Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1 janvier 1938, Janvier-Février
[" ee diet nest Cut de digt jee Sc rhyiere ove = GE so.Te Les fhe i NBLIULE D'ART pRANÇAIEE E ES So ED D - ae, A a CC \u2014_ Tl rs ON \\ \u2014 = r= == ZZ] \u2014 \u2014 74 = \u2014 XN == at = Pi AAAS AV KV VRC LWW WX TO XW X ppt =F TTS TN ) = i = Zh Tn Yi he 7 1] \\ Es ms E= == == pr mc \u2014 N \u2014 Te i\" om es res PA I EI 4 a ss \u2014 A ) + \u2014 \u2014 \u2014 = = == fi = BIBLIOT HEQVE ! { Te A-SVLPICE Sa soo iy de + dde es No DEN \u2014 vi) ND > 610 826 44 Numéro 1 Septième année LE JOURNAL de : L\u2019HOTEL-DIEU DE MONTRÉAL 7 I G f hat JANVIER-FEVRIER 1938 ® BACTERIOTHERAPIE LOCALE, PREVENTIVE ET CURATIVE par le ra Pommade à base de Vaccin \u2018Propidon\u201d cultures vieillies de streptocoques, staphylocoques et de pny B.pyocyaniques) PREVIENT LA SUPPURATION ACTIVE LA DEFENSE LOCALE CONTRE L'INFECTION Indications Plaies accidentelles, infectées ou non, Brûlures, Excoriations, Engelures, Ongle incarné, Furoncles, Ulcères variqueux, Plaies suppurantes en général.Le Propidex est offert en tubes de 30 grammes.Laboratoires POULENC FRÈRES du Canada, Ltée 350, rue Le Moyne - - - Montréal TIRAGE CERTIFIE : 2350 EXEMPLAIRES SOMMAIRE du No 1 Janvier-Février 1938 Pages GUY HAMEL : Le Professeur Bruneau \u2026 .| J.-L.RIOPELLE : Sur un cas de myxome du coeur avec erythro: poiése locale .À ALCIDE PILON : Les amblyopiques, les : amaurotiques et certaines lésions du fond de l\u2019oeil .\u2026 \u2026 24 L.de G.JOUBERT : Les dangers de Potite moyenne suppurée chronique, au point de vue fonctionnel et vital .32 E.-P.GRENIER : Contribution à l\u2019étude d\u2019une complication de la curiethérapie du cancer du col utérin: la pyométrie .\u2026 \u2026 50 LEON LONGTIN : L\u2019anesthésie au eyclo-p -propane présente- elle un champ opératoire plus sanglant ?\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 56 PAUL POIRIER: Robert Sabouraud .60 LÉO PARISEAU : Réorganisation du service d\u2019électro- radiologie de l\u2019Hôtel-Dieu .2 4 \u2026 63 LABORATOIRES MIDY VINANT Ltée.533 rue Bonsecours, MONTREAL 67 AVENUE DE WAGRAM, PARIS, Vile AGENTS POUR LE CANADA REDIGER son TESTAMENT est la chose la plus importante de la vie.AVEZ-VOUS PENSE AU VOTRE?CONSULTEZ-NOUS Societe d\u2019Administration et de Fiducie Administratrice et fiduciaire 5 EST, RUE ST-JACQUES - 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MONTREAL III Gharlatanisme Vs Progrès Scientifique e La maison Schering a tracé la voie dans le développement de la thérapeutique par les hormones sexuelles féminines.Elle offre au corps médical des produits cœstrogéniques parfaitement stables et de composition chimique connue et définie.Les COMPRIMES DE PROGYNON-DH facilitent l'administration de l'hormone œstrogénique par voie buccale.Au sujet de l'emploi de ce produit dans les troubles de la ménopause, Frank, Colberger et Salmon, du Service Cynécologique de l'Hôpital Mount Sinaï, à New-York, disent: « Cette forme de médication devrait se montrer beaucoup plus utile que l'administration par injection.» Selon d'autres cliniciens, on peut obtenir avec les Comprimés de Progynon-DH les mêmes résultats que par l'injection de l'hormone folliculaire.INDICATIONS: Troubles de la ménopause, aménorrhées secondaires, dysménorrhée fonctionnelle, acné, nausées et vomissements de la grossesse, et certains cas de stérilité et d'oliménorrhée.Dans les cas les plus graves on peut injecter intramusculairement le Progynon-B en solution dans l'huile de sésame.SUPPOSITOIRES VAGINAUX AU PROGYNON-DH.Le traitement par l'hormone œstrogé- nique est une arme précieuse contre la vaginite infantile gonococcique, permettant de vaincre le microbe et d'obtenir un soulagement durable.Les Suppositoires Vaginaux au Progynon-DH pour 3 adolescentes sont particulièrement utiles à cette fin, car ils permettent d'éviter les injections.Dans les autres cas d'insuffisance d'hormone folliculaire, on peut employer les Suppositoires Vaginaux au Progynon-DH pour adultes.Nous nous empresserons de répondre à toute demande de notices explicatives.SCHERING (CANADA) LIMITED BOÎTE POSTALE 358 (PLACE D'ARMES) MONTREAL, P.Q.IV # TI STE pres ei EE A § .p iw + I.i TOUX COQUELUCHE RHUME » DES FOINS ta VOIES RÉSHRATOIRE » Sirop à base d'Ephédrine ANTISPASMODIQUE, SÉDATIF ANTISEPTIQUE CONTRE LA TOUX et autres affections des voies respiratoires.f ADULTES wee 4 qu pouce curller des } 8 soups 4 hears : ne 5 ure sed sraté p suivre jen inoicubons du TH ÉRAPLIX ry LABORATOIRES POULENC FRERES 1 du Canada, Ltée (licence « Théraplix ») 350, rue Le Moyne, Montréal A VOTRE DISPOSITION Votre banque n\u2019est pas seulement votre caissière et la dépositaire de vos capitaux d'épargne.Elle est en état de vous rendre d'autres services.Vos occupations et vos préoccupations d'ordre professionnel ne vous laissent guère le loisir de vous documenter au jour le jour sur les questions d\u2019affaires, Vous n\u2019en êtes pas moins tenu, à l'occasion, de résoudre certains problèmes financiers qui mettent en jeu vos intérêts.Recourez donc avec confiance au gérant de votre banque dont les avis désintéressés vous seront souvent utiles.BANQUE GANADIENNE NATIONALE 537 bureaux au Canada 66 succursales à Montréal MALADIES INFECTIEUSES DES VOIES URINAIRES © URICLARINE e Hexaméthylène Tétramine Salicylate de Phényle Chlorure d\u2019 Ammonium 6 à 8 comprimés par jour \u2014 de préférence aux repas.L\u2019Uriclarine permet un régime végétarien et un régime de boisson normale.LABORATOIRES BRISSON, Paris J.EDDE, Limitée \u2014 Agents LA.2421 Edifice New Birks, Montréal.4913 IMPORTANT BENERVA \u201cROCHE\u201d Vitamine B1 ou aneurine, pure, cristallisée Elimination rapide des déchets toxiques du métabolisme des sucres POLYNÉVRITES ALCOOLIQUE ET DES DIABÉTIQUES SCIATIQUES CONVALESCENCES Une ampoule (2 mgm.= 1900 U.L) Boîte de 6 1-2 amp.tous les deux jours en inj.sous-cutanées Un comprimé (1 mgm.= 500 U.IL.) par jour.Flacon de 20 HOFFMANN - 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2 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU L\u2019Hôtel-Dieu voit s\u2019en aller un homme aimé de tous, protecteur des jeunes et adversaire de l\u2019intrigue et de l\u2019injustice.Je m\u2019incline sur sa tombe en me disant: « qu\u2019un grand vide s\u2019est fait dans mon coeur ».La Rédaction du Journal est convaincue de se faire l\u2019interprète de tous ses lecteurs en associant leurs regrets aux miens et c\u2019est au nom de la grande famille de l\u2019Hôtel- Dieu que j\u2019adresse a madame Bruneau, a Jacques Bruneau, au docteur et à madame Mercier, nos plus sincères condoléances.Guy Hamez.NOTES BIOGRAPHIQUES Le professeur Théodule Bruneau est né à Montréal le 11 juillet 1873.Il fit ses études secondaires au Collège de Montréal et au Collège Sainte-Marie.Il étudia la médecine à l\u2019Université Laval de Montréal.Le 2 novembre 1896, il entre à l\u2019Hôtel-Dieu comme médecin.Le 5 février 1906, il y est nommé assistant à la Clinique Médicale.Le 12 juin 1914, la Faculté le nomme suppléant à la Clinique Médicale de l\u2019Hôtel-Dieu et le 5 mai 1915, elle le fait professeur-adjoint à la même chaire.Ie 12 juin 1916.il devient professeur titulaire de Clinique Médicale à l\u2019Hôtel- Dieu, poste qu\u2019il occupe jusqu\u2019à sa mort survenue le 9 février 1938. es \u201c> ¥ Ny ex Pe > 3 js, 445 RF à > ify 2 OR 8 BR * £4 ae a- a, \u2018#, 3 3: B qe.7 od 2 2588 = © > +h 15 RE =, 3 Lr wt 3 pe # 3 née = 5 > ss = LE 2 i # oe ee it 3 % 4 LE ; 42 ar J, > x, «2\u20ac 5 5 TK x \u201cA, Re 5 id 5 * 1 A Ey F A AS 5% + To 55 \u201c5 ¢ a see 3 id anh EE oh a8 13 a oh Lf in Sa \u201cA > og.on si S, * + ze = Ng EN Fa oF 4 ld Ea sb NN Ver, 3 ça 5 LE sf » oN S Ne = vos fe Rahs a : i ps % ; § 5 « 45 s L 3 2 A in : i Da Ba 5 \u2019 a = a, x pd gl Ss be ex 5 A! ak > \u201c es 3, vk 5 2 5 17 x = x 7 ss A 3 58 « ny, + Sg À \u2018i ay : we 2% Ste 4 A 5 eh te 2 fs pees = % 2 i! a.5 ES Es = 7 RES i 5% Fra ed de fo ve 5 #5 uy kel x =; né 2 # À En La as SRL sn ré Es 0 Se Le ser 52 Toe ~ eh EE 4 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Laboratoires d\u2019Anatomie pathologique de l\u2019Hôtel-Dieu et de l\u2019Université de Montréal.SUR UN CAS DE MYXOME DU COEUR AVEC ERYTHROPOIESE LOCALE (Considérations sur l\u2019érythropoièse et la mégacaryopoièse dans les thrombus) Par J.-L.RIOPELLE, [Cet article est la reproduction littérale mais partielle, d\u2019un travail paru \u201cin extenso\u201d dans les Annales d\u2019anatomie pathologique, t.14, no 8, novembre 1937, pp.725 a 751.] La constitution des myxomes du coeur est aujourd\u2019hui bien connue.Ces productions si curieuses ne sont pas d\u2019une grande rareté, et, depuis les travaux de Lorne et de Vir- chow, la littérature médicale en compte plus de cent observations.Leur conformation spéciale, éminemment favorable à l\u2019étude morphologique, la question si discutée de leur nature, ont incité les auteurs à en préciser toutes les modalités anatomiques.Aussi pourrait-on croire que la connaissance de leur structure est désormais complète.Pourtant, c\u2019est surtout d\u2019un fait histologique nouveau que cet article tire son intérêt.Nous avons en effet observé, dans un myxome typique de l\u2019oreillette gauche, outre des mégacaryocytes, de nombreux foyers d\u2019hématies nucléées, mêlées d\u2019éléments plus jeunes, encore basophiles, et de globules rouges adultes.Askanazy et Eric Martin ont vu, dans les myxomes du coeur, des cellules ayant l\u2019aspect de mégacaryocytes.Mais, 1 Travail effectué et publié grâce au fonds Rougier-Armandie. SUR UN CAS DE MYXOME DU COEUR 5 à notre connaissance, aucune publication n\u2019a jusqu'ici signalé dans ces tumeurs une érythropoïèse locale.Les revues générales de Husten et de Fabris, les commentaires critiques de Windholz et d\u2019Eric Martin n\u2019y font pas la moindre allusion ; et pourtant, ces auteurs accusent un souci évident de n\u2019oublier aucun détail anatomique, füût-ce le plus minime.Aucun des travaux que nous avons personnellement compulsés n\u2019en fait non plus mention.Aussi s\u2019agit-il, croyons- nous, d\u2019une constatation inédite.C\u2019est ce fait nouveau, avec ses caractères précis et sa signification, qui constitue l\u2019objet principal de cet article.La présence de ces éléments particuliers dans un my- xome du coeur, pose une fois de fois le problème de la nature de ces formations.Nous aborderons done forcément cette question litigieuse.\u2018 Un bon nombre des myxomes décrits par nos devanciers semblent posséder, d\u2019une façon plus ou moins nette, une structure analogue à celle du nôtre.Nous nous abstiendrons toutefois de donner à nos conclusions une portée générale.Dans notre observation, l\u2019étude histologique nous semble défavorable à l\u2019hypothèse d\u2019une prolifération néoplasique.Nous emploierons pourtant, pour la commodité de la description, et faute de mieux, les termes de myxome et de tumeur, quitte à en préciser le sens au cours de la discussion.HISTOIRE CLINIQUE Mme D.(B.), cinquante-trois ans, mariée, de nationalité cana- dienne-française, est transportée en ambulance, le 22 avril 1936, à l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Elle est admise dans le service du professeur Bruneau, à qui nous sommes redevables de l\u2019observation clinique suivante: 1 Nous omettons ici, dans la description, la discussion et l\u2019iconographie, tout ce qui concerne exclusivement la nature tumorale ou non tumorale du < myxome ». 6 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU La malade souffre, depuis une année environ, d\u2019une dyspnée progressive.D\u2019abord intermittente, provoquée par l\u2019effort, puis par le simple mouvement; cette dyspnée est maintenant continue, malgré le repos au lit.Elle s\u2019accompagne d\u2019orthopnée et de polypnée.Le moindre effort occasionne des douleurs précordiales et les changements de position déclenchent des crises de lipothymie.Concurremment à cette dyspnée, la patiente a constaté un oedème de ses membres inférieurs, passager au début, devenu permanent depuis deux mois.Elle se plaint aussi d\u2019anorexie, de pesanteurs épigastriques post-prandiales, de ballonnement de l\u2019abdomen.Depuis trois semaines, elle tousse et expectore des crachats muqueux.Ses antécédents héréditaires et personnels n\u2019offrent rien de remarquable.La patiente a eu quatorze grossesses à terme.Elle est méno- pausé depuis trois ans.A l\u2019examen, le faciès est tiré, anxieux, à la fois pâle et cyanosé.Le pouls, petit, inégal, bat à 92.La tension artérielle est de 100/60.L\u2018aire de matité cardiaque est augmentée à gauche du sternum.A l\u2019auseultation, on perçoit un souffle systolique rude, à propagation axillaire, avec roulement présystolique.Bruit de galop et claquement du second bruit.La respiration est de 48 à la minute.Les bases pulmonaires sont submates et l\u2019on perçoit à ce niveau de nombreux râles de congestion.L\u2019abdomen est moyennement ballonné, météorique et semble contenir une petite quantité d\u2019ascite.Le foie semble hypertrophié.Les membres inférieurs sont tuméfiés par un oedème blanc, indolore.Les urines, obtenues par prise directe, ont une densité de 1.024 et donnent une réaction acide.Elles renferment de fortes traces d\u2019albumine, des cylindres hyalins et granuleux.Malgré la médication, la cyanose progresse, le pouls s\u2019accélère et la patiente succombe à l\u2019insuffisance cardiaque deux jours après son entrée à l\u2019hôpital, le 24 avril, à 4 heures p.m.NOTES MACROSCOPIQUES L\u2019autopsie est pratiquée le soir même, cinq heures après le décès, par le docteur G.-E.Cartier, que nous remercions vivement de ses notes macroscopiques et des pièces qu\u2019ils a mises à notre disposition.Le coeur est nettement dilaté de ses quatre cavités et pèse 415 grammes, y compris une tumeur de l\u2019oreillette gauche. = SUR UN CAS DE MYXOME DU COEUR Cette tumeur, globuleuse, oblongue, fait saillie dans la cavité de l\u2019oreillette.Elle s\u2019implante, par une base large, à peu près circulaire, d\u2019environ 4.5 cm.de diamètre, sur la partie postérieure de la cloison interventriculaire, à 6 millimètres de la fosse ovale et sur la portion adjacente de la paroi auriculaire.Elle mesure 5.4 cm.de longueur et 4 centimètres de diamètre à sa région moyenne.Sa masse principale est presque sphérique, mais à son pôle libre une excroissance trapue, légèrement aplatie transversalement, la surmonte.Ce prolongement est insinué entre les deux valvules de la mitrale, dont il ne dépasse pas l\u2019orifice.La consistance de la tumeur est molle, son aspect gélatineux, sa coloration ambrée.Elle est parsemée de foyers rougeâtres, mal délimités et de forme vaguement arrondie, irrégulière.Au cours de la fixation, sa masse durcit, prend une consistance élastique et un aspect blanc bleuté analogues à la consistance et à l\u2019aspect de l\u2019albumine d\u2019oeuf coagulée, sauf que sa transparence est plus grande.Sa surface est brillante et tantôt lisse, tantôt légèrement bosselée, mais non lobée.Un examen attentif permet d\u2019y voir, ça et là, de minuscules orifices arrondis, de moins d\u2019un millimètre de diamètre.Il nous est impossible de préciser leur nombre et leur répartition, parce qu\u2019ils ont été d\u2019abord remarqués au microscope après section et inclusion d\u2019une partie de la pièce.La revision des fragments conservés en réserve permit d\u2019en observer quatre au pôle libre, sur une aire mesurant à peine 5 millimètres de largeur et 2 centimètres de longueur.On en retrouve aussi quelques-uns au niveau du corps de la tumeur.L\u2019endocarde de l\u2019oreillette gauche est épaissi et opalin.L\u2019auricule est le siège d\u2019une thrombose récente: à environ 1 centimètre de son orifice, on observe un minuscule thrombus sessile, de la dimension d\u2019un grain de blé, engagé entre deux piliers. 8 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU La valvule mitrale ne présente pas trace d\u2019endocardite ancienne, non plus.que les sigmoïdes aortiques.La valvule pulmonaire et la tricuspide sont intactes, mais le périmètre tricuspidien est nettement agrandi et mesure 14 centimètres.Le reste de l\u2019autopsie ne révèle rien d\u2019inattendu.On note un hydro-thorax bilatéral d\u2019abondance moyenne, ainsi qu\u2019une petite quantité d\u2019ascite.Les poumons, partiellement collabés, sont à la fois indurés et congestifs aux régions déclives.Le lobe inférieur droit renferme deux volumineux infarctus.Le foie, petit, pèse 1,000 grammes et présente l\u2019aspect du foie.de stase avec atrophie brune.La rate, rouge foncé, pèse 100 grammes.Les reins, de poids normal, sont légèrement bosselés.ETUDE HISTOLOGIQUE TECHNIQUE.\u2014 Coeur plongé entier dans un bain de sérum formolé à 10%.Après quinze heures, fixation de deux fragments de la tumeur dans le Muller-formol (vingt- quatre heures).Fixation prolongée du reste dans le formol salé (un mois au plus).Confection de coupes totales, parallèles au grand axe de la tumeur, intéressant en même temps la paroi auriculaire.A) Description générale de la tumeur.\u2014 Par sa base, la tumeur adhère largement à la surface interne de l\u2019oreillette.Sa ligne de démarcation profonde est nettement dessinée, et son plan d\u2019accolement ne dépasse pas la couche superficielle de l\u2019endocarde, de sorte que la néoformation est purement endocavitaire, extra-pariétale.Elle repose en majeure partie sur la paroi auriculaire, mais empiète d\u2019environ 1 centimetre sur la portion adjacente du septum.Localement, 1\u2019endocarde, épaissi et scléreux, reste individualisé par la continuité de son réseau élastique.Des fibres élastiques et conjonctives se déta- SUR UN CAS DE MYXOME DU COEUR 9 chent de sa base interne pour se rendre dans la masse du myxome.Des vaisseaux néoformés le traversent perpendiculairement pour se distribuer à la tumeur.Ce sont les ramifications principales de vaisseaux plus volumineux qui longent sa face externe.On reconnaît des veines d\u2019aspect normal, des artères tortueuses, presque oblitérées par endartérite.Les plus volumineuses de ses artères atteignent un millimètre de diamètre externe.En pénétrant dans le myxome, les artères néoformées subissent une transformation remarquable.Leur média se tuméfie ; ses fibres musculaires disparaissent, son squelette conjonctivo-élastique lui-même semble se dissoudre dans un oedème séreux incolore, si bien qu\u2019après un trajet de moins d\u2019un centimètre, son emplacement n\u2019est plus marqué que par la persistance d\u2019une double limitante élastique.Aux colorations les plus simples, malgré la dissociation des éléments tissulaires et la limpidité de la substance fondamentale, la tumeur proprement dite se montre d\u2019une extrême complexité.Les colorations électives des substances fondamentales révèlent dans ce milieu, apparemment homogène, des affinités tinctoriales diverses, ainsi que des réseaux fibrillaires intriqués les uns avec les autres, d\u2019une richesse et d\u2019une ténuité incomparables.Chaque technique apporte une précision nouvelle à l\u2019analyse histologique.Il devient ainsi impossible de décrire une structure si hautement organisée sans combiner ensemble les données recueillies par des méthodes variées.Cette description synthétique peut toutefois se faire en dehors de toute interprétation.DUALITÉ STRUCTURALE DU MYXOME.\u2014 On peut distinguer à la tumeur deux dispositifs principaux: chacun d\u2019eux est caractérisé par la nature et l\u2019agencement de ses cellules, ainsi que par la structure de sa substance fondamentale. 10 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Le premier auquel nous donnerons le nom de tissu myxoïde rappelle un tissu de granulation.Il comporte des vaisseaux perméables, souvent très volumineux, mais à paroi élémentaire, un milieu interstitiel liquide de constitution variable, peuplé d\u2019éléments cellulaires nombreux et variés.Les vaisseaux sont soit remplis de sang ou de sérosité, soit oblitérés par thrombose.La substance fondamentale, finement grenue et colorable en rose par l\u2019érythrosine, ressemble à un plasma coagulé.Elle n\u2019est jamais mucicarminophile.Elle renferme, suivant les endroits, soit des lacis fibrineux, soit un réseau très fin de fibres élastiques et de fibres précollagènes ou collagènes.On v observe une pullulation d\u2019éléments cellulaires où l\u2019on peut reconnaître une trame de capillaires canalisés ou pleins, des cellules étoilées, des macrophages chargés de graisse ou de pigment ferrugineux, des traînées lympho-plasmo- cytaires, des cellules multinucléées semblabies à des méga- caryocytes, et des foyers d\u2019hématies nucléées.Le second, au contraire, que nous désignerons sous le nom de tissu endothélio-muqueux, possède une structure beaucoup moins complexe.On n\u2019y aperçoit ni cellules mobiles, ni fibrine, ni vaisseau à sang circulant.Il comporte une substance fondamentale muqueuse, extrêmement riche en fibrilles élastiques et conjonctives, ainsi qu\u2019une trame compliquée de cellules endothéliales.Suivant l\u2019orientation ° Légende de la figure 1.Fig.1.\u2014 Myxome du coeur, région profonde.(Hémalun-éosine.) Thrombus mixte, stratifié, mesurant environ 4 millimètres de diamètre, dans un vaisseau à paroi élémentaire.Localement, le vaisseau est énormément dilaté.On peut se rendre compte de ses dimensions normales au coin inférieur droit de la figure.En haut, organisation du thrombus par un tissu myxoïde jeune.Dans ce tissu, les amas constitués de points noirs sont des îlôts d\u2019érythroblastes, en majorité basophiles.: Au pourtour du vaisseau thrombosé, tissu myxoïde adulte. 5 Py RE FR 4 ré 9 ot à = 2 4s ds A 7 > # 25 de RY, $ fe.#4 M 5e je % Te E AN >$ * 2 hl oh 3 bd f ; rd i ge.La Ny ol B A 2 3 iL 24 4) 3 7 & + 4 a fi & » By ox! A { En > a, ta ig dr SL 35 (RE) x i ws, ih ä fis n° + In 2 5 .fod ; va 4 # æ Je ; 2 2 + 4 di RP 22 ih $ 30 Ay > = a = gi w 4 53 Bp Gy Si hl SP oN \u20ac 7 A Ss = a x al.és EY Bo Cos 2 5 sh 2 .es 2.2.2 \u20ac 2 He 2% = Ve $ \u201c\u20ac 5 Sr _ Te is $ 7 ; ee Td 2 A > 4 A Pas A > 2.= 2 se X x A + # oY à R + AE i A, oN 5 ds + a RA Go Fr Be os x > 2 eS 4 4 ri ok 3 a BE SX RE 7 85 \u20ac a 3 ya ga Je5 # 4, Xn i 4 Es.ee x on % ACE is aA À, es ar * eue Æ 708 # 2 a 2 i HE dd &e GE a \u201ci x ae Ht \u201d».Tour Tay yg ol \u201d TR 5 T2 od Pa Le Le cet: a Gah 3 id Fo pd dt, 12 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU des coupes, ces cellules sont agencées soit en réseau, soit en formations feuilletées «en train d\u2019onde », constituées de longues files rectilignes parallèles.Chacune de ces files est fermée d\u2019une double rangée de cellules accollées l\u2019une à l\u2019autre, et chaque file est reliée à ses voisines par des prolongements obliques.Le noyau de ces éléments est volumineux, leur protoplasme franchement basophile.Outre leurs caractères cytologiques, leurs anastomoses avec la couche endothéliale de la surface du myxome ou avec celle des vaisseaux profonds apportent la démonstration de leur nature.TOPOGRAPHIE DE DEUX TISSUS.\u2014 Ce second tissu, à structure endothélio-muqueuse, prédomine, à l\u2019exclusion presque complète du premier, dans la zône périphérique de la tumeur.On en trouve aussi de nombreuses enclaves dans la profondeur, surtout dans la région moyenne et au pôle libre.Le tissu du premier type occupe surtout la région axiale et la base du myxome.Il correspond à peu près au territoire de distribution des vaisseaux de l\u2019endocarde dont on peut suivre le trajet tortueux, apparemment spiralé, presqu\u2019à proximité du pôle libre de la tumeur.B) Erythopoièse et mégacaryopoièse intra-tumorales (fig.2 et 3).\u2014 Cette description de myxome nous permet maintenant d\u2019aborder avec plus de précision la question de l\u2019érythropoïèse locale.La présence d\u2019éléments de la série rouge dans la masse du myxome ne fait aucun doute, et la netteté des images est telle que les préparations pourraient servir de fin de démonstration.L\u2019examen le plus superficiel permet en effet d\u2019apercevoir, dans les nappes d\u2019infiltration leuco- hématique qui parsément la néoformation, outre des éléments inflammatoires banaux, de nombreux globules rouges nucléés.Les plus volumineux possèdent nn noyau «en raie de roue », un cytoplasme violacé, polychromatophile. iss 224 ARE ESS ge SORTER Rha i 2 5 HR i LA 2 hg | .» a \u2014 3 oe % & A ze * ze Z = Ë wa & 7 if » Fig.2 Dans la moitié inférieure de la figure, amas constitué d\u2019érythroblastes en majorité basophiles.Plus haut, érythroblastes plus évolués, polychromatophiles, 14 LE JOURNAL DE L\u2019'HÔTEL-DIEU Ce sont des érythroblastes polychromatophiles.Les autres, plus petits, montrent un noyau rétracté, pycnotique, souvent en voie d\u2019expulsion, ainsi qu\u2019un cytoplasme d\u2019une aci- dophylie intense.Ce sont des normoblastes.Ces hématies nuclées se relient par une série de formes de transition à des cellules totalement privées d\u2019hémoglobine.Ces éléments souches, très volumineux, sont pourvus d\u2019un protoplasme intensément basophile, et d\u2019un gros noyau central finement réticulé de forme sphérique.Ces cellules, si caractéristiques, ne sont pas égaillées au hasard dans la masse du myxome, mais elles sont au contraire réunies en foyers multiples, dont on pourrait compter des centaines.Dans chacun de ces foyers, elles possèdent sensiblement le même degré de différenciation comme si toutes avaient à peu près le même âge: ce sont tantôt des amas d\u2019érythroblastes poly ou orthochromatiques, tantôt des accumulations de cellules primitives basophiles.Toutefois, cette observation ne présente rien d\u2019absolu.Certains foyers réunissent toutes les figures de maturation, depuis l\u2019élément souche jusqu\u2019à l\u2019hématie jeune, anucléée, intensément colorable en rose, puis en orange pur, par l\u2019érythrosine-orange.On aperçoit alors avec la plus grande facilité la série de leurs filiations.La disposition en amas, la fréquence des mitoses, les formes de transition, tout montre que les éléments de la série rouge résultent d\u2019une multiplication locale, à partir de cellules semblables à des érythroblastes basophiles.Nous n\u2019avons pas réussi à pousser plus loin, d\u2019une façon rigoureuse, la question de leur origine.On peut, il est vrai, observer, dans de rares foyers d\u2019érythropoïèse, des éléments basophiles comme les érythroblastes les plus jeunes, mais de moindres dimensions.Ils possèdent un noyau vésieu- leux, ponctué d\u2019un gros nucléole.Ils sont non plus agglutinés, mais symplastiques, et souvent disposés en files pluri- nucléées.Lorsqu\u2019elles sont étirées, ces files offrent un aspect Eu + O > # 8 ee Pat iz =-\u2018 42 a.fa 2% > x Ce \u20ac ou Hr A + X EEE is, EE, - CN Yd oi 7 © Ff & He; RE ps = + od aH 2 lg -\u201d Fx.\u201cæ e e » + yt as *% 9 Psi D ° 3 a ; Vs = » 17 PR.sl, # 8 #6 ce Hé Pegs 5, ¥ # Hi 4% Fig.3.\u2014 Foyer d\u2019érythropoiése et de mégacaryopoiése.(Hémalun-éosine.) Au bas de la figure, présence de deux mégacaryocytes.En haut et à droite, nombreux érythroblastes en maturation, mêlés d\u2019hématies adultes. 16 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU moniliforme, et l\u2019on se rend compte avec facilité de la continuité de leur protoplasme.Aussi est-il permis de présumer que les cellules souches isolées n\u2019arrivent pas par le torrent circulatoire, mais procèdent d\u2019éléments locaux anastomosés, plutôt endothéliaux qu\u2019adventitiels.On en trouve en effet dans certaines régions où n\u2019existent que des capillaires tout à fait simples, dépourvus de péricytes.Ces foyers possèdent une topographie précise.On n\u2019aperçoit d\u2019éléments de la série rouge ni dans la lumière des vaisseaux, ni dans les thrombus récents.Dès le début de l\u2019organisation, on peut quelquefois observer des érythroblastes jeunes, rangés en files dans les failles du bloc fibrino-hématique en désintégration.À mesure que la prolifération se poursuit, le tissu néoformé s\u2019enrichit en foyers d\u2019érythropoïèse, à tous les stades de leur évolution.On voit aussi des amas d\u2019hématies nucléées, ou même de cellules souches, dans toute l\u2019étendue du tissu myxoide adulte, où leur distribution correspond dans l\u2019ensemble à celui des sidérophages.Fait remarquable, le tissu endothélio-muqueux adulte n\u2019en renferme jamais, même dans ses enclaves profondes qui se retrouvent pourtant au contact immédiat du blastème sangui-formateur.On n\u2019y voit pas, non plus, ces «îlots hémorragiques » qui parsement en grand nombre le tissu myxoïde.On peut se demander si ces derniers résultent bien d\u2019Hémorragies interstitielles.Ils sont isolés les uns des autres et ne constituent pas, à proprement parler, des nappes d\u2019infiltration.Ils forment, dans la substance fondamentale, des masses nettement limitées.Ils ne contiennent ni plasma, ni fibrine.Malgré le nombre de leucocytes contenus dans les vaisseaux de leur voisinage, eux-mémes ne renferment jamais de globules blancs.Ils sont fréquemment constitués d\u2019hématies jeunes, polychromatophiles, mêlées parfois de quelques normoblastes.Aussi semblent-ils SUR UN CAS DE MYXOME DU COEUR 17 correspondre, non pas à une effraction hémorragique mais à la différenciation ultime de foyers d\u2019érythropoièse.Ils sont ultérieurement résorbés par des macrophages.Un autre constituant de la moelle osseuse se retrouve, à de multiples exemplaires, dans la masse du myxome.Il s\u2019agit de cellules géantes à noyau monstreux, dont le diamètre peut atteindre 40, 50 micra ou même davantage.Quelques-unes d\u2019entre elles ont un corps cytoplasmique sphérique, soit acidophile dans toute son étendue, soit basophile à sa périphérie.Leur noyau, profondément lobé et bourgeonnant, possède une disposition en croissant ou en couronne, et ménage au centre du corps cellulaire une plage de protoplasma.Askanazy, Meroz, Eric Martin, qui les ont déja observées dans les myxomes du coeur, les con- sidérent comme des mégacaryocytes.Dans notre cas, cette interprétation acquiert d\u2019autant plus de force qu\u2019elles sont trés souvent associées aux éléments de la série rouge, et possédent la méme distribution générale que ces derniers.L\u2019origine locale de ces mégacaryocytes ne fait aucun doute, car quelques-uns des plus typiques sont pourvus de longs prolongements cytoplasmiques qui les relient encore a des cellules interstitielles anastomosées en réseau.Quant a la lignée blanche, elle n\u2019est représentée que par des leucocytes adultes, neutro- ou éosinophiles.Ces polynucléaires abondent dans la lumière des petits vaisseaux, mais il en est bien peu d\u2019extravasés.Les seuls granulocytes mononucléés que 1\u2019on observe interstitiellement sont des mastocytes de type conjonctif.Il nous reste à signaler quelques faits sans commentaires immédiats, en vue de la discussion.L\u2019érythropoiése extra-médullaire ne s\u2019observe pas uniquement au niveau du myxome.L\u2019étude d\u2019un petit thrombus pariétal de l\u2019oreillette gauche permet d\u2019apercevoir, en plein tissu d\u2019organisation, un amas de normoblastes mêlés de cellules souches et de sidérophages.L\u2019examen de thrombus des artères pul- 18 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU monaires droites permet de faire la même observation.La rate, le foie, la graisse périrénale sont au contraire dépourvus de tout élément jeune de la série rouge.Quant à la moelle osseuse, nous n\u2019en avons, par malheur, aucun prélèvement à notre disposition.DISCUSSION Interprétation de l\u2019érythropoïièse.\u2014 Eric Martin signale, dans les myxomes du coeur, des cellules géantes ayant l\u2019aspect de mégacaryocytes.Leur présence lui semble favorable à la théorie tumorale de ces formations.Conformément à son opinion, nous croyons qu\u2019il s\u2019agit, en effet, de mégacaryocytes.Dans notre observation, outre les caractères morphologiques de ces éléments, leur association aux cellules de la série rouge vient à l\u2019appui de cette conception.Ce fait, et, à plus forte raison, celui d\u2019une érythropoïèse locale, sont-ils susceptibles de modifier notre interprétation?! L\u2019étude histologique nous fournit les données nécessaires à la solution de cette question.Dans la néoformation, les foyers d\u2019érythropoïèse prédominent dans la zone d'organisation des thrombus.Ils sont moins nombreux dans la région myxoïde et manquent dans les territoires endothéliomuqueux.On en voit dans certains thrombus en organisation (oreillette gauche, artère pulmonaire), tandis que le foie, la rate, le tissu adipeux périrénal en sont complètement dépourvus.Cette localisation élective d\u2019une érvthropoiése extra-médullaire n\u2019est pas sans exemple dans la littérature médicale.Une première publication, celle de Petri, rapporte un fait analogue.L\u2019auteur signale, dans un cas de polyglobulie essentielle avec pléthore et splénomégalie, une éry- thropoïèse étendue, avec leucopoïèse minime, dans le tissu adipeux supra-rénal, au voisinage d\u2019un vieil hématome.1 (Défavorable à la théorie tumorale des myxomes). SUR UN CAS DE MYXOME DU COEUR 19 Plus récemment, Ludeke, dans une étude sur la thrombo- philie, dont il souligne les relations étroites avec la polyglobulie essentielle, observe, dans un cas, des foyers d\u2019éry- thropoïèse dans un thrombus organisé de la jugulaire.Il a cherché sans succès, dans la littérature, une observation homologue à la sienne.Notre patiente aurait-elle présenté, à l\u2019état fruste, une thrombophilie ou une maladie de Vaquez restée méconnue?Par malheur, nous manquons à ce sujet de données suffisantes, en particulier de tout examen hématologique.Le poids minime de la rate (100 grammes) est peu favorable à cette hypothèse.Par contre, les thromboses successives survenues dans la masse du myxome, la coexistence d\u2019autres thrombus, l\u2019absence de toute bactérie décelable sur coupe, témoignent peut-être en faveur d\u2019une dyscrasie sanguine de cet ordre.Sauf dans certaines observations comme celles de Schwartz, et de Bacaloglu, Iliescu et Raileanu, on ne retrace, dans les cas de myxome du coeur, ni antécédents infectieux manifestes, ni lésions d\u2019endocardite valvulaire.Selon la remarque de Welch, ces faits s\u2019expliquent mal, si le myxome est en réalité un thrombus organisé.Il serait donc séduisant d\u2019admettre l\u2019hypothèse d\u2019une thrombophi- lie, caractérisée précisément par des thromboses à localisation paradoxale, sans cause cliniquement décelable.Faute de documents personnels, nous en avons cherché la confirmation dans les observations qui nous sont accessibles.Par malheur, l\u2019histoire clinique et les données anatomiques générales sont presque toujours réduites au minimum, de sorte qu\u2019il est impossible de porter un diagnostic rétrospectif.Le sort de notre interprétation n\u2019est d\u2019ailleurs pas lié à ces rares affections sanguines.Récemment, Roulet se proposa de voir si, dans les pléthores svmptomatiques, dont on sait l\u2019extrême fréquence dans les décompensations 20 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU cardiaques et l\u2019hypertonie (cf.Aschoff), on trouve plus fréquemment des foyers d\u2019érythropoïèse extra-médullai- res.Dans tous ces cas, il remarqua une moelle rouge foncé, diffluente, extrêmement riche en érythroblastes, tandis que les ganglions, la rate, le foie, le tissu rétro-péritonéal, ne montraient que des images peu caractéristiques.Mais, chez une pléthorique de quarante-huit ans, atteinte d\u2019artériosclérose oblitérante des coronaires, des thrombus cardiaques renfermaient des amas d\u2019érythroblastes à tous les stades.Ces foyers d\u2019érythropoïèse se forment au voisinage de dépôts pigmentaires et semblent résulter d\u2019un proso- plasie des cellules adventitielles des capillaires.Nous sommes en mesure d\u2019attester la réalité du fait signalé par Roulet.En six mois, nous en avons vérifié quatre fois l\u2019exactitude chez des cardiaques décomposés, sans en avoir fait méthodiquement la recherche.Il s\u2019agit, dans les deux premiers cas, de thrombophlébite de la saphène ; dans les deux autres, de thrombose de l\u2019oreillette.Aussi la fréquence de ce phénomène nous paraît-elle très grande, à une période déterminée de l\u2019organisation du caillot sanguin.Dans notre observation de myxome, 1\u2019érythropoiese a localisations électives, chez une grande asystolique, correspond manifestement au méme ordre de faits.On peut done s\u2019étonner qu\u2019elle n\u2019ait pas été signalée jusqu\u2019ici, même dans les néoformations que l\u2019on considère comme des thrombus myxoïdes.Certaines descriptions histologiques permettent de penser qu\u2019elle a parfois été méconnue.L\u2019étude de son déterminisme précis dépasserait le cadre de cet article, et nous renvoyons le lecteur à l\u2019intéressant travail de Roulet.Dans le tissu myxomateux, l\u2019état de dissociation des cellules facilite toutefois l\u2019observation.Ces conditions favorables permettent d\u2019apporter quelques variantes à l\u2019interprétation de cet auteur.Selon nous, les érythroblastes procéderaient plutôt de cellules endothé- SUR UN CAS DE MYXOME DU COEUR 21 liales que d\u2019éléments adventitiels, conformément aux idées de Doan, Cunningham et Sabin.D\u2019autre part, leur apparition devance de beaucoup celle des dépôts pigmentaires.La présence d\u2019hémoglobine ou de ses dérivés, à l\u2019état de solution, semble constituer une condition essentielle de la prosoplasie ; celle des dépôts pigmentaires nous paraît simplement l\u2019indice de l\u2019imbibition du milieu par ces substances.Quant aux mégacaryocytes, ni Petri, ni Ludeke, ni Roulet n\u2019en font la moindre mention.Nous avons personnellement observé, dans certains thrombus érythropoiéti- ques, outre plusieurs grandes cellules a noyau difforme, quelques images absolument typiques.Pourtant, il s\u2019en faut que nous ayons exploré ces thrombus aussi complètement que la masse volumineuse du myxome.Dans ce dernier, on peut se rendre compte, plus facilement que dans le tissu d\u2019organisation des thrombus, de l\u2019origine locale de ces cellules géantes.Ainsi, la présence de mégacaryocytes et d\u2019érythroblastes ne constitue pas un argument en faveur de la théorie néoplasique ou embryonnaire du myxome.Elle n\u2019apporte pas, toutefois, une confirmation décisive à la thèse opposée, s\u2019il est vrai qu\u2019on observe des foyers érythro- poïétiques dans certains endothéliomes.RESUME Chez une femme de cinquante-deux ans, emportée en une année par une insuffisance cardiaque progressive, on trouve à l\u2019autopsie un gros myxome sessile de l\u2019oreillette gauche.L'étude histologique révèle un dualisme structural d\u2019une extrême netteté.La néoformation comporte: 1° un tissu polymorphe, formé de capillaires, de cellules étoilées, d\u2019infiltrations leuco-hématiques, de macrophages, ainsi que d\u2019une substance fondamentale liquide, non mucicarmino- 22 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU phile, riche en fibrilles collagènes, élastiques, ou fibrineuses (tissu myxoïde) ; 2° un tissu moins complexe, constitué d\u2019un réseau de cellules syncytiales, anastomosées avec l\u2019endothélium des vaisseaux ou de la surface.Ces cellules baignent dans une substance fondamentale muqueuse (tissu endothélio-muqueux).Ce dualisme structural correspond à un double mode d\u2019accroissement.Le tissu myxoïde accroît sa masse par un processus analogue en tout point à l\u2019organisation conjone- tive d\u2019un caillot sanguin.La croissance du tissu endothé- lHo-muqueux résulte de l\u2019action mécano-morphotique du courant sanguin, conformément aux lois édictées par Thoma.La néoformation ne s\u2019aceroit done pas en vertu d\u2019une fertilité autonome, embryonnaire ou néoplasique.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une tumeur au sens propre du mot.La lésion qui lui a donné naissance est en toute vraisemblance une thrombose de l\u2019oreillette.L\u2019érvthropoïèse et la mégacarvopoïèse locales ne constituent pas un argument en faveur de la théorie tumorale du myxome.Tout montre qu\u2019elles doivent être assimilées à celles qu\u2019on observe, fréquemment.dans les thromb-s en organisation, chez les cardiaques décompensés.on plrs ré- néralement dans les pléthores symntomatiques.Les microphotographies qui illustrent cet article sont l\u2019oeuvre du professeur agrégé L.-Ch.Simard, que nous remercions vivement pour sa collaboration.BIBLIOGRAPHIE ASCHOFF (L.): Verh.D.Path.Ges., Berlin, 1930, p.106.BACALOGLU (C.), ILIESCU (C.) et RAILEANU (C.): « Les thrompus myxoïdes du coeur.» (Presse médicale, 41, 1933, pp.2074-76.) 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WELCH: Cité nar BINDER.WINDHOLZ (F.): « Ueber Thromben und Geschwiilste des Herzens.» (Virch.Arch., 273, 1929, pp.331-336.) 24 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU LES AMBLYOPIQUES, LES AMAUROTIQUES ET CERTAINES LESIONS DU FOND DE L\u2019OEIL Par ALCIDE PILON, Médecin de l\u2019Hôtel-Dieu et de l\u2019Hôpital Sainte-Justine.La vision n\u2019est pas ce qu\u2019il y a de moins important ici- bas et pourtant nous rencontrons un nombre relativement grand de personnes qui en sont privées ou presque.S\u2019il y a des cas qui sont voués à la cécité quoi qu\u2019on fasse et pour qui les meilleurs et plus nouveaux traitements restent vains, il y en a d\u2019autres qui auraient pû conserver une grande partie de leur visibilité s\u2019il y avait eu un traitement approprié en temps opportun; qu\u2019il y ait eu négligence du sujet à se faire soigner au début ou ignorance du médecin, il est toujours regrettable de constater la cécité lorsqu\u2019on s\u2019aperçoit qu\u2019elle aurait pu être retardée, sinon évitée.Un des facteurs entr\u2019autres, au point de vue neurologique, favorisant la perte de la vue, est le défaut de reconnaître un néoplasme cérébral de la part de certains médecins, avant que des dommages irréparables aient été causés à la vision et l\u2019existence prolongée d\u2019un oedème papillaire méconnu.Dans l\u2019appareil de la vision, il faut considérer l\u2019élément sensoriel qui constitue la vision proprement dite et l\u2019élément moteur représenté par l\u2019adaptation des mouvements de l\u2019oeil à la vision.Le trajet du faisceau lumineux est assez complexe ; nénétrant dans la rétine, il suit le nerf optique, le chiasma, les bandelettes optiques, les tubercules quadrijumeaux antérieurs, les corps genouillés externes, le pulvinar, les radiations optiques de Gratiolet, la partie postérieure du tiers postérieur de la capsule interne pour se terminer dans la substance grise qui borne la scissure LES AMBLYOPIQUES, LES AMAUROTIQUES.25 calcarine a la face interne du lobe occipital.C\u2019est donc un parcours assez long et sinueux; une lésion ou irritation le long de cette voie peut amener des troubles de la vision et l\u2019on doit se demander: l\u2019oeil lui-même est-il responsable ; est-ce dû à des conditions secondaires ; quels sont les facteurs étiologiques responsables de cet état de l\u2019oeil?Nous considérerons, dans cet exposé, l\u2019amblyopie et l\u2019amanrose qui sont une perte partielle ou totale de la vision sans lésions ophtalmoscopiques, et certaines lésions du fond de l\u2019oeil; les premières sont généralement transitoires, tandis que les secondes sont le plus souvent permanentes et ne régressent que peu.Les Drs Corvan et Sinclair rapportent que, dans l\u2019état de Pennsylvanie, les principales causes de cécité sont les cataractes séniles 22%, les traumatismes 14%, les atrophies optiques simples 10%, les anomalies congénitales 45% (cataractes, globes défectueux, glaucomes), les ophtalmies du nouveau-né (conjonctivites) 3.9% et les kératites ulcératives 1.5%.Dans l\u2019état de New-York, les Drs Burns, Kerby et McKay ont fait une étude sur 2702 enfants a l\u2019école des aveugles, étude non complète et ne pouvant être comparée scientifiquement parce que les informations qu\u2019on leur a données ne sont pas toutes dignes de foi ; ils ont un coup d\u2019oeil approximatif sur l\u2019état de la question, mais il est impossible de savoir si le nombre des personnes aveugles augmente ou diminue.À Londres, cependant, sur 7800 aveugles, il a été constaté que le nombre des enfants souffrant de cécité, entre 5 et 16 ans, a diminué de 38%, le tout étant attribuable à la prophylaxie et aux plus grandes connaissances actuelles sur les causes de la cécité à la naissance et dans les premières années.Les causes étiologiques seraient les maladies congénitales ou héréditaires 51%, les maladies infectieuses 28% (ophtalmie du nouveau-né, syphilis prénatale, méningite), 26 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU les traumatismes et blessures chimiques 7.8%, les néoplasmes 2%, les poisons toxiques 2% et les maladies non-infeec- tieuses 1.22%.Les causes topographiques seraient pour le globe de l\u2019oeil 31%, mégalophtalmie, myopie, albinisme, glaucome, microphtalmie.Pour la cornée 14%, la kératite interstitielle et ulcérative.Pour le cristallin 17%, la cataracte ou l\u2019opacité de la lentille.Enfin l\u2019atrophie optique et la neurorétinite 16%.Bref les facteurs étiologiques seraient surtout la syphilis, les maladies cardiovasculaires, les tumeurs cérébrales, la méningite, la toxémie, ete.On voit que ces deux rapports ont été faits par des ophtalmologistes; on a omis d\u2019insister sur les arachnoi- dites opto-chiasmatiques rencontrées dans les infections des cavités de la face, les infections cérébro-méningées et les traumatismes ; elles représentent 27% des lésions neurochirurgicales de la région hypophysaire et se manifestent surtout entre 20 et 40 ans.Grâce à la neurochirurgie, nous connaissons aujourd\u2019hui l\u2019étiologie de certaines névrites rétro-bulbaires d\u2019origine mystérieuse jadis et nous savons que l\u2019A.O.C.peut réaliser un syndrome chiasmatique pseudo-tumoral.Le début se fait par une baisse de la vision sans modification des papilles optiques et la névrite rétro-bulbaire qui accompagne l\u2019A.O.C.possède les caractéristiques suivantes: la baisse de la vision et l\u2019évolution vers la cécité peut se faire en quelques semaines ; la névrite rétro-bulbaire évolue assez souvent vers une atrophie optique du type primitif ; la décoloration de la papille débute, comme toute atrophie optique, par le segment temporal; voilà une différence avec l\u2019amblyopie et l\u2019amaurose qui sont supposées être une névrite rétro-bulbaire chronique ou transitoire sans modifications ophtalmoscopiques.Le rapport de Bollack, David, Pueck sur 129 observations d\u2019arachnoïdites opto-chiasmatiques explorées chirur- gicalement nous annonce que la baisse de l\u2019acuité visuelle est rapide, qu\u2019il existe des scotomes centraux fréquents et précoces et que l\u2019atrophie optique est primitive sans LES AMBLYOPIQUES, LES AMAUROTIQUES.27 stase papillaire.Les altérations du champ visuel montrent 31% scotome central, 23% rétrécissement concentrique, 17% rétrécissement temporal, 7% rétrécissement nasal, 5% rétrécissement horizontal et 5% hémianopsie latérale.Les altérations du fond de l\u2019oeil donnent 38% atrophie papillaire à bords nets, 16% atrophie papillaire à bords flous, 10% stase papillaire, 7% atrophie partielle du segment temporal, 7% hyperémie simple et 4% atrophie partielle horizontale.Dans les formes oculaires symptomatiques, il y a le syndrome de la névrite maculaire ou axiale caractérisé par une diminution de la vision, un scotome central et une atrophie optique à bords flous; il y a le syndrome chias- matique avec baisse de l\u2019acuité visuelle, altérations du champ visuel temporal atypique et asymétrique, atrophie papillaire; il y a également le syndrome d\u2019atrophie simple du nerf optique avec rétrécissement concentrique du champ visuel.Pour bien faire le diagnostic positif de cette affection, la ventriculographie est indispensable du fait ave les symptômes sont polymorphes, qu\u2019aucun d\u2019eux pris isolément n\u2019est pathognomonique et que leur groupement peut se rencontrer dans nombre d\u2019autres affections.Si donc l\u2019atrophie optique avec rétrécissement concentrique du champ visuel peut se rencontrer dans les À.O.C., ce dont on parlait très peu il y a quelques années, il faudra se rappeler que l\u2019hémianopsie bitemporale est surtout fréquente dans les troubles de l\u2019hypophyse en particulier des tumeurs hypophysaires ; selon l\u2019étendue et le site de la lésion, il y aura hémianopsie en quadrant supérieur, inférieur ou latéral avec vision centrale intacte pour toute hémianopsie, sauf s\u2019il y a un scotome central dû à un élément surajouté; quant à l\u2019hémianopsie binasale, elle est exceptionnelle ; l\u2019hémianopsie latérale homonyme du côté opposé à la lésion de la bandelette optique est relativement plus fréquente : le malade se plaint de ne pas voir d\u2019un oeil 28 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU alors qu\u2019il voit si on lui bouche un oeil après l\u2019autre; il a done perdu le sens de la direction et se voit obligé de lire avec son doigt.Venons-en maintenant à la question des complications oculaires au cours des traitements arsénicaux; Sézary a montré que les accidents oculaires sont dus à ce qu\u2019on n\u2019a pas respecté les contre-indications ou mal réglé la posologie.Il affirme qu\u2019il faut traiter activement les tabès évolutifs pour arrêter l\u2019évolution de la maladie et en cas de névrite optique, l\u2019acuité visuelle ne baissera plus.Quand le tabès est fixé, c\u2019est-à-dire le L.C.R.normal, un traitement modéré est nécessaire ; si le L.C.R.est anormal, il devient indispensable.Les arsénicaux agissent plus vite, frappent plus fort et ils sont à conseiller au début de la syphilis ; le tabès évoluant lentement d\u2019ordinaire, il ne faut pas se presser d\u2019agir si vite.Si les complications oculaires sont relativement rares, il ne faut pas moins se méfier des conséquences visuelles pouvant aller jusqu\u2019à une cécité définitive et indélébile.Des exemples d\u2019atrophie optique tabétique évoluant rapidement vers la cécité au cours d\u2019un traitement intensif par les arsénobenzènes ne furent pas si rares en France avant qu\u2019on s\u2019en méfie.Sézarv déclave que les dérivés de l\u2019arsenic pentavalent doivent être absolument proserits du traitement du tabès; ils ont une fà- cheuse affinité pour le nerf optique, qui, souvent lésé d\u2019une façon latente chez les tabétiques, est particulièrement fragile; ils sont particulièrement dangereux si les malades sont atteints d\u2019insuffisance rénale ou d\u2019une lésion avérée du nerf optique, surtout s\u2019ils sont en même temps cachectiques ou alcooliques.Citons parmi les plus redoutables pour les yeux: l\u2019atoxyl, le stovarsol, le tryparsamide, l\u2019acétylarsan.Le stovarsol employé depuis plusieurs années dans la P.G.serait moins dangereux pour le nerf optique s\u2019il est injecté tous les deux jours.Les arsenicaux trivalents, dont le novarsenobenzol est le plus actif, donnent plus rarement des névrites optiques et celles-ci évoluent LES AMBLYOPIQUES, LES AMAUROTIQUES.29 en général plus favorablement, à condition qu\u2019on l\u2019utilise à doses normales; à doses insuffisantes ou trop espacées il risque de réactiver les lésions, de les aggraver plutôt que de les améliorer: il est bon de l\u2019alterner ou l\u2019associer au bismuth ou mercure.L\u2019hyperémie conjonctivale est un symptôme d\u2019intolérance arsénicale dont il faut se souvenir; prévenir l\u2019injection périkératique, la myopie spasmodique et les hémorragies rétiniennes.Les névrites optiques par les pentavalents se manifestent brusquement, quelques heures après l\u2019injection et bilatéralement; le sujet est obnibulé et la cécité peut être définitive.La nature toxique des lésions du nerf optique est actuellement admise ; les constatations anatomo-pathologiques montrent des lésions dégénératives (Igersheimer) et des cas de cécité par l\u2019acétylarsan ont été observés en dehors de toute infection syphilitique (Terrien).En cas d\u2019accident, se servir de 1\u2019acétylcholine contre le spasme des artères rétiniennes et de l\u2019hyposulfite de soude 20%, 10 ce.tous les jours à doses croissantes jusqu\u2019à 20 cc.D\u2019autre part, le Dr L.Mayer, (J.A.M.À., 27 nov, 1937), raconte qu\u2019il a traité 155 patients par le tryparsa- mide avec contrôle minutieux du fond de 1\u2019oeil; il conclut que les réactions subjectives sont dues à la suggestion, que le nombre des patients qui font bénéficier leur nerf optique est plus grand que ceux qui l\u2019endommagent et que les patients même avec atrophie optique doivent être traités avec le tryparsamide quand le médicament est indiqué pourvu qu\u2019on surveille étroitement le fond de l\u2019oeil; le tryparsamide serait moins dangereux qu\u2019on ne l\u2019a cru, même s\u2019il y a atrophie optique apparente ; il affirme cependant que la vision diminua chez dix-huit patients, trois perdirent la vue et quatre leur champ visuel.La question est loin d\u2019être vidée d\u2019après ce que nous voyons; rappe- lons-nous done qu\u2019il y a eu des cas de cécité par les arsé- nicaux et que leur emploi nécessite un contrôle ophtalmos- copique. 30 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Si la syphilis, les T.C., les A.O.C.peuvent altérer la vision, il y a aussi des manifestations cérébro-oculaires chez certains hypertendus qui peuvent simuler une T.C.(P.M.: 5 déc.36, J.A.Chavany).L\u2019aspect du fond de l\u2019oeil peut se traduire par des modifications de la transparence, de la couleur, du calibre et des croisements des vaisseaux rétiniens, ce qui n\u2019est pas de la stase papillaire, mais il peut également se compliquer d\u2019une stase papillaire.On peut noter divers degrés d\u2019oedème de la papille n\u2019intéressant parfois que les bords ou l\u2019un des bords de cette papille, mais pouvant aussi recouvrir complètement le disque.Ce n\u2019est pas là une vraie stase papillaire avec surélévation en chou-fleur, en bouton de chrysantheme; elle est moindre et les bords sont plus flous, les veines moins dilatées, moins tortueuses.On put également noter des hémorragies, des productions oedémateuses et des exsudations sur la rétine, des veines rétiniennes thrombosées, des aspects d\u2019artérite et de périartérite.De petites taches gris sale, d\u2019aspect stellaire ou non, constatées dans la région papillomaculaire, plaident plutôt en faveur d\u2019une rétinite albuminurique.La discrimination entre la stase mécanique et la névrite oedémateuse est parfois impossible, si l\u2019on ne s\u2019appuie que sur les signes ophtalmoscopiques.Dans la méningite séreuse, la stase papillaire est toujours bilatérale comme dans les syndromes H.I.C., mais elle est précoce alors que dans les T.C.elle est le plus souvent tardive ; elle est constante dans les méningites séreuses alors que dans les T.C.elle peut faire défaut; de plus elle est d\u2019une intensité modérée et toujours moins étendue que dans les T.C.Chez tous ces malades, il faudra proscrire l\u2019usage du tabac, chose que le médecin oublie assez souvent; le Dr Delobel plaide bien en faveur de la perniciosité du tabac et de l\u2019ensemble des funestes effets du tabagisme.Que le tabac soit prisé, mâché ou fumé le danger est le même pour ceux qui en font un usage immodéré; sa toxi- LES AMBLYOPIQUES, LES AMAUROTIQUES.31 cité est due à toute une série de corps dont l\u2019action s\u2019ajoute et aux substances qui se produisent dans la fumée ; c\u2019est un poison lent auquel on s\u2019accoutume ; il va de pair avec l\u2019alcoolisme ; il amène la névrite du nerf optique.C\u2019est un poison nervin, cérébral, intellectuel.Le Dr H.Bousquet qui se demande sur quoi on pourra un jour se former une opinion ferme sur la cause de l\u2019intoxication tabagique prétend que la nicotine n\u2019y est pour rien car la clinique et l\u2019expérimentation fournissent trop de réponses contradictoires.La nicotine au point de vue expérimental exerce une forte action vaso-dilatatrice à dose faible et une faible vaso-constriction à dose forte.Dix cigarettes par jour c\u2019est douze milligrammes de nicotine, il est vrai, mais comme la nicotine se décompose aux environs de 200° et que le feu de la cigarette donne largement cette T°, ce ne serait plus la nicotine qui arriverait au gosier, dans les bronches du fumeur et de là dans sa circulation.Il conclut que lorsqu\u2019il y a des troubles il faut supprimer le tabac, mais si ces troubles subsistent, laissons au patient le privilège de reprendre sa stupide manie dont l\u2019action ne paraît nullement démontrée.Il n\u2019est cependant pas absolument nécessaire de démontrer expérimentalement ce que l\u2019on constate cliniquement pour y croire; il faut établir des règles concernant les restrictions à recommander aux fumeurs, et si les mesures prophylactiques suivantes étaient observées, la stupide manie se passerait plus vite ou ne s\u2019établirait pas: avant dix-huit ans, pas de tabac; recommandation instante aux femmes de ne pas fumer; protéger les non-fumeurs en interdisant de fumer en milieu fermé (salles, chemin de fer, ete.), en faisant une propagande contre le tabac.Voilà un aperçu rapide sur certains troubles visuels rencontrés en neurologie ; ne devrait-il que mettre en garde le praticien sur quelques complications oculaires qu\u2019il est susceptible de voir mais qu\u2019il est porté à oublier, il nous serait agréable de le constater. 32 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU LES DANGERS DE L\u2019OTITE MOYENNE SUPPUREE CHRONIQUE, AU POINT DE VUE FONCTIONNEL ET VITAL Par L.de G.JOUBERT, Chef du service d\u2019ophtalmologie et d\u2019oto-rhino-laryngologie de l\u2019Hôtel-Dieu.Médecin consultant de l\u2019Hôpital de Verdun, Professeur Agrégé de l\u2019Université de Montréal.Parmi les nombreuses affections de l\u2019oreille moyenne, il en est une qui présente une gravité tout à fait exceptionnelle.Le malade semble lui-même indifférent à sa lésion, étant donné qu\u2019il n\u2019éprouve que peu ou pas de douleurs et dans le cas d\u2019unilatéralité du processus pathologique il ne paraît pas se rendre compte de la surdité progressive ou de la complication souvent mortelle qui devra en résulter.En face d\u2019un pronostic aussi grave nous nous croyons justifiés d\u2019attirer l\u2019attention et du public et du médecin praticien par ce travail sur les dangers de l\u2019otite moyenne suppurée chronique.Qu\u2019appelle-t-on otite moyenne suppurée chronique?On entend par otite moyenne suppurée chronique le passage de l\u2019état aigu de l\u2019otite moyenne à celui de chronique, quand cette otite moyenne aiguë n\u2019a pas tendance à guérir, soit spontanément, soit à la faveur d\u2019un traitement consistant à faciliter l\u2019écoulement du pus.Nous éliminerons de ce travail l\u2019otorrhée muqueuse qui est une entité tout à fait différente, ainsi que les otites chroniques catarrhales et sèches, qui, d\u2019ailleurs ne sont plus admises de nos jours.(Portmann).ANATOMIE: La description anatomique de l\u2019oreille moyenne étant assez longue, nous ne ferons que signaler les endroits les plus importants. L\u2019OTITE MOYENNE SUPPURÉE CHRONIQUE 33 La caisse, ou oreille moyenne, peut se décrire comme ayant la forme d\u2019un sablier présentant 6 parois: 1° Paroi tympanique: La paroi tympanique ou externe, formée surtout par la membrane tympanique, dans les fibres de laquelle est attaché le manche du marteau, qui est encerclé à la façon d\u2019un manchon.C\u2019est la porte naturelle de sortie des sécrétions purulentes de la caisse.Porte que l\u2019auriste aura à surveiller de façon qu\u2019elle soit suffisamment ouverte pour drainer le pus.9° Paroi interne laryrinthique: La seconde paroi, interne ou labyrinthique présentant les aqueducs de Fallope, du vestibule et du limaçon.Les parois de ces aqueducs sont fermées par une mince lame osseuse par trop faciles à franchir par le processus infectieux de la caisse.3° Paroi supérieure crâmienne: Une troisième paroi, supérieure crânienne, qui sépare l\u2019oreille moyenne de la cavité crânienne.À remarquer que ce plafond est très mince et peut quelquefois n\u2019être pas plus épais qu\u2019une feuille de papier.On y rencontre aussi des déhiscences congénitales et des veines.C\u2019est aussi l\u2019endroit où se logent les osselets, marteau, enclume, étrier avec leurs ligaments de suspension, le tout formant comme un réseau dans les mailles desquelles la sécrétion purulente peut être retenue et devenir la cause du passage de l\u2019état aigu à celui de chronique.En avant on remarque la poche de Prussack et la cavité de Shrapnell, qui sont pour les mêmes raisons, le départ de suppurations chroniques.4° Paror antérieure ou tubo-carotidienne : Une quatrième paroi, dite antérieure ou tubo-carotidienne à la partie supérieure de laquelle nous voyons l\u2019extrémité de la trompe d\u2019Eustache, qui à l\u2019état normal amène l\u2019air dans l\u2019oreille moyenne, mais aussi l\u2019entrée principale du pus dans la caisse au cours des affections nasales. 34 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU En-dessous l\u2019on rencontre la paroi de l\u2019artère carotide interne dont la nécrose possible au cours des suppurations nécrosantes peut amener une hémorragie fatale.0° Paroi imférieure ou jugulaire : encore appelée réces- sus hypotympanique, surplombant le golfe de la jugulaire interne et pouvant être un écueil au cours d\u2019une paracentèse par une main mal avertie ou à la faveur de déhiscences possibles de cette paroi.6° Paroi postérieure ou mastoïdienne: Enfin la dernière paroi postérieure ou mastoïdienne où l\u2019on distingue l\u2019aditus ad antrum ou couloir, long de 6 mm,, qui relie l\u2019oreille moyenne avec la mastoïde et par où cheminent les sécrétions purulentes quand elles ne peuvent trouver leur voie au dehors par la paroi tympanique.ETIOLOGIE: Les causes du passage de 1\u2019état aigu a celul de chronique sont d\u2019ordre général et local.Général: L\u2019auriste aura souvent l\u2019occasion de constater qu\u2019une otite aiguë guérit avec plus de rapidité chez un sujet vigoureux, indemne de toutes tares et dans de bonnes conditions hygiéniques.De même chez les diathésiques: diabétiques, syphilitiques ou scrofulo-tuberculeux il y aura lieu de considérer non seulement le terrain sur lequel l\u2019otite évolue mais aussi la tendance des lésions ulcéro-progressives qui en sont l\u2019expression anatomique.Les anémiques et les convalescents de fièvres graves offriront, eux aussi, moins de résistance au cours d\u2019une attaque d\u2019otite moyenne aiguë qui passera facilement à la chronicité.Local: Localement, la suppuration cantonnée à l\u2019adi- tus ad antrum ou a la membrane de Shrapnell sera considérée comme une éventualité très redoutable à cause des nombreux cloisonnements et ligaments, facteurs de réten- 177 ILFORD X-RAY FILMS Les clichés obtenus avec les Films La Victor X-Ray Corporation main- radiographiques Ilford surpassent tient dans toutes ses succursales un tous les autres en détails de définition, densité et contraste.Une supervision méticuleuse dans leur fabrica- fraîcheur 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aigus et chroniques, les adénoïdites suppurées, les déviations de la cloison nasale avec leurs épines et leurs crêtes, les polypes nasaux, toutes les sinusites, les pharyngites chroniques et l\u2019ozène.Cependant la toute première cause est bien l\u2019otite moyenne aiguë nécrosante d\u2019origine tuberculeuse, syphilitique, grippale ou consécutive aux fièvres éruptives.Si l\u2019on interroge le malade sur la cause de son otorrhée qui date de 10, 20 ou 30 ans, nous retraçons la plupart du temps, la scarlatine, la diphtérie, la rougeole ou l\u2019influenza.ANATOMIE PATHOLOGIQUE : À un premier stade d\u2019inflammation et d\u2019ulcération de la muqueuse de la caisse succède un autre stade de défense, celui des fongosités : lésions caractéristiques de la muqueuse de l\u2019oreille moyenne dans le cours des otorrhées chroniques.Cette fongosité nous apparaît sous l\u2019aspect d\u2019une couche épaisse, couleur lie de vin, saignant facilement ou affectant la forme de polype.A l\u2019examen microscopique, nous voyons des petites cellules rondes, granuleuses, au milieu de vaisseaux fortement dilatés.La muqueuse a perdu son épithélium vibratil, remplacé par un épithélium pavimenteux évoluant vers la transformation épidermique.Dans les cas heureux de guérison, cet épithélium prend l\u2019aspect de l\u2019épiderme blanc et sec, mais 1l n\u2019en est pas toujours ainsi et l\u2019on peut constater quelquefois une épider- 36 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU misation constituée par des lamelles dissimulant des fongosités et des sécrétions purulentes très odorantes: c\u2019est là l\u2019origine du cholestéatome.CHOLESTEATOME : Le cholestéatome est une tumeur caractérisée par des lamelles blanc-nacré se reproduisant sans cesse et s\u2019emboîtant les unes sur les autres à la façon des pelures d\u2019oignon.Cette tumeur étant celle qui provoque le plus souvent des complications, il importe que nous la fassions connaître plus en détail.Origine: T1 faut remonter jusqu\u2019en 1830 pour savoir que ce sont les anatomistes qui l\u2019ont décrit les premiers.C\u2019est l\u2019époque du véritable cholestéatome, tumeur rencontrée et se développant à l\u2019intérieur de la boîte cranienne.Plus tard, en 1837, Wendt apporta la théorie de la muqueuse métaplasiée pour expliquer son origine dans la caisse.Cette théorie fut remplacée en 1888 par celle d\u2019Haber- mann-Bezold qui en ont fait un invasion épidermique du conduit externe dans l\u2019oreille moyenne.D\u2019après Portmann, le cholestéatome suppose pour son développement une perforation marginale ou centrale à la faveur d\u2019un pont, une surface dépourvue d\u2019épithélium muqueux, une ouverture étroite et épitympanale dans une cavité presque close, le tout favorisé par une otite moyenne aiguë nécrosante.Evolution: Il évolue en 3 phases: 1° sec et latent, 2° ou présente une suppuration cholesthéatomateuse, 3° ou devient gangréneux à la faveur de rétention de microbes anaérobies.Histologie: Moulonget citant Lemaitre nous dit que, histologiquement, la muqueuse infectée par le cholestéa- L\u2019OTITE MOYENNE SUPPURÉE CHRONIQUE 37 tome présente une couche épaissie, infiltrée de leucocytes polynucléaires, de plasmocytes et de cellules géantes.La lame de conjonctive est recouverte d\u2019un épithélium épais, métaplasié, du type malpighien et au-dessus on remarque une couche épaisse d\u2019éléidine et de kératine.Par suite de la dégénérescence graisseuse de la muqueuse, l\u2019épithélium est soulevé et les débris tombent dans la cavité, tandis que plus tard la couche muqueuse fertile subit la même dégénérescence et le cycle recommence.La pression que cause cette masse de cholestéatome entourée de cholestérine provoque l\u2019usure de l\u2019os.Le cholestéatome peut pénétrer par les aqueducs de Fallope, du vestibule et du limaçon ou trouver son chemin vers l\u2019antre mastoïdien.OSTEITE.\u2014 Dans le cas où le cholestéatome n\u2019est pas en cause on remarquera l\u2019envahissement de l\u2019os, après ulcération de la muqueuse et l\u2019on constatera de l\u2019ostéite fongueuse ou raréfiante, créant des fistules dans l\u2019oreille moyenne, dans l\u2019antre, dénudant le facial ou le sinus latéral ou les canaux semi-circulaires.Les osselets eux-mêmes sont détruits en partie ou en totalité, surtout après une scarlatine par le streptococus mucosus.SYMPTOMATOLOGIE.\u2014 La symptomatologie de l\u2019otorrhéique se résume dans la surdité et l\u2019écoulement.Le malade n\u2019accuse que peu ou pas de douleur et sa surdité ne le déterminera pas à consulter, surtout si elle est unilatérale.Par contre les symptômes objectifs sont plus nombreux.L\u2019auriste pourra constater la présence d\u2019un pus épais ou clair, la présence de mucus qui donnera du muco-pus.Quelquefois la teinte sera d\u2019un gris jaunâtre ou bleu par adjonction du pyocyanique, et à ces symptômes s\u2019ajoutera l\u2019odeur fétide de la nécrose osseuse. 38 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Le pus enlevé, apparaissent les perforations qui peuvent être petites, grandes ou totales.Ou bien il verra des polypes de différentes dimensions.Au fond de la caisse, la muqueuse se montre sous un aspect fongueux, saignant au moindre contact et avec le stylet l\u2019auriste pourra découvrir des pertes osseuses.EVOLUTION.\u2014 L'évolution de l\u2019otite moyenne sup- purée chronique diffère suivant la perforation, le drainage.Mais la plupart du temps l\u2019écoulement présente des périodes d\u2019accalmie et de recrudescence.Ce sont les suppurations de l\u2019attique et de la membrane de Shrapnell qui ont une évolution la plus longue et qui demandent un traitement des plus attentif.L'apparition d\u2019un épiderme sec pourra faire espérer la guérison ou tout au moins un assèchement de la caisse sans toutefois nous induire en erreur sur l\u2019état plus ou moins compromis de la fonction auditive.COMPLICATIONS.\u2014 Malheureusement 1\u2019otite moyenne suppurée chronique n\u2019évolue pas toujours sans incidents et à son décours surviennent des complications très graves, qui souvent compromettent la vie du patient.Parmi ces complications la plus fréquente est la mastoïdite.Mastoïdite.\u2014 Avec Moure et Portmann nous ferons la distinction entre la mastoïdite par oedème collatéral, celle qui accompagne toute otite moyenne aiguë, c\u2019est la mastoïdite pathologique et non chirurgicale, celle qui guérit d\u2019elle-même avant l\u2019otite moyenne aiguë, d\u2019avec la mastoïdite appelée empyème mastoïdien par Mouret et Sheibe, lequel empyème a une tendance à se fistuliser, et la mastoïdite nécrosante, celle qui fait suite à une fièvre éruptive, particulièrement la fièvre scarlatine. L\u2019OTITE MOYENNE SUPPURÉE CHRONIQUE 39 Les détails concernant l\u2019histo-pathologie de ces trois variétés de mastoïdite nous entraînerait trop loin et nous considérerons la mastoïdite faisant suite à une otite moyenne suppurée chronique dont voici une observation qui nous fera voir et les symptômes et les réactions du laboratoire.OBSERVATION No 1 (Mastoïdite chronique droite) Monsieur A.J., 29 ans, entre à l\u2019hôpital le 23 juin 1936.Maladie actuelle: se présente pour des douleurs à la mastoïde droite.Il souffre d\u2019otorrhée chronique depuis son bas âge.La température est de 99°, A l\u2019examen de son oreille droite on note de la surdité, un écoulement fétide jaune-verdâtre, et de l\u2019ostéite de la caisse avec odeur.Antécédents personnels: Rougeole ainsi que scarlatine à 4 ans.Antécédents héréditaires: Rien à noter.Les différents systèmes ne présentent rien de particulier.Numération globulaire et formule leucocytaire: Globules blancs: 11718; polynucléaires neutrophyles: 72%.Urines: normales.Opération: On remarque à l\u2019opération l\u2019éburnation de la table externe de l\u2019apophyse mastoïde tandis que les cellules pneumatiques ont été rongées par la suppuration chronique.Evidement pétro-mastoïdien.Départ: Le 30 juin 1936, guéri.Remarquons dans cette observation : l\u2019âge du malade, l\u2019origine scarlatineuse à 4 ans, l\u2019otorrhée chronique, l\u2019évolution insidieuse de la mastoïdite chronique et la très faible réaction leucocytaire.Radiographie et examen cytologique : La radiographie des mastoïdes pourra nous renseigner sur la transparence ou l\u2019opacité de l\u2019une ou des deux mastoïdes.De même l\u2019examen cytologique nous éclairera sur la défense de l\u2019organisme contre l\u2019envahissement microbien.Selon Sébileau, la numération passe très souvent de 8000 à 15000 avec 75% de polynucléaires dans les mastoï- 40 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU dites et les abcès encéphaliques.Dans les affections plus graves, la formule varie de 20000 à 30000 avec 90% à 95% de polynucléaires et dans les cas très graves, presque fatalement mortels on compte de 30000 à 40000 leucocytes avec 95% de polynucléaires.Traitement : Le traitement consiste dans l\u2019anthroto- mie ou l\u2019évidement pétro-mastoïdien suivant la destruction des osselets et le degré d\u2019audition restant.Diagnostic différentiel: La périostite rétro-auriculaire par son oedème, sa tuméfaction et sa rougeur pourra simuler une mastoïdite.On remarquera cependant que l\u2019audition n\u2019est pas complètement abolie et l\u2019incision de Wilde avec curettage du foyer aura tôt fait de faire disparaître les symptômes.L\u2019ostéo-myélite envahissante du crâne, d\u2019origine oti- tique, est encore possible, quoique moins fréquente que celle de l\u2019empyème sinuso-frontal.Le processus infectieux s\u2019infiltre alors entre la table externe et la table interne de l\u2019os, en plein diploé, par les canaux de Breschet.Quelquefois elle affecte la forme dite bondissante, décrite par Luc.Elle est caractérisée par une succession de petits abcès sous périostés ou s\u2019ouvrant dans la cavité crânienne.On note comme symptômes de la fièvre élevée, des frissons, un état de septicémie causée la plupart du temps par le streptocoque.Traitement : Le traitement se fait par l\u2019ouverture et le curettage, le drainage tout en se rappelant que dans certains cas la marche de l\u2019affection est très lente, au point que le Docteur Saint Clair Thompson ne considérait ces malades comme guéris qu\u2019après un délai de 15 mois écoulés à partir de la cicatrisation du dernier foyer.Abcès extra-dural: Une autre complication de la mastoïdite est celle de l\u2019abcès extra-dural. L\u2019OTITE MOYENNE SUPPURÉE CHRONIQUE 41 L\u2019empyème mastoïdien ne trouvant pas de voie facile pour son extériorisation vers l\u2019aditus ad antrum ou vers la paroi externe de l\u2019apophyse mastoïde s\u2019est dirigé du côté de l\u2019endocrane où il rencontre les méninges qui s\u2019opposent à l\u2019envahissement.A ce moment l\u2019abcès est dit extra-dural.Symptômes : Peu de symptômes révéleront sa présence, quelquefois des vertiges, des nausées, des vomissements et une température élevée, mais passagère.La céphalée est plus constante, mais elle est vague, localisée d\u2019un côté de l\u2019hémi-crâne, sans précision.La plupart du temps la découverte de l\u2019abcès se fait au moment de l\u2019opération du foyer primitif en cause, c\u2019est-à-dire de la mastoïdite.Thrombo-phlébite des sinus latéraux : Les sinus du crâne sont des veines plus au moins volumineuses et de forme variée qui ont pour rôle de collecter le sang veineux de l\u2019endocrâne pour le transporter aux poumons et assurer son oxygénation.Parmi les sinus qui peuvent être affectés par l\u2019empyème mastoïdien citons: les sinus latéraux, le sinus longitudinal supérieur, les sinus caverneux et les pétreux supérieurs et inférieurs.L\u2019infection la plus fréquente est bien celle des sinus latéraux qui peut se compliquer de l\u2019infection des autres sinus.Elle se produit par l\u2019attaque de la coque du sinus par le processus suppurant, ostéite nécrosante ou suppuration cholestéatomateuse produisant à un premier degré de la périphlébite et puis passant à l\u2019endo-phlébite suivie d\u2019une thrombose oblitérante ou non.Symptômes : Le début est brusque et bruyant.La douleur est localisée à la région mastoïdienne et sinusale, accompagnée de vomissements.On note des frissons intenses avec élévation de la température à 102, 103, 104 degrés.Elle s\u2019élève en clocher et retombe à la normale après que 42 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU le malade a passé par un stade de chaleur intense suivie de sueurs profuses.L\u2019état général est souvent atteint: teint sub-ictérique, facies abattu, langue blanche et visqueuse.On rencontre quelquefois chez l\u2019enfant une forme à température à peu près continue avec apparition de taches rosées lenticulaires sur l\u2019abdomen faisant croire à une infection dothienentérique.Complications : Des complications peuvent se manifester par extension du processus thrombosant vers le sinus longitudinal supérieur, congestionnant les veines du cuir chevelu et donnant un aspect de tête de Méduse, selon Lermoyer.Sinus caverneux: L\u2019infection peut gagner le sinus caverneux par son anastomose avec le sinus latéral par le sinus pétreux supérieur.On remarque alors des troubles oculaires se manifestant par des douleurs névralgiformes et des paralysies oculaires.Jugulaire interne : Du côté de la jugulaire interne, on remarque soit un affaissement de la jugulaire externe, soit du gonflement, suivant la région thrombosée.Veine ophtalmique: La thrombose de la veine ophtalmique se manifestera par de l\u2019exophtalmie, accompagnée d\u2019oedème des paupières et de la partie inférieure du front.Fond de l\u2019oeil: L\u2019examen du fond de l\u2019oeil nous fera constater soit une turgescence ou une tortuosité des veines rétiniennes ou une névrite optique.Trou déchiré postérieur: Le nerf qui paraît le plus intéressé dans la thrombose située au trou déchiré postérieur est le pneumogastrique, qui, suivant sa compression ou son irritation, donnera comme symptômes: de la dyspnée, des troubles vocaux, du ralentissement du pouls. L\u2019OTITE MOYENNE SUPPURÉE CHRONIQUE 43 Complications viscérales et périphériques: Des particules septiques, se détachant du caillot ou trombus pourront créer des métastases encéphaliques sous forme d\u2019abcès cérébral ou cérébelleux.Du côté des poumons, nous remarquons des petits abcès multiples ou de la pleurésie ou du pneumo-thorax.A la périphérie on note des métastases dans les bourses muqueuses et tendineuses et dans les articulations.Marche de la maladie: La thrombo-phlébite peut évoluer suivant deux formes cliniques: la forme pyémique ou lente par complications métastatiques et la forme obli- térante par arrêt de la circulation intra-crânienne.Traitement: Le traitement consiste dans l\u2019ouverture du sinus latéral après avoir fait la ligature de la jugulaire interne suivant que l\u2019on est partisan de cette méthode ou non.Suivant 1\u2019aspect du sinus il sera indiqué de faire la onction avec une seringue dans les cas douteux.Mais s\u2019il se présentait sous l\u2019aspect d\u2019un cordon jaune-verdâtre, plus ou moins bosselé, comme injecté de suif, il n\u2019y aura pas d\u2019hésitation mais plutôt indication d\u2019en faire l\u2019ouverture et l\u2019extraction du thrombus oblitérant.Pronostic: La maladie abandonnée à elle-même comporte un pronostic fatal; de la précocité du diagnostic et de l\u2019intervention dépend le sort du malade.OBSERVATION No 2 Monsieur R.de C., 59 ans, est admis à l\u2019hôpital le 15 décembre 1933.Maladie actuelle: Le malade se présente pour des troubles de l\u2019estomac datant depuis 2 ou 3 ans.Antécédents personnels: On note de la coqueluche, de la variole, du rhumatisme, de la pneumonie et de l\u2019otite moyenne suppurée chronique droite. 44 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Système nerveux: Vertiges au lever.Système digestif: Gaz, douleurs au creux épigastrique.Circulatoire: P.A.112/75, bruits cardiaques assourdis.Température: 99 1/5, descend à la normale.Jusqu\u2019au 24 janvier le malade est traité pour son estomac.Opération: A ce moment l\u2019oreille rentre en cause.Une paracen- thèse pratiquée le 25 janvier semble remettre les choses en place.Température normale.Le 2 février, ascension de la température à 103° avec frissons.On note de l\u2019empâtement du côté de la jugulaire interne.La mastoïde est trépanée, la jugulaire suturée et le sinus latéral ouvert et curetté.Le 16 février, on remarque de l\u2019oedème du cuir chevelu à l\u2019occiput.Au cours de l\u2019opération nous n\u2019avons pu réussir à atteindre l\u2019extrémité du caillot d\u2019autant plus que le malade manifestait des signes de défaillance.Mort: Le 9 mars le malade meurt par blocage de la circulation intracrânienne.Autopsie: Thrombo-phlébite du sinus latéral droit, du pressoir d\u2019Hérophile et du sinus longitudinal supérieur.Phlébite du golfe de la jugularre : Etiologie : Nous avons vu que l\u2019extension du processus pathologique de la thrombo-phlébite du sinus latéral peut causer une phlébite du golfe de la jugulaire interne, mais il existe d\u2019autres causes plus immédiates qui favorisent son infection.Sa situation immédiate sous le plancher de l\u2019oreille moyenne l\u2019expose aux infections survenant de traumatisme de cette région à l\u2019occasion de paracentèse ou d\u2019ablation de corps étrangers.Anatomie : Nous appelons golfe de la jugulaire le renflement veineux qui est à l\u2019origine de la veine jugulaire interne, sous le trou déchiré postérieur et faisant suite au sinus latéral.MacEwen considère ce renflement comme un réservoir nécessaire pour empêcher les phénomènes d\u2019anémie subite L\u2019OTITE MOYENNE SUPPURÉE CHRONIQUE 45 de l\u2019encéphale pendant la diastole cardiaque.Grunert à la suite de Leutert fait remarquer qu\u2019à cause du ralentissement du sang et de la circulation en remous il existe comme un point mort sous le plancher de la caisse, endroit on ne peut plus favorable au développement d\u2019un thrombus.Symptômes: Les symptômes se manifestent par un début brusque des accidents où l\u2019on rencontre de la septicémie, de l\u2019empâtement du sterno-cleido-mastoïdien, de l\u2019infiltration de la nuque et du creux rétro-maxillaire.Anatomie pathologique : À l\u2019opération ou à l\u2019autopsie on découvre un dépôt grisâtre, correspondant au point mort.Traitement : Autrefois on se contentait comme traîte- ment d\u2019ouvrir le sinus latéral et la veine jugulaire interne et de faire passer un courant d\u2019une solution antiseptique, manoeuvre qui n\u2019était pas exempte de dangers.Plus tard Otto Piffle employa la voie trans-tympanique faisant courir beaucoup de risque au facial.A Grunert revient le mérite d\u2019avoir trouvé une voie trans-mastoïdienne, beaucoup plus sûre et qui, combinée à la suture de la jugulaire interne, donne de meilleurs résultats.Lepto-méningite : Définition: C\u2019est l\u2019infection de la membrane la plus profonde.Fréquence: D\u2019après Korner elle est la complication la moins fréquente et elle apparaît plus souvent dans les cas aigus que chroniques.Etiologie: Elle suppose que la suppuration a franchi la dure-mère, cependant on la rencontre quelques fois venant par les voies vasculaires. 46 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU On note aussi au cours des labyrinthites suppurées une voie toute tracée du vestibule et du limacon ainsi que par des manoeuvres opératoires.Autopsie: A l\u2019autopsie nous trouvons des traînées de pus fibrineux et adhésif le long des vaisseaux pie-mériens, un épanchement louche et des signes de ramollissement inflammatoire de l\u2019écorce cérébrale.Formes : On distingue 3 formes: la forme diffuse d\u2019emblée, la forme limitée, et la forme séreuse.1° Diffuse d\u2019emblée, caractérisée par une diffusion rapide et la mort sans que l\u2019épanchement devienne purulent.Symptômes: Les symptômes sont brusques et tapageurs, on note de grands frissons et une fièvre élevée.Evolution: en 3 phases.a) Phase aiguë: de la céphalée variable accompagnée de photophobie, état vertigineux, de nausées et de vomissements biliaires puis alimentaires.b) 2me phase: après quelques jours surviennent des paralysies oculaires et des modifications pupillaires, de la raideur de la nuque et des troubles de respiration et du pouls.c) 3me phase: caractérisée par de la somnolence, précédée de délire ou non et qui dégénère en coma.C\u2019est tout le tableau méningitique : ventre en bateau, raie méningée, respiration de Cheyne-Stokes, cris hydro-céphaliques, car- phologie, incontinence d\u2019urine, intoxication bulbaire et asphyxie.Limitées La forme limitée, comme son nom l\u2019indique, se cantonne sur un espace et crée des signes de compression, tout en ayant des symptômes moins accentués. L\u2019OTITE MOYENNE SUPPURÉE CHRONIQUE 47 Séreuse : caractérisée par une tension intra-crânienne.Elle s\u2019accompagne de céphalée, de vertiges, ralentissement du pouls, des vomissements, crises épileptiques (parfois) pouvant être suivies de parésies passagères avec une température plus ou moins normale.Examen ophtalmoscopique : turgescence de la papille et l\u2019examen du liquide céphalo-rachidien donne un liquide clair sans éléments figurés mais sortant avec une force anormale.Diagnostic différentiel: est à faire entre la méningite cérébro-spinale dans laquelle on note l\u2019épidémicité, la lenteur de l\u2019évolution et la présence du méningocoque dans le liquide céphalo-rachidien.La méningite tuberculeuse se distinguera par les résultats de l\u2019injection au cobaye.Certaines otites chez les enfants dans lesquelles ou rencontre de la céphalée, du vertige et des vomissements.La paracenthèse en fera la restitution ad integrum.L\u2019abcès encéphalique qu\u2019on saura reconnaître à l\u2019opération.Pronostic: La méningite séreuse est la plus curable.Traitement: Le traitement consistera en des ponec- tions lombaires répétées, remplaçant le liquide céphalo- rachidien par de l\u2019électrargol à 1% tous les 2 jours.Les jours intercalaires on injecte la même quantité i.e.10 c.c.dans les veines.Abcès encéphalique : L\u2019abcès encéphalique est surtout consécutif aux suppurations chroniques de l\u2019oreille.Etiologie: Il suppose pour sa formation une lésion de la paroi osseuse et se rencontre le plus souvent dans les suppurations chroniques. 48 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Jansen rapporte dans ses statistiques que sur 2500 otites chroniques il a rencontré 6 abcès encéphaliques, sur 2650 otites aiguës il a recontré 1 abcès encéphalique.Causes provocantes : telles que: choc sur le crâne, opérations limitées aux foyers osseux, abcès métastatiques des thrombo-phlébites des sinus.Anatomie pathologique: À l\u2019autopsie, on trouve souvent des lésions concomitantes de voisinage, telles que : l\u2019abcès extra-dural, la phlébite du sinus latéral et la lepto- méningite.Siège: Suivant le siège de la perforation l\u2019on pourra localiser l\u2019abcès 1° au cervelet dans une perforation du sillon sigmoïdien, 2° au lobe sphénoidal dans 1\u2019ostéite fongueuse du tegmen tympanique, 3° a la protubérance et au pédoncule cérébelleux dans les.infections labyrinthiques.Nombre: L\u2019abcès peut être unique ou multiple ou en succession.Dimension: De dimension variable et peut même oceu- per tout un lobe cérébral ou cérébelleux.Caractère du pus: Le pus que l\u2019on rencontre est épais et bien lié, très fétide, d\u2019aspect crémeux, jaunâtre ou verdâtre aves gaz très odorant.Compression: Ces abcès encéphaliques peuvent déterminer des compressions suivant le siège, de même qu\u2019ils peuvent s\u2019ouvrir dans les cavités ventriculaires et causer une mort rapide.Symptômes et évolution: On remarque des symptômes prodomiques se manifestant par une céphalée non localisée, un état général de malaise, langueur, dépérissement et une fièvre vespérale.Quelques jours ou quelques semaines pius tard la céphalée augmente, prend l\u2019aspect migraineux, il existe de la photophobie, un état nauséeux et des vomissements accompagnés de vertiges.La température L'OTITE MOYENNE SUPPURÉE CHRONIQUE 49 est presque normale et l\u2019on a même rencontré des cas d\u2019hypothermie.Le pouls est ralenti et ne correspond pas à la fièvre mais il est fort et régulier avec une respiration calme.Le malade finit par tomber dans une somnolence progressive.Il est indifférent, répond mal aux questions qu\u2019on lui pose, il marmote des choses inintelligibles et tombe dans le coma.Symptômes de foyers: En dehors des symptômes subjectifs et objectifs on pourra constater des symptômes de foyers.Traitement : Le chirurgien, son diagnostic posé, devra se hâter d\u2019intervenir suivant les règles qu\u2019il jugera en rapport au cas qui se présentera.OBSERVATION No 3 (Mastoïdite chronique double, compliquée d\u2019abcès cérébelleux) Monsieur G.L., 41 ans, est admis à l\u2019hôpital à 9 h.30 p.m,, le 22 janvier 1936.Maladie actuelle: Le malade se plaint de douleurs du côté de l\u2019oreille droite depuis les fêtes, écoulement des deux oreilles et de surdité.Antécédents personnels: Les oreilles ont toujours coulé et il avoue n\u2019avoir jamais consulté.Symptômes subjectifs: Céphalée fronto-occipitale, douleurs spontanées.Le malade vaque à ses occupations jusqu\u2019au soir.Symptômes objectifs: Absence des tympans, présence de fongosités au fond de la caisse avec écoulement fétide.On note des douleurs à la pression de la mastoïde droite, la réponse n\u2019est cependant pas constante.Le malade s\u2019étant présenté au commencement de la nuit et paraissant très souffrant, nous prescrivons un calmant et l\u2019examen cytologique du sang: glob.blanc 16250 avec 94% polyn.neutro.Azotémie: 0 gr.650%.Glycémie: 1 gr.70%.Le lendemain il demeure inconscient et meurt à 2.30 p.m.Autopsie: Mastoïdite chronique c.c.À droite fistulisation au cervelet dont tout l\u2019hémisphère droit est rempli par un abcès, sans réaction des méninges ou du liquide céphalo-rachidien.Foie et rate en dégénérescence infectieuse.(A suivre) 50 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU CONTRIBUTION A L\u2019ETUDE D\u2019UNE COMPLICATION DE LA CURIETHERAPIE DU CANCER DU COL UTERIN : LA PYOMETRIE Par E.-P.GRENIER, Radiumthérapeute de l\u2019Hôtel-Dieu.Il est universellement reconnu aujourd\u2019hui que les moyens qui donnent les meilleurs résultats dans la lutte contre le cancer sont la chirurgie, le radium, les rayons X et l\u2019électro-coagulation, moyens employés séparément ou conjointement.La thérapeutique semble vouloir se préciser, se spécialiser, serait-il mieux d\u2019écrire.Ainsi, par exemple, le cancer du corps utérin relève plutôt de la chirurgie et celui des os longs de la radiothérapie, certain cancer de la peau répond bien à l\u2019électro-coagulation et celui du col utérin est un des triomphes du radium, qu\u2019il soit utilisé seul ou combiné à l\u2019exérèse chirurgicale ou à la radiothérapie.Personne n\u2019ignore plus les beaux résultats obtenus aujourd\u2019hui par le radium dans le traitement du cancer du col utérin.\u2014 Je ne m\u2019attarderai donc pas sur les détails de sa technique et l\u2019excellence de ses effets.\u2014 Mais 1l y a parfois une ombre de trop au tableau et je veux en signaler une.La connaître, c\u2019est déjà presque la faire disparaître.Les cinq observations que je rapporte brièvement soulignent l\u2019apparition d\u2019une complication sérieuse qui entrave les effets de la curiethérapie du cancer du col utérin et en assombrit légèrement les statistiques pourtant encourageantes, je veux parler de la pyométrie.OBSERVATION I.\u2014 Madame R ., 55 ans, traitée à l\u2019Hôtel- Dieu.Elle souffrait d\u2019un cancer du col très envahissant (3e degré). LA PYOMÉTRIE 51 Radiumthérapie en mars (1929).Le résultat fut magnifique.On notait la disparition des bourgeons et la cicatrisation du col ; l\u2019arrêt des hémorragies était complet ; il n\u2019y avait même pas de leucorrhée.Ce cas fit l\u2019objet d\u2019une clinique aux étudiants.Malheureusement, la malade faisait toujours un peu de fièvre : 99° F., 99.5° F., 100° F.et se plaignait de douleurs dans le bas- ventre comme à l\u2019approche de ses règles et de constipation.Elle fut soumise aux traitements qui d\u2019ordinaire accompagnent l\u2019application du radium.Sur les entrefaites, je m\u2019absentai une dizaine de jours.À mon retour, j'appris que la patiente fut prise une nuit de douleurs violentes et mourut très rapidement d\u2019oedème aigu du poumon, diagnostic confirmé à l\u2019autopsie, qui montra également la présence d\u2019une assez forte pyométrie.A Arey Fe ON NJ Us WY 3 wd Fig.1 Coupe sagittale d\u2019un utérus avec col cancéreux drainé par une sonde Malécot à quatre fenêtres après curiethérapie. 52 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU OBSERVATION II.\u2014 Madame M., 52 ans, traitée en 1931 à l\u2019Hôtel-Dieu.Cancer du col utérin très grave confirmé par la biopsie.Lors de l\u2019intervention, je constatai, en retirant l\u2019hystéro- mètre, l\u2019apparition d\u2019un filet de pus blanchâtre qui longeant l\u2019orifice extrême du col, envahissait le fond du vagin.L\u2019utérus était en rétroversion.F'ait à noter, la malade faisait alors un peu de température.Je dilatai le col et désinfectai la cavité utérine, puis j\u2019appliquai le radium dans 1\u2019utérus et le vagin.La température devint normale à la fin du traitement.Trois ou quatre jours après l\u2019enlèvement des tubes radifères, la température remonta.La patiente se plaignit de violentes douleurs abdominales.Malgré tous les moyens énergiques employés, la péritonite s\u2019installa et la malade mourut dans les quinze jours qui suivirent.Pas d\u2019autopsie.OBSERVATION III.\u2014 Madame F., 42 ans, traitée à l\u2019Hôtel- Dieu se présenta pour ménorragies et métrorragies, sans douleur.À l\u2019examen, on constate un col utérin en chou-fleur saignant facilement, un corps utérin un peu augmenté, mais mobile.Traitée le 19 janvier 1935.Sonde et colpostat: 62.8 millicuries détruits en 96 heures.Cinq jours après la fin du traitement, je fis un toucher vaginal, parce que la patiente se plaignait de douleurs.L\u2019utérus était encore gros et sensible, mais le ventre était souple.T1 y avait un peu de température.Deux jours plus tard la malade fut isolée, car elle avait crié de douleurs pendant la nuit malgré les calmants.Je la trouvai sidérée avec une température à 103° F., un pouls à 130, un abdomen bombé, tendu et excessivement douloureux.Le toucher vaginal me donna tous les signes d\u2019une pelvi-péritonite aiguë.Le chirurgien, qui m'avait confié la patiente, fut appelé aussitôt ; il confirma le diagnostic et proposa un traitement d\u2019attente, ce qui n'empêche que quelques jours plus tard, il dut faire une colpotomie qui donna libre cours à un flot de pus fétide qui finit par tarir avec le drainage.La patiente survécut, mais elle traina; il y eut récidive et elle mourut de cachexie cancéreuse, huit mois plus tard.OBSERVATION IV.Madame M.A., 60 ans, traitée à 1\u2019Hôtel-Dieu.Vagin très rétréci, col petit, bourgeonnant, saignant facilement, peu mobile \u2014 Cancer du col utérin du 2e degré. LA PYOMETRIE 53 A l\u2019intervention, issue de pus dès l\u2019hystérométrie.Je dilatai alors et drainai pendant dix jours le col et la cavité de l\u2019utérus au moyen de mèches et de douches intra-utérines quotidiennes.Je fis, le 16 mars 1934, la curiethérapie intra-cervicale et utérine, détruisant 33.6 millicuries en 144 heures.La patiente se rétablit vite et quitta l\u2019hôpital peu après.Elle m\u2019avait promis de se présenter à la consultation six semaines après la fin du traitement; mais comme tout allait bien, elle ne erut pas revenir.Mal lui en prit, car un jour prise de douleurs abdominales excessivement violentes, elle se erut à l\u2019article de la mort et me fit appeler d\u2019urgence à son chevet.Comme elle demeurait assez loin, Je prescrivis par téléphone l\u2019application d\u2019un sac de glace, l\u2019absorption d\u2019un bon verre de cognac et je recommandai une douche vaginale chaude.Dès mon Coupe de face du même utérus. 54 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU arrivée chez elle, je vis ausistôt que les choses avaient changé.J\u2019allai voir la patiente: « Ça va mieux », me dit-elle, « mais j\u2019ai bien eru mourir, je n\u2019ai jamais souffert de ma vie comme ça ».Je ne sais pas si le traitement y fut pour beaucoup, mais une grosse quantité de pus suivit la douche, pus sanguinolent et excessive- \u201cment fétide.La même chose se reproduisit en moindre importance encore deux fois, à deux ou trois mois d\u2019intervalle pour ne plus = reparaître.Après la première alerte, je vis la patiente à mon bureau, et je trouvai le canal cervical absolument imperméable.Il y a de cela 5 ans, et la patiente se porte toujours très bien.OBSERVATION V.\u2014 Mme D,, traitée à l\u2019hôpital St-Luc, le 11 août 1934 ; cancer du col utérin 2ème degré avec pyométrie décelée par l\u2019hystérométrie \u2014 drainage avant et après la curie-thérapie classique : sonde et colpostat 57.6 millicuries détruits en 120 heures.\u2014 guérison depuis 3 ans.Dans ce cas, la biopsie montra un épithé- « lioma pavimenteux stratifié à globes cornés.Dans les cas 2, 4 et 5, il existait une pyométrie antérieure à la curie-thérapie, tandis que pour les cas 1 et 3, la pyométrie se constitua après l\u2019application du radium.Je crois que ces pyométries ont pour cause l\u2019accolement de la muqueuse, dû en même temps à la contraction et à la réaction qui suivent l\u2019irradiation interne du canal cervical.Dans les 2ème et 3ème cas, je crois que la sténose cervicale a résisté aux douloureuses tranchées de l\u2019utérus et que l\u2019issue s\u2019est faite par les trompes provoquant la pelvi-péri- tonite.Dans le 4ème cas, la sténose cervicale céda, pour le plus grand bien de la patiente, sous le pression de la tranchée utérine et à répétition pour laisser s\u2019écouler un flot de pus sanguinolent et excessivement fétide, preuve de l\u2019existence de la pyométrie et de la sténose du col.Dans le 5ème cas, bien qu\u2019il y eut pyométrie antérieure au traitement, il ne s\u2019en produisit pas après, grâce au drainage de dix jours consécutifs qui suivirent immédiatement la fin du traitement.Plusieurs traitements sont faits afin de prévenir la formation d\u2019une pyométrie concomitante et conséeutive à la curiethérapie du cancer du col utérin ; une désinfection on nt LA PYOMETRIE vaginale et cervicale minutieuse par antiseptiques, vaceins, etc.; un renouvellement quotidien de l\u2019application du radium; l\u2019usage de mèches goménolées pendant et après le traitement; des douches vaginales etc.Et je crois qu\u2019on évitera la pyométrie consécutive au traitement par le drainage immédiatement après avoir enlevé la sonde porte-ra- dium.Aussitôt que le tamponnement vaginal est enlevé, que le colpostat aura été retiré, je fais un nettoyage aseptique du fond du vagin et du col irradiés.J\u2019enlève la sonde sous le spéculum et je la remplace immédiatement par une ma- lécot no 18 ou 20; mèches vaginales gomenolées pour le ler jour, puis je fais daucher la patiente deux fois par jour et j\u2019enléve la sonde ordinairement le dixième jour, alors qu\u2019une bonne partie de la réaction sera passée, que le canal aura été maintenu dilaté et que tout danger de sténose sera pratiquement disparu.Depuis trois ans que j'ai commencé cette technique, je l\u2019ai systématiquement employée chez toutes les patientes qui ont en du radium intra-cervical et je n\u2019ai plus eu, que je sache, ni sténose ni pyométrie.BIBLIOGRAPHIE: REGAUD: Traitement des cancers du col de l\u2019utérus par les radiations.Idées sommaires des méthodes et des résultats.Indications thérapeutiques, 1926, 1 vol.Imprimerie Médicale et Scientifique, Bruxelles.M.MAURICE BORDIER: A propos d\u2019une volumineuse hydro-pyométrie post-curiethérapique.Bulletin du cancer, janvier 1935.M.TH.NOGIER (Lyon): Du danger de la pyométrie dans les applications de radium.Comment l\u2019éviter.Bulletin, Mémoires de la Société de Radiologie Médicale de France, année 25 \u2014 No.242, Oct.1937. 56 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU L\u2019ANESTHÉSIE AU CYCLO-PROPANE PRÉSENTE-ELLE UN CHAMP OPÉRATOIRE PLUS SANGLANT ?Par LÉON LONGTIN, Anesthésiste bénévole à l\u2019Hôtel-Dieu Nous croyons qu\u2019il faudrait répondre affirmativement à cette question pour traduire l\u2019impression du plus grand nombre des chirurgiens et même d\u2019un bon nombre d\u2019anesthésistes.Mais voyons plutôt ce qui existe en réalité.Un anesthésique inhalé ne peut agir sur la circulation et offrir un champ opératoire plus sanglant que par l\u2019un des processus suivants: \u2014 l.en augmentant la pression artérielle; 2.en produisant une vasodilatation et nous aurions alors une chute de pression artérielle ; 3.en modifiant la coagulabilité sanguine: augmentant ainsi les temps de coagulation et de saignement.Or, nous avons vérifié, et bien d\u2019autres l\u2019ont fait sans doute, que durant l\u2019anesthésie au cyclopropane, les modifications de la pression artérielle, quand il en existe, sont réduites à quelques em.® de mercure, tantôt en plus, tantôt en moins.Des modifications semblables de la pression artérielle s\u2019observent avec les autres anesthésiques, quels qu\u2019ils soient, et, par conséquent, nous ne saurions incriminer ces changements de pression artérielle s\u2019il existe des hémorragies plus abondantes dans le champ opératoire durant l\u2019anesthésie au cyclopropane.Il faudrait donc chercher dans le troisième processus s\u2019il y a de quoi justifier ou infirmer cette impression.Avec le concours indispensable du laboratoire de l\u2019hôpital dont la collaboration nous a été gracieusement offerte par le docteur P.P.Gauthier et son personnel à qui nous L\u2019'ANESTHÉSIE AU CYCLO-PROPANE 57 adressons nos plus sincères remerciements, nous avons fait, avant, pendant et apres des anesthésies au cyclopro- pane, des temps de coagulation et des temps de saignement en série.Les sujets soumis à cette épreuve ont été pris indifféremment dans les deux sexes entre 20 et 50 ans.Les opérations subies ont été des plus variées.Le sang a été prélevé au moins une heure avant l\u2019opération pour la première épreuve, au moins quinze minutes après le début de l\u2019anesthésie pour la deuxième épreuve et au moins deux heures après la fin de l\u2019anesthésie pour la troisième épreuve.Et voici les résultats obtenus: \u2014 GENRE AVANT PENDANT APRES D\u2019OPERATIONS T.de T.de T.de T.de T.de T.de saig.coag.saig.coag.saig.coag.Kyste tendineux du creux poplité 47s.10m.45s.32s.6m.22s.Tm.49s.Ovariectomie 356s.8m.37s.10m.18s.32s.9m.40s.Abcès multiples du foie 45s.8m.18s.55s.10m.25s.37s.6m.30s.Costotomie 45s.Tm.48s.36s.14m.45s.Tm.35s.Hystérectomie 56s.8m.19s.40s.12m.15s.52s.12m.16s, « le fait de provoquer une hémorragie modifie certainement le temps de coagulation » ; et d\u2019autres ajouteront méme: \u2014 «les différentes phases que vit le patient au moment où il doit être opéré influent sur son psychisme et son temps de coagulation peut varier ; » d\u2019autres enfin diront: «il n\u2019y a pas de relation de cause à effet entre l\u2019anesthésique qui, dans 1\u2019occurrence, est le cyclopropane et les modifications Après un examen sommaire de ce tableau, nous retenons que, dans 80% des cas, le temps de coagulation durant l\u2019opération est plus long et nous pourrions conclure positivement c\u2019est-à-dire que cette impression que le champ opératoire est plus sanglant est bien vraie.Mais voyons les objections qui s\u2019élèvent: Les uns diront: \u2014 « Le fait de causer un traumatisme quelconque peut modifier le temps de coagulation »; les autres: \u2014 - 58 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU du temps de coagulation.» Ce sont là en effet autant de gens qui ont raison et autant de causes d\u2019erreur qui nous empêchent de conclure catégoriquement en consultant ce tableau.Mais comment éliminer ces causes d\u2019erreurs et en venir à une conclusion plus certaine?Impossible?\u2014 Pas tout à fait.Au lieu d\u2019éliminer ces différents facteurs ; traumatisme, hémorragie, psychisme, nous les avons conservés tous et nous avons modifié le dernier facteur: au lieu du ceyclo- propane, nous avons employé l\u2019éther et, dans les mêmes circonstances, nous avons fait les mêmes épreuves.L\u2019anesthésie a été faite comme nous la faisons tous les jours à l\u2019hôpital: un peu de chlorure d\u2019éthyle au début; plus tard une vingtaine de ce.de « mixture » : une partie de chloroforme et deux parties d\u2019éther et ensuite de l\u2019éther pur tout le temps de l\u2019opération.Puis voici les résultats obtenus: \u2014 GENRE AVANT PENDANT APRES D\u2019OPERATIONS T.de T.de T.de T.de T.de T.de saig.coag.saig.coag.saig.coag.Cure de hernie 1m.12s.7m.383s.45s.8m.39s.29s.8m.16s.Cure de varicocele 50s.8m.29s.Im.3s.12m.58s.37s.11m.18s.Autoplastie cutanée 50s.8m.41s.14m.27s.12s.9m.2s.Hystérectomie 356s.6m.38s.48s.11m.5s.36s.6m.25s.Cholécystectomie 57s.9m.52s.10m.57s.1m.35s.7m.57s.Dans ce tableau, nous avons, dans 100% des cas, une augmentation du temps de coagulation pendant l\u2019opération et des modifications du temps de saignement semblables à celles de l\u2019autre tableau au même temps de l\u2019expérience.Maintenant, à mon avis, nous pouvons, avec plus d\u2019assurance, en venir à une conclusion.Dans les deux séries d\u2019expérience, le seul facteur changé a été l\u2019anesthésique employé, et, pour un cas, l\u2019anesthésiste.Les résultats obtenus sont presque superposables à l\u2019exception d\u2019un cas où il s\u2019agissait d\u2019une opération mineure.Donc, nous ne pouvons pas affirmer que le cyclo- L'\u2019'ANESTHÉSIE AU CYCLO-PROPANE 59 propane, comme anesthésique, présente un champ opératoire plus sanglant que l\u2019éther, employé à la même fin, et que n\u2019importe quel autre anesthésique probablement.C\u2019est ce que nous voulions démontrer, du moins par les processus que nous avons énuméré au début.Mais cela ne donne pas la part que peut avoir l\u2019anesthésique dans les modifications du temps de coagulation, ce que nous réalisons avec tous.Pour résoudre ce problème, il aurait fallu soumettre à l\u2019anesthésie des sujets que nous n\u2019aurions pas opérés, ce que nous n\u2019avons pas fait faute de volontaires.Cependant, qu\u2019ils soient dus au traumatisme, à l\u2019hémorragie provoquée ou au psychisme changé par l\u2019opération ou à quelle qu\u2019autre cause que nous ignorons, les changements du temps de coagulation et du temps de saignement durant l\u2019opération demeurent un fait acquis qui peut avoir une utilité pratique.Ainsi, l\u2019anesthésiste, en préparant son malade pour l\u2019opération se rappellera ce fait, surtout s\u2019il s\u2019agit d\u2019opérations traumatisantes ou de longue durée, ou encore s\u2019il s\u2019agit d\u2019opérations où le chirurgien ne peut faire de ligatures: polypes des cordes vocales, polypes de la vessie par fulguration trans-urétrale ou résection trans- urétrale de la prostate.L\u2019administration de coagulants devient alors prudente sinon indiquée avant ces opérations.Prd a 60 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU ROBERT SABOURAUD J\u2019avais eu l\u2019honneur de suivre ses cliniques, il y a dix ans, et il y a quelques semaines à peine, je le retrouvai à son laboratoire, où il se rendait encore régulièrement, ~ à neuf heures précises.De tous mes confrères canadiens, j'aurai été le dernier à lui serrer la main ; aussi ai-je tenu à lui rendre un humble témoignage de reconnaissance.De tous les maîtres du temps, que j'avais eu l\u2019avantage de connaître, plusieurs sont morts malheureusement toujours trop jeunes, tels Jeanselme, Louste, Lortat-Jacob, Ravaut ; d\u2019autres ont atteint la limite d\u2019âge comme Hudelo et Milian, tout en demeurant en excellente santé.Mais Sabouraud était le seul, qui n\u2019avait pas changé.Crâne dégarni depuis presque toujours \u2014 léger vestige de cheveux blanchis, sur l\u2019occiput \u2014 visage frais, bien rasé \u2014 yeux petits, très vifs, pétillants \u2014 lèvres bien taillées, faites pour rire du coin: figure qui respire le caractère et l\u2019intelligence ; cou bref \u2014 fortes épaules, légèrement vou- tées ; de taille moyenne, plutôt court.Tel était au physique Sabouraud; un ensemble imposant.On avait l\u2019impression très nette, que ce n\u2019était pas le premier venu, qui nous regardait ainsi, droit dans les yeux.La calvitie du Professeur Sabouraud était un sujet d\u2019humour traditionnel.Lui-même, ne manquait pas de rassurer les malades qui venaient le consulter sur la perte de leurs cheveux.« Je ne peux pas vous donner mes cheveux en exemple.Mais 1l faut que vous sachiez qu\u2019il n\u2019y a pas que des incurables chez les chauves.» ROBERT SABOURAUD 61 Modeste de geste comme de sa personne, Sabouraud était en plus un grand artiste au sens propre du mot, oceu- pant tous ses loisirs à la peinture, à la sculpture et au violon.I] a beaucoup publié.Pour mieux comprendre la valeur de son oeuvre, il faut remonter jusqu\u2019à Alibert.\u2014 Ecoutez ce qu\u2019il a écrit lui-même dans une de ses préfaces.fi.° A « Jusque dans l\u2019oeuvre d\u2019Alibert, on retrouve les mêmes affections du visage et du cuir chevelu, présentées sous des noms différents, ce qui est absurde.Jusqu\u2019à la fin du siècle dernier, l\u2019absence de toute étude monographique avait laissé le sujet dans la plus extrême confusion, et peut-être pourrait-on dire que, dans l\u2019ensemble de la dermatologie, c\u2019est lui qui a le plus bénéficié des recherches modernes.\u2014 Dans l\u2019opinion médicale commune cependant, les affections du cuir chevelu sont encore des plus mal connues; je ne prétends pas dissiper toutes les obscurités qu\u2019elles gardent; elles en garderont de quoi exercer la sagacité de nos successeurs.Aussi aurai-je fini de mettre au point ! du mieux qu\u2019il m\u2019aura été possible, les résultats d\u2019études auxquelles je me suis exclusivement consacré depuis plus de 30 ans.» Parmi ses travaux de prédilection on peut citer en particulier les études sur les teignes et leur traitement.Mais ces soucis esthétiques ne l\u2019empêchaient pas de rester fidèle à la grande tradition de l\u2019Ecole St-Louis et de s\u2019attacher à la guérison des maladies spécifiques.Son érudition étendue lui permettait de ne pas découvrir le connu mais d\u2019absorber l\u2019inconnu sans embarras et d\u2019en comprendre les aspects.1 Traité des maladies du cuir chevelu, 5 volumes. 62 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Il ne fut pas seulement un professeur éminent mais un véritable chef d\u2019école, dont les nombreux élèves distribués en France, aux Colonies, à l\u2019étranger et même au Canada se réclament de lui.En lui disparait une figure très pure de la vieille école classique française, un dermatologiste complet, un des plus représentants de son temps pour ne pas dire davantage.Au moment de sa mort, Sabouraud était directeur honoraire du laboratoire municipal de l\u2019Hôpital St-Louis.Paur Porrier NOTE DE LA RÉDACTION Il nous fait plaisir d\u2019annoncer à nos lecteurs la nomination toute récente de M.le docteur Paul Poirier, chef du Service de dermato-syphiligraphie de l\u2019Hôtel-Dieu comme membre correspondant-étranger de la Société de Dermatologie et de Syphiligraphie de Paris. RÉORGANISATION DU SERVICE DE RADIOLOGIE 63 REORGANISATION DU SERVICE D\u2019ELECTRO- RADIOLOGIE DE L\u2019HÔTEL-DIEU Par LÉO PARISEAU.« Les absents ont toujours tort », paraît-il.Or votre serviteur s\u2019est absenté pendant près d\u2019un an des lieux qu\u2019il fréquentait depuis si longtemps.C\u2019est dire qu\u2019il doit maintenant avoir raison un peu moins souvent qu\u2019autrefois.Aussi bien lui permettra-t-on, ne serait-ce que pour mettre fin à certaines rumeurs, d\u2019expliquer pourquoi il a pris une décision grosse de conséquences.Les paragraphes suivants, extraits d\u2019une lettre adressée le 8 janvier à la Supérieure, motivent pleinement une retraite que d\u2019aucuns voudraient bien expliquer à leur manière : Ma révérende Mère, Comme vous savez, l\u2019année qui vient de finir n\u2019a pas été bonne pour.moi.Au cours du mois de janvier 1937, un ulcère cornéen que jJ\u2019endurars depuis plusieurs semaines s\u2019étant perforé, la chambre antérieure de mon oeil droit s\u2019est vidée.Il est vrar que la cicatrisation s\u2019est opérée depuis, mais en dépit de prédictions optimistes il est maintenant évident que la vision nette, de ce côté, est à jamais perdue.\u2014 Autant dire que je ne puis plus interpréter les radiographies stéréoscopiques (ce travail présupposant une bonne vision binoculaire), et que je dois m\u2019abstenir de faire de la radioscopie sous peine de mettre en péril l\u2019oeil qui me reste.À peine sorti de cette première épreuve déjà bien grave, je me suis vu affligé d\u2019une maladie étrange qui a fait de 64 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU mot un objet de curiosité pour la Faculté.On m\u2019a promené de clinique en clinique, et de très nombreux confrères ont pu entendre au stéthoscope les bruits terribles qui ont résonné dans ma tête durant de trop longs mois.Les uns les ont attribués à un anévrysme artério-veineux de la région rétro-mastoïdienne; d\u2019autres ont cru à une compression de l\u2019artère occipitale par des ganglions malades; on a même parlé d\u2019une tumeur du tubercule carotidien.* Quor qu\u2019il en soit, à la suite semble-t-il d\u2019une séance de radiothérapie, les bruits ont disparu, et je puis espérer que le vaisseau malade ou comprimé est maintenant définitivement oblitéré.Mais je dois vous avouer que l\u2019insomnie qu\u2019il m\u2019a fallu subir pendant des mois m\u2019a complètement épuisé.Au point que je commence seulement à me remettre et m\u2019estime très heureux de n\u2019avoir pas sombré dans l\u2019hypo- chondrie.Ma vieille diverticulite du colon se rappelle à moi sans cesse et, s\u2019il est vrai que je n\u2019ar plus les hémorragies abondantes qui m\u2019ont forcé à m\u2019absenter plusieurs fois au cours de l\u2019année 1936, il n\u2019en reste pas moins que cette infirmité persistante m\u2019interdit tout travail soutenu.Enfin, pour compléter ce tableau déjà très poussé au noir, je dois vous dire que la radiodermite dont je souffre, à l\u2019instar de presque tous les pionniers du métier, s\u2019est beaucoup aggravée (.) Pour toutes ces raisons je ne puis conserver la direction du service qui me fut confié en 1919.(.) Ayant miire- * Les rares profanes qui liront cet article auraient tort de ricaner devant ces divergences d\u2019opinion, Plusieurs maladies fort différentes peuvent présenter le même syndrome.Et puis, n\u2019est-ce pas ?l\u2019opération aurait apporté tout à la fois le diagnostic et la cure.MM.les chirurgiens voudront bien me pardonner le fait de m\u2019être contenté d\u2019une guérison. RÉORGANISATION DU SERVICE DE RADIOLOGIE 65 ment réfléchi, je me résous à vous remettre ma démission.J\u2019hésiterars peut-être encore à le faire si je n\u2019avais, après plusieurs tentatives infructueuses d\u2019embaucher un second assistant, enfin trouvé un homme capable d\u2019être un véritable remplaçant.J\u2019aà nommé le docteur Albert Jutras.Bien entendu je ne confie aux lecteurs du journal que les renseignements qui permettront à mes amis d\u2019abattre certains canards.Et c\u2019est dans le même but que je prends la liberté de citer textuellement quelques mots de la réponse que je recevais le 11 janvier : « Forcée d\u2019accepter votre démission, eu égard aux circonstances, je vous souhante, en vous remerciant au nom de la Communauté, que le repos relatif dont vous jouirez vous rende assez de force pour continuer à servir l\u2019Hôtel-Dieu en qualité de radrologiste consultant, et être utile à toutes les causes auxquelles vous vous intéressez.» Soeur Rward, supérieure.Tout ce qui précède se passe de commentaires.Je me permettrai cependant quelques remarques destinées à justifier davantage le geste que je viens de faire.Et d\u2019abord, il va sans dire que je n\u2019ai aucune prétention à figurer parmi les grands martyrs de la Radiologie.J\u2019admire trop ces maîtres, morts ou vivants, pour me comparer a eux.N\u2019était des maladies et infirmités surajoutées à mes petites misères professionnelles, je me croirais obligé de rester à mon poste, tant l\u2019exemple donné par les pionniers est digne d\u2019être suivi jusqu\u2019au bout.Mais j'ose espérer que tout ce qui m\u2019arrive m\u2019autorise a porter ailleurs mes énergies décroissantes, sans avoir a craindre que 1\u2019on crie à la désertion.Et puis, s\u2019il est vrai que je pars assez longtemps avant d\u2019avoir atteint la soixantaine, l\u2019on voudra bien se souvenir que j\u2019ai eu soin de confier ma succession à un jeune homme fort capable de me remplacer avantageusement. 66 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU C\u2019est que le docteur Jutras a fait de fortes études, qu\u2019il a de l\u2019expérience, et que ses nombreux travaux lui ont d\u2019ores et déjà valu une réputation enviable.En moins de deux mois, il a triomphalement fait ses preuves chez nous, et j'écoute avec grand plaisir tous mes anciens collègues louer mon discernement.Car c\u2019est bien moi qui ai choisi cet homme.Lui-même l\u2019atteste dans une lettre qu\u2019il m\u2019autorise à citer : oo « En premier lieu, il importe que je reconnaisse formellement que je vous dois ma situation actuelle.Les Reli- grweuses de l\u2019Hôtel-Dieu m\u2019ont accueilli avec bienveillamce et confrance parce que vous m\u2019avez présenté à elles comme pouvant répondre aux besoins de leur hôpital.Les médecins au courant des pourparlers n\u2019ont fait que des commentaires.Su aujourd\u2019hui je suis radiologiste a l\u2019Hôtel-Dieu c\u2019est parce que vous l\u2019avez voulu ».Voilà qui est clair.Il me reste à dire que le docteur Langlois, dont les longs services devaient lui garantir certains droits, a vu respecter pleinement ses droits.Il administrera le service d\u2019Electroradiologie au même rang que son nouveau collègue et séparera avec lui, à parts égales, les profits éventuels.Ainsi en a-t-on décidé, sur ma recommendation.Quant à moi, je reste à l\u2019Hôtel-Dieu avec un titre qui m\u2019honore beaucoup sans trop m\u2019obliger, car j\u2019ai préféré ne pas accepter un salaire, pour des raisons qui ne seront fournies qu\u2019aux médecins de la maison, en temps et lieu.Les Religieuses ont bien voulu m\u2019assurer la pleine et entiére jouissance de l\u2019une des plus belles pièces du corridor, afin que je puisse y liquider mes affaires et y poursuivre certaines recherches scientifiques projetées depuis longtemps.La chambre que j\u2019occupe désormais porte le numéro 13.N\u2019étant pas superstitieux je veux croire qu\u2019il en sortira quelque chose avant longtemps. RÉORGANISATION DU SERVICE DE RADIOLOGIE 67 Il est question de renouveler une partie du matériel de notre service.La Direction de l\u2019hôpital m\u2019a prié d\u2019agir comme conseiller technique au moment des achats.Les lecteurs du Journal seront avisés des améliorations qui auront été réalisées.Pref & LES TROUBLES RESPIRATOIRES tels que pneumonies, bronchites, laryngites, amygdalites, sont toujours utilement traités par la chaleur humide prolongée.Mais il est peu de modes d'applications de la chaleur qui soient satisfaisants et susceptibles de se maintenir pendant quelques heures sans incidents qu\u2019il importe, dans l'intérêt du malade, d\u2019éviter.Les cataplasmes de graine de lin, par exemple, et autres similaires, se refroidissent vite et exigent de fréquents renouvellements, ceux-ci étant de nature à fatiguer, sinon à épuiser le patient.En outre, il ne faut pas oublier leur action destructive sur les tissus.Il existe, toutefois, dans l\u2019arsenal thérapeutique, un mode d\u2019application de la chaleur humide prolongée, soit: l\u2019Antiphlogistine \u2014 produit ne comportant aucun des inconvénients précités.Dans le traitement des pneumonies et des bronchites, ce glycéroplasme est d\u2019une valeur inestimable, étant donnée son action thermique de longue durée.En fait, un enveloppement d\u2019Antiphlogistine ne sera renouvelé qu\u2019au bout de 24 heures, sans crainte de refroidissement pour la pâte, et sans danger de réaction cutanée par macération.Il importe de signaler ces avantags au point de vue du confort du patient; au point de vue, également, de l\u2019intérêt, pour l\u2019infirmière, que représentent ces 24 heures de répit, qu\u2019elle voudra consacrer soit à un repos bien mérité, soit à tout autre devoir de sa charge.Le médecin qui a recours à l\u2019Antiphlogistine \u2014 aux propriétés hygroscopiques et thérapeutiques remarquables de ce produit \u2014 peut être persuadé qu\u2019il a procuré à son patient la meilleure des médications que le laboratoire scientifique puisse offrir pour l\u2019application de la chaleur humide prolongée.(Communiqué) 68 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU \\ UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL CONCOURS CASGRAIN-CHARBONNEAU La Maison Casgrain-Charbonneau offre : Premièrement, « un prix de $500 a être attribué, chaque année, au meilleur travail, \u2014 recherche ou amélioration scientifique, \u2014 se rapportant à la médecine, à la pharmacie, à la dentisterie, à la chimie ou biochimie; \u2014 ce qui comprend toute découverte médicale ou pharmaceutique, toute amélioration importante de traitement médical ou d\u2019opération chirurgicale, toute découverte scientifique d\u2019ordre médical.» Deuxièmement, «la Maison Casgrain-Charbonneau met a la disposition des chercheurs une somme de $1,000.Il s\u2019agit d\u2019encourager les travailleurs qui, dans les domaines scientifiques et médicaux ci-haut mentionnées, ont obtenu déjà des résultats probants, mais dont les ressources insuffisantes entravent les recherches.» 1° Peuvent prendre part aux deux concours : les Diplômés de l\u2019Université de Montréal.2° Pour le premier concours, les travaux devront être envoyés au Recteur de l\u2019Université, d\u2019ici le 1er mai 1938.3° Ces travaux devront être inédits.4° Pour le second concours, les demandes de secours, bien motivées, devront être adressées au Recteur, d\u2019ici le ler mar 1938.(Communiqué) Un assortiment complet de LIVRES MÉDICAUX ET SCIENTIFIQUES, comportant les dernières éditions et les ouvrages les plus récents en provenance des Editeurs suivants: F.Alcan - J.B.Baillière & Fils - G.Doin & Cie - Expansion Scientifique Francaise - Gauthier Villars - A.Legrand N.Maloine - Vigot Fréres - Masson & Cie se trouve chez J.EDDE Limitée, Edifice New Birks, \u2014 MONTREAL © Ce un fait bien connu qu\u2019à dose thérapeutique l\u2019alcool est un antipyrétique et un stimulant diffusible.II est surtout indiqué chez les alcooliques atteints d\u2019une affection aiguë, dans les infections à forme adynamique avec asthénie cardiaque et dans la pneumonie.Dans les cas où le médecin jugera nécessaire d\u2019administrer l\u2019alcool sous forme d\u2019eau-de-vie, le COGNAC MONNET se recommande particulièrement à son choix.Le médecin est assuré de prescrire alors un produit vraiment supérieur.v XXI TÉLÉPHONE: 435 EST, RUE LAncaster 1424 LAGAUCHETIÈRE A RELIURE D\u2019ART FRANÇAISE RELIURE DE LUXE Vv SPÉCIALITÉ: Reliure de Bibliothèque MONTR ÉA L LIMITEE Emile Carrière, O.D.Adrien Senécal, O.D.CARRIÈRE & SENÉCAL Optométristes-Opticiens à l\u2019Hôtel-Dieu 271 RUE SAINTE-CATHERINE EST, MONTREAL Tél.LAncaster 2211-2212 Spécialités: A justement des yeux artificiels Prescriptions de MM.les Oculistes remplies avec soin.XXII TALL Tout laine ou falsifiée une étoffe est une étoffe .Pourtant, si on compare, l\u2019authentique est moins cher, ainsi du lait.à prix égal, la qualité JOUBERT l\u2019emporte haut la main.Abaisser le taux de la mortalité à Montréal, voilà notre ambition.Pour renseignements Appelez FRontenac 3121 LIMITÉE Matelas \u201cDeepsleep\u201d Simmons Contient des centaines de ressorts-spirales trempés, d\u2019une sensibilité extrême, rembourré de moelleux coton blanc, donnant SON eon parfait et un » A.plus long usa- KE ge.Spécialement recommandé pour hôpitaux, institutions, hotels, etc.SIMMONS Lits - Sommiers - Matelas - Oreillers NE STN AA un confort bE ; 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