La revue nationale /, 1 février 1923, Février
[" If XX Bibliothèque de L\u2019Académie Csmmerciale Avenue han 223.; 5e ANNEE \u2014 No.2 - MONTREAL _ 1éba , BEYRIER 1923 iy AU +\" uw LA REVUE NATIONALE Organe de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal PARAISSANT LE 10 DE CHAQUE MOIS Une institution nationale prospère .Jean Guérin 37 y Charité bien ordonnée.Ubald Paquin 49 ~ Nos découvreurs .CL.Benjamin Sulte 45 \u201c Les dangers du Radio .Albert Levesque 48 Encore quelques anglicismes .Alfred Decelles, fils 51 Petits et grands .Mme C.Bastien 53 A travers notre histoire .Francis-J.Audet 59 Rédaction et Administration : 296, RUE SAINT-LAURENT : MONTREAL VEN Abonnement annuel : $2.00.x ce o> > La livraison (chez les dépositaires:) 158 sO Ÿ Les abonnements à la REVUE NATIONALE commencent invar:able- ment au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste.cat, ats Mee ES das SEY SEE La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal | Fondée en 1834 N CONSEIL GENERAL : Grand aumônier : Mgr l'ARCHEVEQUE DE MONTREAL.Président général : Victor MORIN, LL.D., notaire, 97 rue St-Jacques.ler vice-président général: V.-E.BEAUPRE, I.C., professeur, 676, rue Saint-André.: 2e vicé-président général : J.-B.LAGACE, M.A., professeur, 836, rue Saint-Hubert.Secrétaire général : Victor DORE, professeur, 214, rue Berri.E Trésorier général : J.-P.-L.BERUBE, secrétaire du Conseil des Arts et Manufactures, 296, rue Saint-Laurent.> Directeurs : i L\u2019hon.L.-O.DAVID, sénateur, 291, rue Saint-Hubert.Thomas GAUTHIER, courtier, 11, place d\u2019Armes.L\u2019hon.F.-L.BEIQUE, sénateur, 740, rue Sherbrooke, Ouest.Guy VANIER, LL.L., avocat, 97 rue Saint-Jacques.E J.-V.DESAULNIERS, courfier en immeubles, 90 rue Saint-Jacques.A Henry-L.AUGER, courtier en immeubles, 384, rue Ontario, Est.Léon TREPANIER, publiciste, 1234, rue Saint-Hubert.\u2018 Chef du Secrétariat : Jean GUÉRIN » bureau No 1, Monument National, téléphone, Plateau 3768.Corporations filiales de la Société : La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.La Direction de la Revue Nationale ne s\u2019engage pas à rendre les | manuscrits non insérés.di Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs 2 artic'es.To La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 296, rue Saint-Laurent, et imprimée par l\u2019IMPRIMERIE MAISONNEUVE, 478, Ave.Lasalle, Tél.LASALLE 2354.CATIOUQUE Co .~ So 2 | RT HTT 063, sn, 8, 2 ie LA REVUE NATIONALE 33 Faites un Essai = Achetez un paquet de > THÉ 347 F et voyez si ce n\u2019est pas le thé le plus délicieux, que vous ayez jamais goûté.\u201cC\u2019est l\u2019opinion de la plupart des Amateurs de Thé\u201d ENCOURAGEZ L\u2019INDUSTRIE NATIONALE LES PRODUITS UNIC Sont Toujours les Meilleurs ! BEURRE, CREME DOUCE, CREME GLACÉE Montreal Dairy Co.Limited Tél : EST 3000 * 34 LA REVUE NATIONALE La Banque Provinciale du Canada Capital autorisé - - $5,000,000.00 Capital versé et surplus : $4,300,000.00 SIEGE SOCIAL : 7 et 9, place d\u2019Armes, MONTREAL, Canada.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION : Président : Sir Hormisdas LAPORTE, C.P., ex-maire de Montréal, de la maison Laporte, Martin, Limitée, administrateur du Crédit Foncier franco-canadien.Vice-Président : M.W.F.CARSLEY, M.Tancrède BIENVENU, administrateur de la Lake of the Woods Milling Co., Ltd.M.G.-M.BOSWORTH, vice-président du Canadien Pacific Ocean Services Limited.L\u2019hon.Némèse GARNEAU, C.L., Québec, président de la Cie de Pulpe de Chicoutimi.M.Emilien DAOUST, Vice-Président de la Librairie Beauchemin Limitée, Commissaire du Havre de Montréal.M.S.-J.-B.ROLLAND, Président de la Cie de Papier Rolland, Limitée.111 succursales dans les provinces de Québec, Ontario, Nouveau- Brunswick et l\u2019Ile du Prince Edouard.ae Tél.Est 1584 = Chs.-C.deLorimier 291, St.Denis, Montréal Vis-à-Vis le Théâtre St.Denis Fleurs naturelles et artificielles Spécialités : Tributs Floraux, Funéraires.TEL.EST 3161.O.CHAMPAGNE FERBLANTIER, COUVREUR, POSEUR D\u2019APPAREILS A GAZ ET A EAU CHAUDE 358, Avenue de l\u2019Hôtel-de-ville MONTREAL (Près de la rue de Montigny) 11 LA REVUE NATIONALE 35 = h / Abonner vos enfants - à - Won jen.leur L\u2019Oiseau Bleu de c'est leur procurer un bonheur durable Ni FAITES PARTIE de notre (aisse de Noel ET Protégez-vous contre la mauvaise FORTUNE La Banque dMhHochelaga FONDEE EN 1874. 36 LA REVUE NATIONALE 2 AM Imprimerie Maisonneuve DANS nos ateliers l\u2019on exécute tous les travaux d'impression tels Téléphone: que : Catalogues, Brochures de L AS ALLE Luxe et ordinaires, Pamphlets, | 2 _ 3.5.4 Revues, Programmes, impressions a des prix très raisonnables.commerciales de toutes sortes à 478, Avenue Lasalle, - Maisonneuve L.CHAPUT, FILS & CIE Limitée DISTRIBUTEURS 4 MONTREAL le 2 5e ANNEE \u2014 No.2 MONTREAL FEVRIER 1923 à % .ied 3 La Revue Nationale i # | & FRR RRR RRR RRP UNE INSTITUTION NATIONALE PROSPERE On se désintéresse parfois trop facilement chez nous de ce qui devrait retenir l\u2019attention.Les multiples problèmes internationaux et les nombreux événements de l\u2019étranger détournent souvent nos esprits de l\u2019étude des questions nationales et des sujets d\u2019importance vitale pour nous.Ainsi dans le domaine des affaires, nous avons trop souvent le tort de ne penser à nos institutions qu\u2019après avoir pensé aux autres.On se pâmera d\u2019admiration devant les succès d\u2019une entreprise financière conduite par des étrangers, et l\u2019on se réjouira comme si notre race seule devait jouir de tous ses succès et en retirer tous les profits.Au contraire, on ne parviendra que difficilement à se convaincre qu\u2019une institution foncièrement canadienne-française, dirigée uniquement par des compatriotes, puisse atteindre le succès et rendre de précieux services aux nôtres.Et pourtant, nous avons maintenant des organisations de chez nous solidement établies, sagement dirigées par des compétences en matière économique, qui rendent des services très précieux et qui jouissent d\u2019une prospérité enviable.Il en est une particulièrement qu\u2019il convient de citer, parce qu\u2019elle le mérite, et dont les succès sont remarquables : c\u2019est la Caisse Nationale d\u2019Economie, filiale de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal.Ayant à coeur de remplir sa mission qui est d\u2019assurer la survivance de notre peuple, notre Société nationale ne pouvait se désintéresser de l\u2019avancement économique des nôtres.C\u2019est dans ce but qu\u2019en 1899 elle fondait la Caisse Nationale d\u2019Economie.Une Caisse d\u2019épargne et de secours destinée à 38 LA REVUE NATIONALE assurer à ses membres après vingt ans une rente viagère, telle est l\u2019institution financière, offrant les garanties les plus sérieuses de stabilité, qui travaille depuis 24 ans sous le contrôle de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal à l\u2019émancipation économique des nôtres, tout en répandant les bienfaits de la prévoyance, de l\u2019économie et de la solidarité.L\u2019utilité de cette institution apparaît d\u2019une manière frappante quand on sait qu\u2019au début de cette année 1923 le capital inaliénable formé par les contributions des membres, et dont l\u2019intérêt constitue la pension des rentiers, s\u2019élève à près de $3,000,000, et que ce capital est prêté presqu\u2019en totalité aux fabriques, aux corporations scolaires et aux municipalités de notre province, travaillant ainsi à l\u2019avancement économique, intellectuel et moral de nos compatriotes.Une des marques les plus frappantes de la prospérité de cette Caisse, c\u2019est l\u2019augmentation extraordinaire de son capital depuis sa fondation.En 1900, il se chiffrait à $27,804.37 ; dix ans plus tard à $481,960.67 ; en 1920, il atteignait la somme imposante de $2,396,838.28., et enfin au ler janvier 1923 il s\u2019élevait a $2,923,609.13.Depuis quatre ans, la Caisse a distribué en rentes plus d\u2019un demi-million, soit exactement la somme de $516,302.32 qui se répartit ainsi : Montants Nombre de payés rentes payées En 1919 $101,401.09 1793 \u201d 1920 115,666.08 4042 \u201d 1921 145,299.15 5805 \u201d 1922 153,936.00 6414 \u201d 1923 164,894.78 6837 En 1293, elle paiera donc $164,894.78 en pensions à ses rentiers sans en éprouver la moindre géne, bien que ce chiffre accuse une augmention de près de $11,000 sur le montant de l\u2019année précédente.Si l\u2019on songe maintenant que ce montant des pensions n\u2019est constitué que par les intérêts du capital inaliénable de la Caisse, que celui-ci ne peut que progresser continuellement d'année en année, alimenté par les contributions annuelles des sociétaires dont le nombre dépasse maintenant 100,000, on sera convaincu de la sécurité constante qu\u2019offre la Caisse et de sa stabilité future.Quel puissant secours elle continuera a.19 5 UNE INSTITUTION NATIONALE PROSPERE 39 d\u2019apporter par ses préts au développement de nos municipalités rurales, de nos commissions scolaires ou de nos paroisses! et quelle force pour la nation elle constituera toujours, dirigée par notre Société nationale qui n\u2019a rien tant à coeur que d\u2019assurer sur cette terre d\u2019Amérique la survivance d\u2019un peuple foncièrement catholique et de mentalité bien française ! Le montant de $24.11 que la Caisse paiera en 1923 pour chaque rente en retour des $80.00 souscrits par chaque rentier durant l\u2019espace de 20 ans accuse une augmentation sur la rente de l\u2019an dernier.C\u2019est une preuve indéniable de la sagesse des administrateurs.Ceux-ci savent joindre au patriotisme qu\u2019ils manifestent dans le placement des fonds une sagacité de financiers avertis qui n\u2019oublient pas de travailler aussi dans l\u2019intérêt des sociétaires et des rentiers.Comme on l\u2019a vu, le nombre de rentes à payer augmente sensiblement chaque année, puisqu\u2019en 1923 il sera de 6837.Mais en revanche, le recrutement des sociétaires accuse une augmentation imposante : on a inscrit durant la seule année 1922, un nombre de parts à peu près égal au nombre total des rentes dont le paiement est actuellement en vigueur.Il est bon de noter que la Caisse a fondé une deuxième période en 1919, réservée uniquement aux adultes qui veulent jouir d\u2019un revenu plus substantiel.En présence de ces chiffres qui prouvent d\u2019une facon éloquente le progrès de cette institution nationale, tous nos compatriotes doivent éprouver un sentiment de légitime fierté.Le succès des opérations de l\u2019année écoulée est d\u2019autant plus notable que nous venons de traverser une période de ralentissement dans les affaires.Et ce succès n\u2019a rien de factice.Il est le résultat d\u2019un travail persévérant de 24 années qui a permis à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal de prouver hautement qu\u2019elle travaille efficacement à remplir sa mission.On prévoit donc un avenir des plus brillants pour la Caisse Nationale d\u2019Economie.Et l\u2019empressement que l\u2019on manifeste d\u2019une façon générale à vouloir s\u2019inscrire à la Caisse Nationale d\u2019Economie ne peut que se propager à la suite des résultats obtenus et en présence des garanties sérieuses de stabilité financière qu\u2019offre à tous cette institution nationale si prospère.Jean GUERIN.LEE ot Roman rE CHARITE BIEN ORDONNEE.commence par soi-même.Il n\u2019y a rien de plus vrai, rien de plus juste.Surtout pour les peuples.C\u2019est un proverbe qu\u2019on peut pousser à son extrême limite.Au fond, c\u2019est de l\u2019égoïsme.L\u2019égoïsme national, au lieu d\u2019être un défaut est une qualité.C\u2019est la quintessence du patriotisme.un patriotisme pratique, comme celui des anglo-saxons.Animés de ce patriotisme-là, ils ont conquis le monde, ce qui est difficile et l\u2019ont conservé depuis un siècle, ce qui l\u2019est encore plus.Les américains étendent cette maxime aux affaires.Ils sont égoïstes en tant que peuples de financiers et de marchands.Ils sont en voie de conquérir le monde et pour peu qu\u2019ils continuent à pratiquer l\u2019_égoïsme national, ils conserveront longtemps la suprématie financière.Pour réaliser une vertu à l\u2019état collectif, il faut que les citoyens, partie à une même agglomération, la cultive individuellement.Le groupe de ces vertus, et qui, isolées, sont nulles d\u2019effet, devient, une fois bien compact, une puissance formidable.\u201cCharité bien ordonné commence par soi-même\u201d.Cette maxime doit être à la base des préceptes communs.Tout corps qui se divise périra.Pour ne pas se diviser il faut pratiquer la charité envers soi-même.C\u2019est se diviser que de donner le nécessaire et se priver de l'essentiel au point de nuire à son développement et affecter sa vitalité.Le mérite attaché à l\u2019acte se trouve annulé par le tort causé.Le précepte évangélique d\u2019aimer son prochain commande que ce soit comme soi-même.Le point de perfection est \u201ccomme soi-même\u201d.Quand on le pratique à ce degré on a atteint le summum.L\u2019excès est aussi dommageable que le défaut.L\u2019absence de charité envers soi-même est le désintéressement et l\u2019abnégation.Pour un peuple, ce désintéressement 1 dé BL CHARITE BIEN ORDONNEE.41 et cette abnégation conduisent à la déchéance, à la ruine.Le désintéressement et l\u2019abnégation nationale paralysent le progrès, ce qui plus est, imprime au progrès un mouvement de recul.Au lieu d\u2019avancer, les sociétés rétrogradent qui sont atteintes de cette manie.C\u2019est un peu le défaut des canadiens.Il nous a mérité d\u2019être qualifié, par un journaliste, de \u201cquêteux à cheval\u201d.Il provient du manque d\u2019esprit pratique, et d\u2019une déformation, manifestée plus ouvertement en temps de crise, du sens patriotique.Durant la guerre, surtout, s\u2019est extériorisé cette tendance à aider les autres, à son détriment.Elle continue.Au lieu d\u2019une concentration d\u2019effort sur le sol natal, les énergies se sont éparpillées.Les gouvernants ont pratiqué dans l\u2019organisme de la nation une saignée qui l\u2019a presque épuisée.N\u2019était la robustesse de constitution d\u2019un pays encore dans toute sa sève, le Canada aurait vu ses beaux jours.Il ne s\u2019est pas encore remis du choc ; la convalescence est longue, d\u2019une lenteur proportionnée à la gravité du mal.Les souscriptions plurent en faveur des régions lointaines, en faveur de peuples qu\u2019aucune affinité de sang ni de langue n\u2019unissait, mais seulement le hazard des alliances diplomatiques : Souscriptions en faveur des blessés serbes polonais, roumains et italiens quand nos sociétés St-Vincent de Paul manquaient de fonds ; souscriptions pour les régions dévastées de France, quand dans nos pays de colonisation, avec le même argent, on aurait pu aider à l\u2019agrandissement de la province par la mise en rapport de nouvelles terres.Abnégations au détriment de soi-même ; manque de charité envers soi.S\u2019il y a un poste important où nommer un titulaire on choisit un étranger de préférence à l\u2019un des nôtres.La formation d\u2019une élite par le choix des directeurs de grandes écoles d\u2019enseignement secondaire et supérieur est parfois confié aux soins de gens connaissant peu ou pas la mentalité canadienne, n\u2019étant au milieu de la population que depuis peu.Sont-ce les compétences qui manquent chez nous ?Ce serait à le croire par l\u2019insistance des gouvernants à oublier les compatriotes. 49 LA REVUE NATIONALE Dans tous les domaines, artistique, intellectuel, commercial règne le même désintéressement.Un indigène écrit une pièce de théâtre.Elle est boycottée, ou les directeurs refusent de la monter ; ou le public de l\u2019aller voir.Montréal, ville de près d\u2019un million, métropole d\u2019un pays, qui résume, qui condense l\u2019intellectualité d\u2019une race bien distincte, n\u2019a jamais de première.Quand le fait se produit, c\u2019est à une représentation d\u2019amateur.Ce n\u2019est pas indigence d\u2019esprit.La lacune est dans la négation par le peuple du proverbe : Charité bien ordonné commence par soi-même.Les journaux reproduisent des articles qui souvent ne nous intéressent pas, nous touchant de trop loin.Rarement ils oseront dans les colonnes affectés à ce sujet, citer des écrivains canadiens.Les poètes fourmillent, quelques-uns assez bien doués.Quand les journaux publient des vers, ce sont des pièces connues et archiconnues, rarement de nos poètes.Pour faire connaître les auteurs locaux on doit organiser une \u201csemaine du livre canadien\u201d.Sans cela on ignorerait qu\u2019il y a des gens chez nous qui puissent tenir une plume.Le résultat de tout ceci est l\u2019empêchement de créer une mentalité véritablement canadienne.De même, les musiciens ont à se plaindre du désintéressement d\u2019un public un peu snob.S'il n\u2019arrive pas d\u2019Europe ou des Etats Unis à peine un petit nombre vont l\u2019entendre.Les compositeurs idem.Parler des peintres amène les mêmes réflexions.Porter un nom canadien, empêchements de gravir les sommets de la gloire, malgré le talent, voire le génie.Les artistes, écrivains, musiciens et peintres pour rares qu\u2019ils soient végètent et n\u2019ont pas la considération qu\u2019ils méritent.Cela dans une ville de près d\u2019un million de population.C\u2019est surtout matériellement que le manque de charité envers soi-même est le plus nocif, le plus apparemment nocif.Il tient à un défaut d\u2019éducation et à une conception fausse des choses.La plupart du temps il s\u2019apparente à l\u2019antipatriotisme dont les fruits apparaissent clairement désastreux. ya, Is A CHARITE BIEN ORDONNEE.43 Par son but, cette charité, égoïsme national, qui devrait être mais n\u2019est pas, comporte un certain cachet d\u2019idéal.Pratiquer un tel égoïsme voudrait dire d\u2019encourager ses compatriotes de préférence à d\u2019autres ; augmenter la puissance économique de ceux de sa race ; conserver ses propres ressources naturelles ; veiller avec un soin jaloux sur le patrimoine.L\u2019idéal qu\u2019il y aurait dans la mise à exécution de cette maxime agrandie jusqu\u2019aux cadres de la patrie, consiste à vouloir la grandeur de la race, qu\u2019on n\u2019oserait plus traiter de scieurs de bois et de porteurs d\u2019eau.Elle en imposerait parce qu\u2019en possession d\u2019une force, l\u2019une des plus prisée en ce siècle matérialiste, la force du numéraire.Ayant cette force isolément, les individus issus d\u2019une même origine, parlant le même verbe, ayant les mêmes aspirations, s\u2019uniraient pour prospérer dans la fierté commune de ce qu\u2019ils sont.Et parce qu\u2019ils auraient cette fierté, assurés d\u2019être encouragés, ils ne rougiraient plus de parler leur langue, de leur parler partout, de faire leurs affaires et leurs transactions en français ; ils en exigeraient le respect, ne voulant plus courber la tête devant qui que ce soit, à cause de la conscience acquise de n\u2019être pas inférieurs.Non content d\u2019avoir laissé gaspiller d\u2019une façon idiote le sang de la race en essayant de le transfuser en d\u2019autres nations, sous le fallacieux prétexte qu\u2019en émigrant aux Etats- Unis et dans les provinces anglaises, nous y allions accomplir une mission, émigration qui fut une faute énorme et qui a diminué, avec le nombre l\u2019influence politique du Québec, non content de cette abandon vital, nous avons aussi sottement sacrifié nos plus beaux trésors cédant à vil prix aux anglo-saxons une richesse stable, aussi stable que le Cap Diamant où Champlain a posé le pilier de la nation canadienne.Pouvoirs d\u2019eaux, limites à bois, et avec eux les industries principales de la province, nous avons tout cédé, souvent pour \u201cune piastre et d\u2019autres considérations\u201d.Nous tenions toute cette richesse dans notre main.Sciemment nous avons desserré les doigts, jetant au bouledogue anglais et à l\u2019aigle américain rôdant et tournoyant alentour, au lieu des miettes et des restes.la totalité de la richesse. 44 LA REVUE NATIONALE Par un retour des choses, nous sommes réduits à nous contenter des miettes.Et c\u2019est le résultat de notre amour désintéressé du prochain et notre haine de nous-mêmes.Nous nous sommes détestés en nous volant ainsi.Notre pays nous appartenait.C\u2019est l\u2019héritage des pionniers, amassé à force de courage, de lutte et de sang.Nous l\u2019avons donné bêtement.Plus de patriotisme en affaires.C\u2019est la clef de notre grandeur.Soyons égoïstes.Soyons nous-mêmes, pensons à nous-mêmes d\u2019abord ; ensuite aux autres.Ayons le souci de la grandeur de la race et concentrons nos forces sur un seul objectif.Fortifions le Québec en pratiquant le proverbe : Charité bien ordonnée commence par soi-même.De cette façon, et seulement, nous écrirons dans l\u2019histoire de l\u2019Amérique les \u201cgesta Dei per Francos\u201d.Ubald PAQUIN.ntm VON L Dg.à (i.malt, \u20ac de otre IS à 1005 Ih: Dar ans NOS DECOUVREURS La première pensée des découvreurs du Canada était de traverser le continent et d\u2019établir des relations amicales avec les tribus sauvages qu\u2019ils rencontreraient.Dans ce but, ils choisirent les meilleures voies de communications et placèrent leurs postes ou forts dans les endroits les plus favorables, selon la forme du pays qu\u2019ils occupaient.Tous les historiens ont rendu hommage à la sagacité de ces explorateurs qui, dès le premier coup d\u2019oeil, ont indiqué le site des grandes villes futures de cet immense pays et les lieux où le commerce pourrait se développer davantage.La baie de Mattawasaga fut une des premières à recevoir ces hardis pionniers de la civilisation dans la région des Grands Lacs.À une époque où personne encore n\u2019avait mis le pied sur les côtes de la Nou- velle-Angleterre, les Français avaient pénétré jusqu\u2019à Colling - wood, au lac Simcoe, dans tout le comté de Bruce aujourd\u2019hui, et sur le littoral du lac Huron, en allant jusqu\u2019au lac Sainte- Claire.Quelques années plus tard, ils découvraient le Wisconsin et attiraient vers le bas Saint-Laurent la traite des pelleteries de ces régions lointaines.Les Français ont eu le double mérite de précéder d\u2019un siècle tous les découvreurs du Centre-Amérique, aussi bien que des.pays qui s\u2019étendent à l\u2019ouest jusqu\u2019à l\u2019océan Pacifique, et ils ont jalonné leurs routes par des fondations qui, la plupart, n\u2019ont plus jamais été abandonnées et que les autres peuples ont su utiliser fort à propos, lorsque, à leur tour, ils ont pris possession de ces contrées.C\u2019est donc un honneur pour la race à laquelle nous appartenons que d\u2019avoir ouvert au monde civilisé les greniers d\u2019abondance qui se nomment le Nord-Ouest, le Mississipi, le Wisconsin, le Michigan, l\u2019Illinois, la vallée de l\u2019Ohio, tout l\u2019au- delà du lac Supérieur américain, les deux Canadas.L'histoire de la Nouvelle-France constitue certainement le chapitre le plus glorieux de tout ce qui pourra s\u2019écrire au sujet des XVIIe et XVIIIe siècles dans cette partie du monde.Je suis fier d\u2019avoir parcouru les Provinces et les Etats qu\u2019elle 46 LA REVUE NATIONALE a révélés à la connaissance des hommes en général ; je me suis senti partout comme chez moi, ou si vous voulez comme un fils de famille parcourant l\u2019héritage de ses pères.On ne saurait m\u2019indiquer un endroit de la Confédération canadienne ou des pays des Grands Lacs, tant du côté sud que du côté nord, qui n\u2019a pas eu pour premier occupant un Canadien- français.Ceci est probablement un fait unique depuis l\u2019origine de l\u2019humanité.Il est difficile, en effet, de concevoir d\u2019aussi vastes étendues de territoires traverséées en tous sens, en très peu d\u2019années, par les mêmes hommes, et conquises, j'ose le dire, définitivement conquises dès la première apparition des découvreurs.De nos jours on voit cing ou six grands peuples, admirablement outillés et dépensant des millions de piastres, essayer, sans beaucoup de succès, l\u2019établissement de l\u2019Afrique, et l\u2019on est dans l\u2019admiration chaque fois que l\u2019un de ses corps, militaire ou trafiquant, pénètre de quelques lieues plus loin que les autres.La comparaison que je fais ici est toute à l\u2019avantage des Canadiens-francais, car ils étaient peu nombreux, ne marchaient pas en conquérants armés et ne laissaient derrière eux que des amis après avoir visités des tribus sauvages aussi féroces pour le moins que toutes celles du continent noir.Si les fils des premiers colons fixés sur les bords du Saint-Laurent s\u2019étaient contentés de remonter jusqu\u2019à Détroit, à la baie Georgienne et au lac Témiscamingue, ils auraient déjà accompli une tâche qui dépasse les découvertes et les établissements des Anglais sur les rivages du Maine, du Connecticut, du New-Jersey et de la Virginie.Vous voyez qu\u2019en soumettant leurs mérites aux restrictions les plus sévères, ils restent encore de beaucoup supérieurs à leurs concurrents.Qu\u2019est-ce donc si l\u2019on envisage leurs prodigieux travaux en dehors des limites déjà si vastes du Haut et du Bas-Canada ?Et qu\u2019on ne dise pas que c\u2019est avec l\u2019argent du trésor francais que ce merveilleux développement a pu s\u2019exécuter ; non, c\u2019est grâce à l\u2019initiative seule des colons du Québec et par le travail et l'énergie de chacun d\u2019eux que ces grandes actions sont entrées dans l\u2019histoire du continent américain.D\u2019où vient donc cette habitude incompréhensible de nos adversaires de jeter la pierre aux Canadiens-français, en tâchant de les faire passer pour un peuple sans valeur et sans considération A + ee I seni Jr Ea NOS DECOUVREURS 47 dans ce pays ?Il y a sous cette affectation à méconnaitre ce que nous sommes une teinte de dépit, un sentiment de jalousie, une pauvreté d\u2019idées que nous apprécions comme il le faut.Dieu merci, la part que nos ancêtres ont à la reconnaissance des hommes, en tant qu\u2019il s\u2019agit des entreprises dont je viens de parler, ne saurait être mise en oubli ; à mesure que les années s\u2019accumulent, leur gloire grandit et nous sommes certains qu\u2019elle traversera les siècles à venir.J\u2019ai voulu vous parler de ces choses parce que je suis allé en ces dernières années dans des localités où de braves explorateurs canadiens-français s\u2019établirent en premier lieu, des endroits remplis de leurs souvenirs et qui, cependant, ne sont plus habités que par quelques-uns de leurs descendants.Sur le bord de ces plages historiques des Grands Lacs, j\u2019ai élevé la voix au nom de mes compatriotes pour rappeler que si les Américains sont heureux d\u2019occuper le Mississipi, I'Tlli- nois, le Wisconsin, le Michigan, la Louisiane, ils le doivent à une race qu\u2019ils font semblant de dédaigner, mais qui, par son ancienneté sur le sol, par les services inouïs qu\u2019elle a rendus autrefois et dont ils profitent, par sa conduite morale, son intelligence et son respect des lois, a droit à leur reconnaissance et à leur vive admiration.Benjamin SULTE. LES DANGERS DU RADIO.\u201c En Garde !\u201d fi L\u2019atmosphère est à la lutte \u201ccontre les infiltrations étrangères.\u201d \u2014 Nous en sommes, vous en êtes, j\u2019en suis.Mais prenons garde ; ne nous payons pas de mots : luttons véritablement, réagissons, réalisons des victoires .car, 'ennemi \u2018\u201c\u2018tentaculaire\u2019\u201d ne désarme pas.Au contraire, il dresse des plans de campagne de plus en plus sournois, insinuants et dangereux ; exemple : la merveille du radio.Oui, le Radio, quel chic chef-d\u2019oeuvre d\u2019infiltrations anglo- américaines dans les rangs de notre peuple ! Et avec quel empressement, quel emballement, quel snobisme parfait, les nôtres, à leur insu, sans doute, ne contribuent-ils pas à son influence, à son expansion, à son succès fou et fiévreux ! Tout le monde a ou veut avoir \u201cson Radio\u201d.C\u2019est une réelle épidémie, un engouement, une crise.Le riche en fait l\u2019ornement de ses salons.Le pauvre, l\u2019objet de ses épargnes, le désennui de ses heures de repos, l\u2019éducateur de ses enfants.Des paroisses rurales organisent des \u201cconcerts de Radio\u201d, et \u201cI\u2019habitant\u201d montera bientôt son gramophone au grenier, pour installer la merveille nouvelle.* + + Que penser du nouveau venu ! Que penser?D\u2019abord qu\u2019il est un excellent mode de propagande, le plus puissant, peut-être après le journal.Pour voir dérouler un film au cinéma, il faut \u201cse déranger\u201d, faire une course et c\u2019est toujours un peu coûteux.Ecouter la musique des disques, cela devient vite monotone, et les chants sont parfois si criards, les sons si métalliques qu\u2019on préfère à la fin le silence du gramophone.Mais le Radio ! C\u2019est la reproduction merveilleuse, exacte de la voix humaine, de cette voix, de cette parole émise à des lieues et des lieues de distance ; et cette voix, ce chant, cette CHER A ET ME an.fs: LES DANGERS DU RADIO 49 musique on peu l\u2019entendre, toute la famille, et les voisins, et \u201ca visite\u201d peuvent l\u2019entendre tout en restant à fumer, à jaser paisiblement autour du foyer amical.Que penser du nouveau-venu ?Que c\u2019est actuellement une collossale propagande anglo- américaine.Et pour nous, canadiens-français, dont l\u2019esprit, insuffisamment robuste, original, et complet par lui-même, est si enclin à copier les soit-disantes \u201craces supérieures\u201d, à gober trop facilement dans les moeurs étrangères ce qui détruit l\u2019originalité de la nôtre, c\u2019est vous dire que le Radio américain est un grave danger.Qu\u2019entendent nos bonnes gens ?Des discours, prononcés, en langue anglaise, par des anglais, de Chicago, de New-York, etc.Qu\u2019applaudissent, qu\u2019admirent nos bonnes gens ?Des chants, de la musique anglaise, ou américaine.Et petit à petit, nos bonnes gens s\u2019habituent à n\u2019admirer que ce qui sent l\u2019anglais, l\u2019américain.Seuls leurs chants sont beaux, leur musique est fine, leurs orateurs puissants, leurs idées justes, leur langage aimable, leurs moeurs enviables.Et petit à petit, l\u2019esprit de nos bonnes gens subit une transformation ; leur mentalité se change.Et petit à petit, nos bonnes gens, oublient la valeur de nos propres moeurs, de notre langue, de nos idées, de nos orateurs, la beauté supérieure de la musique française, la fraîcheur, la prenante gaîeté de nos chansons canadiennes.Et petit à petit, à force de n\u2019entendre, de n\u2019applaudir que des étrangers et des choses étrangères, où les nôtres sont tout à fait laissés dans l\u2019ombre, et l\u2019oubli, (quand ils n\u2019y sont pas ridiculisés) nos Canadiens-français finissent par croire que leur race, est évidemment une \u201crace inférieure\u201d, leurs compatriotes de piètres esprits, leurs musiciens, leurs artistes de maigres génies.Et petit à petit, en un mot, notre peuple s\u2019assimile, absorbe des principes de vie et d\u2019action, qui contrecarrent souvent ses qualités distinctes, son caractère ethnique, et qui étouffent parfois les aspirations libératrices qui pourraient naître et se développer en lui, dans le sens de ses traditions, et lui donner ainsi la virilité qu\u2019il mérite. 50 LA REVUE NATIONALE * > * Que faire devant le nouveau venu ?D\u2019abord, ne pas dire que les réflexions ci-hautes, sont des chinoiseries, des détails infimes au sujet desquels il ne vaut guère la peine de s\u2019arrêter.Mais, rappelons-nous que la mentalité d\u2019un peuple est une simple affaire de détails ; qu\u2019il en est de même de l\u2019éducation d\u2019un peuple jeune et fragile comme le nôtre, que pour celle d\u2019un enfant.Dans la formation des deux, c\u2019est la multiplication des détails, des minuties qui crée les révolutions.Si nous voulons éviter à notre race, une révolution intérieure qui détruise son originalité, il est grand temps que chacun de nous tienne compte de ce genre précieux de détails.Que faire devant le nouveau venu ?Partir en guerre contre le Radio ?Ce serait se vouer d\u2019avance à un échec lamentable et malheureux.Non, évitons que les extrémistes nous qualifient de \u201crétrogrades\u201d ! Non, il faut que le Radio fasse son chemin ; il faut que cette merveille remporte des succès ; elle le mérite.On n\u2019a pas le droit de priver notre peuple des jouissances qu\u2019elle apporte.Mais ce qu\u2019il faut, aussi, c\u2019est que les Canadiens-français s\u2019emparent de la \u2018merveille\u2019, en fassent leur oeuvre propre ; en tire profit pour eux-mêmes ; la domine et la tienne à leur propre service.Mais, ce qu\u2019il faut, par-dessus tout, c\u2019est avertir nos bonnes gens du danger que le Radio présente pour leur race.leur langue et leur mentalité.\u201cUn homme averti en vaut deux\u201d dit le proverbe.Lan- cons donc, fièrement au public canadiens-français, le cri traditionnel \u201cEn garde !\u201d \u201cEn garde\u201d contre les \u201cinfiltrations étrangères\u201d par le radio ! Que chacun de nous transmette le mot d\u2019ordre à son voisin, et petit à petit, nos bonnes gens, d\u2019eux-mêmes, élaguerons les principes hétérogènes qui les menacent.Contre une oeuvre de propagande, opposons une oeuvre de propagande ! Albert LEVESQUE.tout Jour mir plus ar ll J] (® Be ait I ei que I: in ENCORE QUELQUES ANGLICISMES On ne saurait, il me semble, se méprendre sur l\u2019importance de la question des anglicismes au Canada.Elle est pour moi primordiale, puisqu\u2019il s\u2019agit de la survivance de notre langue en ce pays.Depuis bon nombre d\u2019années déjà, plusieurs de nos meilleurs hommes de lettres, lui ont consacré d\u2019excellents travaux.C\u2019est ainsi que nous avons vu les Buies, les Dunn, les Rinfret, les Lusignan, les Clapin et les Blanchard, signaler à leur contemporains les dangers de ces locutions étrangères.Nous devons admirer le courage de ces écrivains canadiens-français, qui se sont, de temps à autre, dressés devant 'anglicisme pour lui dire : \u201cTu n\u2019iras pas plus loin ! \u201cMalheureusemnt, ils n\u2019ont pas toujours été écoutés dans leurs sages conseils ! Comme je le faisais remarquer récemment, dans un article sur ce sujet, ces barbarismes menacent, quotidiennement, le génie même de notre parler français.Je viens donc, une fois de plus, attirer votre attention sur un certain nombre de ces mots que j\u2019ai collectionnés, cà et là, au cours du mois dernier.Donc, à l\u2019oeuvre ! Je connais un employé du gouvernement qui se donne, tous les jours, un mal infini pour prononcer le mot Taprater (typewriter), tandis qu\u2019il serait si facile de dire dactylographe ou machine à écrire.On me dit souvent : aujourd\u2019hui, je suis off : cela veut dire : aujourd\u2019hui, je ne travaille pas.Voilà qui est élégant ! Une belle shape, signifie une belle forme ! Voilà encore du beau langage ! Mon habit est trop Tight ; trop serré ! Le mot Stuff ; en voilà une expression qui est employé à toute sauce ! Ça été bien rude : bien rough ! T\u2019as pas phoné assez vite ! On dit cela très souvent ! LA REVUE NATIONALE Le mot boom, pour estacade.Bolt au lieu de boulon.Payer cash, pour argent comptant.Mop : balai à laver, ou vadrouille.Tumbler : verre, goblet.Stime : vapeur.Shipper : expédier.Mouver : déménager.Dompe : remblai.Cail (ou coil) : calorifère.Coat de pluie : imperméable ! Voilà des anglicismes, comme j\u2019en rencontre, tous les jours.sans les chercher ! On croira, peut-être, que j\u2019exagère, mais qu\u2019on se donne seulement la peine d\u2019écouter parler une foule de gens, et l\u2019on s\u2019apercevra, même, que \u201c\u2018j\u2019en passe et des meilleurs\u201d ! Un jeune commis dans un magasin, voulant me dire qu\u2019il venait de livrer des marchandises, me déclarait sans broncher, qu\u2019il arrivait de faire une run de paquets ! En vérité, que dire de telles expressions ! On emploiera également le mot anglais ballot pour bulletin, ou scrutin.On dira le desk au lieu du pupitre ! Runner ça, me semble encore un terme assez fréquemment usité.Sleigh : traîneau.Switch au lieu de voie d\u2019évitement, et de commutateur.Malis, encore une fois, j\u2019abuse de la patience du lecteur.Il ne me reste plus qu\u2019à le remercier de son attention bienveillante, et de lui dire : la suite au prochain numéro.Alfred DECELLES, fils.he fan lim far Tir co déf nr fel |b mm Z RAY PETITS ET GRANDS Pour le Caréme \u2014 Sais-tu combien gros je l\u2019aime, ma maman, moi ?\u2014 Non, chéri ! \u2014 Gros comme la cathédrale ! Et, petit Paul, escaladant la chaise haute, dressé sur le bout des pieds, la main levée dans un effort qui le fait rougir, montre par un grand geste, l\u2019immensité de son amour.\u2014 Mon Dieu ! Qu\u2019il est donc gentil, fait la maman en sursautant de joie.\u2014 Bien, j\u2019t'aime encore plus que ça ! reprend l\u2019enfant ravi, j't'aime jusqu\u2019au soleil du p\u2019tit Jésus.Et avec sa vivacité de petit garçon ardent, il lui jette les bras autour du cou et il reste suspendu avec une telle force que la maman sans défense perd l\u2019équilibre et tombe sur les genoux.Alors le garçonnet qui frémit de plaisir, gambade et se roule avec des éclats joyeux.\u2014 Si mon Paulot m\u2019aime tant que ça, fait la maman en se dégageant, il va me le prouver en\u2018restant bon garcon toute la journée, n\u2019est-ce pas chéri ?Tu vas te laisser laver et peigner par Odile, sans révolte ni tapage ?.\u2014 Certain, certain, ma bonne maman, promet le petiot.\u2014 Puis, tu vas boutonner, tes bottines tout seul, et tu ne t\u2019entéteras pas comme hier, à les garder ballantes dans tes pieds, ce qui les déforme, et donne aussi à un petit garcon, une apparence malpropre et négligée.\u2014 Je vais prendre le crochet tout de suite ! Et tu vas voir que je vais être fin ! J\u2019vais te montrer que je t'aime, dit l\u2019enfant qui a bien compris.Quand on n\u2019est pas bon, qu\u2019on tire sur Odile, puis qu\u2019on pousse petite soeur, puis qu\u2019on bou- 54 LA REVUE NATIONALE tonne pas ses chaussures, puis qu\u2019on se laisse pas laver c\u2019est qu\u2019on n\u2019aime pas sa maman, conclut Paulot avec un air de gravité qui sied bien à sa figure poupine.\u2014 Oui, c\u2019est tout à fait cela, mon prince.\u2014 Pourtant, j't'aime bien pareil, fait le petit après réflexion.Je ne m\u2019en aperçois pas, tu sais, quand.je fais le méchant, ca vient tout seul, comme ça ! Oh! ces enfants !.\u2014 Justement, c\u2019est le vilain diable qui t\u2019inspire tous ces mauvais plans, reprend la maman, et parce que tu ne le vois pas, et qu\u2019il te souffle cela par en arrière, tu crois que ea vient tout seul.c\u2019est la tentation.\u2014 Quoi c\u2019est, la tentation ?La maman a été trop loin.Elle voudrait reprendre le mot échappé, comment expliquer certaines choses à un bambin de quatre ans ! \u2014 Quoi c\u2019est donc, la tentation, insista le petit.\u2014 Bien, c\u2019est quand tu es à t\u2019amuser tranquille avec tes blocs, par exemple, ou a regarder des images et que tout à coup l\u2019idée d\u2019aller renverser la petite pour la faire tomber te vient à l\u2019esprit, c\u2019est une tentation, l\u2019envie de mal faire.Si tu te lèves aussitôt et fais pleurer Renée, tu fais le méchant, mais si tu dis à la vilaine voix qui s\u2019obstine à te tenter, \u201cTais- toi donc, grippet.Si je t\u2019écoute, je vais faire de la peine à maman et le petit Jésus ne m\u2019aimera plus !\u201d Alors, tu auras été bon, et tout le monde chérira un petit Paul si brave, et le beau Jésus au Ciel dira à ses Anges : \u201cVoyez donc, ce petit Paul, s\u2019il est charmant ! S\u2019il continue toujours ainsi nous l\u2019emmènerons jouer avec nous, dans notre beau paradis ! \u2014 I va dire ça pour vrai ?s\u2019exclame Paulot, dont les yeux brillent de ravissement.Dis encore ce qu\u2019il va faire le beau Jésus ?\u2014 I va dire, si tu n\u2019écoutes pas toujours, que tu n\u2019iras pas au ciel, c\u2019est tout simple fait là maman un peu fatiguée du bavardage curieux du petit homme.Mais tu vas être gentil, tu l\u2019as promis tout à l\u2019heure, ajouta-t-elle en l\u2019embrassant.Prends le crochet, boutonne tes bottines comme un grand garçon.L\u2019enfant aimerait mieux continuer à parler.C'était si intéressant tout cela.Il ne se rappelle plus qu\u2019il a promis ku He lie lf an i tty te fy Yt 1 Ii Nl _\u2014t es PETITS ET GRANDS 55 d\u2019être fin, pour prouver à sa maman combien gros il l\u2019aime .Il s\u2019en va en rechignant s\u2019asseoir jambes en l\u2019air dans le fauteuil si accueillant aux paresseux.\u2014 Voyons, mon Paul, qui tout à l\u2019heure était si fin, boutonne vite tes chaussures, mon petit homme ! \u2014 J\u2019suis plus fin ! JPsuis tanné d\u2019être fin, fait le bambin.\u2014 Boutonne tes chaussures tout de suite, tu m\u2019entends, dit la maman qui s\u2019attriste, tu écoutes le vilain Grippet là ! Bien adieu petit Jésus et beau paradis .et maman ne caressera plus son méchant garçon.Le petit sourit, les yeux songeurs, il se souvient maintenant de la promesse déjà oubliée.Animé d\u2019un nouveau ferme propos, il prend le crochet et boutonne ses bottines tout d\u2019une traite.\u2014 Tiens, c\u2019est déjà fait, dit la maman contente, ça n\u2019est pas si difficile de faire le bon garçon ! \u201cPrends maintenant mes ciseaux à broder et découpes les images du catalogue.Sois bien sage mon trésor, tout à l\u2019heure quand j'aurais fini la robe du bébé, je te conterai une belle histoire.\u2014 Conte là tout de suite, supplie l\u2019enfant.Non il faut que je travaille ! Tout à l\u2019heure certain, si tu es sage.\u2014 Sais-tu comment je l\u2019aime gros ma maman, recommence le petit, en se préparant de nouveau à escalader la chaise haute.\u2014 Oui cher, maman sait.\u2014 Non ! Tu sais pas! J\u2019t\u2019aime.\u2014 Tu me le diras une autre fois chéri, faut bien que je me dépêche à coudre si tu ne veux pas que le petit frère gèle demain.\u2014 Va coudre maman, faut pas qu\u2019il gèle notre beau Marcel, on l\u2019aime tant, fait Paul caressant.La maman installée dans la chambre de couture, le petit se décide après avoir fait deux culbutes hygiéniques à s\u2019asseoir dans le fauteuil et à découper des images.Mais on ne s\u2019amuse pas longtemps sans tapage à cet âge.Il avise bientôt un tiroir, le tire et en répand le contenu par terre, puis après avoir mêlé consciencieusement le fil et la laine, abandonne tout dans la place et s\u2019en va clopin clopant réveiller la petite soeur qui 56 LA REVUE NATIONALE sommeille dans la chambre voisine.Tout cela, il ne le fait pas sans un remords ! Il entend bien la voix de son bon ange qui lui dit : C\u2019est vilain cela, ne vide pas le tiroir, Odile a tant de peine à l\u2019arranger ! Ne réveille pas la petite soeur qui va pleurer et maman ne pourra plus coudre, mais le mal a tant d\u2019attrait ! Paulot fait la sourde oreille à la voix conseillère.Comme un vent de tourmente il rassemble en un instant les objets les plus hétéroclites sur le plancher : Chaises renversées, balais, vieilles poupées, chars détraqués, blocs éparpillés, claques, pantoufles, tout ce que le petit a pu rejoindre s\u2019amoncelle et barre le chemin.La petite soeur trop tôt réveillée se pâme dans la chambre, tandis que la bonne découragée se lamente et secoue vivement le méchant qui se fâche et tape des quatre membres.Alors, devant les hostilités ainsi déclarées, la maman dépose le ourlet à moitié fini et vient rétablir la paix en punissant le coupable \u2014 Avec une douceur et une patience méritoires, elle essaie de faire comprendre au petit révolté tout le vilain de son action, la laideur d\u2019un enfant qui se fâche et se bat, l\u2019égoïsme, qu\u2019il montre en faisant tant de désordre, ce qui oblige maman à recommencer vingt fois la même chose ; puis le mauvais coeur dont il a fait preuve en réveillant la petite soeur qui reposait si bien et qui restera maintenant fatiguée et boudeuse ; certain que son bon ange est remonté là-haut tout raconter au petit Jésus, qui va lui fermer la porte de son beau paradis.De nouveau, Paulot sent la contrition remplir ses yeux de larmes.Il accepte \u2018sans mot dire la pénitence qui va le tenir à genoux dix minutes dans son coin.Comme tantôt, il promet d\u2019être fin, fin, et de prouver à sa maman combien gros, il l\u2019aime ! Et jusqu\u2019au soir, ce sera ainsi ; le pardon suivra les rechutes, et les rechutes le pardon.+ + + \u20ac + \u20ac + + + = 5 + + 4 + + + + 6 + + 6 6 + 6 4 6 0 +» 4 es a st es ss ess ss > ee sos 1 + # + + x sos La nuit venue, la maman rompue de fatigue, pense en s\u2019agenouillant pour la prière à l\u2019inconséquence de ces pauvres petiots, qui oublient si vite leurs bonnes résolutions et font succéder avec le même entrain les caresses aux colères ! Comme il faut qu\u2019on les aime se dit-elle, pour excuser et réfréner avec tant de patience leurs tyrannies journalières .C\u2019est que malgré leur insouciant égoïsme, ces petits êtres RM ON A0 i mur ee oh ut po ous Be in and lched (opr ev fers mond surf Li dissor la ba dent GRANDS ET PETITS 57 montrent tant de jolie tendresse et surtout qu\u2019ils sont notre oeuvre et notre vie ! Et soudain elle pense avec un froid au coeur, que nous sommes tous l\u2019oeuvre, la Créature de Dieu, et que malgré l\u2019amour que nous croyons sincèrement avoir pour Lui et sur lequel il a un droit absolu, nous lui montrons tous les jours tant de froide indifférence qui révolte son coeur de Père.Pourtant les jours de sainte absolution, nous nous écrasons devant son divin Coeur offensé, nous le supplions a grands Mea Culpa de croire à notre repentir et malgré nos lâchetés, nous ne voulons pas qu\u2019Il doute de notre amour.On promet alors de grandes choses ! On se refait en esprit, une vie si lumineuse de sainteté qu\u2019on s\u2019attendrit déjà en y pensant et tout à fait résolus de rompre avec les plaisirs du monde, nous voulons lui montrer par notre humilité et nos sacrifices comment gros mous l\u2019aimons .Et cependant, à peine avons-nous passé le seuil de sa Maison, que nous endossons à la sortie, le manteau de nos petits vices familiers : La bavarde qui a promis de se coudre la langue dira confidentiellement à l\u2019amie qui passe : As-tu vu la petite une telle, dans le banc de droite, en a-t-elle une fourrure magnifique ! Et ses bottines donc ! Ma conscience, je me demande où ces gens-là, prennent tout l\u2019argent qu\u2019ils dépensent.La coquette qui veut s\u2019amender, et modeste s\u2019oblige à baisser les yeux, sourira au premier freluquet qui la toisera, l\u2019oeil hardi ; et la gourmande qui devrait imposer à son palais un carême continuel s\u2019arrêtera devant une vitrine alléchante, et l\u2019âme honteuse mais la chair satisfaite, emportera sous son bras la bonbonnière fleurie, dont repue, elle aurait bien pu se passer et soulager avec ce plaisir luxeux, tant de misère vraie qui crie autour d\u2019elle ! Et que dire du paresseux qui à l\u2019heure de la Messe, sent toujours la migraine lui appesantir les tempes, de l\u2019alcoolique qui retournera à son flacon, de l\u2019avare qui spéculera sur les larmes humaines et du libertin qui se traînera de nouveau dans la fange de ses plaisirs honteux.Et de là-haut, Dieu qui nous connaît et nous juge, accepte dans sa miséricorde infinie nos repentirs et nos promesses.Parce qu\u2019Il est le Père de nos âmes et le Créateur de nos corps, Il excuse l\u2019inconséquence de nos volontés humaines, et parce qu\u2019à certaines heures nous pleurons sur nos fautes i i, Bi! i 58 LA REVUE NATIONALE en Jui montrant une vive douleur.Il ouvre tout grands, ses bras divins, et plein d\u2019une immense pitié pour ses pauvres petits de la terre, Il nous pardonne, puisque vraîment on l\u2019aime ! \u201cO Sauveur bien-aimé, dit la maman à genoux, ayez pitié de nos âmes en déroute.Malgré tout notre désir de marcher droit, nous nous égarons souvent dans les détours où le péché nous guette ! Alors, aveuglés par l\u2019obscurité qui suit toujours la faute, nous ne voyons plus notre belle lumière, et découragés, abandonnés comme des loques humaines, nous ne retrouvons plus le courage qui relève, et l\u2019énergie qui dompte ?Eclairez notre route du Sang de votre Calvaire, afin que méritants pour avoir lutté, et confiants pour avoir souffert, nous arrivions sereins à la clarté de votre immuable aurore.Ainsi soit-il\u201d.Mme C.BASTIEN.Vig iA end Lou 9e [72 toy pitié Cher Ù le Suit e et 8 I qui An S01 lable OLIVIER BERTHELET Fils de Pierre Berthelet, médecin, et de Marguerite Viger, mariés à Détroit, Antoine-Olivier naquit à Montréal et fut baptisé le 25 mai 1798.Il épousa au même endroit, Marie-Joseph-Charles Guy, fille de l\u2019honorable Louis Guy, conseiller législatif.M.Berthelet représenta la division est de Montréal à l\u2019Assemblée législative, du 6 avril 1832 au 9 octobre 1834.Il devint membre du Conseil législatif sous l\u2019Union.Nommé à ce poste honorable le 9 juin 1841, | M.Berthelet donna sa démission le 26 du même mois, et se retira de la politique.Il fut aussi l\u2019un des conseillers municipaux de Montréal de 1840 à 1842, et il avait été à deux reprises, en 1836 et en 1840, l\u2019un des commissaires chargés de l\u2019administration du canal Lachine.Il est mort à Montréal le 25 septembre 1872.La Minerve du surlendemain annonce son décès dans les termes suivants : \u201cEn cette ville, le 25 courant, M.le Commandeur Olivier Berthelet, doyen du corps des marguilliers de l\u2019église paroissiale Notre-Dame, ancien et respectable citoyen de cette ville, à l\u2019âge de 74 ans.\u201d Cette brève notice nécrologique nous laisse entrevoir le citoyen intègre, le bon chrétien, l\u2019homme d\u2019honneur que fut M.Berthelet.Commandeur de l\u2019ordre de Saint- Grégoire-le-Grand et doyen du corps des marguilliers de Notre-Dame de Montréal, ce sont là deux titres qui le désignent au respect de ses concitoyens.Quant à sa charité, elle était pour ainsi dire inépuisable.Voici ce que dit de lui l\u2019auteur de l\u2019Histoire des grandes familles 60 LA REVUE NATIONALE ~~ pl francaises du Canada.Jus \u201cPar les immenses travaux qu\u2019il a fait exécuter de 385 concert avec sa soeur, dans la plupart des Communautés In religieuses de Montréal, M.Berthelet s\u2019est placé au rang des bienfaiteurs de ce continent.\u201d Hi Une rue de Montréal porte le nom de cet homme de 0 bien.il) x sk 3k i ent L\u2019HONORABLE CHARLES-EUSEBE CASGRAIN ÿ Né le 29 décembre 1800, il était le fils de Pierre | me Casgrain, seigneur de la Boutillerie, et de Marie Bon- i enfant.Apres avoir terminé son cours au Séminaire de I Québec, il fit son droit et fut reçu avocat le 7 mai 1824.1 q Il épousa à Québec, le 26 octobre suivant, Elizabeth- ; Anne, fille de l\u2019honorable Jacques Baby et d\u2019Elizabeth Abbott, de la ville de York, Haut-Canada.Ils eurent trois fils : Charles-Eusèbe, Pierre-Philippe qui fut député aux Communes, et Henri-Raymond, prêtre et littérateur \" distingué.b M.Casgrain fut député de Kamouraska du 28 octobre 1830 au 9 octobre 1834.Il fut aussi membre ; du Conseil spécial du Bas-Canada, du 2 avril au ler juin g © 3 1838, et du 2 novembre suivant au 10 février 1841, date I i de l\u2019Union.Il fut nommé commissaire adjoint des qo 1 Travaux publics le ler août 1846 et il occupait ce poste i I à sa mort arrivée le 29 février 1848.i * * * L\u2019HONORABLE JEAN-JOSEPH DUVAL | Fils de Francois Duval, enseigne au régiment Royal Canadien Volontaire, en garnison à Québec, et d\u2019Anne Germain, il naquit à Québec le 18 juillet 1802 et fut baptisé le lendemain.Il eut pour parrain le major Louis de | Salaberry, du même régiment, et pour marraine, Madame de Salaberry.Son père mourut en 1815.li Après de brillantes études au Séminaire de Québec, 1 le jeune Duval entra, le 21 juillet 1818, au bureau de M.l George Vanfelson, pour y étudier le droit.Deux ans I (NHN al 2 A TRAVERS NOTRE HISTOIRE 61 plus tard, le 20 juin 1820, son brevet fut transporté à M.Joseph-Rémy Vallières de Saint-Réal, chez qui il termina ses études légales.Il fut admis au barreau le 21 juillet 1823.Il n\u2019avait que vingt-et-un ans.Le 30 juin 1829, M.Duval fut élu député à l\u2019Assemblée législative par la haute-ville de Québec, qu\u2019il représenta jusqu\u2019au 9 octobre 1834.Défait aux élections du mois suivant, il se retira de la politique et se livra tout entier à la pratique de sa profession.M.Duval fut fait conseil de la Reine en 1848, et devint juge de la cour Supérieure le 1er janvier 1852.Promu au Banc de la Reine, le 27 janvier 1855, il devint juge en chef de cette cour le 5 mars 1864, en remplacement de sir Louis-Hypo- lite Lafontaine et exerça cette haute fonction jusqu\u2019au 31 mai 1874, lorsqu\u2019il prit sa retraite.M.Duva' est mort le 6 mai 1881.Il avait épousé Adélaïde Dubuc, veuve de Joseph-Jacques Duval.C\u2019était, dit-on, une figure originale que ce magistrat distingué.Esprit vif et caustique, il n\u2019aimait pas les dscours flandreux, ni les avocats lambins.Il devancait la pensée de ceux-ci et savait d\u2019avance ce qu\u2019ils allaient dire.Malheur au disciple de Thémis qui s\u2019embourbait dans les méandres d\u2019une argumentation diffuse.D\u2019un trait mordant, le magistrat le sortait du bourbier où il s\u2019empêtrait et le ramenait dans le bon sentier.Aussi honnête que spirituel, d\u2019une parfaite rectitude de caractère, d\u2019un jugement sûr servi par une profonde connaissance du droit, M.Duval fit honneur à la haute position à laquelle il avait été appelé.Un canton du comté de Saguenay, érigé en 1869, fut nommé en l\u2019honneur de cet homme distingué.* Xk x FRANCOIS LANGUEDOC M.Languedoc était un des principaux marchands de la ville de Québec, et propriétaire de plusieurs seigneuries, notamment de celle de Saint-Georges dont il s\u2019intitulait le seigneur.Il entra dans la milice au zom 12nve- ment de la guerre de 1812, reçut le 4 août, une commis- LARSEN AI ERA Pa AR SLI MEL MM HERP ELM SER A EL EO MB FE 1 SELLE PE MMM LLM A ER CHE ILE IN 62 LA REVUE NATIONALE \u2014 sion de lieutenant et fut fait adjutant du 2e bataillon de la ville de Québec.Il fit de la garnison en cette ville sous les ordres du major-général George Glasgow.Le 6 juin 1821, il était promu capitaine au ménie bataillon.M.Languedoc représenta la basse-ville de Québec à l\u2019Assemblée législative du 25 avril 1816 au 9 février NT 1820, puis le comté de l\u2019Acadie, du 26 octobre 1830 au 9 octobre 1834.À * * THEOPHILE LEMAY Bh à Il naquit à Détroit, ie 11 juin 1768, du mariage de % Théophile Lemay, maître-armurier, et de Desanges Pelle- B tier.M.Lemay reçut une commission de notaire le 16 novembre 1820 ; il demeurait alors à Sainte-Marie-de-Mon- noir, où il cultivait une terre.Le 27 du même mois, il était nommé capitaine au 6e bataillon des Cantons de l'Est.Il avait servi durant la guerre de 1812-15 en qualité d\u2019adjudant de ce bataillon.Il devint par la suite lieutenant-colonel du 2e bataillon de Rouville.M.Lemay fut aussi durant plusieurs années commissaire des petites causes, poste auquel il avait été nommée le 8 mars 1833.Il siégea à l\u2019Assemblée législative comme député du comté de Rouville, de décembre 1832 | IE au 9 octobre 1834.Il exerca sa profession de notaire jusqu\u2019à sa mort arrivée à Sainte-Marie de Monnoir, le 17 avril 1848.Francis-J.AUDET.iE 1 LA ER IE LA REVUE NATIONALE 63 ÉDITIONS DE LA Société Saint - Jean - Baptiste de Montréal FLEURS DE LYS.\u2014 Un vol.in-8, de 160 pages, orné de 8 superbes hors-texte en demi-ton.60 sous, franco 70 sous.AU PAYS DE L\u2019ERABLE.\u2014 Un vol.in-8, de 192 pages, orné de 12 hors-texte en demi-ton, 80 sous, franco 90 sous.HISTOIRE ACADIENNE, abbé Lionel Groulx.\u2014 Une brochure in-160, de 32 pages, avec carte et illustration, 10 sous, franco, 12 sous.LA VAINE FOI, de Laure Conan.\u2014 Une brochure in-12o carré, de 48 pages, 50 sous franco, 52 sous.RECUEIL-SOUVENIR de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal.Un vol.in-80 de 386 pages, orné de nombreuses gravures en demi-ton, 25 sous, franco 35 sous.Album de CONTES HISTORIQUES.\u2014 Grand cahier in-4o, de 16 sujets en couleurs, chaque sujet contenant 12 images avec légendes, 50 sous, franco, 55 sous.CHANTS POPULAIRES.\u2014 Feuillet contenant les paroles de 14 chansons, 15 sous la douzaine, $1.00 le cent.LE PETIT CANADIEN.\u2014 Revue mensuelle, répertoire d\u2019articles sur les questions nationales et les activités de la Société Saint- Jean-Baptiste, de 1913 à 1918, l\u2019année : 50 sous.LA REVUE NATIONALE.\u2014 Revue mensuelle illustrée, faisant suite au Petit Canadien, de 1919, à 1921, l\u2019année : $1.00 MEDAILLE LAFONTAINE : 50 sous.L\u2019OISEAU BLEU.\u2014 Revue mensuelle de la jeunesse, abondamment illustrée, 16 pages ; l\u2019année : 75 sous ; le numéro : 5 sous.Volume relié, année 1921 et 1922: 60 sous chaque volume, T6 sous franco.MONUMENT NATIONAL, 296, Saint-Laurent, Montréal RE épée Rd ta EL tar tt a ee ad td pd SEAR A res détente LA REVUE NATIONALE \\ Durant l\u2019année scolaire, les parents soucieux de l\u2019éducation de leurs enfants cherchent pour ceux-ci UN STIMULANT AU TRAVAIL, UNE RECOMPENSE AU SUCCES UNE CONSOLATION DANS L\u2019ECHEC Cet objet précieux est tout trouvé, s\u2019ils connaissent L\u2019Oiseau Bleu La seule véritable revue canadienne des enfants publiée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Pères de Famille SAVEZ-VOUS Ce que lisent vos enfants ?SAVEZ-VOUS Qu\u2019il peut leur tomber sous les yeux des lectures sottes, immorales et perverses ?SAVEZ-VOUS Que L\u2019Oiseau Bleu est l'ANTIDOTE contre ces lectures douteuses ou mauvaises ?AUX ENFANTS QUI ONT DE L\u2019INITIATIVE L'Oiseau Bleu offre un abonnement gratuit a tous ceux qui recueilleront quatre abonnements à 75 sous.La récompense n\u2019en vaut-elle pas la peine ?Abonnement : Canada, 75 sous, Union postale, $1.00, le numéro, 5 sous.L\u2019OISEAU BLEU 296, rue Saint-Laurent, MONTREAL. 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