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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1920-10, Collections de BAnQ.

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[" 54 1 TONLE, Es XW Ne \u2018\u201c Le porte-voix en quelque sorte officiel Par quoi le cri du sol s\u2019échappe vers le ciel\u201d Edmond ROSTAND.Publiée par la SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL Directeur et gérant: ARTHUR SAINT-PIERRE :a * CANADA, 15 SOUS La copie : PTATS-UNIS, 20 0\" Nouvelle série, vol.I, No X.MONTREAL, OCTOBRE 1920 RAE JOS.SAINT-CHARLES PORTRAIT DE FEMME 2 LA REVUE NATIONALE la Société Saint - Jean - Baptiste de Montréal Fondée en 1834 Mgr TARCHEVEQUE DE MONTREAL.Victor MORIN, LL.D., notaire, 97, rue Saint-Jacques.V.-E.BEAUPRE, 1.C., professeur, 676, rue Grand aumônier : Président général : ler vice-président général : Saint-André.2e vice-président général : Saint-Hubert.Secrétaire général : Trésorier général: J.-B.LAGACE, M.A.professeur, 836, rue Guy VANIER, L.L.L., avocat, 97, rue Saint-Jacques.Joseph HURTUBISE, courtier, 2, place d\u2019Armes.DIRECTEURS : sénateur, 291, Victor Doré, professeur, 214, Berri.J.-V.Desaulniers, courtier en immeubles, 1, rue Saint-Laurent ; Arthur Courtois, notaire, 97, rue , .Saint-Jacques ; L\u2019hon.F.-L.Béique, sénateur, 740, J _Emile Loranger, voyageur de com- rue Sherbrooke ouest ; merce, 547, rue du Grand-Tronc.Chef du Secrétariat : Emile MILLER, bureau 1, Monument National.Corporations filiules de lu Société : La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Caisse du Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.L\u2019hon.L.-O.David, rue Saint-Hubert ; Thomas Gauthier, courtier, 11, place d\u2019Armes ; Heures de consultations : 9 à 11 A.M.et 2 à 6 P.M.\u2014 Vendredi et samedi soirs : de 7 à 9.J.-E.Lacelle OPTICIEN OPTOMETRISTE SPECIALISTE DE LA VUE Gradué de l\u2019Ecole d\u2019Optométrie de la province de Québec.SATISFACTION GARANTIE 728, rue Laurier Est, MONTREAL TELEPHONE : EST 6958 Docteur Albéric MARIN MEDECIN \u2014 SPECIALISTE Quatre années de service dans les hôpitaux militaires vénériens de France et d\u2019Angleterre.Traitement des maladies de la peau et des voies urinaires.de 7 heures à 9 heures.MONTREAL Consultations : de 2 heures à 5 heures : 291, rue Saint-Denis, Téléphone : EST 8323 VICTOR PATENAUDE AUTOMOBILES À LOUER Pour baptêmes, mariages, voyages de plaisir \u2014 jour et nuit.MONTREAL 219, avenue Papineau, : Bureau : Calumet 1899.Tél : Résidence : Calumet 1681.Christopher Lumber Co.Marchand de Bois \u201c EN GROS \u201d PORTES, CHASSIS, ETC.: M.Berthiaume est membre de la Société Donatien BERTHIAUME.Saint-Jean-Baptiste, section Olier.Nous sollicitons vos requisitions et commandes.694, RUE ALMA, MONTREAL TEL.BELL, EST 683.J.-E.Bourcier MANUFACTURIER DE FOURRURES 219, rue Amherst, - - - - - - MONTREAL.Près rue Sainte-Catherine.Gérant : se ar \u201cProm pt Th Modérés \u2018Satisfaction Assurée Vente par Excellence Vendredi et Samedi, les 15 et 16 octobre Ceux qui ont participé à notre vente d\u2019inauguration du 14 août dernier ont conservé le meilleur souvenir des valeurs et des réductions mises à leur disposition ce jour-là.Nous nous sommes laissé \u201c dire que ceux qui n\u2019ont pas assisté à cette vente regrettent d\u2019avoir manqué une occasion d\u2019économiser.- Les valeurs et.les réductions qui composeront cette vente par EXCELLENCE des 15 et 16 octobre, vous plairont et vous intéresseront, pour l\u2019excellente raison qu\u2019elles sont VERITABLES ; nous ne jouons pas avec ces mots, ce n\u2019est pas à la légère que nous les employons ; jamais « valeurs et réductions » ne trouveront une meilleure significa- \u201c tion.TE TIE 4 Voyez nos annonces dans les journaux.De prime abord vous serez porté à croire que les aubaines et les avantages annoncés sont fictifs.Ce sera le cas de dire que le vrai est quelques fois invraisemblable.L.-N.Messier MARCHAND DE NOUVEAUTES \u2014839 à 851\u2014 Avenue Mont-Royal est él: ST-LOUIS 8624.rer rar Is | ou le ave, at J fuk 153 0 Ford bin us ji à (aus 19 rangs | iad fle Sie i, tle we bee wal vif Jit vent la de the tis: 1) aval malta Lo é la! lt ze ths preuves Hii \u20ac le (i élite ify vai de Te kd À La fable antique sous les traits l\u2019Occasion, d\u2019un personnage absolument chauve, mais ayant une touffe de cheveux sur le devant de la tête ; de là l\u2019expression courante : «ll faut saisir l\u2019occasion aux cheveux».représentait © oO LES ROIS AU THEATRE.Ferdinand III, d\u2019Autriche se piquait d\u2019être bon musicien, et il convia des musiciens de profession à entendre un opéra qu\u2019il avait composé.Ceux-ci ne manquèrent pas de prodiguer les louanges à l\u2019impérial compositeur.L\u2019un d\u2019eux s\u2019avisa d'ajouter en guise de flatterie : « En vérité, Sire, si Votre Majesté n\u2019eut pas été ce qu\u2019elle est, elle eut pu vivre de son talent et se créer une belle situation ».Et l\u2019empereur, qui ne vivait pas au temps du bolshévisme, de répondre avec conviction : « J\u2019aime encore mieux celle que j'ai» ° o Frédéric II, de Prusse, aimait passionnément la littérature et s\u2019exerça à écrire des pièces de théâtres.On mentionne de lui deux comédies : Le fou de la mode et L'Ecole du Monde.I! avait sa troupe à lui qui, fort mal payée et maltraitée, se renouvelait souvent.o © Louis XIII, de France, est l\u2019auteur d\u2019un ballet, La Merlaison, dont le seul journal du temps, la Gazette de France, organe du pouvoir, fit les plus grands éloges.On affirme, sans apporter de preuves à l\u2019appui, semble-t-il, que l\u2019auteur de la notice élogieuse et l\u2019auteur du ballet, était une seule et même personne, 0 oO Gustave III, de Suède, fut un « indigéniste » en littérature.Il rêva de doter son pays d\u2019une littérature nationale et précha d\u2019exemple,.en écrivant des drames héroïques et des comédies histu- riques tirés des annales suédoises.oO o Catherine II, de Russie, que l\u2019on eut pu croire .entièrement absorbée par d\u2019autres soucis, a laissé pas moins de quatorze comédies, neuf poèmes d\u2019opéra, une tragédie et sept proverbes.Elle a porté sur son oeuvre ce jugement que paraît-il, la critique la plus sévère, se doit de ratifier : « L\u2019auteur a beaucoup de défauts ; il ne connait pas le théâtre et ses intrigues sont faibles.Mais on ne peut pas dire la même chose de ses carac- tres.Ceux-ci sont pris sur le vif.» La grande Catherine a aussi fait du journalisme pour se défendre des attaques d\u2019un journal d\u2019opposition.Mais un jour que dans une polémique, elle avait le dessous, elle se fâcha et se rappelant qu\u2019elle était souveraine supprima le journal d\u2019opposition.© o TROUVAILLES D\u2019ECOLIERS.Un instituteur anglais s\u2019est amusé a collectionner les choses hilarantes dites ou écrites par ses éleves en classe.Voici quelques échantillons de sa collection : HISTOIRE :\u2014 Après s\u2019être suicidé de deux fois, Cooper vécut jusqu\u2019en 1800, époque à laquelle il mourut de mort naturelle.LA REVUE NATIONALE GEOGRAPHIE :\u2014 Le tropique du cancer est une maladie ineu- rable et très souffrante.HISTOIRE NATURELLE :\u2014 L'éléphant est un animal carré, qui a une queue en avant et arrière.0 o LA VIE DE TRAVAIL Le travail est un effort.A ce titre, il pro- céde du vouloir ; il a pour associé la peine.L\u2019objet ouvré, qui est de l\u2019idée incarnée, est aussi de la peine incarnée.L'œuvre qu\u2019on soigne, quelque chétive qu\u2019elle soit en elle-même, porte la marque de.cette pensée douloureuse et de cette patience toujours exigées pour que le réel nous cède ; elle brille de l\u2019humble splendeur des soins.mar faf aod yol waf tm mth mtm thm Bien qu\u2019il nous coûte ainsi, ou plutôt parce qu\u2019il nous coûte et parce qu\u2019il est intelligent, le travail est pour nous une fonction naturelle.« L\u2019homme est fait pour travailler comme l'oiseau pour voler, » a écrit Franklin : ce n\u2019est point une banalité, c\u2019est une comparaison fort précise.GO: GOHIER & BIGRAS COURTIERS D'IMMEUBLES 7 Place d\u2019Armes, - - - Téléphone : Main 3220.Montréal.importante Librairie et Papeterie «Française du \u2014\u2026 Canada.\u2018 À {Fondée en 1885, Feu Xe |: hadiehnes et Fran- \u2018çaises{ Livre i 3 \u201carticles religieux À iLi- + re Te .sy ures et fournitures.de classes YA rticles de bureaux] ét7 fantaisiesa i Travauxyd imprimeric et de reliurës GRANGER FRERES, Libraires, Papetiers, Importoteurs 43 Notre Dame Quest, Montréal -\\ \u2018Catalogues sur demande: 7 S Banque d Capital autorisé _ _ _ Capital versé et réserve Total de l\u2019actif, au del Siège social La Banque émet des lettres de bas taux de change.SUR TOUS LES DEPOTS D\u2019 \u2018Hochelaga Fondée en 1874 $10,000,000 7,900,000 71,000,000 à des _ _ _ : MONTREAL CONSEIL D'ADMINISTRATION : M.J.-A.VAILLANCOURT, président.L\u2019hon.F.-L.BEIQUE, vice-président.: A.TURCOTTE, l\u2019hon.J.-M.WILSON, E.-H.LEMAY, A.-A.LAROCQUE, A.-W.BONNER ; BEAUDRY LEMAN, gérant-général.\u2014 151 succursales et 144 sous-agences au Canada \u2014 41 succursales dans la cité et le district de Montréal.crédit circulaires payables dans toutes les parties du monde, ouvre des crédits commerciaux, achète des traites sur les pays étrangers, émet des traites, des chèques et fait des paiements télégraphiques sur les principales villes du monde, prend un soin spécial des encaissements qui lui sont confiés et fait remise promptement aux plus INTERET ALLOUE AU PLUS HAUT TAUX COURANT EPARGNE DE $1.00 ET PLUS 4 LA REVUE NATIONALE L\u2014 Le livre français triomphe La Librairie DEOM |\\.JEUNES GENS! .\u2019 .9 .Qui song.z a l'avenir !.N'oubliez pas 251-est, rue Sainte-Catherine i | MONTREAL fi vielle LISTE DES DERNIERS LIVRES REÇUS : Tie CAZES __ ___ _______ Pensées et Maximes, en reliure souple_.___ $2.50 la MOREAU _- -La Nièce de Bonaparte 1.00 THARAUD ___ _\u2014\u2014-Marrakech ___________________ 1.00 Pare CAILLOT __- -.-Contes après les contes 1.00 AGUETANT___ .-~_Nos Maris, Nos femmes, Nos jeunes filles.1.00 ro ROLLAND ___ nie LL Else 1.00 ern DAUDET _________________.___ Au temps de Judas____ - .ARDEL _____________________.Le feu sous la cendre_________ .l (on CHERAU_____ 27777 Champi-Tortu, 2 volumes .¢ RIVIERE ____________________.Poh Déng____________________ .ie ZANGWILL _________________ Ce n\u2019est que Mary-Ann_______ REBOUX__-__________ .JEAN THARAUD __ : ! fe! LAVEDAN __________ - : RENE DUVERNE ___ - | AUDOUX _____-_101TT Le et MOREL______________ - Mme Octave Feuillet__ ° 5 - 0] L ol FLORAN 7 A sl MONTPETIT d i A.GUINDON, p.s.a._ _ .i L'abbé GROULX__- ; conquê .Ino FOURNIER ! VEILLEES DU BON | ( li LAMONTAGNE ____________ | POTVIN du Saguenay____ | PARADIS _ __Vers la Maternité.______ 25 | GINGRAS - __La chanson du paysan______ 15 « + L G S J ° L , OVAL ___LL111100000 0000000000 Une unité canadienne________111 0000000000 90 eo ° t- ea mn, C 1e tée Amis, lecteurs, rendez-vous ou écrivez à la Dame vaine 20-ouest, rue Notre-Dame Librairie DEO y ro Sol ES.] MONTREAL sep .; ; ; Vass , .2 Vous trouverez toujours le plus beau choix de livres francais Tél.Main 1756.MONTREAL y 100 en Canada, ° tit Téléphone : EST 2551._ l 5) À Lu ami A Nitta wll lw æ\u2014 2 Em = 1 7 à L= pas ms FA \u20ac |= Salle de Ventes : UR Satisfaction ÉCOLE POLYTECHNIQUE DE MONTREAL |} \u2014 CAL : 1091 assurée.1 be - GENIE CIVIL \u2014 ARCHITECTURE age lf Service de INGENIEUR CHIMISTE .r ; + + .premier ordre.- Ingénieurs spécialistes : MINES \u2014 ELECTRICITE ECOLE DE PREPARATION | (UNE ANNEE COMPLEMENTAIRE) ' Préparation aux examens d\u2019admission à l\u2019Ecole Polytechnique.Po Les finissants des colléges classiques sont admis sans examens a Jame l\u2019Ecole de Préparation.So, COURS D\u2019ETE latin Des cours d\u2019été spécialement établis pour les finissants des collèges mnt; classiques qui désirent entrer directement en 1ère année se donnent \u2018gag du ler juillet au 15 septembre et préparent les candidats aux On de examens d\u2019admission de septembre.ï - Ecc coudtl POUR RENSEIGNEMENTS S'ADRESSER AU DIRECTEUR.a 2828, rue Saint-Laurent, 228, rue Saint-Denis, Tél : Est 3477.Montréal.hy pres Beaubien.| | CE >) \u2014 \u2018 ony ¢ : Dayés ny | \u2014 y À (\u2014 Ù l(c à e e \u2018 , Nog; Tig Canadiens - francais Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal fi Nous vous invitons avec plaisir à venir pour tous appareils PREPARANT AUX SITUATIONS SUPERIEURES DU Fe, dans l\u2019électricité.Nous occupons un endroit très central : R tay 810 rue Papineau, angle Mont-Royal.COMMERCE, DE L'INDUSTRIE ET DE LA FINANCE |] Nous sommes en mesure de vous procurer tous les appareils électriques les Bibliothèque économique, Musée commercial et industriel My plus modernes et à des prix défiant toute compétition.; LL ; .Ur < : set Délivre des diplômes de « Licencié en Des BOURSES DU GOUVERNEMENT û REPARATIONS \u2014 Nous nous occupons de tous genre de réparations, amie sciences commerciales », de « Licencié sont accordées aux élèves méritants.ant que de la pose des fils, des réinstallation de moteurs, réparations ê en sciences comptables » et de « Doc- Cours spéciaux, le soir : Comptabi- ay cloches et de téléphones.Nous vous recevrons avec la plus Raia e cour- teur en sciences commerciales ».lité théorique et pratique, opérations de ay toisie, toujours anxieux de vous créer un logis des plus enviables.Le diplome de « Licencié en sciences banque, correspondance commerciale an- I T comptables » donne droit à l'admission glaise et française, arithmétique com- on GROS ET DETAIL > e 7 .2 © : dans « L\u2019institut des comptables et merciale, algébre, économie politique, thi auditeurs de la province de Québec » et droit civil, droit commercial, langues | D NV L \\ NN A & S = dans « L'Association des Comptables de étrangères (espagnol, italien, allemand) | 3 e : Montréal » (Chartered accountants).etc.Mer = MARCHAND ELECTRICIEN .ge à .Pour tous renseignements, prospectus, inscriptions, etc., s\u2019adresser fy Tél.St-Louis 1076.810, rue Papineau, MONTREAL.in AU DIRECTEUR DES ETUDES fey Faisant partie de l'association des entrepreneurs électriciens ; vous avez en i ceci la garantie d\u2019ouvriers compétents et a des prix uniformes, 399, AVENUE VIGER MONTREAL i - ii \u2014\"\u2014 Dar = | ting 4 è 0 D ges i! LA REVUE NATIONALE 5 Sommaire : Conservons notre patrimoine _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Victor MORIN Malaise social et organisation ouvrière_ Arthur SAINT-PIERRE Automnales (poésie) ._ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ Jacques LAUBE Le vieux cheval (iilustré) _ _ ._ _ _ _ _ _ Damase POTVIN Vieille demeure (poésie) - - - - _J.-Alcide JOYEL, E.E A.La Vie littéraire - _ _ _ _ -Henri D\u2019ARLES -Juliette LAVERGNE Kernevez (roman illustré \u2014 suite) Mlle PAPE-CARPENTIER Le Congrès international féminin de Genève _ Pauvres vieux (illustré) - _- _ _ -Marie-Claire DAVELUY -Jeanne CLOSSE -Dom BESSE -Charles MAURRAS - - - -Perle SATIN, -Marraine ODILE: -Henri du VALLIER Çà-et-là _ _ _ _ _ _ _ Le catholicisme libéral (extrait) _- _ La politique religieuse (extrait) _ _ Du salon a la cuisine _ _ Un concours ._ _° Ce qui se passe _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Carnet d\u2019un curieux.\u2014 Notre revue.\u2014 Courrier de la- Dame-qui-lit.\u2014 Courrier graphologique.\u2014 Courrier de Marraine Odile.\u2014 Travaux manuels, etc.Mlustrations.\u2014 Portrait de femme (gravure frontispice) Joseph Saint-Charles.\u2014 Compositions originales d\u2019Edmond-J.Massicotte et d\u2019A.-S.Brodeur.\u2014 Le Canada illustré.\u2014 Portraits, gravures de mode, etc.LA REVUE NATIONALE est publiée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, administrée par la Société Nationaie de Fiducie.Rédaction et administration, 286, rue Saint-Laurent, Montréal.Elle est imprimée par l\u2019Imprimerie Maisonneuve, 478, avenue Lasalle.Directeur et gérant, Arthur Saint-Pierre.Enregistrée comme matière de seconde classe.Tous droits réservés.Abonnement annuel : $2.00 ; Etranger, $2.50 strictement payable d'avance.Les demandes de changement d'adresse doivent être accompagnées de la somme de 5 sous.Notre Revue L'année déjà tire à sa fin.Lorsque ce numéro de La Revue Nationale parviendra à nos lecteurs, 1920 n\u2019aura guère plus que deux mois à durer.Nous croyons qu\u2019il n\u2019est pas trop tôt pour demander à nos abonnés, dont l'abonnement se termine en décembre, de songer sérieusement, dès maintenant, à le renouveler.Leur intérêt, tout comme celui de la Revue, doit les engager à ne pas trop retarder l\u2019exécution de ce geste.nous permettra-t- on de dire, nécessaire, L'intérêt de la Revue, cela va de soi.L'administration d\u2019un périodique se fait pour une large part sur des avances, que doivent lui consentir ses éditeurs.L\u2019outillage, le loyer, les salaires, les commissions sur annonces, etc.doivent se payer longtemps avant que des recettes, correspondant à tous ces frais, puissent être encaissées.Seuls les abonnements réguliers et payés d\u2019avance \u2014 notre Revue n\u2019en accepte pas d\u2019autres \u2014 peuvent alléger dans une certaine mesure le fardeau de toutes ces dépenses.A part cette raison d\u2019ordre financier que nous avouons en toute franchise, certains qu\u2019en nous adressant à nos lecteurs, c\u2019est à des amis que nous parlons, il en est une autre.se rapportant elle aussi à la bonne admi- -nistration de la Revue, que nous voulons mentionner ici.Le nombre des abonnés de la Revue Nationale, dont l\u2019abonnement devient dû le ler janvier, est considérable, car presque tous ceux qui ont souscrit à notre publication ont tenu à s\u2019assurer la collection.et une réserve des premiers numéros, que nous avions faite en prévision de ces demandes, est aujourd hui à peu près épuisée.Or.si tous ces abonnés attendent à la dernière minute pour renouveler leur abonnement.il y aura encombrement, et le personnel.étant surmené, sera beaucoup plus exposé à commettre des erreurs dont l'administration de la Revne et nos abonnés souffriront également.Et nous avons donc une première raison pourquoi dans leur propre intérêt, nos abonnés doivent se préparer dès maintenant à nous faire parvenir leurs chèques.mé En voici une autre : En ajournant à la dernière minute le renouvellement de leur abonnement, ils s\u2019exposent, dans le brouhaha des fêtes, à n'y pas penser, et alors qu\u2019arrivera-t-il ?Les frais d\u2019impression d\u2019une publication de la valeur de la nôtre sont aujourd\u2019hui trop élevés pour qu'un éditeur sérieux puisse en faire le service à des abonnés, dans l\u2019espérance qu ils paieront leur abonnement un jour.À moins de vendre son annonce sur une circulation surfaite, et donc d\u2019être payé uniquement ou en grande partie par ses annonceurs, une revue ne peut être expédiée qu'aux abonnés an témoignent de leur volonté de la recevoir en payant leur abonnemen Fournaises \u201cQuebec\u201d Nous exposons actuellement un assortiment très complet | de ces fameuses fournaises toujours si populaires.Bien que nous ne fassions | ici la description que d\u2019un petit nombre, le choix est des | plus considérables.Nos prix sont aussi bas que possible.Il nous semble inutile d\u2019insister sur les qualités bien connues de ces fournaises ; 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MEUBLES! de Salle à Dîner, de Chambre à Coucher, de Salon, de Vivoir.LA PLUS HAUTE NOUVEAUTE.LITERIE Lits en cuivre et en fer, Sommiers et Matelas tous garantis par la manufacture.TAPIS, RUGS, PRELART, POELES, FOURNAISES, ETC.Nous défions toutes compétitions.Votre crédit est bon.E.GGermam & Fils 963 rue STE-CATHERINE EST Tél.Bell : EST 2244, Entre Papineau et Cartier.LA REVUE NATIONALE Lf LA MAISON O.SAINT- JEAN Invite cordialement les lecteurs de La Revue Nationale à faire leurs achats chez elle.Depuis 1860, voilà près de 60 ans, le nom de St-Jean est honorablement assoeié au commerce de la bijouterie.Même avant 1860, on rapporte que les membres de cette vieille famille canadienne-française étaient bijoutiers et horlogers, ne s\u2019occupant cependant qu\u2019à fournir aux demandes de leurs compatriotes ; et l\u2019on peut bien affirmer que notre maison est la plus ancienne des maisons canadiennes-fran- caises de bijouterie.Une maison d\u2019affaires possédant un passé semblable et qui continue de conserver la confiance et la faveur de sa nombreuse clientèle, peut invoquer ce double fait pour solliciter la clientèle de tous nos compatriotes.Notre Catalogue Nous espérons que les lecteurs de LA REVUE NATIONALE feront la demande de notre catalogue.Nous croyons être les premiers parmi les bijoutiers canadiens-français à inaugurer un service de ventes par correspondance et nous comptons que ceux qui ont l\u2019habitude de faire leurs achats de cette façon et tous les lecteurs de LA REVUE NATIONALE, qui z1e pourraient venir eux- mêmes à nos magasins, voudront se prévaloir des facilités que nous leurs offrons de magasiner sans sortir de chez eux, en faisant venir notre catalogue.Nous vous garantissons satisfaction absolue, tant par la promptitude de notre service, que par la qualité de nos marchandises et la modicité de nos prix.Rendez-vous compte par vous-même en utilisant notre catalogue, que notre service de vente par correspondance ne saurait être surpassé.Notre salon d'optique est sous la gérance de M.H- Legrand, opticien gradué, qui examine la vue gratuitement.O.SAINT-JEAN Horlogen, Bijoutier, Opticien 629, rue Sainte-Catherine Est, - - MONTREAL 3) Meubles?Meubles?\u2014 CHEZ \u2014 A.LAURIN 423, rue Ontario Est, - - MONTREAL Tél.Bell : EST 6480 POURQUOI ?c\u2019est bon marché chez nous, venez plutôt ici qu\u2019ailleurs acheter vos meubles, 1° C\u2019est meilleur marché que dans les GRANDS MAGASINS.Nos dépenses sont moins considérables.Moins de gros loyers.Moins de gros commis à payer.Moins de grands étalages à faire et à payer.Autant de belles marchandises de toutes sortes et de toute première qualité.Choisies par vous-mêmes, librement et sans aucune gêne, à toute heure.A un endroit central : Rue Ontario, entre Saint-Denis et Amherst 1 Passez chez nous canadiens-français avant d\u2019aller ailleurs.\u2014)) MARQUE \u201cALLIGATOR\u201d Insistez pour que l'on vous donne notre fameuse marque lorsque vous achetez vos HARNAIS, VALISES, PORTE-HABITS et SACS DE VOYAGE.(lest la manière la plus sûre de voyager avec confort.Fabriqués et garantis par les plus gros manufacturiers d\u2019articles en cuir du Canada Lamontagne Limitée 338, RUE NOTRE-DAME OUEST, (près McGill) EDIFICE BALMORAL MONTREAL Succursales : WINNIPEG, Man, QUEBEC, Qué.mr A roy Sv na mii ee em om Lil RIV Publiée par la SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL.Rédaction et administration : 286, rue Saint-Laurent, Montréal.Nouvelle série, vol.I, No X.TONLE \u201c\u201c Le porte-voix en quelque sorte officiel Par quoi le cri du sol s\u2019échappe vers le ciel\u201d Edmond ROSTAND.copie : CANADA, 15 SOUS La copie : STATS-UNIS, 200\" [| | Conservons notre patrimoine | WN Il s\u2019est produit, en juillet dernier, un événement qui n\u2019a pas affiché de réclame tapageuse, mais qui n\u2019en a pas moins fait époque au point de vue de la survivance des traditions françaises.Nous voulons parler du congrès des notaires, tenu aux Trois- Rivières les 10, 11 et 12 juillet, et des relations officielles qui se sont établies à cette occasion entre l\u2019Association du Notariat Canadien et sa sœur aînée de France.Le notariat est peut-être Ia plus ancienne institution française au Canada.Inauguré à Québec sous Champlain, par Dela- ville qui eut l\u2019honneur de signer le testament du fondateur de la Nouvelle-France, aux Trois-Rivières en 1648 par Audouart, et à Montréal la même année par Jean de Saint-Père qui exerça concurremment avec Lambert Closse, il a fidèlement rempli, pendant les trois siècles de notre existence, le rôle d\u2019historiographe des familles canadiennes et de gardien de leur bien-être matériel, en dépit des bouleversements politiques et civils que notre pays a traversés.Unissant, avec le clergé, sa destinée à celle des soixante mille colons restés fidèles au sol après la conquête, il a su y conserver la tradition des vieilles lois françaises à une époque où le barreau, défenseur naturel de nos lois, n\u2019existait pas encore en ce pays ; c\u2019est dire qu\u2019il a contribué, plus que tout autre groupe peut-être, à la conservation de « nos institutions, notre langue et nos lois».Il a même pu réaliser l\u2019exploit d\u2019asservir à son tour le vainqueur, puisqu\u2019il compte plusieurs praticiens de langue anglaise, exercant aujourd\u2019hui les fonctions de notaire, avec un succès marqué, sous l\u2019empire des lois françaises.Son rôle ne s\u2019est pourtant pas limité à l\u2019atmosphère pacifique de l\u2019étude, puisque c\u2019est un notaire, Joseph Papineau, qui sut revendiquer au premier plan l\u2019octroi de nos droits constitutionnels.Et lorsque, dans la tourmente de l\u2019insurrection, douze patriotes canadiens affirmèrent la sincérité de leurs convictions jusqu\u2019au gibet politique, trois d\u2019entre eux appartenaient à la profession de notaire.Mais ce n\u2019est pas en vue d\u2019évoquer ces souvenirs que nous signalons le congrès de juillet dernier ; c\u2019est plutôt pour souligner l\u2019initiative que les notaires y ont prise d\u2019établir des relations officielles entre deux rameaux de la grande famille française, éloignés l\u2019un de l\u2019autre, mais tous deux pleins de sève et profondément unis par leurs racines.C\u2019est en cela que le congrès des Trois-Rivières a pris une importance presque nationale, puisque le notariat français s\u2019y est fait représenter pour la première fois, sous la haute approbation du gouvernement de la République, et que des liens de la plus chaude sympathie s\u2019y sont établis entre la sœur ainée et sa cadette par de là l\u2019océan.Répondant à l\u2019invitation de l'association canadienne, la Chambre des Notaires de Paris déléguait une de ses plus hautes personnalités, Me COTELLE, ancien président, à se rendre au congrès de 1920, tandis que les huit mille notaires de France invitaient, de leur côté, le notariat canadien à prendre part à leurs assises professionnelles de Strasbourg.Cet échange de relations fraternelles avec le groupe ethnique dont nous sommes issus, ne manquera pas de produire d\u2019excellents résultats pour l\u2019avantage commun ; la France ouvrira les yeux sur sa puissance d\u2019expansion, en voyant une poignée de colons, jetée par elle à mille lieues de distance, conserver la pensée française pendant des siècles, malgré l\u2019isolement et les assauts continuels ; et de notre côté, quel réconfort que de pouvoir nous réclamer d\u2019une communauté d\u2019origine et de sentiments avec un peuple qui fait l\u2019admiration du monde, et de sentir chez lui un point d\u2019appui solide pour la conservation de nos idéals ! Une deuxième initiative a surgi de cette réunion : le bâtonnier général du barreau de la Province de Québec, en rendant hommage à la vitalité du notariat, exprimait le vœu d\u2019un congrès conjoint qui permettrait aux deux professions sœurs d\u2019échanger leurs vues et d\u2019unir leurs efforts pour veiller de commun accord à la conservation des vieilles lois françaises.Cette démarche est d\u2019une importance d\u2019autant plus significative que le cri d\u2019alarme a été lancé l\u2019an dernier, et renouvelé cette année, parmi les membres de la profession légale, au sujet des dangers que comporte pour nous le projet d\u2019uniformité des lois présenté au congrès du barreau canadien.Ft même si cette uniformité devait s\u2019accomplir en dépit de notre résistance à l'assimilation, nos compatriotes des autres provinces, éclairés par la lutte en faveur de nos lois si bien agencées, ne trouveraient-ils pas tout avantage à adopter, suivant la suggestion d\u2019un éminent légiste américain, le code harmonieux, clair et concis des lois de la Province de Québec, au lieu de s\u2019égarer dans le dédale des lois statuaires et des précédents instables et souvent contradictoires au milieu desquels ils se débattent laborieusement ?Faisons donc bonne garde autour de notre patrimoine national ; que,nos sentinelles ne se laissent pas endormir par des chants de sirène à la voix rauque, et l\u2019avenir dira que nous n\u2019aurons pas en vain soutenu nos luttes séculaires.Victor MORIN. LA REVUE NATIONALE La Question Ouvrière au Canada \u2014 III Malaise industriel et organisation professionnelle ouvrière saires.\u201c 4 16,761,039\", ish HS Les gréves Quel que soit son sort, notre population ouvrière en est-elle satisfaite ?C\u2019est la question qui se pose tout naturellement à l\u2019esprit après la revue forcément trop rapide, que nous venons de faire de ses conditions de travail et d\u2019existence.À cette question, il n\u2019y a pas à hésiter un seul instant, il Né, pourrait-on dire avec la grande industrie, et même avant, le mécontentement de la classe ouvrière, n\u2019a cessé d\u2019exister chez nous, plus ou moins général, plus ou moins aigu, suivant les difficultés ou la prospérité des temps et le caractère des influences morales qui prenaient de l\u2019emprise sur nos travailleurs.La statistique des grèves est le baromêtre qui indique les variations du malaise industriel, mais comme toutes les statistiques, elle est très susceptible d\u2019induire en erreur ceux qui la consulteraient sans être suffisamment avertis ou sans y mettre la réflexion et le discernement néces- faut répondre non.C\u2019est en 1901, l\u2019année qui a suivi sa fondation, que notre département du travail, alors rattaché au Ministère des postes, a commencé à compiler et à publier des renseignements et des statistiques concernant les conflits industriels \u2014 grèves ou lockouts\u2019 au Canada.Du ler janvier 1901, au 31 décembre 1919, le nombre des conflits s\u2019est élevé à 2,236, celui des ouvriers intéressés, à 650,597 et celui des journées de travail perdues Ces chiffres, qui paraissent formidables à première vue, perdent beaucoup de leur aspect terrifiant dès qu\u2019on les analyse.En moyenne annuelle ils ne représentent que 118 conflits, 34,242 ouvriers intéressés et 882,154 journées de travail perdues.Un peu moins de 35,000 grévistes ou « lockouttés »*, mis en regard de la masse de nos travailleurs, cela ne forme pas, après tout, UN 5 contingent bien imposant.882,000 journées de travail perdues, réparties entre tous nos salariés, elles ne représenteraient pas méme une journée de travail par personne.Il est incontestable que le chomage involontaire par suite de maladie, d\u2019accidents aux machines, des saisons mortes, ete, fait perdre à nos travailleurs beaucoup plus de temps et d\u2019argent que les grèves et les lockouts, et constitue donc, au point de vue strictement économique, un problème encore plus grave que les conflits industriels.Autre remarque qu\u2019il importe de faire avant d\u2019aller plüs loin, c\u2019est que la province de Québec a sa large part de difficultés ouvrières.Sans doute, au point de vue du nombre des conflits, elle paraît en meilleure posture que la province d\u2019Ontario par exemple, n\u2019ayant eu que 411 grèves et lockouts de 1901, au 31 juin 1919, alors que durant la même période, sa voisine en avait 924.De toute évidence, la différence de population entre les deux provinces est insuffisante à expliquer cet écart, et il reste acquis que, relativement et absolument parlant, la province d\u2019Ontario a eu plus de différends industriels que la province de Québec.Là où les chiffres se rapprochent et deviennent sensiblement égaux c\u2019est au sujet du nombre d\u2019ouvriers intéressés et du temps perdu.Le nombre des travailleurs affectés par les grèves et les lockouts durant ces dix-huit ans et demi a été en effet de 134,309 dans notre province et de 149,884 dans l\u2019Ontario, et les journées de travail perdues de 2,085,756 dans la première et de 2,465,173 dans la seconde! D\u2019ou l\u2019on serait sans doute tenté de conclure, d\u2019abord que la crise sociale chez nous n\u2019a rien d\u2019inquiétant et ensuite, que, dans tous les cas, la vernement était visible.des statistiques ! 16° en 1919.véritable révolution.Commencé à Winnipeg le premier mai, par les ouvriers en métaux, le mouvement dégénéra bientôt en grève générale de-tous les métiers de la ville, et s\u2019étendit à plusieurs villes de l\u2019Ouest, si bien qu\u2019il finit par englober plus de 41,000 travailleurs et avait entraîné, quand il prit officiellement fin le 26 juin, la perte de 1,154,692 jours Quant aux quelques de travail,\u201d naissaient son autorité.tranquillité dont se vante la province de Québec, et que ses voisines lui envient, est parente de la vertu du Pharisien.Preuve qu\u2019il faut se méfier Pour donner à celles que nous venons de voir leur signification exacte, il faut ne pas perdre de vue certains faits.Le premier, est l\u2019augmentation du nombre et de l\u2019importance des conflits industriels au cours des trois dernières années.Alors que la moyenne annuelle des conflits durant les 19 années couvertes par nos statistiques a été, comme nous l\u2019avons vu, de 118, nous en avons eus 148 en 1917 ;196 en 1918 et 298, en 1919.De plus, alors que la moyenne annuelle des ouvriers intéressés n\u2019atteint pas 35,000, le nombre de ces ouvriers a été de 48,329 en 1917, de 68,489 en 1918 et de 138,988 en 1919.temps, perdu a été de 1,134,970 journées de travail en 1917, de 763,241 journées en 1918 et de 3,942,189 en 1919.Ces chiffres sont d\u2019autant plus significatifs que 1917 et 1918 étaient des années de guerre, au cours desquelles le gouvernement a multiplié ies mesures de toutes sortes et fait des efforts quasi surhumains pour maintenir en activité la vie industrielle de la nation.Plus significative encore est la statistique des grèves dites de sympathie ou de solidarité, ces sortes de grèves étant la révélation d\u2019un état d\u2019esprit très radical au sein des unions qui les déclarent.Or, de 1901 à 1917 inclusivement, il n\u2019y eut que 38 grèves\u201d de sympathie, guère plus de 2 par année, tandis qu\u2019en 1918 il y en eut 18°, et Ces dernières ont revêtu tous les caractères, et ce n\u2019est pas de la faute de leurs dirigeants si elles n\u2019ont pas pris toutes les proportions, d\u2019une Le mouvement révolutionnaire au Canada A Winnipeg, durant plusieurs jours, le comité de la grève fut virtuellement maître de la situation, ayant supplanté les autorités municipales élues.Le ravitaillement de la population ne se faisait qu\u2019avec sa permission, la force policière locale n\u2019obéissait qu\u2019à lui, et bon nombre des employés de l\u2019Etat, notamment les facteurs, recon- Il y eut entre la police montée fédérale et les travailleurs en grève des rencontres violentes à la suite desquelles deux ou trois personnes perdirent la vie.Les communications postales, télégraphiques et téléphoniques avec le reste du pays furent suspendues, sauf pour la transmission des communiqués du comité de la grève, et une partie du personnel des chemins de fer ayant quitté le travail, la situation fut encore compliquée par une crise des transports.Désertés par leur personnel, tous les journaux de la ville durent suspendre leur publication, sauf le journal ouvrier, devenu organe du Comité de la grève, qui parut régulièrement.Les rumeurs les plus alarmantes, basées sur les faits et gestes des chefs de la grève et sur leurs principes révolutionnaires bien connus, circulèrent dans le pays, qui put se croire à la veiile du grand chambardement.L\u2019inquiétude du gou- La division dans les rangs du travail, heureusement pas tous gagnés à la révolution, et l\u2019attitude énergique des autorités fédérales appuyées par le sentiment unanime de la population non-ouvrière, sauvèrent la situation, mais la crise avait révélé quelle emprise les doctrines socialistes exercent dans certains milieux ouvriers canadiens, et combien frèle, combien instable apparaît, aux jours de trouble, la construction sociale qui nous abrite.De toutes les provinces canadiennes où la grande industrie a pris quelque développement, seule la province de Québec est restée calme durant la crise.Les appels à la grève de sympathie n\u2019ont éveillé chez ses travailleurs aucun écho inquiétant, le robuste bon sens et la foi profonde de l'immense majorité de ses ouvriers canadiens,français et catholiques les immunisant contre la contagion démagogique.Ils sont bien prêts, \u2014 trop prompts même parfois \u2014 à faire grève pour une augmentation de salaire ou une réduction d\u2019heures de travail, mais la grève politique, la grève anticapitaliste, la grève nettement socialiste leur répugne et ne peut pas compter sur leur concours.La crise sociale de 1919 mit ce fait en pleine lumière, et a eu comme conséquence de provoquer dans les milieux anglophobes du pays, à l\u2019égard de la province de Québec, sinon une transformation de sentiments, du moins un changement d\u2019attitude, et nous a attiré une avalanche de compii- ments intéressés de la part de gens qui, quelques mois plus tôt, épuisaient à notre égard le riche vocabulaire d\u2019injures que possède la langue anglaise.Pas plus en sociologie, qu\u2019en biologie, il n\u2019existe de génération spontanée.Longtemps avant les tragiques événements du printemps dernier le socialisme était à l\u2019œuvre dans notre pays s\u2019efforçant de recruter et d\u2019entraîner l\u2019armée de la révolution.Sur le terrain politique proprement dit, ses succès avaient été rares et précaires.Dans un pays où, par suite du système fédéral, le nombre des législateurs est phénoménal, on pouvait comp- \u2018ter sur les doigts le nombre de ses représentants aux parlements provinciaux et fédéral.Malheureusement chez nous comme ailleurs \u2014 sauf en France peut-être \u2014 la guerre a eu, entre autres conséquences funestes, un développement remarquable des éléments radicaux, qui ont remporté en ces derniers mois, sur le terrain politique, quelques brillantes victoires, tout en restant encore partout, en faible minorité.C\u2019est ainsi que dans la province d\u2019Ontaria, où ont eu lieu à l\u2019automne de 1919 des élections législatives, 11 députés ouvriers ou socialistes ont été élus.Je mets ensemble députés ouvriers et députés socialistes, parce que, en fait, ils marchent la main dans la main et parce que le programme de notre soi-disant parti ouvrier, tout comme celui du parti socialiste, conduirait, s\u2019il était appliqué, à l\u2019abolition de la propriété privée.En s\u2019alliant avec le parti agraire, dit des F'er- miers-Unis, tout récemment formé et dont le succès, en cette occasion, a été extraordinaire, ils ont pu escalader le pouvoir.C\u2019est ainsi encore que plusieurs candidats ouvriers ont été élus aux récentes élections législatives du Manitoba et de la Nouvelle-Ecosse.Partout cependant le groupe ouvrier-socialiste ne pourra compter pour quelque chose qu\u2019en entrant dans des alliances où une part au moins de ses principes devra être mise au rancart.Dans le domaine économique et industriel la marche du socialisme a été à peu près la même que dans le domaine politique, mais plus accélérée.C\u2019est la fatalité du socialisme de mépriser les syndicats ouvriers, toujours trop conservateurs pour lui, et de ne pouvoir cependant se passer de leur concours.Aussi voit-on les militants socialistes, tout en dénonçant avec violence l\u2019esprit réactionnaire et la timidité des syndicats, s\u2019y enrôler en grand nombre, en vue de les détruire ou, si l\u2019on préfère, de les transformer en Me Sp.Oil.ais 4 Mtg: E tin LA REVUE NATIONALE autant d'instruments au service de leurs théories révolutionnaires, Les plus impatients vont plus loin : ils s\u2019efforcent de créer de toutes pièces des associations ouvrières tout imprégnées de leurs principes ct qui s\u2019emploieront à les appliquer le plus rapidement possible.Et c\u2019est ainsi que naquit aux Etats-Unis, vers 1905, la société dite : The Industrial Workers of the World, qui voulait grouper les ouvriers par industrie \u2014 au lieu de par métier, comme le faisaient les unions ouvrières \u2014 dans le but avoué de préparer la grève générale.L\u2019unio- nisme industriel préchait la violation des lois, Ie sabotage et se donnait pour mission de renverser le capitalisme par la violence si nécessaire, et de le remplacer par un socialisme syndicaliste assez nébuleux d\u2019abord, mais qui semble bien avoir trouvé sa parfaite expression dans la « dictature du prolétariat » ou le régime soviet.Au temps de leur plus grande prospérité (en 1911) les 1.W, W.n\u2019avaient guère plus de 10,000 cotisants au Canada\".mais leur esprit s\u2019infiltrait assez rapidement dans les unions ouvrières de métier où ils comptèrent bientôt plus de fidèles que dans leurs propres rangs.Si bien, qu\u2019en 1911 et 1912, on eut ce spectacle extraordinaire d\u2019une réunion de délégués des unions de métiers dites «internationales» condamnant le mode d\u2019organisation de ces unions et approuvant le principe de l\u2019unionisme industriel\".Durant la guerre, l\u2019activité antipatriotique des Industrial Workers of the World, devint telle que, au cours de l\u2019année 1917, cent-soixante de leurs chefs furent mis en accusation aux Etats- Unis et condamnés.En 1918, le gouvernement de la république américaine interdit cette association en même temps que toutes celles qui se proposaient « d\u2019amener par la violence des changements dans le système politique, social ou éconu- mique du pays» Au mois de septembre de la même année le gouvernement canadien plaçait à son tour les I.W.W.hors la loi, avec diverses autres associations révolutionnaires.C\u2019est au cours de cette même année 1918, et en vue de déjouer les efforts faits par l\u2019Etat pour enrayer les progrès du mouvement révolutionnaire, que naquit la One Big Union, ou union monopole, laquelle ne fut jamais que l'unionisme industriel continué sous un autre nom.Les I.W.W.avaient toujours été en relations étroites et vn sympathie d'idées avec les éléments révolutionnaires de l\u2019étranger.La One Big Union (O.B.U.) à continué cette tradition.Dès sa première convention, tenue à Calgary.en mars 1919, elle a approuvé officiellement, à l'unanimité et sans réserve, la «dictature du prolétariat et le régime politique soviétique \">.C'est la O.B.U., qui a organisé la grève de Winnipeg ct toutes les grèves de sympathie qui sont venues s\u2019y greffer.Malgré l\u2019échec de ce mouvement révolutionnaire, elle comptait encore au Canada à la fin de 1919, pas moins de 41,000 membres répartis entre 101 unions locales \u201c*.Il est à remarquer que la province de Québec ne comptait que 2 de ces unions locales, toutes ceux à Montréal, l\u2019une composée de travailleurs de tous les métiers et ayant comme secrétaire un personnage à nom anglais, W.Long, l\u2019autre de travailleurs en cuir, dont le secrétaire s\u2019appelait Sol.Sugar\u201d.Il est évident que les milieux canadiens-francais sont réfractaires à la culture bolschéviste.Le syndicalisme international Nous avons vu plus haut quelle sympathie l'unionisme industriel avait rencontré dans notre mouvement d'organisation ouvrière que l'on est convenu d'appeler international, encore qu'il n\u2019ait pas le monopole de l\u2019internationalisme dans nos milieux ouvriers.C\u2019est encore « l\u2019Internationale » qui a fourni à la One Big Union, ses chefs et ses troupes et il est temps d'aborder la brève étude que nous voulons faire de ce groupement syndical, de beaucoup le plus important parmi les quatre ou cing qui se disputent les travailleurs canadiens \".On désigne au Canada sous le nom de syndicalisme international celui qui se rattache à la Fédération Américaine du Travail.I est cont- posé en très grande partie, mais non pas uniquement, d\u2019unions ouvrières dont les quartiers généraux et la grande majorité des membres sont aux Etats-Unis.A la fin de 1919 il était représenté dans notre pays par 2,309 unions locales et 260.- Z47 adhérents, sur un grand total de 2,847 unions ouvriéres et 378,047 ouvriers syndiqués enregistrés au département du travail.Il faut encore ujouter à ces chiffres un certain nombre de syndicats et d\u2019ouvriers syndiqués qui, canadiens ou nationaux en ce qu\u2019ils ne se rattachent à aucune orvanisation ouvrière étrangère, témoignent de leur sympathie pour le syndicalisme international en s\u2019affiliant au Congrès des Métiers et du travail du Canada, création et porte-parole autorisé de l'unionisme international en notre pays.L'union de métier est la base, la partie essentielle et vitale de tout le syndicalisme international, tel que compris et préconisé par la Fédération Américaine du Travail.Dans son domaine, cette union -est autonome et connaît souverainement des questions qui concerne uniquement son métier : salaires, conditions de travail, grèves etc.: Pour promouvoir leurs intérêts communs et augmenter leur influence sur l\u2019opinion publique et les gouvernements, les unions de métiers ont établi diverses fédérations connues, pour la plupart sous le nom de Conseils.Certaines de ces fédérations groupent tous les métiers d\u2019une même industrie, comme le Conseil des Métiers de la construction ou du bâtiment, ou le Conseil des métiers alliés de l\u2019Imprimerie.Dans toutes les villes où l\u2019unionisme international a pris quelque développement on trouve une fédération qui englobe \u2014 en principe, car l\u2019affiliation n\u2019est pas obligatoire et plusieurs unions s\u2019y\u201d refusent \u2014 toutes les unions de métiers de la région.Ce genre de fédération est désigné sous le nom de Conseil des métiers et du travail de.telle ville.Enfin, les unions de métier ont créé, au Canada, une fédération nationale, qui est le Congrès des métiers et du travail du Canada, et elles se rattachent par un lien d'affiliation parfois direct, mais qui passe le plus souvent par l\u2019intermédiaire des quartiers généraux de l\u2019union, situés aux Etats-Unis, à cette vaste association internationale, qu\u2019est la Fédération Américaine du Travail.Mais toutes ces fédérations ont leur rôle nettement déterminé, qui laisse intact l\u2019autonomie de l\u2019union dans les questions qui l\u2019intéressent directement.Même dans les questions d\u2019intérêt général, les fédérations ne peuvent agir sur les ouvriers syndiqués que par l\u2019intermédiaire de l\u2019union ; celle-ci garde toujours, absolue et sans partage, son autorité sur ses membres.Le rôle des fédérations aux divers degrés est à peu près exclusivement législatif et éducatif.Il leur appartient de travailler dans leur domaine respectif à la diffusion des principes de l\u2019unionisme international, de promouvoir une législation favorable aux travailleurs et de combattre tout projet de loi hostile à la classe ouvrière.ou qui leur paraît tel.Aucune d\u2019elles n\u2019a le pouvoir de déclarer, conduire, interdire ou terminer une grève.Quand l\u2019une des unions qui leur sont affiliées se trouve engagée dans un conflit industriel, elles se bornent à lui accorder leur appui moral, à mettre à sa disposition, sans les lui imposer, le concours de leurs chefs les plus expérimentés.Exceptionnellement, quand l'importance de la gre- ve leur paraît justifier ce sacrifice, elles puisent dans leur fonds général\u2014n\u2019ayant pas de caisse de gréves \u2014 une somme forcément minime et la versent à l\u2019union intéressée, plutôt en témoignage extraordinaire de sympathie que pour apporter une aide efficace.: L\u2019Exécutif de la Fédération américaine du travail dispose seul, de pouvoirs plus étendus.Dans certaines limites précises fixées par les règlements il peut prélever sur tous les membres de la Fédération une contribution extraordinaire de quelques sous par membre, pour venir en aide à un syndicat aux prises avec le capital dans une lutte \u2014 grève, lockout, ou procès \u2014 d\u2019une envergure et d\u2019un intérêt exceptionnels.Il reste à l\u2019union qui voudrait soustraire ses membres au paiement de cette cotisation spéciale la ressource de se retirer de la Fédération.L\u2019union ainsi secourue par cette dernière garde la direction du conflit où elle est engagée.Cette autonomie presque absolue des unions de métiers paraît à bon nombre des chefs du syndicalisme international! à tendances centralisatrices et radicales une grave défectuosité dans l\u2019armature de ce syndicalisme, en ce que surtout, elle rend à peu près impossible le déclanchement et surtout le succès d\u2019une grève générale ou de toute autre action d\u2019ensemble dans la lutte contre le capital.Les Industrial Workers of the World, et la One Big Union sont nés de cette conviction.Le conflit entre les partisans de union de métiers autonome et les promoteurs de l\u2019unionisme industrie! s\u2019est poursuivi durant de longues années au sein mime du syndicalisme international, dont ces derniers se gardaient bien de sortir, y trouvant un champ admirable pour leur propagande.Au printemps de 1919 cependant, se croyant maîtres de la situation et croyant le moment venu de frapper un grand coup, les promoteurs de la O.B.U.convoquèrent en mars à Calgary, une convention des unions ouvrières, à laquelle prirent part 23 délégués, venus de la Colombie-Anglaise, de l'Alberta.de la Saskatchewan, du Manitoba et de l\u2019Ouest ontarien.Ces congressistes, délégués pour la plupart sinon tous d\u2019unions internationales, votèrent d\u2019enthousiasme en faveur du prineipe de l\u2019unionisme industriel et adoptèrent une résolution recommandant aux unions sur lesquelles ils pouvaient avoir de l\u2019influence de sortir du mouvement ouvrier international et de se réorganiser.d\u2019après les principes de la O.B.U.La résolution ne tarda pas à produire ses effets, les désaffilia- tions se succédèrent rapidement et le moment vint où il sembla que dans l\u2019Ouest du moins, le syndicalisme international ne serait bientôt plus qu\u2019une chose du passé.Grisés par leurs succès, les chefs du mouvement sécessionistes voulurent aller trop vite et lancèrent, à l\u2019occasion de la grève des travailleurs en métaux de Winnipeyr, au mois de mai l'an dernier, la grève générale dont l\u2019échez vint arrêter.au moins pour un temps.leur marche en avant.Le syndicalisme international se ressaisit, et envoya sur place un organisateur d\u2019expérience avec mission de reconstituer les unions débandées et de sauver tout ce qui pourrait être sauvé du désastre.Il réussit dans une certaine mesure, plus peut-être que ne l\u2019espéraient ses mandataires.Et cependant, la presque totalité des ouvriers syndiqués en Colombie- Anglaise \u2014 environ 19,000 sur un total de 21,000 \u2014 sont passés du syndicalisme international à la O.B.U.\u201d; les unions internationales sont pratiquement disparues de Fort-William et de Port- Arthur, Ont, ou du moins y sont dans un tel état d\u2019anarchie.qu\u2019elles ont négligé de faire rapport au département du travail\u201d ; et le nombre de syndiqués à Winnipeg, Manitoba, dont il a été fait rapport au département.est tombé à 5.000, de 10,500 qu\u2019il était en 1918.Et l\u2019on pourrait citer des statistiques tout aussi significatives pour plusieurs autres villes de l'Ouest.Ajoutons que le travail de désagrégation se poursuit et que, de temps à autres, une brève dép°che publiée dans les journaux nous apprend que telle et telle union de l\u2019Ouest a mis fin à son affiliation au syndicalisme international pour adhérer à l'O.B.U.Malgré done une augmentation considérable de ses effectifs enregistrée par le mouvement ouvrier international, augmentation dûe au succès 10 LA REVUE NATIONALE le.\u2014 Législation sociale.\u2014 Conclusions).1 Voir la Revue Nationale, août et septembre.p.35 15 Ibid.p.36., 12 On peut se procurer des documents officiels sur le syndicalisme international en s\u2019adressant au Bureau de la Fédé- d\u2019ordre.#11 faut ajouter à cet article la nationalisation des banques et l\u2019inaliénabilité des terres publiques, réclamées par le parti ouvrier, créature du syndicalisme international.\u2014 de sa propagande dans l\u2019Est et surtout à l\u2019affilia- \u2014 | tion en bloc d\u2019unions restées jusque là indépen- = dantes, il est incontestable que ce mouvement a .subi un rude assaut, dont il s\u2019est très mal défen- : du et que son avenir, dans l'Ouest canadien du moins, reste précaire.Les principes du syndicalisme international > = Comment expliquer qu\u2019un mouvement aussi Huit heures sonnent à la grande vieille hor- pliant à gauche, sur une table, un journal qu\u2019 ancien et aussi puissamment constitué que le syn- loge de bois, au timbre grêle.Les deux vieux y a jeté négligemment ) journal qu\u2019on dicalisme international et qui se vante à ses heu- se regardent silencieusement.Puis, d\u2019un geste Lui, à la dérobée, a jeté un regard, sur la ju res d\u2019être la meilleure digue à opposer au flot machinal, la mère ramène sur ses épaules voûtées toute petite vieille qui traîne un pas lassé le gl révolutionnaire, puisse compter dans ses Tangs et maigres, le grand châle noir en laine tricotée.châle moulant des épaules chaque jour plus vou jy une aussi forte proportion d\u2019éléments radicaux, « C\u2019est vrai, il ne fait pas chaud» dit vive- tées et plus gréles.Une rancune, une révolte ja- pie au point de voir sa propre existence mise en pe- ment le vieillard, et aussitôt, il prend une bâche mais éprouvée \u2019agite, lui, le bon \u2018Vieillard, à voir dou be ril.Un rapide examen des principes de ce mou- et la jette dans le poèle où se meurt, avec un pé- s\u2019user, finir ainsi la vie \u2018qu\u2019elle lui a confiée un ee Hi.vement ouvrier va nous fournir l\u2019explication de tillement mélancolique, le feu bleuâtre.jour \u2014 oh ! comme il s\u2019en souvient ! \u2014 avec tant E I A cet apparent mystère.Et le père François, revient s\u2019asseoir, l\u2019air d\u2019abandon, de confiant amour.Qu'elle était jo- | ail it Le syndicalisme international se proclame fatigué, soucieux.lie robuste alors, cette fraîche jeune fille de vil- ho i neutre en matière religieuse et ouvre ses rangs à Tous deux ont le cœur lourd, ce soir, plus lage.Un soupir gonfle la poitrine du père ÿ al tous les travailleurs sans distinction de croyances encore que d'habitude, peut-être parce qu\u2019il fait Francois.A quoi pense-t-elle, «la mère» ?.Le religieuses, ou d\u2019opinions économiques ou socia- plus froid dans le logement étroit et encombré, \u2019 qe les.Il fut, en conséquence, envahi dès ses débuts sans intérêt et sans charme, banal fk po par les propagandistes socialistes a qui il offrait comme tous les pauvres réduits de i # un merveilleux champ d'action, et qui, constam- faubourg.\u2014 Peut-être encore, la so- d'val ment en minorité dans ses rangs n\u2019en ont pas litude leur pèse-t-elle davantage, tan- souvent ih moins imprimé fortement leur marque dans la dis qu\u2019ils entendent le vent pleurer au & doc HE constitution de certaines unions, dans la déclara- dehors, que la poudrerie ébranle por- qui n 138 tion de principes du Congrés des métiers et du tes et fenêtres ?Chaque soir, il en | wn ji i travail du Canada, substantiellement semblable a est ainsi, depuis bien longtemps, les 1 dau ik celle de la Fédération Américaine du Travail, et «jeunes» sortent, s\u2019amusent; les Is vou dans les débats des réunions annuelles et les ré- « vieux », les pauvres bons vieux res- whe solutions qui y sont votées.tent seuls a la maison.une de Dans les constitutions d\u2019abord : voici celle Le jour, les jeunes travaillent ; i de or de l\u2019union des travailleurs en chaussures qui ré- le ménage sans enfants confie aux ein d clame «la suppression finale du systéme de con- vieillards la garde et le soin du logis ZA 2 2 , mi currence des salaires et la possession par le peu- Ainsi, ongagne facilement les plaisirs M a sh] ple collectivement, de tous les moyens de produe- de la veillée.| ad \u201cAH ! VIEUX, SANGLOTE-T-ELLE TOUT A COUP pari tion, distribution, transport, communication et Vient-il à l\u2019idée, au cœur plutôt du couple Dans un coin, qu\u2019éclaire mal la lampe fu- ai d\u2019échange *».léger le sentiment de reconnaissance et de filial meuse, un berceau dégarni est relégué.Il a bien tpi Voyons maintenant les articles les plus signi- amour qui réchaufferait l\u2019âme de ces vieux, dé- peu servi l\u2019humble berceau de fer « émaillé > ! Au- sb ficatifs de la déclaration de principes du Congrès voués et par bonté, et par affection, et par néces- jourd\u2019hui, la jeune femme y jette pêle-mêle un ik I des métiers et du travail du Canada.\u201d sité ?ouvrage inachevé, un livre, des photos d\u2019actrices fala 1° Instruction gratuite et obligatoire, et Ne se sont-ils pas « donnés» ?Oh! le mot de vues.Le geste étourdi, quotidiennement ré- sit donc, écoles d'Etat.triste, le mot barbare et d\u2019une vérité poignante, Pété, a toujours froissé, peiné la grand\u2019mère te 2° Journée légale de travail, de six heures et 27 fond.Donnés, ils servent, ils aiment, ils ne Mais, elle n'en a jamais parlé - elle sait que le ve six jours par semaine.réclament rien ; ils « endurent » et travaillent pere Trangols oa eu Pair scandalisé les pre- ; ve 3° Inspection \u2014 et par suite, dans une cer- sans mot dire.A Quoi bon, d\u2019ailleurs, se plain- De ois Fe mis un peu hd aume sur 1 - laine mesure du moins, contrôle \u2014 de toutes les Tes, Comprendrait-on leur souffrance, leur en- t ar 1 \u2019 : pri ne ble ache La et pre industries.nui, l\u2019humiliante souffrance que leur cause le sen- e nu sur le mur assombri.ne ouse sale e mn oo timent très net qu\u2019ils ont d\u2019être tout juste aimés \u2018ripée, Un roman à quinze sous, une boîte de pou- i 6 Exploitation par le peuple et pour le et gardés pour leur utilité ?Parfois même, n\u2019ont- dre sont jetés à la diable dans le petit lit.wl peuple de toutes les entreprises publiques telles ils pas éprouvé, qu\u2019au foyer joyeux,ils étaient une La petite vieille se dirige tout-à-coup de ce | dde que chemins de fer, télégraphes, téléphones, aque- gêne, uniquement parce que leurs infirmités, leurs côté.Elle se penche et, toujours silencieusement, | ou ducs, éclairage, etc.\u201d rides, leurs cheveux blancs contrastaient trop elle regarde ces objets vulgaires et sales profa- tran 7° Réforme de l\u2019impôt par la diminution des avec la bryuante gaieté des « veilleux » ?nant la chère relique.Un sanglot lui vient lig charges qui pèsent sur l\u2019industrie et l\u2019alourdisse- Tout cela, ce soir, rend bien tristes les deux aux lèvres ; elle jette un regard de détresse infinie ment des taxes sur la propriété immobiliére.vieillards.au vieillard qui, angoissé, essaye d\u2019avoir l\u2019air dis- | ,Ç Avec l\u2019inaliénabilité des terres publiques, Elle, elle a tantôt egrené son chapelet et ne pratt Ah! vieux», sanglote-t-elle tout-à-coup | l\u2019application rigoureuse de cet article aurait tôt voulant pas paraître silencieuse sans raison, elle .1 ee sary \u2019 , J fait de faire disparaître complètement la proprié- va d'ici, de là, rangeant à droite une chaise «si au moins, la p'tite vivait > Vig té privée du sol.Mais continuons nos citations.\u2019 \u2019 ! Juliette LAVERGNE.Ving 10° L\u2019étiquette unioniste sur tous les pro- L al duits manufacturés et sur tout le matériel du vermomoni hari hs oboe ne Tent BE TI 8 lr SR Fara as cht - gouvernement et des municipalités, ce qui aurait quente dans notre pays.édifice Hope, rue Spartks, Ottawa.Les rapports annuels du ' iy pour effet pratique de rendre le syndicat obliga- gate du Travail, mars 1520, p.280.reveement Oa Ee ment, par ce ministère iy toire.i l\u2019on veut bien me permettre ce néologisme barbare ! francophobe \u2014 sont aussi une mine précieuse de renseigne- PPS 5 Rapport de la Conférence industrielle nationale, p.ments.J\u2019ai déjà moi-même étudié ce mouvement plus en 15° Législation directe par l'initiative et le XX are du Travail, 1920, 200 dail qu Jone gu le fine mous op mage Ldn K .ravail, mars , DP.> oe YY 2 col D: referendum.Lo.7 J\u2019ai obtenu ce chiffre en déduisant du total de 68 donné et la Péder tion Avrérieaine du Travail province de nées A Cette déclaration de principes est celle du dans le rapport de la Conférence industrielle nationale, p.avec profit une excellente étude d\u2019un jeune chef ouvrier M.Ts Congrès depuis plusieurs années, sauf cependant 17 grèves de sympathie ps Pen EP oat.~ Alfred Charpentier : Dans les Serres de Faigle.i pour ce qui concerne la journée de travail.Ce premiers mols de 1919.Fannie Tore oor l\u2019Organisation Ouvrière au Canada pour lay nest qu\u2019en 1917 que l\u2019on substitua la demande » Gazette du Teal \u201cars Heme.don On notera le » Ibid, p- 270.; A i) pour une journée de six heures, à la demande désaccord entre ce chiffre et celui de la note 7.Ce n\u2019est pas ne a= aang, es Ouvre PIE des détails aue Je ni pour une journée de huit, qui faisait partie du Ja prom ière fois que les Slatistiques de notre département du De Dies de chez nous spécialement aux chapitres II, VI, VII, tes programme du Congrès depuis sa fondation et 10 Gazette du Travail, mars 1920, p.291.Vs défà citées Le Orpanteation Ouvrière dans la province de cu qui figure encore dans la déclaration de princi- pour Pesppott annuel sur l'Organisation ouvrière au Canada Québec et la Fédération Américaine du Travail.oo pes de la Fédération Américaine du Travail.12 Arthur Saint-Pierre : Questions et oeuvres sociales de editions auetifation À 3 Pra des travailleurs en chaussures, thy .; chez nous, p.133 et suivantes.:! Les mots soulignés sont de moi, le reste est emprunté iy (Le mois prochain : Fin de L\u2019organisation 13 Rapport annuel sur l'Organisation Ouvrière au Canada, textuellement à la déclaration SCompte rendu de la [reunion ny ouvriére.\u2014 Organisation professionnelle patrona- année Rappel A sur Organisation Ouvrière, 1919, truetion de la phrase le permet.), chaque fois que la cons- er] .23 J'ai conservé aux articles de la déclaration leur numéro | tr hy li Ty | (Wey Ir Jy él a.\u20ac je wir ma -» LA REVUE NATIONALE 11 [La Vie Littéraire =\u2014\u2014 | .Notre forte organisation paroissiale a été le plus actif instrument de notre salut, tant dans l\u2019ordre national que religieux ; elle reste la grande ressource propre à assurer notre avenir.Au point de vue purement esthétique, c\u2019est encore elle qui a mis sur notre province un superbe cachet de beauté.« Il y a des paysages qui n\u2019ont de charme que par le clocher qui les domine », a dit un penseur.Les clochers revêtent nos paysages d\u2019une grâce infinie ; ils les achèvent en quelque sorte, les animent et les transfigurent, leur donnent une physionomie rêveuse.Sans eux, notre nature manquerait de quelque chose d\u2019essentiel.Et, par exemple, supprimez des bords de notre Saint-Laurent, entre Québec et Montréal, ces flèches, simples mais élégantes, dont la base se dérobe à demi dans de la verdure, et qui fusent.ardentes et fines, vers l\u2019azur, et la poésie de notre sol s\u2019évanouit.Nos paroisses sont créatrices de bonté et de beauté.Et alors, c\u2019est faire œuvre saine que de tirer de l\u2019ombre leurs archives, d\u2019exalter leur vie féconde.Cela s\u2019appelle écrire la petite histoire, petite et souvent merveilleuse, qui s\u2019insère d\u2019elle-même dans la grande.Je désire donc féliciter M.l\u2019abbé Froment de s\u2019exercer dans ce genre.La Notice qu\u2019il nous donne aujourd'hui est consacrée à L\u2019Abord-à-Plouffe.Quel nom pittoresque que celui-ci ! Comme il fait image ! C\u2019est une trouvaille, et qui vient du peuple.Nos gens sont de grands artistes.sans le savoir.Ils vous ont une façon de peindre les choses par le mot, qui n\u2019appartient qu\u2019à eux.L\u2019Abord-à-Plouffe n\u2019est pas encore paroisse indépendante : c\u2019est une desserte de Saint-Martin de Laval.Au point de vue civil, elle est libre de forger ses propres destinées.Sous l\u2019un et l\u2019autre aspect, son avenir est plein d\u2019espérance.Mais l\u2019on conçoit que ses traditions ne soient pas encore nombreuses, M.l\u2019abbé Froment a bien fait de les recueillir et de les fixer dès à présent et de préparer ainsi la voie aux monographes futurs.Il me paraît toutefois que les choses qu\u2019il a glanées n\u2019appartiennent pas toutes à la petite histoire.Que M.le curé Giguère ait perdu son chapeau, dans un coup de vent, en traversant tel pont, il a droit à notre sympathie, car il faisait froid ; mais je ne trouve pas que ce fait méritait autrement de passer à la postérité.Je pourrais relever un certain nombre d\u2019autres détails que l\u2019auteur aurait pu s\u2019abstenir de consigner.Pour être « petite», l\u2019histoire est l\u2019histoire ; celui qui la raconte doit savoir choisir.Le style de ce travail offre des négligences.Les pages de la fin ne sont qu\u2019une nomenclature.Et les fautes de typographie fourmillent.Je me permettrai d'ajouter que cette plaquette a plutôt l\u2019air d\u2019un « almanach » ou d\u2019un « catalogue » que d\u2019un ouvrage.Les pages en sont tranchées ; les feuillets reliés au fil de fer et non cousus.Or, rien n\u2019est négligeable dans un ouvrage de pensée, pas même l\u2019apparence extérieure.L\u2019enveloppe de l\u2019œuvre d\u2019art, ou son cadre, a son importance.Ce qui compte surtout, c\u2019est sa substance, certes, et aussi la forme sous laquelle elle nous est présentée.L'écrivain doit avoir souci de lui-même et de son public, et se souvenir que la simplicité de ton ne veut pas dire oubli des règles de la syntaxe.Mais j'estime que le fruit de son labeur plait davantage, s\u2019il s\u2019entoure d\u2019une exécution typographique, conforme aux lois du genre, élégante et correcte.* * * Je ferai la même remarque au sujet de l\u2019ouvrage : « Une Poignée de Vérités «, de M.Albert Larrieu.Son allure « almanach » est peu engageante.J\u2019aime un beau livre, petit ou gros, un livre bien fait.Et ici je m\u2019en tiens au côté purement matériel.L\u2019art typographique existe.Trop d\u2019imprimeurs le méconnaissent.La France nous fait la leçon, sur ce point comme sur tant d\u2019autres.Le livre français, la moindre plaquette, cela est fini, cela a du cachet, de la distinction.Nos auteurs devraient exiger pour leurs productions un vêtement convenable.J\u2019ai rencontré une fois Larrieu : c\u2019était à une soirée que donnait ce « troubadour », ainsi que M.Thomas Chapais l\u2019appelle dans la préface qu\u2019il a mise à ce livre.Chacune des chansons du répertoire était précédée de quelques mots explicatifs, où parfois le poète montrait toute sa naïveté d'âme.«C\u2019est un grand enfant », me dit de lui l\u2019_éminent religieux près de qui j'étais.J'ose ajouter, après avoir lu son ouvrage : « Un enfant terrible >.Larrieu a fait des tournées dans toute la province, en Acadie, dans les centres canadiens de la Nouvelle Angleterre.Partout il a été accueilli, comme nous savons toujours accueillir nos cousins de France.et les autres.Ne sommes-nous pas une race de gentilshommes ?Il nous a donc vus de près.A la même époque couraient sur notre compte \u2014 dirais-je des calomnies 2; en tout cas journaux anglais et américains nous assassinaient de leur prose amère.Jugeant que ses observations personnelles ne cadraient pas du tout avec les jugements que portaient à notre égard nos adversaires, le généreux troubadour s\u2019est jeté à notre défense.Il a pris la plume, ou plutôt la cravache, et je vous assure qu\u2019il la promène joliment à travers le visage de nos détracteurs.« Une poignée de vérités », intitule-t-il ses rapides notations.Tout le monde en a sa part, j'entends tous ceux qui nous en veulent, qui ne nous comprennent pas, qui nous maltraitent.Messieurs les anglais sont abondamment servis ; les irlandais aussi ont leur plat, eux dont les ancêtres ont été reçus sur nos plages avec une si chrétienne charité, et qui font souvent le jeu de nos persécuteurs, quand leur coeur devrait au contraire se fondre de gratitude envers les canadiens ; il n\u2019est pas jusqu\u2019à certains français à qui ne soient adressées de bonnes leçons.Ça leur apprendra! Trop souvent nous avons été payés de notre hospitalité envers nos cousins de France en monnaie de singe.« Enfant terrible », ai-je dit de ce Larrieu, I ne ménage rien ni personne ; il ne met pas de gants blanes pour courir sus à l'ennemi.Il y va avec toute la franchise et toute la candeur des âmes jeunes.I] ne cherche pas d\u2019effets de style.Son ouvrage est moins «écrit» que « parlé».Ces vérités, qu\u2019il répand à pleines mains, ont déjà opéré des redressements d\u2019opinion.Une voix ne s\u2019élève jamais en vain au nom de la justice.Celle-ci est lente à venir, et boîteuse, disaient les anciens.Mais son règne arrive toujours.Il faut remercier ceux qui lui fraient la voie.Larrieu aura été de ce nombre, pour ce qui nous concerne.J\u2019ai le devoir très doux d\u2019exprimer ma gratitude personnelle au troubadour pour son appréciation d\u2019une oeuvre qui m'est d\u2019autant plus chère que j\u2019ai souffert à cause d\u2019elle.Il s\u2019agit de notre Ligue de Ralliement Français en Amérique.Cette croisade pour la défense de nos droits les plus sacrés nous a valu des inimitiés que je prise à l\u2019égal d\u2019une gloire.Je remercie Larrieu de son suË- frage.Il a de quoi consoler des animosités qu\u2019a fait naître ce mouvement en faveur de notre langue.chez ceux qui n\u2019ont pas eu la noblesse de lutter pour conserver la leur.* * x Le Tour du Saguenay, Historique, Légendaire, Descriptif, par M.Damase Potvin.Cet ouvrage fort bien édité, illustré de beaux demi-ton hors texte, est tout plein de choses, peut-être un peu mélées et confuses.Et d\u2019abord, est-ce que le mot descriptif du titre est bien à sa place ?N\u2019aurait-il pas dû passer avant les deux autres ?L'on nous invite à faire en esprit le tour de ce que Cartier appelait le « Royaulme » de Saguenay».Et c\u2019est donc le paysage qui se déroulera sous nos yeux, avant l\u2019histoire et avant la légende.La description devra primer le reste.Je note la traduction que l\u2019auteur donne du nom de Saguenay.Cela signifie d\u2019après lui, fleuve «aux eaux profondes».Et le Saguenay a, en effet, des profondeurs d\u2019abîme.Mais est-ce là ce que veut dire ce mot ?Je n\u2019en sais rien moi-même.Bien que canadien, j'ignore les langues sauvages, ce qui surprendra plus d\u2019un français.Je renvoie le lecteur, curieux de ces étymologies indiennes, aux articles qui ont paru dans les dernières livraisons de l\u2019Action Française, sous la signature du Révérend Père Paradis.L\u2019auteur soutient, et sa démonstration a un caractère scientifique sérieux, que Saguenay veut dire décharge.Ce fleuve est la décharge du lac Saint- Jean.A une époque donnée de la pré-histoire, les Laurentides se sont ouvertes, comme tranchées en deux par un immense glaive ; et les eaux supérieures de couler par cette faille gigantesque, au pied des vastes murailles de granit que Charles Gill a chantées.N'était-ce pas, pour M.Damase Potvin entreprendre beaucoup que de vouloir, dans un seul ouvrage, décrire toute cette région, la plus pittoresque, la plus extraordinaire, la plus variée de la province, et en ressusciter l\u2019histoire et la légende ?Il y a là trois sujets en un.Chacun sera un peu sacrifié à l\u2019autre.Et le tout sera un peu superficiel.Buies nous a laissé des pages descriptives incomparables sur le Saguenay.Ce n\u2019est pas à dire qu\u2019on ne puisse, après lui, reprendre ce thème.Mais Buies est un rival redoutable.M.Potvin ne nous le fait pas oublier.Il n\u2019y a pas prétendu d\u2019ailleurs le moins du monde.Sa manière est bien autre, moins artiste, plus précise, et parfois même l\u2019est-elle trop.Il a des indications qui sentent l\u2019horaire de chemin de fer ou de bâteau.Ce Tour du Saguenay prend des tons de guide.Cela s\u2019efface dans l\u2019ensemble, qui est instructif ; cela provient sans doute de l\u2019amour que l\u2019auteur ressent pour ce coin de terre où il est né.Dans ce que l\u2019on aime, tout nous touche, tout nous charme, les moindres détails ont une valeur, et l\u2019on en parlerait à l\u2019infini.C\u2019est ainsi que pour M.Potvin, rien de ce qui regarde sa petite patrie n\u2019est indi£f- férent : et il nous comble de renseignements exacts sur les moyens les plus pratiques de la parcourir, sur les singularités de sa vie, les miracles de sa conformation géographique.Pareil culte a sa beauté : j'eusse préféré toutefois un art plus sévère, une composition plus sobre et plus harmonieuse, dans cet hommage qui a quelque chose de filial.C\u2019est parfait de célébrer la Plus le rythme de l\u2019œuvre sera pur.et mieux on la fera aimer Ho A He terre natale. 12 LA REVUE NATIONALE (Mention au concours) LE VIEUX CHEVAL Le père Francois Dufour se tenait appuyé au chambranle de la porte basse de l\u2019étable et fumait, à petits coups secs des lèvres, une âcre verrine dont il venait de bourrer son brûle-gueule de plâtre et qui répandait, dans un rayon de dix pieds alentour de lui, une odeur de feuilles de blé-d\u2019Inde roussies.Le père François Dufour regardait sans voir, droit devant lui, sur la route.Il ne m\u2019entendit pas approcher sur le sol durci mais feutré de fumier, de sorte qu\u2019il sursauta quand, parvenu dans la bône de la verrine, je demandai brusquement : « l'ait beau, hein, père Dufour ?» Une énorme bouffée de son tabac vert, qui faillit m\u2019asphyxier, s\u2019échappa de sa bouche qu\u2019il ouvrit pour répondre sans presque me regarder : « Oui, mais on est pas loin sans pluie ; l\u2019air est nordet ; r\u2019gardez l\u2019coq du clocher, là-bas ».Dans le flou de l\u2019horizon, on voyait pointer, comme au milieu de la route, qui filait droit devant nous, la flèche effilée du clocher du village d\u2019Albanel ;.et le coq, effectivement, tournait le panache de sa large queue de bronze du côté du nordet .C\u2019était un beau matin de fin de juin.La fraîcheur nocturne était sensible encore et toute la campagne semblait un lac frais aux ondes bienfaisantes.Mais on sentait qu\u2019il allait faire chaud durant la journée.La pureté d\u2019un grand ciel pâle s\u2019épandait sur toute l\u2019étendue des champs jusqu\u2019aux lointains à peine brumeux que masquaient brusquement des coteaux.Tout était vert partout, vert foncé ou vert pâle, selon les semences qui sortaient.À quelques pieds devant nous, au bord de la route, la teire brune d\u2019un champ de labour frais dispa- i raissait presque sous le tapis vert pâle d\u2019une herbe qui était de l\u2019avoine en puissance, déjà longue d\u2019un bon quart de i pouce.Une clôture en pieux de cèdre i: mettait brusquement fin, de notre côté, ! } au domaine des avoines ; et, à partir de Le père Dufour secoua sa pipe sur le chambranle de la porte qu\u2019il n\u2019avait pas quittée, la fourra encore fumante dans une poche de sa veste, et m\u2019invita a visiter son domaine.C\u2019était l\u2019étable, la grange et leurs alentours qu\u2019il entretenait avec un soin de mère, Il y passes tout son temps depuis plus d\u2019un an.L\u2019été, il rôdait sans cesse dans les cours, soignant os pores, les veaux et les poules.L\u2019hiver, il s\u2019enfermait dans la tiédeur de l\u2019étable et, le soir, il parlait à ses bêtes comme à des êtres huamins, leur confiant les peines et les regrets que lui causait l\u2019usure de son vieux corps qui s\u2019affaiblissait avec l\u2019âge.Les bonnes bêtes de l\u2019étable semblaient comprendre leur vieux maître.l\u2019une d\u2019elles, souvent, tournait tristement la tête et lui répondait par un meuglement attendri qui remuait comme une plainte humaine.Et, dans cette atmosphère d\u2019où s\u2019échappaient de chaudes odeurs de litières et où l\u2019on entendait que le mouvement rythmé des mâchoires qui remuaient et le bruit des chaînes aux anneaux luisants sur le bord des man- gecires, le père Dufour était heureux et son âme de vieux terrien goûtait des moments d'ivresse.Nous traversâmes la batterie de la grange, entre les deux tasseries vides, pour le moment, la clôture jusqu\u2019à nous, c\u2019était la cour RS de l\u2019étable où le fumier faisait sur l\u2019herbe qui s\u2019obstinait à pointer quand même des taches jaunes et brunes.Tout près de la dôture, une charrue gisait sur ses flancs et les rayons du soleil qui surgissait en errière des bâtiments faisaient reluire son soc usé par le frottement de la terre ; un jeune veau blanc marqué de roux s'amusait, pour l'instant, à ronger de ses jeunes dents, l\u2019un des mancherons de la charrue.Au milieu de la cour, une grosse poule jaune s\u2019avan- cait vers nous avec méfiance, les yeux curieux et inquiets, voulant atteindre, sans accident, un las de fumier sec tacheté de grains d\u2019avoine.Avançant, pas à pas, avec de grandes précautions, la poule posait avec prudence sur le sol, ses pattes un instant repliées.De temps en temps, elle frappait le sol d\u2019un coup de bec brutal pour saisir un grain presque invisible.wh \\ wr fot Le jeune veau se mit & ronger avec tant de rage le mancheron que le pére Francois fut pris d'inquiétude.Il se baissa, ramassa à ses pieds une motte de terre et la lança sur la bête.En trois ou quatre bonds fous, le jeune animal.ia queue horizontale au dos, dévala et disparut derrière l\u2019étable, tandis que la poule s\u2019ensauvait aussi, butant à chaque pas, striant l'air de cris de gonds de porte mal graissée, ce qui fit grogner d\u2019inquiétude une « portée » de petits cochons qui s'amusaient, d\u2019un autre côté de la cour, à lècher l\u2019auge maternelle.fe ~~ 72 A a a 7 2brlon ds FASS oT TE: \u201c A > \u2018 or 7 LL dt 4 Ira .\u201cik Les pil oA ON VEUT ENCORE QUE JE TE TUE.de grain et de foin et que devaient remplacer, jusqu\u2019au prochain engrangeage, des instruments aratoires et des voitures d\u2019hiver tournées sens dessus dessous, les timons droits en l\u2019air.Puis, après avoir traversé également l\u2019appenti aux moutons, désert, et d\u2019où s\u2019échappait une odeur sucrée de fumier moisi, nous fûâmes en arrière Ces bâtiments.Dans un petit enclos séparant ces derniers d\u2019une prairie qui s\u2019étendait jusqu\u2019au milieu de la terre dont le trécarré de bois vert, au loin, marquait la fin, j\u2019aperçcus comme le fantôme d\u2019un cheval.L\u2019apparition se tenait debout, dans un coin de l\u2019enclos ; on eut dit une brassée de fagois placée sur quatre piquets.«il vit?».demandai-je au père Dufour, en guise de plaisanterie.\u2014 « Oui, mais j\u2019erois qu\u2019il n\u2019en a pas pour longtemps, l\u2019pauv.vieux Blond.Et, comme je lui faisais remarquer qu\u2019il ferait acte humain en mettant fin lui-même aux jours de cette pauvre bête, le père Dufour s\u2019ar- 2.oe \u2014 GA I eT Nd > or Hy 4 2) rêta soudain et me regardant fixement dans les yeux : «Tuer Blond?.Ah! mon jeune ami, vous savez pas c\u2019que vous dites-là.Tuer Blond !.Et Te vieux s\u2019approcha du squelette équestre ; il arracha, au passage, une touffe d\u2019herbe qu\u2019il lui tendit ; il lui caressa amoureusement les quelques longs et rudes poils qui restaient encore de la crinière, puis murmura, ému : « Non, non, tu mourras d\u2019ta bel\u2019 mort, pauv\u2019 vieux Blond.Tu souffres pas, ici 7.Tu sais comme j'ai bien soin d\u2019toi.Et se tournant vers moi : «C\u2019est pour le Blond qu\u2019 j'ai fait c\u2019petit clos ; c\u2019est à lui; il est bien, ici, à l'ombre de la grange ; il y a du soleil seulement un peu l\u2019matin.L'hiver passé, c\u2019est lui qu\u2019avait la plus belle place dans l\u2019étable.J\u2019lui donnais tous les jours sa portion d\u2019avoine ; il n\u2019est pas capable d\u2019en manger, asteur, puisqu\u2019il n\u2019a presque pus d\u2019dents .Le pére Francois donna quelques petites tapes amicales sur la croupe étique de la béte : «Pauv\u2019 vieux Blond, va !.Dire ¢\u2019j\u2019ai voulu, une fois, te tuer, comme on m'\u2019l\u2019conseille encore aujourd'hui.«Ça, c\u2019est toute une histoire», ajouta-t-il en se tournant vers moi, «et j'm\u2019en vas vous la conter, si vous voulez.Nous allimes nous asseoir sur une pagée de la clôture du clos de Blond.Le père François tira de sa poche sa pipe, la bourra de son odorante verrine, l\u2019alluma et, après avoir, en quelques petits coups sees et rapides des lèvres, tiré une abondante fumée bleue, commenca : C\u2019était l\u2019année dernière, au commencement dl'été ; il y avait longtemps qu\u2019les enfants m\u2019tannaient avec l\u2019Blond qui était comme vous l\u2019voyez ; ils prétendaient qu\u2019i était bon à rien, qu\u2019i prenait d\u2019la place dans l\u2019étable et qu\u2019i était embarrassant.La femme s\u2019en mélait aussi: «C'est pas chrétien », qu\u2019elle m'\u2019disait, «d\u2019laisser vivre plus longtemps c\u2019te pauv\u2019bête qui serait bien mieux morte, j'tassure».J'résistait tant que j\u2019pouvais ; l\u2019idée d\u2019tuer Blond m\u2019chavirait l\u2019esprit et j'en était malade rien qu\u2019à y penser.Toujours est-il qu\u2019un bon matin, à force d\u2019m\u2019faire bâdrer par la créature et l\u2019s\u2019enfants, j\u2019m\u2019suis décidé à la chose.: «Il faisait un temps quasiment pareil comme aujourd\u2019hui, même qu\u2019l\u2019air était \u2019nordet puisqu\u2019 j'm\u2019rappelle avoir \u2014= T\u2019gardé l\u2019coq avant d\u2019partir.Comme un homme qu\u2019allait commettre un crime, , j\u2019voulais pas qu\u2019personne ait connais- mon hein, ~ ; 1.14512 a sance d\u2019la chose et j'avais décidé d\u2019m\u2019en - aller jusqu\u2019au trécarré avee l\u2019Blond.De fait, nous v\u2019'là tous les deux partis d\u2019l\u2019étable, moi en avant avec mon fusil su l\u2019épaule ; lui, il m\u2019suivait comme un enfant ; j\u2019marchais pas vite vu qu\u2019la pauv\u2019 bête butait quasiment à chaque motte de terre qu\u2019on rencontrait .« Comme on marchait, j'm\u2019amusais à r\u2019garder partout alentour ; il faisait un vrai beau temps ; l\u2019grain dans les champs, était d\u2019jà long comme l\u2019doigt et quand on a traversé ma prairie du Russeau, l'herbe était si drue qu\u2019on semblait pas, en marchant, toucher la terre ; j\u2019m\u2019rappelle que comme je m\u2019retournais, pour voir si l\u2019Blond suivait, j'ai vu la pauv\u2019 bête essayer d\u2019happer une gueulée de c\u2019te bonne herbe.De fait, qu\u2019 l\u2019année dernière, on a eu une récolte sans pareille de foin.«On marcha encore pendant qu\u2019que temps, llong des champ, et on est arrivé au trécarré.Là, c\u2019est du bois vert.Il y a, entre c\u2019bois et mon dernier champ.un\u2019 p\u2019tite clairiére ous\u2019que j'mets, l\u2019été, les veaux en pacage.J\u2019mis Blond au bord du bois et j\u2019m\u2019en suis allé à l\u2019aut\u2019 bout d\u2019la clairière.Blond s\u2019tenait dret sur ses pattes, comme vous l\u2019voyez là.J\u2019pris mon fusil que j\u2019mis pas mal de temps à charger et à ajuster, comme la it J.bre de ä Pei IM ls by, ls jog.ble Je Pie M.bile eo, one ota Fous yg Tal: on 0d- qu vous pouvez bien l\u2019penser.Mais il fallait bien en finir.J\u2019tremblais comme une feuille ; j\u2019épaule et j'vise.J\u2019étais à ving®cinq pas quasiment de Blond.Par quel adon, j'm\u2019l\u2019demande, mais V'la-ti pas qu\u2019mon ch\u2019val juste à c\u2019moment-la, tourne la tête d\u2019mon côté et qu\u2019il me r\u2019garde juste comme j'allais tirer.J\u2019vois ces deux bons grands yeux vitreux qui m'\u2019r\u2019gardaient.On aurait dit qu\u2019la pauv'bête pleurait.Ah! quand j'y pense! Jai vu, dans ces yeux-la toute l\u2019histoire d\u2019ma terre ; et j\u2019m\u2019mis & pleurer quasiment, moi aussi.L\u2019Blond avait alors vingt-cing ans et il y a eu juste vingt-cinq ans, l\u2019année passée, qu\u2019j'ai acheté ma terre qu\u2019était en bois d\u2019bout et sur laquelle j'voulais établir mes garçons ; et c\u2019est pour ça qu\u2019j\u2019avais vendu ma terre du village qu\u2019était faite d\u2019un bout à l\u2019autre.J\u2019avais gardé Blond seulement qui était dans c'temps-là un beau poulain et c\u2019est vec lui qu\u2019jai ouvert c'le terre.J\u2019étais déjà pas une jeunesse et j'vous assure qu\u2019on en a arraché.C'était une terre dure ; du bois partout, des savanes, des fardoches, des aulnes d\u2019un bout à l\u2019autre.1! a fallu tout arracher ça, tout égouter ça, labourer ça, semer ça.R\u2019gardez la maison là-bas, tout est fait du tré- carré à la route.C\u2019qu\u2019il y en a du travail là d\u2019dans ! Et c\u2019est avec Blond qu\u2019j\u2019ai fait tout ca.L'été, on faisait d\u2019la terre, on labourait, on hersait.Puis, on faisait les foins et les récoltes ; ensuite, v'naient les labours d\u2019l\u2019automne et on faisait encore d\u2019la terre jusqu'aux premiéres neiges.L\u2019hiver, on charroyait du bois ou ben on mettait Blond sur le haspor du moulin a battre et marche, marche, marche, toute la sainte journée, pour battre le grain d\u2019la récolte.Pendant c\u2019tempsldà, les jeunesses avaient grandi ; les garçons s\u2019étaient mis à aller voir les filles au village.Des soirs, après une grosse journée de battage ou de charroyage de bois, il fallait atteler Blond encore et descendre à l\u2019église.C\u2019est avec Blond qu\u2019les garçons ont fait leur jeunesse ; il v en a deux qui sont mariés, asteur, et c\u2019est avec lui encore qu\u2019on a fait la terre c\u2019qu\u2019elle est ; \u2018ell\u2019a travaillé, la pauv\u2019bête, pendant vingt-cinq.ans, jour et nuit, on peut l\u2019dire.Tous ces champs qu\u2019vous voyez jusqu\u2019à la maison, c\u2019est Blond qu'a fait ça ; la maison, la grange, l\u2019étable, c\u2019est lui qu\u2019en a charroyé l\u2019bois ; c\u2019est lui qu\u2019a marié mes deux garçons qu'ont des enfants ; c\u2019grand champ d'blé qu\u2019vous voyez s\u2019étendre jusqu\u2019à la route, c\u2019est l\u2019Blond qui l\u2019a essouché pendant quasiment trois ans de suite.J\u2019l\u2019attelais su\u2019l\u2019grappin aux souches à cinq heures du matin et j\u201dldét'lais à huit heures du soir quand on n\u2019voyait plus rien.et tire done, mon Blond, tire donc, toute la journée.Faut dire aussi que j'lui ai jamais donné un coup d'fouet mal à propos.Des fois, j'ai vu qu\u2019il y avait plus d\u2019avoine dans la grange pour lui donner, le soir, aprés sa journée ; eh, ben! jen avais tellement pitié qu\u2019j\u2019allais lui porter des tranches d\u2019'mon pain que j\u2019gardais pour lui au souper.Avee un bon botillon d\u2019foin, ca lui f\u2019sait passer la nuit et il était prêt à r\u2019commencer l\u2019lendemain matin.Ah! quand même c\u2019qu\u2019ea été dur, allez ! « Eh! ben, c\u2019est tout ça qu\u2019jai vu dans les deux grands yeux d\u2019mon Blond quand il s\u2019est tourné envers moi pendant que j\u2019visais pour l\u2019tuer.« Qu'est-ce que vous auriez fait à ma place?« Mon fusil est tombé d\u2019mes bras; j'avais les yeux mouillés.J'ai été prendre Blond par la crinière et j'ai descendu avec lui jusqu'à la maison.La femme, les enfants, les voisins ont ri d\u2019moi mais j'en ai pas fait d\u2019eas.Eux aute\u2019s savaient pas c\u2019qui s\u2019était passé, en haut, au tré- carré ; j'leur ai jamais conté ça.Moi j'savais c'qui s\u2019était passé et c\u2019est pour ça que j'ai juré qu\u2019Blond mourrait d\u2019sa belle mort.» Et le père Dufour s\u2019approcha de nouveau de ce fantôme de cheval qu\u2019était devenu Blond.Il lui caressa, pendant quelques minutes, sa longue tête exangue et je l\u2019entendis murmurer : « Entends-tu ?on voudrait encore que j'ic tue pauv\u201d vieille bête ».Damase POTVIN.COURRI LA REVUE NATIONALE La Dame-qui-lit Consultations \u2014.JEROMIEN\u20141.Y a-t-il d\u2019autres histoires du Canada, aussi complètes que celles de Ferland.Garneau et Sulte ?2.\u2014Y a-t-il des ouvrages publiés sur le vieux Montréal ?3.\u2014 L'histoire de l\u2019Ie-Jésus par l\u2019abbé Lan- gevin-Lacroix, a-t-elle été publiée ; sinon quand doit-elle l\u2019être ?4.\u2014 Y a-t-il un ouvrage publiée soit par M.B.Sulte ou M.C.Bertrand, donnant les noms des premiers colons français.les localités d\u2019où ils sent venus, leurs professions ou métiers, s\u2019ils étaient soldats, dans quels endroits du pays ils se sont établis ?5,\u2014 Y a-t-il un ouvrage sur le réviment Carignan-Salières, qui vint au pays en 1665 ?6.\u2014 Je remarque que sept volumes scule- ment, allant jusqu\u2019à la Cession du Canada en 1760, du Dictionnaire Généalogique de Monseigneur Tanguay, paraissent avoir été publiés ?Y a-t-il eu des recherches de faites pour la période de 1760-1870.date de l\u2019émission du premier volume ?Ces dernières recherches ont-elles été publiées, ou sort-elles demeurées inédites.Dans ce dernier cas.pourriez-vous me dire où sont ces manuscrits ?R.\u2014 1.Je n\u2019en connais pas.Un excellent Manuel de l\u2019Histoire du Canada dû aux plumes érudites de M.l\u2019abbé Desrosiers et de M.Camille Bertrand a raru cet hiver.Ce volume est excellent à consulter, et d\u2019une information précise et sûre.2.\u2014 Vous connaissez sans doute les ouvra- ves des auteurs suivants : Beaugrand.Bosworth, Sandham, Leblend de Brumath, et le Dr Ather- ton.3.\u2014 Non.Ouvrage en préparation.4.\u2014 Cette oeuvre n\u2019existe qu\u2019en manuscrit chez l\u2019auteur, M.Beniamin Sulte, à Ottawa.5.\u2014 Oui.par M.Sulte.Vous le trouverez dans les Mémoires de la Société Royale.6.\u2014 Je ne puis que vous répondre négativement.Le Dictionnaire généalogique de l\u2019abbé Tanguay comprend sept volumes, allant jusqu\u2019à 1760.= + Ste > HE M.Gr, (Limoilou, Québec).\u2014 Voulez-vous avoir l\u2019obligeance de-me donner les adresses des revues dadaïstes suivantes, mentionnées dans le numéro d\u2019août de Ka Revie Nationale : le Dada- phone, le Cannibale, dirigé par Francis Picabia.le DA H2 O4, fondée par G.Ribemont Dessaignes.\u201c2\u201d, par Paul Dermée, et M\u2019amenez'y, par Cécile Arnauld ?R.\u2014 En écrivant à l'administrateur de Le Nouvelle Revue française, 33 et 35, rue Madame, Paris, vous pourriez obtenir les renseignements désirés.On semble, à cette Revue, tout en le cri- t\u2018quant.s'intéresser à co mouvement de littéra- tours étranges.Mireille de Versailles.\u2014 Consultez en ce oni regarde l\u2019histoire de l\u2019Acadie.les auteurs et les cuvrages indiqués var M.l\u2019abhé Camille Roy Jans son Manuel de lu Nitiérature ccnadienne- francaise (1918).Actualités \u2014 \u2014 Un libraire florentin vient de vendre pour 32,000 lires, un exemplaire de La divine Comédie, Edition imprimée à Foligno.par Johan Numeis- ter.en 1472, et considérée par les bibliophiles comme la premiére édition du poème dantesque.\u2014MM.Baldensperger et Hazard feront pa- raitre en janvier une nouvelle revue irimestrielle intitulée : La Revue de littérature comparee.\u2014 Quelle fécondité chez certains membres de l\u2019Académie française! M.Abel Hermant pour sa part.a unc oeuvre comprenant 50 volumes de remans et nouvelles, 11 pièces de théâtre.5 volumes d\u2019Essais et de Chroniques.\u2014 Un livre d'André Gide.s'est vendu dernièrement.à Paris.au prix de $120.Ce sont Les cahiers d'André Walter.Une édition originale du Visage'émervcillé, de la Comtesse de Noailles a atteint le chiffre de $35.; \u2014 Les américains donnent encore des prix plus élevés.A une vente récente de livres rares, 13 ER Automnales l'automne a mis de Cambre aux arbres Et de carmin Il « jaspé, comme des marbres, Le gris chemin.La feuillée au vent se dentelle En ajours bleus Et semble balancer en elle L'azur des cieux.Comme sous la gaze trop claire D\u2019un parasol, De fines taches de lumiére Jonchent le sol.Et du feuillage, dont s\u2019embrume Le tronc jauni, La jeunille choit, comme une plume Glissant d\u2019un nid.L'auicemne a mis de l\u2019ambre aux arbres Et de carmin Ha jaspé, comme des marbres, Le gris chemin.Mais ce manteau, que Uarbre porte En plis mouvants N\u2019est qu\u2019un tissu de feuilles mortes, Qui flotte aux vents.Et sous le froid, qui ronge l\u2019ambre, Comme un rosier, Le blond jeuillage de septembre Va s\u2019effeuiller.l\u2019on a payé pour l'ouvrage fameux Venus et Ado- ris, la jolie somme de $75,000.\u2014 Les romanciers anglais sont à l\u2019honneur Jans les revues de France.Nous avons lu dernié- rement dans La revue hebdomadaire une oeuvre de Galsworthy, La revue universelle du ler septembre commence la publication d\u2019un roman de G.K.Chesterton : La sphère et la croix.Quelques articles de revues \u2014 Fidus.Silhouettes contemporaines : M.Georges Goyau, (La Revue des Deux-Mondes, 15 juillet).R.P.Mainage.La récente encyclique du Pape.(La Revue des Jeunes, 10 juillet 1920).E.Bonnier.La théodicée de Renan.(Revue pratique d\u2019apologétique, ler et 15 juillet 1920).Trois siècles d\u2019érudition catholique : L\u2019oeuvre des Bollan- distes.(Ibid).A.Bidault des Chaumes.La crise de l'édition en France.(Le Génie Civil, 31 juillet 1920).Le vocabulaire technique : l\u2019anglais à l\u2019atelier.(L\u2019ouvrier moderne, juillet 1920).Paul Clau- del.Saint Louis.roi de France.(La nouvelle tevue française.août 1920).André Breton.Pour Dada, (Ibid).Le féminisme aux Indes.(La Revue mondiale, 15 juillet 1920).J.A.Stevenson, The agrarian movement in Canada, (The Edin- \u201cargh Review, July, 1920).W.S.Wallace, The growth of Canadian national feeling, (Canadian Historical Review, June 1920).Canada Problems affecting Imperial relations.(Round Table.June 1920).Mrs.Creighton.Women police, (The Fortnightly Review, July 1920).Marie J.Gerin- Lajoie.Marguerite Bourgeoys.La femme d\u2019oeuvres, (La Revue trimestrielle, Juin 1920).Fa- dette.Les Mères, (L\u2019Action française, juillet 1920).Antonio Perrault.Lendemains de conquête (Ibid).R.P.Bissonnette.Les blasés, (La Revue dominicaine, août 1920).AVIS Les progrès rapides accomplis par la Revue Nationale au cours de la présente année nous obligent à nous installer dans un local plus vaste que celui que nous occupons actuellement.À partir du premier novembre la Revue occupera crois bureaux au No 296, de la rue Saint-Laurent, dans l'édifice de la Société Saint-Jean-Baptiste, le Monument National.C\u2019est là qu\u2019il faudra s'adresser pour tout ce qui se rapporte à la Revue : rédaction, administration, abonnements et publicité. 14 LA REVUE NATIONALE RNEVEZ \u2014 (Ouvrage couronné par l\u2019Académie Française).Mlle PAPE-CARPENTIER 10 (suite) Elle sort en courant de la chambre, monte au grenier, va droit à une armoire qu\u2019elle connaît bien, et l\u2019ouvre.Les coiffes de Mme Le Goaz sont là, rangées en piles régulières.Elle en prend une, la pose sur ses cheveux qu\u2019elle tord avec énergie pour les forcer à tenir moins de place ; de ses mains nerveuses, elle épingle les ailes ; puis elle redescend, rapide, ressaisie d\u2019un confus et nouvel espoir.Au moment même où Marik rentre dans la chambre : Co « A boire !» dit Pierre d'une voix dolente.Elle se précipite, prend le verre sur la table, l\u2019approche des lèvres du moribond : « Tenez, mon cher ami, buvez.» Les yeux du pauvre garçon se fixent de nouveau sur elle, mais, cette fois, le regard perd de son expression déchirante ; on dirait que quelque lueur d\u2019une douceur vague, oh ! bien vague encore ! pénètre jusqu\u2019à son intelligence obscurcie.«Mer.ci», fait-il péniblement.Et il serre d\u2019une façon imperceptible la main que Marik a posée sur la sienne.Il la retient, comme si, soudainement, un peu de force lui revenait.La jeune fille ne résiste pas à cette pression qui la comble de joie.Assise sur un petit escabeau, elle reste, sans faire un mouvement, sa main fraîche dans la main brûlante de Pierre.Elle sent une sorte de magnétisme s\u2019établir entre eux, comme un courant qui passerait d\u2019elle à lui, faisant couler dans les veines du malade une vie renouvelée, sa vie à elle ! passent ainsi.Pierre ne délire plus ; son front est moins chaud ; ses yeux qu\u2019il tenait constamment ouverts, se ferment : il s\u2019assoupit.Et une telle impression de répit, d\u2019apaisement.de résurrection plane dans cette chambre que Marik, exténuée par les deux jours qu'\u2019eile vient de passer, appuie sa tête sur le rebord du lit, et s\u2019endort tranquillement, la main dans celle de son ami.L\u2019aurore les trouve ainsi.Mme Le Goaz a subi, elle aussi l\u2019effet de ce calme inexplicable, et, vaincue par les lassitudes accumulées, s\u2019est endormie dans son fauteuil.Lorsque, avec un soubresaut, elle séveille confuse d\u2019avoir pu sommeiller et laisser son fils à d\u2019autres mains, Pierre n\u2019a pas fait un mouvement, il repose profondément, avec une respiration régulière.Marik, la figure appuyée sur la couverture, dort, comme dorment les anges.Jacquette les regarde tous deux, et, soudain.surgissent en elle des pensées qui bouillonnent, viclentes, rageuses, torturantes.Oh ! la funeste nature tourmentée ! sans cesse remuée par les orages ! Elle n\u2019a jamais compris le charme infini de la douceur et de la paix.Tous les sentiments qu\u2019elle éprouve sont extrêmes et déchirants ; elle passe d\u2019une tendresse passionnée à l\u2019excès de la haine.Certes, elle désirait que Marik vînt, puisque le médecin disait que c\u2019était le seul espoir de guérison qui restât ; elle l\u2019appelait de toute son âme, la voulait, tremblait qu\u2019elle n\u2019arrivât point.Et, maintenant que comme par miracle, le mieux dont on désespérait commence à se produire, la jalousie gronde sourdement dans le cœur de Mme Le Goaz.Son fils a repoussé sa main et voulu celle de cette étrangère ; elle n\u2019a rien pu, elle, la mère, pour guérir celui qu\u2019elle aime plus que son existence, et il a suffi que Marik parût, cette Marik tant détestée, pour qu\u2019un adoucissement se fit sentir.oe XXXVI La figure du docteur.dès qu\u2019il eut terminé son examen journalier, respirait une telle confiance renaissante, qu\u2019à elle seule, elle était un reconfort.« Ne quittez pas le chevet de notre malade, mon enfant, dit le vieillard à Marik ; votre présence est plus efficace que tous mes remèdes ».Elle, avec un angélique sourire, s\u2019y installa définitivement.Plusieurs heures se PIERRE ET MARIK.Quelle détente dans la maison ! Marik vaquait sans bruit à toutes choses, allant, venant avec mille précautions, adroite dans chacun de ses mouvements, et si légère ! et si heureuse d\u2019être nécessaire ! Qu\u2019arriverait-il ensuite ?Elle ne se le demandait méme pas se contentant de remercier Dieu, qui voulait bien guérir Pierre.C\u2019est que, réellement, il allait mieux, beaucoup mieux.Sans qu\u2019il eût repris toute sa connaissance, les symptômes inquiétants s\u2019atténuaient, heure par heure, on pouvait le dire.La température s\u2019abaissait, le pouls était moins fréquent, les divagations cessaient.Les horribles tressaillements qui secouaient le corps tout entier, le perpétuel et automatique tapotement des doigts sur le drap avaient complètement disparu.On sentait la convalescence toute proche.Un après-midi, Pierre et Marik étaient seuls dans la chambre.Lui somnolait ; elle, assise près du lit, cousait tranquillement.Par la fenêtre entr\u2019ouverte, arrivait, non pas du bruit (car depuis la maladie du jeune maître, la ferme restait silencieuse, et les domestiques avaient appris à marcher doucement).mais du soleil, un joli soleil d\u2019automne, délicat et bienfaisant, ni trop chaud, ni trop éclatant.Le jeune homme respira profondément, se retourna, ouvrit les yeux comme s\u2019il se réveillait.« Qui donc est là ?fit-il d\u2019une voix très faible, mais exempte de fièvre, et qui semblait un écho retrouvé de sa voix de jadis.Ce n\u2019est pas maman, ce n\u2019est pas Gaïdik non plus, ni marraine.» Puis vivement, avec un tremblement joyeux : « Marik, c\u2019est vous, n\u2019est-ce pas ?» Il ne la tutoyait plus.« Oui, Pierre, c\u2019est moi.\u2014Oh ! j\u2019en étais sûr.Venez près de moi, là tout près.Ça me fatigue de parler.J\u2019ai été bien malade.Mais maintenant, je me rappelle.tout.Vous êtes venue de bien loin, Marik.Qui vous a demandé de venir?\u2014Mme Girault m\u2019a écrit, et aussi mère.\u2014Oh ! ma mère vous a demandé de venir, c\u2019est que.\u2014 Ne vous agitez pas, Pierre, taisez-vous.\u2014 C\u2019est que je voudrais vous dire.\u2014 Non, non, ne dites rien.Vous parlerez quand vous irez mieux, tout à fait.Pour le moment, ne pensez à rien ; dormez.Je veux que vous dormiez.\u2014Je ne peux pas, puisque je suis guéri.Je suis si heureux de vous voir, si heureux Ma- rik.Je vous promets que je ne m\u2019agiterai pas, mais, je vous en prie, ne me forcez pas à dormir.Je vous regarderai, seulement .» Marik se remit à coudre, sans parler, sans faire le moindre bruit, pour que Pierre pût sommeiller, si la fatigue le prenait.Mais chaque fois qu\u2019elle leva les yeux sur lui, elle vit le malade qui la regardait en silence, avec un sourire attendri.votre XXXVII Comme la vie revient rapidement lorsqu\u2019on est jeune ! Voici une quinzaine seulement que la convalescence est commencée, et chaque jour ame- ne une nouvelle conquête.coque est de l\u2019histoire ancienne ; maintenant, on en est au poulet, à l\u2019eau rougie, aux confitures.Avant-hier, on a levé Pierre pour la première fois ; sa mère l\u2019a habillé,,comme elle faisait du temps qu\u2019il était petit, lui a passé ses vêtements.trop larges à présent, et qui flottent, comme s\u2019ils étaient vides.Aujourd\u2019hui, on a traîné son fauteuil dans la cour, près du banc où sont assises Mme Le Goaz et Mme Girault.Marik va et vient, toujours empressée, pensant à tout, veillant à tout, versant du charme sur toutes choses.I] est venu, ce jour que maîtres et serviteurs attendaient avec impatience : le jour de la première sortie de Pierre.Il ne tient pas très bien sur ses jambes et chancelle parfois.Lui-méme se rend compte du temps qu\u2019il lui faudra pour avoir reconquis toute sa force.Mais qu\u2019importe ?S\u2019il n\u2018avait pas été si malade, aurait-il aujourd\u2019hui la supr\u2019me douceur de marcher entre sa mère et Marik, tendrement soutenu par l\u2019une \u2018et par l\u2019autre, comme un petit enfant qui fait ses premiers pas ?Etre convalescent, c\u2019est recommenceï à vivre, Pour sa première promenade, c\u2019est au puits qu\u2019il a voulu aller.Sans se l\u2019être dit, lui et Ma- rik savent bien pour quelle raison.Sa mère ne voit là qu\u2019une fantaisie de malade.Alanik a porté le grand fauteuil et une chaise pour Mme Le Goaz.Marik a préféré s\u2019asseoir sur la margelle ; elle n\u2019a pas dit pourquoi, mais c\u2019est en souvenir d\u2019un soir d\u2019il y a très longtemps, où l\u2019on voyait de si belles étoiles.Tous trois restent sans parler.Pourquoi donc parleraient-ils ?Jacquette tricote fièvreusement, le front sévère, les lèvres froncées par son ordinaire expression qui ne connaît pas le sourire.C'est que, depuis qu\u2019elle n\u2019a plus la terreur de perdre son fils, elle s\u2019est ressaisie du fond de ses émotions, et regimbe devant le fait accompli.Il ne lui est plus possible de revenir sur le passé, après le dévouement de Marik, dont tout le monde a été témoin, après l\u2019intervention de Mme Girault, du docteur, et les promesses qu\u2019elle leur a faites.Mais c\u2019est un calvaire que monte son orgueil.Quoi ! cette fille qu\u2019elle a chassée autrefois.elle-même a dû la rappeler ! Il la lui faut subir, maintenant ! Il faut qu\u2019elle la voit s\u2019asseoir à son foyer ! « Mamm, ma chère mamm, fit Pierre tout a coup, si vous saviez comme je suis heureux en ce moment ! Oh! comme jamais je n\u2019aurais cru que je pourrais l\u2019être encore ! Je ne souffre plus.Je trouve le jardin très joli.Vous êtes là, toutes deux, près de moi : je voudrais que cela durât toujours ».« Avez-vous deviné, Marik, pourquoi.pour ma première sortie, j'ai voulu venir m\u2019asseoir près de ce puits?J\u2019y ai des souvenirs qui me sont très précieux.Et c\u2019est pourquoi, ma chérie, j'ai voulu vous remercier ici de ce que vous avez fait pour moi, et, devant ma mère, avec ma mère, vous demander instamment si vous voulez bien rester avec nous, si vous consentez à devenir ma femme ».Rougissante, Marik dit : « Pierre, votre mère répondra pour moi.Jamais je ne vous épouserai contre sa volonté ».Pierre attend une réponse attendrie, une effusion soudaine ; mais Jacquette a gardé ses lèvres pincées ; c\u2019est un coup d'oeil haineux qu\u2019elle laisse tomber sur Marik, et si sa voix tremble, c\u2019est de colère contenue.« Ce que j'ai dit est dit, fait sèchement Mme Le Goaz.Je n\u2019ai pas l\u2019habitude de reprendre ma parole.Du jour où je vous ai écrit de venir soigner mon fils, j'étais décidée ».Le consentement a une forme peu touchante.Pierre feint de ne s\u2019en pas apercevoir, sentant bien tout l\u2019effort que sa mère a dû faire pour en arriver la.Il se penche vers elle, saisit sa main, la garde un moment sur ses genoux, puis prenant celle de Marik, il les unit dans les siennes.Le premier œuf à la.de ma pel Jui a Ri dl i Pi wi qu \u2014 re > sus = NL quon ely Ar ame.din it, gy fur, | Ter it dy ements Me gl 0 fay.assises {vient lam Siler pre- lle \u20ac: pte du 5 toute pas \u20ac 6 dog.tendre- Ime Un Er: puits et Ya: fe me sa que, ling: lo ox i jie alt pa alt pe « Vous êtes toutes deux ce que j'aime le plus au monde ; aimez-vous à cause de moi.Je vous en prie.» La mais seule de Marik a donné une étreinte ; celle de Mme Le Goaz est restée inerte et froide, et, dès que son fils la laisse aller, elle retourne au tricot interrompu.Mais dans la ferme, Gaïdik appelle sa maîtresse.On a absolument besoin d\u2019elle.Jacquette profite du prétexte et se hâte d\u2019accourir ou on la demande.Les deux jeunes gens restent seuls, embarrassés d\u2019abord par un indéfinissable malaise.« Il ne faut pas lui demander plus qu\u2019elle ne peut, Marik.Pardonnez-lui.Elle souffre bien.Il lui faut faire beaucoup d\u2019efforts, rien que pour accepter ce qui est ma joie.\u2014 À cause de vous, Pierre, je ne me blesserai de rien» Le jour commençait à baisser.« 11 faut rentrer, dit Marik» Elle enveloppa Pierre d\u2019un châle, l\u2019aida à se lever.Jacquette n\u2019était pas revenue.Elle s\u2019était dérobée à sa douce tâche, parce qu\u2019il la lui fallait partager, et, cette fois, pour le soutenir, Pierre n\u2019eut que le bras de sa fiancée.« N\u2019ayez pas peur de trop peser, dit gentiment Marik ; je suis très forte.\u20140 ma bien aimée, ma bien aimée! Je revis, grace a vous.Bientdt, j'espére.c'est vous qui vous appuierez sur mon bras».XXXVIII Maintenant les jours semblaient voler.tant on se rapprochait de la date fixée pour le mariage.Heureuse ! Marik l\u2019était, sans contredit ; et cependant une chose empoisonnait sen bonheur, quoiqu\u2019elle feignit de l\u2019accepter : Jacquette n'avait pas désarmé.Elle affectait un ton très poli, des formes cérémonieuses, mais Marik' sentait subsister, entre elles deux, une muraille de glace si compacte, si froide que jamais soleil ne serait assez chaud pour la fondre.La jeune fille en souffrait amèrement, non pas seulement à cause de son humiliation, mais aussi, mais surtout, parce qu\u2019elle cmprenait quel était le martyre de la vieil- lo femme.Parfois il lui prenait des envies de v'urir à elle, de lui dire : « Pardonnez-moi de ne pas être celle que vous auriez voulue.Ne me tenez pas rigueur ; laissez-moi vous aimer ; nous pourriors être si heureux ! » Serait-il possible que Jacques résistät à cet élan de celle à qui elle avait fait tant de mal ?Et Marik se disait : «J\u2019essayerai un de ces jours, quand j'oserai, et que je ia tr-uverai toute seule ».Ei Mais.tout en souhaitant ardemment que l\u2019occasion se présentât, elle en avait une peur\u2019horrible.Comme le médecin avait recommandé que Pierre fit de longues promenades au grand air, presque tous les jours on attelait la jument des Girault, Bichette.qui n\u2019était pas nécessaire aux champs comme les chevaux de Kergoz.et nos quatre amis partaient dans le petit char à bancs, le long des chemins délicieusement pittoresque de Bénodet ou de Fouesnant.Un après-midi que Marik avait à écrire une longue lettre à Mme Docé, elle quitta les Girault et Pierre au moment où l\u2019on montait en voiture et rentra à la ferme au lieu de s\u2019aller promener.La cuisine était vide; personne non plus dans la grande salle.Sans doute, Mme Le Goaz était occupée au dehors.Marik monta tout droit dans sa chambre.Une fois sa lettre écrite, elle redescendit pour la porter à Bénodet.De son pas léger, elle suivait le long couloir, lorsqu\u2019il lui sembla entendre sangloter.Elle s\u2019arrêta.La porte de Jac- quette n\u2019était pas fermée ; la jeune fille la poussa doucement, et jeta un regard furtif dans la chambre.Affalée sur une chaise, près d\u2019une armoire grande ouverte qu\u2019elle était en train de ranger.Jacquette inondait de larmes un petit bonnet, posé sur son poing fermé, C'était un de ces béguins que les garçonnets portent dans le pays de Quimper.jusqu\u2019à leor troisième année ; un ger- Quimper.jusqu'à leur troisième année ; un gen- au fond.le gland d\u2019argent qui le distinguait d'un bonnet de fillette.En une compréhension aiguë de ce qu'est la maternité, Marik partages le déchirement de LA REVUE NATIONALE cette mère devant un vestige du temps disparu, où son fils n\u2019était qu\u2019à elle seule.Elle se précipita dans la chambre, entoura Jacquette de ses bras.« Mère, mère, ne soyez pas si malheureuse ! Cela me fend le coeur de vous voir pleurer comme cela !» Mme Le Goaz s\u2019était dégagée, l'oeil flamboyant : « Que venez-vous faire ici ?Je croyais que vous vous promeniez avec mon fils.Vous étes done rentrée pour m\u2019espionner ?\u2014 Je vous en prie, ne me parlez pas ainsi.Pourquoi me détestez-vous tant ?» Jacquette haussa les épaules.« Vous savez que j'ai tout fait pour ne pas revoir votre fils, vous savez que je l\u2019ai fui.Mais à présent que vous m\u2019avez fait revenir, que vous avez consenti à ce que nous nous accordions, pourquoi me repoussez-vous toujours ?\u2014 Pourquoi ?Pourquoi ?répétait Jacquet- te d\u2019un ton égaré et ironique.Vous ne comprenez pas cela toute seule ?\u2014 Ne pouvez-vous pas oublier ?continua la jeune fille avec tendresse.Ne voulez-vous pas être heureuse avec nous\u201d ; Vous me parlez comme à une étrangèrt ; ne voulez-vous plus m'appeler Marik, comme vous faisiez autrefois ?Je vous en supplie.» A = 7.AN = | | may | 5 > {i | L 3 ui Il tend à Marik un gros bouquet de bruyère // - et d\u2019ajoncs.Si un serpent l\u2019avait mordue, Mme Le Goaz n\u2019aurait pu tressaillir davantage : « Ça.jamais ! jamais !» Une voiture roula dans la cour.Les Gi- rault ramenaient leur filleul.On entendit la voix du jeune homme qui leur disait au revoir.«Ecoutez ! dit Mme Le Goaz insultante, voilà mon fils qui rentre, allez vous plaindre à lui ».Et, prenant Marik par les épaules, elle la poussa dans le couloir et referma brusquement la porte sur elle.Ce n\u2019est pas près de son fiancée que la jeune fille courut.mais dans sa chambre, où elle s\u2019enferma.Là, elle pleura de tout son coeur, puis resta longtemps, longtemps à attendre que les traces de ses larmes fussent tout à fait affacées.Pierre vint plusieurs fois à sa porte pour la chercher.« J'écris encore, répondait-elle d\u2019une voix qu'elle essayait de faire naturelle >.Non, elle n\u2019écrivait pas ; elle priait.En une élévation de toute son âme, elle faisait le sacrifice de son orgueil, de sa tranquillité ; elle jurait de supporter les affronts, de les dissimuler, de les accepter, afin que celui qu\u2019elle aimait fat heureux.15 XXXIX « Que le Dieu d\u2019Abraham, le Dieu d\u2019Isaac et le Dieu de Jacob soit avec vous, et qu\u2019il accomplisse en vous sa bénédiction, afin que vous voyiez les enfants de vos enfants jusqu\u2019à la quatrième génération, et qu\u2019ensuite vous possédiez la vie éternelle ! » dit le vieux recteur à Pierre et à Marik agenouillés, tout en leur donnant sa bénédiction.\u2014 Amen ! glapit l\u2019enfant de choeur.La messe est finie.Un bruit de chaises.On se lève, et les deux jeunes mariés descendent au bas de l\u2019église.En passant, Marik se détourne en un agenouillement devant la vieille statue de .Notre Dame de la Pitié, la divine amie vers laquelle se sont envolés tant d\u2019attendrissements de sa jeune vie.Et dans la tour, la grosse cloche bourdonne, mise en branle par la femme du sonneur, accrochée à la corde qui l\u2019enlève au-dessus du sol, à chaque va et vient.Quelques personnes seulement suivent les mariés.Pas de sonneurs de bombarde et de biniou ; pas de cortège.Jacquette n\u2019a voulu faire aucune invitation, pour bien témoigner que ce n\u2019est qu\u2019à contre coeur qu\u2019elle accepte se belle- fille.De sorte qu\u2019en plus d'elle et des Girault, il n\u2019y a guère dans l\u2019église que les serviteurs de Kergoz, Jeanne-Yvonne, et, sous le porche, les mendiants indispensables à toute cérémonie religieuse en Bretagne.Magalon est là, lui aussi ; il assiste au mariage, et, à la sortie, il tend à Marik un gros bouquet de bruyère et d\u2019ajoncs.«Dieu et saint Yves soient avec vous tous les jours de votre vie, ma jeune Mme Le Goaz ! dit-il, en lui donnant, le premier.son nouveau nom.Voici des fleurs que le vieux Magalon a cueillies pour vous sur la lande.Elles ne sont pas bien brillantes, mais ce sont elles qui font notre terre de Bretagne, et l\u2019ajonc est la fleur d\u2019amour.\u2014 Merci, Magalon, merci, ami.répondent-ils tous deux.mon vieil Votre bou- SX, quet portera bonheur à notre foyer ».Leur foyer ?Ils ne vont donc plus de- : à meurer à Kergoz ?8 Non.Mme Le Goaz n\u2019a a pas consen- d\u2019un ton si résolu, que nul, même son fils, 4 { ti; et elle a exprimé son vouloir à se sujet Seule maîtresse elle a entend y rester.Ils auront donc pour demeure une maisonnette isolée, à trois minutes de la ferme, dont la grand'route les sépare.Pendant de longues années, cette maisonnette a été louée par Mme Le Goaz à d\u2019assez pauvres métayers, dont la locature prenait fin justement à la dernière saint Michel.¢ Le logis n\u2019est ni beau, ni gai, et par endroits les murs pleurent ; mais il y a un gentil jardin, et.derrière la maison, un courtil avec quelques ruches.Marik, du reste, est trop poète de nature, et son coeur est trop plein d'amour pour qu'elle fasse attention aux murs de sa demeure.Voici la fin de l\u2019après-midi ; la nuit vient vite en octobre.Les Girault sont rentrés au Couédic ; les serviteurs se sont dispersés.L'heure est arrivée pour les jeunes gens de se retirer dans leur nouvelle demeure.L'un près de l\u2019autre, ils se tiennent debout, devant la haute cheminée, le coeur gros d\u2019émotions diverses.Jac- quette est assise en face du feu, dans son grand fauteuil de paille.Le silence est embarrassant.Eux, semblent attendre une parole qui ne vient pas ; Jacquette tient ses lèvres serrées en une expression glaciale ; mais on la sent très troublée.elle aussi, par le départ de son fils unique.du jeune maître de sa maison.Pierre s\u2019approche humblement, roulant le > n\u2019eût osé insister.toujours été à Kergoz, seule maîtresse elle 7 \" bord de son chapeau entre ses doigts : « Mère, je vous le demande encore, voulez- vous que nous ne vous quittions pas ?Voulez- vous que nous restions avec vous ?Cela nous fait deuil de vous laisser ainsi, toute seule.\u2014 Non, non, chacun chez soi.Allez-vous-en chez vous, et soyez heureux, très heureux !» ré- pète-t-elle agressivement.Tristes.ils quittent Kergoz ; ils traversent la route déjà envoilée de crépuscule, et.se donnant la main, se dirigent vers la maisonnette dont, de loin, l\u2019on voit briller les fenêtres.C\u2019est là \u2018que leur existence va se dérouler à présent.Quelle sera-t-elle ?Gaïdik a allumé un bon feu de racines, qui pétillent et se tordent dans la flamme.Côte à côte, les deux époux s\u2019asseyent sur le banc, en face du bouquet de Magalon, suspendu au dessus de la cheminée, du bouquet d'\u2019ajone, la fleur d'amour.la fleur qui, du printemps à l'hiver parfume la lande, mais qu\u2019on ne peut cueillir sans 16 LA REVUE NATIONALE Le Congrès international féminin de Genève Lorsque récemment, à son retour de Genève, Mrs.Carrie Chapman Catt, présidente de l\u2019a Alliance internationale pour le suffrage des femmes », débarqua a New York, elle aperçut, s\u2019empressant à sa rencontre, le Gouverneur Smith, et plusieurs autres personnalités américaines distinguées.De souriantes paroles, des félicitations s\u2019échangèrent.Enfin !.Le Parlement en avait décidé : les femmes, aux Etats-Unis, voteraient aux élections présidentielles.Mrs.Chapman Catt eut tout de suite un rire charmant eu rappel de lu bonne nouvelle.Sous ses beaux cheveux blancs, son regard rayonna.Et, sans doute, une onde d\u2019émotion dut parcourir ses traits.L\u2019intelligente américaine, si ardente, si précise à lu lutte pouvait-elle, en cet instant, ne pas se souvenir que la victoire d'aujourd'hui avait été longuement et durement achetée.Ne sentait-elle pas la solidarité profonde l\u2019unissant aux générations de femmes qui l\u2019avaient précédée, et qui, elles, n'avaient été qu\u2019à la peine.Dans une de ces visions rapides, que toute forte impression suscite, elle dut évoquer des figures énergiques, les pionnières du mouvement suffragiste américain : Lucrecia Mott, Lucy Stone, Martha Wright, Elizabeth Candy Stanton, Susan Anthony, et plus clairement que toute autre, Mrs.Mary Livermore, la présidente de la première assemblée internationale féminine, tenue à Genève, en 1848.Oui, en 1848 comme en 1920, une américaine était appelée à diriger les débats, aux diverses séances.Mais de ce Congrès, vieux déjà de trois quarts de siècle, nous ignorons presque tout.Eut-il d\u2019ailleurs le caractère pittoresque et attachant de celui de juin dernier ?Cela nous semble difficile à croire, maintenant que le voile est levé, et que les récits des témoins nous apprennent, quelles belles et passionnantes journées ont vécu les congressistes de 1920.Genève avait mis à la disposition de l\u2019a Alliance internationale », la maison commumale de Plainpalais.La distribution des pièces ne pouvait être plus favorable aux fins du Congrès : hall spacieux, salons avec galeries et une terrasse, salle de conférences très vaste, et, entourant la propriété, un jardin ombreux.Dans les couloirs, l\u2019on voyuit circuler, fines, vives et courtoises, de jolies « girls scouts »: Elles venaient épargner aux hôtes de Plain- palais, les ennuis de certaines courses indispensables.Bientôt les déléguées apparurent.Chacune apportait dans ces assises uniques au monde !.une note originale et fière, caractéristique du coin de terre d'où l\u2019on était venu.Trente et une nations dont le Canada, s\u2019étaïent faites officiellement représenter au Congrès de Genève.« L\u2019on y remarquait tout d\u2019abord, rapporte Madame Marie-Louise Le Verrier, vice-présidente de l\u2019Union française pour le suffrage des femmes, Mrs.Chapman Catt, présidente de l\u2019Alliance, à l\u2019aspect tout de bonté, de force, de dignité et de beauté morale ; Lady Astor, la première députée anglaise, fine et gaie ; Annie Furuljelm, dont l\u2019activité rayonne au parlement finlandais, Miss Rathsbone, conseillère mumicipale de Liverpool ; Mrs.Ring- Robinson, ex-sénateur du Colorado ; Mmes Liberman et Kauffmann, membres du Parlement wurtembergeois ; Mme Munch, députée au Parlement danois, qui soutient avec bonne humeur et esprit des luttes oratoires contre un de ses collègues, antiféministe acharné, s\u2019obstinant à ne la désigner que sous l\u2019appellation «les cheveux longs» ; et ces belles Hindoues, unissant le mystère de l\u2019Orient à la plus hardie pensée moderne ; ces japonaises si actives et .combien d\u2019autres encore .».\u2018 \u201cLes débats !.Que furent-ils 2 L\u2019on en à souligné, non sans humour, les deux caractères dominants, en contraste parfait, reconnaissait-on, avec les assemblées masculines similaires.La couleur d\u2019abord, dont l\u2019oeil demeurait ébloui, due aux toilettes féminines diverses, puis, l\u2019accent paisible des nombreuses discussions ! Nul doute que le tact parfait de ces femmes distinguées ne pouvait admettre une atmosphère différente.Elle eût semblé irritante au lendemain de la douloureuse tourmente mondiale ! N\u2019était-ce pas la première fois, que des esprits, hier, ennemis se rencontraient sur un terrain de concorde et de paix ! L\u2019on crut un instant que l\u2019« Allance internationale » cesserait d\u2019exister, la majeure partie des pays ayant accordé le suffrage aux femmes.Mais cette proposition de Mme Stritt, une allemande, fut tout de suite combattue et «l\u2019on décida que l\u2019Alliance serait maintenue et aurait pour but, non seulement le droit de vote des femmes, mais aussi, toutes les réformes susceptibles de réaliser une plus juste égalité des hommes et des femmes tant au point de vue des moeurs, qu'au point de vue des lois».Le congrès prochain fut fixé à l\u2019année 1922, à Paris.Mrs.Chapman Catt en conserva la présidence.Je me permettrai, en présentant ces notes trop brèves, de rappeler quelques-unes des touchantes paroles prononcées par M.Justin Godart, parlant au nom du Gouvernement français, dans une des grandes réunions publiques du Congrès.M.Justin Godart, ancien sous-secrétaire d'Etat, est président du Groupe des droits de la femme à la Chambre des députés, en France « La guerre, Mesdames, déclara-t-il, a déchaîné ses ravages.Dites que tout votre effort de collaboration agira sur les destinées de vos pays pour détourner la destruction des foyers, la mort brutale de la jeunesse.Et je pense que, si on apprenait demain, que votre congrès a solennellement proclamé que les femmes veulent de toute leur passion de créatrices de vie, que la civilisation soit désormais à l\u2019abri des coups de la guerre, une grande espérance dans le rôle politique des femmes se répandrait dans le monde ».Marie-Claire DAVELUY.LE VERGER Simone, allons au verger Avec un panier d\u2019osier.Nous dirons à nos pommiers, En entrant dans le verger : Voici la saison des pommes.Allons au verger, Simone, Allons au verger.Les pommiers sont pleins de guépes, Car les pommes sont très mûres : Il Se fait un grand murmure, Autour du vieux doux-aux-vêpes.Les pommiers sont pleins de pommes, Allons au verger, Simone, Allons au verger.Allons au verger, Simone, Nous cueillerons la calville, Le pigeonnet et la reinette, Et aussi des pommes à cidre Dont la chair est un peu doucette Voici lu saison des pommes, Allons au verger, Simone, Allons au verger.Tu auras l\u2019odeur des pommes Sur ta robe et sur tes mains, Et tes cheveux seront pleins Du doux parfum de l\u2019automne.Les pommiers sont pleins de pommes, Allons au verger, Simone, Allons au verger.Simone, tu seras mon verger Et mon pommier de doux-aux-vépes ; Simone écarte les guêpes De ton coeur et de mon verger.Voici la saison des pommes, Allons au verger, Simone, Allons au verger.Remy de GOURMONT, (Divertissements, 1914).de deran | canal Vous ture | tent] oust pi, EN aq on 1 § vies étude tage nat] ] a dl ra Til Yay Yrs, tary, rs fim, Lind tn Den) Tp bbe i tue Seti 5 iu] he's TR ji lost puis Ji tr fii $ fi Chez nous.T] faudrait tenter plus souvent des pélérina- £es historiques tels que celui du 19 septembre dernier au fort Chambly.Quelle vieille relique précieuse que ce fort ! Félicitons ceux qui ont travaillé efficacement à sa conservation.Tant d'autres monuments historiques ont été lamentablement sacrifiés ! M.Benjamin Sulte, dont le riche savoir est mis trop rarement à contribution, a parlé, en cette occasion, avec son abondance familière, agréable et typique de notre passé glorieux.Ce fut, à l\u2019initiative du groupe de l\u2019Action française, d\u2019accord avec le nouveau Conservateur du fort, M.Blanchet, que s\u2019organisa ce péléri- nage.oO 0 M.Hector Garneau, bibliothécaire de la Ville de Montréal, a traité le 22 septembre dernier, devant un auditoire américain, de «la littérature canadienne-française».Enfin!.Nous pou- vous done croire a existence de notre littérature puisque Messieurs les Américains manifestent le désir de la connaitre !.M.Garneau, linguiste et littérateur distingué, à présenté, avec goût, discernement et mesure nos écrivains anciens et modernes Notre reconnaissance lui est acquise.o 0 A Toronto, la «Federation of University Wemen\u2019s Club» a voté, récemment, une bourse de $1000, à l'effet d\u2019encourager les 1emmes pourvues de grades universitaires à parfaire leurs études dans les Universités de la Grande Bretagne.Désir manifesté depuis longtemps, va- rait-il, par les étudiantes ontariennes.La « Federation of University Women\u2019s Club, a élu, en cette même occasion, son nouveau bureau de direction.\u2014 Président, Mrs.R.F.Mc- Williams, Winnipeg ; first Vice-President.Miss May 1.Skinner, Toronto ; second Vice-président, Mrs.Douglass Thom, Regina ; recording Secretary, Mrs.G.L.Lennox, Winnipeg ; treasurer, Mrs Schofield Victoria.Rappelons que la présidente de catte association, Mrs.R.F.Williams, présente, cet été, à Londres, à Bedford College, à l\u2019assemblée de lu «International Federation of University Women », où douze nations du monde se trouvaient représentées, en a été élue la Vice-présidente.o © Ailleurs.\u2014M, Lucien Maury, écrivain français, a proposé la nomination auprès des représentations diplomatiques de la France, d'attachés littéraires, (attaché littéraire, comme attaché militaire).« Cet attaché aurait pour mission de suivre le développement.les fluctuations du marché littéraire dans le pays de sa résidence, suivre le livre français, lui frayer des voies nouvelles, mettre à la disposition de tous dans ce pays comme en France, une information abondante et sûre, seconder les échanges, les traductions, se tenir au courant des idées, des besoins, et sans participer aux opérations commerciales les faciliter, les éclairer, en favoriser la réalisation et l\u2019existence ».oO oO \u2014Sait-on quelle est la première femme de letres anglaise, qui demanda à sa plume des moyens d\u2019existence ?Mrs.Aphra Behn, laquelle vers 1650, reconnut un jour que ses compatriotes paieraient volontiers si on leur offrait ce qu\u2019ils désiraient : des comédiens.o oO \u2014 Voici un mot plaisant de l'Impératrice Eugénie : « Lors de l'inauguration d\u2019une digue ou d\u2019un bassin, on présenta à l\u2019Impératrice le préfet du Pas-de-Calais, M.Paillard.La souveraine, ayant mal entendu.crut reconnaître le nom du chevalier sans peur et sans reproche.\u2014« Un beau nom, Monsieur le préfet.j'espère que vous en êtes digne».L'administrateur baissa la tête et les auditeurs durent se pincer LA REVUE NATIONALE les lèvres pour conserver leur sérieux.(De L\u2019Opinion.) o Le \u2014Mme Asquith a audacieusement déclaré que les femmes d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019avait pas la beauté des femmes d\u2019autrefois.Vive émotion partout ! Ft l\u2019on discute.oO Le \u2014 Quel dommage que le « Plumage Bill», au parlement anglais, n\u2019ait pas eu gain de cause.Il y aura de nouveaux massacres impunis, et les Olseaux aux rares plumages ne seront guère épargnés par la cupidité insatiable des commerçants.Des sociétés féminines influentes, en Angleterre, ont été d\u2019une belle activité durant cette campagne en faveur de la préservation et de la conservation d\u2019une partie de la gent ailée.Jeanne CLOSSE.Portrait littéraire.UNE CELEBRE POETESSE AMERICAINE Miss AMY LOWELL Un nouveau volume de Miss Lowell « Images du monde flottant >, vient de concentrer sur la personnalité littéraire de cet auteur.l\u2019attention du monde des lettres.La poétesse américaine se rattache au groupe des « Imagistes » dont elle demeure l\u2019un des plus distingués représentants.Cette école américaine tente de créer, «un art qui ne soit plus une colonisation de l\u2019art britannique ».La poésie de Miss Lowell, a prononcé un critique, «est nombreuse, entremêlée, fine comme les branches d\u2019un parc au printemps».Miss Lowell a au- jourd\u2019hui une réputation européenne.Elle demeure avec Vachel Lindsay, Robert Frost.Carl Sandburg, l\u2019un des noms les plus en vedette de la jeune poésie américaine.Miss Lowell fait aussi de la critique littéraire.Sa critique est fine, très juste.Son ouvrage « Tendencies in modern American Poetry».ne peut plus aujourd\u2019hui se trouver en librairie.On parle d\u2019une prochaine réimpression.En 1915, la poétesse américaine a publié une œuvre fort intéressante, intitulée : « Six French Poets>.Avec beaucoup de compréhension, de goût et de grâce, Miss Lowell analyse les talents divers et affinés de poètes tels que : Emile Verhaeren, Albert Sa- main, Rémy de Gourmont, Henri de Régnier.Francis Jammes, Paul Fort.Ce dernier témoigne une sympathie littéraire évidente, à la poétesse bostonnaise.Miss Lowell le reconnait elle-même.Sa « prose polyphonique ».dont on parle tant, est due aux conseils du « prince des poètes français ».17 Voici quelques vers de Miss Lowell, parus récemment, et qui plaisent par leur mouvement et leur couleur.Petits poèmes indiens dont j'extrais celui-ci : BASKET DANCE Dance ! Dance ! The priest is yellow with sunflower meal, He is yellow with corn-meal, He is yellow as the sun.Dance ! Dance ! His little bells are ringing, The bells tinkle as sunlight, The sun is rising Dance ! Dance ! Perhaps I will you throw you a basket, Perhaps I will throw you my heart.Lift the basket, dancing Lower the basket, dancing We have raised fruits, Now we dance.Our shadows are long, The sunlight is bright between our shadows.Do you want my basket ?Catch it ! Catch it ! Dut you cannot catch me, I am nore difficult.- Amy LOWELL.Sur les rayons de la dibliothèque.PAGES D\u2019AIER L.R.P.Dom Besse (1861-1920) est décédé le 26 juillet dernier.Moine bénédictin de l\u2019abbaye de Ligugé, il a beaucnup écrit sur la période du monachisme, tant en France qu'\u2019ailleurs; pris part à la renaissance de la Liturgie et au mouvement de l\u2019Action Française.Il à publié un ouvrage intéressant sur « Le catholicisme libéral».Voici quelques pages az son livre d\u2019une information si précieuse sur « Les religions laïques modernes ».Ce volume a paru en 1913.Il se fait une réaction religieuse .Le problème religieux se pose devant les esprits avec une insistance qui ne permet pas de l\u2019écarter.Ces dernières années.ces tendances ne dépassaient pas un vage sentimentalisme de religion humanitaire.Nous avions des sous-Tolstoï, et des sous- Maeterlinck, quelque chose, comme les « cigognes » du mouvement néo-chrétien.Nous n\u2019en sommes plus là M Cette réaction se fait sans bruit : elle n\u2019obéit à aucune dictature intellectuelle.Un livre.un article signale par moment ses progrès.Pour en mesurer l\u2019étendue il faut prêter l\u2019oreille à ce qui se dit dans certains cénacles et se mêler aux hommes qui représentent le mieux cette ascension des âmes.Les conversions s\u2019accomplissent et personne n\u2019en parle.Ces convertis ont entre eux vne union de nrières.Leur liste s\u2019allonge.Tous sont allés à l\u2019Eglise romaine.L\u2019Eglise romaine leur apparaît en avant.très haut, éclairant et dominant les intelligences.Ils veulent aller de l\u2019avant et monter haut.C\u2019est pour ce motif qu\u2019ils vont à elle.Le romantisme religieux est en arrière et bien bas.Modernistes et démocrates.qui le cherchent sont condamnés à reculer.D\u2019autres cheminent dans la même direct'on, après avoir abandonné la foi aux chimères.Combien parmi eux avouent la grandeur et l\u2019urgence des problèmes religieux ?Ils les voient imposants et urgents pour les sociétés autant que pour les individus.I! en est qui ne sont pas en route.On les dirait assis.Le problème religieux personnel ne se pose pas devant leur conscience.Mais ils ne se dérobent pas à celui qui presse les scciétés, et en particulier les nations.Ce problème religieux politique n'est pas moins urgent que l\u2019autre.Ils l\u2019envisagent du point de vue de l\u2019E- elise romaine.C\u2019est le cas de Charles Maurras.On sait qu\u2019il fait école.Les catholiques se félicitent de cet hommage rendu aux droits de l\u2019E- glise par une raison éclairée.Les incroyants apprennent par lui à respecter et à favoriser dans leur patrie.une religion a laquelle ils n'ont pas le bonheur de donner une foi surnaturelle.C\u2019est la réaction.Elle suit son cours normal sans se précipiter.DOM BESSE. 18 LA REVUE NATIONALE = DU SALON A LA CUISINE \u2014= La mode simple et jolie Déjà l\u2019on ne sort plus qu\u2019en costume chaud et demain la fourrure triomphera.Les modes d\u2019automne sont gaies et pimpantes, elles préconisent les couleurs vives, les ornements brillants et les façons coquettes.On voit, sinon encore des costumes entiers, du moins des garnitures assez importantes, dans les tons de rouge, de bleus vifs, de jaunes clairs.C\u2019est nouveau et un peu déconcertant.Mais on s\u2019y fera sans doute.Ce que l\u2019on peut affirmer avec certitude c\u2019est que l\u2019on portera beaucoup, de velours sous toutes les formes ; ce qu\u2019il y aura de plus nouveau, c\u2019est qu\u2019on le portera de toutes les manières, parmi lesquelles je cite, comme une des \\ plus nouvelles, la façon dont il s\u2019associera à nos lainages.On fera le long corsage en velours descendant au-dessous des hanches et soutenant une jupe droite en lainage plissé ou uni.Les plus courantes se feront en tissus différents mais de même ton ; les plus compliquées se composeront de tons différents, le corsage en velours généralement de couleur plus chaude que celle de la jupe.Le velours constituera encore des blouses à basques se posant sur une jupe quelconque ; nous avons vu d\u2019ailleurs, dernièrement, nombre de jupes blanches surmontées d\u2019une veste à basques en velours noir à revers de linun blane.On portera également beaucoup de tissus à motifs rayés, à damiers et principalement de l\u2019écossais ; la fantaisie s\u2019amusera même à disposer de manière tout à fait inattendue dessins, rayures et carreaux.On fait couramment le long corsage écossais à dessins voyants, avec la jupe plissée en lainage sombre.Mélange inattendu et très pratique, car il indique aux femmes ingénieuses le moyen de préparer, avec beaucoup de coquetterie actuelle, le remodelage ou la transformation d\u2019anciens costumes.On fait également la robe tout en écossais, avec corsage long boutonnant devant par des boutons de nacre et jupe plissée écossaise.Pour féminiser cette toilette dont les lignes régulières et géométriques ne nous sembleraient pas suffisamment séduisantes à l'oeil, on enlace la taille d\u2019une large ceinture- écharpe en faille, venant faire à gau- BLEUE GARNIE DE FLANELLE che un noeud à pans s\u2019arrêtant à quel- BLANCHE.ques pouces de la taille.Elle est vraiment une joie pour notre élégance, cette résurrection de l\u2019écharpe qui, à peu de frais, sait donner à notre silhouette une grâce toute spéciale et si harmonieuse.Nous verrons, en garniture, sur nos costumes, nos robes et nos chapeaux, des coloris magnifiques suivant un peu les transformations de la nature : le rouille, dans toute sa gamme, depuis le doré des feuilles mourantes jusqu\u2019au ton chaud que nous connaissons déjà.Le rouge, lui aussi, comme nous le disions tantôt, retrouvera la place qu\u2019il a abandonnée depuis longtemps.Le rouge nouveau est doux, doré, c\u2019est une nuance distinguée qui n\u2019a plus rien de l\u2019audace d\u2019autrefois.Porterons-nous, encore, cette saison, des robes étroites et courtes, ou verrons-nous les robes larges triompher ?Les manches seront-elles plus longues et les encolures moins dégagées ?D\u2019après ce que j'ai pu constater, au cours des dernières expositions de mode tenues par nos grands magasins, les jupes amples n\u2019ont aucune chance de succès pour les costumes pratiques ou les robes du jour.Aucune femme, vraiment élégante et distinguée ne se soucierait d\u2019attirer l\u2019attention en adoptant un costume ou une robe dont les lignes seraient absolument différentes de celles qui nous plaisent depuis plusieurs années.Serait-il opportun d\u2019ailleurs, d\u2019employer le métrage d\u2019étoffe qu\u2019exigent les robes amples cette année où les beaux tissus atteignent des prix exhor- bitants ?Donc, les jupes resteront étroites, jusqu'au nouveau caprice de la mode, et seront eourtes sans exagération ; ce qui a changé le plus depuis l\u2019an dernier, c\u2019est la place de la taille ; beaucoup de robes indiquent la taille longue, mais celle-ci est à peine marquée, car la robe n\u2019est pas rétrécie, pincée à la taille, et ne raccourcit pas les femmes petites ; il semble parfois que Ÿ = A ROBE D\u2019INTERIEUR EN FLANELLE Se >= OCOD) S x = Coen \u201cA, \u2014\u2014 CAPELINE en dentelle « Havane » Calotte souple en panne du méme ton.BERET en velours blanc et ailes « blanches » à nervures « noires ».les lignes de la silhouette aillent sans interruption de l\u2019aisselle au bas de robe et les profanes ne se doutent pas de ce que cette mise au point par- l'aite comporte d\u2019études, d\u2019essayages minutieux et de patientes recherches ; nous apprécions l'agréable silhouette d\u2019un modèle sans nous douter de la pene et du travail nécessaires pour l\u2019obtenir Pour la saison froide, espérons que les manches courtes ne subsisteront pas.Au surplus, elles ont fait leur temps et rien n\u2019est élégant comme une manche étroite et longue suivant bien la ligne du bras.J'ai vu beaucoup de manches longues dont quelques-unes seulement étaient volumineuses, tandis que la plupart restaient étroites, unies ou drapées.les unes en étoffe épaisse, les autres en tissus légers, transparents.Souvent les manches sont faites de deux étoffes, ou d\u2019une étoffe unie et du même tissu si couvert de fines broderies qu\u2019il semble tout différent de la r:be ; pour les manteaux quelques manches sont en étoffe et en fourrure.Quant aux cols, presque tous sont des cols montants, souples et drapés, baleinés sans qu\u2019il y paraisse, fermés derrière ou sur le côté.et dans ce cas prolongés par de petits pans d\u2019étoffe qui se tiennent droits ; je ne vous affirme pas que cette disposition soit très seyante aux femmes un peu fortes, qui ont les épaules hautes et le cou très court.Généralement les cols sont doublés et bordés d\u2019un petit liséré d\u2019une autre teinte, assorti aux garnitures de la robe, qui en termine nettement les bords.Je n\u2019ai pas vu d\u2019encolure de lingerie, \u2014 nous en avions trop porté cet été ; je regrette leur agréable blancheur, et les reflets seyants qui éclairaient le bas du visage, tout en constatant qu\u2019au prix actuel du charbon et du gaz, une mode qui allège le blanchissage et le repassage sera toujours la bienvenue pour les femmes raisonnables.Bref, à part la tendance à porter des couleurs vives, la mode n\u2019a pas beaucoup changé depuis la dernière saison, et c\u2019est tant mieux, car en attendant la baisse dont on parle toujours, mais qu\u2019on ne voit jamais, on sera bien aise de ne pas être obligé de renouveler, de fond en comble, sa garde- robe, sur une simple fantaisie de cette capricieuse et autocratique puissance que l\u2019on appelle la mode du jour.By ; dates Propriétés de quelques fruits \u2014L= citron est un antiseptique du canal intestinal ; les mûres sont toniques et bonnes à employer contre la diar- - rhée ; les figues sont purgatives, et les cerises, surtout les noires, sédatives ; les fraises sont favorables aux goutteux et aux rhumatisants, en raison des sels minéraux qu\u2019elles contiennent.Confitures trop cuites.\u2014 Si ves confitures sont trop épaisses, prenez une demi-livre de fruits frais par livre de confiture, et pressez le jus de ces fruits.Faites-lui donner un bouillon et écumez, puis mélangez ce jus à vos confitures trop épaisses, ct remettez-les sur le feu en opérant le mélange jusqu\u2019à consistance voulue.A pial os TP Ces =\u2014__ rss EE mme ses LEE (ra, \u2014 2222270 PS Crm = Sp 3 \u2014\u2014\u2014 _ rc CFP ss CTY mee } LA REVUE NATIONALE 19 D, - bas 1: Ilr ris de ste cu Jen yg dr pre à dela roi.fraps pi RAs MARRAINE \u2014 | UN NOUVEAU CONCOURS « Les contes historiques » Mes chers filleuls, Je vous rappelle brièvement le sujet et les conditions de notre deuxième concours.Le sujet d\u2019abord : « Quel est le conte historique que vous préférez et pourquoi ?» Il s\u2019agit des beaux contes historiques publiés par la Société Saint-Jean-Bap- tiste et que tous probablement, vous avez déjà dans votre petite bibliothèque.Re- gardez-en attentivement les belles images, lisez bien le texte et puis dites-moi simplement ce qui vous a le plus intéressés, ce que vous aimez le mieux, lequel enfin de ces contes vous préférez ; expliquez pourquoi.Ne faites pas de grandes phrases, ne copiez rien.Ecrivez comme vous causeriez entre fillettes ou collégiens.J\u2019invite tous mes jeunes amis à travailler avec ardeur pour ce nouveau concours et je demande à mes filleuls des pensionnats de m\u2019envoyer cette fois encore de nombreuses réponses.Les conditions maintenant : Le concours est ouvert a tous mes filleuls, aux tout petits comme à leurs aînés \u2014 jusqu\u2019à dix-huit ans.Les concurrents seront classés en deux catégories, ceux de 12 ans ou moins formant la première, et les autres, jusqu\u2019à 17 ans, la seconde.Il y aura deux prix pour chaque catégorie.Les manuscrits seront reçus jusqu\u2019au 15 octobre.Ils ne devront pas dépasser 150 mots.La liste des lauréats sera publiée dans la Revue de novembre.Les envois devront être signés d\u2019un pse idonyme et porter, bien en vue, l\u2019âge de leur expéditeur.Une enveloppe cachetée, renfermant les nom, adresse, pseudonyme et âge du concurrent devra arc-mpagner chaque envoi.Le tout sera adressé à Marraine Odile, Revue Nationale.286, rue Saint-Laurent.PREMIER CONCOURS DE MARRAINE ODILE ler prix classe des « petits » MARGUERITE BOURGEOIS Le 7 juillet 1920.Savez-vous petites amies quelle est la première des sœurs comme celles du couvent ici.C\u2019est Marguerite Bourgeois.C'était une petite fille comme nous autres.Son père n\u2019était pas bien riche, sa mère mourut que Marguerite n\u2019avait que douze ans puis c\u2019est elle qui prit soin de ses petits frères et sœurs comme nos mamans font pour nous.Quand ses petits frères et sœurs furent grands capables de gagner leur vie, Marguerite était libre de faire ce quelle voulait.Elle avait entendu parler de notre pays le Canada.Mais au Canada dans ce temps- JA il n\u2019y avait que des sauvages qui habitaient le Canada et ne connaissaient pas le bon Dieu.Alors Marguerite avait bien envie de laisser sa patrie pour venir faire connaître le bon Dieu et instruire les petits sauvages.Dans ce temps là M.de Maisonneuve cherchait des hommes pour venir avec lui au Canada, et après avoir dit un adieu à sa patrie, ses parents, ses amies, elle partit avec M.de Maisonneuve.Arrivé enfin à Ville-Ma- rie craignant un peu les sauvages, elle resta quelques temps éloignée d\u2019eux, mais enfin elle commença à les approcher puis elle commença à Jeur parler du bon Dieu, les petits enfants aimaient tant cela que quand ils voyaient Marguerite ils laissaient leurs mères pour aller avec elle, car elle était si douce, si bonne pour eux.Elle fit bâtir une école qui lui servait de maison pour instruire les petits enfants, elle leur avait si bien fait connaître le bon Dieu, sa bonté, sa puissance que plusieurs jeunes filles quittèrent leurs parents pour aller avec Marguerite pour faire la classe.Voyez donc petites amies tout ce qu\u2019a fait cette jeune fille.Disons, ensemble, Vive Marguerite Bourgeois, Vive aussi la Congrégation de Notre-Dame.MARGUERITE.Ernestine RICHARD, 12 ans ; St-Louis de Kent, Nouveau-Brunswick.ler prix.x x ** 2éme prix, «classe des grands» DOLLARD DES ORMEAUX Sherbrooke.ce 4 juillet 1920.Quelles admirables leçons de patriotisme nous, les jeunes d\u2019a présent.ne pourrions-nous pas tirer en lisant une page de notre histoire.Prenons comme exemple le dévouement de Dollard.Ce vaillant français Dollard, qui avec seize de ses compagnons voulut montrer aux Iroquois que les «visages pâles» n\u2019étaient pas des gens à reculer.; Voyant leur pays dans le péril, animés d\u2019un courage d\u2019héroïque, ils partent.Certes, les obstacles \u2018qu\u2019ils avaient à franchir étaient innombrables.La faim, la soif, le froid, les privations seraient leur partage.Mais cela n\u2019y fait rien.La confiance que la Providence ne les abandonnera pas les fortifie Pendant dix jours ils ne cessent de lutter.les cadavres iroquois s'amoncellent devant la palissade, Adam Dollard tombe sous les coups des ennemies.Devant une si grande résistance, les Iroquois restent stupéfaits et renoncent au projet d\u2019attaquer Québec.; Ne devons-nous pas honorer la mémoire de ces braves, qui ne regardèrent pas de sacrifier tout pour la patrie.« MINOU » de 15 ans.Thérèse RICHARD.No 40.ave Bowen Sud, Sherbrooke est.Béquillarde (Suite) Ici, Angèle.plus pâle que jamais, s\u2019arrêta un instant épuisée ; puis, au bout d\u2019un instant, elle reprit d\u2019une voix entrecoupée et plus basse encore : Tu t\u2019étonnes peut-être, petite amie, que je ne te donne rien, a toi que j'aime tant et qui t\u2019es montrée si bonne pour moi.C\u2019est que j'espère pouvoir te laisser quelque chose de plus précieux que toutes \u2018ces bagatelles, vois-tu : ce quelque chose, c\u2019est mon trésor, ce à quoi je tiens le plus en ce monde ! c\u2019est le cœur de mon cher papa et de ma chère maman !.oui, je désirerais que tu devinsses leur petite fille, toi qui n\u2019as plus de parents, pauvre chère !.Tu les aimeras bien, dis, Marie ?Tu les aimeras comme je les aime et les aurais aimés ?Tâche qu\u2019ils ne soient pas trop tristes en pensant à moi, ma chérie ; je serai si bien auprès du bon Dieu !' Là, ma difformité ne fera plus de peine à personne, et je suis bien sûre que mes petits camarades, les anges, seront trop charitables pour m\u2019appeler jamais Bé- quillarde ! >» Et la chère petite sourit doucement et amèrement tout ensemble ; puis, penchant sa tête fatiguée sur l\u2019épaule de Marie qui sanglotait à fendre l\u2019âme, elle s'endormit paisiblement.Le lendemain, Angele était en paradis ! ! ! Est-il utile, mes enfants, d'ajouter que la chère créature fut bien, bien pleurée sur la terre ; que Marie devint, selon son désir, la fille adoptive et bien-aimée de ses parents désolés, et que jamais les étourdies écolières de Mme Marcotte n\u2019oublièrent leur faute, ni la noble vengeance qu\u2019en avait tirée Béquillarde ?(Fin de Béquillarde).&7 ; NY FE\u201d Lg SN RAZR ; tes y 20 LA REVUE NATIONALE 2 i | = à | | | sit i J x doi ! pil | ii ict ! de ! ie ; Du vol la qe sel | ja jh en i | al A \u2014 NAVY CUT \u2014\u2014\u2014 | is | FUMEURS, vous apprécierez la 18c.le paquet i I qualité des cigarettes \u201cPlayer's Navy Deux pour 35c.A 1 Cut\u201d parce qu\u2019elles vous procurent tout | : ce que vous avez désiré obtenir d\u2019une | cigarette\u2014toutes les perfections qui | coûtent cher à réaliser.1: L\u2019arôme parfait, la douceur exquise i ; et la qualité sans égale, ne se trouvent A que dans les \u201cPlayers\u201d.| : 4 Fabriquées exclusivement de \u2019 I tabac de Virginie de ; oo .° 5 i premier choix.; | ; | ) ° .k Parmi les fumeurs qui peuvent s\u2019en | payer le luxe, les Player\u2019s sont un ami § | constant, leur assurant toujours la plus i 0 douce satisfaction, quel que soit le B moment et où ils se les procurent.I 2 > æ « Cest pour cela que lon préfère los PRAYERS [ | 2 LA REVUE NATIONALE Uc e ° L\u2019Ame irradie sa lumière NOUVELLE DIALOGUÉE R } Troisième partie MIMI.\u2014 (simplement).Nous aimons tous deux Liane.Quatre mois plus turd.\u2014 Le salon des Du- ; GABRIELLE.nN Oui, et ton amitié du moins mesnil.D'une élégance sobre, une peu sévère avec reçoit sa recompense.Liane t\u2019es attachée profon- ses meubles anciens en noyer noir.Tableaux dément.Tandis qu\u2019en ce qui concerne André.dont quelques-uns signés de noms canadiens.La (elle soupire.) pièce, en ce soleilleux après-midi de mars, appu- on ., .rait morne, sans son air accueillant et chaud d\u2019au- MIMI \u2014 (avec sympathie).-Qu\u2019en sais-tu.trefois.On dirait un lieu désormais déserté, trop Gaby ?de douloureux souvenirs frappant la vue, et op- GABRIELLE.\u2014 Justement, qu\u2019en savons- pressant le coeur.Devant un portrait de Madame nous ?.Ah ! l\u2019absence et l\u2019éloignement de Lia- Dumesnil, des roses blanches inclinent leurs corolles délicates.\u2014 A ce moment, on aperçoit à l\u2019entrée du salon, Gabrielle et Mimi qui échangent quelques mots avec la bonne: \u2014 « Oui, Mademoiselle, sera bientôt de retour.Une course urgente.Elle vous prie de Uattendre et serait désoléé de ne pasvous voir.Une vingtaine de minutes, tout ait plus, et elle sera ici s\u2014« Merci, répond Gabrielle ».\u2014 Les jeunes filles s\u2019asscoint, enlèvent leurs fourrures, idées de lu bonne, puis celle-ci disparaît.GABRIELLE, MIMI GABRIELLE.\u2014 Comme tu es pâle tout-à- coup, Mimi ! Qu\u2019astu ?MIMI.\u2014 Cela m\u2019émeut de revoir cette pièce où Liane a tant souffert, s\u2019est tant de fois désespérée ! GABRIELLE.\u2014 C\u2019est vrai, tu ne l\u2019as pas quittée durant le premier mois de son deuil.MIMI.\u2014 Et puis.nos morts s\u2019éloignent- ils si tôt de l\u2019atmosphère où ils ont véeu, où demeurent ceux qu\u2019ils n\u2019ont pas cessé d\u2019aimer.Je ne sais, je ne me trompe, mais l\u2019ombre de Madame Dumesnil préside encore doucement ici.GABRIELLE.\u2014 Que tu es singulière, Mimi, tantôt si vive et si gaie, tantôt d\u2019une telle gravité !.Mais en ce moment, crois-moi, tu n\u2019es qu\u2019une sensitive.MIMI.\u2014 Peut-être ! Mais qui m\u2019assurera que cet émoi.psychique ! ne correspond à aucune réalité.Cela m\u2019est une consolation d\u2019ailleurs.J'aime vibrer au contact de chers souvenirs.Souviens-toi de l\u2019affection que me témoignait Mme Dumesnil, de son indulgence la per- tant à me juger toujours favorablement.GABRIELLE.\u2014 Oui, et.Liane partage la faiblesse de sa mère.(Souriant).Ce qui fait qu\u2019elles t'ont gâtée, irrémédiablement.MIMI.\u2014 Gaby, il a trois mois aujourd\u2019hui que Liane se mettait en route pour les plages lumineuses de la Californie.GABRIELLE.\u2014 En effet.rappelait ce matin.MIMI.\u2014 A-t-il appris le retour de Liane ?GABRIELLE.\u2014 Oui.MIMI.\u2014 Cette idée de ne pas nous avoir prévenus de l\u2019heure de son arrivée !.Je vais la gronder, Liane.Nous serions allés la rencontrer, André et moi.Il fait si bon en descendant de ces wagons «tout le monde », dans ces gares, où s\u2019agitent les humains les plus variés, d\u2019apercevoir.enfin ! les yeux souriants et les mains tendues de ses amis ! GABRIELLE.\u2014 Crois-tu que ce voyage aura été salutaire à notre amie ?MIMI.\u2014 Je le désire de tout mon coeur.Ii s\u2019imposait, vois-tu.Ici, le chagrin la rongeait el la tuait.GABRIELLE.\u2014 Pourtant elle avait auprès d\u2019elle deux coeurs qui lui étaient entièrement dévoués ! André et toi avez été admirables.On ne saurait trouver de compassion plus discrète, plus attentive, plus ingénieuse que la vôtre ! Vous m\u2019avez attendrie souvent.André me le ne ont eu un pénible effet sur mon frère.Il est très changé.MIMI.\u2014 C\u2019est vrai.GABRIELLE.\u2014 Depuis un mois surtout, je suis inquiète.Lorsque André n\u2019est pas abattu et morne, il m\u2019apparait ainsi qu\u2019un pauvre être que le chagrin exaspère et irrite.Il a, tout au fond des yeux, une lueur douloureuse qui ne navre.MIMI.\u2014 Et naturellement, pas un mot ?Quelle confidente pourtant, André aurait en toi ! GABRIELLE.\u2014 (vivement).Ill a raison.A-t-il le droit de m\u2019immiscer en des questions ou il n\u2019est pas seul concerné ?MIMI.\u2014 Et naturellement aussi, tu le défends ! GABRIELLE.\u2014 Mimi, tu n\u2019as jamais bien compris la nature de nos relations, à André et à moi.Mais tu n\u2019as pas de frère !.Tout s\u2019explique.Une affection plus vive ne saurait exister entre nous, je t\u2019assure.André sait qu\u2019il peut compter sur moi, que je partage ses peines conI- me ses joies.Et j'ai mon heure.va ! MIMI.\u2014 Que tu attends avec une patience que je n\u2019aurais certes pas ! Pardonne-moi, Ga- by.Et si je médis de ton frère, ne t\u2019en offusque pas.Je lui rends justice par ailleurs.C\u2019est une haute intelligence, un coeur très sûr.Mais quel caractère entier, avoue-le ?GABRIELLE.\u2014 (taquine).Oui, quelle différence, n\u2019est-ce pas, avec Jules, ce cher Jules ?Ce qu\u2019il lui est supérieur ! MIMI.\u2014 (haussant les épaules).Je ne sais, si Jules est supérieur ou inférieur à André.J\u2019abhorre les comparaisons et les parallèles.Je fais du sentiment, non de la littérature.Ça m\u2019ast égal.d\u2019ailleurs.Jules, c\u2019est Jules.Voila! Et maintenant que je suis fiancée, il demeure prouvé, archiprouvé que je sais le préférer à tous les An- drés du monde.Ne t\u2019en déplaise ! .GABRIELLE.\u2014 Ca ne me déplait pas.cal- me-toi ! Ou plutôt, non, continue de « bougonner», 6 irascible petite personne.Les couleurs reviennent à tes joues.Je m\u2019en voudrais de te ramener tout à l\u2019heure à Jules avec une tête de pleureuse antique.MIMI.\u2014 Tu es charmante.(Puis, sa vivacité naturelle l\u2019entraînant déjà loin du sujet).Dis, Gaby, tu as reçu plusieurs cartes de Liane durant son voyage ?GABRIELLE.\u2014 (surprise).Oui.MIMI.\u2014 N\u2019as-tu pas observé chaque fois la physionomie différente de son écriture ?GABRIELLE.\u2014 Pas du tout.Je ne suis pas plus graphologue que chiromancienne.MIMI.\u2014 Je ne le suis pas plus que toi, voyons ?Mais cela m'a frappée.Tu admets, tout de même, que la main se ressent du trouble de l\u2019esprit ou du cœur, de notre état d\u2019âme en un mot.La même impulsion qui fait battre plus vite le cœur, rend la main frémissante.GABRIELLE.\u2014 Où veux-tu en venir, Mimi, avec cette science infuse en graphologie ?21 MIMI.\u2014 À ceci.Liane nous a quittés de- semparée en décembre, elle nous revient aujour- d\u2019hui l\u2019âme complètement raffermie.GABRIELLE.\u2014 En somme, elle nous revient, ce qu\u2019elle toujours été : un esprit très ferme.Sa douceur ne me trompe pas.MIMI.\u2014 Auprès de Mme Dumesnil, cependant, on la jugeait toute autre.GABRIELLE.\u2014 Oui, car par déférence, à cause de la profonde affection qu\u2019elle portait à sa mère.Liane recouvrait de silence sa ténacité.MIMI.\u2014 C\u2019est que tu as raison, Gaby, .tout à fait raison.(Liane entre sur ces derniers mots.Ses vêtements noirs, qui la grandissent, encadrent de gravité, sa beauté blonde.Mais son regard.quel regard ! étonne et saisit.En lui se devine la transformation que vient de prédire Mimi.L'âme irradie sa lumière ! \u2026 Elle à vaincu, les doutes, et la douleur.Elle domine maintenant et dirige.) LES MEMES, LIANE PUIS ANDRE MIMI.\u2014 (se précipitant).Liane !.Ma chérie ! LIANE.\u2014 (aurès avoir embrassé Mimi qui se cramponne et l\u2019entoure joyeusement de avs bras).Chère, chère Mimi !.(Puis tendant la main à Gabrielle).Que je suis heureuse de vous revoir, Gabrielle ! (Elle offre des sièges).MIMI.\u2014 Liane, viens près de moi, ici, sur ce sofa.Bien !.(Elle embrasse de nouveau Liane).Maintenant, que je te regarde ! GABRIELLE.\u2014 C\u2019est qu\u2019elle est insatiable! (Elle rit).LIANE.\u2014 Je te reviens guérie, n\u2019est-ce pas, Mimi ?.Consolée, oh ! non.le serais-je jamais ! (Elle regarde tristement vers la cheminée, où dans son cadre doré, sa mère sourit doucement).Mais, du moins, aujourd\u2019hui, je puis pactiser avec mon chagrin.Il ne me révolte plus.GABRIELLE, \u2014 Pauvre amie ! MIMI.\u2014 (qui n\u2019a pas quitté Liane des yeux).Liane, que veut dire ton regard, si étrangement éclairé,.nostalgique, vraiment ! (Hochant la tête).Ah! mon amie, tu veux retourner vivre sur les sommets !.Pauvres nous ! LIANE.\u2014 (tressaillant).Comme j'ai raison, Mimi, de craindre tes intuitions.effrayantes ! Tu ne devrais pas, parfois, exprimer aussi candidement ta pensée, (Plus bas).C\u2019est presque de l\u2019indiscrétion.(Elle aperçoit tout à coup à la main de Mimi qu'elle & gardée dans la sienne une bague nouvelle.) Qu\u2019est-ce que ceci, Mimi?MIMI.\u2014 Une bague, avec tout autour, des promesses, de grands espoirs, de l'amour.sans fin! (Elle porte le bijou à ses lèvres).LIANE.\u2014 C\u2019est donc fait, Mimi ?Jules est heureux ?MIMI.\u2014 Mimi aussi.LIANE.\u2014 Plus de querelles ?MIMI.\u2014 Oh! Si.Mais Jules se discipline.Son caraetére s\u2019améliore beaucoup.LIANE.\u2014 Le tien a toujours été parfait ! MIMI.\u2014 Liane! LIANE.\u2014 Pourquoi ne m\u2019as-tu pas écrit tout de suite, la bonne nouvelle ?MIMI.\u2014 Je t\u2019en réservais la surprise, & ton retour ?LIANE.\u2014 Oh! la surprise !.MIMI.\u2014 Elle n'a pas tout le succes yae j'en attendais, c\u2019est évident.LIANE.\u2014 Le mariage aura-t-il lieu bientôt, ma jolie promise ?MIMI.\u2014 Jules et moi ne sommes pas d\u2019ac- card sur le jour.LIANE \u2014 (souriant).Naturellement.(Se levant).Mais hatez-vous,si vous voulez que j'assiste à l'échange de vos promesses.(Mimi regarde significativement Gabrielle à ces mots, tandis que = #4 22 La bonne Puis Liane Liane s\u2019approche de la table à thé.entre bientôt et voit aux préparatifs.sert elle-même le thé à ses amies.) GABRIELLE.\u2014 Avez-vous vu mon frère, Liane ?LIANE.\u2014 Pas encore.téléphone ce matin.GABRIELLE, \u2014 Il a vivement regretté.(Elle s\u2019interrompmt, André apparaît justement sur le seuil du salon.Il semble hésiter à s\u2019approcher).Je lui ai parlé au Mais le voici.LIANE \u2014Çelle glisse alors, sans émotion a»- parente, mais tenant ses yeux baissés, jusqu\u2019au jeune homme qui, lui, la regarde venir, tout son coeur dans ses yeux.Liane tend vivement ses deux mains).Bonjour, cher ami! ANDRE.\u2014 Liane !.Enfin !.(Il baise doucement ses maîns, mais cherche en vain le regard de la jeune fille).LIANE.\u2014 Vous ne retardez pas un peu ?.ANDRE.\u2014 En effet.Mais je désirais et redoutais à la fois cette entrevue.(sourdement) mendiée, si peu fièrement !.MIMI.\u2014 (sans se retourner et chantonnant).André, cher André, le thé est délicieux ! André, venez en éprouver la vertu ! Gabrielle.\u2014 (riant).Eve.au five o\u2019clock! ANDRE.\u2014 (s\u2019approchant, et avec malice).Et moi, chère Mimi que je salue, (Il s\u2019incline, et fait en même temps un signe d\u2019amitié à sa soeur), je vous prierai, de ne pas éprouver trop longtemps la vertu.de patience de Jules.Je le quitte à l'instant.Il vous attend tout près d\u2019ici.MIMT.\u2014 (elle est debout).Vraiment ! A-t- il sa voiture, André ?ANDRE.\u2014 Oui.Et sa voiture, sa personne, son coeur demeurent à votre disposition.MIMI.\u2014 (riant).Si vous croyez m'aporen- dre quelque chose de neuf ! (Se tournant vers Gabrielle).Reviens avec nous, Gaby.Nous te déposerons chez toi.GABRIELLE.\u2014 Comme un petit colis bien sage ! J'accepte.(Elle fait ses adieux à Liane, et échange un sourire avec son frère).LA REVUE NATIONALE MIMI.\u2014 A demain, ma Liane.(Elle presse câlinement sur sa joue, la main de la jeune fille.Puis soudain s\u2019adressant à André).Dites, elles ont du bon, les plages ensoleillées de la Californie?Quelle excellente mine nous en rapporte, Liane! O Californie, « pays des fruits d\u2019or et des roses vermeilles » ! GABRIELLE.\u2014 (entraînant Mimi).Tu n\u2019ajoutes pas, je l\u2019espère, «le pays où fleurit l\u2019oranger» ?C\u2019est au Canada, pour l\u2019instant, que s\u2019épanouit, en ton honneur, l\u2019arbre symbolique ! (Elles disparaissent).LIANE.ANDRE LIANE.\u2014 (elle observe le jeune homme qui ne bouge plus, les yeux fixés sur une belle photographie représentant Liane enfant, et pendue au mur, en face de lui).Vous offrirai-je une tasse de thé, André ?ANDRE.\u2014 Merci.tombe entre eux).LIANE.\u2014 (elle soupire et relevant la téte).Mon ami, pourquoi, oh ! pourquoi, n\u2019avez-vous pas accepté les mots d\u2019adieu contenus dans ma dernière lettre ?ANDRE.\u2014 Pourquoi en effet ?(avec amertume).Sans doute parce que je me croyais assez fort pour souffrir davantage.Comme vous êtes dure Liane ! (Un silence très lourd LIANE.\u2014 Ne me parlez pas ainsi, André.Cela est indigne de vous.ANDRE.\u2014 Qu'est-ce qui est indigne de moi?De souffrir beaucoup par vous, ou d\u2019avoir en cette faiblesse de vous revoir une dernière fois ?LIANE.\u2014 (doucement).On croirait que vous me jugez insensible à votre peine !.Pourtant, ma décision de n\u2019avoir plus désormais, que des espérances.éternelles n\u2019a pas été prise sans lutte.Vous m'\u2019êtes très cher, André.ANDRE.\u2014 (bas et douloureusement).Je ne puis l\u2019admettre.Vous êtes une femme, Liane, Je panier à ouvrage Très élégant rideau à travailler à la broderie richelieu, anglaise et plumetis.La broderie est de 1 verge JA de largeur sur 1 verge Le de hauteur, mais le dessin peut se modifier en hauteur comme en largeur suivant les grandeurs de rideaux.Cela permet de faire dans le même style toutes les fenêtres et portes d\u2019une maison ; combinaison très heureuse donnant un riche aspect à une habitation.Dans n\u2019importe quel modèle, dans n\u2019importe quel genre nous faisons les modifications voulues.La frange peut avantageusement se remplacer par de la dentelle cluny ou par un feston très découpé.Raoul Vennat, 642, rue Saint-De- nis, Montréal.Téléphone Est 3065.= ES TER OO POSTES et vous savez mieux que moi, qu\u2019aimer, c\u2019est toujours préférer.(avec passion).Non, non, ce n\u2019est pas vers moi qu\u2019est d\u2019abord et sans cesse tourné votre coeur !.Non !.Et quel est-il ce rival auquel vous me sacrifiez, quel est-il, Liane, dites ?.Ah ! oui, (avec un rire qui fait mal) le cloître !.C\u2019est le cloître !.un rival impersonnel, celui-là, que l\u2019on ne peut atteindra, placé sur un terrain, qu\u2019un pauvre être tel que moi ne peut fouler !.Le cloître !.(S\u2019animant).Je le hais en ce moment, vous entendez, Liane, je le hais.où qu\u2019il se trouve, quel qu\u2019il soit !.(Violemment) .Je le hais, avec ses murs froids et lourds,.qui gardent bien ses victimes, pourtant ! Je le hais avec sa grille implacable et dure contre laquelle nos sourires et nos larmes viennent se briser ironiquement ! Je hais ses chants trop angéliques, les voix lointaines et suaves de ses nonnes !.Liane, comme vous avez su le choisir invincible, et impitoyable à toute faiblesse, mon rival!.Ah! (Ce dernier cri s\u2019étrangle dans sa gorge.André couvre sa figure de ses mains.On entend un sanglot).LIANE.\u2014 (elle s\u2019approche, et tendrement, pose sa main sur le front brûlant du jeune homme).André !.Calmez-vous ! Je souffre aussi !.André ! Je vous en prie ! ANDRE.\u2014 (la regardant avec ses yeux rougis, au fond desquels rayonne sa tendresse).Vous souffrez, dites-vous?Non, Car ma détresse, vous ne sauriez en mesurer l\u2019étendue.Je vous perds, Liane, je vous perds !.Vous, qui êtes ma vie même ! (IL saisit là main de la jeune fille et l\u2019appuie de nouveau contre son front).LIANE.\u2014 (secouant la tête).Vous croyez que je ne puis vous comprendre ! Comme vous vous trompez.Vous le savez pourtant, André, mon coeur porte une blessure que le temps ne fermera jamais.J\u2019ai pleuré ma mère.Je l\u2019ai pleurée, oh ! tant, que mon coeur s\u2019est brisé ! Il est mort mon coeur, André, (Tristement).Oui, il est mort.et si Dieu ne m\u2019avait soutenue, ne m'avait réconfortée, je ne sais ce que je serais devenue !.Aujourd\u2019hui, Dieu seul encore demeure ma raison de vivre.Par la porte étroite du doute et de la douleur, je suis allée vers lui !.Je n\u2019aime plus que Lui, par Lui, et en Lui.André, oubliez-moi !.Mais je prierai pour qu\u2019il en soit ainsi.Et puis, (suppliante) ne me quittez pas sur les paroles étranges que vous venez de prononcer.Vous êtes un croyant.Vous ne devez pas me disputer ainsi à Dieu.Ah ! je sais ce que prouvent vos imprécations d\u2019il y a un instant.Vous n'avez pas osé vous en prendre à Dieu même !.Dieu, mais il les bénit, au contraire, il les enveloppe d\u2019amour, ces cloîtres, où l\u2019on adore, où l\u2019on souffre, pour ceux qui ne veulent plus ployer les genoux, et vivre saintement ! ANDRE \u2014 (se levant).C\u2019est vrai.(Avec un sourire navromt).La douleur me fait déraisonner.Pardon, Liane, pardon, âme si pure, si belle, et dont je suis indigne.(Il s\u2019agenouille et baise humblement la robe de la jeune fille).Adieu! (H s\u2019éloigne en chancelant.Près de la porte, il se retourne une dernière fois : Ma Liane ! fait-il en tendant désespérement les bras.La jeune fille demeure immobile ; seules, ses mains qu\u2019elles a jointes, se serrent convulsivement.La porte se referme.Tout est fini).LIANE, seule.LIANE.\u2014 (elle prend un petit crucifix, posé sur la table et le considère un moment, les yeux pleins de larmes).Mon Dieu, ayez pitié de Jui !.et de moi !.Comme il souffre !.Je ne suis plus qu\u2019à vous, Seigneur,.Je ne le puis! Consolez-le, car, vous le savez bien.(humblément) «je ne suis la fin de personne» ! Charlotte DUFRESNE.\u2014\u2014\u2014 pp \"rune A pes Dif LA REVUE NATIONALE Monsieur Albert PIGEON, sport- man et homme d\u2019affaires bien connu, a jugé que le placement le plus rémunérateur de nos jours était le nouveau systéme de rentes viagères de la Caisse Nationale d\u2019Eeo- nomie .et il s\u2019y est fait inscrire pour une prime annuelle de $120.00.J phe Comment j\u2019ai donné mon adhésion I] y a quelques mois, à la fin de 1919, un solliciteur de la Caisse Nationale d\u2019Economie, me parlait d\u2019un nouveau système de rentes viagères pour les personnes de 21 ans et plus.Je me laissai tenter par ce mot prometteur « nouveau » et ma curiosité venant à la rescousse, l\u2019agent n\u2019eut qu\u2019à m'\u2019expliquer avec force détails, la création toute récente qu\u2019est la seconde Période de la Caisse Nationale.Nous, Canadiens français, latins d\u2019origine et de mentalité nous avons le souci de l\u2019avenir, la prévoyance du lendemain, je ne prétends pas être autrement, aussi une pension annuelle après 20 ans, comme celles offertes par l\u2019institution canadienne-française, m\u2019a souri au point que je signai ma demande d\u2019admission sur-le champ.Et, chose rare, je n\u2019eus pas cette réaction habituelle aux impulsifs, je n\u2019ai jamais eu le regret tardif d\u2019avoir fait un marché qui ne m\u2019apparaissait plus sous un jour aussi favorable.j'étais bel et bien convaincu, enraciné ! oz Quand je vois de réels profits quelque part, je prends le temps de bien examiner les bénéfices offerts, après quoi je n\u2019hésite plus, je signe.Les motifs de ma décision Ils sont au nombre de trois.1°.\u2014Les rentes de la seconde Période ont un chiffre établi sur lequel on peut se baser ; ce qui m\u2019a permis de toucher du doigt les réels profits.Age du bénéficiaire - _ _ - - - Pendant 20 ans épargne annuelle de 1-1 101010101107 - = Revenus annuels de 41 ans à 66 ans Total du capital accumulé, converti en annuités de 41 ans à 66 ans Total des rentes payées par la Caisse de 41 ans à 66 ans - - Différence en faveur des rentes de la Caisse 1-11 111 - - Moyenne de gain annuel - - - Pensions viagères de 66 ans à la mort - 1-11 1 1-1 = - 2°\u2014Au cas où je mourrais, tout ce que j'ai versé est remboursé intégralement à mes héritiers.3°.\u2014J\u2019ai calculé ce qu\u2019une épargne de $120.00 à 5% me donnerait en rentes viagères après 20 ans et en faisant une courte comparaison avec les pensions de la Caisse Nationale, je constate les résultats suivants : PLACEMENT PLACEMENT COLLECTIF INDIVIDUEL Caisse d'Economie à 5% 21 ans.21 ans.$120.00 $120.00 $500.00 en moyennr.$310.00 maximum.$7750.00 $12500.00 $4750.00 $190.00 Pas un sou, capital $616.00 par année.étant épuisé a 66 ans L\u2019éloquence des chiffres est quelquefois plus convaincante que celle de la parole ; il ne m\u2019est donc pas nécessaire de dire que les calculs faits sur ces données, n\u2019aboutirent qu\u2019à me pénétrer plus encore de la réelle et très grande supériorité de la Caisse d\u2019Economie sur les meilleurs placements connus actuellement.Albert PIGEON. § 24 LA REVUE NATIONALE : 7 IL Bureau et Atelier : 210, rue PLESSIS, près Ste-Catherine.H.TRUCHON .CRI-CRI.\u2014 Volonté dure, inflexible.Imagination ar- E dente \u2014 trop méme.Le jugement, par cela méme s\u2019exerce NTREPRENEUR ELECTRICIEN avec beaucoup moins de sûreté.tendance à l\u2019égoisme.Un Résidence : orgueil de comparaison qui n\u2019incline sûrement pas Cri-Cri à la charité.Cependant, il a bon coeur.Quel dommage qu\u2019il ne 1030, rue BORDEAUX.soit pas plus commode ! Chose étrange cet homme peu sensible, nullement « tendre » aime le passé, les vieilles choses, les souvenirs.Il les collectionne j'en suis certain.Cette sentimentalité, au fond est peut-être à son « autre».Pratique quand il a le temps .oui mais si idéaliste, si artiste, si rêveur.Non, je n\u2019ai pas été déconcerté par cette « écriture en contrastes ».Elle dit précisément ce qu\u2019est le singulier seripteur et voilà tout.Tél : ST-LOUIS 5617 Tél.Est 518 | JOS.JUTEAU Sous la loupe Marchand détaillant de CHARBON SCRANTON MONTREAL me 378, rue Rachel Est, Tél.Est 3343.TEL : EST 2025.Tél : EST 6066.Rés.: Tél.ST-LOUIS 4467 A.RIOPEL & CIE COUVREURS EN TOLE, GRAVOIS ms BCE A.GALARNEAU [is Plombier, ferblantier et couvreur.SA EE i ET CIMENT a 4 Bi a 2» .LUCE.\u2014 Tempérament calme, pratique.Imagination aii Ainsi que spécifications Barrett.riante, humeur égale, enjouée, bienveillante.Sens pratique très développé.Elle est tout de même généreuse et sans une 459 rue Panet, - - - Montréal JOS.GALARNEAU MARCHAND DE Bois, Charbon, Foin, Grain, Paille, Ete., Ete.Membre de l'Union Ouvrière et aussi membre de l'Union Saint-Jean-Baptiste.Canadiens-français encourageons-nous.425, rue Rachel Est, MONTREAL Tél : Est 4841.N.THIBODEAU EXPERT SERRURIER ET MENUISIER Réparations générales Montréal 5414, rue Robin Tél : EST 3688 Rés : EST 3688 LACOSTE & LACOSTE MARCHANDS DE Farine, Foin, Grain, Bois et Charbon, Ete.GROS ET DETAIL 566 - 568, rue Panet, MONTREAL Tél : ST-LOUIS 408 ERNEST MEUNIER MARCHAND - TAILLEUR Satisfaction garantie.534, rue Rachel Est, MONTREAL Tél : EST 9491W Rés : 467, rue Panet, Montréal ESNEST HARDY PLOMBIER SANITAIRE Ferblantier couvreur et Electricien, Poseur d\u2019appareils 2 gaz et à eau chaude.Tout ouvrage exécuté avec soin et à prix modéré.Atelier : 495,rue Panet, MONTREAL 2ème porte du Parc Lafontaine.LUDGER GRAVEL R.DROUIN \u2014 Tél : Privé Est 3925 - Bureau : 26, Place Jacques-Cartier, Montréal.Tél : Main 512.GRAVEL & CIE Ouvrage ornemental en fer, balcons, escaliers, marquises, échelles de sauvetage, toutes sortes de soudures, etc.255a, rue Craig Est.Tél: EST 5650 TEL.EST 8184.S.ROBERT TAILLEUR Habits nettoyés, pressés, réparés.Prix Modérés.Habits faits sur mesures.244, rue Saint-Hubert, - - Montréal LA ROYALE, LIMITEE Compagnie d\u2019assurance sur la vie et contre l\u2019incendie.Wm.MACKAY, gérant-gén.La plus puissante compagnie J.-H.LABELLE, gérant-adj.d\u2019assurance-feu de l'univers.ACTIF : $135 000 000 Représentants à Montréal : HURTUBISE & SAINT-CYR, 2, Place d\u2019Armes Agence établie en 1860.Téléphone : MAIN 1287.Tél : Est 5593 ODILON DESOURDY MARCHAND-TAILLEUR 137, rue Saint-Laurent, MONTREAL elle est douce, souvent timide et généralement peu « causeuse ».Une grande dignité, de l\u2019orgueil, juste ce qu\u2019il faut de coquetterte.Luce aurait pu écrire plus long et j'en aurais dit plus ! PETITE BOUCHETTE.\u2014 Mais, je vous assure que vous ne feriez pas si mal en.suivant mon exemple ! Quoi- qu\u2019il en soit, continuez à griffonnez ainsi.et de toutes fa- cons.je vous donne les meilleures notes ! N'oubliez pas de me dire si vous êtes plus convaincue maintenant de la « sureté » de la graphologie ! Grande activité intellectuelle ; intelligence vive, souple très cultivée ; caractère vif \u2014 esprit fin, observateur, légèrement moqueut Très enjouée, causant avec facilité et gaîté et cependant souvent mélancolique ou attristée.Elle voit peut-être trop vite et trop bien le fond des choses.Très droite, sérieuse, ayant un grand sentiment du devoir et le sens de la justice très développé.Fière et indépendante.Je trouve partout le signe de l\u2019insaisissabilité .Elle est franche pourtant mais n'aime pas à laisser voir « son estime » comme elle dit d\u2019une façon très amusante Elle ne doit pas être comprise de son entourage : elle doit leur sembler bizarre parfois.Elle ne l\u2019est pas tout de même, le moins du monde.En revanche, elle est très originale mais son goût, sa distinction la gardent de tout excès.Elle aime le Beau, le délicat, le sens esthétique est très affiné ; les sentiments sont profonds et la sensibilité très impressionnable.L\u2019humeur n\u2019est donc pas toujours égale.Consciente de sa valeur, elle a de Jorgueil mais au- eune sotte, vanité ; elle ne « pose » pas, et ne cherche pas à en «imposer ».Emotive et enthousiaste, s\u2019intéressant à toute manifestation intellectuelle ou artistique.La volonté un peu autoritaire est souvent ferme et combattive : je note cependant quelques dépressions.L'imagination très ardente ne chôme guère.ANTOINETTE LA REVEUSE.\u2014 Un peu timide très délicate et sensible.Un brin d\u2019orgueil et de susceptibilité.Débrouillarde et active, très intelligente.La volonté est plutôt faible, influençable et parfois un peu hésitante.Elle est généralement douce, bonne et généreuse ; tout de même, je vois ici un peu d'égoisme.Econome, pratique et prévoyante, elle est ou sera une excellente ménagère.Elle n'est pas très cultivée encore, quoique passablement instruite mais elle -est certainement bien douée au point de vue intellectuel.Elle a du goût et de la distinction.L\u2019imagination est gracieuse et sentimentale.L'esprit est fin, mystique ; elle est portée au serupule.Un peu nerveuse, impressionnable, très aimante, elle essaye d\u2019être et de paraître calme et parfois froide.\u2018Elle aime les vieilles choses, les souvenirs, les portraits, elle est peut-être légèrement superstitueuse.HUGUETTE FATALISTE.-\u2014 Suivant votre désir, mademoiselle, je donne une partie de l\u2019étude demandée ici et j'en- voïe l'analyse complète à votre adresse.HUGUETTE FATALISTE, donc, est originale, fine, très intelligente, cultivée et sait jouir de tout cela en vraie « dilectante ».Très sensible et très aimante mais n\u2019aimant pas tout le monde.Prudente, réservée, sagement méfiante.Ouverte, droite, franche, elle saura garder un secret et ménagera ses confidences.Expansive avec certains, elle sera absolument « sur la réserve » avee d\u2019autres, si bien qu\u2019elle sera souvent méconnue.Elle cause facilement, et avec « brio ».Ardente, convaincue, elle discute volontiers et avec vivacité.Je la vois, à l\u2019occasion, taquine et combattive, peut-être un peu tracassière.Nature très distinguée, « aristocratique », de goûts larges, aimant le monde, le Beau, le luxe, l'élégance fine, recherchés.Un goût exquis.Un sentiment de l\u2019Art très marqué.Capable de s'intéresser à toute manifestations intellectuelle et artistique.P'TITE SOEUR.\u2014 Grand besoin d\u2019activité, amour des sports probablement, vigueur et endurance physiques.Ardeur, entrain, gaîté aimable et fine.Simplicité délicieuse, aimant plaire et se dévouer.Volonté énergique, combattive, obtinée et persévérente.Scrupuleusement honnéte et délicate.Aime faire plaisir.Elle adore se dépenser.De l\u2019ordre, un goût exquis.Enthousiaste et a ses heures, un brin sentimentale, capable de rêverie et de passagère mélancolie.Franche mais extrêmement discrète et pour elle et pour les autres.Quelques petits égoismes d'enfant gâtée et parfois une ombre de caprice.Débrouillardes et réunissant bien comme ménagère.Volonté inégale mais souvent résolue.£imple, sans aucune vanité et fière sans beaucoup d\u2019orgueil.Aimante et sensible sans aucune sensiblerie.Econome et prévoyante.Là, êtes-vous contente ?VIOLETTE.\u2014 Forte tendance à l\u2019égoisme et cependant elle sait être généreuse et donner ; elle ne craint pas « la dépense » \u2014 pour son compte et celui des autres \u2014 et elle adore faire des cadeaux.Qu'elle pense un peu moins à elle \u2014 « dans les petites choses de chaque jour » et je la déclarerai très agréable.Du reste, elle aime à plaire et sait être des plus gracieuses.Elle est bonne, plutôt douce.Sensible, elle se domine aisément, essaye d\u2019être et de paraître un peu froide, réservée, distante.Un brin sentimentale \u2014 sans aucune sensiblerie ni mièvrerie \u2014 elle aime les jolies choses, l'élégance, la musique chantante, les bijoux.Très intelligente, elle est aussi très fine.Elle est un peu nerveuse, parfois légèrement timide mais le dissimule bien.Franche, simple, droite.volontiers expansive, Elle aime fort causer.Est-elle toujours assez discrète ?Elle a beaucoup d\u2019imagination.Elle est gaie, enthousiaste et très convaincue quand elle a quelque chose en tête.Elle a de l\u2019orgueil, un brin de petite prétention, de coquetterie un peu précieuse, taauine, combative, capable de « tracassetie».Elle a de l'ordre, du goût, du jugement ; elle sait être « pratique ».Volonté patiente résolue.Tél : EST 9888w RAOUL LEONARD TAILLEUR Spécialité : Pressage et nettoyage Français.Nous allons chercher et délivrons la marchandises à domicile.764, rue Ontario Est, 2ème étage, Montréal 137, avenue Papineau, MONTREAL ombre d\u2019égoisme.Elle a quelques petits caprices pas bien \"088 malins.lle est un peu routinière et si méthodique qu\u2019elle oit sembler parfois presque trop.« parfaite».Heureu- 4 _ : Tél : ST-LOUIS 1468 Rés : 1225, rue Saint-Hubert sement, si on la dérange, elle ne doit pas trop se fâcher car Tél.St Louis 8002 W.D.PARE PLATRIER Enduits faits au contrat ou à l'heure avec entière satisfaction.716, rue Papineau, près Marie-Anne, Montréal.Tél.EST 3140.STUDIO ONTARIO AGRANDISSEMENTS, POSES D'ENFANTS ET MARIAGES Spécialité : Ouvrage d'amateurs par service Ouvrage d'amateurs par serviec nostal.714, rue Ontario-Est - - Montréal.ETABLIE : 1850.TEL.EST 5519.L.A.COTE LE PHOTOGRAPHE BIEN CONNU Nous vous invitons de venir avec vos enfants.\u2014 Nous posons le jour et le soir.\u2014 Tout ouvrage est garanti.803, rue Ste-Catherine Est, MONTREAL Tél.St-Louis 945 J.-A.LAMARCHE ENTREPRENEUR PLATRIER Blanchissage \u2014 Tapissage \u2014 Peinture.Ouvrage fait avec soin et à prix modérés 646a RUE DROLET, MONTREAL CHS.ARCHAMBAULT NOTAIRE 755, rue Mont-Royal Est, MONTREAL Téléphone St-Louis 6421.LEONARD & AIME JOYAL Entrepreneur de peinture sur auto.Ouvrage de première classe garanti au plus bas prix.1462, RUE BORDEAUX, Montréal.Ouvrages de toutes sortes.Tél.St-Louis 6793W E.-O.SENECAL ENTREPRENEUR ELECTRICIEN Avant de donner votre contrat d'électricité consultez-nous.847, rue Marie-Anne Est MONTREAL 752, rue Papineau A.BOUCHER HORLOGER, BIJOUTIER et GRAVEUR Spécialité : Réparation dans la bijouterie.75, rue Mont-Royal Est, MONTREAL Retenez votre tour par téléphone.Tél.Est 9143 RAOUL THIBAULT SPECIALISTE OPTICIEN, OPTOMETRISTE Gradué en 1904 425, rue Amherst, MONTREAL En face de l\u2019Eglise Ste-Catherine, près de la rue Robin.NATIONAL STUDIO 402, rue Ste-Catherine E - Montréal. réal re] WTS réal ited EAL eal i ILA REVUE NATIONALE e Canada Illustré © La saison de la chasse bat son plein et les chasseurs, chassant nagent dans la joie.© RESEAU DU PACIFIQUE CANADIEN Le « grizzly », ou ours gris, est une des bêtes les plus terribles de la faune américaine.On le rencontre encore dans les Rocheuses.Superbe trophée gagnée dans les bois du nord de la province de Québec.Le « Big-horn» ou « Mouton des Montagnes» est une des pièces les mieux appréciées par les chasseurs.Pour atteindre le terrible ours gris, les chasseurs doivent parfois établir leurs campements à de hautes altitudes.Caribon abattu deus la région du Témiscamingue.Panache immense d'un orignal trouvé dans le Nord de l\u2019Ontario.L'animal devait avoir atteint un agc avance. RE: - 8 26 Téléphone : St-Louis 1599.ULDERIC PIGEON PHOTOGRAPHE MONTREAL.806, rue Papineau, - - Tél : Main 7154 BEAUDOIN LIMITEE COMPTABLE Membre du Service de collection américain.Suceursale à Québec : 64, rue Saint-Joseph.Chambre 600 \u2014 7la rue Saint-Jacques, Montréal Tél : ST-LOUIS 4449.W.LEBRUN & CIE BOUCHERS Viandes de choix \u2014 Gros et Détail.1267, avenue de l'Hôtel de Ville Montréal Tél : ST-LOUIS 1811 E.PAIEMENT Marchand de bois, charbon, grain, foin, son, moulée, etc.Briquettes à l'huile $2.00 moins cher que le charbon dur.Transport de toutes sortes prix modérés.1552, rue Cadieux MONTREAL Tél : EST 5785 D.NADEAU 7 LIBRAIRIE \u2014 PAPETERIE Spécialité : Tapisserie.828, rue Ontario Est Montreal Tél : EST 1777 JOSEPH LABOSSIERE AUTOMOBILES A LOUER Mariages \u2014 Baptémes \u2014 Sépultures.788, rue Ontario Est MONTREAL TELEPHONE : MAIN 4679.A.DEROME & CIE Etampes en Caoutchouc 20, rue Notre-Dame-Est, Montréal.Résidence : 524 FRONTENAC.R.THIBAULT MARCHAND DE BICYCLES Mécanicien : \u2014 Réparations des bicycles a des prix modérés \u2014 Bicycles à louer.387, rue Frontenac MONTREAL Tél : EST 3776 J.-B.NADEAU SELLIER SPECIALITE : Réparations de harnais et d\u2019articles en cuir.Marchand de chaussures et valises.919, rue Ontario Est MONTREAL Tél.St-Loun 4770.J.-P.L\u2019'HERAULT Pneus Vulcanisés Spécialité : Non-Skid et Retred.MONTREAL 984, rue Papineau, - - Tél : EST 2486 EUGENE DOUCET IMPRIMEUR 281, avenue Papineau MONTREAL LA REVUE NATIONALE Courrier de Marraine Odile PETITE GENEVIEVE.\u2014 Nous avons un second concours ici-même.Voyez ma causerie du mois dernier à ce sujet.Je vous accueille avec plaisir.I.Il faudra lire attentivement les « Contes historiques ».2.Je ferais bientôt une causerie là-dessus.Un bonjour amical de votre part aux filleuls et je vous dis cordialement : « Aurevoir, à bientôt » ! M.\u2014 L\u2019amie, en question, a été très malade.Elle est mieux.Votre aimable visite lui a fait grand plais.r.Que devenez-vous maintenant ?Vous voyez bien que je n\u2019oublie aucune de mes filleules ! Je revois, en esprit, si souvent, la jolie maison toute blanche, si coquette et surtout, J'évoque, la gentille et sérieuse petite maîtresse de maison.Le bon temps de jadis !.Dieu ! que je me fais vieille tout de même ! Essayez done de griffonner quelque chose.Voyons ! HELENE.\u2014 Me voilà tout heureuse de vous avoir fait Plaisir à vous qui êtes si gentiment reconnaissante et à Furet que j'aime bien aussi.Vous tournez une lettre avec beaucoup de finesse ; vraiment Furet doit se féliciter d\u2019avoir l\u2019amie Hélène pour correspondante ! Je serais enchantée d\u2019avoir quelques détails sur ma filleule et sur son genre de vie.Je m'intéresse, de loin c\u2019est vrai, mais vivement à tout le cher petit monde de notre coin des jeunes.Merci pour votre aimable invitation.J\u2019habite loin de la ville et je suis une vraie campagnarde.J\u2019ai aimé vos beaux grands arbres.Près d\u2019eux, vous penserez un peu, à Marraine Odile, n\u2019est-ce pas et vous me reviendrez ?PETITE LUCIENNE.\u2014 Eh ! bonjour.petite amie, je suis contente que vous nous reveniez.Quelles sont done vos graves occupations, laborieuse Lucienne ?Je m'intéresse beaucoup et très sincèrement à tous mes filleuls.Voici un second concours, aujourd\u2019hui.Il faut écrire et simplement, gentiment, sans grandes phrases, tout comme vous m\u2019écrivez ; ce sera charmant alors.Je crois bien que je veux vous faire plaisir.seulement, quand il s\u2019agit de graphologie.je deviens perplexe.Si vous voulez de la graphologie », adressez-vous à mon confrère « Le Monsieur à la Loupe ».Mais si vous tenez absolument à savoir quelque chose de moi, je pourrai vous dire tout au plus < l\u2019impression que j\u2019éprouve à regarder votre écriture nette, décidée et distinguée, Vous me semblez par cela même une charmante fillette, soigneuse, sans doute active, intelligente, énergique et très propre.Par votre style, je vous jugerai avec beaucoup plus de certitude.et je vous juge « assez bien » pour vous aimer et vous inviter à vous revenir, sérieuse et fine petite Lucienne ! - FURET.\u2014 Très spirituelle votre lettre et pas trop longue, je vous assure.Elle m\u2019a fait grand plaisir.Que de cadeaux et combien intéressants !.Je vous félicite petite amie et jai lu avec intérêt le récit de la jolie fête.Votre amie est enchantée de sa correspondante et elle m\u2019a dit des choses très .élogieuses de vous.Déjà, elle vous aime fort, elle s\u2019intéresse vivement à vous et me remercie à plein coeur de vous avoir fait connaître toutes deux.C\u2019est cela, écrivez pour le concours et laissez dire la taquine Thérèse ! Bonne chance ! Que devient Pomponnette ?Envoyez tout votre petit article à l'amie H.il était très gentil.Affectueux « aurevoir », « à bientôt ».~ MINOU.\u2014 Votre réponse au concours parait aujour- d\u2019hpi dans la revue.Je vous félicite affectueusement ma bonne petite amie.J'admire votre courage et votre dévouement, je suis fière de ma vaillante filleule.Mais je com- prénds le dure sacrifice que vous avez dû faire.Que l\u2019avenir ne vous effraye pas., Laborieuse, bonne, dévouée petite fille comme vous l\u2019êtes, vous réussirez et le chemin ne vous sera: pas trop «durs.Ecrivez-moi longuement sans crainte et croyez que je vous aime bien, Minou aux si gentilles façons ! N\u2019oubliez pas que nous avons un nouveau concours -aujourd\u2019hui, ici méme ! UN VERSIFICATEUR SHERBROOKOIS.\u2014Eh ! bien.personne n\u2019a trouvé ! Je donne la réponse à votre amusante devinette et en attend d\u2019autres aussi comiques.\u2014 « D \u2014-Trois évêques français schismatiques partent très tard le soir pour aller dans un champ où ils dégustent une bouteille de liqueur délicieuse.Je demande la grandeur du champ en ares, hectares, centiares et le prix d\u2019un are».Rép.\u2014Trois sous l\u2019are (trois soulards) trois centiares (trois sans tiares) sept ares (c\u2019est tard) un hectar (un nectar).Cordial bonjour au gai filleul ! FANFAN.\u2014 Marraine Odile a trouvé la « différence en- «tre une couturière et une anglaise.Celle-ci speech « (s\u2019pique) l\u2019anglais et la couturière se pique les doigts ».N'est-ce pas ?.,.LYGDAMON.\u2014 Originale votre lettre et votre nom, done !.Vous écrivez finement à coup sûr et d\u2019amusante façon.Si quelques filleuls ou filleules veulent bien vous aider à chasser ce redoutable ennui.Quel âge avez-vous ?Un remède !.et dans votre cas ! J'ai ri, vous pensez et puis charitablement, J'ai eru que je pourrais vous donner cette.« consultation :» ! Du calme et pas de.fatuité.A vouloir parfois trop bien dire, trop bien parai- tre, on dit des sottises et l\u2019on devient ridiculement gauche.LULU.\u2014 J'aurais voulu causer avec vous de notre amie « Bécassine », mais j'ai été fort malmenée ces jours-ci par la grippe.Gardez tant que vous voudrez le volume en question, seulement, je vous préviens qu\u2019en échange je vous demanderai quelque gentil travail à certain beau jour .Je garde votre amusante et spirituelle lettre pour la relire « aux heures grises ».Votre petite amie F.ne m\u2019a envoyé qu\u2019une carte très laconiquement écrite.Quand au « bonhomme» .le croyez-vous aussi savant que cela ?Oui, vous êtes jeune.et délicieusement.Ne vous en excusez pas, je vous en prie.et n\u2019appelez pas la < vieillefillerie » pour être « sage».À votre manière vous êtes plus vraiment « sage » \u2014 sans cheveux blancs ! \u2014 que certains prétendus « philos » moroses et grincheux.A bientôt, n\u2019est-ce pas ?MARRAINE ODILE.ox1e1gd-3418G estS8a,] ep saad \u201cUOIJETISLA ons \u2018IZZ \u201829,1 9p xMa seq xne SOINJIUINO] 39 Xnead sou suojeyor snoN \u2018ssuxiurux sosuadap sap onb suoAg,u SNON \u2018ejeïjuoo ont ouNn suep sed sewuros au snoN \u201cSOUIQUI-SNOU SUOINJOEJNUEUI SNON « SUOSIB1 ÿ anod \u2018ojqeutosIex Ser] xIId UN @ UOIJEUIIOJSUBI 36 uoljviBdey SAHANUUANOH IA ANVHIIVH SIOTONVT \u2018V Has Tél : EST 1043 J.-E.GAUTHIER Accessoires électriques, Ferronneries Lecteurs de la revue, achetez chez nous, et nous vous encouragerons.910, rue Ontario Est MONTREAL Tél : LASALLE 3231 \u2018NAP.ROUSSEAU TAILLEUR Epécialité modes de fantaisie pour jeunes gens.PRESSAGE, NETTOYAGE, REPARAGES faits avec soin.NETTOYAGE FRANÇAIS ET TEINTURE 1462, rue Ontario Est MONTREAL Spécialité : Tél : EST 829 P.LANGLOIS Confections pour Dames Un magnifique choix de Blouses, Jupes, Manteaux et Costumes.Membre de la Section Louis Hébert.826, rue Ontario Est MONTREAL J.-E.GIRARD, prop.Tél : ST-LOUIS 9151 THE MOUNT ROYAL PLATE GLASS DESIGN 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BOULANGER 2386, rue Saint-Hubert, MONTREAL DIGNE DE VOTRE PATRONAGE LE PAIN \u201cVICTORIA\u201d ou \u201cPARISIEN\u201d DE LA BOULANGERIE J.-A.BROSSEAU, Limitée 49 a 75 RUE BOYER Ce pain \u2014 cuit sur la sole \u2014 est sain et nourrissant.Il est, à cause de sa saveur caractéristique, l\u2019aliment préféré de tous les âges.Appelez St-Louis 678\u2014si votre épicier n\u2019en a pas.de ce pain au goût vraiment délicieux.Téléphone : EST 8756 ALBERT POIRIER BOULANGER Pain de toutes sortes ordinaire et de fantaisie Nous invitons les Canadiens-français à nous encourager.MONTREAL 649, Avenue Henri-Julien, Tél: CALUMET 1677 GAUDRY FRÈRES Boulangerie établie depuis 74 ans.Donnant toujours pleine et entière satisfaction.SPECIALITE : Pain de Fantaisie.2946-2948-2950, rue Saint-Hubert, MONTREAL Hudon, Hebert & Cie IMPORTATION ET GROS Alimentation, Vins, Liqueurs 18, rue de Bresoles, Montréal, Canada H.DAOUST BOULANGER Pain ordinaire et de fantaisie.Spécialité : Notre pain au raisin, au dire de 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GOUVERNEMENT Cette compagnie n\u2019est pas contrôlée par la « Canadian Fire Underwriters Association » 1908, sr Nous invitons les institutions religieuses et les Fabriques à demander notre tarif spécial.A.-A.MONDOU, N.P.J.MARCHAND Sec.-Trés. 1 28 LA REVUE NATIONALE goût.MONTREAL, Exigez de votre fournisseur des marchandises qui portent cette marque de fabrique.{ Symbole de la qualité Le coton, depuis des siècles, est préféré à tous les autres tissus pour la fabrication des sous-vêtements féminins.Et aujourd\u2019hui, plus que jamais, première place dans la toilette des belles dames de bon il occupe la | Toutes celles qui ont l\u2019habitude de n\u2019employer que du meilleur coton, admettront que la marque de commerce ci-dessus est une garantie de bonne qualité.Cette marque de commerce a toujours obtenu le suffrage de la sage maîtresse de maison et s\u2019identifie à tout ce qu\u2019il y a de beau en fait de draps de lit, de taies d\u2019oreillers, de vêtements de nuits, de patrons, de toile à voile, ete, etc.Dominion Textile Co., Limited TORONTO, WINNIPEG.NE TARDEZ PAS à nous donner votre commande de teinture et nettoyage de manteaux, costumes, gants, robes de toilette et effets de ménage.TEL.EST 5000 Dechaux \u201cRrères LIMITÉE Teinturers.Dégraisseurs.Tél.Bell St-Louis 6283 E.LECLERC HORLOGER- BIJOUTIER Membre des C.-Colomb Canadiens-français, n\u2019oubliez pas que la maison E.LECLERC, 111 rue Mont-Royal Est, occupe une place très importante dans la bijouterie à Montréal, et nous vous invitons MONTREAL à passer chez nous pour le constater.111, MONT-ROYAL EST, CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : Sir Hormisdas LAPORTE, C.P., ex-maire de Montréal, de la maison Laporte, Martin, Limitée, administrateur du Crédit Foncier franco-canadien.Vice-Présidents : M.W.-F.CARSLEY, Tancrède BIENVENU, administrateur de la Lake of the Woods Milling Co.M.G.-M.BOSWORTH, vice-président du Canadian Pacific Ocean Services Limited.L\u2019hon.Némèse GARNEAU, C.I., Québec, président de la Cie de Pulpe de Chicoutimi.M, L.-J.-0.BEAUCHEMIN, de la Librairie Beauchemin Ltée.M.Martial CHEVALIER, Directeur-gé- rant Crédit Foncier franco-canadien.106 succursales dans les provinces de BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Constituée en corporation par le Parlement en juillet 1900.Capital autorisé : $5,000,000.00 \u2014 Capital versé et surplus : $43,000,000.00 \u2014 Actif total : au-dela de $40,000,000.00.SIEGE CENTRAL : 7 et 9, Place d\u2019Armes, _ _ _ _ _._ _ _ Montréal, Canada- Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick et l\u2019Ile du Prince-Edouard.BUREAU DE CONTROLE Les fonds ou argents qui sont confiés à cette Banque pour son Département d\u2019Epargne sont contrôlés par un Comité de Censeurs, et les placements sont examinés mensuellement par les messieurs qui composent ce comité, à savoir : Président : Sir Alexandre LACOSTE, C.R., Ex-juge en chef de la Cour du Banc du Roi.Vice-Président : l\u2019hon.Narcisse PERO- DEAU, N.P., ministre sans portefeuille du Gouvernement provincial, administrateur Montreal Light Heat & Power.M.S.-J.-B.ROLLAND, président de la Cie de Papier Rolland.CE QUI SE PASSE > La tragédie irlandaise : \u2014 Qu\u2019on le veuille ou non, il est impossible de ne pas placer au premier plan des événements qui passionnent le monde entier 4 l'heure actuelle, la misérable question d\u2019Irlande.Jour après jour, semaine après semaine, l\u2019insoluble problème se pose devant les hommes politiques anglais, toujours aussi troublant.Qu\u2019en sortira-t-il : La liberté et le bonheur pour le peuple martyr, ou une recrudescence de persécution ?Les deux solutions semblent également probables, car si d\u2019un côté, les Sinn-Feiners affirment ne pas vouloir accepter d\u2019autre dénouement à la crise actuelle que la reconnaissance de la « république » d'Irlande, il ne manquent pas d\u2019esprits modérés en Irlande et en Angleterre qui seraient prêts à accepter une large autonomie, sous un seul gouvernement.Il n\u2019est pas impossible que lc gouvernement Lloyd George modifie son projet de Home Rule en ce sens d\u2019ici peu de jours.Pendant ce temps, Terence Mac- Swiney, lord-maire de Cork, et ses compagnons, continuent leur grève de la faim dans les prisons anglaises où on les retient sans aucune forme de procès ou de procédure régulière.La Mésopotamie en révolte : \u2014 L\u2019Irlande n\u2019est pas le seul problème qui confronte les gouvernants de la Grande Bretagne.En Asie Mineure, où les Anglais s\u2019étaient taillés un vaste et riche protectorat, les in- digénes ont cru bon de ne pas l'accepter, et voilà l\u2019empire avec une nouvelle guerre sur les bras.Des troupes anglaises ont été taillées en pièces aux portes de Bagdad, capitale du protectorat, et la crise paraît assez sérieuse pour justifier la venue de large renforts des Indes, où pourtant on se plaint qu\u2019il n\u2019y a pas assez de troupes pour tenir en respect les millions de mécontents qui se refusent à reconnaître que le régime anglais est une bénédiction.L\u2019ultimatum des mineurs anglais : \u2014 I] y a quelques jours, par une majorité écrasante, les mineurs anglais ont décidé de présenter un ultimatum au gouvernement dans lequel on menace ce dernier d\u2019une grève générale, à moins que l\u2019on accorde une augmentation de salaire substantielle et une réduction dans les prix du charbon vendu dans le pays même.Cet ultimatum a créé une vive sensation et un profond malaise.Les autres grandes organisations ouvrières, tout en se disant favorables aux prétentions des mineurs n\u2019en ont pas moins tenté d\u2019amorcer des négociations entre ces derniers et le gouvernement.Malheureusement, jusqu\u2019ici, ces tentatives n\u2019ont pas eu le moindre succès, et à moins d\u2019une reculade de la part de l\u2019un ou de l\u2019autre groupe en présence, la grève paraît inévitable.Ce serait un désastre pour l\u2019Angleterre.Millerand, président de la république française :\u2014 Ce que l\u2019on prévoyait depuis quelque temps déjà en France, vient de se produire.M.Paul Deschanel, président de la république, donnant comme raison officielle le mauvais état de sa santé, vient de remettre sa démission, et l\u2019assemblée nationale convoquée à Versailles, le 23 septembre dernier, lui a donné comme successeur, M.Alexandre Millerand, président du conseil des ministres.Ce choix parait rencontrer l\u2019adhésion de la très grande majorité du peuple français.M.Georges Ley- gues, politique français distingué, succède à M.Millerand au poste de premier-ministre.Le malaise industriel en Italie : \u2014 Par un tour de passe-passe quasi prodigieux, les ouvriers en métallurgie de l\u2019Italie se sont emparés des usines de pratiquement tout le pays et affirment maintenant vouloir les exploiter au profit du prolétariat italien.Chose incroyable, le fait s'est produit sans soulever de désordres sanglants ou presque pas, s\u2019i\u2019 favt en croire les dépêches.Mais les ouvriers avaient pensé à tout, moins un détail qui a pourtant quelque importance ; ils avaient négligé de s\u2019assurer le concours des ingénieurs et des chefs d\u2019ateliers, ce qui les a quelque peu embarrassés lorsqu'ils ont voulu exploiter les immenses industries dont ils s\u2019étaient emparés.C\u2019est probablement ce qui les a induits à accepter de rencontrer leurs patrons pour tâcher d\u2019en venir à une entente.C\u2019est le conseil qu\u2019a donné aux uns et aux autres le premier ministre Giolitti, qui a voulu rester neutre dans ce conflit.L'imbroglio russo- polonais : \u2014 La guerre entre les troupes de Lenine et celles de la république de Pologne traine en longueur, probablement pour donner aux diplomates le temps d\u2019en venir à une entente.Réunis d\u2019abord à Minsk, en pleine Russie, ils se sont ajournés à Riga, en Letvie, sur la proposition des Polonais, qui se plaignaient de n\u2019être pas traités convenablement par les diplomates Russes à leur premier rendez-vous.Le seront-ils mieux à Riga ?Les bolshévistes ne semblent guère plus conciliants, malgré leur échec devant Varsovie, et quelques-unes des conditions qu\u2019ils posent encore paraissent inacceptables nonseulement aux Polonais, mais même à Lloyd George, surtout depuis qu\u2019il s\u2019est aperçu que Kame- neff et Krassin, envoyés à Londres pour négocier une entente commerciale, étaient à le jouer.Les Russes feront peut-être trainer les négociations en longueur à Riga, en attendant d\u2019être à même de lancer une nouvelle offensive, si les Polonais se laissent prendre à ce jeu, ce qui est peu probable.Les grèves aux Etats-Unis : \u2014 Nos voisins les Américains ne manquent pas d\u2019avoir leurs petits désagréments, eux aussi.Depuis le début du mois, les ouvriers mineurs chôment par milliers, pendant \u201cue tous les ouvriers de la Brooklyn Transit en font autant, paralysant le trafic dans cette ville de plus d\u2019un million d\u2019âmes.Quant aux mineurs, ils se plaignent d\u2019avoir été joués dans les dernières négociations relatives à une augmentation de salaire et ils demandert la réouverture des pourparlers.À Brooklyn, les patrons refusent carrément de traiter avec.les représentants des unions ouvrières, et la situation pa- LA REVUE NATIONALE 29 rait sans issue.De part et d\u2019autre, l\u2019attitude prise semble faire craindre de graves désordres pour un avenir prochain, car les radicaux ne manquent pas de soulever les ouvriers contre les capitalistes en vue d\u2019une révolution désirée.Au congrès du barreau canadien : \u2014 : Pour en revenir au Canada, l\u2019un des principaux évènements du mois dernier a été certainement le congrès annuel de l\u2019association du barreau canadien tenu à Ottawa, auquel assistaient Lord Cave, délégué du barreau anglais, Howard Taft, ex-président des Etats-Unis, Le Duc de Devonshire, etc.On a discuté ia nécessité d'amener l\u2019uniformité des lois dans tout le Canada.Me Saint- Laurent, délégué du barreau de Québec, a élevé la voix pour avertir encore une fois ces messieurs que la province de Québec n\u2019entend pas abandonner son code civil, qui est sa sauvegarde et son orgueuil.L\u2019hon.M.Raney, procureur-général de l\u2019Ontario, a créé une vive sensation en demandant l\u2019abolition de l\u2019appel au conseil privé et la nomination du gouverneur-général par le gouvernement du Canada.Les impérialistes, nombreux à ces assises, n\u2019en revenaient pas.On a aussi parlé de la nécessité de rendre uniformes les lois du divorce dans tout le Canada, chose qui n\u2019ira pas tout seul, particulièrement dans le Québec, où l\u2019on ne veut pas du divorce du tout.Les fêtes Cartier a Québec : \u2014 Le sept septembre dernier, on a dévoilé un nouveau monument à Sir Georges-Etienne Cartier, cete fois, à Québec.Cette cérémonie a donné lieu à de beaux et bons discours de la part des honorables MM.Meighen, premier ministre fédéral, Tas- chereau, premier ministre provin- | cial, L.-P.Pelletier, juge de la cour ; d\u2019appel, etc.On a rappelé oeuvre de Cartier, son patriotisme agissant et sa clairvoyance admirable.Les villes de La mort de M.Parent : \u2014 L\u2019honorable S.-N.Parent, ancien premier ministre de la province de Québec, ancien maire de Québec et courantes vient de mourir.Devenu premier ministre de la province a la mort de l'honorable Félix-Gabriel | Marchand, il avait démissionné en 1905 et avait été remplacé par l\u2019honorable, depuis Sir Lomer Gouin.Le défunt était un homme d\u2019affaires fort en vue.Depuis sa sortie de la son énergie et de son activité à la commission des eaux courantes, et entre autres travaux exécutés sous sa direction, on peut mentionner le grand barrage de La Loutre, l\u2019un des plus puissants du monde entier.M.Georges Parent, député au par- Dans la Province de Québec industrie de Plus Fort Montant Fn L'INDUSTRIE de la chaussure contribue pour une large part à la prospérité de notre province.Plus de six millions de dollars sont distribués, chaque année, en salaires aux ouvriers de nos 82 manufactures de chaussures.Celles-ci donnent du travail à plus de 11,000 personnes.Québec, Maisonneuve, St- Hyacinthe, Montréal, St-Jean, Sorel, Acton Vale, Trois-Rivières, Terrebonne et Contrecoeur produisent chaque année, pour trente millions de dollars de chaussures\u2014 soit plus de la moitié des chaussures fabriauées au pays.Chaque dollar dépensé en achat de chaussures canadiennes, contribue au développement de cette industrie où les Canadiens-français, patrons et ouvriers, président de la commission des eaux \u2018 | ont acquis une place prépondérante.Achetez donc en toute confiance des chaussures de fabrication canadienne.Prix pour prix : elles sont de meilleure qualité que les articles | importés et elles vous donneront satisfac- politique, il avait donné beaucoup de | tion quant au style, au confort et à l'élégance.! | Association des Fabricants de Chaussures du Canada SEOENAREN EE AN VAAN in la Chaussure Paie le Salaires Me lement fédéral est l\u2019un des fils du 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Et cependant, Pierre surprend parfois Marik perdue en quelque mélancolie ; mais lorsqu\u2019il lui dit : « Tu es triste ?Qu\u2019as tu ?» Elle lui répond : « Rien, mon ami».Et elle se force à sourire ; mais elle ment : deux chagrins la rongent.(à suivre) J-A.PROULX HORLOGER \u2014 BIJOUTIER Réparations de montres, horloges et bijoux.Spécialité : \u2014 Assortiment d\u2019argenteries et verre taillé.1016, rue Ontario Est, Jones de mariage, bagues à diamant.MONTREAL Troubles de la DIGESTION : \u2014 Maladies d\u2019ESTOMAC, du FOIE, des INTESTINS et de la PEAU.TRAITEMENTS ELECTRIQUES Troubles des fonctions URINAIRES et SEXUELLES : Maladies de la VESSIE, des REINS et des ORGANES GENITAUX.\u2018Dr J.-M.-E.PREVOST Des hôpitaux de PARIS, LONDRES, NEW-YORK MEDECIN-SPECIALISTE 460, RUE ST-DENIS, (Coin Sherbrooke) MONTREAL Téléphones : \u2014 BUREAU : EST 7580 \u2014 RESIDENCE : EST 6791.Téléphone : ST-LOUIS 2013 Heures de Bureau : 9 à 9.J.wie QB ER I Examen de la vue attentif et minutieux.Verres correcteurs garantis et échangés gratuitement dans les 30 jours si nécessité il y a.Spécialité : Yeux artificiels, loupes, télescopes et jumelles assorties.N.B.\u2014 Nous faisons nos verres nous-mêmes.880, Avenue Mont-Royal Est, MONTREAL Téléphone : EST 5417 DR.J.-M.-A.VALOIS SPECIALISTE : des maladies des rognons, du foie et des voies urinaires.40, rue Saint-Denis, MONTREAL crm ee malo _ IE.mi mis oil WR abe Pole, Trap li, \u201cSige i, Play M, n | Tu.Yi, hi bi, his - 1 = 3 Canadiens - francais LE PAIN SANCHE Nutritif, souple, bien cuit, fait les délices de tous ceux qui y goûtent.Il est cuit et délivré avec une absolue propreté.Fondée depuis plus d\u2019un demi siècle, notre maison, va de progrès en progrès, et AUJOURD'HUI elle est au tout premier rang des boulangeries canadiennes.Demandez à nos clients ce qu'ils pensent de notre pain ?Goûtez-y une bonne fois et vous aurez enfin le coeur à l\u2019aise, pour en juger.Vous deviendrez énergiques, robustes, pleins d\u2019un patriotisme d\u2019action.De plus vous trouverez excellent LE PAIN SANCHE, et conserverez foi en lui: CANADIENS-FRANÇAIS \u2014 Nous sollicitons votre clientèle : Demandez notre voiture.F.SANCHE 1319, rue Cadieux, - - MONTREAL Tél : ST-LOUIS 1872 J.-O.LAUZON LA REVUE NATIONALE 31 \u201cPRESTO\u201d APPAREIL CHAUFFANT L'EAU INSTANTANEMENT Suppression du réservoir.Suppression des allumettes.ECONOMIE de gaz.de temps.Dominion Welding Co.Ltd 340, rue Amherst, - MONTREAL | Nourrissez - vous convenablement La Compagnie Montreal Dairy LIMITEE vous offre ses produits CREME DOUCE\u2014BEURRE\u2014CREME GLACEE Tél : Est 1618 \u2014 1361 \u2014 7019.Tél: St-Louis 5390.P.-A.PHANEUF Gramophones \u2018\u201c VICTOR \u201d et \u2014 Records \u2018\u201c VICTOR\u201d \u2014 Venez visiter nos salons de musique et entendre les derniers records en vente et les plus populaires.Agent pour la machine à coudre \u2018\u201c\u2018 Singer \u201d.Catalogues de records envoyés sur demande.MONTREAL Pianos et Automatiques Pratte, Haines Bros, Lauzon, New Scale Williams, Marshall Wendell Instruments de musique pour tous les choix.Agent de la machine à coudre \u201c Singer\".610, ave Mont-Royal Est, Chrisophe-Colomb.Plomberie, Chauffage à Vapeur et à Eau Chaude Couvertures en gravois, Tôle galvanisée, Ventilation forcée et naturelle \u2014 Ventilateur Aéolien pour Ventilation et Zéphyr pour cheminées.REPARATIONS GENERALES T.Lessard & Fils, Limitée 191, rue CRAIG EST.Tél.Est 3644.ART.LANDRY DIRECTEUR DE FUNERAILLES Service : JOUR ET NUIT 114, Rachel Est.Tél : ST-LOUIS 1534.Spécialité : VOITURES DOUBLES Succursale : 1056, Rachel Est.Tél : ST-LOUIS 833 Domicile : 684a, Parc Lafontaine.TEL : Jour, St-Louis 579 Nuit, St-Louis 2128.E.-C.ST- AMOUR (Enregistré) Entrepreneur de Pompes Funèbres et Embaumeur.\u2014 Voitures doubles pour baptêmes, mariages, enterrements, etc.Bureaux : 594, avenue Papineau, MONTREAL Vis-à-vis l\u2019église de I'Imm.Conception.fée Téléphone : EST 799.Toa Patisserie Krançaise La meilleure pâtisserie.La meilleure cuisine.Les meilleurs chocolats.Le meilleur service.La plus jolie salle de thé.KERHULU et ODIAU 176, RUE ST-DENIS le VOTRE MEDECIN VA VENIR .Gravement malade, vous attendez avec angoisse la visite du médecin, c\u2019est l\u2019heure des choses sérieuses, des réflexions amères et des regrets tardifs.Une de ces choses auxquelles vous pensez naturellement dans ces circonstances, c\u2019est l\u2019assurance-vie ; la nécessité vous en parait alors évidente pour votre famille.Mais inutile d\u2019y penser, vous n\u2019êtes plus en état de vous assurer ; c\u2019est à l\u2019époque où vous étiez plein de santé, que vous auriez dù le faire.Aujourd'hui, vous vous portez bien ; prenez donc une police d\u2019assurance-vie, vous le pouvez.Demain vous serez peut-être sous les soins du médecin ; aucune compagnie ne vous accepterait.PENSEZ-Y.The Sun Life Assurance Co.of Canada R qe 5 \u2014 - ec me a QE Ea aaa | i = | 9 | < | 2, © 9 I Es | < = MR ! 3 D ; 1 2 | i R | ce | < | 3 , .: | L\u2019AUTOMNE \u2014 l\u2019homme des champs qui a semé du bon grain, récolte d\u2019abondantes et riches moissons.Viennent i ensuite les glaneuses qui ramassent les épis qui restent pour que rien ne se gospille 5 Ou OH OH HO OH ON ON | Pour récolter la richesse, à l\u2019automne de la vie, semons de bonne heure, d\u2019abondantes éconoinies, pratiquons aussi Q l\u2019éparone des sous, afin que rien ne se gaspille.Pour cela, il n\u2019y a pas de plus sûr moyen cu\u2019en devenant déposant à ! parg q gasp ; yap p yen G P La B d'E 1 a Banque d\u2019Epargne de la Cité et du District de Montréal 2.| ar BUREAU PRINCIPAL .A.P.LESPERANCE, El et seize succursales à Montréal Nous vous réservons toujours le meilleur accueil.Gérant-Général.4 | d @ | ; \u2018 i | | a.- _ | | i , | a - a F TR o fic RRR "]
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