Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La revue nationale /, 1930-02, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 12e ANNEE \u2014 No 2 MONTREAL FEVRIER 1980 a Qs Acta Socteté VE IRON Daipt-Jeap Baptiste & IN de Moptréa | À 0 SOMMAIRE PAGES Esprit de discipline dans les oeuvres sociales Garrensassemensecerensracer a sen sense .Abbé F.Charbonnier 37 Un coin de la province française cacerarareren states sscuencsrrees \u2026\u2026\u2026.\u2026.\u2026.René Guénette 40 Servons-nous du français aux douanes basecnsssnepasneseneaseen sean en aanenessasaceu se Hermas Bastien 43 Les héros inconnus casrremaserseume sue Blanche Lamontagne-Beauregard 45 La musique et le point de vue national sarerecenesa etre ren ra nenecen anses Eugène Lapierre, D.M.48 Civilisation en enfance tere acer Julien Royat 52 Bibliographie sarsssrsasereceuse mrsaceereresters sers cenatescesscencessarescensesscc encens DO Les \\besognes urgentes vesseecesererenrecransessecee pau as ee Abbé Emile Lambert 57 Nos chefs de sections et de comités régionaux srossesrareereraensnraneree scan an rassacssenraneene sn a0 ae NGsces0sssessan cent 58 Rédaction et administration: 1182, rue SAINT-LAURENT MONTREAL LA société SAINT- JEAN.BAPT ISTE DE MONTRÉAL Fondée en 1834 Conseil général Aumônier général : Mgr PARCHEVEQUE DE MONTREAL.~ Assistant-aumônier général: M.OLIVIER MAURAULT, p.s.s., supérieur du Collège Grasset, 5294, rue Saint- -Denis.Président général: GUY VANIER, C.R., 57, rue Saint-Jacques ouest.ler vice-président général: AIME PARENT, trésorier de la ville de Verdun, 21 avenue Galt, Verdun.Ze vice-président général: Ernest BROSSARD, gérant de banque, 410, rue Beaubien est.Secrétaire général: V.-ELZEAR BEAUPRE, I.C,, professeur, 3732, rue Saint-Hubert.Trésorier général: J.-ALBERT BARITEAU, LL.L., notaire, 1609, rue Maisonneuve.Honorable F.-L.BEIQUE, sénateur, 112, rue Saint-Jacques ouest.\u2018 Sir Hormisdas LAPORTE, industriel, 1016, rue Dorchester ouest.J.-C.BEAUCHAMP, administrateur, 551, rue Cherrier.J.-Victorien DESAULNIERS, directeur-gérant, 55, rue St-Jacques ouest.- Joseph-R.POIRIER, comptable, 2445, rue Saint-Antoine.J.-Ovila MOQUIN, douanier, 139, rue Saint-Thomas, Longueuil, P.Q.Alfred BERNIER, voyageur de commerce; 48, rue Hazelwood, Outremont.Emile GIGUERE, professeur, 7590, rue Drolet.x Alphonse PHANEUF, optométriste, 1767, rue Saint-Denis.: Louis POULIOT, employé civil, 10639, rue Laverdure, Ahuntsic.Chef du secrétariat: Alphonse de la ROCHELLE, notaire.Bureau No 1, Monument national.Tél: LAncaster 4364.Organisateur et propagandiste: Henry L.-AUGER, 540, rue Ontario est.Téléphone: HArbour 0983.CORPORATIONS FILIALES DE LA SOCIETE La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Caisse de Remboursement \u2014 le Monument national \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.La direction de la Revue nationale ne s\u2019engage pas à rendre es manuscrits non insérés.Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles.\\ La REVUE NATIONALE est éditées par la Société.Salnt-Jean-Baptiste de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, et imprimée par \u201cL\u2019ECLAIREUR\u201d Ine, tmprimeurs-éditeurs, 1723, rue Saint-Denis.Tél: HArbour 8216.prie 40 Tu nu Te i | ls LA REVUE NATIONALE ENCORE 710,000 personnes commencérent à se servir du THE \u201cSALADA\u201d l\u2019an dernier.L\u2019augmentation dans nos ventes de 1929 prouve ceci.Nous vous invitons à essayer ce thé délicieux afin de vous convaincre pourquoi des millions n\u2019en boivent pas d\u2019autre.THÉ \u201cSALADA® Tout frais des plantations\u2019 él.AMherst 1431 E.DUSSAULT ENTREPRENEUR Lattage et tringlage métallique Estimé sur demande 5211, RUE DE BORDEAUX - - - MONTREAL 25 années de service public POUR VOS DEMENAGEMENTS ADRESSEZ-VOUS À CHARRON EXPRESS, Inc.Entreposage, Emballage, Expédition 1092, RUE PANET, Montréal \u2014 Téléphone: AMHERST 2118 CRÈME À LA GLACE pour Réceptions ou pour Desserts :: elle est toujours appréciée :: Aujourd\u2019hui nous la livrons paquetée avec de la Dry-Ice (glace sèche), ce qui fait un paquet absolument propre et élimine l\u2019eau salée et les désagréments qui en résultent LIMITÉE IRECURR ue ur 34 LA REVUE NATIONALE Ce que notre Banque vous offre: Le service d'un personnel courtois.] Des services techniques complets.Une collaboration intelligente.X Une garantie de sécurité exceptionnelle.La méme sincére bienvenue, que vos épargnes soient petites ou considérables.BANQUE PROVINCIALE a DU CANADA Siège Social \u2014 Montréal EXIGEZ la marque \u201cAUBRY\u201d sur vos ustensiles de cuisines; ils sont reconnus pour avoir une très grande durabilité et nos cinquante-six années qd \u2018expérience les dlacent parmi les meilleurs sur le marché.\u2014 En vente chez les principaux quineailliers.A.AUBRY & FILS, LIMITEE 24 PE LonImien MUN'FREAL.Maison fondée en 1874, \u2014 Incorporée en 1914.INCOMPARABLE POUR TARTES ! 15¢ 1a boite ~ : > T9 Refuse suffisant pour 4 Tartes ee toutes - rE imitations g IE ; p hea LS re Sweet Cieese Mfg.[NRE HTT PR Encouragez nos annonceurs AR PI HS SU SO EN LALIT SOI) LA REVUE NATIONALE 35 Téléphone: CHerrier 8622 J-0.LABRECQUE & CIE AGENTS POUR LE CHARBON DIAMANT NOIR et le \u201cLaSalle Montreal Coke\u201d 975, RUE WOLFE - MONTREAL BANQUE CANADIENNE NATIONALE Capital versé et réserve, $14,000,000 Actif, plus de $152,000,000 LA GRANDE BANQUE DU CANADA FRANÇAIS 265 suceursales au Canada dont 224 dans la province de Québec Nos ressources sont à votre disposition NOTRE PERSONNEL EST A VOS ORDRES MEMBRES DE LA SOCIETE Abonnez vos garçonnets et vos fillettes à LlOISEAU BLEU Revue illustrée pour la jeunesse LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL 1182, rue Saint-Laurent, Chambre No 1 Un numéro vous sera envoyé gratuitement sur demande Téléphone: MArquette 1341 Z.LIMOGES & CIE, Limitée Etablie en 1885 BEURRE \u2014 OEUFS \u2014 FROMAGE 844, RUE WILLIAM - - - - MONTREAL K.©.SATISFACTION GARANTIE Tél : BElair 0408 ERNEST MEUNIER Membre de la section Saint-Jean-Baptiste No.13 TAILLEUR FASHIONABLE 994 est, RUE RACHEL - - - - MONTREAL Près du Parc LaFontaine Tél: LAncaster 7700-3378 LA CIE J.& C.BRUNET Limitée PLOMBERIE \u2014 COUVERTURE \u2014 ELECTRICITE \u2014 CHAUFFAGE 1095, BOUL.SAINT-LAURENT - - - MONTREAL Encouragez nos compatriotes \u201cpc 4 NE Ted FLnbes ist: cisdibeitii in Axhaty pint itteiat ait iiy FY! Estetithebt ci T tit 44 ap: 1000 Eh vy MEY TER 11 MEAN EAE MBA HIN MN Mada Sith: hE LESH AHH siti HHA EL HE URRY wr i 2 disera HUH RSU BUREN EEN CR RE D 36 LA REVUE NATIONALE FONDEE EN 1885 BOULANGERIE MEDARD PAQUETTE (La succession Médard Paquette) Farine de première qualité.\u2014 Cuisson soignée.Prix modéré.18 OUEST, BOULEVARD ST-JOSEPH - MONTREAL Téléphone: BElair 0863 La plus ancienne boulangerie canadienne-française.PEPTONINE Nourriture Idéale pour les Bébés | } \u2014 COUPON \u2014 | LA PEPTONINE 1590, Ave de Hotel de Ville - - - MONTREAL, Qué.Veuillez m\u2019adresser gratuitement votre brochure k \\ U pagnie ; Heu d'Assurance sur la Vie iH À AE y 5 MONTREAL NARCISSE DUCHARME, PRESIDENT Téléphone: AMherst 3038 OVIDE LEPAGE, ENR.ENTREPRENEUR ET IMPORTATEUR Marbre, Tuiles, Terrazzo, Tableaux en ardoise naturelle Atelier et bureau: 4094, RUE \"\u2019ARTHENAIS (près rue Rachel) MONTREAL 12e ANNEE \u2014 No 2 MONTREAL FEVRIER 1930 LA REVUE NATIONALE Esprit de discipline dans les oeuvres sociales À discipline étant la force principale des armées.\u2019 Tel L est le début de la T'héorte que l\u2019on fait apprendre aux jeunes J&B] soldats francais, dés les premiers jours de leur incorporation.Ce catéchisme militaire, avant tout autre principe, enseigne aux nouveaux troupiers que leur soumission à leurs chefs doit se traduire par \u2018une obéissance prompte et de tous les instants, sans hésitation ni murmure.\u201d N\u2019y a-t-il pas là une analogie frappante avec le livre des Exercices que saint Ignace de Loyola tomposait jadis pour son Ordre naissant?Les hommes enrôlés dans la célèbre Compagnie devaient former des cohortes invariablement fidèles à leur drapeau; d'où les mille recommandations d\u2019obéissance, de docilité \u2018\u2018aveugle\u2019\u2019, émanées du saint fondateur.C\u2019était un Général en Chef, expert en stratégie.Pour lui, pas de disciple sans discipline: ces deux mots, de même origine étymologique, réalisaient leur vraie signification dans la milice sacrée qui allait étonner le monde par son esprit de corps.Le principe d'autorité prenait nettement position contre les thèses anarchistes du Libre Examen protestant.Il est à peine besoin de faire remarquer qu\u2019une pareille sujétion, dans la vie religieuse plus encore que dans la vie des camps, est loin de nuire à la liberté individuelle bien comprise.Les incrédules auront beau reprocher aux fils de saint Ignace d\u2019abdiquer toute initiative et de devenir des instruments inertes sous une domination inhumaine.Qu'on veuille bien observer de près, sans parti-pris, ces intrépides combattants du Christ: \u2018rien ne ressemble moins à l'esclavage que leur joyeuse acceptation d\u2019une règle austère.S\u2019ils coupent court à tout individualisme capricieux, ils n'en sont que plus dégagés, plus alertes pour se mouvoir librement dans la sphère de l\u2019apostolat.Superbe exemple donné à tous les Chrétiens, à ceux surtout que le Pape invite à promouvoir les Oeuvres sociales! À l\u2019appel des Pon- 38 LA REVUE NATIONALE tifes de notre époque, voici que des légions d'Engagés volontaires surgissent de toutes parts; mais il leur manque cette cohésion que procure un entraînement progressif.Passons en revue ces phalanges.Après avoir constaté ce qu'elles sont, nous leur suggérerons ce qu'elles devraient être.x x x Pour ne pas forcer la note pessimiste, mettons à part et saluons avec respect les groupes nés viables, qui ont évité les crises mortelles.Faisons porter notre enquête sur les entreprises avortées.Que se passe-t-il trop souvent dans les Oeuvres de Jeunesse, dans les Cercles, dans les Fédérations, dans les Syndicats, dans les Mutualités, dans les Associations de tout genre fondées par d'éminents Catholiques?On dirait qu'un parlementarisme dissolvant.avec ses interminables délibérations, a tout envahi.C\u2019est le règne du suffrage universel, c'est-à-dire des discussions oiseuses, des disputes violentes, des insultes réciproques sous couleur de dévoûment au bien public.Des clans se dessinent, des coteries s'organisent, des intrigues se font jour après les premières heures d'enthousiasme; les cabales irréductibles se livrent à l\u2019obstruction; c\u2019est tout juste si la politique ne s'en mêle pas.On se met en frais de palabres, d\u2019éloquence verbeuse, alors qu'il faudrait en venir à l\u2019action; on échange de gros mots qui sont le prélude de profondes dissensions.Les frères qui s'estimaient hier deviennent des frères ennemis.Chacun est convaincu de sa propre infaillibilité.Les mécontents boudent, se retirent, font bande à part; tel ou tel coryphée fera même cavalier seul.On voit se fonder de nouveaux groupes qui travaillent à ruiner les organisations primitives.La maison des Oeuvres est un champ-clos où s\u2019engagent des duels sanglants; c\u2019est un manoir à l'envers.Pendant ces luttes stériles entre les nôtres, nos adversaires donnent le spectacle d'une unité imposante.Il suffit de jeter un coup d'oeil sur le Canada pour se rendre compte de ces pénibles contrastes.N'est-ce pas un phénomène digne de remarque, que celui de l'entente qui règne dans les fractions ethniques reconnues comme émules ou rivales de la race d'origine française?Les peuples latins, plus sociables en apparence, sont exposés à l\u2019émiettement de leurs plus pures énergies.Ils sont sociables, sans doute, et les Canadiens français en fournissent la preuve dans les manifestations de leur Foi religieuse et patriotique; mais, dans le domaine des réformes sociales, ils s\u2019attardent en de coupables divisions qui ne servent qu'à les affaiblir.Peut- être sont-ils victimes de l'instinct procédurier qui leur vient de leurs ESPRIT DE DISCIPLINE DANS LES OEUVRES SOCIALES 59 ancêtres normands.Mais, à vrai dire, les Latins de la vieille Europe ne sont pas tous, à beaucoup près, de la lignée des Chicaneaux, et ils n'arrivent pas pour autant à ce toncert-européen qui est si loin de sa réalisation.Les peuples saxons, avouons-le, qu\u2019il s'agisse des Allemands ou des Anglais, sont plus individualistes d'une famille à l'autre, mais savent s'unir sur le terrain économique.Les intérêts de la race priment toute autre considération.x * x Sera-t-il dit que les tenants de la vérité évangélique ne parviendront pas à se discipliner?La grande Révolution a-t-elle pour toujours anéanti leurs cadres, leurs corporations professionnelles, leurs jurandes, toutes ces institutions créées à l'ombre de la Croix?Les ambitions personnelles feront-elles échec à toute tentative de rapprochement?Ce serait la mort sans phrase de l\u2019apostolat laïc.Seuls, les Ordres religieux et le clergé séculier demeureraient sur la brèche, sans espoir de rallier les précieuses recrues de tout le peuple chrétien.L'heure est grave, et les Papes modernes ne cessent de le répéter.Ici, au Canada, dans un pays jeune qui a toutes les promesses de demain, le monde ouvrier et le monde agricole font entendre des cris de détresse: crises de chômage dans les grandes villes, familles nombreuses sans ressources, jeunesse soumise prématurément au travail et souvent exposée à l\u2019inconduite, artisans mis en marge de la société dès la cinquantaine, vieillards sans abri; trouve-t-on là les caractéristiques d'un peuple fort?Et même dans les campagnes, comment remédier à la mévente des produits, à la cherté de la main- d'oeuvre, aux difficultés de la colonisation ?Un pareil tableau devrait impressionner tous ceux qui ne s\u2019égarent pas dans une vie frivole.Il y a des remèdes à tous ces maux, mais il serait téméraire de s\u2019en remettre uniquement aux gens d\u2019Egli- se Ou aux représentants du Dieu-Ftat pour toutes les améliorations possibles.Sachez-le, Canadiens: les dirigeants ne peuvent rien sans vous, comme vous ne pouvez rien sans eux.Une poussée collective est seule capable de redresser la situation.Apprenez donc enfin à vous unir, à vous organiser, jeunes gens pleins de vie, hommes adultes au grand coeur, vieillards riches d'expérience.Un des plus féroces promoteurs de la Révolution criait à ses congénères: \u2018\u2019De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace!\u201d Une révolution n\u2019est pas en cause sur la terre canadienne, et nous devons en bénir le Ciel; ce sont des réformes pacifiques qu\u2019il nous 40 LA REVUE NATIONALE faut.Or, pour de sages réformes, les hommes audacieux sont légion parmi nous, mais les chefs autorisés ne sont pas suivis.\u2018De la discipline, encore de la discipline, toujours de la discipline!\u201d Voilà le mot de ralliement qu'il faut clamer partout.\u2018L\u2019homme qui sait obéir, lisons-nous dans l'Ecriture, pourra raconter ses victoires.\u2019 Faites taire votre amour-propre, vos jalousies, votre particularisme; soyez de vrais soldats au service des nobles causes; combattez crânement, dans la plénitude de votre liberté qui mettra fin à vos dangereuses fantaisies, et les plus retentissants triomphes couronneront demain vos efforts.Abbé F.CHARBONNIER Un coin de la province française L'ECOLE normale de la rue Guynemer où l\u2019on m'avait demandé, on s\u2019en souvient, de donner chaque vendredi soir un cours sur l'histoire et la géographie canadiennes, les relations, de plus en plus fréquentes que J'avais avec les élèves, avaient changé quelque peu la nature de mes rapports avec eux, du moins avec les plus âgés.J'étais devenu l'ami de ces derniers, un peu comme au Plateau, d\u2019un entre autres qui s'intéressait au Canada depuis longtemps, et qui me demanda, un jour, de devenir son \u2018grand\u2019 ami, dans une charmante lettre qu'il m\u2019écrivait de chez lui en province où il était allé se remettre d'une récente fatigue, lettre que je recus au cours d'un voyage en Italie.De retour tous deux a l\u2019école, André Poirier \u2014 c'était le nom du jeune Français \u2014 m'avait montré, un soir de cours, tous les documents qu'il avait recueillis sur le Canada, pays qui le \u2018\u2019hantait depuis son enfance\u2019, pour me servir d\u2019une de ses expressions.J'étais si bien devenu l'ami d'André, que sur l'invitation de ses parents et la sienne, j'allai passer mes vacances de juillet et d'août 1925, chez lui, à Craon, une toute petite ville, près de Laval, sur la route Paris-Rennes.Chez monsieur et madame Poirier, je me sentis vite chez moi, parce qu\u2019aussitôt mon arrivée à Craon, monsieur et madame Poirier me montrèrent qu\u2019ils me considéraient comme leur enfant.Plus tard, quand je serai rentré à Paris, madame Poirier m\u2019écrira affectueusement qu\u2019il lui semble qu\u2019elle a maintenant trois fils dont je suis l'aîné, que par conséquent elle a le droit et le devoir de s'intéresser à ma santé et de me dire ce qu\u2019il faut manger et ce qu'il ne faut UN COIN DE LA PROVINCE FRANÇAISE 41 pas manger.J'étais à cette époque assez souffrant et confié aux soins assidus, bienveillants et efficaces du docteur Paul Letondal.Permettez-moi de vous décrire la physionomie de Craon.Comme les petites villes de province se ressemblent toutes, vous aurez ainsi une idée de l'organisation religieuse, civile et sociale de toute la France, à quelques modifications près.Craon a une population de 4000 habitants.Au point de vue religieux, Craon compte deux paroisses, Saint-Nicolas et Saint- Clément.Saint-Nicolas est plus ancienne, plus populeuse, plus riche aussi.Les églises sont toutes les deux en pierres.Les carillons sonnent presque sans répit.Leurs notes gaies troublent agréablement la paix des alentours.Comme le département de la Mayenne où se trouve Craon est resté en grande partie catholique, la population craonnaise a de florissants établissements scolaires catholiques.Les garçons ont pour maîtres des frères sécularisés, et les filles ont pour maîtresses des soeurs sécularisées.Le mot \u2018\u2018sécularisé\u2019\u2019 veut dire: revenu dans le monde, après que le gouvernement eût fermé en 1904 les établissements scolaires tenus par les religieux et les religieuses.Il ne faudrait pas croire cependant qu\u2019il n\u2019y avait plus de religieux ni de religieuses en France, avant l\u2019autorisation récente accordée par le gouvernement à certaines congrégations de se recruter.À Craon, il y avait un monastère de religieuses cloitrées nullement en but aux tracasseries gouvernementales.C\u2019étaient également les soeurs qui avaient charge de l'hôpital, bien que ce fût un établissement de l'Etat.Ces tolérances officielles sont le fait des autorités de la commune, c'est-à-dire des autorités locales.Si ces dernières ne sont pas hostiles ou si elles sont simplement indifférentes, la paix religieuse règne dans la petite ville ou dans le bourg.Les officiers municipaux sont-ils atteints du virus jacobin, radical, socialiste ou communiste surtout, il n\u2019y a pas de motif qu\u2019on n\u2019allègue pas pour violenter les sentiments religieux de la population.J\u2019oubliais un détail important des tolérances officielles.A Craon et ailleurs, on fait en public la procession de la Féte-Dieu.Si on note quelques abstentions pour décorer les maisons et élever des reposoirs, le cortege religieux est quand méme triomphal.Toutes les communes françaises ont évidemment une mairie ornée comme les églises d\u2019un cadran qui sonne, et comme toutes les communes, Craon a son monument aux morts de la dernière guerre.Non loin de la mairie, sur le mail bordé de grands marronniers, l\u2019administration des Postes-Téléphones-Télégraphes que l\u2019on désigne 518 LIAS EE DSRS EEL SN 0 4 IH 3 aH bps LEER HAMES SOS RRR RHI HR SE UR HE PRIME LIER HES BRASH a 42 LA REVUE NATIONALE sous ['appellation abréviative les P.T.T.En France, les services du téléphone et du télégraphe sont administrés par l'Etat, tout comme les postes.Ils logent tous à la même enseigne.Mon Dieu! quelle \u2018barbe\u2019, quand 1l faut avoir affaire avec tous ces fonctionnaires! Plus loin, sur l'allée, la gendarmerie, c'est-à-dire le bâtiment où loge la force militaire en bicyclette, en \u2018\u2018velo\u2019\u2019\u201d comme on dit là-bas.Il va sans dire que les gendarmes en France comme ailleurs ont conscience de leur importance et de leurs responsabilités.Dans ces petites Villes, 1ls ont en général peu à faire, excepté les jours de marché.Ces jours-là, on élève sur la place publique des abris où les commerçants mettent en vente leur marchandise.La foire dure jusqu'à une heure ou deux de l'après-midi.On démonte alors les abris puis on les remise jusqu'à la prochaine foire.Elles ont lieu deux fois la semaine.Les trottoirs sont en ciment, mais les chaussées sont bien mal pavées.Les pavés en province sont de pierre.Est-ce d\u2019une pierre qui s'effrite?® On marche péniblement par les rues.Heureusement que le sabot, toujours de mode là-bas, protège le pied de la gracieuse villageoise.Les maisons sont en pierres et se dérobent à peu près toutes derrière un mur élevé, comme c'est le cas pour quelques-uns de nos couvents.Les rues sont éclairées à l'électricité.Elles sont quand même obscures.À la fermeture des magasins, des boutiques, on éteint les lampes.On n'éclaire de même aucune vitrine.Il n'y a pas non plus dans ces villes de restaurants grecs ou chinois, de cinémas aux enseignes électriques éblouissantes.En revanche, il y a une quantité de cafés, de \u2018\u2018\u2019bistoots\u2019\u2019 où l\u2019on sert du vin, du cidre, de la bière et qui sont un lieu de rendez-vous les jours de courses, de marché, de noces, de funérailles et tout le dimanche.Parce qu\u2019en France on a le culte des morts, les cimetières français sont magnifiquement entretenus.La jour de la Toussaint, personne ne manque de fleurir les tombes.Les routes qui relient les différentes communes de France \u2014 celles-ci sont à bien peu de distance les unes des autres \u2014 sont asphaltées et bien entretenues.Des calvaires qui me rappelaient ceux de chez nous jalonnent les routes, du moins celles des régions de l\u2019ouest, les plus catholiques de France, la Bretagne, la Normandie, I\u2019Anjou.Les fermes francaises, évidemment plus rapprochées que les nôtres, ont toutes un nom.Dans les environs de Craon, 1l y en avait même une qui s'appelait \u2018Canada\u2019.En quel honneur?Ces fermes n\u2019ont pas l\u2019honnête et agréable confort des nôtres, loin de là, même si svt SERVONS-NOUS DU FRANÇAIS AUX DOUANES 43 elles sont bâties en pierres.Il fait froid à l\u2019intérieur.Dans ces fermes, il n\u2019y a pas de poêle.En revanche, il y a des cheminées dans toutes les pièces mais bien d'aucune utilité pour réchauffer ces \u2018\u2018frigidaires\u2019\u2019, toute la chaleur du fagot de genêts ou même de la bûche s'échappant par la cheminée.Si bien que votre ventre grille et que votre dos gèle.Dans ces fermes, il n\u2019y a pas à proprement parler de salon.La salle à manger est partout la même.Les chambres à coucher sont très propres.Les lits sont anciens.Ils occupent les coins de la pièce.Les domestiques font partie de la famille.La vaisselle \u2014 on mange dans la cuisine \u2014 est parfois réduite à sa plus simple expression: une assiette creuse, un gobelet, une cuiller pour la soupe, une fourchette.Pas de couteau.Chacun se sert de son couteau de poche.Je me rappelle l'embarras où je me trouvai, un jour que je soupais dans une ferme où André m'avait conduit.Tout le monde avait son couteau, excepté moi.D'ailleurs je n'avais pas faim ou plutôt je n'avais plus faim.J'avais vu la maîtresse de maison \u2018\u2019brasser\u2019\u2019 sa soupe avec une cuiller qu\u2019elle suspendait ensuite à la crémaillère et que le chien de la maison venait de lècher de temps à autre.Ces ombres au tableau étaient nécessaires pour me faire apprécier, comme il convenait, la douce et charmante hospitalité de la maison Poirier.Je garde de Craon et de la bonne famille française que j'y ai fréquentée le souvenir le plus ému.La France n\u2019est pas près de sortir de mon coeur.René GUENETTE Servons-nous du français aux douanes Plus de français aux douanes N a déjà voulu, en certains milieux, définir la race supérieure.Ce ne sont pas les arguments de part et d'autre qui faisaient défaut.Selon son point de vue, on insistait sur l'aspect économique, social, historique.La dialectique s\u2019esquintait, mais sans résultat.On oubliait de compter avec les prétentions des deux partis.Et la question reste pendante.Mieux vaut faire entrer dans la définition le plus d'éléments convergents possibles.La race supérieure, c\u2019est celle qui, respectant les droits de l\u2019autre, remplit tous ses devoirs envers elle-même.\u2018\u201cCharity begins at home\u2019\u2019 disent les 44 LA REVUE NATIONALE Anglo-saxons.L'observance de ce précepte nous permet de respecter l\u2019ordre établi par la nature et nous laisse encore du temps pour penser aux autres.Si nos compatriotes avaient toujours ces pensées présentes à l'esprit, notre groupe ne s\u2019en porterait que mieux.Ainsi, si les intéressés se prévalaient de leur droit de se servir de la langue française aux douanes, que d'anomalies disparaîtraient.Or, il appert qu\u2019en ce service fédéral le français est sacrifié.L'insouciance nous fait oublier que, le français étant langue officielle en ce pays, nous avons le droit d'exiger des formules françaises.Le snobisme parfois nous affuble de la langue anglaise alors que l'employé qui nous sert, que le fonctionnaire proposé aux renseignements doit sa situation au fait qu'il est bilingue, au fait qu'il est canadien-français.Si cet employé faisait un aveu, il dirait peut-être: \u2018Mes concitoyens, plus vous vous servirez, aux douanes, de la langue française, plus vous justifierez ici ma présence.Le jour, ou les Canadiens français n'emploieront plus que l'anglais, je perdrai un titre, non seulement a une promotion, mais encore à mon maintien.\u201d L'on ne songe pas aux conséquences de ses actes.Pourtant, quoi de plus évident! Si nous voulons du français dans les différents services fédéraux, c'est à nous d'en ; mettre.Inutile de compter sur les autres.Non seulement nous en i avons le droit absolu, 11 y va même d'un devoir.A quoi auront servi les luttes de notre race le jour où dans la pratique de nos affaires nous aurons oublié l'exercice de notre droit?La solidarité nous impose ses obligations.Si nous voulons que les nôtres aient leur part dans les emplois du fonctionnarisme fédéral, à nous d'être logiques.Parlons français aux douanes, utilisons les formules françaises, réclamons-les au besoin, et, du même coup, notre conduite aura démontré la raison d'être d'employés bilingues.On se plaint que notre groupe n\u2019est pas proportionnellement représenté dans le personnel douanier.Si l'affirmation est vraie, cher- chons-en la cause.Nous ne sommes pas prêts à admettre que les aptitudes requises pour ces fonctions se trouvent toutes chez les anglophones.Mais voilà, par notre abusif emploi de la langue anglaise aux douanes, nous justifions la présence d'exclusifs fonctionnaires anglais.Combien de nos compatriotes \u2014 simples particuliers, 1m- portateurs, compagnies \u2014 ont leur part de responsabilité.Des nôtres se sont vu refuser des emplois, parce qu'on n'avait pas besoin d'eux et l\u2019on n'avait pas besoin d'eux parce que trop de Canadiens français ne se soucient pas des droits de leur langue, aux douanes. dess is pr LES HEROS INCONNUS 45 Si tous les importateurs transigent en anglais, pourquoi des employés français, pourquoi des formules françaises?.Cette situation a assez duré.La solidarité, les droits, le bon sens, tout prescrit aux importateurs canadiens-français de faire qu'aux douanes de la métropole il y ait le plus de français possible.Hermas BASTIEN Les héros inconnus ANGELE LLE était la fille d\u2019un colon gaspésien établi sur une maigre terre, en pleine forêt, si loin, st haut que, en la regardant du pied des côtes, sa maisonnette n'était qu\u2019une tache blanche dans un océan de verdure.Le chemin, d'abord, partant de la mer, passait entre des vallons, des terrains en friche, des pâturages, puis il s\u2019'enfonçait dans les bois épais pour aboutir enfin à la clairière où se trouvait l'habitation.Lä, un sentier menait au seuil.De chaque côté, dans un fouillis d'herbes sauvages, des ronces poussaient\u2019 et s\u2019enchevêtraient.Des groupes d'arbres \u2014 sapins et bouleaux \u2014 faisaient, çà et là une ombre fraîche sur le pré, où des poules gloussaient, où des moineaux pépiaient.Ce fut par un bel après-midi d'été que Mme Saint-Amand arriva là en voiture, à la recherche d\u2019une servante.Retroussant avec soin sa jupe de soie noire que les chardons retenaient malgré elle, elle salua le bûcheron au milieu de sa grouillante famille.\u2014 \u2018\u2018J\u2019ai su, dit-elle, que vous aviez une bonne grande fillette.Elle ferait peut-être mon affaire pour prendre soin des enfants?\u201d Ils la regardaient tous, surpris, ne sachant que répondre, tant cette visite était inattendue.Dans cette existence d\u2019humbles gens, toujours en face de la misère, la perspective d\u2019un peu d'argent à gagner fit l'effet d'un rayon de soleil au milieu de la pluie.Angèle s\u2019avança, rougissante et timide.C'était une fillette de quinze ans, très robuste, pas laide, ayant presque la taille d\u2019une femme, avec de grands yeux bleus et doux.\u2014' Mon Dieu, dit enfin sa mère, si vous voulez l\u2019engager ce sera une grande chance pour nous! Mais elle est pas encore bien habituée au ménage; ici, comme vous voyez, il y en a pas grand.Elle connaît surtout l'ouvrage du dehors.Elle sait bûcher le bois, atteler et dételer un cheval, soigner les cochons, battre le beurre. 46 LA REVUE NATIONALE Et aussi \u2014 1l faut pas oublier de vous dire cela \u2014 elle a très bien le tour d\u2019endormir les enfants.\u201d \u2014 \u201cAh! mais c'est justement ce qu'il me faut! Des enfants il y en a.Mon mari est marchand, et nous avons aussi une terre.Il y a toutes sortes de travaux.Elle fera un peu de tout.Bon, je l'emmène.Quand vous descendrez à la messe vous viendrez au magasin prendre de la marchandise en retour de son salaire.Vous savez, c'est la grande maison de brique rouge, à l\u2019ouest de la route, cinq arpents de l'église.Viens, ma fille!\u201d Sa mère lui fit vivement un paquet de ses pauvres hardes, et Angèle monta dans la belle voiture des Saint-Amand, fière, comme si elle partait pour conquérir le monde.Les Saint-Amand possédaient un magasin prospère, et de plus une grande ferme où se voyaient: dindons, oies, poules, chevaux, porcs, vaches et moutons.Ils étaient des commerçants ingénieux et retors qui ne perdaient jamais une chance de doubler leurs profits et d'augmenter leurs affaires.L'orge de leurs champs, le foin, la paille, les oeufs, la toile, la laine, tous les produits de leur ferme se vendaient à grand bénéfice soit aux hommes de chantier, soit aux pêcheurs ou aux colons.Et les Saint-Amand passaient pour les plus riches de l'endroit.Angèle fut envoyée d'abord à la basse-cour pour aider à soigner les volailles.Quand il lui restait du temps on lui faisait traire les vaches et préparer la nourriture des porcs.Cette préparation se faisait dans une petite cabane appelée \u2018\u2018fournil\u2019 où se trouvaient plusieurs grands chaudrons noirs, suspendus devant un foyer fumeux qui semblait aussi vieux que le monde.Le soir, quand elle rentrait a la maison, les enfants, qui l\u2019aimaient, se pressaient autour d'elle, et elle les endormait a tour de rôle, sur ses genoux.Ils étaient au nombre de quatre, sans parler des plus grands.Mais elle jeta tout de suite sa préférence sur \u2018l\u2019avant- dernier\u2019, le petit Pierre, un bel enfant de trois ans qui, depuis sa naissance, était resté un peu en langueur.Il était maigre et pâle, avait un visage allongé, de grands yeux tristes toujours prêts à pleurer, et aussi de magnifiques cheveux blonds bouclés, qui lui faisaient une tête à l'Enfant Jésus.Il se fit si vite à Angèle qu'il ne demanda plus sa mère, et la jeune fille reçut de Mme Saint-Amand l'ordre de s'occuper exclusivement de l'enfant.Elle dut abandonner tout travail au dehors.Le petit Pierre la suivait pas à pas, et pour ne pas le voir pleurer, elle lui consacra tout son temps.La petite couchette fut transportée près du : LES HEROS INCONNUS 47 lit d'Angèle, dans une grande chambre neuve, du côté du soleii levant.Avec une douceur souriante, une humeur toujours égale, jour et nuit, elle surveillait son sommeil et répondait à ses moindres désirs.Le matin, dès qu\u2019il ouvrait les yeux, il s'élançait dans ses bras, et avec autant de force que de tendresse, elle le portait à la cuisine, où elle préparait elle-même ses repas.Tout son temps passait à le calmer, le soigner, l\u2019endormir, le distraire.Vingt fois par jour, par manie ou caprice, il ôtait de ses petits pieds bas et chaussures.Vingt fois aussi Angèle les lui remettait, passant et repassant dans leurs oeillets les lacets dénoués.En hiver, elle l\u2019amusait avec des images, des pantins, des maisons de carton qu'elle taillait et cousait avec la même maladresse et la même patience.En été, elle l'emmenait dans l'herbe, en plein soleil, tel que le docteur l'avait recommandé.Là, elle cueillait pour lui toutes les fleurs qu'il lui désignait, et saisissait au vol les papillons errants.D'autres enfants, accourus des alentours, venaient parfois, prendre part aux ébats.Sous les feux du jour éblouissant, dans la palpitante lumière des clairs après-midis, ils devenaient de plus en plus turbulents, et cela déplaisait fort à Angèle, car elle craignait que le petit Pierre soit renversé et blessé dans l'excitation de leurs jeux.Aussi ne le quittait-elle pas des yeux.Elle le trouvait toujours plus beau que tous les autres, et, dans sa robe aux couleurs vives, parmi les boutons d\u2019or et les marguerites, 11 lui semblait qu'il était une fleur merveilleuse, tombée, quelque part, des jardins célestes.Un jour, vers l'âge de six ans, il fut pris de la rougeole.Comme 1l était chétif, cette maladie mit ses jours en danger.Durant deux longues semaines sa fièvre le mina, et Angele se désespérait de ne pouvoir rien faire pour arrêter ses crises et ses cauchemars.Elle ne voulut pas se coucher et resta jour et nuit, autour du petit lit.Elle se reprocha amèrement de s'être endormie, quelques fois, dans sa chaise pendant les nuits de veille.Il lui sembla qu\u2019elle avait manqué a son devoir.Enfin, le médecin annonça qu'il était sauvé.Angèle put reprendre son sommeil, mais elle était si changée qu\u2019on avait peine à la reconnaître.Le petit Pierre se rétablit à merveille.Il prit rapidement des forces et sa santé fut meilleure.Ses membres osseux devinrent plus lourds, son petit corps plus pesant et Angèle, la mort dans l'âme, s'aperçut bientôt qu'elle ne pouvait plus le porter, parce que cela lui donnait des points de côté.Blanche LAMONTAGNE-BEAUREGARD (à suivre) 48 LA REVUE NATIONALE Ja musique et le point de vue national USIQUE et NATION! On a un vague sentiment d'avoir à s\u2019excuser d'unir ces deux vocables dans une revue d'action nationale.Peu de nos compatriotes voient dans la musique plus qu\u2019un passe-temps agréable.Ceux mêmes qui se piquent d\u2019aller de l\u2019avant, ont envie de crier au paradoxe quand on leur parle du sérieux de la musique et de son rôle social.La musique pourtant est l\u2019art de la vie.Sa raison d'être est dans sa merveilleuse puissance d'émotion que personne n'a contestée.Doit-on alors s\u2019étonner qu\u2019elle accompagne l'homme depuis son baptême jusqu'à ses funérailles, cet homme qu'il faut à tout prix émouvoir si l\u2019on veut qu\u2019il agisse?Ce qui étonne c\u2019est bien plutôt l'attitude de scepticisme que trop d'\u2019intellectuels prennent en face du phénomène musical.Tout à l'heure s'ils veulent répandre une idée, ils s'empresseront de faire appel aux charmes du rythme, de la cadence et du lyrisme.Nous n'avons pas aujourd'hui à rechercher les causes profondes de cette inconséquence.Le présent article vise un objet plus immédiat.Nous voudrions traiter de la musique, véritable patrimoine national, art qui nous a fait le plus connaître à l'étranger.Nous voudrions relever combien nous avons jusqu'ici dilapidé ce patrimoine; souligner enfin quels services signalés l'art musical peut rendre à notre formation générale, sujet qui de ce temps-ci occupe tous 3 les pédagogues.a La plus sommaire des comparaisons avec les pays étrangers établit avec évidence que le talent naturel de la musique nous est départi plus libéralement qu\u2019à la plupart des peuples.C\u2019est un phénomène bien curieux, que ces dispositions natives dont le Canadien français est doué.La constatation est d'autant plus inattendue qu'il n\u2019y a jamais eu chez nous d'enseignement musical organisé, pénétrant dans les couches sociales et y entretenant la flamme et le bon goût artistique.Il faut conclure que c\u2019est là un véritable patrimoine, puisque nous n'avons rien fait de systématique pour acquérir un tel trésor.Au surplus, il semble que nous ayons fait tout notre possible pour dissiper ce patrimoine.La parabole des talents et celle du Prodigue s'appliquent à merveille à notre conduite dans ce domaine et pourtant, malgré la \u201cbonne franquette\u2019\u2019 avec laquelle nous avons RE DE POSE IE VOD VOOR IR PA PERIODES CP RÉ BEBE PENCHE PE PRE SONDE POSE LA MUSIQUE ET LE POINT DE VUE NATIONAL 49 étudié la musique, la nature ne se rebute pas: les talents continuent de foisonner et l'art musical reste, avec l\u2019art oratoire, le premier art de la nation.L'orientation de notre enseignement artistique s\u2019est effectuée depuis une décade vers la plastique.À cela rien à redire.Mais nous aurions dû au moins ne pas négliger si longtemps l'enseignement musical.Les Beaux-Arts n'avaient encore produit chez nous que des gloires domestiques, et déjà l\u2019on connaissait partout dans le monde la Prima Donna canadienne, Albani.C\u2019est en 1870 qu\u2019Emma Lajeunesse fit ses débuts à Messine et le monde entier n'a cessé de l\u2019applaudir durant plus de trente ans.En 1878, l'Europe artiste, no du 31 mars, écrivait d\u2019un violoniste de chez nous: \u2018M.de Sève, âgé à peine de vingt ans, fait chanter son instrument avec toutes les suaves inflexions de la voix humaine, redisant les orages et les passions dramatiques avec les mélodieuses touches de son violon.Nous prédisons à M.de Sève le plus brillant avenir\u2019.Le critique parisien ne se trompait pas, puisqu'il écrira plus tard dans le même journal que de Sève est: \u2018\u2019le nouveau Paganini'\u2019.L'artiste alla s\u2019établir à Boston et durant dix-neuf ans fut soliste de la Symphonie bien connue; 11 professa au Conservatoire de cette ville.Citons encore la protégée de Sir Wilfrid Laurier, Eva Gauthier, qui fit plus d\u2019une tournée mondiale avec Albani, avec Elmann, etc.Et nous pourrions continuer à énumérer ainsi plus de trente virtuoses de renom qui ont paru ou enseigné avec succès à l'étranger.Tel dictionnaire américain des Musiciens de renommée mondiale signale à leur rang alphabétique, Calixa Lavallée, Eva Gauthier, Albani, etc.Ajoutons-y au risque d'en oublier: F.-X.Mercier (Pensionnaire de l'Opéra Comique de Paris en 1899); \u2014 Rodolphe Plamondon de l'Opéra de Paris; \u2014 Wilfrid Pelletier du Metropolitan; \u2014 les pianistes Renaud, Laliberté, Morin, Descarries, Berthe Roy et Germaine Malépart (Concerts à Paris et à Londres); les organistes Amédée Tremblay, Conrad Bernier (Paris et Washington) et Henri Gagnon (Concerts Touche à Paris); enfin au hasard, Graziella Dumaine, Béatrice LaPalme (Covent Garden de Londres), Paul Dufault, Guillaume Couture (Maître de Chapelle à Sainte-Clothilde de Paris, César Franck étant titulaire des Orgues), Claude Champagne (oeuvres données à la Salle Gaveau, Paris), Rodolphe Mathieu (oeuvres données aux Concerts Touche à Paris), etc.Nous sommes trop portés à oublier tous ces noms qui ont signalé notre pays à l'attention des autres.Dans le domaine de la facture des orgues, les Frères Casavant ont fait rejaillir sur le nom ca- syéetaeiti st aan \\ Cp REE EEE Lads tess HH EL ith al ab s HALLER LIRE ét Le 3 ét 4 HERE 1 50 LA REVUE NATIONALE nadien un lustre que cette enquête ne peut ignorer.Ils ont des orgues dans les cinq continents.Leur dernier contrat est pour Jérusalem, et durant la guerre, le gouvernement leur reconnut à ce point une utilité nationale qu\u2019il exempta de la conscription tous les ouvriers indispensables à la fabrication et aux opérations de la Maison.Le plus extraordinaire, c\u2019est qu\u2019on ne croit pas à un Conservatoire national possible avec de tels éléments.C\u2019est l'étranger qui emploie nos professeurs.De Sève a enseigné au Conservatoire de la Nou- velle-Angleterre, de même qu'Oscar Martel.Conrad Bernier enseigne présentement à l\u2019Université de Washington.Les Plamondon ont à Paris un Studio achalandé.Enfin nous pourrions citer le cas d'un organiste grégorianiste canadien, qui, durant son séjour à Paris, donna des cours rétribués de Musique grégorienne à un professeur réputé de la capitale.Ceux qui ont cru en l'avenir du Conservatoire natto- nal ont donc vu juste et le gouvernement leur a donné gain de cause en inscrivant au budget à voter ce mois-ci une subvention pour l'Ecole de Musique de la rue Lagauchetière est (441).Ce qui est singulier, ce n\u2019est pas d\u2019avoir tenté l'entreprise; mais bien de ne pas avoir trouvé le tour de fonder plutôt et de faire vivre.Il est certain que trop longtemps nous avons assimilé chez nous le musicien au virtuose échevelé et bohème qui parcourt le monde comme un vagabond en exécutant des casse-cous.Le vrai musicien est autre chose.C'est à lui surtout qu'est départie la tâche de former le sens esthétique de la race par le plus immatériel et le plus formateur des Arts.Que jusqu'ici nous n\u2019ayons pas apporté à la culture de la musique tout le sérieux et tout l'esprit de travail qu'elle mérite, tout le monde en convient.Nous avons la réputation de négliger les études de base.Il serait bien intéressant, mais à coup sûr trop cruel, de faire le relevé des musiciens de chez nous qui n\u2019ont jamais lu en entier une théorie musicale ni même parcouru un ouvrage de solfège.C\u2019est là un trait caractéristique hélas! national de la qualité de notre formation musicale.Tout se borne à I'habileté native, à la souplesse naturelle des phalanges, à la musicalité spontanée du sujet, enfin au timbre \u2018\u2018nature\u2019\u2019 de la voix.\u2018\u2018Une belle voix naturelle!\u201d disait-on jadis.Les belles voix naturelles ont tenu lieu de grammaire à plus d'un musicien de chez nous.Mais revenons à la musique, art formateur.Nous l'avons écrit à plusieurs reprises.L'oeuvre d'éducation doit être synthétique.C\u2019est une sphère de géomètre que des pédagogues de tous les temps ont partagé en quatre segments essentiels: LA MUSIQUE ET LE POINT DE VUE NATIONAL 51 l'éducation physique, l'éducation intellectuelle, l'éducation esthétique et l'éducation morale.L'éducateur doit se proposer comme exemplaire un individu sain de corps, poursuivant le vrai, doté d'un goût sûr et soucieux de son devoir.La formation d'un peuple suit les mêmes lois; et l'éducation collective d\u2019une race ne doit pas systématiquement ignorer l'esthétique.Dans les rapports nombreux qu'on trouve en France sur le Solfège Primaire, il est constant de rencontrer des assertions comme celle-ci: \u2018La Musique est un auxiliaire d'une puissance dont on ne se doute pas.Pourquoi?C\u2019est qu\u2019elle représente le côté esthétique dans l'éducation.\u2019\u2019 Cette raison, avouons-le, surprend de prime abord.Le \u2018côté esthétique\u201d est-il donc si nécessaire ?S1 vous avez un peuple difficile à remuer, indifférent aux appels idéalistes, un peuple lent à s'émouvoir, réfractaire aux influences persuasives, nous tenons que cela peut dépendre de l'absence de formation esthétique.Ne dites pas que l'art n'est rien: l'Art c\u2019est l'enthousiasme.Un peuple qui n\u2019a pas d'éducation esthétique est un peuple triste, replié, difficile à galvaniser.La Musique dispense le plus pur enthousiasme, celui qui est propulseur de l\u2019activité, nourricier de l'entrain.Notre système d'éducation \u2014 si l\u2019on excepte la théorie de l'art producteur de M.Edouard Montpetit \u2014 a trop ignoré l'Art, le tenant pour inutile, pour un donneur d'emballements ridicules.De là un désaxement de tout le reste.Point de souci de la beauté sensible: la laideur par le désordre mis sur le pied de l'ordre dans la proportion.L'éducation du sens moral a besoin de l\u2019éducation esthétique, parce que le beau moral représente un bien souhaitable quand on sait définir le beau concret.L'imagination a alors un point de comparaison.C\u2019est en ce sens qu\u2019on peut dire: le goût du Beau mène au goût du Bien.Un peuple qui ignore de propos délibéré l'enseignement esthétique est à plaindre.Il n'a que des sensations à tout le moins inutilisables par ses convictions religieuses.Sans impressions profondes, il aura du mal à être réfléchi et versera bientôt dans l'universelle tiédeur.Le sens du Beau, au contraire, est-il cultivé, il restera toujours un point tangible, un espoir de recension.Le Beau résume toute perfection.On dit: \u2018le beau physique\u2019, le \u2018beau intellectuel\u2019, \u2018le beau moral\u2019.La Beauté, ou ce qu\u2019on croit être tel, est l\u2019universel appât de tout ce qui doit surgir ou s\u2019accomplir.Il n'y a pas d'autre raison à l\u2019utilisation séculaire que tous les peuples ont faite de la Musique pour élever leur niveau de culture.Les religions, de quelque nature qu'elles soient, ont toujours fait ap- ie it COR ly a HSE 52 LA REVUE NATIONALE pel à la Musique pour exhausser l\u2019homme intérieur.\u2018Movet intus Musica\u2019\u2019, écrit un Père de l'Eglise: la Musique ébranle l\u2019homme intérieur.Sachons donc bien user de notre patrimoine.N\u2019allons pas le gaspiller et nous verrons Peu à peu notre peuple se raffiner et redevenir idéaliste.Eugène LAPIERRE, D.M.Directeur du Conservatoire national de Musique Civilisation en enfance ! N dit souvent: IL N'Y A PLUS D'ENFANTS: mais on dit également:LES HOMMES SONT DE GRANDS ENFANTS.Qui a raison?Le dernier \u201con\u201d.x x + I\u2014Michel a quatre ans.À la dernière Noël, son père lui a acheté une flûte.S'en est-il contenté?Pas du tout.Il a voulu avoir le parchési de Claude, le bicycle de Gisèle et le mécano de Jacques.Rousseau a menti: l'enfant est insatiable de nature.M.Safrenette est dans la quarantaine.C'est un employé de bureau qui n'a pas besoin de sa serviette pour apporter sa paie à la maison.Il avait acheté un phonographe en 1927, mais le phonographe n\u2019est plus à la page; aussi possède-t-il maintenant (en attendant d'être proprio): piano comme M.Ristompe, radio comme M, Chalumelle, auto comme M.Verturpin.M.Safrenette est insatiable: c\u2019est un grand enfant.II\u2014Moise a neuf ans.Si vous saviez tout ce qu\u2019on lui a donné au Jour de l\u2019An! Il en avait pour faire plaisir à dix petits miséreux.Sa maman lui a bien suggéré de donner sa boîte de fondants à la bonne, une pauvrette de seize ans, seule de dix enfants pour aider son père; mais il a refusé.Plus tard, il a eu honte et lui à donné un suçon.\" EMI our 1 pata THERE: CPR CHEMIN EEE PAS HR HL ICO Et ei HSE OTN! IT FERRIERE AE EEE EEE a SL, SRR IRR HE HHA HERR RTE i CIVILISATION EN ENFANCE ! 53 Rousseau a menti: l'enfant est égoïste de nature.Madame Pingrenelle est l\u2019épouse d\u2019un médecin ayant pignon sur boulevard métropolitain.Hier, sa fillette de 16 ans recevait à un thé de 5 à 7 comme si elle avait eu l\u2019âge de sa mère, visiblement dans la cinquantaine.Aujourd'hui, un conférencier de la Saint- Vincent de Paul frappe à la porte, fait le pied de grue pendant cinq grosses minutes, se fait ouvrir après un troisième coup de sonnette, tend son sac et, malgré lui, y voit tomber .deux sous.pour les souffreteux de la paroisse.Madame Pingrenelle est égoiste: c\u2019est une grande enfant.III\u2014Gilberte a douze ans.C'est une \u2018\u2019couventine\u2019\u2019.Elle aussi, a été gâtée aux dernières fêtes; les boîtes de bonbons, seules, n'ont pas été nombreuses.\u2018\u2018Garde-les donc pour le couvent\u2019, lui a conseillé sa maman, mais bien en vain: Gilberte a tout mangé.Rousseau a menti: l\u2019enfant est imprévoyant de nature.M.Crochetard est un commerçant qui frise la cinquantaine.Son commerce l'a toujours fait vivre richement, mais il ne s'est jamais mis un sou de côté.Il avait vendu son magasin dernièrement, mais au lieu de s'acheter des rentes viagères de la Caisse Nationale d'Economie, il a joué sur marge à la Bourse et s\u2019est fait laver; c'est au cours des krachs de l'automne dernier.M.Crochetard est imprévoyant: c\u2019est un grand enfant.x x * Et voilà.Les hommes \u2014 et les femmes \u2014 sont de grands enfants.Que dis-je ?Toute notre civilisation est retombée en enfance: elle est d'une légèreté telle qu\u2019on l'a remarquée même en très haut lieu.Nest-ce pas Pie XI, dans 'Encyclique MENS NOSTRA, du 19 décembre dernier, qui écrit: 54 LA REVUE NATIONALE La plus grande maladie du monde moderne, la principale source des maux que nous déplorons, c'est le manque de réflexion.Peut-on moins réfléchir, en effet, que de nos jours?L'Eco- nomie multiplie, complique de plus en plus nos besoins \u2014 surtout les fictifs.Les industriels font des vieillards avec des hommes de 45 ans.Les spéculateurs enragés déménagent (dans les deux sens).Les acheteurs à crédit mangent du pain et du sel; etc, etc.Est-ce qu\u2019il ne serait pas alors plus logique d'économiser et d'épargner davantage, puisque l'avenir de soi et des siens est de plus en plus risqué?Est-ce que 98 pour cent des gens n\u2019atteignent pas 60 ans (comme on l\u2019a déclaré, récemment, à Toronto, au cours d'un congrès) sans avoir assuré financièrement leur subsistance?N'est- il pas vrai qu\u2019on ne sait plus où placer les vieillards sans le sou?Ne parle-t-on pas maintenant, à chaque session, des pensions de vieillesse ?Et comment voulez-vous qu\u2019il en soit autrement?La famille ne sait plus se modérer.Car se modérer, c'est se river à l'aisance, au bien-être tout au plus, et on se livre au luxe.C\u2019est inévitable: quand du bien-être on passe au luxe, il faut alors revenir à l\u2019insatiabilité, à l\u2019égoïsme, à l'imprévoyance.Il est des lois psychologiques qu\u2019on ne viole pas impunément.x kx Que faire?Remettre l'éducation à sa place: la première.Une éducation familiale à bases morale et religieuse.L'instruction ne doit venir qu\u2019en second lieu.Il y a trop longtemps que l\u2019on s\u2019abuse en croyant que l'instruction peut remplacer l'éducation, au moins la donner.Elle ne peut que la pag- faire.Un point, c'est tout.Depuis quand savoir faire un discours en trois points, comprendre ce que veut dire: À sinus a sinum fricat, faire des vers, sont-ils des garants de la modération, de la charité et de la prévoyance d\u2019un jeune homme ou d'une jeune fille?\u2026 J'aurais peur, vraiment, du quidam, qui, après avoir poussé à la maison comme un champignon, avoir passé quelques années dans une maison d'enseignement (même en compagnie de bons professeurs et de bons auteurs), viendrait me proposer aujourd'hui \u2018un placement sûr et avantageux\u201d.RERO in dil CIVILISATION EN ENFANCE ! 55 Que voulez-vous?Le côté profane de l'instruction a plus d'emprise sur l'être humain que le côté moral et religieux.Pourquoi?Parce qu'il flatte l\u2019orgueil, père de l'égoisme, ce reste d'animal que domine de moins en moins la raison.D'où la nécessité, l\u2019urgence de forger l'âme avant de la meubler.Et forger l'âme d\u2019un enfant, c\u2019est tout d'abord, ce me semble, de lui enseigner, au moins LA POSSIBILITE DE LA PRIVATION.Pourquoi souffrir que Michel s'accapare tous les jouets de sa petite soeur et de ses petits frères, au lieu de profiter de l'occasion pour contrecarrer tout de suite cette tendance de politiciens.Pourquoi ne pas profiter également du sentiment de confusion de Moïse, lorsqu'il donne son suçon, pour tuer son égoïsme en lui faisant remarquer que nombre d'enfants n\u2019ont pas même le nécessaire?Pourquoi ne pas dire à Gilberte que, s\u2019il y a tant de pauvres au crochet des hospices, c'est dû au fait qu'ils n'ont jamais vu plus loin que le bout de leur nez?N'objectez pas, que l'enfant n\u2019aura pas d'oreille pour écouter vos leçons: il est étonnant de constater à quel point il écoute et obéit.Si la doctrine de la bonté native est fausse, il n'est pas moins vrai que l'enfant a l'esprit ouvert à l'idée morale, qu'il ignore, et qu'il est d'autant plus important de la lui faire connaître que son cerveau est alors comme une cire molle où s'imprimera mieux la leçon que vous lui donnerez.\u2018 x x % Pas d'illusion.L'éducation de la modération par la famille est le seul moyen auquel il faille revenir, si l\u2019on veut réellement renouveler la face de la terre: c'est-à-dire la désencombrer de tous ses grands enfants.Lorsque l\u2019âme du bambin aura appris que nos souhaits et nos ambitions dépasseront toujours la mesure de ce qui est réalisable, il sera moins insatiable.Lorsqu'elle constatera qu'il y a plus de plaisir à donner, voire à se donner, que de tout garder et de tout accaparer, les pauvres auront la vie moins dure et le budget de l'assistance publique sera moins lourd pour la société; elle comprendra, en effet, que Dieu est juste: qu'Il a voulu que tout le monde ait le nécessaire et que le nécessaire du pauvre, c'est le superflu du riche, purement et simplement.Elle saura enfin que le premier principe de la loi naturelle regardant le bien de l'individu, c'est de se nourrir, non pas seulement aujourd\u2019hui, mais aussi de- niain, lorsque ses forces manqueront sans retour, d\u2019où la nécessité, l'obligation de l'épargne.LA: ds él MES 1201 IY + TT III = A f 2 MERE HAM HRY.i311 a y LIRR ISN CE EI HD AE RAS A ECS AM 56 LA REVUE NATIONALE Non, ni l'instruction ni la science ne lui apprendront ça.Notre civilisation est-elle instruite, savante, ou si elle ne l\u2019est pas?Est- ce qu'il y a plus de modération, plus de charité, plus de prévoyance?Regardez autour de vous.Ils sont légion les Safrenette, les Pingre- nelle et les Crochetard.: Oui, vantons-la notre CI-VI-LI-SAAAAA-TION! Elle est si dix-huitième siècle, si rousseauiste, si bonté native, si en enfance! Beau progrès vraiment! Julien ROYAT Bibliographie L\u2019 Annuaire Statistique de Québec, 1929 Quel sujet plus prenant pour un conférencier catholique que la carriére de I'illustre Pontife qui règne actuellement sur le siège de Saint-Pierre?Et qui pouvait mieux le traiter que le chef de l'Eglise canadienne, l\u2019éminent religieux que Rome a tiré de l'humilité du cloître pour le placer sur le trône cardinalice de Québec?L'attente des auditeurs de la journée diocésaine de Québec n'a pas été déçue.Ils ont vu se dérouler sous leurs yeux la brillante carrière de Pie XI, marquée d'étape en étape par quelque grand geste.C'est afin de faire profiter tous les catholiques de notre pays de cette belle page d'histoire que l'Oeuvre des Tracts a obtenu de Son Eminence l'autorisation de la publier en plaquette.Une magnifique gravure du Pape orne la couverture.Guérin (Wilfrid) La Semaine Sociale de Chicoutimi, Impressions d'un Semainier.Le volume de la dernière Semaine sociale, contenant le texte complet des cours et conférences donnés en avril 1929 à Chicoutimi, sur la Cité, est paru à la fin de décembre.Un fidèle semainier, M.le notaire Wilfrid Guérin, publie ses impressions sur cette semaine qui fut l\u2019une des plus brillantes de la série.On trouvera dans ces pages une bonne vue d'ensemble des sujets traités et d'intéressantes réflexions.La direction de l'Ecole sociale populaire qui édite cette brochure y a ajouté quelques articles parus sur le même sujet, entre autres celui du chanoine Rychmans, de Louvain, publié dans la Revue des Idées et des Faits, de Bruxelles. Son ow 508 pil pi IR: io QU gages 2 & , tt LES BESOGNES URGENTES 57 |es besognes urgentes A Société Saint-Jean-Baptiste a pris pour tâche \u2018\u2019de rendre le peuple meilleur\u2019.De tout temps depuis Duvernay elle a travaillé en ce sens.Depuis l'avènement de son nouveau président, M.Guy Vanier, elle semble s'être mise résolument à la besogne .plus que jamais en est-il temps! Les infiltrations étrangères, la vague d'américanisation, les modes, le snobisme, le débraillage, l\u2019irréflexion, le manque de formation intellectuelle, la paresse .d'autres causes encore sont en train de nous dénationa- Îiser.Je n'ai ni le temps ni l\u2019espace de faire ici une longue analyse psychologique: je veux signaler ici quelques excès notoires seulement, quitte à reprendre plus au long le sujet si la chose intéresse.Je crois qu\u2019à l'heure actuelle, le sport tel que pratiqué à Montréal est une des plus grandes formes d\u2019anglicisation.et je ne crains pas d'affirmer que 75% au moins des \u2018\u201c\u2018sportsmen\u201d\u2019 (comme ils s'appellent) sacrifient leur langue en beaucoup d'occasions, à propos de tout et de rien, parfois sans aucune raison.Ils parlent un anglais quelconque à peu près partout, se glorifient d'être ainsi \u2018à la mode\u2019, n'ayant pour excuse que la manie de faire comme les autres.Jamais ou à peu près jamais une demande d'information, de renseignement, de billet, de place, de comestibles.en français! Ils s'adressent d'abord et à peu près toujours en anglais.ne prenant pas la moindre chance en faveur de leur langue.se supposant constamment (et à tort la plupart du temps) en présence d\u2019un anglophone ou d'un unilingue.Et quand ils reçoivent un reproche mérité parce qu'évident, jamais un argument raisonnable à l'avantage du français mais de misérables sophismes qui feraient rire .mais non, ils sont a faire pleurer.La preuve de ceci: elle est au Forum, à l'Aréna, au Stadium, sur les terrains de jeux, partout.Qu'on observe bien la mince part officielle réservée au français.Ceux qui sont à blâmer ne sont pas les promoteurs: ce sont les assistants, les partisans, tous ces Canadiens cui ne sont plus français de langage lorsqu'ils font du sport.Les Anglo-canadiens sont bien plus fiers et bien plus raisonnables.Comme le cercle Pie X de l\u2019A.C.J.C.avait raison de protester.il faudrait de pareils groupements partout! Emile LAMBERT, ptre curé RT TT OCT II 58 LA REVUE NATIONALE Nos chefs de sections et de comités régionaux 1\u2014Duvernay .2\u2014Immaculée-Con- ception .3\u2014Montcalm .4\u2014Notre-Dame 5\u2014Etienne-Parent 6\u2014Dollard .8\u2014Saint-Edouard .11_ Champlain .i 13\u2014St-J.-Baptiste \u2026 8 15\u2014Jacques Viger .17\u2014Iberville \u2026 .18\u2014St-Enfant-Jésus .19\u2014LaFontaine .21\u2014Longueuil 22\u2014N.-D.du T.St- Sacrement .\u2026 25 Papineau .26\u2014N.-D.-de-Grâce PRESIDENTS Victor Morin 57, rue St-Jacques O.Tél.: MArquette 1676 Dr F.-O\u2019Leary Noiseux 1117, rue du Parc LaFontaine Tél.: AMherst 6348 .Pierre-A.Déziel 1497, rue Wolfe Tél.: CHerrier 9460 Léop.Austin 424, rue St-Sulpice Bruno Charbonneau 7390, rue St-Denis Tél.: CAlumet 7204 .Joseph Boileau 4338, rue Fabre Tél.: Main 3052 E.-J.Brossard 410, rue Beaubien E.Tél.: CRescent 6334 .Yven Rioux 1276, rue Grant Tél.: CHerrier 2987 .J.-L.-Alb.Charbonneau 482, rue Rachel E.Tél.: BElair 8956 Chas.-C.Gauvin 480, rue Cherrier Tél.: HArbour 8718 .Arthur Tremblay 2115, rue Delisle Tél.: Wllbank 3201 J.-A.Patry 5351, rue Waverley Tél.: CRescent 5308 .Dr E.-B.Dugas 1654, rue Amherst Tél.: CHerrier 9352 J.-O.Moquin 139, rue St-Thomas Tél.: Main 6608 C.-H.Moineau 4426, rue Ch.-Colomb Tél.: FAlkirk 1812 Jos.Gagné 1562.r.DeMontigny E.Tiél.: CHerrier 1617 \u2026 Louis Viens 405, ave Northcliffe Tél.: WAlnut 1628-F SECRETAIRES J.-L.-H.Ouimet 55, rue St-Jacques O.Tél.: HArbour 2185 Napoléon Piotte 2328, rue Chapleau Tél.: AMherst 2680 Lucien Saint-Jacques 1179, rue Beaudry Tél.: CHerrier 9131 C.-A.Shaffer 4661, rue des Erables Tél.: AMherst 5312 Victor-W.Meek 242, r.de Castelnau Tél.: CAlumet 6176 Charles-A.Vincent 3533, r.de Bordeaux Tél.: AMherst 1073 Emilien Ducharme 6671, rue St-Denis Tél.: CRescent 6213 Georges Caron 1689, rue Iberville Tél.: CHerrier 2429 Gaston Demers 4120, rue St-Hubert Tél.: FAlkirk 1621 Paul LaRocque 4224, rue Adam Tél.: Clair.8264 J.-Eug.Bélanger 2340, rue Workman Tél.: WIlbank 4404 Wilfrid Levac 5171, rue St-Denis Tél.:BElair 8886 Antonio Courtois 1814, rue Wolfe Tél.: FRontenac 1216 J.-René Corbeil 29, 11e rue, Longueuil Tél.: PLateau 31831 J.-A.-L.Houle 4518, rue Boyer Tél.: FRontenac 7367 Edouard Pharon 1010, avenue Malo Tél: AMherst 8589 Gustave Bernier 3859, boul.Décarie Tél: WAlnut 0055 NOS CHEFS DE SECTIONS 59 31\u2014Verdun \u2026 \u2026 \u2026 .32\u2014 Saint-Nicolas \u2026 .34 Saint-Jacques .\u2026 \u2026 36\u2014Louis-Hébert \u201coe 37_Saint-Denis .39\u2014 Sault-au-Récollet\u2026 40\u2014Pére Marquette .42_\u2014 Saint- Louis-de- France .44\u2014N.-D.-du Perpé- tuel-Secours .46\u2014DeSalaberry \u2026 \u2026 47\u2014Saint-Clément \u2026 52_\u2014 Saint-Stanislas 54_ Saint-Charles .55 \u2014 L.-O.David \u2026 \u2026 \u2026 56\u2014N.-D.-de-la-Paix 58\u2014Saint-Henri \u2026 \u2026 59_\u2014 Saint-Joseph .60_\u2014 Sainte-Hélène \u2026 \u2026 81_\u2014 Saint-Paul .62\u2014St-Pierre-Claver \u2026 .L.-P.Lanouette 3797, boul.La Salle Tél.: York 7281-J Henri Rodrigue 220, boul.Perras Tél.: DUpont 2800 Henry L.- Auger 540, rue Ontario E.Tél.: HArbour 0983 Victor Bédard 1817, rue Plessis Tél.: AMherst 2258 .Eddy Handfield 4819, rue St-Hubert Tél.: FRontenac 8781 J.-E.Foucault 720, boul.Gouin E.Tél.: DUpont 4304 Dcnat Allaire 2170, rue Darling Dr H.Dorval 3658, rue St-Denis Tél.: HArbour 0405 Rodolphe Dagenais 6085, boul.Monk Tél.: FItzroy 2838 Ed.Machet 2513, rue Wurtele Tél.: CHerrier 5523 C.-J.Arcand 1658, rue Théodore Tél.: CLair.1037-M .J.-A.Fournier 1140, rue Gilford Tél.: CHerrier 0834 .Elphége Cromp 2636, r.Manufacture Tél.: WIlbank 9284 Arthur Benoît Roxton Fall, P.Q.J.-A.-M.Clairoux 3355, boul.La Salle Tél.: York 8486-J .J.-B.-A.Cusson 3935, rue St-Antoine Tél.: WIlbank 3582 .P.-A.Gince 753, rue Lusignant Tél.: UPtown 7815-J Louis Bergevin 1233, rue N.-Dame O.Tél.: WIlbank 5608 .J.-H.Meloche 5702, r.Marc Sauvalle Tél.: York 6645-W J.-E.Sansregret 1835, rue St-Jérôme Tél.: AMherst 2370 Ls-Marie Gagnon 894, rue de l\u2019Eglise Tél.: PLateau 5151 O.Labelle 10825, rue Laverdure Tél.: DUpont 0917 Eugène Dubuc 1588, r.S.-Christophe Tél.: CHerrier 9226 Donat Therrien 2128, r.Maisonneuve Tél.: AMherst 9449 Hector Charette 752, rue Laurier E.Tél.: BElair 0422 Camille Proulx 10723, rue Vianney Tél.: DUpont 2908 Napoléon Martineau 1525, rue Cuvillier Alphonse Nobert 1009, rue Napoléon E.Tél.: FRontenac 1273 J.-A.Lespérance 2282, rue de Villiers Tél: Fltzroy 7212 Lucien Laperrière 2518, rue Montgomery Est Tél: CHerrier 6859 A.Chartrand 1474, rue Viau Tél: Clairval 2327 J.-B.Beaudoin 4676, rue de la Naudière, Tél.: AMherst 3396 J.-A.Tourangeau 2414, rue Mullins Tél.: YOrk 0055-W J.-D.Bouchard Roxton Fall, P.Q.R.Lauzon 3417, rue Gertrude Edmond Desjardins 390, rue St-Ferdinand Gérard Lamarre 782, rue Richmond Tél: WIlbank 8538 L.Martin 244, rue Colborne Tél.: WIlbank 2598 Oscar Boyer 5520, rue Angers Tél.: York 6549 Marcel Huchet 5318, rue Cartier Tél.: AMherst 2698 RETRO RS PSI RRL SUES SUR MEMCRNTE MENDES 60 LA REVUE NATIONALE 64\u2014Saint- Ambroise .66_Maisonneuve .67\u2014 Bourget .68\u2014St-V.-Ferrier 70\u2014Préfontaine .71_F.-X.Garneau .74\u2014 Saint-Jean- Berchmans .76\u2014Nativité d\u2019Hoche- laga .77\u2014Ste-Philoméne .78 _Acadie .79\u2014Saint-Arsène \u2026 \u2026 \u2026 80\u2014St-Jean-de-la- Croix .81 \u2014Desnoyers .82 _\u2014 Sainte-Claire 83\u2014-Saint-Jean-Bap- tiste-de-la-Salle .85__Saint-Sacrement de Lachine .87St-Paul-desla- Croix .ve.88\u2014Saint-Mare .HE ee atta dy AO BE PR HSE fH] FURR RIL RH TH 4 Albert Berthiaume 6502, rue Ch.-Colomb Tél: CAlumet 6948 Dr A.-L.LaRose 4103, r.S.-Catherine E.Tél.: CLairval 3911 - Israël Nantel 1816, r.Sherbroke E.Tél.: AMherst 8510 .Léopold Favreau 8049, rue St-Denis Tél.: CAlumet 3659 Emile Charbonneau 2218, rue Nicolet Tél.: CLairval 5992 A.-G.Bélisle 7522, rue St-Hubert Tél.: CAl 2810-F H.Lafleur 5923, rue Chabot Tél.: CAl 6514-W L.-P.-Maurice Tessier 2051, rue Moreau Tél.: FRontenac 1764 Georges Gauthier 5468, 12e avenue Rosemont Tél.: Clairval 1314-W Georges Goguen 3748, rue Adam Tél.: CLairval 2318 Alex.Cousineau 7353, de Normanville Tél.: CAl 4841-7 Magnus Poirier 6603, rue St-Laurent Tél.: CRescent 5700 Léon-Daniel Clément 699, rue Delinelle Tél.: WEst.1190-J \u2026 Osias Hébert 4051, rue Marseille Tél.: CLairval 0233 Hor.Borduas 2196, rue Desjardins Tél.: CLair.1969-M Ferdinand Bisonnette 79, 2e Avenue Lachine, P.Q.Tél: 142-F J.-S.Langevin 10348, boul.des Ormes Tél.: Dupont 1953 E.-J.Taillon 6343, 2e avenue Rosemont Tél.: CAI.6716-W Isidore Coupal 6689, rue Ch.-Colomb Tél.: CAlumet 13830 Wenceslas Laberge 1443, boul.Pie IX J.-O.Boivin 1810, rue de Lorimier Tél.: AMherst 9018 J.-Clément Girard 375, rue Jarry Tél.: CAL 5625-F Geo.-A.Barrette 3153, rue Ontario E.Roméo Papineau 7918, rue Lajeunesse Tél.: CAlumet 7997 J.-A.Guérin 1988, boul.Rosemont J.-F.Surprenant 1457, rue Davidson Tél.: Clair.1344-W J.-A.Bourdon 5402, 2e avenue Rosemont Tél.: CHerrier 4360 Hervé Richard 360, rue Gounod P.-E.Gervais 933, rue Bélanger E.Tél: CAlumet 4557 L.Rémillard 6743, rue St-Laurent Tél.: CRescent 0672 J.-Arthur Beauséjour 865, rue Desnoyers Tél.: WEst.4155 Avila Beauchamp 515, rue Mousseau Tél.: CLairval 5778 E.-M.Borduas 2565, rue de la Salle Tél.:CLair.8014-W J.-Achille Daoust 123, 2e avenue Lachine, P.Q.Tél.: 1733-W B.Bédard 10562, boul.des Ormes Tél.: DUpont 1615 J.-G.Coté 6305, 1ère avenue Rosemont Tél.: CAl 6818-F I A RAR Danan i. ont i NOS CHEFS DE SECTIONS 61 89\u2014Saint-Jean-Bap- tiste-Vianney .90\u2014N.-D.-des-Anges .98__Ste-Gertrude .94_Jacques-Cartier .95__St.Frs-Solano .96\u2014Saint-Irénée .97\u2014Saint-Zotique .98 _\u2014St-Pierre-aux- Liens .99__Saint-Octave-de- Montréal-Est .100\u2014Saint-Viateur .101\u2014Saint-Léon-de- Westmount .103\u2014Saints-Anges-de- Lachine .104\u2014 Saint-Etienne \u2026 \u2026 Comité régional du Nerd .Comité régional de PEst .Comité régional de POuest .Comité régional du Centre .J.-B.Delisle - 6544, 25e avenue Rosemont Tél.: CLair.6956-W J.-A.Langevin 2261, boul.Gouin O.Tél.: BYwater 1193 Dr A.Dagenais 4590, boul.Gouin E.Tél.: DUpont 3363 F.Roberge 958, boul.Gouin O.Bordeaux, P.Q.Tél.: BYwater 0853 J.-W.Lefebvre 5553, 18e avenue, Rosemont Tél.: CLair.4346-W Alfred Boyer 179, rue Selby Tél.: WIIbank 0771 .René Charbonneau 360, rue du Parc G.-E.Cartier Tél.: WEstmont 2860 Alphonse Chabot 182, 2e avenue Ville St-Pierre Tél.: WAlnut 6231 L.-Arthur Pauzé 11462, r.N.-Dame E.Tél.: Pte-aux-Trem- bles 119 Ernest Tétreav 246, ch.S.-Catherine Tél.: ATlantic 0983 Joseph Hurtubise 417, rue Roslyn Tél.: WEst.1298 Hector Martin 5a, chemin La Salle Lachine, P.Q.Tél: 62-J Geo.Lussier 6042, rue Ch.-Colomb Tél.: CAI.0360-J Bruno Charbonneau 7390, rue St-Denis Tél: CAlumet 7204 Dr Armand Hay 3613, S.-Catherine E.Tél.: Clairval 5948 Henri Primeau 283, rue Vinet Tél.: WIlbank 5632 Dr A.-A.Lefebvre 2408, S.-Catherine E.Tél.: CHerrier 4176 Alf.Marcotte 6647, 25e avenue Rosemont Tél.: CLair.4076-M G.-P.Bélair 2274, boul.Gouin O.Tél.: BYwater 1200 Alfred L\u2019Archevêque 12120, avenue L\u2019Archevéque Tél.: DUpont 3976 L.-J.Racine 1097, boul.Gouin O.Bordeaux, P.Qué.Emile Fournier 5715, r.Jeanne-d\u2019Are Tél.: CLair.8102-J P.René-de-Cotret 159, rue Selby Armand Thibault 188, rue de Courcelles C.Pichette 89, 3e avenue Ville Saint-Pierre J.-Emery Coderre 11180, r.N.-Dame E.Tél.: Pte-aux-Trem- bles 29 Lionel Leroux 32, avenue Rosskilde Tél.: HArbour 3606 Joseph Lavoie 228, avenue Girouard Tél.: WAlnut 6093 J.-R.Toupin 161, rue Saint-Louis Lachine, P.Q.Tél.: 570 J.-L.Thérien 5759, rue Boyer Tél.: CAlumet 6886 Lionel Lanoix 4428, rue Boyer Tél: FAlkirk 1876 Adjutor Perron 1228, r.Maisonneuve Tél.: CHerrier 2761 J.-A.Lespérance 2282, rue de Villiers Tél.: Fitzroy 7212 P.-Z.Nadon 420, rue Cherrier Tél.: HArbour 7793 ans 62 TH {SCE AS > M8Et 25H45 HE Eat aRt ate {REET SRM DRA HL MRR EH IL ERR SHR EN POE RIEL py H SENTECH NASA EN MAE SOS REISER EI FR RA RRR RR EU AU HEH RTC HAH ER EN HR ANSI LA REVUE NATIONALE I nf I Gé) | Mri, Nl rR \" i RASA EN \u201cL\u2019ECOLE CHEZ SOI\u201d A tous ceux qui ne peuvent suivre ses cours du jour et du soir : L'Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal offre ses Cours par correspondance Comptables, employés de banque ou autres salariés du commerce, de l\u2019industrie et de la finance, qui désirez améliorer votre sort, augmentez votre compétence professionnelle en suivant ces cours ! Prospectus et tous renseignements sur demande Détachez et adressez-nous le COUPON ci-dessous qui vous donne droit, sans aucune obligation de votre part, à notre brochure.Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Montréal, Coin Viger et Saint-Hubert, Montréal.Adressez-moi par retour du courrier votre Brochure \u201cL\u2019ECOLH CHEZ-SOI\u201d que je pourrai garder sans aucune obligation de ma part de suivre vos cours.[] Comptabilité.[ ] L\u2019anglais commercial.[ ] Economie politique.[ ] Langue apglaise.[ ] Le francais commercial.[ ] Le droit commercial.[] Le droit eivil.[] Lalg@bre.IN OT Trees eeeereeeieeeerentseesesssessaissessannannntnsasessorsns Occupation:.decrcesse Adresse :.eerenn.corsaires dessarsnn tartes enseesecessnasanss scene ceee erences vererasans Le a LA REVUE NATIONALE 63 80 de vos clients jugent votre maison d\u2019après votre papeterie et vos imprimés.Nous sollicitons votre patronage strictement sur les qualités de nos travaux, et sur notre habileté à vous bien servir dans toute l\u2019acception du mot.L\u2019ECLAIREUR, INCORPORE Imprimeurs \u2014 Editeurs \u2014 Papetiers TROIS ETABLISSEMENTS BEAUCE VILLE MONTREAL DRUMMOND VILLE I Ecole Technique de Montréal 200, KUE SHERBROOKE OUEST Fondée par le Gouvernement Provincial ORGANISATION DES COURS Cours réguliers Cours abrégés Mécaniciens d\u2019autos (2 à 6 mois) a) Techniques (3 années) b) Métiers (2 à 3 années) Cours du soir Cours d\u2019Apprentissage Imprimerie (3 années) Nombreux Cours libres DAMIEN BOILEAU, Président et Gérant Outremont Tel.: ATlantic 4279 AIME BOILEAU, Vice-Président ADRIEN BOILEAU.Secrétaire-Trésorier Outremont Tél.: ATlantic 3308 DAMIEN BOILEAU, Limitée ENTREPRENEURS GENERAUX Spécialité: Edifices Religieux EDIFICE \u201cTRUST & LOAN?\u201d, 10, RUE SAINT-JACQUES EST Téléphone: HArbour 4838 MONTREAL olty 1 ant Ne négligez pas vos yeux c\u2019est un bien qu\u2019on ne perd qu\u2019une fois \u201d Examen de la vue Lunettes élégantes, etc.A.-L.PHANEUF Optométriste-Opticien 1767, rue Saint - Denis Téléphone: HArbour 5544 U.Boileau, Prés.-Gér.E.-N.Boileau, Sec.-Trés.ULRIC BOILEAU, Limitée ENTREPRENEURS GENERAUX Spécialité: Edifices Religieux 4869, rue Garnier MONTREAL Bureau: Tél: CHrerrier 3191-92 HA: léscndisnt .dance i ENORME SE Ra 64 ESRI ME EDEN LA REVUE NATIONALE SUR 100 FORTUNES, 5 SEULEMENT SONT LE RESULTAT DE LA SPECULATION; LES 95 AUTRES SONT CONSTITUEES PAR L\u2019EPARGNE REGULIERE.ET L\u2019EPARGNE LA PLUS PROFITABLE, CEST L\u2019EPAR- GNE EN VIAGER.CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE 55, rue St-Jacques ouest, 55 MONTREAL TOUT LE MONDE PEUT FAIRE DE L\u2019ARGENT; MAIS PRESQUE PERSONNE NE SAIT COMMENT S\u2019Y PRENDRE POUR POUVOIR LE CONSERVER.CELA NE PEUT S\u2019APPRENDRE QU'EN AYANT RECOURS A LA FIDUCIE SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE 55, rue St-Jacques ouest, 55 MONTREAL COMITES PERMANENTS DE LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL 1928-29 COMITE DE REGIE ET DE PLACEMENT DE LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE ET DE LA CAISSE DE REMBOURSEMENT Président: M.Aimé PARENT.Secrétaire-trésorier: M.J.-Albert BARITEAU.Membres: MM.Guy VANIER, Joseph-R.POIRIER, Alphonse PHANEUF.\u201c COMMISSION ADMINISTRATIVE DU .MONUMENT NATIONAL Président: M.J.-Albert BARITEAU.Membres: MM.Guy VANIER, J.-Ovila MOQUIN, Ernest BROSSARD, Louis POULIOT.COMMISSION D\u2019ETUDE Président: M.V.-Elzéar BEAUPRE.Membres: MM.Olivier MAURAULT, p.s.s., Alfred BERNIER, J.-R.POIRIER, Ernest BROSSARD, Emile GIGUERE, Alphonse PHANEUF.COMITE DES COURS ET PUBLICATIONS Président: M.Emile GIGUERE.Membres: MM.J.-Victorien DESAULNIERS, J.-Albert BARITEAU, V.- Elzéar BEAUPRE, J.-Ovila MOQUIN, Louis POULIOT.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE Président: M.Victor Morin.ler vice-président: M.Guy VANIER, C.R.2e vice-président: M.J.-Victorien DESAULNIERS.Membres: MM.Charles LAURENDEAU, V.-Elzéar BEAUPRE, Justi- nien PELLETIER, Aimé PARENT, Léon TREPANIER.Directeur-gérant: M.J.-Victorien DESAULNIERS.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE COLONISATION Président: M.Jules de SERRES.Vice-président: M.Rodolphe LANGEVIN.Secrétaire: M.Henry L.-AUGER.Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, gérant, Oscar GATINEAU, Alphonse HARDY, L.-M.CORNELLIER, Wilfrid DEZIEL, pi | é COMPLIMENTS DELA 4 : BRASSERIE DOW ET DE LA } BRASSERIE DAWES P | | ' i va NATIONAL BREWERIES LIMITED x Imprimerie de l\u2019Eclaireur Ine, 1728, rue St-Denis, Montréal, sfxp-e 40 SER i "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.