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Titre :
Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal
Éditeur :
  • [Montréal, Québec] :[Hôtel-Dieu de Montréal],1932-1947
Contenu spécifique :
Mai-Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
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Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1940, Collections de BAnQ.

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[" LE JOURNAL de | L\u2019HOTEL-DIEU DE MONTRÉAL | hr] i?MAI-JUIN 1940 TIRAGE CERTIFIÉ : 2350 EXEMPLAIRES SOMMAIRE du No 3 Mai-juin 1940 1ère section : OPHTALMOLOGIE Pages FRANCOIS BADEAUX : Un cas d\u2019hémorragies récidivantes de la rétine des sujets jeunes \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 137 L.de G.JOUBERT : Epithélioma du limbe scléro-ç cornéen \u2026 .152 CHARLES MATHIEU : Plastique palpébrale .\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 156 HECTOR DUBUC : Dermoïde du limbe .160 ROLAND LAPOINTE et FRANÇOIS BADEAUX: Décollement rétinien familial spontané idiopathique \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 162 FRANÇOIS HENRY : Le fond de l\u2019oeil dans la leucémie \u2026 \u2026 169 2ème section : MÉDECINE J.-ROMEO PEPIN, RENE DANDURAND et ROLAND DUS- SAULT : Quelques aspects de la thérapeutique actuelle par les sulfamidés .\u2026 173 CHARLES NADEAU : Néphrose lipoidique 04 © 191 GÉRARD POUPART : Fréquence des troubles cardiaques chez les sujets qui se présentent pour des troubles pulmonaires .197 Nominations \u2014 Nouvelles \u2026 .204 Tonique nervin, sédatif, anti-névritique Facteur d\u2019équilibre fonctionnel du systéme nerveux sympathique.Neurophyl B Formule : Vitamine B 1 500 unités intern.Aubépine, Passiflore, Valériane .45 grs 2.9 Methylarsinate de Sodium .1/16 gr.0.004 Glycerophosphate de Calcium .8 grs 0.518 Glycerophosphate de Sodium .16 grs 1.03 ® Glycerophosphate de Manganese 1 gr.0.065 e Glycerophosphate de Quinine \u2026 .1, gr.0.033 Diastases protéolytiques .q.s.q.s.Véhicule non alcoolique ad .1 once 30 gr.Mode d\u2019emploi : Une ou deux cuillerées a thé, trois ou quatre fois par jour.LABORATOIRE NADEAU LIMITEE MONTREAL RÉDIGER son TESTAMENT est la chose la plus importante de la vie.AVEZ-VOUS PENSÉ AU VOTRE?CONSULTEZ- NOUS Société d'Administration et de Fiducie Administratrice et fiduciaire 5 EST, RUE ST-JACQUES - MONTRÉAL (Immeuble Crédit Foncier Franco-Canadien) - Téléphone : PLateau 3821 AGENCES: QUÉBEC - WINNIPEG - RÉGINA - EDMONTON - VANCOUVER ETHER ror || pour Anesthésie De la plus haute qualité possible, telle qu'employée par les principaux hôpitaux à travers l'Amérique.MALLINCKRODT CHEMICAL WORKS, LIMITED 378, RUE SAINT-PAUL OUEST MONTRÉAL > eut II EPHYNAL \u201cROCHE\u201d PUISSANCE BACTÉRICIDE \u2018DETTOL\u2019 doit d\u2019être employé de plus en plus au fait qu\u2019il est non toxique, qu\u2019il n\u2019irrite pas les tissus humains et qu\u2019il unit à la propreté une haute puissance bactéricide.\u2018DETTOL\u2019 possède une grande force de pénétration et peut être utilisé à des doses effectives sans causer le moindre ennui.C\u2019est là un avantage marqué sur les antiseptiques phénoliques et crésyliques.*DETTOL\u2019 conserve sa haute puissance bactéricide en présence du sang et autre matière organique.Une solution à 2% détruit rapidement les streptocoques hémolytiques et les colibacilles, même en présence du pus.\u2018DETTOL\u2019 est un antiseptique liquide propre, limpide, non toxique et d\u2019une odeur très agréable.Echantillons et tous renseignements sur simple demande.Reckitt & Colman (Canada) Limited, Service des produits pharmaceutiques, 1000, rue Amherst, Montréal, P.Q.\u2018DETTOL\u2019 Pantiseptique moderne \u2014 non toxique \u2014\u2014\u2014\u2014 a VITAMINE E pure, synthétique, stabilisée, la première sur le marché HOFFMANN - LA ROCHE LIMITÉE, Littérature ou échantillons sur demande du médecine En flacons de 30 comprimés Prédispositions à avorter ou dosés à 3 mgm.d'acétate à accoucher avant terme.de dl-a-tocophérol Maladies neuro-musculaires Posologie : ] à 2 comprimés d'Ephynal \u2018Roche \u2019\u2019 par jour et plus MONTRÉAL III Be } Inn RECONSTITUANT 4 I ES 27 ax 3) of M \u2014 10 53 nn wise mg eg WET x : 3 be sf oi TTR êtes En re EE = Gu AR don GA Ww qe 3 es, i raat di, es Fo ko TN cilclomoln - $ LA Edo d Gluconate de Chaux soluble assimilable.Indications : Rachitisme-Rhumatisme-Polyarthrite-Hémoptysies-Pleurésies.Echantillons sur demande ANGLO-FRENCH DRUG CIE.MONTRÉAL IV Un nouveau traitement de [ Allergie à base ph ysiologique ELON certains travaux récents, on , CONCEPTION THEORIQUE constate chez beaucoup de personnes DE L'ALLERGIE allergiques une série de réactions | ayant pour objet de libérer de l\u2019histamine, | do oo ANTIGÈNE + ANTICORPS lorsque ces individus sont mis en contact PROTÉIQUES avec une substance étrangère capable de déclencher une sensibilité spécifique.HISTIDINE DESTRUCTION .+ .) CELLULAIRE Cette mise en liberté d\u2019histamine peut étre générale ou localisée; elle est en tout HISTAMINE HISTAMINE cas à l\u2019origine de beaucoup de symptomes ï | généraux et de certaines manifestations SIGNES DE L\u2019ALLERGIE locales.L\u2019action de l\u2019histamine peut être neutralisée par une préparation active d\u2019histaminase.Il ressort d\u2019expérience nombreuses et d\u2019observations cliniques que le Torantil, administré à dose adéquate, est d\u2019un grand soulagement dans beaucoup de cas d\u2019urticaire, de dermatite allergique, d\u2019hypersensibilité médicamenteuse, sérique ou à certains agents physiques.On a également rapporté des résultats favorables dans certains cas d\u2019asthme et de rhinite vaso-motrice.Une circulaire expliquant les avantages de Torantil sera adressée sur demande.PRÉSENTATION : Les comprimés de 5 unités chacune sont en flacons de 50.Une unité est la quantité nécessaire pour neutraliser 1] mg.de chlorhydrate d'histamine durant une incubation a 37.5° pendant 24 heures.Marque déposée .au Canada et aux E.-U.d\u2019A.PRODUIT BIOLOGIQUE PUISSANT ET STABLE WINTHROP CHEMICAL COMPANY, INC.Préparations pharmaceutiques supérieures à l'usage du médecin.Administration et Laboratoires à WINDSOR, ONT.Bureaux à la disposition de MM.les Médecins: IMMEUBLE DOMINION SQUARE, MONTRÉAL, P.Q.Vv Acide déhydrocholique \u2014 Dépourvu de toute toxicité.Le MÉDICAMENT de la CELLULE HÉPATIQUE CHOLÉRÉTIQUE DÉSINTOXICANT INDICATIONS : insuffisances hépathiques \u2014 Hépatites \u2014 Ictères \u2014 Urticaire et Intoxication d\u2019origine digestive.PRÉSENTATIONS : Tube de 20 comprimés Flacon de 100 comprimés Boîte de 6 ampoules LABORATOIRES POULENC | F R È RES Du CANADA, LTÉE 204, Place Youville \u2014 Montréal Essayez L\u2019Ohio CYCLOPROPANE Dans les NOUVEAUX CYLINDRES FINIS CHROMÉS.Environ 40% plus léger, ces nouveaux cylindres réduiront considérablement les frais de transport.Ils sont expédiés dans de légères boîtes contenant un, deux ou quatre cylindres chacun.Quand les cylindres seront vides, ils pourront être retournés dans ces mêmes boîtes, suffisamment cachetées.Ecrivez-nous pour nos prix et pour de plus amples renseignements.COMPAGNIE D\u2019OXYGÈNE DU CANADA Succursale de I'\u201cOhio Chemical & Mfg.Company\u201d 2549 ouest, rue Saint-Jacques - Montréal, Qué.Téléphone: Wilbank 1728 VI La Gonado-Stimuline du lobe antérieur de I'hypophyse 3 une concentration trés élevée est aujourd'Bui Ja disposition du médecin qui rechercheffune puissante activation des fonctions ovariennes ou testiculaires.Cette Vu US gonadotrppe de haute concentra- TR ELE LE CGS SPECIALE et se présente en flacons-ampoules de 5 cc.Chaque cc.contient 100 unités Fevold-Hysaw.La PREPHYSIN de concentra- Ta ES Wu Pi quatre ans, à une RL LLY Yl x ae ring Fevold- Hysaw.\u2019 Elle d° batt A en flacons-ampaules LRT ne dis ce.rT AC La PREPHYSIN: Acgd.Med.prs SE Endd®rine pe 21 7A Je 8 3°LUS AMPLES INFORMATIONS bY A ATETEACOMPANY § 2 7.YTV (I 7.W SPRINGS, N.Y.SOCIETE D\u2019EXPANSION PHARMACEUTIQUE INC.917, RUE CHERRIER - MONTREAL | Il doit être EFFECTIF, SUR et PORTATIF © Ce sont ces qualités que l'hôpital de la mission Nootka exigeait d\u2019un appareil de Rayons X et le Modèle F-3 de G.E.fut choisi parce qu'il les possédait toutes.La facilité de manipulation et l'efficacité étaient les facteurs importants.L'hôpital, situé à Ceepeecee, endroit isolé sur la côte ouest de l'île de Vancouver, Colombie Anglaise, et à plusieurs milles du continent, dessert une population de 1500 habitants qui sont dispersés sur la côte longue de 100 milles.La plupart de ces gens exercent un métier rude \u2014 mineurs, pêcheurs, bûcherons, ouvriers d'usines \u2014 et les accidents sont nombreux et fréquents.Il fallait, à tout prix, un appareil sûr et solidement construit.La distance entre le continent et Ceepeecee est grande et le voyage difficile.Les bateaux des Postes le font tous les 10 jours.Le personnel de l'hôpital Nootka exigèrent donc un appareil sur lequel on pouvait compter et qui offrait les meilleurs garanties d'endurance, de solidité et de sûreté et le modèle F-3 s'avéra capable de satisfaire toutes ces exigences.Il fallait en plus un appareil portatif car le transport dans l'Île de Vancouver soulève un problème difficile.Il n'y a pas de routes dans le territoire desservi par cet hôpital et le transport se fait par bateau ou par avion, ce dernier exigeant un minimum de poids et d'espace pour le bagage.A tout médecin éloigné d'un centre radiologique et qui a besoin d'un appareil de Rayons X, sûr, efficace et portatif, G.E.fait la suggestion suivante: avant de ne faire aucune demande, informez- vous des avantages multiples du modèle F-3 de G.E.Pour de plus amples renseignements et pour avoir une démonstration du fonctionnement de l'appareil, adressez-vous au Dépt.A23.VICTOR X-RAY CORPORATION of CANADA, Ltd.DISTRIBUTORS FOR GENERAL BLECTEC «RAY CORPORANON TORONTO: JO Bloor Sr, W.= VANCOUVER.Motor Troms.Bldg.570 Dunsmuir St.MONTREAL 600 Medical Arti Budding + WINNIPEG Medical Arts Buiding VIII . Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal Le Journal de l'Hôtel-Dieu est un journal médical rédigé en collaboration.Les auteurs des articles restent seuls responsables des opinions émises sous leur signature.Numéro 3 Mai-juin 1940 lère SECTION OPHTALMOLOGIE UN CAS D\u2019HÉMORRAGIES RÉCIDIVANTES DE LA RÉTINE DES SUJETS JEUNES !' Par FRANÇOIS BADEAUX, Chef du service d\u2019ophtalmologie de l\u2019Hôtel-Dieu.Conseillons en commençant au lecteur qui veut se renseigner sur la question des hémorragies récidivantes de la rétine des sujets jeunes, la lecture du très intéressant rapport de P.Jeandelize et de P.-L.Drouet paru dans le nouveau Traité d\u2019ophtalmologie publié chez Masson en 1939.En 1911, Axenfeld et Stock ont attribué les hémorragies récidivantes du vitré et la périphlébite rétinienne des jeunes gens à la tuberculose.Après eux, plusieurs auteurs se rattachèrent à cette hypothèse, tels: Gilbert, Rollet, Pagani, Young, Wurz, Bonnet et Panfique, Koby.En 1930 Axenfeld revint à la charge plus convaineu que jamais de l\u2019étiologie tuberculose.En 1935, Von Hippel, tout en admettant la possibilité de plusieurs autres causes, 1 Communication présentée à la Société d\u2019Ophtalmologie de Montréal, à sa séance du 11 avril 1940, tenue à l\u2019Hôtel-Dieu. 138 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU croit que dans la plus forte proportion, nous devons penser à une étiologie tuberculeuse.Kobott partage cette dernière opinion.La théorie d\u2019Axenfeld eut dès 1932 un adversaire en Marchesani qui chercha à trouver dans les hémorragies Planche no 1 \u2014 Oeil droit Période d\u2019état (image renversée), octobre 1939, récidivantes de la rétine des sujets jeunes une localisation spéciale de la maladie de Buerger, c\u2019est-à-dire à la thrombo- angéite oblitérante. UN CAS D\u2019'HÉMORRAGIES RÉCIDIVANTES.139 En Allemagne principalement, on étudiait les lésions vasculaires des hémorragies récidivantes ; ailleurs, surtout en France, la question de l\u2019influence des glandes endocrines était débattue.Les auteurs qui abordèrent la question furent de Lapersonne, Angelucci, Moissonnier, Zentmayer, Jackson, Bertein, Chams, Rollet, Richard et Jeandelize, Jean Sedan, Arloing et Raybaud, Valois, Drouet et Lemoine.Quelques auteurs, tels Vialet, Wagenmann et Weber, attribuèrent ces hémorragies à des troubles du sang.D\u2019autres, tels Panas, Moissonnier, Dor, Finnoff et Bailliart, erurent à un foyer infectieux à distance.Si nous résumons ces diverses hypothèses nous arrivons au tableau clinique de Jeandelize et Drouet.1° Les hémorragies récidivantes par périphlébite tuberculeuse.2° Les hémorragies récidivantes par angiopathies rétiniennes (thrombo-angéite oblitérante).Les hémorragies récidivantes par maladies du sang.4° Les hémorragies récidivantes par infections diverses.5° Les hémorragies récidivantes par troubles endocriniens.OBSERVATION.En octobre 1939, D.se présente à nous adressé de Lévis par notre confrère le Dr Tardif.Le début des troubles accusés par D.remontait à février 1939.Elève au collège de Lévis, il nota un beau matin que sa vue se brouillait.C\u2019est ce qui l\u2019amena consulter son médecin.Ce dernier le suivit jusqu\u2019en octobre et nous l\u2019adressa.L\u2019acuité visuelle est de 20/25 à gauche et de 20/30 faible à droite.L\u2019aspect extérieur des yeux ne laisse rien soupçonner.Ce n\u2019est qu\u2019à l\u2019examen du fundus que nous voyons 140 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU combien la vue de ce jeune homme, en apparence très fort, est affectée.Fundus, octobre 1939.Oeil droit (planche 1).La papille est rosée normale avec toutefois une traînée fibrineuse flottant entre les veines inférieures.Uné forte Planche no 2 \u2014 Oeil gauche Période d\u2019état (image renversée), octobre 1939.hémorragie en nappe sur un fond oedémateux dans le secteur nasal supérieur.Deux grosses hémorragies partant du secteur temporal inférieur sur fond oedémateux et fusant UN CAS D'HÉMORRAGIES RÉCIDIVANTES \u2026.141 dans le vitré.Tout près de ce dernier foyer, deux traînées fibrineuses de rétinite proliférante partant d\u2019une veine pour pénétrer dans le vitré.Tout est flou à ce niveau et la mise au fond est presque impossible.À six diamètres papillaires, le long de la veine nasale inférieure, au niveau d\u2019une bifurcation veineuse, un foyer ancien de chorio-rétinite apigmen- tée avec migration pigmentaire à 2 diamètres papillaires de ce foyer.Quelques hémorragies en ratures, récentes, péri- papillaires, le long de la veine temporale inférieure.Les veines sont un peu dilatées, quelques-unes sinueuses.Dans le secteur maculaire une demi-étoile exsudative avec une zone oblique de légers exsudats blancs jaunatres situés dans le secteur temporal inférieur.Oeil gauche (planche 2).Image renversée.Mêmes lésions que celles que nous avons vues dans l\u2019oeil droit, mais ici à un stade plus avancé (cicatrisation).La papille est rosée sans aucune lésion.Les veines sont volumineuses, deux branches veineuses dans le secteur temporal supérieur sont moniliformes.Une branche veineuse partant de la veine temporale inférieure est complètement throm- bosée.Ce n\u2019est plus qu\u2019un ruban blanc filiforme.Au commencement de ce ruban et en son milieu deux foyers apig- mentés de chorio-rétinite ancienne.Quelques hémorragies en parties résorbées d\u2019un rouge brun oceupent le secteur temporal.Une forte hémorragie en boudin dans le secteur nasal inférieur ballotte dans le vitré.Oedème rétinien dans le secteur nasal rétinien avëè nombreuses traînées de rétinite proliférante.À ce niveau la mise au point sur la rétine est très difficile, on devine plus qu\u2019on ne voit les branches veineuses tortueuses.Tout près de la papille, ici encore, une zone oblique de petits exsudats blanes jaunâtres occupent le secteur nasal.La macula est libre, c\u2019est ce qui explique l\u2019excellente vision de cet oeil. 142 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Le malade prétend que des troubles visuels se manifestèrent d\u2019abord dans son oeil gauche.Le Docteur Tardif, qui l\u2019observa de février à octobre 1939, vit les hémorragies se succéder dans les deux yeux.Nous avions sûrement affaire ici à des hémorragies récidivantes de la rétine chez un sujet jeune.Restait à en préciser l\u2019origine pour instituer un traitement logique.Nous confidmes notre patient au Dr Dandurand pour un rapport complet de 1\u2019état général.Antécédents héréditaires : père et mère en bonne santé, un frère tuberculeux.Antécédents personnels: rougeole et scarlatine à 6 ans.Le malade, âgé de 18 ans, mesurant près de six pieds, pesant environ 175 livres, semble en excellente santé.Toutefois, 11 se couche à 9 heures au collège, pour se lever vers 2 heures du matin avec un pressant besoin d\u2019uriner.La miction est normale comme quantité.Examen objectif.Poumons \u2014 rien sauf peut-être un hile douteux qu\u2019une radiographie montre normal.Tuberculo-réaction positive.Membres, abdomen: rien a noter.Nez, gorge, dents, oreilles: rien a noter.Coeur (Dr R.Lefebvre) \u2014 Une légère augmentation de volume du ventricule gauche.L\u2019aorte de calibre un peu augmenté mais par ailleurs normale.P.A.140/60, un peu élevée pour un si jeune homme.Après immersion du bras dans l\u2019eau glacée la pression monte à 155/60.Examens du sang.B.W.\u2014 négatif.Kahn \u2014 négatif.Jacobstal \u2014 négatif.Fixation du complément pour la tuberculose \u2014 négative. UN CAS D\u2019'HÉMORRAGIES RÉCIDIVANTES .\u2026.143 Temps de saignement: 1 minute 20 sec.Temps de coagulation: 9 minutes 44 sec.(lent).La rétractilité du caillot est compléte apres 3 heures.Résistance globulaire: globules rouges normaux.Calcémie : 10.5 mgr.°/o (normale).Phosphatémie : 6.2 mgr % (trop).Phosphatose: 1.5 mgr % (normale).Cholestérinémie (8 nov.1939): 0.gr.68 °/,,.Cholestérinémie (10 nov.1939): 1 gr.12 °/,,.Créatinémie: 19 mgr °/, (trop).Glycémie: 0 gr.95 °/00- Azotémie: 0 gr.450 °/,,.Van Slyke est abaissé.Maximum clearance = 55.Standard clearance = 32.Constante d\u2019Ambard: 0.109.Métabolisme basal = \u2014 12.Numération globulaire (4 nov.1939): hém.75%, gl.r.92,000,000, gl.bl.8,800, v.glob.0.75.Formule leucocytaire: poly n.61%, polv eosin.14%, poly baso 1%, lym.20%, gr.m.4%.Numération globulaire du 8 nov.1939: hém.80%, gl.r.9,620,000, gl.bl.7,600, v.glob.0.71.Formule leucocytaire du 8 nov 1939: poly n.62%, poly eosin.9%, poly boso 1%, lym.22%, gr.mono 6%.Analyse d\u2019urines.Albumine : traces.Glucose : absence. LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Le dépôt du culot que nous avons injecté au cobaye après longue centrifugation n\u2019a pas donné de résultat positif au point de vue Koch.Analyse des selles: rien.CONCLUSIONS Notre malade présente une pression artérielle un peu élevée et un foie paresseux.Un régime de désintoxication est institué.Essayons maintenant à l\u2019aide du tableau clinique de Jeandelize et Drouet de classer notre cas.1° La tuberculose.Le fond de l\u2019oeil présente aux deux yeux des lésions vasculaires ne touchant que les veines.Le calibre des veines est augmenté et présente en certains endroits un aspect moniliforme.En plus quelques veines sont thrombosées.D\u2019après Axenfeld, si les lésions n\u2019atteignent que les veines nous devons penser à la tuberculose.De plus nous avons quelques lésions discrètes apigmentées de chorio- rétinite avec un B.W.négatif et aucun foyer infectieux à distance décelable.Ces lésions sont situées sur le trajet des veines.Il faut supposer que l\u2019infection vasculaire est la même que celle de la chorio-rétine.Von Hippel n\u2019est pas aussi catégorique qu\u2019Axenfeld.Voici ce qu\u2019il dit: «Il est certain, que dans tous les cas d\u2019hémorragies récidivantes de la rétine des sujets jeunes, on ne trouve pas de lésions absolument caractéristiques de la tuberculose, UN CAS D'HÉMORRAGIES RÉCIDIVANTES.145 mais dans une forte proportion 1] y a lieu de maintenir l\u2019étiologie tuberculeuse.Il est vraiment peu probable que dans les veux où l\u2019on rencontre d\u2019une façon indiscutable des lésions tuberculeuses, il y ait un autre processus vasculaire qui détermine ces lésions ».Prenant Marchesoni à part quant à la maladie de Buer- ger, 1l continue: « Les lésions que l\u2019on rencontre dans les vaisseaux rétiniens, qu\u2019ils soient entièrement ou partiellement bouchés, correspondent à celles que l\u2019on a décrites sous le nom de thrombose de la veine centrale de la rétine.Comme on ne possède que rarement des cas tout à fait frais, il serait évidemment osé d\u2019en inférer de l\u2019état des lésions primitives.Le petit calibre des veines, de même que l\u2019amincissement de la paroi, font qu\u2019il est difficile de faire une distinction entre une périphlébite, une phlébite ou bien une endangite.Comme les veines rétiniennes n\u2019ont pas d\u2019enveloppe lymphatique, le processus inflammatoire commence toujours dans le tissu situé en dehors de l\u2019endothélium là où des centres nourriciers représentent l\u2019endroit des véritables vaisseaux lymphatiques.Dans les processus tuberculeux anciens, par exemple au niveau des poumons, on rencontre fréquemment de l\u2019obstruction vasculaire dans le voisinage de foyers tuberculeux.» Notons chez notre malade que la branche veineuse thrombosée présente le long de son trajet deux foyers de chorio-rétinite discrets apigmentés que nous pouvons par leur apparence rattacher à la tuberculose.Les poumons ne présentent rien de cliniquement décelable.L\u2019intra-dermo- réaction est positive mais par contre la fixation du complément à l\u2019antigène méthylique est négative.Nous verrons plus loin que le traitement antituberculeux institué peut par son évolution curative appuver l\u2019étiologie tuberculeuse. 146 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU 2° La thrombo-angéite oblitéramte de Buerger.Il n\u2019y a chez notre malade aucun trouble trophique, c\u2019est-à-dire pas d\u2019amyotrophie, pas de chute des poils, pas de friabilité des ongles, aucune sécheresse de la peau.Aucun stigmate sanguin, c\u2019est-à-dire pas d\u2019hypercoa- gubilité, pas de polyglobulie, pas de diminution du temps de saignement, pas d\u2019hyperviscosité, pas d\u2019hyperglycémie, pas d\u2019hypercholestérinémie.3° Les maladies du sang.La numération globulaire et la formule leucocytaire sont normales.Le temps de saignement et de coagulation n\u2019indique rien de spécial.4° Les foyers infectieux à distance.Aucun n\u2019est cliniquement décelable.5° Les troubles endocriniens.-a) La thyroïde \u2014 sensiblement normale.M.B.\u2014 12.b) L\u2019hypophyse \u2014 Le champ visuel ne présente aucun rétrécissement, aucun scotome.Les hormones n\u2019ont pas été recherchées.Les réactions chimiques du sang ne présentent rien en plus ou en moins.c) Les surrénales \u2014 Seule la pression artérielle est un peu élevée.Sans affirmer catégoriquement, car c\u2019est souvent osé en médecine, nous nous arrêtames à l\u2019étiologie tuberculeuse UN CAS D\u2019HEMORRAGIES RECIDIVANTES .147 apyrétique et nous instituames un traitement à l\u2019antigène méthylique dilué de l\u2019Institut Pasteur.Restait un point à éclaircir dans le fundus : la zone des petits exsudats blancs jaunâtres.Nous les avons attribués à l\u2019insuffisance hépatique.Nous pouvons les expliquer par la créatinémie élevée bien que souvent nombre de malades à créatinémie élevée n\u2019en présentent que de très rares dépôts.Cette insuffisance hépatique ne peut-elle pas être elle-même d\u2019origine tuberculeuse?Ce qui se passe dans le tissu chorio- rétinien peut très bien exister dans le parenchyme hépatique.D\u2019autre part, la pression artérielle élevée pour un jeune homme de 18 ans avec mictions nocturnes ne peut-elle pas être aussi attribuée à une atteinte rénale tuberculeuse tout au début.\u2018 Ce malade doit être suivi au point de vue général durant des années.Traitement.En plus du régime de désintoxication hépato-rénale institué par le Dr Dandurand, nous commençâmes un traitement à l\u2019antigène méthylique dilué de l\u2019Institut Pasteur, combiné à l\u2019ingestion per os de gluconate de calcium Sandoz.Nous commencames les injections le 30 décembre 1939.1° Quatre injections de !4 de c.c.A.M.dilué à raison de 2 injections par semaine.2° Puis quatre injections de 4 c.c.A.M.dilué à raison de 2 injections par semaine.Quatre injections de 3% de c.c.A.M.dilué à raison de 2 injections par semaine. 148 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU 4° Depuis le 15 février, le malade recut 2 injections par semaine de 1 c.c.A.M.dilué jusqu\u2019en avril.Planche no 3 \u2014 Oeil droit Période cicatricielle (image renversée), avril 1940.En plus, le malade a pris 3 comprimés par jour de gluconate de calcium Sandoz de janvier au 15 avril.T1 se présente alors de nouveau pour examen du fundus. UN CAS DPHEMORRAGIES RECIDIVANTES.149 La vision de l\u2019oeil droit est de 20/30.La vision de l\u2019oeil gauche est de 20/20.Notre malade lit sans difficulté les plus petits caractères d\u2019imprimerie.Fundus \u2014 Oeil droit (planche 3) image renversée.Deux traînées de rétinite proliférante partant de la papille, une se dirigeant vers la partie supérieure de la rétine, l\u2019autre vers la partie inférieure.Une veine inférieure thrombosée, une veine supérieure aussi thrombosée.À la partie inférieure, un peu de rétinite proliférante attire vers le vitré une branche veineuse.Le long de la branche nasale inférieure de la veine centrale de la rétine, un point de chorio-rétinite ancienne.Dans le quadrant nasal supérieur quelques foyers d\u2019oedème en voie de disparition.Aucune hémorragie visible.Quelques exsudats punctiformes en partie résorbés dans la région maculaire inférieure.L'étoile maculaire est à peine visible.Fn somme, des lésions en voie de cicatrisation.Oeil gauche \u2014 Planche no 4 (image renversée).Papille normale \u2014 macula normale.Veines thrombo- sées : dans le quadrant temporal inférieur une veine avec 5 foyers cicatrisés de chorio-rétinite apigmentée, trois petites hémorragies presque disparues; dans le quadrant nasal supérieur, une veine thrombosée et une traînée de rétinite proliférante.Les veines moniliformes sont disparues dans le secteur temporal.En somme, des lésions à la période cicatricielle.D\u2019avril à juin le malade a continué à recevoir deux injeec- tions par semaine de 1 c.c.d\u2019A.M.dilné sans ingestion de calcium. 150 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Depuis juin aucun traitement et les rétines se maintiennent parfaites.Planche no 4 \u2014 Oeil gauche Période cicatricielle (image renversée), avril 1940.Nous avions pensé cliniquement à une périphlébite tuberculeuse occasionnant des hémorragies récidivantes de la rétine chez un sujet jeune ; nous croyons que notre traitement a prouvé le bien-fondé de cette opinion. UN CAS D\u2019HÉMORRAGIES RÉCIDIVANTES .151 = © © NS oop 9 N HH H ed pe NS ye wh =O 18.BIBLIOGRAPHIE Richard et Jeandelize \u2014 Soc.Opht.Est de la France 1928.Jean Sedan \u2014 Soc.Opht.Est de la France 1928.Pagani \u2014 Bolletino d\u2019oculistica, p.817, 1926.Rollet \u2014 Soc.Opht.Lyon 1929.Bertein et Chams \u2014 Soc.Opht.Lyon 1929.Chs Young \u2014 Am.Journal of Opht.1930, p.125.Arloing et Raybaud \u2014 Soc.Opht.Est de la France 1930.Wurz \u2014 Soc.tchécoslovaque d\u2019Opht.1929.Perez Bufill \u2014 Arch.d\u2019opht.hispano-améric., p.421, 1932.Jesse M.Levit \u2014 Am, Journ.of Opht., p.693, 1933.Valois, Jeandelize, Drouet et Lemoine \u2014 Soc.fran¢.Opht, 1936-1937.Bonnet, Panfique et Sarrazin \u2014 Arch.d\u2019opht., p.849, 1936.A.Ludwig \u2014 Klin.Monat.für Angen.P.Knapp \u2014 Klin.Monat.fiir Angen.Von Hippel \u2014 Graefes Arch.fiir Opht., p.121, 1935, W.Kobott \u2014 Klin.Monat.fiir Angen, p.327, 1935.J.Offret \u2014 Soc.Opht.de Paris 1938.P.Bonnet \u2014 Soc.Opht.de Lyon 1938 19 A.J.Ballantyne \u2014 Brit.Jour.of Opht., p.22, 1937.20.Jeandelize et Drouet \u2014 Traité d\u2019ophtalmologie française 1939 \u2014 Masson, éditeur. 152 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU ÉPITHÉLIOMA DU LIMBE SCLÉRO-CORNÉEN \u2018 Par L.DE G.JOUBERT, Chef du service d\u2019oto-rhino-laryngologie de l\u2019Hôtel-Dieu.C\u2019est grâce à la courtoisie du Docteur E.-P.Grenier, notre radiumthérapeute, qu\u2019il m\u2019est donné de présenter ce cas tout à fait semblable à celui qu\u2019il a rapporté dans le journal de l\u2019Hôtel-Dieu dans son numéro de mai-juin 1939.Histowre de la maladie.Monsieur R.H., agé de 80 ans, a été traité par le Dr Grenier il y a 14 ans pour une tumeur cancéreuse de la mâchoire supérieure du côté gauche.Il y a environ un an et demi le sujet a présenté une petite tumeur sur le côté gauche de la racine du nez.Vous avez aussi remarqué la petite excroissance sur le bord marginal de la paupière inférieure gauche.La tumeur limbique qui fait l\u2019objet de cette communication est apparue vers avril 1939, alors que le patient remarqua l\u2019apparition d\u2019une excroissance de la grosseur d\u2019une grosse tête d\u2019épingle, située sur le limbe scléro- cornéen, à la partie médiane de l\u2019oeil gauche.Il a déjà subi deux opérations (exérèse de la tumeur) par le premier oculiste consulté; la première en mai 1939, la seconde en novembre 1939.En juin 1939, une biopsie fut faite par le Docteur L.-C.Simard (Hôpital Notre-Dame) et qui se lit comme suit: « Epithélioma spino-cellulaire avec globes cornéens ».1! Communication présentée à la Société d\u2019Ophtalmologie de Montréal, à sa séance du 11 avril 1940, tenue à l\u2019Hôtel-Dieu. ÉPITHÉLIOMA DU LIMBE SCLÉRO-CORNÉEN 153 Cependant la tumeur ayant récidivé, le malade est venu consulter le Dr E.P.Grenier.Description de la tumeur : C\u2019est une tumeur d\u2019environ 4 mm.cubes, partant du limbe et empiétant d\u2019un côté sur la cornée et de l\u2019autre sur la conjonctive.Sa coloration est rosée, ayant un aspect framboisé et de consistance dure.Commentaires : Les auteurs nous disent que ces tumeurs, assez rares, se propagent sans toutefois pénétrer ni la cornée ni la sclérotique.La marche de la maladie est plutôt lente, elle peut prendre quelques mois et même plusieurs années avant de recouvrir toute la surface cornéenne.Il arrive parfois que la tumeur pénètre dans le globe oculaire à travers le limbe, bouseulant les lamelles cornéennes ainsi que la membrane de Bowmann.Les ganglions pré-auriculaires et sous-maxillaires sont rarement pris.Diagnostic: Au premier stade le diagnostic différentiel est a faire entre une conjonctivite phlycténulaire, une sclérite, une pin- guécula ou un kyste dermoïde.L\u2019examen microscopique nous dira si nous avons affaire au type spino ou baso-cellulaire ou a quelqu\u2019autre type de cellules non différentiées.D\u2019après Mawas, cité par Mérigot de Tréigny, l\u2019épithé- lioma de la conjonctive peut se diagnostiquer bio-microsco- piquement avec la lampe microscopique.Il prétend que « chaque lobule élémentaire présente un vaisseau capillaire 104 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU montant jusqu\u2019au sommet, puis se recourbant sur lui-même descend jusqu\u2019à la première couche pour enfin s\u2019unir avec un autre lobule élémentaire.Finalement tous les capillaires vont rejoindre une petite artère venant de la conjonctive.» Pronostic: Il est favorable, à la condition que la tumeur soit traitée au premier stade.Traitement : Quelques auteurs, après avoir enlevé la tumeur, appliquent du bleu de méthylène, d\u2019autres se servent du galvano- eautère on du couteau électrique. ÉPITHÉLIOMA DU LIMBE SCLÉRO-CORNÉEN 155 lls sont tous d\u2019avis qu\u2019au cas de pénétration dans le globe oculaire, l\u2019énucléation s\u2019impose.On a fait usage avec succès du radium et le cas rapporté par le Dr Grenier est un de ceux-là.Dernièrement, le 8 juin 1940, le Dr Grenier m\u2019a demandé de faire l\u2019ablation de la tumeur du malade que je rapporte, après que ce dernier eut subi une première application de radium il y a environ un mois.J\u2019ai pu constater que celle-ci avait diminué de moitié, que sa consistance était devenue molle et friable au point que j\u2019ai dû l\u2019enlever à la curette.De plus, fait intéressant, c\u2019est que la tumeur n\u2019était adhérente ni à la cornée, ni à la conjonctive prouvant bien que nous étions en présence d\u2019une tumeur essentiellement limbique. 156 LE JOURNAL DE I\u2019HOTEL-DIEU PLASTIQUE PALPÉBRALE \u2018Par CHARLES MATHIEU Le 8 décembre 1938, l\u2019enfant Lucien G., âgé de 9 ans, est conduit à la consultation de l\u2019Hôtel-Dieu pour un oeil rouge, toujours rempli de pus.Au premier abord, nous voyons une conjonctive palpébrale inférieure et supérieure fortement enflammée, avec granulations par dessus lesquelles se trouve un nuage de sécrétions filantes de même pus.Un grand lavage au sérum a vite fait de libérer la muqueuse.Nous sommes en présence de toute la muqueuse palpébrale; nous nous rendons compte d\u2019une adhérence ou plutôt symphyse (soudure) de la majeure partie de la face interne de la paupière supérieure, région du bord libre à la peau de la région, en dessous du soureil gauche.Cette adhérence tient en éversion complète la paupière ainsi exposée à l\u2019air.La paupière inférieure, sans être en éversion complète par une adhérence au bord sous-orbitaire, est, elle aussi, exposée à l\u2019air.La cornée présente un leucôme la recouvrant près des 34 (voir figure no 1).L\u2019acuité visuelle est réduite à la perception des doigts à 25 cent.du côté nasal seulement et à la perception lumineuse dans les autres segments.A l\u2019oeil droit, nous trouvons une dépression de la paupière inférieure à l\u2019angle externe, mais sans éversion.Vision normale.1 Communication présentée à la Société d\u2019Ophtalmologie de Montréal, à sa séance du 11 avril 1940, tenue à l\u2019Hôtel-Dieu. PLASTIQUE PALPÉBRALE 157 Histoire antérieure : A l\u2019âge de deux ans, l\u2019enfant aurait fait un abcès rétro- oculaire à gauche, lequel aurait été ouvert dans le temps par le médecin de campagne, «ce qu\u2019il n\u2019aurait jamais dû faire », de dire la mère de l\u2019enfant.Au contraire, il a bien fait ; si l\u2019abcès n\u2019avait pas été ouvert, par suite de la traction sur le nerf optique produite par la protusion du globe oculaire en avant, la vision aurait été perdue, par atrophie du nerf optique.Mais ce qui a été mal fait, ce furent bien les traitements post-opératoires et je crois que la seule responsable est bien la mère qui n\u2019a pu se décider à consulter que 7 ans plus tard, craignant d\u2019amener l\u2019enfant à l\u2019hôpital.« Nous autres, nous avons peur de l\u2019hôpital.» L'enfant est hospitalisé et sa conjonctive, nettoyée par des lavages bi-quotidiens au sérum et installations d\u2019argyrol, de néo-sylvol, et badigeonnage au nitrate d\u2019argent à 1%.Le 21 décembre 1938.Première intervention.Après injection de l\u2019analgésique à la région temporale et palpébrale, nous libérons le bord libre de la paupière avec le bistouri; nous traçons la ligne d\u2019incision pour le lambeau temporal de 3 em.par 15 milli.à pédicule inférieur.Le lambeau cutané complet est aminci, dégraissé et par torsion à 90 degrés de son pédicule, est étalé sur la zone palpébrale et fixé par une multitude de points de soie fine, assez rapprochés.Les lèvres du plan temporal sont rapprochées et cousues à la soie.En même temps nous avons décollé la paupière inférieure qui était adhérente au périoste du bord sous-orbitaire simplement par raclage de la zone.Pansement au tulle gras sans compression.Suites opérations normales. 158 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU L\u2019enfant a son congé, mais doit revenir quelques mois plus tard.L\u2019enfant revint le 28 avril 1939.La paupière supérieure s\u2019est bien conservée, elle est un peu épaisse mais elle a conservé ses mouvements d\u2019élévation et la guérison serait com- Figure No 1 plète, si la paupière inférieure n\u2019était pas encore quelque peu retenue par une nouvelle adhérence au bord orbitaire ; cependant elle est moindre que la première.Le ler mai 1939, nous défaisons de nouveau l\u2019adhérence au rebord orbitaire inférieur.Les suites opératoires sont normales.La conjonctive est normale, mais l\u2019oeil est lar- PLASTIQUE PALPÉBRALE 159 moyant et nous trouvons sous la conjonctive oculaire une tuméfaction du volume d\u2019une amande qui s\u2019allonge depuis la région de la glande lacrymale vers la cornée.Le 19 mai 1939, nous faisons une incision de la conjonctive oculaire au niveau de la tuméfaction que nous resé- Figure No 2 quons presque complètement; il s\u2019agit bien de la glande lacrymale.Le 27 mai 1939, l\u2019enfant est photographié de nouveau (voir figure no 2).La paupière est encore tuméfiée, mais elle est très mobile.La cornée présente toujours un large leucôme.Il y aurait avantage à tenter une greffe cornéenne qu\u2019il est impossible de faire accepter par les parents. 160 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU DERMOÏDE DU LIMBE Par HECTOR DUBUC Le dermoïde du limbe est une tumeur congénitale presque constamment stationnaire, hémi-sphérique, de la grosseur d\u2019une demi-cerise et de coloration rouge pâle ou rouge jaune.Ici le cas que je rapporte est celui d\u2019une jeune fille d\u2019une douzaine d\u2019années qui présentait cette petite tumeur depuis toujours, me dit-elle, et que maintenant elle voulait faire enlever parce qu\u2019elle trouvait son oeil pas tres joli pour les autres.Cette tumeur est rare et je pourrais dire que depuis une vingtaine d\u2019années c\u2019est un des premiers cas que l\u2019on rencontre au dispensaire.! Communication présentée à la Société d\u2019Ophtalmologie de Montréal, à sa séance du 11 avril 1940, tenue à l\u2019Hôtel-Dieu. DERMOÏDE DU LIMBE 161 Il chevauche sur le limbe et la conjonctive, est presque toujours solitaire quoique on peut le rencontrer systématiquement placé sur les deux yeux.Dans un petit nombre de cas, ils peuvent coincider avec des colobomes palpébraux et siègent alors dans le point correspondant à l\u2019encoche.Histologiquement c\u2019est un véritable ilôt cutané, implanté sur le globe oculaire, identique en tout point à la structure normale de la peau: glandes sébacées, glandes sudoripares et petits poils à la surface.Comme traitement, il n\u2019y a qu\u2019une chose à faire, c\u2019est de l\u2019enlever, soit par le bistouri ou par cautérisations électriques ou chimiques.Si parfois le dermoïde, après son ablation, laisse une taie sur la cornée on pourra, pour l\u2019esthétique, la faire disparaître par tatouage. 162 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU DECOLLEMENT RETINIEN FAMILIAL SPONTANÉ IDIOPATHIQUE ' Par ROLAND LAPOINTE et FRANÇOIS BADEAUX En décembre 1959, on nous amène Bruno T., âgé de 11 ans, qui se plaint depuis peu d\u2019une mauvaise vision de l\u2019oeil droit.Il lui semble avoir un voile devant l\u2019oeil, et c\u2019est en jouant aux billes qu\u2019il s\u2019en rend d\u2019abord compte.Cette déficience visuelle s\u2019est manifestée sans qu\u2019il y ait eu de traumatisme antérieur.L\u2019examen du fond de l\u2019oeil ne montre d\u2019ailleurs pas de déchirure, mais seulement un décollement à double renflement de toute la zone inférieure de la rétine, masquant la moitié de la papille.On remarque aussi à la partie supérieure trois traînées de condensations pigmentaires qui s\u2019étendent en éventail.(cf.Planche).La vision de l\u2019oeil droit, pour un secteur bien limité, est de 4-200.Pour l\u2019oeil gauche : vision parfaite.Cet examen confirme donc les troubles énoncés par le patient.Celui-ci jouit apparemment d\u2019une bonne santé ; une coqueluche récente, de type bénin, ne semble pas pouvoir expliquer ce décollement rétinien.Voyons d\u2019abord ce que c\u2019est qu\u2019un décollement de la rétine et quelles en sont les causes ordinaires.La rétine, tissu noble de l\u2019oeil, est la membrane qui tapisse l\u2019intérieur du globe oculaire à sa partie postérieure, à partir d\u2019à peu près l\u2019équateur.Elle est adhérente à la choroïde, membrane vasculaire et partant nourricière.Leur séparation, plus ou moins prononcée, constitue un décollement qui est essentiellement caractérisé par un épanchement liquide.Remar- ! Communication présentée à la Société d\u2019Ophtalmologie de Montréal, à sa séance du 11 avril 1940, tenue à l\u2019Hôtel-Dieu. DÉCOLLEMENT RÉTINIEN FAMILIAL 163 quons en passant que l\u2019épanchement est plutôt intra-réti- nien, parce que la couche pigmentaire de la rétine dans le décollement reste adhérente à la choroïde.Quant aux causes ordinaires de décollement de la rétine, elles peuvent être classées sous quatre chefs principaux, soit : 1° les traumatismes : perforant (1.e.accident par éclats de verre, et quelquefois après une opération de la cataracte); direct (i.e.objet lancé sur l\u2019oeil, comme balle de tennis) ; andirect (1.e.chute ou commotion ayant sa répercussion sur la rétine).Le décollement se rencontre surtout chez les gens présentant 2° une myopie élevée, et aussi 3° au cours d\u2019une maladie infectieuse, dans les néphrites de la grossesse, par exemple; ou comme chez cet homme de 45 ans, souffrant de néphrite chronique et d\u2019un décollement plat dans la région intermaculo-papillaire; ou 4° dans les tumeurs de la choroïde (sarcomes), qui, par leur volume, soulèvent et décollent la rétine.« Cette tumeur maligne (qu\u2019est le sarcome de la choroïde) forme une masse globuleuse dans l\u2019espace sous-rétinien, repoussant la rétine devant elle à son sommet et amenant du décollement de la rétine sur ses côtés.» (May).Aucune de ces causes n\u2019a déterminé le cas de Bruno T., et de plus, on trouve sept (et peut-être huit) cas de décollement rétinien dans sa famille.TABLEAU FAMILIAL Le père I.\u2014 Fernando, 39 ans (début à 27 ans) et ses deux fils A fr II.\u2014 Primo, 13 ans III.\u2014 Bruno, 11 ans (début a 8 ans) (début en décembre 1939) Décollement opéré le 22 février 1940 164 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU L\u2019oncle IV.\u2014 Arthur, 27 ans (début à 21 ans) Cataracte opérée le 16 avril 1935 La tante V.\u2014 Irma, 32 ans (début à 25 ans) et ses deux enfants Imelda, 14 ans VII.\u2014 Mario, 9 ans (début en janvier 1940) (début à 6 ans) VIII.\u2014 Une vieille tante décédée en Italie.Le père et le frère de l\u2019enfant ont chacun une cataracte, mais nous croyons, d\u2019après l\u2019évolution de la maladie et par l\u2019absence de réflexe à la lumière, qu\u2019il y a eu décollement au début.Le cas de l\u2019oncle Arthur est très précis.La veille de Noël 1933, au moment de partir pour le cinéma avec des amis, il s\u2019aperçut soudain qu\u2019il ne voyait que la partie inférieure de sa main, ce qui indique bien un décollement de la partie inférieure de la rétine.Il suivit tout de même les autres, mais fut incapable de voir la représentation.Quelques jours plus tard, il alla consulter au dispensaire, où l\u2019on constata le décollement.Au cours des mois suivants, apparurent des corps flottants dans le vitré et enfin la cataracte fut évidente.Comme il désirait entrer dans la Gendarmerie Royale, il insista pour être opéré.On v consentit, mais pour fins esthétiques seulement \u2014 le médecin ayant vu l\u2019évolution de la maladie.Les cas 5, 6 et 7 sont ceux de la tante Irma et de ses deux enfants, âgés de 14 et 9 ans, habitant tous trois une province voisine.La fillette de 14 ans vient (janvier 1940) DÉCOLLEMENT RÉTINIEN FAMILIAL 165 d\u2019être frappée d\u2019une cécité, pour laquelle les médecins consultés ont dit qu\u2019il n\u2019y avait rien à faire.Enfin, un vieille tante décédée en Italie fut aussi atteinte du même mal, dû, paraît-il, à un grain de sel qui se serait logé dans l\u2019oeil.Pareil accident aurait tout au plus produit une conjonctivite.C\u2019est donc un 8e cas probable dans cette même famille.Richner a trouvé dans des publications relatives au décollement de la rétine 18 cas d\u2019origine familiale.Il a aussi rencontré chez Vogt une liste de 32 familles comptant chacune au moins 2 cas de décollement.Il y a, en plus, 2 familles citées par Gonin, 2 par Madame Schill-Westheimer et Juva- non et 3 par Amsler, plus celle qu\u2019a vue Friedman et dont 5 membres sur 7 étaient atteints.Zimmer fait remarquer que dans une même famille, le même genre de décollement se présente et le plus souvent au même oeil.Dans la famille T., qui fait l\u2019objet de cette communication, il s\u2019agit chaque fois de l\u2019oeil droit.On est donc en face d\u2019un décollement 1diopathique, c\u2019est-à-dire ne relevant d\u2019aucune des causes ordinaires énoncées plus haut.Si l\u2019on fouille la littérature publiée sur ce sujet, on trouve que les théories les plus courantes de cette pathogénie sont les suivantes: 1° Chez les myopes, liquéfaction du corps vitré dont la dégénérescence provoque une prolifération de tissu conjonctif qui attire la rétine; 2° production spontanée d\u2019un liquide sous-rétinien; 3° apparition de déchirures de la rétine où pénétrerait le corps vitré liquéfié, donc dégénéré ; 4° d\u2019après Vogt, disposition héréditaire à une dégénérescence présénile de la circulation rétinienne et formation chez de jeunes sujets de poche et de déchirure.Toujours d\u2019après Vogt, cette tendance des vaisseaux à s\u2019obstruer est congénitale.La dégénérescence kystique sénile est générale chez les vieillards.Donc, si cette dégéné- 166 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU rescence était la seule cause du décollement rétinien, le nombre des cas augmenterait notablement avec l\u2019âge.En, fait, c\u2019est ce qui se produit jusque vers soixante ans.Après cet âge, le nombre des décollements diminue plutôt en pro- | Décolle ment rétinien S'poytané ter «axe.portion du chiffre de la population.Il faut donc que cette dégénérescence kystique se produisant chez des sujets jeunes et résultant ou non d\u2019une obstruction des vaisseaux provienne d\u2019un facteur congénital. DÉCOLLEMENT RÉTINIEN FAMILIAL 167 Quant à l\u2019évolution de la maladie, elle paraît fatale pour l\u2019oeil touché, en provoquant généralement un décollement en parapluie et une sclérose du cristallin ; notre série semble confirmer cet énoncé, parce que la famille en cause a vu cet accident se répéter de façon parallèle chez chacun de ses membres.Précisément, dans le cas de l\u2019oncle Arthur (on se croirait à faire une expérience de laboratoire) l\u2019extraction du cristallin n\u2019amena aucune amélioration au point de vue fonctionnel.Le pronostic (de Rotth,' sur 33 cas) indiquerait que dans 70% des cas de décollement bilatéral, le deuxième oeil est frappé moins de 5 ans après le premier.Or, dans la famille T., au moins trois sujets ont dépassé cette échéance : le père, qui est atteint depuis 12 ans, l\u2019oncle depuis 6 ans, la tante depuis 7 ans.On se trouve là en présence d\u2019un exemple de décollement rétinien familial, auquel 1l faut souhaiter de continuer à démentir les statistiques.Il n\u2019y aurait eu autrefois qu\u2019un traitement médical à opposer à cette grave affection : le repos au lit, sur le dos, pendant de longs mois.Mais Gonin changea la situation en créant une méthode d\u2019opérer la rétine décollée.C\u2019est celle que l\u2019un de nous a pratiquée le 22 février 1940.Sous anesthésie générale, 1° Incision conjonctivale de tout le pourtour de la cornée.La conjonctive bulbaire est détachée sur tout le pourtour de l\u2019oeil jusqu\u2019à l\u2019équateur.Aucun muscle n\u2019est sectionné, mais tous ont été bien dégagés pour permettre leur mobilisation latérale.Une fois l\u2019hémostase faite, car il est important d\u2019avoir une sclérotique la plus sèche possible pour ! A.de Rotth.\u2014 Bilateral detachment of the retina.À heredodegen- erative disease, in Archives of Ophtalmology, vol.22, no 5, novembre 1939, pages 809-831. 168 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU la cautérisation, nous procédons au deuxième temps opératoire.9° Toute la surface selérale dénudée est chauffée superficiellement à la boule, de 13 à 17 millimètres du limbe.Intensité 30 à 40 milliampères.La sclérotique doit prendre une teinte légèrement chamoisée.3° Electrocoagulations perforantes peu profondes 2 à 3 millimètres tout au pourtour du limbe de 13 à 15 millimètres du limbe.Environ 50 à 60 piqûres de 45 milliampères.4° 12 piqûres perforantes à 16 millimètres du limbe, entre 10 heures et 2 heures (moitié inférieure de l\u2019oeil) à 17 millimètres du limbe, c\u2019est-à-dire dans le secteur décollé.Intensité 70 à 85 milliampères.Le vitré liquide sort assez abondamment à une ponction à 17 millimètres du limbe vers 8 heures.-L\u2019oeil se ramollit.5° Sutures conjonctivales séparées tout au pourtour du limbe.Atropine 1%.6° Malade immobilisé en position dorsale couchée, la tête légèrement élevée.Binocle.Suites opératoires.1° Pansement le quatrième jour.Tout va bien.2° Pansement le septième jour.3° Parisement le neuvième jour.L\u2019ophtalmoscopie montre une rétine réappliquée.4° Le malade reste les deux yeux clos encore cinq jours.5° Le malade assis, porte des lunettes stéréoscopiques jusqu\u2019au 20e jour.Le 27 mars 1940, la vision de l\u2019oeil opéré est de 15/100.Il reste encore un léger décollement plat inférieur que nous reprendrons dans quelque temps. LE FOND DE L\u2019OEIL DANS LA LEUCÉMIE 169 LE FOND DE L\u2019OEIL DANS LA LEUCÉMIE ' Par FRANÇOIS HENRY Tous les tissus de l\u2019oeil, l\u2019orbite même peuvent être touchés dans la leucémie.Ici, nous n\u2019étudierons que les lésions du fond de l\u2019oeil.Elles sont très fréquentes chez les leucémiques, puisque peu ou pas de malades meurent sans avoir présenté à une certaine période une image ophtalmosco- pique anormale.Chez 25 malades observés par Foster Moore, seulement trois, un du type lymphoïde et deux du type myéloïde, avaient un fond de l\u2019oeil normal.Les lésions apparaissent presque toujours à un stage avancé de la maladie et chose remarquable, l\u2019acuité visuelle n\u2019est pas affectée, car la macula n\u2019est presque jamais touchée.Le fond de l\u2019oeil est pâle, d\u2019une couleur jaune orange, les vaisseaux choroïdiens paraissent plus clairs que normalement.Nous diviserons les signes ophtalmoscopiques en trois groupes principaux correspondant plus ou moins aux trois périodes de cette maladie.Le premier signe est un engorgement des veines de la rétine ; celles-ci sont tortueuses et fortement augmentées de volume.Les artères peuvent aussi être dilatées, mais jamais à un fort degré; chose importante à noter, l\u2019engorgement des artères seules ne s\u2019est jamais rencontré.La seconde période est caractérisée par des hémorragies.Elles peuvent être nombreuses, faciles à voir ou très peu marquées.On les rencontre surtout le long des vaisseaux ou dans la couche fibreuse de la rétine ; elles ressem- ! Communication présentée à la Société d\u2019Ophtalmologie de Montréal, à sa séance du 11 avril 1940, tenue à l\u2019Hôtel-Dieu. 170 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU blent alors à une flamme de bougie ; plus profondément, elles prennent la forme de rosettes ; quelquefois aussi, on en voit sous la limitante interne.Souvent elles ont la forme d\u2019un .: A * re i Leucémie Myéloide.A
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