Le journal de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 1 janvier 1943, Novembre-Décembre
[" Numéro 6 Douzième année LE J OURNAL de L'HÔTEL-DIEU DE MONTRÉAL A= A ( kL NOVEMBRE-DECEMBRE 1943 Bronchite .Le patient qui souffre de bronchite éprouve deux choses.Premièrement, une toux sèche et pénible qui le fatigue toute la journée et interrompt son sommeil la nuit.Deuxièmement, il se peut qu\u2019il ait une toux \u201csèche\u201d inutile qui ne semble jamais détacher les glaires.Pour le traitement de ces deux choses, la E.B.Shuttleworth Chemical Company offre : == 9 = x LNA $ SCILEXOL 3 \u201cWith Heraïn .© =\" EDS i © a.Hack flard Gunes cantar M Jersin Hydioczloride 13g Bp Az msmum Catoride .8 EE rn ora À RR Hydrocyeuie D8 BP.LR ap Tabu.to: Gi Sine: Que tales fluid drachws © MA Ç Tose every fous anurs unhl tefieved M @ \u2018An Efficient Expectorant, Respiratory Sedative _ and Anodyne.ES SCILEXOL Un expectorant sédatif, dont chaque once liquide contient : *Chlorhydrate de Diéthyl- morphine (Dionin) \u2026 \u2026 \u2026 Chlorure d'Ammonium \u2026 16 gr.Chloroforme \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 2 gouttes Acide Cyanhydrique Dil.B.P.\u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 mm Ÿ gouttes Sirop de Scille .90 gouttes Sirop de Tolu \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 120 gouttes Dose: Une ou deux drachmes liquides, toutes les quatre heures.Indications: Asthme, bronchite, rhumes et toux en général, crippe.laryngite.Avis: Se fait aussi avec 1 grain de phosphate de codéine à la place du Chlorure de Diéthylmorphine (Dionin).* Ceci nécessite une commande de narcotique.Ens RB Lock jini vemee ox ofr IF CE sradoate - Glvors his Ray .: Dow: Gon ta rw fed 4105 of Veore diem boots 5 § Stimulating Expectorant § Keep in a Cool Place § J Leann BRONEXOL Un expectorant stimulant qui n'est pas narcotique, et dont chaque once liquide contient : Carbonate d'Ammoniaque \u2026 \u2026 8 gr.Chlorure d'Ammonium \u2026 \u2026 16 gr.Prunus Serotina .6 gr.Polygala de Virginie \u2026 \u2026 .8gr.Menthol \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2014 \u2026 \u2014 \u2014\u2026 \u2026 \u2014 La gr.Chloroforme \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 2 gtts.Réglisse .\u2026 \u2026 va ue ve « q.s.Miel \u2026 \u2026\u2026 \u2014 \u2026 ce ee ee q.s.Dose: Une ou deux drachmes liquides, toutes les trois heures.Indications: Toux récentes et toux sèches- Spécifiez E.B.S.sur vos ordonnances THE E.B.SHUTTLEWORTH CHEMICAL CO.LIMITED MANUFACTURING CHEMI CANADA TIRAGE CERTIFIÉ : 2350 EXEMPLAIRES SOMMAIRE du No 6 Novembre-Décembre Numéro consacré à la mémoire de Léo Pariseau ANTONIO BARBEAU : Léo Pariseau, humaniste .Coe ALBERT JUTRAS : Léo Pariseau, radiologiste .\u2026 WILLIAM FRANCIS : Rabelaesius mariopolitanus \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 P.MASSON : Léo Pariseau et la France .ULYSSE FORGET : Souvenirs sur Léo Pariseau .JACQUES ROUSSEAU : Léo Pariseau et TACFAS .PAUL DUMAS : Léo Pariseau, écrivain .* * * LEO PARISEAU : Histoires anciennes sur la transfusion du sang * x * ANTONIO BARBEAU : France-Canada Table des matières pour l\u2019année 1943 EDOUARD DESJARDINS : Léo Pariseau et ses lecteurs .349 354 359 363 367 376 379 385 392 421 425 \u2014 pre VARICYL Vaso-constricteur 100 st.pauLo.LABORATOIRE NADE AU LIMITÉE a INIT \u2018\u2019Où la qualité intrinsèque et la véracité formulaire équivalent au nom Nadeau\u2018 NADEAU | | RÉDIGER son TESTAMENT est la chose la plus importante de la vie.AVEZ-VOUS PENSÉ AU VOTRE?CONSULTEZ-NOUS Société d'Administration et de Fiducie Administratrice et fiduciaire 5 EST, RUE ST-JACQUES - MONTRÉAL (Immeuble Crédit Foncier Franco-Canadien) - Téléphone : PLateau 3821 AGENCES : QUÉBEC - WINNIPEG - REGINA - EDMONTON - VANCOUVER INDICATIONS : Pyélites - Pyélonéphrites - Cystites coli- FORMULE: Chlorure bacillaires - Lithiases oxaluriques et phosphaturiques - ; Cholécystites - Toxémies colibacillaires - Traitements post- , : .d'ammonium 0.25 ' opératoires - Cystites des prostatiques - Etc.chlorhydrate d'oxyqui- noléine 0.05; hydrate de terpine 0.03 grm.: par comprimé.Littérature et échantillons sur 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e VITAMINE \u201ca\u201d ° VITAMINE \u201cB,\u201d ° VITAMINE \u201cen ° VITAMINE \u201cD\u201d Casgrain & Charbonneau Ltée, présente Maltocrine EXCELLENT COMPLÉMENT ALIMENTAIRE d'un arôme et d\u2019un goût agréables \u2014 Apporte un supplément de SUBSTANCES CHIMIQUES ET BIOCHIMIQUES à une diète complète.Favorise la croissance et le développement normal des enfants.Est d'un grand secours pour les futures méres et nourrices.0 Préparé sous le contrôle de : Charles Laurin, B.A., B.Ph., Léopold Bergeron, B.A., B.Ph., Assistant bactériologiste.Pharmaciens-chimistes, Analystes, Biochimistes.Diplômés de l'Université de Montréal.VE Casgrain & Charbonneau Limitée .Spécialité du Laboratoire Vv La Ciba offre au Corps médical LES LINGUETTES DE METANDRENE Méthyltestostérone par voie perlinguale L'effet thérapeutique des Linguettes de Métandrène excède de 1/3 à 1/2 celui de la méthyltestostérone par voie gastrique.Leur résorption au niveau de la muqueuse bucco-lin- guale permet d'éviter le transit hépatique, au cours duquel la plupart des substances subissent une inactivation prononcée.Pour cette raison les Linguettes de Métandrène rendent l'hormonothérapie testiculaire par voie perlinguale à la fois efficace, simple et bon marché.INDICATIONS Chez l\u2019homme, en présence d'une déficience androgène.Chez la femme, dans certains cas de ménorragies et métrorragies, troubles ménopausiques, mastopathies, traitement de la dysménorrhée non associée à l'hypoplasie utérine.PRÉSENTATION Linguettes de Métandrène, pastilles de consistance dure renfermant 5 mg.de méthyltestostérone, en boîtes de 30 et 100.Littérature et échantillons sur demande @\u2014 Compagnie C LE 72 ee.x VI SCILLITRINE Médication d\u2019Urgence des crises LABORATOIRE PERRIER FRANCE Agents généraux pour le Canada MILLET ROUX & CIE, LIMITEE 1215 RUE ST-DENIS MONTREAL TRAITEMENT MAGNESIEN PAR LE TOTAL MAGNESIEN Chlorure de magnésium, médicinal, déshydraté INDICATIONS : Manifestations arthritiques, Affections de la prostate, Asthénies, Tremblements séniles, Tumeurs bénignes, Verrues, Herpès, Acné, Eczéma, Troubles hépatiques, Constipation et Prophylaxie des Néoplasmes.LABORATOIRES du \u201cTOTAL MAGNÉSIEN\u201d 24 BOULEVARD SÉBASTOPOL PARIS, FRANCE Agents généraux au Canada : MILLET, ROUX & CIE LIMITÉE 1215, RUE ST-DENIS MONTRÉAL VII SERVICE D'INSPECTION ET D'AJUSTEMENT PÉRIODIQUE Protège Votre Appareil à Rayon-X Pendant plus de trente ans, le Service d'Inspection et d'Ajustement Périodique de la General Electric a démontré sa valeur et son importance au propriétaire des délicats appareils à Rayons X que l'on trouve maintenant partout.Ce service individuel et spécialisé a été institué pour les fins suivantes: Maintenir l'appareillage à son plus haut degré d'efficacité opératoire.Découvrir et réparer tous les dé- jauts électriques et mécaniques aussitôt qu'ils se produisent et, du [ait même, restreindre les dommages qu'entraineraient des réparations trop tardives par négligence ou inadvertance.Réduire au minimum les pertes de temps précieux par l'inactivité des appareils qui subissent des réparations.Assurer un service professionnel de qualité toujours plus élevée.Aujourd'hui, les opérateurs, dans des centaines de laboratoires à Rayons X où le Service d'Inspection et d'Ajustement Périodique est donné à contrat d'année en année, estiment qu'il est plus important que jamais, puisque non seulement il continue de protéger leurs placements dans l'appareillage mais aussi parce qu'il aide à satisfaire les désirs suivants du gouvernement : Que toute l'instrumentation radiologique soit maintenue en son meilleur état pour qu'elle puisse être utilisée au maximum de son rendement et pour maintenir les demandes anormales de radio-diagnostic sur le front intérieur.L'idée du Service d'Inspection et d'Ajustement Périodique a été conçue des années avant la guerre et il se prolongera longtemps après que l'actuelle période de menaces sera passée.L'organisation de la General Electric et de ses succursales est établie en permanence et justifie l'assurance qu'elle offre pour le présent et pour le futur, à ses clients en radiologie.La prochaine fois que votre représentant local de General Electric se présentera à vous, demandez des renseignements complémentaires au sujet du Service d'Inspection et d'Ajustement Périodique.VICTOR X-RAY CORPORATION of CANADA, Ltd.DISTRIBUTORS FOR GENERAL @ ELECTRIC X-RAY CORPORATION TORONTO: 30 Bloor St., W.- VANCOUVER: Motor Trans.Bldg., 570 Dunsmuir St.MONTREAL: 600 Medical Arts Building - WINNIPEG: Medical Arts Building Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal Fondé en 1932 par Oscar Mercier \u2014 Léo-E.Pariseau \u2014 Ernest Prud\u2019homme \u2014 Ernest Trottier BUREAU DE DIRECTION ALBERT JUTRAS, Président LEO-E.PARISEAU, Vice-Président EDOUARD DESJARDINS, Secrétaire-trésorier REDACTION ANTONIO BARBEAU, Rédacteur-en-chef PAUL DUMAS, Secrétaire de la rédaction Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu est un Journal médical rédigé en collaboration.Les auteurs des articles restent seuls responsables des opinions émises sous leur signature.No 6 Novembre-Décembre 1943 LÉO PARISEAU UN HUMANISTE ET UN HOMME Culture scientifique ?non ; culture philosophique ?non ; culture littéraire et artistique ?pas davantage.Mais culture intégrale : voilà ce qui constitue le véritable humaniste.À ce compte, celui-ci devient dans les pays du monde, au Canada comme ailleurs, un phénomène rare.Le Docteur Léo Pariseau, dont nous déplorons la mort prématurée, fut le plus authentique humaniste de sa génération canadienne- française.Professeur agrégé à la Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal, où sa compétence fut hélas, soit dit en passant, si peu mise à contribution, chef du service d\u2019élec- tro-radiologie de l\u2019Hôtel-Dieu, monsieur Pariseau était reconnu par tous les scientifiques comme une autorité considérable dans la spécialité qu\u2019il exerça.Son successeur d\u2019élection, son ami, son confident des dernières années, le docteur Albert Jutras dira tout-à-l\u2019heure, l\u2019originalité et l\u2019étendue de l\u2019oeuvre du radiologiste.Et l\u2019un de ses admi- ae = oR Pr \u20ac EN ; A 4e 4 \u201c5 me da + + trait récent) > $ \u2014 \u20ac *% *, & oA > ax - % et ~ - \u20ac LEO PARISEAU = > i mi Sp kl @ après un por = A | ai & oo sé Ce py (d\u2019 eu Xa wl : + Soe .£2 ie à sx E> Jt Wo tp x by ps > LE PAs > > \u201c> is SE a \u201c \u20ac => LÉO PARISEAU, HUMANISTE 351 rateurs, le docteur Forget, racontera sur Léo Pariseau quelques-uns de ses souvenirs.Les privilégiés qui, un soir ou l\u2019autre, eurent la bonne fortune d\u2019être reçus dans telle maison de l\u2019avenue Mont- Royal ou de la rue Davaar, y admirèrent un trésor de bibliothèque et un certain nombre de tableaux intéressants rassemblés là par le flair amoureux d\u2019un bibliophile et les goûts rafinés d\u2019un artiste.Nous avons tous tremblé pendant plusieurs années à la pensée que la très précieuse collection de livres d\u2019histoire de la médecine et des sciences puisse, à la mort trop prévue du propriétaire, être dispersée au loin.Heureusement l\u2019Université de Montréal s\u2019est portée acquéreur de la bibliothèque Léo Pariseau.Espérons que ne dormiront pas dans les voûtes les livres dont le docteur Francis, de la bibliothèque Osler, nous décrit plus loin la richesse.Dans un monde où l\u2019on fonde beaucoup, où l\u2019on maintient si peu, le Docteur Léo Pariseau participe à la naissance de deux mouvements importants.L\u2019ACFAS d\u2019abord, dont le secrétaire, Jacques Rousseau, rappelle à nos lecteurs, les débuts héroïques et frondeurs.Le Journal de l'Hôtel-Dieu ensuite.Ensuite, chronologiquement parlant, Pariseau aima quasi d\u2019amour son Journal.Il le nourrit, le soigna, le cajola, le protégea, le défendit avec la fidélité, la jalousie, l\u2019orgueil qu\u2019il avait mise au service de notre Hôpital.Le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu doit pour une très large part à Léo Pariseau d\u2019avoir véeu et d\u2019avoir survéeu.Le docteur Edouard Desjardins nous en reparlera dans un instant.Notre regretté confrère a beaucoup écrit dans les revues et les journaux.Ses travaux inédits sont encore plus nombreux.Ses conférences furent extraordinairement courues.Toute oeuvre, écrite ou parlée, révèle une richesse de fond, une exubérance du vocabulaire, une vigueur, un 359 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU charme du coloris, qui classe définitivement Léo Pariseau, parmi nos bons écrivains, nos meilleurs hommes d\u2019esprits, et nos plus fidèles interprètes de la pensée française.Ne manquez pas de lire dans les pages qui suivent les articles du docteur Paul Dumas sur Pariseau, écrivain, de M.le Professeur Pierre Masson, sur Pariseau ami de la France.Mais Pariseau fut avant tout un homme, c\u2019est-à-dire un caractère.Oh ! pas toujours commode ! Irascible, parce que très sensible.Batailleur parce que très droit.Ennemi de toute inexactitude de tout à peu près, de tout compromis, de tout arrivisme.Un véritable Cyrano, ainsi que plusieurs se plaisaient à le qualifier.Un Cyrano qui, ayant une idée, ne se croyait pas le droit de la garder pour soi seul.Il la disait où et quand il voulait.Elle plaisait : Tant mieux.Elle déplaisait : Tant pis.Il fallait qu\u2019il la dise impérieusement, obligatoirement.Et c\u2019est ainsi qu\u2019il faisait : Parmi les groupes et les ronds Sonner les vérités comme des éperons.Un Cyrano très doux, aussi, très tendre, très humain.Seuls ses intimes l\u2019ont vraiment connu.Il était entièrement de contrastes.Aux premières lignes du front et dans toutes les batailles, il aimait la paix.Facilement agressif, c\u2019était un grand timide.Apparemment blindé contre toutes les attaques, lui, l\u2019hyperémotif !.Violent, impétueux, souffrant difficilement la contrainte, la maladie inélue- table le contraignit au repos, à la douleur, à l\u2019inaction qua- si-totale pendant des mois et des mois.et c\u2019est avec une résignation, une docilité, une douceur qui tirait les larmes qu\u2019il accepta.Scientifique, littérateur, artiste, philosophe, profondément croyant, voilà l\u2019homme qui est parti.Parce qu\u2019il a su réaliser le type si rare de l\u2019humaniste parfait, Monsieur Pariseau doit être cité en exemple à la jeune et à la moins LÉO PARISEAU, HUMANISTE 353 jeune génération de chez-nous.Mais pour ceux qui dans l\u2019une et dans l\u2019autre croient par nature à la primauté de l\u2019esprit, de la beauté, du désintéressement, de l\u2019enthousiasme, qui en un mot croient toujours en dépit des ans, à la jeunesse éternelle, Monsieur Pariseau représentait pendant sa vie et continue de représenter après sa mort bien davantage encore : Un panache ! Antonio BARBEAU LÉO-E.PARISEAU - RADIOLOGISTE | par ALBERT JUTRAS La radiologie ne remplissait pas toute seule l\u2019existence très active, comme on sait, du Docteur Léo-E.Pariseau ; il accordait une bonne part de son temps à d\u2019autres sciences et à d\u2019autres œuvres.Néanmoins, c\u2019est son titre d\u2019électroradiologiste que ce grand médecin et ce savant préférait et c\u2019est celui-là qui lui servait d\u2019identité.Dès l\u2019obtention de son doctorat en médecine, à l\u2019âge de vingt-quatre ans, Léo Pariseau commence et poursuit ses études de radiologie à l\u2019Hôpital Notre-Dame de Montréal, de 1906 à 1909.Durant ce stage, il est aussi professeur d\u2019électricité à l\u2019Ecole Polytechnique.Il consacre les années qui suivent à l\u2019étude de l\u2019hygiène publique; mais, en 1913, nous le retrouvons à l\u2019Hôpital St-Vincent de Sherbrooke où il conduit le service de radiologie en même temps qu\u2019il remplit les fonctions d\u2019hygiéniste de la ville.En 1915, son tempérament et ses convictions le poussent à s\u2019enrôler et jusqu\u2019à la fin de la guerre, il sera radiologiste à l\u2019Hôpital Militaire Laval de St-Cloud, en France.Le Docteur Pariseau n\u2019était pas encore de retour au Canada que les autorités de l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal le sollicitaient de réorganiser et de diriger le Service d\u2019Elec- tro-radiologie.Durant vingt années près, de 1919 à 1938, 11 honora et porta loin le nom de cet hôpital.En outre d\u2019une connaissance profonde de sa spécialité, Pariseau était un érudit, polyglotte, écrivain, naturaliste, physicien et chimiste.De telles qualités en faisaient un personnage dominant dans les sociétés et les congrès de radiologie.354 LÉO PARISEAU, RADIOLOGISTE 359 Un des pionniers et des maîtres de l\u2019électro-radiologie médicale, il reçut, à ces titres et à d\u2019autres, beaucoup d\u2019honneurs : Service médical; Officier de l\u2019Instruction Publique de France; docteur ès-science Honoris causa de l\u2019Université Laval; membre du Royal College of Physicians and Surgeons; Fellow of the American College of Radiology; vice-président de la Radiological Society of North America; membre de la Société de radiologie médicale de France; secrétaire et fondateur de la Société d\u2019électro-radiologie canadienne française; membre honoraire de la Canadian Association of Radrologists; président de la Société médt- cale de Montréal; membre de la McGill Physical Society; membre de la Montreal Physiological Society; président de la Société de Biologie; premier président de l\u2019Acfas; rapporteur sur la physiothérapie au Congres des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord en 1930; ete.Dans l\u2019œuvre écrite du Docteur Pariseau, l\u2019électroradiologie occupe une place comparativement peu volumineuse.C\u2019est que, par une forme de serupule, un raffinement de sa conscience professionnelle, il craignait de donner l\u2019impression de la réclame en publiant sur des sujets de sa profession.Toutefois, durant les dernières années de sa vie, il avait modifié son concept et il regrettait désormais de n\u2019avoir diffusé davantage les trésors d\u2019observations radio-cliniques qu\u2019il avait entassés au cours de sa carrière.Au moment de sa retraite en 1938, nous avions esquissé un projet de travail en collaboration.Il s\u2019agissait de recherches chimiques, physiques, biologiques et cliniques sur un procédé tout-à-fait inexploité pour l\u2019opacification aux rayons X des cavités de l\u2019organisme.La mise au point de la méthode promettait, croyions-nous, de grands progrès en physiologie et en médecine.Par malheur, les maladies de plus en plus sérieuses dont mon maître fut affligé ne lui permirent pas de donner suite à notre dessein commun.Dégagé de l\u2019exténuante besogne 356 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU journalière du radiologiste d\u2019hôpital et de toutes les obligations accessoires auxquelles entraînent les soucis de la clientèle et les activités universitaires, il rêvait de pousser ces expériences et bien d\u2019autres depuis longtemps conçues.Comme il aurait aimé, dans la paix de son foyer qui lui tenait aussi lieu de laboratoire et de bibliothèque et où les instruments scientifiques prenaient autant de place que les livres et les objets d\u2019art, finir sa vie dans des œuvres scientifiques de très longue haleine pour aider à l\u2019avancement de la radiologie médicale.Il écrivit encore sur des sujets d\u2019érudition, prépara quelques conférences, expérimenta sur les couleurs mais l\u2019invalidité l\u2019empêcha d\u2019accomplir tout ce que son imagination créatrice lui proposait.En analysant la longue bibliographie de Léo Pariseau, parue dans notre Journal en 1937, on se rend compte que si les travaux se rapportant à la médecine et à l\u2019électroradiologie ne sont pas les plus nombreux, leur liste couvre quand même plus de trois pages imprimées, bien que ses innombrables communications et conférences devant les sociétés savantes de notre pays et de l\u2019étranger n\u2019entrent pas dans l\u2019énumération.Dans tout ceci, 1l importe de relever les travaux qui ont davantage répandu le nom du Dr.Pariseau hors de notre pays.Citons d\u2019abord ses traductions de trois livres.C\u2019est à lui en effet que fut confié le texte français de l\u2019édition polyglotte dans Annals of Roentenology sur les mastoides (Law, 1920), La vésicule biliaire pathologique (A.George, 1922) et les troubles digestifs chez les nourrissons et les enfants (Léon LeWald) 1923).Je rappellerai aussi l\u2019enthousiasme que Pariseau provoqua à la Société de Radiologie Médicale de France quand, en 1930, il exposa ses recherches sur la répartition des courants diathermiques.Jusqu\u2019alors, la diathermie s\u2019appliquait d\u2019une façon empirique.Par de ta gélose contenant du tétraiodo-mercurate d\u2019argent en quantité suffisante LÉO PARISEAU, RADIOLOGISTE 357 pour teindre la masse en jaune serin et qui vire progressivement à l\u2019orange puis au rouge entre 37° et 42° C, Pariseau a pu observer de visu comment se distribue l\u2019échauffement et donner les bases rationnelles de l\u2019application des électrodes.La méthode colorimétrique de Pari- seau est une acquisition pour la science.L\u2019usage que Pariseau fit des rayons X et du radium, de 1906 jusqu\u2019à sa retraite en 1938, tant pour le diagnostic et le traitement des maladies que pour ses expériences de laboratoire, lui causèrent de graves ennuis notamment la perte d\u2019un œil et des ulcères chroniques de Roentgen aux mains.Quelques mois avant sa mort, il dut subir l\u2019amputation de l\u2019index gauche devenu néoplasique.Les métastases pulmonaires, auxquelles il succomba, ne dépendaient pas cependant des radiolésions digitales mais bien, d\u2019un épithélioma du gros intestin opéré au cours de l\u2019été 1939.La vérité exige cette précision ; il n\u2019en reste pas moins que la longue série des méfaits que les radiations lui infligèrent, mérite à Pariseau l\u2019auréole des martyrs de la science.Jusqu\u2019au dernier jour, il demeura radiologiste.Quelques heures à peine avant d\u2019expirer, il me demanda de le radiographier.Je reverrai toujours sa main décharnée me guidant pour le centrage de l\u2019ampoule radiogène.Je me souviendrai aussi de la discussion du cliché.Suffoquant, cachectique, en partie aveuglé par l\u2019ulcération de son bon œil, mais avec une lucidité étonnante, le Docteur Pariseau recourait une dernière fois au procédé médical dont il conservait la maîtrise afin de connaître l\u2019étendue des ravages dont sa poitrine était le théâtre et se procurer le renseignement pronostique dont il avait besoin pour décider du moment où exprimer ses suprêmes adieux à sa femme et aux siens.L\u2019humanité perd avec Léo-E.Pariseau un type extraordinaire; la radiologie canadienne, son plus brillant chevalier. L\u2019EX-LIBRIS DE LÉO PARISEAU Jadis, je ne sais plus quelle corporation de chirurgiens avait un sceau où figurait une main dont l\u2019index portait à son extrémité un, oeil grand ouvert.Certes, les chirurgiens d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019ont point démérité; mais parfois les malades ont l\u2019incrustable physionomie du Sphinx.Si les chirurgiens n\u2019appelaient alors certains spécialistes à leur secours, les positions respectives de l\u2019oeil et du doigt pourraient bien être inversées ! Nos distingués confrères le savent et ils font de nombreux appels aux lumières des radiologistes et des autres aruspices du laboratoire.Il paraît qu\u2019ils n\u2019ont qu\u2019à s\u2019en féliciter.En attendant le satisfecit qui consolera mes vieux jours, je me suis décerné .une image.\u2018Bien entendu, l\u2019orgueilleuse devise qui la souligne s\u2019applique aux seuls cas particuliers où j'y vois clair moi-même.Ami des vieux livres, je ne pouvais pas ne pas donner une forme archaïque à mon ex-libris.Adonné au paradoxe et à l\u2019antithèse, j\u2019ai pris plaisir à confronter un chirurgien du moyen-âge avec notre moderne ampoule de Crookes.Ennemi de la pudidonderie, j\u2019ai fait déshabiller la patiente.Respectueux des artistes, j'ai laissé le talentueux Jean Lébé- deff développer à sa manière le thème que je lui assignais.Léo-E.PARISEAU RABELAESIUS MARIOPOLITANUS By WILLIAM FRANCIS, M.D.4 Librarian, Osler Library, McGill University.From the Registres de l\u2019Hôtel-Dieu de Lyon, 5 mars, 1534 : \u2018\u2018Lesdits Seigneurs ont procédé à eslire ung medicin pour le service du grand hospital du pont du Rosne au lieu de maistre Francois Rabelays medicin\u2019\u2019 \u2014 not because he was dead, or disabled in the service of humanity and his hospital, like our lamented \u2018\u2018Rabelais\u2019\u2019, but because he was prudently hiding from the formidable censor of those days and consequently \u2018\u2018s\u2019est absenté.sans congé prendre pour la deuxiesme fois.\u201d\u201d So valuable were his services that Lesdits Seigneurs had deliberated for two months before reluctantly replacing him.His reputation, then as it should be now, was \u2018\u2018non celle d\u2019un bouffon de génie, mais celle d\u2019un érudit incomparable et d\u2019un savant médecin.\u2019\u201d\u2019 Agreeing with this judgment, my friend Léo Pariseau appreciated the nickname, but I could never interest him in our Rabelais collection.The Osler Library had no more welcome visitor than Pariseau.We usually derived as much curious information from him as he did from our books, and such information was always pleasantly interlarded with jovial anecdotes.Silence was not a virtue for him, even in a reading room.Other readers, after giving him some nasty looks, would gather round and thoroughly enjoy an impromptu historical or bibliographic clinic.His entrance was apt to be boisterous, with a hearty salutation, half English, half French : \u2018\u2018Have you anything by Thomas d\u2019Aquin ?\u201d\u201d \u2014 \u2018\u2018Tomato can ?!\u2019\u2019, and it dawned on me, \u2018\u2018If you French would be respectful enough to call him Saint Thomas Aquinas, I would know what you meant.\u2019\u2019 And he was soon deep (and quiet) in the \u2018\u2018Opuscula\u2019\u2019, 1490, including 359 360 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU a De motu cordis, the nature of whose movements, before Harvey, was \u2018\u2018known only to God\u2019\u2019, not even to the Doctor Angelicus.What a teacher of the history of medicine and sciencg he would have made ! Witness his writings in the Journal, his masterly repetition of the experiments of Galvani in celebration of the bicentenary, his historical exhibits at meetings, sometimes with a large printed \u2018\u2018Guide\u2019\u2019 full of witty and instructive annotations in French and in English.English he could speak and write almost perfectly and always wittily.His chapter on \u2018Medicine and biology during the French régime\u2019\u2019 is, I think, the best item in the composite \u2018\u2018History of science in Canada\u2019\u2019, 1939.In his active days he was much appreciated by our McGill students - and was an honorary member of our Osler Society (history and literature of medicine), a guest speaker at one of its annual banquets, and sometimes attended fits monthly meetings.At a local meeting of the Medical Library Association .he spoke most amusingly in Anglo-Irish in the character of \u2018\u2018Mr.Dooley\u2019\u2019 visiting this library to find out what \u2018\u2018Harry Stottle\u2019\u201d had written about politics.The audience was very feminine and, to my relief, he only once overstepped the mark and then, as he had promised, \u2018\u2018only by 2 millimetres.\u2019 .His library is a truly important and remarkable one, and he showed great skill in collecting it.Nor was he a mere collector.He studied his books thoroughly, for he seemed to know their contents from cover to cover.Rich in old books, it is also an admirable working library with the requisite tools for the study of the history of science in general, while in his own subject, electricity, it can surely have few rivals.The possibility that the collection might have to be miserably dispersed for a fraction of its value was for years a worry to him.All honour to Les Amis de RABELÆSIUS MARIOPOLITANUS 361 la Bibliothèque Pariseau who relieved him of anxiety on this score by purchasing it for his own University to which he had always wanted it to go.By nature a light-hearted pagan, Epicuri ex grege leo, he bore his long martyrdom with the courage, if not the gravitas, of a Stoic.And now, thanks to Les Amis, we can say (almost with Horace), Non omnis mortuus est; multaque pars eius \u2014 the more durable, not, alas, the more lovable part \u2014 vitabit Libitinam.He \"will survive in his library, now that his indomitable spirit has shed its well worn and nobly tattered binding. yy 4%, 2 kK se + 57 x PS za or 2 cs 7 J Da _ bh Pa - Ci 4 2 G, on 7 > Sa XF .6 % 7 - 0% iy : os Arc 7 £5 2 5 i RG.3 } PRE = pe oy 5 ge 7: pois = AE A 2e 7 Gr he pict en Gx 7 Ca 4 7 a $r = PRR ZA Ge C Li = % @ pois EY gs 4 > 2 iv 5 a = À; ee > Kos) x 55 i 5 5, f 54 5, es Z Winged # & Z cé GE 3 he\u201c sw a 2 i Br 5 4 je ZA z % # CEE £3 \u20ac 7 = = 2 7 sa > 2 oe # A 2 a 27 2e oe Sp ps 362 4 a 4% i= 04 = \u201c Ge i HG.Lr en 1917.4 % i GE - Ed 25; ta 22 a LEO PARISEAU = (9 py A de = 3 7 + ; de 2 \u201c2 ihe AH (a I ere 7 7 dt a rg % 71 7.CE 20% % PR 2e i Gi i GE Ga À ¥ ¥ % Sh 7 7 Ge Fa 5 7; di Giri %, 7 = ig % js LÉ % Yo.z -, % # Z \" be a 4 | ze + cine ae | dans son laboratoire de l\u2019hôpital militaire de Saint-Cloud, ps © En x £ MS oni J fo.tA) LÉO PARISEAU ET LA FRANCE par P.MASSON On a, dans certains milieux, discuté les sentiments de Léo Pariseau pour la France et pour les Français.Certains de mes compatriotes ont été jusqu\u2019à le considérer comme un ennemi de l\u2019une et des autres.Pariseau était Canadien avant tout.Mais, homme libre, intelligent et doué d\u2019esprit critique, il jugeait le Canada et les Canadiens.Il proclamait et admirait leurs mérites et dénonçait en termes souvent énergiques leurs erreurs et leurs travers.Louanges et blâmes étaient les expressions \u2018extrêmes d\u2019un seul et même profond sentiment: l\u2019amour.Aucun Canâdien ne s\u2019y est trompé et ceux-là mêmes qui ont reçu de ses coups ne lui en gardent pas rancune.Pour seconde patrie, il avait choisi la France.Imprégné de sa culture littéraire, philosophique et scientifique, il sentait, pensait, travaillait et parlait « français », à tel point que tous les Français de passage qui l\u2019avaient approché le traitaient en compatriote estimé et aimé.Pendant mes séjours en France, tous me demandaient de ses nouvelles et déploraient de ne pas recevoir de réponses aux lettres qu\u2019ils lui adressaient.Car, on peut le dire sans attenter à sa mémoire, si Léo Pariseau mérite de passer à la postérité comme érudit, comme chercheur, comme conférencier et comme polémiste, il a toujours dédaigné le genre épistolaire.Pariseau était si profondément francisé qu\u2019il jugeait la France, les choses et les hommes de France comme un Français de France.Ses admirations, ses louanges et ses critiques étaient celles d\u2019un Français, toutes inspirées par l\u2019amour de sa seconde patrie.Certains ont oublié les 363 .364 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU louanges pour ne se souvenir que des critiques \u2014 Ils ne l\u2019ont pas compris.Des qualités éminentes de Léo Pariseau, il en est deux que personne ne lui contestera : le courage et la franchise.Je crois bien que jamais il n\u2019a prononcé une parole qui ne fût conforme à ses idées et à ses sentiments quoi qu\u2019il pût lui en coûter.Pourquoi ne pas lui laisser dire à lui- même ce qu\u2019il pensait de la France ?Je voudrais pouvoir transerire in extenso l\u2019allocution qu\u2019il prononça lors d\u2019un banquet offert en 1922 au professeur de Lapersonne, \u2014 à une époque où la France victorieuse était peu à peu abandonnée par ses alliés de la veille et où s\u2019annonçaient déjà les catastrophes actuelles.Je me borne à en donner quelques passages.« Puisqu\u2019il m\u2019incombe, ce soir, de remercier en vous les Maîtres qui ont dirigé mon adolescence et qui inspirent le rude effort de mes quarante ans; puisqu\u2019en vous, je dois rendre hommage à la France, l\u2019Alma Mater de qui mes compatriotes apprennent à vivre et à survivre; puisqu\u2019il me faut évoquer le triste présent, ne serait-ce.que pour en faire un repoussoir, je veux.parler sous la seule dictée du cœur.» Et, plus loin : « Cher Maître, ayant dignement représenté la France aux assises savantes qui viennent de finir,\" vous avez sans doute songé à rentrer.Votre famille, vos malades, le pays tout entier vous réclament à grands cris.Si vous avez changé d\u2019itinéraire et consenti à tracer sur votre carte un très long crochet, c\u2019est, nous le savons, pour répondre aux instances pressantes de vos élèves canadiens.Mais c\u2019est aussi, \u2014 J'aime à le penser, \u2014 pour vous réchauffer 1 Un Congrès médical tenu à Washington. LÉO PARISEAU ET LA FRANCE 365 l\u2019âÂme avant de repasser les mers.Vous avez appris qu\u2019en terre d\u2019Amérique, par un paradoxe charmant, la chaleur vient du Nord.Vous ne pouviez pas ne pas venir.les les Français ont l\u2019âme si frileuse ! » Plus loin encore : « En trois jours, vous aurez trop d\u2019occasions de constater combien nous nous sommes américanisés, trop peu pour vous rendre compte jusqu\u2019à quel point nous sommes restés Français.Oui vraiment, vous nous quittez avant que nous ayons pu vous réchauffer l\u2019âme ! « Mais croyez-nous sur parole, cher Maître, jamais la France ne nous a été plus chère qu\u2019en ces heures tragiques où il lui faut recommencer sa passion.Ah ! puisqu'elle doit rentrer au Jardin des Oliviers, dites-lui qu\u2019à côté de la pierre où elle appuie son front las, un enfant se tient debout, trop faible pour l\u2019aider, trop petit même pour être vu.Mais il sera fort un jour; son avenir est grand comme ses origines ; il a pour devise « Je me souviens.» Dites cela là-bas.Et répétez que les Canadiens-Fran- çais appartiennent tous à la « petite entente ».Ils savent que la presse mondiale est stipendiée et que toute nouvelle qui vient d\u2019outre-mer doit être tenue pour suspecte.Ils se refusent à croire que la France soit le dernier obstacle à la concorde universelle.Ils éprouvent des sursauts de colère et des hoquets de dégoût en voyant qu\u2019on la traîne de conférence en conférence et qu\u2019on l\u2019expose aux crachats de la pègre internationale qui préféra toujours Barabbas a Jésus.Cher Maitre, je vous fais mes excuses.Il était bien inutile de vous ouvrir 1\u2019ame de ma race pour en laisser sortir des sanglots.» Et pour finir : « La France, nous 1\u2019aimons » de toute notre ame de tout notre cœur, de tout notre esprit et de toutes nos 266 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU forces.».Nous lui donnons ce qui, aux termes du petit catéchisme, revient à Dieu même.Nous l\u2019adorons, et Dieu n\u2019en est pas jaloux !» De tels accents se passent de commentaires.Ainsi pensait et parlait Léo Pariseau en 1922.Ainsi pensa et parla Léo Pariseau jusqu\u2019à sa mort.Je m\u2019en porte garant, moi qu\u2019il honora pendant 16 ans de son amitié.Aucun Français n\u2019a, plus que lui, souffert des malheurs de la France.Nul n\u2019a été plus fier que ce grand Canadien de l\u2019effort de guerre du Canada.Avant de mourir, il aura eu la consolation de constater que «l\u2019enfant qui se tenait debout, trop faible pour l\u2019aider» aux côtés de la France au jardin des Oliviers.a grandi, comme il l\u2019avait souhaité, et qu\u2019il est devenu assez fort pour l\u2019arracher de sa Croix. LÉO PARISEAU ET SES LECTEURS Note de la rédaction.\u2014 Nombreux furent les témoignages de sympathie que la direction du Journal de l\u2019Hôtel- Dieu reçut à l\u2019occasion de la mort du docteur Léo Pariseau.Certains lecteurs nous dirent en termes émus la peine qu\u2019ils en éprouvaient; d\u2019autres demandèrent aux successeurs de continuer le travail si bien commencé et dé ne pas dévier de la ligne droite.Nous avons pensé qu\u2019il n\u2019eut pas déplu au maître disparu qu\u2019une appréciation de son œuvre au Journal de l\u2019Hôtel-Dieu fut donnée par un de ses fidèles lecteurs.L\u2019heureux concours de circonstances, qui nous avait valu en décembre 1942 la publication d\u2019une lettre d\u2019un vieux médecin à son neveu, étudiant en médecine, se renouvelle.La lettre de Lachenaie, que nous reproduisons avec la permission de l\u2019auteur rend bien, croyons-nous, l\u2019opinion de son public envers Léo Pariseau.Lachenaie, 10 janvier 1944.Mon cher Pascal, Je n\u2019ai pas manqué de remarquer le regard inquiet que tu me jetais, la semaine dermiére pendant tes trop courtes vacances, quand tu me voyais, chaque soir des l\u2019arrivée du courrier, déplier mes bons amis, les journaux de Montréal.J\u2019aù vu que tu me sentais alors nerveux; d\u2019ailleurs, je l\u2019admets, mes vieilles mains tremblarent plus que de raison, quand elles en tournaient les feuilles.Je te félicite de ton esprit d\u2019observation et du tact que tu as montré en ne m\u2019en parlant pas; tu avais bien raison de me trouver bouleversé, car la lecture des journaux m\u2019apporte plus souvent des mauvaises que des bonnes nouvelles.J\u2019ap- préhendaris depuis des semaines l\u2019annonce de l\u2019exitus d\u2019un homme que j'ai beaucoup admiré et dont je savais, deputs 367 } Se * tr Ag x A gk 3 ê ! il 7 z su + % v$ + tw oui si # % / 4 = PS 3 ( Photo Du pras-Colas) LÉO PARISEAU dans sa bibliothèque (dernière photographie de notre regretté collègue).368 LÉO PARISEAU ET SES LECTEURS 369 mon dernier voyage a Montréal, la maladie inexorablement fatale.Je viens tout juste de le lire, ce 10 janvier 1944 .Léo Pariseau est décédé.Je ne puis terminer cette journée sans te dire la vive émotion que je viens d\u2019éprouver et sams te demander d\u2019aller, à ma place, t\u2019agenouiller auprès de sa tombe.Je ne me sens mas assez bien pour quitter la maison; mais j'ai cependant envers lui un devoir à remplir.Tu m\u2019accuseras peut-être de sentimentalisme sénile, mais je me suis toujours a le lire cru l\u2019ami personnel de Léo Pariseau et quand il s\u2019adressait à l\u2019ami lecteur, je me croyais spécialement visé.L\u2019ami lecteur voudrait aujour- d\u2019hut rendre hommage à celui qui si souvent l\u2019avait pris en confidence et te faire connaître combien cette confiance était réciproque et plaisait.Ce que je te dirai de Pariseau est bien peu et bien mal, à côté de tout ce que je raconterais, si je le pouvais et si J'en savais la manière, d\u2019aucuns le feront qui savent.Je t\u2019ai souvent cité au cours de wos conversations le nom de Pariseau, mais je ne t\u2019ai jamais appris quand et comment J'en vins à le connaître et à l\u2019admirer; ce qui n\u2019est pas venu tout de suite, ni tout seul.Notre première rencontre, qui fut professionnelle, date des environs de 1920 et me laissa un peu troublé; elle jut plutôt tiède.Il me reçut dans son cabinet radiologique ct réussit dès l\u2019abord à m\u2019impressionner fortement.Il se montra plein de verve, l\u2019esprit aux aguets, le regard vif et la barbe d\u2019attaque; il m\u2019effraya un peu et je me tins sur la réserve, solenmel parce qu\u2019intimidé.Ses gestes et ses \u201cparoles venaient d\u2019un tel naturel cependant qu\u2019on les sentait immédiatement sincères.La lecture des films qu\u2019il prit de ma patiente me fut une révélation et le problème diagnostique que j'avais cru 370 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU insoluble me fut résolu par Pariseau d\u2019une manière telle et avec une si rayonnante clarté que je me promis: de recourir souvent à ses lumières, ce que je fis par la suite, comme tu le sais, pour mon profit personnel et celui plus grand encore de mes malades.Su je n\u2019avais eu que le seul contact professionnel, je n\u2019aurais connu de Pariseau que le radiologiste, aperçu magnifique, mais incomplet.Je dois à mon amour des vieux livres, partagé à l\u2019extrême par celui qui vient de mous quitter, d\u2019avoir pu mieux le comprendre.C\u2019est au Congrès de 1926 de l\u2019Association des Médecins de Langue Française de l\u2019Amérique du Nord, où il exposait des œuvres des Maîtres de l\u2019Anatome, de la Physiologie, de la Chirurgie et de la Pharmacie que nous avons réellement causé pour la première fois.Penchés tous deux sur ses vieux bouquins, nous avons longuement devisé et épilogué; je m\u2019y suis même dégelé et aù osé maintenir mes opinions.Sr la discussion fut ardente, elle n\u2019en resta pas moins amicale.Nous nous quittâmes meilleurs, parce que nous avions vécu des heures dans le commerce des Anciens.L\u2019accord entre nous fut complet, quand nous retrou- vames la parole de Léon XIII : « La première loi de l\u2019Histoire, c\u2019est de ne pas mentir ; la seconde de ne pas craindre de dire la vérité».Tout Pariseau se reconmaît à cette das- cipline historique et c\u2019est dams le Journal de l\u2019Hôtel-Dieu que cette politique de franchise, de désintéressement et d\u2019honnêéteté trouva à s\u2019exprimer.C\u2019est depuis 1932, depuis la fondation de son Journal que j'ai le mieux compris, le mieux aimé Léo Pariseau.Nous nous rencontrâmes en mars 1932 à la librairie Du- charme.Dès qu\u2019il m\u2019aperçut, il sortit de sa poche un exemplaire du Journal de l\u2019Hôtel-Dieu et le brandit avec un geste de triomphe en me criant : Qu\u2019en pensez-vous ? LÉO PARISEAU ET SES LECTEURS 371 Comment le trouvez-vous, mon nouveau né ?.Je lua dis que j'avais avec jore reçu peu auparavant l\u2019exemplarre qui m'était destiné et qu\u2019il m\u2019avait fort intéressé.Je ne savais pas jusqu\u2019alors quel avait été le rôle de Pariseau dans cette fondation; il me l\u2019apprit ce jour-là et me confia que ses trors collègues : Oscar Mercier, Ernest Prud\u2019homme et Ernest Trottier lui avaient apporté une aide de tout premier ordre.Si la partie rédaction était importante et sa mise en marche essentielle, il n\u2019en fallut pas moins consacrer des heures précieuses à la partie admimistrative, non moins importante, non moins essentielle.Ce qui me plaisait pas à l\u2019un ne rebutait pas heureusement ses associés.Ce fut du beau travail d\u2019équipe.Les manœuvres préparatoires demandèrent des mois, exigèrent des démarches pas toujours agréables, réclamèrent des formalités peu familières à la gent médicale et consumèrent des heures innombrables en concihabules.On faisait de la fondation du Journal une petite conjuration et n\u2019étaient du secret que ceux dont on attendait un article.Pourquoi tant de slence autour d\u2019une naissance prochaine ?C\u2019est que l\u2019on craignait que trop de bruit, qu\u2019une réclame avant terme ne puissent muire à ume heureuse gestation.La tactique s\u2019avéra efficace et l\u2019enfant naquit viable.Il a grandi depuis .Onge ans.Onge volumes reliés ornent ma bibliothèque.C\u2019est à la lecture des diverses livraisons du Journal de l\u2019Hôtel-Dieu que j'ai vraiment connu, estimé et admiré Léo Pariseau.Il aimait ses lecteurs, se confiaient à eux et leur demandaient candidement indulgence pour certains retards de parution .tant et si bien que les lecteurs au- 372 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU raient eu mauvaise grâce à ne pas lui rendre une mutuelle TECONNANSSANCE.Comme\u2018 je te l\u2019écrivais au début, j'en étais venu à m\u2019imaginer que c\u2019était moi, l\u2019ami lecteur à qui al s\u2019adressant et à qui il disait : «ne suis qu\u2019un pauvre intellectuel qui a beaucoup lu, assez bien retenu et quelque peu médité ».HN s\u2019est montré sous tant d\u2019aspects dans ses écrits que je n\u2019arriveran jamais à te les faire tous connaître.Son nom paraissait souvent, parfois tout seul, aux Sommaires du Journal, mais aucun de ses articles n\u2019était indifférent.Certains étaient même très amusants.Vois un peu en quels termes il donne à la fin de la première année un résumé analytique des publications : « Aux deux mille initiés du Journal, Au mois de février dernier, vous étiez conviés par l\u2019Hôtel- Dieu à un dîner de famille, où certain cuisinier de lettres devait vous servir des mets rares importés du Passé.En avril, vous trouviez dans votre serviette une carte portant le menu suivant : Iroquois rôti Lait d\u2019Huronne - d\u2019Anesse - et de Chèvre Pieds de Pore - Mufle d\u2019Orignal - Patte d\u2019Ours Queue de Castor - Cuisses de Ouaouaron Anguille, Sauce autogéne - Perdrix aux choux Biére d\u2019épinette - Sirop d\u2019érable.Or «voici fin décembre et le Castor, l\u2019Ours, l\u2019Ouaouaron, l\u2019Anguille et la Perdrix n\u2019ont pas encore paru sur la table; pour mettre un comble au scandale on n\u2019a versé à boire, jusqu\u2019ici, que du lait.J\u2019affirme qu\u2019il n\u2019y a pas de ma faute et vous prie de constater qu\u2019une bande de ménestrels a envahi la salle, s\u2019évertuant à interrompre sans cesse pour discuter « de omni re seibili ».Le Sieur Baril vous a beaucoup parlé de ses prouesses dans la recherche du sucre, mais il n\u2019en a pas fourni un seul morceau LÉO PARISEAU ET SES LECTEURS 373 pour votre café.Le sieur Prud\u2019homme s\u2019est offert à raccourcir votre tube digestif, mais il n\u2019a pas essayé de le remplir.M.Mar- childon s\u2019est fait fort de vous transfuser sans danger du sang non coagulé, mais le moindre bout de boudin eut mieux fait votre affaire.MM.Trottier et Roux ont voulu vous effrayer en parlant d\u2019appendicite et d\u2019occlusion intestinale.Monsieur Pépin, avec ses préceptes de diététique, n\u2019a réussi en définitive qu\u2019à troubler votre digestion.Quant à Mercier, je doute fort que les rognons qu\u2019il a fait sauter à votre intention vous aient plu, encore que vous soyez maintenant initiés aux plaisirs de l\u2019anthropophagie.D\u2019autres dont je tairai les noms, ont tenu des propos de salle d\u2019autopsie au lieu de conter des histoires de salles de garde ».Cet humour n\u2019a jamais quitté Pariseau, même au plus fort de ses maladies.A l\u2019occasion d\u2019une trépanation mastoïdienne, subie en 1922, il compose une pièce de vers libres, parue dans le numéro de septembre 1936 et que je devrais te reproduire tout au long, tant elle est amusante.En voici les premiers quatrains : « Lettre de Cléophas Ladouceur à son frère Gordien.Cher vieux, * 1 sont v\u2019nus trois vlimeux Qui s\u2019disaient spécialisses.Quien n\u2019a pas plus forts qu\u2019eux Pour vous fair\u2019 des malisses.Le premier, i n\u2019a point grand poil dans la figure; On dirait un curé qu\u2019a désarté sa cure; Il a la voix ben douce et l\u2019air ben bon garçon, Mé je te dis : fie-toé pas à sa belle façon.I s\u2019nomme Albert Lasall\u2019, l\u2019est plein d\u2019occupation.Du matin jusqu\u2019au souer i brûle, i coupe, i blesse ! Faudrait ben qu\u2019on-z-i donne in titre de noblesse Pour tout ca.Par exemp\u2019 : La Salle d\u2019Opération ». 374 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU \u2018 Et cela continue dans le même esprit.Il fallait tout de même une dose formidable de courage pour être capable de surmonter ses souffrances et trouver dams les jeux de l\u2019esprit un dérivatif aux taquineries de la maladie.Les miettes gastronomiques et médicales de l\u2019histoire du Camada sont farcies de mots d\u2019esprit, d\u2019allusions égayantes et de gauloiseries légèrement épicées; tu devrais lire les notes sur l\u2019ours par un ours canadien, les dissertations sur l\u2019angualle; elles sont piquantes d\u2019intérêt, bren que traitées sur le plan scientifique.Sn l\u2019ensemble de l\u2019œuvre littéraire de Pariseau est d\u2019allure vive et enjouée, sans cesser d\u2019être d\u2019une grande profondeur, il est une circonstance cependant, où l\u2019esprit frondeur, où la force de résistance trouva sa pierre d\u2019achoppement.Cette fois, la blessure n\u2019était pas physique.Lutteur sams peur et sans reproche, à avait attaqué les irrégulers, les charlatans et il avait vaincu; mais bien que vainqueur, il ne put triompher.D\u2019où ses « Pensées tristes », où Victor Hugo lui souffle : « J'ai fait ce que j\u2019ai pu; j\u2019ai servi, j\u2019ai veillé, Mais j'ai vu bien souvent qu\u2019on riait de ma peine, Je me suis étonné d\u2019être un objet de haine, Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé ».et al ajoute sur un ton lyrique : « Pour moi, je ne m\u2019étonnerai jamais d\u2019être un objet de haine, ayant souvent porté de bien rudes coups.Je m\u2019étonne seulement qu\u2019on fasse tant état de ma combativité et si peu de cas de ma clairvoyance, de mon désintéressement.Hélas! ma plume, mon amie \u2014 Non plus que moi tu ne connaîtras le repos au cours de cette année sainte qui commémore une noble révolte.Résigne-toi à n\u2019être que rarement le pinceau de l'artiste, prépare-toi à devenir souvent l\u2019épée du com- LÉO PARISEAU ET SES LECTEURS 375 battant.Un jour, Je pourrai « prendre congé de la compaignie » \u2014 Oui, un jour, peut-être.» La dignité et l\u2019honnêteté professionnelles furent les qualités maîtresses que l\u2019on retrouve à l\u2019origine de tous les écrits de Pariseau, qui traitent des intérêts de la profession médicale.J\u2019 aimerais t\u2019en reproduire certains extraits, mais l\u2019heure avance et je me sens un peu fatigué.J\u2019ose crovre, mon cher Pascal, que cette analyse de l\u2019œuvre de Pariseau, vue à travers le Journal de l\u2019Hôtel- Dieu, sera suffisante pour te faire comprendre mon admi- rahon pour cet homme d\u2019esprit.Tu comprends maintenant pourquoi je paraissais sourd à tes interrogations, quand tu me trouvais plongé dans la lecture du Journal de l\u2019Hôtel-Dieu.Elle était toujours passionnante, quand la signature de Pariseau ou du Docteur Léopard se trouvait au haut ou à la fin d\u2019un article.Je ne me souviens pas de m\u2019être jamais enmuyé à le lire; je crains fort cependant que tu n\u2019en puisses dire autant de ton vieil oncle dont le style s\u2019alourdit avec l\u2019âge et dont la prose si elle devient sentimentale, n\u2019en reste pas moins profondément smcère.Tu ne peux d\u2019ailleurs t\u2019attendre à rien d\u2019autre de la part d\u2019un praticien de la vieille école.J.PRIME.Pour copie conforme, Edouard Desjardins. SOUVENIRS SUR LÉO PARISEAU par ULYSSE FORGET * Y a-t-il un médecin qui ne connaissait pas le docteur Léo Pariseau ?Ceux qui n\u2019ont pas eu le bonheur d\u2019être dans son entourage immédiat, l\u2019ont entendu au cours des nombreuses conférences qu\u2019il a données.D\u2019autres l\u2019ont rencontré aux différents congrès où l\u2019on pouvait admirer sa belle collection de vieux auteurs.Enfin, nous l\u2019avons tous aimé pour ses écrits clairs, fortement documentés et pleins de verve.Dans notre temps, s\u2019il y avait une soirée scientifique d\u2019annoncée, où le nom du docteur Pariseau figurait, c\u2019était commun de se faire dire : « Allons-y, Pari- seau est au programme ».Je ne veux pas et ne peux pas ici faire son éloge.D\u2019autres amis plus autorisés se chargeront de le faire.Le but de cet article est simplement de montrer le côté humain de ce grand homme, dans deux circonstances différentes.A la fin de mars 1926, il y avait à l\u2019Hôtel-Dieu un malade souffrant de pleurésie séreuse.Pariseau crut bon de se payer la tête de ses confrères, en leur faisant «courir le poisson d\u2019avril.» Il donne rendez-vous à tous les médecins à ses laboratoires, « pour discuter un cas extraordinaire.» Le pauvre malade ne se doutait de rien.On avait installé en arrière de lui, tout un système de cordes attachées à un petit poisson de plomb.Une fois que les grands maîtres furent installés dans l\u2019obscurité de la chambre du fluoroscope, le problème fut posé.On se trouvait en présence d\u2019un malade qui avait un poisson nageant dans sa plèvre.Les aides du docteur tirant chacun sa 1Le docteur Ulysse Forget est de Warren, R.I.376 . SOUVENIRS SUR LÉO PARISEAU 377 ficelle, donnaient à la scène un semblant de réalité.Et puis ce fut le traditionnel « Poisson d\u2019avril !» Tous ont reconnu bien vite l\u2019humour de Pariseau.L\u2019autre souvenir est plus qu\u2019humain, puisqu\u2019il nous faudra tous mourir.C\u2019est la lettre que j'ai reçue de lui, m\u2019annonçant sa mort prochaine.Imaginez toute l\u2019émotion que j\u2019ai eue en lisant cette lettre, moi qui ne savais pas qu\u2019il était malade.Au cours de mes lectures, je m\u2019étais intéressé à la question du « Mal de la Baie St-Paul.» Je voulais avoir plus de renseignements.N\u2019étant ni dermatologiste ni historien, je m\u2019adressai au docteur Pariseau.Quant à moi, s\u2019il y avait de la syphilis dans le « Mal de la Baie,» il y avait aussi d\u2019autres maladies.Les médecins du temps qui ont décrit la maladie, lui donnèrent un caractère plutôt aigu.La syphilis ne prend pas habituellement caractère.Je disais que la maladie de Vincent et l\u2019impétigo qui sont deux maladies aiguës, pourraient bien cadrer avec le « Mal de la Baie ».Enfin, puisque l\u2019on traitait ces maladies avec le mercure à fortes doses, les cas d\u2019idiosyncrasie et d\u2019intoxication avaient dû être fréquents.Puis, si l\u2019on admettait le « Mal de la Baie » comme étant de la syphilis, étant donné le grand nombre de personnes affectées dans le temps, nous serions presque tous des hérédo-syphilitiques.Le problème était passionnant, mais au lieu de la solution, j\u2019ai reçu la lettre suivante : Outremont, le 20 nov.1943.M.le Dr Forget, 600 Main Street, Warren, Rhode Island.« Cher confrère, « Quand votre lettre du 5 juillet m\u2019est arrivée j\u2019étais « trop faible pour y répondre.Depuis lors j'ai eu de légères « rémissions de mon mal et j'aurais dû profiter de l\u2019une 378 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU « d\u2019elles.Il est trop tard, maintenant, car j'ai reçu un « coup de massue le 10 octobre.Hémorragie pulmonaire, « crise de suffocation.Les examens radiologiques et micros- « copiques ont révélé la présence d\u2019un cancer du poumon.« Tous les jours mes forces m\u2019abandonnent, tous les « Jours mes souffrances augmentent.J\u2019ai reçu l\u2019Extrême « Onction hier et c\u2019est un adieu suprême que je vous envoie «au lieu de l\u2019agréable discussion que vous attendiez.« D\u2019autres devront se pencher sur le problème que leur « présente «le mal de la Baie ».« Nous nous retrouverons dans un monde meilleur ! » Léo-E.PARISEAU, M.D.Cette lettre, où chaque mot fut écrit d\u2019une main ferme, fut aussi pour moi « un terrible coup de massue ».Je ne crois pas que le Dr Pariseau s\u2019objecterait à la voir publier, Je me suis dit : « Quelle grandeur d\u2019âme dans ses souffrances ! Quelle Foi en face de la mort !» Je ne connais personne, capable de dire autant de choses, plus simplement et en si peu de mots.Je garde cette lettre comme un bijou, avec mes papiers les plus précieux. LÉO PARISEAU ET L\u2019ACFAS par JACQUES ROUSSEAU Essayez de brosser un tableau de la science canadienne- française il y a vingt ou vingt-cinq ans ! Dites-moi après cela si vous n\u2019avez pas l\u2019impression d\u2019être perdu dans le désert de la préhistoire.À quelques exceptions près, les professeurs de sciences répètent péniblement à leurs élèves le texte d\u2019un manuel désuet; et pourtant on les croit des Maîtres.Au nom de la culture générale, des éducateurs improvisés, ayant peu fréquenté Thomas d\u2019Aquin, Albert le Grand et les humanistes, évitaient d\u2019ouvrir aux élèves des fenêtres sur le monde extérieur.Des professeurs de philosophie, \u2014 consacrés automatiquement philosophes à la seule lecture du manuel de Lortie, \u2014 discutaient du mécanisme \u201c de l\u2019évolution organique sans avoir la moindre idée de l\u2019organisation de la cellule.Pour finir rappelons que la production scientifique canadienne-française des dernières années tenait presque en quelques cahiers brouillons.C\u2019est dans cette atmosphère que débuta l\u2019ACFAS le 15 mai 1923.Elle ne fut pas dès l\u2019origine un organisme puissant.Son champ d\u2019action se limitaït à Montréal, et c\u2019est en 1929 seulement que s\u2019affilia la première société de l\u2019extérieur, la Société de mathématiques de Québec.L\u2019ACFAS était une fédération de sociétés, \u2014 dont certaines créées de toutes pièces pour la circonstance, \u2014 réunies à l\u2019invitation de la Socitété de biologie de Montréal, surgie elle-même l\u2019année précédente, grâce en partie à 1 Dans les Annales de l'ACFAS (Vol.3, 1, pp.127-132.1937) une esquisse biographique et bibliographique du disparu, et dans le périodique Regards deux portraits : LORTIE, Léon.\u2014 Le docteur Léo PARISEAU, chercheur et défenseur de la vérité, Regards, 3: 391-397.1942.\u2014 Rousseau, Jacques, \u2014 Léo Pariseau pionnier scientifique canadien- français.Regards, 3: 346-352.1942.379 380 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU l\u2019action de Louis-Janvier Dalbrs.Etranger à la recherche scientifique, Dalbis n\u2019était pas un savant, mais un brillant causeur, un aimable conférencier et un grand animateur.La Société de biologie comptait Léo Pariseau parmi les ouvriers de la première heure.Il joua un rôle déterminant dans l\u2019organisation de l\u2019'ACF AS dont il fut le premier président, élu le 12 janvier 1924.L\u2019Association était née dans l\u2019enthousiasme, mais pour s\u2019assurer de l\u2019éclat, il lui aurait fallu faire trop large part au snobisme et devenir une chapelle d\u2019encensement mutuel.Pariseau, secondé par ses plus fidèles amis, avait trop le vrai culte de la science pour glisser dans cette voie el sacrifier un principe.Le gain, les avantages, les amis trop opportunistes devaient céder le pas.Pariseau stigmatisait les accrocs à la déontologie ; comme si la tolérance n\u2019est pas la solution la plus paisible.Pourquoi se mettre les gens importants à dos ?Les charlatans, à tous les degrés de l\u2019échelle sociale jouissent généralement d\u2019une excellente réputation.Il réclamait la réforme de l\u2019enseignement; le statu quo est tellement plus simple ! Il pestait contre l\u2019incompétence ; quand pourtant elle réussissait si bien à certains.Il ignorait l\u2019aquatrepatisme quand la seule liberté laissée à l\u2019intellectuel chez-nous était d\u2019encenser de la main droite ou d\u2019encenser de la main gauche.Pariseau dérangeait nos pontifes.La chasse aux charlatans, la réforme de l\u2019enseignement des sciences furent toujours ses principaux chevaux de bataille.Il méconnaissent étrangement Pariseau ceux qui prétendent qu\u2019il se battait pour l\u2019odeur de la poudre ou peut- être veulent-ils excuser leur absence de la scène quand la défense d\u2019une cause ne leur rapporte rien personnellement.Ayant vécu dans son intimité de nombreuses années et jusqu\u2019à ses derniers moments, je sais qu\u2019il aimait profondément la paix, l\u2019isolement du laboratoire et de la biblio- LÉO PARISEAU ET L\u2019ACFAS 381 thèque, mais si l\u2019on portait atteinte à l\u2019étiquette professionnelle ou à l\u2019un de ses principes chers, d\u2019un bond il est sur le terrain et croise durement le fer et toujours avec le même désintéressement.Ce n\u2019est pas en vain qu\u2019il a mené avec quelques amis ces luttes que j\u2019ai suivies de près.Elles ont amené des réformes si soudaines, si rapides que certains articles parus dans nos journaux en 1924 et 1930 sembleraient aujourd\u2019hui de parfaits anachronismes.Même contre les moulins à vent on ne se bat pas en vain.Quand la voile de leurs bras pantelants est crevée, le souffle passe et la meute se tait.Ce sont ces combats qui ont imposé chez nous le respect de la science et à cause de cela peu d\u2019hommes auront autant contribué au progrès intellectuel du Canada français.Qu\u2019importe qu\u2019il ne soit pas couvert de doctorats honorifiques.Il n\u2019a jamais brigué les honneurs et il ne les a pas eus, il lui suffisait de vivre son idéal.C\u2019est même pour cela que l\u2019ACF AS, condamnée un an après sa naissance, a pu survivre aux abandons.Alors qu\u2019atteinte d\u2019anémie tous la délaissaient, la foi sincère que Léo Pariseau avait en elle amena des disciples à insuffler une vigueur nouvelle à l\u2019ACFAS, qui non seulement survéeut, mais s\u2019implanta au point de devenir indispensable à notre vie scientifique.Depuis le début de l'Association, Léo Pariseau a toujours fait partie de son conseil d\u2019administration, dont il suivit ponctuellement et activement les séances jusqu à ce que la maladie vint le terrasser.Peu de conférenciers ont eu chez nous à un tel point le don de faire vibrer son auditoire.Maître de ses effets, parce qu\u2019il sent intensément ce qu\u2019il dit, passant avec virtuosité du rire à l\u2019émotion, comme son vieil ami Rabelais, il sait animer un sujet d\u2019une façon palpitante.Une parole 582 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU claire, un style sans contrainte et un débit nuancé au service d\u2019un esprit tel que le sien rendent ses conférences attachantes comme un beau drame ou 1\u2019acteur s\u2019identifie a l\u2019action.Expérimentateur inégalé, sous sa conduite les plus belles découvertes venaient d\u2019elles-mêmes se reconstituer, séduisantes et simples, devant l\u2019assistance.Tres malade, il rédigeait une dernière conférence pour le quatrième centenaire de Copernic, quand il dut abandonner son texte, que l\u2019ami Lortie compléta et présenta au public quelques jours plus tard.L'histoire des sciences occupait une large place dans ses préoccupations.N\u2019avançant rien qu\u2019il ne put prouver, 1l accompagna fréquemment ses conférences d\u2019expositions de livres anciens tirés de la précieuse bibliothèque, merveilleux instrument de travail transporté maintenant à l\u2019Université de Montréal.H est malheureux qu\u2019un tel homme n\u2019ait pu devenir professeur d\u2019histoire des sciences a 1\u2019Université.En 1933, l\u2019ACFAS avait même décidé de subventionner une telle chaire, mais le projet fut abandonné devant certaines oppositions.À tous les congrès annuels de l\u2019ACFAS, sauf une couple auxquels la maladie l\u2019empêcha d\u2019assister, Léo Pari- seau présentait des communications des plus vivantes sur les sujets les plus variés.Sa vaste érudition, sa curiosité alguisée, son sens de l\u2019observation, sa personnalité comptèrent pour beaucoup dans le succès des assises.Il devait prendre part au dernier congrès, à Sherbrooke, en octobre.Le matin du départ, une hémorragie le cloua chez lui.Le surlendemain, il m\u2019annonçait qu\u2019il lui fallait « boucler définitivement ses malles » pour un départ prochain.Profondément croyant, ayant toujours vu les réalités en face, il resta ferme et stoique et mit ordre à ses affaires, sans cesser de s\u2019intéresser a tous les mouvements qu\u2019il avait aimés, toujours préoceupé de l\u2019avenir de l\u2019'ACF AS.Ami de LÉO PARISEAU ET L\u2019ACFAS 383 la perfection, il ne voulut rien conserver de ce qu\u2019il croyait trop informe et détruisit quantité de notes accumulées au cours d\u2019années de labeur dans son laboratoire et sa bibliothèque.Aussi, pour commémorer son souvenir et rappeler le rôle qu\u2019il a joué chez nous, l\u2019ACFAS vient-elle de décider la frappe d\u2019une médaille à l\u2019effigie de son premier président, destinée à récompenser les travailleurs qui ont le plus contribué par leurs recherches scientifiques à l\u2019avancement des sciences au Canada français. bs A pe 8 see iy $ \u201cee & à so (à Ww = + a] a At Ra $ » SO i $ tee & Adrien Hébert.ay ce Ry x, 3 F a 384 >; & ES a, 5 Po NX = =\u201c.v Ÿ RE > * A & .t de Léo Pariseau par 1 ps Le ss Se! ve _ wi Sf Ne SN Portra RET LIN ey : yd NS I ee A ces sy NE ne ® RES + So > x ES * see se Sh > = RS Qu oe Ève.ek = % + N = ne pe ce he x Sa.Pas e se 8: Se S es RS RN es Ho RE = WN FR = x bs Sa ey ER ox a aa zk LÉO PARISEAU ÉCRIVAIN par PAUL DUMAS Nous n\u2019entendrons plus la voix de Léo Pariseau\u2026.C\u2019était un causeur éblouissant.Dans la conversation, dont il faisait presque tous les frais, nous ne nous lassions jamais de l\u2019écouter.Les longs entretiens que nous avons ens avec lui nous ont toujours semblé trop courts.Ils se terminaient toujours à une heure tardive tant était captivant le charme de ses propos.Pendant les quinze années que nous l\u2019avons connu, il nous a souvent honoré de ses confidences et de ses conseils.Les heures que nous avons passées avec lui, à l\u2019Hôtel-Dieu ou dans l\u2019atmosphère recueillie de sa bibliothèque, où les vieilles reliures jetaient des reflets diffus pareils à ceux d\u2019un or ancien, nous ont laissé le souvenir d\u2019une expérience humaine d\u2019une qualité rare et dont nous sortions toujours le coeur et l\u2019esprit enrichis.Il y avait quelque chose d\u2019électrisant dans la personne de Léo Pariseau.Professeur de grande classe \u2014 dont, par une triste ironie du sort, notre université a su si peu profiter \u2014 il savait communiquer son savoir sans recourir aux procédés pédagogiques fastidieux ni déroger en rien à l\u2019alacrité de son humeur ou au ton spontané de sa causerie.Telle leçon qu\u2019il nous donna naguère sur l\u2019électrolyse, et au cours de laquelle il avait comparé la pile à une salle de bal où les ions-danseurs s\u2019attroupaient autour du buffet tandis que les électrons-danseuses se dirigeaient vers une grande glace pour y mirer leur beauté et leur atours, nous a mieux fait comprendre ce phénomène fondamental de la physique de l\u2019électricité que les exposés les plus pompeusement didactiques.385 386 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU De même savait-il nous faire partager ses curiosités et ses enthousiasmes.C\u2019était au fond un passionné qui avait la passion de la vie et de la connaissance.L\u2019homme était tout d\u2019une pièce.L\u2019on n\u2019eut pu dissocier en lui le savant du lettré ou l\u2019érudit du bon vivant.C\u2019était dans toute 1\u2019acceptation du terme un humaniste pour qui aucune manifestation humaine n\u2019était étrangère.L\u2019homme de science confiné dans son laboratoire perd souvent de vuc l\u2019homme tout court.Le médecin par contre, constamment penché sur ses semblables, pratique un art qui repose sur des sciences et, s\u2019il demeure soumis aux disciplines que celle- ci lui imposent, il sait tenir compte aussi des réalités vivantes et protéiformes que son art lui découvre tous les jours.Radiologiste, physicien, hygiéniste, soldat, historien, gastronome, bibliophile, etec., L.éo Pariseau avait su donner le maximum de plénitude aux expériences successives ou parallèles auxquelles il avait appliqué son esprit curieux et chercheur, tout le long de sa fructueuse carrière.Doué d\u2019un grand coeur et d\u2019un tempérament chevaleresque, il se dévouait entièrement à tout ce qu\u2019il entreprenait et il poussait à un très haut degré le sens de la justice et le souci de la vérité.C\u2019est pourquoi son commerce était si fascinant.Il n\u2019était pas avare de sa vaste culture et 1l savait la prodiguer généreusement à ceux qui l\u2019approchaient.Sa conversation était un vrai régal.Emaillée de précisions historiques ou scientifiques qu\u2019il aimait vérifier devant nous en mettant sous nos yeux quelque vieux texte tiré de sa bibliothèque, formulée dans une langue limpide et nuancée, elle nous révélait une intelligence d\u2019une lucidité peu commune et elle gardait toujours une saveur profondément humaine.Jamais elle ne prenait une allure doctorale.Léo Pariseau éprouvait une horreur instinetive pour les faux pontifes et la vacuité solennelle de certains bonzes.Il avait conservé l\u2019intransigeance impitoyable de la jeu-. LÉO PARISEAU, ÉCRIV AIN 387 nesse et il trouvait des épithètes mordantes pour fustiger les incompétents en place et les médecins marrons ou pour dénoncer les injustices dont il était témoin.Il possédait cependant le sens de la mesure et de la hiérarchie des valeurs et il n\u2019était jamais dupe des apparences et des titres, si officiels fussent-ils.I] avait songé écrire un jour l\u2019histoire de la sottise au Canada français afin de mettre en garde la jeunesse de son pays contre les inconséquences et les naïvetés dans lesquelles notre chauvinisme et nos préjugés de provinciaux nous ont entraînés trop souvent dans le passé.Grondante dans l\u2019invective ou le réquisitoire, la voix de Léo Pariseau trouvait des inflexions plus caressantes et des modulations plus nuancées dès qu\u2019il parlait des sujets qui lui étaient chers : la France, \u2014 sa patrie spirituelle à laquelle il avait donné quatre années de sa jeunesse, \u2014 l\u2019avenir intellectuel de ses compatriotes, l\u2019histoire de son pays ou de son art, les livres, les idées, les hommes \u2014 la vie ! Nature primesautière et alerte, il avait le rire aussi sonore que son maître Rabelais avec lequel il croyait que « le rire est le propre de l\u2019homme ».Il se rappelait la boutade d\u2019Alphonse Allais : «la parole est d\u2019argent, le silence est d\u2019or, la blague est de platine » et rien ne le réjouissait comme une bonne histoire assaisonnée du plus pur sel gaulois.Spirituel sans jamais être trivial, 11 arborait la franche gaieté et la joie de vivre d\u2019un homme du moyen âge.Son érudition, sa verve, sa sincérité imprimaient à ses propos un incomparable pouvoir de persuasion et de séduction.Telles de ses improvisations, véritables gloses sur quelque point d\u2019histoire ou de science, auraient mérité d\u2019être recueillies et auraient pu faire l\u2019objet d\u2019une publication brillante.La voix de Léo Pariseau s\u2019est éteinte.Nous qui l\u2019avons connu nous pouvons déplorer la perte infligée à la culture du Canada tout entier par le départ de cette « teste 388 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU bien faicte » et si richement ornée de tous les agréments du savoir.En d\u2019autres pays, l\u2019humanisme fleurit tout naturellement à la faveur des raffinements d\u2019une civilisation séculaire ; chez nous, il constitue malheureusement une plante exotique qui ne s\u2019est pas encore adaptée aux rigueurs de notre climat spirituel.Aussi, la disparition d\u2019un homme tel que Léo Pariseau laisse-t-elle dans nos rangs un vide qui n\u2019est pàs près d\u2019être comblé.* * * \u2026 Léo Pariseau n\u2019est plus, mais ses écrits nous restent.Nous y retrouvons le ton et l\u2019accent vibrants de son verbe et nous y admirons les aspects très divers de son étonnante personnalité.Sans doute, devons-nous regretter qu\u2019il n\u2019ait pas donné suite à tels projets et qu\u2019il nous laisse, de son aveu même, une oeuvre inachevée.Il n\u2019importe.Ses écrits forment un bagage imposant et honorent un auteur qui dut consacrer la plus grande part de son activité à une profession exigeante, en plus d\u2019être talonné presque constamment par la maladie.Nous nous proposons d\u2019éditer bientôt en volume ceux que nous considérons comme les plus durables de ses ouvrages.Publiés dans des revues spécialisées ou pour le seul bénéfice de la profession médicale, ils méritent, croyons-nous, d\u2019avoir accès à une plus vaste audience.Ils traitent des sujets les plus divers: problèmes de physique et d\u2019électro-radiologie, questions d\u2019éducation ou d\u2019intérêt professionnel, histoire de la médecine, des moeurs ou de la gastronomie, bibliophilie, ete.L\u2019on y relève même quelques poèmes d\u2019une tournure très savoureuse.À l\u2019occasion des congrès médicaux, Léo Pari- seau avait l\u2019habitude de tirer de sa bibliothèque les livres qui avaient fait époque dans l\u2019évolution et le développement de la médecine ou de certaines de ses spécialités, pour les soumettre à l\u2019admiration de ses confrères.Il accompagnait toujours ces expositions d\u2019un catalogue rehaussé méd ical ps raitement \u201ca interne i | HORE de einen oR RE anes roubles geld \\ RES HÉMORROÏDES hr TSI À ZR RY PLOI Bien que le mode d'action de l'extrait de Marrons d'Inde ne soit pas encore complètement éclairci, les effets nen\u2019 demeurent pas moins réels, et depuis très longtemps cet extrait a été employé en France et en Europe avec de bons résultats dans le traitement des Hémor- rhoïdes et Ulcères Variqueux.Dans la LOVARINE, son action est renforcée par l'association d'éléments décongestifs.| Les nombreux témoignages d'apprécia- | tion de la LOVARINE qui nous parviennent tous les jours témoignent de la valeur indiscutable du produit dans le traitement des troubles veineux.EL IT] A Fr.MONTREAL IX 3 gouttes dans chaque narine .et le coryza disparaît PRIVINE «cisa\u201d Solution à 1:1000 de chlorhydrate de 2-(naphtyl-1'-méthyl)-imidazoline GOUTTES NASALES Au nombre des importants travaux de chimie-pharmacologie de l\u2019année 1940 se rangent la synthèse du 2-(naphtyl-l'-méthyl) -imidazoline, réalisée dans les Laboratoires \u201cCiba\u201d, et son classement comme puissant vaso-cons- tricteur et décongestionnant des muqueuses nasales et pharyngiennes.Déja plus active que I'éphédrine, I'épinéphrine se voit & son tour surpassée par la Privine, quatre fois plus efficace et d'une durée d'action trois fois plus longue.L'observation clinique prouve que la Privine, qui assure non seulement l'ischémie, mais encore la décongestion des muqueuses, des fosses nasales principalement, convient parfaitement au traitement des affections naso- pharyngiennes sous toutes leurs formes.Quelques instants après l'instillation de 3 gouttes de Privine dans les narines, la céphalée et la sensation de lourdeur de la tête disparaissent, tandis que la respiration nasale devient libre.Le nasillement des enrhumés et le larmoiement cessent, la voix retrouve son timbre normal, l\u2019odorat est récupéré.La Privine rend aussi d'excellents services au dentiste, à l'oculiste et comme complément aux anesthésiques.DOSE 3 gouttes dans chaque narine, 1 à 3 fois par jour.PRÉSENTATION Flacon de V2 once, avec compte-gouttes.Flacon de 4 onces.Littérature et échantillons sur demande.COMPAGNIE CIBA LIMITÉE - - MONTRÉAL ~ ~ / À CAPSULES DE (JAUNES) 9 F~ + CAUSE de l'excitation psychique provenant de s .»_F* sg l'excès de fatigue, de la stimulation produite par la caféine, ou d\u2019autre cause, il est parfois désirable d'administrer un barbiturique pour calmer et pour permettre le sommeil.Les capsules de Nembutal de 14 grain et de 34 de grain conviennent très bien à cette fin.L'effet de telles doses peut être qualifié de léger.Le sommeil nest pas provoqué par la drogue ell ême, IE car la dose est insuffisante pour produire l'hypnose.L'effet se passe longtemps avant l\u2019heure ordinaire du réveil, permettant ainsi de commencer la journée frais et dispos sans aucune lourdeur.I est généralement admis que le Nembutal est un des barbituriques les plus sûrs.Son action est rapide et courte.On obtient l'effet désiré avec des doses environ moitié moindres qu\u2019avec certains autres barbituriques très généralement \u2018I 1 \"5 > LABORATOIRES ABBOTT LIMITÉE e GRAIN ET DE 59-08 GRAIN hE A employés, et par conséquent la quantité de drogue à éliminer est plus petite.Pour la sédation préopératoire et en obstétrique on emploic généralement les capsules de Nembutal de 1!4 grains.Celles-ci sont aussi employées dans le traitement des nausées, de l\u2019hystérie, du mal de mer, de l\u2019éclampsie, des vomissements inco- hl de la gr , du hoquet, du delirium tremens, et des convulsions provoquées par la strychnine et certains autres poisons.Le Nembutal sert aussi comme complément de la morphine pour calmer la douleur du cancer au début.Le Nembutal est également offert sous forme de Suppositoires de 2 grains, qui sont particulièrement utiles lorsque le malade souffre de nausées ou de vomissements.Enfin, l\u2019Elixir de Nembutal, qui contient 2 grains du barbiturique à l\u2019once liquide, convient surtout pour l\u2019administration de cette drogue aux enfants.- 20, CHEMIN BATES, MONTREAL .i IVT A AAA TIT A NT MUR ET XI Pour diminuer la mortalité des nouveau-nés SYNKAVITÉ \u201cROCHE\u201d Le Synkavite \u201cRoche\u201d, préparation hy- dro-soluble ayant l'action totale de la vitamine K, permet de juguler promptement les diathèses hémorragiques des nouveau-nés.On l\u2019administre par voie buccale ou parentérale au nouveau-né peu après l'accouchement.On recommande de donner le Synkavite en injections intramusculaires à la mère dans les 15 heures avant l'accouchement pour prévenir les hémorragies du nouveau-né.Molécule pour molécule, le Synkavite \u2018\u201cRoche\u2019\u2019 est une fois et demie plus actif que la vitamine K naturelle, tout en étant très peu toxique.Comprimés oraux à 5 mgm.flacons de 40 et 100 Ampoules à 5 et 10 mgm., boites de 6 et 100 Littérature et échantillons à la disposition de Messieurs les Médecins.HOFFMANN - LA ROCHE LIMITÉE MONTRÉAL XII B-PLEXwyeTn | + UE \u20ac PRI Hash ES 34 * VALE NTATIO à 1 ortiau® NC Mat Ho à fe Cat yiz N° ond even kx B-F x cteù TRILL OMIE poh SHHOF Alona 6X Extral ton 3 th ) ALEUR Somme, SRI, x MOREL com BBE av ! add will ACCH Aner: ow VALEUR or 9 £8 004 4 cc.ANCIEN arn Bo ae Wx 000s Ts Shs ep: ame ENS: 2 sn Sg 3 dc sos OH nhlorure de 500 gomm™e 1000 amare RE RR eS Ce] thiamine 400 go on WYETH & BROTH ARADILS 3, 200 TED gars 500 gor ROLE a picotinid® 00 ge Ac 500 go Vitam} tothe 520 go tes ' Acide nique ss} à Biotine ! moin Contie® Cholin ' t es $ y Kix ait ables 1 posito Y oliau Yo connu a à cortiau d nz FAS DAUGCHENTATION DEFRA, POUR VOTRE PATIENT S.M PI TT ME Ps FE \u2018Wyeth%3Brother (Canada) Limited A OE is = COL LJ] < Pa a go XIII er TOGEN N 14,000 unités int.de vitamine D par gramme (500 PAR GOUTTE) 28,000 unités int.de vitamine À par gramme (1,000 PAR GOUTTE) a mmm re Combine les v.A et D sous forme d\u2019une seule préparation 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précision.) 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Ses Za y rise sa mé TR wp 405 = ee 5 mm, AB Den, po, MER RRR SP grr PAN ce, RRR oh A Som oe WS No RES 2 &x or Re ?a Xa) 38 es DOUCE * or EAR - \u201cog, Sr, eu ro a GES RER ok 2 SH in @ 5 ae EDUQUE LA FONCTION x sec A 2 no \u2018 re ce as RES out ac wil ORR = SIA Es EFFICACE BE ratures sur demande.+ .a a Jerr se 5 BILIAIRE \u201d.i RE 55000 4 E> XP MONTREAL PY èS RE 2 va sur les Anémies de la Brfssesse traitées avec les HEMATINIC LPLASTULES Noiñ déposé au Canada.Vous trouverez ci-dessous trois faits importants tirés de l'évidence clinique qui découle de 881 cas d'anémie de la grossesse \u2018).4 + TAUX D'HEMOGLOBINE: Les taux d'hémoglôbine furent rapidement établis et maintenus par les Hematinic Plastules.Les patientes du groupe de contrôle donnèrent une moyenne de G.R.de 3.01 M et d'hemoglobine de 56.25% pendant que celles du groupe traité donnèrent une moyenne de G.R.de 4.09 M et d'hémoglobine de 80.05% au début du travail.+ À MORBIDITÉ: La morbidité fut diminuée considérablement dans le groupe sous traitement.Dans la période pré-natale, les patientes qui reçurent des H.P.étaient en meilleure condition de soutenir le choc du travail que celles qui entrèrent en travail avec de l'anémie.+ HOSPITALISATION: La période d'hospitalisation fut réduite de 11.05 jours chez le groupe de contrôle à 10.35 jours chez le groupe des Hematinic Plastules.Les anémies de la grossesse, aussi bien que les autres types d'anémie secondaire, cèdent rapidement au traitement par les Hema- tinic Plastules.Trois Hematinic Plastules Plain suffisent.d'ordinaire à produire les taux désirés d'hémoglobine.Les petites Plastules en gélatine sont faciles d'ingestion, rapidement assimilées et extraordinairement bien tolérées, même dans les cas d'achlorhydrie.Le traitement par les Hematinic Plastules coûte à peine quelques sous par jour.(1) John 8.Labate, B.S.M.D.: Classification et traitement des Anémies de la Grossesse, American Journal of Obstetrics and Gynecology, Vol 38, (No.1 48-56) Juillet 1939.Hematinie Plastules Plain Hamatinie Plastules avec Con- on flacons de 75.centré de fois en flacons de 50.newman BN snare BIS PLASTUES D snus wre LTE Asin fren John Wyeth & Brother (Canada) Limited - Walkerville, Ontatio XX TAXOL TRAÎTEMENT PHYSIOLOGIQUE DE LA CONSTIPATION SANS ACCOUTUMANCE Provitamine A et Chlorophylle \u2014 Anémies Fatigue nerveuse \u2014 Héméralopie (Night blindness) i AGENTS POUR LE CANADA J.EDDE Ltée - New Birks Bldg.- Montreal ETHER ron 4 pour Anesthésie De la plus haute qualité possible, telle qu\u2019employée par les principaux hôpitaux à travers l'Amérique.MALLINCKRODT CHEMICAL WORKS, LIMITED 378, RUE SAINT-PAUL OUEST MONTRÉAL XXI Les Vitamines seules ne suffisent pas.Elles sont plus utiles associées à des sels minéraux.BETAGEN contient la Vitamine B.associée aux glycérophosphates alcalins, à la lécithine et l\u2019avénine, et est une combinaison heureuse qui par l\u2019action synergique de ses éléments constituants en fait un médicament précieux comme.COMPOSITION Chaque once contient: 500 U.I.de Vitamine .Bs Chlorure de Thiamine 1 mgm.de Riboflavine avec les autres facteurs de la Vitamine B Complexe, Bs, Bs, Bs et Be Lécithine d\u2019oeufs 1/16 grew 1 Avenine \u2026 \u2026 \u2026 /30 Glycerophosphates de Sodium 8 grs.de Calcium 4 grs.de Potassium 4 grs.de Strychnine 1/60 gr.Tonique et Aliment Nervin RECOMMANDE \u201c Pertes d\u2019Energie et d\u2019appétit - 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, \u2026 .CL.1627).This female figure is Mode d'administration : en injection intramuscu- one of Casserio\u2019s most laire, Bi i ! i beautiful copperplates.aire, en agiter l'ampoule car les cristaux sont en suspension dans le sérum physiologique.L\u2019uniformité du THEELIN est assurée non seulement par les laboratoires Parke, Davis mais aussi par les laboratoires de l'Université de St-Louis.Les \u201cKapseals\u201d theelol (per os) et les suppositoires vaginaux (Theelin) sont recommandés pour prolonger un traitement et pour les cas moins sérieux.THEELIN EN SUSPENSION AQUEUSE.Ampoules de | c.c.2 mgm.(20,000 U.I.) 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farcis d\u2019anee- dotes et de bons mots, relevés des fines herbes de l\u2019humour, parfois même pimentés de la plus saine gauloiserie, tour à tour badins, émus ou moqueurs ils nous révèlent l\u2019écrivain à son meilleur et ils nous découvrent, à travers le savant, l\u2019homme tout entier avec son humeur, ses tendresses et les facettes étincelantes de son esprit.Littérateur par goût, Léo Pariseau évita toujours les maniérismes et les travers de l\u2019écrivain de profession et il se livre lui-même au naturel, sans pose ni artifices, dans chacun de ses ouvrages.C\u2019est pourquoi ceux-ci demeurent si précieux pour nous, aujourd\u2019hui qu\u2019il n\u2019est plus.Sa grande passion demeura toujours la médecine.S\u2019il a peu écrit sur des questions techniques proprement dites, le plus clair de sa production littéraire porte sur des sujets paramédicaux d'histoire, de philosophie ou de déontologie médicales.L\u2019humaniste sait enrichir son fonds en glanant ses observations dans la nature et dans les hommes aussi bien que dans ses méditations studieuses.Léo Pariseau avait ainsi formé son intelligence et sa sensibilité au contact de ses semblables tout comme par ses lectures.De même que l\u2019homme resta toujours pour lui un grand livre ouvert, de même ses chers bouquins ne furent jamais pour lui des objets inertes ou une parure murale, mais des documents vivants dans lesquels les génies des siècles passés ont versé le meilleur d\u2019eux-mêmes.Pour ces LÉO PARISEAU, ÉCRIV AIN 391 amis qui ne trompent jamais, Léo Pariseau eut toujours une affection particulière.L\u2019on a dit que sa bibliothèque était un modèle de bibliothèque d\u2019histoire des sciences.Ce jugement, sans être tout à fait inexact est pourtant incomplet.Rien ne nous éclaire mieux sur la personnalité d\u2019un esprit cultivé que l\u2019analyse de sa bibliothèque.L\u2019éclectisme qui a présidé au choix des auteurs très divers dont s\u2019était entouré Léo Pariseau porte la marque indélébile du médecin averti et clairvoyant qu\u2019il a toujours été et leur ensemble représente une somme merveilleuse d\u2019humanisme médical dans laquelle il a puisé les matériaux de son oeuvre.Chevalier sans peur et sans reproche, doué d\u2019une intelligence pénétrante et d\u2019une érudition de bénédictin, Léo Pariseau nous laisse une oeuvre qui malgré son caractère peut-être fragmentaire, fait honneur à la médecine canadienne et le place au premier rang des prosateurs canadiens d\u2019expression française. HISTOIRES ANCIENNES DE LA TRANSFUSION DU SANG par LÉO PARISEAU NOTE de la Rédaction : Lors du XVI° congrès de l\u2019A.M.L.F.A.N.tenu à Trois-Rivières en 1940, le docteur Léo Pariseau a lu une conférence intitulée : « L\u2019histoire ancienne de la transfusion du sang et les histoires de Pierre de Sales Laterrière».Pour donner plus de solennité si possible à la soirée, le Collège Royal des Médecins du Canada avait fait remettre par son président un diplôme attestant que M.Pariseau était nommé conférencier d\u2019honneur du collège (incidemment nous signalons que notre col- legue a été le premier Canadien-Francais a recevoir cette marque de distinction).Notre collègue vient de nous être enlevé par un mal qui ne pardonne pas.Nous avons cru qu\u2019il ne fallait pas laisser inédit ce travail qui a une réelle importance historique, et ce d\u2019autant plus qu\u2019il contient à l\u2019adresse des défenseurs aveugles du grand loustice Laterrière, déjà dénoncé par l\u2019érudit M.Fauteux, un défi qui n\u2019a pas encore été relevé.Entrant brusquement en matière, sams saluer son auditoire, le docteur Pariseau lit une citation qu\u2019il attribuera l\u2019instant d\u2019après à son véritable auteur.* * * « Deux lois contraires semblent aujourd\u2019hui en lutte : une loi de sang et de mort qui, en imaginant chaque jour de nouveaux moyens de combat, oblige des peuples à être toujours prêts pour le champ de bataille et une loi de paix, de travail, de salut, qui ne songe qu\u2019à délivrer l\u2019homme des fléaux qui l\u2019assiègent.L\u2019une ne cherche que les conquêtes violentes, l\u2019autre le soulagement de l\u2019humamité.Celle-cr met 392 HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 393 une vie humaine au-dessus de toutes les victoires, celle-là sacrifierait des centaines de mille existences a l\u2019ambition d\u2019un seul.La loi dont nous sommes les instruments cherche, même à travers le carnage, à guérir les maux sanglants de cette loi de guerre ».Monsieur le président Mesdames et Messieurs Les paroles que vous venez d\u2019entendre n\u2019émanent pas de moi.C\u2019est à dessein que j'ai différé pour un moment la salutation d\u2019usage, afin de les mieux dégager de mon propre texte.Ceux à qui elles s\u2019adressèrent, il y a plus de 50 ans, n\u2019y trouvèrent qu\u2019une allusion à la guerre franco-prussienne dont le souvenir commençait à se perdre; mais depuis lors elles sont redevenues intensément actuelles.Par deux fois, en effet, les brutes qui avaient promulgué dès avant 1870 leurs hideuses «lois de sang», se sont précipités sur le monde.Aussi bien, nous les hommes de 1940, qui avons connu 1914, sommes-nous en mesure de répondre à la question que se posait Louis Pasteur \u2014 car c\u2019est lui que j'ai cité \u2014 lorsqu\u2019il ajoutait : « Laquelle de ces deux lois l\u2019emportera sur l\u2019autre ?Dieu seul le sait ».Ce qui était le secret de Dieu en ces temps-là, est maintenant celui de Polichinelle.Nous savons que l\u2019art de torturer, d\u2019estropier et de tuer les hommes, a fait récemment et fera désormais des progrès beaucoup plus rapides que l\u2019art de les réconforter, de les redresser et de les guérir.A Rotterdam, l\u2019an dernier, une phalange de jeunes brutes savamment dressées a pu exterminer 30,000 innocents en moins de huit minutes.L\u2019atroce bombardement 394 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU durait encore que déjà des médecins, des infirmières, des brancardiers et des secouristes s\u2019affairaient autour des victimes.Ces vaillants sauveteurs déployèrent sans doute beaucoup de science et de charité, mais hélas ! que leurs succès comptent pour peu quand on les met en regard de l\u2019interminable liste des morts et des blessés.On a dû faire plusieurs transfusions sanguines, mais comme elles font piètre figure à côté de l\u2019immense effusion si vite et si bien réussie par les Allemands.Dans vingt autres villes, sur toutes les routes de la Belgique et de la France, et depuis, aux quatre coins de l\u2019Angleterre, assassins et sauveteurs se sont ainsi affrontés, et toujours les suppôts d\u2019Adolf Hitler ont fait plus que les disciples de Louis Pasteur, de Florence Nightingale ou d\u2019Henry Dunant.Et malgré tout, les médecins et leurs aides ont continué de travailler, calmes, voire même souriants, comme s\u2019ils étaient vainqueurs, alors qu\u2019autour d\u2019eux des combattants se laissèrent parfois aller au découragement.Ne vous étonnez pas; le combattant veut la victoire, qui souvent se dérobe ; le médecin aux armées, lui, souhaite des victoires, et toujours il en a.Pour d\u2019autres la journée est perdue, pour lui, le soldat X est sauvé.Il finit peut-être par penser et sentir comme tout le monde, mais alors c\u2019est qu\u2019il a cessé de penser en médecin.Est-ce à dire que mes confrères militarisés répondent tous au signalement que je viens de donner ?Mon Dieu.non.Il est possible que quelques médecins se soient montrés au-dessous de leur tâche l\u2019année dernière.La débandade fut générale et le corps médical a dû, comme les autres unités des armées, manifester certaines faiblesses.Ceux qui ont fait l\u2019autre guerre imaginent un peu ce qui s\u2019est HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 395 passé, et ils sont prêts à pardonner presque tout quand sonnera l\u2019heure des révélations.Et vous, mesdames et messieurs n\u2019allez pas croire, encore moins répéter, que les médecins français et anglais n\u2019avaient rien prévu, rien préparé.Croyez plutôt que l\u2019on était prêt, pour une guerre qui devait ressembler à la précédente.L\u2019on assuma que, cette fois, les Allemands respecteraient les non-combattants, les villes ouvertes, les groupes blottis sous le signe de la croix de Genève.Et donc, entre autres opérations, l\u2019on ferait des transfusions.Voici le plus récent traité sur la matière.Imprimé au début de cette année de malheur, il m\u2019est parvenu par la grâce de Dieu, le mois dernier.Or, dans la préface qui est datée du 10 juin 1939, je relève ces paroles prophétiques : « Ce livre, semble-t-il, vient à son heure.La tension politique internationale oblige en effet chaque pays à prévoir, en cas de conflit, une organisation parfaite de transfusion du sang, fonctionnant dès le début des hostilités et permettant ainsi \u2014 comme le prouve l\u2019exemple de la dernière guerre \u2014 de sauver de nombreuses vies humaines ».La guerre pressentie, la guerre annoncée est venue.Qu\u2019a-t-on fait au cours de la lamentable déroute ?A-t-on transfusé de bras en bras ou s\u2019est-on servi de sang conservé ?A-t-on pu déterminer à quel « groupe sanguin » comme on dit maintenant, appartenaient le donneur et le receveur ?S\u2019est-il produit des accidents mortels, comme il en survenait trop, jadis ?Jadis.Je vais me raccrocher à ce mot, puisque je ne sais pas encore ce qu\u2019on a fait hier.Et ce sont de très vieilles histoires que je vais vous conter.A qui demanderons-nous de nous décrire la première transfusion ?À qui ?tenez-vous bien : à un Canadien qui 396 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU prétend avoir été présent lorsqu\u2019elle fut tentée; au docteur Pierre de Sales Laterrière.C\u2019est en septembre 1766 que le jeune Laterrière nous arriva, à son dire déjà expert en médecine et en chirurgie, bien qu\u2019il eut à peine 20 ans.Il commença par chercher des aventures en dehors de notre profession, et l\u2019on peut dire qu\u2019il fut trop bien servi.\u2019 Trois ans avant de mourir, il redigea des mémoires, que ses descendants livrèrent à un imprimeur de Québec avec permission d\u2019en tirer cent exemplaires, pas un de plus.J\u2019ouvre ce livre devenu très rare et je lis : « Le système de la transfusion était alors en vogue, quoique des plus chimériques.La faculté obtint permission d\u2019en faire l\u2019expérience (qui fut la première et la dernière) à l\u2019Hôtel- Dieu, sur un criminel, que le ministre d\u2019État, d\u2019ordre du Roi, lui abandonna.M.Denis, qui était à la tête des trans- fusionnistes, la fit en présence du ministre.A mesure qu\u2019on ôtait du sang artériel et que M.Denis insinuait à la place du sang de veau, la victime baissait et le sang étranger se coagulait dans ses veines.Ce pauvre malheureux périt, comme chacun l\u2019avait prévu.J'étais présent et proche, quand l\u2019expérience permise par arrêt du parlement, commença à 11 heures; et à midi arriva un ordre du roi défendant au médecin Denis de la jamais répéter, ni lui, ni d\u2019autres, dans ses états, sous peine de mort, et lui ordonnant absolument de sortir du royaume dans les 24 heures.Ainsi le même jour vit la naissance et la mort sans résurrection, de cette infâme tranfusion, qui devait suivant des fous et des spéculateurs en délire, éterniser la vie humaine ».Voilà qui est fort intéressant, mais .est-ce vrai ?est- ce même vraisemblable ?Vous n\u2019aurez qu\u2019à raisonner un peu en vous aidant des quelques renseignements que je vais vous fournir. HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 397 Et d\u2019abord, si le système de la transfusion était en vogue en ces temps-là, comment se fait-il que la Faculté se crut obligée de demander une permission spéciale pour l\u2019essayer ?Veut-on nous faire accroire que des charlatans pratiquaient déjà la transfusion sans être inquiétés, ou encore, qu\u2019elle était en vogue, in anima vili seulement ?Et puis, comment Laterrière peut-il prétendre avoir vu faire la première transfusion au cours de son apprentissage à Paris ?Vingt ans après son débarquement au Canada, lors de la réforme de la médecine canadienne, ce monsieur fut sommé d\u2019exhiber ses diplômes.Il prétendit les avoir perdus.On ne le crut pas et l\u2019on fit bien : force lui fut donc de recommencer ses études aux Etats-Unis.Or, à l\u2019occasion d\u2019un premier examen, il affirma sous serment qu\u2019il avait été l\u2019élève de Dionis.S°il le fut vraiment, comment a-t-il pu ignorer que certain manuel qu\u2019il devait avoir en main \u2014 le « Cours des Opérations de Chirurgie » de Dionis \u2014, condamnait énergiquement des tentatives de transfusion faites 40 auparavant, c\u2019est-à-dire en 1667 ?Et puis enfin, mesdames et messieurs, qui de vous est prêt à croire que le Roi, ayant permis une expérience sur la personne d\u2019un homme déjà condamné à mort, se ravisa tout à coup et traita comme un vil criminel celui qui était en train d\u2019opérer sous les yeux d\u2019un ministre de la couronne ?L\u2019homme sans coeur qui fit martyriser l\u2019infortuné Da- miens aurait eu un tel mouvement de pitié ?Allons donc ! Le moins que l\u2019on puisse dire de Laterrière pour l\u2019heure c\u2019est qu\u2019il se trompe en affirmant qu\u2019il à vu la première transfusion.Non ! ce n\u2019est pas lui qui nous fournira des lumières là-dessus.Cherchons donc ailleurs.Et pour ne rien perdre de ce qui se rapporte au sujet, ne craignons point de remonter très loin. 398 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Nous voici au temps où le poète latin Ovide écrivait ses « Métamorphoses ».Vous savez, parce qu\u2019il vous l\u2019a dit, comment notre divin confrère Esculape se mua en serpent, comment Calisto fut changée en Ourse, Hyacinthe en fleur et Scylla en rocher.Vous connaissez vingt autres contes aussi beaux, mais peut-être avez-vous oublié comment le très caduc Eson, à la demande de son fils, fut rajeuni par Médée.La magicienne fabriqua une extraordinaire mixture où il entrait des sucs de plantes, les entrailles d\u2019un loup, la tête d\u2019une corneille vieille de neuf siècles, que sais-je encore.Quand le rameau d\u2019olivier qui lui servait d\u2019agitateur se remit à verdir, Médée égorgea le vieillard, le saigna à blanc et lui injecta son élixir dans les veines.Eson fut du coup rajeuni de 40 ans.Aeson miratur, et olim Ante quater denos hunc se reminiscitur annos (Livre VII, Vers 292-3) \\ Evidemment, il ne s\u2019agit pas ici d\u2019une véritable transfusion.On ôte du sang, pour mettre autre chose.Mais ceux qui disent qu\u2019il ne faut pas faire entrer Ovide dans une anthologie transfusionniste ont trop vite fermé son livre.Quelques pages plus loin, Médée conseille aux filles de Pélias d\u2019égorger leur père afin qu\u2019elle puisse lui infuser du sang nouveau.Du sang cette fois et non des sues : Quid nunc dubitatis imertes ?Striginte, ait, gladios veteremque haurite cruorem Ut repleam vacuas juvenili sanguine venas.(Livre VII, Vers 332-3-4) Voila qui est clair.Disons done qu\u2019Ovide a fait la première transfusion .imaginaire.Et cherchons qui fut le premier à passer du rêve à l\u2019action. HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 399 J\u2019ouvre une revue médicale de chez nous, et je trouve ceci au commencement d\u2019un article par ailleurs excellent : « La première transfusion sur l\u2019homme fut pratiquée à Rome avec des résultats désastreux, l\u2019année même que Christophe-Colomb découvrit l\u2019Amérique; ainsi nous pouvons dire que, si l\u2019expérience n\u2019est pas « vieille comme le Monde », elle l\u2019est au moins autant que le Nouveau Monde.Dans les Annales Ecclésiastiques de 1492, Raynaldi écrit ces lignes: «les forces du Pape Innocent VII (sic) tombaient rapidement.Il était depuis quelque temps plongé dans une somnolence telle, que par instant, il semblait mort.Tous les moyens de réveiller sa vie épuisée avaient été mis en usage, lorsqu\u2019un médecin juif propasa d\u2019obtenir le résultat cherché par la transfusion au moyen du sang d\u2019une personne jeune, moyen qui n\u2019avait été jusqu\u2019alors expérimenté que sur les animaux.Alors on fit un échange du sang du vieux et débile pontife contre celui d\u2019un jeune homme.On recommença trois fois, et l\u2019expérience coûta la vie de trois jeunes hommes ; probablement il était entré de l\u2019air dans les veines de ceux-ci, mais aucun effet ne fut obtenu, le pape ne fut point sauvé, il mourut le 25 avril 1492 », Cette histoire est fort intéressante; et plus odieuse encore que l\u2019expérience rapportée par notre Laterrière.Il ne s\u2019agit plus ici d\u2019un criminel méritant la mort mais de trois pauvres gars ayant tous les droits à la vie.Joignez que ce crime fut commis pour sauver le vicaire du Christ.Quelle abomination ! Je commencerai par disculper le pape Innocent VIII (Et non Innocent VII comme on l\u2019a imprimé).Raynaldi dit expressément, n\u2019est-ce pas, qu\u2019il était plongé dans une somnolence mortelle.Evidemment, cet homme comateux n\u2019a pu demander, ni même permettre que l\u2019on sacrifie trois jeunes vies pour sauver la sienne.Partant, c\u2019est à son entourage qu\u2019il faudrait reprocher le crime, si tant est qu\u2019il fut commis. 400 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU Composé pour une bonne part de parents et amis, très peu intéressants mais fort intéressés à la survie du Pontife, cet entourage était peut-être capable de tout.Cependant, avant de condamner ces gens-là, nous devrons au moins préciser notre chef d\u2019accusation.Or, j\u2019ai déjà trois versions différentes de la mort d\u2019Innocent VIII et ne désespère pas d\u2019en découvrir une quatrième.La première, vous venez de l\u2019entendre ; c\u2019est celle que l\u2019on rencontre un peu partout ; la seconde ne parle pas de transfusion ; plus simplement, l\u2019on aurait fait avaler au moribond une potion, où il entrait du sang humain.D\u2019autres, enfin, écrivent que l\u2019illustre malade refusa avec indignation le remède qu\u2019on lui offrait, «près s\u2019être informé de sa composition.Ajoutons que, contrairement à ce que croient la plupart de ceux qui citent Raynaldi, ce dernier ne fut point le contemporain des acteurs du drame, qui se déroula au 15ième siècle.C\u2019est seulement dans la moitié du 171ème siècle qu\u2019il compulsa, arrangea et publia les documents de Baronius.Et voilà ! qui croire ?que croire ?Vous ne serez pas surpris d\u2019apprendre que l\u2019un des plus éminents historiens de la Médecine, Fielding Garrison, tient cette histoire pour apocryphe.Un autre critique peu suspect, Matthew, auteur d\u2019une « Vie de Rodrigue Borgia » va jusqu\u2019a dire qu\u2019il est impossible que l\u2019on ait, en ces temps-là, connu la transfusion du sang, puisqu\u2019on ignorait les notions essentielles concernant la circulation du sang.Et donc, sous réserve d\u2019avoir à me dédire un jour, je dirai qu\u2019il n\u2019y eut point de transfusion à l\u2019occasion* de la maladie et de la mort d\u2019Innocent VIII.Il est possible, cependant, que de mauvais chrétiens acoquinés avec un mauvais juif, aient offert quelques piécettes à trois jouvenceaux pour les induire à servir de «donneurs».On les saigna trop libéralement et ils en moururent. HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 401 La croyance aux vertus roboratives du sang est vieille comme le monde, et se manifeste encore aujourd\u2019hui par une coutume assez répugnante, celle de boire tout chaud un grand verre du sang des bêtes égorgées par le boucher.Jadis, on fit bien pis.Des pharaons se baignaient dans du sang humain.Les soldats de certaines nations barbares suçaient le sang de leurs ennemis blessés ou morts.Et l\u2019on vit maintes fois des Romains se précipiter dans l\u2019arène pour y avaler goulûment le sang des gladiateurs expirants.Les Italiens du 15ième siècle, superstitieux et cruels autant que leurs ancêtres païns, étaient fort adonnés à la magie noire.Une mixture à base de sang n\u2019était pas faite pour les rebuter.Laissant là Innocent VII inconscient, nous nous remettons à la recherche du premier transfuseur.Quel dommage que Laterrière nous ait trompé.C\u2019eût été fort simple et très amusant de trouver dans les archives canadiennes la solution d\u2019un problème qui a donné tant de fil à retordre aux historiens de la Médecine.Nous voici en 1615.Cette année-là un certain Libavius, déjà célèbre, publiait une apologie intitulée : « Defensione syntagmatis arcanorum chymicorum ».On y relève un passage d\u2019intérêt médical, dont voici traduction libre : « Qu\u2019on mette en présence un jeune homme robuste, riche d\u2019un sang spiritueux et, d\u2019autre part, un vieil homme amaigri, émacié, affaibli, sur le point de rendre l\u2019âme.Que l\u2019opérateur ait deux tubes d\u2019argent, s\u2019ajustant l\u2019un dans l\u2019autre.Qu\u2019il ouvre l\u2019artère du jeune homme et y insère l\u2019un des tubes, ayant soin de le fixer.Immédiatement, qu\u2019il ouvre l\u2019artère du vieillard et qu\u2019il y insère le tube femelle.En joignant les deux, le sang chaud et riche en esprits du jeune homme, s\u2019écoulera dans le.corps du vieillard et comme l\u2019eau d\u2019une fontaine de jouvence, dissipera sa faiblesse.» 402 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU André Libavius, de son vrai nom Libau, était à la fois chimiste et médecin.Le chimiste s\u2019est immortalisé par ses écrits, mais il semble bien que le médecin ait renoncé volontairement à un authentique titre de gloire : celui d\u2019avoir le premier décrit et préconisé la transfusion du sang d\u2019un homme à un autre.En effet son excellente description se termine assez cocassement : « Afin que le donneur ne sorte pas affaibli de l\u2019opération, danda ei sunt bona confortantia, cibique.Medico vero helleborum ».Tonifier celui que l\u2019on vient de saigner, celà va de soi.On comprend moins pourquoi il faut donner de l\u2019hellébore au médecin ; car en ces temps-là, l\u2019hellébore servait à traiter la folie : Souvent notre bon sens malgré nous s\u2019évapore Et nous avons besoin, tous, d\u2019un grain d\u2019hellébore a dit un poète (Régnard).Et dans la fable que vous connaissez tous, le Lièvre croyant que Dame Tortue est devenue folle, lui dit ironiquement : « Commère, il vous faut purger avec quatre grains d\u2019hellébore ».Voilà pourquoi la plupart des historiens en sont venus à la conclusion que Libavius n\u2019a parlé de la transfusion que pour s\u2019en moquer.Tant pis, reprenons la route qui mène au vrai.Treize ans plus tard, à Francfort, dans la ville même où Herr Libau avait fait paraître ses élucubrations médico-chi- miques, un imprimeur confiait à ses ouvriers le manuscrit d\u2019un essai sur les mouvements du coeur et du sang.Le livre parut en 1626.Pauvre, le papier ; détestable, la typographie ; trop rares, les illustrations.Le « De motu cordis et sanguinis in ammmalium» du docteur anglais William Harvey, n\u2019annonçait guère.Vous savez quelle a été la fortune de cet impérissable « Exercitatio » et de son auteur.Harvey aura toujours une HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 403 niche dans tous les panthéons de l\u2019avenir; son livre sera toujours estimé à l\u2019égal des oeuvres de Copernic, Galilée, Descartes et autres réformateurs de la pensée scientifique.Comme toujours l\u2019homme eut à lutter pour défendre son livre.Il fit si bien qu\u2019il finit par clouer tous les canons de ses adversaires, qui tirèrent sur lui à boulets rouges aussi longtemps qu\u2019ils purent.Les disciples d\u2019Harvey, que le doyen Guy Patin et autres réactionnaires irréductibles appelaient ironiquement des «circulateurs », voulurent parachever l\u2019oeuvre du Maître, mais ce ne fut pas chose facile, tant la démonstra- _ tion du mécanisme de la circulation du sang avait été d\u2019emblée parfaite.Le débat prit fin dès que Marcello Malpighi eut démontré l\u2019existence des capillaires par lesquels les veinules rejoignent les artérioles.Capillaires, artérioles, veinules ! quels jolis mots et que j\u2019ai du plaisir à les relire tout haut.Je pense a cette bonne vieille anglaise qui aimait a relire 1\u2019Ancien Testament parce qu\u2019elle y trouvait au bas des pages « that blessed word : Mesopotamia ».Mettons tout ce paragraphe entre parenthèses et redevenons sérieux.J\u2019ai relu le mois dernier, une traduction modernisée du « De Motu cordis » en ayant soin de tenir le texte original à portée de ma main.Il n\u2019y est question nulle part de la transfusion sanguine.Harvey, occupé entièrement à la démonstration de son théorème, épris de « science pure », objectif autant qu\u2019un Spinoza disséquant son Dieu, Harvey ne se soucie pas de tirer des applications pratiques de sa découverte.Le passage suivant, très suggestif pourtant, ne lui suggère pas de faire des transfusions : « Certains médicaments mis en contact avec la peau produisent presque autant d\u2019effets que lorsqu\u2019ils sont pris par la bouche.La 404 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU coloquinte et l\u2019aloès ainsi administrés provoquent l\u2019évacuation de l\u2019intestin, la cantharide agit sur les urines; de l\u2019ail appliqué sur les pieds, se fait sentir partout, les cordiaux ravigotent, et coetera,.Il n\u2019est pas déraisonnable de penser que les veines, à travers leurs ostioles, peuvent absorber certaines matières et les transporter en même temps que le sang ».: Apres cela, la transfusion sanguine ne pouvait pas ne pas venir, \u2019 Au vrai les premiers expérimentateurs manquèrent un peu de sérieux.Par exemple : un certain Schottus raconte tenir d\u2019un témoin oculaire que l\u2019on s\u2019amusait à la cour du prince palatin Rupert, à saouler des chiens en leur soufflant du vin d\u2019Espagne dans les veines au moyen d\u2019une canule improvisée avec un fémur d\u2019oiseau dont on avait extrait la moelle.D\u2019autres fois on injectait une liqueur \u2018purgative qui faisait bientôt son effet.Si l\u2019évocation de ce second spectacle vous écoeure plutôt qu\u2019elle ne vous amuse, c\u2019est que vous n\u2019avez pas, mesdames et messieurs, eu soin de vous infuser au préalable une forte dose de vin d\u2019Espagne par la voie oesophagienne.Gardons-nous cependant de ne rien mépriser.Le professeur Villaret, auteur d\u2019une récente et belle monographie intitulée «la singulière histoire de l\u2019injection intraveineuse », ne prend pas au sérieux les racontars que vous venez d\u2019entendre.Pour lui, Schottus n\u2019est qu\u2019un « compilateur» infatigable, un incorrigible bavard », et le prince Rupert n\u2019aurait fait cette expérience que pour s\u2019amuser.Monsieur Villaret mésestime un peu ses personnages.L\u2019Oratorien Schott, s\u2019il s\u2019agit bien de lui, est bien plus qu\u2019un simple compilateur, et le prince Rupert appartient un peu à l\u2019histoire des sciences.Le prêtre avait fait des recherches personnelles sur l\u2019effet des injections de divers HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 405 médicament dans le torrent sanguin ; le prince, lui, répétait, pour l\u2019instruction autant que pour l\u2019amusement de ses invités, une expérience qu\u2019il avait vu faire en Angleterre, chez le ministre de France, le duc de Bourdeaux (sic) dès 1657, par un certain Christopher Wren, le véritable parrain de l\u2019infusion sanguine.Je dis bien de l\u2019infusion, car Wren et ses amis injectèrent un peu de tout excepté du sang.Sir Christopher Wren n\u2019est pas le premier venu.Après avoir admiré l\u2019extérieur de la Cathédrale St Paul, à Londres, entrez par la bonne porte \u2014 je ne sais plus laquelle et ne me souviens que d\u2019avoir lu \u2014 et vous verrez sur le mur une table commémorative portant le nom de Wren sous ces mots: « Si monumentum requiris, circum- spice ».En effet, il fut l\u2019architecte de la célèbre cathédrale menacée en ce moment par les Barbares.Bien d\u2019autres monuments attestent le génie de Wren, car il fut appelé par le Roi, à rebâtir les principaux édifices de Londres au lendemain de la terrible conflagration qui ravagea la métropole.Toutefois, avant que d\u2019être un grand artiste, Wren fut un savant de premier ordre.Newton a fait un bel éloge de lui comme géomètre.Il enseigna l\u2019astronomie à Oxford, il fut président de la Société Royale.Voilà des titres, je pense.Or, en 1656, sans doute inspiré par le livre d\u2019Harvey, il s\u2019avisa d\u2019injecter dans les veines d\u2019animaux vivants, diverses substances médicamenteuses, et d\u2019en noter les effets.Il s\u2019en ouvrit là-dessus à ses amis : Clarche, Henshaw et Boyle.Ce dernier, l\u2019un des plus illustres expérimentateurs du 17ième siècle, injecta pour sa part à divers animaux, des extraits d\u2019opium, des purgatifs, des émétiques.Le tout finit en 1657, par des expériences sur un condamné à mort qui n\u2019eut pas à se plaindre de ses trois médecins (ce sont 406 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU ceux qui ne sont pas condamnés qui doivent craindre).De nombreux essais furent ainsi poursuivis à Oxford et ailleurs, avec plus ou moins de succès, de 1657 à 1664, lorsque Richard Lower, le continuateur d\u2019Harvey, reprit les travaux de ses collègues.Il injecta des bouillons du vin, de la bière; il tâtonna jusqu\u2019au jour où, pour citer un vieil ouvrage : «il lui vint incontinent la pensée d\u2019éprouver si le sang de divers animaux s\u2019accordant assez bien aux diverses injections, ne s\u2019accorderait pas bien mieux l\u2019un avec l\u2019autre, et s\u2019il ne pouvait pas être mêlé sans aucune agitation entre leurs parties ».Sitôt pensé, sitôt fait.C\u2019est à l\u2019anglais Richard Lower, que nous devons les premières expériences, scientifiquement conduites, de transfusion d\u2019un animal à l\u2019autre.Ses recherches les plus « cruciales » furent rapportées en décembre 1666, dans les FPhilosophical Transactions, organe de la jeune, mais déjà célèbre Société Royale de Londres.Parmi les lecteurs des Transactions, il y en avait certes, de plus célèbres que le docteur Jean-Baptiste Denys, il n\u2019y en avait pas de plus enthousiaste.Ceux qui ont étudié à fond le mouvement scientifique en France au 17ième siècle, reconnaissent qu\u2019il fut un excellent vulgarisateur des découvertes de son temps.Comme il a été calomnié par quelqu\u2019un de chez nous, je lui ferai en temps et lieu, la complète réparation qu\u2019il a droit d\u2019attendre de nous.Pour l\u2019instant, je m\u2019en tiendrai à ses travaux sur la transfusion.Denys répéta les expériences des Anglais, en améliorant leurs techniques.En Angleterre, le chien donneur était fatalement sacrifié; Denys, par contre, put multiplier les prises de sang sur un même animal.Il réussit tellement HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 407 bien qu\u2019il en vint à se persuader que l\u2019on pourrait sans danger, transfuser le sang d\u2019un animal dans les veines d\u2019un homme.«4 Quoi ! transfuser de l\u2019animal à l\u2019homme ?Je pressens les réactions des confrères ici présents.La plupart de mes hypothétiques protestataires seront très surpris d\u2019apprendre que de telles transfusions se font encore de nos jours.À preuve, le livre intitulé : « La transfusion du sang de l\u2019animal » publié en 1928, par la.grande maison d\u2019éditions : Masson & Cie.Son auteur, le docteur René Cruchet, n\u2019est pas inconnu au Canada.Il a assisté à nos congrès et il a fait paraître un article dans le Laval Médical, (juin 1940).Il se déclare le disciple d\u2019Oré, mais Oré, lui, et tous ceux qui transfusent, sont, qu\u2019ils le veuillent ou non, les continuateurs de Jean-Baptiste Denys, qui fit la première transfusion humaine, le 15 juin 1667.Le sujet fut un jeune garçon qui, à la suite de je ne sais quelle fièvre, était devenu presque amnésique et très somnolent.On jugea, dit le Journal des Scavans, que son sang s\u2019était épaissi et qu\u2019il fallait y ajouter du sang nouveau.On lui fit donc une saignée de 3 onces, après quoi on lui infusa 8 onces du sang d\u2019un agneau.Une douleur qu\u2019il avait au côté disparut sur le champ, et il se rétablit complètement en quelques jours.Tel est en résumé, mesdames et messieurs, le récit de la première tentative d\u2019une opération que nous savons être fort dangereuse.Mais Denys, lui, ne savait pas qu\u2019elle pouvait mal tourner.Ses recherches préliminaires semblent .démontrer, que les sangs d\u2019espèces différentes, ne sont pas incompatibles.Trois chiens avaient survéeu à des injections massives de sang de veau et s\u2019en étaient même mieux portés.Aussi, est-ce d\u2019un coeur léger qu\u2019il recommença, cette fois sur un homme sain et vigoureux, qui se soumit à l\u2019expérience contre versement d\u2019une somme très modique.Et 408 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU cette fois encore, la fortune sourit à notre audacieux.Le sujet était un porteur de chaise, âgé d\u2019environ 45 ans.On lui tira 10 onces de sang et l\u2019on mit à la place, 20 onces (sic) du sang d\u2019un agneau dont on avait ouvert l\u2019artère crurale.L'homme, fut de très belle humeur tout le temps que dura la transfusion, et ne se plaignit de rien, si ce n\u2019est qu\u2019il ressentait une grande chaleur allant du coude à l\u2019aisselle.Quand ce fut terminé, il « habilla » l\u2019agneau, et s\u2019en fut droit à l\u2019auberge, où des camarades l\u2019attendaient pour « mouiller çà », comme on dit.L\u2019après-midi, en dépit d\u2019une défense expresse, il porta sa chaise comme à l\u2019accoutumée, se sentant très en forme.Et le lendemain, il pria qu\u2019on n\u2019en prit point d\u2019autres que lui lorsqu\u2019on voudrait recommencer.L'article où j'ai puisé mes renseignements, se termine en fanfare.Ecoutez : « Ainsi les François ont eu l\u2019honneur d\u2019avoir pratiqué la transfusion sur les hommes comme ils avaient la gloire de l\u2019avoir les premiers inventée.Car quoi que les Anglois avant tous les autres, l\u2019ayent mise en pratique sur les bestes, il est certain que ce sont les François qui leur en ont donné la première pensée.On scait, et il y a plusieurs personnes d\u2019honneur qui le peuvent témoigner, qu\u2019il y a plus de dix ans que Don Robert des Gabets, Religieux Benedictin, fit un discours de la Transfusion dans l\u2019assemblée qui se tenait chez M.de Montmor, et il s\u2019en trouve encore plusieurs copies.Il est vray que la plupart se moquèrent pour lors de cette proposition, et qu\u2019on crut qu\u2019elle était impossible.Les Anglois voyant qu\u2019on ne faisait aucun état en France de cette invention, s\u2019en sont voulu emparer, comme d\u2019une chose abandonnée, et l\u2019ont pratiquée sur les bestes; mais nous l\u2019avons enfin réclamée, et nous avons trouvé moyen de rentrer en possession de ce qui nous appartenait, en la pratiquant les premiers sur les hommes.» Amen ! Mais ce paragraphe est de trop.Il serait même assez odieux s\u2019il n\u2019était aussi enfantin.Quand il serait vrai HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 409 que le moine Robert des Gabets suggéra la transfusion en 1658, il n\u2019en reste pas moins que d\u2019autres en avaient parlé avant lui; par exemple : Libavius, sans trop y croire, il est vrai, et Giovanni Colle, celui-là avec ferveur, dès 1628.Et puis, si l\u2019on se moqua chez M.de Montmor de ce prêtre circulateur, c\u2019est que presque tous les pontifes de la médecine officielle française, en retard sur leurs confrères d\u2019outre-France, s\u2019obstinaient encore à nier la réalité de la grande découverte de la circulation du sang.Vous savez que Guy Patin, Riolan et d\u2019autres, donnèrent le la, ou, plutôt le holà.Passons.Passons en Angleterre.Il est probable que Lower et ses compagnons de travail firent la grimace lorsqu\u2019ils apprirent par le Journal des Savants, que le sieur Denys leur avait damé le pion.Quel qu\u2019ait été leur désappointement, ils n\u2019en laissèrent rien voir et résolurent de faire mieux.Le 23 novembre 1667, Lower, avec l\u2019aide du docteur King, transfusa le sang d\u2019un agneau dans les veines du nommé Arthur Coga, un étudiant pauvre qui se laissa faire pour une guinée.L'opération fut conduite en grande pompe, en présence de l\u2019évêque de Salisbury, de plusieurs députés au parlement, et d\u2019autres gros bonnets.Il n\u2019y eut point le moindre incident désagréable.L\u2019un des spectateurs .ayant demandé pourquoi l\u2019on avait choisi le sang d\u2019un jeune mouton plutôt que celui d\u2019une autre bête, Coga lui-même répondit : « Sanguis ovis symbolicam quondam facultatem habet cum sanguine Christi, quia Christus est Agnus Dei ».Cette réponse édifiante est celle que l\u2019on pouvait attendre d\u2019un étudiant en Théologie; au vrai les opérateurs avaient opté pour du sang d\u2019agneau parce qu\u2019ils le supposaient moins « échauffant » que celui d\u2019une autre bête.Or, il fallait ménager Coga qui était un peu toqué, piqué, maboul, dingo, marteau, timbré ou craqué, comme vous voudrez. 410 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU Moins de trois semaines après, l\u2019expérience fut répétée sur Coga, lors d\u2019une séance régulière de la Société Royale.Cette fois encore, tout alla bien.Et donc, ceux qui dans divers pays d\u2019Europe suivirent au cours de cette mémorable année 1667, l\u2019exemple donné par Denys et par Lower, ceux-là ne sauraient être taxés d\u2019imprudence, même s\u2019il leur arriva d\u2019opérer sur des sujets sains, par pure curiosité scientifique.De nos jours, nous faisons la transfusion surtout pour redonner du sang à qui en a trop perdu et nous commençons seulement à lui trouver d\u2019autres indications nettes, alors que, au 17ième siècle la transfusion était censée changer les sangs, comme dit le profane, c\u2019est-à-dire, modifier les humeurs, comme nous disons.Voici, librement traduits, quelques articles du programme que le savant Boyle dressa pour Lower et ses amis, après leurs premières expériences in anima vili : «Voyez si, en remplaçant le sang d\u2019un chien féroce par celui d\u2019une bête poltronne, vous n\u2019aurez pas apprivoisé ce chien.Voyez si le flair d\u2019un épagneul ne sera émoussé du fait que la bête aura reçu le sang d\u2019un mastiff.Voyez si un chien affamé paraîtra repu dès qu\u2019il aura reçu le sang d\u2019un animal bien nourri.Voyez s\u2019il est possible de rajeunir et ravigoter un chien vieux et débile, en lui faisant de fréquentes infusions du sang d\u2019un animal jeune et vigoureux.Voyez si un chien de petite taille, après avoir reçu de nombreuses transfusions provenant d\u2019un gros chien, n\u2019atteindra pas une taille supérieure à la moyenne constatée pour son espèce \u2014 cherchez chez le receveur l\u2019effet de divers médicaments administrés au donneur.Par exemple, donnez un purgatif à l\u2019animal À, et voyez si son sang purgera l\u2019animal B, Essayez des transfusions entre animaux d\u2019espèces nettement différentes ou entre animaux à sang chaud et à sang froid.» ete. HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 411 ~ J\u2019al ri, en lisant ce programme dans les Philosophical Transactions et vous souriez en m\u2019écoutant vous le résumer.Pourtant, à bien y penser, il n\u2019y a là-dedans rien d\u2019absurde; d\u2019autant moins que Boyle présuppose des transfusions répétées.Quoi qu\u2019il en soit, un tel questionnaire atteste les radieux espoirs que suscitèrent les premières expériences sur les animaux.Par contre, lorsque Denys et ses imitateurs se mirent à expérimenter sur l\u2019homme, il se trouva des critiques qui tinrent pour acquis ce que Boyle voulait qu\u2019on recherchât.Ceux-là dénoncèrent la transfusion comme une opération capable d\u2019entraîner des modifications profondes chez les sujets assez fous pour s\u2019y soumettre.Ecoutez le docteur Lamy : « Le sang d\u2019un veau qu\u2019on transfuse couramment, est plus chaud que celui de l\u2019homme (chaud, froid, humide, sec étaient des mots ésotériques fort employés à cette époque].Comment dès lors, espérer rafraîchir le malade ?Sans compter qu\u2019il est à craindre que, transfusé, le sang du veau ne communique à l\u2019homme la stupidité et les inclinations brutales de cet animal».A celà, un certain Gadroys, répondit : « Bien que le sang qui est transfusé paraisse chaud au toucher, néanmoins il peut rafraîchir; de même qu\u2019un bouillon de veau ne laisse pas de rafraîchir, quoïiqu\u2019on le sente chaud quand on l\u2019avale.» Si non e vero, e ben trovato.Lamy, Eutyphronius et d\u2019autres ayant demandé « que deviennent dans les veines des hommes, les particules de ce sang que la nature a destinées chez le veau à produire la corne ?» On leur répondit : « Des cornes ?il n\u2019en poussera pas plus aux transfusés qu\u2019il n\u2019en a poussé aux buveurs de lait de vache ».Réponse très drôle, certes; tout de même, réponse un peu canaille, car les adversaires de la nouvelle méthode 412 LE JOURNAL DE L\u2019HÔTEL-DIEU n\u2019avaient pas supposé qu\u2019il pousserait des cornes aux opérés.Ils avaient tout simplement postulé l\u2019existence d\u2019un principe kératogène, et demandé ce qu\u2019il adviendrait chez le transfusé.Toute cette littérature « transfusionniste » et «infusoire » est à lire.Je vous en offrirais maints échantillons si le temps ne m\u2019était pas mesuré.Je vous citerais, par exemple les fulminations de Merchlin, Bible en mains, contre les transfusions humaines.Ce farouche ennemi va jusqu\u2019à faire allusion à une bulle papale interdisant ces sortes d\u2019expériences.J\u2019ai consulté tous les textes mentionnés par Merchlin, sans excepter les Actes des Apôtres.Je n\u2019ai trouvé dans l\u2019Ancien Testament que la défense de manger des viandes non saignées et à fortiori de se nourrir de sang.Je n\u2019ai trouvé dans les Actes du premier concile, celui de Jérusalem, qu\u2019une recommandation aux juifs convertis, de respecter la vieille coutume.Je n\u2019ai pas trouvé de bulle papale.Certains théologiens vivants sont les pires empêcheurs de danser en rond, que je connaisse : leurs prototypes ont fulminé contre le paratonnerre, l\u2019anesthésie générale, le transformisme avec le succès que l\u2019on saît.Si je le pouvais, j\u2019analyserais aussi pour vous, les réponses du referendum que suscita Jean Daniel Major au sujet des injections intraveineuses.Et, sans risquer la transfusion, nous nous ferions une pinte de bon sang à lire certaines recommandations contenues dans le livre de Sigismund Elsholtz.Mi-sérieux, mi-badin, il recommande les transfusions réciproques entre époux dans les cas d\u2019incompatibilité conjugale.Je veux moi au moins vous citer un article que la secrétaire de la Royal Society fit paraître dans les Philosophical Transactions peu après que l\u2019on eut opéré sur Coga.Il faut croire que certains Anglais avaient reproché aux médecins de leur pays, d\u2019avoir trop hésité à expérimenter HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 413 sur l\u2019espèce humaine, permettant ainsi aux français de chanter victoire dans les termes que vous savez.Le secrétaire Oldenberg fait observer à ces critiques que «the English are more tender wn hazarding the life of a fellow creature set que «the law is also among us more strict and jealous in cases of this nature ».(Textuel !) Ouais.Le pharisien de l\u2019Evangile se vanta, mais il n\u2019appert point qu\u2019il ait menti.Oldenberg et ses collègues qui ont laissé imprimer ce que je viens de lire se vantaient et.mentaient.En effet, l\u2019un des premiers historiographes de la Société Royale écrit que les secrétaires, dès qu\u2019ils eurent vent des expériences réussies en France voulurent les répéter.Sir George Ent proposa de pratiquer sur des aliénés.Son idée prévalut et un comité se rendit au célèbre asile de Bedlam pour y réclamer un dément.Le médecin directeur de 1\u2019établissement pris de scrupules, ne voulut rien entendre.Un point, c\u2019est tout.Denis était-il moins tendre lorsqu\u2019il s\u2019agissait de risquer la vie d\u2019autrui ?Hé, non : Il croyait trop ferme à son remède.Rentrons en France et voyons où il en est.À l\u2019exemple du philosophe Diogéne qui prouvait a des objecteurs la réalité du mouvement en marchant, Denis vient encore une fois de démontrer que la transfusion est inoffensive et même utile.Il vient de guérir un dément; du moins il croit l\u2019avoir guéri.Hélas ! ce malade qu\u2019il brandit triomphalement va lui jouer un bien mauvais tour.Ecoutez son histoire : A l\u2019âge de 27 ans, le Breton Antoine Mauroy est pris de folie à la suite d\u2019une peine d\u2019amour.La crise dure dix mois, après quoi il redevient absolument compos mentis.Le croyant guéri, une jeune fille consent à l\u2019épouser.Rechute en moins d\u2019un an, crises répétées avec intervalles lucides de 2 à 4 mois.Au moment où le docteur Denys en- 414 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU treprend de le traiter, le pauvre Mauroy est « refou » depuis 4 mois.Il ne dort plus, fait des colères terribles, court tout nu à travers les rues de Paris, met le feu au domicile des gens charitables qui l\u2019hébergent et se livre à vingt autres extravagances.Les gens du quartier du Marais, qui connaissent son histoire, le plaignent et font tout ce qu\u2019ils peuvent pour l\u2019assister.Trop souvent, du reste, le zèle de ses bienfaiteurs est excessif.C\u2019est ainsi qu\u2019une personne de qualité l\u2019a fait saigner 18 fois et baigner 40 fois.On a noté qu\u2019il va mieux quand on ne lui donne pas de remèdes.M.de Montmor, mécène des savants et providence des infortumés, s\u2019oceupe de lui.Il se décide à le faire interner mais se demande si une transfusion ne lui ferait pas quelque bien.Il consulte là-dessus le docteur Denys et le chirurgien Emmerez qui lui affirmait que l\u2019opération ne présente aucun danger.Pour tempérer le sang de Mauroy on lui infusera du sang de veau, après l\u2019avoir saigné.Cependant, pour assurer le succès de l\u2019intervention, il faudra au préalable rassurer le patient.Dans ce but, on le confie au porteur de chaise, dont je vous ai parlé.La transfusion eut lieu le 19 décembre 1667, en présence de plusieurs notables.La chambre était tellement encombrée de spectateurs que le chirurgien ne put travailler comme il eut voulu.Pour comble, Mauroy eut une défaillance.On arrêta l\u2019écoulement avant qu\u2019il n\u2019eut reçu plus de 6 onces.Il se ramina très vite, avala quand même son souper; puis il passa la nuit à chanter et siffler, suivant son habitude.Bref, séance ratée.: Quelque jours aprés, reprise.Cette fois on n\u2019y va pas de main morte.On ne lui tire que 2 ou 3 onces de sang et on lui insinue une livre de sang de veau.Il ressent une forte chaleur le long du bras.Son pouls s\u2019accélére, tout en demeurant régulier.Subitement, il se met à suer à grosses gouttes et se plaint de douleurs aux lombes.Comme HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 415 le pouls est devenu très irrégulier, Monsieur Emmerez suspend la transfusion et se hâte de suturer la plaie qu\u2019il a fallu faire pour découvrir la veine.Au moment même, Mauroy vomit le très copieux repas qu\u2019il a ingéré une demi-heure avant l\u2019opération, puis il s\u2019endort.Après un sommeil très profond qui dure 12 heures, il vide une grande quantité d\u2019urine aussi noire que si on y avait délayé de la suie.Apprenant qu\u2019un jubilé commence ce jours-là, il demande à se confessel.On appelle done un prêtre.(Défense de rire, Mesdames et Messieurs !) qui se nomme de Veau, comme il convenait.Le digne abbé déclare que son pénitent a fait preuve d\u2019une grande lucidité.Le lendemain, les urines du malade sont toujours aussi noires, mais il va beaucoup mieux, mentalement s\u2019entend.Sa femme, avertie du miracle, lui rend visite.Il raconte, pour en rire, ses plus récentes frasques et se déclare guéri.Madame Mauroy, après avoir véeu avec lui plusieurs jours sans être battue, atteste les bienfaits de la transfusion.Le Docteur Denys, lui, n\u2019est qu\u2019à demi satisfait et termine l\u2019histoire de son cas en nous avertissant qu\u2019il faudra probablement faire une troisième transfusion.En attendant qu\u2019il la fasse, interprétons ce qui s\u2019est passé au cours de la seconde séance, alors que l\u2019homme reçut *16 onces de sang de veau.Son médecin ne se doute de rien, mais nous savons, nous, que Mauroy a bien failli être tué par le veau.Les sueurs profuses, le long sommeil de plomb, l\u2019hémoglobinurie persistante, tout atteste qu\u2019il y eut hémolyse massive et choc colloïdoclasique.Les deux sangs, en se mêlant s\u2019étaient entre-détruits et Mauroy dans les vaisseaux duquel s\u2019opéra la précipitation, aurait dû mourir.Comme il arrive trop souvent, il survéeut parce qu\u2019il était inutile et nuisible.Pour un temps l\u2019on put croire qu\u2019il 416 LE JOURNAL DE L'HÔTEL-DIEU était guéri, mais il se remit à boire et à fumer, il accomplit trop consciencieusement ses devoirs d\u2019époux et retomba dans son mal.Un jour « Mame Mauroy » accourt chez le docteur Denys.Son homme va très mal et elle réclame une troisième transfusion.Denys et son chirurgien, après avoir examiné le malade, refusent d\u2019intervenir.Ils finissent cependant par se laisser fléchir et ce mettent à l\u2019oeuvre.Une veine est mise à découvert, mais avant même qu\u2019ils aient pu établir la communication avec le veau donneur-de-sang, l\u2019homme est pris de convulsions.Il va sans dire que la transfusion n\u2019eut pas lieu.Antoine Mauroy mourut le lendemain.Le docteur Denys réclama une autopsie, pour se prémunir contre les calomniateurs, et aussi parce qu\u2019il avait raison de croire que l\u2019épouse était pour quelque chose dans cette mort.Elle ne voulut rien entendre et fit enterrer précipitamment le cadavre de son mari.Bientôt, ce fut chez les ennemis de la transfusion un tolle formidable.Ils accusèrent ouvertement le malheureux Denys d\u2019avoir causé la mort de son patient.Comme on pouvait s\u2019y attendre, les plus enragés dénonciateurs furent ceux qui refusaient de se rallier aux nouvelles théories sur la circulation du sang.Denys, les avait provoqués, il faut bien le dire, en écrivant dans le Journal des Savants que ses expériences apportaïent une nouvelle confirmation aux théories harvéiennes.Trois médecins s\u2019affairèrent auprès de la veuve pour l\u2019engager à porter plainte.Ils ailèrent jusqu\u2019à tenter de suborner certains témoins qui s\u2019entétaient a dire que la transfusion n\u2019avait pas eu lieu.Le jour où la Mauroy réclama le prix de son silence, le docteur Denys riposta en l\u2019accusant formellement d\u2019être une empoisonneuse ! HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 417 La cause fut entendue et sentence fut rendue le 17 avril 1660.Elle reconnut que le docteur Denys ne pouvait avoir causé la mort de son malade ; elle flétrit les trois médecins qui avaient tenté de perdre leur confrère ; elle somma la veuve Mauroy d\u2019avoir à répondre à l\u2019accusation d\u2019empoisonnement.Bref, ce fut une belle victoire morale pour le demandeur, mais une victoire à la Pyrrhus, car le tribunal décrétait qu\u2019à l\u2019avenir aucune transfusion ne pourrait être faite sans l\u2019assentiment de la Faculté de Paris.Vous pensez bien que M.Denys ne s\u2019exposa pas à essuyer un refus.Il abandonna ses expériences, sans plus.Quelques années plus tard, le groupe des réactionnaires réussit à faire passer une loi interdisant absolument la pratique de la transfusion.Le texte de.cette loi ne nous est point parvenu et pour en admettre l\u2019existence, il faut prêter foi à un document de l\u2019époque.Toujours est-il, que dès 1670, en France et partout ailleurs, l\u2019on cessa de faire cette opération.Elle ne fut reprise que 120 ans plus tard.Vous avez bien entendu ?120 ans.Et moi, je crois entendre quelqu\u2019un me poser la question suivante : « Docteur, après ce que vous venez de lui révéler, votre auditoire est convaincu que Pierre de Sales Laterrière s\u2019est trompé en affirmant qu\u2019il avait été témoin de la première transfusion ; mais vous semblez insinuer que notre vieux confrère n\u2019a pas vu faire de transfusion.S\u2019il en était ainsi, nous devrions le considérer comme un imposteur.» A quoi je répondrai que Je n\u2019insinue rien.Je crois, j\u2019affirme que Laterrière est un imposteur.Je suis même en mesure de dire pourquoi il a menti.Heureusement qu\u2019il s\u2019est trahi lui-même en fournissant trop de précisions. 418 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU L\u2019histoire qu\u2019il raconte dans ses funambulesques Mémoires, (déjà dénoncés par l\u2019érudit Aegidius Fauteux) est vraie dans ses grandes lignes, si ce n\u2019est que ce qu\u2019il prétend avoir vu, Se passa tout juste cent ans auparavant.Et donc, ceux qui s\u2019obstinent à défendre les trop fameux Mémoires ou qui poussent la crédulité jusqu\u2019à les citer sans réserves, ceux-là devront prouver qu\u2019il y eut un renouveau transfusionniste vers 1766, que le groupe qui s\u2019y adonna avait pour chef un médecin répondant \u2014 coïncidence étrange ! au nom de Denis, que l\u2019expérience fut faite en présence d\u2019un ministre et que le sujet mourut en moins d\u2019une heure.Je souhaite bonne chance à qui voudra me confondre et lui prédis une enviable notoriété s\u2019il parvient à découvrir un seul mot de vrai dans le passage que j'ai dénoncé.C\u2019est que voyez-vous, il devra découvrir des faits nouveaux et les situer à une époque où les historiens de la Médecine prétendent qu\u2019il ne se passa absolument rien dans le domaine de la transfusion.Nous revenons à nos moutons, c\u2019est le cas de le dire.Apprenez qu\u2019en 1792 un médecin, un anglais du nom de Russell, transfusa le sang d\u2019un agneau dans le corps d\u2019un jeune garçon souffrant de la rage.Il prétendit l\u2019avoir guéri.Tout ce que nous savons de science certaine, c\u2019est que ce jouvenceau survéeut à la morsure d\u2019un chien rabique et aux initiatives d\u2019un médecin entreprenant.Quatre ans plus tard, soit en 1796, Erasme Darwin, grand-père de l\u2019illustre Charles, préconisait la transfusion comme un moyen capable de maintenir les forces de celui qu\u2019un cancer de l\u2019oesophage empêcherait de se nourrir par la bouche.Il recommande d\u2019employer des tubes faits avec des plumes d\u2019oie et accouplés au moyen d\u2019un morceau d\u2019intestin de poulet. HISTOIRES SUR LA TRANSFUSION DU SANG 419 Tout compte fait, ces travaux et spéculations des dernières années du 18ième siècle ne firent guère avancer la question.Relevons cependant qu\u2019un italien, de Rosa, put démontrer qu\u2019il n\u2019était pas nécessaire de tirer du sang à un animal transfusé avant d\u2019en introduire du neuf, les vaisseaux sanguins possédant la faculté de se dilater antant qu\u2019il ne faut pour loger le liquide injecté.\u2014 Et nous voici en l\u2019an 1800.Au début du XIXième siècle, Percy, le célèbre chirurgien de Napoléon et l\u2019émule de Larrey, propose la transfusion, mais s\u2019il en accepte le principe, il ne passera cependant pas au domaine de la pratique.Un homme qui n\u2019était pas soldat mais accoucheur, James Blundell, (1790-1877) poursuivra résolument des expériences qui lui mériteront le titre de véritable pionnier de la transfusion sanguine.Tout d\u2019abord il parviendra à ranimer des animaux saignés à mort en leur injectant du sang d\u2019un animal de la même espèce et 1l démontrera qu\u2019il y a danger à se servir du sang d\u2019un animal d\u2019espèce différente.Il conclut de ce fait que pour sauver un être humain il faut du sang humain.Mais l\u2019anastomose artério-veineuse était à cette époque une opération formidable.S\u2019inspirant des expériences de Bichat (Recherches physiologiques sur la vie et la mort) il pratiqua des transfusions médiates sur onze patients qui tous se trouvaient dans un état désespéré.Les quatre premières tentatives échouèrent, mais les autres furent plus heureuses.De ces expériences, Blundell tira les conclusions suivantes : 1° le passage du sang à travers une seringue ne l\u2019altère nullement, du moins s\u2019il ne coagule pas; 2° le sang veineux est aussi bon pour l\u2019injection que le sang artériel (évidemment, puisqu\u2019il est infusé dans la circulation veineuse).* * * 420 LE JOURNAL DE L\u2019HOTEL-DIEU Nous avions promis a nos lecteurs de leur raconter «les vieilles histoires de la transfusion du sang».Avec Blundell se termine la période des tatonnements et la transfusion entre dans le domaine de la médecine scientifique.Les hommes d\u2019aujourd\u2019hui ont trop souvent tendance a considérer les découvertes de la science moderne comme le produit d\u2019une sorte de génération spontanée, et a tenir pour négligeables, sinon risibles, les tentatives basées sur l\u2019intuition ou l\u2019empirisme qui ont précédé ces découvertes.L'histoire des sciences nous enseigne que toutes les acquisitions techniques dont nous nous enorgueillissons aujour- d\u2019hui sont souvent le fruit d\u2019un travail de germination lente qui s\u2019est opéré à travers les siècles et que la médecine, tout comme les autres sciences, procède toujours par additions ainsi que le remarquait autrefois Guy de Chauliac, dans un aphorisme fameux.Si nous saluons aujourd\u2019hni James Blundell comme le véritable pionnier de la transfusion sanguine, nous devons reconnaître les expérimentateurs qui l\u2019ont précédé comme des précurseurs dont le rôle n\u2019a certes pas été négligeable dans la genèse de cette découverte de la médecine moderne.Prd > POUR LA FRANCE La FRANCE nous a tout donné : ses biens, ses génies, ses saints, sa prestigieuse histoire, son âme .Nous lui devons d\u2019être ce que nous sommes, ce que nous aurions pu être, ce que nous serons peut-être .Notre médecine canadienne-française conserve vis-avis de la France une dette particulière.Nos maîtres et nous-mêmes avons puisé auprès des grands savants et des grands cliniciens français la substantifique moelle de notre métier et de notre doctrine médicale .Sans eux, notre médecine ne serait qu\u2019un décalque grossier de la médecine anglo-saxonne .Et sans une scrupuleuse fidélité à'leur esprit, nous sommes à la merci de la plus tragique des assimilations.\u2018On nous a demandé jusqu\u2019à maintenant d\u2019aider Anglais, Russes et Chinois.Fort bien.Mais la France aussi et davantage souffre.À son accoutumée, elle ne réclame rien, pas même la reconnaissance de l\u2019amour.À nous, d\u2019offrir.Antonio BARBEAU N.B.\u2014 Cet appel est fait au nom de CANADA-FRANCE, constitué, avec l'autorisation de l\u2019Etat et l\u2019encouragement de l\u2019Eglise, pour soulager les souffrances de la population civile de la France.Répon- dez-y généreusement en envoyant votre obole, en espèces ou en nature, à CANADA-FRANCE, 266 ouest rue St-Jacques, (Montréal) ou à 149 ouest, rue St-Joseph (Québec). A votre disposition Votre banque n\u2019est pas seulement votre caissière et la dépositaire de vos capitaux d\u2019épargne.Elle est en état de vous rendre d\u2019autres services.Vos occupations et vos préoccupations d\u2019ordre professionnel ne vous laissent guère le loisir de vous documenter au jour le jour sur les questions d\u2019affaires.Vous n\u2019en êtes pas moins tenu, à l\u2019occasion, de résoudre certains problèmes.financiers qui mettent en jeu vos intérêts.Recourez donc avec confiance au gérant de votre banque dont les avis désintéressés vous seront souvent utiles.DANQUE GANADIENNE NATIONALE ACTIF, PLUS DE $200,000,000 514 bureaux au Canada 60 succursales à Montréal Numéros 1-2-3-4-5-6 Douzième année LE JOURNAL .\u2026.de.L\u2019HÔTEL-DIEU DE MONTRÉAL = Lie 0) NOVEMBRE-DECEMBRE 1943 TABLE DES MATIÈRES POUR L\u2019ANNÉE 1948 425 TABLE DES MATIÈRES POUR L\u2019ANNÉE 1943 SOMMAIRE du No 1 Janvier-Février 1943 Mgr PHILIPPE PERRIER \u2014 Jérôme LeRoyer de la Dauversière SAMUEL LETENDRE et JACQUES OLIVIER \u2014 Récentes acquisitions sur la pathologie du cycle menstruel JEAN-PAUL LEGAULT \u2014 La cystite incrustée LÉON LONGTIN \u2014 Signes pour apprécier la profondeur de > l'anesthésie par inhalation GERARD POUPART \u2014 Un cas d\u2019urémie curable avec ulcère duodénal - NOËL MAILLOUX, O.P.\u2014 Le test de Rorschach ALBERT JUTRAS \u2014 L'hôpital de l\u2019avenir PAUL POIRIER \u2014 Histoire de la syphilis en Amérique EDOUARD DESJARDINS \u2014 Nécrologie : B.G.Bourgeois Charles Saint-Pierre SOMMAIRE du No 2 Mars-Avril 1943 FERNAND CHAREST \u2014 Kyste dermoïde intra et extracranien de la région occipitale GASTON GOSSELIN \u2014 Quelques aspects de la physiologie et de la pathologie des vitamines À et D CHARLES LEFRANÇOIS \u2014 Quelques considérations sur le caneer du rectum PIERRE MEUNIER \u2014 Traitement \u2018chirurgical \u20ac des \u2018prolapsus GABRIEL FOURNIER \u2014 Détoxication du metrazol 13 35 40 46 51 57 64 72 72 73 89 98 106 112 496 TABLE DES MATIÈRES POUR L\u2019ANNÉE 1943 JEAN-LÉON DESROCHERS \u2014 La clinique neuropsychiatrique de Rome LÉO PARISEAU \u2014 Syphilis et scorbut.En marge d\u2019une prétendue « Histoire de la Syphilis en Amérique » GASTON GOSSELIN \u2014 Nécrologie : Elie-Georges Asselin NOUVELLES SOMMAIRE du No 3 Mai-Juin 1943 PIERRE MASSON \u2014 Le cancer expérimental PIERRE MEUNIER \u2014 Le cancer de l\u2019utérus OMER MANSEAU \u2014 Le cancer du poumon J.-L.RIOPELLE \u2014 Considérations sur les proliférations malignes du tissu lymphoïde .J.-ROMÉO PEPIN \u2014 Hommages du corps médical de l\u2019Hôtel-Dieu PARAMEDICA : Paul Dumas \u2014 La fresque endocrinologique de Mme Marian Scott SOMMAIRE du No 4 Juillet-Août 1943 RENÉ LEBEAU \u2014 Considérations sur l\u2019anoxie ANTONIO BARBEAU \u2014 Sous le signe de Psyché LÉO PARISEAU \u2014 Et avant l\u2019ACFAS, il y eut la SPASLAC PARAMEDICA : Paul Dumas \u2014 Notes sur la peinture mexicaine 116 118 138 138 141 171 178 183 204 209 213 247 261 282 TABLE DES MATIÈRES POUR L'ANNÉE 1948 497 SOMMAIRE du No 5 Septembre-Octobre 1943 RENÉ DANDURAND, ROLAND DUSSAULT et JACQUES GENEST \u2014 Notes sur le traitement du tétanos .289 PAUL LETENDRE et JACQUES GENEST \u2014 Les pansements humides chauds dans le traitement du tétanos .295 FERNAND CHAREST \u2014 La platybasie 301 GERARD CASGRAIN \u2014 Un cas d\u2019allergie au pois 311 JEAN-PAUL LEGAULT \u2014 À propos d\u2019un cas de calcul rénal traité par la solution de Suby 318 ALBERT JUTRAS \u2014 Considérations radiocliniques sur la diver- ticulose du colon, ses complications et ses causes 325 NÉCROLOGIE : J.-Alfred Mousseau, par Oscar Mercier 341 J.-Alfred Mousseau, par Albert Jutras 346 SOMMAIRE du No 6 Novembre-Décembre 1943 Numéro consacré à la mémoire de Léo Pariseau ANTONIO BARBEAU \u2014 Léo Pariseau, humaniste 349 ALBERT JUTRAS \u2014 Léo Pariseau, radiologiste 354 WILLIAM FRANCIS \u2014 Rabelaesius mariopolitanus 359 P.MASSON \u2014 Léo Pariseau et la France 363 EDOUARD DESJARDINS \u2014 Léo Pariseau et ses lecteurs 367 ULYSSE FORGET \u2014 Souvenirs sur Léo Pariseau 376 JACQUES ROUSSEAU \u2014 Léo Pariseau et l\u2019ACFAS 379 PAUL DUMAS \u2014 Léo Pariseau, écrivain 385 * * * 428 TABLE DES MATIÈRES POUR L'ANNÉE 1943 LÉO PARISEAU \u2014 Histoires anciennes sur la transfusion du sang 392 * * * ANTONIO BARBEAU \u2014 France-Canada 421 Table des matières pour l\u2019année 1943 425 \u2014 A =| UROPRAZINE UTTEWRHUMATISME ARTHRITIGMEMSONATIQU YSTITES= PYELITESaGRAVELLE.CALCOLEOL DRAGÉES 2 SNS TROUBLES DE _DÉMINÉRALISATION.TRICALCINE POUDRE \u2014 COMPRIMES \u2014 CACHETS UR age A EMEN | PR LA 4 DB@DAMDENTITION ETPDE CROISSANCE | WNNTA NES ONVALE ENCES es PHOSPHATURIEMALBUMINURI VEINOTROPE TROUBLE Du) YRTEM MASCULIN FEMININ » AFCL TE VARIGOLITES \\ - ARIC HEMORROIDE ULCERE®™ARIOUEUX TROUBLE POSTPHLEBITI MASCULIN ET FÉMININ.PEPTALMINE MAGNÉSIÉE ; 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Couvert.2 Soc.d\u2019Administration et de Fiducie \u2026 \u2026 \u2026 .ee IT Thérien Frères Limitée \u2026 \u2026 \u2026 XXXII Vandelac, Georges \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 XXXIII Victor X Ray Corporation \u2026 \u2026 \u2026 \u2026 VIIT Winthrop Chemical Company, Inc.\u2026 III Wyeth, John & Brother (Canada) Ltd.IV-XIII-XX I Support flexible pour cas bénin.à ?\u2019 \u2019 \u2019 + .\u2018 appréciable à votre patient.Cas grave où le support Whitman est recommandé.PES PLANUS \u2014 PIED PLAT Il y a toute une variété de supports plantaires fabriqués en série dont les prétendus mérites sont vantés à grand renfort de publicité.Il est douteux que ces soutiens uniformes donnent des résultats dans plus de dix pour cent des cas.Le support plantaire par excellence, recommandé par les orthopédistes, est celui que nous façonnons d'après une empreinte plitrée du pled corrigé, sur les 1 instructions du spécialiste.Il n'y a pas d\u2019à peu près dans sa fabrication.Aussi, est-il très efficace et partant moins coûteux à la longue.Dans les cas graves, nous recommandons le soutien Whitman.Dans les cas ordinaires, le support Duckett, léger et flexible apportera un soulagement Veuillez conseiller à vos patients de se rendre à nos bureaux sur rendez-vous de façon à ne pas - faire antichambre, .J.A.DUCKETT MEMBRES ARTIFICIELS, APPAREILS ORTHOPEDIQUES, BANDES HERNIAIRES, CEINTURES ABDOMINALES, SUPPORTS PLANTAIRES, ETC.2008-2014-2020, RUE BLEURY, angle Ontario, - Téléphone: HArbour 0630 - MONTREAL | Imprimé chez THÉRIEN FRERES, LIMITÉE 494 OUEST, RUE LAGAUCHETIÈRE, MONTRÉAL XXXV say SOLUDAGENAN Dans les cas où la voie orale ne permet par l\u2019absorption complète du médicament ou dans les cas in extremis (méningites, septicémies, etc.), le SO- LUDAGENAN, solution stable de DAGENAN, prête pour l\u2019injection, fournit le moyen d\u2019une thérapeutique intense.ee A iN er 3 I AE ASIE ; : pn Sel J À ; ALY Ee sen ee > INCONTESTEE DANS LE TRAITEMENT DE LA PNEUMONIE PNEUMOCOCCIQUE Le DAGENAN, depuis son apparition en thérapeutique, s\u2019est révélé le médicament le plus actif | et le plus efficace dans le traitement de la pneumonie d\u2019origine pneumococcique.La multitude des cas qui ont été publiés à date permet de conclure que le DAGENAN est toujours le plus puissant agent thérapeutique dans le traitement de la pneumonie d\u2019origine pneumo- coccique et que c\u2019est le médicament auquel on doit avoir recours au début de l'infection.Le DAGENAN est offert en comprimés dosés à 0 gr.50 (714 grains), en tube de 20, flacon de 100 et en boîte de 1,000 comprimés.Le SOLUDAGENAN est présenté en ampoules de 3c.c.chacune contenant 1 gramme de DAGENAN.Boîtes de 10 et 50 ampoules. 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