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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1919-06, Collections de BAnQ.

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[" 7 \u2019 \u2019 4ère ANNEE \u2014 No & MONTREAL JUIN 19189 a Revue Nationale Organe de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal PARAISSANT LE 20 DE CHAQUE Nnois L'école du terroïr .LéoPaul Desrosiers 213 Pionnters de la foi .J.Fiset, c.s.c.21s .Pe la cognée à Pébauchoir .- .Emile Vaillancourt 226 .Précédents historiques .Francis-J.Audet 2383 William Chapman .Antonin Proulx \u201c286 Le mot de Frontenae .Benjamin Sulte 245 Les livres nouveaux .Ce eee ee.EEE 247 Pour lire en vacances ¥ 2% ix Rédaction et administration: 296, RUE SAINT-LAURENT Montréal Abonnement annuel: $1.00.La livraison (chez les dépositaires): 15 sous.Les abonnements à la Revue Nationale commencent invariablement æk ler janvier.\u2014 Pour tout changement d'adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste.\u2014 La revue canadienne-française au plus fort tirage. LA SOCIETE SAINT-JEAN- BAPTISTE DE MONTREAL FONDEE EN 1834 Grand aumônier: Monseigneur PArchevêque de Montréal.Président général: Vietor Morin, LL.D.notaire, 97, rue Saint-Jacques.ler Vice-président général: V.-E.Beaupré, LC.professeur, 676, rue Saint-André.; 2e Vice-président général: J.-B.Lagacé, M.A., professeur, 836, rue Saint- Hubert.Secrétaire général: Guy Vanier, LL.Le avocat, 97, rue Saint-Jacques.Trésorier général: Joseph Hurtubise, courtier, 2, place d\u2019Armes.Directeurs: L\u2019hon.L0.David, sénateur, 391, rue Saint-Hubert; \u2014 TFho- mas Gauthier, courtier, 11, place d\u2019Armes; \u2014 l\u2019hon.F.-L.Béïque, sénateur, 740 Sherbrooke ouest; \u2014 Vietor Doré, professeur, 214, rue Berri; \u2014 J.-V.Desaulniers, courtier en immeubles, 1, rue Saint-Laurent; \u2014 Arthur Courtois, notaire, 97, rue Saint-Jacques; J.-Emile Loranger, commis, 547, rue du Grand-Tronc.Chef du Secrétariat: Emile Miller, bureau 1, Monument National.{'erporations filiales de la Société: la Caisse Nationale d'Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie.La Revue Nationale est publiée 2 I'imprimerie Adj.Menard, 29, rue Saint-Vincent, Montréal.\u201c STRATHÇONA?COMPAGNIE D'ASSURANCE-\u2014IN CENDIE (Edifice Versailles) 90, rue Saint-Jacques, Montréal Cette compagnie essentiellement canadienne-fran- caise a été organisée en 1908, avec une charte provinciale, et opère dans la province de Québec seu- lement.Capital autorisé - - - - - 8500,000.Capital souscrit - - - - - 300,000.(par au-delà de 400 Notaires qui agissent aussi comme ses agents.) Capital payé - - - - - - $120,000.DEPOT COMPLET AU GOUVERNEMENT Cette compagnie n\u2019est pas contrôlée par la \u2018\u201cCanadian Fire Underwriters Association\u201d.A.-A.MONDOU, N.P.J.MARCHAND Président 7 Sec.-Trés.et Gérant-Général Nous invitons les Institutions religieuses et les Fabriques à demander notre tarif spécial. in lig i, Ms Say, leg = Th Big \u201cur, 1 J [ Tl jacques: it~! Société EDMOND- J.MASSICOTTE La plus importante librairie et papeterie française du Canada.Fondée en 1885.LIVRES RELIGIEUX CLASSIQUES FRANÇAIS CANADIENS FOURNITURES DE CLASSES DE BUREAUX DE DESSIN ARTICLES RELIGIEUX ET DE FANTAISIB PAPIERS PEINTS TAPISSERIES À GRANGER FRÈRES Piace d\u2019Armes et Notre-Dame O., MONTREAL Q LPO TN EONAR] A ATV Le i RA PE AA J TE AVE CBO ARI PTE UE ROOT, Canadiens français Mais en plein centre canadien-français, que vous soyez artisan ou millionnaire, nous pouvons meubler complètement votre maison.Notre magasin est le plus grand du genre dans tout l\u2019est du Canada, et la MAISON N.-G.VALIQUETTE est une maison canadienne-française.Si vous le désirez, nous vous ferons des termes faciles qui n\u2019épuiseront pas votre bourse.A NOS SALONS \u201cPATHÉ\u201d Nous avons tou- ainsi qu\u2019un assor- jours en magasin 30,000 disques \u201cPathé\u201d timent complet de PATHEPHONES de $60 a $1200 Nos salons Pathé sont & votre disposition.Venez y entendre les grands artistes de l\u2019Opéra et de l\u2019Opéra Comique de Paris.Comparez le Pathé aux autres phonographes.Jugez-le au mérite.PAPAS, vous devez à votre famille de la distraire: apportez un Pathéphone et un opéra complet à la campagne.\u2018 NAIA, a = lll A CARED = nh PA pou} TI moment HA ll an Yarcve Désosès = ET Mim 10 sous le cahier; $1.00 la boite de 12 cahiers.En vente dans toutes les pharmacies, librairies, ete.LA COMPAGNIE DE MUSIQUE \u201cCHAMPION\u201d Instruments de Musique de toutes sortes, Musique en Feuille, Machines a Coudre, ete.\u2014 Au comptant ou a crédit \u2014 Réparation de Gramophones, Pianos, Vicions, Mandolines, Etc.764, SAINTE-CATHERINE EST, près Panet Tél.Est 5340 MONTRÉAL ARAN MWRAXS E ass emp on Protégez-vous contre la Grippe et ses complications et assurez- vous une santé florissant en prenant tous les matins un verre .d'Eau Purgative \u201cRIGA\u201d le remède populaire de la Constipation parce qu\u2019il agit sûrement, : sans coliqnes ni nausées.SOCIETE DES EAUX PURGATIVES RIGA, 40, rue Plessis, Montréal.N.B.\u2014Cartes a marquer pour:euchre (tally) gratis sur demande, mi, Ve wi Sirs sigez avec Siege Socials MONTREAL Son SURPLUS à la même date était de $8 027 378.Si vous recherchez une police d\u2019assurance de tout repos, tran- A.-J.LELIEVRE Marchand de fourrures 150, rue Saint-Denis TéL Est 3521 MONTREAL J'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai reçu les modes nouvelles pour la saison prochaine.Il est de votre intérêt de placer votre commande de bonne heure, afin d\u2019avoir un grand choix.Et voici le temps de songer à emmagasiner vos fourrures pour la saison d'\u2019été.' Espérant qu\u2019il vous plaira de m\u2019accorder vos commandes, je puis vous assurer qu\u2019elles recevront ma meilleure attention.ELLE À TRIOMPHÉ DE L'ÉPREUVE L'année 1918 a été la plus extraordinaire de toute l\u2019histoire des compagnies d\u2019assurance-vie.Aux réclamations accumulées par quatre longues années de guerre, sont venues s'ajouter celles causées par la terrible épidémie de grippe espagnole.Ces deux fléaux ont éprouvé l'existence de la COMPAGNIE D'ASSURANCE SUN LIFE DU CANADA, et elle en est sortie sonsciente plus que jamais de sa force et de sa solide organisation.A la fin de 1918, l\u2019'ACTIF de la SUN LIFE était de $97 620 378.LA COMPAGNIE D'ASSURANCE SUN LIFE DU CANADA T.-B.Macaulay, président Nouveautés Si vous êtes anxieux de trouver définitivement la solution du problème du coût élevé de la vie, achetez à notre établissement.Vous éprouverez un sentiment de légitime fierté et de satisfaction en magasinant ici, car chaque achat représente une économie sensible.Peu importe l\u2019article que vous désiriez, nous l\u2019avons à un prix économique.Les prix les plus bas prévalent en tout temps, cependant la qualité supérieure subsiste quand même.Nous voulons plaire, tous nos efforts tendent vers cet idéal.Malgré la rareté des tissus de toute sorte, notre assortiment ne le cède en rien à celui des années précédentes.Nous avons une grande variété d\u2019étoffes à robes et à costumes, soies et velours de tout genre et pour tous les goûts; doublures de toutes les couleurs, bref nous avons ce qu\u2019il vous faut.Visitez notre rayon de la mercerie, nous avons des valeurs qui sauront vous intéresser.L.-N.MESSIER MARCHAND DE NOUVEAUTES 847-849-851, AVE MONT-ROYAL EST Tél.Bell St-Louis 3460 TRIN KRN Canadiens français, Le temps n\u2019est plus, d\u2019un patriotisme de discours.Il nous faut maintenant un patriotisme d\u2019action.Savez-vous bien quelle action éminemment patriotique constitue la pratique constante de L'ÉCONOMIE ?Avez-vous songé qu\u2019en prenant l\u2019habitude de l\u2019éco- _ nomie, vous vous rendez service à vous-même ainsi qu\u2019à votre race?LA BANQUE D'EPARGNE de la Cité et du District de Montréal! vous invite cordialement à venir lui confier vos économies, quelque petites qu\u2019elles soient; elle vous réserve toujours le meilleur accueil et vous donne la sécurité la plus certaine.A.-P.LESPERANCE, Gérant général.vi RER ER RAA TM CRIE ROCREPE MOT POP REP) I td hit des shit: LA BANQUE D'HOCHELAGA Fondée en 1874 .$10,000,000 7,800,000 57,000,000 Capital autorisé .Capitai versé, Fonds de réserve Total de l\u2019actif .DIRECTEURS: MM.J.-A.Vaillancourt, président l'hon.F.-L.Béique, vice-président A.Turcotte, E.-H.Lemay, J.-M.Wilson, A.-A.Larocque, A.-W.Bonner, Beaudry Leman, gérant-général Yvon Lamarre, inspecteur SIEGE SOCIAL: 112, rue S.-Jacques, MONTREAL Bureau Principal: 95, rue S.-Jacques F.-G.Leduc, gérant 120 SUCCURSALES ET 85 AGENCES AU CANADA 42 BUREAUX DE QUARTIERS Tout dépôt D'UN DOLLAR ou plus ouvre un compte à la Banque, sur lequel est payé deux fois par année un intérêt au taux de 3% l\u2019an.La Banque émet des LETTRES DE CREDIT, CIRCULAIRES et MANDATS pour les voyageurs, \u2014 ouvre des CREDITS COMMERCIAUX, »\u2014 achète des TRAITES sur les pays étrangers, \u2014 vend des chèques et fait des PAIEMENTS TELEGRAPHIQUES sur les principales villes du monde, \u2014 prend un soin spécial des encaissements qui lui sont confiés, et fait remise promptement au plus bas taux du change.BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Constituée en corporation par le Parlement, en juillet 1909 Capital autorisé: $2,000,000.060 \u2014 Capital versé et surplus au 31 décembre 1916: $1,700,000.00 \u2014 Actif total: au-delà de $21,690 900.00 SIEGE CENTRAL: 7 et 9, place d\u2019Armes, Montréal, Canada CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION BUREAU DE CONTROLE Président: Sir Hormisdas LAPORTE, Les fonds où argonts qui sont con- | C,P., ex-maire de Montréal, de la fiés à cette Banque pour son Dépar- maison Laporte, Martin, Limitée, tement d'Epargne sont contrôlés par = gs RQ to dr tés été administrateur du Crédit Foncier Franco-Canadien.Vice-Président: M.W.F.Carsley, capitaliste.Tancrède Bienvenu, administrateur la Lake of the Woods Milling Os M.G.-M.Bosworth_ vice-président du Canadian Pacific Ocean Service Limited.L\u2019hon.Némèse Garneau, C.L., Québec, président da la Cie de Pulpe ds Chicoutimi.\u2019 M.L.-J.-O.Beauchemin, de la Librairie Beauchemin Ltée.M.Martial Chevalier, Directeur-gé- rant Crédit Foncier Franco-Cana- dien.un Comité de Censeurs, et les placements sont examinés mensuellement par les Messieurs qui composent ce comité, à savoir: Président: Sir ALEXANDRE LA- COSTE, C.R., Ex-juge en chef de ia Cour du Banc du Roi.Vice-Président: l'hon.Narcisse Péro- deau, N.P., ministre sans portefeuille du Gouvernement provincial, administrateur Montreal Light Heat & Power Co.M.S.-J.-B.Rolland, président de la Cie de Papier Rolland.84 bureaux dans les provinces de Québec, Ontario et Nouveau- Brunswick, Pour la commodité des travailieurs, etc, des dépôts de toute somme dopuis une piastre ($1.00) seront acceptés au département d'Epargne.Intérêt alloué: 3 p.c.sur dépôts d'Epargne.La Société Saint-Jean-Baptiste fait des affairos de banque avec cette ineti- tution.vu EEE RIRES ee MEd ; etre Otto A A MEM SECIS RAE A FE EEL attestant tir tite LEN Mat a rat AH EAL EE RR EE A EE A EA La Librairie Notre-Dame achéle au comptant et au maximum de leur valeur commerciale les livres, lots «le livres et bibliothèques.Nous nous rendons à domicile pour l'achat des bibliothèques et des lots de livres importants qui nous sont signalés.Librairie Notre-Dame Phone Main 7767 28, rue Notre-Dame ouest MONTREAL La Marque ALLIGATOR est pour le consommateur, la meilleure garantie de qualité et de valeur.Avant d\u2019acheter, assurez-vous si la marque se trouve .) sur vos harnais, malles, sacs de voyage, etc.LAMONTAGNE LIMITÉE 338, RUE NOTRE-DAME OUEST BLOC BALMORAL MONTREAL vui ET TE ITN LI TE FLITE UI TIE SLIT FETT HCI FETLT HTT OP i ¢ 3 ee 1ère ANNHE \u2014 No 6 LA REVUE NATIONALE, MONTREAL JUIN 1919 L'ÉCOLE DU TERROIR L\u2019école du terroir n\u2019a pas rallié, autour de ses oeuvres, une sympathie générale.La louange n\u2019a pas été unanime qui a accueilli cet essai de littérature nationale.Plusieurs intellectuels l\u2019ont condamné de haut, avec une belle désinvolture dédaigneuse; d\u2019autres se sont tus en public, mais leur antipathie secrète était éloquente.Surtout, dans beaucoup de milieux, on attribue aux chefs et aux partisans de l\u2019école, des desseins, des idées, une étroitesse d\u2019esprit et une absence de sens artistique qu\u2019il serait bien difficile de prouver.Pourquoi les livres et les contes du terroir ont-ils eu tant de succès?La réponse est simple; elle est la réponse ordinaire à ces sortes de questions: parce qu\u2019ils le méritaient.C\u2019est un titre important à l\u2019estime.Chez nous et Les Ra- porllages sont, sans doute, les deux livres les mieux écrits de notre littérature.Les poésies de Blanche Lamontagne ont une moindre valeur: on y trouve encore trop les traces de poètes qu\u2019elle a lus attentivement.Quant au livre de Michelle Leormant, Autour de la maison, il a cette simplicité émouvante du style qui dresse les choses devant nous sans les voiler, raconte de jolies scènes charmantes sans les interpréter, et laisse les choses et les scènes dégager, toutes seules, leurs émotions troublantes.Je dis \u2018\u2018troublantes\u2019\u2019 et c\u2019est ce que ne comprennent pas les adversaires de l\u2019école du terroir.L\u2019heure des vaches, le chant du ber, la Grise, tant cela ne leur dit absolument rien.Peut-on faire un choix de sujets plus trivial?Aussitôt, ils concluent au défaut total de sens artistique, à l\u2019ignorance de la littérature française et contemporaine, à une toguade d\u2019es- ET ER EE ir ONE SE es ae AE 214 © LA REVUE NATIONALE prit borné.Ils ne sont pas éloignés de nous croire un groupe d\u2019imbéciles qui se sont dit, une fois pour toutes, que la littérature du terroir est ce qu\u2019il faut admirer et qui, effectivement, se pâment d\u2019admiration, bouche bée, devant la moindre de ses productions; nous avons des oeillières pour ne rien voir, ne rien regarder en dehors de la sacro-sainte école du terroir.Il ne leur est pas venu à l\u2019idée que ces hommes ont pu lire comme eux et admirer comme eux Barrès, Rodenbach et Verlaine, Leconte de Lisle, Maupassant et Flaubert, les classiques, les romantiques, les parnassiens, les naturalistes et les symbolistes, les auteurs que l\u2019on comprend et ceux que l\u2019on ne comprend ; ils ne croiraient pas que ces mêmes hommes ont pu aimer les romans de Gabriel d\u2019Annunzio, avec leur atmosphère ardente et artistique et les romans de Tolstoï avec leur magnifique réalisme psychologique ; ils n\u2019admettent pas qu\u2019après cette aventure immense à travers toutes les littératures, ce qu\u2019ils ont choisi et ce qu\u2019ils aiment le mieux, ce sont nos petits livres du terroir.Le phénomène est simple.L\u2019expliquer c\u2019est dire en même temps pourquoi notre race a aimé ces contes.La plus grande partie de notre population est d\u2019origine paysanne.La nature canadienne l\u2019a formée par ses influences subtiles, dans son enfance, à l\u2019âge où la sensibilité emmagasine des impressions sans nombre sans que l\u2019intelligence les comprenne.Et ces récits du terroir, atteignant au plus profond de son être, ces nappes de sensations accumulées, les remue et les agite.Ils sont chargés de souvenirs, de sens et de choses.Rien de très naturel ensuite si l\u2019émotion subie est plus intime, plus profonde et plus aiguë, si elle fait vibrer l\u2019homme tout entier et sait parvenir à la source des larmes.Rodenbach, sur les pavés de Paris, se rappelait Bruges qui l\u2019avait ému longtemps dans son enfance, et des vers incomparables germaient dans son âme.D'ailleurs, pour moi, qu\u2019on comprenne ce probième ou qu\u2019on ne le comprenne pas, je ne saurais me priver de cette jouissance malgré l\u2019ironie transcendante de nos mandarins des lettres. ie L\u2019ECOLE DU TERROIR 215 Il était naturel que ceux qui aimaient tant cette littérature essaient de la propager, de lui donner de la permanence en la faisant pratiquer aux adolescents dans les concours.Ce sont la des moyens légitimes de faire triompher leurs préférences.D\u2019autant plus que c\u2019est là le moyen par excellence de faire l\u2019éducation de la race; par les seuls livres qu\u2019elle aime et qu\u2019elle puisse lire on lui inculque des sentiments nobles, du goût, le sens artistique.Est-ce à dire que l\u2019école du terroir a monopolisé le succès, que ses partisans sont chauvins, qu\u2019ils excluent aveuglement toutes les autres productions littéraires.Mais pas du tout.Les contes du terroir sont nécessairement les ouvrages qui seront le plus lus; notre public est très restreint, et comme je l\u2019ai dit, il lit ce qu\u2019il comprend.Ce n\u2019est ni notre faute, ni la faute de personne.Que si on publie des livres qui contredisent nos théories, nous sommes prêts à les admirer,\u2014s\u2019ils sont admirables.Qu\u2019une autre école s\u2019organise, qu\u2019elle lance ses idées, ses initiatives, et nous sommes prêts à les étudier, à reviser les nôtres si elle nous convainc.Mais on ne nous convaincra pas avec des boutades ! Peut-étre objectera-t-on ici le livre de M.Paul Morin, Le Poan d\u2019émail.A-t-il eu le succès qu\u2019il méritait?Il y a dans ces poésies un charme étrange, des sentiments rares, des paysages minutieusement ciselés, avec une atmosphère de féerie légère et délicate.Mais rien ne coupe plus l\u2019émotion que d\u2019être obligé d\u2019attendre à demain pour chercher la signification d\u2019un mot dans un dictionnaire spécial qu\u2019on n\u2019a pas chez soi.En tout cas le livre n\u2019est pas de première valeur; on peut trouver mieux chez la comtesse de Noailles qui n\u2019est pas elle-même un écrivain de premier ordre.Il était entendu d\u2019avance que le livre n\u2019aurait pas de succès chez nous parce qu\u2019il ne convenait pas au public, qu\u2019il n\u2019était pas original et de valeur supérieure.Les partisans de l\u2019école du terroir n\u2019ont pas ce meurtre sur la conscience. 216 LA REVUE NATIONALE TI] y a de nos adversaires qui ont eu l\u2019obligeance de nous | préct dire que le conte, la poésie du terroir n\u2019était qu\u2019un genre; [ = ils nous ont avertis de ne pas enfermer dans cette formule tou- gat te la littérature canadienne.Mais est-il un partisan, un chef gs de l\u2019école du terroir qui ait prétendu le contraire?Nous sa- jupe vons qu\u2019il y a beaucoup de citadins qui ne peuvent goûter ces et récits agrestes et que les écrivains nés dans les villes ne peu- EE vent en faire sans beaucoup de travail et sans effort.Nous J ino savons que le roman, la poésie, la nouvelle ne s\u2019enferment pas \u20ac wi dans ces seules limites.La psychologie simple du cultivateur lo ne peut longtemps fournir matière au drame, et n\u2019offre pas fring cette complication des passions qui permet une étude pro- Ltn fonde du coeur.Cependant le régionalisme en France a pro- le duit des oeuvres de tres grande valeur, des chefs-d\u2019oeuvre pl même, et l\u2019école du terroir qui est à peu près la même chose, NG sous un autre nom, peut tenter la méme aventure, sans que EF personne ait à réclamer.1 fn Une formule plus large a été suggérée qui embarrasse- | be rait l\u2019école du terroir, qui serait une discipline sans être un 3 ti éteignoir.Une littérature canadienne-française, distincte de la littérature française est possible.Tout en se servant des mêmes moyens, les Italiens, les Français, les Hollandais n\u2019ont- ils pas eu des écoles bien différentes de peinture?Que si | l\u2019on fait des récits de voyage, des romans ou de la poésie I exotique, nous ayons au moins le plaisir de sentir vibrer une sensibilité canadiznne-francaise, que nous ayons la joie de i retrouver des idées canadiennes-françaises, comme Paul Bourget qui étudiait la psychologie de son temps dans les poèmes de Leconte de Lisle.Beaucoup de Canadiens ont à la surface de leur âme comme une autre âme livresque et superficielle que les lectures françaises leur ont formée.Il s\u2019agit de pénétrer au fond de nous-mêmes pour y retrouver notre âme nationale, de faire les lectures qui la développeront et la mettront à nu.Ni notre intelligence, ni notre sensibilité n\u2019atteignent, d\u2019un premier élan, leur objet: elles procèdent lentement.Si FR TTR Toy ly ve i qe A qi 2 de des (ii Ésie ne 0 Pal L\u2019ECOLE DU TERROIR 217 la même émotion, la même observation nous frappe longtemps, au même endroit, nous en prenons conscience.Pour cette raison nous comprenons et nous sentons mieux les choses qui nous sont le plus voisines.C\u2019est la seule voie pour atteindre à la profondeur de sentiment, à la profondeur de pensée sans lesquelles on ne fait pas de grands livres, ni de livres qui demeurent.La magie des mots ne remplace jamais le pathétique des situations, l\u2019intensité de l\u2019émotion poétique, la beauté des belles-idées ordonnées et claires.Toutes les raisons qui demandent la vérité et la vie en littérature, toutes les raisons qui demandent l\u2019observation de la nature, des scènes ou des âmes, demandent aussi le nationalisme littéraire.Vérité subjective, notre âme profonde et originale, vérité obertive, vision juste de tout ce qui n\u2019est pas nous, voilà ce que nous demandons à nos écrivains.Et si on rejette la doctrine parce qu\u2019elle porte le nom d\u2019un système politique, la discussion tombe.Ce ne sera pas la première fois, depuis le bon chevalier Don Quichotte, de drôlatique mémoire, que l\u2019on se sera attaqué à des moulins à vent.Léo-Paul DESROSIERS HRSA EAE DEP SA A PEM MEO REA LEA ES PIONNIERS DE LA FOI PIONNIERS DU SOL 3 Qui n\u2019a salué un crépuscule de juin dans la baie de Co- a cagne?Une myriade de pêcheurs d\u2019huîtres retirent alors leurs longues perches du fond sablonneux de l\u2019estuaire, et les barques, ployant sous leur précieux fardeau, avancent lentement vers les cavernes naturelles de la plage.Cette grève poissonneuse du détroit de Northumberland qui encercle l\u2019Île Saint-Jean, rebaptisée sous le nom d\u2019ile du Prince-Edouard, a été sillonnée par les pionniers de la foi au Canada français.Mgr de Laval ne s\u2019y arrêta guère, car on ne signale son passage qu\u2019à Percé, lors de sa venue au pays,! mais son zélé successeur, Mgr de Saint-Valier, les = parcourut deux fois.Dans un premier voyage en 1686, il passa trois mois à visiter les centres français de Miramichi, Richibouctou, Shédiac, Beaubassin, les Mines et enfin Port Royal, \u201cpréchant, confessant, administrant les sacrements, avec un zèle vraiment héroïque, heureux de trouver partout tant d\u2019esprit chrétien, tant de bonne volonté, tant de désir du ciel,\u201d nous relatent les documents d\u2019alors.Outre ces postes francais, le digne évéque s\u2019occupa des missions sauvages, où il trouva de vrais apôtres.\u201cIl y en a, dit-il, qui, après avoir été en hiver commencer leurs chasses par les bêtes vont les terminer par les hommes dans des cabanes sy 3 fii: .à aa 4 1 i Y.iroquoises pour gagner à Dieu des âmes.En 1689, Mgr de Saint-Valier fit une deuxième visite, i A \u2018accompagné des deux récollets Sixte le Tac et Joseph Denis, big | ce dernier d\u2019origine canadienne, et de deux ou trois prêtres | Gp - 2, N * Abbé A.-H.Gosselin, L\u2019Eglise du Canada, t.1, p.37.1 \u2014 i loc.cit.: .3 loc.cit.J 4 loc.cit. 8 (4 alin tq \\cent site is, tres PIONNIERS DE LA FOI 219 séculiers.A Port-Royal, il y laissa une relique de saint Paul, apôtre des gentils.Tels sont les rares vestiges des passages d\u2019évêque français en Acadie avant la dispersion.L\u2019abbé Auguste Gosselin signale le fait qu'après Mgr de Saint-Valier, les évêques de Québec \u2018\u201cadministrèrent l\u2019Acadie par leurs grands-vicaires; en 1802, Mgr Denaut tenta d\u2019y aller, rmais lui non plus ne put mettre son projet à exécution.\u201d Nous avons voulu, dans ces lignes, remettre en lumière certains faits qui s\u2019appuient sur une documentation inédite.Le lundi 26 septembre 1803, Mgr Pierre Denaut arrive à Memramcouk d\u2019où il part le ler octobre.I! avait commencé sa visite pastorale à Longueuil et s\u2019était dirigé vers Boston; de là à la Pointe-de-l\u2019Egiise, Halifax, Arichat, Pic- tou, enfin Tracastie et Richibouctou.® Il contourna donc la Nouvelle-Ecosse, remonta vers le nord pour se rendre a Richibouctou, en arrétant à Memramcouk.L\u2019évêque profita de son séjour à ce dernier endroit pour y établir des archives paroissiales, ordonner des réparations urgentes et nommer l\u2019abbé Ciquard \u201cmissionnaire à Memramkouk.\u201d Ce dernier était Français d\u2019origine.\u2019 Fait prisonnier par Haldimand, envoyé en Angleterre, puis rendu à la liberté il retourna en France, d\u2019où il fut chassé par la Révolution.De là, il se rendit en Louisiane, à Frédéricton et enfin à Québec.Depuis 1797, il desservait la rivière Saint-Jean.Ce pionnier de la foi écrivait en cette occasion : \u201d \u201cL\u2019an mil huit cent trois, le vingt-six septembre, Mgr Pierre Denaut arriva à Memeramkouk et en partit le samedi premier octobre, après avoir confirmé, ordonné de finir le presbytère, de mettre l\u2019église à l\u2019abri du vent et de la pluie, de faire une grange et une étable à la demande et à l\u2019usage du prêtre, de donner le terrain de l\u2019église et d\u2019ouvrir des archives.\u201d 5 Ph-F, Bourgeois, c.s.c., Vie de l\u2019abbé Larrance.6 loc.cit.7 Archives de Memramcouk. 220 LA REVUE NATIONALE Neuf ans plus tard, Mgr Octave Plessis fit le même trajet.Le 12 mai 1812, l\u2019antique tourelle de la cathédrale de Québec carillonnait le départ de l\u2019évêque-missionnaire.Accompagné des abbés McGuire et Beaubien, le vaillant apôtre descendait la Côte-de-la-Montagne et traversait à Lé- vis, en chaloupe.Une voiture le conduisit à Kamouraska d\u2019où la petit goélette l\u2019 \u2018Angélique\u2019 commandée par le capitaine Dugas et conduite par deux matelots reçut le brillant voyageur; et l\u2019on fila vers Percé.S À ce dernier endroit, l\u2019abbé Painchaud, fondateur du collège Sainte-Anne-de-la- Pocatière, rejoignit le groupe de missionnaires.On visita la côte du Nouveau-Brunswick, depuis Tracadie jusqu\u2019à Shédiac.Nigoucek, Bartobay, Miramichi et Richibouctou eurent l\u2019honneur de recevoir ces hôtes distingués\u201d Le trajet, selon l\u2019habitude d\u2019alors, se fit par eau.Les forêts denses ne permettant guère l\u2019ouverture de rares voies coloniales.Une route d\u2019hiver existait sans doute de Québec à Shédiac,\u201d mais elle était balisée sur les glaces, par le portage du Témiscouata,\u201d la rivière Saint-Jean et le Pétitcodiac.Le 28 juin 1812, Mgr Plessis et sa suite arrivaient à Shédiac, site actuel de l\u2019église-mère de la Grande-Digue.\u201d Qu'elle dut être impressionnante cette arrivée de l\u2019évêque- missionnaire sur les plages acadiennes, en ces temps de renaissance religieuse et nationale! Au loin l\u2019embarcation de Sa Grandeur se balançait sur les flots cadencés du détroit.La mer, en ces jours calmes de juin, gonfle ses vagues qui déferlent sur les galets de la plage ou se perdent dans l\u2019anse de la baie.Sur la plage, les pionniers du sol saluent Monseigneur l\u2019évêque et s\u2019agenouillent sous sa main bénissante.Certains noms d\u2019alors, tels que celui de Bellefontaine, immor- 8 Ph.-F.Bourgeois, ¢.s.c., loc.cit.9 N.-G.Dionne, Vie de C.-F.Painchaud.v Rameau de Saint-Père, Une colonie féodale.11 Fr.Marie-Victorin, Mémoires de la Société Royale, série III, t.TITI.12 Archives de la Grande-Digue, N.B. ag 2 tr le Uy ally gy ! 8 i\u201d ot {ose Tish qui Ucton rs Cole ee à tags { PIONNIERS DE LA FOI 221 talisé par Longfellow, ont disparu de la vieille paroisse de la Grande-Digue * comme de celle de Memramcouk,* mais les Haché (premier habitant de l\u2019endroit), les Babineau, les Doiron, les Hébert, les LeBlanc, les Léger, les Melancon, les Poirier,\u2019 les vingt-trois confirmés de ce jour méniorable dans les annales du détroit, continuent par les gestes de leurs descendants les traditions de foi et les dons divins semés dans leur âme par l\u2019illustre évêque du Canada fran- cals.Ce débarquement de missionnaires en terre acadienne était une scène coutumière, en ces jours où l\u2019héroïsme présidait aux cérémonies du culte.Depuis dix ans, le village de Gédaïc recevait cette bénédiction périodique des pionniers de la foi.L\u2019abbé Antoine Bédard, premier prêtre résidant à la mission Saint-Antoine à Richibouctou, qui desservait les établissements échelonnés depuis la baie des Vents jusqu\u2019à la baie Verte,!° y déposa les premiers registres le neuf novembre 1800.Il revint de 1800 à 1805, tous les trois mois, visiter ses ouailles et leur donner les secours de la religion.Janvier, mars, juin et novembre coïncidaient avec son retour.\u201d L\u2019abbé Charles Genest suivit les mêmes traces en 1805 et 1806.A l\u2019arrivée de l\u2019évêque, l\u2019abbé Antoine Gagnon desservait ce poste qui lui était confié depuis 1810.Le 30 juin, l\u2019on quittait Shédiac pour l\u2019Île Saint-Jean.La population était alors sous le coup d\u2019un vif émoi.\u201d Depuis six ans, dans les chapelles acadiennes de l\u2019île, une voix tantôt chantante, tantôt soupirante, hantait le lieu saint.Il était d\u2019usage alors de chanter les litanies du S.N.de Jésus à la grand\u2019messe.La voix mystérieuse couvrait celle des chantres à la stupéfaction de tous.Cependant, tous ne ' Archives de la Grande-Digue.14 Archives de Memramcouk.15 Archives de la Grande Digue.16 Joc.cit.17 loc.cit.18 Ph.-F.Bourgeois, loc.cit. 229 LA REVUE NATIONALE l\u2019entendaient pas: capricieuse et variable, elle avait ses auditeurs et ses temples préférés.Cent personnes, dit-on, l\u2019entendirent à Rustiro.Sa Grandeur arrivait au moment psychologique.Soit par respect pour le grand évêque, soit qu\u2019elle fût exténuée de fatigues après six ans d\u2019exercice, malgré la voix mâle de l\u2019abbé Painchaud qui aurait dû la stimuler, personne de la suite épiscopale n\u2019entendit ce revenant qui tomba dans l\u2019oubli.!° A son retour de l\u2019Île Saint-Jean, Mgr Plessis se dirigea vers Memramcouk.Il atterrit à Shédiac où l\u2019on s\u2019était porté au devant de l\u2019évêque-apôtre.Les routes n\u2019existaient guère en ces temps de renaissance nationale.En hiver, on circulait sur la glace.En été, il fallait bien se rendre à la mer pour la pêche.Un cheval, sans voiture, se frayait un chemin à travers les broussailles.\u201d Deux sacs installés aux côtés de la monture et retenus par une corde remplaçaient le véhicule, et ainsi on se traçait un chemin à travers ia forêt vierge.Cet arrêt de Mgr Plessis sur la plage acadienne émut i la population.Un tel personnage méritait certes une voiture.On en construisit une dans ce but.Il y avait alors les voitures \u201cà sucre\u201d dont on se servait pour transporter a l\u2019eau de sucre, au printemps.Une longue traîne sauvage, E terminée par une planche horizontale, perpendiculaire à th l\u2019axe de la voiture, terminait l\u2019installation.Deux chevaux menaient Sa Grandeur.Des barres tenues par quatre HE hommes a pied empéchaient cette voiture primitive de basculer.A Scoudouc, en pleine forêt, on s\u2019arrête chez un certain ; Melancon.Certes, l\u2019attelage suait, soufflait, était rendu.| ; On arriva enfin au presbytère de Memramcouk, où la population, ivre de joie, fit une ovation au prélat.19 N.-G.Dionne, loc.cit.» Traditions rurales fournies par M.Marc Bourgeois, vénérable octogénaire de Saint-Joseph, N.B.TTT FOF REI NIN em nt PIONNIERS DE LA FOI 223 A son arrivée, Mgr Plessis trouva une petite chapelle temporaire.Depuis incendie de l\u2019église du chemin de la Montagne, en 1796, il avait fallu se contenter d\u2019un temple provisoire.En 1803, Mgr Denaut, disions-nous, y avait ordonné des réparations urgentes.De graves questions requéraient l\u2019intervention de l\u2019Evêque.La discipline d\u2019alors rappelait celle des temps primitifs.Le règlement de 1808 le prouve à l\u2019évidence.\u201d L\u2019abbé Ciquard, après avoir prié devant le Saint Sacrement, promulgua l\u2019abolition des noces.Seuls les parents, un ami du marié et une amie de la mariée étaient permis d\u2019assister à l\u2019intimité des réjouissances.Si quelqu\u2019un s\u2019avisait d\u2019enfreindre cette direction et que la chose füt connue à temps, le mariage avait lieu au portique de l\u2019église.Il en fut ainsi de la danse, des \u201cfrolis\u201d d\u2019alors.Tout réfractaire à cet arrêt disciplinaire était excommunié pour un ou deux ans selon la gravité du cas.L\u2019usage de boisson enivrante, le dimanche, avait le même sort.Les jeunes gens coupables de cette faute étaient mariés non à la balustrade mais au milieu de l\u2019église.De même, les retardataires de mauvaise foi dans le paiement de la dîme n\u2019étaient pas admis au devoir pascal.Enfin on était sous l\u2019impression du vol du 5 mars 1811.Le curé s\u2019étant rendu à Gédaïque en revint le 9, qui était un samedi.Il trouva la porte du presbytère entr\u2019ouverte.La tempête de la nuit précédente l\u2019aurait enfoncée, crut-il d\u2019abord.Mais grande devint son émotion à son entrée.Les meubles en désarroi, le coffre-fort (il avait coûté $26) ouvrait une bouche béante vide de contenu.L\u2019or, l\u2019argent, voire même un jambon frais boucané et un pain de suif de boeuf: tout avait été profané.\u201cQue s\u2019était-il passé?La voix mystérieuse de l\u2019Île Saint- Jean se serait-elle métamorphosée en un vilain chat?Les circonstances semblèrent le prouver car le lendemain, le 1 Archives de Memramcouk. chia: abt 224 LA REVUE NATIONALE malencontreux jambon, une plaie béante au côté, gisait près de la cuisine.Sur ces entrefaites, les limiers de Sa Majesté arrêtèrent deux physionomies suspectes.Mais, & complication! le lendemain, les sous d\u2019or et d\u2019argent, à l\u2019exemple du jambon, émergeaient d\u2019un sac de toile à demi-couvert par une neige fondante.Seul le pain de suif manquait à l\u2019appel.On courut chercher quatre témoins en la présence desquels on écarta soigneusement la neige, puis on remit le tout en lieu sûr.Deux jours plus tard, cinq policiers firent une enquête: on compta les sous en leur présence, rien ne manquait.Des accusés, l\u2019un fut absous et l\u2019autre eut 39 coups de fouet.Mgr Plessis, par mesure de prudence, décréta qu\u2019à l\u2019avenir le coffre-fort, solidement cadenassé, aurait trois serrures différentes: monsieur le curé aurait une clef, les marguilliers les deux autres.Ces complications eurent-elles du retentissement dans le monde d\u2019alors?Nous ne saurions l\u2019affirmer.Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019abbé Ciquard quittait Memramcouk le 7 septembre suivant.Nous le retrouvons curé à Saint-François-du-Lac.En 1815, il se retire à Saint-Sulpice, où il décède le 28 septembre 1824, à l\u2019âge de 70 ans.Avant de s\u2019en retourner, Mgr Plessis émit le mandement suivant.Vu sa valeur historique, nous le reproduisons in extenso : Joseph-Octave Plessis, par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique évêque de Québec, etc, etc, après avoir pris sur les lieux connaissance de l\u2019état actuel de la parcisse et dépendance de Memramkook avons réglé et ordonné ce qui suit: 1° il sera fait au plus tôt trois grilles, dont deux pour être placées aux extrémités du balustre et la troisième au presbytère pour y entendre les confessions d\u2019hyver, jusqu'à ce qu\u2019il y ait une sacristie.2° on fera venir de Québec une lampe pour être tenue allumée devant le S.Sacrement, de plus un tabernacle, deux surplis pour prêtres, quatre pour enfants de choeur, deux aubes, six purificatoires, quatre amicts, six lavabos, assez de toile pour allonger les grandes nappes d\u2019autel en sorte qu\u2019elles pendent jusqu\u2019à terre. our nt PIONNIERS DE LA FOI 225 3° 1a fabrique payera dix-huit piastres pour le montant qu\u2019elle n\u2019a eu jusqu'ici que par emprunt et rendra le grand missel qui appartient à la mission de la rivière St-Jean.4° nul paroissien n\u2019entrera désormais dans le presbytère à moins qu\u2019il n\u2019ait affaire au missionnaire.L'ancien presbytère sera nettoyé et réparé pour servir aux habitants et sera chauffé à même le bois que les parcissiens continueront de fournir aux missionnaires.5° la fabrique payera les frais du voyage de la personne du missionnaire à venir et les paroissiens iront chercher les effets à Gédaïque.6° A l\u2019avenir les habitants établis de l\u2019autre côté de la rivière de Memramkook ne seront plus obligés d\u2019apporter leur dixme au presbytère, mais le déposeront chez Joseph Dupuy, après y avoir fait un magasin ou hangard pour recevoir le grain et une cave pour les patates, et le dit Joseph Dupuy tiendra un état de la recette de la dt dixme et en rendra compte au missionnaire.7° dans trois ans, et même plus tôt, si le procès pendant entre les seigneurs et les habitants du lieu finit avant cette époque, les habitans de cette paroisse entreprendront une nouvelle église longue de 72 pieds et large de 36 sur la place qui leur sera désignée par le missionnaire d\u2019aiors.8° la fabrique se pourvoira d\u2019une nouvelle cloche d'ici à un an.9° Aussitôt que les habitants de Peticodiac auront achevé leur chapeile qui sera mise sous l\u2019invocation de S.Anselme, le missionnaire pourra y passer cinq à six jours au printemps pour faire faire la communion pascale aux personnes infirmes.10° il pourra également donner huit à dix jours le printemps et l\u2019automne à la mission de Menoudi, pourvu que les - habitans de cet endroit soient fidèles à payer la dixme.Sera la présente ordonnance lue et publiée dimanche prochain, au prône de la messe paroissiale ou dans une assemblée des habitans.Donné à S.Thomas de Memramkook, dans le cours de nos visites, le vingt août mil huit cent douze.{ J.-0., Ev.de Québec.Ce mandement était signé un demi-siècle après la dispersion, dans un des centres séculaires de la race fran- çcaise en Acadie.De l\u2019âÂme du grand évêque jaillit, dans ces lignes, le sens du culte catholique: l\u2019observance des rubriques, le zèle du salut des âmes, le soin de l\u2019administration matérielle.Ces pages témoignent de la maternelle sollicitude de l\u2019Eglise, qui stimule la foi de ses fils dans les solennelles assises des grands jours, comme elle l\u2019a toujours, couverte de son ombre protectrice dans les hameaux naissants des forêts vierges d\u2019Amérique.J.FISET, c.s.c.Memramcouk, 18 mai 1919. ADR LE HH Ee TR SE EEE CEL OI EP DE LA COGNEE A L\u2019EBAUCHOIR En 1865, Hippolyte Taine, enseignant la philosophie de l\u2019Art à la Sorbonne, formulait la thèse suivante: la faculté maîtresse qui domine le talent des artistes est déterminée par des influences géographiques: la race, le sol et le climat.Le comté d\u2019Arthabaska, dans la province de Québec, démontre jusqu\u2019à un certain point le bien-fondé de cette thèse.C\u2019est en effet sur ce coin de terre privilégié qu\u2019ont vu le jour, Philippe Hébert, Alfred Laliberté, Suzor-Côté, Adolphe Poisson, Henri d\u2019Arles et plusieurs autres personnalités de l\u2019art.Alfred Laliberté naquit à Sainte-Elisabeth, en 1878.A peine âgé de six ans, au moyen d\u2019un couteau de poche, il s\u2019amusait a sculpter des bouts de bois.C\u2019est dans l\u2019entourage de la ferme paternelle qu\u2019il chercha ses premiers suiets de sculpture.Doué d\u2019une faculté rare d\u2019observation, il parvint à représenter des animaux, des instruments aratoires, des types ruraux d\u2019une ressemblance et d\u2019un caractère étonnants.Vers les treize ans, son pere, cherchant avant tout le côté pratique de existence, 'installa dans un moulin à carde qu\u2019il possédait à Sainte-Sophie-d\u2019Halifax, dans le même comté.Il l\u2019employa également au travail de bûâcheron.Alfred avait six ans lorsque sa famille vint habiter ce dernier endroit.En dépit des durs travaux de la journée, le jeune Alfred passait ses soirées ainsi que les jours fériés à son passe-temps favorit, \u201cgosser\u201d des bouts de bois.Aux yeux de sa brave famille, c\u2019était là gaspiller un temps précieux qu\u2019il aurait pu employer à un travail plus rémunérateur, tel que de faire des sabots et des auges, ou bien encore à un repos bien | st = $% es DE LA COGNEE A L\u2019EBAUCHOIR 227 mérité.Tout incompris qu\u2019il était des siens, il n\u2019en continua pas moins à occuper ses loisirs comme il l\u2019entendait.Feu Napoléon Cormier, conseiller législatif, résidant alors à Plessisville, entendit parler du talent de son jeune compatriote.Un jour, ayant vu une statue de bois de six pieds de hauteur, représentant sir Wilfrid Laurier, il fut étonné de l\u2019exécution remarquable et de la ressemblance frappante.C\u2019était d\u2019Alfred Laliberté, âgé alors de dix-huit ans.Par les soins de Cormier, la statue fut apportée à l\u2019'Exposition provinciale de Québec.Un premier prix fut décerné à son auteur.Pour un évènement aussi important, que notre jeune artiste considérait comme les débuts de sa carrière, il se rendit à Québec.Des notables de la vieille capitale lri conseillèrent fortement d\u2019abandonner le moulin à carde et la cognée, pour venir suivre à Montréal les cours du soir de l\u2019Ecole des Arts et Manufactures.Leur conseil fut suivi.Laliberté fit alors son premier voyage en chemin de fer.Rendu dans la métropole, il s\u2019agissait pour lui de gagner son existence pendant la journée.Il parvint à se faire embaucher dans une maison de statuaire religieuse, à raison d\u2019une piastre et demie par semaine.On l\u2019employa à peindre les robes de bure des saint Antoine de Padoue, dévotion fort répandu alors dans la province.Après une couple de mois de ce travail qui n\u2019avait rien de commun avec l\u2019art, il pria son patron de lui donner au moins un supplément de cinquante sous par semaine, à cause des longues heures de travail qu\u2019il donnait consciencieusement à son ouvrage.Il n\u2019en reçut qu\u2019une rebuffade : \u201cVous n\u2019êtes bon qu\u2019à donner la première couche de peinture aux statues, et encore.Enfin si vous n\u2019êtes pas satisfait, prenez la porte.\u201d Après deux ans d\u2019un travail opiniâtre et de réels progrès, grâce à une souscription publique pas très considérable, Laliberté trouva l\u2019occasion d\u2019aller étudier à Paris.Reçu comme élève à l\u2019Ecole des Beaux-Arts, il lui fut désormais possible de développer son talent sous la direction du maître Thomas.| re Re ert OO em rE ERA TL Ba dia lee EE BY 228 LA REVUE NATIONALE Deux années plus tard, Péladan, celui dont la critique suffisait pour porter aux nues ou démolir une oeuvre d\u2019art et son auteur, faisant la critique du Salon, pouvait écrire dans la Revue Hebdomadaire cette appréciation: \u201cIl faut \u201cpréférer à toutes ces ambitieuses rêveries \u2014 et par ambi- \u201ctieuses rêveries, il entendait Dubois, Gasque, Lawrent, Per- \u201crin \u2014 le groupe vivant et vibrant de deux éphèbes Indiens \u2018tirant de l\u2019arc dans un mouvement simultané, d\u2019une sou- \u2018\u201c\u201cplesse étonnante.Cette jolie chose est signée LA LIBERTE.\u201cC\u2019est d\u2019un Canadien, et probablement d\u2019un Francais d\u2019ori- \u201coine.Un Laliberté a dû tirer sur les Anglais au temps de \u201cDupleix en qualité de sergent au régiment de Carignan.\u201cAccueillons le descendant; il s\u2019annonce brave artiste.\u201d Le jury du Salon des Artistes Français décerna une mention honorable au groupe de jeunes Indiens.Peu après, le gouvernement de notre pays, bien inspiré cette fois-là, en fit l\u2019acquisition pour le Musée National à Ottawa.Ainsi fut consacrée à ses débuts cette carrière prometteuse.À partir de ce moment, raconter la vie et le travail d\u2019Alfred Laliberté, c\u2019est faire l\u2019histoire des étapes successives qui l\u2019ont conduit au premier rang de nos gloires artistiques, celles dont on peut, à bon droit, avoir raison d\u2019être fier, celles dont les noms seuls suffisent pour détruire les arguments de nos détracteurs.A plusieurs reprises, le Salon de Paris exhibait les sculptures de Laliberté.Voici les principaux sujets exposés: \u201cGroupes de jeunes Indiens chassant\u201d dont il vient d\u2019être fait mention.\u201cLa Travailleuse canadienne\u201d, représentant une paysanne de notre province, portant à bout de bras un seau d\u2019eau.C\u2019est un peu plus grand que nature et, pour se servir d\u2019un paradoxe, nous dirons que c\u2019est d\u2019un réalisme idéalisé.C\u2019est la synthèse de la femme des champs.\u201cLa Feuille d\u2019Erable\u201d, \u2018allégorie d\u2019un agréable mysticisme, un tronc d\u2019arbre qui se termine par le haut en une belle tête d\u2019adolescente ; c\u2019est l\u2019image de la France ncuvelle.Le symbolisme et la couleur jouent un grand rôle dans cette dernière (ex ur i?qu giré as DE LA COGNEE A L\u2019EBAUCHOIR 229 composition.\u201cLe Scalpe\u201d, détail réaliste des luttes et des tortures qu\u2019eurent à souffrir les premiers colons, presque toujours en guerre contre les barbares de l\u2019époque; c\u2019est un sauvage qui maintient d\u2019une main la chevelure de son adversaire et de l\u2019autre lui découpe la peau de la tête.A son retour au pays, Laliberté exécuta à différentes reprises, pour la façade de l\u2019hôtel du Parlement de Québec les statues des PP.Marquette et Brébeuf, de l\u2019intendant Talon et de Lord Dorchester.La ville de Maisonneuve lui confie l\u2019érection d\u2019une fontaine qui orne la place publique, ainsi qu\u2019un groupe à l\u2019extérieur du bain municipal.Dans le salon du maire de Montréal, à l\u2019hôtel de ville, on peut voir trois bustes signés Laliberté, à savoir Jacques Viger, Peter McGill et le greffier Sexton.On remarquera au cimetière de la Côte-des-Neiges, un petit monument sans prétention, celui du fondateur des Artisans Candiens-Français, M.Archam- bault.Notre Musée National possède un marbre de Laliberté, \u201cLa Muse\u201d, et deux bronzes: \u201cJeunes Indiens chassant\u201d ainsi que le buste de Louvigny de Montigny.Un buste en marbre de sir Robert Borden figure avec avantage dans la chambre du Sénat.Il y a quelques mois à peine, la ville de Québec voyait l\u2019inauguration du monument à Louis Hébert, le premier colon canadien.L\u2019auteur a été véritablement inspiré en représentant Hébert dans un geste dégagé, offrant au Ciel la première gerbe de blé canadien.Il faut y admirer encore les deux groupes à la base du piédestal, madame Hé- bert et son gendre Couillard.Voici, bien incomplète, une énumération des seulptures exposées à différentes époques à Montréal, soit à l\u2019Académie Royale, soit à la Galerie des Arts: sujets ruraux, types de paysans canadiens-français: \u2018Le Bûcheron\u201d et la \u201cPioche\u201d, deux gaillards bien campés, où l\u2019on reconraît le prototype du défricheur, celui qui se fait une trouée dans le forêt vierge, et l\u2019autre dont le dur travail, après des années de persévérance, parvient à rendre fertile une terre qui n\u2019a jamais rien produit jusque-là.C\u2019est, en somme, l\u2019histoire de nos commen- tt tet CPR IEP FLO PC PEOUEE 230 LA REVUE NATIONALE 1 cements.\u201cLe Ber\u201d, charmante composition, symbolise une ; sur 5 mère canadienne penchée sur un berceau rustique où lui sou- { thie 3 rit son dernier né.C\u2019est le berceau d\u2019une race, plus tard, sa Cop revanche, que artiste a voulu rendre.\u201cLe Semeur\u201d, 2 | (ar la volée, dans un geste digne, ensemence la glèbe.\u201cLe Quê- ln teux\u201d personnifie bien le type du vieux mendiant, que nous Vis voyons dans nos campagnes; c\u2019est là le bon mendiant, celui + EE que le guignon a réduit à l\u2019indigence.Pour continuer la sé- | tu rie logique du bûcheron, du !laboureur, du semeur et du mois- El pi sônneur, Alfred Laliberté nous donne \u2018Le Lieur\u201d qui, genou en terre, lie une gerbe de blé.En visitant l'atelier rue Ll ak Sainte-Famille nous remarquons sur les étagéres une multi- ¥ Iie | | tude d\u2019esquisses en terre cuite, représentant des scènes \u201ce bars notre vie paysanne.Nous y voyons dans toute sa naïve sa- i veur \u201cLe Foulage de l\u2019étoffe\u201d, \u201cLe Flottage des billots\u201d, \u201cLa al Braye\u201d, \u201cLe Charron\u201d, \u201cLe Van\u201d, \u201cLe Fléau\u201d, \u201cLes Cardes\u201d, ow \u201cLe Madrier\u201d, \u201cLe Levier\u201d, \u201cLes Sucres\u201d et quantitée d\u2019au- | tres sujets qui sont autant de documents pour la reconstitu- | | tion future de notre histoire populaire, car la plupart de ces A petites industries \u2014 industries régionales ou domestiques \u2014 a sont maintenant disparues.Si nous passons aux groupes | pr des terres cuites, reproduisant les scènes de la vie familiale, 0 nous y retrouvons: \u201cLa Prière en commun\u201d, \u201cLa Galette de a sarrazin\u2019\u201d, \u201cLa Lessive\u201d, \u201cLa Jambette\u201d, \u201cTirer-au-renard\u201d, \u201cLe Rond-ventre\u201d, \u201cLe Violoneux\u201d, \u201cLa Gigue\u201d, \u201cL\u2019Eplu- chette\u201d, ete.La vie des champs en général est fort bien évoquée dans toute sa primitivité.Laliberté a également rendu en terres différentes allégories: \u201cLe Mal de vivre\u201d, \u201cL\u2019Abîme\u201d, \u201cLe Poids des Ans\u201d, \u2018Les Larmes\u201d, \u201cL\u2019Homme seul\u201d, | \u201cLa Sève\u201d, \u201cL\u2019Amour aveugle\u201d, \u201cLe Vaisseau d\u2019or\u201d, \u201cLa | Main toute-puissante\u201d, \u201cLes Ailes brisées\u201d, et encore.11 est difficile de faire ici une nomenclature complete des oeuvres; si nous nous en rapportons seulement aux esquisses, il y en a plus de deux cents.Pour compléter la série des principales sculptures, men- | tionnons les personnes dont le buste a été exécuté par notre | Rx AE BR ery CC Spt Lh YAR ER ai gtd Ai i TT IRRRIHHTY DE LA COGNEE À L'EBAUCHOIR 231 sculpteur: feu sir Wilfrid Laurier, le gouverneur Aram Po- thier, le sénateur Landry, Philippe Roy, feu Alphonse Nes- jardins, le critique d\u2019art Jean-Baptiste Lagacé, Alexandre Carli, Joseph Laliberté, son père, Marie Laliberté, sa mère, David Laliberté, son frère.Têtes historiques: Champlain, Maisonneuve, Dollard des Ormeaux, Louis Hébert, Marie Hé- bert, Guillaume Couillard, Evangéline, Louis-Hippolyte Lafontaine, Georges-Etienne Cartier, Mgr Labelle, Maximo Gomez, etc.Alfred Laliberté s\u2019est révélé excellent médailliste.C\u2019est à lui que nous devons les médailles de la Patrie, les prix annuels d'histoire nationale que la Saint-Jean-Baptiste décerne dans tous nos collèges classiques, récompense du Conseil des Arts et Manufactures, Deux cent soixante-quinzième anniversaire de la fondation de Montréal, Inauguration du monument Hébert et celle du Lieutenant-gouverneur de la province, sir Charles Fitzpatrick.Parmi les monuments, nous mentionnerons celui du Sa- cré-Coeur a Charlesbourg.Nous nous sommes réservé pour la fin de parler de I'oeuvre qui couronnera la carrière de I\u2019éminent sculpteur canadien: le monument a Dollard des Ormeaux, que nous verrons s\u2019ériger à Montréal, au printemps de 1920, deux cent soixante ans après le suprême exploit des héros du Long-Saut.Dollard par son geste héroïque défend la civilisation française au Nouveau-Monde.Celle qu\u2019il protège lui montre la Nouvelle-France, représentée par la tête d\u2019une jeune fille se détachant en haut-relief et qui semble lui dire: \u2018Ta bravoure et ta générosité ne seront pas vaines, de ton dévouement et Cle celui des tiens naîtra la France d\u2019Amérique.\u201d À l\u2019endroit même du combat, Carillon, on a vu s\u2019ériger le 24 mai dernier une stèle de granit surmontée d\u2019une tête de bronze, symbolisant le souvenir, et flanquée d\u2019un médaillon à l\u2019effigie de Dollard.C\u2019est également l\u2019oeuvre de Laliberté.Nous n\u2019avons pas Fintention de donner ici un jugement expert sur oeuvre de notre compatriote.D\u2019autres plus Ae ee Monte Asie 232 LA REVUE NATIONALE autorisés l\u2019ont déjà fait.Nous avons voulu rappeler d\u2019abord les dispositions naturelles du gamin de six ans et l\u2019opiniâtreté qu\u2019il mit à \u201cgosser\u201d des images de bois, en dépit de l\u2019apathie, des reproches, des vertes réprimandes des siens.\u201cAllons! pour voir si c\u2019est un métier de chrétien que de faire des statues!\u201d lui disait-on.Mais après les dures journées d\u2019abatage dans le massif, Alfred, plutôt que de jouir d\u2019un sommeil bien mérité, s\u2019acharne quand même à sa seulpture.Cependant, un homme de bien surgit, M.Cormier.C\u2019est à lui que nous devons indirectement l\u2019oeuvre de Laliberté.Nous rencontrons dans la suite le patron qui utilise les services de l\u2019artiste à raison d\u2019une piastre et demie par semaine et qui menace de le congédier, s\u2019il exige davantage.Mais ce qui tient du merveilleux, c\u2019est de réussir après deux ans, à se faire sacrer, à Paris, grand artiste, non seulement par le jury du Salon des Artistes Français, mais par Péladan, oui, Sâr Péladan, le pontife reconnu de l\u2019art.Voilà en résumé comment, de la cognée, un paysan canadien est passé à l\u2019ébauchoir.Emile VAILLANCOURT PRE RAN ERIN RR RN Err PRECEDENTS HISTORIQUES Il n\u2019y a rien de nouveau sous le soleil.Cet aphorisme semble doublement vrai en Angleterre, à cause du \u201cprécédent\u201d qui tient une place considérable dans l\u2019administration anglaise.Or, comme le Canada est pays anglais et que sa constitution est modelée sur celle du Royaume-Uni, le précédent joue un rôle analogue dans notre gouvernement.Il est donc convenable autant qu\u2019intéressant et instructif, lorsqu\u2019on étudie les annales politiques de notre pays, de faire des comparaisons ou même de simples rapprochements avec celles de l\u2019Angleterre.William Pitt mourut le 23 janvier 1806, à peine âgé de quarante-huit ans, après avoir été pendant vingt ans premier ministre.Georges III, après de vains efforts pour induire lord Hawkesbury à former un ministère, dut s\u2019adresser à lord Grenville.Celui-ci accepta la tâche, mais à condition d\u2019avoir les mains libres dans le choix de ses ministres.Ceci lui ayant été concédé par le roi \u2014 non sans difficultés il est vrai \u2014 il appela Charles James Fox, le brillant émule de Pitt, à faire partie du ministère en qualité de secrétaire d\u2019Etat pour les Affaires Etrangères et de leader dans la Chambre des Communes.C\u2019était une victoire éclatante pour l\u2019illustre Fox, que le roi détestait et qu\u2019il avait à plusieurs reprises tenu éloigné de l\u2019administration.On sait que Georges III ne se contentait pas de régner, il voulait aussi gouverner.Aussi il ne s\u2019entendait guère avec ses ministres qu\u2019il voulait conduire à sa guise.Le gouvernement responsable était encore chose indéterminée en Angleterre à cette époque, Whigs et Tories avaient des idées opposées sûr le sujet, mais l\u2019on s\u2019acheminait lentement et péniblement vers ce desideratum.8 it A Ral a A 234 LA REVUE NATIONALE.Dès son avènement au trône, Georges III voulut ébranler les partis et briser la ligue des grandes familles whig qui étaient fort puissantes.La volonté du monarque était forte et résolue, son courage grand, et son talent pour l\u2019intrigue considérable.Bien déterminé à rehausser la fonction royale, il ne perdit jamais de vue cet objet, durant son long règne.Mais il eut à lutter contre des hommes non moins résolus, non moins tenaces et imbus de saines notions de liberté et de gouvernement responsable, et soutenus par la masse du peuple anglais.Il devait donc inévitablement se produire, et N se produisit effectivement, de fréquents heurts d\u2019autorité.De 1782 à 1810, c\u2019est-à-dire durant vingt-huit ans, il n\u2019y eut pas moins de neuf administrations, dont la première de Pitt, qui dura dix-huit ans, ce qui ne laisse que dix ans pour les huit autres.Mais revenons à l\u2019administration de lord Grenville.À cause des hommes éminents qui la composaient, elle fut désignée sous le titre de Ministère de tous les talents.Voici les noms des membres de cette remarquable administration: lord Grenville, lord Henry Petty, le comte Fitzwilliam, le vicomte Sidmouth, Charles-James Fox, le comte Spencer, William Windham, le comte de Moira, sir Charles Grey, lord Minto, lord Auckland, lord Erskine, lord Ellenborough, Richard B.Sheridan, le comte de Derby, le général Fitzpatrick, le comte de Buckinghamshire, le comte Carysfort, le comte Temple, lord John Townshend, lord Charles Spencer, Arthur Piggot, Samuel Romilly et le duc de Bedford.Ce ministère extraordinaire n\u2019eut que peu de durée.Pour être exact, disons qu\u2019il vécut de janvier 1806 à mars 1807.La mort prématurée de Fox \u2014 il n\u2019avait que 57 ans \u2014 fut un rude coup porté à l\u2019administration et l\u2019affaiblit considérablement.Le ministère Grenville fut renvoyé par le roi pour avoir insisté sur son droit de présenter, quand il jugerait à propos, un bill pour le redressement de certains gricfs des catholiques anglais et irlandais.pil 188 {0 Jobs.the ar Wie gta frs Toe Ni ture ur Ce M be = PRECEDENTS HISTORIQUES 235 Tournons maintenant nos regards vers le Canada.En 1896, apres avoir été au pouvoir durant dix-huit ans, le parti conservateur, privé depuis cing ans de son illustre chef, sir John A.Macdonald, avait été défait aux élections du 23 juin.L\u2019honorable Wilfrid Laurier, chef de l\u2019opposition libérale, fut invité par lord Aberdeen, gouverneur général, à former un ministère.C\u2019était le huitième depuis la Confédération.Il se mit aussitôt à l\u2019oeuvre, et, se souvenant probablement de l\u2019intéressant fait historique cité plus haut, il voulut faire mieux.Il ne se contenta pas de tous les talents, il forma un ministère de premiers ministres! Ti appela dans son conseil les honorables sir Oliver Mowat qui avait, durant près d\u2019un quart de siècle (1872-1896), si habilement dirigé les destinées de l\u2019Ontario ; Louis Davies, durant trois ans (1876-1879) premier ministre de l\u2019Ile du Prince-Edouard; William S.Fielding qui tenait les rênes du pouvoir en Nouvelle-Ecosse depuis 1884 et Andrew-George Blair, pareillement à la tête de l\u2019administration du Nouveau-Brunswick depuis 1883.Sur les sept provinces formant alors le Dominion, il y en eut donc cinq qui furent représentées par des premiers ministres.Fait remarquable, qu\u2019il est bon de rappeler à nos amis de la \u2018race supérieure\u201d, le premier ministre canadien sut non seulement maintenir son prestige dans cette réunion de premiers ministres, mais il les surpassa tous; il fut la tête, l\u2019âme dirigeante, le maître incontesté, durant toute sa longue administration qui dura quinze années, et il continue encore, malgré son grand âge, d\u2019être le chef vénéré du parti qu\u2019il dirige depuis 1891 avec tant de tact, de dignité et de suprême habileté.Disons, en terminant, que le précédent créé par sir Wilfrid Laurier a été, depuis, suivi par le gouvernement britannique, en formant un conseil impérial composé de tous les premiers ministres des colonies autonomes de l\u2019Empire.Ottawa, décembre 1918.Francis-J.AUDET WILLIAM CHAPMAN L'OEUVRE Chapman fut un poète, mais un poète qui le devint à force de volonté, de travail et de métier.Il n\u2019était pas né poète, et c\u2019est pourquoi ses vers venaient plutôt de l\u2019élaboration de son cerveau que du bouillonnement de son coeur, de sa patience plutôt que de son inspiration.Après une longue période de tâtonnements, d\u2019exercices, d\u2019éxécutions difficiles, \u2014 tel un de ces élèves musiciens dont le talent s\u2019éveille tard, \u2014 il en vint à jouer \u2014 très bien parfois \u2014 de son instrument en partie maîtrisé.Mais même en ce moment (Les Aspirations) il y a encore bien des wotes fausses ou faibles, imparfaitement touchées ou tronquées, mal venues.Il y a de brusques chutes à côté de nobles et grandes envolées.Trop souvent il prend l\u2019amplification sonore pour l\u2019inspiration, la faculté de faire long \u2014 ou la patience \u2014 pour la force.C\u2019est pourquoi certaines pièces qui s\u2019annonçaient pleines de force et de grandeur, comme disait ab der Halden, s\u2019affaissent soudain ou à mesure qu\u2019elles s\u2019allongent, pour finir sur un ton de fatigue et de morotonie qui fait mal.Quel dommage, par exemple, que le poète se soit fait un point d\u2019honneur de faire très longues des pièces comme La statute de la liberté, Terre, Les Invincibles, A Crémazie, Le vingt-quatre juin, À Andrew Carnegie, Le missionnaire, et beaucoup d\u2019autres?Certes, tout n\u2019est pas mauvais là-dedans; on y trouve même de fort beaux vers.Mais combien je leur préfère les petits poèmes, les sonnets, par exemple, dont un ou deux valent presque certains de Hérédia lui-même.Celui-ci par exemple: A LA BRETAGNE Je n\u2019ai jamais foulé tes falaises hautaines, Je n'ai pas vu tes pins verser leurs larmes d\u2019or, Je n\u2019ai pas vu tes nefs balancer leurs antennes; Pourtant je te cheris, vieux pays de l\u2019Armor.- \"1 Is WILLIAM CHAPMAN 237 Je t'aime d\u2019un amour fort comme tes grands chênes, Vers lesquels bien souvent mon coeur prend son essor, Car sur nos bords, vois-tu, nous conservons encor Le sang pur qui gonfla si bien tes veines.Oui, je t'adore avec tous tes vieux souvenirs, Tes bruyères, tes joncs, ton granit, tes menhirs, Ton rivage farouche et peuplé de légendes.Et lorsque Floréal revient tout embaumer, Dans la brise de l\u2019est je crois, le soir, humer, Comme un vague parfum qui viendrait de tes landes.TI] y a bien dans ce sônnet, comme le faisait remarquer ab der Halden, quelque chose, quelques rimes qui rappellent un peu l\u2019éclatant tableau de Hérédia.Vous vous ranpelez ?Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, Fatigués de porter leurs misères hautaines, De Pallas, de Morguer, routiers et capitaines, Partaient, ivres d\u2019un rêve héroïque et brutal.Ils allaient conquérir le fabuleux métal Ce ee ee ee ee ee ee dans ses mines lointaines, Et les vents alizés inclinaient leurs antennes.On le voit, le sonnet de Chapman n\u2019a pas la splendeur, la perfection de celui-ci.Il n\u2019en a pas non plus les rimes éclatantes, la merveilleuse perspective, et rappelle trop, par te qu\u2019il a de meilleur, le bas-relief de Hérédia.Mais, perfection mise à part, ce sonnet est un des meilleurs qu\u2019il ait écrit, et, pour qui ne connaît pas celui du poète français, ne peut inspirer que de l\u2019admiration.En voici un autre qui, tout en n\u2019étant pas parfait non plus, n\u2019en offre pas moins une beauté robuste et saine: LE LABOUREUR Derrière deux grands boeufs ou deux lourds percherons, L'homme marche courbé dans le pré solitaire, Ses poignets musculeux rivés au mancherons De la eharrue ouvrant le ventre de la terre.| Au pied d\u2019un coteau vert noyé dans les rayons, Les yeux toujours fixés sur la glèbe si chère, Grisé du lourd parfum qu'exhale la jachère, Avec calme et lenteur il trace ses sillons.! RS E PES LES 238 LA REVUE NATIONALE Et, rêveur, quelquefois il ébauche un sourire: Son oreille déjà croit entendre bruire Une mer d\u2019épis d\u2019or sous un soleil de feu: 11 s\u2019imagine voir le blé gonfler sa grange; Il songe que ses pas sont comptés par un ange, Bt que le laboureur collabore avec Dieu.Evidemment, il y a là encore plusieurs fautes que des ciseleurs comme Hérédia, Gautier ou Banville n\u2019auraient jamais tolérées.Un \u2018\u2018si\u201d fait cheville; et dans le dernier tercet certaines tournures sont pénibles, lourdes.\u2018il imagine\u201d, \u201cil songe\u201d.Mais il n\u2019en reste pas moins, ce sonnet, un petit tableau champêtre qu\u2019on est en droit d\u2019admirer franchement et sans en demander la permission à personne.Voyocns encore Le forgeron.a LE FORGERON Sous un abri grossier que le charbon enfume, Dans un recoin rougi d\u2019une chaude lueur, La manche retroussée et le front en sueur, Le vaillant forgeron frappe sur son enclume.Comme le fer qu\u2019il bat, solide est son grand coeur Que n\u2019amollit jamais la peur ou l\u2019amertume.Devant l\u2019objet qui naît de son effort vainqueur, Au feu de la fierté souvent son oeil s\u2019allume.Il aime son métier, parce qu\u2019il est viril, Et, loin de l\u2019atelier, l\u2019homme semble en exil, Et, comme quelque oiseau blessé, tra)ne les ailes.Mais il est rayonnant, il est superbe à voir, Lorsque dans la pénombre, à l\u2019approche du soir, Il fait sous le manteau voler les étincelles.Le premier quatrain et les deux tercets font image, et l\u2019on regrette à leur lecture que le poète n\u2019en ai pas écrit plus, n\u2019ait pas jugé sage de s\u2019en tenir à la qualité et non à la quantité.Mais 1l faut être juste: il n\u2019y a pas que le sonnet qui soit digne d\u2019être cité dans l\u2019oeuvre de Chapman.II faut lire des poèmes comme À mes deux mères, La mère et l'enfant, Notre langue; aux derniers vers de la pièce intitulé Limoilou; aux vers dédiés à J.-K.Foran,\u2014un des plus beaux poèmes du poète, à mon avis, et dans lequel il a mis une émotion qu\u2019on {0 = ses +4 WILLIAM CHAPMAN 239 trouve rarement chez lui.Mentionnons encore Le fou, Le Niagara, L\u2019aurore boréale, Le renouveau, Sur un tableau de Lauenstein, Dans l'ombre, Pro Victis, À mon père, Aux Bretons.Certes, on trouverait dans les Aspirations d\u2019autres beaux vers, des parties de poèmes d\u2019une réelle beauté d\u2019expression, des pièces grandes et fortes, mais comme toute l\u2019oeuvre de Chapman, comme je l\u2019ai dit déjà, tiendra demain dans une anthologie, \u2014 n\u2019est-ce pas la destinée des plus grands poètes : Hugo, Vigny, Musset, Lamartine?\u2014 j'ai voulu essayer de prévoir quels poèmes du poète canadien seraient conservés, rassemblés, lus et relus demain et plus tard.Et j'ai cité quelques titres, ne croyant pas me tromper en les admirant, comme, sans doute vous les admirez vous-même.LES RAYONS DU NORD \u2014 LES FEURS DE GIVRE Dans les Rayons du Nord et Les Fleurs de givre, deux oeuvres que le poète s\u2019est peut-être trop hâté de produire, mais qui, certainement, sont dignes des Aspirations \u2014 les Rayons du Nord furent couronnés par l\u2019Académie française, \u2014 se trouvent certaines pièces qui resteront, je crois.Je ne citerai que la Chasse aux bisons, poème de grande allure, d\u2019un beau souffle et qui serait d\u2019un poète épique si la valeur en était égale et la forme plus ramassée.En voici quelques fragments: Les Métis hardis, l'air superbement farouche, Droits sur les étriers et du plomb plein la bouche, Tirent incessamment, sans bourrer leurs mousquets, D'une corne y versant la poudre par hoquets, D\u2019une lèvre écumante y laissant choir trois balles Avec toute l\u2019ardeur des anciens cannibales ! Et tout l'acharnement des molosses lâchés, La chasse se poursuit, et les bisons hachés Tombent, tombent toujours, comme les blés qu\u2019on fauche.Enivré de l'odeur de la poudre, souvent Un étalon bondit dans le torrent vivant Dont les flots furibonds brisent tout dans leur fuite.Alors quelque taureau géant se précipite, Et, la tête baissée et l'oeil en feu, meuglant, Dans toute sa longueur plonge sa corne au flanc i LA REVUE NATIONALE Du cheval qui chancelle et s\u2019abat blanc d\u2019écume, En déroulant, horreur, un lourd boyau qui fume, Vômissant un sang noir sur le sol piétiné, Et blessant, convulsif, l'homme désarçonné.Souvent, serrés de près, des buffles, hors d\u2019haleine, Se retournent soudain contre la meute humaine, Ft dans l'affreux torrent il se creuse un remou, Et cessant de tirer sur le troupeau sanglant, Pour laisser refroidir leur fusil tout brûlant, Frappent (les chasseurs) aveuglement les boeufs à eoups [de crosse.Il en est de même de Feux de prairie, Feux de Forêt, deux poèmes qui se ressemblent peut-être un peu trop, mais qui font belles et grandes figures.Des Fleurs de givre, citons la pièce qui ouvre le volume et lui donne le titre.hp Ahr) ey Joe?en, rly any La A SEA ev = RF is SARL he ra Ma ete & LE GIVRE Depuis un mois il neige à flots.La nuit dernière Il a plu.Maintenant sous la froide lumière Du soleil hivernal le givre immaculé Etincelle aux rameaux du grand bois constellé.Quel séduisant tableau! quelle vaste féerie! Chaque fourré devient une cristallerie; Et les blancheurs du lait, de la nacre, du sel, De l\u2019onyx, de l\u2019argent, de la nappe d'autel, Sur les branches du pin, du chêne et de l\u2019érable S\u2019entremêlent dans une harmonie ineffable.Parfois des rayons d\u2019or frappent l\u2019arbre qui luit, Et l\u2019on dirait alors qu\u2019au milieu de la nuit Une fée a touché du bout de sa baguette Les fûts de la forêt solitaire et muette, En a fait les piliers d\u2019une église sans nom; On songe au merveilleux temple de Salomon, - Aux trésors apporté du Pérou par Pizarre, Parfois sur ces piliers d\u2019agate et de carare Une ombre passe et fait évanouir soudain Le vif scintillement de ce nouvel Eden.Et le bois assombri, que nul souffle n\u2019agite, Devient la grotte où pend la blanche stalactite; Le soleil mi-voilé d\u2019un nuage blafard, Entre d\u2019épais massifs glisse un troublant regard, Tandis qu\u2019aux alentours un feu d\u2019apothéose Sur les rameaux vitreux met une lueur rose Projetant sur la neige un reflet de vermeil.L'humanité s\u2019embrase: on croirait que le feu Dévore comme en juin la forêt centenaire.T'antôt dans plus d\u2019un arbre inondé de lumière, Par un mystérieux et magique travail : La branche se transforme en rameau de corail.rr ead Ly WILLIAM CHAPMAN 241 Tantôt le chêne altier, qu\u2019hier tordait Eole, Prend l'aspect d\u2019une immense et riche girandole.Tout ce que le ciseau patient du sculpteur Dans le marbre ou le bois sait créer d\u2019enchanteur En ciselant le lis, le lotus et l\u2019acanthe, Scintille sous les arbres de la forêt géante, Tout ce que le ciseau du maître à l\u2019oeil de feu Peut tomme un blanc reflet de la maison de .Dieu, Déployer dans l'abside, autour du tabernacle, Serait terne à côté de ce mouvant spectacle.Mais peut-être demain le grand flambeau des cieux F'era fondre les fleurs du givre radieux, Et tout ce vaste éclat de prodige et de rêve Devra s\u2019évanouir comme la lueur brêve D'un espoir qui, parfois illuminant nos jours, BriHe quelques moments et s\u2019éteint pour toujours.Et voilà! Le poète a voulu montrer que, tout comme un autre, il était capable de faire du ciselage, de l\u2019écriture artistique, de la peinture, et vraiment il n\u2019a pas mal réussi.L\u2019effet est chatoyant, bigarré et rappelle peut-être un peu trop L°aurore boréale, mais il n\u2019en reste pas moins une très intéressante pièce de vers, pas banale assurément, et, par endroits, tout à fait bien.Dans ce même volume les mois canadiens sont chantés, Les plus réussis sont, à mon avis, Mai, Juillet et Octobre.Les autres sont plus ou moins gâtés par des mots anglais, des termes prosaïques\u2014pour ne pas dire vulgaires.Cela surprend, irrite, donne un peu la sensation de notes fausses en musique, et l\u2019on se demande en les lisant, pourquoi le poète a cru bon de faire pareille \u201ccouleur locale\u201d.Le Trappeur: une belle scène canadienne, peut-être encore un peu étirée, délayée, mais qui contient des vers typiques, bien canadiens, bien dits; des images neuves, des beautés de détail qui compensent les faiblesses qu\u2019on y peut relever.D\u2019autres vers sont à lire dans cet ouvrage.Les Rapayas par exemple, La première neige, À la brunante, L\u2019heure de la prière, Nevermore, quelques autres encore que vous saurez bien trouver sans moi.Il est indéniable que dans ce dernier volume le poète a voulu se renouveler, prendre un ton différent, jouer non plus de l\u2019orgue, mais de la flûte et du hautbois.Il a varié son vers, adouci sa voix et, s\u2019il n\u2019a pas toujours gardé 242 ; LA REVUE NATIONALE ce ton, ce mode, cette douceur, il a réussi, ici et là, de fort jolies choses qui resteront parmi ses meilleures.POETIQUE Un mot maintenant sur la manière, la poétique de Chapman.Malgré ce que je viens d\u2019en dire, le poète est aux antipodes des parnassiens, des symbolistes et des décadents\u2014 de Gautier, Verlaine, Banville, Regnier, Rostand.Pas de rythmes fantaisistes chez lui\u2014ballades, rondeaux, chansons, stances.Sa versification manque de souplesse, de grâce, et, lui qui lisait si assidûment Victor Hugo, il ne semble pas goûter le moins du monde la fantaisie ailée des Orientales, non plus que la grâce des Musardises de Rostand, l\u2019éclatant cise- lage\u2014malgré \u201cL\u2019aurore boréale\u201d et malgré \u201cLe givre\u201d\u2014de \u201cGautier ou de Hérédia.Rarement Chapman se sert d\u2019autre ruthme que l\u2019alexandrin, \u2014 rimes plates ou alternées, qua- \u201ctrains avec de rares stances de huit vers à rimes entrecroi- :sées, \u2014 et je ne connais dans l\u2019oeuvre de Chapman que deux exemples \u2014 peut-être trois \u2014 où le poète s\u2019essaie à quelque fantaisie.Et, comme je le disais tout à l\u2019heure, c\u2019est dans son dernier volume, alors qu\u2019il avait plus de soixante ans quand il l\u2019a écrit et publié.A part ces poèmes, le poète s\u2019en tient essentiellement aux alexandrins, rigoureusement coupés en hémistiches, allant, comme dit Musset \u201cdeux a deux, comme les vers classiques et les boeufs\u201d, ce qui donne de la monotonie à ces longues pièces, et paraît, à une oreille exercée, une musique sans changements de mesure et de clef, sans nuance profonde ou ten- \u2014 un largo éternel.L\u2019EPOPEE CANADIENNE Lorsque le poète mourut, \u2014 presque subitement, on le sait, \u2014 il venait de terminer ce qu\u2019il considérait comme le couronnement de son oeuvre: L\u2019épopée canadienne, en trois volumes.Les manuscrits étaient prêts, et déjà des arrangements avaient été pris pour leur publication, quand la mort 118 fois all tt ESCH EIEMMIEI LICHEN SS HCMC SLIM HLM ISN PE SEE WILLIAM CHAPMAN 243 passa.Des manuscrits sont aujourd\u2019hui aux mains d\u2019un ami intime de Chapman qui les publiera sans doute un jour.De cet effort considérable, de ces milliers de vers qui devaient, selon le poète, lui donner de nouveaux titres \u2014 et des plus sérieux \u2014 au prix Nobel pour lequel il avait longtemps concouru, je ne dirai que peu de chose, ne les connaissant pas assez bien.Mais d\u2019après le titre général, et surtout d\u2019après les poèmes entendus de la bouche même du poète, ou lus, ici et là, dans les revues, les journaux, je ne crois pas qu\u2019ils apportent beaucoup de variété aux ouvrages précédents et qu\u2019ils ajoutent beaucoup à la gloire du poète.L\u2019épopée canadienne devait être comme une autre Légende d\u2019un peuple, où allaient paraître tour à tour sur la scène tous les grands personnages de notre histoire, de Cartier à Lévis, pour ne mentionner que les anciens.Malheureusement, ces sujets prêtaient encore à l\u2019amplification, au délayage, au grandiloquent, et c\u2019est ce que Chapman n\u2019a pas toujours su éviter.Ici, surtout, il exagère ses défauts ordinaires \u2014 longueurs, chutes, queues malencontreuses \u2014 et, malgré beaucoup de beaux vers éclatants ça et là, comme des filons d\u2019or dans du sable; malgré quelques nobles et grandes parties, il reste au lecteur une impression de déjà lu, et, à la longue, de regret \u2014 disons-le \u2014 de vague ennui.Mais il serait injuste de nier la valeur d\u2019un ouvrage qu\u2019on ne connait qu\u2019en parties.L\u2019épopée canadienne sera publiée et il y aura des lecteurs, beaucoup de lecteurs, pour la lire, la relire et l\u2019admirer dans ce qu\u2019elle aura de beau et de grand.Et quand se fera l\u2019anthologie dont je parlais tout à l\u2018heure, on trouvera certainement dans ces trois volumes de poésies posthumes de belles pièces, de beaux fragments, des vers dignes de ceux qu\u2019on aura lus dans les 4spi- rations, Les rayons du Nord et les Fleurs de givre.Peut-être n\u2019ai-je pas assez dit combien j'admirais ce qu\u2019il y avait de beau, dans l\u2019oeuvre de Chapman.Mais il s\u2019agissait de faire une critique impartiale et franche du poète ; une critique qui ne fût ni un concert de louanges ni un éreintement \u2014 ce qui se fait déjà trop au pays \u2014 et c\u2019est ce (RANK NIN 244 LA REVUE NATIONALE que j'ai loyalement tenté.Il ne faut pas fermer les yeux sur les défauts, les faiblesses d\u2019un écrivain, d\u2019un poète, ne pas s\u2019habituer à une admiration de commande ou de seconde main.La critique a du bon, est utile, nécessaire quand elle est faite dans le but d\u2019éclairer, de former le goût, de combattre les idées fausses, les jugements erronés, et c\u2019est de celle-là que je ne réclame.Plus qu\u2019un autre, Chapman avait besoin d\u2019une.telle critique.Son oeuvre déjà si considérable est si mêlée, si pleins de beautés, de faiblesses, d\u2019excellent et de médiocre, qu\u2019il est sage de s\u2019y faire, dès maintenant, un choix, de s\u2019y tenir et d\u2019apprendre à juger l\u2019auteur, avec équité, sans doute, mais avec intelligence aussi.Que Chapman ait été un poète, je n\u2019aurai garde de le nier ; qu\u2019il ait écrit de grands et superbes vers, il suffit de lire ses plus beaux poèmes pour n\u2019en pas douter.Mais l\u2019admiration ne doit pas nous empêcher d\u2019en montrer les faiblesses, les fautes, \u2014 quand ce ne serait que pour nous en garder nous-même, \u2014 et c\u2019est, encore une fois, ce que j'ai voulu faire avec le seul désir de faire connaître.un peu plus, \u2014 un peu mieux, \u2014 un poète trop admiré d\u2019une part, trop dédaigné de l\u2019autre.Antonin PROULX Ottawa, avril 1918.Pe \u2014 itil.= = + \u2018en LIL MOT DE FRONTENAC Que de fois je l\u2019ai rencontré, ce mot historique, et, lorsque c\u2019était au cours d\u2019une conversation, pensez bien que je ne manquais pas de sourire.Alors on me disait: \u2014Vous n\u2019y croyez donc pas?\u2014Détrompez-vous.Il est du petit nombre des mots vrais, cependant.Je prenais plaisir à la suspension.\u2014Cependant.quoi?\u2014 Ceux qui étaient dans le secret, dans la coulisse, si vous voulez, ont dû bien rire.\u2014Rire du mot?\u2014De la chose.Quant au mot, il est vibrant de musique militaire et digne d\u2019admiration, parce que Phipps ne savait pas.\u2014Oh! il y a un mystère?\u2014C\u2019est cela.Je vais vous l\u2019expliquer.Phipps arrivant en rade de Québec durant l\u2019automne, assez tard, n\u2019était pas sans inquiétude sur le fait de sa navigation future, mais quand il aperçut le rocher, la ville, ce fut bien pis.La place lui semblait imprenable.Il procéda par une sommation.Son envoyé fut reçu (les yeux bandés) chez Frontenac qui lui dit poliment, avec un ton délibéré, un peu théâtral et le geste approprié : \u2014Je répondrai à votre maître par la bouche de mes canons.C\u2019était une gasconnade.L\u2019envoyé reprit son bandeau, on le conduisit au rivage où ses gens l\u2019attendaient.Le voilà parti.Pendant ce temps-là, Lemoine improvisait de l\u2019artillerie avec cinq ou six vieux canons que les Canadiens lui aidaient 246 LA REVUE NATIONALE à monter en barbette, sur le bord de l\u2019eau.On empile des madriers, des troncs d\u2019arbres, on hisse les bouches à feu dessus, tant bien que mal et la batterie est prête.Lemoine savait le métier; de plus c\u2019était un pointeur de première force.Dès que l\u2019envoyé eut rejoint le vaisseau amiral, Lemoine fit charger les pièces et pointa la première.Le coup porta en plein.Un second boulet cassa la mature du pavillon qui tomba à la mer et que des Canadiens eurent l\u2019adresse d\u2019aller recueillir à la nage.Joseph Marmette, dans un de ses romans, fait parler les nageurs.L\u2019un dit: \u2014I] est lourd à traîner ce pavillon.\u2014C\u2019est qu\u2019il est chargé de gloire, reprend l\u2019autre.Phipps crut, dur comme fer, que Frontenac avait de l\u2019artillerie, et il leva l\u2019ancre pour redescendre le fleuve.Voilà le mot historique avec son dessous.Il n\u2019y avait pas d\u2019artillerie, mais il y avait un artilleur.C\u2019est comme Bonaparte, prenant Toulon à lui tout seul.Benjamin SULTE SHEE.A a à de it nme LES LIVRES NOUVEAUX Le Canada apostoligue.\u2014 Revue des oeuvres de missions des communautés franco-canadiennes, par Henri Bourassa, directeur du Devoir.1 vol.de 180 pp., au Devoir, Montréal.En vente chez tous les libraires, au prix de 60 sous.Sous ce titre vient de paraître l\u2019important ouvrage de M.Henri Bourassa, déjà annoncé et attendu depuis quelque temps.L\u2019ouvrage porte en sous-titre: \u201cRevue des oeuvres de missions des communautés franco-canadiennes\u201d et il justifie pleinement cet énoncé.L\u2019auteur a compulsé avec soin toute la documentation éparse dans les diverses communautés religieuses, établissant la statistique vitale de l\u2019apostolat canadien depuis trois quarts de siècle.Chaque communauté qui a pris naissance dans la province de Québec, ou s\u2019y est implantée, pour rayonner de là sur tout le Canada, les Etats-Unis, et même l\u2019Amérique du Sud, l\u2019Afrique et l\u2019Asie, nous est présentée dans un bref aperçu historique, avec la date de son entrée dans le champ d\u2019apostolat extérieur, le nombre des fondations et des missionnaires envoyés en pays lointains à la conquête des âmes.Ce livre de très belle tenue littéraire et typographique, en ses 170 pages qui offrent l\u2019intérêt captivant d\u2019un récit de conquêtes, condense un véritable trésor de renseignements.Il nous fait réellement passer en revue ce corps d\u2019armée, pacifique, dont les oeuvres admirables ont perpétué en Nouvelle France la mission de la race française d\u2019accomplir les gestes de Dieu, \u2014 Gesta Dei per Francos, \u2014 et constituent notre plus belle page d\u2019histoire.C\u2019était faire oeuvre utile et digne de toute reconnaissance \u201cde donner, dans un cadre restreint et facile à embrasser d\u2019un coup d\u2019oeil, une idée générale du labeur gigantesque, héroïque de nos missionnaires\u201d.C\u2019est un travail d\u2019ensemble qui n\u2018avait pas encore été fait et qui vient à son heure.Les oeuvres apostoliques du Canada sont ignorées à l\u2019extérieur, et elles ne sont presque pas connues de nous-mêmes.\u201cEt pourtant, remarque l\u2019auteur, elles nous font infiniment HRT 248 | LA REVUE NATIONALE plus d\u2019honneur que la plupart des autres manifestations de notre vie nationale.Si nos missionnaires ont raison de pratiquer pour leur compte la vertu d\u2019humilité, nous, leurs pères, leurs frères, leurs obligés à tant d\u2019égards, avons le droit et le devoir de proclamer l\u2019excellence de leurs oeuvres, d\u2019attester le désintéressement de leurs entreprises, de faire resplendir l\u2019éclat de leurs vertus apostoliques, d\u2019annoncer au monde l\u2019immensité de leurs labeurs et l\u2019incalculable richesse des trésors de charité qu\u2019ils ont versé sur tout le continent d\u2019Amérique et bien au delà.\u201d M.Bourassa ne pouvait prêter l\u2019éclat de son nom et la valeur de son talent à une tache plus utile et plus patriotique.Il souhaite d\u2019ailleurs que son exemple soit imité par d\u2019autres: \u2018\u201c[\u2019histoire des missions canadiennes, écrit-il! en préface, comme celle des missions françaises, offrirait des pages d\u2019une incomparable splendeur.Et plusieurs de ces pages devraient être écrites par des laïques compétents.\u201d Nous ne pouvons que féliciter et remercier M.Bourassa d\u2019avoir si bien tracé la voie dans sa magnifique étude.Le Canada apostolique a sa place dans chaque famille canadienne.A.-F.AUCLAIR, O.M.I.Le Bon Langage.\u2014 Nous accusons réception de la 4e série du Jeu de cartes du Bon Langage.C\u2019est un bon amusement pour les vacances.Prix de la série, avec règles, $0.30 ; franco, 35 sous, en s\u2019adressant à M.l\u2019abbé Etienne Blanchard, église Saint-Jacques, Montréal.Se procurer à la même adresse: Dictionnaire du Bon Langage (80.85 franco, relié), et 2000 mots bilingues par l\u2019image (80.30 franco).Les trois franco, $1.50.L\u2019image du saint patron national.\u2014 Depuis longtemps, depuis.toujours, la voix populaire avait élu et proclamé saint Jean-Baptiste comme le patron de la nationalité cana- dienne-française.Ce choix fut consacré par la sanction solennelle de l\u2019Eglise, et le Précurseur est bien désormais notre céleste patron.Cette concession du Souverain Pontife nous crée des devoirs; car un patron doit être honoré et imité.Pourquoi le nôtre n\u2019aurait-il pas son image dans chaque foyer ? de 156 jan ad, Bon or LES LIVRES NOUVEAUX 249 L\u2019image de saint Jean-Baptiste, sur beau carton glacé, pouvant être fixée au mur sans encadrement, se vend: Format 915 x 514 pouces: le cent, $2.50 franco.Format 814 x 434 pouces: le cent, $1.75 franco.Format 7 x 4 pouces: le cent, $1.50 franco.Format spécial, 9 x 12 pouces: l\u2019unité, 10 sous; la douzaine, $1.00; le cent, $5.00.Sur réception de 25 sous, l\u2019éditeur, M.L.-J.-A.Derome, libraire, 36, rue Notre-Dame ouest, Montréal, enverra franco un spécimen de chacun de ces images.Le drapeau officiel de la Société.\u2014 A côté du drapeau français qui demeure le symbole de l\u2019idée, la Société Saint- Jean-Baptiste de Montréal déploie dans les démonstrations patriotiques un drapeau qui porte ses couleurs et les insignes qui lui sont propres.Ce drapeau, dont le modèle est conservé au secrétariat, est le seul drapeau officiel de notre scciété nationale et il est à souhaiter que toutes les sections s\u2019en procurent un semblable pour la fête du 24 juin prochain.La maison L.-J.-A.Derome, chargée par le bureau exécutif de la préparation de ce drapeau, se tient à la disposition des sections pour l\u2019exécution de toute commande.IL\u2019étoffe employée dans la confection de ces drapeaux est de toute première qualité.Grands drapeaux de saint Jean-Baptiste en étamine, format de 5 pieds, $5.00; format de 6 pieds, $6.50, et de plus grands formats sur commande.Dès maintenant, la librairie L.-J.A.Derome, Limitée, 36, rue Notre-Dame ouest, Montréal, est prête à répondre aux demandes. LE PROGRAMME DU 24 JUIN T1 est heureux que, cette année, par tout le pays, nous recommencions à célébrer la fête nationale d\u2019éclatante façon.N\u2019avons-nous pas l\u2019inappréciable avantage d\u2019avoir pour patron le précurseur du Christ, dont la solennité se place au temps où la nature canadienne est en plein renouveau et tout exubérante de vie?Nous devrions y voir un symbole: celui de l\u2019éternelle confiance qu\u2019il faut avoir dans les destinées de notre race.La montée de la sève signifie que chaque année nous trouverons des forces nouvelles, pour livrer des luttes et soutenir des résistances que l\u2019on croirait jamais finies.A Montréal, la prochaine célébration de la Saint-Jean- Baptiste ne manquera pas d\u2019éclat.La matin du 24, un imposant cortège traversera plusieurs quartiers de l\u2019Ouest de la ville, en suivant, depuis le parc de la Côte Saint-Paul, point de ralliement, les rues Angers, de l\u2019Eglise et Wellington jusqu\u2019au pare Marguerite-Bourgeoys.Les sections prennent part à cette manifestation, avec drapeaux et corps de musique.Au parc Marguerite-Bour- geoys, terme de la parade, messe pontificale, célébrée par Mgr Georges Gauthier, évêque de Montréal.Et M.l\u2019abbé G.-E.Boileau, vicaire à Saint- Henri, prononcera le sermon de circonstance.Après l\u2019office divin, dans le même pare, M.le président général de la Société dévoilera deux tablettes historiques, libellées l\u2019une en français et l\u2019autre en \u2018anglais, et qui diront pourquoi ce nouveau parc de la pointe Saint-Charles doit porter le nom de Marguerite Bourgeoys.A une heure de l\u2019après-midi, le Conseil général, des renré- sentants de toutes les sections et quelques invités d'honneur seront les hôtes des dames de la Congrégation, à la ferme Saint-Gabriel, qui fut construite et habitée par soeur Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation de Notre- Dame.A huit heures du soir, au Monument National, soirée des traditions populaires, comme au bon vieux temps.Sur présentation de sa carte de sociétaire, tout membre de la Société a droit à deux sièges, à l\u2019orchestre ou au parterre du Monument National.Dans les parcs Georges-Etienze-Cartier et Lafontaine, il y aura musique et feux d\u2019artifice.CEI ¥ Ur jite POURLIRE EN VACANCES LES EDITIONS DE LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE Souvenir des fêtes du 75e anniversaire de la Société Saint-Jean-Baptiste.In-8, 387 pages, illustré, 25 sous, franco 30 sous.Fleurs de lys, troisième concours littéraire de la Société, 1918.In-8, 160 pp., illustré.60 sous, franco 70 sous.Album La Fontaine.In-4, 16 pp., abondamment illustré, franco 15 sous.L\u2019Histoire acadienne.Conférence de l\u2019abbé Lionel Groulx.In-16, 32 pp., avec carte et gravure; franco 10 sous.Vers les terres neuves, par le R.P.Alexandre Dugré, S.J.In-16, 64 pp., éd.de propagande, franco 10 sous.Uccasions: a) Fleurs de lys, l\u2019Album Lafontaine et l\u2019Histoire acadienne, franco $0.90.b) Fleurs de lys, l\u2019Histoire acadienne et le Recueil-sou- venir, franco $1.00.Prix spéciaux aux maisons d\u2019enseignement, aux commissions scolaires et au commerce.\u2014 Le Secrétariat, Monument National, 296, rue Saint-Laurent Tél.Saint-Louis 4258 J.-M.DUBREUIL & CIE ENTREPRENEURS DE POMPES FUNEBRES Voitures pour baptêmes, mariages, etc., à prix modérés 2746, RUE SAINT-HUBERT MONTREAL PONTS ™ °F oo sxiractioy | DENTIERS °°°\u201d PORCELAINE ABSOLUEMNT DUST S AN D | + Plsmb, Or, Porcelaine ANS DOULEUR en Or, en Aluminium Dr GASTON GUILLEMETTE DENTISTE Ouvert tous les soirs PRTX RAISONNABLES \u2014 TRAVAUX GARANTIS 187, SAINT-DENIS, COIN SAINTE-CATHERINE Tél.Est \"7408 DISPONIBLE Faverisons ceux qui nous favorisent par leurs annonces ix REC EE I PIC AE PEAS HANNS MAS Mat ERE I A AA NM TNL HEM | HUDON, HEBERT et CIE Limitée IMPORTATION ET GROS i Alimentation, Vins, Liqueurs, 18, DE BRESOLES MONTREAL, Canada A.-L.BRAULT MARCHAND-TAILLEUR 91, RUE BLEURY MONTRÉAL MAURICE VILLENEUVE ENTREPRENEUR FEINTRE Blanchisseur, Tapissier, Imitateur.Enseignes lettrées.MONTREAL - Tél.Beli Main 4732 - FABRIQUE CANADIENNE DE BANDAGES i C.MARTIN, Propriétaire i Membres artificiels, Bandages herniaires, Appareils pour difformités, i: Bas élastiques, Ceintures abdominales RL 7 d 36-38, RUE CRAIG EST MONTREAL 875, RUE VISITATION Tél.Est 1846 A.-S.LAVALLEE i MARCHAND DE CHAUSSURES # : , # 97-99-1601, RUE SAINT-LAURENT MONTREAL iN io I Tél.Est 989 3 ALPHONSE-L.PHANEUF a ii OPTICIEN-OPTOMETRISTE Ÿ Ha _ , i 385, RUE SAINT-DENIS (prés de la rue Ontario) MONTREAL 3 Tél.Main 1644 Ë V.NANTEL SH .Ha FABRICANT DE ii: Membres artificiels, Bandes herniaires brevetés, Corsets orthopédigues, Corsets 3 de maintien Corsets élastiques, Ceintures post-opératoires, Ceintures pour reins mobiles, Corsets et ceintures maternité, Ceintures des obèses, Bas élastiques, etc.F (5, RUE BLEURY MONTREAL AAA ANC] INANE AA PC AA ABE OOO J _ Capital AT J TI PORTO To AA AE CRUE ne Le NANA NI ney ASA LATA CAAA BCA JOC AIR Constituée sous l\u2019autorité de la Société Saint-Jean-Baptiste Administration de successions, perceptions de répartitions d\u2019églises, de loyers, etc.\u2014Préparation et (ASA ANA) AAS ANA] aL) ALA] in Linn I) de Montréal SIÈGE SOCIAL: Monument National 286, rue Saint-Laurent souscrit: $250,000.00 Capital payé: $109,000.00 Fonds administrés: $2,868,000.00 émission d\u2019obligations, fiduciaire.CONSEIL D\u2019 ADMINISTRATION GASPARD DESERRES .Président VICTOR MORIN, NP.Vice-Président V.-E.BEAUPRE .Secrétaire CHS LAURENDEAU, C.R.GUY VANIER JOSEPH HURTUBRBISE VICTOR DORE JUSTINIEN PELLETIER ADJUTOR RIVARD, C.R.A.-W.PATENAUDE .Gérant CONST ST ST STS a SSSR TS SET a S Ce qu'est { | La Caisse Nationale d'Economie Comment et en quoi elle peut vous être utile < C\u2019est une institution financière, procurant à ses membres une pension analogue à celles que distribuent le Gouverne- a ment, les banques et certaines cités à leurs employés civils.Avantages: Dans ces institutions, l\u2019utilité du fonds de pension est indéniable, ses avantages incalculables: mais pour l\u2019obtenir, il faudrait vous river, votre vie durant, à un emploi que vous n\u2019aimeriez peut-être pas.\"Tandis qu\u2019avec nous, vous pouvez occuper n'importe quelle position; si l\u2019intérêt présent, le souci de votre avenir, vous forçaient à changer de situation, vous pourriez le faire aussi souvent qu\u2019il vous plaira, sans compromettre votre fonds de pension.Incessible Ce fonds de pension, créé et constitué par vingt Inaliénable ans de contributions, est inaliénable.Seuls les Insaisis- intérêts du capital collectif seront distribués aux sable.sociétaires-rentiers.La somme minime que vous versez ainsi chaque année, vous reviendra sous forme de rentes viagères que personne ne pourra vous ravir puisqu\u2019elles sont incessibles et insaisissables.En cas de LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE n\u2019écrase Maladie: pas ses membres invalides pour cause de maladie, 1 ni les incapables, comme sont les enfants mineurs qui ont perdu leurs soutiens.Dans ces deux cas, elle accorde une suspension de paiement, jusqu\u2019au jour où le sociétaire est en état de continuer ses versements.i* Al 4 s tH i ; h Eu [1 fh in 4H 1 A 1 Ammen pas ERA AAA RC NE REA N EI ONU RNA ER FT RO COUR ARE UAH HEURE HR nl 0 A EN A la mort: Seule la mort met fin aux rentes que vous recevrez.En cas de décès prématuré, c\u2019est-à-dire avant de devenir pensionnaire, vous pouvez être remboursé, si vous faites partie de la CAISSE DE REMBOURSEMENT.Une prime annuelle insignifiante, vous procure cet avantage.Ceux qui Les jeunes gens au début de leur carrière, qui doivent s\u2019acheminent péniblement.vers l\u2019aisance, la ris'inscrire chesse, trouveront un appoint précieux dans cette \u201cChez- rente annuelle.Ceux d\u2019âge moyen seront sou- Nous\u201d.lagés dans les années difficiles; les vieillards surtout auront dans cette pension viagère le moyen d'éviter les ennuis d\u2019une vieillesse indigente.Ce que L'Epargne d\u2019un SOU par jour pendant vingt ans Ri + a 1g Ri 5 i 4 nous donne cette année à nos sociétaires rentiers de A payons 1919 une rente de $56.40.Si ces hommes sagaces E cette et prévoyants avaient mis dix sous au lieu d'un, i année.leur pension serait de $564.00.Et s\u2019ils avaient | i économisé vingt sous chaque jour, ils auraient eu la jolie somme de $1,128.00.Tant qu\u2019ils vivront, ces rentiers partageront annuellement, avec les sociétaires de VINGT ANNEES de présence, tous les intérêts produits par un capital qui s\u2019accumule sans cesse avec une rapidité étonnante.Nous compterons à la fin de cette année au-delà de 80,000 sociétaires.Joignez-vous sans tarder à cette armée de personnes sages et avisées.La Caisse Nationale d'Economie 286, SAINT-LAURENT - - - MONTREAL : à TABLEAU D'HONNEUR DES ORGANISATEURS 3 de la CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE .a., ; Moyenne d'inscriptions par se- Inscriptions pour Pannée maine, en tenant compte au 31 mai 1919 des classes ww 1 F.-X.Cabana 1 J.-I.Couture fo 2 Jean-B.Ricard 2 F.-X.Cabana 3 Victor Laframboise 3 Edouard Bénard | | 4 Eudore Rousseau 4 Alexandre Cousineau | | 5 Adélard Bellemare b Wilfrid Lefebvre 1 6 Raoul Cousineau 6 Victor Laframboise | | 7 J-Fortunat Côté 7 J.-A.Fafard | 8 Alexandre Cousineau 8 J.-A.Beauparlant | \u20189 Wilfrid Lefebvre 9 J-G.Dumas 10 J.-I.Couture 10 Jean-B.Ricard ¥ 11 J.-A.Beauparlant 11 Eudore Rousseau 12 Désiré Buisson 12 Adélard Bellemare 13 J.-A.Fafard 13 Raoul Cousineau 14 Maurice Béland 14 Désiré Buisson 15 Edouard Bénard 15 J-Fortunat Côté 16_ J.-G.Dumas 16 Maurice Béland MENTION D\u2019HONNEUR \u2014 INSCRIPTIONS POUR UNE SEMAINE J J 1 J.-1.Couture 2 PF.-X.Cabana 3 Victor Laframboise i J.INSCRIPTIONS POUR L\u2019ANNEE 1919 Classes A B C D E Total Moyenne par semaîne 4119 1253 195 15 27 5609 280 = Rr J.-Arthur Dubé, Directeur.ve ee Ew pea: PEPE Ww ie MORT metre Récompense obtenue à l\u2019expo- | sition \u2018universelle de Paris, BOUCHER & MERCIER 1900 F.-A.Boucher, propriétaire MARCHANDS-TAILLEURS 316, BOULEVARD SAINT-LAURENT Tél.Main 1466 Montréal IMPORTATEURS DIRECTS Toute commande exécutée dans l\u2019établissement, avec le plus grand soin.TOUJOURS EN AVANT 4 x > NOIR ET THE \u201cPRIMUS\u201d yggr NATUREL (En paquets seulement) Conserves alimentaires de fruits et légumes canadiens \u201cPRIMUS\u201d Poudre à pâte Crême de tartre M U Gelées en poudre La marque \u201cPRIMUS\u201d est une garantie de qualité et de pureté L.CHAPUT, FILS et CIE, Limitée 2 a 12, rue de Bresoles MONTREAL Maison fondée en 1842 ROD.CARRIERE et HENRI SENECAL 207, RUE STE-CATHERINE EST, Entre los rues Ste Elisabeth OPTICIENS ET OPTOMETRISTES Les méthodes modernes pour l\u2019examen des yeux veulent dire une connaissance précise des défauts qui affectent la vue, et la correction, obtenue par l\u2019emploi de verres correcteurs, donnant satisfaction.Assortiment complet de lorgnons, lunettes, yeux artificiels, lunettes marines et d\u2019opéra.Aussi un grand choix de thermomètres, baromètres, hygromètres et boussoles.Salons privés pour l'ajustement des yeux artificiels et pour la correction des yeux par les verres appropriés.CONSULTATIONS.\u2014A l\u2019Hôtel-Dieu, par Rod.Carrière, de 9.30 à 11 heures, excepté les mercredis et samedis.Aux Salons d'Optique, par Rod.Carrière, de 1 p.m.à 5 p.m., de 9 am.à 8 pom.Tél.Est 2257.XV IPPC TRISTE PAIN FO TOO OO OU ON tt) ARTES, => \u201c6.LABELLE | - (Successeur de Jos.Villeneuve) Nos nombreux clients seront heureux d\u2019apprendre que nous venons d\u2019obtenir l'agence des merveilleux phonographes ! ) \u2019 nm \u2018 , ~ .Symphoncia I -\u2019 Nous invitons les amateurs de musique à venir entendre cet instrument et se rendre compte de sa qualité supérieure.Nous avons un assortiment complet de tous les styles, à bas prix, que | | nous vendrons à des termes faciles pour convenir aux acheteurs.J Pour un temps limité, nous donnerons à tout acheteur d'un ht À \u201cSYMPHONOLA\u201d 20 records absolument gratis.| Ë Nous avons également un choix considérable de disques, musique ti en feuille, instruments de musique et pianos de première qualité.UNE VISITE EST RESPECTUEUSEMENT SOLLICITÉE | 305, RUE ST-DENIS n TEL, EST 3405 (en face du théâtre Saint-Denis) Petits D lapeaux aux Armes de la Société Drapeaux en soie, ap- I propriés aux fétes de la St- Jean - Baptiste, décorations, pavoise- | ments, ete.; 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