La revue nationale /, 1 mars 1922, Mars
[" a aE .de ANNÉE\u2014No.3 MONTRÉAL ° oo \u201c MARS 1922 LA REVUE NATIONALE Organe de la Société Saint-Jean-Baptiste dé*Montréal PARAISSANT LE 10 DE CHAQUE MOIS \u2019 \u2014_\u2014\u2014\u2014 Le Role du Défricheur .L.-O.David .69 Un Boulevard de la Langue Fran- \u2018 caise en Ontario .Alfred Decelles, fils 72 Nazareth .+ + .F.-J.Lamberet .81 A Propos de Régiments .\u201d .Benjamin Sulte .86 Chronique de la Société .F.-X.Courteau .90 Rédaction et Administration : 296, RUE SAINT-LAURENT MONTREAL Abonnement annuel: $2.00 La livraison (chez les dépositaires) : 15 sous.Les abonnements à la REVUE NATIONALE eommencent invaria- \u2018blement au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste, na \u2014 i + SR wy \u201cLa Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal: Fondée en 1834 9 oo © CONSEIL\"GENERAL:\u201c * Mgr, TARCHEVEQUE DE MONTREAL.\"Grand aumdhier : Président Général\u201d Motor MORIN, LL: Ds + notaire, 97 rue Saint- Heo \u2018 Tâèques, PR TE Lo \u2018ler vice: \u201cprésident général : V.-E.BEAUPRE, I.C., professes \u201c676, rÜé Saint-André.- = ose me RE 4 : - Le vice-président général : JB.LAGACE, M.A.professeur 836, f rue Saint-Hubert.\u2018 Secrétaire général : Victor DORE, professeur, 214, rue Berri, 8 \u201c Trésorier général :- J.-P.-L.BERUBE, secrétaire du Conseil des Arts 3 et Manufactures, 296, rue.Saint-Laurent.DIRECTEURS L\u2019hon.L.-O.DAVID, sénateur, 291, rue Saint- Hubert.\u201cThomas -GAUTHIER, courtier, 11, place d\u2019Armes.3 -L\u2019hon.F.-L.BEIQUE, sénateur, 740, ouest, rue Sherbrooke.-Guy VANIER, LL.L., avocat, 97, rue Saint- Jacques.J.-V.DESAULNIERS, courtier en immeubles, 90, rue.Saint- Jacques.Henry-L.AUGER, courtier en immeubles, 384 est, rue Ontario.Léon TREPANIER, publiciste, 1284, rue Saint-Hubert.Chet du Secrétariat : Emile.MILLER, bureau No.1, Monument National, tél.Plateau 3768.Ce.Se 4 Corporations filiales de la Société ro La Caisse \u2018Nationale d\u2019Economie \u2014 la Caisse de \u2018Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.* ; 207 \u2019 ~ - La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean- \u2018Baptiste de Montréal, 296, rue Saint-Laurent, et imprimée par Al- \u2018bert Morel, 457, rue Amherst, Mo ntréal.oo - a ade te sami gin lp og ae on cût, pall ae LE aaa a LA REVUE NATIONALE.65, Avez-vous déjà goûté du véritable thé vert ?LE THE VERT est une véritable révélation pour ceux qui ont cru jusqu\u2019ici que les.seuls thés verts étaient les \u201cthés du Japon\u201d ou les \u201cthés verts de Chine\u201d.Sa saveur exquise\u2014ne provient que des feuilles de thé de premier choix fraîchement préparées, Sur réception d\u2019une carte postale nous en expédierons avec plaisir un échantillon.SALADA, MONTREAL.Le Vêtement souvent fait l\u2019homme \u201c LA CIE NATIONALE DES TAILL EURS Dont M.Z.-P.SAINTE-MARIE est le propriétaire, vous pourvoira de ce qu\u2019il y a de plus nouveau en COMPLETS ET PALETOTS de coupe parfaite, à des prix modérés.Complets Spéciaux à $25.et $35.00 | | ~ 308, BOUL.SAINT-LAURENT Téléphone PLATEAU 3149.A côté du NMonumeat National.| LISEZ ET FAITES LIRE : L\u2019intéressante revue de Jajeunesse.75 Sous\u2019 paran.7 sous le numéro.ay ag ua AAC MS Ahem, ac Hed on or Bae viet ai LA REVUE NATIONALE \u201cPresto\u201d Appareil chauffant l\u2019eau INSTANTANEMENT Suppression de l\u2019eau chaude Suppression des allumettes Economie de gaz Catalogue de démonstration sur demande.The Presto Mf\u2019g Co.340, rue Amherst MONTREAL, CANADA.=: College Commercial Elie = 0 emmy + Toutes les matières commerciales.Télégraphie et conversation anglaise enseignées le jour et le soir, par des experts.1, CARRE SAINT-LOUIS, TEL.EST 2539 | MONTREAL.SOUFFREZ-VOUS D\u2019UNE HERNIE ?PORTEZ LA BANDE HERNIAIRE MARTIN La seule qui donne entière satisfaction.Toujours en mains : Ceintures abdominales, Bas élastiques, Corsets pour Gibbosité Appareils Ortho- DE pédiques, Béquilles, 1 aE ete.DEMANDEZ NOTRE QUESTIONNAIRE Fabrique Canadienne de Bandages C.MARTIN, Prop.Dép.N\u201435 Craig Est, MONTRÉAL LA REVUE NATIONALE 67 LA PATISSERIE PARISIENNE JOS.RONDEAU, Prop.Médaille d\u2019or, Paris 1899 Le plus grand choix de Pâtisseries Françaises.Assortiment complet de bonbons fins ! 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| t IN 19 1 oe i.in 4 ni 4 iM 4 i A A À a 1] Rar ier Ft TE EE 2A1 70 LA REVUE NATIONALE Laurier avait une haute idée de l\u2019importance du rôle joué par le défricheur dans nos destinées.Il disait ; \u201cNos compatriotes s\u2019étendront de plus en plus dans toute la région du Canada et des Etats-Unis qu\u2019on pourrait appeler la région forestière.Le canadien-francais est né bûcheron ; il se sent chez lui dans la forêt ; il en abat les arbres ; il y bâtit de ses mains sa loge de bois rond ; il s\u2019entend avec le marchand de bois pour la vente de ses troncs d\u2019arbres.Le défrichement fait, il sème des pommes de terre, du blé et autres grains ; plus tard il aura une vache, un cheval, etc.Nos cantons de l\u2019Est sont devenus une seconde Normandie pour le pacage, l\u2019élevage des bestiaux, la fabrication du beurre et du fromage.\u201cLes Canadiens-français occuperont de même toute la région du Témiscamingue, du lac Saint-Jean et une bonne partie de la Nouvelle-Angleterre.Les Américains, comme d\u2019ailleurs les Anglais des Cantons de l\u2019Est, en prennent leur parti, ils partent, ils s\u2019en vont vers l\u2019Ouest, cherchant des régions où le travail est moins ardu et qui demandent peu de défrichement.\u201d Ce que Laurier disait de l\u2019expansion des Canadiens- français dans la Nouvelle-Angleterre rappelle les projets formés sous la domination française pour s\u2019emparer de ce territoire.On sait que c\u2019était un des projets favoris du célèbre d\u2019Iberville et que ce guerrier invincible aurait fini par accomplir son dessein, s\u2019il n\u2019était pas mort prématurément.Il est assez curieux de voir les flots débordants de notre population envahir le territoire dont nos pères auraient voulu s\u2019emparer par la force des arms et aussi se diriger vers les régions qui autrefois faisaient partie de la Nouvelle-France.Ce fait intéressant ouvre de larges horizons aux conceptions et aux méditations de nos hommes d\u2019Etat et justifie, au moins dans une certaine mesure, leurs pronostics sur l\u2019avenir des Canadiens-français en Amérique.Mais le point noir c\u2019est l\u2019Ouest, c\u2019est le Nord-Ouest où vivront bientôt des milliers d\u2019hommes dont l\u2019influence LE ROLE DU DEFRICHEUR 71 dans les conseils de la nation devient de plus en plus prépondérante.Lorsque Cartier faisait ses calculs et ses prévisions sur l\u2019influence des Canadiens-francais dans la Confédération, et sur l\u2019importance de leur représentation dans le Parlement, il ne prévoyait pas les développements extraordinaires et inquiétants de ces vastes régions qu\u2019on croyait alors incapables de faire vivre une nombreuse population.Si déjà elles ont presque autant de représentants dans le Parlement que la province de Québec, que sera-ce plus tard ?Si déjà leurs représentants forment un bloc avec lequel il faut compter et affirment avec autorité leur pouvoir et leurs théories radicales, que sera-ce plus tard, lorsque, grâce à l\u2019immigration elles auront une population égale et même supérieure à celle des vieilles provinces ?C\u2019est alors que leur voix se fera entendre, et ce ne sera pas une voix ordinaire.Voilà des problèmes dignes d\u2019être étudiés par tous ceux qui s\u2019intéressent aux choses de l\u2019avenir.L.-O.DAVID.ESO RRR RRR 72 LA REVUE NATIONALE UN BOULEVARD DE LA LANGUE FRANÇAISE > EN ONTARIO Au cours de mes nombreuses promenades dans le vieil Ottawa, je m\u2019étais souvent demandé quelles avaient été les origines de l\u2019Institut Canadien-Français d\u2019Ottawa, sans toutefois trouver les éclaircissements voulus.Mais voilà qu\u2019un heureux hasard me fait mettre la main sur une intéressante brochure publiée en 1879, racontant les.fastes et les tribulations de cette excellente institution depuis sa fondation jusqu\u2019à cette date.Aimables lecteurs, je viens donc aujourd\u2019hui partager avec vous les fruits de ma découverte.Cet opuscule jadis bien connu est par la suite du temps devenu rare.L\u2019auteur ne tarde pas à nous révéler que la question de race et de religion existait à Bytown presque dès son établissement.En effet, cette ville naissante a-t-elle à peine surgi des vastes et mornes solitudes environnantes que\u2019 déjà le conflit commence.\u201cDe 1827 a 1840, dit-il, et même plus tard, la ville se développa, mais, l\u2019intolérance envers nos compatriotes fut poussée jusqu\u2019aux dernière limites.Malgré cela, ils s\u2019établirent dans la basse-ville et s\u2019y maintinrent, augmentant leur nombre d\u2019année en année.\u201d Nos ancêtres de la future capitale vivaient alors les pages les plus dramatiques de leur histoire.A tout instant ils en venaient aux prises avec leurs terribles adversaires les \u2018\u201cChêneurs\u201d.C\u2019est au cours de ces luttes 22 DS > L\u2019ACTUALITE ee 73 cruelles que le célèbre Jos.Montferrand, comme un autre Du Guesclin, frappait d\u2019estoc et de taille ! Mais quels étaient au juste ces \u2018\u201cShiners\u201d dont il a été si souvent question dans le passé ?Pour la plupart, c\u2019était une bande \u2018\u2018d\u2019hommes de cage\u201d, des Irlandais ligués contre les Canadiens francais de cette époque lointaine, et qui voulaient absolument les chasser du commerce du bois.C\u2019est ce que nous apprend M.W.P.Lett, dans un ouvrage fort curieux écrit sur Bytown, en 1874.Citons le passage en anglais, il en vaut la peine : A band of Irish vaftsmen, who Were to each other always true, Combined together, war they made, To banish from the lumber trade All French-Canadian competition By dooming tt to,abolition ; They made the wild attempt, at last, To extirpate poor Jean Baptiste, .} Je me rappelle parfaitement, lorsque j\u2019étais enfant, les terrifiantes \u2018histoires que me racontaient certains \u201cvoyageurs des pays d\u2019en haut\u201d, au sujet de ces batailles qui se déroulaient souvent dans les environs de'la Grande Chaudière et où les vaincus avaient pour sépulture les eaux turbulentes de la cataracte ! Je n\u2019ai jamais pu savoir au juste si les exploits des combattants de cette époque tourmentée appartiennent à l\u2019histoire ou à la légende.Il est donc tout naturel de penser que les Canadiens d\u2019alors aient éprouvé la nécessité et le désir de se rallier.C\u2019est de cet instinct de solidarité et de cet espoir de légitime défense qu\u2019a dû germer l\u2019idée de la fondation de l\u2019Institut Canadien-Français d\u2019Ottawa.Le malentendu entre les Anglais et les Irlandais d\u2019un côté, et les Canadiens français de l\u2019autre, alla s\u2019accentuant pendant encore quelques années.C\u2019est à ce moment- là qu\u2019il fut enfin décidé d\u2019établir un boulevard pour protéger la langue et l\u2019autel ! Citons encore la brochure.Le AT Te Ta et a EO EH RRA BER AR OTR NHR FOR 74 LA REVUE NATIONALE \u201cPeu de temps après, à la fête de la Saint-Jean- Baptiste de 1852, fut émis le projet de fonder un institut littéraire.\u201d | \u201cVers ce temps, les citoyens de langue anglaise établirent, de concert avec les Canadiens, un cabinet de lecture.Les charges d\u2019officiers furent d\u2019abord partagées d\u2019une manière plus ou monis égale entre les deux nationalités ; mais survint une élection où tous les nôtres furent éliminés, sous prétexte ouvert que nous étions incapables de nous élever à la hauteur d\u2019une organisation de ce genre.\u201d \u201cC\u2019est alors que M.J.-B.Turgeon se retira avec ses amis, promettant de faire voir que les Canadiens pouvaient marcher seuls et qu\u2019ils ne s\u2019en tiendraient pas à une simple salle de lecture, \u2014 ce qui est arrivé comme il le prédisait.\u201d \u201cLes esprits y étaient préparés.On entendait beaucoup parler des conférences qui se donnaient dans le Bas-Canada, surtout à l\u2019Institut Canadien de Montréal, alors dans toute sa gloire.\u201d L\u2019Institut proposé devait être, d\u2019ailleurs, un lieu de réunion pour nos compatriotes ; avant tout, on voulait y cultiver le sentiment canadien, \u2014 le vrai sentiment national, connu parmi nous depuis plus de deux siècles, mais qui, en 1852, était encore ignoré des personnes des autres origines qui, plus tard, ont cru l\u2019avoir inventé.\u201d kk % + Dans les lignes précédentes j\u2019ai fait connaître l\u2019idée qui a présidé à la fondation de notre Institut national ; disons un mot maintenant de l\u2019endroit où il a commencé son action.En parcourant les rues de l\u2019ancien Ottawa, je voulais aller saluer le lieu historique qui en avait été le berceau, mais j\u2019ignorais toujours où il se trouvait.Je voulais absolument y faire un pèlerinage ! Grande fut ma joie quand j\u2019appris, grâce à cette brochure, que la modeste maison dans laquelle les membres fondateurs se réunirent + rm em rs «> = Lh -\u2014 L\u2019ACTUALITE 75 pour la première fois à Bytown s\u2019élevait rue Cumberland, entre les rues Clarence et Murray.\u2018Ce temple du patriotisme canadien en Ontario a été démoli depuis nombre d\u2019années déjà.C\u2019est récemment que je fis ma premiére visite à ce coin de terre où naquit cette vigoureuse et forte société qui, depuis 70 ans, a défendu et défend encore valeureusement les droits des nôtres sur le sol du Haut- Canada! Cet endroit, en lui-même, n\u2019offre rien qui sort de nature à soulever l\u2019enthousiasme.C\u2019est peut-être une des rues les plus prosaïques de la cité.Rien qui rappelle les luttes homériques d\u2019antan.N\u2019empêche que le visiteur ressent une certaine émotion en songeant à ces temps déjà lointains où nos grands-parents jetaient en terre ce \u2018\u2018grain de sénevé\u201d qui a produit un si bel arbre ! arbre sous lequel leurs descendants viennent aujourd\u2019hui se reposer et recevoir l\u2019inspiration qui permettra de marcher sur leurs traces.Mais l\u2019Institut n\u2019est pas demeuré là bien longtemps.Sa longue carrière a été marquée par une foule de pérégrinations.Dans un beau style, le sénateur Poirier nous raconte quelques-uns des nombreux déménagements que subit cette société.Laissons-lui plutôt la parole : \u2018Les premières réunions du nouvel Institut avaient eu lieu dans la maison des pompiers, depuis longtemps disparue, sise rue Cumberland.Cette maison des pompiers manquait de.décors, sinon de pompe.On déménagea, quelque temps après, dans la salle du marché de la Basse-Ville.C\u2019est là que furent jetés les fondements de la bibliothèque et qu\u2019un cabinet de lecture fut créé.\u2018De la salle du marché, l\u2019Institut déménagea au bout de la rue King, près de la rivière Rideau, dans un vaste bâtiment.\u201cA cause du trop grand éloignement, et aussi parce que le local ne convenait plus à la foule qui se portait de plus en plus nombreuse aux séances hebdomadaires, l\u2019Institut, en 1859, fit retour à la salle du marché de la Sp Ee AE) a.z Rae man ET 76 LA REVUE NATIONALE = Basse-Ville, plus convenable et beaucoup plus centrale.\u201cIl s\u2019y fit de grandes choses, durant cette seconde station de la rue York.\u201cA la suite d\u2019un incendie qui, en 1862, détruisait le: à mobilier, les archives et une partie de la bibliothèque, on 2 déménagea de nouveau.i : \u201cC\u2019est rue Sussex, en face de l\u2019évêché, que, cette fois-ci on s\u2019installa.i | \u201cLa suite de l\u2019histoire de notre belle institution na- A tionale est connue des contemporains : la fondation du superbe édifice en pierre de la rue York, en 1876 ; sa destruction par un incendie, en 1887 ; une existence i flottante et imprécise apres 1887 ; et finalement son i installation ici dans le Monument National.\u201d Mais il = a encore changé de place: plusieurs fois.Co Vis-à-vis la cathédrale, rue Sussex, on voit une très w ancienne maison en bois.Je désirais savoir si c\u2019était : celle-là qui avait abrit l\u2019Institut.MM.F.-J.Audet, l\u2019émi- 4 nent archiviste, a bien voulu éclaircir ce point pour moi.Voici ce qu\u2019il m\u2019en disait dernièrement : \u201cL\u2019Institut Canadien d\u2019Ottawa fut logé jusqu\u2019en } 1876 dans une maison de bois qui existe encore au méme 3 endroit, rue Sussex, près Saint-Patrice\u201d.Citons encore les Réminiscences de l\u2019hon.Pascal Poirier : \u201cIls sont nombreux et variés les services excellents pr: que notre Institut a rendus à la population canadienne de 8 la capitale.Depuis sa fondation, en 1852, il a été de if toutes nos luttes nationales.Pas un effort sérieux ne i | s\u2019est fait pour la revendication ou le maintien de nos 4 droits, a Ottawa, auquel il n\u2019ait pris une large part\u201d.i \u201cL\u2019humble organisation prenait des forces de jour EE en jour.Elle entretenait une salle de lecture.Des conférences s\u2019y donnaient, fréquemment, entremêlées de -musique et de chant qui-en rehaussaient 1\u2019éclat et atti- 4 -raient un -auditoire aussi -nombreux -que l\u2019on pouvait le i désirer dans ces commencements\u201d.Sans jamais se laisser abattre, il poursuivait vaillam- ih L\u2019ACTUALITE | TI -ment sa noble mission ! Quel était son but exact ?Son historiographe va nous le dire clairement : ; i - \u201cUnion, instruction mutuelle, progrès\u2019 général.Une \u2018réunion par semaine pour-discuter.Une salle de lecture.\u2018Une bibliothèque.Nombre indéterminé de membres ae- tifs et de membres correspondants.Membres actifs : l\u2019origine canadienne-française est de rigueur.\u201d - Malgré des déboires et des vicissitudes, l\u2019Institut n\u2019en \u2018poursuivait pas moihs.sa course lumineuse ! Pouvait-il ien \u2018être autrement, puisqu\u2019il aVait placé à sa tête des prési- \u2018dents de premier ordre ?Des hommes aux idées larges-et généreuses, des\u2018hommes de tolérance et de bonne volonté.\u201cCeux qui dirigèrent sa batque frèle \u2018avaient sans doute un grand courage et beaucoup d\u2019esprit de sacrifice ! Voiei \u2018une liste aussi complète.que possible de-ices hommes d\u2019élite qui président aux destinées de- cette société soëwr de la Saint-Jean-Baptiste.Je da dois a l\u2019obligeance -de M.Edgar \u2018Boutet, jeune journaliste- de:talent attaché à la rédaction -du Droit, et.secrétaire \u2018du Comité: littéraire de l\u2019Institut.;.ris et 17 IST VU 12.Depuis 1852 jusqu\u2019à 1922 : oo J.-B.Turgeon, 1852 ; \u2014 Dr.J \u2018C._T.de Béa 1: ia, 1853 ; \u2014 J.Bonnassina, 1854 : _{_ Dr.J.C.-T, dé Beau- bien, 1855 : J.-D.Bourgeois, 1856 ; Pp Conité, 1856 ; \u2014 Dr.Beaubien, 1857 ; \u2014 JB.Richer.1857 ; \u2014 Dr.Beaubien, 1858 ; \u2014 Dr: St-Jean, 1859 5 .\u2014 Dr.Riel, 1860 ; \u2014P.Comte, 1861,5:-\u2014 Dr.St- Jean; 1862.; \u2014 Dr.- Riel, 1868 : \u2014 Dr.Saint- Jean, 1864 ; \u2014 J.-B.Turgeon, 1865 ; \u2014 Dr.Saint-Jean, 1866 ; \u2014 J.W.Peachy, 1868 ; \u2014 S.Drapeau, 1870 ; \u2014 E.-P.Dorion, 1872 ; \u2014 J.Tassé, + 1872 ; \u2014 B.Sulte, 1874 ; \u2014 A.Benoît, 1876 ; \u2014 Augus- - tin Laperrière, 1878; \u2014 P.Poirier; 1880; \u2014 \u2018A.Lusignan, © 1881; \u2014 L.-A.Olivier, 1882 ; \u2014 Dr.L:-C.Prévost, 1883 et 1884 ; \u2014-F.-R.-E.Campeau, 1885 et 1486; \u2014s, Drapeau, 1888 et 1889 ; \u2014 E.-F.-E.Roy, 1890 -et 189% ; \u2014 A.-Gobeil, 1892 ; \u2014 FR: Aubé,;1898 ::/Dr-F -X.Valade, 1894 ; \u2014 A.-A.Taillon, 1896 ; \u2014 F.-R.-E.Canipeau, 1897 ; \u2014 S.Lelièvre, 1899 ; \u2014 B.Sulte, 1900 : \u2014 A. T8 LA REVUE NATIONALE Charron, 1901 ; \u2014 À.Lemieux, 1903 ; \u2014 Samuel Genest, 1904 ; \u2014 J.-G.Barette, 1905 ; \u2014 Rodolphe Girard, 1907 ; \u2014 A.-T.Genest, 1909 ; \u2014 A.Séguin, 1911 ; \u2014 Rodolphe Girard, 1912 ; \u2014 J.-H.Laperrière, 1913 ; \u2014 Rodolphe Girard, 1914 ; \u2014 O.Paradis, 1915 ; \u2014 J.-H.Laperrière, 1916 ; \u2014 S.Lelièvre, 1918 ; \u2014 Arthur Paré, 1920.Depuis 1920, M.Paré est demeuré à la tête de cette \u2018organisation.Un article de la constitution dit qu\u2019un président ne peut pas être réélu pendant plus que dax termes consécutifs.Or, les membres de l\u2019Institut ont été tellement contents de celui qui occupe actuellement le fauteuil avec tant d\u2019honneur, qu\u2019ils ont amendé ce règlement afin de pouvoir garder plus longtemps un officier aussi dévoué.Il est bien dans la tradition de ceux qui l\u2019ont précédé ; il est des mieux qualifiés pour porter le drapeau de l\u2019Institut, ce drapeau, signe de raliment dans la capitale depuis soixante-dix ans! Ce drapeau, qui symbolise si bien notre Institut a été chanté par la muse harmonieuse de notre ancien président, M.Sulte.Citons ici ces vers descriptifs : [Sur un fond blanc qui nous rappelle Des temps qui ne reviendront plus, La double croix rouge étincelle En évoquant d\u2019autres vertus.Le castor, la feuille d\u2019érable Ont remplacé les lys anciens ; C\u2019est le présent, \u2014 qu\u2019il soit durable : \\ Avant tout, soyons Canadiens.able 4 cd dtiés nd Si nous devons ces gracieux couplets au barde de la vallée de l\u2019Ottawa, au sujet de l\u2019écusson de l\u2019Institut, n\u2019oublions pas que nous sommes redevables à M.Régis Roy des armoiries de cette société.Expert dans l\u2019art héraldique, il a su donner à ces armoiries leur forme définitive, tout en conservant celle des anciens jours.+ ++ are Bi 00 -\u2014 dé L\u2019ACTUALITE | 79 En terminant cette courte esquisse sur l\u2019une des plus importantes institutions nationales de l\u2019Ontario, j'ai compris que ce n\u2019était pas un article qu\u2019il faudrait écrire, mais un livre.Oui, un livre qui pourrait sauver de l\u2019oubli les noms et les oeuvres de tous ceux qui, par leur zèle et leur travail inlassables, ont contribué à la fondation et au développement de cette noble société ! Jai compris également combien il m\u2019avait été impossible de rendre justice à tous et à chacun.Et je l\u2019ai regretté \u2018amèrement ! La France, l\u2019Angleterre et l\u2019Italie, pour honorer la mémoire des milliers de soldats tombés dans leurs armées au cours de la Grande Guerre, ont chacune choisi le corps d\u2019un héros inconnu parmi leurs morts, afin de lui rendre un hommage, symbole de celui qu\u2019elle aurait voulu rendre à chaque héros individuellement.Puisse cet humble essai, que je vous dédie aux membres de l\u2019Institut, être comme l\u2019emblème de celui que j'aurais voulu décerner à chacun d\u2019eux en particulier.> Ni k kk ! \u201cLe 15 mars (1860) l\u2019Institut prit l\u2019initiative de la fondation d\u2019une journal en langue française, qui parut de bonne heure cet automne.C\u2019était le Courrier d\u2019Ou- taouais.\u201d En janvier 1922, les Annales paraissent pour la première fois.Ainsi, le comité est fidèle en tous points aux projets de ses devanciers.Les membres de 1852 poursuivaient tous une grande mission.Ceux d\u2019aujourd\u2019hui sont dignes de ceux d\u2019hier! Eux aussi ont fondé un journal et formulé un programme d\u2019action.Ils poursuivent un but, un idéal ! Mais, plus heureux que les organisateurs de jadis, ils sont en train de le réaliser, de le rendre plus tangible ! Le manifeste de la nouvelle revue a toute l\u2019envergure de ceux d\u2019autrefois : - \u201cComme toute revue de bon ton, la nôtre aura son programme.Il peut tenir en quelques lignes : affirmation de notre entité nationale, française et catholique ; 1 80 LA REVUE NATIONALE -maintien, en leur entier, de nos droits politiques ; propa- .gation de la meilleure pensée franco-canadienne.\u201d \u201cSous cette orientation générale, les pages de la \u2018revue s\u2019ouvriront a toute contribution intéressante dans le grand domaine : lettres, histoire, sciences et arts.Tous \u2018les bons ouvriers de la plume, désireux de contribuer au -mouvement des idées, y seront les bienvenus.La littérature \u2014 nouvelle, poésie, critique \u2014 y trouvera ses gran- -des et petites entrées.L'histoire, qui ignore les préjugés, sera libre d\u2019y proclamer la vérité, toute la vérité.Aux -sciences, trop négligées dans'nos publications, nous ac- .corderons la place qu\u2019elles méritent.Enfin nous souhaitons que les fervents des .beaux-arts sachent faire de nos lecteurs des fidèles-du grand temple.du- Beau.De la politique, chez nous:mal endémique comme en tout jeune - pays, et qui absorbe une trop grande somme de nos énergies, notre revue s\u2019abstiendra généralement, pour ne pas dire totalement, excepté quand les questions en jeu met- \u201ctront en cause les intérêts supérieurs de la nationalité \u2014 institutions, langue et religion, \u2014 où s\u2019abstenir serait -trahir.\u201d : oo L\u2019Institut n\u2019a done pas failli dans l\u2019exécutiôn-\u2018de la .tâche- - élevée qu\u2019il s\u2019était imposé, et ses .associés actuels sont dignes de ceux des temps passés.Dans l\u2019ac- -complissement de ce généreux projet de défense de la langue et de la religion, prêtres et laïques se sont toujours donné la main.Des les premiers jours de oeuvre, on trouve Mgr.Guigues faisant de son mieux pour l\u2019encou- -rager.Et dans la suite, Mgr Duhamel eut aussi à coeur son succès définitif.Ils ont donc fait tout en leur pos- - sible pour assurer ici la survivance de cette langue dans -laquelle les hardis marins de Cartier et de Champlain ont crié : \u201cTerre !\u201d en voyant pour la première fois les côtes de la Nouvelle France.Alfred DECELLES, fils.og A LE = NAZARETH, 81 NAZARETH UNE VISITE AUX AVEUGLES J\u2019ai été voir la ruche en pleine activité ; j'ai surpris \u2018les aveugles à la besogne, sans m\u2019annoncer, ex-abrupto, car je tenais avant tout à me rendre compte de ce qu\u2019ils peuvent réellement faire lorsqu\u2019ils sont éduqués par les bonnes soeurs, qui se dévouent à l\u2019ingrate tâche de leur relèvement.C\u2019est tout simplement extraordinaire, surprenant.II faut voir pour croire, et j'ai vu.A Nazareth, la grande -thaumaturge, c\u2019est la patience, et jamais l\u2019on ne saurait \u201cse convaincre plus'aisément de ce qu\u2019on peut obtenir par la patience, à peu près rien que par la patience.Je me répète à dessein, ne sachant trop appuyer sur ce point - d\u2019une extrême importance.On sait, et l\u2019expérience l\u2019a suffisamment démontré, - que livré à lui-même, l\u2019aveugle est capable de rien, c\u2019est- q à-dire, qu\u2019il n\u2019aguère de chance d\u2019améliorer sa position -et de se rendre utile ; mais, il en est.tout autrement s\u2019il \u201c passe.par des institutions comme Nazareth, où il reçoit une éducation toute spéciale et où, pour ne parler que de linstruction; il fait un cours solide, je dirais presque * supérieur.S'il a du talent, on ne demande, on ne: \u201cshet- .-che qu\u2019à le développer.\u2014\u2014< + Naturellement, il en est des aveugles comme des voyants ; tous ne sont pas également bien doués.Cependant, en général, leur intelligence dépasse la moyenne, et c\u2019est un bon terrain à cultiver, d\u2019autant plus qu\u2019ils sont dociles et patients.Contrairement aux voyants, ils ne \u201cse rebutent que rarement contre la difficulté, attendu que tout est difficile pour eux et qu\u2019ils doivent forcément \u201cpersévérer pour atteindre le but proposé.D\u2019autre part, aveugles de naissance ou par accident, ils semblent:tous prendre leur pénible sort du bon côté ;.on ne paraît pas -eonnaître l\u2019ennui à Nazareth, tout le monde vaque à ses SITET So Ar 82 LA REVUE NATIONALE affaires journalières, monte, descend, va de l\u2019atelier à la chapelle, au dortoir, au réfectoire, sans le moindre embarras ; la ruche bourdonne, s\u2019agite, travaille ; chaque membre a sa tâche bien définie, qu\u2019il accomplit bravement, gaiment, sans nuire aucunement aux autres, avec finalement un résultat certain, pratique, qui en fait un être utile, gagnant sa vie, ou du moins propre un jour ou l\u2019autre à la gagner.Il est très intéressant de voir tout ce monde-là à l\u2019oeuvre.Mais, encore une fois, que de patience il a fallu déployer pour en arriver là.Ce secret impénétrable, que les soeurs gardent et ne dévoilent pas, perce parfois à travers le voile épais qui cache l\u2019oeuvre accomplie et rayonne sur elle, malgré tout ce qu\u2019on peut faire pour le taire.Que de patience mise en oeuvre, chaque jour ; mais aussi, quelle récompense une fois la difficulté vaincue ! Il y a actuellement à Nazareth environ 140 pensionnaires aveugles, des deux sexes, de tout âge et de toute nationalité, dont deux soeurs aveugles chargées plus particulièrement de l\u2019enseignement Braille et de la musique ; J'y ai rencontré un Polonais de 40 ans, victime d\u2019une explosion de mines, qui aujourd\u2019hui rempaille les chaises ; un tout jeune Indien, venant du Nord-Ouest ; un jeune Canadien de dix-huit ans, qui a perdu la vue l\u2019été dernier en débouchant une bouteille d\u2019eau gazeuse, l\u2019intéressante fillette d\u2019un médecin très connu, aveugle de naissance, qui connaît sa géographie, son histoire et lit aussi couramment, avec des intonations aussi naturelles qu\u2019une élève du conservatoire Lasalle ; enfin, une foule de cas curieux, qui vaudraient tous la peine d\u2019une monographie spéciale et mériteraient une attention particulière.Qu\u2019il me suffise de dire que chaque pensionnaire, dès son arrivée, est l\u2019objet d\u2019un examen sérieux, qu\u2019il passe graduellement par tous les degrés que nécessitent son âge, ses capacités, ses aptitudes et qu\u2019enfin, on réussit la plupart du temps à lui enseigner un art, une industrie, qui lui serviront un jour de gagne-pain, Aussi, apprend-on Lu ee er a aa gm NAZARETH 83 bien des choses à Nazareth, en outre de l\u2019instruction spéciale nécessaire à tous, qu\u2019on y donne préalablement comme aux enfants de voyants, avant de leur enseigner toute autre chose.Si le sujet, ainsi qu\u2019il arrive fréquemment, a du goût pour la musique instrumentale où vocale, s\u2019il a du tempérament, de l\u2019organe, on s\u2019efforce de le pousser dans cette voie, pour qu\u2019il devienne plus tard organiste, professeur de piano ou de chant.On sait, en effet, que l\u2019étude de la musique a été, de tout temps, celle qui a fourni le champ le plus vaste aux aveugles et que plusieurs s\u2019y sont distingués soit comme instrumentistes, soit comme professeurs.Quant aux sujets moins bien doués sous ce rapport, mais toutefois possédant l\u2019oreille musicale, on leur apprend l\u2019accordage des pianos, besogne suffisamment rétribuante pour assurer la vie d\u2019un homme.Nombre d\u2019aveugles, moins bien favorisés, se contentent d\u2019exercer le simple métier de rempailleurs de chaises et parviennent ainsi à subvenir aux frais de leur existence.Ce sont là, à peu près tous les débouchés que l\u2019on peut offrir ici aux aveugles, afin d\u2019assurer leur vie.À part la musique, les femmes se livrent au tricotage, aux travaux au crochet et à différents ouvrages féminins à leur portée.Mais en général, on doit remarquer que pour gagner leur vie, elles ont moins de ressources que les hommes, aussi restent-elles assez souvent à l\u2019Institution, où elles se rendent utiles de façon ou d\u2019autre, par exemple en enseignant, en copiant de la musique, en aidant aux travaux du ménage.Le peu qui sont dans le monde et qui ont dû par elles-mêmes pourvoir à leur existence, le doivent presque uniquement à la musique, qu\u2019elles ont enseignée avec succes.Elles sont du reste très avantageusement connues du public.En somme, c\u2019est en grande partie a la musique que les malheureux, atteints de cécité, doivent s\u2019adresser pour améliorer leur situation dans le monde.On compte dans la province, plusieurs organistes aveugles, élèves de Nazareth qui font honneur à l\u2019institution et a la profession.On m\u2019a laissé entendre qu\u2019il RE Le 7e 84 - LA REVUE NATIONALE y en avait, en ce moment-ci, deux ou trois qui seraient parfaitement aptes a remplir cette charge, sur la recommandation de M.A.Letondal, leur distingué professeur.Ils ont, m\u2019a-t-on également affirmé, comme aveugles, de la difficulté à se caser, les maîtres de chapelle n\u2019en voulant pas.- C\u2019est,en vérité, peu charitable de la part de ces derniers, quand on songe aux sérieuses études musicales qu\u2019ont faites ces jeunes aveugles, études la majeure partie du temps, généralement aussi fortes.que celles de la plupart de nos \u2018organistes et comprenant un cours sinon complet, du moins très près de l\u2019être.- ; fae On devrait, au contraire, il me semble, se faire un plaisir de les câser pour la double raison qu\u2019ils le méritent .et par leur talent et par la déférence qu\u2019impose leur infir- .mité.-C\u2019est en quelque sorte méconnaître l\u2019utilité incontestable \u2018d\u2019une institution comme Nazareth, que de refuser des .élèves sortant de là, recommandables en conséquence à tous les points de vue, en faisant même abstraction .de la sympathie que la simple charité nous com- mande-de.leur accorder.Il est aisé de comprendre que ces différents refus, essuyés tout récemment, ont singulièrement peiné .les Soeurs Grises, qui-ont la direction de Nazareth, en les désorientant -complètement, satisfaites qu\u2019elles étaient de pouvoir placer honorablement leurs élèves et d\u2019en former au besoin de nouveaux.oo JL est pénible d\u2019avoir à dire qu\u2019il en est de Nazareth comme de tant d\u2019autres institutions -de charité, délaissées du gros public, qui n\u2019a que faiblement l\u2019idée du bien considérable qui s\u2019y fait et reste indifférent lorsqu'on lui tend la main.Cependant, cette oeuvre des aveugles est intéressante au plus haut degré.Elle comporte en tous cas l\u2019entraînement et le relèvement d\u2019une jeunesse atteinte de la plus affligeante infirmité : la cécité.Elle \u2018devrait donc être particulièrement chère à tous ceux qui compatissent aux misères humaines et aiment à venir en aide aux infortunés.Les dons devraient y affluer en proportion de l\u2019infortune qu\u2019on y soulage, -du bien -qu\u2019èn y fait et du désintéressement qu\u2019on y rencontre.Il n\u2019en NAZARETH 85 est cependant rien ; Nazareth subsiste, se maintient à force de privations de toutes sortes.On y manque de choses absolument essentielles, dont on doit nécessairement se priver, faute de mieux.Certaine industrie périclite parce qu\u2019on manque d\u2019un camion pour aller chercher l\u2019ouvrage à domicile et l\u2019y reporter.Dans un atelier voisin, il faudrait telle ou telle chose indispensable, qu\u2019on ne voit pas le jour de se procurer.Il y a cependant des personnes charitables et fortunées qui pourraient sans grand effort pallier à cette gêne momen- \u2018tanée.Comme soeur Anne, les bonnes religieuses at- -tendent, mais ne voient rien venir.Elles comptent -tou- jours sur la Providencé, qui sans doute, demain, après demain peut-être, ne leur fera pas défaut.\u2018 En \u2018attendant, elles continuent à poursuivre tran- .quillement, dans l\u2019obscurité, l\u2019oeuvre fondée en 1861, par \u2018l\u2019abbé Rousselot, de Saint-Sulpice, oeuvre admirable :entre toutes, méritant l\u2019appui du public qui s\u2019y intéresse, -mais auquel on ne fait pas appel assez souvent, et avec assez d\u2019énergie ; car il ne reste jamais indifférent à la détresse, surtout lorsque cet appel part d\u2019une institution comme Nazareth._ as L\u2019oeuvre a grandi, elle a considérable augmenté numériquement, mais les ressources n\u2019ont pas été proportionnées à cet accroissement.Les recettes ne couvrent.pas les dépenses.* Quelques dons généreux à Nazareth relèveraient cette institution qui ne doit pas être délaissée.F.-J.LAMBERET. 86 LA REVUE NATIONALE 3 A PROPOS DE REGIMENTS Avec quatre escouades de dix ou douze hommes on forme une compagnie.Quatre ou six compagnies composent un bataillon.Six ou huit bataillons suffisent pour constituer un régiment.Ce caleul donne un effectif variant de mille à deux mille hommes.Donc, il y a de petits et de gros régiments.C\u2019était ainsi, il y a deux ou trois siècles, comme ce l\u2019est de nos jours.La colonie a commencé avec sa propre milice pour tout moyen de défense, \u2014 non pas avec des troupes royales.Le Canada n\u2019a connu qu\u2019un seul régiment, et cela durant trente-six mois seulement.Un an après la mort de Champlain, en 1636, nous avions les Iroquois sur les bras.C\u2019étaient des attaques isolées, des surprises, des massacres.Le Sauvage entend 4 la guerre de cette manière.A l\u2019apparition d\u2019une résistance il s\u2019enfuit.Chaque colon se défendait sur sa terre, comme il le pouvait.Douze ans plus tard on organisa une milice.La i côte de Beaupré et les Trois-Rivières pouvaient fournir, l\u2019une et l\u2019autre, une compagnie.Les localités de moindre importance se bornaient à une ou deux escouades.Avec i | le temps on arriva à avoir des compagnies un peu partout.| L\u2019été de 1665, un régiment entier, celui de Carignan, | nous fut envoyé pour mettre fin aux maraudes des pi Iroquois.La paix s\u2019étant faite, Carignan retourna en France dés 1669.orang Lh Ce A PROPOS DE REGIMENTS 87 La milice grandit avec la population qui augmentait, mais en multipliant le nombre de ses compagnies elle ne prit jamais la forme du bataillon, excepté en marche de guerre.Pour garder les dépôts de fourrure de la Société qui jouissait du monopole de la traite, aux Trois-Rivières, à Sorel, à Montréal, à Chambly, à Cataracoui et dans l\u2019Ouest, il vint de France des soldats volontaires, et l\u2019on en recruta autant parmi nous, ce qui forma quatre ou cing compagnis de réguliers, éparpillées à de grandes distances par escouades et demi-compagnies.Nous en étions là en 1753, lorsque s\u2019ouvrit la guerre de Sept ans.Le roi nous envoya le général Dieskau avec deux ou trois détachements de troupes régulières, mais pas de régiment.Ces semblants de compagnie oy demi-bataillon portaient les noms du corps d\u2019où ils avaient été tirés.Un peu plus tard, d\u2019autres détachements vinrent avec Montcalm ; jamais de régiment.La milice, forte: de seize a dix-huit mille hommes, était notre armée ; les détachements, deux mille ; les anciens réguliers, un mille.Montcalm eut cent peines et misères à tirer parti des: huit ou dix bnades de réguliers ainsi placées sous ses ordres, mais qui n\u2019étaient guère \u2018dans sa main\u201d.La Sarre- jalousait Béarn, tandis que Roussillon enviait La Reine et: que Barry disputait la préséance à Guyenne, ou que Lan- guedoc maugréait contre tous les autres.L\u2019esprit de corps, si nécessaire dans les troupes, ne produisait ici que de la discorde.Un régiment seul aurait valu dix fois mieux que ce mélange insolite.Mais il n\u2019est pas venu de- régiment.Alors, pourquoi veut-on connaître l\u2019histoire- des régiments qui servaient au Canada ?Ceux qui, depuis plus de soixante ans, ont tenté de- découvrir les papiers du fameux régiment de Carignan n\u2019ont frappé qu\u2019à une seule porte : les archives de l\u2019Etat, en France.Ce régiment ne semble pas avoir été, comme- cinq ou six autres que l\u2019on appelait \u2018les vieux\u201d, trop directement sous le contrôle du Ministre de la guerre, et 4 88 LA REVUE NATIONALE il existait, chez les colonels, la pratique \u2014 des ministres du roi en faisaient uatant \u2014 d\u2019emporter, en quittant la carrière, les archives de leur corps.Ne devrions-nous pas nous adresser aux descendants de Balthazar, de Salière et de Carignan ?En plus d\u2019une occasion, ce genre de recherche a réussi.Mais à défaut de cela, nous pouvons affirmer que nous n\u2019avons eu qu\u2019un seul régiment, celui de Carignan ; et j\u2019ai dit sur son compte tout ce que j\u2019en sais, dans un livre qui vient de paraitre et qui forme le huitiéme volume de mes Mélanges Historiques.Fro \u201coped SE Benjamin SULTE : LIVRES DE COMPTABILITE A FEUILLETS MOBILES OCCASION DE BON MARCHE UNIQUE A vendre, à conditions faciles, 30 armatures - pour livres de comptabilité à feuillets mobiles, 1015 x 16, excellente fabrication, coins en cuir.1 S\u2019adresserau chef du secrétariat de la Société Saint-Jean-Baptiste, Monument National, bureau \u2018no 1, tél.Plateau 3768.[RIT , 89 Demandez une de nos petites BANQUES D\u2019ÉPARGNE A DOMICILE \u2014 \u2014 \u2014\u2014- = \u2014 \u2014 = _ \u2014 \u2014 QUE D CPap NG We \u2014 LA DE @ Op & \u201cCoupisTRicy ogy) Ans La Merveilleuse petite machine à ÉPARGNER, qui a reçu les sous, premier début de maintes fortunes d\u2019aujourd\u2019hui.A.P.LESPÉRANCE, Gérant-Général.DPSPER PROPAGANDE CANADIENNE-FRANÇAISE Un groupe de distingués compatriotes séjournant à Paris vient d\u2019y fonder un Comité de propagande cana- dienne-française.Depuis nombre d\u2019années déjà, rious comprenions qu\u2019il y avait là d\u2019excellente besogne à faire.Cet organisme s\u2019emploie par la conférence, l\u2019article de revue, la distribution de tracts et de livres à faire mieux connaître notre pays et nos compatriotes aux Français de France.Là, comme ailleurs, pour que l\u2019action soit profitable, féconde, ce sont les fonds qui manquent le plus.La Société Saint-Jean-Baptiste a cru devoir souscrire une somme de 250 francs en faveur de cette nouvelle fondation.Veut-on se faire une juste idée de l\u2019oeuvre bienfaisante que poursuit le comité ?Qu\u2019on lise ce fragment de compte rendu d\u2019une causerie que M.l\u2019abbé Lionel Groulx donnait en février dernier, devant les Publicistes ' chrétiens, sur le Canada français : \u201cTant de vaillance, tant de fidélité d\u2019une part, et il faut bien le dire tant de légèreté de la part de la France du XVIIIe siècle, nous imposait des obligations précises.\u2018Nous sommes susceptibles, déclare M.l\u2019abbé Groulx, très susceptibles comme tous ceux qui ont beaucoup souffert et qui ont subi de graves injustices.Ne vous étonnez donc pas que nous soyons émus quand nous voyons tant de vos compatriotes nous méconnaître si absolument, nous tenir pour des demi-sauvages, ou pour des indigènes de civilisation encore médiocre, ou bien pour des sujets de PROPAGANDE CANADIENNE-FRANÇAISE 91 seconde zone de la Grande-Bretagne.Ne vous étonnez point que nous soyons fâchés de l\u2019indifférence que la grande majorité d\u2019entre vous manifestent pour les frères de race que nous sommes, alors que vous montrez tant d\u2019engouement, un peu surprenant, pour de jeunes nations desquelles vous n\u2019avez pas à produire que des témoignages de gratitude.Nous vous demandons d\u2019abord de nous mieux comprendre, de nous aider à poser dans le monde la réalité de notre existence non pas comme une colonie anglaise, mais comme une nation ayant ses traditions, sa langue, ses moeurs, son individualité.Nous demandons surtout un peu de sympathie active, visible, efficace.Nous vous demandons, vous qui avez le coeur si grand et si généreux, de nous aimer comme vous savez aimer.\u201d On adresse les communications et les dons au secrétaire du Comité de propagande, M.l\u2019abbé Armand Chaussé, 9, rue Jean-Bart, PARIS, Ve.A LONGUEUIL Le 5 février dernier, à Longueuil, avait lieu l\u2019élection des nouveaux officiers.M.le secrétaire a fait rapport sur les oeuvres accomplies durant l\u2019année précédente.Le 5 février 1921, la section organisait une conférence donnée par l\u2019abbé Ed.Hébert sur l\u2019économie paroissiale et la caisse Desjardins.Le 10 mai, soirée de folk-lore, sous la présidence du clergé de la rive sud.Le 24 mai, grand ralliement au parc Hurteau, célébration de la fête de Dollard, avec le concours de l\u2019abbé Emile Dubois et d\u2019autres orateurs distingués.Le 23 juin, la section faisait revivre à Longueuil une vieille coutume, le feu de la Saint-Jean.Le 24 juin, le Conseil votait une somme de $15.aux maisons d\u2019éducation, pour des prix de bon parler francais.Le 26 juin, célébration de la fète nationale à Longueuil, tant désirée par M.le président Moquin ; elle a obtenu un succès éclatant, grâce aux efforts du 92 LA REVUE NATIONALE Conseil de la section.Des fleurs furent déposées au monument de saint Jean-Baptiste.Le rapport du trésorier montre, pour les recettes de l\u2019année : $344.75, et les dépenses : $234.70 ; versè au trésorier général : $58.80, balance en caisse : $42.25.L\u2019élection des nouveaux officiers a donné le résultat suivant : président, M.J.-O.Moquin ; vice-président, M.M.Drapeau ; secrétaire, M.F.-X.Courteau ; trésorier, M.J.-B.Bétournay ; ler conseiller, M.Rene Rhéaume ; 2e conseiller, M.A.Gareau.L\u2019abbé Chagnon, délégué de l\u2019aumônier de la section, a fait un vibrant appel au patriotisme et montré le vaste champ d\u2019action à remplir et le travail considérable qui incombent cette année a notre section.F.-X.COURTEAU, Secrétaire.* oy @ i \u2019 à OT J \u201c4 ; ?; HY ; 4 \\ EE LA REVUE NATIONALE eg ERE © Tél Main 3055 \u201cMAISON DES ALLIES\u201d ERNEST GAGNON, Prop.Manufacturier de membres artificiels, instruments d\u2019orthopédie moderne, bandages herniaires, béquilles, chaises Montréal | AU ROYAUME DES TAPIS ; 1872 | | 50 ANS |\u2014 1922 {j saire de la fondation de ¢ de Suciés cet arniversaire notre commerce, nous of- Spécialiste-Importateur | Lu i s toutes les ner Tapis, Linoléum, Rideauz, Dra- assez rare.dans une vie, i frous a fontes les De peries, Stores el AccessOire.commerciale, nous invi- gi nes qui ont patronné notre ; à i q P Aussi toile et -cotou pour usage tons tous les acheteurs à ; MAISONdepuisun DEMI- domestique.nous accorder, durant cet- j SIÈCLE un sincère et cor- 429, Blvd.St-Laurent, Montréal te année mémorable, leur a \u2019 : distingué et généreux Pa- i diale MERCI !!! Ç EST 635 tronage.{À o : : ; g \u201c e ©.! .Eo 1 1 © i 1 : Ri CHAPELIER - \u2026 ; \u2018187, Ste-Catherine Est, - - - MONTREAL i CHAPEAUX DURS ET MOUS à \u201cChapeaux de haute qualité, couleurs assorties dans les derniers styles de New-York.= - Die Li Eis Lo Marchand de - FUR ° 5.4 82 7 MG E \u2018PROVISIONS :.- FARINE ET GRAIN DE _L\u2019QUEST **\u201c Tous les boulangers français sont bienvenus chez nous! © 1137-139-14t, rue des-Commissaires Est; -\u2014-\u2014-\u2014+-
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