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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1921-07, Collections de BAnQ.

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[" 3e ANNÉE \u2014 Nos 7-8 MONTRÉAL JUILLET-AOUT 1921 LA REVUE NATIONALE Organe de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal PARAISSANT LE 10 DE CHAQUE MOIS Transformatioss .Victor Morin 1 Au sol, Canadiens .C-Émile Bruchési 5 i - Finances Municipales et Immobilières .Thomas Adams 13 L\u2019amour du merveilleux .Marie-Rose Turcot 22 Chronique .% % % 25 La flotte de 1711 « « « « « « « + .Benjamin Sulte 30 \\ Rédaction et administration : i 296, RUE SAINT-LAURENT ) Montréal Abonnement annuel: $2.00 - La livraison (chez les dépositaires): 15 sous.Les abonnements à la Revue Nationale commencent invariablement au ler janvier.\u2014Pour tout changement d\u2019 adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste.M la Société St-Jean-Baptiste de Montréal Fondée en 1824 CONSEIL GENERAL: Grand auménier : Mgr.TARCHEVEQUE DE MONTREAL.Président général : Victor MORIN, LL.D.notaire, 97, rie Saint-Jacques.; Co 00 ler vice-président général : V.-E.BEAUPRE, 1.C., prôfesseur, 676, rue Saint-André.So 2e vice-président général : J.-B.LAGACE, M.A., professeur, 836, rue Saint-Hubert.Secrétaire général : Victor DORE, prôfesseur, 214, rue Rerri.Trésorier général : J-P-L.BÉRUBE, Secrétaire du Conseil des Arts et Manufactures, 296, rue Saint-Laurent.DIRECTEURS L'hon.L.-O.DAVID, sénateur, 291, rue Saint-Hubért.Thomas GAUTHIER, courtier, 11, place d\u2019Armes.L\u2019hon.F.-L.BEIQUE, sénateur, 740, ouest, rue Sherbrooke.Guy VANIER, LI.L., avocat, 97, rué Saint-Jacqies.J-V.DESAULNIERS, couriier en immeubles, 96, rue Saints Jacques.- Henry-L.AUGER, courtier efi immeubles, 384 est, rue Ontario.Chef du Secrétmiat : Emile MILLER, bureau No.1, Monument National.Corporations filiales de la Société : La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Caisse du Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducië \u2014 la Société Nationale de Colenisation.MAR T See ee rte a acm en J._ La, Revue N ationale est éditée par la Société Saint-Jeah-Baptiste de Montréal, 296, rue St-Laurent, Montréal, et imprimée par L\u2019Imprimerte des Editeurs, Limitée, C.-A; Paquin, gérant, 188, rue St-Laurent, Montréal .Di 3e ANNÉE, No 7-8 © MONTREAL JUILLET-AOUT 1921 LA REVUE NATIONALE Transformations Avec cette livraison, la Revue Nationale revient au format octavo.Plusieurs de nos lecteurs en seront heureux, car ils nous ont exprimé a diverses reprises leurs préférences pour ce format commode qui permet de glisser la revue dans sa poche pour la lire en tramway et de la faire relier a la fin de l\u2019année pour la conserver dans sa bibliothèque.D\u2019autres regretteront sans doute les illustrations artistiques, les rubriques attrayantes et variées que permet le grand folio.Aux uns et aux autres nous devons un mot d\u2019explication.\u201c Avec l\u2019ampleur toujours croissante et la diffusion de ses oeuvres, la Société Saint-Jean-Baptiste a senti le besoin de donner une importance de plus en plus grande à son organe officiel.Débutant en 1899 avec un modeste Bulletin transformé treize ans plus tard en Petit Canadien, elle aspirait en 1918 à remplir efficacement son rôle en publiant une Revue Nationale destinée à donner le mot d\u2019ordre à nos compatriotes dans la poursuite de leurs intérêts.Cette revue, publiée à 64 pages en 1919, s\u2019honorait de la collaboration d\u2019é- re qe 7 To A + > 2 TRANSFORMATIONS crivains distingués et faisait autorité dans les questions nationales, lorsque le conseil de 1a Société crut le moment arrivé de donner à son organe un format populaire et une rédaction qui favoriseraient davantage sa diffusion dans les foyers.Pour mener ce projet à bonne fin, elle en confia l\u2019exécution à M.Arthur Saint-Pierre, son ancien chef du secrétariat, qui avait déjà fourni une carrière enviable comme publiciste et homme d\u2019action sociale, et qui s\u2019entoura d\u2019une plélade d\u2019écrivains de mérite et d'artistes d\u2019un talent reconnu.À compter de ce moment, les foyers canadiens pouvaient remplacer avantageusement les publications étrangères, qui s'étaient glissées chez eux grâce à l\u2019image, par une revue attrayante pour les veux et savoureuse pour l\u2019esprit, égale, sinon supérieure à ses rivales dont le prix était à la portée de toutes les bourses.Mais ceux qui sont mélés de pres cu de loin aux oeuvres de presse savent a quelles rudes épreuves les journeaux et revues ont été soumis en 1920 : par suite d\u2019une augmentation excessive du coût du papier et des travaux d\u2019imprimerie, plusieurs ont dû suspendre temporairement leur publication ou cesser définitivement de paraître, tandis que d\u2019autres majoraient le prix de leur abonnement.La Revue Nationale, servie à plusieurs milliers de scciétaires en retour d\u2019une contribution fort minime, ne s\u2019est maintenue qu\u2019au prix de grands sacrifices, car nous estimons qu\u2019un bon organe de propagande et de combat est un des plus efficaces moyens d\u2019action d\u2019une société nationale; M.Guy Vanier se faisait hotre interprète en appuyant sur ce rôle important d\u2019une revue, lors du dernier congrès.Mais devant le grand nombre des oeuvres qui réclament notre sollicitude, il ne nous est pas permis d\u2019épuiser nos ressources au profit d\u2019une seule, fût-elle d\u2019une importance capitale, et notre secrétaire général, M.Victor Doré, a donné la note juste en demandant une part de notre attenticn en faveur des oeuvres que réclament les besoins du jour, telles que la création de bourses éducationnelles pour les étudiants pauvres qui pourront devenir de- nain des autorités intellectuelles. TRANSFORMATIONS 3 Si les circonstances nous portent à donner à notre revue un extérieur plus modeste, il ne s\u2019ensuit pas qu\u2019elle faiblira dans la lutte, ni qu\u2019elle diminuera en intérêt ou en valeur.Elle continuera d\u2019être une unité appréciable dans la phalange des publications qui ont pour mission de forger nos armes de combat, car dans ce pays où l\u2019élément français et catholique est en minorité, mais avec des droits politiques garantis par l'histoire et la constitution, nous devons suppléer au nombre par la valeur morale et par l\u2019action intellectuelle.ll serait superflu de démontrer que pour atteindre ce but une oeuvre de presse est nécessaire, surtout de nos jours où, la publicité du journal est reconnue comme le plus puissant agent de diffusion des idées.Le bon journal, la revue éducative s\u2019imposent dans tous les domaines, et principalement dans une société nationale; aussi tenons-nous fortement à maintenir la nôtre avec toute la vitalité, l\u2019ardeur et le dévouement qu\u2019il nous est possible.La Revue Nationale se propose d\u2019aborder toutes les questions qu\u2019il importe de traiter et de porter sans retard à la connaissance de la collectivité.- Chaque livraison contiendra une étude sur les questions d\u2019actualité, une incursion dans le domaine de l\u2019histoire canadienne si féconde en enseignements; on y trouvera un guide pratique de la production littéraire, une chronique de la société et des sections, ainsi que des renseignements sur les opérations des diverses fi- iiales de la Société Saint-Jean-Baptiste.Elle veut travailler à répandre la connaissance de l\u2019histoire, puisque le passé est l\u2019école de l\u2019avenir.Elle veut s\u2019employer à la formation d\u2019une conscience collective et à la solution des problèmes sociaux dans un pays où l\u2019ordre social est sans doute moins entamé que dans beaucoup d\u2019autres, mais où l\u2019intégrité d\u2019une saine doctrine sociale constitue le meilleur gage de notre survivance.Nous avons de graves problèmes sociaux à résoudre, d\u2019importantes questions économiques à étudier puisque, selon la formule d\u2019un savant universitaire, \u201cle Canada fran- cals ne manque pas de ressources naturelles, mais il manque 4 TRANSFORMATIONS: d\u2019hommes sachant les traduire en valeurs financiéres et en justifier la possession\u201d.Si nous accordons désormais moins d\u2019espace aux oeuvres d\u2019imagination, nous en consacrerons plus aux études qui s\u2019imposent de nos jours et aux articles de combat pour la survivance de la race: la littérature légère trouvera place dans notre revuette l\u2019Oiseau Bleu, dont la publication a été saluée avec tant de joie par la jeunesse.En rendant à la Revue Nationale la forme et l\u2019orientation des années passées, qu\u2019il nous soit permis de rendre hommage à l\u2019activité dévouée de M.Arthur Saint-Pierre qui à mis toute son énergie pendant un an et demi à la création de deux revues de belle allure littéraire et nationale sous les auspices de la Société Saint-Jean-Baptiste.Si les circonstances nous portent à donner plus d\u2019attention au côté utilitaire, nos lecteurs n\u2019oublieront pas les heures agréables que leur a fait passer la lecture de la Revue Nationale et de l\u2019Oiseau Bleu pendant son directorat.LE PRÉSIDENT GÉNÉRAL, Le Rye NE Au sol, Canadiens C\u2019était en 1618 par un clair matin de mai.Louis Hé- bert, premier colon, jetait dans le sol encore vierge de la France nouvelle le premier grain de blé.Quelques mois plus tard, à l\u2019automne, du ssuil de sa chaumière, le pionnier de nos paysans pouvait avec orgueil admirer les blonds épis agités par la brise qui moatait du grand fleuve.Alors sans aucun doute sa vue ne se hornait pas aux quelques arpents de terre déjà ensemencés.mais elle s\u2019étendait plus loin dans l'avenir sur les moissons futures qui devaient lever, sur les champs d\u2019avoine et d\u2019orge qui remplaceraient plus tard l\u2019épaisse forêt.Louis Hébert mourut en 1627; mais son oeuvre fut loin de prendre fin avec lui, car c\u2019était une oeuvre de vie et d\u2019espoir, elle devait se continuer chez ses descendants.Combien de fois, depuis lors, sous le ciel de notre chère province, non seulement sur les hauteurs de Québec, mais dans les régions du nord et jusque sur les côtes gaspésiennes, les nôtres n\u2019ont-ils pas avec le même courage et la même fierté répété \u2018le geste auguste du semeur\u201d.La petite ferme de Louis Hébert s\u2019est multipliée à l\u2019infini.Les moissons entrevues dès les premiers jours ont levé au grand soleil de Dieu ; d\u2019année en année les colons se succèdent plus nombreux toujours.Les Canadiens français ont vécu toute une histoire.Il convient aujourd\u2019hui de rendre hommage à tous ceux-là qui à la suite de Louis Hébert, se sont emparés du,sol 6 AU SOL, CANADIENS et ont fait de \u2018notre terre, féconde entre toutes, l\u2019objet de 1 leurs labeurs et de leur amour; a tous ceux qui dorment dans 1 cette même terre, après avoir travaillé pour la race, inconnus bi: pour la plupart, héros de luttes que nous ignorerons toujours, A acharnés au labeur quotidien, penchés sur le sillon d\u2019où ils ne relevaient la tête que pour adresser au ciel le credo et le merci du paysan.C\u2019est grâce à tous ceux-là si nous sommes aujourd\u2019hui chez nous ; le sol nous appartient encore, Dieu merci.Pour n\u2019avoir pas parmi nos ancêtres des nobles aux noms sonores, des riches ou des savants, nous avons des hommes dans la plus profonde acception du mot, des hommes de foi et de caractère, soldats quand la patrie est en danger.C\u2019est un peuple de gentilshommes, disait jadis un gouverneur anglais du Canada, en parlant de nous.Oui, en effet, c\u2019est un peuple de gentilshommes, celui qui sait combattre et qui se rit du danger, celui qui sait vivre non pas en égoïste, mais pleinement convaineu qu\u2019il accomplit une oeuvre bénie de Dieu et voulue par lui.Tels furent nos pères; voilà ce que doivent être les fils, heureux de dire avec l\u2019héroïne de Louis hi Hémon, l\u2019auteur de Maria Chapdelaine: \u201cAu pays de i Québec rien ne doit mourir et rien ne doit changer\u201d.Rien hy ne doit mourir de ce qui fut notre force, de ce qui nous aida à vivre et à nous développer ; rien ne doit changer de ce qui peut paraître vieillot et usé à certains esprits étroits, mais qui conserve toujours une jeunesse rayonnante aux yeux des véritables enfants du sol, parce que c\u2019est un peu du coeur de la race.Ale are po ERE Eos PES OR paix oy RET Hélas! pourrait-on dire aujourd\u2019hui que rien ne soit mort ou ne soit à la veille de disparaître?pourrait-on dire qu\u2019elle est toujours écoutée, cette voix puissante qui monte du sol où reposent nos pères, et qui crie: \u2018\u2018Paysans, restez chez vous!\u201d Depuis bien des années déjà, nous entendons dire qu\u2019il i faut mettre de côté les paroles sonores, les grands discours patriotiques remplis de phrases ronflantes et qu\u2019il faut s\u2019en tenir aux idées pratiques.Eh! bien, faisons ensemble un AU SOL, CANADIENS 7 examen de conscience; vous qui vivez de la terre, vous, les gardiens du sol et nous, perdus dans les grandes villes.Un sujet plus que jamais d\u2019actualité, n\u2019est-ce pas celui de la désertion des campagnes?Voilà un grave danger auquel succombèrent beaucoup des nôtres dans le passé et qu\u2019il nous faut éviter a tout prix.La raison de notre survivance comme peuple réside en cet amour de la terre dont nos pères nous ont donné l\u2019exemple; remarquez-le bien, l\u2019avenir ne ous appartiendra qu\u2019a la condition de nous cramponner a la terre et de ne pas la déserter pour la ville plus moderne peut-être, plus amusante, mais aussi plus cruelle, parce qu\u2019elle ne garde pas ses enfants comme la campagne.Oh! qu\u2019elles sont tristes et douloureuses les exodes vers la ville enfumée.On dirait des cortèges funèbres qui s\u2019en vont vers les cimetières.On veut gagner de plus forts salaires, on veut acquérir des richesses; on se laisse attirer par le brillant des choses, par l\u2019éclat des plaisirs, par la folie du luxe, et dans son aveuglement l\u2019on ne s\u2019aperçcoit pas que derrière soi on vient de quitter les seuls biens qui valent, les vrais trésors, en un mot le vrai bonheur.Combien de familles ont trahi leur passé et en même temps trahi la race à laquelle elles appartenaient.Combien de familles n\u2019ont pas voulu entendre la voix de la terre et s\u2019en sont allées loin de la paix, du soleil et de l\u2019air pur pour venir s\u2019abriter trop souvent dans les taudis des grandes villes.Sans doute il ne faut pas croire que tout est parfait à la campagne et que la vie de l\u2019habitant ne connaît ni déboires, ni peines, mais il faut admettre qu\u2019on y trouve ce que les villes ne donnent pas, la paix et la tranquillité.Nos pères le savaient bien ; pourquoi ne pas profiter de leur exemple et de la tradition qu\u2019ils nous ont laissée! Que dirait Louis Hé- bert devant les démarches malheureuses d\u2019un bon nombre des nôtres?que dirait-il, lui, l\u2019humble apothicaire de Paris qui quitta la France et s\u2019en vint, le premier, cultiver le sol canadien?Quel amer reproche monterait de ses lèvres et de son coeur à l\u2019adresse de ceux qui \u201cn\u2019ont pas su tenir jusqu\u2019au bout\u201d.Craignons que la désertion des campagnes ne 8 AU SOL, CANADIENS prenne encore plus d\u2019ampleur qu\u2019aujourd\u2019hui ; craignons d\u2019entendre quelque jour la douloureuse plainte de la terre qui meurt.11 y va de notre vie à tous.Si vous voulez vous en convaincre cuvrez l\u2019histoire et lisez.En 1763, lors de la cession du Canada à l\u2019Angleterre par le traité de Paris, la situation des Canadiens français était des plus accablantes.Les années ont passé qui ont cicatrisé la biessure, mais, avouons-le, ce fut un événement dont la répercussion se fait sentir encore aujourd\u2019hui.Ce n\u2019est pas sans déchirement qu\u2019un peuple est brusquement séparé de la source d\u2019où lui venait la vie, et abandonné au milieu d'hommes étrangers à sa foi, à sa langue et à son idéal.C\u2019est un abîme creusé dans l\u2019histoire d\u2019un peuple, et pour combler un pareil abîme des siècles sont nécessaires.Telle fut notre destinée.Les Français d\u2019alors, sans ressources, séparés de la mère-patrie, comprirent qu\u2019il fallait vivre d\u2019abord, et, confiants dans le secours d\u2019En-haut, ils s\u2019emparèrent du gage qu\u2019ils avaient sous leurs pieds: le sol.Peu à peu ils en firent la conquête, défrichèrent la forêt, ils ensemencèrent les champs, ils construisirent des fermes.Parfois l\u2019on est tenté \u2014parmi la jeune génération surtout\u2014-d\u2019adresser un reproche à nos ancêtres pour avoir négligé le commerce et l\u2019industrie.Mais on oublie que nos ancêtres n\u2019avaient pas d\u2019argent; la dette par tête était énorme pour l\u2019époque, et leur labeur de chaque jour suffisait à peine pour s\u2019assurer le pain du lendemain.Le sol était à leur portée, et le sol c\u2019est la première et la plus sûre des richesses.Aujourd\u2019hui, grâce aux efforts de tous ces vaillants qui nous ont précédés, le sol, au moins dans la province de Québec, est à nous, pour une grande partie, et il sera bien difficile de nous en déloger.Au contraire, qui sait ce que nous serions devenus si nos pères, nés terriens, avaient délaissé la colonisation et l\u2019agriculture pour se lancer dans le commerce et dans l\u2019industrie, sans capitaux, sans secours d\u2019aucune sorte, en rivaux des Anglais, puissants par la conquête, aidés par les capitaux d\u2019Europe et n\u2019ayant pas comme nos pères à se battre AU SOL, CANADIENS 9 chaque jcur pour sauvegarder la langue, les traditions et la foi.ge Aujourdhui que nous sommes solidement installés dans le sol où nous avons poussé de profondes racines, il faut de toute nécessité nous créer dans le domaine économique notre large place avec le même courage et la même énergie que nos pères ont déployés dans la conquête de la forêt.Mais que ce ne soit pas là un motif de déserter les campagnes.Non, mieux vaudrait passer pour des gueux, mais pour des gueux qui au moins ont une place libre sous le ciel, une foi et une langue inviolées.Il faut des hommes dans l\u2019industrie et le commerce ; il en faut d\u2019autres sur la terre, et il en faut beaucoup.Les deux classes doivent marcher ensemble, sans sacrifier l\u2019avenir de l\u2019un à l\u2019avenir de l\u2019autre, unis dans une commune pensée.Que tous les efforts tendent vers un seul but: la survivance de Ja race française, son épanouissement méthodique et ordonné sur le sol d\u2019Amérique, l\u2019accomplissement de ses destinées.La part des deux groupes dans cette oeuvre est belle et large, assez large pour qu\u2019il n\u2019y ait pas de jalousie.Mais comment ne pas reconnaître que celle de l\u2019agriculteur est la plus belle des deux, parce qu\u2019elle a pris naissance au \u2018berceau de la colonie, qu\u2019elle a grandi avec la race, qu\u2019elle l\u2019a fortifiée, qu\u2019elle se continue sans interruption depuis trois siècles ?Soyons fiers de cette fierté qui relève et qui pousse à l\u2019action, de cette fierté faite d\u2019un des plus purs sentiments qui soient dans le coeur humain : l'amour de la patrie.Soyons fiers, et que cette fierté retienne le terrien chez lui, avec l\u2019ambition d\u2019agrandir-chaque jour son domaine.Si le danger de la désertion des campagnes nous menace, un autre péril nous guette, peut-être moins apparent, celui- là, mais d\u2019autant plus pernicieux que les effets en sont plus éloignés: l\u2019accaparement des richesses du domaine national par des mains étrangères.Le sol de la province de Québec est un sol fertile, riche.Le sous-sol renferme des.mines de nickel et d\u2019amiante qui comptent parmi les premières du mende.Quels sont ceux qui les exploitent?L\u2019Anglais et 10 AU SOL, CANADIENS l\u2019Américain.Des forêts immenses couvrent le nord de la province; c'est la grande richesse : le bois de pulpe.Qui est .à la tête de ces entreprises?Des étrangers pour la plupart.Nous avons encore les chutes d\u2019eau, cette \u201chouille blanche\u201d, grâce à laquelle l\u2019électricité est si répandue.Une grande partie n\u2019est pas utilisée et le reste est pour une très forte proportion aux mains des étrangers.Certes, il est beau d\u2019avoir son lopin de terre à soi et d\u2019y récoiter chaque année sa provision de blé.Mais aujourd\u2019hui, si nous ne voulons pas être écrasés sous les sacs d\u2019or de ceux qui n\u2019ont pas le même idéal que nous, il faut de toute nécessité nous faire une large place dans le domaine économique et industriel, en d\u2019autres termes, nous devons nous livrer à l\u2019exploitation des produits de notre sol.Le sol est à nous, pourquoi faut-il que ses produits ne le soient pas?Pourquoi faut-il que l'étranger vienne édifier sa fortune sous nos yeux ?Pourquoi faut-il que l\u2019Anglais nous dise, en marquant les bornes de son domaine: \u2018\u201cCanadiens-francais, vous étes d\u2019excellents ouvriers, vous avez l\u2019amour de l\u2019ordre et du travail.Venez dans nos usines, transformez les produits de votre sol, et faites fructifier pour nous, d\u2019énormes capitaux.\u201d Et le Canadien-français se contente de fumer sa pipe au seuil de son humble demeure, tandis que l\u2019étranger s\u2019en retourne chez lui plus riche qu\u2019à l\u2019arrivée, la bouche remplie de remerciements et le coeur plein de mépris pour l\u2019habitant qui lui a donné un si bon coup de main.Il est vrai que, depuis quelques années, on a semblé comprendre cette vérité, que si l\u2019homme ne vit pas seulement de pain, il a tout de même besoin de pain pour vivre, et que ce pain-là on ne se le procure pas sans effort.Prendre notre part du commerce et de l\u2019industrie, c\u2019est encore travailler pour la race.Mais pourquoi nos compatriotes lancés dans les entreprises commerciales ne reçoivent-ils pas des nôtres tout l\u2019encouragement qu\u2019ils méritent?Pourquoi règne-t-il encore parmi nous une apathie qui fut jadis la cause de tant de déboires?Lorsqu\u2019on nous demande de l\u2019argent pour des entreprises canadiennes solidement établies ou entourées de AU SOL, CANADIENS 1X garanties honorables, à la bonne heure, ne craignons pas .i.d\u2019engager le capital dont nous dispcsons, dans la limite de ; nos ressources.Au lieu d\u2019augmenter les affaires des maisons anglaises et américaines, au lieu de vous faire exploiter et voler par tous les colporteurs juifs ou autres qui passent par nos villages et nous offrent des marchandises de dixiéme i qualité, avec force gestes que vous savez, encourageons donc bi ceux de nos compatriotes qui méritent notre confiance, et il hi s\u2019en trouve, Dieu merci.Au lieu de laisser afficher par tous E les chemins, à tous les carrefours, les réclames des maisons | anglaises presque toujours écrites en anglais ou en un français baroque, aidons les maisons françaises à annoncer chez A nous dans notre langue.Combien de millions prennent cha- i que année la route des Etats-Unis ou de l\u2019Ontario, millicns qui sortent des goussets des Canadiens-français et qui aideraient tant la cause nationale s\u2019ils avaient été dépensés dans des maisons de chez nous?Cocksrutt, Massey-Harris, International Harvester, Faton et combien d\u2019autres qui trouvent dans la province de Québec leurs meilleurs clients et à qui, sans trop y songer, nous payons de gros dividendes ! Ceux-là ne nous aideront certainement pas à rester français.E S\u2019il nous faut craindre l\u2019envahissement par le nombre, il E nous faut craindre tout autant l\u2019envahissement du capital E étranger.C\u2019est pourquoi l\u2019union de tous les esprits et de tous les bras s\u2019impose de plus en plus.L'homme de bureau, le professionnel, le commerçant, l'industriel et le cultivateur : doivent tendre tous leurs efforts vers la prospérité de notre E race sous tous ses aspects, chez nous d\u2019abord, ensuite à l\u2019extérieur.Justifions chaque jour les vertus d\u2019ordre et de travail que nos compatriotes de langue anglaise aiment à nous reconnaître depuis quelque trois ans et dont ils ne cessent de remplir leurs gazettes, tout comme vers 1917, ils ne cessaient de dire que nous étions les pires arriérés et les pires mécréants sous le soleil.Dans le grand salon de la Société Saint-Jean-Baptiste, à Montréal, on peut voir un superbe tableau: c\u2019est le grand Papineau adressant la parole à nos ancêtres de 183T. 12 AU SOL, CANADIENS Tous, pour bien marquer leurs sentiments profondément patrictiques, portent des vêtements fabriqués avec de l\u2019étoffe du pays.Certes je ne veux pas prétendre qu\u2019il faille revenir à cet épais lainage.J\u2019y veux voir seulement une belle leçon d\u2019amour de la patrie, un bel exemple de solidarité.Autant qu\u2019il nous est possible, sachons nous suffire à nous-mêmes.Sur cette estrade où parut le Papineau de 1837, faisons apparaître pour un instant Louis Hébert et toute la théorie des créateurs de notre patrie, et demandons-nous ce qu\u2019ils nous diraient aujourd\u2019hui.\u201cCanadiens, s\u2019écriraient-ils, vou- lez-vous que nos sacrifices soient rendus inutiles par vos défaillances et vos.faiblesses?Réveillez-vous, secouez votre torpeur, sroupez-vous, unissez-vous, luttez! .conservez jalousement ce qui vous reste de l\u2019immense domaine que nous vous avons légué.Ne vous contentez pas de vous écrier nous sommes chez nous: Rivez-vous à la terre, possédez-la, cultivez-la; continuez à faire lever ces belles moissons qui ondulent à perte de vue dans vos champs.Creusez le sol, re- tournez-le en tous sens.Tirez-en les minerais qui y sont enfouis, expédiez-les sur tous les marchés du monde.Exploitez vous-mêmes vos forêts.Endiguez les eaux qui descendent de vos montagnes; harnachez vous-mêmes ces forces prodigieuses au char de votre industrie et de votre commerce.fnrichissez-vous afin d\u2019acquérir l\u2019indépendance économique et de redevenir les maîtres chez vous, de rester français et d\u2019accomplir librement vos destinées\u201d.C.-EMILE BRUCHESI. FINANCES MUNICIPALES ET IMMOBILIERES On devrait pouvoir, en ce pays nouveau, doté de ressources naturelles inestimables, libre de toute possession féodale du sol, et connaissant les causes des mauvaises conditions qui existent dans des pays plus anciens, développer les villes sur des fondements plus scientifiques et plus stables qu\u2019on ne l\u2019a fait jusqu'ici.Nos villes avaient en commen- cant des avantages dont ne jouissaient pas celles de l\u2019Angleterre, et dont nous avons tiré parti, malgré nos erreurs.Les emplacements sur lesquels elles ont été bâties étaient exempts d\u2019entraves, et les moins fortunés des citoyens pouvaient y acquérir des terrains.\u201cLa possession et la jouissance d\u2019une propriété sont des engagements qui rattachent un peuple civilisé à un pays\u201d, a dit le philosophe Gibbon.Ce sont ces prérogatives qui ont contribué au développement du Canada ; mais la spéculation en immeubles et les incuries municipales sont des obstacles au progrès.Le système de location en Angleterre et à New- York arrête tout essor, tout intérêt chez le citoyen.Les avantages dont nous jouissions à l\u2019origine, au Canada, et l\u2019amour du foyer individuel, qui en a résulté, comptent parmi les plus puissants éléments de notre force nationale.Nous en avons bénéficié.Malheureusement, nous avons abusé de ces privilèges et sacrifié cet amour du foyer à la spéculation. 14 FINANCES MUNICIPALES Nous n\u2019avons pas suivi de méthodes propres à protéger les droits des propriétaires par une disposition et un développement rationnel du terrain: mais nous avons, au ccntraire, mal administré nos villes et créé des industries productives au détriment des foyers aujourd\u2019hui victimes d\u2019une telle administration.Le succès d\u2019une ville dépend de ses industries et de son commerce: et les facteurs qui contribuent le plus au progrès sont la santé et le bien-être des citoyens, les moyens de transport de la population, la distiibution des denrées de toute nature, la disposition de force motrice et l\u2019absence d\u2019impôts onéreux.\"Tous ces avantages, à leur tour, sont subordonnés au développement rationnel des immeubles et à l\u2019absence de leur exploitation pour des fins purement spéculatives, par ceux qui en ont la possession.Ce n\u2019est pas tant la somme des gages que gagne l'individu, qui entretient sa santé et son contentement, que la quantité d\u2019effets qu\u2019il peut se procurer avec cet argent.Dans une ville bien administrée, l\u2019ouvrier ne devrait pas dépense: pour se loger plus d\u2019un cinquième de ce qu\u2019il gagne.Si, pour un tel montant il peut se procurer un bon foyer et d\u2019agréables alentours, les commodités sanitaires suffisantes et des moyens de locomotion faciles, il sera et devrait être satisfait.Mais il ne peut se procurer un tel logement dans une grande ville pour une somme raisonnable.S\u2019il demeure dans un quartier central, il lui faut se contenter d\u2019un abri encombré ou insalubre.Si, pour un prix acceptable il peut acquérir dans un faubourg une bonne maison, il sera dépourvu des nécessités sanitaires et des fà- cilités de transport.Les terrains des villes ne sont pas conditionnés ni subdivisés pour permettre au travailleur de posséder une maison salubre, ni pour donner à la ville l'avantage de se développer économiquement, mais pour rapporter du profit au morceleur de terrain, sans égard aux intérêts de l'acquéreur ou de la ville.Les responsables du système de gaspillage et de prodigalité que l\u2019on a suivi, sont ceux qui ont le pouvoir de mettre fin ou de remédier à ses défectuosités.Ce pouvoir n\u2019est pas aux mains du constructeur particulier ni de l\u2019agent en BY FINANCES MUNICIPALES 15 immeubles, pas plus qu\u2019en celles du propriétaire ou du locataire d\u2019une maison d'habitation.(Tous sont les victimes du système, même s\u2019ils s\u2019en servent pour des fins particulières.Ce sont les administrateurs municipaux qui ont le pouvoir d\u2019amender les conditions du logement, du transport, de l\u2019expansion industrielle et d\u2019autres facteurs des problèmes d\u2019une ville moderne.Le conseil municipal, subordonnément à la loi municipale de la province, est donc responsable des défectuosités existantes et de leur redressement.Par exemple, si le terrain est subdivisé 20 ou 50 ans avant son utilisation pour v bâtir des maisons, subdivision qui a pour conséquence un gaspillage de capital en développement, une réduction de production agricole à la porte de la ville, la faute en revient au conseil qui peut poser des conditions pour préve- niv un tel excès de subdivisions.Si, dans les faubourgs d\u2019une ville, il y a des milliers de lots inoceupés, desservis par des milles de rues pavées, de conduites d\u2019égouts et de services d\u2019eau, qui ne rapportent des revenus à personne, le blâme retombe sur la ville parce qu\u2019elle n\u2019a pas su prendre les moyens voulus pour empêcher l\u2019éparpillement des maisons.Les moyens de locomotion, nécessaires au dévoloppe- ment des industries et au transport des ouvriers à leurs places de travail et chez eux, peuvent être établis facilement dans une ville, dont le plan a été bien tracé, et où les rues sont larges et la hauteur des édifices fixée pour empêcher l'encombrement.On a dépensé d\u2019énormes sommes d\u2019argent pour enrayer des maux qui n\u2019auraient jamais dû exister, parce qu\u2019ils avaient pour causes principales la construction de maisons au hasard et la mauvaise subdivision des terrains, auxquelles il faut ajouter le manque de plan pour les réseaux de tramways.Le terrain pour la construction d\u2019établissements industriels ou de maisons d\u2019habitation est souvent d\u2019un prix excessif et frappé d\u2019un impôt d\u2019évaluation dont la ville est responsable.Les estimations du terrain sont exorbitantes, lorsqu\u2019elles ne permettent pas d\u2019y faire des placements et des améliorations stables; ce qui, par ailleurs est regrettable, c\u2019est que le terrain n\u2019est pas subdivisé pour permettre aux 16 FINANCES MUNICIPALES industries de s\u2019y établir avantageusement.Des quartiers propices à l'installation d\u2019industries sont occupés par des constructions qui ne devraient pas faire face à des lignes de tramways, à des canaux ou à des rues principales.Ceux qui veulent les établir dans la ville ou les faubourgs sont souvent tenus d\u2019acheter des emplacements, subdivisés en petits lots et vendus à plusieurs acquéreurs, dont quelques-uns demeurent peut-être en des endroits éloignés du monde.Un tel état de choses peut souvent éloigner d\u2019une ville ou des environs les industriels désireux de s\u2019y établir; car, en certains cas, ils se verraient dans l\u2019obligation de démolir des rues bien pavées et d'autres services publics construits pour desservir un genre de développement tout à fait différent de celui que nécessite l\u2019industrie.L'urbanisme ou l'aménagement rationnel et la répartition du terrain et des constructions peut contribuer grandement à l'amélioration des anciennes parties des villes actuelles, en réglementant la hauteur des édifices, la densité et le caractère de l\u2019usage du terrain et des constructions.Cependant, la plus grande difficulté et surtout la plus urgente nécessité, c'est l'aménagement des terrains en voie de développement ou inoceupés par des maisons, dans les faubourgs à proximité des villes.Les faussetés du jour que les hommes d\u2019affaires prennent quelquefois pour des vérités, et qui les ont empêchés de condamner les conditions actuelles \u2014malgré la constatation des maux qui en résultent, \u2014enseignertt que la spéculation en immeubles est inoffensive sous toutes ses formes actuelles, et que les hauts édifices sont un indice d\u2019une entreprise bien dirigée.xk 3 À Plusieurs personnes, intéressées à la possession de propriétés, ne comprennent pas quel dommage peut causer la spéculation néfaste en biens immeubles et en construction de maisons.Une erreur grossière consiste à croire que l\u2019individu devrait avoir toute liberté d\u2019user à sa guise du terrain qu\u2019il possède ; c\u2019est, dit-on, de bonne démocratie.En vérité, c\u2019est tout le contraire, surtout lorsque le terrain est FINANCES MUNICIPALES 17 dans une ville où les intérêts du particulier sont étroitement liés à ceux des autres citoyens.Il faut, sans doute, restreindre le moins possible la liberté individuelle; mais la liberté d\u2019user d\u2019une propriété au détriment des autres, c\u2019est de l\u2019anarchie et non de la démocratie.Cette liberté d\u2019abuser ainsi de biens :mmeubles est la cause de gaspillages annuels, qui s\u2019élèvent à des dizaines de millions de dollars au Canada, en dépréciation de valeur de maisons par la destruction des avantages de leurs alentours.L\u2019auteur a vu récemment une maison évaluée à $30,000, construite il y a quelques années, entourée de deux côtés par deux maisons à appartements dont les murs ressemblent à ceux des entrepôts.Cette maison n\u2019est éc'airée que de deux côtés donnant sur les rues, au nord et à l\u2019est; elle est done dépréciée par la proximité de constructions malséantes.L\u2019air et la lumière laissés à cette maison lui sont fournis par des rues, dont le pavage a coûté cher à la ville, alors que ces avantages auraient pu être acquis, sans Cépense aucune, si l\u2019on avait suivi de sages règlements de construction.On ne veut pas condamner par là les maisons à appartements, mais on veut faire entendre qu\u2019elles sont construites où elles n\u2019auraient pas dû l\u2019être: sur des rues occupe«s par des maisons d\u2019habitation individuelles.Les propriétaires voisins ont donc réduit d\u2019au moins vingt-cinq pour cent la valeur de la maison en question ; tandis qu\u2019avec un voisinage plus approprié elle aurait peut-être gagné une plus-value de vingt-cinq pour cent par le développement de la ville.C\u2019est une fausseté de dire qu\u2019il faut permettre la construction de hauts édifices, parce qu\u2019ils donnent de bons revenus et facilitent la transaction des affaires.La vérité est qu\u2019en général c\u2019est le contraire qui a lieu.Au fur et à mesure que le chiffre de la population d\u2019une ville augmente, les besoins du transport par les rues devancent cette augmentation.On a caleulé qu\u2019une ville de 600,000.de population nécessite le double des facilités de transport d\u2019une ville de 400, 000 âmes.Si l\u2019on encombre le centre des villes, on détruit les moyens de transport de surface rapides.Ce n\u2019est pas tant la distance qui sépare un homme de son lieu de travail A ee LE RSR PE PER PET ERP SEE RENE FT A WITT IO TY PS CEE RSR EIRE ESE SRE ee Has A L Un 18 FINANCES MUNICIPALES qu\u2019il faut considérer, mais le temps perdu pour s\u2019y rendre et en revenir.Les ouvriers qui sortent du centre des villes encombrées, comme celle de \"Tl'oronto, perdent plus de temps qu\u2019il ne faut pour aller deux fois plus loin avec des moyens de locomotien rapides.Quand l'auteur demeurait à Londres, Angleterre, il a constaté qu\u2019il fallait plus de temps et que c\u2019était plus fatigant de se rendre des faubourgs a 7 milles de distance au centre de Londres, et en sortir, que d\u2019y aller de Hertfordshire a 33 milles de distance, et de s\u2019en revenir.La concentration de la population et des affaires, au point d'arriver à l\u2019encombrement \u2014 c\u2019est-à-dire, quand elle gêne le libre mouvement du trafic\u2014diminue au lieu d\u2019ac- croitre les facilités de transiger les affaires.Si l'on analyse les résuitais financiers, on peut dire que les hauts édifices ne sont pas un succès: c\u2019est plutôt une lourde perte pour la communauté, car ils engendrent l\u2019encombrement.Il arrive un mement que la ville est obligée de construire, au prix de sommes colossales, des moyens de transport souterrains et d\u2019autres services.Les édifices ayant moins de dix étages en hauteur rapportaient plus de revenus, en proportion, que ceux plus élevés, vu l\u2019économie réalisée sur les énormes dépenses nécessitées par les fondations et l'installation d\u2019ascenseurs.Par ailleurs, il est plus facile de vendre un édifice de six à huit étages que d\u2019autres plus élevés, si le caractère du quartier où ils sont situés vient à changer; l'argent dépensé en fondations, soubassements, ascenseurs et le reste, de hauts édifices, suffirait à payer le coût de la construction d\u2019un édifice de quatre à six étages.sur le même terrain, car, en ce cas, c\u2019est placer du capital à un usage pius utile.La distribution des affaires, sur une plus grande étendue, diminue l\u2019encombrement et met le commerce plus à la portée des habitants.La construction d\u2019un édifice bas coûte 14 cents de moins par pied cube que celle d\u2019un édifice élevé.Après avoir étudié dans 50 villes les revenus de 153 édifices élevés, il trouva qu\u2019en 1919 ils étaient, en moyenne, d\u2019environ $1.51 par pied carré, alors qu\u2019ils auraient dû être de $2.64 par pied carré pour que le capital eût produit 6 pour cent d\u2019intérêt.Il ne faut donc pas s'arrêter Topp FINANCES MUNICIPALES 19 au point de vue esthétique, lcrsqu\u2019il s\u2019agit de hauts édifices, mais aux maigres profits qu\u2019ils rapportent à leurs propriétaires et aux énormes pertes qu\u2019ils font subir aux villes où ils sont construits.pa + * On ne se rend pas habituellement compte jusqu\u2019à quel point les finances d\u2019une ville sont affectées par le développement des terrains.À vrai dire, la plupart des gens ne voient dans l'urbanisme qu\u2019un sureroît de dépenses en améliorations aléatoires, au lieu d\u2019yv treuver un moyen de réglementer l\u2019expansion au profit de l\u2019économie.Toronto n\u2019a jamais bien compris les avantages de Purbanisme et n\u2019a point suivi de plan rationnel à cet égard.Et cependant, c\u2019est le manque de plan qui est la grande cause des difficultés financières de cette ville.Les statistiques officielles montrent que les travaux d\u2019amélioration à Toronto sont la cause d\u2019un quart de la totalité de sa dette, parce que ces entreprises n\u2019ont pas été exécutées suivant un plan économique.La ville perd une partie de ses industries, parce qu\u2019elles n\u2019y trouvent plus de place pour se développer; et elle se voit dans l'impossibilité d\u2019annexer les nouveaux terrains suburbains, parce au\u2019elle n\u2019a pas veillé à leur développement d\u2019une manière intelligente.Elle bénéficirait de leur annexion, s'ils avaient été sagement aménagés.Ce qui constitue un autre désavantage pour la grande ville, ce sont les primes ou privilèges offerts aux industries par les petites municipalités voisines.Il faut donc une loi provinciale pour mettre un frein à un tel procédé immoral.On avantage une industrie particulière au détriment des autres et des fovers; cela n\u2019est ni bonne administration financière ni justice élémentaire.Les méthodes d\u2019évaluation du terrain devraient être régies par les revenus qu\u2019en retirent les propriétaires.L\u2019abus d\u2019un terrain par les constructions qui y sont entassées, ou Vinoccupation par les accapareurs sont des maux qu\u2019il faut prévenir.Le mode d\u2019évaluation actuel encourage au lieu d\u2019empêcher la spéculation en immeubles.Le spéculateur ne = RH I + 3 1 ry 1 Ri) Rt RH a A 20 _ FINANCES MUNICIPALES ii possède pas assez longtemps le terrain pour en payer les im- M pôts.Il en rejette le fardeau sur l\u2019acquéreur, dès qu\u2019il le ; peut.Plusieurs n\u2019y ont qu\u2019une responsabilité nominale.A Ce qu\u2019il y a de plus regrettable, en tout cela, c\u2019est que les dit villes se voient dans l\u2019obligation de saisir les propriétés pour I arrérages d\u2019impôts et de les mettre en vente.Ces terrains n\u2019ont aucune valeur dont les villes puissent hénéficier pour solder leurs dettes, bien que leurs difficultés financières augmentent.Mais, en définitive, c\u2019est la propriété qui sera grevée des gaspillages dus à la mauvaise administration, c\u2019est-à-dire, ce sont les industries et les foyers qui en seront victimes.Quelle que soit la protection que puisse apporter l\u2019urbanisme à nos villes croissantes, son principal but consiste à procurer des moyens et une forme de développement plus économiques.L'objet de l\u2019urbanisme, tel que conçu et décrit par la Commission de la Conservation, est, premièrement, de soumettre le développement des terres à un système rationnel et économique; deuxièmement, de fixer la hauteur, l\u2019usage et la densité des édifices par acre ou par lot; troisièmement, de procurer des conditions sanitaires et une quantité d\u2019espace libre suffisant autour des maisons, et, quatrièmement, de viser à l\u2019agréable, aux commodités comme parties ; de l'aménagement, à l\u2019amélioration et à l\u2019usage du terrain = pour toute fin.Les lois et la coopération locale, nécessaires à 3 la mise en œuvre de ces objets généraux, devront avoir pour E fm de sauvegarder les intérêts du public et ceux des par- 3 ticuliers.Le travail de la préparation et de la mise a exécu- = tion des plans est colossal, vu l\u2019étendue et la complexité des 3 sujets.La direction et l\u2019assistance des provinces sont indispensables, car ce sont les gouvernements provinciaux qui ont ; le plus de puissance et conséquemment ce sont eux qui doi- a vent remédier aux conditions existantes.Ce qui donne lieu d\u2019espérer une amélioration, c\u2019est le fait que la situation est tellement anormale en quelques-unes de nos villes canadiennes qu\u2019il faudra tôt ou tard prendre des mesures radicales pour arriver à une solution définitive.Le Canada s\u2019est développé grâce aux offres alléchantes Arora ii Bn Rh \u201c3 Re iE a A FINANCES MUNICIPALES 21 qu\u2019il a faites aux peuples du monde, sous forme de terres à bon marché, de sécurité de possession, de prospérité et de liberté civile.Voilà les avantages qui ont fait le Canada ce qu\u2019il est aujourd\u2019hui ; et, comme l\u2019a dit le philosophe Gibbon, la possession et la jouissance de ces avantages sont les garanties qui engendrent l\u2019amour d\u2019un peuple pour son pays.Malheureusement, il est à craindre que nous portions atteinte à ces garanties.Les coûteux et irrationnels systèmes de développement des terrains en plusieurs villes retardent l\u2019amélioration des conditions insalubres, empêchent l\u2019acquisition d\u2019emplacements pour y établir des foyers à des prix raisonnables, et créent des impôts excessifs.On sacrifie les droits des propriétaires fonciers aux abords de nos villes, et celles-ci prennent possession de grandes étendues de terrains qui leur sont un fardeau plutôt qu\u2019un avantage.Par ailleurs, le spéculateur en immeubles attend patiemment le retour de \u2018l\u2019âge d\u2019or\u201d et l\u2019occasion d\u2019exploiter le colon, tout en échappant au fardeau des impôts qu\u2019il rend cependant plus lourd pour les autres par ses procédés peu louables.Les dépenses d\u2019améliorations locales devraient être transférées par les villes et ceux qui font un usage équitable du terrain à ceux qui bénéficient comme spéculateurs de la vente des immeubles.Lorsqu\u2019il en sera ainsi, on verra moins d\u2019agiotage en propriétés immobilières, moins de gaspillages en développements ruineux, une occupation plus compacte du terrain et moins de propriétaires absents.Les terrains suburbains devraient être, avant leur mise en vente, pourvus d\u2019un bon service d\u2019eau, de drainage, de renvois des matières d\u2019égout, et de quelque genre de pavage des rues, aux dépens du vendeur, et en conformité d\u2019un plan général de la ville, le tout approuvé par le conseil municipal.Ce-sont ceux-là seuls qui dirigent l\u2019administration des affaires provinciales ou municipales, qui peuvent remédier à la situation et fournir les garanties nécessaires pour stabiliser le placement de capitaux en acquisition d\u2019immeubles et promouvoir une citoyenneté fixe et prospère.: THOMAS ADAMS. EE rer mes mes i ere LE in oo SO ES oar om op rte pup Aare L\u2019AMOUR DU MERVEILLEUX Je crois bien que je suis avant tout redevable à mon père de l\u2019avidité que J'ai toujours apportée à entendre raconter des histoires.Le dimanche, après souper, quand l\u2019automne au jour tombant ramenait les causeries derrière les portes closes, nous formions un cercle frileux pour assister aux récits pai- pitants qu\u2019il relisait durant la semaine à notre intention.\u2014 (était le Paria de Paris, le Pardon du Moine, Patira ou Pi- counoc le Maudit.Les yeux flambaient, se mouillaient parfois, les cœurs se serraient, s\u2019apitoyaient sur les malheurs de nos héros, et puis, quand tout était rentré dans l\u2019ordre, | que la justice du bon Dieu avait enfin triomphé de la malice 3 des méchants, et que le soleil avait disparu derriere la nuée, ; quatre fillettes s\u2019en allaient coucher un peu transies, la tête remplie d'aventures.Mes impressions les plus vives, celles qui me reviennent avec les lueurs indécises du \u201cpetit jour\u201d, tiennent a l'incantation de la magie et de la sorcellerie, à la fascination qu\u2019ex- ercaient les fées sur mon cerveau d'enfant.Les faits et gestes de ces créatures miraculeuses éblouirent mes jeunes ans et irradièrent mon entourage.Je me rappelle surtout l\u2019anneau merveilleux donné par une fée marraine à sa filleule, une misérable gosse bafouée des siens.Le petit cercle d\u2019or passé à son annulaire avait le pouvoir de la rendre invisible et de la transporter d\u2019un lieu dans un autre avec la rapidité à | de l\u2019éclair.Ce dernier prodige me ravissait jusqu\u2019à l\u2019extase.3 J'aurais si ardemment souhaité trouver un anneau sembla- L'AMOUR DU MERVEILLEUX 23 ble entre les fentes du trottoir ou en quelque mystérieuse alcôve de la maison.J'ai aussi rêvé de Peau d\u2019Ane, rêvé de sa robe couleur de soleil ou de lune, tissée sous la dictée de la Fée des Lilas, par les ouvriers du roi amoureux.Les étoffes resplendissantes que nous apporte dernièrement la Mode, cette bienfaisante fée qui \u2018nous rit toujours de sa fraîche nouvelleté\u201d, se rapprochent quelque peu des teintes de soleil et de lune que ma petite enfance cherchait vainement dans les soieries et les rubans à ma portée.J'avais des attendrissements pour l\u2019Oiseau Bleu, \u201ccouleur du temps\u201d qui venait la nuit sérénader Florine en sa sombre tour.Je ne respirais qu\u2019au dénouement, lorsqu\u2019après maints incidents périlleux, l\u2019infâme Soussio suspend la métamorphose de l\u2019Oiseau Bleu qui retrouve enfin son royaume, sa princesse et ses amours.Un dimanche des Rameaux, durant la grand\u2019messe, dans l\u2019ensoleillement des blancheurs de mars, invitant la tire dorée, je vis voltiger au-dessus de la haie de cèdres entourant le parterre, un oiseau bleu qui ressemblait à celui qu\u2019immortalisa Maeterlinck.C\u2019était sans doute un oiseau migrateur égaré sous nos cieux de neige, cherchant sa voie vers les tropiques.Mes yeux éblouis gardèrent longtemps le mirage de ce voyageur ailé à la mante d\u2019azur, qui frissonna pendant que tintait le Sanctus, et s\u2019envola bientôt, emportant avec lui mes extatiques regrets.Eussé-je alors connu l\u2019enchanteur du conte de fée, l\u2019ami de l\u2019Oiseau Bleu, il m\u2019eùt enlevée a sa suite, dans sa chaise attelée de grenouilles volantes et le merveilleux oiseau m\u2019eût gazouillé des ballades orientales ou des séguedilles d\u2019Espagne.Que vous dirai-je de la sirène désolée, suivant sur toutes les mers le bateau portant le prince qu\u2019elle aimait?Dans l\u2019affolement de sa passion, ayant bu le philtre enchanté, la malheureuse perdit sa queue de poisson, mais ne recouvra jamais l\u2019usage de la parole.Eplorée de la déception du prince, la muette beauté alla redemander à la vague de promener éternellement sa folie errante et ses rêves flétris.\u2014 \u2018Nos pieds 24 L\u2019AMOUR DU MERVEILLEUX ont leur patrie et nos rêves la leur\u201d.J\u2019y ai maintes fois songé depuis.A J\u2019ai poussé l\u2019amour du merveilleux jusqu\u2019à un certain respect envers le diable,un bon diable secourable aux enfants, se prêtant avec complaisance à toutes sortes de magies.Je n\u2019aurais certes pas vendu mon âme pour un de ses trucs, bien qu\u2019à mes yeux le contrat eût semblé assez vague.Je voulais bien conserver intacte la fleur de mon innocence, mais, vous l\u2019avouerai-je, un tour en chasse-galerie, par un beau clair de lune, sous l\u2019égide de sa Satanique Majesté, tel que dépeint par Fréchette, m\u2019eût transportée à l\u2019égal du Scenic Radway.Je retrouve ces mirages, ces faiblesses d\u2019enfants chez les petits qui m\u2019entourent.Ma mie Lucile a cinq ans.C\u2019est un froufrou à l\u2019enthousiasme facile, qui a du feu plein les yeux et un rire de nacre.Elle admire Bécassine malgré son nez petit et ses nombreuses sottises.Ali Baba n\u2019a pas de secrets pour elle, ni Barbe-Bleue, qu\u2019elle raffole d\u2019entendre raconter avec les intonations rudes : \u2014 Descendez ou je monterai.Quand la jeune femme, ouvrant malgré la défense de son mari, la porte fatale, y découvre des cadavres et du sang, Lucile, impressionnée, demande souvent de remettre a \u201cdemain\u201d la fin du récit.Mirage d\u2019une imagination en effervescence, éblouissement que fait lever la baguette enchantée de l\u2019insatiable jeunesse, que de rêves sont tombés un à un, à mesure que se dessillaient nos yeux et que s\u2019évanouissaient nos illusions, telles les gouttes brillantes de rosée au soleil desséchant de la vie.Mais la Bibliothèque Rose, les Bons petits Enfants de la Comtesse de Ségur et les contes de Perrault m\u2019ont apporté des iouissances mystiques trop intenses pour renier jamais les bonnes fées dont les longs cheveux d\u2019or tissaient par les soirs Ja trame de mes songes d\u2019enfant.MARIE-ROSE TURCOT.Ottawa, 12 mai 1921. L'APPEL AU PATRIOTE Voulez-vous savoir ce qu\u2019est, ce qu\u2019a fait et ce que veut faire la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ?Voulez- vous renseigner vos amis sur les questions d\u2019intérêt national, que mainte personne se posent, sans toujours pouvoir y répondre clairement ?Lisez l\u2019Appel au patriote \u2014un tract de 16 pages qui vous sera envoyé par le secrétariat, sur réception d\u2019une enveloppe affranchie.POUR LE DROIT CHERS COMPATRIOTES, Vous savez mieux que nous ne pourrions vous le dire quelle arme efficace est un journal, et que cette arme est particulièrement nécessaire à la revendication des droits et à la défense des intérêts supérieurs de notre nationalité.S\u2019il est permis d\u2019espérer que la longue hostilité dont les écoles bilingues d\u2019Ontario sont l\u2019objet diminuera d'intensité, on ne saurait oublier que la lutte n\u2019est pas encore terminée.On prévoit même qu\u2019elle recommencera plus durement que jamais d\u2019ici au mois de septembre.Par ailleurs, le DROIT d\u2019Ottawa, quotidien de doctrine sûre et d\u2019information sérieuse, qui n\u2019a pas cessé de livrer le bon combat depuis sa fondation en 1913, vient d\u2019adresser un suprême appel à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Il y décrit la situation lamentable de ses finances et démontre que, depuis quatre ans, il n\u2019a maintenu sa publication que par des prodiges d\u2019activité, de dévouement et d\u2019économie de la part de ses directeurs.Une augmentation excessive du papier et des salaires depuis 1917 a renversé toutes les prévisions et triomphé des ressources morales et financières de la direction.Ainsi, le papier à journal est passé de $30.à $130.la tonne, et s\u2019il accuse actuellement une tendance à A MM OS A NS OM Lak Ma tag a 26 \u2018 CHRONIQUE diminuer, il n\u2019en est pas moins vrai qu\u2019il coûte encore trois fois plus qu\u2019avant la guerre.La hausse des salaires chez les typos et linotypistes a été telle qu\u2019elle absorbait 60% de tous les salaires payés par le DROIT jusqu\u2019à ces dernières \u2018semaines.Après s'être rendue compte de cet état de choses et devant la perspective de voir cet infatigable défenseur suspendre sa publication, notre Société veut s\u2019employer à recucillir un fonds de secours en faveur du DROIT.Bien que le Conseil général et les sections de notre société Goivent y aller de leur souscription, elle reconnaît que la modicité de ses ressources ne peut suffire à la tâche.Votre patriotisme éclairé et votre état de fortune me permettent d\u2019espérer que vous apporterez votre appui à cette œuvre, si étroitement liée au problème de la survivance du francais en Ontario.Votre souscription sera reçue avec reconnaissance par notre Société, au Monument National, qui la fera parvenir avec sa propre souscription aux directeurs du DROIT.Avec la conviction que vous accueillerez favorablement cet appel .et que la solidarité nationale au Canada français n\u2019est pas pour vous- même un vain mot, je vous prie d\u2019agréer l\u2019hommage de ma parfaite considération.Le Président général, (Signé) VICTOR MORIN.N.B\u2014 Veuillez faire votre chèque à l\u2019ordre de la Société Saint- Jean-Baptiste et l\u2019adresser à son secrétariat, au Monument National, Montréal.A LONGUEUIL Si la féte patronale a été célébrée a Montreal avec enthousiasme, toute proportion gardée, celle de Longueuil, ne l\u2019a pas été moins.Il y avait foule à l\u2019église, le 26 juin au matin; à l\u2019issue de la messe, imposante procession par les rues de la ville, et le soir, discours sur la place du marché.Tout d\u2019abord M.le maire Thurber évoqua le passé longolien, et M.l\u2019abbé Eugène Gareau, professeur au collège Saint-Jean, indiqua d\u2019éloquente façon nos motifs d\u2019espérer en l\u2019avenir.Il trouve ces motifs de survivance dans la pureté de nos origines, la fécondité de notre race et la foi vécue de nos gens.M.André Fauteux rappela ensuite que PESTE PORC RE PE PE PE ME SOS I EE CPE LC TPE EE EP EP RO PC PRE A D Reena EPS CHRONIQUE 27 nous devions faire le bilan de nos œuvres et songer souvent à l\u2019avenir de notre nationalité.M.le député Joseph Archambault s\u2019exprima en ces termes: \u201cIl est bon, sans doute, dans une circonstance comme celle-ci de rappeler le souvenir des ancétres, d\u2019exalter leurs vertus, mais ce doit aussi étre le jour pour nous d\u2019examiner nos défauts et de prendre des résolutions pratiques, afin que la race canadienne francaise continue sa marche vers la destinée.\u201cIl n\u2019est pas de circonstances plus propice ou les citoyens de la province de Québec doivent étudier la chose publique afin de diriger l\u2019opinion, après ces cinq années de guerre où d\u2019un bout à l\u2019autre la vague du socialisme envahit tout notre pays.Je vous demande done de suivre l\u2019évolution politique.Vous avez dû remarquer comme moi cette vague d\u2019impérialigme qui vient nous heurter.Vous avez dû remarquer les visiteurs qui sont venus ici jeter une semence d'impérialisme.Nous devons prendre une attitude définie à cet égard.\u201cPersonne ne peut nous reprocher de conserver pour l\u2019ancienne mère-patrie, la France, un amour qui se terminera avec celui de la race.Nous devons conserver pour l\u2019Angleterre un loyal respect, mais personne ne peut nous demander que nous ayons envers elle plus d\u2019amour que pour la patrie canadienne.| \u201cCar il est un autre pays que j\u2019aime cent fois mieux que I'Angleterre, que la France, c\u2019est cette vaste contée bornée par trois océans, ce pays où j\u2019ai toutes mes aspirations : le Canada\u201d.La série des discours avait été ouverte par M.Henry-L.Auger, l\u2019un des directeurs de la Société, qui après avoir payé un tribut de reconnaissance à M.J.-O.Moquin, président de la section de Longueuil, et aux membres de son dévoué conseil, a prononcé un discours dont nous tirons les passages suivants: 28 CHRONIQUE \u2018Chaque année, à pareille époque, depuis trois quarts de siècle, nous entendons vibrer la corde du patriotisme.On ne saurait trop rappeler, pour l\u2019exemple de la génération présente, le souvenir de nos ancêtres, qui ont quitté leur pays pour venir planter la croix du Christ et le drapeau de la France sur cette terre d\u2019Amérique.\u201cLe mot patrie évoque le souvenir de toutes les pages de l\u2019histoire de notre pays.Ce mot il est gravé sur le roc de ia citadelle de Québec par Frontenac, lorqu\u2019il disait à l\u2019envoyé de Phipps, qu\u2019il lui répondrait par la bouche de ses canons.Nous n\u2019avons qu\u2019à jeter un regard sur notre voisine, Ver- chères, pour évoquer le mot patrie.Plus tard, nous voyons le mot patrie écrit en lettres de sang sur les plaines d\u2019Abraham.Un peu plus d\u2019un demi siècle après à Château- guay, nous voyons le mot patrie, lorsque de Salaberry, avec 500 hommes, 1epcoussa les phalanges de l\u2019Americain Hampton.\u201cLa patrie, je la retrouve aussi dans ncs illustres fondatrices de communautés, les dames de la Pelterie, Marie de l\u2019Incarnation, Jeanne Mance et Marguerite Bourgeoys.Je la retrouve non seulement dans nos institutions religieuses, qui aujourd\u2019hui sont répandues non seulement dans la province de Québec et le Canada, mais sur tous les continents, jusqu\u2019aux confins de l\u2019Afrique.\u201cJe la retrouve aussi dans nos institutions civiles et politiques, dans notre clergé canadien-français, qui a tant fait pour notre pays, enfin je la retrouve dans la classe ouvrière, base de la force et de la prospérité économique.\u201cLa patrie, je la retrouve non seulement dans l\u2019ensemble des beautés et des grandeurs de la puissance du Canada, non seulement sous le beau ciel de la province de Québec, non seulement, au foyer de la Saint-Jean-Baptiste, mais je la retrcuve encore dans la colonisation.\u201cIl est une chose, que nous ne devons pas oublier, c\u2019est que le cultivateur est le père nourricier de l'humanité.Toutes les classes de la société lui sont redevables ; nos CHRONIQUE 29 gouverneurs, nos premiers ministres doivent, trois fois par jour, descendre de leur piédestal pour lui demander le pain quctidien.\u201cNous trouvons un trop grand nombre de cultivateurs qui semblent vouloir prendre le chemin de l\u2019ouvrier de l\u2019usine.C\u2019est une erreur des plus regrettables, car un grand nombre de ces derniers devraient plutôt retourner à la terre.\u201cAutrefois on avait l\u2019orgueil de la tâche accomplie, on avait un profond sentiment de l'honneur qui rejaillit de la tâche accomplie.Aujourd\u2019hui, on semble se vanter d\u2019être payé à presque ne rien faire.En Chine, pays de longues traditions, où le travail a tant de prix celui qui laissait écouler une année sans cultiver son champ perdait ses droits de propriétaire.Nous voyons par là que le travail est nécessaire.\u201cOn rapporte qu\u2019au commencement de la colonie, une femme, portant son jeune enfant dans ses bras, traversa l\u2019Atlantique, pour venir chercher l\u2019existence sur les bords du Saint-Laurent.Par une suite d\u2019accidents fâcheux, les vivres vinrent à manquer sur le navire ; la mère s\u2019entrouvrit une veine et elle abreuva son enfont de son propre sang.Grâce à cela, l\u2019enfant eut la vie sauve.Cette femme était l\u2019une de nos ancêtres.Eh bien, sera-t-il dit que nous, les descendants, nous serions indifférents et que nous hésiterions à participer aux œuvres nationales et paroissiales.\u201cComme je sais que vous désirez le succès des causes qui vous sont chères, que vous vous associez aux ambitions de vos compatriotes, j'espère que vous seconderez les efforts poursuivis en ce sens par la Société Saint-Jean-Baptiste, si dignement représentée ici par la section de Longueuil\u201d. [a Flotte de 1711 Il paraitrait que Nicholson, apres s\u2019étre emparé de Port- Royal, en Acadie, envoya a Londres un rapport disant que ia conquête du Canada serait facile en ce moment où la France, très gênée, concentrait ses forces vers la Belgique pour résister à la coalition européenne.© Selon lui, une flotte qui surprendrait Québec et une armée arrivant par le lac Champlain pour prendre Montréal ne rencontreraient que peu d\u2019obstacles.Ce rapport n\u2019attira qu\u2019un instant attention des ministres qui en eurent connaissance, et on peut se demander quels étaient ceux-ci, puisque l\u2019administration ne traitait presque jamais les affaires publiques en commun.Chaque ministre agissait à peu près à sa guise.Ce corps était composé de tories et de whigs, par moitié.Les opinions y étaient divisées en ce qui regarde: 1o faire ou ne pas faire la paix avec la France, Z2o appeler au trône la maison du Hanovre ou le prétendant Stuart, 30 seconder Harley ou St.John, les deux ministres les plus considérables qui, eux-mêmes, se combattaient sournoisement.St.John avait envoyé des agents secrets en France pour entamer la question de la paix.Lui seul tenait le fil de cette intrigue.Il concut, en voyant le rapport de Nicholson, le dessein de frapper un grand coup en Amérique, afin d\u2019humilier la France et de l\u2019amener à consentir une paix toute LA FLOTTE DE 1711 31 favorable à l\u2019Angleterre et dont l\u2019honneur reviendrait à lui seul, à l\u2019exclusion de Harley et des autres ministres.La reine Anne adopta l\u2019idée.| Les troupes qui devaient partir d\u2019Albany et marcher sur Montréal ne firent qu\u2019avancer, reculer, stationner et faire des mouvements décousus.La flotte, mal organisée, mal conduite, naufragea en partie sur l\u2019Île aux Oeufs.Mais ce n\u2019est pas tout.La Chambre des Communes trouva que le traité de paix était une oeuvre de sacrifice ; que le traité de commerce conclu en même temps pouvait ruiner l\u2019Angleterre ; que la moitié de l\u2019argent déboursée pour l\u2019entreprise contre Québec était restée aux mains des fournisseurs.St.Jchn fut condamné à mort.I se sauva en France.BENJAMIN SULTE.22 février 1921.ÉTUDES GRAPHOLOGIQUES La Société Saint-Jean-Baptiste informe les lecteurs de la Revue Nationale que son service de graphologie est supprimé.Les personnes qui ont envoyé des spécimens d\u2019écriture pour analyse, et qui n\u2019ont pas eu de réponse, voudront bien communiquer le plus tôt possible avec le chef du secrétariat de la Société, qui est en même temps chargé de la rédaction de la Revue Nationale. LA REVUE NATIONALE Banque Provinciale du Canada Capital autorisé: $5,000,000.00 \u2014 Capital versé et surplus : $4,300,000,000 \u2014 Actif total : au-delà de $40,000,000.00 SIEGE CENTRAL : 7 et 9, Place d\u2019Armes, - - -Montréal, Canada.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Président : Sir Hormisdas IAPORTE, C.P., ex-maire de Montréal, de la maison Laporte, Martin, Limitée, administrateur du Crédit Foncier franco-canadien.Vice-Présidents : M.W.F.CARSLEY, Tancrède BIENVENU, administrateur de la Lake of the Woods Milling Co.M.G.-M.BOSWORTH, vice-président du Canadian Pacific Ocean Services Limited.L'hon.Némèse GARNEAU, C.L., Québec, président de la Cie de Pulpe de Chicoutimi.M.L.-J.-O.BEAUCHEMIN, de la Librairie Beauchemin Ltée.M.Martial CHEVALIER, Directeur-gérant Crédit Foncier franco- canarlien.110 succursales dans les provinces de Québec, Ontario, Nouveau- Brunswick et l\u2019Ile du Prince Edouard.Ecole Polytechnique de Montréal GENIE CIVIL \u2014 ARCHITECTURE INGENIEUR CHIMISTE Ingénieurs spécialistes : MINES \u2014 ELECTRICITE ECOLE DE PREPARATION {Une Année Complémentaire) Préparation aux examens d\u2019admission à l\u2019Ecole Polytechnique.Les finissants des collèges classiques sont admis sans examens à l\u2019Ecole de Préparation.COURS D\u2019ETE Des cours d\u2019été spécialement établis pour les finissants des collèges classiques qui désirent entrer directement en lère année se donnent du ler juillet au 15 septembre et préparent les candidats aux examens d\u2019admission de septembre.228, rue Saint-Denis.Tél : Est 3477.Montréal same ee Pi ET TT ak Banque d\u2019 Hochelaga Fondée en 1874 Capital autorisé : us $10,000,000 Capital et réserve een drccececensencstes 8,000,000 Total de Uactif 75,700,000 .Siège social : MONTREAL CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION : M.J.-A.VAILLANCOURT, président.L\u2019hon.F.-L.BEIQUE, vice-président.A.TURCOTTE, lhon, J.-M.WILSON, E.-H.LEMAY, A.-A.LAROCQUE, A.-W.BONNER : BEAUDRY-LEMAN, gérant-général.175 succursales et 159 sous-agences au Canada.\u201c 44 succursales dans la cité et le district de Montréal.INTERET ALLOUE AU PLUS HAUT TAUX COURANT SUR TOUS LES DEPOTS DEPARGMNE DE $1,00 ET PLUS Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal PREPARANT AUX SITUATIONS SUPERIEURES DU COMMERCE, DE L\u2019INDUSTRIE ET DE LA FINANCE Bibliothéque économique, Musée commercial et industriel Délivre des diplômes de \u201cLicenciés en sciences commerciales\u201d de \u201cLicencié en sciences comptables\u201d et de \u201cDocteur en sciences commerciales\u201d.Le diplôme de \u201cLicencié en sciences comptables\u201d donne droit à l\u2019admission dans \u201cL\u2019institut des comptables et auditeurs de la province de Québec\u201d et dans \u201cL\u2019Association des Comptables de Montréai\u201d (Chartered accountants).Des BOURSES DU GOUVERNEMENT sont accordées aux élèves méritants.Cours spéciaux, le soir : Comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, correspondance commerciale anglaise et frençaise, arithmétique commerciale, algèbre, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères (espagnol, italien, allemand) ete.Pour tous renseignements, prospectus, inscriptions, ete., s\u2019adresser AU DIRECTEUR DES ETUDES 399, AVENUE VIGER : MONTREAL \u201c NOUVEAUTÉS\u2014MERCERIE VY 7 IIS, Tout comme il faut à l\u2019ouvrier, quelle que soit la connaissance de son métier, l\u2019outil nécessaire pour ac- .complir son travail, de même il faut à un éstablissement, quelles que soient la quantité et la variété des marchandises, des valeurs, des réductions, la qualité pour donner \u2019 \u201csatisfaction au public acheteur.\u201cO valeurs, réductions et qualité, votre front est ceint de fleurons glorieux, votre histoire, \u2014ICI,\u2014est une épopée des plus brillants exploits.Chaque rayon de notre éstablissement à chaque jour, et chaque article en tout temps voient la continuation de l'épopée glorieuse des valeurs, des réductions et de la qualité.Chaque transaction est un exemple éclatant du principe de la satisfaction avec chaque achat.La qualité de nos marchandises vous plaira.= L-N.MESSIER, .Marchand de Nouveautés 839 a 851 AVENUE MONT-ROYAL EST | TEL: ST-LOUIS 8624 MONTREAL 2 4 Es ram ta "]
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