La nouvelle barre du jour, 1 janvier 1983, Septembre
[" En [0 ov \u2014 Yo -r cz 2 ~~ = BH Cd = Cader cu a sa a ZF aay oN = A = - Iw ve = , = ce El pr 2 = - p= = Pr A fpr ror es rt) 2, a 3 a a 3 br - = % = pia gl bn 2 ; : xy Rd; Ne Ley PE $ trs Teg 03 ex Rez ot NY ae.NE ee A 1) Tee PS ; te \"8 x XÉ A 4 = 4.ie: a Ca [ed daar Qu a 3 * wR x 0 Sage RIE Des = 4 de, RI Wt > Wn > à 3 ht iar?2 ; À su ve x 3 2 \"vy a; ; = a ps 5 ne es pps CR (AT a a.x ve.0 \u201c x : So Nas Pie Lt \u201c fn 5 .+ ; Se » 4 4 LG Shae ve > \u2014 { is 3 12 ve Vy MN SN Re \u201cee me., ale Lr a 2e.\u201ceR = \u201cRy x + \u201cTg My, : ig Pe : fit Hy Ey \u201cu En 4 ate = s dy dE, 12.Ve LR) ke ve, \u201cx >; vue = 2 hy. + = NS % À 2 2, Cu .+4 = + æ, + : ce >> % CO fe 4 4 ; : nouvelle ; 3 We 71 A i > a, er E ct ; Oo A 7 PR 3 52 = Ps A A IP \u2014\u2014\u2014 nm rue >» NO ne ja} a > Ax \u201c3 ve \u201cA 4 8 ny \u2014 - à Mia Mm he, JOA ee St ae x ta Fis De, ® ei \u201cx \u201cHy ts sed \u2018ed A : \u201c ms by AR vw Tay bow \"8 ra At La >» à in 4 ne fau \u201ca à RCE dre EN Ci , ot Na > : py \u2014_= re rouges re AT RE Stn À A / A Ve?74 a id SIA \u201c> oA 7 à GE Card, Ho Ross x nm 3 pk - TR ne Teen \u2014 » - > & adn * ad, EE oa tee \u2014\u2014 ete Ln ie Ra a FO AR i -\u201d pw A - - cw bry so = a+ = - Apr A oa! 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10 Sur les polaroids d\u2019Hermès Les filles du Pharaon Qui dansent en muant Derrière l'écran solaire 11 Dans la mémoire des mutants La source du temps qui passe Pulsion des souvenirs perdus Toujours les mêmes images 12 J'entre dans le sceau de Salomon Mon désir est consacré au miroir 13 Odeur sauvage peau de kid Démarche de dieu saoul Les boulevards me ravissent 14 La pyramide est à l\u2019envers Au plus profond de l\u2019extase Il était une fois un rêve Le bruissement d'un lézard dans l'herbe 15 J'ai marché dans les sentes d\u2019été Avec toute la lubricité du centaure Je me suis assoupi au Champ-du-Bois Et j'ai recommencé ailleurs Jusqu'au soir et l'épuisement 16 Sur les dalles du patio Le lézard se fait la peau Comme pour une photo 17 L'être en moi ira au bout de ses chaînes Comme n'importe quel dieu qui s\u2019entête Les yeux fous de gloire et le rire flou 18 De l'interstate à la vallée des morts Il y a la lueur d\u2019un tableau de bord Et l\u2019espace d\u2019une caresse rock-a-billy - .- - - = CARRE FAIR Ll sty «rly hg PES : CRIE NEA ETES AS A MOIS AE ES ADA eT AE a Er EA PIs \"st 5 La ES AMEN Rd fot > -\u2014 _.EE EE EEE PRE PE if, of oH 2 : hi Jala aaic 19 Dans les villes les plus secretes Les rebelles répandent leur ame Alors que les banlieues se désoeuvrent Sous la stridence du désir essoufflé 20 J'enlève mon blouson de brocart Et je me prosterne devant les phares D\u2019une Desoto où je psalmodie Des hymnes de highway 21 Dans mon froc de skaï comme un dieu sans médaille J'attends la gitane dans la nuit inflammable et propice 10 © Ly 2 6 i] Ok 2A ANA LS Er [£3 4 PA ! $f Fi A 4 A ei.1 Pauline Harvey ! sf Les anglicismes EN 4 27 ÿ 78 #0 2°, fr: j La Fy 1:0 van D KE 14 3 Ë [% { } pi 5 = 3 bs [54 + i ia Wl ! 34 Ru\" Del SX 3 DE) th A Rte N R : p ; H ; | + a h À Gt R K Lt Mur en {WK AN NH, REN 1% 1] > N i Ih Sey D DER ERR} I] NN PE Af x RS: h ¢ © | Fi à Af CO Ht th, ht hy RC «a 28 x Nan ge ets = A a.i 3 te & x a = 3 > _ HA = su A gl pe ap tlrr 2 =.abs ACS ps Phra an 2 fh = pI tanh - [Acer Phan, pu routes pv PSE ES a ra a 204 0) a TT = 12 aa Pen a EE : Ragin por Pla NE, Prés ag ; - \u201cHN ~ = (9 Un jour, le temps vint où le bossu dut quitter Montréal.Il avait visité toutes les ruelles, il avait des amis dans tous les quartiers, il avait dormi dans tous les parcs, 11 ne pouvait plus aller nulle part sans être immédiatement repéré.Et puis cette ville devenait trop peuplée et trop chère: il chercherait un coin tranquille, un endroit où le soleil gratuit le réchaufferait un peu, où personne ne l\u2019aborderait dans la rue, où il n'aurait plus rien à dire à personne.Il s\u2019en fut trouver le maître d'hôtel et lui dit qu\u2019il allait quitter son emploi.Puis il acheta un sac à dos dans une boutique d'occasion et il prit l\u2019autobus pour le bout du monde.La compagnie d'autobus Rabbit, à cette époque, offrait un super-spécial-rabais sur les billets pour le bout du monde.On pouvait aller à n'importe quel bout du monde pour 99 dollars.Si on voulait aller en Alaska, par exemple, c'était 99 dollars, à Washington, c\u2019était encore 99 dollars, et si on voulait aller à Montréal à Québec, c'était aussi 99 dollars.Il choisit l\u2019endroit le plus éloigné de Montréal qu'il put trouver sur la carte de la compagnie Rabbit et prit l\u2019autobus pour San Diego.Il avait donc choisi les États.Il irait faire un tour dans les États.Quoiqu\u2019en fait ça n\u2019était pas vraiment lui qui avait choisi, l\u2019autobus avait choisi pour lui.Ça 13 RIE SE BR REISS prenait trois jours pour aller de Montréal à San Diego en autobus, il pensait que trois jours étaient assez pour ce supplice que devait être un autobus Rabbit, et que San Diego était le bout du monde aussi bien que n'importe quelle ville qu\u2019il ne connaissait pas.Donc 1l se prépara à son martyre en se fourrant des petits bouchons de cire dans les oreilles et s'embarqua dans le gros Rabbit pour traverser les États.La première chose qu\u2019il remarqua, c\u2019est que c'était silencieux.Presque silencieux.Cet autobus, ma foi, était pratiquement vide.Ou peut-être que les gens aux États avaient cette coutume de ne pas parler très fort dans leurs autobus.Ce qui serait certainement une coutume très affable, s\u2019il en est.Puis, comme 1l faisait un peu froid, il s\u2019enveloppa dans son sac de couchage et s\u2019aperçut qu'il se sentait tout à fait bien, et que c'était un plaisir de voyager avec la compagnie Rabbit.La première journée, 1l ne parla à personne et personne ne chercha à lui parler.Décidément, ça commençait très bien.Il s'était assis à l'arrière, près des toilettes, il avait deux sièges pour lui tout seul, de temps en temps il dormait un peu, puis 1l regardait les paysages, les affiches publicitaires de Macdonalds, de Motel 6, les gros diesels avec leurs yeux rouges dans la nuit, parfois il allait en avant, derrière le chauffeur, et il les écoutait parler tous en américain.Dans sa tête 1l répétait les mêmes phrases, il disait: «Take it easy», «Nice tou meet you», et tout semblait très facile et simple.Tout le monde souriait, tout le monde essayait d\u2019être amical, ils disaient des choses très aimables et très superficielles et on se sentait parfaitement à l'aise dans cette atmosphère.C\u2019était bien.Il était parti.Comme c'était bien! Et cet autobus qui était tellement supportable que c'en devenait magique! On commence par se sentir très 14 lourd, vraiment odieux, on pèse sur toute chose et tout colle à la peau, puis on achète un sac à dos et ça change.Les gens se mettent à sourire, on dirait.Et les morceaux d'identité décollent de vous les uns après les autres, pour vous laisser vraiment tranquille et léger, bien propre et inconnu.Vers le milieu de l\u2019Ouest des États-Unis, il commençait à y avoir des cow-boys dans l\u2019autobus.Des géants deux fois plus hauts que lui, qui avaient dû grandir en mangeant du maïs.L'un deux vit sa bosse, lui sourit et vint s'asseoir à côté de lui.Ce fut la première personne qui parla, voilà! Il dit: «Nice to meet you» et il expliqua au cow-boy qu'il s\u2019en allait à San Diego.Alors le cow-boy dit: «It\u2019s all right, take it easy», et quelques autres belles phrases du méme genre.C\u2019était si agréable de l'entendre parler, ce garçon, que le bossu en fut presque effrayé.C\u2019était comme de se laisser porter par un autobus, comme de descendre une pente très légère en skis, c'était parfumé, quasiment, ça sentait le sel de mer, une vieille plage oubliée, comme de parler à une personne très, très distraite et gentille et qui vous laissera faire tout ce que vous voulez.Le cow-boy se mit à parler à tout un chacun dans le Rabbit et les gens se mirent à rire comme dans l\u2019ancien temps.Au sujet de l\u2019ancien temps il y eut encore une autre aventure du même genre.C\u2019était le troisième jour.Il pensa qu'il pourrait descendre un peu, et voir ce qui se passait dehors.Il descendit à Flagstaff, Arizona.Or Flagstaff, Arizona, c'était cette ville de l\u2019ancien temps, très exactement, cette ville qu'il avait déjà si bien connue.La neige fondait, ce jour-là, il y avait du soleil, de l\u2019eau le long des rues, comme une ancienne journée de printemps.Il n\u2019y avait pas encore de bungalows à Flagstaff, les maisons n'avaient pas encore été repeintes et les clôtures étaient de tous les genres, par- 15 EA BER i.3 09 ra oe = ma : A »* hs = À, > Joe: nu PR ve ade agers , EE EE PRE 1 £0 i! UIE = ee fois tres mal en point, le long des trottoirs.Il avait I'impression qu'il pouvait, à n'importe quel moment, rencontrer sa soeur Harry au coin d\u2019une de ces rues.Puis il prit le chemin de la bibliothèque et, ça n\u2019était sans doute pas la même, mais Harry était pourtant là, assise en train de lire.Elle lui jeta un bref coup d'oeil, peut-être qu'elle le reconnaissait, mais elle fit semblant de ne pas le voir, comme d'habitude quand elle veut lire et qu'il devient aussi insignifiant que.aussi insignifiant que quoi!.qu\u2019une personne qui n'est pas bossue, peut-être! Puis 1l sortit de la bibliothèque, 1l oublia sa soeur Harry et tout ce qui la concernait, et il s\u2019étendit sur un trottoir au pied des montagnes.Il n'avait pas d'\u2019argent, il mangeait des corn flakes parce que ce n\u2019est pas cher et que c'est plein de vitamines, supposément.Et c\u2019était si facile de dormir dans cet autobus, vraiment, ¢\u2019était peut-étre I\u2019endroit le plus confortable ou dormir.Quand il arriva a San Diego il faisait froid et la plage était déserte, après quelques heures a terre il se mit à s'ennuyer de l\u2019autobus Rabbit et décida d'en prendre immédiatement un autre pour un autre bout du monde, et celui-ci s\u2019appellerait Key West, Florida.Ne plus jamais descendre de cet autobus, voilà ce qui semblait la grande solution, la solution à tous les problèmes de sa vie.En fait il n\u2019y avait pas tellement de problème dans la vie du bossu, mais l\u2019autobus était quand même la solution à tous les problèmes, s\u2019il y en avait, et même s\u2019il n\u2019y en avait pas.L\u2019autobus Rabbit était la solution, la solution cet autobus l\u2019était.Voilà ce qu'il pensait en anglais, et que je dois traduire.Parce que maintenant il lui arrivait de penser en anglais, il pensait même en anglais la plupart du temps, c\u2019était tellement plus affable.Il n\u2019y avait qu\u2019à dire: «Hi! Nice to meet you!» Everybody était content de vous ren- 16 iad LVL, contrer.Quel charmant pays! Il existait aussi un paquet de gars qui avaient fait la guerre du Viêt-Nam, ils disaient: «Nice to meet you» puis ils racontaient qu\u2019ils avaient été au Viêt-Nam, mais ils n'auraient jamais ensuite ajouté un mot de plus à ce sujet.Les Américains détestaient parler du Viêt-Nam.Une sorte de traumatisme.Ils détournaient la conversation.Ils disaient: «Pensons simplement qu'à chaque jour suffit sa peine et que c\u2019est bien de vous rencontrer, d\u2019être avec vous aujourd'hui.Bien sûr, j'ai détesté la guerre du Viêt- Nam.Mais je dois seulement penser que je suis bien avec vous aujourd\u2019hui».Donc ils n\u2019en parlaient jamais.Mais la première chose qu'on savait d'eux, toujours, c'était que ce gars-là, à côté de vous dans l\u2019autobus, 1l avait sûrement été au Viét-Nam.Ça arrivait deux fois sur trois.D'ailleurs 1l le disait lui-même, c\u2019était la première ou la deuxième chose qu'il disait de lui, puis n'en parlait plus.Puis ne voulait plus en parler, comme j ai dit.N'en parlait jamais.Ils étaient tellement gentils, très amicaux, vraiment, on dit à tort du mal de ces gens-là, 1l faudrait toujours prendre leur défense.I1 faut aussi parler des machines à combats extraterrestres, machines à bouffer des petits enzymes, tous les vidéo games à 25 cents qu\u2019on trouvait dans presque tous les terminus et qui sont l'agrément de ce genre de voyage en autobus.Il y avait un type dans le Rabbit, un drôle de type, il traversait d\u2019est en ouest des États, et quand il voyait par la fenêtre, quand on arrivait quelque part, quand il voyait par la fenêtre de l\u2019autobus qu'il y avait un vidéo game ou deux ou trois de ces machines au terminus, 11 montrait son ticket au conducteur, et il disait: «Je vais arrêter ici, j'ai assez voyagé pour aujourd\u2019hui.» Il faisait un vague sourire et s'en allait mettre 25 cents dans la machine.Donc ce type 17 RES I SENIOR MR qui descendait aux arrêts de l\u2019autobus pour jouer avec les vidéo games, ce type portait des bottes.Je dis ça en passant.Et pour ceux qui voudraient en savoir davantage j'ajouterai qu\u2019il portait aussi cette casquette de joueur de football, vous savez, celle qui était vendue par la compagnie Rabbit, et c\u2019était écrit «Rabbit bus» dessus.Je suppose qu\u2019il a dû jouer avec les machines électroniques tout le long de la trail, si vous me passez cet anglicisme, sur toute la trail de New-York à San Francisco.C'est-à-dire qu'il a dû connaître à peu près tous les jeux électroniques le long de la trail, voilà exactement ce que je voulais dire.C'était un jeune type, un type très jeune.En tout cas.Ensuite.Ensuite commence la série des musées.I] faut visiter les musées du cirque, ces musées sont extrêmement intéressants.Vous arrêtez dans une ville et, s\u2019il y a un musée du cirque dans cette ville, vous le visitez, faites-le.C\u2019est-à-dire que si vous prenez un autobus n'oubliez pas d'arrêter dans une ville au matin, s\u2019il y a un musée du cirque dans cette ville.C'était les anciens cirques, ces cirques sont absolument fascinants.Sur une photo il y a une petite fille.avec d\u2019autres petites filles.il y a un clown qui la regarde rire, on dirait qu\u2019il est si triste, cette photo est bouleversante.Les anciens clowns sont extraordinaires, vraiment surprenants.On n\u2019en voit plus, des visages comme ceux- là.On en voit rarement.Il faut chercher longtemps.Quelque chose a changé.N'est-ce pas que tout est plus plastique, tout le monde ressemble un peu plus à des poupées, cela a été dit maintes fois.Les autres musées aussi évidemment, il faut en voir plusieurs, tous les musées sont instructifs.Le bossu savait maintenant tout ce qu'on peut savoir au sujet de Davy Crockett, ce héros de Fort Alamo.Il avait visité 18 Fort Alamo, il avait pu admirer une mèche des cheveux de Davy Crockett, il avait vu l\u2019imitation du chapeau de Davy que portait John Wayne dans ce film sur Crockett, il avait pu voir les carabines de Crockett.et ainsi de suite.Mais pourquoi y aurait-il quelque chose de mal a jouer au cow-boy avec un faux fusil, croyez- vous qu'on ne sait pas la différence entre un faux fusil et un Vrai quand on est jeune?N'importe qui est capable de faire la différence.On ne devrait blâmer personne à ce sujet.Au sujet de se prendre pour un cowboy.Davy Crockett ressemble à Elvis Presley sur le portrait qu'ils en ont fait.Où était-ce une photographie?Était-ce Elvis Presley qui se prenait pour Davy Crockett?Ou bien si tous les héros américains se ressemblent?\u201c pe Mt our = \u2014 \u201ca ar \u2014\u2026\u2026 a - \u2026_ te = \u201cata ~~ TN we po \u201cW: -\u2014a00 eo a PN \u201c En va es = ee \u2014 me La row 13 + < 5e paca = ct cata p> [Fadi yo gt A Sat RS & .Su > Po, oa \u201cwr 3, a ye yyy rey La cris Qer04 2 2 - = - = A 3 - on 7 = en rel as ~ Du \u201ca ea 4 - = x; Aon a ann py mm pv Jo x PTE: = rep eee Ey _ parce ped ar pape PR prs NRCP Bs en - 29 I 8 la , I ore 5 ry pw Eo FEIN es 7 Pe = CP) pt IRIS (EP ETES ea 7 \u201c Le pe) PS EE A Cr pr Eg Pay De Pc pat rar) Pa rap Va Sh fife $= pa = = Cy Sal PA Eat Pa yay eth Pad PIR Pr Er Ta Sn a TE Th EHS Pref A) po Pa = po a Pre Pl = 5 a N 7 2 - A by x : pe : - A Pas LA er - pas f 7 Q BER krhavet H Q 3 NE wi + > USI ~ tu \\ N a A 0 YR N A Ay ARNE NS ve Is 0 .:: .NER TERN 0 ; 3 EAA 3 IRIE) po Ca re Pe \\ a RR [TRY .re (8 } > S = Ua 1 ES N 2.A UN a.= : th 3 : BU Ce 2 Pe _ ps 5 _ pa pa rx A Pr \u20ac \u201c 2 MAA > 3 \u20ac A Richard Lefebvre IAN I Sans titre absolument tA._ - aww a a.\u2014_- - qe YMRS Sevan ee - ig some arme ea De : A 4 Toe PN 4 ~.£ 2 + kb : % a \u201c.ss = anil oS = Cot car-acuit 54 pape Oped LI po pea practices cfa 2a rt ae pa Si a act rs = 3 \u20ac Le bar affiche complet.Il y a un code ça se sait et sa syntaxe figures de prétérition incises accidentelles des yeux les premières lectures!.Ici l\u2019ambiguïté ne fait pas de doute, enchères d'artifices, de colorants, de précautions dans les détails signifiants les lobes d'oreilles: agace ce qu\u2019il y a de lecteur dans un terrain vague ou des visages se tracent allaitent les traits.Les bijoux ponctuent la phrase dans le travelling de l'oeil.Les culs sont poreux et le tee-shirt agit comme un dimmer sur la peau.Séquences actrices | tu de suite tricks par sec.(00:17) LE LECTEUR LU DANS SES SIGNES A LHEURE QU'IL EST Lui a la forme d\u2019un imaginaire allé et venu.Les festons d\u2019un surréalisme aggravent ses cheveux la dextérité des couleurs.Sa fermeture éclair à lire / / les séquences s\u2019ajustent en conséquence de lui*.Il débat des cils doublement, suscite l\u2019intérêt de biais.L'ÉVÉNEMENT QU'IL EST CHERCHE UN LECTEUR QUI L\u2019ÉCRIRAIT (1) une entreprise multiple d\u2019abord questionne l'issue dans le texte en question.23 BUT .[I WL AIA Ron J Beigel gi JE ES AGA foes 4 ET Te At lr Pel ae eo À chain EE % BR EEE TTR rc cd EN) A _ Van cu Sn FR ERR IUCN AU NS.REAR by JN À [RAN VER / | | les mouvements s\u2019épuisent comme des livres! agenouille un bras au bar ou se greffent au mur\u201c.S\u2019admettent une fatigue devant le last call ceux qui graf- fignent les trottoirs la drague des noyés.Les abordages sur le croquis de sa bouche accumulent un texte, versent quelques sémaphores sur un autre réel sexué celui-là des lignes de la main (cherchent des équivalences dans le lexique).Il agite tout un processus dactyle.Les phalanges hésitantes entre le clavier et la peau.JE** LIS LE LEURRE QU'IL EST DANS SES SIGNES Des rumeurs cernent les yeux se formulent différemment et les aisselles aussi suent leurs signes, se saignent à blanc dans le linge.Le langage se démet de ses fonctions: son corps (l\u2019abscisse qui parle d'elle-même sur les coordonnées qui travaillent tes peaux sans relâche) se publie peu à peu* **.[| | 1 (1) tous les livres publiables sont épuisés.(2) GRAFFITI / sa surface serait un magic board que marquent les rides du désir.24 à A Ait , i tat 28a rage 1 Cheat de 2s 15106385 Btn AU M 3 at 6 ites 1 EE A tee «ie nee perdues LA EE ER, une lecture du fait: la passion ne serait qu\u2019un inves- Ek tissement de la raison.je ne fombe pas en amour mais E oui j'y consens.: ** renvoi à l'écriture: dire je exclut la personne qui parle.Je A n'écris pas je mais en pose le désir.È renvoi à l'écriture: de la suite dans les pages mais : presque plus dans les idées: les chiffres retournent sur PE leurs pas à toutes les heures: l\u2019écrasante majorité d\u2019une 4 langue 'emporte (elle l\u2019emporte loin).tous les sens de faction ont quelque chose à voir dans la lente gra- E duation lipsée sound track par-dessus sound track: le P silence lentement prend son trou\u2026 pr + ## À RN A HR A 25 Ju ra Avan, - a we cae ne Ye 8 A he = ol po aA Ar - = hs ts \"ude; ior vip Cay [re CRT pr Pag los prin PY Set op PTS br ya oa py ~~ a ata py vi ve ~ po pi x ay i: 2 ae on Ero) > YA spe gts - Ps a re Pd [rary poy - a Li ro So ses Cesare ly oo abe _ PIP es me dj 2 yo me Le Peu © 2 7 ren ee oF cars oT wha ph pbs Pry pr ro ee ped I Eyer re piper ep MIT S = ERS Free LS ry Pr PA PES otre ee PN > eo 2 P20 ey - Pr yy cer bre rene oN rat EE Ppa eo PES 2 Er ep ETT ~s Pry ce és x\u2019 Fur near pl pa po £2 q 0 gh 0 pes -e ET Py Pe PR Cu a ee or a x pa î rés sd a = + Fa » 4 hoa A.- > 4 \u2014i.+ a wb Lo a \u201c POV (l'anecdote) un violon propulse Angelina over the golden arrow imagine-t-il alors que l\u2019atmosphère lascive d'un blues roule sur les chairs le poème s\u2019immisce avec pour seule réalité (lèvres, cuisses, hanches) alinéa rappelant l'absence et longuement les silences des mots à la voix envoûtée embrase centrifuge des ombres et des rumeurs dans l'attente p OC) EY RRR) 1 RS NN OS ROA EEE RENE SRE v My FE RR UN , CESSER ANS RE RSA BTN EHH RSE OAN A a We 3 p 3 4 thd A DEMI E E Dei) Leu AREER ye gas QE ET IS ION aie Fe [s¥ as f Ltd nai TPR he N ie 1 ik 9 Ca CORSA 2 IAE 1702 9 mit 21 UN Te, , a ESP LU se pa asia nier allongées et fuyantes des écritures qui s'entassent sur des pages et des pages à noter des impressions ruines: cette danse enlacée de lettres et d\u2019ombres l\u2019onde des ruisseaux ou confidences de l'épaule jusqu\u2019aux hivers des arbres ténébreux la connivence des faucons lacérant à chaque secousse de nuit cette voix __ des frissons par grappes qui s'échappent l\u2019émiettement des sons empilés 30 3.à Jo-Ann (des lieux, une mémoire) tressautent des silhouettes des miroirs que d'autrefois par les fissures un assaut de fragrance effleure et s'inscrit profond le dépaysement wie ein irrender vogel im fremden land une pénombre où s\u2019interstice la voix ces vibrantes emphases du rythme qui hurlent désespérante une nuit les décombres et seuls cette complainte une syncopée de mots des lectures qui sourdent en murmures représentent une star déchue _ la fiction enflamme des voyelles qui fusent aléatoires et fulminent telles des semences dans les pores veillent orangées cette strophe singulièrement confie-t-elle un geste une parole raturés des paysages RTE Rt: se poursuivre avec la clarinette ruisselle rance ou ce rapace une effluve dans l'orbite s'écroule à convoiter inutilement aucune trace et pourtant en ce désert un appendice qui s'encourbe et fugitive telles des vestales quand l\u2019échappée rauque des évocations chuchotantes des entrailles et palimpsestes inscrire à outrance des tendresses s\u2019effritent comme une neige sur les cuisses rondes des atmosphères en filigrane les mots dans les corridors - 3+ = ss Tease ape rm des poils pubiens sans issue un bestiaire en des territoires desséchés et anonymes galaxies essaimées tout le scénario d\u2019un sursis cette confidence soulignent les observateurs calfeutrés dans l'ombre des textes laissés en suspens \u2014 abandonnés et mutilés une présence fatalement tragique le lundi 28 février 1983 32 Bi A A A H AEN 1 ee 0: hd 44 vi ly vie « nn IN is A 107 IST] In Lax] of 1044 tr Le \u2018A Done Prés % \u201c+ di fé | LS EN Pi 1 3 ne fl Louise Warren LES [24 i ! D oh N ki ! ; ; : La parenthèse rose be ! I 2 j ; fol te # ) à + 5 5 ÿ i} : 4 Ni it : : i 4 ; Du ï ry ! Tu EY As 3 a Qu ù IY IY IY ti tu ou rn A i A 3 \u2018 ! 3 hi : \\ LE) PY > IH à iA 4) fl Hy ANN PR MES DEN RH 4 hu RY va 147 LN A It {Mg IRN IRvin Eu EN ath ; = Ww CW tes WH 94 BAY NT xt, o {M + i 1% arly IAN sb Si sa DES ï H N a : N va IY [38 IRR \u2018> NIA RAN Dee .PEN RENTS : NS IN NRE RISER i .\\ Ay NEES vu LR 14 NY 23 WT Sg J #4\" 4 E L\u2019amour n\u2019est que l'infini as à la portée des caniches.\"fe Louis-Ferdinand Céline i \\ \u201c3 & AS Med Xow tn 000 +, \u20ac i i «Fi TE # 25 ss æ œ.sus ME RY Minuit moins vingt, tu te tiens dans l'embrasure de la porte, tu frôles mes genoux, prends-moi toute.Tu peux rester ici ce soir, si tu le veux.La prochaine fois on se parlera moins, la langue simplement pour lécher partout.Une correspondance s\u2019'insinue entre la peau et la caresse, je cachette l'enveloppe et laisse ma bouche faire des bulles avec le réel.Je bave, je me réveille le menton mouillé, je tends une main dans le vide, l\u2019autre moite sur mon sexe.Je cherche l'épaule de tout à l'heure, le ventre d\u2019un autre, la chevelure noire et puis beaucoup d'\u2019allées et venues, des chambres d'hôtel, ici la chambre d\u2019amis, un matelas quelque part rapproché d\u2019un autre pour tout te raconter, Mathilde.Du désir dans un tourisme réciproque des regards, aux cuisses brûlantes me mouillant de plaisir quand le désir appelle de ma langue son cou: il me déshabille comme s\u2019il s'agissait d\u2019un bonbon fondant.[Demain je recevrai peut-être du courrier.Je m\u2019endors ailleurs.Cela se passe dans un grenier.Autour de la maison, des champs de maïs et autant de voitures abandonnées que de fenêtres pour regarder un autre matin taché de brume; décider de ne pas sortir des couvertures jusqu'à force de rêver au bol de café au lait, on se lève.Tu t'étires, je vois tes os, la force des bras, la fragilité du corps.35 RO SE CAE DONNE S RS SERRE RE RAR SE ACTE NT ON h 4 FTN in NOR 1% Q LI BE: bo En ER ANA: a h) EET Je m\u2019étire une dernière fois avant d\u2019enfiler la panoplie de lainage, son jean qui sent la sciure de bois et me coupe de l'humidité de ce pays.Toi tu dis que ma peau prend bien la lumière.Tu dessines en noir et blanc et parfois il t\u2019arrive de laisser pénétrer une rivière jaune.Des mois sans avoir de ses nouvelles.De toi, de l\u2019autre et de lui.Je ne sais pas tres bien qui il est.Je ne le connais pas.Simplement comment 1l jouit, comment il dort sur son torse poilu.Tu devrais recevoir ma lettre jeudi.Il ne demande rien d\u2019autre que ma présence de temps en temps.Je laisse couler un bain et du silence.J'ouvre la parenthèse rose.Le mois de juillet a laissé des traces sur mes hanches, comme une parenthèse.Je reviens sur mes pas, sans faire de bruit pour ne rien réveiller.Je marche dans une maison inconnue, c'est la nuit.Je ne sais pas si je dois tirer la chasse d\u2019eau.36 RS Je déroule une bobine de fil blanc, me faufile un angle de réflexion, m'\u2019isole dans une nouvelle géométrie d'espace, de lieux avec la mobilité d\u2019un paravent: le temps prend la légèreté du bambou quand on oublie de remonter son réveille-matin.Dehors, dans toutes les cours d'écoles, c\u2019est la récréation.Je dis ton nom et ma voix louche dans la pièce vide d'à côté et ça fait de l'écho.Tu ne sais pas grand-chose de moi.Tu connais le goût du vin laissé sur ma langue mais tu n'as pas goûté à ma bouche gonflée de sommeil.Tu sais que la nuit je vois des serpents et des flèches sur les murs de ma chambre et j'entends siffler des trains.Quand la lune est ronde, elle fait des voeux, seulement les mercredis de pleine lune, seulement les mercredis.Tu connais un échantillon de ma peau et tu sais les tissus qui m'habillent.Tu as deviné que la soie sauvage est agréable à toucher.Je ne te demanderai pas de caresser ma tête, ça fait tellement longtemps.J'aime quand tu me dis à bientôt et je m'obstine à ne pas poser de rideaux aux fenêtres.Tu as appris mon âge: tu l\u2019oublies toujours.Tu ne reconnais pas encore ma voix au téléphone.Dans la piece vide, il y a un store, c\u2019est l\u2019unique chose à manipuler dans l\u2019ancienne chambre.C\u2019est parce que je ne te connais pas autrement qu'à travers tes transparences que ah! oui, ah! oui, que disais-tu de ce chandail que je portais ce soir-là?37 Sahih REINE Ee Cu N NN CRE NN RATS RRS BEN BOT pany h NICH EIT N12 HCI IE Th SEN TS NEE ES VE Er PE SANTE TN h Buy LIEN TAD CRETE A Pes ¢ q REDON TEE EMH RHR NRHA LRRD I~ > = Cp EEE Pia Ta a a se = - 0 in - 0 _\u2014 + a x a \u2014 SE ea alla ea I tar a am a wil rn._ res a .~~ = Ra ~ rien rca: ei ES: ES CW SN wre.bes ben Ca sentait le parfum et l\u2019eau de Cologne et la sueur aussi restée collée aux imperméables.Je ne pourrais pas dire grand-chose du tableau.J'ai regardé vite: la peur qu'il arrive, qu\u2019il me surprenne en train de le regarder, qu\u2019il voie le désir partout, partout et mon sourire accroché à la plaque de bronze.Je me suis mordu la lèvre et j'ai essuyé le sang du revers de ma main.C\u2019est moi qui t'ai envoyé un télégramme après.Tu as cru que c\u2019était une dame tout habillée de rouge qui te l'avait envoyé.Non, tu ne te souviens vraiment pas de mon âge.Retenu le cri du ventre d\u2019abord en deux avec les bras puis contenu le cri par les jambes pliées sur le ventre, les presser fort fort et demeurer ainsi longtemps: la tête entrée par en dedans tellement loin, suivre la ligne tracée sur le velours cordé et rouler jusqu'à un aéroport.Déplier la carte amoureuse pour en faire des petits bateaux ivres et des avions saouls.38 Je fais des confitures, je ne sais plus quoi faire des fruits.Dans le chaudron, il y a des pêches, des poires, des prunes.Je te le dis, j'imagine que l\u2019on s'en fout.Je te donne ma main et tu lèches les pelures, les fibres et le sucre des fruits, ta langue boit un jus de fruits allongé jusqu\u2019au coude.J'irai te porter un petit pot de confitures et j'y collerai une étiquette avec mon nom dessus.Tu pars, tes cheveux ont bien eu le temps de sécher.J'ai bien le temps de mettre les confitures dans les pots.Il existe de l\u2019écume rouge vin.Ses doigts à lui sont jaunes.Les couleurs sont décidément bien étranges.M'écoutes-tu?Baisse le store.Combien de lits défaits en ce dimanche après-midi si chaud, si chaud?C\u2019est l\u2019été des Indiens, sous mon lit, il y a plusieurs paires de souliers, je ne crois pas les mettre ailleurs.C\u2019est une amie qui m'a offert ces fleurs.C'est pour toi que je porte des vêtements ajustés, ainsi, Je te fais un dessin.Je ne sais pas pourquoi tous ces cheveux blancs déjà.As-tu fini de les compter?Raconte-moi l\u2019histoire avec les mêmes gestes.Tu viens, tu pars, on a parlé de quoi déjà?Les ânes tu sais ne font pas de hi-hans.Cet hiver on ira glisser en traîne sauvage.Je ne crois pas que l'on projette de voyager ensemble.Il habite le quartier chinois.39 PT UA A VA SITU SA SN REARS 5 Le PA PE TY RT, ANON SE \u2014 ~~ _ 4 = > a - - TI TE PRES CO SC CU LEUR Aa wm AE) cs pie A ol Combien d\u2019enfances j'avoue en me berçant devant | ton pupitre d\u2019écolier?Tu me fais voir les marques et m\u2019apprends leur | histoire.L\u2019épaule découverte je te montre une tache de naissance.4 A À Dans la vie, je fais du cinéma, c\u2019est tout.Elle est A aimée à en être étouffée, moi, je vois tout ça et je d continue de coudre des plumes à des chapeaux.Cela 4 me fait mal aux doigts.Elle ne sait pas tout le mal que 3 cela me fait.J'ai des valises sous les yeux.Je fais des À rêves de plumes maintenant, je crois qu\u2019il n\u2019y en aura À jamais assez.2 L'exposition est terminée, je n\u2019ai pas encore dé- 4 veloppé le tableau.Il est recouvert de papier brun et À bien ficelé.Voilà comment tu te présentes à moi depuis une semaine.Les noeuds sont faits solidement: j'arriverai à les défaire avec mes dents.40 Il fait des traces sur le bois franc.Il met de la poussière entre les lattes de bois.On se parle ainsi, les jambes repliées en Indien; on se regarde malgré tout et peut-être aussi malgré tellement rien.5 On rit du caniche de la voisine.] (Il y a chaque fois quelqu'un qui crie Colette en face de l\u2019école.) D RS MAN Eee CAA JO aN, fala badd | Pe A oa apa PP CLE \u2014 27 DDN DELS Tp ¥ AY 3 Ra 4 eh \u201cty : | ._ Ç Lo rl TL le Ja aw 47 va Des \u2019 \u2014 - = 5 paie sue .- = - - ; all sani A An == pre ay A ar ~~ Shwe - .Sy + Yo 4 Tr iy] iT Ai .DER = 3e La régularité du tic tac griffe la petite boule de £ chair en trop au sommet de mon index.Je gratte, fouille ] ÿ partout, j'appelle des longues distances.L'odeur de mars E , te fait revenir ici, là, en bordure d\u2019une route et d\u2019un Eo napperon de papier.à Tout ce que je tais, depuis mon assurance à t'avoir a dit que tes yeux sont pers.fil a octobre 82/mars 83 4 1 a ab ARR: ue BEL O A had on _ 3 5 es, Lo.> re Rape por Ph .ta 0 Lo gry ,, 2 oy 2 Ne Of Pa \u201cas A +a ihn ~~ es : Ps MERRY mn ne Ck 4 ae pd oy fs ae, 78 ~ qu on \u201c oy Ga ol pe Ao DT, Se \u2014 4 4) Ps [ENN radi dee RM Para 6 pr > GACY Wires.rata ~ A IE by 3 = + 3 0; Ce _ res e Cn ZAI ry gt rl \u201ca ce = crc) a0 po 1 29% ory by Ea c= py Bl cs rors ord cer pyr pega) 3 ve 2 TE Se ol Pl = wr < < = re ps Lace burn - = i x3 Py ray Spal pn dr St) as EA oN YN = NPC a.Cher PO Co po + Jo po pas ue =, Le ae Pa Caged po pope pe Pap _ pe pO pA ep ape wan pe Ca Er pe RINT Ap pe pp 2 eu re _ fed \u2014.pr me ES quais, i prt eed .as Eres pb) ze a a pre 2 Can 4 pape = pa pe ig wT pre er 4 .PEPPY ek ee 7 Ep = WEE Pa = wl Cte - pa bo ve \u2019 x a Py 5 PT Pa BE 0) Pep ks .2.PD EY - z CE A Re = 4 i i A YAMA A LR NEVER Jy à pes iq \u201c = by ; A + 3 A û iS D A RAN + ~7 os - A _ : \\ po I : Hh i ; NS RER \u2019 - Denuis Saint-Y ves se Cr Quelque endroit exact D OS - A Aromas \u201d 7 ge =a pr ps rg Phat Rng: sia Sere: on 2 on 300 Papas ec ete fo fs, J ry a Page 2 oon all a I = +4 % A [es Jat ZN Nail ped 2 rg _ posa ss aa LSC, a Sail fata > a oz ha NRT 0 re aie pa - SUR L\u2019ABSOLU sur l\u2019absolu, ne pas revenir.sur le cirque, quoi dire?s'immisce la vraisemblance du corps, son dé parcouru et je ne retiens ni son commencement, ni sa fin, ni son mode subalterne.de toutes parts a et z, je tiens tête à la fiction, au sentiment démonté de la durée.l\u2019éperon au flanc, les empreintes, laissent au rire, au passage, deviner ce qui va suivre.coques, et ciel, se marient, s'éprouvent, pure alternance à tout hasard, venant.les parois m'émeuvent mais ne savent pas.décrire, cela, tient lieu d'espace quelque jour.tout me semble facile mais quel jeu mener coordonné?tout me semble un envers de décor où je mime.la drague (lunaire?) s'inscrit-elle encore?toute énergie déployée.sur l\u2019échiquier, je ne dors que rarement, je me déplace continuellement, comme au soir de ville.l\u2019absence, mobilise, étiquette, les pistes à l\u2019aube des néons, les enjeux deviennent électriques élevés trois fois dans la nuit.je me soupçonne de parler.l'étroite relation est là, incisive.moi, de la banalité à la donnée essentielle cette vie.ruche et solitude accompagnent, sollicitent, pendant un temps.m'émouvoir, quelque distance que ce soit.l'éternelle question est d'orbiter.la nuit, d'amour aléatoire, se voit.d\u2019un geste tout déclencher et tout dire.incluant l\u2019étincelle, l\u2019alphabet, les phrases entières laissées seules, toute motricité me répand.une multitude de faits occupe et rase la campagne.Te EERE APPELER, SI le sable des pavés n\u2019a pas la mer à boire Léo Ferré appeler, si.j'habite au plus près de l'oeil.les mots, abritent, des moments de lucidité à heure fixe.s'agit- il d\u2019y aller ainsi, seulement?puis, de s'asseoir, sur la grève de pile ou de face, de tout oublier.geste de traverse, loin des balises.j'habite ce qui s\u2019habite, l\u2019étreinte, laborieuse, le nerf du temps.je me penche, sur une poésie du quotidien.cela complique tout, encore.c\u2019est si près.braises et chimères, et, hasard, sont du même poids.au juste?j'écris des phrases à bras au plus près de l'instant.le quotidien, effleure, à peine.décoder, si.pulsion, ce par quoi la réalité, se manifeste, se vit.rupture et jet, au soir de noblesse aléatoire, de cuir.l'entité garde sa vision du monde.je devine un raisonnement fier.par accident?la précision, montre du doigt.la voix, c'est géométrique quelquefois.l'ombre déshabille les armoiries du vent, et est-ce ce pas dans le sable, ce pas de deux?mais l'évasion projette au-delà.serrer, si.toute marée.me donner l'impression d\u2019avancer, cela m'émeut.m'asseoir au fuseau horaire les imaginaires confondus, de la durée, m\u2019enivre, et rejoint.46 DANS LES RÉDUITS tu suintes aux lèvres de qui s'enivre s\u2019enflamme et prophétise ce qu'il sent s'esquissant dans les réduits Michel Savard dans les réduits, il fallait qu'une profusion, jusqu'à ma faim, vienne, m'enveloppe, remous refuges rôles.je pénètre au coeur cette rumeur, là.s'enivre une erreur de jeunesse.nul détail.le ventre, creux, fuit l\u2019image.fait faux bond.les rouages demeurent.les mots, forment écran, puis disparaissent idéalement.par habitude.je me rends, à l\u2019évidence, cela se voit- il?le tissu mental tisse une sérénité de bon aloi.d\u2019improbables dires interpellent une fois encore.s\u2019enflamme, une volonté de briser le silence, d\u2019être, dans le réelles rues, espaces vitrés, frôlent la tragédie la forêt.la vision, ramène, reproduit l'itinéraire, un balancement des hanches, des cheveux, comme je l'indique.le corps, frappe et se déploie, fanatisé.aux yeux de tous, mille prophéties, rejoignent, gigantesques, l\u2019oasis de mobilité.je m'enlise quelque endroit exact, perle à la surface, moitié moitié.je porte un toast aux nomenclatures ainsi parlées.les levres cherchent, au clavier, la disposition, s\u2019écartent et brûlent, inépuisables.puzzle organique et préambule, toujours.nul obstacle souverain à l'horizon.47 RE RR PARALLÈLEMENT À LA MÉMOIRE une image accomplie entre la certitude et tes lèvres je ne compare rien 1c1 qui ne soit ce qui me représente Nicole Brossard parallèlement à la mémoire cette descente à nommer, empattement dit-on.une image, peut viser où tu le veux.le nerf rend compte de tout.s'inscrire sur d'autres peaux m'a toujours ému.je colore au maximum une endurance.les issues toutes parts mais, répétées quelquefois, bredouilles, sais-tu.les corps se confondent à l'instant.je me marque, point rouge déroute absente.je pense à toi et cela m\u2019effleure la mobilité.quelque trace représentée.la tête amène réel équation sur équation au jour.ici, éperonner le verbe, se charge de la distance.je ne compare rien.la mémoire disloque une ancienne linéarité, se produit émotive.sais-tu, rien n\u2019est docile, qui te voit venir du fond des âges.l\u2019organigramme est simple, urbain rustique.je n'élève pas la voix pour nommer toute volonté est là.les nuits d'appartenance font la certitude.comme sentant tes lèvres.les ruses que tu accompagnes m'évitent le pire.mémoriser les mailles objet-sujet alors net disais-je.48 LS Lee PE Pi ss.p EE UN ET US (St Le fe od .8 Le on fn Le Les Te Dan GE D » 4 f ! Sylvie Gauthier a ne i > d N By 175 Le sang des petites filles LU À 9 4 : R a pi Ri , : 5 ; A ; ; i ; Ie, IN © xs hn NG a 1 \\ i ah ; x à A La v hs ; hh \" RG A w ; i It ; : a Q IN A 1 Ny N hy ESE K MC f es.NS ee HN SPLEEN TCI N 6\" POELE h Le TON NES EN IS 8 A cas I raser me TORT (es Sa \u201c ma Sg pr dr x = PEN parus 1e pS gia itary 2 Pas _ 33e Net Toa BEES Foe >= AYE Ax ax chi £ Wa are fe ls ae Pie amit, -~ Pas rage 2 x > Ce PE Ck a Pa = A + = i 2 = on 4 Gilat FR [rsh a Pd prrspact 5 ay a - De 9 Too ess pes - Rr Ke = a - ceci SAL = bare i A Pre pa - \u201c J'aimerais parler encore de quand j'étais petite.Je crois bien que j'étais seule, je veux dire je ne me rappelle plus de qui m\u2019entourait.Toutes les petites filles de ma rue s'étaient faites violer déjà, sauf moi, et j'étais terriblement jalouse d'elles parce que tout le monde en avait pitié et les chouchoutait.Moi j'étais belle, certainement la plus belle, mais à cause du noir terrible dans mes yeux personne ne m\u2019approchait, je crois que même les hommes avaient peur que je les tue, j'étais déjà morbidement heureuse, c\u2019était drôle et curieux, et enrageant.J'ai grandi et je mordais les mains pâles et sales qui me proposaient toutes sortes de choses, et j'ai fait des choses plus affreuses encore, et puis j'ai découvert le sang par un accident, et, plus tard, par mes règles que j'ai rarement, et j'ai commencé l\u2019errance meurtrière qui dure encore.Mes vêtements sont noirs maintenant, et mon corps joliment décoré de marques rouges, mais encore souvent je souris à la petite fille qui jure des gros mots, celle que je porte en moi, tendrement.Elle est folle de mes couteaux et beaucoup plus sauvage que moi avec eux, impossible à croire mais doucement je viens à me persuader que sans doute je m'adoucis, si peu mes gestes mais mes réactions, je fus tellement agressive et maintenant je pâlis lorsqu'on m'adresse la parole.Mais tous les chemins de la mer voguent en moi, les maëlstroms, les tourments, les S51 A A PR PT) EE I I EE I SE EERE BEL) PR Sin JIL SSA J A SRL TAI DA Pe SOS.VF we poy Pro i JO Ep ge \"ar eh I a AI Todi) Lo oe Dl te rte (le pate od PER Re VP bE I NRE rn i bri Slant Simei Sa I Pre ES Ee rm pra ie ART gio.cirri oh API UE PR NE A NN CIRCE A Alice LP ee fe nid a re ur ere RE LA Sages me dre A ea Ge a A TE a -~le - =~ EE ag a vx I eT 7d \u201c ie End ei * A eu R. dre, + i eaux hypocritement calmes, au fond profondes et broussailleuses d\u2019algues carnivores, solides comme des pièges, souples.Et je laisse couler, doucement, et j'aime m'évanouir sous mes paupières aveugles, en paix, en paix chez les morts, chez les beaux, chez les sacrés qui m'\u2019appellent en chantant, chez les vrais prêtres de sacrifice, avez-vous lu Déborah la schizophrène?Vous êtes loin de confondre, vous entendez.Moi je suis mes bouches de métro en exerçant la pâleur de mon visage chez les gens, les gens bien vivants, comme ils me craignent (ou est-ce une illusion), comme mon encre et mon sang coulent, comme je suis calmement impatiente de terminer.J'avais 1l y a longtemps commencé a la craie un roman intitulé «Soli», ou une jeune fille s\u2019adressant a ce Soli se parlait seule, et fondait en larmes devant un flic affreux.C\u2019est pour dire comme tout cela est dépassé.Je n'ai plus peur de veiller la nuit.Les nuits où je reste cachée dans les métros, j'essaie de ne pas me faire remarquer par les guerriers, ils me prendraient pour une des leurs, je ne pourrais plus verser mon sang, mais celui des autres, celui qui me fait vomir quand j'y pense.J'imagine les hommes verser le sang des petites filles, je leur crie, continuez, sur votre planète, je vous hais mais je hais encore plus vos victimes.Et puis je me demande: où sont les autres meurtriers?Ou alors je suis la seule.C\u2019est un peu triste, pour moi, mais soulageant pour tous ceux qui me plaignent, car ils existent, ceux-là, malheureusement, et par coïncidence ce sont ceux pour lesquels j'ai dépensé le plus de salive, entendez bien sûr, sur lesquels j'ai le plus craché, non sur lesquels j'ai le plus parlé, cette fois je suis sûre que ce n'est pas la même chose.52 a Je suis peut-être plus gaie.Plus calme en tout cas.Mais Je peux me saigner aussi dans ces moments-là, pour ce qui me reste dans les veines.C\u2019est la fine lame que j'utilise, je me sens raffinée, je me fais une jolie torsade autour de la cheville, dorénavant je marcherai avec une telle grâce, fière de mon joli pied, que les gens me regarderont marcher en pensant à ma déchéance.C\u2019est bien de n'avoir personne pour pleurer sur son sort, ça permet de se rendre jusqu\u2019au bout sans éprouver de culpabilité.Oui, je suis légère, légère, mes genoux flottent, mes yeux aussi, qui suivent les vagues, ce soir la marée est basse, c\u2019est la nuit sur l\u2019océan, aucune tempête en vue, la lune n'est pas vaniteuse, comme quand je la hais, elle se fait discrète, je la remercie, je n\u2019aime pas qu\u2019on soit deux à posséder le ciel.Etre sous terre n'a aucune importance.Je me fous de savoir où vous êtes.Est-ce le lieu qui changera quelque chose, peut-être à l\u2019échelle de ma haine, mais je me fous de savoir où vous êtes.(Il faudrait que j'écrive très vite, pour laisser de vives traces, lacérer le tout, en souriant, heureuse, à tout cet écoulement aimé).C\u2019est aujourd\u2019hui que, encore une fois pour jouer, je me suis amusée à fixer fixer fixer les gens, à sentir mes joues revivre mon pouls rebattre mes mains se mouiller mes yeux danser mes haines trop frissonner de peur d\u2019elles-mêmes et ce fut une torture affreuse car toujours je veux être près de la fin, de plus en plus faible de corps, mais de ce nouveau jeu j'agitais le masochisme, tous ces soubresauts en moi (n\u2019est-ce pas vous reconnaissez le moment.), et maintenant J imagine toutes ces sales fleches plantées dans leurs fauteuils avec leur baiseuse percée à blanc à vif qui 53 DERN 1 HEUREUSEMENT est autre que moi, si tant plus loin de ma vie.Je crie des larmes comme ça m\u2019arrive parfois, en transes bouillantes scarifeuses.Et c'est une société de psychologues que mon cas (mon cas?) n\u2019intéresse pas, out \u2014 autres caillots, réserve s'épuise \u2014, en surface vient la quasi certitude que je ne cherche qu'à attirer l'attention, avec pas seulement le sang mais l'encre.Mais quoi faire d'autre.Et puis malgré toutes les offenses 1l restera toujours le fouet doux de ma béatitude enfantine lorsque je coupe, car c\u2019est alors que j'aime tant, que je ris de, d'eux.Je vous jure \u2014 je veux me reprendre; ne pas me laisser si vile, je n'ai rien a jurer à part les sacres \u2014, je suis un assassin qui tue plus de proies par son propre sang, peut-être cela deviendra-t- il populaire?.Je veux jouir très fort de la souffrance des autres car MOI je n'ai pas mal quand je saigne, allez-y.Défoulez-vous par moi, c\u2019est permis.Affichez mes mots dans le métro, cher peuple protégé inexistant, jouez avec mes mots si vous pouvez en faire des bombes.JE ME FOUS DE SAVOIR OÙ VOUS ÊTES.Une cicatrice de pirate le long du bras droit.Une énumération?Vous voulez mon curriculum vitae?Un triangle haut sur ma tempe.Un joli quadrillé sur le pied gauche.Plusieurs marques simples sur les mains et les bras.Une longue estafilade à l\u2019intérieur de la cuisse.Sur une épaule, la lame d\u2019un couteau.(Vous ne croyiez pas que j'irais jusqu'à nommer?) Sachez que la petite lame est en sécurité dans ma poche.N'oubliez pas.Suivre terrifié les pulsions de ma pensée.Oh! que je vous fasse peur, j'en crève d'envie.Vous n'avez aucun espoir: même ceux qui m'ont aidée je les renie, je peux tout.Qu'on me montre le printemps et 54 je m\u2019efface.Chantez mes louages, je suis farouche, farouche, farouche, et stupidement provocatrice.Comme je rirai, quelles que soient vos attitudes, comme mon imagination se plaît à inventer des jeux de torture.Bien sûr pour.vous.tout cela n\u2019est que délire obsessionnel, verbal.Mais vous n'avez pas oublié, la conscience règne ici, je pèse mes mots, et ils sont lourds, terriblement lourds, pesants, écrasants (quand même je m'illusionnerais, les fous délirent pour ne pas mourir).Les poids tombent comme des masses grouillantes, d'immenses et mortelles larves molles.Mais non, je ne suis pas-cinglée, vous voyez bien, je ris.Mes gencives saignent.C\u2019est ma nutrition.Je n\u2019introduis pas, j\u2019éjecte.[I] suffit d\u2019un petit coup de main.55 sn eh EO ey NALA UP Si A LT iia toy Sec EE Le ET VE - omer apy iy wa pre ma eee a = e > TL Ur TR PE SER a pT pe my\u201d > Topi arin LE D) Ga de 21 ES PER J, oe ps co [a LR a \u2026.RE pu ie 2e CE PT \u2026 AP jo ~ [RE == Ce x.D æ Pr 2 QE et \u2026.ee ov, vo.EO A a bey > se id ry > x N° PER - 4 mr _- a > Pe e > & ov Ten eee + x aK Sey CORRS A a AT >.Pr T LR E x + SRE 7.» La A H RAL Le , : 12% AS [29 ; ; A Guy Moineau ; ; A E Magasin sirop et He I th BL $, tête fendue® bY i; NU LS 4 3 i: A: 3 N HQ ' x] * 4 F K } 5 Get | \u20ac 2 Be « Kt i *tune-up théorie ke + My \u201cJ PE a 1 * hh IR % It NY, wv à Ie [SRY : an , : és ia LL IY way NN It vw 4 à BR.CR \u201c Ne 3) ER - A PER Au XT A EC v ER iy Ca + Lu 2 SY RN A > + RRR D Wal a pos La hia ee ae .= es Qua PEt a pepe rame jo Te Les Les Deer PL vt on dy, Pad ere 44 = od - pres ye EY 8 3a ee .Pers os yt ka es rs Pa pie.AEE Woy.[38 ogame = = oil fe 12-0 ee i pu ETN - > [td = PR [oan DEN hg hed AG i re A a BIAS Li gtd CS px ; valve flippers sont que valent nos vies les actes nous achèvent sans désirs le sang s\u2019écarte dans la bouche et les cheveux sont mouillés contre les tempes commencement du monde le hasard fait bien des choses dans l\u2019ainsi naufrage de mourir n'importe comment une capsule sous la langue un parapluie quand on ne tient plus à rien c'est sûr devant les portes closes de chez Eaton magasin sirop et tête fendue pour mieux sentir l\u2019arrêt du coeur ou du mobilier fouillant les poubelles de la rue Ste-Catherine à la recherche des paradis perdus des commotions est un geste de pitié pour tous comme bondir au beau milieu de la nuit afin d\u2019épuiser la lame des rêves vaut aussi bien que battre des paupières sur la misère embellie d\u2019une tombola chatoiement 59 22008 8 LE 5 _ as ; aa ta a a Si 72 mannequin d\u2019ajustement lente anesthésie un doigt sur la rougeur suffisamment des bétes le désastre va d\u2019une chair à l\u2019autre où l\u2019on médite la jungle d\u2019abord en écrivant pour s'endormir aux aiguilles sales aux klaxons des bras petits bouquets de Laura Ashley bruit vulgaire du coeur obscénité celui qui bat dans l\u2019insecte de la théorie comme aux nuits barbituriques la dépression l'adhérence tient à la moindre parure supportable boa pour s'échapper à quelque chose jusqu'à l'énigme des questions mille fois avec incertitude et vraisemblance deux têtes sont proches pour s\u2019embrasser mourir d'envie la fureur dessine une visite génétique rue de la Montagne le déchirement paraît second 60 eldorado by night je m\u2019épuise a la forme des scaphandres faire avancer les choses mourir d\u2019ennui la vie se présente tel un rêve de musée où les charmes passent l'immédiat en des natures intimes lunettes sont sur les yeux pour voir abracadabra vents partout attendre l\u2019autobus et choisir sa voie maladie je t'aime sur la bouche en évitant les regrets afin d'assumer au hasard le machisme reptilien qui nous emporte tous comme une créature étrange du cerveau désenchantement les images suivent les images on tourne la tête puis c'est un rêve délicat parfum de la destination cela nous envahit chaque matin à chaque matin par oubli désinvolture et trains rapides dans les veines se tuer pour rien au moindre signe du vertige quand se rendre invisible à quelque part interroge ou témoigne de l\u2019effritement dans les rues de la ville incendie la marche imagine les événements de la journée en gd ; 48 Ads pecs RU SH Eee Tg 4 4 près des swamps de nos coeurs fascination progressivement nous mentons en héros sacrés jusqu'à la moelle dont la splendeur fait délecter au passage les chiens vertigineux sur espace que nous sommes la vérité accapare et couvre dans l'usure le vol bas que l\u2019on réclame ou que l\u2019on supplie et le plaisir de déshabiller des yeux demeure le même quand mes lèvres éclatent contre ces matières infinies frissons frissons nos dangers les abritent la brûlure est quotidienne je pense à cinq étoiles toutes les choses à dire toujours toutes les psychoses dans le seul fait d'écrire ailleurs vie générale et descente de police combien d'histoires d\u2019amour encore sur les bras en une simple morsure éminence ce n'est pas pour rien vivre mille ans à reculons avec le sang des autres textuellement char volé 62 fille émouvante dans la bouche je ferme et pleine d'alcool que sa robe dépasse l\u2019imagination traquenard inoculé ou serpent j'abreuve par le bout le plus clair de la fatigue les liaisons mortelles que le mouvement exige zéro ma vie zéro pour l'océan elle monte ses bas comme si sa vie en dépendait stationne sur ses ongles l'essentiel du désespoir ou s'enivre obscurément au mercurochrome dans la pensée 1l y a des gestes de plage des incendies ainsi la fureur se résume bêtement à éviter le principal nous coulons à pic et sans respect mains jointes 63 une fois tous les livres refermés en plein coeur il n\u2019est jamais facile d\u2019oser vers les meubles neufs cinq heures du matin tango la rage d'intervenir contre les papiers sacrés nous émeut sans soumettre quand l'inconscient vient manger dans nos mains coupure et matérialité 64 - 2 xd = eve, LS xy sr pry pyri = x > 9 p= rs fr} ve._ CR: ces Petrie ign} i fl - oe DL CS or Capa 2 part x IS i Ba En es ba G a 630 A Dap Ero Tue 2 EN 2 RY eo - [ENP] Batis A red) bas _ \u2018 > cs pr ARPT I Cul pre Che a py .p Les ER Lie pe EN pa - à.Piney ps N 2 - Fy RN EEE iss æ § ; ; A hy DEN ue IN x A LISA K, vg) DEN d A Ay B - \u2018 NIRA A LR .A A RR [SY , on Ly .2 A [RRM \\ : p \u2018| nr le Caron e / \u20acCl1 Pr, C L Ps Jour et nuit rs a a 1 An wr Sa > ay vie in oo mes ela ous pe pe 3 ze = ~- % = =: LF >», ~ x ps LA) Rs + caps Pavia ry >= BE cody Pxa Prion ares i po Cir Say 3 403 Pipe: fe pertes ps (i pp \u2014 Puli .es es Pa on 1\u2014 journalières (poème) intimités ses faveurs.un jour c\u2019est le matin on pense à qui on aime simplement (Je puis aimer un être à son insu) un rayon de soleil pâle sur la page cafés cigarettes météo (son 9 à 5 son mois de vacances payées!) San Francisco Los Angeles Paris Amsterdam Calcutta Rome Athènes OÙ je n'irai jamais (Je puis je pourrais inclure plusieurs citations dans mon texte!) et je puis jouer à me surprendre colin-maillard tag malade tag barbecue (ma fille elle a douze ans même si ne joue plus m'en explique les règles) interjection enfantine: pow pow t'es morte t'es morte t'es vivante! t'es vivante! 67 I » pe 4 SRE ERM ta Pass te PES 4 ut he iE Nati a GE, on ae pe hoor yi EE SP ES da a id - of as pe.d CRS Ba 7.Pr rg ARE ua Hdl 3 d pe a Pay: | pb\u201d 520 SUE J Ne pe 206 Rec res rib ill mots Croisés journal de montréal dédains dégoûts désespoirs affluent de la Garonne Meuse Gaulois coq gaulois Rimbaud ce qu'il fut s'y est illustré un vieux succès interprétera aimer avec frénésie carnaval mardi gras carnaval danseuses nues PME Poésie poèmes plages de la dune fraîche à ses lèvres conquises magiciennes tout à l'heure (séductions) frissons et salaires horaire horaires \u2014 ses plages salée mer mouvante morale du lundi en temps et lieu lieux: sa force ses passions et la distance qui nous sépare de quoi de qui ET POUR COMBIEN DE TEMPS SURTOUT?Les chansons quand j'étais une enfant: enfin une issue du solide toutes ces naïvetés enterrements de poupée soleils de cinq heures, Pâques automne rivières pluies joues rouges brûlures à genoux campagnes fièvres saisons 68 (raisons de vivre!) larmes ruses familiales santé délicate! tuberculose nervosités reliques arrêts cardiaques père (silences) tu ne m'as jamais écrit sinon une fois quelques mots griffonnés hâtivement tu reprenais mes propres termes! rancoeurs on regrette la nuit blanche noire on regrette la nuit virtuose virtuosités: ses cheveux sa bouche rouge (très lyriques) sa VOIX son jeu sa facon bien a elle: tu as besoin de faire de la peine! (peut-être que ce serait un poème d'amour?) midis identiques horloges identités Police SQ bandits armés pris en filature 69 a EE EEE RE CRE RE RER pI , PE CA Le rot D de DCE Lib né LÀ = ear m2 mali rg oe ore, .= Ly \u2019 - oY x EE 20 _ PS = Om + _ A 2 Ta Le Neh Pare ~~ 2 en ee Am ~~ lay 0035 Ie a = secrets de famille adolescences «révoltée à 14 ans!» EE a massage suédois ps, Tirage de danseuse mère naturelle, père SOE sor Si -y Tal 2278 gS et are ac.Rh SA 44 Sail 1 avril 83 à Q Fic SE 70 2\u2014 la nuit surtout (récit) la nuit nous prenons des taxis.l'océan brasse ses mêmes marées mutantes la voiture descend l'artère libre et roule indéfiniment doucement contre l\u2019asphalte humide et les feux et les néons nous font signe des signes qui ne nous disent rien pour l'instant puisque c'est toujours ton visage tes yeux ta Voix surtout ta VOIX tout contre moi intermittents avec patience je pourrais dire courage mais j'exagérerais sans doute je serais complaisante t'es toujours au bord du fleuve au bord de 'eau.les images se précipitent sur l'écran le rétroviseur me renvoie tes yeux ta bouche rouge comme un avion une comète qui franchit l\u2019espace du regard les dimensions prégnantes du cadrage en signalant sa trajectoire criarde son sillage indélébile tu me quittes et je te rerends toujours au même endroit la convention d'un drapeau hissé au lieu et à heure dite le numéro la consigne et bientôt les images nous supplantent tout à fait, pour de bon, je les poursuis par habitude ou à cause de ce que je nomme la patience et qui n'est qu'un symptôme de la douleur SE ae PP EE Aa SE ES PL EE TE ee ae GE ES ESL Sid = md EE EE RE EE ie sai Arlt or Rar ee et To pri , ; Ces Sal a je les laisse me devancer maintenant prendre une bonne longueur d'avance prendre le pas sur moi puis 1l y a la pluie la neige qui fond le bruit mou des autos personne ne peut racheter nos erreurs je les laisse courir s\u2019affoler s'empêtrer à leur guise mais c'est toi uniquement ton amour ta mémoire qui me précipitent dans cet embouteillage du maudit tous les miroirs volent en éclats il n\u2019est plus possible de recenser les variations du temps seul le compteur de l'auto avale des chiffres il y a bien longtemps que tu n\u2019es plus la 72 dc ERNE 1 SA LEY la loi des probabilités l\u2019influence des planètes les structures syntaxiques! comme une seconde peau infranchissable dans l'attente du mieux (c\u2019est mieux que rien!: devise de la famille) tous ces visages familiers qui nous sollicitent dans les albums de photos en même temps que tout finit par rentrer dans l\u2019ordre à peu près en même temps que le crieur de journaux les ascenceurs s'embrayent l\u2019eau roule dans l\u2019eau la kermesse des heures de pointe le hit parade la lessive les enfants qui essaient de détraquer l\u2019Ordinateur en appuyant sur tous les boutons à la fois 73 IRN LE IIE FE CE SE CY RE.N FE BS RE atin S40 _e Re EAE RR Tl rT + 57 PS * BI! oY toute attentive au déchiffrage au perfectionnement de tes passions i te voir te toucher t\u2019oublier t'oublier comme tu vois mon lexique est limité à tes frémisse- À ments de paupières aux cris que tu me lances dans la 3 mêlée les détours auxquels tu m'obliges ta voix qui est i 4 comme la nuit et qui m\u2019a remplie d\u2019épouvante! Héroïne à la faveur d\u2019une réclame parfum Dior ou Ca- 8 charel dans les magazines à la mode je te surprends ou flairant ta voix dans les méandres rauques de la chanteuse Héroïne : A4 re 2% - a ; Xe \u2014 29 ve a ~ Ty .me 00 0 2.>.5 7 nu.æ er EL rt zs = A cer Air un CR Ar ATA: 3 > as \u20ac a ve 2 \u2014 - 2 a \u2014 CHE =) ate ox nye rr Lor = rr fal 00e 2 cs > ws a PES Ow PEP 4 mT Jo} HTT pr sup of pres ES Gan ra 2 Es me Pir re a 06e ee EC = 3 bo pS tren) pt pg A pa er = > CIN LY Ie = re ae Fre by EE Fe 5 oa ry Ca.a fo + lee LA Ney Cle ran = ps 2 run Pin en fry x es ry Pre pT ny Zl 2 asians oar I ada.7 Pipe = pape Pa Pape pe Me a 7.Late Py - 5 2 re bi ES Es 7 pS ps ERO Ca PM be > =.2 ~ \u2019 = Pra a 3 Le td LR Save \u2014\u2014 pe Ro i ee = ppp A E CS a - Lens Les Ey) 2 Bs \u2018 + Co pa pes ; Ly pre Les \u201cee pa [one i 3 PAN : 3 2 3 = ; x =.var Po : X = < ; L en ; ; : A 3 es \u2026 ; 0 : : $s ey > .see Pr wt = A x : wo.v A PD 2._ pa de Nelligan Francis Catalano - (A 1 Le smile négligent A R [i Pe - ._ VE a SE MARL IL > ns a en wo RE nt Pa PR SR FE oe om.Pe RS 3 EIR IF; a K3 oe pA Re.- RCI i nls gv ra Ra Fa peste sera 23 SR [SVEN _ ran = ee DES ~ - 000 \u20ac 3 Tw Co = .oe es = he nA Eres ne 9 04 re pl = n° A - mA us +.ci A, 3 2% \u20ac NES sh = 2 - .2 pry \u201cx = - *, * = ns + 7 $ \u20ac wi - a ge PN _ \u2014ét Late » wa ev ! x ry o a .A ner at ed Me 0000 NA Sd AREAL A A RAS A A0 ID Mt A TER EN Belang s Sat 004) Aer tation \\ EE SEAN NL EAL REE LOC RSS IA Sana RE OO OGC DO EE HE EEE 4) : A A IOAN A i A AEA ER A EAE A AL 730008 \"pe gai 1 LEWESPALIEB\u2014 84D\u2019ÉTAINPASTICHEDUVAISSEAUD'OR BL FÉVRIER82 É But Fat De Longs Circuits Et Stol Couvert D'Or Mussif CO À D\u2019Hiéroglyphes Gaules Clivant L\u2019Apex Pour Mu @ > (;) (.) Le Pentagone-Cornée, Quinze Carats, Chose Due Glosait Sur Neurones Ses Ajouts Narratifs Un Pilote Gazeux, Majeur D\u2019Au Moins Six Seuils ( Via Ce Repli D\u2019An D\u2019Ou Mute L'Ebene ( Dans Sa Carlingue-Cathédrale Plus Un Oeil ( Aux Plafonds Filmiques, S\u2019est Trouvé Moderne ( pe 4 hel od dh of ses ut CIS a Ay 2 rr Ibe lpn =, Ta LC SA ALA AY REE) Fat De Voltage Guivré, Si L'Homme Plane () C\u2019est Du Chaos De Son Buste Avec Tel Butane (,) a Mushroom Power, Feu, Empire, Entre Eux Machinés () EE Que Leste-T-Il Hormis Sa Montée Des Baves (?) RB Un Détonateur, Appareil Apte Et Bombé (?) e Mais Las! Il Crasha Dans un Filet De Larve (1) È 1) FCSCOHCAMPCCCGNAPSRAMECCOPTFVHPCBBMPFE É MLMBDACFL .SAY 7 7 HN Hl AY Ny - N D Py ss + D D D D .L pu SEN NATIT PTS.TH RY PRS Nit NR TN TORT TE ET A ET TE TP I TR TE Se 1 ¢ » K ve UN ENT N° RE A RAN RTHUGUS NY RENE ENS IRN LY M 0 Anh) RR - 1 AR RIN ha: [ew WL ¢ EN Xho NY VEN Lies 18 E ANY WH MANN ; ka NUNANRTE - q wo.3% dE EE atouts arrete ne cyclique, Montréal (se) pose comme cadre étoilé, étiolé, négligé, le poids du canevas parnassien à même les structures urbaines de la cinémathèque bordée d\u2019inscriptions alexandrines, masses étouffantes mais chimiques, cauchemars d\u2019or et (de) cyprès littéraires, le verbe comme renflouant du Nil, Nelligan, jé têvé dé faire des vers célèbres, (ou) la recherche du Gramme à Liverpool (travesti en marin Rimbaud), tels que les Beatles foulèrent, récifs autres, quelques lieues (lire «lande»?), sonnets électriques, etc.performatifs vers- ondes, lyre, des lyres, poèmes opérés, les lèvres dirent, écouteurs en 1900, les Anciens et les Modernes, l\u2019école binaire de Montréal, esthétique d\u2019astérisques, le trac, monument documenté, nuits nanties d\u2019auriculaires légers (plus que l'air), salon de lapsus, l'auditoire murmure qu'il neige, les poètes tour à tour, défilent, font, défilent est juste, huit ou neuf, Émile répond à son patronyme, se dirige équilibriste vers la chair(e), trébuche mais beau, très beau, débute, et termine par «toutes/toutes», des signes de têtes, d\u2019atlas, d\u2019axis, s'accordent que d\u2019avoir envie de partir nuirait aux amas moléculaires cliquetant près de leurs oreilles, ils ont effet spécial entendu des squelettes marcher sur la ville, très tard dans l\u2019espace 78 si clique, mon réel s'ouvre la tête contre un chêne libre où pendent des cadenas sous un tollé d'étoiles, extir- pantes, négligées, et répand en trombe des myriades de couleurs sur le pavé vespéral qui juche au-dessus des boeings, columbia, challenger, ce qui donne dans la veine traditionnelle du ciel un choc non négl/l'inspiration sorte d\u2019aorte laissée lousse après la ligature so/ rtir ses muses s\u2019il y a lieu, la langue franç/boulons nés du big bang expérimentent le robot créateur, cap/à l\u2019image de/nous voulons une autre histoire, d'accord les trous noirs roussissent comme saxophones fissurer bathyscaphe au fond vou aveu frontières cire anti-monde masqué plongeon jade jonc 666 croassee métal + minéral australopitheque astral néant homme à six faces hasard Sarah reconte 1Z 2Y 3X bien au contraire sofa «ceci n\u2019est pas une pipe» bateau bourgeois torpille cigarette?Nelligan was here mural poetry chauffer poterie sémaphore mon faible métaphore sur table pare-chocs galaxie hyérosoirs ex espace 79 SN Et SE c'e oes 18 HA A 1.«d\u2019un golfe où le soleil abaisse ses antennes» extra-ter- restrial à Peek-a-boo Villa, 28 août 1899: Émile Kovar (pseudonyme de), rêvassant et adossé qu\u2019il était dans ce bois aux mille et un graffiti d\u2019écorce, sidéré, (et sauvagement incompris des tourterelles, pinsons, geais, lièvres) ramena très subitement sa main gauche, biaisée par l'ankylose, à son front ébahi, de sorte que l\u2019axe de Vision fusse protégé d\u2019une intense irradiation, et caetera l\u2019objet flamboyant s\u2019en alla, épiphanique, laissant à l'ozone du moment une teinte violacée.Smile s\u2019alluma une longue pipe à kif de bambou, «et mes pas sont fautifs où maintenant je vais» se dit-il bien qu\u2019il se dirigea, mémoire en tête mais la tête vaguement ailleurs «vers une aube triste, aux routes croches» qu'un sirocco désertique (sorte de simoun), en craquant du doigt, attira vers une junte d\u2019animales enjambées.sorti des draperies de la futaie, un peu affolé, tout juste à l\u2019éclaboussure du crépuscule, 1l héla le premier carosse venu, le pouce précurseur d\u2019un Kérouac.80 2.là-haut «ah lon lan laire et lon la la», le soleil (comme la lune a aluni), the son of rats «soit, nous fumerons chez ce type» et un nuage noir, uppercut, s'avançant lentement et sieur, l\u2019obstrua, clair-obscur, en claquant dans le ciel comme une cartomancienne.(so what.se ouatent.soit) spotée et stoppée, en apparence simultanément, une voiture de l\u2019année avec deux mustangs et un fouet.Smile, preste, prit place, non sans se remémorer le «bavant a la poupe» d'Alcide Bava.au sujet du conducteur, un dénommé Guy Delahaye (médecin aliéniste, poète par ricochet), s\u2019agirait-il d\u2019une espèce de fou hilare, d\u2019étrangleur, avide de poupes, de pulpes, de pulsars?n\u2019en sachant rien encore et tracassé plutôt par l\u2019engramme de l\u2019ovni, Négligent s\u2019abstint de lan- gager sur quoi que ce soit.«menés de front par un cockney, flegme sur siège», et profitant d'une guêpe pour incliner la tête, le poète s'aperçut qu'il lui manquait une chaussure, «petit soulier d'ancienne mode» (Knox Custum, N.Y.), probablement perdu dans sa course folle à travers les bois.dardée par une bombe de faisceaux isabelle la ville explosait graduellement au loin.un vol de corneilles ajouta de la couleur et le point d\u2019arrivée se désigna macabre.Kovar remercia, see you, et descendit de la voiture en fer, une tache d'or incrustée à son oeil gelé.31 Lele it HRN HE ARE = Me OP EE rie MCE CE 14 die earth am fy tr Las t Van Tes PEN Ae PTR NE Ne LRN - RL, DE, Eee\" aR Ih lide, - ET ar pe a Se A ES Co Re i St ie RA A A Ae Le M ma rte Rg au he - -> = « rimes a 3.stupéfaction.ou plutôt non.aucune surprise.comme à l'habitude cuisine, boudoir, salon, antichambre, couloirs, vides, tous vides.vacancy.Cacouna, sans doute.personne a dire.le soir venu, tours d\u2019horloge, le bar.«devant un bock, révons ma pipe».devant deux bocks, quatre, seize, trente-deux je crois.drame cellulaire.I'ambiance: spleen de cuir serré.étau territorial.«je suis de ceux pour qui la vie est une bière».Kovar.couvercle.y avais-je seulement pensé?«z/ te manque une artiste, il me faut l'Idéal>.Milady.il lui faut rejoindre Milady, rue Saint-Denis, longer cette ruelle (cordes à linges fantomatiques, brise agitatrice, le rhumatisme des noyers qui plient, les chats jouissifs, l\u2019horripilant narrateur ubiquiste), atteindre l'escalier en colimaçon, gravir les marches 3 X 3, ce qu\u2019il fait, ouvrir la porte donnant sur le balcon et s\u2019écrier: «ma chère, il est vesprée, allons par bois, viens-t-en».82 4.le narrateur fait un effort.un effort physique.une demi-douzaine de chest pull à quatre ressorts.quelques V pour les poignets.le grand écart.pendant ce temps, Milady et Négligent s\u2019accaparent le lieu.voila, Milady: «en rupture d'étude, aux bois jonchés de brous», jai cru observer un objet volant non-identifié.ses fulminantes me calvitiaient de partout car il me faut, a moi, des annales d'artistes et 'enginlancé givait caréqual spirotant sousvent dhan drite dhan lombilic généraux si martel si prish sans ça mon lolo cost windblizzard viré VIRÉ qui merçèses mutra dalléla korvtdf mbdyxwwlop 1111 sehjuae bouh bah, et ces arbres évaporant des parfums opiacés, cette pipe de bambou, palliative, et décorti- quante, et outre, et la course, le fouet, le bar dont le nom a changé, et tout et toi».Smile Négligent sera coupable d\u2019un viol.un vingt-neuf août.la lune tant entière hier.dans le sac à dos de Milady, aucun déshabillé.ses seins sur des roulettes.viol love adrénaline.l\u2019assommoir sec et efficace.le corps sur les épaules.grange.«nous y dormirons tous deux, ma mignonne».du Steinbeck.des fauchées et des corn flakes.Nelly se retire du corps inerte de Milady, «ou son hymen chanta comme un rose poème», se met du noir sur les lèvres, les ongles, le coeur, et éclate en sanglots maculés.83 A et LL A CL TR TO ANN SN NN NN - + XE \u20ac LUA RYN ON 7 1 +.+ à X Ra SE De page Je D ea cat) ee Oc a ge I ET RI Wp RATA Don Pict Py a - a hd = .sof \u201ca se : û ie à { LR vingt ans est dense de mythes fous rêve d'assaut écrase des châteaux dans le sud d\u2019Espagne oeils braqués écrivent armés d'un bloc du cerveau qu\u2019écrire franchit des monstres épaulés et voient en second lieu tout ce qui bouge avec des lunettes d\u2019épouvantes remontées au front et des éclairs galactiques transposés sur mai dessus les briques rouille tanguées par le globe ses failles écloses et tes restes dirigés vers l\u2019'hydrocarburant 84 en bobsleigh sur le déluge ma main noyée brave une limace mais capte le s.o.s.de Négligent stocké dans une bouteille de Coke qui frappe en vain sur LG-2 à rebours le flux boit le reflux et le vomit plus fort où s'affrontent des ondes belliqueuses dans une savane et la science continue de nous étonner où que cela tienne E dans la bouche des noyaux br Yur mer RAL ac pro detecte À Tat a a pe a A ai Ry a a) It Pa a DUR DR} OP YS CRRA oe li dis IK, 0383 | Pt olin a 65 ai Re 85 eto fn Po 7 PE = RE fe = ol i 4 es [a _ A se Nn \u2014 2.Lgl x ns =e meme a re) pen Api, > \u2014 te uy # We -.a mr EE IQ safe ee 2 = - \u2014- > py ai rc Ds cx = morn wy = a x a = nei ee NY LN NL NE av Si pT AT a CECH or The 2 vire 4 ie Rép ae LV, ma races - Pc Poe pe Pen See NG TR Orig prt gb rr pT ea LYN OS ARE roc CEE oy ERT Cry pry oe ERA Pe IEP p-5a Re = oy Pao NEAR el gf Rig og Co) i NESS eS oY mr 04 T5547 SS red is ets SSC Le ete ip ps Fre ae EI TY pa = 3 es) 5 z pee a = Lo x ead RF un ape Te a es Xe ha = pre ATEN: ee oT ee dt eH DC SE yt ~~ fo re Cis SRE - ENC Ng ap _,; pt st DE VE mm a pe = ee 2 ES = 7 a ed a caca pe al rs Py YI eRe Sw Ze pred ae perp ga STIX Sr = = FE He a ae pv NC «+ pe vs = Re EE IE IE > x.À pce * + et ww\" ee PS pre pe ed Meter dent free cif ff Ki _ es EE pl Ae eA Re ACR I dd \u2014 RA dil rs piv (Pcie Hoi) pe Nery Por Ts od CS at ADs arate iss Pci Pied Ce pra PS RY LN fact LLL ATE SPRATT Lett OR PRP aT XTX RNY \u2014\u2014 VU TOR EE CAROL TAN UT d'inscription des fictions.Il me semble que par ce fait même, la critique est devenue un acte d'écriture à part entière.Comme s\u2019il n\u2019était plus possible de parler d'un livre, comme s\u2019il fallait fatalement parler comme un livre.Alors les rapports critique et création travaillent en osmose et donnent des résultats textuels près d'un vaste territoire fictionnel dans lequel on retrouve les intervenants aux prises avec le sujet réel de la poésie: le langage et ses possibles.sur vitraux d\u2019éclipses de yves boisvert «un bruit de révolte généalogique» (p.44).Il y a des textes qui saccadent leur tension jusque dans l\u2019éclatement des mots et des sens.Yves Boisvert s\u2019intéresse depuis déjà un bon moment aux textes qui déplacent et affichent, entre le jeu et la dénonciation révoltée.On va de l\u2019intime au global.On parle tout haut.On fait grincer des dents.Ces vitraux sont de ceux qui veulent montrer la lumière à travers de nouveaux prismes.Il y a de la douleur et de la férocité dans ce petit recueil.La sécurité y vole en éclats autant celle individuelle que celle arbitraire imposée de l\u2019extérieur des êtres.Les mots alors sont là pour décrire les chocs divers qu'alimente la panique qui sert à «Éblouir le sang à même le sang/la falaise et le trou que cela crée/le coin et le croc dans ce creux/un par un les reins qui grimpent/la nuque» (p.38).Il y a du vertige qui circule entre «la peau», «l'autre peau» et «les nerfs», c\u2019est là que presque neurologique se greffe le système de l'écriture conçue comme un constat de cette déraison, de cette étrange et entière perte à travers les éléments du corps et de la nature.Dans tous ces poèmes on sent, on entrevoit le malaise de vivre et de continuer, on entend le cri des mots et ce cri il se fait mitraille, 92 il se fait barrière, il se fait sourd.«Crue spectrale de pupilles/rumeurs d\u2019aube/et puis une montagne la-bas/ au bout de la plaine/et c\u2019est la plaine toujours./ Un cheval debout/début d'homme» (p.54).Cette émergence des images brisées et dures donne le ton à l'ensemble de l\u2019ouvrage.Vitraux d\u2019éclipse est un recueil de violence et de terreur, des fulgurances y arrivent pour indiquer l\u2019imperturbable, l\u2019implacable comme si parfois les faits extraits de la banalité du quotidien prenaient des allures de destin: «Le vingt mai 1980/j'arrive à Montréal/comme un poignard dans face d\u2019un cheval./ Rue de Catherine rue de Laurent/il est question de la vie et de la mort/mourir de pègre et de vitres cassées/ n\u2019est pas nouveau pour tout le monde» (p.18).Cet univers sans ouverture est peut-être un éclairage nécessaire pour dire ce qui en tout et en tous empêche l\u2019explosion et l'imaginaire.Yves Boisvert a donné 1c1 un livre étonnant et noir.sur 45 tours de bernard pozier «l\u2019amérique c\u2019est ma promenade» (p.82).On rêve à des images qui seraient de l\u2019ordre du mythique.On esquisse des trames ou des lignes urbaines prennent toute l\u2019ampleur de leur clinquante actualité.On donne des coups dans les mots pour les faire danser, sauter.On arrange le réel dans des vêtements au style créé sur mesure pour le plaisir d'un prêt-à- porter textuel qui se sert au comptoir de l'amérique.Avec 45 tours Bernard Pozier nous donne son premier livre s\u2019inscrivant dans le sillon des travaux d'auteurs comme Lucien Francoeur ou Mario Campo.Il vient tout juste après Tête de lecture (paru chez le méme éditeur) dont l\u2019organisation, le style et la thématique étaient bien différents, davantage axés sur la réflexion matérielle des incidences lecture/écriture, apporter une variante dans l\u2019oeuvre déjà volumineuse de Pozier.Qu'est- 93 VE \u201c ar [A [a : NET VE EE SEE SEVIER TSE SUE EE) LY, - PE EE PET EEE OS EN ha ds EE Fe 3s i g = SAE eer IE rt >, 8 ee Ae Ea 2 4e Et AE ob ef, - b= er ad 2 Fa\u2019 TRY re pres me Es + RS Perr 2 PG.\u2018= - aye bd a Ca ue ce A Le ee a eb DE hv fae bg _ ne EE Le de Er ars pa - Masai RES A RER RTE RN A TR WEP AL EN IST IT AY, ce qui tourne dans ce 45 tours si ce n'est l'idée de flash, d\u2019instantanéité, de miroir où se reflètent des scènes tirées du rituel urbain ou encore de la fièvre des discothèques.Le souffle est souvent du côté des paroles de chanson comme si c\u2019était là que ça se passait réellement dans les sillons du plastique, dans le rythme, dans les allusions au social camouflé dans ces textes brefs et saccadés.«centre-ville/cabaret noctambule/secrètes ruelles/boulevards interdits/nuits accélérées» (p.43).Dans sa consistante préface intitulée La poésze décapotable, Lucien Francoeur situe la poésie de Bernard Pozier dans un vaste mouvement de poésie urbaine, lieu de résistance à un nationalisme déphasé et traditionaliste.Cette approche donne une lecture d\u2019ensemble qui nous invite a revoir plusieurs textes parus au Québec ces dernières années.sur poèmes de babylone de jean-paul daoust «les néons de la ville» (p.20).Le désenchantement est une thématique qui, relue sous l'angle de la fin de siècle, prend des allures de dandysme et de désinvolture.Un rictus, un drink, un texte, une mémoire aussi venue pour dire les lieux multiples et mythiques de cette totale désillusion.Il y a de ce charme et de cette démarche dans Poèmes de Ba- bylone de Jean-Paul Daoust.«Cette peine/Qui bronze/ Au soleil/Des autres/Voilà/Je me console/Dans les bras/ Des autres» (p.41).Et c'est la description de ce délire qui s'acharne a catapulter des images de fin, des images sans concession dans leur immense déception.L\u2019ouvrage est divisé en trois sections: Poèmes de nuit, Poèmes de ville, Poèmes de voyage.C\u2019est donc de ces trois thèmes que partira le texte toujours pour revenir dans le poème justement.Repris comme modulation à chacune des sections, le babylone du titre venant donner une piste pour lire la luxuriance perdue, la frénésie qui traverse 94 RARE cette hécatombe frottée aux images de l\u2019amérique, de l\u2019alcool, du sexe et de la drogue.Bien sûr toutes les cités du rêve existent: de Hollywood à New-York, de Montréal à Bangkok, de Babylone à ce Black Dream qui semble être le moteur de cette textualité jouant de l\u2019exotisme comme d\u2019un scalpel, jouant du réel comme d\u2019une caméra ne laissant aucun détail fuir le risque.Précisons qu'il s\u2019agit ici d'une écriture qui emprunte à la répétition et à l'immédiat son souffle, son rythme.La nuit est là comme une obsession et cette obsession s'inscrit dans le fonctionnement même de l'écriture du texte: «La nuit/L\u2019oeil se heurte à la paupière/La nuit l\u2019insomnie la folie encore/La nuit lourde \u2026 La nuit ou on vit au fond d\u2019une bouche ouverte.La nuit et son oeil de bague montée ternie.» (p.11).On reprend le motif, on le dérive, on le varie, on le vide par le trop- plein et c\u2019est de cette profusion que naît l'effet du texte, un texte noirci d'encre et de surplus, de déchets et de cumuls.Le texte intitulé «L\u2019Amérique» donne une idée de cette démarche par l\u2019excès, par le foisonnement: «L'Amérique s\u2019installe à la TV/Les satellites comme des électrons/On broadcaste ses projets/Ses réserves ses annonces/On s\u2019électrochoque des nouvelles/Des reportages des peurs» (p.17).Pour Daoust la poésie semble être un spectacle montrant toutes les ficelles de l'intime et de l'extérieur.L'écriture serait comme une performance avec son installation minimale et ses perturbations en déroulement.Ici, le déroulement c'est la page et le texte-image qui s'y lance scintillant et nerveux malgré la maîtrise stylistique.On brusque le lexique pour avancer des hypothèses sur le social et l'imaginaire dont le texte est issu hirsute et mélancolique suivant le rythme d\u2019un rock'n roll urbain.Entre l\u2019horreur quotidienne, les stars, les villes lointaines et asiatiques, les coeurs solitaires, Jean-Paul Daoust trace 95 LE LIT PRN IL SE UR AY EO A TL CE «els EEE EEE CLR EE DE) Kir a To Ty De \"edad Le rR a ea.SERRE GLE & A h - es SN A x EN RE a an TIES [oa EX, = pts p, Pe het i: : 2 ae Lowe Yi BR B 0 ¥ RA 4 CaN es PE TI de Ra aR Rr NE a A.vs Tp\u2019 = Sel y .0 Fa = Oo ce gid frail Tw fy ra , ee Fe TA - Tala l\u2019explosion et l\u2019enchevêtrement du dérisoire.Ici les v1- sions sont désemparées, charcutées.Reste le style dans son urgence lucide.sur Picture theory de nicole brossard «intervalles et accès au tremblement» (p.55).Ce que le langage montre, c'est le portrait imbriquant le réel et la fiction.Ce que le langage montre, c\u2019est le langage se dévoilant en proces.Picture theory de Nicole Brossard pourrait bien étre un livre de postulats et de corollaires donnant une idée analytique de la passion.On y lit des proses et des poemes qui s'emmêlent pour faire circuler I'énergie des corps qui se reconnaissent lesbiens et pensants, ces corps qui se sont reconnus jusque dans l'intimité des réseaux du langage et des images à produire.Des femmes s'organisent.Des femmes lisent.Des femmes vivent, écrivent, voyagent, imaginent l\u2019hologramme d\u2019elles projetées dans la mémoire a venir.On entre dans ce Picture theory par la porte des formes, c\u2019est la voix du langage du corps qui servira de guide.On tente de présenter comme «l\u2019ordinaire» (titre d\u2019une des parties de l'ouvrage) comme étant du plausible lancé dans le texte du quotidien soutenant ces perspectives, les modes de vie ayant changé.Nicole Brossard présente un univers de femme, virtuel, effectif.«recto-verso un livre promis à l\u2019envers/ et je composais dans l'odeur du bois/les relais sous la langue pour qu'elle parle/poitrine féconde cueille d'accès écueil/la synthèse amorcée le long du corps» (p.61).Tout l'ouvrage tend vers cet effet de synthèse qui par le passage au langage fera être inexorablement l'élément femme.Le jeu formel est ici poussé jusqu'à l'extrême: le livre incluant le livre, la syntaxe retravaillée, la redondance des scènes elliptiques, l'intrusion de langues étrangères pour souligner l\u2019inédit.Pzctære theory est un livre qui se tourne vers le futur.Dans le jeu du livre 96 a Lo .ve 1h OUR.CPE may 9 .PAT EE om (le présent) on pose en bibliographie un essai intitulé Faire exister ce qui existe (Montréal, 1985), tout ceci sous la rubrique «De la même auteure».Ce qui s'énonce ici, c\u2019est le désir de réalité, de lisibilité, l\u2019essat comme prose d'idée, comme reconnaissance d\u2019une possibilité du codifiable.Ainsi par l\u2019insistance fictionnelle, le réel appelé dans les livres de Nicole Brossard pourrait bien devenir accessible par le phénomène du livre, de l\u2019écriture de livres posant et reposant ces balises contenues dans Picture theory: «Geste va venir: un signe que je tracerais, une lettre qui me refléterait par deux voix différentes je serais radicalement pensante comme une percée de lumière, irriguant la racine, la réalité absolue.Le corps générique deviendrait l\u2019expression de la femme et la femme aurait des ailes au-dessus de tout, elle ferait signe» (p.166).Et dans les écritures de Nicole Brossard c\u2019est à travers les cités que ces signes se vivent, dans le creux des interactions vivant au rythme du siècle.Les tracés multiples vont de Montréal à New York, de Paris à d\u2019autres lieux plus secrets vers les îles du désir des femmes.Dans ce livre, l'écriture semble entrevoir «la théorie au-dessus des falaises comme des îles surplombant le désert, la réalité des femmes synchrones modifient l\u2019horizon, les rues de la cité de verre, reflexion faite, l\u2019espace mental pour une vision contemporaine» (p.190).Et les phrases vives et tranchantes suivent leur route sur la page d\u2019un livre éclaté dont toutes les versions veulent signifier un sens central re- générant la position initiale de l'auteure que tous les effets de narration veulent rendre toujours plus visibles.Encore une fois Nicole Brossard nous livre «Une histoire de style dans la démarche» (p.141).sur une volvo rose de jean yves collette «Comme il I'imagine, il l'aime» (p.44).Ou nous conduit ce récit.Qu'est-ce qui est in- 97 pres RO - el 5 ~ ry x = Ta Sr 08 ventorié dans ce voyage du texte vers le corps aimé, relancé dans des analogies de lieux et d\u2019interférences.C\u2019est vers le langage comme pivot des structurations que nous conduit #ne volvo rose de Jean Yves Collette.Et c\u2019est «Dans ces plaines fertiles.Au nez des impensables.J'en passe pendant qu\u2019elle poursuit sa route.Encore que tous les dialectes du désir, océan.» (p.24).Il y a dans ce petit récit morcelé une volonté de faire voir les déplacements possibles d'un texte qui circule entre les bornes du quotidien et les ruptures intentionnelles d\u2019une stylistique qui se brusque pour mieux laisser un espace d'imagination à la lecture: «À l\u2019imagination ordinaire, la nuit sera choquante.Les bouches, elles, toutes en transes.Les mains.La réponse» (p.25).Jean Yves Colette, on le décèle en regardant sa bibliographie, a toujours pratiqué un genre d'écriture qui justement défie les catégories traditionnelles.Ses textes tiennent à la fois du poétique, du récit, de la prose.Ceci produit un effet d'ouverture, d'inclassable.Une volvo rose reprendra donc cette technique de l'éclatement des genres littéraires.Il y a de l\u2019érotisme dans les lignes ; de cette écriture.Il y a des réserves d'images, du souffle retenu dans des phrases courtes, haletantes.Le livre semble courir sur sa piste pour donner l'impression de mouvement, de poursuite dans des mots faisant leur travail de sens vers «Tous les désirs soutenus» (p.28).Et Une volvo rose sur les pages laisse ses sillons, les dépasse.sur hibernation de michel beaulieu «implorant la l'évasion».Cette lenteur à vouloir décrire tous les recoins de la plus petite, de la plus intense des quotidiennetés qui pourrait surgir au travers des minuscules positions que la réalité tente en vain de dissimuler à l\u2019oeil de celui qui choisit de l\u2019observer en ses ramifiantes textures.98 Hibernation de Michel Beaulieu est un petit livre de l'oeil, une petite percée «qu'une lettre avive» pour mieux dire les efforts de persister et de reconnaître.Dans ce froid esquissé la parole tient lieu de refuge et de coloration intime.Et c'est «l\u2019immédiat fibre à fibre» qui devient surface d'exploration des conjonctures.Et si «des zones de tension» sont nommées comme danger guettant de partout les survivances, le texte pourrait bien être dans sa fragilité l'espacement dans lequel est encore possible la réflexion ou le minimal espoir.Les choses semblent «fermées sur l\u2019étroitesse des peaux» et tout se conjugue pour faire une gaine dans laquelle la respiration se gagne à chaque instant, on dirait presque à chaque mot.Michel Beaulieu dédie son petit recueil à Bernard Noël, poète du corps et de la douleur.L\u2019'auteur indique en préliminaire qu'une première version d\u2019hibernation a paru dans la nhj, numéro 82, en octobre 1979.En plus de rappeler le style de Michel Beaulieu, style attentif aux moindres vacillements de la phrase et de ce qui la supporte, ce petit recueil est un très bel objet imprimé et présenté avec un soin digne du fondateur des éditions Estérel.Hibernation est un regard nommant le réel meurtri.sur en état d'urgence de denise desautels «effleurer sa peau: 1l s\u2019agit de mon corps cela se sent» (p.17).La prose est touffue, déployée sur son sens vers les volutes qui charrient tous les éléments de la parole creusant ses antennes vers l'intérieur de ce qui est à dire.Il y a un État d'urgence dans ce livre de Denise Desautels, une pression des choses à nommer ce qui pourrait bien être le sens de la découverte veinée de peur, de mots et d'introspection, une découverte ou tout devient plausible dans cet enfermement sorte de muraille jouant du cercle comme d\u2019une forme mysté- 99 Ce - te 1 Dan LE _ x A, Si ea ~ _ a Lr > »~ Ea 7 #.FU - .Dr tr dr oa \u2026 R =~ = Seca yin 6 Sin rieuse.«ce qu\u2019il y a de rêves c\u2019est fou qui foisonnent en vase clos (la nuit comme un grand jour à remonter les sens interdits je n'ai pas peur la nuit pour le jour ça n\u2019a plus d\u2019importance:» (p.9).Il y a maintenant dans l\u2019écriture de Denise Desautels une abondance de textures et de vertiges qui tous mènent vers le vertige de comprendre ce qui a empêché le corps et dans ce réseau d'images la mémoire intérieure façonne des conditions d\u2019énonciation.Des masses de mots se faufilent le long de pages.remplies de cette recherche des sources de la douleur qui pourrait en une certaine mesure caractériser les textes de l'auteure depuis la parution de La promeneuse et l'oiseau (en 1980).Cet «état» se réalise dans la densité et l\u2019«urgence» c\u2019est la parole elle-même qui déferle lentement sur les affres de la mémoire réinvestie.En exergue à l'ouvrage, on peut trouver une citation de Claire Lejeune: «Ëtre en état d\u2019urgence, c\u2019est atteindre le coeur de la crise, le moment critique; c'est être dans l\u2019'imminence, dans l'attitude attentive d'une nouvelle histoire.» Et cette nouvelle poussée des mots pourrait bien être une écriture, une autre révélation de ce que cache «la tête sous l'eau muselée les cris sous le bâillon la pleine dérive avant» (p.9).Certains mots parfois disent l'alerte.100 -~ ae 0 LE PRÉTEXTE ÉGYPTIEN Tous les textes comme un infini participeraient de l\u2019éventuelle n#wit des temps les rumeurs les mots les instincts et les choix s'amoncellent dans /e livre de l'univers incertitudes des mots dont les ravages teintent le travail en cours également inventaire inattendu des conjonctures qui travaillent vers le sens des choses tout parfois semble retenir le souffle des possibles et je lis des ouvrages qui s'entendent pour parler l\u2019Égypte sorte de territoire imaginaire les déesses les cultes les réson- nances et les cimes s\u2019y réunissent pour relancer l'image bouleversée des fictions je ne sais trop ce qui dans ce passé vivant nous chavire nous attire encore je ne sais trop ce qui dans ce bassin humain dans ces ruines dans ces vertiges nous donne encore a redire et a espérer mais parfois en lisant des livres québécois récents j'écoute la voix des siècles parcourir des espaces et je me dis que l\u2019écriture est un centre fertile pour le limon des suites et si je ne me sens pas capable de réunir tout ce qui traverse les ouvrages récents qui ont parlé du prétexte égyptien qui ont scruté à leur manière ses instances dans le delta du nil du côté hiéroglyphe de ce qu'on appelle le réel les rockeurs sanctifiés isis l'enfant doré l'enfant des mages je sens que ce sont des formes et des énergies condensées en textes jetant sur l'infini des regards où le quotidien le rituel la magie et les fulgurances sont sans cesse en mouvement où tout balance ses airs de signe où tout dicte une vallée royale pour vivre et mourir dans laquelle le désordre est investi de monuments d'instincts 101 Fae) EHR hey LL hig HEN BIEN hu wif Reavy Cx Bott stn dT et de secrets il y a la sexualité il y a le quotidien il y a toutes les mémoires et il y a le projet d\u2019aimer les mots dans ce système sont des vecteurs parcheminés le nil est un rythme et les images nous envahissent parler et lire deviennent un flot qui nous déporte ailleurs au coeur des inouis parfois en nous-mêmes dans notre refoulé dans notre crainte du religieux ou du quotidien dans le désert des songes vers la porte sacrée des actifs du corps les mots les versions les anecdotes les hypothèses les réminiscences servent de tremplin pour refaire le trajet des mémoires les audaces sont légitimes les peurs nommées s\u2019effritent les tendresses se coulent appels archétypaux sur les rives des textes qui de tous ces temps de tous ces temples nous ravivent et nous montrent des livres vivant de la profusion des sens ils sont la tous ces textes dans les mots qui reviennent et cernent le propos du temps mythes présents d\u2019un désir mythes du sacré réinvesti utilisable vérifiable aussi parfois les écritures actuelles me semblent dans certains cas tenter des ellipses laissées par le travail d'épuration religieuse des années 70 on revient à ce qui revient on retourne les phrases et les lectures et le sens sacré n\u2019est plus un sacrilege mais un besoin un aspect négligé du grand chambardement formaliste on peut lire en ce moment plusieurs livres parsemés d allusions ou encore complètement soutenus par cette brèche inattendue du sacré relié à ce qui s'écrit se vit et s\u2019imagine et pour moi la critique de création s'articule entre désir/plaisir et information et j'aime trouver dans les livres ce qui surgit des mots et m\u2019emporte dans un constat mobile ainsi celuiqui lit peut faire des liens à son tour rappeler et se rappeler que les lèvres parlent et que sous leur feu couvent les explosions paravent du réel illusion de la fiction claire et toute proportion gardée pour moi en ce moment quelque chose se joue au niveau de la 102 PEE a bd em ES création entre deux conceptions différentes quelque chose se joue entre les anges et les fourmis entre l'englobant et le restrictif et je lis les langages et je répète mes étonnements et je sens que l'évacuation du sacré tout comme l\u2019évacuation complète du sens est une chose impossible en dehors de l'institution le sacré demeure un aspect une tangente formidable la science est nécessaire mais depuis longtemps déjà en cette fin du 20ième siècle elle ne suffit plus et dans ces indécisions dans ces questions et ces foisonnements le prétexte égyptien me paraît être un code étranger (exotique) et complet (le système du langage) pour tenter de comprendre 1l ne s'agit plus dans les textes recensés ici d'un sacré désincarné mais bien de /a démarche du sacré dans le quotidien car dans cette utopie concrète germe l'hypothèse que demain les dieux naîtront et qu'ils auront des corps de gloire à la mesure du rêve de l'audace de la mémoire des misères des textes et du réel changements changés déplacés forces lisant les dimensions que le livre peut transporter jusqu'à nous sur dans le delta de la nuit de élise turcotte «De plus en plus paradoxale dans la nuit des temps» (p.17).Une prose s\u2019avance entre le quotidien et l'imaginaire notant des images de l'amour et des phantasmes égyptiens.Tout dans ce petit recueil circule entre les mots écrits dans l\u2019emballement d\u2019une fête, d\u2019une surprise.Les souvenirs remontent le Nil qui mène à la découverte du je, un je éclatant dans les résonnances du réel.«Depuis que je guette les hiéroglyphes d'amour, la perte de toi, tu, n'importe qui, ma mère peut-être, toute cette force de moi, cette histoire enfouie, je suis, traversée par des ombres qui bavardent, dans le delta 103 PR ant nt, ORY +} RE = a \u20ac A RA) 2e ete Lea et ST Eh cea de la nuit» (p.7).Et ce «delta» est ouverture au monde des mouvances et des changements, il incarne le réseau des possibles s\u2019articulant au vécu.Et cela le petit livre de Elise Turcotte le souligne avec une stylistique précisant le coup d'envoi.«Sa main crayonne encore beaucoup en attendant de savoir.La vérité à coups de ciseau» (p.16).Prose en alerte.Prose du découpage et du montage des signes.Prose insistant pour dire «Une passion peut-être» (p.34).Prose en vertige qui s'allonge dans les trous, dans l\u2019anecdotique parfois, dans la recherche d'une dimension où le corps et la rencontre du désir seraient un infini viable.Divisé en quatre parties ( His- toive, Dans la pirogue de nuit, Lettres et Tu, dans le soudain torrent de fuite) le texte donne à lire les diverses versions d'une même quête amoureuse de l'instant et de la mémoire, du corps et de l'inscription.Et si la narratrice se retrouve «assise toute seule dans le côté louche du réel» (p.42) on entend bien que ses intuitions, ses versions et ses inquiétudes participent d\u2019un mouvement actuel.Dans le delta de la nuit se sert du récit pour nous introduire autrement dans le vaste texte des reconnaissances ou l'intertextualité devient nourrituré, où le travail se fait collectif, attentif aux réseaux qui sans cesse permettent des suites à la fiction.Le projet est immense à redire et à refaire ce qui pousse la main à tracer les mots d'un texte illimité.«Réécrire la passion toute la nuit, regarder, examiner l'ombre, le passage, la course lente, lente écriture, déplier les scénarios, l\u2019insatiable scène, scènes d'appétit, soif, avalanche» (p.60).Après La mer à boire (Montréal, 1980), c\u2019est le fleuve mythique lié à la quotidienneté qui vient montrer ses rives aux miroirs de la nuit.On peut trouver dans les textes d\u2019Élise Turcotte le doute nécessaire à toute oeuvre de création.104 sur du côté hiéroglyphe de ce qu\u2019on appelle le réel de yolande villemaire «Le temps tombe dans la fracture d\u2019un cercle entre le silence et le silence» (p.18).L'écriture serait pour Yolande Villemaire un palimpseste recouvrant tous les réels et tous les temps, une sorte d\u2019aura concrète jouant le rôle de révélateur.Ce qui se retrouve du côté hyéroglyphe de ce qu'on appelle le réel c\u2019est l\u2019analyse des codes et de leurs référents pluriels.Il y a le réel et il y a les signes du réel, et dans cette problématique les hiéroglypes sont la forme métaphorique que peut prendre l\u2019intellection du monde.L'univers se présente comme un tableau à déchiffrer et les fragments du livre seraient des parcelles rendant compte de l\u2019imaginable.Tout livre serait tenté par les descriptions des étapes de consciences, par l'appréhension des mondes qui traversent l'univers.Ainsi la parole s\u2019ouvre sur des pages de mémoire dans lesquelles passé- présent-futur inventent une cartographie pour comprendre que l'illusion est un terme visitant le mot terre et que le mot est le réservoir de toutes les utopies et de toutes les passions.Ce qui frappe dans l'écriture de Yolande Villemaire c\u2019est l\u2019aspect de profusion, comme si les valves sans cesse se déversaient dans de nouveaux horizons par la voix de nouveaux textes, de nouvelles avenues.Les dieux et les déesses, les mythologies et les petits détails du quotidien se conjuguent pour montrer dans le langage les effets de séduction que peuvent produire les instincts de comprendre.On peut dire de du côté hiéroglyphe de ce qu\u2019on appelle le réel qu'il est un livre de poésie et de gnose, de prose et de réflexion, de création et d\u2019introspection.Le je s\u2019y joue et s'y dédouble à travers une galerie de personnages et d'allusions à des productions antérieures de l'auteure (surtout La vie en prose qui sert fréquemment d'éclairage à ces 105 Ce a ay TTS TARO LOTS BE FOLRLY Rhy ste RY ERS UE EE a TA textes réunis du coté hiéroglyphe de la lecture prismatique).Le je y est investi de tous les pouvoirs de I'universel, et dans les dédales des phrases les réson- nances d'un inconscient puisent dans les programmes des lecteurs potentiels.Ainsi le livre ouvre ses pages: «Dans la salle chaude d'un samedi quelque part sur la ligne du temps.Dans l\u2019entonnoir noir du monde, je suis le centre de quinze mille mondes.Quinze mille ondes comme autant de points de couleur dans les estrades.De l\u2019autre côté de l\u2019abîme, je ne suis qu\u2019un point, une couleur dans l'oeil de quelqu'un qui s\u2019imagine au centre de quinze mille mondes» (p.10).Les situations et les lieux éclatent.L\u2019Égypte est une scène mentale sur laquelle se promènent les personnages d\u2019un monde en transformation.Le livre est divisé en deux grandes sections, la première donnant le titre à l\u2019ensemble regroupe plusieurs textes parus en revue (25\u2014 en Belgique\u2014ou encore Hobo/ Québec ou Jeu).La seconde intitulée «Devant le temple de Louxor le 31 juillet 1980» est un texte ayant servi de base a une performance présentée par l'auteure dans le cadre d\u2019un festival expérimental des femmes le 6 juin 1980.C\u2019est surtout dans cette seconde partie de l'ouvrage que l\u2019Égypte devient le centre de la recherche, à la fois projection extérieure et intériorisation des principaux points soulevés: l'écriture, le corps et la mémoire.«Pis tu me demandes: «Oui, mais c\u2019est quoi l'Égypte?» Et, des mois plus tard, je te réponds que c\u2019est une machine à différer.Différer c\u2019est répondre «peut-être à ta question.Hein, qu'est-ce que tu dirais si je répondais: «Peut- être» quand tu me demandes ce que c\u2019est l'Égypte?» (p.49).Cette incertitude et cette présence sont l\u2019écho de ce que l'auteure appelle ailleurs le projet de «la nuit des temps», sorte de vaste spirale qui persisterait à recouvrir et à activer toutes les facettes, les cumuls, les 106 ta trajets de ce que la fiction peut nous révéler de nous- mêmes et de nos enchâssements dans le cosmographique.Cette vision de l\u2019Égypte est une version inaugurale des hypothèses de l'écriture visant la mutation et ses applications.Dans sa préface, Paul Chamberland présente l\u2019enjeu de ce type de littérature, une littérature qui déborde de partout les frontières du procédé littéraire tout en accordant au texte une position privilégiée de travail et de tiltage.«Si c\u2019est un jeu, écrit Chamberland, et c\u2019en est un que cette traversée des apparences, c'est un jeu dangereux, un «grand jeu».Le jeu du monde, comme on disait jadis, avant la grande affaire de l'accumulation capitaliste, qui est en train de mener le monde à sa perte.Est-ce que le monde serait supposé servir à quelque chose?» (p.4).L'intérêt de ce livre de Yolande Villemaire est peut-être que par delà l\u2019habilité langagière demeure la question dans son rationnel, sa tactique, son angoisse et son irrationnel.sur les rockeurs sanctifiés de lucien francoeur «tous les motels me sont des sanctuaires» (p.217).La main dessine des mots qui regardent le temps.La main insiste pour dire le travail matériel de l\u2019écriture, elle plonge sereine aux sources des connaissances, elle s'abreuve à la mythologie, à l\u2019Égypte et au quotidien.Ce livre de Lucien Francoeur se donne comme un rituel vaste et composite dans lequel l'unité se fera dans l\u2019ordre de la pulsion de dire ce qui du texte au je est l\u2019acte de création.Calligraphie comme miroir du processus et de l'intention.Calligraphie comme espace pour réfléchir, avancer et focaliser l'attention sexuelle et cérébrale.À l\u2019endos de la couverture de son ouvrage l\u2019auteur apparaît entouré de hiéroglyphes, aussi une citation parle du travail de cette calligraphie venant visuellement orienter la lecture du livre.«La calligraphie zen consiste à écrire de la manière la plus directe 107 pe EN RTE EAR Can, A RA hth! Sud 3 FIRE A = ERR RATES Pl Se pe PE 2 oy St olin ol\u201d cs ot mar.and - a = CA A Devt Û A Ps A ice TL SRT î ARE | = AR RE NE noi ii _ pré possible, aussi simplement que le ferait un débutant, sans viser à l\u2019habilité ou à la beauté du tracé, mais simplement en étant plein d'attention, comme si nous découvrions pour la première fois ce que nous écrivons; notre nature profonde s\u2019exprimera alors dans notre écriture» (Shunryu Suzuki).Ici le livre devient le lieu des extravagances et des entrecroisements.Par des montages, des collages, des citations, des inter-textes, Lucien Francoeur offre un éventail délirant de ses convictions intimes.Allant de l'affirmation à l'image poétique, se servant de l'érotisme comme d\u2019un catalyseur de conscience, l\u2019auteur organise une matière qui de partout fuit et pourtant revient à l'exploration effrénée de l\u2019ego se construisant de page en page, d\u2019assertion en assertion, d'iconographie en références textuelles.Les rockeurs sanctifiés veut réunir toutes les préoccupations de l\u2019auteur dans un grand livre qui physiquement et mentalement aurait l'allure d\u2019une somme.Inventaire des chemins du réel et de l\u2019imaginaire, ce livre lance des clins d\u2019oeil aux déités et à la modernité.Allusions nombreuses à l'Égypte cette pyramide des stimuli.Francoeur écrira: «je circule sur les grands boulevards ésotériques/et je m'abreuve dans les grands/fleuves de l\u2019Antiquité/jJ'habite l\u2019aire du reptile/j'écoute des musiques mécaniques/qui me scient les os/c\u2019est un interminable discours qui s\u2019empare/de moi avec des nuances ici et là des idées/inversées des images hautes en contraste et fortes en teneur d'encre» (p.247).Et le livre déroule ses strates d'images.Et le livre dicte ses secrets.Et le livre énonce ce qu'il a capté dans la magie de l'écriture.Les civilisations, les mots, le rock font des traces sur la page des temps.Les rockeurs sanctifiés est une ode aux métamorphoses. EE EE ELA en ce moment la nouvelle écriture me semble peut-être s\u2019écrire entre la transcription du corps quotidien et les visions mythologiques, les formes entre ces pôles ouvrent leurs phrases à nos lectures (la critique veut prendre et comprendre en ses mots l'explication est son utopie la critique veut souligner dire lire l\u2019accès/l\u2019excès les voix et ce que la critique approche c\u2019est souvent l\u2019effet de langage qui se dégage d\u2019un livre aussi elle profile que le langage mène au langage que les mots portent le sens et s'entretiennent pour situer leurs intentions si la critique a aussi un son\u2014biographique, thématique, historique, psychanalytique, journalistique, sémiologique\u2014il faudrait parfois en discuter l\u2019écho la critique serait donc cet appareil sensible aux mouvements opératoire parfois adepte des courants pour mieux les faire voir dans leur consistance et aussi les mieux signaler dans un travail autre de recréation souvent sur la route des perceptions la critique est une chose sans racine hors du langage dont la passion est un miroir ouvert parfois déformant parfois grossissant 1l y a dans le désir de la critique une indication de la création des zones imaginaires la critique pourrait être sensible à tout ce qui la remue la multiplicité des voix est encore un stimulus pour le travail critique on ne peut retarder les mots 1ls s'avancent féconds dans des livres sans fin et la critique les regarde en retraçant ce qui la traverse la critique comme une question qui parle de son expérience privilégiée la vision d\u2019un texte critique est encrée dans d'autres textes d\u2019autres abondances d\u2019autres informations attractions/ répulsions comment donc saisir les étapes les formes qui se présentent puisque le temps dépasse les mots et 109 A A Peet, ad A WF Ha Ke RA En rt DES LEIS yaa A vio ey al TN DHA que les détours les retours et les pistes ne doivent pas figer puisque le travail est un cercle qui vient strier les mots la critique tire des lignes vers elle ou vers d\u2019autres paraphrases du réel et de l\u2019imaginaire la critique agit la critique parle en son propre nom il faut aussi la lire comme d'abord existence textuelle la critique est un afflux une tension sorte de méandre pour dire ce qui l'a fait naître en dehors de son propre désir d\u2019expression la critique se veut raison des choses elle circonscrit ce qui lui apparaît essentiel elle a toujours l\u2019illusion de choisir mais c\u2019est encore le langage qui parle puisque les mots sont des révélateurs autant les dits que les non-dits nécessaires accessoires du transmissible de la chaîne qui signifie la critique soupèse parade des effets sur le corps d'un autre texte dans le texte des autres corps écrire de la critique tient aussi à la langue et ses réalisations aux variables du lisible mais qu\u2019est-ce donc que la critique cette parole qui se distribue dans la parole des autres qui poursuit le signe le relève de ses territoires fictifs et lui donne une allure de lisibilité mais qu'est-ce donc que la critique cette parole qui n\u2019est Jamais neutre qu'est-ce donc que cette entreprise qui nous prend soudainement et nous entraîne à parler à notre tour pour ajouter donner du cernable à lire venant alors par les mots refaire d\u2019autres enjeux puisque d\u2019autres langages encore viennent se montrent s\u2019agitent au coeur du corps des mots mais qu'est-ce donc que cette parole ces lectures d\u2019'errances actuelles la critique est exploration et affirmation, c\u2019est en centrant son travail sur les mots et leurs dérives sémantiques que la critique peut jouer le rôle d'une parenthèse ouverte octobre 1982 mars 1983 110 bibliographie Yves Boisvert, Vitraux d'éclipse, poèmes, collection «Les rouges-gorges», n° 30, écrits des forges, Trois-Rivieres, 1981.Bernard Pozier, 45 Tours, poèmes, collection «Les rouges- gorges», n° 31, écrits des forges, Trois-Rivières, 1981.Jean-Paul Daoust, Poèmes de Babylone, poèmes, collection «Les rouges-gorges», n° 32, écrits des forges, Trois-Ri- vières, 1982.Nicole Brossard, Picture theory, roman, collection «fiction», Nouvelle Optique, Montréal, 1982.Jean Yves Collette, Une volvo rose, récit, collection «l'instant d\u2019après», n° 6, éditions du Noroît, St-Lambert, 1983.Michel Beaulieu, Hibernation, poésie, éditions du Mouton noir, Montréal, 1982.Denise Desautels, En état d'urgence, prose, éditions Estérel, illustrations de Francine Simonin, Montréal, 1982.Elise Turcotte, Dans le delta de la nuit, récit, collection «Les Rivières», n° 6, écrits des forges, Trois-Rivières, 1982.Yolande Villemaire, Du côté hzéroglyphe de ce qu'on appelle le réel, proses, Les Herbes Rouges, n° 102-103, Montréal, 1982.Lucien Francoeur, Les rockeurs sanctifiés, poésie, éditions de l'Hexagone, Montréal, 1982.et aussi des mêmes auteur(e)s: «Lis: Écris!?Lost angeles Soleils d'acajou Amantes La Mort d'André Breton Écran Visages La mer à boire Ange Amazone Des images pour une gitane Une certaine fin de siècle à venir» 111 STN ect xt RTE Ce PTR JRO Ay pin NE A TL I TS er\u201d 2 , a 24e mie AE Ae A RR GE A a LS SOS Re SEE SETA IRIR IRIE ES PRR MEET AL SCNT S37 Sk a a at RI et A KMRL AERA I aL EIA ITI TI ES NA Une R340 PET in Ar val hha.nd -« = - o> PE ET a FO Rl Po PSE Le, RA LN I A iris a ue vo EIEN a.PP AE SL edit pe (Ey Pr iin LE Th SETI A eal PST (PRA da AS \u201coe ARP So a (Car's + < px RE) AS PUR ems SS meme.- OUR 3 PS D RE td Ge A D RP = > FF De AE pas PRE po - Pr _- & _ cre ny a x se * _ Tia : * = + _ > Io - 8 7 ë .he ab dada ec dE Les pages longues de blanc par Anne-Marie Alonzo Hélène Merlin, Rache/, Paris, Minuit, 1981, 105 p.Le caméraman, Paris, Minuit, 1983, 203 p.Toujours cette surprise à la lecture.Le nom-le titre, souvent l'inverse.Intrigants tous deux, inconnus.Petit le livre, court.Les pages parfois blanches, une ligne, un trait.Et le ton prend.Premier roman.Nom tout neuf à prononcer.Démodé le titre: Rachel.Fausse représentation.«Rachel est sortie.» Ainsi commence, se déroule et finit.Dès lors s'installent les mots en phrases souples en phrases-coups.«Ou étais-tu en mille neuf cent cinquante-sept?» Seule trace noire de page en page revenue cette phrase comme tant d\u2019autres revenues relancées répétées en mouvement et cadence.Comme Rachel absente les pages longues de blanc ponctuées de lignes paragraphes, chapitres aussi au fil du souffle.113 A A 0 ) + A .i ad y MER - TL Op RE Tr Ie Apt.PS a2 pe ET EME EE ta PU RIDE PE Er a ae SIE EC SRN GET SE bole SIE Pr Bg hg Sm AES Rr gh oe eg LP AE IR A AI AEN SE SR Rachel «sortie», attendue, ne reviendra pas.Ces lettres entre-temps puisque temps n'est «entre» que du point de départ au point de (non)retour.Rachel «sortie» ne reviendra plus.Alors comme pour brouiller froisser gagner le temps, les lettres s'écrivent à l'autre, passant: «Où étais-tu en mille neuf cent cinquante-sept, quand je n'existais pas encore?» Lettres au voyageur, disparu, vivant ou peut- être pas, ailleurs caché en méditerrannée.Questions, enquêtes, craintes, tout se dit à peine.Tout comme le frère, /e caméraman, tout comme le frère, «Rachel est sortie».Deux livres où s'inversent les rôles se mêlent.Deux êtres disparus l\u2019un meurt qui sait l'autre.Deux autres attendent écrivent l\u2019une des lettres qui sait l\u2019autre.Une âme seule cherche frère et se fait soeur peu à peu.Du caméraman, une photo des articles.La mort racontée.Apprise.La mort inquiétée.Reprise soupesée ramenée contrôlée.«Où étais-tu en mille meuf cent cinquante-sept, quand.» Connaissance découverte de l\u2019autre par l\u2019image.Des pièces entières de photos et celle, toujours la même, unique et encadrée (isolée donc et préservée) du ca- méraman, placée dans chaque chambre.Presque au même 114 memes Ta === -\u2014hamree - + - au.ap Wer Wg A Pa end so.endroit, au lieu dit.Fixations du passé/présent enfouis, provisions pour le futur.Partout ces instantanés.«Rachel est sortie».Le caméraman est mort.En Algérie.Des deux obsessions, une.Et de là court le silence.Parfois un cri.Prenant du livre premier le souffle, la toux.Cette toux de Rachel ponctuant le temps.Et soudain avec la «sorte» de Rachel cette absence de toux qui crée le bruit.L'habitude est simple à cerner.Sinon sauver l\u2019autre tenter du moins d'attraper la même maladie.Du narrateur neutre, du narrateur avare de ses maux, se découvre, en fin, femme.Soeur peut-être.Ou autre.«Rachel sortie» cette autre écrit des lettres.En reçoit.Ne garde que les enveloppes «quz servent de traces».Elle, écrit une lettre.Fictive.Aussi.Adressée à l\u2019un en méditerrannée: «On étais-tu en mille neuf cent cinquante-sept ?» Frère peut-être.Ou autre.Ce caméraman.Dans ces lettres/mots le passé teinte, fait défaut.Seules des bribes.Et la souffrance en écho.115 NN 1 \u2018 A Pa a - I 3 : EEE OU CEE ARR IE EE PIAL LR BA RT FRAP - = a XA or ter 4 di indi CR os SEAT gc i SNE Ea eC \u201cIRS A nee oh > a ant: Ey a A EE are REP SEE Po EE yp! vol Ty nr a \u201c 3 ES Tet LY es * Mi peu [Te NY es \u201cAR DETR BLY: Ra Le geste posé ressort dans toute sa splendeur qui ne doit plus être éteinte pour qu\u2019en soit préservé et perpétué l'éclat à l'ombre de la Veilleuse.Le geste de veille Son corps scandaleux poursuit sa marche et la geste du corps para-lysé.Cest à côté que la lyse a eu lieu, de la phrase et du livre scandaleux et diabolique.L'énergie du scandale s\u2019est constituée du coup explosif d'actes de langue, coups de langue auxquels résiste la forme du livre heureux de couler sur ses points aux effets d'orgue.Points d'orgue et coups d\u2019archets des silences denses des blancs de pages.Le scandale séduit de la promesse d\u2019un amour intenable, de l'inscription d\u2019une promesse intenable véhiculée sur un défilé de signifiants pressant les rives alexandrines d'un baiser et des lèvres engagées, enjointes.I] faut veiller à maintenir cet état scandaleux de l'écriture où l\u2019entre de l'intenable entretien amoureux avec l'autre ne défaille pas tant qu'il bouge.De Geste à Vezlle, l'entre du baiser et des lèvres s\u2019_épanouit dès l'entrée du livre et creuse l\u2019antre de la lecture relevant l'ancre et l'encre du scandale d\u2019un phrasé intenable qui poursuit sa démarche c\u2019est-à-dire la manière singulière qu'il a de marcher et de forcer la marche des mots, de la syntaxe, de la grammaire et de la langue: langue d'Amour.Son amour de la langue l\u2019agit de la vie de la lettre et d'un gai savoir courtois de la lettre.Si le scandale est la promesse d\u2019un rapport incongru entre le corps et la parole, s\u2019il est promesse d\u2019amour, la force invocatrice de l'écriture se fera l\u2019intenable de la promesse en dehors de toute langue, car la promesse en promettant engage la langue et n'offre vraiment rien.Elle se performe dans un éclat annonciateur sans agir 124 d\u2019envoi d\u2019adresse, elle ne transmet rien, si ce n'est les effets de séduction de signes propres à la faire aimer: la promesse d'À.M.À.Le livre veille à retenir les mots du geste pour les garder sur les rives du Léthé où ne peut se faire oublier la veille de l\u2019oubli, d\u2019un oubli de la loi: transgresser la Loi impose à un corps sa propre loi d'amour et transgresser cette loi par un autre coup impératif, la licence du corps bienveillant.Une correspondance Un envoi de lettre, non pas un échange, engage à leur destination et à une adresse, enjoint l\u2019ordonnance d\u2019une correspondance, sans que l\u2019on ait à se soucier de leur arrivée à destination vraie.Le décalage de temps imposé par une correspondance fait en sorte que les lettres ne se répondent peut-être pas, effectue encore moins la promesse de leur destin ni d'aucune prescription amoureuse.Même s\u2019il y avait lieu de rétablir leur lieu, d'en accuser la réception, d\u2019en éditer le contrat de postes, à quelle adresse, à qui faudrait-il s'adresser pour dresser le destin d\u2019une destination qui destine, envoie et pourvoit de lettres et poursuit de ces lettres, de ces cartes une correspondance.Une correspondance s\u2019entretient a coups de lettres entrecoupées des intermittences de l'attente qui accuse la réception en lui signifiant impérieusement une mise en garde, une adresse impérative, une mobilisation où s\u2019indexe l\u2019autre en lui conférant la distance nécessaire pour qu\u2019ait lieu le geste d\u2019envoi, le jet expéditeur.L'affolement face à ces lettres de la lettre accuse et dédouble les effets dévastateurs de leur fine réception.L'attente accentue la réception, la dessine, promet une prochaine réception: l'attente est imminente.L'ou- 125 ONE NAN OU h LY RIL AA WLI Rent ve Fo Shea 2\" RYT) rf a WAL ENT Eee ae CATs rr PA rf verture de l'attente sur le dessin de la lettre redessine la langue de l\u2019amour et de l\u2019amour de l\u2019autre langue.L'autre langue d'orient surgit obscurément comme par l'effet de la pose de la lettre dans la langue d'amour première.Voilà pourquoi cet amour de (la) langue est si difficile à tracer, à traquer, à chasser dans sa finesse.Une correspondance se marque d'attente et de lettres, sans aucune assurance qu'elles se maintiennent, elle assure simplement les adresses et n'assure qu'à chaque adresse jetée sur la page, évidée d\u2019un peu de sa blancheur riveraine.L'adresse d\u2019un mot La courtoisie du titre se fait d\u2019un seul mot qui enferme son résumé, son raccourci et l\u2019adresse à convier le lecteur à un, et deux livres par un raccourci impératif.L'habileté et la ruse merveilleuse du mot, phrase nominale, à qui s'adresse-t-elle avec tant de courtoisie et de fin\u2019amor, les mots à la bouche, le baiser au crayon.Entre les dents mon crayon qui à la main t'écrire.Goûter.Des lignes a toi cette feuille marquée langue salives et bouche a.Au retour | portugaise | je referai l'histoire.Elle refait l'histoire des mots, de la lettre d'amour qu\u2019elle ne cesse de rédiger comme fondement de sa cause et de sa folie, d'un autre tour de folie.A.M.À.emprisonne l\u2019adresse de son emprise, d\u2019une emprise et d\u2019une adresse impératives: agis, veille, geste, livre, adresse, tous «sémantème(s) nu(s) à forme jussive», voies choisies de la langue d'amour.Ce texte doit s'interrompre de manière impérative sur sa fin impraticable, demeurant sans adresse et sans fin, aux fins de l'adresse simplement pour Donner la vie et la prendre à l'aube. a, 1 { Weer rin ie + - A roo taf 6h 4; states Bele 1 opted ' it ark iis .dan | at itn Anan: re en us aan re nee cons I JUL 0 1 Ct BL Bd godin! i D fr 1 Sais-tu qu\u2019en Chine l'on poste les lettres d'amour en les A lançant dans un canal d'eau claire s1 claire.; (1) Alonzo, Anne-Marie, Geste, Paris, Des femmes, 1979.En Les citations incluses dans le présent texte sont essentiellement et indifféremment tirées des deux oeuvres de hi l'auteure.% re a » pr Fa\u2019 5 12 NEY 7 NS 4 3 h Ril ETE SY NAN SRE WL FEN TRE UT CIN SINT RN RE a RI TUE NL FEEL VE FO ST ST SS I TST i TE ST CEN SL FN OO REY NHL NAN NRA NOIRE AN FRI RN VO RENAN ENEE a RENTS THEN Ray pit AN SEE RE HR GEG N Cin oy À bei 4 A ; HY WHS h RHUUNYY HR RTE Met ; A i.- 7 Ë - PA EE oe TRI.- - Fe Cu La DR _- Lp N Ls, a \u2026 bo = + E > 0h * oy PA fe LS (SEN EA ve \u2014 Fe pe fr ug Phi +3 % FA Or Si : [RII PS an IE à =.adm rd \u2014 ee Sa Me : me Nr vy oy + Lu Cr 2 vides.SEY Ex x np a char.4 .Ey L'an hd a De la vérité en poésie ou la mort déclinée.par Michel Trépanier Commentaire sur: PAUL CHANEL MALENFANT, Le Mot à Mot.avec dix dessins de Réal Dumais, Editions du Noroit, St- Lambert, 90 pages.«car tout retour risque le poème sans autre issue que sa suite» (p.49).Ce que notre culture ne cesse de désigner\u2014malgré et avec la modernité\u2014sous le titre trop familier de Poésze aura peut-être été, à son su et insu, cette expérience d\u2019un sujet-langage, expérience à la fois in-humaine et trop humaine, tentant incroyablement de dénier ou de vaincre, de relever (au sens d'Hegel), dans une proximité des plus affolantes, les figures les plus lourdes de la mort: la séparation, la coupure, la finitude, la perte, l\u2019absence, c\u2019est-à-dire la vérité inavouable de l'être même du langage.Alors, par réaction, 1l ne pouvait s'agir pour le poète et son poème que de reversr\u2014la poésie, même en prose, est principiellement pro-versæs: avancée Pat 4 A AN M Le ER MERE Le a A SIT o - y aa cf 7 ages is PRICE as CI TT ; ova?Ta a ll ei r mu a mA Td.PSE APN SE (ats a ea lol dans l\u2019à-rebours, retour au même dans le dépliement différentiel de la langue \u2014 de revenir à même une parole réparée et infinie (un contre-langage) au lieu toujours mythique de l'origine où, virtuelles, les puissances de la vie n'auraient vécu que de se sauvegarder.À ce lieu de l\u2019origine et de l\u2019indemne correspondent, bien sûr, toutes les figures de l'Image souveraine, de la Mère éternelle, de l\u2019universelle analogie, des noces métaphoriques où tous les rapports sont permis: quelque site comme le non-lieu hors-temps de l'inceste bienheureux et sacré, ou de la vie 7m utero, ou encore de la présence-à-soi du sujet à sa propre scène primitive.Cependant, ce geste du retour s\u2019avérant fatalement impossible et peut-être non souhaitable\u2014ne pouvant réussir qu'au prix de la disparition même du poème, de la perte de la parole, d\u2019une autre mort donc\u2014, la parole poétique allait finalement aborder, dans une fin sans fin, dans des retombées de déception, dans des remontées de mémoire et des accès d\u2019amour fous, un inouï et bouleversant travail de deuil.Garant de la plus haute affection, de la plus blessée, de la plus émue, ce deuil étrangement antérieur mais toujours de désir, parlant par la bouche la plus ombrée du désir, ce deuil déjà de soi et du monde, conjuguerait dans leur différence à peine maintenue la présence la plus intense\u2014 du rouge noir de l\u2019agonie\u2014à une sorte d'absence généralisée et acceptée.Chant de la venue de la vie dans la mort, de la mort dans la vie: dans la différence même de ces deux dans.Du résignement comme de l\u2019affirmation de tout\u2014et la plus sublime, la plus dérisoire, la plus juste.Désormais, ce retour dans la mort vivante, cette vie comme au seul visage d'un mortel.Aucune oeuvre poétique, lorsqu\u2019elle est authentiquement oeuvre, c'est-à-dire engagement entier d\u2019un 130 EN sujet dans la chance et les dangers d'une parole toujours plus dense allant vers ce qui l\u2019intime depuis jamais, n\u2019échappe à ce destin à trois temps qui raconte à voix basse la vérité de la poésie.Surtout celle des poètes de l'essence de la poésie (Heidegger), de ceux qui écrivent et ré-écrivent l\u2019unique poème de la poésie même.Pensons évidemment aux plus connus, aux initiateurs modernes de cette expérience; à Mallarmé, celui qui chemine d'un Azur impossible jusqu\u2019au Jamais d\u2019un autre coup de dé; pensons à Hôlderlin et à son interminable Hesmkunft.Ces poètes sont ceux de la poésie véridique, de celle qui tente de dire la vérité de sa parole, de /a parole, qui tente d\u2019exhumer le verum du dicere, le vrai du dire, le vrai comme dire\u2014ce qu'on devrait nommer proprement: la véridicité.Paul Chanel Malenfant se veut lui aussi, aujour- d\u2019hui, poète de la poésie et poursuit cette tradition à la fois la plus classique et la plus moderne.Son recueil Le Mot à Mot, dont le titre en son orée annonce déjà patience et précision, mise à nu lucide dans la poursuite et la reprise, désire écrire «l\u2019histoire du poème» (p.69), tente de refaire le procès de son verbe (voir «Le Procès- verbal», p.81 et suiv.), tente de dire le plus difficile, le plus lointain dans sa proximité aveuglante: la vérité première de sa voix, son archi-scène fondatrice: «on scrute sans cesse une origine l'entrée de la parole par quelle voix dans la chair qui donc nous a mis ces mots à la bouche.» (p.55) Cette généalogie de la parole par elle-même rejoue, dans le jeu serré de ses idiomes propres et partagés, ce destin de la vérité poétique que nous essayions de circonscrire en sa généralité dès l\u2019amorce de ce commentaire.Là aussi, chez Malenfant, tout passe d'abord 131 arte 5h BERS RELA a ARB YR THY IS NE par la mort, tout se passe au moment critique ou, terrible, la mort survient.Dès le début, et toujours plus souvent par la suite, les poèmes bien ciselés et de plus en plus aigus de ce recueil n\u2019arrêtent d'évoquer, au sein d\u2019une sorte d\u2019obsession effrayée et fascinée, les contre- mots d'une mort.D'une part, très lente vient cette mort comme une entropie sans terme où tout se perd, décline dans l\u2019absence à-venir.Tout: le livre ou le désir, le mot à mot du poème, le main à main de l\u2019amour, le goutte à goutte du sang, du corps.«Car le livre, l\u2019'humide ou le nomade, s'épuise du revers de la main» (p.11).«Du désir que dis-je sinon la feuille retournée qui décline son ombre au recto de sa pareille\u2014et le tour de main tire le livre a sa fin» (p.11).Ici, tout s'épuise de vivre, tout entre progressivement à la mort, et le corps, et le texte.Mais surgit aussi l\u2019arrêt brusque de mort; violente, cette fois, la mort comme arrêt du temps («heures fixes de l\u2019agonie», p.12), comme arrêt de la parole sur le cran d'un mot trop juste («si le sang dévore la rose, elle sèche, signet séquestré sur le mot juste», p.13), et surtout comme arrêt mortel du sujet et de sa parole dans et par son nom propre («Peines ou lettres capitales», p.19; «c\u2019est toujours écrit quelque part la signature l'arrêt de mort», p.44; «le mot de la fin le signataire condamné», p.54).Ainsi, la mort c\u2019est toujours /e dernier mot, celui de la signature, mais aussi celui de l'autorité, de la tutelle, celle du père qui a toujours le dernier mot et qui vient coxper mon texte.Son oeil dit la loi même de la mort: ce «père évanoui sur sa prière cendreuse» (p.18), ce père au «guet fixe derrière l'épaule» (p.69), sa «main paternelle» qui «d\u2019un seul geste casse l'os et la pierre» (p.73), ce père «dont on ne vit pas» (p.85), ce père qui réside au «point mort dans l\u2019angle du mauvais oeil» (p.72).| 132 rr p\u2014 er oer te, se [Xl Ass ERS et NRA ae à DA Hasan A:8\u20ac6 0: gt it \u2019 HOA ri ete! i LA sible À lé han add $0 HY ne A qui el pet die: Le 414 Autant dire que cette mort s'écrit sous la couleur noire d\u2019une négation redoublée, d'une double limite venant clôturer en son en-deçà et son au-delà l'espace d\u2019un poème encore possible.En effet, est indiquée d\u2019abord la fin du dicible, une mort qui est l'envers intégral du dire (la mort selon le registre du Réel, dirait-on, suivant la tripartition du noeud borroméen de Lacan).Mais, est évoquée, de plus, une mort égale à l\u2019univocité légiférante de la langue, cette mort fixée et fixante comme la langue fixe et se fixe sous le chef de sa loi, cette loi qui castre la bouche sous l'#n-mot qui tombe comme un couperet, comme une décision\u2014 une coupure (la mort selon le registre du Symbolique, du Nom-du-Père, une mort de la langue dans la langue et pour la langue).Or, cette mort installée à même le poème et dorénavant si menaçante, où se sauver?ou encore rejoindre la vie dans le retardement actif de la mort?où encore survivre par écrit?Dans l\u2019Imaginaire, évidemment.Dans les hymens infinis de l\u2019analogie, dans le comme poétique traversé et retraversé comme un pont fragile mais indestructible sous lequel miroite le fleuve insécable des semblances, le recommencement éternel.Et c'est ici qu'apparaît, tissé et retissé tel qu\u2019en une réparation, ce que Malen- fant nomme le «Corps second» et qui donne son titre à la première partie du recueil (pp.11 à 21).Tel un double d\u2019immortalité, double textuel récité au revers de la mort, à rebours de son arrêt, de sa coupure, arrêt de /a mort contre l'arrêt de mort, ce corps second, où se conserveraient indemnes et le corps et l\u2019écriture, se présente comme le résultat provisoire mais toujours repris de l'échange métaphorique, de ses reports et déports: i/ est en fait cette opération même.Ecoutez.Il réside au sein de ce «creuset des bouches où s'échan- 133 PEE TL A SE NET SY NERO NON on Brad oh a =.eu \u201cel SN Pt ES ls Lay a Ven Dh.\u2014\u2014\u2014 EERE Ea, RL TR mo re a a oY Sn ol Sono rea Be Ts LE BA ld adie di J) Cae at vw, _ Re \"i ns a = pe PT pps ge ee Le ra oT , A ES RRL : i À ; ¥ 1%! if | PS pee a ie a de a _ dh aT BETES FEE RY Un H . « .Lea.gent sur I\u2019émail froid des dents: le daim mouillé pour l\u2019oeillet, la menthe pour le beurre bleu et la rhubarbe, le charnier pour la chevelure, le rouge pour un collier sans cou» (p.13).Tout contre les dents coupantes, le corps second est ce blason sans bordure que modèle l\u2019action incessante d\u2019une langue de poème.Sous l'oeil mortifère d\u2019un mot trop sec, il est le recel de cette chambre opaque où les mots s'accouplent à la guise et se donnent naissance à perpétuité de comme, le corps glorieux de cette «chambre des gorges» où «la langue polit jusqu\u2019à la perle, le grain de sable» (p.14), ce grain du temps comme de la mort.Rêvé au plus proche de la vze, de l\u2019image et de la mère (opposée au père, comme la couleur et l'herbe au sans couleur de la cendre, voir p.18), ce corps second s'écrit naturellement contre le nom propre ou vient buter la parole, contre le nom du père.«Corps second ou anonyme» (p.14).«Corps second.-Tatouage.-Mine de plomb.-Nous ferons acte de naissance et parjure des noms propres.-Rouges enfin.» (p.15).Ainsi, l'inceste de la salive et de la plume, du corps et de la lettre, c\u2019est-à-dire Ja toute premiere métaphore interdite, arrivent à esquiver la loi séparatrice de ce père toujours déjà mort.«L'ongle corne la page, mais la bouche s'ouvre toujours pour l'alliance de la salive et de la plume» (p.13): ce qui s'appelle «souffler dans la bouche le père» (p.31).L'écriture-même de plusieurs poèmes tente de réaliser parmi sa matière cette liaison infinie, cette contre- coupure.Pour preuve, la ponctuation insolite d\u2019un tiret qui vient à tout moment lier les vers dans une cursivité de prose, qui semble toujours convoquer l\u2019ajout pardessus un point trop final.Aussi, ce poly-isotopisme continuel qui ne cesse de traduire en différents para- 134 ec Hi HA) digmes thématiques certaines figures de base.Enfin, significatives semblent de plus ces constantes amphibologies syntaxiques qui rendent indécidables les fonctions grammaticales.Encore ici, à même son déploiement, la parole du corps second répète à chaque mot: «Ne coupez pas!» Donc, devant la mort très proche, le corps second du poème paraît obtenir, à la force d\u2019un poignet d\u2019écriture, le moratoire tant souhaité («Moratoire» est le titre de la troisième partie du recueil, pp.43 à 63), ce délai par les mots de la dette de mort.Pourtant, la victoire s'avère bien brève.Le corps second n\u2019est pas à la hauteur du corps premier où la mort frappe déjà; le fétiche d'images, le petit phallus textuel qui allait redonner vie à la mort osiriaque ne tient pas: «\u2014 C\u2019est toi le corps nommé en chacun de ses grains, toute texture palpée, épelé en sa plus mince membrane.-Mais quels textes plus durs, plus haut que des cris, résistent entre nos genoux?» (p.13).Alors qu'on invoquait une toute présence corporelle et salvatrice, ne reviennent que les restes d\u2019une coupure, le passé du temps: «Pleine peau, hâle-nous des fenêtres\u2014Mèche noire des cheveux morts sur le fil coupé de l'histoire.» (p.15) Ainsi, même déclinée, refoulée en un désaveu imaginaire, la mort ne cesse de survenir, de revenir, tel un fantôme, prendre la main écrivante pour la conduire aux abords des tombes et des fosses.Toujours fatalement victorieuse, souveraine, la mort transforme sa déclination, son refus déclinatoire, en une déclinaison.La mort est cousue à même le filet de la langue et le 135 ET PL REA RR LRA Dre QE Ge Dre PR ACPA Toh SEL Sh, BI A A A OR A tL ACR CAL aT Tat RR RAI) A ry fa \u20188 AT a dictionnaire cache une anthologie, une oeuvre mortuaire couronnée de fleurs fânées (anthé, selon l'étymologie, dit à la fois la fleur et la mort).Et l'écriture apprend finalement cela, la «rose synonyme du fossile» (p.36).Alors la poésie ne peut plus s'opposer à la mort; elle est déjà oeuvre de la mort dans la vie, la mort depuis toujours: «le temps vient à se perdre avant le point final» (p.83).Commence ainsi, pour la poésie de ce recueil, un long travail de deuil qui doit passer d'abord par une anamnèse, une descente dans le puits obscur de la mémoire d\u2019où ne cessent de remonter des souvenirs de soi et du monde encore présents, déjà absents, des odeurs, des touchers (Malenfant est un remarquable écrivain du sensible færtif}\u2014des blancs aussi, des blessures, des petites morts répétées.Amour et mort, ruines et volupté: leur battement continu.Dans d\u2019«ultimes paragraphes» où les vides ont remplacé les tirets de liaison, au littoral d\u2019une mort de plus en plus littérale, le poète, OEdipe toujours curieux, déjà aveugle, tente encore d'entrevoir l\u2019origine où se nouent depuis l'an sa perte et sa présence, où se paraphait déjà le nom de sa mort.Mais la scène primitive demeure invisible, inaudible, intouchable: «Ce temps faible ou le gong au grand matin le papier bible du livre de ma mère la pharmacie des mots du père j'ouvre le DICTIONNAIRE pour la consigne le scalpel la ponctuation sous l'échelle le serpent glisse dés jetés les mots de trop «Tu te brûles les yeux dans l'ombre» comme un vouloir dire la folie ou la fiction d'un abécédaire depuis l\u2019amnistie et le tympan crevé de l'osier sous les robes des petites filles le scellé sur la bouche des vieilles» (p.84).136 | k h 0 ete Ww Dans un ultime accès de fureur, d\u2019effroi devant le deuil, le poème ira jusqu'à nier l'écriture même, tra jusqu'à dénoncer «la fausse piste des rides scriptuaires» (le dernier poème, p.90).Mais le poème ne peut cesser, juste comme cela, de s\u2019écrire.Et, parce qu'il dost encore s\u2019écrire, le poème dorénavant s\u2019écrira à deux mains: une main de vie, une main de mort, à la fois contraires et complices.Une main maternelle qui ne manque jamais de voler des bouffées de présence, qui récite la mémoire même du sensible; une main paternelle, amicale en sa cruauté, qui contresigne encore le testament, qui apprend au poème la vérité de l'absence qui vient depuis le début du temps.Nietzsche savait cela, qui disait au tout début de son «Ecce Homo»: «je suis déjà mort en tant que prolongement de mon père; ce que je tiens de ma mère vit encore et vieillit en moi.» Cette citation, je l'offre, en guise d\u2019une amitié invisible, d\u2019une amitié d'écriture, à Paul Chanel Ma- lenfant.Je sais, maintenant, qu'elle lui reviendra, qu\u2019elle ne cessera de lui revenir\u2014en propre.137 0M oe .Mir, >> a.w#.2d ye - vase = am +73 aN a + va + + \u2018a seen vers a ¥ La =; 5 \"72° 4 3 23 Ae Ru Poa iney CA na apart 3 cay ERR acces ZERO pts te A rte E À x Créée en 1965, Etudes françaises est une revue universitaire largement ouverte aux problèmes culturels; sa réflexion et sa critique s\u2019adressent non seulement aux spécialistes mais a tous ceux qui aiment lire.D'abord littéraire; cette revue thématique étudie diverses questions qui mettent en rapport les arts et les sciences humaines, le discours et l'écriture.Déjà parus Ecrire c\u2019est parler, vol.10, n° 1, 1974 2,50$ [J L\u2019Année littéraire québécoise 1973, vol.10, n° 2, 1974 2,50$ [1 Le Bestiaire perdu, vol.10, n° 3, 1974 2,50$ UJ L\u2019Éveil des nationalités, vol.10, n° 4, 1974 Le Fragment, la somme, vol.11, n° 1, 1975 L\u2019Année littéraire québécoise, vol.11, n° 2, 1975 Avez-vous relu Ducharme ?, vol.11, n° 3-4, 1975 Conte parlé, conte écrit, vol.12, n° 1-2, 1976 Jacques Ferron, vol.12, n° 3-4, 1976 Le Lieu commun, vol.13, n° 1-2, 1977 Petit Manuel de littérature québécoise, vol.13, n° 3-4, 1977 Le Fil du récit, vol.14, n° 1-2, 1978 Les Écrits d\u2019Aimé Césaire, vol.14, n° 3-4, 1978 Théâtre des commencements, vol.15, n° 1-2, 1979 Tragique et tragédie, vol.15, n° 3-4, 1979 Villon Testateur, vol.16, n° 1, 1980 Paul-Marie Lapointe, vol.16, n° 2, 1980 Le Manifeste poétique/politique, voi.16, n° 3-4, 1980 Francis Ponge, voi.17, n° 1-2, 1981 Musique et texte(s), vol.17, n° 3-4, 1981 Le Livre-Texte, vol.18, n° 3, 1982 VLB, vol.19,n° 1, 1983 Revue paraissant trois fois l'an (printemps, automne, hiver) Abonnement Canada 13$ Institutions Tous les pays Pays étrangers 15$ Le numéro LES PRESSES WP 4 \u2018DE L'UNIVERSITE DE MONTRÉAL\u2018 Te SEL A» à Montréal.\u201cQué! CEL LE 3 po) Da A A IAN JY > g À RY py g Tr Reve Ce CL interdisciplinaire Ir Toe et TI, 2,50$ 2,50$ 2,50$ 5 $ 5 $ 5 $ 6 $ 6 $ 6 $ 6 $ 6 $ 6 $ 4 $ 4 _$ 6 $ 6 $ 6 $ 6 $ 6 $ 19$ Ce OOO0OO0OOOUOUOOUOUOUOUS (EES pets ARR - Py com es = wR -\u2014 yaa, - 22 _.tye Oat EIN br pre ae be re Carte cts .scans \" LA PN «3 bo ty rate orp et \u2014\u2014\u2014_ _ \u2014 egg bulletin d\u2019abonnement la nouvelle barre du jour c.p.131, succ.outremont, outremont, qué.H2V 4M8 profitez des coûts réduits que vous procure un abonnement: pour une année \u2014 12 numéros achat en librairie 48% abonnement à l\u2018étranger 42% abonnement au canada 35% O° abonnement étudiant 30% abonnement écrivain 30$ on peut aussi se procurer les 60 premiers Numêros de la nouvelle barre du jour.collection complete 300% NOM adresse code veuillez m'abonner à partir du n° RETRY ER Iu NS RE NN RE ER EH TT TT I SG ER I ON TT ER Sal DUC INR TE At: tN wr RP ET GRUP EHR FU TE EN +2 PO Loe Pa eus Re De pes LR ~~ a as at tr RR Te ou me En = * a.debs ma ss menée - x Shy ou x - weg PN 2a > Le pe =m a rs ~~ ~ ins - Pace vo yon vt ro I~ re Sur TY Ee = Ce TY ya = ~~ vr oh cn > rv pre a pa J eS ne a a em pO A > a .me eX \u2014 A a Loi = 20 tag.yey cac hy PLS ay page gfe 3 I ed 2c) - rpg por ae a Trip i rpg iy cp ag LIE pcp pe a go P= by pres [YT 2 19-7 Tr pe Co woah ray __ a, Po we rr pe CA IRN rp i) Fv \u201de Pre opts Er a p= Cr ry oe cc aa À pod æÆ - A .I =\u201c = ee a J Ar Spel sir ny APN py rer a Ar rr am ty ry Xv 2 es Et = pe a pr p wv.a Eyes = a - ta EERO I va px A = EA = 7 : = = = Capt up ae OT Se i Jet ST pS ER NPAs PE ne dt AE re\u201d is oir Ce PAP mie Snir ay ces pe EO - AN 3 REG .LIBR N * VEN Vil yes Dee) .DEIN = \u201c ad Û LN e = p +.- - : EN a B A 4 ten o cut PY Ww a, ps ri - ~~ an.mm pese ht or er _\u2014 = Achevé d'imprimer en août mil neuf cent quatre-vingt-trois sur les presses de I'lmprimerie Gagné Ltée Louiseville - Montréal.Imprimé au Canada Gi __ _ ~ %- - vo -_- ue ve: ve À es Ze, \"\u2014- PS pos = _- IY p29 ory ve dg Zr vo ew rg ~ oar J J 2, - ~~ LS Ge J - oe Eh - + av SN Pp pl rep a BEY peti) To) ets dhe mtn 7 ne ve, ~ ay fo roar] PoE yo oto rs SE =x, Fa try - An a 42e Portes a\u201c ja 2 22 oo pr 2 = hn 7 ue Te Ry kr 2 yea) CU Ji Cy o- y bo\" 2 Eh ve aa a de A le x Pre rpg mn rary ~~ pe iy F4 È 2e \u20142 ue = G ep a pce es Jy rece Ns py ase ean Port Cy a Pog = ps À 2 & ro a we er \u201c 4 Ce Cy ars ony - Le LAOS Cr TS se EE ps =.aa ren La SiS rp = pars es ee J pra: prc yy pa) Cre a.a ra p/h fs ~ - 33 20 oy EY = = ne ord Tg RS =\u201c pp) Pp po peeing he} \u201cel DL ort = A es 5 pp on 4 x eX = ig - Pre aa oy Pp = - _ Poe po - PP PAO - pe - FOR wl .NO IS 8 A Le \u201coy 3 * 0 : Pr \\ 3 IY [3 \\) 4S N 2.6 NG iN VO! 4 La Ps pe 2 E> a > + +3 rr Co a \u2014 rar oe \u2014 \u2014\u2014 ue __ \u2014 mr \u2014 ee meme cs \u2014 [Ep sx of) 8 des textes de: Lucien Francoeur Pauline Harvey Richard Lefebvre Daniel Dargis Louise Warren Denuis Saint-Yves HÉCRE NA SY PS #3 ÈS pm af Ei
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