La revue nationale /, 1 juin 1924, Juin
[" \u2014 Gl bE GEG RE bE Ebb ba \u2014_ 6e ANNEE N 6 MONTREAT JUIN 1924 LA REVUE NATIONALE _ Organe de la Société he eg 11 y-Bapliste de Montréal 0 AY Ding pS NUM ENIR RS ET BESEEEETREEEIEENEEEEEERTR RD ant ee Fe 0 EE TE RE ER RTE LES 1924 Abonnement annuel: 82.00 tne ie Prix de la livraison: 15 sous À nr Rédaction et Administration 296, rue Saint - Laurent MONTREAL ee EEE Gévaaharabatbbawtvtaettpétt $e eH He RR A RE RE FEB Si reg) cy Te \u2014 A ere or Co a aR Allons rous autres, di cocur, de la voix \u2014 chantons « O Canada » Comme ces enfants, chantons tous avec enthousiasme notre beau pays, nos hommes de coeur et d'honneur.Chantons les héros obscurs qui, par une vie laborieuse et économe, sont la force de la nation.A BANQUE D'ÉPARGNE DE LA CITÉ ET DU DISTRICT DE MONTRÉAL La Grande Banque des Travailleurs.A.-P.LESPERANCE, GÉRANT GÉNÉRAL.prets \\ t ut] LA REVUE NATIONALE 161 ar A te Les thés verts DU JAPON ou pe CHINE y \"S Avec les compliments de J.BARSALOU & CIE LIMITEE LA REVUE NATIONALE La Banque Provinciale du Canada Capital autorisé .85,000,000.Capital versé et réserve .$4,500.000.SIEGE SOCIAL: 7 et 9, place d\u2019Armes, MONTREAL, Canada.CONSEIL D'ADMINISTRATION : Président: Sir Hormisdas LAPORTE, C.P., ex-maire de Montréal.de la maison Laporte, Martin, Limitée, Vice-lrésident du Crédit Foncier franco-canadien.Vice-Président: M.W.-F, CANSLEY : Vice-President: M.Tancrède BIENVENU, administrateur de la Lake of the Woods Milling Co, Ltd.M.G.-M.BOSWORTII, vice-président du Canadian Pacific Steamships Ltd.L'hon, Némèse GARNEAU, C.L, Québec, l\u2019résident « Les l\u2019révoyants du Canada ».M.Emilien DAOTST, Président de la Librairie Beauchemin Limitée, Commissaire du Port de Montréal.M.S.-J.-B.ROLLAND, Président de la Cie de Papier Rolland, Limitée.325 succursales et sous-agences dans les provinces de Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick et l\u2019Ile du Prince-Edouard.Produits de Qualité Lait pasteurisé, Crème, Beurre, Oeufs, Crème à la Glace KT 22000 À i) LA REVUE NATIONALE 163 QUANI} vous achetez vos harnais, valises, couvertes, malles, etc, etc, exigez toujours la mar- , que ALLIGATOR.à LAMONTACNE Limitée pESISTÈRED FEST 338 ouest, NOTRE-DAME.- MONTREAL MADE IN CANADA Québec, P.Q.Winnipeg, Man.EXIGEZ la marque « AUBRY » sur vos ustensiles de cuisine; ils sont reconnus pour avoir une très grande durabilité et nos cinquante années d'expérience les placent parmi les meilleurs sur le marché.\u2014 En vente chez leg principaux quincailliers, 600 DELORTMIER, A.AUBRY & FILS, LIMITÉE MONTREAL.Maison fondée cn 1874.\u2014 Incorporée en 1914.MAIS CUI! DES PETITS POIS SOL ICIE.AUTRES SPECIALITES IMPORTEES DE GRANDE REPUTATION «Il y a CO ans que j'en mange ».nous disait récemment un vieil amateur de ces délicieux légumes et petits pois belges, réputés dans le monde entier.Quand on y goûtv.on les adopte : Qualité absolument irréprochable.DISTRIBUTEURS : LAPORTE, MARTIN, LIMITEE 584 ouest, rue Saint-Pau! - - - Montreal Ecole Polytechnique de Montreal GENIE CIVIL\u2014ARCINITECTE\u2014INGENIEUR CHIMISTE\u2014 ECOLE DE PREPARATION Préparation aux examens d'admission à l'Ecole Polytechnique, Les finissants des collèges classiques sont admis sans examens à l'Ecole de Préparation.- COURS D'ETE Des cours d'été spécialement établis pour les finissants des collèges classiques qui désirent entrer directement en 1re année se donnent du ler juillet au 15 sept.et préparent les candidats aux examens d'admission de septembre.228, rue ST-DENIS, Tél.Est 3477, MONTREAL Rés.: Longueuil 389 Téi.: EST 0989 31, St-Antoine, Longueuil Alphonse L.PH ANEUF N.-J.MARION, L.LB.Examen de la vue Lunettes et Lorgnons AVOCAT CPTICIEN- Chambres 612-613-614 OPTOMETRISTE 71a, rue Saint-Jacques 385, rue Saint-Denis MONTREAL près de la rue Ontario Tél.: Main 6597 MONTREAL Ceres re Tm Ae, où Sei D M fi Fi 3 fr 5 ji { il RL Sats TTI pei pre wes.d'aider mere pr Rg San 8 i 4 3 ¥ \u201cHH A iH } ; i MM BiH i IN i pt It a HE HH [15M 164 LA REVUE NATIONALE PRIMUS Couplet gue chantaient nos pères : «Si vous voulez sans peine « Vivre en bonne santé, « Six jours de la semaine, « Buvez du bon café.« Il vous préservera « De toute maladie.« Sa vertu chassera, la! la! « Migraine et fluxion, don! don! « Rhume et mélancolie.Café \u201c PRIMUS\u201d \u201c LE FAVORI DES CONNAISSEURS Distributeurs : L.CHAPUT, FILS & CIE, Limitée PRIMUS MANN I PROGRAMME GENERAL DES FETES DE 1924 165 PROGRAMME GÉNÉRAL DES FÊTES DE 1924 Dimanche, le 22 juin Le matin, grand\u2019messe célébrée dans chaque paroisse: les invités de la Société auront des sièges à l\u2019église Notre- Dame.Messe à 9.30 h.suivie de la procession de la Féte- Dieu; à 3 h., ouverture du congrès au Monument National ; 4 8.30 h., soirée canadienne gratuite pour les membres de la Société Saint-Jean-Baptiste, ses invités et les participants au congres.Lundi, le 23 juin Avant-midi et aprés-midi: suite des délibérations du Congrès national ; à 8.30 h., au Parc Lafontaine: feux de la Saint- Jean avec tout le cérémonial accoutumé: fanfares et chants patriotiques par le peuple.Mardi, le 24 juin La fête sera inaugurée par une grand\u2019messe solennelle à la cathédrale; à 2.30 h, procession de chars historiques et allégoriques et inauguration de la Croix du Mont-Royal.Les fêtes se termineront le soir par un banquet national.Grand Restaurant 16 Français 172-184, rue Saint-Denis Cuisine soignée, où l\u2019Epicurien et le Végétarien, le Gourmand et le Gourmet trouvent que l\u2019on « MANGE MIEUX » Prix modérés.Table d\u2019hôte : Lunch, 75e.\u2014 Dîner, 90c, \u2014 Vin ou bière compris. i IN i # H y, I i RE Rt 166 LA REVUE NATIONALE La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Fondée en 1834 CONSEIL GENERAL: Grand aumonier: Mgr PARCHEVEQUE DE MONTREAL.Président général: Victor MORIN, LL.D., notaire, 97, rue Saint-Jacques.ler vice-président général: Léon TREPANIER, publiciste, 371, rue Sherbrooke est.2e vice-président général: Guy VANIER, LL.L., avocat, 97, Saint-Jacques.Secrétaire général: J.-A.BARITEAU, notaire, 347, rue Maisonneuve.Trésorier général : Aimé PARENT, administrateur, 51 est, rue St-Paul.Directeurs: L\u2019Hon.L.-O.DAVID, sénateur, 325, chemin Sainte-Catherine, Outremont.Thomas GAUTHIER, courtier, 11, place d\u2019Armes.L\u2019hon.F.-L.BEIQUE, sénateur, 540, rue Sherbrooke Ouest.J.-V.DESAULNIERS, courtier en immeubles, 90, rue Saint-Jacques.Henry-L.AUGER, courtier en immeubles, 384, rue Ontario Est.J.-W.CADIEUX, comptable, 530, rue Grosvenor.J.-W.DEZIEL, administrateur, 182, Ave Notre-Dame de Grâces.Chef du Secrétariat: Jean GUERIN, bureau No 1, Monument National, téléphone: Plateau 3768.Corporations filiales de la Société: La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.La Direction de la Revue Nationale ne s\u2019engage pas à rendre les manuscrits non insérés, Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles.La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 296, rue Saint-Laurent, et imprimée par ARBOUR Er DUPONT, imprimeurs- éditeurs, 249 est, rue Lagauchetière, Tél.: EST 6264.Bip camouque) 25 NATIONAL Rotated A AU A 01X Droit, Médecine, Pharmacie, G R LT & L (R | Art Dentaire COURS PREPARATOIRES PEINTRES D\u2019ENSEIGNES DU PROFESSEUR RENE SAVOIE, I.C.et LE.1 = i Bacheliers ès arts, ès sciences 784 est, Sainte-Catherine RA Cours classiques, cours commercial, MONTREAL lecons particulières Elèves acceptés en tout temps.>Les Prospectus envoyé sur demande.œ 238, rue SAINT-DENIS ° \u2018ès de l\u2019école Polytechnique Enseignes- de tout genre Pra EST 6169\u201d 4 wih toi trie ul \u20ac pri sat di qu qui cho Ie fio his qu A her- Ii, a, LA PROCESSION DE 192} 167 LA PROCESSION DE 1924 La grande nouveauté de la démonstration de cette année sera certainement la procession du 24 juin.Jusqu\u2019ici malgré tout le brillant qui les entourait,les chars allégoriques ou industriels formaient un ensemble plus ou moins cohérent, et qui lui enlevait parfois toute signification nationale.Cette année, le Conseil général de la Société a adopté le projet soumis par M.E.-Z.Massicotte, et en a confié la réalisation à deux Commissaires-directeurs, MM.E.-Z.Massicotte et Elzéar Roy, lesquels se sont adjoints, l\u2019artiste J.-B.Lagacé qui, avec un rare bonheur a dessiné 24 des chars de la parade, puis M.Honoré Vaillancourt qui a pris charge de veiller au choix des costumes et à la mise en scène.Rompant avec le passé, les Commissaires-directeurs ont résolu de faire de la procession une leçon de patriotisme et de fierté nationale, par une série de jolis chars allégoriques ou historiques, qui développe la vérité suivante: Ce que l\u2019Amérique doit à la race française C\u2019est en somme le récit, sous une forme saisissante de quelques-unes des belles phases de notre passé.Voici l\u2019ordre dans lequel se fera le défilé : L\u2019Amérique entourée des races francaise, anglaise et espagnole.L\u2019Amérique septentrionale a été colonisée par trois races européennes.Entre celles-ci, la race française réclame une large part de souvenirs, à cause de l\u2019influence chrétienne et civilisatrice qu\u2019elle a exercée sur une immense étendue du continent.Tél: Bélair 0992 ACCESSOIRES, PARTIES de FORD Th , SERVICE e Queens Clermont Motor Limited : Vendeurs du Jubilee- « CANADIAN FORD CARS\u201d Laundry Service complet pour Ford ; ; SERVICE COMPLET POUR FORD CREVIER et FRERE, propriétaires .53-55-57-59 ouest, ave LAURIER 1160, rue Saint-Denis angle Saint-Urbain Tél.: Belair 3950 168 LA REVUE NATIONALE 1534\u2014Jacques-Cartier explore le Saint-Laurent.François Ier, nourrissant le projet d\u2019ouvrir une colonie en Amérique et de faire évangéliser les indigènes, charge Jacques Cartier d\u2019explorer le Nouveau Monde.Parti de Saint-Malo en avril 1534, ce hardi marin pénètre dans le golfe Saint-Laurent.Plus tard, au mois d\u2019octobre 1535, il se rend jusqu\u2019au mont Royal.Né à Saint-Malo en 1494, Cartier mourut le ler septembre 1557, 1608\u2014 Champlain à Québec.En 1604, MM.de Monts et de Poutrincourt, gentilshommes francais entreprennent de fonder Port-Royal, et de coloniser l\u2019Acadie.Cette partie du pays s\u2019appelle de nos jours, Nouvelle-Ecosse.Pierre du Gast, sieur de Monts, était alors lieutenant général de la Nouvelle-France, et il avait comme principal associé Jean de Pou- trincourt.Champlain à Québec, en 1608.L\u2019immortel Champlain jette les fondations de Québec, qui deviendra le siège administratif de la Nouvelle-France.Samuel de Champlain né à Brouage en 1567 est mort à Québec le 25 décembre 1635.1615-1625\u2014Les Récollets, \u2014 Martyre du Père Viel.Le P.Viel et son néophyte huron, Ahuntsic, premiers martyrs canadiens furent noyés dans la rivière des Prairies le 25 juin 1625.Le Père Viel faisait partie de ce groupe des missionnaires récollets, qui, dès 1615, s\u2019avançaient jusqu\u2019aux grands lacs pour évangéliser les indigènes.Tél.: EST 3161 Tél.: Est 9668 O.CHAMPAGNE | | Plombier, Poseur d\u2019Appareils a Gaz À la ville de Paris 358, Ave HOTEL -de-VILLE ~ e à Eau Chaude MONTREAL RESTAURANT PARISIEN 121, rue Saint-Laurent D.MONTREAL Les plus forts receveurs de poissons Wiker et Lhoumeau, Prop.au Canada.Experts dans le commerce d\u2019huîtres en coquille ou autres.MONTREAL Un demi-siècle d\u2019existence HATTON COMPAGNIE Cuisine soignée \u2014 Service rapide BIERE ET VIN 9 ais îte LA PROCESSION DE 1924 169 1617\u2014Louis Hébert.Louis Hébert, premier colon du Canada, vint en la Nouvelle-France avec l\u2019idée arrêtée de cultiver le sol.Dès 1617, il défricha et ense- menca la terre à la haute ville de Québec.C\u2019est donc l\u2019ancêtre de l\u2019énergique et honorable classe des agriculteurs canadiens.Lors de son arrivée à Québec, Louis Hébert emmenaiït avec lui, sa femme, ses deux filles et son jeune fils.1625\u2014 Arrivée des Jésuites en la Nouvelle-France.Leur champ d\u2019apostolat s\u2019étendit de l\u2019Atlantique aux montagnes Rocheuses et de la Nouvelle-Angleterre à la baie d\u2019Hudson.Cette première recrue se composait des PP.Lalemant, Massé, Bré- beuf et de deux frères.1640-1642\u2014Fondation de Montréal.M.l\u2019abbé Olier, M.de la Dauversière, M.de Renty et M.de Faucamp décident d\u2019établir une colonie dans l\u2019île de Montréal et d\u2019en confier la fondation à Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve.Le fondateur de la métropole commerciale du Canada, naquit à Neuville-sur-Vannes, le 15 février 1612 et il mourut à Paris le 19 septembre 1676.1644\u2014Jeanne Mance.Venue avec M.de Maisonneuve, Jeanne Mance établit l\u2019Hôtel-Dieu, un des premiers hôpitaux de l\u2019Amérique.[illustre Jeanne Mance, née en 1606, est morte à Montréal en 1673.1612-1760\u2014Cavalcade des gouverneurs de la Nouvelle-France.1 \u2014 Champlain Ce eee 1612-1635 2 \u2014 Montmagny .+ .1636-1648 K.C.Tél.: Bélair 0408 ERNEST MEUNIER MARCHAND-TAILLEUR 534 est.rue RACHEL \u201cme porte du Parc LaFontaine MONTREAL Satisfaction garantie. ce BROTHA 170 \u2018LA REVUE NATIONALE 3 \u2014 d\u2019Ailleboust 1648-1651 4\u2014 de Lauzon .1651-1657 5 \u2014 d\u2019Argenson 1657-1661 6 \u2014 d\u2019Avaugour 1661-1663 7 \u2014 Mésy .1663-1665 8 \u2014 Courcelles .1665-1672 9 \u2014 Frontenac .1672-1682 10 \u2014 de la Barre 1682-1685 11 \u2014 Denonville 1683-1689 12 \u2014 Callières .Ce 1699-1703 13 \u2014 Rigaud de Vaudreuil 1705-1725 14 \u2014 Beauharnois 1726-1747 15 \u2014 la Jonquiére 1749-1752 16 \u2014 Duquesne Cee 1752-1755 17 \u2014 Vaudreuil-Cavagnal .+ 5 1755-1760 1653\u2014Soeur Marguerite Bourgeoys.- Arrivée à Montréal en 1653, soeur Marguerite Bourgeoys se consacra à l\u2019enseignement et fonda l\u2019une des premières et des plus considérables communautés enseignantes de l\u2019Amérique.Cette célèbre éducatrice a été déclarée vénérable en 1878.Née à Troyes, France, en 1620, elle s\u2019éteignit à Montréal en 1700.1660\u2014Dollard des Ormeaux.Au mois de mai 1660, Dollard et ses seize compagnons moururent en luttant contre une troupe d\u2019Iroquois.Par le sacrifice de leur vie, ces héros sauvèrent la civilisation française en Amérique, 1663\u2014Mer de Laval, établit un séminaire.Francois de Montmorency-Laval, premier évêque catholique.« Pendant cinquante ans, dit un auteur, ce prélat dépensa sans comptes : argent, santé, amour.Il fonda, il organisa, il évangélisa.Par son Directeurs : S.-J.GRANGER.M.LEFILS, Dr J.-P.MARIN, Tél.: Est 0714 O.CHAMPAGNE, G.-N.MONTY.| \u2018on & Smpagoie Générale 456 RUE PLESSIS, pris ONTARIO ASSURANCE FUNÉRAIRE pa => c= 1 n- LA PROCESSION DE 1924 171 activité, par ses talents, autant que par ses vertus, il fut un des péres de la Nouvelle-France.» Ce vénérable évêque est décédé le 6 mai 1708 à Québec.1673\u2014Le Père Marquette et Louis Jolliet au Mississipi.C\u2019est au P.Marquette et à son compagnon, Louis Jolliet, que revient l\u2019honneur d\u2019avoir les premiers atterri sur les bords du géant des fleuves.Le P.Jacques Marquette rendit l\u2019îÂme en 1675 et il fut enterré sur le nord de la rivière qui porte aujourd\u2019hui son nom.Louis Jolliet, né à Québec en 1645, mourut vers 1701 après avoir exploré le Labrador.1682\u2014Cavelier de la Salle.La Salle découvre les bouches du Mississipi, donne le nom de Louisiane aux contrées que ce fleuve arrose et prend possession du pays en plantant une croix.Robert Cavelier de la Salle fut assassiné en 1687.L\u2019historien américain Bancroft, a dit de ce grand découvreur : « son nom vivra à travers les âges comme celui du père da la civilisation dans la vallée centrale des Etats-Unis.» 1699-1717\u2014TIberville et Bienville.Le Moyne d\u2019Iberville éleva un fort à Biloxi en 1699, puis commença en 1701, à Mobile la colonisation de la Louisiane.Son frère Le Moyne de Bienville posa en 1717 les assises de la Nouvelle-Orléans.Ce sont les fils les plus célèbres de Charles Le Moyne de Longueuil et les deux plus grands Canadiens du 18e siècle.Tous deux sont nés à Montréal, .1 1 LAVERY & DEMERS Genin, Trudeau & Cie, AVERY & DEMER: LIMITEE 19, rue SAINT-JACQUES MONTREAL d\u2019ARTICLES de FUMEURS Maison fondée en 1879 22 ouest, Notre-Dame Tél.: MAIN 4472 FABRICANTS DE PIPES de BRUYERE ET IMPORTATEURS Tél.: EST 9771 AU BON MARCHE LEÉTENDRE, LIMITÉE MONTREAL 625 est, rue STE-CATHERINE, MONTREAL j on i} i i su Sets 172 LA REVUE NATIONALE 1743\u2014De la Verendrye.Ce célèbre Canadien pénétra dans l\u2019extrême Ouest en 1743 et reporta les limites de la Nouvelle-France jusqu\u2019aux montagnes Rocheuses.Pierre Gaultier de la Verendrye naquit en 1686 et mourut en 1749 après avoir fourni une carrière remplie de dévouements et de sacrifices.France.La France catholique et chevaleresque, foyer des arts et des sciences de l\u2019ancien monde a donné à l\u2019Amérique septentrionale une France nouvelle, Villes fondées par des Français ou des Canadiens dans l\u2019Amé- rique du Nord.Louisbourg .1713 Détroit .1701 Trois-Rivières .1634 Dubuque .1788 Sorel .1665 Saint-Paul .1841 Kingston .1673 Milwaukee .1818 Dawson .1896 Vincennes .1717 \u2018Et cette liste pourrait encore comprendre: Longueuil, St-Hyacinthe, St-Jérôme, Lachine, Joliette, Fort-Williams, Willow Bunch (Sask.), etc, etc, en Canada, Puis Bourbonnais (Ill.), Faribault (Minn.), Gervais (Minn.), Green- bay (Wisc.), Beloit (lowa), Grand Rapids (Mich.), etc, ete, aux Etats-Unis.1813\u2014De Salaberry.Par sa victoire à Châteauguay en 1813, de Salaberry repoussa l\u2019invasion américaine et préserva l\u2019homogénéité de la race francaise.Charles-Michel'de Salaberry, né en 1778, décéda en 1829.Tél, Main 4672 Tél.Main 7437 L\u2019 I A L Bertrand, Foucher, Bélanger, Inc.0 SE U B EU ORNEMENTS D'EGLISE avec ses récits émouvants, ses contes 26 ouest, rue NOTRE-DAME illustrés, ses articles instructifs, ses MONTREAL histoires amusantes, constitue la revue idéale pour vos enfants.Abonnement annuel: Canada, 75 BONIN & FRERE sous.\u2014 Union postale, $1.00.Publié par la Société Saint- LIMITER : A .Jean-Baptiste de Montréal.Mercerie et Chapeaux ?.103.107 520.669 et 1819 est, 296, rue Saint-Laurent RUE SAINTE-CATHERINE MONTREAL MONTREAL \\s Pr Ces ice ji.LA PROCESSION DE 1924 173 Il reste dans notre histoire, comme le héros d\u2019un immortel fait d\u2019armes.Les Etats américains.Rappelons que la grande République américaine, reconnaît devoir à la race française, plus de dix de ses états, entre autres, les suivants : Alabama.1702 Maine .1625 Arkansas .1690 Michigan .1685 Illinois .1682 Mississipi .1716 Indiana .1702 Missouri .1719 Louisiane .1699 Wisconsin .1669 1832-1842\u2014Papineau et La Fontaine.Ces deux noms rappellent la période la plus critique et la plus mouvementée de notre histoire.À ces grands patriotes nous devons le gouvernement responsable et nos droits politiques.Louis-Joseph Papineau, naquit à Montréal en 1786 et mourut à Montebello en 1875.Louis-Hippolyte La Fontaine, né en 1807, est décédé à Montréal en 1864.Provinces du Canada.Dans le Canada la race francaise a la premiére évangélisé, exploré ou colonisé les provinces suivantes : Québec \u2014 Ontario \u2014 Manitoba \u2014 Alberta \u2014 Nouvelle-Ecosse \u2014 Nouveau-Brunswick \u2014 Ile du Prince-Edouard \u2014 Saskatchewan.1834\u2014Duvernay.A celui qui fonda notre Société nationale, chargée de veiller a la conservation de nos traditions, et à la glorification de la race française en Amérique.Encouragez nos annonceurs et recommandez-vous de La Revue Nationale AUPRES D\u2019EUX mE EEE ae parents \u2014-\u2014 At ES CR A 174 LA REVUE NATIONALE Né en 1799, Ludger Duvernay est mort en 1852 alors qu\u2019il était président de la Société qu\u2019il avait créée.Saint Jean-Baptiste.Depuis 1834, saint Jean-Baptiste est au point de vue religieux, comme au point de vue national, le patron spécial des Canadiens français, tant de ceux qui sont au Canada, que de ceux qui vivent à l\u2019étranger.C\u2019est de l\u2019Italie, probablement, que nous vient l\u2019idée de représenter saint Jean-Baptiste par un enfant accompagné d\u2019un agneau.A Venise, cette gracieuse coutume fut en honneur pendant des siècles, Commissaires-ordonnateurs généraux M.Alfred Legault, Commissaire-ordonnateur en chef; M.F.-J.Gingras, Commissaire-ordonnateur régional, district nord; M.J.-H.Prévost, Commissaire-ordonnateur régional, district ouest ; M.D.Courchesne, Commissaire-ordonnateur régional, district est ; M.Henri Hunter, Commissaire-ordonnateur régional et secrétaire.Parcours Parc Lafontaine \u2014 Cherrier \u2014 Saint-Hubert \u2014 Mont-Royal Saint-Denis \u2014 Boulevard Saint-Joseph \u2014 Avenue du Pare \u2014 Parc Jeanne-Mance.Le chant durant les fêtes La chorale de l\u2019église Saint-Pierre prêtera son concours pour les chants patriotiques au Parc Lafontaine, le soir du 23 juin, ainsi qu\u2019au retour de la procession au Parc Jeanne Mance, le 24, sous la direction de M.Armand Renaud, maître de chapelle.Recueils des concours littéraires de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal: 1916\u2014La croix du chemin (2e édition), 85 sous (franco) 1917\u2014La Corvée (épuisé).1918\u2014Fleurs de lys, 70 sous (franco).1919\u2014Au pays de l\u2019érable, 90 sous (franco).En vente au secrétariat de la Société : 296 ST-LAURENT va dr qu dé it LE CONCOURS LITTERAIRE DE NOTRE SOCIETE 175 LE CONCOURS LITTERAIRE DE NOTRE SOCIETE Notre sixiéme concours nous a apporté quarante-six travaux.Le jury composé de MM.l\u2019abbé Olivier Maurault, p.s.s., Aegidius Fauteux et Jean Désy, vient de rendre son verdict.Voici les titres et les pseudonymes des manuscrits primés: ler prix ($50) : Une Chasse-Galerie moderne.\u2014Jean TAILLON.2e \u2014 ($25): Le Noél de Pierre.\u2014 Fleur D\u2019AJONC.3e \u2014 ($15): Les Périls de la Gat\u2019 \u2014 Henri DEAUBOUR.de \u2014 ($10) : Le Bonhomme Thérien.\u2014 PAMPHILE.Il reste à identifier les vainqueurs.Les intéressés voudront bien se conformer à la sixième condition du concours que nous rappelons ici: Les manuscrits devront : 6.\u2014 Etre signés d\u2019un pseudonyme seulement.Le jury fera connaître son choix en publiant dans la REVUE NATIONALE les titres et les pseudonymes des travaux primés ou qui auront mérité une mention honorable.Dans les quinze jours suivant la publication de ce rapport, les concurrents devront prouver qu\u2019ils sont les auteurs des travaux primés ou mentionnés en faisant parvenir au secrétariat de la Société leurs nom et adresse, mis à la suite du premier paragraphe de leur manuscrit.En s\u2019abstenant de remplir ces conditions dans le délai prescrit, les concurrents verront leur travail déclassé, pour l\u2019avantage des travaux immédiatement suivants dans l\u2019ordre de valeur.Le rapport du jury paraîtra dans la Revue Nationale de juillet.LA REDACTION. 176 LA REVUE NATIONALE Qualite 35 ANS D\u2019EXISTENCE Service LA REVUE NATIONALE imprimée dans nos ateliers, est une preuve de l\u2019excellence de notre travail.Nous imprimons tout : Cartes d\u2019affaires, entêtes de lettres, programmes, livres, revues, brochures, etc, etc, à des prix très modérés.Tél.: EST 6264 ARBOUR & DUPONT IMPRIMEURS - EDITEURS 249 est, rue Lagauchetiére, Montréal Près de la rue Saint-Denis ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES de Montréal Préparant aux situations supérieures du commerce, de l\u2019industrie et de la finance.BIBLIOTHEQUE ECONOMIQUE, MUSEE COMMERCIAL ET INDUSTRIEL Délivre les diplômes de « Licencié en sciences commerciales ».de « Licencié en sciences comptables », et de « Docteur en sciences commerciales ».Le diplôme de « Licencié en sciences comptables » donne droit à l'admission dans «l\u2019Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec» ct dans « l\u2019Association des comptables de Montréal » (Chartered accountants).Des BOURSES du GOUVERNEMENT sont accordées aux élèves méritants.Cours spéciaux, le soir: Comptabilité théorique ct pratique.Opérations de banque, Correspondance commerciale anglaise et française, Arithmétique commerciale, Algèbre, Economie politique, Droit civil, Droit commercial, Langues étrangères : Espagnol, Italien, Allemand, etc.Pour tous renseignements, prospectus, inscriptions,etc., s\u2019adresser au DIRECTEUR DES ETUDES.399, AVENUE VIGER - - MONTREAL \\ \\\\ I / PRIERE A SAINT JEAN-BAPTISTE PRIERE OFFICIELLE de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, adoptée par le Conseil général, a sa séance du 3 juin 1924, approuvée et indulgenciée par Monseigneur l\u2019Archevêque coadjuteur de Montréal, aumônier-général de la Société.O Saint Jean-Baptiste, intrépide vengeur de la morale et du droit, précurseur du Messie, patron des Canadiens-francais, éclairez nos esprits dans la recherche de la justice et assurez notre survivance par le maintien de nos institutions, de notre langue et de notre foi.Faites que nous conservions dans toute leur pureté les traditions de nos pères, afin d\u2019accomplir les desseins de Dieu sur cette terre d\u2019Amérique et de mériter le bonheur éternel de la patrie céleste.Ainsi soit-il.Imprimatur : = GEORGES, ARCH.DE TARONA, Adm.Apost.Indulgence de cinquante jours.RAR AR Se) LA REVUE NATIONALE LES ENSEIGNEMENTS DE LA FÊTE NATIONALE L\u2019auteur de Gil Blas invite le lecteur judicieux à tirer les lecons qui se dégagent d\u2019un récit présenté parfois sous une forme légère; aussi l\u2019observateur qui réfléchit au sens caché des évènements et des choses recueille souvent des fruits qui échappent au spectateur superficiel des scènes de la vie.Il doit en être ainsi des manifestations de notre fête nationale.Pourquoi faisons-nous claquer nos drapeaux au vent le vingt-quatre juin, jour de la fête de Saint-Jean-Bap- tiste?Pourquoi ces inscriptions qui clament notre fidélité aux traditions ancestrales?Pourquoi ce concours de peuple qui affirme au grand jour sa vitalité, son attachement à la foi, à la langue, aux institutions qui lui viennent de la « fille aînée de l\u2019Eglise » qui déclare à la face du ciel son désir de vivre et d\u2019accomplir les desseins de Dieu sur cette terre d\u2019Amérique?Ah ! pourquoi?C\u2019est qu\u2019il faut donner un symbole aux aspirations de notre race ; c\u2019est qu\u2019il faut rappeler de temps à autre aux ouvriers de l\u2019oeuvre nationale qu\u2019ils ont une mission à remplir, qu\u2019ils doivent travailler jour par jour et sans relâche en vue du but à atteindre, qu\u2019ils doivent suppléer au nombre par l\u2019activité, par la constance de l\u2019effort s\u2019ils veulent former un peuple qui soit digne de prendre place au conseil des nations! C\u2019est ce que la Société Saint-Jean-Baptiste s\u2019efforce de rappeler aux canadiens-francais chaque jour de l\u2019année, mais principalement au jour de la fête nationale; c\u2019est pourquoi elle invite en particulier les éléments essaimés de la famille canadienne à se réunir au foyer familial afin de faire un inventaire des actes accomplis, de se retremper dans la communion mutuelle des activités de la race et de se concerter dans une action commune vers la conquête de nos idéals. LES ENSEIGNEMENTS DE LA FETE NATIONALE 179 CONGRÈS NATIONAL À cet effet, nous voulons réunir en un congrès national tous les groupes de la famille catholique et française d\u2019origine canadienne, pour délibérer sur nos problèmes d\u2019importance majeure et principalement sur les questions suivantes: (A) Les devoirs actuels à l\u2019égard de notre race, (B) La résistance aux infiltrations étrangères, (C) Le développement des relations entre nos divers groupes.Nous voulons entendre à ce congrès l\u2019exposé des besoins de nos compatriotes, en quelque lieu qu\u2019ils se trouvent, et le récit de leurs luttes pour la survivance nationale; nous voulons bénéficier de leur expérience dans la conservation des traditions, dans la résistance à l\u2019assimilation et dans l\u2019adoption des mesures à prendre pour assurer le succès.Nous voulons entendre nos frères acadiens dire comment ils se sont reconstitués en un peuple homogène après la tempête qui semblait les avoir balayés sans retour de leur patrie; comment leurs rameaux dispersés sont venus se rattacher aux racines du sol ancestral et comment ils ont grandi au point de diriger aujourd\u2019hui les destinées de la province qu\u2019ils habitent.Nous voulons entendre nos franco-américains dire comment ils ont pu conserver leur nationalité pure de tout alliage dans ce creuset immense où la république voisine entend fondre tous les peuples et toutes les opinions en un seul type ayant pour idéal et caractère distinctif le culte du veau d\u2019or; comment ils sont sortis de l\u2019épreuve aussi fidèles qu\u2019ils y sont entrés, au point que le chimiste assimilateur en désespoir de cause, a dû les déclarer « Indésirables » pour les fins qu\u2019il avait en vue.Nous voulons entendre nos frères d\u2019Ontario et des provinces de l\u2019Ouest nous dire comment la persécution officielle des gouvernements a réveillé leurs énergies, stimulé leur courage, déterminé leur résistance, organisé leur action, déclan- ché leur essor vers la conquête des libertés nationales. 180 LA REVUE NATIONALE Nous voulons entendre les éducateurs français des provinces anglaises nous dire avec quelle puissance et quelle majesté la langue apprise sur les genoux de nos mères s\u2019élève et plane au-dessus des arrêts des tribunaux.Nous voulons entendre, en un mot, les fiers lutteurs temporairement en butte à des lois iniques crier avec le courageux archevêque Langevin: « Blessés, peut-être ; mais vaincus, jamais! » Et quand nous aurons entendu ces paroles réconfortantes, nous chercherons ensemble les moyens de nous fortifier dans la lutte et d\u2019établir les bases indestructibles de notre survivance.COUTUMES ET TRADITIONS Ayant rempli ce premier devoir d\u2019étudier les questions actuelles et d\u2019envisager les problèmes de l\u2019avenir, nous jetterons un coup d\u2019oeil, sur le passé pour y puiser dans l\u2019évocation des coutumes et traditions d\u2019antan, une sérénité qui nous reposera des luttes a soutenir.Nous convions les délégués de la famille canadienne, et principalement ceux qui ne connaissent que par oui dire les coutumes du temps passé, & venir assister, le dimanche soir, dans la grande salle des fétes du Monument National, a la représentation des divers aspects de la vie de nos pères, depuis l\u2019humble colon jusqu\u2019au seigneur.Nous y entendrons les chants de la « guignolée », ceux dont on accompagnait le travail manuel ou le maniement de l\u2019aviron et les divertissements de la vie primitive des bûcherons, nous assisterons à l\u2019évolution des danses populaires de la « gigue » et du « cotillon » jusqu\u2019aux chorégraphies aristocratiques de la « pavane » et du « menuet » ; nous y verrons les objets familiers qui ont servi à la formation d\u2019une race forte; le « ber » ou se sont succédé les unités nombreuses de nos familles bénies du ciel; la « huche » où la mère canadienne a pétri le froment d\u2019un sol généreux, le « métier » qui lui servait à tisser les vêtements; tous ces objets du terroir qui s\u2019en vont tristement au rancart comme des jours écoulés sans retour parce que l\u2019industrie leur substitue des machines perfectionnées au milieu desquelles notre génération s\u2019étiole.> aD = rn \u2014=\u2014 LES ENSEIGNEMENTS DE LA FETE NATIONALE 181 Mais il ne suffit pas de donner des lecons de choses; il faut en plus dégager les enseignements du passé, et pourrions- nous faire mieux, sous ce rapport, que de témoigner notre gratitude à ceux qui ont bien mérité de la patrie?\u2014 Aussi profiterons-nous de cette fête de famille, pour présenter la médaille en vermeil « Bene merenti de patrid » a M.le sénateur LAURENT-OLIVIER DAVID en reconnaissance de toute une vie de labeur consacrée a la glorification des patriotes canadiens et à l\u2019édification de ce « monument national » qui permet aujourd\u2019hui à la Société Saint-Jean-Baptiste d\u2019accomplir des oeuvres tangibles au bénéfice de notre race; à Mme MARIE GERIN-LAJOIE, fondatrice de la Fédération Nationale Saint- Jean-Baptiste dont l\u2019action féminine déborde aujourd\u2019hui du siège social mis à sa disposition par notre Société et prend son essor dans l\u2019espace infini.Tous applaudiront à ce témoignage spontané d\u2019un peuple qui se souvient.Passant ensuite aux traditions séculaires, nous assisterons le lundi soir, au Parc Lafontaine à l\u2019embrasement du bûcher de la Saint-Jean, auquel répondront les feux de joie allumés par nos sections filiales aux quatre points cardinaux, tandis que le peuple fera résonner l\u2019air des refrains joyeux de nos chants canadiens.MESSE SOLENNELLE La fête nationale des Canadiens-Français doit nécessairement revêtir un caractère religieux puisque la foi catholique est à la base même de leur survivance.Le peuple doit proclamer, ce jour là surtout, la fidélité de ses croyances religieuses, et c\u2019est avec une pompe inusitée qu\u2019au milieu de la vie intense d\u2019une grande ville, la race cana- dienne-francaise élévera sa voix reconnaissante et fidele a l\u2019adresse de Celui qui n\u2019a cessé de la combler de ses bienfaits.Nous nous souviendrons alors que le 18 mai 1642 c\u2019est par une messe célébrée sur un autel rustique, à l\u2019orée d\u2019une forêt vierge que la métropole du Canada prit naissance, et que le célébrant se tournant vers le peuple après la lecture de l\u2019évangile compara prophétiquement cette fondation au grain de sénevé destiné à devenir un grand arbre. pre Eat ri eo Fre ern i a \u2014\u2014y vee 7e ae se te Ra fl A Bi 182 LA REVUE NATIONALE PARADE HISTORIQUE Une des traditions les plus populaires et les plus constantes de la -célébration de la fête nationale consiste assurément dans la « procession » que le peuple accueille avec empressement comme une manifestation éclatante de notre vitalité et de la vigueur de nos traditions.On aime à y trouver la représentation des coutumes d\u2019autrefois, des industries qui ont développé nos ressources naturelles, même du commerce où quelques-uns des nôtres ont puisé une aisance légitime, mais il faut que cette manifestation tende à un but plus élevé qu\u2019à la simple satisfaction des yeux; il faut qu\u2019elle comporte un enseignement qui puisse être profitable.C\u2019est dans cette pensée qu\u2019au milieu de ceux qui semblent trop ignorer notre histoire et le rôle que nous avons joué sur ce continent, nous avons voulu rappeler dans la procession du quatre-vingt-dixième anniversaire de Notre Société Nationale « CE QUE L\u2019AMÉRIQUE DOIT À LA RACE FRANÇAISE », sauf à développer cette thèse avec un éclat plus grandiose encore lors de la célébration de notre centenaire.Peu de gens, en effet, même parmi nos compatriotes, ont une connaissance suffisante du fait que sur les neuf provinces du Canada, huit ont été ouvertes ou explorées par ceux de notre race, que dix Etats de la république voisine nous doivent également leur acte de naissance, que tout le bassin du Mississipi, depuis le Wisconsin jusqu\u2019au golfe du Mexique, était autrefois possession française, que la plupart des villes importantes du Canada et des Etats-Unis, qui sont presque complètement anglophones aujourd\u2019hui, ont été fondées par les nôtres, ainsi que l\u2019attestent encore dans plusieurs cas leurs noms fran- cais, que nos découvreurs, nos missionnaires, nos colons ont sillonné, ouvert à la civilisation et à la foi chrétienne, défriché, cultivé, développé ce continent de l\u2019Atlantique aux Montagnes Rocheuses et des neiges polaires jusqu\u2019aux climats tropicaux.C\u2019est là ce qu\u2019il faut rappeler à notre peuple un jour de fête nationale, pour lui inspirer la fierté de ses origines, l\u2019amour de sa nationalité et la détermination de lutter « jusqu\u2019au bout » pour en conserver les traditions.C\u2019est ce qu\u2019il faut apprendre à l\u2019enfant d\u2019aujourd\u2019hui pour qu\u2019il continue LES ENSEIGNEMENTS DH LA FETE NATIONALE 183 d\u2019une main vigoureuse le sillon profondément tracé par la génération qui passe.C\u2019est pour celà que les noms de Cartier, Champlain, De Monts, Maisonneuve, Laval, La Salle, La Vérendrye, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeois, Marie-de-l\u2019Incarnation, .des pères Viel, de Bréboeuf, Marquette, des héros Dollard, Montcalm, De Salaberry et des autres gloires canadiennes doivent figurer dans un défilé allégorique de notre épopée nationale sur la terre d\u2019Amérique.La parade historique de 1924 offrira donc un précieux enseignement.Elle rendra hommage à la mémoire de ceux qui ont consacré le meilleur de leur vie et de leurs efforts à la fondation de notre pays; elle apprendra à nos compatriotes quelle dette de reconnaissance nous devons à ceux dont les noms devraient être gravés dans tous les coeurs canadiens, ; elle inspirera même à nos concitoyens d\u2019origine étrangère un respect profond pour ceux qui ont renouvelé au Canada les « gesta Dei per Francos ».Nous avons cependant un regret à exprimer à ce sujet : nous aurions voulu que dans cette manifestation de gratitude nationale, le défilé de tout notre peuple se portât aux sièges respectifs des communautés et institutions à qui nous devons, dans une si large mesure, la vie spirituelle, nationale et même matérielle de notre race.Nous aurions voulu saluer les Religieuses Hospitalières de l\u2019Hôtel-Dieu qui se dévouérent aux soins des malades, sous la direction de Jeanne Mance dès la fondation de Montréal ; les Religieuses enseignantes de la Congrégation Notre-Dame qui façonnèrent l\u2019intelligence et le coeur de nos aïeules par les enseignements de Marguerite Bourgeois ; les soeurs de la Charité de l\u2019hôpital des Soeurs Grises qui recueillent les vieillards et les orphelins depuis que la mère d\u2019Youville a repris et conduit au succès la fondation de François Charon de la Barre ; les Récollets de l\u2019Ordre de Saint- Francois d\u2019Assise ; premiers missionnaires du Canada; les Jésuites, évangélisateurs et martyrs, aujourd\u2019hui éducateurs de la jeunesse; les Sulpiciens dont l\u2019existence est si intimement liée à la fondation et au développement de Montréal et du pays environnant, qu\u2019on retrouve leur action bienfaisante à chaque page de notre histoire.Devant ces établissements qui conti- rides espere ei RE IE ; BA ter te ENS actes 184 LA REVUE NATIONALE nuent encore leurs oeuvres de bienfaisance et devant les autres qui sont venus plus récemment leur apporter le concours de leur zèle et de leur abnégation partout où il y a quelque bien à accomplir, nous aurions voulu que le peuple se rende et, tête nue, les salue bien bas en leur disant « Merci! » Des difficultés d\u2019ordre matériel nous empêchent de le faire cette année, mais c\u2019est partie remise, et l\u2019on devra considérer bientôt cette démarche comme un devoir national.CROIX DU MONT-ROYAL Si nous devons renoncer pour le moment au geste d\u2019aller saluer les parrains spirituels de la Nouvelle-France, nous aurons du moins la consolation de léguer à la postérité un symbole qui rappellera leur oeuvre.Sur la cime du Mont- Royal, au milieu de la verdure des grands arbres, une croix lumineuse élèvera bientôt ses bras pour attester que la métropole étendue à ses pieds a grandi sous l\u2019égide du Christ.Elle rappellera la croix plantée par Jacques-Cartier le 24 juillet 1534 en prenant pied sur la terre du Canada, celle que Maisonneuve portait sur ses épaules jusqu\u2019à ce même Mont- Royal en reconnaissance du salut de sa colonie naissante le 6 janvier 1643 et que Marguerite Bourgeois restaurait comme endroit de pèlerinage dix ans plus tard, celle que La Salle élevait sur les bords du Mississipi le 14 mars 1682, celle enfin que Bréboeuf, Lallemant, Jogues et les autres missionnaires martyrs faisaient connaître aux peuplades payennes du Nouveau- Monde.De même qu\u2019en se groupant autour des croix de leurs églises, les colons francais de 1760 ont pu rester fidéles a la foi, a la langue, et aux traditions de leurs pères, de même qu\u2019aux jours d\u2019épreuve c\u2019est encore au pied de la croix qu\u2019ils vont puiser la force et le courage de lutter pour leur survivance, la croix du Mont-Royal sera pour les générations futures un gage d\u2019espérance et de consolation dont les rayons lancés dans l\u2019espace leur diront comme aux légions de Constantin: « In hoe SigGNnOo vinces ».Ce monument symbolisera donc, en son langage muet, le développement merveilleux que les historiens ont justement nommé «le miracle canadien » ; il attestera ce miracle d\u2019ordre 4 LE En LES ENSEIGNEMENTS DE LA FETE NATIONALE 185 matériel et national, il en donnera l\u2019explication, et pour lui rendre témoignage, tout un peuple uni dans un même sentiment de foi chantera son exaltation et lui jurera fidélité.AGAPES FRATERNELLES Enfin pour terminer cette fête de la nationalité canadienne française, les membres épars de cette grande famille se réuniront en agapes fraternelles pour communier ensemble aux enseignements qu\u2019elle comporte, pour jeter un coup d\u2019oeil sur l\u2019oeuvre accomplie et prendre les mesures nécessaires à sa continuation.Il est de mode en certains milieux de faire de l\u2019esprit facile et quelque peu suranné sur les discours de la Saint-Jean- Baptiste.Sans en abuser, ne les méprisons pas cependant; ils servent à réchauffer le patriotisme de ceux qui ne se réclament de leur race qu\u2019une fois par année, et ils permettent à ceux qui se dévouent à la solution des problèmes nationaux durant les autres trois cent soixante et quatre jours de communiquer les fruits de leur expérience et de donner les directives qui tendront à mettre les forces inertes en activité.Ne nous tenons pas à l\u2019écart des manifestations populaires de notre nationalité, et surtout ne nous décernons pas de brevets gratuits de supériorité en souriant avec pitié aux efforts des humbles artisans du patriotisme.Ce sont toujours les mêmes qui se dévouent, et ils ont tant à accomplir que nous serions coupables de décourager les bonnes volontés.* x + Le programme que nous avons élaboré pour le quatre- vingt-dixième anniversaire de la Société Saint-Jean-Baptiste touchera, croyons-nous, aux divers aspects de notre vie nationale.Il comportera des enseignements que les âmes bien nées comprendront et qu\u2019elles ne pourront oublier.Il lèguera aux générations futures des marques tangibles de notre patriotisme agissant et il préparera les voies à une apothéose éclatante de la race canadienne-francaise lors de la célébration de son centenaire.Le président général, Montréal, 10 juin 1924.Victor MORIN. is 1 5; { ps ESA ARS MMA ed SR CE D EE DE HSER SMA AA MOSEL ANA MES ES OP éd ten Et ME DE LEE Ne A DLE hung 186 LA REVUE NATIONALE L'AMOUR DE LA PATRIE Les hommes étant frères, l\u2019amour de l\u2019humanité est un devoir que tous les peuples chrétiens reconnaissent.Les différentes races de la terre se doivent donc amitié, secours et assistance.En ce sens l\u2019internationalisme est bien fondé.Les partisans de cette doctrine lui donnent une portée extrême lorsqu\u2019ils prétendent que l\u2019amour de l\u2019humanité doit exclure l\u2019amour de la patrie.Dieu, qui est l\u2019auteur de la nature, a gravé dans le coeur des hommes un amour particulier pour le lieu de leur naissance.Chacun a donc le droit de dire sans crainte de blesser la susceptibilité de son semblable: « J\u2019aime mon village plus que ton village, ma province plus que ta province, mon pays plus que ton pays.» Cet amour du pays embrasse le passé, le présent et l\u2019avenir.Les historiens en nous rappelant les gloires du passé encouragent la génération présente à continuer les traditions des ancêtres, à conserver leur langue et leurs lois.Le but d\u2019une nation ne doit pas être de dominer mais de se rendre utile à l'humanité.Sparte, grâce à la rudesse de ses moeurs, a dominé la Grèce.Son nom est aujourd\u2019hui tombé dans l\u2019oubli, tandis que le nom d\u2019Athènes brille encore d\u2019un vif éclat; la première s\u2019est appuyée sur la force, la seconde sur Pintelligence.La position que les Canadiens-francais occupent en Amérique n\u2019est pas de nature à nous décourager.Il est vrai que nous sommes une minorité, mais la partie héroïque de l\u2019histoire du Canada est nôtre et les enfants de toutes les autres races sont forcés de l\u2019apprendre.Les noms de Champlain, de Maisonneuve, de Laval, de Frontenac et de Montcalm leur seront chers parcequ\u2019ils furent les glorieux fondateurs de leur pays.pl a AMOUR DE LA PATRIE 187 Nous sommes la minorité, mais nous sommes la minorité la plus ancienne, la plus homogène, la plus stable.Il s\u2019agit pour nous de conserver notre droit d\u2019aînesse.Notre peuple est le missionnaire de la pensée francaise et catholique ; qu\u2019il reste fidèle à sa mission.! La providence nous a placé à la porte du pays, au seuil du foyer; c\u2019est à nous qu\u2019il appartient d\u2019en faire les honneurs.Que notre province se distingue par son hospitalité.Telle fut la destinée de la France, la doulce France, comme on l\u2019appelait ; si douce que l\u2019on a pu dire: « Tout homme a deux pays: le sien, et puis la France.» Soyons aimables! Est-ce que la politesse ne tend pas à disparaître dans nos grandes villes?Heureusement que l\u2019habitant des campagnes a gardé les anciennes habitudes des ancêtres.Honneur à notre langue! Appliquons-nous à la bien parler; si nous voulons que l\u2019_étranger l\u2019admire, commençons par la respecter.Conservons nos lois.Le Code Napoléon a été copié par la plupart des nations.Notre Code reproduit nos vieilles coutumes.N\u2019y touchons que lorsque les nouvelles conditions économiques nous y forceront.Que les vieillards donnent l\u2019exemple de la sagesse, les hommes mûrs celui du travail, et notre jeunesse celui du respect et alors notre race continuera à grandir dans l\u2019estime et l\u2019admiration des autres.Philippe DEMERS. 188 LA REVUE NATIONALE RESPECT AUX VIEILLES CHOSES Une duchesse anglaise, qui entreprend un voyage de cinq années, autour du monde, dispose de son château pendant ce temps au locataire qui voudra lui verser le haut prix qu\u2019elle demande.Mais elle déclare ne vouloir pas louer à un nouveau riche.Est-ce là simple mépris d\u2019aristocrate?Nous ne le pensons pas.Ce château, siège de l\u2019illustre famille des Norfolk, recèle d\u2019innombrables trésors et mille souvenirs historiques.Il importe souverainement de les préserver, et donc de ne pas les confier à la garde de gens qui n\u2019en comprennent pas la valeur et qui seront tentés de les négliger.Il y a là pour nous une lecon.Elargissez le cadre de cette scène piquante; d\u2019une famille faites un peuple, de ce domaine privé faites le territoire d\u2019une nation; disons qu\u2019il s\u2019agit des Canadiens français dans toute l\u2019étendue de la Nouvelle- France.Allons-nous laisser saccager nos traditions et nos monuments par des étrangers et des indifférents ?Parmi les vieilles choses qui appartiennent à notre peuple, il faut mettre au premier rang, par leur dignité et leur intérêt, nos anciennes églises.Hélas, le notaire Beaudouin a pu en dresser, ici même, il y a quelques années, le désolant martyrologe.Il nous en reste bien peu.Les unes ont été démolies parce qu\u2019elles menaçaient ruine; rien n\u2019aurait pu les sauver; elles sont mortes comme des aïeules qu\u2019aucun remède ne pouvait plus ranimer.Mais beaucoup d\u2019autres auraient dû subsister, n\u2019eût été la vanité et le mauvais goût, qui poussèrent maintes fois marguilliers et curés à construire du nouveau, aussi grand et aussi magnifique que dans la paroisse voisine.C\u2019est pourquoi nous voyons, dans la campagne et dans la ville, tant d\u2019églises complètement insignifiantes et par le style et par les matériaux (plâtre et fer blanc), qui ont remplacé des églises, modestes il est vrai, du XVIIIe siècle, mais dont les belles boiseries intérieures faisaient la richesse \u2014 elles étaient plus riches encore de souvenirs. RESPECT AUX VIEILLES CHOSES 189 L\u2019irrespect \u2014 car détruire n\u2019est pas respecter \u2014 ne va pas toujours si loin.La duchesse de Norfolk le sait.Elle est sûre que des locataires nouveaux-riches ne détruiraient point ses objets d\u2019art, mais elle craint que, ne sachant point les apprécier, ils ne les négligent ou ne les détériorent.Les chanoines des XVIIe et XVIIIe siècles en France et ailleurs, ont eux aussi détérioré leurs cathédrales, en plaquant, sur les lignes gothiques des arceaux, des marbres de goût néo-classi- que.Il eut fallu n\u2019y point toucher pour être sage.Ayons cette sagesse et ce respect.N\u2019attendons pas qu\u2019une commission de monuments historiques, nécessairement tracassière, ne vienne nous empêcher de planter un clou ou de réparer une toiture, sous couleur de sauvegarder l\u2019intégrité du monument.Avouons cependant que souvent nous l\u2019aurions mérité, en modifiant, en supprimant, en ajoutant, en peinturant, sous prétexte d\u2019embellir.Depuis des années nos revues et nos journaux retentissent périodiquement de protestations contre cette sorte de vandalisme, dont se rendent coupables des hommes par ailleurs très paisibles.Rien n\u2019y fait et rien n\u2019y fera tant qu\u2019ils ne seront point convaincus qu\u2019ils ont tort.C\u2019est une affaire d\u2019éducation.* # * La question ne diffère pas beaucoup si l\u2019on examine ensuite l\u2019habitation.Même engouement pour le neuf et le clinquant.Nos anciennes maisons canadiennes étaient simples et raisonnables.Elles étaient faites pour notre climat et pour nos moeurs.Leurs murs en pierre, épais de plus d\u2019un pied ; leurs cheminées, simples ou doubles, à cheval sur les deux pignons; leur toit pointu et à pic sur l\u2019unique étage assez bas; leurs ouvertures ni trop nombreuses, ni trop vastes, fermées par des contrevents de bois, en faisaient des habitations solides et d\u2019une sobre originalité.Presbytères, manoirs et châteaux ne différaient du type général que par les dimensions.Et même les séminaires et les couvents, en ajoutant des étages, conservaient le même appareil de pierre des champs et la même allure d\u2019ensemble.Nous ne rechercherons pas si nous aurions pu nous contenter toujours de ce genre de maison.Un fait éclate: nos As tt td 190 LA REVUE NATIONALE demeures actuelles diffèrent beaucoup de celle-là.Loin de nous la prétention de condamner tout ce que nous avons sous les yeux.La maison de bois à l\u2019américaine et la mansion anglaise ont leur charme propre; mais elles ont le tort de n\u2019être point dans notre tradition.Inutile aussi de demander que l\u2019on reconstruise à l\u2019ancienne façon.Du moins pouvons- nous réclamer que l\u2019on respecte ce qui nous reste, le long des grandes routes et dans nos vieux quartiers urbains, des habitations de nos aïeux.A Montréal, le château de Ramesay et le vieux Séminaire, sont, espérons-le, en sûreté pour longtemps.Dans les campagnes, bon nombre d\u2019antiques demeures ont été achetées par des amateurs, qui leur ont fait une toilette fraîche et les ont ainsi arrachées à la décrépitude.En revanche, combien ont été abandonnées à l\u2019hiver, au vent et à la pluie, et jonchent de leurs débris des champs en friche?Et il n\u2019y a pas si longtemps que, dans une petite ville au beau nom historique, une vieille demeure seigneuriale a été sacrifiée à la très discutable nécessité de rectifier l\u2019alignement d\u2019une rue.Ce qu\u2019on nomme le progrès, ce qu\u2019on appelle le confort sont les pires ennemis de nos vieux monuments.Tant que le culte de l\u2019utilité l\u2019emportera sur la religion du souvenir, tant que nos gens priseront plus la commodité que la valeur spirituelle des choses, nos chères vieilles maisons seront en danger.Pénétrons maintenant dans un intérieur.N\u2019y cherchons plus les catalognes aux vives couleurs, les capots d\u2019étoffe du pays, les ceintures fléchées, la toile de chanvre, les couvre- pieds à losanges.Tout cela a cédé la place à des marchandises importées.Il faut dire que l\u2019industrie a beaucoup progressé depuis cent ans et que les étoffes de fabrication indigène ne se faisaient pas en un jour.Mais les meubles, eux, qui ne s\u2019usent pas, que sont-ils devenus?Les grands lits à poteaux, les hautes horloges, les commodes sculptées, les vastes sofas, les poteries, les ustensiles, que sont-ils devenus?Ici et là, vous trouverez un curé, un vieux notaire, une femme d\u2019esprit, un patriote qui auront réuni dans leur maison toutes les ancien- RESPECT AUX VIEILLES CHOSES 191 nes choses qu\u2019ils auront pu recueillir dans leur voisinage.Le reste, pour un prix ridicule, a été cédé à quelque antiquaire de Montréal, de Québec ou des Etats-Unis, ou à quelques voyageurs de passage, qui en font leurs beaux dimanches.Nous disons que ce désintéressement est le contraire du respect et que nous y discernons un manque de patriotisme.Le patriotisme, en effet, ne se manifeste pas seulement par de beaux discours.Nous osons affirmer qu\u2019il s'exprime beaucoup mieux par des actes, et non-seulement par ces exploits éclatants qui rendent un nom célèbre, mais aussi par ces mille démarches, \u2014 beaucoup plus à la portée de la foule, \u2014 qui forment la trame de notre vie quotidienne.Respecter les vieilles choses, les reliques du passé, c\u2019est marquer qu\u2019on a le sens de la continuité de la race, c\u2019est montrer qu\u2019on veut rester ce qu\u2019étaient les aïeux, bref c\u2019est vivre de son patriotisme.Celui-là donc que nos vieux monuments laissent indiffé- rent, qu\u2019il se dise bien que son patriotisme est en surface et manque de racine.Il est à craindre que, des vieilles pierres, son indifférence ne passe à l\u2019histoire même de son pays.Qu'un vent perfide souffle sur son âme: il sentira bientôt qu\u2019il n\u2019a plus de patrie.Olivier MAURAULT, p.s.=. 192 - LA REVUE NATIONALE NOS SÉANCES D'ÉTUDE On ne sauve pas la patrie à coups de congrès.Il faut cependant savoir recourir à cette école de discipline lorsqu\u2019il est besoin de créer de l\u2019unité et de refaire l\u2019apprentissage de l\u2019action collective.Les conventions tiennent à peu près, dans l\u2019ordre patriotique, le rôle des grandes manoeuvres militaires.On n\u2019y gagne pas les batailles; mais on apprend à vaincre.Désireuse de célébrer dignement la fête nationale, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ne pouvait s\u2019abstenir de consacrer une partie notable de son programme à l\u2019étude des problèmes d\u2019actualité.La présence d\u2019un grand nombre de nos compatriotes, accourus de partout pour assister à la dédicace de la croix historique du Mont-Royal, ajoute ses promesses de particulière fécondité aux avantages que présente en soi tout loyal échange de pensées et de projets patriotiques.Les congressistes sont conviés à trois séances d\u2019étude, qui auront lieu dans les salles du Monument National, les 22 et 23 de juin courant.Les délégués des diverses associations nationales voudront bien ne pas manquer de prendre part à ces délibérations.Pour mettre plus d\u2019ordre dans ses travaux, le Comité d\u2019organisation entend attirer l\u2019attention du congrès sur trois pensées principales, qui feront l\u2019objet d\u2019autant de séances d\u2019étude distinctes.Les associations patriotiques se multiplient partout où nos compatriotes se groupent et s\u2019affirment.Il ne manque pas de bons ouvriers de la pensée française.Et pourtant, notre nationalité n\u2019occupe pas encore toutes les positions stratégiques que nous rêvons de mettre entre ses mains.C\u2019est que des sommes prodigieuses de bonne volonté sont dépensées à faux, et que trop de forces s\u2019annihilent pour n\u2019avoir pas pris le soin de se concerter.D\u2019où apparaît la nécessité de plus fréquents contacts, l\u2019urgence de se parler et de s\u2019entendre, l\u2019obligation primordiale de fixer les grandes directives sur lesquelles doit se greffer la multitude des initiatives particulières. NOS SEANCES D\u2019ETUDES 193 M.l\u2019abbé Lionel Groulx, directeur de l\u2019Action française, dont tout le monde admire le talent, la hauteur de vue et la noble franchise, nous dira « quels sont les devoirs actuels à l\u2019égard de la race ».Les opinions personnelles du rapporteur pourront être mises en pleine lumière, et au besoin complétées, par les pensées qui jailliront de la discussion générale.Pour le cas où les conclusions de cette première séance d\u2019études profiteraient surtout aux organismes capables d\u2019entreprendre et de soutenir l\u2019action de grande envergure, la seconde séance proposera aussitôt après aux congressistes des moyens immédiats et tout personnels de travailler au rayonnement de l\u2019influence française.Une enquête soigneusement conduite par l\u2019Association catholique de la Jeunesse a démontré récemment jusqu\u2019à quel point lamentable nous subissons de toute part des influences néfastes pour la pureté de notre langue maternelle et l\u2019intégrité de notre particularisme ethnique.M.Jean-C.Martineau, vice-président de l\u2019A.C.J.C., rappellera dans son rapport comment doit s\u2019organiser partout «la résistance aux infiltrations étrangeres ».Quand bien même il ne s\u2019exercerait contre notre race aucune offensive calculée, l\u2019excessive dispersion de nos groupes reste une cause permanente de faiblesse et de désunion.Aussi ne devons-nous pas nous lasser de rechercher les moyens de nous connaître, de sympathiser, de nous entr\u2019aider, de travailler avec émulation au prestige du nom francais.Aucun groupe de langue francaise ne doit échapper un seul instant a nos préoccupations: Acadiens, Franco-américains, minorités françaises de l\u2019Ontario et de l\u2019Ouest, tous représentent, d\u2019une façon éminente, la race qui grandit, qui lutte, qui cherche éperdument la paix, la justice, la liberté, sa légitime part de bonheur et de gloire.Rapprochons-nous souvent pour nous redire dans l\u2019intimité ce que la vie nous apporte d\u2019amertume, mais surtout pour échanger des espoirs toujours renaissants, et pour réaffirmer ensemble le profond besoin d\u2019ascension qui agite nos âmes.L\u2019intime union n\u2019a pas toujours été notre péché d\u2019intempérance.Il est vrai que de splendides conquêtes ont marqué les deux dernières décades.Mais la race française n\u2019a encore qeu très imparfaitement surmonté les obstacles qui résultent Eo Tara ee EE Posse heey = 2 Xe XE TT TRE SR AT sorry ERA Th Tp vay Rg +2: = ADP mo NA ACR COLES ed siad ali ant ak 194 LA REVUE NATIONALE de son expansion au-delà des frontières canadiennes.Près de la moitié des nôtres a élu domicile sous le drapeau étoilé; et pourtant, de tous les groupes épars de la famille francaise d'Amérique, ce sont les deux plus nombreux et plus puissants qui se sont peut-être le plus systématiquement ignorés, sinon méconnus.M.Elphège Daignault, président général des Canado- Américains, ému comme nous-mêmes à cette étrange constatation, nous dira « par quels moyens nous pouvons développer les relations amicales entre tous les groupes français », et particulièrement entre Canadiens-français et Franco-améri- cains.Je m\u2019abstiens de tous autres commentaires.On aura saisi, a la lecture de ces quelques lignes, que les pensées jetées en discussion au cours du prochain congrés national méritent l\u2019attention sympathique de tous nos compatriotes.Puissent- elles éveiller partout un merveilleux écho, signe précurseur du nouvel essor de toute la race vers ses plus hautes destinées.Guy VANIER, Vice-président de la Société Saint-Jean-Baptiste, de Montréal.i J PRIERE POUR MON PAYS 195 PRIÈRE POUR MON PAYS SEIGNEUR, je suis l'enfant de ce petit peuple dont la naissance fut comparée par Vimont au grain de sénevé, le jour même où les fondateurs de notre Ville-Marie entendirent leur première messe au bord de l\u2019Ile sauvage.Souvenez-vous Seigneur, du passé de ce petit peuple.Né du rêve et du sang des ancêtres, il a mis le sceau de son destin sur tous ces rivages, grâce à sa fidélité dans l\u2019épreuve et son appui dans votre Providence.Ce chapelet de villes pleines d\u2019espoir qui bordent notre Saint-Laurent, ces mille clochers qui se dressent dans le ciel canadien comme des bras tendus vers Votre Royaume, tous ces champs dont les moissons se mirent dans le royal fleuve, toute cette richesse née du labeur, toute cette beauté née de la Foi, sont l\u2019oeuvre de son coeur et de ses mains.Regardez, Seigneur, ce petit peuple, et souvenez-vous de ses héros, de ses saintes, de ses martyrs.Humble peuple des premiers sillons, du premier sang répandu pour Votre gloire, peuple des premières maisons et des premières chapelles, peuple intrépide des Robes-Noires, il fut votre apôtre dans la vierge Amérique.Par lui les mots très doux de France ont annoncé la Sainte Nouvelle parmi les peuples barbares.Par lui le nom béni de la douce Mère de Votre Fils, a semé sa suavité jusqu'aux rives polaires.Ce peuple, Seigneur, est bien à Vous.Gardez-lui l\u2019avenir qu\u2019il a révé; gardez-lui son beau fleuve, ses champs et ses églises, tout ce pays fleuri de noms français.Laissez survivre les mots clairs et francs de sa belle langue.Et ne laissez jamais son grand sol passer à des nations étrangères.Seigneur, agréez toute parole qui évoque ceux qui vous ont servi.Bénissez le chantre de la terre que Vous nous avez donnée.Bénissez le plus humble chant du poète, s\u2019il fait aimer Votre Nom dans son pays.Albert FERLAND. 196 LA REVUE NATIONALE LA PATRIE PLUS GRANDE Puisqu\u2019i! n\u2019y a pas d\u2019instant qui n\u2019ait son écho dans l\u2019éternité, la fête nationale du 24 juin doit comporter ses moments de recueillement et de méditation patriotiques.Aimons même les choses inanimées qui font partie du domaine familial et du patriotisme ancestral ; ce sont des créatures de Dieu auxquelles ont communié plusieurs générations, outre la nôtre, et tandis que trop souvent les êtres supérieurs qui nous étaient chers nous trahissent, ces choses muettes, toutes palpitantes de souvenirs, nous restent éternellement fidèles.Sachons aimer nos compatriotes.Penchons-nous vers les humbles et aimons-les d\u2019une affection raisonnée, en adoucissant leur sort, en compatissant aux misères inhérentes à leurs conditions et nous aiderons ainsi à résoudre le grave problème social; mais aimons aussi nos grands hommes et n\u2019oublions pas que, si hauts qu\u2019ils soient dans la hiérarchie ecclésiastique ou civile, ils n\u2019en restent pas moins humains et ils ont besoin de sympathies pour tenir, au milieu des amertumes de la vie publique.La patrie, ce n\u2019est donc pas seulement le coin de terre où nous sommes nés et où nous avons vécu, mais c\u2019est aussi le morceau de temps et d\u2019humanité auquel la Providence a lié notre vie.Quelle que soit la sphère où s\u2019exercent nos activités, effor- cons-nous d\u2019être quelqu\u2019un et de laisser derrière nous quelque chose qui soit digne de nous survivre, afin que notre existence terrestre ne soit pas comme le vain sillage que le navire laisse derrière lui sur l\u2019océan et qui s\u2019efface comme notre image sur le miroir que nous fuyons.(0 LA PATRIFE PLUS GRANDE 197 Aimons nos devoirs d\u2019état.Aux heures où l\u2019accomplissement de ces devoirs nous accable, songeons qu\u2019à les considérer de haut, toutes les tâches se suivent de près et puisque le travail, quel qu\u2019il soit, est noble, aimons le nôtre, rendons-le fécond et n\u2019envions pas celui du voisin, qui n\u2019est certes pas dépourvu d\u2019ennuis.Et nous qui avons des enfants, sachons les élever.Veillons sur ces tendres plantes qui poussent, sur ces âmes mystérieuses qui s\u2019épanouissent : tournons-les vers le soleil et vers le ciel.Ces enfants, ils sont, en fait, le meilleur de nous- mêmes puisque, issus de notre sang, ils sont le prolongement naturel de notre existence et portent des germes d\u2019immortalité.Il nous faut vieillir, hélas! pour les voir grandir, mais n\u2019importe! Ayons à coeur de faire de nos filles et de nos fils des patriotes éclairés; guidons-les pour qu\u2019ils deviennent des mères et des pères de famille modèles et nous coopérerons ainsi à l\u2019édification de la patrie canadienne plus grande, plus forte, plus glorieuse.Oswald MAYRAND. 198 LA REVUE NATIONALE LA VIE DES SECTIONS C\u2019est le temps plus que jamais d\u2019aller de l\u2019avant.Telles les abeilles bourdonnant autour de la ruche, centre de leur laborieuse activité, nos soixante sections doivent orienter leurs actions vers le foyer de nos oeuvres, source inspiratrice des grands mouvements nationaux.La Société Saint-Jean-Baptiste, c\u2019est le foyer de la nation.Née au milieu de la tourmente, à l\u2019époque où la question de vie et de mort se posait chez les dirigeants de la nation, elle a grandi, progressé, et ses succès ont provoqué la naissance d\u2019autres sociétés dont elle encourage le développement.De même que l\u2019érable centenaire s\u2019enorgueillit de l\u2019abondante ramure à laquelle ses tiges ont donné naissance, de même notre Société a toujours accueilli avec joie les sociétés ou groupements dont sa propre vigueur a inspiré la vie.Sociétaires de Saint-Jean-Baptiste, nous ne pouvons nous dérober aux devoirs qui nous incombent, d\u2019affermir dans l\u2019âme du peuple la foi énergique de Duvernay et de ses contemporains.Ecartons toute peur de la critique et donnons à tous l\u2019exemple de l\u2019unité et du travail harmonieux.Dans leur campagne de recrutement, nos sections ne peuvent s\u2019attendre à n\u2019enrôler que des enthousiastes et des patriotes fervents.gross Date cou noir yell mani LA VIE DES SECTIONS 199 Tel concitoyen à qui je faisais hier, verser un dollar, en retour d\u2019une carte de sociétaire, me disait: « Bah! je veux bien faire partie de la Société Saint-Jean-Baptiste, mais je n\u2019ai guère le temps de m\u2019en occuper ».Tel autre s\u2019étonnait de ce que notre société cherchât à grossir ses rangs quand, en somme, dans notre province, nous n\u2019avons guère de luttes à soutenir.Pas de luttes à soutenir! Et il m\u2019est arrivé \u2014 comme à vous d\u2019ailleurs \u2014 d\u2019en rencontrer qui n\u2019avaient guère que des critiques à l\u2019adresse de notre société et des oeuvres qu\u2019elle entreprend.A les entendre ils auraient fait, à notre place, des merveilles.Demandez-leur de vous aider par des suggestions, des conseils, invitez-les à une réunion de section, ils se récusent vite en disant qu\u2019ils n\u2019ont pas de temps à perdre.L\u2019indifférence et l\u2019apathie absorbent leur patriotisme.Ils ne sont pas évidemment de la trempe de Duvernay et de ses successeurs.La plupart de ces gens sont marqués au signe de piastre et tout ce qui ne touche pas de près au métal sonnant ne les intéresse guère.Le 24 juin, ces patriotes se sauvent à la campagne pour n\u2019avoir pas à arborer un drapeau sur leur demeure.Mais loin de nous décourager, ces abstentions doivent raviver notre ardeur.En somme ce n\u2019est pas pour nous, ce n\u2019est pas pour eux que nous travaillons, c\u2019est pour ceux de demain, et c\u2019est bien ce qui doit nous consoler des déboires et défections de l\u2019heure.Les coopératives que nos sections ont fondées ici et là, les caisses populaires qui rayonnent un peu partout, les mouvements en faveur du respect des droits du français, du bilinguisme, de l\u2019observance du dimanche, de l\u2019épuration du cinéma : toutes ces oeuvres profiteront davantage à ceux de demain. 200 LA REVUE NATIONALE Aussi nos sections se doivent-elles de redoubler d\u2019activité pour seconder le Conseil général dans toutes les entreprises d\u2019ordre moral et patriotique.On se plaint de l\u2019abstention des membres aux séances mensuelles ou bi-mensuelles.C\u2019est que peut-être l\u2019ordre du jour est d\u2019ordinaire trop routinier.Telle section du nord a trouvé le secret d\u2019attirer un grand nombre de membres à ses réunions.Une fois, deux fois par mois, un citoyen de marque est invité à traiter devant eux un sujet d\u2019intérêt général.Les officiers de cette section doivent être félicités de leur initiative câr ils ont trouvé là un moyen d\u2019attirer aux séances presque la totalité de leurs membres.Il ne faut pas qu\u2019une séance de section se borne à la lecture du procès-verbal et à quelques observations du président ou d\u2019un membre.Il faut imprimer un peu de vie aux réunions, en rompre la monotonie par des discussions improvisées ou un débat qui piquera la curiosité des absents.De temps à autre, une soirée récréative réunira les membres et leurs familles, quelques fois on organisera, pour le dimanche, une promenade historique dans le Vieux-Montréal ou dans le voisinage de la métropole.Enfin, que de choses ne peut-on pas faire surgir dans le but de donner un attrait spécial, un cachet d\u2019originalité, à quelques-unes des séances régulières.Et c\u2019est ainsi que l\u2019on parviendra peu à peu, à convaincre nos concitoyens indifférents du bien qu\u2019ils peuvent accomplir, de l\u2019agrément qu\u2019ils peuvent trouver en s\u2019enrôlant dans la Société Saint-Jean-Baptiste.Et peut-être qu\u2019après quelques années d\u2019efforts, nous verrons revivre les jours d\u2019antan où il suffisait d\u2019un seul coup de clairon pour que les Canadiens-francais répondissent tous : PRESENTS! Léon TREPANIER, ler vice-président général.(on EI ses tou sé les sor Jar Dai tie go Ie voi Une tts | deg ty | rand of leur \"(es oll Jo al ie LA VIEILLE A COIFFE BLANCHE 201 POUR LA FETE NATIONALE LA VIEILLE A COIFFE BLANCHE Que votre ombre, 6 douce aieule, passe devant nous en ce jour de féte nationale! Que votre ombre passe devant nos yeux, qu\u2019elle nous donne l\u2019amour des humbles tâches qui sont le vrai bonheur des âmes simples! Que votre ombre, 6 douce aïeule, passe sur nous, nous inspire, nous élève, nous dise combien vous fûtes grande dans votre modeste existence, combien vous fûtes belle dans vos simples atours! Vous aviez, ce soir-là, la coiffe blanche à longs pendants, encadrant si bien votre visage encore jeune, rose et velouté, comme un fruit bien mûr qui va bientôt tomber.Oh! comme je m\u2019en souviens! Vous étiez plusieurs vieilles femmes, assises dans la grande salle de votre vieille maison, et vous étiez toutes graves comme au sortir de la grand\u2019messe.Votre tête s\u2019était relevée et votre coeur avait frémi sous un souffle puissant.Monsieur le Curé avait, dans son prône du dimanche, parlé d\u2019amour de la patrie.Il avait dit qu\u2019il faut aimer le pays où l\u2019on vit, la terre où l\u2019on est né, qu\u2019il ne faut jamais quitter le sol ancestral, sa maison, sa place natale.Et qu\u2019il faut servir son pays dans toute la mesure de ses forces.Le mot patriotisme vous était inconnu; vous n\u2019y aviez jamais songé, mais vous avez, toute votre vie, pratiqué le patriotisme des humbles, le plus fécond, la plus divin, le patriotisme des mères.Comme l\u2019abeille, paisible ouvrière, qui se cachant dans les buissons, ardente et fidèle, compose en silence, goutte par goutte, la blonde liqueur de son miel, trésor des ruches, vous alliez, humble femme, autour des berceaux, et votre âme épanouie dans son obscur dévouement, amassait une richesse d\u2019amour. 202 | LA REVUE NATIONALE Toutes ensemble, ô chères vieilles, vous discouriez sur le prône du dimanche.\u2026.\u2014 Monsieur le Curé, a parlé pour les hommes, \u2014 dit l\u2019une d\u2019entre vous.Alors, Ô vous, la douce vieille à coiffe blanche, vous, la plus noble, la plus aimable, la plus adorable des mères, vous vous êtes redressée, vos yeux sont devenus pleins de flamme, vos joues se sont empourprées, et vous avez dit de votre voix claire, presque enfantine, ces paroles exquises qui sont des plus belles qu\u2019on puisse dire quand on parle de son pays: \u2014 « Monsieur le Curé, a parlé pour les femmes, comme pour les hommes, peut-être encore plus pour les femmes.Ce sont les femmes qui empêchent les hommes de vendre la terre et de s\u2019en aller vivre ailleurs.Ce sont les femmes qui font les familles, les paroisses, les nations.Moi, je vous dis que les mères de famille servent bien leur pays!.Nous ne faisons pas de bruit mais nul ne peut se passer de nous.Tenez, je vais me servir d\u2019une comparaison.Il vint un jour un horloger chez nous, et je me fis montrer tout ce qui compose une horloge.Il y avait plusieurs grandes roues de différente grosseur, il y avait des chaînes, des ressorts.Puis, une petite roue se trouvait-là, comme perdue parmi les autres, si petite qu\u2019on la voyait à peine et qu\u2019elle avait l\u2019air de ne rien faire.Eh! bien, vous saurez que c\u2019est cette petite roue-là qui fait marcher toutes les autres, et que sans elle le mécanisme resterait sans mouvement.!.Les grandes roues se sont les hommes, les petites c\u2019est NOUS.Les hommes s\u2019agitent, vont, viennent, font des grands discours, arrangent les lois, inventent les gouvernements, tout cela pour bien servir le pays.Nous, dans la paix des maisons, passons nos jours et nos nuits penchées sur le visage des en- enfants, et, plus tard, nous offrons au pays, de nos mains pa pa co ft fe re eg fl er LA VIEILLE A COIFFE BLANCHE 203 ardentes, nous lui offrinos les gerbes humaines qui seront sa joie et sa vie.Moi, je vous dis qu\u2019une mère de famille sert bien son pays !.» C\u2019est ainsi que vous avez parlé, ô douce aïeule, et votre poème maternel vaut les plus beaux de tous les livres.Oh ! comme je vous trouvais belle, comme je vous trouvais grande!.Et pourtant, on n\u2019a pas parlé de vous, on ne parle jamais de vous, comme de Jeanne Mance, comme de Marguerite Bour- geoys, ou de Madeleine de Verchères.Mais, d\u2019année en année, on vous aimera à travers les forces vives de la race, on vous apercevra dans la beauté qui monte et la patrie vous reconnaîtra dans le plus pur de sa gloire!.Que votre ombre, 6 douce aieule, aujourd\u2019hui, passe sur nous! Qu\u2019elle nous inspire de vivre comme vous, sans bruit, sans discours, sans parures, vouées à la tâche de tous les jours, silencieuses, dévouées, petites mais grandes, ignorées mais admirables! O douce aïeule, ô douce vieille à coiffe blanche, qui fûtes dans votre devoir comme une abeille butinant dans les roses, vous qui fûtes souriante quand nous sommes tristes, forte, quand nous sommes faibles, heureuse quand nous sommes découragées, rayonnante quand nous sommes assombries.Vous qui fîtes le plus grand geste de la patrie, qui fûtes la survivance de la race, la grande créatrice nationale, ô douce aïeule, que votre ombre passe aujourd\u2019hui sur nous, qu\u2019elle nous inspire, qu\u2019elle nous élève, qu\u2019elle nous grandisse, qu\u2019elle nous sauve!.Blanche LAMONTAGNE-BEAUREGARD. EP DAN ASR MOE Ad Sk Mint 0 2a 204 LA REVUE NATIONALE LES PATRIOTES DE 1837 Terrassés sur les champs de bataille, les paysans épiques que furent nos péres, eurent a continuer la lutte.Ils apporte- rent dans l\u2019arène nouvelle leur même désir opiniâtre de survivre.Leur conscience française et catholique ne pouvait les persuader, qu\u2019avec un changement d\u2019allégeance, devait s\u2019évanouir leur rêve d\u2019être sur ce continent l\u2019apologétique vivante de leur mission.Cette foi en leur destinée civilisatrice fut le plus puissant ressort de leur volonté de résister à l\u2019emprise des vainqueurs.Ces aspirations se cristallisèrent en l\u2019âme des grands parlementaires du gouvernement constitutionnel.L\u2019ostracisme suscita des revendicateurs.Lotbiniere, Joseph Papineau, Pierre Bédard conservèrent l\u2019usage de la langue francaise au parlement.Ici, on le pressentait, se déciderait notre sort.Pour fournir des politiques à la race, le clergé \u2018organisa l\u2019enseignement secondaire, chargé de donner à la société ses classes dirigeantes et pensantes.Avec la reconnaissance civile de notre religion, obtenue par Mgr Plessis, notre nationalité fut en possession des grandes forces de conservation.Elle put faire la conquête des libertés politiques.L\u2019aube du XIXe siècle vibra de luttes parlementaires, aube où naquit dans le sang une grande espérance.Louis- Joseph Papineau, successeur de Jean-Antoine Panet à la présidence de l\u2019Assemblée législative, devint, grâce à son éloquence, le chef des députés canadiens-français.Sa générosité patriotique lui valut même l\u2019attachement de quelques Anglais.S\u2019ouvrent alors les plus glorieuses années de la vie politique du Libérateur.Tl se voue à la défense des droits garantis par l\u2019acte de 1791.Et de toutes les masses populaires monte l\u2019approbation qui réconforte le chef.On n\u2019opprime pas impunément une race fière qui a découvert un monde et qui ne demande qu\u2019à y vivre librement.Voici que les oppresseurs redoublent d\u2019ardeur.Ils veulent annihiler l\u2019influence des représentants français en tentant la fusion des parlements; mais le projet échoue.Ce succès rehausse le prestige de l\u2019idole dont la popularité effraye Dalhousie.Ce gouverneur refuse de a 1] h LES PATRIOTES DE 1837 205 sanctionner sa nomination à la présidence de l\u2019Assemblée.Dès ce moment, les revendications francaises se font plus Âpres.Les « quatre-vingt-douze résolutions » synthétisent les récriminations de la province.La rancoeur que le document dissimule mal éclaircit les rangs du bataillon.Neilson, Cuvilier, Quesnel, les modérés, se séparent de Papineau.Et les événe- ments se précipitent soudain.En 1837, le gouverneur recoit ordre de Londres de s\u2019emparer de l\u2019argent requis pour la chose publique.Cette démarche abusive soulève l\u2019indignation de Papineau et de ses partisans.L\u2019outrage est ressenti par tout le peuple qui applaudit les orateurs de l\u2019assemblée des Six- Comtés.Dans l\u2019enthousiasme des appels aux armes sont lancés.Des agitateurs exploitent ces exubérances et voici que les événements prennent une tournure tragique.La persécution réveille dans les âmes la violence séculaire; elle agite la soif de liberté qui caractérise tous les peuples dignes de durer.Devant ce malaise général, aspirations généreuses d\u2019une part et, d\u2019autre part, soupcon haineux, dominateur, on pressent que le dénouement de la crise va se produire.Et le dénouement s\u2019est produit.En novembre 1837, des bagarres éclatent à Montréal entre les Fils de la Liberté et les Constitutionnels.De la rue Saint-Jacques les troubles s\u2019étendent aux autres parties de la ville et c\u2019est seule la parade du Régiment Royal qui réussit à rétablir la paix et l\u2019ordre.En apprenant cette échauffourée, le gouverneur ordonne l\u2019arrestation de vingt-trois chefs patriotes, dont Papineau, Morin, O\u2019Callaghan, Wolfred Nelson et Brown.Cette ordonnance est le signal de l\u2019insurrection.Victorieux à Saint-Denis, les Patriotes sont défaits à Saint-Charles et à Saint-Eustache.Col- borne fait piller Saint-Benoît.Colborne eut à réprimer de nouveaux troubles.Robert Nelson, frère de Wolfred, lança une proclamation établissant la république.Cet édit provoqua des désordres sans importance à Terrebonne, Contrecoeur, Varennes.Le général anglais écrasa sans difficulté les trois cents patriotes de Nelson qui s\u2019étaient emparés du village de Napierville.Le Vieux Bru- lot réprima cette insurrection d\u2019une façon brutale.Il institua des conseils de guerre à Montréal et envoya douze patriotes à 206 LA REVUE NATIONALE l\u2019échafaud.Plus de cinquante furent exilés aux Bermudes et en Australie.Ainsi se termina le drame sanglant de 1837.Longtemps, on l\u2019interpréta mal et avec trop de sévérité.La lumière s\u2019est faite sur les acteurs principaux de l\u2019insurrection ; le patriotisme des patriotes apparaît mieux.Ils furent grands et méritent de revivre dans le bronze.Hermas BASTIEN.LES PRÉSIDENTS DE LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL DE 1834 A 1924 \u2014_\u2014 Liste des présidents qui se sont succédés a la téte de la Société depuis quatre-vingt-dix ans.Ce furent MM.Jacques Viger (1834), Denis-Benjamin Viger (1843-1844), J.Masson (1845), A.-N.Morin (1846-1847), Joseph Bourret (1848- 1849), E.-R.Fabre (1850), Ludger Duvernay (1851-1852), C.-S.Cherrier (1852), Georges-Etienne Cartier (1854-1855), J.-B.Meilleur (1857), D.Masson, (1858), Pierre Beaubien (1859), J.-A.Quesnel (1860), R.Trudeau (1861), C.-R.-S.de Beaujeu (1862), Olivier Berthelet (1863), T.Bouthiller (1864), P.-J.-O.Chauveau (1865-1866), C.-A.Leblanc (1867- 1868), G.Ouimet (1869-1870), C.-S.Rodier (1871), C.-J.Coursol (1872-1873), A.-A.Dorion (1874), Jacques Grenier (1875), Louis Archambault (1876), L.-P.Rottot (1877-1878), J.-B.Rolland (1879), T.-I.-L.Loranger (1880), Napoléon Bourassa (1881),Louis Beaubien (1882), J.Perreault (1883), T.-J.-J.Loranger (1884), Adolphe Ouimet (1885-1886), E.-P.Lachapelle (1887), L.-O.David (1887-1892), L.-O.Loranger (1893-1898), F.-L.Béique (1899-1904), H.Laporte (1905- 1907), J.-C.Beauchamp (1908-1909), T.-G.Gauthier (1910), O.Asselin (1913), Ch.Duquette (1914), V.Morin (1915- ).| ce RL Be con | plu ÿ De | so Ë | C RES 1 va Tes fou il lf ey A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE 207 A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE \u2014_\u2014 A WOONSOCKET.La population franco-américaine de Woonsocket célébrera cette année avec un éclat extraordinaire, les fétes de la Saint- Jean-Baptiste.Ce sera une manifestation dont on augure les plus grands résultats.À tout événement n\u2019eût-elle d\u2019autre conséquence que de prouver que l\u2019élément français survit avec plus d\u2019intensité que jamais, la manifestation aura déjà fait beaucoup de bien.Il faut savoir apprendre aux gens qui nous sommes.TROIS NOUVEAUX ACADEMICIENS.La Société Royale du Canada a reçu dans son sein trois Canadiens-Français, MM.Arthur Beauchesne, M.l\u2019abbé La- casse et le révérend Frère Marie-Victorin.Ce sont trois nouveaux titres de gloire pour les nôtres.Espérons que les jeunes y verront un titre d\u2019encouragement pour monter à leur tour et savoir prendre leur place au soleil par le travail et la noblesse des qualités.LE PROGRES.Les journaux américains sont remplis de ce temps-ci de détails épouvantables sur un crime commis par deux fils de millionnaires juifs américains.Nous avons là un produit de l\u2019éducation exclusivement positiviste, animale qui ne tend qu\u2019à exalter l\u2019individualisme dans toute la férocité de l\u2019égoïsme.Ces jeunes gens n\u2019ont cherché dans leur crime, qu\u2019une satisfaction personnelle, sans plus, et suivant l\u2019éducation et les principes reçus étaient logiques.Lorsqu\u2019on s\u2019éloigne de Dieu, on retombe dans la barbarie.EXEMPLE À SUIVRE.Sir Henry Thornton a replacé récemment deux Canadiens Français mis à pied par suite du fanatisme hébêté de subal- 208 LA REVUE NATIONALE terne.Dans un cas, l\u2019employé était contremaître depuis longtemps, et on l\u2019avait flanqué à la porte sous prétexte qu\u2019il ignorait l\u2019anglais.Sir Henry Thornton apprenant la chose, a exprimé sa surprise qu\u2019on se soit aperçu si tard de cette fameuse incapacité et après une courte enquête a replacé l\u2019employé, en déclarant que la clientèle française devait être respectée tout comme la clientèle anglaise.L\u2019exemple du directeur administrateur des chemins de fer nationaux pourrait être suivi avec profit.LES ENFANTS APRES LES CHIENS.Les journaux parlaient récemment de l\u2019expérience faite par une propriétaire de maison de rapport avec une famille nombreuse.La pauvre maman avait loué le logis avec un enfant, puis successivement avait amené les cinq autres.La propriétaire lui a demandé des explications qui furent données.Heureusement c\u2019était un grand coeur et elle gronda doucement la maman de sa cachotterie en disant qu\u2019elle préférait que sa maison fût appelée une pouponnière plutôt qu\u2019un chenil a chiens.La locataire lui raconta que depuis de longues semaines elle avait cherché un logis mais qu\u2019on l\u2019avait rebutée partout parce qu\u2019elle avait des enfants, et qu\u2019elle avait été forcée d\u2019user du stratagème que l\u2019on vient de voir.Le fait est navrant par l\u2019état de choses qu\u2019il découvre.L\u2019on devrait s\u2019occuper un peu des propriétaires ennemis des enfants.Ces derniers font infiniment plus de mal à la société que les tirelaines.Il n\u2019y a pas d\u2019expression assez forte pour qualifier un égoïsme aussi bassement féroce, aussi brutal.On a formé des sociétés pour l\u2019avancement et le bien-être des chiens, mais l\u2019enfant lui est chassé de partout.On l\u2019écrase dans les rues avec des camions, des autos, on lui défend de s\u2019ébattre, on lui enlève l\u2019air et la lumière et on le chasse de tous les logis.C\u2019est là notre société de lumière et de progrès.Vraiment, il y a de quoi rigoler.inf fai je Si ter rie {le fy 3 A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE 209 UN BEAU LIVRE.Le révérend Père Archambault vient de publier un volume d\u2019un extrême intérêt « Au service de l\u2019Eglise ».C\u2019est à la fois une source de documentation de premier ordre et un beau livre appelé à faire beaucoup de bien.Nous ne pourrions faire plus bel hommage d\u2019un livre.UNE ŒUVRE À ENCOURAGER.L\u2019Assistance Maternelle a donné des soins cette année à 696 mamans.C\u2019est dire qu\u2019autant de femmes miséreuses ont pu mettre au monde des être bien viables qui ont échappé grâce aux soins données aux mères à la dégénérescence et pour la plupart à la mort.L\u2019Assistance Maternelle pourrait faire infiniment plus de bien si les bourgeois et les richards voulaient penser moins à leurs plaisirs et à leurs affaires pour penser qu\u2019ils ont des devoirs à remplir envers les pauvres.S\u2019ils aimaient leurs enfants, ils y penseraient, car par une loi terrible de la Providence, il arrive souvent que les fils de riches d\u2019aujourd\u2019hui sont les gueux de demain.ACTIVITES FRANCO-AMERICAINES.Les Franco-Américains du Connecticut ont tenu un grand congrès, à Putnam, qui a eu un immense retentissement.Ce congrès a contribué à étendre le cercle d\u2019influence des nôtres.C\u2019est un exemple à suivre.LE TRAVAIL DU DIMANCHE.Il y a quelques mois, à la suite d\u2019une grande campagne, quelques personnes dévouées étaient parvenues à mettre en branle la lente machine administrative.Le gouvernement s\u2019était fendu d\u2019une supplication aux grosses compagnies.Finalement, le gouvernement a annoncé qu\u2019il ne poursuivrait personne, mais annonça qu\u2019il permettrait aux autres de poursuivre.Grâce à cette magnanimité, la Ville de Montréal intenta des poursuites, et d\u2019aucune marchands israélites les plus nombreux pécheurs en l\u2019occurrence, furent attrappés.Mais depuis 210 LA REVUE NATIONALE tout rentra dans l\u2019ordre.L\u2019administration essoufflée de cet effort et d\u2019ailleurs peu convaincue, retomba dans le sommeil et y est encore.Nous aimerions savoir quel devoir le petit catéchisme impose aux gouvernants en pareilles matières, et par quelle comédie ces messieurs viennent-ils déclarer leur fidélité aux enseignements de l\u2019Eglise jusqu\u2019à la mort inclusivement, lorsqu\u2019ils s\u2019y dérobent avec tant de facilité.TANT MIEUX.Le Collège de Gravelbourg doit être agrandi de moitié.Cette mesure indique que les élèves y abondent et que bientôt, l\u2019ouest comptera une élite française plus nombreuse.M.MONTPETIT.M.Edouard Montpetit a été recu membre de l\u2019Académie Royale de Belgique.Il a à cette occasion prononcé un magistral discours qui a fait l\u2019admiration de ses nouveaux collègues.M.Montpetit a eu la noblesse de pensée de songer aux siens et contrairement aux gros bonnets cirés qui se sont empressés de les renier, il a tenu à leur faire partager l\u2019illustration qui lui venait.Il y a gagné d\u2019être jugé homme d\u2019esprit et patriote.UN SUCCES.Grâce à la ténacité de M.Ernest Lapointe, ministre de la justice, le gouvernement fédéral vient de reconnaître officiellement les syndicats catholiques et a nommé leur président comme délégué à Genève.M.Lapointe a fait là une oeuvre méritoire, assez mal vue du gouvernement.Il convient de l\u2019en féliciter.ILS GAGNENT LEUR POINT.Les efforts de M.Archambault et de ses compagnons.pour obtenir un allégement aux pères de famille soumis à la loi de l\u2019impôt sur le revenu, ont été couronnés de succès.L\u2019exemption a été portée de $300.à $500.pour chaque enfant.C\u2019est une preuve qu\u2019avec de la ténacité, de l\u2019énergie et des convie- tions solides, on arrive toujours à son but.cial uf tral go hau A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE 211 ET LE BULLETIN ?Il est tout a fait singulier comme le gouvernement si expéditif par ailleurs a de la difficulté a faire marcher ses Fameux Bulletins de Renseignements commerciaux.Après tout le temps perdu, on n\u2019est pas encore parvenu à nous servir quelque chose de passable.Si la chose se continue, les Canadiens français devront conclure qu\u2019on leur joue une mauvaise comédie comme ils sont déjà tout prêts de le croire.AU POINT.« Dans les assemblées diverses, politiques, bienfaisantes,sociales, patriotiques, où se dépense une si large part de notre activité, dans nos congrès, nos cercles, nos conseils d\u2019administration, nos commissions, combien de minutes sont réellement et utilement consacrées à la discussion serrée et efficace des hautes questions débattues ?Combien au contraire, sont gaspillées en vaines formules, en périodes redondantes, en stérile phraséologie, en exercices verbaux sonores dont la seule explication est dans le plaisir que trouve l\u2019homme à enfiler des mots qui caressent son oreille en chatouillant sa vanité ?» UN GRAND ECRIVAIN DISPARAIT.Laure Conan (Mlle Angers), vient de mourir.Elle était non seulement l\u2019une de nos meilleures femmes de lettres, mais aussi l\u2019un de nos meilleurs écrivains.« L\u2019Oublié » n\u2019a jamais été dépassé et peut-être égalé.Laure Conan était une chrétienne accomplie et elle puisa son inspiration dans sa piété délicate qui lui permit d\u2019analyser et d\u2019immortaliser ses héroïnes.A.GAGNON.dr ren LA REVUE NATIONALE CARIGNAN ET LOYALISTES On pourrait faire plus d\u2019un rapprochement entre les officiers et les soldats du régiment de Carignan et les Loyalistes de l\u2019Empire-uni qui vinrent s\u2019établir en Canada après la guerre d\u2019Indépendance américaine, tout étonnante que puisse paraître cette assertion à première vue.qour Ne font con Soyons polis.comme des Français.\u2014 Il ne faut pas des perdre les bonnes habitudes léguées par les ancêtres.\u2014 Com- mencons par nous occuper des Loyalistes.hear pie 16, jour que Fra aa as Ces émigrés américains qui, plutôt que de forfaire au devoir et à l\u2019allégeance qu\u2019ils devaient à leur souverain, préférèrent subir la persécution, la confiscation de leurs biens et Pexil, ont droit a notre admiration et à nos hommages.C\u2019était des hommes au caractère fortement trempé.Ils furent accueillis à bras ouverts par le gouvernement du Canada, qui leur offrit des terres et leur aida à se créer de nouveaux foyers Ces pionniers étaient pour la plupart des braves gens qui s\u2019établirent sur des terres qu\u2019ils défrichèrent et qu\u2019ils mirent en valeur, élevant des familles nombreuses, loyales au souverain et respectueuses de la tradition et de la religion qu\u2019ils pratiquaient suivant leurs lumières.Ces réfugiés de la Révolution américaine s\u2019établirent en Nouvelle-Ecosse, au Nouveau-Brunswick, dans les Cantons de l\u2019Est de la Province de Québec, et surtout dans les nouveaux cantons sur le haut Saint-Laurent et les lacs Ontario et Erié, qui furent quelques années plus tard détachés de la province- mère et créés en une province distincte sous le nom de Haut- Canada.Le gouvernement anglais fort satisfait de cette immigration fit tout ce qu\u2019il put pour aider à ces nouveaux colons.Subdivision des nouveaux territoires en cantons, arpentage de ces terres, concessions gratuites, ouvertures de routes, et, surtout, conservation, à ces sujets éprouvés de la Couronne, des lois sous lesquelles ils étaient nés, avaient vécu et voulaient continuer de vivre et mourir.REPORT CARIGNAN ET LOYALISTES 213 Voulant reconnaître et commémorer le patriotisme de ces loyalistes, les autorités anglaises décidèrent d\u2019en dresser une liste afin de les honorer, eux et leur postérité, en les distinguant des personnes qui viendraient plus tard s\u2019établir parmi eux.Cette décision fut annoncée par Lord Dorchester, mais, pour une raison demeurée inconnue, elle n\u2019eut pas de suite.N\u2019empêche qu\u2019aujourd\u2019hui, les descendants de ces loyalistes se font une gloire d\u2019être issus de ces premiers colons et qu\u2019ils en conservent pieusement la tradition.Revenons maintenant chez nous.Après plus d\u2019un demi-siècle de tentatives plus ou moins heureuses de colonisation de la Nouvelle-France par des compagnies de commerce et par des particuliers bien intentionnés, mais possédant peu de moyens, Louis XIV décida un beau jour, qu\u2019il était temps de faire de la vraie colonisation.Il crut que le meilleur moyen de fortifier ce pays serait de lever en France un régiment composé de jeunes gens, d\u2019abord pour abattre l\u2019orgueil des nations Iroquoises et ramener la paix et la sécurité dans la colonie, puis d\u2019induire ces mêmes soldats à y demeurer en leur concédant des terres et en leur aidant à s\u2019y établir.Quoiqu\u2019on en ait longtemps dit et pensé, les descendants de ces quatre cents soldats-colons, forment le groupe le plus puissant par le nombre comme par la valeur de tous les colons établis en la Nouvelle-France.Il est aujourd\u2019hui possible de distinguer d\u2019entre tous les colons français ceux qui sont venus avec le régiment de Carignan.La liste que nous avons publiée dans les Mémoires de la Société Royale du Canada, et les travaux qui ont été faits subséquemment pour établir l\u2019identité de ces soldats-colons, nous permettent d\u2019affirmer que ce que nous venons de dire est vrai de tout point.Or, si les Anglo-canadiens descendants de loyalistes peuvent à juste titre se glorifier de leurs ancêtres, à plus forte raison, les descendants des officiers et des soldats de Cari- gnan, établis au pays plus d\u2019un siècle auparavant, peuvent-ils s\u2019enorgueillir de leurs ancêtres. LA REVUE NATIONALE Et, revenant à notre point de départ, on ne trouvera peut- être plus aussi étonnant le rapprochement d\u2019idées et la comparaison dont nous parlions au début de cet article.Les loyalistes tout comme les soldats de Carignan, avaient combattu pour la patrie avant d\u2019y fonder des foyers.Les deux grandes races qui peuplent maintenant le Canada, peuvent, répétons-le, être fières de leurs origines, et il leur incombe à toutes deux, de s\u2019unir fraternellement pour l\u2019accomplissement des destinées glorieuses de notre patrie commune.Il ne s\u2019agit en effet \u2014 tout en se rappelant avec amour nos origines \u2014 que de s\u2019entendre et de marcher la main dans la main vers l\u2019avenir qui nous est réservé, faisant, chacun de son côté, abstraction des sentiments antipathiques que la diversité de langue, de religion ou de préjugés ont pu faire naître parmi nous, et de marcher désormais vers l\u2019avenir comme des Canadiens, enfants du même sol, de la même patrie; reconnaissant également à chacun les droits comme les devoirs de citoyens canadiens.Francis-J.AUDET.Téléphone : Est 1584 Chs C.de Lorimier 291, rue SAINT-DENIS MONTREAL Vis-à-vis le Théâtre Saint-Denis Fleurs naturelles \u2018 et artificielles Spécialité: Tributs floraux funéraires Wo I] TRACT DE SAINT-JEAN-BAPTISTE 215 || LE SAINT - LA FÊTE - LA SOCIÉTÉ Achetez et lisez le tract INTITULÉ : - OMNT-JEAN-DAPTISTE PAR Le Rév.P.Alexandre DUGRE, s.i.Prix : 10 sous, a notre secrétariat MONUMENT NATIONAL APRÈS CETTE LECTURE ENROLEZ - VOUS DANS La Société St-Jean-Baptiste DE MONTREAL Siège social : 296, Blvd St-Laurent MONTREAL LA REVUE NATIONALE JE ME SOUVIENS \u2014 Quel est auteur de cette devise si symbolique?C\u2019est feu M.Eugène Taché, sous-ministre des Terres de la Couronne de la province de Québec, qui a eu l\u2019heureuse idée de cette devise qui dit si éloquemment en trois mots, le passé comme le présent et le futur de la seule province francaise de la Confédération canadienne.La devise « Je me souviens » n\u2019a jamais été adoptée explicitement par un mandat royal, ni méme par une décision du gouvernement de Québec, mais elle n\u2019en est pas moins recue et admise partout aujourd\u2019hui a titre officiel.M.Ernest Gagnon, le regretté auteur des Chansons populaires du Canada, explique comment la devise « je me souviens » a vu le jour en 1883.M.Gagnon était à cette époque secrétaire du département des travaux publics de la province de Québec.Il parle donc avec connaissance de cause.« M.Eugène Taché, dit M.Gagnon, avait dressé le plan (élévation) de la façade extérieure du palais législatif de Québec, et y avait introduit les armes de la province en y ajoutant cette devise: « Je me souviens », dont il est l\u2019auteur, et qui était alors inconnue.Or tous les plans de l\u2019édifice, notamment celui de cette façade extérieure, furent approuvés par un arrêté de Son Excellence le lieutenant-gouverneur en conseil, portant la date du 22 janvier 1883.On peut donc dire que c\u2019est à partir de cette date que la devise « Je me souviens » a revêtu un caractère officiel.» P.-G.ROY.LES Daoust, Lalonde & Cie | yes emmiques ow aan .LIMITEE Manufacturiers de chaussures MITEL Tanneurs et Corroyeurs Articles de pansement MARQUES: Dalaco, Boulevard Les seules fabriquants de coton ab- Metropolitan et Champion sorbant au Canada, \u2014 Demandez toujours à votre pharmacien ; pr i la mar- M les produits de ONTREAL que « VALOR » \u2014\u2014 tatanas 1g) LA REVUE NATIONALE 217 \u201cOLD STOCK ALE?\u201d de Jie Se de BIERE BIEN MURIE i du le Jl JU UE 0 P RIME par la FORCE et par la QUALITÉ an Ie nl ul It BIERE et PORTER il I i BLACK _ HORSE, AT _\u2014 DE DAWES LES PLUS PURS LES MEILLEURS LA REVUE NATIONALE Graines de semence Plantes, Ineubateurs, outts ae PAPIER D'EGYPTE jardin, etc._\u2026 , GRATIS.\u2014Catalogue frangais envoyé Pour purifier lair des sur demande, habitations HECTOR-L.DERY Dans toutes les pharmacies, 17 a 23 est, rue NOTRE-DAME librairies, etc.près du Boulevard St-Laurent MONTREAL ROUGIER FRERES TE).: Main 3036.MONTREAL SOIREE DE MŒURS CANADIENNES 22 JUIN 1924 \u2014 PROGRAMME PREMIERE PARTIE Présentation par M.Victor MORIN, président général, de la médaille Bene Merenti des Patriotes, à l'honorable L.-O.DavID et à Mme GÉrIN- LAJOTE.DEUXIEME PARTIE La Guignolée Fameuse coutume canadienne.Texte et chants interprétés par le Club de la Guignolée de Saint-Rémi de Napierville.TROISIEME PARTIE Chansons du terroir, par Mlle CAMILLE PERNARD, à) Les Trois princesses, b) La belle Françoise, ¢) Nous étions six filles à marier.QUATRIEME PARTIE La vie des voyageurs lo Chanson d\u2019engagement: De Lachine à Bytown \u2014 Voilà l\u2019automne qui va t\u2019arriver, par V.-F.de Repentigny.20 Chansons d\u2019aviron : à) Oh Ottawa, beau Canada, Joseph Rousselle.b) Elle est en quinze brins, \u20ac) Je joue du pique, Le samedi soir au chantier.V.-F.DE REPENTIGNY. LA REVUE NATIONALE SUPERBE pour le repassage du Bébé! 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