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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1924-10, Collections de BAnQ.

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[" fi, 6e ANNEE \u2014 No 10 MONTREAL | OCTOBRE 1924 \u2019 » ~ LA REVUE NATIONALE Organe de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal - PARAISSANT LE 10 DE CHAQUE MOIS Le chemin de Damas .Victor Morin Les gouverneurs de la Nouvelle-France, Henry-L.Auger Le tourisme, ses avantages et les devoirs qu\u2019il nous impose .Jules Ledoux Un coin de notre province Gervais Lachance La pénétration française et l\u2019Ouést canadien, \u2018 R.-Gilles Mousseau Soignons donc notre langage .Alfred DeCelles, fils A travers notre vie nationale .A.Gagnon Chronique de la Société .Le chef du secrétariat Rédaction et Administration: 296, rue Saint - Laurent MONTRÉAL Abonnement annuel : $2.00 La livraison (chez les dépositaires) : 15 sous 325 328 331 335 338 344 346 351 Les abonnements à la REVUE NATIONALE commencent invariablement au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, accompagner la demandé de 5 sous en timbres-poste.\\ | La Société Saint-Jean- Baptiste de Montréal Fondée en 1834 CONSEIL GENERAL: Grand aumônier: Mgr l\u2019'ARCHEVEQUE DE MONTREAL, Président général : Victor MORIN, LL.D., notaire, 97, rue Saint-Jacques.ler vice-président général : Léon TREPANIER, publiciste, 371, rue Sherbrooke est.Co Ce 2e vice-président général : Guy VANIER, LL.L., avocat, 97, Saint-Jacques.Secrétaire général : J.-A.BARITEAU, notaire, 347, rue Maisonneuve.Trésorier général : Aimé PARENT, administrateur, 51 est, rue St-Paul.Directeurs: L\u2019Hon.L.-O.DAVID, sénateur, 325, chemin Sainte-Catherine, Outremont.Thomas GAUTHIER, courtier, 11, place d\u2019Armes.L\u2019bon.F.-L.BEIQUE, sénateur, 540, rue Sherbrooke Ouest.J.-V.DESAULNIERS, courtier en immeubles, 90, rue Saint-Jacques.Henry-L.AUGER, courtier en immeubles, 384, rue Ontario.Est.J.-W.CADIEUX, comptable, 530, rue Grosvenor.J.-W.DEZIEL, administrateur, 182, Ave Notre-Dame de Grâces.Monument Nat ional , Chef du Secrétariat: Jean GUERIN, bureau No 1, téléphone: Plateau 3768.Corporations .filiales- de 1a Société: La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.- La Direction de la Revue Nationale -ne: s'engage pas' à rendre les manuscrits non insérés.Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles.\u2018 La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 296, rue Saint-Laurent, et imprimée par ARBOUR ET DUPONT, imprimeurs- éditeurs, 249 est, rue Lagauchetière, Tél.: EST 6264, 7 => amoidu! 25 #4 RS RRR IT I HT FI LS RP I EL TI I PIT SI LA REVUE NATIONALE 321 | Demandez à votre Epicier UN PAQUET ÉCHANTILLON DE THÉ VERT er: § % ho pronto C\u2019est en le buvant que vous vous convaincrez de sa supériorité.Essayez-le des aujourd'hui i Produits de Qualité Lait pasteurisé, | Crème, Beurre, Oeufs, Crème à la Glace le 4 \u2018e 7 HU i 4 | LA REVUE NATIONALE La Banque Provinciale du Canada Capital autorisé .$5,000,000.Capital versé et réserve .$4,500.000.SIEGE SOCIAL: 7 et 9, place d\u2019Armes, MONTREAL, Canada.CONSEIL D'ADMINISTRATION : Président: Sir Hormisdas LAPORTE, C.P., ex-maire de Montréal, de la maison Laporte, Martin, Limitée, Vice-Président du Crédit Foncier franco-canadien.Vice-Président: M.W.-F.CARSLEY : Vice-President : M.Tancrède BIENVENU, administrateur de la Lake of the Woods Milling Co., Ltd.M.G.-M.BOSWORTH, vice-président du Canadian Pacific Steamships Ltd.L'bon.Némèse GARNEAU, C.L., Québec, l\u2019résident « Les Prévoyants du anada ».M.Emilien DAOUST, Président de la Librairie Beauchemin Limitée, Commissaire du Port de Montréal.M.S.-J.-B.ROLLAND, Président de la Cie de Papier Rolland, Limitée.325 succursales et sous-agences dans les provinces de Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick et l\u2019Ile du Prince-Edouard.ENCOURAGEZ L'INDUSTRIE NATIONALE Ù LES PRODUITS Sont Toujours les Meilleurs ! BEURRE, CRÈME DOUCE, CRÈME GLACÉE Montreal Dairy Co., Limited Tél.: EST 3000* TO NOH UR TINIAN! \\ \\ l/ LA REVUE NATIONALE 323 ÉCOLE DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES de Montréal Préparant aux situations supérieures du commerce, de l\u2019industrie et de la finance.BIBLIOTHEQUE ECONOMIQUE, MUSEE COMMERCIAL ET INDUSTRIEL Délivre les diplômes de « Licencié en sciences commerciales », de « Licencié en sciences comptables », et de « Docteur en sciences commerciales ».Le diplôme de « Licencié en sciences comptables » donne droit à l'admission dans «l\u2019Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec » et dans « l\u2019Association des comptables de Montréal » (Chartered accountants).Des BOURSES du GOUVERNEMENT sont accordées aux élèves méritants.Cours spéciaux, le soir: Comptabilité théorique et pratique.Opérations de banque, Correspondance commerciale anglaise et française, Arithmétique commerciale, Algèbre, Economie politique, Droit civil, Droit commercial, Langues étrangères : Espagnol, Italien, Allemand, etc.Pour tous renseignements, prospectus, inscriptions,etc., s\u2019adresser au DIRECTEUR DES ETUDES.399, AVENUE VIGER - - MONTREAL MAIS OUI! DES PETITS POIS SOLEIL, Autres spécialités importées de grande réputation.«Il y a 20 ans que j'en mange », nous disait récemment un vieil amateur de ces délicieux légumes et petits pois belges, réputés dans le monde entier.Quand on y goûte, on les adopte : Qualité absolument irréprochable.Distributeurs: LAPORTE, MARTIN, LIMITEE 584 ouest, rue Saint-Paul - - - Montréal CARON FRERES Inc.NOUVEL EDIFICE CARON, Coin des rues BLEURY & CONCORD, Fabricants d\u2019Emblèmes de Sociétés et d\u2019Insignes de tous genres.Tl\u2019OISEAU BLEU est la revue idéale pour vos enfants.Abonnement annuel au Canada: 75 sous.296, rue Saint - Laurent - - - Montréal LA REVUE NATIONALE Qualité 35 ANS D'EXISTENCE Service LA REVUE NATIONALE imprimée dans nos ateliers, est une preuve de l\u2019excellence de notre travail.Nous imprimons tout : Cartes d\u2019affaires, entêtes de lettres, programmes, livres, revues, brochures, etc, etc, à des prix très modérés.Tél.: EST 6264 ARBOUR & DUPONT IMPRIMEURS - EDITEURS 249 est, rue Lagauchetière,e Montréal Près de la rue Saint-Denis Le Caté \u201cPRIMUS\u201d (Fers-blancs 15, 1 et 2 Ibs.) est un mélange des meilleurs cafés, grillés à point, qui donne cet arôme que rien n\u2019égale, cette saveur que rien ne remplace.ESSAYEZ-LE.L.Chaput, Fils & Cie, Limitée DISTRIBUTEURS MONTRÉAL HF AS PR RIRE RE AN RH RH HR HH HR WAN] \\ 7.x Fe ge Fier ior Fie FR HE EE ea y / / 6e ANNEE \u2014 No 10 MONTREAL OCTOBRE 1924 Elder lr a ra i LA REVUE NATIONALE EEG EGER EIA E EG LE CHEMIN DE DAMAS Refi ii Les livres saints nous apprennent que l\u2019apôtre saint Paul était autrefois grand persécuteur des chrétiens et que, se rendant un jour à Damas pour assouvir sa rage contre eux, il fut renversé de cheval par une force mystérieuse, les écailles qui obscurcissaient sa vue tombèrent de ses yeux, et il se mit des lors à prêcher l\u2019Evangile qu\u2019il avait abhorré jusque-là.L'histoire se répète à toutes les époques, et l\u2019on voit souvent des adversaires acharnés se faire les prosélytes les plus fervents des doctrines qu\u2019ils avaient combattues avant de les connaître.Ce sont des esprits droits et sincères; ils méritent notre respect le plus profond.On rencontre d\u2019autre part des calomniateurs intransigeants qui refusent systématiquement de s\u2019éclairer parce qu\u2019ils vivent des conflits qu\u2019ils fomentent ; ce sont des « profiteurs de guerres civiles » qui ne méritent guère mieux qu\u2019un crachat à la figure.Parmi les honnêtes gens, il y a tout de même lieu de distinguer deux groupes: les « gobeurs » qui avalent et répandent à leur tour les sornettes les plus grossières sur notre compte parce que les limites de leurs facultés ne leur permettent pas une pénétration plus approfondie, et les esprits avertis qui contrôlent les renseignements, vont aux sources et deviennent nos amis les plus dévoués lorsqu\u2019ils ont appris à nous connaître.N\u2019avez-vous pas rencontré souvent ces voitures à banquettes remplies de touristes, américains pour la plupart, qui se tordent le cou à regarder les édifices monstrueux qu\u2019un cornac nasillard leur dit d\u2019admirer, en beuglant à travers son ri À Le > LA REVUE NATIONALE mégaphone: «largest in the world »?On les conduit devant les demeures les plus cossues en leur disant que c\u2019est le « quartier anglais », pour les promener ensuite à travers quelques- unes des rues les plus pauvres de la métropole, où, sous prétexte d\u2019étude de moeurs, on leur apprend que c\u2019est un échantillon de la vie canadienne-francaise.Ces bonnes pâtes retournent dans leur pays et font part a leurs auditeurs émerveillés de la découverte d\u2019un peuple primitif, assimilable aux Esquimaux du cercle polaire.À ces naïfs propagandistes appliquons tout au plus la parole du Maître de mansuétude : « Pardonnez-leur, Seigneur, ils ne savent ce qu\u2019ils font.» Mais quelle satisfaction de rencontrer, par contre, un de ces hommes intègres qui cherchent à se renseigner impartialement qui étudient notre histoire, notre situation sociale et économique, et qui portent sur nous des jugements basés sur des faits qu\u2019ils ont contrôlés.Nous voulons aujourd\u2019hui signaler à l\u2019attention reconnaissante de nos compatriotes un de ces apôtres de la vérité dans la personne du professeur Jean- Charlemagne Bracq, docteur ès-lois et ès-lettres, du collège universitaire Vassar, aux Etats-Unis, qui vient de publier à New-York sous le titre « The Evolution of French Canada », un livre fortement documenté sur le rôle joué par les cana- diens-français en Amérique.Français d\u2019origine, protestant de croyance et vivant dans une ambiance américaine, le premier contact de l\u2019auteur avec ceux de notre race s\u2019est ressenti des préjugés que nos dénigreurs sèment avec succès autour de nous.Mais à la suite de ses observations personnelles et d\u2019une étude consciencieuse de notre vie nationale pendant cing ans, l\u2019auteur a voulu rendre témoignage à la vérité en écrivant à l\u2019adresse du peuple américain, dans la langue qui lui est familière, ce magnifique plaidoyer en faveur de notre race.Il rend hommage aux qualités qui nous ont fait survivre en dépit de tous les obstacles et loue sans réserve les oeuvres nombreuses accomplies depuis trois siècles, par nos institutions religieuses.Nous sommes heureux de signaler ce beau geste et d\u2019en exprimer notre gratitude à l\u2019éminent écrivain dont l\u2019oeuvre a d\u2019ailleurs été l\u2019objet d\u2019appréciations très flatteuses pour lui LE CHEMIN DE DAMAS 327 comme pour nous.Citons à ce sujet les commentaires sympathiques de la Gazette dans son numéro du 4 octobre.Et, comme nous avons fait lors de la publication du fameux livre « The Clash », nous invitons nos membres à répandre les exemplaires de ce volume dans les milieux anglais; ils feront en cela une excellente propagande nationale.Un autre témoignage qui mérite d\u2019être signalé, c\u2019est celui d\u2019un compatriote anglais de l\u2019ouest d\u2019Ontario, M.D.-H.Price, directeur du service des postes à Aylmer, dans le comté d\u2019El- ein, qui, au retour d\u2019un voyage d\u2019observation à travers le Canada et les Etats-Unis, écrit dans « The St.Thomas Times- Journal », du 20 septembre, un article très élogieux à l\u2019adresse du cultivateur canadien-francçais.Il admire la bonne tenue des fermes de la province de Québec qui soutiennent avantageusement la comparaison avec celles des autres parties du Canada et même des Etats-Unis, et il termine en disant que le grand tort des deux principales races de ce pays est de ne pas se connaître suffisamment, car en se connaissant mieux elles ne pourraient manquer de s\u2019estimer davantage, et leur meilleure entente profiterait à la patrie commune.Voilà du véritable patriotisme comme nous en avons souvent fait eritendre l\u2019expression dans les pages de la Revue Nationale.Que notre compatriote anglais veuille en agréer nos félicitations cordiales avec l\u2019espoir que ses paroles réveilleront des échos trop longtemps endormis! Le président général, Victor MORIN. LA REVUE NATIONALE LES GOUVERNEURS DE LA NOUVELLE FRANCE Résumé historique de leur administration (pa in] PREMIER GOUVERNEUR SAMUEL DE CHAMPLAIN (de 1608 à sa mort, en 1635) Les faits les plus remarquables de son administration sont: la fondation de Québec en 1608, ses batailles avec les Iroquois, sur le lac Champlain en 1609 et à l\u2019entrée de la rivière Richelieu en 1610; l\u2019arrivée des premiers Jésuites, les RR.PP.Massé et Biart, a Port Royal, en 1611; l\u2019arrivée de Charles de Bourbon et ensuite du prince de Condé, vice-Roy de la Nouvelle-France en 1612; la fondation de la Compagnie de Rouen, en 1614; l\u2019arrivée en Canada des premiers Récollets, les RR.PP.Janay, Dolbeau, Lecaron et le frère Pacifique Du- plessis en 1615; la découverte des lacs Huron, Ontario et Ni- pissing la même année; ce fut aussi en 1615 qu\u2019il recut en guerroyant contre les Iroquois des blessures qui 'obligérent a passer l\u2019hiver chez les Hurons.Le frére Pacifique Duplessis, en 1617, empêcha la conspiration des sauvages contre les fran- cais; le duc de Montmorency acquiert la vice-royauté du Canada en 1620; la fondation de la compagnie de Montmorency en 1621; les francais attaqués par les Iroquois au Sault Saint- Louis en 1622; l\u2019arrivée du premier historien du Canada, le frère Gabriel Sagard et du Rév.P.N.Niel, en 1623; Saint Joseph choisi comme patron du Canada, en 1624 ; l\u2019achat de la vice-royauté du Canada par le duc de Ventadour, la même année ; la fondation de la compagnie des Cent associés,en 1627 ; la prise de Port Royal et de Tadoussac par David Kerth en 1628; par suite du manque de vivres et de munitions Champlain est obligé de rendre Québec à Kerth en 1629 ; le traité de Saint-Germain-en-Laye restituant le Canada à la France en \u2014 ss \u2014 \u2014 a a ss > LES GOUVERNEURS DE LA NOUVELLE-FRANCE 329 1632; la fortification d\u2019une ile du Richelieu en 1633; la fondation de la ville des Trois-Rivières par M.de la Violette en 1634, enfin la mort de Champlain à Québec en 1635, qui met fin à cette administration remplie d\u2019événements de toutes sortes, et qui cause un grand deuil dans la colonie, Cette même année vit aussi la fondation du collège des Jésuites à Québec.Après la mort de Champlain, M.de Chateaufort administre pendant quelques mois les affaires de la colonie, (par interim) jusqu\u2019à l\u2019arrivée du chevalier de Montmagny, en 1636.DEUXIEME GOUVERNEUR M.DE MONTMAGNY, CHEVALIER DE MALTE (de 1636 à 1648) Les principaux événements de son administration sont: la fondation de Sillery par M.Brulard de Sillery en 16837 ; l\u2019arrivée au Canada des premières Hospitalières (3) et des premières Ursulines (3) en 1639 ; la fondation de l\u2019Hôtel- Dieu, de Québec, par Mme D\u2019Aiguillon et le couvent des Ursulines, par Mme de la Peltrie, la méme année; la fondation de la compagnie de Montréal, en 1640, par M.Olier, fondateur des Sulpiciens et M.de la Dauversière ; la fondation de Montréal, (Ville-Marie), par M.de Maisonneuve en 1642, et de l\u2019Hôtel- Dieu de Montréal, par Mlle Mance et Mme de Bouillon, la même année, de même que la construction du Fort de Richelieu, à l\u2019entrée de la Rivière Richelieu, et la capture du Rév.P.Jo- gues par les Iroquois mais délivré par un officier hollandais.La capture du Rév.P.Bressani en 1644, ses souffrances et sa vente aux Hollandais; la premiere attaque de Ville-Marie par les Iroquois et la paix conclue avec eux aux Trois-Rivières ; les difficultés entre les colons et la compagnie des cent associés en 1645.TROISIEME GOUVERNEUR M.D\u2019AILLEBOUST (de 1648 à 1651) C\u2019est sous son administration en 1648, que se forma le premier gouvernement, qui était composé: lo du supérieur des Jésuites en attendant l\u2019évêque; 20 du dernier gouverneur sorti de charge ; 30 de deux habitants du pays. 330 LA REVUE NATIONALE La méme année la bourgade de Saint-Joseph (700 personnes), fut détruite et le Rév.P.Daniel, massacré.L\u2019année 1649 fut remarquable par un grand nombre de malheurs: la destruction des bourgades Saint-Ignace (1,000 personnes), Saint- Louis et Saint-Jean ; les RR.PP.Bréboeuf et Lallemand, pris et martyrisés a Saint-Ignace, le P.Garnier à Saint-Jean.Vers le méme temps, le P.Chabanel fut tué, dit-on, par un Huron; la dispersion de ces derniers à l\u2019Ile d\u2019Orléans, à Sillery et à la Jeune Lorette ; l\u2019extermination des Hurons qui jeta la terreur dans la colonie et inspira de l\u2019anxiété pour l\u2019avenir.Les RR.PP.Jésuites abandonnent leur résidence de Sainte-Marie pour suivre les Hurons sur l\u2019Ile Saint-Joseph.QUATRIEME GOUVERNEUR M.JEAN DE LAUZON (de 1651 à 1656) Les principaux événements de son administration sont: les luttes des Français contre les Iroquois qui deviennent de plus en plus formidables.Ils attaquent l\u2019hôpital de la Pointe- Saint-Charles en 1651, mais ils sont repoussés avec perte, par Charles Lemoine et le major Lambert Closse, qui montre une défense héroïque.Le gouverneur des Trois-Rivières, M.Du- plessis Béchart est tué avec 16 de ses hommes, dans une sortie contre les Iroquois en 1652.La même année les Atticamègues ou poissons blancs sont massacrés; l\u2019arrivée de Marguerite Bourgeois,fondatrice de la Congrégation Notre-Dame, en 1653, et le retour de M.de Maisonneuve, de France, avec une recrue de cent hommes; les Agniers, au nombre de cing cents, se mettent en campagne pour attaquer Trois-Rivières.En 1656, M.de Lauzon est obligé de retourner en France et son fils Charles de Lauzon administre le pays à sa place, mais après quelques mois il retourne en France et M.d\u2019Ailleboust administre le pays par interim.En 1657, l\u2019arrivée de quatre messieurs de Saint-Sulpice, à Montréal, l\u2019abbé de Queylus et la fondation de la Congrégation Notre-Dame par la Bienheureuse Marguerite Bourgeois.(à suivre) Henry-L.AUGER.TT EE A IR TO RO HH PT MERE OCR PAR DE CR POP II LE LE TOURISME, SES AVANTAGES 331 LE TOURISME, SES AVANTAGES ET LES DEVOIRS QU'IL NOUS IMPOSE Tant mieux! Les Américains ne se contentent plus de visiter Montréal et Québec.D\u2019enthousiastes publicistes nous ont répété à l\u2019envi que l\u2019industrie touristique est l\u2019industrie de tout le monde, une industrie nationale.C\u2019est vrai jusqu\u2019à un certain point, mais allez donc le dire, par exemple, aux braves habitants du comté de Chateauguay.Ahuris, ils assistent au défilé incessant des autos sur la route de Malone, et à part des quelques nuages de poussière, la sérénade des teuf! teuf! et le bienfait de poules et de chiens écrasés, l\u2019unique bénéfice qu\u2019ils retirent du tourisme, c\u2019est de payer pour la réparation des chemins usés, Nos routes coûtent cher.Jusqu\u2019ici, elles n\u2019ont guère rapporté.Les choses vont changer.M.George McNamee, secrétaire du Royal Automobile Club of Canada, informe les journaux que pour la première fois les visiteurs se sont baladés, en 1924, dans toutes les parties de la province.Les années passées, les Américains passaient quelques jours à Montréal, faisaient un court arrêt aux Trois-Rivières, séjournaient à Québec et s\u2019en retournaient.Ils n\u2019allaient pas plus loin, sauf par la voie du Saint-Laurent.Le traditionnel voyage au Sague- nay est toujours séduisant.Grâce à nos travaux de voirie, cet itinéraire s\u2019est élargi.Un grand nombre de touristes ont filé tout droit vers la campagne, sans s\u2019arrêter dans les villes, même devant les magasins inestimables et achalandés de la Commission des liqueurs.L\u2019argent qu\u2019ils ont semé ne s\u2019est pas accumulé seulement dans les poches des grands hôteliers, et des gros fournisseurs de la ville.Ici et là, les cultivateurs en ont pris leur part.Mais une des caractéristiques de la saison, c\u2019est que Messieurs les Américains n\u2019ont pas semé leur argent avec autant d\u2019abondance que l\u2019an dernier.Le nombre des automobilistes a augmenté, mais les dépenses faites par les visiteurs n\u2019ont pas augmenté dans la même proportion.Les riches ou les gens pe 332 LA REVUE NATIONALE des classes aisées se promènent en Europe et nous faussent compagnie.Une autorité en la matière nous affirmait l\u2019an dernier, que les Américains voulaient tuer le tourisme européen et garder leurs gens chez eux.Les rumeurs alarmistes bruyaient dans les airs comme les lugubres battements d\u2019ailes d\u2019oiseaux de proie.Ce n\u2019étaient que menaces de guerre.L\u2019Allemagne allait sauter à la gorge de la France, la Russie se préparait à rosser la Pologne ou à écraser la Roumanie, l\u2019Italie se dressait sur ses ergots comme un coq batailleur, les Balkans s\u2019agitaient comme un essaim furieux, la vie était chère et incertaine là-bas, la révolution grondait comme un volcan éveillé.En 1914, autre chanson.L\u2019optimisme de commande d\u2019une « année présidentielle », pour parler à la yankee, et l\u2019adoption du projet Dawes expliquent ce changement de front, mais il faut surtout l\u2019attribuer aux compagnies de navigation, je crois.L\u2019immigration tarie, elles s\u2019efforcent de compenser la diminution de leurs recettes par une « émigration » outre-mer.La France regorge de voyageurs cossus et point durs à la détente.Chez nous, touristes de petite taille et surabondance de « Fords ».Ces gens sont ménagers de leur or.Ils se détournent des Windsor et des Ritz.Ils campent en plein champ, sur le bord du chemin ou dans les parcs aménagés à cet effet par l\u2019initiative de l\u2019Association du Tourisme de la province de Québec.Ils ont emporté le nécessaire: la paillasse familiale, une batterie de cuisine et une tente portative.Ces faits démontrent que le tourisme, comme toute autre industrie, est sujet à des variations déconcertantes.Ailleurs, le changement affecte le nombre des voyageurs, ici, leur qualité.Une chose que nous pouvons prévoir avec certitude, c\u2019est l\u2019expansion grandissante du tourisme dans le Québec et son rayonnement dans toutes les directions.Cet été, des Australiens, des Néo-Zélandais, des Chinois, des Japonais, des Russes et des habitants de l\u2019Afrique Orientale Anglaise ont acheté et roulé auto parmi nous.Suivant un rapport du ministère de la voirie, 250,000 autos (les nôtres, celles des provinces voisines et des Etats-Unis) auront circulé sur nos routes, cette saison, contre 6,000 en 1913.Les Américains découvrent les beautés de la route Lévis-Matane et le pittoresque du littoral gaspé- LE TOURISME, SES AVANTAGES 333 sien commence à les enchanter.Il y en a qui traversent la province et s\u2019en retournent chez eux par les provinces maritimes.L\u2019étranger se dirige de plus en plus vers les Laurentides, paradis de pêche et de chasse, royaume selon le coeur de Parkman, qui offre aux blasés de la civilisation ses trésors de nature vierge, ses milliers et milliers de lacs, le mystère de ses forêts, et l\u2019ondulation fantastique de ses monts.On a dit et redit les attraits de notre province: l\u2019incomparable Saint-Laurent, les souvenirs historiques de Montréal, de Québec et autres lieux, le Saguenay, la Gaspésie, les Lauren- tides, les solitudes du Nord, les charmes de la civilisation fran- caise sur un continent anglo-saxon, le caractère original de nos campagnes.Faute d\u2019hôtelleries convenables et de bonnes routes, ces beautés resteraient ignorées comme une princesse prisonnière dans un château isolé au fond des bois.Ayons les hôtelleries et les bonnes routes, mais ne mutilons pas la princesse en couvrant son visage d\u2019un fard infect, en l\u2019attifant à l\u2019excentrique mode du jour.L\u2019intensité de notre vie française et catholique, c\u2019est une bonne affaire en même temps que du patriotisme.Un des aspects du tourisme qui me séduisent le plus, c\u2019est qu\u2019il renforce toutes les raisons que nous avons de conserver nos traditions.Plus nous serons francais et catholiques, plus nous offrirons quelque chose de nouveau, d\u2019exotique, de rare aux Américains.Plus notre province préservera son originalité, hélas! fort ébréchée, surtout dans les villes, plus elle sera attrayante, irrésistible.Les génies avides de numéroter nos rues à la new-yorkaise mériteraient la fessée ou un bain froid.À bas les gratte-ciel, les enseignes et raisons sociales anglaises à la devanture d\u2019établissements canadiens-francais, l\u2019architecture cornichon qui déshonore nos villes! Nos vieilles maisons, nos vieux meubles, nos vieux rouets, nos vieilles horloges, nos vieux métiers à tisser, les croix du chemin à la campagne, nos vieilles églises, sont des trésors.En érigeant une croix sur le mont Royal, la Société Saint-Jean-Baptiste a voulu rappeler les origines religieuses de Ville-Marie, mais cette croix, qui choque les seuls habitants des Jérusalems américains, est un charme de plus pour Montréal.Elle excitera la curiosité, sinon la piété des 334 LA REVUE NATIONALE étrangers.Elle complète le chapelet de nos nombreux clochers.Dominant tous les édifices du commerce, elle confère à Montréal un caractère unique en Amérique.Malgré les dé- i chéances et les oublis, elle affirme, au siècle de l\u2019or, la persis- i tance d\u2019une vocation apostolique et d\u2019un idéal surnaturel.ok æ# Apprenons à notre peuple l\u2019importance du tourisme.En ; 1923, cette industrie a rapporté $136,000,000 aux Canadiens, i plus que nos mines.La province de Québec a recu une petite : part seulement de cet argent.Même en attendant l\u2019organisai tion compléte qui nous manque encore, comme il serait facile à nos gens d\u2019accroître leurs bénéfices ! Il faut reconstituer l\u2019ancienne industrie domestique du tissage et du filage.Les Américains raffolent de l\u2019article home made: couvertures, châles, tapis, « catalognes », travaux à l\u2019aiguille, ete.Dans nos campagnes, ce serait là une grande source de revenus.Quelques-uns y voient un moyen de remédier, en certaines régions, à la crise qui s\u2019aggrave, et de retenir la population rurale chez elle, grâce à une occupation peu fatigante et rémunératrice durant les mois d\u2019hiver.Les événements démontrent qu\u2019il est pratique de garder les coutumes de nos aïeux, notre langue, notre foi, notre âme française.C\u2019est une leçon et un argument.Qu'ils nous servent dans la lutte contre l\u2019américanisation sous toutes ses formes: l\u2019abâtardissement du langage, le mercantilisme, l\u2019abandon des bonnes manières, la profusion des panneaux-réclames que le service de la voirie entend bannir, bravo! autour des routes provinciales, ete.Fidèles à la vieille coutume canadienne de faire le ménage pour la « visite » attendue, ne décevons pas nos hôtes.Des mil- 3 liers d\u2019yeux nous observent.En grand nombre, les Franco- ä Américains viennent nous « découvrir».L\u2019auto multipliera i de plus en plus les relations entre les divers groupes francais d\u2019Amérique.C\u2019est un agent de liaison imprévu.Notre qua- A lité d\u2019aînés nous impose le devoir de montrer à nos frères que 4 le Québec est un foyer ardent de vie et de culture francaises.| Que de tares chez les modèles, hélas! E Jules LEDOUX.PE ie Ep rt CPT on = Ble coer UN COIN DE NOTRE PROVINCE UN COIN DE NOTRE PROVINCE Dans un pays vaste comme le nôtre, les aspects panoramiques et ethnographiques varient à l\u2019infini.La configuration du Canada est merveilleusement diversifiée: ports de mer magnifiques, chaînes de montagnes imposantes, plaines immenses, on trouve sur le territoire canadien toutes les variétés géographiques chantées par les poètes anciens et modernes.Depuis quelques décades, les écrivains canadiens s\u2019attachent à décrire telle ou telle région particulière de notre patrimoine: madame Lamontagne-Beauregard a chanté les splendeurs gaspésiennes ; messieurs Ernest Bilodeau et Damase Potvin ont mis en relief dans leurs ouvrages les beautés du Lac Saint-Jean et du Saguenay.D\u2019autres auteurs moins connus ont esquissé des tableaux de la prometteuse Abitibi.Aujourd\u2019hui, c\u2019est des Cantons de l\u2019Est, ou plus spécialement d\u2019une section des Cantons de l\u2019Est que je voudrais entretenir les lecteurs de cette revue.Les journaux locaux parlent rarement de la région qui s\u2019étend par-delà Sherbrooke, région sise à l\u2019extrémité de la province et qui touche de près à la frontière de la République voisine.Compton et Frontenac sont des comtés relativement peu connus.La Beauce est plus en vedette aux yeux de nos compatriotes.Aussi ne m\u2019attarderai- je guère à dépeindre ses charmes qui l\u2019ont fait comparer à la Suisse par plus d\u2019un touriste.Qui n\u2019a entendu vanter les lacs, les monts, les vallées et les érablières de la Beauce canadienne?Mais arrivons au comté de Frontenac.Détaché du grand comté de Beauce il y a au-delà de douze ans, Frontenac à une superficie considérable.Son chef-lieu est Lac Mégantic.Pour les affaires religieuses, il relève du diocèse de Sherbrooke.Sa population n\u2019est pas très dense et plusieurs sections du comté sont encore à l\u2019état de colonisation.En plusieurs paroisses la forêt est encore toute proche.L'\u2019ours, l\u2019orignal et le chevreuil sont les principaux hôtes de ces bois.Sur les hauteurs, on aperçoit des sapinières à perte de vue.En général, les églises Er RE HH Ho + 8 y Nu 336 LA REVUE NATIONALE sont bâties sur le terrain le plus élevé de la paroisse.Saint- Evariste, sous ce rapport, tient la première place.Sur le perron de l\u2019église, le regard se perd dans le lointain, l\u2019horizon est extrêmement reculé.Puis ce sont les lacs poissonneux, notamment le lac Saint- François situé à proximité de Saint-Vital de Lambton.On y retire des brochets d\u2019un poids respectable.Dans la rivière Sauvage qui s\u2019y jette, le pêcheur capture le doré, la carpe et la truite saumonée.L\u2019agriculture et le bois de pulpe constituent les deux in- i dustries primordiales de la région.Les terres sont rudes a défricher, très souvent rocheuses, ce qui restreint l\u2019usage des machines perfectionnées.Je connais un cultivateur qui dut se rendre chez le charron deux fois pendant la même journée pour faire réparer sa faucheuse.Cependant, il y a des exceptions, et dans Compton surtout, près de Coaticook et de Cook- shire on voit des terrains à culture fort avantageux.Néanmoins, le cultivateur de Frontenac, comme celui de la Beauce d\u2019ailleurs, quitte difficilement son domaine.Le rude labeur ne l\u2019effraie point.Je sais une famille qui s\u2019était expatriée et qui au bout de sept ans était de retour au pays natal.La vision du Canada était sans cesse sous les yeux de chacun de ses membres.Avec quelle impatience la mère guettait le passage du facteur qui lui remettait des missives des parents de là- bas! Elle redisait fréquemment: « Je ne mourrai pas en terre étrangère; je ne serai pas enterrée par ici.» Ses désirs, bien légitimes, furent exaucés.Ah! si tous les nôtres émigrés au- delà de la ligne quarante-cinquième étaient imbus de sentiments pareils, on assisterait au spectacle réconfortant du rapatriement en masse.Hélas! que de Canadiens transplantés sur le sol américain n\u2019ont pas les moyens de rentrer dans leurs foyers! Devant l\u2019impossible, que faire?D\u2019autres s\u2019acclimatent et vous répondent quand vous leur parlez de retour au Canada qu\u2019ils sont bien traités dans leur pays d\u2019adoption quand ils font leur devoir.PE Il va sans dire que les habitants du comté de Frontenac tiennent fort aux traditions léguées par les ancêtres.Les coutumes anciennes sont généralement observées aussi.La I TO HI RT OT TR I THN RN FIR IS HH RN HNO TR \u2014 ii Jours gag! fuge sh pile gis | She UN COIN DE NOTRE PROVINCE 337 eriée à la porte de l\u2019église, les réunions du Jour de l\u2019An et des Jours-Gras, et surtout la corvée, sont en honneur.Quand il s\u2019agit de « lever » une grange ou de charroyer du bois de chauffage pour une famille pauvre, il faut voir avec quel entrain les hommes de la localité coopèrent gratuitement à la tâche.Chacun sait que les Cantons de l\u2019Est ont été conquis d\u2019arrache-pied par nos compatriotes sur l\u2019élément de langue anglaise.Les anciens maîtres se sont retirés devant le flot envahisseur des « Canayens ».Quelques familles d\u2019expression anglophone se sont assimilées.En s\u2019effaçant, Anglais et Ecos- sais ont laissé derrière eux une série de locutions qui déparent la langue francaise dans la région.On y dit toujours un « cantdog », un « crowbar », un « shed », un « horse-power », un « sac de fleur » (flour), pour « un sac de farine », ete.Cette croûte prendra du temps à disparaître.Pour se rendre au « pays » décrit ci-haut, on peut prendre place sur les trains du Pacifique-Canadien qui passent par Sherbrooke et Lac-Mégantic et filent vers Halifax.Avant d\u2019arriver dans la Reine des Cantons de l\u2019Est, le voyageur a l\u2019avantage de contempler les magnifiques lacs Magog et Mem- phremagog.On peut aussi se diriger vers Québec, puis là ou à Lévis s\u2019installer sur le Québec Central, le chemin de fer le plus bilingue qui soit.Quand même il n\u2019y aurait pas un seul voyageur de langue anglaise sur le train, et lors même que le nom de la localité où l\u2019on fait halte se prononcât presque de la même manière dans l\u2019une ou l\u2019autre des deux langues officielles du pays, le crieur, fidèle à la consigne, lance, par exemple, « Saint-Sébastien », puis « Saint-Sebastian », ete.Reste aussi le vertigineux automobile qui peut s\u2019amener sur la grande route Lévis-Sherbrooke en passant par les principales paroisses de Frontenac.Un camarade du journalisme a eu la bonne fortune de faire ce trajet l\u2019été dernier, et ne s\u2019en est point repenti.Gervais LACHANCE. \u201cis INE \u2018 4 \u2018 iy iy i Hl i, my ve 8 338 LA REVUE NATIONALE LA PENETRATION FRANCAISE ET L\u2019'OUEST CANADIEN On a longtemps parlé avant la guerre de la survivance francaise en Alsace-Lorraine et des courageux efforts et sacrifices qui permirent aux provinces annexées au Reich de garder toujours intacts l\u2019amour et le culte fidèle de la mère- patrie.À l\u2019instar de leurs cousins d\u2019outre-mer, à la porte de I\u2019Ouest canadien, des groupes de langue française, presqu\u2019un petit peuple, lutte, bataille, respire et vit pour la pensée et la culture latine.Il y a quelque trente ans, c\u2019était de croyance presque générale dans la province de Québec que ces embryons de nationalités devaient disparaître dans un mouvement unificateur similaire à celui qui fit les Etats-Unis.On ne semblait pas encore réaliser que ces agglomérations des nôtres presque noyés au milieu d\u2019une population anglaise, américaine, scandinave ou slave, possédaient une organisation de premier ordre, une organisation reposant sur une armature éminemment solide et durable, flexible, qui partout subissait le choc sans effort, le clergé.Malgré cette illustration frappante d\u2019un peuple qui veut vivre, on avait cru pendant un certain temps que l\u2019émigration des nôtres dans les Provinces des Prairies était aussi regrettable que celle qui se dirige vers les Etats-Unis.T] a fallu plus de cinquante ans de labeurs acharnés et de combats de !a part de ces pionniers français de l\u2019Ouest pour nous convaincre d\u2019une façon décisive et impressionnante de la possibilité, et ce qui est plus, de la certitude de survivre là- bas.Nous avons été trop lents à comprendre.La province de Québec est pourtant le phare qui illumine et trace la route à tout ce qui est français sur ce continent.Elle semblait oublier ses enfants dans les provinces des Prairies.lt By eut ion of: LE PENETRATION FRANÇAISE ET I\u2019OUEST CANADIEN 339 La vague d\u2019intolérance et de fanatisme balayant les provinces anglaises de 1900 à 1914, changea la situation du jour au lendemain et sauva nos établissements de l\u2019Ouest.Aux premiers appels lancés par les siens à la suite de la violation de leurs droits, le vieux roc de Québec a répondu.L'esprit de la résistance, de la lutte et de la vie s\u2019est réveillé.On a regardé bien loin par-delà les lacs, les forêts et les plaines et dans toute la vallée du Saint-Laurent on s\u2019entretenait de ces populations parlant la même langue que la nôtre et que seule l\u2019influence et le prestige de la vieille province pouvait sauver.Nous nous rappelons l\u2019attitude prise par la députation francaise aux Communes Canadiennes.L\u2019Ouest français marcha avec Québec qu\u2019il considère comme une mère-patrie.De l\u2019Est à l\u2019Ouest, on pouvait entendre ce cri vibrant d\u2019un peuple qui se lève: Nous tiendrons! Ces moments difficiles et sombres sont passés.La guerre et ses conséquences ont apaisé en quelque sorte la violence des luttes de race.La situation faite à la population française du Manitoba bien qu\u2019irrégulière et vexatoire ! ne doit pas nous décourager.Dans un avenir très prochain nos droits seront reconnus.Les nôtres là-bas sont pourvus de ce qui doit faire la force et assurer la vie de tout groupement ethnique.Les Canadiens-fran- cais de l\u2019Ouest ont fondé des paroisses et des municipalités en s\u2019inspirant d\u2019un système presque identique à celui qui existe dans la province de Québec.Ce système a fait ses preuves.Il est le sauveur de la race française en Amérique et ne pouvait recevoir une plus éclatante confirmation de son efficacité lorsque Mgr Baudrillart en recommandait l\u2019adoption par la France, auprès du Saint- Siège.2 Il a groupé autour du clergé, la seule autorité officielle reconnue, des activités, des forces inquiètes de l\u2019avenir mais voulant vivre et grandir à tout prix.1 Educational Laws of Manitoba, Supreme Court of Canada, 1915.2 Voir: Rapport de la Mission Fayolle, Paris, et Memorendum de Mgr Baudrillart à Rome. = bi I H LA REVUE NATIONALE Tous ceux de sang francais, établis dans I\u2019Ouest, se sentant écrasés et étouffés par l\u2019élément étranger se sont d\u2019instinct rapprochés.Ils ont formé à l\u2019ombre de chaque clocher un groupe diligent, tenace et capable de se suffire à lui-même.L\u2019érection d\u2019un grand nombre de paroisses de langue française était un fait accompli il y a trente ans.Aujourd\u2019hui, Saint-Boniface se trouve le coeur d\u2019une région habitée par près de quarante mille des nôtres.Tendant la main à celui de Régina, l\u2019archidiocèse de Saint-Boniface, sous la direction de la belle et sympathique figure de Mgr Béliveau, soutient les nôtres et surveille de concert avec son distingué et vénérable ami, Mgr Mathieu, le progrès de l\u2019infiltration française.Tous deux reconnaissent la situation arbitraire où se trouvent les nôtres mais comme le disait, à l\u2019auteur de l\u2019article, Mgr Béliveau: « Nous sommes en mesure de croire que la situation actuelle ne peut durer et qu\u2019il nous sera fait dans un avenir très rapproché des concessions importantes.» Pour le moment, il faut voir les choses telles quelles et sans se décourager.On demande là-bas une aide et une collaboration adéquate.Il est regrettable que devant cet état de choses on semble croire assez peu dans Québec au danger de l\u2019école neutre et séparée.subventionnées d\u2019une façon très aléatoire.Cependant.il suffit de descendre à Winnipeg, Saint-Boniface et Régina, pour que le plus sceptique jette le cri d\u2019alarme et reconnaisse du fond du coeur que l\u2019instruction chrétienne, sous le contrôle du clergé et donnée en français, est la seule chose, absolument la seule chose qui puisse sauver les nôtres.C\u2019est donc un devoir presque sacré pour la députation francaise au fédéral que de faire sentir et apprécier son influence.A l\u2019heure actuelle cela aurait peut-être pour effet de ramener le gouvernement provincial du Manitoba à des dispositions favorisant un compromis libéral.Nous reconnaissons que dans la pratique et malgré la loi du désaveu le fédéral ne peut aucunement s\u2019ingérer et vouloir changer les statuts et lois du Manitoba.Mais il existe un remède à cette situation anormale et humiliante. LE PENETRATION FRANCAISE ET L'OUEST CANADIEN 341 Comptant comme une quantité qui est loin d\u2019étre négligeable à la législature du Manitoba, les nôtres, et c\u2019est leur opinion, trouveront leur salut dans une émigration de la province de Québec vers l\u2019Ouest.Alors que ceux de langue anglaise émigrent plus volontiers aux Etats-Unis chassés par la dépression économique d\u2019après-guerre, les nôtres, toutes proportions gardées, ont perdu un nombre insignifiant des leurs.D\u2019après les recherches des autorités ecclésiastiques, à même de constater le nombre de la population française du Manitoba, voici ce qu\u2019on nous assure.Le vote de langue francaise faible, il y -a vingt ans, est maintenant égal ou à peu près au vote anglais dans les comtés bilingues.Des indications très sérieuses permettent de croire que dans quelque dix ans, plusieurs de ces comtés n\u2019enverront plus à la législature provinciale que des députés de langue française.C\u2019est justement de là que doit venir le salut.Une représentation parlementaire qui compte, lors même qu\u2019elle serait forcée de jouer le rôle d\u2019un parti centre, voilà, comme le disait Mgr l\u2019Archevêque de Saint-Boniface, ce qui peut réussir à abroger la loi Norris.Mais ici, on se heurte à une difficulté, apparente pour les uns et réelle pour les autres.Je veux dire l\u2019émigration de Québec de la population française.Il existe dans notre province tout un parti ou plutôt toute une école qui veut restreindre le développement de l\u2019élément français aux bords du Saint-Laurent.Ces milieux consentiraient volontiers à laisser à leur sort les avant-postes de l\u2019Ouest.Plusieurs partagent cette opinion sincèrement.D\u2019autre part si on faisait une inspection consciencieuse des établissements canadiens-français du Manitoba, nul doute que tous reviendraient ayant changé leur jugement.Is devront réaliser devant la bataille continuelle qui se livre là-bas qu\u2019il est insensé de sonner la retraite.Les nôtres ont des droits historiques et imprescriptibles à la survivance.Les laisser, ce serait trahison.Le jour où Québec cessera d\u2019appuyer et d\u2019aider de son prestige les rameaux qui lui sont fidèles bien qu\u2019affreusement a iN 1 eH 1, { À a d gate ere 342 LA REVUE NATIONALE secoués par la tempête, la vieille province perdra son auréole de valeur et d\u2019amour de la liberté.Les provinces anglaises de l\u2019Atlantique au Pacifique regardent Québec comme quelque chose de fort, d\u2019imposant, le pilier de la Puissance du Canada.Bien qu\u2019en certains quartiers les sentiments sont plutôt réservés, une chose s\u2019impose à tous.Québec dirige les destinées canadiennes.On a vu qu\u2019aussi longtemps que le Canada suivra son exemple, nous serons à l\u2019abri des aventures dangereuses et le bien-être du peuple canadien sera sauvegardé.Comme nous le voyons, nous disposons d\u2019une force qu\u2019il est bon quelquefois de constater.Or dans ces conditions, pouvons-nous laisser les nôtres là-bas?Et même, sous le prétexte que l\u2019Ouest sera toujours contre l\u2019Est et que l\u2019émigration des nôtres vers l\u2019Ouest est une perte pour l\u2019influence fran- caise?Assurément, non! Si du Manitoba on nous demande un appui financier pour soutenir les écoles séparées ou encore une action efficace de nos députés de Québec aux Communes, gardons-nous de rester sourds aux appels de nos freres?Nous devons continuer l\u2019oeuvre commencée par Mgr Taché et aider les institutions religieuses et patriotiques qui, pendant plus d\u2019un demi-siècle se sont efforcés de garder un coin de Québec dans les Prairies.Cultivons nos relations avec ce nouveau Québec.Que la coutume s\u2019établisse d\u2019envoyer de temps en temps des missions françaises là-bas.Soutenons nos sociétés nationales établies dans chaque village canadien-francais.Elles forment un lien qui unit la mère à la fille et qui sert à sauvegarder les droits acquis par les nôtres en fondant et en ouvrant cette partie du Canada à la civilisation.Nous savons ce que seraient aujourd\u2019hui Winnipeg, Regina et tant d\u2019autres villes sans les pionniers venus de Québec.Si ces exemples d\u2019héroïsme et d\u2019endurance laissés par les pères de l\u2019Ouest sont un stimulant pour les descendants qui luttent sur les lieux mêmes de tant de sacrifices, que seront- ils pour nous?Ils doivent nous rappeler notre devoir.BITTER] fis Sor ges Tant d he ds fran AdQ LE PENETRATION FRANÇAISE ET L'OUEST CANADIEN 343 Ils nous disent qu\u2019alors que les nôtres seraient dans une situation désespérée, Québec n\u2019a pas le droit de laisser périr ceux qui comptent sur son assistance.Mais pourquoi douter de l\u2019esprit de coeur et du patriotisme de la mère de la Confédération?Québec a reconnu depuis longtemps la voie à suivre.Chaque année elle aide de toutes façons à améliorer la situation des nôtres.Actuellement, par suite des pressions exercées de tous côtés, on tolère au Manitoba des accommodements avec la loi Norris.On a préféré fermer l\u2019oeil et laisser faire.Des religieux enseignent les dogmes de la religion et en francais.Devant toutes les autres provinces qui regardent attentivement, bien loin dans l\u2019Est, se dresse une force.Cette puissance, qui s\u2019affirme à son tour comme la marée montante, c\u2019est la race française, tenace, comme à Verdun, dans la vieille province de Québec.Roland-Gilles MOUSSEAU.FONDEE EN 1885 BOULANGERIE MEDARD PAQUETTE Dirigée par la succession de feu Médard Paquette.PAIN ORDINAIRE \u2014 PAIN DE FANTAISIE \u2014 FARINE DE PREMIERE QUALITE \u2014 CUISSON SOIGNEE.PRIX MODERES.Spécialité: PAIN « KNEIPP» pour la Dyspepsie.18 ouest, boulevard SAINT-JOSEPH - Montreal Tél.: Belair 0863 344 LA REVUE NATIONALE SOIGNONS DONC NOTRE LANGAGE ! par ALFRED DeCELLES, fils Continuons à recueillir des anglicismes ! Point n\u2019est besoin de faire un effort considérable pour en trouver ! Donc, à l\u2019oeuvre! Son frère l\u2019a backé.Cela signifie que son frère lui a donné de l\u2019appui! I va speeder son joual!!! Ceci se passe de commentaires! Le patron m\u2019a donné un tip: un pourboire.Le boat est accosté au pier.Il faudrait dire: le bateau est accosté au quai ou à la jetée.On dit fréquemment la laundry, quand il faudrait dire la buanderie.Un stimpe signifie un timbre.Comme équivalent, c\u2019est un peu pauvre! Mettre le comforter sur le lit! Mettre le couvre-pied sur le lit.Ce n\u2019est pas précisément se forcer la tête que de parler ainsi! Cette photographie est bien sharp; claire ou nette serait préférable.Comment aimez-vous cette phrase-ci?Monsieur Un Tel, il est donc slow! On travaille bin fort, i nous font toffer en grand! À Ottawa, à Montréal et à Québec, j'ai trouvé des perles de ce genre! Ceci, naturellement est du parler populaire! J\u2019ai tout mon fret à biler.J\u2019ai souvent entendu des tournures de ce genre chez des comptables.Un homme de spare! Voila qui s\u2019appelle bien parler! Il ne serait pas tellement plus difficile de s\u2019exprimer ainsi, tenez, par exemple: de réserve, disponible ou encore de rechange; mais pas spare, de grâce! Voici encore une trouvaille: une canne d\u2019eau! En anglais on dirait: \u201ca can of water\u201d.On pourrait avantageusement substituer à cela l\u2019un des mots suivants: pot, ou bidon.fran excl frig frag ca i | jig 1 de { ma {RI Il des Ing hog Ne à.r I SOIGNONS DONC NOTRE LANGAGE 345 Patcher, on emploie souvent ce mot au lieu de rapiécer.Tester quelque chose, s\u2019emploie incorrectement dans le sens de faire l\u2019essai ou l\u2019épreuve.Ce terme impropre arrive directement de l'anglais: \u201cto test something \u201d.Ceux qui fréquentent les photographes entendront bien des locutions vicieuses dans leur conversation.On dit presque toujours: une plate au lieu d\u2019une plaque; un shutter, au lieu d\u2019un obturateur, pour ne mentionner que ces deux-là.Le meter prend trop souvent la place du compteur.Il est facile de constater par les exemples cités plus haut, qu\u2019en bien des cas on pèche sérieusement contre l\u2019esthétique de notre parler.Donnons encore quelques échantillons.En voici qui sortent un peu de la banalité! On se sert parfois d\u2019une grande voiture à bancs, pour transporter des voyageurs, ou faire des parties de plaisir ou excursions, que les Anglais appellent \u2018van \u201d (for pleasure trips).Quelle ne fut pas ma surprise de trouver, à Hull, la traduction suivante écrite, comme annonce, sur les côtés de cet intéressant véhicule: van de plaisir! On lira souvent dans certains journaux (colonne des petites annonces), qu\u2019une couturière demande des fitteuses et qu\u2019un fabricant de cigares cherche des buncheuses! Une bonne joke: une bonne farce.Ginger ale: bière de jingembre.Des tôsses: des rôties, ou pain grillé.Des pinuts: des arachides.Pedleur: colporteur.Track: voie ferrée.Free: gratuit.Un boulanger me disait, il n\u2019y a pas longtemps: « l\u2019me res pu pantoute de gros pain, mé j\u2019va vous laisser ane tite lôfe ».Réellement, ceci dépasse toutes les bornes du parler populaire! C\u2019est un véritable « jargon bariolé ».! Sans construire de tour de Babel pour escalader le ciel, nous marchons inévitablement vers une -nouvelle confusion des langues! Encore quelques années de ce règne du caprice individuel dans notre parler, et il nous faudra des interprètes pour nous faire comprendre les différents dialectes qui parsèmeront alors le Canada français! 346 LA REVUE NATIONALE ills A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE |= GERIN-LAJOIE.On a fêté le mois dernier la mémoire de Antoine Gérin- Lajoie, l\u2019auteur de Jean Rivard.Gérin-Lajoie est probable- jai ment l\u2019économiste le plus clairvoyant que nous ayons eu et l\u2019un: || \u2014 de ceux qui ont le plus fait pour la saine orientation de nos : activités économiques.Il y a su voir autre chose qu\u2019une ques- mi tion d\u2019argent et comprendre que la vie et le progrès réel d\u2019un le peuple consiste avant tout à garder et à développer ses quali- (et tés fondamentales et non à entasser des écus.1 i Pour Gérin-Lajoie, la voie normale où il fallait avant tout, {| % pousser nos gens était la culture qui assure la possession du {| la sol et l\u2019accroissement des véritables sources d\u2019énergies nationales.Alarmé déjà par le flot montant des professionnels dévoyés, il a voulu jeter un cri d\u2019alarme et montrer que le sot orgueil d\u2019être ou notaire ou avocat ou docteur, conduisait chaque année des centaines de jeunes gens à une vie inutile et parasitaire où ils gaspillaient leurs talents sans profit pour eux-mêmes et pour le pays.Déjà à cette époque, les villes et les Etats-Unis exercaient sur les campagnes leur terrible fascination.Il voyait les « habitants » ignorés, méprisés par la soi-disant classe d\u2019élite, las et désabusés s\u2019en aller vers une vie qu\u2019ils jugeaient moins dure.Gérin-Lajoie a voulu faire comprendre la noblesse du colon, de l\u2019 «Habitant » de ces humbles qui engendraient une race forte et saine, faire naître dans le § coeur de tout Canadien-Francais le respect profond de ces | i travailleurs.i Cet avertissement n\u2019eut pas dans le temps l\u2019importance bi qu\u2019il méritait.On en comprend la portée aujourd\u2019hui, maintenant que le colon refuse de s\u2019enfoncer dans la forêt, que l\u2019habitant avide d\u2019une vie plus luxueuse et plus facile s\u2019en va Ne en ville.Nous n\u2019avons pas à établir les responsabilités, mais nous ne pouvons que déplorer que le livre de Gérin-Lajoie n\u2019ait pas donné naissance à un grand mouvement vers la terre.Une bonne partie de la population aujourd\u2019hui gangrenée de nos RH ROB RR OHS HHA HE ANU THY RRAATIRAAAET PTT CRE IRR Re 347 A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE villes occuperait des vastes espaces du sol canadien.Il y aurait moins de cinémas dans les villes, mais plus de familles fortes et courageuses dans les campagnes nouvelles, de coeurs droits et d\u2019ames croyantes.Jamais le livre de Gérin-Lajoie n\u2019a été d\u2019une actualité plus grande, et une leçon plus poignante en face du tourbillon de luxe et de cupidité qui fait le désert dans nos campagnes et le vide dans nos foyers.LA CROIX DU MONT ROYAL.D\u2019aussi loin que la vue s\u2019étend, l\u2019étranger apercoit sur le mont Royal, la croix gigantesque élevée par la Société Saint- Jean-Baptiste.Le spectacle est d\u2019une grandeur merveilleuse.Cette croix continue à des siècles de distance la tradition établie par Jacques-Cartier, Champlain et Maisonneuve.La Société Saint-Jean-Baptiste a eu là une idée grandiose dont il convient de la féliciter.L\u2019AFFAIRE DE WEMBLEY.Il se trouve toujours de bonnes gens prêtes à voir tout rose dans l\u2019âÂme gouvernementale.D\u2019aucuns seraient volontiers prêts à abandonner le souci de défendre nos droits à nos amis de Toronto.Il y a des âmes qui sont ainsi d\u2019une inaltérable quiétude.L\u2019affaire de Wembley vient démontrer une fois de plus qu\u2019une minorité ne fait respecter ses droits même les plus élémentaires qu\u2019à force de réclamations.Lors de l\u2019exposition de Wembley, le gouvernement a envoyé des fonctionnaires anglais unilingues et deux fonctionnaires parlant francais.Un nommé M.Dubois d\u2019Ottawa, s\u2019étant présenté au pavillon canadien comme étranger, on lui à dit avec beaucoup d\u2019aplomb que l\u2019anglais est la seule langue officielle au Canada et que le fameux règlement XVII contre le français en Ontario, est l\u2019oeuvre de sir Wilfrid Laurier, ainsi que nombre d\u2019autres balivernes.Voilà la belle réclame que les employés officiels du gouvernement nous ont fait à Wembley.Après cela on viendra protester de ses belles intentions lorsqu\u2019il nous laisse dénigrer si loyalement par ses employés sans que ceux-ci en soient autrement incommodés.Nous comptons que nos députés sauront demander une réparation éclatante et juste. 348 LA REVUE NATIONALE UN AUTRE HOMMAGE AU FRANÇAIS.Nous ignorons s\u2019il y a de la fatalité, mais il est étonnant comme les accrocs à la langue française se multiplient.Des journalistes ont demandé récemment au sous-ministre de l\u2019immigration s\u2019il y a des formules françaises pour les émigrants.« Nous n\u2019en avons pas, a répondu le personnage en question, et nous ne voyons pas la nécessité d\u2019en avoir.» Nous ne croyons pas que le gouvernement soit responsable de la sottise de ses employés.Mais il y a là la preuve de la mauvaise volonté de tout un groupe important de fonctionnaires.Si le gouvernement tolère cet état de choses les électeurs québécois sauront, espérons-le, le lui faire sentir.ENCORE LE FRANÇAIS.Il n\u2019y a à Montréal dans le personnel des douaniers du département de l\u2019épicerie et des produits alimentaires, qui ont affaire au public, aucun employé qui parle le français.C\u2019est du propre pour une ville comme Montréal.Il y a là la preuve que le gouvernement bien que ne nourrissant pas de sentiments hostiles ne se dérangera pas pour remédier à la situation injuste et anormale faite partout au français, que si on l\u2019ennuie suffisamment.Il serait bon que chacun en prit note et agît en conséquence.UNE DELICATESSE POUR NOUS.M.Philippe Pelletier, assistant sous-ministre au secrétariat à Londres, vient de donner sa démission pour cause de santé.Un Canadien français devait normalement lui succéder.Le gouvernement par principe d\u2019économie supprime le poste et passe les fonctions de M.Pelletier à G.R.Shibley; unilingue de Toronto entré au service de M.Pelletier, il y a quelques années.Il est curieux de constater que depuis un an, le gouvernement pratique l\u2019économie surtout en supprimant les emplois occupés par des Canadiens français.à oi du ÿ lu | I mi ni Is es om =a rte Sor Eos =, Eat = ant A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE L\u2019INSTRUCTION OBLIGATOIRE.L\u2019affluence des enfants aux écoles dans notre province est telle que les écoles sont insuffisantes pour les recevoir tous.Voilà qui enchantera sans doute les citoyens qui criaient il y a quelques années que nos enfants refusaient de s\u2019instruire.SYSTEME NEFASTE.On rapporte qu\u2019un magasin de Juif de la rue Sainte- Catherine a vingt-deux mille clients qui chaque semaine viennent lui verser au moins un dollar pour achats faits à crédit.L\u2019on dit également que de pareils cas sont fréquents.Le fait n\u2019a pas besoin de commentaires.GASPILLAGE D'HOMMES ET D\u2019ARGENT.Sir Arthur Currie a déclaré que durant la guerre, le Canada avait envoyé cent mille soldats inutilisables et dépensé inutilement cent cinquante millions.La gloire est passée et les dettes sont restées.CONGRES DE CULTIVATEURS.Les cultivateurs se sont réunis derniérement en congres à Québec.Ils ont rencontré de l\u2019hostilité au début, mais ont finalement remporté un grand succès.Nous n\u2019avons pas à discuter le bien ou mal fondé de l\u2019opposition que le congrès a subie.Nous sommes heureux de constater que les congressistes ont voulu faire oeuvre utile et ont strictement éliminé les discussions oiseuses.Nous leur souhaitons un succès complet.BEL ECHANTILLON DE SINCERITE AMERICAINE.On se rappelle que lors du combat de boxe entre Firpo et .Wills, un pasteur protestant s\u2019était démené comme un diable pour y mettre le hola.Le même bonhomme a avoué il y a quelque temps qu\u2019il avait été payé par un promoteur du combat pour organiser tout ce chahut simplement dans le but de faire de la réclame.La vertu de nos voisins a parfois de singuliers dessous. 5 I a IN i iH a i TET Ri: I i SE He iH ts H tl | 350 LA REVUE NATIONALE EXCELLENTE NOMINATION.M.le juge Thibodeau Rinfret vient d\u2019être nommé juge de la Cour suprême.La presse du pays et les autorités s\u2019accordent à proclamer que la Cour suprême fait en M.Rinfret une acquisition précieuse qui l\u2019honorera.M.Rinfret prend place aux tout premiers rangs des compétences de la Cour suprême.C\u2019est un honneur pour notre race et un hommage bien mérité à M.Rinfret.L\u2019ARGENT TOUT PUISSANT.Au début de leur procès, Léopold et Loeb, les deux atroces meurtriers que chacun connaît, s\u2019étaient vantés d\u2019échapper à la peine de mort par leur argent.On connaît le résultat.Les vertueux journaux américains qui trouvent notre justice barbare et idiote pourront réfléchir longuement sur ces considérants.Est-ce que Leopold et Loeb avaient tort?HEURE NORMALE.Nous sommes revenus à l\u2019heure normale, Ces changements ont causé beaucoup d\u2019ennuis, d\u2019erreurs et de malaises.D\u2019autre part on ne voit pas que personne y ait énormément gagné.Le moins que l\u2019on puisse exiger à l\u2019avenir, c\u2019est que tout le monde s\u2019entende pour fixer une heure commune.Le mieux serait de convaincre ceux qui veulent travailler plus à bonne heure, d\u2019agir à leur fantaisie, sans embêter leur prochain.Si Pierre veut se lever à 6 heures, nous ne voyons pas par quelle justification il s\u2019arroge le droit de déranger son voisin.LE DOCTEUR SERGENT.M.Athanase David a pris l\u2019initiative de faire donner à travers la province des cours spéciaux par de grands spécialistes européens.Nous ne saurions trop l\u2019en féliciter.Les journaux n\u2019y ont pas manqué.M.David permet ainsi à ceux qui n\u2019ont pas les moyens ou la faveur d\u2019aller faire un courg d\u2019études en France, de se renseigner tout aussi bien, sans dépenses appréciables pour la province et avec des résultats centuplés.A.GAGNON. ge de or.Le Dace Gi érité 088 er à Les bar- ide- CHRONIQUE DE LA SOCIETE 351 Cours publics du Monument National.Notre Société a recommencé avec le mois d\u2019octobre à donner au Monument National et dans quelques endroits de la ville ses cours gratuits du soir.Signalons également la reprise des conférences du dimanche au Monument National dont entrée est gratuite.Le sujet de ces conférences et la valeur des conférenciers devraient attirer tous les dimanches, comme par le passé, un auditoire nombreux qui profitera sans doute des enseignements si utiles qu\u2019on y donne.M.le docteur C.-N.Valin, dermatologiste et professeur à l\u2019Université de Montréal continue ses conférences sur l\u2019Hygiène, tous les dimanches après-midi à 2.30 heures.M.J.-B.Lagacé, maître ès-arts et professeur à l\u2019Université de Montréal donne ses conférences sur l\u2019Histoire de l\u2019art les deuxièmes et quatrièmes dimanches du mois à 8 heures du soir.M.Pierre Sainte-Marie, professeur à l\u2019Ecole des Hautes Etudes commerciales de Montréal, donne une série de conférences sur la Géographie humaine les premiers et troisièmes dimanches du mois à 8 heures du soir.Sur semaine, les cours gratuits du soir portent sur les sujets suivants : Grammaire française ; Langue anglaise, (classe élémentaire) et Langue anglaise, (classe avancée) ; Sténographie, (classe élémentaire) et Sténographie, (classe avancée) ; Clavigraphie et tenue de bureau ; Elocution ; Langue française (pour personne de langue anglaise).Pour suivre ces cours, il faut s\u2019inscrire au plus tôt, en s\u2019adressant au secrétaire des cours, le soir, au Monument National. 3 1 a; i! AH 5 N 352 LA REVUE NATIONALE Souvenirs d\u2019un défilé historique.Nos sections apprendront avec plaisir sans doute qu\u2019elles peuvent se procurer la série des photographies des chars historiques et allégoriques qui figuraient dans le défilé imposant et vraiment artistique du 24 juin dernier.Le Conseil général a pris l\u2019initiative de faire imprimer un certain nombre de séries de ces photographies qui sont très bien réussies, et il les offre en vente au prix qu\u2019elles lui coûtent.La série complète compte vingt-sept sujets et se vend au secrétariat de la Société, au prix de $13.50, soit 50 sous par copie, mesurant 8 x 10 pouces.Plusieurs sections peuvent s\u2019entendre pour acheter conjointement une série complète qu\u2019elles se partageront ensuite en répartissant la dépense.La chose est fort pratique, et le souvenir intéressant que rappellent ces photographies justifie certainement un tel achat.Comme le nombre de séries disponibles est restreint, on ferait bien de se hâter.Formation de guides pour Montréal.Le Conseil général de notre Société inaugurera bientôt au Monument National une série de cours destinés à former des guides richement pourvus de connaissances au point de vue de nos sites historiques, de nos édifices religieux et artistiques, qui feront connaître aux touristes étrangers les précieux souvenirs que possèdent Montréal et ses environs.Une telle initiative saura certainement contribuer à la bonne réputation de notre ville et de notre région et sera vivement appréciée par les étrangers qui viennent chaque année nous visiter.Ils pourront ainsi conserver de Montréal des souvenirs vraiment intéressants qui leurs rappelleront les nobles origines de notre métropole, en même temps que ses beautés véritables.L\u2019Association du tourisme de la province de Québec a déjà promis son appui généreux à cette initiative, et la Société historique de Montréal prêtera son concours à notre Société dans cette organisation.La valeur de ces cours au point de vue scientifique sera donc une chose indiscutable, et leur organisation recevra l\u2019approbation générale.LE CHEF DU SECRETARIAT.TNR RAR - IS TTT TTS TN LI LIC FO CPU .A HPI TEI TUTTI PEPU PRPRPTPE PORTE] LA BANQUE D\u2019'HOCHELAGA avec laquelle s\u2019est fusionnée LA BANQUE NATIONALE Siège social: , Place d\u2019Armes, Montréal Capital versé et réserve .$11,000,000.Actif total, plus de .$120,000,000.La grande banque du Canada français 266 succursales au Canada \u2014 216 dans la Province de Québec \u2014 59 à Montréal N'OTRE PAIN.QUOTIDIEN Toute personne voulant avoir un pain qui digère bien, demande à son épicier le pain « VICTORIA » et le PAIN PARISIEN de J.-A.BROSSEAU, fait par des experts.Si votre épicier ne le tient pas, téléphonez au No.Saint-Louis 678.Nous donnons une garantie avec chaque paire de verres Servi «ers isi d'optique TAIT-FAVREAU, Limitée \"rise, Opticiens Optométristes L.FAVREAU, spécialiste 197, rue Ste-Catherine Est Tél.Est 7377 \\ EXIGEZ la marque « AUBRY » sur vos ustensiles de cuisine; ils sont reconnus pour avoir une très grande durabilité et nos cinquante années d'expérience les placent parmi les meilleurs sur le marché.\u2014 En vente chez les principaux quincailliers.600 DELORIMIER A.AUBRY & FILS, LIMITEE DELOGIMIER, Maison fondée en 1874.\u2014 Incorporée en 1914, QUAND vous achetez vos harnais.valises, couvertes, malles, etc, etc., exigez toujours la marque ALLIGATOR.LAMONTACNE Limitée 338 ouest, NOTRE-DAME, - MONTREAL Québec, P.Q.Winnipeg, Man.MADE IN CANADA ECOLE TECHNIQUE DE MONTREAL Cours du jour (Réouverture le.2 septembre 1924) Cours du soir (Réouverture le 7 octobre 1924) Préparation aux carrières industrielles ; enseignement théorique et pratique, donné le jour et le soir.70 ouest, rue SHERBROOKE Tél.: Plateau 1513 Prospectus sur demande DEA DRE DE DA SHANA FUEL EDP SOLDE LEADER APRIL SPEER PO RLIR FLPMA EEA SALAMA AA A ENE 04 DE0E 0440 EDR NA 2 Caisse Nationale d\u2019Economie _ -Encaissement Du ler janvier au ler octobre 1923 2 2° 2° 444140 $306,586.19 1924 371,768.83 Augmentation en 1924 sur 1923 $ 65,182.64 Recrutement 19232.2 24442 © 6,207 pensions 1924 ee ee eee 9,541 _ Augmentation en 1924 sur 1923 3,334 \u2014 95, rue SAINT-JACQUES - - - MONTREAL J.DeSERRES, gérant.| \\ Fondée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal .Nos principales fonctions: de fonds d\u2019amortissement.Administration ) de fortunes privées.de propriétés.de successions.Fiducies de toutes sortes.Achat et vente d\u2019obligations.Préparation d\u2019émissions d\u2019obligations.Liquidations et faillites.Prêts hypothécaires.Assurances générales.Agents pour transfert d\u2019actions et d'obligations.Tél.: Main 3365.J.DeSERRES, 95, rue SAINT-JACQUES Gérant.La Société Nationale de Fiducie "]
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