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Titre :
Québec-presse
Éditeur :
  • Montréal :Association coopérative des publications populaires,1969-1974
Contenu spécifique :
Cahier 2
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Québec-presse, 1974-05-05, Collections de BAnQ.

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[" | [PH PILL célèbrent 1ê2 a ARE TAC RE SR NI VEE] eT ISTES a ST de part RT PRT Tae, rues de la ville, 1e fr PEP pre au ete de Mars et prennent: \u201cplace pour entendre lés.orateurs.Ceux-gi Lester à Supplément / 5 mai 1974 ule _des balustrades et [a lien ha i QUEBEC-PRESSE publiait, l'an dernier, un premier supplément à l'occasion de la fête internationale des travailleurs.Ce supplément, sous le titre général de \u201c150 ans de luttes ouvrières au Québec\u201d, retraçait quelques unes des grandes pages de l\u2019histoire du mouvement ouvrier \u201cet de ses luttes au Québec.Publié alors que la répression libérale s'abattait sur le mouvement syndical québécois et que les trois présidents de centrales étaient emprisonnés, ce suppiément rappelait avant tout que la combativité des travailleurs québécois ne datait pas d'hier.Cette année, QUEBEC-PRESSE a pensé consacrer son supplément à l'histoire même de la fête internationale des travailleurs.Nous contribuons ainsi, modestement, à la connaissance de l'histoire du mouvement ouvrier québécois, en jetant un peu d'éclairage sur l'origine et la signification de la célébration du 1er mai au Québec.-mettent, Chicago \u2019 Car ie 1er mai n'est pas une \u2018fête\u2019 comme les autres.C'est le jour choisi par les militants socialistes regroupés dans la Deuxième Internationale, en 1889, pour rappeler le sacrifice des travailleurs de Chicago, massacrés en 1886 à l'occasion de la lutte en faveur de la journée de travail à huit heures et pour relancer leur campagne dans tous les pays où les travailleurs se sont organisés.Le 1er mai, c'est le jour ou les travailleurs se souviennent; c'est le jour où on jette un regard en arrière pour mieux préparer les luttes futures.Comme l'écrit Marcel DAVID, dans Les travailleurs et le sens de leur histoire, \u2018en dépit des échecs qui ne leur sont pas épargnés, des sanctions qui leur sont infligées, des erreurs qu'ils com- des divisions qui les affaiblissent et des grandes inégalités dans les ix langues différentes.Le 1 en russe maid Ka - nifestants portent TTR PY LAYS \u2018Salut a [PIT 0] Big Union ur LEE ET TL des- Mu avait eu Rat une grève générale Lu 1919) im | HISTOIRE DU ler MAI AU satisfactions que le combat leur procure, d'une génération à l'autre, les militants trouvent dans leur histoire de quoi nourrir un optimisme lucide et raisonné.Car ils se savent, grâce à elle, pris dans un mouvement d'émancipation croissante d\u2019un nombre d'hommes lui-même croissant.Stagnations, ruptures de pente, reculs, ne sont que péripéties qui n'empêchent pas, au total, la courbe d'être ascendante.Ils savent aussi que malgré ie conditionnement auquel la société depuis toujours les soumet, ils disposeront d'assez de liberté individuelle et collective et, plus largement, d'aptitudes à réagir pour prendre des initiatives efficaces.|l leur appartient seulement d'en user dans le bon sens, qui précisément se confond avec celui de leur histoire.\u201d Débrayer Le ler mai est une double occasion: rendre hommage aux luttes passées et a aux hommes qui les livrèrent - c'est leur fête, la fête des oubliés, la fête des travailleurs - mais aussi affirmer collectivement notre conscience de classe et nos revendications à l'occasion d'arrêts de travail, de manifestation et de discours.| Les travailleurs du Québec sont à l'avant-garde des travailleurs nord-américains en décidant de célébrer, eux aussi, la fête internationale des travailleurs.Pour y arriver, il nous faudra - une fois de plus - mener une lutte, imposer notre volonté collective aux entrepreneurs capitalistes en cessant de travailler, à chaque année, en ce ler mai.Cela, jusqu'à ce que les entreprises et l'Etat reconnaissent l'expression de notre volonté de classe et admettent que le ler mai est- la fête des travailleurs et doit donc être chômée.D'ici à ce jour, la célébration du ler mai par un arrêt de travail prend elle-même le sens d'une lutte. Des 1906 a Montreal LES SOCIALISTES CÉLEBR: Peu après 1900, avec la reprise économique qui suit la crise de 1890-1896, les travailleurs passent de la défensive à l'offensive.En même temps que les syndicats, l'organisation politique de la classe ouvrière se développe dans maints pays.Au Canada, des mouvements socialistes apparaissent en 1905-1906.C\u2019est dans ce contexte que s'inscrit la célébration du ter mai par les socialistes de Montréal.La célébration du 1er mai par les socialistes de Montréal, en 1906, ne s'est pas faite sans incidents.Partis de la salle Saint- Joseph, rue Sainte-Cathe- rine, empruntant la rue Saint-Denis vers le Champ- de-Mars, les manifestants devaient nécessairement passer devant l'Université Laval à Montréal.Arrivés là, les manifestants s'arrétèrent et crièrent \u201cVive ['Anarchie!\u201d et \u2018A bas la calotte!\u201d.Les fils des bourgeois montré- alais et les curés qui les forment pour leur future mission de patrons sont insultés; ils invitent les travailleurs à venir se battre! Les policiers du poste no 4 - tristement célèbre depuis - s'interposèrent alors.Le chef de police est contre Quand les socialistes montréalais annoncérent leur intention de défiler pour le ler mai 1907, le chef de la police, M.Cam- peau, avise le maire E- kers qu'il s'oppose au défilé et la répétition des mêmes désordres qu'en 1906.On tolèrera seulement qu'ils tiennent une assemblée publique sur le Champ-de- Mars.Or, apprenant que les socialistes vont utiliser ce terrain, cédé par l\u2019armée à LES POLICIERS À CHEVAL dispersent les manifestants rassemblés sur le Champ de Mars à Montréal pour la célébration du 1er mai 1907, la ville, les officiers du 65e régiment décident de faire des exercices le soir du ler mai sur le Champ- de-Mars! Les officiers \u2018réclament donc du maire E- kers la moitié du Champ- .de-Mars! Le maire répond que c'est dangereux et qu'il appréhende un conflit entre les militaires et les manifestants.De leur côté, les étudiants bourgeois et catholiques de l'Université Laval & Montréal annoncent leur intention de se venger des ouvriers socialistes.Le climat est à l'émeute.Pour protéger les travailleurs! Le maire Ekers décide de prendre l'offensive.!l rencontre Albert Saint- Martin, sténographe et leader incontesté des socialistes de Montréal à cette époque.Le maire dit que ce qui est en cause, ce n'est pas le droit pour les socialistes de manifester - mais la difficulté de les protéger contre des assauts possibles.On convient d'annuler le défilé et de s'assembler sur le Champ- de-Mars.\u201cAprès avoir ouvert la fête à 2 heures l'après- midi par une assemblée préliminaire à la salle Saint-Joseph, où l'on fit de nombreux discours et du chant, les socialistes se préparèrent a leur, grande démonstration du soir.La salle Saint-Jo- seph, louée aux socialistes, est décorée de différents tableaux religieux.On avait ajouté hier, à ce décor des emblèmes symboliques du socialisme, tels que des inscriptions portant les mots \u2018Liberté, Egalité et Fraternité\".Tout l'après-midi, la salle fut remplie de femmes, d'enfants et de jeunes gens (les hommes sont au travail)\u201d.Encadrés par les policiers \u201cDés six heures et le- mie, les socialistes commencèrent à envahir leurs quartiers généraux, au coin des rues Sainte-Elisabeth et Sainte-Catherine.Ils portaient tous à la boutonnière un petit ruban rouge et, sur la poitrine de quelques-uns des plus fervents, s'étalaient en forme d'étoile de mer de larges boucles de ruban.Une demi- heure plus tard, la salle était remplie de 200 a 300 personnes, socialistes ou prétendus socialistes, le plus grand nombre de nationalité juive, russe, ita- llenne et syrienne.En mé- me temps, rue Sainte-Ca- therine, s'assemblaient un grand nombre de curieux, hommes, femmes et enfants.La: circulation devint impossible.Il avait été bien entendu qu'il n\u2018y aurait pas de parade par les rues et ia police etait en nombre pour qu'il n'y eût pas contravention aux ordres donnés.\u201d \u201cA sept heures et demie, avec beaucoup de difficultés, s'alignérent une vingtaine de voitures.II 2 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE avait été décidé par les socialistes qu'eux-mêmes et leurs invités se rendraient individuellement au Champ-de-Mars, en voiture ou autrement, par des routes différentes.\u201d Une loi contre les manifs \u201cLes premiers qui descendirent de la salle portaient des drapeaux rouges, des flambeaux, des transparents et des chandelles romaines.|| y eut un instant d'hésitation puis la foule se rua sur le premier groupe de socialistes en même temps que la police intervenait.En un instant, les drapeaux furent arrachés des mains de ceux qui les portaient et déchirés, les flambeaux et les transparents détruits.Quatre socialistes, deux hommes et deux femmes, au milieu du brouhaha général, réussirent à atteindre une voiture et déploye- rent leurs couleurs a travers les portières.La voiture fut entourée imme- diatement par un groupe de policiers qui donnérent ordre aux occupants de rentrer leurs couleurs.Il y eut probablement refus car la minute d'après, les drapeaux disparaissaient en lambeaux aux mains des policiers.\u201d \u201cLa foule devint tumultueuse.Les policiers- ordonnèrent aux cochers de laisser la place sans plus attendre et deman- dérent du renfort.A huit heures moins quart débouchèrent par le haut de la rue Sainte-Elisabeth les hommes de la police a cheval suivis, cinq minutes plus tard, d'une escouade de cinquante hommes sous les ordres du sous-chef Leggett.Le chef de police Campeau était sur place.Il donna des ordres promptement obéis et les abords de la saile Saint-Joseph furent dégagés de la foule des spectateurs qui se disperserent de tous côtés et se mirent à circuler.\u201d \u201cDe nouveau un solide gaillard, un fervent socialiste, sortit de la salle avec un grand drapeau rouge\u2019 enroulé autour d'une hampe de huit pieds de long.Il y eut un second mouvement de la foule dans cette direction, vite réprimé.Mais le gaillard au drapeau ayant refusé d'obéir aux ordres péremptoires de la police de retourner à la salle, il fut empoigné par le constable Savard qui lui arracha son drapeau et il alla rouler sur la chaussée.Le drapeau fut déchiré et la hampe mise en morceaux.Pour que pareille scène ne se pététa plus, le chef Campeau posta deux constables à la sortie de la salle avec instruction de ne laisser sortir les socialistes que deux ou trois à la fois.C\u2019est ainsi que petit à petit se vida la salle Saint-Joseph.\u201d \u201cA huit heures, l'escouade de police prenait la rue Sainte-Elisabeth .pour se rendre au Champ- de-Mars, l'ordre ayant été complètement rétabli rue Sainte-Catherine.Avant que les socialistes ne vidassent la salle Saint-Joseph, le maire Ekers et le chef de police Campeau s\u2019y présentèrent.lis furent l'objet d\u2019une démonstration sympathique.M.Ekers, prenant la parole, déclara qu\u2019il avait fait tout son possible pour être impartial au sujet de la démonstration que les socialistes voulaient faire.Il les invita à se montrer citoyens paisibles, à ne provoquer aucune démonstration hostile et à se rendre au Champ-de-Mars en \u201d voiture.|| donna lecture de la loi démontrant que les socialistes, en pareille circonstance, n'avaient pas le droit de parader dans les rues.\u201d Le ler mai seule fête des travailleurs \u201cIL y avait bien 10,000 personnes sur le Champ- de-Mars.La plupart venaient par curiosité, d'autres pour fomenter les troubles et la minorité pour écouter les discours des; paisibles orateurs de le soirée.Toutes les classes; de la société étaient représentées et le haut de forme se voyait au milieu des humbles casquettes de travailleurs.Les- socialistes, les vrais, arrive- rent au Champ-de-Mars par petits groupes et se rangérent au pied du Palais de Justice, où la fanfare italienne jouait des airs nationaux de tous les pays imaginables.\u201d \u201cM.Saint-Martin, le dernier parti de la salle Saint-Joseph, arriva au \u201cforum\u201d improvisé et les orateurs, sous la garde du chef de la Sûreté M.Silas Carpenter et de quelques agents, vinrent prendre place dans une voiture de livraison utilisée comme plate-forme.M.Saint- Martin, qui portait l\u2019écharpe rouge, demanda à M.Carpenter s'il fallait enlever cette décoration, disant: \u201cSi vous le désirez, M.Carpenter, j'enlèverai l'insigne socialiste\u201d.\u201cNon, répondit le chef, il n\u2019est pas besoin actuellement de faire disparaître votre ruban\u201d.\u201cJe suis prêt à obéir à tous vos ordres, chef, et nos socialistes feront comme vous l'entendrez'.\u201cMM.Ratch, Klenke, Saint-Martin et quelques femmes montèrent dans la voiture avec l\u2019aide de quelques agents de la Sûreté.M.Ratch, président de la réunion, ouvrit les délibérations par l'explication du .programme socialiste: Le ler mai est le seul jour de fête du Travail, le seul que les ouvriers prennent sans l\u2019autorisation du Capital, et le seul qu'ils puissent chémer dans un commun accord avec les ouvriers de tout l'univers.\u201d il présenta M.Saint- Martin à la foule et l'organisateur socialiste fit connaître le malheureux malentendu qui avait amené l\u2019algarade de la rue Sainte- Catherine.Aprés avoir invité les auditeurs à crier des hourras pour le maire Ekers et le chef Campeau - invitation qui fut chaleureusement acceptée par tous les manifestants -, M.Saint-Mar- tin dit que les socialistes devaient se rendre au Champ-de-Mars en voiture par petits groupes et non en paradant dans les rues, par respect des ordres du maire; mais les cochers furent renvoyés avant même que les sn- cialistes eussent pu aborder les véhicules.\u2018La police, dit M.Saint-Mar- tin, a forcément outrepassé les limites que lui traçait le devoir, car il n'est pas facile de retenir une foule qui attaque des citoyens paisibles comme les socialistes.M.Saint-Martin félicita la police sur la protection qu'elle avait accordée aux socialistes et la \u2018Marseillaise\u201d suivit la courte allocution.Un groupe de tapageurs, dans la foule, interrompit le chant na- iB tional françaix par le chant de \u201cO Canada\u201d, de Lavallée, et hua l'assemblée socialiste avant même que les discours eussent commencé.M.Saint-Martin, présenta ensuite M.Auguste Klenke, ex-candidat au poste de gouverneur dans l'Illinois, qui se ré- vèla intéressant orateur.Son entrée en matière fut saluée par des vivats.Ces applaudissements furent couverts par les chants de quelques étudiants de Laval et de Mc- Gill et de quelques hommes du peuple enthousiasmés par la présence de la jeunesse universitaire.La fanfare socialiste, à son tour, éteignit cette ardeur par la \u201cMarseillaise\u201d.La police chargea dans la foule, protégeant le groupe socialiste.On riait plus qu'on était sérieux et l'intervention fut plutôt décidée pour éviter des conflits possibles.Les socialistes répondaient aux chants des étudiants par le refrain de I' \u201cInternationale\u201d: \u201cC\u2019est la lutte finale; Groupons-nous et, dernain, l'Internationale Sera le Genre Humain\u201d.La police à cheval, sous le commandement du sous- chef Leggett et les cent policemen à pied, sous les ordres des capitaines en service, séparerent les deux groupes et M.Klenke put commencer son discours.\u201d \u201cIL s'adressa aux hommes et aux nombreuses ouvrières qui se trouvaient là: \u201cNous sommes réunis pour célébrer la fête internationale du Travail, le premier mai, et pour pas- VENT LE ler MAI ser en revue les luttes menées pour l'améliora- ton de l'était ouvrier, afin de formuler les espérances nouvelles et les ambitions légitimes des travailleurs.D'aucuns, n\u2019ayant pas d'arguments à opposer à notre théorie, cherchent à noyer mes paroles dans un chaos de bruit mais ils prouvent ainsi la faiblesse même de leur cause.\u201d \u201cIci, des hurlements éclatèrent dans la partie est du Champ-de-Mars.La fanfare joua !\"\u201c\u201cInternationale\u201d et la foule chanta, pour la dixième fois, \u201cO Canada\u201d.M.Ratch, étudiant, déclaré: \u201cC\u2019est la meilleure façon d'annoncer le socialisme que de taper dessus.Allez-y mes vieux\u201d.La foule applaudit le chant \u201cO Canada\u201d et la \u2018Marseillaise\u2019 suivit la fanfare, les femmes, sans distinction de race, fisant chorus.\u201cJe croyais adresser la parole à une foule intelligente, continua M.Klenke, mais je m'aperçois qu'à part les gens qui m'écoutent, il Vs.= LATOUR, J.LA qv i APO OPEN aA FIP y RY Di RD LE , iali é i isé iè ifestations du ter Mai.C'est ainsi que |: mercredi 1er mai 1907, LA REPRESSION POLICIERE s'est abattue sur les socialistes à Montréal dès qu'ils ont organisé les premières mani r | : quelques milliers de manifestants sont surveillés par les policiers au départ de la parade, rue Sainte-Catherine, entre les rues Sainte-Elizabeth et Sanguinet.Comme la procession\u201d se met en branle, l'agent Gagnon, du poste numéro 4, saute dans une voiture pour arracher un drapeau rouge des mains d\u2019un manifestant.Un rixe s'ensuit.On joue du poing à qui mieux mieux.La force policière se jette dans la mêlée pour disperser les manifestants.(croquis La Presse, 2 mai 1907) y a plus de tapageurs que de travailleurs qui veulent améliorer leur situation.Qu'importe, j'ai encore des perles à jeter.Je ne veux pas tenir la ville entière responsable de cette manifestation hostile.C'est un mouvement irréfléchi.Ce n'est pas ainsi qu\u2019on abat le Socialisme.Il faut au moins apporter des arguments et non des insultes à la discussion.Les braiements d'âne n'ont jamais convaincu personne, et moins que jamais ils ne contribueront à ébranler notre cause\u201d.\u201cLes cris redoublèrent dans la foule et la police chargea encore une fois.M.Klenke salua cette charge par des vivats que ses auditeurs répétèrent avec enthousiasme.Continuant, il dit: \u201cNous célébrons le premier mai parce que les ouvriers ont un jour, seulement, où ils peuvent échanger leurs idées, préparer les combats pacifiques de l'avenir et ouvrir la voie à l'amélioration des conditions actuelles de l\u2019existence.Dans tous les pays civilisés, ce mouvement socialiste marche de front avec tous les progrès intellectuels et l'ouvrier cherche à obtenir une meilleure vie, une meilleure éducation et une meilleure appréciation de sa lourde tâche.Nous demandons la réduction des heures de travail, l'augmentation des salaires, non pas avec un déploiement d'armes et d'invectives, mais par le raisonnement et la discussion paisible.\u201d M.Klenke fut fortement applaudi.Son discours fut interrompu par la ruée des étudiants, qui forcèrent la police à charger encore une fois.La foule fut complètement dispersée.Plusieurs hommes furent blessés légèrement dans cette fuite précipitée.M.Saint- Martin se réfugia au poste central de police et M.Klenke et les autres orateurs disparurent.À onze heures, il n\u2019y avait personne à la salle Saint- Joseph.\u201d Trois arrestations MM.Florient Bernier, secrétaire du Parti Socialiste, Conrad Lacombe, trésorier du méme parti, (suite a la page suivante) QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT / 3 i ) u Le Dès 1906, le ler mai est célébré à Montréal (suite de la page précédente) et Adélard Desjardins furent arrêtés à la veille du ler mai 1910 pour avoir.distribué la circulaire suivante: \u2018Travailleur, tu peines, tu es dans la misère et, cependant, c'est toi qui produis toute la richesse du globe.Pauvre esclave du salariat, quand donc comprendras-tu qu'il ne faut plus de division dans tes rangs?Entre les oppresseurs et leurs victimes, il n'y a pas d\u2019accord possible.Pour que le sentiment de solidarité se répande et se fortifie chez nous, un jour a été choisi par un congrès universel comme étant la fête internationale des travailleurs.En ce jour, tout travailleur conscient de sa position se joint aux autres travailleurs pour célébrer la fête commune et universelle du travail.\u201d \u201cLa scène au Champ- de-Mars, quoique très animée, fut trés pacifique.Trois drapeaux rouges servaient de signes de ralliement aux trois cohortes échelonnées sur les gradins du champ de parade militaire.\u2018Les orateurs des différents groupes parlaient simultanément, recueillant chacun leur part des applaudissements.Chez le groupe canadien-fran- çais, ont pris la parole M.Saint-Martin, H.Bernier, C° Lacombe, H.Mathurin, A.Maillard.M.Albert Saint-Martin, chef du Parti socialiste à Montréal, a déclaré: \u2018Le socialisme est un principe de justice.La charité est avilissante pour celui qui la donne dissolvante pour celui qui la reçoit.Ce que nous voulons n'est pas de faire augmenter les salaires ou de faire réduire les heures de travail, mais ne pas avoir de bourgeois, en dépit de ce que vous disent les journaux, les politiciens, la police,\u2019 M.Saint-Mar- tin dit que les bourgeois redoutent ou feignent de redouter les démonstrations socialistes pour faire croire au peuple que ceux qui professent le socialisme sont des malfaiteurs: \u2018Mais notre histoire est là pour démontrer que si nous sommes des agitateurs, nous le sommes d'une manière pacifique\u2019.Aucun trouble SOFLEUX \u201cLa manifestation socialiste annoncée depuis déjà quelque temps a eu lieu, hier soir, mais elle n'a été l\u2019occasion d'aucun trouble sérieux.Dès 7 heures, une troupe de manifestants, qu'on peut évaluer à environ 130 personnes, sortit de l'immeuble sis au No 330 Saint- Charles Borromée, où le Parti socialiste a établi ses quartiers généraux.Au coin des rues Sainte- Catherine et Saint-Char- les Borromée, la manifestation fut organisée et se mit en marche, musique en tête, sous l'oeil vigilant d'une forte escouade de police que commandait l'inspecteur Grandchamps, assisté du capitaine Bélan- ger et des lieutenants Gagnon et Savard.Des deux côtés de la rue, une foule de curieux stationnait, attendant les événements.\u201d \u201cTout à coup, sur la rue Saint-Laurent, à la hauteur de la rue Dorches- ter, deux drapeaux rouges sont déployés.Immédiatement, ils furent saisis par les constables Martin et Saint-Pierre.Un jeune homme ayant protesté, il fut arrêté par le constable DesGroseillers et conduit au poste.ll a déclaré se nommer Zigmond Salomon.La manifestation continua sa route sans encombre jusqu'au Champ-de-Mars, où l'on discuta l'opportunité de faire une assemblée en plein air.Une grosse pluie qui vint à tomber régla la question et tout le monde s'enfuit, les uns chez eux, les autres vers la Salle Moderne, 197 rue Notre-Dame Est, où devait se tenir une grande assemblée publique.\u201d \u201cLe premier orateur fut M.Wilson Killingback, de New York, qui parla plus d'une heure.|| prit à partie le maire Guérin et dit qu'il s'attendait à plus de liberté dans la métropole du Canada.M.Saint-Mar- tin, qui présidait, dit quelques mots, en français, au sujet de l'arrestation de MacNamara et des autres dynamitards de Los- Angeles.|| invita l\u2019'assemblée à protester contre cette arrestation.Après plusieurs autres discours, par des orateurs moins importants, la musique entonna La Marseillaise et l'assemblée se dispersa sans tumulte.\u201d Leurs camarades de tous les pays \u201cLes socialistes \u2018de Montréal ont imité leurs 4 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE camarades de tous les pays en célébrant le premier jour de mai.Comme leurs camarades de tous les pays, ils ont fait une procession, avec le même drapeau rouge et ont fait les mêmes discours.lis n'ont même pas eu l'occasion de poser aux martyrs car n'ayant insulté personne, on ne les a pas insultés.La manifestation socialiste a été remarquable par deux choses: la fille en rouge qui portait le drapeau rouge et le masque sémitique de tous les participants.\u201d \u201cOn est parti à 7h.30 pour le Champ-de-Mars, musique en tête.Mile Lily Zudick portait le drapeau rouge et a poussé l'imagination jusqu'à s'habiller tout en rouge.L'imagination a d'ailleurs joué un grand réle dans toute l'histoire: on avait fait des insignes avec de la flanelle rouge, on a fait des discours en toutes les langues de l'Europe Centrale, on a dansé et on a refait des discours.Au Champ-de-Mars, il y avait la foule habituelle des badauds qui attendaient une intervention possible de la police et l'échange de coups de poings qui aurai réjoui son âme badaude.A toute éventualité, le Chef Campeau avait posté la une esccuade de 30 agents de police.sous le commandement de l'inspecteur Grartdchamps; mais voyait que tous ces gens s'amusaient ferme et ne songeait pas à mal, il la rappela bientôt au poste central.\u201d \u201cLes orateurs ont resservi les vieux plats de l'égalité et de la fraternité; ils ont eu le bon goût de ne pas insister sur la disparition des capitalistes, ou s'ils l'ont fait, ce fut du moins dans des langues exotiques.Pendant le bal qui eut ensuite lieu à la Salle Moderne, le citoyen Albert Saint-Martin y alla d'un autre discours dont le sujet fut que les millionnaires de la rue Sherbrooke n\u2019auraient plus jamais un sommeil paisible aprés cette manifestation.\u201d ommaire pages 2- 3: 1906: les socialistes célébrent le ter Mai a Montréal page 5 La Première Internationale (1864-1876), et la journée de 8 heures.pages 8-9: Le mouvement des chômeurs d'Albert \u2018 Saint-Martin et le 1er Mai 1914 pages12- 13: Le 1er Mai à Montréal (1915-1839) pages16- 17: Le premier lundi de septembre (Labo Day): le choix des patrons! : pages20-21: le mouvement des 8 heures au Québec page 25 Le massacre de Chicago (1906) [ e 0 du ler mai U / er mai La grande féte mondiale des travailleurs, le Premier Mai, est d'origine américaine.Elle commémore le \u201cmassacre\u201d qui marqua la grève générale de Chicago, en mai 1886, en faveur de la journée de 8 heures, 4 Jea- ders du mouvement furent pendus en 1887.Le principe de la célébration internationale de la fête des travailleurs fut adopté trois ans plus tard, à Paris, le 14 juillet 1889, lors du congrès de la Deuxième internationale (marxiste).Lors de ce congrès dirigé par \u2018Engels (Marx était mort en 1883), le socialiste fran- cais Raymond Lavigne fit adopter une résolution en faveur de la célébration du Premier Mai.Cette résolution proposait que le Premier Mai devienne l'occasion d'une manifestation internationale de solidarité ouvrière, en mémoire des \u201cmartyrs\u201d de Chicago.Sources e Bernstein, Samuel: The First International in America, New York, 1962 e Cacérès\u2018 Bénigno: Le mouvement ouvrier, Seuil, - Paris, 1967 e Dommanget, Maurice: Histoire du Premier Mai, Paris, 1972 e Foster, William: History of the 3 Internationals, New York, 1955 \\ e Harvey, Fernand: \u201cLes Chevaliers du travail, les Etats-Unis et la société québécoise\u201d in \u201cAspects du mouvement ouvrier au Québec,\u201d Boréal Express, 1973 e Kriegel, Annie: Les Internationales ouvrières, Que Sais-je, PUF, 1966 e Van Der Esh, Patricia: La deuxième Internationale, Rivière, Paris, 1957 e Ware, Norman: The labor mouvement in the United States, Vintage Books, New York, 1964 e-Journaux: La Presse, Le Devoir, Clarté (organe du Parti communiste du Québec).- - 1 a) \u201c\u2018loppent | 1889: le Ier mai proclamé la fête des travailleurs C\u2019est le congrès de fondation de ia Deuxième internationale à Paris, en juillet 1889, qui décide de faire du 1er Mai la fête internationale des travailleurs,.en souvenir des événements de Chicago.La situation internationale a changé depuis 1876, date de la disparition de la Première Internationale (l\u2019Association internationale des Travailleurs).Le mouvement ouvrier s'est développé dans tous les pays industrialisés; des partis socialistes ou sociaux- démocrates existent dans beaucoup de pays.Malgré la répression de Bismarck, par exemple, les organisations syndicales et le Parti social-démocrate allemand se déve- rapidement en Allemagne.Karl Marx décédé (en 1883), c\u2019est Friedrich Engels qui as- summe la continuité de l\u2019oeuvre.ENGELS \u201cTant que les pays principaux ne possédaient pas encore de parti socialiste de masse et que la situation politique en Europe et en Amérique ne s'était pas encore aggravée au point de placer .la question de l'organisation d\u2019une nouvelle Internationale à l\u2019ordre du jour, Engels déclinait toute proposition de proposer à la fondation d'une \\'ouvelle organisation prolétarienne Pestimant prématurée.Cependant, quand, tout à la fin des années 1880, la lutte s\u2019engagea entre les ailes marxiste et opportuniste (favorisant la collaboration avec les partis bourgeois) a propos de la convocation a Paris en 1889 d\u2019un congrès ouvrier international, et que les éléments opportunistes entreprirent des préparatifs énergiques en vue de créer une organisation internationale, Engels, ajournant a plus de trois mois toutes ses autres occupations, déploya une intense activité en vue de faire échouer ce plan.Dans la lutte autour de la convocation dû congrès international (de 1889), Engels voyait le prolongement de l\u2019ancien conflit au sein de la Première Internationale.\u201cL\u2019ennemi est le même, écri- vait-il, avec cette seule différence que l\u2019étendard des anarchistes a été remplacé par ce lui des possibilistes (du.ceux qui croient à d\u2019une entente avec les partis bourgeois).C\u2019est la même vente de ses principes à la bourgeoisie contre des concessions partielles et, internationale, .la possibilité surtout, places pour les dirigeants (membres de conseils municipaux, de ja bourse du travail, ete.).Et la tactique est exactement la même\u201d.DEUX CONGRES Ainsi, deux congrès de la Deuxième Internationale se réunirent-ils à Pars le 14 juillet 1889, cent ans exactement après le début de la Révolution française.\u201cLe premier congrès, marxiste, se réunit rue Rochechouart.En dépit du fait que les délégués étaient moins nombreux qu\u2019au second congrès, possibiliste, il comptait tous les chefs\u2019 socialistes marquants, dont Engels, Babel.Gues- de et Plekhanoff, représentant 19 pays.ll n\u2019y a pas de doute que le congrès marxiste était le plus important des deux.Le second congrès, pos- sibiliste, se réunit rue Lancry avec environ 600 délégués, le double à peu près de ceux du congrès marxiste.Ceci principalement dû au fait que la nombreuse délégation britannique des trade unions suivit H.M.Hyndman dans son adhésion à l\u2019aile droite socialiste, conjointement avec 477 délégués français.Ce congrès se trouva donc dominé par les possibilistes La première Internationale ouvriere: Pour la journée de § heures Avec le tournant de 1860, alors que les tensions entre le prolétariat et les bourgeoisies nationales se développent en Europe, les militants ouvriers décident de se donner une organisation capable de coordonner les luttes dans divers pays.C'est ainsi que le 28 septembre 1864, la Première Internationale est fondée a Londres: l'Association internationale des travailleurs (AIT).Karl Marx'en est l'âme et le pivot.En dépit des efforts des anarchistes et des réformistes, il parvient à maintenir le caractère proprement révolutionnaire de la Premiere Internationale.En 1866, a Geneve, a l'occasion de son 2ème congrès, l'AIT décide de faire de la journée de 8 heures un objectif politique immédiat: huit heures de travail, huit heures de repos et huit heures de famille.La revendication n'est pas nouvelle mais elle reçoit là une consécration officielle.Ce sera désormais un important objectif de lutte des travailleurs.- Après la Commune de Paris (1870) et la répression qui suivit, on décide de déplacer le secrétariat de la Première Internationale de Londres à New York.En peu d'années, l'Association internationale devient presque essentiellement américaine, jusqu'à sa disparition en 1876.Drapeau rouge A la différence des organisations ouvrières anti- rieures, l'AIT américaine n'hésite pas a affirmer publiquement ses positions à l'occasion de manifesta- contre de bonnes français et les trade-u- nionistes anglais, tandis que les sociaux-démocrates allemands et les marxistes français formaient le noyau du congrès mar- .xiste\u201d.Au congrès marxiste, le français Raymond La- vigne proposa que le 1er mai devienne l\u2019occasion d'une manifestation internationale de solidarité ouvrière, en mémoire des martyrs de Chicago._ LARESOLUTION Voici le texte de la résolution adoptée: \u201cll sera organisé une grande manifestation internationale à date fixe, d.manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à 8 heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du Congrès international de Paris.Attendu qu\u2019une semblable manifestation a déjà été décidée pour le 1er mai 1890 par l'American Federation of Labor, à son congrès de décembre 1888 tenu à Saint-Louis, cette date est adoptée pour la manifestation internationale.Les travailleurs des diverses nations auront tions.Le 1er octobre 1871, ses membres défilent à New York en réclamant la journée de 8 heures.Sur les banderoles, on peut lire: \u201cNous [I'obtiendrons pacifiquement si possible, par la force s'il le faut\u2019.Le drapeau rouge, le drapeau des travailleurs, est brandi.Pour la première fois dans l'histoire du mouvement ouvrier américain, des travailleurs noirs participent à la manifestation syndicale.L'AIT est d'ailleurs la première organisation à les considérer comme des égaux.à accomplir cette manifestation dans les conditions qui leur sont imposées par la situation particulière de leur pays\u201d.Les résolutions du congrès pour lesquetles les travailleurs du monde entier sont invités a manifester, outre la journée de 8 heures, portent sur la\u2019 limitation du travail des femmes et des enfants, l'interdiction du travail de nuit, la suppression des bureaux privés de placement, la garantie d\u2019un minimum de salaire et au moins un jour de repos par semaine.LES MANIFESTATIONS DE MAI 1890 Fin avril 1890, on retrouve quelque peu aux Etats-Unis le climat d'a- vrii 1886.Le 25, par exemple, on peut lire dans les grands journaux américains que \u201cle président Bowland, de /\u2019Association des Charpentiers et Menuisiers d\u2019Amérique, estime que si la réduction de la journée de travail à 8 heures, demandée par cette catégorie de travailleurs, n\u2019est pas accordée, 100,000 de ces derñiers seront en grève a partir du 1er mai\u201d.Les déclarations de ce genre se multiplient à mesure que le 1er mai approche.Cette fois, ce- KARL MARX, travailleurs fondée.en 1864.pendant, le mouvement est organisé.Comme l'a demandé Samuel Gompers, ce sont les secteurs les plus forts -qui feront la lutte pour imposer un pattern qu\u2019il sera aisé aux autres d'endosser par la suite.Pendant qu\u2019en Amérique on se prépare, l\u2019agitation se développe en France, en Espagne et \u201c en Autriche.Au Canada, plus précisément à Ottawa, 1,500 briqueteurs, tailleurs de pierre et maçons se mettent en grève.Îls ne veulent plus travailler que 9 heures par jour en touchant le salaire de 10 heures de travail.Aux Etats-Unis, -les grèves sélectives s\u2019avèrent assez efficaces dans certains secteurs et les manifestations se déroulent sans incidents graves.Le président des charpentiers-menuisiers a révélé que 196 patrons ont cédé aux exigences ouvrières alors que seulement 15 résistaient encore.À Paris, au cours d\u2019affrontements, 300 travailleurs sont arrêtés.Progressivement, à partir de 1890, l\u2019habitude de manifester se répand d\u2019un pays à l\u2019autre à travers l'Europe, à moins que la répression n\u2019empêche une telle pratique, comme c\u2019est le cas en Russie et en Allemagne.l'âme dirigeante de la première Association des QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT / 5 LE SYNDICAT GENERAL DES EMPLOYES DE QUEBEC-PRESSE (CSN) et LA DIRECTION, LES ADMINISTRATEURS DE L'ASSOCIATION COOPÉRATIVE DES PUBLICATIONS POPULAIRES (ACPP).Les syndiqués de Hydro-Québec appuient de tout coeur les grévistes de la United Aircraft SYNDICAT CANADIEN DE LA FONCTION PUBLIQUE \u201cL\u2019HOMME SEUL IMPORTE, LA TECHNIQUE ET LE GAPITAL NE SONT QU\u2019À SON SERVICE.\u201d F.T.Q.F.T.Q.F.T.0.METIERS BUREAUX TECHNICIENS LOCAL 1500 LOCAL 2000 LOCAL 957 6 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE Seule la solidarité entre tous les travailleurs reussira à briser le contrat social qui, à cause de forces d'argent, lie de façon inégale les citoyens du Quebec Fraternité inter\u2014provinciale des ouvriers en électricité Les éditions Part La première maison d'édition de gauche au Québec souhaite bonne fête à tous les travaileurs Pour comprendre le Québec, il faut avoir lu La lutte syndicale chez les enseignants par Jean-Marc Piotte Québec occupé par Jean-Marc Piotte L\u2019anti-Trudeau par André Potvin Les classes sociales au Cegep par Claude Escande Les francophones du Canada par Robert Maheu Carnets politiques par Jean-Marie Nadeau Le scandale des clubs privés de chasse et pêche par Henri Poupart Le panier de crabes par Jérôme Proulx $3.25 $3.00 $3.50 $3.00 $1.50 $2.00 $1.50 $2.00 Le capitalisme et la confédération par Stanley Ryerson Cent mille promesses par Paul Unterberg La dernière heure et la première par Pierre Vadeboncoeur Nègres blancs d\u2019Amérique par Pierre Valliéres L\u2019urgence de choisir par Pierre Vallières Classes sociales et question nationale par Gilles Bourque A PARAÎTRE Histoire du syndicalisme, de Charles Lipton Les documents de l\u2019I.T.T.au Chili $7.50 $2.50 $2.00 $4.00 $1.50 $3.50 QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT / 7 Le ler mai 1914 LA PREMIERE GROSSE ES CHÔMEURS + Nous sommes en avril 1914.L'arrivée du printemps n'a pas, comme d'habitude, soulagé l'effectif des chômeurs.On calcule que dans la seule région de Montréai, près de 50,000 ouvriers sont forcés de chômer.Médéric Martin, démagogue de grande classe, ÿ vient dé se faire élire à la mairie de Montréal.|! ÿ décide de montrer qu\u2019il est capable de donner de l'emploi aux chômeurs montréalais: \u2018Que ceux qui veulent de l'ouvrage se présentent lundi à l'hôtel de ville et on s'occupera de les placer car les i chefs de départements reçoivent ordre de dépenser tout l'argent disponible\".Bonne occasion Habile, Albert Saint- Martin, chef du Parti socialiste, saute sur Iloc- casion.|! sait bien que la déclaration de Médéric Martin est de la poudre aux yeux, que jamais il ne pourra placer plus que 1000 à 2000 chômeurs, probablement ceux qui travaillérent pour lui aux élections.Si on lui ame- naît plusieurs milliers de l chômeurs et que le maire perdait la face, on pourrait peut-être lancer un mouvement de chômeurs et leur faire comprendre qui provoque le chômage.Le chef socialiste sait que cela lui sera d'autant plus facile que les prolétaires les plus exploités, en ce début de siècle, sont les travailleurs immigrants parmi lesquels le Parti Socialiste recrute la bonne part de ses membres.Ces ouvriers ont fui leur pays parce qu'on leur interdisait l\u2019action politique et syndicale, parce que le chômage et la misère étaient leurs seules assurances.En Amérique, leur a-t-on dit, c'est prospère, on vit bien.Quelle désillusion depuis leur arrivée chez nous! Le 20 avril Le lundi 20 avril, dès 7 heures du matin, plusieurs milliers de travailleurs s'assemblient près de l'hôtel-de-ville.Plus de 12,000 chômeurs répondent à l'appel du maire Martin, attendant près de la porte principale, rue Notre-Dame, qu'on leur ouvre et qu'on les engage comme promis (\u201cBeaucoup, en effet, s'étaient imaginé que les contremaîtres de la corporation municipale seraient à, dès le matin, pour les engager et qu'ils auraient de l'ouvrage dès aujour- d'hui.Aussi, la piupart avaient apporté leur diner.\u201d).Le maire Martin, débordé, décide de s'adresser aux chômeurs de la terrasse arrière de l'hôtel-de-ville qui donne sur le Champ-de Mars.La fouie s\u2019y traiis- porte.Le maire les informe qu'on ne pourra les employer dès ce jour.\u201cMais cela se fera.\u2019 Le maire Martin espérait bien que tout rentrerait dans l'ordre et qu\u2019on n'en parlerait plus.Or, le lendemain matin, Médéric Martin fut surpris, très surpris de trouver de nouveau des milliers d'hommes demandant du travail rassemblés sur le Champ- de-Mars \u2014 7,000 selon l'estimation des policiers.Ceux-ci, \u201cen prévision de troubles possibles, (envoyèrent) une forte escouade de police, sous le commandement du capitaine Bourgeois\u201d.Les travailleurs s'étaient pour la plupart rendus, comme on leur avait dit le jour précédent, dès 7 heures sur les différents chantiers où la ville devait les engager.À tous ceux qui étaient Italiens, Polonais, Russes ou Juifs, les contremaîtres demandèrent de fournir la preuve qu'ils étaient contribuables de Montréal, c\u2019est-à-dire qu'ils y payaient des taxes.De là leur retour en masse au bureau du mai- 8 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE re.À eux s'ajoutaient les Canadiens français qui ne furent pas engagés, au nombre de 3,000 à 4,000.Des 12,000 chômeurs qui s'étaient présentés la veille, la ville n'en avait engagé que 2,550.Martin a beau promettre des emplois dans l'avenir et demander aux ouvriers de patienter un peu, son crédit ne cesse de baisser.Le mouvement des chômeurs est lancé.Marée humaine.Trois jours plus tard, nouvelle délégation au bureau du maire: \u201cCe matin, pas moins de 300 personnes, hommes, femmes et jeunes gens se présentent dans les appartements du maire avec l'intention bien arrétée d'obtenir en emploi quelconque.Le défilé a commencé dès 8 heures du matin, heure a laquelle M.Martin entra dans, son bureau, et a 10.30 heures, quand il dut aller présider la séance du bureau des commissaires, la marée humaine montait toujours.Le secrétaire de Son Honneur, les hommes de police chargés de la garde de la salle avaient beau expliquer a la foule qu'il fallait s'en aller, parce que le maire ne pouvait plus - recevoir personne pour aujour- d'hui, c'était comme s'ils n'avaient rien dit: personne ne voulait bouger! Les uns montraient des lettres de recommandation, des cartes de visite et mille autres choses qui, dans leur opinion, leur donnaient le droit absolu d'obtenir une entrevue avec M.Martin\u2019.Le lendemain et le surlendemain les mêmes scènes se répétèrent.Le 27 avril, au groupe habituel des chômeurs s'ajoute une délégation de 600 travailleurs dirigés par l'échevin Blumenthal, délégation qui envahit évidemment le bureau du maire.\u201cM.Martin a toutes les misères du monde à expliquer qu'il n'avait pas les moyens de leur donner de place à l'heure actuelle mais que sitôt les travaux commencés, il verrait à ce qu\u2019on donne de l'ouvrage à plus de monde possible.Mais ces explications ne semblaient pas satisfaire la foule, qui ne voulait pas bouger des appartements du maire.Finalement on fut obligé de faire venir la police.\u201d Toutes les nationalités Le 29 avril au matin, 3,000 chômeurs \u201cde toutes les nationalités qui sont représentées à Montréal\u201d se réunissent au Champ-de-Mars pour demander de l'ouvrage.\u201cVers 10 heures, M.AI- bert Saint-Martin parut à la balustrade en face de l\u2019'hôtel-de-ville.Immédiatement, la foule, comprenant qu'il voulait parler, fit silence.M.Saint- Martin expliqua.le but de cette assemblée: montrer qu'il y à Montréal des familles qui souffrent et qu\u2019elles demandent du travail pour avoir du pain.Il conseilla le plus grand ordre et proposa qu'un comité fut nommé immédiatement pour aller exposer au maire et aux autorités municipales les besoins des sans-travail.Le comité, composé de MM.A.Saint-Martin, Z.Marcellin, E.Larocque, McBuhahl, P.Clelli, Sesheiner, M.Sewarth, N.Challinski, Yawaski, J.M.Kudlass et L.A.Girard, se rendit aupres du maire, M.Médéric Martin, qui le reçut immédiatement.Le maire Martin fit demander auprès de lui les commissaires Ai- ney et Côté.\u201d Au nom des sans-tra- vail, M.Saint-Martin exposa au maire la situation.Le maire répondit qu'il faisait tout son possible.Puis, \u2018de retour sur le Champ-de-Mars, où les attendait toujours la foule, M.Saint-Martin et les autres membres du comité expliquèrent la réponse du maire.lls dirent que les ouvriers devaient se présenter sur les chantiers le lendemain à 7 heures, mais tous ceux qui ne trouveront pas d'ouvrage devront se rendre de nouveau sur le Champ- de-Mars, à 9 heures.Une question fut soulevée, incidemment, dans le salon du maire: celle de faire des soupes gratuites aux sans-travail.Mais le comité s'objecta a cette méthode parce qu'elle suppose un état de mendicité humiliant, tandis que c'est du travail qu'il faut aux ouvriers.Réuni en séance, après l'assemblée, le comité rédigea la dépêche suivante, adressée au premier ministre Borden, à Ottawa: \u201cDes milliers de sans- travail, à Montréal, vous demandent de faire quelque chose pour leur procurer du travail\u201d.Pas de reponse Le lendemain, 1,500 chômeurs se retrouvent sur le Champ-de-Mars.Le comité les informe du télégramme envoyé à Ottawa, resté sans réponse.Albert Saint-Martin s\u2019engage à mener la lutte jusqu\u2019au jour où chacun d'entre eux aura du travail.Le 30 avril, les journaux commencent à parler du ler mai: \u201cCette année, la police n\u2019interviendra pas pour empêcher la manifestation socialiste.a moins qu'il n'y ait des troubles.La manifestation recevra de la police la méme protection qui est accordée aux autres et personne ne devra intervenir pour déranger les socialistes.M.Albert Saint-Martin, chef socialiste, s'attend à ce que 6,000 hommes prennent part à la procession, parmi lesquels la plupart de ceux qui, depuis quelques jours, se rendent à l'hôtel-de-ville pour demander de l'ouvrage au maire Saint-Mar- tin.\u201d ler mai Le ler mai, \u201c3,000 sans-travail étaient encore rassemblés, dès 9 heures, sur le Champ- de-Mars, attendant une réponse de.l'honorable Borden à la dépêche qui lui avait été adressée mardi dernier\u201d.Albert Saint-Martin révèle aux chômeurs qu'il a reçu une attestation écrite de la Great West confirmant que le télégramme a été remis au bureau du premier ministre moins d\u2019une heure après son expédition.Cela fait donc trois jours qu'une réponse se fait attendre: \u201cUn mouvement de surprise, courant dans la foule, dégénéra bientôt en une immense clameur de désapprobation à l'endroit du premier ministre.M.Saint-Martin fit observer que le moment n'était pas encore arrivé de juger l'attitude du gouvernement fédéral sur ce point.Il annonça que le comité était invité à se rendre devant le conseil des échevins lundi matin (4 mai) afin d'exposer aux édiles municipaux la pénible situation des sans-travail.Puis il invita tous les hommes à se rendre en corps, mais sans trouble, aux quartiers généraux du Parti Socialiste situés à la salle Audito- rum, au coin des rues Ontario et Berthelet, pour y célébrer la fête du ler mai.\u201d Arrivés là, Albert Saint-Martin prit de nouveau la parole: \u201cII déclara que les sans-travail prendraient tous les moyens constitutionnels pour essayer d'améliorer la situation.!| annonça que la semaine prochaine, si les sans-travail n'ont pas obtenu justice encore, on fera des démonstrations MANIFESTATION sait sur le passage de la socialistes canadiens- peinant et soufflant de fa- a procession sur les rues français, la Société des tigue, un ouvrier.qui sem- Bleury, le boulevard Saint- Démocrates russes, ['Al- blait redouter son patron.Laurent, la rue Craig et liance nationale socialiste le Champ-de-Mars, elle polonaise, le Cercle des Ce tableau amusa énor- peut être évaluée facile- Femmes socialistes, l'U- mément la foule.\u201d Après ment a plus de 100,000.nion ouvrière des Tra- les discours habituels Sous les ordres de M.vailleurs de la Confec- au Champ-de-Mars, en : Albert Saint-Martin, la fion, la Fédération socia- 8 langues, les socialistes manifestation s'organisa liste du Canada, l'Union finirent la soirée par un dès 7 heures, à l'angle juive des Tailleurs d\u2019ha- bal ala salle Auditorium.des rues Bleury et On- bits et le groupe des Dans les jours qui sui- 2 dans les rues afin d'\u2019atti- voir même pas daigné ac- été la plus imposante de tario.Un corps de musi- sans-travail.\u201d virent ce ler mai, Albert x rer l'attention des autori- cuser réception de la dé- toutes celles qu'ils avaient que ouvrait la marche, Saint-Martin poursuivit : tés du pays sur leurs jus- pêche dans laquelle on lui organisées jusqu'ici, tant immédiatement suivi par \u201cAu cours de la para- l'action du mouvement des 5 tes réclamations.A I'is- demandait de s'intéres- par le nombre de mani- un groupe de jeunes fil- de, on remarquait un chômeurs, qui perdit tou- Bb sue de l'assemblée, la ser au sort de tant de festants que par l'intérêt les portant le drapeau char allégorique qui re- tefois son ampleur à me-} A résolution suivante fut malheureux\u2019.qu'elle a soulevé au sein rouge.Derrière le corté- présentait la lutte entre sure que la reprise es- N proposée dans toutes les .de la population.Environ ge venaient les organisa- le capital et le travail.tivale permit à un plus A langues et adoptée à l'u- Manifestation 3,000 socialistes, en très tions suivantes: le Parti Naturellement, le capital grand nombre d'ouvriers bY nanimité: \u201cQue les 3.000 .grande partie de nationa- Social-démocratique de n'y jouait pas le beau r6- de se faire employer.Ce he sans-travail assemblés en Le soir, les socialistes lités étrangéres, ont pa- Montréal, des socialistes le.|| était représenté par qui importait ici, c'était = ce moment, dans la salle célébrérent par une ma- radé, et près de 2,000 ukrainiens, la branche du un beau monsieur, debout de souligner l\u2019habileté et Cl Auditorium, protestent é- nifestation le ler mai: sans-travail ont suivi en Parti socialiste lithua- en chapeau haut de for- le sens de l'organisation f nergiquement contre lat- \u201cLa manifestation annuel- un corps compact la pro- nien, les socialistes d\u2019I- me, tandis qu'à ses pieds d'Albert Saint-Martin, pre- 3 titude du premier minis- le des socialistes dans cession.Quant à la foule talie, le Parti Social-dé- un ouvrier était assis à mier grand militant du Z tre du Canada pour n'a- les rues de Montréal a des curieux qui se pres- mocratique allemand, les une machine à coudre, socialisme au Québec.| re a ; an | ld | jf iil | i | if a0, i wi i\u2019 Wi pe La 7.PA LES POLICIERS envoyés pour interrompre l'assemblée syndicale de Haymarquet Square à Chicago, le 4 mai 1886, se mettent à tirer sauvagement dans la foule après qu'une bombe (sûrement lancée par un provocateur) eût éclaté dans les rangs des forces de l'ordre.Huit leaders ouvriers furent arrêtés et mis en accusation et la répression s'abattit sur les grévistes. LE CONSEIL CENTRAL DES SYNDICATS Tous les NATIONAUX DE LA CÔTE NORD travailleurs REND HOMMAGE A TOUS LES TRAVAILLEURS QUÉBÉCOIS | du monde EXEOUTIF | Président: Yvon Dumais, Trésorier: Jacques Fortin, Secrétaire: Jean- doivent être Marie Paquette, Directeur: Louis-Arthur Gauthier.SECRETAIRES SOLIDAIRES Mme Jeanne-Mance Cormier, Mme Anita Lajoie, Mme Monique Maltais, Mlle Adéline Boulianne, Mme Suzanne Parent.CONSEILLERS SYNDICAUX Arsène Henry, Gilbert Bourgoin, Robert Charest, Guy Vaillancourt, Clément Truchon.A Vers _ TX £1 - os / b une société- 7 7 2 ÿ .> he | Syndicat JN | des 4 Métallos Jean Gérin-Lajoie directeur La solidarité est l\u2019arme des travailleurs dans leur lutte contre la puissance du ca- pital.JOYEUSE FÊTE | A So | TOUS LES TRAVAILLEURS 5 Syndicat des professeurs du Cegep Limoilou 2 L'ALLIANCE DES INFIRMIÈRES CSN DE MONTRÉAL (CSN) 10 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE symbolise la lutte des travaileurs contre la répression de l'impérialisme international.En 1886, à Chicago, le 1er mai, 500,000 travailleurs manifestent!.(6 morts et 4 pendus) 88 ans plus tard \u2014 au Québec - [histoire se répéte a la United Aircraft, le terrorisme persiste, on compte déja plusieurs blessés.Qu'attend le gouvernement Bourassa pour donner justice aux travailleurs\u201d Syndicat canadien de la fonction publique (local 301) 8585, boul.St-Laurent-Montréal- Tél.384-7730 \u201cTous les ouvriers sont frères et c'est dans leur ferme union que réside la seule garantie du bien-être et du bonheur de toute ist l'humanité laborieuse et opprimée.\u201d FTQ - QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT / 11 ans de célébration de 1915 a 1939 1915 \u201cIl s'est trouvé samedi dernier une centaine de socialistes pour parader dans nos rues sous une pluie battante.La fanfare Power précédait le cortège et presque chaque manifestant portait une bannière ou une inscription.Les inscriptions les plus fréquentes étaient celles- ci: \u201cAbolissons le Capitalisme, la Misere et le Désespoir'; \u2018Nous nous battons pour du pain et de la liberté\u201d: \u2018Tu ne tueras point\u201d; $100,000,000 pour la guerre, rien pour les sans-travail\"; \u201cI faut combattre pour la liberté\"; \u201cDroits égaux pour tous\u201d.La plus remarquée et la plus nouvelle des inscriptions était bien celle-ci: \u201cLe suffrage féminin\u201d.Bon nombre de femmes, l'air miséreux, suivaient le.défilé.Une bande de gamins s'étaient groupés autour de la bannière: \u2018\u201cJeunes socialistes\u201d.(Le Devoir).1916 \u201cLe mauvais temps s\u2019est chargé d'empêcher la manifestation socialiste du ler mai et de tempérer I'ardeur de nos socialistes qui, tous les ans, a pareille époque, remplissent nos rues dé leurs bruyantes affirmations révolutionnaires.Hier soir, une pluie abondante a dispersé les pius courageux des manifestants - et ia parade a été remplacée, au petit bonheur, par une réunion à la salle Prince- Arthur.Quelques orateurs ont porté la parole; ils ont ressassé les mémes utopies, ils ont fait appel a I'ambition des ouvriers dans la revendication de leurs droits, toujours méconnus et méprisés, d'après eux, et payé un tribut d'hommage à leurs gloires socialistes: Jean Jaurès et Keir Harlie.\u201d (Le Devoir) 1917 \u201cEn dépit de la pluie, la parade socialiste a eu lieu hier soir.De deux a trois mille personnes formaient le cortège à son départ de l'angle des rues Prince- Arthur et Saint-Laurent.Fanfare en téte, cette foule défila, en grossissant sur son parcours, jusqu'au Champ-de-Mars; hommes, femmes, filles et garçons - marchaient derrière \u2018le drapeau rouge, en chantant des airs révolutionnaires anglais, français, israélites, allemands, italiens et russes.De temps a autre, on entendait le cri de \u201cliberté!\u201d poussé par la multitude, ou des \u2018\u2019hourrah\u2018 puissants en l'honneur de la révolution.russe et de son gouvernement.Le drapeau rouge était porté par une femme russe.La procession se continua sans désordre jusqu\u2019au Champ- de-Mars où devaient avoir lieu des discours, mais à cause de l'averse il n'y eut point d'arrêt - et le défilé se continua jusqu\u2019à la salle Prince-Arthur par les rues Saint-Denis, Sain- te-Catherine et Saint-Lau- rent.Une fois arrivée là, l'assemblée entendit des orateurs russes et israélites qui prononcèrent les uns et les autres l'éloge de la révolution qui vient de s'opérer en Russie et dont les Juifs surtout retireront les bénéfices.1919 \u201cToute la matinée, une grande activité régnait en face du Monument National - et aux abords de la salle Alexandra, 314 rue Sainte-Catherine est, ou le Parti socialiste a ses quartiers généraux.La plus grande partie des manufactures de confection de vêtements sont fermées - et des centaines d\u2019ouvriers commençaient à circuler portant à la boutonnière la rosette rouge, insigne du parti socialiste.Au coin des rues, des jeunes filles offraient ce même insigne aux passants.En même temps, des jeunes gens distribuaient gratuitement, dans les rues, un manifeste adressé: \u2018Aux ouvriers canadiens\u201d.Il est publié par le Parti communiste, l'une des sections les plus avancées du Parti socialiste, et est signé par le comité central exécutif de ce parti.C'est un appel violent à la révolution.On y demande que les ouvriers renversent les pouvoirs établis en les remplaçant par la dictature du prolétariat.\u201d \u201cLes socialistes de Montréal ont affiché ouvertement leur doctrine, hier, par le moyen de circulaires distribuées dans les rues et par les discours qui ont été prononcés dans l\u2019après-midi au Champ-de- Mars, aprés la procession.Les manifestants, hommes, femmes, jeunes filles et enfants, ont bruy- 12 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE amment acclamé les appels à la révolution et les attaques lancées un peu contre tout.Le défilé dans les rues, auquel ont pris part quelque trois mille personnes, n'a pas donné lieu a des scenes de violence, mais il faut dire que la police avait supprimé un beau brandon de discorde en confisquant les drapeaux rouges que l'on s'ap- prétait à arborer.Les autorités municipales avaient aussi pour les appuyer dans leur interdiction la requête d'une délégation de vétérans qui s'était prononcée énergiquement contre la sortie du drapeau rouge\u201d.\u201cAinsi -que nous le disions, la fin de la procession a été marquée par des harangues enflammées prononcées au Champ-de- Mars et plus tard à l\u2019Auditorium.Les amateurs y ont fait acclamer la Russie socialiste, les gouvernements des soviets de Bavière et de Hongrie et ont réclamé les mêmes réformes pour ies pays alliés.Les noms de Trotsky, de Lénine et du Spartacus d'Allemagne ont été aussi salués d'applaudissements.1920 \u201cLa fête s'ouvrit à 2 heures.par une grande assemblée publique, à l'Aréna Mont-Royal, à l'angle des rues Mont-Royal et Saint- Urbain.Une foule considérable y assistait.Sur l'estrade destinée aux orateurs, on remarquait MM.Albert Saint-Martin, qui remplissait les fonctions de grand-maréchal; U.Binette, Mlle Buhay, Gaston .Pilon, Jos.Shubert, I'échevin Heaps de Winnipeg et un grand nombre d'autres officiers des différentes sections du Parti socialiste de Montréal.M.Albert St-Martin, qui prit le premier la parole, demanda aux manifestants de ne pas provoquer de désordres.II dit que sur la terre entière les socialistes se réjouissent et célèbrent la fête du 1er mai.Mile Buhay dit que l'union internationale (américaine) a fait son temps, et que les travailleurs doivent se chercher une forme nouvelle de protection.Elle recommanda la One Big Union\u201d.(Le Devoir).1921 \u201cLes socialistes de Montréal ont célébré la féte du premier mai, hier, avec - de curieux attendait tout le cérémonial accoutumé.ll n'y a eu ni incident, ni désordre.A 3 heures, une procession se forma sur la rue Prince- Arthur, à l'angle de la rue Saint-Dominique et descendit la rue Saint-Denis jusqu'au Champ-de-Mars.Environ trois mille personnes, y compris des femmes et des enfants y prirent part.La parade etait précédée d'un corps de musique.Les divers groupes du Parti socialiste, et les unions de l'industrie \u201cdu vêtement y prirent part avec leurs bannières déployées.Au Champ-de-Mars, une foule les manifestants.1922 \u201cLe poste central de la police est aujourd'hui orné de deux trophées, souvenirs de la mémorable journée d'hier.Ce sont deux drapeaux rouges que les socialistes ont remis d'eux- mêmes, pour ainsi dire, sur demande, aux policiers qui escortaient la paisible procession du régime.\u201cidéal\u201d.\u201cLa démonstration avait commencé par une assemblée dans la salle de la rue Prince-Arthur, près Saint- Dominique, vers deux heures de l'après-midi.On y distribua des pamphlets dans toutes les langues et on vendit des rosettes rouges; on entonna ensuite, comme un, seul socialiste, \u201cL'Internationale\u201d, - le \u201cDrapeau Rouge\u201d, \u201cLevez- vous, prisonniers de la faim\u201d, et tout le répertoire.Après les chansons qu'on ne pouvait pas répéter indéfiniment, la procession fut distribuée par bataillons, gardes et porte- étendards et la colonne se mit en marche.On remarquait, parmi les sigles, des inscriptions en anglais, russe, français et juif, stigmatisant dans une phrase succincte propriétaires et patrons, glorifiant les bol- chévistes.\u201d (La Presse) 1923 \u201cLes socialistes ont célébré le 1er mai, à Montréal, avec leur enthousiasme ordinaire.Un seul incident notable à signaler: la police, au cours de la parade, a saisi cinq drapeaux rouges, sans résistance de la part des manifestants, La procession s'est formée à 3 heures aux abords de la salle Prin- ce-Arthur, No 37 Prince- Arthur.Outre les sections du Parti socialiste, les unions des ouvriers de la confection se sont jointes à la manifestation.La procession, une fois organisée.descendit la rue Saint- Denis, accompagnée de deux fanfares et conduite par MM.Albert Saint- Martin et lais.\u201d (La Presse) 1924 \u201cIL était un peu plus de 2 heures 30, cet après-midi, quand les socialistes réunis à l'angle du boulevard Saint-Laurent et de la rue Prince-Arthur ont commencé leur défilé, par le boulevard Saint-Laurent, vers le sud de la ville.II se trouvait peut-étre douze cents personnes dans les rangs de la procession, qu'une fanfare accompagnait.Apres le départ, deux grands drapeaux rouges furent déployés, sans produire d'incident.Mais quand le défilé atteignit l'angle de la rue Ontario, une escouade de policiers à pied et à cheval barra la rue à la procession.Quelques-uns des policiers s'emparérent des drapeaux rouges - et d'autres enleverent les petits drapeaux que tenaient a la main des enfants dans une automobile.La foule hua les policiers.La procession se remit ensuite en marche vers le Champ-de- Mars au chant de l'Internationale.\u201d (La Presse) \u201cLa parade annuelle des communistes de Montréal, a l'occasion du ler mai, s'est mise en marche à 2 heures 45 à l\u2019angle de la rue Prince-Arthur et du boulevard Saint-Laurent.Le grand drapeau rouge qu'un des manifestants portait fut aussitôt saisi par la police, sans aucune résistance de la part des communistes.\u201d (La Presse) 1927 La police de Montréal est chargée de s'opposer à toute manifestation extérieure des socialistes.Dorénavant, les socialistes devront tenir leurs assemblées dans des salles.1928 \u201cUne foule considérable de citoyens de tous âges, de toutes nationalités et de toutes conditions a envahi le Monument National, hier soir, pour entendre les orateurs socialistes Ovide Marso- et communistes exposer leurs réclamations à l\u2019occasion du premier mai.M.Albert Saint-Martin, de Montréal, et M.Morris Spector, de Toronto, adressèrent la parole, le premier en français, le second en anglais.Tous deux s'ef- forcérent de démontrer que les principes du Parti socialiste sont aujourd\u2019hui répandus dans le monde entier - et que c\u2019est en s'appuyant sur ces principes seuls - que les déshérités de ia fortune pourront réussir à obtenir pleine et entière justice.Ils ont évoqué la mémoire de Sacco et Vanzetti, qu'ils ont appelés des martyrs de la cause prolétarienne.\u201d (La Presse) 1929 \u201cUn peu après une heure, la police faisait irruption à l'Université ouvrière, 85 Craig est, où flottaient trois grands drapeaux rouges.\u201cLe capitaine Hébert et le sergent Laliberté ont enlevé les drapeaux qui flottaient sur l'édifice et les ont portés aux quartiers généraux.\u201d \u201cDéfense a éte faite aux communistes de faire des démonstrations dans les rues et, afin de sanctionner cette défense, le chef a ordonné a tous les agents d'être sur le qui vive.Les constables de jour et de nuit seront de service jusqu'après les démonstrations de ce soir à l\u2019Aréna et à la salle Prince-Arthur.Deux cents constables en uniforme avaient été dépêchés dans différents quartiers de la ville dès 6 heures ce matin, afin de s'opposer à toute sortie des communistes.\u201d (La Presse) 1930 \u201cToute manifestation communiste a été promptement réprimée ce matin, à Montréal, et quatre individus, ayant refusé d\u2019obéir aux ordfes de la police ont incarcérés\u201d.\u201cEnviron cinq ou six cents communistes avaient répondu à l'appel du manifeste distribué dans les rues par l'organisation centrale communiste de la métropole.Vers dix heures, un homme montait sur un banc du carré Viger, lieu de ralliement, et commença un discours: \u201cC\u2019est le premier mai, aujourd\u2019hui,\u201d commenga-t-il.| n'alla pas plus loin.Plusieurs constables étaient apparus et notre orateur sauta de sa tribune improvisée et se faufila dans la foule.Malheureusement pour lui, il alla se jeter dans les bras du sergent Wagner, qui le saisit par l'épaule et l\u2019arrêta.\u201d \u201cLes autres manifestants voulurent intervenir.C'est alors que la réserve de police, qui attendait que le trouble commençat pour se mettre au travail, s'élanga dans la foule et, en quelques minutes, le parc était aussi désert qu'en pleine nuit.\u201d \u201cPiusieurs admiratrices du bolchévisme voulurent également se mettre de la partie.Mai leur en prit, car elles durent évacuer le carré promptement sous la mienace des bâtons cons- tabulaires.L'une d'elles s'en prit même au capitaine Alfred Bélanger mais un constable la raisonna en peu de temps.Une autre égratigna la figure d\u2019un constable spécial\u201d (La Presse) \u201cLes démonstrations communistes à l'occasion du premier mai, annoncées par un flot de circulaires distribuées à tous les coins de la ville, se sont réduites à deux assemblées, tenues hier soir dans l'immeuble Prince-Arthur.L'une de ces assemblées avait été convoquée par l\u2019Union des Travailleurs.Cette union se compose de socialistes et est opposée au Parti communiste.L'assernblée socialiste fut la plus considérable des deux nions.Environ 1,000 personnes, des étrangers pour la plupart, y assistaient.L'un des principaux orateurs fut I'échevin Jos.Schubert.\u201d \u201cQuant à l'assemblée corr muniste, elle a été tenue dans une petite salle, au dernier étage de l'édifice.Environ une centaine d.hommes et de femmes y assistaient.\u201d Rouyn: \u201cUne trentaine de communistes, dont plusieurs femmes, ont tenté d'organiser une manifestation publique, hier, a l'occasion du premier mai.Le chef de police Lapointe et ses constables, aidés de plusieurs citoyens, réussirent a frustrer la manifestation.Au cours de lamêlée, un citoyen, M.Olivier Burke, fut blessé d'un caillou lançé par le chef du groupe \u2018rouge\u2019.réu- Celui-ci fut ment mis, en état d'arrestation.\u201d (La Presse) 1932 Rouyn: \u201cUne véritable émeute a caractérisé la célébration du premier mai par les communistes de Noranda et de Rouyn, qui ont voulu faire une grande manifestation de protestation contre les autorités du pays et contre les moyens adoptés pour venir en aide aux chômeurs.\" \u201cVers deux heures, hier après-midi, environ 400 communistes se réunirent dans la salle ukrainienne, a Rouyn, pour organiser une grande parade dans les rues.Le chef de police Lapointe, de Rouyn, le chef de police Perrault, de Noranda, et le constable Audette, de la gendarmerie à cheval, avec le concours de plusieurs citoyens, leur ordonnèrent de se disperser.Au lieu d'obéir, les communistes tirèrent sur la police des coups de fusil et de ré- volvers et lancèrent des pierres et autres projectiles.\u201d \u201cLe chef de police Lapointe reçut une balle dans le bras gauche et fut frappé à la figure par une femme.Le constable Au- dette a été aussi blessé à la tête par une pierre qui lui fit une large entaille.Plusieurs citoyens ont aussi reçu de légères blessures.Parmi les communistes, il y eut plusieurs blessés.Les pompiers furent appelés et lancèrent \u2018sur les manifestants de nombreux jets d\u2019eau qui les dispersèrent.Quatre hommes et une femme ont été arrêtés.\u201d \u201cll n'y a pas eu de .parade du premier mai hier, à Montréal, car quelles qu'aient été les dispositions des communistes, toutes possibilités de tentatives de ce genre avaient été prévues et la police gardait avec soin tous les endroits où des réunions auraient pu avoir lieu.\u201d Le Square.Victoria et le Champ-de-Mars, ou les communistes devaient se réunir, étaient gardés immédiate- prêtes a par des détectives, des agents et un groupe de gendarmes à cheval.|| eut une assemblée de communistes dans la salle Prince-Arthur, mais la présence de la police étouffa dans l'oeuf toute veil- léité de démonstration ou de parade.\u201d (La Presse) 1933 \u201cA midi et demie, Montréal n'avait pas connu l'ombre d'une manifestation communiste.La police n'avait méme pas eu a distribuer les taloches.A peine a-t-on dispersé quelques groupes de flâneurs et de curieux sur le carré Victoria.La grande démonstration annoncée pour midi sur la place, et à laquelle des malins avaient eu soin d'inviter, par une circulaire apposée sur la porte du mess, jusqu'aux officiers du 65e Régiment, n'a pas eu lieu, faute de communistes.Personne ne s'est montré.\u201d + \u201cLa police municipale a commencé à briser dès hier l'action du mouvement communiste projeté pour ce midi.Elle a ar- rété sept personnes de nationalité étrangère, six hommes et une femme, sous l'accusation d'avoir distribué des circulaires sans permis.\u201d (La Presse) 1934 \u201cLes communistes n'ont demandé aucun permis pour faire des démonstrations a Montréal, le premier de mai.A tout événement, la permission de parader dans les rues leur aurait été refusée, nous déclarait, ce matin, le di- \"recteur Fernand Dufresne, de la police.Les autorités, ajouta le chef, sont intervenir au moindre signe de démonstration.Dans de tels cas, le public paisible est prié de ne pas se mêler aux manifestants.La seule manifestation des communistes aura lieu a I'A- réna, ou des policiers seront présents avec l'ordre d'intervenir au cas ou les orateurs se montreraient trop violents.Le lieutenant Ennis et ses agents de l'escouade contre les communistes ont saisi, vendredi soir, plus de 50,000 pamphlets, circulaires et autres documents que les communistes se disposaient a distribuer, dit-on, dans le public, pour préparer les esprits a la démonstration de demain soir.\u201d (La Presse) 1935 \u201cLe calme le plus complet n'a cessé de régner à l'assemblée des communistes tenue, hier soir, à l\u2019Aré- na Mont-Royal.L'assistance était nombreuse, mais elle était composée en grande partie de curieux.Plusieurs orateurs ont adressé la parole.La police avait pris ses précautions en cas de troubles.De nombreuses réserves d'agents avaient été rassemblés dans les postes les plus voisins du lieu de la réunion, pendant que le capitaine De Bellefeuille, \u2018du poste no 12, à la tête d'une trentaine de constables, avait été chargé du service d'ordre.Les agents n\u2018eurent pas & intervenir.1937 \u201cLe Premier Mai 1937 a pris une signification historique par le fait qu'il s'est tenu un ratliement uni, pour la première fois à Montréal, de la C.C.F., du Parti Ouvrier et du Parti Communiste.\u201d \u201cLes ouvriers de Montréal se sont réunis au nombre de 4,000 à l\u2019aréna Mont-Royal pour célébrer la fête du premier mai.lls ont de nouveau affirmé leur détermination d'unir les forces du progres dans la lutte contre la réaction grandissante dans le Québec.\u201d \u201cParlant- pour le Comité Provincial de la C.C.F., le professeur Eugéne Forsey, de [I'Université McGill, dénonga la fameuse loi du Cadenas de Duples- sis, \u2018sans précédent en dehors de l'Allemagne et de l'Italie\u201d.Démontrant que la loi du Cadenas est a symbolique de l'attaque générale contre le mouvement ouvrier et contre tous les éléments progressistes, il provoqua une rafale d'applaudissements lorsqu'il termina avec ces paroles: \u201cLe peuple du Québec ne sera pas la victime passive de la tyrannie!\u201d \u201cL'an passe, le fascisme semblait dans son ascendance, dit David Lewis, secrétaire national de la C.C.F.Aujourd'hui, il est victorieusement combattu en France, en Espagne, en Belgique, dans les pays scandinaves\u201d.Exprimant les souhaits des travailleurs de son Parti, aux travailleurs de Montréal, il déclara: \u201cNous sommes préts a vous appuyer dans votre lutte contre l'illégale et inconstitutionnelle loi du cadenas\u201d.Staniey Ryerson, secrétaire provincial du Parti Communiste du Québec, lança un appet à continuer la lutte en 1837 de Papineau et Mackenzie contre le \u201cPacte de Famille\u201d, contre le nouveau \u201cPacte des 50 grosses poches\u201d.Les récents efforts des ouvriers pour s'organiser prouvent, a-t-il dit, le réveil du peuple du Québec, \u201cle réveil à la lutte qui sera victorieuse contre les trusts et la clinique bureaucratique dominan: te.(Clarté) 1938 \u201cDe rapides manifestations ouvrières, dans le centre de Montréal, mar- quérent la célébration du premier mai par les ouvriers de la métropole, samedi dernier.\u201cEn dépit de l'interdic- ton de toute manifestation, deux démonstrations eurent lieu dont furent témoins des milliers de citoyens.La première eut lieu vers midi au carré Phillips.Elle fut sauvagement réprimée par la police.Quatre Canadiens français, participant a cette démonstration, fu\u2019 rent arrêtés par les agents de l'escouade \u201crouge\u201d, sous les ordres du lieutenant Ennis.\u201d \u201cLa police saisit plusieurs bannières portant les inscriptions: A bas le fascisme! A bas la loi du cadenas! La police à cheval et les agents, mobilisés en force, surveillèrent étroitement toutes les places publiques, se tenant prêts à assaillir brutalement toute velléité de manifestation.\u201d \u201cVers trois heures de l'après-midi cependant, une nouvelle manifestation eut lieu, conduite par la Ligue des jeunesses Communistes.Les manifestants se promenérent sur la rue Sainte-Cathe- rine prés de Peel avec des bannières sur lesquelles on pouvait lire des mots d'ordre \u2026antifascistes et antimilitaires.Encouragés par l'attitude sympathique de la foule, les jeunes ouvriers marchèrent en criant: A bas le fascisme!\u201d \u201cPas un des hommes d'Ennis ou des agents spéciaux n'étaient sur les lieux pour assaillir cette paisible manifestation de la jeunesse québécoise contre le fascisme et la guerre et pour la liberté démocratique et économique.\u201d \u201cLorsqu'un journaliste demanda à la police pourquoi on avait arrêté quatre hommes, les agents répondirent: \u201cParce que ce sont des communistes\u201d.L'on trouve toutefois, un peu plus tard, moyen de loger contre eux une plainte \u201cjustifiant\u201d leur arrestation\u201d.\u201cTim Buck, secrétaire général du Parti communiste canadien, récemment de retour d'Europe, a lancé un puissant appel à l\u2019unité du peuple canadien dans son discours du premier mai à Toronto.\u201d (Clarté) 1939 La police montréalaise \u201c protège les consulats allemand et italien, de mé- me que les bureaux de toutes les organisations de droite, afin d'éviter que les socialistes les assaillent.QUEBEE-PRESSE / SUPPLEMENT-/ 13 LE 1er MAI AURA DES LENDEMAINS \u201cPlus de 50,000 travailleurs québécois ont fêté leur solidarité.Les uns en débrayant; les autres en prenant la rue.Les uns et les autres en fêtant joyeusement.Une telle manifestation de solidarité n\u2019a de sens que par les luttes qui l\u2019ont précédée et qui lui feront suite.Le 1er mai doit avoir des lendemains pour les centaines de milliers de chômeurs, d\u2019assistés sociaux, de retraités qui sont les premières victimes du vol de la hausse des prix.Pour les dizaines de milliers de travailleurs qui sont condamnés à vivoter avec un salaire criminellement bas.Pour les travailleurs syndiqués du secteur public, des usines, des commerces, des manufactures, - dont le pouvoir d\u2019achat est grugé par la hausse des prix.Le 1er mai doit avoir des lendemains pour les travailleurs en lutte; pour ceux de United Aircraft, de Canadian Gypsum, de Matelas Suprême, des Cofi et pour tous les autres qui se tiennent debout.LE 1er MAI AURA DES LENDEMAINS 14 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE 7 GO GE SA WN NS ESS 5 = {a S .AN NN NS Se S : S S DN , S S S S oe \u201c> te TASER NY S \\ S N NN S J ae SSH NX es S - ?3 \\ \\ S , SV VS NW og + Sp» A ., S + È N A S Fi = \u2018\u20ac se 4 A Na N 7 > He $ Sy - = S Es = = S S NS À AL N IE J RE Pa = = S > SE i GC .\u2018\u2019 XN S S S N NX sf kd S S S aN S S N 5 an 3 S NN * i \\ S S \\ NS WN >; æ on NA > ne SN S - | SR x 5 S SN S » S Ÿ .E = S \u201c \u20ac S .= = pe \\ Fe - se $ , S = = S Fa ENS x .S N $ S à \\ F S S 5 CS ë wi = LL = \\\\ .= .\u2026 .- = 3 \\ pb À: ++ N NN > \u201c NN N \\ N \\ NAN > SN .NN NN > = \"\\ S $ \u2019 wel 8 = Ÿ \u2018 -N \\ À Le Ny NS _ - NN \\\\ N \\ | w\\ NS À a = > yo NN N NN \\ \\\\ NN NNN | \\ A S | a Ex \u2014 NY A AN A = S \\ S S S 1 NN hy a S X Np NN \\ » S Pa \\ À + .- = NW NS S , N | a NN , ete A = N RN A » | NN S NS N ND N Ne = >» À ss + ob NMR » AR x SN S SN NS NN S N od IN A faa BN S NS NL \\ Ah NN S NR S .N NN -¥ SN \\ 5 À ~ \u2026 vs s MRR S = * S XN = : NM SN = J S ?2 &- S NN S AR SN = R \\ \\ NN S nN NW ity NEN NS \\ \\ a \u201c N > NR S S NS S S NN \\ \\ \\ N NINN SN NS ® AN N a 3 9 4 » ~ RA WN oo NN $ \\ \\ + ° .S JS NN N NN Y Ÿ N N N \u201c NY \\ SONNY A SN NS À RN = =, WN NN NIN \\ S u \\ $= \\ S \\ A NN N \\\\ == S \u201cte WN » SN NN 2 \\ \\ N N > wu * ND > \\ N S N N vw NA \\ N NR N NS = N \\ NS S \\ \\ ne \\) WN \\ N S N S \\ S N S \u2018 veu 9 2 R S > \u201cl N\\ \\ NN - A \u201c NS NNR S Ÿ NS » S S \\) » S NS = = N \\ A 3) N ND AS Z \\ S i À Ne = N N S \u2026 , 3 = \\ \\ \\ \\ \\ \\\\ N D Ÿ .a \u201c le N S ; 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NS N S N ; : N = oo | S \\ QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT / 15 Ax = $ SN N S * SR S NN DN NN DN = ni NN ji Le ler mat: En souvenir de Chicago (suite de la page 25) La répression s'\u2019organise.Le maire Harrison déclare \u2018qu'on ne tolérera plus d\u2019assemblées iliéga- les où l'on menacera, dans des discours, la vie et la propriété.Spiés, Fielden et.Parsons ont arrêtés.Dans l'après-midi, la police a fait une descente dans l'établissement de H.Bissell, sur South Ciark Street, et a saisi 90 carabines et révolvers.On dit que Bissell a fourni des armes aux socialistes.On dément que 6 policiers soient morts: \u2018Quarante cinq officiers et soldats sont à l'hôpital; Dungan est le seul officier qui soit mort sur-le-champ.Deux émeutiers, Lutz et John Lepland, sont dans un étai désespéré.Quelques échauffourrées opposent durant la journée des groupes de grévistes à des policiers.Les chevaliers De Scranton, en Pennsylvanie, Terrence Pow- derly tient une conférence de presse au nom des Chevaliers du Travail.Le Grand Maître de l'Ordre \u201ccondamne ment les désordres causés à Chicago par les anarchistes.\u201d Mais il ne pourra empêcher la répression d'atteindre aussi son organisation car, au- delà des événements de Chicago, la conspiration des patrons et des policiers vise l'ensemble du mouvement ouvrier, toute la classe ouvrière.Et mé- me si Powderly désavoua la lutte pour la journée de 8 heures, des dizaines de milliers de Chevaliers la livrèrent.Dans maints endroits, ce sont les sections locales de l'Ordre qui dirigent la campagne.Pendant que Powderly parle en vain, la répression se poursuit.À Chicago, la police attaque le local des anarchistes, au 105 North Wells Street, et affirme y avoir trouvé plusieurs carabines.A Milwaukee, la police arrête plusieurs militants socialistes qui avaient pris part aux événements de Bay View contre l\u2019armée.Encore là, la police prétend découvrir des révol- vers et des munitions chez ces travailleurs.A les en croire, toute la classe ouvrière serait en armes! Les patrons, eux, savent vigoureuse-, rendre hommage a leurs hommes de mains: ils organisent un fond de secours pour les familles des policiers tués ou blessés a Haymarket Square.En 3 jours, ils réunissent $32,000.Un journal Malgré les perquisitions et la terreur policière.L\u2019Arbeiter Zeitung, organe des socialistes de Chicago (dont les principaux rédacteurs sont en prison depuis le 5 mai), repardit le 7 au matin, format réduit.Le journal ouvrier ne contient qu\u2019un article où on fait le point sur la situation: \u201cVingt- deux de nos typographes ont été arrêtés sous l'inculpation ridicule de meurtre, des gens qui n\u2019ont fait rien d'autre que d'exercer leur métier moyennant salaire.On leur a refusé tout cautionnement.On a essayé d'empêcher de toutes les façons possibles la réapparition du journal.Travailleurs, vous voyez bien que les classes dirigeantes comprennent: mieux que vous la valeur d'un organe des travailleurs.Nous .vous prouverons que si des coups d\u2019audace peuvent momentanément mettre nos ateliers en désordre, ils ne sauraient nous empêcher de publier.Nous continuerons, en dépit des misères que nous créent les classes dirigeantes, à combattre pour la liberté et le droit dont ce journal a toujours défendu la cause sans hésitation.Travailleurs, nous vous le répétons: faites votre devoir, nous ferons le nôtre!\u201d 8 accusés Huit hommes furent finalement accusés de meurtre au sujet de la bombe de Haymarket Square: August Spies, Michael Schwab, Samuel Fielden, Adolph Fisher, George Engel, Oscar Nee- be, Louis Lingg et Albert R.Parsons.Il n'y avait pas l'ombre d'une preuve qu'ils étaient liés à l\u2019attentat meurtrier mais cela n'empécha pas le tribunal de les reconnaître coupables de meurtre, même Parsons qui n'était plus sur les lieux au moment où le drame se déroula! lls étaient surtout coupables d'avoir préché la révolution, violente au besoin.Neebe fut condamné à 15 ans de prison et les 7 16 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE autres à être pendus.On leur refusa un nouveau procès et la Cour supré- me de l'Illinois rejeta leur appel.La Cour suprême des Etats-Unis confirma les trois premiers jugements.Le gouverneur de l'Illinois, Oglesby, se dit prêt à accorder sa clémence à Parsons si celui- ci voulait bien lui demander personnellement sa grâce.Parsons refusa parce que ce serait se distinguer de ses camarades et amoindrir leurs possibilités de s\u2019en tirer alors qu'ils étaient aussi innocents que lui.Lingg, Engel et Fisher refusèrent aussi de demander grâce.Le jeudi 10 novembre 1887, le gouverneur Oglesby commua les sentences de Fielden et de Schwab en emprisonnement a vie; le même jour, Lingg qui n\u2019en pouvait plus d'attendre le moment de son exécution se suicida.Pendus Et, le vendredi 11 novembre 1887, le \u201cvendredi noir\u201d du mouvement ouvrier américain, Parsons, Spies, Fisher et Engel furent pendus.Le 26 juin 1893, Fielden, Schwab et Neebe \u2018furent libérés par le gouverneur John Peter Altgeld qui reconnut que le procès avait été \u201carrangé\u201d.On savait maintenant que la condamnation des 8 hommes était une erreur, un crime judiciaire.Les \u201c8\u201d devinrent des martyrs reconnus du mouvement ouvrier international.Seul Powderly ne comprit rien au complot de Chicago.|| s'était empressé, en juin juillet 1886, de négocier un règlement pour les travailleurs des salaisons de Chicago: le retour à la journée de 10 heures.qu'il imposa aux travailleurs.Ceux-ci l'accusèrent d\u2019être vendu aux patrons et à l'Eglise.catholique.Powderly ordonna de plus l'expulsion de Parsons et des anarchistes des rangs des Chevaliers du Travail.Or, les anarchistes n'étaient plus membres de l'Ordre et l'assemblée locale 1307, dont Parsons était membre, refusa de I'expulser.Le mouvement de 8 heu- es est toutefois brisé.II ne reprendra, avec moins de force cependant, qu'en 1889 et 1890, avec l'appui de l'American Federation of Labor de Samuel Gompers, dans le cadre du mouvement lancé par la Deuxième Internationale.Pour faire oublier le ler patrons lancent leur \u201cLABOR DAY\u201d A la suite des événements de Chicago, les patrons américains vont tout faire pour que le 1er Mai passe à l\u2019oubli! Déjà, les ouvriers cigariers fêtent \u2014 depuis 1882 \u2014 le premier lundi de septembre en chômant et en organisant un défilé et un pique-nique.Pourquoi ne pas transformer cette fête de métier en \u201cfête de travail\u201d, en \u201cLabor Day\u201d?C\u2019est ainsi que, progressivement, l\u2019Etat et les patrons ont détourné les travailleurs américains \u2014 canadiens et québécois \u2014 du fer Mai, seule véritable fête internationale des travailleurs.A MONTREAL Le premier lundi de septembre 1886, les ouvriers cigariers mont- réalais célèbrent leur fête annuelle par un grand pique-nique à Elm- wood Grove.Avant de se rendre à cet endroit, les cigariers \u201caccompagnés d'un grand nombre d\u2019ouvriers des sociétés-soeurs ont parcouru en procession différentes rues de la ville.Les rues Saint-Laurent, Notre-Dame et Sainte- Catherine, qui se trouvaient dans les parcours, étaient richement pavoi- sées.La procession s\u2019est mise en route dans l\u2019ordre suivant: Musique de la Philarmonique du Mile End, la Société des Cordonniers avec leur bannière, les tailleurs de pierres, les briquetiers, les plâtriers, les mouleurs, les tailleurs de cuir, les typographes et les cigariers.La Musique de la Cité marchait â la tête de la Société des Cigariers.Dans une voiture à deux chevaux avaient pris place MM.G.S.Warren, président de l'Union des cigariers, vice-prési- J.Lafrance, dent, et Adélard Gravel.Prés de 2,000 personnes ont pris part a ceite démonstration.Cette fé- te a une double signification car tout en étant le pique-nique annuel des cigariers, c'est l\u2019inauguration de l'a fête générale des ouvriers et c'est pourquoi la date du 6 septembre jour de congé choisie.C\u2019est en effet aujourd'hui grand jour de congé aux Etats- Unis.C'est la féte des ouvriers et dans toute la grande république américaine, presque tous les ateliers sont fermés.Les ouvriers de notre vile veulent suivre l\u2019exemple donné par nos voisins et, pour la premiere fois, on a vu aujour- d\u2019hui une réunion de plusieurs sociétés convoqués dans le but de s\u2019unir pour célébrer tous les ans la fête du travail.\u201d FETE DU TRAVAIL En septembre 1887, \"a les cigariers célèbrent de même leur fête.Le président du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal, M.Maison- neuve, se joint a eux.En 1888, on commence à parier davantage de la fête du Travail que de le fête des cigariers: \u201cDe bonne heure, ce matin, la ville, principalement les quartiers ouvriers, se ressentait d\u2019une animation extraordinaire\u2026 Bientôt, on vit circuler au milieu de la foule qui encombrait les rues des ouvriers d\u2019un âge plus avancé, en redingote noire, avec chapeaux de soie, portant des insignes de diverses sociétés ouvrières.La procession \u2018s\u2019est mise en marche sur la Craig, la rue Gosford et la rue Notre-Dame.En tête de la procession marchaient les ouvriers des fabriques de boîtes de montres.au second rang défilaient les tailleurs de pierre (au nombre de 500), l'Union des peintres, la Fraternité des Charpentiers, les typographes et les pressiers, les cordonniers, l'Union Canadienne des Briquetiers, l\u2019Association des plâtriers, les Chevaliers du Travail de l\u2019Assemblée Salaber- ry, l\u2019Union des Mouleurs et les cigariers.Dans leurs rangs, on remarquait plusieurs bannières sur lesquelles se lisaient des inscriptions comme les suivantes: Encouragez le travail honnête! Supprimez le travail des enfants!.La marche de la procession était fermée par le carosse dans lequel avaient pris place M.Théophile Godin, président du Conseil Central des Arts et Métiers; M.George Warren, 3e vice-président de l\u2019Internationale des Ci- gariers; M.George: Gale, président de l\u2019Union Typographique de Québec et délégué des Chevaliers du Travail de la même ville; M.Martin Taley, aussi délégué des Chevaliers du Travail de Québec et conseiller municipal de la vieille capitale\u201d.Plus de 4,000 travailleurs prirent part a ce défilé.100,000 ouvriers En 1889, le Conseil des Métiers et du Tra- STAY: CA RUE pn EIA.Cy RICE CER e ULES dan; ns,les rangs de lag Ae CE La ul 010 ZV = yi = = Se rd - or LL A PARTIR DE 1886, les ouvriers de Montréal, sous l'influence des Américains, commencent à célébrer la fête du travail le premier lundi de septembre, qui était le jour du défilé et du pique-nique annuel des ouvriers cigariers.Cette fete est particulièrement bien décrite et encouragée dans la presse bourgeoise.vail de Montréal prend organisation de la fête en mains.Cette fois \u201cles patrons ont presque tous donné congé à leurs employés\u201d.Dix mile ouvriers participent au défilé et au pique-nique.Le député ouvrier de Montréal-Est, Alexandre T.Lépine, prend la vedette.Progressivement donc, les organisations ouvrières montréalaises calquent leur attitude sur celle des syndicats américains.Aux Etats-Unis, c'est en 1882 que l\u2019assemblée générale des Chevaliers du Travail de New York propose que le premier lundi de septembre soit à l\u2019avenir le jour des ouvriers.Le 5 septembre 1882, le Central Labor Union de New York célèbre pour la première fois cette fête en défilant dans les rues principales de la ville.Cette sortie publique, cette identification correspond à la nouvelle image que les Chevaliers veulent donner à leur organisation au sortir de sa phase \u201csecrète\u201d.LABOR DAY Par la suite, la manifestation se renouvelle annuellement jusqu\u2019en 1887 alors que la législature de l\u2019Etat de New York fait du Labor Day une fête légale.1887, ce n'est pas par hasard: c'est juste après les événements de Chicago.Visiblement, l\u2019encouragement des patrons et de l\u2019Etat, qui donnent congé aux travailleurs en septembre plutôt qu\u2019en Mai, vise à les distraire, à décourager le souvenir des martyrs encore frais.En 5 ans, de 1887 à 1892, la presque totalité des Etats américains consacreront, \u2018\u2018patronneront\u201d le Labor Day.En 1890, 10,000 personnes participent au défilé de Montréal, suivi d'un pique-nique et de joutes sportives.Plusieurs notables commen- QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT / 17 cent a fréquenter l\u2019événement.En 1891, la Fête du Travail précède le congrès annuel du Conseil des Métiers et du Travail du Canada; 15, 000 personnes participent au pique-nique dont un ministre, l\u2019honorable Chapleau, et le maire de Montréal.La fête ouvrière a conquis ses titres de noblesse et mé- me ies bourgeois se flattent de goûter le soleil au champ de l\u2019exposition, où se déroule le pique- nique. ACHETEZ Le comité de rédaction du LES VETEMENTS journal CANADIENS DE - NOUVELLES \u2014 FABRICATION | SYNDICALE (publié par l'association internationale des débardeurs de Montréal local 375).REND HOMMAGE A TOUS I LES TRAVAILLEURS M DU QUÉBEC a Signature de 25,000 ouvrier qualifiés » Synonyme de prét-a-porter a Symbole d\u2019une élégance vraiment canadienne.e IP.ager pros du Soit UNION INTERNATIONALE DES OUVRIERS 4 DU VETEMENT POUR DAMES FTQ 1er mai LA LUTTE DES Fête internationale TRAVAILLEURS A Paris, en juillet 1889, le Congrès de l'Internationale Socialiste C'EST AUSSI endossait la proposition du délégué du PARTI OUVRIER SOCIALISTE à l'effet de faire du 1er MAI la fête internationale du travail.Le fondement de cette résolution était de manifester ouvertement au monde capitaliste la solidarité internationale de la classe ouvrière.En ce même jour de l\u2019année, les travailleurs de Ha tous les pays, malgré les différences de langues, de traditions et 0 de coutumes, pourront s'unir de par le monde pour s'afficher com- gs me membres d\u2019une même classe exploitée et revendiquer unani- Fa mement le renversement du capitalisme et l'instauration d'une Ré- .ta publique Socialiste Internationale, d\u2019un monde d'harmonie, de paix et de liberté pour tous les hommes.28 Le PARTI OUVRIER SOCIALISTE, seul véritable parti de la a casse ouvrière, demeure toujours résolument fidèle à sa ligne de classe internationaliste.Contre tout illusion réformiste, le PARTI OUVRIER SOCIALISTE exige la réalisation de la vérita- PSS S ble démocratie industrielle sur la base des conseils ouvriers, ,Ç 2 démocratie par laquelle les travailleurs recevront la pleine ceq x valeur sociale de leur labeur et pourront voir a la gestion direc- ; te de leurs intérêts dans une République Industrielle du Travail.Pour de plus amples renseignements et de la documentation gratuite, écrivez à: Syndicat des professeurs du Québec Métropolitain.3 PARTI OUVRIER SOCIALISTE (S.L.P.) À section Montréal, a C.P.321, Montréal.18 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE Aa rr rat re a a = ee do ne mm ee eee péter Mist A A sens astra e EEE EE EL Re AVANT LES ELECTIONS, LE MINISTRE CLOUTIER SE DIT PRET A REGLER LES PROBLEMES DES ENSEIGNANTS NRE see APRÈS LES ÉLECTIONS, LE MINISTRE CLOUTIER REFUSE DE ROUVRIR LES NÉGOCIATIONS DES PROFESSEURS DE CEGEP SUR : LA TÂCHE LA PRIORITÉ D'EMPLOI LA CERTIFICATION LES PRIMES D\u2019ELOIGNEMENT Ry - > 2 I EE MALGRE LES PROBLEMES CRIANTS.LES ENSEIGNANTS COMMES LES AUTRES TRAVAILLEURS S\u2019ORGANISENT POUR LUTTER POUR LEURS CONDITIONS DE TRAVAIL ET CONTRE L'INFLATION 24 NEO RE SEA A SR = ERR QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT / 19 1886: la lutte po Alors que se préparait la lutte pour la journée de 8 heures aux Etats- Unis, à Montréal, les organisations ouvrières, sous l'instigation de l'Assemblée Ville-Marie des Chevaliers du Travail, créent en 1886 le Conseil central des Métiers et du Travail de Montréal (CMTM).Le Conseil se fixe alors 2 principaux objectifs: 1) l'abolition du travail des femmes et des enfants dans les fabriques de clous, les tanneries et autres établissements similaires; 2) l\u2019adoption de la journée de 8 heures dans toutes les manufactures.LA \u201cPRESSE\u201d Quelles réactions pro- voquérent chez nous les événements de Chicago?Le quotidien La Presse, en éditorial, dénature totalement la lutte ouvrière: \u201cLe calme est rétabli à Chicago (le 7 mai 1886), ce qui prouve, contrairement à ce qu'un journal disait hier, que la population ouvrière n'a pris aucune part à l'émeute sanglante de ces derniers jours.L\u2019émeute \u201cLe calme est rétabli à Chicago\u201d de Chicago est une affaire purement politique, montée par quelques politiciens de bas étage qui ont trouvé dans les difficultés ouvrières une occasion favorable de retremper leur popularité, et probablement, de faire quelque argent.Elie est l'oeuvre d\u2019un élément complétement étranger et a, du reste, été restreinte à une partie de la population polonaise et allemande de Chicago.\u201d Quant aux exigences ouvrières et à la journée de 8 heures, La Presse considère que \u2018l'erreur commise par les ouvriers a été de demander, dans quelque cas, la journée de 8 heures avec la paye de 10 heures.|| fallait commencer par décider le premier point, puis passer ensuite au second.La solution de l'un en- trainait celle de l\u2019autre, mais il était anormal d'exiger des patrons, immédiatement, sans avis, une réponse favorable aux demandes\u201d.PRO-OUVRIER On a souvent dit que La Presse, de sa fondation à la première guerre mondiale, fut un journal pro-ouvrier, fortement syndicaliste.Robert Rumilly a contribué pour beaucoup à la diffusion d\u2019une telle image.La vérité est tout \u2018autre.La Presse a favorisé, à une époque où les Canadiens français quittent la terre et se font prolétaires, une organisation syndicale capable d'empêcher que se développent chez nous des mouvements plus radicaux, une organisation socialiste.Toujours La Presse supportera les éléments les plus modérés, les plus conservateurs de cette \u201cles ouvriers turbulents et le communisme\u201d organisation syndicale.Elle sera un puissant instrument d'intrégation, de soumission des travailleurs montréalais au moule rigide et de plus en plus conservateur du syndicalisme d'affaires américain.En 1888, l'éditorialiste de La Presse rappelle aux ouvriers que leur travail est \u2018sanctifiant\u201d; \u201cLa fête du travail n'est pas une simple démonstration.mais c'est I'affirmation solennelle d'un corps important qui vient affirmer sa puissance et reconnaître publiquement ses obligations, avec toute la dignité qu'il convient à la noblesse et à la grandeur du travail.Ces hommes.ont raison de se glorifier d'appartenir a la classe des travailleurs, parce que le travail ennoblit l'homme.Cette procession à travers nos rues sera la meilleure protestation que l'on puisse enregistrer contre la conduite des ouvriers turbulents de certains pays, qui veulent trouver dans le communisme un bien- être que les ouvriers canadiens, eux, cherchent et trouvent dans le travail.Les ouvriers qui s'affiment de cette manière ne sont pas à crain- 20 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE » sembiées dre.Leur féte est la consécration d'un grand principe.\u201d \u201cAu Canada, l'accord est asses parfait entre le patron el l'ouvrier\u201d LES 8 HEURES En 1889, à la veille de l'aventure du Congrès de la Deuxième Internationale, a Paris, soit le 13 juillet, La Presse sent le besoin de préciser de nouveau, en éditorial, sa position sur \u201cLes heures du travail\u201d; \u201cCes jours derniers, te télégraphe nous disait que des as- d'ouvriers avaient eu lieu aux Etats- Unis pour demander aux patrons de réduire le temps de travail à 8 heures par jour.Au Canada, les cercles ouvriers ont déjà discuté la question de limiter les heures de travail et, comme il est difficile de fixer une égale limite pour tous les genres d'ouvrages, attendu qu'ils diffèrent beaucoup, nos ouvriers n\u2019ont pas demandé que le temps de travail soit limité (La Presse feint d'ignorer ici la position prise depuis 1886 par le CMTM).Huit heures de travail pour les Jemmes et les enfants les ouvriers s'unissent pour défendre leurs intérêts, c'est leur droit et même leur devoir.Mais qu'ils s'unissent pour forcer les patrons à accepter des conditions injustes, ils ne sauraient avoir l'approbation du public.Nous devons cependant dire Que ur qu'au Canada, l'accord est assez parfait entre le patron et l'ouvrier.Les ouvriers sont assez forts pour se protéger et, d'un autre côté, ils sont assez raisonnables pour ne pas exiger d'injustices, lors -même qu'ils pourraient le faire.Ils ne demandent pas de fixer les heures de travail 4 8 heures par jour.Ce serait, en réalité, une bien petite journée.Ce serait commencer à 8 heures du matin et finir à 5 heures du soir, après avoir pris une heure de repos, de midi à une heure.Pour certains ouvrages durs, ce serait assez de huit heures.Mais la plupart du temps, une journée de 8 heures serait désastreuse pour les industries et les patrons.L'ouvrier, en général, aime mieux donner une heure ou deux de plus par jour et gagner un salaire plus élevé, et il a raison.Malgré la bonne entente entre les patrons et les ouvriers, il y a néanmoins des abus.Ainsi, cette semaine, nous recevions une lettre d'un conducteur de chars urbains (tramways), lequel nous fait part des heures de travail auxquelles ils sont tenus.Ils commencent leur journée à 5.30 heures du matin et la terminent à 11.30 heures du soir.Cela fait 18 heures par jour.Sur ce temps, is ont deux relèves par jour pour aller manger, leur donnant un repos de 4 heures et 24 minutes par jour.|| leur reste encore 13 heures et 36 minutes de travail par jour, tout près de 14 heures de travail.\u201d La Presse peut bien imaginer que cela est une exception, que les abus sont rares.Mais, en vérité, tel n'est pas le cas.Mis à part les métiers où les travailleurs sont organisés, où l\u2019on travaille 9 ou 10 heures par jour (six jours par semaine), la semaine de travail de l'époque varie entre 60 et 84 heures de travail.Pour les hommes, .comme pour les femmes et les enfants.Les témoignages a la Commission royale d'enquête sur le Capital et ie Travail (1886-88) sont éloquents à cet égard.CONGRES OUVRIER Le 4 septembre 1889, le Conseil des Métiers et du Travail du Canada tient son congrès dans la salle de l'Assemblée Vil- le-Marie des Chevaliers du Travail, à Montréal.On y discute justement de la question de la journée la journée de vail de Québec.{croquis La Presse 1890} M.A.MAROIS, président du Conseil central des métiers et du tra- Imposer aux patrons la journée de & heures de 8 heures: \u201cToute la matinée a été employée a la discussion d'une résolution concernant la réduction de la journée de travail à 8 heures.La motion principale portait que le congrès demandat aux gouvernements fédéral et provincial de passer des lois pour fixer à 8 heures la journée de travail pour tous les ouvriers, dans tous les métiers.Un amendement fut proposé par M.Jobin, de Québec, portant que désormais les gouvernements n\u2019accordent aucun contrat, si ce n'est à la condition que les ouvriers employés à l'exécution de ce contrat ne travaillent plus que 8 heures par jour.Un grand nombre de discours furent prononcés par les délégués.Plusieurs d'entre eux soutinrent que la chose la plus pratique n'est pas de s'adresser au pouvoir public mais de se mettre à l'oeuvre dans les associations ouvrières et d'im- noser aux patrons la journée de 8 heures.C'est ce qui a été fait par un grand nombre d'unions et les résultats ont été excellents, par exemple, les cigariers, dans toute l'Amérique.lls ont commencé par sacrifier le salaire des heures retranchées; mais en peu de mois, ils se sont trou- vês à gagner plus en huit heures qu'auparavant en 10 heures.lls sont plus dispos et travaillent plus vite.Du reste, la réduction des heures de travail a pour effet de faire monter les salaires.La journée de huit | heures réduit le chômage mp | ae Re Tt La dt EE ER SEE M.E.LITTLE, président de l\u2019assemblée de district des Chevaliers du travail au Québec, membre du comité exécutif du Congrès des métiers et du travait du Canada.M.A.GARIEPY, secrétaire du Conseil des métiers et du travail de - Montréal.M.F.ROBERGE, président du Conseil central des métiers et du travail de Montréal, la première organisation au Québec à prôner la journée de 8 heures.Parmi les délégués de Montréal, le député ouvrier de Montréal-Est, Alexandre Lépine, a prononcé un discours.M.Lépine a soutenu que le moyen le meilleur et le plus court d'obtenir la journée de 8 heures est de recommander à toutes les unions ouvrières de l\u2019adopter, et il a proposé une motion à cet effet.Les sentiments des délégués étaient très partagés; les uns voulant une loi imposant la journée de 8 heures; les autres croyant qu'il vaut mieux que les ouvriers prennent eux- mêmes leur cause en mains plutôt que de laisser reposer ce soin sur le gouvernement.AU CARRE CHABOILLEZ A la veille du 1er mai 1890, date fixée par la Deuxième Internationale pour la reprise de la lutte en faveur de la journée de 8 heures, des centaines de travailleurs mont- réalais s'assemblent au Carré Chaboillez, sous les auspices du Conseil des Métiers et du Travail de Montréal.M.W.Darling- ton fut le premier à prendre la parole.li affirma que \u2018le mouvement dont l'inauguration avait lieu (ce soir-là) n'était pas simplement pour l'adoption de la journée de 8 heures, mais un mouve- menti en faveur de l\u2019éducation et pour l'intérêt de toutes les classes de la société.C'était la première volée de la grande bataille ouvrière qui se livrerait bientôt par tout l\u2019univers.Les ouvriers veulent éviter les grèves: ils veulent instruire les patrons et les ouvriers et les convaincre que c'est dans leur avantage de réduire les heures de travail.lls ne veulent pas faire de vaines menaces, mais donner des faits.L'orateur attribue à la réduction des heures de travail la baisse de ia criminalité, du paupérisme et de la consomma- ton de la bière, en Angleterre, de 1840 à 1885.Il ajoute que c\u2019est en \u201cinstruisant la classe ouvrière (que) les partis politiques actuels (bourgeois) seront mis en déroute et qu'un meilleur état de choses sera inau- auré.L'état de malaise actuel est causé par le grand nombre d'ouvriers sans emploi\u201d.\u201cM.Fraser parla en français et dit, entre autres choses, que les ouvriers retirailent autant de bénéfices avec la journée de 8 heures qu'avec la journée de 14 heures, comme c'est le cas au- jourd'hui\u201d pour certains travailleurs.M.Anderson, de l'Union des Charpentiers, proposa: \u2018qu\u2019il soit demandé au conseil de ville d'adopter le système de 8 heures immédiatement pour les employés de la corporation travaillant maintenant plus que 8 heu- \u201cres par jour, à savoir: les constables, les.charretiers, les mécaniciens, les La semaine de travail varie entre 60 et 84 heures vidangeurs et autres, et de plus, qu'iis reçoivent pour 8 heures de travail le même salaire que pour dix heures.De plus, qu\u2019il soit résolu qu'aucun contrat ou permission de faire usage des rues publiques ne soit donné à aucune compagnie, corporation, contracteur ou patron quelconque, à moins que les ouvriers employés à tel ouvrage n'aient le même privilège que les employés de la corporation, à savoir qu\u2019ils reçoivent pour 8 heures les gages d\u2019une journée entière, et qu'en aucune occasion les heures \u201cextra\u201d de travail ne soient permises pour les travaux de la corporation faits soit à la journée ou par contrat a moins que la chose ne soit inévitable, dans lequel cas le travail sera payé à double prix.\u201d M.Anderson a ajouté que les villes les plus pauvres sont celles où les heures de travail sont les plus longues.\u201cM.G.S.Warner parla ensuite en français, puis M.Kayes lui succéda et dit que la réduction des heures de travail donnerait de l'emploi à 20% plus d'hommes et augmenterait les affaires de 50%.Il s'éleva contre le travail des enfants dans les manufactures.M.Brouillette adressa aussi la parole, puis la motion de M.Anderson fut adoptée.Une seconde assemblée du même genre eut fieu dans l'Est, au carré Papineau.Deux semaines plus tard, le Conseil des Métiers et du Travail de Montréal décida de présenter un candidat ouvrier, M.Joseph Béland, dans le comté de Sainte- Marie.Au programme de ce candidat ouvrier figure: \u201c6.- La limitation à 8 heures la journée des femmes et des enfants et pour tous les travaux publics.\"\u201d.HESITATION Ce qui est certain, c'est que La Presse déforme une fois de plus la vérité QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT / 21 quand elie nie que les travailleurs québécois veulent imposer la journée de 8 heures.Par ailleurs, à la ditférence des ouvriers américains et européens qui font grève pour la réduction de la durée de la journée de travail, chez nous on est divisés quant au choix des moyens pour atteindre l'objectif.Cette division, cette hésitation devrait- on dire, reculera d'autant l'obtention de la journée de 8 heures et de la semaine de 40 heures.Alors qu'en France, une législation rendra légale la journée de 8 heures, .en 1919, et que les accords de Matignon, en 1936, concrétiseront cet objectif du mouvement ouvrier (accord qui sera \u2018cependant annulé dès 1938 par l'offensive patronale), au Québec, aucune législation ne fixera de journée légale de travail.Et la semaine de 40 heures ne sera acquise, pour la majorité des travailleurs syndiqués, que dans la seconde moitié du XXe siècle.LE BE A Le Syndicat général des communications B (CSN) a signé, le 25 avril, la convention collective de ses syndiqués à QUÉBEC- PRESSE.Voici quelques clauses exceptionnelles de ce contrat de travail dans le sec- A teur des média d\u2019information.SOLID 4 = Autogestion \u2018Les parties reconnaissent l'existence d'un comité de rédaction autogestionnaire qui est la seule autorité en tout ce qui concerne 1- l\u2019'embauche, le congédiement et tout mouvement de personnel au sein de la rédaction, sauf en cas de manquement important à la déclaration de principe de QUEBEC-PRESSE 2- l'entière responsabilité du contenu et de la CON tre forme à l'intérieur du budget\u201d.ES Cogestion Hr o \u201cToute décision modifiant les conditions générales ou particulières \u201ca de travail ou d'emploi, prévues ou non prévues à la présente convention, doit faire l'objet d'une entente préalable entre l'employeur et le syndicat\u201d.Statu quo ante Le vol organisé appelé \u201cINFLATION\u201d o \u201cA l'occasion d'un grief individuel ou collectif, les parties se rencontrent dans les trois (3) jours ouvrables et déterminent si les condi- la ou des dispositions patronales qui a ou ont donné naissance a un grief affectant un ou des employés, a titre individuel ou collectif ou encore le syndicat, doivent être maintenues aussi longtemps que l'employeur et le comité syndical de griefs n'en sont pas venus à un accord ou, défaut d'accord, aussi longtemps que la décision de l'arbitrage n\u2019a pas été rendue.Un syndiqué ne peut être contraint de quitter les lieux qu'après l'expiration de ces délais\u201d.tions existantes doivent être maintenues ou modifiées et, dans ce dernier La complicité des pouvoirs cas, dans quelle mesure elles doivent être modifiées.S\u2019il n'y a pas entente, toutes les conditions existant avant la date d'entrée en vigueur de La répression envers les travailleurs Cogestion o \u201cLes parties reconnaissent en principe que la gestion de l\u2019entre- s prise doit être assurée conjointement par l'employeur et le syndicat, selon une formule à définir.À cette fin, il sera constitué dans les 15 jours de la signature des présentes un comité conjoint paritaire qui étu- \u2018diera la possibilité d'établir un régime de cogestion administrative globale ainsi que les modalités d'un tel régime et ses implications sur la convention collective, le fonctionnement de l'Association coopérative et les modifications qui pourraient être nécessaires aux statuts et règlements de l'Association pour permettre l'instauration d'un tel régime.Le Ahuntsic comité devra faire rapport au plus tard le 1er décembre 1974.Il ne pourra en aucune façon remettre en question le statut autogestionnaire du co- La Fédération des Enseignants de Cegep (CEQ) Les Syndicats des Enseignants de: mité de rédaction\u201d.Bois-de-Boulogne Embauche du personnel Drummondville \u2018Lorsqu'un poste est créé ou devient vacant, l'employeur affiche, pendant les 10 jours ouvrables, le poste vacant, en énumérant les condi- .tions requises pour l'occuper, c'est-a-dire en exposant la description Lennoxville et les exigences du poste ainsi que les quaiifications et aptitudes requises pour satisfaire aux exigences de tel poste, tel que ces descriptions Matane et exigences, qualifications et aptitudes ont été définies conjointement par le syndicat et l'employeur.Rouyn L'ancienneté \u201cUn employé permanent qui a quitté le journal et qui est ré-embauché Sherbrooke par la suite peut cependant récupérer partiellement son droit d\u2019ancienneté et les droits qui s'y rattachent; l'ancienneté est en effet cumulative, c'est-à-dire qu'elle comprend toutes les périodes au cours desquelles un employé a été au service de l'employeur, sous les rapports suivants: a 1- Permanence: il est réembauché sans devoir se soumettre à une pé- Ste-Foy rlode d'essai 2- Nombre d'années d\u2019expérience reconnue: l'employeur ne peut lui reconnaître moins d'années d'expérience qu'il ne lui en reconnaissait au moment de son départ 3- Détermination de la date de son congé annuel payé 4- Promotions, mutations et voyages de tourisme: - lorsqu'il est revenu au journal depuis plus d'un an.5- Mises à pied: lorsqu'il est revenu au journal depuis plus d'un an 6- Caisse de retraite et banque de maladie\u201d.> Victoriaville Congé annuel \u2018Tout employé régulier assujetti à la présente convention et entré au service de l'employeur depuis un an a droit à un mois de calendrier de congé annuel payé.Jours fériés 12 au total dont le Premier Mai.Ouverture de la convention \u201cLes parties conviennent que l'un ou l'autre des sujets suivants donne ouverture à la révision de la convention collective pendant sa durée: 1- Automation 2- Changements technologiques 3- Modification des struc- ce tures ou des exigences des fonctions dans les services de l'entreprise a 4- Salaires à une date prévue de révision 5- Création de nouveaux services\u201d.rendent hommage à tous les travailleurs.22 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE LISEZ EC-PRESSE ler mai le Québec avec.les travailleurs conseil des hommes d\u2019affaires québécois.SALUTS FRATERNELS Fédération du commerce.CSN \u2014 -\u2014 LAF \u2014 DE au nom de ses 40,000 membres regroupés dans 91 syndicats affiliés classe ouvrière à l'occasion du 1er mai _ BATIM EN rend hommage a toute la RATION NATIONAL =S SYNDIC DU LT ATS DU BOIS (CSN) QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT / 23 La fête des travaiiieurs entre peu à peu dans nos traditions.Elle devrait y demeurer et devenir le symbole d\u2019une solidarité Québécoise.Syndicat national des employés de la C.E.C.M.& Les membres du syndicat de la construction de Montréal rendent hommage à tous les travailleurs Québécois, et souhaitent une solidarité grandissante à la CAUSE.Syndicat de la construction de Montréal.CSN PREMIER MAI, FÊTE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS SOUS sommes contre la hausse des prix et des profits des compagnies internationales.AQ VS sommes contre l\u2019exploitation capitaliste.EU os S sommes pour le pouvoir des travailleurs.Le premier mai nous fétons l'unité des travailleurs dans leur lutte.& Association professionnelle du personnel administratif de la CECM Inc.(CSN) CSN POUR LA SOLIDARITÉ OUVRIÈRE! Syndicat général des professionnels de Montréal.Front commun régional Lanaudière (CEQ CSN FTQ) Soyons solidaires Contre des adversaires liés par des forces d\u2019argent Dans un pays troublant.Ne soyons plus inactifs Devant ces troubles progressifs Demeurons combattants.Faites front commun.LE SYNDICAT DES ENSEIGNANTS DE LA REGION DE LA MITIS (CEQ) REND HOMMAGE À TOUS LES TRAVAILLEURS DU QUÉBEC E | =) DE QUOI FAIRE REFLECHIR LES FONCTIONNAIRES PETITS ET GRANDS \u201cL\u2019objectif global des technocrates est le renforcement et la consolidation des structures économiques existantes, ainsi que leur rationalisation et leur adaptation aux besoins de l\u2019entreprise capitaliste.En ce sens, le capitalisme contemporain n\u2019a guère de serviteur plus dévoué et plus utile que les hommes qui participent à l\u2019administration de l'intervention étatique dans la vie économique\u201d.Ralph Miliband \u201cL\u2019état dans la société capitaliste\u201d 6 1 Syndicat de professionnels & du gouvernement du Québec.CSN Ceres 24 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE Le ler mai En souvenir du massacre des | travailleurs de Chicago Déjà, le matin du 3 mai 1886, la stratégie patronale et policière est au point.C'est à Chicago qu'on écrasera le mouvement, puisque c'est dans cette ville que son caractère de lutte de classe est le plus accentué.A la police municipale s'ajoutent les forces conjuguées de la Garde nationale, de constables spéciaux et de plusieurs centaines d'agents Pinkerton spécialisés dans le \u2018\u2018bri- sage des grèves\u201d.Vers 3 heures de l'après-midi, alors que 7,000 ouvriers manifestent devant l'usine McCormick, les patrons en profitent pour faire sortir les \u2018scabs\u2019 sous le nez des manifestants.La preuve d'un coup monté n'est pas difficile a faire: des voitures pleines de policiers et de Pinkerton attendent le choc inévitable, cachés dans la cour de l'usine.Les manifestants lancent des pierres et s'emparent d\u2019un scab.La police surgit en formation serrée, les ar- ca mes à la main.Elle ouvre le feu à bout portant: six ouvriers sont tués et une cinquantaine, blessés, avant d'avoir pu se disperser.Affrontements Dans les quartiers populaires, des policiers sont pris a partie par la foule en colére.La police est débordée et 'plusieurs centaines d\u2019hommes de troupe ont passé la journée en armes, pour parer à toute éventualité\".Les affrontements entre policiers et grévistes se multiplient: \u201cUne seconde bande de grévistes a fait irruption aux ateliers de la ligne Milwaukee & Saint-Paul situés sur l\u2019avenue Western, mais la police a repoussé les grévistes.Une bande de Bohémiens, de Polonais et d'Allemands s'est assemblée dans la matinée du côté du quartier sud-ouest de la ville; la police s'y - - 4 « M i igs Si Go XPS \u2018 A 7 al est transportée et a dispersé la foule sans faire d'arrestations.Cinquante constables sont allés à Gose, Island et y ont dispersé une troupe de 200 ouvriers inoccupés.Dans la soirée, l'Union des aiguilleurs a ordonné la grève et ceux des membres qui travaillaient aux lignes de Saint-Paul, du centre du Michigan et du Nord- Ouest ont quitté le travail.Ailleurs aux Etats-Unis, en ce 4 mai 1886, la situation se précise aussi.Les patrons cédent de plus plus aux revendications exprimées par les ouvriers de métiers.Par exemple, l'Union des ébénistes de Philadelphie annonce que 59 manufacturiers ont accordé la journée de 8 heures avec des gages de 10 heures.Bien sûr, il y a des résistances, comme à New York où \u201cles fourreurs ont décidé de ne plus jamais discuter avec leur ouvriers sur aucune question relative aux demandes injustes et fri- LES QUATRE LEADERS OUVRIERS PENDUS à Chicago le vendredi 11 novembre 1887, le \u201cvendredi noir\u201d du mouvement ouvrier américain.Il s'agit de Parsons, Spies, Fisher et Engel, les martyrs de Chicago.Ca voles qui ont été faites dernierement\u201d.Par contre, avec les travailleurs immigrants, on sort le baton et la carabine: à Milwaukee, à la suite des incidents des des jours précédents, l'armée est chargée de mâter les ouvriers: \u2018Les troupes, à leur arrivée à Bay View, ont été assaillies par la populace.Plusieurs soldats ont été blessés légèrement\u201d.Au lendemain des événements qui vont se dérouler à Chicago le 4 mai au soir, soit le 5 mai, les soldats tirent sur les ouvriers à Bay View.Deux grévistes sont tués.Révoltés, les travailleurs marchent sur la manufacture Allis qui a repris ses opérations sous la protection des soldats.Nouvel affrontement où 2 grévistes sont mortellement blessés et un certain nombre d'autres légèrement blessés, au pont de Deer Creek, près du village de Bay View.Les ordres sont stricts: il faut briser .le mouvement.Mais retournons à Chicago.L'assemblée de Haymarket Square C'est le traquenard du 3 mai aprés-midi.à l'usine McCormick, qui provoqua l'assemblée du lendemain soir.Voici le texte du tract distribué aux ouvriers dans la journée du 4 mai: \u2018Ouvriers attention: Grande assemblée ce soir, à 7 heures 30, au marché à foin, rue Randolph.De bons orateurs seront présents pour dénoncer la conduite atroce de la police qui a tué nos camarades, hier apreés- midi.Le Comité Exécutif\".It s'agit ici de l'organisation socialiste de Chicago, où les anarchi.tes sont influents.Ills publient notamment un journal qui a pris le nom de l'organe de la défunte Association internationale des Travailleurs, l\u2019Arbei- ter Zeitung.L'armée installe des canons et des mitrailleuses aux principaux carrefours de la ville durant la journée.Les organisateurs de.la réunion de Haymarket Square espéraient que 20,000 travailleurs y participeraient.Il en vient moins de 3,000, et encore ce nombre baisse-t-il graduellement a mesure qu'une pluie fine tombe sur l'assemblée.Le premier orateur est l'anarchiste August Spies: \u2018Que signifient ces canons, ces bailonnettes, ces patrouilles et ces matraques?Que signifie cet appel fait au premier régiment?Sont- ce des amusements qu'on vous prépare?La demande à M.McCormick était raisonnable et cependant, M.McCormick nie qu\u2019il soit responsable du sang versé hier.Je dis qu'il ment!\u201d Après lui, Parsons, un syndicaliste, parie des huit heures, de la classe ouvrière et des monopc- les.Puis il présente Sam Fielden, un socialiste anglais.Ce dernier parle de la loi: de \u2018la loi du peuple riche qui n'est pas la mé- me pour le pauvre\u201d.Il commence à pleuvoir plus fort et la foule s\u2019'amenuise rapidement.Le maire Carter Harrison est venu \u2018voir sur les lieux et constate que la réunion est paisible.|! s'en va en recommandant bien aux policiers d'éviter toute provocation.Or, aussitôt qu'il est parti, la garde nationale entre en jeu avant que les participants se dispersent.Ils sont 280 hommes armés sous la direction des capitaines Bonfield et Ward, massés près d\u2019un poste de police à courte distance de Hay- market Square.Les policiers ont infiltré les manifestants d'espions.Ceux- ci rapportent que l'assemblée achève et que si on veut les disperser, il faudra faire vite! \u201cFallin\u201d.L'ordre fall in fut aussitôt donné.Il y avait 5 \u201c compagnies et on se rendit immédiatement à environ 100 pieds au nord de la rue Randolph.Lorsque la première colonne arriva près du wagon de l'orateur (Sam Fielden parlait encore), le capitaine Bon- field cria halt et dit (aux 200 personnes présentes): \u201cAu nom de l'Etat de l'Illinois, j'ordonne à cette foule de se disperser\u2019.QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT / 25 44 , « Fielden descendit de la plate-forme et la foule commença à s'écouler à l'autre bout de la rue.\u201cC\u2019est alors que la bom- \u2019 be éclata entre les 2 premiers rangs de policiers, tuant huit agents et en blessant 48 autres.Qui l'a jetée?Réfléchissez à tout ce qui est arrivé (en ces deux jours) et vous comprendrez quelle est la vérité.Une minute plus tard, la police commença à tirer.L'affaire de chez McCormick était une plaisanterie à côté de ce qui se passa là.Pas un coup de feu ne vint de notre côté, mais la police continuait à tirer.Les gens s'enfuyaient de tous côtés en hurlant\u201d.La presse bourgeoise rend un autre son de cloche que la version de la centaine d'ouvriers qui donnèrent leur témoignage des événements.Ainsi, selon les journaux et les policiers, ce sont les anarchistes qui les ont attaqués de tous les côtés en ouvrant le feu sur eux, avant même que les policiers ne commencent à tirer! Or.curieusement, de tous les policiers blessés, aucun ne le fut par des balles; seule l'explosion fut cause de leurs blessures! Plus curieusement encore, les journaux possédaient les textes des discours des différents orateurs.alors qu'aucun orateur ne rédigea de discours! \u2018\u2019Atrocités\u201d\u2019\u2026 Le lendemain, le capitaine Bonfield, dans une déclaration aux journaux, affirme que \u201cles hommes qui ont imaginé les atrocités d'hier ne sont\u2019 dignes d'être citoyens d'aucun pays.Leur châtiment devrait être prompt et sévère.Quant aux grévistes, nous pouvons venir à bout de n'importe quelle populace de la ville.L'attaque que nous ont livrée les grévistes a été brutale et lâche: ils ont perdu par là toute la sympathie que la population aurait pu avoir pour eux\u2019.Voilà un policier qui s'y connaît bien en matière de stratégie et de provocation! (suite à la page 16) \u2014 Nous avons manifesté Contre: la hausse du coût de la vie .le vol organisé des monopoles \u2019 l\u2019exploitation capitaliste Pour: qu\u2019ils sachent que nous sommes solidaires et que nous combattons.CONTINUONS.ceq Association des enseignants du conté de Québec.En ce 1er mai, le SYNDICAT DES ENSEIGNANTS DE CHAMPLAIN (CEQ) initiataire du mouvement - inter-syndical de la Rive-Sud (Longueuil, Granby, Saint-Hyacinthe, Valleyfield) REVENDIQUE ses droits.Le SEC FETE avec tous les travailleurs québécois ce ler mai en solidarité avec tous les enseignants du monde.EE ceq Debout les travailleurs! C\u2019est notre fête! Il faut manifester notre fierté.Il faut manifester notre solidarité.11 faut manifester notre conscience.A Même si aujourd\u2019hui c\u2019est NOTRE FETE, il ne faut surtout pas oublier le Chili, l\u2019Angola, l\u2019Ethiopie, l'Espagne, le Brésil.le Québec, autant d\u2019endroits où les travailleurs sont bafoués au nom du profit, au nom du capital.II n'y en a qu'un qui peut nous en sortir.C\u2019est Nous Bonne féte.LE SYNDICAT DES ENSEIGNANTS DE LE ROYER LA FETE DES TRAVAILLEURS EST AUSSI CELLE DES MERES DE FAMILLE AU FOYER BONNE FETE Les enseignants de la banlieue de Québec.La fête des travailleurs nous montre jusqu\u2019à quel point un Québécois ouvrier peut être solidaire à une cause commune.N\u2019attendons pas que des premiers mai pour être solidaires.Syndicat des employés terminus voyageur.CSN 1er mai: Fête de la fierté des travailleurs ler mai: Fête de la solidarité de tous les travailleurs: manuels, intellectuels, syndiqués et non syndiqués.1er mai: rassemblement des travailleurs militants fer mai: Nouvelle tradition québécoise 1er mai: gage de solidarité.Syndicat des professeurs de ville de Laval ts il n'y a pas de solidarite, Il n\u2019y a que des mots Fédération des services publics UNIS ET SOLIDAIRES Pour les travailleurs au salaire minimum, Pour les travailleurs sous le salaire minimum, Pour les assistés sociaux, Pour les retraités et pensionnés.Conseil central des syndicats nationaux de Sorel: CSN 26 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE + l\u2019augmentation du salaire minimum l\u2019amélioration des conditions de travail l\u2019obtention de lois qui servent véritablement les travailleurs Association des Professeurs de l\u2019Amiante Association des Enseignants de La Chaudière Association des Enseignants de Louis-Fréchette Association des Enseignants de Pascal-Taché _ Bureau des Enseignants Rive-Sud Le Conseil provincial des machinistes du Québec et ses 20000 membres croient à l'action politique organisée des travailleurs pour changer le système.- Une priorité: que les travailleurs québécois puissent travailer en français chez eux d'ici 5 ans! Harvey Savoie, secrétaire-trésorier Armand Archambault, président QUEBEC-PRESSE / SUPPLEMENT / 27 Saluts à tous les travailleurs! Vous avez du travail essayez de le garder au Québec.Car les libéraux d'Ottawa, pour obtenir des votes dans l'Ouest du Canada, peuvent supprimer des emplois à Montréal pour les envoyer a Winnipeg.L'entretien des Boeing 727 d'Air Canada a Dorval cela veut dire 10,000 emplois au Québec.Les perdrons-nous aux dépens de Winnipeg?Et que fera Robert Bourassa, qui na rien fait jusqu'à maintenant\u201d Le comité spécial, loge aérienne 1751 Dorval, Syndicat international des machinistes et des travailleurs de l\u2019aéroastronautique Neil Howe, président du comité, Pierre Aquin et Tim Kaleher, membres Armand Archambault, président de la loge 1751 28 / SUPPLEMENT / QUEBEC-PRESSE "]
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