La revue nationale /, 1 février 1922, Février
[" Ge TER \u2014 > rs M.Gérard | Malchelosge 249, Fullum helosge 11 US EPA grt \u2018 ea - de ANNÉE\u2014No.2.__ MONTRÉAL ) LA REVUE \u201c FÉVRIER 1922 \u201c NATIONALE Organe de lu Société Suint-Jean-Baptiste de Montréal PARAISSANT LE 10 DE CHAQUE MOIS Pensées pour l\u2019école ., .Emile Milter | 37 Nos vieilles chansons - .Benjamin Sulte 41 Louison (nouvelle) * .Co Co .- Mme C.Bastien 42 Lheure universelle .Francis-J.Audet 5Q Ce qu\u2019ll faut lire Co Ce XXX 57 Chronique de ia Société .3.» .\u2014 Le chef du Secrétariat 59 Rédaction et Administration : \u201c296, RUE SAINT-LAURENT MONTREAL.* > j \u201c Abonnement annuel: $2.00 La livraison (chez les dépositaires) : 15 sous.res | Les abonnements à la REVUE NATIONALE commencent invariablement au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste, as a2 ig SERRE isa dat cat La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Fondée en 1834 CONSEIL GENERAL: Grand aumônier : Mgr.lARCHEVEQUE DE MONTREAL.Président général : Victor MORIN, LL.D, notaire, e, 97 rue Saint- Jacques.5 ler vice-président \u2018général :- V.-E.BEAUPRE, I.C., professeur, 676, rue Saint-André._ 2e vice-président général : J.-B.LAGACE, M.A., professeur, 836, rue Saint-Hubert.\u201d Secrétaire général : Victor DORE, professeur, 214, rue Berri Trésorier général : J.-P.-L.BERUBE, secrétaire du Conseil des Arts et Manufactures, 296, rue Saint-Laurent.~ DIRECTEURS .L\u2019hon.L.-O.DAVID, sénateur, 291, rue Saint-Hubert.7 Thomas GAUTHIER, courtier, 11, place \u2018d\u2019Armes.L\u2019hon.F.-L.BEIQUE, sénateur, 740, ouest, rue Sherbrooke.Guy VANIER, LL.L., avocat, 97, rue Saint- Jacques.J.-V.DESAULNIERS, courtier en immeubles, 90, rue Saint-Jacques.Henry-L.AUGER, courtier en immeubles, 384 est, rue Ontario.Léon TREPANIER, publiciste, 1284, rue Saint-Hubert, Chef du Secrétariat : Emile MILLER, bureau No.1, Monument National, tél.Plateau 3768.\u2018 .Corporations filiales de la Société : - La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014.la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.La REVUE NATIONALE est éditée par la- Société Saint-Jean- Baptiste de Montréal, 296, rue St-Laurent, Montréal, et imprimée par Albert Morel, 457, rue Amherst, Montréal. a Re : BE 00 erraees 20000 oeecees Ceenese sn te.oa i LA REVUE NATIONALE 33 L\u2019arôme embaumé du thé de Ceylan \u2018\u201c\u2018poussé très haut\u201d est sunerbe et particulier.constitue le surchoix de ce thé et son parfum est unique.Le plus forte vente en Amérique.Sur réception d\u2019une carte postale nous vous en enverrons des échantillons.SALADA, MONTRÉAL La seule maison Canadienne- française à Montréal faisant le commerce de gros de Chapeaux, Casquettes, Gants, Mi- - taines, Fourrures, etc.Notre département de fuorrures est des plus complets.La fourrure est de première qualité et le styie de nos manteaux, étoles, etc, de dernière nouveauté.Nous invitons spécialement les membres de la Saint-Jean- Baptiste à nous faire une visite, et nous garantissons entière satisfaction.Nos prix sont strictement du Gros esparois, Garneau & Cie, Ltée.465 OUEST, RUE ST.PAUL MONTREAL A EE A ee ttt eo HL RARE SC REC ia etm lh a ee ae LL tee mee ae Ca ea mem a ee ee 4.i 34 LA REVUE NATIONALE \u201cPresto\u201d Appareil chauffant l\u2019eau INSTANTANEMENT Suppression de l\u2019eau chaude Suppression des allumettes Economie de gaz Catalogue de démonstration sur demande.The Presto Mf'g Co.340, rue Amherst MONTREAL, CANADA.= College Commercial Elie = Toutes les matières commerciales.Télégraphie et conversation anglaise enseignées le jour et le soir, par des experts.1, CARRE SAINT-LOUIS, TEL.EST 2539 MONTREAL.SOUFFREZ-VOUS D'UNE HERNIE ?PORTEZ LA BANDE HERNIAIRE MARTIN La seule qui donne entiére satisfaction.Toujours en mains : Ceintures abdominales, Bas élastiques, Corsets pour Gibbosité Appareils Orthopédiques, Béquilles, etc.DEMANDEZ NOTRE QUESTIONNAIRE Fabrique Canadienne de Bandages C.MARTIN, Prop.Dép.N\u201435 Craig Est, MONTREAL RR NM LA REVUE NATIONALE 35 LA PATISSERIE PARISIENNE JOS.RONDEAU, Prop.Médaille d\u2019or, Paris 1899 Le plus grand choix de Pâtisseries Françaises.Assortiment complet de bonbons fins ! 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Petits fours, Gâteaux secs, Glaces et sorbets ! ! \u2014 Table d\u2019hôte à la carte \u2014 328 Est, Ste, CATHERINE Tél.Est 7676 LA PAUVRETE DU SANG Est la cause principale de la faiblesse L'HISTO-FER GARNIER Est un puissant générateur du sang $1.25 LA BOUTEILLE EN VENTE PARTOUT ET À LA Pharmacie Modèle de GOYER 184 Est, rue Sainte-Catherine, - MONTREAL eee Encouragez l\u2019industrie nationale LES PRODUITS UNIC Sont toujours les meilleurs BEURRE, CREME DOUCE, CREME GLACÉE Montreal Dairy Co.Ltd.Tél.Est 1618-1361 MEME TIGRE RAA AAA TURN) 36 LA REVUE NATIONALE FAMEUX PAINS AU GLUTEN DE LA MAISON CHAS.HEUDEBERT, Nanterre, (Seine, France) La boîte PAIN SPECIAL, pour diabète (12 par boite) $1.50 PAIN ESSENTIEL, pour obésité (12 par boîte) 1.35 BISCUITS CHATEL-GUYON, pour obésité, (48 par boîtes) .1.124444 24420 1.25 REGIMETTES, pour obésité (13 oz.net par boite) .1226 1.35 FLUTES pu GLUTEN (petits pains) (12 par boîte).111201224142 441446 NOIR CU VERT NATUREL (en paquets seulement) L.CHAPUT, FILS & CIE Limitée Seuls dépositaires | 2 a 12 DEBRESOLES, .:\u2014: MONTREAL.RR TRI I LTT .7 de ANNEE\u2014No 2.| MONTREAL FEVRIER 1922 LA REVUE NATIONALE | PENSEES POUR L'ECOLE On a dit avec assez de raison que \u2018apprendre à apprendre, c\u2019est à peu près le tout de l\u2019enseignement \u201d.Cela s\u2019applique sans doute à l\u2019enseignemnt secondaire ou supérieure et à la formation de l\u2019élite intellectuelle.Mais il en est autrement pour l\u2019école primaire, dont la tâche n\u2019est pas tant de cultiver les intelligences, que de fournir à tous les connaissances indispensables à l\u2019exercice de leur art manuel, de leur profession, de leur métier.Toutefois, il y a des choses essentiellement considérables et importantes comme l\u2019esprit d\u2019observation, l\u2019étude des faits économiques d\u2019ordre national et le choix d\u2019une carrière, qui doivent préoccuper l\u2019enseignement à son degré élémentaire.Pourquoi n\u2019en serait-il pas ainsi, puisque c\u2019est l\u2019école primaire qui prépare à la vie les neuf dixièmes de la population.Aussi, l\u2019une des formules les plus heureuses dont on a coutume de se servir lorsqu\u2019on cherche à rendre l\u2019enseignement de plus en plus conforme à nos besoins actuels, c\u2019est \u2018l\u2019école pour la vie\u201d, Certes, il ne saurait être question d\u2019introduire un enseignement doctrinal des sciences naturelles et physiques à l\u2019école primaire, même dans ses classes les plus avancées.Mais ce qu\u2019il faut chercher à développer davantage, c\u2019est la curiosité, c\u2019est un avant-goût des sciences.On y parviendrait en attirant l\u2019attention des jeunes gens sur des phénomènes naturels, sur des faits économiques et sur l\u2019importance de certains problèmes commerciaux.Ce sont là sans doute de grands mots.Mais tous ceux qui ont marché au pas de la science pédagogique\u2014et ils sont nombreux\u2014savent déja parfaitement enseigner et faire enseigner ces choses aux jeunes gens.Ils savent également qu\u2019il y a des mots simples, des comparaisons non moins simples, un procédé d\u2019interrogation ingénieux, des illustrations éloquentes, enfin des récits captivants qui peuvent déposer le germe d\u2019actions fécondes dans l\u2019esprit des écoliers.hr vins mn cman mi \u201838 LA REVUE NATIONALE Cela peut être fait surtout par la leçon de choses.Elle doit varier selon le milieu et répondre aux exigences ainsi qu\u2019aux situations qui attendent la jeunesse au sortir de l\u2019égole.La direction générale qu\u2019il faut donner à cette initiation aux sciences usuelles doit viser à .ce qui est appliquable au commerce et à l\u2019industrie dans les villes, à l\u2019agriculture et à l\u2019horticulture dans les campagnes.Cependant, le programme reste le même pour les écoles urbaines et les écoles rurales; car il est un fonds commun de connaissances que tous les élèves doivent posséder.Mais si les matières étudiées sont les mêmes, les développements doivent varier.Ainsi, l\u2019enfant des villes doit connaître dans une mesure suffisante les plantes, les animaux; les minéraux, et n\u2019être pas exposé à commettre de trop grosses erreurs sur ces points, dans ses lectures, dans ses conversations.Mais pour lui, cela est évident, l\u2019industrie et tout ce qui s\u2019y rapporte ont plus d\u2019intérêt immédiat et plus d\u2019importance pratique.Il en va tout autrement pour l\u2019enfant des campagnes.Les cultures, l\u2019élevage, les industries agricoles devront être les grandes préoccupations de sa vie.C\u2019est pour lui plus particulièrement que le programme s\u2019étend sur les choses rurales.Mais il ne saurait être privé de toute connaissance sur les diverses industries.C\u2019est une façon de démontrer qu\u2019à l\u2019école primaire l\u2019enseignement peut et doit être spécialisé pour le plus \u2018grand bien commun.La leçon de choses met en jeu l\u2019activité personnelle; elle allège l\u2019enseignement de ce qui est ennuyeux pour l\u2019élève: l\u2019étude dans un manuel; elle fait usage de la méthode intuitive, la plus féconde en résultats, et surtout elle pique la curiosité, d\u2019ordinaire si vive dans le jeune âge; tout le monde sait combien les enfants avec leurs \u2018\u201cpourquoi\u201d et leurs \u201ccomment\u201d sont parfois fatigants.Or, c\u2019est précisément en faisant jouer ce ressort de l\u2019activité naturelle que la leçon de choses répond à une tendance géné- Tale: l\u2019activité naturelle.Nous devrions escompter beaucoup de la leçon de choses, parce qu\u2019elle développe à un haut degré l\u2019esprit d\u2019observation, qui engendre l\u2019esprit pratique et l\u2019esprit d\u2019initiative: caractéristiques de l\u2019homme qui fait son chemin dans la vie.S'il faut en juger par certains livres en usage dans nos écoles, cet enseignement se fait au point de vue du PENSÉES POUR L\u2019ÉCOLE 39° développement de la science même, plutôt qu\u2019au point de vue du développement de l\u2019enfant.Dans la plupart des- cas, on s\u2019efforce peu de conduire l\u2019enfant du connu à l\u2019inconnu, en prenant comme point de départ la faculté d\u2019observation de l\u2019enfant, pour qu\u2019elle devienne la base de connaissances plus étendues.En d\u2019autres termes ces ouvrages bien intentionnés visent au développement logique de- la matière à enseigner au lieu de viser au développement logique des facultés de l\u2019enfant.On pourrait faire ce reproche avec assez de raison, du reste, que, chez nous, on n\u2019a pas encore daigné écrire- pour l\u2019enfance.Trop souvent on donne à nos écoliers,.comme récompense à leurs succès scolaires, des livres dépassant leurs connaissances moyennes et qui ne répondent qu\u2019imparfaitement aux goûts de leur âge., Je songe à l\u2019entomologiste J.-Henri Fabre, cet humble maître d\u2019école de France, devenu un savant d\u2019universelle- réputation, et qui ne craignit pas un jour d\u2019écrire un livre- de leçons de choses \u2018conforme au programme officiel!\u201d de son temps.Quand verrons-nous nos savants entreprendre de vulgariser les notions scientifiques et de les exposer par des tours si agréables et si ingénieux que la jeunesse y puiserait une préparation à l\u2019intelligence des faits économiques propres à notre province?On peut encore se demander si l\u2019enseignement primaire se donne aujourd\u2019hui dans un sens suffisamment national,\u2014si, là autant qu\u2019ailleurs, l\u2019instituteur a un but défini.Il est temps de répandre ces vérités: que nous ne sommes guère chez nous au point de vue industriel, quel\u2019exploitation de nos richesses naturelles est passée en grande partie aux mains des étrangers; il faut dire et démontrer que nous n\u2019avons que peu de pulperies, pas de- minoteries à nous, que les services de transport, les messageries, les compagnies de navigation et de chemins de fer se comporte à notre égard comme si nous n\u2019existions pas.C\u2019est à l\u2019école que les aveux d\u2019impuissance économique, les maximes d\u2019infériorité industrielle ayant cours sur nos compatriotes devraient être courageusement démentis les exemples d\u2019activité, les perspectives de succès signalés et commentés.Disons au jeune homme que nous pouvons avancer; montrons-lui la route parcourue et celle qui reste à franchir; rappelons-lui que cette route: est large, ce qui ne veut pas dire qu\u2019elle soit libre.Mais la vie n\u2019est-elle pas un combat dont la palme est au mieux EER Pete SES 40 LA REVUE NATIONALE outillée, au plus méthodique, au plus persévérant?Et la solidarité de race serait-elle un vain mot?C\u2019est, croyons-nous, dès l\u2019école primaire qu\u2019il faut préciser les aspirations de la génération de demain.La conquête économique se réalisera en en parlant aux enfants, en travaillant à faire surgir des industries confor- aux besoins de nos régions, et à déclancher les initiatives qui concourraient à nous libérer enfin de l\u2019humiliante servitude financière où nous paraissons nous complaire.Emile MILLER.J i NOS VIEILLES CHANSONS 41 NOS VIEILLES CHANSONS Les ancêtres causant, le soir, à la campagne, Parlaient du vieux pays dont ils se souvenaient, Décrivant le village, au coin de la montagne Et les gens de là-bas qui trop souvent peinaient.Le pauvre paysan faisait vivre la France Mais ne récoltait guère à son compte et profit.ur Les temps êlaïent mauvais) fréquents la souffrance + Et l\u2019avenir douteux, tout labeur que l\u2019on fit.Alors, au Canada comparant toute chose, Ils se trouvarent heureux de se voir exilés.Et pour chasser l\u2019ennui qui toujours rend morose, Ils chantarent des refrains parfois très éveillés.Nous les savons par cœur, ces chansons légendaires Qui durent plus longtemps qu\u2019un autre souvenir, Car de simples couplets quatre fois centenaires C\u2019est d\u2019un passé lointain tout ce qu\u2019on peut cueillir.Nous sommes détachées de cette vie ancienne Que les premiers colons méditaient si souvent.Ce n\u2019est plus rien pour nous, rien dont on se souvienne, 2 [PE eee vague emporté par le vent.' Jee ; Mais les airs d'autrefois, les paroles folâtres, Les vieux tours de l\u2019esprit, ces marques du Français, La gaîté, les amours, les chants naifs des pâtres Sont restés parmi nous toujours vivants et frais.Ce que 7\u2019 aime avant tout, c\u2019est un peuple qui chante, Non celui qui rumine et semble regretter.Point de mélancolie ou de note touchante ! Et, de fait, notre histoire est facile à porter.BENJAMIN SULTE 42 LA REVUE NATIONALE LOUISON Du plus loin que je puis agiter mes souvenirs, je revois la silhouette longue et maigrie de Louison, ma voisine.Je demeurais alors dans une coquette ville du Nord, et la maison de mon père faisait vis-à-vis à la pittoresque rivière qui porte le même nom.Bâtie sur une petite élévation qui découvrait les contours onduleux du rivage, notre maison cachée sous les arbres avait à sa droite un immense terrain vague qui se prolongeait loin en arrière, jusqu\u2019au bois des Frères.Une grande maison avec pignons et lucarnes, qu\u2019entourait une haie magnifique d\u2019aubépine et d\u2019érables touffus, faisait du lieu de mon enfance le paysage le plus captivant, le cadre le plus attachant qui se puisse réver.Quand toute petite mes jeux me poussaient vers la haie d\u2019aubépine, j\u2019avançais ma tête ébouriffée au milieu du feuillage, et ma curiosité d\u2019enfant toujours avide me poussait parfois jusque chez nos voisins.Louison, alors jeune fille, était jaune et laide, sa figure couturée de petite vérole était lamentable à voir.Ses yeux, dont l\u2019un complètement éteint par la cruelle maladie, se cachaient sous un lorgnon d\u2019or aux verres fumés; \u2018sa bouche aux lèvres blèmes s\u2019ouvrait sur des dents écartées, et ses mains presque inertes dont les doigts, que je trouvais sans flexibilité, avaient des mouvements lents et sans charme, comme des branches mortes. LOUISON 43 Sa mère, jeune encore, élégante et fine, aux beaux yeux noirs, paraissait de beaucoup sa cadette, et son père.homme superbe et bien planté, affable et toujours joyeux, prenait auprès de la pauvre affligée les manières enjouées: et caressantes d\u2019un jeune amoureux.On voyait qu\u2019il voulait, à force de tendresse et d\u2019attentions, tromper la pauvre: enfant sur son infortune et lui procurer au moins un peu.de bonheur dans la vie.Longtemps je pris la fille pour la mère.En grandissant, mon intelligence s\u2019ouvrit aux choses du monde, et je: me demandaicomment deux étres si parfaits avaient pu donner la vie à une enfant si peu minable.Un jour que le pensionnat était à la promenade, nous rencontrâmes Louison et sa mère.Soeur Aline, qui avait connu Louison enfant, nous raconta qu\u2019elle était autrefois jolie comme un chérubin : Blanche et rose, les membres potelés et des yeux superbes, d\u2019un bleu foncé, qui rappelaient ceux de son- père.Un soir, la fièvre la prit; la petite vérole sévissait à.tous les coins de la ville; plusieurs en moururent.La pauvre petite, gravement atteinte, passa tout près de la tombe.Mais elle guérit, et les parents virent que leur trésor- était devenue une petite disgrâce.Mais son intelligence- est très belle, ajouta Soeur Aline, après un silence; son: coeur est d\u2019or, et Dieu seul sait ce que peut souffrir cette enfant devant son malheur, car on a beau être disgraciée, on ne refoule pas aisément toutes ses aspirations à la vie.Comme je racontais cela à ma mère devant notre vieille femme de peine, celle-ci de s\u2019écrier: \u2018\u201c C\u2019est le bon Dieu qui les a punis! Elle a été dûre autrefois aux pauvres orphelins, et lui, odieusement lâche; c\u2019est la fille qui paie pour eux!\u201d \u2014 Comment, fit ma mère, M.F.était-il veuf?\u2014 Mais, oui, dit la mère Charron, et il avait deux enfants jolis comme des amours: la seconde femme, jeune et pimpante, ne voulut pas les garder près d\u2019elle et les petits vécurent Dieu sait comment, de la charité des parents de leur pauvre mère. iy 44 LA REVUE NATIONALE \u2014 Mais, est-ce que M.F.n\u2019essaya pas de les reprendre?\u2014Ca se peut, mais ils ne sont jamais revenus.Au- jourd\u2019hui, la petite est mère de six enfants en bas Âge, et liée pour la vie a une brute, un parfait ivrogne! Ilyena comme ça, ajouta la vieille avec un grand geste, qui naissent avec la malchance au cou! Pour faire manger sa marmaille elle lave le linge de'sa belle-mère.Quand je vois celle-ci couchée sous les arbres, dans son hamac prenant le frais, le sang me tourne! Dieu est juste, allez! : C\u2019est Louison qui paye! A Maman nous dit de ne pas ajouter foi à ces racontars.La mère Charron est vieille et peut radoter.M.F.est estimé de tous, et sa femme semble être bonne ; seulement, soyez gentilies pour Louison.Un jour, comme je revenais du couvent, la jeune fille m\u2019appela.\u2014 Viens done ici, un peu, petite! Tu me ferais tant plaisir! Je n\u2019avais pas encore mes treize ans.Je m\u2019asseyai oo sur l\u2019herbe, tout près d\u2019elle, et à mon étonnement, elle 1 m\u2019apprit qu\u2019elle était fiancée.Tout son être vibrait d\u2019émotion quand elle me dit le nom de l\u2019élu.C\u2019était le jeune C., joli et grand garcon, alors agent d\u2019une compa- A gnie d\u2019assurances.Il était ambitieux et intelligent; il avait l\u2019ambition de parvenir, mais sa pauvreté paralysait Ÿ son talent.Il ne fait pas un gros salaire, me dit Louison, mais une fois mariés, papa l\u2019aidera, et il faut si peu pour \"À être heureux! Elle était confiante en l\u2019avenir, et moi qui regardais son sourire blême, sa peau jaune marbrée de blanc, je me a demandais si la jeune fille ne se leurrait pas et si ce jeune Ek homme pouvait bien l\u2019aimer vraiment.Ses yeux toujours a cachés derrière des verres bleus ne s\u2019embellissaient pas a de la jolie lueur que met toujours l\u2019approche du bonheur dans les regards des plus déshérités.Je la félicitai en prenant ses pauvres mains sans vie, désirant de tout mon coeur d\u2019enfant que son bonheur fût vrai. LOUISON 45 A la maison, on savait déjà la nouvelle.M.F.est riche, dit mon père.Louison a une santé chancelante, le jeune C.est plus ambitieux que romanesque ; mais la jeune fille ferait mieux de rester toujours près de ses parents, qui l\u2019aiment et lui font la vie douce, malgré tout.Les jeudis puis les dimanches qui suivirent, nous vîmes le jeune C.arriver à pas lents, tête basse.Il n\u2019avait certes pas la démanche d\u2019un amoureux bien épris! Après avoir donné la main à toute la famille, on entendit résonner sa voix chaude et grave, et l\u2019on sentait que Louison l\u2019admirait de toute son âme.Toujours habillée de mousseline blanche, un noeud tranchant à la ceinture, elle avait, vue du dos, une taille jeune et charmante, et dans l\u2019ombre du soir, son rire joyeux avait des notes d\u2019une fraîcheur nouvelle.Au milieu de la veillée, on vassait au salon splendidement illuminé, et l\u2019on entendait peu après Louison plaquer quelques accords maigres, de ses doigts inhabiles, puis chanter de sa voix juste, mais aigre, de beaux airs d\u2019opéra.\u201cRobert, Robert, toi que j\u2019aimmme! et qui reçus ma fffoi! Tu vois-mon efffroi! Grrrâce! Grrrace!.\u201d Elle laissait filer avec trop de complaisance les notes de la partition.De notre vérandah, nous avions bien envie de rire, nous, les jeunes.Mais notre mère disait: \u201cNe riez pas d\u2019elle, petites, vous seriez méchantes.La pauvre enfant rêve, ajouta-t-elle, et j'ai bien peur que le réveil ne ia tue.\u201d Le lendemain, les douze employés de la carrosserie voisine grassouillaient & qui mieux mieux: \u201cRobert, Robert toi que j'aimmme! Grrrâce pour moi! Grrrâce pour toil.C\u2019était tordant, mais Mlle Louison ne s\u2019en froissait pas; elle courait à son piano et, malgré les railleries des jeunes ouvriers, elle chantait encore.Elle était aimée! Son coeur était ivre.Retrouvant la jeunesse et oubliant sa laideur, elle tendait comme la plus jolie ses lèvres avides à la coupe enchanteresse.Un dimanche, nous vîmes descendre de l\u2019omnibus, chez nos voisins, une jeune fille au teint coloré et aux dents RPI TH HR HRN RR UH I RR TS CEST PORTER Ny wad ERIE ACRE LESEEAREIAE HL AChE 01 46 LA REVUE NATIONALE blanches.Ses formes pleines et arrondies, sa figure rieuse, ses grands yeux sombres, charmaient tous les regards.Louison, naive, lui raconta vite son secret; les bras de sa cousine Claire passés autour de sa taille, et a les voir ainsi enlacées, se promenant dans le parterre, on se sentait ému par un aussi cruel contraste.\u2014Ah! dis-je, M.C.qui vient ce soir! Certain qu\u2019il va faire pleurer Louison.\u2014 C\u2019est chose sûr, dit mon père.Vers les huit heures, il arriva de son pas lent, habillé de frais, élégant et poli.Il s\u2019inclina devant la nouvelle venue qui riait de toutes ses dents blanches.Devant cette beauté provocante qui voulait plaire en écrasant Louison, j'aurais voulu mordre! Car j'aimais beaucoup ma voisine, pour sa disgrâce, pour son humeur toujours si douce.Le lendemain soir il revint, puis le surlendemain, puis tous les jours.Louison ne chantait plus et la cousine ne parlait pas de partir.Un soir, près du pont, je vis le jeune C.et la cousine Claire qui se parlaient dans les yeux en se tenant les mains.J'étais jeune, je jetai un regard courroucé sur la jolie coquette qui brisait le bonheur de sa cousine avec une si inconsciente légèreté.Quelques jours après on vit partir Claire.Debout, près de la voiture qui devait la conduire à la gare, Louison lui tendit la main, puis au loin agita son mouchoir.L\u2019extrême timidité de la pauvre enfant l\u2019avait isolée pour ainsi dire des autres jeunesses.Et elle ignorait le mal, l\u2019envie et l\u2019égoisme de certains coeurs.Sa cousine était si gaie, si jolie! Il n\u2019était pas étonnant que son fiancé en fût séduit; mais maintenant qu\u2019elle s\u2019en allait.il lui reviendrait! Et elle reprendrait un peu de son coeur, ne fit-ce qu\u2019un morceau.Mais le lendemain Charles C.ne vint pas, ni les autres jours.Les semaines qui suivirent nous apprirent successivement le mariage du jeune C.avec la cousine Claire et la maladie soudaine de Louison.Elle était devenue la proie d\u2019un affreux délire.i LOUISON 47 La chambre de la malade donnait sur notre côté.On vit poser deux barres de fer à sa fenêtre, puis une garde forte et musclée aller et venir dans la maison.Pauvre Louison! Durant cinq semaines, elle se débattit contre de vains fantémes.Puis quand avril reverdit et fleurit l\u2019aubépine, on la coucha sur sa chaise longue afin que l\u2019enchantement de la journée printanière mit un peu de baume sur son coeur broyé.Petit à petit, ses pas s\u2019affermirent, mais son teint resta blafard, ses yeux ternes et ses lèvres blêmes.Il n\u2019y avait pas de bonheur pour elle! C\u2019était certain, et son père, anxieux, avait caché avec soin tous les miroirsde la maison.Un matin, on vit sortir Louison habillée de sombre.Elle se rendait à l\u2019église, pour la première fois depuis l\u2019épreuve.À genoux dans le temple, isolée, elle ragardait fixement la porte close du tabernacle, et son esprit encore faible errait vaguement de ses souvenirs de douleur à l\u2019heure présente.La pensée que le Divin Solitaire la regardait traversa son esprit.Ce fut un éclair, un foudroiement d\u2019amour divin.Ah! celui-là aussi avait connu le dédain, la trahison! Celui-la s\u2019était vu abandonner de ceux qu\u2019Il avait aimés au point de leur donner sa vie.Mais Louison ne l\u2019avait-elle pas méconnu?Au lieu d\u2019aller a Lui, elle avait voulu le donner aux hommes! Au plaisir de l\u2019heure! Et pour avoir été rejetée par un coeur humain, elle avait voulu mourir, désespérant de tout, même du Ciel! Et voilà que tout son être se transforme, son coeur se gonfle sous une poussée de repentir, et son âme victorieuse, comprenant le grand mystère d\u2019amour, se sent consolée à jamais; et la pauvre affligée se donne toute au Chef crucifié! De cette heure-la, personne ne reconnut Louison.Habillée de bleu foncé qui éclairait son teint; coiffée plus simplement, la démanche moins nonchalante, elle aequit un charme de simplicité qui étonna tout d\u2019abord.Ses traits empreints d\u2019une incroyable sérénité perdirent de REVOIR EE A TR EC POS 48 LA REVUE NATIONALE leur laideur et, pour avoir pacifié son coeur, tout son être s\u2019imprégna d\u2019une grâce simple.Chaque matin elle se rendait à la première messe et là, oubliant tout ce qui l\u2019entourait, elle s\u2019anéantissait dans une méditation qui tournait à l\u2019extase.A l\u2019approche de l\u2019automne sa santé s\u2019altéra sensiblement.Atteinte d\u2019une grave maladie cardiaque, elle était sujette à des palpitations qui la tenaient des heures entières étendue sur sa chaise longue.Mais tous les matins la pieuse fille parcourut la route qui la conduisait à l\u2019église, et, malgré tous les conseils maternels, elle ne voulut pas renoncer à ce cher pèlerinage.C\u2019était sa vie, son pain, son réconfort, que cette heure donnée à Dieu.Un matin pluvieux de novembre, elle se leva fiévreuse et s\u2019habilla avec beaucoup de fatigue et d\u2019efforts, puis elle sortit d\u2019un pas mal assuré.L'air vil la soutint, la ranima, mais quand elle se présenta à la Sainte Table, sa figure émaciée avait des tons de cire, et les fidèles qui la regardaient avec une respectueuse pitié, pressentaient que la pauvre enfant, vieillie avant l\u2019âge, ne tarderait pas à quitter un monde qui lui était si dur.Chancelante, les yeux brouillés, elle sortit de l\u2019église, mais son coeur comprimé aspira-t-il un air trop vif ou se brisa-t-il sous une tension trop grande ?Nul ne le sait! Mais on vit Louison fléchir puis s\u2019écraser sur la pierre du portique, et quand on la releva, elle était sans vie.Dans la chambre ardente et fleurie où Louison dort de son dernier sommeil, on se dit que la mort, en lui donnant une beauté suprême, la venge de la terre qui la fit laide.Ses parents, qui la pleurent à genoux pensent à ce qu\u2019aurait pu être la vie de leur enfant sans la maladie d'autrefois.Peut-être aussi la mère a-t-elle compris devant le martyre de sa fille, qu\u2019elle fut cruelle aux pauvres orphelins, et le père effondré voit peut-être au-dessus de la morte, l\u2019autre morte, la mère de ses premiers nés, qui, la main tendue, lui montre l\u2019huis, par où, naguère, sans coeur et sans entrailles, il a laissé partir ses chers petits! LOUISON | 49 Dors en paix, Louison! Ta belle ame délivrée du joug terrestre doit resplendir maintenant la-haut, pres de Celui qui a dit: \u2014 Heureux les affamés de tendresse, Car ils serant rassasiés! Mme C.BASTIEN NOTRE NUMERO D\u2019GCTOBRE 1921 Ceux de nos lecteurs qui ne collectionnent pas la REVUE NATIONALE et qui ont le numéro d\u2019octobre 1921 en leur possession sont instamment priés de l\u2019adresser au secrétariat t de la Société, Monument National, MANS ESAT ES SES Montréal, qui le leur paiera au prix régulier de 15 sous. LA REVUE NATIONALE pts S3 Wn r > 2; L\u2019HEURE UNIVERSELLE La science des mathématiques est l\u2019une des plus utiles en même temps que des plus attrayantes qui soient.Elle est une des plus admirables conceptions de l\u2019esprit humain, pourtant fertile en inventions et en découvertes de tous genres.Fondée sur des principes évidents par eux-mêmes et sur des données certaines, elle a comme moyen d\u2019action le raisonnement.Partant d\u2019axiomes, c\u2019est-à-dire de vérités admises, incontestées et incontestables, elle conduit à d\u2019autres vérités, lesquelles, à leur tour, en engendrent de nouvelles, et c\u2019est ainsi que cette science féconde nous mène de déduction, à des résultats merveilleux.Prenons par exemple une de ses divisions les plus intéressantes, celle de l\u2019astronomie.N\u2019est-il pas vraiment admirable, et presqu\u2019incroyable pour les non-initiés, que l\u2019on soit parvenu à calculer non seulement la distance de la terre au foyer central des planètes qui peuplent l\u2019espace infini, mais encore à résoudre le problème de leur poids, de leur orbite, de la vélocité de leur rotations diverses, soit sur leur axe, soit autour de leur centre d\u2019évolution ?La science moderne possède aussi les moyens de dénombrer, pour ainsi dire, les infiniment petits, aussi bien que les infiniment grands.On a, par exemple, calculé le nombre de microbes contenus dans une goutte d\u2019eau.Ils sont là par légions, par myriades, c\u2019est-à-dire en quantités innombrables, que la science mathématique a pu cependant évaluer.er Era mn ce Ses L\u2019HEURE UNIVERSELLE 51 Les mathématiques appliquées se subdivisent en un grand nombre de branches toutes plus intéressantes les unes que les autres.La chronologie, science de la inesure, ou de la division du temps, n\u2019est pas une des moins intéressantes de ces branches.Elle se divise en deux parties, l\u2019une théorique, dite chronologie mathématique ou astronomique; l\u2019autre pratique, dite chronologie historique.Dans son application aux événements humains, celle-ci forme la base essentielle de l\u2019histoire.Je me bornerai ici à la question de l\u2019heure universelle, et j\u2019avouerai tout de suite que je n\u2019ai ni inventé ni découvert le moyen de la régler.Mon seul mérite, si mérite il y a, sera d\u2019avoir aidé à la diffusion de la connaissance du problème résolu par sir Sandford Fleming.Le jour est la base du système de calcul du temps.Or, qu\u2019est-ce qu\u2019un jour?Qu\u2019entendons-nous par ce mot?Cette question paraît tellement simple et enfantine que vous êtes tentés de répondre que ce mot n\u2019a pas besoin d\u2019être défini pour être compris.Mais sommes-nous aussi sûrs que cela de la simplicité de la question?Voyons un peu.Ouvrons un dictionnaire au mot jour.\u201cEspace de vingt-quatre heures, lisons-nous, qui se prend parmi nous, d\u2019un minuit à l\u2019autre, et qu\u2019on appelle le \u2018jour civil.\u201d On le dit souvent aussi du temps qui s\u2019écoule entre le lever et le coucher du soleil, et qu\u2019on nomme par oppisition \u201c\u201cjour naturel\u201d.Nous voilà donc avec deux définitions bien distinctes.Mais poursuivons notre lecture: \u2018\u2018\u201cJour astronomique\u201d : Espace de vingt-quatre heures solaires moyennes, comptées d\u2019un midi à l\u2019autre.\u201d Et de trois.Mais nous n\u2019avons pas encore fini, tant s\u2019en faut.Nous avons encore le \u201cjour lunaire,\u201d le \u201cjour moyen,\u201d le \u201cjour sidéral\u201d et le \u201cjour solaire.Donc, en tout, sept jours différents; de quoi former une semaine complète, si on les mettait les uns après les autres.Et je vous fais grâce du \u2018\u201cjour artificiel\u201d et du \u201cfaux jour.\u201d Vous voyez donc que la question n\u2019est pas aussi simple qu\u2019elle le paraissait au premier abord.Le jour qui va, nous occuper, c\u2019est le jour civil, aussi quelquefois nommé \u2018\u2018jour de calendrier.\u201d poe ZRII | i LA REVUE NATIONALE Il faut environ 36514 jours pour faire une année civile.Mais on n\u2019a pas toujours calculé ainsi.Durant les premiers âges historiques beaucoup de confusion régnait dans la chronologie.Les Egyptiens, les Hébreux, les Indous, les Chinois, enfin, tous les peuples de l\u2019antiquité, possédaient chacun leur chronologie particulière, c\u2019est ce qui fait qu\u2019il y a tant d\u2019obscurité dans les annales des siècles qui ont précédé l\u2019ère chrétienne, et c\u2019est ce qui fait aussi que l\u2019étude de ces chronologies est un véritable casse-tête chinois.Ainsi, par exemple, plus de cent quarante opinions ont été émises sur la seule date de la création du mende.Pour mettre fin à cette confusion comparable à celle de Babel, Jules César, l\u2019an 46 avant l\u2019ère chrétienne, réforma le calendrier en créant l\u2019année bissextile.Le calendrier julien demeura en usage jusqu\u2019en l\u2019année 1582, quand le pape Grégoire XIII le réforma à son tour et établit de nouvelles règles d\u2019intercallation.Ces deux dates font époque dans l\u2019histoire de la chronologie.Près de trois siècles et demi se sont écoulés depuis la dernière réforme du calendrier.Durant ce long espace de temps, de nouveaux continents ont été ouverts à la civilisation, d\u2019immenses régions ont été peuplées par des races civilisées, s\u2019occupant d\u2019arts, de sciences et de commerce.Les relations internationales se sont énormément développées, et le nombre de voyageurs qui parcourent sans cesse l\u2019univers s\u2019est aussi prodigieusement accru.Depuis le milieu du siècle dernier surtout, des inventions et des découvertes merveilleuses et nombreuses ont changé la face du monde.Let points les plus éloignés du globe sont maintenant en communication facile et rapide.La vapeur, l\u2019électricité, le télégraphe avec ou sans fil, le téléphone, ont raccourci, pour ne pas dire supprimé les distances.Nous pouvons maintenant suivre presqu\u2019à la minute même où elle s\u2019accomplit la marche des événements dans le monde entier.C\u2019est plus que jamais le cas de dire que le monde est petit.Le dicton: \u2018Grand comme le monde\u201d a LA REFORME DU CALENDRIER 53 aujourd\u2019hui singulierement perdu de sa signification première.Les conditions modernes de la vie humaine appellent \u201c donc de nouvelles réformes.La question de l\u2019heure est au premier plan.Il est temps, croyons-nous avec M.Fleming, de régler une fois pour toutes, cette question qui s\u2019impose de plus en plus à notre attention.Les notes qui suivent ne sont qu\u2019une très brève et très imparfaite analyse d\u2019un travail lu devant la \u201cSmithsonian Institute\u201d de Washington, en 1886, par M.Fleming.Aujourd\u2019hui l\u2019heure varie avec la longitude, c\u2019est-à- dire qu\u2019il y a autant d\u2019heures différentes qu\u2019il y a de méridiens.Il s\u2019agit maintenant d\u2019établir une heure unique, c\u2019est-à-dire mondiale ou cosmique.Pour cela il faut un méridien initial commun à tous les pays sans exception, Ce méridien fut choisi en 1884, par un congrès de savants réunis à Washington et dans lequel plus de vingt-cinq pays étaient représentés; c\u2019est celui de Greenwich, en Angleterre.Toutes les cartes géographiques et marines sont maintenant faites en prenant ce méridien pour base.Pourquoi alors ne pas l\u2019adopter pour l\u2019heure cosmique, se demanda M.Fleming, et aussitôt il se mit à l\u2019oeuvre, étudia son problème, le résolut et le livra enfin à la publicité.La réforme se résume à ceci.Le jour solaire moyen sera divisé en vingt-quatre heures au lieu de deux fois douze hueres, et il commencera à l\u2019heure zéro, c\u2019est-à-dire à minuit au méridien initial.A cet instant précis il sera l\u2019heure \u2018\u2018zéro\u201d par toute la terre.Ça n\u2019est pas plus malin que ça, mais, comme pour l\u2019oeuf de Christophe Colomb, il fallait y penser.Il en est ainsi, d\u2019ailleurs, pour toutes les grandes oeuvres, pour toutes les grandes découvertes.Un puissant cerveau ne peut se complaire à suivre l\u2019ornière de la route tracée, il faut qu\u2019il s\u2019envole dans l\u2019espace où puissent se déployer à son aise les ailes de son génie.L\u2019adoption définitive de l\u2019heure cosmique marquera _ une époque non moins glorieuse, non moins décisive dans la marche en avant de la civilisation que les deux réfor- LE RE SEE DC ST TS SEE 54 LA REVUE NATIONALE mes du calendrier, ses devancières, qu\u2019elle couronnera.dignement.Le jour était divisé en vingt-quatre heures, chaque heure correspond donc à 15 deg.de longitude.Ainsi, par exemple, aujourd\u2019hui, quand il est minuit à Greenwich, à Petrograde il est deux heures du matin, et à Tokio, dix heures; tandis qu\u2019à Ottawa il n\u2019est encore que sept t'eures.du soir précédent.D\u2019où des complications, des confusions à n\u2019en plus finir.Avec la nouvelle méthode, plus.d\u2019ambiguité, plus d\u2019équivoque possible.Ce système est la précision même.Lorsqu\u2019un événement se produira tel jour, à telle heure, ce sera partout le même jour et la même heure.On ne sera plus obligé en recevant une dépêche d\u2019Europe, par exemple, de calculer les différences d\u2019heures en cherchant la longitude de l\u2019endroit d\u2019où elle vient; on ne sera plus forcé non plus d\u2019avancer ou de retarder sa montre tous les jours en voyageant, selon que l\u2019on dirige sa course vers l\u2019Est ou vers l\u2019Ouest, et il n\u2019y aura plus de semaines de deux jeudis, les jours n\u2019enjambant plus les uns sur les autres.Une fois l\u2019heure universelle ou cosmique établie, et lorsqu\u2019on aura une fois réglé sa montre, tout sera dit.Ainsi, à ce moment-là, nous, d\u2019Ottawa, devrons avancer la.petite aiguille de cinq heures, c\u2019est tout.Cela ne dérangera rien ni personne.Celui qui se lève d\u2019habitude à six heures sautera hors du lit à onze heures.Celui qui dîne- à une heure de l\u2019après-midi, c\u2019est-à-dire à treize heures, se mettra à table à dix-huit heures, et il soupera à l\u2019heure- zéro au lieu de 7 heures du soir, comme aujourd\u2019hui.Si le monsieur a l\u2019habitude de se coucher à onze heures du: soir, c\u2019est-à-dire à 23 heures, il se mettra dorénavant au lit à quatre heures.Quelques jours suffiront pour s\u2019habituer à cette nouvelle manière de compter les heures, et avant huit jours, il n\u2019y aura plus d\u2019erreur possible.J\u2019ai dit que lorsqu\u2019on aura réglé sa montre, tout sera dit.C\u2019est vrai, mais on aura eu la précaution auparavant de faire remplacer le cadran de sa montre par un autre qui marquera les vingt-quatre heures.Ce nouveau ELL TIT RR LP HE EN HAR ER HL LA REFORME DU CALENDRIER { 55 cadran aura deux cercles.Le cercle intérieur sera comme celui d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est-à-dire qu\u2019il marquera les heures de un à douze, tandis que le cercle extérieur indiquera les heures de treize à vingt-quatre, ou zéro.Quant aux nouvelles montres, elles seront faites de façon à ce que les aiguilles marchant de moitié moins vite, un seul cercle divisé en vingt-quatre parties remplacera l\u2019ancien cadran.Et maintenant, peut-être désirez-vous apprendre comment M.Fleming parvint à faire son calcul.L\u2019idée de l\u2019heure cosmique fut certainement un trait de génie, mais encore fallait-il appliquer cette idée lumineuse.Comment établir cette heure?Il fallait une base, - un point de départ.Après mûre réflexion, il se dit: \u201cPla- çons-nous en esprit au pôle nord, vers lequel tous les méridiens convergent et où ils se confondent.Au pôle nord il n\u2019y a ni Est, ni Ouest; de quelque côté que je me tourne, je regarde vers le Sud.Alors comment déterminer l\u2019heure ou même la longueur du jour civil en cet endroit où le jour dure six mois.Il me faudrait, se dit-il, planter là-bas, sur l\u2019horizon, une marque quelconque et observer le passage du soleil à cet endroit.Il serait alors disons midi pour cet endroit; puis en décrivant un cercle autour du pôle et en le divisant en vingt-quatre parties égales, j\u2019obtiendrais la division du jour solaire en heures.Mais au lieu de choisir cet endroit au hasard, pensa-t-il, si je placais ma marque à un endroit connu, cela simplifierait la question.Alors pourquoi ne pas la placer sur le méridien de Greenwich, déjà commun de toutes les nations civilisées?\u201d Le pro- blême était résolu.Ainsi, avec l\u2019heure cosmique, au lieu d\u2019avoir midi à douze heures en temps normal et à onze heures en midi à douze heures en temps normal et à onze heures en été, avec cette fameuse invention de l\u2019avance de l\u2019heure, nous aurons à Ottawa midi à dix-sept heures, et nous pourrons alors parler avec plus de vraisemblance que par le passé d\u2019un monsieur cherchant midi à quatorze heure.TR Tr FTE FO FI PL FL FETT A SODESE POUR RSR BL JT TL YET] FLYCA RARES : A i s i = H A \u201c \\ vo a 56 LA REVUE NATIONALE I1 trouvera ce qu\u2019il cherchait depuis si longtemps, au Groénland ou aux Acores! Nous sommes habitués a considérer le chiffre douze comme étant nécessairement lié à l\u2019heure de midi.Il n\u2019en est rien pourtant.N\u2019avons-nous pas eu tout l\u2019été midi à onze heures?Eh bien si le midi ou milieu du jour, peut se trouver à onze heures, pourquoi pas aussi bien à dix- sept-heures ?A ceux que le problème intéresse je recommenderai de lire la brochure de sir Sandford Fleming.Elle est intitulée \u201cTime reckoning for the Twentieth Century\u201d.Elle a paru dans le \u201cSmithsonian Report\u201d pour l\u2019année 1886, et a aussi été publiée en brochure en 1889.Francis-J.AUDET AIGUILLE A BRODER Avec cette aiguille facile à manier, vous pouvez faire une pièce de broderie artistique en quelques heures, ce qui demanderait les semaines ,en employant l\u2019aiguille ordinaire.Avec instructions complètes et pa- GENS à trons: $1, Satisfaction assurée.Agents de- KE AUS dés.Conditions avec la première com- STE man premiere co TI mande.KING ART NEEDLE CO.Casier Li postal 1503, Montréal, Qué.Tél.Est 1584 == Chs.-C.de Lorimier 291, St.Denis, Montréal Vis-à-Vis le Théâtre St.Denis Fleurs naturelles et artificielles Spécialités : Tributs Floraux, Funéraires.[PTR TC TM CTI À PTE VRP ERIC PE LES PERRIER CE EE RER POICON PER ae Poe RE PRE TH HM TIN FO TRIE CPE Rr RE TRA ITH HR BH FREE EEE EM EM CEE RRR RH ER Hr CE QU\u2019IL FAUT LIRE GERBES CANADIENNES, par M.le sénateur L.-O.David, Librairie Beauchemin, Montréal, 1921.Ce recueil porte bien son titre.Certaines des pieces: qui le composent sont inédites, d\u2019autres ont paru au cours de la si remarquable et fructueuse carrière de l\u2019auteur; mais, pour être des glanures, elles ne laissent pas d\u2019être- précieuses.Il y a d\u2019abord une étude sur Charles Lemoyne, donnée en conférence à l\u2019une des soirées de notre Société, en 1907.Vient ensuite une intéressante étude sur Louis.Labrèche-Viger, qui fut successivement étudiant en théologie, avocat, publiciste, marchand, député et industriel.Suivent les biographies d\u2019Alexandre MacKenzie, de H.-G.Joly de Lotbiniere, de Mgr.Paul Bruchési, du Dr.S.Lachapelle, des études sur ia fédération impériale, le parti libéral anglais et l\u2019Irlande, les écoles bilingues en Ontario, et un discours sur le bill d\u2019autonomie des provinces de l\u2019Ouest, où l\u2019auteur disait à ses collègues de la Chambre haute: \u201cAprès tout, le malheur d\u2019avoir des catholiques et des Canadiens-français dans le Canada n\u2019est pas si grand, et ce n\u2019est pas un malheur sans compensation, puisque tant d\u2019homme éminents sont d\u2019opinion que la diversité de races et de religions est un élément de progrès et de civilisation.Ceux qui redoutent tout ce qui est français: et catholique oublient sans doute qu\u2019ils ont du sang français dans les veines, et que, pendant seize siècles, leurs ancêtres ont été catholiques.\u201d 58 LA REVUE NATIONALE L\u2019ouvrage se termine par une étude sur les conséquences de la guerre au point de vue canadien, sur la situation ouvrière et les derniers temps.E.M.TUEURS D'ENFANTS.Brochure de 30 pages; Québec, 1919.Lisons \u201cTueurs d\u2019Enfants\u2019\u2019, et méditons sur la calamité des sirops calmants.Son auteur, le Dr.L.-F.Dubé, fut mon confrère à l\u2019Université de Montréal.Il était stu- dieu xpar vocation et déjà un patriote militant.Il n\u2019a pas changé.Je recommande instamment aux mères canadiennes de lire et de faire lire \u2014 pour le bénéfice de notre race \u2014cette brochure qui démasque avec tant de crânerie les \u201ctueurs d\u2019enfants.\u201d 1 Dr.Joseph BOULANGER.LES PETITS LIVRES BLEUS, Collection du Foyer.Le Ministère fédéral de la Santé vient de publier une série de cinq brochurettes, les unes de 12, les autres de 32 pages, sur des questions d\u2019hygiène et de bien-être.Cela s\u2019intitule : 1.Les bons souhaits du Canada, Comment construire une maison canadienne, Comment fonder un foyer canadien, Les foyers-vedettes au Canada, Canadiens, buvez du lait! Ce sont autant d\u2019intéressantes monographies traduites avec soin.On peut obtenir gratuitement un exemplaire de ces ouvrages en adressant sa demande comme suit: S.D.S.M.(sans timbre-poste), le Sous-Ministre, Ministère de la Santé, Ottawa. NOTRE CONCOURS DE ROMANS NOTRE CONCOURS DE ROMANS En octobre 1920 la Société Saint-Jean-Baptiste, de Montréal instituait un concours de romans.Les manuscrits devaient contenir 50,000 mots et être déposés au secrétariat de la Société avant le ler mai 1921.La Société accordait $500 à partager entre un premier prix de $300 et deux seconds prix de $100 chacun.Conformément aux conditions de ce concours, la Société Saint-Jean-Baptiste a fait le choix d\u2019un jury de cing; ce choix a été ratifié par la Faculté des lettres de l\u2019Université d eMontréal.Ce jury était composé de M.l\u2019abbé Elie-J.Auclair, directeur de la Revue Canadienne, de Mlle Marie-Claire Daveluy, membre de la Société historique, de M.Germain Beaulieu, dramaturge, critique littéraire, de M.Gustave Comte, nouvelliste, et de M.Hector Garneau, historien et bibliothécaire.Celui-ci ayant déclaré ne pouvoir lire les manuscrits, a été remplacé par M.Ubald Paquin, qui était le choix unanime des quatre juges.Les membres du jury se sont réunis le mardi 20 décembre 1921.Ils ont l\u2019honneur de faire le rapport suivant: \u201cDes neufs manuscrits reçus au secrétariat de la Société, six noms ont été référés pour lecture; les trois autres avaient été éliminés, comme étant ou trop peu développés ou manifestement inférieurs.\u201cAprès délibération, le jury a décidé qu\u2019aucun des manuscrits ne méritait le premier prix.\u201cLe jury attribue un deuxième prix ($100) à l\u2019auteur du Roman d\u2019Hélène, et un troisième prix ($100) à l\u2019auteur de l\u2019Iris bleu.Un autre manuscrit, d\u2019une valeur à peu près égale à celle des deux précédents, le Lys de sang, 60 LA REVUE NATIONALE ne peut cependant être primé, vu qu\u2019il ne répond pas aux conditions du concours.(Signé) L\u2019ABBE ELIE-J.AUCLAIR, GERMAIN BEAULIEU, MARIF-CLAIRE DAVELUY, GUSTAVE COMTE, UBALD PAQUIN.\u201cMontréal, le 4 janvier 1922.* * x On se rappelle que, d\u2019aprés les conditions de ce concours, seuls les auteurs qui faisaient connaître leur nom pouvaient être identifiés.Les noms des lauréats sont maintenant connus.Un prix de $100 est décerné à l\u2019auteur du Roman d\u2019Hélène, Mlle Cécile Beauregard, qui habite Sainte- Angèle-de-Monnoir, comté de Rouville.Mlle Beauregard a déjà puilbé, sous le pseudonyme d\u2019Andrée Jarret, Contes d\u2019hier (1918) et Moisson de souvenirs (1919).L\u2019autre prix de $100 est décerné à M.J.-E.Larivière, notaire, à Montréal, pour son Iris bleu.Le rapport du jury mentionnait qu\u2019un autre manuscrit, d\u2019une valeur à peu près égale à celle des deux précédents, le Lys de sang, ne pouvait cependant toucher un prix, parce qu\u2019il ne satisfait pas à l\u2019une des conditions essentielles du concours,\u2014ce qui n\u2019enlève rien, évidemment, à la valeur générale de l\u2019oeuvre ni aux mérites de son auteur.La Société remercie l\u2019auteur du Lys de sang, M.Georges Bugnet, de Rich Valley, en Alberta, d\u2019avoir quand même soumis son roman à l\u2019attention du jury.Le Chef du Secrétariat.LIVRES DE COMPTABILITE A FEUILLETS MOBILES OCCASION DE BON MARCHE UNIQUE A vendre, à conditions faciles, 30 armatures pour livres de comptabilité à feuillets mobiles, 1014 x 16, excellente fabrication, coins en cuir.S\u2019adresser au chef du secrétariat de la Société Saint-Jean-Baptiste, Monument National, bureau .no 1, tél.Plateau 3768. 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