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Titre :
Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal
Éditeur :
  • [Montréal, Québec] :[Hôtel-Dieu de Montréal],1932-1947
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1947-07, Collections de BAnQ.

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[" Numéro 4 Quinzième année LE JOURNAL de L'HOTEL-DIEU DE MONTRÉAL ed ; = JUILLET- DÉCEMBRE 1947 Enme nos mains la drogue à donné des résultats satisfaisants.I! ne se produisit aucune complication pulmonaire postopératoire et il n\u2019y eut aucun décès résultant de l\u2019opération.Vu son efficacité manifeste et la sécurité qu\u2019il offre, sa popularité grandissante est justifiée, et la recherche de nouvelles applications possibles chez les patients à qui l'on administre des anesthésiques inflammables par inhalation semble tout-à-fait justifiée.\u201d Ruth, H.S., Tovell, R.M.; Milligan, A.D., Charleroy, D.K.PENTOTHAL LE PENTOTHAL SODIQUE, 3 Sa Popularité grandissante est-elle justifiée?SODIQUE Jour.Am.Med.Assoc.113: 1864 (18 nos.1939).Laboratoires ABBOTT, Lie 20 Chemin Bates, Montréal TIRAGE CERTIFIÉ : 2350 EXEMPLAIRES SOMMAIRE DU No 4 Juillet-décembre 1947 ALBERT JUTRAS : A la mémoire du professeur Antonio Barbeau ALBERT LeSAGE : PIERRE MASSON : Antonio Barbeau et la France - FRANCIS L.McNAUGHTON : Doctor Antonio Barbeau W.PENFIELD : ALBERT JUTRAS : Doctor Barbeau and the Nation JEAN SAUCIER : Antonio Barbeau, le neurologiste L'ABBE A.-M.LEMOINE : EUGENE ROBILLARD : Antonio Barbeau, physiologiste JEAN-LEON DESROCHERS : Le docteur Barbeau et l\u2019enseignement NOËL MAILLOUX, O.P.: Le docteur Antonio Barbeau et la psychologie eee ee eee J.A.LUSSIER : Richesse morale du docteur Barbeau PAUL DUMAS : Antonio Barbeau, humaniste JEAN-MARIE MORIN : médecine canadienne-française EDOUARD DESJARDINS : l\u2019Hôtel-Dieu V3.\u2026 L\u2019OEUVRE ÉCRITE D\u2019ANTONIO BARBEAU : SOMMAIRE DE L\u2019ANNÉE 1947 Visite à un cénotaphe Homage to Antonio Barbeau Le bon Docteur Le docteur Barbeau, ambassadeur de la Antonio Barbeau et le Journal de Bibliographie 211 217 226 236 238 243 248 253 259 263 269 273 276 281 288 293 307 COMME HYPOTENSELUR.COMPRIMÉ CHOLYL NADEAU X LABORATOIRE NADEAU LTÉE - 100, rue St-Paul Duest - MONTREAL Jull.-Déc.1947 RÉDIGER son TESTAMENT est la chose la plus importante de la vie.AVEZ-VOUS PENSE AU VOTRE?CONSULTEZ-NOUS Société d'Administration et de Fiducie Administratrice et fiduciaire 5 EST, RUE ST-JACQUES - MONTRÉAL - Téléphone : PLateau 3821 (Immeuble Crédit Foncier Franco-Canadien) AGENCES: QUÉBEC - WINNIPEG - REGINA - EDMONTON - VANCOUVER 3 nécessités de la lutte contre l'agent infectieux : Laboratoires R.Savoire 1) Entraver son développement.Vendôme - France 2) Réaliser l\u2019antisepsie intestinale.3 hépatique, rénale.3) Provoquer une diurése, une chasse expulsive.Antisepsie intestinale, hépatique, urinaire PYOCOLINE 6 a 10 comprimés glutinisés par jour.3 composants de Pyocoline correspondant point par point : 1) Chlorure d'ammonium c.p.coun.0.25 gm.Canada : 2) Chlorhydrate d'orthoxyquinoléine .0.05 gm.Laboratoires Jean Olive 3) Hydrate de Terpine ee 0.03 gm.200, rue Vallée, Montréal pour | comprimé.Juil.-Déc.1947 nN Calme preoperatotre et bien-être postoperatotre Le Demerol, analgésique puissant, antispasmodique et sédatif, calme rapidement l\u2019appréhension et l'excitation qui précèdent l'intervention chirurgicale.Outre la sédation psychique, le Demerol favorise l'anesthésie, diminue la quantité de substance anesthésique requise et supprime efficacement les sécrétions.Comparé à la morphine, le Demerol n'entraîne pratiquement aucun risque de dépression respiratoire et occasionne beaucoup moins de nausées et de vomissements.Le bien-être POSTOPÉRATOIRE est assuré sans gêner le réflexe de la toux ou de la motilité intestinale, et sans danger appréciable de rétention urinaire.Les, malades de tous âges, indépendamment du genre de chirurgie ou de la gravité du mal, répondent favorablement au médicament.Ampoules (2 cc, 100 mg.); fioles (30 cc., 50 mg./cc.); comprimés (50 mg.); poudre (15 gm.) pour fins d'ordonnances.Accepté par le Conseil Amer.Med.Association DEMEROL HYDROCHLORIDE Marque du chlorhydrate de meperidine (isonipecaine) Prescription pour narcotiques requise.Avertissement: Sujet a accoutumance.DOCUMENTATION ENVOYEE SUR DEMANDE | A lr \u2014 -\u2014 WINTHROP-STEARNS DEMEROL, marque de commerce enregistrée.NEw YORK 13, 'N.Y.WINDSOR, ONT.Winthrop Chemical Company, Inc.et Frederick Stearns & Company sont maintenant fusionnés et connus sous le nom de Winthrop-Stearns, Inc.1019 Elliott Ouest, Windsor, Ont.Juil.-Déc.1947 423 est, rue Ontario, Montréal.P.Q. SUPPOSITOIRES AMYG-BIS UN SEUL SUPPOSITOIRE \u2014 JAMAIS PLUS DE DEUX Amygdalite L J Gingivostomatife Laryngite 1 Angine de Dysphagie Plaut-Vincent Naso-Pharyngite % Adénopathie Heptadiencarbonate de Bismuth \u2014 Succinate de Benzyl et Sodium Vitamine \u201cC\u201d \u2014 Phénylsemicarbazide.Deux formules : Enfant \u2014 Adulte Présentation : Boîte de 2 et de 12 suppositoires Echantillons sur demande à Messieurs les Médecins seulement.Spécialité des Laboratoires [ASGRAIN 8 [HARBONNEAU UNIVERS PHARMACEUTIQUE ET MEDICAL Ce Juil.-Déc.1947 IV TRAITEMENT DE LA TOUX bid) ECTOCRINE { OCRINE | pment IS © or SRN SYR \u20ac wo RECTOCRINE 7 pag 0 IRUET IA ASE SUPPOSITOIRES RECTOCRINE Carbonate de gaiacol Aminophilline Sulfogaiacolate de Pofassium Succinate de Benzyl et Sodium Camphosulfonate de Sodium Vitamine B, Deux formules : Enfant \u2014 Adulte Présentation : Boîte de 12 suppositoires e Echantillons sur demande à Messieurs les Médecins seulement.e Spécialité des Laboratoires [ASGRAIN & [HARBONNEAU UNIVERS PHARMACEUTIQUE ET MEDICAL Juil.-Déc.1947 Vv ULFAMIDOTHÉRAPIE \\PFFICACE [BJ ACTERIOSTATIQUE us En Tubes de 1 once et Pots de 4 et 16 onces.POUR BLESSURES, BRÛLURES ET ÉCORCHURES Composition du Vitazole : Huile de Foie de Morue ° Sulfanilamide esse Sulfathiazole comms Dans les cas de brûlures, blessures et écor- Urée chures, Vitazole antiseptise la plaie et ONGUENE .\u2026.\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026rrenerscecverrerenererseneerserssenenms encourage la formation de l\u2019épithélium.e LE VITAZOLE E.B.S.possède la proprié- A chaque gramme est ajouté : té bactériostatique des sulfamidés, jointe Vitamine À memes 1,000 Unités Int.à l\u2019action bactéricide de l\u2019Huile de Foie Vitamine Dotter 100 Unités Int.de Morue.ro * THE B.[3, Shurriewonts CHEMICAL CO., LTD.TORONTO, CANADA Juil.-Déc.1947 VI Lssurance d\u2019un DIAGNOSTIC FERME par le KELEKET combiné KxP-100 Ce poste trés compact et peu encombrant vous donnera de la fermeté dans votre diagnostic et assurera une protection absolue à vos patients.Une pièce aussi exigué que 8 par 10V2 pieds suffit à l\u2019usage adéquat de toute cette installation radiographique et fluoroscopique.Le contrôle Multicron exécute instantanément et automatiquement les opérations essentielles qui d\u2019habitude se font à la main.Par sa grande énergie radiologique et sa table basculante à trois positions, cette combinaison répond à tous les besoins radio- graphiques et fluoroscopiques.Pour plus amples renseignements, au sujet du Keleket Combiné KXP-100, demandez par écrit à la Compagnie le catalogue B6444.261 Davenport Rd., Toronto 5 QUEBEC - MONTREAL - WINNIPEG - EDMONTON - CALGARY - VANCOUVER Juil.-Déc.1947 VII POURQUOI CET APPAREIL DE RAYONS X PORTATIF DANS VOTRE CABINET DE CONSULTATION?Le fait que des milliers de médecins emploient aujourd hui 1 appareil a Rayons X Veuillez avoir I'obligeance de m\u2019envoyer Modèle F Portatif de G.E.constitue la des renseignements sur l'appareil à Rayons preuve la plus convaincante de sa valeur x Modèle F Po rtatif G.E.reconnue.Nom De tous les avantages offerts par cet appareil, la qualité des radiographies qu'il Adresse réalise ne le cède en rien à celle d'aucun autre instrument.Vous apprécierez aussi Ville la haute qualité de la main-d'œuvre à tous i égards Province J C13 Le placement modéré qu'il nécessite et la valeur exceptionnelle d'un Modèle F dans votre pratique médicale, justifient VICTOR X-RAY CORPORATION of CANADA, Ltd.certainement votre demande de rensei- .' .TORONTO: 30 Bloor St, W.- VANCOUVER: Motor Trans.Bldg., 570 Dunsmuir St.gnements.Adressez-nous aujourd hui le MONTREAL: 600 Medical Arts Building - WINNIPEG: Medicol Arts Building coupon ci-contre.DISTRIBUTORS FOR GENERAL ELECTRIC X-RAY CORPORATION Juil.-Déc.1947 VIII Le Journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal Fondé en 1932 par Oscar Mercier Léo-E, Pariseau Ernest Prud'homme Ernest Trottier BUREAU DE DIRECTION ALBERT JUTRAS.Président EDOUARD DESJARDINS, Secrétaire-trésorier | ANTONIO BARBEAU.Rédacteur-en-chef [PAUL DUMAS, Secrétaire de la rédaction Le Journal de I'Hotel-Dieu est un journal médioaf rédigé en collaboration.Les auteurs des articles restent seuls responsables des opinions émises sous leur signature.\u2014 No 4 Juillet-Décembre 1947 \u2014 \u2014 A LA MÉMOIRE DU PROFESSEUR ANTONIO BARBEAU Depuis longtemps il prévoyait sa fin.Sans nulle plainte, sans broncher, il regardait son sort bien en face.Il méprisait la résignation, la plus triste forme du malheur.I] aimait le poids et la multiplicité des besognes, jugeant l\u2019inaction pire que la tombe.Avec son beau sourire, il prêtait l\u2019oreille quelques secondes aux suppliques des amis qui tentaient de préconiser repos ou tout au moins restriction du surmenage; mais quelque chose dans son attitude avertissait de l\u2019irrémédiable inutilité de tels conseils.Le regard suivait au loin un mystérieux nuage.Au fond des yeux, s\u2019accusait la volonté d\u2019aller sans fléchissement et aussi loin que possible vers son rêve.Il mourut tel que prévu: dans la force de l\u2019âge, au travail, en pleine aventure.Ce voyage en France, il l\u2019entreprit en toute connaissance du risque.La veille de mon départ pour l\u2019Europe en octobre dernier, il me dit: « Tu en as une chance d\u2019aller à Montpellier.J\u2019ai bien désiré y retourner avant de mourir».À quoi je rétorque en feignant la naïveté: « Mais, mon cher, tu te prépareras et tu y vas l\u2019an prochain ».Sans badiner, il me répond: « Je serai mort ».[211] LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Dès mon arrivée a Montpellier, j\u2019ai rapporté ces propos au Recteur Jean Sarrailh et au Doyen Giraud de la Faculté de Médecine.Sous le coup de l\u2019émotion, ils rédigèrent extemporanément une invitation officielle et pressante à une série de conférences.Dans cette Université où sept siècles de gloire attirent les intellectuels de toutes les parties du monde, le souvenir de Barbeau s\u2019était gravé.Considérez qu\u2019il y avait passé une seule année à l\u2019âge de vingt-quatre ans, alors qu\u2019il venait à peine d\u2019obtenir son doctorat à Montréal.Chose étonnante, tous les professeurs de la Faculté s\u2019enquéraient de Jui comme d\u2019un ami très cher.Je revois la lumière dans la fine figure du Professeur Euzière quand je lui racontais la carrière de son élève.Et cette vieille dame qui me serrait dans ses bras et pleurait en disant: « Vous ne savez pas comme nous l\u2019avons aimé ce petit-là.Dites-lui bien que nous ne l\u2019avons jamais oublié ».Au cours d\u2019une réunion, une vingtaine de professeurs \u2014 les Doyens Euzière et Giraud en tête \u2014 écrivaient une lettre collective à Barbeau réaffirmant leur affection et sollicitant une visite.Ces témoignages le déterminèrent à tenter la traversée aérienne.Il disait: « Ce sera sans doute mon dernier voyage; il faut que ce soit le plus beau ».Ayant soupesé tous les dangers, il s\u2019envola vers la terre de France où on lui préparait des fêtes et des honneurs.Entouré de sa femme et de ses enfants, il s\u2019endormit à jamais dans la sympathie de cette ville de Paris où vingt-deux ans plus tôt, malgré la science du chirurgien, il perdait un rein et commençait un long calvaire d\u2019insuffisance et de coliques néphritiques.Le cycle se fermait où il avait débuté.Les maîtres urologues de France épuisèrent encore une fois les possibilités de la médecine, luttèrent avec le maximum du dévouement jusqu\u2019à la fin.Le miracle que tous souhaitaient ne s\u2019est pas produit. A LA MEMOIRE DU PROF.ANTONIO BARBEAU 213 Quand la nouvelle parvint à Montréal, elle consterna la population.Antonio Barbeau, durant sa carriére météorique et prodigieuse, avait jeté à larges mains et dans tous les milieux, les trésors de son esprit et de son cœur.Ses patients se trouvèrent en désarroi.Avec la même bonté et la même tension de son intelligence, il avait soigné les pauvres et les riches, les petits et les grands, les aliénés et les simples anxieux, les paralytiques et les jolies dames, les criminels et leurs juges.Sa clientèle avait atteint une ampleur à peine croyable en regard des heures qu\u2019il pouvait donner.Ses nerveux s\u2019accrochaient à lui par admiration, par confiance et par amitié.Il faut avoir vu l\u2019apaisement que procurait une parole de Barbeau, pour comprendre l\u2019efficacité de sa psychothérapie ainsi que l\u2019attachement de ceux qu\u2019il soulageait.Il joignait aux médicaments, les phrases opportunes et le bon soleil de son sourire.Antonio Barbeau, grand praticien, était aussi grand universitaire.Professeur titulaire de neurologie, il savait éviter les sentiers de la routine et l\u2019effet rétrograde des simplifications trop poussées.Répéter chaque année de sa vie les éléments d\u2019une science finit par abrutir, si en contrepartie, l\u2019on ne se livre pas à la recherche et à des formes supérieures d\u2019enseignement.Le Professeur Barbeau mettait de la passion à former ses étudiants mais il s\u2019attaquait aussi aux grands problèmes de sa spécialité et exposait périodiquement ses résultats, soit dans des publications, soit dans des communications aux sociétés savantes.Ex-professeur agrégé de physiologie, habitué et formé à la discipline objective des faits, à l\u2019observation des phénomènes dans la matière vivante, il était, en outre, docteur en philosophie et psychologue.Ainsi s\u2019explique l\u2019universalité de son cerveau. LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Les beaux-arts connurent ses ferveurs.Dans ses écrits, il joignait au souci de la précision, de l\u2019élégance et de l\u2019harmonie des mots, un raffinement dans la pensée qui le classe parmi ces poètes de la connaissance dont parle Valéry.Il était musicien, jouant excellemment le violon.Il aimait les arts plastiques.Sa collection de peinture atteste la finesse du goût, le sens de la beauté.Amoureux de la science, des beaux-arts, de la littérature ou plus simplement de la civilisation, Barbeau figure parmi les plus authentiques humanistes de notre génération.Chez lui, la culture des facultés intellectuelles n\u2019a jamais arrêté l\u2019épanouissement du cœur.Il était un grand chrétien.Entendez par là, que tout en se soumettant avec conviction aux pratiques du culte catholique, il ne reniait ni la charité, ni la miséricorde, ni l\u2019amour envers le prochain.Barbeau avait une conception très noble et très généreuse de l\u2019amitié.Pour lui, l\u2019ami n\u2019était ni le riche ni le puissant dont on espère quelque avantage, mais l\u2019Âme capable de s\u2019accorder aux vibrations de la sienne.Sa franchise, sa loyauté, son aversion de l\u2019hypocrisie, son détachement des honneurs et du pécule lui permettaient de combattre tous les genres d\u2019injustice avec la fougue du chevalier.On redoutait ses discussions, car, avec un entier dédain de la diplomatie, il défendait les principes auxquels il adhérait et les gens qu\u2019il respectait.Maintes fois, je l\u2019ai vu s\u2019écrier : « Cela ne se fera pas, ou j\u2019y laisserai ma peau !» Joyeux compagnon, il prenait plaisir à raconter des petites histoires et savourait les mots d\u2019esprit, pourvu qu\u2019ils fussent sans méchanceté.Des hommes de cette trempe et de cette qualité n\u2019abondent pas.Ceux-là, qui connurent le bonheur de vivre dans l'intimité, dans la sphère d\u2019influence du Docteur Barbeau, mesurent l\u2019immensité de la perte.Notre ami a terminé son beau voyage, selon une expres- À LA MÉMOIRE DU PROF.ANTONIO BARBEAU 215 sion qu\u2019il aimait.Son âme, soulevée par l\u2019air subtil et .bleuté des bords de la Seine qu\u2019il voulait revoir, est montée vers le ciel un matin de Juin, le 13 exactement.Il ne faut pas un bien grand effort d\u2019imagination pour se représenter le drame d\u2019une famille perdant son chef en pays lointain.Madame Barbeau et les deux enfants ont fait preuve de stoicisme a toutes les phases de la catastrophe; elle et eux se sont tenus avec une dignité qui ajouta beaucoup à l\u2019_émotion générale.Le courage, un fort élément de cohésion chez les Barbeau, permettra aux survivants de continuer leur chemin jusqu\u2019où notre ami aurait voulu les conduire.Le retour par bateau, six jours entre mer et ciel, fut peut-être pour eux la plus consciente des épreuves.Quand le train de New-York arriva à Montréal, le matin du 5 juillet, Antonio Barbeau achevait seulement d\u2019accomplir son destin.Il nous rappelait une dernière fois que la menace de la mort ne doit pas arrêter une mission.Et pendant que parents et amis s\u2019embrassaient dans les larmes, la multitude de la gare s\u2019affairait, chacun courant à ses joies et traînant ses peines.Ainsi va la vie.A la mémoire de son regretté rédacteur-en-chef, le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu consacre le présent numéro.L\u2019hommage s\u2019ajoute aux condoléances exprimées par la grande presse et tout spécialement par l\u2019article si pathétique et si juste de Roma Amyot dans l\u2019Union Médicale du Canada.Il a fallu de nombreux collaborateurs pour esquisser sous ses angles principaux, la personnalité d\u2019Antonio Barbeau.Que ces feuilles parfument et consolent le cœur de ceux qui l\u2019ont aimé: sa femme, son fils, sa fille, ses parents, ses amis, ses élèves, ses malades, ses collègues de l\u2019Université et des hôpitaux.ALBERT JUTRAS Eig BY Ao a x > ¥ £e * & Photo Albert Dumas Antonio Barbeau, étudiant en médecine BARBEAU Visite à un cénotaphe par ALBERT LeSAGE + La vie est ce qui meurt.(Valéry) On dit que novembre est un mois triste parce qu\u2019il évoque le souvenir de nos morts.Je ne suis pas de cet avis.Les vivants éprouvent des émotions pénibles sans être douloureuses.Au contraire, elles sont consolantes et douces si on possède la foi qui ressuscite !.Il y en a, parmi ces êtres, endormis pour toujours, qui sc révèlent sous un jour nouveau, tandis que nous avons continué de vivre malgré le choc d\u2019une séparation soudaine et imprévue.C\u2019est que, peu à peu, nous avons compris le sens du mystère qui nous avait échappé dans la surprise du premier jour.car nous n\u2019avons pas cessé d\u2019apprécier leurs qualités et leurs mérites.C\u2019est la récompense d\u2019une rude épreuve subie avec résignation, en songeant au destin qui nous attend.Sans doute, ils ont cessé d\u2019aller et de venir sous leur forme individuelle, mais ceux qui ont influé sur nous et dont l\u2019âÂme a pénétré notre âme, ceux*là ne cessent pas de vivre en nous.« N\u2019oublions pas que la vie n\u2019est qu\u2019une apparence grossière et décevante ».Puisque nous avons hérité le tempérament, les instincts, le tour et les habitudes de l\u2019esprit de nos morts, ou subi l\u2019influence heureuse d\u2019amis très chers, nous les sentons, davantage, agissants et présents à mesure que nous allons, plus défiants de ceux qui nous entourent, étrangers aux générations nouvelles et hostiles, et que nous nous éloignons, peu à peu, des spectacles de l\u2019existence.Ce [217] LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU 218 sont eux, alors, qui viennent au secours de notre lassitude, et, prenant le gouvernement de notre conduite, que nous leur abandonnons, ils pensent, ils veulent pour nous.Leur personnalité s\u2019est purifiée; elle nous apparaît sans le mélange d\u2019aucune des tares essentielles à l\u2019humanité.Ce sont eux, aussi, qui nous envoient, dans nos jours d\u2019épreuve, ces consolations inexpliquées, venues on ne sait d\u2019où, et qui font que nous nous étonnons de nous trouver une âme forte et le cœur apaisé.J\u2019en connais dont l\u2019image ou le souvenir de leurs morts fortifie comme la prière d\u2019une pénitente, prononcée avec ferveur aux pieds d\u2019une madone qui l\u2019observe avec miséricorde.Novembre n\u2019est pas un mois triste lorsqu\u2019on prête une âme, la nôtre, à ceux que nous avons aimés ou estimés, depuis qu\u2019ils reposent dans un monde invisible et serein après avoir souffert, supplié et pleuré ! Ces réflexions, et d\u2019autres, assiégeaient mon esprit durant cette méditation près du cénotaphe où repose notre cher ancien élève et ami Barbeau.J\u2019évoquais, là, quelques- unes des principales étapes de sa vie.1.Elève, il se distinguait déjà des autres par sa ponctualité, son attention, sa déférence, le souci de l\u2019ordre et surtout par ses succès.Son œil, profond et bienveillant, apercevait déjà, derrière l\u2019écran officiel, les scènes multiples de la vie du médecin: douloureuses ou réconfortantes, ingrates ou encourageantes, mais toujours empreintes d\u2019humanité, avec ses espoirs, ses déceptions et son « égocentrisme » impérieux.Dans des entretiens familiers dont je me souviens, il comprenait qu\u2019un médecin ambitieux et instruit ne peut pas résoudre le problème des effets aux causes sans chercher, dans les études philosophiques, la logique, indis- VISITE À UN CÉNOTAPHE 219 pensable, qui puisse le guider à travers les routes innombrables de la connaissance humaine.Il poursuivit donc, concurremment avec ses études médicales, celle de la philosophie, parce que la responsabilité est en jeu dans l\u2019exercice d\u2019une telle profession.Il est docteur en philosophe de l\u2019Université avant de posséder le diplôme de docteur en médecine.Que de conversations nous avons échangées sur le rôle de l\u2019hypothèse, les subtilités de la métaphysique, et les exigences du syllogisme avant la preuve expérimentale, en médecine, laquelle, selon Léonard de Vinci, est «mère de toute certitude et de toute sagesse ».Que de discussions sur l\u2019avenir de la science |.Thomiste, il citait volontiers Renan sur ce sujet, en particulier, ce passage: « La science, a écrit cet auteur, préserve de l\u2019erreur plutôt qu\u2019elle ne donne la vérité.On se trompe moins en avouant des choses qu\u2019on ne sait pas ».Barbeau, catholique militant, se réjouissait de surprendre cet encyclopédiste en délit de contradiction quand sa prudence tempérait son enthousiasme ou atténuait sa constante ironie.Je suis de l\u2019avis de René Doumic, disait-il, lorsqu\u2019il affirme que le christianisme a sauvé la culture antique et en a fait, aux temps nouveaux, le don libéral et magnifique.« La culture antique et la morale chrétienne, a écrit cet académicien, n\u2019est-ce pas à ces deux bienfaitrices que nous devons tout ce que nous sommes ?Nos origines sont 1a; c\u2019est là qu\u2019il faut remonter, si l\u2019on veut voir notre pensée se former dans son principe et notre sensibilité naître en sa source.» Barbeau éprouvait un si grand bonheur, en citant ce maître, que toute sa vie intérieure se reflétait dans sa figure et dans son attitude. 220 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Quel beau souvenir !.L\u2019élève était devenu un maître.Déjà, nous pouvions prédire quelle serait son orientation: le système nerveux.C\u2019est ce qui arriva.2.Boursier.En 1924, il obtient une bourse d\u2019études de la Fondation Rockefeller.Durant trois années, il poursuit des travaux de recherches à Harvard avec le professeur Forbes, puis, plus tard, a Montpellier, avec le physiologiste Hédon.Puis, il revient à Montréal, muni de certificats attestant son ardeur au travail, ses aptitudes et ses succès.3.Assistant.Il entre au laboratoire de physiologie ; il devient assistant à la chaire et, plus tard, agrégé.4.Agrégé.Sa thèse est remarquable; elle est intitulée « sur la fréquence des influx nerveux au cours des reflexes de flexion ».Elle est datée de décembre 1930.On y trouve tous les signes distinctifs de maturité d\u2019un esprit philosophique s\u2019appuyant sur l\u2019anatomie et la physiologie.Il en rend hommage à ses anciens maîtres en écrivant ce qui suit: « Deux maîtres de chez nous ont particulièrement orienté notre mentalité médicale.L\u2019un nous a appris à penser cliniquement en physiologie; l\u2019autre, à penser physiologiquement en clinique.Une providence vraiment paternelle a -voulu que l\u2019un et l\u2019autre siègent sur notre jury d\u2019agrégation ».De ces trois membres, un seul vit encore.Veut-on savoir comment raisonne un médecin instruit, philosophe, âgé de 30 ans ?Relisons ensemble quelques passages du « prologue ».« Il existe deux conceptions des problèmes biologiques, dit-il.Certains croient que la vie leur ajoute un quelque VISITE À UN CÉNOTAPHE 221 chose d\u2019inconnu, les modifiant, les caractérisant, les spécifiant.D\u2019autres affirment que les lois physico-chimiques ne sont pas intrinsèquement perturbées du fait qu\u2019elles jouent dans un organisme vivant: elles sont plus complexes.Cette complexité confère à l\u2019étude des phénomènes de la vie sa difficulté inhérente.« Sans toucher a 1\u2019aspect philosophique du sujet, nous nous devons, en tant que scientifiquement, de pousser l\u2019hypothèse mécaniciste, de voir dans les différents domaines, Jusqu\u2019où elle peut conduire et quels renseignements elle nous permet d\u2019accumuler.C\u2019est, en définitive, depuis, surtout, Claude Bernard, l\u2019orientation de la physiologie et de la médecine moderne.« L'histoire de nos connaissances présentes sur le système nerveux nous fournit une démonstration topique de la lutte incessante et de la victoire laborieuse du fait, de l\u2019expérience, de l\u2019expérimentation contre les idées générales aprioristes.A l\u2019heure actuelle, plus de théories simplistes permettent, par le jeu de quelques mots magiques, de tout expliquer, de tout comprendre.Des faits, des séries de recherches, des explications tout à fait immédiates, parfois quelques hypothèses plus considérables, dont la valeur heuristique réalise une incitation à des enquêtes nouvelles.« À la lumière de cette discipline, la neurologie clinique fouille les fonctions, les topographies, les relations des appareils nerveux, cherche les causes, les pathogénies, les thérapeutiques des perturbations morbides.La physiologie - nerveuse expérimentale de notre époque aborde les mêmes problèmes, sous des angles différents, à l\u2019aide de procédés autres.Elle fait plus.Le rêve millénaire des philosophes et des savants la hante toujours; elle scrute la nature du fluide nerveux; elle désire connaître les mécanismes prochains de sa propagation et la technique de ses multiples 222 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU actions.Probléme essentiel, le seul qui vraisemblablement äidera à la solution de tous les autres, cliniques aussi bien que physiologiques.Ce que nous en savons dès maintenant ne nous permet-il pas, non seulement de supposer, mais d\u2019affirmer que le fonctionnement naturel du système nerveux dans le tonus, la rigidité décérébée, la contraction volontaire et la perception sensorielle est identique à ce que nous observons a la suite de nos excitations expérimentales 2 D\u2019ailleurs, tout est dans tout.Et selon 1\u2019expression de Claude Bernard: «Il n\u2019y a en médecine qu\u2019une science: la physiologie appliquée a 1\u2019état normal comme a 1\u2019état pathologique ».«Où en sommes-nous donc aujourd\u2019hui dans cette exploration fondamentale ?La nature de l\u2019influx nerveux demeure insaisissable.Nous commençons à voir clair dans les mécanismes.Une multitude de faits se sont accumulés.Déjà quelques théories nouvelles ont vu le jour.Lapicque et son école ont établi la notion de la chronaxie et tenté l'interprétation des fonctions nerveuses, en particulier des fonctions réflexes en termes de relations chronaxiques entre les différents neurones.Sherrington, en plus des données que fournissent l\u2019excitation et la conduction dans le nerf, admet, au niveau des synapses, l\u2019existence d\u2019un état ou d\u2019un agent E, de nature encore indéterminée, mais dont le comportement, différerait de celui de la fibre nerveuse en certains points.« Weiss a prétendu que la coordination reflexe s\u2019expliquait en vertu d\u2019un principe impliquant ou ressemblant à la résonance.« Toutes ces théories, hormis la dernière, ne sont pas exclusives l\u2019une de l\u2019autre.Peut-être, dans un avenir plus ou moins rapproché, seront-elles appelées à se compléter.« Quoi qu\u2019il en soit, tout cela montre l\u2019extrême complexité du problème en litige.Dans tous les pays du monde, VISITE À UN CÉNOTAPHE 223 des pléiades de chercheurs apportent des pierres qui serviront aux constructions définitives de demain.Ce chapitre bien spécialisé de la physiologie n\u2019est pas écrit; il se fait.Cela le rend d\u2019autant plus difficile et d\u2019autant plus passionnant.Cela oblige à tout seruter, à rechercher les mécanismes, parfois les pourquoi de toutes les conditions et de toutes les constatations en physiologie et en clinique nerveuses.Il n\u2019y a pas de petites recherches.Il n\u2019y a que de petits chercheurs.On ne sait pas encore sous quel boisseau la lumière est cachée » J\u2019ai cité son évangile scientifique.Quelle admirable façon de poser un problème.Il réfléchit et compare avant d\u2019agir afin d\u2019en tirer un argument démonstratif ou de tracer un sillon pour les élèves, sinon pour un autre chercheur mieux avisé en pareille matière.« Je pense, et la pensée, éclatante lumière, S\u2019échappe du sein de l\u2019épaisse matière ! ».Ce fût sa saine maxime.5.Titulaire.Puis, Barbeau devient professeur titulaire de neurologie; l\u2019Hôtel-Dieu crée, pour lui, un service qu\u2019il dirigera jusqu\u2019à sa mort.Il y faisait son enseignement.Il continue d\u2019étudier, d\u2019observer et de publier.Il devient rédacteur en chef du « journal de l\u2019Hôtel-Dieu ».Il pense et écrit admirablement.L\u2019Institut de neurologie, de McGill, le nomme médecin consultant de cette importante maison spécialisée.Mais il se sent attiré, quand même, vers la Faculté de Philosophie dont il est un de ses professeurs.Il ne cache à personne ses préférences.On naît philosophe, on ne le devient pas.! « L\u2019âme », par Racine, fils. 224 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Il subit, plus tard, avec une hauteur d\u2019esprit remarquable, certaines défaillances de son entourage, qu\u2019il n\u2019avait pas pressenties.Il s\u2019adapte et prend position, car c\u2019est la vie qui passe !\u2026.mais l\u2019élève demeure sa principale préoccupation.Frappé dans son corps, il brûle les étapes de l\u2019esprit dont l\u2019activité incessante déborde les possibilités physiques, car il aperçoit, distinctement, les bornes de son horizon.Il en parle en souriant.Espoir ou certitude ?Dans un dernier élan il vole en France, où il succombe dans les bras de « sa mère », son ancienne patrie.Ce fût su dernière ascension ! 6.France.Quel drame entre la pensée et l\u2019action !.Il nous quitte à l\u2019heure où sa vie devient la plus utile.« Desseins de la Providence », disait-il, en songeant à ce qu\u2019il aurait voulu accomplir !\u2026.« Nous ne vivons pas, nous attendons de vivre », a écrit Pascal.Evidemment ! Mais, que de regrets dans cet aveu discret et fatidique !.Il eut, enfin, la suprême joie de sa vie: revoir « la personne morale » qu\u2019il préférait; celle dont l\u2019absence, durant la guerre, l\u2019avait attristé; celle qu\u2019il voulait réinstaller, malgré tout, dans ses droits et ses privilèges, à l\u2019Université, en particulier à la Faculté de Médecine car, disait-il, «la F'rance est essentielle à notre culture et à notre survivance, malgré les appels et les utiles collaborations de l\u2019américaine » l.7.Personnalité.Intelligence, esprit, courtoisie, fermeté, sérénité dans 1\u2019épreuve ou 1\u2019abandon, fidélité a ses mai- tres et à ses amis, dévoué à ses élèves, catholique convaineu, il conserva la « superbe » dans ses luttes pour les idées et les individus.ae mess VISITE À UN CÉNOTAPHE 225 Voilà, ce qui, selon moi, constitue un caractère, car il en fut un: exceptionnel |.Lorsqu\u2019on laisse une pareille succession a sa famille et à ses amis, on ne meurt jamais complètement, car un souvenir vivace féconde la mémoire du disparu ! Quelques heures avant sa mort, Rousseau, de Québec, ancien Doyen de la Faculté de Médecine Laval, disait à son entourage, dont je faisais partie: « je vais mourir ! j\u2019en remercie la Providence; elle m\u2019aura épargné la vieillesse ».Peut-être notre cher ami Barbeau a-t-il pensé ces paroles s\u2019il ne les a pas prononcées ! Non ! novembre n\u2019est pas un mois triste lorsqu\u2019on compte, dans la grande cité du silence, des maîtres, des parents très chers et des amis qu\u2019on ne saurait oublier ! « Le vent se lève !\u2026 T1 faut tenter de vivre» (Valéry). ANTONIO BARBEAU ET LA FRANCE par PIERRE MASSON On m\u2019a demandé d\u2019écrire un article intitulé: Antonio Barbeau et la France.Pour le rédiger, j'aurais pu faire appel à ma mémoire et me borner à relater les conversations que j\u2019eus avec lui dans ses dernières années, où il eut tant de fois l\u2019occasion de m\u2019exprimer ses sentiments pour la France malheureuse.Cela ne lui eût pas rendu pleine justice.Il n\u2019a pas, en effet, attendu le terrible 1940 pour prendre position et s\u2019instituer champion de l\u2019idée française.Pour elle il a lutté, il a parlé, il a écrit, pendant plus de 20 ans.Ses conférences, sa leçon inaugurale, ses articles forment un fonds documentaire auquel j'ai cru préférable de puiser.On me reprochera peut-être d\u2019abuser des citations.Mais puisqu\u2019il s\u2019agissait pour moi de montrer ce que pensait Barbeau, j'ai eru bon de lui laisser dire à lui-même: ainsi je suis assuré de ne pas le trahir.« Tout homme a deux patries, son pays et la France ».De nos jours ce slogan a beaucoup perdu, hélas, de son universalité, mais s\u2019il est resté vrai pour quelqu\u2019un, c\u2019est bien pour Antonio Barbeau.Canadien, il l\u2019était avant tout, certes, mais il a constamment manifesté son double patriotisme : il aimait le C'a- nada d\u2019abord et il aimait la France ensuite, pour eux-mêmes, et il les aimait ensemble parce que, pour lui, le Canada et la France ont tout avantage à s\u2019associer intellectuellement, le Canada profitant de l\u2019expérience de son aînée et celle-ci de la jeunesse du Canada.Suprêmement intelligent, d\u2019esprit vif et critique, caustique à l\u2019occasion, ami de l\u2019art sous toutes ses formes, il [ 226 ] ANTONIO BARBEAU ET LA FRANCE 227 joignait à une grande culture littéraire et philosophique, une impérieuse curiosité scientifique alliée à la modestie de ceux qui connaissent la limite de leur savoir.Par ses dons naturels, par ce qu\u2019il avait acquis, il réalisait dès sa sortie de l\u2019Université ce type auquel le Grand Siècle donnait le beau nom d\u2019« Honneste homme ».Nul n\u2019était mieux préparé que lui à prendre contact avec la France.Ce premier contact, il le perçut en Canadien.« Un beau matin de septembre, écrit-il, à l\u2019heure où le soleil se levait sur cette terre de France où nous venions chercher plus de lumière, nous arrivions au Hâvre.Nos impressions, étant faites de choses vues et de nos états d\u2019âme, nous crûmes quelques instants plus tard, débarquer chez nous.La traversée de la Normandie, si étrangement semblable par endroits à cette vieille province de Québec, continua l\u2019illusion.»* Et l\u2019illusion continua durant la courte escale a Paris, qui suivit, car il n\u2019y rencontra guère que des Canadiens français.Elle tomba brusquement dès son arrivée à Montpellier où il devait séjourner un an.L\u2019accueil qu\u2019y recut Barbeau fut excellent, mais l\u2019atmosphère méridionale était nouvelle pour lui.Sans doute dans cette ville qui était celle du regretté Dalbis, l\u2019élite intellectuelle connaissait l\u2019existence du Canada, mais elle réservait à Barbeau « une surprise bien pénible à qui aime son pays.Question de géographie mise à part, elle n\u2019en savait sur nous guère plus que le peuple.» Aucune aigreur, cependant.Il cherche à comprendre cette ignorance avec beaucoup d\u2019indulgence et d\u2019objectivité.« Ce n\u2019est certes pas mauvaise volonté.Ce n\u2019est pas manque de curiosité: le Français est un érudit et qui aime se renseigner.Pourquoi alors ?L\u2019acuité des luttes internationales, la crise économique et politique intérieure, la 1 Impressions de voyage.Propogande.Quartier Latin, 18 fév.1926. 228 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU tâche de tous les jours: autant de raisons pour ne pas penser à la petite nation, laissée en 1763 sur les rives du St- Laurent.Et puis nous sommes si loin.Et puis ! Et puis !.toujours est-il qu\u2019on ne nous connait pas.Veut-on nous connaître ?» « Pour savoir à quoi s\u2019en tenir sur la mentalité du Français, il faut avoir pénétré dans son intimité.Après un bon dîner, à l\u2019heure où lentement on déguste le café et le pousse-café, les fauteuils se rapprochent; on se parle entre quatre yeux, à cœur ouvert.Fatalement, on nous interroge sur notre pays, sur le milieu, sur les influences qui s\u2019y disputent la suprématie.C\u2019est le moment ou jamais de saisir l\u2019occasion aux cheveux, de retracer les grandes lignes de notre histoire et sa philosophie.Nous nous y sommes essayés à maintes reprises et toujours l\u2019épopée de notre petit peuple intéresse nos hôtes.À preuve, les nombreuses questions qui jaillissent comme des étincelles.À preuve encore le mot d\u2019un de nos amis, à notre départ: « Quand on a connu des Canadiens, on finit par aimer tout naturellement le Canada ».Cette propagande d\u2019homme à homme est peut- être la plus facile qui soit; en tout cas elle est à la portée de tout le monde.» Il faut croire que cette propagande fut bien habile puisque, plus de 20 ans après, la Faculté de Médecine de Montpellier s\u2019en souvenait assez pour inviter Barbeau, non plus à s\u2019instruire, mais à enseigner chez elle ! Flatteuse mémoire et fatal voyage ! De retour a Paris, il collabore activement avec le Comité de propagande canadienne-française, fondé en 1921 par l\u2019abbé Lionel Groulx.Il y a quelque mérite.Le Comité et ses buts n\u2019ont pas pour eux l\u2019unanimité des Canadiens de Paris.Quelques-uns en effet « le voient d\u2019un mauvais œil parce qu\u2019il est franchement catholique; d\u2019autres lui reprochent de faire une propagande intempestive; d\u2019autres ANTONIO BARBEAU ET LA FRANCE 229 enfin, avec lesquels Barbeau est presque entièrement d\u2019accord, prétendent qu\u2019à Paris leur éducation professionnelle et l\u2019élargissement de leur culture générale requièrent tout leur temps.» « Qu'est-ce pourtant, qu\u2019une soirée ou deux par mois lorsque les résultats se marquent par l\u2019acquisition d\u2019une discipline dans les œuvres sociales et la conquête de sympathies françaises ?» ! Mais il est une propagande dont Barbeau ne parle pas, propagande inconsciente et plus efficace que toute autre, celle de l\u2019exemple.Par son travail acharné et intelligent, son tact et son affabilité, Barbeau a montré à ses Maîtres français que le Canadien mérite que l\u2019on s\u2019intéresse à lui.L\u2019impression durable qu\u2019il leur a laissée est pour beaucoup dans le prestige dont jouit le Canadien en France.Venu à Montpellier pour s\u2019y préparer à l\u2019enseignement de la Physiologie générale, il se trouvait dans une ville où fleurit la Neuro-psychiâtrie.I] s\u2019imprégna des deux à la fois, compléta leur fusion lors de son stage à Paris et revint au Canada physiologiste et neuro-psychiâtre.Agrégé de physiologie à la Faculté de Médecine de l\u2019Université, son enseignement, toujours brillant, lui valut une juste popularité chez les Etudiants.Mais sa prédilection pour la physiologie nerveuse, normale et pathologique, s\u2019affirma pour devenir de plus en plus exclusive et le ramener à la Clinique.Replongé dans un milieu américain, il s\u2019y adapta, étendant le champ de ses connaissances, sans.toutefois perdre le culte de ce qu\u2019il avait appris en France.Il suffit, pour s\u2019en rendre compte, de relire la leçon inaugurale qu\u2019il prononça lors de sa nomination à la Chaire de Neurologie, en 1939.4 1 Loco citato. 230 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Admirablement composée, élégamment écrite, merveilleusement documentée, elle mériterait de figurer dans une anthologie française.Barbeau y rend justice aux Ecoles de toutes les nations, mais il laisse percer sa prédilection pour les Maîtres français dont il a si parfaitement adopté la « manière ».! Propagandiste du Canada en France, il est devenu propagandiste de la Science française au Canada.Les malheurs de la France l\u2019atteignirent profondément.Il en souffrit comme un Français et il en souffrit en Canadien parce qu\u2019il redoutait que se perdit, au Canada l\u2019influence d\u2019une culture qu\u2019il jugeait indispensable a la Médecine canadienne-francaise.Rien se saurait mieux dépeindre son état d\u2019ame que l\u2019émouvant article qu\u2019il publia dans le « Bulletin des Etudes françaises », en janvier 1942.Je le reproduis presque intégralement.« Juin 1940 fut pour le monde une catastrophe, pour nos âmes canadiennes-françaises, un déchirement, pour notre médecine un point tournant et dangereux de son histoire.« Toute notre culture médicale était depuis cinquante ans, orientée par des maîtres formés ailleurs.Il en sera de même pendant au moins cinquante ans encore.» , « Or cet «ailleurs » n\u2019est pas indifférent a 1\u2019existence, «à l\u2019autonomie, à l\u2019originalité, à l\u2019intégrale richesse de notre médecine canadienne-française.» Suit un bref historique des relations canado-fran- caises, inaugurées en 1890: « Plusieurs jeunes vont en France parfaire leurs études médicales.Ils y fréquentent 1 Union Médicale du Canada, janvier 1940. ANTONIO BARBEAU ET LA FRANCE 231 les laboratoires, les cliniques, les universités.Ils voient à l\u2019œuvre l\u2019enseignement médical français dans son fond et dans sa forme.Ils se créent, parmi les maîtres d\u2019alors et parmi les maîtres de bientôt, de solides amitiés.Et surtout, ils s\u2019imprègnent de la fine et exubérante civilisation de notre ancienne mère patrie.Puis ils reviennent chez nous, combatifs, frondeurs, enthousiastes, audacieux.Ils transforment à la fois la pratique et la conception de notre art par leur exemple et par l\u2019organisation de notre enseignement universitaire.Ceux-là qui furent nos maîtres bâtirent laborieusement notre médecine canadienne- française, avec des matériaux français, dans une architee- ture de France.Plus encore, ils contribuèrent avec d\u2019autres de nos premiers Anciens d\u2019Europe, littérateurs, économistes, musiciens, légistes, etc, à lancer ce courant de francophilie féconde qui fut l\u2019un des plus grands charmes de notre jeunesse.» « Mais charme et jeunesse ne durent pas toujours.Ils ne sont pas toute la vie.La science anglo-saxonne, particulièrement américaine a connu un prodigieux essor.Plusieurs de nos confrères et nous-mêmes sommes allés aux Etats-Unis, en Angleterre.nous compléter par un enseignement spécialisé.Il en est résulté un élargissement considérable de notre culture générale.Nous avons pris conscience de l\u2019existence d\u2019abord, puis de la richesse de la médecine étrangère.la nôtre, comme il se doit, est devenue plus universelle.Dans nos cliniques et nos laboratoires, les techniques anglo-saxonnes s\u2019ajoutaient aux techniques françaises, en un éclectisme que nous jugeons nécessaire.Nous montrons toujours à nos élèves comment « penser » la médecine à la française, mais en employant une matière de provenance universelle.N\u2019est-ce pas pas là, si l\u2019on admet que le génie français est essentiellement assimilateur, une façon éminente de suivre l\u2019exemple de nos devanciers ?» 232 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU « Or voici le drame de 1940.Nous, qui étions accoutumés de nous abreuver chaque jour au génie de la France, à envoyer chaque année un certain nombre des nôtres refaire là-bas provision d\u2019humanité tout autant que de médecine, nous voici condamnés au reploiement sur nous-mêmes et pour plusieurs années sans doute.Quel que soit le sort des armes, l\u2019Europe mettra un temps considérable à se rebâtir, à se recréer après la tourmente et la destruction.Nous n\u2019aurons guère, si nous n\u2019y prenons garde, pour participer à la civilisation universelle, d\u2019autres débouchés que les Etats-Unis et les milieux anglo-saxons.C\u2019est là que nos jeunes iront\u2026 Ils auront baigné dans cette ambiance totalement étrangère deux ans, trois ans et plus.Nous avons pu faire à nos aînés, et bien mollement, le reproche d\u2019avoir été trop exclusivement français.Il est à craindre que nos jeunes ne le soient pas assez, qu\u2019ils ne voient le monde scientifique qu\u2019à travers les lunettes américaines et anglaises, qu\u2019il leur manque, pour intégrer leur culture médicale à leur personnalité, la solide armature d\u2019une culture générale conforme à nos innéités, à notre histoire, a notre destin.» « Aurons-nous alors, et pour cela, de meilleurs médecins ?.Il existera une médecine-métier, exercée selon les canons anglo-saxons, par des médecins accidentellement canadiens francais.Une médecine dont les applications sociales et légales, conçues par des cerveaux étrangers, aboutiront fatalement à notre assimilation définitive.Est- ce bien ce que nous avons rêvé ?» « La matière médicale est universelle.Mais la façon de concevoir la médecine, de l\u2019exercer au bénéfice de l\u2019individu et de la cité, de l\u2019intégrer en quelque sorte à la vie sociale, est extrêmement variée.La médecine est plus vaste qu\u2019elle-même.Elle embrasse toute la culture générale, toute la philosophie de la vie, auxquelles elle contribue, desquelles elle reçoit son allure et sa fin. ANTONIO BARBEAU ET LA FRANCE 233 « Et c\u2019est ainsi qu\u2019il existe une médecine allemande, anglaise, américaine, française, etc.« Et c\u2019est ainsi qu\u2019en dépit des malheurs présents, il continuera d\u2019exister une médecine canadienne-française.Nous nous en sommes fait le serment.Pendant longtemps, nos jeunes n\u2019iront plus en France.Il leur restera cependant, comme à nous, comme aux plus vieux, à s\u2019imprégner toujours de la France, mère de toute culture et de toute sagesse.Par le truchement des nôtres d\u2019abord.Ils sont quand même nombreux ceux qui, par la plume, le pinceau, la baguette, la voix, etc, font chez nous œuvre d\u2019art, conque et exécutée à la française.Pourquoi, comme c\u2019est, hélas ! notre vieille coutume, les dédaigner ?Ne sont-ils pas les plus dignes d\u2019intérêt, puisque c\u2019est à nous qu\u2019ils s\u2019adressent en premier lieu et nous qu\u2019ils veulent servir ?N\u2019attendons pas que d\u2019autres viennent nous apprendre que ceux-ci avaient un grand talent, peut-être du génie.L\u2019aventure fut dans le passé, et serait dans le présent, par trop grossière.Et puis, si la France ne peut plus à son accoutumée se donner à nous tout entière, il y a des Français encore, de par le monde, dont les écrits, les œuvres d\u2019art, les travaux scientifiques, la parole, 1\u2019exemple nous atteignent.Il en est parmi eux qui sont la manifestation vivante de la France, en ce qu\u2019elle a d\u2019essentiel et de fondamental.Encourageons-les, chérissons-les.D\u2019autres personnes représentent, sous des noms francais, une évolution spéciale de la France, une poussée particulière de la sève française, dans un arbre souvent transplanté d\u2019ailleurs.Qu\u2019importe ! On n\u2019est pas de France sans avoir quelque vertu francaise.Ceux-la aussi ont quelque chose à nous dire, à nous apprendre, ne sera-ce que la magie du verbe, la virtuosité du talent et, sous l\u2019erreur même, la part de vrai et d\u2019humain à quoi s\u2019accroche invariablement le génie français. 234 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU « En somme, notre médecine canadienne-française ne survivra, ne prospérera, qu\u2019à certaines conditions.Elle devra, du point de vue métier, s\u2019enrichir indéfiniment à même les biens universels.Mais, informée d\u2019humanités, soucieuse de toute culture, catholique par conviction, elle ne peut pas, sans renoncer à l\u2019une de ses caractéristiques essentielles, cesser d\u2019être française.Car elle commettrait alors le pire des crimes, le plus impardonnable de tous après le crime contre 1\u2019Esprit., le crime contre la Vie.» Cinq ans après la rédaction de cet article, ou pour mieux dire, de ce testament, A.Barbeau est convié par la Faculté de Montpellier et plusieurs autres Facultés francaises a faire une série de conférences.Je ne puis me souvenir sans un serrement de cœur de l\u2019émotion joyeuse et fière qui illuminait son visage lorsqu\u2019il me fit part de cette invitation qui comblait ses vœux.Enfin, il allait revoir cette France qu\u2019il n\u2019avait cessé de chérir et enseigner dans ces Universités dont il avait été l\u2019élève ; enfin il allait pouvoir montrer à sa femme et ses enfants ce pays auquel il devait tant et auquel il avait rendu tant de services ! Tous ses amis accueillirent cette nouvelle avec une joie mêlée d\u2019angoisse.Plusieurs fois ils avaient craint pour sa vie.Tous redoutaient qu\u2019un si lointain voyage ne déclenchât une crise fatale.Tous, discrètement, lui firent part de leurs craintes.À tous il répondait: « Je connais mon état.Je sais que je n\u2019en ai pas pour longtemps.Dans un an je ne serai probablement plus là.Si je remets mon voyage, je ne le ferai jamais.Or je veux revoir la France.Je partirai donc quoi qu\u2019il puisse m\u2019arriver.» Rien ne put vaincre son obstination.L\u2019appel de la France était à ses yeux le couronnement de sa carrière.Toutes les craintes que nous avait inspiré le voyage furent dépassées.Départ retardé par une panne de l\u2019avion, ANTONIO BARBEAU ET LA FRANCE 235 séjour pénible en Angleterre, plus pénible encore à Paris, paralysé par une grève de transports.La crise survint, foudroyante, rendant impossible l\u2019accomplissement d\u2019un rêve si longtemps caressé : le Professeur Pasteur Vallery-Radot qui le soigna jusqu\u2019à la fin, m\u2019a dit combien il avait été ému par sa sereine résignation devant la grandeur du sacrifice et par son air de satisfaction intime.Il avait accompli ce qu\u2019il considérait comme un devoir, de toutes ses forces, au-delà même de ses forces, et il avait revu la France ! DOCTOR ANTONIO BARBEAU! by FRANCIS L.McNAUGHTON It is an honour to add my small tribute to the memory of Dr.Antonio Barbeau.I knew and admired him as an outstanding colleague at the Neurological Institute.More recently, as a summer neighbour of « Les Barbeaux » on the shores of the beautiful Lake of Two Mountains, I had the opportunity to learn something more of his fine personal qualities.Behind his knowledge and experience in Neurology and Psychiatry one found a mind well-disciplined in Philosophy.One found too a man with rich interests in literature and art, and with a wealth of friends who shared his enthusiasms.Yet, with all his accomplishments, he was a very modest and simple person, devoted to his family, his friends, and his patients.In his personal qualities, I find myself comparing Dr.Barbeau with another who is still keenly missed from among us, Dr.Norman Petersen.Both were men of great intellectual ability and wide interests; their approach to life was a direct and kindly one.Both were handicapped by progressive physical aliments, yet both worked with an amazing vigor, seemingly spurred on rather than retarded by their ill-health.Their understanding of human problems seemed to be sharpened by their own experience.Both accepted their lot in life with a quiet dignity and a courage which will always inspire their friends.1 Extrait du discours présidentiel à la Réunion Commémorative du Docteur Barbeau, à la Montreal Neurological Society.[236] DOCTOR ANTONIO BARBEAU 237 Antonio Barbeau was a loyal son of French Canada, proud of his heritage and rooted in the best traditions of his people, and yet he was, at the same time, Canadian in the broadest sense of the word.In his own special field of Neurology, he was proud of the mutual understanding which has grown between the English and French speaking groups in Montreal, centred around the Neurological Institute, and its Director.To this understanding he himself contributed in great measure, and he longed to see it grow still further in Neurology and in other branches of medicine, as well.As he often pointed out to us, the Study and Treatment of Disease is common ground for all doctors, irrespective of their race or religion.In pursuit of truth there is no room for petty personal differences, or narrow prejudices.Dr.Barbeau cherished the ideal of a Canadian School of Neurology which he saw developing out of the unique experience of French and English Canadians, working side by side in the clinical and research fields.Here the ideas of Déjérine and Charcot meet in stimulating contact with those of Jackson, Sherrington and the American School, and are combined with our own experience and our own approach to neurological problems.He wanted to see French Canadians make their due contribution to such a Canadian School, and through his own personal relationships, his teaching and scientific writing he has helped to lay the necessary foundations.We can best honour his memory by carrying on this building process with his inspiring goal in mind.It is no easy task, and needs men who possess his understanding and his humility.Yom a HOMAGE TO ANTONIO BARBEAU! by Professor W.PENFIELD Director of the Montreal Neurological Institute On June 13th in a hospital in Paris our friend Antonio Barbeau dropped out of our ranks \u2014 neurologist, neuro- physiologist, teacher and leader of thought in French Canada; but a man whose intellectual horizon knew no national boundaries.When sudden illness overtook him he was on his way to accept the invitation of the University of Montpellier to deliver a series of lectures.The new country was sending a distinguished son back to the old country to repay an intellectual debt.It was in Paris twenty-two years earlier that, after an unfortunate operation, he learned his health could never be robust again.That must have been bitter news for the young Barbeau for he had been of the rugged type.At St.Mary\u2019s College he had been an outstanding athlete, especially at the Canadian game of lacrosse which his ancestors had learned from the Indians.Mental vigor had gone on a par with physical vigor, for he stood at the head of his class in studies, whenever that position was not held by a classmate, now also a distinguished neurologist, Roma Amyot.Through those years there developed between these two a friendly rivalry of the mind that has continued through life until now.When he graduated in medicine, at the age of 23, the Faculty of the University of Montreal recognized that here 1 Memorial Meeting of the Montreal Neurological Society on October 1st 1947, at the Montreal Neurological Institute.[238] elidel.com. HOMAGE TO ANTONIO BARBEAU 239 was intellectual brilliance, broad vision and rugged native drive.Consequently on their recommendation he received a Rockefeller Fellowship and left Montreal for two years of study in France and one in the United States.In France in the midst of those studies ill health overtook him, and he faced life with one kidney instead of two and with a decreased physical capacity that might have disheartened a lesser man.Ramon y Cajal, Spain\u2019s great Nobel Laureate and neurologist, was once the champion strong man of the University of Zaragoza.However, after two years of pulmonary tuberculosis he remarked that his capacity for intellectual work increased inversely with the decrease in mus- mular power.We may question whether this conclusion was the rationalization or the reasoning of a genius.But Antonio Barbeau took limitation of the body as a challenge to greater activity of the mind.When Barbeau undertook to prepare himself for neuro- psychiatry, it was characteristic of him that he began with a year in neurophysiology at the University of Montpellier.Then he took a year with the great leaders of neurology in Paris, Professor and Madame Dejerine and André Thomas.Then to Boston for a third year of work with Stanley Cobb in psychiatry and Forbes in physiology.On his return to Montreal in 1928 at the age of 27, it was also characteristic of him that his primary preoccupation was not the acquisition of a large practice, in spite of the fact that he won the hand of a charming friend of his youth, Mademoiselle Rachel Jodoin.Barbeau became at once a member of the staff of the department of physiology at the University of Montreal, under Professor Asselin, where he taught and carried out research.The subject of his major investigation was the nervous system of plants 240 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU and for his thesis on this subject his University added Doctor of Philosophy to his doctorate of Medicine.Fight years after his return to Montreal, he became consulting peurologist at the Montreal Neurological Institute, and two years later Professor of Neurology and head of the Department of Neurology at the Hotel Dieu.Our association with him in this Society and in this Institute has been happy.It has been for us intellectually stimulating and practically helpful.I hope the help may have been mutual.But at the City Hall a few months ago, it was Barbeau who urged the needs of the Neurological Institute and pointed out, with Amyot, Legrand and Saucier, that in neurology there is an enviable cooperation among the hospitals of this city.Professor Barbeau was loyal to the best tradition of his people and to their institutions.He recognized and discussed frankly two dangers which they are said to face: on the one hand the extreme nationalism which would shut the windows to an outer world; on the other assimilation by an alien majority in which they might well lose many of the virtues of which they are so justly proud.He saw the truth in proper historial prespective, the virtue of French culture, the vigor of American intellectual growth, the advantage of French and English teamwork here in our own country.He strived with us, who were proud to be his colleagues, for the relief of sickness and pain and the discovery of the truth in science.He was a leader in collaboration and we who remain will carry on this collaboration in the true sense of the word.Under the tile of Sous les Platanes de Cos, Professor Barbeau published a collection of his own excursions into medical philosophy.The Island of Cos was the birthplace of Hippocrates and the natives of that island even today guard a plane tree (platane) which according to local legend HOMAGE TO ANTONIO BARBEAU 241 was planted by the Father of Medicine.It would seem that Antonio Barbeau planted an offshoot of that tree in the Province of Quebec and at 46 he had brought it to full maturity.If longer life could have-been granted to him he would have taught us many more of the secrets whispered to him by the spirit of Hippocrates \u2018Sous les Platanes de Cos.\u201d 2\" I - - 1 = \u2014 NN eo\u201d > CO) \\ \\ y N° v Na [ 242 ] = \u2014 ve A Ng 3 \\ ~ \u201cJ 23 N gore\u201d DE CUS Wo NI ANTONIO BARBEAU J 77 ee) 2X Cour 5?_ = ; > 2 EDITIONS BERNARD VALIQUETTE z 3 ~~) \u2018 y, JOUS LES PLATANES oa rod ; Net Nr el XY; js?EF DOCTOR BARBEAU AND THE NATION ! by ALBERT JUTRAS De tels hommes ne meurent pas.Ils se survivent dans leurs œuvres, dans les élèves qu\u2019ils ont formés, dans les patients qu\u2019ils ont guéris; ils vivent surtout dans les êtres qu\u2019ils ont aimés et dont ils furent aimés.L\u2019influence intellectuelle du Professeur Antonio Barbeau se continuera indéfiniment ; son souvenir est à jamais gravé dans le cœur de ses amis.Son âme se trouve parmi nous en ce moment, affe tueuse et reconnaissante envers cette maison qu\u2019il a bear coup fréquentée, où il comptait de solides et précieuses ami tés.* * x Only once in a great while does a man emerge gifted with such aptitudes and such a radiant personality.Doctor Barbeau was a fervent scholar with interests as broad as life itself.True, he had an outstanding training in science especially in normal and morbid neuro-physi- ology; but his culture extended also in various fields of art, literature, music and painting.He was a doctor of philosophy and a professor of psychology.In his literary endeavours, he was very successful and wrote with equal facility on many other subjects besides medicine.He played the violin with remarkable skill and charm.He collected with faultless taste works of contemporary Canadian painters.His preference for modern forms of art was often the origin of passionate discussions with more conservative amateurs.Mrs.Barbeau relates that while visiting an ex- 1 Memorial Meeting of the Montreal Neurological Society on October 1st 1947, at the Montreal Neurological Institute.[243] 244 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU hibition of vanguard pictures in London last June, her husband sat down pretending a sore foot and telling the family to keep on while he rested.Mrs.Barbeau adds: \u2018\u2018Then I knew that Antonio was seriously ill\u2019.Unusually gifted in public address, Dr Barbeau was in constant demand as a speaker at medical and cultural gatherings.He was ever generous in respect to such requests, accepting invitations to the full limit of his time and strength.His vivacious, dynamic and subtle manner in speaking, quite typical of all his activities, made his presentations effective and most pleasant.With such talents and understanding, he leaned with a rare sympathy towards the problems of human life.Foreseeing the approach of his rendez-vous with eternity, he remained an ever tenacious taskmaster, forcing himself with untiring energy to meet higher standards in respect to both quantity and quality of achievement.His loyalty to his friends he extended to his native country Canada, and also to France the land of his ancestral affinities and spiritual attraction.From the stock and all branches of his family tree, Dr Barbeau was a pure French product.His mother tongue, his home and college education, his medical formation, his character and manners, all\u2019 were of the best French quality that could be expected from a descendant of those settlers who for long remained isolated on the shores of the St-Law- rence after the Treaty of Paris.À natural appeal lead the young Dr.Barbeau to France for his post-graduate studies as a Fellow of the Rockefeller Foundation.All the intellectual allurements in the land of his forefathers did not captivate him to such a point that he would forget the importance of Anglo-American culture.During his training, he spent a full year at Harvard with Professor Forbes and Professor Cobb. DOCTOR BARBEAU AND THE NATION 245 On his return to Canada, in 1928, hardly in his mid- twenties, Barbeau had acquired not only medical knowledge but also maturity and broadness of mind, a rare combination of qualities which would make him a major force in all fields of professional and social life as well as in the struggle against racial and religious prejudice.His part in bridging the gaps between the different groups of physicians and surgeons interested in neurology and psychiatry is well known.Not only was he amongst the pionner collaborators of this Institute and a pillar of The Montreal Neurological Society, but he never missed an occasion to prove his sympathy towards the English speaking group.In bilingual meetings, he always refused the advantages of using his own language and bravely faced the handicap of speaking in English.I remember the enthusiasm and devotion with which he and Dr.Paul Dumas translated Professor Penfield\u2019s book on \u2018\u2018Military Neuro-Surgery\u201d.With her army disaster in 1940, France lost much of her spiritual prestige even among some of those French- Canadians who through nearly two centuries of political separation, had nevertheless remained faithfull to her in love and admiration.During the four years of occupation, all contacts with France were severed.Even after the German surrender, communication was extremely difficult and irregular.So, in the course of six years, undergraduates in the French speaking universities in Quebec and Montreal, as well as the specialists in the making, did not receive from France one new-handbook nor one medical journal and met but a few intellectual missionaries from that country.Meanwhile the institutions in North America kept growing fast, so much so that for many a neophyte there existed no other school in the art of healing.The con- 246 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU tinued contribution to the advance of Medicine by European scientists was overshadowed.During the darkest periods, Barbeau preached to the French-Canadians that on them was bestowed the mission to maintain ablaze the torch of the spirit of France on this continent.Immediately after the liberation, he went on announcing the end of the eclipse, urging students to watch for the return of light over the country he had loved best after his own.The revival was much slower than expected.Barbeau\u2019s main purpose in flying across the ocean last summer was to accelerate and intensify relations between France and Canada.By doing so, he never favored disloyalty to the principles of the British Commonwealth, he never encouraged nationalism; he never meant that Anglo-American pedagogy should be neglected or combated.In his view, the French-Canadians were granted the privilege to stand at the cross-road of various forms of culture.They may benefit by what they receive from all sides and, in return, may furnish an improved contribution to others.Being bilingual is an asset.Ignoring willingly one or the other of the official languages profits to nobody.It does not help \u201c progress in national and international affairs.It only deprives of means of learning and frienldy relations.Thus argued Barbeau.It gives evidence that his patriotism was based on a wider understanding between people.The window of his office at the Hotel-Dieu opened on Park Avenue, the conventional borderline of two solitudes in this city.Across the street, westward, on the mountain slope, stood The Montreal Neurological Institute.Many a time I have seen Dr.Barbeau make a pause in his work and turn his head that way with a spark of friendship and respect in his eyes. DOCTOR BARBEAU AND THE NATION 247 Antonio Barbeau was a wonderful doctor, a true friend, a perfect husband and father, an inspiring gentleman and a brilliant scholar.Men of that sort force individuals and races out of loneliness; they teach us how to greet and love one another, how to unify a nation and build a common future on spiritual freedom, tolerance and harmony.Let us pray God that our dear friend rest in peace.May the remembrance of Dr.Barbeau enrich forever our loving and faithful memory with the warm and smiling philosophy that directed his existence and brought moments of happiness to all he met. ANTONIO BARBEAU Le neurologiste par JEAN SAUCIER Si on me demandait de faire la fiche psychologique de mon ami le regretté Professeur Barbeau, je la résumerais, dans ses traits essentiels, à la formule suivante : personnage pourvu d\u2019une activité dévorante, bien conscient de sa juste et indéniable valeur, prompt à la réaction émotive, \u2014 et dans le meilleur sens, \u2014 foncièrement bon, et d\u2019une sociabilité exquise.Ce bilan affectif de tout premier ordre était servi par une mémoire heureuse, une imagination dont on connaît la vivacité et un jugement harmonieusement équilibré.- Il est assez rare que l\u2019on puisse décrire chez un même individu autant d\u2019aspects de l\u2019activité humaine.I est encore plus rare que tant de manifestations diverses de l\u2019action spontanée soient si judicieusement coordonnées.Il faut subdiviser ces manifestations si l\u2019on veut en embrasser la totalité.On m°a confié l\u2019agréable et périlleuse mission de faire revivre pour vous Barbeau le neurologiste et de souligner ce qu\u2019il a fait pour la neurologie canadienne-française.* * * On ne saurait dire exactement à quand remontait chez Barbeau le goût de la neurologie mais il est certain que ce penchant irrésistible se manifestait déjà obscurément dès sa deuxième année de médecine.Il oscilla quelques années entre la physiologie et la neurologie et si son choix se fixa [ 248 ] ANTONIO BARBEAU, LE NEUROLOGISTE 249 partiellement et officieusement sur la physiologie il avait soin d\u2019ajouter, avec un sourire indéfinissable, qu\u2019il faisait de la neurophysiologie.Banting l\u2019'intéressait mais Sherrington le passionnait.En France, il fréquenta Hédon et Binet mais tout le monde sait qu\u2019il était également le fidèle assidu des leçons d\u2019Eu- zière, d\u2019André-Thomas, de Guillain et de Babinski.À Boston, il travailla chez Forbes mais ses heures de prédilection se passaient dans le service de Stanley Cobb.Agrégé de physiologie à l\u2019Université de Montréal en 1931, il invoqua en 1938 le privilège de la permutation et devint titulaire de la chaire de neurologie, vacante depuis 1926 à la suite de là mort du Dr Albert Prévost.À peu près à la même époque il prenait la direction du service de neurologie de l\u2019Hôtel-Dieu.Ses huit années d\u2019enseignement ont été fécondes.Il a complètement rénové le programme des cours et des cliniques et, grâce à ses initiatives, à son insistance, à sa vigilance et à son labeur incessant les médecins qui ont quitté l\u2019université au cours des six ou huit dernières années sont parfaitement au courant des grands syndrômes neurologiques, possèdent de bonnes notions de sémiologie nerveuse et ont appris à se familiariser avec une science admirable, trop longtemps tenue dans l\u2019ombre et injustement qualifiée d\u2019inextricable et de mystérieuse.Dans son service de l\u2019Hôtel-Dieu il à su créer une atmosphère de travail et d\u2019enthousiasme et il n\u2019est pas de tome annuel du Journal de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal qui ne contienne au moins trois ou quatre travaux importants provenant de son service, sous sa signature ou sous celle de ses collaborateurs.Je n\u2019ai pas l\u2019intention de dresser ici la nomenclature complète de ses titres et travaux neurologiques.Je ne 250 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU mentionnerai que les principaux.Barbeau était membre correspondant étranger de la Société de neurologie de Paris, neurologiste consultant du Montreal Neurological Institute et vice-président de la Montreal Neurological Society.On lui doit une étude remarquable sur le réflexe pendulaire consécutif au test rotatoire de Barany, une thèse sur la fréquence des influx nerveux au cours des réflexes de flexion, des recherches statistiques souvent citées sur la malariathérapie, des études sur l\u2019action du venin de cobra dans l\u2019épilepsie essentielle, sur les traumatismes craniens, sur les hémorrhagies méningées non traumatiques, sur le traitement de la sclérose en plaques, sur l\u2019épilepsie en regard de la criminologie, et une multitude de travaux de moindre importance.Il serait trop long également d\u2019énumérer les nombreux travaux où son nom figure à titre de collaborateur ou de chercheur associé ; retenons cependant dans cette série les noms de Forbes, d\u2019Euzière, de Jumen- tié, de Hédon et de ses acolytes de l\u2019Hôtel-Dieu.Barbeau avait une plume alerte et un style agréable, On lisait ses articles avec plaisir.Sa collaboration à ce journal représente peut-être la plus intéressante partie de sa production scientifique parce qu\u2019il la dédiait, pour ainsi dire, à son hôpital d\u2019abord, puis à ses élèves.A propos de la qualité de son enseignement, j\u2019ai entendu maintes fois un témoignage spontané et assez émouvant qui, à mon sens, a la valeur d\u2019une preuve indiscutable : celui de ses élèves.Il y a à peine trois jours un jeune chirurgien de Notre-Dame disait que Barbeau avait le don d\u2019enseigner et de faire aimer la neurologie.Dans la bouche d\u2019un chirurgien cette remarque a une saveur toute particulière et Barbeau eût certainement versé des larmes d\u2019attendrissement s\u2019il avait pu l\u2019entendre.D\u2019autres m\u2019ont dit le soin qu\u2019il apportait à ses cliniques.Afin de faire examiner à ses étudiants un malade peu banal, afin de leur ANTONIO BARBEAU, LE NEUROLOGISTE 251 faire voir certaines maladies familiales, certaines évolutions atypiques d\u2019affections chroniques du système nerveux il n\u2019hésitait pas à utiliser les malades de l\u2019hospice de la Merci, cette petite Salpétrière, cette mine neurologique.À la clinique comme à la'leçon didactique Barbeau était toujours à l\u2019aise.On se rappelle son aisance verbale, son étonnante facilité d\u2019élocution, et assez souvent, son éloquence.Lorsqu\u2019on lui demandait de présenter ou de remercier quelque collègue étranger il trouvait d\u2019instinct le trait à faire ressortir, la circonstance à souligner, la louange appropriée.Ces qualités faisaient de lui un conférencier recherché.Je sais, pour les avoir lues, que les conférences qu\u2019il devait prononcer cet été à Montpellier et à Paris sont magnifiquement construites et qu\u2019elles lui auraient valu le témoignage le plus flatteur de la presse médicale française.Cette apothéose en terre de France ne devait pas avoir lieu.Cependant, grâce aux soins attentifs et délicats du Dr Penfield, des extraits de ces conférences ont été lus à la première séance de la Montreal Neurological Society, qui a été consacrée à la mémoire de notre collègue.* * * Barbeau est de ceux que l\u2019on n\u2019oublie pas facilement.Je me souviens encore parfaitement des heures heureuses où nous allions ensemble étudier le rhinencéphale, la circonvolution de l\u2019hippocampe ou le faisceau de Vicq d\u2019Azyr sur les coupes sériées du laboratoire Déjérine; je me rappelle nos enthousiasmes au retour des consultations de Babinski et nos interminables discussions devant l\u2019ours blanc du Jardin des Plantes quand nous rentrions déjeûner rue des Ecoles.À ce moment, déjà, Barbeau, le physiologiste, était assez engagé dans la neurologie ! Il a tant fait de neurologie que le neurologiste étaït 252 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU incontestablement le qualificatif princeps parmi les nombreux autres qui s\u2019attachent & son nom.J\u2019ai appris que d\u2019autres confréres devaient s\u2019occuper de signaler aux lecteurs de ce journal les aspects psychiâ- trique, artistique et philosophique de sa carrière.Je me demande si l\u2019on a songé à parler de Barbeau l\u2019homme de cœur, l\u2019ami toujours prêt à aider, le conseiller, le guide, Je sais plusieurs étudiants qui lui doivent énormément et Je sais sur sa grande bonté des faits divers qui ne seront jamais publiés.L\u2019Hôtel-Dieu, la Faculté de médecine et la neurologie canadienne-française se ressentiront profondément de la perte de notre distingué collègue.Ils ont perdu beaucoup.Ils ont perdu peut-être beaucoup plus qu\u2019ils ne croient car la courbe de l\u2019activité neurologique de Barbeau était encore en pleine ascension.Nous avons la consolation d\u2019être assurés qu\u2019il a créé un courant, un enthousiasme et un attrait durables pour l\u2019étude des désordres du système nerveux.Durant sa vie nous étions fiers de lui.Après sa mort nous le sommes encore, et peut-être davantage parce qu\u2019il est toujours vrai qu\u2019il faut parfois perdre un bien pour en apprécier la valeur.De la part de ses collègues et de ses intimes son souvenir sera toujours évocateur de sentiments de respect ému et d\u2019amitié véritable. LE BON DOCTEUR par L\u2019ABBÉ A.-M.LEMOINE Lorsque je fus sollicité pour rendre au Docteur Antonio Barbeau un hommage digne de ses nombreux patients, j\u2019acceptai, en remerciant de cet honneur, sans me rendre bien compte de la difficulté qui m\u2019attendait.J\u2019ai fait d\u2019autres panégyriques dans lesquels on pouvait recueillir les éléments d\u2019une vie d\u2019homme pour en tresser une couronne à la mémoire du défunt, et perpétuer dans le cœur de ses amis le pieux souvenir de tout ce qui fut cause d\u2019affection, mobile d\u2019attachement, sentiment d\u2019admiration, raison d\u2019espérer en une récompense éternelle, outre tombe, loin du petit jugement des hommes.Oui, je croyais la tâche aisée, parce que je connaissais bien le bon docteur.Depuis bientôt dix ans, notre affec- .tion mutuelle s\u2019était développée, inconsciemment mais profondément et les entretiens intimes, pendant nos retraites communes à la Trappe d\u2019Oka, me permettaient, je le supposais du moins, de parler de lui en connaissance de cause.Et voici que le champ d\u2019investigations s\u2019élargit d\u2019une façon telle, les témoignages recueillis sont si émouvants, si désespérés dans certains cas, si nombreux surtout, que je me sens incapable de juger l\u2019homme à sa juste valeur.Sa vie, il l\u2019a vécue d\u2019une façon accélérée, comme s\u2019il en eut prévu la fin, rapide et brutale, comme s\u2019il eut voulu la remplir de tout ce que, humainement, son grand cœur et sa science pouvaient trouver de bien à faire, de consolation à répandre, de confiance à donner.Le sillon qu\u2019il a tracé [ 258 ] 254 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU est court, mais quelle profondeur ! Oui, l\u2019on peut dire de lui comme du Maître : sa vie, il l\u2019a passée en faisant le bien.J\u2019eus l\u2019occasion, très souvent, de le voir à l\u2019œuvre, alors que nous collaborions à la réalisation de grands pro- Jets, que les événements ne permirent pas de mettre à jour.En 1944, la Faculté des Lettres de l\u2019Université de Montréal me demanda de fonder une chaire de phonétique expérimentale, avec laboratoire et, dans un but philanthropique, une clinique de rééducation de la parole.Je fis part au docteur Barbeau de mes idées toutes personnelles sur les anomalies du langage, des expériences tentées à Paris, rue des Bernardins, de la possibilité d\u2019aboutir à d\u2019heureux résultats en portant nos recherches sur le terrain purement neurologique.Je tombais dans son domaine; il fut particulièrement intéressé \u2018au projet et, pendant des mois, J\u2019étudiai avec lui tous les cas d\u2019aphasies en traitement dans ses services de Bordeaux et de l\u2019Hôtel-Dieu.C\u2019est là, dans ces visites, longues et délicates, tant désirées des patients parce qu\u2019elles étaient pour eux autant de sources d\u2019espoir, que j\u2019ai pu déceler toute la valeur de l\u2019homme, le secret de son génie bienfaisant, la mesure de sa grande bonté, tout ce complexe particulier qui se lisait sur ses lèvres et dans son regard, ce regard clair et franc d\u2019où jaillissait une petite flamme qui ne le rendait pas tout a fait comme les autres.Il fallait le voir entrer dans une salle de malades, pauvres épaves dévorées par l\u2019angoisse, épuisées de tout ce qui assure au corps et à l\u2019Âme cet élan, ce ressort qui donne à l\u2019être sa raison de vivre.Son arrivée faisait l\u2019effet des premières lueurs de l\u2019aurore dissipant l\u2019anxiété de la nuit: les visages s\u2019éclairaient; on sentait chez tous un rayon d\u2019espoir pénétrer profondément dans leur cœur et s\u2019y accrocher, parfois contre toute raison.Mais on le savait si habile et surtout si bon. LE BON DOCTEUR 255 Sa science trouvait la panacée qui soulage, si la guérison se faisait longue ; sa bonté, surtout, savait par une parole consolatrice et un doux sourire donner confiance aux âmes tourmentées par l\u2019angoissante impression de l\u2019accablement, de l\u2019abandon, de la désespérance.Il disait volontiers « qu\u2019on guérit souvent le malade par des médicaments, mais qu\u2019on le soulage toujours avec son intelligence et avec son cœur.» C\u2019était là vraiment le secret de son succès auprès des malades.Aux plus souffrants comme aux plus désespérés, il cherchait tous les moyens de porter remède, que leur douleur fit physique ou morale; avec lui, pas d\u2019hésitation, pas de demi-mesure; tout était essayé; il fallait aboutir; les malades le sentaient, et c\u2019est cette confiance qu\u2019il avait en lui qui galvanisait les autres et leur faisait accepter ses décisions, même les plus graves, avec une foi absolue en son art de guérir.Mais si le verdict était net, décisif, quelle précaution ne prenait-il pas pour éviter toute souffrance inutile.Dans les cas sérieux, quand l\u2019intervention chirurgicale s\u2019avérait nécessaire, c\u2019est avec douceur qu\u2019il faisait mal: je m\u2019excuse de ce paradoxe, mais il rend bien le fait.Je le vois toujours, dans certains cas qui ne laissaient plus beaucoup d\u2019espoir, je le vois se pencher avec tendresse vers le malade, se concentrer l\u2019esprit dans un diagnostic sévère, le front soucieux, examinant avec la plus scrupuleuse minutie les moindres symptômes ou réactions dont sa grande habileté cherchait à exploiter la dernière chance.Puis, l\u2019homme de science satisfait, c\u2019était l\u2019homme de cœur qui apparaissait: par un effort de volonté, ou plutôt par une instinctive bonté, il se composait un nouveau visage ; son front se déridait; un rictus de la lèvre supérieure amorçait à droite un sourire, sa figure s\u2019éclairait radieu- 256 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU se, confiante; son regard pénétrait celui du malade, allumant dans son cœur une petite étincelle d\u2019espérance, ou du moins d\u2019affection, qui lui redonnait le courage de porter un peu plus loin le fardeau d\u2019une misérable vie.Combien de malades m\u2019ont dit: « Avec lui, on ne se sent plus seul; on n\u2019à pas l\u2019impression d\u2019être avec un médecin, mais auprès d\u2019un conseiller, d\u2019un ami, d\u2019un frère.» Ce témoignage, je l\u2019ai entendu maintes et maintes fois de son vivant.Depuis sa mort, les lettres s\u2019accumulent de centaines de patients, guéris ou toujours sous traitement, qui ne veulent pas croire que leur ami n\u2019est plus.On sent à travers toutes ces lignes, écrites d\u2019une main parfois malhabile, l\u2019expression de la stupeur, quand ce n\u2019est pas du désespoir.J\u2019ai reçu dernièrement les confidences de pauvres êtres complètement désemparés par cette perte que tous savaient inévitable, dans un avenir plus ou moins rapproché, mais à laquelle personne ne voulait croire.Depuis quatre ans, il avait surmonté bien d\u2019autres crises, et toujours «ceux qu\u2019il aimait», ses névrosés, ses anxieux, ses psychasthéniques l\u2019avaient trouvé auprès d\u2019eux, fidèle à son poste chaque matin, répondant de bonne grâce à tous les appels, dispensant à chacun, riches ou pauvres, le peu de forces vives que lui laissaient des tà- ches multiples, plus absorbantes les unes que les autres.Car le neurologue, qui répand autour de lui le baume bienfaisant de son art, n\u2019y parvient qu\u2019en puisant dans ses propres réserves les éléments dont il alimentera la vie des autres.Et cette vie, le Docteur Barbeau la semait à pleines mains.Rien de surprenant, dès lors, que cette bonté excessive, que ce zèle intense, cette ardeur débordante aient usé l\u2019homme avant l\u2019heure.Il aurait pu prolonger sa vie, de combien d\u2019années ! s\u2019il avait consenti à se reposer, à ré- Juil.-Déc.1947 SULFOCHOL FOIE PATHOLOGIQUE e AUTO-INTOXICATION e DERMATOSES Traitement Rationnel et Physiologique GPormale Soufre colloïdal .Entérokinase Extrait hépato-biliaire.0 gr.10 Hexaméthylène-Tétramine .0 gr.05 Extrait pancréatique.0 gr.02 Aloine Par dragée.Présenté en flacons de 60 et 500 dragées.Le SULFOCHOL stimule la fonction hépatique par une action douce et progressive.Il favorise la digestion complète des aliments et combat les infections intestinales et la constipation.Le SULFOCHOL est également recommandé dans l\u2019arthritisme.BUREAY-CHEF: 350, RUE LE MOYNE, MONTREAL (1 , Py IX SCILLITRINE Médication d\u2019Urgence des crises LABORATOIRE PERRIER FRANCE Agents généraux pour le Canada MILLET ROUX & CIE, LIMITEE 1215 RUE ST-DENIS MONTREAL TRAITEMENT MAGNÉSIEN PAR LE TOTAL MAGNÉSIEN Chlorure de magnésium, médicinal, déshydraté INDICATIONS : Manifestations arthritiques, Affections de la prostate, Asthénies, Tremblements séniles, Tumeurs bénignes, Verrues, Herpès, Acné, Eczéma, Troubles hépatiques, Constipation et Prophylaxie des Néoplasmes.LABORATOIRES du \u201cTOTAL MAGNÉSIEN\u201d 24 BOULEVARD SÉBASTOPOL « PARIS, FRANCE Agents généraux au Canada : MILLET, ROUX & CIE LIMITÉE 1215, RUE ST-DENIS MONTRÉAL Juil.-Déc.1947 X Une association d'extrait de foie et d\u2019un nouveau facteur vitaminique Les résultats excellents obtenus par l'emploi de l'acide folique dans I'anémie pernicieuse et autres anémies macrocytiques ont montré que l'administration combinée d\u2019acide folique et d'extrait de foie est plus efficace que l\u2019une ou l\u2019autre substance seule.Chaque capsule dure d'Extrait de Foie avec Acide Folique renferme le principe anti-pernicieux provenant de 2/3 once de foie frais ainsi que Omg.5 d'acide folique.Bouteilles de 100 capsules.AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE Biologistes et Pharmaciens MONTRÉAL CANADA XI Fes Le praticien connaît bien les effets saisissants de la Coramine dans l'insuffisance respiratoire.Mais, administré sous forme de gouttes au malade ambulant atteint d'une affection cardio-vasculaire, ce médicament donne aussi d'excellents résultats, Les GOUTTES CO RAMI N E sont indiquées dans les cures d'entretien où une amélioration progressive est préférable à une action énergique immédiate.L'administration orale de gouttes Coramine permet au patient de vaquer modérément à ses occupations ordinaires, L'ESPRIT TRANQUILLE.Ce facteur psychologique compte pour beaucoup dans le succès du traitement des troubles cardiaques.PRESENTATION GOUTTES, pour administration buccale: flacons de 15, 45 et 100 c.c.AMPOULES pour administration intramuseu- taire: 1.5 c.c., boîtes de 5, 20 et 100; Sec, boites de 3, 12 e: 100.COMPAGNIE CIBA LIMITÉE + MONTREAL Juil.-Déc.1947 XII Calmer la douleur .en levant le spasme.roubles spastiques des pelviens.: Comprim és à 75 mgms: flacons de 20, 100 et Ampoules: Boîtes de 5, % 5 cc.dosées à 75 mgms du phénobarbital vient s'ajouter ion antispasmodique de la Trasentine.lette association est surtout indiquée dans les tats spasmodiques associés à une hyperexci- abilité du système nerveux autonome.RÉSENTATION: Comprimés dosés à 20 mgms de Trasentine et 20 mgms de phénobarbital: flacons de 20, 100 et 500.COMPAGNIE CIBA LIMITÉE \u2014 MONTRÉAL Juil.-Déc.1947 XIII LE CALME EST L'APANAGE DES ARTS Es MÉDICATION HÉPATIQUE ET CHOLAGOGUE EXTRAIT be FEUILLES DARTICHAUT STIMULANT DES FONCTIONS HEPATIQUES ET RENALES FLACONS DE 50 ET 500 COMPRIMÉS DRAGÉIFIÉS Echantillons et Littérature sur demande J.EDDE.umiTEe - New BIRKS BLDG.MONTRÉAL - TÉLEPH.LA.2421- ETHER eur < pour Anesthésie De la plus haute qualité possible, telle qu'employée par les principaux hôpitaux à travers l'Amérique.MALLINCKRODT CHEMICAL WORKS, LIMITED 378, RUE SAINT-PAUL OUEST MONTRÉAL Juil.-Déc.1947 XIV LIVES LS SE JKT J NOUVEAU TUNIQUE NATUREL AUX PRINCIPES ACTIFS DE L'AVUINE (Avena Sativa) Asthénies Musculaires et Nerveuses - Dépressions Neurasthéniques et Mélancoliques - Surmenage - Fatigue Chronique - Faiblesse chez les Adolescents et les Vieillards.Posologie : 2 comprimés 3 fois par jour avant les repas.Anglo-French Drug Cie Ltée 209 Est, rue Sainte-Catherine, Montréal Juil.-Déc.1947 XV NEO-5PASMYL NEO-SPASMYI eZ RS NEURONAL Spécifiques du nervosisme et des troubles vago-sympathiques + D\u2019UNE TOLÉRANCE PARFAITE ET SANS ACCOUTUMANCE + Trois formes : NEO-SPASMYL NEO-SPASMYL FAIBLE NEURONAL MILLET, ROUX $0 & CIE, LIMITEE MONTREAL P= ( CANADA Juil.-Déc.1947 XVI ACTIVITÉ PAR VOIE BUCCALE comemes LUNESTAUN OESTROGENES CONJUGUES D'ORIGINE NATURELLE Juil.-Déc.1947 La transition physiologique du climatère peut s\u2019opérer de façon aduelle, tout comme elle peut, le plus souvent, être accompagnée de symptômes perturbateurs, entraînant même une incapacité de travail: maux de tête, vartiges, bouffées de chaleur, troubles cutanés, astro-intestinaux, voire mentaux.C\u2019est dans ces cas que les comprimés nestron apportent une aide précieuse, en facilitant l\u2019adaptation rapide et sans heurts aux nouvelles conditions physiologiques de la femme.DEUX CONCENTRATIONS: Comprimés dosés à .625 mgm.ou à 1.25 mgm.Nom Déposé XVII LE NOUVEL ANTISPASMODIQUE SOLUPHYLLINE (1, 2 \u2014 dihydroxypropyl-théophylline) NADEAU ~~ Trois formes : e COMPRIMÉ e AMPOULE e SUPPOSITOIRE ~~ LABORATOIRE NADEAU LIMITEE 100 ouest, rue St-Paul MONTREAL Juil.-Déc.1947 XVIII A 15 qu Defy Ty md \u20ac MB a, ANTISEPTIQUE URINAIRE AMÉLIORE \u201cUROMAND\" (Composé d''Urosine\u201d et de mandélate) Il est indubitable que les sulfona- mides sont classés à bon droit parmi les meilleurs antiseptiques urinaires, et ils les ont presque entièrement .remplacés.Cependant, quoique la Faculté admette volontiers leurs précieuses propriétés comme agents chi- miothérapeutiques, il se peut que leur administration soit parfois suivie de réactions anaphylactiques et, ce qui est plus grave, de véritables néphropathies.Certains médecins hésitent conséquemment à recourir aux sulfonamides, et ils se sont effor- cês à trouver d\u2019autres médicaments, ou combinaisons de médicaments, qui, tout en produisant des résultats satisfaisants, n\u2019offrent pas les inconvénients (sinon les risques) des sulfonamides.Parmi les nombreuses combinaisons étudiées à cette fin, l\u2019efficacité du composé dont nous donnons ici la formule fut observée à maintes reprises: Mandélate de calcium 5 grains Phosphate acide d\u2019ammonium 214 grains Urosine (Hexamine Sos) 1L4 grains On voit de prime abord que ce comprimé réunit les propriétés bien connues de l\u2019Urosine (Hexamine \"Srost\"), du mandélate de calcium et du phosphaté acide d\u2019ammonium comme antiseptiques et acidifiants urinaires.Si on l\u2019administre en doses suffisantes, la concentration des ions hydrogénés de l\u2019urine atteint 5.0-5.3 et, cette réaction une fois obtenue, surtout en présence de l\u2019Urosine, une bonne partie de la flore microbienne pathogène ne peut se développer et l\u2019appareil urinaire devient stérile.\u201cUROMAND\" \u201c7500655 C.T.No.8 Frot Flacons de 100 et 500 comprimés POSOLOGIE Il faut parfois de 8 à 20 comprimés par jour pour obtenir leur effet thérapeutique dans son intégralité.Afln de provoquer une diurèse suffisante, le sujet devra aussi boire au moins 8 verres d\u2019eau par 24 heures.Charles &.roost & Co.MONTREAL - CANADA Juil.-Déc.1947 XIX Les Vitamines seules ne suffisent pas.Elles sont plus utiles associées à des sels minéraux.BETAGEN contient la Vitamine B.associée aux glycérophosphates alcalins, à la lécithine et l\u2019avénine, et est une combinaison heureuse qui par l\u2019action synergique de ses éléments constituants en fait un médicament précieux comme.Anémie COMPOSITION e e Tonique et Aliment Chaque once contient: ° 500 U.I.de Vitamine B: Nervin Chlorure de Thiamine RECOMMANDE 1 mgm.de Riboflavine , ., .avec les autres facteurs de la Pertes d\u2019Energie et d\u2019appétit - Vitamine B Complexe, Bs, Bs, Bs et Bs Neurasthénie - Troubles Gastro-intestinaux Lécithine d'oeufs 1/16 gr.et dans les cas où le système nerveux Avenine \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 1/30 est affaibli Glycerophosphates de Sodium 8 grs.MODE D'EMPLOI de Calclum 4 ers.Adultes : Une cuillérée à dessert quatre fois par jour, de de Potassium 4 grs.préférence avant les repas et le coucher.Enfants: Selon de Strychnine 1/60 gr.l\u2019âge, de 1/2 cuillérée à thé à une cuillérée à dessert.PAVERAL reste toujours le médicament de choix pour le traitement scientifique de la COQUELUCHE Le PAVERAL est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux coqueluchoïdes.- Ne cause ni intolérance, ni complications.Littérature sur demande.Agents : LA CIE CANADA DRUG PHARMACIENS EN GROS 857, rue Saint-Maurice, - - Juil.-Déc.1947 XX Montréal 531 bureaux au Canada VOTRE ALLIÉE La Banque Canadienne Nationale apporte à ses opérations de placement la même attention et la même loyauté qu'à ses autres opérations.Elle n'a aucun avantage à vous recommander l'achat d'une valeur plutôt que d'une autre.Elle est votre alliée.Il existe une étroite solidarité d'intérêts entre vous et la Banque, puisque ses progrès dépendent de la prospérité de ses clients.Déposez vos épargnes à la Banque Canadienne Nationale et faites vos placements par son entremise.BANQUE GANADIENNE NATIONALE .ACTIF, ENVIRON $380,000,000 Juil.-Déc.1947 XXI 65 succursales à Montréal LA MORT INVISIBLE VOUS MENACE v Chaque hiver et chaque printemps, plusieurs centaines de personnes perdent la vie par suite d'un empoisonnement par l'oxyde de carbone.C'est à cause de ce fait que les hygiénistes recommandent au public de ne « jamais produire de combustion dans une piéce hermétiquement fermée, même si c'est en hiver et par les plus grands froids ».L'oxyde de carbone, chacun le sait, est le produit de toute combustion imparfaite.À l'état pur, il ne décèle sa présence ni par l'odeur, ni par le goût, ni par la couleur; c'est pour cela qu\u2019on l'appelle la mort invisible.Il tue en se fixant sur les globules rouges du sang qu'il détruit, ce qui équivaut à une asphyxie interne.En basse concentration, il produit les symptômes suivants: mal de tête, serrement aux tempes et débuts d'engourdissement.En haute concentration, il amène un sommeil dont on ne se réveille pas soi-même; c\u2019est la mort.Comme dans tous les cas d'asphyxie, la respiration artificielle par la méthode Schafer, si elle est appliquée à temps et avec toutes les précautions avant, pendant et après, peut ressusciter l'asphyxié.Les moteurs à essence (gazoline), ceux des automobiles par exemple, produisent beaucoup d'oxyde de carbone.Dans un garage fermé, il ne faut jamais mettre le moteur en marche et le réchauffer sans faire communiquer le tuyau d'échappement avec l'extérieur.Il ne faut jamais se servir d'une chaufferette à gaz dans une pièce fermée, comme une chambre de bain.Dans les maisons, que ce soit à la ville ou à la campagne, une précaution élémentaire consiste à toujours garder quelque part une fenêtre à demi-ouverte.Il vaut mieux avoir froid que de s'endormir pour l'éternité.w MINISTÈRE DE LA SANTÉ de la province de Québec Hon.Docteur J.-H.-A.PAQUETTE, m.d.Docteur JEAN GRÉGOIRE, m.d.Ministre Sous-ministre Juil.-Déc.1947 XXII \u201cPRÉVENIR VAUT MIEUX QUE GUÉRIR\u201d \u2026 L'atonie intestinale, le météorisme, la rétention urinaire sont les suites fréquentes d'une opération.Avec la Prostigmine \u2018Roche\u2019, vous pouvez épargner à vos opérés ces heures désagréables.La Prostigmine combat les troubles post-opératoires de la vessie ou de l'intestin, permet d'éviter les cathétérismes, élimine les gaz et hâte la convalescence.Injectez 12 ampoule à 0.5 mgm.de Prostigmine (solution 1:2000) toutes les 4 ou 6 heures en commençant aussitôt après l'intervention et continuez les îin- jections pendant 2 ou 3 jours.HOFFMANN-LA ROCHE LIMITÉE, MONTRÉAL PROSTIGMINE ROCHE Juil.-Déc.1947 XXIII Un NOUVEAU médicament interceptant l\u2019influx nerveux sympathique dans les maladies vasculaires périphériques LE CHLORURE D'ETAMON Érigeant une barrière contre les influ® vaso-constric- teurs, le Chlorure d'Etamon permet l'accroissement du débit sanguin dans le membre intéressé.En interceptant temporairement la transmission des influx efférents au niveau des ganglions sympathiques, les stimuli sympathiques déterminant des spasmes vasculaires sont éliminés.Ainsi l'insuffisance circulatoire causée par le calibre réduit des vaisseaux périphériques est vaincue.LE CHLORURE D'ETAMON EST INDIQUÉ a) dans le traitement de : .La thromboangéite oblitérante (Maladie de Buerger).L\u2019artériosclérose périphérique oblitérante.La thrombophlébite \u2014 par la disparition des ) spasmes vasculaires réflexes.A) La Causalgie, les dystrophies sympathiques ré- \\ WN flexes, les troubles vasculaires fonctionnels tels que Maladie de Raynaud, acrocyanose.\\ N b) Comme aide dans le diagnostic : NN Des maladies vasculaires périphériques \u2014 la sélec- (NN tion des cas d'hypertension devant subir une sympa- \\ thectomie.Mode d'emploi : Voie intraveineuse ou intramusculaire.L'emploi et la posologie du Chlorure d\u2019Etamon restent plus sous la dépendance de l'âge physiologique du malade que de l'âge chronologique.Littérature descriptive sur demande.Empaquetage: LE CHLORURE D'ETAMON (chlorure d'ammonium tétraéthyl P.D.& Co.) est présenté dans des fioles stérilisées de 20 cc.à doses multiples (bouchon-diaphragme en caoutchouc), chaque centimètre cube de la solution contient 0.1 gm.de Chlorure d'Etamon.Jull.-Dée.1947 XXIV LE BON DOCTEUR 257 duire au moins ses activités, s\u2019il n\u2019avait sacrifié une santé trop précaire pour assurer le salut des autres.Mais, pour ce faire, il aurait fallu abandonner, ou tout au moins négliger, des malades en détresse, et sa devise, « servir pour assister », ne lui permettait pas de s\u2019arrêter sur un chemin qu\u2019il estimait être le chemin du devoir.Son rôle de médecin, c\u2019était pour lui, non une profession, mais un apostolat, je dirai même un sacerdoce qui prend l\u2019homme tout entier et l\u2019entraîne dans la voie du sacrifice jusqu\u2019au bout.Si brève qu\u2019ait été son existence, le Docteur Barbeau à laissé autour de lui, en plus de l\u2019estime de ses confrères, l\u2019immense et profonde gratitude de ses milliers de malades qui pleurent en lui l\u2019habile praticien certes, mais surtout l\u2019ange protecteur, le confident éclairé, et qui restent confondus par le désastre d\u2019une fin si tragique.Ce voyage qu\u2019il entreprit vers la France qui l\u2019invitait était considéré par lui comme un repos, une détente.Il désirait surtout offrir un témoignage de profond attachement à d\u2019autres amis qu\u2019il avait hâte de revoir là-bas, parce qu\u2019ils avaient souffert eux aussi et qu\u2019ils attendaient impatiemment le réconfort de sa bienveillante affection.Jusqu\u2019au bout, son dernier geste, son ultime pensée fut pour ceux qu\u2019il aimait et qu\u2019il savait dans le besoin et l\u2019attente de sa charité sans limites.Sa charité ! c\u2019est la première fois que j\u2019emploie ce mot en parlant de lui; au fond, j'aurais dû commencer par là, car son exquise bonté n\u2019était que l\u2019exercice d\u2019une charité chrétienne soutenue par une foi exemplaire; et puis- qu\u2019il a été promis béatitude à ceux qui font miséricorde, nous ne doutons pas que Dieu lui ait accordé déjà une récompense digne de tant de bontés généreusement semées dans le champ des souffrances humaines. 258 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU C\u2019est donc avec la piété d\u2019une gratitude infinie que les prières de tous ses malades s\u2019élèvent vers le ciel, soutenues par la multitude de ses œuvres, œuvres de charité, de dévouement, de sacrifice total envers ses frères, les autres hommes.Et c\u2019est tout cet actif qui apporte à nos cœurs affligés consolation pour nous et espérance pour lui, car, là-haut, il ne pourra lui être imputé ce reproche terrible qui retentit sur terre aux premiers jours de l\u2019humanité : « Cain, qu\u2019as-tu fait de ton frère ?» ANTONIO BARBEAU, PHYSIOLOGISTE bar EUGÈNE ROBILLARD « Le bon Joachim Du Bellay, comme nous, repartirait en voyage.En dépit des tempêtes, des vents hostiles, des naufrages possibles.Qu\u2019importe !» Cette phrase que Barbeau écrivait dans le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu en 1944 ne dénotait pas un pressentiment, elle indiquait un état d\u2019esprit, sa doctrine de la vie.Pour Barbeau, quel magnifique voyage que la vie: « À quarante ans », dit-il, «le médecin a fait un beau voyage ».Quel magnifique voyage que la vie, vie brillamment humaine, vie d\u2019enthousiasmes altruistes, de rêves merveilleux, toujours jeunes, de réalisations solides, vie de dévouement aussi, de combats incessants et de fatigue mais où le courage indompté était si bien servi par l\u2019intelligence et le sens de la mesure.Le médecin de quarante ans, écrivait-il encore, en s\u2019examinant à la croisée des chemins, « a vécu au sens fort du terme.Il a aimé; il a souffert».Lorsque, malgré le courage et la fierté, le «naufrage possible» s\u2019est brutalement réalisé, chacun regrettait vivement le parent, l\u2019ami, le maître, le médecin, le philosophe, le grand neurologiste mais un grand nombre de ses anciens élèves et de ses collègues pensaient aussi au physiologiste.Lorsqu\u2019en 1924, le docteur Barbeau, boursier de la rondation Rockefeller, gagnait Montpellier, il allait étudier la physiologie avec le grand maître français E.Hédon, qui lui ouvrait aussitôt son laboratoire et lui accordait son amitié.Le maître travaillait, entre autres sujets, le diabète expérimental et le métabolisme.Transporté brusquement aux confins du connu et de l\u2019inconnu où la science s\u2019édifie [259] 260 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU et la nature se dévoile, l\u2019élève empiète sur la chimie biologique, Barbeau étend ses notions de chimie biologique chez Derrien et Cristol.Mais c\u2019est aussi à Montpellier que se trouve Gilis, l\u2019anatomiste du système nerveux dont Barbeau gagne immédiatement la sympathie.Est-ce chez Gilis qu\u2019il a trouvé sa vocation de neurologiste ?L\u2019année suivante, il est à Paris et cette fois c\u2019est définitivement le système nerveux qui l\u2019intéresse davantage.A la Sorbonne, il est assidu aux leçons de Lapicque qui portent à peu près exclusivement sur la physiologie générale du nerf.Il fréquente les services de neurologie à l\u2019hôpital St-Joseph avec Thomas, à la Salpêtrière chez Guil- lain et travaille avec Jumentié à la fondation Déjérine.Barbeau commence à se passionner pour la neurologie mais ne cesse pas cependant d\u2019être physiologiste.Pendant cette période il est un des auditeurs les plus assidus de E.Gley au Collège de France.Cette idée de Claude Bernard qu\u2019il aimait à citer, il l\u2019avait fait sienne: « Il n\u2019y a en médecine qu\u2019une science, la physiologie appliquée à l\u2019état normal comme à l\u2019état pathologique ».N°\u2019était-ce pas d\u2019ailleurs son premier maître E.Hédon qui lui avait conseillé de faire de la clinique neurologique afin d\u2019observer de plus près les illustrations de la neurologie humaine.La Sorbonne, le Collège de France, la Salpêtrière, la fondation Déjérine, l\u2019hôpital St-Joseph, la faculté de médecine, quelle activité vertigineuse mais une activité dirigée, réfléchie, au service d\u2019un puissant esprit de synthèse.Désormais, chez Barbeau, la physiologie et la clinique vivront en symbiose jusqu\u2019à ce qu\u2019un jour la physiologie ne serve plus que de tuteur à la neurologie.A l\u2019automne 1926, le docteur Barbeau était à Boston chez le professeur Forbes avec qui il publiait quelques mois plus tard un travail sur l\u2019excitabilité du nerf.En même temps, il fréquente le « Psychopatie Hospital » et la ANTONIO BARBEAU, PHYSIOLOGISTE 261 clinique de neurologie au « Boston City Hospital »: «il n\u2019y a en médecine qu\u2019une science, la physiologie, appliquée à l\u2019état normal comme à l\u2019état pathologique ».Partout l\u2019on avait hautement estimé le collaborateur et l\u2019homme.En France comme aux États-Unis, il avait travaillé avec passion à édifier la science, à faire de la recherche.Il avait réservé l\u2019automne de 1927 pour Wood\u2019s Hole et une nouvelle étude de la physiologie générale.Plus que jamais Barbeau était physiologiste.Mais en juin 1927, il était rappelé à Montréal et devenait médecin de la clinique des aliénés criminels de l\u2019hôpital de Bordeaux et assistant au laboratoire de physiologie de la faculté de médecine.Il est infiniment regrettable pour Barbeau et beaucoup d\u2019autres mais combien plus encore pour l\u2019Université que jusqu\u2019à ces dernières années le cumul ait été rendu nécessaire aux professeurs de l\u2019Université.Faut-il Tegretter pour la neurologie que Barbeau se soit laissé tenter par la physiologie et pour la physiologie qu\u2019il soit devenu un clinicien passionné Ÿ N\u2019a-t-il pas plutôt rendu tellement et de si grands services et en physiologie et en neurologie qu\u2019on doive lui être reconnaissant d\u2019avoir suivi la voie indiquée par Claude Bernard, d\u2019avoir appliqué sa science et ses magnifiques talents « à l\u2019état normal comme à l\u2019état pathologique ».En septembre 1927, le professeur de physiologie qui besognait seul depuis près de deux décades, cessait d\u2019être un ermite.Les étudiants en médecine voyaient aux côtés du docteur Asselin, un tout jeune professeur, il avait à peine 26 ans, qui parlait une langue nuancée, souple, imagée, moderne, une science alors étiquetée 1927 et qui chaque année se renouvelait.Son érudition s\u2019étendait à toutes les fonctions qu\u2019il enseigna tour à tour avec la même maîtrise et le même enthousiasme communicatif. 262 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU En 1931, il devient professeur agrégé de physiologie.Barbeau restait encore physiologiste mais lorsqu\u2019il abordait l\u2019étude du système nerveux, le physiologiste se doublait d\u2019un neurologue.Ici les expériences et les observations cliniques dominaient les résultats acquis chez 1\u2019animal.Le pont était posé entre la physiologie et la clinique, mais en pente vers cette dernière.\u2018Le 6 juillet 1939, le docteur Antonio Barbeau devient titulaire de la chaire de neurologie.La clinique l\u2019avait emporté.Le laboratoire de physiologie s\u2019en serait trouvé tout démantelé si Barbeau qui restait profondément attaché à la physiologie n\u2019avait consenti à y continuer son travail jusqu\u2019en 1941.Neurologiste, il connut les plus étonnants succès mais dont l\u2019éclat n\u2019a pu faire oublier le physiologiste qui d\u2019ailleurs émergeait constamment tant dans son enseignement que dans la clinique.«Il n\u2019y a en médecine qu\u2019une science, la physiologie, appliquée à l\u2019état normal comme à l\u2019état pathologique ».Le souvenir d\u2019Antonio Barbeau, physiologiste et neurologiste restera toujours aussi vif que celui que nous conservons de l\u2019ami, de l\u2019homme au cœur profondément humain dans le sens noble et fort du terme. + ae 0 me LE DOCTEUR BARBEAU ET L\u2019ENSEIGNEMENT par JEAN-LÉON DESROCHERS Le Professeur Barbeau possédait l\u2019art d\u2019enseigner, don extrêmement précieux.Le nombre des savants authentiques demeure restreint; la proportion s\u2019affaiblit, si l\u2019on recherche ceux qui savent transmettre leur science avec clarté, précision, envergure.La vie et l\u2019élégance caractérisaient l\u2019enseignement du regretté professeur.Médecin, neurologue, psychologue, psychiâtre et physiologiste, le Docteur Barbeau était aussi écrivain, conférencier, musicien, un ami de toutes les muses, bref, un cerveau universel.Par surcroît, un grand cœur aimant tout ce qui est humain.Si l\u2019on ajoute à cela une énergie sans défaillance, un dynamisme débordant, un idéal élevé, un patriotisme éclairé, une charité sans cesse en éveil, et, en plus, une âme foncièrement chrétienne, on comprendra le Docteur Barbeau comme homme et comme éducateur.Bonheur exceptionnel, j\u2019eus le privilège de travailler avec lui durant plus de sept années.Le patron comme nous l\u2019appelions affectueusement, représentait plus qu\u2019un chef de service pour ses assistants: c\u2019était le bon Maître qui faisait participer chacun de ses élèves aux richesses de son savoir.C\u2019était l\u2019ami sincère qui communiquait à son entourage la fièvre de son énergie indomptable et de sa foi dans la vie.D\u2019un mot, il savait encourager ou rendre confiance au jeune Esculape qui risquait de sombrer dans le pessimisme, à l\u2019occasion d\u2019une erreur de diagnostic, par exemple.Joyeux compagnon de travail, il était le chef pour qui nous aurions tenté l\u2019impossible avec héroïsme.J\u2019avais vu le Docteur Barbeau pour la première fois au début de ma deuxième année de médecine.Malgré son re- [263] 264 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU nom et son activité dans les milieux médicaux et universitaires, je n\u2019avais pas encore eu l\u2019occasion de le rencontrer.I] m\u2019enseigna la physiologie nerveuse et musculaire.J'ai gardé, très vivace, le souvenir de ses leçons.Le cours du Professeur Barbeau était de ceux que nous ne pouvions nous permettre de manquer.Sans doute trouvions-nous la matière un peu sèche, mais il savait la rendre comestible et nous en faisait saisir l\u2019importance pour bien d\u2019autres raisons que celle de passer des examens \u2014 trop souvent le principal motif d\u2019assiduité chez les étudiants.Tous suivaient avec fidélité cet enseignement bien préparé, mûri, constitué d\u2019expériences personnelles, richement illustré et exprimé dans un pur français.Dans de telles conditions, la physiologie nerveuse, science abstraite et souvent ennuyeuse, devenait imagée, entraînante et nous allions au cours comme à une conférence d\u2019agrément.Le Professeur Barbeau était docteur en philosophie.Tantôt procédant de l\u2019induction, tantôt de la déduction, son enseignement s\u2019appuyait avec solidité sur la science du raisonnement.Ayant étudié la physiologie et la neurologie auprès de savants français et américains, le Docteur Barbeau possédait une autorité forte et vaste.Physiologiste, donc entraîné à l\u2019observation de concret, il faisait dériver son enseignement avec logique de ses propres recherches expérimentales et cliniques.: A cause de sa formation francaise et de ses instincts \u2018ancestraux, il était apte à l\u2019induction.\u2018 À l\u2019improviste et avec facilité, il pouvait donner toutes les explications demandées par les élèves.La méthodologie lui permettait la plus grande souplesse dans la vulgarisation comme dans la transcendance.Parvenu en quatrième année de médecine, je devais découvrir Barbeau le médecin, celui qui joignait à la compétence en physiologie, un art consommé de la clinique. LE DOCTEUR BARBEAU ET L'ENSEIGNEMENT 265 Il savait examiner un patient et poser un diagnostic.Il apprenait aux élèves à rechercher les signes et les symptômes avant de leur en expliquer la signification et la marche des faits vers la conclusion.Le Docteur Barbeau s\u2019intéressait beaucoup au développement de la médecine psychosomatique, cette science dont on parle comme d\u2019une découverte récente, bien que, de tout temps, les cliniciens français l\u2019aient connue et pratiquée.S\u2019il y a des maladies, il y a surtout des malades.Comme médecin et comme clinicien, la force du Docteur Barbeau était de considérer ses patients, non pas comme des numéros dans le catalogue des maladies, mais comme des êtres humains composés d\u2019un corps et d\u2019une âme étroitement unis.Il savait qu\u2019une atteinte morbide retentit profondément sur le moral et inversement; qu\u2019une perturbation de l\u2019esprit influence d\u2019une façon plus ou moins néfaste l\u2019organisme tout entier.Le malade se présentait sans appréhension aux cliniques du [Docteur Barbeau ; il prévoyait qu\u2019on le traiterait avec bonté et délicatesse.Il n\u2019y a rien d\u2019absolu, en médecine surtout.Le Docteur Barbeau connaissait l\u2019apophtègme mieux que quiconque.Il savait depuis longtemps que la médecine n\u2019est pas opération arithmétique et que le diagnostic ne s\u2019obtient pas en compilant sans pensée et sans logique des protocoles de laboratoire.Les facteurs humains varient à l\u2019infini.Dans beaucoup de cas, c\u2019est la subtilité, l\u2019impondérable qui fait pencher la balance d\u2019un côté ou de l\u2019autre.Intuition et logique le guidaient avec assurance dans les détours de la conscience et de la sub-conscience.Enfin, promu assistant au service de neurologie, j\u2019eus l\u2019avantage de connaître mieux encore mon cher et regretté Maître.Il s\u2019est révélé à mon admiration comme un véritable 266 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU chef.Sans mesquinerie, il accordait à ses aides une large part de crédit dans les succès.Quand les choses tournaient mal il n\u2019hésitait pas à endosser les responsabilités et rectifiait les erreurs avec un tact que ne laissait aucune blessure à l\u2019amour-propre.Patron au sens le plus amical du terme, il était pour ses disciples un père et un ami.La familiarité de bon aloi qu\u2019il fit régner dans son Service de Neurologie ne diminuait en rien l\u2019autorité qui s\u2019attachait à sa personne.Il connaissait les hommes; il freinait avec tact les imprudences du néophyte et stimulait à propos les enthousiasmes de la jeunesse.Humaniste intégral, Barbeau avait fréquenté diverses écoles mais surtout une particuliérement formatrice: la souffrance.Après une jeunesse exubérante où les sports eurent une large place, il dût à l\u2019âge de vingt-trois ans ralentir ses activités physiques.L\u2019intervention chirurgicale qu\u2019il subit à Paris, l\u2019handicapa pour le reste de son existence.Cet être dynamique et volontaire s\u2019était raidi devant l\u2019épreuve.Il endurait en silence.Il fut toujours un exemple de renoncement.Il travaillait d\u2019arrache pied sans jamais se plaindre.Chaque matin, il s\u2019étonnait de revoir le jour.I n\u2019aimait pas se laisser surprendre dans l\u2019attitude de la douleur.Devant l\u2019observateur, il se redressait en sursaut et redevenait un homme jeune, alerte et souriant.Malgré une pratique intense, malgré l\u2019enseignement clinique et universitaire, malgré les obligations sociales, malgré les devoirs de famille qu\u2019il acceptait avec joie, malgré la maladie, il trouva le temps nécessaire pour donner des conférences sur les sujets les plus variés.Lorsqu\u2019il s\u2019agissait de constituer un programme pour une réunion intellectuelle, ses qualités d\u2019orateur, sa culture et sa bonne grâce le désignaient comme premier choix. LE DOCTEUR BARBEAU ET L\u2019ENSEIGNEMENT 267 De son enseignement et de ses travaux, on peut tirer cette conclusion : PATRIOTE SANS OUTRANCE NATIONALISTE.Le Docteur Barbeau voulait une médecine canadienne-française ayant ses caractères propres, s\u2019édifiant sur l\u2019esprit et la culture de la clinique française tout en s\u2019incorporant le meilleur des techniques anglo-saxonnes.Humble en ce qui le concernait, il éprouvait de l\u2019orgueil pour le peuple dont il était issu, et dont il n\u2019ignorait pas les faiblesses.Il se complaisait à ce rêve d\u2019une médecine canadienne-française autonome, indépendante de l\u2019étranger et capable de conquérir des trophées dans l\u2019invention et la découverte.Il coopéra à la bonne entente entre les groupes ethniques qui peuplent notre pays.Avec calme et pondération, 11 ne manquait pas de souligner deux écueils dans nos rapports avec les Anglais: DÉNATIONALISATION ET CHAUVINISME.Il a défendu avec conviction qu\u2019il était possible de rester français d\u2019esprit et de cœur et d\u2019entretenir des relations cordiales avec les confrères d\u2019expression anglaise.| Mon hommage reproduit faiblement l\u2019écho de l\u2019admiration générale envers le Professeur Barbeau.Il convient néanmoins que la reconnaissance unanime des élèves s\u2019exprime, si simplement que ce soit, envers celui qui savait instruire et guider sans négliger l\u2019amitié. 20 6 ve S > pu # > CS a.\u2018À By Photo Albert Dumas Antonio Barbeau, professeur 1939 LE DOCTEUR ANTONIO BARBEAU ET LA PSYCHOLOGIE par R.P.NOËL MAILLOUX, O.P.Directeur de l\u2019Institut de Psychologie, Université de Montréal À la disparition d\u2019un ami, admiré autant qu\u2019affectionné, un sentiment d\u2019embarras nous envahit dès qu\u2019on nous invite à parler de lui.Sa vie reste trop intimement confondue à la nôtre, et son image se refuse encore énergiquement à prendre les contours immuables d\u2019un souvenir.Toute évocation équivaut, dès lors, à un brisement intérieur, est ressentie comme une sorte d\u2019éloignement.Elle nous fait prendre conscience davantage de l\u2019isolement où nous sommes.D\u2019autre part, comment oublier que là carrière du Dr Barbeau se trouve interrompue en pleine montée et que l\u2019exemple donné par lui conserve la valeur d\u2019un appel ?Aussi, notre participation à un effort concerté pour faire connaître intégralement les mérites de cet infatigable travailleur nous apparaît-elle un devoir d\u2019élémentaire justice.Parmi ceux qui s\u2019adonnent à l\u2019étude des sciences naturelles, les grands médecins font toujours preuve de la curiosité la plus universelle.Le contact quotidien avec des hommes qui ont besoin de leur compréhension les maintient en état d\u2019alerte et développe chez eux le goût de l\u2019explication intégrale.Instinctivement, ils se méfient des catégories et des schèmes qui imposent des limites à notre vision du réel.Comme le prêtre qui veut apaiser les tourments de l\u2019âÂme reconnaît vite la nécessité de tenir compte d'un affaissement organique, le médecin qui se penche sur un corps [ 269 ] 270 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU malade cherche naturellement a pressentir la nature et 1\u2019intensité des conflits intérieurs.Le Dr Barbeau possédait le don de l\u2019intuition rapide et sûre.À la moindre allusion, il devinait tout et il avait horreur d\u2019une insistance qui donne tout de suite le sentiment d\u2019être violenté.Sa discrétion et sa délicatesse laissaient d\u2019emblée entendre au patient qu\u2019il avait, pour sa vie intime, le respect profond qu\u2019inspire la vraie charité chrétienne.A l\u2019opposé du haineux qui s\u2019ignore, impitoyable et blessant dans son inquisition, il suscitait du premier coup une confiance qui incitait à lui parler comme à l\u2019ami le plus sûr.On comprendra, dès lors, que le Dr Barbeau ait toujours manifesté pour les études et la recherche psychologiques un intérêt très prononcé.Encore au début de sa carrière, il présentait à la Faculté de philosophie une thèse sur « Les bases de la psychanalyse » et consacrait une série d\u2019articles à la discussion des idées et des découvertes de Freud.Plus tard, son attention se tourna vers le problème de la délinquance.Dans ce domaine, il ne cessa d\u2019accumuler des observations personnelles dont ses publications ne nous livrent qu\u2019une infime portion.Occupant, pour cela, une situation idéale, il avait l\u2019intention de poursuivre plus avant ses recherches.À cette fin, il nous demandait l\u2019an dernier d\u2019initier deux de ses assistants aux techniques psychométriques.Signalons, aussi, la participation très active du Dr Barbeau aux efforts d\u2019un groupe de psychologues, soucieux d\u2019étendre l\u2019influence des méthodes scientifiques au domaine de l\u2019éducation.Plusieurs fois, il accepta d\u2019interrompre sa pratique quotidienne pour prendre part à nos congrès et il apporta une brillante collaboration à la collection « Les méthodes scientifiques dans l\u2019éducation ».Ses préoceupations de cet ordre l\u2019amenèrent à s\u2019intéresser tour à tour au développement du scoutisme et à l\u2019évolution de la médecine canadienne-française. ANTONIO BARBEAU ET LA PSYCHOLOGIE 271 Si impressionnante soit-elle, cette énumération laisse de côté les démarches répétées et énergiques entreprises par le Dr Barbeau pour établir sur une base solide l\u2019enseignement et la recherche psychologiques, alors qu\u2019ils commençaient à peine de s\u2019implanter au Canada français.Il suggéra d\u2019abord de créer une chaire de psychologie à la Faculté de médecine ; puis, se rendant bien vite compte qu\u2019il valait mieux soutenir un projet de plus grande envergure, il devint l\u2019un des pionniers de l\u2019Institut de psychologie où il organisa l\u2019enseignement de la psycho-physiologie.Durant les cinq dernières années, bien que gravement malade, il s\u2019imposa le sacrifice de donner lui-même la partie la plus importante de ce cours.Combien de fois nous l\u2019avons vu épuisé et souffrant, avant de pénétrer dans la salle, et devenir l\u2019instant d\u2019après un professeur extrêmement enthousiaste et lucide ! Professeur, le Dr Barbeau l\u2019était autant que médecin.Il possédait pour cela toutes les qualités essentielles : dignité, aménité et jovialité de caractère, expression limpide et précise, vigueur intellectuelle, désintéressement, amour de la jeunesse.À titre d\u2019ami, nous devons encore à la mémoire du Dr Barbeau de rappeler qu\u2019à lui revient tout le mérite d\u2019avoir conçu un projet grandiose qui, même s\u2019il n\u2019a pas eu le temps de le réaliser, ne saurait être abandonné.L\u2019ayant mfiri pendant des années, il profitait il y a quelques mois à peine d\u2019une conférence publique pour l\u2019exposer une fois de plus dans ses grandes lignes.Depuis longtemps, il avait entrevu la nécessité d\u2019un service de consultation psychologique dans un hôpital, organisé sur le modèle de ceux qui fonctionnent le plus efficacement en France et aux Etats-Unis.Mais, ses vues ne s\u2019arrêtaient pas là .Désireux d\u2019imprimer un élan nouveau à la recherche scientifique, il a tout tenté pour créer des conditions de travail permettant une collaboration étroite entre la neurologie, la psychiatrie et la psychologie.Il était convaineu qu\u2019une orientation résolu- 272 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU ment progressive de l\u2019enseignement universitaire et du travail d\u2019investigation dans le domaine clinique qui l\u2019intéressait, dépendait de l\u2019effort conjugué des trois disciplines cultivées par Jui.Un jour viendra, sans doute, où l\u2019on donnera suite à ce projet élaboré avec une probité, un désintéressement et une largeur de vue, qui forcent l\u2019admiration.Dans les dernières semaines de sa vie, la Providence nous a fourni l\u2019occasion d\u2019une intimité presque quotidienne avec le Dr Barbeau.Une certaine réserve, facile à comprendre, nous interdit malheureusement de lever le voile sur la vie intérieure de cet ami très cher.Disons seulement que la richesse de cette dernière n\u2019était guère moindre que celle de sa vie intellectuelle.Nul n\u2019étant meilleur qu\u2019un autre à moins que Dieu ne l\u2019aime davantage, il nous est permis de reconnaître dans l\u2019abondance des dons reçus et surtout dans la persévérance à les faire fructifier au service d\u2019autrui, un gage évident des prédilections divines.A nous reste la consolation d\u2019avoir aimé un homme juste ! RICHESSE MORALE DU DOCTEUR BARBEAU par J.-A.LUSSIER Dans la foule de ceux qui regrettent le Docteur Antonio Barbeay, il est facile de reconnaître ses malades et l\u2019intensité de leur affliction.Après le chagrin des membres de sa chère famille, le leur semble bien le plus important.Les liens qui unissent certains patients à leur médecin ont presque la force de la consanguinité.Au cours de sa brillante carrière le Docteur Barbeau à partout laissé le souvenir d\u2019une forte et très attachante personnalité.A l\u2019homme qui a si dignement servi la profession médicale, ses confrères rendent hommage.Au professeur qui fut excellent en tous points, ses élèves pensent toujours avec tristesse en essayant de mesurer l\u2019incaleulable perte.A l\u2019ami de tous, chacun voudrait, vaine douleur, redire son affection.Au médecin, les pauvres patients, les plus désemparés dans ce deuil, désirent offrir le témoignage de leur gratitude.L\u2019image toujours vivante du Dr Barbeau donne l\u2019impression d\u2019une présence qui continue de régner.Elle reflète ses savantes bontés, ses nombreux bienfaits.Elle impose le respect et la reconnaissance.Elle consolide la fidélité, la permanence du souvenir.On confiait spontanément ses miséres au Docteur Barbeau.Son accueil immanquablement provoquait les confidences.Il les entendait avec une compréhension qui inspirait et gagnait la confiance.Son savoir et la plénitude de son dévouement constituaient pour les malades un double [273] 274 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU gage de guérison ; ils donnaient ce réconfort moral que l\u2019on recherche avec tenacité, à tous les âges et dans toutes les circonstances malheureuses.Le Docteur Barbeau comprenait la souffrance, sous toutes ses formes physiques ou morales.Par vocation réelle, il aimait à se charger des misères humaines.Il possédait toujours le moyen d\u2019y rémédier.De toutes les forces de son intelligence et de son cœur, il s\u2019appliquait à les guérir.Sa sollicitude ne manquait jamais de les apaiser.Son dévouement était aussi profond que vaste.A la source de sa générosité, il laissait s\u2019abreuver à satiété tous ceux qui avaient soif de consolation.Il savait que l\u2019allégorie du verre d\u2019eau récompensé, c\u2019est le bonheur qu\u2019on éprouve a rendre service.A sa riche compétence il associait l\u2019amour du prochain.Il voyait la grandeur de la solidarité humaine.- Avec dignité, sans équivoque mais sans arrogance, il aimait à confesser sa foi chrétienne dont les principes de charité élèvent le rôle du médecin et la souffrance du malade, unissent les esprits au-dessus des misères et des douleurs.La vive couleur de ses conceptions médicales et médico- sociales n\u2019altérait en rien la valeur de la personne humaine.Son érudition neuro-psychiatrique, confirmée par un doctorat en philosophie, l\u2019empêchait de séparer l\u2019âÂme du corps.Union intime, interdépendance de la créature matérielle et de la créature spirituelle.Il pratiquait l\u2019enseignement qu\u2019un auteur omniscient et infaillible donnait au monde, il y à près de deux mille ans: « Pour bien soigner l\u2019homme, il faut soigner tout l\u2019homme.» Comme nourriture, le pain ne suffit pas; comme traitement, le médicament ne guérit pas tout.La médecine ne doit pas s\u2019occuper seulement de la bête dans l\u2019être humain.Le professeur Barbeau très précocement, s\u2019était vu adresser toutes les louanges possibles.Aux divers échelons RICHESSE MORALE DU DOCTEUR BARBEAU 275 de sa rapide ascension, il avait fait preuve d\u2019une vaste culture et d\u2019une dialectique sans faiblesse.L\u2019œuvre interrompue inopinément reste considérable ; ses mérites conservent par delà la tombe leur valeur intégrale.Médecin et patriote, Barbeau voulait des honneurs pour la médecine canadienne et la gloire pour la patrie.Jusqu\u2019à la limite de sa vie, il a magnifiquemment servi sa profession et son pays.Ses derniers actes furent ceux d\u2019un ambassadeur.En service commandé, il visitait la France pour convaincre maîtres et collègues d\u2019outre-atlantique que notre médecine et notre nation marchaient vers le progrès.Il est tombé au champ d\u2019honneur.Respect à la mémoire de ce patriote intelligent.Reconnaissance au médecin qui connaissait aussi bien les bienfaits du cœur que le secret des remèdes.> ANTONIO BARBEAU HUMANISTE par PAUL DUMAS Antonio Barbeau laisse dans la mémoire de tous ceux qui l\u2019ont connu le souvenir d\u2019un parfait gentilhomme, d\u2019un médecin profondément bon et dévoué, toujours soucieux d\u2019accroître son savoir et jamais lassé par les plaintes parfois insistantes de la catégorie particulière de patients qui lui demandaient assistance, enfin d\u2019un esprit raffiné et sensible qui se passionnait pour toutes les manifestations de l\u2019activité humaine.La vaste culture d\u2019Antonio Barbeau trouvait son assise naturelle dans une connaissance éclairée de la philosophie, mère de toute science, aussi bien que dans sa compréhension de la biologie et de la pathologie.En effet, physiologiste et neurologue, Antonio Barbeau était aussi, ne l\u2019oublions pas, docteur en philosophie.Attiré dès ses années d\u2019université par la neuro-psychiatrie \u2014 la spécialité la plus ardue et celle qui serute l\u2019homme dans ses replis les plus secrets \u2014 il avait tenu à compléter sa formation neuro-psychiatrique par l\u2019étude de la sociologie et de la philosophie.C\u2019est pourquoi il avait de la vie, des êtres et de leur destinée une conception lucide et animée d\u2019un sens aigu de la hiérarchie des valeurs.Doué par ailleurs d\u2019un tempérament d\u2019artiste, il avait été dans sa jeunesse un violoniste distingué et, à un âge où l\u2019homme délaisse volontiers le lyrisme pour des plaisirs soi-disant plus virils, il avait gardé à la poésie une tendresse toujours fidèle.Sans doute, ses occupations exténuantes lui avaient- elles laissé avec le temps bien peu de loisir pour s\u2019adonner aux arts, mais dans ses très rares moments de détente, il allait écouter un concert de musique symphonique, ou encore il aimait, entre deux consultations à l\u2019hôpital, citer à ses collègues tel de ces nombreux poèmes dont foisonnait son exceptionnelle mémoire, il s\u2019était enfin révélé un amateur de peinture au goût très sûr.Chez ce médecin doublé d\u2019un artiste et d\u2019un philosophe, la culture n\u2019avait rien de l\u2019érudition sèche et coupée de tout prolongement humain ; [ 276 ] ANTONIO BARBEAU HUMANISTE 277 au contraire, sublimée chez lui par l\u2019exquise sensibilité du cœur, la joie de connaître s\u2019épanouissait tout naturellement dans le bonheur de servir.Il était done dans la meilleure acception du terme un modèle exemplaire de médecin humaniste.Antonio Barbeau a beaucoup écrit.A part « Sous les platanes de Cos », recueil d\u2019essais para-médicaux, il a publié dans nos périodiques médicaux et littéraires un nombre considérable d\u2019articles, quelques-uns très élaborés, sur les sujets les plus variés: neuro-psychiatrie, physiologie, endocrinologie, psychologie, déontologie, sociologie, ete.Il nous est permis en passant de regretter qu\u2019il ne se soit pas préoccupé de rédiger certaines improvisations mémorables sur des thèmes médicaux ou para-médicaux dont nous fûmes les auditeurs charmés, mais telle qu\u2019elle se présente à nous son œuvre est riche et abondante, elle nous offre une profusion d\u2019enseignements et elle reflète à merveille le noble caractère de son auteur.La bibliographie d\u2019Antonio Barbeau comporte plusieurs centaines de titres qu\u2019il serait impossible d\u2019énumérer ici.Ces titres se rapportent d\u2019une part à des travaux ou mémoires d\u2019ordre purement médical, d\u2019autre part à des monographies, articles, conférences sur des sujets para-médicaux très divers.Puisque notre propos porte sur Antonio Barbeau humaniste, nous n\u2019entreprendrons point d\u2019analyser ses travaux purement techniques: nous laissons ce soin à des mains plus expertes que la nôtre.Qu\u2019il nous suffise de dire que même dans ces écrits qu\u2019un souci de rigueur scientifique rendait forcément plus arides, le docteur Barbeau demeurait toujours philosophe et artiste et bien qu\u2019obligé par la gravité de son sujet d\u2019éviter les ornements du style, il savait toujours sauvegarder la limpidité et l\u2019élégance de la phrasé et la parfaite ordonnance de la composition.Car Antonio Barbeau était plus qu\u2019un cerveau bien orné, c\u2019était pour user d\u2019une expression chère aux écrivains de la Renaissance, une « teste 278 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU bieng faicte », autrement dit un esprit singulièrement lumineux qui possédait l\u2019art d\u2019agencer et de synthétiser suivant un enchaînement toujours logique les notions les plus disparates et les plus nuancées que lui avait révélées la subtilité de son analyse et de toujours situer sur leur vrai plan les problèmes souvent difficiles qui sollicitaient constamment sa sagacité intellectuelle.Ce double don de la logique et de la clarté, il l\u2019avait développé et affiné par l\u2019étude et l\u2019observation et il conférait à sa conversation, à son enseignement et à ses écrits un caractère particulièrement attachant.Neuro-psychiatre, Antonio Barbeau n\u2019envisageait pas l\u2019humanité à travers le prisme déformant de sa spécialité.Pour lui le patient n\u2019était jamais un simple « nerveux », isolé de son contexte biologique et psychologique.Il ne manquait jamais d\u2019intégrer ses malades dans leur cadre naturel et il pratiqua toujours, avant que la mode en fut lancée outre-frontière, une excellente médecine psycho-so- matique.De même, grâce à l\u2019éclectisme intelligent de sa formation, il avait su intégrer le médecin dans son milieu social, milieu dans lequel il a des droits et un rôle bien définis à exercer tout autant qu\u2019auprès des individus.Ce rôle civique du médecin représentait aux yeux d\u2019Antonio Barbeau le complément normal, indispensable de sa mission professionnelle au chevet des personnes.Il l\u2019a rempli pour sa part magnifiquement dans sa trop brève carrière et, au- jourd\u2019hui qu\u2019il n\u2019est plus, son œuvre écrite nous en conserve le témoignage émouvant.En effet, Barbeau écrivain ne s\u2019est jamais complu dans la littérature académique et ne s\u2019est jamais arrêté à la poésie pure ni aux exercices du style.Pour lui l\u2019art d\u2019écrire demeura toujours un moyen puissant de diffuser parmi la population des idées généreuses et susceptibles d\u2019améliorer l\u2019ordre et la santé publics, en d\u2019autres termes de communiquer à ses semblables des directives de bonheur. rem.en esrss\u2026= ANTONIO BARBEAU HUMANISTE 279 C\u2019est ainsi qu\u2019il fit paraître sur les épineux problèmes de la stérilisation des inaptes, de l\u2019enfance délinquante, de la criminalité chez les épileptiques et les paralytiques généraux des exposés très documentés et très au point où il s\u2019efforçait d\u2019accorder les données scientifiques avec les principes de la morale et de la justice sociale.À une époque où le freudisme avec ses relents troubles ne hantait pas encore l\u2019imagination de nos surréalistes, Antonio Barbeau, jeune médecin épris de vérité et de clarté, consacra sa thèse de doctorat en philosophie à cette méthode controversée et s\u2019appliqua à dégager de la doctrine psychanalytique la contribution indéniable du maître de Vienne à l\u2019interprétation et à la thérapeutique des psychonévroses, tout en soulignant le caractère par trop systématique de ses théories touchant les rêves et la sexualité infantile.Cette thèse qui valut à son auteur les plus hautes distinctions, est restée jusqu\u2019à ce jour inédite.Les quelques extraits qui en furent publiés par des revues permirent à chacun d\u2019apprécier la clairvoyance et l\u2019acuité d\u2019esprit du critique.Pour notre part, nous exhortâmes à plusieurs reprises le docteur Barbeau à en publier le texte intégral.Il ne voulut cependant jamais céder à nos instances amicales parce que, disait-il, son ouvrage avait vieilli, qu\u2019il eut dû être complètement remanié à la lumière des travaux récents sur la question avant de pouvoir être publié et que cette tâche lui était devenue matériellement impossible, sollicité qu\u2019il était maintenant par ses multiples fonctions.Tout ce que nous pûmes obtenir de lui, c\u2019est qu\u2019il réunit quelques-unes de ses études les plus significatives en un petit livre qui devait porter le titre symbolique: « Sous les platanes de Cos ».En outre des études touchant la stérilisation des inaptes et l\u2019enfance délinquante, auxquelles nous avons déjà fait allusion, ce volume trop court mais combien substantiel contient trois articles sur le médecin, l\u2019évolution de la médecine canadienne-francaise et «les fous que j\u2019aime » et sa leçon 280 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU inaugurale a la chaire de neurologie, présentée sous le titre, «l\u2019évolution de la neurologie moderne.» | Si l\u2019on met à part sa thèse sur l\u2019évolution de la pensée freudienne, une fantaisie scientifico-littéraire sur la morphologie du visage et La croisée des chemins, manifeste courageux sur l\u2019orientation des études médicales au Canada français, les études inscrites « Sous les platanes de Cos» contiennent l\u2019essentiel de la pensée de l\u2019écrivain et nous permettent d\u2019admirer les multiples facettes de son talent.Dans une langue tour à tour ample ou incisive mais toujours musicale, l\u2019auteur y défend ses idées les plus chères, à savoir: le caractère humaniste de la profession médicale, le dualisme psycho-biologique de l\u2019homme malade, la nécessité de la culture dans la formation du médecin, la nécessité pour le médecin canadien-français de recevoir une formation de base dont l\u2019esprit soit conforme à ses innéités- françaises puis de s\u2019initier aux disciplines anglo-saxonnes et américaines en vue d\u2019appliquer à ses compatriotes, selon un mode canadien, un art universel par essence, etc.L'idée maîtresse qui transparait en filigrane dans tous ces écrits, c\u2019est la conception hippocratique de l\u2019homme indivisible, être personnel dont l\u2019esprit et le corps sont étroitement unis et réagissent constamment l\u2019un sur l\u2019autre.Cette idée, l\u2019auteur ne la soutient pas avec tant de ferveur parce qu\u2019il la croit sienne mais parce qu\u2019il la croit vraie et que si on la méconnait il ne lui semble pas possible de pratiquer une médecine vraiment humaine, une médecine intégrale adaptée à la personne humaine tout entière, une médecine qui soulage, qui console et qui apporte un peu de paix et de bonheur.C\u2019est cette belle leçon d\u2019idéalisme, d\u2019inspiration humaniste et chrétienne, qui traverse toute son œuvre paramédicale comme un souffle bienfaisant, une leçon exaltante dans les temps troublés où nous vivons et pour laquelle nous devrons toujours garder à cet homme de bien, en plus de notre souvenir attristé, une reconnaissance émue et durable. LE DR BARBEAU, AMBASSADEUR DE LA MÉDECINE CANADIENNE-FRANÇAISE par JEAN-MARIE MORIN ?Qu\u2019un de nos compatriotes s\u2019embarque pour l\u2019Europe n\u2019a en soi rien d\u2019extraordinaire.Mais quand ce compatriote, en raison de sa science, de la renommée internationale qu\u2019il s\u2019est acquise, s\u2019en va professer dans une université française illustre; quand ce savant est doublé d\u2019un humaniste, qui auprès de nos amis de France se fera l\u2019ambassadeur de la médecine et de la pensée canadiennes, ce départ prend figure de symbole.À notre connaissance le Dr Barbeau est un des quelques Canadiens appelés à donner des cours dans une chaire française.Cet honneur, en plus de grandir l\u2019homme à qui il échoit, apporte à la profession médicale canadienne-fran- caise un lustre qu\u2019elle ignorait jusqu\u2019ici.Cette dernière constatation n\u2019a rien de blessant pour nos médecins, car s\u2019ils sont reconnus pour d\u2019excellents praticiens, il faut bien admettre que dans le domaine de la recherche leur contribution a été bien mince.Les raisons en sont multiples et elles ont été exposées trop de fois par les gens du métier pour que nous y revenions.Quoi qu\u2019il en soit, divers signes, - 1 L'article, que nous reproduisons ici avec l\u2019autorisation de l\u2019auteur, a été publié dans l\u2019hebdomadaire Notre Temps le 7 juin 1947, au moment où notre regretté collègue s\u2019envolait vers Europe.Réimprimer ce texte sert un double but: consigner un si beau témoignage dans les annales de l\u2019Hôtel-Dieu, offrir à tous nos médecins une nouvelle occasion de le lire et de le relire.Rappelons aussi que moins d\u2019un mois plus tard, le 5 juillet, M.Jean-Marie Morin publia dans Notre Temps un second article sur le Dr Barbeau, une nécrologie très émouvante.LA REDACTION.[ 281 ] 282 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU parmi lesquels le voyage du Dr Barbeau, laissent entrevoir une ére nouvelle.Malgré les préparatifs nombreux et les démarches de toutes sortes que nécessite un voyage par ce temps d\u2019après- guerre, nous avons réussi à dérober, la veille de son départ, quelques-uns des précieux moments du Dr Barbeau.La distance qui le sépare maintenant du Canada protégera sa modestie.et notre indiscrétion de rapporter ici certaines confidences qu\u2019il a bien voulu nous faire alors, auxquelles nous ajoutons les détails intimes obtenus de ses amis.De sa jeunesse, le Dr Barbeau n\u2019a pas honte d\u2019avouer qu\u2019il fut un élève appliqué, studieux, possédé par le désir de savoir.De bonne heure se manifesta son goût pour les différents arts, qu\u2019il gardera toute sa vie.L\u2019étude du violon, pour laquelle il manifesta de grandes dispositions, com- .mencée avec Camille Couture, il la poursuit avec Hamel et Chartier.À douze ans se révèle son âme de poète, et il écrit plusieurs pièces de vers qui ont la faveur de l\u2019impression.Au collège Ste-Marie, où il fait ses études classiques, ses professeurs remarquent déjà sa puissance de travail, qui lui permet de prendre part à toutes les manifestations sportives, de collaborer aux publications étudiantes, de poursuivre ses études musicales, de réussir brillamment ses classes et de se réserver du temps pour ce qu\u2019il définira plus tard, «le rêve éveillé ».Sa rhétorique terminée, il s\u2019inscrit à deux facultés de l\u2019Université de Montréal et mène de front ses études philosophiques et ses études médicales.En 1923, il obtient sa licence en philosophie et l\u2019année suivante, à 23 ans, il est reçu docteur en médecine.Sa culture et ses succès universitaires le désignent pour la bourse Rockfeller.Il part done pour l\u2019Europe.Pendant deux ans, il travaille ferme sous la direction des LE DOCTEUR BARBEAU, AMBASSADEUR .285 maîtres célèbres, Hédon, Euzière, Derrien, de l\u2019Université de Montpellier, où vingt ans plus tard il sera « invité officiellement pour donner des cours de neurologte et des conférences ».Avant de revenir en terre canadienne, il se consacre durant un an à des recherches avec les professeurs Forbes et Cobb, de l\u2019Université Harvard.A son arrivée, la faculté de médecine le charge d\u2019un cours de physiologie et le gouvernement provincial le nomme assistant-surin- tendant de l\u2019hôpital des aliénés à la prison de Borbeaux.Enumérons brièvement les étapes qui l\u2019ont conduit aux postes importants qu\u2019il occupe aujourd\u2019hui.En 1929 secrétaire, puis en 1930 vice-président de l\u2019ACF AS; président de l\u2019Association des anciens d\u2019Europe.Le 6 mars 1930, 11 soutient avec succès une thèse en philosophie sur les bases de la psychanalyse et est proclamé docteur « cum laude » ; un peu plus tard il présente une thèse sur la physiologie qui lui vaut le titre de professeur agrégé de la faculté de médecine.En 1931, 1l est lauréat pour la seconde fois du prix d\u2019Action intellectuelle.En dépit de cette activité intense, il accepte de donner des cours à l\u2019Institut médiéval d\u2019Ottawa, à la faculté de chirurgie dentaire, à l\u2019Institut S.-Georges, à l\u2019Institut pédagogique, à la faculté de philosophie ; il est l\u2019artisan d\u2019une campagne d\u2019hygiène nerveuse et mentale entreprise par l\u2019Université de Montréal.En 1936, il est élu président de la Société de philosophie, membre titulaire de la Société médicale de Montréal, est nommé membre du comité de la Montreal Physiological Society et médecin diocésain de la Fédération des Scouts._ Comme délégué de l\u2019Université, il préside une séance au congrès de 1937 de la Canadian Physiological Society, tenu à Kingston.Nommé neurologiste consultant du Neurological Institute et de l\u2019Institut Saint-Ephrem, à Sainte-Rose.En 1939, nommé chef du service de Neurologie à l\u2019Hôtel- Dieu et professeur titulaire de neurologie à l\u2019Université de Montréal.En 1940: président diocésain des scouts catho- 284 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU liques et vice-président de la Montreal Neurological Society.En 1941: neurologiste consultant à Notre-Dame de la Merci.A la mort du Dr Plouffe, il devient surintendant et directeur de l\u2019Hôpital des aliénés de la prison de Bordeaux.\u2014 Comme vous voyez la liste est longue, et nous n\u2019avons retenu que les faits principaux d\u2019une vie tout entière tournée vers la science.Quand on parle au Dr Barbeau, de son œuvre littéraire, pourtant imposante, il rétorque que son œuvre se rapporte entièrement à la médecine, que ni de près ni de loin, il ressemble à un Vildrac, à un Duhamel ou à un Céline, transfuges de la médecine.Aussi, pour lui pourrait-on employer le terme à la mode de littérature « engagée », car tous ses écrits, dit-il, sont conçus dans le sens très large de la biologie humaine.Si on lui souligne ses excursions dans des domaines comme la peinture, la musique, etc., il explique que la culture médicale, de soi, entraîne à toutes les cultures.Selon lui, le médecin a besoin de tout connaître, pour qu\u2019à chaque cas confié à ses soins il puisse faire une synthèse qui vaudra en autant que l\u2019induction aura été plus poussée.Ceci nous rappelle ce passage de « Sous les platanes de Cos » : La médecine qui est une culture entraîne à la culture, comme le goût de la culture peut conduire à la culture médicale.C\u2019est parmi les médecins que, proportionnellement, l\u2019art et les sciences paramédicales sous toutes leurs formes recri tent leurs adeptes et leurs admirateurs les plus nombreux et les plus fervents.Et cet autre passage où se révèle le philosophe: « À l\u2019arrière plan de toutes ses (le médecin) pensées, de toutes ses actions, il y a toute sa personne.Dans son geste médical il y a, conscientes ou non d\u2019elles-mêmes, toute sa culture générale, toute sa philosophie de la vie.Et cela n\u2019est pas + LE DOCTEUR BARBEAU, AMBASSADEUR .285 absolument indifférent pour le malade qui lui aussi, en plus de sa maladie, possède sa culture générale et sa conception de l\u2019existence humaine.» \u2014 Le problème soulevé par la querelle engagée entre les écrivains français et canadiens sur les sources d\u2019inspiration de notre littérature, se pose-t-il en médecine ?avons- nous demandé au Dr Barbeau, \u2014 Les médecins de ma génération, a-t-il répondu, ont reproché à leurs aînés d\u2019avoir été trop exclusivement français.Plusieurs sont allés aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne et ailleurs parfaire sur le plan technique leur entraînement médical et scientifique.Il en est résulté un élargissement considérable de notre culture générale, un exclusivisme moins fermé de notre vision.Nous avons pris conscience de l\u2019existence d\u2019abord, puis de la richesse, de la médecine étrangère.La nôtre, comme il se doit, est devenue plus universelle.Nous avons continué certes à recevoir, et aussi abondants, des ouvrages français, des revues françaises.À côté d\u2019eux nous placions sur nos tables les revues et les livres étrangers.Dans nos cliniques et nos laboratoires, les techniques anglo-saxonnes s\u2019ajoutaient aux techniques françaises, en un eclectisme que nous jugions nécessaire.« La tragédie de 1940 a donné une orientation nouvelle à notre médecine.Durant les années qui suivirent nous n\u2019eûmes comme débouché sur la civilisation universelle que les Etats-Unis et les milieux anglo-saxons.C\u2019est la que nos jeunes sont allés.Et dans l\u2019armée canadienne où ils firent largement leur devoir, ils furent enveloppés dans une atmosphère essentiellement anglophone.Du point de vue scientifique et médical ils en ont tiré un immense bénéfice dont, par eux et après eux, profitera notre jeunesse étudiante.Mais ils ont baigné dans cette ambiance totalement étrangère, deux ans, trois ans et plus.Avec leur cul- 286 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU ture médicale, leur culture générale s\u2019est sans doute enrichie.Cependant, leur formation nouvelle reste unilatérale, non équilibrée par un séjour ailleurs, en France tout particulièrement.« Si nous avons reproché à nos aînés d\u2019être trop exclusivement français, il est à craindre que nos jeunes ne le soient pas assez, qu\u2019ils ne voient le monde scientifique qu\u2019à travers les lunettes américaines et anglaises, qu\u2019il leur manque, pour intégrer leur culture médicale à leur personnalité la solide armature d\u2019une culture générale conforme à nos innéités à notre histoire, à notre destin.Le grand danger, en un mot, pour nos médecins de demain dont le rôle social sera de plus en plus considérable c\u2019est que, sans le contrepoids d\u2019une culture française indéfiniment et passionnément renouvelée non seulemnt ils absorbent la « substantifique moelle » de la science étrangère, mais ils apportent dans les directives intellectuelles et sociales qu\u2019ils seront appelés à donner une conception qui ne sera plus essentiellement nôtre.« Nous ambitionnons que nos médecins ne soient pas d\u2019éternels suiveurs, que notre médecine s\u2019affirme dans le domaine de la recherche, de l\u2019enseignement et de l\u2019exercice hautement spécialisé.Du point de vue métier, la médecine américaine et anglo-saxonne peut nous servir de modèle.Mais en ce qui a trait à la culture et à l\u2019art, il est nécessaire de nous abreuver à d\u2019autres sources .plus conformes à nos affinités et à nos aspirations naturelles.» C\u2019est à ces conditions, et à ces conditions seulement, que le Dr Barbeau croit à la possibilité d\u2019une médecine ca- nadienne-française, pouvant rivaliser avec les grandes médecines du monde.\u2014 Des hommes de sa trempe justifient nos espoirs de la voir un jour s\u2019épanouir.C\u2019est ce message que le Dr Barbeau apporte aux Fran- cais.Il aidera sûrement à mieux nous faire connaître et LE DOCTEUR BARBEAU, AMBASSADEUR .287 contribuera à établir entre les deux pays des rapports basés sur la compréhension et le respect mutuel.En dehors de ces questions d\u2019intérêt général, qui feront l\u2019objet de conférences publiques, le neurologue canadien parlera, à Montpellier, puis à Bordeaux, puis à Marseille, et enfin à Paris, des sujets scientifiques suivants: « L\u2019action des venins dans l\u2019épilepsie », « L\u2019effet des différents traitements dans la sclérose en plaques », « Profils criminolo- giques des différents psychoses (démence précoce, épilepsie, alcoolisme, paralysie générale)».D'un entretien avec le Dr Barbeau, nous sortons chaque fois avec le sentiment que cet homme est animé d\u2019un vrai patriotisme qui ne se réduit pas à des déclamations creuses.à des critiques stériles, à une xénophibie exacerbée, mais un patriotisme agissant, qui sait que la grandeur d\u2019un peuple est en fonction de ses œuvres, qu\u2019un pays n\u2019est grand que par ce qu\u2019il donne.Pour sa part, le Dr Barbeau apporte au Canada français une contribution scientifique remarquable.Ses travaux de neuro-psychiatrie sont de grande classe, comme en fait foi la consécration de l\u2019étranger.Ainsi qu\u2019un grand poète est à l\u2019origine de toute littérature, un savant comme le Dr Barbeau donne naissance à une science médicale nationale et, place notre neuro-psy- chiatrie au rang de la neuro-psychiatrie française et américaine, qui est le premier. ANTONIO BARBEAU ET LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU par EDOUARD DESJARDINS Il n\u2019y a qu\u2019à parcourir la liste qui suit des œuvres écrites du docteur Antonio.Barbeau, pour se rendre compte que son activité dans ce champ d\u2019action n\u2019avait pratiquement pas de limite.Dès les premières années de ses études médicales et surtout à son retour d\u2019Europe, Antonio Barbeau prépara avec un soin minutieux des communications dont bon nombre demeureront par la qualité de l\u2019exposition et par la perfection des études qui y étaient soulignées.Jeune médecin, physiologiste novice, plus tard physiologiste confirmé et neurologiste expert, Barbeau toujours sut trouver les mots justes qui rendaient magnifique la pensée profonde qui l\u2019agitait.L\u2019esprit de Barbeau fut presque universel; rien ne le laissait indifférent: les sciences, les arts, les lettres, même les petits faits quotidiens les plus simples étaient pour lui matière à développements heureux et source de conclusions philosophiques.Aussi, Antonio Barbeau recut-il le meilleur accueil de la part des revues de chez nous.Dès son retour d\u2019Europe, il fut un de ceux qui participèrent le plus activement à la rédaction d\u2019une revue éphémère qui s\u2019appelait « Opinions ».La Revue Dominicaine, le Bulletin des Etudes Françaises, l\u2019Union Médicale du Canada lui offrirent largement leurs colonnes et les pages qu\u2019il y couvrit de ses observations ne furent sûrement pas les moins belles; elles surent toujours frapper le lecteur et l\u2019intéresser au plus haut degré.[288] ANTONIO BARBEAU ET LE JOURNAL .289 Il eût été tout-à-fait extraordinaire qu\u2019Antonio Barbeau ne s\u2019intéressât pas au Journal de l\u2019Hôtel-Dieu.Si le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu vit encore, c\u2019est à notre ami Antonio qu\u2019il le doit, non pas que ses collègues du même hôpital l\u2019eussent enseveli sans larme, mais parce que, mal convaincus de la nécessité de son existence, ils avaient perdu la foi.Antonio Barbeau garda jusqu\u2019à son départ pour l\u2019Europe le plus vif intérêt pour le Journal.Celui-ci fit l\u2019objet d\u2019une bonne partie de nos conversations quotidiennes.Le Trésorier du Journal apportait souvent de mauvaises nouvelles; elles ne furent jamais assez sombres pour créer chez le Rédacteur-en-chef des mouvements de désespérance et pour lui faire dire qu\u2019il fallait que la parution cessât.Barbeau fut un Rédacteur-en-chef enthousiaste et indéfectiblement optimiste.Les fonctions qu\u2019il exerçait au Journal étaient surtout de l\u2019ordre spirituel.Il avouait sans fausse honte qu\u2019il ignorait tout de l\u2019organisation matérielle d\u2019une publication et qu\u2019il ne s\u2019en souciait pas, tant et autant qu\u2019un aide compétent lui était commis qui sut s\u2019occuper de la routine journalistique.Il se sentait attiré vers les collines inspirées.C\u2019est dire qu\u2019au Journal il joua surtout le rôle d\u2019animateur.Barbeau entra au Journal le 17 juillet 1942, soit trois ans après sa nomination à l\u2019Hôtel-Dieu, et dix ans après la fondation du Journal.Les dix premières années de celui-ci furent épiques, car ce n\u2019était pas un mince tour de force que de faire paraître chaque année six fois soixante-huit pages de texte et surtout d\u2019obtenir la matière à lire du seul personnel d\u2019une seule institution.Les lecteurs fidèles n\u2019ont d\u2019ailleurs pas manqué de constater la fréquence des retards dans les livraisons ; les 290 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU annonceurs surtout ont montré une générosité sans borne en ne manifestant pas trop d\u2019ennui de l\u2019irrégularité des numéros et de certains anachronismes qui détruisaient tout le bel effet de leur effort publicitaire.La fondation du Journal fut un défi et une promesse ; le défi s\u2019avéra efficace et la promesse un vain espoir.Contrairement à tous les pronostics émis lors de sa naissance, le Journal grandit et le voici maintenant âgé de quinze ans.Son existence, il la doit d\u2019abord à ses géniteurs, en second lieu aux médecins de l\u2019Hôtel-Dieu qui lui ont apporté leur contribution et, enfin, à ceux qui, sous l\u2019inspiration d\u2019Antonio Barbeau, ont continué l\u2019œuvre.Le Journal doit la vie à Léo Pariseau et à Oscar Mercier.Tous deux étaient de l\u2019Union Médicale du Canada, mais ils sentaient le besoin d\u2019un organe qui pour- - rait absorber tous leurs écrits et où ils seraient les seuls maîtres.Léo Pariseau affichait un goût prononcé pour la liberté de la presse et une répugnance invincible pour la censure.Oscar Mercier préparait un nouveau volume et avait amassé de nombreuses observations.Un nouveau journal médical s\u2019offrait à chacun d\u2019eux comme une aubaine.Ils s\u2019adjoignirent Ernest Trottier et Ernest Prud\u2019homme.Le Journal fit son apparition en février 1932 et il se consacra, dès le début, à la défense et à l\u2019illustration de la vénérable institution solidement assise avenue des Pins depuis 1860 et connue de tous les citoyens de Montréal depuis la fondation de Ville-Marie.La collaboration ne manqua pas durant la première année du Journal.Les quatre directeurs s\u2019étaient partagé la tâche, les uns voyant à la finance, les autres à la rédaction.L\u2019enthousiasme, cependant, ne persista pas beaucoup au-delà de la première année et il fallut faire appel, dès ce moment, à un comité composé des docteurs Roméo 291 ANTONIO BARBEAU ET LE JOURNAL .» .Pépin, Pierre-Paul Gauthier et du soussigné, comité qui eut pour mission de recruter des articles.Chaque année depuis, les numéros du Journal parurent avec une irrégularité que l\u2019on finit par considérer comme régulière et normale.Léo Pariseau et Oscar Mercier furent les plus généreux pourvoyeurs de matière à lire.Léo Pariseau ouvrit, à maintes reprises, ses vieux cartons qui contenaient des esquisses, des conférences, ou même des travaux scientifiques et, grâce à ce qu\u2019il mit à jour de ses réserves, la rédaction du Journal de l\u2019Hôtel-Dieu ne parut pas trop à court de souffle.En 1942, toutefois, la gestion financière s\u2019avéra dangereusement mauvaise et l\u2019avenir matériel du Journal parut fort précaire.Barbeau prit alors l\u2019initiative de démarches personnelles et insista pour qu\u2019une réorganisation du Journal fut entreprise.C\u2019est alors que Trottier et Prud\u2019homme donnèrent leur démission et que les directeurs actuels furent admis à prendre place aux côtés de Pariseau et de Mercier.La nomination d\u2019Antonio Barbeau comme Rédacteur-en-chef du Journal fut responsable du départ d\u2019un renouveau d\u2019enthousiasme et les articles semblèrent revenir à une cadence accélérée.Barbeau était un animateur extrêmement actif.Il faisait pour le Journal des projets d\u2019avenir très intéressants et, semble-t-il, fort productifs.Malheureusement, les évènements et les faits ne vinrent pas confirmer les espoirs.Le travail immense que la clientèle exigeait des médecins de l\u2019Hôtel-Dieu, l\u2019absence de loisirs que ceux-ci n\u2019arrivaient pas à se procurer, ramenèrent de nouveau une disette dans la production littéraire.Antonio Barbeau dut se mettre à la tâche, rédiger des revues de livres, des analyses; il encouragea ses assistants à publier des observations conjointes de leurs malades. 292 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Malheureusement, le Journal ne peut pas être l\u2019œuvre d\u2019un seul homme et ce fut la grande tristesse d\u2019Antonio de reconnaître cette indigence d\u2019écrits, puisque, durant toute l\u2019année 1946, aucun numéro du Journal ne trouva la matière suffisante à publication.En 1946, il ne parut donc aucun numéro du Journal; aussi, dès l\u2019aube de 1947, le Rédacteur-en-chef espéra-t-il qu\u2019après cet hiatus les confrères reconnaîtraient leur négligence dans la participation à l\u2019effort commun et qu\u2019ils se feraient un devoir d\u2019apporter rapidement leur contribution personnelle.Le 6 juin 1947, Antonio Barbeau quitta Montréal, convaincu que le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu paraîtrait dorénavant aux dates habituelles.Peu de jours avant son départ, il nous disait avec enthousiasme tout ce qu\u2019il comptait faire pour que notre revue soit parmi les premières et que l\u2019on put partout, dans toutes les bibliothèques, la consulter avec profit.Moins optimiste, je n\u2019eus pas le courage de lui faire entrevoir la triste vérité; aussi, notre ami nous quitta-t-il plein d\u2019espoir et convaincu d\u2019avoir partie gagnée.* * * Antonio Barbeau fut un artisan bienfaisant de nos revues littéraires et scientifiques.Il ne ménagea jamais sa collaboration et quand il promettait un article pour une date donnée, on était sûr que la promesse serait tenue.L\u2019œuvre écrite du docteur Barbeau est imposante; beaucoup de ses travaux font autorité et, pendant longtemps encore, ils pourront être consultés avec profit.Le Journal lui garde un souvenir impérissable, car son passage y a été heureux. «dlls 4A) = L\u2019CEUVRE ECRITE D\u2019ANTONIO BARBEAU BIBLIOGRAPHIE : 1° \u2014 Livres et brochures « Au pays du réve > \u2014 La Revue Trimestrielle canadienne, 16e année, no 62, juin 1930.« Les origines de la pensée freudienne » \u2014 La Revue Dominicaine, XXXVIe année, 3e période, mai 1930 et juin 1930.« Le rêve selon Freud » \u2014 La Revue Trimestrielle Canadienne, 16e année, no 63, sept.1930.« La psychologie de la vie quotidienne selon Freud » L'Ecole Canadienne, 6e année, no 3, novembre 1930 et no 4, décembre 1930.« Application de la psychanalyse et métapsychologie freudienne > \u2014 La Revue Dominicaine, XXXVIIe année, 3e période, janvier 1931.« Transformations psychosiques du syndrome mental chez des paralytiques généraux malarisés » \u2014 L\u2019Union Médicale du Canada, tome LXI, no 2, février 1932.- « Nouvelles réflexions et statistiques sur la malariathérapie » \u2014 L\u2019Union Médicale du Canada, Tome LXII, no 5, mai 1933.« A propos de réimpaludations » \u2014 L\u2019Union Médicale du Canada, tome LXIII, no 4, avril 1934.1 Cette bibliographie ne prétend pas être complète; elle rappelle les principaux travaux du docteur Antonio Barbeau.[293] 294 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU « La place d\u2019une technique eugénique en biologie humaine» \u2014 « La stérilisation des inaptes» \u2014 L\u2019Union Médicale du Canada, tome LXIII, no 8, août 1934.« Bilan de six ans et demi de malariathérapie à l\u2019hôpital de Bordeaux » \u2014 L'Union Médicale du Canada, tome LXIII, no 10, octobre 1934.« La psychologie » \u2014 L\u2019Action Universitaire, vol.1, no 5, avril 1935, p.8 et 9.« Analyse des livres nouveaux » \u2014 Bulletin de l\u2019Ass.des M.de L.Fr.de l\u2019A.du Nord, vol.II, no 3, mars 1936.« La méthode de Sakel dans le traitement de la démence précoce > \u2014 \u2014 L\u2019Hôpital, vol.I, no 9, août 1937.« Quelques notions premières en sympathologie » \u2014 L\u2019Union Médicale du Canada, tome LXVII, no 11, novembre 1938.« Leçon inaugurale du professeur Antonio Barbeau \u2014 Chaire de neurologie de la Faculté de Médecine, Université de Montréal» \u2014 L\u2019Union Médicale du Canada, tome 69, no 2, février 1940.« L\u2019enfant et la criminologie » \u2014 Les Ed.du Lévrier, 1940.« Considérations neurologiques sur les traumatismes craniens » \u2014 Journal de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, 10e année, no 1, janvier-février 1941.« Evolution de la médecine canadienne-française » \u2014 Bulletin des Etudes françaises, cinquième, janvier 1942; « Le médecin » \u2014 Revue Dominicaine, vol.XLVIII, tome 1, février 1942.« Les dispositifs cérébraux et la fonction de l\u2019apprentissage » \u2014 Le .Maître et l\u2019Elève \u2014 p.39-59.« Sous les platanes de Cos » \u2014 Ed.Bernard Valiquette, 1942.2° \u2014 Ouvrages en collaboration « Album Souvenir » \u2014 Collège Sainte-Marie, 1916.« Album Souvenir » \u2014 Collège Sainte-Marie, 1918. L\u2019'OEUVRE ECRITE D\u2019ANTONIO BARBEAU 295 « Album Souvenir » \u2014 Collège Sainte-Marie, 1919.«Tumeurs multiples des ventricules latéraux: Variation structurale de ces néoformations.Ependymite chronique associée > \u2014 par Jacques Jumentié et Antonio Barbeau \u2014 Revue Neurologique, no 6, juin 1926.« The Question of localizing action currents muscles by needle electrodes » \u2014 par Alexander Forbes et Antonio Barbeaur\u2014 The American Journal of Physiology, vol.LXXX, no 3, mai 1927.« Essai de traitement de la démence précoce par des sels métalliques », par Daniel Plouffe et Antonio Barbeau \u2014 Bull.des Méd.de L.F.de l\u2019Am., 1928.« Evidence from the alcohol block method on the frequency or motor nerve impulses in the flexion reflex », par Alexander Forbes, Antonio Barbeau et Lucinda H.Rice \u2014 The American Journal of Physiology, vol.98, no 3, oct.1931, p.484-510.= « Conférences sur l\u2019hygiène mentale données a la radio» \u2014 a) L\u2019hygiène mentale, Heure Provinciale, poste CHAC, 17 juillet 1931.b) Hygiène mentale et criminalité, Heure Provinciale, 2 fév.1932; c) L\u2019Epilepsie et les narcomanes, maladies sociales, Heure Provinciale, 16 février 1932, parue subséquemment dans la Garde- malade canadienne-française, vol.5.no 10, octobre 1932.« Profil criminologique de la paralysie générale », par Ant.Barbeau et Paul Lecavalier, L\u2019Hôpital, vol.2, no 1p, novembre 1938.« Profil criminologique de la démence précoce > par Antonio Barbeau et Paul Lecavalier \u2014 L\u2019Union Médicale du Canada, tome 68, no 6, sept 1939, tome 68, no 7, oct.1939, tome 68, no 8, nov.1939, tome 68, no 9, d.c.1939.« Remote results in the treatment of essential epilepsy with cobra venom » par Antonio Barbeau et Edmond Laurendeau \u2014 Journal de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, neuvième année, no 2, mars-avril 1940; « Un cas d\u2019aphonie rebelle traité par la scopochloralose » par Paul Dumas et Antonio Barbeau \u2014 Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, neuvième année, no 6, nov.-déc.1940. 296 : -LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU « L\u2019électrocardiogramme dans la paralysie périodique héréditaire » par Antonio Barbeau et Rodrigue Lefebvre \u2014 Le Journal de l\u2019Hôtel- Dieu de Montréal, dixième année, no 3, mai-juin 1941.« Encéphalopathie hypertensive \u2014 Métastases méningées d\u2019un épithé- lioma bronchique primitif » \u2014 par Antonio Barbeau et J.-L.Riopelle Journal de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal \u2014 neuvième année \u2014 no 5, septembre-octobre 1941.3° \u2014 Articles de revues « Les échanges gazeux au point de vue qualitatif et quantitatif chez le lapin normal, insuline », par Louis Hédon et Antonio Barbeau \u2014 4 décembre 1925, p.1344-1346.Séance de la Société de Biologie (Paris).« Impressions de France » \u2014 Propagande \u2014 vol.VIII, no 16, 18 fév.1926.« Génie et folie » \u2014 Vol.XIV, no 19, 3 mars 1932, p.6, 7, 9.« À ceux qui sont inquiets » \u2014 vol.XXIII, no 20, 7 mars 1941, p.T7.« Pour les médecins de demain » \u2014 vol.XXIV, no 13 - 16 jan.1942, p.8.« Sémiologie et diagnostic différentiel de la sclérose en plaques » par Antonio Barbeau et Jean Saucier \u2014 vol.LV, no 8, août 1926, Union Médicale du Canada.« Madame Dejerine » (Jules) \u2014 Nécrologie \u2014 tome LVII, no 3, mars 1928, p.193.¢ Sur un cas de folie communiquée > par Daniel Plouffe et Antonio Barbeau \u2014 Bulletin des Méd.de Langue Française de l\u2019Amérique \u2014 tome LVIII, no 5, mai 1929, p.271-3.« La malariathérapie à l\u2019hôpital de Bordeaux » \u2014 Union Médicale du Canada, tome LV, no 12, décembre 1931.« Le professeur Hédon » Emmanuel \u2014 nécrologie \u2014 tome LXII, no 5, p.518.« Hérédité » \u2014 Manuel de Génétique, par le P.Louis-Marie, O.C.R., appréciation par Antonio Barbeau, tome LXV, no 5, mai 1936, p.468. LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU 297 « Quelques faits sur la biologie externe et interne de l\u2019eau» \u2014 La Revue Trimestrielle, 14e année, no 54, juin 1928.« Finie la paix des végétaux » \u2014 Revue Trimestrielle \u2014 15e année, no 58, juin 1929.« Etude psychanalytique des névroses et des psychoses » \u2014 Revue Tri mestrielle \u2014 16e année, no 64, déc.1930, p.425-444, « Zigzags autour des endocrines 5» \u2014 Revue des G.-Malades Canadiennes 19e année, no 74, juin 1933.« Quelques mots sur le freudisme » \u2014 Revue des Gardes-Malades \u2014 vol.III, no 6, juin 1930.« Névroses et psychoses» \u2014 Revue des Gardes-malades \u2014 vol, III, no 12, déc.1930.« Travailleuse sociale psychiatrique » \u2014 Revue des G.-M., vol.IV, no 11, nov.1931.« Sur la préhistoire des endocrines » \u2014 Revue des G.-M., vol.VI, no 4, avril 1933, vol.VI, no 5, mai 1933.¢ La méthode Ogino-Knaus » \u2014 La Revue Dominicaine \u2014 XLIe année, 4e période, jan.1931.« Eugenical Sterelization » \u2014 L\u2019Hôpital \u2014 vol.1, no 2, janv.1937, p.104.« Montréal » \u2014 L\u2019Hôpital \u2014 vol.1, no 3, fév.1937, p.152.« En marge d\u2019un livre» \u2014 L\u2019Hôpital \u2014 vol.1, no 3, fév.1937, p.163.« Isolement » \u2014 L\u2019Hôpital \u2014 vol.1, no II, oct.1937, p.545-547.« Pytethothérapie au pyrifer dans la paralysie générale » \u2014 L\u2019Hôpital \u2014 vol.2, no 6-7, mai-juin 1938, p.263-270.« Hérédité manuel de génétique » \u2014 Action Nationale \u2014 vol.IX, no 2, fév.1937, p.103.« Découverte de soi-même » \u2014 Action Nationale \u2014 vol.X, no 2, octobre 1937, p.147-148.« L\u2019Institut St-Ephrem » \u2014 par Antonio Barbeau et Edmond Laurendeau \u2014 La Voix de la Charité \u2014 vol.II, no 2, avril 1939.« Edgar Langlois » \u2014 nécrologie \u2014 Journal de l\u2019Hôtel-Dieu \u2014 dixième année, vol.no 1, janv.-fév.1941, p.71-72. 298 L\u2019OEUVRE ECRITE D\u2019ANTONIO BARBEAU « Nouvelles > \u2014 Journal de l\u2019Hôtel-Dieu \u2014 no 4, juillet-août 1941 \u2014 p.295-296.« Le Docteur Joseph Gauvreau > \u2014 Journal de l\u2019Hôtel-Dieu \u2014 no 2, lle année, mars-avril 1942, p.156.« Les hémorragies méningées non traumatiques de l\u2019aduite 5 \u2014 Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, lle année, no 2, mars-avril 1942.« Quand nos pères regardaient les astres > \u2014 Journal de l\u2019Hôtel-Dieu \u201411e année, no 3, mai-juin 1942.« Nécrologie: le docteur Ernest Prud\u2019homme » \u2014 Le Journal de l\u2019Hôtel- Dieu, 323 \u2014 sept.-oct.1942, « Sur un médaillon de Jeanne-Mance » \u2014 Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, 411 \u2014 nov.-dée.1942.« Le dixième anniversaire du Journal de l\u2019Hôtël-Dieu » \u2014 Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, 499, nov.-dée.1942, « Aggravation considérable d\u2019un diabète bénin à la suite d\u2019un traumatisme crânien léger (en collaboration avec J.-Roméo Pépin) » Le Journal.de l\u2019Hôtel-Dieu, 525, nov.-déc.1942.« Sous le signe de Psyché » \u2014 247, Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, juil-août 1943.« Léo Pariseau, humaniste > \u2014 349, Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, sept.- oct.1943.« Les signes sensitifs du début de la polysclérose » \u2014 Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, jan.-fév.1944.« Cinquante ans au servicede la médecine » \u2014 61, Le Journal de l\u2019Hôtel- Dieu, mars-avril 1944.« Le Révérend Frère Marie Victorin » \u2014 174, Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, mai-juin 1944.« Le Docteur James Norman Peterson » \u2014 177, Le Journal de l\u2019Hôtel- Dieu, mai-juin 1944.« De l\u2019effet de quelques thérapeutiques dans la sclérose en plaques » \u2014 227, Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, sept.-oct.1944, « La croisée des chemins » \u2014 293, Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, nov.-déc.1944.« Oscar Mercier » \u2014 320, Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, sept.-oct.1945.« De la Neurologie en Amérique du Nord » \u2014 151, Le Journal de l\u2019Hôtel- Dieu, mai-juin 1947. Numéros 1-2-3-4 Quinzième année LE JOURNAL de L'HOTEL-DIE DE MONTREAL = = A 7 ; JUILLET-DÉCEMBRE 1947 TABLE DES MATIÈRES POUR L\u2019ANNÉE 1947 SOMMAIRE du No 1 Janvier-Février 1947 JACQUES MIALARET et GILLES EDELMANN \u2014 Indications de la gastrectomie d\u2019urgence dans le traitement des perforations ulcéreuses gastriques et duodénales LÉON LEBEL \u2014 Grippe ou influenza nn PIERRE MEUNIER \u2014 Hémorragies utérines fonctionnelles J.-P.BOURQUE \u2014 Le diagnostic urologique en clientèle générale JACQUES FAURE \u2014 Quelques nouveautés sur les médications de choc en neuro-psychiatrie SOMMAIRE du No 2 Mars-Avril 1947 ALBERT JUTRAS \u2014 La médecine française au Canada ANDRE DEBIDOUR \u2014 Voies respiratoires et cure thermale \u2026\u2026 LEON DEROME \u2014 Les sels d\u2019or dans l\u2019arthrite rhumatoïde \u2026\u2026 RENE LEBEAU \u2014 Le médecin de famille et sa place dans la pratique de la médecine moderne .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.rcrsrereersenceeccrnneee A.MARSOLAIS \u2014 Rapport du service d\u2019anesthésie de l\u2019Hôtel- Dieu pour l\u2019année 1945 ii DONALD HINGSTON \u2014 Le professeur Eugène Saint-Jacques \u2026 SOMMAIRE du No 3 Mai-Juin 1947 ANTONIO BARBEAU \u2014 De la neurologie en Amérique du Nord GASTON GOSSELIN et DE GUISE VAILLANCOURT \u2014 Les épreuves fonctionnelles du foie avec étude particulière sur le test au thymol de MacLagan \u2026.\u2026.\u2026.risecrerenceeesensencan serres ALBERT JUTRAS \u2014 La vésicule porcelaine EDOUARD DESJARDINS \u2014 A propos de deux cas de cholécystite F4 1-4» CRE PES [ 301, 16 26 46 63 85 106 127 134 139 145 151 171 189 TABLE DES MATIÈRES SOMMAIRE du No 4 Juillet-Décembre 1947 ALBERT JUTRAS \u2014 A la mémoire du professeur Antonio Barbeau ALBERT LeSAGE \u2014 Visite à un cénotaphe PIERRE MASSON \u2014 Antonio Barbeau et la France FRANCIS L.McNAUGHTON \u2014 Doctor Antonio Barbeau W.PENFIELD \u2014 Homage to Antonio Barbeau ALBERT JUTRAS \u2014 Doctor Barbeau and the Nation JEAN SAUCIER \u2014 Antonio Barbeau, le neurologiste L\u2019ABBE A.-M.LEMOINE \u2014 Le bon Docteur EUGENE ROBILLARD \u2014 Antonio Barbeau, physiologiste JEAN-LÉON DESROCHERS \u2014 Le docteur Barbeau et l\u2019ensei- NOËL MAILLOUX, O.P.\u2014 Le docteur Antonio Barbeau et la psychologie J.-A.LUSSIER \u2014 Richesse morale du docteur Barbeau PAUL DUMAS \u2014 Antonio Barbeau, humaniste JEAN-MARIE MORIN \u2014 Le docteur Barbeau, ambassadeur de la médecine canadienne-française ÉDOUARD DESJARDINS \u2014 Antonio Barbeau et le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu L'OEUVRE ÉCRITE D\u2019ANTONIO BARBEAU \u2014 Bibliographie UROPRAZINE OUTTE=RHUMATISM ES ARTHRITISME® ATJQUE \u2018 YSTITES PYÉLITES MGRAVELLE URIQUE.CALCOLEOL DRAGEES RACHITISMEWS TROUBLES, of.WY TREY Tega TETANIE ET LES ETATS SPASMOPHILE TRQUBLES DE DEMINERALISATION.| | TRICALCINE lqAU COURS DE_LA GROSSESSE POUDRE \u2014 COMPRIMES \u2014 CACHETS LE A SV QUE AGEN) A PER 6@PE®DENTITION ET4DE CROISSANC ANEMIE\u2014CONVALESCENCE \" PHQSPHATURIEMALBUMINURI \u2019 VEINOTROPE TRO BLE SS DU Y AVES MASCULIN FEMININ d FYE p/ARIGOSET À _ VARAC ] Fm Li IA p PERE) LG IEC EE CU IEEE |] | PEPTALMINE l'AG EERE PURE M NEANT MIGRAINES x 7:3 {3 KY O13 TRQPHULUS ECZEMA APRESR L > april rs vie pr Le Travail 3 ; épais * > L LHonnétet ZL2Kconom La trinité essentielle pour Ze Bonheur > Le Succes et / ?# add ce La Prospérité : ae 2, x ol 24 os 7 % Ë ; * Rk > spa ps \u2014# À Home ~~ = Gr .Sas RIT LA BANQUE D'ÉPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL Fondée en 1846 Coffrets de sûreté à tous nos bureaux SUCCURSALES DANS TOUTES LES PARTIES DE LA VILLE ET A VERDUN Juil.-Déc.1947 XXVI | æ THALIZOL | NADEAU Désinfectant intestinal.Chaque comprimé contient 0.5 mg de phtalyl- sulfathiazole.Savez-vous que .THERIEN FRERES LIMITEE IMPRIMEURS e LITHOGRAPHES ° EDITEURS occupent maintenant leur nouvel atelier moderne situé à.8125 SAINT-LAURENT Les Tél.DUpont *5781 MONTREAL 14 est l'artillecie de la pensée.» Juil.-Déc.1947 XXVII \u2014 i CARRIERE EMILE CARRIERE, O.O.D.ADRIEN SENECAL, & SENÉCAL O.O.D.OPTOMETRISTES à l\u2019Hôtel-Dieu 277 est, rue Ste-Catherine \u2014 LA.2211* Juil.-Déc.1947 XXVIII MERCI.Merci de votre patronage grandissant.Le surcroit de travail est énorme; mais n'interprétez pas ceci comme une plainte, car nous sommes heureux et remercions vivement la Profession Médicale.Notre seul regret, c'est que nos orthopédistes techniciens additionnels ne sont pas encore suffisamment formés, faute de temps.Mais, même s'il nous faut un peu plus de temps pour remplir nos commandes, nous les exécutons sans en sacrifier la qualité.Veuillez continuer à nous faire confiance, mais soyez patients.Jamais dans l'expérience de la maison Duckett, il n'y a eu autant de demandes pour nos services et nos appareils de prothèse.Nous vous sommes reconnaissants de votre confiance dans notre travail.ORTHOPÉDISTE TECHNICIEN aux institutions suivantes : Children\u2019s Memorial Hospital Chemins de Fer Canadien Montreal General Hospital National et Pacifique Montreal Children\u2019s Hospital Canadien Shriners\u2019 Hospital Royal Victoria Hospital Western Hospital Commission des Accidents du Travail de la Province de Québec The School for Crippled Children 40 ANS de collaboration Ecole Victor-Doré avec la Profession Médicale.Heures de Bureau Les appareils de prothése de Duckett sont faits Sur rendez-vous seulement scientifiquement ef ajustés pour chaque cas indi- 9 à 12 a.m.\u2014 1 à 5 p.m.viduel.Nous ne conseillons pas les commandes Fermé le samedi.par la poste.J.A.DUCKETT 2014, RUE BLEURY, près rue Ontario, MONTRÉAL Tel.HArbour 0630 Juit.-Déc.1947 XXIX DERNIERS DEVOIRS.\u2014 Laissez-nous vous assister dans vos derniers devoirs envers ceux qui partent.Nos conseils sont basés sur l\u2019expérience., A SALONS MORTUAIRES SERVICE D\u2019AMBULANCE v LED.VANDELAL FONDEE EN 1890 LIMITÉE G.Vandelac, - Alex.Gour 120 EST, RUE RACHEL - MONTRÉAL BElair 1717 Juil.-Déc.1947 XXX GASTON RIVET 266 ST-JACQUES OUEST MArquette 2587 Assurance de tous genres Protégez votre revenu par I'assurance Accident-Maladie ! 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