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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1931-10, Collections de BAnQ.

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[" % Ordon de la Société TE Soi \\ N WY A jaint-[ean-Bapt OT ver | 13e ANNEE \u2014 No 10 MONTREAL OCTOBRE 1931 iste Le Centenaire des Clercs de Saint-Viateur er eer eee vee eee ees Abbé Elie-J.Auclair Le bon langage au foyer Lecce eu case cuve 00e L\u2019abbé Etienne Blanchard Les luttes françaises en Saskatchewan de 1910 a 1919 .ee reer ee es .Raymond Dénis Notre-Dame-des-Mers (Scène gaspésienne) vue ue Blanche Lamontagne-Beauregard La bourse ou la vie ; : ett tere eee eeie ever eens ees \u2026.Honoré d\u2019Arles Pour les Franco-Canadiens de la Saskatchewan Appel de la Société Saint-Jean-Baptiste Pèlerinage à la Réparation veus vase van ee an +++ 0 00 ne 0 Un Pèlerin Les Conférences populaires.\u2014 L\u2019enquête de notre revue.\u2014 Réponses de Mgr Eugène Lapointe, du R.P.J.Paré, S.J., et et de Madame Blanche Lamontagne- Beauregard .vus Lens veus vue ane L'Union catholique des Cultivateurs .183 188 189 192 194 196 199 â Rédaction et administration: 1182, rue SAINT-LAURENT MONTREAL Le LA SOCIÉTÉ sun -JEAN- BAPTISTE DE MONTRÉAL - Fondée en 1834 : PSI = \u2018Conseil général - Auménier général: Mgr ARCHEVEQUE DE MONTREAL.: - Assistant-aumônier général: M.OLIVIER MAURAULT, p.s.s., supé- \u201c rieur de l\u2019Externat Saint-Sulpice, 1000, bd Crémazie est.Président général - AIME PARENT, trésorier de la ville de Verdun, 21 avenue Galt, Verdun.ler vice-président général : ERNEST-J.BROSSARD, gérant de banque, ; 410, rue Beaubien est.: 2e vice-président général : ALFRED BERNIER, voyageur de commerce, 48, rue Hazelwood, Outremont.\u2014.Secrétaire général: V.-ELZEAR BEAUPRE, Le, » professeur, 3782, rue Saint-Hubert.2 Trésorier général: J.-ALBERT BARITEAU, LLL, \u2018notaire, 1609, rue Maisonneuve.- Honorable F.-L.BEIQUE, sénatéur, 112, rue Saint-J: acques ouest.Sir Hormisdas LAPORTE, industriel, 2932; rue Dorchester ouest.J.-C.BEAUCHAMP, administrateur, 551, rue Cherrier.J.-Victorien DESAULNIERS, directeur- gérant, 55, rue St-Jaoques ouest.Guy VANIER, C.R., 57, rue Saint-Jacques ouest.J.-Ovila MOQUIN, douanier, 139, rue Saint-Thomas, Longueuil, PQ.Alphonse PHANEUF, optométriste, 1767, rue Saint-Denis.\u2018Louis POULIOT.employé civil, 10639, rue Laverdure, Ahuntsic.Maurice TESSIER, professeur, 2150, rue Desery.se Arthur TREMBLAY, marchand, 2115, rue Delisle.CT : \u2014 Chef du secrétariat : \u2018Alphonse de la ROCHELLE.notaire.Bureau No 1, Monument national.\u2018Téléphone PLateau 1131.\u201cOrganisateur et propagandiste: T.-Auguste POUPART.© 7078, rue de Normanville.\u2018Téléphone: CAlumet 3876.CORPORATIONS FILIALES DE LA SOCIETE La Caisse Nationale d\u2019 Economie \u2014 la Uaïsse de Remboursement \u2014 te -_ Monument national \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 1 Société Nationale de s Colonisation.UE ee UT ) .\u2014 \u2019 La direction de la Revue nationale ne s \u2018engage pas a rendre les ma nuscrits non insérés.Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles.- : = Abonnement: $2.00 par année.Sa La REVUE NATIONALE est éditée pär la Société Saint-Jean- Baptiate de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, et imprimée par \u201cL\u2019ECLAIREUR\u201d Iné, imprimeurs- éditeurs, 1723, rue Saint- Denis.Tél: HArbnur 8316. spé 0e ex tet ise dt u face LA REVUE NATIONALE | Contes Historiques L\u2019Histoire du Canada, avec texte et images en couleurs 16 contes, reliés en un magnifique album .$0.30 franco ; En feuilles détachées: le cent .ov corr ee eer een oe $0.80 franco Edités par La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal 1182, RUE SAINT-LAURENT MONTREAL > A ) A ) Le \u20ac) MEN) AND > EE () EEE) EE ¢ \\/ % ?2) 3 ) NE » ED) rl: M) Se > Ml) CNE) MN.AND) em 02e pagnie | d'Assurance sur la Vie MONTREAL Narcisse Ducharme, président 1 Tél : LAncaster 7700-3378 7 | LA CIE J.& C.BRUNET Limitée i PLOMBERIE \u2014 COUVERTURE \u2014 ELECTRICITE \u2014 CHAUFFAGE 1 ! 1095, BOUL.SAINT-LAURENT - - - MONTREAL 1 ENCOURAGEONS LES NOTRES MI oH Bi El f è F LL LA REVUE NATIONALE Une place pour chague chose En vertu de cette théorie, vous devez avoir a votre dispcsition un ceffret de sûreté dans lequel vous mettez vos bijoux précieux, vos documents importants, votre testament, vos polices d\u2019assurance.Consultez nos gérants locaux: ils vous expliqueront notre service da c:ffrets.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA \u201cou les épargnants déposent\u201d EXIGEZ lu marque \u201cAUBRY\u201d sur vos ustlensiies de cuisines is som reconnus pour avoir une tiës grande durabilité et nos cinquante- six années d'expérience les placent parmi les meilleurs sur le marché.\u2014 En vente chez les principaux quincailliers.A.AUBRY & FILS, LIMITEE 74922 10R1964 Maison fondée en 1874.\u2014 Incorporée en 1914.+ INCOMPARABLE POUR TARTES ! - 15% la boite - Refusez suffisant pour 4 Tartes 5 ° toutes === imitations ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS IV + + + ge + {ru \u2014 bon Je 3 + MEMBRES DE LA SOCIETE Abonnez vos garconnets et vos fillettes à L\u2019OISEAU BLEU Revue illustrée pour la jeunesse LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE LE MONTREAL 1182, rue Saint-Laurent, Chambre No 1 DAMIEN BOILEAU, AIME BOILEAU, ADRIEN BOILEAU.Président et Gérant Vice-Président Secrétaire-Trésorier Outremont Outremont lel : ATlantic 4279 Té) : ATlantic 3308 DAMIEN BOILEAU, Limitée ENTREPRENEURS GENERAUX Spécialité: Edifices Religieux EDIFICE \u201cTRUST & LOAN\u201d, 10, RUE SAINT-JACQUES EST Féléphone: HArbour 4858 MONTREAL A LA BONNE VOIE Le chemin de la banque mène à la prospérité.Un compte d\u2019épargne offre plusieurs avantages: il développe le sens de l\u2019économie, stimule l\u2019énergie et donne de l\u2019assurance.Il protege votre argent contre les pertes, 1e vol et les dépenses inutiles.Ouvrez aujourd\u2019hui un compte d\u2019épargne à la BANQUE CANADIENNENATIONALE Actif, $146,000,000 + \"0g ot + 3 GRACIEUSEMENT OFFERT par Ia Compagnie d\u2019assurance \u201cMONT- ROYAL\u201d 165, RUE SAINT-JEAN \u2014 \u2014 MONTREAL Tél : AMherst 2001 Ciede BISCUITS AETN A Limitée 1801, AVE DE LORIMIER \u2014 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près de Lyon, en France, fut reconnu canoniquement, et érigé en congrégation religieuse, par Mgr de Pins, en ce temps-là archevêque d\u2019Amasie et administrateur apostolique du diocèse de Lyon.Dès 1847, quinze ans plus tard, les Clers de Saint-Viateur, sur l'appel de notre grand Mgr Bour- get, essaimaient au Canada et venaient se fixer à l'Industrie, aujour- d\u2019hui Joliette, où :ls furent reçus et établis par M.Barthélemy Joliette, le fondateur de la ville, et par M.le grand-vicaire Manseau, le curé de l'époque.Louis Querbes était né à Lyon, à l'époque de la Révolution française, en pleine Terreur, le 21 août 1783.Il fut élevé à l'ombre du sanctuaire, dans l'amour de notre religion, de sa liturgie et de ses chants pieux, comme aussi dans le service assidu des saints autels.Devenu prêtre et cure de Vourles, sa carrière fut celle d'un grand serviteur de Dieu.C\u2019est au midi de sa vie, en 1831, qu'il fonda son magnifique institut.Six ou sept ans plus tard, de son vivant même, le 31 mai 1839, le pape Grégoire XVI, par lettres apostoliques, approuvait, confirmait et sanctionnait, de son autorité suprême, l'érection de cet institut nouveau, dont le double but était, et est resté, l'enseignement de la doctrine chrétienne aux enfants et leur formation pour le service des saints autels.Le Père Querbes consacra les vingt ans qu'il lui restait à vivre, avec une abnégation et un zèle des plus remarquables, à assurer le développement et le progrès de PU RS 184 LA REVUE NATIONALE sa chère oeuvre.Il mourut à Vourles, en 1859, à 66 ans.L'histoire de sa vie et de ses activités apostoliques a été publiée, en 1921- 1922, par l\u2019un de ses successeurs dans la direction générale de l\u2019institut, le Pere Robert.C\u2019est un fort beau livre, instructif et édifiant comme 1l en est peu.Louis Querbes avait eu dès sa jeunesse, écrit dans la préface de ce livre Mgr Lavallée, recteur de l\u2019institut catholique de Lyon, deux préoccupations douloureuses: l\u2019ignorance des enfants du peuple, dont les uns restaient sans instruction tandis que les autres étaient formés souvent par des maîtres imbus d'idées voltairiennes, et la négligence des saints autels, c\u2019est-à-dire l\u2019abandon dans lequel on laissait les curés de paroisse pour tout ce qui concernait le service du culte.C\u2019est pourquoi, aussitôt qu\u2019il fut curé, il songea et s'employa a établir une congrégation de religieux qui s'occuperaient de pourvoir à ces deux \u2018déficiences\u2019, en enseignant la pure doctrine aux enfants et en travaillant à les former au service des autels et du culte.C'est dans les annales ou les traditions de l'Eglise de Lyon que le zélé fondateur chercha et trouva la patronage et le nom à donner à sa communauté naissante.À la suite d\u2019événements tragiques, dont il serait trop long de rapporter ici tous les détails, un ancien évêque de Lyon, au IVème siècle, saint Just, s\u2019en était allé vivre avec les cénobites dans les déserts de l'Egypte d\u2019où il ne revint jamais.L'un de ses clercs, du nom de Viateur, qui avait reçu l'ordre de lecteur, SuiVit son évêque dans les déserts et y mourut avec lui.On rapporta plus tard à Lyon le corps du saint évêque et aussi celui de son fidèle lecteur.Ils y étaient, depuis lors, c'est-à-dire depuis des siècles, l\u2019objet d\u2019une grande vénération de la part de tout le peuple lyonnais.Le Père Querbes décida de mettre son institut de clercs paroissiaux sous le patronage et le vocable de ce jeune saint Viateur, clerc modèle de fidélité à son pasteur.Multiplier un si bel exemple, écrit Mgr Lavallée, et mettre un clerc de Saint-Viateur auprès de chaque pasteur d'église, tel fut le dessein de l\u2019abbé Querbes.La fête de saint Viateur se célèbre le 21 octobre, date de sa mort en l'an 390.Au Canada, peu de temps après la fondation de l'institut en France, je veux dire en 1840, Mgr Bourget prenait l'administration du diocèse de Montréal, succédant à Mgr Lartigue, décédé cette année-là, dont il était le coadjuteur depuis 1837.Il voulut tout de suite, pour la gouverne de son Eglise, s'appuyer beaucoup sur les instituts de religieux et les congrégations de religieuses, ces aides-nés, toujours si serviables et si précieux, de l\u2019activité sacerdotale et épiscopale dans le monde chrétien.De 1840 à 1850, il fit venir de es ~~ Uh.191.[ns fy Mifye Lg, Peuple tint th Il op Ti dy loss voi tants on Que donner 5 dont cvique Tac ls Ln ac, In 1p de son LE CENTENAIRE DES CLERCS DE SAINT-VIATEUR 185 France, ou il fonda à même notre propre sang, si j'ose dire ainsi, au moins une dizaine d\u2019instituts et de communautés.Les Clers de Saint-Viateur sont de ceux qu'il fit venir de France.Ils arrivèrent, ai-je dit, et se fixèrent à Joliette en 1847.Dès son premier voyage en Europe, en 1841, Mgr Bourget avait pu voir à Lyon, chez les Jésuites, le Père Querbes, venu tout exprès de Vourles, sur sa demande, pour le rencontrer.En 1844, l\u2019un de ses grands-vicaires, M.Hudon, s'était rendu à Vourles, afin de poursuivre les négociations entamées.Entre temps, en juin 1846, Pie IX avait succédé à Grégoire XVI sur le siège de saint Pierre.Mgr Bourget partit bientôt pour Rome, dans le but d'aller présenter ses hommages au nouveau pape.Au passage, il s'arrêta à Lyon et à Vourles.Le fondateur se trouva enfin en mesure, cette année-là, d2 lui accorder quelques religieux.\u201cQui, parmi vous, veut me suivre au Canada?\u201d demanda Monseigneur à la communauté réunie.Tous, sauf un, se leverent en signe d\u2019assentiment.Celui qui était resté assis tranchait sur tous les autres.Il paraissait près de la quarantaine, tandis que ses confrères étaient visiblement plus jeunes.\u201cUne forte carrure, écrit le Pere Robert, des épaules larges et hautes, une téte puissante, des traits accusés, un front proéminent lui constituaient une originalité spéciale.Tout en lui annongait une nature un peu lourde, trés peu communicative, réfractaire à l'enthousiasme, mais, par contre, une volonté réfléchie et tenace, une vertu austère et peu commune.\u201d L'oeil exercé de Mgr Bourget ne s\u2019y trompa point.\u2018C\u2019est vous que je choisis\u201d\u2019, dit-il en le désignant du doigt.C'était le Frère Etienne Champagneur, né dans le diocèse de Rodez en août 1808, qui vint en effet au Canada, y établit son institut, fut ordonné prêtre à Jo- liette en 1849, gouverna la communauté jusqu\u2019en 1870, démissionna ensuite comme supérieur, retourna en France en 1874, et y mourut, à Rodez, en 1882.Ses restes ont été rapportés au Canada et reposent dans le cimetière de l'institut à Joliette.Deux autres religieux, les Frères Fayard et Chrétien, accompagnaient le Frère Champagneur pour l\u2019oeuvre de la fondation canadienne.Ils firent route, sur l'océan, avec Mgr Bourget, qui amenait, en plus d'eux, des Soeurs du Sacré-Coeur, des religieux et des religieuses de Sainte-Croix.On arriva à Montréal le 27 mai 1847.Le lendemain, les trois Clercs de Saint-Viateur étaient reçus à l'Industrie (Joliette) par M.le grand-vicaire Manseau, curé de la paroisse, et par M.Joliette lui-même.Un collège existait là depuis un an, qui était sous la direction de quelques prêtres séculiers.Les Clercs RICRIPANt | UHL THAGTH HT HT HEH HL CMBR SIT [MEMEO HUT HIT HA 186 LA REVUE NATIONALE de Saint-Viateur en prirent la conduite au mois de juillet suivant.Le 2 août, un noviciat s'ouvrait, avec six novices, dont le Père La joie, futur supérieur provincial et supérieur général.Tels furent, en résumé, et en France et au Canada, les débuts de ce méritant institut, dont se célèbre, cette année, le premier centenaire.On ne saurait prétendre, dans le cadre d\u2019un modeste article, à refaire toute l\u2019histoire de l'institut des Clercs de Saint-Viateur.Disons seulement que le rêve du Père Querbes, \u2018donner à Dieu beaucoup d'âmes en prolongeant indéfiniment son action dans l\u2019espace et dans le temps\u2019, s\u2019est largement réalisé.Alors qu'il vivait encore, ses fils se sont répandus dans nombre de diocèses de France.Dans la suite, pendant un demi-siècle et plus, ils ont continué de prospérer.Depuis une quarantaine d'années, à cause des persécutions qui ont sévi en France contre les religieux, ils ont été lourdement éprouvés.Dépouillés de leurs propriétés, chassés des écoles, où ils ne pouvaient rentrer que sécularisés au moins apparemment et sans costume ecclésiastique, décimés par le service militaire, surtout au temps de la grande guerre de 1914-1918, ils ont beaucoup souffert.Ils ont quand même vécu et pu maintenir leurs oeuvres au moins en partie.Accueillis en Belgique et en Espagne, où la persécution les contraignait à s\u2019exiler, ils y ont établi et y possèdent d'importantes maisons, cependant que, en France même, à la faveur de la paix relative des dernières années, ils refont patiemment leurs cadres.Ils ont toujours en titre leurs deux anciennes provinces, celle de Vourles, dont dépendent les maisons de Belgique, et celle de Rodez, dont dépendent les maisons d\u2019Espagne.La maison généralice est maintenant en Belgique, à Jette-Saint-Pierre, près de Bruxelles, et c\u2019est un Canadien, le Père Roberge, qui est supérieur général.Au Canada, les Clercs de Saint-Viateur, grâce à Dieu, n\u2019ont jamais eu de persécutions à subir et ils ont pu se développer ou se multiplier normalement.Sous l\u2019administration du Père Champa- gneur, ils se sont établis successivement à Berthier (1848), à Rigaud (1850), à Montréal, avec leur admirable institution des Sourds- Muets (1852) et leur école Saint-Louis du Mile-End (1853), et enfin à Boucherville (1856).En août 1865, le Père Beaudoin, de Joliette, allait fonder, aux Illinois, l\u2019'importante maison de Bour- bonnais, devenue bientôt collège classique et d\u2019où s\u2019est formée la province américaine de Chicago.Sous le Père Lajoie, supérieur provincial de 1870 à 1880 \u2014 mort supérieur général à 93 ans, en mars 1919 \u2014 l'institut continua de prospérer magnifiquement.Il en ALT ns LE CENTENAIRE DES CLERCS DE SAINT-VIATEUR 187 fut de même sous le Père Beaudry, ce vénéré religieux à la grande barbe blanche et au coeur si ardent qui a été l\u2019âme de Joliette pendant un quart de siècle (1875-1904).Pareillement, sous le Père Du- charme, sous le Père Joly, sous le Père Foucher, sous le Père Charle- bois et sous leurs successeurs à la charge de provincial, le Père Dumas et le Père Latour, l'institut a progressé sans cesse.Je regrette de ne pouvoir pas, faute de place, entrer dans plus de détails.Jusqu'en 1896, la maison provinciale était restée fixée à Joliette.Il y a trente-cinq ans qu\u2019elle est maintenant établie à Montréal, à Outremont.A l'heure actuelle, l\u2019institut compte, dans cette province de Montréal dont dépendent toutes les maisons du Canada, au delà de quarante maisons ou établissements, dont les plus importants, avec le noviciat de Joliette et le juvénat de Berthier, sont sans doute le séminaire de Joliette, à Joliette même, le collège Bourget, à Rigaud, et l\u2019institution des Sourds-Muets, à Montréal.En chiffres ronds, les religieux, prêtres et clercs, sont au nombre de six cents environ et ils travaillent à la formation de plus de dix mille jeunes gens.Ajoutons que le juvénat ne compte pas moins d\u2019une centaine d'aspirants et que le noviciat en recevait, cet automne, également une centaine.Cela, c\u2019est l\u2019avenir assuré \u2014 Spes in semine! Remarquons en outre, car à la quantité on veut joindre la qualité, que tous les religieux jusqu\u2019à l\u2019âge de trente ans (Je parle ici des catéchistes) sont tenus à suivre des cours de vacances et à passer des examens sérieux.Quelques-uns sont en plus dirigés vers des écoles supérieures.C\u2019est ainsi que, pour 1931-1932, un bon nombre ont été envoyés à l\u2019Ecole des hautes Etudes commerciales, à l\u2019Ecole technique ou à l\u2019Ecole des Beaux-Arts à Montréal, à l\u2019Ecole d'agriculture d\u2019Oka, ou encore à Rome ou à Paris, pour y acquérir une formation spéciale en théologie, en philosophie, en droit, en lettres ou en sciences.En cette année du centenaire (1931), trois événements se produisent, qui sont riches de promesses: l'Ecole normale Saint-Viateur de Rigaud ouvre ses portes; l\u2019orphelinat agricole de Sully, dans le Témiscouata, passe aux Viateurs par l'affiliation à leur institut des Frères de Notre-Dame des Champs; et enfin trois religieux de Saint- Viateur partent pour la Mandchourie en Chine, où ils vont prêter main-forte à nos vaillants missionnaires canadiens des Missions Etrangères, qui ont charge là-bas, comme on sait, de la préfecture apostolique de Szépinghaï.Que pouvait-on désirer de mieux pour célébrer, dans la joie du Seigneur, l\u2019année centenaire?Il paraît bien évident que l'oeuvre des Clercs de Saint-Viateur est largement bénie de Dieu.RO IE RLIOPAS LILLIE IL Hb RCI Oe 188 LA REVUE NATIONALE C\u2019est une joie pour les anciens élèves des distingués religieux (dont je suis) de voir avec quel succès leurs chers maîtres d'autrefois avancent ainsi de progrès en progrès pour l\u2019oeuvre de Dieu dans la formation de la jeunesse.A l'occasion du centenaire qui se célèbre cette année, je suis heureux et je suis fier, dans cette Revue nationale, de leur répéter le souhait des grands jours : Ad multos et faustissimos annos ! Qu'ils progressent de plus en plus et de mieux en mieux, les Clercs de Saint-Viateur, pour l'honneur de la sainte Eglise et pour la gloire de la France et du Canada dont ils sont des fils et des serviteurs si dignes et si méritants! Oui, ad multos et faustissimos annos pour l'institut tout entier et pour chacun d'eux.L'abbé Elie-J.AUCLAIR, de la Société Royale du Canada LE BON LANGAGE AU FOYER (D\u2019après la Société du Parler français) DISONS: Maison jumelée Une pension de famille Un plain-pied Un logement de dix pièces La maconnerie d\u2019une maison Les fondations d\u2019une maison L\u2019annexe d\u2019une maison Une fenêtre en saillie La porte de service Le seui!, le pas de la porte Une porte moustiquaire Les contre-chassils Baissez le store La banne du magasin Baissez la trappe de la cave Le plafond La boiserie La dépense, l\u2019office Un placard Le lambris d\u2019appui Lambris en carton Lambris en toile Une rampe d\u2019escalier Fermez le robinet Un pied de table, de lit Un sommier élastique Une \u2018courte-pointe Un édredon PLUTOT QUE: Maison semi-détachée Une maison de pension privée Un flat Un loyer de dix pièces La maçonne d\u2019une maison Le solage d\u2019une maison L\u2019allonge d\u2019une maison Un bay-window La porte des fourniseurs Le bas de la porte Une porte de screen Les châssis doubles Baissez le blind L\u2019auvent du magasin Baissez la porte de cave Le plancher de haut La boisure La pantry Un cabanon ou un cabaneau Le dado Lambris en beaverboard Lambris en burlap Un bras d\u2019escalier Fermez la champlure Une patte de table, de lit Un spring bed Un confortable (sans duvet) Un confortable (avec duvet) L\u2019abbé Etienne BLANCHARD.A man boa, Fae Senn ~~~ ig tros Ru Téoèter i eax, à Pour SSL.entier Canada D.ee He 1 2 un : : ~~ LES LUTTES FRANCAICES EN SASKATCHEWAN 189 [es luttes francaises en Saskatchewan de 1910 à 1919 ANS un article précédent nous avons dit qu\u2019au point de vue scolaire nous sommes à peu près entièrement à la discrétion de la majorité provinciale.La constitution de 1905 ne nous donna que des garanties plutôt illusoires comme catholiques et ne nous en donna pas du tout en ce qui concerne l\u2019enseignement du français.Nous avons vu également que malgré une législation favorable votée en 1905 par la législature provinciale, la minorité franco-ca- nadienne avait cru bon de préparer un système de défense en créant un journal français en 1911 et une organisation nationale en 1912.Jusqu'en 1917 cette question d\u2019écoles qui avait été plus ou moins agitée aux élections de 1905 et 1909 fut laissée de côté: et on n'entendit pratiquement pas parler de ce problème si ce ne fut au cours des manifestations orangistes du 12 juillet.Les nôtres en profitèrent pour s'organiser.Le journal recruta des lecteurs, établit son influence, maintint la mentalité nationale du groupe.L'A.C.F.C.fonda des cercles, tint des congrès et groupa sous son drapeau tous les catholiques de langue française sans distinction de pays d'origine.Cette union était nécessaire, car il ne faut pas oublier que dans la Saskatchewan habitent plusieurs milliers de Franco-Canadiens dont la province de Québec n\u2019est pas le pays de naissance, Frères par le sang qui coule dans leurs veines, par la foi qu'ils professent, par la langue qu'ils parlent et qu\u2019ils chérissent, il était tout naturel que tous luttent ensemble pour la cause commune.Le contraire eut été un paradoxe et une monstruosité.C'est d'\u2019ailleurs avec une légitime fierté que les chefs de la résistance franco- canadienne dans notre province voient Canadiens français, Acadiens, Franco-Américains, Français, Belges, Suisses français, maintenant tous Canadiens français, groupés à l'ombre du même drapeau, pleurant les mêmes défaites, mais aussi triomphant des mêmes victoires.Cette union fraternelle explique le succès de notre résistance.En 1916 l'agitation commença.L'Association des commissaires d'écoles qui, au point de vue scolaire, était devenue une puissance, vota des résolutions demandant que l'anglais seul fut enseigné dans les écoles.RARER RA REN LI RO ECO TT 190 LA REVUE NATIONALE Au congrès de cette association en 1917, les catholiques qui, à l'appel de leurs chefs s'étaient rendus nombreux, défirent ces mêmes résolutions et élirent un comité exécutif composé de catholiques ou de gens aux idées larges et justes.Ce fut dans la province un beau tapage.Cet événement coïncidant avec l'attitude de Québec sur la conscription, souleva contre nous une grande partie de la population anglo-saxonne.Des lors, ce fut une véritable tempête de fanatisme.Dans tous les congrès, dans toutes les assemblées, on entendait retentir les mêmes cris.\u2018Une langue, un drapeau, une école\u201d.Les journaux nous attaquaient et nous insultaient à qui mieux mieux.Le Star de Saskatoon se distinguait entre tous dans ce nouveau sport.L'on peut dire que toute la province était en effervescence.Dans ces conditions l\u2019on pouvait se douter d'avance de ce qu'\u2019allait être le congrès de nos commissaires qui devait se tenir à Saskatoon en mars 1918.Ceux qui avaient vu leurs résolutions antifrançaises défaites l'année précédente, et qui, de bonne foi, je suppose, croyaient qu'il était nécessaire pour l'avenir du Dominion que l'anglais seul s\u2019enseignât dans les écoles de la Saskatchewan accoururent de tous les coins de la province.Aucune salle ne fut assez grande pour contenir les 3,500 délégués qui s'étaient rendus au congrès.Il fallut tenir deux congrès à la fois.Ce fut révoltant.L\u2019on insulta les catholiques.Nos orateurs durent descendre de la tribune les uns après les autres incapables de se faire entendre.Le Père Sennett, un Irlandais, vénérable vieillard de 70 ans, fut hué et conspué.Le Père LeBert arrivant des tranchées, encore en costume de soldat, subit le même sort.M.Emile Gravel, membre de l'exécutif, fut incapable de dire un mot.L'on refusa de reconnaître le président élu l\u2019année précédente, et l\u2019assemblée acclama comme chef Monsieur Bryant, le ministre actuel des travaux publics, le plus étroit des adversaires que nous ayons dans cette province.L'on n\u2019'entendait que des cris, des injures, du vacarme.Des coups furent échangés.C'était écoeurant, et nos adversaires ne sont pas très fiers aujourd\u2019hui du spectacle qu\u2019ils donnèrent alors.Mais ce congrès, reflet des sentiments qui agitaient la majorité de la province, produisit une profonde impression et inquiéta le gouvernement d'alors.Celui-ci craignant pour son existence céda devant le bruit, et l'on apprenait à l'automne de 1918 qu\u2019il allait amender la loi scolaire de façon à faire disparaître des écoles de la province l'enseignement de toutes les langues étrangères.Pour nos adversaires, il ne faisait va, « qu, êtes US où 2 1 u lation time, nda Ls TRAY, sport, IS Ces dre le 2 Mars LES LUTTES FRANÇAICES EN SASKATCHEWAN 191 pas l'ombre d\u2019un doute que la langue française dut être classée parmi ces langues étrangères visées par l'amendement.Nos chefs cependant ne restaient pas inactifs.En pleine convention de Saskatoon, des milliers de \u2018\u2018tracts\u2019\u2019 précisant nos droits avaient été distribués.Les députés avaient reçu quantité de brochures contenant un véritable cours d'histoire.De puissantes influences montraient aux ministres qu'ils ne pouvaient pas traiter la langue française en langue étrangère ni la confondre avec des langues ennemies.Bientôt durant la session l\u2019on apprenait que le gouvernement se décidait enfin à faire une exception en faveur de l\u2019enseignement du français.S'il supprimait ie droit qu\u2019avaient les étrangers de faire enseigner leur langue une heure par jour, s\u2019il faisait disparaître le cours primaire qui nous avait été accordé en 1905, du moins il reconnaissait une fois de plus la situation toute spéciale du français, en nous accordant le droit de le faire enseigner une heure par jour.Ce n\u2019était pas suffisant, et nous voulions qu\u2019on nous accordât également les deux premières années en français.Ce fut alors que le ministre de l'agriculture, Monsieur Motherwell, démissionna sur cette question comme le prouve l'admirable discours qu\u2019il prononça à cette occasion.Ce fut au cours de ce même discours qu\u2019il affirma le droit des parents à faire donner l\u2019enseignement religieux à leurs enfants dans leur langue maternelle.On nous accorda enfin la première année de français, cette première année qui vient de nous être enlevée.Plusieurs ministres, et notamment MM.Dunning, Martin et Latta prononcèrent sur ce sujet de courageux discours qui, réunis en brochure par nos soins, furent distribués par milliers d'exemplaires.C'était la fin de cette vague de fanatisme qui durant un temps menaça d'engloutir nos écoles.Nous sortions de la lutte ayant conservé nos positions les plus essentielles, reconnaissants envers ceux dont l'influence et la largeur d'esprit nous avaient sauvés.Il nous restait maintenant à consolider ces positions et à tirer parti de la loi.Ce sera là l'oeuvre de nos organisations.Elles sauront l'accomplir comme nous le verrons dans un autre article.Mais dès à présent nous pouvons dire que les luttes que nous subissons actuellement ne dépassent pas en intensité celles de 1918.Elle ne nous effraient pas outre mesure, autant que nos ressources financières nous permettront de tenir.Raymond DENIS, président général de l'Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan 192 LA REVUE NATIONALE Scène gaspésienne Notre-Dame-des-Mers \"ANGELUS du midi venait de tinter quand la sirène d\u2019un L phare voisin fit entendre son cri sonore.Rien n\u2019est plus triste que cette sombre note d'orgue s'étendant sur l'infini du golfe, et se répercutant de cap en cap, de récif en récif.Un grand brouillard, comme un voile opaque, se répandait sur la mer.Et les flots grossissaient sans cesse.Poussés par une forte brise, ils se succédaient sans répit en faisant un grondement sourd.C'était, à n'en pas douter, un de ces \u2018gros nordets\u2019\u2019 comme il en vient fréquemment dans la Gaspésie.Des hommes, rassemblés sur le rivage, parlaient et gesticuiaient.On distinguait avec peine dans le brouillard un bateau de pêche désemparé, dont une partie de la monture battait au vent.Quoiqu'il fut assez près de la côte 11 devenait parfois entièrement invisible.Mais de temps à autre, une éclaircie le laissait voir aux spectateurs effarés.Des voix crièrent: \u2018C\u2019est Louis Gendron le \u2018lambin\u2019! Il est lent comme d'ici à demain.Un autre aurait eu le temps de s\u2019en venir dix fois!\u201d .\u2014 T'ais-tot donc, dit une autre voix.Louis Gendron est pas jeune comme toi.T'ais-toi donc, espèce de disputeux! \u2014Y avait rien qu\u2019à tirer bordée.\u2014Y avait rien qu\u2019à prendre des ris dans la voile d\u2019arrière.Et l'autre voix reprenait toujours: \u2018\u2018\u2019T'aisez-vous donc, espèces de disputeux!\u201d\u2019.Soudain, une femme accourue a son tour sur le bord du rivage.Elle portait une robe à carreaux, et ses cheveux étaient retenus derrière sa tête par un gros chignon.Elle ne semblait pas effrayée le moins du monde.Ses yeux calmes et tristes regardaient la barque ballottée dans la brume.La race des pêcheurs, pétrie d\u2019un courage invincible, est sans peur et sait regarder la mort bien en face.Intriguée, je m\u2019approchai d\u2019elle et lui demandai si ce pêcheur avait des chances d'atterrir.\u2018Ah! oui, bien sûr, dit-elle! j'ai pas la moindre inquiétude! C\u2019est mon mari, vous savez, et voilà plusieurs fois que ça lui arrive.Il est toujours sauvé par la \u2018Notre-Dame-des- Mers\u2019\u2019.C\u2019est la Madone que vous voyez ici en face.Voilà soixante ans qu'elle est 1a a tous les vents.C\u2019est elle qui protège les pêcheurs; rt Pl He NOTRE-DAME-DES-MERS 193 depuis qu\u2019elle est là personne d\u2019ici n\u2019a péri en mer.Chaque fois qu'il part pour la pêche, mon homme \u2014 il est pas mal vieux, voyez-vous \u2014-se recommande à \u2018\u201cNotre-Dame-des-Mers\u201d\u2019.Et il est toujours revenu en vie.Ju sais bien qu'il s\u2019en sauvera encore aujourd'hui\u201d.Tout en parlant, cette femme m\u2019indiquait de la main, au-dessus de nos tétes, seule et désolée en sa niche délabrée, une statue de la Vierge, défraichie et vieillotte, qui, en haut de la côte venteuse, regarde l'immense Saint-Laurent.Un vieux rosier sauvage en entoure la base de ses longues tiges noircies.À l'intérieur de la niche, des fleurs des champs achevaient de se dessécher dans un vase, Quelle pauvreté et quelle grandeur! Dans cette sauvage solitude, en face de la mer tourmentée, près de ces caps et de ces montagnes sans fin, au sein de cette région lointaine où soufflent des vents éternels, cette Madone usée par toutes les pluies et tous les brouillards semble être, en effet, une sublime et mystérieuse protectrice\u2026 Cependant, le vaisseau en détresse gagnait lentement la rive.On distinguait très bien maintenant sa taille épaisse et solide, et ses mâts où pendaient drisses et cordages.L'homme, poussant sur une perche, tentait de jeter la barque à terre.Le grand vent soufflait toujours et la vague était déchaînée.Soudain, une houle puissante, toute frangée d\u2019écume, jeta l\u2019homme et le bateau sur le sable.Louis Gendron roula plusieurs fois dans l\u2019eau trouble, et se levant, pâle comme un mort, vint se ranger au milieu des autres hommes qui le regardaient.PE \u2014Sauvé! T\u2019es sauvé\u2019\u2019, crierent toutes les voix ensemble.: \u2014Oui, c\u2019est la \u2018\u2019Notre-Dame-des-Mers'! Mouche tes cierges ma vieille, je lui en ai promis plusieurs!.\u2014 Tu trembles, t'es gelé, dit un de ceux qui étaient là.Tiens, prends-moi de ce miquelon! .Et il lui présentait une bouteille.\u2014Non, non, je veux pas de ton whisky de contrebande.Je suis pas pour faire fâcher la Notre-Dame!\u2026 Et le rescapé, tournant le dos, l'air indigné, s'en alla avec sa femme tandis que l'assistance se dispersait.Au bout de quelques heures la nuit était venue, et ce fut alors, sur terre et sur mer, le sommeil et le silence.Le fleuve s'était calmé, et le ciel allongeait sur les flots noirs de minces ruisseaux d'argent.La lampe des maisons s\u2019éteignait.Dans les anses la nuit se faisait de plus en plus épaisse.Et tandis qu'en la rade la plus proche un petit bateau de contrebandiers battait l\u2019eau sombre à coups furtifs et soulevait dans l\u2019om- 1 Boisson de contrebande. À 194 LA REVUE NATIONALE _ A bre d\u2019étranges lueurs, je voyais se dresser sur la côte la silhouette dé 1 morne et bienfaisante de la Notre-Dame-des-Mers, qui, en dépit des b orages et des naufrages, demeure toujours debout devant I'immensité bleue.Blanche LAMONTAGNE-BEAUREGARD fi .FO i: Deux tiers d\u2019 histoire Un tiers de fiction i.Ja bourse ou la vie 1 Où l\u2019on retrouve un personnage his- fer torique de chez nous dont l\u2019occupation désarçonne, s\u2019explique, divertit.Gr \u2014 H.d\u2019A.I omme ça, vous êtes sur votre départ?.Vous allez colporter : ih \u2014 Pas de revenez-y! Nous ne sommes pas pour vous laisser (is mourir de faim.Les gens des Becquets n\u2019achétent plus, nous tn fermons boutique.{ \u2014 Ah! c\u2019est si tranquille que ca?.Dites-moi donc.Mais Ii vous n'êtes toujours pas pour vous aventurer par une poudrerie bis i pareille?.On ne voit plus ni ciel ni terre.lu i \u2014 Il n\u2019y a pas un diable pour nous attacher, la Mère.ou \u2014 AÂ-t-on jamais vu?.En tout cas, le vieux, lui, ne se risquerait jamais comme ça, rien qu'avec un engagé.HE | \u2014 Vous n\u2019y pensez pas, Jos.en vaut quatre.| ar 3 \u2014 Oui, oui, mais s\u2019il fallait que vous versiez avec tout votre ë drigail.Regardez-moi donc ça!\u2026 Puis vous pouvez bien vous | s- i empanner .Allez donc après ça courir au secours au Petit-Maska; Ye à ce n\u2019est pas à la porte, allez.Ah! bien sûrement vous crèveriez là.; ti 9 \u2014 Pouah! La ou ailleurs, Mère Malhiot, qu'est-ce que ça peut | 1 bien faire?.i: \u2014 L'entendez-vous?\u2026 Il n\u2019a pas son pareil.Eh! bien, a la a 3 grace de Dieu, alors.bis i Et c\u2019est ainsi qu\u2019un marchand qui ne gagnait plus son sel aux | i Becquets, qui tenait mordicus a aller tenter fortune aux quatre vents, | le 3 partit, un matin de 1784, en plein hiver, seul avec un employé pour i aller colporter du côté de Saint-Hyacinthe \u2014 le Petit-Maska de la 0 à Mère Malhiot.Et à * * * i 3 O le drole de colporteur! Si vous aviez vu son magasin.glis- tes A sant! \u2018L'étrange aspect d'une telle voiture, la fumée du poêle atti- d 9 raient tout le monde aux chemins\u2019.Il faut bien le croire, puisque te frre > qu LA BOURSE OU LA VIE 195 c\u2019est lui-même qui l'écrit; car il a laissé des Mémoires notre colporteur de 1784.(Quand je vous le dis: avant que je signe, vous verrez que ce n\u2019était pas un personnage quelconque.) Si c\u2019était un effet de votre bonté, pendant qu\u2019il glisse vers Gentilly, nous reluquerions nous aussi son drigail.Nous avons autant d\u2019acquet de le faire à cette heure, voyez-vous, parce que, quand il passera à la Baie, à Saint-François ou bien au Grand-Maska\u2014notre Saint-Michel d\u2019aujourd\u2019hui \u2014 nous pourrons faire nos connaisseurs sans crainte d\u2019être taxés d'escareux.Le drigail, c'était \u2018un traîneau de vingt pieds de membres sur l\u2019ordinaire largeur des chemins du Canada, couvert et bien solide; dans le devant, était un magasin assorti; au milieu et en travers, une armoire pour y mettre une apothicairerie et des instruments de chirurgie: sur le derrière, une petite chambre où étaient un poêle et des coffres renfermant lit, vaisselle et provisions pour vivre sans être obligé d'aller aux maisons.\u201cCette curieuse machine était remuée par deux chevaux, qui n\u2019en sortaient pas, car une tente roulée sur le siège du cocher, étendue, faisait leur écurie \u2014 1l fallait seulement acheter au fur et à mesure leur nourriture partout; \u2014 des seaux pour les faire boire, une hache, une pelle, une étrille, etc., étaient pendues aux côtés de la cabane.\u201d Ce n\u2019est pas tout: il y avait encore \u2018\u2018trois fusils et un sabre (!), des balles et de la poudre suffisamment\u2019\u2019.Ce n\u2019était pas sans besoin, comme vous allez voir.\u2014 Faites attention, l\u2019avait-on averti au Grand-Maska.Mendon se cache dans le bois avec sa bande (le bois de 1784, s.v.p.!) La Yamaska est si peu sûre qu\u2019on n\u2019y passe quasiment plus, même en plein coeur de jour.Mendon! Ca ne dit pas grand chose en 1931: en 1784, ça vous donnait la chair de poule.Pensez donc, un \u2018voleur public\u2019, un voleur de grands chemins, puis un \u2018\u2019échappé de prison\u2019\u2019, pardessus le marché.C\u2019est bien assez pour avoir souleur.Chançard de Mendon, tout de même! Voyez-vous le beau coup à faire?\u2026 Dévaliser le capharnaiim de notre colporteur.Comme de fait, la Boite-a-tout-mettre était a peine trainée jusqu'à l'équerre que trace l\u2019Yamaska, entre Saint-Marcel et Saint- Hugues, qu\u2019une voix clame soudain dans la brunante:\u2014LA BOURSE OU LA VIE! Tout stoppe.Mais notre colporteur, depuis longtemps aux aguets, est déjà sur la défensive, je vous en foute: son cocher aussi.Pendant une seconde, bandits et honnêtes gens se toisent dans le \u201c\u2018grand silence blanc\u201d.Mendon, avec deux autres en 196 LA REVUE NATIONALE malandrins, s\u2019est bien avancé, à la course, raquettes aux pieds, jusqu\u2019à l'Ophir du chemin du roi; il s\u2019est même approché assez près de la cambuse, la barbe longue comme ça, muni d'un gourdin, menaçant, terrible.Mais nos deux braves en criant ciseaux le figent sur place, le repoussent, le chassent derrière les arbres, où ses deux copains l'ont déjà devancé.Les vieux mousquets, c\u2019est pour s\u2019en servir, n'est-ce pas?surtout dans des circonstances pareilles?C\u2019est ce que firent colporteur et cocher, et ils le firent tant et si bien que les trois oiseaux de nuit, finalement, \u2018\u2018s\u2019enfuirent par l'autre rivière\u201d \u2014 la Salvail, évidemment \u2014 et\u2026 \u2018\u2018une heure après, ajoute impavide, le Mémorialiste, nous étions sains et saufs à Saint-Hyacinthe, chez Madame Veuve Delorme, seigneuresse\u2019\u2019.En voilà une façon de dire ça! Ca n\u2019a plus l'air de rien.Est-ce qu'on en avait, grands dieux, des nerfs dans ce temps-là! Il ne devait y avoir que celui de la guerre qui manquait.À propos, est-ce que notre premier marchand.glissant fit au moins sa bosse durant sa tournée.Ii n\u2019en dit motte dans ses Mémoires.Ce qu'il y a de certain, c'est qu\u2019elle ne devait pas être bien grosse; car on le voit, le lendemain, à Saint-Charles, échanger ses marchandises contre des pelleteries et, de chez l'ami Debartzch (l\u2019honorable Pierre-Dominique), qu\u2019il appelle pourtant Deberges, revenir, par Saint-Ours et Sorel, \u2018guéri de ce nouveau projet et bien fatigué\u201d * * * I y a de ça 150 ans bientôt.Aux Eboulements, sous l\u2019égide salvatrice de la Vierge, repose, dans la paix éthérée du vieux cimetière paroissial, son premier seigneur, médecin diplômé de Cambridge, ancien propriétaire, avec Pélissier, des Forges du Saint-Maurice, marchand aux Becquets, plus tard à Gentilly, colporteur en 1784 : PIERRE de SALES LATER- RIERE.Honoré d\u2019ARLES Pour les Franco-canadiens de la Saskatchewan E 23 MARS 1931, le président et les membres du Conseil L général recevaient au secrétariat de la Société le R.P.Jean (dE) Tavernier, O.M.1., directeur du Patriote de l\u2019Ouest.La crise financière rendue plus aiguë dans l'Ouest par la mévente du blé et par le manque de récolte dans le sud de la Saskatche- ( ! f i \u201cre vie) 5 Mt à Den ar {ho ov porte Ne pe, i Sl an 5 pis POUR LES FRANCO-CANADIENS DE LA SASKATCHEWAN 197 wan acculait les Franco-Canadiens a la plus désastreuse des situations.Et pourtant, il fallait sauver à tout prix le Patriote, porte-parole attitré de ce groupe combatif et d\u2019un de ses plus efficaces moyens de défense.Le R.Père sollicitait avec instance l\u2019aide financière de la province de Québec.Le 6 avril suivant, M.Raymond Denis, président de l'Association catholique Franco-canadienne de la Saskatchewan, s'adressait à son tour aux directeurs de la Société et les conjurait de venir au secours de ceux qui défendent avec tant de vaillance l'âme catholique et française de leurs enfants.Etait-il possible de rester sourd à de semblables appels ?Il fut résolu d'entreprendre tout d'abord une campagne de publicité et d'adresser aux quotidiens et hebdomadaires du Canada français une série de communiqués, afin de faire connaître la situation scolaire en Saskatchewan et de préparer l'opinion au lancement d'une souscription publique à l\u2019automne de 1931.Ce programme a été exécuté à la lettre.Les vacances une fois terminées et la reprise des activités des sections de la Société une fois assurée, le Conseil général, en dépit des circonstances difficiles que traverse la province de Québec comme tout le reste du Canada, adressait aux Canadiens français l'appel de secours que la Revue nationale reproduit.Appel de la Société Saint-Jean-Baptiste Les Franco-Canadiens de la Saskatchewan combattent depuis plus de quinze ans avec calme et énergie pour le maintien de leur droit à l\u2019enseignement de la langue française dans leurs écoles.Dès 1910, réunis à Vonda, des centaines de délégués jetèrent les bases d\u2019une solide organisation provinciale.L'année suivante, naissait dans des conditions presque héroïques le Patriote de l\u2019Ouest.Ce journal et l'Association Franco-Canadienne sont, écrit S.E.Mgr Villeneuve, O.M.I., évêque de Gravelbourg, \u2018\u2018deux oeuvres de défense religieuse et nationale absolument indispensable à l\u2019armature sociale des nôtres dans l'Ouest\u201d.Le Patriote est depuis vingt ans la tribune du haut de laquelle ce groupe des nôtres fait entendre toutes ses revendications.L'A.C.F.C.rassemble sous son drapeau Canadiens français, Acadiens, Franco-Américains, Français, Belges, Suisses français, maintenant tous Canadiens français et luttant pour le triomphe des mêmes causes.Ces compatriotes ont toujours fait très large leur part de sacrifices dans la résistance qu\u2019ils ont opposée aux oppresseurs.Ils ont tenu tant qu'ils ont pu.Ils continueraient seuls à se défendre si le TERIOR RR LR RRS IRFU RR 3 i 1] 4 198 LA REVUE NATIONALE manque de récolte pendant trois années consécutives n\u2019était venu tarir complètement leurs sources de ravitaillement.En cette conjoncture, par l'entremise de l'A.C.F.C., organisme compétent et autorisé, ils font appel à la province de Québec pour qu\u2019elle leur procure les secours dont 1ls ont un si pressant besoin.Depuis plusieurs mois, la Société Saint-Jean-Baptiste, par la publication de communiqués dans toute la presse française du pays, a intéressé l'opinion publique au problème scolaire qui déshonore l\u2019une des provinces du Canada et a rallié à la cause de nos compatriotes opprimés tous les citoyens soucieux de faire triompher dans ce pays le droit, la justice et la liberté.Les Franco-Canadiens nous donnent, en cette période de crise financière, l'exemple du plus pur patriotisme.La Société Saint- Jean-Baptiste, avec le concours empressé des autres sociétés catholiques et nationales, désire assurer la fécondité de leurs sacrifices en organisant une campagne de souscription à laquelle tous les patriotes voudront s'associer.Touchés et émus par les exemples de vertus héroïques donnés par les pères et les mères de famille, les instituteurs et les institutrices, les directeurs de la Société Saint-Jean-Baptiste expriment aux défenseurs de la langue leur entière admiration et leur plus complète approbation.Une race qui veut vivre ne meurt pas.Les Franco-Canadiens ont cette volonté de vivre; elle est leur force.Mais il leur faut de plus les ressources nécessaires, le nerf de la guerre, et c\u2019est sur leurs frères de l\u2019est qu'ils comptent pour se les procurer.Nous ne les laisserons pas succomber.Ils défendent aux avant-postes notre culture; 1ls assurent par leur résistance à la persécution le maintien de nos traditions et la survivance de notre langue et de notre foi.Nous sommes tous solidaires les uns des autres.Leurs défaites sont nos défaites; leurs victoires sont nos victoires.Coûte que coûte, il faut secourir les Franco-Canadiens de la Saskatchewan et répéter pour eux le geste sauveur fait 11 y a quelques années par l'Association Catholique de la Jeunesse en faveur des \u2018blessés de l\u2019Ontario\u2019\u2019.La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal Aimé PARENT, président général V.-Elzéar BEAUPRE, secrétaire général N.B.\u2014T'outes les souscriptions doivent être adressées au Secrétariat de la Société, 1182, rue Saint-Laurent, Montréal. PELERINAGE A LA REPARATION 199 Pèlerinage à la Réparation E 13 SEPTEMBRE, eut lieu au Sanctuaire de la Réparation, L le troisième pèlerinage de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.La journée était splendide et les annonces multipliées des divers journaux avaient fait une réclame qui promettäïit un franc succès.Donc, à 1 h.30 de l\u2019après-dîner, le cortège officiel quittait le Champ- de-Mars pour atteindre le Bout-de-l'Ile vers 2 h.15.Déjà un grand nombre d'automobiles nous avaient devancés.Les tramways, dans un service courtois et régulier, déversaient à pleines voitures des milliers de pèlerins.La cloche de la Chapelle sonnait à la volée, et joyeuse, elle groupa ce fourmillement de monde à l\u2019ombre de son modeste clocher.Un mot de bienvenue salua nos amis de la Société Saint-Jean- Baptiste.Voici reconstitué ce mot qui jaillit du coeur si délicat et si français du Très Révérend Père Alexis, O.M.Cap.Allocution de bienvenue Monsieur le Président, Messieurs, C\u2019est un bonheur pour moi d\u2019avoir été choisi, en ma qualité de doyen de cette Communauté, durant l'absence de notre Vicaire Provincial, malade à Toulouse, pour offrir la bienvenue aux Officiers et aux membres de la Société Saint-Jean-Baptiste, à l\u2019occasion de leur troisième pèlerinage au Sanctuaire de la Réparation.Vous établissez là, Messieurs, une tradition religieuse qui, je l'espère, sera durable et féconde en fruits de vie spirituelle.Chacun sait que votre influence est grande dans la ville de Montréal et qu\u2019elle vaudra à notre Oeuvre l'intérêt d\u2019une foule de gens qui la connaissaient à peine.L'an dernier votre visite a été triomphale.Quinze mille personnes, peut-être, vous accompagnèrent.Les pèlerins d\u2019aujour- d'hui ne sont guère moins nombreux.Nous avons donc sujet de louer Dieu.Mais votre bienveillance envers La Réparation ne se borne pas à des manifestations verbales et passagéres; vous témoignez cette bienveillance par des actes et des libéralités que nous apprécions.Déjà, l\u2019an dernier, pieusement, jaloux des Forestiers catholiques qui avaient redoré la statue du Sacré-Coeur, vous l'avez décorée d\u2019une i 3 Cu 9 À * nl of ho.a h.200 LA REVUE NATIONALE magnifique couronne lumineuse.Cette année, votre munificence s\u2019est tournée vers notre nouveau Calvaire, et vous avez voulu, par les dons libres de vos membres, faire les frais de la statue de la Madeleine que l\u2019on voit agenouillée aux pieds de son Maître.Agréez nos remerciements.Nous travaillons beaucoup à La Réparation, et nous nous dépensons sans compter pour le public.Mais nous serions mal venus de nous plaindre, car nous sommes amplement récompensés et les fidèles nous donnent une confiance qui nous va droit au coeur.Notre pèlerinage grandit visiblement.De 55,000 visiteurs en 1931 leur nombre s'est élevé, l\u2019an dernier, à 134,000.N'est-ce pas satisfaisant ?La dévotion au Sacré-Coeur devient, chaque été, plus populaire et mieux comprise.Il est vrai que nos clients sont, pour la plupart des pauvres et des humbles.Tant mieux.Ils nous ressemblent et nous avons pour eux les sentiments de notre Pere saint Francois.Quelle joie de pouvoir consoler des coeurs brisés, d'amener au Coeur du Divin Crucifié les déshérités de la vie! Si nous pouvions vous conter quelques-unes des innombrables histoires de souffrances dont nous sommes les confidents, vous seriez émus jusqu'aux larmes; mais les malheureux ont leur pudeur, et leurs récits, même en dehors du confessionnal, ne doivent point être divulgués.Les gens fortunés nous viennent en moindre nombre.Pourquoi?Sont-ils plus heureux que les pauvres?J'en doute.L'argent ne fait pas le bonheur; mais l'argent engendre fréquemment l'orgueil, et l\u2019orgueil ferme la porte des coeurs.Malheureux riches, venez aux pieds du Sacré-Coeur demander le pardon de vos péchés et la force de porter vos croix! Lorsque nous réfléchissons sur le rôle que s'est attribué la Société Saint-Jean-Baptiste au Canada, il nous semble hors de doute que sa mission est providentielle et qu'elle dépasse de beaucoup les plus hautes ambitions de ses fondateurs.Qu'est-elle en effet?Une association politique / Non certes.Si la politique entrait chez vous, Messieurs, elle deviendrait infailliblement un ferment de discorde et de ruine.Vous êtes des citoyens maîtres de vos opinions; mais votre Société se tient en dehors et au-dessus des querelles politiques.\u2014Est-elle une corporation économique ?En aucune façon.Vous possédez au Canada plusieurs asso- clations bancaires, d'assurance et de secours mutuels qui sont toutes florissantes.Leur faire une concurrence inutile serait désastreux.POR UR HR TORAH IH ae Dar À le sat ht PELERINAGE A LA REPARATION 201 \u2014FEst-elle une congrégation religieuse laïque ?Pas davantage.Nos Sociétés paroissiales, nos Ligues, nos Tiers-Ordres, etc, donnent à nos aspirations pieuses entière satisfaction.Qu\u2019est-elle dorc ?Une société exclusivement patriotique et nationale, avec charge d\u2019âmes et redoutables responsabilités.Votre association s'est const1- tuée en légataire universelle de vos pères, avec mission de transmettre intact à vos neveux leur héritage sacro-saint, à savoir : la langue, les moeurs, les lois et la religion de notre mère-patrie jamais oubliée, la France.La vocation de la Société Saint-Jean-Baptiste au Canada me rappelle étrangement celle de la fameuse Ligue des Patriotes de France fondée, naguère, par le poète Paul Déroulède, mon compatriote.C\u2019était à l\u2019issue de la guerre de 1870.La France, écrasée, en était venue à douter d'elle-même.Se releverait-elle jamais?disaient les savants qui, ne croyant pas en Dieu, ne croyaient guère en la patrie.Cette nation, comme tant d'autres, a fini son temps.Le plus sage est de ne point s\u2019insurger contre le sort et de tirer comme on peut san épingle du jeu.Les affaires étaient florissantes; le pays payait ses dettes; on mangeait bien, on buvait bien; on parlait bas pour ne point réveiller le chat qui, de l\u2019autre côté du Rhin, dormait.Déroulède alors se leva, emboucha son clairon, entonna les cantiques de la France immortelle.Ce fut un scandale parmi les intellectuels.La revanche, dirent les politiques; pensons-y toujours mais n\u2019en parlons jamais.\u201cQuelle folie! dirent les sages.On va irriter Bismarck qui nous guette.Quelle utopie! dirent les positivistes.Qu'est-ce que la patrie?\u201cNotion périmée et dangereuse.Quel trouble-fête, s'écrièrent les \u2018bourgeois viveurs.Ce Don Quichotte ne nous laissera-t-1l pas la \u2018\u2018paix?Rions, chantons.Qui sait si nous serons demain ?Mais le poète, sourd aux clameurs des âmes viles, poursuivait imperturbablement sa carrière.Il parcourait les provinces où les foules électrisées l'acclamaient.La jeunesse au coeur ardent briguait I'honneur d\u2019entrer dans sa Ligue, et la France attentive se sentait revivre.Il mourut en héros chrétien l\u2019année 1914, sans avoir vu la Victoire, mais assuré qu'elle viendrait, et transmit aux Ligueurs ses disciples le flambeau toujours vivant de l'espérance.Ceux-ci ne le laissèrent point s'éteindre; et lorsque, quelques mois plus tara, À Bit I REM A i 4 he Rx Be: es 1 1 Mi LH BH I 3 el 18 RH 202 LA REVUE NATIONALE survint la Grande Guerre, cette flamme grandit comme un phare, comme un soleil illuminant \"univers.Et maintenant, les pelerins du globe entier, les chefs des peuples, lorsqu\u2019ils entreprennent le voyage traditionnel de Paris, ne manquent pas, aux premiers jours de leur visite, d\u2019aller sous I\u2019Arc de Triomphe pour ranimer la flamme qui symbolise l\u2019esprit de sacrifice et l\u2019amour de la patrie.C\u2019est à vous, Messieurs, qu\u2019incombe l'honneur d\u2019entretenir au Canada l'esprit patriotique.Vous n\u2019y manquerez point, et l\u2019histoire de votre passé m\u2019est un sûr garant de votre fidélité dans l\u2019avenir.Dans les siècles futurs le flambeau entretenu par nous sur les rives du Saint-Laurent projettera ses ondes lumineuses sur les Prairies et les Montagnes Rocheuses jusqu\u2019à l\u2019océan Pacifique.Donnons en terminant, Monsieur le Président, un souvenir reconnaissant aux hommes généreux qui vous ont précédé dans votre charge, particulièrement à celui qui se tient à votre gauche et dont vous êtes, depuis un mois, le distingué successeur.* * * M.Aimé Parent, président général de la Société remercia et fit l'éloge du Pèlerinage de la Réparation.Monsieur le Président ne voulant pas éterniser les discours, convia les pèlerins à se rendre au Bocage pour y suivre le Chemin de Croix.Le R.P.Pacifique prêcha l\u2019austérité du sacrifice qui doit présider à notre vie d'hommes rachetés par le sang d\u2019un Homme-Dieu.A la douzième Station, le prédicateur souligna la générosité de la Société, qui, dans un geste de charité, donnait la statue de sainte Madeleine figurant dans le groupe du nouveau Calvaire de la Réparation.La bénédiction du Très Saint-Sacrement, avec son amende honorable lue par M.le Président, mit le Sceau des Grâces divines sur cette foule recueillie que la Société avait entraînée par l'exemple d\u2019une foi nationale aux pieds du Maître.L'on calcule pour la journée du 13 septembre, un va-et-vient de 12 mille pèlerins.Gloire soit rendue au Très-Haut et remerciements soient donnés aux vaillants organisateurs.Le Comité régional du Nord et en particulier, M.J.-M.Richard, président de la section Jacques-Cartier, méritent une mention d'honneur.Ce Comité, avec l'approbation et \"encouragement du Conseil général, a lancé et activé la souscription qui a permis le don aux RR.PP.Capucins de la statue de sainte Madeleine.Daigne la chère sainte les récompenser! Un PELERIN PIPE ICTETRTI SOMITE SE LES CONFERENCES POPULAIRES 208 LES CONFERENCES POPULAIRES L'ENQUETE DE NOTRE REVUE Réponse de Mgr Eugène Lapointe Assistant-supérieur du Séminaire de Chicoutimi Monsieur Alphonse de la Rochelle Directeur de la Revue nationale 1182, rue Saint-Laurent, Montréal Séminaire de Chicoutimi, le 22 avril 1930 Cher monsieur de la Rochelle, OUS me faites l'honneur de me demander mon avis sur l\u2019œu- vre des conférences inaugurée par la Société Saint-Jean- ess} Baptisie de Montréal.l'œuvre que vous entreprenez est excellente, évidemment.Elle est urgente, ce n'est pas moins certain.Son accomplissement suppose de nombreux et dévoués concours, qui ne vous manqueront pas, il faut l'espérer; mais c\u2019est une oeuvre de longue haleine.Par où commencer, se demande Monsieur Vanier dans la Revue nationale?\u2018\u2019Prêcher le respect, l'amour de la langue francaise\u2019 ?Assurément cela est toujours d'actualité, Mais ce n\u2019est pas encore ce qui presse le plus peut-être, vous en conviendrez.\u2018Faire revivre dans l\u2019esprit de notre peuple les menus faits de notre histoire par le moyen de contes illustrés \u2019 ?Voilà qui est encore très bien.Ce travail se fait bien un peu, je crois, dans nos écoles.Mais l'enfant oublie vite.Notre peuple ignore son histoire.C\u2019est déplorable.Aussi son patriotisme, s\u2019il en a un, n'a pas de racine.Il est irraisonné.Du sentiment, de la passion, de la gloriole, voilà tout, le plus souvent.La vraie fierté, qui fait qu\u2019on se tient debout, qu\u2019on ne rougit point de ce qu\u2019on est et de ce qu\u2019on a de meilleur, où la trouve-t-on encore ?Combien parmi nous ont le sentiment vrai, profond, de ce qu'ils valent, ou, plus exactement peut-être, de ce qu\u2019ils ont reçu en héritage ?\u201cDéfendre l'intégrité de nos traditions ?compenser le prestige du nombre et de l'argent par d'immenses ressources de distinction et de valeur morale?mener une campagne à fond contre la vulgarité aux mille têtes \u2019\u2019 ? 204 LA REVUE NATIONALE Oh! que cela est bien encore.Nos traditions, notre distinction, notre valeur morale, tout ce grorieux patrimoine qui faisait de nous un peuple à part, un peuple de gentilshommes, tout cela s\u2019en va et vite.Nous voila vulgaires, vulgaires dans nos pensées, dans nos ambitions, dans nos mœurs, dans notre langage, dans nos manières, et ne nous y trompons pas, à tous les degrés de l'échelle sociale.Nos Seigneurs d'autrefois donnaient le ton.Ils n'étaient pas tous sans faiblesse, mais ils avaient de la tenue.L'habitant et l'ouvrier étaient des 1llettrés, mais 1ls savaient leur catéchisme et avaient de l'honnêteté.Comme ils étaient distingués! J\u2019ai vu Laure Conan pleurer sur ce qu'elle appelait la déchéance de sa paroisse natale.\u2018Les fils de nos braves gens d\u2019autrefois, si indépendants, si fiers, disait-elle, n'ont pas d'autre ambition que de servir.Le tourisme les avilit\u2019\u201d.Elle s'indignait \u2014 que dirait-elle aujourd'hui ?\u201cLa vulgarité aux mille têtes\u201d\u2019, dit Vanier.Mais elle est partout, inconsciente, insolente et sotte.On la coudoie dans la rue comme dans nos maisons; en tramway, en chemin de fer, à la ville, à la campagne.Nos jeunes gens, nos jeunes filles, sont vulgaires.Ils n\u2019ont plus de retenue.C\u2019est l\u2019universel débraillé.On est stupéfait de la grossièreté des uns et de l\u2019effronterie des autres.Les \u2018ressources de notre valeur morale\u2019.Eh! oui, elles sont réelles ces ressources, encore que diminuées.Mais comment préserver ce qui en reste ?le matérialisme nous envahit, nous submerge.Nous voilà à genoux devant le veau d\u2019or.On est malhonnête sans vergogne, et on se croit beau sire quand on a fait de l'argent, beaucoup d'argent per fas et nefas.Notre peuple se mésestime, se croyant inférieur, parce qu'il est moins riche.Nous sommes engagés dans une mauvaise voie.II faut un redressement des idées.A cette tâche le clergé seul ne suffit plus.Vous venez à la rescousse.Je vous remercie pour ma part.Que les apôtres laïques soient légion, qu'ils apprennent à tous les nôtres à se connaître, à s\u2019estimer à leur valeur, à se développer sur leur propre fonds, à tendre vers les sommets honnêtement par le groupement et la mise en œuvre de toutes les énergies latentes.Pas de joug.Pas d'\u2019alliances compromettantes qui entraînent l\u2019abdication et la déchéance.Prêchez la fierté et le caractère.Bien a vous, Eugène LAPOINTE, ptre + LES CONFERENCES POPULAIRES 205 Réponse du R.P.Paré, S.J.Préfet du Collège Jean-de-Brébeuf Collège Jean-de-Brébeuf, Côte-des-Neiges Montréal, le 24 avril 1930 M.Alphonse de la Rochelle Chef du secrétariat 1182, rue Saint-Laurent Montréal Mon cher monsieur le secrétaire, L'encombrement et le surmenage de la Préfecture de Brébeuf ont retardé jusqu\u2019aujourd hui la réponse due à votre intéressante lettre sur les \u2018Conférences Populaires\u2019.Je regrette vraiment d\u2019avoir été obligé de tant différer les encouragements que mérite la bonne oeuvre que vous poursuivez si généreusement de concert avec le cher Président, M.Guy Vanier.Nous augurons tous avec raison les résultats les meilleurs et les plus pratiques de vos \u2018conférences populaires\u2019, pour unifier et intensifier les valeurs éparses et ignorées de notre excellent peuple canadien-français.Le vibrant manifeste de M.Guy Vanier, d'un coup d'oeil sûr et expérimenté, semble avoir embrassé et prévu tous les sujets à traiter, susceptibles d'éclairer et de favoriser la marche vers le but à atteindre.À titre de préfet et d'éducateur, une suggestion me serait peut- être permise: le retour à la bonne vieille, saine et traditionnelle éducation de famille.Je le constate aisément d'année en année depuis vingt ans; la formation virile, ferme, chrétienne, \u2014 à base de renoncement et de sacrifice \u2014, qui dominait autrefois s\u2019en va, se relâchant chaque jour; les parents d'aujourd'hui tournent à l'éducation large, facile, libre, à l\u2019américaine, à la païenne .Il faut voir la jeune génération qui pousse, et, \u2014 sans être pessimiste ni prophète de malheur \u2014 prévoir ce qu'avec cette base sera l'homme mûr de demain.L'éducateur doit doubler de vigilance et d'effort pour réparer les déficits de cette première éducation.En relevant le niveau de la formation familiale, nous aurons majoré la valeur individuelle de chaque petit Canadien français et conséquemment la valeur d'ensemble du peuple entier, satisfaisant à a Bi 8 1 {8 A i + \u201ca 8 206 LA REVUE NATIONALE cette \u2018\u2018noble ambition dont parle M.Vanier, d\u2019en faire un peuple parfait\u2019.Tout cela.sous bénéfice d\u2019inventaire, en toute réserve et discrétion, pour donner une preuve de l'intérêt bien sincère que je porte à votre heureuse initiative et de la bonne volonté que je veux avoir en faveur de l'oeuvre éminemment sociale et féconde à laquelle vous vous dévouez.Avec les témoignages de ma plus haute et plus sincère considération, je demeure votre tout dévoué en N.-S.J.PARE, S.J.préfet Réponse de Madame Blanche Lamontagne-Beauregard Montréal, le 30 avril 1930 Monsieur Alphonse de 1a Rochelle Directeur de la Revue nationale Montréal Monsieur, Vous me faites l'honneur de me demander ce que je pense des Conférences populaires que la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal se propose d\u2019instituer chez les Canadiens français.Jen pense le plus grand bien et j'en penserai davantage si ces Conférences deviennent une véritable \u2018campagne de patriotisme\u2019.Promener le flambeau patriotique dans les rangs de notre peuple, c\u2019est là assurément la plus belle oeuvre que puisse accomplir une société nationale.Je dis Patriotisme, car c\u2019est, à mon humble avis, ce dont nous avons le plus besoin.Aujourd\u2019hui, on parle beaucoup d'argent, de commerce, de progrès, de succès, d\u2019affaires, de fortune et de réussite.Le luxe est partout prêché et louangé.Le matérialisme est idéalisé.Parle-t-on assez de devoir, de dévouement à son pays, de beauté morale ?Le succès économique n\u2019est pas tout dans la vie d'un peuple.Il faut encore la flamme intérieure, le rayonnement de l'idée et la grandeur d\u2019âme qui sont la source des actes mémorables.Voué à de rudes attaques contre sa langue et contre sa foi, le peuple canadien-français a jusqu'ici triomphé de toutes les épreuves et il a donné le spectacle d\u2019une survivance héroïque qu'on a surnommée : \u2018\u2018le miracle canadien\u201d.Aujourd'hui, il n\u2019a plus à se / LES CONFERENCES POPULAIRES 207 défendre des ruses de l'Iroquois et de l'ambition effrénée des conquérants, mais 1l lui faut soutenir une lutte morale.Pour vaincre les ennemis secrets qui l'entourent, il faudra que le \u2018\u2018miracle\u2019\u2019 se continue.Pour résister à tous les courants, à toutes les forces étrangères qui l'environnent, pour garder sa vieille âme française intacte dans ses croyances et ses traditions, notre peuple devra redoubler d\u2019attachement à son passé et d'amour pour son pays.Ce célèbre Français, le maréchal Foch, disait un jour ces belles paroles : \u2018Les peuples ne perdent la vie que lorsqu'ils ont perdu la mémoire\u201d.Inspirons-nous de cette pensée magnifique d\u2019un homme qui a rendu les plus grands services à sa patrie.Certains esprits mercantiles raillent ceux qui se penchent sur le passé.\u201cLe passé n'est rien, disent-ils, c\u2019est l'avenir seul qui compte\u2019.Ils oublient que l'avenir naît du passé comme la vie naît de la mort, comme le pain naît de la tige coupée.Ils oublient que ce qui fait la force des petites nations c'est leur fidélité aux coutumes, aux vertus, au courage de leurs aïeux.Le patriotisme n'est-il pas un lien mystérieux entre les esprits d'autrefois et ceux d'aujourd'hui, n'est-il pas l\u2019attache entre les vivants et les morts ?Que serait notre pays, que serait notre race sans l'oeuvre du passé ?Que serait notre vie sans ces morts bienfaisantes ?\u2026 Bossuet a dit : \u2018Maudite la science qui ne se tourne pas à aimer\u201d Ne laissons paS notre jeunesse se former une âme stérile, uniquement attirée vers les ambitions et les calculs matériels.Mettons en elle les saints enthousiasmes, les nobles passions et les élans sublimes.Allumons en elle la flamme du souvenir.Pour qu'elle sache bien vivre, enseignons-lui l\u2019histoire de ceux qui ont su bien mourir.Aux petits Canadiens, apprenons l\u2019histoire du Canada ! Un grand souffle de patriotisme, un regain d\u2019attachement à notre passé, voilà ce qui nous empéchera d'être le jouet des vents mauvais qui passent.Louons donc la Société Saint-Jean-Baptiste de l'œuvre éminente qu'elle a entreprise.Que par elle la chanson canadienne, la tradition canadienne, la fierté canadienne, retrouvent une vie nouvelle.Que par elle l'ombre du grand Crémazie se lève pour célébrer les beautés du pays bien-aimé, et que le soldat de Carillon, sortant de la poussière de sa tombe, soulève bien haut nos âmes dans les plis de son vieux drapeau ! Blanche LAMONT AGNE-BEAUREGARD Directeur : Alphonse DE LA ROCHELLE SE (| ° +, ° + + + | U C C | pour pour pour 3 Union Catholique Cultivateurs ; NOS PRINCIPES.CEUX DU SYNDICALISME CATHOLIQUE : A.Respect de Dieu B.Respect de la Famille C.Respect de la Propriété CEST-A-DIRE QUE NOUS VOULONS : la PAIX: pour assurer la bonne entente entre les cultivateurs et les autres classes sociales; la LIBERTE: pour laisser à tous nos membres le libre exercice de leurs initiatives et ce, par respect de l\u2019opinion de chacun.R.P.LEON LEBEL, s.j., aumônier général le PROGRES: pour fournir à notre Agriculture les facteurs nécessaires à la prospérité individuelle et collective de ceux qui s\u2019y intéressent.la JUSTICE: pour que Agriculture bénéficie de toute la considération qui lui revient, parce qu\u2019elle est la base initiale de toute notre prospérité sociale et natiænale.A CAUSE DE CELA L\u2019U.C.C.DECLARE: lo la NECESSITE absolue pour nos Cultivateurs d\u2019une Association professionnelle et confessionnelle.20 la NECESSITE indéniable pour nos cultivateurs d\u2019asseoir toutes leurs activités individuelles et collectives sur une base d\u2019affaires.30 la NECESSITE immédiate, pour nos cultivateurs d\u2019étudier eux- mêmes leurs problèmes comme producteurs, commerçants, citoyens.AFIN: a) de bien organiser nos exploitations, b) d\u2019éclairer le grand public sur notre situation, \u20ac) d\u2019inspirer les autorités sur toutes législations qui concernant notre agriculture.NOTRE MOT D'ORDRE : UNION DANS L\u2019ETUDE Pour OBTENIR COOPERATION DANS L\u2019ACTION SECRETARIAT GENERAL DE L\u2019U.C.C.1231 Est, Rue de Montigny, Montréal L\u2019union, c\u2019est mon droit! 2 EP» > ES» ( ) -, 0° EE) ) CCE) AE >) EC à à > ES (EE) SED ED) GE) AO EM «ED ED) () EE () ($$ JON LA REVUE NATIONALE Ca fe Fondée par le Gouvernement de la province de Québec Subventionnée par le Gouvernement Provincial et la Cité de Montréal PRÉPARANT AUX CARRIÈRES INDUSTRIELLES COMME EXPERTS, CONTREMAÎTRES, CHEFS D\u2019ATELIERS IMPRIMEURS, ETC.COURS DU JOUR Cours technique.\u2014 Troisannées d\u2019études.Enseignement théorique et manuel.Laboratoires et ateliers des mieux outillés.Bourses d\u2019études aux élèves méritants et peu fortunés.Cours des métiers.\u2014 S\u2019adressant aux jeunes gens qui n\u2019ont pas eu l'avantage de finir leurs études primaires, mais qui désirent se préparer à l'exercice d\u2019un métier.Cours d\u2019apprentissage.\u2014 Ces cours sont organisés selon les besoins locaux, en collaboration avec l\u2019Industrie, de façon à permettre aux apprentis qui travaillent régulièrement sous un patron, de venir à l\u2019École chercher les connaissances théoriques et appliquées qu\u2019il leur serait impossible d\u2019acquérir au cours ordinaire de leurs occupations.Cours spéciaux d\u2019Automobile.\u2014 Cours complet de mécanique et d\u2019électricité d\u2019automobile préparant à l'obtention de la licence de mécant- niciens en véhicules moteurs délivrée par le Gouvernement de la Province de Québec.COURS DU SOIR Cours libres.\u2014 Mathématiques appliquées.Dessin industriel, Electri- cité théorique et pratique (laboratoires et ateliers), Chimie industrielle, Peinture en bâtiment, (intérieur et extérieur), Plomberie sanitaire et chauf- Les élèves ayant termi fage, Etude des plans, Estimations en construction, Tracé en construction, Modelage, Menuiserie, Ebénisterie, Ajustage, Soudure autogène, Forge, Fonderie, Chaudière à vapeur, Automobile, Imprimerie (composition, presses).néleur cours primaire et qui seraient désireux de se créer une car- riére honorable et payante, ont intérét a venir nous consulter.Nous leur montrerons comment arriver rapidement et sûrement au su ccès.PROSPECTUS SUR DEMANDE 3 © N.B.\u2014 Invitation spéciale est jaite aux instituteurs, de venir visiter nos ateliers avec leurs élèves: ils seront toujours les bienvenus.OI v POUR TOUS RENSEIGNEMENTS S'ADRESSER AU SECRÉTARIAT: TÉL HA.2595 10% v fi Annonce composée à l\u2019atelier de typographie de l'Ecole RESTONS MAITRES DE NOS INSTITUTIONS \u2014 VII \u2014 RES = \u2014 200 RUE SHERBROOKE Ouest, MONTREA N= a STE HNI RE HY e [i D K Is it LA REVUE NATIONALE che > CAISSE TOUS se préoccupent de savoir gagner : bien peu, de savoir dépenser.Il y a pourtant une science de la dépense.C'est elle qui enseigne de garantir sa subsistance par la rente viagère.Si tout le monde avait voulu apprendre, nos refuges n'auraient pas 2 refuser nombre de gueux.© CAISSE NATIONALE D'ECONOMIE 55, rue St-Jacques O.Montréal *P FIDUCIE Les trois-quarts des pères de famille ne laissent que des assurances.Est-ce suffisant?Non : ces épargnes ne sont pas assez protégées.Vous voulez qu\u2019elles profitent aux vôtres, exclusivement, n'est-ce pas ?Alors (l n'y a que la Fiducie qui puisse vous donner cette exceptionnelle garantie.© SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE 55, rue St-Jacques O.Montréal +.i Te fe fo PRATIQUONS L\u2019EPARGNE IX tr T= = = f 15 I COMITES PERMANENTS DE LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL | ~~ 1930-1931 ~~ NU COMITE DE REGIE ET DE PLACEMENT DE LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE ET DE LA CAISSE DE REMBOURSEMENT Président : M.Guy VANIER Secrétaire-trésorier: M.J.-Albert BARITEAU Membres: MM.Aimé PARENT, J -Ovila MOQUIN, Alphonse PHANEUF COMMISSION ADMINISTRATIVE DU 17e 0 MONUMENT NATIONAL Cl Président: M.Ernest-J.BROSSARD = = Membres: MM.Guy VANIER, J.-Albert BARITEAU, J.-A.BERNIER, Louis POULIO i ! T.co + ~ _ COMMISSION D\u2019ETUDE ~~ | Président: M.V.-Elzéar BEAUPRE Membres: MM.Olivier MAURAULT, P.s.s., Ernest-J.BROSSARD, J.-Alfred BERNIER, Alphonse PHANEUF, Maurice i ~ TESSIER.) IE COMITE DES COURS ET PUBLICATIONS Président: M.Alphonse PHANEUF : ) ore Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, J.-Albert BARITEAU, J.-Ovila je MOQUIN, Louis POULIOT, Maurice TESSIER.lors oo = Hs \u2014 == qi LS CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DEF IDUCIE _ Président: M.Victor MORIN | ® 1er vice-président: M.Guy VANIER, GR.2e vice-président: M.J.-Victorien DESAULNIERS Membres: MM.Charles LAURENDEAU, V.-Elzéar BEAUPRE, Justi- 1 nien PELLETIER, Aimé PARENT, Ernest-J.BROS- | => + - SARD, Dr Hector \u2018CYPIHOT.: f | Directeur-gérant: M.J.-Victorien DESAULNIERS CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION ) IE DE LA SOCIETE NATIONALE DE COLONISATION | \u201c| © Président: M.Jules de SERRES ou \" 0] Vice-président: M.Rodolphe LANGEVIN \u2018 Secrétaire: H.Henry L.-AUGER Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, gérant, Oscar GATINEAU, Alphonse HARDY, L.-M.CORNELLIER, J.-Ovila MOQUIN, A Louis POULIOT.: XU COMPLIMENTS | DE LA 3 xe BRASSERIE DOW | \u2014 ET DE LA BRASSERIE DAWES | yl _ \u201cNATIONAL BREWERIES LIMITED\u201d.+ _ Imprimerie de l\u2019Eclaireur Inc, 1723, rue St-Denis, Montréal niles 40 RE RI I TRC FE SE LTA "]
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