Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1 janvier 1933, Mars-Avril
[" Numéro 2 Deuxième année LE JOURNAL de L'HOTEL-DIEU DE MONTRÉAL am h / A .MARS-AVRIL 1933 \u2014_\u2014-\u2014 He es ee me OS TIRAGE CERTIFIÉ: 2100 COPIES SOMMAIRE du No 2 MARS-AVRIL 1933 AEN tN DONALD A.HINGSTON : William James Derome 69 ERNEST PRUD\u2019HOMME : Aprés la cholécystectomie .73 ROMEO ROCHETTE : Méthode d\u2019anesthésie Bénérale par le filtre a circuit fermé .= 82 HENRI LEGENDRE : L\u2019infection cutanée, ses modalités patho- géniques et son traitement .\u2026.91 EDOUARD DESJARDINS : En marge de quelques cas d\u2019angiome hyperplasique des doigts .- 99 ALCIDE THIBAUDEAU : Les infections ultra- -apicales et leur traitement par l'ionisation .\u2026 115 CHARLES NADEAU : A propos du traitement du diabete de \u2019adolescence .120 MARCEL OSTIGUY : Abcès pulmonic, complication d\u2019amygdalectomie .125 LÉO-E.PARISEAU : Miettes gastronomiques de l\u2019histoire du Canada .\u2026.\u2026 22 LL LL 4 LL LL LR 1 LL 0 1 131 FOVURASE Tonique nutriif, régénérateur des globules Par comprimé: rouges, régulateur [| de l'intestin.Ext.Foie sec \u2026 3 grs.Levure desséchée .3 grs., Co 2.Un ou deux comprimés, trois fois Nucléinate de Fer .= 1 gr.par jour.Sur demande, nous enverrons avec plaisir un échantillon.{ LABORATOIRE NADEAU Limitée { LAncaster 2185 - 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LITERATURE ET ° ECHANTILLON La Diathermie Victor à fréquence réglable Dans la Pneumonie vous contentez-vous d\u2019attendre la cerise ?L y a dix ans, un médecin distingué soumettait à ses c'est 1a l'effet le plus frappant du traitement diather- I collegues le rapport d'une première série de cas de mique.Les forces du patient ne sont pas gaspillées.Je pneumonie traités par la diathermie.Aujourd'hui crois pouvoir prédire que la mortalité tombera à moins nous possédons une volumineuse bibliographie sur ce mode de 10% quand le traitement se sera répandu, et qu'on de traitement.aura appris à l'appliquer vite et bien.» Tout récemment.le médecin en question pouvait rapporter un taux de mortalité de 11.9\u201c seulement.sur l'ensemble des BOO cas traités par lui.Il ajoutait que d'autres cliniciens avaient une statistique encore plus satis- Il ne vous en coûtera guère pour faire bénéficier vos pneumoniques de ce précieux adjuvant.car l'appareil dia- thermique « Victor Vario-Frequency » est d'un prix très abordable.Il a fait ses preuves aux quatre coins du faisante.; Co monde, dans les hopitaux comme dans les cabinets médicaux.« Pendant le traitement et par la suite », écrit-il.«on constate que le patient cst moins cvanosé, moins souf- Afin que vous puissiez vous renseigner pleinement sur frant.Les fonctions cardiaque et respiratoire tendent vers la valeur de cette nouvelle méthode thérapeutique, nous la norme physiologique.Le sommeil est meilleur, le moral avons fait faire des tirages à part des principaux articles aussi.Dans les quatre-vingt-quinze centièmes des cas, la «t rapports publiés au cours des dernières années.\u2014- défervescence se fait progressivement.par «lyse ».Et Réclamez-les.X-RAY CORPORATION 2012 Jackson Boulevard Chicago, IIL, U.S.A.FORMERLY VICTOR == X-RAY CORPORATION EDMONTON TORONTO MONTREAL Tegler Building 1221 Bay St., Toronto 5, Ont.524 Medical Arts Bldg.VANCOUVER .WINNIPEG .Motor Transportation Bldg., 570 Dunmuir St.Medical Arts Building.Soyez aux écoutes tous les dimanches aprés-midi quand la \u2018\u2018General Electric\u201d irradie son programme aux quatre coins du continent.X Le Journal de l\u2019Hotel-Dieu de Montréal No 2 Mars-avril 1933 WILLIAM JAMES DEROME r\u2014 Le tombeau vient de se fermer sur notre confrère et ami, le docteur William James Derome.Levons une peu le voile de modestie qui couvrit toutes ses activités et, dût sa mémoire en souffrir dans son habituelle réserve, faisons part aux lecteurs de ce Journal de quelques-uns des faits de sa vie.William James Derome naquit, en 1869, à Saint-Jean-Chry- sostôme, d'une union privilégiée, celle du notaire L.-J.-L.Derome et de Jane Cross, union qui a donné au pays des sujets très distingués et dans la vie religieuse et dans la profession médicale.Derome fit ses études classiques chez les Sulpiciens et sa médecine à l\u2019Université Laval de Montréal.Grand travailleur, 11 fut.ici et là, un élève diligent et remarquable par son émulation à l'étude.Sachant que le travail porte en lui-même sa récompense, 1l ne se contenta pas de la somme de connaissances acquises pendant ses quatre années d\u2019études médicales; il voulut mieux.Muni de son diplôme de médecin, en 1895, il s'inscrivit à l'internat de l'Hôpital Notre-Dame, où il ne tarda pas à recueillir les fruits de son labeur opiniâtre par sa nomination comme chef- interne.~ LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU LE Lm Lm LS Laissant Montréal et les gains immédiats, il se rendit en Europe, où il suivit pendant deux ans les cliniques des grands maîtres en chirurgie; leçons qui imprégnèrent son esprit, maîtres qui conquirent son coeur, puisque, maintes fois par la suite, 1l revint à Paris.De retour à Montréal, Derome s'associa aux travaux du célèbre docteur Brennan et resta pendant cinq ans (1899-1904) son principal collaborateur.Brennan demeura toujours dans l'esprit de son assistant comme un chef digne d'affection, d'estime et de vive reconnaissance.Derome entra à l'Hôtel-Dieu en 1908; 1l a donc donné 25 ans de sa vie laborieuse au service des malades de cette institution.La marque de ses qualités y est restée gravée et le souvenir de sa modestie y est présent chez tous, religieuses, malades et collègues.Derome n'a jamais cherché les honneurs; le plaisir ressenti à l\u2019accomplissement minutieux de ses devoirs professionnels a toujours été sa meilleure récompense.Ouvrier laborieux, il était toujours sur le métier.Les cas les plus difficiles ne le rebutaient jamais et il était aussi vaillant à l\u2019ouvrage la nuit que le jour.Le bien-être de son malade était sa première et presque sa seule pensée.Rare survivant de la vieille école, il n'a pas cessé, jusqu\u2019à sa dernière heure, d'être un idéaliste; toute sa vie durant, il a aimé, il a chéri, il a vénéré sa profession.Derome a travaillé avec nous, sans relâche, pendant un quart de siècle et, honnête homme, n'a jamais trahi la parole donnée.Et jusqu'au terme, à lui assigné par une volonté supérieure, 1l ne cessa de travailler.Atteint d'une maladie qui ne pardonne pas, il refusa de prendre le repos exigé, repos si nécessaire et tellement mérité. 42 ps I is ; 2 7 7 Z 7 EH 2 7 7 EN 2 Ei £ 4 ge AR J: 2 ra y = Ë = es 4 io TAF PA 5, bi HE Ys vo 1 i AT 7 a an PRE 0 Le A 52 Cd iy He yy TE 7 * 7 7 UE 4 2 7 2 # di 7 7 i \u201c 4 \u201chd su ; 24 Ph 5 i 2% wv A a, + He i 2 a 4 Ti & wy, 2e 5 a Gh Ss 7 % 5 i 7 5, & Ge 2 Gé 24 4! 4 Ge 4 7Z; 4.Es 6, 7% i 5 i % 5 y OT @ GE i.7 7% de 4 2 4 2 EA 27 & à EU GE 2 Pa a 2 cé LÉ D %, x 7 a i 7 5%, 4 4 7 % os id 2 5 bi Vk 245 = A i z, : x 5 % x > # A CU, # a.2 RE 5 a nl 5 Æ « 4e EE % AZ sa Wi # Gb 5 dr iF i i 7 7 7 \u201c Gé à pe Gen 7 7 i i 4 AP £ a 2 ve der 2 #Æ 2 = I ns es 4 2 5: ih A pao Bia ; # 7 iH 25 7 wx 2 7 7 % = i Ze > i > 72 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU FALSE NS LONDRES ES + + \u2014 PR SSSR - - ~~ Il persista, en dépit des conseils de ses confrères et malgré l'opposition de sa famille, à donner des consultations; 1l insista même pour opérer ses malades, Il y a quelques mois à peine, il écrivit pour ce Journal un article élaboré qui parut dans notre avant-dernière livraison.Sa maladie fut longue, ses souffrances très aiguës.Chrétien, sublime sans le vouloir, il endura toutes les douleurs sans jamais faire entendre la moindre plainte; ce chirurgien, si doux pour ses malades, n\u2019admit aucune faiblesse pour lui-même.Il s\u2019est éteint paisiblement, le sept mars, au milieu des siens.Une belle carrière de chirurgien était terminée.En priant Madame Derome, Armand Derome et tous les membres de la famille d\u2019agréer leurs sincéres sympathies, ses confrères de l'Hôtel-Dieu s\u2019inclinent devant sa tombe avec regret et avec reconnaissance.DONALD À.HINGSTON, professeur de clinique chirurgicale à l'Hôtel-Dieu. Le Te Set NN aN A AL Name en SLA A5 APRÈS LA CHOLÉCYSTECTOMIE 73 TN eee APRES LA CHOLECYSTECTOMIE \u201cPar le Docteur ERNEST PRUD\u2019HOMME, Professeur agrégé à l\u2019Université de Montréal, Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu.Que deviennent nos patients cholécystectomisés ?Pourquoi ne sont-ils pas tous guéris ?Que pouvons-nous faire pour augmenter le pourcentage de quérisons complètes ?Telles étaient les questions que nous nous posions à nous- même, lorsqu'il nous vint à l\u2019idée d'envoyer un petit questionnaire à toutes les personnes opérées à l'Hôtel-Dieu (cholécystectomie) durant les dix dernières années.Nous les invitions à inscrire leurs réponses et à nous retourner le feuillet.Nous primes au hasard 275 noms de patients ayant subi une cholécystectomie et ayant quitté l'hôpital guéris de leur opération.Malgré tout l'intérêt que nous aurait fourni l'étude de chaque dossier, quant à l\u2019évolution de la maladie avant l'opération, et, quant aux suites opératoires, \u2014 volontairement, nous avons laissé de côté cet excellent moyen de pronostiquer quel serait l'avenir biliaire du sujet, pour l'unique raison que nous ne pouvions savoir à l'avance quelles seraient les personnes qui nous répondraient, Nous n'avons tenu compte ni du chirurgien opérateur.ni de la catégorie de malades à laquelle nous avions affaire.Sur 275 lettres envoyées, 93 nous furent retournées pour fausse adresse, 60 demeurèrent sans réponse, ct 122 nous revinrent avec le questionnaire correctement complété.De ces 122 réponses, 5 nous annonçaient le décès de la personne opérée.\u2014 sans toutefois nous spécifier la cause de la mort. 74 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU NS NAN SNS vs Nous nous trouvions donc en présence d'une statistique réelle portant sur 117 cas, d'un intérêt extraordinaire.Les renseignements fournis nous apportaient toutes sortes de détails insoupçonnés par nous.Les réponses concernaient 16 hommes (13%) et 101 femmes (87%).Le nombre des patients des cinq dernières années était sensiblement le même pour chaque année, tandis qu'il était régulièrement décroissant pour les cinq années les plus éloignées (changement du lieu de domicile, cause du retour de plusieurs lettres).Les statistiques disent tout ce que l'on veut.C\u2019est absolument notre prétention.Aussi nous sommes-nous efforcé de ne tenir compte que des renseignements qui pouvaient nous être de quelque utilité pour répondre aux questions ci-haut posées.Notre but n'était pas d'établir des comparaisons entre tel et tel procédé opératoire, \u2014 pas plus de discuter les indications opératoires dans certains cas.Tous ceux qui, aujourd'hui, connaissent la chirurgie abdominale, savent qu'il ne peut être question de comparer ensemble la cholécystostomie et la cholécystecto- niie.Chacune de ces opérations a ses indications précises, très dif - férentes, et ne saurait être employée indifféremment l'une pour l\u2019autre.DOULEURS: \u2014 40 cas seulement disent n'avoir jamais eu à se plaindre de douleurs après leur sortie de l'hôpital.Les autres 77, malgré l'opération subie, ont continué à souffrir de leur foie.Les douleurs accusées étaient multiples, mais nous avons pu indubitablement reconnaître le caractère de tous les types de crises douloureuses, probablement éprouvées par les malades avant l'opération.1° Forme transversale: Douleurs au creux épigastrique, en barre, avec irradiation se propageant vers les hypocondres droit et gauche, le long du bord inférieur des fausses côtes donnant au patient une sensation de constriction de la base du thorax, l'obligeant à desserrer ses ceintures, quelquefois longtemps après ses repas APRÈS LA CHOLÉCYSTECTOMIE 75 RSS tet em NaN Se a a 2° Forme lombaire: Douleur à foyer lombaire avec maximum d'intensité au niveau de la deuxième vertèbre lombaire.Genre de douleur qui.avant l'opération, dure parfois de longues heures après la disparition du point vésiculaire.Pour plusieurs auteurs.cette douleur lombaire n'est que la prolongation de la douleur vés.- culaire.3?La forme cardiaque.pseudo-ang:neuse : Douleur précordiale s'irradiant vers l'épaule et le bras gauche avec angoisse et sensation de mort prochaine.Les malades se calment par de la chaleur ou de la glace sur l'estomac.avec ou sans calmants.4° La forme pulmonaire: Surtout caractérisée par la diminution du murmure vésiculaire à droite, (Signe de Ramond, dont la valeur est niée par Chiray) n'a pu être classée.à cause de l'objectivité même des symptômes qu'elle comporte.5\" La forme gastro-intestinale: Spasmes a la région pylorique.spasmes oesophagiens, spasmes coliques, point cervical droit (Chauffard).Le spasme oesophagien était surtout mentionné par le fait de I'aérophagie, des constrictions rétro-sternales.serrements de gorge.gêne pour avaler.hypersalivation, ctc.6° La forme nerveuse: Que ce soit le sympathique (Ramond) ou le para-sympathique (Chiray, Eppinger et Hess) qui régisse la motricité des canaux biliaires, 11 est indiscutable qu'un refroidissement, un choc moral, une tension intellectuelle, une fatigue physique, peuvent être le point de départ d'une crise douloureuse, tout comme avant l'opération.Les nausées, les régurgitations, les vertiges, les fringales sont autant de symptômes réflexes se rattachant à la forme biliaire nerveuse (Gilbert).DISCUSSION: \u2014 Ces douleurs peuvent-elles s'expliquer jusqu'à un certain point ?\u2014 Pourquoi l'opération, dans bien des cas.a-t-elle laissé le patient dans un état de détresse analogue à celui qu'il présentait \"avant l'opération ? 76 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU NN Le ANS NS NS SNS NL LE MOIGNON VESICULAIRE: \u2014 Après la cholécystectomie, il reste normalement une portion notable du canal cystique, et souvent aussi, croyons-nous, \u2014 à cause de la difficulté opératoire, \u2014 une légère partie de la vésicule biliaire au niveau de son collet.Nous avons la preuve de cet avancé par le fait qu\u2019au cours d\u2019interventions chirurgicales secondaires, l'on a pu retrouver comme une petite vésicule, qui s'était reformée aux dépens peut-être du cystique, mais aussi d'un moignon vésiculaire laissé trop long.Que les nerfs (branche du plexus solaire) restent pris dans la cicatrice du moignon et occasionnent des douleurs, c\u2019est très plausible.LES PÉRI-VISCÉRITES: \u2014 Une autre explication de ces douleurs et de ces troubles tardifs peut nous être fournie-par l'existence d\u2019une péri-cholécystite, d'une péri-duodénite ou d'une péri-gastrite.(Tripier, Parrot, Chiray, Georges).D'après Smithies, «11 y aurait péri-cholécystite dans 50% des cas de cholécystite calculeuse, avec préférence marquée pour la forme non lithiasique.» Ces adhérences peuvent causer des troubles fonctionnels ou organiques de toute nature.Or, la cholécystectomie ne fait pas nécessairement disparaître toute trace de péri-cholécystite et n'empêche pas non plus la formation de péri-viscérite secondaire à l'opération.Dans leur rapport présenté au Congrès des M.L.F.A.N.de 1930, nos amis les Docteurs Paquet de Québec, écrivaient: « Le taux de la mortalité de la cholécystectomie n\u2019est que de 2%.« D'autre part, les résultats peuvent être considérés comme parfaits dans 60 à 75% des cas.Il reste cependant un certain nombre de cas où des douleurs et les malaises persistent: ce que l'on attribue à l'état de la cellule hépatique déjà avariée depuis longtemps, ou à des adhérences post-opératoires, ou à d'autres états concomittants, d'insuffisance glandulaire, d'affections nerveuses.etc.» APRÈS LA CHOLÉCYSTECTOMIE 77 NN NS Ne 1 0 NN Se Nous partageons absolument cette façon de conclure en mentionnant tout spécialement l'appendice dont les désordres peuvent influencer si souvent la fonction hépatique.JAUNISSE : \u2014 Dix cas seulement sur 117 se sont plaints d'avoir fait de la jaunisse.2 de ces cas ont présenté un ictère franc qui s'est installé définitivement.Les malades ont des selles colorées, mais éprouvent parfois des démangeaisons violentes et ont toujours le foie douloureux.Il est évident, que dans ce cas, la cellule hépatique a été trop profondément touchée pour se régénérer et nous ne pouvons espérer d'amélioration.Les 8 autres cas ont présenté des crises d'ictère qui se sont répétées à des intervalles plus ou moins éloignés \u2014 L'infection jouerait-elle ici un rôle important ?Nous le croyons, puisque nous avons eu personnellement sous observation 2 cas cholécystectomisés qui ont présenté de l'ictère à plusieurs reprises.Chaque fois, le malade faisait un frisson, quelquefois plusieurs, et une poussée de température.La diète et un léger antiseptique biliaire suffisaient à tout faire rentrer dans l'ordre.Porps: \u2014 La plupart des malades (97) ont vu leur poids augmenter de plusieurs livres (de 5 à 50 livres).\u2014 13 ont maigri de 5 à 20 livres et 7 sont restés stationnaires.Le fait que 97 patients sur un total de 117 aient augmenté de poids nous laisse supposer que plusieurs des cas se plaignant de douleurs et de mauvaise digestion devaient tout de même être dans un état de santé satisfaisant.DIGESTION: \u2014 58 nous disent avoir une digestion parfaite, tandis que 59 se plaignent de mal digérer les aliments gras, les oeufs, la crème, les fritures, les sauces, etc.Nous reviendrons sur ce sujet en parlant du traitement post-opératoire.Disons tout de suite que le premier à faire erreur ici, est souvent le médecin, qui opère son malade et le laisse partir sans aucun régime à suivre.L'erreur est aussi grossière, lorsqu'il s'agit d\u2019un vésiculaire que lorsqu'il s'agit d'un ulcéreux gastrique ou d'un urinaire.\u2014 L'opération 78 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Se A me a a peut faire disparaître la lésion, elle ne change pas la nature du patient et ne lui enlève ni ses tares, ni ses prédispositions à souffrir d'un organe en particulier.VOMISSEMENTS: \u2014 Si les patients opérés se plaignent souvent de nausées et de vertiges, ils n'en est pas de même pour les vomissements.Nous ne croyons pas que le chiffre 4 sur 117 soit un pourcentage notable.D'autre part, nous n'avons pas eu, sur la nature des vomissements accusés, des renseignements suffisants pour nous permettre de tirer des conclusions.ETAT INTESTINAL: \u2014 55 ont un intestin régulier, 56 sont constipés et 6 souffrent généralement de diarrhée.Enfin, voilà un argument contre ceux qui prétendent que le patient, à qui on a enlevé la vésicule, est un être invariablement voué à souffrir de la diarrhée.Que penser des 56 cas souffrant de constipation ?\u2014 Comme nous savons que cette proportion des gens souffrant de constipation n'est que légèrement supérieure à celle se rencontrant chez les non opérés, il n'y a pas lieu d'accuser l'opération même.Tout au plus, pouvons-nous affirmer que certaines constipations mécaniques peuvent avoir été influencées par la faiblesse de la paroi consécutive à l'opération.TROUBLES CARDIAQUES: \u2014 Nous remettons l'origine de ces troubles à la sensibilité du système nerveux biliaire qui produit son action réflexe sur le rythme cardiaque: que ce soit le pneumogastrique, le sympathique ou le para-sympathique qui soit en cause.12 patients ont accuse des troubles urinaires.qui.apparemment, n'avaient aucun rapport avec l'opération.10 se sont plaints des orerllles, 28 °°\" 5 de maux de tête.29\u201c \" ° d'étourdissements.37°\" nv de troubles de la vue. APRÈS LA CHOLÉCYSTECTOMIE 79 NS NS NS ANS Ne Lm Lm RSS N.B.\u2014 Un grand nombre des opérés se sont plaints de troubles du côté de la gorge et du pharynx.Or, nous savons que tous les types de pharyngite chronique peuvent être l'apanage de I'arthritique et du biliaire.Mais nous savons aussi que toutes les irritations locales causées par le tabac, les aliments épicés et les liqueurs fortes ont une influence sur cette maladie.Il peut donc fort bien se faire que l'état du rhino-pharynx de ces gens soit dû à toute autre cause qu'au mauvais fonctionnement biliaire.REMEDES: \u2014 Que pouvons-nous faire pour augmenter le pourcentage de guérisons de nos opérés ?DÉSINTOXICATION ET DÉSENSIBILISATION DU PATIENT: \u2014 Nous devons conseiller au malade de s'astreindre à une hygiène très sévère.Le repos, le sommeil, les bains, le réglage intestinal, une alimentation plutôt végétarienne seront à la base du régime.Une thérapeutique suivie, quelques antiseptiques biliaires seront régulièrement prescrits au patient.DIÉTÉTIQUE: \u2014 Comme le disait Chiray lors du Congrès de 1930 à Montréal, « La diététique occupe une place de premier plan dans le traitement des biltaires ».Tous ne sont pas d'accord sur ce sujet.Si, d'après ses travaux, Chauffard a pu démontrer que l\u2019hypercholestérinémie d'origine alimentaire conditionnait l'augmentation et la précipitation de la cholestérine par l'insuffisance relative des taurocholates et des glycocholates, \u2014 de son côté, Chiray prétend que, « en outre des hypercholestérinémies alimentaires, il y a l'hypercholestérinémie glandulaire, surtout surrénale, \u2014 l'hypercholestérinémie par insuffisance de la cellule hépatique qui ne transforme plus avec assez d'activité la cholestérine en sels biliaires.» Toutefois, Chiray lui-même dit que, jusqu'à preuve contraire, la diététique doit viser à éviter l'hypercholestérinémie.ALIMENTS DÉFENDUS: \u2014 Les jaunes d'oeufs, la cervelle, le rognon, le ris de veau; les graisses lourdes, les ragoûts, les fritures, 80 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU AA LS les sauces, le foie gras, le boudin, les saucisses, les aliments fermentés, conservés, fumés, le gibier, les poissons gras, les fromages faits, la charcuterie.N.B.\u2014 Cependant le beurre frais, le lait naturel, l'huile d'olive seront considérés comme permis.Nous recommanderons aux opérés de manger des viandes rôties ou grillées et des légumes en quantité.Il faudra éviter les repas copieux et plutôt manger souvent, boire beaucoup, surtout entre les repas.Il faut se priver des épices et des alcools.Tout ceci dans le but d'éviter le surmenage gastrique.CONCLUSION.\u2014 1° Les opérés de cholécystectomie demeurent des hépatiques tout comme le malade gastro-entérostomisé demeure un gastrique.2° La plupart des troubles sont dus: a) à une altération de la cellule hépatique ou à un désordre glandulaire quelconque; b) à une irritation nerveuse au niveau du moignon vésiculaire ou à des lésions de péri-cholécystite, péri-duodénite ou péri-gastrite; c) à une lésion appendiculaire concomittante.3° Un régime plus approprié et une surveillance plus étroite de nos opérés amélioreront indubitablement le pourcentage des guérisons complètes.STATISTIQUE Hommes 16 (13%) Femmes \u2026 .101 (87%) Cas 117 Patients opérés depuis | an 2ans 3ans 4ans 5ans 17 cas 18 cas 14 cas 19 cas 17 cas 6ans 7ans 8ans 9ans 10 ans 12 cas 10 cas 7 cas 2 cas ] cas APRÈS LA CHOLÉCYSTECTOMIE 81 Patients se plaignant de douleurs du côté du foie 40 Patients se disant absolument guéris .11 77 Patient ayant fait de la jaunisse depuis l'opération 10 Patients n'ayant pas fait de jaunisse .= = = 107 Patients ayant engraissé de 5 a 50 lbs 97 Patients ayant maigri de 5 à 20 lbs ; 13 Patients dont le poids n'a pas varié \u2026.\u2018 7 Patients accusant des troubles digestifs = 59 Patients dont la digestion est bonne .~~.58 Patients ayant présenté des vomissements ; 4 Patients n'ayant pas vomi .113 Patients dont les intestins sont réguliers = .55 Patients dont les intestins sont constipés .; - 56 Patients souffrant de diarrhée = = = | 6 Patients présentant des troubles cardiaques 4 44 6 urinaires $4 44 La maux de tête \u201c \u201c a étourdissements troubles de la vue .\u2026 \u201c\u201c 64 6 6s des oreilles .(34%) (66%) (8%) (92%) (83%) (11%) (6%) (50%) (50%) (3%) (97%) (47%) (47Y% %) (5%) 39 12 28 29 37 10 82 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU SNS NS SNS OST ANS SSD NAS mA LC - MÉTHODE D\u2019ANESTHÉSIE GÉNÉRALE PAR LE FILTRE À CIRCUIT FERMÉ Par ROMÉO ROCHETTE Médecin-anesthésiste de l\u2019Hôtel-Dieu Dans toute anesthésie générale, 11 faut toujours considérer qu'il y a trois sortes de gaz à maintenir sous contrôle.Ce sont d'abord les gaz anesthésiants proprement dits, tels que le protoxyde d\u2019azote, l\u2019éthylène ou l'éther, puis une certaine quantité d'oxygène, variable selon les sujets, et enfin, l'acide carbonique, qui se trouve dans l\u2019air expiré du poumon.Chacun de ces gaz a un rôle bien déterminé à jouer en anesthésie.Il est à présumer que les gaz anesthésiants, tels que le protoxyde d'azote ou l'éthylène, ne forment aucune combinaison chimique avec les tissus du corps humain, quand ils sont introduits dans la circulation générale.Au contraire, ils sont éliminés en totalité par le poumon, sans subir aucun changement, C'est donc dire qu'ils pourraient servir de nouveau, s'ils pouvaient être replacés dans les mêmes conditions de mélange, propre à produire l'anesthésie.Le rôle de l'oxygène, employé avec ces deux mêmes gaz, est double.D'après Waters, anesthésiste à Madison (Wisc.), auquel nous empruntons plusieurs notes dans les lignes qui suivent, son premier rôle est de fournir la quantité d'oxygène nécessitée par le métabolisme basal du corps humain, tandis que le second est de diluer l'agent anesthésique et d'en faire un mélange particulier à chaque sujet.Ainsi.prenons, par exemple; le protoxyde d'azote.employé seul, sans médication préliminaire: s'il est donné une quantité d'oxygène suffisante pour éviter l'asphyxie et répondre aux besoins des échanges tissulaires, l'anesthésie est si superficielle, qu'elle rendrait peu de services à la chirurgie.Si, au contraire, l'on a recours soit à l'éther.l\u2019avertin ou autres médicaments assez puissants, il MÉTHODE D'ANESTHÉSIE GÉNÉRALE 83 ATL SONGS = est souvent nécessaire de dépasser la quantité d'oxygène qui serait suffisante pour conserver au patient sa coloration normale, sans quoi, il s'ensuivrait une anesthésie trop profonde.C'est cette quantité d'oxygène de surplus qui sert de dilution à l'anesthésique, la balance étant absorbée par le sang.L'acide carbonique est le résultat de l'action dès muscles et des échanges qui se font au niveau des tissus.Son rôle principal est d'être l'excitant normal du centre respiratoire.Il est aussi nécessaire à la vie que l'oxygène; mais son accumulation dans 1: poumon provoque une hyperpnée, dite aussi hyperventilation, qui, bien qu'elle ait son utilité passagère, engendre des troubles graves, poursuivie trop longtemps.C'est pourquoi, dans la méthode ordinaire d'anesthésie, 1l est nécessaire qu'un courant continu du mélange anesthésique entraîne, par la valve d'échappement, cet excès d'acide carbonique.En 1916 et les années suivantes, les techniciens du laboratoire de Jackson publièrent de nombreux rapports décrivant les divers moyens d'absorption de l'acide carbonique exhalé du poumon avec les gaz ou vapeurs anesthésiques, La première expérience que firent Jackson et Mann se décrit comme suit: deux chiens furent placés à l\u2019intérieur d'un cabinet, fermé hermétiquement à l'air extérieur, mais contenant environ douze gallons de protoxyde d'azote.Au moyen d'une pompe, les gaz contenus à l'intérieur étaient aspirés à travers une solution d'alcali, et retournés à l'intérieur, débarrassés de leur acide carbonique.Pendant ce temps, une petite quantité d'oxygène était sans cesse libérée dans le cabinet.Ainsi, les deux chiens furent maintenus suus anesthésie, pendant vingt quatre heures, toujours avec la même quantité initiale de protoxyde d'azote et tout juste ce qu'il fallait d'oxygène pour subvenir au métabolisme.C\u2019est cette expérience qui a donné naissance à la méthode « To and Fro » de Waters et à celle du filtre à circuit fermé de Foregger.Bien que dans chaque méthode l'appareil paraisse bien différent, le principe en est le même. 84 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU me A Le système respiratoire se compose des alvéoles pulmonaires, des bronches, de la trachée, du larynx, du pharynx, de la bouche et du nez.Pour appliquer le principe de Jackson à la pratique de l\u2019anesthésie, Waters a pensé faire respirer un sujet dans un masque additionné d\u2019un sac en caoutchouc, le tout imperméable à l'air extérieur.Il remplit ce nouveau système respiratoire d'un certain mélange anesthésique, v.g.protoxyde d'azote et oxygène ou éthylène et oxygène, etc.Après un certain temps, l'oxygène, contenu primitivement dans le mélange, est absorbé par l'organisme et il se développe une quantité d'acide carbonique, qui s'accumule à chaque instant.Le gaz anesthésique, lui, ne subit aucun changement.Pour rendre ce mélange propre au maintien d'une anesthésie continue, il fallait deux conditions: la première, un moyen d'absorption ou de neutralisation de l'acide carbonique; la seconde.l'alimentation de l'oxygène nécessaire au métabolisme.Waters, dans son appareil « To and Fro » (fig.A), a rempli ces deux conditions.Il a introduit entre le masque et le sac respiratoire, un filtre contenant de la chaux sodée, (soda lime), en granules de haute qualité; la chaux sodée a pour fonction d'absorber l'acide carbonique.De plus, par une ouverture près du masque, arrive un courant continu d'oxygène, au taux requis par chaque individu.Figure A ~~ MÉTHODE D'ANESTHÉSIE GENERALE 85 NS NS NS SNS SN Nous avons donc là un appareil où le sang reçoit son oxygène physiologique en quantité suffisante, tandis que l'acide carbonique ne peut plus s'accumuler dans le mélange.Figure B Dans l'appareil Foregger (fig.B).le filtre, au lieu d'être à proximité du masque, est reporté à l'appareil à gaz proprement dit. 86 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Sem em LT LENS MANS TANT SNS OST = Deux tubes en caoutchouc, de calibre assez gros, le relient au masque.Grâce à un genre de valves à sens unique, les gaz expirés prennent la direction suivante: du masque vers le filtre par le tube d\u2019expiration, la valve d'expiration, à travers la chaux sodée, dans le sac respiratoire; retour vers le masque par la valve d'inspiration sans passer par le filtre et par le tube d'inspiration.Dans l'appareil de Waters, les gaz expirés passent à travers la chaux sodée en allant et en revenant, tandis que dans le Foregger, ils ne passent qu'une seule fois, en allant vers le sac respiratoire seulement.En plus des deux valves ci-haut mentionnées, 11 s'en trouve deux autres, actionnées par des manettes et ayant leur rôle particulier.L'une, dite valve obturatrice, permet le remplissage du sac, au début de l'anesthésie, tandis que l'autre, selon la position perpendiculaire ou horizontale de la manette, permet aux gaz expirés de passer à travers ou en-dehors de la chaux sodée, selon les besoins du moment.Les gaz frais sont alimentés par une ouverture se trouvant à l'arrière de l'appareil.Le masque employé doit être capable de s'adapter à la figure du sujet sans laisser aucune fuite et peut être muni ou non d'une valve d'échappement.Le filtre doit contenir environ 500 grammes de chaux sodée en granules de la plus haute qualité.Waters, après plusieurs expériences, a trouvé que les meilleurs résultats étaient obtenus, lorsque les granules étaient du calibre 4 à 8.Si un calibre plus fin est choisi, les gaz circulent plus lentement, rencontrant une certaine résistance dans leur marche.Cette quantité de 500 grammes est suffisante pour absorber l'acide carbonique pendant environ six à dix heures.Pour réussir avec cet appareil, il faut voir à maintenir les voies aériennes libres de toute obstruction: c'est pourquoi, 1l est à conseiller de faire usage du tube pharyngien dans la plupart des cas.La marche de l'anesthésie se fait généralement comme suit: un courant continu de protoxyde d'azote, (nous nommons le pro- MÉTHODE D'ANESTHÉSIE GÉNÉRALE 87 PENSE SENS NN NS SN ANS ND NPN PN LN toxyde d'azote, parce que c'est généralement le plus employé,) et d'oxygène est introduit dans l'appareil, au pourcentage que l'anesthésiste croit propre à produire la narcose.Le masque est tenu légèrement, sans tension, sur la figure du patient.Quand celui-ci a perdu connaissance, il faut mettre en place les courroies de soutien.afin d'éviter toute fuite, tout en ayant soin de laisser la valve d'échappement légèrement entre-ouverte, permettant une tension raisonnable dans le sac respiratoire.Quand le moment est jugé bon.introduire le tube pharyngien.Lorsque tout est remis en place, il s'agit de mettre en usage le circuit fermé.Il faut obturer hermétiquement la valve d'échappement, couper complètement le courant continu de protoxyde d'azote, mettre la manette actionnant la valve du filtre dans la position verticale et ne laisser couler que la quantité d'oxygène nécessaire au métabolisme basal, soit de 200 c.c.à 500 c.c.par minute.Si l'appareil est à l'abri de toute fuite, l'anesthésie peut se continuer ainsi pendant assez longtemps; théoriquement, elle peut durer indéfiniment.Si, par hasard, le patient présente des signes d'anesthésie trop profonde, un courant subit d'oxygène y remédiera.Au contraire.l'anesthésie devenant trop superficielle, 11 suffit d'enrichir le mélange par une bouffée de protoxyde d'azote pur.Quelquefois, l'on désire obtenir un relâchement musculaire complet, L'emploi d'une certaine quantité d'éther est rendu alors nécessaire.ll est à remarquer qu'avec cet appareil, l'usage de très petites quantités d'éther obtient des résultats surprenants: celles-ci, d'ailleurs, sont rapidement éliminées.L'induction se fait de la même manière que précédemment.excepté que l'on fait passer le mélange à travers de l'éther.Comme avec la méthode ordinaire, il faut prendre la précaution de ne faire le changement que très progressivement.afin d'éviter que le patient 88 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU A va ne soit suffoqué.Quand la paroi abdominale est devenue flasque, indiquant un relâchement musculaire complet, nous supprimons l'éther et remettons le circuit fermé en marche, comme plus haut.Il est rare de faire usage de plus de deux onces d\u2019éther, pour une anesthésie d'environ une heure et plus.La clef du succès de cette technique réside surtout dans l\u2019imperméabilité de l'appareil, et l'on n'insistera jamais trop sur cette condition primordiable.Il est facile d\u2019ailleurs de s'en rendre compte par la distension du sac respiratoire; celui-ci aura unè tendance à se dégonflèr, s'il y a la moindre fuite.Il est nécessaire, en second lieu, de s'assurer que l'absorption de l'acide carbonique se fait très bien.Une hyperpnée ou une dyspnée accompagnée de cyanose, qui s'installe progressivement et qui ne peut se corriger que par une trop grande quantité d'oxygène, éveillant le patient, est un signe que la chaux sodée est épuisée et n'est plus apte à remplir son rôle.Troisièmement, l'ajustement du filet continu d'oxygène a aussi une grande importance.Quelques centimètres cubes d\u2019oxygène de plus par respiration peuvent grandement modifier le mélange anesthésique.Supposons, par exemple, la respiration de vingt par minute, il est facile de se rendre compte qu'au bout de ce temps, cela fera une quantité suffisante pour rendre le mélange trop riche en oxygène.Quoi qu'il en soit, après une certaine pratique, l'anesthésiste arrive assez facilement à trouver le juste milieu.Cette méthode présente aussi des avantages qui la recommandent hautement.Citons d'abord, la douceur de la respiration.En zontraste avec la méthode ordinaire où la respiration est bruyante et nuisible, avec le circuit fermé, le patient semble respirer naturellement, sans effort: l'effet immédiat amène le silence et l\u2019immobilité du côté de la paroi abdominale et de son contenu. MÉTHODE D'ANESTHÉSIE GÉNÉRALE 89 re Se ee Nee ons La réaction chimique de la chaux sodée sur l'acide carbonique de l'air expiré produit une certaine chaleur, qui se distribue également à tout le mélange anesthésique et, par la suite, au sujet anesthésié.En outre, l'atmosphère intérieure est saturée par l'humidité que dégage la respiration.Cette chaleur et cette humidité, Waters prétend que ce sont là deux choses qui exposent beaucoup moins aux complications pulmonaires et contrebalancent la chute de la température et la déshydratation, qui caractérisent cet état grave qu'on appelle le shock.Il va de soi que le circuit est, en plus, d'une économie extraordinaire.On ne saurait trop recommander cette technique, étant donné que le coût de la méthode ordinaire est la pierre d'achoppement de la propagation de l'anesthésie au protoxyde d'azote ou à l'éthylène.Les quantités, rapportées par Waters, pour une anesthésie d'un certain temps, sont presque incroyables.Un gallon et demi de protoxyde d'azote pour l'induction, deux gallons d\u2019éthylène pour la période de maintien et un gallon de protoxyde d'azote pour le retour sont suffisants, pourvu que l'appareil soit indemne de toute fuite.Si une anesthésie très profonde est désirée, il est recommandé d'additionner le mélange de vapeurs d'éther.[1 en résulte que l'air, respiré par le chirurgien, l'anesthésiste, etc., n'est pas contaminé par aucune vapeur; pour ceux qui font usage d'éthylène, les dangers d'explosion sont totalement éliminés.Notons en passant que le faciès du patient conserve toujours sa coloration normale, son pouls ne subit pas ou peu de changement; le réveil se fait rapidement, quelques minutes tout au plus après la cessation de l'anesthésie et, si l'opération n'a pas été trop grave, le patient se sent tout à fait à son aise. 90 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU NN ANS NS UNL A TN Mm UAL UA SL TL USL LT SES SES SL SM SO Quant aux suites opératoires (les nausées, les vomissements).plusieurs facteurs peuvent intervenir pour en changer la nature.D'après l'expérience des adeptes de cette technique, les ennuis courants auraient été, dans la plupart des cas, de beaucoup diminués.Comme conclusion, tous les avantages ci-haut mentionnés: la simplicité de l'appareil, que ce soit celui de Waters ou de Foregger.sa flexibilité, son adaptabilité à la grande majorité des cas, en font une méthode de choix, qu'il vaut la peine d'expérimenter, parce qu\u2019elle produit la narcose se rapprochant le plus du sommeil normal.-2] L'INFECTION CUTANÉE AAACN SL UT SS SoA NON ACA NN AAA TN = L\u2019INFECTION CUTANÉE, SES MODALITES PATHOGÉNIQUES ET SON TRAITEMENT Par J.- HENRI LEGENDRE, Médecin de l\u2019Hôtel-Dieu.Tout dernièrement, en parcourant le Traité de Thérapeutique médicale de Loeper, Milian et Bory, notre attention a été attirée par un chapitre d'une extrême importance pour le médecin praticien, qui est souvent perplexe en face d'une infection de la peau.Celui-ci, en effet, employe indifféremment et souvent sans discernement, antiseptiques ou pommades et demeure tout surpris des résultats obtenus et bien déçu de ne pas voir venir la guérison.même après des semaines de traitement.C'est pourquoi, nous croyons utile à tous de préciser la pathogénie de ces infections et de fournir des indications d'une thérapeutique appropriée, apte à amener une guérison rapide.Les microbes ou parasites peuvent envahir la peau de deux façons: 1) par voie externe; 2) par vole interne.1) Par voie externe: c'est la peau qui est le point de depart de l'inoculation.Lorsqu'un enfant est embrassé par un petit camarade, atteint d'impétigo du visage, il reçoit, par le fait même.sur la joue une colonie de streptocoques, qui va donner naissance à une bulle d'impétigo; voilà un exemple caractéristique de l'infection d'origine externe.Dans ce cas, c'est l'épiderme qui est envahi, en prerhier lieu et d'une manière élective.Les différentes infections épidermiques sont, en général, faciles à guérir, parce que superficielles et que l'épiderme peut être aisément désinfecté.Il n'en est pas de même, quand les microbes sont déposés, non plus dans l'épiderme purement et simplement, mais à l'orifice des follicules pilo-sébacés: On sait qu'il existe à l'orifice cutané du 92 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU NAN SOL LOS follicule pileux une petite cupule, une invagination de l'épiderme.d'où sort le poil et dans laquelle peuvent s'accumuler des colonies microbiennes, qui, de là, envahissent le corps du follicule, sa paroi.ses environs.Lorsque les parasites sont ainsi logés dans la cavité du follicule pileux, ils sont extrêmement difficiles à déloger.On se rend facilement compte du fait, si l'on pense que le follicule pileux traverse non seulement l'épiderme, mais encore la totalité du derme pour arriver souvent jusque dans l'hypoderme.On comprend, dès lors, la difficulté qu'il y a à soigner une folliculite, car il est très difficile d'atteindre le micro-organisme, installé au fond du follicule pileux, Aucun antiseptique ne peut y pénétrer, tellement le canal est étroit et profond.Autant il est facile de guérir, par une application de teinture d'iode, une tricophytie épidermique, autant 1l est difficile de guérir une tricophytie folliculaire.La première\u2019 disparaît avec une seule application de teinture d'iode, tandis que plusieurs badigeonnages de teinture d\u2019iode et d'alcool iodé n'amènent qu'une amélioration de la seconde et non la guérison, même après trois semaines: encore faut-il employer d'autres procédés que les antiseptiques.2) Par voie interne: l'infection par cette voie est peut-être moins fréquente.La tuberculose, la syphilis, la lèpre et un certain nombre de maladies générales donnent des lésions cutanées.La furonculose est une des plus intéressantes, au point de vue de son évolution, des infections de la peau.Il arrive qu'un follicule pileux soit envahit par un staphylocoque et il se crée ainsi dans une certaine région du corps.à la nuque, par exemple.un furoncle.S'il est bien soigné, ce furoncle peut tourner court et disparaître vite, sans laisser de traces: mais, au contraire, si l'on y met un pansement humide et, qui pis est, un pansement humide chargé d'un antiseptique irritant, comme l'acide phénique, on peut voir.le lendemain.sous la compresse et dans le territoire qu'ell: L'INFECTION CUT ANÉE 93 ~.AAA NN NN recouvre, une multitude (5-9-12) de folliculites a staphylocoques, qui ne tardent pas a se transformer en furoncles; voila un exemple d'infection de proche en proche, d'origine externe.Mais si cette furonculose dure, si certains éléments deviennent volumineux et multifolliculaires (anthrax), l'infection staphylococcique déborde le follicule pileux, atteint le derme, l'hypoderme.les canaux lymphatiques, ainsi que les ganglions.Dans ces diverses régions, une fois la phase aiguë passée, le germe persiste, à l\u2019état latent, en ne laissant dans certains territoires qu\u2019une légère infiltration, indice de sa vitalité.Une fois le staphylocoque ainsi entré dans l'organisme, il peut, à la faveur du diabète, par exemple, se multiplier sur place, puis se répandre dans le torrent circulatoire, où il va, en divers points, infecter de dedans en dehors les follicules pileux et reproduire, cette fois, une furonculose d'origine interne.Cet exemple nous montre, en passant, combien, au lieu de soigner la furonculose toujours de la même manière, 1l faut, avant route chose, connaître à quel stade de l'infection staphylococcique se trouve l'organisme envahi.Il va sans dire que dans toute maladie cutanée, soupçonnée ou reconnue d'origine infectieuse, il est indispensable de rechercher à quelle modalité infectieuse on a affaire, afin d'appliquer la thérapeutique convenable.Les éruptions d'origine interne sont fréquemment péri-folli- culaires.On sait, en effet, qu'autour des follicules pileux, il existe un réseau capillaire très développé, sans parler des vaisseaux capillaires de la papille du follicule.Il y a, là, des remous circulatoires, où le cours du sang est ralenti et où les germes sont forcément, eux- mêmes, stagnants, De là, le développement dans ces lieux, de complications inflammatoires dont la folliculite est l'expression.Telles sont les grandes modalités de l'infection cutanée. 94 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU TN TL Te Munis de ces notions indispensables, nous sommes maintenant armés pour comprendre la manière de traiter l'infection cutanée.[maginons, d'abord, une infection locale cutanée, d'origine externe, comme on l'observe à la suite d'une plaie souillée par les microbes.La guérison de cette infection est généralement facile: la désinfection locale sera obtenue par deux moyens principaux: 1) le nettoyage et 2) l'application d'antiseptiques.Le nettoyage est la partie capitale du traitement de désinfection cutanée; qui dit nettoyage dit expulsion mécanique de tous les germes microbiens qui pullulent au point traité.Ce nettoyage consiste dans le savonnage de la plaie au savon de Castille simple.Ce savonnage, qui dégraisse la peau, permet d'enlever les débris d'épiderme, les tissus mortifiés, le sang, etc.Ce nettoyage au savon est d'autant plus efficace qu'il neutralise les toxines microbiennes.On appliquera, ensuite, un pansement humide.Par définition, un pansement humide doit rester humide pendant toute la durée de son application.Il ne doit pas, quand on le retire pour le changer, être sec et par conséquent coller, ce qui traumatise 1'épiderme, fait saigner la peau, détruit les réparations épidermiques en voie de réalisation.C'est 1a le critérium d'un bon pansement humide: tout pansement qui est sec, quand on l'enlève, a été mal ou trop longtemps appliqué.Le pansement humide doit comprendre de nombreuses épaisseurs de gaze trempée d'eau boriquée.Ces compresses doivent être appliquées sur une large surface, dépassant de beaucoup les limites de la région atteinte; lorsqu'il s'agit d'une plaie des membres, les compresses doivent faire le tour complet de celui-ci.Une substance imperméable doit être placée au-dessus de ces compresses humides, de manière à dépasser les limites du panse- L'INFECTION CUT ANÉE 95 AA ee LTT Ce en A A SN ment, afin d'empêcher la dessication de celui-ci.Une mince couche d\u2019ouate peut étre posée ensuite et le tout maintenu par un bandage.Ce pansement humide sera changé deux fois par jour; de cette façon, il n'aura pas eu le temps de perdre toutes ses molécules aqueuses.Ce mode de traitement empêche le développement des microbes, favorise la défense de l'organisme; le patient, chez qui on l'applique, ressent un soulagement considérable et immédiat.Il est, toutefois, une recommandation importante, celle de ne pas laisser ces pansements trop longtemps en place; on ne doit les utiliser que 3 ou 4 jours au maximum, juste le temps nécessaire pour faire disparaître les principaux phénomènes inflammatoires.Employés plus longtemps, ils macèrent les tissus; l'épiderme devient blanc, se soulève, et se détache par lambeaux, créant des régions où les microbes vont se réveiller, se développer et amener des complications infectieuses.Cette désinfection locale s'applique surtout dans les cas où non seulement l\u2019épiderme, mais encore le derme et même l'hypoderme sont atteints.Ces moyens, très simples, sont d\u2019une extraordinaire puissance, bien souvent méconnue de certains médecins.S'il est parfois nécessaire de supprimer les pansements humides, après 3 ou 4 jours, comme nous venons de le dire, il est, d'autres fois, utile d'en continuer l'usage; dans ce cas, il est bon de ne les appliquer que la nuit et de faire, le jour, les traitements dont nous allons maintenant parler.Les pommades ne peuvent être employées que dans des cas extrêmement rares; elles remplissent le rôle d'un pansement occlusif.Elles trouvent leur meilleure indication dans les affections mycosiques, à germes moins enclins à pénétrer dans l'organisme et semblent peu efficaces contre les lésions à staphylocoques ou à streptocoques.° 96 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU ~~ Les meilleurs désinfectants cutanés sont les solutions alcooliques de produits antiseptiques.La teinture d\u2019iode est merveilleuse, à ce point de vue; il ne fait nul doute qu'elle est un excellent désinfectant des plaies et un antiseptique prophylactique de premier ordre; son emploi, toutefois, ne peut guère être continué plus de 2 ou 3 jours consécutifs, à cause des phénomènes d'irritation cutanée possible.On peut prolonger l'action de la teinture d\u2019iode par l'emploi de l'alcool iodé (1 gramme d'iode pour 100 cc.d'alcool à 90°), appliqué deux fois par jour, sans dommage pour la peau, médicament excellent des dermites à cocci et particulièrement des pyodermites végétantes.Celles-ci résistent à toutes sortes de pansements antiseptiques et guérissent en 15 jours par l'application bi-quotidienne d'alcool iodé.Les applications d'alcool camphré, dont le pouvoir antiseptique est incontestable, jouent également un excellent rôle dans le traitement des pyodermites.Le nitrate d'argent, en solution dans l'eau distillée, est aussi un bon antiseptique cutané épidermique, utilisé au 50e, au 20e et au 10e.Ces différents modes de traitement sont recommandés, surtout lorsqu'il s'agit d'infections épidermiques ou dermo-épidermiques.Ils ne peuvent pas être de la même utilité, quand les follicules pilo- sébacés sont atteints.Les micro-organismes, quels qu'ils soient, qui ont pénétré dans le follicule pileux et qui y pullulent, sont, pour ainsi dire, invulnérables à l\u2019action des antiseptiques (déposés sur la peau), car ceux-ci, de quelque nature qu\u2019ils soient, ne peuvent pénétrer dans le follicule, tant 1l est resserré et tant il est profond.La présence du poil, au milieu de celui-ci, est une obstacle supplémentaire à l'action antiseptique.Exemple, le sycosis microbien, L'INFECTION CUT ANÉE 97 Le, l'envahissement des follicules pileux de la barbe par le staphylocoque, affection rebelle à la médication antiseptique externe, tant qu'il n\u2019y a pas eu d'épilation.Etudions maintenant le traitement des infections cutanées surgissant par la voie circulatoire générale.Supposons la pénétration dans le derme d'un streptocoque; il va envahir les lymphatiques, les ganglions, la circulation générale et causer une septicémie; il peut alors créer des accidents cutanés de dedans en dehors.On voit ainsi une plaie infectée donner lieu à certaines dermatoses.La roséole syphilitique en est un bel exemple.Il va sans dire qu'en pareille circonstance, le traitement externe de la lésion est assez secondaire.Il faut de toute nécessité faire intervenir une médication interne et chercher à tarir la source microbienne des accidents cutanés.L'ingestion médicamenteuse, les injections intra-veineuses, voire même sous-cutanées, sont les méthodes usuelles.Milian a montré l'efficacité spécifique, dans la furonculose, de l'acide phosphorique en ingestion, à la dose de 50 à 60 gouttes par jour, à donner pendant des semaines pour éviter la récidive chez les furonculeux chroniques.Il existe aussi quelques médicaments pour injection intra-veineuse à base d'acide phosphorique; le Galyl, entre autres, employé à la dose de 0.30, 0.40, 0.50 ctg., amène, en quelques heures, la sédation des phénomènes douloureux des furoncles ou de l'anthrax, en même temps qu'il calme les phénomènes inflammatoires.Les vaccins et les sérums seront utilisés, d'après les germes en cause.Les vaccins seront in jectés surtout pour stimuler les fonctions de défense, tandis que les sérums serviront dans les cas de septicémie.En terminant, qu'il nous suffise de rappeler qu'il ne faut jamais négliger, en dermatologie, le traitement général, celui du 98 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU ASSIS ONE terrain sur lequel s'est développée la dermatose infectieuse.C'est ainsi que des impétigos rebelles, résistant au traitement classique, guériront rapidement par la médication anti-syphilitique chez un hérédo.Il est bon de savoir que l'\u2019opothérapie testiculaire ou ovarienne a souvent raison de certaines infections cutanées, v.g.la teigne, dès que les extraits de ces glandes sont administrés à doses convenables. 99 NS DNS LA QUELQUES CAS D'ANGIOME HYPERPLASIQUE -~ EN MARGE DE QUELQUES CAS D\u2019ANGIOME HYPERPLASIQUE DES DOIGTS Par EDOUARD DESJARDINS, Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu.La lecture d'un chapitre du beau livre que Marc Iselin vient de consacrer à la chirurgie de la main, nous a inspiré le thème de cet article.Il s'agit de certaines causes de retard dans la guérison des plaies du doigt; et parmi celles-ci, il nous en énumère une, importante, assez souvent méconnue: le botryomycome, et il nous donne de cette complication l'observation suivante que nous ferons suivre de six cas personnels de tumeurs digitales: OBSERV ATION I (obs.22 bis d'Iselin).\u2014 « Un jeune homme de 17 ans est soigné pendant trois semaines pour une section nette de la 3ème phalange qui n'a pas été suturée.Alors apparaît un bourgeon charnu qui.malgré la cautérisation au nitrate.les brûlures au thermocautère.ne cesse de s'accroître.Son médecin me l'amène au bout de 6 semaines: il présente alors.au bout de son index.une petite tumeur en chou-fleur.grosse comme une noisette.ne saignant pas.implantée par un pédicule totalement indépendant des bords cutanés de la plaie: c'est là un caractère diagnostique important.Il suffit.sous anesthésie locale.d'enlever cette tumeur en faisant un évidement conoïde de la base d'implantation jusqu'à l'os.On met un point de suture et.malgré une forte hémor- ragie dans l'après-midi de l'intervention.la guérison est acquise en 8 jours.» OBSERVATION II (personnelle).\u2014 Madame L.R.24 ans.mariée et mère de deux enfants.vient consulter le 23 septembre 1932.pour une petite tumeur péri-unguéale de l'index droit.Cette tumeur n'est pas très douloureuse \u2014 elle offre surtout.comme trouble.du saignement facile à toutes les opérations de la main.Cette tumeur saigne au lavage ct à l'essuyage des mains.elle saigne au moindre traumatisme.Elle a progressé graduellement pour atteindre au moment de l'examen le volume d'un gros pois.Le début de cette tumeur remonte à plusieurs mois.Il semble qu'alors la malade aurait eu l'impression d'un corps étranger ayant pénétré dans son doigt et aurait exploré celui-ci avec des aiguilles non stérilisées.bien entendu.Aucun 100 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU aN a corps étranger n'est apparu.mais une légère infection péri-unguéale est survenue, que la patiente a traitée au meilleur de sa connaissance et d'après les conseils de ses voisines.La douleur aurait diminué sensiblement, cependant que la petite tumeur commençait son accroissement.La malade n'aurait pas consulté sans le saignement répété qui l'inquiétait gravement (lui faisant croire à un cancer au début) et l'empêéchait de vaquer aux travaux de sa maison.Elle vient donc, des Laurentides où elle habite.consulter au dispensaire de chirurgie de l'Hôtel-Dieu.A l'examen, nous trouvons un mauvais état général.La malade est très maigre, anémiée, à faciès souffreteux.Elle n'accuse pas d'autres signes que ceux plus haut cités.L'examen local nous fait voir sur le bord externe péri-unguéal de l'index une tumeur de la grosseur d\u2019un gros pois, douloureuse légèrement et qui saigne au toucher.\u2014 tumeur pédiculée et à surface irrégulière.Le doigt n'est pas augmenté de volume et ne présente rien d'anormal.sauf au point d'implantation de la tumeur.Pas de réaction ganglionnaire ni épitrochléenne, ni axillaire.Le diagnostic est porté d'angiome hyperplasique, étant donnés les caractères suivants: tumeur inflammatoire.presque pas douloureuse.saignant facilement.ne réagissant pas au traitement et ne s'accompagnant pas d'adénite.L'intervention est proposée et acceptée par la malade.Elle est pratiquée le 24 septembre 1932.Sous anesthésie locale, il est fait au bistouri une excision circulaire de la tumeur.faite assez profondément pour atteindre le point d'implantation.L'hémostase pratiquée par compression de la racine du doigt étant parfaite.il n'y a pas d'hémorragie.Deux points au catgut chromé réunissent les lèvres de la plaie.petite mèche à l'éther 1odoforme.La pièce est adressée au laboratoire d'anatomie-pathologique.Le rapport nous est remis le 4 octobre 1932 et se lit comme suit: angiome hyperplasique.ce qui confirme le diagnostic clinique.Les suites opératoires ont été très simples.Le dixième jour, la malade pouvait retourner chez elle.la guérison s'étant faite par première intention.OBSERVATION III (personnelle).\u2014 Madame A.B., 26 ans, se présente à la consultation externe de l'Hôtel-Diew le 11 juillet 1932, pour une petite tumeur de l'auriculaire gauche. QUELQUES CAS D'ANGIOME HYPERPLASIQUE l 01 TR SNS NS Cette tumeur, qui a débuté il y a quelques semaines, n'est pas très douloureuse, mais saigne facilement: elle serait survenue après un léger traumatisme, et aurait augmenté malgré le traitement.A l'examen, on note une tumeur pédiculée du volume d'une petite cerise, à peine douloureuse.mais qui ne saigne pas au toucher, Pas d'adénopathie ni axillaire, ni épitrochléenne; pas d'oedème du doigt.ni de la main.- Le diagnostic est porté d'angiome hyperplasique.L'intervention est proposée et pratiquée le jour même sous anesthésie locale.Excision circulaire de la petite tumeur faite en tissu sain, jusqu'au point d'implantation \u2014 pas d'hémorragie \u2014 un catgut réunit les lèvres de la plaie opératoire \u2014 petite mèche à l'éther 1odoformé.Suites: sans incident.Guérison le huitième jour.La pièce est envoyée au laboratoire d'anatomie-pathologique et M.le Dr Riopelle nous adresse, le 19 juillet 1932, le rapport suivant: Angiome en voie d\u2019accroissement.OBSERVATION IV (personnelle).\u2014 F.D., 11 ans, fils de cultivateur.se présente au dispensaire de chirurgie de l'Hôtel-Dieu pour une petite tumeur du pouce gauche, tumeur qui suppure depuis près de deux mois.sans être trop douloureuse.Comme le petit malade habite la campagne, loin du médecin, tous les remèdes populaires en usage dans les régions rurales ont déjà été mis à l'épreuve sans autre résultat que l'accroissement.très lent.il est vrai.de la petite tumeur.Il y a plusieurs mois, l'enfant se serait fait une plaie du pouce gauche, à la suite de pénétration d'un corps étranger, semble-t-il; mais le malade n\u2019est pas très affirmatif: il est surtout d'une grande timidité et craint tout autant l'interrogatoire que les soins médicaux.Les parents, devant l'insuccés de leur thérapeutique, se sont décidés.il y a quelques jours, à conduire l\u2019enfant chez le médecin du village.Celui-ci, après examen sommaire, décrète l\u2019amputation du pouce comme impérative et recommande le séjour à l'hôpital.L'enfant nous est donc amené.le 13 janvier 1933.A l'examen.nous constatons sur le bord externe de la face du pouce gauche une petite tumeur pédiculée, du volume d'un pois.peu douloureuse au toucher: la pression v fait sonrdre un peu de pus.Le diagnostic d'angiome hyperplasique est porté: une radiographie est, cependant, requise pour éliminer l\u2019ostéo-myélite possible d'une phalange: le résultat de celle-ci est négatif. 102 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU NAN NS NNN NNN Il n'y a aucune indication d'amputation du pouce, mais, au contraire, le traitement chirurgical conservateur doit être tenté.Il est pratiqué, sous anesthésie locale: excision circulaire de la tumeur, pansement sec à plat sans point de suture cutanée.Suites opératoires sans incident.La pièce enlevée n'est jamais parvenue au laboratoire d'anatomie pathologique pour des raisons de nous inconnues.OBSERVATION V (personnelle).\u2014 Madame À.L., 38 ans, mariée, sans enfant, se présente à la consultation externe de l'Hôtel-Dieu, le ler décembre 1932.Elle se plaint d'une petite tumeur du pouce droit qui n\u2019est pas très douloureuse, mais qui saigne facilement; ce qui l'inquiète beaucoup, car elle est très timorée et redoute souverainement la transformation de sa tumeur en cancer.L'apparition de cette tumeur remonte à au moins deux mois, la malade ne se rappelle pas très bien de l'origine de celle-ci; elle avoue cependant qu'elle n'a jamais cessé, depuis qu'elle a constaté la présence de cette tumeur de jouer (c\u2019est son expression) avec celle-ci; elle a tenté les pansements phéniqués, les applications de caustiques.elle a même essayé de faire une exérèse superficielle avec une lame de rasoir, le tout sans succès: la tumeur ne rétrocède pas et saigne quand même.La malade se décide enfin, il y a trois semaines, à consulter un médecin de la petite ville où elle habite.Celui-ci lui conseille la radiothérapie.Une séance est donc pratiquée le jour même et doit être renouvelée au bout d'un mois.La malade, cependant, se décourage de ne pas voir la petite tumeur de son doigt disparaître et comme celle-ci saigne toujours au moindre contact, elle demande à voir un chirurgien.A l'examen, nous constatons à la région péri-unguéale externe du pouce droit et envahissant l'espace sous-unguéal une très petite tumeur du volume d'un pois, de consistance très dure, non pédiculée, à revêtement cutané kérato- sique.non douloureuse au toucher, qui ne saigne pas: pas d'adénopathie: pas d'oedème du doigt.Nous portons le diagnostic de transformation kératosique d'un angiome hyperplasique.consécutive à un traitement par R.X.et proposons l'intervention.Celle-ci n'est pas acceptée d'emblée et la malade préfère tenter la modification des caractères physiques de sa tumeur par des applications répétées de pansements humides. Il À LOUER XI Trois formules de base EN CHIRURGIE MODERNE NEMBUTAL 844 Hypnotique, sédatif, antispasmodique.Ce nouveau dérivé de l\u2019acide barbiturique est caractérisé par une action hypnotique rapide, puissante et de courte durée, ainsi que par son effet sédatif prolongé.Ces diverses propriétés font du Nembutal le pré-anesthésique de choix en chirurgie.TEINTURE de METAPHEN Préparée spécialement pour la stérilisation pré-opéra- toire de la peau.Non-irritante, non-toxique, la Teinture de Métaphen ne précipite pas en présence du sérum sanguin, et élimine les dangers d\u2019adhérences.METAPHEN 2500 Solution aqueuse de Metaphen au 2500e.Peut étre employé pur sur les muqueuses les plus délicates.Particulièrement recommandé pour l\u2019irrigation des plaies et la stérilisation des muqueuses.Pour renseignements détaillés, s\u2019adresser a: LABORATOIRES ABBOTT Limitée, Montréal XII ca HT isenojerratose LIE SVN IR TLL tonique reconstituant L\u2019Arsénoferratose s\u2019emploie beaucoup comme altérant et reconstituant dans le traitement de l\u2019anémie, de la chlorose, dans la chorée, dans les dermatoses rebelles, dans la maladie de Basedow et dans tous les troubles d\u2019origine nerveuse.8 Fluid Ounces m« Arsenoferratose »= Aromatic Sotutlon of Sodium Acspnsforrialbuminace Bashrings .ALCOHOL ABOUT 13% D\u2019un goût agréable, les femmes et les enfants n\u2019hésitent aucunement à prendre cette préparation qui est bien tolérée.Elle ne tache pas les dents et ne cause pas de constipation.Made in U.S.A.by formula of C.F.Beshringer & Soshte, Menabeise.Tonic Roborant Blood Builder J DOSE | 110 2 eawpoonfuls 3 times » day afear reals MERCK & CO.Inc.Votre pharmacien peut vous procurer l\u2019Arsénoferratose sous forme de comprimés, en flacons de 75, et sous forme liquide, en bouteilles de 8 onces.Ecrire pour la littérature VERODIGEN (la fraction gitalinique des feuilles de digitale) est la préparation digitalique qui agit le plus rapidement par ingestion.Il surpasse les autres préparations par sa rapidité d\u2019action et se rapproche par là des digitaliques administrés par voie intraveineuse ainsi que de la strophanthine.Autres avantages: Bonne tolérance de la part de l'estomac, pas d\u2019accumulation toxique.Emballage: tubes de 12 comprimés Des échantillons sont en tout temps à la disposition de M.M.les médecins.« MONTREAL LABORATOIRES pi re DEGLAUDE \u201c Médicaments Cardiaques Spécialisés 6 rue d'Assas PARIS.= YPERCHLORHYDRIE SPASMES DOULEURS GASTRIQUES POSOLOGIE Après le repas et Cu moment des douleurs Granulé : 4 cuillerée à cofé Comprimés- 2 à 4 jusqu'à sedation fey EY = Sa QL a L0ocTiZIZItE.LLP Littérature et échantillons: MILLET, ROUX & LAFON Ltée, 1215 St-Denis, Montréal TTT Te AEA TN ator sna PRODUITS GLANDULAIRES C.& C.; HORMOCRINE \u201cF\u201d C.& C.Chaque comprimé représente en glandes fraîches: Hypophyse 1% grain, Ovaire complet 7% grains, Thymus 3% grains, Substance Cérébrale 74 grains, Surrénale % grain, Thyroide 5-16 grain.INDICATIONS : Insuffisance ovarienne, Dysménorrhée, Ménorragie, Désordres de la ménopause, Obésité, Insuffisance glandulaire.Conditionné en bouteilles de 50 et 100 comprimés.MoDE D'EMPLOI : Un à deux comprimés trois fois par jour.Suspendre la médication après quinze jours de traitement, ainsi que pendant la période de la menstruation.OVACRINE C.& C.Chaque comprimé représente en glandes fraiches: Hypophyse 3% gr., Thyroide 1-6 gr., Ovaire complet 71% grs., Surrénale 44 gr., Foie 9 grains.INDICATIONS : Arrét de croissance, Développement du systéme osseux, Infantilisme féminin, Impuissance, Sénilité prématurée, Insuffisance glandulaire, musculaire ou génitale, Troubles de la ménopause.Conditionné en bouteilles de 50 et 100 comprimés.MODE D\u2019EMPLOI : Un à deux comprimés trois fois par jour.NEUROCRINE C.& C.Chaque comprimé représente en glandes fraiches: Teinture de Valériane 40 gouttes, Surrénale %% grain, Substance cérébrale 10 grs, Thymus 3-8 grain.INDICATIONS : Neurasthénie, Surrénalites aigués ou chroniques, Névroses, Hystérie, Hyperexcitabilité psychique, Fatigues, Surmenage, Epuisement et tous autres troubles nerveux ou mentaux.Conditionné en bouteilles de 50 et 100 comprimés.a MobpE D\u2019EMPLOI : Un a deux comprimés trois fois par jour.ECHANTILLON SUR DEMANDE.CASGRAIN & CHARBONNEAU Limitée PHARMACIENS EN GROS Instruments de Chirurgie \u2014 Instruments pour Dentistes Rayons X et Physiothérapie.28-30 EST, RUE ST-PAUL, - - - MONTRÉAL Téléphone LAncaster 3292 XV anata PPP PPP DF I CAMPHOSOL CHOMEDY Solution à 10% de Camphosulfonate de soude T onique du muscle cardiaque remplaçant avantageusement l'huile camphrée qui graisse les seringues, provoque des nodosités et parfois des abcès.Le CAMPHOSOL s'injecte facilement, n'est pas coxique, agit vite, est indolore, ne provoque jamais de réaction locale, et peut s'injecter par voie veineuse.Le CAMPHOSOL agit sur le myocarde en renforçant les contractions et sur le pneumo-gastrique en les régularisant.® Indications: Le CAMPHOSOL s'emploie dans tous les cas ou il faut obtenir une action extrémement rapide tonicardiaque: syncopes, adynamie, phénomènes de shock, grippes, pneumonie, fièvres infectieuses, septicémies, suites d'interventions chirurgicales ou obstétricales.Le CAMPHOSOL excite les centres respiratoires et s'emploie également dans les cas d\u2019asphyxie plus ou moins prononcée des emphysémateux, pneumoniques, asthmatiques ou des noyés et intoxiqués par des gaz toxiques.Presentation: Le CAMPHOSOL est présenté en ampoules de 5 cc, 2 cc.et | cc.© Mode d\u2019emploi: En injections hypodermiques, intra-muscu- laires ou intraveineuses de 2 à 8 cc.par jour en Médecine et de 8 à 15 cc.par jour en Chirurgie.LABORATOIRES J.PLE PARIS HERDT & CHARTON, INC.2027 AVENUE DU COLLEGE McGILL, - MONTREAL WINNIPEG, 128 JAMES ST.TORONTO, 11 KING ST.WEST XVI SEPTQUE LE \u201cak LUSALDOL = | renferme 20% d\u2019Aldéhyde DÉSINFE \\ Formique en combinaison stable avec le savon.@ C\u2019est un bactéricide puissant, non toxique, non caustique.@ C\u2019est l'antiseptique idéal pour toutes fins médicinales, en chirurgie ou en hygiène.@ C\u2019est aussi un merveilleux désodorisant, laissant après son emploi une odeur agréable qui disparaît rapidement.Il est donc tout indiqué au cours des leucorrhées, métrites et.en général, pour la toilette féminine, en lavages avec une solution à 1%.® C\u2019est le seul désinfectant qui détruise et fasse disparaître les mauvaises odeurs, sans y substituer une autre odeur plus ou moins agréable.M.CARTERET, Pharmacien 15, rue d\u2019Argenteuil, PARIS, FRANCE.CANADA : ROUGIER \u2018FRÈRES, - 350, rue Le Moyne, MONTREAL XVII A LOUER \\ URASAL ANTISEPTIQUE URINAIRE EFFICACE Composition: Indications: Hexamethylénamine com- Fabriqué CYSTITE biné avec de la piperazine et du benzo-citrate par PYELITE de lithine.RHUMATISME, etc FRANK W.HORNER LIMITED MONTREAL, Qué.XVIII QUELQUES CAS D'ANGIOME HYPERPLASIQUE 103 A a NS Le 6 décembre 1932, intervention chirurgicale sous anesthésie locale \u2014 section première d'une partie de l\u2019ongle \u2014 excision circulaire de la tumeur sessile \u2014 pas d'hémorragie \u2014 réunion de la plaie au catgut \u2014 petite mèche à l'éther 1odoformé.- Suites opératoires sans histoire.La malade peut retourner chez elle parfaitement guérie vers le 15 décembre 1932.Revue fin décembre, il n'y a pas de récidive.La pièce prélevée a été adressée au laboratoire d'anatomie-pathologique; malheureusement, les coupes n'ont pu confirmer notre diagnostic, car il n\u2019y eut pas d'examen histologique possible.OBSERVATION VI (personnelle).\u2014 _P.L., 37 ans, journalier, se présente à la consultation externe de l'Hôtel-Dieu, le 3 décembre 1929, pour une petite tumeur du pouce gauche à développement assez rapide.mais non très douloureuse.Les commémoratifs font défaut.À l'examen.petite tumeur pédiculée présentant tous les caractères du bourgeon charnu exubérant, de la grosseur d\u2019une framboise et affectant plutôt la forme en chou-fleur.tumeur ulcérée et suppurée; léger oedème du pouce, pas d'oedème de la main: les ganglions ne sont pas perceptibles.La tumeur est sensible et saigne au toucher.Son aspect spécial nous fait envisager un instant la possibilité d'un cancer et nous portons, avant l'intervention, le diagnostic de botryomycose du pouce gauche.n'étant à ce moment pas très familier avec la nouvelle expression d'angiome hyperplasique.Intervention, le 7 décembre 1929, sous anesthésie générale.Excision circulaire de la tumeur jusqu'au point d'implantation \u2014 la plaie n'est pas réunie par des crins ou du catgut \u2014 mèche à l\u2019éther iodoformé.Suites heureuses.\u2014 Le malade peut se compter guéri vers le 20 décembre.La pièce prélevée est adressée au laboratoire d'anatomie-pathologique et le rapport de M.Pierre Masson nous est transmis.le 20 décembre 1929.ainsi rédigé: Angiome hyperplasique, ulcéré et suppuré.OBSERVATION VII (personnelle).\u2014 E.M.+4 ans, menuisier.se présente au dispensaire de chirurgie de l'Hôtel-Dieu.le 13 janvier 1933, pour un phlegmon du pouce droit.Cette affection remonte déjà à plus de quinze jours.le malade s'étant soigné lui-même.aidé des conseils de ses voisins.Il souffre beaucoup et ne dort pas depuis 48 heures.lorsqu'il se décide à consulter.À l'examen.nous trouvons les signes classiques du phlegmon.L'ouverture immédiate est décidée et pratiquée à l'anesthésie locale au chlorure d'éthyle: une bonne quantité de pus est évacuée.le drainage est établi.La collection purulente 104 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU NTN 8 ne se vide pas suffisamment toutefois et une seconde intervention est reconnue nécessaire, le 17 janvier 1933.Il y a amélioration sensible des signes généraux qui étaient assez graves: T° élevée, faciès intoxiqué, pouls accéléré.inappétence, insomnie par algies et l'état local paraît également vouloir suivre le cours des événement heureux.Le malade est soumis deux fois par jour à de grands bains chauds du membre malade.suivis de pansements humides.La douleur cesse, la suppuration diminue, l'oedème du pouce est disparu: il n'y a plus de ganglions axillaires ni épitrochléens, mais une petite tumeur surgit à la cicatrice, bourgeon charnu pédiculé, non douloureux, qui suppure légèrement.Nous basant sur ces seuls signes et fort de nos observations précédentes, nous portons le diagnostic d\u2019angiome hyperplasique et décidons notre malade à subir une troisième intervention.Celle-ci est faite le 28 janvier 1933, sous anesthésie générale.Excision large de tout le bourgeon charnu exhubérant \u2014 nettoyage chirurgical \u2014 section nette de tous les lambeaux dévitalisés \u2014 mèche à l'éther iodoformé.Suites opératoires.La suppuration est tarie, mais la face palmaire du pouce présente un cratère qui mettra long à se combler.La pièce est adressée au laboratoire d\u2019anatomie-pathologique et le Dr Riopelle nous en transmet, le 13 février 1933, le rapport suivant: « Fragment de tissu conjonctivo-adipeux présentant une infiltration purulente et renfermant des débris de tendons ainsi que des séquestres osseux.Diagnostic pathologique: Ostéo-myélite ».Voilà donc un cas typique présentant des caractères (tumeur inflammatoire se développant au voisinage immédiat d\u2019une plaie du doigt, non douloureuse, pédiculée et suppurée) communs à l'angiome hyperplasique et à l'ostéo-myélite et qui nous a fait pencher pour l'hypothèse, reconnue inexacte histologiquement.L'esprit de nos lecteurs étant fixé sur les particularités cliniques des sept observations qui précèdent, il nous sera facile d'aborder l'étude anatomo-pathologique de la tumeur mise en cause.Et d'abord, essayons de nous entendre sur la terminologie.Quelques notions histologiques nous sont ici nécessaires. QUELQUES CAS D'ANGIOME HYPERPLASIQUE 105 NAAN NAN AAA te RS EN La première description a été faite en 1897 par Poncet et Dor.Ceux-ci connaissaient les travaux de Rivolta, publiés en 1879, sur certaines tumeurs inflammatoires du cheval, et, en particulier, sur le champignon de castration; tumeurs dues à un agent pathogène spécial: le botryomyces et trouvant un certain parallélisme avec celles-ci, Poncet et Dor appelèrent donc botryomycomes « de petites tumeurs rouges, pédiculées, facilement saignantes, siégeant de préférence à la main et à la face ».Le terme botryomycome vient du grec: Botrus, grappe, et mukès, champignon.Littré donne à son tour la définition suivante: « Masse mûriforme qui constitue l'élément caractéristique de la botryomycose et est considérée comme un champignon ou un produit de la réaction des tissus sous l'influence d'un microbe particulier: le micrococcus botryogenes ».En 1869, Bollinger, faisant l'autopsie d'un vieux cheval, trouva des nodules fibreux disséminés, gros comme une noix, qui renfermaient à leur intéreur des grains jaunes formés par des champignons.Rivolta découvrit, en 1879, un champignon qu'il rendit responsable de la funiculite de castration, comme nous l'avons déjà dit.Kitt, en 1888, nia l'individualité du parasite coupable de produire le bourgeon secondaire à la castration et mit en cause.aux lieu et place, le staphylocoque.Mais voyons un peu, selon Fumagalli, en quoi consiste ln botryomycose du cheval.« Elle est caractérisée par une tumeur bourgeonnante, constituée par un amas de nodules plus ou moins volumineux, entouré par du tissu scléreux.Ces nodules représentent des foyers inflammatoires.Ils s'ouvrent à l'extérieur par de nombreux trajets fistuleux, d'où s'écoule du pus qui tient en suspension des petits grains jaunâtres qui ont l'aspect de grains de sablr et qui ressemblent aux grains jaunes du pus actinomycotique.» 106 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Le parallélisme entre l'affection survenant chez le cheval et la petite tumeur inflammatoire apparaissant chez l'homme fut établi.en 1897, par Poncet et Dor de Lyon.L'histoire se répète: dans les Archives de Médecine, Sabrazès et Laubie nièrent, en 1899, l'individualité du « botryomyces asco- formans », comme l'avait fait Kitt, onze ans plus tôt, en médecine vétérinaire.Dans sa thèse soutenue à Paris en 1900, Spourgitis favorisa la théorie de l'identité commune du botryomyces et du staphylocoque.Et la controverse de s'installer; l\u2019école lyonnaise, guidée par Poncet, en tenait pour la genèse spécifique (cocci isolés) et sa rivale parisienne bataillait pour faire reconnaître l'origine staphylococcique.Picqué et Terrier.en 1903, refusèrent d'admettre la présence de grains spécifiques.Lagroux, dans sa thèse publiée en 1904, remarqua à son tour que les amas granuleux trouvés dans les coupes de botryomycome n'avaient rien de commun avec un parasite, mais qu'ils étaient tout simplement des débris de substance nucléaire en voie de désintégration.En 1905, Küttner admit comme agent causal le staphylocoque et le plaça à l'origine de tout bourgeon charnu.Il se refusa à étiqueter botryomycome une affection qui ne relevait pas d\u2019un champignon et proposa, en échange, le terme de granulome télangiec- tasique.Toutefois, la polémique s'orienta différemment en 1908.quand Letulle soutint que les grains botryomycosiques étaient dus à Un « regroupement de plusieurs amibes de provenance intestinale qui, après leur mort.se transforment en une masse ronde et hyaline ». QUELQUES CAS D'ANGIOME HYPERPLASIQUE 107 NN a Schridde, Hoffmann et Konjetny incriminerent certains protozoaires.Il n'est, cependant, pas possible d'assimiler le cas de Schridde au problème qui nous occupe, puisqu\u2019il s\u2019agissait chez lui d'un point de départ osseux.DeQuervain et Lecene adopterent la conception de Küttner et retinrent le terme de granulome télangiectasique.Delbet et Chevassu restèrent très réservés dans leur description de la botryomycose faite pour le Traité de Chirurgie de LeDentu et Delbet.[Jenormant a beaucoup écrit sur la question, Il a même conseillé l'appellation: granulome pédiculé, qui ne préjuge en rien d'une pathogénie inconnue.Le caractère pédiculé de la tumeur lui fut sujet à développement et lui parut être un signe important à placer sur le même pied que la richesse en vaisseaux sanguins.Magrou, dans sa thèse de Paris, parue en 1914, donna le coup de grâce à la théorie mycosique, car il démontra d'une façon claire et précise « que les caractères morphologiques et culturaux des bactéries 1solées dans la botryomycose du cheval étaient exactement superposables à ceux du staphylocoque et qu'il n'y avait aucune raison de les distinguer.» Magrou et son élève Dumas ont même produit la botryomycose expérimentale en inoculant du pus dans le testicule du cobaye: ce qui donna des grains à massues typiques.« Les lésions obtenues chez le cobaye après l'inoculation expérimentale se présentent comme dans le champignon de castration du cheval, tout au moins les initiales.Celles-ci sont constituées par des noyaux durs, irrégulièrement sphériques, jaunâtres, qui paraissent constitués par des nodules inflammatoires limités par des bandes fibreuses.9 (Fumagalli.) Panisset aida beaucoup également à la recherche de la vérité.Pierre Masson rapporta, en 1918, une plaie de guerre botryomy- cosique.Il fit, en outre, le départ entre la botryomycose humaine 108 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU vraie et l'affection qui nous intéresse.Pierre Masson décrivit l'objet de notre article sous le nom d\u2019angiome hyperplasique.Cette variété de tumeur des doigts a donc eu des appellations nombreuses en rapport avec les lésions relevées par les différents auteurs.Nous les résumons ainsi: botryomycome, granulome pédiculé, granulome pyogene, granulome télangiectasique et angiome hyperplasique.L'intérêt anatomo-pathologique de notre tumeur est tres grand.Au point de vue macroscopique, c'est une petite tumeur du volume d'un grain de café, d'un pois ou d'une cerise, ressemblant quelque peu à une framboise ou à une myrtille.Cette tumeur est le plus souvent pédiculée, mais parfois sessile : le pédicule qui peut être très fin, semble indépendant des bords cutanés de la plaie.La surface de la tumeur est généralement irrégulière, ce qui lui donne alors l'apparence d'une framboise; elle peut être aussi plane et uniforme.La tumeur a une tendance à l'ulcération et saigne d'habitude facilement.Au point de vue histologique, cette tumeur est formée par du tissu conjonctif embryonnaire semblable à celui de tous les bourgeons charnus avec grande quantité de vaisseaux capillaires dilatés à structure de néo-vaisseaux inflammatoires, C\u2019est un angiome à petites cavernes, dont les travées sont de tissu conjonctif en hyperplasie inflammatoire, farci de leucocytes et recouvert par un tissu de granulation.L'épithélium épidermique est refoulé, en voie d'atrophie et disparaît causant les ulcérations.« La base ou le pédicule, écrit Pierre Masson, contiennent deux ou trois néo-vaisseaux volumineux, raccordés aux vaisseaux dermiques et dont les ramifications nombreuses, très voisines les unes des autres, dessinent des anses anastomosées.Celles-ci se groupent en QUELQUES CAS D'ANGIOME HYPERPLASIQUE 109 des sortes de pelotons, de glomérules, distincts les uns des autres.D'abord superficiels, ces glomérules sont bientôt enfouis sous une lame épaisse de tissu de granulation riche en cellules rondes.Ils sont eux-mêmes englobés dans un tissu inflammatoire qui dessine autour de chacun d'eux des cloisons plus ou moins épaisses.Ces bouquets glomérulaires ont les éléments fondamentaux des tumeurs formées par une prolifération vasculaire ou angiomes ».I! faut donc retenir que la lésion correspond ici surtout a l\u2019hyperplasie du tissu vasculaire et pour employer les mots de Pierre Masson, c'est une hyperplasie angiomateuse exubérante.Connaissant par les observations, publiées ci-haut, les signes cliniques et n'ignorant plus l'anatomie pathologique, 11 nous sera maintenant très aisé de porter le diagnostic d\u2019angiome hyperplasique.Seules, quelques affections peuvent prêter à erreur \u2014 ce sont certaines formes très rares de panaris, dits analgésiques de la maladie de Morvan; les infections mycosiques exceptionnelles chez nous \u2014 l\u2019ostéite avec séquestres osseux (obs.VII) ; les cancers (hypothèse envisagée dans notre obs.VI), enfin toutes les petites tumeurs des doigts: papillome, xanthome, fibrome.Qu'il nous suffise de les connaître; l'élimination se fera ensuite facilement.Le pronostic de l\u2019angiome hyperplasique est excellent; l\u2019exé- rèse amène la guérison et il n'y a pas de récidive.Le traitement, que nous avons essayé, est simple; car l'intervention chirurgicale, sous anesthésie locale, est facile et nous a donné d'excellents résultats.Nous savons que d'autres traitements ont été proposés et nous n'avons.pas l'intention d'en faire ici la critique.L'intervention chirurgicale nous a paru très aisée et les résultats opératoires ont guéri nos malades rapidement.Que faut-il retenir de tout ceci?Cinq notions que nous résumons comme suit : 110 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU STD TD OT DT NN NN ANA DELTA CS - I.La tumeur, étudiée aujourd\u2019hui, a été longtemps connue sous le nom de botryomycome.Il avait, en effet, semblé à certains auteurs qu'elle s'apparentait de très près à la tumeur qui lui ressemble et qui apparaît chez le cheval: mais il a été clairement démontré qu'aucun champignon n\u2019en était l\u2019agent causal et prouvé sans conteste qu'elle ne contenait pas de grains jaunâtres.2.Cette tumeur est souvent une cause de retard dans la guérison des plaies des doigts.3.Cette tumeur, d'origine inflammatoire incontestablement.est connue sous bien des noms: granulome pyogénique, granulome pédiculé et granulome télangiectasique, eu égard à certains de ses caractères: a) origine microbienne (staphylocoque) ; b) pédicule presque constant et c) richesse en vaisseaux sanguins.Beaucoup d'auteurs la décrivent sous ces noms.Il nous paraît qu'il y aurait, ici encore comme pour beaucoup d'autres affections, lieu de tenir un conseil des nations, afin d'adopter internationale- ment une dénomination claire et précise pour le grand bénéfice des étudiants et des praticiens.Toutefois, l'opinion des anatomo- pathologiques devrait, à notre avis, prévaloir à ce sujet et il nous semble juste d'adopter et de prôner l'expression qu'ils ont créée.C\u2019est donc dire que nous ne connaîtrons plus maintenant cette petite tumeur inflammatoire que sous le nom d'angiome hyper- plasique.4.\u2014 Au point de vue clinique, le diagnostic est aisé.Tout praticien peut le porter.qui a présent à l'esprit le tableau suivant: tumeur inflammatoire, survenant le plus souvent sur ou au voisinage d'une plaie du doigt, peu douloureuse, saignant facilement.ne donnant pas d'adénite.irréductible aux caustiques et ne récidivant pas après exérèse. QUELQUES CAS D'ANGIOME HYPERPLASIQUE 111 ASAIN oe 5, \u2014 L'intervention chirurgicale nous paraît être le mode de traitement le plus facile et le plus efficace.T'out praticien bien installé peut opérer à l'anesthésie locale et guérir rapidement le malade porteur d'un angiome hyperplasique.Cette petite tumeur inflammatoire est donc de diagnostic facile et comporte un traitement à la portée de tous.BIBLIOGRAPHIE 1.\u2014 ANTUNES, ALTINO.\u2014 Le botryomycome humain, Ann.d\u2019An.path.Paris, 1928, v, no 3.2.\u2014 ACHARD & LOEPER.\u2014 in An.path.Paris, 1916, 88 et 491.3.\u2014 BENNECKE.\u2014 Zür Frage d.teleangieckt.Granulome, München, 1906.4.\u2014 BIANCHERI, T.\u2014 Telangiectatic granuloma, Rassegna internaz.di cline terap., 1931, xii, 455.5.\u2014 BODIN.\u2014 Sur la botryomycose humaine.Ann.de Derm., Paris.1902.289.6.\u2014 BOLLINGER.\u2014 V.À., 1870, 49.id.\u2014 La botryomycose du cheval.Deutsch.Zeitschr.f.Thiermedicin, 1887, xiii, 176.7.\u2014 BREDIER, H.\u2014 Du 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LES INFECTIONS ULTRA-APICALES 115 Ce SNL En SAS NS ARN NS NS NS NS NES LES INFECTIONS ULTRA-APICALES ET LEUR TRAITEMENT PAR L\u2019IONISATION Par ALCIDE THIBAUDEAU, Professeur d\u2019anatomie dentaire à l\u2019Université de Montréal, Chirurgien-dentiste à l\u2019Hôtel-Dieu Depuis quelques années, les foyers d'infection, avec leurs répercussions lointaines, n'ont pas cessé d'inquiéter le chirurgien dentiste digne de ce nom.L'ignorance des lois élémentaires de l'hygiène, (particulièrement hélas, chez les Canadiens français), a fait de la bouche un des plus dangereux centres de propagation pathogénique.Ce n'est pas à des médecins que jJ'entreprendrai de prouver mon assertion ni de décrire en détail la pathologie buccale.Je me contenterai de faire une distinction entre deux sortes d'infections dentaires ou péri-dentaires.Les unes que j'appellerai spontanées, nées de la négligence du patient et les autres acquises, moyennant finances, chez certains fabricants de ponts, de couronnes ou d'obturations dites de porcelaine.De ces dernières, 11 y aurait beaucoup à dire pour éclairer le monde médical qui rend encore à leur sujet des jugements fort erronés.Cependant, tel n'est pas le but de cet article.Pour cette fois, je ne parlerai que de l'infection ultra-apicale, de ses causes et des moyens de la faire disparaître.Dans le domaine odontologique, certaines infections spontanées, qui apparaissent sans contagion apparente, sont souvent dues à des bactéries banales qui s'exaltent, lorsque la résistance individuelle diminue.Dans les caries profondes qui atteignent toujours la pulpe, les tissus ramollis, putréfiés, sont imprégnés de micro- organismes très variés des espèces aérobies et anaérobies.De toute les complications qui surviennent, la première est l'infection radiculaire pure et simple.Viennent ensuite celles qui intéressent directement le médecin à cause de leurs conséquences.Elles sont nombreuses.Au premier rang se trouve celle qui est 116 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU NAA ee 1 25 étudiée aujourd'hui: l'infection diffuse ultra-apicale, qui amène de la température, de la périostite et de la fluxion.L'abcès avec ou sans fistule visible, peut survenir; l'hyper- cementose, les kystes radiculaires, la nécrose du maxillaire, les adénites, les contractures musculaires, la sinusite maxillaire peuvent se rencontrer.Certains troubles généraux d'origine dentaire apparaissent souvent à l'oeil, -au coeur, aux articulations et ailleurs.Les troubles de l'estomac sont toujours les derniers aperçus; c'est donc une grave erreur que d'attendre pour examiner la bouche d'un patient qu'il se plaigne d'ennuis digestifs.Je ne saurais trop louer cette initiative prise par bon nombre de médecins d'avoir un miroir buccal, un explorateur et d'examiner la bouche de la plupart de leurs patients.D'autres vont plus loin et complètent leur examen par la radiographie; excellente coutume qui n\u2019est, cependant, pas sans danger, car, ne l'oublions pas, seuls les médecins et dentistes très habitués à la lecture des radiographies, peuvent les interpréter sans faute.J'irai plus loin, les Rayons-X eux-mêmes peuvent être une cause d'erreur.S'ils donnent une image positive, tout va bien, mais si l'image est négative, il peut encore rester un doute sérieux.Dans ce cas, vous admettrez qu'au dentiste revient la tâche de compléter le diagnostic par un bon examen clinique.Il est indiscutable que les infections ultra-apicales, une fois découvertes, doivent disparaître.Trois méthodes sont à la disposition du chirurgien.L\u2019extraction pure et simple, avec ou sans curettage de l\u2019alvéole, est le premier mode de traitement.Malgré certaines opinions contraires persistant encore, je suis d'avis que dans toute dent à plusieurs racines ou à canal inaccessible, c'est encore l'unique moyen d\u2019enrayer l'infection.Il n\u2019en est pas ainsi des dents d\u2019une seule racine à canal accessible jusqu\u2019au bout.Songez donc à quel désastre on aboutirait, s'il fallait extraire impitoyablement toute dent abcédée.Il ne se passe pas un mois, LES INFECTIONS ULTRA-APICALES 117 SNS qu'il ne se présente, à la consultation, un jeune homme ou une jeune fille posédant une magnifique denture, dont une incisive est abcédée par suite d\u2019une carie, d'une fracture ou d'une obturation dévitalisante.Que faire, se demande le médecin ou les parents ?L\u2019extraire ?Voyez d'ici le résultat; 11 faudrait, pour la remplacer, condamner des jeunes gens à porter pour le reste de leurs jours une petite pièce de prothèse, génante a la mastication et pour la diction, ce qui serait inhumain.Poser un pont ?ce qui veut dire entamer deux dents saines et détruire l'esthétique de cette bouche.Non, deux moyens restent, qui peuvent réussir à faire disparaître l'abcès et à conserver la racine en place, moyens qui vont permettre dans la plupart des cas, de préserver la beauté de l\u2019arcade dentaire, soit en conservant la couronne (si la couleur en est bonne), soit en la remplaçant par une couronne en porcelaine.Ces deux moyens sont la chirurgie et la thérapeutique conservatrice, La méthode chirurgicale consiste à ouvrir la gencive et le procès alvéolaire au niveau de l'apex, et à curetter l'abcès et le bout de la racine.C'est le curettage apical.Il sera méme nécessaire dans certains cas de pratiquer l'apectomie.Cette méthode peu agréable pour la patient a l'avantage d'assurer une cure radicale, pourvu, toutefois, que l'on ait eu soin de stériliser parfaitement la racine avant de la remplir jusqu'à son apex.Et voici que pour atteindre ce but, il faut en venir au troisième moyen, la thérapeutique non sanglante.Il est prouvé que la méthode osmotique, c'est-à-dire l\u2019application répétée de médicaments dans une racine abcédée ne réussit qu\u2019une fois sur cent.Reste donc l'ionisation.A Montréal, je ne sais quel usage on fait de !'ionisation en médecine générale, mais en chirurgie dentaire, depuis 1927, elle 118 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU ANS DANS SANS LOTO NS wm ee ee NT mT LS nous rend des services merveilleux.Quoi de plus logique, en effet.Si une racine est infectée tout le long de son canal central, il n\u2019y a pas de doute que la majorité des canalicules transverses de la dentine le sont aussi.Cette racine, en plus, est surmontée d'un abcès, auquel on accède par un canal dont le diamètre n'excède pas un demi-millimètre; donc pas plus de chance de succès.Seule, l\u2019électricité peut faire pénétrer dans ces foyers les ions médicamenteux germicides qui permettront ensuite à la nature d'opérer son oeuvre de régénération des tissus.Je sais bien que les médecins ne sont pas particulièrement intéressés dans les détails de la technique à suivre dans ce genre de traitement; cependant, je leur demanderai de lire ce travail jusqu'au bout pour acquérir ou affermir leur foi.En compensation, je réduirai à sa plus simple expression, l'exposition de cette thérapeutique.D'abord, ce qu'il faut avoir en main, c'est un courant continu, aussi rectiligne que possible.Qu'il vienne d'une pile, d'un accumulateur, d'une dynamo, ou d'un rectificateur a lampe, je crois que cela n'a pas beaucoup d'importance.Ce qui est important, c\u2019est qu'il soit d'un faible voltage, 40 à 45 volts, et d'une tres faible intensité.Il sera donc nécessaire d'avoir un réducteur de potentiel (ou rhéostat), capable de limiter exactement à la quantité voulue le débit de la source; un milliampèremètre pour mesurer le débit: des fils conducteurs et des électrodes qui consistent en une pièce métallique que le patient tient en main et un fil de platine qu'on applique dans la dent du patient.I! faut donc utiliser un appareil à deux pôles, l'un négatif et l'autre positif.Si, dans la racine, que j'ai eu soin de bien nettoyer et d'isoler, j'introduis un médicament électro-positif, tel que l'iode, et que j y applique en même temps le pôle négatif de l'appareil, qu'arrive-t-il ?Les tons d'iode se précipitent à travers le canal de la dent, les canalicules, l\u2019abcès et toute la région infectée pour gagner le pôle positif que le patient tient dans sa main. LES INFECTIONS ULTRA-APICALES 119 + ANCL SN TL Se NST SL TT SO ESS ~ ~ Point n'est besoin d'insister auprès d'un médecin pour lui expliquer l'action bienfaisante d'une telle médication, surtout quand Paul Duhem, radiologiste à Paris, Jean Dubost, préparateur à la Faculté de médecine, Stéphen Leduc et Bourguignon nous disent que l\u2019action sclérosante et résolutive des ions d'iode est une des plus remarquables et des plus constantes qu'il soit donné d'observer.Bien plus, pour assurer la guérison, le pôle négatif par lui- même agira comme le potassium, le sodium et la soude; 11 ramollit et désagrège les tissus.Vaso-dilatateur, il augmente la circulation et facilite l'élimination.Par cette méthode, j'ai traité plus de 150 cas avec succès et plusieurs confrères qui se sont associés à mes expériences ont eu les mêmes résultats.Il ne sera donc plus permis à l'avenir de sacrifier une belle bouche faute de traitement. 120 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU NL A A PROPOS DU TRAITEMENT DU DIABETE DE L\u2019ADOLESCENCE \u2018Par CHARLES NADEAU, Médecin de l\u2019Hôtel-Dieu.Dans le service de messieurs les docteurs Dubé et Pépin se présentait, en mars 1931, une jeune fille âgée de treize ans.Cette jeune fille énumère, à l'examen subjectif, un série de troubles se rattachant au syndrome diabétique; à savoir la polyphagie, la polyurie et la polydypsie.Au dire de la malade, ces troubles apparurent depuis au-delà de deux ans.En même temps, elle commença de maigrir, malgré une augmentation marquée de son appétit.Dans son histoire héréditaire, des faits intéressants sont à noter.Son père, machiniste d'une éducation élevée, observe une diète bien balancée.De ce fait.l'alimentation familiale est quelque peu influencée.C\u2019est un homme de stature moyenne, pesant un poids d'environ 159 livres et jouissant d\u2019une santé apparemment bonne.Dans ses antécédents héréditaires, son père est mort à l'âge de soixante et sept ans de syndrome cardio-rénal.Sa mère vit encore.Du côté maternel, le tableau est plus complexe.La mère de la malade, femme âgée de trente-trois ans, est obèse: son poids est de 195 livres.DDe son côté familial, son père est mort à l'âge de 55 ans de coma diabétique, et l\u2019une de ses soeurs est morte à 29 ans, également de coma diabétique.La mère est vivante et semble jouir d'une bonne santé.Nous croyons devoir rattacher à cette hérédité morbide maternelle, l'évolution du diabète chez notre petite malade.L'obésité de la mère implique les données d\u2019une diète surtout riche en hydrates de carbone et en graisses.En effet, son père, sa soeur, étaient de gros mangeurs et elle-même est une grosse mangeuse.Le pain.les pommes de terre, les gâteaux.les chocolats sont à la base de son alimentation.Cependant, chez elle, l'analyse des urines, ainsi que la recherche du taux de la glycémie, n'ont rien montré de particulier.Peut-être aurions-nous pu trouver une épreuve de la glucosurie et de la glycémie provoquées À PROPOS DU TRAITEMENT DU DIABÈTE i21 NC TENG NL NN UAL AUN UA Um UN UL TU TL ALS AAU SN Sm As AT Sr concluante.Malheureusement, il ne fut pas possible d'obtenir cette faveur de la mère.La famille se compose de trois enfants dont l'aînée, notre petite malade, un garçon de onze ans, en bonne santé, pesant un poids idéal en rapport avec son âge et sa stature, également une petite soeur de trois ans, présentant une légère obésité, son poids étant de quarante livres.L'histoire de la maladie, chez notre petite malade, remonte à plus de deux ans.Avant cette date, cette enfant faisait l\u2019orgueil de ses parents; grasse, rondelette, ayant de belles couleurs.Douée d'un bon appétit, à l\u2019instar de sa mère, elle mangeait fortes quantités de pain, de sucreries, et ceci, malgré les avis répétés du père qui recommandait une alimentation plus restreinte.Or, subitement, cette enfant rubiconde maigrit en dépit de la persistance de son appétit.Dans les mois qui suivirent, maintes fois, des infections de la peau: furoncles, eczéma, excoriations infectées, panaris, obligèrent un médecin d'intervenir.À son appétit exagéré, bientôt une soif immodérée vint se joindre et compléter le tableau, Médecin consulté, analyse des urines faite, on découvrit du sucre à un dosage voisinant 120 grammes au litre.La maigreur rapidement s'installa; la soif devint plus intense et le volume des urines augmenta proportionnellement.C'est vers cette époque que la malade fut amenée dans le service.L'examen subjectif est intéressant.La vision est bonne et la malade peut lire sans fatigue.Les oreilles: rien de particulier.Le nez: la malade dit souffrir assez souvent de coryza, de même qu\u2019elle se plaint d'amygdalites fréquentes.Elle ne tousse ni ne crache.Système circulatoire: rien de particulier.Système digestif : appétit formidable; la malade peut manger constamment; c'est une faim douloureuse, un besoin impérieux de manger entre les repas.Cependant la digestion est bonne et elle ne souffre pas de constipation.La soif est intense et la malade avoue elle-même boire au-delà de trente verres d'eau par jour.Système génito-urinaire: la malade n\u2019est pas encore menstruée.La polyurie diurne est très marquée; elle urine plus de vingt fois par jour et trois ou quare fois la nuit.° 122 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU DTA NN NN À l'examen objectif, on ne constate rien de particulier, si ce n'est la maigreur, étant donnés sa taille de quatre pieds et huit pouces et son poids de 70 livres.L'analyse des urines donne une glucosurie de 90 grammes au litre avec excès d'acétone et d'acide diacétique.La réserve alcaline est de 48 pour 1000.L'azotémie est de 0.40 et la cholestérinémie est de 1.75 grammes.Le Wasserman est négatif.Le taux de la glycémie est de 2.30 grammes.La diagnostic de diabète avec dénutrition étant posé, le régime fut immédiatement institué, se composant de: albumine, 64 grammes; hydrates de carbone, 85 grammes; graisses, 100 grammes: régime d'un apport de 1525 calories par vingt-quatre heures.Dans l'établissement de cette diète, nous avons tenu compte de divers facteurs en rapport avec l'état de croissance de la malade, sa maigreur et la cholestérine du sang.Nous avouons que peut- être la ration protéique était quelque peu insuffisante, tandis que celle des graisses était réduite.Ces particularités étaient basées sur les données du professeur Joslin, qui, chez les enfants, a toujours jugé préférable l'établissement d'une diète pauvre en graisses et ceci chez ceux présentant déjà des signes d'acidose et une hypercholes- térinémie.Deux jours après avoir été soumise à cette diète, la glucosurie de 90 grammes tombait à 65 grammes, tandis que le taux de la glycémie n'était guère modifié.À ce moment, fut institué le traitement insulinique, la malade recevant cinquante unités d'insuline par vingt-quatre heures, réparties en deux injections.Deux jours plus tard, le sucre était disparu des urines de même que l'acétone et l'acide diacétique.La glycémie restait à Un taux voisin de 2.1 grammes.En même temps, la faim diminua, la polydypsie et la polyurie s'atténuèrent.Pendant ce temps, nous inspirant des données américaines, nous avons fait l'éducation de la malade.Nous lui avons enseigné les principes fondamentaux de la diététique du diabétique.Nous lui avons inculqué les principes motivant la nécessité, pour elle, d'observer strictement sa diète.Nous lui avons fait connaître l'usage À PROPOS DU TRAITEMENT DU DIABÈTE 123 A Lee de la balance, la valeur des aliments en albumine, en hydrates de carbone et en graisses.De plus, les religieuses lui montrerent comment rechercher dans les urines le sucre, l'acétone et l'acide diacé- tique.Quelques jours plus tard, constatant l'amélioration progressive de sa santé, cette enfant se faisait, elle-même, ses piqûres d'insuline, sachant reconnaître la nécessité de ces injections, les accidents qui peuvent survenir a la suite de ces injections, c.a.d.l'hypoglycémie et comment y remédier.De même, elle était prévenue des accidents possibles résultant des excès alimentaires et des conséquences de la suppression de l'insuline.Dix jours après son entrée, la malade quittait l'hôpital, aglu- cosurique, ayant engraissé de cinq livres, sachant calculer et peser ses aliments, se faire ses injections d'insuline et rechercher le sucre et l'acétone dans les urines.Nous avons pu suivre cette malade jusqu'à ces temps derniers.Malgré nos enseignements, et connaissant les inconvénients graves à ces manquements, notre petite malade s'est quelquefois montrée indisciplinée.Des incidents sérieux se produisirent alors.En janvier 1932, au cours d'une infection grippale, la diète fut relâchée, de même que la malade négligea de se faire ses injections d'insuline.Quatre jours plus tard, elle tomba dans un état comateux.Le père, prévoyant, fit lui-même la recherche du sucre, de l'acétone et de l'acide diacétique.Consulté, nous fimes le dosage et la recherche du taux de la glycémie.La glycémie: 3.10 grammes.La glucosurie: 50 grammes.Acétone et acide diacétique: excès.Immédiatement, nous instituâmes le traitement du coma diabétique.Dans les douze heures qui suivirent, tout rentra dans l'ordre et l'alimentation fut reprise progressivement.Depuis, notre malade est un modèle de discipline.En mai 1932, la malade fut menstruée, c.a.d.à l'âge de près de quatorze ans.Ses règles sont normales, quant au rythme, à la durée et à l'abondance.En septembre 1932, la malade accuse une diminution de son acuité visuelle.Elle est aussitôt conduite à l'Hôtel-Dieu, où un 124 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU ANNE 3 - LA LAS ANNE ANS spécialiste est consulté.On trouve deux cataractes en évolution.Avec plus d'ardeur que jamais, la malade se soumit à son traitement insulinique et elle se maintint, aglucosurique, jusqu'à ces jours derniers.En même temps, sa vision s'améliore à un tel point, que maintenant, elle peut lire, écrire, broder sans difficulté ni fatigue.Elle est maintenant heureuse; elle travaille, s'occupe des choses de la maison et semble jouir de la vie.Aujourd'hui sa diète se compose: albumine, 84 grammes: hydrates de carbone, 120 grammes; graisses, 110 grammes; insuline, 40 unités par jour.Elle pèse maintenant 135 livres.De cette observation, 11 nous faut faire ressortir quelques faits.D'abord la nécessité de l'éducation soignée de ces jeunes malades; ne pas craindre de leur faire connaître les dangers auxquels ils s\u2019exposent en ne suivant pas leur régime et les moyens de se tenir en bonne santé.Il est facile, évidemment, de montrer à ces malades la technique de l'injection d'insuline, de la recherche du sucre.etc.Connaissant le maniement des tables de diététique, ils peuvent en quelque sorte s'affranchir de la tutelle du médecin.tout en lui témoignant de la reconnaissance.C'est pour nous un grand plaisir de revoir ces malades, devenus bien portants et de les entendre nous dire: « Docteur, je n\u2019ai plus de sucre, je mange bien et je continue mes piqûres.» De ce fait, la tâche du diabétologue est rendue plus facile, ses appréhensions étant moins grandes, ABCES PULMONAIRE, COMPLICATION .125 NNN NN TN RUN SUL ASU ALA UAL UAL TAA A AAA ALAN DANS SNS NAS LL TT YN ey ABCES PULMONAIRE, COMPLICATION D\u2019AMYGDALECTOMIE Sa pathogénie \u2014 Son traitement par la bronchoscopie.Par MARCEL OSTIGUY (Clinique d\u2019Oto-Rhino-Laryngologie de l\u2019Hôtel-Dieu).La formation d'un abcès pulmonaire à la suite de l'ablation des amygdales est une éventualité très rare.La proportion, au dire de la plupart des auteurs, est d'environ deux pour mille.Quelques-uns en signalent une proportion plus forte, d'autres n'en ont jamais vu dans leur clinique, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'en ont pas eu, car la cause réelle de l'abcès n'est pas toujours dépistée.De toute façon, l'abcès pulmonaire post-opératoire existe, non seulement après les amygdalectomies, mais après les interventions sur toutes les parties du corps, et son pronostic est assez grave.Quel est le mécanisme de la formation de l'abcès du poumon lors de l'ablation des amygdales ?Est-ce le fait de la présence dans les bronches de sang, de pus ou de fragments d'amygdales ?Ou alors est-ce une infection endo-lymphatique ou septicémique ?Evidemment l\u2019abaisse-langue fait du pharynx un véritable entonnoir et l'anesthésie locale ou générale abat plus ou moins le réflexe de la toux, « le chien de garde du poumon », a dit Chevalier- Jackson.D'ailleurs le réflexe de la toux n'empêche pas la pénétration du sang dans les bronches.De plus, la forte inspiration.qui précède et celle qui suit la toux font pénétrer le sang dans les petites bronches et infectent parfois des régions qui seraient restées saines autrement.La position du malade durant l'opération et le genre d'anesthésie influent-ils sur la fréquence des abcès pulmonaires ?Il semble que non.La statistique démontre un plus grand pourcentage d'abcès du pouman post-amygdalectomiques en Amérique, où l'opération se pratique le plus souvent sous anesthésie générale au 126 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU SOLS SNA 2000 ENS chloroforme, le sujet étant couché, alors qu'en France on opère le sujet assis, avec anesthésie superficielle au chlorure d\u2019éthyle.Mais cette statistique plus élevée semble plutôt être mise sur le compte du plus grand nombre de ces interventions en Amérique qu'en Europe.En outre, des expériences ont démontré que le mode d'anesthésie influait peu sur la descente du sang dans la trachée et les bronches.Ainsi Meyerson de Brooklyn a fait, a la suite d'opérations sur les amygdales, cent bronchoscopies immédiatement après l\u2019intervention.Dans 79% des cas, il a trouvé du sang dans les voies aériennes.Parmi ces cas, les uns avaient été opérés sous anesthésie locale, d'autres sous anesthésie générale, dans la position assise ou couchée, soit au chloroforme ou au chlorure d'éthyle.avec ou sans l\u2019aide de l'aspiration du sang; d'autres enfin, des enfants, sans aucune anesthésie.Il semble bien d'après ces expériences, qu'on ne peut incriminer l'anesthésie.D'ailleurs, dans les cas où le réflexe est absent, \"aspiration du sang et des sécrétions fait compensation.Chevalier-Jackson, dans une série d'expériences analogues, trouva du sang dans les voies aériennes dans 60% des cas.Il nous fait remarquer en relatant ces expériences qu'aucun de ces malades ne fit d'abcès du poumon.Ainsi, quelque précaution que l'on prenne, dans les trois quarts des cas opérés, il y a du sang dans la trachée.Chevalier-Jackson a même relaté, dans une leçon donnée à Montréal l'année dernière, qu\u2019il avait trouvé en pratiquant des bronchoscopies sur des malades, des morceaux d'amygdales, des fragments d'instrument du chirurgien et même, dans un cas, l'ampoule électrique d'un miroir de Clar.Mais c'est là une exception, heureusement ! Ces corps étrangers agissaient à la façon d'un clapet qui se ferme à l'inspiration et qui s'ouvre à l'expiration, amenant l'atélectasie d\u2019un lobe entier.Tous ceux qui pratiquent l'ablation des amygdales sous anesthésie générale savent que si le patient montre des signes d'asphyxie. ABCÈS PULMONAIRE.COMPLICATION .\u2026.127 il suffit de le laisser réveiller un peu pour voir les téguments reprendre leur coloration normale et une toux violente faire jaillir un flot de sang hors des poumons.Or le sang est un milieu de culture excellent pour aider les microbes à se développer, et il faut chaque fois qu'il est possible, l'empêcher de pénétrer en trop grande quantité dans les bronches.Chevalier-Jackson recommande d'éviter de donner de la morphine au malade avant l'opération, précisément pour garder le réflexe de la toux.L'infection cependant peut se faire par une autre voie que par les bronches, puisque les abcès du poumon arrivent même à la suite d'interventions sur l'abdomen.C'est donc à la voie lymphatique qu'il faut penser, à cause précisément de l'abondance de ces vaisseaux au voisinage de l'amygdale.La section de ces vaisseaux permet aux microbes, qui ne manquent pas d'être nombreux et très virulents au voisinage d'amygdales malades, d'être transportés dans le système circulatoire et de se fixer dans le parenchyme pulmonaire.Un fois le diagnostic d'abcès pulmonaire établi par le médecin, il faut procéder au traitement sans tarder.Pour la guérison de l'abcès pulmonaire, c'est la rapidité du traitement qui compte le plus.la conduite à tenir sera différente selon qu'ou aura affaire à un abcès à la phase aiguë, à un abcès chronique récent ou à un abcès chronique ancien.Si la maladie remonte à quelques jours ou à quelques semaines, le traitement médical a beaucoup de chances de succès.La médecine générale a, à sa disposition, plusieurs médications, qui consistent soit à améliorer l\u2019état général, créer l'antisepsie ou provoquer le drainage naturel par une vomique.La position déclive, la tête basse, a donné aussi des résultats.Ira Franck, de Chicago, rapporte dans les Annals of Oto- Rhino-Laryngology (juin 1923), un cas où un caillot de sang avait causé l'atélectasie du lobe supérieur, compliquée de suppuration.Il le traita en faisant respirer au malade du gaz carbonique, ce qui amena des mouvements respiratoires plus amples, causant ainsi une toux qui fit cracher le caillot. 128 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU NL NSN NL TU ND NN NN LS ee Enfin, des traitements multiples ont été imaginés.Mais je n'ai pas à insister sur cette partie du traitement.Ce qui intéresse le bron- choscopiste, c'est le cas où le médecin général a échoué.Dans l'abcès aigu, la bronschoscopie est indiquée, mais elle ne devra viser qu'au déblocage et au drainage.Il ne faudra pas injecter des solutions huileuses.Tout au plus faut-il appliquer des tampons de cocaine-adrénalinée, montés sur des tiges porte-coton, sur la muqueuse bronchique tuméfiée, de manière à amener une décongestion qui permette au pus de s'écouler librement.Généralement dans ces cas, le tube aspirateur ne ramène que peu de pus.Mais le déblocage des bronches permet au pus accumulé dans l\u2019abcès de s'écouler et il est très fréquent de constater une vomique peu de temps après la bronchoscopie.Nous avons vu à la clinique du professeur Soulas à Paris, des cas aigus guérir en une seule séance.L'intervention dans ces cas doit être très courte, de 2 à 10 minutes environ, afin de ne pas fatiguer ou effrayer le malade, peu familier avec ce genre de traitement.Une bronchoscopie, d'ailleurs, ne devrait jamais durer longtemps ni être douloureuse, ce qui est facile avec la technique de Chevalier-Jackson, où la position de la tête met l'arbre aérien en ligne droite, de façon à ce que le bron- choscope n'appuie fortement nulle part, surtout sur les dents du haut.Une bronchoscopie bien faite ne demande pas plus de trois attouchements du pharynx avec une solution de cocaïne à dix pour cent.L'abcès pulmonaire passe à la période chronique, mais récent, est le triomphe de la bronchoscopie.La suppuration est abondante et le drainage fréquent aide beaucoup à l'évolution heureuse de la maladie.La lésion n'est pas encore assez localisée pour opérer sans causer beaucoup de dégâts.Cependant, beaucoup de chirurgiens, tels Robert Monod, chirurgien de la Charité, à Paris, sont en faveur de l'intervention sanglante.Mais même dans ces cas, la bronchoscopie sert à pré- ABCES PULMONAIRE.COMPLICATION .129 Nn TANS TOL SS parer le malade, soit par un lipiodolage permettant un examen radiographique, soit en améliorant l'état général.Ainsi le professeur Soulas, chef de la clinique de bronchoscopie à l'hôpital Laennec, à Paris, dit: « Le plus souvent une amélioration indiscutable permet au chirurgien d'agir avec plus d'efficacité et d'économie ».Economie de poumon, en effet, car la bronchoscopie tend à collecter l\u2019abcès qui à cette place est diffus.« Nous avons pu d'autre part ».dit encore Soulas, « avec un peu d'obstination, remporter la victoire, sans recourir au bistouri ».! À cette période, il faut faire tous les quinze jours un bon drainage bronchique, suivi d'injections d'huile iodée ou eucalyp- tolée et recourir souvent à la radiographie afin de se rendre compte si l'on accomplit des progrès.Les abcès chroniques anciens sont les plus difficiles à traiter et relèvent plutôt de la chirurgie.Cependant là encore la bronchoscopie a son usage en préparant le malade et en permettant de choisir le moment propice.Il peut d'ailleurs y avoir des raisons pour empêcher l'opération : refus du malade, état général trop mauvais, ou lésions bronchiques étendues (bronchiectasies avec dégéne- rescence de la muqueuse).Il faut alors faire l'expérience de la bronchoscopie.S'il y a amélioration, tout va pour le mieux.Mais l\u2019absence de résultats rapides ne doit pas décourager l'opérateur.La guérison peut nécessiter deux ans et demander une soixantaine de bronchoscopies.Soulas traite ces cas à l'aide de l'aspiration combinée à l'injection simultanée d'huile eucalyptolée.L'huile se mélange au pus et l'entraîne dans l'aspirateur du bronchoscope.Ceci a pour effet de changer la flore microbienne et en même temps de supprimer la fétidité des crachats, symptôme qui ennuie beaucoup le malade et son entourage.Tous les cas traites par la bronchoscopie ne se terminent pas par la guérison, mais le seul fait de prolonger la vie du malade et de lui apporter un réconfort moral et physique est suffisant pour fustifier le traitement.- ! A.SOULAS, La Bronchoscopie, état actuel de la question. 130 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU TAN PS mes em eS mA, BN a a Le SN Sans aucun traitement, l'abcès pulmonaire guérit spontanément dans 15 à 207% des cas.La bronchoscopie a permis de remonter ce pourcentage sensiblement.Yankauer parle de 50% améliorés.Clerf, de Philadelphie, sur cinquante-sept abcès post amyg- dalectomiques a obtenu 51% de guérison et 22\u2018% d'amélioration par la bronchoscopie.Kiernon, 31 guérisons sur 63 de ces abcès post-amygdalectomiques.Il est évident que.de ces abcès guéris, la plupart sont ceux qui furent traités dès la phase aiguë.Dans la période chronique récente, Soulas admet qu'il ne faut pas s'obstiner à retarder l'intervention chirurgicale, si les résultats sont nuls.Enfin, dans les formes chroniques anciennes, si les résultats favorables sont rares, la bronchoscopie y doit tout de même être tentée et elle est d'un grand aide pour le chirurgien. MIETTES GASTRONOMIQUES 131 AL sos LS LT NN NON SNS ALAN NN SNS NS NAS NAN MIETTES GASTRONOMIQUES DE L\u2019HISTOIRE DU CANADA Par LÉO-E.PARISEAU, F.R.C.P.(Canada), Chef de Service de la Radiologie à l\u2019Hôtel-Dieu, Membre de la Société Historique de Montréal.(suite) LES CUISSES DE GRENOUILLE OUAOUARON Comme chacun sait, les soldats de la Guerre de 1914-1918 s'appelaient des « poilus » quand ils étaient français, des « fritz » quand ils étaient allemands, des « tommies » quand ils étaient britanniques, et des « sammies » quand ils venaient des Etats-Unis d'Amérique.Ces vocables, qui n'avaient rien de désobligeant, ne pouvaient satisfaire pleinement les impertinents sammies; aussi s'empressèrent-ils d'en trouver d'autres, un peu plus malicieux.C\u2019est ainsi que les soldats de France, de « poilus » qu'ils étaient, devinrent des.« froggies y», par allusion à un goût prononce pour les cuisses de grenouilles.Du reste, bien avant la guerre, les Anglais appelaient leurs voisins d'outre-Manche des « frog-eaters »; et je n'ai pas été surpris de trouver ceci dans une « Histoire de la Virginie » publiée il y a plus de deux siècles: « Il y en a (des grenouilles) d'une grosseur prodigieuse, qu'on appelle des Taureaux, à cause du bruit qu\u2019elles font.L'année dernière, j'en vis une de cette espèce tout- auprès d'un courant d'eau douce, et qui étoit d'une grosseur si énorme qu'après avoir étendu ses cuisses, je trouvait qu'il y avait dix-sept pouces et demi de distance, de l'une à l'autre.Je suis persuadés que six Français en auroient pu faire un bon repas.» (Réf.139.) Six Français pour un seul « bull-frog » ?Monsieur Beverley veut rire ! J'aime à penser qu'il fallait, en ces temps-là comme aujourd'hui, au moins six ouaouarons pour satisfaire un authentique Français. 132 LE JOURNAL DE L'HOTEL-DIEU NNN NN NNN NN NN AY Guillaume Rondelet, qui vivait au seizième siècle, a consacre aux grenouilles un chapitre de son « Histoire entière des poissons » : il dit qu'elles sont comestibles, mais qu'on n'en mange « que les cuisses de derrière, on jette le reste, parce qu'il i a peu de chair, ou que les entrailles sont venimeuses, ou qu'il n'i a rien de bon a manger, ce que Aristote a aussi annoté.» (Réf.140.) Ce texte permet d'affirmer que les découvreurs et les premiers colons du Canada étaient des.« frog-eaters y.Il ne faudrait pas croire, cependant, qu'ils devinrent fous de joie lorsqu'ils se rendirent compte que les eaux dormantes de notre pays hébergeaient des grenouilles aussi grosses qu'un boeuf.du moins, par la voix.Bien au contraire, ils hésitèrent longtemps avant d'apprêter les cuisses du ouaouaron.Vingt-cinq ans après la fondation de Québec, frère Sagard confesse sa répugnance: « J'ay oùy dire à nos Religieux dans le pays, qu'ils ne feroient aucune difficulté d'en manger, en guise de Grenoüilles: mais pour moy je doute si je l'au- rois voulu faire, n\u2019estant pas encore bien asseuré de leur netteté.» (Réf.141.) Et Pierre Boucher, dont le livre parut en 1663, n\u2019est pas davantage à classer parmi les.ouaouaronovores, puisqu'il se borne à noter que « les Hurons les mangent et les trouvent fort bonnes ».(Réf.142.) À défaut de rendre justice à leur chair, nos premiers écrivains ne manquent pas d'admirer la taille et la voix des grenouilles géantes.« Elles sont grandes comme des assiettes », dit une relation des Jésuites.(Réf.143.) \u2014 Elles sont « d'une grosseur prodigieuse », écrit Beverley.\u2014 Elles sont « aussi grosses que le pied d'un cheval », suivant Boucher, qui ajoute: «elles meuglent le soir comme un Boeuf, et plusieurs de nos nouveaux venus y ont esté trompez, croyans entendre des Vaches sauvages: ils ne vou- loient pas croire quand on leur disoit que c'étoit des grenouilles, on les entend d\u2019une grande lieuë ».(Réf.144.) Le plus « trompé » ce fut, je pense, le naturaliste suédois Pierre Kalm, délégué en Amérique par les universités et les sociétés savantes de son pays, l'an 1747.avec mission de recueillir tous les renset- gnements possibles sur le climat, la faune.la flore et les richesses MIETTES GASTRONOMIQUES 133 ~ eNOS PCT eA minières du nôtre.C'est au cours d'une chevauchée dans le New Jersey que Kalm entendit pour la première fois l\u2019imposante voix du plus fort de nos batraciens.Il se crut poursuivi pour un taureau et piqua de l'éperon ! Rentré chez ses hôtes, Kalm leur raconta son aventure; on imagine les rires homériques qui fusèrent quand le savant homme avoua naïvement qu'il n'avait pas aperçu le taureau ! Que voulez-vous: Kalm ne pouvait tout savoir; c'était pour apprendre qu'il avait fait le voyage.(Réf.145.) Son compatriote, l'illustre Linné, avait, vers la même époque, affublé le « bull-frog » d'un beau nom latin : rana boans.Un autre naturaliste, Catesby, qui fit paraître en 1754 une histoire naturelle de la Caroline, manifesta tout son respect pour la taille de la bête en la nommant « rana maxima ».(Réf.146.) Mais il a fallu déchanter.Nos plus gros échantillons mesurent, sauf erreur, environ huit pouces de longueur; or on a découvert, depuis Catesby, dans le Cameroun, une espèce qui atteint souvent dix pouces ! C\u2019est la «rana Goliath».Aussi la nôtre ne s\u2019appelle-t-elle plus « maxima», mais, beaucoup plus modestement: « catesbiana ».Quelle déchéance ! C'est bien le cas de chanter: « deposuit potentes de sede .y.Les premiers blancs du Canada ne s'embarrassèrent pas de tous ces vocables prétentieux.Ils optèrent pour l'expression « grenouille taureau », ou encore, pour « grenouille mugissante ».C'était bien, mais il y avait mieux à faire et ils le firent; ils s'assimilèrent le nom si expressif que les aborigènes avaient trouvé: « Quaraon ».(Réf.147.) Le mot, par la suite, subit quelques déformations; nous disons aujourd'hui: ouaron et ouaouaron.J'ai consulté plusieurs amis afin de savoir laquelle des deux variantes mérite d'être conservée .Tous ceux qui ont quelque oreille s'accordent pour affirmer que le mot prononcé à tout propos par nos petites géantes a trois syllabes, plutôt que deux.Ils optent donc pour ouaouaron, de préférence à ouaron.: 134 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU ~~ TA TN TS Se TTL Fort bien, mais alors: ne vaudrait-il pas mieux retourner trois siècles en arrière pour retrouver, dans toute sa beauté primitive, le vieux mot huron: ouaraon ?Je soumets la question à nos érudits philologues.Quelle que soit leur décision, 11 faudra s\u2019y conformer sans hésitation.Je doute que l'on puisse trouver dans toute la langue proprement canadienne une onomatopée plus expressive que le mot ouaraon ou ses dérivés modernes.Ce mot, nos grenouilles ont pu, par la grâce de Lady Byng.l'enseigner à toutes les nations d'Europe.Un journal montréalais, en date du 24 janvier 1927, nous apprenait que la charmante et bonne vice-reine, rentrée dans sa patrie, avait été prise de la nostalgie des choses du Canada.Souffrant de ne plus entendre le sonore juron de nos gros ouaouarons, l'illustre dame avait écrit à un naturaliste d'Ottawa pour lui demander du frai, afin de peupler les étangs de son domaine.Qui me dira s1 l'entreprise a réussi ?Sans le vouloir, je viens de pondre un alexandrin: « le sonore juron de nos gros ouaouarons ».Ce n'est pas ça qui me vaudra le prix David, ni même l'honneur de figurer dans une anthologie canadienne.D'ailleurs, la poésie .batracienne compte déjà, chez nous, deux 1llustres desservants: Ferland et Chopin.Ecoutez-les chanter, l'un après l'autre: « Grenouilles, mon enfance a compris votre voix.Pieds nus et l'âme ouverte au cantique des grèves.Esseulé dans la paix auguste des grands bois, J\u2019at fait aux couchants roux l'hommage de mes rêves.Comme un troupeau de boeufs, vers la chute du jour Emplit de beuglements le calme des prairies, Vous avez, quand vient l'heure où l'âme a plus d'amour, Peuplé de chants profonds mes jeunes rêveries.Qu'ils sont lointains les soirs pensifs de mes douze ans, Ces soirs dont la grandeur ont fait mon âme austère, Ces soirs où vous chantiez, ouaouarons mugissants, La douce majesté de la grise lumière.» (Réf.148.) * * * MIETTES GASTRONOMIQUES AAA SNS Sur la grève un brouillard flotte, L\u2019eau clapote Et soulève les copeaux frais, Les baguettes du saule et les champs de quenoutlles.J'écoute au loin dans la campagne les grenouilles Parmi les joncs, dans les marais.Venues On ne sait d\u2019où Et de partout, Les plus menues, Frêles comme des bourgeons verts Et les aînées, D\u2019autres années Que gelèrent de lents hivers; Toutes à gorge pleine De se répondre et s\u2019éjouir Et de crier, ces petites païennes, Leur plaisir : « C\u2019est nous les prophétesses Du printemps, Les poétesses Des étangs.« À nous les brumes et les lunes, Coassons, Les nénuphars.les martagons qui sont nos fleurs, Coassons, Sous l\u2019haleine des soirs nos liesses communes, Coassons, Et nos sabbats et leurs minuits ensorceleurs ! Sur la grève un brouillard flotte.L\u2019eau clapote .Dans la campagne au mois de mai, O le plaisir de vous entendre, 6 clameurs claires Des grenouillères ! (Réf.149.) Oui, certes, le plaisir de vous entendre est grand, 6 ranes, mais tous les poètes du monde ne pourront soustraire quelques-unes d'entre vous à mes mains redoutables.J'ai promis des cuisses de 136 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU SL SAS LS AN grenouilles canadiennes aux lecteurs du journal, et je veux tenir parole.Mais .que vois-je ?Pendant que je recopiais des vers, un vieux ouaouaron plus vigoureux que les autres a, d'un coup de museau, fait sauter le couvercle du panier qui servait de prison à lui, ses frères et ses soeurs: .Des flocs redoublés annoncent le retour de toute la famille à l'étang ancestral.Bah ! la faute sera vite réparée.Nous allons, sans plus, repé- cher nos grenouilles.Je dis bien: nos grenouilles, car il y a tout à parier que les mêmes se laisseront reprendre.Ces petites païennes, (pour parler comme Chopin), sont extraordinairement voraces.Un hameçon, une bouchée de viande ou même un lambeau d'étoffe écarlate composent tout l'attirail de la pêche la plus facile et la plus amusante qui soit.Peut-être croyez-vous, lecteurs, que l\u2019artifice de l'appât voyant est d'invention assez récente et particulière à notre pays ?Si oui, détrompez-vous.Rondelet, cité plus haut, nous rappelle que « Les raines.sont si gouluës qu'elles s'entremangent elles mesmes.J'ai veu des grandes qui tenoient des petites en la gorge, d'autres qui en avoient dans l'estomac à demi digérées, qui est cause que de loin où elles sentantes, ou voiantes l'apast, i accourent, \u20ac tost sont prises, mesmement si l'apast est de chair, ou du cueur d'une Grenoille mesme ou de drap rouge (sic) monstrant couleur de chair ».(Réf.150.) (a suivre) Le & ENCOURAGEZ NOS IMPRIMEURS ! A cer FA el Imprimeurs Thermographes Graveurs Editeurs Relieurs Tél HArbour \u201c5288 334, RUE NOTRE-DAME EST, MONTREAL LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU DE MONTRÉAL remercie ses annonceurs et prie les lecteurs de leur accorder un bienveillant patronage.XIX PLateau 4033 LA RELIURE PHILIPPE BEAUDOIN LIMITEE Reliure d\u2019art ancien et moderne Reliure de bibliothèque 4651, RUE SAINT-DENIS - MONTRÉAL \u2014y Premiers soins à l\u2019aide Le pansement chirurgical moderne.Les avantages suivants recommandent STERILASTIC à votre attention: Sterilastie élimine les noeuds et les épingles.Il ne colle pas aux cheveux ou à la peau, il facilite la respiration cutanée et ugit comme compresse sans resserrer, Il n\u2019eutrave pas la liberté des mouvements et est facile à appliquer et à enlever.Il est économique.Messieurs: Veuillez m\u2019adresser un échantillon de STERILASTIC.Nom Adresse 940, RUE DES INSPECTEURS i sans resserrer.Ils sont fabriqués en diffé- Les pansements transformés par STERILASTIC TERILASTIC est fait d\u2019une bande de S tissu élastique poreux collée sur de la gaze qui s\u2019adapte parfaitement aux contours.Il se fixe aisément et rapidement en pressant ensemble les bords superposés, ce qui élimine les épingles ou les noeuds.I! reste en place, mais peut s\u2019enlever facilement sans aucune douleur.I! n\u2019adhère pas aux cheveux ou à la peau.Les bandages Sterilastic pour pansements chirurgicaux assurent une plus grande liberté de mouvement au membre blessé parce qu\u2019ils réduisent le volume du pansement à son minimum et agissent comme compresses rents formats, variant en largeur de 14 à G pouces, et en longueur de 5 à 10 verges.- MONTRÉAL, CANADA XX seurre OANTEINE\u201d Préparé par une maison canadienne.Le lait le plus riche en ferments lactiques.INDIQUÉ spécialement dans les cas d\u2019entérite ou de stase intestinale.A LIMITEE 00000060 O0COCDODOONOGONOONOIOGNOSNOSNTS 0000600000000000000000 Lee ma y MD) MoN I 1x MA ve 3 3 REP \u201cc 12) = Z 3 ANTI-URIQUE TYPE 5 iD) % ~ 1 IY, iD) J Ye ) LABORATOIRES DE LA PIPERAZINE MIDY sy New Birks Bldg.MONTREAL 2 à 4 cuillerées à caté par jour.MCT T = y \u20ac J.EDDÉ, Limitée, Edifice New Birks, Montréal, agent général pour le Canada.XXI If A LOUER AVEC LES COMPLIMENTS DE SIMMONS [|IMITED MANUFACTURIERS DE LITS, SOMMIERS, MATELAS, OREILLERS ET MEUBLES D\u2019ACIER.© XXII | | Ï Tel.: CRescent 6163 | | THE PIZZAGALLI TERRAZZO TILE MANUFACTURING CO.LIMITED Travaux en Marbre, Tuiles et Terrazzo MONTREAL 105, RUE JEAN-TALON OUEST, a Téléphone: HArbour 4752 A Spécialité ORDONNANCES DE MM.LES OCULISTES MONTREAL 2070, RUE ST-DENIS, XXII == GEO.R.PROWSE RANGE Cie Limitée == If Fondée en 1829 _A A Etuves Fourneaux de cuisine Fontaines .BM .fe Marmites a cate .Rôtissoires Eviers i Tables Table-réchaud a vapeur Ustensiles Réchauds pour la cuisson Table-réchaud a vapeur Equipement de tous genres pour cuisine et service à l\u2019usage des HÔPITAUX, hôtels, restaurants et institutions.DEMANDEZ NOTRE CATALOGUE eus 2025, RUE UNIVERSITÉ - - MONTREAL, Qué.mmm NPI PPPS PP \u201cAPPENDS PPPOE SERVICE DE VOITURES AMBULANCES à la VILLE et à la CAMPAGNE, JOUR et NUIT APG OO EEE CAO ECO NEO OO OO PE Spécialistes dans le transport des malades et des blessés GEO.VANDELAC LIMITÉE Fondé en 1890 G.VANDEL AC, jr.ALEX.GOUR NOOO dP Ps DIRECTEURS DE FUNERAILLES SALONS MORTUAIRES NOOO 120 RUE RACHEL EST, - - MONTREAL Tél.: BEloir 1717 op ln A NAA AN ANNAN NNN NDP NNN NNN NNN NNN PND ON PPP PPP PPP PPP PPP PPP PPP PPP PPP + SN XXIV GARAGE LEONARD LIMITÉE 5430 BOULEVARD ST-LAURENT MONTRÉAL + Distributeur de la voiture FRONTEN AC Modèles variés SERVICE SPÉCIAL DE RÉPARATIONS TOUS LES MÉDECINS SONT LES BIENVENUS FINANCE ASSURANCES Nouvelle raison sociale Guardian Finance & Investment COMPANY Agents financiers 266 RUE ST-JACQUES OUEST - - - MONTRÉAL \u201cTél.MArquette 2587 GASTON RIVET, Gérant.XXV dn PRO PP Pr Pr rire rm arr rer re re A A A Ar A ra PPI NO I NPIS POP PI née 4 né NN EAN Arr A 4 EPPO A EE PA PA A A A FAR NA PPP Ppp pip lol ~~ pu PPP > 4 | [ | | 45 45 45 2 9.S { 2 >?pe Avec les compliments de $ > 5 9 > $ $ 5 5 > $ y £4 Le 2 u 45 9.44 9 45 9.45 9.45 $, {4 $ 24 bh?04 $ $ $ ; 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