Bulletin de liaison /, 1 février 1967, Février
[" ES oo _ \u2014 \u2014 BULLETIN DE LIAISON DE LA SOCIETE DES PROFESSEURS D'HISTOIRE numéro 19 (février 1967) \u2014 \u2014\u2014; en ems 2 \u2014s == Documentation pour l'enseignement secondaire (Antiquité et Moyen âge) : lére partie .+ +.1 Analyse de quelques films historiques canadiens .+ + + + + + + + + + » 9 6 Le rôle du clergé québécois au 19e siècle .2.4 24 4 4 2 4 4 4 4 4 4 4 4e 0 9 Candeurs noires .+ + + + + + + + « cee eee ee ee ee ee eee eee 1d Varia cv 0 0 0 ve a ee ee ee ee ee ee ee ee ee ee eee.8,10, 12 Le Bulletin paraît 4 fois l'an: en octobre, décembre, février et avril.La cotisation de membre de la Société, fixée à cinq dollars (étudiant: un dollar) donne droit au Bulletin et autres publications historiques.Adresser toute correspondance à : La Société des Professeurs d'histoire du Québec Case postale 2 (Haute-ville) Québec Le Les articles signés n'engagent que leurs auteurs.Fondée le 20 octobre 1962, la Société des Professeurs d'histoire groupe les enseignants à tous les niveaux.En septembre 1966, elle est devenue la Société des Professeurs d'histoire du Québec (SPHQ), et deux sections ont été fondées: Québec et Montréal.Le Bureau de direction se compose comme suit: Président : Konrad Fillion, Québec Vice-président: Georges-Emile Giguere, s.j., Montréal Sec.-trésorier: Jean-Yves Gravel, Québec Michel Allard, Montréal Délégués , Margot S.Bourque, Montréal régionaux * Jules Martel, s.c., Québec Pierre Savoie, Montréal DOCUMENTATION POUR L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE (Antiquité et Moyen âge) On trouvera ici la première partie d'une liste d'ouvrages et de moyens audiovisuels destinée au professeur qui enseigne en Ge et 9e années (ou en classe de méthode).Cet article est extrait d'un \"Livret de l'enseignement \"à paraître pour accompagner le \"Cahier d'exercices\" (sous presse) et le manuel Histoire générale Tome I de DUSSAULT-SAVARD, publié par le Centre Educatif et Culturel inc.Nous nous sommes efforcés de recommander des livres et du matériel en langue française, et disponible en librairie.Afin de faciliter la tâche des maîtres, des bibliothécaires et des administrateurs, nous avons fait suivre chaque ouvrage d'une cote indiquant: a) s'il s'agit d'un livre destiné surtout au maître (M) ou à l'élève (E); Db) s'il s'agit d'un livre indispensable (xxx), très utile (xx), utile (x); c) d'un livre relié et assez dispendieux à placer dans une bibliothèque (b), ou d'un livre de poche (p).Les autres abréviations employées sont: 10/18: Le monde en 10/18 (Plon); Mic.: Collection Microcosme, Ed.du Seuil; PBP: Petite bibliothèque Payot (Payot); PUF: Presses universitaires de France; QSJ: Collection Que sais-je?; VQ: Collection \"La vie quotidienne\u201d (Hachette).Les éditeurs sans nom de lieu ont leur siège à Paris.g OUVRAGES GENERAUX DE CONSULTATION Dictionnaires et encyclopédies: The Oxford Classical Dictionary (Oxford, Clarendon Press, 1950) M-x-b SCHMIDT, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine (Larousse) E-xxx-p.GRIMAL, Pierre Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine (PUF) M-xxx-b; (publié sous la direction de) Dictionnaire des biographies (Paris, PUF), E-xxx-b.Encyclopédie de la Bible (Coll.Les encyclopédies de poche chez Sequoia) E-xx-p.Encyclopédie de la mythologie (ibid) E-xx-p.Encyclopédie de l'Antiquité classique (ibid) E-xx-p.COTTRELL, Léonard (publié sous la dir.de) Dictionnaire encyclopédique d'Archéologie (Paris, Société d'édition de Dictionnaires et d'Encyclopédies) E-xx-b.Les fascicules de la collection l'Encyclopédie par l'image (Hachette) qui portent sur l'histoire sont recommandés.Une dizaine se rapportent à notre période.E-xxx-b.Chronologie: DELORME, Jean Chronologie des civilisations (PUF) M-xx-b.Du même auteur, Les grandes dates de l'Antiquité (QSJ, no 1013); Les grandes dates du moyen âge (QSJ, no 1088) M-xxx-p. Atlas: Hammond's Historical Atlas (Maplewood N,J.) E-xxx-p.Westermanns Atlas zur Weltgeschichte (Braunschweig, Rép.fédérale allemande) M-xx-b.SERRYN, Pierre et BLASSELLE, René Nouvel atlas historique (Bordas) M-xxx-b.GROLLENBER, Luc H.Grand atlas de la Bible (Paris, Séquoia) M-xx-b.VAN DER HEYDEN et LAVEDAN, Atlas de l'antiquité classique (ibid) M-xx-b.VAN DER MEER et MOHRMANN, Atlas de l'antiquité chrétienne (ibid) M-xx-b.FREITAG, A.Atlas du monde chrétien (Paris, Ed.Meddens, diffusion Centurion) M-xx-b ° VERCAUTEREN, F.Atlas historique et culturel de l'Europe (ibid) M-xx-b.SOURCES ET RECUEILS DE TEXTES Recueils de textes d'histoire pour l'enseignement secondaire, publiés sous la direction de Louis GOTHIER et Albert TROUX (H.Dessain) Tome I, L'Antiquité, et Tome II, Le moyen âge.M-xxx-b.BONNOURE, Louis et al.Documents d'histoire vivante (Ed.sociales).600 textes en fiches détachées, des origines à nos jours.M-xx-b.Le professeur n'oubliera pas que la plupart des manuels d'histoire reproduisent des textes en fin de chapitre.Plusieurs classiques de l'antiquité et du moyen âge ont été publiés dans des collections de livres de poche.Garnier-Flammarion: Collection CG (César, Homère, Marc-Aurèle, Virgile, etc.).Le Livre de poche classique (César, Homère, Suétone, Tacite, Virgile, etc.).Le monde en 10/18 (César, Cicéron, Joinville, Commyne, etc.).On pourra aussi placer dans la bibliothèque: Historiens grecs, Historiens romains (2 vol.) Historiens et chroniqueurs du Moyen âge Les vies des hommes illustres de PLUTARQUE (2 vol.), ouvrages parus dans la collection \"La Pléiade\" (Gallimard) M-xx-b. - 35 = OUVRAGES GENERAUX Collections \"Histoire générale des civilisations\" (PUF) dir.par CROUZET: Tome I : L'Orient et la Grèce antique de AYMARD et AUBOYER, M-xxx-b.\u2018Tome II : Rome et son empire des mêmes auteurs, M-xxx-b.Tome III: Le moyen âge, publié sous la direction de PERROY, M-xxx-b.\"Histoire universelle\" (Encyclopédie de La Pléiade, Gallimard): Tome I : Des origines à l'Islam, M-xxx-b.Tome II: De 1'Islam à la Réforme, M-xxx-b.\"Histoire universelle\" (Collection Marabout-Université).Les 5 premiers tomes traitent de l'antiquité et du moyen âge.E-xx-p.\"Histoire et Humanités'\" (Casterman) Les 4 premiers manuels de cette collection .4 .\\ 2 pour le secondaire seront précieux au maître et à l'élève.Un ouvrage d'histoire générale: JOURCIN, Albert.L'histoire, les hommes, les civilisations depuis les origines (Larousse), E-xxx-p.Collections et histoires sur des secteurs particuliers de l'histoire Vie quotidienne: La plupart des volumes de la collection \"La vie quotidienne\" (Hachette) sont excellents.ÀA conseiller en particulier: CARCOPINO, La vie quotidienne à Rome à l'apogée de l'empire.M-xxx-b.V.E.PAOLI, Vita romana.La vie quotidienne dans la Rome antique (Desclée de Brouwer), M-xx-b.Institutions: ELLUL, J.Histoire des institutions (2 vol.) M-xx-b.Education: MARROU, H.I.Histoire de l'éducation dans l'antiquité (Ed.du Seuil),M-xxx-b.Archéologie et histoire de l'art: HUYGHE, R.L'art et l'homme (Larousse), 3 vol., M-xxx-b.ZCHIETSCHMANN, W.De l'Olympe au Forum.Panorama des arts grec et romain Hachette), M-xx-b.Une excellente 1\" 1 .collection Les neuf muses\" (PUF): parus: L'art égyptien - L'art romain - Les arts du Proche-Orient ancien- L'art roman - L'art gothique - L'art musulman - Les arts de l'Italie (2 vol.), M-xxx-b.WHITE, Anne Terry Les grandes découvertes de l'archéologie (Marabout- Université) E-xx-p.CERAM, C.-W.L'aventure de l'archéologie (Hachette), E-xx-b. Vie économique et sociale: PARIAS (sous la dir.de) ROUSSEAU, Pierre REINHARD et ARMENGAUD, Explorations: PARIAS DEBENHAM, Frank Littérature: BAYET, Jean Coll.Encyclopédie de la Pléiade Mythes et religions: GRIMAL, Pierre HAMILTON, Edith DANTEL-ROPS, NOUGIER, L.-R.LL - Histoire générale du travail (Nouvelle librairie de France) Tomes I et II, M-xx-b.Histoire des transports (Fayard), E-xx-b.Histoire générale de la population mondiale (Domat- Montchrétien), M-xxx-b.(publié sous la dir.de) Histoire universelle des explorations (Nouvelle librairie de France) Tome I, M-xx-b.Histoire mondiale des explorations (Hachette) E-xx-b.La découverte de la terre (Larousse) E-xxx-b.Littérature latine (Paris, Colin).Comporte des pages choisies et commentées.M-xx-b.Histoire des littératures.(Paris, Gallimard) 3 vol.M-xx-b.(publié sous la dir.de) Mythologies de la Méditerranée au Gange et Mythologies des steppes, des forêts et des Iles.Larousse (2 vol.) M-xx-b.La mythologie, ses dieux, ses héros, ses légendes (Marabout-Université) M-xx-p.Histoire de l'Eglise du Christ (Paris, Fayard).Les 5 premiers volumes.M-xx-b (et publiée en partie).La Préhistoire (Bloud et Gay).Collection \"Religion du monde\".M-xx-b.Tous les ouvrages de cette collection sont recommandés (Le Proche-Orient, la Grèce, Rome, l'Islam.) Sciences et techniques: TATON, René Coll.Encyclopédie de la Pléiade DAUMAS, Maurice ROUSSEAU, Pierre ROUSSEAU, Pierre (publié sous la dir.de) Histoire générale des sciences (PUF).Tome I, La science antique et médiévale, M-x-b ° Histoire de la science (Gallimard) M-xx-b.(pub.sous la dir.de) Histoire générale des techniques (ibid.) M-x-b: Tome I : Les origines de la civilisation technique; Tome II: Les premières étapes du maächinisme.Histoire des sciences (Fayard), E-xx=b.Histoire des techniques (Fayard), E-xx-b. Préhistoire: VARAGNAC, André et al Histoire ancienne: PETIT, Paul Egypte et Orient: KRAMER, S.N.DURANT, Will Grèce: CHAMOUX, F.LEVESQUE, P.JARDE, A.BONNARD, André HATZFELD, J.MOURRE, M.et FLACELIERE, R.Rome: GRIMAL, Pierre BLOCH et COUSIN HACQUART, DAUTRY et MAISANT GRIMAL, Pierre HARMAND, L.WHEELER, M.Moyen âge: LE GOFF, Jacques LOPEZ, R.S.DUBY, Georges HALPHEN et RENOUARD - 5 = L'homme avant l'écriture (Colin).Coll.\"Destins du monde\", M-xx-b.Précis d'histoire ancienne (PUF), M-xxx-b.Guide de l'étudiant en histoire ancienne (PUF) ,M-xxx-b.L'Histoire commence à Sumer (Arthaud), E-xx-b.Notre héritage oriental.Histoire des civilisations orientales.Tome I: Les origines, Sumer.L'Egypte.La Babylonie.L'Assyrie.Tome II: La Judée.La Perse.L'Inde.Tome III: La Chine.Le Japon.(Lausanne, Rencontre) M-xx-b.Fait partie d'un ensemble plus vaste \"Histoire générale de la civilisation\" bien inégal.M-xx-b.La civilisation grecque à l'époque archaïque et classique (Arthaud), M-xx-b.L'aventure grecque (Colin),M-xx-b.La Grèce antique et la vie grecque (Delagrave), E-xx-b.Elémentaire; utile pour les institutions.La Civilisation grecque (10/18), 3 vol.M-xx-p.Histoire de la Grèce ancienne (PBP), M-xxx-p.Le monde à la mort de Socrate (Hachette), E-xx-b.La civilisation romaine (Arthaud), M-xx-b.Rome et son destin (Colin), M-xx-b.Guide romain antique (Hachette), E-xx-b.A la recherche de l'Italie antique (Hachette), E-xx-b.L'Occident romain (Payot), M-x-b.Les influences romaines au-delà des frontières romaines (Plon), M-x-b.La civilisation de l'Occident médiéval (Arthaud),M-xx-b.Naissance de l'Europe Ve et IVe s.(Colin), M-xx-b.L'économie rurale et la vie des campagnes dans l'Occident médiéval (Aubier, 2 vol.), M-xxx-b.Initiation aux études d'histoire du moyen âge (PUF), M-xxx-b. -6- GENICOT, L.Les lignes de faite du moyen âge (Casterman), M-xx-b.GANSHOF, F.Qu'est-ce que la féodalité ?(Bruxelles, Office de la publicité), M-xxx-b.REINHARD, Marcel (sous la dir.de) Histoire de France (Paris, Larousse), le Tome I, M-xx-b.LATOUCHE, R.Le film de l'histoire médiévale en France (Arthaud), E-xxx-b.GANSHOF, L.Le Moyen âge (Hachette), M-xx-b, Tome I de l'Histoire des relations internationales dirigée par P.RE- NOUVIN, M-xx-b.(Cette documentation sera coñtinuée) Pierre Savard -O-0-0-0-0-0-0- ANALYSE CRITIQUE de quelques films historiques canadiens L'Office National du film a réalisé, dans le cadre de la série \"Artisans de notre histoire\u201d, plusieurs films documentaires sur quelques-uns des hommes qui ont contribué à la formation du Canada.Ces films, faits en premier lieu pour le grand public, représentent un certain intérêt pour le professeur d'histoire.Ils peuvent servir à illustrer un fait, à mettre en relief le rôle de tel ou tel personnage.Leur utilisation peut nous aider à mieux concrétiser un temps passé, à faire revivre de façon dynamique un fait qui, dans le manuel d'histoire, demeure à l'état statique.Dans cette série, tous les films, sauf ceux intitulés Champlain; Jean Cabot, navigateur; La route de l'Ouest, sont consacrés au régime anglais et,encore là, on insiste surtout sur la période du gouvernement responsable et de la Confédération.Les films réalisés ne couvrent ainsi qu'une partie très limitée de l'histoire; ce qui restreint considérablement leur usage.De plus, ils ne sont pas faits pour les programmes d'histoire de la province de Québec.Leur utilisation peut donc poser des problèmes sur les plans de l'interprétation historique et des programmes.Sur un plan pédagogique, ces films posent aussi un sérieux problème: on ne situe pas de façon claire et précise les personnages dans l'espace et dans le temps.Le professeur devra donc, avant de visionner ces films, situer les personnages dans le temps et l'espace, expliquer le contexte historique, définir quelques-uns des termes employés dans le film.Autrement, l'élève sera dépaysé; le film ne sera pour lui qu'un divertissement parmi tant d'autres, et même plus ennuyeux que d'autres.Ces films, pour être utilisés de façon profitable, nécessitent donc une présentation bien à point pour permettre leur intégration dans des temps courts et moyens.Nous vous présentons maintenant une critique de quelques-uns des films de cette série.ALEXANDER MACKENZIE - LE MAITRE DU NORD (27 min.55 sec.coul.16mm.) \"Ce film décrit le voyage épique de Mackenzie à la côte arctique du Canada, en empruntant le fleuve qui porte aujourd'hui son nom.Le commentaire est composé presque exclusivement d'extraits du journal que tint le \"Maître du Nord\" lors de ce pénible voyage de plus de deux mille cinq cents milles, et qui dura quatre- vingt-un jours.\" (1) (1) Office National du film.Catalogue des films 1965: 21. - 7 = Ce film, basé sur un document de première main, a une valeur historique indiscutable.Le personnage central, Mackenzie, est présenté de façon humaine.On n'a pas idéalisé le personnage, mais on nous le montre tel qu'il est, c'est-à-dire com- | merçant de fourrures à la recherche de nouveaux territoires de traite.De plus, ce film, tourné dans le cadre naturel, relie le personnage au milieu; on nous présente | à la fois le cadre géographique, c'est-à-dire le fleuve lui-même, et le cadre hu- | main, c'est-à-dire les habitants des rives de ce fleuve et les compagnons de voyage de Mackenzie.On peut donc, à partir de ce film, étudier les moeurs indiennes et la géographie physique.Mais ce qui, à notre avis, est beaucoup plus important, la présentation de Mackenzie, commerçant de fourrures, dans son cadre naturel, permet | de dépasser le plan particulier de l'homme et de sa découverte pour s'élever a un plan universel, c'est-à-dire au fait que les découvertes sont liées à une recherche | de la richesse.Voilà ce qui fait la valeur de ce film car, même s'il ne nous montre que le voyage de Mackenzie, il permet, par l'utilisation du document, par la présentation du personnage, par l'exploitation du cadre naturel, de dépasser le récit chronologique pour présenter certaines réalités historiques beaucoup plus difficiles à saisir, comme les relations homme et milieu, traîte et découvertes.C'est donc un film à exploiter en classe.DAVID THOMPSON, CARTOGRAPHE (28 min.n&b, 16mm.) \"Venu du pays de Galles, Thompson joignit les rangs de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1784.Mais l'exploration de l'Ouest canadien et la cartographie l'intéressaient plus que le Commerce des fourrures.C'est à lui que revient le mérite d'avoir découvert la route qui mène au Pacifique en empruntant les Rocheuses et le fleuve Columbia.Thompson mourut en 1837, pauvre et ignoré.\" (2) Ce film essaie de voir non pas un événement bien particulier de la vie de Thompson, mais bien l'ensemble de son oeuvre, en insistant sur sa découverte du passage du Pacifique.Nous pouvons voir ainsi comment il apprend son métier, comment il devient obsédé par la cartographie et, plus tard, par la recherche d'un passage vers l'Ouest.Tourné dans un cadre naturel, il peut servir de point de départ à une étude de l'Ouest canadien.Encore une fois, nous retrouvons dans ce film le lien très étroit existant entre l'exploration et la traite des fourrures, même si nous avons noté une tendance à abaisser l'aspect commerce par rapport à l'aspect exploration.Notons aussi l'utilisation de cartes trop précises qui empêchent de bien situer les explorations de Thompson à l'intérieur du Canada, et de montrer les liens entre ce qu'il a exploré et ce qu'on connaissait.Mais nous croyons que ce film peut être utilisé avec profit dans l'enseignement de l'histoire.LE DERNIER VOYAGE DE HENRY HUDSON (27 min.55 sec.n&b, 35mm, 16mm.) \"Récit dramatique relatant la traversée de l'Atlantique jusqu'à la baie James par Henry Hudson et son équipage.L'ambition du navigateur anglais, son entêtement, sa dureté envers ses hommes, tout cela devait provoquer une mutinerie sans pareille.S'il se termina par une faillite, le dernier voyage de Henry Hudson n'en jeta pas moins les bases de la future colonisation de l'Ouest canadien.(3) Ce film tourné en studio est très discutable.Le point d'insistance dans ce film est placé sur une mutinerie de l'équipage, lors du dernier voyage de Henry Hudson.Ce procédé restreint énormément sa portée et son utilisation possible, On réduit la dimension du personnage.Toute l'oeuvre antérieure de Hudson aux services (2) Office National du film.Catalogue des films 1965: 21 (3) Office National du film.Catalogue des films 1965: 21 -8- des Hollandais n'est pas mentionnée, et même dans son exploration de la baie d'Hudson, on n'en rapporte qu'un simple épisode.Le sujet du film est donc beaucoup trop particulier pour permettre de l'utiliser de façon rationnelle en classe.On prétend aussi, à la fin du film, qu'Henry Hudson a jeté les bases de la colonisation anglaise au Canada.Comment peut-on arriver à une telle conclusion après la description d'une mutinerie ?Sur le plan de la logique, on ne peut d'un fait bien particulier arriver à une telle conclusion générale, et sur le plan historique, nous contestons cette affirmation.Comment Hudson, explorant la baie d'Hudson, a-t-il pu jeter les bases de la colonisation anglaise au Canada ?Ce film ne saurait donc être très utile pour le professeur d'histoire.LORD SELKIRK (28 min.n&b, 16mm.) Ce film, qui veut nous montrer les difficultés rencontrées par Selkirk, lors de la formation de sa colonie de la Rivière Rouge, tient beaucoup plus du télé-théâtre que de l'histoire.L'action est dramatisée au possible.Selkirk, c'est le \"héros\" qui ne se laisse pas abattre face à l'hostilité des marchands de Montréal qui s'opposent à son installation.Les parties sont bien déterminées: d'une part, le \"bon\" Selkirk, d'autre part, les \"mauvais\" marchands.Comment peut-on arriver à une division si nette des parties, si ce n'est qu'en tronquant l'histoire ?En simplifiant au possible les intérêts en cause.Sur le plan théâtral, c'est peut-être acceptable, mais sur le plan historique, nous nous refusons à considérer comme valable un tel procédé.Si on ajoute à cela qu'il est presque impossible de déterminer, dans le film, si telle ou telle scène se déroule à Montréal ou à la Rivière Rouge, nous croyons que ce film ne comporte aucune valeur pédagogique.Il ne doit pas être utilisé dans ms écoles, si ce n'est qu'à l'Ecole Normale, pour montrer un exemple de mauvais film historique.Michel Allard, Ecole Normale Ville-Marie.-0-0-0-0-0-0- REVUE DE L'ECOLE NORMALE La Revue de l'Ecole Normale a publié, en décembre dernier, un numéro spécial sur l'Histoire (articles de Jean-Pierre Wallot, Bruno Deshaies, Guy Frégault, Michel Allard).Les membres de la SPHQ qui n'auraient pas ce numéro spécial peuvent se le procurer, au prix de $0.50, à la SPHQ, C.P.2, Québec Le.LE BOURREAU EN NOUVELLE-FRANCE Notre collègue, André Lachance, vient de publier une étude très intéressante sur Le Bourreau au Canada sous le régime français, un personnage de notre histoire passablement négligé par les historiens.Préfacé par Marcel Trudel, Le Bourreau est le 15e des Cahiers d'Histoire de la Société Historique de Québec.K.F. - 9- Colloque des étudiants en histoire de l'Université Laval, les 10 et 11 février 1967: LE ROLE DU CLERGE QUEBECOIS AU XIXe SIECLE Les 10 et 11 février s'est tenu, à l'Université Laval, un colloque organisé par les étudiants en histoire.Plusieurs de leurs professeurs étaient parmi les conférenciers, et un bon nombre participaient aux délibérations.L'étude portait sur le rôle du clergé catholique canadien au cours du XIXe siècle.Pour la première fois, un tel sujet était abordé en public.Il faut noter que ces deux journées d'intense réflexion se sont déroulées dans un effort d'objectivité et de sérénité.Sur ce point, les conférenciers méritent un témoignage très favorable pour l'érudition dont ils ont fait preuve dans l'exposé des faits et l'utilisation des documents.Rendus au niveau de l'interprétation, ils se sont comportés avec prudence et circonspection, tâchant de ne jamais dépasser les limites de leur information.A part une couple de poussées d'anticléricalisme basé sur des affirmations sans preuve et qui ont d'ailleurs tourné au désavantage de leurs tenants, ces deux jours se sont passés dans la paix et dans un effort de sérieuse réflexion.L'assistance, qui comptait peut-être 450 personnes venues de diverses régions, a aussi pris part aux discussions.Plusieurs mythes y ont perdu toute crédibilité.Les nouveaux mythes qu'on a voulu imposer n'ont apparemment pas reçu audience.Dans un domaine comme l'histoire, et surtout avec un sujet aussi délicat et complexe, on ne pouvait d'avance espérer des conclusions nettes et claires, Non seulement la matière traitée imposait du temps et des précautions, mais les principes mêmes de la discipline historique l'exigent.Objectivité, impartialité, valeur du témoignage, données statistiques, conjoncture sociale, économique, culturelle ou religieuse sont également en cause.On a signalé l'heureuse distinction faite entre l'Eglise et le clergé, que l'on peut déjà trouver dans le rapport de Durham.Nous avons en outre compris qu'il fallait à tout prix distinguer, à l'intérieur du clergé, les prêtres, les religieux non clercs, hommes ou femmes, parce qu'ils ont travaillé dans des domaines différents.Certains ont vainement tenté de faire du clergé pris en bloc une classe pour mieux introduire ensuite une thèse de lutte de classes, sans toutefois pouvoir prouver contre quelles classes le clergé avait combattu.Ces hypothèses ont été carrément rejetées pour faire place à la thèse plus vraisemblable et plus acceptable, parce que plus conforme à l'histoire, de chefs, de personnalités, constitués en autorité ou non, qui ont parlé ou écrit.Les études n'ont cependant pas attaché d'attention à la masse de tous ceux qui, parmi le clergé, au sens le plus large, n'ont ni parlé, ni écrit.Et en face du clergé, il y avait tout le reste de l'Eglise, de la population à considérer.Il nous paraît que la statistique devrait ici avoir sa place pour établir des proportions éclairantes.D'une façon générale, on a soigneusement évité de faire du prophétisme rétrospectif en se gardant d'interpréter le XIXe siècle avec la mentalité et les données du XXe.H.I.Marrou l'a bien démontré dans son traité de la connaissance historique.L'historien est souvent mieux placé que les acteurs de l'histoire pour juger d'un milieu, d'une époque, d'une situation.Et encore reste-t-il, dans sa documentation, d'immenses lacunes.Comme l'a signalé un conférencier, il n'existe encore aucune étude sur le sujet.Par ailleurs, les archives ecclésiastiques n'étant pas encore ouvertes pour la période postérieure à 1870, il devient absolument impossible de juger une époque dans ces conditions, de se prononcer avec la moîndre assurance sur la matière. - 10 = L'honnêteté et la simple sagesse humaine s'y opposent.Les distinctions nécessaires ont été plus sensibles et plus explicites durant la confrontation finale ou, cependant, on n'a cette fois parlé uniquement des prêtres et aucunement des religieux non prêtres.La matière avait été répartie entre les différents conférenciers, comme on peut le constater par l'énumération des thèmes: \"La situation quantitative et qualitative du clergé\" \"Le clergé et le développement économique\u201d (une erreur d'importance s'était glissée dans une édition miméographiée du programme où on avait inscrit: \"La situation économique du clergé\"), \"Leclergé et l'éducation\", \"Idéologie et structure du clergé\", \"Le rôle politique du clergé\".Si les sujets ont été traités avec beaucoup de distinctions, il demeure souhaitable qu'ils le soient désormais avec plus de distinctions sous peine d'aboutir à des conclusions injustes et de fausser l'histoire.Ce colloque nous a fait constater que si l'histoire n'est pas encore complètement dégagée de la poésie et de la fantaisie imaginative dans certains esprits, elle est du moins en bonne voie d'atteindre à son rôle de discipline scientifique.Tout ce travail marque un excellent début, et il ne restera pas sans lendemain.On nous a en effet certifié que les textes seraient prochainement publiés.Ils pourront ainsi satisfaire les esprits avides de connaître l'histoire canadienne, et désireux d'atteindre à la vérité et à l'objectivité.Ce troisième colloque des étudiants en histoire de l'Université Laval est un troisième succès qui en annonce d'ailleurs d'autres aussi prometteurs.Georges-Emile Giguère, s.j.Centre des études universitaires, Trois-Rivières.-0-0-0-0-0-0-0- UN NOUVEL OUVRAGE SUR L'HISTOIRE DU CANADA Robert LACOUR-GAYET vient de publier Histoire du Canada, chez Fayard, dans la collection \"Les grandes études historiques\" Ce fort volume de 605 pages retrace l'histoire de notre pays, des origines à nos jours.C'est une vaste synthèse, les problèmes semblent bien posés.Cependant, un grand nombre d'erreurs de faits, de dates et de personnes déparent cet ouvrage.Malgré tout, l'Histoire du Canada de Lacour-Gayet demeure une synthèse intéressante, vivante, d'une lecture aisée.Jd.-Y.G. - 11 - CANDEURS NOIRES * A l'occasion de la semaine de l'unité, MAINTENANT a voulu vérifier si, du côté catholique, on s'employait concrètement à dissiper auprès des jeunes les incompréhensions les plus tenaces à l'égard de nos frères protestants.Pour ce faire, elle a étudié le manuel d'histoire en usage dans nos écoles publiques au niveau des lle et 1l2e années.Il s'agit du tome I de l'Histoire générale: L'héritage du vieux monde par Gérard Filteau, ouvrage publié par le Centre de Psychologie et de Pédagogie, approuvé par le D,I.P, et blindé d'un Nihil Obstat et d'un Imprimatur trifluviens décernés en 1956 par M.l'abbé Albert Tessier et Mgr Georges- Léon Pelletier.Dans ce petit chef-d'oeuvre d'esprit pré-conciliaire et pré-oecuménique que l'on n'a pas encore jugé bon de soumettre à un \"aggiornamento\", nous avons relevé pas moins de trente erreurs historiques inspirées, consciemment ou non, par le pieux réflexe de \"donner aux élèves une vision chrétienne\" de l'histoire.Voici établies, en parallèles, l'image \"catholique\" de Martin Luther (selon Gérard Filteau) et l'image historique qu'en donne le Père John McDonough, o.p., auteur de The Law and the Gospel in Luther, thèse de doctorat présentée à Oxford en 1963 (cf.MAINTENANT, janvier et février 1966).Luther avait étudié une philosophie qui lui avait donné une fausse idée de Dieu.Il se le représentait comme un maître qu'il était impossible de fléchir autrement que par la foi.Il en vint à croire les bonnes oeuvres inutiles au salut.C'est ce qu'on appelle la doctrine de la Justification par la foi, base fondamentale de l'enseignement de Luther.(L'héritage du vieux monde, Tome I, p.383) En Allemagne, les prédicateurs chargés de recueillir les offrandes se montrèrent maladroits.Ils firent parfois un vrai trafic.des indulgences, vendant le pardon des péchés passés et même futurs.Luther s'éleva à bon droit contre cet abus.Mais il prétendait, en plus, que le pape ne pouvait remettre les peînes dues au péché, que les indulgences ne peuvent rien pour les âmes du purgatoire.Durant trois ans, les théologiens et les légats du pape réfuterent ses dires mais ne purent l'amener à se rétracter.Chaque tentative poussait Luther plus avant dans ses idées.I] nia l'autorité du pape et affirma que l'Ecriture Sainte devait être la seule règle de foi.De plus, chacun pouvait, d'après lui, interpréter l'Ecriture.Excommunié en 1521, banni, il s'entêta et prêcha une religion nouvelle, qui supprimait les bonnes oeuvres et les pénitences, le jeûne, l'abstinence et les voeux * MAINTENANT, février 1967, no 62, p.69.Si Luther devient l'ennemi acharné de la scolastique, s'il rejette en bloc le langage des écoles, le langage d'Aristote (le langage de la philosophie, de la logique et de l'éthique), ce n'est pas parce que ce langage ne lui est pas familier; au contraire, c'est parce qu'il préfère le langage prophétique et existentiel de la Bible, I] ne cherche pas une connaîs- sance spéculative ou théorique de Dieu, de la grâce, du péché, du sacrement; il cherche plutôt à se faire posséder par la vérité vivante, par la puissance actuelle de la parole de Dieu.En ce sens, il est vraiment prédicateur chrétien, réformateur chrétien.Gerhard Ritter comprend bien cette vérité quand il dit: \"D'habitude nous commençons nos explications sur Luther par le mauvais côté, à savoir par ses luttes psychologiques et sa protestation morale contre les indulgences.Ce qui se passa, de fait, est différent.Dans un monde absurde, un monde de conventions religieuses et de théologie argumentatrice, Luther se trouva subitement confronté avec Dieu, que Luther nous dit, être plus effrayant et plus terrible que le diable.un homme ne peut éviter ceci: lorsqu'il pense à Dieu, son coeur, son corps prennent peur et il cherche à se réfugier dans le monde\" (Ritter, Luther, His Life and His work, Collins, London, 1964). - 12 monastiques.Il rejetait la confession et niait la grâce.Il autorisait le divorce et instituait un clergé laïque.Joignant lui-même l'exemple à la théorie, il épousa une religieuse défroquée, Catherine von Bora.(L'héritage du vieux monde, Tome I, p.383-384).Les révoltés prétendaient réformer l'Eglise et la ramener à sa pureté primitive.Cette réforme fut simplement une révolution dans la doctrine, le culte et la discipline du catholicisme.(L'héritage du vieux monde, Tome I, p.380).Les grands responsables de la révolte contre l'Eglise furent un Allemand, Luther, un Français, Calvin, un Anglais, Henri VIII.(id.p.381).G.Filteau.Ce que je voudrais signaler ici, c'est que Luther fut un réformateur sincère dans ses intentions.Nous devrions nous garder de prêter à Luther des mobiles équivoques.Comme nous le verrons plus loin, Luther n'a jamais voulu provoquer un schisme, ni quitter la sainte Eglise catholique.Son désir fondamental était de centrer notre foi, notre vie sacramentelle et nos oeuvres sur le Christ mort et ressuscité: rien de plus, rien de moins.Pour cette raison, le père Lortz, un historien catholique, refuse d'entendre parler de dépravation morale dans la vie de Martin Luther.Il déclare au contraire: \"Attribuer à la révolte de Luther de bas motifs serait sous-estimer la profondeur et la tragédie de la Réforme.Fn cherchant un Dieu miséricordieux, Luther s'est trouvé en dehors de l'Eglise, sans le vouloir.Et ce ne fut pas un programme révolutionnaire, préalablement conçu, qui l'amena à chercher ou désirer une rupture avec l'Eglise\", Père J.McDonough.-O0-0-0-0=-0-0- NOUVEAUX LIVRES SAVARD, Pierre Jules-Paul Tardivel, la France et les Etats-Unis 1851-1905.Québec, Presses Universitaires Laval, 1967.Index.Bibliographie.XXXVII-LOOp.Cette thèse de doctorat de notre collègue est un des rares ouvrages sur l'histoire culturelle de la fin du 19e siècle.SAUCIER, Roger Comment enseigner l'histoire.Guide pour les professeurs de l'enseignement secondaire.Montréal, Centre de Psychologie et de Pédagogie, 1966.18Lp.Bibliographie.Notre collègue a divisé son volume en trois parties \"d'inégale importance\", comme il l'explique lui-même dans son avant- propos: les problèmes généraux; les moyens audio-visuels; les moyens traditionnels.Konrad Fillion "]
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