La nouvelle barre du jour, 1 janvier 1987, Numéros 201-202
[" L\u2019'ÉCRITURE : LIEU THÉORIQUE ET PRATIQUE : DU CHANGEMENT | ) | | ME p° an by bo) ; |} Le, [À ne h B bod 7 pi [I Alper actes du colloque de Charleroi novembre 1986 nb J - = .\u2014 - Pa + \u2014\u2014 _ 2 \u2014 nt 2411 fac Sa - ~~» nt 4 sq ~ - rs pop 2 \u2014- = PP & =a \u201cvw.RN pn of dus = _ = _\u2026- re ox a.- of Li s vs Ih ia Es rr Paar 7 r= of By & i sa = {3 a ét i ?pente cs of .Ap oped ry Ee rips re pr EE PRP PRA EE = an pare ee ve - ~ PT PETE ge dr 23 EE JP Pace PERE ph PP EE Pa Ee CI apg Juri JE J ae = or a pS Pe pay PEEPS pa ay rt æ PA fp JAE oo 2 ca i a me te tte rm se VE pre ee pr re rer = = _ L\u2019ÉCRITURE : LIEU THÉORIQUE ET PRATIQUE DU CHANGEMENT Pr a i En iy : BY TWN, \u201cyy ce TS Le a la nouvelle barre du jour DIRECTION Jean Yves Collette CRAIE SECRETAIRE DE REDACTION Line McMurray REDACTION Alin Bourgeois DIRECTION ARTISTIQUE Constance Fall COMPOSITION Diane Girouard CORRESPONDANT EN FRANCE Bernard Noél DISTRIBUTION Diffusion Dimédia, 539, boul.Lebeau Saint-Laurent, Qc H4N 1S2 téléphone : (514) 336-3941 CORRESPONDANCE la nouvelle barre du jour C.p.131, Outremont, Qc H2V 4M8 La nb; est répertoriée, entre autres, dans Point de repère, dans le Canadian Index, dans The Standard -Periodical Directory et par la Pressothèque de lan- que française.La nbj est subventionnée par le Conseil des arts du Canada et par le ministère des Affaires culturelles du Québec.La nbj est membre de l'Association des éditeurs de périodiques culturels québécois (AEPCQ, C.p.786, succ.Place-d'Armes, Montréal, Qc, H2Y 32).Les copies des oeuvres envoyées à la nbj ne sont pas retournées.Toute reproduction interdite sans l'accord écrit de l'éditeur.© éditions nbj, 1987 L\u2019'ÉCRITURE : LIEU THÉORIQUE ET PRATIQUE DU CHANGEMENT actes du colloque de Charleroi novembre 1986 nbj > ~ 3 a.N =, var aor 3m .-\u2014 ~ amen A PY EY putea ate at BO shy Vv à La + y FY - Lan, oft Se pr \u20ac PE ws _ + oat \u2018sto Ft - RPS .RR Spy on od - 0 Eh Fee, .hare tt Tae Tei + fey et de aa a .Co py i se Plat 1 x A ¥ Pte pets ars Ps , ISSN .A ; , J 0704-1888 DEPOT LEGAL .~ 05/86, BNQ, BNC.__ \u2014 ee en, _ ae La question de l'écriture nécessairement inscrite dans l'exercice d\u2019un genre n\u2019a pas fini de soulever des controverses, pour le moins de susciter des débats.En témoignent ici les Actes du Colloque L\u2019'ÉCRITURE : LIEU THÉORIQUE ET PRATIQUE DU CHANGEMENT dont tel était l'argument : « Il semble que la civilisation occidentale soit entrée dans une ère où la distinction des genres tend à disparaître, en particulier des genres littéraires.De l\u2019effacement des frontières, de la perte des distances, demeure le concept d\u2019ÉCRITURE comme dénominateur commun de tous les actes graphiques.Quelles métamorphoses le métissage des genres entraîne-t-il dans les rapports de l'imaginaire et du réel ?Il est important que des écrivains québécois et belges de langue française qui oeuvrent à la périphérie du champ littéraire parisien se rencontrent sur ce thème du changement.» ~~ - 0000 PS D. al > 5 a d pe eye = yn a.-\u2014 >> A LO ENEMIES INS ae NON \u2018al «3 hd ec A Mu PSE EN EE EN ST AAA ii A io : Organisé conjointement par l\u2019Union des écrivains québécois, par le Centre interdisciplinaire d\u2019études philosôphi- ques de l'Université de Mons et la Maison de la culture de Charleroi, le colloque L'ÉCRITURE : LIEU THEORIQUE ET PRATIQUE DU CHANGEMENT s\u2019est tenu en Belgique lés 27_ et 28 novembre 1986.ù Du Québec : Louise Cotnoir, Line Mc Murray, France Théoret.De Belgique : Thierry Haumont, Claire Lejeune, Jean Lou- 3 vet, Jacques Sojcher (dont le texte manque dans la présente +; livraison).Les actes de ce colloque sont publiés en co-édition avec les Cahiers internationaux du symbolisme (rédaction : EE Claire Lejeune, Mons, Belgique).F Nos remerciements vont au ministère des Relations inter- À nationales du Québec, à Monsieur Bernard Sauvé, attaché # culturel à la Délégation générale du Québec à Bruxelles, = à la Maison de la Culture de Charleroi et à son directeur, Ë Monsieur Jean-Claude Tréfois.A Fry A LEI\" WE = » NX ac 2 SRE Jean Louvet CHANGEMENTS dans l'écriture dramatique d'aujourd'hui ue 4 ur ; - WX aa 08 TN a « nn Ma oi\u201d ES ate \u2014\" Jean LOUVET Jean Louvet est né à Moustier-sur-Sambre en 1934.Fils de mineur, il fait des études de philologie romane.Il crée et anime le Théâtre prolétarien de la Louvrière où, dès 1962, il fait jouer le Train du Bon Dieu et l'An I, pièce reprise par le Théâtre national en 1964.Il est lauréat de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (S.A.C.D.) en 1974-1975.Il a collaboré au scénario et joué un rôle dans le film de Thierry Michel : Hiver 60.En 1985, il reçoit le prix triennal de littérature dramatique.bibliographie sélective Le Train du Bon Dieu, Louvain, Cahiers Théâtre Lou- vain, 1962.À bientôt Monsieur Lang, Paris, Seuil, 1972.Le Bouffon suivi de les Clients, Paris, Bourgois, 1974.Conversation en Wallonie, Bruxelles, Jacques Antoine, 1976.L'homme qui avait du soleil dans sa poche suivi de À bientôt Monsieur Lang, Bruxelles, Labor, 1984.- \u2014\u2014 ee 0 See Je voudrais d'abord remercier les animateurs de la Maison de la culture de Charleroi : organiser un colloque sur le thème proposé n'est pas chose courante en Wallonie où l'on évoque trop peu, à ma connaissance, les problèmes esthétiques.Bien qu'avec la question nationale belge, le sujet de l'identité ait déjà fait couler beaucoup d'encre, il me semble que ce sont davantage les problèmes institutionnels qui ont accaparé notre attention au sein de ce qu'on appelle la Communauté française de Belgique.Cela dit, un écrivain peut mettre (je dirais prudemment : dans une certaine mesure) une distance d'ordre théorique vis-à-vis de l'écriture sensible qu'il produit.Je ne peux néanmoins m'empêcher de vous avertir que cette réflexion, en ce qui me concerne, reste teintée d'un certain empirisme.Mon propos étant de vous parler de quelques changements intervenus dans l'écriture théâtrale \u2014 en particulier, politique \u2014 je dirais d'abord que la réflexion esthétique a traversé à maintes reprises mon travail: ainsi certaines formes de la culture bourgeoise, abandonnées à certaines couches de la petite bourgeoisie ou du prolétariat, comme le mélodrame, l'opérette, le théâtre dialectal, le boulevard, le vaudeville ont fait l'objet d'une réflexion esthétique.Mais, je dirais que cette démarche s'est opérée, dans un premier temps, à l'intérieur même 9 CFE patate =: yas RRL 0 Ly o's costo 1x AR ny AE Sie ater ae aint 001 on res YL: ~~.Sly ov EIR eer AE NEY ç o pi pA ENE ar Av 2% ERE Vt Sa) \\ du genre théâtral: nous avions affaire là à diverses formes d'un même genre obéissant à des variations idéologico-littéraires de la classe dominante à l'intention des dominés.Aujourd'hui, autour de cette table, il s'agit d'autre chose.La plupart d'entre vous savent déjà qu'il y a dans l'écriture théâtrale glissement, interprénétration des genres.Combien de romans n'ont pas fait l'objet d'une adaptation théâtrale.On a vu récemment un spectacle échafaudé sur des légendes populaires.Une biographie, tout à coup, est théâtralisable.Je ne crois pas qu'il suffise de dresser un inventaire de ces transfuges.Il est peut-être plus intéressant de se demander pourquoi il y a mélange des genres.Comment surgissent- ils?Y a-t-il une logique qui sous-tend ces opérations ?Est-ce livré à la fantaisie ?Y a -t-il un rapport entre l'Histoire et ce phénomène ?Ce qu'on constate, de toute évidence, c'est que le théâtre est très poreux au mélange des genres depuis quelques années.Peut-être est-ce lié à ce qu'on -appelle la crise-d'auteurs ?Il n'y a plus d'auteurs, entend-on.Quand on évoque la crise du roman, datée déjà, il ne manque pas de romanciers.Je n'entends pas parler de crise de la poésie.Par contre, du côté des auteurs dramatiques, il y a raréfaction, voire menace sur l'espèce.Et cette crise n'est guère salutaire puisque l'espèce même est en voie de disparition.Donc, s'il n'y a plus d'auteurs, il faut bien qu'£on»> cherche soi-même.Par parenthèses, 10 on pourrait s'interroger sur la réalité de cette crise, je dirais sur la surchauffe de cette crise qu'entretiennent certains à plaisir.Pour comprendre ce phénomène, il faut cerner d'un peu plus près l'écriture théâtrale et saisir qu'elle est tributaire de beaucoup de médiations.Je ne parle pas de la position particulièrement fragile de l'auteur dramatique dépendant des cabinets ministériels qui privilégient telle ou telle idéologie, des directeurs de théâtre, des metteurs en scène, des critiques inféodés a tel journal, des publics, des acteurs.Je veux insister sur la finalité du texte de théâtre qui est, comme chacun sait: le spectacle.Jusqu'à la fin du dix-neuvième siècle, le texte de théâtre est roi, au centre du spectacle.L'auteur est l'âme du spectacle.Or, précisément dans cette même fin du dix- neuvième siècle, apparaît une médiation nou- nouvelle, le metteur en scène, qui va exercer un rôle hégémonique dans la production du spectacle.Enchaînons tout de suite sur la prodigieuse évolution des sciences humaines, je pense à la linguistique, la sémiologie.En troisième lieu, pointons le choc de ce qu'on appelle la fin des idéologies \u2014 qui affecte particulièrement le théâtre politique \u2014 et le retour du sujet, ce qui nous conduit à évoquer au passage le postmodernisme.Quatrièmement, en quoi l'écriture théâtrale a-t-elle subi des glissements quand elle a rencontré les problèmes de la région, de l'identité et, d'une manière plus large, la tension entre la culture du centre et celle(s) de la périphérie.Enfin, dans le semi-effondrement du mouvement ouvrier, 11 PL y SEE ste Mt Aleta tang 4 RL 0 pee) PRPEPRFS EDL NED comment imaginer aujourd'hui la possibilité d'un théâtre politique et en quoi sa \u2018survie impose-t-elle des glissements dans l'écriture théâtrale ?- Le metteur en scène ?Fin XIX®\u20ac siècle, on l'a dit, il se glisse entre le texte et le spectacle.L'auteur reste assis à côté du nouveau venu ; ils s'entendent bien.En effet, je ne crois pas qu'en France, en tout cas, le metteur en scène se permette de toucher à l'oeuvre d'un Giraudoux, d'un Claudel ; ceci est moins vrai déjà en Russie ou en Allemagne où le texte, classique et moderne, commence à reculer.Mais d'une manière générale, il faut mettre l'accent sur le fait que les metteurs en scène affinent une écriture scénique : rapport à l'espace, décor, lumière, jeu de l'acteur, scénographie font des progrès considérables.Mais avec des auteurs à part entière, même s'ils ne sont plus les maîtres du jeu.Le décentrement du texte s'opère après la Deuxième Guerre mondiale.C'est avec le bond des sciences humaines que la royauté du metteur en scène s'accomplit.Rappelons- nous de Saussure : là linguistique fait partie d'une science plus vaste, la science des signes.De Peirce à Eco en passant par Barthes, les sciences humaines apportent à la pratique théâtrale une série de disciplines qui vont nourrir l'écriture scénique et éclairer toute la part des éléments non-verbaux.C'est une véritable révolution.Le texte recule, et l'auteur, forcément.Plus personne au centre ?Périphérie partout ?Le nouveau centre, c'est le spectacle.Mais le refus de l'autonomie du texte théâtral n'exclura en aucune façon 12 aE l'utilisation de textes non théâtraux.La porte est ouverte : roman, récit, nouvelle s'engouffrent dans les théâtres.Évidemment, cette apparition va agir, en retour, sur la production des textes d'auteurs dramatiques qui vont tenir compte, à leur tour, de certaines formes non utilisées auparavant.Le fait que j'ai travaillé, comme coscénariste et dialoguiste, dans » de Thierry Michel et .Donc, pour nous résumer, certains glissements sont nés des conditions de production de l'écriture théâtrale, à savoir du rapport de forces entre l'auteur et le metteur en scène, la palette de ce dernier s'enrichissant du développement des sciences humaines.Influence des apports non verbaux sur la création d'un texte : un exemple.Philippe Sireuil et Jean-Marie Piemme ont suivi avec moi l'élaboration du texte de \u2014 =.- mae Nal 2 » Ce » - - = da Pe, ES aw : - GENRES = Thierry Haumont = LA LITTERATURE ET SES \u2014 A S\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014-.- e \u2014 \u2014_ EE ee.- # zr SR ARE nn AE \u2014 \u2014 va ch TE a a PE REEL hl arcs ERR 7 Sg Thierry HAUMONT Né a Auvelais (Wallonie) en 1949, Thierry Haumont, qui n\u2019a jamais cessé d'écrire depuis l\u2019âge de douze ans, est actuellement bibliothécaire à Charleroi.Il a publié trois romans dont le Conservateur des Ombres pour lequel il a reçu le prix Rossel en 1985.Sa pièce Charles Rock (inédite) a été créée à Charleroi en février 1986.bibliographie | Les Petits Prophètes du Nord, Paris, Gallimard, 1980.Les Forêts tempérées, Paris, Gallimard, 1982.| Le Conservateur des Ombres, Paris, Gallimard, 1984. Lorsqu'on m'a proposé de participer à ce colloque, dont un développement de la problématique concernait la dissolution des genres littéraires, j'ai eu la vision immédiate de la place que j'y prendrais si j'acceptais d'en être.Et je me suis d'abord demandé d'où venait que cette place me soit si vite apparue à l'esprit, de façon aussi nette, dès la première lecture du dossier préparatoire.C'était quasiment un réflexe.Peut-être une manifestation de la méfiance innée du Wallon vis-à-vis de toute auctoritas \u2014 institution en place ou ordre en train de se fonder ; méfiance envers toute argumentation, toute proposition qui paraît menacer sa liberté ; et je connais bien cette disposition d'esprit qui est la nôtre, qui est la mienne \u2014 Karl Marx ne s'impatientait-il pas déjà devant l'entêtement de ceux qu'il appelait »?Méfiance surtout, et tout aussi spontanée, de romancier, voyant dans le roman, et vivant le roman, comme une école de liberté. Règle englobante du tout, ai-je dit ; cela ne signifie cependant pas que jy ai lu une injonction à un discours nivelant.Car il y figurait aussi, à travers une volonté bien réjouissante de métissage, un appel vers une structure ouverte.48 \u2014 \u2014 _\u2014 Tout cela m'amène naturellement à examiner l'histoire des genres littéraires, à voir où ils en sont aujourd'hui, et à tenter d'éprouver la validité d'une proposition telle que celle-ci : que la dissolution des genres, par métissage, entrainerait une sorte de libération de la pensée, un accord plus grand avec l'époque, et un progrès.À tout cela, on le verra, j'aurai envie de répondre à la fois oui et non ; mais ce ne sera jamais une attitude d'entre-deux, une réponse de Normand, un compromis ou une marque de scepticisme.On peut d'abord se demander ce qui peut nous conduire aujourd'hui à réenvisager le concept de dissolution des genres.Le fait, je pense, de vivre dans une époque où bon nombre de repères sur lesquels s'appuyait notre civilisation ou notre culture ont disparu ou se sont estompés.Il est exact que ce que l'on résume généralement par faillite des idéologies a entraîné un éclatement de la pensée, la chute de quelques frontières, et nécessairement l'instauration de nouvelles, que nous ne parvenons pas encore à définir.Tout s'interpénètre : c'est la vision optimiste des choses.Tout se vaut, tout se relativise : c'est la vision pessimiste.Et parce que notre vocation nous pousse à faire un usage constant de la parole, et que le statut ontologique de la parole paraît devenir dérisoire, nous nous sentons désemparés.Faillite des idéologies, bouleversement, au moins en surface, des croyances, perte du social ; certaines assises que nous avions rangées parmi les grandes découvertes de ce siècle se dérobent aujourd'hui.Un exemple parmi d'autres, en restant dans le domaine 49 RENE M EE à ana ee \u201c$y neat ci ni a.HERE SSE ES HE aif Appr CT.TT SAS 0h id a, : x ; = SR Le x i + S24 .A de la parole : si Freud pouvait parler de «cet inconscient qui ne ment pas», nous soupçonnons aujourd'hui l'inconscient d'être capable de mentir avec la même rage ou la même allégresse que tout ce qui relève de la conscience.Ça ment, parce que ça parle \u2014 et pas uniquement, j'en ai peur, parce que ça nous parle.Je reste dans le domaine de la parole, et de ceux qui ont vocation de la ressaisir sans cesse.La mention à l'usure des mots, à leur dévaluation est devenue commune.C'est un truisme, puisque les mots ont toujours été soumis à l'usure et au renouvellement ; mais on n'en a jamais autant parlé.Ce qui me paraît véritablement nouveau, c'est que leur détournement nous échappe le plus souvent ; le commerce et l'industrie ont eux aussi une inventivité langagière qui nous prend souvent de court.Autre trait caractéristique de notre époque : la subversion aujourd'hui s'exprime autant par le biais du classicisme le plus rigoureux, qui parfois même paraît mieux résister à la récupération.La rapidité avec laquelle la publicité et les mass-media ont repris l'underground, en utilisant pour des motifs de séduction ces nouveaux modes de représentation, est un fait qui ne peut qu'accentuer notre désempa- rement.Je ne vais pas tenter d'expliquer mainteant ce phénomène ; il faudrait pour y arriver redéfinir l'image de l'écrivain en cette fin de vingtième siècle, se demander quelles sont les conditions à partir desquelles il exerce une influence sur une société, analyser ce qui a pu faciliter sa récupération ou permettre sa résistance, etc.Vaste tâche, qui fort heureusement ne nous fournirait pas de recettes.50 BR NA 431 A SSE SU SI A FSET SNES EE a Je ne vais pas non plus m'attarder sur la définition de genre littéraire \u2014 un colloque n'y suffirait pas.Leur classification même doit être sans cesse reprise : il y a loin de la poétique d'Aristote à celle de Käte Hamburger ; sans compter que l'attachement fanatique aux genres a pu conduire à des aberrations, pédagogiques notamment.Je me pose seulement cette question : le problème des genres littéraires, de leur métissage, de leur dissolution, participe-t-il d'une problé-matique purement actuelle ou est-elle le geste que répète chaque avant-garde, quels que soient son époque et ses objectifs ?Un \u2018premier élément de réponse serait de dire que les avant-gardes ont souvent une conception figée des genres littéraires \u2014 probablement parce que leur propre identification dépend en partie d'une représentation rigide du monde ancien.Quand on fait l'histoire des genres, on se rend compte que leur éclatement est en fait une très vieille, et très belle, histoire.L'éclatement des genres est ce qui maintient les genres dans l'histoire ; ceux qui résistent au métissage se sclérosent et disparaissent, ou continuent à vivoter comme la prérogative d'un groupe clos, d'une classe \u2014 en attendant peut-être d'être réinterprétés un jour, de recevoir à nouveau le souffle de la vie par le travail de ceux qui y auront découvert les précurseurs de leur démarche.Le reproche fait aux poètes que ce qu'ils écrivent n'est pas, ou n'est plus, de la poésie, ou que tel ou tel texte porte abusivement son étiquette de roman, est vieux comme le monde.Cependant (et ici j'emploie un vocable qui n'a probablement aucune pertinence, mais il me sert à résumer ma pensée) : 51 Pa ERE 0 3 BER A aaa Ve Se LR BAC 2 wa C A A ly ame TE es LI 0 \u201ca, fr Lo 2e.Lh et 00 .BET 2e A J a4 - ET RLY TE ETNA TN.(TE a Ve Te, ee EE EE a aa RP i AR APRA l'anti-roman est toujours du roman, de la même façon que l'absence de structure est déjà \u2018une structure.Il y a métissage continuel des genres entre eux, et en même temps maintien d'un genre propre et de ses virtualités.L'homme sans qualités propose une merveilleuse intersection de l'essai et du roman ; mais c'est d'abord un roman, alors que Musil aurait pu en faire un essai dans lequel aurait interféré la fiction.Est-ce si important ?Le prix Fémina de l'essai est allé cette année à un roman \u2014 le Perroquet de Flaubert, de Julian Barnes ; pourquoi pas ?La première phrase que j'avais écrite après avoir reçu les documents m'invitant à ces journées fera peut-être mieux sentir pourquoi la création d'une sorte de lingua franca artistique ne me paraissait pas souhaitable \u2014 en posant le problème en soi, sans me préoccuper de la possibilité d'existence d'une telle lingua \u2014 voici la phrase: «Ou placer le cri dans la dissolution des genres, puisqu'il cloisonne nécessairement, et secoue ses cloisons ?» Ce que le cri, conçu ici comme une catégorie littéraire, nous montre, c'est qu'un ensemble de limites, de contraintes peuvent finir par résonner jusqu'à l'insoutenable.Tout le contraire d'une dissolution : une particularisation.Particularisation qui, éventuellement, fondra un nouveau genre littéraire.Un nouveau genre littéraire.Je crois que ce qu'on juge (mais encore une fois, qui juge de cela?Et quelle est la nécessité de ce jugement ?) inclassable, fonctionne davantage comme un genre littéraire que comme un mode qui transcende la notion de genre.Il a fallu 52 ISOS To du temps pour que le fragment soit élevé au rang de genre littéraire ; en tout cas, il semble bien aujourd'hui être en voie de reconnaissance.De même regroupe-t-on sous le vocable général de Textes quantité d'oeuvres, souvent fort dissemblables, en attendant qu'elles trouvent leur légitimation.Le texte serait-il un genre littéraire particulier?Une partie d'entre eux offrent déjà tout un éventail de caractéristiques communes, les mêmes articulations, les mêmes types de trouvailles \u2014 les mêmes clichés aussi, pourquoi pas d'ailleurs ?\u2019 \u2014 les mêmes usages ; en vrac, et sous bénéfice d'inventaire : le mélange de la fiction et de l'autobiographie, l'écriture se prenant constamment pour objet, une nouvelle ponctuation \u2014 je pense notamment à la barre oblique que j'appelerai, faute de savoir si c'est vraiment Barthes qui l'a popularisée, barthésienne.\u2026 Je voudrais dire ici que, pour moi, assister à l'émergence d'un nouveau genre littéraire est l'un des bonheurs qu'une époque peut donner.Enfin, je voudrais terminer cette partie de mon exposé par une remarque de lecteur.Elle concerne la capacité qu'ont certaines oeuvres, dans leur tout ou dans une de leurs parties, de représenter LE genre qui les représente tous.Par exemple, le théâtre chez Shakespeare, le roman chez Kafka, Joyce ou Musil, la poésie chez.\u2026.Chacun pourra dresser sa propre liste.Ce qui va suivre peut être tenu pour un inter- mede, un jeu.Je quitte les chemins du raisonnement pour entrer dans le monde de l'analogie.53 Cala i} Por MP A Analogie, j'insiste, et pas \u2018correspondance : je ne suis pas de ceux qui pensent que le \u2018schéma biologique peut être appliqué à la description de phénomènes sociologiques et culturels.Mais voici.Titre : La littérature et ses genres.Sous-titre : Propos sur les lichens.Les lichens, comme chacun sait, sont des formations végétales constituées par la symbiose d'un champignon et d'une algue.Cette association est loin d'avoir livré tous ses secrets ; mais bien qu'elle soit complexe, on peut déjà, sans avoir de connaissances particulières en botanique, en cerner le sujet par quelques questions.Quel est le rôle de chacun des organismes ?Quel est le mode de reproduction : germination contigüe, fragmentation, association naturelle ?Peut-on produire de nouvelles espèces de lichens ?Qu'est-ce qui a changé fondamentalement dans la classification des lichens, dès lors qu'on s'est aperçu qu'il s'agissait de la symbiose de deux organismes ?\\ Il s'agit là, je le répète, par rapport a la littérature, d'un simple éclairage et non d'une identification: Ce qui a simulé mon esprit, c'est de penser que, jusqu'en 1867, les lichens ont été perçus comme des organismes uniques ; qu'ils ont fonctionné pour l'homme pareillement à n'importe quel autre végétal ; que, si l'on trouve des algues pouvant former des lichens à l'état isolé dans la nature, ce n'est pas le cas des champignons lichénisants ; que ces champignons lichénisants apparaissent plutôt comme des sous-espèces de certains champignons qu'on trouve isolément, sous-espè- ces aux traits archaïques ; que la symbose al- 54 eme re nn ce pr - CRT - [IAC Reda arr tere fortement les caractères des deux symbiotes ; que pour identifier avec certitude l'algue symbiotique, il faut l'extraire du lichen et lui laisser le temps de se développer ; que la reproduction se fait par fragmentation, ou par rencontre du spore d'un champignon lichénisant avec une algue libre qui lui convient ; que l'on a recensé à l'heure actuelle plus de 20 000 sortes de lichens, mais que ce type de formation est unique dans la nature ; qu'en ce qui concerne leur systématique, leurs caractères externes restent encore un trait pertinent ; qu'à ce titre ils forment un embranchement particulier dans l'ordre des végétaux, tandis que les champignons isolés, les algues isolées en forment deux autres \u2014 que donc des genres fusionnés agissent comme genre distinct ; enfin, que tout est encore plus compliqué que ça, puisque l'on a découvert que certains lichens comportaient parfois une algue secondaire, et que se développaient, sur le thalle de certains d'entre eux, d'autres champignons.J'en ai terminé avec ce voyage analogique, en sachant bien que l'analogie n'a de valeur que pour celui à qui elle parle.Une dernière rêverie sur les genres littéraires pourtant, avant de vous faire part de mes réflexions sur le rôle de la théorie dans l'écriture.Imaginons un spectacle \u2014 mais spectacle a déjà une connotation théâtrale, alors je dirais : un processus \u2014 où s'organise la fusion des genres.Il y a là un horizon vraiment intéressant, dans sa formation même, mais aussi dans les perspectives infinies qu'il nous offre.Perspectives qu'on pourrait mesurer, si l'on tient absolument à chiffrer ce vertige, à l'aide de séries mathématiques.Je m'explique : si on peut tenir 55 ROTOR UR ah PAS æ.wn ate FAIA Rl J dR SiS eg A due fe EUR or af YN nary AO - Lane Pate p AER are Zh Nr ria vag pa m3 [ea na PZ a LE py a Ep EON RE \"~¥) LS [ase ATI RE 12600 la bande dessinée pour une fusion du dessin et du récit (je simplifie) ; si on peut tenir l'opéra pour une fusion de la musique et du théâtre, et le théâtre lui-même pour une fusion.du récit et de la gestuelle (je simplifie aussi), cela signifie qu'il ne suffirait pas, pour tenter hypothétiquement la fusion de tous ces genres, de juxtaposer dessin, récit, musique et gestuelle, mais qu'on aboutirait à cette première série : musique en tant que telle, récit en tant que tel, gestuelle, dessin en tant que tels ; plus l'opéra en tant que tel, plus le théâtre en tant que tel.Cette progression géométrique, cette possibilité de prolifération infinie, effectivement, me fait réver.Alors : vive la théorie ?Vive la théorie, bien sûr.Pour rester dans le domaine des genres, je donnerai quelques exemples de sa fécondité.Reconnaître que le théâtre peut être considéré comme une fusion de deux ou de plusieurs genres est déjà une démarche créatrice : car l'envisager comme une symbiose du récit et de la gestuelle, est différent et entraînera d'autres pratiques que de l'envisager comme symbiose de la poésie et de la gestuelle, du discours et de la danse, etc.- Il n'y aura jamais assez de théorie, assez de réflexion : on ne réfléchit jamais trop.I n'empêche qu'on assiste aujourd'hui a un veritable déferlement de la théorie, déferlement sur lequel il faut bien s'interroger.Je crois que la volonté de l'injecter partout, tout le temps, de tout soumettre à son crible n'aboutisse à des effets non désirés.La connaissance poétique ne présente pas en elle- 56 | | als te 3./ Ce à quoi invite l'écriture au féminin, c'est à un changement radical des valeurs et à une révolte subversive au sein de toutes les institutions.Durant cette période (1970-1980), des théoriciennes en philosophie, en psychanalyse | et en littérature vont provoquer des remous dans les discours.En quelque sorte, par leurs recherches, elles relevent ce qu'il y a d'original, de moderne et d'Kinentendu > dans cette pratique au féminin Les auteures elles-mêmes questionnent à nouveau leur travail en regard de ces théories qui les accordent : tête, coeur et corps.Les femmes qui écrivent découvrent | avec euphorie les recherches de Luce Irigaray, que ce soit dans Speculum (1974) ou dans 87 - A A \u2018 Los g EEN vee Loe Lt EN PUR Ce + EER a \u201c ] A Co FN JET I SUL A At TR A SSPE CE LUTTE oY } } } À } ; } RE DR : : } Co CL 4 APRES TUE TN SIE Cat EERE LINN LE Co IRE Cty NT NA TST Tr ER XY Lt POV LTO ESET EE RS [I AA THR PRR PET \u2018 ae QE. 5.PAR, oti pr ES I-A w ver on 7] of 24 tr 8 pres 4 re HIE RAE ENS pry pT Le 02 PAR TY - Fak Ls = sn grat ve in BCT IE YEE EN ee Le hE hh ad ERNE) Ee EEE EER Vo EMEA i < PEER NC CNR le DEC SU RE SE TRS SERRE NE PE RER EC OU APRES RAD ERREUR RE A RE EE IS PS A SEA .Ce sexe qui n'en est pas un (1977).Et ce n'est pas un hasard si nous reconnaissons aujourd'hui que ces textes théoriques rejoignent le travail fictionnel de Nicole Brossard- écrit a la méme époque a savoir: Masculin grammaticale (1974) et l'Amèr ou le chapitre effrité (1977).Et comment ne pas soupçonner quelque parenté entre les recherches théoriques de C.Herrmann dans les Voleuses de langue (1976), celles aussi de M.Montrelay dans l'Ombre et le Nom (1977), comment dis-je, ne pas voir de complicité avec les fictions de France Théoret produites vers la même période a savoir: Bloody Mary (1977).et Une voix pour Odile (1978).Nous pourrions ainsi établir une série de liens entre théorie et pratique qui mettraient en évidence et hors des frontières géographiques, le travail concurrentiel auquel se sont livrées les femmes pour faire advenir en écriture les bouleversements scientifiques, politiques et culturels qui se produisaient dans nos sociétés, Nous admettons facilement que les concepts scientifiques, psychologiques et culturels changent en même temps que des recherches mettent à jour de nouvelles données dans ces domaines, comment Aalors expliquer cette résistance aux changements apportés par l'écriture des femmes en littérature?Elles écrivent des fictions/théories, des essais/fictions, des romans théoriques, de la prose poétique.Non contentes de transgresser les genres, elles en inventent des nouveaux pour leurs besoins et leurs plaisir.Elles sont prolifiques, originales et subversives.Aussi lorsque nos pairs/pères nous parlent de Lacan et «des femmes qui ne savent pas ce qu'elles disent» ou de Sollers et de ses phantasmes périmés de mâle a propos des 88 .Femmes ou encore de Monsieur Scarpetta et de son Impureté, certaines d'entre nous sont tentées de lever le poing ou de sourire narquoisement devant tant d'ignorance, de prétention et d'arrogance.Au moins pourraient- ils au passage souligner le travail de celles qui par leur imagination et leur révolte ont redonné du sens/du sang aux artères sclérosées de leur littérature.Ils affichent un silence qui n'augure rien de bon.Ou est-ce une ultime façon, cet oubli, un dernier recours pour exterminer en bloc la différence ?Je dis que je prends avec les femmes qui écrivent, qui théorisent et qui critiquent une position moderne dans un environnement hostile et qui fait la sourde oreille à nos cris de vivantes.Je dis encore : «Dans ce contexte, la parole devient une façon d'être au monde sans se l'approprier.Par la parole, des femmes se posent comme sujet, comme leur propre référent et, à travers la parole, se reconnaissent et pensent le monde.La parole devient un mode d'apparition, de co-naissance, d'irruption dans la sphère publique.»5 Faire des folies Il s'agit d'un énorme changeent qui va de pair avec ceux que l'on peut remarquer dans l'ensemble de la société : partout les femmes deviennent de plus en plus visibles, parlantes, incontournables.Plus encore, les métamorphoses doublées par les questions théoriques/pratiques qu'elles ont suscitées quant au concept même d'écriture, trouvent aujourd'hui des correspondances dans 39 3 7 RL SE RES »- ce rététy © PAIS PPAR - x y 4 .er \"d'a eve PRESS re cree SES , RR SP ERs PRC LIL tain Lee = es - = © Las ree RARE LR a de ad lui donne un style.Celui d'Anais Nin en avait-il un ?Certaines le croient et le défendent.- = Si des femmes poursuivent leur travail de changement dans la pratique, d'autres s'intéressent de plus en plus à la théorie.Ainsi les livres de C.Buci-Glusckman (1984) et Parler n'est jamais neutre» de Luce Irigaray (1985) redonnent de l'énergie à l'écriture des femmes et tentent de briser la marche à l'indifférence.Il faut ajouter à ces réflexions le livre de Claire Lejeune, «Du point de vue du tiers», récemment publié au Québec et qui requestionne les concepts physiques (temps, espace, matière, vitesse, énergie, accélération) qui agitent notre pensée et notre monde contemporains.Et comment ne pas lier cette recherche de Lejeune à celles d'auteures québécoises qui dans leurs fictions mettent en cause les mêmes éléments ?Je pense tout particulièrement au roman de Nicole Brossard, Picture Theory » (1982), et à celui de France Théoret «Nous parlerons comme on écrit») (1982).Dans ces écritures, il est question d'hologramme, de temps fragmenté, du fonctionnement du cerveau, de la mémoire, de la mort aussi.Au même moment, la physique moderne nous apprend la solidarité de particules qui communiquent entre elles à des années-lumières \u2014 donc séparées mais unies \u2014 la figure de l'oximoron si chère à l'écriture de France Théoret ; les ordinateurs remplacent les mémoires ; et «la guerre des étoiles» n'est plus une fiction.La féminisation de la langue scandalise au Québec et en France, pourquoi ?La langue n'est pas quelque chose d'immuable.Que 92 ferait-on d'une langue morte ?Cette transformation n'est qu'un signe des temps ; elle indique que nos sociétés sont en pleine mutation et que les femmes participent activement, par leurs pratiques et leur recherches, \u2018à ce mouvement dont elles sont, depuis vingt ans, les principales instigatrices.En ce sens, je/nous portons la modernité au-delà de son cadre, en multipliant ou modifiant la perspective et la perception du monde, nous la portons ailleurs et autre.Avec engouement et d'une manière fascinante.Ca agite, ça pense, ça émeut(e) et je parle /elle(s) parlent.Ainsi se crée un lieu fictif et réel qui m'habite, que j'habite où elle(s) prennent place : l'espace du livre.Charleroi, novembre 1986 Notes 1.Nicole Brossard, le Centre blanc, poèmes 1965-1975.Éditions de l'Hexagone, Montréal, 1978, p.224.2.Roland Barthes, le Degré zéro de l'écriture.Éditions du Seuil, Coll.Points, Paris, 1972, p.76.3.Germaine Greer, la Femme eunuque, Editions Robert Laffont, Paris, 1971, p.78.4.Nicole Laurin-Fradette, La libération des femmes», article paru dans Les femmes dans la société québécoise, aspects historiques.Éditions Boréal Express, Montréal, 1976, p.192.5.Louise Cotnoir, Au dire des frontalières», dans la revue «La Nouvelle Barre du Jour >, 1979, n° 78, p.82.6.Anaïs Nin, le Roman de l'avenir, Éditions Stock, Paris, 1973, p.262.7.Virginia Woolf, l'Art du roman, Éditions du Seuil, Paris, 1962, p.85.bs FO i TATRA SAA hpi Pa eg AT Le dk on wy et EN a - ee ge 8 } : 3 3 > iy 8.Diane Lamoureux, Fragments et Collages, Editions du Remue- Ménage, Montréal, 1986, p.140.- a - à 9.Catherine Weinzaepflen, «Se retourner >, dans la revue ù «Traverses d, n° 37, p.116.yoy! yy ; [ » 3 $ ; i $ f Le ni 3 Fis : ity x a* Ï ni 3 va ; à ?«> { ' TY.sea vl » ; LPR PS \\ dy A4 - - .2 Ce parer [ty LR Presse Te \u2014 EE pa de pére peace a = A .R \u2014 _ pg ~~ PRP = pea FEE PY ~ eu cd a ce R pogo) PE ASE ph te EY I he PPA TE DA POSE PEPPY vr ap po Py J Pa \u2014 .- po jhyvpegers .A Pr a em A - Be Luge N I A = yA (ERR À Aas FA Pe) APE - ga PE duet Po par a DE me PR I JO JR A Pp N - A ae etre yang cu ps A pr a A es - Pus; po Py I Po _f I Py PE A P= ed iL np f Rs + 0 B Ve à A Line Mc Murray 8 + rf CR RO ben 0 + Û .K LE CORPS EXTREME 3 DE L'ESPRIT-MACHINE A a - wn 1) g Éd 0 .ce a! 4, t ce = a pee Io \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\"\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\"\"e ~~ Act.4 a Fur ce 14 = Jess mere a Cd \"pe K 4 cx CX À ER Fgh Ys i - ee = Rg 5 PE aie yr Rh a Rd a A * pr ue EN NES EN NR ad i } Ar 4p a RE pape PE ct me ry Jie SOC Sh PRR RR IR AA SRA PES a Mere PLE] SRY lr \u2014 Sara aura Line Mc Murray = Écrivaine et chercheuse, membre du Collège de Pataphysique et du Centre de recherche et d'analyse interactives en écriture (Craie/nbj), Line Mc Murray est née en 1953.Elle termine en 1981 un doctorat sur la Pataphysique et en 1983 une recherche postdoctorale qui donne lieu à un ouvrage sur le manifeste (en collaboration avec Jeanne Demers).Elle collabore à de nombreuses revues et produit, notamment pour Études françaises, Études littéraires et la Nouvelle Barre du jour, plusieurs numéros spéciaux.En mars 1985, elle organise et anime « le Forum des femmes ».En 1986, elle est assistante à la direction générale, à la direction artistique et aux relations de presse pour le Quatrième festival de créations de femmes (Tef).bibliographie sélective Bluff, Montréal, nbj, 1983.Long Shot, Montréal, nbj, 1984.Le Torque, Montréal, nbj, 1984.La Mort du genre (en collaboration), Montréal, nbj, 1985.Fiction/Asphyxion/Transfixion, Montréal, nbj, 1985.Le Détonnement (entretien avec E.Ionesco), Montréal, nbj, 1985.Pour une éthique de la métamorphose (en collaboration), Montréal, nbj, 1986.L'Enjeu du manifeste / le Manifeste en jeu (en collaboration), Montréal, le Préambule, 1986.L\u2019'Inframanifeste illimité (en collaboration), Montréal, nbj, 1987.v oye i.| AAA PE ma CE IN partir.de la distinction litt\u20acrature/\u20accriture pour retourner à la source du tracé, en deçà et au-delà d\u2019un vouloir- dire, d\u2019un vouloir-penser même.là où la réalité et l'imaginaire se projettent l\u2019un dans l'autre pour constituer le réel.partir du réel.de la synchronie du monde de l'imaginaire et du monde de la réalité.Le réel plaide sa cause dans l'écriture.l\u2019écriture ?avant tout une affaire d'éthique et de pragmatique, question d'établir avec le réel un rapport jouissif et puissant, performatif.l\u2019écriture ?un vivre face à l'institution « littérature » et ses sous-institutions, les « genres ».l\u2019écriture ?le faire-corps, la modulation avec le réel.l\u2019écriture ?celle de l'expérience avec comme référent le corps.partir du corps, retourner à la source, au corps-écriture, au tracé du corps, aux lignes du corps, lignes de forces, lignes de tensions, lignes de connexions avec le réel.a partir de la tout commence.le corps est un espace hanté, habité par les rapports qu'il établit avec le monde de la pensée réaliste ou le monde de la pensée imaginative ; le corps est une pensée en acte, le corps est l'écriture des marques et des désirs, des empreintes et des fantasmes mais le corps peut être aussi une a-pensée en acte, un espace vide fait d\u2019oubli et d\u2019une joyeuse et lumineuse synthèse avec le réel.selon la façon qu'a le corps de se mouvoir à même le réel, en privilégiant soit la réalité, soit l'imaginaire, ou leur synchronie, une rythmographie se développe, une 97 _ LG IF ewes die ve voi, + Age ani he ~ at + poe VS - ad p - ~ wen TE uen 0 INES as, 5 ar Capel mer 700 rythmographie qui se fonde sur trois types de rapport au réel : rs: = 1.celui du réaliste, du rationnel, de l\u2019institutionnel, de l\u2019identique, de l'historique, du jussif, celui du corps- détention de l'ego vécu sous le mode paranoïaque ; 2.celui de l\u2019imaginaire, de l\u2019irrationnel, du rêve, du fantasmatique, du merveilleux, de la fuite, du permissif, du corps-des-tensions de l\u2019anti-ego vécu sous le mode schizophrénique ; 3.celui du métamorphique, de la trans(e)formation, de la médiumnité, de la volonté de puissance dirait Nietzsche, du corps-sans-organe diraient Deleuze et Guattari, celui du voir et du jouir de Miss Morphose, celui du retour à la jubilation candide (tout est pour le mieux dans le plus pataphysique des mondes pataphysiques), celui de l\u2019esprit du corps vécu sous le mode de l\u2019équilibre schizo-parano.de tels rapports au réel s\u2019attirent des esthétiques différentes.au mode paranoïaque correspondent les genres dans leur fixité, leur distinction-opposition (poésie, roman, théâtre, etc.) et leurs renforçateurs d'occasion (manifestes, pamphlets, art poétique, etc.) au mode schizophrénique : le refus, la transgression du genre (à titre d'exemple, l'idéalisation du merveilleux chez les surréalistes).au mode de l\u2019équilibre schizo-parano : l\u2019indifférence face à la question du genre ou plutôt l\u2019usage indifférencié de tous les genres au profit de l'expérimentation rythmique (expérimentation qui se trouve renouer avec une écriture de la fluidité, de la dérive telle que revendiquée par la génération de « la nouvelle écriture » au Québec, expérimentation qui est aussi celle, par exemple, d'un Georges Perec, celle du quotidiennisme des écrivaines ou encore celle du chaos comme dans Finnegan's Wake de Joyce, le littéraire se trouvant ainsi non pas réalisé, ni fantasmé mais simulé.Et la simulation avec la lucidité, le détachement, la cons- 98 cience qu'elle présuppose assure à l'écrivain/e l'expérience, non pas du manque au réel, mais du plein jouissif.Toute théorie, toute pratique du manque au réel (chez Lacan, chez Felman, chez bien d\u2019autres) ne révèlent somme toute qu\u2019une impuissance à s\u2019affranchir de l'ego et de son négatif \u201c pour passer du côté de l\u2019esprit du corps ou du nagual (pour emprunter ce terme à Castaneda).Ce passage, Miss Morphose le fait grâce au « détonne- ment », c\u2019est-à-dire à l\u2019aptitude qu\u2019elle a de s'étonner de tout et de rien et avant tout de la détonation en son corps des interactions événementielles qui composent le réel.à partir d'ici tout finit et tout recommence.l\u2019écriture ne peut se passer du corps.la littérature, en ses impératifs institutionnels extrêmes, se fait commerce de rationalisations (paranoïaques) ou d'émotions (schizo- phréniques) mais l'écriture, elle, ne peut se passer du corps en ce qu'elle engage et dégage : engage vers l'éveil et pour ce dégage le corps de l\u2019ego.le corps engagé dans l'écriture de l'éveil, dans le détonnement, est un corps-lumière, un corps de transe, un corps de danse, une matière- énergie.ce qui danse ?les polarités énergétiques pour la constitution de l'esprit du corps, de la force qui active, qui assure une acuité de geste que ne peut égaler un corps embarrassé par l\u2019ego, emprisonné dans la complainte et la rancoeur.seul le corps évidé, nettoyé, ayant atteint le point d\u2019équilibre des polarités et cela dans l'oubli de l\u2019ego, peut s'exercer à l'écriture qui devient alors une expression Vibratoire.une écriture vivante au détriment d\u2019une écriture cadavérique qui ne fait que témoigner de l\u2019institution de l'ego.et pourtant cette derniere écriture est nécessaire dans la mesure où c\u2019est sur sa possible transformation que s\u2019appuie l'écriture vivante, car, il y a, en suspens dans toute écriture malade de ses fantasmes, de la joie.99 PAPER EEE pee Pk Reel fed Cy x + A ied Ahhh Ses ae PE eh - w»- 00 PIPL EN WE Rd A RTS Es dar 20 FIRST EE ne babes Sati Sr EH ab 2p 1 Rs AER ES ae a a a gy _ pue, pers pren, ora LD See of op frig Po) dba B \" a , E prennbgrereg apa ATA Se \u2018 pred Re mA Sy x RR Jib cu at PTE tL ~ eh po 2 Essen - AEE Tal EP py a) wo la force de la joie (la force de la création dans le corps) est toujours celle qui se bat pour gagner \u2014 ce qui souffre en définitive dans le corps, c\u2019est le refoulement de cette joie.la jouissance d\u2019un ego effacé devant le réel l'emporte sur tous les autres plaisirs.qui peut résister à la transe, à la force d\u2019un corps capable de vivre dans un état de sérénité-excitation telle qu\u2019elle programme l\u2019ego selon un mécanisme de non-retour, dans ce que Nietzsche appelait l\u2019éternel retour de la force active ?la force active fait traverser le réel au rythme de la danse cosmique, elle est la modulation avec le réel d'un corps vide qui ne se remplit pas, d\u2019un corps-passoire d'intensités, d\u2019un corps-mouvance qui devient écriture c'est-à-dire rythmographie.la rythmographie à un graphe modèle qu\u2019il m\u2019a été donné de voir dans une expérience de simulation du littéraire, datant de 1984 !, et dont voici le récit : j'étais littéralement fascinée par les machines à traiter l\u2019information en toute ignorance à ce moment là du jargon informatique.cela, je le réalise maintenant, était un atout.je savais que l\u2019une des performativités de l'ordinateur consistait à produire de l\u2019inattendu et cela me suffisait.j'entrepris de jouer le tout pour le tout, en défiant la machine.je décidai non pas d\u2019entrer dans sa logique mais d'opposer à ce que je considérais être une « objectivité magique », une « subjectivité maîtrisée ».je ne soupçonnais pas que ce simple dispositif interactif à quatre termes constituait déjà en quelque sorte le fantôme de ce que j'allais découvrir.cette contrainte d\u2019une subjectivité maximale, je l\u2019appliquai au niveau même de la constitution des données.ne pas choisir au hasard, ne pas piger dans un dictionnaire, ne retenir que les mots qui éveillent puissamment le corps, qui font 100 A | i £ -&N « effet coup de foudre ».ainsi se forma peu a peu un lexique que je voulus, dans une seconde étape, découper en isotopies.et je vis se déplier ma quête systématique du coup de foudre en quatre termes qui se lisaient, de façon analogique, comme suit : l\u2019euphorie est la dysphorie ce que l'espace est au temps.je compris alors que ce qui fonde l'identité du créateur/trice, du sujet élevé à la puissance du désir, traversé par la force de la foudre garante de la plus grande subjectivité, c'est une sub- objectivité c'est-à-dire une subjectivité qui se ramène au programme interactif de la quadrature.je désirai en savoir plus sur cette sub- objectivité qui affichait brutalement la mort de l\u2019ego en ce que le sujet devenait l\u2019objet du désir, la proie de quatre forces en tension.je continuai ma simulation du littéraire en réappliquant la contrainte du coup de foudre.Je conçus dans un premier temps une structure dérivée de la notion de surprise (paradigme du coup de foudre).cette structure \u2014 verbe nom adjectif et être adjectif \u2014 joua sur l'opposition euphorie/dysphorie en ce que sa première partie fut remplie de mots appartenant à l'isotopie « euphorie », la seconde, à l\u2019isotopie « dysphorie ».de ce choc des contraires naissait la surprise et du coup un effet de neutralisation de l\u2019affect, d\u2019aphorie, se créait motivé d'ailleurs par le caractère aphoristique de la structure.une suite donc se développait sous mes yeux étonnés, que j'ai intitulée anorexies pour faire écho tant à l\u2019économie de la structure qu\u2019à l\u2019affect qu\u2019elle sous-entend.goûter le sujet capiteux et être perfide ravir les fioritures incarnées et être inconsciente élucider les enlacements troublants et être insolente 101 CP PEI REF 11108 + À 44 cultiver les travestissements exquis et être moche soutenir la défonce impromptue et être ravagée - cultiver les tactiques turquoises et être impotente verbaliser l'audace translucide et être démente aimer le confident svelte et être elliptique élucider l'aura sophistiquée et être dramatique verbaliser l'aimante chaude et être exacerbée ébranler les passions cérébrales et être ébréchée gommer les virtualités érotiques et être inconsciente cultiver la jubilation licite et être démente travailler l'audace translucide et être retorse ébranler le dandysme freluche et être rance aimer les complaisances érotiques et être timorée dans un second temps, j'imaginai resimuler la création en tenant compte des isotopies négligées (espace et temps) dans le respect toujours de la même contrainte et dans la volonté de prolonger les anorexies.il m'a suffi de céitérer l'effet coup de foudre à l\u2019intérieur des anorexies pour en élever certaines à une puissance telle qu'elles se trouvent propulsées dans un autre espace-temps.utilisées comme un mantra, elles prenaient possession de mon corps, se convertissaient en gestuelle et en dessin, changeait de medium.pour souligner cette force, cette emprise sur le corps, je les intitulai apoplexies.102 Lea meme pr re Le c\u2019est ainsi qu\u2019avec les anorexies et les apoplexies se manifestaient une sub-objectivité comme expérience de l\u2019aphorie et du vide et comme expérience de la médiumnité et de la métamorphose, l\u2019une présupposant l\u2019autre \u2014 le corps ne pouvant être habité, modulé, rythmé de façon apoplexique qu'après avoir subi l\u2019évidage anorexique.il n'en fallait pas plus pour que je comprenne que si le vide anorexique était la condition du « plein » apoplexique, ce dernier laissait supposer que je puisse être habitée par tout le réel.et soudain apparaissaient, sous ma plume, les portraits \u2014 corps rythmés, intensifs \u2014 de personnes de mon entourage : 103 APE Le 5 ry + a 0 Rr 1022 202 6 4° Foie) aider EEN ERAS Leg cor 0e oo Pe of 3 Tiled are APR] M: : A RE 3.IY a & ?a £ Ce al, 23 FN ° 3 el i °, \u201cCO ° Qe 4 0% ; 0° 00 EY se 3 4 BE de * a.v a J Ey ° pA SE © + ® FH 6 LJ v + .HN Na Là PR FIRS £1] A l'euphorie se liait ainsi à l\u2019espace, j'étais devenue un corps heureux d'être traversée par l\u2019autre, par le différent.je compris, de plus, que la relation euphorie/espace appelait son contraire dysphorie/temps ; mes portraits reposaient sur la synchronie (le féminin) de deux corps mais également sur leur disjonction (leur masculin), la diachronie nécessaire à l\u2019interaction.il me restait à les examiner en dehors de cette complémentarité androgyne.je les vis alors se partager en anti-ego euphorique transformé par le temps ou « zégozigouillés » 104 sa.23 wr y UE EEE pate a pre ppt pp ORE) Rana ad panpfNREEH poy pray Ps PE ae a mre ame PE \u2014 [EEN res LET S pn poeme ES N - Errata ri es \u2014- PETE ES EEE = PEE ATEN SE A rs a.À \u2014_\u2014 e*\u2019 Po ee & a.I~ .* «ii = ve Le.% Ss, °.À \u2019.y % «4 oe po US PUES Coo ea poss ro pr\u2014\u2014\" pe et en espace de névrose, en ego dysphoriq ue Ar OU « ZOtOpsi\u20acs ».Q À \\\\ o \u2018| 0° Y == = ,|} Bis a ® {A a J sl - ° ®% » de di) \\ + be ve ay {| A o> ( 0 be > OÙ) & * ÿ 7 > po CRSA 9 et ainsi se bouclait en 8 infinitif toutes les interactions possibles des extrémes de la quadrature euphorie/dysphorie/espace/temps.Se M0 ne - 106 de, A a AE AOR EN SED ICT AN De la quadrature a la rythmographie vivre intensément, coup de foudre sur coup de foudre, l'instant de l'interaction euphorie/dysphorie/espace/temps, c'est vivre au milieu du détonnement, milieu qui dans le graphe de la quadrature (Z) est représenté au point central, au point d\u2019alerte que jai ailleurs nommé le point jouissif 2.ce vécu intensif ne peut être atteint que par le franchissement du premier et du deuxième type de rapports au réel établis respectivement par l\u2019ego (paranoïaque) et l'anti-ego (schizophrénique) car, il appartient au troisième type, celui de l'équilibre schizo-parano, celui de l'esprit du corps.à ces trois types de rapports au réel correspond une rythmographie qui peut être métaphorisée dans le terme de « désinvolture » que je décompose ainsi : « dé » pour descente, chute, rapport à la terre, à l\u2019ego, « sin » pour montée, extase, rapport au ciel, à l\u2019anti-ego et « volture » pour tourbillon de l'esprit du corps programmé détonnant.la désinvolture n\u2019est pas un fantasme mais bien à la fois une métaphore et un modèle.elle est une « réellité » qui, sous l'appellation de « danse des oppositions », est bien connue des praticiens/nes orientaux/tales de la scène.la danse des oppositions ?la performance d\u2019un corps qui acte l\u2019action, qui simule l\u2019action en la subdivisant ainsi : opposition entre une force qui tend à se développer et une force qui la retient (désin), libération de la force et déploiement de l\u2019action (volture).cette effectuation est suivie d'un arrêt et d\u2019une nouvelle opposition entre deux forces.les quatre moments (développement/retenue/libération/déploiement) d\u2019une pareille simulation se modélisent en quadrature 3.ainsi 4 I'analogie (I'euphorie est a la dysphorie ce que l\u2019espace est au temps) qui témoigne de la découverte de la sub-objectivité s\u2019ajoute l\u2019analogie (le développement est à la retenue ce que la libération est au déploiement) qui déplie les forces composant l\u2019action \u2014 de plus, sur cette dernière analogie, il est possible d\u2019en surimposer une autre ; liée à la pratique de la danse, elle 10 7 ON ny 8 i LL, A A À Lg i : ig \\ tliat FERN : x ' A Cte ou a wade a.JB CA 087 - 8 .RY he we < Ae ch aA Aw ec Cmte.> SOOO NN EE LET SN NE ISS SA ere ho Fo ro, PEEP A 200007 LES \"TRE ro. FR x Rd erase RE ie ae ~~ 50 i, \u20ac ee aie SU a AR ARR YER RAR ç AE FE eR ST RN > définirait l\u2019action en terme de mise en forme, de rythmo- graphie, la danse repose en effet sur l\u2019apprentissage, l\u2019èx- pression de quatre rythmes élémentaires : le fluide correspondant au développement de l\u2019action ; le saccadé, à sa retenue ; le chaotique, à sa libération ; le joyeux, à son déploiement.sous le graphe « Z » se « pragmatisent » la sub-objectivité et l\u2019action, l\u2019Être et le Faire.l\u2019Être, le Méta, le Voir, androgyne et a-organique, se conjugue avec le Faire, le Morphique, le Jouir, l\u2019action de rythmer, de dé/former l\u2019organique.Le Métaphorique (ou la volture) qui définit le troisième type de rapport au réel est la synthèse de la pragmatique de la sub-objectivité, c\u2019est-à-dire de la Conscience, et de la pragmatique de l\u2019action, c\u2019est-à-dire du sémiotique.il y a lieu en effet de supposer l\u2019existence d\u2019une Conscience en deçà et au-delà de l\u2019opposition psychanalytique conscient/inconscient.ce que Lupasco laisse entendre ainsi : Si l'on examine attentivement tous les processus biologiques on s\u2019aperçoit qu\u2019à chaque instant une conscience de la conscience apparaît, fugitivement, mais nécessairement, pour protéger et orienter le système biologique vers le choix qui est le sien, à savoir sa subsistance et ses opérations néguentropiques d\u2019hétérogénéi- sation, comme de son frein essentiel à l\u2019homogénéisation entropique.Ce qui est inévitable et compréhensible, puisque à chaque passage du rythme de la dialectique de l\u2019actualisation d\u2019un terme à la potentialisation du terme antagoniste, tout système dialectique passe par l\u2019état « T » (1/2 A 1/2 P), qui engendre la conscience de la conscience et, somme toute le psychisme.Il y a donc une phase, un instant, une opération psychique, c\u2019est-à-dire du psychisme, aussi brefs qu'ils soient, dans toute l\u2019énergie, dans 108 toutes ses systématisations, si l'on voulait faire un peu de littérature, qu'il y a toujours un « brin d'âme » dans toute chose, dans tout ce qui existe.4 -Il y a lieu également de saisir les manifestations esthétique et éthique de cette Conscience dans le dépassement des contraires, fluide versus saccadé, désordre versus ordre, spontanéité versus organisation, automatisme versus technique, inconscient versus conscient, etc.Un dépassement pataphysique dans le chaos, la joie et la simulation revenir\u2026 à la distinction écriture/littérature pour en finir\u2026 revenir au modèle de la quadrature du faire et saisir en un éclair les forces qui activent le créateur, la créatrice.Poser la création dans le réel la création ?non pas un mystère mais une puissance de trans(e)formation qui va de 1 à 4, 1 2 développement RN lité d'un imaginaire unc rea te fluide saccadée (désin) 1\u201c\" et 2% types de rapport au réel (volture) 3° type de rapport au réel réel de la réel du libération déploiement chaotique joyeux 3 4 pour retourner à 5, au point jouissif, point d'alerte, point de détonnement, du coup de foudre, le parcours de 1 à 4 se faisant dans la vitesse de l\u2019éclair.109 PM A rd ces 7.ag BA a Sl = la création ?une rythmographie, une écriture qui dans l\u2019histoire s\u2019est faite, entre autres disciplines, littérature : ; 1 2 q textualisation de l\u2019imaginaire, adhésion à la réalité, Be écriture de la dérive contrôle par les genres Bl dénonciation, flux de la textualisation Ee refus d\u2019écrire conjugué a la maitrise ha 3 des genres : simulation +R dE 4 = de 2 à 3, l'axe parano : compression du réel dans la réait lité, dans l\u2019organique, dans l\u2019institutionnel avec comme if compensation l'imaginaire, le fantasme, la sublimation, 1 compression (2) qui à son extrême entraîne le chaos (3).S de 1 à 4, l\u2019axe schizo : une écriture renaissante fondée sur 28 une pragmatique de l\u2019agencement sémiotique (4) qui A renoue avec le plaisir du texte (1).3 de l'axe schizo à l\u2019axe parano, quatre termes s\u2019interacti- 4 vent et composent ensemble au point cing, la désinvol- 3 ture, le corps extrême de l\u2019esprit-machine ou le Faire 3 renoue avec l\u2019Ëtre.+ cet être qui se vit lui-même comme conscience- é témoin, simulacre organique et simulation per- 3 pétuelle : Miss Morphose de son petit nom Méta la tendre. LE DECI BE SIT SA SE Sa EE \u201d Notes 1.Le premier état de ce travail est paru dans « La machine à traiter les fantasmes », Ja Nouvelle Barre du jour, n° 144, décembre 1984.Le second a fait l\u2019objet d\u2019une conférence au Colloque de Cerisy-la-Salle, « Création et ordinateur », août 1985.PTE CCS AA RATE 2.Notamment dans Lenjeu du manifeste/Le manifeste en E jeu (en collaboration avec Jeanne Demers, Le Préam- E bule, 1986) où nous avons établi une typologie du mani- E feste basée d\u2019une part sur l\u2019institution-manifeste et d\u2019autre part sur son inconscient ; cette dernière a imposé le modèle de la quadrature.Dans \u2026/fiction/as/phyxion/ E trans/fixion (nbj, craie, septembre 1985), j'ai fait men- - tion du point jouissif en rappelant la compréhension qu'en a l\u2019écrivaine belge Claire Lejeune et en faisant EF reposer mon travail de simulation d\u2019un texte de Ray- Er mond Queneau (simulation réalisée grâce à un programme informatique de chaînes de Markov) sur le modèle de la quadrature.3.Pour une explication détaillée, voir Barba, Eugenio et Savarese, Nicola, Anatomie de l'acteur, un dictionnaire A d'anthropologie théâtrale, Bouffonneries contrastes/ a Zeami Libri/International School of Theatre Anthropo- BE logy, 1985, 210 p.4.Lupasco, Stéphane, L\u2019Univers psychique, la fin de la fi Psychanalyse, Denoël, 1979, pp.118-119.\u2014\u2014 Rath PURI per pése ae ess a ee = yg Fon oom sot Cghghed PRS ae vue oP PE Achevé d'imprimer à Montmagny par les travailleurs et travailleuses des ateliers Marquis en avril 1987 Fra ots à 3 H ve AX Imprimé au Québec ps wo JP 20 dt MAE ty w'y ay C4 -, [oy | op, & - py APP ce pe pe pe PA pee vo pe, 3 paghens N a - \u2014 - À 3.aw = _ ee -\u2014 LO) >, LY cae me y-N A pe mouse pla PACE EE ago msn FRR per EE ae Ap pp - ve Pre EEE ane pa pre Jo a PARE Pd 0 Fung ppt [CE _.a - pa \u2026\u2014_ pep PR fe CRO PA J ed IN A CARER IEA a ae PR srw byt PN PASE ES JO es \u2014\u2026 - Pp 0 pe - A pos Ps oe EN A EL FS je Ets a iv PORN PARP RE \u2014\" pre .Em PE aan we LE a ct ahs PP) A I.Ce pa A ina Pa s.IN A a Po -< vy ja Pa - wr « _ Pe * 5 fp -, A ps pn \u2018 Crs I Pa - a ERY Le + pe A - res = > > ; - \u2019 S g + po - ot BY\u201d * r @® -$ \u2019, eee ct.ete - ~~ n Louise Cotnoir Thierry Haumont, \u201c Tar cod FT og Hoi Claire Lejeune, Jean Louver, mes ê Line Mc Murray, Jacques Sojcher, France Théoret : | RU 201-202 CRAIE 13-14 7$ "]
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