Québec-presse, 27 février 1972, Cahier 4
[" RER Le Québec face a Pimpérialisme économique L\u2019autodétermination des travailleurs Face à un impérialisme économique dont la domination s\u2019accroit chaque jour davantage, nous voulons présenter dans ce document une vision globale du problème en vue d'\u2019amorcer une discussion sur les solutions qu'un programme socialiste pourrait apporter.Nous espérons pouvoir dégager à la fin de ce colloque les éléments essentiels d'une véritable strategie d\u2019autodétermination économique pour les travailleurs québécois.Même si le NPD-Québec n\u2018a d'existence électorale qu'au niveau fédéral, nous avons envisagé l\u2019économie québécoise globalement puisque l'action et surtout l'inaction des deux gouvernements y sont intimement liées.Nous avons choisi trois dimensions du problème, qui feront l'objet du travail de trois ateliers lors de notre colloque des 3, 4 et 5 mars, à l'école de Lanaudière, à Montréal.Les ressources naturelles: laissant de cote l\u2019agriculture, nous avons choisi les trois autres secteurs essentiels de notre industrie primaire: les mines et la forêt, où la domination étrangere est partout présente, et les ressources hydrauliques ou, malgre le con- trole majoritaire de l'Etat, il faut encore poser de nombreuses questions.L'industrie manufacturière: sans entrer ici dans les détails, nous avons essaye de mettre en evidence les principaux aspects de la domination etrangere et les éléments possibles d\u2019une stratégie autonome de développement.L'industrie de la culture: la domination, moins évidente mais d'autant plus dangevreu- se, n'est plus ici toujours anglo-saxonne.Nous avons, entre autres, aborde le secteur Les ressources naturelles l- L'industrie minière au Québec Cette industrie, en general assez peu connue des Québécois, est pourtant parmi nos plus importantes.En voici quelques aspects de base.A- La situation de fait sur le plan économique 1- Une tranche respectable de notre économie Valeur de production (1971) Salaires versés (1970) $770 millions $213 millions a)substances métalliques (ce qui represente (cuivre, fer, zinc, etc.): pres de 2% des ré- $448 millions, soit 58% munérations b) minéraux industriels versées au Québec) (titane, amiante, etc.): $208 millions, soit 27% 2- Cette industrie est largement protégée par les gouvernements e la concession minière est remplacée depuis le premier janvier 1966 par le bail minier.e L'industrie détenait en 1970 environ 60,000 \u201cclaims\u2019\u2019 et engageait des dépenses d'exploration d'environ $20 millions.o Sur le plan fiscal, toute mine de la province est frappée de droits sur son profit annuel, à raison de 52%, seulement 12% revenant au gouvernement du Quebec.e Les exemptions y sont cependant nombreuses et importantes: les nouvelles operations minières sont virtuellement exemptes d\u2019im- pots pendant les 4 à 6 premières années d'exploitation; toutes les compagnies jouissent en outre d\u2019une exemption d'épuisement égale au tiers de leur revenu imposable; les actionnaires jouissent pour leu: part d\u2019une exemption semblable de 10% à 20% du montant de leurs dividendes et le propriétaire d'un terrain minier de 4 du revenu correspondant.e L'industrie du cuivre du Québec a versé aux divers paliers de gouvernement en 1966 $29.5 millions, soit 16% du volume de ses ventes.3- SOQUEM, une société comme les autres e Soquem est une entreprise publique à caractère industriel et commercial.Créée en 1965, elle dispose d'un capital de $21,250,000 souscrit par tranches annuelles a même le fonds consolidé de la province.Elle a pour objet: a) de faire de l'exploration minière; b) de mettre en valeur, seule ou avec d'autres, des découvertes minières faites par elle ou par d\u2019autres; c) de participer à la mise en exploitation de gisements miniers en les vendent ou en prenant une participation contre la valeur des propriétés transmises.Soquem compte 50 employés et jouissait, au 31 mars 1970, d'un actif de près de $7 millions.e Soquem entend jouer un rôle complémentaire en exploration minière et non entrer en concurrence directe avec le secteur privé.Depuis sa fondation, ses représentants ont pris soin de rappeler en de multiples occasions le caractère fondamentalement non étatique et non concurrentiel de cette entreprise, l\u2019apparentant à une \u201cformule de capitalisme d'Etat\u2019.e Chaque année, Soquem poursuit quelque 30 programmes d'exploration minière dans diverses régions du Quebec.Durant ses quatre premières années d'existence, elle a conclu 43 associations avec des entreprises du secteur privé, dont une seule (la Société minière Louvem Inc.) prévoyait qu\u2019elle devait elle-meme assurer indirectement la gestion de l'exploitation, pendant trois ans.4- Cette industrie est essentiellement tournée versl'extérieur du Québec.e Les exportations de cette industrie représentent environ 30% des exportations totales de l\u2019économie québécoise (1965), contre 4% environ de la production totale du Québec.e Les mines d\u2019amiante du Québec comptent pour près de 90% des expéditions canadiennes d'amiante et pour près de 40% des expéditions mondiales; ce qui fait de cette industrie un \u201cprice leader\u201d mondiale le cuivre du Quebec est exporté à près de 65% de sa production, le Canada couvrant pour sa part en 1967 10.8% du marché mondial et se classant cinquième, après les USA, l'URSS, la Zambie et le Chili.e Le fer est exporté à près de 90% de sa production, mais le Québec n'occupe plus une place privilégiée sur le marché mondial en ce domaine.e La production québécoise de zine a décru ces dernières années, la teneur moindre du minerai en étant la cause.Le Canada continue toutefois d\u2019être le chef de file mondial avec 21.3% en 1967.B- Une situation de nette dépendance La dépendance de l\u2019industrie minière québécoise à l'égard des USA en particulier, est évidente: les capitaux sont essentiellement américains; le matériel utilisé l\u2019est également pour une bonne part; les débouchés sont américains dans une proportion d'environ 60% et le produit de l'exploitation est le plus souvent exporté sous forme de minerai brut; les études concernant les technologies nouvelles se fort surtout aux Etats- Unis; et les principaux centres de décision sont evidemment aussi américains.ue Bien que nous ne presentions pas de données pour la situation proprement quebecoi- se, sauf celles tirées du rapport Raynault et qui sont calculées en fonction du nombre d'employés, la situation de dépendance du Québec en ce qui concerne les mines est sensiblement la même que celle du Canada en son entier.e Pour les métaux non ferreux, 84.7% des employés de ce secteur au Québec sont sous la direction de propriétaires étrangers; pour le fer et l'acier, c'est 59.4% et pour les minéraux non métalliques, c'est 51.2% de propriétaires canadiens-anglais.L'ensemble des mines est de cette facon controlé a 53.1% par des Canadiens anglais et a 40.4% par des étrangers.e La situation canadienne est la suivante: en 1971, des étrangers possedent 65% des mines, fonderies et raffineries de métaux au Canada.En 1968 ils controlaient, a 50% et plus par entreprise, 62.8% de tous les actifs investis en exploitation minière, soit $7,360 millions.En 1965, ce controle était de 57.9%, dont les 5/6 d\u2019origine américaine, contre seulement 2.6% de l'investissement apporté au pays pour ce secteur.C- Quelques alternatives Le ministere des Richesses naturelles du Québec proposait en 1971, en ce qui concerne le développement de l'industrie minière au Québec, l'apport de nouveaux capitaux prives et la mise en place par l'État québécois de nouvelles infrastructures.Dans ce dernier secteur, il soulignait en particulier l'ouverture de chemins d'acces et de voies de penetration dans des régions aux caracteres geologiques prometteurs: $6,212, 800 répartis sur quatre années budgétaires, pour une route de ceinture des monts McGerrigle, certains autres tronçons et ponts appropriées.Il annonçait en outre (ce qui prend une actualité nouvelle avec le projet de la baie James), la construction de la route Mata- gami-baie James, évaluée à pres de $30 millions, pour permettre l\u2018accès aux regions du lac Evans, de la riviere Broad- back et de la riviere Eastmain, toutes trois \u201creconnues comme susceptibles de receler des gisements importants\u201d.La FTQ, lors de son dernier congres, revendiquait pour Soquem, Soquip et Rex- for: a) que leur capital croisse au rythme des besoins de l'économie québécoise; b) que leurs fonctions comprennent également l'exploitation des ressources naturelles; c) que leur vocation fondamentale soit changée et qu\u2019elles interviennent directement en \u201cbalayant\u201d\u2019 l'entreprise privée dans l\u2019exploitation de nos ressources naturelles; d) que tout le territoire quebécois soit considéré comme leur champ d'action; e) qu'elles fassent preuve d'audace et d'initiative et des revues et du livre, le domaine du cinema et celui de la publicite, abandonnant pour le moment Un secteur aussi important que la television par cable, que nous aurions aussi aime aborder et celui des quotidiens déja mieux connu.Ce document de travail ne se pretend ni scientifique ni complet.Il voudrait toutefois faciliter une discussion serree evitant les solutions globales jamais approfondies, tout comme les reformettes depourvues de toute efficacite.qu'elles assument dorenavant toute nouvelle exploitation de nos ressources naturelles: f) que ces societes soient représentees dans tous les organismes consultatifs à caractère économique du gouvernement du Quebec.Mais Soquem concluait elle-meme en juillet 1970: \u2018La Société a atteint un sommet quant aux associations dans lesquelles elle peut s'engager.En effet, ses disponibilités financières sont maintenant employés à fond pour honorer les engagements découlant des associations en cours.Elle ne pourra s'engager dans de nouvelles associations qu'au fur et a mesure qu'elle encaissera des dividendes provenant de ses intéréts dans des compagnies d'extraction, ou encore s'il s'avérait que, les recherches étant infructueuses, un partenaire actuel ne souhaitait pas partager un nouveau programme.\u201d Et le cercle est ainsi toul a fait boucle.D- Quelques questions 1) Plutot que d'envisager le secteur minier comme un tout global, n'y aurait-il pas davantage lieu de planifier son developpement en fonction surtout de certains métaux, tels le cuivre, l'amiante et, peut-être, le zinc?Et d'abandonner a toutes fins pratiques les faux espoirs que l'on entretient encore concernant par exemple l'or, l'argent et même le fer?2) Partant du concept precédent, n\u2019y aura-il pas nécessite d'associer de façon étroite l'utilisation de plus d'une ressource, de les rendre complémentaires l\u2019une de l\u2019autre?Ainsi le cuivre pourrait-il être raffine sur place et servir directement a l'aménagement hydro-electrique et a la production d'equipements que l'on destinerait a l'exportation.Une formule semblable pourrait être envisagee pour l'amiante.3) N'y aurait-il pas meme intéret a in- tegrer de façon etroite tout un secteur de production, depuis le cuivre et I'aménagement hydro-électrique, jusqu\u2019a la production appropriée d'appareils électro-ménagers?Cette derniere industrie est elle-même con- trolée a 77% en 1971 par des non-Canadiens.4) Dans ce contexte, quel type de proprié- te faut-il envisager pour un tel complexe industriel?Et quels autres types pour les ressouces minieres qui ne seraient pas intégrées a l'un ou l'autre de ces complexes nouveaux?5) Que faire enfin des industries minieres qui sont présentement soutenues a bout de bras fiscal par nos gouvernements, comme I'or et argent?L'analyse des institutions financières - et plus particulièrement des banques - qui fait le sujet du dossier de cette semaine en pages 16 et 17 de QUEBEC- PRESSE, fournit un éclairage indispensable a toute stratégie socialiste concrète au Québec.NS E à JE be \u201ces 5, 3 Il- L'industrie forestière du Québec Mieux connue que la precedente, cette industrie n\u2018en demeure pas moins l\u2019une des plus mal exploitees du Québec et l\u2019une des plus imperialistes qui soient.En voici quelques donnees sommaires.A- La situation de fait sur le plan economique 1- Une tranche importante de notre économie Valeur de production Emplois (1968) (1968) Ensemble du secteur: $821 millions 79,571 Abattage: $152 millions 16,868 Industrie du bois: $148 millions 20,223 Pates et papiers: $5 20 millions 42,480 2- Cette industrie est théoriquement du domaine public La repartition de la propriete des forets se découpe de la façon suivante: Propriete du Canada: 0.1% Propriéte de particuliers: 9.7% Propriete du Québec: 90.2% a) concessions: 31.6% b) reserves: 1.8% c) lots de colonisation: 1.0% C'est donc dire, vu le systeme de concessions forestieres, que 41.3% de la forét quebecoise est exploitable par des interets prives.Mais, comme 55.8% de la foret pro- priete de l\u2018Etat quebécois est encore vacant, c'est 93.4% de tout ce qui est exploite commercialement qui est entre les mains d\u2019intérets prives, soit 111,650 milles carres.Car si au sud du 52e porallele, 60% du territoire quebécois est couvert de foret, soit 350,000 milles carrés, seulement 163,000 milles carres de la foret exploitable ne sont accessibles vraiment.De ce nombre, 141,200 milles carres etaient productives en 1967, ce qui représentait tout de même 23% des forets productives totales du Canada.Les primes et redevances payees par les concessionnaires sont les suivantes: a) attribution d'une concession: de $1,000 a $1,500; b) rente fonciere annuelle: $10 du mille carre; c) prime de transfert: $65 le mille carre; d) droits de coupe: $2.50 la corde.Mais un concessionnaire general peut ceder a son tour des droits de coupe a un tiers, pour un montant pouvant aller jusqu'a S5,065 du mille carre.Les forets privees ne representent que 10% a peine des boises, mais elles produisent 25% de tout le bois coupe.La foret representait quelque 25% de la production totale brute du Québec en 1967.L'industrie des pates et papiers fournissait en 1966 20 a 22% des exportations totales du Quebec.3- Quelques gros concessionnaires se partagent le gâteau On parle, ces derniers temps, d'ITT- Rayonier.Voici quelques faits: a) investissement total prévu: $160,000,000; b) subventions gouvernementales: $40,000,000, soit 25%; c) dont un prêt sans intéret de Rexfor: $19,000,000; d) territoire reserve et concéde indirectement: 26,000 milles l'Etat: carres; e) $17.5 millions au depart, puis de $30 à $40 millions additionnels par la suite; f) routes a construire par electricite fournie par l\u2019Hydro-Quebec a 50% du tarif charge pour la consommation domestique, c'est-à-dire au plus bas possible.Mais la situation faite a ITT-Rayo- nier n'est pas une exception.Ainsi, en 1969, sept entreprises seulement détenaient 71% des 88,067 milles carrés concédés, ce dernier nombre representant plus de 50% de la foret productive accessible à l'exploitation.C'est dire que 7 entreprises détenaient a elles-seules 39% de toute la forét productive québécoise qui est accessible.Si l\u2019on y ajoute la concession ITT-Rayonier et la proprié- te de l'île d\u2019Anticosti, c\u2019est 56% de la fo- rét productive et accessible, soit 92,000 des 163,000 milles carrées, qui est exploitee par seulement huit compagnies, toutes à corac- tere international.De ce fait, les sept premieres entreprises produisaient, en 1969, 81% de toute le papier journal tiré du Québec, dont 50% par les seules Consolidated-Bathurst et CIP, et employaient ainsi 59% de tous les travailleurs de ce secteur.La situation canadienne est sensiblement la meme.Sans compter ITT et E.B.Eddy pour le Quebec, 60 compagnies produisaient 90% de toutes les pates de bois du Canada et 75% de tout le papier fin, en 1969.B- Une situation de dépendance quasi totale Or, ces 60 cornpagnies \u2018\u2018canadiennes\u2019\u2019 sont toutes reliées entre elles par l'inter- mediaire de banques, de compagnies-con- seils ei de maisons mères uamericaines.En fait, elles ont des liens avec 27 entreprises etrangères de pates et papiers, la plupart americaines, ce qui cree une situation de quasi-monopole; et elles entretiennent des relations de propriete avec 36 autres entreprises importantes, ce qui les place au coeur même de l'impérialisme des entreprises diversifiees, mais en même temps largement intégrées et, de ce fait, indépendantes des pouvoirs politiques.Le Canada est un pays privilegie pour ces entreprises, puisque avec 8.6 millions de tonnes de papier journal en une seule an- nee, il produit 37.4% de tout le papier journal du monde capitaliste.De ces 8.6 millions de tonnes, 44% viennent du Quebec; ce qui place ce dernier a la tête de la production, avec 18% de tout le papier journal du monde occidental.Avec sa philosophie du laisser-faire capitaliste, le Quebec cree la situation suivante.Sogefor est obligee de quemander du bois à la CIP, toute propriete de la SGF qu'elle soit, et en meurt finalement.L'industrie du sciage vivote et les grosses compagnies gaspillent les essences secondaires sur les territoires concedes.Les sites touristiques et recreatifs sont proprietes des grands bonzes de ces industries du bois, alors que les Quebecois en sont chasses par la loi du Québec.Les gouvernements versent des millions aux grosses entreprises, meme pour se faire concurrence en leur propre conglome- rat (CIP de Trois-Rivières et ITT-Rayonier de la Basse Cote-Nord) et chicanent un petit $95,000 a la Societe populaire des pates et papiers de Cabano\u2026 C- Un choix, l'exploitation publique Devant ces faits, la Federation canadienne des travailleurs des pates, papiers et de la forêt (CSN) proposait en octobre 1971 ce qui suit: a) abolition des concessions forestières; b) creatien d'une Société quebe- coise d'exploitation forestiere (SOQUEF); c) disparition des intermédiaires dans la mise en marché du bois; d) creation d'une Régie forestière du Quebec; e) création d'unités coopératives d'exploitation forestière; f) institution d'une taxe à la conservation et d'un crédit forestier; g) creation de conseils régionaux de conservation et d\u2019aménagement forestiers; h) création d\u2019un Institut de recherches forestières; i) creation d\u2019un complexe forestier etatise au niveau de la transformation de la matière ligneuse; i} ouverture des foréts aux activites sportives et socio-récréatives.En outre de ces propositions, a discuter a leur mérite propre, le domaine forestier ne serait-il pas un lieu social privilegie pour la mise en place rationnelle d'entreprises autogerees par les travailleurs?Ill- Les ressources énergétiques du Québec H sera question dans cette section, de l\u2018electricité comme ressource energétique; nous restreindrons même certaines de nos données à la question plus particulière du développement hydro-électrique de la baie James.H nous a toutefois semble utile de replacer d'abord le tout dans une sorte de bilan sommaire de l'énergie disponible au Quebec.En voici donc quelques têtes de chapitre.A- Un bilan énergetique du Quebec en 1970 Situons d'abord le Quebec en regard de l'ensemble conadien.Avec 28% de la population canadienne sur son territoire, le Quebec utilise pourtant 35.5% de toute l'energie electrique consom- mee au Canada et 32% du pétrole; les chiffres sont respectivement de 5% et de 4% en ce qui concerne le gaz naturel et le charbon, cette derniere source d'énergie étant continuellement en baisse ces der- nieres années.Le charbon est surtout importe des Maritimes et des USA, alors que le gaz naturel est quasiment totalement importe de l'Ouest canadien.L'electricite, comme on le sait, est produite sur place ou achetée de Terre-Neuve par le truchement des Churchill Falls.Le petrole est totalement importe de l\u2019e- tranger, a 61.33% du Venezuela.La plus grande partie parvient aux raffineries de Montreal par l'intermediaire de l'oleoduc Portland (Maine) Montréal, propriéte des inte- rets Rockefeller.Le pétrole de l'Ouest canadien ne parvient pas aux raffineries de Montreal, depuis la mise en place de la National Oil Policy, sous le gouvernement Duplessis, politique qui fait de la riviere Outaouais une frontiere stricte.Contrairement a ce que l\u2019on peut parfois croire, ce n\u2019est pas l'électricite, mais le pétrole, qui constitue la principale ressource énergétique du Québec.Voici d'ailleurs comment se distribuent ces sources énergétiques en 1970: a) pétrole: 73.5% de toute la consommation; b) é- lectricite: 19.7%; c¢) gaz naturel: 4.1%; d) charbon: 2.7%.L\u2019industrie manufacturière En 1967, le secteur primaire occupait 8.4% de la main-d'oeuvre québecoise, le secteur tertiaire 61.3% et le secteur industriel (secondaire) 30.3%.Dans une sociéte comme la notre, ce secteur industriel demeure encore l'element moteur de l'économie puisqu'il permet de transformer les ressources naturelles et que le secteur tertiaire moderne en dépend essentiellement pour son expansion équilibrée.A- La situation actuelle 1- Quelques données Si l'on essaie de donner une idée de la structure de l\u2019industrie manufacturière au Québec en fonction de la productivité, on arrive aux constatations suivantes pour 1966: \u2014 32% de la main-d'oeuvre du secteur manufacturier est employée dans des secteurs a productivité forte (exemples: dérivés du pe- trole et du charbon, tabac, produits chimiques, papier, machinerie (sauf matériel électrique) matériel de transport) contre 42% en Ontario.\u201435% de cette main-d'oeuvre se trouve dans des secteurs à productivité moyenne (exemples: aliments et boissons, caoutchouc, produits métalliques (sauf machines et materiel de transport), imprimerie appareils et matériel électriques) contre 44% en Ontario.\u201433% des travailleurs industriels québecois sont employés dans des industries à productivité faible (exemples: textiles, meubles, bonneterie, cuir, vêtement) contre 14% des travailleurs ontariens de ce secteur.(\u201cL'E- tat, rouage de notre exploitation\u2019\u2019, p.45).Il est facile de constater que la structure industrielle du Quebec est nettement en retard sur celle de l'Ontario.Cette disparite, loin de diminuer, ne fait que s\u2019accroître dans le temps.Elle se retrouve d'ailleurs à l\u2019inte- rieur du Québec, entre les diverses régions administratives.2- Le chomage Cette structure industrielle retardataire par rapport au reste du continent nord-amé- 2 / QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT NPD / 27 FEVRIER 1972 ricain conduit depuis la fin de la querre à une aggravation du taux de chomage: 4.0% en 1946, 7.7% en 1970 et 9.3 en septembre 71.(\"Ne comptons que sur nos propres moyens\u201d, p.35).Ce taux global est évidemment lui aussi inégalement réparti selon les diverses regions du Québec.Alors que le taux du choma- ge moyen au Québec pour la période 1955 à 1964 est de 8.6%, on constate, pour la région de Montréal un taux de 7.5% et, pour les régions du Lac Saint-Jean, Saguenay, Gaspésie, Côte-Nord, un taux variant entre 12.7% et 15.2%.(\"LU'Etat, rovage de.\u201d p.15) A la suite d\u2019une étude détaillée du phénomène du chômage, la FTQ constate que: a) les taux de chômage dans le Québec sont toujours depuis 1946 au moins, supérieurs à ceux du Canada: b) les taux de chomage dans le Québec sont toujours à peu près deux fois plus élevés que ceux de l'Ontario; c) avec le temps, l'écart défavorable au Québec s\u2019élargit: les taux actuels du Québec sont bien au- 1- Le pétrole comme énergie e Du pétrole,\u201csont tirées les huiles diesel et les huiles légères, dans une proportion de 32.6%.L'essence a moteur vient ensuite, avec une proportion de 30%.Puis ce sont les huiles lourdes, avec 22.6%.Le reste est transformé en produits diverse Le Quebec a le plus gros centre de raffinage du petrole au Canada, Montréal, qui transforme a lui seul 34% de tout le pétrole canadien.e Toutes les grosses compagnies de raffinage du petrole ou Québec sont internationales.Nous en comptons maintenant sept, dont la production totalisait, en 1970, 529,000 barils par jour.e Caloil, comme on le sait, n\u2019a pu obtenir de vendre son produit sur le marche onta- rien, à cause de la N.O.Policy et ne produira pas en aussi grande quantité qu\u2019elle l\u2019avait prevu.o La seule entreprise publique en ce domaine est la Soquip, qui a mandat d\u2018exploration surtout et un budget de $15 millions pour dix ans.2- L'électricité comme énergie e Contrairement à la croyance populaire, toute l\u2018éenergie hydro-électrique n'est pas produite par l'Hydro-Quebec: 22.9% est produite par l'industrie privée, surtout pour son propre compte, et 8.2% par des services municipaux ou prives.e L'énergie électrique n'est produite par des sources thermiques, à base de pétrole, que dans une proportion de 2%.o L'utilisation de l'electricite se comme ci-apres: repartit Secteur d'utilisation: Pourcentage: Moniant en 1970: Cout kWh Industriel- 70.2% $161,237,000 0.6c Domestique 18.3% $174,231,000 1.5¢ Commercial 11.5% $114,889,000 1.6¢ * Ne comprend que les abonnes de l'Hydro-Quebec et donc pas les industries qui produisent pour leur propre compte, tel l'Alcan e La consommation d\u2019electricité a augmente de 10.7% entre 1968 et 1969, dont 90.7 % pou le secteur commercial.Au même moment, l'importation de pétrole brut augmentait de 4.7%.B- Le projet de la baie James Beaucoup a ete dit au sujet du projet de la baie James, mais ce \u2018\u2018grandiose\u2019\u2019 projet demeure remarquablement sous le sceau de la \u201cdiscrétion\u201d politique.Plusieurs questions sont posees: combien coûtera-t-il?Faut-il aménager ce complexe ou penser plu- tot en termes d'énergie thermique ou nu- cleaire?Et si l'on posait le probleme sous un angle plus vaste, celui des differentes ressources energetiques, est-il possible de reduire la part immense consacrée a l'utilisation du pétrole (73.5%) et d'en remplacer une partie par de l'energie electrique?Faut-il socialiser les industries privees de production d'électricité, comme celle de I\u2019Alcan, qui contrôlent toujours 23% de l'e- nergie electrique du Québec?Pourquoi en outre une SDBJ différente de l'Hydro-Quebec?Faut-il enfin développer un marche d'exportation de l'électricité vers les USA, ou penser davantage en termes de marche in- terieur?Autre question fondamentale: qu\u2019arrivera- t-il aux Cris de la région?Le Québec a-t-il jamais accepte de reconnaître leur territoire, est-il pret à négocier financierement avec eux?Respectera-t-il les \u201cQuébec boundaries Act de 1912\" et \u201cindian Act\u201d federal subséquents?Leur reconnait-il quelque droit en fait?dessus de ceux du reste du Canada compare a il y a vingt ans.(\u2018L\u2019Etat.\u201d\u2019 p.102) B- Dépendance et impérialisme Depuis quelques années, les explications partielles de ce retard économique du Québec sont de plus en plus contestées et remplacées par une étude globale de notre dépendance vis-à-vis l'impérialisme économique, surtout américain.Ce retournement vient à la suite de la publication d'un certain nombre de travaux au Canada (Les rapports Gordon et Watkins, \u201cLa capitulation tranquille\u201d de Kari Levitt et tout dernierement le rapport Grey sur \u2018Ce que nous coûtent les investissements étrongers\u2019\u2019), du développement du mou: vement indépendantiste québecois et surtout d la radicalisation des centrales ouvrières.Les travailleurs québecois savent maintenant que l\u2019afflux des capitaux étrangers, loin de nous enrichir, ne ferait que nous enraciner davantage dans notre dépendance et notre pauvreté.Reprenons donc les données déjà publiées sur la propriété des entreprises manufacturières implantées au Québec.Considérons les secteurs manufacturiers dont 50% et plus de la valeur ajoutée appartient aux canadiens-francophones, aux cana- diens-anglophones ou a des étrangers.(\u201cLE- tat, rovage de.\u201d\u2019, p.126).On constate que les groupes étrangers contrôlent les secteurs les plus productifs comme le pétrole, l'équipement de transport, les produits chimiques; les entreprises canadiennes- anglophones, les secteurs du meuble, du textile, de l'imprimerie, de la boisson et des appareils électrique; les canadiens francophones se confinent au bois et au cuir.Si l\u2019on s\u2019en tient strictement au secteur privé, on s'aperçoit que la domination de I'industrie canadienne par les entreprises multinationales (américaines) est encore aggravée chez nous par la domination des entreprise anglo-canadiennes qui ne laissent à nos capitalistes locaux une part prépondérante que dans deux secteurs non productifs.Les constatations alarmistes du rapport Gray valent donc doublement pour le Québec.Essayons d'un résumer l'essentiel.e Au Canada, le recours à l'investissement étranger ne viendrait pas tant d\u2018un manque de capital que d\u2019une carence du côté de l\u2019esprit d'entreprise et de la technologie.Plutôt que d'emprunter à l'étranger et d\u2019y acheter la technologie requise, nous avons laissé les investissements directs venir absorber nos entreprises ou créer dans de nouveaux secteurs des filiales des firmes multinationales.e Ces entreprises multinationales se sont ainsi insérées dans tous les secteurs clefs de l'industrie canadienne.Elles ont de plus en plus recours à des sources canadiennes de financement pour assurer leur développement.e Ainsi, des $43,7 milliards disponibles pour le financement des entreprises étran- geres pendant la période 1946-67, seulement un peu plus de 22% ($9,7 milliards) provenaient de l'étranger, le reste venant des profits non distribués de ces entreprises ou d'emprunts sur les marchés financiers canadiens.Nous permettons donc a ces entreprises de s'enrichir à nos dépens en repatriant une bonne partie de leurs bénéfices et en vendant à un prix élevé leurs services ou leurs fournitures aux filiales canadiennes qui, à leur tour, cedent a bas prix leurs produits à la société-mere.e Strictement inefficace d'un point de vue économique, l'implantation des entreprises multinationales nous assujettit complètement aux décisions de l'étranger en ce qui concerne l\u2019implantation et la fermeture d'usines, leur localisation, la gamme des produits de consommation disponibles, la concurrence, etc.Elle nous empêche aussi de développer ici le secteur de la recherche industrielle et de l'innovation technologique.e Toute dépendance économique a des consequences directes au niveau de la politique et de la culture.La politique intérieure et extérieure de nos gouvernements est ainsi déterminée de multiples façons par les entreprises multinationales ou leur mandataire, le gouvernement américain.Il en est de même au niveau de la culture et d'institutions comme le syndicalisme et les universités où le modèle américain prévaut sur tout autre modèle possible.Moins évidente au Québec, cette \u201ccocacolonisation\u2018\u2019 n'en est pas moins presque aussi présente qu\u2019au Canada, chez plusieurs éléments de la bourgeoise et de la classe ouvrière.C- Des gouvernements impuissants Face a cette situation de plus en plus aggravée par les disparités régionales, le ché- mage et les fermetures d'usines, les gouvernements d'Ottawa et surtout de Québec n'ont trouvé rien de mieux que de chercher de nouveaux moyens de faire venir encore davantage de capitaux étrangers.On a eu ainsi les 100,000 emplois de Bourassa, les subventions à l'entreprise privée de Marchand, les subventions électorales de Pelletier via Pers- pectives-Jeunesse ou Initiatives locales.Dans son étude extrêmement convaincante, intitulée \u201cL'Etat, rouage de notre exploitation\u2019, la FTQ démontre en détails comment les subventions de Marchand ont en fait accentué les disparités régionales, sans avoir aucun effet réel sur le chômage et la structure industrielle, et tout en nous intégrant davantage au système capitaliste international.' Parallelement à ces politiques inutiles, l'Etat québécois choisissait en 1960 d'intervenir dans le domaine industriel par une série d'institutions mises ensuite en veilleuse par le gouvernement Bourassa.Il en est ainsi de l'Office de planification et de développement du Québec (OPDQ) auquel on refuse de donner un directeur.Quant à la SGF, ses Mmésaventures nous permettent difficilement d'y voir autre chose, pour le moment, qu\u2019un organisme où dominent l\u2019incompétence et le patronage.À Ottawa, la Société canadienne de développement, toute récente, fait si grande place aux représentants des entreprises privées qu\u2019il est difficile de croire qu'elle puisse susciter une stratégie autonome de développement pour le Canada.Au moment de ce colloque, le gouvernement Trudeau, pressé par les efforts du NPD et la publication du rapport Gray, aura peut-être décidé de faire du contrôle des investissements étrangers un des thèmes de sa campagne électorale.Il aura peut-être annonce l'établissement d\u2019une agence quelconque de tami sage de ces investissements qui, si elle ne s'accompagne pas d'une stratégie de développement industriel qui ne craindait pas l\u2019intervention positive de l'Etat, risque encore de n'être qu'un organisme aussi spectaculaire qu'inefficace.D- La voie socialiste De quelle façon les socialistes pourraient- L'industrie de la cu Quelle est la situation économique de la vie culturelle au Québec?Les groupes étrangers et la minorite d'ici qui contro- lent en grande partie les secteurs primaire et secondaire de notre économie, disposent-ils également des moyens de production et de distribution des biens culturels?Quelque vingt ans après, l\u2019avertissement majeur du rapport Massey sur les dangers de domination étrangère de notre vie culturelle est-il toujours d\u2019actua- lite?La majorité popularité au Québec ne pourra, a travers ses activites culturelles, s\u2019exprimer et s\u2019autodéterminer que si elle parvient a en rapatrier le contrôle.Cela devra- t-il prendre la forme de simples réglementations gouvernementales, de nationalisation, de création de sociétés coopératives ou de petites unités autogérées?Tout dépend de la situation des domaines concernés.Etant l'objet d'une structuration particulière des rapports de domination, chacun de ces domaines va exiger, à l\u2019intérieur de l'option socialiste, une analyse et un plan d'action différents.La production de biens culturels est cependant une industrie trop vaste pour |'étudier ici dans son ensemble.L'imprimerie (presse, périodique, livre), la radio- télévision, le cable communautaire, le disque, le cinéma, le monde du spectacle, les musées et enfin la publicité sont autant de domaines propres de cette industrie dans nos sociétés.Aux fins du présent dossier, nous nous limiterons à certains secteurs significatifs: les périodiques, le livre, le cinema, la publicité.Une situation de dépendance A- Le périodique ly a au Canada plusieurs magazines de langue francaise.Si on fait exception des supplements de fin de semaine, seuls deux d'entre-eux sont dans une situation financière \u2018\u2018saine\u2019\u2019 (cf.rapport Davey, 1970); il s\u2019agit du Sélection du Reader's Digest et de Chatelaine.Le premier est contrôlé entierement par la publication américaine du même nom et le second est dans une situation semblable vis-à-vis son répondant canadien-anglais \u2018\u2018Miss Chatelaine\u201d\".Magazine Tirage au Quebec Perspective, perspective-dimanche 738,000 Chatelaine 265,000 Selection 270,000 Maclean's (français) 172,000 TV Hebdo 142,000 Actualité 110,000 Time 80,000 Au Canada, les magazines (a l'exception des supplements) ont eu des revenus publicitaires de $14,280,000 en 1954 et de $22 millions en 1968; cela presente toutefois pour cette période 54-68 une baisse de 42% (de 4.2% à 2.4%) vis-à-vis la totalité des revenus publicitaires au pays.Outre cette baisse en proportion des autres média, les magazines proprement cana- ils conduire le combat pour l\u2019autodétermination économique, sans attendre une révolution improbable ou du moins imprevisible?Il est évident que toute implantation du socialisme au Québec, comme au Canada, implique d'abord que nous possédions une économie.Si les tendances actuelles continuent, nous ne serons plus, d'ici cinq ou dix ans, qu'un appendice des Etats-Unis.|| faudrait donc immédiatement adopter dans toute leur rigueur les mesures préconisées par le rapport Gray et établir un organisme de contrôle de tous les nouveaux investissements étrangers comme des projets d'expansion des entreprises multinationales dejà implantées chez nous.Une autre technique pronée par les socialistes, celle de la planification, se révèle impraticable lorsque le milieu économique est controlé par l'entreprise privee capitaliste, encore plus lorsque cette dernière est contrôlée de l'etranger.Il n'y a pas à chercher aifleurs l'échec des tentatives de planification du BAEQ, de I'OPDQ ou du Conseil économique du Canada.Tout gouvernement se cialiste devrait cependant renforcer ces organismes de planification, sans oublier que leur efficacité dépend avant tout du choix d'un: véritable stratégie économique et d'une intervention accrue de l'Etat dans l'économie.La stratégie industrielle que nos gouvernements de Québec et d'Ottawa n\u2019ont jamais su définir nécessite le choix d\u2019un certain nombre d'industries-clefs, de préférence dans les secteurs de pointe à hauie productivité, liées à nos ressources et aux conditions du marché intérieur et mondial, qu'il faudrait développer par tous les moyens nécessaires.Des études approfondies devraient être effec- tuees dans chaque cas pour éviter l\u2019incohérence des subventions-Marchand ou les reculs de la Société Générale de Financement.Parmi les secteurs industriels que nous pourrions ainsi constituer au Quéec ou au Canada, mentionnons: à titre d\u2019exmple: e une industrie forestière intégrée allant de l'abattage à la fabrication du papier: e l'intégration des mines de fer, de la sidérurgie et des industries connexes; ® la creation d'une industrie pétro-chimique canadienne joignant les ressources de l'Ouest aux raffineries de l'Est pour bâtir un grand complexe industriel; © une industrie automobile autonome que nous possédions durant la guerre et dont reparlent maintenant un certain nombre de gens, dont le Syndicat des travailleurs de l'automobile; e une industrie aéronautique indépendante de: entreprises américaines et orientée vers les besoins civils, domaine dans lequel nous avons développé Un certain nombre d'innovations; e l'industrie des ordinateurs, beaucoup plus difficile a contrôler, mais dans l'importance s'accroit dans toute société de type post-in- dustriel.Les entreprises multinationales n'ont aucun interét a laisser le Québec et le Canada ture diens ne reçoivent qu\u2019une part de plus en plus réduite de ces revenus publicitaires.En effet, à eux seuls, Time et Reader's Digest absorbaient en 1967 56%, soit 30% de plus qu'en 1960, de la totalité des revenus publicitaires des plus grande magazines au Canada.A cela s'ajoute l'avantage, sur leurs concurrents, d\u2019obtenir a des coûts minima, des salles de rédaction de la mai- son-mere, une grande partie de leur contenu rédactionnel.Aussi s'explique-t-on facilement les dif- ficultes des magazines canadiens.Cette difficulté se trouve accrue pour les magazines quebecois en raison tant de l'exiguite du marché que de la concurrence étrangere (américaine et française).Celle-la meme qui était en position financiere la moins désavantageuse, la revue Actualité, a do être acquise par Drummond Business Forms pour éviter un arrêt de sa publication.\u201cA l'exception de quelques petites publications (.), conclut le rapport Davey (1, p.109), il n'existe au Québec aucun magazine populaire qui n\u2019appartienne pas à un consortium.\u201d Diverses tentatives montrent qu'il est \u201ctechniquement\u201d possible de produire au Québec d'excellents magazines populaires.Nous nous heurtons cependant a une situation entièrement dépendante des lois du marché, ce dernier par surcroit etant déja fortement occupé par des entreprises qui échappent au contrôle des Québécois.Dans un tel laisser-faire, il est alors extrémement difficile de rendre économiquement possible \u201cun ¢ nd magazine popu- se doter de ces complexes industriels qui nuiraient a leurs strategies internationales de domination.Il n\u2018est donc pas question qu'elles les établissent elles-meémes ni surtout qu'elles aident nos gouvernements à le faire au profit des Quebecois et des Canadiens.L'Etat devra donc intervenir vigoureusement par le developpement des entreprises publiques deja existantes, par la creation d'entreprises de ce type dans les secteurs non encore developpes, par la participation majoritaire ou minoritaire dans certaines industries et surtout, etant donne l\u2019etas très avancé de notre domination, par un certain nombre de nationalisations.Des solutions appropriées devraient etre trouvees dans chaque cas et appliquees par une SGF et/ou une Sociète de developpement du Canada rendues au secteur public et dotées de moyens financiers beaucoup plus considérables.Les diverses etudes faites jusqu'ici et qui devraient être reprises de façon plus syste- matique montrent que les capitaux sont relativement abondants au Quebec, qu'ils viennen! des banques et de caisses populaires, des compagnies d'assurances ou de la Caisse des depots et placements.Il s'agirait de canaliser ce capital vers les industries que nous déciderions de developper au lieu de le laisser aller au hasard des initiatives privees.Encore ici, plusieurs solutions sont possibles allant de la désignation de representants gouvernementaux au sein des conseil d'administration des institutions financières, à la nationalisation d'une banque qui briserait le monopole privé ou a ia prise en charge par la collectivite de l'ensemble des institutions financières, secteur qui demeure encore con- trole pour le moment par les capitalistes canadiens.Parallelement à la prise en charge de l'e- conomie par l'Etat grâce a des nationalisations partielles ou totales, un gouvernement socialiste ne devrait jamais perdre de vue l\u2019etablissement du contrôle ouvrier ou de l'autogestion dans les entreprises ainsi récupe- rées, sous peine d'accentuer la bureaucroti- sation sans changer en rien les conditions de travail des ouvriers.E- Quelques questions 1) À tres court terme, comment pouvons- nous arreter la capitulation definitive de notre economie aux mains des entreprises multinationales?2) Quels devraient-etre les principaux elé- ments d'une politique de développement indus trie! du Quebec?Par quels secteurs devrions- nous commencer?3) Dans quels secteurs des nationalisations se révéleraient-elles essentielles?De quelle façon devraient-elles s'effectuer?4) Comment pouvons-vous assurer le financement de notre développement industriel?5) Dans quelle mesure l\u2019autogestion doit- elle accompagner toute nationalisation et s\u2019e- tendre a l'ensemble du secteur public et pa- ra-public?Quebecois Davey, 1, plaire qui pour les par les 110).La situation du périodique ressemble e- trangement a celle maintenant connue du quotidien dont le trait majeur est celui de la concentration de la proprieté.serait publie Québecois\u201d (rapport B- Le livre Au Canada, en 1969, les ventes de livres se sont chiffrees a $220 millions.De cette somme, les livres de langue française représentent 13%, alors que la population francophone constitue plus de 30% de la population totale.Le marché du livre au Québec est pre- sentement (selon l'Association des éditeurs) de l'ordre de $40 millions, à savoir: $15 millions de manuels scolaires, $2.6 millions d'ouvrages geéneraux québécois et $22.4 millions de livres étrangers dont près de 95% sont importés de France.importés de France.Certes l'édition québécoise est en plein développement.On a publié au Québec en 1969, 1272 ouvrages (livres et brochures), ce qui représentait une augmentation de 55% sur l'annee précédente.Cependant, même si 28 des 31 maisons d'édition de langue française sont des maisons proprement canadiennes, les trois maisons étrangères d'édition, deux françaises et une américaine, contrôlaient déja en 1969 40% du mar- Le cas Hachette démontre bien l'accroissement de l'emprise étrangère dans ce secteur de notre économie.Déjà fin 1970, la Société générale de financement acquiert 27 FEVRIER 1972 / SUPPLEMENT NPD / QUEBEC-PRESSE / 3 = a # pour un montant de $2.3 millions 50% du copital-actions du Centre éducatif et culturel inc.; Hachette, une des plus grandes maisons d'édition et de distribution au monde, en acquiert 45%.Or bien que la SGF détient 50% des actions, il est evident que la maison Hachette contrôle les décisions du groupe CEC-Hachette grace a son expertise en matiere de gestion, de technologie et de mise en marché dans ce type particulier d'industrie tout a fait nouveau pour la SGF.Or a peine deja constitué, ce debut d\u2019empire \u2018s'agrandit\u2019: début 1972 le groupe CEC-Hachette annonce son projet d'acheter le reseau de librairie Garneau.Ce groupe, domine de fait par une entreprise étrangère, en arrive ainsi à controler plus de 25% du marché quebécois.Et cela se fait a l'aide d'un instrument que la collectivite québécoise s'est donne pour contrôler sa vie economique.C- Le cinema l'industrie du cinema comprend trois secteurs: la production, la distribution et l'exploitation.Du côte de la production, les années 60 ont été une ère de develop- pement extremement rapide.Nulle en 1961, la production de longs métrages québécois n\u2019a cessé de croitre depuis cette date.Soixante longs metrages ont ete produits de 1962 à 1969 dont 28 réalisés à l'ONF.De 1960 a 1969 incl, le Quebec a produit 57% des longs métrages canadiens ( source: Conseil quebecois pour la diffusion du cinema).On produit maintenant au Quebec un film en moyenne pour 30,000 habitants, ce qui se compare avantageusement à la moyenne des pays industrialisés (un film pour 68,000 habitants).Pres de la moitie de la production est financee à même le budget de l'ONF (budget de l\u2019ordre de $14.6 millions en 68-69 dont plus de 60% provient de subventions du gouvernement federal).Les productions indépendantes benéficient depuis 1967 de l\u2019aide financière de la Societe de develop- pement de l'industrie du cinéma canadien (SDICC), créée par une loi féderale.le tableau est plus sombre du côte de la distribution et de l\u2019exploitation.Si des cineastes quebecois parviennent a faire de longs metrages, l'absence de contrôle sur le systeme de distribution et d'exploitation les empechent de les montrer au grand public quebecois.63% des sailes montrealaises et 33% des salles au Quebec sont controles par des chaines a majorité etrangere et seulement 8% des films sont distribues par des agences proprement quebecoi- ses.On connait le controle du groupe etranger Paramount-Famous Players sur une partie importante du circuit de distribution et d'exploitation du cinema au Quebec.Ainsi les plus grands cinemas montréalais et les principales salles de Quebec, Sherbrooke, Rouyn, Val d'Or et Victoriaville sont la propriété de cette chaine.la plus importante compagnie quebecoi- se, Cinépix, a cede le controle de la ma- jorite de ses actions à une compagnie américaine Kelvex Inc.(Presse, 5/11/70).Sa production ressemble d'ailleurs au film \u201cA- pres ski\u201d de Famous Players; il s'agit de Valérie\u201d, \u2018L'initiation\u2019, \u201cY a pas de trou a Perce\u2019', \u2018Pile ou face\u2019, \u2018Vient mon amour\u2019, \u2018l'amour humain\u2019, etc.Le manifeste de l'Association des professionnels du cinema du Quebec parle a bon droit de \u2018\u2018sexploiteurs.\u2019\u2019 On ne s'etonne pas alors de constater que, sur les 1112 films distribues et exploités (incluant la télévision) au Québec (Bureau de surveillance du cinema au Québec, 1/11/69 au 30/9/70), on ne décèle que 12 films québecois plus quatre films de l'ONF ( et meme parmi les douze, on en compte quatre distribués par Cinépix).Des 503 films sortis à Montréal en 1969, on ne compte que productions québécoises (salles commerciales uniquement); le cinéma québécois n'occupait cette année-la que 1.8% de nos écrans.La situation n\u2019est pas différente a la té- levision (Télé-Presse, 27/11/71, p.3-5): les canaux 2 et 10 programment annuellement quelques 1000 films dont a peine 1.5% sont des films québécois ou canadiens; pour Radio-Canada, le pourcentage de films canadiens est de 4%.Certains cinéastes québécois parviennent a produire; les plus critiques doivent cependant aller chercher l'appui financier auprés de syndicats ou autres associations québécoises.De toute façon, la plupart du temps les films ne débouchent pas dans les circuits normaux d'exploitation.Tel est le cas de \u201cOn est au coton\u2019, \u201cCap d'espoir\u201d, \u201cIl faut aller parmi le monde pour le savoir\u2019, \u201cL\u2019Acadie, l\u2019Acadie\u2019, \u201cLe mépris n'aura qu'un temps\u2019, \u2018Ti-Peupe\u2019\u2019, \u201cC\u2019est ben beau l\u2019'amour\u2019\u2019, etc.La production québécoise, déjà difficile, se trouve donc bloquée par la situation de dépendance économique de l'exploitation cinématographique au Québec.(Sources: Champ libre, 1, HMH, 1971; Rapport sur la situation du cinéma ou Québec, de Robert Daudelin, septembre 1970, Québec-Presse.) D- La publicité Dons le contexte actuel de notre econo- mie, la publicite constitue une industrie de support indispensable pour le production de biens culturels.Au Canada, selon le rapport Davey, 65% des revenus bruts des journaux et 93% des revenus bruts du secteur prive de la radiotélevision proviennent de cette source.Les depenses totales en publicité av Canada en 1968 ont été estimées à $1,010 millions dont 55% ont été faites directement por les entreprises de commerce au détail (Eaton\u2019s, Simpson's,) et 45% ont été ache- minees vers les agences de publicité.Ces dernières ont eu, en 1968, un volume d'affaires de quelque $440 millions.Or 37% de ce volume d'affaires était controlé par des agences domirnées par des intérêts ame- ricains (cf rapport Davey).Au Québec, la situation est pire.Malgré le developpement rapide des agences proprement québécoises (réunis en 1959 dans une Association publicité-club), encore plus de 80% des messages publicitaires destinés au public quebécois sont réalisés per des agences non-québécoises.Au congres du cinema québecois en 1968 (14/1/68), on revelait qu'en 1965, sur les 3000 films publicitaires exploités au Québec, 300 seulement ont éte produits au Québec et de ce nombre 250 étaient de simples versions françaises de films etrangers.l'industrie de lu publicite au Quebec est donc une industrie étrangere qui, d\u2019ailleurs reçoit 60% de ces recettes du secteur manufacturier dont on connaît la dependance vis-a-vis l'exterieur.Ces quelques indices sont revélateurs certes; Mais on connait encore peu de choses sur cette industrie au Canada et plus particulierement au Québec.Le seul chercheur qui à commencé a etudier systemati- quement ce secteur, F.Elkin, écrivait en 1969 (\u201cAmerican Journal of Sociology, juillet 69, p.113): Les themes publicitaires durant la révolution tranquille\u201d, mais en outant que cela sion d'une situation complexe.En général, la publicite est ecrite par des canadiens anglais qui entendent bien se tenir au rythme du changement dans le milieu, mais sons déranger le statu quo socio-économique.Ces messages sont ensuite traduits ou adaptés por des Conodiens français assez instruits qui veulent participer a lo \u201cré volution tranquille\u201d Mais en autant que cela ne met pos en jeu leur carriere dans des compagnies canadiennes anglaises.\u201d (notre traduction).À cette premiere contradiction repondant au clivage ethnique, s'ajoute celle encore plus importante entre les intérets des commanditaires et des agences d'une part et ceux de la majorité de la collectivite québecoise d'autre part.II- Les politiques gouvernementales A- L'imprime.l'industrie du livre est un exemple cle de la capitulation presque générale d'Ottawa et de Québec.Malgré certaines aides pour l'achat et la diffusion d'ouvrages canadiens par les agences gouvernementales canadiennes et quebécoises, Ottawa et Québec refusent de prendre les mesures qui se sont d'ailleurs déja imposées en matiere de radio-télévi- sion; on refuse d'exiger que 80% des actions des maisons d'édition et de distribution soient détenues par des Canadiens.Bien plus, le gouvernement québécois, après avoir, le 10 mars 1971, limite a 25% la propriété étrangère des librairies, haussait, le 28 avril suivant, à 50% la limite pour l\u2019ensemble du commerce du livre.Ce revirement fut effectue sous la pression non voilée du gouvernement français.Comme si cela n\u2019était pas suffisant, on offrit le concours de la SGF pour faciliter les choses a l\u2019entreprise etrangère.Quant aux périodiques, il faut rappeler 4 / QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT NPD / 27 FEVRIER 1972 ici l'affaire Time-Reader's Digest.Ces deux publications américaines, qui controlent plus de la moitié des revenus publicitaires des plus grands magazines canadiens, ont, parmi les magazines étrangers, un statut d'exception.Elles ont droit aux mêmes\u2018 avantages que les magazines canadiens dont les annonces publicitaires peuvent être comptabilisées par les commanditaires comme dépenses d'exploitation.Or la recommandation ferme du rapport Davey au gouvernement Trudeau de supprimer ces exemptions est restée lettre morte.D'ailleurs les trois principales recommandations de ce comité spécial du Senat sur les moyens de communications de masse, sont aussi demeurées sans reponse de la part du gouvernement fédéral.Le comité Davey recommandait: 1) la mise sur pied d'un conseil de surveillance sur la propriéte des media d'information; 2) une caisse de prêts pour les média marginaux; 3) une modification des services postaux: livraison le samedi, arrét des hausses du tarif de port, abolition du port minimum.B- Le cinema Certes, le gouvernement canadien a créé en 1967 la SDICC qui obtenait un capital initial de $10 millions pour les premiers cinq ans.L'essentiel de cette politique est d'avancer de l'argent aux producteurs canadiens afin de favoriser le développement de l\u2019industrie du long métrage au Canada.La moyenne annuelle canadienne a ainsi triple par rapport à ce qu'elle était avant 1967.Cependant cela s'est fait sans critère effectif au niveau de la qualité de la production.C\u2019est ainsi, par exemple, que Ci- nepix a pu, suite à sa production \u2018\u2018Valerie\u2019\u2019, recevoir l'aide du SDICC pour toute une sé- re de longs métrages du même ordre - alors que certains cinéastes durent chercher des fonds à peine suffisants aupres de groupements ou syndicats.fl faut surtout souligner que cette promotion de la production s'est faite sans que le gouvernement tente de controler et modifier les systèmes de distribution et d'exploitation.Les organismes fédéraux de production et de diffusion ont agi dans le meme sens.On a déja noté l'infime proportion de longs métrages quebécois dans la programmation à Radio-Canada.Ajoutons le contrôle de l'ONF pour empêcher la diffusion dans le grand public des productions comportant la moindre critique sociale (\u201cOn est au coton\u2019\u2019, etc.) Enfin, soulignons le silence du gouvernement québécois devant la demande re- nouvelee des cinéastes québécois pour l'adoption d'une loi - cadre sur le cinema visant à controler les monopoles étrangers, a rapatrier la responsabilité du Québec en matière de cinema, à accroître les in- vestissemenis dans la production de films quebécois et a imposer un quote minimum de projections quebecoises dans les salles de cinéma.C- La publicite Comme les autres recommandations du rapport Davey, celle demandant une enquete sur l'industrie de la publicité au Canada fut vite oubliée, malgré qu'on sache fort peu de choses sur ce secteur clé de l'industrie de la culture.Seule une connaissance approfondie de la situation concrète de la domination en ce domaine permettra en effet de définir des politiques valables.Cependant l'exemption faite aux deux grands magazines ame- ricains nous laissent perplexes quant a l'action future du present gouvernement.II- Vers une veritable alternative Dans l'industrie de la culture comme dans les autres secteurs, ce serait une erreur de s'en tenir à une politique d'indépendance économique qui se limiterait a substituer aux corporations américaines ou multi-nationales des corporations canadiennes ou québécoises.Rien ne serait changé a la situation actuelle où ne se développent que des activités \u2018rentables\u2019.La presque totalité des interventions des gouvernements fédéral et québécois pour assurer le développement de productions non \u2018\u2018profitables\u2019\u2019 concernent la Haute Culture.Les besoins de la majorité ne correspondant pas aux intérêts des corporations capitalistes sont alors laisses sans réponse.ll ne suffit pas de résister devant la domination étrangere; encore faut-il ici construire une société dont le premier critère ne sera pas le profit ou l'expansion des corporations mais les besoins des citoyens.A- L'imprimé.Quelles formes devra prendre l\u2019action de la majorité populaire pour libérer les média d\u2019information?Dans une perspective de socialisme démocratique, la nationalisation des média d'information est-elle la voie à promouvoir?Le Québec devrait-il avoir une entreprise publique de radio-telévision?Le modèle coopératif (Quebec-Presse; Le Bloc) devrait-il à long terme être généralise?La presse indépendante (cf.Le Devoir) doit-elle être aidée?A court et moyen termes, y a-t-il lieu d'intensifier l'action syndicale pour limiter la marge de jeu des grandes corporations propriétaires de média?En ce sens, la recommandation du rapport Davey visant a conseil de surveillance de la créer un propriété serait-elle une solution efficace?N\u2018y aurait-il pas lieu de constituer une agence québécoises publique de distribution et d'établir une politique postale non \u2018rentable\u201d a titre d'aides techniques aux publications québécoises.Comment arrêter l'emprise étrangère croissante dans les domaines de l'édition et de librairie?B- Le cinema.Quelles sont les politiques susceptibles de faire du cinéma un outil d'expression et de développement pour la majorité populaire au Québec?Québec devrait-il rap- patrier la responsabilité en matière de cinéma?Y-a-t-il lieu de de production?Le contrôle de la distribution et de la diffusion des longs métrages requiert-il une nationalisation du réseau de distribution ou une réglementation gouvernementale?C- La publicité.Comment prolonger l\u2019action des associations de consommateurs qui trop souvent s'en tiennent a la dénonciation des messages publicitaires les plus manifestement scandaleux?L'influence de la publicité dans la promotion de façons de voir ou de faire é- trangeres a notre culture mais surtout contradictoires vis-a-vis les intérêts de la majorité de la population n'exige-t-elle pas des politiques gouvernementales vigoureuses?Peui-on laisser sans controle la plus importante source de revenus des media d'information?L'action la plus urgente n\u2019est-elle pas de faire une analyse approfondie du con- trole des corporations étrangères ou des consortiums canadiens sur l\u2019industrie de la publicité?créer des coopératives D- L'industrie de la culture en général Peut-on accepter que la grande majorité des fonds gouvernementaux en matiere de culture soit affectée a la \"Haute Culture\u2019?La Galerie nationale, le théâtre subventionné, les orchestres supportés par des fonds publics, la Place des Arts, ne peuvent avoir comme resultat que de fournir à une minorité dominante des symboles de prestige aux frais de la majorité?Une industrie de la culture en fonction de l'homme nécessité que soit arrêtée la domination étrangère croissante mais surtout que soit de plus en plus developpe le controle de la majorité des citoyens sur les moyens de production et diffusion de sa culture.Téléphone: 523-3588 Montréal "]
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