La revue nationale /, 1 février 1931, Février
[" | ANNEE \u2014 No 2 MONTREAL FEVRIER 1931 (10° CITE 5% R i § fd \u2014 PAGES ; Notre noblesse canadienne ' RE L\u2019Abbé Elie-J.Auclair 27 La famille idéale aerenare rase ra sera née near area anna dans se nana na J.-T.Benoit 32 \u2018Bibliographie .cc.iccoovv.ert serrer serres eee 41 Le bail de maison eerie [rsscenearresrsssn.Hector Lalonde 42 Bibliographie [orcssressssanssessas ere serre cena nec 46 Les conférences populaires \u2014 L'enquête de \u2018notre revue.Réponses de M.Louis-Alphonse Pouliot, avocat, de M.l\u2019abbé Léonidas Adam, de M.Oscar Hamel, notaire, du R.P.Georges Simard, AP | 0.M.1., de M.le sénateur Gustave Lacasse.47 \\ | Bibliographie \u2026.\u2026.\u2026\u2026.enrnnnnnnnnmnnnnnnnnnt(s 58 Rédaction et administration: 1182, rue SAINT-LAURENT MONTREAL LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Fondée en 1834 Conseil général Aumâônier général: Mgr l\u2019'ARCHEVEQUE DE MONTREAL.Assistant-aumônier général: M.OLIVIER MAURAULT, p.s.s., supérieur de l\u2019Externat Saint-Sulpice, 1000, bd Crémazie est.Président général: GUY VANIER, C.R., 57, rue Saint-Jacques ouest.ler vice-président général: AIME PARENT, trésorier de la ville de Verdun, 21 avenue Galt, Verdun.2e vice-président général: Ernest BROSSARD, gérant de banque, 410, rue Beaubien est.C : Secrétaire général: V.-ELZEAR BEAUPRE, I.C., professeur, 3782, rue , Saint-Hubert.CC Présorier général: J.-ALBERT BARITEAU, LL.L., notaire, 1609, rue : Maisonneuve.Honorable F.-L.BEIQUE, sénateur, 112, rue Saint-Jacques ouest.Sir Hormisdas LAPORTE, industriel, 1016, rue Dorchester .ouest.J.-C.BEAUCHAMP, administrateur, 551, rue Cherrier.J.-Victorien DESAULNIERS, directeur-gérant, 55, rue St-Jacques ouest.J.-Ovila MOQUIN, douanier, 139, rue Saint-Thomas, Longueuil, P.Q.Alfred BERNIER, voyageur de commerce, 48, rue Hazelwood, Outremont.Alphonse PHANEUF, optométriste, 1767, rue Saint-Denis.Louis POULIOT, employé civil, 10639, rue Laverdure, Ahuntsic.Maurice TESSIER, professeur, 2051, rue Moreau.Arthur TREMBLAY, marchand, 2115, rue Delisle.Chef du secrétariat: Alphonse de la ROCHELLE, notaire.Bureau No 1, Monument national.Tél: LAncaster 4364.Organisateur et propagandiste: T.-Auguste POUPART.7125, rue Christophe-Colomb.Téléphone: CAlumet 8284-W.CORPORATIONS FILIALES DE LA SOCIETE La Caisse Nationale d'Economie \u2014 la Uaisse de Remboursement \u2014 le Monument national \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la Société Nationale de Colonisation.La direction de la Revue nationale ne s\u2019engage pas a rendre les manuscrits non insérés.Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles.Abonnement: $2.00 par année.La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, et imprimée par \u201cL\u2019ECLAIREUR\u201d Inc.tmprimeurs-éditeurs, 1723, rue Saint-Denis.Tél: HArbour 8216.Sale nee, mort.jt & [nex LA REVUE NATIONALE oe Fondée en 1874 D.HATTON Company LE CHOIX DE LA PECHE : Les plus forts receveurs de Poissons de tout genre au Canada.| + + + + MEMBRES DE LA SOCIETE Abonnez vos garçonnets et vos fillettes à \u2019 L\u2019OISEAU BLEU Revue illustrée pour la jeunesse LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL 1182, rue Saint-Laurent, Chambre No 1 Un numéro vous sera envoyé gratuitement sur demande = Ld N + + oe Patisserie, confiserie, charcuterie, glaces de fantaisie, boulangerie de luxe.KERHULU et ODIAU Téléphone: HArbour 7104.1284, rue Saint-Denis, Montréal ogo + pagnie qAssyrance sur la Vie MONTREAL Ni ra | Narcisse Ducharme, président aubegarde VE = AR + ! = + | Tél : LAncaster 7700-3378 : LA CIE J.& C.BRUNET Limitée i i PLOMBERIE \u2014 COUVERTURE \u2014 ELECTRICITE \u2014 CHAUFFAGE I | 1095, BO@UL.SAINT-LAURENT - - - MONTREAL ! : + \u2014 III \u2014 { .; : us - sh tina SHE THIN ENT RTL LA REVUE NATIONALE Mieux vaut prévenir.Depuis Pharaon il y a toujours eu des années d\u2019abondances suivies ou précédées de dépressions.L'histoire se répète \u2014 il y a des hauts et des bas dans le domaine économique.C\u2019est lorsque tout va bien que l\u2019on doit songer à la dépression éventuelle.C\u2019est aussi lorsque les affaires vont moins bien que l\u2019on doit prévenir la crise en diminuant ses dépenses et en augmentant son compte de banque.Quel langage vous tient votre livret de dépôt?LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Siège Social \u2014 Montréal | | ! | + EXIGEZ la marque \u201cAUBRY\u201d sur vos ustensiles de cuisine; ils sont reconnus pour avoir une tiës grande durabilité et nos cinquante- six années d\u2019expérience les placent parmi les meilleurs sur le marché, \u2014 En vente chez les principaux quincailliers.A.AUBRY & FILS, LIMITEE 7% ONTRE ALL Maison fondée en 1874.\u2014 Incorporée en 1914.+ INCOMPARABLE POUR TARTES ! - 15% la boite - 2 Refuse suffisant pour 4 Tartes : En toutes 5 : imitations Sx à Ee CITE 7 RE \u2014 ha -ly Pie _Fillin®s (Pie Fill; SS s JE ar TE >.CITRON, ANANAS, FRAISES.FRAMBOISES, ORANGES, CERISES.\u2018 Fabriqué Par Meadow-Sweet Cheese Mfg.Co.Limited, Montreal.+ Encouragez nos annonceurs \u2014IV\u2014 A - = DATE FREE EMA AG LEE) RARE LA REVUE NATIONALE ooo: + .- \u201d Ecole Technique de Montréal 200, HUE SHERBROOKE OUEST Fondée par le Gouvernement Provincial ORGANISATION DES COURS Cours réguliers Cours abrégés a) Techniques (3 années) Mécaniciens d'autos (2 A b) Métiers (2 à 3 années) 6 mois) Cours d\u2019Apprentissage Cours du soir ë Imprimerie (3 années) Nombreux Cours libres + + Capital versé et réserve, $14,000,000 Actif, plus de $153,000,000 LA GRANDE BANQUE DU CANADA FRANÇAIS 271 suceursales au Canada dont 228 dans la province de Québec Nos ressources sont à votre disposition ; NOTRE PERSONNEL EST A VOS ORDRES ç Tél: CAlumet 4168 Membre de la Section Saint-Edouard J.-A.ST-AMOUR Ltée, ENTREPRENEURS ELECTRICIENS Assortiment complet d accessoires électriques.; La Croix du Mont-Royal est une preuve de l'excellence de notre travail.6579, rue SAINT-DENIS - - - - MONTREAL Sucenrsale: SAINT-HYACINTHE A 1 Tél< AMherst 2001 Ciede BISCUITS AETN A Limitée 1801, AVE DE LORIMIER \u2014 MONTREAL + \u2018 + + ge Bureau: LAncaster, 1771 Résidence: WIlbank 2397 C.LAMOND & FILS 929, RUE BLEURY MONTREAL Manufacturiers de Bijouteries et médailles.\u2014 Insignes en or, émail, or plaqué, argent, bronze et aluminium.Nous sommes possesseurs de 95% des coins de la maison Caron Frères Inc.W.LABADIE, représentant Dessins soumis sur demande Encouragez nos compatriotes LA REVUE NATIONALE ++ 80 de vos clients jugent votre maison d\u2019après votre papeterie et vos imprimés.Nous sollicitons votre patronage strictement sur les qualités de nos travaux, et sur notre habileté à vous bien servir dans toute l\u2019acception du mot.L\u2019ECLAIREUR, INCORPOREE Imprimeurs \u2014 Editeurs \u2014 Papetiers DEUX ETABLISSEMENTS BEAUCEVILLE MONTREAL SATISFACTION GARANTIE ERNEST MEUNIER Membre de la section Saint-Jean-Baptiste No 13 TAILLEUR FASHIONABLE 994 est, RUE RACHEL - - - - MONTREAL Près du Parc LaFontaine Tél : BElnir 0408 DAMIEN BOILEAU, AIME BOILEAU, ADRIEN BOILEAU.Président et Gérant Vice-Président Secrétaire-Trésorier Outremont Outremont Tel : ATlantic 4279 Té) : ATlantic 3308 DAMIEN BOILEAU, Limitée ENTREPRENEURS GENERAUX Spécialité: Rdifiees Religieux EDIFICE \u2018TRUST & LOAN\u201d, 10, RUE SAINT-JACQUES EST Téléphone: HArbour 4858 MONTREAL 0 + ) : | | Ne négligez pas vos yeux V- Boileau, = E-N.Boîleau, # c\u2019est un N bien qu\u2019on ., À ne perd ULRIC BOILEAU, Limitée 4 qu\u2019une fois i ENTREPRENEURS Examen de GENERAUX la vue Lunettes Spécialité: Edifices Religieux mn élégantes, etc.| .i A -L.PHANEUF 4869, rue Garnier | Optométriste-Opticien MONTREAL i 1767, rue Saint - Denis f Téléphone: HArbour 5544 Bureau: Tél : CHerrier 3191-92 \u2014 VI \u2014 À 13e ANNEE \u2014 No 2 MONTREAL FEVRIER 19831 LA REVUE NATIONALE Notre noblesse canadienne (Ecrit pour la Revue nationale) AI écrit, l'an passé, et publié, chez Beauchemin à Montréal, à l'automne de 1930, l\u2019histoire d\u2019une ancienne famille noble du Canada, Les de Jordy de Cabanac, un volume de pas loin de 300 pages, où j'ai eu l\u2019occasion de parler assez au long de notre noblesse canadienne d'autrefois (1).C\u2019est là un sujet historique qui, me semble-t-il, ne manque pas d'intérêt.J'ai pensé que je ne serais pas mal venu à en entretenir les lecteurs de la Revue nationale.Au temps de Louis XIV, de 1643 à 1715, et à celui de Louis XV, de 1715 à 1774, tant que le Canada appartint à la France, dans la colonie aussi bien que dans la mère-patrie, avec le système féodal alors en vigueur, le rôle des gens de noblesse fut considérable.Même chez les gens d'Eglise, et plus encore chez les civils et chez les hommes de guerre, les hautes situations et les postes de commandant étaient d'ordinaire occupés par des fils de nobles, barons, comtes ou marquis.Rappelons-nous, par exemple, que nos premiers évêques, Mgr de Laval, Mgr de Saint-Vallier, Mgr de Mornay, Mgr de l\u2019Au- be-Rivière et Mgr de Pontbriand, portaient tous la particule.Nos gouverneurs et administrateurs de la colonie, pareillement, depuis M.de Champlain et M.de Montmagny, jusqu'à M.de Frontenac, M.de Callières et M.de Vaudreuil, étaient tous issus de familles nobles.Pour les choses de la guerre, de par la volonté du roi Louis XIV, seuls les fils de nobles étaient appelés au commandement des régiments ou des bataillons, et ils recevaient pour cela, aux cadets du roi, un entraînement spécial.(1) Les de Jordy de Cabanac \u2014 Un volume in-8, illustré, 282 pages.En vente, chez Beauchemin, 430, rue Saint-Gabriel, Montréal, $1.35 \u2019exemplaire.Conditions spéciales pour la vente en séries aux maisons d\u2019enseignement et aux commissions scolaires, \u2014 Note de l\u2019auteur.Lk + : ; ; ALIEN: cr nM oe HEHE AO HY PENG TIEN AOE ANAL SAM EE POE DEA IR 1 i\u201d aiaiigidibitit addy Sb el pg i acl Rk si te Got RE RE EE HEHE 28 LA REVUE NATIONALE \u2014 Venus au pays déjà officiers pour là plupart, nos nobles d\u2019au- ps Js trefois, tout en guerroyant contre I'Iroquois ou contre I\u2019 Anglais, ain- pra = si qu'ils le devaient et qu'ils le firent avec honneur, furent bientôt fil &« \u2026 presque tous pourvus, par gratification royale, de fiefs et de seigneu- bles = ries, plus riches peut-être en titres et en espérances qu'en d'autres cho- por\u201c ses, mais qui les maintenaient quand même à la tête du peuple.Beau- sajou coup d\u2019entre eux, il n\u2019est que juste de le proclamer, usèrent de leur he situation, non seulement pour leur profit personnel et celui de leurs se familles, ce qui était légitime, mais aussi pour se rendre largement i utiles à l'intérêt public, en se dépensant, sans compter avec les peines, | : en bons cadets du rot, pour la défense ou pour l'avancement de la co- (0: lonie.Sous les drapeaux ou dans les camps, leur solde était légère et, di de même, dans les administrations, les traitements n'étaient pas con- des sidérables.On peut écrire que ce ne furent jamais des mercenaires.inde Peu leur importait d'ailleurs! Servir leur suffisait.Le sentiment de ali l'honneur était tout ensemble leur guide, leur stimulant et leur force.doc Ils jugeaient de haut et voyaient grand.Ils avaient des traditions, in ils tenaient a leur rang \u2014 trop peut-être parfois \u2014 et, pour rien au for monde, 1ls n'auraient consenti à faire mentir leur sang.Autant que lhe personne, ils étaient convaincus que noblesse oblige.Leurs titres, 0 _ ils le savaient et ils s'en montraient fiers, leur imposaient des devoirs 1 = en même temps qu'ils leur assuraient des droits.Leur pauvreté mê- oo me, à plusieurs, leur fut, plus d\u2019une fois, un garant de retenue et de Take respectabilité.C'est par eux surtout que, chez nous, selon le mot fac d'Henri Martin dans son Histoire de France (tome XV, page 554), pier \u2018c\u2019est tout un peuple qui fut grand\u2019.Nos nobles de jadis étaient im i .ey +; + - G : bien de ceux, en somme, dont parlait Boileau, quand 1l écrivait ces ! Ai vers restés fameux: mu Dour :: La noblesse, Dangeau, n\u2019est pas une chimère, JR Quand, sous l\u2019étroite loi d\u2019une consigne austère offer Un homme issu d\u2019un sang fécond en demi-dieux io . Haï o rent + Suit, comme toi, la trace où marchaient ses aïeux.ç Irs Et nous eûmes ainsi beaucoup de nobles.Sans parler des pre- bite miers arrivés, au temps des tout premiers gouverneurs, de M.de bog: Champlain à M.de Mésy, il en était venu un bon nombre avec M.Vig .K de Tracy et le régiment de Carignan en 1665, et, vingt ans plus tard, Rie en 1685, avec M.de Denonville.Il en vint encore sous M.de { être .a | Ith Frontenac, sous M.de Calli¢res, sous M.de Vaudreuil, de 1689 à | ow 1725.Charlevoix, le jésuite historien, écrivait, vers 1720, qu'il y .~~ avait en Nouvelle-France plus de noblesse ou de nobles que dans tou- : i CEP LT Te A I FEEL a VT RTE NOTRE NOBLESSE CANADIENNE 29 tes les autres colonies françaises de l\u2019époque.Ce furent ceux-là, principalement, qui constituérent, en se mariant au pays avec des filles de leur rang et en fondant des familles, ce qu\u2019on a appelé la noblesse canadienne.Dans la suite, d\u2019autres officiers de noblesse, notamment ceux des troupes venues avec M.de Montcalm en 1756, s\u2019ajoutèrent aux précédents.De ceux-ci, une fois la cession faite, si la plupart retournèrent en France, quelques-uns cependant, un assez grand nombre même, qui avaient épousé des filles du Canada, restèrent au pays sous le régime anglais.C\u2019est à tort, en effet, qu'on a cru et écrit longtemps que, en 1760 et 1763, à la cession, tous nos nobles nous avaient quittés et étaient repartis pour la France.C\u2019est là une légende dont nos chercheurs et nos plus récents historiens ont fait bonne justice.L'Histoire des Ursulines de Québec et Les Grandes Familles du Canada du sulpicien Daniel avaient commencé ce travail de rectification.L\u2019étude documentée du juge Baby, L\u2019Exode des classes dirigeantes à la cession du Canada, l'a complété à la satisfaction des érudits.Mais, les légendes, on le sait, ont la vie dure.Nos historiens de l'heure actuelle ont dû revenir sur le sujet et quelques-uns \u2014 M.le sénateur Chapais et M.l'abbé Groulx par exemple \u2014 l'ont fait d'une façon magistrale.Aussi, notre premier ministre de Québec, M.Alexandre Taschereau, parlant, au printemps de 1922, devant un auditoire anglais et protestant de Toronto, pouvait-il dire avec raison et fort justement: \u2018Il est faux que la noblesse canadienne ait abandonné le pays en 1760-1763.Voici ce qui s'est passé lors de la cession du Canada par la France à l'Angleterre.Les troupes régulières, composées surtout de Français, officiers et soldats venus avec Montcalm pour faire la guerre, retournèrent chez elles en France une fois la guerre finie.Mais les troupes de la marine, composées de Canadiens, officiers et soldats, presque entièrement, ne partirent pas.Elles restèrent ici, parce qu\u2019elles y étaient chez elles.Une cinquantaine d\u2019officiers tout au plus passèrent en France pour y continuer à faire le métier des armes.Les autres, demeurés au Canada, cessèrent seulement de servir dans l\u2019armée, au moins pour un temps, car plusieurs y devaient revenir sous le régime anglais.Ils se retirèrent, ceux-là, au cours des premières années, dans leurs seigneuries et y vécurent en se livrant à la culture de la terre.(2).Voilà la véritable histoire.; (2) M.le premier ministre Taschereau avait donné, ce $our-la \u2014 27 avril 1922 \u2014 en plein coeur de Toronto, deux conférences, l\u2019une sur j\u2019habi- dis Lee TE Tiel 30 LA REVUE NATIONALE \u201cC'est par milliers, déclarait devant la Société Historique de Montréal, un an plus tard, en janvier 1923, M.Régis Roy, archiviste au département de la Marine à Ottawa, que nous pouvons compter, dans nos provinces canadiennes et chez nos compatriotes de la Nou- velle-Angleterre, de ces fils de gentilshommes de noble extraction, qui s'ignorent eux-mêmes le plus souvent.Apres la cession, leurs ancêtres ou leurs pères, d\u2019une part ruinés par les longues et dures années de la guerre et n'ayant plus d\u2019autre part de relations avec la France, se sont peu a peu mélés au peuple en contractant des alliances avec les familles bourgeoises ou terriennes.En deux ou trois générations, comme 1l arrive presque toujours dans nos foyers canadiens, ils se sont prodigieusement multipliés.IN\u2019a-t-on pas dit que le seul capitaine d'Entremont, venu en Nouvelle-France au temps de Louis XIV, avait a la fin du dix-neuvieme siecle une descendance masculine de pas moins de trois mille unités! Ainsi fondus dans la masse, ces nobles et fils de nobles ont communiqué a notre peuple quelque chose de leur dignité de tenue et de leur fierté d'allures.- -Et c'est sans doute ce qui arrachait, au milieu du siècle dernier, à l'un de nos gouverneurs angldis (sir Charles Bagot en 1842), cette exclamation que garde l\u2019histoire: \u2018Ces Canadiens, mais ce sont tous des gentilshommes!\u201d Ainsi devenus de noblesse terrienne, après avoir fait dignement leur devoir sur les champs de bataille, et même tombés en roture par le malheur des temps ou par la force des choses, nos anciens nobles, ou plutôt leurs descendants, il convient de l\u2019ajouter, ont conservé, d'une façon générale, leurs belles traditions de dignité et de fierté.Au reste, c'est la loi de l'histoire, la gloire du passé, chez les gens de noblesse et chez leurs descendants, rayonne toujours, dans une certaine mesure, sur les générations qui leur succèdent.Etre noble ou de bonne famille de par les droits du sang, c\u2019est un titre dont on a incontestablement le droit de s\u2019enorgueillir.Les Romains, on s\u2019en souvient, donnaient à leurs nobles le beau nom de patriciens, ce qui veut dire, au sens large, être des pères illustres, et les Grecs, qui se plaisaient à emmêler les idées de beauté et de bonté, appelaient les leurs des eupatrides, ce qui signifie être de beaux ancêtres.Nos nobles canadiens sont, en un sens très réel, nos patriciens à nous et nos eupa- trides à nous, principalement à ceux d'entre nous qui ont l'honneur de porter toujours leur nom.Et c\u2019est ce qui fait, le cas échéant, que tant canadien, devant l\u2019Empire Club, l\u2019autre sur la noblesse canadienne, devant le Wemen\u2019s Canadian Club.Elles furent toutes les deux, en ce milieu anglo-protestant, aussi courageuses et fières que justes et éloquentes, et elles eurent, dans tout le pays canadien, beaucoup de retentissement. by 5 NOTRE NOBLESSE CANADIENNE 31 nous sommes en droit de nous répéter à nous-mêmes ces jolis vers que Victor de Laprade faisait dire à l'ombre du grand Corneille: Les épines s\u2019en vont aussi bien que les roses, Mais au bout de l\u2019épreuve il nous reste deux choses Par où nous recevons le prix de nos combats: N.ctre ame dans le ciel, notre nom ici-bas.Les de Jordy de Cabanac, Joseph et François, l\u2019oncle et le neveu, deux cadets du roi, venus au Canada, avec M.de Denonville, en 1685, et leurs descendants, dont je raconte la vivante et intéressante histoire, dans le livre auquel je faisais tantôt allusion, n'ont pas été, j'en conviens, certainement pas tous, des héros ou des personnages de première grandeur.Ils n\u2019en ont pas moins dignement vécu, comme soldats et comme citoyens, sous le régime français surtout, et même après, dans un rang social des plus élevés.On se convaincra facilement, en lisant les modestes pages que je leur ai consacrées, que, si leurs noms ne sont pas toujours inscrits aux fastes de l\u2019histoire de leur temps, ce n\u2019est peut-être pas parce qu\u2019ils ne le méritaient point.L'Abbé Elie-J.AUCLAIR, de la Société Royale du Canada BIBLIOGRAPHIE Le sens catholique Sous ce titre, l\u2019Ecole Sociale Populaire a publié deux études présentées à la journée catholique des Retraitants l\u2019automne dernier par M.Ernest Mercier, avocat de Québec et M.G.-E.Ladouceur, notaire de Shawinigan.La première expose la nature et l\u2019importance du sens catholique, la deuxième indique les obstacles à son développement et par quels moyens les combattre.Le sujet, assez difficile en soi, est traité avec une réelle maîtrise.Les deux conférenciers ont surtout tenu à ne pas rester dans le vague.C\u2019est à des Canadiens-français qu\u2019ils parlent, et c\u2019est du sens catholique tel qu\u2019il doit se manifester chez nous, des obstacles qu\u2019il rencontre dans notre milieu canadien, des moyens pratiques qui s\u2019offrent à nous de surmonter ces obstacles, qu\u2019il est question dans leurs études.Brochure excellente que liront avec un réel profit les membres des sections de la Société Saint-Jean-Baptiste. | Hi 32 LA REVUE NATIONALE _ la famille idéale || = à \u201cJ'ai vu trois choses qui m\u2019ont fi rempli de tristesse: le nid sans i oiseaux, la vigne sans raisins, la À maison sans enfants.\u201d (Lacordaire) 3 |'T Dieu créa l'homme à son image et à sa ressemblance; RU il les a créés mâle et femelle.Et Dieu les bénit et 1l fo: leur dit: Soyez féconds, multipliez-vous\u2019.A ce divin Se mot d'ordre que la Genèse nous adresse par-dessus le b tombeau des générations passées, aucun peuple ne fut plus fidele i que le peuple canadien-français.Son amour traditionnel de la vie fo familiale, son courage en face des responsabilités de l'existence, sa de foi robuste et pratique, lui disent clairement tout l'honneur que le ciel fait à l\u2019homme en l'associant à l'oeuvre créatrice, tout le devoir ex qui lui incombe envers la société, tout le bonheur qui germe de l'im- hh molation de soi-méme et de la pratique de la vertu.La semence wi française en Amérique est d'une fécondité merveilleuse; partout elle pr pousse des rejetons vigoureux; et malgré de lourdes et inutiles per- dx tes, par sa chasteté séculaire, notre race demeure un prodige de sur- te vivance et un modèle pour son ancienne mère-patrie.ds Mais nous ne pouvons pas nous faire illusion: la famille ca- dr § nadienne-française court autant de dangers que les autres; la peur te À de la souffrance et l'amour des aises trouvent une place chaque jour ter 4 plus dangereuse dans un grand nombre de nos foyers; on refuse Roz: : de donner à Dieu des âmes et des citoyens à la patrie; on laisse 2 2 sécher dans leur fleur, se gâter et pourrir les fruits que le ciel fait des- | : - cendre dans les berceaux qu'il bénit; des mères canadiennes-fran- | D 3 caises et catholiques préferent à leur devoir parfois douloureux ce PTE qu'elles nomment leur liberté, leurs plaisirs, leur beauté d'un jour; ye des enfants de l'Eglise se souillent, tuent et se tuent pour ne pas ie transmettre la vie dont 1ls jouissent avec abondance.Lie Pourquoi cela?Parce que la générosité baisse avec la foi, i parce que la légèreté et l'irréligion nous ramènent le paganisme avec son cortege de turpitudes.Est-ce tout?Non pas.Les ennemis | de la famille nombreuse, 1l faut les chercher aussi et en premier lieu fl.peut-être hors des consciences, dans les sollicitations du progrès ma- ps tériel, dans les défauts très graves d'une organisation économique = qui voue trop souvent à la pauvrete, à la misère, à la corruption et fn à la mort les foyers ou s\u2019épanouissent en plus grand nombre les fleurs = de l'amour.Tu dont sans i) un 048 ol i 08 lin mn iq nd RI LA FAMILLE IDEALE 33 Il est donc toujours à propos de rappeler \u201c\u2018opportune et importune\u2019 que la famille nombreuse est la famille idéale par le nombre et la qualité de ses membres.\u201cIl n\u2019est force ni richesse que d\u2019hommes\u2019\u2019, écrivit un sociologue averti.Dès l'origine de la première cellule sociale, il semble que le Créateur ait voulu nous inculquer ce principe quand il donna pour mot d'ordre à nos premiers parents ce verset de la Genèse: \u2018Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, et soumettez- la.\u201d Plus tard pour récompenser Abraham de sa générosité, Jéhovah lui dit dans une vision: \u2018\u201c\u2018Ne crains point, Abraham, je suis ton bouclier; ta récompense sera grande.Léve les yeux au ciel ct compte les étoiles si tu le peux.Telle sera ta postérité.\u201d L'histoire est une démonstration constante de cette vérité: la prépondérance des peuples coïncide avec leur apogée numérique, et la baisse de leur population présage la chute des empires.La puissante Egypte s'étiole et languit à mesure que s'élèvent ses pyramides, parce que ses hommes deviennent moins nombreux que ses tombeaux.Ninive et Babylone s'épuisèrent par leurs victoires mêmes et se fondirent en quelque sorte dans le sang des batailles et la boue des orgies.Apres les hécatombes d\u2019 Alexandre le Grand, l'immense et tout-puissant empire des Perses n'a plus que la force d\u2019ensevelir et de pleurer ses morts.Quand les barbares s'aperçurent que le nombre des gladiateurs était plus grand que celui des soldats à Rome, ils n\u2019eurent qu\u2019à passer et l\u2019orgueilleuse ville qui les faisait naguère trembler jusque dans leurs forêts, disparut dans la poussière et le bruit de leur marche.Plus près de nous, les Croisades, en décimant les fidèles de Mahomet, sauvèrent l\u2019Europe des hordes musulmanes et brisèrent le redoutable Empire du Croissant.Qu'est-ce qui ruina la puissante Espagne?La perte de ses enfants par la guerre et la colonisation à outrance.Qu'est-ce qui permit à Bonaparte d\u2019arroser de sang français tous les champs de bataille de l\u2019Europe?La population relativement considérable de la France à cette époque.Pauvre France! Quelle prospérité, quelle gloire, quelle influence serait maintenant la sienne, si ses familles avaient continué à remplir de sang généreux les veines de la nation! Voilà pour la supériorité militaire.Cent hommes qui crient à un peuple: \u2018Nous ne vous craignons pas!\u201d c\u2019est ridicule; on se moque d'eux, on les écrase et on les oublie.Cent mille hommes qui se serrent les coudes, se postent à la frontière et disent à l'ennemi: tail EIEN i ep EME ie ré ae te ee eee LE sabi add dat abba pith) ciagséd ion ati HUE OR NL ECS i BN 34 LA REVUE NATIONALE \u201cVous ne passerez pas!\u2019\u2019 c\u2019est encore relativement faible sous le feu des mitrailleuses.Mais cent millions d'hommes unis dans un même but et rassemblés autour du même drapeau n\u2019ont rien à craindre; ils peuvent travailler, dormir et s'amuser en paix; ils peuvent se dire: \u2018\u201c\u2018Nous deviendrons le plus fort, le plus grand, le plus riche des peuples de la terre;\u201d\u2019 car si le nombre est la force des nations, il est aussi leur richesse et leur prospérité.Pour exploiter et développer les richesses d\u2019un pays, il faut des i bras et des tétes.C'est par milliers que se comptent les employés : des grandes industries modernes; chaque usine est une ruche toute à bourdonnante d activité ou le travailleur, qui ne pense peut-être qu\u2019à a lui-même et à ses enfants, élabore cependant quantité de produits qui contribueront énormément à la prospérité matérielle de son pays.Et si l\u2019on déplore justement les dangers physiques et moraux de certaines manufactures, l'usine n\u2019en reste pas moins le plus bel effort ; de l\u2019industrie humaine pour étendre et vulgariser la prospérité en i soumettant la matière à la raison.Que faut-il pour arracher au sol ses richesses naturelles?Des bras et des têtes.Des bras pour défricher, labourer, semer; des bras pour nourrir le citadin, l\u2019ouvrier, l'industriel; des têtes pour toutes les fonctions nationales, religieu- = ses et sociales d\u2019un pays; des bras et des têtes en nombre d'autant = plus considérable que la terre est plus vaste et plus féconde.Cependant le capital grandit avec la production, l'Etat profite de la richesse des citoyens, le pays se développe et s'embellit à l'intérieur, ÿ tandis que son influence grandit à l'extérieur par le commerce, l'émigration et les relations internationales.3 Certes, pour nous en particulier, selon le mot souvent répété 3 de M.Edouard Montpetit, \u2018\u2018le nombre est la grande puissance fondamentale\u201d\u2019.Si nous n'avons pas à combattre à l'extérieur, nous sommes en état de siège perpétuel à l\u2019intérieur.L'\u2018assimilation: quel danger sans trève! L'émigration: quelle trouée sanglante dans nos 2 rangs! Voilà deux plaies vives et incurables par où s'échappe à flots g pressés le plus beau sang de la nation.Car l'émigration n'a sa rai- 4 son d\u2019être que dans un pays surpeuplé où la colonisation est impossible.Cinq hommes au mille carré dans une terre extrêmement fertile et des milliers d\u2019émigrants chaque année: c\u2019est inouï! Mais c\u2019est cinq cents hommes au mille qu'il nous faut! C\u2019est cinq cents hommes au mille que nous aurions en peu de temps si nous savions protéger, soutenir et encourager nos familles nombreuses, si nous\u2019 savions enraciner au sol nos fils et nos filles, nos cultivateurs et nos PRR HOH PHT Pe RL TLE ETT TLR init ct He HERE of CT rT \u2014 = LA FAMILLE IDEALE 35 artisans.Alors nos champs cesseraient de produire pour des mercenaires, nos fleuves de fournir du poisson à l'ennemi; alors les trésors de notre sol seraient vraiment nôtres, l'industrie serait nôtre, le Parlement serait nôtre, et le peuple canadien-français compterait pour quelque chose dans les assemblées où se jouent les intérêts de l'Eglise et des nations.C\u2019est assez parler de survivance! Il nous faut grandir, grandir, grandir, non seulement par fierté nationale, non seulement pour cesser de lutter en vaincus, mais surtout pour que la foi catholique triomphe dans cette belle terre d'Amérique, pour que la croix plantée sur nos clochers et nos montagnes règne sur tous les coeurs, pour que nous remplaçions la France dans son rôle de protectrice de l'Eglise, pour que Rome puisse compter sur la fidélité absolue d\u2019un peuple au moins, et d\u2019un peuple qui soit vraiment son honneur et sa sauvegarde par le nombre et la valeur de ses enfants.Le nombre en effet vaut surtout par la qualité, par le don qu\u2019il possède de produire l'élite ou de favoriser son éclosion et sa formation.La quantité seule n'est pas toujours à craindre ou à respecter.Plusieurs siècles durant, la Chine compta des hommes par centaines de millions.Mais depuis quand parle-t-on du péril jaune?Depuis que les Chinois lèvent un peu la tête par-dessus leurs infranchissables murailles.Le péril noir n\u2019est encore qu\u2019un mot; et pourtant les millions de bras ne manquent pas à l'Afrique.Qui écrasa jadis les Madianites \u2018nombreux comme les sauterelles\u2019\u2019, qui les mit en déroute \u2018avec leurs chameaux sans nombre comme le sable sur le bord de la mer?\u2019 Gédéon et trois cents héros.Qui arrêta Xercès et ses millions aux Thermopyles?Quatre mille braves commandés par Léonidas.Qui sauva Ville-Marie du tomahawk Iroquois?Dollard ct dix-sept vaillants.Mais la qualité est ordinairement un effet de la quantité des citoyens; il y a naturellement plus de choix parmi cent mille que parmi dix mille hommes.Le nombre stimule les énergies, décuple l'émulation: il faut jouer des coudes, batailler et peiner ferme pour se faire une place au soleil entre des milliers de concurrents.D'autre part, le dévouement et le courage se mesurent souvent à l'enjeu.Quand lutter pour la patrie veut dire lutter pour cent millions de frères, alors on y met tout son coeur et toutes ses forces, on s\u2019oublie, on se donne, les muscles et la volonté se tendent dans un effort suprême et constant vers le but où l\u2019on marche jusqu\u2019au bout.Qu'importe l'échec, qu\u2019importent les blessures, qu'importent le sang Msi: IN Hiei 0) (He JH RHE 36 LA REVUE NATIONALE la mort! Des millions de frères et d'amis vous animent du regard et de la voix, et vous communiquent une part de leur âme, de leurs aspirations et de leurs amours.Et maintenant, qu'est-ce qui peut faire de nous un peuple grand et fort par le nombre et la valeur de ses membres?Qui nous fournira le plus précieux des capitaux, la source et la condition de tous = les autres, l'élément qui se trouve a la fois agent et facteur de pro- à duction nationale: le capital humain?Sera-ce l'immigration?Non, 1 certes: elle augmente nos dangers.Qui nous donnera des bras cou- À rageux et des têtes éclairées pour lutter sans trève contre les tentacules 3 de cette pieuvre gigantesque qu'on nomme: l'assimilation?Il nous faut la puissance du nombre, il nous faut la puissance de la valeur personnelle, il nous faut la puissance de la richesse nationale, ou c\u2019est la sénilité, l\u2019engloutissement, la mort à brève échéance.Qui 3 nous faconnera des hommes?Est-ce la famille restreinte ou stérile?we Mais, dans cent ans, le célibataire, la femme stérile et le fils unique A ne seront plus! Nous voulons des travailleurs sobres et honnêtes, a des chefs intègres, des soldats et des prêtres; ou les trouverons-nous?Dans les affreuses bêtises du néo-malthusianisme ou dans les berceaux vides?Non, certes non; mais dans la fécondité généreuse 3 des parents chrétiens qui, unis au Créateur de toutes choses, sement = courageusement la vie et donnent aux races fortes leur gage principal d\u2019espoir et d'immortalité: la famille nombreuse.\u201cEt Dieu les bénit et il leur dit: Soyez féconds, multipliez- vous, remplissez la terre et soumettez-la\u2019\u2019.Ainsi naquit la société conjugale; de l'union de ses deux chefs dans une même chair, un a même amour et même devoir l'individu jaillit et le rôle de la famille E commença.La première cellule sociale n'est donc pas l'individu x mais la famille.Dans le sein maternel, l'enfant ne reçoit que la vie physique; ce bébé frêle et rose qui fait rêver, sourire et pleurer, sait à peine vagir.Est-ce donc là le futur citoyen?Qui fera de cet être chétif le travailleur, le soldat, le chef et le prêtre de demain?Quels miracles d'industrie.de patience et de générosité ne faudra-t-1l pas pour transformer cette fleur de berceau en un fruit utile à la société! Ce sera l'oeuvre du foyer familial, serre toute chaude de tendresse et de baisers, délicieux jardin où l'amour cuitive le fruit de l'amour.Dans les bras de son père et sur les genoux de sa mère, l'enfant se développe bientôt, son coeur s'épanouit, son intelligence s'éclaircit, sa volonté devient plus ferme.Le petit est comme un bloc d'argile que la main paternelle façonne à son gré, que l'âme de la mère mou- LA FAMILLE IDEALE 37 le à la forme de ses pensées et à la taille de ses ambitions; la douce chaleur du foyer domestique donne lentement à cet argile la consistance qu'il lui faut pour devenir une pierre nouvelle dans I'édifice social.La valeur d\u2019un peuple se mesure donc a la valeur des familles qui le constituent.\u201cTout pour la famille\u2019, s'écrient chaque jour les sociologues les mieux avertis.Ils ont bien raison.Un des grands historiens de la famille française conclut toute son oeuvre par ces mots qui disent mieux que nous ce que nous avons tâché d'exprimer jusqu'ici: \u201cLa famille a fait la grandeur morale, intellectuelle, politique de la France.Par elle, la race française, douée d'une fécondité plus grande que tous les malheurs, a constitué son, unité et sa nationalité, fait germer dans les profondeurs du pays ses libertés locales, créé des colonies florissantes, conquis une gloire militaire incomparable, assuré enfin à une longue suire de générations l\u2019inestimable bienfait de la paix sociale et de la stabilité.Importantes vérités, gloire insigne, apanage de la famille nombreuse en particulier, de ces puissantes dynasties chevaleresques, bourgeoises et terriennes qui, du moyen âge au second empire, peuplèrent la France d'un nombre prodigieux de héros, de chefs, de soldats et de chrétiens, âme vivante de la nation française, qui s'affaiblit maintenant de plus en plus à mesure que baisse le taux de sa natalité.Les Français suppriment volontairement chaque année les deux tiers de leur descendance, au dire de M.Henri Lavedan.C\u2019est affreux! En un an, trois fois plus de victimes du néo-malthusianisme que du feu allemand pendant la dernière guerre.C'est la France qui meurt, s\u2019écrient les patriotes.\u2018De moins en moins de soldats pour défendre notre intégrité territoriale; de moins en moins d'ouvriers pour alimenter nos usines; de moins en moins de colons pour rendre nos possessions lointaines vraiment nôtres; de moins en moins de consommateurs pour accroître la clientèle de nos fabricants, menacés par la concurrence étrangère; de moins en moins d'enfants stimulés à l'action courageuse et novatrice, voilà le bilan.Et les nations qui nous entourent ne cessent de grandir!\u201d (H.Joly: \u2018Rapport sur un concours de l'Institut\u2019).Voyez en effet l'Allemagne.ll y a une dizaine d'années, elle fut mise au ban des empires.La fleur de la race germaine jonchait la boue des tranchées; aux dettes formidables encourues par la nécessité des \u2018\u2018réparations\u2019\u2019, vint bientôt s'ajouter le tumulte de grands bouleversements politiques dans lesquels sombra l'empire du Kaiser; plus d'armée, plus d'industrie, plus de gloire même en Germanie, SORT Sra tnes PER RUE Bit HHL HEHE RRR UE ARH TART I 38 LA REVUE NATIONALE car la défaite semblait confirmer I'injustice de l\u2019agression en la cha- tiant.Réunis en conciliabule à Versailles, les souverains de l'univers presque entier rivèrent aux poignets et aux chevilles de la Prusse orgueilleuse des fers qu'elle ne pourrait, semblait-il, jamais briser.Moins de douze ans ont passé.Que voyons-nous en Allemagne?.Le triomphe de la famille nombreuse et de ses robustes enfants.La race est plus florissante que jamais; le blé couvre les champs de bataille d'hier; le monde n\u2019a pas assez de marchés pour écouler les produits \u2018made in Germany\"; et le gouvernement compte deux billions d'économie annuelle, en dépit des 625 millions jetés en pâture à la rancune des alliés de 1914.Encore quelques années et le casque à pointe fera de nouveau son apparition au centre de l\u2019Europe .Tremblez alors, peuples chétifs, races abâtardies qui consumez vos jours à chercher le secret de Krupp et de Zeppelin au lieu d'étudier la leçon des \u2018poussières accusatrices des corps qui auraient eu la vie et l\u2019âme\u2019\u2019, au lieu de demander à la famille nombreuse la prescription des miraculeuses survivances nationales.Car la famille nombreuse est non seulement la cellule organique produisant des citoyens en nombre suffisant; elle est encore et surtout la famille idéale, c'est-à-dire, le laboratoire, le moule, le creuset où les citoyens reçoivent la trempe qui les rend utiles à la patrie.C\u2019est la famille nombreuse en effet qui atteint mieux que toute autre le but de la société familiale: donner des enfants à l'Eglise et à la nation, donner des âmes à Dieu.C\u2019est dans la famille nombreuse que s'affermit plus sûrement la pierre angulaire de toute société durable: l'autorité, Plus nécessaire à cause du riombre, l\u2019obéissance y devient, par son exercice même, plus facile et plus parfaite.Comment d'ailleurs songer à la révolte quand la soumission est fondée sur le respect, l'admiration et l'amour?Ainsi, dans la famille nombreuse, la paternité et la maternité ont un caractère de grandeur quasi sacerdotale, et quand le père ou la mère se lève pour commander, bénir ou châtier, leur front s'illumine et resplendit en quelque sorte du pouvoir d'en haut et les têtes se courbent devant cette dignité surhumaine.Quelle emprise pourraient bien avoir la discorde et le divorce sur un foyer aussi sagement organisé?Les parents savent trop s'entr'aider, 1ls voient trop clairement leur besoin de mutuel appui, ils s'aiment trop d'ailleurs du véritable amour chrétien fondé sur la charité qui soutient, excuse et pardonne, pour songer à porter ailleurs leurs amours ou à ROUGES OEO LA FAMILLE IDEALE 39 briser des liens si nécessaires et si doux.La famille nombreuse est donc la plus indissoluble; chaque enfant est comme un nouvel anneau qui rive pour ainsi dire l'un à l\u2019autre le père et la mère dans une même chair et un même coeur.D'autre part, c\u2019est dans la famille nombreuse que l\u2019on trouve ordinairement la foi la plus robuste et la plus pratique, parce que les épreuves y sont plus fréquentes, comme les joies.L'homme est ainsi fait qu'il ne regarde vraiment le ciel qu\u2019avec des yeux voilés, tant 11 a peur, semble-t-il, que la lumière d'en haut l\u2019éblouisse ou I'aveugle.Eh bien, les larmes ne manquent pas plus que les ris, dans les grosses familles; c'est pourquoi la prière y est aussi fréquente que les chants; et quand, dans l'ombre du soir la famille s'agenouille au pied du crucifix, les Anges du foyer battent des ailes et pleurent d\u2019aise tandis que Jésus descend au milieu de ceux qui se rassemblent en son nom.Comme chante Victor de La- prade, \u201cEn ce temps chimérique et de foi périssable, Heureux le fils qui, las de fonder sur le sable, Trouve encor chez les siens un immobile autel Et marche à la clarté de l'honneur paternel.\u201d Famille idéale en soi, la famille nombreuse l\u2019est encore dans ses membres.Ne dit-on pas communément qu\u2019elle est bénie de Dieu?Si l'homme réagit puissamment sur les circonstances qui l'entourent, on sait quelle action puissante les circonstances exercent sur sa formation.Les parents qui ont le courage de faire leur devoir acquièrent bientôt avec la forte conscience de leurs responsabilités, un grand perfectionnement moral.Renoncement habituel, dévouement de tous les instants, vie exemplaire, piété solide et pratique: telles sont les qualités ordinaires des chefs de grosses familles.En face des réalités brutales de la vie, leur intelligence s'ouvre, leur volonté se tend; le front et l'oeil du père s\u2019illuminent d'un reflet de la majesté d\u2019en haut; la douceur et la patience de la mère font songer au foyer de Nazareth, où il n'y eut qu'un Enfant parce que c'était le Fils de Dieu.Au physique même, les mères sont plus vigoureuses en général dans les grosses familles; elles n'ont pas le temps d'être malades; et les psychologues s'entendent pour affirmer qu'il n\u2019est pas de panacée plus merveilleuse que l'intérêt suscité par un grand amour et par la volonté ferme de rendre sa vie utile aux autres dans le devoir et la charité.À présent, pour qui connaît tant soit peu les lois mystérieuses de l'hérédité, rien n\u2019est plus facile que de conclure à la supériorité LIE be ere: coter PEER Al 25 és.5: i A 8 i 4 40 LA REVUE NATIONALE générale des enfants issus de tels parents.L'expérience médicale enseigne qu'un nouveau-né pèse ordinairement une demi-livre de plus que son aîné, depuis le deuxième jusqu'au septième enfant; si nous tenons compte du poids moyen des enfants à leur naissance qui est de six livres, le cadet débute en ce monde avec quinze pour cent de capital de plus que son prédécesseur.Et le Dr.Hutchinson, célèbre praticien anglais, écrit que \u2018les deux tiers des maladies mentales observées par lui affectent les premiers-nés\u2019.(Cf.America, 18 octobre 1924).Quoi qu\u2019il en soit de ces affirmations, les pui- nés se trouvent à coup sûr dans un milieu plus favorable au développement; leurs parents sont plus sages et plus expérimentés, leurs aînés les initient de bonne heure à une foule de connaissances que les petits ont le don de s'expliquer les uns aux autres, et leur champ d'observation est d'autant plus vaste que la famille est plus nombreuse; or l'enfant est tout yeux et tout oreilles; nous sommes aveugles et sourds à côté de lui.Mais le triomphe des grosses familles, c'est l'éducation morale des enfants, la plus nécessaire, celle qui manque le plus de nos jours.Les enfants gâtés sont rares dans les familles de sept ou dix enfants; on y apprend vite à obéir et à prier; on y trouve mainte occasion de pratiquer, inconsciemment d'abord, puis très volontiers, l'esprit de sacrifices et de charité, deux remèdes aux deux formes principales de l'égoïsme chez l'enfant de quatre et de quarante ans: le désir du bien-être et l'amour-propre.Impossible de ne pas partager tout avec ses frères et soeurs quand on en a six ou douze; impossible de ne pas se contenter du strict nécessaire quand on ne peut pas avoir davantage.On s'entr'aide, on s'aime, on s'embrasse, .on se bat parfois pour mieux arrondir les angles et préparer de plus vaillants sujets à la société.Sans doute bon nombre de saints et de saintes sont des fils ou des filles uniques obtenus, comme Jean-Baptiste, \u2018\u2018le plus grand des enfants des hommes\u2019\u2019, après de longues années de prières; n'empêche que 75 pour cent des saints canonisés par l'Eglise appartenaient à des familles nombreuses\u2019.(Cf.Dossiers de l\u2019Action Populaire, ind.de classement 12).Où l'Eglise trouve-t-elle actuellement ses meilleurs prêtres?Dans les caractères formés au dévouement dès l'enfance, chez les enfants habitués à la gêne, au souci du prochain, dans les familles nombreuses qui ne craignent pas de donner trois, quatre et plus de leurs enfants pour l'apostolat.Et nous disons maintenant que la nation idéale sera la nation constituée surtout par de telles familles, puisque chaque famille [SU ES Ma ts M LA FAMILLE IDEALE 41 est une cellule vivante de la société; nous disons que c\u2019est du sang et de l'âme des familles nombreuses qu\u2019il importe de former à tout prix le corps et l'âme d'un peuple; et puisque la vraie famille ca- nadienne-française est précisément cette famille idéale, puisque le salut de notre race est intimement lié au nombre de nos berceaux, nous disons que le Canada français doit mettre tout en oeuvre pour protéger, soutenir, encourager les familles nombreuses; nous disons que les différents corps qui se partagent les fonctions particulières de l\u2019activité publique doivent s'ingénier a trouver des moyens capables d'entretenir et de perpétuer dans ces puissantes cellules de notre race une fécondité d'autant plus nécessaire que notre époque est plus menacée par ce fléau des sociétés décadentes: la stérilité volontaire.J.-T.BENOIT, journaliste BIBLIOGRAPHIE Le journal catholique Prédicateurs et publicistes l\u2019ont répété bien souvent depuis quelques années, à la suite des Papes et des évêques: le journal est la grande arme des temps modernes.Les catholiques ne peuvnt le négliger.Ce serait de leur part une faute impardonnable.Mais combien sont vraiment convaincus de cette vérité?Combien surtout la font passer dans la pratique de leur vie, c\u2019est-à-dire, lisent, propagænt, soutiennent le journal vraiment catholique ?C\u2019est à leur intention qu\u2019a été écrite la brochure publiée par l\u2019Oeuvre des Tracts.Son auteur, le chanoine Blanchet, expose d\u2019abord les directives pontificales, puis à leur lumière indique les devoirs qui s\u2019imposent aux catholiques à l\u2019égard du bon journal.Cette brochure au style alerte devrait porter la conviction dans les esprits. LL, 42 LA REVUE NATIONALE Le bail de maison EL UI qui peut valablement s'obliger peut être partie à un contrat de louage, en qualité de locataire ou de locateur.Et la loi veut que toute personne soit capable de contracter à moins de circonstances particulières telles que la minorité, une interdiction, un régime matrimonial, une dégradation civique, et autres.Le propriétaire qui possède le droit d'aliéner ses biens peut louer sa maison à son bon plaisir et sans restrictions autres que celles imposées par la légalité générale.Parfois un propriétaire n\u2019a que la faculté d'administration; les baux que consentira un tel propriétaire devront respecter la destination actuelle des lieux loués et ne devront pas excéder en durée le terme de neuf années.Ainsi en sera-t-il des baux consentis par de purs administrateurs.Quant à ceux qui possèdent une maison en vertu d\u2019un titre résoluble, ils pourront sans doute donner à bail.Seulement cette location devra également respecter la destination de la maison et le terme n'en pourra valoir plus longuement que celui de leur propre titre.Le contrat de bail se forme par le seul consentement des parties.Il arrive que ce consentement échangé ne soit constaté par aucun document, simplement par un état de fait.Mais le plus souvent les parties signifient leur volonté mutuelle par un écrit qui sera ou authentique: devant notaire, ou sous seing privé: devant témoins.Quand le bail est de longue durée et pour un gros prix, il est préférable de le passer devant notaire.L'acte authentique fait preuve de sa date et de son contenu.Et le privilege qu\u2019il assure au locateur est de beaucoup plus étendu.Le bail ordinaire, passé devant un témoin est valable.Mais si le terme en est pour plus d\u2019un an, on doit le passer en présence de deux térioins, ou devant notaire.Autrement ce bail ne pourrait être enregistré; ce qui peut présenter de sérieux .désavantages.Il faut prendre garde que les deux copies du bail soient une reproduction exacte l\u2019une de l\u2019autre.Que les mêmes clauses soient complètement semblables sur les deux documents et revêtues des mêmes signatures.RTH PT TPT TC RES SPT CPE TUT VLR ero ST PY PPL SITES PE SEP PER FU \u2014 - rr eee re er \u2014 LE BAIL DE MAISON 43 IT Le bail passé, au temps convenu, le propriétaire est tenu de mettre le locataire en possession des lieux loués.Le locataire est dans son droit d'exiger une maison réellement en bon état de toutes réparations: le locateur doit la garantie absolue contre les défauts ou vices cachés.Pendant la durée entière du bail, il appartient au locateur de procurer au locataire la jouissance paisible de la maison.Le propriétaire devra maintenir les lieux loués en bon état de services: toutes les réparations, sauf celles appelées locatives et imputées à la faute du locataire, seront donc à sa charge.Au cas où des voisins, des passants ennuient le locataire, le propriétaire ne saurait être tenu d'y voir.Seulement, si quelqu'un attaquait le locataire en justice, à raison de la maison louée: le propriétaire serait tenu d'intervenir et de dégager son locataire de ces poursuites judiciaires.III Cette maison louée et reçue devra servir à l\u2019usage pour lequel elle a été louée.Le locataire est tenu, dans l'exercice de son droit de jouissance, de se conduire en \u2018\u2019bon père de famille\u2019\u2019.Il devra donc observer les précautions que prendrait pour son bien un propriétaire soigneux.La loi présume même, que toutes les dégradations que subit la maison sont imputables au fait du preneur.Par exemple, au cas d'incendie, le locataire est réputé en faute, jusqu'à preuve du contraire.Sans aucun doute, le locataire est débiteur du loyer.C\u2019est même la considération du contrat, pour le propriétaire.Le loyer se gagne jour par jour, au fur et à mesure que la jouissance s'écoule.Les termes du paiement sont fixés par la loi, l'usage ou la convention.De sa nature, le loyer est quérable: le propriétaire est tenu de le réclamer sur les lieux loués.En matière de loyer de maison, le délai de prescription est de cinq ans.Pour garantir au locateur qu\u2019il remplira ses obligations découlant du bail, la loi oblige le locataire à garnir la maison d'effets mobiliers suffisants.Ces effets mobiliers comprennent tout ce qui est meuble sauf l'argent et les dettes actives.Enfin, à l\u2019expiration du bail, le locataire devra remettre la mau- son dans l\u2019état où il l\u2019a reçue.Et si au début il n\u2019a pas été établi ue \u2014.- 44 LA REVUE NATIONALE _ J} que la maison était en mauvais ordre, le locatairé est censé l\u2019avoir reçue en bon état.a IV a Le locateur possède un privilège sur les effets mobiliers du loca- A taire; privilège qui prend place au neuvième rang, il est vrai, dans s la hiérarchie des privilèges, mais qui n'en est pas moins un droit de qi 5 préférence.Memes les biens des tiers pourront être affectés à ce pri- 3x = vilege, en certains cas.l'exécution de ce droit privilégié pourra être - efficace même si les effets mobiliers ne sont plus sur les lieux loués.je, A la condition, toutefois, de les saisir dans les huit jours de leur dé- = placement.La loi exempte de cette exécution les objets qu'elle con- \u201c 3 sidère absolument nécessaires à la vie ou à l'exercice d\u2019un métier.Ce- i\u2019 pendant, le locataire, par sa faute, peut se priver de ce bénéfice © d\u2019exemption.Ainsi en est-1l quand le locataire, qui devrait du loyer, in ne se conforme pas à l'avis que lui donne le locateur de quitter les ; lieux sous un délai de trois jours.i La portée de ce privilege est plus ou moins étendue selon que ü le bail est authentique ou sous seing privé.Sauf le cas de faillite ou - de cession de biens volontaire, qui est réglementé d\u2019une façon parti- a culière, l'authenticité du bail conserve le privilège du locateur pour 3 tout le loyer échu et à échoir.Au lieu que le locateur en vertu d\u2019un 3 bail sous seing privé ne pourra réclamer que trois termes échus et le om.= solde de l\u2019année courante.i 1 Outre ce droit de saisir les biens du locataire, le propriétaire 5 peut demander la résiliation du bail et la possession des lieux loués, pie 3 le tout avec dommages-intéréts, s\u2019il y a lieu.qd us 1 du: 3 Vv he i Les exigences raisonnables du locataire sont également reconnues et sauvegardées par la loi.Et si le propriétaire ne respecte pas ses engagements, il sera, à l'instar du locataire, soumis à des sanc- | be tions.Par exemple un locateur qui n'effectue pas les réparations aux- ) quelles il est tenu, pourra être sommé par les tribunaux.Un délai \"oo sera fixé pour lui permettre d'accomplir ces réparations.Si le locateur ne se rend pas, le locataire aura le choix ou de prendre l'initiative des travaux, aux frais de son propriétaire ou de demander la résilia- || tion du bail, avec ou sans dommages-intéréts, suivant le cas.D'ail- Mo leurs, d\u2019une façon générale, toutes les fois que le locateur fera défaut TR jen LE BAIL DE MAISON 45 de remplir quelqu'\u2019une de ses obligations, il sera passible de subir une résiliation de bail avec ou sans dommages-intérêts, au gré du locataire et des circonstances.A moins d'une stipulation prohibitive en sens contraire, le locataire a le droit de sous-louer partie de la maison louée, ou méme, de céder son bail.A la fin du bail, le locataire doit remettre la maison dans le même état qu\u2019il l\u2019a reçue.Et s\u2019il la rend améliorée, enrichie, il le fait à ses risques et périls.Le locataire aura le droit d'enlever les réparations simplement utiles, s\u2019il peut le faire avec profit et sans détériorer le fonds.Cependant si ces réparations sont attachées à fer, à clous, ou autrement, le locateur a le choix ou de les garder moyennant le paiement de leur valeur, ou de forcer le locataire à les enlever.Mais si elles ne peuvent être enlevées sans dégrader la maison, le locataire sera forcé de les laisser sans compensation.Quant aux réparations devenues nécessaires sans qu'il y fût de sa faute, le locataire aura droit à un remboursement, s'il les effectue.VI Le bail peut prendre fin: par l'écoulement de la durée fixée, du consentement des parties, par la perte totale de la chose louée, par l'aliénation de la maison, par un jugement de la cour, par l\u2019exercice d\u2019une faculté de réméré, et de bien d'autres façons.Le bail dont la durée a été explicitement fixée prend fin à l\u2019expiration du terme, sans qu\u2019il soit besoin de donner avis.Seulement, si les parties ne veulent pas être liées pour un autre terme égal à celui du bail expiré, s\u2019il n'excède pas un an, elles devront en signifier leur volonté, dans les huit jours de son expiration.Dans le cas du bail, écrit ou verbal, dont la durée n'a pas été déterminée, il faudra, pour y mettre fin, qu\u2019un avis de congé soit signifié dans un délai qui variera suivant les époques du paiement du loyer.Le consentement mutuel étant le fondement du contrat de louage, les parties, d\u2019un commun accord, pourront toujours se libérer.Le bail devient résilié de plein droit quand la maison louée est entièrement détruite ou expropriée.Toutefois, si la destruction ou l'expropriation n\u2019est que partielle, le bail ne devient que résiliable, suivant les circonstances. 46 LA REVUE NATIONALE Au cas d\u2019aliénation de la maison, le bail excédant la durée d'un an et non enregistré devient inexistant pour le nouvel acquéreur.Un jugement des tribunaux accordant la résiliation, mettra également fin au bail.Parfois le locateur se réserve le droit de reprendre possession de sa maison dans le but de l\u2019habiter.Dans ce cas, le locateur aura loisir de résilier le bail en donnant en temps utile un avis de congé au locataire.L'exercice de la faculté de réméré qui enlève au locateur tout droit sur la maison louée résilie le bail de plein droit.À noter que ce qui précède est un exposé de la loi générale et que les parties à un contrat de bail peuvent y insérer de multiples modifications.Hector LALONDE, avocat BIBLIOGRAPHIE Le communisme au Canada Le communisme a fait son apparition au Canada comme ailleurs.Sans être encore ici puissant, il n\u2019en offre pas moins des dangers qu\u2019on ne peut ignorer.Aussi est-il nécessaire de s\u2019opposer aussitôt à ses menées.Un des bons moyens, c\u2019est de le connaître et de le faire connaître.Tel et le but de la brochure que vient de publir l\u2019Oeuvre des Tracts sous ce titre: LE COMMUNISME AU CANADA.Elle contient: 1) la lettre de S.G.Mgr Gauthier au clergé de son diocèse sur ce sujet; 2) le rapport du gouvernement fédéral sur les syndicats révolutionnaires au Canada; 3) quelques précisions sur les développements du communisme à Montréal; 4) un tract de quatre pages intitulé \u201cCe que le Communisme a donné en Russie\u201d.La couverture est ornée d\u2019un dessin représentant les ruines accumulées par le communisme en Russie.Excellente brochure de propagande qu\u2019il faudrait répandre à profusion.Elle se vend 10 sous l\u2019exemplaire, $6.00 le cent, port en plus, à l\u2019Action paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, Montréal.\u2014 7e b- IANA MA SA COPE SS A LES CONFERENCES POPULAIRES 47 LES CONFERENCES POPULAIRES L'\u2019ENQUETE DE NOTRE REVUE Réponse de M.Louis-A.Pouliot avocat Québec, le 24 mars 1930 Monsieur Alphonse de la Rochelle Chef du secrétariat Société Saint-Jean-Baptiste 1182, rue Saint-Laurent Montréal Cher monsieur, Une absence du bureau m\u2019a empéché d\u2019accuset réception avant ce jour de votre lettre du 7 mars, ainsi que de la copie de l'article de votre président général, M.Guy Vanier, intitulé: \u201cLes Conférences populaires\u2019, que vous avez eu l\u2019obligeance de me faire parvenir.Cet article devrait être lu, commenté et médité par chacune des sections de nos Sociétés Saint-Jean-Baptiste.Le programme qui y est tracé indique, de main de maître, les objectifs vers lesquels doivent tendre nos sociétés nationales, tant au point de vue de l'étude que de l'action.Donner à notre peuple les directives nécessaires, travailler à son émancipation économique, lui inspirer la fierté de ses origines et une dignité qui y corresponde dans tous ses gestes, ses attitudes et son langage, défendre nos traditions nationales et religieuses menacées de toute part, opérer la liaison entre les dirigeants et les dirigés qui ont droit de compter et comptent nécessairement sur la sympathie, l\u2019aide et les exemples de nos classes instruites, n'\u2019est- ce pas là l'oeuvre toujours pressante et nécessaire de nos Sociétés Saint-Jean-Baptiste?Les forces bien orientées et disciplinées, est-il nécessaire de le répéter, peuvent remporter tous les succès! Nous avions déjà eu occasion de lire cet article de monsieur Vanier, et trouvé si au point, que nous l\u2019avions fait reproduire dans les journaux de Québec.fl 280 48 LA REVUE NATIONALE J'aimerais avoir le loisir de vous offrir des commentaires plus détaillés, selon le désir exprimé dans votre lettre, mais je ne vois guère ce que je pourrais ajouter aux considérations de monsieur Vanier.Nous souhaiterions que cet article soit envoyé à toutes les sociétés pour distribution parmi les membres.Nous sommes d'avis également, que ce serait une excellente chose de demander à nos journaux régionaux de le reproduire.Il aurait certainement pour effet de mieux faire comprendre dans nos paroisses l'utilité et les moyens d'action d\u2019une société Saint-Jean-Baptiste et d'entraîner celles qui y sont déjà fondées à une action plus intense et plus suivie.Veuillez me croire votre très sincèrement dévoué.Louis-A.POULIOT Réponse de M.l'abbé Léonidas Adam Curé de Ham-Nord Ham-Nord, le 22 mars 1930 Monsieur Alphonse de la Rochelle Directeur de la Revue nationale Montréal Mon cher ami, J'ai lu avec intérêt votre lettre importante, de même que l'article si riche en réconfortantes idées de M.Guy Vanier.Dans ce double document, je reconnais sans peine les anciens chefs de la Jeunesse catholique canadienne.Pour avoir servi moi- même sous vos drapeaux, j'ai maintes fois admiré votre esprit d'apostolat.Jamais votre zèle n'a connu de déclin.Le courant qui emporte nos vies avec rapidité vous a fait changer de champ d'action; mais les causes sacrées de l\u2019Eglise et de la patrie vous tiennent toujours au poste du dévouement.L'oeuvre des Conférences populaires que vous lancez, mérite l'accueil le plus sympathique de tous les gens de bien.Je suis cependant un peu confus de vous le dire, après les hautes approbations que vous tenez déjà.Puisque vous daignez me faire part de vos projets, je vous déclare avec bonheur que je veux être de votre groupe pour en partager les travaux.Soyez assurés, messieurs, que le programme des Conférences populaires deviendra à l\u2019ordre du jour dans le milieu où je vis.\u2014_\u2014_ 008 LES CONFERENCES POPULAIRES 49 Mes auditeurs de chaque dimanche et de nos réunions paroissiales pourront parfois reconnaitre certaines idées déja émises devant eux.Mais quand il s'agira de prêter l'oreille à des principes qu'\u2019entend propager l'élite du pays, les paroissiens seront plus attentifs et la parole du pasteur sera peut-être plus éloquente.Le travail que vous entreprenez est difficile et la tâche est 1m- mense.Raison de plus de vous y mettre avec courage.Nombreuses sont les influences malsaines qui tourmentent et déforment notre population.Il en est qui partent de haut; d'autres viennent de bien bas.Toutes sont en train de faire beaucoup de mal.Un pareil état de choses fait grandement souffrir les âmes canadiennes qui ont souci de leur foi catholique, qui aiment leur pays et qui ont le culte de leurs belles traditions.Vous avez raison de croire que l'heure n'est pas aux larmes devant les défections ou devant les ruines; mais plutôt à l'organisation de la lutte contre tout ce qui peut nuire à la vie normale de nos compatriotes.Malgré votre demande, je m'abstiendrai de suggérer ce que doivent faire et dire des hommes dont j'attends moi-même le mot d'ordre.Vous signalez l'importance de la langue française, et d'autre part, le manque d'économie dans un trop grand nombre de nos familles.Vous voulez parler \u2018syndicalisme, retraites fermées, hygiene, oeuvres sociales, questions d'art et de science populaire, et combien d'autres\u201d.Oui, combien d'autres.Ici, vous n'oubliez sûrement pas l'oeuvre capitale de la Bonne Presse qui devrait remplacer dans chaque foyer le journal à sensation, le journal de parti, le journal qui glorifie les étoiles du cinéma corrupteur.Vous n\u2019oubliez pas la question du repos dominical battu en brèche, aujour- d'hui, surtout dans la catholique province de Québec.Si nos ouvriers se déchristianisent, ne deviendront-ils pas plus facilement les victimes du communisme révolutionnaire ?Ce scandale des villes et des centres industriels n\u2019atteint pas directement nos campagnes, mais celles-ci ont également leur plaies.La désertion du sol, le luxe, l\u2019intempérance, sont des maux courants.L'amour de la terre fidèle et généreuse; l'étude des problèmes propres à l\u2019agriculture, la connaissance si non détaillée, au moins générale, des faits et gestes de nos ancêtres, un enseignement approprié aux enfants qui fréquentent l\u2019école du rang; tout cela, joint a ce que prêchent le catéchisme et l'Evangile, ne saurait pourtant man- EPP R hl 50 LA REVUE NATIONALE quer d\u2019entretenir chez nos chers paysans la bonne santé morale et patriotique.Je termine ces considérations, incomplètes, je le sais, et qui n\u2019apprendront rien du reste au comité des Conférences populaires.Mais avant de mettre le point final, qu\u2019il me soit permis de poser une question.Notre Société nationale Saint-Jean-Baptiste est-elle vraiment ce qu'elle doit être en notre pays?Nos villes, grandes ou petites, nos paroisses rurales y sont-elles suffisamment intéressées?N'y aurait-il pas quelque chose à faire en vue d'atteindre tous les groupes des nôtres, de créer la cohésion entre eux, afin d'obtenir une véritable Société nationale qui parlerait à l'âme et au coeur de tout Canadien français, et qui serait le gage des victoires qu\u2019il s'agirait de remporter dans le triple domaine religieux, social et national?Les Conférences populaires, sans aucun doute, travailleront en ce sens.Je leur souhaite donc plein succès.Votre tout dévoué, Léonidas ADAM, ptre-curé Réponse de M.Oscar Hamel, notaire Secrétaire général de l'Action Sociale Catholique Québec, le 24 mars 1930 Monsieur Alphonse de la Rochelle Directeur de la Revue nationale 1182, rue HSaint-Laurent Montréal Cher ami, En réponse à ta lettre du 7 mars dernier par laquelle tu me demandes ce que je pense de la campagne des Conférences populaires, je dois te dire que je la trouve évidemment très pratique.Notre peuple étant plutôt nourri par des journaux sans 1dées, il est bon de lui donner autrement des 1dées.Quelles idées doivent être de préférence répandues?Pour moi, elles devraient porter: a) Sur l\u2019épargne.Chacun sait les pertes énormes subies par l'ignorance du peuple; on devrait lui enseigner les moyens de se protéger.Cette campagne devrait se faire tous les ans par des mises = EEE LT EE DOUTE AA SN LES CONFERENCES POPULAIRES 51 en garde contre les procédés les plus habituels de l'exploitation du peuple; b) Sur notre commerce canadien.Comment lutter contre l'étranger qui nous envahit; c) Sur le blasphème.Appuyer partout la campagne des Voyageurs de commerce à ce sujet.Sincèrement à toi.Oscar HAMEL Réponse du R.P.G.Simard, O.M.L Professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa Université d'Ottawa, le 24 mars 1930 Monsieur Alphonse de la Rochelle Montréal Cher monsieur de la Rochelle, Votre lettre est là devant moi attendant avec impatience sa réponse, qui ne se fait pas.Vous aurez compris que ce sont les devoirs d'état qui sont cause de mon retard.Et puis, aussi, le fait que votre communication est d'une haute importance.Je ne puis que louer le projet si bien exposé par monsieur Guy Vanier.Pour y ajouter quoi que ce soit, il me faudrait plus de temps que celui dont je dispose présentement.Et, du reste, la besogne taillée est assez considérable pour que je ne craigne pas qu\u2019il y ait paresse faute de mon concours.Comme je m'occupe, cette année, de politique générale, je suis porté à voir un peu toutes choses sous cet angle.Et je me demande s\u2019il ne serait pas opportun que certains personnages, particulièrement bien doués et au courant du droit de l'Eglise et du droit de l'Etat, enseignent à nos classes supérieures les grands principes des peu- cles chrétiens.II m'a toujours paru qu'un travail de vulgarisation s'imposait sous ce rapport.Je me rends compte qu\u2019il est assez difficile de l'entreprendre, mais enfin s\u2019il est nécessaire, il est faisable.La tête, la tête, voilà ce qui manque le plus toujours.Naturellement, je ne généralise pas.Il est un autre point dans le discours de monsieur Vanier sur \u2018equel il me serait agréable de discuter longuement.La langue, y est-il dit, est la caractéristique fondamentale de la nationalité.= A JG.EE TES Ee 52 LA REVUE NATIONALE La langue est une caractéristique, soit.Et encore! Voyez les Irlandais qui demeurent si eux-mêmes et qui n'ont pas leur langue à eux.J'ai peur que nous ne fassions pas assez attention chez nous à d'autres éléments caractéristiques de la nationalité: à savoir l'amour du pays et de l'histoire.Il arrive qu\u2019au moindre fléchissement de la langue, forcé ou volontaire, les nôtres nous oublient.Ils de- vralent résister davantage si la connaissance et le sentiment en ce qui nous concerne comme peuple avaient été plus développés chez eux.Naturellement, je n\u2019omets pas la langue à quoi il faut tenir per fas et nefas, et avec amour.Mais je vous fais une lettre et je voulais simplement vous féliciter et vous encourager.Agréez donc mes meilleurs souhaits.Georges SIMARD, O.M.L Réponse de M.Gustave Lacasse, sénateur Ottawa, Ontario, ce 28 mars 1930 Monsieur Alphonse de la Rochelle, N.P.Chef du Secrétariat de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal 1182, rue Saint-Laurent, Montréal Cher monsieur, Permettez-moi, quoique un peu en retard, d'accuser réception de votre communication du 7 courant, et malgré que je n\u2019aie que très peu de temps pour prendre pleinement connaissance de la campagne de propagande nationale au moyen de conférences populaires que projette la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, je partage d'emblée votre opinion au point de vue de l'utilité de cette initiative pour notre peuple.Je ne suis pas en état cependant de répondre immédiatement et explicitement aux trois questions que vous poser dans votre lettre, mais j'espère être en mesure de le faire un peu plus tard, alors que j'aurai donné à cette étude une plus sérieuse attention.Pour bien m\u2019orienter dans ce sens, je vous demanderai i» fee (op gr.Ur de not dans wr emer Place et adrer Ve aussi: pas phi: Tas [a Morales Fésporsa: Is igi baiser tra Jr lieu \u20ac LE Quable Ë boot » nig) // Ll De car \u2014 LA REVUE NATIONALE 53 la faveur de bien vouloir m'adresser un ou deux exemplaires des récentes éditions de la Revue nationale, en même temps que quelques copies aussi de l'Oiseau bleu, pour fins d'organisation personnelle.Je vous prie de croire, mon cher de la Rochelle, à mes sentiments toujours cordialement devoués.Gustave LACASSE sénateur BIBLIOGRAPHIE Instruction ou éducation ?Une vive discussion s\u2019est élevée récemment à propos de la réforme de notre enseignement secondaire.Notre race, a-t-on prétendu, accuse dans son ensemble de regrettables déficiences.La cause en est à l\u2019enseignement donné dans les collèges classiques.On y fait aux sciences une place trop minime.Et la bataille s\u2019est engagée sur ce point entre tenants et adversaires du système actuel.Mais voici qu\u2019un nouveau combattant descend dans l\u2019arêne.Il élargit aussitôt le champ de bataille.Vous discutez d\u2019instruction, dit-il, n\u2019est-ce pas plutôt d\u2019éducation qu\u2019il faudrait parler?Notre faiblesse n\u2019est-elle pas là?Et dans un magistral exposé de la situation il relève les causes morales plutôt qu\u2019intellectuelles, qui d\u2019après lui seraient principalement responsables du mal dont nous souffrons.Qu\u2019on partage ou non toutes les idées de M.Minville \u2014 ancien directeur de l\u2019Action canadienne-fran- çaise et professeur à l\u2019Ecole des Hautes Etudes commerciales \u2014 on voudra lire et méditer ces pages animées d\u2019un beau souffle patriotique et religieux et marquées au coin d\u2019un rare bon sens et d\u2019une fine observation.L\u2019Ecole Sociale Populaire vient de publier en brochure cette remarquable étude.Elle se vend 25 sous l\u2019exemplaire, $2.00 la douzaine, $15.00 le cent, port en plus, à l\u2019Action paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, Montréal.: 7 Dira:teur: Alphonse DE LA ROCHELLE AYRES ANY BR ASEILANAT TTT i EM LN MCI Ri: 0 08 LA REVUE NATIONALE Le vieillard indigent dit avec raison: \u2014 Ces tracas d\u2019argent me font mourir.Qui va nier alors que nos rentes viagères, par la régularité de leur distribution, garantissent une vieillesse heureuse et tranquille, et pro- \u2018longent ainsi la durée de la vie?CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE SOCIETE DE RENTES VIAGERES 55, St-Jacques O.\u2014 MONTREAL \u2014 HArbour 2185 (7 > Votre EXECUTEUR TESTAMENTAIRE VOUS n\u2019accableriez pas votre épouse du fardeau d\u2019administrer vos biens pendant votre vie.Alors POUT QUOT lui faire courir le risque d\u2019administrer votre succession?Votre exéeu- teur logique, c\u2019est la SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE 55, rue Saint-Jacques ouest, 55 MONTREAL \u2014 \u2014 \u2014 HArbour 2185 \u2014 VII \u2014 IRR NOTE CH IP COMITES PERMANENTS DE LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL 1930-1931 COMITE DE REGIE ET DE PLACEMENT DE LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE ET DE LA CAISSE DE REMBOURSEMENT Président: M.Guy VANIER Secrétaire-trésorier: M.J.-Albert BARITEAU Membres: MM.Aimé PARENT, J.-Ovila MOQUIN, Alphonse PHANEUF ! COMMISSION ADMINISTRATIVE DU MONUMENT NATIONAL Président: M.Ernest-J.BROSSARD \\ Membres: MM.Guy VANIER, J.-Albert BARITEAU, J.-A.BERNIER, Louis POULIOT COMMISSION D\u2019ETUDE Président: M.V.-Elzéar BEAUPRE =~ Membres: MM.Olivier MAURAULT, P.s.s., Ernest-J.BROSSARD, J.-Alfred BERNIER, Alphonse PHANEUF, Maurice TESSIER.COMITE DES COURS ET PUBLICATIONS Président: M.Alphonse PHANEUF Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, J.-Albert BARITEAU, J.-Ovila .MOQUIN, Louis POULIOT, Maurice TESSIER.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE Président: M.Victor MORIN ler vice-président: M.Guy VANIER, C.R.2e vice-président: M.J.-Victorien DESAULNIERS Membres: MM.Charles LAURENDEAU, V.-Elzéar BEAUPRE, Justi- mien PELLETIER, Aimé PARENT, Ernest-J.BROS- Directeur-gérant: M.J.-Victorien DESAULNIERS CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE COLONISATION Président: M.Jules de SERRES Vice-président : M.Rodolphe LANGEVIN Secrétaire: H.Henry L.-AUGER Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, gérant, Oscar GATINEAU, Al- \u2018phonse HARDY, L.-M.CORNELLIER, J.-Ovila MOQUIN.avis avant 7 LA DE ann: em A NE ns a A me 2\" SE. PRESS pit tirhtpta tie SAME dit dr AS EDEN an pore EE : 2° i { die a COMPLIMENTS S DE LA BRASSERIE DOW » ET DE LA ~\\ BRASSERIE DAWES iA à ab M Yi \\ \\ \u201cN ATIONAL BREWERIES LIMITED\u201d Imprimerie de lEclaireur Ine., 1728, rue St-Denis, Montréal sx 40 a Eaae te li et Te ee tt Le te TT at Le A PRON BIST SLI ERAN RIOT ASST SENS MEP ERLE PL PS EOP PEL PL DS SL ERS I PET LI DS FERTIL 0 SoH "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.