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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1922-10, Collections de BAnQ.

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[" me ME RE TE CW \u2014 > SE WC M.Gérard Yarch=losse, 249 rue Fullum.MO:.TRFAL.4e ANNEE io 10 MONTREAL OCTOBRE 1922 LA REVUE NATIONALE Organe de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal PARAISSANT LE 10 DE CHAQUE MOIS Le devoir envers l\u2019enfance .Maxime Poirier Rêves, (Poème inédit), Blanche Lamontagne-Beauregard Les institutions de charité .F.-J.Lamberet Un coup de clairon ce er ee wi .Jean Bruchési Le chien de chez-nous .Edouard Hains Rédaction et Administration : 296, RUE SAINT-LAURENT MONTREAL Abonnement annuel : \"$2.00 La livraison (chez les dépositaires:) 15 sous Les abonnements à la REVUE NATIONALE commencent invariablement au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste. La Suit Sait- Jean-Baptiste de Montréal Fondée en 1834 - CONSEIL GENERAL : Grand aumônier : Mgr PARCHEVEQUE DE MONTREAL.Président général : Victor MORIN, LL.D., notaire, 97 rue St-Jacques.ler vice-président général: V.-E.BEAUPRE, I.C., professeur, 676, rue Saint-André.2e vice-président général : J.-B.LAGACE, M.A, professeur, 836, rue Saint-Hubert.Secrétaire général : Victor DORE, professeur, 214, rue Berri.Trésorier général : J.-P.-L.BERUBE, secrétaire du Conseil des Arts et Manufactures, 296, rue Saint-Laurent.Directeurs : L\u2019hon.L.-O.DAVID, sénateur, 291, rue Saint-Hubert.Thomas GAUTHIER, courtier, 11, place d\u2019Armes.L\u2019hon.F.-L.BEIQUE, sénateur, 740, rue Sherbrooke, Ouest.Guy VANIER, LL.L., avocat, 97 rue Saint-Jacques.J.-V.DESAULNIERS, courtier en immeubles, 90 rue Saint-Jacques.Henry-L.AUGER, courtier en immeubles, 384, rue Ontario, Est.Léon TREPANIER, publiciste, 1234, rue Saint-Hubert.Chef du Secrétariat : Jean GUÉRIN, bureau No 1, Monument National, téléphone, Plateau 3768.Corporations filiales de la Société : La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société: Nationale de Colonisation.} } La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 296, rue Saint-Laurent, et imprimée par l\u2019'IMPRIMERIE MAISONNEUVE, 478, Ave.Lasalle, Tél.LASALLE 2354.: LA REVUE NATIONALE 289 Le Charme et la Qualité font la distinction du THÉ i EY 1 es \u201cLe Thé le plus délicieux sur le marché\u201d - ENCOURAGEZ L\u2019INDUSTRIE NATIONALE LES PRODUITS UNIC Sont Toujours les Meilleurs ! BEURRE, CREME DOUCE, CREME GLACEE Montreal Dairy Co.Limited Tél: EST 1618-1361 LA REVUE NATIONALE 290 Ecole Polytechnique de Montreal GENIE CIVIL \u2014 ARCHITECTURE \u2014 INGENIEUR CHIMISTE \u2014 ECOLE DE PREPARATION A Préparation aux examens d\u2019admission à l\u2019Ecole Polytechnique.Les finissants des Collèges classiques sont admis sans examens à l'Ecole de Préparation.COURS D\u2019ETE Des cours d\u2019été spécialement établis pour les finissants des collèges classiques qui désirent entrer directement en lère année se donnent du ler juillet au 15 septembre et préparent les candidats aux examens d\u2019admission de septembre.228, rue ST-DENIS, Tél.Est 3477, MONTREAL Tél.Est 1584 a is Chs.-C.deLorimier 291, St.Denis, Montréal Vis-à-Vis le Théâtre St.Denis Fleurs naturelles et artificielles Spécialités : Tributs Floraux, Funéraires.7 PORTEZ UNE BANDE i HERNIAIRE \u201cMARTIN\u201d La s-cule qui donne entière satisfaction.Toujours en mains : Ceintures abdominales, Bas élastiques, Corsets pour Gibbosité Appareils Orthopédiques, Béquilles, ete.BEMANDEZ NOTRE QUESTIONNAIRE Fabrique Canadienne de Bandages Bandages A T, C.MARTIN, Prop.>= N MONTREAL 5 LA REVUE NATIONALE 291 { a | Ih |i A Nos Déposants | Ne gardez pas vos obligations ou autres titres CHEZ VOUS.PROTE- GEZ-LES contre le FEU en les placant dans un de nos COFFRETS DE SURETE (Loyer $3.00 par année)-OU-Déposez-les à notre DEPAR- TEMENT de GARDE de TITRES nous en | collecterons les intérêts (coupons) pour les porter à votre crédit.Le coût de ce service est minime.LA BANQUE d\u2019'EPARGNE de la Cité et du District de Montréal \u201cLa Grande Banque des Travailleurs\u201d BUREAU PRINCIPAL F et seize succursales à A.P: LESPERANCE, Montréal Géran: Général | _ | 292 LA REVUE NATIONALE MORE \u2014 \u2014 EE \u2014\u2014\u2014 = Ea \u2014 ps = Fe pes = Pri cM = = pr == = Ft == Es pe el jure = =\u2014 === == N-COL THE VER = =\\|= py FX 0\u2014F rd 4 Pe] LEA \u2014 nt \u201c8 == == = Es == =\u2014\u2014 3 = = = = = = \u2014 = = TEE a ern LS Indien > Es IEEE porn » poe wos poe sume.| CAFÉ IMUS peus =m P= abe CIAAQUE DE COMMERCE EMREGISTREE [ew pe ssCe L.CHaruT.Fus CE MONTREAL CANADA rh J) FR ay PRODUITS PURS PRIMUS THE, CAFE, GELEES POUDRE A PATISSERIE i L.CHAPUT, FILS & CIE Limitee DISTRIBUTEURS MONTREAL Pl ag 4e ANNEE \u2014 No 10 MONTREAL OCTÉBRE 1922.a at sal al fatal halal at a Sl hs 2.5 : = # La Revue Nationale F = =H LE DEVOIR ENVERS L\u2019ENFANCE 4 « À quoi bon \u2014 disait-on l\u2019autre jour dans un cercle « d\u2019amis \u2014 élever les enfants avec tant de sentimentalité : « Coeur ! Parenté ! Religion ! Patrie ! Le coeur, il faut « l\u2019écraser pour lui éviter la souffrance ; la famille, s\u2019en tenir « autant que faire se peut, dans l\u2019éloignement ; quant à la « religion, il en faut, juste la contenance d\u2019un dé à coudre.« Et, pour ce qui est de la Patrie, la Patrie pour laquelle il «se fait tant de tapage, tant de discours, de gaspillage de «temps, d\u2019encre et de papier couteux, autour de laquelle se « brodent tant de romans insipides et saugrenus ; la Patrie, « qu\u2019est-ce que cette abstraction sinon du ridicule ?Le soleil «est-il plus attaché à l\u2019Europe qu\u2019à l\u2019Amérique ?« À quoi bon charger ainsi l\u2019intelligence si fragile des « enfants d\u2019un inutile fardeau de brimborions qui ne servi- «raient, en somme, qu\u2019à la création d\u2019obstacles sur la route «où doit s\u2019écouler leur vie.Et le coeur, le coeur.quel « embarras ! ! ! » Hé ! Le coeur, un embarras ! Vous ne pouvez tout de même pas faire vivre votre enfant sans ce petit morceau-là.Est-il donc dans la poitrine un objet de luxe dont puisse se dispenser, à volonté, toute personne désireuse de s\u2019en défaire ?Comme au physique, cet organe est indispensable à la bonne santé, ainsi au moral, l\u2019homme ne pourrait vivre sans lui, sans sa présence active, en dehors de son action bienfaisante et régénérative, ni poursuivre sa marche dans la voie ascendante vers la perfection, but obligatoire de toutes les âmes bien nées.\u2018 Chassez le naturel, dit le grand auteur, il revient au galop.Soit, mais chassez l\u2019idéal, le coeur, la Patrie de votre 294 LA REVUE NATIONALE esprit, et votre âme s\u2019affaisse, comme l\u2019enfantelet privé du soutien de bras protecteurs.Essayez la marche en avant à travers le fouillis des turpitudes de la vie sans cet alpenstock indispensable qui est la croyance en Dieu, en un avenir dépassant de toute la grandeur d\u2019un Christ ressuscité la ligne de frontière des deux mondes, naturel et surnaturel ; chassez l\u2019amour filial du coeur de votre enfant, tuez son âme en la privant de la croyance au bien, d\u2019instruction religieuse, et suivez-le sur la route ; \u2018supprimez de son éducation le sens de l\u2019honneur, et cherchez-le dans la boue des bas-fonds ; faites omission d\u2019inculquer à votre fils les leçons de probité et de respect du bien d\u2019autrui contenues dans les commandements de la Table de Moïse, et voyez-le, chancelant, s\u2019acheminer vers la déchéance du bagne.Le château-fort construit sans fondations suffisantes, croulera, sans donner au temps l\u2019opportunité d\u2019en patiner les pierres.L\u2019ami dit encore : « La Patrie ! La Patrie ! Quelle inconséquence et quelle «aberration d\u2019esprit que ces intempestives érections d\u2019au- « tels ! « Le firmament couvre toute la terre, partout où m\u2019ar- « rive l\u2019argent suffisant à solder les dépenses d\u2019une vie de luxe, « C\u2019est ma patrie ! ! ! » Et les enfants, qui n\u2019auraient ainsi d\u2019attache pour aucun drapeau particulier, se verrait dans l\u2019impossibilité de planter, où que ce soit, une tente durable ! Le ciel est-il donc.également bleu dans le firmament de tous les pays ?Et d\u2019ailleurs, la terre de tous ces pays où l\u2019on se sent si étranger, garde-t-elle, enfermée en son sein, les sueurs, versées par les ancêtres, préparant à leurs petits enfants, et jusqu\u2019aux générations les plus reculées ce patrimoine pour lequel votre égoïsme refuserait la mise d\u2019un peu d\u2019amour au coeur des tout petits ! ~ La Patrie ! mais lorsque le modernisme ou le réalisme, (c\u2019est à peu près la même chose), essaye de la chasser du code des nations, c\u2019en est fait de leur existence, comme l\u2019amour de la Patrie peut continuer son maintien dans la force et la prospérité à travers la marche des siècles. LE DEVOIR ENVERS L\u2019ENFANCE 295 de tuer la vitalité d\u2019ame.La nation s\u2019étiolait, haletante, sous la meurtrissure des doute et des dénis de Divinité.Volontairement, les parents forçaient l\u2019exclusion, dans les programmes d\u2019études scolaires, de la religion avec ses préceptes divins.Brulée par les passions non combattues, la nation périclitait dans la souffrance, comme ces malades qui se laissent prendre par la mort, parce que le remède prescrit dans leur cas, est désagréable au goût.Elle agonisait, la douce France, elle périssait, sombrait dans le gouffre de son inconséquence .quand un souffle soudain passa : La Patrie est en danger !! ! En danger ! La France ! .» + + + + + s + + + 6 5 6 © + + 6 6 5 2 2 + + 6 0 6 8 0 2 + + + #8 + + + 8 6% 2 + + 8 6 + + 6 600 ù Tout le monde est debout, et les sectes sont en confusion ! Quel est ce mystère ?.La tisane n\u2019a plus d\u2019amertume pour le palais ; les inimitiés s\u2019embrassent et se donnent le baiser de paix, les haines fondent leurs griefs dans un moule d\u2019amour.Il n\u2019est plus de caste, plus de distances sociales suintant le mépris ; plus de divergences d\u2019opinion, plus rien barrant l\u2019horizon où se perçoit le geste de l\u2019ennemi provocateur.Le socialisme rengaine les hideurs de son credo, tandis que la.charité arborant le drapeau de l\u2019aide au prochain, rallie tous les dévouements, voire même la hideuse soutane noire, pour laquelle la froide raison révolutionnaire professait tant de mépris ! La Patrie est en pleurs ! et tous ses fils sont électrisés, prêts au départ, au combat, à la mort, même par un martyre.Et « Vive la France toujours » ! ! ! Et Voilà ! Si le mot « Patrie » considéré quantité négligeable, nullité.avait été supprimé du livre de classe pour faire place à amour d\u2019un «cing sous», si I'enfant n\u2019avait entendu en sa famille et dans son milieu éducationel que la seule évocation d'argent et la proclamation du gagne-pain ; s\u2019il n\u2019eût eu au coeur que la seule maxime : « Le soleil éclaire toute la terre, la seule patrie appréciable est le pays qui nourrit », que serait-il Regardons la France, chez qui le socialisme menaçait PRR ae rare 296 LA REVUE NATIONALE advenu de la belle France, de sa science, de son génie, de sa reverbération sur l\u2019intellectualité mondiale ?Au reste, depuis quand la nourriture du corps est-elle la seule suffisante à l\u2019existence de l\u2019homme ?La certitude est si grande du besoin d\u2019intellectualité, de poésie, d\u2019idéal, qu\u2019on en découvre des preuves jusque dans les campagnes les plus arriérées et les plus réfractaires à la marche vers le progrès.Où que se portent le désir d\u2019investigation, nous trouvons des arbres en embellissement des demeures, du gazon et des fleurs, même dans les fermes les moins bien partagées par la fortune.Dans les jardins potagers, les plantes abondent fraternisant avec les légumes, des fleurs entourent des carottes faisant parasols.Sur des planches toutes en longueur, on verra de touchantes marguerites faisant accolade aux gros choux de Siam, au célery, sous les yeux de myosotis, agitant leurs clochettes dans un coin.C\u2019est évidemment baroque cet assemblage de couleurs.Ce n\u2019en n\u2019est pas moins le goût du beau qui l\u2019y a cultivé.Pour ce qui est de la religion mon ami, voici : Si l\u2019homme ne croit pas en Dieu, il aura des superstitions.Ce n\u2019est guère plus gaillard à celui qui veut s\u2019arracher à l\u2019asservissement.C\u2019est une chute dans la servitude.S\u2019il n\u2019aime pas son pays, il prônera l\u2019or ; s\u2019il n\u2019aime pas son père, il adorera son chien.Telle est l\u2019inexorable loi de la terre : amour et souffrance.Si donc l\u2019amour et la poésie sont indispensables à l'humanité, comment osera-t-on en priver l\u2019enfance ?L\u2019enfance qui a ses peines, ses déboires, ses contrariétés multiples et des ennuis dont seule une forte éducation morale peut le débarrasser par la promesse de la récompense dans l\u2019au-delà.Qui y a-t-il de plus doux et de plus rafraîchissant au coeur blessé de l\u2019enfant, que la parole chaudement caressante de la mère, dans une exhortation à la patience, à la résignation sous l\u2019égide de la volonté divine ! «Offre cela au petit Jésus, qui a tant souffert pour nous » ! Et l\u2019enfant est rasséréné.Il faut à l\u2019enfant, comme au vieillard, comme à tous les âges du reste, ce bâton de solidité \\ LE DEVOIR ENVERS L\u2019ENFANCE 297 dont ne peut se dispenser notre faiblesse : la religion, sa douceur d\u2019apaisement, ses consolantes promesses d\u2019heureux avenir.Il faut, de toute nécessité, inculquer, graver au coeur de l\u2019enfance l\u2019amour trois fois sublime de cette trinité, divine en son essence : Famille, Religion, Patrie.Maxime POIRIER. RÊVES (Poème Inédit ) I Il est des jours de rêve où notre âme oppressée, Lasse des mêmes lieux et du même horizon, Sentant le monde trop étroit pour sa pensée, Bat de l\u2019aîle comme un oiseau dans sa prison.Le monde n\u2019a plus rien d\u2019assez beau, d\u2019assez vaste Pour le désir qu\u2019elle a de fuir et de monter : Ni les bois inconnus que le grand vent dévaste, Ni la grêve où les\u201dflots reviennent se heurter, Ni les champs radieux que dore un crépuscule Et que frôle l\u2019oiseau de son aîle d\u2019argent, Ni la plaine fleurie et les monts où circule L\u2019air libre du matin, des parfums émergeant ; Ni le calme infini des mers et de l\u2019espace, Ni les fleuves au coeur profond et tourmenté, Ni même le ciel bleu sans limites où passe L\u2019aigle aux yeux vifs, épris d\u2019air et d\u2019immensité ! I n\u2019est rien qui l\u2019émeut, plus rien qui la captive ; Un océan d\u2019ennui bouillonne dans son sein.Elle voudrait partir, partir vers quelque rive Sauvage, aller s\u2019abattre ainsi qu'un brusque essaim !.Elle a soif d\u2019inconnu, d\u2019éternel, de voyage ; Soif de sainte splendeur, d\u2019immortelle beauté ; Elle voudrait, portant les désirs d\u2019un autre âge, Jeter sous d\u2019autres cieux son cri de liberté._ Sentant peser sur elle une obscure souffrance, Et comme un frêle oiseau loin du nid éperdu, Elle pleure dans une vague souvenance Le magique pays que ses yeux ont perdu !.IT O toi dont l\u2019humble vie est faite de misères, Dont les sinistres yeux ont des larmes sans fin, Toi que le deuil retient comme un aigle en ses serres, Toi dont l\u2019âme a la haine et l\u2019estomac la faim, REVES Homme de peine, infirme à la figure sombre, Regards enténébrés où nul rayon ne luit, Lugubre vagabond du noir chemin de l\u2019ombre, O fantôme traînant des loques avec lui ; Lève ton front chargé des ombres de la terre, Entr\u2019ouvre ton oeil morne et ton âme qui dort ; Voici que le destin se montre salutaire : C\u2019est l\u2019heure où doit passer le rêve aux aîles d\u2019or ! Sèche tes pleurs.Tu peux pour un moment, pauvre homme, Posséder tous les biens dont les ans t\u2019ont sevré ; Laisse tomber ton dur harnais, bête de somme, Et.repose un instant ton pauvre corps navré ! Vois ! Le rêve a rempli ta table et ta chaumière Des trésors que tes yeux ont longtemps convoités, Tes enfants ont un front joyeux plein de lumière, Et l\u2019air heureux de ceux que la vie a gâtés ! Un palais brille au lieu de ta retraite noire ; Vois ses créneaux fleuris sous le ciel flamboyer.La flamme emplit son âtre et la miche l\u2019armoire, Et ta femme est joyeuse et belle en ton foyer !.Ouvre les bras à la richesse qui t\u2019inonde, Ouvre ton âme au fier amour qui vient vers toi ; Sois heureux, car la joie immortelle et féconde, Comme une douce amie habite sous ton toit.Le rêve consolant, ombre chère et ravie, Dans la coupe des soirs te verse sa liqueur ! \u2026.Bois ! Tu pourras enfin, oublieux de la vie, Croire que l\u2019amertume a déserté ton coeur !.TIT Jeune homme ou jeune fille à l\u2019âme noble et fière, Dont le coeur s\u2019ouvre ainsi qu\u2019un lys dans le matin, Esprit clair, dédaigneux de la tourbe grossière, Jeunes yeux entr\u2019ouverts sur un riant destin ; Je te vois, 6 jeune homme, amoureux de la vie, Tenant ton livre ouvert sous la lampe du soir, Réveur et promenant parfois un oeil d\u2019envie Sur les couples qui vont dans les grands parcs s\u2019asseoir .Ton regard curieux sonde l\u2019ère inconnue .Pour laquelle tu sens ton réve s\u2019enflammer, Et ta jeunesse appelle instamment la venue De l\u2019heure où tu seras atteint du mal d\u2019aimer. LA REVUE NATIONALE Mais ne va pas semer ton âme miette à miette - A travers les sentiers qui captivent tes pas ; Les volages amours la rendent incomplète : Garde-la pour le grand amour qui ne meurt pas ! Et si tu veux savoir où le bonheur se cache, Prends la route qui va vers les champs frais et verts, Tu verras un toit gris où le lierre s\u2019attache, Et sur le matin bleu des volets entr\u2019ouverts.Puis, va plus près, approche de ce nid, pénètre Par la barrière que nul gardien ne défend : Tu verras, dans l\u2019embrasure de la fenêtre, Une mère penchée auprès de son enfant.La maison rit parmi les arbres et les sentes.L\u2019homme chante.Et sitôt que s\u2019entrouvre l\u2019auvent, Les enfants vont danser leurs rondes innocentes : Médite ce bonheur, é jeune homme, en révant !.Ne suis pas le troupeau des errants de ce monde Qui baillent leur tristesse à la face des cieux ; Cherche la paix, ébauche en ton âme profonde Le rêve d\u2019un foyer clair et silencieux !.IV \u2014 Fi! disent les railleurs, fi! du rêve inutile Et des tâtonnements sous les cieux inconnus ; Fi! des vagues désirs et du geste futile, \u201c Des artistes, ces fous aux regards ingénus ! Agissez, disent-ils, que votre jeune vie N\u2019aille pas s\u2019épuiser sur les objets lointains.Ce que l\u2019on peut saisir doit seul nous faire envie, Et le plus triste soir vaut les jours incertains ! La terre tous les ans s\u2019orne de fleurs nouvelles Et le travail joyeux parle à notre raison ; Quand les matins sont gais, quand les heures sont belles, Pourquoi donc regarder plus loin que l\u2019horizon ?\u2014 J\u2019admire, 6 gais railleurs, vos dires, votre verbe, Jadmet votre raison mais ne la comprend pas, Car le ciel est profond, l\u2019aube est vaste et superbe, Et des sentiers sans fin s\u2019ouvrent devant mes pas.L\u2019infini s\u2019offre au coeur comme à l\u2019esprit des hommes ; Nulle part la beauté ne resplendit en vain.Dieu qui, dans sa splendeur, fit le monde où nous sommes, A coté du reptile a mis Uaigle divin. REVES L\u2019aigle, frère sauvage et muet du poête, Assoiffé comme lui d\u2019aube et d\u2019immensité, Qui délaissant la foule insensible et distraite, Se cache dans son rêve et dans sa pauvreté ! \u2026.La pensée est un aigle amoureux du domaine Que l\u2019oeil chercheur ne peut approfondir jamais, Et vous ne pourriez pas, railleurs, dans l\u2019âme humaine, Eteindre le flambeau qu\u2019allument les sommets ! Les poêtes sont des réveurs à l\u2019âme fière : Qui voudrait empêcher leur rêve de monter Ferait mieux d\u2019arrêter l\u2019eau pure en la rivière, Ferait mieux d\u2019empêcher les oiseaux de chanter !.Et je veux tous les jours de l'existence brève, Célébrer, en marchant vers la blanche cité, Le bonheur de mon âme ouverte sur le rêve, Et l\u2019orgueil de mes yeux ouverts sur la beauté ! \u2026.Vv Un reflet étranger brille dans vos prunelles, O jeune femme, et votre regard est troublant.Votre grâce est fondue en proses maternelles, Et je vous vois rêver auprès d\u2019un berceau blanc.De ruban vaporeux, de gaze, de dentelle, Vous avez fabriqué le petit nid humain, Votre enfant vous sourit et votre joie est telle Qu'\u2019il vous semble qu\u2019il tient votre âme dans sa main.Son front rose est pareil au front rose des anges, Sa chair a le duvet d\u2019un fruit délicieux ; Ceux qui peuvent le voir dormir entre ses langes, Ne savent pas s\u2019il est de la terre ou des cieux !.Cependant qu\u2019il sommeille en son petit lit rose, Sur lui votre beau front se penche doucement, Mais vos lèvres parfois s\u2019ornent d\u2019un pli morose, Et dans vos yeux des pleurs surgissent lourdement.Car l\u2019avenir paraît, insondable mystère, Abîme où vont sombrer nos forces et nos jours.Vous dites : \u201cSera-t-il un heureux de la terre Qu\u2019un succès éclatant accompagne toujours ?-O mon fils, mon enfant, quelle sera sa vie ?Quelle sera sa part dans ce monde inconnu ?Au banquet des humains où les jours le convie, Sesa-t-il adulé, sera-t-il méconnu 2\u201d \u2014 IN bl I re orate LA REVUE NATIONALE Et vous rêvez pour lui tous ces biens que l\u2019on nomme, Gloire, plaisirs, honneurs, richesse, amour humain.\u201cCes mots sont superflus.Rêvez qu\u2019il soit un homme Qui croit que le plus beau coin de terre est le sien.D\u2019un passé glorieux soyez l\u2019humble gardienne ; Le vrai bonheur ne peut s\u2019acheter qu\u2019à ce prix : Rêvez pour votre fils une âme canadienne, Révez que votre fils adore son pays !.VI a Quels seront, 6 mon Dieu, les termes de nos rêves ?Que deviendront là-haut nos gestes d\u2019idéal, La recherche du bien et la fuite du mal, Tous ces besoins d\u2019azur qui n\u2019ont jamais de trèves ?.Nos yeux enténébrés pourront-ils voir un jour Les lointains infinis que notre rêve pleure ?Verrons-nous au dessus de l\u2019humaine demeure, La route qui conduit a notre clair séjour ?.Que faites-vous, Seigneur, que faites-vous des réves Qui, composant pour nous le but essentiel, Ont fait tordre nos bras suppliants vers le ciel, Et fait saigner nos coeurs comme feraient les glaives ?Faut-il qu\u2019enveloppés de deuil et de rancoeur, Ainsi que des oiseaux captifs dans leur volière, Ils ne puissent jamais vibrer dans la lumière Et meurent prisonniers au fond de notre coeur ?\u2026.Pour avoir recherché la beauté de la rime Et caressé la strophe en ses nobles contours, Pour avoir célébré la terre et ses atours, Pour avoir eu le coeur brûlé d\u2019amour sublime, La nuit dévorera mon livre au teint pôli Et la haine viendra s\u2019attacher à mon ombre.Soit ! J\u2019accepte, 60 mon Dieu, cette défaite sombre, Et mon rêve stérile expirant dans l\u2019oubli.Mais faites qu\u2019en la mort ma pauvre âme meurtrie Sente que mon pays monte, vaillant et beau, Et que je voie au moins, du fond de mon tombeau, Les ailes de la Gloire effleurer ma patrie ! Blanche LAMONTAGNE-BEAUREGARD.ee Es ss œ LES INSTITUTIONS DE CHARITE On les ignore.\u2014 Elles manquent de publicité.Comme le voyageur rendu au milieu de sa course, je sens le besoin de me retourner et de regarder un instant le chemin déjà parcouru.Ce n\u2019est pas pour me satisfaire que j\u2019agis ainsi, cette pensée égoïste n\u2019a jamais germée en moi et le but que je poursuis est trop noble pour se prêter à une ambition personnelle quelconque ; je m\u2019arréte, pour considérer sérieusement si les quelques articles que j\u2019ai écrit sur les oeuvres de charité à Montréal ont porté quelques fruits et si je dois en conséquence continuer mon travail, puisqu\u2019un labeur improductif n\u2019a pas sa raison d\u2019être et qu\u2019on ne doit pas hésiter de l\u2019abandonner.Eh bien ! oui, mon travail n\u2019a pas été inutile, il a rapporté quelque chose à une institution qui le méritait bien et qui mérite encore davantage.On m\u2019en a dit un mot, c\u2019était la récompense que j\u2019attendais, je ne la pensais pas si hâtive.Espérons qu\u2019elle ne sera pas la seule ; la voie est ouverte, il est si aisé aux âmes généreuses de s\u2019y engager.Toutes les oeuvres de charité, sans exception, se maintiennent grâce à une ténacité et à une persévérance assidues, elles sont toutes pauvres, se soutiennent au jour le jour et n\u2019en demandent pas davantage ; elles manquent néanmoins souvent du nécessaire, elles attendent de l\u2019avoir et parfois attendent longtemps, sans murmurer, puisqu\u2019il est dit que la Providence doit y pourvoir et que tôt ou tard elle n\u2019y faillira pas.C\u2019est dur parfois, mais quand on est habitué à la privation, quand on a fait voeu de pauvreté, est-ce qu\u2019on s\u2019arrête à de semblables futilités ?Une misère de plus ou de moins, qu\u2019est-ce que cela représente dans la vie d\u2019une soeur ?Rien, ou a peu près rien.Voilà cependant ce qui arrive tous les jours, sans que nous nous en doutions et voilà également pourquoi les institutions de charité subsistent, à notre grand 304 LA REVUE NATIONALE étonnement, nous qui ignorons ce que c\u2019est que de nous priver non seulement du nécessaire, mais même du superflu.I] n\u2019y a, du reste, pas à s\u2019étonner des multiples privations que doivent forcément s\u2019imposer tous les apôtres qui tentent de fonder un de ces secourables établissements dont j\u2019ai tâché brièvement de raconter l\u2019histoire ?Le coeur humain est naturellement sinon insensible du moins peu compatissant et tel qu\u2019il devrait se montrer devant l\u2019infortune.Pour l\u2019_émouvoir, il faut le toucher à de nombreuses reprises et faire vibrer sans cesse la corde sensible.Ce n\u2019est pas toujours facile d\u2019en arriver là et lorsqu\u2019on s\u2019adresse à nombre de personnes, même des bonnes \u2014 je ne parle pas des méchants \u2014 on en reçoit des réponses stupéfiantes qui peuvent décourager la meilleure bonne volonté et abattre un courage à toutes épreuves.Pour ma part, j\u2019en ai reçu quelques unes qui m\u2019ont littéralement terrassées.Certaines gens, par exemple, prétendent carrément, avec.le plus grand sang froid; que les braves soeurs de Nazareth cumulent, qu\u2019elles reçoivent ci, qu\u2019elles reçoivent ça, enfin qu\u2019elles entassent ; d\u2019autres, que les religieuses de la Providence sont archimillionnaires, et que l\u2019Hopital des Incurables, cette oeuvre si digne entre toutes, n\u2019a nullement besoin de recourir à la charité publique.Tout cela se dit couramment.Est-ce qu\u2019en réalité on le pense ?Je ne peux pas le croire ; le plus grand mal c\u2019est qu\u2019on le répète et c\u2019est assez.À quoi bon nous servirait-il de le cacher ?\u2018 Il importe donc impérieusement de détruire un préjugé, qui, Dieu merci ! ne s\u2019est pas encore trop accrédité ici, car il est entendu que nous sommes charitables, afin qu\u2019il ne s\u2019implante pas trop avant et nuise plus tard à l\u2019entretien d\u2019institutions qui sont notre honneur et font l\u2019admiration de ceux qui nous environnent, tout en ne partageant pas notre -Croyance.Non, cent fois non, les Soeurs ne sont pas riches, pas plus que les clercs de Saint-Viateur qui se sont dévoués à l\u2019oeuvre ardue de l\u2019éducation des Sourds-Muets.Tous ont fait voeu de pauvreté et vivent en grande partie de charité.Ils tendent la main pour subsister ; s\u2019ils cessaient de recueillir l\u2019obole qu\u2019ils sollicitent et qu\u2019ils recueillent du pauvre comme du riche \u2014probablement plus du pauvre que du riche \u2014 leur LES INSTITUTIONS DE CHARITE 305 oeuvre inévitablement périrait.C\u2019est de la charité qu\u2019il faut et qu\u2019elle doit vivre, c\u2019est uniquement de cette source qu\u2019elle s\u2019alimente, comme la seule à laquelle elle a équitablement droit de recourir.La seule richesse que l\u2019on rencontre dans les communautés, celle qu\u2019on y cumule et dont on a une réserve considérable, il en faut beaucoup pour voir à tant d\u2019entreprises, c\u2019est le dévouement.De ce côté là, on est très riche et on en a grand besoin pour mener tout à bonne fin, en comptant seulement sur la charité publique, qui ne répond pas toujours à l\u2019attente, au moment le plus précaire, sans pour cela qu\u2019on en désespère jamais.Le dévouement, c\u2019est cette qualité, cette vertu plutôt, apanage presque exclusif du monde religieux, que Maxime du Camp admirait tant, lorsqu\u2019il parcourait pour les décrire les innombrables maisons où la charité chrétienne recueille pour les soulager toutes les infortunes humaines qui se cou- doyent dans une population aussi considérable, aussi dense, que celle de Paris.Il ne le trouvait nulle part ailleurs poussé à ce degré si intensif, qu\u2019on en a qu\u2019une faible idée, à moins de l\u2019avoir vu à l\u2019oeuvre et de ses propres yeux.Il revient à tous moments sur ce dévouement extraordinaire, qui l\u2019a tellement frappé, qu\u2019il en a été confondu malgré le scepticisme qu\u2019il a toujours officieusement affiché et dans lequel il est mort, en reconnaissant du moins dans cette vertu une essence infiniment supérieure.Aussi, les pages qu\u2019il a écrit sur ce sujet comptent-elles parmi les bonnes et cet incrédule, ce blasé, a sa place aujourd\u2019hui parmi les meilleurs apologistes du dévouement chrétien, tel qu\u2019on le rencontre sous l\u2019habit religieux.C\u2019est avec cette arme si simple et dont elle connaissent à perfection le maniement, que les Soeurs bravent toutes les vicissitudes de la vie et que les apôtres créent, fondent et établissent des oeuvres qui semblent impossibles, tant elles sont entourées de difficultés.Ils sont tellement convaincus de son efficacité, qu\u2019une oeuvre qui ne nécessite pas de dévouement ne doit pas, du fait même, se survivre ; il est indispensable pour qu\u2019elle résiste qu\u2019elle soit arrosée de sueurs et jalonnée d\u2019ennuis.A ces conditions indispensables, elle empruntera sa force et c\u2019est de la difficulté vaincue qu\u2019elle affrontera avec sérénité l\u2019avenir.HTT LA REVUE NATIONALE 306 Toute la richesse des innombrables institutioñs de charité réside là, inutile d\u2019en chercher ailleurs, il n\u2019y en \u2018a pas.Elles ne demandent rien autre chose que leur pain quotidien, mais elles le demandent et Celui dont elles l\u2019attendent, Celui auquel elles s\u2019adressent matin et soir ne le leur refuse pas, comme il n\u2019en a jamais privé la plus faible de ses créatures, lorsqu'elle a eu recours à lui.Je vous demande un peu ce qu\u2019importe à une pauvre soeur les richesses de ce monde, elle qui ne possède rien, pas même la bure qui la recouvre, pas même le chapelet qu\u2019elle égrene dans l\u2019obscurité de sa cellule ?Elle ne vaut qu\u2019une récompense et-encore cette récompense est d\u2019un autre monde pour lequel elle a joyeusement sacrifié celui où nous vivons et auquel nous sommes en général trop attachés.Comment donc qualifier maintenant l\u2019être humain qui calomnie de propos délibéré ses propres semblables qui ne vivent que de dévouement, ignorent les richesses et s\u2019estiment heureux lorsqu\u2019ils ont le strict absolument nécessaire à la vie ?Il ne m\u2019appartient pas de le dire, je laisse à ce misérable calomniateur le poids de son iniquité à supporter s\u2019il est de bonne foi et celui de son hypocrisie, si toutefois, par une honteuse complaisance, il s\u2019est rangé à une opinion qui n\u2019est pas en réalité la sienne.Heureusement, à titre de compensation à toutes ces avaries, qui ont accablé de tous temps les ordres religieux, par ignorance ou par jalousie, ils comptent toujours un groupe puissant d\u2019admirateurs, qui les seconde dans leur tâche et comprend l\u2019esprit de sacrifice qu\u2019elle exige sans relâche et sans repos.Continuellement sur la brêche, ils ne puisent de force que dans la prière et dans l\u2019estimé qu\u2019on leur porte lorsqu'on a vécu à leur contact.Cependant, si l\u2019oeuvre que tous ils poursuivent assidument sans bruit et sans ostentation, loin d\u2019un monde dont ils se sont volontairement retiré, était mieux connue et ce qui s\u2019en suit plus justement appréciée, il est évident qu\u2019elle en bénéficierait.On ignore Nazareth, on ignore les Incurables, on ignore l\u2019oeuvre du Père Cadieux, on me l\u2019a dit, redit et j\u2019en étais persuadé avant qu\u2019on m\u2019en parle.Quel beau travail de publicité il y aurait à faire sur ces différentes institutions et quel bien le public en retirerait ?De temps à autre, on nous en entretient, puis elles rentrent de nouveau dans l\u2019obscurité et on les perd de vue.Il serait absolument LES INSTITUTIONS DE CHARITE 307 nécessaire qu\u2019on les rappela plus fréquemment à notre souvenir, elles s\u2019en trouveraient mieux et nous n\u2019en serions pas plus mal.La charité existe au fond de toutes les âmes à l\u2019état latent, elle exige néanmoins impérieusement d\u2019être stimulée pour s\u2019exercer.C\u2019est en la provoquant qu\u2019on la développe et qu\u2019on en ressent les effets.À quoi bon une vertu passive, fatalement infructueuse ?La publicité accomplirait des miracles en aidant toutes ces charitables communautés, en faisant voir dans toute sa clarté le but désintéressé qu\u2019elles poursuivent et qu\u2019elles ne peuvent qu\u2019en partie atteindre, puisqu\u2019elles sont et restent inconnues du grand public, dont elles réclament l\u2019appui pour faire farce aux dures exigences de la vie actuelle dont elles souffrent comme ies autres, sans qu\u2019on leur vienne plus en aide pour cela.À notre insu, il se fait journellement et dans le plus profond silence, un bien considérable, secouons notre torpeur, proclamons le bien haut pour qu\u2019on le sache et qu\u2019il s\u2019en fasse encore davantage, grâce à la libéralité de la presse et à notre générosité.F.J.LAMBERET. UN COUP DE CLAIRON L\u2019Appel de la Race Roman historique qui refait avec chaleur la lutte pour l\u2019Ecole française, dans la province d\u2019Ontario, « l\u2019Appel de la Race » est aussi et surtout un roman à thèse contre les mariages mixtes.Et, comme l\u2019écrivait M.Antonio Perrault, on doit féliciter l\u2019auteur de cette oeuvre courageuse.Ce ne seront pas d\u2019ailleurs les premières félicitations adressées à son talent et à son énergie.Celui qui se cache sous le pseudonyme d\u2019Alonie de Lestres, a une oeuvre magnifique à son crédit, oeuvre lourde de brillants résultats, comme l\u2019arbre écrasé sous le poids des fruits mûrs.Le sang répandu jadis par l\u2019ancêtre, au service d\u2019une grande et noble cause, se retrouve aujourd\u2019hui dans les veines du descendant, plus chaud et plus jeune que jamais.Et, pour tout ce qu\u2019il a fait, lui, qu\u2019il soit permis à un jeune de lui exprimer sa reconnaissance.La jeunesse canadienne, en général, sait à quelles sources puiser de précieux enseignements ; à chaque coup de clairon que jétte le vaillant sonneur, elle peut répondre : « Présente ! > « L\u2019Appel de la Race » est encore un nouveau coup de clairon.La note est lancée et le rideau se lève : voyons jouer les acteurs du drame.Jules de Lantagnac est le type du Canadien-français que les circonstances ont poussé vers un milieu étranger, pas UN COUP DE CLAIRON 309 assez cependant pour étouffer chez lui tout sentiment d\u2019honneur national.Il a épousé une anglaise convertie, et ses quatres enfants \u2014 deux garçons, deux filles \u2014 ont reçu une éducation anglaise.Des incidents ramènent peu à peu de Lantagnac à ses origines : la fierté renait, qui n\u2019était qu\u2019endormie, sous les cendres de l\u2019aveuglement et des préjugés.« Le coin s\u2019introduit », écrit finement l\u2019auteur.Et désormais, l\u2019on assistera à sa marche en avant, à travers mille difficultés.Survient la question désormais fameuse des Ecoles françaises, survient l\u2019inique règlement XVII.Les Canadiens- français d\u2019Ontario ont besoin d\u2019un chef et d\u2019un défenseur au Parlement fédéral.Convaincu de la justice de cette cause, poussé par ses amis, entr\u2019autres, l\u2019excellent oblat, le Père Fabien et le Sénateur Landry, dépouillé enfin de tous les préjugés, de Lantagnac se précipite dans la mêlée.C\u2019est alors que les obstacles se dressènt plus nombreux, c\u2019est alors que commence la tragédie dont le dénouement surviendra au lendemain du discours prononcé en Chambre, en faveur de la motion Lapointe.Jules de Lantagnac conquis à la cause de ses compatriotes \u2014 la sienne maintenant \u2014lui a sacrifié son bonheur familial : sa femme et deux de ses enfants l\u2019abandonnent.Heureusement, le fils aîné suit l\u2019exemple du père, et l\u2019une des filles, gagnée elle aussi, entre chez les Religieuses de ia Congrégation.« Le coin est tombé ! >».Cependant que tombe le coin, le lecteur, lui, ne peut s\u2019empêcher de réfléchir profondément.Ce récit dû à une plume alerte et qu\u2019on devine habituée aux longues courses, a son pendant au sein de la vie réelle.Sans doute, les circonstances ne sont-elles pas toujours aussi dramatiques, ni le dénouement si douloureux ; mais quelle grande part de vérité ! et comme l\u2019auteur décrit bien, au début du livre, cette mentalité d\u2019un bon nombre des nôtres, « pendant les trente dernières années du dix-neuvième siècle » ; j\u2019ajouterai : encore aujourd\u2019hui.La chose pouvait s\u2019expliquer en ce temps-là ; mais aujourd\u2019hui elle ne s\u2019explique plus : elle se condamne.L\u2019individualisme que souligne de Lantagnac dans son journal et que Brunetière a stigmatisé dans un de ses discours de combat, régnait alors sur les es esprits : la vague n\u2019a pas 310 LA REVUE NATIONALE = encore fini de passer.Qui ne connait au moins quelques-uns de ces bons compatriotes, frères du premier de Lantagnac, remplis de « pitié hautaine » pour les leurs ?Qui ne connait surtout ces fines « perruches » et ces « freluquets » gommés, les vrais parias de la race, quand ils n\u2019en sont pas les traîtres ?Certes, une réserve s\u2019impose, et Wolfred de Lantagnac se trompe lorsqu\u2019il attribue tous les torts à «la haute société canadienne-française ».L\u2019auteur a, du reste, le soin de rectifier l\u2019assertion par la bouche de Lantagnac, père.Et ce sont là autant d\u2019enseignements, autant d\u2019avertissements.Le premier de tous ne réside pas là toutefois.On le trouve dans le fond même du roman : c\u2019est la mise en garde contre le mariage mixte.«De ton malheur, accuse-toi d\u2019abord toi- même, dit à Jules de Lantagnac une voix intérieure.La faute première, tu l\u2019as commise il y a vingt-trois ans.(par ton mariage avec une étrangère ».La question est cependant fort délicate à traiter, et il faut être bien solide pour la résoudre brusquement.Seule l\u2019expérience \u2014 que je n\u2019ai pas, que l\u2019auteur a peut-être \u2014 permet de dire si, oui ou non, règle générale, le mariage mixte, toujours entendu au seul point de vue national, est un des plus graves dangers, et s\u2019il conduit au même résultat que dans l\u2019Appel de la Race\u201d.Des cas peuvent être cités à l\u2019encontre de affirmative.Mais il faut ici envisager l\u2019ensemble.Une autre question, peu facile à résoudre également, est celle du devoir national opposé au devoir paternel, au devoir de l\u2019_époux.Il faut vraiment toute l\u2019habileté, la finesse et la conviction d\u2019un Père Fabien ou d\u2019un.Alonie de Lestres pour en venir à bout.Que fait-on maintenant du droit de l\u2019autre partie à son sentiment national pour elle et pour ses enfants ?L\u2019imbroglio qui en résulte est une conséquence presque fatale des unions de ce genre.L\u2019un ou l\u2019autre doit abdiquer, sinon, quand chacun tient son bout, il arrive ce que nous décrit l\u2019auteur du roman : un choc suivi d\u2019une rupture.Oh ! je sais, l\u2019on dit bien : \u201cQui prend mari, prend pays ! \u201d En pratique la chose n\u2019est pas aussi facile.Et l\u2019on en arrive à adopter la conclusion de l\u2019auteur : \u201cPas de mariages mixtes, sous peine de déchéance ou de rupture !\u201d C\u2019est sans doute la meilleure alternative, en tous cas, la moins dangereuse.La a UN COUP DE CLAIRON 311 thèse, telle que posée par l\u2019auteur, peut tout d\u2019abord paraître audacieuse, invraisemblable même : la réflexion nous la montre sous un autre jour.Mettons des noms connus à la place des noms de Lantagnac, Bossanger, Frontenac, Gihoyer et Gau- derville : nous verrons sans peine si telle n\u2019est pas, hélas ! la trop exacte vérité.Voilà pour le fond du livre, encore que l\u2019on pourrait reprocher à l\u2019auteur d\u2019avoir mis en scène certains personnages sous leurs noms véritables.\u2018 Il est vrai toutefois que le livre a l\u2019allure d\u2019un roman historique avec une teinte de politique.! Reste la forme.Notre littérature canadienne \u2014 il est généralement admis que nous en avons une \u2014 est plutôt pauvre en fait de romans.Nous avons \u201cJean Rivard\u201d, nous avons \u2018Une de perdue, deux de trouvées\u201d, \u201cJacques et Marie\u201d ; nous avons les ouvrages du docteur Choquette et le \u201cCenturion\u201d du juge Routhier, tout à fait exotique.L\u2019on peut dire, je pense, sans enlever leurs mérites et leur qualités à ces ouvrages, que le roman d\u2019Alonie de Lestres s\u2019en vient occuper l\u2019une des premières places, sinon la première.Les faits s\u2019enchaînent avec art, l\u2019intrigue se déroule sans brusqueries, quoique avec un peu trop de lenteur parfois, sem- ble-t-il : ce qui est dû à notre connaissance des événements historiques semés ici et là, dans le récit.La langue est riche, souple, apte à décrire un coin du pays de Québec, une promenade sur le lac MacGregor ou une scène parlementaire.Certains détails même sont remarquables, par exemple dans la dernière conversation de Lantagnac avec le Père Fabien.Comme ils nous apparaissent bien vivants et pris sur le vif, les types que l\u2019auteur met en scène ! Ce Davis Fletcher au \u201cpas trotte-menu, au visage de parchemin fané\u201d, image exacte du petit fonctionnaire collé à son rond-de-cuir ! Ce William Duffin dont la race irlandaise a, par malheur, trop d\u2019exemplaires, chez nous ! On voit que l\u2019auteur a étudié les milieux avec attention, et ce ne semble plus être pour lui qu\u2019un amusement de nous y faire entrer.La langue imagée et précise nous contraint à y rester jusqu\u2019au dévouement.(1).\u2018M.Antonio Perrault a fait la même réflexion dans son article du \u201cDevoir\u201d. 312 LA REVUE NATIONALE e C\u2019est d\u2019ailleurs une douce contrainte.Au début, on peut ne pas la sentir s\u2019exercer, on peut en douter même ; mais tout à coup, l\u2019on est pris malgré soi, et je ne pense pas qu\u2019on puisse suivre sans émotion l\u2019entretien magistral du député et de son directeur, d\u2019assister, sans être tenté d\u2019applaudir au coup de théâtre de la séance parlementaire du 11 mai.On ferme le livre, et les images, les mots, les réflexions demeurent.Cette emprise de l\u2019écrivain sur ses lecteurs est une marque évidente de supériorité et de talent : ne l\u2019a pas qui veut.M.Perrault conseille aux jeunes de lire ce romañ.C\u2019est à eux qu\u2019il s\u2019adresse sans doute, mais il s\u2019adresse aussi aux plus âgés, à ceux dont les jeunes attendent des directives.Il s\u2019adresse à ces gens des \u201chautes classes qui trahissent\u201d.Il serait à couhaiter que l\u2019ouvrage tombât dans leurs mains.Laissant de côté magazines insipides et revues baroques autant que perverses, ils pourront peut-être dire à leur tour, comme le héros du livre : \u201cNous avons retrouvé là lé reste de notre âme ! \u201d Jean BRUCHESI.re \u2014 py Un (Onte, une Nouve.LE CHIEN DE CHEZ NOUS Sans le moindre effort de mémoire, fermant les yeux du corps pour laisser ceux de l\u2019Âme regarder mieux, je revois nettement la scène, à l\u2019orée du bois, entre deux buissons hauts, où j'avais creusé un grand trou.J\u2019avais travaillé rapidement, pressé de me débarrasser de la sorte de honte que j\u2019éprouvais à cette obscure besogne.Le soir tombait.Un dernier rayon de soleil, passant au-dessus des arbres, incendiait encore l\u2019extrême bout du champ, tandis que le bois allongeait déjà son ombre sur le lieu où nous étions et qu\u2019une buée légère s\u2019échappait de la terre fraîchement remuée.Mon pauvre chien, couché près de mon fusil de chasse, suivait encore mes mouvements de son regard incapable de comprendre et que ne troublait pas une seule ombre de doute.C\u2019était un grand, élégant «collie », au poil long et fin, d\u2019un blond clair, plus foncé autour des épaules et du cou.Tête mince et allongée, bouche étroite où la blancheur des dents riait toujours entre les lèvres noires.Quant au moral, \u2014 permettez-moi, cher lecteur, d\u2019employer ici le mot \u2014 quel est donc l\u2019écrivain anglais qui a dit qu\u2019entre tous les chiens le \u201ccollié était de beaucoup le plus.gentilhomme ! Cette figure peut paraître hardie mais elle est juste.Incapable de rancune et de fourberie, doué d\u2019une très grande sensibilité, un rien suffisait pour attrister ou pour réjouir Je me souviens de la chose comme si elle était d\u2019hier. \\ i ; { D 1 6 J À 9 fe J Hit IY ii hi oY de 1H 8 iH ROL 314 LA REVUE NATIONALE Paimable animal.La moindre brusquerie dans la voix la rendait tout penaud et lui faisait baisser la téte, et il ne fallait alors rien moins qu\u2019un geste où se devinait la caresse pour le rendre fou joyeux.Et parce qu\u2019il était trop âgé maintenant et devenu malade, le père, malgré les protestations indignées des enfants, avait décidé de le tuer.C\u2019était moi qui devais, par ce soir paisible, me faire le bourreau de ce tendre ami.Aussi, le dernier coup de pelle donné, voilà que j'hésitais à tirer sur mon vieux chien le coup de fusil qui devait le coucher au creux de sa fosse.Les mains molles sur l\u2019arme, je m\u2019attardais à regarder vivante et pour la dernière fois la chère bête qui avait été si longtemps pour nous un compagno: de jeux et qui levait sur moi à cette minute ses bons yeux.doux marqués de taches d\u2019or.Du fond de ma mémoire, sa vie si intimement associée à la nôtre, apparaissait pour se dérouler à mes yeux et me rappeler par là même avec unè étrange fidélité les plus jolies scènes de mon enfance.Je revoyais l\u2019arrivée, chez nous, du chien à peine âgé alors de trois mois.Une famille voisine avait déserté sa terre pour la filature américaine et nous avait, un jour d\u2019hiver, abandonné le toutou.On lui avait fait sa place derrière le poêle, sur un tas de vieilles mitaines, près de deux gros chats qui, 6 miracle, avaient sympathisé avec lui.Alors bambins, inutile de dire que nous avions organisé immédiatement de beaux charivaris \u2018avec le nouveau venu.Celui-ci, d\u2019ailleurs, s\u2019était prêté à nos jeux avec l\u2019ardeur que vous devinez, cher lecteur, se laissant atteler aux chaises, jouant à cache-cache, tout en ravageant nos habits de ses dents aigues de jeune chien.Grand Dieu, quels tapages avons-nous menés ! Ah ! c\u2019était là le beau temps de l\u2019enfance insouciante et heureuse ! Un plaisir affectionné entre tous, c\u2019était de faire un brin de sommeil, la tête couchée sur le chien au poil si soyeux et qui nous chatouillait si délicieusement les oreilles ! Et voilà peut-être bien pourquoi il avait hérité bientôt du \u2018de Mousse.Quand nous partions pour l\u2019école, Mousse tentait toujours de nous suivre.Il nous fallait le réprimander avec de grands gestés menaçants et, tout piteux et chagrin, il rebroussait LE CHIEN DE CHEZ NOUS 315 alors chemin tandis qu\u2019au fond de nous montait l\u2019envie folle de le rappeler.Le soir, au retour il ne manquait jamais de nous apercevoir de loin et nous arrivait aussitôt comme un bolide, nous encerclant de gambades et nous sautant au visage pour manifester sa joie de nous revoir.= On lui avait appris, très jeune, à aller chercher les vaches.C\u2019est en accomplissant bien cette fonction, comme on le sait, que le chien, à la campagne, nous rend les plus grands services et acquiert donc le plus de valeur.Inutile de dire que Mousse excellait à cette tâche.Dès qu\u2019il nous voyait partir pour l\u2019étable avec'les chaudières et bidons à lait, sans en attendre le signal, vite, il « gagnait » le clos de pacage, au fin bout de la terre.Comme il possédait bien l\u2019art de chercher le troupeau dans les sous-bois toujours sombres, de le réunir sans brusquerie et sans mordre, avec à peine quelques jappements clairs ! Comme il savait bien ramener lentement les bêtes-toujours lourdes avec leur gros ventre saoûl, leur pis gonflé et ballottant entre leurs jambes trop raides pour bien courir ! Puis, lorsque la nuit avait noyé la ferme de son ombre et de son silence, son silence que troublait seul et à peine le bruit lointain et très doux des clochettes du troupeau retourné au pacage, Mousse devenait le chien de garde assez fidèle pour dénoncer le visiteur importun, sans toutefois le déchirer vif, comme le ferait le bouledogue, de si sinistre renommée.Ah ! comment décrire justement le caractère aimable de ce vieux chien de la maison, si folâtre, si caressant, si sociable, pour ainsi dire ! En quelque part que nous allions, les enfants, sauf dans les courses au village.Mousse nous accompagnait toujours, apportant à notre jeunesse rieuse sa part de gaieté folle et bouffonne.Il me semblait le voir, au temps des \u2018\u2018foins\u201d, la gueule mi-ouverte, promener son petit galop de chien d\u2019un faneur à l\u2019autre et pourchasser les mulots sous les andins épais.Puis, aux jours de la cueillette des fruits, combien de fois n\u2019était-il pas allé avec nous aux framboises ou aux bluets ?Et de le sentir ainsi à nos côtés, c\u2019était un réconfort pour notre jeune âge, car aux abords des bois éloignés et inconnus, il y a toujours, on le sait, plus ou moins de boeufs 316 LA REVUE NATIONALE \u2018malins\u2019 qui foncent parfois sur les enfants, et quand ils ont un chien avec eux.La force paralysante de ces souvenirs me fit comprendre que je m\u2019attendrissais dangereusement et qu\u2019il était grand temps de réagir.J\u2019épaulai brusquement et tirai.Le pauvre Mousse se dressa tout droit, un oeil lui sauta hors de l\u2019orbite et un peu de sa cervelle jaillit sur l\u2019herbe avant qu\u2019il ne dégringolât dans sa fosse.Et quand j\u2019eus comblé le trou et repris le chemin de la maison, il me sembla, en écrasant une larme, que j'avais enterré avec mon vieux chien un peu de mon enfance.Edouard HAINS. LA REVUE NATIONALE ÉDITIONS DE LA Société Saint - Jean - Baptiste de Montréal FLEURS DE LYS.\u2014 Un vol.in-8, de 160 pages, orné de 8 superbes hors-texte en demi-ton.60 sous, franco 70 sous.AU PAYS DE L\u2019ERABLE.\u2014 Un vol.in-8, de 192 pages, orné de 12 hors-texte en demi-ton, 80 sous, franco 90 sous.HISTOIRE ACADIENNE, abbé Lionel Groulx.\u2014 Une brochure in-160, de 32 pages, avec carte et illustration, 10 sous, franco, 12 sous.LA VAINE FOI, de Laure Conan.\u2014 Une brochure in-120 carré, de _48 pages, 50 sous franco, 52 sous.RECUEIL-SOUVENIR de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal.Un vol.in-80 de 386 pages, orné de nombreuses gravures en demi-ton, 25 sous, franco 35 sous.Album de CONTES HISTORIQUES.\u2014 Grand cahier in-4o, de 16 sujets en couleurs, chaque sujet contenant 12 images avec légendes, 50 sous, franco, 55 sous.CHANTS POPULAIRES.\u2014 Feuillet contenant les paroles de 14 chansons, 15 sous la douzaine, $1.00 le cent.LE PETIT CANADIEN.\u2014 Revue mensuelle, répertoire d\u2019articles sur les questions nationales et les activités de la Société Saint- Jean-Baptiste, de 1913 à 1918, l\u2019année : 50 sous.LA REVUE NATIONALE.\u2014 Revue mensuelle illustrée, faisant suite au Petit Canadien, de 1919, à 1921, l\u2019année : $1.00 MEDAILLE LAFONTAINE : 50 sous.L\u2019OISEAU BLEU.\u2014 Revue mensuelle de\u2019 la jeunesse, abondamment illustrée, 16 pages ; l\u2019année : 75 sous, franco 80 sous ; le numéro : 5 sous.MONUMENT NATIONAL 296, Saint-Laurent, Montréal LA REVUE NATIONALE Durant l\u2019année scolaire, les parents soucieux de l\u2019éducation de leurs enfants cherchent pour ceux-ci UN STIMULANT AU TRAVAIL, UNE RECOMPENSE AU SUCCES UNE CONSOLATION DANS L\u2019ECHEC Cet objet précieux est tout trouvé, s\u2019ils connaissent L\u2019Oiseau Bleu La selule véritable revue canadienne des enfants publiée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montreal.Pères de Famille SAVEZ-VOUS Ce que lisent vos enfants ?SAVEZ-VOUS Qu\u2019il peut leur tomber sous les yeux des lectures sottes, immorales et perverses ?SAVEZ-VOUS Que L\u2019Oiseau Bleu est PANTIDOTE contre ces lectures douteuses ou mauvaises ?AUX ENFANTS QUI ONT DE L\u2019INITIATIVE L'Oiseau Bleu offre un abonnement gratuit a tous ceux qui recueilleront quatre abonnements à 75 sous.La récompense n\u2019en vaut-elle pas la peine ?Abonnement : Canada, 75 sous, Union postale, $1.00, le numéro, 5 sous.L\u2019OISEAU BLEU 296, rue Saint-Laurent, MONTREAL. LA REVUE NATIONALE 319 Au Royaume des Tapis! 1872 - 50 ANS - 1922 \"REMERCIEMENTS INVITATION aux personnes qui nous ont à tous à célébrer cet anni- patronné depuis un versaire mémorable par une DEMI-SIECLE COMMANDE MAISON FILIATRAULT SPECIALISTE-IMPORTATEUR TAPIS \u2014 Linoleums \u2014 Rideaux \u2014 Stores \u2014 Ete.429, Boul.St-Laurent, Tél.Est 635, Montréal TEL.EST 3161.O.CHAMPAGNE FERBLANCTIER, COUVREUR, POSEUR D\u2019APPAREILS A GAZ ET A EAU CHAUDE 358, Avenue de l\u2019Hôtel-de-ville MONTREAL (Près, de la rue de Montigny) TEL.ST-LOUIS 3481 EUCLIDE BASTIEN ENTREPRENEUR PEINTRE 1362, SAINT-ANDRE, MONTREAL Examen de la vue Tél.EST 989 Lunettes et Lorgnons ALPHONSE.L.PHANEUF OPTICIEN-OPTIMETRISTE 385, RUE SAINT-DENIS, (Près dz la rue Ontario) MONTREAL TEL.MAIN 8600, 1, 2, 3, 4, 5344 .> Gunn, Langlois & Cie, Limitée + MARCHANDS DE PROVISIONS Oeufs, Beurre, Fromage, Volailles, Viandes fumées, Saindoux.Bureau : 105, rue SAINT-PAUL EST, MONTREAL LA REVUE NATIONALE + FAITES PARTIE de notre Caisse de Noi ET Protégez-vous contre la mauvaise FORTUNE La Banque dMhochelaga FONDEE EN 1874.SATISFACTION GARANTIE ~ TEL.EST 2005 GARAULT & LACROIX PEINTRES D\u2019ENSEIGNES, AFFICHES, BANDEROLES, PANCARTES, ETC.784 Est, rue Sainte-Catherine, MONTREAL Mathématiques et Sciences, Lettres et Langues en Francais et en Anglais.Préparation aux Examens, Brevets, Service Civil, etc.Enseignement individuel à Termes Faciles.Pour Dames et Monsieurs.René Lavoie, Ÿ.5.et §.@.Bachelier és Arts et en Sciences appliquées Professeur au Collège Sainte-Marie.238, ST-DENIS, Tél.Est 6162, MONTREAL 1s MAIS OUI! \u2018Des Petits Pois SOLEIL AUTRES SPECIALITEES IMPOR.TEES DE GRANDE REPUTATION \u201cIl y a 20 ans que j\u2019en mange\u201d, nous disait récemment un vieil amateur de ces délicieux légumes et petits pois belges, réputés dans le monde entier.Quand on y goûte, on les adopte ! 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