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Titre :
Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal
Éditeur :
  • [Montréal, Québec] :[Hôtel-Dieu de Montréal],1932-1947
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1947-03, Collections de BAnQ.

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[" | s Sul na yx Numéro 2 Quinzième année » \\ Foo! dat } LE JOURNAL | de L HOTEL IED DE MONTRÉAL od jh NY MARS-AVRIL 1947 Emme NOS MAINS la drogue a donné des résultats satisfaisants.Il ne se produisit aucune complication pulmonaire postopératoire et il n\u2019y eut aucun décès résultant de l'opération.Vu son efficacité manifeste et la sécurité qu'il offre, sa popularité grandissante est justifiée, et la recherche de nouvelles applications possibles chez les patients à qui l\u2019on administre des anesthésiques inflammables par inhalation semble tout-à-fait justifiée.\u201d Ruth, H.S., Tovell, R.M., Milligan, A.D., Charleroy, D.K.PENTOTHAL LE PENTOTHAL SODIQUE, S$ Sa Popularits grandissante est-elle justifiée?SODI QUE Jour.Am.Med.Assoc.113: 1864 (18 nos.1939).Laboratoires ABBOTT, Lie 20 Chemin Bates, Montréal TIRAGE CERTIFIE: 2350 EXEMPLAIRES SOMMAIRE DU No 2 Mars-Avril 1947 ALBERT JUTRAS : La médecine française au Canada 85 ANDRÉ DEBIDOUR : Voies respiratoires et cure thermale \u2026 .\u2026 4 a 42e ee 106 LÉON DÉROME : Les sels d\u2019or dans l\u2019arthrite rhumatoïde \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 24 2e ee 127 RENÉ LEBEAU : Le médecin de famille et sa place dans la pratique de la médecine moderne \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 134 A.MARSOLAIS : Rapport du service d\u2019anesthésie de l\u2019Hôtel-Dieu pour l\u2019année 1945 \u2026.\u2026.\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 139 DONALD HINGSTON : Le professeur Eugène Saint- Jacques \u2026 \u2026 ee eee ee 0 145 ANÉMIES Capsules FOVITAL NADEAU FOIE DE MORUE +.SULFATE FERREUX CUIVRE COLLOIDAL .VITAMINES Mars-Avril 1947 I RÉDIGER son TESTAMENT est la chose la plus importante de la vie.AVEZ-VOUS PENSÉ AU VOTRE?CONSULTEZ-NOUS Société d'Administration et de Fiducie Administratrice et fiduciaire 5 EST, RUE ST-JACQUES - MONTRÉAL (Immeuble Crédit Foncier Franco-Canadien) - Téléphone : PLateau 3821 AGENCES: QUÉBEC - WINNIPEG - REGINA - EDMONTON - VANCOUVER | \\ OMNIVALENT ATOXIQUE | INDOLORE | adopté par GRIPPES INFECTIEUSES les hôpitaux BRONCHO-PNEUMONIES Use de Paris ÉRYSIPÈLES THYPHOÏDES Laboratoires COUTURIEUX 18 Avenue Hoche PARIS SEPTICEMIES PUERPÉRALES \u2018 TOUTES HYPERTHERMIES Agents pour le Canada : LABORATOIRES JEAN OLIVE, 200.rue Vallée, MONTRÉAL.Mars-Avril 1947 II vaginite à trichomonas Soulagement rapide et moins de danger de récidive L'extermination rapide des trichomonas et la disparition de la leucorrhée désagréable, de la cuisson et du prurit s'effectuent ordinairement par l'emploi du Devegan.En outre de ces propriétés trichomonicides, le Devegan contient des hydrates de carbone particuliers qui favorisent la croissance de lactobacilles et le rétablissement à la normale de l'acidité vaginale, diminuant ainsi de beaucoup le danger d'une récidive.(DEVEGAR Marque de commerce enregistrée Poudre pour insufflation en flacons de 1 once (le filetage s'adapte à l'insufflateur Holmspray No 3662).Comprimés vaginaux.WINTHROP CHEMICAL COMPANY, INC.Produits pharmaceutiques de qualité pour le médecin Succursale au service de Lp MM.les médecins du Québec : Administration et laboratoires : aus Immeuble \u201cDominion Square\u201d 1019 ouest, rue Elliott Montréal.Windsor, Ontario.Mars-Avril 1947 III COMPRIMES OESTROGÈNES CONJUGUES NATURELS (d'origine chevaline) LA THÉRAPIE ORALE PAR CONESTRON donne un contrôle sûr, digne de confiance des symptômes de la ménopause et rétablit chez la patiente la sensation de bien-être.LA THÉRAPIE ORALE PAR CONESTRON est relativement exempte de réactions indésirables.LA THÉRAPIE ORALE PAR CONESTRON est la plus souhaitable du point de vue commodité et économie de temps.COMPRIMES CONESTRON Peuvent être prescrits à n\u2019importe quelle quantité.En vente dans toutes les pharmacies sous deux titrages.1.25 mg.COMPRIMÉS .625 mg.COMPRIMES pa Hye ¢ Nom Déposé JOHN WYETH & BROTHER (CANADA) LIMITED e WALKERVILLE, ONTARIO Mars-Avril 1947 IV TRAITEMENT DE LA TOUX SUPPOSITOIRES RECTOCRINE RSI RECTOCRINE {.RECTOCRINE | emo FORMULE : Les suppositoires RECTOCRINE sont préparés ; sous la surveillance et le contrôle immédiat de: Carbonate de gaiacol - Aminophylline Charles Laurin, BA.B.Ph.Succinate de Benzyl et Sodium Léopold Bergeron, BA, BPh, | Sulfogaiacolate de Potassium Assistant bactériologiste, : : Marcel Daoust, B.A., B.Ph - Vitamine B PE \" Camphosulfonate de Sodium ta \u20ac bt jean-E.Perras, L.Sc., M.C.I.C,, -\u2014 Pharmaciens, Chimistes, Analystes, Deux formules : Enfant \u2014 Adulte et Biochimistes, Présentation : Boites de 12 suppositoires Tous diplômés de l'Université de Montréal.e Échantillons sur demande à Messieurs les Médecins seulement Spécialité du Laboratoire [ASGRAIN & [HARBONNEAU UNIVERS PHARMACEUTIQUE ET MEDICAL tient fars-Avril 1947 Vv \"UNE NOUVELLE FACON DE_TRAITER LE Pots de 4 Onces Boites de 1 Once avec dessus perforé.E.L.Keeney * a démontré les effets létifères prononcés du propionate de sodium sur les fongus dermaphytes.Le Fungol E.B.S.fournit du pro- pionate de sodium sous forme pratique d'onguent et de poudre, pour combattre de nombreux genres de dermatomycoses.L'Epidermophyton interdigitale FUNGOL (pied d'athlète), le trichophyton barbae (teigne sycotique), le trichophyton capitis (teigne tonsu- ERS rante du cuir chevelu), et beaucoup d'autres infections caractérisées par le mycosis réagissent favorablement au traitement avec Fungol.* Bull: Johns Hopkins Hosp.73:379 ES ae \u2014 am \u2014 Contient 109 de Propionate de Sodium THE (ED, Saurrewonts CHEMICAL CO.LTD.TORONTO, CANADA Mars-Avril 1947 VI LA FONDATION DU CANCER D'ONTARIO CHOISIT L'APPAREIL KELEKET Deux unités de la fameuse production Keleket ont été choisies pour la nouvelle Clinique de Cancer du Kingston General Hospital: le Superay 400 Keleket avec fable de traitement et la Thérapie profonde 220 Kv Keleket avec contrôle vertical.Quelques caractères extraordinaires de l\u2019appareil Superay 400 Cupule du tube principal: complètement enrobée de plomb, sécurité absolue contre électrocution et radiations.Contrôle directionnel du faisceau de Rayons X: un dispositif tout à fait spécial à la Maison Keleket permet d'administrer le traitement avec une grande souplesse tout en conservant une grande solidité à la suspension du foyer énergétique et de la cupule du tube.Le cône-guide limite la surface du traitement à 10, 15 ou 20cm selon les désirs et sera à 70cm de distance foyer-peau.Tube à Rayons-X : susceptible de supporter 400 Kv maxima à 5 milliampères.Il est maintenu horizontalement et à hauteur de la cupule.Entièrement protégé contre le surchauffage.Pupitre de commande : il s'agit d'un panneau vertical muni de divers systèmes de sécurité.Table de traitement: grande facilité de manoeuvre avec une attention spéciale au confort du patient, qui peut s'élever jusqu'à 30 po.au-dessus du sol et descendre jusqu'à 17 pouces.Possibilité de 45° d'inclinaison.Quelques caractères etxraordinaires de l\u2019appareil à Radiothérapie profonde de 220 Kv.Tube a Rayons-X: type DT-200 avec une anode capuchonnée, le dernier cri en matiére de radiothérapie profonde, demeure constamment froide; peut étre mise en contact avec n'importe quelle partie du patient, quand maintenue dans sa châsse.Angulation: le contrôle des angles et rotation est assuré par des roues qui permettent le verrouillage automatique en même temps qu'il assure une mise au point des doses micrométriques.Ces avantages sont surtout intéressants dans les applications intra-cavitaires.Le tube à rayons X s'adapte ainsi à tous les angles désirés.Contrôle du faisceau : un diaphragme relié à la minuterie et synchronisé avec elle assure un dosage exact dans le traitement.Un capuchon cylindrique adapté au filtre coulissant permet l'introduction et le maintien de la chambre Victoréen.Le pupitre de commande : le plus nouveau et le plus efficace dans le type de contrôle vertical, véritable instrumentation de laboratoire.BL 7 A LEKET DNTREAL QUEBEC CITY EDMONTON VANCOUVER CALGARY WINNIPEG -Avril 1947 VII PUURUUL APPAREIL DE RAYONS À PUI VOTRE CABINET DE CONSULTATION?=) Le fait que des milliers de médecins emploient aujourd hui 1 appareil a Rayons x Veuillez avoir l'obligeance de m'envoyer Modèle F D ortatif de G.E.constitue la des renseignements sur l'appareil à Rayons preuve la plus convaincante de sa valeur X Modèle F Portatif G.E.reconnue.De tous les avantages offerts par cet appareil, la qualité des radiographies qu'il réalise ne le cède en rien à celle d'aucun autre instrument.Vous apprécierez aussi la haute qualité de la main-d'œuvre à tous égards.Le placement modéré qu'il nécessite et la valeur exceptionnelle d'un Modèle F dans votre pratique médicale, justifient certainement votre demande de rensei- .\u2019 .TORONTO: 30 8loor 51, W.- VANCOUVER: Motor Trans.Bldg., 570 Dunsmuir St.gnements, Adressez-nous aujourd'hui le MONTREAL: 600 Medical Ars Building + WINNIPEG: Medical Ans Building coupon ci-contre.VICTOR X-RAY CORPORATION of CANADA, Ltd.DISTRIBUTORS FOR GENERAL ELECTRIC X-RAY CORPORATION Mars-Avril 1947 VIII Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal Fondé en 1932 par Oscar Mercier Léo-E.Pariseau Ernest Prud\u2019homme Ernest Trottier BUREAU DE DIRECTION ALBERT JUTRAS.Président EDOUARD DESJAFDINS.Secrétaire-trésorter ANTONIO BARBEAU, Rédacteur-en-chef PAUL DUMAS, Secrétaire de la rédaction Le Journal! de l\u2019Hôtel-Dieu est un journal médical rédigé en collaboration.Les auteurs des articles restent seuis responsables des opinions émises sous leur signature.\u2014 No 2 Mars-Avril 1947 LA MÉDECINE FRANÇAISE AU CANADA par ALBERT JUTRAS Le docteur Albert Jutras a fait un beau voyage.Conçu d\u2019abord comme entreprise personnelle dont le but premier était d\u2019installer à Montpellier auprès du professeur Paul Lamarque, quelques jeunes radiologistes canadiens-fran- çais, il tourna rapidement en voyage officiel.L\u2019Institut Scientifique franco-canadien, la Société canadienne-fran- caise d\u2019électro-radiologie, l\u2019Université de Montréal, déléguèrent le docteur Jutras au Congrès des radiologistes de langue française de Paris 1946.La réception faite au Dr Jutras fut très enthousiaste.On lui demanda de présider à la première séance du Congrès, de parler au dîner de cloture.Notre confrère présenta à ce Congrès un travail scientifique très apprécié.En outre, il fit part à différentes sociétés radiologiques de ses remarquables travaux sur la vésicule biliarre.A Montpellier, a Bordeaux, à Paris, le docteur Jutras prononça plusieurs conférences sur les relations de la médecine canadienne-francaise avec la médecine de France.Il y développa ce thème général, que si nous pouvons transmettre à nos confrères européens des données nouvelles, nous attendons quand même énormément d\u2019eux, pour nous Close.\u2026 .Lo.- - 36 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU ader à conserver à notre médecine, son originalité propre.Je sais par des lettres personnelles reçues de mes amis français et par des découpures de journaux qu\u2019on m\u2019a envoyées, le succès qu\u2019ont obtenu les conférences du Dr.Ju- tras.Ce succès ne nous a pas surpris.Tous, nous connaissons le très beau talent si scientifique et littéraire de notre camarade.La médecine canadienne-française ne pouvait avoir dans les circonstances, meilleur ambassadeur.A.B.L\u2019étranger, visitant le Canada pour la première fois, s\u2019étonne qu\u2019un petit peuple, abandonné et ruiné après la prise de Québec par les Anglais, ait pu bâtir, en 180 ans d\u2019existence, le principal foyer de culture française en Amérique.Avec leurs villes, telles Montréal et Québec, où domine la vie française, leurs écoles populaires au nombre de 7,000, leurs 34 collèges classiques, leurs deux grandes universités, leurs écoles techniques et des beaux-arts, leurs hôpitaux, leurs nombreuses institutions d\u2019assistance publique, les fils de Champlain et de Maisonneuve ont implanté, dans leur vaste pays, les éléments d\u2019une civilisation qui, pour être jeune, n\u2019en contient pas moins des promesses de grandeur et de durée.Dans la confédération canadienne, ils occupent la province la plus grande, la plus riche et la plus belle.Cités, villages'et hameaux s\u2019échelonnent, des deux côtés du Saint- Laurent, sur un parcours de plus de 1500 kilomètres.Fidèles à leur passé par le sang et par l\u2019esprit, mais avides de progrès, ils entendent faire honneur à leur nom en insufflant à la culture nord-américaine des parcelles du génie fran- cais.De 1760 à 1946, ils ont constitué un peuple dont 1\u2019essence, malgré certaines dissemblances extérieures, reste française.Quand on songe qu\u2019après le traité de Paris, toute communication suivie avee la France Jui fut à peu près im- ° = .* + Co - - .\u201d a .- \u201c.- .- 7 a ., .+ LA MÉDECINE FRANÇAISE AU CANADA 87 possible durant un siècle, on trouve miraculeux que ce groupe ait si peu changé.L\u2019ancienne mère-patrie ne vivait plus que dans le souvenir où sa chère image s\u2019estompait avec les traits imprécis du personnage de légende.La gloire de la Monarchie et l\u2019éclat de l\u2019épopée napoléonienne formaient autour de sa tête un halo d\u2019idéal et d\u2019héroïsme.Il fullut 1914 et 1939 pour permettre à un grand nombre de Canadiens français de concevoir de nouveau la France comme une réalité physique.Malgré les guerres qui, sur les mêmes champs de bataille, ont mêlé au vôtre le sang canadien, malgré la facilité des communications d\u2019un continent à l\u2019autre, la douce France demeure pour beaucoup de Canadiens une pure beauté symbolique et leur amour pour elle se nourrit d\u2019abstractions.C\u2019est par la force de ce symbole et de cet amour que nos pères, oubliés sur le sol américain, ont refusé de se laisser assimiler par le géant anglo-saxon.En présence d\u2019un conquérant qui possédait tous les avantages administratifs et financiers, ils résolurent de ne jamais abdiquer.Au moment de la cession, il y a 183 ans, 1ls n\u2019étaient que 60,000 pauvres agriculteurs, dépouillés, sans chef et dispersés sur d\u2019immenses territoires.L\u2019aristocratie et les possesseurs de la fortune avaient repassé les mers.Il fallut reconstituer l\u2019élite.Avec le clergé et quelques hommes de loi, les médecins poursuivirent cette tâche sans jamais défaillir.À la fin du siècle dernier, la résistance triomphait de certaines méthodes autocratiques employées contre un peuple bien décidé à vivre.Sans autre apport qu\u2019une vigoureuse natalité, la population française du Canada atteint environ 4,000,000 et forme un bloc irréductible.Désormais, à côté du CANADA ANGLAIS se tient, tête haute, un CANADA FRANÇAIS qui a sauvé ses li- 88 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU bertés: langue, pensée, religion, droits civils et politiques.Les deux groupes ethniques ne se heurtent plus violemment; ils coopèrent dans l'harmonie mais sans se confondre, au progrès de ce pays qui, en quelques bonds sensationnels, s\u2019est élevé du rang de.colonie à celui de puissance souveraine et internationale.Durant la guerre de 1914, sur une population de huit millions, il arme 620,000 hommes : 20,090 sont tués en France et 175,000 blessés.Dans le dernier conflit, sur 12,000,000 d\u2019habitants, plus d\u2019un million de soldats sont mobilisés, parmi lesquels on compte 42,000 morts et 105,000 blessés.Si le Canada, volontairement et sans espoir de butin peut courir à la défense des opprimés au delà des mers, s\u2019il peut donner de l\u2019or et des armes à ses alliés pour la cause de la justice, s\u2019il peut nourrir et vêtir les peuples souffrant la famine et le froid, il est plus qu\u2019une machine industrielle, il est une force civilisatrice.Cette force, il la trouve dans tous les éléments ethniques d\u2019un pays cosmopolite, mais il la puise en bonne part dans le groupe français qui, partout où il se trouve, s\u2019efforce d\u2019assujettir la matière à l\u2019esprit et de garder le juste équilibre de l\u2019intelligence et du cœur.L\u2019évolution du Canada aurait été toute autre sans la survivance française.Dans ce phénomène de ténacité, le rôle des médecins mérite d\u2019être mis en lumière ; il donne la mesure de ce qui s\u2019est passé aux divers degrés de l\u2019échelle sociale.La médecine française au Canada commence par la découverte d\u2019une maladie et de son traitement: le scorbut.Cette gloire n\u2019appartient pas à un médecin.Le Capitaine Jacques Cartier, à son deuxième voyage en 1535, décide d\u2019hiverner sur les rives du Saint-Laurent, aux pieds du Cap Diamant où Champlain, en 1608, fondera la ville de Québec.Dès décembre, une étrange et terrible épidémie fait son apparition dans la bourgade.Cartier éloigne les indigènes du LA MÉDECINE FRANÇAISE AU CANADA 89 fort où il habite avec ses hommes afin de prévenir la contagion.La mesure demeure inopérante ; le mal franchit la palissade.Dans le style et l\u2019orthographe de l\u2019époque, Cartier en décrit très bien les symptômes: « Les ungs perdoient la soustenue, et leur devenoyent les jambes grosses et enfflées, et les nerfz retirez et noirciz comme charbon, et aucunes toutes semées de gouttes de sang comme pou (r) pre; puys montoyt ladicte maladie aux hanches, cuysses, espaulles, aux braz et au col.Et à tous venoyt la bouche si infecte et pourrye par les gensivez, que toute la chair en tumboyt, jusques à la racine des dents, lesquelles tumboyent presque toutes.Kt tellement se esprint ladicte maladie en noz trois navires, que a la my febvrier, de cent dix hommes que nous estions, il n\u2019y en avoyt pas dix sains, tellement que l\u2019un ne pouvoyt secourir l\u2019aultre, qui estoit chose piteuse à veoyr, conscideré le lieu ou nous estions.Car les gens du pays venoyent, tous les jours davant nostre fort, qui peu de gens voyoient debout; et ja y en avoyt huiet de mors, et plus de cinquante en qui on n\u2019espéroit plus de vye ».Devant le menace d\u2019une destruction complète, Cartier ordonne l\u2019autopsie de l\u2019une des victimes.D\u2019après Léo Pa- riseau, le dépeçage aurait été confié au barbier de l\u2019équipage, Samson Ripault.Le protocole se compare aux plus belles pages des ana- tomo-pathologistes modernes.Après ouverture du corps, il fut observé « que la victime avoyt le cueur tout blanc et fletry, envyronné de plus d\u2019un pot d\u2019eaue rousse comme datte ; le foye, beau; mays avoyt le poulmon tout noirey et mortiffyé; et s\u2019estoit retiré tout son sang au dessus de son cueur; car, quant il fut ouvert, sortit au dessus du cueur une grand habundance de sang, noyr et inffect.Pareillement avoyt la ratte, par devers l\u2019eschine, ung peu entamée, envyron deulx doidz, comme si elle eust esté frottée sus 90 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU une pierre rudde.Après cela veu, luy fut ouvert et incizé une cuysse, laquelle estoit fort noire par dehors, mais par dedans, la chair fut trouvée assez belle ».Ces constatations ne mirent pas fin aux ravages.Sur les cent-dix membres de l\u2019expédition, vingt-cinq moururent et les autres allaient vers le même destin lorsque Cartier se mit à la recherche du remède qui guérissait les sauvages en peu de jours.Le secret fut vite obtenu: une infusion de feuilles et d\u2019écorce d\u2019ANNEDDA.Le terme indien désigne un sapin géant très répandu en Amérique; les Canadiens français l\u2019appellent ÉPINETTE BLANCHE.Il était recommandé de boire du jus d\u2019annedda durant deux ou trois jours et d\u2019appliquer le mare sur les lésions externes.Les observations de Cartier inauguraient l\u2019étude des maladies de carence ; il faudra tout de même attendre quatre siècles avant d\u2019obtenir la formule chimique de la vitamine C.Après Cartier, toute activité française au Canada s\u2019arrête.Elle reprend soixante ans plus tard avec M.de Champlain.Dans l\u2019intervalle, la GROSSE MALADIE s\u2019est fait connaître en Europe et on lui a trouvé deux noms: scorbut et le mal de terre, car l\u2019on croyait que le miasme s\u2019échappait du sol apres les labours d\u2019automne.A son tour, Champlain est éprouvé par le fléau et le déerit; il en attribue la cause au manque de viande fraîche et de légumes.Il ignore le remède de Cartier.Durant l\u2019hiver de 1604, il perd 35 des 78 hommes sous son commandement.La première famille à s\u2019installer en Nouvelle-France pour y vivre d\u2019agriculture, avait pour chef un chirurgien- apothicaire de Paris, Louis Hébert.Un autre chirurgien du nom de Bonnerme accompagnait Champlain lors de la fondation de Québee, en 1608.Son adresse à manier les instruments tranchants attira sur LA MÉDECINE FRANÇAISE AU CANADA 91 .lui la méfiance.On le soupçonna de complot contre le gouverneur.Condamné à l\u2019échafaud, il prouva son innocence tout juste avant l\u2019exécution.L\u2019année suivante, il mourait du scorbut, la maladie à la mode.Le premier MÉDECIN qualifié à venir au Canada fut Robert Giffard, en 1634.En récompense de son dévouement professionnel et de son activité de colonisateur et sociologue, le roi le gratifia d\u2019une fort belle seigneurie.Ainsi, avee Champlain, les deux principaux fondateurs de la colonie furent Louis Hébert, premier citoven des villes du Canada, et Robert Giffard, premier habitant de nos campagnes, l\u2019un et l\u2019autre intéressés à l\u2019art de guérir.L\u2019accroissement de la colonie et 1\u2019hostilité des Iroquois nécessitèrent la création d\u2019hôpitaux.Une bienfaitrice, la Duchesse d\u2019Aiguillon, nièce de Richelieu, créa l\u2019Hôtel-Dieu de Québec et le confia aux Religieuses Hospitalières de Dieppe.Un beau matin de 1639, trois petites sœurs abordèrent au rocher de Québec.Leur costume amusa beaucoup les sauvages ; leur bonté conquit tous les cœurs.Trois ans plus tard, en 1642, on fonde Montréal.M.de Maisonneuve dirigeait l\u2019entreprise.Dans son groupe de pionniers se trouvait Mademoiselle Jeanne Mance.Celle- ci, avec l\u2019assistance morale et financière de Madame de Bullion, fondait un autre Hôtel-Dieu.La petite Française venait d\u2019une influente famille de la magistrature.Son intelligence et son éducation lui assuraient une vie brillante dans son milieu.Elle préfère la lointaine et dangereuse Amérique.Les Iroquois, les plus féroces et les plus rusés des peaux-rouges, infestent la région où elle se destine.Elle y construit quand même son hôpital d\u2019une capacité de 15 lits.Les murs de planches disjointes protègent mal contre les rigueurs de l\u2019hiver ; le ravitaillement est difficile et les belles portions vont aux convalescents ; l\u2019arrivée des subsides manque de régularité et la ruine menace souvent 92 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU la ville naissante.Jeanne Mance, presque sans aide, soigne ses malades; maintes fois, toute seule et par des coups d\u2019audace, elle empéche la perte de la colonie.Ainsi, deux siècles avant Florence Nightingale, une fille de France con- coit et pratique le NURSING parmi les militaires et les coloniaux.C\u2019est bien à elle que revient le titre de première infirmière laïque des Amériques.Après dix-sept années d\u2019héroisme, sa santé s\u2019altére; débordée par sa tache, elle demande du secours.En 1659, les Hospitalières de La Flèche en Anjou arrivent; Jeanne Mance leur concède son œuvre.Désormais l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, tout comme l\u2019Hôtel-Dieu de Québec est propriété religieuse.Ces deux maisons resteront, à travers les siècles, les prototypes des hôpitaux catholiques du nouveau monde.Un américain écrivait en 1784\u2018: « Prenons pour modèles les hôpitaux de Québec et de Montréal; ils sont dirigés par des religieuses dont jJ\u2019ai plus d\u2019une fois admiré la douceur et la tendre charité.L\u2019assiduité de ces femmes, leur propreté, le doux son de leur voix, les grâces de leur figure répandent autour d\u2019elles la consolation, le bien-être et la santé.Nos hôpitaux ne sont pas si bien tenus.Je ne connais que celui de Philadelphie qui puisse leur être comparé.».Jusqu\u2019a la cession, des médecins nés et instruits en France conduisaient le service des hôpitaux.Ils venaient au Canada, soit comme officiers de marine, soit directement désignés par le roi.Les deux plus célèbres furent Michel Sarrazin et Jean François Gaultier.On a appelé Michel Sarrazin le « Père de la recherche scientifique au Canada » ?.Ses communications à l\u2019Acadé- 1 M.de Crèvecœur.\u2014 Lettres d\u2019un cultivateur américain.Paris 1784.?Dr.Léo Pariseau.Michel Sarrazin.Le journal de l\u2019Hôtel-Dieu no 6, page 359, 1934. LA MÉDECINE FRANÇAISE AU CANADA 93 mie Royale des Sciences dont il était membre correspondant sont admirables par leur finesse et leur exactitude.Au milieu de ses occupations de clientèle à Québec et à Montréal, il étudia les animaux et les plantes qu\u2019il découvrait.En zoologie, ses observations portent spécialement sur le castor, le rat musqué, le porc épic, le veau marin.Il entreprit même la dissection d\u2019une moufette mais les exhalaisons méphitiques le découragèrent.Il écrit que « cet animal est d\u2019une puanteur exécrable, capable de faire déserter tout un canton, si Vrai que quand un chien a reçu l\u2019élancement d\u2019une eau que l\u2019on croit son urine, il en meurt ou tout au moins il est bien malade et souvent on est obligé de le tuer ».Sarrazin s\u2019ilustra aussi par ses travaux botaniques; il laisse son nom a toute une famille de plantes, les sarracé- nies.Selon l\u2019éminent botaniste Marie Victorin, la sarra- cénie pourpre est l\u2019exemple par excellence du carnivorisme chez les plantes.À ce sujet, il écrit: « Si l\u2019on passe le doigt à l\u2019intérieur de la feuille tubuleuse, on voit qu\u2019un revêtement de poils dirigés vers le bas favorise l\u2019entrée, mais rend la sortie difficile aux malheureux insectes qui veulent s\u2019aventurer en cet abri ou s\u2019aller désaltérer en cette vasque minuscule.Il arrive le plus souvent que l\u2019insecte prisonnier s\u2019épuise en vains efforts et se noie dans l\u2019eau de pluie que la feuille renferme presque toujours.Une diastase spéciale dissout les cadavres des insectes capturés, et permet peut-être l\u2019assimilation directe des substances organiques ainsi digérées par les tissus de la feuille ».Jean-François Gaultier, originaire de Normandie, arrive à Québec en 1742 au double titre de Médecin et de Conseiller.Outre sa pratique médicale et ses occupations juridiques, Gaultier se livre à la recherche.Il s\u2019intéresse surtout à la botanique et aux mines.Comme Sarrazin, il attache son nom à des découvertes et devient correspondant de 94 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU l\u2019Académie des Sciences.On lui doit le « Gaultheria pro- cumbens » mieux connu sous le joli nom de THE DU CANADA ou de WINTER-GREEN (littéralement verdure d\u2019hiver).Le principe actif de la plante, le salicylate de méthyle reste toujours trés apprécié pour ses propriétés anti- rhumatismales.Le THE DES BOIS connut une grande popularité en France; les Anglais en prohibèrent l\u2019exportation qui nuisait à leur commerce du thé étranger.Tous les médecins du Canada n\u2019étaient pas des savants comme Sarrazin et Gaultier.En dehors des médecins authentiques, les autres guérisseurs appartenaient à des catégories diverses: apothicaires, chirurgiens-barbiers, sages- femmes ou charlatans.Ces derniers florissaient en maints endroits de nos vastes territoires; ils empruntaient sans vergogne à la sorcellerie des sauvages.L\u2019ANNEDDA contre le scorbut, la sarracénie contre la petite vérole, les propriétés diurétiques et antirhumatismales de la gaulthiérie justifiaient le prestige des herbages.De son côté, l\u2019Académie des Sciences, en mettant la botanique à la mode, sane- tionnait en quelque sorte l\u2019herboristerie empirique.Les Canadiens qui désiraient s\u2019instruire sur place dans l\u2019art de guérir devaient recourir à l\u2019apprentissage.Par ce système, le médecin achalandé réduisait son élève à la servitude et obtenait gratuitement un valet de pied.A 1\u2019expiration d\u2019un contrat de trois ou quatre ans, le clerc se transformait en docteur ; il s\u2019associait au patron ou bien le quittait pour incompatibilité d\u2019intérêts ou d\u2019humeur.Aucun contrôle ne s\u2019exerca sur l\u2019étude et la pratique de la médecine jusqu\u2019en 1750, alors qu\u2019un édit royal obligea les apprentis à subir un examen devant le Gouverneur et le Médecin du Roy.Le règlement eut une existence très brève : le régime français tire à sa fin.Devant la volonté de con- ! Max.Bibaud, LE PANTHEON CANADIEN, 1891, page 107. LA MÉDECINE FRANÇAISE AU CANADA 95 quête et la supériorité numérique des Anglais, la colonie chancelle : 1756, c\u2019est la guerre officielle ; 1759, la chute de Québec; 1760, la capitulation de Montréal.Dès lors, la perte de la Nouvelle France est consommée; le Traité de Paris confirme, trois ans plus tard, un fait accompli.Aussitôt, les vainqueurs inaugurent une politique parfois oppressive, parfois dangereusement habile, en vue de dissoudre, dans le bloc anglo-saxon, le résidu français.Les premières attaques se dirigent contre ce qui tient lieu d\u2019élite.Dans ce noyau, les médecins tiennent une place importante; ils n\u2019échappent pas à la sévérité des nouveaux maîtres.En 1778, le Parlement Britannique exige une licence pour l\u2019exercice de la médecine, de la chirurgie et de l\u2019obstétrique dans les villes de Montréal et de Québec.En principe, cette mesure pouvait se justifier,mais on s\u2019aperçut bientôt que, dans la pratique, elle servait à éliminer des candidats au profit du groupe anglais.Pendant 40 ans, les jurys d\u2019examinateurs ne se composent que d\u2019Anglais et se montrent d\u2019une rigueur despotique à l\u2019endroit des Canadiens de langue française.Comme les autres tentatives d\u2019anglicisation, le procédé échoue.L'histoire couvre d\u2019un voile discret la valeur scientifique des médecins canadiens- français au cours de cette ère d\u2019injustice; mais nous connaissons avec certitude leur comportement patriotique ; ils ont résisté, ils ont tenu.Grand fut leur mérite, car leurs .difficultés se compliquaient du fait que nos écoles manquaient totalement de livres.À ce sujet, voici un fait authentique.Au Couvent des Ursulines de Québec, il n\u2019existait alors, en tout et partout, qu\u2019une seule grammaire imprimée.Elle était attachée à un lutrin par une chaînette ; les élèves y allaient apprendre leur leçon à tour de rôle; ils n\u2019avaient pas le droit de toucher ; la maîtresse seule pouvait tourner les pages, et cette prati- 96 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU que se continue durant vingt années.L\u2019exemple est significatif.Nos prédécesseurs parviennent quand même à s\u2019instruire dans leur langue maternelle.Heureusement, la thérapeutique de l\u2019époque s\u2019accommode d\u2019un savoir restreint.Une fantaisie moliéresque règne sur les causes et le traite- des maladies; purgations et saignées vont leur train.Les médecins anglais, directement importés d\u2019Amngleterre ou fugitifs des États-Unis après les guerres d\u2019indépendance, l\u2019emportent alors par le nombre et sans doute aussi par leur formation.N\u2019empêche que c\u2019est un Canadien français qui fonde à Québec, en 1823, la première école de médecine.Celle-ci ne subsiste que dix ans.En 1835, un Écossais et deux Canadiens français en créent une seconde, la future Faculté de l\u2019Université Laval.A Montréal, l\u2019enseignement de la médecine se développe dans la mésentente.En 1829, l\u2019Institut Médical de Montréal (Montreal Medical Institution) était devenu la Faculté de Médecine de l\u2019Université McGill.Cet organisme, entièrement dominé par l\u2019élément anglo saxon, exercait un monopole et déplaisait aux ambitieux qui s\u2019en trouvaient exclus.Des Anglo-Canadiens commencent la concurrence ouverte ; ils inaugurent, en 1843, l\u2019École de Médecine et de Chirurgie de Montréal, dans l\u2019intention, prétendent-ils, de réparer l\u2019injustice faite aux Canadiens de langue française.Ceux-ci en pénètrent bientôt la direction et finissent par s\u2019emparer de l\u2019école.Celle-ci cependant sous une tutelle protestante, l\u2019Université Victoria, en Ontarie.Le clergé catholique du Québec, qui régit toutes les formes de l\u2019enseignement en français de cette province, ne peut tolérer longtemps une telle anomalie.Pour y mettre fin, l\u2019Université Laval de Québec décide d\u2019établir une filiale à Montréal.De nouvelles rivalités éclatent qui dégénèrent vite en chicanes.Maîtres et élèves de Victoria, refusent de se sou- eae ae LA MÉDECINE FRANÇAISE AU CANADA 97 mettre, sont menacés d\u2019excommunication pour leur résistance à l\u2019autorité religieuse et leur alliance avec les protestants.Le pape intervient.Par cablogramme, il donne justice à Victoria et annule les anathènes, ce qui n\u2019empêche pas l\u2019École de disparaître en 1889, au profit de Laval.L\u2019Université de Montréal sera une filiale de l\u2019Université de Québec pendant trente ans c\u2019est-à-dire jusqu\u2019à son indépendance en 1919.Les disputes entre franco-catholiques et anglo-protes- tants étaient vives aussi quand le Gouvernement de la Province de Québec tentait de légiférer sur la médecine.Les querelles entre médecins s\u2019apaisèrent au cours d\u2019une aceal- mie politique vers 1847 ce qui permit la fondation du Collège des Médecins et Chirurgiens.L\u2019État confie à cet organisme la régie de la profession.Véritable ordre des Médecins ; l\u2019institution subsiste depuis cent ans et possède pleine autorité.Les 21 membres qui composent le Collège sont élus au vote secret pas tous les médecins, sauf les trois délégués des universités McGill, Laval et Montréal.Les universités octroient le titre de docteur, mais c\u2019est le Collège qui autorise la pratique, impose la discipline et l\u2019éthique de la profession.Toutes les provinces de la confédération canadienne ont adopté un système analogue.Depuis 1898, existe aussi le Conseil Médical du Canada qui accorde un diplôme valable dans toutes les parties du pays.Par crainte de voir son influence se délayer dans le grand tout, Québec s\u2019oppose à la création de ce pouvoir fédéral; notre province finit par y adhérer après avoir fait accepter des mesures qui protégaient son autonomie dans l\u2019enseignement.Nos devanciers comprirent vite que la science progresse et se diffuse par des sociétés et des publications.C\u2019est encore à des médecins de langue française que revient l\u2019initiative dans ce domaine ; un groupe se forma qui créa simul- 98 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU tanément en 1826, le Journal de Médecine et la Société Médicale de Québec.Ainsi, aux périodes de la plus complète solitude, éloignée qu\u2019elle était des sources qui stimulent l\u2019esprit et alimentent le feu sacré, la médecine française du Canada manifeste sa vitalité On discutera sans doute longtemps de l\u2019image de rhétorique qui convient dans les rapports de la culture canadienne française et de la culture française: arbre indépendant, rameau ou greffon.À la fin du 19e siècle, les médecins canadiens français reconnaissent que l\u2019une et l\u2019autre sont de même essence et qu\u2019elles doivent se fortifier des mêmes principes.Plus intensément que tout autre, ce groupe professionnel reprend et entretient les relations intellectuelles avec la France.Les circonstances favorisent le climat.Après 1871, comme à la suite de chacune de ses épreuves, la France s\u2019est relevée d\u2019un bond.Elle éblouit le monde.Elle devient le foyer universel des arts et des sciences.De son côté, le Canada français est sorti de l\u2019enfance.Sa vitalité s\u2019accuse.Le fils nostalgique aime toujours et veut retrouver sa mère.Le baiser du retour s\u2019échange par les médecins de l\u2019un et l\u2019autre pays.Un commun amour du savoir et un même zèle au bien de l\u2019humanité imposent la réunion.Attiré par les illustres savants de France, Claude Bernard, Pasteur, Charcot, Trousseau, Vidal, Curie etc.un premier groupe de nos jeunes médecins se transporte à Paris entre 1890 et 1900.Après un long séjour d\u2019études et de formation, chacun revient transformé, fier d\u2019exhiber de nouveaux diplômes.La révolution pastorienne a mis cette jeunesse en effervescence.Tous ont résolu de faire triompher les théories microbiennes.Le souvenir ne s\u2019est pas perdu des scènes cocasses qui se déroulèrent dans nos salles de chirurgie entre défenseurs et adversaires de l\u2019asepsie.Avec une fougue que rien ne frêne, les nouveaux apôtres l\u2019emportent partout.Ils améliorent les hôpitaux existants et en bâtissent d\u2019au- LA MÉDECINE FRANÇAISE AU CANADA 99 tres; ils parviennent aux postes élevés de l\u2019enseignement ; ils fondent des sociétés et des revues, organisent l\u2019hygiène publique.Par eux, le prestige de la France s\u2019accentue.Livres, journaux, produits pharmaceutiques, instrumentation, techniques, tout vient du VIEUX PAYS.Ceux qui n\u2019ont pas eu le bonheur de traverser l\u2019Atlantique veulent aussi connaître les maîtres qui les guident de loin.Le premier Congrès des Médecins de langue française de l\u2019Amérique du Nord a lieu à Québec en 1902 et en fournit l\u2019occasion.M.Thamin, membre de l\u2019Institut, ouvre l\u2019ère des missions françaises au Canada.Des congrès semblables se succèdent à intervalles de deux ans, sauf durant les guerres mondiales; ils nous amènent, chaque fois de grands médecins que les uns ont fréquentés en France, que les autres connaissent par leurs écrits.Immanquablement, chacun de ces nobles français redécouvre le Canada, le parler de Louis XIV et l\u2019accent normand.Le spectacle est si familier qu\u2019il ne vexe plus.Beaucoup de ces missionnaires de l\u2019amitié francaise se laissent attendrir par notre admiration affectuense et acceptent de prolonger leur séjour au Canada pour une série de cours théoriques et pratiques dans nos universités et nos hôpitaux.Après l\u2019armistice de 1919, la France devient la grande amie de l\u2019Amérique.Le Gouvernement de Québec commence à octroyer des bourses d\u2019études pour l\u2019Europe.Les bénéficiaires se recrutent le plus souvent au mérite parmi les nouveaux diplômés de Laval et de Montréal : la majorité se compose de médecins qui, presqu\u2019infailliblement, choisissent la France.Un nombre au moins égal y va à ses propres frais.Le chiffre des jeunes médecins qui, entre les deux guerres, ont habité la France pour s\u2019y perfectionner dans leur art, dépasse sûrement 400.Ce contingent occupe maintenant les postes de commande, dans les universités, les hôpitaux, les sociétés savantes et le journalisme médical. 100 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Vers 1928, M.Dalbis, un montpelliérain professeur de biologie successivement à Stanislas de Paris et à l\u2019Université de Montréal, fonda, avec l\u2019aide financière de son gouvernement et de la province de Québec, L\u2019Institut scientifique franco-canadien.Cette fondation nous permit d\u2019entendre plusieurs grands français, hommes de lettres, philosophes, savants, juristes, physiciens, chimistes et artistes; mais ici encore c\u2019est la médecine qui l\u2019emporte.De 1928 à 1940, au moins vingt-cinq médecins de France d\u2019après Pierre Masson * donnent des cours à Montréal et à Québec, perfectionnent nos méthodes d\u2019enseignement, inspirent nos recherches.Chaque spécialiste qui passe gagne des adeptes qui aboutiront tôt ou tard outre-mer.Bien plus, on engage pour de longs termes, dans nos facultés et nos hôpitaux, des médecins de France: Berger, Brousseau et Paulin à Québec; Pierre Masson, Laquerrière et Vignal à Montréal.Quand survient la guerre, en 1939, on ne peut plus nier que la médecine canadienne française ne soit, dans son inspiration et sa réalité, fille de l\u2019école française.Juin 1940.Brusquement, le silence.Sauf la T.S.F., qui n\u2019émet que les incohérences de la propagande, toutes les communications sont rompues.Sans hésiter et d\u2019un commun accord, les Canadiens français \u2014 spécialement les médecins \u2014 prennent l\u2019irrévocable résolution de tenir le flambeau de la France et de l\u2019empêcher de s\u2019éteindre.Hélas ! la tragédie s\u2019éternise.Nous ne recevons plus de livres, plus de journaux, pas même de nouvelles de source sûre.À peine quelques réfugiés ou missionnaires clandestins nous font-ils entendre, de temps à autre, le verbe que nous aimons.C\u2019est ainsi que l\u2019Université de Montréal retient les services du professeur Henri Laugier, un des chefs de la résistance.De 1942 jusqu\u2019à la libération de l\u2019Afrique française, il enseigne la physiologie, stimule la recherche + Pierre Masson \u2014 Bulletin des Etudes Françaises LA MÉDECINE FRANÇAISE AU CANADA 101 et nous donne la Revue Canadienne de Biologie, l\u2019une de nos plus importantes publications médico-scientifiques.Notre activité de guerre s\u2019intensifiant, l\u2019armée absorbe nos jeunes médecins à mesure qu\u2019ils sont produits.Chez les confrères, les rangs s\u2019éclaircissent de mois en mois, d\u2019année en année.La profession médicale est alors surmenée par l\u2019enseignement accéléré en raison des besoins de l\u2019armée, par l\u2019excès de travail dans les hôpitaux et par la clientèle.Elle reste à la hauteur de sa tâche, espérant la fin prochaine du cauchemar; mais les revers s\u2019accumulent, et elle ramasse tout son courage, conjugue toutes les forces disponibles, pour faire respecter la France enchaînée et baillonnée.Les années s\u2019écoulent.Les nouveaux médecins réclament des bibliothèques, des laboratoires, des instruments et des maîtres; ils désirent augmenter le bagage de connaissances reçues dans nos universités et hôpitaux.Parmi ceux qui restent dans le civil, beaucoup cèdent à l\u2019attrait des États-Unis; ceux de l\u2019armée doivent se soumettre aux directives britanniques.Ces deux sources sont les seules qui s\u2019offrent à leur soif de savoir.Sur les étagères de leurs bibliothèques, les manuels de langue anglaise prennent la plus large place.Les hôpitaux et universités de New-York, Chicago, Boston, Philadelphie, St Louis, Rochester et autres, émerveillent en raison de leur énormité, de leur opulence et de leur mécanisme.Dans ces institutions, on travaille ferme, on apprend vite la technique d\u2019une spécialité et on en revient attachés à ses professeurs et à ses compagnons de travail; l\u2019enthousiasme se communique ; des noms brillent comme des idoles.Le courant d\u2019admiration s\u2019amplifie.Et le temps file toujours.La délivrance retarde et nos Universités comme nos hôpitaux continuent de se laisser classer et guider selon 102 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU les standards de la Rockfeller Foundation ou de l\u2019American College of Surgeons.Nos sociétés de langue française commencent maintenant à recevoir des conférenciers qui ne savent que l\u2019anglais.Plusieurs parmi ces sociétés se fusionnent avec les sociétés anglaises.Bien que les règlements autorisant dans ces réunions conjointes le libre usage des deux langues, on n\u2019y parle le plus souvent que l\u2019anglais parce que nous tenons à être compris.Dans une langue qui nous est plus ou moins familière et de ce fait diminue nos moyens, nous parvenons quand même à défendre avec succès les concepts français.Par de tels contacts, les médecins de ma génération ont pris conscience de la valeur de la formation fran- caise qui sait rester brillante même lorsqu\u2019elle s\u2019exprime gauchement dans un idiome étranger.Mais certains commencent à se demander si l\u2019habitude de l\u2019anglais dans nos lectures et nos débats scientifiques ne va pas impressionner les jeunes comme une admission de la supériorité anglo-saxone.Les États-Unis font l\u2019envie du monde par leurs armées, leur industrie, leur commerce et aussi par leur ascension dans les sciences et dans certains arts.Leurs pouvoirs publics et de richissimes philanthropes se sont alliés pour construire et équiper de vastes centres médicaux où se trouve tout ce que l\u2019argent procure: chambres luxueuses, nursing discipliné, outillage et laboratoires, rien ne manque, pas même les maîtres étrangers auxquels l\u2019on fait bon accueil et que l\u2019on rétribue généreusement.Avec de telles organisations à leur porte, les médecins canadiens français renieraient leur curiosité raciale, s\u2019ils n\u2019allaient voir ce qui 8\u2019y passe.et ils y vont.Mais quand sa nature est française, le médecin se remet vite de l\u2019éblouissement que produisent les énormes usines de type Mayo.Certes, il y apprend que bien des trouvailles résultent de ces longues séries d\u2019examens de laboratoire et de rayons X prati- LA MÉDECINE FRANÇAISE AU CANADA 103 qués systématiquement sur tous les patients dès leur entrée.Le défilé interrompu des spécialistes pour chacun des organes finit par établir un bilan assez juste de la valeur organique et fonctionnelle de l\u2019individu qui s\u2019abandonne à pareilles analyses automatiques; il reconnaîtra aussi que des statistiques englobant des milliers de cas ne manquent pas de signification.Toutefois, il comprendra que la machine qui, en un clin d\u2019œil, extrait dans un paquet toutes les cartes poinçonnées au même endroit, ne tient pas compte de subtilités essentielles; des articles écrits d\u2019après ces données et selon un plan presque invariable aboutissent à des conclusions ou à des généralisations assez grossières.Il finit aussi par observer que si le travail d\u2019équipe améliore la technique et matérialise des conceptions audacieuses, les éclairs de génie se produisent de préférence chez les individus qui méditent et synthétisent dans le calme et la solitude.Que les jeunes médecins Canadiens français admirent et tentent d\u2019imiter chez les Américains, leurs voisins, leur puissance d\u2019organisation et leur habileté technique, rien n\u2019est plus souhaitable.Mais ceux à qui le bonheur de vivre en France a révélé quelque chose de plus profond et de plus indestructible doivent les protéger contre une séduction définitive.Nous voici donc à la croisée des chemins selon le titre d\u2019un étude importante sur l\u2019évolution et l\u2019avenir de la médecine canadienne française par le Professeur Antonio Barbean.Trois cultures s\u2019y rencontrent ; la française, l\u2019anglaise, et l\u2019américaine.Nos prédécesseurs, par prudence et par goût ne suivirent pas d\u2019autre route que la française; ma génération préfère la française, mais il ne lui déplait pas de fréquenter l\u2019américaine et l\u2019anglaise; nos cadets ont été poussés uniquement vers les voies anglaises et américaines, 104 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU le chemin de la France étant fermé.Cette jeunesse, il faut l\u2019empêcher de s\u2019aventuret trop loin et de risquer de disparaître dans la jungle anglo-saxone.Au point de vue de la richesse de l\u2019organisation et des conditions matérielles de travail, on serait aisément tenté de marcher dans le sillage des États-Unis.Les médecins canadiens-français, avouons-le, ne peuvent plus se désintéresser du pays voisin.Des facteurs géographiques économiques et sociaux le veulent ainsi.Ils ne doivent pas, pour cela, tourner le dos à la France et prendre la responsabilité de détruire en une décade les biens immatériels que douze générations de leurs devanciers ont conservés et enrichis au prix de tant de luttes et de sacrifices.Par notre sang, nos moyens d\u2019expression, notre tempérament, nous sommes sûrement restés français.Enfermer la pratique de la médecine dans les modalités américaines risquerait de créer chez nous un déséquilibre physiologique peut-être dangereux.Il y a là, des impondérables qu\u2019on aurait tort de daigner.La médecine française se caractérise par ses qualités cliniques.Elle aime à rechercher dans la subtilité du sym- tome ou du signe physique la solution du problème que pose le patient.Il lui répugne de prescrire systématiquement la gamme des épreuves de laboratoire et la série des radiographies.Bien qu\u2019elle reconnaisse la nécessité des spécialistes et produise, dans toutes les branches de la science médicale, des hommes de première valeur, elle pense qu\u2019une procession automatique d\u2019observateurs et de conseillers, chacun dans sa sphère limitée, peut éparpiller les responsabilités de façon excessive.Trop éclairée pour nier la valeur des faits, elle ne se limite pas à une sèche objectivité ; elle se pluit à la spéculation.Elle s\u2019efforce d\u2019identifier les causes sous la diversité des manifestations extérieures et d\u2019indiquer, en notions claires, l\u2019unité ou la liaison qui LA MÉDECINE FRANÇAISE AU CANADA 105 existe entre des phénomènes apparemment disparates.Au lieu de compiler des observations et de se laisser guider par des statistiques, elle procédera plutôt de l\u2019hypothèse à la confirmation expérimentale.Chez elle, l\u2019intelligence ne répudie pas la sensibilité.Son esprit se meut avec une égale aisance dans l\u2019abstrait et le concret.Que si on lui reproche parfois de trop sacrifier à l\u2019élégance de l\u2019expression écrite ou parlée, répondons que c\u2019est là un indice de discipline, un besoin de clarté et de cohérence dans la pensée.C\u2019est aussi une preuve de respect pour le lecteur ou l\u2019auditeur.Plus sérieux serait le reproche que la France abandonne trop facilement ses découvertes et inventions aux peuples pragmatiques, mieux doués pour le commerce et la transformation d\u2019une idée en richesse.C\u2019est là, sans doute, une preuve du désintéressement scientifique des savants fran- cais dont l\u2019ambition et l\u2019honneur furent, de temps immémorial, d\u2019apporter au monde quelques lumières nouvelles.C\u2019est probablement cet idéalisme fécond qui rend si séduisante l\u2019âÂme de la France.Dans le bonheur de retrouver les maîtres, les livres et les journaux de ce pays, après la libération les Canadiens comprirent la force des liens qui les retenaient à leurs frères d\u2019outre-atlantique par l\u2019esprit et par le sang.Si, pour nous médecins canadiens français, il n\u2019est ni possible ni recommandable de vivre à l\u2019écart de l\u2019évolution anglo-américaine, il serait d\u2019autre part dangereux de nous livrer à l\u2019imitation servile d\u2019une école, quelle qu\u2019elle soit.Pour des hommes de formation française, le chemin le plus naturel, le plus facile et le plus lumineux est encore celui de la France.C\u2019est à elle que nous demandons en premier lieu de nous aider à réaliser notre ambition.Les Canadiens de langue française confient le destin de leur culture et l\u2019avenir de leur civilisation, en terre américaine, au génie de la France immortelle. VOIES RESPIRATOIRES ET CURE THERMALE ' par ANDRÉ DEBIDOUR En m\u2019autorisant avec tant de bonne grâce à prendre place dans cet amphithéâtre, vos maîtres ont fait au simple praticien que je suis, un très grand honneur.Aussi, je tiens à leur en exprimer ma profonde gratitude.Dans cette simple causerie, aujourd\u2019hui, je viens vous donner sur un sujet qui m\u2019est familier, quelques précisions susceptibles de vous rendre service un jour ou l\u2019autre quand vous serez devenus de distingués praticiens.Je sais que votre beau pays aux ressources si considérables, ne s\u2019est pas encore tourné avec tout l\u2019intérêt qu\u2019elles méritent vers ces richesses naturelles qui existent certainement, que sont les eaux thermales.Le côté mystérieux, et disons-le, empirique, de la thérapeutique thermale et climatique, lui vaut de la plupart du corps médical, une certaine méfiance de ce côté de l\u2019Atlantique.\u2014 Nous avons nous aussi traversé en France cette période difficile, mais on peut dire que depuis ces vingt dernières années les choses ont totalement changé.Devant l\u2019évidence des résultats obtenus et leur stabilité, les médecins de France et des pays voisins se sont attachés à expliquer scientifiquement le pourquoi de cette action des eaux thermales et une abondante floraison de travaux 1 Conférence du Docteur André Debidour, Médecin consultant du Mont-Dore, Hôtel-Dieu, 12 décembre 1946.Le conférencier a été présenté par le Prof.Ag.Albert Jutras, président du Journal de l\u2019Hôtel- Dieu et remercié par le Professeur Pierre Masson.[ 106 ] VOIES RESPIRATOIRES ET CURE THERMALE 107 scientifiques émanant non seulement des médecins spécialisés des stations thermales, mais aussi de maîtres éminents de nos plus grandes facultés parmi lesquels 1l me faut citer le regretté Professeur Villaret, Chiray, Justin Besançon de Paris, Creyx de Bordeaux, Merklen de Strasbourg, Billard et Castaigne de Clermont et bien d\u2019autres que je m\u2019excuse de ne pas citer aujourd\u2019hui.Des chaires Hydro- climatologie sont nées dans toutes nos facultés et nos étudiants y reçoivent un enseignement précis, minutieux et pratique sur toutes les stations thermales et climatiques françaises et des pays voisins, consécration officielle de leur valeur incontestée aujourd\u2019hui dans le grand domaine de la thérapeutique.Messieurs, les cures thermales et particulièrement celle du Mont-Dore sur laquelle je m\u2019étendrai davantage, y travaillant depuis bientôt quinze ans dans le sillage et la collaboration de mon père qui, lui, y pratique depuis plus d\u2019un demi-siècle, les cures thermales, dis-je, avec leurs pratiques bien spéciales, d\u2019une application souvent délicate, demandent à être suivies et dirigées à bon escient, exigeant pour cela, de la part du médecin, une connaissance approfondie de son malade et des idées nettes et précises sur leurs indications.Je veux toutefois vous donner au préalable quelques renseignements sur le Mont-Dore lui-même, sur ses eaux, ainsi que sur les pratiques de cure les plus caractéristiques qu\u2019il n\u2019est pas sans intérêt pour vous de connaître.La station thermale du Mont-Dore, vous le savez peut-être, est située en plein centre volcanique d\u2019Auvergne à 1050 mètres au-dessus de la mer.C\u2019est donc une station hydro-minerale d\u2019altitude jouissant d\u2019un climat de montagne tonique et particulièrement vivifiant. 108 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU L\u2019établissement thermal est construit sur l\u2019emplacement même des anciens thermes gallo-romains dont subsistent encore de vénérables vestiges.Les sources du Mont-Dore, au nombre de douze, jaillissent directement, et j\u2019insiste là-dessus, des fissures tra- chytiques des roches volcaniques sur lesquelles est bâti l\u2019établissement thermal sans aucune canalisation.On les utilise alors qu\u2019elles sont pour ainsi dire vivantes ayant ainsi conservé toutes leurs énergies : thermique, chimique, électrique et radio-active.Les eaux qui proviennent des différents griffons sont chaudes d\u2019une température variant de 37 à 47°.Du point de vue chimique, ce sont des eaux bicarbo- natées mixtes, légèrement ferrugineuses, faiblement arsenicales, mais fortement siliceuses, et j\u2019insiste là-dessus, vous verrez tout à l\u2019heure pourquoi.Ces sources débitent également un volume considérable de gaz, composés en majeure partie de gaz carbonique et chargés d\u2019émanations radio-actives.Les eaux utilisées en boisson au sortir des griffons ont une action anti-diathésique générale dont la preuve clinique est fournie du cinquième au huitième jour de traitement, par une élimination plus ou moins abondante d\u2019urates et d\u2019acide urique; et du dixième au dix-huitième jour par la diminution du volume du foie de l\u2019hépatalgie et de la cholestérolémie très fréquente chez les asthmatiques.L\u2019eau est utilisée aussi en gargarisme et en pulvérisations variées dont l\u2019action détersive désinfectante et tonique est particulièrement efficace sur les muqueuses congestionnées, irritées et sécrétantes des voies respiratoires supérieures de tant de professionnels de la voix. VOIES RESPIRATOIRES ET CURE THERMALE 109 L\u2019irrigation rétro-nasale, avec la canule de Vacher ou de Moure rend par exemple les plus grands services quand il s\u2019agit, chez les grands asthmatiques, de nettoyer un cavum et un nasopharynx qu\u2019habite ordinairement une flore microbienne banale et inoffensive en apparence, mais dont les protéines, à certains moments, jouent cependant un rôle très important dans le déclanchement des crises comme l\u2019a montré Haibe de Namur.Les gaz thermaux, si abondants dans les sources Mont- doriennes sont captés aux griffons mêmes et utilisés immédiatement sous forme de douches nasales gazeuses.Celle- ci, par leur effet d\u2019abord révulsif puis sédatif et analgésique sur la pituitaire, donnent les plus heureux résultats dans toutes les manifestations congestives et spasmodiques des voies respiratoires supérieures telles que le coryza vaso-moteur par exemple.Vous avez certainement entendu parler de la sympati- cothérapie, dont l\u2019action curative est indéniable lorsqu\u2019elle est appliquée à bon escient, dans certains cas déterminés, mais que l\u2019emploi charlatenesque a contribué malheureusement à discréditer, ces dernières années.Eh ! bien, je tiens à vous signaler, Messieurs, que les gaz thermaux du Mont-Dore, employés en douches nasales, permettent de réaliser au niveau de la pituitaire, précisément en ces points comme la zône génitale de Fliess, par exemple, ou le système de la vie végétative est le plus à notre portée, toute une série de petits chocs préservateurs.Il n\u2019est pas interdit de penser que ces petits chocs contribuent pour une certaine part au rétablissement de l\u2019équilibre neuro- végétatif toujours plus ou moins instable de nos malades et agissent consécutivement sur les fonctions endocriniennes perturbées.C\u2019est ainsi qu\u2019à maintes reprises nous avons pu constater leurs bons effets dans ces cas d\u2019asthme d\u2019origine 110 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU endocrinienne, ovarienne surtout, généralement accompagnés de troubles dysménorrhéiques qui disparaissent apres leur emploi.Deux des pratiques les plus caractéristiques de la cure du Mont-Dore sont constituées par les bains hyperther- maux, sur lesquels j'aurai l\u2019occasion de revenir dans quelques instants, et par les salles d\u2019inhalation appelées encore au Mont-Dore: salle d\u2019aspiration.Ces salles, au nombre de quarante-deux, couvrent une superficie de deux mille mètres carrés avec une capacité de plus de douze mille mètres cubes et sont réparties par groupes de trois ou quatre salles communiquant entre elles et maintenues respectivement à des températures de 28°, 30° et 32°.Toutes ces salles sont vastes et bien éclairées, remplies, de vapeurs produites par un procédé tout-à-fait particulier dont le principe est le suivant : à la partie inférieure des salles arrive en divers points un courant de vapeur qui entraîne avec lui des molécules d\u2019eau minérale; à la partie supérieure des pulvérisateurs à air comprimé projette de l\u2019eau minérale.Ces deux éléments, chaud et froid, se brassent et se mélangent pour former un véritable brouillard médicamenteux d\u2019une extrême finesse.Des analyses ont montré que ce brouillard contenait tous les éléments minéraux des eaux thermales et, ceux-ci dans des proportions analogues ; qu\u2019il contenait notamment quinze fois plus d\u2019acide carbonique que l\u2019air extérieur ainsi que de petites quantités de gaz rares et d\u2019émanations radio-actives.Grâce au groupement des salles par trois, les malades ont à leur disposition une gamme de températures extrêmement précieuses pour leur traitement. VOIES RESPIRATOIRES ET CURE THERMALE 111 Ils séjournent dans les salles en costume léger pendant un temps variant de quinze à soixante minutes suivant les indications de leur médecin.Les particules constituant le brouillard sont tellement fines qu\u2019elles parviennent jusqu\u2019aux alvéoles pulmonaires, et apportent tous les principes de l\u2019eau minérale au niveau de la muqueuse des voies respiratoires sur toute son étendue.L'action de ces vapeurs est éminemment détersive, décongestionnante et sédative.Détersive : par fluidification des sécrétions bronchiques, permettant ainsi leur expulsion; décongestionnante et sédative: par l\u2019action directe sur les terminaisons nerveuses du pneumo-gastrique, calmant à la fois le spasme bronchique et la toux.À ces salles d\u2019aspiration ont été adjointes ces dernières années, au Mont-Dore, des services dits de nébulisations.Cette pratique mise à point quelques temps avant la guerre réalise de la façon typique les micro-brouillards composés de ce que Dautrebande a appelé les aéro-salles.L\u2019eau du Mont-Dore nébulisée est réduite à des dimensions particulièrement minimes ne dépassent pas quelques molécules, et n\u2019a pas de peine à pénétrer plus avant les alvéoles pulmonaires.Ces salles de nébulisation au nombre de vingt-quatre, de beaucoup plus petites dimensions que les salles d\u2019aspiration sont à la température normale de l\u2019extérieur et le malade qui y séjourne dans les temps variant de quinze minutes à une heure, y garde ses vêtements puisque l\u2019atmosphère dans laquelle il est n\u2019est ni chaude ni humide au point qu\u2019il peut arriver à y conserver ses lunettes, lire, ou se livrer à d\u2019autres occupations. 112 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Telles sont, Messieurs, rapidement passées en revue, les pratiques principales essentielles de la cure Montdo- rienne, celles qui donnent a notre station d\u2019Auvergne son caractère bien défini de station thermale spécialisée dans le traitement des affections des voies respiratoires, celles par conséquent qu\u2019il importe surtout pour vous de connaître aujourd\u2019hui.Il y a dans les indications du Mont-Dore, une unité, une fixité, et j\u2019ajouterai, une pérennité que beaucoup d\u2019autres stations pourraient lui envier.Toujours actives, les eaux du Mont-Dore manifestent cependant leur maximum d'efficacité, dans certains cas, lorsqu\u2019elles s\u2019adressent à certains tempéraments.Une expérience presque séculaire a montré qu\u2019elles sont surtout indiquées dans les manifestations respiratoires de l\u2019arthritisme.On observe celles-ci surtout chez les nerveux, les spasmodiques et chez tous les sujets dont le système nerveux végétatif est en état d\u2019équilibre instable, malades dont le type le plus parfait est constitué par l\u2019asthmatique.Les eaux du Mont-Dore sont également très indiquées chez les sclérosés du parenchyme pulmonaire porteurs d\u2019épines respiratoires variées, ayant pour type les emphysémateux et les gazés de guerre.Elles conviennent spécialement aux congestifs pléthoriques, au foie plus ou moins insuffisant dont la vie est constamment empoisonnée par les poussées congestives au niveau du nez, du rhino-pharynx, du larynx, de la trachée et des bronches, malades qui sont souvent des professionnels de la voix: chanteurs, orateurs, professeurs, etc.Elles sont très indiquées enfin chez tous les sujets qui présentent une fragilité particulière de l\u2019appareil respiratoire et dont les muqueuses en général, la pituitaire surtout sont hyper-sensibles au froid, à l\u2019humidité, aux VOIES RESPIRATOIRES ET CURE THERMALE 113 poussières variées, aux pollens, aux gaz irritants, victimes toutes désignées du coryza vaso-moteur apériodique ou périodique, dont le rhume des foins est un type bien connu.Messieurs, vous ne serez certainement pas étonnés si Je vous dis maintenant qu\u2019au premier rang des malades qui doivent être envoyés au Mont-Dore, il faut placer les asthmatiques.Et en raison de l\u2019importance primordiale de la question de l\u2019asthme au Mont-Dore, je vous demande la permission, Messieurs, de m\u2019étendre un peu sur un pareil sujet, Je crois qu\u2019il en vaut la peine.Je vous dirai tout de suite que toutes les variétés d\u2019asthme vrai, depuis l\u2019asthme dit essentiel des jeunes sujets hyper-sensibles, jusqu\u2019à l\u2019asthme intriqué compliqué de bronchite et d\u2019emphysème des vieux asthmatiques sont soignés avec profit au Mont-Dore.Bien entendu, un examen complet et approfondi de vos malades vous empêchera d\u2019y envoyer ceux dont la dyspnée aurait une origine cardio-aortique ou rénale, faux asthme pour lesquels la cure est formellement contre-indiquée.Rappelez-vous d\u2019autre part que plus un asthmatique est soigné de façon précoce au Mont-Dore, plus on augmente ses chances de guérison rapide et complète.On le met ainsi à l\u2019abri des complications secondaires si fâcheuses dont les moindres ne sont pas les intoxications médicamenteuses, si fréquentes hélas ! depuis qu\u2019on laisse les malades manier eux-mêmes la seringue de Pravaz ou les appareils inhalateurs d\u2019adrénaline.Il est bon de savoir aussi que l\u2019asthme de l\u2019adulte a très souvent débuté dans la petite enfance et a passé inaperçu.C\u2019est à cette époque de la vie cependant qu\u2019il y a 114 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU intérêt particulier à en faire le diagnostie précoce.L\u2019asthme à ce moment ne se traduit pas toujours par des crises nettes et bien caractérisées, mais souvent, au contraire par des formes larvées, par des ébauches qu\u2019il faut bien connaître pour leur attribuer leur véritable valeur: coryza plus ou moins périodique, à répétition, laryngite striduleuse, trachéo-bronchites spasmodiques à masque parfois broncho- pueumonique avec fièvre élevée qui évoluent en quelques jours et peuvent se répéter plusieurs fois en peu de temps.Chez ces sujets, l\u2019asthime est souvent en rapport avec des troubles digestifs, une insuffisance hépatique plus ou moins accentuée qui contre-indiquent nettement les eaux arsenicales fortes qu\u2019on pourrait être tenté de leur conseiller en raison de leur bas-âge.Les eaux faiblement minéralisées du Mont-Dore du point de vue arsenical, leur conviennent au contraire infiniment mieux et permettent, dans l\u2019immense majorité des cas, d\u2019obtenir leur guérison après une, deux ou trois cures consécutives.Et si la cure du Mont-Dore donne si souvent chez les enfants comme chez les adultes, de si formels résultats, c\u2019est qu\u2019elle constitue un traitement véritablement patho- génique de l\u2019asthme, je vais essayer maintenant de vous le démontrer.L\u2019asthme, vous le savez certainement, Messieurs.ne peut éclore que sur un terrain spécial, terrain fait d'un déséquilibre général de l\u2019organisme portant à la fois sur le système neuro-végétatif, sur les fonctions endocriniennes et sur les humeurs.Cette instabilité humorale met les asthmatiques à la merci de tous les chocs anaphylactiques ou autres ainsi que l\u2019ont montré Widal et son Ecole. VOIES RESPIRATOIRES ET CURE THERMALE 115 Or, les belles recherches du regretté Professeur Billard, physiologiste réputé de l\u2019Ecole de Clermont Ferrand ont clairement prouvé que les eaux minérales à la source, celles du Mont-Dore en particulier, possèdent un pouvoir anti- anaphylactique réel.Par leur emploi judicieux, a écrit Billard, on peut réaliser mieux que par toute autre méthode, une cure de préservation des chocs et une cure de désensibilisation.Cette derniére est obtenue par la production de petits chocs successifs par ce que l\u2019on a appelé du terme « skepto- phylaxie ».La plupart du temps, ces petits chocs ne sont pas appréciables cliniquement, mais ils peuvent le devenir quand ils produisent ce que l\u2019on a appelé la crise thermale, par exemple une crise d\u2019asthme éclatant après quelques jours de traitement.Aussi Billard a-t-il justement insisté sur le doigté nécessaire dans cette thérapeutique thermale qui, selon lui, doit s\u2019étendre de la dose homéopathique à la dose colloï- doclasique et qui permet de rétablir ainsi l\u2019équilibre humoral pour un temps plus ou moins long.Le dysfonctionnement des glandes endocrines participe d\u2019une façon, évidente dans bien des cas, à la pathogénie du terrain asthmatique.Eh ! bien, il est indéniable que les eaux minérales ont sur les glandes à sécrétions internes, parmi lesquelles il ne faut pas oublier de ranger le foie, une action excitatrice et régulatrice des plus manifestes.Comment expliquer sans cela que dans les cas de goître exophtalmiques soumis à la balnéation carbo-gazeuse, l\u2019amélioration clinique puisse marcher de pair avec le retour 116 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU a la normale du métabolisme basal comme 1\u2019ont observé certains auteurs.Comment expliquer sans cela les nombreux cas d\u2019asthme rythmés par le molimen catamémie guéris au Mont-Dore en même temps que disparaissent tous les troubles dysménorrhéiques co-existant chez ces asthmatiques comme j'en ai observé depuis de nombreuses années.Comment expliquer sans cela des cas de stérilité datant de plus de dix ans guéris après une seule cure au Mont-Dore ainsi que nous avons pu le constater.Eh ! bien, Messieurs, certaines pratiques de la cure concourent d\u2019une façon particulièrement efficace au rétablissement de l\u2019équilibre endocrinien.Au premier rang de celles-ci, il convient de placer les demi-bains hyperthermaux pris dans des piscines individuelles dans l\u2019eau vivante des sources à une température de 40° à 42°, les demi-bains ont une action révulsive et décongestionnante extrêmement énergique par dérivation sanguine vers les parties inférieures du corps.Il se dégage en abondance de cette eau native, et d\u2019une façon continue, des gaz chargés d\u2019émanations radio-actives et chaque cabine est un véritable émanatorium.Mais ce n\u2019est pas tout.Billard dont l\u2019œuvre scientifique trop tôt interrompue hélas ! fourmille de découvertes biologiques du plus haut intérêt, a montré que les émanations radio-actives ont une action régulatrice très marquée sur l\u2019équilibre lipoïdique de l\u2019organisme, en particulier sur la distribution topographique de la cholestérine.Or, il y a presque toujours, ainsi que mon père l\u2019a établi dans ses travaux, de la cholestérine en excès, non ! & YPNOTIQUE ARTA Le NEUREOL un som- NEURE pe sede des ANALGESIQUE nif rot ses indi- avantage en finis sur ère qu = cations cas de Il dans | apr les autres hypnätiques l\u2019esto- surmend ellectuel, est bien oléré affection spa odiques, Totalement mac, ne d'accou- états de FVOSIT , emo- tumance et sal ine faci- >.tru tivité, d\u2019 X1\u20ac t les dé- rt epou lement p Fo nisme.ll vasos moteurs.séquilibre; ets n\u2019exerce aucun ffet nui- C7) sible sur coeu : les reins I! procure un se meil ré- = parateur | un ensation Prey ou lam ore Présenté aires de bien-ê au veil sans en solutid non Jcoolique, \u2014 aucun ma ise EURÉOL le NEUREOL \u20ac serve in- est la mé tion sy- icatie D par ex- on tégralemgnt + cellence par cuill 1) es di ers états nergique compo- Diéthyl (UCI id gr.sants.de surexditab [1 TT 3 mire ine-antipyrine gr.st Ext.de Valériane stabilisée Ÿ gr.20 Ÿ Teintur ratacgus gr Neuréol Prolur nn.somime iQ sans malaise au réveil TITER EC e Vise LET Mars-Avril 1947 IX | 7] SCILLITRINE Médication d\u2019Urgence des crises LABORATOIRE PERRIER FRANCE Agents généraux pour le Canada MILLET ROUX & CIE, LIMITEE 1215 RUE ST-DENIS MONTREAL \u2014P\u2014 ee TRAITEMENT MAGNÉSIEN PAR LE TOTAL MAGNÉSIEN Chlorure de magnésium, médicinal, déshydraté INDICATIONS : Manifestations arthritiques, Affections de la prostate, Asthénies, Tremblements séniles, Tumeurs bénignes, Verrues, Herpès, Acné, Eczéma, Troubles hépatiques, Constipation et Prophylaxie \u2018 des Néoplasmes.LABORATOIRES du \u201cTOTAL MAGNÉSIEN\u201d 24 BOULEVARD SÉBASTOPOL PARIS.FRANCE Agents généraux au Canada : MILLET, ROUX & CIE LIMITÉE 1215, RUE ST-DENIS MONTRÉAL Mars-Avril 1947 X a A RX 3% 2% æ RS CG Rd RY = a LE vi Ger of NS N 7 Ap PEN obras sl = 99 é Cf) a \u20ac WS.N nd YY MÉNOPAUSE J = TRES EFFI xe: BUCCALE ACTIVE PAR V EX aN DE_PR VENANCE NATURELLE Ren 34 5 =.D'UNE PARFAIT INNO UITE RS HYDROSOLUBLE NS 3 BIE x a SF NP = PROCURE UN Ar 2 SENSATION D\u2019EUPHORIE 7 ES = ad J 3 iX Las Pas ES sa 2 d ** Pres D D 7?5 er {3 par 5 Q CLE ELL Poe a {équines) ae N > PE = iS: DELL EE Cr IL E a No 8 625 mg.ov aud ES A D é Las Fi Le) nt pr fry en\u2019 IN bouteilles de 20 et de 100 comprimés.A EX 2 3 9 À ra ; AYERST, MCKENNA & HARRISON LIMITEE ES Biologistes et Pharmaciens Ë eg S CANADA CRUE A CS PY 2 kK res d 82 IN ad Ie 345 5 or i] Sy x a, Be N.Late 1a v3 SN * wl gy Rs % 2 = WE ss = > Mars-Avril 1 947 XI PRÉSENTATION PYRIBENZAMINE, pour usage buccal: Comprimés, flacons de 50 et 500.ANTISTINE, pour administration parentérale: Ampoules, boites de 5, 20 et 100.(Aussi, sous forme de comprimés pour usage buccal, flacons de 50 et 500.) Mars-Avril 1917 PYRIBENZAMINE * ANTISTINE Depuis les premiers signes de pollinisation du peuplier, en avril, jusqu'à la fin de la saison de l\u2019herbe- à-poux, en septembre, la PYRIBENZAMINE par voie orale ou l'ANTISTINE en injections apportent à la plupart des malades un soulagement complet des malaises dus aux allergies saisonnières.Documentation détaillée sur demande.COMPAGNIE CIBA LIMITÉE - MONTRÉAL XII VIF - TAN Sl MTR 4 + NN N ; te Détente complète PLUS DE TENSION NERVEUSE NI DE SPASMES DE LA MUSCULATURE LISSE avec la NEURO-TRASENTINE Nom déposé POSOLOGIE : Un comprimé, trois à six fois par jour.PRÉSENTATION : Comprimés contenant 20 mgms de Trasentine et 20 mgms de phénobarbital, flacons de 30, 100 et 500.MONTREAL) NOS RECHERCHES D'AUJOURD\u2019HUIL: LA MEDECINE DE DEMAIN Mars-Avril 1947 XIII LE CALME EST L'APANAGE DES FORTS MÉDICATION HÉPATIQUE Ze ET CHOLAGOGUE | a Vv] Vu vv SL\u201d «& | V b EXTRAIT be FEUILLES D\u2019ARTICHAUT STIMULANT DES FONCTIONS HEPATIQUES ET RENALES FLACONS DE 50 ET 500 COMPRIMES DRAGÉIFIÉS Echantillons et Littérature sur demande J.EDDE.uimiTéE - New BIRKS BLDG.MONTREAL - TELEPH.LA.242) ETHER rir 4 pour Anesthésie | De la plus haute qualité | possible, telle qu'employée par les principaux hôpitaux à travers l'Amérique.MALLINCKRODT CHEMICAL WORKS, LIMITED 378, RUE SAINT-PAUL OUEST | MONTRÉAL Mars-Avril 1947 XIV LES ALGIES RHUMATISMALES et SYNDROMES DOULOUREUX Complexe médicamenteux de Polysalicylates, Soufres, Calcium, Thyroïde et Pa- rathyroïde, en capsules glutinisées, ne se dissolvant que dans l'intestin.Puissant modificateur du terrain rhumatismal POSOLOGIE.\u2014 Pour obtenir les meilleurs résultats, prescrire : 12 Capsules par jour pendant 4 jours, afin d'obtenir l'effet de saturation et la cessation des douleurs.Continuer ensuite à raison de 6 ou & capsules par jour aussi longtemps que nécessaire.Ne jamais dépasser 2 capsules toutes les heures ou toutes les 2 heures.PRÉSENTATION : En flacons de 100 Capsules.sULFUSALYL Echantillon sur demande ANGLO-FRENCH DRUG COMPAGNIE 209 Est, rue Sainte-Catherine, Montréal Mars-Avril 1947 Xv Soi ESS SES EEE TES SERRE LABORATOIRES CORTIAL 15 B* PASTEUR PARIS (XV!) LABORATOIRES CORTIAL .IS BOUL?PASTEUR.PARIS SOLUCAMPHRE DELALANDE Camphre en Solution aqueuse Méme Posologie, mémes indications que 2 F _ SOLUCAMPHRE SIMPLE OrMeS .SOLUCAMPHRE SPARTEINÉ m> IT 9X>0OcCcroO SOLUCAMPHRE l\u2019Huile Camphrée, sans aucun de ses inconvénients.\u2014 3 fois plus actif MILLET ROUX & CIE, LIMITÉE 1215 RUE ST-DENIS [mn] MONTREAL \u2014 pe] Mars-Avril 1947 XVI pe \u2014\u2014 Cquilibre parfait DISCAMIN Acides Animés 33% % Chaque disque contient COMPLEXE B FOIE , 9 grains VITAMINE C d\u2019Acides Aminés CUIVRE Naturels, produits FER de l\u2019hydrolyse enzymatique MANGANÈSE de la Caséine.HYDRATES DE \u2014 CARBONE Flacons de 60% 100 disques.LE DISCOBOLE ° (Le Louvre) S Paris DISCAMIN est préparé sous la surveillance et le contrôle e immédiat de : Charles Laurin, B.A., B.Ph., .Léopold Bergeron, B.A., B.Ph., Assistant bactériologiste, Echantillons sur demande à Messieurs Marce Daoust FA.CC les Médecins seulement Pharmaciens, Chimistes, Analystes et Biochimistes, Tous diplômés de l'Université de Montréal.e Spécialité du Laboratoire (ASGRAIN & [HARBONNEAU UNIVERS PHARMACEUTIQUE ET MÉDICAL Mars-Avril 1947 XVII COMME HYPOTENSEUR.CHOLYL NADEAU A sr aN LABORATOIRE NADEAU Limitée 100 ouest, rue St-Paul MONTREAL ENVOI DE PROSPECTUS SUR DEMANDE Mars-Avril 1947 XVIII Traitement des BRÛLURES, PLAIES INFECTÉES, CAVITÉS D\u2019ABCÈS, DERMATOSES SUPERFICIELLES, et de la VAGINITE.Be a F- » es POL NE roy \u201c 2 SULFAMUL\u201d RIRE \u20ac 22 WON Sulfa ul Emulsion stable, non hydroscopique et non adhésive, contenant 5 p.100 de SULPHATHIAZOLE \u201cFrosst\u201d.La concentration \u2014 le véhicule \u2014 la méthode les plus efficaces que l\u2019on ait trouvés jusqu'ici pour l'application de sulfathiazole in situ.Son emploi ne cause au sujet qu'un minimum d'incommodité et procure une anesthésie locale bien définie.Les pansements au Sulfamul n\u2019ont pas à être changés fréquemment.|| tend à hâter la cicatrisation et favorise notablement la réparation tissulaire épidermique.e Traitement des plaies infectées, cavités avant et après un procédé d'abcès, brûlures, ulcères chroniques et infections superfi- opératoire interessant l'appa- cielles.reil génitale Comme tampon vaginal e Pansement ; ; A 44 ® riostat des brûlures intéressant la face, Comme tampon bacté lostatique les mains et les points de flex- dans les infections intéressant ion.le col utérin et le vagin.MODE D'EMPLOI Imprégner de Sulfamul un morceau de gaze stérilisée et en faire un tampon que l\u2019on introduit, sans trop serrer, dans l'abcès ou autre cavité infectée.Ce tampon peut être laissé en place pendant un laps de temps atteignant 72 heures, et il suffira de n'effectuer que des changements en surface.Au cas d'infections superficielles, on peut appliquer directement le Sulfamul ou de la gaze imprégnée de Sulfamul.PRÉSENTATION : bocaux (verre) de 2 onces, ! livre et 7% livres.Charles & Froost &Co.MONTREAL CANADA Mars-Avril 1947 XIX J} Phot.H.S.Hayden, MSRP.\u201cSULFAMUL\u201d OPHTALMIQUE (Emulsion de sulfathia- zole \u201cFrosst\u201d, à 5 p.100) Traitement des inflammations oculaires, telles que la conjonctivite et autres infections avoisinant les paupières, Son application IN SITU a produit de remarquables effets.Tubes de 1/8 once, compressibles et à long bouchon-canule. Les Vitamines seules ne suffisent pas.Elles sont plus utiles associées à des sels minéraux.BETAGEN contient la Vitamine B.associée aux glycérophosphates alcalins, à la lécithine et l\u2019avénine, et est une combinaison heureuse qui par l\u2019action synergique de ses éléments constituants en fait un médicament précieux comme.COMPOSITION , | Tonique et Aliment aque once contlent: ° 500 U.I de Vitamine Bs Nervin Chlorure de Thiamine RECOMMANDÉ 1 mgm.de Riboflavine * \u2019 ., ra \u201d .avec les autres facteurs de la Pertes d Energie et d appétit - Anémie Vitamine B Complexe, Neurasthénie - Troubles Gastro-intestinaux Bs, Bs, Bs et Bs M .Lécithine d'oeufs 1/16 gr.et dans les cas où le système nerveux Avenine \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 1/30 est affaibli.Glycerophosphates de Sodium ping MODE D'EMPLOI de Calclum ers.Adultes : Une cuillérée à dessert quatre fois par jour, de de Potassium 4 grs.préférence avant les repas et le coucher.Enfants: Selon de Strychnine 1/60 gr.l'âge, de 1/2 cuillérée à thé à une cuillérée à dessert.PAVERAL reste toujours le médicament de choix pour le traitement scientifique de la COQUELUCHE Le PAVERAL est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux coqueluchoïdes.Ne cause ni intolérance, ni complications.Littérature sur demande.Agents : LA CIE CANADA DRUG PHARMACIENS EN GROS 857, rue Saint-Maurice, - - - Montréal Mars-Avril 1947 XX Un accroissement naturel de 80,000 au cours de 1946 dans le Québec.v Natalité et mortalité ont certes établi des records au cours de l\u2019année 1946.En effet, si l'on en juge par le rapport préliminaire du démographe de la province pour les dix premiers mois de 1946, on se rend compte que jamais les naissances, 89,015, n'ont été si nombreuses et que, en revanche, jamais les décès, 26,577, n'ont atteint un total aussi peu élevé pendant cette période.Les chiffres préliminaires de 1946 indiquent, en effet, un accroissement continu de notre natalité.On estime que le nombre total des naissances survenues en 1946 dépassera 109,000 quand tous les rapports seront compilés.Le taux de la natalité sera, alors, aux environs de 30.4; il n'atteignait que 29.8 en 1945 et 29.1 en 1944.Quant au taux de la mortalité générale, il sera tout probablement aux environs de 9.0, si les prévisions fondées sur les rapports des dix premiers mois de 1946 s'avèrent exactes.Les 26,577 décès survenus durant cette période accusent un taux de 8.7.On évalue à 30,000 le nombre des décès qui seront enregistrés en 1946.En 1945, ils étaient de 33,300, en 1944 de 34,800.À cette cadence, notre accroissement dépassera probablement 80,000 en 1946, presque le double de la moyenne observée durant la période 1926-40.Enfin, quant à la mortalité infantile, il semble que nous enregistrerons un taux inférieur à 60.0 par mille naissances.T'elles sont les données actuelles.Le rapport définitif devrait les confirmer.vv MINISTERE DE LA SANTE de la province de Québec Hon.Docteur J.-H.-A.PAQUETTE Docteur JEAN GREGOIRE Ministre Sous-ministre Mars-Avril 1947 XXI - MarHansEN te \u201d, .«pe 4 Plus signifie un contact douteux, une infection et le besoin d\u2019un traitement.MAPHAR- SEN* remplit les conditions d\u2019un agent anti- luétique relativement sûr, d\u2019une efficacité prouvée et sans conteste.Par des cas et des cas, de pays en pays, dans la vie civile et militaire, d\u2019année en année, cet agent a établi un record inégalable de succès thérapeutiques.MAPHAR- SEN est une d\u2019une longue série de préparations Parke - Davis dont l\u2019emploi par la profession médicale a créé un symbole significatif de l\u2019efficacité des thérapeutiques médicales.MEDICAMENTA VERA.MAPHARSEN (3-amino-4- hydroxy - phenyl- arsineoxide hydrochloride) en ampoules de 0.04 gm.et 0.06 gm.d\u2019une seule dose; en boîtes de 10 ampoules de 0.6 gm.au format d\u2019hôpital.Dose multiple.*Marque de commerce enregistrée.SYMBOLES SIGNIFICATIFS PARKE, DAVIS & COMPANY, LTD.© WALKERVILLE, ONTARIO Mars-Avril 1947 XXIT À Pantomns de ls durant la ménopause \u2014 la thérapeutique par les substances estrogéniques conjuguées est des plus efficace.ti Les comprimés OESTRILIN Desbergers répondent essentiellement à cette médication moderne.Présentés sous deux formes: Simple substances estrogéniques conjuguées Avec phénobarital DESBERGERS LIMI .4 COMPRIMES CALL uh il eam (indiqué dans les états nerveux) .; a substances estrogéniques con= (Laboratoires Desbergers-B juguées 0.65 mgm.phénobarbital 74 gr.Biologistes-Chimistes-Pharm Posologie : z ER un à trois comprimés par jour.V4 MONTREAL Eo .CUVE Le\\ Ce 7 du tableau HEPAROS concentré d'extrait de foie dont chagffe dose de iC 2 1 .a renferme l'ensemble des princig miques, et | gramme du groupe d acides aminés essentiels, est indfQué tout particulièrement.Le traitement des patienjffanémiques avec l'extrait de foigffcombiné aux acides aminés, est thérapeutique la plus logique.L'IJÉPAROS est le supplément nutrÿfff le plus complet pour l'anémie pffnicieuse ou secondaire.Tous Jg$f acides aminés essentiels sont cogffnus dans l'HEPAROS.o Littérature sur demande actifs anti-ane- and [Anémuie fait partie > Ie eam - j ; | HEP AR | _ ANÉMIESs me ' | TTY amnaga » om : | a Bucenx SEBLE myn | | et | poid A va È / eo 2 J _ VOIES RESPIRATOIRES ET CURE THERMALE 117 seulement dans le sang, mais aussi dans le poumon des asthmatiques où certains auteurs comme Pasturier, l\u2019ont trouvée fixée au niveau des filets terminaux du système neuro-végétatif constituant à ce niveau comme une épine asthmogène locale.Ces excès de cholestérol sanguin et tissulaire chez les asthmatiques, ne seraient, d\u2019après la conception première de Chauffard reprise par Fiessinger, qu\u2019une sorte de témoin du passage de substances toxiques.C\u2019est parce que le sang et les tissus des asthmatiques, les poumons surtout, servent de lieu de passage à un excès de substances toxiques qu\u2019ils présentent en même temps un excès de cholestérol.Or, après la cure du Mont-Dore, nous avons pu constater chez tous les malades hypercholestérolémiques au début, un abaissement constant et sans exception du taux du cholestérol sanguin, ce qui semble indiquer que la cure hydrominérale, en ramenant ce dernier à la normale, a corrigé en même temps l\u2019état toxique de ces malades.En dehors de l\u2019hypercholestérolémie habituelle des asthmatiques, leur milieu humoral peut encore être sérieusement modifié par la rupture de l\u2019équilibre acido-basique des humeurs.Il a été récemment démontré que l\u2019équilibre du milieu humoral de l\u2019asthmatique se déplace toujours vers l\u2019alcalinité au moment des crises.Et on sait que cette alcalose a pour effet de provoquer une contraction des bronches, l\u2019acidose au contraire en provoquant la dilatation.Or, l\u2019acide carbonique existe en abondance dans les eaux du Mont-Dore dans lesquelles il est dissout, et il est légitime de penser que ce gaz absorbé par les malades au cours de leur cure, contribue pour une bonne part à com- 118 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU battre cette alcalose et a rétablir chez eux 1\u2019équilibre acido-basique des humeurs.Si au début d\u2019un accès d\u2019asthme, on fait respirer au malade un mélange d\u2019air et de gaz thermaux, en certaines proportions, à l\u2019aide du masque de Cot, par exemple, on provoque chez lui, après quelques minutes, une inspiration plus profonde et une diminution marquée de la dyspnée expiratrice par cessation de la crampe musculaire des bronches et du diaphragme.Certains malades expriment la même sensation de soulagement, que leur donnerait une injection d\u2019asthmolysine par exemple.Cet effet curateur de gaz carbonique n\u2019a rien de surprenant si l\u2019on veut bien se rappeler son rôle de stimulant et de régulateur de la fonction respiratoire.Mon récent passage aux Etats-Unis et particulièrement à Chicago, m\u2019a permis de constater que certains auteurs américains utilisent actuellement le gaz carbonique dans la thérapeutique de la crise d\u2019asthme.Les physiologistes contemporains comme Henderson ont prouvé que le gaz carbonique est une véritable hormone qui commande à la fois l\u2019adaptation des mouvements respiratoires aux besoins d\u2019oxygène de l\u2019organisme et à la régulation de l\u2019équilibre acido-basique des humeurs.Les vapeurs de nos salles d\u2019aspiration au Mont-Dore renferment aussi une très importante proportion de ces gaz le) .Les malades font donc dans ces salles de véritables inhalations acidosantes qui combattent leur alcalose et ramènent finalement chez eux le p.H.sanguin à la normale.Au déséquilibre humoral est étroitement lié le déséquilibre neuro-végétatif.ES VOIES RESPIRATOIRES ET CURE THERMALE 119 Les asthmatiques paraissent être doués plus fréquemment que d\u2019autres d\u2019une hyperexcitabilité du vague et présentent le plus souvent une neurotonie intriguée et alternante à prédominance vagotonique.La cure du Mont-Dore produit à cet égard, de remarquables modifications de cette neurotonie.Il y a quelques années, mon père, par l\u2019étude oscillo- graphique des réflexes neuro-végétatifs, ROC et RS d\u2019un certain nombre d\u2019asthmatiques à pu mettre en évidence et objectiver en quelque sorte sur des tracés que je regrette de ne pouvoir vous montrer aujourd\u2019hui, l\u2019influence profonde de certaines pratiques Montdoriennes, comme les inhalations, les demi-bains hyperthermaux, les douches à diverses températures, sur le système nerveux de la vie végétative et à établir expérimentalement que ces pratiques ont un effet régulateur indéniable sur celui-ci, effet qui se traduit par la diminution du ROC, souvent par son retour complet à la normale et enfin, par un relèvement marqué du tonus cardio-vaseulaire.En somme, vous le voyez, Messieurs, en combinant judicieusement suivant les cas, les diverses pratiques à la cure Montdorienne, on arrive à modifier profondément ce facteur prédisposant général de l\u2019asthme qui est le terrain en rétablissant à la fois l\u2019équilibre endocrinien et l\u2019équilibre neuro-végétatif.Mais, en dehors du terrain spécial de l\u2019asthmatique, il existe aussi chez lui des facteurs prédisposants locaux qui attirent, comme on l\u2019a dit, l\u2019orage anaphylactique sur les voies respiratoires.Ce sont : Les épines irritatives bien mises en lumière par Besançon et de Jong, qui sont presque toujours des séquelles d\u2019infections antérieures et qui, siégeant sur les points les 120 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU plus divers de l\u2019appareil respiratoire, y localisent le réflexe, et jouent dans la génèse de l\u2019asthme suivant les auteurs, un rôle capital ; Les épines nasales: déviations de cloison, cornets pro- cidents ou hypertrophiés, polypes récidivants, témoin de sinusite ou ethmoïdite plus ou moins ancienne infectant le cavum et la trachée ; Les épines pulmonaires, très fréquentes aussi, faites de sclérose plus ou moins localisée au niveau des filets terminaux du système neuro-végétatif, des brides pleurales, des adhérences, des déformations thoraciques, etc.Eh ! bien Messieurs ! sur ces diverses épines irritatives, la cure du Mont-Dore a encore une action remarquable.Certaines pratiques thermales, comme les douches pharyngées, les irritations nasales et rétro-nasales avec les canules de Moure ou de Vacher, les douches nasales gazeuses, les pulvérisations variées, les douches de vapeur, les inhalations de vapeur enfin permettent d\u2019agir sur elles directement, de modifier ainsi la sensibilité locale de la muqueuse respiratoire en la détergeant, en la décongestionnant, en la tonifiant, et, par leur répétition quotidienne ou même bi-quotidienne durant la cure, finissent par faire perdre l\u2019habitude fonctionnelle du broncho-spasme.Et, Messieurs, cette action sédative et calmante de l\u2019eau du Mont-Dore, par les vapeurs des inhalations au niveau de 1\u2019épithélium des bronches et des poumons constatée cliniquement déjà, il y a plus d\u2019un demi-siècle par nos devanciers, et vantée par eux à très bon droit, cette action remarquable a pu, de nos jours, être expérimentalement prouvée et démontrée par les recherches du regretté professeur Villaret. VOIES RESPIRATOIRES ET CURE THERMALE 121 Ce dernier en effet, avec le concours de son élève Justin-Besançon, ayant mis au point une technique d\u2019étude du muscle bronchique isolé permettant d\u2019enregistrer sa contraction et son relâchement sous différentes influences, a pu démontrer que, parmi les gaz dissous, le gaz carbonique, par son action directe sur la fibre musculaire lisse, indépendamment des éléments nerveux, détendait le muscle bronchique; que certains ions électro-négatifs tels que le silicium dont je vous parlais tout à l\u2019heure, Messieurs, amenaient un relâchement de ce muscle lisse; et que enfin, la radio-activité de l\u2019eau avait une influence nette par son pouvoir sédatif du muscle bronchique.Or les vapeurs Mont-doriennes des salles d\u2019aspiration renferment précisément en abondance, comme je vous le disais il y a un instant, des gaz thermaux radio-actifs, en majeure partie composés de gaz carbonique et d\u2019autre part, la dominante chimique de l\u2019eau du Mont-Dore est justement la silice qui s\u2019y trouve en proportion élevée (0.16 cg par litre) et sous la forme curieuse de colloïdes électro-négatifs, ainsi que mon père l\u2019a établi il y a déja vingt-cinq ans.Comme vous le voyez, Messieurs, clinique et laboratoire s\u2019unissent ici étroitement dans leurs conclusions, et cet accord parfait ne peut que nous donner la plus complète satisfaction d\u2019esprit.À tout cela, il faut encore ajouter l\u2019action de l\u2019altitude et du climat propre au Mont-Dore et de ce chef les asthmatiques bénéficient d\u2019avantages considérables.On sait, avec quelle fréquence, l\u2019asthme s\u2019accompagne d\u2019une insuffisance respiratoire favorisée soit par la faiblesse des muscles de la paroi thoracique, du diaphragme, et des muscles de la paroi abdominale, soit encore par la raideur et l\u2019ankylose des articulations costo-vertébrales. 122 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Le Mont-Dore a mis au point des séances de ré-édu- cation respiratoire qui, sous la direction d\u2019un moniteur spécialisé, sous le controle médical, contribuent ici dans une large mesure a lutter contre cette insuffisance respiratoire.Je vous ferai remarquer aussi, Messieurs, que 1\u2019altitude du Mont-Dore convient particulièrement bien à la plupart des asthmatiques.La montagne fait cesser les crises parce que le malade n\u2019y trouve plus les conditions qui, à la plaine, les déclanchaient et en plus, elle modifie souvent le terrain asthmatique.Il faut se rappeler qu\u2019aux basses altitudes, surtout dans les régions industrielles, l\u2019air est souvent saturé de , poussières et de fumées.Celles-ci irritent la muqueuse respiratoire et peuvent ainsi, par simple action mécanique, provoquer des crises d\u2019asthme.Chez les asthmatiques sensibilisés à certaines particules organiques, à ce qu\u2019on appelle les allergènes plus abondantes que l\u2019on croit dans vos régions que dans les nôtres, l\u2019absence de ces particules dans l\u2019air du Mont-Dore a précisément une influence des plus favorables.Il ne faut pas oublier enfin qu\u2019à l\u2019altitude les malades se trouvent dans un champ électrique à potentiel élevé qui, d\u2019après certains auteurs, a pour effet de provoquer une hypersympathicotonie qui vient contrebalancer utilement l\u2019hypervagotonie habituelle de nombreux asthmatiques.Je crois vous en avoir assez dit maintenant, Messieurs, pour vous montrer qu\u2019il n\u2019est pas une des propriétés de la cure thermo-climatique du Mont-Dore qui ne trouve, dans le traitement de l\u2019asthme, une parfaite application ; que dans tous ces éléments, cette cure constitue bien un traitement véritablement pathogénique, par conséquent absolument rationnel, comme je vous l\u2019annonçais au début de cette causerie. VOIES RESPIRATOIRES ET CURE THERMALE 123 Et c\u2019est pourquoi l\u2019asthme sous toutes ses formes et à tous les âges constitue la grande indication, l\u2019indication primordiale de la cure du Mont-Dore.Certes, Messieurs, en dehors de la cure du Mont-Dore il existe d\u2019autres traitements que je me garderais de dépré- cer et il n\u2019est nullement dans ma pensée de vouloir les ignorer.Beaucoup d\u2019ailleurs peuvent les associer le plus utilement au traitement du Mont-Dore; ils se complètent souvent parfaitement avec lui.Mais ce que je puis vous dire en toute sincérité, ainsi que m\u2019y autorise, je crois, mon expérience personnelle, je vous le répète, doublée de celle de mon père, c\u2019est que, parmi tous les traitements connus et consacrés de l\u2019asthme, actuellement, la cure du Mont-Dore peut être à bon droit placée au premier rang, tant pour la constance et la régularité que pour la sûreté et la durée de ses résultats.Mais, à côté de l\u2019asthmatique, la cure du Mont-Dore a encore d\u2019autres indications très importantes et utiles à connaître : C\u2019est tout d\u2019abord l\u2019emphysème pulmonaire qui précède parfois, accompagne souvent et suit l\u2019asthme pour ainsi dire toujours.Par ses effets décongestionnants, sédatifs, cicatrisants et résolutifs, la cure du Mont-Dore si elle ne peut pas grand\u2019chose sur de vieilles lésions scléreuses définitivement constituées, fait merveille au contraire dans l\u2019emphysème plus ou moins fonctionnel encore des jeunes sujets, elle procure aux emphysémateux de tout âge une amélioration fone- tionnelle considérable et les met, en tout cas, et c\u2019est là le résultat le plus frappant et le plus apprécié des malades, à l\u2019abri des poussées de bronchites hivernales qui leurs sont si préjudiciables. 124 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Et d\u2019autre part, en décongestionnant le poumon, elle améliore la circulation intra-pulmonaire, dégage le cœur droit et prévient par conséquent la défaillance définitive du cœur.Puis ce sont les bronchites chroniques qui évoluent avec l\u2019asthme et l\u2019emphysème.Surtout les bronchites, qui, bien entendu en dehors de toute tuberculose ouverte évolutive, surviennent si fréquemment chez des sujets de tempérament arthritique et le plus souvent consécutives à une infection du rhino-pharynx.À ce propos, je tiens à vous rappeler que les bronchites chroniques ne relèvent de la cure du Mont-Dore qu\u2019autant que prédomine chez elles l\u2019élément catarrhal simple et congestif et que s\u2019il s\u2019agit d\u2019un catarrhe franchement purulent ce genre de malades doit être envoyé sans hésitations aux stations sulfureuses nombreuses en France.Je citerai parmi elles, Cauterets, Luchon dans les Pyrénées, Challes et Allevard dans les Alpes.Vous savez sans doute que toutes les séquelles d\u2019affections respiratoires aigües jouent un rôle très important dans la pathogénie de l\u2019asthme et de l\u2019emphhysème : séquelles de grippe, de rougeole, de coqueluche, de bronchites aigües, de broncho-pneumonies chez les adultes et les enfants.Eh ! bien les soigner à temps en les envoyant au Mont-Dore, c\u2019est proprement réaliser la prophylaxie de l\u2019asthme et de l\u2019emphysème.La cure est encore particulièrement efficace dans le traitement de séquelles d\u2019irritation par les gaz toxiques.Pendant de nombreuses années après la guerre de 1914, il y avait au Mont-Dore un hôpital militaire qui recevait ce genre de malades. VOIES RESPIRATOIRES ET CURE THERMALE 125 Vous dirais-je encore que les affections des voiles respiratoires supérieures traitées avec succès au Mont-Dore sont nombreuses ?A côté de l\u2019asthme, de l\u2019emphysème et des bronchites, elles fournissent un contingent de maladies très élevé.Il est bon de se rappeler d\u2019ailleurs que l\u2019asthme débute très souvent par des manifestations sur les voies respiratoires supérieures avant de descendre, comme on dit vulgairement, jusqu\u2019aux bronches.Il est bien réel qu\u2019il v a un asthme rhinobronchique descendant suivant la très juste expression de Flurin appliquée aux bronchites.Seront donc également justiciables de la cure du Mont- Dore toutes les affections dites diathésiques des voies respiratoires supérieures: tout ce qu\u2019on a appelé d\u2019abord les équivalents de l\u2019asthme évoluant sur le même terrain que lui: c\u2019est le coryza spasmodique périodique ou rhume des foins, le coryza vaso-moteur apériodique, l\u2019hydrorrhée nasale, la toux spasmodique, la trachéo-bronchite spasmodique de Besançon avec éosinophiles dans les crachats.Puis ce sont toutes les affections simplement congestives de la muqueuse respiratoire : les rhinites hypertrophiques congestives à bascule, toutes les pharyngites congestives, celles des fumeurs, les congestions laryngées plus ou moins catarrhales si fréquentes chez les professionnels de la voix.Je vous signalerai enfin l\u2019anosmie post-grippale ou consécutive au coryza vaso-moteur prolongé, si fréquemment guérie au Mont-Dore, même après plusieurs années par l\u2019emploi des gaz thermaux ainsi que j\u2019ai pu le constater.Telles sont, Messieurs, rapidement passées en revue les principales indications de la cure du Mont-Dore. 126 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU En terminant, permettez-moi de vous rappeler que cette cure que la nature de ces eaux par la spécialisation de ses diverses pratiques, par le climat et l\u2019altitude de la station est avant tout anti-diathésique décongestionnante, sédative et tonique dans ses effets.Elles s\u2019adressent plus spécialement aux sujets de tout âge, à tempérament arthritique ou neuro-arthritique, personnel ou héréditaire, présentant des manifestations spasmodiques, congestives et catarrhales simples au niveau des voies respiratoires inférieures et supérieures, dont le type est représenté surtout par l\u2019asthme, à tous les âges sous toutes ses formes et avec toutes ses complications.Mais, Messieurs, l\u2019heure est très avancée et je m\u2019arrête, ne voulant pas abuser de l\u2019attention que vous m\u2019avez si aimablement prêtée.Je l\u2019ai sans doute mise à une rude épreuve, car mon exposé n\u2019ayant ni le brio ni la maîtrise auxquels vous êtes sans doute habitués, a dû vous paraître, Je le crains, quelque peu terne et aride.Veuillez m\u2019en excuser.Oroyez en tout cas, que je me considérerai comme amplement récompensé de mon effort si les quelques notions de crenothérapie appliquée que je viens de vous présenter pouvaient vous être un jour utiles au cours de votre carrière.Je vous demande, Messieurs, de vous associer à moi pour remercier comme il convient, vos Maîtres, d\u2019avoir bien voulu ce matin, céder leur chaire magistrale à un praticien français de passage au Canada.Ainsi aura été démontré de façon la plus élégante, combien est complète actuellement, et combien peut être fréquente entre Maîtres et Praticiens de nos deux pays, une union fondée sur la bienveillante estime des uns, la déférente sympathie des autres.En définitive la science n\u2019est l\u2019apanage que des travailleurs et des hommes de bonne volonté. LES SELS D\u2019OR DANS L\u2019ARTHRITE RHUMATOÏDE par LÉON DÉROME Le traitement de cette forme d\u2019arthrite laisse bien a désirer.Nous sommes restés souvent perplexes et décourages devant la longueur et la variété du traitement a suivre, en vue d\u2019apporter une amélioration au malade.Pendant mes études aux Etats-Unis, j\u2019ai eu l\u2019avantage d\u2019être médecin-résident dans un service spécialisé de rhumatologie au Robert Breck Brigham Hospital de Boston, Massachussetts.Vous ne trouverez ici qu\u2019un simple résumé des idées courantes sur l\u2019arthrite et quelques observations de malades.En premier lieu, la conception américaine semble de plus en plus tendre à l\u2019union du médecin et de l\u2019orthopédiste vis-à-vis le problème rhumatologique.Leurs résultats sont très encourageants et, s\u2019ils n\u2019ont pas trouvé la cause, ils ont certes apporté des soulagements à ces nombreuses épaves .Ces distorsions et dégâts articulaires en font une maladie chronique, débilitante et clouant le malade à son lit souvent pour la vie.Depuis longtemps, on attribua la cause à un foyer infectieux, « the focal infection », lequel pouvait être: les dents, des amygdales crytiques, l\u2019adénome thyroïdien, la vésicule biliaire.lithiase ou calcul.ete.Une pure coincidence a fait que les succès post-opératoires produisaient une métamorphose.Ktait-ce le foyer infectieux disparu, disaient les uns, était-ce un facteur psychique ou oublions-nous que cette maladie peut régresser d\u2019elle-même ?[127] 128 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Forestier, qui avait fait des études sur l\u2019action des sels d\u2019or dans la tuberculose pulmonaire, émit l\u2019hypothèse que ceux-ci devraient être tentés dans l\u2019arthrite rhumatoïde.Bien des cliniciens en ont fait l\u2019essai.Jusqu\u2019à ces dernières années, les résultats dans les publications semblaient pessimistes.S\u2019attendaient-ils à une action très démonstrative, à une réparation osseuse ou cartilagineuse, à une réhabilitation de l\u2019arthritique difforme ayant subi une activité infectieuse prolongée ?Je crois qu\u2019avant de condamner, des facteurs doivent être analysés, tels: l\u2019âge de la maladie, le degré des difformités, le dosage employé, la durée du traitement et la fidélité du patient à suivre les ordonnances médicales.Les sels d\u2019or sont un médicament encore imparfait dont l\u2019usage demande des indications et précautions précises.Une attention spéciale doit être donnée à tout prurit, érythème, stomatite, ictère, diarrhée et indigestion.Les possibilités de toxicité et de danger sérieux en font une arme à deux tranchants.Chaque patient devra son choix à un homme expérimenté et n\u2019être porteur d\u2019aucun trouble rénal ou hépatique.Le purpura, 1\u2019eczéma, 1\u2019agranulocytose, la dermatite chronique ou l\u2019asthme sont des contrindi- cations.Une bonne concentration urinaire sera d\u2019emblée capitale.Aujourd\u2019hui, tous s\u2019accordent à dire que les sels d\u2019or ne valent que dans la forme rhumatoïde.Plusieurs malades n\u2019en bénéficieront pas, soit par idiosyncrasie ou facteur idiopathique.Mais, que font ces sels d\u2019or ?Ils semblent mettre un frein aux processus inflammatoires, que nous notons dans la baisse du taux de sédimentation globulaire.Au point de vue osseux, il n\u2019y aura pas de réparation ou reconstruction osseuse.L\u2019opinion présente favorise ceux traités au début de leur maladie (dans les premiers dix mois) et n\u2019attribue qu\u2019un effet calmant dans les cas avancés du phénomène era a LES SELS D'OR DANS L\u2019ARTHRITE RHUMATOIDE 129 douleur et raideur articulaire.L\u2019or est nettement et clairement non applicable pour la goutte, la fibrosite, la bur- site ou autres formes d\u2019arthrite.Le mode d\u2019action jusqu\u2019ici est inconnu.Dawson et Hobby démontrèrent que ces sels ont une action chimique sur le streptocoque hémolytique chez les souris comparable aux sulfamidés.Harting, avec des injections sous-cutanées, démontra une augmentation du pouvoir bactériostatique dans le sérum du patient contre le streptocoque hémolytique.D\u2019autres trouvèrent une stimulation du système réti- culo-endothélial.Leichentritt et ses collaborateurs croient à une action diurétique produisant une diminution du liquide interstitiel et une amélioration dans l\u2019articulation.Quelques-uns ont prétendu qu\u2019une perte de liquide dans le tissu périarticulaire accompagnant la diurèse du chlorure d\u2019ammonium et du mercupurin produit une amélioration, i.e.moins de raideur articulaire.Enfin, un groupe peu nombreux essaie l\u2019hypothèse d\u2019une hypersensitivité streptococcique avec électivité articulaire.Bien des chaînons manquent.Il existe des phénomènes infectieux probablement causés par le groupe streptocoque produisant des métabolites au niveau des articulations, et une insuffisance hépatique s\u2019accompagnant d\u2019un hypostimulus reticulo-en- dothélial qui n\u2019arrive pas à défendre le terrain.Que se passe-t-il dans le corps humain ?Nous trouvons très peu d\u2019excrétion au niveau de la muqueuse intestinale et bronchique, la majorité est accomplie par le rein.Bien que l\u2019or pénètre en général toutes les cellules de l\u2019organisme ; après une injection, la majorité en est fixée par le foie, la rate, la peau et les reins. 130 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Au spectrographe, nous est démontrée une infiltration dans la synoviale surtout remarquée au niveau du genou après des aspirations.Freyberg parle d\u2019apport plasmatique après des injections intramuseculaires.La teneur sanguine augmente au fur et à mesure du nombre des injections; elle demeure élevée pendant un temps assez long.Cela explique cette rétention, car on présume que 80% serait conservé dans l\u2019organisme.Si vous donniez 100 mgms par semaine, 20% serait excrété dans la première semaine, mais il est possible d\u2019en trouver la présence dans les urines et le plasma plusieurs mois après cessation du traitement.Avec une teneur moins élevée, soit 50 mgms par semaine, l\u2019élimination sera plus rapide et toute trace sera disparue dans l\u2019espace de trois à quatre mois.L\u2019or colloidal n\u2019apporte vraisemblablement pas de résultats a cause de la rapide phagocytose par les éléments du tissu réticulo-endothélial.Les recherches ont été modelées sur un travail « The addict curve », par le docteur Théodore Bayles avec lequel J\u2019al eu \u2019honneur de travailler.Il s\u2019agit d\u2019une appréciation de l\u2019arthritique: son activité physique, son activité morbide, sa difformité statique, la sédimentation globulaire, le taux d\u2019hémoglobine et la variation du poids.Ces trois premières valeurs sont discutables parce que l\u2019échelle d\u2019appréciation est subjective.Nous avons préféré nous arrêter aux trois dernières que nous répétions tous les quinze jours.Ces analyses ont été faites dans les mêmes conditions avec méthodes standardisées.Au nombre de trente, le choix des malades a été indifférent quant au sexe et à l\u2019âge de la maladie.Ceux-ci présentaient des fonctions hépato-rénales adéquates, une concentration urinaire normale.: LES SELS D'OR DANS L\u2019ARTHRITE RHUMATOÏDE 131 Le plan suivi a été le suivant.Un examen physiqué complet et, pendant trois mois, à l\u2019aide d\u2019une diète hyperhydro- carbonée et polyvitaminée, nous observions le malade.Aux mesures orthopédiques quotidiennes telles: exercices respiratoires, manipulations progressives des articulations, bicyclette, couture, «shoulder pulleys», nous ajoutions, au besoin, des platres pour repos d\u2019une articulation présentant des phénomènes inflammatoires marqués, des « banjo- splints ».La distraction intellectuelle et l\u2019encouragement faisaient partie du modus vivendi.Après trois mois, si non amélioration dans les phénomènes articulaires, nous commencçions les sels d\u2019or.Grâce à la maison Schering, nous avons travaillé avec le Solganol B oleosum ou aurothioglucose, en injections intramuseu- laires a 50 mgms par semaine.Quelques auteurs préconisaient d\u2019apporter l\u2019usage concomitant de doses élevées de vitamine B, jus de fruits en abondance et extrait de foie.Nos mesures préventives se bornaient à suspendre le traitement chez un malade présentant de la diarrhée, un rash, une stomatite ou, enfin, une mauvaise concentration urinaire.Tous nos patient ont reçu de 1 à 1.2 gramme de Solganol B oleosum ; nous observions alors le malade pendant trois à quatre mois, tout en continuant les analyses et examens physiques tous les quinze jours.Avons-nous eu un choix idéal de patients; tous ve- \u2018naient fidèlement.Nous avons été merveilleusement secondés par la Croix Rouge et le laboratoire.Nos résultats furent très encourageants.Tous ont accusé une diminution de la douleur, de l\u2019oedème et de la raideur articulaire.Dans vingt-trois cas, nous avons observé une diminution du taux de sédimentation globulaire, une élévation de l\u2019hémoglobine et un gain dans le poids.Si nous exprimions avec un graphique, la \u2018courbe serait vers la normale.Presque tous, soit vingt-six, accusèrent une sen- 132 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU sation de bien-être, plus manifeste parmi ceux traités au début de la maladie.Nous avons eu quelques intolérances, des diarrhées, des dermatites sans conséquences fâcheuses.Comme conclusion, il semble que nous sommes en droit de dire que les sels d\u2019or réagissent et sont le traitement de choix dans l\u2019arthrite rhumatoïde.Le Solganol B oleosum à petites doses se manipule bien.Nous constatons une amélioration d\u2019autant plus marquée chez les malades où l\u2019âge de la maladie est peu avancé.Dans les cas chroniques, l\u2019atténuation symptomatique mérite une tentative d\u2019essal.Si quelques-uns ont paru guéris, nous ne devons pas oublier que la maladie peut toujours régresser d\u2019elle-même.L\u2019arthrite présente souvent des périodes d\u2019accalmie avec exacerbations subséquentes.Devant le probléme, nous avons des capacités plus symptomatiques que curatives.Ne serait-il pas intéressant de citer ici que nos patients présentèrent dans leurs antécédents une prédominance infectieuse au groupe streptocoque, se manifestant dans des amygdalites à répétition, des endocardites rhumatismales, des angines avec douleurs articulaires vagues et inconstantes.L\u2019évolution de la maladie est trop souvent lente, insidieuse et progressive.Si nous attendons des difformités irréparables, des doigts en fuseau, nos moyens thérapeutiques demeureront très limités et le malade deviendra impotent pour la vie.L\u2019observation et la coordination des résultats nous seront d\u2019une grande utilité pour l\u2019obtention d\u2019une solution dans l\u2019arthrite rhumatoïde.BIBLIOGRAPHIE SABIN, À B.\u2014 The curative effect of Gold Salts in experimental chronic arthritis in mice, with special reference to the properties of calcium aurothionalate.J.A.M.J.117: 1561: (Nov.1, 1941). LES SELS D'OR DANS L\u2019ARTHRITE RHUMATOÏDE 133 DAWSON, W.H.\u2014 Boots R.S.: Tyson, T.L.: Gold Salts in treatment of Rheumatoid .Arthritis.American Physicians, 36, 330, 1941.FREYBERG, R.H.\u2014 Gold Salts in treatment of chronic arthritis: Metabolic and clinical studies.Mayo Clinic, 17, 534 (Oct.1, 1942).CECIL, R.L.\u2014 Kammerer W.H.: de Frume, F.J.: Gold Salts in treatment of Rheumatoid, study of 245 cases.Am.Int.Med., 16, 811, May 1942 SNYDER, G.\u2014 Traeger, C.: Present status of gold salts therapy in Europe and America in treatment of chronic arthritis.New York State Medical Journal, 44, 45 (Feb.1, 1953).BERNARD I.Comroe \u2014 The use and abuse of Gold Salts in Rheumatoid Arthritis.J.A.M.J.(July 21, 1945) 848.BAYLES T.Hall F.\u2014 A yardstick for Rheumatoid Arthritis.New - England Medical Journal 228-418-421 (April 1, 43).STEINBROKER \u2014 Arthritis. LE MÉDECIN DE: FAMILLE.SA PLACE DANS LA PRATIQUE DE LA MÉDECINE MODERNE par RENE LEBEAU C\u2019est le titre d\u2019une causerie radiophonique donnée, le 20 août 1946, à la population des États-Unis et du Canada, par le docteur Wingate M.Johnson ; celui-ci est professeur de Clinique médicale à l\u2019École de Médecine Bowman Gray + \u2014 College Wake Forest \u2014 et Président du Comité de Médecine générale de l\u2019Association américaine.Le sujet est tel qu\u2019il a fourni l\u2019occasion d\u2019un très bel article paru dans le numéro de novembre 1946 de l\u2019Union médicale du Canada et que son auteur, le Sénateur Gustave Lacasse à intitulé: « Une institution qui s\u2019en va» « De nos jours où la médecine s\u2019oriente de plus en plus vers la spécialisation, il importe d\u2019assurer au praticien un avenir permanent, car ses services sont essentiels au bien-être de tous et à l\u2019équilibre de la profession médicale ».(Johnson) Mais, pourquoi cette tendance à la spécialité est-elle si répandue, se demande le docteur Johnson ?Selon lui, plusieurs causes l\u2019expliquent.Une des principales, durant la guerre 1939-45, semble provenir du rang et du salaire élevés qu\u2019on accordait au spécialiste dans les forces armées ou navales.La nature humaine étant ainsi faite, le jeune officier se laissait facilement gagner aux attraits de cette ambiance.Le résultat, c\u2019est qu\u2019un nombre étonnant de médecins vétérans désirent, à l\u2019heure présente, se spécialiser plutôt que de poursuivre leur carrière en médecine générale.[134] LE MÉDECIN DE FAMILLE.135 Par ailleurs, il appert qu\u2019une foule d\u2019hôpitaux imposaient et imposent encore un diplôme de spécialité à chacun des membres de leur personnel médical; le même règlement est appliqué pour les professeurs des universités américaines.Aussi, faut-il signaler que, dans la plupart de ces institutions, le genre d\u2019enseignement actuel n\u2019est pas sans aiguillonner un peu à tort la mentalité des étudiants.De leur côté, les praticiens, témoins des groupes considérables de spécialistes travaillant dans les cliniques et les centres privés, essaient d\u2019obtenir le certificat qui leur permettra de s\u2019adonner à une branche de leur choix.Un dernier facteur, qui Jette également de l\u2019ombre au tableau, vient de la part du patient.Ses ressources pécuniaires et ses goûts du confort se reflètent souvent même dans les soins médicaux qu\u2019il apporte à sa personne ; il accepte volontiers les honoraires du spécialiste en qui il a une grande confiance.Et alors, quelle destinée attend le médecin de famille ?Ses chances de survie demeurent excellentes, répond le docteur Johnson.La majorité du public et des médecins croient que sans Jui notre situation ressemblerait à une pièce de théâtre où le premier acteur serait absent; son rôle est donc formidable: psychologique, social et économique.Certes, les adeptes de la spécialisation ignorent que, parmi le peuple américain, 85 pour cent des malades peuvent être traités avec satisfaction par un praticien compétent.À telles enseignes, un enfant atteint d\u2019impétigo sera convenablement soigné sans être soumis d\u2019emblée à toutes les analyses de laboratoire.La demoiselle, qui souffre de 136 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU dyspepsie nerveuse parce que son ami l\u2019a délaissée, estelle obligée en l\u2019occurrence de subir la série des épreuves gastro-intestinales ?Non, une bonne dose de sympathie et une potion calmante suffiront pour couper le mal à sa racine.Il ne reste que 15 pour cent des cas qui devraient être référés à des mains plus spécialisées.En 1932, le docteur Ray Lyman Wilbur, membre du Comité des Prix concernant les soins médicaux aux États-Unis, estimait que les spécialités étaient nécessaires à l\u2019exercice de la médecine dans une proportion avoisinant 18%.Aujourd\u2019hui règne la prospérité, et c\u2019est le spécialiste qui recueille le gros lot du revenu.Lorsque les choses reprendront leur cours ordinaire, le praticien ne tardera pas à réintégrer ses droits dans l\u2019organisme familial.Comment cette œuvre de restauration s\u2019effectuera-t- elle ?Le professeur Johnson le dit en termes clairs et précis.Les moyens sont multiples.« C\u2019est d\u2019abord l\u2019érection d\u2019hôpitaux dans des régions stratégiques.à savoir les petites villes et les localités bien aménagées.Un autre projet, mis de l\u2019avant par certains périodiques médicaux, notamment le « New York State Journal » (15 juillet 1946), serait d\u2019exiger de tout candidat qui veut se consacrer à une science particulière deux années et davantage de pratique en clientèle générale.Cette initiative procurera sans doute au spécialiste une formation plus solide et plus vaste, ou encore incitera le jeune disciple d\u2019Esculape à ne pas quitter le noble métier de ses débuts.Cependant, il se dresse quelques obstacles susceptibles de faire hésiter les meilleures volontés.D\u2019après un récent article publié par M.M.S.A.et S.B.Thompson, dans le Journal de 1\u2019Association Médicale Américaine, on accuse LE MÉDECIN DE FAMILLE.137 le praticien de faillir à la tâche d\u2019une double manière: c\u2019est que, parfois, il néglige d\u2019envisager la gravité d\u2019un problème et d\u2019observer à la règle les limites de ses fonctions.Surchargé de besogne, il peut méconnaître, faute d\u2019une radiographie, l\u2019existence d\u2019une fracture de poignet ou se tromper sur le diagnostic d\u2019un cas de dysentérie amibienne en l\u2019absence d\u2019une protoscopie et d\u2019un examen microscopique.L\u2019attention et des recherches plus poussées sauront éviter de telles erreurs.Beaucoup s\u2019imaginent perdre la partie quand ils ne peuvent eux-mêmes traiter toutes les maladies pour lesquelles on les consulte.Le médecin de famille consciencieux assumera ses responsabilités vis-à-vis son patient, à l\u2019instar de l\u2019entrepreneur en ce qui regarde la construction d\u2019un édifice; celui-ci s\u2019entoure d\u2019ingénieurs et de manœuvres dûment qualifiés; celui-là devra, en maintes occasions, recourir à l\u2019habileté du spécialiste ou du chirurgien pour les cas qui dépassent sa propre compétence.» Ici, comme en d\u2019autres domaines, l\u2019éducation vaut son pesant d\u2019or.C\u2019est l\u2019opinion du docteur Johnson qui résume sa pensée en citant un texte du « New York Times : « Encourageons, dans nos écoles médicales, l\u2019étude et la thérapeutique de l\u2019homme tout entier.Rendons les programmes variés et favorables à la vocation du futur praticien.Qu\u2019on lui apprenne, outre les techniques modernes de la médecine et de la chirurgie, les rapports de la maladie avec la personnalité, les questions sociales et économiques.Mais, qu\u2019il connaisse bien les bornes de ses capacités ».Aussi, doit-on préconiser, sur une plus haute échelle qu\u2019il s\u2019en trouve actuellement, la création de cours qui amèneraient entre le stagiaire et le spécialiste des relations riches d\u2019idées et d\u2019expérience.À cette fin, il est souhaitable que les internes juniors prennent contact avec les malades des départements privés comme ceux de la clinique 138 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU externe et des salles publiques.Il y aurait avantage surtout de prolonger l\u2019enseignement post-universitaire à l\u2019hôpital, où une période minima de deux ans d\u2019internat serait requise ; une méthode analogue, plus complète assurément, serait celle-ci: une année passée en médecine générale, à laquelle succèderait par intervalles de six mois, un séjour régulier dans les divers services de pédiatrie, d\u2019obstétrique, de gynécologie et d\u2019anatomo-pathologie.Le Professeur Johnson conclut ainsi sa causerie : « La place du médecin de famille sera fermement établie grâce à la confiance loyale et généreuse d\u2019une clientèle que lui auront méritée son art et sa science.Cela a une portée profonde sur les intérêts vitaux de la nation.Sans lui, il est impossible que la médecine conserve son prestige et son caractère libre.En temps normal, les citoyens de la classe moyenne seraient fort importunés d\u2019aller d\u2019un spécialiste à l\u2019autre, si l\u2019État n\u2019endossait point le coût des honoraires ».Pour clore, le conférencier rappelle le témoignage encore vrai de Sir William Osler, qui écrivait en 1902: « I1 n\u2019existe pas d\u2019époque dans notre histoire ou le praticien fut aussi en vue et si florissant.Jamais ses jugements ne furent mieux appréciés, ni son influence aussi rayonnante.Sa valeur est la mesure de la nôtre.Ce qu\u2019il est, nous le sommes et le respect de la profession aux yeux de la société est marqué par l\u2019estime qu\u2019on lui attache ». RAPPORT DU SERVICE D\u2019ANESTHÉSIE DE L\u2019HÔTEL-DIEU POUR L\u2019ANNÉE 1945 par A.MARSOLAIS Les chiffres qui composent ce rapport sont dus au travail des anesthésistes suivants: les docteurs R.Rochette, M.Légaré, A.Marsolais, L.Longtin, J.-E.Barbeau, R.Lebeau et G.Dupuis.Au cours de l\u2019année 1945, 7125 anesthésies ont été administrées ; sur ce nombre, 669 ont été données à des malades âgés de 60 à 70 ans; 309 à des malades de 70 ans et plus.La préanesthésie varie selon les cas; en général, la veille de l\u2019opération, le patient absorbe un barbiturique que l\u2019on répète quelquefois le matin de l\u2019opération, une demi- heure à une heure avant l\u2019anesthésie, injection de Morphine, 15 à 44 de grain avec ou sans Atropine, ou de Dilaudid, 1/64 a 1/32 de grain.Pendant les opérations, sauf celles de courte durée, les malades ont recu, en injections intraveineuses, du sérum salé ou glucosé; en 1945 on a donné a la salle d\u2019opération 147 transfusions de sang, et 193 de plasma.Pour toutes les interventions d\u2019une certaine importance, le sphygmomanomètre est appliqué à demeure et la pression artérielle est suivie.Telles sont les principales précautions dont nous entourons nos malades avant et pendant l\u2019anesthésie.Les divers modes d\u2019anesthésie se sont répartis dans les proportions suivantes: I° Générales: 5257, soit 73.8% II° Locales: 1339, soit 18.8% III° Rachidiennes: 529, soit 7.4%.[139] 140 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Comme on peut le constater l\u2019anesthésie générale est encore très en faveur chez nous.(N\u2019oublions pas que nous sommes en 1945 ! Les rapports suivants pourraient bien voir ces proportions varier).Elle est donnée par voie rectale, intraveineuse ou respiratoire.Voie rectale.\u2014 L'anesthésie rectale par le tribromé- thanol a été administrée en solution à 244%, à 40 degrés Centigrades à la dose moyenne de 0.80 gr.par kilogramme de poids; cette anesthésie de base a été chaque fois complétée par le cyclopropane ou l\u2019éther ou les deux combinés.Quinze opérés seulement ont reçu de l\u2019Avertine au cours de l\u2019année, de janvier à avril, aucun de mai à décembre; cet anesthésique a cédé le pas au Pentothal.Voie intraveineuse.\u2014 Ce dernier, pour l\u2019anesthésie par voie intraveineuse, est employé en solution à 5%, quelquefois à 215%; dans presque tous les cas d\u2019anesthésie générale, l\u2019induction se fait au Pentothal; 621 opérations ont été pratiquées sous anesthésie au Pentothal seul; on donne en même temps de l\u2019oxygène, sauf pour les opérations très courtes; nous dépassons très rarement la dose de 1 gramme de Pentothal; aussi le plus souvent nous l\u2019associons au cyclopropane, à l\u2019éther, ou aux deux à la fois.Un adjuvant précieux est entré dans notre arsenal anesthésique en 1945: le curare.Ce dernier n\u2019est pas un anesthésique, mais comme son action est de paralyser les muscles volontaires, il amène chez le sujet anesthésié un relâchement musculaire très apprécié au cours d\u2019opérations laborieuses.Nous l\u2019employons en injection intraveineuse ; comme première dose nous donnons de 2 à 4 ce selon le poids et l\u2019âge du sujet; l\u2019action de ce médicament dure de 20 à 40 minutes; puis nous répétons, mais les doses subséquentes doivent être moins fortes que la première ; le curare ne nous a donné que de bons résultats; toutefois nous ne l\u2019employons que très prudemment chez les malades ayant SERVICE D'ANESTHÉSIE DE L\u2019HÔTEL-DIEU 141 dépassé la soixantaine.La courbe de son usage a été à l\u2019inverse de celle de l\u2019Avertine comme l\u2019indique le tableau ci-dessous : MOIS Jan Fév Mar Avr Mai Jui Juil Aou Sep Oct Nov Déc Avertin 3 5 43 00000 0 0 O Curare 60 1100000 1 0 2 12 Voie respiratoire.\u2014 L\u2019anesthésie par voie respiratoire est encore la plus employée dans nos anesthésies générales.Nous l\u2019administrons par la méthode ouverte : chlorure d\u2019éthyle, éther, chloroforme, ou par la méthode fermée avec absorption de C02, avec ou sans intubation: eyclopro- pane-oxygene ou cyclopropane-éther-oxygene.La méthode ouverte est surtout employée en oto-rhyno- laryngologie chez les enfants et les adolescents.Le chlorure d\u2019éthyle a été administré à 942 sujets, l\u2019éther ou la mixture chloroforme-éther (au ¥ ou au 44) à 785.Le chloroforme n\u2019est jamais employé seul.L\u2019anesthésie générale par la méthode fermée, avec absorption de C02 est employée pour administrer le cyclo- propane, seul ou combiné à d\u2019autres agents tels que l\u2019Ether, le Pentothal, le curare.Le cyclopropane seul (avec oxygène bien entendu) a été donné à 1164 opérés.Ce mode d\u2019anesthésie a beaucoup diminué au cours de l\u2019année, comme le montre le tableau suivant.Pourcentage des cas anesthésie au cyclopropane seul, par rapport aux opérations du mots: Par contre l\u2019association Pentothal-Cyclopropane-Oxy- gène a été en grande faveur, et 1828 interventions soit 25.6% ont été pratiquées sous cette anesthésie qui s\u2019est avérée très satisfaisante pourvu qu\u2019elle ne soit pas trop prolongée.En ce dernier cas, l\u2019Ether est un adjuvant précieux, et cet anesthésique qu\u2019on avait pratiquement mis de côté depuis 142 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU 40 36 32 28 yA 24 2 T 2 8 4 0 l\u2019emploi du Cyclopropane reprend de plus en plus d\u2019importance; en 1945, on a ajouté de l\u2019Ether au mélange Cyclo- Pentothal-Oxygène dans 103 cas.On a réalisé qu\u2019il vaut beaucoup mieux ajouter de l\u2019Ether que forcer la dose de Cyclopropane.Ce dernier est hypertenseur et fatigant pour le cœur.Nous avons dit précédemment l\u2019aide que le Curare peut apporter à ces anesthésiques généraux.L\u2019anesthésie intratrachéale a été pratiquée pour 115 interventions; cette méthode permet un meilleur contrôle respiratoire; elle est nécessaire lorsqu\u2019il faut donner au mélange anesthésique une pression positive, comme dans les interventions à l\u2019intérieur de la cage thoracique ; elle augmente le relâchement musculaire de la paroi abdominale; et elle permet d\u2019aspirer les sécrétions bronchiques pendant et après l\u2019opération.Les agents employés pour l\u2019anesthésie locale ont été surtout la Novocaine a 1 ou 2% soit pour les interventions courtes sur la peau ou le tissu cellulaire sous-cutané, soit pour abréger la durée de l\u2019anesthésie générale ; en oto-rhy- no-laryngologie, on emploie surtout la Scurocaine pour les SERVICE D\u2019ANESTHÉSIE DE L\u2019HÔTEL-DIEU 143 amygdalectomies chez l\u2019adulte.1339 anesthésies locales ont été faites au cours de l\u2019année.L\u2019anesthésie rachidienne a fait une courbe ascendante chez nous en 1945, comme l'indique le graphique ci-dessous : Percentage des anesthésies rachidiennes par rapport aux opérations du mois : AN E 10 /o NM ESQ Un total de 529 anesthésies Rachidiennes ont été administrées, dont 505 simples et 24 continues; les simples se sont partagées comme suit: 124 hautes, et 381 moyennes ou basses.Parmi les agents que nous avons employés, la Novocaine (cristaux) n\u2019a été utilisée qu\u2019une fois; par contre on s\u2019est servi du mélange Pontocaïne 1-% Dextrose 10% (hy- perbare) pour 485 cas, et de la Nupercaïne 1/1500 (hypo- bare) pour 43 cas.Nous ponctionnons généralement dans le 3e espace lombaire ; l\u2019anesthésie locale du point de ponction est pratiquée à l\u2019aide d\u2019une solution de Procaine et Ephédrine ; et cette façon le malade reçoit de 34 à 144 grain d\u2019Ephédrine avant la rachi et il est rare que nous assistons à une chute de pression alarmante au cours de ces anesthésies.Pour les opérations de plus de deux heures, nous avons employé la rachi continue au mélange Pontacaïne- Dextrose ou nous avons complété par l\u2019anesthésie générale.Cette dernière éventualité s\u2019est produite dans 101 cas, soit à cause de la durée de l\u2019opération, soit pour obvier à l\u2019état d\u2019anxiété de certains malades.Les injections intra-rachi- 144 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU diennes sont faites sans barbottage, et le malade couché ; après l\u2019opération, le pied du lit de l\u2019opéré est levé pendant vingt-quatre heures; il est maintenant très rare que nos opérés se plaignent de céphalée à la suite de la rachi-anes- thésie.Telles furent les activités du service d\u2019Anesthésie de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal en 1945.Le rapport de 1946 paraîtra sous peu. LE PROFESSEUR EUGÈNE ST-JACQUES J\u2019ai rencontré Eugène St-Jacques pour la première fois à son retour d\u2019Europe en 1900.Depuis lors a existé entre nous une précieuse amitié qui a duré jusqu\u2019à sa mort.Né à St-Hyacinthe le ler février 1872 Eugène St-Jacques était le fils du docteur Roch-Eugène St-Jacques, qui exerçait la médecine et la pharmacie dans cette ville et d\u2019Edith Plamondon.Après ses études classiques au séminaire de Saint-Hya- cinthe St-Jacqques s\u2019inscrit en 1891 à la faculté de médecine à l\u2019Université Laval de Montréal.Diplômé en 1895 il va ensuite étudier à New-York dans l\u2019espoir d\u2019y obtenir une bourse.Cet espoir ne s\u2019étant pas matérialisé il revient à St-Hyacinthe où il assistera son père dans son officine de pharmacien et dans sa clientèle médicale.À la fin de l\u2019année, il décide d\u2019aller en Europe.Il quitte donc St-Hyacinthe et se rend à Paris où il passera trois ans.Il y suit les leçons des maîtres de cette époque surtout du professeur Kirmissen, du professeur Pozzi et de son assistant, le Docteur Jayle.Pendant son séjour à Paris il décide de compléter ses études en Allemagne et se dirige d\u2019abord à Bonn, grand centre universitaire et médical.Il apprend alors l\u2019allemand et il fût toujours par la suite capable de lire et de bien parler cette langue.Après un séjour de neuf mois dans ce pays il revient pour quelques mois à Paris.[ 145 ] 146 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Ayant résolu de pratiquer la chirurgie à Montréal, il voulu s\u2019attacher à l\u2019Hôtel-Dieu comme interne.Il pose sa candidature au poste d\u2019Interne en Chef et est accepté par wy 7h 2 \\ 4 ve *, ?les religieuses.À cette date le personnel de l\u2019Hôtel-Dieu ne comptait que deux internes, le médecin-interne et l\u2019étu- diant-interne. LE PROFESSEUR EUGÊNE ST-JACQUES 147 Avant le retour de St-Jacques, le docteur Dion était médecin-interne et Edmond Bourque, qui demeure actuellement à Ottawa, était l\u2019étudiant-interne.Il avait été convenu que le docteur Dion attendrait le retour de St-Jacques pour lui céder sa place.Toutefois, le docteur Dion ayant trouvé un poste avantageux pour s\u2019installer, quitta l\u2019Hôpital trois mois avant le retour de St-Jacques.Alors, pendant trois mois, l\u2019internat de l\u2019Hôtel-Dieu se compose de deux étudiants de troisième année, Edmond Bourque et moi.Pendant ces mois nous signames les certificats de décès, et tous les autres documents, lettres, etc, et Jamais nos signatures ne furent disputées et jamais nous n\u2019avons eu aucun ennui.Au mois de juin 1900 St-Jacques enfin revenu est nommé médecin-interne avec Edmond Bourque comme étu- diant-interne.Presqu\u2019immédiatement, St-Jacques commence à recruter sa clientèle privée.Il meuble sa chambre qui le jour se tranforme en cabinet de consultation.Il s\u2019attacha surtout au Dr Brunelle et peu de temps après il opérait les patients des salles publiques.Un an après son retour, il abandonne l\u2019internat et est nommé médecin visiteur de l\u2019Hôtel-Dieu.Le docteur Brunelle eut toujours un grand respect pour St-Jacques.À cette époque le docteur Brunelle était professeur de Pathologie externe mais avant eu quelques attaques d\u2019angine il songea à laisser de côté l\u2019enseignement et à demander à la faculté de désigner le docteur St-Jacques comme son suppléant.Malheureusement pour St-Jacques, le professeur Brunelle mourut avant de faire cette suggestion à la faculté et St-Jacques n\u2019obtint pas cette nomination. 148 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU En septembre 1902 cependant, il est chargé du cours de bactériologie et d\u2019anatomie pathologique a la faculté.En 1904 il épousa mademoiselle Geoffrion.En 1907 il est élu adjoint à la clinique chirurgicale de l\u2019Hôtel-Dieu avec le Dr Marien et le Dr Merrill.En 1908 il devient agrégé en chirurgie clinique, le docteur Marien étant nommé professeur titulaire.Enfin en 1914 il est nommé deuxième titulaire de déontologie, chaire qu\u2019il abandonnera le 12 juillet 1921 quand il deviendra titulaire de la clinique chirurgicale à l\u2019Hôtel-Dieu.Jusqu\u2019en 1927 1l a travaillé dans service de chirurgie de l\u2019Hôtel-Dieu et c\u2019est pendant cette période que je l\u2019ai si bien connu.L\u2019impression que je garde de St-Jacques depuis les années que nous avons passées ensemble à l\u2019Hôtel-Dieu, c\u2019est qu\u2019il était un travailleur inlassable.Il étudiait beaucoup, lisait les revues médicales régulièrement et méthodiquement.Il faisait des annotations nombreuses et des ana- \u2018lyses complètes.Les observations de ces malades étaient toujours très détaillées.Ses cliniques étaient simples et claires, bien appréciées et bien suivies par les étudiants.En outre, il était un homme de méthode et d\u2019ordre.C\u2019était aussi un lettré, au style net et précis.Pendant son séjour à l\u2019Hôtel-Dieu, St-Jacques fréquentait assidûment les assemblées et les congrès médicaux.Il a même fait deux voyages en Europe pour assister aux congrès de la Société Internationale de Chirurgie.Membre du conseil de la faculté dès 1921 1] fut aussi président de plusieurs associations.Pendant plusieurs années il fut secrétaire du Bureau médical de l\u2019Hôtel-Dieu.Durant un quart LE PROFESSEUR EUGÈNE ST-JACQUES 149 de siècle j'ai travaillé à ses côtés, je l\u2019ai bien aimé, estimé et admiré.En 1932 il quitta l\u2019Hôtel-Dieu pour prendre charge du service de chirurgie, à l\u2019hôpital Ste-Jeanne d\u2019Are de Montréal.Il démissionna alors comme professeur de elini- que chirurgicale à l\u2019université de Montréal pour être nommé à une autre chaire, celle de professeur d\u2019Histoire de la Médecine.Le 6 mai 1942, la Faculté l\u2019honore enfin du titre de Professeur émérite.Après son départ de l\u2019Hôtel-Dieu je ne l\u2019ai rencontré que rarement mais notre amitié n\u2019en diminua par moins.Toutefois, à cette allure sa santé ne pouvait pas résister indéfiniment.De plus la maladie très pénible de sa jeune fille, qu\u2019il adorait, l\u2019avait bien déprimé.En mai 1944 il tomba atteint d\u2019une attaque d\u2019hémiplégie.Sa convalescence fût naturellement difficile, mais son courage et sa tenacité ne fléchirent pas.Au fur et à mesure que son état s\u2019améliorait il reprit un peu contact avec sa clientèle.En décembre, il décida de s\u2019inscrire pour deux interventions chirurgicales.Pendant qu\u2019il opérait le second cas, sentant qu\u2019il n\u2019aurait pas la force de continuer il demanda à son assistant de terminer l\u2019opération et lui céda sa place.Il put se rendre chez-lui, mais plus tard on le trouva étendu inconscient sur le paquet de son salon.Son œuvre était accomplie, mais par son courage héroïque il s\u2019était rendu à bout, sa main ne pouvait désormais plus tenir ni plume ni scalpel.I] y a pour moi quelque chose de beau et de noble dans la vie d\u2019un confrère qui, animé d\u2019une grande âme, a exercé sa profession jusqu\u2019à l\u2019instant où ses forces l\u2019ont complè- ment abandonné.Pendant trois années très pénibles il a survéeu mais finalement le 19-septembre de l\u2019année der- \u201cci - .- 150 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU nière il a succombé laissant pour le pleurer sa veuve, une jeune fille et trois fils.On m\u2019a demandé d\u2019écrire l\u2019éloge du Dr St-Jacques.Mais pour parler d\u2019un confrère tel que lui, travailleur, honnête homme, idéaliste, il m\u2019a semblé que le récit de sa vie prononcé par un de ceux qu\u2019il honorait de son amitié, était plus conforme à la vérité et que tout éloge serait inutile et superflu.Donald Hingston Nouvelle lodoforme Menthol Jour da sinusite et des infections lodures Camphre Ampoule de 1 cc.7 redpiraloired (En solution huileuse de des wosed faible acidité.) 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SOULAGEMENT BIENFAISANT est la réponse caractéristique de la Pyridiumthérapie Le soulagement symptomatique rapide que confère le Pyridium est extrêmement agréable au malade souffrant de symptômes urinaires douloureux tels que: douleur, mictions impérieuses et fréquentes, nycturie et ténesme.L'administration per os du Pyridium à la dose de 2 comprimés trois fois par jour, soulagera rapidement ces symptômes chez un grand nombre de malades ambulants, leur permettant ainsi de continuer des activités normales sans malaises appréciables.: L'effet primordial du Pyridium est essentiellement local; il agit directement sur la muqueuse du tractus génito-urinaire.Le Pyridium ne comporte aucune action sédative centrale ni narcotique.On peut administrer le Pyridium à doses thérapeutiques avec une sécurité quasi complète pendant toute l'évolution d\u2019une cystite, d'une pyélonéphrite, d'une prostatite ou d'une urétrite.DOCUMENTATION SUR DEMANDE PYRIDIUM (Phenylazo-alpha-alpha-diamina-pyridine mono-hydrochloride ) MERCK & CO.LIMITED Fabricants chimistes MONTREAL © TORONTO eo VALLEYFIELD "]
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