Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal
Éditeur :
  • [Montréal, Québec] :[Hôtel-Dieu de Montréal],1932-1947
Contenu spécifique :
Mars-Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1939, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" No 2 Huitième anné LE JOURNAL de L\u2019HOTEL-DIEU DE MONTREAL ç f Aly MARS-AVRIL 1939 DIVERSES QUANTITÉS de CODEINE ® Dans une formule bien connue \u201cACETOPHEN\u201d COMPOSE AVEC CODEINE Comprimé No 222 \"Shosst BJ Acétophen .\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026\u2026\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 3gr.Phénacétine .\u2026 + \u2026 \u2026 ZA gr.Citrate de caféine .\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 gr.Phosphate de codéine .Vagr.Le perfectionnement de cette formule remarquable, permet aux médecins de faire un choix dans la prescription de ces comprimés dont la valeur thérapeutique est incontestable.Comprimé No 262 \"Shoat La même formule que |e comprimé No 222 (Gris) Comprimé No 282 \"Srosst' La même formule que le comprimé No 222 avec phosphate de codéine, Va gr.Comprimé No 292 \"root La même formule que le comprimé No 222 avec phosphate de codéine, V2 gr.POUR ENFANTS e Comprimé No 273 \"Sont Un quart de la force du comprimé No 222 (sucré, rose) ANTIPYRÉTIQUES ° ANALGÉSIQUES - ANTI-RHUMATISMAUX Chartes &.Sfrosst & Co.MONTRÉAL CANADA Chimiothérapie des affections bactériennes ASTREPTINE \"MEURICE\u201d (SULFANILAMIDE) COMPRIMES \u2014 AMPOULES INJECTABLES (POUR LE MUSCLE ET LA VEINE) ONGUENT UNION CHIMIQUE BELGE S.A.REPRESENTANT POUR LE CANADA: DIVISION PRODUITS G.GRAVET, 431, RUE DE MALINES PHARMACEUTIQUES \u201dMEURICE\u201d MONTREAL.\u2014 TELEPH.PLATEAU 7005 IASTREPTINE A \"A | £ F5, 2 LL eo \u2018a Pi, en pe po?\\ po ft It 9e i Va \\ A \\ a 26 WN Ay Li CAB \\ > Ju / \u20ac TA] Ji yy ! DERN) JL \u201c Meurice\u201d (ACIDE DIETHYLAMIDE PYRIDINE B CARBONIQUE) STIMULANT CARDIO-RESPIRATOIRE EN AMPOULES INJECTABLES ET EN GOUTTE UNION CHIMIQUE BELGE S.A.REPRESENTANT POUR LE CANADA G.GRAVET, 431, RUE DE MALINE DIVISION PRODUITS > / // CON A | \u2014_\u2014 L_] A ES OÙ TIRAGE CERTIFIE : 2350 EXEMPLAIRES SOMMAIRE du No ?Mars-avrif 1939 Pages HECTOR SANCHE: Les avariées de la grossesse .\u2026.\u2026 69 ERNEST PRUD\u2019HOMME: Un cas de gastrostomie continente vieux de dix ans \u2026.80 FRANÇOIS BADEAUX et PIERRE-PAUL GAUTHIER : Deux cas de tuberculose chorio-rétinienne traités avec succès par l\u2019antigène méthylique de Nègre et Boquet .\u2026 87 RENÉ LEBEAU: Notions élémentaires sur l\u2019anesthésie générale 100 RODRIGUE LEFEBVRE: La thrombose coronarienne et ses symptômes .22224 L 4220 113 Ouverture officielle du nouveau service d\u2019électro-radiologie .125 Chronique .\u2026.220202222142 2 134 Viuretab Diurétique - Antiseptique urinaire - Décongestif Chaque comprimé contient : Salicylate de Sodium et Théobromine .= \u2026.0.065 Huile essentielle de Santal supérieure .\u2026.\u2026.\u2026 0.015 Huile essentielle de Cubebe .\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.0.08 Baume Copahu .\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 + +.+ \u2026 \u2026 0.06 Huile essentielle de Cinnamon .\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 0.015 Un comprimé deux ou trois fois par jour.LABORATOIRE NADEAU LIMITÉE REDIGER son TESTAMENT est la chose la plus importante de la vie.AVEZ-VOUS PENSE AU VOTRE?CONSULTEZ-NOUS Société d\u2019Administration et de Fiducie Administratrice et fiduciaire 5 EST, RUE ST-JACQUES - MONTREAL (Immeuble Crédit Foncier Franco-Canadien) - Téléphone: PLateau 3821 AGENCES: QUEBEC - WINNIPEG - REGINA - EDMONTON - VANCOUVER ETHER rion 4 pour Anesthésie De la plus haute qualité possible, telle qu\u2019employée par les principaux hôpitaux a travers I\u2019 Amérique.MALLINCKRODT CHEMICAL WORKS, LIMITED 378.RUE SAINT-PAUL OUEST MONTREAL 7 A CONSERVE sa puissance BACTERICIDE .en présence de matières organiques L'expérience a démontré que l\u2019antiseptique \u2018Dettol\u2019\u2019 est bien supérieur à l\u2019iode et aux antiseptiques phénoliques et crésyliques, surtout au cours des interventions.Le coefficient phénol du \u2018\u201cDettol\u201d est de 3.0 (essai du laboratoire d'hygiène) et, cependant, on peut employer cet antiseptique à des concentrations élevées, sans irritation, inconvénient ou production de taches.Il conserve sa grande puissance bactéricide en présence de sang, de pus ou d\u2019autres substances organiques.Appliqué sur la peau à une concentration de 30%, le \u2018\u2018Dettol\u2019, même une fois séché, protège pendant au moins deux heures contre l'infection des streptocoques hémolytiques, à moins qu'il n\u2019y ait contamination brutale.Le \u201c\u2018Dettol\u201d est un liquide transparent, propre, non toxique et d\u2019odeur agréable.C'est un produit dont il est souvent fait mention dans la littérature médicale.Vous pouvez obtenir, de votre pharmacien ou de votre fournisseur habituel, l'antiseptique \u201cDettol\u2019\u2019 en bouteilles de grandeur pratique pour les ordonnances et en récipients de plus grande contenance pour le bureau ou l\u2019hôpital.Pour vous procurer des échantillons et des brochurettes descriptives, écrivez à Reckitts (Over Sea) Ltd., Service des Produits pharmaceutiques, 1000 rue Amherst, Montréal, P.Q.\u2018DETTOL\u2019 l\u2019antiseptique moderne, non toxique III Les produits SCHERING EN THÉRAPIE HORMONALE La prépondérance de la maison SCHERING dans le domaine des hormones sexuelles féminines a été établie lorsqu\u2019elle introduisit, la première, Ia véritable hormone folliculaire (oestradiol) dans Progynon-DH et Progynon-B.Elle fut aussi la première à réaliser la synthèse de l\u2019hormone du corps jaune (progestérone) sous le nom de Proluton.La maison SCHERING s\u2019est de plus distinguée dans la thérapie hormonale par l\u2019hormone masculine en introduisant l\u2019Oréton.Les comprimés de Thyroïde (P.E.U.) ont aussi été ajoutés à la liste des produits.SCHERING.PROGYNON-B* (Benzoate d\u2019oestradiol en solution dans l\u2019huile de sésame) Pour le traitement efficace de sévères déficiences d\u2019hormone folliculaire, tel que la ménopause natu- Telle ou chirurgicale, l\u2019aménorrhée fonctionnelle, l\u2019infantilisme et la stérilité, les nausées et vomissements de la grossesse, la dysménorrhée avec retard du développement utérin.Progynon-B est présenté en ampoules de 1 cc.de 500, 1,000, 2,000 et 10,000 unités-rat (Allen Doisy) pour injection intramusculaire.Nouveau! Solution de PROGYNON-DH* (oestradiol) Indiquée chaque fois qu'il y a lieu d\u2019administrer par voie buccale un produit oestrogéne de grande activité.Par example lorsque l'on ne peut pas ou ne doit pas administrer l'hormone par injection intramusculaire, ou comme traitement d'entretien dans les cas plutôt légers de déficience d\u2019hormone folliculaire.Présentée en flacons de 10 ce.avec compte-gouttes 0.1 milligramme d\u2019alpha- oestradiol cristallisé par cc.d\u2019alcool 4 95°c.PROGYNON-DH* (oestradiol) Les mêmes indications que pour Progynon-B: dans les cas plutôt légers et comme traitement d'entretien à la suite d\u2019injections.Présenté en comprimés de 50, 200 et 600 unités-effectives.PROGYNON-DH,* suppositoire vaginaux (oestradiol) Pour le traitement de la vaginite infantile gonococcique, de la vaginite sénile et du prurit vulvaire.Présenté en suppositoires de 250 unités-rat (pour adolescentes) et de 250 et 2500 unités-rat (pour adultes).PROGYNON-DH* Onguent (oestradiol) Pour application locale pour le traitement de la vaginite séniie, du prurit vulvaire, et de certaines dermatoses.Présentée en pots de 200 et 1,000 unités-rat par gramme.PROLUTON?* (progestérone, en solution dans l\u2019huile de sésame) Pour les cas de déficience de l'hormone du corps jaune tel que la menace d'avortement, l\u2019avortement récidivant, certains cas de ménorragie ct de métrorragie, de dysménorrhée avec développement utérin normal, et de tension prémenstruelle.Proluton produit sur l'utérus les effets définitivement établis de l\u2019hormone du corps jaune.Présenté en ampoules de 1 cc.contenant 1%, 1, 2, 5 et 10 mg, pour injection intramusculaire.ORETON* (propionate de testostérone, en solution dans l\u2019huile de sésame) Pour le traitement des déficiences de l'hormone sexuelle masculine tel que l\u2019hypertrophié bénigne de la prostate, la soi-disant ménopause chez le mâle, l'hypogonadisme et certains cas d\u2019impuissance.Présenté en ampoules de 1 cc.contenant 5, 10 et 25 mg, pour injection intramusculaire.Nouveau! Onguent d\u2019ORETON\u201d* (propionate de testostérone) Comme complément des ampoules d\u2019Oréton ou dans certains cas de dermatoses dûes à une déficience d'hormone masculine l\u2019Onguent d\u2019Oréton a souvent produit une amélioration considérable.Présentée en tubes de 50 g.contenant 2 mg.de propionate de testostérone cristallisé par gramme.THYROÏDE* en comprimés.Cette médication est fréquemment employée en conjonction avec l'hormone folliculaire du corps jaune et de l'hormone masculine.En comprimés (non enrobés) de thyroïde desséchée conformément à la pharmacopée des E.U.en concentrations de 1%, 1 et 2 grains.PER, sn S SCHERING (CANADA) LIMITED BOÎTE POSTALE 358 (Place d\u2019Armes) 751 CARRÉ VICTORIA, Tél.: LAncaster 9073 MONTREAL, P.Q.* Reg.U.S.& Can.Pat.Off.Iv Pour le traitement de la FURONCULOSE et des Maladies à Staphylocoque En flacons de 80 comprimés.Dose: 6 à 8 comprimés par jour Également très efficace contre le Ver Solitaire Ténia solium ou ténia saginata ou inerme dont il assure l'expulsion en 36 où 48 heures sans purgation drastique ni malaise.En flacons de 80 comprimés.Dose: 6 comprimés 3 fois par jour juste avant les repas.Dépositaire pour le Canada: ANGLO-FRENCH DRUG Cie., 354 est, rue Ste-Catherine Montréal Vv BACTERIOTHERAPIE LOCALE, PREVENTIVE, CURATIVE par le PROPIDEX (Pommade a base de « Propidon ») Cultures vieillies de streptocoques, staphylocoques et de B.Pyocyaniques.© PRÉVIENT LA SUPPURATION ® ACTIVE LA DEFENSE LOCALE i CONTRE L\u2019INFECTION INDICATIONS : Plaies aceidentelles, infectées ou non, Brûlures, Excoriations, Engelures, J Ongle Incarné, Furoncles, Ulcères variqueux, Plaies suppurantes en général.Le PROPIDEX est offert en tubes de 30 gr.Laboratoires POULENC FRERES du Canada, Ltée [ 204, Place Youville - Montréal L'ÉLECTRO- CARDIOGRAPHE \u201cSIEMENS\u201d a SARA Transportable, : Robuste.3 Trés facile a manier.Toujours prét.Finesse et details 1 des tracés inégales.Et le prix: modérée ! SIEMENS-REINIGER (CANADA) LIMITED 18 DOMINION SQUARE BLDG.L Hoi .\u201c os cat Or VE.a, VI lee nouvel hay posutite/ HYPOSTRONTIUM A Hyposulfite de strontium a 20% Ampoules de 3 cc.e Bien toléré par le muscle e Bien toléré par la veine e Bien toléré par l'estomac DERMATOSES RÉCIDIVANTES ©.LITHIASES © ICTÈRES | INTOLÉRANCES * INTOXICATIONS + ANAPHYLAXIES TROUBLES DE LA CALCIFICATION * BRÛLURES GRAVES ÉTATS SPASMODIQUES * CHOC OPÉRATOIRE intramusculaires sans douleur .par semaine intraveineuses sans choc 2a3 ou chez les enfants, les pusillanimes:1 à 2 ampoules par jour au milieu des repas, dans un verre d'eau ou de lait Laboratoires (Pharmacentiques L-G.oraud.22, rue de la Sorbonne, PARIS SOCIETEQD'EXPANSION,PHARMACEUTIQUE ® eve.- FE PRIS AH ad VII CES HOMMES, LES CONNAISSEZ-VOUS?Les représentants canadiens de la Victor X-Ray Corporation : Aux adresses que voici vous trouverez une véritable filiale, ou un poste de service E.W.HOLLINGUM, Gérant R.J.DAVIDSON A.C.EISENACH H.T.HAMON G.D.HARVEY J.T.JAMIESON 600 Medical Arts Bldg.Montréal, P.Q.G.A.La BELLE Hôtel Clarendon Québec, P.Q.E.H.HOLLINGUM 37 Deacon St.Halifax, N.S.C.A.LOWATT E.W.McNEILL F.C.ROOTS 30 Bloor St.Toronto, Ont.E.FANNING Wellingston St., Apt.8 London, Ont.R.H.BRADLEY 221 Gladstone Ave., Apt.3 Ottawa, Ont.W.A.MARTIN, Gérant G.A.MARTIN E.J.ULMER Medical Arts Bldg.Winnipeg, Man.C.A.NEIL 2326 Broad St.Regina, Sask.NEIL CAMPBELL 431 \u2014 4th Ave, N.E.Calgary, Alta.F.C.HOLDEN IiIs1i \u2014 97th St.Edmonton, Alta.H.T.FREDERICKSON, Gérant J.T.BLAIR L.C.MARTIN C.C.McKENZIE 570 Dunsmuir St.Vancouver, B.C.LS représentent la Victor X-Ray Corporation of Canada, Ltd., \"unique distributrice au pays des produits de la General Electric X-Ray Corporation.Ils vivent au milieu de vous, toujours préts a vous servir.Il fut un temps où des agents se contentaient du rôle d\u2019intermédiaire entre la G.E.et vous, pour la fourniture de l\u2019outillage électro- médical dont vous aviez besoin.Ils faisaient leur possible pour vous aider à maintenir vos appareils en bon état.Mais vous aviez parfois raison de vous demander jusqu\u2019à quel point ils étaient responsables, et dans quelle mesure ils parlaient au nom des ingénieurs- constructeurs de la G.E.Ce ne fut pas chose facile que d\u2019étab\u2019ir dans tous les coins du pays de véritables filiales aux mains de représentants absolument autorisés par la compagnie mère.Mais c\u2019est fait, et depuis assez longtemps déjà.Il ne suffisait pas de satisfaire l\u2019acheteur; il fallait aussi servir l\u2019usager, non seulement avec dévouement, mais encore avec une compétence absolue.Cela aussi fut accompli.Triés sur le volet, nos gens connaissent tous les aspects de leur métier.Ils ont été entraînés comme des soldats au maniement et à l\u2019entretien des armes électromédicales.Capables de vous conseiller au moment d\u2019un achat, ils sont aussi capables de vous aider à tirer de votre outillage tous les services qu\u2019il doit donner.Si vous n\u2019avez pas encore pris contact avec le \u201cVictorman\u201d de votre région, faites-le sans plus tarder.Vous découvrirez en lui un ami sûr.VICTOR X-RAY CORPORATION of Canada, Ltd.Distributeurs pour la General Electric X-Ray Corporation VIII Le Journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal Numéro 2 Mars-avril 1939 LES AVARIÉES DE LA GROSSESSE Par HECTOR SANCHE Professeur agrégé à la Faculté de Médecine Accoucheur consultant à l\u2019Hôtel-Dieu On ne peut qu\u2019être péniblement impressionné de constater combien souvent il arrive qu\u2019une femme jouissant d\u2019une santé apparemment florissante avant une grossesse, demeure, après celle-ci, plus ou moins avariée soit dans son état général, soit dans son système génital.Pourquoi, alors que la maternité devrait normalement amener chez elle le plein épanouissement de ses facultés physiologiques, la femme reste-t-elle si souvent amoindrie dans sa santé.Les statistiques sont difficiles sur cette question, et il n\u2019en existe pas.Des caleuls, de source officielle, prétendent cependant que pour 230,000 naissances, ou à peu près, chaque année au Canada, quelque 45,000 mères restent affectées dans leur santé d\u2019une façon plus ou moins grave, et une moitié de ce nombre de façon permanente.La médecine et l\u2019obstétrique en particulier, peut-elle se déclarer satisfaite de ce résultat?Est-il possible de faire plus qu\u2019il ne se fait actuellement, d\u2019améliorer cette morbidité, de diminuer ces chiffres?Nous le croyons.Avant d\u2019aborder la question, il est bon de noter et d\u2019admettre qu\u2019un certain nombre de femme, nombre qu\u2019il est difficile d\u2019évaluer, souffrent plus des suites de gros- 70 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU sesses qu\u2019elles n\u2019ont pas voulu avoir que de celles qu\u2019elles ont eues, et que le tout est porté au compte puerpéralité.Combien de lésions génitales sont dues à des avortements très précoces provoqués par la patiente elle-même ou par d\u2019autres personnes, au moyen de médicaments, manipulations, moyens physiques, ete.La grossesse, au tout début, est interrompue sans grand fracas, le tout se passe «en petit comité », mais les résultats inavoués existent, et l\u2019on accuse le dernier accouchement.Il ne faut pas non plus grever l\u2019accouchement de certaines infections génitales survenant après les suites de couches, mais très rapprochées de celles-ci, et dont l\u2019origine, pénible à avouer parfois, fait qu\u2019elles ne sont pas attribuées à leur cause réelle mais à la puerpéralité.Ceci dit, quelle est la raison d\u2019un si grand nombre d\u2019avaries puerpérales et obstétricales?C\u2019est: 1° que la femme n\u2019était pas dans des conditions physiques propres a supporter la grossesse; 2° que la grossesse a déterminé chez elle des perturbations qui ont affecté son organisme; 3° que l\u2019accouchement s\u2019est accompagné ou a été suivi d\u2019accidents dont les effets continuent d\u2019hypothéquer sa santé.L.La femme n\u2019était pas dans des conditions physiques propres à supporter le fardeau d\u2019une grossesse.Trop de jeunes filles abordent le mariage et la grossesse qui s\u2019ensuit le plus souvent, avec un état de santé insuffisant.Après avoir peiné plusieurs années à un travail épuisant, elles se marient sans prendre plus que quelques jours de repos ou même pas du tout.Même avec un organisme sain, une grossesse survenant dans ces conditions, les lais- ee a Er LES AVARIÉES DE LA GROSSESSE 71 sera dans un état de dépression tel qu\u2019elles ne remonteront pas le courant avant des mois et méme des années.ty ti A Trop de jeunes filles encore se marient avec des lésions pulmonaires, cardiaques ou rénales, avec des lésions géni- tâles organiques ou fonctionnelles, infectieuses ou autres.Ignorées le plus souvent, parfois connues ou soupconnées mais inavouées, ces déficiences auraient interdit le mariage et la grossesse, si leur importance et leur pronostic eussent pu être portés à la connaissance des conjoints.Trop de mères dont la santé périclite, négligent de se traiter, de faire établir leur bilan physique avant de courir les aléas d\u2019une nouvelle grossesse.Quel serait donc le remède?Evidemment il y aura toujours des gestantes dont l\u2019état de santé ne justifie pas une grossesse, et 1l n\u2019est pas possible de limiter les grossesses exclusivement à celles qui peuvent les supporter allègrement, mais l\u2019examen médical pré-nuptial et l\u2019examen périodique seraient un grand moyen de diminuer la morbidité chez les mères, soit par l\u2019ajournement du mariage chez les filles ou l\u2019éloignement d\u2019une nouvelle grossesse, dans la mesure d\u2019une saine morale, chez les femmes mariées.Celles qui, par ailleurs, tenteraient l\u2019aventure, seraient averties et auraient plus sûrement recours à des soins prénataux appropriés.L\u2019examen pré-nuptial, objecte-t-on, n\u2019est demandé que lorsque le mariage est décidé, et celui-ci se fera quel que soit le verdict du médecin, et d\u2019autre part, cet examen ne vaut que pour la première grossesse.La première objection a sa valeur, mais la connaissance d\u2019un mal et la notion de son importance seront toujours le premier pas vers la recherche du traitement.La deuxième objection est discutable.N\u2019oublions pas que c\u2019est de la première grossesse que dépendra, dans une 72 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU certaine proportion du moins, le sort de celles qui suivront, qu\u2019elle est, en quelque sorte, la pierre de touche qui établit la résistance physiologique de la femme, qu\u2019elle est celle qui donne lieu au plus grand nombre d\u2019accidents, qu\u2019enfin ce sont les avaries consécutives a celle-ci qui auront une plus grande et plus longue répercussion sur la santé de la mère.II.La grossesse a déterminé chez la femme des perturba- Hons qui ont affecté sa condition physique.Le début de la grossesse s\u2019accompagne souvent, chez des femmes par ailleurs en bonne santé, et surtout chez les primipares, d\u2019un déséquilibre endocrinien qui affecte leur système au point qu\u2019elles ne peuvent retrouver leur état normal qu\u2019une fois la puerpéralité terminée.Les troubles du métabolisme du fer amènent chez plusieurs une anémie marquée.La décalcification gravidique, plus fréquente de\u2019 nos jours, conséquence de notre alimentation et de notre régime de vie, affecte de bonne heure la dentition de nos mères.Le vieux proverbe: « chaque enfant coûte une dent à sa mère », n\u2019est pas sans fondement.À plus forte raison, la déficience calcique existe-t-elle si la femme allaite son enfant pendant quelques mois.En effet, il est prouvé que l\u2019alimentation quotidienne du peuple aux Etats-Unis, et la chose n\u2019est guère différente chez nous, ne pourvoit pas la quantité de caleium qu\u2019un bébé soutire chaque jour à sa nourrice.L\u2019albumine gravidique, l\u2019éclampsisme, outre qu\u2019elles indiquent un système déficitaire, exigent comme traitement une diète qui ne permet pas à la gestante de compenser les matières dont elle se départit pour développer son foetus, et sa santé en reste affectée.La pyélonéphrite gravidique est fréquente et elle tend à guérir une fois la grossesse terminée.Il n\u2019en est pas moins LES AVARIÉES DE LA GROSSESSE 73 vral que le rein reste souvent infecté ou garde un état de réceptivité, point de moindre résistance.Un grand pas de prévention serait fait si la constipation était surveillée et traitée avec persévérance, et si les femmes voulaient habiller leurs pieds, en n\u2019oubliant pas que pour la circonstance, les pieds remontent jusqu\u2019à la ceinture.Comme lésions ou perturbations causées par la grossesse, signalons encore les varices, l\u2019éventration et les ptoses génitales.Il y a là certainement une question de terrain, mais une saine hygiène, des exercices physiques rationnels pendant la jeunesse et l\u2019adolescence peuvent développer un système musculaire insuffisant chez la plupart des femmes.Le port de bandes appropriées peut empêcher le développement de certains de ces troubles.Les varices des ligaments larges sont fréquentes, pénibles et difficiles à déceler, et le traitement en est à peu près nul.Que penser du port du corset en général?Nous croyons que l\u2019exercice physique développant la musculature abdominale et créant un corset naturel serait l\u2019idéal pour les jeunes filles et femmes, et que le corset devrait être réservé aux obèses, à celles dont les muscles sont insuffisants, ou qui sont en état de grossesse avancée.Le corset qui empêche le travail des muscles abdominaux est le meilleur moyen d\u2019en provoquer l\u2019hypotrophie.IIT.L\u2019accouchement s\u2019est accompagné ou a été suivi d\u2019accidents dont les effets continuent d\u2019affecter la santé de la femme.Ces accidents sont de deux ordres : a) Les traumatismes obstétricaux.b) Les infections de l\u2019accouchement et des suites de couches. 74 \u201cLE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Traumatismes 'obstétricaux.Ce sont: 1) 2) 3) 4) 5) 6) Les déchirures de la vulve, du périnée, du vagin, du col.Les fistules vagino-périnéales, rectales ou vésicales consécutives aux déchirures ou non.Les ptoses: colpocèle, rectocèle, vésicocèle et les ptoses génitales complètes.Les cicatrices vicieuses de la vulve, du vagin et du col.Les luxations du coceyx.Les compressions nerveuses.Accidents infectieux.Ce sont: 1) 2) 3) 4) 5) PS 7) 1) Les ulcérations du col.Les cervicites et les hypertrophies du col.Les endométrites.Les métrites.Les salpingites.Les phlébites.Les abcès du sein.Les déchirures de la vulve, du périnée, du vagin et du col, si elles ne sont pas les plus graves traumatismes de l\u2019accouchement, en sont certainement les plus fréquents.Chez les primipares surtout on les rencontre très souvent.' Elles doivent être systématiquement recherchées, reconnues et réparées.Après l\u2019accouchement, le tractus génital entier est examiné minutieusement; toute lacération d\u2019importance est suturée.La chose est relativement facile pour les lésions LES AVARIÉES DE LA GROSSESSE 75 périnéales aisément accessibles ; il n\u2019en est pas de même pour les lésions vaginales ou cervicales difficiles à déceler et plus encore à suturer.Il faut organiser un éclairage suffisant et procéder patiemment à cause de l\u2019écoulement sanguin qui se fait sans relâche.Les ruptures qui touchent la musculature du plancher pelvien, les releveurs de l\u2019anus, et les lacérations profondes du col sont l\u2019objet d\u2019une attention particulière.| Ce n\u2019est pas tout de faire des sutures parfaites, il faut encore qu\u2019elles tiennent et que la guérison soit une restitution à l\u2019état normal.On doit admettre que les déchirures obstétricales guérissent d\u2019habitude d\u2019une façon remarquablement bonne, malgré les conditions dans lesquelles la réparation en est faite.On ne peut nier cependant que le milieu génital présente souvent des infections antérieures ou con- committantes à l\u2019accouchement, infections dont la présence des lochies favorise le développement et que, d\u2019autre part, le voisinage de l\u2019anus et du méat urinaire, le manque de précautions de la patiente ou de celle qui la soigne, créent un danger redoutable.La conséquence en est que les sutures manquent parfois, laissant la malade dans un état d\u2019infirmité variable.Les déchirures du périnée et du vagin non reprises sont la cause de nombreux malaises: sensations de pesanteur dans le bas-ventre, tiraillements, douleurs lombaires, difficulté de la défécation.Les déchirures du col ne présentent pas toujours des symptômes subjectifs douloureux, mais sont souvent la cause, si elle sont profondes, d\u2019avortements ultérieurs, et elles entretiennent une métrite dont elles ont été le point d\u2019origine.Les déchirures obstétricales peuvent-elles être évitées ?Certainement pas, pour une bonne partie. 76 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Le médecin, il est vrai, fait l\u2019accouchement, mais dans une certaine limite.Ses connaissances, son habileté, sa prudence, son jugement peuvent aider à la solution heureuse du problème de l\u2019expulsion de l\u2019enfant.Mais un certain nombre de facteurs sont indépendants de lui, i.e.l\u2019amplitude de la filière génitale, l\u2019extensibilité des tissus mous, le volume de l\u2019enfant, la force des contractions utérines, la position de la tête foetale.L\u2019accouchement se présente donc comme un réel problème dont certaines données sont fixes, et d\u2019autres, variables, dans une certaine proportion, au gré de l\u2019opérateur.Celui-ci doit agencer le tout pour obtenir le résultat voulu dans les meilleures conditions possibles.Il ne faut pas tenir l\u2019accoucheur comme uniquement responsable des déchirures obstétricales, parce que le travail se présente à lui dans des conditions qu\u2019il ne lui a pas appartenu de déterminer.Que l\u2019obtétricien donc surveille sérieusement l\u2019évolution de l\u2019accouchement, qu\u2019il laisse faire à la nature tout ce qu\u2019elle peut faire, qu\u2019il l\u2019aide au besoin, selon l\u2019art, lorsque l\u2019indication se pose, et s\u2019il survient des accidents, qu\u2019il les reconnaisse, les fasse connaître à la patiente ou à son entourage, qu\u2019il les répare, et mette qui de droit au courant des risques courus.2) Les fistules, qu\u2019elles soient vagino-périnéales, ou surtout vagino-vésicales ou rectales entraînent toujours des ennuis considérables qu\u2019il est facile de concevoir.Elles sont le résultat de déchirures non réparées ou mal guéries, ou encore de sphacèle locale à la suite de compression prolongée.3) Les ptoses génitales, colpocèle, rectocèle, vésicocèle, et les prolapsus génitaux reconnaissent des causes différentes: vieilles déchirures non reprises, déchirures musculaires interstitielles avec vagin et périnée intacts, rela- ~1 \u201cI LES AVARIÉES DE LA GROSSESSE chement de la sangle périnéale par atrophie musculaire ou accouchements répétés, application de forceps avec tractions de longue durée.Elles sont à peu près toujours d\u2019origine obstétricale.Les ptosées génitales sont de véritables infirmes, à des degrés différents, éprouvant en dehors de douleurs variables, une sensation de lourdeur périnéale, des mictions fréquentes, une défécation pénible, l\u2019ennui d\u2019un corps étranger vulvaire, la fatigue à la marche, de la leucorrhée et de l\u2019irritation du col et de la vulve.4) Les cicatrices vicieuses de la vulve, du vagin ou du col se présentent sous forme d\u2019asymétrie des parois, mais surtout de cordons fibreux qui occasionnent des douleurs, des tiraillements, parfois des avortements ou des difficultés à un accouchement ultérieur.5) Les luxations du coceyx sont des accidents plutôt rares dus à l\u2019expulsion d\u2019une tête très volumineuse ou se présentant sous un mauvais diamètre, surtout chez les primipares âgées.Elles entraînent fréquemment des douleurs tenaces en position assise.6) Les compressions nerveuses se rencontrent dans les applications de forceps, surtout au détroit supérieure.Certains nerfs des plexus lombaires ou sacrés, serrés entre le bassin et l\u2019instrument, causent des névralgies pénibles qui durent longtemps.7) Les ulcérations du col.Elles reconnaissent une origine infectieuse, mais il faut noter que l\u2019infection évolue sur un terrain remarquablement propice.Tout le tractus génital se congestionne jusqu\u2019à un certain point pendant le travail ; d\u2019autre part, l\u2019accouchement même normal entraîne des traumatismes et des érosions du col dus à la distension proportionnellement plus rapide au voisinage de la dilatation complète, à la compression entre la tête et le pubis, au (8 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU contact des doigts lors des touchers, aux dilatations manuelles, aux interventions obstétricales.Ces ulcérations déterminent peu de douleurs, de la lencorrhée, des suintements sanguinolents, et leur irritation chronique peut conduire aux néoplasmes.8) Les cervicites et les hypertrophies du col.Les cervicites répondent comme complication obstétricale aux mêmes causes que les ulcérations qui ne sont que des cervicites localisées.Les symptômes sont plus accentués, la malade est plus atteinte.L\u2019hypertrophie consécutive survient parfois; elle est favorisée par le prolapsus, le col ptosé subissant des pressions répétées dans la vulve ou à l\u2019extérieur.9) Les endométrites, les métrites et les salpingites post-partum ont comme cause une infection antérieure propagée par le puerperium ou une infection apportée par celui-ci.Elles peuvent être prévenues par un traitement préalable ou par la plus stricte aseptie et antiseptie pendant le travail et les suites de couches.Outre les symptômes douloureux qui en sont la conséquence, elles entraînent l\u2019inaction partielle, l\u2019incapacité de travail, la stérilité, les ménorragies et les métrorragies, l\u2019avortement, la pelvi-péritonite, et sont les grandes pour- voyeuses des opérations gynécologiques mutilantes précoces.10) Les phlébites.En plus des dangers sérieux de leur évolution aiguë, elles présentent comme séquelles des lourdeurs, de l\u2019oédème persistant et une incapacité fonctionnelle variable.Les abcès du sein.\u2014 Lorsqu\u2019ils sont profonds ou considérables, la glande mammaire est parfois fortement LES AVARIÉES DE LA GROSSESSE 79 endommagée, et l\u2019allaitement ultérieur problématique.Le sein peut en être atrophié et la cicatrice devenir le point de départ de complications néoplasiques.CONCLUSIONS Les femmes restent avariées à la suite de leurs grossesses pour des raisons diverses antérieures, concommit- tantes ou conséeutives à celles-ci.Quelques-unes de ces r'ai- sons peuvent être prévenues par le médecin, d\u2019autres échappent complètement à son contrôle.Ces avaries different comme importance en raison des symptômes qu'elles présentent.La prophylaxie en est dans l\u2019examen médical prénuptial, l\u2019examen médical périodique, les soins pré-nataux, l'accouchement consciencieux, l\u2019aseptie et l\u2019antiseptie chirurgicale, la surveillance méthodique des suites de cov- ches, et l\u2019examen post-natal.De la part de la patiente, il faudrait ajouter une observation rigoureuse des prescriptions de son médecin. 80 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU UN CAS DE GASTROSTOMIE CONTINENTE VIEUX DE 10 ANS Par le Docteur ERNEST PRUD\u2019 HOMME Professeur agrégé à la Faculté de Médecine Chirurgien de l\u2019Hôtel-Dieu En 1932, dans le premier numéro du Journal de l\u2019Hôtel- Dieu, je faisais valoir les avantages d\u2019un procédé de gastros- tomie dit Gooseneck, d\u2019après les médecins américains Quiek et Martin (dans Surgery, gynecology and obstetrics de mars 1928).Les principales méthodes employées jusqu\u2019alors, qu\u2019elles fussent de Terrier, de Fontan, de Senn, de Witzel, etc, étaient longuement discutées, et je concluais en accordant ma préférence au procédé du Gooseneck que j\u2019appelai alors gastrostomie continente.Ce procédé, écrivais-je, comporte a lui seul toutes les conditions de la gastrostomie idéale, il offre tous les avantages réunis des différentes techniques décrites, sans en présenter aucun des inconvénients qui sont surtout: a) la digestion du canal fistuleux ou de l\u2019ouverture externe de ce canal par le sue gastrique ; b) l\u2019incontinence de l\u2019estomac; c) la nécessité du passage fréquent de la sonde pour entretenir la lumière du canal.Sans entrer dans les détails, je rappelle que ce procédé opératoire consiste à prélever, sur la face antérieure de l\u2019estomac, un lambeau en U de 2.5 em.de largeur par 5 cm.de longueur.La base du lambeau doit être près de la grande courbure de l\u2019estomac tandis que le sommet doit regarder vers la petite courbure.Le lambeau est immédiatement rabattu, l\u2019on introduit dans le pylore un tube de caoutchouc correspondant à une sonde française du calibre 12 ou 14.Ce tube est poussé jusqu\u2019au jéjunum.Son extrémité supérieure est fixée au bord libre du lambeau stomacal.Nous refermons la plaie stomacale en commençant du côté de la petite courbure, puis nous continuons en enroulant le lambeau autour du tube de caoutchouc.De cette façon, nous UN CAS DE GASTROSTOMIE CONTINENTE 81 formons une gaine ressemblant à un cou d\u2019oie, d\u2019où son nom: « The gooseneck » de Quick et Martin.Ce procédé est indubitablement la méthode de choix pour toute gastrostome permanente, et le cas que je veux rapporter illustre merveilleusement la valeur d\u2019une opération qui met le patient à l\u2019abri de tous les désavantages que l\u2019on a reprochés aux autres méthodes.Avec la gastrostomie continente, a) il n\u2019y a pas à craindre la digestion du canal fistuleux par le sue gastrique, l\u2019intérieur du canal est tapissé de la muqueuse gastrique elle-même; b) plus à craindre l\u2019incontinence de l\u2019estomac, le trajet au niveau de la poche à air stomacale est relevé vers l\u2019appendicite xyphoïde et subit la constriction des fibres du grand droit.De plus, l\u2019estomac même, par sa réplétion, accole sa paroi sur la paroi abdominale et garantit la continence.Grâce à son jeune âge et à son esprit d\u2019initiative, notre malade, dont je rapporte l\u2019histoire, a réussi à nous montrer que cette opération pouvait s\u2019améliorer en vieillissant.Bien loin de se scléroser, et de se rétrécir, le canal chez elle, et par elle seule, a été graduellement dilaté a ce point que la malade se nourrit maintenant à l\u2019aide d\u2019une sonde No 24, qui est presque le calibre d\u2019un tube rectal ordinaire.Le canal lui-même a gagné en longueur, de sorte que nous avons maintenant une distance de 10 à 11 em.de la paroi abdominale à l\u2019estomac même.Ceci est facile à contrôler, car la malade sent très bien le soubresaut que fait la sonde en pénétrant dans l\u2019estomac.Vous verrez par l\u2019histoire que je vais vous rapporter que cette patiente ne manque pas de ressources.J\u2019ai été tenté d\u2019intituler cette communication: « Dix ans après », mais j'ai pensé que mes qualités d\u2019écrivain ne correspondaient pas à un titre aussi prometteur.Je me contenterai done de vous raconter le plus fidèlement possible, l\u2019histoire 4 } Ë EC \u201ci %; %.dill ES Fig.1 \u2014 Bouche de la gastrostomie, avec tube d\u2019alimentation No 24.La photo montre très bien que la peau autour de la bouche est en parfait état, 9 ans aprés intervention. UN CAS DE GASTROSTOMIE CONTINENTE 83 de cette jeune personne que plusieurs de mes amis ont eu l\u2019occasion de voir.Le 16 septembre 1929, Mlle À.V., 21 ans, est admise dans le service de mon regretté maître, le docteur Rhéaume.Au niveau de l\u2019estomac, elle présente une fistule qui lui permet de s\u2019alimenter, mais qui n\u2019a aucune continence.Au mois de juillet 1928, la patiente a \u2014 par la bouche \u2014 absorbé un liquide caustique.La dysphagie a augmenté graduellement à un tel point que la malade ne peut plus rien avaler.À la fin de décembre 1928, à Québec, on pratique une gastrostomie simple.La malade peut alors s\u2019alimenter et reprend rapidement ses forces.L\u2019ennui qu\u2019elle présente à son arrivée à l\u2019Hôtel-Dieu, dix mois après cette opération, c\u2019est l\u2019obligation de se tenir couchée presque continuellement pour éviter le rejet des aliments par l\u2019ouverture stomacale.La radiographie nous montre une occlusion totale de l\u2019oesophage vers le tiers moyen.Le 29 octobre 1929, le docteur Rhéaume, accompagné du Dr Charles Lefrançois et de moi-même, entreprend de faire une gastrostomie continente.L\u2019opération est un peu laborieuse à cause de l\u2019ouverture stomacale préexistante et des adhérences de périgastrite, mais le tout se termine fort heureusement.Le 21 novembre 1929, 23 jours seulement après l\u2019opération, la patiente quitte l\u2019hôpital et, à sa très grande satisfaction, est porteuse d\u2019une fistule gastrique absolument con- tinente.À ce moment, elle introduit dans son estomac une sonde No 16, et peut même absorber de la viande hachée.Cette patiente a très bien compris la nécessité de se tenir continuellement en contact avec nous, et c\u2019est ce qu\u2019elle fait très fidèlement depuis bientôt dix ans.Moins d\u2019un an après notre intervention, la patiente se présente à moi, engraissée et ravissante de santé.Elle m\u2019an- 7 Zz és 5 GE % 4 # > gppiioon 2, \u201c5 § Wangs IA.by ae 5 A iA 2 wo.7 2, a J Za .& sy \\ %, £7 = { 5 fos / = = ve, Fee eu ee à A 5 Fig.2 \u2014 Malade gastrostomisée en 1929, photographiée, 9 ans après avec ses deux petites filles, UN CAS DE GASTROSTOMIE CONTINENTE 85 nonce que sans demander mon avis, elle a jugé bon de prendre mari, et comme elle est alors enceinte de cinq mois, elle veut savoir si une grossesse peut avoir des inconvénients dans les circonstances.Je l\u2019encourage de mon mieux et la recommande à un accoucheur de mes amis après toutes les explications possibles.Ma patiente me revient avec une belle petite fille de trois mois en excellente santé et me raconte que tout s\u2019est passé normalement.Elle a même allaité son bébé durant plusieurs semaines et c\u2019est sur mon conseil qu\u2019elle a discontinué de le faire.Deux ans après, une autre petite fille survient aussi facilement que la première et la patiente se porte toujours très bien, a soin de ses deux enfants, fait son ménage, s\u2019occupe de son jardin et de sa basse-cour qui lui fournit les oeufs pour la famille.Il y a un an, la patiente me revient à l\u2019Hôtel-Dieu, porteuse d\u2019un kyste de l\u2019ovaire droit.Je pratique chez elle une laparotomie, fais une ovariectomie et une appendicectomie.Les suites opératoires sont les plus simples du monde.La malade évidemment n\u2019a pas vomi, à peine a-t-elle eu quelques nausées.Son alimentation a été reprise le lendemain de l\u2019opération, la patiente s\u2019est levée le 10e jour et est partie de l\u2019hôpital quinze jours après l\u2019intervention.C\u2019est à cette occasion que j\u2019ai pu prendre les photos de sa fistule stomacale et de ses petites filles.Il y a dix ans, la malade pesait 82 Ibs; aujourd\u2019hui, elle pèse 120 lbs et, telle que montrée sur sa photo, a l\u2019air tout à fait en bonne santé.J\u2019ai pu recueillir de sa bouche plusieurs renseignements intéressants et précieux pour les autres cas qui pourraient se présenter : 1° D\u2019abord, le tube d\u2019alimentation qui était du calibre 16, a été augmenté jusqu\u2019à 24, ce qui prouve que le trajet 86 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU 3° fistuleux \u2014 étant de tissu gastrique \u2014 pouvait se dilater tout comme l\u2019estomac et n\u2019a pas de tendance à se rétrécir.De cette façon, la patiente peut introduire dans son estomac un repas complet dans le même temps que les autres patientes peuvent l\u2019absorber par la bouche.La patiente goûte d\u2019abord par la bouche tous les aliments qu\u2019elle va ensuite injecter dans son estomac.Les breuvages doivent être chauds ou froids, sucrés, les aliments proprement assaisonnés.N.B.\u2014 Nous croyons que ce facteur est très important pour assurer une bonne digestion.La malade mange toujours seule.Elle ne veut même pas prendre de l\u2019eau devant ses enfants ou son mari.Toutefois elle consent volontiers à s\u2019alimenter devant moi.Encore une fois, il s\u2019agit ie: d\u2019une délicatesse qu\u2019il faut respecter.Voilà donc l\u2019histoire d\u2019un cas de gastrostomie conti- nente qui nous est très précieuse pour l\u2019avenir.Evidemment, tous les malades qui se présentent ne souffrent pas d\u2019un simple rétrécissement de l\u2019oesophage.Tous les autres cas que nous avons opérés depuis 10 ans étaient des porteurs de néoplasme.Mais, grâce à la bonne volonté et à l\u2019intelligence de cette patiente, nous avons pu maintes fois leur donner des conseils que nous devons à l\u2019expérience que nous a fournie le cas que nous venons de présenter. TUBERCULOSE CHORIO-RÉTINIENNE 87 DEUX CAS DE TUBERCULOSE CHORIO- RETINIENNE TRAITES AVEC SUCCES PAR L\u2019ANTIGÈNE MÉTHYLIQUE DE NÈGRE ET BOQUET Par François BADEAUX et Pierre-Paul GAUTHIER.Professeurs agrégés à la Faculté de Médecine Médecins de l\u2019Hôtel-Dieu Nous avons cru intéressant de rapporter dans ce journal l\u2019histoire de deux de nos jeunes malades ayant présenté des lésions chorio-rétiniennes assez semblables et ayant réagi de la même manière heureuse à l\u2019antigène méthylique dilué de l\u2019Institut Pasteur.Plusieurs antigènes ont été conseillés pour le traitement de la tuberculose oculaire mais il semble qu\u2019aujour- d\u2019hui, en France, la préférence soit donnée à l\u2019antigène méthylique préparé à l\u2019Institut Pasteur par MM.Nègre et Boquet.Les succès obtenus avec cet antigène ont surtout trait à des tuberculoses cutanées osseuses ou ganglionnaires.La liste des publications ophtalmologiques pour la plupart rapportées à la Société française d\u2019Ophtalmologie est assez courte, pour nous justifier d\u2019ajouter nos observations à celles de Magitot et d\u2019Autrevaux, de Colrat, de Worms et enfin de Beauvieux.Tout au début, nous devons rappeler que l\u2019antigène de Nègre et Boquet, constitué par des extraits méthyliques de bacilles de Koch préalablement traités par l\u2019acétone a été d\u2019abord employé comme épreuve de diagnostic et qu\u2019au- jourd\u2019hui la déviation du complément à l\u2019antigène méthylique donne dans le diagnostic de la tuberculose, des renseignements aussi importants que le Bordet-Wassermann pour la syphilis.I] ne faut pas toutefois oublier que l\u2019antigène méthylique, à l\u2019instar des autres antigènes tubereu- leux connus, donnent parfois une réaction positive avec le 88 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU sérum des syphilitiques.D\u2019où importance d\u2019un Bordet- Wassermann ou d\u2019une épreuve de Kahn conjointement à une déviation du complément pour la tuberculose.Les deux épreuves sont-elles positives chez un même malade, le diagnostic étiologique devient des plus délicats.À son rôle d\u2019agent de diagnostic, l\u2019antigène méthylique joint aujourd\u2019hui celui d\u2019agent thérapeutique.L\u2019antigène injectable se compose d\u2019extraits méthyliques de bacilles de Koch, débarrassés de leur alcool méthylique, et mis en suspension dans du sérum physiologique à 7.5 0/00.T1 est délivré par l\u2019Institut Pasteur en solution diluée au 1/10 ou en solution pure.Son action thérapeutique consiste en une suractivation des réactions allergiques du tuberculeux superinfecté.Nous avons employé chez nos deux malades la solution diluée à doses progressives en surveillant attentivement la possibilité de réactions générales, locales ou focales.ANTIGÈNE MÉTHYLIQUE de Nègre et Boquet Après avoir travaillé plusieurs années sur la valeur des extraits des bacilles tuberculeux, Boquet et Nègre sont arrivés aux conclusions suivantes: les divers extraits tuberculeux obtenus par différents solvants n\u2019agissent pas de la même façon : soit qu\u2019on les expérimente au point de vue de la réaction de fixation du complément, soit qu\u2019on les administre au point de vue de l\u2019effet qu\u2019ils peuvent produire sur la tuberculose expérimentale.Ces auteurs « après avoir mis en évidence les propriétés fixatrices des lipoides bacillaires extraits par l\u2019alcool méthylique après traitement par l\u2019acétone, ont cherché à se rendre compte si ces substances, actives dans la déviation du complément, manifestent in vivo le même pouvoir antigène ». TUBERCULOSE CHORIO-RÉTINIENNE 89 Afin de rendre ces produits injectables, les substances dissoutes sont séparées de l\u2019aleool méthylique par une distillation dans le vide.Ces produits d\u2019extraction sont émulsionnées dans l\u2019eau salée physiologique (7/1000) de manière à égaler 1 centigramme de corps microbiens frais par centimètre cube.Pour que l\u2019antigène méthylique puisse agir efficacement dans la production d'anticorps, il faut que l\u2019action de l\u2019acétone ait été complète dans l\u2019extraction des graisses et des cires; parce que les graisses et les cires dissoutes par l\u2019acétone se sont montrées de très mauvais antigènes in vitro et in vivo.Il est prouvé aujourd\u2019hui que l\u2019antigène méthylique arrête ou pour le moins ralentit la tuberculose expérimentale et qu\u2019il exerce une action préventive marquée s\u2019il est administré avant une injection virulente.Autre fait à noter, cette thérapeutique à l\u2019antigène méthylique s\u2019est toujours montrée d\u2019une innocuité complète, c\u2019est pour cette raison que son emploi a été tenté avec succès dans la tuberculose humaine.Le traitement est long, il doit commencer par de très petites doses qui sont croissantes.L\u2019administration est pratiquée deux fois la semaine en injection sous-cutanée ou intra-museulaire suivant les indications accompagnant le produit de l\u2019Institut Pasteur.Si pour certaines raisons le traitement a dû être interrompu pour quinze jours ou plus, il sera nécessaire, à la reprise du traitement, de débuter avec de très faibles doses pour éviter des accidents fâcheux.Ce traitement à l\u2019antigène méthylique de Boquet et Nègre a donné de bons résultats dans les cas suivants: les tuberculoses cutanées, les tuberculoses ganglionnaires, ostéites tuberculeuses, péritonites tuberculeuses, tuberculose des organes de la vue, ete. AE PE, Pow, Fisk i 4 Pau A % % ; Zia 7 \u20ac i al PS ably Vd TS it da % oy .à Dessin No 1 Un foyer circonscrit de tuberculose chorio-rétinienne, interpapillo- maculaire.Oeil droit.Malade No 1.Eee rrr TUBERCULOSE CHORIO-RÉTINIENNE 91 Boquet et Négre, 1927, Antigenothérapie (Masson et Cie).Calmette, 1928, Tuberculose (Masson.et Cie).OBSERVATION I.René L., 24 ans, vient à notre consultation privée le 15 avril 1935.Depuis trois semaines son oeil droit ne peut fixer sans fatigue.V.o.dr.\u2014 20/30 avec + 0.50 a 90° V.o.gau.= 20/30 avec + 0.50 à 90° Funpus \u2014 Oeil droit: un petit foyer exsudatif, circonserit blane- jaunâtre reposant sur une zone hémorragique sombre occupant les couches profondes rétiniennes de la région interpapillomaculaire.(Dessin no 1).Oeil gauche: trois petites lésions rondes atrophiques pigmentées de chorio-rétinite paramaculaire ancienne.(Dessin no 2).A l\u2019interrogatoire, nous apprenons que nos confrères défunts, les docteurs Lasalle et Bédard, traitèrent déjà le dit malade pour une chorio-rétinite de l\u2019oeil gauche, avec de la tuberculine allemande.L\u2019examen pulmonaire ne révéla rien de particulier.Toutefois la radiographie montra des hiles chargés.Pas d\u2019élévation de température.Aucune transpiration nocturne.Léger amaigrissement.B.W.négatif dans le sang, par contre la réaction de Nègre et Boquet fut fortement positive.L\u2019examen oto-rhino-laryngologique ne donna rien d\u2019anormal.Nous nous arrêtâmes à la possibilité d\u2019un tuberculeux super-infecté. \u201cPi go Vi pa \u201c a \u201cays \u201c9 i FA Fe % \u201cZp Z a, x Gi da Pre Sa ae FE ®, ve % % 7 ; ; nr x Z # 2 3 % 4 7 \u201c8 4 #.# i - or 7 44 ds as 5 + £5 # Hy 5 ak a Foy; à; Dessin No 2 Trois petits foyers cicatriciels de chorio-rétinite tuberculeuse.Oeil gauche.Malade No 1. TUBERCULOSE CHORIO-RÉTINIENNE 95 L'oeil droit est soumis à l\u2019atropine.Le port de verres fumés recommandé.Repos et diète généreuse.Nous commençâmes le traitement à l\u2019antigène méthylique dilué à raison de deux injections sous-eutanées de 44 de c.c.par semaine durant trois semaines.Le 6 juin 1935.Les lésions de l\u2019oeil droit sont très atténuées, la couche sanguine moins dense et l\u2019exsudat presque disparu.Nous augmentons la dose à 1 ce.deux fois par semaine durant trois semaines.Le 17 juillet 1955.L\u2019exsudat est résorbé, seule persiste une légère couche sanguine des couches profondes rétiniennes.La température prise régulièrement matin et soir a très rarement donné une élévation de 1 degré.L\u2019alimentation riche et généreuse, la vie au grand air, le repos physique complet, aidèrent aussi sans aucun doute, notre malade qui gagna six à sept livres de poids.En novembre 1935.L\u2019oeil présentait l\u2019aspeet cicatriciel du dessin No 3, zone atrophique ronde pigmentée.Nous donnâmes environ trente injections et nous ne dépassames jamais 1 c.c.a la dose.Le 18 janvier 1936.L\u2019oeil droit se maintient bien, le gauche présente une petite hémorragie para-museulaire qui explique le léger voile dont se plaint le malade dans cet oeil.Nouvelle série de douze injections sous-cutanées de 44 de c.c.d\u2019antigène méthylique dilué à raison de deux injections par semaine.Le malade guérit sans laisser trace de son hémorragie.Sous observation durant trois ans, le malade n\u2019a jamais présenté de récidive chorio-rétinienne, nous pouvons done le considérer guéri. wide RAS % pale A 2e rte i D: Dessin No 3 Le foyer tuberculeux de l\u2019oeil droit du malade no 1 est cicatrisé. TUBERCULOSE CHORIO-RÉTINIENNE 95 OBSERVATION II.Mlle Agathe T ., agée de 25 ans, institutrice à la campagne, vient nous consulter le 8 février 1939, pour difficulté a lire et a faire son enseignement.Depuis une semaine il y a flou devant son bon oeil, le droit.V.o.dr.= 20/80 faible sans correction possible.V.0.gau.= compte les doigts a 5 pieds sans correction possible.La malade aurait perdu la vision de l\u2019oeil gauche presque subitement il y a cinq ans.Funnpus \u2014 Oeil droit: une petite lésion blane-jaunâtre voilée d\u2019oedème et surmontée de deux petites hémorragies en rature.Le tout reposant sur une tache sombre hémorragique de grandeur papillaire siégeant dans les couches profondes rétiniennes.(Dessin No 4).Oeil gauche: chorio-rétinite maculaire cicatricielle (zones périmaculaire et maculaire en dystrophie, aucune trace de fovea).Toute la région est d\u2019un gris sale.Scotome central à gauche très net, à droite léger.Examen général par le docteur Dandurand.Aucune trace de tuberculose dans la famille.Histoire d\u2019érythéme noueux il v a un an.Transpiration nocturne et amaigrissement récent.Adénopathie cervicale très prononcée.Hypertrophie amygdalienne simple sans cryptes caséeuses.Rien au nez.Coeur excellent.Poumons: respiration douteuse aux sommets (bronco- phonie). = Dessin No 4 Un petit foyer de chorio-rétinite tuberculeuse reposant sur une hémorragie choroïdienne.Oeil droit.Malade No 2.- TUBERCULOSE CHORIO-RÉTINIENNE 97 La radiographie pulmonaire montre des hiles très chargés.Abdomen : rien à noter.Sang: Le B.W.et le Kahn \u2014 négatifs.La fixation du complément pour la tuberculose (Nègre et Boquet) fortement positive.Soupçconnant la tuberculose, nous tentons le traitement à l\u2019antigène méthylique dilué à raison de deux injections par semaine de 44 c.c.Aucune réaction générale.Fundus le 17 février 1939.(Dessin No 5) (a).L\u2019exsudat qui voilait la lésion profonde chorio- rétinienne est disparu, résorbé.On voit une petite lésion ronde bien délimitée, d\u2019un blanc-jaunâtre tranchant sur la zone hémorragique sous-jacente.Déjà la malade accuse une amélioration de sa vue.Le 24 février 1939.(Dessin No 5) (b).Après la cinquième injection de 44 de c.c.Le petit exsudat se résorbe et prend l\u2019aspect d\u2019une perle grisâtre.Le 7 mars 1939.(Dessin No 5) (c).Après la troisième injection de 4 c.c.il ne reste plus qu\u2019une perle grise supra-maculaire (image renversée) et quelques points blancs grosseur tête d\u2019épingle et quelques points hémorragiques.Le 31 mars 1939.(Dessin No 5) (d).Après la 9e injection de % c.c., la perle grise est très petite, la zone périmaculaire et maculaire se nettoie.Les vaisseaux maculaires très distincts, 3 petits points blancs de capillarite le long des vaisseaux maculaires.La malade compte les doigts à 30 pieds.20/40.Nous pouvons espérer mieux d\u2019ici quelques jours. oy À Æ CE pis il inet a \u201cCostin % Ne Gr, 5 i 7 7% # A 7.\u20ac 4 nei 4 Ge Hn va Ÿ 7.% HT eG 9 au 34 Ye Hg 7 % se se À do! > Rd i ste LE = % és « > # Se, 2 Es 5 %: 7: 7-7 1-3 AA -% 9 Dessin No § Evolution de la lésion de l\u2019oeil droit jusqu\u2019à guérison.Malade No 2, TUBERCULOSE CHORIO-RÉTINIENNE 99 1° co 4° tv mu Ww wt CONCLUSIONS Dans la première observation tout comme dans la deuxième, l\u2019antigène méthylique a agi à la fois comme agent de diagnostic et de traitement.L\u2019hémorragie survenue dans l\u2019oeil gauche guéri de notre premier malade prouve une fois de plus que certaines hémorragies spontanées à étiologie inconnue survenant chez les sujets jeunes, peuvent très souvent être rattachées à des lésions vasculaires tuberculeuses.Ici encore, l\u2019antigène a permis un résorption rapide.Avant moi-même usé de la tuberculine allemande autrefois, je n\u2019hésite pas à déclarer l\u2019antigène méthvlique d\u2019un maniement beaucoup plus facile, exposant moins le malade à des réactions générales, locales et focales.À noter chez nos deux malades aucune lésion pulmonaire mais une radiographie pulmonaire montrant des hiles chargés, une réaction de Bordet-Wassermann négative, une déviation du complément pour la tuberculose fortement positive, aucune fover infectieux ailleurs.Nous nous arrêtâmes au diagnostic de superinfection tuberculeuse, nous avons institué un traitement en conséquence et nous croyons par l\u2019évolution de la maladie ne pas avoir fait fausse route.BIBLIOGRAPHIE .MAGITOT et D'AUTREVAUX \u2014 Société française d\u2019Ophtalmologie, 1928.COLRAT \u2014 Société française d\u2019Ophtalmologie, 1931; .WORMS \u2014 Société d\u2019Ophtalmologie de Paris, 1932.BÉAUVIEUX \u2014 Société française d\u2019Ophtalmologie, 1933.DELLILLE, HILLEMAND et LESTOGUAY \u2014 Revue de la tuberculose, p.433, juin 1924. 100 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU NOTIONS ELEMENTAIRES SUR L\u2019ANESTHESIE GÉNÉRALE ' Par RENÉ LEBEAU Assistant bénévole au service d\u2019anesthésie.L\u2019anesthésie générale peut se définir ainsi: un état caractérisé par la suppression passagère de la sensibilité et des fonctions psychiques et motrices.Pourquoi le terme d\u2019anesthésie générale?C\u2019est pour l\u2019opposer à celui d\u2019analgésie, qui désigne seulement la perte de la sensibilité douloureuse.C\u2019est encore pour ne pas le confondre avec celui d\u2019anesthésie locale ou spinale.Ce phénomène de narcose, où se trouve pour un moment abolie la vie de relation, est obtenu habituellement par inhalation de substances gazeuses, mais il existe d\u2019autres narcotiques dont le mode d\u2019introduction dans l\u2019organisme peut être différent.Quelles seront donc les qualités qui donneront droit de cité à tout agent anesthésique en ce domaine où confinent, en quelque sorte, la vie et la mort apparente?A \u2014 Il doit produire l\u2019inhibition complète et temporaire des facultés cérébrales et sensitives.B \u2014 Sur les processus vitaux et sur les organes essentiels, comme le foie, le coeur et les reins, il doit porter le moins d\u2019atteinte possible.C\u2014 Ses propriétés physiques doivent rendre facile son administration.D \u2014 Ses effets immédiats seront, en tout temps, sous le contrôle de l\u2019anesthésiste.E \u2014 Le choc général doit être réduit au minimum.! Travail du service d\u2019anesthésie de l\u2019Hôtel-Dieu. L\u2019ANESTHESIE GENERALE 101 ® Comment les vapeurs ou les gaz anesthésiques passent- ils des voies aériennes jusque dans l\u2019intimité du milieu sanguin ?Ce transport, qui est l\u2019absorption, s\u2019accomplit dans le temps, en plusieurs étapes; ce n\u2019est point quelque chose d\u2019instantané.Volontiers il s\u2019établit un courant entre l\u2019air inspiré et l\u2019air des alvéoles pulmonaires, à la condition qu\u2019il y ait complète liberté dans l\u2019acte de la respiration externe.L\u2019air qu\u2019inspire le patient équivaut, en volume, seulement au cinquième de l\u2019air que les poumons contiennent.Au tout début, il est évident que la dilution du narcotique est considérable; cela nécessite un certain nombre de mouvements inspiratoires pour rendre la concentration des vapeurs anesthésiantes, au sein des alvéoles, égale à celle de l\u2019air inspiré.Pour une part, le phénomène d\u2019absorption, qui est d\u2019ordre physique, correspond fidèlement à la première partie de la loi de Henry, qui remonte à 1808 et dont l\u2019énoncé est le suivant: « Pour un liquide et un gaz déterminés, ainsi que pour une température donnée, le volume de gaz dissous est proportionnel à la pression du gaz et à un coefficient spécifique pour le liquide et le gaz considérés, que l\u2019on nomme coefficient de solubilité.» Ce dernier, selon une formule concise de M.Nicloux, est le volume de gaz dissous dans l\u2019unité de volume du dissolvant, à la pression atmosphérique normale.En ce qui concerne la diffusion des gaz à travers une membrane perméable \u2014 ici c\u2019est la paroi alvéolaire, dont la texture est infiniment délicate \u2014 la pression partielle doit être la même de chaque côté.Avec le chloroforme et l\u2019éther, le processus est lent, car la pression extérieure excède à peine celle qui se trouve à l\u2019intérieur.En présence du protoxyde d\u2019azote et du cyclopropane, la tension partielle devient vite élevée dans les cavités alvéolaires; donc l\u2019anesthésique sera plus promptement absorbé.\u2019 Un autre facteur doit être mis en lumière dans la fixation des anesthésiques par le sang: la dissolution des gaz 102 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU au sein des liquides.La seconde partie de la loi de Henry s\u2019applique-t-elle ici d\u2019une manière adéquate?Les recherches expérimentales répondent par l\u2019affirmative.Opérant avec l\u2019éther dissous dans le sang in vitro, Shaffer et Ronzoni concluent que le coefficient de solubilité chez l\u2019homme comme chez le chien s\u2019avère sensiblement le même, dont les chiffres oscillent entre 13 et 15; en ce qui regarde l\u2019ean, ce rapport de distribution ne paraît diminué que dans les proportions de 6 à 7%.Et les travaux ultérieurs d\u2019Ethel Ronzoni, en 1923, effectués sur le chien, cette fois in vivo, apportent des résultats identiques.De ces constatations, il n\u2019y a qu\u2019un pas à franchir pour pénétrer sur le terrain de la physiologie humaine.Il reste à se demander quel est l\u2019élément du sang qui contribue le plus à fixer les anesthésiques?D\u2019après L.Scotti-Foglieni, c\u2019est l\u2019hémoglobine.Aussi leur affinité semble plus grande pour les hématies que pour le milieu plasmatique.J\u2019emprunte les précisions qui suivent à M.Nicloux : Globules rouges Plasma Chloroforme \u2026 .\u2026 \u2026 88% 12% Chlorure d\u2019éthyle .\u2026 73% 27% Protoxyde d\u2019azote.64% 36% Ether.+ + +.52% 48% Depuis longtemps, les expériences de Claude Bernard \u2014 je laisse de côté les détails de cette étude \u2014 ont démontré, une fois pour toutes, que l\u2019anesthésie générale se réalise par l\u2019intermédiaire du système nerveux central.Quelles sont les régions premières à subir l\u2019action des anesthésiques?Voici un ordre chronologique qui, pour la majorité des auteurs, s\u2019accorde très bien avec la réalité.Ce sont, au.début, les parties les plus hautement différenciées des hémiphères cérébraux: le lobe préfrontal, où résident les puissances de la vie intellective.Le patient ne peut plus UROPRAZINE GRANULE EFFERVESCENT ELIMINE L\u2019ACIDE URIQUE Seule formule réunissant le Soufre Colloïdal, la Pipérazine, la Lithine et l\u2019Hexamethylènetétramine.INDICATIONS : Goutte, Gravelle, Rhumatisme, Sciatique.Distributeurs: HERDT & CHARTON, INC.2027, AVENUE McGILL COLLEGE - MONTREAL Flacons de 150 et 275 grammes.Dyspepsies réfiexes | & Conslipalionzz POrigine Migraines Vertiges billaire zEczéma ! Drurit = PM POSOLOGIE : 18 3 cuillerées à cafe le matin M \u20ac jeun, dans un demi verre d'eau chaude.Neurène MILLET ROUX & CIE, LIMITEE 1215 RUE ST-DENIS MONTREAL 2 ZIZINE 24-26 RUE de FECAMP PARIS 2\") IX } DECONGESTIF VEINEUX - SEDATIF NERV], 1 \u2018 Gouttes pour le traitement interne des VARICES\u2014PHLÉBITES HÉMORROÏDES \u2014 VAPEURS TROUBLES DE LA MÉNOPAUSE.FORMULE Marron d'Inde ____\u2026 0gr26 Valériane \u2026.\u2026 \u2026.O0gr.04 Hydrastis 1.0 gr.10 Anémone :.\u2026.Odgr.l0 Hamamélis 0 gr.16 Chlure de Magnésium 0 gr.03 Véhicule spécial q.s.1 cc.1 cc.= 40 gouttes Contenance 30 cc.DOSE MOYENNE: 20 à 25 gouttes deux fois par jour aux repas, dans un peu d\u2019eau, sucrée à volonté.Interrompre le traitement 8 jours par mois.Lab™®S L.LAURIN, 86 Bould de Port-Royal, PARIS, FRANCE Concessionnaires pour le Canada: ROUGIER FRERES 350, rue Le Moyne, Montréal | SPECIALITE PHARMACEUTIQUE ELIXIR POLYBROMURE (Une cuillerée à bouche de 20 grammes renferme 3 grammes (Sans sucre) de Bromure de Potassium, Sodium et Ammonium, associés à des e Teintures amères et toniques.) Mode d\u2019emploi: 1 à 2 cuillerées à thé dans un peu d\u2019eau toutes les trois heures.Présentation: 240 e.c.La Pharmacie d\u2019Ordonnances ARTHUR HIRBOUR ci-devant Bisaillon-Hirbour 35 ans d'expérience dans l'exécution exclusive d'ordonnances de Médecins.\u2014 Nous n'employons que les produits chimiques supérieurs.Angle Saint-Denis et De Montigny Téls: LA.7356 - PL.0305 Montréal « Je ne saurais trop recommander un tel livre, exempt de lacunes et d\u2019erreurs, dicté par une longue expérience, basé sur une énorme documentation, clairement rédigé en une langue aux expressions savoureuses ».À.David, Journal des Sciences Médicales de Lille, 19 septembre 1937.La Diététique OUVRAGE ÉCRIT EN COLLABORATION $2.50 En vente dans les meilleures librairies et à \u2019Hôtel-Dieu.XI ARTHRITES - SYNOVITES - FIBROSES Un des principes fondamentaux du traitement de ces affections consiste en l\u2019application locale, prolongée de la chaleur humide, au moyen d\u2019un cataplasme aseptique, d\u2019une efficacité certaine, soit : ANTIPHLOGISTINE Adjuvant précieux de PELECTROTHERAPIE dont il contribue à renforcer l\u2019action.THE DENVER CHEMICAL M\u2019PG CO.153, LAGAUCHETIERE OUEST - - - MONTREAL L\u2019Antiphlogistine est fabriquée au Canada.La Prévoyance est basée sur l\u2019économie .La constitution d\u2019une réserve liquide, à l\u2019aide d\u2019un Compte d'Epargne, est un acte de prévoyance tout à fait indispensable.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Accueille avec la même sollicitude les comptes les plus modestes comme les plus importants.Elle encourage la pratique de l'économie et veut être l\u2019amie des épargnants.Soyez prévoyants et ouvrez un Compte d'Epargne à LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA SOUTIEN pu COEUR CORAMINE \u201cCIBA\u201d CARDIO-TONIQUE d'action rapide, énergique et durable Gouttes Ampoules ° © © Traitement prolongé \u2014 Indications d'urgence \u2014 Tous coeurs insuffisants, lésion- Toute défaillance aiguë du nels ou séniles: myocarde: 20 à 100 gouttes 1.5 à 12 c.c.par voie sous- par 24 heures.cutanée ou intraveineuse.| COMPAGNIE CIBA LIMITÉE, 759 Carré Victoria, Montréal XIII HEPATROL ; mm E P A HEPATROL T R Extrait de Foie de veau frais O Lee Le L Toutes anémies et insuffisances hépatiques.Méthode de Whipple \u2014 Adultes et enfants sans contre-indication.2 F , AMPOULES BUVABLES OrMes : AMPOULES INJECTABLES LAB.ALBERT ROLLAND PARIS [an] =F SOLUCAMPHRE DELALANDE Camphre en Solution aqueusc Même Posologie, mêmes indications que .l\u2019Huile Camphrée, sans aucun de ses inconvénients.\u2014 3 fois plus actif 2F , SOLUCAMPHRE SIMPLE OrMes : SOLUCAMPHRE SPARTEINE MILLET ROUX & CIE, LIMITEE 1215 RUE ST-DENIS MONTREAL XIV SILICRINE Pour favoriser une digestion complète stomacale, pancréatique et intestinale.La Poudre Sflicrine est une combinaison de Trisilicate de Magnésie et des ferments Enterokinase et Prosécrétine pour établir une digestion complète, stomacale, pancréatique et intestinale.Silicrine par sa formule, possède une supériorité d'efficacité plus définie et plus radicale sur la poudre de Trisilicate de Magnésie seule, pour procurer une digestion totale.Trisilicate de Magnésie: Le Trisilicate de Magnésie est un composé synthétique ayant comme base la Magnésie et la Silice sous la forme de colloidal de dimensions trés minimes et 15 fois plus actif pour le bleu méthylène in vitro que le kaolin colloidal le plus raffiné qu'il soit possible de trouver dans le commerce.Ferments Enterokinase et Prosecrétine: Ces deux ferments sont transformés en secrétine active par l'action de l\u2019acide hydro- chlorique de l'estomac, leurs principales fonctions est de stimuler les glandes du Pancréas et de l'intestin pour accélérer leurs secrétions, afin de faciliter toutes digestions.Action: La Poudre Silicrine, grâce à sa composition, procure une digestion complète, la magnésie et la silice absorbent le surplus d'\u2019'acide gastrique dans l\u2019estomac; les ferments Enterokinase et Prosécrétine continuent d'alder la digestion en activant la secrétion des glandes du Pancréas et de l'intestin.Propriétés Médecinales: Ulcères peptiques, Insuffisance intestinale, Urticaire chronique, Troubles digestifs du diabète pancréatique, Dyspepsies pancréatiques, Gas d\u2019estomac, Hyperacidité, Vomissements chez les femmes enceintes et autres cas de déficience d'une digestion compléte.Toxicité: La Poudre Silicrine est une combinaison non toxique et ne peut atténuer l'acidité du suc gastrique en bas de son point normal, si une trop grande dose est donnée, elle est évacuée par l\u2019intestin.La poudre Silicrine étant insoluble ne peut accroître la réserve d'alcali du corps; même l'absorption d'une forte dose pendant une longue période ne fait pas varier l'acidité de l'urine.Mode d'emploi: Une cuillerée à thé dans 14 verre d\u2019eau après les repas.Répétez après 1 heure si nécessaire.Préparé par TRISILEX Pour favoriser une digestion stomacale complète Le Trisilex est un Trisilicate de Magnésie C.P.préparé spécialement pour combattre l'hyperacidité de l\u2019estomac en favorisant une digestion stomacale complète.Maud a défini le Trisilicate de Magnésie comme étant un composé synthétique ayant pour formule H;Mg:Sis O1, sous forme de cristallins de très petites dimensions colloi- dales beaucoup plus petites en grosseur que celles du kaolin dans les variétés les plus raffinées que l\u2019on puisse obtenir.Action de Trisilex: Le Trisilex possède de fortes propriétés antacides et il agit de la manière suivante: Cette poudre en présence de l\u2019eau réagit avec le suc gastrique normal (qui correspond À l'acide hydrochlorique n/20) et une réaction complexe se produit entre deux colloi- daux hydratés et deux électrolytes; à la température du corps il faut généralement 3 heures pour que le processus soit complet.La réaction se faisant in vitro d'après l\u2019é- quatlon suivante : Mg-SisOsnH20 + 4HC1 = 2MgClg -+ 3810, + nH:0 L'équilibre de l\u2019acidité peut être calculé comme l'équivalent de la magnésie contenue dans le Trisilex, la moitié à peu près neutralisant rapidement le surplus d'acide gastrique tandis que l\u2019autre moitié occastonne une neutralisation secondaire et lente pendant les quelques heures qui suivent.Au point de vue chimique, c\u2019est la lenteur de la réaction qui est importante, la durée de l'action antacide est approximativement égale à l\u2019espace de temps requis pour la digestion gastrique.Toxicité: Le Trisilex n\u2019est pas toxique et ne peut réduire l'acidité du suc gastrique en dessous de son point normal, si une trop grande dose est donnée 1l est éliminé par l'intestin.Le Trisilex étant insoluble, il ne peut augmenter la réserve d'alcali du corps, même une forte dose, pendant un temps prolongé ne change pas l'acidité de l'urine.Indications Thérapeutiques: Le Trisilex est recommandé pour le traitement des ulcères peptiques, l\u2019hyperacidité de l'estomac, les gaz d\u2019estomac, vomissements chez les femmes enceintes, dyspepsie, ou autres cas de mauvaises digestions stomacales.Mode d'emploi: Une cuillerée à thé dans un demi verre d'eau après les repas.Répétez après 1 heure si nécessaire.Préparé par [ASGRAIN & [HARBONNEAU MONTREAL Xv PAIX et BONHEUR Vous Sont Assurés .Si Vous Pratiquez l\u2019Economie! em aR ee SA À 2303 + & J : x se $ v.$ { A pe ts A & tS 2 Lo = LA BANQUE D\u2019ÉPARGNE DE LA CITE ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL Fondée en 1846 Coffrets de sûreté à tous nos bureaux SUCCURSALES DANS TOUTES LES PARTIES DE LA VILLE 8520 XVI Essayez L\u2019Ohio CYCLOPROPANE Dans les NOUVEAUX CYLINDRES FINIS CHROMÉS.Environ 40% plus léger, ces nouveaux cylindres réduiront considérablement les frais de transport.Ils sont expédiés dans de légères boîtes contenant un, deux ou quatre cylindres chacun.Quand les cylindres seront vides, ils pourront être retournés dans ces mêmes boîtes, suffisamment cachetées.Ecrivez-nous pour nos prix et pour de plus amples renseignements.COMPAGNIE D\u2019OXYGÈNE DU CANADA Succursale de l\u2019\u2018\u201cOhïo Chemical & Mfg.Company\u201d 2549 ouest, rue Saint-Jacques - Montréal, Qué.Téléphone: Wilbank 1728 A VOTRE DISPOSITION Votre banque n'est pas seulement votre caissière et la dépositaire de vos capitaux d'épargne.Elle est en état de vous rendre d\u2019autres services.Vos occupations et vos préoccupations d'ordre professionnel ne vous laissent guère le loisir de vous documenter au jour le jour sur les questions d'affaires, Vous n\u2019en êtes pas moins tenu, à l\u2019occasion, de résoudre certains problèmes financiers qui mettent en jeu vos intérêts.Recourez donc avec confiance au gérant de votre banque dont les avis désintéressés vous seront souvent utiles.DANOUE CANADIENNE NATIONALE 537 bureaux au Canada 66 succursales 3 Montréal XVII | LA PREMIÈRE PIPÉRAZINE SULFAMIDÉE SULFORAZINE Granulé Effervescent Urolytique et Antiseptique \u2018 RHUMATISMES GOUTTE - ARTHRITISME Flacon de 95 grammes et Flacon de 200 grammes.J.EDDÉ Limitée, Edifice New Birks, MONTRÉAL.CEFFICACITÉ.de IN SULI NE PAR LA VOIE DIGESTIVE DÉMONTRÉE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS THÈSE DU 12 JUILLET 1937 mention très honorable Demandez un exemplai ; G.JOUOT, 460 EST, AVENUE MONT ROYAL - MONTREAL XVIII Clio, Muss of Hislory\u2014 Rome, Vatisaa Mussa .PLus pe 200 communications Depuis sa présentation à la profession médicale, il y a déjà six ans, le NEMBUTAL a été l'objet de 200 études et d'un nombre considérable de références dans la presse médicale.Le NEMBUTAL, sa pharmacologie, sa valeur thérapeutique et son utilité incontestée sont désormais parfaitement établies.C'est ainsi que l'on sait qu'en comparaison avec les autres barbituriques le NEMBUTAL présente le maximum d'efficacité sous la dose minimum et la marge de sécurité pratique la plus élevée.Non seulement le chirurgien, mais le médecin doivent faire appel à ses propriétés uniques; c'est ainsi que dans tous les cas d'insomnie, d\u2019éclampsie, d'empoisonnement à la strychnine, d'hystérie, etc., le NEMBUTAL est le médicament de choix.De plus amples détails et références seront fournis sur demande.LABORATOIRES ABBOTT Limitée, 388 ouest, rue St-Paul, MONTRÉAL NEMBUTAL ABBOTT XIX TRAITEMENT DES MALADIES INFECTIEUSES FIÈVRE PUERPÉRALE, PHLÉBITES par la LIPOSEPTINE Antitoxine Polyvalente L\u2019innocuite de la Liposeptine est absolue LABORATOIRES DE LA LIPOSEPTINE 2, Place des Vosges, Paris, France.© Agents exclusifs: HERDT & CHARTON, INC.2027, AVENUE McGILL COLLEGE MONTREAL MALADIES INFECTIEUSES DES VOIES URINAIRES e URICLARINE e Hexaméthylène Tétramine Salicylate de Phényle Chlorure d\u2019Ammonium 6 à 8 comprimés par jour \u2014 de préférence aux repas.L\u2019Uriclarine permet un régime végétarien et un régime de boisson normale.LABORATOIRES BRISSON, Paris J.EDDE, Limitée \u2014 Agents LA.2421 Edifice New Birks, Montréal.4913 L\u2019ANESTHESIE GENERALE 103 ralsonner avec suite ; ses impressions du monde extérieur se dissolvent successivement; sa volonté, son imagination et sa mémoire se troublent.C\u2019est une sorte d\u2019ivresse, « une hypertrophie du moi », selon Charles Richet.A son tour, le cervelet est touché aussi bien que l\u2019appareil labyrinthique, d\u2019où originent la fonction de l\u2019équilibre et le sens musculaire ; celui-ci porte les synonymes de conscience musculaire (Duchenne), de sens stéréognostique (Hoffman) ou de sens de l\u2019énergie mentale motrice (Dana).Le sujet remue la tête et les membres; mais il n\u2019est pas maître de la direction et de l\u2019étendue de ses mouvements, ressemblant à ceux d\u2019un automate : il les exécute sans cohérence ni but arrêté.À la station verticale, il aurait une attitude ébrieuse.Après quoi, le goût, l\u2019odorat et la vue s\u2019émoussent.Il est un fait à l\u2019évidence duquel il ne faut pas se soustraire.C\u2019est que parmi les sens externes, dont le neurone supérieur paraît situé dans l\u2019écorce de la région préfrontale, l\u2019audition est le dernier à ne plus manifester son activité.C\u2019est pourquoi le silence s\u2019impose à la phase initiale de l\u2019anesthésie.Qu\u2019à ce moment la sensibilité douloureuse,.dont la source principale occupe la circonvolution pariétale ascendante, soit éteinte en totalité, cela demeure un point en litige.Peu à peu, le tonus des muscles volontaires disparaît ; cette tonicité \u2014 un genre de contraction dans le repos (Crocq) \u2014 est un réflexe possédant comme centres, d\u2019après les conceptions de Grasset, le faisceau pvramidal de la moelle, le cortex, certains noyaux de la base et du méso- céphale.À ce stage, tous les mouvements sont supprimés, hormis ceux de la circulation et de la respiration ; celle-ci régulière devient superficielle, en raison d\u2019un abaissement dans la force des muscles expirateurs. LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Et les réflexes oculaires s\u2019évanouissent l\u2019un après l\u2019autre.Quant aux fonctions vitales, que l\u2019on place dans le bulbe tout près du quatrième ventricule, elles paraissent mieux respectées que les autres au cours d\u2019une anesthésie normale ; l\u2019atteinte grave de ces régions est un épiphénomène que toujours il importe d\u2019éviter.Comment expliquer cette tendance spéciale des narcotiques envers le système nerveux?Récemment, M.Nicloux et ses collaborateurs: Mme Frison-Laborde, G.Fourquier, A.Yavanoviteh ont, derechef et avec précision, confirmé l\u2019opinion émise par J.Pohl, il y a 48 ans, à savoir que c\u2019est le tissu nerveux, sauf bien entendu le pannicule adipeux, qui absorbe le plus d\u2019anesthésique.Et cela parce qu\u2019il renferme le plus de lipides (lécithine, cholestérine ou graisse).Voici, pour illustrer cette hypothèse, quelques chiffres de M.Nicloux; il caleula en milligrammes la quantité de chloroforme et d\u2019éther contenue dans cent grammes de tissus, chez des chiens qui reçurent une dose mortelle.Chloroforme Ether - Cerveau \u2026 \u2026 \u2026 .bd 158.5 Bulbe .\u2026 \u2026 \u2026.\u2026 80 156 Foie \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 495 124 Reins .\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 445 134 Coeur.\u2026 \u2026 \u2026 40 138 Rate .\u2026 \u2026 \u2026 .335 121 Muscles .\u2026 \u2026 \u2026 205 110 En fin de compte, quel est le mécanisme de l\u2019anesthésie ?Quelle est la cause intime de ce pouvoir admirable de soustraire à la conscience et à la douleur le patient durant l\u2019acte chirurgical?A l\u2019heure actuelle, les réponses au problème n\u2019offrent pas de certitude scientifique. L\u2019ANESTHÉSIE GÉNÉRALE 105 La théorie de Meyer-Overton, à considérer la fixation de l\u2019anesthésie dans l\u2019organisme, donne une solution satisfaisante.Je cite le texte original, celui de Hans Meyer : « A \u2014 Toutes les substances chimiques, même indifférentes, qui solubilisent les corps gras ou les corps semblables aux graisses, doivent agir comme narcotiques sur le protoplasma vivant dans la mesure où ils peuvent s\u2019y diffuser.«B\u2014 Cette action s\u2019exercera tout d\u2019abord et d\u2019une façon particulièrement intense sur les cellules dans lesquelles prédominent les lipides et où ceux-ci constituent le support de la fonction cellulaire: en premier lieu sur les cellules nerveuses.« C \u2014 La puissance d\u2019action des différents narcotiques doit être en rapport avec leur affinité physique respective pour les lipides d\u2019une part, pour les autres constituants de l\u2019organisme, et principalement pour l\u2019eau, d\u2019autre part; ce qui revient à dire que c\u2019est leur coefficient de partage qui règle leur répartition dans un mélange d\u2019eau et de lipides.» En ce qui a trait à l\u2019état d\u2019hypnose, il découlerait, selon M.Nicloux, « d\u2019une suspension du fonctionnement cellulaire ».R.S.Lillie attribue cette dernière à un processus physique: sous l\u2019influence de l\u2019anesthésique, la cellule devient moins perméable ; il s\u2019ensuit partant une diminution notable quoique temporaire des échanges dans le protoplasme.Pour L.Lapicque et R.Legendre, le processus d\u2019ordre mécanique est une espèce de coagulation colloidale de la cellule.Ces prémisses étaient indispensables pour aborder, avec plus de facilité et de compréhension, les phénomènes cliniques en cours d\u2019anesthésie. 106 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Laissez-moi, dès maintenant, vous tracer un tableau sommaire des réflexes oculaires, témoins précieux pour l\u2019anesthésiste.Un brin d\u2019anatomie, au sujet du système d\u2019ouverture et de fermeture des yeux, ne semble pas hors de propos.Ce sont les paupières qui assurent la protection des globes oculaires.L\u2019élévateur de la paupière supérieure, innervé par un filet du moteur commun, et l\u2019orbiculaire recevant un rameau du facial supérieur, accomplissent un travail antagoniste : la contraction de l\u2019un et le relâchement de l\u2019autre commandent chaque mouvement d\u2019ouverture et de fermeture.Les deux nerfs, qui actionnent ces muscles, ont un centre cortical: le premier au niveau de l\u2019étage inférieur du lobe pariétal, le second dans la région pariétale rétro- rolandique; mais leur origine réelle se localise aux noyaux bulbaires.Chacun sait quel procédé met en relief le réflexe ciliaire.C\u2019est chose bien facile.I] suffit d\u2019effleurer le bord des cils : aussitôt les paupières cherchent à se fermer.Ainsi que le précédent, le réflexe conjonctival renseigne très peu en pratique, car la disparition de l\u2019un et de l\u2019autre indique une anesthésie à peine ébauchée.Nonobstant, il est bon d\u2019en prendre connaissance.Pendant que l\u2019index relève et maintient en place la paupière supérieure, le médius touchera avec délicatesse le côté interne de la conjonctive.Dans le cas où l\u2019anesthésie est légère, les veux auront tendance à se clore avec une certaine vivacité ; si l\u2019anesthésie est plus poussée, on observera une contracture lente de l\u2019orbiculaire.Quel est le mode de production de ces réflexes?La voie centripète, constituée par le nerf optique, conduit aux centres de réflexion, qui sont les tubercules quadrijumeaux; le retour se fait par la voie centrifuge, que figure le nerf protecteur des yeux.Un procédé semblable permet aisément de se rendre compte de la présence ou de l\u2019abolition du réflexe cornéen. L\u2019ANESTHESIE GENERALE 107 La paupière supérieure étant fixée en haut grâce à l\u2019index, la pulpe du médius de la même main imprimera à la surface de la cornée une excitation douce.S\u2019il y a réflectivité, on _ constatera l\u2019occlusion plus ou moins prompte de la fente palpébrale.Du fait qu\u2019un doigt retient même pour un instant la paupière supérieure, souvent seule est visible la contraction de la paupière inférieure.En vue de prévenir toute inflammation oculaire, la mise en évidence de ce réflexe demande beaucoup de discrétion ; ne pas le prendre trop fréquemment ou avec trop de vigueur.Un mot de l\u2019arc de ce réflexe.Le trijumeau est la voie centripète ; le nerf d\u2019ouverture et de fermeture représente la voie centrifuge ; les centres de réflexion occupent le ganglion de Gasser, les noyaux bulbaires du facial et de 1\u2019oculaire commun.Il reste à mentionner le réflexe pupillaire.Pendant une dizaine de secondes, on laisse abaissée la paupière supérieure, puis rapidement on la relève; sous l\u2019action de la lumière, apparaît une contraction plus ou moins forte du sphincter de 1\u2019iris.L\u2019absence de ce réflexe, trés difficile à juger parfois, est l\u2019annonce de quelque danger.Le muscle irien fonctionne par l\u2019intermédiaire d\u2019un filet croisé de la troisième paire, qui est le nerf de fermeture; sa dilatation dépend des fibres du grand sympathique cervical.Ici, le centre de réflexion réside dans la moelle cervicale et les tubercules quadrijumeaux.J\u2019esquisserai, à présent, les étapes que parcourt d\u2019ordinaire un sujet anesthésié.Elles se divisent au nombre de trois.La première, durant laquelle le patient garde encore conscience de ses actes, présente ce signe : les mouvements de déglutition perçus au larynx témoignent déjà d\u2019un certain effet de l\u2019agent anesthésique.La peau ne change pas 108 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU de coloration.Les yeux demeurent habituellement clos.Il est possible que la respiration s\u2019accélère un peu.Bientôt commence la seconde phase, celle où le patient perd réellement contact avec les choses et les personnes qui l\u2019entourent.Ici, on peut assister à une excitation motrice très intense ; parfois, c\u2019est une loquacité surabondante, traduction d\u2019un automatisme cérébral libéré de tout contrôle supérieur.Ces phénomènes se font rarissimes, chez ceux qui ne sont pas adonnés à la nicotine et à l\u2019éthylisme ou bien chez ceux dont le système nerveux est en parfait équilibre; il en est de même avec un anesthésique approprié, tels le chlorure d\u2019éthyle, le protoxyde d\u2019azode et le cyclo- propane.Ce qui s\u2019observe le plus couramment, c\u2019est une raideur des membres qui tendent à quitter la table, ou un déplacement brusque de la tête qui essaie de laisser l\u2019oreiller.Quant au rythme respiratoire, il devient alors un peu irrégulier : des pauses légères suivent l\u2019inspiration.La face conserve sa couleur normale ; toutefois, une teinte bleuâtre peut la masquer lorsque le sujet, qui s\u2019agite, retient trop énergiquement sa respiration.Quelle ligne de conduite à adopter, à l\u2019occasion de cet incident qui ne comporte rien de sérieux?Cesser un moment l\u2019anesthésie et donner quelques bouffées d\u2019air.Les yeux étant ouverts, on voit les globes oculaires tourner lentement en chaque direction, surtout sur le plan horizontal.Les pupilles sont larges le plus souvent, avec réae- tion parfaite à la lumière.Au niveau des réflexes conjone- tival et cornéen, que s\u2019est-il passé?Aucun changement : leur vivacité n\u2019a pas diminué.Voici que le patient arrive à la troisième période, que l\u2019on désigne sous le nom de phase chirurgicale.Il y a relà- chement complet des muscles de la vie de relation: le cou n\u2019offre plus de résistance et les membres se laissent choir spontanément sur la civière. L\u2019ANESTHÉSIE GÉNÉRALE 109 La respiration se régularise et s\u2019accuse plus ample.Notez que l\u2019anesthésie à l\u2019éther produit quelquefois une expiration soufflante, très caractéristique.Sur la coloration des téguments, il y a peu à dire.C\u2019est le choix de l\u2019anesthésique qui la fera varier: elle se rapprochera de la normale avec 1\u2019éther et le cyclopropane; elle sera bleutée avec le protoxyde d\u2019azote; elle sera plus pâle avec le chloroforme, associé a 1\u2019éther sous forme de mixture.Les paupières restent fermées.Les globes oculaires regardent en avant, inclinés vers le bas; s\u2019ils deviennent fixes, cela signifie que l\u2019anesthésie est profonde ; s\u2019ils cherchent à « bomber », leur convexité étant plus accentuée, il faut soupçonner un début d\u2019intoxication.La pupille peut présenter divers diamètres; l\u2019injection préalable de morphine a pour effet coutumier de la rétrécir.Le plus important, c\u2019est la présence du réflexe à la lumière.Une pupille à peine dilatée, qui réagit rapidement, ne cause pas de crainte ; une pupille punctiforme, sans réflexe cornéen, révèle par contre une dose trop forte.À quel moment l\u2019état de narcose est-il suffisamment poussé, qu\u2019il permette au chirurgien de procéder à l\u2019intervention ?Négligeant le réflexe conjonctival qui disparaît de bonne heure, l\u2019anesthésiste s\u2019en reporte au réflexe cornéen qui doit être absent ou tout juste présent, sans dilatation pupillaire.Mais est-ce que ce signe repose de toute inquiétude?Si l\u2019incision cutanée ne provoque aucun mouvement de la part du sujet, cela peut marquer un sommeil anesthésique qui convienne dans le cas d\u2019une opération extra-abdominale, non pas pour l\u2019ouverture du péritoine.Le guide le plus sûr, c\u2019est l\u2019effet du trauma, en l\u2019occurence la section de la peau, sur l\u2019ampleur, la fréquence et la régularité de la respiration.Celle-ci, à un degré idéal d\u2019anesthésie, devenant plus profonde et plus rapide, n\u2019est pas troublée dans son rythme. LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Il se trouve des circonstances qui exigent une dose très grande d\u2019anesthésique, là où, comme dans la dilatation anale, il doit y avoir abolition des réflexes végétatifs ; on atteint presque la limite où les frontières du sommeil et de la mort se touchent l\u2019une et l\u2019autre.Un petit moyen, qui a sa valeur, est le réflexe de la peau.L\u2019index presse le lobule de l\u2019oreille; à cet endroit, qui blanchit, parce que le sang a fui les capillaires, le retour plus ou moins vif de la coloration à la normale indique un bon ou mauvais état circulatoire.Aussi recom- mande-t-on la prise de la tension artérielle au cours d\u2019une longue et laborieuse intervention ; c\u2019est une façon de corroborer ou d\u2019infirmer l\u2019impression subjective du réflexe tégumentaire.Le pouls, à l\u2019artère radiale ou temporale, constitue un autre point de repère.Si les pulsations ralentissent au voisinage de 50 à la minute, c\u2019est l\u2019indice d\u2019une dose exagérée.Si les pulsations, accompagnées d\u2019extra-systoles, dépassent en fréquence 110 à la minute, le myocarde déjà ressent une certaine fatigue.En ce cas, l\u2019on compte pour une excellente mesure de prophylaxie l\u2019administration d\u2019un sérum physiologique soit salé, soit glucosé (1000ce).Puisque le caractère d\u2019être passager appartient à l\u2019anesthésie, aussitôt l\u2019opération terminée, il paraît avantageux de rendre au patient ses réflexes oculaires, grâce à l\u2019introduction d\u2019oxygène dans les voies aériennes supérieures ; cette ventilation pulmonaire hâte l\u2019élimination du narcotique hors du torrent sanguin; l\u2019organisme en demeure moins longtemps imprégné.Cela atténue les vomissements, prévient les complications organiques, permet un réveil plus prompt et plus calme.Je résume succinctement les accidents de la narcose.Le plus dangereux, c\u2019est la syncope.Quels en sont les prodromes?La pupille se dilate et ne réagit plus à la lumière ; L\u2019ANESTHÉSIE GÉNÉRALE 111 les pulsations sont faibles ou imperceptibles; la respiration devient accélérée et superficielle, puis cesse soudainement.Je serai bref à propos de la syncope primitive ou blanche, d\u2019origine réflexe.Au seuil de l\u2019anesthésie, une dose paradoxalement infime, surtout de chloroforme, déclenche sans cyanose un arrêt brusque et fatal du cœur par la voie du nerf laryngé dont l\u2019influx va toucher le bulbe qui inhibe le pneumogastrique.En quoi consiste la syncope secondaire ou automatique?À la fin de la première période, on a intensifié les doses que le courant circulatoire a transportées d\u2019une facon massive jusqu\u2019à la région bulbaire.L\u2019alarme est grave.C\u2019est le cas, par exemple, d\u2019un sujet agité, qui crispe les mâchoires et fait de violents efforts inspiratoires.Il se cyanose ; tout à coup, il pâlit et n\u2019a plus aucun mouvement.Le cœur fléchit parce qu\u2019il est malade, souffrant de myocardite ou de sclérose coronarienne, et que sur le passage du canal respiratoire se rencontre une obstruction partielle due à un trouble fonctionnel ou organique.Est-il besoin de citer la syncope tertiaire?On l\u2019attribue à une surcharge d\u2019anesthésique amenant l\u2019intoxication graduelle et totale de l\u2019organisme.La teinte bleuâtre, qui s\u2019observe aux lèvres et à la face, montre une insuffisance définitive du ventricule droit.Quelle est la thérapeutique du collapsus cardiaque?Sous une forme schématique, en voici les points essentiels : suspendre à l\u2019instant toute anesthésie, assurer le libre jeu des voies respiratoires, donner à la tête une position déclive, pratiquer sans délai la respiration artificielle En même temps, l\u2019on aura recours aux stimulants comme l\u2019huile camphrée, la coramine, la strychnine, l\u2019éphédrine ; ces deux dernières substances, associés à l\u2019injection d\u2019un sérum isotonique, possèdent une efficacité parfois étonnante. 112 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Quelques mots seulement de la syncope bleue: un état d\u2019asphyxie non mécanique, appelée anoxémie.Elle désigne une atteinte du centre respiratoire, avec conservation fonctionnelle du centre cardiaque.Encore ici, la respiration artificielle aura tôt fait de rétablir toutes choses dans l\u2019ordre.Pour clore ce chapitre, je signalerai l\u2019asphyxie mécanique qui peut, au demeurant, avoir des causes multiples.Tantôt, c\u2019est un serrement excessif et prolongé des mâchoires l\u2019une sur l\u2019autre, alors que les fosses nasales offrent un obstacle comme une déviation de la cloison ou des queues de cornet.Tantôt c\u2019est un spasme des adducteurs des cordes vocales ; l\u2019un des symptômes révélateurs de ce phénomène, susceptible de gravité, est le « stridor laryngé ».Celui- ci serait la conséquence de mucosités de la bouche ou du pharynx qui, inspirées, vont se loger près de la glotte; parfois, sans qu\u2019il y ait sécrétions, il résulterait d\u2019une dilatation utérine ou anale ou bien d\u2019une dose intensive de narcotique durant la première phase de l\u2019anesthésie.Souvent, il arrive, au cours d\u2019une opération dans le nez ou dans la cavité buccale, que le sang est capable de se frayer un chemin jusqu\u2019au larynx; cela crée une obstruction plus ou moins sérieuse.D\u2019autres fois, quand les muscles massé- térins sont absolument relâchés, la base de la langue recouvre l\u2019épiglotte ; ce qui n\u2019est pas sans rétrécir le calibre du tractus respiratoire.Enfin, l\u2019on peut avoir affaire à une tumeur, comme un goître plongeant, ou encore à une inflammation profonde du cou, exerçant une pression continue sur la trachée.En termes de conclusion, l\u2019on peut dire que l\u2019anesthésie est un art autant qu\u2019une science; elle requiert beaucoup d\u2019étude et un entraînement de chaque jour. LA THROMBOSE CORONARIENNE LA THROMBOSE CORONARIENNE ET SES SYMPTÔMES Par RODRIGUE LEFEBVRE Assistant au service de Médecine de l\u2019Hôtel-Dieu Il y a actuellement une maladie à la mode qui est, plus souvent qu\u2019à son tour, à l\u2019ordre du jour dans les revues médicales et qui n\u2019a pas fini de faire parler d\u2019elle: je veux dire la thrombose coronarienne.Bien qu\u2019il reste encore beaucoup de points obscurs à éclaircir dans cette question, elle ne se classe pas moins \u2014 par ce qu\u2019on en connaît maintenant \u2014 parmi les plus importantes et les plus intéressantes de la cardiologie moderne.La symptomatologie de la thrombose coronarienne est parfois d\u2019une richesse extrême, quoique d\u2019autres fois elle se perde dans un syndrome d\u2019insuffisance cardiaque assez banale.On sait même que, si l\u2019obstruction coronarienne et l\u2019infractus qui en est la conséquence se développent lentement et si le coeur n\u2019a pas à travailler fort, les symptômes peuvent faire complètement défaut, même quand des zones musculaires étendues sont lésées et que les deux coronaires sont bloquées.Ils ne sont pas rares toutefois les cas où l\u2019on peut en faire un diagnostic sûr en se basant sur les seuls symptômes cliniques.Dans le but de rafraîchir nos souvenirs, nous allons faire la revue des symptômes tant cliniques qu\u2019électrocar- diographiques de l\u2019obstruction coronarienne.Dans une étude sur l\u2019infarctus du myocarde, Donzelot partage en 2 groupes les symptômes cliniques de l\u2019infarctus à type angineux: les signes essentiels et les signes accessoires.Cette division est commode et, semble-t-il, plus facile à retenir ; c\u2019est pour cette raison que nous l\u2019adopterons dans l\u2019exposé qui va suivre.Après quoi nous relaterons l\u2019his- 114 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU toire d\u2019une malade qui fut intéressante parce qu\u2019elle présenta tous les signes typiques de l\u2019infaretus myocardique, en plus d\u2019une grande variété de troubles rythmiques que l\u2019électrocardiogramme a mis en évidence.\u2014 Comme signes essentiels, nous devons décrire a) La douleur: semblable à celle de l\u2019angor pectoris, constrictive ou déchirante, mais souvent persistante, pouvant durer des heures et même des jours.Cette douleur très vive d\u2019ordinaire peut être d\u2019une intensité telle que le malade tombe dans une angoisse extrême et sent sa mort prochaine.Elle siège derrière le sternum ou à l\u2019épigastre et irradie dans les bras, le dos, le cou, les mâchoires, l\u2019abdomen, par conséquent hors des limites habituellement observées dans l\u2019angine de poitrine.Elle survient le jour ou la nuit, soit dans le calme le plus complet, soit à l\u2019effort, soit à la suite d\u2019une surprise, d\u2019une émotion ou d\u2019un excès quelconque.L\u2019effondrement de la pression artérielle, qui survient au début ou quelques heures après le début de la crise et qui porte toujours à la fois sur la maxima et la minima.Il s\u2019accompagne souvent des signes du collapsus cardio- vasculaire : pouls rapide et petit, pâleur et cyanose, teint livide, « cendré », sueurs profuses.c) La fièvre, qui apparaît le lendemain, à 100° ou 101° et qui dure ainsi quelques jours avant de descendre en lysis.Elle va de pair avec une hyperleucocytose de 12000 à 25000 globules blancs et une polvnucléose à 80%.Cette élévation de température tient vraisemblablement à la résorption des albumines élaborées au niveau de l\u2019infare- tus même.Le frottement péricardique.Celui-ci n\u2019apparaît d\u2019habitude que vers le 3ème ou 4ème jour et seulement dans 12 à 15% des cas; on l\u2019entend sur une petite étendue de l\u2019aire LA THROMBOSE CORONARIENNE 115 précordiale et sa fugacité est caractéristique.Il traduit le développement de l\u2019infarctus au voisinage du péricarde.\u2014 Viennent ensuite les signes accessoires : a) Les troubles cardiaques.Le coeur est rapide et ses bruits sont lointains et assourdis: le ler bruit à la pointe est souvent extrêmement faible.Le galop est fréquent.On peut constater une arythmie extra-systolique ou une arythmie complète, mais le flutter auriculaire est plutôt rare; parfois il y a tachycardie paroxystique ou bradycardie par dissociation auriculo-ventriculaire.Bref, toutes les sortes d\u2019arythmie peuvent y être observées.b) Les troubles gastro-intestinaux, avec nausées et vomissements et parfois diarrhée.Il peut arriver que la distension abdominale fasse croire à un ventre chirurgical, à une obstruction intestinale, par exemple, et commande des interventions qui s\u2019avèrent déplorables.c) Les troubles pulmonaires.La dyspnée peut être brusquement intense et forcer le malade à se tenir assis.La respiration de Cheynes-Stokes n\u2019est pas rare.Quelquefois, on assiste à une véritable crise d\u2019oedème aigu du poumon avec crachats abondants, mousseux et rosés.En général, on constate seulement de la congestion oedémateuse des bases pulmonaires se manifestant par des râles fins disséminés.Voilà, en résumé, cet ensemble de signes cliniques si importants qui permettent souvent à eux seuls de porter un diagnostic précis de thrombose coronarienne.Cependant, sans vouloir diminuer la valeur exceptionnelle de la clinique en pareil cas, il faut bien avouer que, dans de nombreuses occasions, l\u2019électrocardrographme prend le pas sur elle et se révèle incontestablement supérieure.Il 116 LE JOURNAL DE L\u2019'HOTEL-DIEU y en aurait long à dire sur les différentes formes cliniques de l\u2019obstruction coronarienne : car tantôt c\u2019est la crise angi- néuse qui fait complètement défaut; tantôt le symptôme dominant est une douleur épigastrique très intense avec vomissements qui fait penser à une cholécystite aiguë, à une perforation duodénale ou gastrique, ou à une pancréatite hémorragique ; tantôt enfin, on est tout simplement en présence d\u2019une complication embolique au cerveau sans qu\u2019il existe le moindre symptôme cardiaque.La clinique est fréquemment impuissante à nous renseigner alors, et ce n\u2019est que par l\u2019électrocardiogramme que nous pouvons être mis sur la piste.L\u2019examen électrique a pris une importance capitale dans le diagnostic de l\u2019obstruction coronarienne depuis que Her- irck, Smith et surtout Pardee ont décrit des signes qui sont, je ne dirais pas pathognomoniques, mais indiscutablement d\u2019une grande valeur.Nous allons les passer rapidement en revue.La première transformation qui s\u2019opère dans le tracé électrique après l\u2019occlusion d\u2019une coronaire intéresse l\u2019espace ST.Ce segment se déplace au-dessus ou au-dessous de la ligne isoélectrique en partant d\u2019un point quelconque de la branche descendante de R ou de la branche montante de S; autrement dit, il se fait une dénivellation positive ou négative de ST.Dans l\u2019angor pectoris ou dans la péricar- dite aiguë, il y a aussi une dénivellation, mais elle est concordante dans les trois dérivations classiques; tandis que dans la thrombose coronarienne, il y a discordance, c\u2019est-à- dire que la dénivellation n\u2019a pas la même direction dans les trois dérivations.L'apparition de cette modification peut se faire une ou deux heures après l\u2019infarctus ou bien être retardée jusqu\u2019au 3ème jour; d\u2019autre part, elle peut persister deux ou trois semaines, selon l\u2019étendue plus ou moins considérable de l\u2019infarctus et selon l\u2019habileté des collatérales à rétablir une circulation convenable. LA THROMBOSE CORONARIENNE 117 Le second signe, et le plus important, à apparaître est la déformation de l\u2019onde T.Cette onde, qui est normalement positive, s\u2019écrase sur elle-même, s\u2019invagine et se tourne à l\u2019envers, dans les cas où la dénivellation de ST est positive ; elle devient profonde et, avec son sommet pointu, elle donne l\u2019aspect d\u2019un V aigu dont les bords sont éversés.Au contraire, quand la dénivellation de ST est négative, il se développe une onde T positive, mais ample et très pointue.L\u2019ensemble de telles modifications de ST et T constitue l\u2019onde coronarienne de Pardee.Celle-ci peut apparaître 24 heures après l\u2019infarctus; mais, d\u2019ordinaire, elle se voit entre le 5ème et le 12ème jour.Nous passons sous silence l\u2019onde T « en dôme » de Par- dee, qui n\u2019est qu\u2019une forte exagération de l\u2019onde coronarienne ci-haut décrite et qui a pour caractérisque d\u2019englober tout l\u2019espace ST et une grande partie de la branche descendante de R ou de la branche ascendante de S, selon que QRS est positif ou négatif.C\u2019est un signe précoce qui apparaît avant le 3ème jour et qui est remplacé par l\u2019onde coronarienne.Nous croyons que, en réalité, elle n\u2019est pas aussi fréquente qu\u2019on l\u2019a dit ni si facile à saisir au moment propice.Nous passons aussi sous silence les essais de diagnostic de localisation qu\u2019on tente de faire en tenant compte de la dérivation où se trouvent les anomalies combinées de ST et T; ce sont des essais intéressants et souvent utiles, mais l\u2019étude de ces accidents ne doit pas entrer dans cette courte revue.De même, nous négligeons de parler des atypies de QRS qui accompagnent fréquemment les anomalies de T et de ST au cours de l\u2019infarctus du myocarde.Ces considérations étant faites sur la symptomatologie clinique et électrique de la thrombose coronarienne, nous allons rapporter une observation d\u2019infarctus du coeur dont l\u2019intérêt réside dans la richesse du tableau symptomatolo- gique et dans la labilité des troubles rythmiques associés. LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU OBSERVATION : Mime O.P.âgée de 65 ans, ordinairement bien portante, a été prise subitement, à son lever, d\u2019une violente douleur précordiale et rétro-sternale, qui irradiait dans le cou, le dos et les épaules.Cette douleur d\u2019une intensité extrême était persistante, tenace et empêchait tout sommeil.Après 2 jours de souffrances, la malade est transportée à l\u2019hôpital où elle reçoit des injections calmantes qui arrêtent la crise pendant de longues heures.En l\u2019interrogeant, on apprend que, en aucun moment depuis le début de sa maladie, elle n\u2019a présenté de nausées ou vomissements.Cependant, elle souligne que, 2 ans auparavant, on aurait observé chez elle une pression artérielle élevée ; c\u2019est le seul antécédent pathologique qu\u2019on peut relever.Elle n\u2019accuse pas d\u2019habitude de dypsnée d\u2019effort, ni d\u2019oedème malléolaire, ni de troubles digestifs ou pulmonaires.À l\u2019examen du coeur, on note des extra-systoles seulement.Il n\u2019y a pas de souffle valvulaire, ni bruit de galop, ni frottement péricardique.Le pouls est à 112 à la minute et la P.A.est de 112/80.Les bases pulmonaires sont le siège de petits râles congestifs et le foie est gros et sensible à la pression.Lors de ce premier séjour de la malade à l\u2019Hôtel-Dieu, il n\u2019a pas été pris d\u2019électrocardiogramme.Une constante d\u2019Ambard faite au bout de 10 jours, alors que la malade allait beaucoup mieux, donna un chiffre de 0.224.Le B.W.était négatif et l\u2019urée sanguine à 0 gr.50.On porta le diag- nostie clinique d\u2019infarctus cardiaque chez une néphritique.L\u2019évolution vers un état de santé satisfaisant se fit sans incident.Les douleurs thoraciques réapparurent à différents intervalles, mais atténuées, durant les deux premiers jours et un état subfébrile persista durant 4 jours.Deuxième séjour à l\u2019hôpital.Quatre mois plus tard, la même malade nous revient avec des douleurs de même caractère qui irradient surtout dans le dos.Cette fois, son facies est plus pâle et plus angoissé, ses lèvres sont cyanosées. LA THROMBOSE CORONARIENNE 119 L\u2019examen du coeur est plus intéressant, car 1l nous révèle un bruit de galop qu\u2019une tachycardie à 172 ne réussit pas à masquer.La pression est tombée à 100/80.Le foie est toujours augmenté de volume et toujours douloureux à la pression.L\u2019azotémie est d\u2019abord à 1gr.45, puis revient à 0 gr.350 alors que la glveémie est à 1 gr.44 et la constante à 0.282.Un examen cyvtologique du sang met en évidence une hyperleucocytose de 13135 globules blancs.Au bout de trois jours, la malade se sent améliorée ; le pouls est revenu à 84, le bruit du galop est moins intense et on entend quelques extra-systoles isolées et d\u2019autres en salves.Un frottement péricardique s\u2019entend assez nettement dans la région infundibulaire.La pression est remontée à 138/86.\u2014 Puis, le galop ne devient plus qu\u2019une ébauche de galop pour, enfin, disparaître définitivement.Il ne reste plus que les extra-systoles.L\u2019état de notre malade s\u2019améliore considérablement quand, soudain, un matin, elle présente tous les signes d\u2019un glaucôme aigu de l\u2019oeil droit, pour lequel elle est traitée activement.La veille, un électro a été fait et a montré une onde coronarienne de Pardee assez typique (voir tracé 1); nous soupçonnons un infaretus de la paroi postérieure.Finalement, la malade, se sentant beaucoup mieux, décide de quitter l\u2019hôpital après y avoir passé deux mois.SRELE 3 ur es LME 0 BLAS RR HD IIA EE EN OE SEE ECE CE LEE ETAT TEBE RE EE PES PP PS D OV * = \"a ec Tr Yar daintio ve di hema 200 hha LBM RS EDEL.AA (REDE FES SENSE 00 0 0 ADS \u201cRN END USE EEE mm = Tracé 1l Onde coronarienne de Pardee: T négatif, espace ST dénivelé et incurvé. 120 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Un second tracé (voir tracé 2), pris avant le départ, montre encore l\u2019onde coronarienne de Pardee, mais beaucoup plus typique, et des extra-systoles ventriculaires ; les complexes ventriculaires initiaux, qui étaient normaux au ler tracé, font place à des complexes aberrants.Tracé 2 En D!, complexes ventriculaires normaux dont chacun est suivi d\u2019une extra-systole ventriculaire (bigéminisme).Puis, complexes ventriculaires aberrants, donnant l\u2019aspect d\u2019un bloc intra-ventriculaire, En D2, atypie de QRS avec onde coronarienne de Pardee typique.L\u2019auscultation révele un souffle systolique net à la pointe, témoin sans doute d\u2019un certain degré de dilatation ventriculaire. LA THROMBOSE CORONARIENNE 121 Troisième séjour à l\u2019hôpital.\u2014 À la fin du même mois, notre malade revient dans le service pour une indigestion aiguë.La veille, elle a ressenti subitement des douleurs au creux épigastrique et au niveau de l\u2019estomac, douleurs accompagnées de vomissements.En même temps, elle s\u2019est sentie très faible, effondrée et son coeur a commencé de battre à vive allure.Les parents, craignant la répétition des crises précédentes, avaient hospitalisé la malade d\u2019urgence.A l\u2019examen, on la trouve dans l\u2019angoisse ; son facies, de teinte jaune cuivré, est abattu.Au coeur, les battements s\u2019inscrivent à près de 215 à la minute ; il n\u2019y a pas de souffle, mais on entend un rythme à trois temps au-dessus de la pointe.À la base et dans la région mésocardique, il semble exister un frottement assez rude aux deux temps, mais plus net au moment des systoles.La pression artérielle est difficile à prendre: aux environs de 84 mm., on entend quelques bruits qu\u2019on peut rapporter à la pression maxima, mais il est impossible de percevoir la minima.Les bases pulmonaires sont congestionnées et le foie est un peu douloureux.Les extrémités sont froides et cyanosées.Connaissant déjà très bien la malade, il nous était facile de diagnostiquer une thrombose coronarienne à symptomatologie gastro-intestinale ; en plus, à cause de la tachycardie paroxystique, nous étions naturellement porté à placer le siège de l\u2019infarctus dans le voisinage du septum.L\u2019électro que nous avons fait à ce moment nous indiqua une tachycardie paroxystique ventriculaire, qui avait presque l\u2019aspeet du flutter ventriculaire et qui était de très mauvais augure (voir tracé 3).| 122 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Tracé 3 Tachycardie paroxystique ventriculaire, ayant presque l\u2019aspect d\u2019un flutter ventriculaire.Quarante-huit heures après son entrée, la malade présentait encore son bruit de galop et son frottement péricar- dique ; celui-ci ne disparut d\u2019ailleurs que la 4ème journée.Le 6ème jour, elle est très affaissée et tout à fait incons- cliente.Nous faisons un autre électro qui nous donne cette fois un tracé assez difficile à interpréter et qui peut bien représenter une tachycardie paroxystique ventriculaire ou une tachycardie paroxystique infra-nodale a complexes aberrants (voir tracé 4).Tracé 4 Tachycardie paroxystique ventriculaire ou tachycardie paroxystique infranodale a complexes aberrants, UNERNEEE VINE THERE vt oy om hi pel LEE L LE] RENEE ERREARARRR ERE, aildiaiain ARR alli LA THROMBOSE CORONARIENNE 123 Le lendemain, elle parait assez consciente.La tachycardie s\u2019est atténuée, mais le bruit de galop persiste.On remarque des suffusions hémorragiques au menton, une parotidite a droite.L\u2019haleine est fortement acétonique.Nous prenons encore un tracé électrique et nous sommes tres surpris de constater que les complexes ventriculaires ont une forme normale; il existe un flutter auriculaire à 2/1 et de nombreuses extra-systoles (voir tracé 5).Il ne fait pas de doute que ce tracé ne rend pas compte de l\u2019état de profonde déchéance où se trouve la malade, car celle-ci ne tarde pas à succomber le même jour, malgré un traitement très actif.Tracé 5 Flutter auriculaire à 2/1.Complexes ventriculaires initiaux de forme normale.Extra-systole ventriculaire (R\u2019).À l\u2019autopsie, le coeur était augmenté de volume surtout dans sa portion ventriculaire gauche qui apparaissait comme un boudin accolé à la masse cardiaque.Il y avait une symphyse du péricarde sur la face antérieure et 100 c.c.de liquide citrin dans le péricarde.Le rapport de la nécropsie, signé par le Dr J.-L.Riopelle, se lit comme suit : Début d\u2019ectasie de la pointe du ventriculaire gauche.À ce niveau, grosses lésions de thrombose endocardique en voie d\u2019organisation.Mvocarde morcelé et, en grande partie, 124 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU détruit par d\u2019innombrables cicatrices stellaires confluentes (en toute vraisemblance, cicatrices d\u2019infarctus multiples de la pointe).Région postérieure de la cloison interventriculaire et pilier postérieur gauche : Myocarde morcelé par des travées et des foyers scléreux.Multiples micro-infarctus anémiques récents.Autre prélèvement (cloison interventriculaire, région postérieure) : Etat grillagé en foyers des fibres du myocarde.COMMENTAIRES.Cet exposé n\u2019a eu pour but que de rappeler modestement la symptomatologie d\u2019un syndrome souvent rencontré aujourd\u2019hui.Comme illustration à cette revue, nous avons rapporté le cas d\u2019une malade qui a présenté tous les signes cliniques, essentiels et accessoires, qu\u2019on voudrait pouvoir observer toujours dans une thrombose coronarienne ; le diagnostic clinique a été confirmé à la fois par des tracés électrocardiographiques très variés et par un examen nécropsique qui a mis en évidence des lésions intéressant les coronaires droite et gauche.Cette observation a montré une fois de plus que, s\u2019il existe de nombreux cas d\u2019infarctus du myocarde à formes frustes, 1l en est d\u2019autres dont le tableau clinique est tellement chargé que toute erreur diagnostique devient pratiquement impossible. LE NOUVEAU SERVICE D\u2019ÉLECTRO-RADIOLOGIE 125 LE NOUVEAU SERVICE D\u2019ÉLECTRORADIOLOGIE Ouverture officielle LE 9 MARS 1939 Répondant à l\u2019invitation des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, du Bureau Médical et des Chefs de Service, des Docteurs C.-A.Langlois et Albert Jutras, un groupe imposant de médecins et d\u2019autres personnalités assistait à l\u2019inauguration officielle du service modernisé de radiologie et d\u2019électricité médicale de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal, le jeudi 9 mars dernier, à 9 heures du soir.La séance était présidée conjointement par le Docteur Pierre-Paul Gauthier, Président du Bureau Médical et par le Professeur Oscar Mercier, Président du Bureau Exéeu- tif.Les Révérendes Soeurs Rivard, Allard et Robert représentaient les Religieuses Hospitalières; le Professeur et Doyen Albert LeSage, la Faculté de Médecine de l\u2019Université de Montréal; les échevins Jean-Marie Savignac, Eugène Durocher et le Docteur Zénon LeSage, l\u2019autorité civile.Le Docteur Gauthier, le premier orateur, prononca l\u2019alloeution suivante : TEXTE DU DISCOURS DU DOCTEUR GAUTHIER L\u2019un des plus vieux hôpitaux d\u2019Amérique est très heureux ce soir de vous souhaiter la plus cordiale bienvenue par ma voix, à titre de président du Bureau Médical, à l\u2019occasion de la réorganisation de notre département de radiographie, dont le directeur vient de prendre sa retraite.Grâce au dévouement inlassable des dames Religieuses et à la collaboration des médecins, notre hôpital, qui bien- 126 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU tôt fêtera son tricentenaire, n\u2019a rien négligé dans le domaine scientifique, tout en traitant ses malades avec la plus grande charité.Depuis de nombreuses années, notre hôpital possède des laboratoires de chimie, d\u2019anatomie-pathologique et de bactériologie qui n\u2019ont rien à envier aux autres institutions de ce genre.Les laboratoires de radiothérapie et radiographie sont ensuite apparus et ont brillé, grâce aux activités des docteurs Deslages et Pariseau.Dans l\u2019histoire de ce département, restera gravé en lettres d\u2019or, le nom du docteur Léo Pariseau, qui hier encore, était avec nous, et que son état de santé oblige à nous quitter.L\u2019éclat qui entoure son nom, la sympathie qui illumine sa figure, l\u2019enthousiasme qui le caractérise, ont fait rejaillir sur notre institution, des bienfaits et un lustre que nous nous faisons aujourd\u2019hui un devoir de signaler.Le département va done continuer de dispenser ses services à notre hôpital, grâce à deux confrères: messieurs les docteurs Langlois et Jutras.Actif, très accueillant, le docteur Langlois, avec son humilité coutumière, nous apporte ses quelque vingt années d\u2019expérience et de travail inlassable, garant d\u2019un avenir prometteur.Le docteur Jutras, notre nouveau collègue dans cette maison, n\u2019en est pas le moindre : de grande école, puisqu\u2019il nous vient de Paris, de New York, où 1l a travaillé il n\u2019y a que quelques années.Il nous apporte les données nouvelles de la science qui va à grand pas dans ce domaine.Je lui laisserai le soin de vous dire la valeur et l\u2019application des appareils nouveaux de son département dont il assume toute la responsabilité avec le docteur Langlois.Monsieur Jutras, je vous cède la parole \u2026. LE NOUVEAU SERVICE DDELECTRO-RADIOLOGIE 127 RESUME DE LA CONFERENCE DU DOCTEUR JUTRAS Dans l\u2019art sublime de soigner les malades, les continuatrices de l\u2019oeuvre de Jeanne-Mance, n\u2019ont jamais cédé leur priorité.Les Religieuses Hospitalières de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal ont toujours su consentir, en temps opportun, aux sacrifices exigés par le progrès.Aujourd\u2019hui encore, trois siècles de traditions glorieuses ne les empêchent pas de tenir compte des réalités présentes et de voir loin dans l\u2019avenir.Comme chacun sait, le projet d\u2019un pavillon pour commémorer le tricentenaire de l\u2019Hôtel-Dieu et célébrer le nom de sa fondatrice est en pleine gestation.Le Service d\u2019Elec- tro-Radiologie entre dans le plan du nouvel édifice.Néanmoins, avec une admirable générosité et une juste compréhension des besoins immédiats, les Religieuses viennent de rénover le matériel de radiologie et d\u2019électricité médicale de cette institution.Avant tout, nous devons considérer notre réunion de ce soir comme un témoignage de gratitude à l\u2019adresse de nos Soeurs pour cet effort à maintenir la brillante réputation de l\u2019Hôtel-Dieu en général et du Service d\u2019Electro- Radiologie en particulier.I] ne s\u2019agit pas, vous pensez bien, de pure vanité.Vous savez l\u2019influence de l\u2019électricité et des radiations dans toutes les branches de la science médicale.En septembre 1937, quarante-deux ans à peine après la découverte de Roentgen, le grand chirurgien Charles Mayo reconnaissait à la radiologie le droit d\u2019égalité avec la médecine et la chirurgie, formant avec celle-ci le trépied fondamental de notre défense contre la maladie.Chaque fois que les physiciens et les industriels ont apporté des améliorations techniques, les radiologistes ont pu étendre leur puissance de diagnostic et de traitement.Les progrès les plus notables se sont accomplis au cours des vingt dernières années.Si bien que les appareils, dont 128 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU nous venons d\u2019abandonner l\u2019usage, se trouvaient surannés.Ils avaient pourtant représenté, à l\u2019époque, c\u2019est-à-dire vers 1920, le dernier cri du genre.Maniés par le Docteur Léo Pariseau, ils ont rendu célèbre en notre pays et à l\u2019étranger le Service d\u2019Electro-Radiologie de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.Icr, le Docteur Jutras fait un bel éloge de son prédécesseur.Celui-ci ne veut pas le laisser imprimer.M.Pariseau étant encore l\u2019un des propriétaires du Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, ses désirs sont des ordres quand il s\u2019agit de lui.\u2014 La Rédaction.Dans ses grandes lignes, le plan de modernisation du Service comportait l\u2019acquisition d\u2019un poste de radiothérapie profonde, d\u2019un poste de radiodiagnostic général a grande puissance, d\u2019un appareil de diathermie à ondes courtes, de même que la transformation des postes de radiographie chirurgicale et de stéréographie cardio-pulmonaire.Les facteurs dominants du choix des appareils furent protection, puissance, précision et rapidité d\u2019exécution.La protection contre les accidents électriques proprement dits et contre les rayons X eux-mêmes se trouve réalisée d\u2019une façon aussi parfaite que pratique.Les premières pages de l\u2019histoire de la radiologie resteront à jamais assombries par la mort prématurée de nombreux savants.Les uns furent électrocutés; d\u2019autres succombèrent à des anémies spéciales ; d\u2019autres encore durent subir des amputations multiples et mourir quand même du concer des rayons X.I] faut savoir en effet que les rayons qui tuent le cancer peuvent aussi le produire chez les personnes trop longtemps exposées à leur action.Derrière la phalange des pionniers héroïques qui ont perdu leur vie à la tâche, suit la légion non moins tragique et glorieuse des mutilés.Pour citer des exemples tout près de nous, saluons avec respect le nom de nos maîtres Pariseau et Laquerrière. LE NOUVEAU SERVICE D\u2019ELECTRO-RADIOLOGIE 129 Sur tous nos appareils, les câbles conducteurs de haute tension électrique sont enveloppés de substance isolante et couverts d\u2019une gaine métallique elle-même reliée à la terre.Non seulement les câbles, mais l\u2019installation entière met les opérateurs et les malades à l\u2019abri de tout danger d\u2019électrocution par la mise a la terre de chaque morceau de métal susceptible d\u2019électrification.La protection contre les rayons X n\u2019a pas été moins étudiée.Les rayons directs ne sortent jamais que par une petite fenêtre, dans une cupule par ailleurs hermétique et plombée de toutes parts.Au poste de traitement, le manipulateur se trouve en outre protégé par un mur de plomb.Sur les appareils à diagnostic, la protection est forcément moins absolue, mais elle demeure néanmoins très efficace.Puissance, précision et facilité de manoeuvre, chacun de ces désidérata a été pleinement satisfait aussi bien à l\u2019égard des appareils de diagnostic que pour ceux des traitements.Le principal poste de diagnostic est alimenté par un générateur à quatre valves rectificatrices (hénotrons) qui peut fournir jusqu\u2019à 500 milliampères sur des tensions variables de 45,000 à 115,000 volts.Ce générateur à grande intensité alimente trois tubes à anode tournante d\u2019une construction robuste et dont l\u2019emploi n\u2019admet aucune restriction contrairement à la plupart des autres ampoules du même genre.Ces tubes à anticathode rotative, possédant la supériorité de soutenir des charges électriques extrêmement élevées sur une surface équivalent à un foyer très fin, permettant ainsi la radiographie des organes internes au quarantième et même ou soixantième de seconde.Ces expositions brèves sur des viscères animés de mouvements autonomes fournissent des images d\u2019une définition sans pareille et conséquemment d\u2019une haute valeur clinique. 130 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Un des trois tubes à anode tournante se trouve sur l\u2019appareil pour la stéréoradiographie à grande distance des poumons et du coeur.Les autres sont adaptés à la table basculante.Celle-ci réunit trop de qualités pour qu\u2019il soit possible d\u2019insister sur chacune d\u2019elles.Son mérite suprême est d\u2019être munie de l\u2019explorateur du Professeur Albrecht, le sélecteur idéal de nos temps modernes pour employer l\u2019expression d\u2019un critique parisien.Il permet avec ou sans grille mobile, les radiographie sélectives et en série de toutes dimensions et selon la compression voulue.Il porte un écran superastral carré, lequel mesure 14 pouces de côtés.La luminosité de cet écran est telle qu\u2019avec relativement très peu de rayons, on y voit les organes avec une netteté presque égale à celle des films.Muni d\u2019un tablier de caoutchouc opaque, d\u2019un petit panneau métallique derrière lequel logent toutes les manettes de commande et d\u2019un verre très riche en plomb, il assure une heureuse protection au manipulateur.Qui désire se conformer aux dernières exigences de la radiologie des voies digestives, trouve dans ce dispositif d\u2019un usage universel, les moyens techniques de se tirer d\u2019embarras en toute occasion.Le pupitre de commande offre lui aussi une série d\u2019avantages exclusifs.Bornons-nous à mentionner le tableau des techniques standardisées grâce auquel, par le simple déplacement d\u2019une fiche, on change le courant et la ventilation d\u2019une ampoule à une autre avec réglage automatique de l\u2019intensité.Le second poste de radiodiagnostic est constitué de l\u2019un de nos anciens générateurs adapté à un système S'hock-Proof et X-Ray-Proof et à une table métallique plaquée de boie sous laquelle glisse un antidiffuseur à grille plate.Cette table se prête avec une extrême facilité de manoeuvre à toutes les radiographies en position horizontale et pour lesquelles les temps de pose ne descendent pas au-dessous de la demi-seconde.Comme complément aux LE NOUVEAU SERVICE D\u2019ÉLECTRO-RADIOLOGIE 131 deux grands postes de radiodiagnostic, nous avons un fluoroscope orthodiagraphique et un petit appareil transportable entièrement protégé et destiné aux examens dans les chambres des malades et dans les salles d\u2019opération.Un poste de radiothérapie profonde représente une des plus importantes, sinon la principale des améliorations.Non seulement les rayons X offrent des moyens d\u2019identifier les maladies, mais peuvent en guérir ou en pallier un bon nombre.Les applications curatives de la radiologie s\u2019étendent de jour en jour.La destruction de certains can- gers n\u2019est ni la moindre ni la seule de ses possibilités.Il y a peu de chapitres dans la médecine d\u2019aujourd\u2019hui où les radiations ne soient mentionnées comme agent thérapeutique de valeur.Celles-ci trouvent des indications de plus en plus précises dans beaucoup de maladies de peau, du sang, des glandes à sécrétions internes, du système nerveux, des viscères, etc.Le scepticisme et le mystère qui s\u2019attachaient autrefois à cette méthode de traitement se dissipent avec rapidité.Les progrès de l\u2019outillage contribuent pour une très large part, à l\u2019expansion de la radiothérapie.Notre nouvel appareil synthétise en quelque sorte les derniers perfectionnements: il fournit un courant continu et constant qui peut atteindre jusqu\u2019à 230,000 volts et son intensité ordinaire est de 15 milliampères, ce qui représente un débit extraordinaire de radiations ; il met le radiologiste et ses aides entièrement à l\u2019abri des accidents électriques et radiologiques; il présente une flexibilité mécanique sans égale et son système de contrôle protège contre les fausses manoeuvres.La crainte des surdoses et de certaines altérations de la \u201c peau poursuit encore une foule de radiologistes et livre des armes aux adversaires de la radiothérapie.Une telle hantise 132 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU en incitant à rester du côté sûr, a souvent enlevé aux malades leur dernière chance de vivre.Nous possédons un instrument de mesure qui indique et totalise avec précision la dose administrée évitant ainsi de donner trop ou trop peu.Parmi les grandes modes médicales de ces dernières années figurent ce que Monsieur Tout-le-monde appelle les ondes courtes.Il s\u2019agit de l\u2019échauffement du corps humain par des ondes en tous points semblables à celles de la radiophonie.La différence avec l\u2019ancienne diatherme tient au nombre des oscillations.Pour parler d\u2019ondes courtes, il faut que la fréquence des oscillations soit supérieure à 10 millions par seconde, c\u2019est-à-dire d\u2019une longueur d\u2019onde de 30 mètres ou moins.Notre appareil à lampe donne des ondes de 6 mètres avec une puissance de 300 watts, le patient dans le circuit.Produire de la chaleur dans les profondeurs de l\u2019organisme était un des buts les plus recherchés depuis l\u2019antiquité.Désormais, ceci s\u2019effectue sans risque de brûlure et avec la plus grande facilité technique.Les plus heureux effets se font surtout sentir dans les maladies inflammatoires aiguës ou chroniques de toute région et de tout tissu.Comme autre addition intéressante, signalons le gas- troscope flexible de Wolf-Schindler.Cet instrument permet de voir directement dans l\u2019estomac en passant pas l\u2019oesophage et sans trop de difficulté.On s\u2019étonnera sans doute qu\u2019un radiologiste pratique cette forme d\u2019endoscopie.L\u2019idée de m\u2019initier a ce procédé m\u2019était venue pour contrôler personnellement mes constatations radiologiques.On a pensé que mon expérience acquise auprès du Professeur Gendreau dont je me plais à reconnaître l\u2019heureuse influence sur ma carrière, pourrait servir à mes collègues de l\u2019Hôtel-Dieu en attendant que d\u2019autres, après entraînement nécessaire, continuent ce travail. LE NOUVEAU SERVICE D'ELECTRO-RADIOLOGIE 133 Ces explications forcément sommaires ne donnent qu\u2019une pâle idée des progrès qui viennent de s\u2019accomplir dans le Service d\u2019électricité et de radiologie de l\u2019Hôtel-Dieu.La vue des choses peut seule suppléer à l\u2019insuffisance des mots et des images.Puissiez-vous emporter, en dédommagement de votre bienveillance, la pensée que les Religieuses de cette Maison, après trois siècles de fidélité et selon les rites changeants de la science, répètent sans cesse, et toujours avec la même grâce, le geste de la charité qui éclaire et qui guérit.Des nombreuses projechons complètent cet exposé lui- même suivi d\u2019une allocution par le Professeur Mercier.Il insista sur le fait que les hôpitaux d\u2019aujourd\u2019hui ne sont pas ce qu\u2019ils étaient autrefois.La qualité du service médical dépend beaucoup de la coopération des laboratoires.Il appartient aux pouvoirs publics de mettre les secours de la science à la portée de tous sans surcharger le budget des hôpitaux.Invité à dire quelques mots le Professeur Albert Le- Sage, Doyen de la Faculté de Médecine, exprime des compliments plein d\u2019esprit aux religieuses de l\u2019Hôtel-Dieu sur l\u2019organisation de leur hôpital et de leurs laboratoires.Il souligne la participation de l\u2019Hôtel-Dieu à l\u2019oeuvre universitaire.La modernisation du Service d\u2019Electro-radiologie portera profit à l\u2019Université de Montréal.M.Eugène Durocher exprima son admiration et celle du public montréalais à l\u2019égard de l\u2019Hôtel-Dieu.Il parla aussi de son amitié pour les docteurs Pariseau et Jutras et dit qu\u2019il contribuerait de son mieux à faire accepter les vues du Docteur Mercier.Sous la conduite des deux chefs de service, on procéda ensuite à la visite du département où fut offert un vin d\u2019honneur.La RÉDACTION. 134 LE JOURNAL \u2018DE \u2018 L\u2019'HÔTEL-DIEU HONNEUR À L\u2019UN DES NÔTRES Monsieur le Professeur Oscar MErcrer, titulaire de la chaire d\u2019Urologie à l\u2019Université de Montréal, ira professer en mai prochain, à l\u2019Université de Philadelphie, à la demande de cette Université.NOMINATIONS M.le Docteur Gérarn Garon a été nommé assistant à titre hospitalier dans le service de médecine.Monsieur le Docteur RorLanD PELLERIN a été nommé bénévole dans le service d\u2019oto-rhino-laryngo-ophtalmologie.Monsieur le Docteur Euvcène PrLLETIER a été nommé bénévole dans le service de chirurgie dentaire.CONFÉRENCES PUBLIQUES Monsieur le Docteur Lucren RroPELLE, sous les auspices de l\u2019Acfas, Société de Biologie, Université de Montréal, le 23 mars 1939 : Les bases morphologiques d\u2019une classification phy- sw0-pathologique des amémies.Monsieur le Docteur Gérarp GossELIN, sous les auspices de l\u2019Acfas, Société de Biologie, Université de Montréal, le 16 mars 1939 : La physiologie du sang. CHRONIQUE 135 THE FOURTH MEETING OF THE Montreal Ophtalmological Society Has been held at the HOTEL-DIEU HOSPITAL On Thursday, April 13th, at 8.30 p.m.Contribution AU CONGRÈS DE LA CANADIAN MEDICAL ASSOCIATION Annual meeting \u2014 Montreal 19-23 juin 1939 Monsieur le Docteur Léo PArISEAU : Le Docteur Pierre de Sales Laterrière pris à son propre piège.(Section de l\u2019histoire de la médecine).Monsieur le Professeur J.-R.Pepin: L\u2019obésité.\u2014 Quelques conceptions étrologiques et modalités thérapeutiques.(Section de la médecine).Monsieur le Professeur Oscar MERCIER: Surgical treatment of the traumatic structure of the urethra.(Section d\u2019Urologie).Monsieur le Professeur Agrégé François BADEAUX: Keratitis bullosa et keratitis vesicularis.(Section d\u2019ophtalmologie). LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU ASSEMBLÉE SCIENTIFIQUE DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL TENUE À L\u2019HOTEL-DIEU LE 18 AVRIL 1939 Présidence : Monsieur le Professeur Oscar MERCIER (en remplacement du Docteur Georges Mignault).BIENVENUE offerte par Monsieur le Docteur Pierre-PAuL GAUTHIER, Monsieur le Docteur RopricuE LEFEBVRE : À propos d\u2019un cas d\u2019arythmie cardiaque avec bloc total transitoire.\u2014 Clichés électro-cardiographiques.Monsieur le Docteur Pavur Poirier: Dermatoses usuelles.\u2014 Présentation de trois malades avec leur photographie et leur moulage.Monsieur le Docteur Gaston GOSSELIN : L\u2019alimenitation et les besoins journaliers en vitamines.Monsieur le Professeur agrégé L.pe G.JOUBERT: Les signes extra-ocularres dans les anomalies de la réfraction.Monsieur le Docteur CHARLES NADEAU: L\u2019examen de l\u2019endocrinien.\u2014 À propos de deux cas d\u2019insuffisance ovarienne et pituitaire.\u2014 Présentation de malades.Monsieur le Professeur Dowarp À.HrNGsTON : Considérations sur le diagnostic du cancer par l\u2019examen du culot de centrifugation.Un assortiment complet de LIVRES MÉDICAUX ET SCIENTIFIQUES, comportant les dernières éditions et les ouvrages les plus récents en provenance des Editeurs suivants: F.Alcan - J.B.Baillière & Fils - G.Dion & Cie - Expansion Scientifique Française - Gauthier Villars - A.Legrand N.Maloine - YVigot Frères - Masson & Cie se trouve chez J.EDDÉ Limitée, Edifice New Birks.\u2014 MONTREAL © Ce un fait bien connu qu\u2019à dose thérapeutique l\u2019alcool est un antipyrétique et un stimulant diffusible.II est surtout indiqué chez les alcooliques atteints d\u2019une affection aiguë, dans les infections à forme adynamique avec asthénie cardiaque et dans la pneumonie.Dans les cas où le médecin jugera nécessaire d\u2019administrer l\u2019alcool sous forme d\u2019eau-de-vie, le COGNAC MONNET se recommande particulièrement à son choix.Le médecin est assuré de prescrire alors un produit vraiment supérieur.v I NOS ANNONCEURS v SOUTIENNENT VOTRE JOURNAL SOUTENEZ NOS ANNONCEURS A PAR VOS ACHATS Il LIMITEE Emile Carrière, O.D.Adrien Senécal, CARRIERE & SENÉCAL Optométristes-Opticiens à Hôtel-Dieu 271 RUE SAINTE-CATHERINE EST, MONTREAL Tél.LAncaster 2211-2212 Spécialités: Ajustement des yeux artificiels Prescriptions de MM.les Oculistes remplies avec soin.=>-\u2014-\u2014-\u2014\u2014\u2014-\u2014 En É ex ; ave i HYD CL, \u201d x ; % CALCITHÉRAPIE 17 GLUCOCHAUX MEURICE\u2019 (GLUCONATE CALCIQUE) TABLETTES \u2014 GRANULES SUCRES UNION CHIMIQUE BELGE S.A.REPRESENTANT POUR LE CANADA DIVISION PRODUITS G.GRAVET, 431, RUE DE MALINE PHARMACEUTIQUES \"MEURICE\u201d MONTREAL.\u2014 TELEPH.PLATEAU 70C Glucochaus EEE MM.Les Médecins : C\u2019est le printemps qui s'amène et il est temps que vous songiez à renouveler certains complets et vêtements.que chez LECHASSEUR Ltée, ce dont vous avez besoin pour posséder une garde-robe bien garnie.Il vous sera certes très difficile, de trouver mieux Que ce soient des souliers \u2014 bas \u2014 chapeaux \u2014 chemises \u2014paletôts ou vêtements, LECHASSEUR Limitée saura satisfaire tous vos goûts.NM Lechasseur, limitée Concessionnaires des célèbres vêtements Fashion-Craft de fabrication canadienne-française.NAP.LECHASSEUR, Président PYRIDIUM procure un soulagement sûr et rapide dans le traitement des infections génito- urinaires (cystite, pyélite [pyélonéphrite], prostatite et uréthrite), sans e la surveillance du pH urinaire (Phenylaz TPE VTT Ter e le contrôle du laboratoire pour la toxicité ( , A Pyridine Mono-Hydrochloride e régime spécial e médication adjuvante pour le résultat de ses effets thérapeutiques.Des extraits de la littérature publiée depuis une décade seront envoyés sur demande.MERCK & CO.LTD.- Fabricants Chimistes - MONTRÉAL, P.Q "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.