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Titre :
Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal
Éditeur :
  • [Montréal, Québec] :[Hôtel-Dieu de Montréal],1932-1947
Contenu spécifique :
Juillet-Août
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1934, Collections de BAnQ.

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[" Numéro 4 Troisième année JUILLET - AOÛT 1934 LE JOURNAL de L\u2019HOTEL-DIEU DE MONTREAL ets 2 Numéro spécial : \u201cJACQUES CARTIER DEVANT LES MEDECINS\u201d TIRAGE CERTIFIÉ: 2000 COPIES SOMMAIRE du No 4 JUILLET-AOÛT 1934 (ES 2 Numéro spécial : \u201cJACQUES CARTIER DEVANT LES MÉDECINS\u201d LÉO.-E.PARISEAU: En marge du récit de la « Grosse Maladie » du Capitaine Cartier .2220400 00 0 0 0 217 Avis de la Rédaction 110012121100 285 Errata 112 LR 1 286 SI diagnostic=anémie LE traitement=FOVURASE L.N.L.Par comprimé.Ext.sec Foie 3 grs.0.20 .ge Levure desséchée 3grs.0.20 Un ou deux comprimés, trois fois L Nucléinate de Fer 1gr.0.065 par jour.LABORATOIRE NADEAU LIMITÉE LA.2185 === L 100 ouest, rue St-Paul, : MONTREAL CHANGEMENT DE NOM.Vu que la substance analgésique contenue dans le Percaïnal est enregistrée au Canada et aux Etats-Unis sous le nom de Nupercaïne (En Europe, Percaine) il a été décidé de changer le nom du Percaïnal pour les deux pays en: NUPERCAINAL \u201cCIBA\u201d La 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d\u2019argent, mais elles mettent toujours leurs services à la disposition du public.Utilisez le concours de la banque et les I multiples services dont elle dispose.La Banque Provinciale du Canada S.J.B.ROLLAND, CHS.A.ROY, Président.Gérant Général.IX TE SIMPLEST Way gent NEAT WITHIN 7 15 VIA LEVER la température des parties profondes de l'organisme, c'est tout un problème.\u201cInductotherm\u2019\u2019 y apporte une solution remarquablement simple.Point d'électrodes à mettre au contact du patient.Elles sont remplacées par un câble bien isolé et très souple, que l\u2019on enroule autour de la région à traiter, ou autour du tronc, s\u2019il s'agit d'échauffer la masse du corps, dans les cas où l'électropyrexie est indiquée.Rien de plus simple et de plus expéditif que cette technique.VICTOR X-RAY ss Distributors for General Electric X-Ray Corporation » Medical Arts Bldg.» TORONTO\u20141221 Bay St., Toronto 5, Ont.» VANCOUVER\u2014Motor Transportation Bldg., 570 Dunsmuir St.» RS L'âme de l'Inductotherm, c'est une lampe triode produisant un courant oscillant à la fréquence de 12,000,000 cycles par seconde.Le champ qui s'établit à l'intérieur des boucles du câble flexible est tel, qu'il se produit des courants de Foucault dans la partie traitée, d'où dégagement de chaleur.Et les tissus les plus vascularisés sont ceux qui s \u2019échauffent le plus.Il n\u2019y a aucune sensation, aucune réponse nerveuse ou musculaire.Simple, commode et puissant cet appareil conçu et réalisé par \u2018G.E.'' est appelé à rendre de grands services partout où l'endothermie est indiquée.CORPORATION of Canada, Ltd.MONTREAL\u2014524 WINNIPEG\u2014Medical Arts Bldg. Le Journal de l'Hotel-Dieu de Montréal No 4 Juillet-août 1934 En marge du récit de la \u201cGrosse Maladie\u201d du Capitaine Cartier Par LÉO-E.PARISEAU AVANT-PROPOS Ceux qui ont assisté au récent congrès de Québec ont reçu, en même temps que les grands Rapports, une plaquette écrite par l\u2019érudit Arthur Vallée \u2014 pour servir de « guide » à l'exposition du trésor historique de « l'Hôtel-Dieu de Québec ».Ils ont eu, en plus, une brochure de 70 pages contenant mes gloses sur les vieux livres que j'ai exposés dans la rotonde du Chateau Frontenac, A ceux qui ne se sont pas dérangés on serait tenté de dire: « Vous ne recevrez rien n'ayant rien donné ».\u2014 Mais les membres de l'Exécutif du XIIIème Congrès et du « Comité permanent » de l'A.M.L.F.À.sont de bons princes.Après m'avoir assuré que le présent travail figurera dans les comptes-rendus, en temps et lieu, ils ont bien voulu me permettre de prendre les devants et d'offrir dès maintenant à presque tous les médecins français du Canada une étude médico-historique d\u2019une grande actualité.Grâces leur soient rendues.Je profite de l'occasion pour remercier tous les amis de Québec qui ont contribué au succès de mon Exposition.Devant les formidables exigences du bibliophile emballé que je suis, il y eut d\u2019abord un mouvement de stupeur.Il fut suivi de longues heures d'enthousiaste collaboration.Comme Marie-Antoinette i entendis qu'on disait: « Si c\u2018est possible, c'est déjà fait: si c\u2019est impossible, ce sera fait.» C'était impossible, ce fut parfait. 218 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU A Ami lecteur, En 1926, lors du neuvième congrès de l\u2019A.M.L.F., j'ai fait admirer les oeuvres des vieux maîtres de l\u2019Anatomie, de la Physiologie, de la Médecine, de la Chirurgie et de la Pharmacie.En 1930, à l'occasion du onzième congrès, mon exposition de livres et mes écrits portèrent sur l\u2019histoire ancienne de l\u2019Electro- thérapie.En 1932 je racontai aux membres du douzième congrès l\u2019histoire médicale du Castor (sic).Voici 1934.Médecins de France et médecins français du Canada, nous siégeons à quelques pas de l\u2019endroit où Jacques Cartier, le coeur navré, vit ses hommes succomber l\u2019un après l'autre aux atteintes d\u2019un mal mystérieux .Pouvais-je ne point parler du Scorbut ?J'ai signalé à ma plume de nombreux passages, dans la présente plaquette, qu'il faudrait retoucher, voire même reprendre.Elle a refusé net.Tu lui pardonneras son entêtement, lecteur ami.Songe qu\u2019elle devra, d'ici peu, s'acquitter d\u2019un autre devoir envers le Découvreur.Au mois d'octobre qui vient, lors d\u2019un congrès de \u2018\u2018l\u2019Association pour l\u2019Avancement des Sciences,\u201d elle et moi présentons un essai qui s\u2019intitulera: « Jacques Cartier devant les Naturalistes ».Léo PARISE AU.Montréal, le 15 août. \u201cGROSSE MALADIE\u201d 219 LE SCORBUT CHEZ LES ANCIENS ET AU MOYEN ÂGE \u2018Tous ceux qui ont écrit sur le Scorbut, au seizième siècle, se sont crus obligés de gloser longuement sur certains textes anciens où ils croyaient retrouver des descriptions de cette maladie.Depuis lors on a beaucoup disserté sur la « grosse rate » d\u2019Hippocrate et son « iléus sanguin », ainsi que sur la « sceletyrbé » et la « stoma- cacé » de Pline.Etaient-ce là des manifestation du scorbut ?Non, disait Lind, un expert du 1 8ème siècle; mais un grand exégète médical du 19ème, Littré, ne fut pas de son avis.Voici des vieux bouquins ouverts aux pages où figurent les passages litigieux.Chacun se fera l'opinion qu\u2019il voudra: 1.HIPPOCRATE DE COS (460 à 377 av.Jésus-Christ).« Hippocratis Coi .opera quae apud nos extant omnia ».Paris, 1546.Cette traduction latine est de Jean Cornaro.Dans le traité « des affections internes » l\u2019on relève ceci: « Lienis secundus morbus \u2014 Venter inflatur, postea vero etiam splen intumescit, et durus est, et dolores acuti in splenem incidunt.Color autem mutatur, et conspuscitur niger, pallidus, malicorii speciem referens, et ex aure male olet, et gingivae male olent, et à dentibus discedunt, et ex tibiis ulcera erumpunt, velut pustulae nocturnae ».(Page 216).Ainsi donc, dans cette maladie, la rate est tuméfiée, le patient est noir, jaune, ou couleur de grenade; l'oreille sent mauvais, la bouche aussi; il y a de la gingivite; il y a des ulcérations aux jambes.Ce sont là des « accidents scorbutiques », au dire de Littré. 220 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU 2.HIPPOCRATE.« Magmi Hippocratis .opera omnia ».Francfort, 1595.Nous devons cette édition gréco-latine au savant médecin Anuce Foes (1528-1595).Transcrivons en entier ce qui se rapporte au Convolvulus Sanguineus: « Ex ore malus odor expirat, a dentibus gingivae abscedunt, et ex naribus sanguis effluit.Interdum vero ex cruribus ulcera erumpunt, et haec quidem sanescunt, alia vero exortuntur, color niger est, cutis tenuis, ad deambulationem et exer- citationem alacriter se habet ».Voilà, sans contredit, un syndrome de scorbut franc, mais .est-il bien vrai que le malade soit disposé à prendre de l'exercice ?On suppose qu'il y a eu omission de la particule négative dans le manuscrit grec qui a servi d original aux traductions latines.3.PLINE L\u2019ANCIEN (A.D.23-79).« L'Histoire du Monde ».Paris, 1608.\u2018Traduction d'Antoine du Pinet, \u2014 « Au voyage que le prince César Germanicus fit en Allemagne, luy voulant toujours gagner pays, ayant donné ordre de faire passer le Rhin, à son armée, la fit camper le long de la marine, és costes de Frize en un lieu où ne se trouva qu'une seule fontaine d\u2019eau douce, qui néantmoins avoit une eau si dangereuse, que tous ceux qui en beurent, perdirent les dents en moins de deux ans; et eurent les genoux si lasches et desnouëz, qu'ils ne se pouvoient soustenir.Les Médecins appel- loient ces maladies Stomacacé et Sceletirbé.Contre lesquelles ne fut possible de trouver remède, hormis par le moyen d'une herbe dite Britannica .».(2ème partie, page 226).Pline décrit cette herbe magique, et fait des conjectures sur l'origine de son nom.Mais sa description est trop sommaire pour qu'il nous soit possible de l'identifier; d'autre part les Frisons eux- mêmes eurent tôt fait d'oublier ce que c'était.Toutes sortes d'hypothèses furent émises à son sujet durant le 16ème siècle; au dix- \u201cGROSSE MALADIE\u201d 221 septième un certain Munting prétendra avoir retrouvé la véritable herbe britannique et lui dédiera un livre entier.(Vide infra).La même chose, à peu près, va se produire dans l\u2019histoire du Canada.Jacques Cartier parlera des miracles opérés par la plante que les Indiens nommaient « Annedda ».Il oubliera de la décrire, et les médecins qui s'intéresseront à l\u2019épidémie de Québec (1535) en seront réduits aux hypothèses.| I1 serait fastidieux d\u2019exhiber ici tous les vieux auteurs qui ont parlé du scorbut, en termes plus ou moins clairs.Laissons-là Celse, Caelius Aurelianus, Paul d\u2019Egine, d'autres encore, et passons au moyen âge.Durant l'hiver de 1218-1219, au siège de Damiette, les croisés furent victimes d\u2019une maladie que Jacques de Vitry décrit si nettement qu'on ne peut pas ne pas y reconnaître le scorbut.Un peu plus tard (1248-49), l\u2019armée de saint Louis souffrit du même mal, que Joinville a, lui aussi, soigneusement décrit: « Nous ne mangions nulz poissons en l\u2019ost (camp) tout le quaresme, mès (hormis) que bourbetes; et les bourbetes mangeoient les gens mors, pour ce que sont glous (goulus) poissons; et pour ce meschief et pour I'enfermeté du pays là où il ne pleut nulle fois goute d\u2019yaue, nous vint da maladie de l\u2019ost qui estoit tel che la char de nos jambes séchoit toute, et le cuir de nos jambes devenoit tavelé de noir et de terre, aussi comme une vielz heuze (botte): et a nous qui avions tele maladie venoit char pourrie ès gencives ne nulz ne eschapoit de cette maladie que mourir ne l'en convenist.Le signe de la mort estoit tel que là où le nez seignoit il cônvenoit mourir ».Un autre bond par-dessus les siècles et nous nous trouvons à la fin du quinzième.C'est l'ère des grandes explorations, des voyages au long cours, aux rares escales.En 1498, Vasco da Gama vit son équipage décimé par la terrible maladie lorsqu'il lui fallut faire relâche entre Mozambique et Sofala.Ici encore, description très claire, pathognomonique. 222 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Et puis, enfin, voici I'an 1535 de Jésus-Christ et .de Jacques Cartier.Demandons à nos bouquins quelles étaient les connaissances de ce temps-là, en matière de scorbut.Il convient de commencer par un dictionnaire: 4 OTTO BRUNFELS (1464-1534).« Onomastikon Medicinae ».Strasbourg, 1534.L'un des tout premiers lexiques médicaux.Avant lui: Dondi 1470, Cordo 1473, Champier 1508.Mon exemplaire est doublement précieux, parce qu\u2019il a appartenu à l\u2019un des Jussieu, (Payé soixante dollars à une époque où le dollar n'avait pas encore perdu sa superbe!) \u2014 Vous chercheriez en vain le mot Scorbutus dans ces pages, mais Vous y trouveriez une courte définition de cette sceletyrbé dont Pline nous a parlé.La même année, le célèbre médecin botaniste Euricius Cordus faisait imprimer un herbier intitulé « Botanologicon » où se trouve.ceci: « Saxones vero Scharbock\u2019s-Kraut (eam nominant), quod forté morbo quod illi Scharbock nominant, medeatur ».C\u2019est du barbare « Scharbock » que vient le mot « Scorbutus », qui a de faux airs d'être de vieille souche latine.On a aussi prétendu que Scorbutus avait été tiré du mot esclavon « scorb », qui désigne la maladie en général.C\u2019est fort possible, puisque le scorbut, chez les peuples slaves d'autrefois, devait passer pour le « scorb » par excellence.ATTENTION ! VOICI VENIR CARTIER.Il partit à la découverte l'année même que paraissait dans « Botanologicon » la première allusion au scorbut tombée de la plume d'un médecin (sic) des temps modernes.Cartier ne pouvait se douter que le Destin lui réservait l'honneur de rédiger une description qui est devenue pièce d'anthologie médicale. \u201cGROSSE MALADIE\u201d 223 Le premier voyage, celui que nous fêtons en ce moment, fut, à tout considérer, une véritable excursion de plaisir.\u2019Traversées rapides, beau temps, joie de la grande « descouverture », contacts répétés et très cordiaux avec les aborigènes, pas de disettes, pas d'accidents, pas de maladies, aucun décès.Somme toute, rien de médical.Mais le voyage de 1535-1536 réservait une vilaine surprise au capitaine malouin.Le récit qu'il a fait de la « grosse maladie » qui s\u2019abattit sur ses hommes pendant leur hivernement près de Québec, à l'embouchure de la rivière St-Charles, est bien connu de la plupart des médecins canadiens.Je pense aussi que mes confrères de France ont dû, au cours de leurs lectures médico- historiques, rencontrer plus d\u2019une allusion à la mésaventure de Cartier.Il y a tout de même beaucoup d'inédit dans mon exposition de livres et dans la présente plaquette, qui lui sert de « catalogue raisonné ».Puis-je espérer que chacun me fera l'honneur d\u2019une lecture attentive et d'une visite prolongée ?Avant que nous disséquions la relation de Cartier, je crois bon d'attirer l'attention sur le fait que certaines mentions que l\u2019on trouve dans la littérature médicale ne brillent guère par leur exactitude.À preuve, les échantillons suivants: « Le scorbut qui éclata au mois de décembre 1535 sur l\u2019escadre (sic) de Cartier pendant son sejour à Hochelaga (sic) aujourd\u2019hui Mont-Réal au Canada ».(Sprengel, Hist.de la Médecine, 1792-1803).Le scorbut s'étendit ensuite sur l'escadre de Vasco de Gama dans son voyage à Calicut; et plus tard encore, en 1515 (sic) sur l'escadre de Cartier pendant son séjour au Canada.(Frédault, Hist.de la Médecine, 1870).« The antiscorbutic idea harks back as far as if not (sic) farther, than Jacques Cartier.One wonders why the name Cartierites (sic) was not used in place of antiscorbutics ».(Ruhrâh, Pediatrics of the Past, 1925).Remontons donc aux sources non contaminées, aux relations originales des voyages du grand Malouin: 224 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU 5.JACQUES CARTIER (1491-1557).« Brief recit, et succincte narration, de la navigation faicte es ysles de Canada, Hochelaga et Saguenay et autres .etc.».Paris, 1545.Voici une reproduction photographique de la page-titre de ce livre rarissime, dont il ne subsiste, semble-t-il, qu\u2019un seul exemplaire, au British Museum.Tout permet d'affirmer qu\u2019il était déjà presque introuvable à la fin du seizième siècle.6.LA SOCIÉTÉ LITTÉRAIRE ET HISTORIQUE DE QUÉBEC.« Voyages de découverte au Canada, entre les années 1534 et 1542 .etc.».Québec, 1843.Nous devons cette première impression moderne, complète et française aux soins pieux d\u2019un groupe d'érudits de la ville de Québec.Ignorant l'existence de l'unique exemplaire de 1545, et sachant, d'autre part, que le livre imprimé à Rouen en 1595 n\u2019était qu'une retraduction en français d'une traduction italienne, les éditeurs firent copier à Paris l\u2019un des trois manuscrits du second voyage, y joignant d'autres documents prélevés de-ci, de-là.Cette édition canadienne, qui sera bientôt centenaire, est prisée par les bibliophiles; les historiens lui préfèrent les ouvrages suivants: 7.MICHELANT ET RAMÉ.« Relation originale du voyage de Jacques Cartier au Canada, en 1534 .etc.Paris, 1867.Face à la page-titre, un dessin du manoir de Limoilou en Bretagne, où Cartier vécut et mourut après s'être illustré sur les grandes mers.8.M.D\u2019AVEZAC.« Brief récit et succincte narration .etc.» Paris, 1863. \u201cGROSSE MALADIE\" 225 C\u2019est la réimpression figurée de l'édition originale de 1545, avec les variantes des manuscrits de la Bibliothèque Impériale.9.H.P.BIGGAR.« The voyages of Jacques Cartier ».Ottawa, 1924.Disons d\u2019abord que le portrait de Cartier qui avoisine la page- titre n\u2019a aucune valeur documentaire, si ce n'est pour rappeler quel costume portaient les notables du rang de Cartier.Il est tiré d'un livre intitulé « Costumes français depuis Clovis jusqu'à nos jours » (Paris, 1836).C\u2019est sur l\u2019édition de Biggar que j'ai travaillé parce qu'elle est la dernière en date, la plus complète et la plus richement annotée.J'en extrais intégralement ce qui se rapporte au scorbut, et j'espère qu\u2019on se donnera la peine de lire tout le passage.La langue de Cartier est désuète, son orthographe est ineffable, son style est pauvre; il ne nous a donné, en somme, qu\u2019un simple journal de bord, assez mal rédigé.Mais son texte et les notes que j'inscris en marge ne laisseront pas d\u2019intéresser tous les médecins tant soit peu humanistes: D\u2019une grosse maladie et mortalité, qui a esté au peuple de Stadaconé, de laquelle, pour les avoyr frequentez, en avons esté enlouez (ou imbouez) tellement qu\u2019il est mort de noz gens jusques au numbre de ving cinq.Au moys de décembre, fumes advertiz que la mortalité s\u2019estoit mise audict peuple de Stadaconé, tellement que ja en estoient mors, par leur confession, plus de cinquante; au moien de quoy leur fimes deffence de non venyr à nostre fort, ny entour nous.Mays non obstant les avoyr chassez, commança la maladie entour nous, d\u2019une merveilleuse sorte et la plus incongnue; car les ungs perdoient la soustenue, et leur devenoyent les jambes grosses et enfflées, et les nerfz retirez et noirciz comme charbon, et aucunes toutes semées de gouttes de sang comme pou (r) pre; puys montoyt ladicte maladie aux hanches, cuysses, espaulles, aux braz et au col.Et à tous venoyt la bouche si infecte et pourrye par les gensivez, que toute 226 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU la chair en tumboyt, jusques à la racine des dents, lesquelles tum- boyent presque toutes.Et tellement se esprint ladicte maladie en noz trois navires, que à la my febvrier, de cent dix hommes que nous estions, il n'y en avoyt pas dix sains, tellement que l\u2019un ne pouvoyt secourir l'aultre, qui estoit chose piteuse à veoyr, consci- deré le lieu où nous estions.Car les gens du pays venoyent, tous les jours davant nostre fort, qui peu de gens voyoient debout; et ja y en avoyt huict de mors, et plus de cinquante en qui on n'espéroit plus de vye.Nostre cappitaine voyant la pitié et maladie ainsi esmue, fict meptre le monde en prieres et oraisons et fist porter ung ymaige et remembrance de la Vierge Marie contre ung arbre, distant de nostre fort d'un treict d'arc, le travers les neiges et glaces; et ordonna que, le dimanche ensuyvant, l'on diroyt audict lieu la messe; et que tous ceulx qui pourroyent chemyner, tant sains que malades, yroient à la procession, chantant les sept pseaulmes de David, avecq la Letanye, en priant ladicte Vierge qu\u2019il luy pleust pryer son cher enffant qu\u2019il eust pitié de nous.Et la messe dicte et chantée davant ladicte ymaige, se fist le cappitaine pellerin à Nostre Dame qui se faict deprier à Rocquemado, proumectant y aller, si Dieu luy donnoyt grace de retourner en France.Celluy jour trespassa Philippes Rougemont, natif d\u2019Amboise, de l\u2019aige de envyron vingt ans.Et pource que ladicte maladie estoit incongnue, fist le cappi- taine ouvryr le corps, pour veoyr si aurions aucune congnoissance d\u2019icelle, pour preserver, si possible estoit, le parsus.Et fut trouvé qu'il avoyt le cueur tout blanc et fletry, envyronné de plus d\u2019un pot d'eaue rousse comme datte; le foye, beau; mays avoyt le poul- mon tout noircy et mortiffyé; et s'estoit retiré tout son sang au dessus de son cueur; car, quant il fut ouvert, sortit au dessus du cueur une grand habundance de sang, noyr et inffect.Pareillement avoyt la ratte, par devers l'eschine, ung peu entamée, envyron deulx doidz, comme si elle eust esté frottée sus une pierre rudde.Après cela veu, luy fut ouvert et incizé une cuisse, laquelle estoit fort \u201cGROSSE MALADIE\u201d 227 noire par dehors, mais par dedans, la chair fut trouvée assez belle.Ce faict fut inhumé au moins mal que l\u2019on peult.Dieu, par Sa saincte grace, pardoinct à son âme, et à tous trespassez; Amen.Et despuis, de jour en aultre, s'est tellement continué ladicte maladie, que telle heure a esté, que, par tous troys navires, n\u2019y avoyt pas troys hommes sains, de sorte que en l\u2019un desdictz navires n\u2019y avoyt homme qui eust peu descendre soubz le tillat pour tirer à boyre, tant pour luy que pour les aultres.Et pour l'heure, y en avoyt ja plusieurs de mors, lesquelz il nous convynt meptre par feblesse, soubz les naiges; car il ne nous estoit possible de pouvoyr, pour lors, ouvryr la terre, qui estoit gellée, tant estions foibles et avyons peu de puissance.Et si estions en une craincte merveilleuse des gens du pays, qu'ilz ne s'aperceussent de nostre pitié et foi- blesse ».Ici Cartier raconte les ruses auxquelles il eut recours pour cacher sa misère, puis il reprend: « Et pour lors, estions si esprins de ladicte maladie, que avyons quasi perdu l'espérance de jamais retourner en France, si Dieu, par sa bonté infinye et misericorde, ne nous eust regardé en pityé, et donné congnoissance d'un remedde contre toutes maladies, le plus exellant qui fut jamays veu, ny trouvé sur la terre, ainsi qu\u2019il sera faict mention en ce chappitre.» Ici Cartier raconte qu\u2019il fut pris dans les glaces depuis la mi-novembre jusqu'au quinze avril.Il perdit 25 hommes en tout; quarante autres semblaient voués à la mort quand Dieu lui envoya la connaissance du remède.Reprenons la citation : «Comment, par la grace de Dieu, nous eusmes congnoissance d'une sorte d'arbre, par lequel nous avons esté gariz; et ont recouvert tous les malades santé, après en avoyr usé; et la façon d'en user.\u2014 Ung jour nostre cappitaine, voyant la maladie si esmue et ses gens si fort esprins d\u2019icelle, estant sorty hors du fort, et soy promenant sus la glace, appersut venyr une bande de gens de Sta- daconé, en laquelle estoit dom Agaya, lequel le cappitaine avoyt veu dix ou douze jours auparavant fort malade, de la propre maladie que avoyent ses gens; car il avoyt l\u2019une des jambes, par le 228 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU genoil, aussi grosse que ung enffant de deux ans, et tous les nerfs d'icelle retirez, les dents perdues et gastées, et les genscives pourries et infectes.Le cappitaine, voyant ledict dom Agaya sain et delibéré, fut joieulx, espérant par luy sçavoir, comme il s\u2019estoit guery, affin de donner aide et secours à ses gens.Et lors qu\u2019ilz furent arrivez près le fort, le cappitaine luy demanda comme il s'estoit guery de sa maladie.Lequel dom Agaya respondit, que, avecq le juz des feulhes d'un arbre et le marq, il s'estoit guery, et que c'estoit le singullier remedde pour maladie.Lors le cappitaine luy demanda s\u2019il y en avoyt point là entour, et qu'il luy en mons- trast, pour guerir son serviteur, qui avoyt prins ladicte maladie en la maison du seigneur Donnacona, ne luy voulant déclerer le num- bre des compaignons, qui estoient malades.Lors ledict dom Agaya envoya deulx femmes avecq nostre cappitaine, pour en querir, lesquels en apportèrent neuf ou dix rameaulx; et nous monstrerent qu\u2019il failloyt piller l'escorce et les feulhes dudict boys, et meptre le tout boullyr en eaue; puys boyre de ladicte eaue, de deux jours l\u2019un; et meptre le marc sur les jambes enfflées et malades; et que de toutes maladies ledict arbre garissoit.Ilz appellent ledict arbre en leur langaige, annedda.« Tost après le capitaine fict faire du breuvaige, pour faire boire es malades, desquels n\u2019y avoyt nul d'eulx qui voullust icelluy essaiger, sinon ung ou deulx, qui se myrent en adventure d\u2019icelluy essayer.Tout incontinent qu'ilz en eurent beu, ilz eurent l'advan- taige, qui se trouva estre ung vray et evident miracle; car de toutes maladies de quoy ilz estoient entachez, après en avoyr beu deux ou troys foys, recouvrèrent santé et guarizon, tellement que tel des compaignons, qui avoyt la (grosse) verolle puis cinq ou six ans auparavant la maladie, a esté, par icelle médecine, curé nectement.Après ce avoyr veu, y a eu telle presse, que on se voulloit tuer sus ladicte médecine, à qui premier en auroyt; de sorte que ung arbre, aussi groz et aussi grand que je vidz jamais arbre, a esté employé en moings de huict jours, lequel a faict telle oppération que si tous les médecins de Louvain et Montpellier y eussent esté, avec toutes les drogues d\u2019Alexandrie, ilz n'en eussent pas tant faict en ung an que ledict arbre a faict en huict jours; car il nous a tellement prouf- \u201cGROSSE MALADIE\u201d 229 fité, que tous ceulx qui en ont voulu user, ont recouvert santé et garizon, la grace à Dieu.» Résumons ce qui précède et voyons s'il y a matière à discussions.Cartier ne connaît pas la « grosse maladie »; il la croit contagieuse; il en fait une description soignée qui nous permet d'établir un diagnostic rétrospectif; il demande un miracle au Ciel, mais n'oublie pas de s'aider; pour y voir clair il ordonne l\u2019ouverture d\u2019un cadavre; le protocole de son autopsie est assez circonstancié pour que nous puissions le comparer avec les observations ana- tomopathologiques du temps présent; le taux de mortalité fut très élevé, approchant 25 pour cent; les Indiens connaissaient Lien la maladie et son remède spécifique; l\u2019annedda agit avec une sûreté et une rapidité prodigieuses; il y avait parmi les matelots un vieux syphilitique qui fut guéri; enfin, Cartier ne décrit pas l'annedda, et nous laisse le souci de le retrouver parmi la riche flore du Québec.Tout cela est fort intéressant et je ne m'étonne pas que le professeur Major, dans un beau livre intitulé « Classic descriptions of disease » (1932), se soit fait un devoir d'accorder la part du lion à notre Cartier, dans le chapitre qui traite du scorbut.Il a raison d'écrire: « His (Cartier\u2019s) description .remains one of the most interesting and graphic accounts of this disease »; mais 11 a tort d'affirmer que le scorbut était connu bien avant Cartier.S'il était connu des médecins, ceux-ci n\u2019en parlaient guère, puisque voici les trois premières monographies consacrées au scorbut.Or la plus ancienne des trois date de 1541: 10.JEAN ECHT dit ECHTIUS (circa 1515-1554).« De Scorbuto, vel scorbutica passione, epitome ».1541.11.BALDWIN RONSS, dit RONSSEUS.« De magnis Hippocratis lienibus, Pliniique stomacace ac scele- tyrbe, seu vulgo dicto Scorbuto, commentarius ».1564. 230 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU 12.JOHANN WIER, dit WIERUS (1515-1588).« Liber I de Scorbuto ».1567.Ces trois ouvrages figurent dans un recueil imprimé en 1654 (celui que jexhibe).Le texte des docteurs Echt, Ronss et Wier a été reproduit intégralement par l'éditeur, le savant Sennert.Etu- dions ces vieilles monographies; elles nous réservent peut-être des surprises ?ECHT.\u2014 Il pense que la rate est souvent touchée dans les cas de scorbut.Il analyse certaines maladies que les anciens ont décrites et qui pourraient bien avoir été de nature scorbutique.Il affirme que, de son temps, la principale cause du scorbut réside dans l'emploi des aliments grossiers et malsains que les navigateurs hollandais et frisons emportent sur leurs navires.Sa symptomatologie est excellente; il énumère d\u2019abord les signes annonciateurs du scorbut, puis ceux qu'il considère comme pathognomoniques: signa propinquiora, et certiora.La thérapeutique d'Echt néglige l'essentiel, c\u2019est-à-dire: l\u2019aliment riche en principes antiscorbutiques; elle se résume à ceci: « Apertio, evacuatio, alteratio, confortatio ».RONSS.\u2014 Il nous enseigne tout ce qu'il faut savoir pour reconnaître un cas de scorbut, et le guérir.Les pédants que je vous présentera1 tantôt ne feront qu'embrouiller la question.Pour le docteur Ronss le scorbut découle d\u2019une alimentation défectueuse.Une constitution débile et un climat inclément favorisent l\u2019éclosion du mal.Il étudie certaines épidémies survenues dans son pays, la Hollande.À tort 1l enseigne qu'on doit saigner les patients dont la rate est hypertrophiée.Il dresse une liste un peu trop sévère des aliments à proscrire: « abstinendum ab anatibus (canards).olo- ribus (cygnes), anseribus (oies), aquaticisque omnibus volucri- bus ».T'antôt vous entendrez notre Lescarbot se moquer de telles défenses.Ronss recommande la plante que l\u2019on appelait, de son temps, l\u2019herbe britannique, ainsi que le Cochléaria, le plus fameux des antiscorbutiques du passé.Ces remèdes sont bons, et le peuple a raison de les employer, dit-il.Dans sa seconde lettre, notre auteur \u201cGROSSE MALADIE\"\u201d 231 soutient que les anciens ont connu le scorbut et.tenez-vous bien ! .11 recommande les oranges, parce qu'il connaît des marins « qui solo pomorum aurantiorum unà cum cortictbus usu sanitatem recuperarunt ».13.JOHANN WIER (1515-1588).« De praestigiis daemonum .etc.» Bâle, 1577.Pour vous montrer les traits d'un homme qui a courageusement lutté contre les supertitions de son époque, et demandé grâce pour les malheureux déments que l'on faisait brûler, les accusant d'être ensorcelés ou possédés.C'est le présent livre qui lui a valu la gloire, mais son essai sur le scorbut nous intéresse davantage, pour l'instant.Résumons-le.WIER commence par se livrer à un petit jeu assez futile sur le vocable « Scorbutus » et ses origines probables.Scorbuc, en langue allemande désignait un ventre déchiré, c'est-à-dire: des douleurs abdominales fortes et généralisées; scormunt, une bouche déchirée, c\u2019est-à-dire: une grosse gingivite; scorbein, des os presque brisés: « quasi ruptas tibias ».Passons.Les négations de Wier sont précieuses, et en tout conformes aux idées modernes.Il nie la contagiosité du scorbut; il nie que les plantes réputées antiscorbutiques ont une vertu spécifique; bien d\u2019autres, qui sont « âcres » possèdent les mêmes propriétés.Wier pense qu\u2019on ne doit pas faire bouillir ces herbes dans du lait.Mieux vaut exprimer leur suc et le mêler à du petit-lait froid.Et coetera.L'essai se termine par une dissertation sur l'herbe britannique et le cochléaria qui « diversas esse plantas ».Parlons-en, du cochléaria.Montrons-le: 14.REMBERT DODOENS, dit DODONAEUS (1517-1585).« Stirpium historiae pemptades sex sive libri XXX ».Anvers, 1583.Dodoens a écrit sur le scorbut, mais je n'ai pas la « Pratique médicale » dans laquelle figurent ses dissertations.Voici mieux, 232 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU ~~ sa somptueuse « Histoire des Plantes », ouverte 3 la page ou s\u2019étale le cochléaria.L'auteur écrit: « Malo quod Scorbuck Germania nuncupat efficaciter medetur, in lacte aut vino decncta ».Suivent trente lignes sur le scorbut.Le cochléaria, c\u2019est l\u2019herbe à cuiller, ainsi dénommée 3 cause de la forme de ses feuilles.C\u2019est aussi le grand raifort, la moutarde des Capucins.Nos amis les Anglais le nomment « horse radish ».Cette plante fut pour les peuples septentrionaux, les Groënlandais surtout, une véritable panacée.Ceux que le scorbut n'avait pas tués au cours des longs hivers, se précipitaient avidement sur elle dès qu\u2019elle paraissait.Et ils étaient guéris.15.PIERRE DE FOREEST, dit FORESTUS (1522-1597).« Son portrait, gravé à l\u2019eau-forte.» Je n\u2019ai pas « Observationum et curationum medicinalium lib.20 ».\u2014 On trouve dans ce livre (qui n\u2019est autre chose qu'une longue lettre envoyée par l'auteur à son frère, en 1558) des passages très intéressants sur la question qui nous occupe.À défaut de l\u2019ouvrage, j'exhibe le portrait de l\u2019auteur, gravé par de Larmessin.SALOMON ALBERTI, dit ALBERTUS (1540-1600).« Scorbuti historia, proposita in publicum, etc.» 1593.Cent pages, dans le recueil qui contient Ronss, Echt et Wier.L'auteur est très bavard; il débute avec un exorde pompeux qu'une note marginale résume ainsi: « Morbi et moriendi necessitas unde ».Avant d'aborder son sujet il parle de la suette et de la syphilis: sudor anglicus, lues venerea.Il dit que le scorbut est endémique en Germanie, Batavie, Zélande, Hollande, Frisie, Saxonie, Poméranie, Gothie, Suède, Norvège, etc.(Tous pays du nord, notez-le).Il démarque sans vergogne ses prédécesseurs.Il soutient que le scorbut est héréditaire autant que contagieux, et qu'un enfant peut être infecté par sa nourrice: « Schorbutus sive haereditarius sit, a paren- \u201cGROSSE MALADIE\u201d 233 NNN A AAA tibus in embryo nam prima conformatione propagatus, sive ex labe ., etc.».\u2014 Ses conseils diététiques sont bons.Il recommande les bouillons de poule, de pigeon, de veau; les jus et sucs de fruits acides : Jura ipsa jurulentaque sapore acidulorum, atque austertusculorum, etc.» Il prône la bière et le vin.Il n'est pas contre les plaisirs de l'amour « st moderata sunt ».Ses ordonnances sont polypharmaques et visent les symptômes plutôt que le mal lui-même.Le prolixe Alberti nous donne un avant-goût de la débauche verbale des auteurs du dix-septième siècle.Mais j'entends dire: « Jusqu'ici, docteur, vous nous avez présenté des néerlandais, des allemands, des belges.Où donc sont les Français ?» À quoi je réponds: « Les Français se préoccupent d'autre chose; de la vérole, par exemple, et des plaies par armes à feu.Le scorbut les laisse indifférents parce qu\u2019ils n'en souffrent pas, voilà tout, Ils seront encore profondément ignorants de la question quand notre Champlain les consultera au début du 17ème siècle.Mais n'allons pas trop vite.Voici, pour en finir avec le siècle de Jacques Cartier, les oeuvres d'un grand médecin français qui contribua beaucoup à briser le joug des Arabes et des Juifs, et fut un des restaurateurs du véritable esprit clinique.Comme on a dit de lui qu'il fut « le premier épidémiologiste des temps modernes », son opinion sur le scorbut ne peut que nous intéresser.16.GUILLAUME DE BAILLOU, dit BALLONIUS (1538-1616).« Opera omnia in quatuor tomos divisa .».Genève, 1762.Le « Consiliorum medicinalium » que je vais citer était prêt dès 1575, mais il ne fut publié qu'en 1635, vingt ans après la mort de l\u2019auteur.Ouvrons-le: Consultation XLVII: « De affectu oris qui stomacacce dicitur.».\u2014 Une note au bas de la page nous apprend qu'il s'agit de scorbut.Voici, résumés, les conseils du docteur Baillou, et ses ordonnances: 234 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU « Consuluimus purgationem convenientem, phlebotomiam (hélas!) usum balnearum tempore opportuno (c\u2019est un peu vague!) ; decoc- tum sudorificum per dies aliquot (passe encore); praemittantur pilulae ex mercurio singulis dosibus, ita tamen ut ptyalismus non provocetur ».Du mercure! pour le scorbut! Pleurez, mes yeux; et vous, ma bouche, salivez.Voyons maintenant les deux ordonnances.La première nous sert encore du mercure: « Pro topico laudatus est mercurii dulcifi- cati ».La seconde prescrit, entre autres choses, une poignée de tabac (nicotiana), des copeaux de bois de gaïac.Comme il y a plusieurs herbes dans la mixture on pourrait en attendre quelque effet antiscorbutique.Mais non; c\u2019est « pro gargarismo ».Concluons: le savant docteur ne savait pas traiter un cas de scorbut.Tout au plus était-il capable d'améliorer des .stoma- caccés.Avant d'entrer dans le dix-septième siècle je veux résumer en style sténographique l'effort colonisateur de la France au Canada, depuis Cartier jusqu'à Champlain inclusivement, et souligner le rôle sinistre joué par le scorbut dans le drame qui se déroula de 1534 à 1609.1534; la France découvre les côtes d'un pays nouveau.1535; la France explore un immense royaume.1541; la France y cherche de l'or; elle y trouve, comme en 1535, du scorbut.1598; la France veut fonder une colonie avec des gens sans aveu, elle échoue misérablement.(Nous ne saurons jamais au juste le rôle joué par le scorbut dans l'extermination des damnés de l'Ile de Sable).1602; la France fait mine d'occuper le Canada; seize hommes contre l\u2019Hiver de Tadoussac et .le Scorbut, \u201cGROSSE MALADIE\u201d 235 NS 1604; la France envoie de Monts et Champlain ; ils se trompent dans le choix d'un site; 79 hommes débarquent en juin, au printemps suivant il est reste 45.Eh, oui.le Scorbut ! 1605; la France expédie, avec des renforts, Poutrincourt et l'avocat Lescarbot; encore du scorbut.1608; enfin la France fonde sur le roc, ici-même, à Québec; oui, le scorbut fit plusieurs victimes au cours de l'hiver qui suivit.Comme bien on pense, le père de la Patrie et son premier historien ont beaucoup à dire sur la terrible maladie.Ecoutez-les: 17.SAMUEL DE CHAMPLAIN (1570-1635).« Les voyages du sieur de Champlain.divisez en deux livres, etc.».Paris, 1613; Québec, 1870.J'exhibe la magnifique réimpression exécutée par Desbarats, sous la direction de l'abbé Laverdière, avec le haut patronage de l'Université Laval.Deux passages sont à citer ici; les voici.Chapitre VI \u2014 Année 1604 \u2014 Du mal de terre, fort cruelle maladie .Durant l'hyver 1l se mit une certaine maladie entre plusieurs de nos gens, appelée mal de terre (sic) autrement dit Scur- but (sic), à ce que j'ay ouy dire depuis (sic) a des hommes doctes.Il s\u2019engendroit en la bouche de ceux qui l'avoient de gros morceaux de chair superflue et baveuse, qui causoit une grande putréfaction, laquelle surmontoit tellement, qu'ils ne pouvoient presque prendre autre chose sinon que bien liquide.Les dents ne leur tenoient presque point, et les pouvoit on arracher avec les doits sans leur faire douleur.L\u2019on leur coupoit souvent la superfluité de cette chair, qui leur faisoit jetter force sang par la bouche.Apres il leur prenoit une grande douleur de bras et de jambes, lesquelles leur demeurèrent grosses et fort dures, toutes tachetées comme de morsures de puces, et ne peuvoient marcher a cause de la contraction des nerfs: de sorte qu'ils demeuroient presque sans force et sentoient des douleurs intolérables.Ils avoient aussi douleurs de reins, d'esto- mach et de ventre; une thoux fort mauvaise et courte haleine: bref 236 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU ils estoient en tel estat, que la pluspart des malades ne pouvoient se lever ny remuer, et mesme ne les pouvoit-on tenir debout, qu'ils ne tombassent en syncope: de façon que de 79 que nous estions il en moureut 35.Et plus de 20 qui en furent bien prés.».Champlain dit qu'on ne put trouver remède, et que les chirurgiens y passèrent comme les autres.Il donne un rapport succinct des autopsies qu\u2019il fit faire.Il dénonce la chair salée et les légumes altérés que lui et ses compagnons mangèrent au cours de l'hiver.Il ajoute une observation que Jacques Cartier eut contresignée sans hésiter: « Il estoit malaisé de recognoistre ce pays sans y avoir yverné, car y arrivant en été tout y est fort agreable », mais .« il y a six mois d'hyver en ce pays ».En 1609, Champlain fait dans son journal l'entrée suivante: « Les maladies de terre commencèrent à prendre fort tart, qui fut en Février jusqu'à la my Avril.Il en fut frappé 18 et en mourut 10 ».(A Québec, cette fois.Mortalité de 55%).Pour expliquer l'apparition du mal Champlain met en cause, à part les aliments grossiers, des vapeurs miasmatiques qui sortent de la terre quand on l'ouvre au printemps.(Le jésuite Biard, sur ce point, n'est pas de l'avis de Champlain et il le dit carrément dans la Relation de 1611.) Pour le reste notre auteur raisonne assez bien: « Depuis quelque temps en ça les Flamans .ont trouvé un remède fort singulier contre cette maladie .mais nous n\u2019en avons point la connaissance pour ne l'avoir recherché.Toutefois je tiens pour asseuré qu'ayant de bon pain et viandes fraiches, qu'on n\u2019y serait point subject ».18.MARC LESCARBOT (1570-1630).« Histoire de la Nouvelle-France ».Paris, 1611 et 12 \u2014 Réimprimé en 1866.L'en-tête du chapitre VI mérite d'être cité, ne serait-ce que pour démontrer que notre auteur ne manque pas de prétention: « Maladies inconeués.Ample discours sur icelles.De leurs causes.Des peuples qui y sont sujets.Des viandes, mauvaises eaux, air, vets, lacs, pourritures des bois, saisons, disposition de corps des jeunes, os OG IDRC \u201cGROSSE MALADIE\u201d 237 des vieux.Avis de l'Autheur sur le gouvernement de la santé et guérison des dites maladies ».Le chapitre est à lire et relire, mais .où donc cet avocat a-t-il puisé sa science médicale ?Il est vrai qu'il cite Hippocrate, mais c'est pour dire: « J'ai pris plaisir à rapporter ici les mots de cet Autheur, pour ce qu'il en parle scavant et represente assez le mal qui a assailli les notres en la Nou- velle-France sinon qu'il ne fait pas mention de .».De certains signes que Lescarbot se donne des airs d'avoir découverts.Notre homme ajoute avec aplomb: « Il (Hippocrate) dit bien de l\u2019estomac navré.Car le sieur de Pontrincourt fit ouvrir un nègre qui mourut de cette maladie en nôtre voyage, lequel se trouva avoir les parties bien saines, hormis l'estomach, lequel avoit des rides comme ulcérées ».(Un scorbut limité à l'estomac ?) Dans cette dissertation de vingt pages, vous rencontreriez des mentions d\u2019Hippocrate et de Galien, mais vous chercheriez en vain le nom d\u2019un médecin des temps modernes.Par contre vous verriez Lescarbot décocher plusieurs flèches contre nos confrères de la Renaissance.Par exémple: « Le sieur de Monts estant de retour en France, consulta nos médecins sur le sujet de cette maladie, laquelles ils trouvèrent fort nouvelle, à mon avis car je ne voy point que lors que nous nous en allâmes nôtre Apothicaire (Hébert) fust charge d'aucune ordonnance pour la guérison d\u2019icelle », Plus loin, après avoir bavardé savamment, Maître Marc ajoute qu'il « laisse aux Médecins a rechercher ceci plus curieusement ».\u2014 Ailleurs: « Je ne voudray pourtant estre si scrupuleux que les Médecins, lesquels mettent les chairs de boeufs, d'ours, de sanglier, de pourceaux entre les mélancoliques .etc.».\u2014 Autre malice: « Je ne veux entreprendre sur l'office de Médecins, craignant la verge censoriale, et toutefois, avec leur permission, sans toucher à leurs ordonnances .etc.» Arrêtons-nous là.Je Mm'étais toujours douté que ce chapitre ne pouvait être qu\u2019un habile démarquage de quelque auteur peu connu des médecins français, que Lescarbot, lui, avait pu lire dès sa rentrée en France.Mes soupçons étaient fondés; jugez-en par ce qui suit: 238 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU 19.HIERONYMUS REUSNER.« Liber de Scorbuto ».Francfort, 1600.L'Histoire de la Nouvelle-France parut onze ans après ce livre- ci.Tous les auteurs anciens nommés ou cités par Lescarbot figurent dans ces pages.L\u2019érudition de Reusner (un glorieux inconnu) est vraiment remarquable; il fallait étre instruit comme notre Lescarbot pour pouvoir en profiter, car il y a, dans certains chapitres, presque autant de grec que de latin.Mon ignorance du grec et ma connaissance tres imparfaite du latin ne m'ont pas empêché de faire quelques découvertes: Dixit Reusner: « qui a victu maxime frigido, exsucco, crasso ei corrupto oritur ».Dixit Lescarbot: « Cette maladie est causée par des viandes froides, sans suc, grossières et corrompues ».Dixit Reusner: « .imprimis vero sale suffituque macerati; petaso et succidia infumata, subinde rancida et mucida, plerunque; etiam cruda vorata; ificium quoque, caro item suilla a coctione non- nunquam subolida: pisces item fumo indurati, tabescenteque sale conservati, ut harengi, aselli, passeres et raiae siccatae ».Dixit Lescarbot: « Il faut donc se garder des viandes salées, enfumées, rances, moisies, crues et qui sentent mauvais, et semblablement de poissons sechez, comme moruës et rayes empunaisies ».Dixit Reusner: « Sic Ronsseus observavit eos qui .Amstelre- damum ac vicinia loca inhabitant, multo periculosius ac frequen- tius scelotyrbe adfici, quam qui aut Gandam aut Rotterodamum incolunt ».Dixit Lescarbot: « On a observé (notez que le nom du médecin Ronss disparaît) que ceux d'Amsterdam sont plus sujets aux paralysies et roidissements de nerfs que ceux de Rotterdam ».Dixit Lescarbot: « Nous avons eu des malades qui sont rescus- sitéz de mort à vie, ou peu s'en faut pour avoir mangé deux ou trois fois du consommé d'un coq ».Possible, mais.Reusner a \u201cGROSSE MALADIE\u201d 239 ~ donné une excellente recette pour le bouillon de coq: « Aut galli- nam fartilem vel capum depila, exentera tantum ab intestinis, farci floribus boraginis, omniaque ossa franga .etc.» Il a tout pris dans Reusner, vous dis-je ! Et quand il lui arrive de contredire les médecins, c'est encore Reusner qu\u2019il contredit.Ainsi donc, chers confrères de France et du Canada, lorsqu\u2019on vous dira qu'un avocat de Paris a parlé du scorbut plus sensément et plus savamment que tous les médecins de son temps, vous saurez quoi répondre.Vous devrez toutefois concéder que le Marc Lescarbot de 1611 en savait plus long sur le scorbut que la plupart des médecins de France, car il avait, lui, vu des scorbutiques et lu des livres traitant de la « grosse et cruelle » maladie qui intrigua si fort Jacques Cartier et Samuel de Champlain.Revenons à Cartier, relisons-le à la lumière de nos connaissances actuelles: LA PREMIÈRE AUTOPSIE.Sur le rôle d'équipage de l'expédition de 1535 figure le nom de Samson Ripault, barbier.Est-ce lui qui fit « l\u2019ouverture » du pauvre gars Philippe ?Il est permis de le penser, mais non de I'affirmer.Le rôle porte 74 noms, alors que Cartier affirme catégoriquement avoir conduit 109 hommes au Canada.Nous savons, d'autre part, que le scorbut lui en fit perdre au moins 25.Au premier abord on serait tenté de croire que la liste qui nous est parvenue fut dressée lors du retour en France (1536) .Benjamin Sulte, dans son « Histoire des Canadiens-français », incline à le penser, puisqu'il écrit: « Pour n\u2019avoir pas su se nourrir de viandes fraîches que pouvait produire la chasse, les marins perdirent vingt- cinq ou trente des leurs, ceux-là même, probablement, qui manquent a la liste ci-dessus; car les trois équipages s\u2019élevaient à cent dix hommes ».: Si monsieur Sulte était dans le vrai, nous aurions la certitude que Ripault put échapper au désastre, et nous serions presque autorisés à dire que ce fut lui qui pratiqua la première autopsie.Tel n'est pas le cas.La liste des 74 noms est bien celle qui fut fournie lors du départ de St-Malo, puisqu'elle est datée de mars 1535.3 240 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU _ Sous toutes réserves, donc, attribuons à Ripault un mérite qui revient peut-être à un autre.Quelles connaissances anatomopathologiques cet humble sous- médicastre pouvait-il bien posséder ?N'était-il que barbier ?N'était-il point, en plus, chirurgien ?Nous savons que dans les villes de Bretagne on ne trouvait pas, comme à Paris, des chirurgiens et des barbiers, mais seulement des barbiers-chirurgiens, Nous savons aussi que les examens n'étaient pas très pénibles.Il suffisait d\u2019avoir fait « le chef d'oeuvre ».Ce chef-d'oeuvre consistait à « bien peigner, rongner et fouiller une barbe.fabriquer de ses propres mains fers de lancettes convenables à seigner », prouver que l\u2019on savait distinguer une artère d'une veine et que l'on connaissait « toutes les vainnes qui sont au corps humain et les causes pourquoy on doibt les seigner ».En somme, pour se faire agréer, l'aspirant n'avait qu'à posséder les rudiments de l'anatomie de surface.Au milieu du 16ème siècle un chirurgien de Nantes crut devoir protester contre un tel état de choses: « Au lieu de demander au candidat de forger des lancettes », écrivait-il, « on devrait l'obliger à disséquer publiquement un corps humain et à répondre aux questions qui lui seraient posées ».(Cité par Wickersheiner).Quel qu\u2019ait été le bagage scientifique de Ripault, sa maîtrise dans l'art de saigner et de raser, il faut reconnaître que le rapport de la première autopsie pratiquée au Canada, il y a quatre cents ans, est conforme à ce que, depuis lors, des hommes très compétents ont trouvé à l'ouverture des cadavres de scorbutiques.Qu'on en juge par ce tableau comparatif, qui met en regard les différentes constatations rapportées par Jacques Cartier et celles que rapporte l'Américain Hess, un expert en matière de scorbut: \u201cGROSSE MALADIE\u201d CARTIER (1535) Il avait le coeur tout blanc et flétri, environné de plus d'un pot d\u2019eau rousse comme datte.Il avait le foie beau.Il avait le poumon tout noirci et mortifié.sortit au-dessus du coeur une grande abondance de sang noir et infect.Il avait la rate, par devers l\u2019échine un peu entamée, environ deux doigts, comme si elle eut été frottée sur une pierre rude.(En d\u2019autres mots, la rate était friable; mais Cartier ne dit pas qu\u2019elle était hypertrophiée.) Lui fut ouverte et incisée une cuisse, laquelle était fort noire par dehors, mais par dedans la chair fut trouvée assez belle, 241 HESS (1920) Fatty degeneration of the heart muscle is frequent.Any or all of the serous cavities may be involved in the hydrops, the order of frequency being: pericardium, pleurae, etc.Erdheim found congestion of the liver in only nine among thirty-one necropsies.The lungs are almost always congested .Smaller or larger hemorrhages are described occasionally which are usually considered truly scorbutic .Pneumonia, lobular or lobar is one of the most frequent complications and causes of death.Charpentier, in the Paris epidemic of 1871, found it (the spleen) often three to four times the normal size and very soft.The enlargement is usually by no means so great, and no doubt is due in part to intercurrent affections.The blood surrounds the muscle fibres, wich appear quite intact.Voilà ! Pour justifier le titre donné à son livre « Scurvy, past and present », Hess s\u2019est contenté, dans ce chapitre, des rapports d'autopsie de Lind, qui écrivait au 18ème siècle.Il eût mieux fait de remonter jusqu'à Cartier.Celui-ci ne reçoit qu\u2019une très courte mention: « The narratives of subsequent explorers, especiallv those 242 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU of Cartier and of Drake, are replete with descriptions of the ravages of scurvy ».Avant que nous abordions une autre question, je vous prie, confrères du Québec, de faire votre examen de conscience.Appré- ciez-vous, autant qu\u2019ils le méritent, les anatomopathologistes ?Avez-vous le courage d'exiger ou de réclamer instamment l'autopsie des patients que la Mort vous arrache des mains ?Passons, LE MIRACLE DE NOTRE-DAME DE ROCAMADOUR ET DE SAINTE VITAMINE C.Relisons Cartier: « Nostre Cappitaine .fit porter ung ymaige et remembrance de la Vierge Marie contre ung arbre .Et la messe dicte et chantée devant ladicte ymaige, se fist le cappitaine pellerin à Nostre Dame qui se faict deprier à Rocquemado .Celluy jour trespassa Philippes Rougemont, natif d'Amboise, de l'aige de environ vingt ans ».L'an 1580, peu après la Réforme, un certain John Florio publiait à Londres une relation des deux premiers voyages de Cartier, en langue anglaise.Sans vergogne il substitua le nom de Jesus-Christ à celui de sa sainte mère, pour ne pas scandaliser ses lecteurs protestants.De tels tripatouillages sont plutôt rares, aujourd'hui; il s\u2019en faut cependant de beaucoup que les passions religieuses soient éteintes.C\u2019est dans les marges qu\u2019elles se donnent libre cours.Ainsi l'historien Parkman n\u2019a pas manqué de constater que le pauvre Philippe mourut le jour même où l\u2019on se mit en prières devant l'image de la Vierge.« The Holy Virgin», écrit-il, «deigned no other response ».Ce trait empoisonné a eu pour effet d'exaspérer un fervent catholique, Joseph Pope, auteur d'un essai sur Cartier.Il proteste énergiquement et, comme pour prouver qu'il y a bien eu miracle, il insiste sur les effets extraordinairement rapides que produisit la bienfaisante « Annedda » dès que son existence fut révélée aux Français.Le miracle, si c'en est un, a, ce me semble, été nettement défini par Jacques Cartier lui-même: « Dieu, par Sa saincte grâce nous regarda en pityé et nous envoya congnoissance de nostre garison et sante ». \u201cGROSSE MALADIE\" 243 Restons-en là.Ne soyons pas plus catholiques qu\u2019un marin breton, et gardons-nous de l'être autant que le.Pope.N'\u2019en déplaise à ce dernier, l\u2019action d\u2019un antiscorbutique chez ceux qui sont en avitaminose est souvent extraordinairement rapide.L'effet est prodigieux, en regard de la gravité des symptômes.Voici un exemple typique: 20.FRANÇOIS BOISSIER DE SAUVAGES (1706-1767).« Due dissertazioni fisico-mediche .la seconda come l\u2019aria con le sue diverse qualità operi sul nostro corpo ».Florence, 1754.Signor Manetti, le traducteur italien de Sauvages, rapporte dans une note au bas de la page 276 le cas d'un pauvre matelot scorbutique que ses compagnons débarquèrent pour s'en débarrasser, croyant qu'il rendrait bientôt l'âme.Mais .\u2026 « appena transpor- tato a terro ed (vi abandonatto, si senti alquanto rauvivare » parce qu'il se mit à brouter l'herbe.En quelques jours (sic) sans autre remède (sic) 1l se trouva parfaitement guéri, et put retourner dans son pays, où 1l raconta son aventure et reprocha à ses compagnons de l'avoir laissé « tn st meschina situazione ».Bien avant Manetti, dès 1696, le médecin anglais William Cockburn rapportait des guérisons non moins miraculeuses.Et donc, la rapidité d'action de l\u2019Annedda permet d'affirmer qu'elle était suffisamment riche en vitamine C pour corriger la carence dont souffraient les hommes de Cartier.Ce dernier lui reconnaît, par surcroit, le pouvoir de guérir en quelques jours une syphilis invétérée.Hola! diront les vénéréologues; la guérison quasi-instantanée de la syphilis par le moyen d'un remède végétal ne saurait être admise ! Soit; mais le fait insolite signalé par Jacques Cartier ne saurait être rejeté d'emblée sans qu'on se donne au moins la peine de l'interpréter.Le vérolé guéri par l\u2019annedda n\u2019en était peut-être pas un; ou encore: sa vérole était peut-être compliquée d\u2019un état dyscrasique auquel l'ingestion de vitamine C a mis fin; ou encore: ce soi-disant syphilitique n\u2019était peut-être qu'un scorbutique invé- 244 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU téré qui s'ignorait; ou encore: il souffrait d'une quelconque dermatose.Ouvrons vite un chapitre nouveau qui s\u2019intitulera: SYPHILIS ET SCORBUT.Nous avons vu, tout à l'heure, que l'étude du Scorbut a commencé du temps de Cartier, Rendons-nous bien compte qu\u2019il en fut de même pour la Syphilis: 21.KARL SUDHOFF et CHARLES SINGER.« The earliest printed literature on Syphilis ».1495-1498 \u2014 Réimpr.1925.Voici un recueil fac-similé des dix premiers ouvrages traitant de la syphilis ou, comme l'appellent tous les auteurs avec un ensemble touchant: mal français.Pourquoi français ?Parce qu'on attribua la propagation de la maladie aux soldats de France qui envahirent le royaume de Naples, en 1494.Les Français rétorquèrent en l'appelant mal de Naples, prétendant l'avoir contracté là, et l\u2019avoir rapporté dans leur pays.Peu nous importe, du reste, cette discussion sur les origines du mal.Retenons que tous les auteurs de la fin du quinzième siècle s'entendent pour dire que cette peste est « nouvelle ».Entrons dans le seizième.22.JACQUES DE BÉTHENCOURT.« Nouveau carême de pénitence et purgatoire d'expiation à l'usage des malades affectés du mal français ou mal vénérien ».Paris, 1527 \u2014 Réimpression de 1871.Nous devons cette traduction abrégée de l'original latin au grand syphiligraphe Fournier.« Nous autres médecins », dit Béthencourt, « nous ne doutons pas que cette maladie ne soit un résultat de la débauche .un mal d\u2019essence vénérienne ».Il la croit nouvelle: « elle a pris naissance parmi nous depuis une trentaine d\u2019années environ ».\u2014 Il cite Pline: « Un mal nouveau met toujours en défaut la science du médecin ».Sa science à lui n\u2019est pas trop en défaut, surtout en matière de thérapeutique, Il affirme, par exemple, que le mercure est supérieur au gaïac. \u201cGROSSE MALADIE\u201d 245 ne C\u2019est en 1530 que le mot syphilis fut inventé.Il apparaît en tête d'un poème écrit en fort beaux vers latins et dédié par son auteur au cardinal Bembo ! Les lettrés du temps adoptèrent avec enthousiasme le vocable nouveau, mais il faut pardonner au rude marin Cartier de lui avoir préféré le mot « vérolle ».23.GIROLAMO FRACASTORO (1484-1553).« Hieronymi Fracastorii, Syphilidis, sive morbi gallici, libri tres ».Lyon, 1591.Le poème figure dans une édition des oeuvres complètes de Fracastor.Aux hasards de l'impression les vers de « Syphilis » avoisinent avec une petit épigramme composé en.1534.II est question de feu et de cendre dans ce quatrain.Peut-être faut-il y voir une allusion voilée à l'accident terrible auquel Fracastor-enfant survécut ?Sa mère fut tuée par la foudre alors qu\u2019elle le tenait dans ses bras.L'auteur se demande si la syphilis a vraiment été importée du Nouveau Monde.Il croit qu'elle existe depuis longtemps, mais qu'elle a souvent passé inaperçue.Il explique pourquoi les peuples du Nouveau Monde en sont plus affligés que les autres (?) et ses explications sont celles d\u2019un fervent de l\u2019Astrologie.Inutile de dire que la Poésie y gagne plus que la Médecine.Le troisième livre nous entretient de Syphilus, berger du roi Alcithous, qui abjura le culte du soleil et se fit idolâtre de son roi, et qui, pour punition, vit tout son corps se couvrir d\u2019une lèpre hideuse, La maladie prit son nom et se répandit partout; le Roi même en fut affligé.Mais la nymphe Américe (sic), consultée, eut pitié de tant de malheureux et leur indiqua un remède: le bois de l'arbre saint (le gaïac).La nymphe Amérique, pour Cartier, ce fut Notre-Dame, et l'arbre saint, ce fut.Qui lira verra.~ Saviez-vous, confrères, que le poéme de Fracastor a été traduit en langue anglaise, tout récemment, par un Canadien ?Non ?Apprenez, alors, que le Conseil d'Hygiène Sociale du Canada a fait 246 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU paraitre a Toronto, en 1928, un livre intitulé « Hieronymus Fra- castorius and his poetical works on Syphilis ».L\u2019auteur est avocat, mais je me garderai bien de lui chercher noise, comme à Lescarbot.Il me faut cependant le contredire un peu, ne serait-ce que pour affirmer les droits de la Critique.L'Honorable William Renwick Riddell se trompe lorsqu\u2019il écrit: « There have been many translations of the Poem into modern languages \u2014 into Italian very early, into French (prose) in Lucet\u2019s edition, 1796, for the first time ».Non.Plus de 40 ans avant l'édition de Lucet paraissant celle-ci: 24.JEROME FRACASTOR.« Syphilis ou le mal vénérien .avec la traduction française et des notes par Macquer et Lacombe ».Paris, 1753.Et maintenant, attention ! Je vais démontrer qu'on a, depuis Cartier et pendant longtemps, considéré le scorbut et la vérole comme deux maladies apparentées, souvent coexistantes; et qu\u2019on est même allé jusqu'à parler d\u2019un scorbut vérolique et d\u2019une vérole scorbutique ! Ceci prouvé, je vous présenterai un ouvrage sur les maladies vénériennes, datant de 1801, où il est beaucoup question d\u2019une grande épidémie de syphilis qui sévit ici, dans la province de Québec, il y a 150 ans.Et je vous signalerai certain passage qui nous ramènera, comme malgré nous, à la Relation de Jacques Cartier .En avant, marche ! Dès 1604 le malfaisant Eugalenus (vide infra) prétendait que scorbut et syphilis se ressemblent à tel point que, parfois, le pouls seul permet une différenciation.Cent ans plus tard le diagnostic différentiel entre les deux affections faisait l\u2019objet d\u2019une thèse men- tionée par Astruc dans sa riche bibliographie morbivénérienne.Voyez: 25.JEAN ASTRUC (1684-1766).« De morbis venereis libri novem ».Paris, 1740.Dans le Tome II, l\u2019auteur mentionne une « Dissertatio medica inauguralis de scorbuti et venerae luis diversis signis et medicinis ».La thèse fut soutenue le 26 mars 1706 devant un jury présidé par \u201cGROSSE MALADIE\u201d 247 l'illustre Stahl.Disons, en passant, qu\u2019il ne faut pas confondre son auteur avec Adam-Chrétien Thebesius (1686-1732), dont tous les anatomistes connaissent les « trous », les « valvules » et les « Veines ».26.ADRIEN HELVÉTIUS (1661-1727).« Traité des maladies les plus fréquentes et des remèdes propres à les guérir ».Paris, 1723.\u2018Transcrivons: « Il survient quelque fois dans le Scorbut, des pustules, des douleurs, des ulcères et autres accidents, qui doivent être regardez comme véroliques.Ils ne peuvent être guéris que par les remèdes mercuriaux, qu'on est obligé de faire succéder aux remèdes antiscorbutiques .etc.» 27.JEAN ASTRUC (1684-1766).« Traité des Maladies Vénériennes ».Paris, 1755.« Les frictions mercurielles ne font aucun effet, ou en font peu, sur le Scorbut et sur les Ecrouelles qui se trouvent quelquefois joints à la Vérole: car le Mercure n\u2019est pas un remède spécifique pour les Levains (sic) qui causent ces deux maladies.Ainsi elles subsistent après les Frictions, et elles doivent être détruites par des Remèdes qui leur soient propres.Toute ce qu\u2019on y gagne, c'est qu\u2019elles sont devenues plus aisées à guérir, par la guérison de la Vérole, avec laquelle elles étoient compliquées.Ces deux espèces de maladies sont très fâcheuses et presque aussi difficiles à guérir qu\u2019à expliquer.Le Scorbut est un mal qu'il est ordinairement impossible de guérir radicalement, du moins avec les Remèdes que la Médecine fournit aujourd'hui ».(Oh! oh!) Gardez-vous bien, 248 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU chers confrères, de penser maintenant au marin vérolé du Capitaine Cartier.Continuez cette lecture.L'étude des vieux textes vous réserve une surprise.28.FRANÇOIS-JOSEPH BROUSSAIS (1772-1838).« Histoire des Phlegmasies .».Paris, 1816.Plusieurs pages sur les prétendues « phtisies scorbutiques ».Citons: « Ainsi la diathèse inflammatoire et la diathèse scorbutique peuvent également avoir l'initiative, et se combiner dans le même individu .elles ajoutent nécessairement au danger l\u2019une de l\u2019autre ., etc.».\u2014 Il va sans dire que le dogmatique Broussais, pour qui tout était « phlogose » conclut à l'existence d\u2019une phlo- gose scorbutique.Je l'ai cité pour mémoire seulement.Voici mieux: 29.F.-X.SCHWEDIAUER, dit SWEDIAUR (1748-1824).« Traité complet sur les symptômes, les effets, la nature et le traitement des maladies syphilitiques ».(4ème édition).Paris, 1801.Le chapitre XIII est consacré à « la nouvelle maladie syphilitique qui a paru depuis peu en Canada ».C\u2019est, vous l'avez deviné, le fameux Mal de la Baie St-Paul, qui a fait couler tant d'encre.À la Baie, dit Swediaur, on l\u2019appelait Mal des Eboulements.Dans les environs de Boucherville 11 portait le nom étrange de Lustacruo A Sorel, celui de Mal de Chicot.Un peu partout: Mauvais Mal, Vilain Mal, Gros Mal.Ajoutons que les Canadiens français ne se gênaient point pour l'appeler mal.anglais ou écossais.Non sans raison, peut-être; car il semble bien que le virus fut semé à la baie St-Paul par un pilote écossais.Il est certain que vers le même temps sévissait dans les Highlands de l'Ecosse une forme fruste de la syphilis, que les gens du pays nommaient « The Sibbens ».Ici, dans la province de Québec, en 1785, il n\u2019y avait pas moins de 5801 cas avoués.D'après le docteur J.Bowman, chargé par le Gouverneur du soin d'enquêter et de traiter, plus de 5% des habitants étaient touchés.Le mercure opéra des cures merveilleuses dès \u201cGROSSE MALADIE\u201d 249 que le dépistage fut organisé, grâce à la collaboration des chefs civils et religieux.Mais on dut, pendant longtemps, recourir aux remèdes empiriques, « Il n\u2019est aucun remède imaginable que l'ignorance, la superstition ou la nécessité n\u2019aient porté les Canadiens à essayer contre les ravages de ce fléau », dit Swediaur.« Les racines de patience et de bardane, la salsepareille, etc., sont les remèdes qu\u2019on emploie communément avec apparence de succès; on s\u2019est surtout bien trouvé de la décoction des branches et de l'écorce de.» Hé oui! de l\u2019Annedda.Comme du temps de Cartier elle fit des miracles, puisque Swe- diaur ajoute: « Le docteur Bowman a observé que ce remède accé- léroit beaucoup la guérison quoiqu'il n'ait point vu qu\u2019il l'ait opérée radicalement sans le secours du mercure ».Concluons; ou, pour mieux dire, soumettons des conclusions à la critique: l'homme de Cartier était probablement un authentique « vérollé ».N'avait-il pas avoué à son capitaine qu'il souffrait de son mal « depuis cinq ou six ans auparavant », ce qui revenait à dire qu'il se souvenait du bobo initial ou de la roséole qui suivit de pres la.faute ?Quant aux infortunés Canadiens observés par Bowman, ils étaient sûrement syphilitiques sans le savoir.Cette affaire du « Mal de la Baie » est jugée, classée.Les écrits du temps démontrent que la fameuse épidémie n\u2019était guère vénérienne; mais s'il est avéré que ces « Anciens Canadiens » ne pêchèrent pas trop contre la Pureté, il est surabondamment prouvé qu\u2019ils péche- rent beaucoup contre l'Hygiène.La communauté de biens, quand il s'agit de pipes, de gobelets et autres ustensiles intimes, ne sera jamais recommandée par la Faculté.Or nos arrière-grands-pères la pratiquaient; et, pour comble de malheur, nos arrière-grand\u2019mères avaient emprunté aux sauvagesses une détestable coutume signalée à l'époque par le docteur Blake, dans une lettre au Gouvernement: « They chew the food for their infants and spit it in their mouths ».Un grand nombre de ces paysans syphilitiques devaient être, par surcroît, des scorbutiques.On était pauvre, chez-nous, au lendemain de la conquête; pauvre et passablement démoralisé.On devait recourir, des mois durant, aux salaisons, aux pois secs et 250 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU mem autres victuailles dévitaminisées.Bref, quelques-uns souffraient d\u2019une double dyscrasie.Nous avons entendu, tout à l'heure, Hel- vétius nous parler d'une vérolate de scorbut, si l'on peut ainsi résumer ses idées fausses.D'autre part, Broussais nous a signalé le.scrofulate de scorbut, qui est beaucoup plus admissible.Et mes maîtres, du temps que j'étais étudiant, parlaient, sur un ton mi- badin mi-sérieux, du « scrofulate de vérole ».Pourquoi n'y aurait- il pas un .scorbutate de vérole ?Oui, pourquoi pas ?Cabanès a eu raison d'écrire tout un livre pour démontrer que l\u2019Histoire peut être éclairée par la Clinique.Mais la Clinique, elle, ne doit pas faire fi des enseignements de l'Histoire.Le fait de 1536 et le fait de 1785 sont incontestables.Ils nous obligent à nous demander s'il n\u2019y aurait pas lieu d'assurer à nos vérolés, en cours de traitement, une ration plus que généreuse de vitamine C (jus d'orange, de tomate, etc.).Ne l\u2019oublions pas: le mercure, l\u2019arsénobenzol, le bismuth, tous les antisyphilitiques « tapent dur » sur le malade et tendent à instaurer en lui un état dyscrasique.Même aujourd'hui la cure constitue un véritable « carême de pénitence et purgatoire d\u2019expiation » pour parler comme le vieux Jacques de Béthencourt (vide supra).Et de nos jours encore beaucoup de gens suivent un régime qui les maintient en « paucivitaminose » si l\u2019on peut s'exprimer ainsi.LE PROBLÈME DE L\u2019ANNEDDA : Cartier, dans sa relation du second voyage, nous dit que l'an- nedda était un arbre, voire même un grand arbre.Voilà qui élimine d'emblée toutes les plantes antiscorbutiques prônées par les auteurs du seizième siècle: bécabunga, cochléaria, hydrolapas, etc.Malheureusement pour nous, le « brief récit » ne mérite que trop son nom; l'auteur n\u2019y a consigné aucune description de l'arbre bienfaisant.Que si nous nous reportons à la relation du troisième voyage (1541), accompli sous le commandement de Roberval, une amère déception nous est réservée.Le narrateur écrit: « Et il y a dans ce pays (les environs du Cap Rouge) un arbre que ceux du pays nomment Hanneda: il dépasse en vertus tous les arbres du monde: j'en reparlerai ».Mais, hélas! l'unique rapport que nous \u201cGROSSE MALADIE\u201d 251 possédions du troisième voyage est en langue anglaise, et il se termine brusquement au beau milieu d\u2019une phrase .« The rest is wanting », écrit l'éditeur Hakluyt (1600).Par ailleurs nous savons déjà qu'il est inutile de demander des éclaircissements à Champlain et à Lescarbot.Il y avait donc, jadis, un problème de l'Annedda comme il y eut un problème de l\u2019Herba britannica.Et il s'est trouvé un médecin illustre pour s'en préoccuper: 30.ANTON DE HAEN (1704-1776).« Ratio medendi in nosocomio practico ».Paris, 1764.Tome IV, 8ème partie, Chap.IV, page 150: « Quod mihi primum occurrit, est diarium Jacobi Quartier (sic) qui jussu Regis Christianissimi Francisci I anno 1535 Americam Septentrionalem lustrans, hybernare cogebatur ad ripam fluvii Canadae prope locum nunc dictum S.Crucem; nautarum ingentem stragem hic scorbutus fecit, universalem brevi facturus, nisi incolae ipsis indicassent arbo- rem Anedda (sic), cujus et cortice et foliis plurimi reconvaluere.Doctus scriptor A.Montanus qui nobis hujus diarii copiam fecit in suid America Borealis Historia, nihil attulit lucis ut cognoscamus arborem (hélas!) : nec licuit apud R.P.Hennepin, apud Denis, apud Martinière, aliosque qui regionem illam peragrarunt aliquam ejus descriptionem invenire.Nec in doctissimi ac nobilissimi Con- siliarii et Professoris, Nicolai Jacquin, Historia Stirp.America, aliquid habetur, quum ad eam in America latitudinem non per- venerint .» En somme, le célèbre clinicien de Haen voulut savoir ce qu'était la miraculeuse Annedda, et ne trouva aucun éclaircissement dans les ouvrages d'Arnold Montanus, du Père Hennepin, de Nicolas Denys, etc.» ~ Un seul ouvrage, a cette époque, contenait le renseignement désiré, mais, si je ne me trompe, il n\u2019était pas encore en vente chez les libraires: 252 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU AAA 31.PIERRE-F.-X.DE CHARLEVOIX (1682-1761).« Histoire et description générale de la Nouvelle-France .».Paris, 1744.« Un plus grand malheur .ce fut une espèce de Scorbut, dont personne ne fut exempt, et qui auroit peut-être fait périr jusqu'au dernier François, s'ils n'y eussent, quoiqu\u2019un peu tard, trouvé un remède, qui opéra sur le champ.C'étoit une ptisanne faite avec la feuille et l'écorce de l'épinette blanche (sic) pilées ensemble ».Charlevoix ne nous dit pas où il a puisé la certitude, mais nous savons qu'il vint au Canada en 1720, et la tradition de l\u2019Annedda devait, à cette époque encore, être très vivante chez les aborigènes.Il a pu, aussi, trouver dans les riches archives des Jésuites un document qui l'autorisait à affirmer catégoriquement que l\u2019Annedda des Indiens n'était autre chose que l'Epinette des Canadiens.Depuis Charlevoix presque tous nos historiens ont tenu pour acquis que nous savons de science certaine ce qu'était l\u2019Annedda.Cette attitude doit répugner à l\u2019archiviste Biggar (vide supra), puisqu'il écrit en marge du « Brief Récrit » que l'arbre de Cartier « seems to have been the hemlock ».Mais le hemlock des anglophones d'Amérique n\u2019est pas l\u2019épinette blanche, ni même la noire, c\u2019est le Tsuga que nous appelons ici la Pruche, Dieu sait pourquoi.(En Europe les mots Pruche et Pérusse ont servi et servent encore à désigner .les picéas, nos épinettes !) Et puis, si par extraordinaire nous retrouvions le manuscrit du troisième « Voyage », en langue française et au complet, nous serions peut-être fort embarrassés d\u2019avoir à dire quelle espèce l\u2019auteur entendait désigner quand il s'est servi de telle ou telle expression.En effet, comme le fait remarquer notre éminent botaniste le frère Marie-Victorin, dans son étude sur les Abiétacées du Québec, Jacques Cartier parle de la Pruche sous le nom d\u2019If et il emploie le mot Pruche pour désigner l\u2019Epinette blanche ou le Mélèze ! Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire_reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 etc., ou générale telle que chloro-anémie, tuberculose, changement de vie, convalescences, etc.Troubles de la ménopause, etc.Ménorrhagie et dans les syndromes à prédominance ovarienne.NEUROCRINE No 5 C&C Chaque comprimé représente: Teinture de Valériane 40 gouttes, Surrénale Y, grain, Substance Cérébrale 10 grains, Thymus 3 grains.INDICATIONS : \u2014 Neurasthénie, perte ou sommeil agité cause nerveuse, Surrénalites aiguës ou chroniques, Névroses, Hystéries, Hyperexcitabilité psychique, Fatigues, Surmenage, Epuisement de l'énergie et tous autres troubles nerveux.DIACRINE No 6 C & C Chaque comprimé représente en glandes fraiches: Ilots du Pancréas 10 grains, Duodénum 1 grain, Amygdale 2 grains.INDICATIONS : \u2014 Insuffisance intestinale, Pancréatite chronique, Irritation du pancréas, Dyspepsies pancréatiques, Diabète.PRIX : \u2014 En bouteilles de 50 doz.$10.20 En bouteilles de 100 doz.$18.00 Echantillon sur demande.CASGRAIN & CHARBONNEAU LIMITEE Pharmaciens en Gros 28-30, rue St-Paul Est Instruments de Chirurgie Téléphone: Instruments pour Dentistes MONTREAL Rayons-X et physiothérapie.LAncaster *3292 THYVACRINE Nol0 C&C Chaque comprimé représente en glandes fraiches: Ovaire complet 10 grains, Thyroïde 1 grain.INDICATIONS : \u2014 Aménorrhée soit occasionnelle causée par émotion vive, froid aux pieds, fatigues, XV IODO-CINNAMATE CHOMEDY L'IODO-CINNAMATE a une action chimiothérapique anti-infectieuse en général, et anti-infectieuse pulmonaire en particulier; il tend de plus à conférer à l'organisme une immunité artificielle vis-à-vis des bacilles.Cholestérine \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026 0,03 Goménol Chaque ampoule Cinnamate de Benzyle .0,05 Gaiacol aa 0,05 contient : Iode combiné \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.\u2026 0,01 Eucalyptol Huile d\u2019arachide neutralisée stérilisée Q.S.pour 1 cc 4 POSOLOGIE.\u2014 1° Bacilloses au début \u2014 séquelle d\u2019infections pulmonaires ou de grippe \u2014 convalescences d'infections aiguës anergissantes: une injection tous les 2 jours.\u2014 2° Bacilloses pulmonaires non congestives, mais en évolution, osseuses ou cutanées \u2014 infections pulmonaires à leur période d\u2019état \u2014 abcès du poumon, bronchite fétide, pleurésie purulente, gangrène pulmonaire: une ou deux injections chaque jour.Avant de pratiquer l\u2019injection : stériliser l\u2019aiguille et la seringue en les laissant dans l'eau bouillante durant un quart d'heure ; limer l'ampoule assez bas et aspirer le liquide huileux avec l\u2019embout de la seringue, adapter l\u2019aiguille (de 3 cm de long) ; pousser le liquide lentement dans le tissu sous-cutané de la région fessière, ou scapulaire, après avoir nettoyé l\u2019endroit de la piqûre avec un tampon imbibé d\u2019alcool à 95°.L\u2019injection est indolore et ne provoque aucune réaction.La boîte contient DOUZE ampoules.HERDI & CHARTONS, INC.2027, AVENUE DU COLLÈGE McGILL - - MONTRÉAL AGRIPPOL cachet .fébrifuge analgésique FORMULE : Cryogénine \u2026 .\u2026 \u2026 0.10 Piloselle .\u2026 .\u2026 \u2026 0.05 Saliciline \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 0.02 Acétanilide \u2026 .\u2026 \u2026 0.10 citrate de caféine \u2026 \u2026 0.15 Antipyrine \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 .10 Quinquina rouge \u2026 \u2026 0.05 Carbonate de chaux .0.10 Adonis \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 0,05 MODE D'EMPLOI : Prendre un à quatre cachets, espacés des repas, par vingt-quatre heures, durant la période de fièvre.XVI APPLICATION DU PROPIDON A LA BACTÉRIOTHÉRAPIE LOCALE BOUILLON STOCK VACCIN MIXTE DU PROFESSEUR DELBET \u2014 ne saurait s'offusquer de voir un médecin des hôpitaux démissionner devant des confrères dont il veut conserver l'estime et le patronage.Le prospectus ayant été distribué dans le public, Monsieur Badeaux aurait le droit de protester dans la grande presse.Qu'on lui sache gré de s\u2019en tenir à la présente mise au point.DONT ACTE.N.D.L.R.\u2014 Il va*sans dire que personne à l'Hôtel-Dieu n'entend jeter du discrédit sur l'entreprise elle-même.Le navire peut tenir la mer, sans doute; mais la cérémonie du lancement prête à la critique. 286 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU ANA AS ERRATA On nous prie de faire les corrections suivantes dans « le catalogue du trésor historique de l\u2019Hôtel-Dieu », numéro de mai-juin.Page 184, au lieu de: « l'Eglise catholique l'a élevée sur ses autels », lire: «l'Eglise catholique l'a déclarée vénérable ».Page 189, au lieu de: « système », lire: « système ».Page 194, prendre note que le pamphlet intitulé « Maria Monk » ne peut plus être exhibé à la devanture des libraires du Canada.L'importation en est interdite.S'il s'en vend encore, s\u2019est sous le manteau.Page 199, lire: « gardes-malades » au lieu de: « gardes malades ». Pages 201 et 205, lire: « Madone » au lieu de « Ma- donne ».Page 202, lire: « a-t-il » au lieu de: « a-til ».Page 203, item 46, supprimer les mots: « de Sèvres ».Page 207, lire: « Maison-mere » au lieu de « Maison Mere ».Page 208, item 73, lire: « Un lot ».Page 210, lire: « vénérabley au lieu de « bienheureuse ».Page 213, lire : « La Dauversière » au lieu de «la Dauviersière ». | LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU DE MONTRÉAL remercie ses annonceurs et prie les lecteurs de leur accorder un bienveillant patronage. 1k Belladenal \u201cSandoz\u201d Le sédatif nervin des cas résistants, douleur morale, phénomènes convulsifs et spasmodiques.Il remplace les bromures, les barbituriques et l\u2019opium.Pour échantillons s\u2019adresser à THE WINGATE CHEMICAL COMPANY Ltd.S 378 OUEST, RUE SAINT-PAUL - MONTRÉAL SANDOZ Le PANTOPON \u201cRoche\u201d opium total, constant et injectable, est supérieur à la morphine dans toutes ses indications.Respecte le centre émétique (ni nausées, ni vomissements) Supprime les spasmes de la musculature lisse Epargne le centre respiratoire Effet toni-cardiaque EN MÉDECINE, en injections de 0.02 gm.(tablettes hypodermiques ou ampoules), en comprimés oraux de 0.01 gm., et en sirop.Coliques, douleurs du cancer, asthme, angine de poitrine, psychiatrie, etc.EN CHIRURGIE, en injections de 0.02 gm., pour préparer à l'anesthésie et après l'opération.EN OBSTÉTRIQUE, avant, ou combiné à un autre anesthésique.Echantillons sur demande signée et datée à HOFFMANN - LA ROCHE LIMITEE 286, RUE ST-PAUL, OUEST, MONTRÉAL XIX * Tél.MArquette 6262 SARRAZIN & CHOQUETTE PHARMACIENS La plus grande pharmacie au Canada | Nous envoyons chercher Ic e Qe les ordonnances à domicile ARTHUR SARRAZIN LUC CHOQUETTE Bachelier de l'Université de ! ; Docteur de l'Université de Montréal, boursier en matière médicale et chimie Paris, bachelier de l'Uni- 1919, 1920 versité de Montréal 921 rue Ste-Catherine, Est - - Montréal SERVICE DE VOITURES AMBULANCES à la VILLE et à la CAMPAGNE, JOUR et NUIT Spécialistes dans le transport des malades et des blessés GEO.VANDELAC LIMITÉE Fondé en 1890 G.VANDELAC, jr.ALEX.GOUR DIRECTEURS DE FUNÉRAILLES SALONS MORTUAIRES 120 RUE RACHEL EST, - - MONTREAL Tél.: BEloir 1717 -7 7 2 seurre OANTEINE Préparé par une maison canadienne.Le lait le plus riche en ferments lactiques.INDIQUÉ spécialement dans les cas d\u2019entérite ou de stase intestinale.rd LIMITEE { L - J ins RON + MID) MID): 4 Ÿ qe RAD \u2014 MD): MID): y gle Re \u20ac GE S SY GS 5 \u201c ANTI-URIQUE TYPE\u201d ey MLE pg QUO QUO \u20ac LABORATOIRES DE LA PIPÉRAZINE MIDY .$i New Birks Bldg.MONTREAL 2 à 4 cuillerées à café par jour.SN Pe J.EDDE, Limitée, Edifice New Birks, Montréal, agent général pour le Canada. 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