trente sous par tête, homme, femme et enfant que nous payons au gouvernement annuellement sans presque nous en appercevoir parce que neus ne payons pas cette taxe d\u2019une manière directe.Nous ne la payons cependant pas moins.Réduisons les dépenses, les salaires, le nombre des employés du gouvernement et nous payerons moins d\u2019impots, nous acheterons nos marchandises à meilleur marché, nous vivrons dans une plus grande ai sance.Votez pour la réduction des salaires duns toutes les branches du service public, et du nombre des employés.: LIBERTE DES ECHANGES AUSSI ENTIERE QUE POSSIBLE.Toutes les dépenses faites par le gouvernement sont payées par le peuple au moyen de taxes indirectes sur toutes les marchandises importées dans le pays.Plus les dépenses sont grandes, plus lesimpots sont considérables.Lorsqu\u2019un gouvernement angmente ses dépenses, il faut qu\u2019il augmente ses impots ou ses revenus.Eh bien! quand nous n\u2019avions pas de dette publique, quand les dépenses étaient moins considérables qu\u2019aujourd\u2019hui, les taxes indirectes étaient peu élevées.Il y à dix ans nous payions 2} pour cent sur la valeur des marchandises, cette année nous payons 144 pour cent en conséquence de l\u2019augmentation de l\u2019intérêt de la dette publique et des dépenses du gouvernement.En 1850, nos importations de marchandises se sont élevées à la somme de £4,245,517 et les impots indirects que le peuple a payés sur ces marchandises se sont élevés à Pénorme somme de £615,645 ou à près de 144 pour cent sur leur valeur.Voici un petit tableau indiquant ce que le peuple canadien a payé d\u2019impots sur les articles suivants dont la pluspart sont de première nécessité :\u2014 Café, vert et autres,.£ 5,706 1 9 111 1 = PR RE 87,946 18 9 Mélasses,.00.\u2026.vers 11,853 14 0 Thés,.FR een.43897 13 5 Sel, ci ee .6,464 13 9 Epices,.Cee meen se.3,604 3 0 Fruits, verts,.RARE FN 1.635 14 3 \u201c SECSY 100.00 000 sans ves 6513 0 9 Marchandises de coton,.113,364 10 1 \u2018 de laine,.68543 1 3 \u201c de soie,.\u2026.17,368 15 7 \u201c de toile,.\u2026.8570 7 5 Fer et quincaillevie,.\u2026.41,282 13 1 Verrerie,.2,607 17 11 Cuir, tané,.4,410 3 4 Huile,.- 4,972 9 1 Papier.esse s sue 2,512 11 5 Tabac de toutes sortes,e.27,552 4 7 Spiritueux, vins, eau de vie, ete.50,315 13 4 Total des impots sur cesarticles,.£509,922 5 8 Diminuons nos dépenses, n\u2019angmentons pas la dette publique et nous serons en état de réduire les impots.Le peuple pourra vivre avec plus d\u2019aisance.Votez pour la liberté des échanges aussi entière que possible.ABOLITION DE LA TENURE SEIGNEURIALE.Le systême de la tenure seigneuriale qui a pu convenir dans les premierstems de l\u2019établissement du pays, ne peut plus vous convenir maintenant.C\u2019est un système dexeru odieux à notre population parce qu\u2019il paralyse tout esprit d'entreprise, de progrès et de liberté.Il énerve, avilit le censitaire en l\u2019appauvrissant.Il faut en finir avec un système devenu dangereux pour nos libertés et nos fortunes.On doit de suite rendre exécutoire l\u2019ancien droit seigneurial du pays, réduire les rentes au taux légal, forcer les seigneurs à concéder les terres encore incultes.On doit d\u2019un même coup abolirles droits seigneuriaux et n\u2019accorder d\u2019indemnité aux seigneurs que pour la rente et les lods et ventes tel que des milliers de censitaires l\u2019ont demandé à la législature dans sa dernière session.Point d\u2019indemnité pour la banalité même car si les moulins sont bons les censitaires n\u2019auront pas d\u2019intérét à porter leur grain ailleurs.Si les moulins sont mauvais, je ne reconnais à nul seigneur le droit de gater le grain de son censitaire en lui donnant de la mauvaise farine.Ce que jai fait en commun avec bon nombre de mes amis sur cette question depuis deux ans, est un sir garant de ce que je pourrai faire par la suite.Votez pour l\u2019abolition de la tenure seigneuriale.ABOLITION DES PENSIONS PAR L\u2019ÉTAT.Le peuple de ce pays a payé près de $40,000 de pensions cette année à des personnes retirées du service public.Ce système est mauvais en lui-même partout, mais surtout ici, où nos officiers publics sont trop grassement payés quand il sont de service pour qu\u2019ils soient à charge au public une fois qu\u2019ils ne peuvent plus accomplir les devoirs de leurs charges.Des juges qui reçoivent £500, £750, £1250 et 1600 par année n\u2019ont pas besoin de pension quand ils se retirent de leur charge après en avoir empoché les salaires pendant de longues années.Les pensions fixes par l\u2019état devraient-être abolies complètement.Vous avez assez de peine à payer une pension à vos vieux pères sur leurs vieux jours sans avoir à en payer à des employés publics qui se sont bien souvent enrichis à vos dépens.Votez pour l\u2019abolition des pensions par l\u2019état.ABOLITION DES PRIVILEGES DES AVOCATS.Je n\u2019aime pas les priviléges et je crois que ce serait une bonne œuvre que celle d\u2019abolir les privilèges dont jouissent les avocats dans ce pays.La procédure est entourée de tant de prestige, de formalités, d\u2019embarras dans nos tribunaux qu\u2019il n\u2019y a que les avocats qui puissent l\u2019aborder.Un homme ne peut pas confesser jugement, déclarer qu\u2019il duit la somine qu\u2019on lui demande sans qu\u2019il lui faille employer l\u2019intermédiaire d\u2019un avocat.Dans la Nouvelle- Ecosse, dans l\u2019Etat le New-York, et plusieurs autres, pays les avocats n\u2019ont plus de priviléges.Chaque.citoyen est libre de paraître en cour pour son propre compte ou le compte de son voisin, ou «l\u2019employer un avocat quand il le juge convenable.Les choses n\u2019en sont que mieux.Votez pour l\u2019abolition des privilèges des avocats.ABOLITION DES RÉSERVES DU CLERGÉ.Jusqu\u2019à tout dernièrement encore les terres publiques du Canada étaient distribuées avec profusion à des êtres privilégiés qui s\u2019enrichissaient en spéculaut sur les colons qui étaient assez entreprenants pour s\u2019enfoncer dans la forêt et lutter contre tous les désavantages possibles afin de fonder de nouveaux établissements.Parmi ceux des privilégiés qui ont eu la plus grande part dans ce gaspillage affreux, fait au grand détriment du surplus de notre population, se trouve une classe d\u2019hommes qui n\u2019a jamais rendu de services aux canadiens-farnçais et qui au contraire avait des intérêts diamétralement opposés aux notres sous tous les rapports sociaux, politiques, nationaux et religieux.Je veux parler du clergé protestant qui a reçu uu septième de toutes les terres publiques arpentées depuis 1791 à 1841 dans ce pays afin de supporter Péglise anglicane ou l\u2019église de l\u2019Etat.I] reste encore une somme considérable entre les mains du gouvernement, provenant de ces biens et je suis d\u2019opinion qu\u2019il faudrait restituer au peuple le produit des ventes de ces terres pour l\u2019éducation de ses enfans.Non seulement vous avez soutenu le clergé protestant du pays par un septième de vos terres publiques pendant 75 ans, mais on vous a volé une grande partie des biens des jésuites pour lui venir en aide; biens qui, d\u2019aprés leur destination primitive et l\u2019usage qui en était fait avant la cession du pays, n\u2019auraient jamais dû être employés à autre chose qu\u2019à l\u2019éducation de la jeunesse canadienne.L\u2019Angleterre s\u2019empara des propriétés des jésuites en 1763 et de cette époque à venir à l\u2019année 1800, il n\u2019y a pas un homme vivant actuellement qui soit capable de dire quel usage on a fait des revenus de propriétés dont la valeur s\u2019élève de $2,000,000 à $3,000,000.D\u2019après les revenus que ces propriétés ont donnés à des époques différentes avant 1800, on est en droit de supposer qu\u2019aumoins $220,705 sont passées entre les mains du gouvernement et ont été employées dans un but encore inconnu.Les revenus entiers de 37 années ont été engloutis d\u2019une manière secrête.De 1800 à 1832, temps auquel la chambre a obtenue le contrôle et l\u2019administration de ces propriétés, les recettes totales se sont élevées à la somme de $198,335 et les dépenses à $190,977, laissant une balance de $7,358.Tous ces revenus ont été employés pour le maintient d\u2019écoles anglaises dans le Haut-Canada comme dans le Bas-Cana- da et pour la construction d\u2019églises protestantes dans le pays.Pendant 37 ans, on à enlevé ces revenus sans même dire à quoi on les avait destinés; pendant 31 ans ensuite on les employa entièrement pour favoriser l\u2019anglification des Canadiens et le protestantisme dans le pays.Voici une liste des églises protestantes qui ont été construites en partie à même le fonds des biens des Jésuites : En 1818, pour Péglise St.-André à Québec.$26,060 En 1820, église protestante épiscopale d\u2019Am- bigny,.PP 400 Même année, église protestante de Sorel,.800 Mère année, église protestante Montréal.4,000 En 1821.église protestante de Chambly,.800 Même année, église protestante de Sorel, 400 Même année, église St.-André de Québec,.1,121 En 1822, même église,.\u2026.\u2026.61 En 1823, même église.600 Même année, église protestante des 3 Rivières 800 En 1824, église épiscopale de Québec,.600 Même année, église protestante de Nicolet, 400 Même année, église protestante de Hull.400 En 1826, même église,.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.600 Total.0aessse scan ne s\u2026cccusau0.0s $38,042 À quoi il faut ajouter pour chapelins ou ministres du culte, .\u2026.\u2026\u2026\u2026.eceun canon 0 0005 4,349 Grand total pour le protestantisme,.$42,391 Je pourrais entrer dans bien d\u2019autres détails pour vous faire voir jusqu\u2019à quel point on a gaspillé les revenus.Pendant 68 ans, on les a dépensés contre notre intérêt et à l\u2019heure qu\u2019il est même, Censitaires des seigneuries de Batiscan et du Cap de la Magdeleine, vous n\u2019avez pas un moulin convenable pour faire moudre votre grain, cependant ce sont vos sueurs et les sueurs de vos enfans qui produisent une partie (les revenus des bien des Jéuites par les rentes et lods et ventes que vous payez au gouvernement.Il est temps que vous obteniez des améliorations dans vos seigneuries et que les terres non concédées le soient immédiatement.Les deux seigneuries du gouvernement dans votre comté ne sont pas encore à moitié habitées.Les revenus sont retirés hors du comté et jamais on y en applique une petite partie pour améliorer ou faire prospérer vos localités.Depuis 1832, ces revenus ont été un peu moins mal distribués, les Canadiens en recoivent maintenant une part ; pour vous, vous devez exiger que l\u2019on en applique une partie pour vous donner de bons moulins et les moyens d\u2019ouvrir de nouvelles terres dans ces seigneuries en y pratiquant des chemins.Un septième «les terres publiques, tous les revenus des biens des Jésuites gaspillés pour propager le protestantisme au détriment de votre éducation et de celle de vos enfants, voilà ce qui a eu lieu pendant près de trois quarts de sciècle, en Canada.Jai amené la question des biens des Jésuites, sous ce chapitre, pour mieux vous faire sentir le mal qu\u2019il y ad\u2019avoir un clergé uni au gouvernement, payé par lui et dans sa dépendance.Il est tems que l\u2019on restitue au peuple les biens qui lui ont été arrachés pour les employer à des fins exceptionuelles et contrairement a ses véritables intérêts.Votez pour l\u2019abolition des réserves du clergé et Papplica- tion entière des revenus des biens des Jésuites à favoriser l\u2019éducation ou les améliorations publiques dans les seigneuries du Bas-Canada.ABOLITION DU SYSTEME DES DIMES.Le sujet que j\u2019aborde est propre à soulever bien des préjugés, bien des passions, bien des intérêts contre tous ceux qui pensent comme moi sur ceite question.Cependant je l\u2019aLborde avec le même sans gêne que j'ai abordé toutes les autres questions, car ici je ne fais pas appel aux préjugés mais je m\u2019adresse au sens commun de chacun de vous.Je vousdemande d\u2019envisager la chose avec sang froid et de me dire ce que vous en pensez.Il existe une loi qui force les cultivateurs seuls à payer la dîme pour le soutient du clergé, tandis que toutes personnes qui ne cultivent pas la terre ne sont pas tenues de payer un seul sou pour le même objet.Dans les premiers temps de l\u2019établissement du pays le systéme de la dîme n\u2019était pas injuste envers aucune classe de la société car tout les habitans du pays cultivaient le sol et récoltaient du grain.Bientôt après, il s\u2019est formé des forts, des villages, des viiles et tous les habi- tans de ces localités qui sont occupés à différentes industries ou professions se sont trouvés, par le seul fait qu\u2019ils ne cultivent point, déchargés de contribuer au soutient du clergé.Je pourrais citer un grand nombre de villes et de villages, dans le district de Montréal surtout, qui contiennent un bien plus grand nombre d\u2019ha- bitans que les paroisses dans lesquelles ils se trou- L\u2019Avenir,-2S Novembre 1851.vent situés et qui ne contribuent en rien au sou-! tient des curés de leurs paroisses.\u201c La ville de St.Hyacinthe contient environ 550 familles qui ne paient pas de dimes parce quelles ne cultivent point: La parroisse contient environ 350 familles de cultivateurs qui sont obligées pas la loi de payer la dime au curé, Les 550 familles de la ville ne sont pas obligées de payer la dime et elles recoivent beaucoup plus de services: de Ia part du curé, que les 350 familles de eultivateurs qui sont dispersées das toute la parvisse et loin de l\u2019église et du curé.Dans ce cas comme dans bien d\u2019autres, les 350 familles qui donnent réellement moins de troubles i et de travail au curé et qui ne forment qu\u2019un peu plus d\u2019un tiers de la paroi-se, sont obligées de payer la dime et pour elles et pour les 550 familles de la ville.N\u2019esi-ce pas une injustice criante envers les cultivatetirs?La ville de Montréal contient 30,000 catho!i-\u2018 ques qui ne sont pas tenus de payer un seul sou pour le curé de la paroisse et ses vicaires, tandis qu\u2019il y a environ trois cents cultivateurs, dans la paroisse de Montréal, qui eux sont obligés de payer la dime parce qu\u2019ils ont le malheur d\u2019être des cultivateurs et de travailler plus qu\u2019aucune autre classe de la société.La répartition de Pimpot des dimes pour soutenir le clergé est donc injuste parce quelle ne pése pas sur toutes les classes de notre population.C\u2019est toujours sur les cultivateurs que retombe le fardeau des impots et des servitudes dans ce pays.La différence que je signale ici existe dans un grand nombre de localités el l\u2019injustice, vis-à-vis des habitans, tend à augmenter de jour en jour.Comptez quelques uns des villages qui ne paient pas de dîmes et vous verrez que je n\u2019ai pas tort d\u2019appeler votre attention sur ce aujet.Sorel, St.- Ours, St.-Charles, Chambly, Ste.-Marie, St.- Athanase, St-Jean, Napierville, Laprairie, St.- Rémi, Longueuil, Lachine, St.-Eustache, Ste.- \u2018Thérèse, Terrebonne, l\u2019Assomption, Industrie, Berthier, Kamouraska, Boucherville, Varennes, Verchères, St.-Thomas, St.-Michel Bellechasse, Ste.-Anne et une foule d\u2019autres sont autant de villages qui me viennent à l\u2019idée spontanément et dont les nombreuses familles ne paient poin la dime.sont encore là pour appuyer ce que j\u2019avance.Voyez ce qui se passe dans vos campagnes.Vous érigez une parroisse nouvelle, les habitants batissent l\u2019église, le presbytère, la maison d\u2019école etc.etc.Le lendemain il arrive un docteur, un notaire, un marchand, un avocat, un menuisier et plusieurs autres industriels pour se grouper autour l\u2019église et former un village.Les cultivateurs font vivre toutes ces familles dans l\u2019abondance par l\u2019emploi qu\u2019ils leur fournissent.Ces familles ont toujours mangé et mangent encore du pain blanc.Les cultivateurs ont pendant longtemps mangé du pain de blé de sarazin et pourraient bien en manger encore si le blé venait à manquer comme cela est déjà arrivé.Les bancs de l\u2019église se vendent et qu\u2019arrive-t-il?Les docteurs, marchands, notaires etc.etc.du village qui n\u2019ont rien payé pour faire construire l\u2019église et qui ne paient pas la dîme achètent les plus beaux bancs, et grand nombre de ceux qui ont fait de grands sacrifices pour donner : \u2014=\u2014=2=Fune belle église à leur paroisse sont obligés de se mettre dans la grande allée, n\u2019ayant pas les moyens de lutter avec ces messieurs qui n\u2019ont rien auire chose à payer que leurs bancs.N'est-ce pas là ce qui est arrivé et ce qui arrive tous les jours?Répondez franchement.Eh = bien ! moi pour un je voudrais que tous les citoy- \u201cens, fussent également tenus, d\u2019après la loi, de contribuer au soutient de leur clergé.Point de distinction en faveur d'une classe ou d'une autre.L\u2019agitation de cette question peut me faire tort aux yeux d\u2019un grand nombre d\u2019entre vous peut-être ; l\u2019on ne manquera pas de m\u2019accuser à ce sujet comme on l\u2019a déjà fait parce que j'ai eu le courage de publier le premier journal canadien qui se soit occupé activement de cette question.Ceux qui redoutent un changement de contribution sous ce rapport n\u2019ont pas besoin de craindre, car il y aura peu d'hommes assez indépendants dans le prochain parlement pour se prononcer ouvertement sur cette question.Elle se trouve dans le programme de mon journal et je ne la laisse pas de côté car je ne veux point qu\u2019il soit dit que j'ai reculé devant un seul des articles de ce programme qui est la condensation de ma profession de foi politique.Je crois que vous admettrez tous qu\u2019une loi quelconque, qui force une partie des citoyens à payer une contribution élevée, landis quelle en exempte un grand nombre d\u2019autres, est une loi injuste et que lorsque une loi n\u2019est pas basée sur la justice envers tous les citoyens, il doit y avoir moyen de la réformer, de l\u2019abroger pour lui en substituer une autre plus en harmonie avec les besoins de la population et le droit de l\u2019équité.Ce que je suggère n\u2019est rien de nouveau, vous savez tous qu\u2019il y a eu un temps ou les habitants du pays payaient un treizième de leur produit et qu\u2019actuellement vous n\u2019êtes tenus que de payer le vingt-sixiéme.Si toutes les familles des villes et villages payaient leur quôte-pari, la dime pourrait encore être réduite et vous n\u2019en seriez que mieux.- Si vous demandez une réforme du systême actuel, il faudra encore réformer demain votre réforme d\u2019aujourd'hui ; il vaut mieux en venir au but directement et voter pour l\u2019abolition des dîmes pour leur substituer un mode par lequel tout le monde contribuera,et justice sera rendue aux cultivateurs.La dime ne sera peut-être pas abolie ni réformée dans le prochain parlement, mais il est temps d\u2019enagiter la question.Votez pour l\u2019abolition du systéme des dimes.RAPPEL DE LA LOI DU CHEMIN DE FER D\u2019HALIFAX.La proposition de faire construire un chemin de fer d\u2019Halifax à Hamilton, distance de près de 500 lieues à même le crédit de chacun des habitants du pays, est une proposition si extravagante pour une pauvre colonie comme le Canada qu\u2019il faut y regarder à deux fois avant que de l\u2019accepter.Dans la dernière session du parlement nos représentants ont voté une somme de $16,000,000 pour faire commencer la partie qui se trouve entre Halifax et Québec.Vos représentants savaient que, \u2018 Les villes des Trois-Rivières et de Québec |.sous peu de semaines, ils seraient appelés à rendre {compte de leurs mandats respectifs et que ce serait \u2018une occasion favorable de vous consulter quant à la confection de ce chemin.Ils savaient aussi, ou devaient savoir que la dette publique est déjà considérable et que le peuple ne serait peut-être pas disposé à l\u2019augmenter de suite du double, sans pourvoir jau moyen de payer ce qu\u2019il devait déjà.Cependant, ils ont préféré ne pas remettre au prochain par- | lement la solution de cette question ; ils ont préféré \u201cne pas attendre les élections générales pour connai- tre l\u2019opinion de leurs constituants sur une entreprise d\u2019ane aus-
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