La revue nationale /, 1 novembre 1924, Novembre
[" i, ° © .; \u2019 ; .Se ANNEE - No 11 MONTREAL ÿ NOVEMBRE 1824 NATIONALE Organe de la Société Saint-J ean-Baptiste de Montréal .PARAISSANT LEK 10 DE CHAQUE MOIS - Notre nouveau président général © La Direction 357 La Croix du Mont-Royal .: .Aimé Parent 360 Notre expansion apostolique .Hermas Bastien 362 Les gouverneurs de la Nouvelle-France (suite) Benry-L.Auger 365 Albert Lévesque 369 .Gervais Lachance 375 A travers notre vie nationale .A.Gagnon 378 Réaction qui s\u2019impose .Un apôtre de l\u2019Ouest .Chronique de la Société .Le chef du secrétariat 382 Rédaction et Administration: 296, rue Saint - Laurent MONTRÉAL Abonnement annuel : $2.00 La livraison (chez les dépositaires) : 15 sous - Les abonnements à la REVUE NATIONALE commencent invariablement au ler janvier.\u2014 Pour tout changement d\u2019adresse, accompagner la demande de 5 sous en timbres-poste.3 - aies mets rt 2.ES iB.He HTX PM NMA ELH MAMA DA 1 AA PCL IAMS PALL LORRI Ei Vos EESILIMIELIML 14 LEIA LAS IBLE Aaa 2, La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Fondée en 1834 - » i : _ CONSEIL GÉNÉRAL: ~ Grand aumônier: Mgr PARCHEVEQUE DE MONTREAL.Président général: J.-V.DESAULNIERS, courtier en immeubles, 90, rue Saint-Jaeques.ler vice-président général: Léon TREPANIER, publiciste, 371, rue Sherbrooke est.| .Ze viee-président général: Guy VANIER, IL.L., avocat, 97, Saint-Jacques.Secrétaire général: J.-A, BARITEAU, notaire, 347, rue Maisonneuve.i Trésorier général : Aimé PARENT, administrateur, 51 est, rue St-Paul.» \\ Directeurs: L\u2019Hon.L.-O.DAVID, sénateur, 325, chemin Sainte-Catherine, Outremont.Thomas GAUTHIER, courtier, 11, place d\u2019Armes.: L\u2019hon.F.-L.BEIQUE, sénateur, 540, rue Sherbrooke Ouest.Victor MORIN, LL.D., notaire, 97, rue Saint-Jacques.Henry-L.AUGER, courtier en immeubles, 384, rue Ontario Est.J.-W.CADIEUX, comptable, 530, rue Grosvenor.J.-W, DEZIEL, administrateur, 182, Ave Notre-Dame de Grâces.~ < Chef du Secrétariat: Jean GUERIN, bureau No 1, Monument National, téléphone: Plateau 3768.x Corporations filiales de la Société: La Caisse Nationale d'Economie \u2014 la Caisse dè Remboursement \u2014 le Monument National \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.= - La Direction de la Revue Nätionale ne s\u2019engage pas à rendre les manuscrits non insérés._ Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs > articles, , x La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 296, rue, Saint-Laurent, et imprimée par ARBOUR BT DUPONT, imprimeurs- éditeurs, 249 est, rue Lagauchetière, Tél.: EST 6264.\u2018 ., > \u2019 CATHOLIO 25 ; 353 LA REVUE NATIONALE Ja Du THE consiste surtout dans Son arome riche et délicieux.des Essayez-le aujourd\u2019hui.1 Produits de Qualité Lait pasteurisé, 3 Crème, Beurre, Oeufs, Crème à la Glace 134 lo 0 7d LIMITER yfon gi LA REVUE NATIONALE La Banque Provinciale du Canada Capital autorisé .$5,000,000.Capital versé et réserve .$4,500.000.SOCIAL : SIEGE 7 et 9, place d\u2019 Armes, MONTREAL, Canada.CONSEIL D'ADMINISTRATION : Président: Sir Hormisdas LAPORTE, C.P., ex-maire de Montréal, de la maison Laporte, Martin, Limitée, Vice-Président du Crédit Foncier franco-canadien.Vice-Président: M.W.-F.CARSLEY ; Vice-President : M.Tancrède BIENVENU, administrateur de la Lake of the Woods Milling Co, Ltd.M.G.-M.BOSWORTH, vice-président du Canadian Pacific Steamships Ltd.L'hon.Némèse GARNEAU, C.L., Québec, Président « Les Prévoyants du Canada ».M.Emilien DAOUST, Président de la Librairie Beauchemin Limitée, Commissaire du Port de Montréal.M.S.-J.-B.ROLLAND, Président de la Cie de Papier Rolland, Limitée.350 succursales et sous-agences dans les provinces de Québec, Ontario, Nouveau-Brunswick et l\u2019Ile du Prince-Edouard.ENCOURAGEZ L\u2019INDUSTRIE NATIONALE Sr LES PRODUITS Sont Toujours les Meilleurs ! BEURRE, CRÈME DOUCE, CRÈME GLACÉE Montreal Dairy Co., Limited Tél.: EST 3000* II LA REVUE NATIONALE 355 L\u2019'OISEAU BLEU avec ses récits émouvants, ses contes illustrés, ses articles instructifs, ses histoires amusantes, constitue la revue idéale de la jeunesse.Abonnement annuel : Canada, 75 sous.\u2014 Union postale, $1.00.296, rue SAINT-LAURENT - - - MONTREAL LA BANQUE D'HOCHELAGA avec laquelle s\u2019est fusionnée LA BANQUE NATIONALE Siège social: Place d\u2019Armes, Montréal Capital versé et réserve .$11,000,000.Actif total, plus de .$120,000,000.La grande banque du Canada francais 266 succursales au Canada \u2014 216 dans la Province de Québec \u2014 59 a Montréal CADEAUX DE FETES POUR VOS ENFANTS Album de CONTES HISTORIQUES.\u2014- Grand cahier de 16 sujets en couleurs,chaque sujet contenant 12 images avec légendes, 50 sous, 55 sous franco.En vente chez tous les libraires et au secrétariat de la Société Saint-Jean-Baptiste, Monument National, Montréal.CARON FRERES Inc.NOUVEL EDIFICE CARON, Coin des rues BLEURY & CONCORD, Fabricants d\u2019Emblèmes de Sociétés et d\u2019Insignes de tous genres.Est 1328 Le soir: St-Louis 1935-J Résidence : Rockland 1052 \u201c 6 8048-J ALFRED MERCURE & FILS ENTREPRENEURS - GENERAUX 419, RUE LABRECQUE, - - - MONTREAL Spécialité: Charpente et Menuiserie \u2014 Estimateurs de Feu. 356 LA REVUE NATIONALE Qualite 35 ANS D'EXISTENCE Service LA REVUE NATIONALE imprimée dans nos ateliers, est une preuve de l\u2019excellence de notre travail.Nous imprimons tout : Cartes d\u2019affaires, entêtes de lettres, programmes, livres, revues, brochures, ete, etc., à des prix très modérés.Tél.: EST 6264 ARBOUR & DUPONT IMPRIMEURS - EDITEURS 249 est, rue Lagauchetiére, Montréal Prés de la rue Saint-Denis Le Caté \u201cPRIMUS\u201d (Fers-blancs 14, 1 et 2 lbs.) est un mélange des meilleurs cafés, grillés a point, qui donne cet arôme que rien n\u2019égale, cette saveur que rien ne remplace.ESSAYEZ-LE.L.Chaput, Fils & Cie, Limitée DISTRIBUTEURS MONTREAL 6e ANNEE \u2014 No 11 MONTREAL NOVEMBRE 1924 2 re re red se i LA REVUE NATIONALE i À SGOT ESE Shhh NOTRE NOUVEAU PRESIDENT GENERAL Pour succéder à M.Victor Morin, qui, pendant dix années a prodigué sans compter son dévouement et les fruits de son expérience à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, en qualité de président général, le Conseil général vient de choisir à l\u2019unanimité M.J.-V.Desaulniers, le plus ancien de ses officiers après les anciens présidents généraux siégeant encore au Conseil.En plus des longues années de services consacrées à notre Société nationale, par M.Desaulniers, \u2014 qui fait partie du Conseil général depuis 1911, \u2014 ses collègues ont toujours pu apprécier en lui les qualités d\u2019un patriote sincère, d\u2019un administrateur averti et d\u2019un citoyen intimement mêlé à nos activités d\u2019intérêt social et national.Cette nomination qui fait honneur à notre Société est en même temps une récompense bien méritée, décernée à M.Desaulniers, Les services que celui-ci a déjà rendus à notre Société et l\u2019unanimité qui a accueilli son choix démontrent que la succession de M.Victor Morin est tombée entre bonnes mains.Il convient ici de signaler avec quelle dignité et quel dévouement M.Victor Morin s\u2019est dépensé à la direction de la Société depuis dix ans.Et s\u2019il veut bien céder la présidence à l\u2019un de ses collègues, M.Morin, est encore prêt à faire bénéficier la Société de sa précieuse expérience.C\u2019est pourquoi, il LA REVUE NATIONALE = \u2014 i demeurera en qualité de directeur et d\u2019ancien président géné- à ral, l\u2019un des plus fermes soutiens de notre Conseil général.i Voici d\u2019ailleurs en quels termes M.Morin a prié le Con- 8 seil général de le relever de ses fonctions: E Montréal, le 11 novembre 1924.a A UM.les membres du Conseil général Ë de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.E Chers collègues, i Lorsque le dernier congrès électif a voulu me confier encore un a terme & la présidence générale de notre société, je n\u2019ai accepté le La renouvellement de cet honneur qu\u2019en vue de conduire à bonne fin i ; un projet qui m\u2019était cher: celui de donner à la métropole du Ca- hi nada, et par elle à tout notre pays, le caractère particulier que son fan {3 histoire a consacré et qu\u2019il appartient à notre société de lui impri- ih mer, en en célébrant les origines francaises et chrétiennes dans une a grande parade historique, couronnée par l\u2019érection d\u2019une croix vo i monumentale au sommet du Mont-Royal.| 0 Le mandat que j'ai accepté étant aujourd\u2019hui rempli par la lt he célébration solennelle des fêtes du 24 juin dernier, par la construe- i tion de cette croix qui domine toute notre ville et par la signature i d\u2019un contrat qui pourvoit a son illumination gratuite, je vous prie a de vouloir bien agréer ma démission de la charge de président géné- i ral que j'ai remplie pendant ces dernières dix années.i vi i Puis, après avoir énuméré les principales activités accom- a i plies par la Société durant les dix derniéres années de ses ter- qu i mes d\u2019office, M.Morin ajoute en terminant sa lettre: ; A Me a \u2018em À «En un mot, je crois que notre Société nationale mérite un të- de b moignage d\u2019activité dans les oeuvres qu\u2019elle a entreprises et d\u2019effi- for A cacité dans les résultats obtenus.A « 11 ne faut pas oublier cependant qu\u2019il nous reste encore beau- ; : i coup À accomplir.Les besoins de notre race sont nombreux dans a A tous les domaines; nous devons nous intéresser à la fois aux ques- % .tions nationales, sociales et économiques du peuple canadien-fran- E cais, et non seulement conserver nos positions mais en acquérir by 3 d\u2019autres, si nous voulons lutter avec avantage contre les éléments i A adverses qui nous entourent.ty À «Pour conduire cette lutte avec succès, il faut de l\u2019énergie, du : i jugement, de la bonne volonté, Il faut aussi du renoncement et la fy NOTRE NOUVEAU PRESIDENT GENERAL 359 ferme détermination de fournir sa tâche sans autre satisfaction que celle du devoir accompli.Dans ces conditions, le nombre de ceux qui sont disposés à sacrifier le temps nécessaire à la solution des questions d'intérêt public est d'autant plus restreint que, chez nous, presque tout est à conquérir, sinon à créer, et que, les fortunes étant rares, il faut travailler le jour à gagner le pain quotidien, et prélever sur les heures de repos le temps nécessaires aux oeuvres sociales.«Nous ne manquons heureusement pas de ces hommes de valeur et d\u2019action au conseil général, ni au dehors; aussi, n\u2019ai-je aucun doute que ceux qui seront appelés à la direction de notre société continueront et accentueront encore la portée des actes accomplis jusqu'ici.» Tous les membres de notre Société nationale voudront donc se joindre à nous pour adresser à l\u2019ancien président sortant de charge, l\u2019expression de notre sincère gratitude, et au nouveau président nos sincères félécitations et nos meilleurs voeux de succès et de prospérité dans la poursuite du but éminemment noble que se propose notre Société nationale en voulant « rendre le peuple meilleur ».LA DIRECTION.AUX AMATEURS DE GRAPHOLOGIE.\u2014 Nous continuons à recevoir de temps à autres des lettres adressées au Monsieur-à-la-Loupe, qui avait charge de la correspondance graphologique de la Revue Nationale, quand celle-ci était publiée sous un grand format.Tout en nous chargeant volontiers de faire parvenir ces lettres à destination nous devons faire remarquer à nos lecteurs qu\u2019ils gagneraient du temps et diminueraient les dangers de perte pour leurs lettres en les adressant directement au Monsieur-à-la-Loupe, aux soins de l\u2019ancien directeur de notre revue, M.Saint-Pierre, 6484 avenue Péloquin, Montréal.Par la même occasion, notre ancien graphologue nous prie de rappeler qu\u2019il a encore en sa possession des lettres dont les analyses sont faites sans qu\u2019il puisse les faire parvenir à leurs destinataires, celles-ci ayant négligé de lui donner leur nom et leur adresse.Tl s\u2019agit d\u2019une série de lettres, toutes venues en même temps, vraisemblablement d\u2019un pensionnat de jeunes filles, mais sans indication permettant d\u2019en retracer le point de départ.Les intéressés pourront se procurer leur analyse graphologique en communiquant leur nom et leur adresse au Monsieur-à-la-Loupe à l\u2019adresse donnée plus haut.LA DIRECTION.PO LA REVUE NATIONALE LA CROIX DU MONT-ROYAL En cette année 1924, quatre-vingt-dixième anniversaire de fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, la croix commémorative du voeu de Maisonneuve, érigée par les soins de notre Société, s\u2019élève majestueusement sur notre mont Royal.A ce propos, il est intéressant de rappeler qu\u2019il y a tout juste cinquante ans, que l\u2019idée de ce projet fut émise par M.l\u2019abbé Alexandre-Marie Deschamps, prêtre de Saint-Sul- pice, alors qu\u2019il prononçait le sermon à la messe solennelle de la fête de Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin 1874.Voici d\u2019ailleurs les conclusions de ce sermon historique, dont nous avons l\u2019avantage de retrouver le texte entier dans les archives de la Société.«Un jour, le Saint-Laurent débordait et menacait d\u2019engloutir au sein de ses flots les premières habitations de notre naissante colonie ; près de ses ondes furieuses un homme est à genoux.« O Dieu, s\u2019écrie-t-il, sauvez Ville-Marie, et nos mains élèveront à votre gloire sur le sommet de la montagne la croix de votre Fils, témoignage de notre reconnaissance.» Le flot s\u2019arrêta et trois jours après, gravissant la montagne, M.de Maisonneuve portait lui-même sur ses épaules et plantait au sommet du «Mont Réal » cette croix qu\u2019il avait promise à Dieu.Longtemps ce drapeau flotta sur la petite colonie.Il disparut depuis et il n\u2019a pas reparu.Vous me demandez mon drapeau?Le voici: et c\u2019est ce drapeau planté par une main s1 chère que je viens vous offrir de relever aujourd\u2019hui.Vous voulez un monument qui rappelle cette journée?En élèverez-vous un plus noble et plus digne de vous?La croix est le symbole de la charité et de l\u2019union.Elevez-là donc de nouveau sur le sommet de votre montagne et que de ses deux bras étendus elle protège toujours Montréal, elle protège toujours le Canada et tous ses enfants quelque soit le pays ou la terre qu\u2019ils habitent.Cette pensée est vraiment religieuse et pleine de patriotisme, elle est toute canadienne, et la meilleure preuve que je puisse en apporter, c\u2019est que, monseigneur, elle a trouvé un écho toute favorable dans votre coeur de père; vous y avez souri avec bonheur et nous vous prions de la consacrer de nouveau en répandant sur nous votre bénédiction qui, ite al, ar tre LA CROIX DU MONT-ROYAL 361 en assurant la réussite de ce projet, donnera pour jamais au Canada le plus beau symbole de foi religieuse et de patriotismë national.De ces lignes, nous pouvons conclure que c\u2019est assurément une des plus belles pages de l\u2019histoire de notre société nationale, qui s\u2019est écrite ce jour-là, et que le souvenir qui s\u2019en dégage est bien de nature à nous rendre plus chère cette croix du mont Royal, et à nous être un motif additionnel de réjouissance de voir ce projet réalisé.Nous souhaitons vivement que cette croix soit toujours le signe providentiel qui guidera notre foi et notre patriotisme.Oui, que cette croix demeure toujours le symbole de la charité et de l\u2019union qui doivent caractériser notre peuple, et que ces vertus plus généreusement pratiquées, soient la source inspiratrice de toutes nos activités.Aimé PARENT, Trésorier général.LES ARCHIVES DE LA SOCIETE.\u2014 Nos sociétaires liront sans doute avec intérêt, dans la présente édition, un article sur la Croix du Mont-Royal, par M.Aimé Parent, trésorier général.Ces réflexions Im ont été suggérées par la lecture de certaines pages des archives de notre Société, qui regorgent de faits intéressants.~ Aussi nous proposons-nous de puiser à l\u2019avenir dans ces souvenirs précieux et de les porter à la connaissance de nos membres, afin de leur faire mieux connaître notre Société, et la leur faire aimer davantage.Note de la Rédaction, SGEN 362 LA REVUE NATIONALE NOTRE EXPANSION APOSTOLIQUE Elle ajoute à notre histoire des pages et des chapitres nouveaux.Les circonstances, les dangers, les efforts diversifient les formes du dévouement.IL\u2019héroisme, souvent, ne change que de sphère.Il reste que la valeur d\u2019un peuple, dans le cours ordinaire de son existence, est décelée par son souci de la dignité morale.Une collectivité, comme un individu, doit s\u2019abstenir des attitudes révélatrices de la peur de vivre.Tant qu\u2019une nation sait s\u2019_émouvoir et garder l\u2019aptitude au dévouement pour les causes qui la magnifient, l\u2019historien a droit de croire à une destinée bienfaisante.Pour notre peuple, tiraillé par des influences qui le détournent de la droite voie, incapable de diriger ses efforts vers la préparation de son avenir, rien ne peut lui donner, mieux que notre expansion apostolique, la fierté et le sentiment d\u2019être une nation.Songez.Notre province est associée à un état colossal que des liens fragiles rattachent à un empire immense.Sa vie s\u2019exerce en fonction d\u2019un pouvoir central où l\u2019on nous rappelle trop souvent que nous sommes la minorité et les descendants de vaincus.La politique coloniale comprime nos aspirations.Or, voici que la foi nous permet d\u2019exercer outre-frontière une mission civilisatrice.Notre influence apostolique rayonne sur les deux Amériques et jusqu\u2019en Asie.Des témoignages spontanés nous assignent un des premiers rangs parmi les peuples missionnaires.Et l\u2019exode de nos apôtres se poursuit.Récemment, des Pères Blancs partaient pour l\u2019Afrique et des Jésuites pour la Chine.Le pape a confié à la province canadienne de la Compagnie de Jésus une vaste province chinoise peuplée de dix millions d\u2019habitants.Les dignes successeurs des missionnaires de 1625, dont on attend la béatification prochaine, des martyrs au pays des Hurons, s\u2019apprêtent à célébrer le glorieux tricentenaire de leur arrivée en Amérique, par l\u2019acceptation d\u2019un nouveau champ d\u2019apostolat.Dans quelques années, les premières recrues du Séminaire des Missions Etrangères, partiront à leur tour pour la région de la Chine i 5 ; pe _ fs nite 1 de NOTRE EXPANSION APOSTOLIQUE 363 officiellement confiée à notre race.Leur héroïsme et leurs mérites s\u2019inscriront au crédit de notre province.N\u2019allons pas l\u2019oublier.Cette manifestation apostolique de notre vitalité nationale nous honore infiniment plus que certaines actions d\u2019éclat qui provoquent notre allégresse puérile.Elle rehausse notre valeur humaine et donne à notre génération, vivant en un siècle dépourvu de magnanimité, une leçon continuelle d\u2019héroïsme.Aucune persécution, en notre province, n\u2019a détourné l\u2019Eglise canadienne des oeuvres intérieures: elles se sont décuplées.Cette expansion apostolique est donc un surcroît de générosité.A ce titre, elle témoigne de notre foi intacte.Si l\u2019on admet, comme un aphorisme, que notre race doit sauvegarder ses croyances et l\u2019esprit chrétien qui la sustentent, peut-être oublie-t-on la valeur nationale et sociale de la vie religieuse.Pourtant, toute notre histoire la proclame cette importance.Le catholicisme a sauvé la race mais cette préservation de la mort n\u2019aurait pu s\u2019effectuer s\u2019il n\u2019avait, par sa doctrine, intimement façonné et la famille et l\u2019individu.Si l\u2019on réfléchit, on ne peut imaginer tâche plus honorable pour un foyer catholique que de vouer un des siens à la vie religieuse.Plus se répand le progrès matériel, plus s\u2019exaspère l\u2019individualité avec ses tares.La civilisation moderne serait mal venue de prêcher le sacrifice aux parents.Il est même de son essence d\u2019accroître le goût du bien-être et de la mollesse.C\u2019est au catholicisme, qui développe la personnalité avec ses attributs, qu\u2019il faut demander la force de réagir là-contre.Pas de meilleure réaction au laisser-aller que l\u2019estime de la vie religieuse.Grâce à cette estime, la famille demeurera une source de dévouement.Nées d\u2019elle, des personnalités empêcheront par leurs vertus la masse de se gâter: par elle, se maintiendront les vies fécondes où le sacrifice compte; pour elle, se multiplieront les oeuvres qui secourent la famille en instruisant les enfants, en soignant les infirmes.Qui ne voit que la vie religieuse incite au respect des lois de la famille, et par là, fortifie la société dont la famille est la cellule? i ii i un A Nl: s s pm res 364 LA REVUE NATIONALE Les sociologues observent que le féminisme, poison de la vie de famille, ronge surtout les sociétés où n\u2019existe pas la vie religieuse que le protestantisme étouffe.En Angleterre, qui doit à son insularité un surcroît de femmes, la vie monastique ou religieuse, jusqu\u2019à la Réforme, a voué une partie de cet excédent à des besognes nobles.Depuis, un énorme déclassement s\u2019effectue qui crée nombre de mécontentes que le féminisme recrute comme adeptes.Les Etats-Unis, où sévit l\u2019industrialisme outrancier, où manque pour la masse athée la vie religieuse, sont devenus les châteaux-forts du mouvement féministe.Pour tous les peuples, l\u2019augmentation des préjugés contre la vie religieuse ou l\u2019abandon du culte des héroïsmes humanitaires sont des pronostics de malaises graves et des menaces d\u2019effondrement.En effet, les peuples, pour avoir une vie effective, ont besoin, tout comme les individus, d\u2019un idéal qui les soulève au- dessus du terre-à-terre.Pour une race catholique, quelle passion plus agissante que celle de co-opérer à l\u2019oeuvre de la civilisation dans les pays barbares?A la vie nationale, il faut avant tout de vastes horizons et une discipline morale.Or, l\u2019homme qui se sacrifie au labeur de prêcher cette discipline et se voue à la tâche d\u2019indiquer ces horizons, ne peut pas être un artisan inutile de sa patrie.Hermas BASTIEN.Pi nit Ae ne | cet me LES GOUVERNEURS DE LA NOUVELLE-FRANCE 365 LES GOUVERNEURS DE LA NOUVELLE FRANCE Résumé historique de leur administration -_\u2014\u2014 (suite) CINQUIEME GOUVERNEUR PAUL DE VOYER, VICOMTE D\u2019ARGENSON (de 1658 à 1661) Son administration, quoique courte, a été bien remarquable.C\u2019est sous lui que Mgr de Laval arriva à Québec, en 1659, accompagné de plusieurs prêtres séculiers (les premiers), et que fut fondé le Séminaire de Saint-Sulpice, la même année.Le combat héroïque de Dollard et de ses compagnons (17), au Long-Sault, contre des milliers d\u2019Iroquois; l\u2019assassinat d\u2019un prêtre du Séminaire de Montréal, en revenant de dire sa messe et celui de M.de Lauzon sur l\u2019île d\u2019Orléans en 1661, dernière année de son administration.SIXIEME GOUVERNEUR LE BARON DU BoIS D\u2019AVAUGOUR (de 1661 à 1663) Son règne a été de courte durée et marqué seulement par ses difficultés avec l\u2019évêque au sujet de la traite de l\u2019eau de vie avec les Indiens et qui obligea Mgr de Laval à passer en France pour porter ses plaintes aux pieds du trône, en 1662.SEPTIEME GOUVERNEUR ET Premier Gouverneur général, sur la demande de Mgr de Laval LOUIS SAFFRAY DE MESY (de 1663 & 1665) Cette administration est remarquable à plus d\u2019un point.C\u2019est pour ainsi dire l\u2019ère de la colonisation véritable.L\u2019année 1663 s\u2019ouvrit par un terrible tremblement de terre qui opéra nH 366 LA REVUE NATIONALE beaucoup de conversions chez les sauvages, mais personne ne fut blessé.La création d\u2019un conseil souverain eut lieu cette année-là ; il était composé: 10 du gouverneur ; 20 de l\u2019évêque; 30 de l\u2019intendant, qui en était le président d\u2019office; 4o d\u2019un procureur général; 5o d\u2019un greffier en chef et de quatre conseillers.Trois cours de justice se forment en même temps, à Montréal, à Québec et à Trois-Rivières.C\u2019est aussi cette année-là que la compagnie des Cents-Associés remet sa charte, que la colonie passe entre les mains du Roi, que la compagnie de Montréal cède l\u2019IIe de Montréal au Séminaire de Saint- Sulpice, et que le séminaire de Québec fut fondé.En 1664, certaines difficultés survinrent entre l\u2019évêque et les conseillers d\u2019un côté et le gouverneur de l\u2019autre, qui va jusqu\u2019à ordonner de tirer sur l\u2019évêque.Les soldats présentent les armes.Il y eut aussi la fondation de la compagnie des Indes.M.de Mésy mourut à Québec en 1665, après s\u2019être réconcilié avec tous.HUITIEME GOUVERNEUR M.DANIEL RÉMY DE COURCELLES (de 1665 à 1672) Les faits les plus notables de son administration sont : En 1665, l\u2019arrivée du marquis de Tracy en qualité de vice-roi de la colonie, et de M.de Talon comme intendant, et qui fut certainement un des plus remarquables de notre pays, car si Jacques-Cartier en est le découvreur, et Champlain le fondateur, Talon en est bien le colonisateur.L\u2019année 1666 fut remarquable par l\u2019érection de trois forts: à Sorel, à Chambly et à Sainte-Thérèse, et par la marche de M.de Tracy, contre les Iroquois, avec 600 hommes du régiment de Carignan, 600 canadiens et 100 sauvages, ce qui forca les Iroquois à demander la paix.En 1667, on constate des progrès rapides en agriculture, etc., les dîmes sont réduites au vingt-sixième et payées en grain.En 1668, la fondation du petit Séminaire de Québec eut lieu, et le départ du régiment de Carignan et du marquis de Tracy qui étaient arrivés au Canada trois ans auparavant.De 1668 à 1672, rien de bien remarquable, si ce n\u2019est le départ du gouverneur, M.de Courcelles, qui causa un certain regret, car il était estimé des Français et respecté des Indiens.de.pre far at 1 ré cé les M uf Jig toy I] co Ng Fr lg Ter ly 7 iy LES GOUVERNEURS DE LA NOUVELLE-FRANCE 367 NEUVIEME GOUVERNEUR LOUIS DE BUADE, COMTE DE FRONTENAC (de 1672 a 1682) (Premiere administration) Ce gouverneur était doué de beaucoup de pénétration et de grandeur d\u2019âme, mais incapable de céder aux conseils.Le premier acte de son administration a été l\u2019érection du fort Ca- taracoui (Kingston).En 1673, la découverte du Mississipi par Louis Joliet et le Rév.P.Marquette; puis l\u2019arrestation de M.Perrot, gouverneur de Montréal, et M.l\u2019abbé Salignac de F'énelon, par M.de Frontenac; en 1674, Québec érigé en évêché; en 1678, de LaSalle construit les premiers vaisseaux sur les rives des lacs Erié et Ontario, puis il fait l\u2019exploration du Mississipi jusqu\u2019au golfe du Mexique; en 1682, essai de colonisation du Texas par de LaSalle et son assassinat par ses compagnons, puis la mésintelligence entre le gouverneur et les autres fonctionnaires qui l\u2019oblige à être rappelé en France.DIXIEME GOUVERNEUR M.LEFEBVRE DE LA BARRE (de 1682 à 1685) Ce gouverneur était un bon militaire, mais un administrateur médiocre.Il n\u2019avait pas l\u2019énergie nécessaire; aussi ne remarque-t-on qu\u2019un acte de son administration: sa marche contre les Iroquois, avec 700 miliciens, 200 sauvages et 130 réguliers qui se termina par une paix humiliante pour les Français, à l\u2019anse de la Tamise.ONZIEME GOUVERNEUR JACQUES RENÉ DE BRISAY, MARQUIS DE DENONVILLE (de 1685 à 1689) Il était estimable par sa valeur, sa droiture et sa piété.C\u2019est sous son administration que d\u2019Iberville et ses frères enlevèrent aux anglais tous leurs postes de la baie d\u2019Hudson, excepté le fort Nelson.Cependant, il fit injustement arrêter quelques chefs iroquois.En 1687, il fit une expédition ayant 2,000 hommes et détruisit toutes les cabanes des Tsonnan- touans.En 1688, il émit un projet de paix avec les Iroquois, mais Kondiaronk le Rat le fit échouer.Cette même année, Mgr de Saint-Valier fût nommé second évêque de Québec.La 368 LA REVUE NATIONALE dernière année de son administration, en 1689, arriva l\u2019épouvantable massacre de Lachine: 1,500 Iroquois traversèrent à la faveur de la nuit dans l\u2019Île Montréal et tombèrent à l\u2019improviste sur Lachine, massacrant hommes, femmes, enfants et brûlant les habitations.La même année, les Abénaquis détruisirent 15 forts anglais aux environs de Kingston.DOUZIEME GOUVERNEUR M.LS DE BUADE, COMTE DE FRONTENAC (de 1689 à 1698) (Deuxième administration) En 1689, d\u2019Iberville soutient l\u2019honneur du drapeau fran- cais à la Baie d\u2019Hudson.En 1690, trois partis de guerre furent organisés, premièrement à Montréal, commandé par d\u2019Aille- boust, de Martel et Sainte-Hélène,dirigé contre Corlar ; deuxièmement, à Trois-Rivières, commandé par Hertel de Rouville, ayant 28 Canadiens, 24 sauvages, contre Salmon Falls; troisièmement, à Québec, commandé par Portneuf, contre Casco.La même année, Phipps s\u2019empare de presque toutes les possessions françaises en Acadie.Il assiège Québec, bombarde la ville sans succès pendant 4 jours, avec 2,000 hommes et 35 vaisseaux, puis il l\u2019abandonne après avoir perdu 10 vaisseaux et 600 hommes.Le général Winthrop devait prendre Montréal avec une armée de 3,000 anglais, iroquois et Mahigans, mais la petite vérole fit manquer l\u2019entreprise.En 1691, M.de Callières et De Varennes mettent en déroute 1,000 Iroquois à Laprairie.En 1693, eut lieu la capture du fort Sainte-Anne dans la Baie d\u2019Hudson par les Anglais.En 1694, d\u2019Iberville, avec 120 canadiens s\u2019empare du fort Nelson, dans la Baie d\u2019Hudson.En 1695, une bande d\u2019Iroquois est exterminée a de Boucherville par les volontaires canadiens de Saint-Jean.En 1696, d\u2019Iberville s\u2019empare du fort Peniquid de l\u2019Ile.En 1697, il chasse les anglais de la Baie d\u2019Hudson, ce qui amena pour résultat, l\u2019année suivante, le traité de Riswick qui remit aux deux puissances les mêmes possessions qu\u2019avant la guerre.En 1698, mort de M.de Frontenac.(à suivre) Henry-L.AUGER, Directeur général.ls dons 08 qu li «0 1924 (erm aus Ten fina dis EES th la: po seul (ing com TAs I } Un yy I ng lig [ deny Bq thi oi On REACTION QUI S'IMPOSE REACTION QUI STMPOSE « Et maintenant, à moins d\u2019un changement radical dans les lois qui guident les destinées de notre pays, le Canada sera dans vingt ans au plus, à la merci des Etats-Unis.Que cela nous plaise ou non; c\u2019est un fait.» Ainsi parla M.Randolph K.Jones, de Woodstock, N.B., au lunch du Rotary Club, au cours d\u2019une causerie sur la « Conquête américaine du Canada ».(La Patrie, 22 octobre 1924.) Le même cri d\u2019alarme pourrait être lancé en ce qui concerne l\u2019envahissement des institutions d\u2019assurance étrangères au sein de notre population canadienne-francaise.À moins d\u2019une réaction énergique dans la conduite et la mentalité de nos gens, nous resterons à la merci des races étrangères pour ce qui concerne notre protection contre les désastres éventuels de la vie.Car, retenons-le: les institutions d\u2019assurance sont les grandes glaneuses de l\u2019épargne populaire et la grande puissance motrice de l\u2019industrie et du commerce.La multiplication des petites économies qu\u2019elles récupèrent périodiquement forment des capitaux étonnants.Dans la seule année 1923, les institutions d\u2019assurances ont percu au Canada, la somme de $196,705,383.00.Voilà donc un facteur des plus importants dans l\u2019ordre économique du pays.* # *# Or, l\u2019émancipation économique de notre race, n\u2019est-elle pas devenue le gros problème de l\u2019heure.Et l\u2019un des facteurs les plus puissants qui doivent l\u2019incarner nous est-il favorable ou non?Avons-nous au moins des motifs d\u2019espoir?Essayons d\u2019y répondre.* # +* Des maîtres l\u2019ont répété avant nous.Un préeurseur comme Errol Bouchette, idéaliste pratique, publiait un volume sur l'Indépendance économique du Canada Francais.On peut y lire ces lignes: « Si le groupe français du Canada, veut conserver sa part légitime d\u2019influence dans la chose publique, il ne doit pas se contenter de vivre dans la contemplation de ses gloires passées.Les Canadiens-français qui ont déjà la gloire d\u2019avoir dépassé leurs rivaux dans le maniement de la constitution britannique, pourraient les vaincre également sur RIRE IIS IH ee rT.370 LA REVUE NATIONALE le terrain industriel et commercial, acquérant ainsi la richesse et l\u2019influence nécessaires à l\u2019accomplissement de leur oeuvre en Amérique.» .Le premier qui fit survivre l\u2019appel vibrant de Bouchette, qui a su même l\u2019ordonner, l\u2019orienter, le développer, est bien M.Edouard Montpetit.Ses études économiques, éparpillées dans les revues, mériteraient, pour multiples raisons, d\u2019être réunies en volume.C\u2019est lui qui en marge d\u2019une étude sur Errol Bouchette, affirmait: « L\u2019oeuvre d\u2019un peuple n\u2019est jamais terminée et les générations qui le perpétuent reçoivent chacune une mission à remplir.Les événements qui se précipitent imposent à nos énergies une orientation nouvelle.Nous avons triomphé naguère dans l\u2019arène politique: cette victoire nous a valu des droits que nous devons maintenir.Là ne s\u2019arrête pas notre effort, ne l\u2019oublions pas.Nous nous égarons trop volontiers dans des discussions stériles, et nous perdons le meilleur de nos forces à discourir quand d\u2019autres agissent.Répétons-le; la question nationale est devenue une question économique.Si - nous voulons remplir notre rôle et sauvegarder nos origines, nous devons, comme nous avons fait autrefois, lutter avec les armes mêmes dont on nous menace.Lorsque nous aurons acquis la richesse nous pourrons développer en nous la culture française et nous tourner vers la suprême conquête: la puissance intellectuelle.Nous ne survivrons pas autrement.» D\u2019autres, réduisant leurs considérations aux organismes économiques de l\u2019assurance-vie-incendie-accidents, ne sont pas moins explicites.M.J.-N.Cabana, étudiant l\u2019assurance-vie, démontrait, chiffres à l\u2019appui, que « le plus grand mal, et le danger le plus grand, résident dans l\u2019usage que l\u2019on fait, et que nous laissons faire du fruit de nos économies.».M.Omer Héroux, revenant sur le même sujet, remarquait que « nous n\u2019utilisons pas à notre plein avantage les ressources qui nous appartiennent ; nous faisons travailler au bénéfice du concurrent, quand ce n\u2019est pas de l\u2019ennemi, des capitaux qui sont le fruit de nos efforts, de notre épargne, et qui devraient logiquement ren- forcir notre armature économique.» Et M.Olivar Asselin, d\u2019affirmer « Quand on songe à la REACTION QUI S'IMPOSE 371 place que tiennent aujourd\u2019hui ces organismes (les compagnies d\u2019assurances) dans la vie économique, à la formidable agence qu\u2019elles fournissent pour la concentration et la mobilisation des capitaux, on ne peut envisager sans appréhension l\u2019avenir matériel d\u2019un groupe ethnique de deux millions et demi d\u2019individus qui, possédant une seule compagnie d\u2019assurance-vie, ne semble se soucier ni de la soutenir ni d\u2019en créer de nouvelles.» Enfin, tout récemment, M.Esdras Minville, ajoutait : « L\u2019épargne populaire est la dernière ressource sur laquelle un peuple puisse compter pour secouer le joug étranger et organiser sa vie économique.Or, depuis longtemps, chez nous, des institutions étrangères ont pratiqué le drainage des écus; elles ont vécu de nos deniers, s\u2019en sont engraissées pendant que nos propres institutions végétaient et ne parvenaient qu\u2019après de nombreuses années à prendre leur essor.Implantées au centre, maisons de courtage, banques, sociétés d\u2019assurance, poussent leur ramifications jusqu\u2019aux extrémités de la province, récupèrent de partout les petites économies, les canalisent, les rassemblent pour les déverser ensuite dans la caisse des grandes entreprises industrielles ou commerciales étrangères.C\u2019est une force qui nous échappe et travaille contre nous.Il ne faut pas oublier que si nous avons deux banques prospères, même puissantes, nous n\u2019avons encore que quelques mutualités, d\u2019ailleurs florissantes, mises à part, qu\u2019une seule compagnie d\u2019assurance sur la vie à opposer aux 20 ou 25 compagnies étrangères qui opèrent chez nous et allègent chaque année le bas de laine canadien-francais de plusieurs millions.» Nous avons largement cité, convaincu que ces témoignages de spécialistes valent mieux que nos meilleurs arguments personnels.Pour nous, le mot de M.Montpetit « la question économique est devenue une question nationale » incarne complètement les besoins du jour, indique et ordonne les devoirs de l\u2019heure.Retenons-le, répétons-le.; Il reste à savoir si nous sommes résolument entrés dans la voie nouvelle; si, au moins l\u2019un des facteurs les plus puissants dans la réalisation de notre indépendance économique est en état de servir nos intérêts de race ou de les ruiner.» i 3 ite Hi I RH Hy I Bi i A fl LA REVUE NATIONALE Un rapide apercu des statistiques va nous l\u2019enseigner.Sur 42 compagnies d\u2019assurance-vie, une seule est canadienne-fran- çaise.Sur 23 sociétés mutuelles, sur la vie, à charte fédérale, deux sont canadiennes-francaises.Au rang des assurances-feu ou accidents, nous faisons encore plus piètre figure.Le rapport-sommaire du Surintendant des assurances au Canada, nous indique que les institutions d\u2019assurance, étrangères, britanniques, et canadiennes, ont perçu en recettes-pri- mes, au cours de 1923, les montants suivants: Assurance-vie .$121,792,816.00 Assurance-incendie .50,218,192.00 Assurance-accidents Co © 24,694,375.00 Total .$196,705,383.00 Montants des primes percues par nos institutions d\u2019assurance canadiennes-francaises inscrites au rapport fédéral : (vie, feu, accidents) : $2,744.732.00.Solde au crédit des institutions étrangères: $193,960,651.Or la population française au Canada est de 27.91% par rapport à la population totale.On peut donc attribuer, sans exagération, le quart des primes annuelles d\u2019assurance aux Cana- diens-francais.Et cela donne comme résultat le chiffre de $48,490,163.00, c\u2019est-à-dire près de cinquante millions, que nos épargnistes canadiens-français confient annuellement aux institutions financières de l\u2019étranger.Et cette contribution annuelle ne doit-elle pas se répéter périodiquement pendant des années?Et les intérêts composés ne doivent-ils pas redoubler, tripler et quintupler la somme initiale avec l\u2019addition des années?Oui, répétons-le: « C\u2019est une force qui nous échappe et travaille contre nous, » et cet ennemi pseudo-pacifique et innocent est le plus redoutable, quand on réalise que ces millions perdus pour nous, servent à créer, à développer les oeuvres mêmes qui nous réduisent à l\u2019esclavage économique.C\u2019est une roue en circulation continuelle.Cessons de lui donner la poussée motrice, elle s\u2019arrêtera peu à peu.Il s\u2019agit de se concerter d\u2019abord, et d\u2019agir avec solidarité ensuite.sk sk x de plan paie ans; qui der SU pis À REACTION QUI S'IMPOSE 373 Mais n\u2019avons-nous pas des réalités plus encourageantes que des programmes et des mots d\u2019ordre ?Si, Canadiens-français, nous possédions, par exemple, un organisme d\u2019assurance-vie assez puissant pour offrir les mêmes garanties financières et les mêmes avantages matériels et moraux que les concurrents étrangers, lui refuserions-nous notre commun appui?Que ferions-nous, si, aujourd\u2019hui même, nous possédions une société d\u2019assurance-vie, capable de publier les chiffres suivants?Total des polices en vigueur .$45,000,060.00 Paiements accordés depuis sa fondation .$10,800,000.00 Actif liquide .§ 7,683,356.62 Solvabilité actuelle .113.33% Effectif des membres .67,000 Succursales et bureaux de perception .706 Une société d\u2019assurance-vie qui vient d\u2019accorder un don de $75,000 au bénéfice de ses assurés; qui posséde tous les plans modernes d\u2019assurance-vie; vie entière; cessation de paiements après 10, 15, 20 ans; dotation 10, 15, 20, 30 ou 40 ans; dotation à 70 ans; rentes viagères à 70 ans; polices acquittées, bénéfices en maladie; prêts aux assurés: double indemnité en cas de mort accidentelle; ete, etc.?Une société d\u2019assurance-vie, qui est composée uniquement de membres catholiques et français; qui fait ses placements d\u2019argent dans nos corporations scolaires et religieuses, nos municipalités et nos banques, et qui n\u2019est pas simplement une oeuvre exclusivement financière, mais plutôt une «oeuvre sociale dont le but ultime est l\u2019épanouissement complet de la race française en Amérique, au triple point de vue économique, national et religieux par le lien et la sauvegarde de l\u2019assurance sur la vie des nôtres?» Une société d\u2019assurance-vie, qui, malgré sa restriction à la population catholique de langue française, n\u2019est pas moins répandue dans toutes les Provinces du Canada (sauf la Colom- bie-Anglaise) et 8 Etats Américains où les nôtres sont dispersés ?Or, Canadiens-francais, cette société nous la possédons.Elle fétera en 1926 son cinquantiéme anniversaire et organise actuellement pour 1925, un magnifique « Voyage à Rome ».C\u2019est la Société des Artisans Canadiens-Francçais. 374 LA REVUE NATIONALE C\u2019est un argument puissant.Il y en a d\u2019autres que personnellement nous connaissons moins.Citons toutefois les chiffres suivants, concernant « la Sauvegarde », d\u2019après le sommaire du rapport fédéral, pour l\u2019année 1923: Montant des polices en vigueur: .$16,104,093.00 Actif total .\u2026 $ 2,554,953.00 Primes perçues dans l\u2019année .$ 495,242.00 Nouvelles polices payées en especes-nombre 2,478 Chiffre brut .$ 3,924,500.00 Citons encore pour «l\u2019Alliance Nationale », méme rapport, même année: Montant des polices en vigueur .$30,000,000.00 Total de l\u2019actif au grand livre (valeur courante) 2 1 .\u2014 8 5,255,934.00 Cotisations perçues dans l\u2019année: (Caisse de décès et de maladie) .8 616,237.00 Nouveaux certificats émis.© 5,930 Montant .8 6,276,100.00 Comme on le voit, nous ne brillons pas par la quantité d\u2019institutions d\u2019assurance-vie; mais au moins il nous faut la qualité.Et celle-ci ne peut s\u2019obtenir que si chaque père de famille canadien-français, chaque maman, chaque jeune homme est résolument déterminé à ne confier ses épargnes qu\u2019aux institutions canadiennes-françaises et refuser son appui aux institutions étrangères.Pour tenir tête à leurs concurrentes, nos sociétés ou compagnies d\u2019assurance ont essentiellement besoin du concours actif de chaque individu français.Et ce concours est devenu un des devoirs de l\u2019heure.Tout comme une race, quand il s\u2019agit de sauvegarder sa foi, sa langue, ses lois et ses traditions, doit unir ses communs efforts, au prix même de rudes sacrifices, ainsi pour secouer le joug de l\u2019esclavage économique, première source des renoncements fatals, doit-elle utiliser la même méthode, avec autant d\u2019énergie et de générosité.« Répétons-le; la question économique est devenue une question nationale », et agissons en conséquence.Albert LEVESQUE.HRI RIC PUL IE PITRE SE an UN APOTRE DE L\u2019OUEST 375 UN APÔTRE DE L'OUEST \u2014_\u2014 En juillet 1923, de Shaunavon, village de la Saskatchewan, le télégraphe répandait aux quatre coins du pays la triste nouvelle de la mort accidentelle d\u2019un jeune prêtre de l\u2019Ouest, moissonné dans la force de l\u2019âge, en plein épanouissement de sa carrière sacerdotale.De par mes fonctions, je me trouvais, à cette époque, « au bout du fil » de la « Canadian Press » dans la métropole et grande fut môn émotion en apprenant le décès tragique d\u2019un confrère de classe, particulièrement estimé,d\u2019un apôtre à l\u2019âÂme si profondément apostolique.En effet, c\u2019est pendant quelques jours de délassement, au cours d\u2019une excursion de chasse sur les bords du lac Lonely Tree (Saskatchewan), que l\u2019abbé Ernest Duchaîne trouva une fin prématurée.Enlevé de ce monde dans la trente-troisième année de son âge, c\u2019est le cas de dire que sa carrière fut féconde malgré sa durée éphémère.Brevi consummatus, explevit tempora multa.Ce serviteur de Dieu a fourni cinq années d\u2019apostolat dans les paroisses naissantes de l\u2019Ouest canadien.L\u2019abbé Louis-Ernest Duchaîne naquit à Saint-Etienne des Grés (Qué.), le 2 avril 1890.Après avoir fait ses études classiques au juvénat des Pères du Très Saint-Sacrement, à Ter- rebonne, il fit un stage chez les mêmes religieux à Montréal, puis, appelé à la vie de missionnaire, il termina sa théologie au grand séminaire de Québec et fut ordonné en la basilique du même endroit le 25 mai 1918, Il partit aussitôt pour les régions où il devait exercer son ministère sous la houlette de Mgr Mathieu, au diocèse de Régina.Successivement, vicaire à Montmartre, Ponteix et Willow-Bunch, il devint curé de Frenchville dans l\u2019automne de 1922.Sa correspondance et son journal dont les nombreux cahiers sont maintenant aux mains de ses trois soeurs religieuses de la Providence, ici à Montréal, attestent de son perpétuel souci du bien des âmes et de la gloire du Maître qu\u2019il servait.Ces documents démontrent également à quel point il cherchait à se perfectionner chaque jour davantage pour semer le bien autour de lui.pi EATERS HPht tata) ARLE ELIMI SALE RRL OL AE PM VE bE Ad PE ET a 376 LA REVUE NATIONALE E.Outre son zèle d\u2019apôtre, l\u2019abbé Duchaîne possédait à un i haut degré l\u2019amour de la patrie.Une de ses missives, datée du - 4 avril 1921, contenait ce passage: in E.« À quelque journal que tu collabores, cher ami, donne- (le nous autant d\u2019aide que tu pourras pour l\u2019Ouest.Tu comprends sl on lutte par ici, pour notre existence contre des forces redoutables d\u2019ignorance et de fanatisme.Et plus nos rangs grossi- À ront et plus nous aurons de chances de triompher.Je ne voudrais pas dépeupler le Québec pour remplir la Saskatchewan.1 à Mais si l\u2019Ouest était mieux connu, le surplus de la population | 4 du Québec, qui s\u2019en va aux Etats-Unis, viendrait plutôt par ici | | | | | 3 et y trouverait autant et plus d\u2019avantages que dans le Ver- * mont ou ailleurs.Et nous en profiterions et tout le pays ne | k s\u2019en porterait que mieux.(| 4 « Surtout, à l\u2019occasion, parle donc de notre besoin d\u2019insti- | tuteurs et d\u2019institutrices.On les rémunèrerait bien et quel £ noble rôle ils joueraient: conserver nos enfants français et | = M catholiques.» | i | En 1922,la paroisse de Willow-Bunch célébrait le cinquan- À av il tenaire de sa fondation.L\u2019abbé Duchaîne, qui se trouvait § , | alors vicaire dans cette localité, prit une part remarquable à À mi 3 l\u2019organisation de ces fêtes patriotiques.Voici les réflexions Jy, i que cet événement lui inspira: te « Nous sommes à organiser, écrivait-il, des fêtes aussi | limo | grandioses qu\u2019on peut les faire dans un pays comme le notre, Jom pour célébrer le 50e anniversaire de la fondation de Willow- i Bunch.Cinquante ans d\u2019existence dans l\u2019Ouest pour un poste } canadien-français, c\u2019est une chose qui ne saurait passer inaperçue.Nous voulons la mettre en relief et faire ressortir 8 a cette vérité souvent trop oubliée que dans l\u2019Ouest, comme dans 3 tout le vaste Canada, nous sommes des premiers occupants.fi.Willow-Bunch, en effet, à titre d\u2019ancienneté, vient en second ft, lieu dans la Saskatchewan, tout de suite après Lebret, qui fut un poste de mission dès 1864.Willow-Bunch eut son missionnaire attitré et ses premiers Canadiens-français en 1870.C\u2019est dire que nous sommes bien chez nous ici, puisque ce sont les nôtres qui ont ouvert cette contrée à la civilisation. UN APOTRE DE L\u2019OUEST 377 « Nous avons besoin des sympathies du Québec.Nous sentons qu\u2019il faut toujours entretenir les relations les plus étroites avec la province-mère, si nous tenons à demeurer ce que nous sommes et même à améliorer notre situation, à consolider la position déjà occupée.» ! Enfin, voici comment le nouveau curé décrivait la paroisse confiée à ses soins par l\u2019autorité épiscopale.La lettre est datée du 28 décembre 1922: «Il vous intéressera sans doute de savoir qu\u2019est-ce que Frenchville.Le village consiste uniquement en quelques bâtisses.Tout est dans l'avenir.Mais je me trouve bien à Frenchville, un des points aux avant-postes de la race et de la religion et un de ceux où il y a à lutter, à gagner le bien que l\u2019on veut y faire Une quarantaine de familles composent toute ma paroisse et ce sont tous des fermiers.Il y a de la place dans la région pour quintupler ce nombre.Les terres sont bonnes, l\u2019eau facile à trouver et l\u2019on a du charbon à proximité, des mines inépuisables, dit-on, mais peu exploitées, à cause du manque de facilité pour le transport.» 5lie se jaT- vait Je à jons Mais trève de citations.Ces quelques extraits de correspondance suffisent à faire comprendre quelle âme d\u2019apôtre et de patriote, animait l\u2019abbé Ernest Duchaîne.Il était de la race des Taché, des Provencher, des Grondin et des Labelle.La mort précoce l\u2019a empêché d\u2019exécuter son magnifique programme, mais sa mémoire vivra, ses paroles et ses écrits porteront des fruits.Gervais LACHANCE.! En s\u2019exprimant de la sorte, l\u2019abbé Duchaîne émettait une idée qui s\u2019est concrétée l\u2019été dernier par le voyage de la Liaison française dont les pèlerins ont parcouru les principaux centres canadiens-francais de l\u2019Ouest.Il eût applaudi à cette heureuse tournée, de même qu\u2019au Voyage en Aca- die, organisé par le Devoir. 378 LA REVUE NATIONALE À TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE M.ERNEST CHOUINARD.Nous apprenons avec regret la mort de M.Ernest Choui- nard, l\u2019auteur de «Sur mer et sur Terre », de « Croquis et marines y», et d\u2019autres livres bien connus.M.Chouinard était un travailleur consciencieux doué par ailleurs de belles et solides qualités.Il a fait sa marque dans les lettres et laisse une renommée enviable.UN BEAU GESTE.M.Victor Morin, représentant de la province de Québec dans la Commission des Sites et Monuments historiques canadiens, et seul Canadien français de la commission, vient de donner sa démission avec éclat.M.Morin exigeait que les inscriptions commémoratives des monuments soient libellées en anglais et en francais, par respect élémentaire des deux principales races du pays,et par respect aussi des droits acquis et naturels.La Commission par un fanatisme étroit que jusqu\u2019ici on avait eru être l\u2019exclusif apanage de nos amis Onta- riens, a refusé le bilinguisme des inscriptions tout crument.M.Victor Morin devant ce manque d\u2019élémentaire courtoisie pour notre province et cette insulte toute gratuite a démissionné.Nous ne pouvons que le féliciter de ce geste.Il a agi comme tout homme de coeur devait le faire.Il a compris que continuer à représenter notre province en acceptant de fait pareil déni de justice, c\u2019était ravaler sa race.Si tout le monde, députés comme électeurs, riches comme pauvres, savait faire preuve en toute occasion d\u2019une telle fierté de caractère, il y a beau temps que la question des écoles serait solutionnée, et que les multiples ennuis que nous avons à essuyer seraient terminés.Il faut toujours le redire: l\u2019anglais ne respecte que celui qui se respecte et il méprise celui qui PR ie Tt en tee FOI TR LN ACI ET PRICION OU- se tait s el lisse Êébee Ala ni de e les oles deux (qui 0 jl Ona ment si Jems: 8 ag js due le fait codé , forte il gi fi Ji qu A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE 379 leche ses bottes.Tant que nous n\u2019aurons pas compris cette élémentaire vérité et que nous n\u2019aurons pas appris à nous tenir debout, sans jactance comme sans lâcheté, l\u2019Anglais exploitera notre veulerie.Espérons que le beau geste de M.Morin aura sa répercussion.LES ELECTIONS ANGLAISES.Les élections anglaises qui viennent d\u2019avoir lieu ont ramené au pouvoir par une majorité écrasante, le parti conservateur.Mais en même temps, elles ont ramené avec le parti conservateur,tous ses projets d\u2019expansion impérialiste et remis plus que jamais à l\u2019honneur la vieille tactique de charger les Dominions d\u2019une part du fardeau des dépenses de l\u2019Empire.Nous allons vraisemblablement assister à un nouvel assaut d\u2019impérialisme sur le pays.Il est des gens pour lesquels cette histoire d\u2019impérialisme est un songe-creux qui ne sert qu\u2019à de tapageuses chicanes.Il n\u2019y a pourtant qu\u2019à ouvrir les yeux.L\u2019impérialisme quant à ce qui regarde le Canada n\u2019est rien autre chose que le désir de l\u2019Angleterre de faire ses guerres et de maintenir sa marine et sa puissance en forçant les Dominions à y contribuer le plus largement possible de leurs hommes et de leur argent.Et c\u2019est ce que l\u2019Angleterre a fait.Il ne faut pas l\u2019en blâmer; elle a agi sagement dans ses intérêts.Par contre nous avons été de merveilleux sots de nous laisser prendre à cette réclame tintamarresque.Nous avons jusqu\u2019ici donné à l\u2019Angleterre des milliards en argent et des milliers d'hommes, par pur don, à la suite de la réclame faite chez nous par l\u2019Angleterre.Nous avons été gogos à tel point que nous nous sommes presque mis en banqueroute pour avoir écouté la réclame impérialiste.Après cela félicitons-nous de notre esprit national.JUNE AUTRE FUSION DE BANQUES.La banque de Montréal, après avoir absorbé la banque des Marchands vient d\u2019avaler la banque Molson\u2019s.C\u2019est un nouveau pas vers la centralisation des capitaux ce qui n\u2019augure RASE PRO EEE Mrs ED PRIE A ter Cr MEN V0 14 HI 1 11 I DBE BLL) 00 as : LASSE 380 LA REVUE NATIONALE rien de bon pour la petite industrie ou le petit commerce.Les Ji Canadiens français feront bien de s\u2019efforcer plus que jamais § d\u2019encourager les banques canadiennes-françaises afin de les |.mettre sur un pied d\u2019égalité avec les banques rivales anglaises § b Hi et de leur aider à faire face à la lutte qui deviendra peut-être § © i serrée et de résister au monopole qui se forme peu à peu.Il | i faut étre patriote en tout dans les questions d\u2019argent comme Ke i dans les questions de sentiment.a LA PROHIBITION.1: 3 On reconnait que les Etats-Unis sont le seul pays où l\u2019on a ait tenté de mettre la loi de prohibition en vigueur, avec quel- fi = § que sincérité.Or depuis un an, 177,000 hommes ont été arré- m : tés, 7,000 années de prison ont été infligées, $18,000,000.d\u2019a- u; gi mendes ont été imposées.Il y a eu 400,000 alambics saisis, iw 4 ainsi que 39,000,000 de gallons d\u2019alcool illégal, 11,077 autos iy Wig ont été confisqués ainsi que 445 navires.hie # Voila qui est fort encourageant, Si ces résultats montrent i que la police y a déployé une activité remarquable, ils démon- H trent aussi un mal effroyable.O vertu, diront les Ontariens, io tu n\u2019es qu\u2019un vain mot! Ha JAUNISME.3 Il y a quelques jours les journaux rapportaient le cas de trois jeunes garçons que les récits de journaux sur les bandits A pendus pour le meurtre de Henri Cléroux avaient entraînés à i se livrer au banditisme.C\u2019est un exemple entre mille des dan- i gers du jaunisme surtout lorsqu\u2019il exploite le crime.LE VICE.L\u2019enquête sur la police révèle un état de choses effarant sur la situation du vice à Montréal.La situation n\u2019est certainement pas pire qu\u2019ailleurs, mais nous n\u2019avons rien à envier.| 3 Tous les gens de bonne foi reconnaissent qu\u2019il est possible de 4 neutraliser à peu près complètement la prostitution et ses ravages, mais à la condition que la loi ne soit pas une machine à impôts et qu\u2019elle soit faite et appliquée dans le but unique de | détruire le vice.RNA RRR AANARE ANN PL TL NLL II ln leh ti da I, ufos pent no oI, 5 de ndifs ps à A TRAVERS NOTRE VIE NATIONALE 381 LE CURE LABELLE.On a célébré avec éclat le dévoilement d\u2019un monument à l\u2019un de nos plus grands patriotes.Ils sont nombreux comme cela les curés qui méritent cet hommage.Aussi la manifestation grandiose faite en l\u2019honneur du curé Labelle est-elle la reconnaissance officielle de la province envers le clergé en général.LA PROHIBITION ONTARIENNE.Nos bons amis d\u2019Ontario tirent de plus en plus la langue.Voilà qu\u2019ils ont failli abattre la sacro-sainte prohibition.Heureusement le principe a été maintenu.Cela n\u2019empéchera pas ces vertueux gouvernants de permettre à leurs distilleries de répandre à pleins flots sur les Amalécites et les Philistins la liqueur maudite.Il est péché de boire mais nullement de faire boire les autres.A.GAGNON. LA REVUE NATIONALE ; Fo 3 I a | rs À | nn i Ed i LY A La croix du mont Royal.à ar i Apres un travail méritoire et de nombreuses démarches, i notre comité de la croix vient d\u2019obtenir un résultat des plus ; importants relativement à l\u2019illumination de notre croix monu- ke : mentale.La Compagnie Montreal Light Heat & Power vient bm i d\u2019accorder a notre Société un contrat par lequel elle s\u2019engage a BR ih | fournir tous les soirs de l\u2019année le pouvoir nécessaire à l\u2019illu- ai # mination de la croix jusqu\u2019à un maximum de 25,000 watts.De A a plus nos architectes sont actuellement chargés de demander 0 à sans délai des soumissions pour l'installation du système By 1 d\u2019éclairage sur la croix.mé à Il reste à obtenir des autorités municipales l\u2019autorisation Fi : de construire la ligne de transmission électrique jusqu\u2019à la to i croix.Les démarches nécessaires ont été faites, et la réponse Le 3 de la ville devrait nous être communiquée tout prochainement, sy à CrOyOns-nous.fn : L\u2019exécution de ces travaux pouvant se faire dans trois mh, semaines environ, il est tout probable que la croix sera illu- ro.minée pour la veille de Noël, si aucun retard imprévu ne se | produit.À ; dhs, : Geste de fierté.ely i Ee Sens E Un geste qui honore grandement notre ancien président lg général, M.Victor Morin, c\u2019est sa démission de la Commission \u201cui, des Monuments et Sites historiques du Canada.Uf LE CHEMIN DE DAMAS 383 M.Morin exigeait que l\u2019on rédige en français et en anglais les inscriptions commémoratives de tous les monuments, par respect des droits que possède officiellement notre langue en ce pays.Devant le refus de la Commission à reconnaître ce droit, M.Morin a fait preuve d\u2019une fierté et d\u2019un courage qui l\u2019honorent.Aussi le Conseil général de notre Société n\u2019a-t-il pas manqué de féliciter chaleureusement M.Morin qui était alors son président général.M.Morin vient de rendre ainsi un nouveau service a notre peuple en lui apprenant a se tenir debout avec dignité sans jamais plier l\u2019échine devant un ennemi qui veut l\u2019opprimer.Soirée patriotique au Sacré-Coeur.Une forte délégation de notre Conseil général composée de sept de ses directeurs, à savoir: MM.Trépanier, Vanier, Bariteau, Parent, Auger, Cadieux et Déziel, est allée présenter à la section Louis-Hébert le 11 novembre au soir, la coupe qu\u2019elle avait méritée lors de la grande parade historique du 24 juin dernier.or Cette coupe fut présentée par le donateur même, M.Henry Birks, fils, au cours d\u2019une très intéressante soirée patriotique présidée par M.Ernest Langlois, président de la section Louis- Hébert.Diverses autres sections étaient également représentées, entre autres la section de l\u2019'Immaculée-Conception, par M.Gingras, la section Saint-Edouard, par M.Brossard, la section Saint-Nicolas d\u2019Ahuntsie, par M.Beauchamp, la section Longueuil, par M.Moquin, la section Verdun par M.Ha- melin, et une assistance considérable de paroissiens du Sacré- Coeur prirent part à cette réunion.Après les souhaits de bienvenue exprimés par M.Lan- glois, M.Léon Trépanier, ler vice-président général, rappela le but de notre Société et fit un appel chaleureux aux paroissiens de se joindre à la section locale.Puis, M.l\u2019abbé F.Charbonnier fit une très intéressante conférence sur le patriotisme canadien et les raisons que nous avons d\u2019aimer et de servir notre patrie.en on { LA REVUE NATIONALE M.le curé Bourassa, M.Guy Vanier, 2e vice-président général, adressèrent également la parole.Et M.l\u2019abbé Cau- martin, aumônier de la section Louis-Hébert tira les leçons qui se dégageaient de cette soirée patriotique.La soirée fut agrémentée par un programme varié de déclamation, de musique et de chant.Il y eut déclamation par M.le Dr Quintal et M.Loiselle.M.Brault rendit un solo de chant et la chorale paroissiale exécuta plusieurs morceaux.La musique fut faite par un orchestre sous la direction de M.Renaud.Bref, la soirée fut charmante et des mieux réussies.Nos félicitations aux organisateurs de la section Louis-Hébert.LE CHEF DU SECRETARIAT.wr 11 Tf FONDEE EN 1885 BOULANGERTE MEDARD PAQU ETTE Dirigée par la succession de feu Médard Paquette.\"PAIN ORDINAIRE \u2014 PAIN DE FANTAISIE \u2014 FARINE DE PREMIERE QUALITE \u2014 CUISSON SOIGNEE.PRIX MODERES.Spécialité: PAIN « KNEIPP » pour la Dyspepsie.18 ouest, boulevard SAINT-JOSEPH - Montréal : Tél : Belair 0863 NOTRE PAIN QUOTIDIEN Toute personne voulant avoir un pain qui digére bien, demande a son épicier le pain « VICTORIA » et le PAIN PARISIEN de J.-A.BROSSEAU, fait par des experts.Si votre épicier ne le tient pas, téléphonez au No.Saint-Louis 678.Nous donnons une garantie avec chaque paire de verres Woptue TAIT-FAVRIEAU, Limitée Prigision, Opticiens \u201cOptométristes L.FAVREAU, spécialiste 197, rue Ste-Catherine Est Tél.Est 7377 EXIGEZ la marque « AUBRY » sur vos ustensiles de cuisine; 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