Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1 janvier 1943, Mars-Avril
[" Douzième année Numéro 2 LE JOURNAL de L\u2019HOTEL-DIEU DE MONTRÉAL ve de) Le i bh ie MARS-AVRIL 1943 \u2018induction se fait rapidement et sans le moindre désagrément; et cela permet à la patiente qui a subi une thyroïdectomie de se réveiller plus tard dans sa chambre, souvent sans mème se rendre compte immédiatement que l\u2019épreuve tant redoutée est chose du passé.\u201d L'emploi du Pentothal Sudique pour l'induction de Uanesthésic dans les cas de thyroloricose.Carroll IF.Long, M.D., Abe Mickal, M.D., el Allon Ochsner, M.D.The American Journal of Surgery, janvier 1942, page 71.SH ST (ETaYyt (0.METHYLBUTYL) THIOBARB!ITURATE DE SOUDE, ABBOTT) four Apes {hice It revecs Leuse LABORATOIRES ABBOTT LTEE - 20, CHEMIN BATES, MONTREAL TIRAGE CERTIFIÉ: 2350 EXEMPLAIRES SOMMAIRE du No 2 Mars-Avril 1943 FERNAND CHAREST \u2014 Kyste dermoide intra et extracranien de la région occipitale .173 GASTON GOSSELIN \u2014 Quelques aspects de la physiologie et de la pathologie des vitamines AetD .\u2026 \u2026 89 CHARLES LEFRANÇOIS \u2014 Quelques considérations sur le cancer du rectum \u2026 \u2026 .\u2026 LL + + 2.2.\u2026 98 PIERRE MEUNIER \u2014 Traitement chirurgical des prolapsus .106 GABRIEL FOURNIER \u2014 Détoxication du metrazol .112 JEAN-LEON DESROCHERS \u2014 La clinique neuropsychiatrique de Rome .\u2026 LL.116 LÉO PARISEAU \u2014 Syphilis et scorbut.En marge d\u2019une prétendue \u201cHistoire de la Syphilis en Amérique\u201d .\u2026 .118 GASTON GOSSELIN \u2014 Nécrologie : Elie-Georges Asselin \u2026 .138 NOUVELLES .\u2026 \u2026 \u2026 £ 220204 222 2 + \u2026 138 oN NES HEMORRHAGYL Médicament NADE AU A \u2019 e .emostatique Présenté en amp.de 5 cc.et de 10 cc.| ul CLLR en TV LIMITÉE MontRÉaL, 8 \u2018\u2019Où la qualité intrinsèque et la véracité formulaire équivalent au nom Nadeau\u2018 RÉDIGER son TESTAMENT est la chose la plus importante de la vie.AVEZ-VOUS PENSÉ AU VOTRE?CONSULTEZ-NOUS Société d'Administration et de Fiducie Administratrice et fiduciaire 5 EST, RUE ST-JACQUES - MONTRÉAL (Immeuble Crédit Foncier Franco-Canadien) - Téléphone : PLateau 3821 AGENCES: QUÉBEC - WINNIPEG - REGINA - EDMONTON - VANCOUVER NUCLÉARSITOLSROBIN GRANULE = COMPRIMES = INJECTABLE MALADIES DEGENERATIVES LYMPHATISME - SCROFULE cvs LABORATOIRES ROBIN, 13, Rue de Poissy, PARIS AMPOULES 2 cmc GRANULE et COMPRIMES Clycérophosphate de Ca.0.125 Clycérophosphate de Soude .0.05 Clycérophosphate de Soude .0.0125 ,.= Nucléinate de Soude .0.0125 Nucléinate de Soude .\u2026 0005 Méthylarsinate disodique .0.01 Méthylarsinate disodique .0.01 Crammes par cuillerée-dose Gms.par c.c 1 cu 2 inj.par 24 heures ou comprime.2 à 3 cuill ou comprimés aux repas.Agents pour le Canada : LABORATOIRES JEAN OLIVE, 200, rue Vallée, Montréal.IT qui se mêle bien avec le lait POUR LES NOURRISSONS ET LES ENFANTS E DRISDOL en solution de glycol-propylène offre tous les avantages désirables de l'association de la vitamine D avec la ration quotidienne de lait.Cette préparation est simple, commode et facile à employer et la quantité requise dans la prophylaxie et le traitement du rachitisme est relativement faible \u2014 seulement deux gouttes par jour.Le Drisdol en solution de Glycol-Propylène ne surnage pas sur le lait.n\u2019adhère pas au biberon n\u2019a aucune saveur de poisson.n\u2019a aucune odeur de poisson Le Drisdol en solution de glycol-propylène \u2014 10,000 unités par gramme \u2014 est présenté en flacons de 5 cc.et de 50 cc.Un compte-gouttes spécial, libérant 250 unités Int.de vitamine D par goutte, accompagne chaque flacon.Ÿ)rIspor.PROPYLENE GLYCOL Marque de commerce enregistrée aux États-Unis et au Canada Marque de la Vitamine D cristallisée provenant de l\u2019ergostérol.WINTHROP CHEMICAL COMPANY, INC.| Produits pharmaceutiques supérieurs à l\u2019usage ; 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une légère addition d'acide nicotinique corrigera la dépression causée par les nausées et les étourdissements relevés chez certains malades.2) Suppositoires : .La médication tout indiguée pour remplacer le traitement par voie buccale quand celui-ci est impossible.3) Onguent : Une des formes les plus facile de traiter les infections localisées tout en évitant de saturer l'organisme en entier.4) Emulsion : Produit des effets merveilleux en application locale particulièrement en pansements des brulures, engelures, herpès, furonculoses, ulcères, infection du vagin et de l'utérus.5) Ovules : Traitement radical dans les métrites, leucorrhée, gonorrhée et autres infections du vagin et de l'utérus.6) Poudre Antiseptique : Agent Bactériostatique puissant; recommandé dans les traumatismes accidentels et post-opératoires, abcès, ulcères, pieds d\u2019athlète, favorise la granulation et la cicatrisation.Le \u2018Thiozol\u2019\u201d (Sulfathiazole) occupe donc le premier rang dans le groupe des sulfamidés et dans la série des indications thérapeutiques.CASGRAIN & CHARBONNEAU LIMITÉE 445 BLVD.ST-LAURENT - - - - MONTRÉAL CIBAZOL cz4 SULFATHIAZOLE sous 1 différentes formes médicamenteuses 1 Comprimés .Cette forme du sulfathiazole s'administre 3 fortes doses au début, puis à doses dégressives; il est recommandé de bien mâcher les comprimés pour faciliter la résorption intestinale.2 Ampoules à 20% : L'injection intramusculaire ou intraveineuse est bien tolérée.L'intraveineuse nécessite toutefois la dilution à 5% du contenu d'une ampoule par addition de 15 cc d'eau distillée ou de sérum physiologique.3 Onguent : Permet d'atteindre l'organe intéressé avec une concentration difficile à obtenir par voie buccale; il limite pratiquement l\u2019effet du médicament à l'endroit atteint et évite de surcharger inutilement le reste de l'organisme.4 Poudre à saupoudrer : Exerce une action bactéricide rapide, désodorise la surface de la plaie, tarit la sécrétion, stimule la granulation et la cicatrisation.5 Suppositoires : Un à trois suppositoires par jour rendent d'excellents services lorsque, pour une raison quelconque, l\u2019on désire éviter l'administration par voie buccale et parentérale.6 Crayons gynécologiques : Conviennent particulièrement au traitement des cervimétrites, de la cervicite et d'autres infections à coques de l'utérus et des annexes.7 Émulsion : Préparée d'après la formule du « Montreal General Hospital », l'émulsion est employée avantageusement au traitement des brûlures et de certaines dermatoses, et en gynécologie.Action sûre et rapide, très bonne tolérance.COMPAGNIE CIBA Limitée - Montréal | \u2014\u2014 VI Le SYNKAVITE \u201cROCHE\u201d est une vitamine K nouvelle découverte et préparée par synthèse dans les laboratoires \u201cRoche\u201d.Il possède l\u2019action totale de la vitamine K naturelle avec de nombreux avantages : solubilité dans l\u2019eau, stabilité.Le Synkavite \u201cRoche\u201d reléve le taux de la prothrombine, qui passe dans le sang et rétablit un pouvoir coagulant normal.On peut maintenant opérer les malades atteints d\u2019ictére par rétention sans crainte d'hémorragie par prothrom- binopénie.Le Synkavite rend aussi de grands services dans les diathèses hémorragiques des nouveau-nés, l'ictère grave, l'anémie; on a enfin signalé de bons résultats dans l'ictère léger et d'autres troubles hépatiques.Ampoules 3 5 et 10 mgm.- Comprimés oraux a 5 mgm.HOFFMANN - LA ROCHE LIMITEE, MONTREAL VII mr à me ir.10e rie core ire + snip, eA sent SAH AI Or Élinin Bewon de Wyeth 4.4.L\u2019Élixir Bewon de Wyeth sert d\u2019excellent dissolvant et de véhicule pour nombre de médicaments.Compatible avec la plupart des drogues, l\u2019Élixir Bewon contient 18% d\u2019alcool avec une réaction légèrement acide.wo Standardisé pour contenir 500 Unités v cf.wee ae mx per ue Internationales de Vitamine Bj (chlorure de thiamine) par once fluide, l\u2019Élixir Bewon stimule l\u2019appétit et trouve une indication dans les carences en Vitamine Bi, Préparé en bouteilles de 16 et de 160 onces fluides.John Wyeth & Brother (Canada) Ltd.- pus 71442118 N M0) 18 aad a VIII Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal Fondé en 1932 ar Oscar Mercier \u2014 Léo-E.Pariseau _f Ernest Prud'homme \u2014 Ernest Trottier BUREAU DE DIRECTION ALBERT JUTRAS, Président LÉO-E.PARISEAU, Vice-Président EDOUARD DESJARDINS, Secrétaire-trésorter RÉDACTION ANTONIO BARBEAU, Rédacteur-en-chef PAUL DUMAS.Secrétaire de la rédaction Le Journal de l'Hôtel-Dieu est un Journal médical rédigé en collaboration.Les auteurs des articles restent seuls responsables des opinions émises sous leur signature.No 2 Mars-Avril 1943 KYSTE DERMOIDE INTRA ET EXTRACRANIEN DE LA REGION OCCIPITALE* \u2018Par FERNAND CHAREST, résident en neuro-chirurgie.Depuis quelques années, épidermoides, dermoides, téra- toïdes et tératomes ont fait l\u2019objet d\u2019études assez étendues.Parmi les articles les plus importants, mentionnons ceux de SWEET en 1940 (16), de BEND et BROAGER en 1941 (2), de PEYTON et BAKER en juin 1942 (14), du major John MARTIN et du lieutenant colonel Loyal DAVIS en janvier 1943 (10) et de HOWARD A.BLACK en février 1943 (1).L\u2019an dernier, nous avons observé dans le service de neurochirurgie que l\u2019Université du Wisconsin deux épider- moïdes intracrâniens, un épidermoïde intradiploïque, un épidermoïde intraspinal et intramédullaire, un kyste der- moïde de la fosse moyenne avec érosion de la fente sphé- 1 Extrait d\u2019un travail présenté à la réunion du service de neurologie du BRADLEY MEMORIAL, University of Wisconsin, vendredi le 12 février 1943. 74 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU noidale ressemblant en tout point à un cas opéré par BAILEY et rapporté par SWEET et finalement un kyste dermoïde intra et extracränien avec perforation congénitale de l\u2019os occipital.La variété ainsi que la rareté des cas précédents sont certainement imposantes.Dans cet article, nous nous proposons de rapporter ce dernier cas et de faire une revue des cas similaires parus Fig.I \u2014 La photographie du patient met en évidence l\u2019inclinaison de la tête à gauche. KYSTE DERMOÏDE INTRA ET EXTRACRÂNIEN T5 dans la littérature.Plus tard, nous reviendrons sur quelques-uns des autres cas.T.G.(229,511)! né le 2 juin 1939, fut admis le 17 novembre 1942 a 1\u2019« Orthopedic Hospital, University of Wisconsin ».Quelques heures apres la naissance, les parents notèrent la présence d\u2019une tuméfaction à la partie postérieure du cou, qui aurait quelque peu augmenté de volume avec les années.Plus tard, vers l\u2019âge de trois mois, lorsque le patient commença à lever la tête, on remarqua qu\u2019elle penchait du côté gauche.Cette inclinaison se serait depuis accentuée.Le 9 novembre 1942, lors d\u2019une radiographie prise à Appleton (Wisconsin), on décela la présence d\u2019une malformation osseuse au niveau de la région cervicale.En interrogeant davantage les parents, on apprit qu\u2019il avait présenté à l\u2019âge d\u2019un an et demi des attaques fébriles accompagnées de vomissements.À deux ans et demi, il eut une amygdalectomie et depuis, il se serait apparemment bien porté.Sa naissance fut normale.Il commença à s\u2019asseoir à l\u2019âge de trois mois, à se traîner à 8 mois et prononça ses premiers mots à l\u2019âge de deux ans et demi.Le développement physique du patient nous parut normal pour son âge.Il marchait les pieds passablement écartés.La tête penchait à gauche.Au niveau de la région ocei- pitale, il y avait une petite masse, mollasse et fluctuante d\u2019un diamètre de trois centimètres environ.Juste au-dessous de cette tuméfaction, la région cervicale présentait une fossette longitudinale dans laquelle on ne pouvait sentir à la palpation aucune apophyse épineuse.La flexion du corps en avant était limitée.La rotation du cou était extrêmement ! Cas opéré par le Dr.Théodore C.Erickson, professeur du meuro- chirurgie, University of Wisconsin. 76 ue corps OUR 7 I HR 7 RN N y =\" 4 .3 2% a Shi Fig.II et III \u2014 Vues lat SAF 7 i = # ; se ¢ aig sé Fn vs LE JOURNAL DE DE, ak érale et posté % .3 a ri N° 2 are = A 4 7 L\u2019HOTEL-DIEU a GE 7 # SN A S NY Si NS SN i eure de la tuméfaction. KYSTE DERMOÏDE INTRA ET EXTRACRÂNIEN TT difficile et donnait l\u2019impression d\u2019une ankylose au niveau de la région cervicale.Durant son hospitalisation, il présenta à certains moments un tremblement des membres supérieurs et inférieurs.En d\u2019autres circonstances, la démarche devenait ataxique.On remarqua en outre, alors qu\u2019il était en train de s\u2019amuser avec ses petits compagnons, qu\u2019il s\u2019arrêtait soudainement et fixait béatement l\u2019espace pendant quelques minutes.Les trouvailles neurologiques furent les suivantes : un bruit de pot fêlé (signe de Macewen) à la percussion du crane, un Romberg positif avec le patient ayant les yeux fermés, une incapacité absolue d\u2019accomplir l\u2019épreuve cérébelleuse talon-genou et un Babinski spontané du côté droit.Le patient reçut son congé du service d\u2019\u2019Orthopédie le 6 décembre 1942, car il avait été exposé aux oreillons.Il fut réadmis le 27 décembre dans le service de neuro-chirurgie et de pédiatrie.L'histoire du patient était la même, sauf pour une augmentation des fixations béates dans l\u2019espace (« staring attacks into space »).Les examens de laboratoire étaient négatifs.Rien à noter pour l\u2019urine.L\u2019hémoglobine était de 13.3 grammes.Il y avait 4,400,000 globules rouges et 9,850 globules blancs avec la formule leucocytaire suivante : neutrophiles 39%, lymphocytes 54%, monocytes 3%, éosinophiles 4%.Le liquide céphalo-rachidien était normal à tout point de vue.L\u2019albumine du liquide ventriculaire était de 6.3 milligrammes pour cent.Le Wasserman était négatif et dans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien.Les cultures de la gorge et du nez furent négatives pour la recherche du bacille de Klebs-Loeffer.Les vues antéro-postérieures et latérales du crâne montrèrent un accroissement de la pression intracrânienne.Le 78 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU 3} | dk al % = # Ss Si sy A % Fig.IV et V \u2014 Vue antéro-postérieure et latérale du crâne.Il y a Les clichés écartement des sutures, surtout de la suture coronale.mettent en relief les impressions digitiformes. KYSTE DERMOÏDE INTRA ET EXTRACRÂNIEN 79 { janvier 1943, d\u2019autres radiographies du crâne et de la région cervicale furent prises.Voici les conclusions du Docteur Lester W.PAUL : « Extensive ossification abnormalities of the cervical spine amounting to almost a KLIP- PEL-FEIL syndrome.There is also a congenital ossification defect in the midline of the occipital bone corresponding to the soft tissue protrusion.There is also evidence of beginning generalized increase in intra-cranial pressure.\u2019 Le 12 janvier, les régions dorsales et lombaires furent radiographiées et ne montrèrent aucune anomalie.Le 8 janvier 1943, il eut une encéphalographie.120 centimètres cubes d\u2019air furent injectés et 85 ce.de liquide céphalo-rachidien furent retirés.Par suite du manque de remplissage, il fut très difficile d\u2019avoir une idée des différentes formations intracrâniennes.Quatre jours plus tard, une ponction du ventricule latéral droit était pratiquée à travers la suture coronale.Deux cents centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien furent retirés et deux cent- soixante ce.d\u2019air furent injectés.Les radiographies montrèrent une dilatation des ventricules latéraux et du troisième ventricule.I.\u2019aqueduc de Sylvius et la partie supérieure du plancher du quatriéme ventricule qui seule était visible, se trouvaient à une distance de 1.75 centimètre de la partie postérieure de la selle turcique (dorsum sellae).La normale est de 3.5 à 4 centimètres.La présence d\u2019une tuméfaction dans la fosse postérieure ne laissait aucun doute.Le 14 janvier 1943, nous procédâmes à l\u2019opération.La masse fut dégagée au moyen d\u2019une incision médiane s\u2019étendant de la protubérance occipitale externe à la partie inférieure de la nuque.Une petite incision pratiquée à sa surface laissa jaillir un liquide purulent sous tension.L\u2019aspiration nous donna cinquante centimètres cubes d\u2019un pus épais et odoriférant.Le kyste fut ouvert plus largement et les lèvres furent suturées aux muscles et aux tissus en- 80 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU vironnants.Le curetage de la cavité ramena un paquet de cheveux blonds et 30 centimètres cubes de détritus ressemblant à ce que l\u2019on trouve ordinairement dans les kystes sébacés.Un gros drain de caoutchouc fut introduit à l\u2019intérieur de la cavité et fixé solidement à la peau.Le rapport de la lame envoyée durant l\u2019opération fut le suivant : présence de cocci gram positifs, probablement streptocoques.La culture donna du colibacille et du streptocoque non hémolytique.Les suites de l\u2019opération se passèrent sans aucun incident.Fig.VI \u2014 Vues de la base de crâne.Les quatre flèches délimitent le trou occipital.Un peu plus haut sur la ligne médiane, se trouve une malformation de l\u2019os occipital.Fig.VII \u2014 Vue de la région cervicale.Il y a absence des apophyses épineuses et manque de fusion des lames vertébrales sur toute l\u2019étendue de la colonne cervicale jusqu\u2019à la première dorsale inclusivement.Le 8 février, la cavité au niveau de l\u2019os occipital était agrandie au moyen d\u2019un rongeur.Le kyste, qui était adhé- rent au cervelet fut enlevé en entier.Les méninges et la plaie furent complètement refermées.Un drain fut laissé en place en guise de valve de sûreté.Là, commença notre KYSTE DERMOÏDE INTRA ET EXTRACRÂNIEN 81 misère.Deux heures après l\u2019intervention, la température montait à 104 degrés centigrades et demeurait à ce niveau en dépit de tous les traitements, sulfamidés, sacs de glace, éventail électrique.Le 10 février à 7 heures 30 du matin, la température était encore à 104, le pouls était de 156 et la respiration de 32.La plaie fut réouverte.On plaça un drain dans la grande citerne et au niveau du quatrième ventricule.L\u2019infection continua, malgré éela.Nous avons fait parvenir au laboratoire au-delà d\u2019une vingtaine d\u2019échantillons de liquide céphalo-rachidien qui tous donnèrent une culture positive pour le streptocoque viridans et le staphylocoque aureus.Tous les sulfamidés y passèrent : sulfa- nilamide, sulfathiazole et sulfadiazine, mais sans aucun résultat.Notre patient mourut le 13 février.L\u2019autopsie nous révéla qu\u2019il y avait méningite et formation d\u2019adhérence au niveau de l\u2019aquedue de Sylvius ?\u2014 Les cas de kystes dermoïdes avec perforation congénitale de l\u2019os occipital sont des « oiseaux rares».BROCKS et KLENKE (3), dans une excellente revue des kystes der- moïdes publiés jusqu\u2019en 1931, rapportent 5 cas avec semblable anomalie.(Cas 6: OGLE; Cas 8: HESCHL; cas 12: LANNELONGUE et ACHARD; Cas 29: CUSHING; cas 38: KWAN).SWEET (16) mentionne 7 cas avec perforation ou simplement excavation de l\u2019os occipital et un autre cas avec perforation de l\u2019os pariétal.Les conclusions de BROAGER (2) dans son article « The Survey of the Previously reported Dermoid Cysts », sont les suivantes : « À small bone defect in median line of the occipital bone corresponding to the intracranial tumor was found in 5 cases ; in 2 cases, the tumor by a thin chord-line formation passing through the bone adhered to the nuchal skin ; in one case some hairs protruded outward to the pericranium; in two cases a small tumor was detected in the defect, one of them being the outer part of an hour-glass dermoid and the 82 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU other a meningioma lying epidurally above the subdural dermoid.» Nous n\u2019avons réussi a retrouver que quatre de ces cas.Le premier est celui d\u2019OGLE (12, 13).Le 15 mai 1855, il présentait à la Société Pathologique de Londres un cas de kyste communiquant avec l\u2019extérieur au moyen d\u2019un orifice à travers l\u2019os occipital.Le patient était âgé de deux ans et Fo Ee FAP NW rd Fig.VIII \u2014 Vue latérale du ventriculogramme fait le 12 janvier 1943.Seule la partie supérieure du plancher du quatrième ventricule est visible et poussée vers la selle turcique telle que l\u2019indique la flèche.Il y a dilatation marquée des ventricules latéraux et du troisième ventricule.demi.Depuis six mois, son état avait laissé à désirer et six semaines avant son admission à l\u2019Hôpital Saint-Georges, il était tombé d\u2019une chaise.I] mourut quelques jours plus tard à la suite de convulsions généralisées.L\u2019autopsie révéla qu\u2019en outre du kyste et de l\u2019orifice qui permettait l\u2019introduction d\u2019une sonde, il y avait en certains endroits de la KYSTE DERMOÏDE INTRA ET EXTRACRÂNIEN 83 base du crâne des traces de méningite.Selon l\u2019auteur, ces kystes intra-craniens seraient le résultat d\u2019adhérences entre les membranes cérébrales et le cuir chevelu, avant la soudure complète des différentes parties de l\u2019os occipital.Par suite du retirement des membranes, les téguments extérieurs seraient attirés à l\u2019intérieur de la boîte crânienne.Il y aurait plus tard sécrétion et production de différentes formations telles que cheveux, cholestérol.Explication intéressante.En second, vient le cas publié par RUSCHAMPT en 1903 (15).Lors d\u2019une autopsie pratiquée sur un jeune homme de 24 ans, mort de tuberculose pulmonaire, on trouva un kyste dermoïde intracrânien.Sauf l\u2019arriération mentale, le patient n\u2019avait jamais présenté aucun signe de tumeur cérébrale.L\u2019autopsie révéla un fibrome de la galéa qui était solidement fixé à un épaississement de la dure- mère.À l\u2019intérieur de la dure-mère, il y avait un autre prolongement formé de tissu adipeux et contenant certains éléments épithéliaux.Un kyste fut trouvé prés du vermis, s\u2019en- foncant dans la partie supérieure et postérieure de l\u2019hémi- phère cérébelleux gauche.Il était entouré d\u2019un épithélium avec glandes sébacées et son contenu était formé de cheveux et de tissu nécrotique.Les cheveux étaient de la même couleur que celui du mort.Le troisième, et en même temps le premier cas publié dans la littérature américaine, est celui de KWAN (11), présenté à la « Philadelphia Neurological Society» le 25 avril 1930.Il s\u2019agissait d\u2019une jeune fille de 19 ans admise à l\u2019hôpital, se plaignant de maux de tête, de cécité et de trouble de la marche.La radiographie montra une perforation de l\u2019occipital juste au-dessous de la protubérance occipitale externe et à gauche de la ligne médiane.Elle expira le jour précédant l\u2019intervention chirurgicale.On trouva lors du post-mortem un kyste mesurant cinq centimètres de diamètre. .84 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU En 1937, GLADSTONE rapporta un autre cas.Le bébé, une fillette âgée d\u2019un an, était né avec une petite élévation au niveau de la région occipitale, qui fut ponctionnée trois fois.Les vomissements apparurent.Lors de sa première admission à l\u2019hôpital, on remarqua qu\u2019elle avait la tête penchée du côté gauche.Elle fut réadmise à l\u2019hôpital en avril 1936.Elle eut alors dix ponctions tombaires.Les parents s\u2019opposèrent à une ventriculographie.Elle mourut le 8 mai 1936.On découvrit à l\u2019autopsie un kyste abcédé contenant des cheveux et des produits provenant des glandes sébacées avec un petit orifice qui permettait l\u2019introduction d\u2019une sonde.BROCK et KLENKE (3) (cas 29) de même que SWEET (16) font allusion à un cas de CUSHING présentant une perforation de l\u2019os occipital.BROAGER, dans sa revue des kystes dermoïdes, ne le mentionne pas.Nous n\u2019avons pas réussi à retrouver le cas en question (Cf.CUSHING, 4 bibliography of the writings of Harvey Cushing (5).LANNELONGUE et ACHARD (9), dans leur volume intitulé « Traité des kystes congénitaux » qui est certainement l\u2019oeuvre de base pour ceux qui veulent s\u2019initier à l\u2019étude des tumeurs congénitales, rapporte le cas d\u2019un kyste dermoïde intracrânien fixé par une bride dans une petite excavation de l\u2019os occipital.A l\u2019extérieur et à un centimetre plus haut, il y avait une seconde bride fibreuse qui rattachait la peau a une autre excavation de la table externe de l\u2019os occipital.Il n\u2019y avait aucune communication entre les deux petites cavités.D\u2019autres cas de kystes dermoïdes avec perforation d\u2019autres os du crâne, ont été rapportés.En 1860, HESCHL (7) publiait l\u2019histoire d\u2019\u2019un monstre avec d\u2019innombrables anomalies.Il y avait entr\u2019autres un kyste dermoïde dans la région pariétale communiquant avec le cuir chevelu.Finale- KYSTE DERMOIBE INTRA ET EXTRACRANIEN 85 .ment, il y a le cas rapporté par RICHARD en 1855 à la Société de Chirurgie.Il s\u2019agissait d\u2019un kyste dermoïde de l\u2019orbite.Le chirurgien, en introduisant le doigt dans la plaie, reconnut qu\u2019il n\u2019y avait pas de toit et crut sentir le cerveau.Notre cas est certainement très intéressant.Il est rare en effet de trouver chez un même patient l\u2019association d\u2019une perforation de l\u2019os occipital, d\u2019une malformation de Klip- pel-Feil, d\u2019une tuméfaction à la partie postérieure de la tête et d\u2019un kyste dermoïde.Il fait de plus souligner que c\u2019était la première fois qu\u2019une intervention neuro-chirurgicale était pratiquée pour un semblable cas.Conclusion pratique : la présence d\u2019une tuméfaction à la région occipitale et la découverte, lors de la radiographie d\u2019une perforation de l\u2019os occipital devraient toujours nous faire penser à la possibilité d\u2019un kyste dermoïde.SUMMARY : T.G., born on June 2, 1939, was admitted to the State of Wisconsin General Hospital on November 17, 1942, with the chief complaints of cyst in the back of the neck and tilting of the head to the left.Few hours after birth, the father noted a «cyst » in the back of the neck.(Fig.II and IIT).This apparently grew a little if any when the child grew.At three months, when he started raising his head, it was noted it tilted to the left.On November 9, 1942, he had roentgenograms taken in Appleton that showed a bony malformation to be present in the cervical region.The physical examination revealed a well developed, well nourished, white male (Fig.I), carrying his head tilted to the left and walking with a broad base.There was a soft fluctuant mass in the low occipital region of about three 86 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU centimeters in diameter.Just below this lump, a deep dimple where no cervical spinous progresses can be felt was present.He could not flex his back to as a great degree as in most children.When asked to turn his body, it was all of a piece as if neck were stiff.The neurological findings were as follow : high-pitched cracked pot sound on skull percussion; positive Romberg with eyes closed ; inability to perform the heel-knee test; a right spontaneous Babinski.Laboratory studies were negative.Films disclosed extensive ossification abnormalities of the cervical spine amounting almost to a Klippel-Feil syndrome, a congenital ossification defect in the midline of the occipital bone and evidence of generalized increase in intra- cranial pressure.À ventriculogram was done on January 12, 1943 which indicated the presence of a tumor-mass in the posterior fossa pushing forward the floor of the fourth ventricle (Fig.VIII).On January 14, 1943, this mass, which was proved to be an infected dermoid cyst, was drained largely, later, the capsule was removed entirely.Few hours after, the temperature went up to 104° and remained very high, in spite of the reopening of the wound and the use of sulfa drugs.The ventricular fldid became purulent.The patient deceased on March 13, 1943.Dermoid eysts with congenital perforation of occipital bone are \u2018\u2018rare birds\u2019\u2019.Cases were published in 1855 by OGLE, in 1903 by RUSCHAUPT, in 1930 by Kwan and in 1937 by Gladstone; Sweet, Brock and Klenke refer to a case of Cushing with a bony defection in occiput on X-ray.Broager does not mention it.In the case reported by Lan- nelongue and Achard, there was not a complete defect in the occipital bone. KYSTE DERMOIDE INTRA ET EXTRACRANIEN 8% In 1860, Heschl published the case of a monster with a dermoid cyst in the parietal region and in 1855, Richard, when removing a dermoid cyst of the roof of the orbit, could feel the brain.Our case is of interest, not only because this association of occipital hole, dermoid cyst and Klippel-Feil malformation is rare, but because it is the first case of dermoid cyst protruding outside of the skull through a defect in the occipital bone, which has been operated on.Furthermore, in the presence of a small tumor on the occipital region and with the evidence of a perforation of the occipital bone in roentgenograms, one should always keep in mind the possibility of a dermoid cyst.BIBLIOGRAPHIE (1) BLACK.\u2014 Intracranial epidermoids occurring simultaneously below and above tentorium.Arch.of Neurol.and Psych.49: 214-222, 1943.(2) BROAGER.\u2014 Two cases of intracranial dermoids: with a survey of the previously reported cases.Acta chirurgica scandinavica p.51-75, 1941.(3) BROCK and KLENKE, case of dermoid cyst overlying the cerebellar vermis.Bulletin of Neurological Institute, N.Y.1: 328 1931.(4) CUSHING.\u2014 Intracranial Tumors, 1932.(5) CUSHING.\u2014 A bibliography of the writings of Harvey Cushing 1939.(6) GLADSTONE.\u2014 Intracranial dermoid.Case report.J.Indiana N.A.30: 282-284.1937.(7) HESCHL.\u2014 Vierteljachrschrift J.D.praktische Heilkunde 68: 49 1860.(8) HORRAX.\u2014 Consideration of the dermal versus the epidermal cho- lesteatoma having their attachment in the cerebral envelopes.Arch.of Neurol.and Psych.8: 265-285.1922.(9) LANNELONGUE et ACHARD : Traité des kystes congénitaux, 1886. 88 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU (10) KWAN.\u2014 Intracranial dermoid cyst.Arch.of Neurol.and Psych.24: 1292, 1930.: (11) OGLE.\u2014 Tr.Path.Soc.London.6: 12-16.1855.(12) OGLE.\u2014 ASES illustrating the formation of morbid growths, deposits, tumors, cysts in connection with the brain and spinal cord and their membranes.Brit, and For.Medico-chirurg.Rev.36: 208, 1865.(13) PEYTON and BAKER.\u2014 Epidermoid, dermoid and teratomatous tumors of the central Nervous system.Arch.of Neurology and Psych.47: 890-917, 1942.(14) RUSCHANPT.\u2014 Zentralbl.L.Allg.Path.n.patho.Anat.14: 945-952, 1903.\u2019 (15) SWEET.\u2014 A review of dermoid, teratoid and teratomatous intra- cranial Tumors.Diseases of the Nervous system.1: 228, 1940.(16) TODESCO.\u2014 Case of suppurating dermoid cyst of the cerebellum.2: 1340-1341, 1927. PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE DES VITAMINES .89 QUELQUES ASPECTS DE LA PHYSIOLOGIE ET DE LA PATHOLOGIE DES VITAMINES A ET D\u2019 Par GASTON GOSSELIN CAROTENE ET VITAMINE A Normalement la vitamine À et le carotène sont absorbés par la muqueuse intestinale.Apparemment, une petite quantité de gras dans la diète est nécessaire pour leur absorption, de même que la présence de bile.Dans les cas d\u2019obstruction des canaux biliaires, on dans les troubles du métabolisme des corps gras, l\u2019assimilation de la vitamine À et du carotène n\u2019a pas lieu.Entre ces deux derniers toutefois, l\u2019assimilation: du carotène est plus lente; le carotène qui provient de la carotte ou des épinards, est moins effectif que celui qui provient du beurre ou des pois verts.Un autre point important; l\u2019ingestion d\u2019huile minérale nuit à l\u2019absorption du carotène ou de la vitamine À.Dans les cas où le patient prend des huiles minérales, la quantité de carotène ou de vitamine À doit être très grande.Le carotène se transforme en vitamine À au niveau du foie, et s\u2019y met en réserve puisqu\u2019au cours de lésions hépatiques, le carotène reste dans le sang et qu\u2019on observe quand même une déficience en vitamine À.Le rôle de celle-ci est complexe, car elle est un facteur essentiel à plusieurs organes.C\u2019est avant tout, un régulateur de la formation et de l\u2019activité du tissu épithélial.1 Conférence donnée à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal. 90 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU La carence en vitamine À amène une atrophie de l\u2019épi- théllum d\u2019abord, suivie d\u2019une prolifération de la couche basale, se terminant par la kératinisation du tissu, voire une hyperkératinisation.Celle-ci peut apparaître dans les organes génito-urinaires, respiratoires, dans le tube digestif et divers organes sétrétoires.Ce changement dans l\u2019épithélium trouble le métabolisme normal de celui-ci, et diminue ses moyens de résister à l\u2019infection, d\u2019où la fréquence de celle-ci.Il est fort évident que dans la carence en vitamine À, les cas d\u2019infection microbiennes augmentent plus que dans les autres carences.Mais ceci ne justifie pas l\u2019expression ou l\u2019opinion populaire que la vitamine À est anti-infectieuse, parce que l\u2019infection bactérienne n\u2019apparaît qu\u2019après un changement dans l\u2019épithélium; or, il n\u2019a jamais été démontré que la vitamine À peut combattre une infection quelconque, ou réagir contre les toxines.L\u2019idée donc que la vitamine À préserve contre le rhume n\u2019a jamais été prouvée cliniquement.L\u2019une des premiéres manifestations de la carence en vitamine À c\u2019est la sécheresse et la rudesse de la peau, due à l\u2019atrophie des glandes sudorales et sébacées ; puis suit une éruption papuleuse causée par l\u2019hyperkératinisation du follicule pileux.Ces troubles apparaissent surtout sur les faces latérales externes des cuisses, des avant-bras, abdomen et cou.Chez les enfants, on observe des troubles dentaires.La grande variété de troubles nerveux, digestifs, génito- urinaires observés chez les animaux en expérience, n\u2019ont pas été tous retrouvés chez l\u2019homme, quoique leur association soit vraisemblable.La xérophtalmie est le trouble classique et l\u2019un des premiers résultats de la carence en vitamine À. PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE DES VITAMINES .91 Ce trouble commence par une lésion de la cornée et de la conjonctive, amenant un arrêt de la sécrétion lacrymale ; l\u2019infection microbienne suit de près, pouvant amener la cécité.Si l\u2019apport en vitamine À est assez précoce, tout rentre dans l\u2019ordre, tandis que si l\u2019ulcération de la cornée a été avancée, la cécité est permanente.La fonction physiologique de la vitamine À qui a soulevé le plus d\u2019intérêt depuis quelques années, c\u2019est sans doute son rôle en fonction de la vision.Il a été démontré que le pourpre visuel, appelé rhodopsine est une substance sensible à la lumière, et que l\u2019on trouve dans les bâtonnets (non les cônes) de la rétine ; c\u2019est la combinaison d\u2019une matière protéique avec la vitamine À, une substance dite caroténo-protéique.Cette dernière est décomposée par la lumière et sa régénération exige un nouvel apport de vitamine A.Dans la carence en À cette régénération de la rhodopsine est diminuée et l\u2019acuité visuelle également.Les animaux soumis à un régime déficient en vitamine A, présentent des ulcérations intestinales dans la proportion de 60%.Ces ulcérations sont dues, croit-on, à un mauvais fonctionnement du tissu épithélial d\u2019abord, auquel peut s\u2019ajouter une cause infectieuse.Mêmes phénomènes dans de nombreuses maladies de peau, causées par la carence en vitamine À.La carence en À retarde la croissance, mais en ceci, elle n\u2019est pas plus importante que les autres vitamines ou les substances minérales, ou les acides aminés.L'idée donc d\u2019attribuer à la vitamine À la propriété d\u2019être l\u2019un des principaux facteurs de croissance, doit être rejetée.On prête encore à la vitamine A, la propriété d\u2019avoir une action particulièrement favorable sur le système uri- 99 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU naire.Il est impossible de confirmer d\u2019une facon définitive que la vitamine A empéche la formation de calculs rénaux.Les besoins journaliers en vitamine À chez l\u2019adulte, sont de 3000 unités par jour; pour éviter la nyctalopie, il faut un minimum de 1700 à 2000 unités.Les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes doivent absorber jusqu\u2019à 5000 unités.Sources excellentes : le lait, le beurre, les oeufs; les végétaux à feuilles vertes, l\u2019huile de foie de morue.VITAMINE D 2.\u2014 La vitamine D prévient et guérit le rachitisme.Le facteur D n\u2019est pas comme on l\u2019a cru jusqu\u2019à dernièrement, un seul facteur; il y a plusieurs vitamines D.Les formes sont variables, et leur action différente comme l\u2019indiquent les essais faits sur le rat ou le poulet.On a trouvé également que plusieurs stérols bien purifiés, peuvent devenir actifs par différentes méthodes \u2014 irradiation solaire ou autres.Jusqu\u2019à présent, la vitamine D ne peut être décelée que par la prévention ou la guérison du rachitisme.LE RACHITISME C\u2019est une maladie qui se manifeste par un défaut de calcification de l\u2019os en croissance.Ce défaut de calcification de l\u2019os peut être diagnostiqué par les Rayons X, soit chez les humains, soit chez l\u2019animal.Chez celui-ci, le degré de rachitisme peut être évalué par le dosage de la quantité de chaux dans les os, après incinération de ceux-ci. PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE DES VITAMINES.93 La série des évènements qui se produisent au cours de l\u2019ossification normale, et au cours du rachitisme, peut être résumée ainsi d\u2019après Wolbach : La croissance de l\u2019os long dans le sens de la longueur s\u2019effectue, dit-il, par une force, une formation endochon- drale.Dans le tibia normal du rat en croissance, le cartilage épiphysaire de l\u2019extrémité supérieure est une mince couche de cellules.\u2014 Celle-ci est solidement appuyée sur la diaphyse donnant l\u2019aspect d\u2019une couche transverse \u2014 fenêtrée du côté de l\u2019épiphyse et du côté de la diaphyse, envahie uniformément par les capillaires.La croissance se manifeste : 1° par une prolifération continuelle des cellules cartilagineuses qui s\u2019orientent en ligne droite du côté de l\u2019épiphyse, et 2° par une dégénérescence simultanée des cellules cartilagineuses vieillies qui apparaissent du côté de la diaphyse.Dans les espaces devenus libres par la dégénérescence et la disparition des cellules cartilagineuses, s\u2019engagent les capillaires et les cellules formatrices de l\u2019os ou ostéoblastes.Donc, la croissance s\u2019opère par un retrait constant des cellules cartilagineuses vers l\u2019épiphyse, et par un remplissage également constant (du côté de la diaphyse), des espaces libérés qu\u2019oceupaient les cellules cartilaginenses, (région claire) dégénérées, et en ligne droite.La première manifestation histologique du rachitisme, c\u2019est l\u2019arrêt de la dégénérescence des cellules cartilagineuses.La région claire ne se forme pas et il n\u2019y a pas alors pénétration des capillaires ni des ostéoblastes.Si le rachitisme est léger, il y a un accroissement modéré du cartilage épiphysaire.A cause de l\u2019arrêt de la phase dégénérative les bords du cartilage se frangent du'côté diaphysaire, et comme l\u2019ac- 94 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU tivité du côté épiphysaire ne cesse pas, il se fait un élargissement de la région du cartilage.Au cours de cette période de non-dégénérescence du cartilage, la calcification cesse ; et si le rachitisme persiste un peu longtemps, il apparaît des déformations dues sans doute au poids du corps.Les principaux signes cliniques sont alors: élargissement des poignets, des genoux, des hanches, les jambes arquées, le chapelet costal, et l\u2019estomac en carène (ou estomac de poule).En administrant de la vitamine D à un animal rachitique, la calcification commence de nouveau au cartilage, et l\u2019effet est visible déjà après 48 heures par apparition d\u2019une zone claire ou dégénérative.Il est reconnu aujourd\u2019hui, qu\u2019il n\u2019y a aucun élément pathologique dans l\u2019os rachitique qui puisse empêcher sa Croissance.En effet, des lamelles d\u2019os rachitiques se calcifient lorsqu\u2019elles sont placées dans un sérum normal \u2014 même des solutions salines donnent le même résultat.\u2014 La vitamine D n\u2019agit pas directement sur l\u2019os, ou la cellule osseuse.\u2014 La vitamine D modifie plutôt les liquides de l\u2019organisme dans leur teneur en substances minérales i.e.en Ca et P.\u2014 Le rachitisme est un trouble du métabolisme du Ca et P.\u2014 il est la cause et non le résultat d\u2019une lésion osseuse.Quelle que puisse être la cause du rachitisme, cette maladie dépend de l\u2019état du Ca et du P dans le sang.\u2014 Ceux-ci peuvent être éliminés soit par l\u2019intestin ou le rein, ou soit déposés dans les os.La déposition dans l\u2019os a lieu lorsque leur concentration est adéquate, en même temps que les carbonates \u2014 car il faut un rapport de deux molécules de (PO+)»Caz pour 1 molécule de COsCa. PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE DES VITAMINES.95 Phosphatase 11 y a de plus un autre facteur, une hormone, qu\u2019on appelle la phosphatase, et qui a la propriété d\u2019hydrolyser le phosphore organique, comme les hexoses phosphates, en phosphore inorganique.C\u2019est dans le cartilage qu\u2019on trouve le maximum de phosphatase, on en trouve aussi dans le rein, l\u2019intestin et le sérum.C\u2019est la phosphatase qui serait le principal facteur dans la fixation du (PO+)zCazs dans les os.De quelle façon ?on n\u2019en sait rien ; mais ce qui est certain, c\u2019est que dans les maladies osseuses, la teneur du sang en phosphatase, augmente.C\u2019est ce qui arrive dans le rachitisme, et c\u2019est le premier signe qui apparaît avant tous les autres.Quand la vitamine D est donnée, la phosphatase diminue \u2014 la phosphatase est donc un système de défense de l\u2019organisme contre la décalcification.La phosphatase est détruite au niveau du foie.L\u2019hypervitaminose est-elle possible ?\u2014 Elle a été réalisée chez l\u2019animal qui a présenté une augmentation de Ca et P dans le sang; il y a formation d\u2019exostoses, diarrhées, mort.VITAMINE D ET PARATHYROÏDES La relation entre ces deux facteurs a été particulièrement étudiée ; \u2014 l\u2019un et l\u2019autre augmentant le calcium sanguin, on était porté à croire qu\u2019ils agissaient de la même façon.Leur rôle est cependant bien différent.Lorsque, au cours d\u2019une hypocalcémie, il survient de la tétanie, l\u2019adm1- nistration d\u2019extrait parathyroidien fait immédiatement relever la calcémie, sans toucher à la phosphatémie.Dans le rachitisme, la vitamine D fait immédiatement relever la phosphatémie.Les parathyroïdes semblent agir 96 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU surtout par mobilisation du calcium emprunté à divers tissus \u2014 Tandis que la vitamine D semble plutôt favoriser l\u2019absorption intestinale du Ca ou retarder son élimination.Les parathyroïdes produisent la décalcification, la vitamine D, l\u2019hypercalcification.Au cours du rachitisme, l\u2019administration d\u2019extrait pa- rathyroïdien augmente les troubles et retarde la guérison.Dans un article officiel paru récemment sur la vitamine D, voici en résumé le sommaire des connaissances actuelles sur ce facteur.Cet article a paru dans « New and Non Official Remedies », publié par le conseil américain de Pharmacie et de Chimie \u2014 Le comité similaire que nous avons à Ottawa, s\u2019inspire généralement des mêmes articles pour notre législation canadienne.1° La vitamine D est reconnue comme étant spécifique pour le traitement du rachitisme, de la spasmophilie, de l\u2019ostéomalacie, maladies qui sont la manifestation d\u2019un métabolisme anormal du calcium et du phosphore.Les complications, telles les insuffisances rénales ou glandulaires, peuvent empêcher la guérison du rachitisme au cours de l\u2019administration de la vitamine D.De même au cours d\u2019infections, de maladies intestinales, à cause de la non-absorption par la muqueuse malade.2° \u2014 L'exposition directe de la peau aux rayons ultraviolets du soleil, ou d\u2019une source artificielle, réalise la synthèse de la vitamine D dans l\u2019organisme.Mais le conseil ne peut pas affirmer que la vitamine D artificielle ou naturelle a les mêmes effets bienfaisants que l\u2019exposition au soleil.3° \u2014 La clinique justifie amplement cette assertion que la vitamine D joue un rôle important dans la formation des dents, et le maintien d\u2019une bonne dentition ; mais, elle PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE DES VITAMINES.97 ne permet pas de conclure que l\u2019apport adéquat en vitamine D assurera une structure normale des dents et qu\u2019elle évitera la carie dentaire.4° \u2014 L\u2019expérimentation chez l\u2019animal a démontré : 1.\u2014 que la correction d\u2019un apport inadéquat en vitamine D entraîne une utilisation meilleure du Ca et de P; 2.\u2014 Egalement que les mauvais effets qui survien- Ca nent a la suite d\u2019un rapport défectueux, disparaissent par addition de vitamine D au régime.Chez 1\u2019homme \u2014 la vitamine D favorise le métabolisme du Ca et P.5° \u2014 Les besoins en vitamine D sont plus grands pendant l\u2019enfance.\u2014 Les besoins exacts de l\u2019adulte sont inconnus, mais il est certain que les besoins chez la femme en grossesse ou qui allaite, ces besoins augmentent.6° \u2014 La clinique n\u2019a pas encore démontré avec certitude .que l\u2019administration de fortes doses de Vitamine D soit efficace dans le rhumatisme chronique, les troubles allergiques, ou le psoriasis. 98 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LE CANCER DU RECTUM Par CHARLES LEFRANCOIS, F.A.C.S.Il existe un problème du cancer du rectum parce que d\u2019abord, le cancer du rectum est très fréquent et qu\u2019ensuite, son diagnostic est fait assez souvent à un moment où il ne peut être traité d\u2019une manière radicale.Dans la statistique du cancer, le cancer du rectum vient immédiatement, avec le cancer du côlon sigmoïde, après le cancer de l\u2019estomac.A l\u2019intérieur du rectum, le cancer siège habituellement à 2, 3 et 4 pouces de l\u2019anus, moins fréquemment à un pouce et encore plus rarement au niveau du canal anal.Au point du vue anatomie pathologique, le cancer du rectum est presque toujours un épithélioma cylindrique ; dans peut-être 2 à 3% seulement des cas, c\u2019est un sarcome.Comme tous les cancers, le cancer du rectum se propage par infiltration et par métastases.Il débute à un point de la muqueuse rectale, quelquefois au niveau d\u2019un polype.Assez souvent et pendant assez longtemps, il peut se développer en surface sur une zone très étendue de la muqueuse sans attaquer les autres couches de l\u2019intestin.Puis il finit par envahir la sous-muqueuse et la musculeuse.À ce stade il se produit alors des réactions purement inflammatoires du côté des organes voisins et enfin plus tardivement ces organes sont envahis de proche en proche par les cellules cancéreuses.Les organes qui peuvent être ainsi atteints sont par ordre de fréquence, la vessie, la prostate, les vésicules, l\u2019utérus , le vagin et le sacrum.l'Travail présenté aux Journées Médicales de la Société Médicale de Montréal.Hôtel-Dieu, Juin 1942. CONSIDÉRATIONS SUR LE CANCER DU RECTUM 99 Le cancer du rectum, à un moment plus ou moins précoce de son évolution se propage également par des métastases habituellement lymphatiques du moins pour l\u2019épithé- lioma.Les métastases le plus souvent siègent au foie mais aussi au péritoine, aux poumons et au cerveau.Le cancer du rectum comme tous les épithéliomas se rencontre surtout chez des malades ayant dépassé la quarantaine, mais il ne faudrait pas que la question d\u2019âge empêche de faire un bon diagnostic.Plusieurs observations montrent que le cancer du rectum peut exister chez des patients de 30 et même de 20 ans.Avant d\u2019étudier les symptômes du cancer du rectum dont la connaissance dans tous leurs détails est si importante au diagnostic précoce, on peut se demander à partir de quel moment de son évolution à l\u2019intérieur de la cavité rectale, le cancer donne des signes de sa présence.La question est difficile à résoudre mais on peut admettre avec plusieurs que le cancer doit se manifester 2 ou 3 mois après son apparition.Malheureusement les malades ne consultent jamais à ce stade, et d\u2019après nos observations, ils attendent en moyenne de 8 à 10 mois avec leurs troubles et leurs hémorragies avant de se présenter à l\u2019hôpital.La douleur n\u2019est pas un symptome précoce du cancer du rectum.Cependant, si le cancer est situé sur la paroi postérieure il peut exister des douleurs du côté de la région sacrée.Ce que le malade ressent surtout c\u2019est la sensation d\u2019avoir le rectum rempli.Si le cancer siège près de la vessie, il pourra y avoir des douleurs au moment des mictions.Le sang dans les selles n\u2019est pas également un symp- tome très précoce du cancer du rectum.Pour qu\u2019on l\u2019y trouve, il faut que le cancer ait dépassé la muqueuse rectale.Cependant à un certain stade de l\u2019évolution cancéreuse, l\u2019hémorragie même minime constitue un symptôme très impor- 100 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU tant et on doit au moindre doute ne jamais négliger de questionner le malade de ce côté.L\u2019hémorragie qui accompagne le cancer est différente de celle des hémorroïdes.Chez les porteurs d\u2019hémorroïdes l\u2019émission de sang se fait en général à la suite de la contraction du sphincter, aprés la défécation.La coloration du sang est alors rouge vif.Chez les cancéreux, l\u2019hémorragie se fait à l\u2019intérieur du rectum.Elle précède souvent la défécation et le sang est souvent ici altéré.Le seul symptome vraiment précoce du cancer du rectum c\u2019est le changement que peut accuser un malade dans ses habitudes de « garde-robe ».Quelquefois le patient nous dira qu\u2019il n\u2019est pas aussi régulier que d\u2019habitude, que ses selles ne sont pas satisfaisantes, qu\u2019elles sont plus petites que normalement ou qu\u2019il a des fausses envies.Plus souvent, il nous indiquera qu\u2019il est devenu constipé alors qu\u2019il ne l\u2019était pas du tout auparavant.La constipation qui se manifeste au début du cancer du rectum n\u2019est pas l\u2019indice d\u2019obstruction.L\u2019ampoule rectale est très vaste et le cancer doit être très développé avant de l\u2019obstruer.La constipation du cancer du rectum est due d\u2019abord à un trouble dans la physiologie de l\u2019organe qui commence à se cancériser.Le rectum se contracte mal d\u2019où la constipation ou il se contracte trop ou à contre temps, et ceci est un fait important, d\u2019où la diarrhée.Nous croyons qu\u2019en général on n\u2019attache pas assez d\u2019importance à cette diarrhée qui existe chez presque tous les malades au début de leur cancer.C\u2019est un symptome pour nous capital qui est bien plus facile a identifier que la constipation.Quelquefois d\u2019ailleurs il v aura chez un méme malade alternance de diarrhée et de constipation.La diarrhée du'cancéreux n\u2019est pas toujours une vraie diarrhée et si l\u2019on a la curiosité de regarder soi- même les selles on voit qu\u2019il s\u2019agit souvent plutôt de mucus, de débris de cellules et de glaires que de matières fécales. CONSIDERATIONS SUR LE CANCER DU RECTUM 101 Nous insistons donc sur l\u2019importance de la diarrhée au point de vue du diagnostic précoce et nous croyons que toute diarrhée chronique rebelle chez un malade approchant la quarantaine doit faire penser au cancer et commander un lavement baryté pour éliminer un épithélioma du colon droit ou gauche et un toucher rectal pour éliminer le cancer du rectum.Pour faire le diagnostic du cancer du rectum, le toucher rectal seul a une importance capitale et il est regrettable qu\u2019on néglige si souvent encore de le pratiquer.Le toucher rectal doit se faire le malade étant placé en position latérale gauche, les genoux bien fléchis sur l\u2019abdomen ou en position dorsale-les cuisses fléchies vers le haut.Il faut employer beaucoup de vaseline pour ne pas faire souffrir inutilement les malades.Le toucher permettra de sentir le cancer qui dans les 34 des cas est accessible au doigt.À l\u2019intérieur du rectum on doit explorer le sacrum en arrière la prostate en avant.Quelquefois on sentira une petite masse dure un peu irrégulière, sessile ou pédiculisée, le plus souvent on palpera une tumeur végétante ressemblant à un petit choux-fleur.La tumeur peut faire tout le tour du rectum, elle peut être ulcérée et on peut alors y sentir un cratère.Enfin, souvent même si le patient n\u2019a pas constaté la présence de sang dans les selles, le doigt, après avoir palpé la tumeur, en ramènera et quelquefois ceci nous est arrivé déjà deux fois il ramènera aussi une végétation se détachant facilement, végétation qui servira pour fin d\u2019examen microscopique.Quand on soupconne un cancer du rectum et que le toucher rectal ne révèle rien, on doit toujours faire la rectoscopie qui permettra quelquefois de voir un cancer inaccessible au doigt.D\u2019ailleurs nous croyvons que la rectoscopie est indiquée dans tous les cas de cancer du rectum pour faire un examen biopsique de la tumeur.La biopsie est une 102 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU manoeuvre facile et non dangereuse qui seule établira d\u2019une manière absolument certaine la nature du néoplasme.Enfin, quand le cancer siège au niveau de la jonction rectosigmoïdienne, l\u2019examen radiologique est indiqué mais ici il faut faire attention, autant le lavement baryté est un précieux moyen de diagnostic des tumeurs des côlons, autant il permet mal de voir des lésions qui siègent au niveau de l\u2019ampoule rectale.Surtout, ce qu\u2019il ne faut pas faire quand on croit à un cancer du rectum, c\u2019est demander une radiographie et négliger de pratiquer le toucher rectal.Il y a ici danger d\u2019erreur et nous avons déjà eu l\u2019occasion de voir à deux reprises des malades inopérables qui avaient eu des lavements barytés quelques mois auparavant mais chez lesquels personne n\u2019avait pratiqué le toucher rectal avant leur entrée à l\u2019hôpital.Le traitement radical du cancer du rectum est l\u2019exérèse chirurgicale du segment intestinal cancérisé.Le radium ou même l\u2019électro-coagulation peuvent guérir définitivement certains cancers de petites dimensions qui siègent près du canal anal mais pour la très grande majorité des cas, la chirurgie à date est le seul traitement qui donne des résultats encourageants.La chirurgie du cancer du rectum donne une curabilité qui peut aller jusqu\u2019à 50% des cas opérables.Malheureusement, parce que le diagnostic n\u2019est pas fait d\u2019une manière précoce l\u2019opérabilité actuelle des cancers du rectum est très basse.Elle varie suivant les auteurs entre 30 à 60% des cas.Quand on parcourt les statistiques des différentes cliniques, on s\u2019aperçoit que plus l\u2019opérabilité est basse à un endroit, plus la curabilité est élevée et ceci se conçoit facilement, il est bien évident qu\u2019on aura un plus grand nombre proportionnellement de gnérisons définitives si on ne s\u2019attaque qu\u2019à des cancers qui semblent facilement opérables.Mais en général, la tendance actuelle nous permet de constater que l\u2019opérabilité augmente et ceci avec raison : CONSIDERATIONS SUR LE CANCER DU RECTUM 103 des techniques bien au point permettent maintenant au chirurgien d\u2019opérer sans trop de mortalité opératoire des cancers qui auraient pu autrefois semblés inopérables.Il y a plusieurs facteurs à considérer pour établir si tel ou tel cas de cancer du rectum est opérable.L\u2019âge n\u2019est pas nécessairement une contre-indication à l\u2019opération.Il ne faut pas fixer de limite, 65 ans par exemple.Un malade de 72 ans, maigre mais non cachectisé, peut quelquefois mieux supporter l\u2019opération grave de l\u2019amputation du ree- tum que tel patient de 50 ans avec un mauvais état général ou avec une obésité qui créera beaucoup d\u2019ennuis à l\u2019opérateur.L\u2019anémie du malade n\u2019est pas non plus une contreindi- cation : on peut la traiter par des transfusions répétées.L\u2019obstruction intestinale, rare cependant dans le cancer du rectum ne doit pas faire abandonner nécessairement l\u2019idée d\u2019opération radicale.À la suite de l\u2019établissement d\u2019un anus temporaire, l\u2019état général du malade pourra lui permettre d\u2019affronter l\u2019amputation.La dimension de la tumeur n\u2019a pas d\u2019importance.Elle n\u2019est pas du tout l\u2019indice de malignité plus grande.Les petits cancers sont quelquefois les plus dangereux.La fixation du cancer n\u2019est pas toujours une contre- indication opératoire.Très souvent la tumeur est fixée à la prostate, à la vessie par des adhérences purement inflammatoires et on pourra à l\u2019opération détacher le cancer de ces organes beaucoup plus facilement qu\u2019on l\u2019avait imaginé.Il y a évidemment des cas de cancer du rectum assez nombreux qui ne sont pas opérables.Il ne faudrait pas les opérer tous a contre temps.Mais nous croyons dans la grande majorité des cas que c\u2019est seulement apres avoir ouvert le ventre, que nous serons fixés sur l\u2019étendue du cancer, 104 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU sa\u2019 propagation aux organes voisins et la possibilité de sa guérison opératoire.Ici encore, cependant, le chirurgien doit se rappeler que des cancers très adhérents le sont seulement à cause de la réaction inflammatoire et qu\u2019à tout prendre, il doit donner le bénéfice du doute au malade surtout si c\u2019est un jeune.Plus le patient est jeune, plus il lui reste d\u2019années à vivre s\u2019il guérit définitivement, plus nous croyons qu\u2019on doit opérer les cas les plus adhérents même si la mortalité opératoire immédiate est franchement augmentée.En présence d\u2019un cancer, la mortalité opératoire doit être reléguée ici au second plan.Nous n\u2019entrerons pas dans les détails des opérations pour cancer du rectum.Quand le cancer siège au niveau de l\u2019ampoule, le chirurgien habituellement fera l\u2019amputation du rectum et de l\u2019anus par la voie abdominale périnéale en un temps s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019occlusion.Quand le cancer siège tout près du sigmoïde, il fera la résection du rectum par la seule voie abdominale.Malheureusement, ces deux opérations nécessitent le plus souvent le sacrifice définitif du merveilleux mécanisme du sphincter anal.L\u2019anus iliaque définitif, a une détestable réputation auprès des médecins mais c\u2019est la rançon pénible d\u2019une intervention qui seule peut guérir les malades atteints du cancer du rectum.Il est important que nous sachions bien expliquer ce point aux malheureux malades et les encourager par une attitude sympathique.L\u2019anus iliaque est une infirmité qui se supporte assez facilement avec l\u2019établissement d\u2019une diète appropriée.Nous avons eu l\u2019occasion d\u2019opérer depuis 2 ans, 5 cas de cancer du rectum et du recto-segmoïde.\u2014 Un homme de 35 ans avec un cancer de l\u2019ampoule rectale adhérent à la prostate et à la vessie.Symptome dominant : la diarrhée.Amputation abdomino-périnale le CONSIDERATIONS SUR LE CANCER DU RECTUM 1056 11 avril 1940.Anus artificiel définitif.Aprés 26 mois, aucune recidive decelable.Poids avant l\u2019opération 160 ; actuellement 190.\u2014 Un deuxième patient de 59 ans avec un cancer de recto-segmoïde adhérent à la vessie.Résection du recto- segmoïde et anus iliaque définitif le 12 septembre 1940.Sym- tome dominant : diarrhée datant de 7 mois.L\u2019examen histologique a révélé ici que la portion de l\u2019intestin adhérent à la vessie était pénétrée de part en part par l\u2019épithélioma.Le malade revu le mois dernier va très bien.Poids avant l\u2019opération 130, actuellement 170.\u2014 Un troisième malade de 42 ans avec un gros cancer bourgeonnant à 2 pouces de l\u2019anus, cancer ne laissant pas passer le doigt.Symptome dominant : 10 à 12 diarrhées par jour depuis 3 mois.Amputation abdominale-périnéale le ler décembre 1940.Anus définitif.Le malade revu dernièrement avait engraissé de 20 lbs.\u2014 Un quatrième malade de 68 ans avec un cancer haut situé de l\u2019ampoule rectale cancer adhérences à la vessie.Amputation abdomino-périnéale le 10 juin 1941.Au cours de l\u2019opération on ouvre le rectum en le séparant de la vessie.Mort par péritonite au bout de 5 jours.\u2014 Enfin, une dernière malade de 65 ans diabétique, présentant un cancer du recto-sigmoïde avec propagation à l\u2019utérus.Symptomes dominant : crises répétées de suboc- clusion.Résection du recto-sigmoide, hystérectomie et anus définitif en avril 1942.Convalescence orageuse mais qui se termine normalement.Deux de ces différents malades, les plus jeunes, travaillent actuellement pour gagner leur vie.Tous se sont adaptés à leur infirmité, leur anus artificiel, et ne regrettent pas en tout cas de s\u2019être laissés opérés pour leur cancer dont nous leur avions expliqué la gravité. 106 LE JOURNAL DE L'HOTEL-DIEU TRAITEMENT CHIRURGICAL DES PROLAPSUS Par PIERRE MEUNIER Le traitement chirurgical des prolapsus fut une question longuement débattue dès le début de la chirurgie aseptique.Finalement le ralliement se fit autour de quelques techniques et l\u2019oubli couvrit les autres.C\u2019est ainsi, que depuis plusieurs années, beaucoup de chirurgiens ne pratiquaient qu\u2019un seul procédé chirurgical applicable à tous les cas, soit l\u2019hystéropexie abdominale jointe à une peri- néorraphie antérieure et postérieure.Tout en demeurant un excellent procédé, l\u2019hystéro- pexie abdominale présente cependant des inconvénients et ne peut, en plus, être appropriée à tous les cas.Premièrement : elle présente d\u2019abord l\u2019inconvénient d\u2019une lapara- tomie, surajoutée à une opération périnéale assez longue.Comme il s\u2019agit souvent de femmes âgées, avec un état général déficient, il en résulte en maintes circonstances un choc chirurgical important.Il peut également survenir des occlusions et des réactions péritonéales.Deuxièmement : lorsque l\u2019utérus est de volume normal et sa paroi assez résistante, il y a tout lieu de croire, si l\u2019hystéropexie est bien faite, qu\u2019il n\u2019y aura pas de récidive.Il n\u2019en est pas de même si la paroi abdominale est lâche, les aponévroses minces et distendues, si l\u2019utérus est gros, lourd, métritique, ou petit, atrophique, difficile à rapprocher de la paroi.Or, ces conditions existent fréquemment et diminuent d\u2019autant les bons résultats que l\u2019on devrait attendre de l\u2019hystéro- pexie jointe si l\u2019on veut à une réfection du périnée.Ce sont ces faits qui ont amené les gynécologues américains contemporains (Crossen, Phaneuf, Campbell) à reconsidérer la question des prolapsus et à préconiser, contre l\u2019abus d\u2019une seule technique, divers procédés chirur- SCILLITRINE Médication d\u2019Urgence des crises LABORATOIRE PERRIER FRANCE Agents généraux pour le Canada MILLET ROUX & CIE, LIMITEE 1215 RUE ST-DENIS MONTREAL TRAITEMENT MAGNÉSIEN PAR LE TOTAL MAGNESIEN Chlorure de magnésium, médicinal, déshydraté INDICATIONS : Manifestations arthritiques, Affections de la prostate, 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constitué pour chaque variété d'examens.En conséquence, les ingénieurs de la G-E mirent au point un certain nombre de postes industriels de rayons X qui se sont révélés non seulement conformes aux demandes, mais qui ont provoqué un renouveau dans l'industrie de guerre, car dans beaucoup de cas, l'appareillage a fort aidé à accélérer la production.L''instrumentation de rayons X G-E, pour fins industrielles, a été réalisée avec tous les avantages de l'immersion complète dans l'huile, comme la fameuse unité à thérapie Maximar G-E qui est, comme l'on sait, entièrement \u2018shockproof\u2019.Remarquez sur la vignette comment ce principe a été appliqué à un poste mobile pour la vérification des soudures.Pour supporter le service excessif qu'on demande aux appareils G-E dont plusieurs travaillent vingt-quatre heures par jour, nos ingénieurs ont dû, naturellement, créer de nouvelles améliorations.Ces progrès, appliqués au matériel médical G-E, la profession en tirera très vraisemblablement de 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on y trouve aussi la salle de stérilisation de la verrerie, la préparation des nécessaires; on y trouve aussi la salle des animaux de laboratoire, la salle d\u2019expédition des nécessaires et de réception des échantillons par la poste ou par messageries.Au quatrième étage sont situés les bureaux de l\u2019administration et les pièces où se font les travaux d\u2019analyse.Voilà ce que la province met à la disposition des médecins.Toutes les analyses sont gratuites pour les particuliers, les médecins et les municipalités.Il est inutile d\u2019ajouter que les employés sont tenus au secret le plus rigoureux.Le personnel des laboratoires est à la disposition de tous.Médecins, officiers sanitaires et profanes sont toujours admis et peuvent visiter le différentes salles avec facilité.Tous sont invités à profiter des avantages qu\u2019offrent les laboratoires, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019analyses bactériologiques, sérologiques ou de chimie et de contrôle sanitaire.C\u2019est une institution destinée au public, fondée dans le but d\u2019améliorer les conditions sanitaires de la province et de servir la population.LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DU BIEN-ÊTRE SOCIAL HON.HENRI GROULX JEAN GREGOIRE, M.D.ministre sous-ministre XX Ex Fox \u2014 at es al are ; MRL SER CUE PE ) 705 a EF id [Coal gg SF 2 git Série de AIX La série des six préparations \u201c'Béminal\u2019\u2019 Ayerst aide a résoudre le probléme que pose Ch la mise en œuvre d'un traitement par le complexe vitaminique B.La diversité de teneurs et de formes pharmaceutiques permet le choix d'une thérapeutique individuelle.Dans les cas qui exigent des doses élevées, on conseille les Comprimés \u201cBéminal\u2019\u2019 ou le \u2018\u2018Béminal\u2019\u2019 Concentré par voie buccale et le \u2018\u2019Béminal\u2019 Injectable par voie parentérale.Dans les déficiences bénignes, le \"Béminal\u201d Composé, le \u201cBéminal\u2019\u2019 Liquide et les Granulés \u2018Béminal\u201d\u2019, per os, sont à préconiser.Littérature sur demande.AYERST, McKENNA & HARRISON LIMITÉE, Biologistes et Pharmaciens, MONTRÉAL, CANADA.| 129F Les Vitamines seules ne suffisent pas.Elles sont plus utiles associées à des sels minéraux.BETAGEN contient la Vitamine B.associée aux glycerophosphates alcalins, à la lécithine et l\u2019avénine, et est une combinaison heureuse qui par l\u2019action synergique de ses éléments constituants en fait un médicament précieux comme.COMPOSITION Chaque once contient: 500 U.I.de Vitamine Bt Chlorure de Thiamine 1 mgm.Riboflavine avec les autres facteurs de la Vitamine B Complexe, Bs, Bs, Bs et Bs Lecithine d'oeufs 1/16 gr.Tonique et Aliment Nervin RECOMMANDE Pertes d\u2019Energie et d\u2019appétit - Anémie Neurasthénie - Troubles Gastro-intestinaux et dans les cas ou le systéme nerveux Avenine \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 1/80 est affaibli Glycerophosphates de Sodium 8 grs.MODE D'EMPLOI de Calcium 4 ers.Adultes: Une cuillerée À dessert quatre fois par jour, de de Potassium 4 grs.préférence avant les repas et le coucher.Enfants: Selon de Strychnine 1/60 gr.l'âge, de !16 cuillerée à thé à une cuillerée à dessert.PAVERAL reste toujours le médicament de choix pour le traitement scientifique de la COQUELUCHE Le PAVERAL est journellement prescrit avec succès pour les cas de coqueluche et des toux coqueluchoïdes.Ne cause ni intolérance, ni complication.Littérature sur demande.Agents : LA CIE CANADA DRUG PHARMACIENS EN GROS 857, rue Saint-Maurice, - - Montréal XXIT @ Pour tout appareil à rayons X RADIODIAGNOSTIC RADIOTHÉRAPIE @ Pour tout matériel radio-photographique FILMS PRODUITS CHIMIQUES @ Pour tout instrument électro-médical DIATHERMIE À ONDES LONGUES OU À ONDES COURTES RAYONS ULTRA-VIOLETS RAYONS INFRA-ROUGES COURANTS GALVANIQUES ET FARADIQUES @ Pour appareils électro-cardiographiques SANBORN CONSOLIDATED X-RAY COMPANY LIMITED 313 Dominion Square Building MONTREAL HArbour 3717 XXIII (ES COMPLICATIONS SONT VIEILLES COMME LE TEMPS ORSQUE le travail doit être stimulé, l'obstétricien se fie au Pitocin,\" l'hormone ocytocique avantageuse et certaine.Le Pitocin renferme le principe ocytocique du lobe postérieur de l'hypophyse, pratiquement sans activité hypertensive.Pitocin est presque totalement déprotéinisé, c'est pourquoi un grand nombre de médecins préconisent l'usage routinier du Pitocin en obstétrique.Le Pitocin agit directement sur le muscle utérin.Lorsqu'il n\u2019y a pas de complications, Pitocin est indiqué dans l'inertie, et aussi pour enrayer Le _ This interesting study of fetal circulation l'hémorragie utérine.is taken from Antonin Bossu\u2019s Anthro- * pologie Etude des Organes, FRE Maladies de l'Homme et de la Dame published in Brussels in 1847.P ° : ° Produit de recherches modernes offert à la profession médicale par : LA eu ol z > = .> ~ y ihe?PARKE, DAVIS & COMPANY WALKERVILLE, ONTARIO PTY * Marque de commerce déposée, \"5 AL AA) Hormon œstrogène_naturelle_de [49] grande marque fournissant le maximu rm \u20ac LS CEA o fr me\u201d phä-œstra horm@ ollictlair P ) puissants effets thérap SB os 4 t de l'abSen de réactions toxiques i; 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puis il les rapprochait ensuite en avant de l\u2019utérus.En plus, après avoir refoulé la vessie, il suturait les deux tranches vaginales aussi haut que possible sur la face anté- 108 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU rieure de l\u2019utérus.Il réalisait ainsi le raccourcissement des ligaments larges et 1\u2019élévation de la lame fibreuse utéro- pubienne.Les ligaments larges sont le principal soutien de l\u2019utérus; leur partie inférieure est en effet formée de tissu résistant s\u2019étendant de la surface latérale du col vers la paroi pelvienne.Dans les prolapsus c\u2019est ce tissu qui est distendu.Si on le raccoureit, on obtient une correction à peu près permanente du prolapsus.Quelques auteurs suivirent et perfectionnèrent cette méthode, en particulier Dudley en 1906 et Fothergill en 1915.Il fallut attendre à ces dernières années,-cependant, avant qu\u2019elle ne connût la vogue qu\u2019elle méritait.Aujourd\u2019hui, on la pratique sans amputer le col, à moins qu\u2019il ne soit indiqué de le faire.Le raccourcissement de la base des ligaments larges se fait soit par division et croisement, en avant de la partie sus- vaginale du col, soit par simple coaptation.L\u2019élévation de la lame fibreuse utéro-pubienne se fait par son rattachement à un niveau plus élevé sur l\u2019utérus, après avoir enlevé l\u2019ex- cédent causé par la distension.En résumé, disons que cette opération, qui porte les noms de Donald, Fothergill, et «broad ligament plastic operation» est ce qu\u2019on pourrait appeler en français, une périnéorraphie antérieure mais avec; Premièrement, raccourcissement de la base des ligaments larges ; Deuxièmement, rétrécissement et élévation de la lame utéro-pubienne.Jointe à une périnéorraphie postérieure, cette opération donne d\u2019excellents résultats.Elle comporte peu de risques opératoires, et peut être faite avant comme après la ménopause.Elle est très recommandable dans les prolapsus moyens et si le cystocèle n\u2019est pas très marqué.Dans les cas ou le cystocele est considérable il vaut mieux avoir recours à une autre technique, connue sous le nom d\u2019interposition utérine, où opération de Scheuta ou de Watkins.Cette opération n\u2019est également pas nouvelle.Elle comporte les temps suivants : TRAITEMENT CHIRURGICAL DES PROLAPSUS 109 1) Séparation de la paroi vaginale antérieure de la vessie ; 2) Séparation de la vessie de la face antérieure de l\u2019utérus.3) Ouverture du cul-de-sac vésico-utérin ; 4) Bascule du corps utérin en avant de la vessie ; 5) Suture du péritoine à l\u2019arrière du corps utérin ; 6) Fixation des cornes utérines sous la symphise pubienne ; T7) Excision de l\u2019excédent de la paroi vaginale antérieure ; 8) Suture des deux tranches vaginales à la face antérieure de l\u2019utérus.Cette opération est excellente pour les cystocèles très marqués et récidivants.Elle ne peut être faite, cependant, qu\u2019après la ménopause, l\u2019utérus étant devenu pour ainsi dire extra-péritonéal.La troisième technique chirurgicale, dans l\u2019ordre du début, est l\u2019hystérectomie vaginale modifiée.L\u2019hystérectomie vaginale simple, a été appliquée aux cas de prolapsus dès le début de la chirurgie aseptique.Il paraissait logique, en effet, d\u2019enlever tout simplement l\u2019organe prolabé.Mais, l\u2019expérience démontra qu\u2019il en résultait souvent d\u2019énormes hernies pelvienne.Si bien qu\u2019au dixième congrès de chirurgie de Paris, en 1896, elle fut formellement condamnée.Les chirurgiens contemporains, qui eurent l\u2019idée de la modifier pour éviter cette désastreuse conséquence, se heurtèrent au début, à beaucoup de scepticisme, sa condamnation étant encore fraîche à la mémoire de tous.Cependant, l\u2019évidence des bons résultats produisit peu à peu un ralliement, et beaucoup de chirurgiens pratiquent aujourd\u2019hui des hysté- 110 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU rectomies vaginales modifiées.Cette modification est la suivante : après l\u2019hystérectomie, on suture l\u2019un à l\u2019autre les deux ligaments larges sur toute leur hauteur, formant un diaphragme qui retiendra les organes pelviens (vessie, rectum, intestins.C\u2019est ce rapprochement qui est le temps essentiel de l\u2019opération, et dont dépend le succès.En plus, durant les semaines qui suivent l\u2019opération, il se produit une rétraction et une élévation de ce diaphragme.Le vagin, qui paraissait raccourci, immédiatement après l\u2019opération, devient par la suite plus profond.L\u2019hystérectomie vaginale est applicable surtout aux prolapsus complets.Dans ces cas, en effet, les opérations de Manchester ou de Scheuta sont regardées comme insuffisantes.D\u2019autre part, l\u2019hystéroplexie abdominale, bien qu\u2019elle soit excellente et qu\u2019elle ait été pratiquée presque exclusivement jusqu\u2019à ces dernières années, présente, comparée à l\u2019hystérectomie vaginale modifiée, plusieurs désavantages; l\u2019une nécessite une laparatomie surajoutée, comme nous l\u2019avons dit tout à l\u2019heure, à une périnéorraphie antérieure et postérieure.Comme il s\u2019agit souvent de femmes âgées avec un mauvais état général, cette opération revêt, dans les circonstances, une importante gravité.De plus, la laxité de la paroi abdominale, l\u2019atrophie, la friabilité ou le poids de l\u2019utérus sont autant de facteurs de récidive.Enfin, il existe des cas, où l\u2019obésité est presqu\u2019à elle seule une contre-indication à la laparatomie ; l\u2019hystérectomie vaginale, au contraire, ne produit pratiquement aucun choc opératoire.L\u2019ouverture du péritoine pelvien, dans des conditions aseptiques, provoque encore plus rarement des réactions péritonéales.La laxité des tissus voisins offre moins de conséquences.L\u2019ablation de l\u2019utérus est souvent un avantage, en particulier s\u2019il y a des ulcérations suspectes au niveau du col.Enfin, quand elle est bien faite, l\u2019hystérectomie vaginale présente peu de risques de récidives. TRAITEMENT CHIRURGICAL DES PROLAPSUS 111 Le quatrième procédé chirurgical en cours, dans le traitement du prolapsus, est l\u2019hystéropexie abdominale surajoutée à une périnéorraphie antérieure et postérieure, procédé que nous venons de comparer à l\u2019hystérectomie vag1- nale modifiée.Elle garde encore, et gardera probablement toujours ses indications.Chaque fois, en particulier, qu\u2019il y aura intérêt à pratiquer une laparatomie pour une lésion associée (kyste de l\u2019ovaire, lésion annexielle, appendicite chronique, ete.).Dans les cas où la patiente n\u2019est pas trop âgée, présente un bon état général, que le col n\u2019offre pas de lésion suspecte, que les tissus paraissent bons et l\u2019utérus de volume normal.Il est inutile de décrire cette technique qui est connue de tous, quoique la façon de fixer l\u2019utérus à la paroi diffère chez beaucoup de chirurgiens.\u2018 Le cinquième procédé en usage est l\u2019opération de Lefort, qui consiste à fermer le vagin pour empêcher la sortie de l\u2019utérus, tout en ménageant deux conduits latéraux pour l\u2019écoulement des sécrétions vaginales.C\u2019est un procédé qui ne comporte aucun danger pour la malade et qui donne des résultats permanents.Il a l\u2019inconvénient, cependant, de fermer le vagin et de supprimer toute relation sexuelle.C\u2019est pourquoi il n\u2019est pas très en usage.On peut l\u2019employer avec avantage chez des femmes âgées pour lesquelles cette question n\u2019est pas une objection.Sans trop de détails techniques, voilà en résumé, les principaux procédés opératoires applicables aux cas de prolapsus.Le choix de l\u2019un ou l\u2019autre de ces procédés doit dépendre de chaque cas en particulier et aucun ne doit être employé à l\u2019exclusion des autres.22 & 112 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU \\ DETOXIFICATION DU MÉTRAZOL ' Par GABRIEL FOURNIER Le métrazol est employé sur une haute échelle comme un agent de thérapeutique de choc dans le traitement de la schizophrénie, et dans divers états de mélancolie ou de manie.(Thérapeutique biologique des affections mentales par H.Claude et P.Rabinovitch, cité par Laval Médical, Avril 1940).En outre, ce composé est recommandé comme stimulant du système nerveux central, et du système cardio-vasculaire et donc, trouve un emploi dans certains états de collapsus dûs à l\u2019action toxique de poisons du système nerveux.En plus, Goldstein et Vineberg (Amer.J.Psychiatry 96, Mai 1940).montrèrent qu\u2019il peut faciliter grandement le diagnostic de l\u2019épilepsie.Donc, l\u2019importance que le métrazol a atteint dans le domaine de la thérapeutique moderne demande d\u2019une façon impérieuse que l\u2019endroit où il est dé- toxifié dans l\u2019organisme soit déterminé puisque la présence de modifications pathologiques à ce niveau constituerait une contre indication absolue contre son emploi.Un relevé de là littérature tel que fait par Tatum et Kozelka, (J.of Pharmacol.& exper.Therap.72, 284, 1941) semble \u2018démontrer l\u2019importance d\u2019une détoxification hépatique, et aussi, peut-être d\u2019une excrétion par les reins.Ces derniers auteurs utilisèrent une méthode de recherche très ingénieuse et très élaborée basée sur des déterminations quantitatives du métrazol dans les tissus d\u2019animaux après l\u2019injection d\u2019une quantité connue de substance.Les chiffres qu\u2019ils obtinrent dans le cas de rats normaux comparés 1 Présenté devant la Federation of American Societies for experimental Biology, Boston, mars 1942. DÉTOXIFICATION DU MÉTRAZOL 113 à ceux obtenus lorsque ces animaux avaient été préalablement traités avec de soit-disant poisons du foie tel que le phosphore et le tétrachlorure semblent démontrer que le phénomene de détoxification est de beaucoup entravé.La concentration du métrazol dans les tissus de ces derniers demeura à un niveau beaucoup plus élevé et pour une période de temps beaucoup plus longue ; ceci suggère que le métrazol demeure intact dans l\u2019organisme.Mais, il est évidemment présomptueux d\u2019affirmer que l\u2019intoxication hépatique seule est responsable pour le délai dans la détoxification du mé- trazol puisqu\u2019il est évident que les soit-disant poisons du foie ont aussi une action nocive sur les autres tissus tels que le système nerveux par exemple.De même, l\u2019observation de Dille et Seeberg (Proc.of the Society f.exp.biol.1940, p.625) que le métrazol est moins toxique après son administration dans la veine porte qu\u2019après son introduction dans une veine de la circulation périphérique n\u2019a qu\u2019une signification relative en ce qui concerne un mécanisme de décomposition dans ces conditions normales.Il est évident que durant son passage à travers une circulation capillaire, une partie de la substance sera perdue dans les tissus si on l\u2019introduit à une concentration élevée par voie de la veine porte.En vue d\u2019éclaireir le problème, l\u2019idée nous vint de reprendre ces études, et donc, nous avons établi l\u2019expérience suivante employant des rats albinos pesant de 170 à 195 grammes.Les animaux d\u2019un premier groupe subirent une hépatectomie par la méthode de Waelsch et Selye, (Arch.f.exper.Path.u.Pharm.165, 219, 1932).En plus d\u2019un groupe de contrôles normaux les animaux du troisième groupe furent bilatéralement néphrectomisés.L\u2019on injecta alors par voie sous-cutanée 20 milligrammes d\u2019une solution de métrazol, et l\u2019on observa les réactions.Les convulsions prirent de 15 à 20 minutes a s\u2019établir.I] ne semble point que les rats hépatectomisés et néphrectomisés étaient plus sensibles à la drogue que les animaux normaux puisque leurs 114 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU convulsions ne furent pas plus prolongées ni plus violentes que celles de ces derniers.La quantité de 20 milligrammes toutefois était évidemment trop grande puisque tous les animaux moururent en 45 minutes, et donc, l\u2019on recommença l\u2019expérience avec 10 milligrammes de métrazol.Comme l\u2019on peut s\u2019y attendre, les convulsions furent de beaucoup moins violentes et de plus courtes durées.Les quantités additionnelles de 5 milligrammes furent données à toutes les heures; après la 3e injection le taux de mortalité était approximativement le même pour chacun des trois groupes.Evidemment, dans le cours de ces expériences, l\u2019on choisit autant que possible des animaux de même poids, mais, comme l\u2019on ne put éviter des variations de quelques 20 grammes, pour éliminer l\u2019effet que ces différences de poids, pourraient avoir sur la résistance individuelle, l\u2019on répéta l\u2019expérience en utilisant une dose calculée de 800 gammas par gramme du poids du corps.Encore une fois, les réactions furent variées et ne suggérèrent aucunement que les animaux hépatectomisés étaient plus sensibles à l\u2019administration du métrazol que ceux avant subi une double néphrectomie ou que les normaux.Finalement pour éliminer le facteur traumatique ehi- rurgical, l\u2019on fit subir la laparatomie à un groupe d\u2019animaux et l\u2019on enleva tel qu\u2019auparavant, une partie du foie à un autre groupe.Une dose calculée de métrazol fut donnée.Les résultats furent exactement comme auparavant.Nos expériences semblent démontrer que le foie et les reins ne jouent point un rôle important dans la détoxification du métra- zol.Si tel en était le cas il serait logique de croire que les animaux opérés auraient montré une sensibilité beaucoup plus grande à la drogue.La technique chirurgicale de l\u2019hépatectomie partielle est une méthode très simple et très commode pour étudier le rôle que joue le foie dans la dé- DÉTOXIFICATION DU MÉTRAZOL 115 composition des diverses substances.Elle permet d\u2019enlever 715% du tissu hépatique.L\u2019on peut dire que les tissus qui restent peuvent compenser pour celui enlevé, mais je doute fortement que le dommage causé par les poisons du foie atteigne ou même dépasse cette proportion.Puisqu\u2019il a été démontré que des rats ainsi hépatectomisés furent très sensibles à l\u2019action de drogues reconnues comme étant décomposées au niveau du foie tel que l\u2019éther et le chloroforme (Selye, H.Pharmacol.a.exper.Thera.71, 236, 1941).l\u2019on est à mesure de conclure qu\u2019une détoxification hépatique ne joue aucun rôle dans le cas du métrazol.De plus, nos observations confirment celles de Dille et Seeberg (Pro.Soc.Exper.Bio.a Med.44, 624, 1940).en ce qui a trait au peu d\u2019importance d\u2019une élimination rénale. 116 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU LA CLINIQUE NEUROPSYCHIATRIQUE DE ROME Mettant à profit les très nombreux souvenirs que son séjour prolongé en Italie lui a permis d\u2019amasser, le R.P.Mailloux, O.P., présenta, à la réunion du service de neurologie du 15 janvier, un aperçu des observations recueillies par lui à l\u2019occasion de contacts fréquents avec la clinique romaine.Il insista, en particulier, sur celles qui offraient pour nous une valeur de suggestion.En quelques phrases, d\u2019abord, il rappela les événements marquants de la carriére de Sante De Sanctis qui fut, jusqu\u2019a sa mort, le directeur de cette clinique, ainsi que 1\u2019évolution de sa pensée scientifique et religieuse.Puis, après avoir apporté certaines précisions fort intéressantes sur les relations qui existent entre cette grande clinique universitaire et les «hôpitaux réunis» de Rome, le conférencier entreprit de décrire un à un les principaux services qui s\u2019y trouvent groupés : neuropathologie, psychiatrie, neurospsychiatrie infantile.Les aspects originaux de l\u2019organisation de ces divers services et de l\u2019enseignement qu\u2019on y donne furent surtout mis en relief.De même, une mention rapide fut accordée aux travaux poursuivis dans les laboratoires spécialisés de biologie, d\u2019anatomie et d\u2019histologie pathologiques, de physiothérapie et de radiologie.Dans un compte rendu aussi succinet que celui-ci, on tenterait vainement d\u2019esquisser un résumé d\u2019un exposé déjà trop dense.Dépouillés de leur contexte, les faits ne manqueraient pas de perdre la signification qui constitue l\u2019essentiel de leur valeur.Toutefois, le conférencier s\u2019étant attardé avec une complaisance évidente à décrire l\u2019organisation du service de LA CLINIQUE NEUROPSYCHIATRIQUE DE ROME 117% neuropsychiatrie infantile et celle du laboratoire de psychopathologie, nous croyons devoir retenir a tout le moins celles de ses observations qui offrent pour nous un intérêt immédiat.Disons tout de suite que De Sanctis, s\u2019étant intéressé pendant plus de 35 ans à l\u2019enfance anormale, avait prévu le fonctionnement des deux organismes que nous venons de nommer en accord avec les exigences d\u2019une clinique psychologique au sens le plus moderne du mot.Aussi, à les développer, avait-il consacré une part prépondérante de son attention et de son activité.Il répétait volontiers que, selon lui, il était de toute nécessité pour une clinique du genre de celle qu\u2019il dirigeait, qu\u2019on y trouvât un laboratoire spécialement équipé pour les recherches psychopathologi- ques tant chez les neuropathes que chez les aliénés.En effet, il tenait à ce que les malades, les plus jeunes surtout, soient étudiés, non seulement du point de vue morphologique, biologique ou neurologique, mais aussi sous l\u2019angle de leur comportement spontané, provoqué (interrogatoire technique), et contraint ou expérimental.Pour arriver plus rapidement à ses fins, De Sanctis s\u2019empressa d\u2019accumuler dans ce laboratoire de nombreux appareils de précision et tout le matériel requis pour les examens psychologiques, puisant sans compter, pour cela, à même ses revenus personnels.Enfin, dans le but de rendre plus aisée l\u2019observation du comportement spontané des enfants, De Sanctis avait fait aménager et décorer une lumineuse salle de récréation, où ceux-ci s\u2019amusaient librement, pendant que l\u2019on prenait note de toutes leurs réactions derrière un écran.Jean-Léon DESROCHERS. 118 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU SYPHILIS ET SCORBUT En marge d\u2019une prétendue \u201cHistoire de la Syphilis en Amérique\u201d.Par LÉO-E.PARISEAU J'USTIFICATION DU PRÉSENT ARTICLE.\u2014 Le 11 février dernier, on m\u2019a électrocoagulé trois doigts.Le 23, on m\u2019a amputé le plus malade des trois.Il le fallait bien : « épithé- lioma spino-cellulaire ».Du 21 juillet au 10 novembre 1939, j'ai subi sept opérations majeures, allant de la repoussante colostomie à la dangereuse extirpation de la majeure partie du côlon, avec exérèse de quelque seize pouces d\u2019iléon, pour pleine mesure ! Il le fallait : « obstruction complète par tumeur du transverse ».\u2014 Dès 1938 J'avais été forcé d\u2019abandonner mon poste à l\u2019Hôtel-Dieu.Il fallait partir : « radio- dermite chronique aux deux mains, et perte définitive de la vision nette à droite, par suite d\u2019ulcères cornéens ».Depuis bientôt 5 ans je garde la maison comme le ferait un molosse fidèle, et je crois bien que j\u2019aboierais s\u2019il survenait un voleur ! Veiller sur les hiens amassés, faute de pouvoir goûter l\u2019exquise volupté des nouvelles acquisitions, voilà tout ce que je puis faire.Que l\u2019on m\u2019en croie : c\u2019est peu.Parmi les choses à défendre, 1l en est d\u2019invisibles; ma réputation, par exemple.À l\u2019exception de ceux que l\u2019ami Dumas vient d\u2019appeler «les faiseurs et les combinards », mes confrères veulent bien me concéder une certaine compétence dans le domaine des sciences naturelles \u2014 médecine comprise ! \u2014 et dans celui de l\u2019histoire des dites sciences.On accorde également que j\u2019ai poussé très loin le souci de l\u2019exactitude expérimentale et documentaire.Aussi bien trouvera-t-on tout naturel que je réagisse contre qui m\u2019impute des fautes que je n\u2019ai point commises. SYPHILIS ET SCORBUT 119 Hélas ! pourquoi faut-il que mes deux premières protestations visent des personnes qui ne me veulent aucun mal.Je maudis la fatalité qui m\u2019oblige à les contredire dans ce journal.Est-il besoin de dire que je n\u2019ai pas laissé passer des erreurs pour pouvoir savourer le malin plaisir de les réfuter après coup ?On ne m\u2019a pas fourni l\u2019occasion de les tuer dans l\u2019oeuf ; sinon, j\u2019eusse agi prestement.Quoi qu\u2019il en soit, pour les raisons précitées, il me faut une mise au point.Il me la faut, vous dis-je.Estimant que l\u2019on n\u2019est jamais mieux servi que par soi-même, je l\u2019ai rédigée en termes tels qu\u2019elle est vraiment « exhaustive ».Dans notre numéro de janvier-février, le docteur Paul Poirier a fait paraître un court article intitulé « Histoire de la Syphilis en Amérique ».Après avoir résumé les opinions contradictoires qui ont cours au sujet de la vérole, l\u2019auteur s\u2019oceupe un peu du Mal de la Baie St-Paul.L\u2019un des chapitres me mentionne plusieurs fois, et, chaque fois, la référence est la suivante : Pariseau, Léo.En marge du récit de la « Grosse Maladie » du Capitaine Cartier, Thérien Frères Ltée.Montréal, 1934.Jamais je ne pourrai relire ce titre sans me faire des reproches trés amers.Pour intensifier la couleur locale j'ai adopté la terminologie de Cartier lui-même, oubliant que les mots « Grosse maladie » ne pourraient que dérouter tous les pathologistes à venir.Aussi bien mon étude n°a- t-elle pas tiré l\u2019oeil des connaisseurs en matière de scorbut ou de syphilis, bien qu\u2019elle soit farcie de renseignements intéressants.Gardez-vous donc de m\u2019imiter, amis lecteurs, puisque, pour avoir mal composé l\u2019étiquette, j'ai déprécié la marchandise.Mais n\u2019imitez pas davantage M.Poirier, car la référence qu\u2019il a donnée laisse dans le noir les curieux en quête de documentation.Voyons pourquoi. 120 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Il est exact que les frères Thérien ont imprimé mon essai en 1934.Cependant, le chasseur qui partirait en quête d\u2019un livre reviendrait bredouille.Au vrai, il y eut distribution d\u2019une plaquette de 70 pages, lors du Congrès de l\u2019A.M.L.F.A.N., mais l\u2019excédent du tirage, racheté par moi, n\u2019a pas été mis sur le marché.Je suis donc « introuvable ».Notre confrère aurait dû aiguiller ses lecteur vers le Bulletin de l\u2019A.M.L.F.ou vers le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu.De plus, comme il m\u2019attribuait des opinions très diverses et fort contestables au premier abord, il aurait dû pour chacune d'elles indiquer la page où il prétendait l\u2019avoir trouvée.Je ne soulignerais pas ces fautes vénielles si M.Poirier n\u2019avait en plus commis un attentat grave contre ma réputation d\u2019historien médical.Que l\u2019on en juge par les citations suivantes dont je garantis l\u2019authenticité.PREMIÈREMENT \u2014 « Parm les marums qui accompagnaient Jacques Cartier dans son premier voyage au Canada, en 1534, il y avait, rapporte-t-on, un vieux syphli- tique; on a prétendu qu'il s\u2019était guéri à manger de l\u2019écorce de gaiac (Pariseau).» Ici deux fautes criardes me sont attribuées.Ce n\u2019est pas lors du premier voyage que Cartier fut éprouvé par le scorbut et qu\u2019il mentionne a ce propos, son matelot syphilitique.C\u2019est lors du second ! Et j\u2019ai méme eu soin de rappeler que le premier voyage fut une véritable excursion de plaisir, en plus de rappeler que le second tourna fort mal.\" ! Afin de réduire les frais de la composition, et pour éviter de trop nombreux renvois au bas des pages, convenons.d\u2019un système qui permettra de se reporter à l\u2019une quelconque des trois impressions de mon infortunée monographie .Elle a paru sous forme de brochure chez Thérien Frères en 1934.Puis, après correction des erreurs les plus grossières, dans le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu, No de juillet-août, 1934, de la page 217 à la page 284.Enfin, elle a été rééditée dans le Bulletin de l\u2019Association des Médecins de Langue française de l\u2019Amérique du Nord (Vol.I, No 1, janvier 1935, pp.141-163).\u2014 Posons que T = Thérien; que B = Bulletin; que J = Journal.Alors, pour cette premiére citation l\u2019indication sera : T9 - B142 - J223.Toutes les autres justifications seront produites entre parenthèses, à la suite du passage litigieux. SYPHILIS ET SCORBUT 121 Et puis, où done mon confrère a-t-il trouvé dans mes écrits que le vérolé de Cartier s\u2019était guéri à manger du gaïac ?I] est vrai que j'ai parlé de cet arbre trois fois au cours de mon travail.La première, pour rappeler que le célèbre poème de Fracastor attribue la guérison du roi Alcithous et de ses sujets à « l\u2019arbre saint » (T31 - B150 - J245) ; la seconde, pour noter que Guillaume de Baillou donnait du gaïac à ses scorbutiques (T20 - B146 - J234), et la troisième pour signaler qu\u2019un livre imprimé en 1527 affirme la supériorité du mercure sur la gaïac dans le traitement de la vérole (T30 - B150 - J244).C\u2019est gratuitement, donc, que le docteur Poirier m\u2019attribue deux nouveautés médico-historiques qui ont déjà fait dresser les oreilles aux experts de chez-nous, en attendant que les connaisseurs étrangers fassent des gorges chaudes à mes dépens.Est-il besoin d\u2019ajouter que le gaïac n\u2019est pas un arbre indigène au Canada, et qu\u2019il est fort improbable que « l\u2019apothicairerie » de Cartier en ait contenu une importante provision, puisque déjà le mercure triomphait comme antisyphilitique ?Passons.x * * DEUXIÈMEMENT \u2014 « C\u2019est en cette année, 1534, que Jérôme Fracastor (renvoi à Pariseau), poète italien, créant le mot syphilis.» Ici encore on met à ma charge deux affirmations cocasses.Elles m\u2019obligent à me demander si M.Poirier, qui brandit ma brochure, s\u2019est vraiment donné la peine de la lire.J\u2019en doute, puisque en toute première ligne de la page où je parle de Fracastor, 1l aurait, le cas échéant, trébuché sur ceci : « C\u2019est en 1530 (sic) que le mot syphilis fut inventé.Il apparaît en tête d\u2019un poème écrit en fort beaux vers latins (sic).» Cette fois, comme référence : T31 - B150 - J245. 122 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Il va sans dire que mon confrère doit aussi porter tout seul la responsabilité d\u2019avoir fourni ce naïf signalement : poète italien.Italien de naissance, oui; mais poète surtout latin et poète par pur dilettantisme, à ses heures.Tout médecin qui se pique de culture sait que l\u2019historien médical Castiglioni n\u2019exagère aucunement lorsqu\u2019il affirme que Fra- castor fut « dans l\u2019extension la plus large du terme un savant de la Renaissance, (.) géographe, astronome, mathématicien, poète élégant, musicien raffiné ».L\u2019auteur ajoute : « Mais si, comme nous l\u2019avons dit, son poème sur la syphilis est l\u2019oeuvre à laquelle il doit sa grande réputation, c\u2019est son livre « De contagione et contagiosis morbis » (.) qui constitue le document le plus précieux de sa profonde vision scientifique et le classe parmi les grands précurseurs.Fracastor, que Ch.et D.Singer, dans leur puissante étude, ont appelé le père de la pathologie moderne, a peut-être le premier à observer les maladies épidémiques de son époque (.).Il nous apparaît comme un des plus grands et des plus pénétrants \u201d précurseurs de la théorie moderne de l\u2019infection.» Pour compléter et embellir le tableau j\u2019ajouterai ceci, qui se trouve dans l\u2019ouvrage classique de Fielding Garrison : «Il partage avec Léonard de Vinci l\u2019honneur d\u2019être le premier géologue à comprendre la véritable signification des fossiles.Il fut aussi le premier savant à faire allusion aux pôles magnétiques de la terre.Sa renommée comme médecin repose sur un poème célèbre entre tous les poèmes médicaux, Syphilis, sive Morbus Gallicus * ( .) et sur son ?Arturo Castiglioni \u2014 Storia della Medicina, Milano, Societa \u201cUnitas\u201d, 1927.Pp.456-457.Le méme, traduction J.Bertrand et F.Gidon \u2014 Payot, Paris, 1931 \u2014 Pages 370-371.3 Parlant de la syphilis le docteur Eugène Saint-Jacques, dans son « Histoire de la Médecine » (Montréal, Beauchemin 1935) écrit : «les Napolitains l\u2019appellent le « Morbus Gallicum » (sic).C\u2019est là la moindre des innombrables erreurs qui grouillent dans son livre. SYPHILIS ET SCORBUT 123 traité « De contagione » dans lequel il développe avec une clairvoyance étonnante la théorie moderne de l\u2019infection par les micro-organismes.» (An introduction to the History of Medicine, 3rd edition, 1921, pp.227-228.) En voilà plus qu\u2019assez, je pense.J\u2019ai écrit Fracastor tout comme j\u2019eusse écrit Galilée; aussi bien déclinerai-je l\u2019honneur d\u2019avoir présenté le « poète italien » Fracastor à mes compatriotes.* * * TrOISIEMEMENT \u2014 Le docteur Pariseau souligne que pour cette raison, l'étude de la syphilis a vraiment commencé à l\u2019époque de Cartier.Minute, s.v.p.! J\u2019ai bien écrit : « Nous avons vu tout à l\u2019heure que l\u2019étude du scorbut a commencé du temps de Cartier.Rendons-nous bien compte qu\u2019il en fut de même pour la syphilis » (T30 - B150 - J244).Mais qu\u2019est-ce à dire?Celui qui se donnera la peine de parcourir attentivement mon travail aura vite fait de se convaincre que l\u2019expression du temps de n\u2019implique pas une contemporanéité bien rigoureuse ! Je n\u2019ai certainement pas voulu faire entendre qu\u2019il y eut apparition quasi-simultanée des premières études sur la syphilis et des relations du grand malouin.Ou filiation.Après la phrase dont M.Poirier fait trop grand cas j\u2019al rappelé que, de l\u2019an 1495 à l\u2019an 1498, on imprima dix ouvrages sur la syphilis (T30 - J246).Or, en ces temps-là Jacques Cartier n\u2019était qu\u2019un enfant, puisqu\u2019il naquit en 1491 ! Alors ?.Alors j'avoue ne point comprendre le « pour cette raison » du Dr Poirier.Notre confrère aura peut-être été frappé par une rencontre de dates, savoir : que le poème « Syphilis » et le voyage malheureux de Cartier coïncident.I le croit, puisqu\u2019il l\u2019a écrit.Mais le poème est de 1530 (non 1534) et le voyage est de 1535-36 (non 1534). 124 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Une autre explication possible de ce cog-a-1\u2019ane historique m\u2019a été suggérée.En exposant, lors du 13ème Congrès de l\u2019A.M.L.F., une édition relativement récente du poème de Fracastor (1591), j\u2019ai signalé que les hasards de l\u2019impression (sic) y avaient fait avoisiner un quatrain imprimé en 1534 avec le poème « Syphilis ».Mais le quatrain ne se rapporte pas à la vérole ! Encore une fois, le « pour cette raison » de M.Poirier ne s\u2019explique pas.* * * QUATRIEMEMENT \u2014 Je ne comprends pas davantage ceci, auquel je passerars outre su l\u2019auteur ne l\u2019avait interpolé entre deux citations tirées de mes écrits : « Aussi bien les épidémies du temps de Cartier que celles qui survin- .rent sous Samuel de Champlain n\u2019étaient-elles que du sor- but ?» Pourquoi ce point d\u2019interrogation ?Notre auteur veut- il laisser entendre que ces épidémies-là n\u2019étaient pas du scorbut franc ?Si telle est sa prétention, je prédis qu\u2019il aura fort à faire pour convaincre ceux qui s\u2019y connaissent ! Mais il faut toujours envisager la possibilité d\u2019une erreur commise par le typographe ; il aura peut-être mis un point d\u2019interrogation à la place d\u2019un point.M.Poirier, lui, aura voulu affirmer que les malades de Cartier et de Champlain n\u2019étaient que des scorbutiques.Fort bien, mais alors.pourquoi intituler son chapitre ainsi : « Origine de la Syphilis au Canada », puisqu\u2019il n\u2019y est question que d\u2019un seul syphilitique qui n\u2019a certainement pas implanté le spirochète au pays.Revenons à ce qui me concerne, et m\u2019offense.* * * CINQUIEMEMENT \u2014 « La première autopsie est attribuée à Ripeault (Pariseau)\"* et concernait un scorbutique.» SYPHILIS ET SCORBUT 125 Ai-je eu tort ou raison d\u2019attribuer à Ripault le mérite d\u2019avoir pratiqué la première autopsie ?Je n\u2019en sais rien encore, puisque mon travail n\u2019a pas suscité la moindre observation chez nos spécialistes en histoire du Canada.Suis-je le premier à l\u2019avoir dit ?Peut-être bien, mais sur ce point je ne réclame aucune priorité.Jusqu\u2019à preuve du contraire je croirai que j\u2019ai été le seul à prouver que le premier rapport d\u2019autopsie rédigé au pays, mérite autre chose que le dédain des pathologistes de notre temps.Nous verrons, tout à l\u2019heure, que M.Poirier n\u2019a pas compris ce que j\u2019ai dit au sujet de Samson Ripault.Pour l\u2019instant je me borne à lui reprocher de ne pas me citer fidélement.J\u2019ai écrit Ripault et non Ripeault.Si mon confrère a des raisons de croire que j\u2019al mal épelé, qu\u2019il les donne; sinon, qu\u2019il me suive.Quoi qu\u2019il en soit de l\u2019orthographe du nom de cet homme, j'ai eu soin de ne pas être trop affirmatif au sujet du rôle qu\u2019il a pu jouer, ayant écrit : « Est-ce lui qui pratiqua l\u2019ouverture du pauvre gars Philippe ?il est permis de le penser, mais non de l\u2019affirmer ».Et plus loin : « Sous toutes réserves done, attribuons à Ripault un mérite qui revient peut-être à une autre » (T25 - B148 - J239).x * * < SIXIÈMEMENT \u2014 Le docteur Pariseau dans une plaquette publiée lors du troisième centenaire de la découverte du Camada compare le rapport \u2014 etc.Troisième centenaire ?Encore que je me sente fort décrépit, je ne me savais pas tellement vieux ! On m\u2019assure qu\u2019il doit s\u2019agir là d\u2019un simple lapsus calami.Tant mieux s\u2019il ne s\u2019agit que de ça, car je préfère ce genre d\u2019erreur à d\u2019autres commises par le docteur Poirier dont les lapsus sont parfois calami.teux ! Mon collègue fera bien de chan- 126 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU ger de plume.A quelque lignes d\u2019intervalle « Elle » a inserit premier voyage alors qu\u2019il fallait dire second, et troisiéme centenaire alors qu\u2019il fallait dire quatrième.Je rougis à la seule pensée que mon nom puisse être associé à ces distractions peu pardonnables.Certes, je me suis trompé à mes heures, mais il ne m\u2019est jamais arrivé de commettre 14 fautes en 28 lignes et de les mettre sur le dos d\u2019un autre.x x * SEPTIÈMEMENT \u2014 Le docteur Pariseau ( .) compare le rapport de Ripeault et le compte rendu nécropsique rédigé en 1920 par un certain Hess sur une victime du scorbut.Ici, vraiment, M.Poirier dépasse les limites.Il commence par afficher son ignorance totale d\u2019une littérature qu\u2019il devrait connaître à fond, en parlant d\u2019un certain Hess.Pour ma part, je me suis exprimé tout autrement.Si la langue française n\u2019a pas trop évolué depuis dix ans, la désignation « un certain » est péjorative, pour ne pas dire franchement méprisante.Or Alfred Hess, en 1934, était encore si estimé que, forcé de le contredire sur une question de détail, j'ai eu soin de rappeler qu\u2019il était « expert en matière de scorbut » (T26 - B148 - J240).Si je ne protestais énergiquement et sans plus tarder, je passerais pour un primaire ou un gamin aux yeux de ceux qui vont se référer à l\u2019article Poirier, sur la foi d\u2019une mention dans l\u2019Indez Medicus.Et puis, où diable mon collégue a-t-il pris que le compte rendu nécropsique de Hess est celui d\u2019une seule victime du scorbut ?La vérité, c\u2019est que les conclusions de Hess, que j'ai mises en regard des trouvailles de Ripault \u2014 (pour cinq organes seulement) \u2014 résument des centaines \u2014 et peut- 4 ¢ Un certain » placé devant un nom propre, marque le dédain, le méjiris » \u2014 Dictionnaire de Bescherelle, 15ème édition. SYPHILIS ET SCORBUT 127 être des milliers \u2014 d\u2019autopsies faites par l\u2019éminent médecin étatsunien, ou résumées par lui.Enfin, qu\u2019est-ce donc qui autorise le docteur Poirier à affirmer que cet unique(?) rapport d\u2019autopsie date de 1920, puisque j\u2019ai eu soin de noter que je le tirais d\u2019un livre publié en 1920.Est-il besoin de rappeler que les observations colligées pouvaient toutes être bien antérieures à la date de publication du livre ?A cet ouvrage le Dr Hess a donné un titre très compréhensif, savoir : « Scurvy, past (sic) and present ».Trop compréhensif peut-être.Aussi lui ai-je reproché de s\u2019être contenté, en fait d\u2019autopsies anciennes, de celles que Lind signalait au 18ème siècle, alors que, dans mon humble estime, « Hess eût mieux fait de remonter jusqu\u2019à Cartier » (T27 - B149 - J241).Et donc, quand le docteur Poirier parle d\u2019une (sic) autopsie, pratiquée en 1920 (sic) par un certain (sic) Hess, je me défile prestement, laissant le vrai coupable exposé aux brocards qu\u2019il mérite.+ * * HurrteMEMENT \u2014 La ressemblance des observations (celles de Hess et celles de Ripault) ne laisse aucun doute qu\u2019il s\u2019agit de la même maladie dans les deux cas; de la sorte, selon Pariseau (sic) il est défimtivement acquis (sic) que la grosse maladie du Capitaine Cartier n\u2019était autre que du scorbut (sic) de même que le mal de terre de Champlain.Cette fois saisissons le monstre par la queue; c\u2019est-à- dire : lisons à rebours.Demandons-nous par quel processus de ratiocination le confrère peut en venir à affirmer qu\u2019une autopsie pratiquée en 1536 ° permet de tirer des conclusions 5 J'ai eu tort de la faire dater de 1535 dans mon tableau comparatif.Elle est entérinée dans la relation du voyage de 1535-36 mais fut pratiquée au début de 1536.Ailleurs je parle « du fait de 1536 ».L'hiver était déjà assez avancé quand Cartier réclama une autopsie. .128 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU quant aux maux qui affligèrent l\u2019équipage de Champlain trois quarts de siècle après ?Je ne lui ai fourni aucune précision là-dessus et le mets au défi de faire des rapprochements utiles entre les autopsies de Cartier et celles de Champlain.En attendant qu\u2019il s\u2019explique, je lui dénie le droit de déraisonner « selon Pariseau » sans produire comme pièces justificatives les extravagances de Pariseau lui- même.De grâce ! soyez sérieux, messieurs les historiens en herbe ! Il y a belle lurette qu\u2019il est « définitivement acquis » que nos premiers équipages ont souffert du scorbut.Les chefs nous ont laissé d\u2019incomparables descriptions du mal qui décima leurs hommes.Loin de revendiquer quoi que ce soit pour mes contemporains ou moi, j'ai eu soin de souligner que le Destin réservait à Cartier l\u2019honneur de rédiger une description qui est devenue pièce d\u2019anthologie (T8 - B142 - J222).° Même attitude à l\u2019égard de Champlain si ce n\u2019est que, dans son cas, je pouvais me borner à citer sa très fidèle description, qui se passe d\u2019éloges.Du reste, jugez-en vous- mêmes, amis lecteurs.Dixit Champlain : « Durant l\u2019hyver il se mit une certaine maladie entre plusieurs de nos gens, appelée mal de terre autrement dit Seurbut à ce que j\u2019ay ouy dire depuis à des hommes doctes » (T21 - B147 - J235).Ainsi donc, dès avant 1613 on savait en Europe que le mal dont nous allons entendre énumérer les symptômes les plus évidents, et les plus pathognomoniques, était du.Scurbut ! Le lecteur imagine ma confusion lorsqu\u2019il m\u2019a fallu lire que, grâce à moi, l\u2019on sait maintenant à quoi s\u2019en tenir.Mais revenons au texte de Champlain.Lisez-le, je 8 Et qu\u2019on n\u2019aille pas croire que je disais cela « de chic ».Je venais de lire « Classic descriptions of Disease » par le professeur Ralph H.Major (1932).L\u2019auteur y met au premier plan notre Jacques Cartier dans le chapitre traitant du scorbut. SYPHILIS ET SCORBUT 129 vous en prie, confrères de l\u2019an 1943; vous y apprendrez d\u2019un simple capitaine de vaisseau l\u2019art de rapporter ce que nous appelons « un cas ».« Il s\u2019engendroit en la bouche de ceux qui l\u2019avoient de gros morceaux de chair superflue et baveuse qui causoit une grande putréfaction, laquelle surmontoit tellement, qu\u2019ils ne pouvoient presque prendre autre chose sinon que bien liquide.Les dents ne leur tenoient presque point et les pouvoit-on arracher avec les doigts sans leur faire douleur.L\u2019on leur coupoit souvent la superfluité de cette chair, qui leur faisoit jetter force sang par la bouche.Après il leur prenoit une grande douleur de bras et de jambes, lesquelles leur demeurèrent grosses et fort dures, toutes tachetées comme de morsures de puces, et ne pouvoient marcher à cause de la contraction des nerfs; de sorte qu\u2019ils demeu- roient presque sans force et sentoient des douleurs intolérables.Ils avoient aussi douleurs de reins, estomach, et de ventre; une thoux fort mauvaise et courte haleine : bref ils estoient en tel estat que la pluspart des malades ne pou- voient se lever ny remuer, et mesme ne les pouvoit-on tenir debout, qu\u2019ils ne tombassent en syncope.De facon que de 79 que nous estions il en mourut 35.Et plus de 28 qui en furent bien près.» Ce qui précède est admirablement précis et concis.Aussi bien me suis-je permis de consigner dans un chapitre d\u2019un livre paru récemment, ces mots qui confessent ma très fervente idolatrie : « His (Champlain\u2019s) description of the dread disease is even better than Cartier\u2019s.In fact, it might well be memorized by present day medical students ».\u201d Et maintenant dressons une reductio ad absurdum, ou quelque chose d\u2019équivalent, en citant intégralement ce que 7 A History of Science in Canada \u2014 The Ryerson Press, Toronto, 1939 \u2014 Chapitre V par Léo Pariseau : « Canadian Medicine and Biology during the French Regime >».Texte cité ci-dessus : p.60. 130 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU j\u2019al mis au crédit de l\u2019autopsiste de Cartier.Je m\u2019en tiens au texte légèrement modernisé que contient mon essai : Feu Philippe de Rougemont «avait le coeur tout blanc et flétri, environné de plus d\u2019un pot d\u2019eau rousse comme datte \u2014 Il avait le foie beau \u2014 Il avait le poumon tout noirci et mortifié.Sortit au-dessus du coeur une grande abondance de sang noir et infect \u2014 Il avait la rate, par devers l\u2019échine un peu entamée, environ deux doigts, comme si elle eût été frottée sur une pierre rude (En d\u2019autres mots la rate était friable) \u2014 Lui fut ouverte et incisée une cuisse, laquelle était fort noire par dehors, mais par dedans la chair fut trouvée assez belle » (T27 - B149 - J241).C\u2019est là tout ce que nous trouvons dans le rapport de Cartier.Absolument tout.Y a-t-il dans ce qui précède de quoi reconnaître un cas de scorbut ?Certes, non.Le marin Cartier nous en a dit beaucoup plus que son chirurgien.Que si l\u2019on me demande alors dans quel but j'ai brandi le fruste Samson Ripault, et placé ses observations en regard de celles d\u2019un authentique savant américain, je répondrai : tout simplement pour prouver que la relation de Cartier présente encore plus d\u2019intérêt médical qu\u2019on ne lui en avait attribué, et que notre premier autopsiste fit excellemment ce qu\u2019on lui demanda de faire.Il n\u2019était pas inutile d\u2019insister là-dessus puisque, deux ans auparavant, une « Histoire de la Médecine au Canada » n\u2019avait trouvé, à ce propos, rien de mieux à dire que ceci : « Et voilà terminée la première autopsie pratiquée au Canada.Elle ajoute un élément de comédie plutôt macabre au drame qui se joue, car le barbier-chirurgien ignore tout de la physiologie et de l\u2019anatomie pathologique.Les modifieations causées par le mal ne signifient pas davantage pour cet homme que des caractères imprimés pour un analphabète d\u2019aujourd\u2019hui.»* 8 Medicine in Canada, by H.B.Howell.\u2014 Collection Clio Medica, New York 1933, éditée par Paul B.Hoeber.Le passage traduit par moi se trouve à la page 2. SYPHILIS ET SCORBUT 131 Comédie ?que non ! Le compte rendu de la première autopsie pratiquée au Canada ne prête aucunement à rire.Voilà pourquoi j\u2019ai défendu l\u2019humble médicastre qui obéit aux ordres de son chef, certain jour de février, en l\u2019an 1536.Mais le docteur Poirier, lui, m\u2019expose au ridicule lorsqu\u2019il affirme que c\u2019est grâce à cette courte digression qu\u2019il est maintenant « définitivement acquis » que la maladie de Cartier n\u2019était autre que du scorbut.Au lieu de m\u2019asséner ce pavé d\u2019ours, le confrère aurait dû souligner ce qu\u2019il y avait de vraiment inédit et de louable dans mon étude critique de notre plus ancienne nécropsie.* Xx x NEUVIÈMEMENT \u2014 Longtemps, scorbut et vérole furent considérés comme deux maladies apparentées, souvent coexistantes.I] manque ici des guillements.Cette observation n\u2019est peut-être pas inédite, mais je l\u2019ai faite après avoir acheté, lu et comparé plusieurs ouvrages anciens que j'ai, du reste, exhibés lors du IIIème Congrès de l\u2019A.M.L.F.Je ne rappellerais pas à M.Poirier les règles du franc jeu si dans le même paragraphe il ne s\u2019était permis de rapporter à sa manière les opinions que j\u2019ai émises sur la possibilité d\u2019un complexe scorbut-syphilis.Voyons ça ! + * * DIXIÈMEMENT \u2014 Pourquoi n\u2019y aurait-il pas eu (sic) un scorbutate de vérole comme il y eut jadis le scrofulate de vérole ?se demande Pariseau.Commentant mes vieux livres j\u2019ai bel et bien écrit : «On est même allé jusqu\u2019à parler d\u2019un scorbut vérolique et d\u2019une vérole scorbutique » (T32 - B150 - J246).Si l\u2019on ne s\u2019en tenait qu\u2019à ce passage de ma monographie il sem- + 132 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU blerait bien que je n\u2019aie présenté l\u2019hypothèse d\u2019un scor- butate de vérole que comme une amusante lubie des anciens, indigne d\u2019être reprise par les médecins du temps présent.Mais tel n\u2019est pas le cas et M.Poirier le sait bien, allez ! , ?puisque j\u2019ajoute : «Je vous présenteral un ouvrage sur les maladies vénériennes, datant de 1801, où il est beaucou Ou P question d\u2019une grande épidémie de syphilis qui sévit 1ci dans la province de Québec 1l a 150 ans ».p y Alors, dira quelque étranger, vous avez parlé du Mal de la Baie dans votre essai ?.Eh ! oul; j\u2019en ai même dit autant sur ce sujet que le distingué syphiligraphe Poirier, bien qu\u2019il ne m\u2019acorde pas sur ce chef l\u2019honneur d\u2019une seule mention.Au vrai, il n\u2019était pas tenu de le faire, ayant jugé à propos d\u2019utiliser des auteurs qui ont écrit quelques années avant moi.MAIS 1l n\u2019avait pas le droit de rayer sans vergogne le passage suivant qui se trouve en toutes lettres dans mes remarques sur le mal de la Baie : » Pourquoi n\u2019y aurait- il pas un scorbutate de vérole ?Oui, pourquoi pas ?» (T36- B152 - J250).Cette fois je ne suis plus le simple reporter des amusantes spéculations du bon vieux temps.J\u2019ose y faire écho et je surenchéris en ajoutant ceci que mon collègue passe également sous silence : « Le fait de 1536 et le fait de 1785 sont incontestables.Ils nous obligent à nous demander s\u2019il n\u2019y aurait pas lieu d\u2019assurer à nos vérolés, en cours de traitement, une ration plus que généreuse de vitamine C.Ne l\u2019oublions pas : le mercure, l\u2019arsénobenzol, le bismuth, tous les antisyphilitiques tapent dur sur le malade et tendent à instaurer chez lui un état dyscrasique » (T36 - B152 - J250).Cela fut écrit il y aura bientôt dix ans, à une époque où les vitamines n\u2019étaient pas tellement à la mode.Cette simple observation me valut les lazzis d\u2019un éminent syphi- SYPHILIS ET SCORBUT 133 ligraphe canadien qui n\u2019est pas M.Poirier.Celui-ci se trompe s\u2019il croit bien agir en me faisant l\u2019aumône du silence dans sa prétendue « Histoire ».Qu\u2019est-ce a dire ?.Aussi longtemps que je me bornerai à colliger les opinions des anciens, je serai jugé digne d\u2019être cité (plutôt mal que bien, comme on l\u2019a pu voir).Mais si, par hasard mes lectures m\u2019amenaient à faire des réflexions personnelles et originales sur la thérapeutique de la syphilis et de certaines dermatoses que les anciens médecins confondaient avec elle, un confrère croira se montrer charitable en taisant ce que j\u2019a dit là-dessus ?Reste à voir si je laisserai faire.Avec la permission des directeurs de ce journal j'espère bien revenir sur cette question du Mal de la Baie, ne serait-ce que pour prouver que l\u2019on est rarement prophète en son pays ! ONZIÈMEMENT ET POUR FINIR \u2014 La chapitre liminaire de M.Porrier est pauvre; mais dl faut bien admettre que les soixante premières lignes de ce devo ° se raccrochent au texte.Il y est parlé de la syphilis en Amérique, et Monsieur Ed.Jeanselme \u2014 l\u2019autorité brandie \u2014 n\u2019aura pas trop à reprendre.Il en va tout autrement pour le chapitre second, censé traiter de la Syphilis au Canada, et fondé umi- quement sur les écrits de votre serviteur, Léo Pariseau.En effet, rien cette fois n\u2019est ad rem, et ce fatras se donne des airs d\u2019être un échantillon de ma méthode.Le lecteur non prévenu pourra croire que j\u2019ai divagué et extravagué comme a plaisir.Or j\u2019étais justifiable d\u2019ouvrir une incidente « syphilis » dans mon travail sur le Scorbut, ne fut-ce que pour prouver que l\u2019on confondit longtemps deux 9 L'article fait partie d\u2019une thèse d\u2019agrégation soumise à un jury nommé par la Faculté de Médecine de notre Université. 134 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU maladies dont la symptomatologie demeurait indécise.Mais, par contre, M.Poirier n\u2019avait pas à ménager une incidente « scorbut » dans sa thèse sur la syphilis.Et ce, parce que \u2014 à commencer par les affligés eux-mêmes \u2014 personne n\u2019a jamais cru que les épidémies de 1535-36 et de 1602-4-5-8 puissent être syphilitiques ou compliquées de syphilis.Autant dire que le camarade Poirier n\u2019était pas tenu de me servir en guise de hors-d\u2019oeuvre.Non seulement il l\u2019a fait et très incongrûment, mais 1l m\u2019a de plus attribué une vingtaine d\u2019erreurs que des collégiens ne commettraient pas ! Continuons done le réquisitoire, quoi qu\u2019il en coûte.Sans sortir de mon sujet je pouvais également m\u2019oceu- per du matelot syphilitique mentionné par Cartier, puis- qu\u2019il prétend avoir amélioré sa vérole en soignant son scorbut.Par ailleurs, nos ancêtres affligés du Mal de la Baie ont, paraît-il, hâté leur cure mercurielle en absorbant de fortes doses d\u2019un antiscorbutique reconnu de nos jours comme un des meilleurs.Un rapprochement entre ces « cas » n\u2019était done nullement déplacé.Par contre le docteur Poirier, lui, sortait de son sujet en parlant du matelot de 1536 dans un chapitre censé traiter des origines de la syphilis au Canada, car cet homme, à supposer qu\u2019il fût un authentique vérolé,\"° n\u2019a pu semer son tréponème qu\u2019en terre lau- rentienne ! Mon confrère Poirier ne pouvant considérer comme utile ce que j'avais trouvé intéressant, n\u2019avait dès lors qu\u2019à faire silence là-dessus.Il a choisi de retoucher celui de mes textes qui posait une question fort pertinente, et de supprimer sans façons les autres textes qui en soulignaient l\u2019importance probable.10 Aux fins d\u2019une discussion purement académique j'ai tenu pour acquis que le bonhomme avait bel et bien la vérole.Mais j'avais au préalable fait toutes les réserves imposées par la prudence scientifique, qui est la prudence tout court. SYPHILIS ET SCORBUT 135 Et l\u2019on voudrait que je me taise ?Dites, messieurs les pontifes-pacificateurs, au nom de quel code de chevalerie ou de déontologie m\u2019invitez-vous à me taire quand on sabote ma réputation ?Car elle existe, cette réputation, en dépit de tout ce que vous avez osé contre elle.A preuve-que l\u2019Université Laval de Québec m\u2019a remis, en 1936, un diplôme portant entre autres le «motif » suivant : «cum insuper in nostra Quebecenci provincia primus documenta de historia scientiarum diligentissime comparaverit et in lucem prodierit.» Malheureusement ce diplôme repose dans un de mes tiroirs alors que l\u2019article dont je me plains, en plus d\u2019avoir atteint quelque 2000 médecins de chez-nous, est déjà dans la bibliothèque de maintes universités étrangères.Je ne pouvais pas ne pas remettre les choses au point.C\u2019est fait, mais j\u2019en ai le coeur tout chaviré.of 136 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Nécrologie ELIE-GEORGES ASSELIN Un ancien de l\u2019hôtel-Dieu vient de mourir, c\u2019est le doe- teur Elie-Georges Asselin.Né a Montréal en 1869 à la Pointe St-Charles, dans un centre où son père, marchand, Jouissait de la réputation d\u2019un homme fortuné et intègre.Le jeune Asselin grandit avec l\u2019amour de l\u2019étude, et, après de brillantes études au collège Sainte-Marie, il entreprend ses études médicales qu\u2019il termine avec grands succès en 1893.C\u2019est alors qu\u2019il devient interne à l\u2019Hôtel-Dieu, où son dévouement et sa distinction le font grandement apprécier.L\u2019année suivante, il s\u2019embarque pour l\u2019Europe où il séjourne à Paris quelques années pour parfaire ses études médicales.A son retour, il est nommé médecin de l\u2019Hôtel-Dien, professeur-agrégé, puis titulaire de physiologie.Le docteur Asselin refit plusieurs autres voyages en Europe pour assister à des congrès de physiologie et visita un grand nombre de laboratoires et d\u2019universités.D\u2019un extérieur digne et paisible, il s\u2019enflammait volontiers dans une discussion scientifique.Doué d\u2019une grande mémoire, il connaissait bien ses vieux livres, auxquels il référait sans cesse.Il trouvait rapidement le chapitre et la page du volume pour solutionner tout problème ou toute discussion.Nous le revovons encore nous apporter ses preuves, livres en mains, lorgnon a cordon sur le nez, dont le maintien en place l\u2019obligeait à relever le menton, ce qui lui donnait un air triomphant.Malheureusement, il vécut à une époque où l\u2019argent pour les travaux de recherches, était fourni avec le dos de la cuillère ; à l\u2019époque où certains profiteurs, littérateurs y y NÉCROLOGIE 137 ou beaux parleurs, juraient que nous n\u2019étions pas murs pour la recherche ; ignorant qu\u2019il n\u2019est rien de plus formateur, ni de plus essentiel pour la carrière professorale, qu\u2019un travail de recherche, si humble qu\u2019il soit.Durant les trente-trois années de sa vie qu\u2019il fut professeur, il remplit son devoir avec dévouement et mansuétude.I] désira vivement l\u2019installation de son laboratoire à la montagne, la Terre Promise.La Providence en décida autrement, puisque sa longue maladie l\u2019arrêta trop tôt.Il laissera de son passage à l\u2019Université, le souvenir d\u2019un homme distingué, d\u2019un professeur bienveillant et toujours très accueillant.Gaston GossELIN 138 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU NOUVELLES Lors d\u2019une réunion récente de la « Catholic Hospital Association » des Etats-Unis et du Canada tenue sous la présidence de Son Excellence Mgr Whelan, Archevêque auxiliaire de Montréal, Soeur Jeanne-Mance r.h., recevait le certificat que nous reproduisons ici, des mains du R.P.Alphonse M.Schwitalla, s.j., de l\u2019université de St-Louis, Missouri.Le cours fut inauguré en juin 1939 à l\u2019Université de Saint-Louis et comportait un laps de trois » sessions d\u2019été.Soeur Jeanne-Mance est la seule religieuse canadienne qui ait eu le privilège de suivre ces cours et de passer avec succès les examens. NOUVELLES 139 The CATHOLIC HOSPITAL ASSOCIATION | of the United States and Canada in cooperation with ST.LOUIS UNIVERSITY This Certifies that during the Summer Sessions of 1939, 1940 and 1941 SISTER JEANNE-MANCE BERTRAND, R.H., A.B.has completed a Basic Sequence of Courses inclusive of Supervised Experience in Hospital Administration under the auspices of the Catholic Hospital Association of the United States and Canada in collaboration with St.Louis University and merits this TESTIMONIAL .of PROFICIENCY in GENERAL PRINCIPLES of HOSPITAL ADMINISTRATION Given this eighteenth day of June, Ni and forty-two .IDENT.N wey Jbuc, cof fl (A Lif Sul) secretary COUNCIL ON HOSPITAL aofms1 nation ?- DIRCCTON OF LEPARTMENT FORMULE lodoforme Menthol our da dinusile et des infections lodures Camphre Que muoies respiratoires (En solution huileuse de des faible acidité.) Lion intros Documentation compléte et échantillon sur demande REPRESENTANTS POUR LE CANADA HERDT & CHARTON, : \u201cMEDICAMENTS DE MARQUE\" 2027, AVENUE DU COLLEGE McGILL, MONTREAL CARRIÈRE & SENÉCAL Limitée ÉMILE CARRIÈRE, o0.0.d.ADRIEN SENECAL, ood.OPTOMÉTRISTES-OPTICIENS À L'HÔTEL-DIEU 277 RUE SAINTE-CATHERINE EST - MONTRÉAL Tél.: LAncaster 2211-2212 SPÉCIALITÉS : Ajustement des yeux artificiels - Prescription de MM.les Oculistes remplies avec soin.Pour la durée de la guerre, nos bureaux seront fermés à 6 heures P.M.du lundi au samedi inclusivement.XXX 45 \"> AAS
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