La revue nationale /, 1 mai 1931, Mai
[" J ANNEE \u2014 No 5 MONTREAL ; MAI 1931 Organe , + de Bont oo aipt-|eanBaptiste oO, | Jo ) > ie _, Wy = > a, g A \\ | SOMMAIRE vues PE La Direction 107 ; Le Docteur Jacques Labrie | Cierra ene vasseseseecnee L\u2019abbé Elie-J.Auclair 108 _ ere rere \u2026\u2026.J-Théo.Benoît 115 Protection sociale 1 ean svcarerssnresneenesss Arthur Paulet, N.P.121 Bibliographie 10 eee assasssseeneaveanassenees Tiseadeqrssceneceren seen 128 Après le congrès d\u2019Edmonton es eiteerrererereesessnnnneneeennnennns doo.Laforce- 124° .Découvrons I\u2019 Amérique du Sud- bacsrcsrence rare area rec ananas see ser se scene Jules Ledoux 127 Bibliographie - V Léinseaseessre seen sean r seen sens sans anne ane nr ea en re nee seen eee 129 Les conférences populaires \u2014 L\u2019enquéte de notre revue \u2014 Réponse de l\u2019honorable ~ N.-A.Belcourt, sénateur .eee 130 Bibliographie - Ceres greesteeinierssrenresaananperesssrenrasssyvegeaiveranne 131 Rédaction et administration: 1182, rue SAINT-LAURENT MONTREAL LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Fondée en 1834 Conseil général Aumônier général: Mgr l'ARCHEVEQUE DE MONTREAL.Assistant-aumônier général: M.OLIVIER MAURAULT, p.s.s., supérieur de l\u2019Externat Saint-Sulpice, 1000, bd Crémazie est.Président général: GUY VANIER, C.R., 57, rue Saint-Jacques ouest.ler vice-président général: AIME PARENT, trésorier de la ville de Verdun, 21 avenue Galt, Verdun.Ze vice-président général: Ernest BROSSARD, gérant de banque, 410, rue Beaubien est.Secrétaire général: V.-ELZEAR BEAUPRE, I.C., professeur, 8782, rue Saint-Hubert.Trésorier général: J.-ALBERT BARITEAU, LL.L, notaire, 1609, rue Maisonneuve.Honorable F.-L.BEIQUE, sénateur, 112, rue Saint-Jacques ouest.Sir Hormisdas LAPORTE, industriel, 2232 rue Dorchester ouest.J.-C.BEAUCHAMP, administrateur, 551, rue Cherrier.J.-Victorien DESAULNIERS, directeur-gérant, 55, rue St-Jacques ouest.J.-Ovila MOQUIN, douanier, 139, rue Saint-Thomas, Longueuil, PQ.Alfred BERNIER, voyageur de commerce, 48, rue Hazelwood, Outremont.Alphonse PHANEUF, optométriste, 1767, rue Saint-Denis.Louis POULIOT, employé civil, 10639, rue Laverdure, Ahuntsic.Maurice TESSIER, professeur, 2150, rue Desery.Arthur TREMBLAY, marchand, 2115, rue Delisle.Chef du secrétariat: Alphonse de la ROCHELLE, notaire.Bureau No 1, Monument national.Tél: LAncaster 4364.Organisateur et propagandiste : T.-Auguste POUPART, 7078, rue de Normanville.Téléphone: CAlumet 3876.CORPORATIONS FILIALES DE LA SOCIETE La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 Ia Uaisse de Remboursement \u2014 fe Monument national \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 la bo Société Nationale de Colonisation.= La direction de la Revue nationale ne s\u2019engage pas à nuscrits non insérés.: Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles.: Abonnement: $2.00 par année.a rendre les ma- La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, et imprimée par \u201cL\u2019ECLAIREUR\u201d Ines imprimeurs- éditeurs, 1723, rue Saint- Denis.Tél: HArbrur 8216.PERS pa Pa RSR nr de ot LA REVUE NATIONALE Riche en saveur naturelle \u2018Frais des Plantations\u2019 ns HD nmr, Une feuille fraiche, absolument pure Vert ou noir \u2014 a partir de 60c 1b.MONTREAL Narcisse Ducharme, président Tél : LLAuncaster 7700-3378 LA CIE J.& C.BRUNET Limitée PLOMRERIE \u2014 COUVERTURE \u2014 ELECTRICITE \u2014 CHAUFFAGE 1095, BOUL.SAINT-LAURENT - - - MONTREAL ENCOURAGEONS LES NOTRES TI \u2014 feu nr tig of sme til\u2014itit mit \u2014meriofpe = = mmr var a \u2014 gag GET PT ST NS LA REVUE NATIONALE Le procédé moderne Consiste à déposer ses documents précieux, titres, hypothèques, polices d\u2019assurance, souvenirs de famille, ete., dans un coffret de sûreté, à l\u2019épreuve du feu, du vol et de toute éventualité.Soyez en sûreté.Vous le serez, si vous louez un coffret dans ros voûtes à l\u2019épreuve de l\u2019incendie et du brigandage.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA où les épargnants déposent EXIGEZ ln marque \u201cAUBRY\u201d sur vos ustensiles de cuisine; ils sont reconnus pour avoir une très grande durabilité et nos cinquante- six années d'expérience les placent parmi les meilleurs sur le mar- ehé.\u2014 En vente chez les principaux quincailliers.A.AUBRY & FILS, LIMITEE 74,PF LORINIER Maison fondée en 1874.\u2014 Incorporée en 1914.go + \u2014 3 INCOMPARABLE POUR TARTES ! 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la Revue nationale de janvier (1931), le sympathique président général de la Société Saint-Jean-Baptiste, M.l'avocat Guy Vanier, l'un de nos hommes d'initiative les plus connus et estimés, sous un titre qui sonne la charge, Aux armes, citoyens, mais sur un ton et dans un style qui n\u2019ont rien de provoquant et sont plutôt persuasifs et entraînants selon la bonne manière, lançait à ses compatriotes, en guise de voeux du nouvel an, un magnifique et pratique appel à l\u2019action.\u2018Je souhaite à notre Soctété, écrivait-il, de voir se lever dans ses rangs grand nombre de citoyens déterminés à entraîner notre peuple aux tâches nécessaires.Au cours de notre congrès de novembre, nous avons précisé ensemble quelques-unes des pensées qui devraient orienter notre action de l'année.Histoire nationale, chansons françaises, langue maternelle, voilà des tâches sur lesquelles nous sommes facilement tombés d\u2019accord.\u201d J'ai confiance d'apporter à ce riche programme d'action un modeste concours, en évoquant devant nos lecteurs, ce mois-ci, la figure et la carrière d\u2019un bon patriote d'autrefois, dont on célébrera précisément le centenaire de la mort l\u2019automne prochain, feu le docteur Labrie, de Saint-Eustache.Ainsi que le rappelle le directeur de l\u2019Enseignement Primaire, M.C.-J.Magnan, dans l\u2019article-tête de la livraison de février de sa toujours si vivante et si instructive revue, il y aura en effet cent ans, le 26 octobre 1931, que ce grand citoyen canadien qu\u2019a été le docteur Labrie est mort, à Saint-Eustache même, à l\u2019âge relativement peu avancé de 47 ans.Je n'ai pas la prétention de \u2018\u201cdécouvrir\u2019\u2019 le docteur Labrie, ni non plus d'écrire à son sujet beaucoup d\u2019inédit.M.Magnan, dans son substantiel article, nous raconte l'essentiel de sa vie et met en belle lumière ses mérites d\u2019'apôtre-pionnier de l\u2019éducation en notre pays.Avant lui, l'abbé Auguste Gosselin, un maître en histoire, qui était apparenté à Labrie, puisque son grand-père maternel était le frère cadet du docteur, avait consacré à ce dernier plusieurs études.La première en date fut présentée, en 1893, par M.Gosselin, à la Société Royale du Canada dont il faisait partie, sous forme de mé- LE DOCTEUR JACQUES LABRIE 109 moire historique.En 1898, une deuxième édition de ce travail a Ë été publiée, par M.Pierre-Georges Roy, dans la série des opuscules à de sa bibliothèque canadienne.En 1907, l\u2019auteur lui-même, M.Gosselin, fit paraître, chez Laflamme et Proulx à Québec, une nouvelle édition du même travail, revue et considérablement augmentée, hig qui forme un petit volume de pas loin de trois cents pages et cons- 1 M titue une monographie de l\u2019homme et de l'oeuvre assez complète pour i 6 le nous les bien faire connaître l\u2019un et l\u2019autre.Je n\u2019ai, en somme, E ug, qu\u2019à y puiser et a condenser.Je le fais avec l'espoir d'être utile, 1 ig parce que je sais combien vite s\u2019oublient les monographies ou les ; ne biographies, lesquelles, méme quand elles sont bien écrites et inté- E la, ressantes, subissent le sort commun des hommes et des choses, pas- BR note sent et se perdent tôt dans la nuit de ce qui n\u2019est plus.D'où il suit P ed qu\u2019il convient de revenir de temps en temps sur des sujets déjà traités, ji is quand ils sont de ceux qui restent constamment d'actualité à cause ; nb de leur valeur objective.E 14 M.Magnan, dans son article de l'Enseignement Primaire, nous L rl a montré surtout ce que fut le docteur Labrie comme éducateur.Je i {1 voudrais, moi, dans cet article-ci, essayer de faire voir ce qu'il fut a comme patriote, l\u2019un des plus pondérés, je pense, et l\u2019un des plus A où grands que nous ayons eus.4 y Jacques Labrie était né a Saint-Charles de Bellechasse, le 4 il a janvier 1784, d'une modeste famille du peuple, originaire de Saintes i Lb (Charente-Inférieure) en France, qui était fixée au pays depuis un ; siècle environ.Son premier ancêtre venu au Canada vers 1685 E.était un simple soldat.Son grand-père, Jacques Nau dit Labry, E we fils ou petit-fils du précédent, avait été, vers 1749, l'un des premiers ù + colons de Saint-Charles.Il y vivait encore avec l\u2019un de ses fils, ; a du méme nom que lui et qui le continuait, quand notre Jacques L Hl | vint au monde en 1784, et c'est lui, le grand-père, qui fut son par- à M | rain.la maison où l\u2019on habitait, sur le chemin de Beaumont, était une simple et bien modeste ferme, mais l\u2019on y trouvait, en A | grandissant, comme dans tant d'autres maisons d\u2019habitants de 1'é- is 8 poque, les meilleures leçons \u2014 celles de l'exemple \u2014pour nourrir a 8 et sustenter en son ame l'amour de la religion et celui de la patrie.ow § Dans ces maisons-là, les pères étaient des courageux et des vaillants u 8 et les mères, des saintes tout simplement.8 Grâce à la bienveillance éclairée de deux dignes prêtres, grands ds, amis de l'éducation, M.Louis-Pascal Sarault, qui fut curé à Saint- il Charles de 1749 à 1794, et son neveu et successeur, M.Jean-Joseph gi Roy, qui dirigea la paroisse de 1795 à 1799, le jeune Jacques Labrie RE EEE LE ve ly Ln BR ae I J i a aa Gadd 110 LA REVUE NATIONALE fut envoyé au séminaire de Québec pour y suivre les classes du cours classique.C'était en 1797 ou 1798.En tout cas, il devait terminer ses études à l'été de 1804.Au séminaire, Jacques Labrie eut comme confrères ou condisciples, le fait vaut d\u2019être noté, des hommes qui ont marqué dans notre histoire: Louis-Joseph Papineau, notre grand tribun politique, Antoine Parant, plus tard directeur du séminaire de Québec et l\u2019un des fondateurs de l\u2019Université Laval, Flavien Lajus, qui serait vicaire à Saint-Eustache de 1808 à 1810 et y amènerait Labrie devenu médecin, André Doucet, futur curé de Québec, Philippe Aubert de Gaspé, l\u2019auteur des Anciens Canadiens, Flavien Turgeon, futur archevêque de Québec, Louis Plamondon, plus tard juge éminent, Louis Moquin, bientôt une gloire, lui aussi, de l\u2019ancien barreau canadien.Les directeurs du temps, au séminaire, s'appelaient Gravé, Robert, Lahaille, Antoine Bédard et Jérôme Demers,tous des prêtres distingués et des éducateurs de première valeur.Doué de belles aptitudes et très appliqué au travail de l'étude, Jacques Labrie obtint dans ses classes de brillants succès.Il avait 20 ans quand il termina son cours en 1804.Les vacances finies, le jeune homme se mit immédiatement à l'étude de la médecine, pour laquelle il se sentait un vif attrait, chez le docteur François Blanchet, un maître de l'époque aussi ardent patriote qu\u2019excellent médecin, ce qui fait que son bureau, s\u2019il était une haute école de science, était en même temps un foyer de patriotisme, peut-être un peu outrancier, mais sincère et vrai.Labrie se montra bon disciple du savant docteur et tout ensemble du fervent de la patrie.En s\u2019initiant à l\u2019art de guérir les malades et les souffrants, il se prépara à la noble tâche du défenseur des droits hélas! trop méconnus de ses compatriotes.Il le fit même d\u2019une façon qu\u2019on jugerait volontiers en nos temps un peu hâtive.Mais, à cette époque, comme les vrais chefs de peuple n'étaient pas très communs, ceux qui en avaient l'aptitude et le talent se rangeaient vite, sous la pression des circonstances, parmi les hommes du jour.En 1806, Labrie, qui n'avait encore que 22 ans, et Bédard et Taschereau, deux autres étudiants qui n\u2019étaient guère plus vieux que lui, fondèrent un journal, Le Canadien, en opposition au Mercury, l'organe des Anglais.Ce journal, qui se révéla tout de suite plutôt violent contre l\u2019administration, ne vécut que quelques semaines.Le gouverneur Craig le tua en mettant Bédard et Taschereau en prison sous aucune forme de procès.Etienne Parent devait le ressusciter, sous le même nom, en 1831.Labrie, plus modéré que ses deux amis et moins compromis aux yeux de Craig, n\u2019alla pas en prison avec eux.D'autre part, - \u2014-\u2014 ea [= LE DOCTEUR JACQUES LABRIE 111 il n\u2019abandonna pas la cause.Le 3 janvier 1807 \u2014 il avait juste 23 ans \u2014 il publiait, associé à Louis Plamondon, qui venait de finir son droit, une nouvelle feuille, le Courrier de Québec, en opposition toujours au Mercury, mais moins violente de ton que le premier Canadien.Le Courrier parut, deux fois par semaine, jusqu'à la fin de juin de cette même année 1807, alors que, Labrie partant pour l\u2019Europe, le journal dut suspendre au moins pour un temps sa publication.Il fallait bien du travail et de la vaillance, à la vérité, pour mener de front les deux besognes d'étudiant en médecine et de journaliste.Mais il paraît certain que Labrie ne négligeait pas plus l\u2019une que l\u2019autre.On connaît nombre d'étudiants de nos jours qui n\u2019en feraient pas autant.Voila déja, en Labrie, si jeune qu'il fit, un vrai patriote, ou je n'y entends rien.En 1807-1808, Jacques Labrie alla compléter ses études médicales à Edimbourg, en Ecosse,avantage qu\u2019il dut probablement, selon l\u2019abbé Gosselin, à la considération et à l'affection que lui portait le docteur Blanchet.De retour au pays en août 1808, 1l vint s'établir comme médecin, d\u2019abord à Montréal, rue Saint-Paul, puis, peu après, son confrère l\u2019abbé Lajus ayant été nommé vicaire du curé Maillou à Saint-Eustache, dans ce village que les événements de 1837 devait rendre plus tard si célèbre.Le 12 juin 1809, à 25 ans, le docteur Labrie épousait, à Saint-Eustache, Marie-Marguerite Gagnier, fille du notaire de l'endroit, qui était un peu plus jeune que lui.Au cours de leurs vingt et quelques années de mariage, Marie-Marguerite devait le rendre père de neuf enfants, pour la plupart morts en bas âge, dont l\u2019aînée des filles, Marie-Zéphirine, devint, en septembre 1831, la femme du fameux docteur Chénier, l\u2019une des victimes \u2014 la plus illustre \u2014 des \u2018troubles\u2019 de 1837.Je ne sache pas que le docteur Labrie ait laissé des fils qui ont fait souche ou fondé des familles.Un mois après le mariage de sa fille avec Chénier, Labrie mourait, à 47 ans, le 26 octobre 1831.De 1808 à 1831, tout en exerçant avec zèle sa profession de médecin, le docteur Labrie, de Saint-Eustache, a donné en plus ses talents, ses forces, son coeur et sa vie aux plus grandes et aux plus nobles tâches qui s'imposaient alors à un patriote canadien.On se demande tout de suite, en lisant le livre de l\u2019abbé Gosselin qui nous raconte sa vie et sa carrière, comment un médecin très occupé, un homme politique mêlé à tout, un éducateur très actif, et aussi un hts- torien remarquable, a pu suffire à tant de besognes à la fois?Cela paraît vraiment étonnant.C\u2019est que, sans doute, il avait à un haut IRS HEI TH LAS EN age RER PCR PES CRETE 112 LA REVUE NATIONALE degré le goût du travail, qu\u2019il savait mettre dans son labeur de l'ordre et de la méthode et que, surtout, il aimait profondément sa race et son pays.Je n'insiste pas sur ses activités comme médecin.D'abord, on ne les connaît pas beaucoup et puis cela importe moins à mon sujet d'article.Mais, on peut aisément estimer qu\u2019un médecin de campagne au Canada, il y a cent ans, avait sûrement de quoi s'occuper.Les distances étaient longues à parcourir et l\u2019on ne roulait pas alors l'automobile! Il est probable qu'il y avait des malades comme en tout temps et il est certain que, dans nos braves familles, \u2018les sauvages\u2019\u2019 passaient souvent! Le docteur Labrie nous est mieux connu comme homme politique comme éducateur et comme historien, que par ses activités de médecin, et cela se comprend aisément.Ce sont les actes de l'homme public, plutôt que ceux du professionnel, qui ont du retentissement et gardent son souvenir et son nom à la postérité.Or, pendant près de trente ans, bien qu\u2019il soit mort jeune, Labrie, au triple point de vue du politique, de l'éducateur et du travailleur de l\u2019histoire, a été l\u2019un des citoyens canadiens les plus marquants de sa génération.Ce n\u2019est qu\u2019en 1827, quatre ans environ avant sa mort, qu'il se fit élire pour représenter le comté des Deux-Montagnes (alors le comté d\u2019York) à l'assemblée législative, avec Jean-Baptiste Lefeb- vre (chaque comté élisait deux députés).C'\u2019étaient, tous les deux, les candidats du peuple, et ils se présentaient contre les candidats de l\u2019administration du gouverneur, le comte Dalhousie (1820-1828), les sieurs Dumont et Simpson.Mais il y avait vingt ans déjà que, par ses écrits et ses diverses activités, le docteur Labrie exerçait, par tout le pays, une influence publique qui était considérable.Je ne saurais entrer dans beaucoup de détails.Je renvois mes lecteurs aux trois chapitres X, XI, et XII du livre de l'abbé Gosselin.Ils se convaincront vite, en les lisant, que le rôle du docteur Labrie dans les affaires canadiennes fut absolument de premier plan.C\u2019était un modéré qui répugnait aux mesures de violence, mais c'était un ferme aussi et un énergique qui ne cédait pas sur le terrain des principes et des protestations légales légitimes.Son travail sur la constitution britannique et sur celle du Bas-Canada, publié en brochure l\u2019année même de son entrée au parlement sous sa signature (1827), prouve à lui seul que c'était l\u2019un des patriotes canadiens les mieux au courant de la situation.Une fois élu député, puis réélu, le docteur Labrie, avec Papineau, Nelson et Cuvillier, fut l\u2019un de nos principaux champions des droits méconnus du peuple, et cela jusqu'à sa mort. LE DOCTEUR JACQUES LABRIE 113 Son action publique ne fut pas moins importante dans les choses de l\u2019éducation.L\u2019article de M.Magnan nous le rappelait récemment et le chapitre VIII du livre de l'abbé Gosselin 1'établit surabondamment.Je me contente de citer le témoignage du docteur Meilleur, notre premier surintendant de l'instruction publique, qui écrit dans son Mémorial de l'Education: \u2018Le docteur Jacques La- brie de Saint-Eustache, district de Montréal, auteur d\u2019une Histoire du Canada restée à l\u2019état de manuscrit et d'un Essai sur la constitution britannique et sur celle du Bas-Canada, avait établi deux écoles supérieures en cette paroisse (Saint-Eustache), dont l\u2019une pour les garçons, tenue par M.Paul Rochon, et l\u2019autre pour les filles, tenue par plusieurs personnes du sexe.Il les dirigeait toutes les deux et prenait part à l\u2019enseignement avec autant de talent et de zèle que de succès.Son école de filles constituait une véritable école normale.Les examens publics de ces deux écoles étaient regardés Comme autant de fêtes littéraires et scientifiques, auxquelles les amis de l\u2019éducation de l'endroit, de tout le voisinage, et surtout de la ville de Montréal, se rendaient en foule\u201d.C\u2019était déja fort bien.Mais La- brie ne s'occupait pas que des seules écoles de sa paroisse.II visitait en plus toutes celles de son comté quand il le pouvait.Aucune question, d'ailleurs, ne l'intéressait davantage, par toute la province, que celle des écoles et de l'éducation de la jeunesse.C\u2019est même à l\u2019occasion d'une visite des écoles de sa région, pour se rendre compte du fonctionnement des lois récentes (1829) qu\u2019il avait contribué puissamment à faire voter à Québec, qu\u2019il contracta, à l\u2019automne de 1831, la maladie qui devait l'emporter.Patriote comme homme politique et comme champion de l\u2019éducation, Labrie le fut tout autant, sinon plus, comme travailleur dans les choses de l'histoire, cette assise de la patrie qui en constitue la meilleure et la plus solide base.Sa correspondance avec Jacques Viger, le premier maire de Montréal en 1833, qui a laissé tant de précieux mémoires sur les choses de notre passé, dont l'abbé Gosselin cite plusieurs lettres (chapitre XIII), prouve que Jacques Labrie était lui aussi, comme Viger, un grand ami de l\u2019histoire.Dans son école de filles de Saint-Eustache, il avait mis à la disposition des élèves un précis de l'histoire du Canada composé par lui, comme aussi un petit traité de géographie canadienne pareillement de lui.Les trop rares écrits qui nous restent de sa plume montrent qu\u2019il s'inspirait constamment, pour toutes sortes de considérations, aux sources premières de nos superbes annales de la vie du pays.L'on sait enfin, le témoignage du docteur Meilleur que j'ai cité tantôt le rap- i.13: A I} + gl WE, Salleh mig pe Be SEE I AE T\u2014 YI ST § SRW | 114 LA REVUE NATIONALE pelle, que Labrie avait composé et se proposait de publier une Histoire du Canada depuis les origines jusqu\u2019à la guerre américo-cana- dienne de 1812.Ce travail, malheureusement, n'a jamais paru, et le manuscrit a péri dans un incendie.Le curé Jacques Paquin, qui fut à Saint-Eustache de 1821 à 1847, et par conséquent le curé du docteur Labrie une dizaine d'années, de 1821 à 1831, était également un passionné de l\u2019histoire.Les deux fiers Canadiens, le curé et le docteur, avaient, on le devine, de fréquentes relations et ils s\u2019estimaient beaucoup réciproquement.\u2018\u2018Rapprochés par le même zèle pour l'instruction du peuple, écrit l\u2019abbé Gosselin (chapitre VIII), ils étaient aussi liés par le même goût pour les travaux littéraires et les recherches historiques.Le premier, d'après M.Meilleur, écrivit une histoire de l'Eglise de notre pays.Le deuxième composa une histoire complète du Canada.Malheureusement, tous les deux moururent avant d'avoir publié leur travail.Coïncidence encore plus fâcheuse, les manuscrits de l'un et de l\u2019autre sont devenus la proie des flammes: celui du docteur La- brie, en 1838, dans l'incendie de Saint-Benoît, chez M.Girouard qui l'avait en dépôt et dont l'habitation brûla de fond en comble; celui du curé Paquin, en 1852, dans l'incendie de l'évêché de Montréal, où on le conservait.?Cette Histoire du Canada de Labrie, au temoignage de tous ceux qui avaient eu connaissance de ce travail, entre autres Papineau et Morin, avaient une exceptionnelle valeur.Le chapitre I et le chapitre XIII du livre de l\u2019abbé Gosselin sont à lire à ce propos.Je n'insiste pas ici, faute de place, car cet article déborde déjà le cadre dont je dispose.Nulle part plus que dans cette Histoire du Canada, d\u2019après les textes que j'ai sous les yeux, le docteur Labrie ne s'était montré intelligemment et supérieurement patriote.En deux mots, le docteur Labrie a été, au cours d'une des périodes de notre histoire les plus mouvementées, l\u2019une de nos grandes figures nationales, l\u2019un de nos patriotes les plus éclairés, les plus laborieux et les mieux animés d'amour et de zèle pour nos causes les plus sacrées.Si j'avais voix au chapitre, je proposerais respectueusement aux distingués directeurs de notre Saint-Jean-Baptiste, pour le 26 octobre 1931 (un lundi), jour du centenaire de la mort de ce grand citoyen, un pèlerinage historique à Saint-Eustache, où 1l vécut et qui est toujours le lieu de son tombeau.L'abbé Elie-J.AUCLAIR, de la Société Royale du Canada es LA FAMILLE ET LA NATION 115 [a famille et la nation A famille est le principe de l\u2019Etat\u2019\u2019, écrivit Le Play.\u201cLa société se compose de familles\u2019\u2019: telle est la base politique J] du chimérique Auguste Comte.\u2018\u2018L\u2019unité sociale n\u2019est pas l\u2019individu: c\u2019est la famille\u2019\u2019; ainsi parlait Balzac.Et Haeckel: \u201cLa famille passe à bon droit chez nous pour la base de la société, et la vie de famille honnête pour la base d\u2019une vie sociale florissante\u201d.L\u2019observateur catholique et le mathématicien positiviste, le psychologue Fustel de Coulanges, Funk-Brentano et quantité d'autres historiens au témoignage impartial ont prouvé clairement que \u2018la famille fait Etat\u201d.En creusant jusqu'aux radicelles infimes de cet arbre gigantesque appelé société, toujours on a trouvé comme germe primitif un rassemblement de familles: la tribu arabe et juive, la \u2018\u2018phratrie\u201d\u2019 grecque, la \u2018\u201cgens\u2019 romaine.Quand les rassemblements ethniques, grossis par la multiplication naturelle des familles et par l'adoption de foyers étrangers, devinrent assez considérables pour former des nations, alors le gouvernement politique remplaça, dans le domaine civil, le gouvernement familial qui lui servit d'abord de modèle: ce fut la naissance de la Cité.La famille n'existe donc pas en vue de l'Etat, puisqu'elle s\u2019est longtemps passé de lui.Les nations se fondent sur le \u2018\u2019vouloir- vivre commun\u2019\u2019, non pour absorber et détruire la famille, mais pour subvenir à ses besoins pressants, pour protéger, soutenir et fortifier cette cellule dont la vigueur et la multiplication ont la puissance et la stabilité des Etats.En se soumettant au pouvoir civil pour tout ce qui intéresse le bien public, la famille garde ses droits à l\u2019existence et au plein épanouissement, droits auxquels correspondent chez les gouvernements des devoirs dont la négligence amènera l\u2019affaiblissement, la maladie, la ruine de la famille et de la race.L'Etat n\u2019a qu'un but, qu'une raison d'être: c'est de sauvegarder les droits et de favoriser les intérêts des familles qui se groupent sous son égide.\u201cLa famille étant la source de toute grandeur nationale, de toute prospérité économique, c\u2019est le bien familial qui doit être à la fois inspirateur et coordinateur des lois sociales.Toute loi, tout décret, toute jurisprudence, tout régime administratif jugé, après expérience, malfaisant ou périlleux pour la famille, doit être revisé.En un mot: Famille d\u2019abord! Et le reste, si la famille est forte, unie OO HR I RAA EE TETE PEN A A BEIT we £16 +.LA REVUE NATIONALE et prospère, viendra par surcroit\u2019\u2019.Ainsi parlait le Général de Cas- telnau, au Congrès de Lille, le 5 décembre 1920.De Bonald exprime la même idée dans une de ces formules qui sont des lois de l\u2019histoire: \u2018\u2019Le gouvernement ne doit considérer l\u2019homme que dans la famille\u201d.Selon le mot d\u2019un penseur moderne, \u2018l\u2019homme n\u2019est que l'addition de sa race\u2019\u2019, il vaut rarement mieux que la famille d\u2019où il est issu.Lu ;\u2018 | Eh bien! que fait notre gouvernement pour les grosses familles, l'espoir et l'avenir de notre race?Toujours préoccupé de production, d'échange, de consommation, l\u2019Etat semble avoir pour intérêt unique l'accroissement de ses revenus: comme s\u2019il y avait une richesse comparable à la famille idéale! Pourvu que la dette publique diminue malgré les dépenses annuelles, le gouvernement jubile: \u2018\u201cQu\u2019importe la désagrégation familiale?Le Canada prospère\u2019.Et ces idoles de prospérité matérielle s\u2019écroulent un jour en écrasant les peuples de leurs débris, parce qu\u2019on laisse choir leur soc de granit: la famille nombreuse.\u2019Telle est l\u2019histoire tragique de Ninive et de Babylone, d'Anthènes et de l'orgueilleuse Rome, dont le \u201cMane, \u2018Thecel, Pharès\u2019\u2019 fut signé dès que leurs enfants devinrent moins nombreux que leurs esclaves.Des millions à la marine anglaise; mais pour la famille canadienne: rien! Des millions au perfectionnement des routes, à l'embellissement des parcs et des édifices publics: c\u2019est bien: pour la famille: jamais! Plusieurs millions de gaspillage annuel à cause de la mauvaise organisation des services publics dans nos métropoles, passe: \u201cOn ne peut demander aux Etats de ne pas gaspiller\u201d\u2019, affirme Leroy-Beaulieu; mais pour la famille nombreuse: allons donc! Construire des chemins de fer pour favoriser le commerce, le tourisme, l'immigration: à la bonne heure! Quant aux pères de famille, qu'ils se tirent d'affaire.Va pour la reproduction des bestiaux: mais fi des enfants du pays! Et pendant que l'Etat s'occupe de canaliser les rivières et les fleuves pour décupler leur rendement économique, il laisse s'épuiser, croupir ou couler en terre étrangère le fleuve indispensable qui alimente le grand réservoir de la race: la famille canadienne-française.Les optimistes prétendent que nous sommes loin d\u2019une crise de natalité.Notre peuple est encore foncièrement catholique et religieux sans doute; mais une étrange lassitude du bien commence à se faire sentir partout, et les brochures néo-malthusiennes pénètrent jusque dans les campagnes les plus reculées.Selon les paroles récentes du R.P.Coulet, S.J., \u2018ce n\u2019est plus un torrent déchainé qui LA FAMILLE ET LA NATION 117 menace la vieille institution familiale, c'est un véritable raz-de-marée qui l\u2019assaille.Car, de toutes ces caricatures plus ou moins lestes: qui bafouent la pudeur; de toutes ces plaisanteries plus ou moins Ié- géres qui profanent la sainteté du mariage; de tottes ces déclamations plus ou moins forcenées qui proclament les droits de la passion libre.de tous ces romans et de toutes ces pièces de théâtre où la bête déchaînée va jusqu\u2019à rugir son droit à la luxure; de tout celà, une seule note se dégage, toujours la même, incessante, obstinée, obsédante; tantôt délicate et perlée comme un rire de jeune fille, tantôt grasse et avinée comme une plaisanterie de corps de garde: il faut jouir! II faut vivre sa vie! toujours plus ardemment, toujours plus pleinement! Il faut connaître et savourer toutes les émotions: de joie dont on est capable.Il faut tremper ses lèvres à toutes les coupes de plaisir.Il faut y boire à longs traits.Tout est bon pourvu que la passion y trouve son compte.Chacun pour soi.Vi- Vre sa vie jusqu\u2019au paroxisme, tout est là!\u201d Avouons que l'attitude du gouvernement canadien par rapport au grave problème des familles nombreuses a été jusqu'ici d'un optimisme coupable.Nous ne sommes pourtant pas gouvernés uniquement par des célibataires! Assez de théories et de palabres académiques! Ces lugubres placards: \u201cTerre a vendre\u201d, qui pendent lamentablement à des milliers de fermes aux volets clos dans nos.campagnes, cela ne vous dit rien?C\u2019est le glas de la famille nombreuse qu'ils sonnent peut-être en claquant au vent des tempêtes: car la ville est la pire ennemie de la natalité, la grande faux rouge qui tranche au ras des berceaux les blonds épis des races fécondes.Voyez plutôt: depuis 160 ans, les 60,000 habitants de la Nouvelle- France conquise sont devenus une nation puissante de près de quatre | millions d'individus.Comptez maintenant la descendance des cinq millions d'Irlandais établis aux Etats-Unis durant la même période: vous n'atteindrez pas le chiffre de huit millions.D'où vient cette différence énorme, inexplicable, si l\u2019on songe qu\u2019une population normale se double naturellement tous les trente ans\u2019 Par une série d'articles sérieux publiés dans \u2018America\u2019, en novembre 1928, M.V Kelly répond à cette question en prouvant que les Irlandais \u2018\u2019ne se multiplient pas à l'étranger parce qu\u2019ils habitent surtout les villes.Comme les Sirènes du vieil Homère, la ville boit le sang des races qui se jettent dans ses bras; c\u2019est une mangeuse d'hommes.L'Empire romain est mort en grande partie de la désertion des campagnes, malgré les chants de Virgile et d\u2019Horace: la France actuelle languit du même mal, tandis que la Belgique, en dépit de 2.i: \"58 8 BR HY Ha 118 LA REVUE NATIONALE l'invasion allemande, est un des pays les plus prospères au monde, grâce à son habile exploitation de la terre, réservoir unique de la force vive des nations à qui elle enseigne le travail et le sacrifice, la famille et la prière.\u2018On ne connaît pas de quatrième génération en ville\u201d, écrivait naguère le Dr Dazzo, éminent sociologue de Budapest.Vérité qu'un grand écrivain du dix-neuvième siècle avait déjà mise en lumière comme suit: \u2018\u2018\u2019Elevez un mur autour de Paris: donnez à ses habitants tout ce qu'il faut pour mener une vie normale à l'intérieur de ses murailles; mais ne laissez personne en sortir ou y pénétrer.Au bout de trois générations, Paris sera désert.\u201d En ville, la situation des familles devient d\u2019autant plus précaire et dangereuse que les salaires sont plus faibles et le niveau de la vie plus élevé.Au dire de M.Georges Pelletier, à la Semaine Sociale de 1923, \u201cle budget normal minimum d'une famille de cinq personnes, c'est-à-dire, ce qu'il lui faudrait pour vivre tout à fait modestement, sans la moindre dépense de luxe, en ville dans une habitation hygiénique et saine, avec une protection suffisante contre les intempéries des saisons, une alimentation convenable, des vêtements tout juste satisfaisants, un minimum de protection contre la maladie, les accidents et l'imprévu, et de dépenses pour ses délassements légitimes et nécessaires, .est de $1.700, soit à peu près 832.70 par semaine, sans chômer.\u2018Et les dépenses sont évidemment plus fortes si la famille compte six, huit, dix membres, comme \u2018c\u2019est souvent le cas dans un grand nombre de familles canadiennes-françaises.Or l'Annuaire du Canada nous prouve que pas moins de quatre- vingt pour cent de nos journaliers gagnent à peine vingt-cinq piastres par semaine, et que bon nombre de célibataires et de jeunes gens reçoivent une enveloppe de paye plus gonflée que celle de leur voisin, père de sept ou huit enfants trop jeunes pour travailler.Si le patron croit agir avec justice quand il se contente de jeter du bout des doigts quelques sous aux forçats de ses usines, à nous de le tirer de cette anormale quiétude.Car, comme le faisait justement remarquer Mgr McNicholas, archevêque de Cincinnati, dans un récent congrès ouvrier, \u2018\u2018un système qui permet à un individu, dans le cours d\u2019une vie humaine, d'entasser une fortune de cent millions de dollars, est un système qui est mauvais en principe et qui expose la société à un grave péril.Que notre silence sur cette question vitale ne donne pas plus longtemps l'impression d'une approbation de notre part.\u201d Avec ces salaires de créve-faim, qu\u2019arrive-t-il dans les grosses familles?Visitez les logements ouvriers et les taudis des grandes villes: vous y ferez de tristes constatations.C'est l\u2019extermination 1K ne, bl à ton it @ fs LA FAMILLE ET LA NATION 119 lente et méthodique des grosses familles, l'appauvrissement de la race, la ruine de la société.C\u2019est le berceau vidé plusieurs fois par la procession des cercueils blancs portés par des mères livides, c\u2019est la longue théorie des enfants pâles suivant les cercueils noirs.La mortalité infantile nous vole dix mille nourrissons par année, tandis que la tuberculose consume annuellement douze mille adultes canadiens- français, entre trente et trente-cinq ans, à l\u2019âge de la plus grande valeur économique.Au moral, les dégats sont plus lamentables.\u201cIl faut un minimum de bien-être à l'exercice de la vertu\u2019, dit saint Thomas d'Aquin.Parole confirmée tout récemment encore par le geôlier de Sing-Sing, le grand pénitencier de New-York: \u2018Le criminel est rarement le seul coupable, dit-il.La plupart du temps c\u2019est la société qu\u2019il faut accuser d'abord de ses forfaits.\u201d Une femme malade, des enfants sales et déguenillés, un taudis noir et infect: quels attraits pour un homme qui a peiné tout le jour à l\u2019usine! Quand cet état de choses dure depuis le premier de l'an jusqu\u2019à la Saint- Sylvestre, pensez-vous que l'homme résistera longtemps à l\u2019appel du cabaret et du bouge où 1l fait chaud, où les amis se retrouvent et causent de tout avec plaisir, où l\u2019on oublie en buvant les ennuis du ménage et les tristes réalités d\u2019une existence plus lourde qu\u2019un boulet?\u201cDonnez d'abord à l\u2019homme une famille, un ménage, un intérieur agréable, s'écriait Albert de Mun, et puis vous pourrez lui précher la tempérance et l'horreur du cabaret.\u201d Certes les gestes héroïques ne manquent pas dans les annales des familles nombreuses et pauvres.C\u2019est un père qui se prive de fumer ou qui fait deux milles à pied matin et soir pour augmenter de quelques dollars ses maigres revenus; c\u2019est une vieille mère qui peine jour et nuit pour payer les dettes du mari ou le collège d'un fils bien-aimé; c\u2019est un enfant qui sacrifie tout à coup un brillant avenir pour prendre soin de ses parents trop pauvres ou trop âgés; c'est une famille dans la gêne qui adopte sans hésiter l\u2019orpheline d\u2019un voisin décédé dans la misère.Mais à côté de ces gestes superbes, que de faiblesses, que de fautes, que de tares dues au manque de ressources vitales! Il faut à l'homme, de nos jours en particulier, quelque chose qui réponde aux besoins impérieux de ses sens et de son coeur.Si vous l'en privez totalement, prenez garde! Vous avez beau lui prêcher l'esprit de sacrifice et la vertu,\u201d ce n\u2019est pas de la vertu, c\u2019est de l'héroïsme qu\u2019il faudrait à tout ce monde pour ne pas contracter dans ses bouges la haine de la société qui les tolère.\u201d\u2019 is 120 LA REVUE NATIONALE Cependant que deviennent les petits, ceux que la mort n\u2019enlève pas au berceau et qui résistent à la maladie au cours de l'adolescence?Ils poussent comme des herbes sauvages et la rue est leur école, en attendant que l'atelier et le cinéma, la salle de danse et le bouge, les pervertissent et les contaminent.Bon nombre apprennent le mal plus tôt que leurs prières; ils sont vicieux a dix ans.L'usine les corrigera-t-elle à quatorze, seize et dix-huit ans?L'usine! quelle école de formation pour nos futurs pères et surtout pour nos futures mères de famille! La province de Québec fournit, elle seule, près de quarante pour cent de la main-d'oeuvre féminine du Canada.Ce sont nos jeunes filles qui s'étiolent et se gâtent dans la poussière, le bruit, la promiscuité, les propos trop libres des ateliers.La lassitude, l'ennui, le dégoût, s'emparent de ces papillons énervés par un labeur quotidien toujours pénible; le garçonnisme favorise encore la compagnie, les compliments, les sollicitations perverses des hommes; un pas de plus, et c'est la chute suivie de la dégringolade.Il faut un foyer propre et intéressant pour retenir les jeunes; quand cela manque, le coin des rues devient leur salon, le trottoir leur promenade, le boulevard et le parc leur jardin de délices, le théâtre et la salle de danse leur refuge.Quelle préparation à la vie conjugale! Le mariage donnera-t-il à ces dévergondés le sérieux, le goût de l'ordre et de l\u2019économie, le sens des devoirs les plus sacrés, qui forment la base essentielle de la société conjugale?Il faudrait un miracle, surtout quand la jeune fille n\u2019apporte à l'autel des fiançailles que les débris de son honneur et de sa vertu pour le triste époux de son choix.Pas moins de vingt-cinq mille jeunes canadiens-français élevés de la sorte échappent déjà à toute influence familiale et religieuse, et gaspillent leurs plus belles années, gâchant leur avenir dans la bêtise du présent, jetant au vice la plus belle sève de notre race.la fleur de ses énergies, sacrifice hideux à Mammon qui semble avoir juré d'écraser chez tous les peuples la famille nombreuse, source unique de vie, de force et de prospérité.Ces jeunes débauchés donneront-ils à la nation des familles qui vaillent?Bon nombre ne se marieront pas; d'autres se marieront tard, ils n'auront que peu ou point d'enfants, et quels enfants, grand Dieu, que ceux d\u2019un père et d'une mère contaminés édifiant le berceau des générations futures avec les déchets boueux et pourris de leur jeunesse sacrifiée! C\u2019est le berceau tragique précurseur du berceau vide.J.-Théo.BENOIT, journaliste tone bu, ea TE = PNR I=] owe te) : a bs ml 1 le uel flrs PROTECTION SOCIALE 121 Protection sociale ANS la Revue nationale, numéro de juin-juillet 1930, parut un bel article sur l'Epargne automatique, signé du nom de Roger du Vernay.Les grandes vérités dont les observations de l'auteur sont remplies, font naître facilement diverses idées sur lesquelles on pourrait écrire des pages et des pages.La lecture de cette étude jointe à diverses remarques entendues ici et là, ont porté mon attention sur un point que je me permets de développer un peu: c\u2019est celui de la protection sociale.Un des grands buts de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal, c'est la protection de tout ce qui est canadien-français, dans quelque domaine que ce soit.Cette protection peut s'exercer en procurant a nos compatriotes des positions qui leur permettent non seulement de s'empêcher de mourir de faim, mais d\u2019amasser aussi quelques sous pour leur vieillesse.Tout en restant dans ce domaine, l\u2019on peut encore subdiviser: la protection accordée à ceux qui sont riches, et celle accordée aux pauvres; ou, si l'on veut, la protection accordée à ceux qui ont beaucoup de relations, et celle que l'on pourrait accorder aux malheureux qui n\u2019en ont presque pas.Un professionnel très au courant de la situation économique actuelle, disait récemment: \u2018Il est triste de constater que, du train où vont les choses, les riches sont destinés à devenir plus riches, et les pauvres à devenir plus pauvres.\u201d\u201d Cette constatation remplie de justesse doit nous faire réfléchir Le communisme gronde et menace de nous envahir petit à petit; allons-nous réussir à en arrêter les progrès, si l\u2019on fait peu d'efforts pour en connaître les causes et les annihiler par des moyens pacifiques?Je ne le crois pas.L'invention et le perfectionnement des machines constituent un immense progrès au point de vue matériel: ce progrès aurait dû se traduire par une ère de bien-être et de diminution dans la difficulté du travail, tout en permettant de vivre aussi facilement qu\u2019auparavant.Est-ce bien ce qui s\u2019est produit?Oui et non.Sommes-nous dans une ère de bien-être?Certaines classes, oui: d'autres, non.Y a-t-il diminution dans la difficulté du travail?En général, l\u2019on peut répondre oui.Mais, peut-on vivre aussi facilement qu'avant?Pour peu que l\u2019on connaisse la vie des classes laborieuses, l\u2019on n\u2019a aucune hésitation à répondre négativement.Il y a des familles be Sako Eo | ii pis: A: Ki: i pu En AU À ; A A À H PESTE C2 Apte 04 Mer a 122 LA REVUE NATIONALE qui ont plus de difficulté à vivre maintenant, quoique tous les enfants soient assez âgés pour travailler, qu\u2019elles n\u2019en avaient lorsque le père était seul à gagner.La cause doit en être attribuée en bonne partie au machinisme.La machine produisant beaucoup plus rapidement que la main de l\u2019homme, 1l s'en suit qu\u2019un ouvrier, avec l\u2019aide d\u2019une machine, produit, dans l\u2019espace d'une journée, ce qu'il prenait quatre ou cinq jours à confectionner autrefois.Est-il payé quatre ou cinq fois plus cher qu'il l'était auparavant?J'en doute fort, surtout si l'on considère la relation entre le salaire et le coût de la vie.Je laisse de côté la question très importante du salaire à payer et qui n\u2019est pas, d'après Ford, la somme minimum pour laquelle un homme travaillera, mais qui devrait être plutôt, le montant le plus élevé que l'employeur puisse payer régulièrement.Je laisse de côté cette question pour ne m'occuper que de la protection à accorder aux ouvriers pauvres ou qui ont peu ou point de relations influentes.Le machinisme, causant une surproduction, oblige les ouvriers à chômer souvent.Celui qui a beaucoup de relations, peut, sans perdre trop de temps, se placer ailleurs.Celui qui est pauvre et dont les parents, et nécessairement les amis, sont, eux aussi, pauvres et peu nombreux, (\u2018\u2019Donec eris felix, multos numerabis amicos.Tant que tu seras heureux, tu compteras beaucoup d\u2019amis\u2019\u2019, pensée qui est aussi vraie que la pensée contraire) celui qui est pauvre, dis-je, peut rester des mois et des mois sans ouvrage.De quoi cela dépend- il?Du manque de protection.Nous avons parmi nos Canadiens, des industriels de marque, des commerçants de réputation établie, des professionnels de renom.Pourquoi chacun de ceux-là ne s'appliquerait-il pas, dans le domaine du possible, à protéger les moins fortunés d'entre ses compatriotes?Pourquoi ne ferait-il pas un petit effort pour découvrir ces gens avec qui il n\u2019a eu que peu de relations, et leur aider en leur procurant un emploi dans son établissement?Pourquoi, au lieu de demander à Monsieur un tel, un autre personnage influent, de lui envoyer une de ses connaissances pour occuper la position vacante, ne songerait-il pas à prendre plutôt telle personne de son voisinage qu'il sait dans le besoin, ou, s\u2019il réside dans un quartier fashionable, et s'il n'a pas de voisin dans la misère, pourquoi ne pas demander à un de ses employés de lui envoyer un homme recommandable, il est vrai, et capable d'occuper la position vacante, mais plutôt deshérité au point de vue fortune et relations?Le service qu'il rendrait ainsi serait énorme à côté du peu d'efforts que cela lui demanderait.pots fins dei ge 3 Per ae ver! pi or ce ] wy bre thar i va (ath hi li Bo VIS sans ra vs Tant 2 qu sp vid PROTECTION SOCIALE 123 Il est de braves pères de famille qui font beaucoup de sacrifices pour faire instruire leurs garçons ou leurs filles, dans l'espérance que l\u2019instruction leur procurera des positions enviables; une fois sortis de l\u2019école, leurs enfants ont beaucoup de peine à se placer; ils végetent pendant plusieurs années, puis finissent par se caser dans certaines positions qui, comme le dit si bien l\u2019article cité plus haut, les empêchent de mourir de faim.Pourquoi une telle déception?Pourquoi un tel écart entre le rêve et la réalité?Parce que ces gens n\u2019ont pas de relations qui puissent les protéger.Ils voient les favorisés de la fortune prendre les positions auxquelles eux-mêmes ne peuvent aspirer, faute de protection.Pourquoi les patrons ne protège- raient-ils pas ces personnes qui n\u2019ont commis, pour toute faute, que celle de naître dans un milieu non favorable à leur prospérité matérielle ?\u2018 Et cela peut se pratiquer pour plusieurs classes d'employés.Si chaque industriel, chaque commerçant ou chaque professionnel voyait de temps en temps à protéger les moins fortunés parmi ses compatriotes et répétait ce geste assez souvent, quel service énorme ne ren- drait-il pas au point de vue social?Ce serait, dans le domaine matériel ce qui se passe dans le domaine spirituel, lorsque l\u2019on prie pour les âmes du Purgatoire les plus abandonnées.L'Eglise nous donne l'exemple; il ne sera pas dit que les membres de la Société St-Jean-Baptiste tirent de l'arrière.Allons! Nous pouvons, nous devons, nous voulons ! Arthur PAULET, N.P.BIBLIOGRAPHIE Nos orphelinats Parmi toutes les oeuvres dont nous sommes redevables au zèle de nos communautés religieuses les Orphelinats tiennent une des premières places.On en comprend l\u2019importance quand on songe à nos familles nombreuses et que les causes ne sont pas rares qui privent de jeunes enfants de l\u2019appui de leurs parents.Aussi à la Conférence annuelle des âmes charitables et sociales tenue à Montréal, trois rapports ont été consacrés à cet important sujet.Il s\u2019y est dit des choses intéressantes et inconnues sur la nécessité, le fonctionnement actuel et les besoins de nos Orphelinats catholiques.Ce sont ces trois rapports que l\u2019Ecole Sociale Populaire publie aujourd\u2019hui en une seule brochure.Elle se vend 15 sous l\u2019exemplaire, $9.00 le cent, port en plus, à l\u2019Action Paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, à Montréal.TES Nr SATA LI EM I Ch EITHER SO IAP ICONE PAE Se SEM DIO MD MEDEDL EOL SLE 00 SORIA II HI ILI LOE IN Sao bey 124 LA REVUE NATIONALE Dans I\u2019 Alberta ensoleillée À près le Congrès d'Edmonton IERRE Gaultier de la Vérendrye découvrit les plaines immenses de l'Ouest en 1731 et Saint-Luc de La Corne prit possession de ce sol par la culture dès 1754.Les Canadiens se sont groupés peu à peu en paroisses, mais ces paroisses sont dispersées dans ce vaste pays où la population leur est parfois hostile.Les actes de quelques gouvernants en sont la preuve.Propriétaires des provinces des Prairies, les Canadiens le sont par droit de découverte, par droit d'occupation et par droit d\u2019'évangélisation des aborigènes.On le leur enleva et ils dûrent le racheter.Propriétaires de l'Ouest, les Canadiens le sont à bien des titres, mais les gouvernements légiférèrent toujours de façon à leur faire payer le développement de ce territoire tout en le livrant de préférence à des étrangers importés en grande partie à leurs frais.Ces étrangers ont été tellement favorisés \u2014 on les transportait a si bon marché \u2014 qu'ils vinrent par centaines de milliers, tous les ans, s'emparer des riches terres à blé de I'Ouest.Dés qu\u2019ils furent assez nombreux le gouvernement fédéral leur reconnut le droit de gouverner comme ils l'entendaient le pays de nos terres.Ces nouveaux gouvernements ignorant tout du passé, en profitèrent pour rendre aussi dure que possible la vie des nôtres, établis sur leurs fermes dans les plaines de l'Ouest.En dépit des obstacles que suscitèrent aux nôtres les dirigeants de notre pays pour les empêcher d'acheter des terres auxquelles ils ont un droit imprescriptible, des milliers de familles canadiennes s\u2019y établirent.Elles venaient généralement des Etats-Unis, vu que le gouvernement canadien accordait certaines faveurs à ceux des nôtres qui désertaient leur pays.Ces faveurs par exemple, ils les refusaient absolument aux Canadiens qui tenaient à rester dans leur pays natal et à y établir leurs enfants.Il était plus facile pour ces Canadiens expatriés de réclamer une part de l'héritage auquel a droit chaque famille canadienne et de devenir propriétaires de ces pays de l'Ouest.Pour résister à leur persécution, parfois sourde et occulte, souvent violente et à découvert, nos compatriotes de l\u2019Ouest s\u2019unirent pour étudier ensemble leurs problèmes nationaux et organiser la résistance sur tous les points menacés.Ils fondèrent pour cela divers organismes de défense comme l\u2019Association d'Education des Canadiens-français du Manitoba, TT NN 1 APRES LE CONGRES D\u2019EDMONTON 125 l\u2019Association catholique des Franco-Canadiens de la Saskatchewan et I\u2019 Association Canadienne-francaise de I\u2019 Alberta.En février dernier, les Canadiens de l'Alberta tenaient leurs assises à Edmonton.Les sociétés-soeurs étaient représentées.L\u2019Association Canadienne-francaise d\u2019 Education d\u2019Ontario, par ['entremise de son président, avait exprimé aux nôtres ses voeux de succès.Les Canadiens français de l'Ouest américain y avaient aussi délégué leur représentant.Dans une réunion nationale de ce genre, il va sans dire que la vieille province de Québec ne pouvait rester en arrière.Ny avait-il pas jusqu'aux franco-Américains qui, habitués à la bataille pour la défense de leurs droits, droits naturels vieux comme le monde, envoyaient un délégué pour aider de leur appui moral leurs frères de l'Ouest canadien.Le gouvernement de la province de Québec ne pouvait se désintéresser d\u2019un pareil ralliement, Son délégué prit part à toutes les manifestations du congrès.La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, notre société nationale, se devait d'être présente à ce congrès.Elle se rend compte qu'elle a le devoir de veiller sur les intérêts supérieurs de la nationalité canadienne; elle se fait gloire d'être toujours de tous les mouvements nationaux; elle recherche la solution des problèmes qui intéressent les Canadiens, quelle que soit la province qu\u2019ils habitent.Elle avait prié le soussigné de se faire son porte-parole auprès de nos compatriotes albertains.\u2018Tous ceux qui ont eu l'avantage d'assister au dernier congrès d'Edmonton sont revenus avec l'impression que les Canadiens français sont bien chez eux dans l'Alberta ensoleillée.Tolérants pour leurs compatriotes d'autre origine, prêts à coopérer avec les autres éléments \u2014 étrangers pour la plupart \u2014 de la population albertaine, afin de faire de leur province l\u2019une des plus prospères du Canada, les Canadiens français n\u2019en sont pas moins décidés à réclamer tous les droits, pour en jouir, que leur donne la constitution d'un pays qu'ils ont découvert, évangélisé, colonisé et acheté.À force de travail persévérant, ils ont mis en valeur cette partie du Canada et 1ls laissent l'impression à ceux qui les visitent qu\u2019ils n'hésiteraient pas un instant à prendre les libertés qui leur sont nécessaires pour le libre épanouissement de leurs institutions, si on voulait les leur enlever.Comme les Franco-Américains, comme les Ontariens, les Canadiens des pays de l'Ouest se distinguent par une activité constante.Ils ont secoué cette passivité, cette nonchalance de leurs frères de la Me: A Jos. 126 LA REVUE NATIONALE province de Québec pour les questions nationales.Ils sont dans la bataille \u2014 bataille que leur livrent sur notre territoire à nous les gens en grande majorité importés et à nos frais en partie \u2014 .Ils sont dans la bataille pour y demeurer.Tous les jours, il leur faut surveiller, défendre leurs intérêts, leurs droits acquis, afin de conserver pour eux et pour leurs enfants leur part de liberté au soleil de leur propre pays.Ils savent fort bien et ils ne l'oublient pas que c'est en forgeant qu'on devient forgeron.Les Canadiens de l'Ouest luttent pour faire valoir leurs droits autant qu\u2019une minorité peut arriver à faire prévaloir la justice dans un pays où, comme dans l'Ouest, la majorité de la population est d'origine étrangère, bien qu\u2019établie sur nos terres a nous.Le plus grand nombre de nos compatriotes de l'Alberta sont établis à la campagne dans les régions d'Edmonton, de Saint-Paul, jusque dans le pays lointain de la Rivière-la-Paix, au soleil radieux et au sol si riche.Dans les villes, les \u2018\u2019professionnels\u2019\u2019 canadiens-français tiennent le haut du pavé et sont estimés pour leur compétence.Les collèges, les couvents, les grands hôpitaux sont aux mains des nôtres.Les paroisses canadiennes-françaises de l'Alberta se font remarquer parmi les plus progressives et les Canadiens sont considérés comme les meilleurs colons et les plus habiles agriculteurs.Il en est de même d\u2019ailleurs dans toutes les régions de l'Ouest.Aussi voit-on les Canadiens français réunis en congrès s'opposer à tout mouvement de sécession.Dans les années de dépression comme dans les nées de prospérité ils entendent rester Canadiens.Patronné par Son Excellence l\u2019Archevêque d'Edmonton, par LL.EE.les évêques de Grouard et de Mackenzie, par le provincial des Oblats, par le recteur du Collège des Jésuites, par tout le clergé canadien de la province, par les députés canadiens, par le premier ministre de l'Alberta, par le maire d'Edmonton, le congrès de février dernier, pouvait-il ne pas réussir si ses organisateurs étaient à la hauteur de la situation ?Ils le furent.Et le congrès obtint un immense succès.Etudiées avec soin, mieux comprises parce que mieux connues, les questions relatives à l'expansion des Canadiens en Alberta, les questions agricoles, les questions d'établissement, de liberté d'enseignement, de développement de nos paroisses, de transport pour les Canadiens de l\u2019Est qui veulent aller s'établir dans l'Ouest de leur pays pi il i 12 ont ul, IX et DECOUVRONS L\u2019AMERIQUE DU SUD 127 retinrent Yattention des congressistes qui s\u2019appliquèrent à trouver à tous ces problèmes les meilleures solutions.Habitués à la lutte pour la survivance, décidés à défendre tous les droits dont jouissent des Canadiens dans un pays qui est le leur, nos frères de l\u2019Alberta veulent vivre.Ils en ont la ferme volonté.Ils vivront.Ils savent qu\u2019ils peuvent compter sur l'appui moral, même pécuniaire de leurs frères de l'Est, enrégimentés sous le drapeau de notre société nationale, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.J.-E.LAFORCE, délégué au congrès d'Edrnonton Découvrons l'Amérique du Sud E have won the war\u2019.Ainsi se vantaient certains Américains \u2018\u2019cent pour cent américains\u2019, ou peut-être frai- chement débarqués d'Europe, ou fils d'immigrés.C'était une vantardise, avec une forte dose de vérité.De tous les belligérants, soldats de la dernière heure, sans une conquête territoriale, sans un sou d\u2019indemnité, les Etats-Unis sortaient de la tempête les plus forts, les vrais vainqueurs.Comme l\u2019eau qui fuit un terrain sursaturé et chemine par des voies souterraines, le sang et l'or de l\u2019Europe, ses forces vives semblaient avoir filtré en Amérique.En 1918, le prestige des U.S.A.était immense en Europe.Wilson, prophete au visage glabre et au cerveau nébuleux, apportait une paix durable.Wall Street apportait l'or destiné à réparer les ruines de la guerre.L'idole de Genève était de plâtre et s\u2019est brisée avec fracas.Adieu, légende de la sagesse politique du Nouveau Monde! Mais la force économique américaine était plus réelle et plus robuste.Même l'Angleterre en a subi l'emprise.La débâcle de Wall Street a marqué un second et plus grave recul de l'impérialisme yankee.L'envie, la fierté nationale des pays, d'ombrageuses susceptibilités, les rancoeurs causées par l'affaire des dettes interalliées ont fait pleuvoir une salive d'injures sur le colosse tombé.Ah! ces experts financiers, ces surhommes, ces parvenus empressés à nous faire la loi, les voilà donc faillibles comme nous, débiles comme nous, impuissants comme nous, encore plus idiots que nous, incapables de gérer leurs propres affaires.ARC roe Se Boe TORIES i 3 a i Lebreton ged PRITHI PTE UG GT EV TE Une mv = i dei _\u2014 128 LA REVUE NATIONALE Cinéma yankee, vogue des voitures américaines, prestige de Wall Street, défilé des touristes américains; éclipse générale en Europe.Mais sur notre continent?Il n'y a pas de colosse tombé.Il n\u2019y a qu\u2019un colosse arc-bouté contre le vent, un colosse qui lutte contre la tempéte, un colosse toujours redoutable aux yeux des nains qui l'entourent, aux prises comme lui avec une crise aussi meurtrière que le simoun.Force d'attraction terrible pour un voisin plus petit ayant avec ce géant tant de points de commun: langue, journaux, magazines, théâtre, radio, etc.Les Anglo-Canadiens n\u2019ont pas encore compris comment le français contribue à l'originalité de la nationalité canadienne et assure sa résistance à l'absorption.Les Canadiens fran- cais eux-mêmes ne se rendent pas compte à quel point ils subissent dans leurs moeurs, dans leur âme, dans leur héritage de Français et de catholiques, les ravages de l\u2019américanisation.L'Oncle Sam, mon Oncle, bouche tout l\u2019horizon en Amérique.On ne voit que lui, ses longues jambes, ses longues dents et son long nez dans lequel les vocables anglo-saxons résonnent avec grâce et harmonie.L'univers se devine derrière, mais c'est une toile de fond bien pâlotte et bien floue.Les gens qui ont voyagé le moindrement savent que, malgré les apparences, les Yankees ne jouent pas dans la civilisation un rôle prépondérant.Nos voisins prennent encore des leçons de l\u2019Europe.Il est impossible de prévoir le jour où l'inverse se produira, où les étudiants européens viendront se perfectionner à Harvard et à Yale.A mesure que les côtes s'éloignent derrière le paquebot, et elles s\u2019éloignent vite, le prestige yankee se rapetisse.Et I\u2019 Amérique du Sud?Combien de gens au Canada en soup- connent l'existence?Pour la masse des Anglo-Canadiens, infatués de leur race, bornés et fanatiques en Saxons insulaires, l'Amérique latine est un continent inférieur peuplé par un ramassis de sauvages ou de métis, vivant à l\u2019ombre de la superstition chère à l'Espagne de Torquemada, râcleurs de guitares, virtuoses du couteau, sadiques \u2018\u2018\u2019aficionados\u2019\u2019 des courses de taureaux.Il y a une couple d'années, le présent secrétaire d'Etat, M.C.-H.Cahan, a rabroué de la belle façon à la Chambre des communes un monsieur qui rayait dédaigneusement l'Amérique méridionale de la carte de la civilisation.Pas civilisés, ces gens-là ?Mais Bogota, capitale d'un petit pays comme la Colombie, possède une bibliothèque comme il n'y en a guère au Canada.Evidemment, Montréal et Toronto sont des & de DECOUVRONS L\u2019AMERIQUE DU SUD 129 villes plus intellectuelles et plus artistiques que Buenos-Ayres, et combien la vie est plus agréable dans une ville athénienne comme Ottawa que dans un trou comme Rio de Janeiro! Chose incontestable aussi, il se consomme plus de gomme à mâcher, il se lynche plus de nègres, il y a plus de baignoires, d'automobiles, de gratte- ciel, de divorces, de panneaux-réclames, d\u2019appareils radiophoniques, de \u2018\u2019jJoy rides\u201d\u2019 et de faces de bois dans l'hémisphère nord que dans l'hémisphère sud de notre continent.J'espère que le voyage de la délégation canadienne à Buenos- Ayres marquera l'ouverture d'échanges non seulement commerciaux mais intellectuels.Pauvres Canadiens français, ne ratons pas une occasion de nous frotter aux Latins, ne fut-ce que pour éviter le ridicule de nous affubler de certains noms trop rutilants pareils aux nègres fiers de leurs chapeaux jaunes, de leurs vestons rouges et de leurs gilets verts.La comparaison blessera notre amour-propre mais j'applaudis à la découverte de l'Amérique du Sud.Il y a là-bas moins de dollars, moins de puissance matérielle, moins d\u2019impérialisme, mais plus de vie européenne, une plus grande douceur de vivre, un amour plus répandu des arts et du beau, un type de femmes plus \u2018\u201cfemme\u2019\u2019, une civilisation plus humaine, orientée non vers New-York, mais vers Paris.Découvrons l'Amérique du Sud, même si l'aventure nous dégoûte de nos escaliers extérieurs, de notre néant en architecture et de nos copies trop fidèles de la laide et orgueilleuse civilisation américaine.Jules LEDOUX BIBLIOGRAPHIE Ja première Missionnaire des Religieuses du Sacré-Coeur Courte biographie de la Vénérable Philippine Duchesne.Ame d\u2019élite, eile finit par obtenir de sa supérieure, Mère Barat, l\u2019autorisation depuis si longtemps sollicitée de partir pour les Missions.C\u2019est vers la Louisiane que l\u2019obéissance dirige ses pas.Elle s\u2019y dévoue jusqu\u2019à l\u2019âge avancé de près de quatre-vingt-trois ans.Les trente-neuf maisons que compte actuellement la communauté du Sacré-Coeur dans l\u2019Amérique du Nord sont sorties du germe qu\u2019elle y planta au milieu de souffrances et d\u2019épreuves sans nombre.Cette brochure que publie l\u2019Oeuvre des Tracts, écrite d\u2019une plume élégante et ferme, inspirera aux âmes de généreuses ardeurs.Elle se vend 10 sous l\u2019exemplaire, $6.00 le cent, port en plus, à l\u2019Action Paroissiale, 4260 rue de Bordeaux, à Montréal.EN » 16 i 6 in i + at 130 LA REVUE NATIONALE LES CONFERENCES POPULAIRES L\u2019ENQUETE DE NOTRE REVUE REPONSE DE M.N.-A.BELCOURT, sénateur Président de 1\u2019 Association canadienne- française d'Education d\u2019Ontario Ottawa, le 3 avril 1930 Monsieur Alphonse de la Rochelle 1182, rue Saint-Laurent Montréal, Qué.Cher monsieur de la Rochelle, A mon retour de vacances passées dans le sud des Etats-Unis, j'ai pris connaissance du projet de \u2018Conférences populaires\u201d que la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a adopté.Dans votre lettre du 7 mars, vous me demandez de lire l\u2019article du président général, M.Guy Vanier, et de vous dire ce que je pense de la forme d'action proposée; sur quelles idées il serait le plus urgent de faire porter la propagande, et les motifs qui déterminent mes préférences.Je n'ai pas d\u2019hésitation à dire que les deux sujets sur lesquels 11 me paraît surtout utile d\u2019insister sont le bon langage et l'épargne.Il ne me parait pas douteux que la pratique constante de l\u2019un et de l'autre par les nôtres contribuerait à leur avancement plus que quoi que ce soit.L\u2019amélioration du parler français et une connaissance plus générale du parler anglais nous assureraient un très grand avantage et une supériorité très réelle et très fructueuse, pourvu que nous apprenions à les parler convenablement.Je dois ajouter que l'amélioration du bon langage français me paraît plus nécessaire, quoique plus difficile que l\u2019autre.Le reprôche souvent répété que nous parlons une espèce de \u201cpatois\u2019\u2019 doit être attribué à notre négligence, non pas seulement chez le peuple, mais aussi dans la classe instruite; il est même vrai de dire que, généralement, nos gens se sont plutôt étudiés à mal parler notre langue.Certains efforts ont été faits pour corriger ce vice, des Sociétés ont été formées, des tentatives ont été faites dans nos maisons d'éducation pour améliorer notre parler national, mais jamais l'effort a été à la hauteur de la nécessité.On s'est adressé surtout à une partie de la population ou le besoin s'en faisait le moins sentir, et l\u2019on a oublié celle où il était le plus nécessaire.eo © Mais ng del Rus fle ke UE fr À Las, que la fete sal, action ath in nicl Ri 2 pa soit 5 gi pit gp flo gue mare LES CONFERENCES POPUPAIRES 131 Il est vraiment urgent d'inaugurer une propagande active pour inspirer au peuple le goût et la volonté de parler correctement et de lui fournir les moyens pour y arriver.La première chose à faire, et la plus importante, serait de remplacer dans la conversation les termes anglais par l'expression correcte française.Notre parler fran- ais est, il me semble, particulièrement défectueux, parce qu'il fait usage du terme anglais pour désigner presque tous les instruments modernes, dont la création et l\u2019action dépendent surtout de la vapeur, de l'électricité et de leurs multiples applications.Certes, la tâche de substituer dans l'usage journalier le mot français au mot anglais sera lourde et lente, mais je ne la crois pas impossible.Un autre défaut, peut-être plus facile à corriger, est notre articulation défectueuse et le manque de culture dans la voix.Quant aux motifs sur lesquels s'appuie la nécessité de pratiquer l'épargne, il n'est guère nécessaire de les signaler, tellement sont évidents les manquements de nos gens à cet égard, de même que les bienfaits qu\u2019elle apporterait.Je vous félicite d'avoir inauguré ce mouvement intéressant et Je Vous souhaite le plus grand succès dans son accomplissement.Veuillez agréer mes cordiales salutations.Votre tout dévoué, N.-A.BELCOURT BIBLIOGRAPHIE l'Ouvrier en Russie \u201cVous souffrez, disent à nos ouvriers les agents du bolchévisme, mais changez de régime, adoptez celui qui est établi en Russie, et votre condition sera considérablement améliorée.\u201d Est-il vrai que la situation de l\u2019ouvrier russe soit si heureuse?Voici des statistiques et des faits, puisés aux meilleures sources, avec l\u2019indication de chacune, sur le travail en Russie, sur les salaires, sur le coût de la vie, sur les conditions économiques, religieuses, morales faites au peuple.Il sera facile ensuite d\u2019établir la comparaison avec la situation de l\u2019ouvrier canadien.Ce document précieux est publié par l\u2019Oeuvre des Tracts et se vend 10 sous l\u2019exemplaire, $6.00 le cent, port en plus, à l\u2019Action Paroissiale, 4260, rue de Bordeaux, à Montréal.Alphonse DE LA ROCHELLE, directeur LA REVUE NATIONALE + A NOUVEAUTES CANADIENNES Paru en septembre 1930 Papiers de Musique .LEO-POL MORIN $1.50 Paru en octobre 1930.La Ferme des Pins .HARRY BERNARD 1.00 Paru en novembre 1980.La Naissance d\u2019Une Race .LIONEL GROULX 1.50 Paru en décembre 1980.La Vie en Rêve .44 00 00 60 6 LOUIS DANTIN 1.00 Paru en janvier 1981.A POmbre de lOrford .ALFRED DES ROCHERS 1.00 Carquois .+e ++ «ve «+ .ALBERT PELLETIER 1.00 Paru en février 1931.On Vend le Bonheur .JOVETTE-A.BERNIER 0.75 Blanche d\u2019Haberville .GEORGES MONARQUE 1.00 Paru en mars 1931.En Feuilletant Nos Ecrivains .SERAPHIN MARION 1.00 Moment de Vertige .22 ee ee es .MAXINE 1.00 Paru en avril 1931.| Nord-Sud .s 4.+4 + +.LEO-PAUL DESROSIERS 1.00 Vers la Lumière ve +4 +s ++ ++ +.,, LIONEL LEVEILLE 0.75 Sous presse Panorama de la Litt.Fr.Moderne .ROBERT RUMILLY 1.00 Pour une Doctrine .+ .Edouard Montpetit 1.00 Paragraphes .\" ALFRED DES ROCHERS 1.00 Librairie D\u2019Action Canadienne.Francaise, Ltée ALBERT LEVESQUE, éditeur, 1735, rue Saint-Denis, Montréal + + Si veus avez des pièces qui ont besoin de gt a, planchers vous pouvez poser par-dessus vos ne planchers actuels notre planche d\u2019un demi- § pouce en bois 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d\u2019études aux élèves méritants et peu fortunés.Cours des métiers.\u2014 S\u2019adressant aux jeunes gens qui n\u2019ont pas eu l'avantage de finir leurs études primaires, mais qui désirent se préparer à l\u2019exercice d\u2019un métier.Cours d\u2019apprentissage.\u2014 Ces cours sont organisés selon les besoins locaux, en collaboration avec l\u2019Industrie, de façon à permettre aux apprentis qui travaillent régulièrement sous un patron, de venir à l\u2019École chercher les connaissances théoriques et appliquées qu\u2019il leur serait impossible d\u2019acquérir au cours ordinaire de leurs occupations.Cours spéciaux d\u2019Automobile.\u2014 Cours complet de mécanique et d\u2019électricité d\u2019automobile préparant à l\u2019obtention de la licence de mécani- niciens en véhicules moteurs délivrée par le Gouvernement de la Province de Québec.COURS DU SOIR Cours libres.\u2014 Mathématiques appliquées.Dessin industriel, Electri- cité théorique et pratique (laboratoires et ateliers), Chimie industrielle, Peinture en bâtiment, (intérieur et extérieur), Plomberie sanitaire et chauffage, Etude des plans, Estimations en construction, Tracé en construction, Modelage, Menuiserie, Ebénisterie, Ajustage, Soudure autogène, Forge, Fonderie, Chaudière à vapeur, Automobile,Imprimerie (composition, presses).Les élèves ayant terminéleur cours primaire et qui seraient désireux de se créer une carrière honorable et payante, ont intérêt à venir nous consulter.Nous leur montrerons comment arriver rapidement et sûrement au succès.PROSPECTUS SUR DEMANDE N.B.\u2014 Invitation spéciale est Jaite aux instituteurs, de venir visiter nos ateliers avec leurs élèves: ils seront toujours les bienvenus.Aoû oi 10% POUR TOUS RENSEIGNEMENTS S\u2019ADRESSER AU SECRÉTARIAT: TÉL HA.259 5 © Annonce composée à l'atelier de typograp.ie de l'Ecole RESTONS MAITRES DE NOS INSTITUTIONS \u2014 VIU \u2014 RE AR ITS PE THR RR FERRER à CHEUR CO Hit B CE re A LA REVUE NATIONALE TOUS se préoccupent de savoir gagner: bien peu, de savoir dépenser.Il y a pourtant une science de la dépense.C\u2019est elle qui enseigne de garantir sa subsistance mar la rente viagère.Si tout le monde avait voulu l\u2019apprendre, nos refuges n'auraient pas à refuser nombre de gueux.© CAISSE NATIONALE D'ÉCONOMIE 55, rue St-Jacques O.Montréal + + FEDUCIE LES trois - quarts des mères de famille ne laissent que des assurances.Est-ce suffisant?Non: ces épargnes ne sont pas assez protégées.Vous voulez qu\u2019elles profitent aux vôtres, exclusivement, n'est-ce pas?Alors il Wy a que la Fiducie qui puisse vous donner cette exceptionnelle garantie.© SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE 55, rue St-Jacques O.Montréal PRATIQUONS L\u2019EPARGNE IX , Pré Ye { Pris Her Pré Ye COMITES PERMANENTS DE LA, SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL 1930-1931 COMITE DE REGIE ET DE PLACEMENT DE LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE ET DE LA CAISSE DE REMBOURSEMENT Président: M.Guy VANIER Secrétaire-trésorier: M.J.-Albert BARITEAU Membres: MM.Aimé PARENT, J.-Ovila MOQUIN, Alphonse PHANEUF COMMISSION ADMINISTRATIVE DU MONUMENT NATIONAL Président: M.Ernest-J.BROSSARD Membres: MM.Guy VANIER, J.-Albert BARITEAU, JA.BERNIER, Louis POULIOT.COMMISSION D'ETUDE Président: M.V.-Elzéar BEAUPRE Membres: MM.Olivier MAURAULT, p.s.s.,, Ernest-J.BROSSARD, J.-Alfred BERNIER, Alphonse PHANEUF, Maurice TESSIER.; COMITE DES COURS ET PUBLICATIONS Président: M.Alphonse PHANEUF Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, J.-Albert BARITEAU, J.-Ovila MOQUIN, Louis POULIOT, Maurice TESSIER.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE \u2018 Président: M.Victor MORIN ler vice-président: M.Guy VANIER, C.R.2e vice-président: M.J.-Victorien DESAULNIERS Membres: MM.Charles LAURENDEAU, V.-Elzéar BEAUPRE, Justi- nien PELLETIER, Aimé PARENT, Ernest-J.BROS- SARD, Dr Hector CYPIHOT.Directeur-gérant: M.J.-Victorien DESAULNIERS CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE COLONISATION Président: M.Jules de SERRES Vice-président: M.Rodolphe LANGEVIN Secrétaire: H.Henry L.-AUGER Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, gérant, Oscar GATINEAU, Alphonse HARDY, L.-M.CORNELLIER, J.-Ovila MOQUIN, Louis POULIOT.RRR OH FT HL TI HIRT TH CS PRZECIIIE TR PERTE sv / | NC ra $5 Pp) - COMPLIMENTS DE LA BRASSERIE DOW 77 TR Za ~ \u2014 BRASSERIE DAWES | À fy \u201cNATIONAL BREWERIES LIMITED\u201d = = \u2014_ \u2018Imprimerie de PEclaireur Tne, 1723, rue St-Denis, Montréal of 40 \u2014- - BOUTIN "]
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