La revue nationale /, 1 janvier 1932, Janvier
[" MONTREAL ide ANNEE \u2014 No 1 JANVIER 1932 Sooke oo \u201cSon Excellence Monseigneur Villeneuve Co La Direction PR SI V.-Elzéar Beaupré \u201c Origine des droits du français au-Manitoba La parade du 24 juin vue par un Français Nos ressources musicales \u2018 Le i RP.C.-H.Lefebvre, S.J.Le Larousse du XXe siecle et les Canadiens Lecce.Le Jean-Jacques Lefebvre X ar) | La Fédération des Oeuvres Sociales de Santé .as Ce UTR Ce Lionel Groulx, ptre oo 13 14 17 ~ Rédaction et administration: 1182, rue SAINT-LAURENT al ~~ - MONTREAL nt-lean-Bapticte de pa | atone daira iia RE \u201cLA SOCIÉTÉ SAINT- JEAN- BAPTISTE DE MONTREAL : Conseil général EX + | Aumonier général: Mer PARCHEVEQUE DE MONTREAL.Assistant- aumônier général: M.OLIVIER MAURAULT, p.s.s., supé- \u2018 rieur de l\u2019Externat Saint-Sulpice, 1000, bd Crémazie est.\u2018 Présiaont-générat: V.-ELZEAR BEAUPRE, I.C., professeur, 3732, rue Saint-Hubert.1er Vice-président général: ERNEST-J.BROSSARD, gérant de banque, 410, rue Beaubien est.2e Vice-président général: J.-ALFRED BERNIER, voyageur de com- .merce, 48, rue Hazelwood, Outremont.- : Secrétaire général: J.-OVILA MOQUIN, douanier, 139, rue Saint-Thomas, \u201c Longueuil, P.Q.Trésorier général: J.-ALBERT BARITEAU, LL.L., notaire, 1609, rue Maisonneuve.Honorable F.-L.BEIQUE, sénateur, 112, rue Saint- J acques ouest.Sir Hormisdas LAPORTE, C.P., 2232, rue Dorchester ouest.J.-Victorien DESAULNIERS, B.À., directeur-gérant, 55, rue.Saint- Jacques ouest._ Le Guy Vanier, C.R., 57, rue Saint-Jacques ouest.- Aimé Parent, trésorier de la Ville de Verdun, 21, av.Galt, Verdun.Alphonse PHANEUF, optométriste, 1767, rue Saint-Denis.Arthur TREMBLAY, marchand, 2115, rue Delisle.- Maurice TESSIER, professeur, 2150, rue Déséry.| \u2019 C.-Hermélien MOINEAU, voyageur de commerce, 4428, rue Christophe olom Dr Arthur-A.LEFEBVRE, 5586, rue Phillips, Outremont.ces Chef.du secrétariat : Alphonse de la ROCHELLE, notaire, Bureau No 1, | Monument national.Téléphone: PLateau 1131.Organisateur et propagandiste: T.-Auguste POUPART, 7078; rue de Nor- manville.Téléphone: CAlumet 3876.- .CORPORATIONS FILIALES DE LA SOCIETE La Gaisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Uaisse de Remboursement \u2014 le Monument national \u2014 la Société Nationale de Fiducie - em la - Société Nationale de Colonisation.La direction de la Revue nationale ne s'engage pas à rendre les ma 4 nuscrits non insérés: .Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans.leurs \\ \u2018 articles.Abonnement: $2.00 par année.> ~ La REVUE NATIONALE est éditée par la Société Saint- Jean- \u201cBaptiste ae \u2018 Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, et imprimée par \u201cL\u2019ECLAIREUR\u201d Inc.{mprimetrs-éditeurs, 1723, rue Saint- Denis.Tél: HArbaux 876.; ès és LA REVUE NATIONALE L'expansion de vos affaires en 1932 Toute entreprise à un moment donné, doit prendre de l\u2019expansion.Si par insuffisance de capital, vous ne pouvez assurer cette expansion.votre entreprise perdra du terrain.Confiez-nous vos affaires.Entretenez notre gérant local de vos projets.La Banque Provinciale du Canada accorde une sollicitude particulière au petit commerce et à la petite industrie.Soyez de nos clients si vous ne l\u2019êtes déjà, en 1932.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA A * + | EXIGEZ la marque \u201cAUBRY\u201d sur vos ustensiles de cuisine; ils sont | - : reconnus pour avoir une ties grande durabilité et nos cinquante- ! | six années d\u2019expérience les placent parmi les meilleurs sur le mare I ché.\u2014 En vente chez les principaux quincailliers.3 : 2340, DE LORIMIER i A.AUBRY & FILS, LIMITE 0, DE LORIN | i Maison fondée en 1874.\u2014 Incorporée en 1914.| + fou * oe CREME A LA GLACE pour Réceptions ou pour Desserts :: elle est toujours appréciée :: Aujourd\u2019hui nous la livrons paquetée avec de la Dry-Ice (glace sèche), ce qui fait un paquet absolument propre et élimine l\u2019eau salée et les désagréments qui en résultent : LIMITÉE | ) ho ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS ITI 2 thn on bi.Wr KE 2e Las 4 iH A AN i atte EC GP i LE Ce RUE EE LUN + LA REVUE NATIONALE Si vous avez des pièces qui ont besoin de planchers vous pouvez poser par-dessus vos planchers actuels notre planche d\u2019un demi- pouce en bois dur qui est spécialement préparée à cet effet.Assortiment toujours en mains de: MERISIER, ERABLE, HETRE et CHENE CANADA FLOORING COMPANY LIMITED 304, rue Beaumont, \u2014 Ville Mont-Royal, P.Q.Téléphone: ATlantic 7286 + a .+ a LA BONNE VOIE Le chemin de la banque mène à la prospérité.Un compte d\u2019épargne offre plusieurs avantages: il développe le sens de l\u2019économie, stimule l\u2019énergie et donne de l\u2019assurance.Il protège votre argent contre les pertes, le vol et les dépenses inutiles.Ouvrez aujourd\u2019hui un compte d\u2019épargne à la BANQUE CANADIENNE NATIONALE Actif, $146,000,000 oe et > + 4 DAMIEN BOILEAU, AIME BOILEAU, ADRIEN BOILEAU.Président et Gérant Vice-Président Secrétaire-Trésorier Outremont Outremont Tel : ATlantic 4279 Té) : ATlantic 3308 DAMIEN BOILEAU, Limitée ENTREPRENEURS GENERAUX Spécialité: Edifices Religieux EDIFICE \u201cTRUST & LOAN\u201d, 10, RUE SAINT-JACQUES EST Téléphone: HArbour 4838 MONTREAL Tél : AMherst 2001 Ciede BISCUITS AETN A Limitée 1801, AVE DE LORIMIER \u2014 MONTREAL Bureau: LAncaster, 1771 Résidence: WiIIbank 2397 C.LAMOND & FILS 929, RUE BLEURY MONTREAL Manufacturiers de Bijouteries et médailles.\u2014 Insignes en or, émail, or plaqué, argent, bronze et aluminium.Nous sommes possesseurs de 95% des coins de la maison Caron Frères Inc.W.LABADIE, représentant Dessins soumis sur demande ++ ojo Encouragez nos compatriotes IV oe = = == LA REVUE NATIONALE Organe de la Société Saint- Jean-Baptiste de Montréal \u2014 \u2014\u2014 \u2014 \u201cal ot.por At asus ar pc VOLUME XIV dbétudiet, Dax Be fit « stoning wilh 11 82, rue Saint-Laureaut, 1182 MONTREAL Fi thon A 1932 Fc a _u x - vo oe its PR se x ay ex pc _x Lee ~ Plier ae sans ets pps Ary es CRE) es A: 2 es, he 2 : où A 7e fats A Re ce , Sx Su 27 cu x x PE es x Lat: 2s Aken rae es ui Co ri 2 dis me LOC er hak wt Ha = A jo a Tara a s g a : ; : i 4 \u201cA = _ ea cme re ce mie ue Las - 1 o Los EE pa xs em ECE rs IR Porc me xa ES PEER ce se ie on pert HCE ce race er pcr aR ser - ARE EN TET Ta *, on io A, \u201cng [| AP ERG JANVIER 1932- es 5, Pac MONTREAL Archevêque de Québec Oblat de Marie Immaculée A + i nf es > peut Esl Son Excellence Monseigneur RODRIGUE VILLENEUVE 14e ANNEE \u2014 No 1 LA REVUE NATIONALE \u2014 \u20ac J Ac.¥ ; 4 LA REVUE NATIONALE Son Excellence Mgr Villeneuve Il y a peu de temps, de Rome parvenait à Ottawa une nouvelle réconfortante: Son Excellence Monseigneur Villeneuve, oblat de Marie Immaculée, évêque de Gravelbourg, était nommé archevêque de Québec.Cette promotion comblait de joie tous les catholiques du Canada.De partout voeux et félicitations allaient atteindre dans son lointain évêché de la Saskatchewan celui que Sa Sainteté Pie XI appelait à la lourde succession des de Laval, des Plessis, des Roy et du cardinal Rouleau.De condition modeste, S.E.Mgr Villeneuve, avec le secours de Dieu, est monté aux postes de commandement les plus élevés de sa communauté par son obstination au travail.Il a toujours estimé que le savoir et la compétence ne s'acquièrent qu'au prix du renoncement et d'un labeur acharné.Sa ténacité est proverbiale: elle ne s\u2019est pas un instant relâchée.Les jeunes scolastiques d'Ottawa ont connu la flamme de sa charité intellectuelle.Cet humble religieux, que tant de collaborations diverses accaparaient, apportait le soin le plus méticuleux à les former à leur rôle éventuel de missionnaires, de directeurs d'âmes et de professeurs.Son enseignement philosophique s\u2019appuyait sur la doctrine de l\u2019Ange de l'Ecole, saint Thomas d'Aquin.Avec mai- trise, il sut faire de ces jeunes Oblats, en même temps que des apôtres dévoués au Christ et à son Eglise, des patriotes bien préparés à défendre les traditions les plus chères à la patrie canadienne.Invité par le Saint-Siège à fonder le diocèse de Gravelbourg, il se mit à l'oeuvre, ne se laissant nullement inquiéter par une situation économique inquiétante, résultat de la mévente du blé dans l'ouest du Canada et du manque de récolte pendant trois années consécutives.Il occupa le siège épiscopal de Gravelbourg durant un court laps de temps; il s\u2019y gagna néanmoins tous les coeurs et son départ pour Québec: suscite d\u2019unanimes regrets chez ses ouailles.Sa réputation de théologien, de philosophe, de canoniste, de controversiste et d'écrivain le précède sur le siège de Québec.Il en prend possession à la grande joie du peuple fidèle.Celui-ci, dans les heures douloureuses qu\u2019il vit, sait encore se tourner, le coeur plein d'espérance, vers les vraies valeurs, les valeurs spirituelles.Les directeurs et les membres de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal prient Son Excellence d'accepter les voeux sincères qu'ils forment pour la durée et la fécondité de son épiscopat.Ad multos annos.La DIRECTION = Pa] ! = > A s AU SEUIL DU NOUVEL AN 5 Au Seuil du Nouvel An Nous sommes aux jours où dans nos foyers canadiens les fêtes traditionnelles ont jeté leur note de bonheur et de gaieté; c\u2019est l'heure où chacun, devant le mystère des jours qui viendront, souhaite qu\u2019ils tiennent en réserve pour les siens tout le bonheur possible.Les manifestations de joie et d'amitié de ce temps de fêtes font partie de nos anciennes traditions; elles traduisent les sentiments de fraternité de notre peuple et notre Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ne saurait y demeurer étrangère.Et puisque la radiophonie met à sa disposition un moyen nouveau et puissant de faire entendre sa voix, c'est avec empressement qu'elle s'adresse à tous les membres de la grande famille canadienne- française pour leur dire et ses voeux en ce début d'année et ses projets d'avenir et pour les inviter à partager ses espérances.Ses souhaits vont tout d'abord à ses collaborateurs immédiats, à ceux dont l\u2019activité et le dévouement entretiennent la vie de nos groupements, aux officiers de nos sections et à tous ces membres zélés, dont le labeur assidu mais souvent ignoré édifie la puissance et la prospérité de notre société.Celle-ci adresse également son salut fraternel et ses souhaits à tous nos compatriotes groupés dans des sociétés de même nom que la nôtre et qui, dans divers centres de notre province poursuivent une oeuvre de même caractère, s'employant à entretenir chez notre peuple le culte des traditions ancestrales.Notre pensée et nos voeux s'envolent également vers nos compatriotes de l'Ontario et vers nos minorités françaises de l'Ouest.Leurs vaillantes associations nous ont donné en ces années dernières un magnifique exemple de solidarité nationale; elles ont groupé en 1) Allocution prononcée à la radio, au poste C.K.A.C.le samedi 2 janvier Sa Sr 6 LA REVUE NATIONALE un faisceau puissant les énergies des Canadiens-français; au milieu des heures sombres de la persécution elles ont conservé à notre peuple le sentiment de ses droits et de sa dignité, elles ont fortifié sa volonté de vivre et en dépit de difficultés très grandes, elles ont su défendte avec succès sa situation et son prestige.Puisse leur action si nécessaire continuer à s'exercer dans des conditions de plus en plus favorables, pour le plus grand avantage de nos compatriotes et pour le plus grand honneur du nom français en Amérique.Nous ne pouvons parler de lutte tenace et conquérante, d\u2019attachement fidèle à un idéal national sans que nos esprits se tournent vers nos frères de l\u2019Acadie dont la vitalité prodigieuse a survécu aux pires malheurs.À l'Acadie, terre du souvenir, terre de résurrection, nos souhaits particulièrement cordiaux sont acquis en ce moment.Nous avons applaudi dans le passé aux succès de nos frères Acadiens et aux entreprises heureuses qu\u2019ils ont su faire dans le domaine national.Nous avons la conviction que sur la terre ancestrale reconquise ils sauront de plus en plus faire sentir leur influence et assurer le respect de leurs droits.Et maintenant si nous tournons nos regards vers la frontière américaine, nous pouvons saluer ces groupements importants de nos compatriotes qui désormais incorporés à la vie américaine, entendent demeurer fidèles à leur foi catholique aussi bien qu\u2019à leur langue et à leurs traditions françaises.Au milieu de populations étrangères en dépit de conditions très difficiles, ces fils de la race canadien- ne-française ont accompli des oeuvres magnifiques et ils ont luité vaillamment pour conserver le trésor de leur culture française.Par ces coeurs français, une voix de la vieille province de Québec est toujours sûre d\u2019être bien accueillie, et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal est heureuse aujourd'hui de leur transmettre le message de sa fraternelle amitié et ses voeux de succès et de prospérité.Comment en cette occasion, ne pas laisser notre pensée voyager encore plus loin que les ondes de l\u2019éther et se porter vers ces frères d\u2019origine établis à l'extrémité du continent, sous le ciel heureux de la Louisiane.C'est 1a que les fils de l\u2019Acadie, dispersés sur les routes de l\u2019exil, ont fini par retrouver pour un bon nombre, une seconde patrie.Ils y ont grandi dans l'isolement.Longtemps les événements les ont tenus éloignés de nous.Mais en ces derniers temps des relations se sont établies.Au cours d'une rencontre inoubliable, les fils de l\u2019Acadie et du Canada, ont renoué avec la Louisiane française les liens rompus depuis près de deux siècles.Désormais l\u2019union morale est accomplie entre tous les groupements fran- AU SEUIL DU NOUVEL AN 7 cais du continent; de plus en plus la race française d'Amérique prend concience de ses forces, de ses ressources, des merveilles de sa survivance et de ses possibilités d'avenir; elle entrevoit aussi les dangers grandissants et les mesures qui s'imposent pour parer aux causes de déchéance.Par-dessus les frontières et à travers les immensités d'un continent, une collaboration fraternelle peut s'établir en vue de la préservation d\u2019un patrimoine glorieux dont la disparition appauvrirait la vie américaine tout entière.C\u2019est une des espérances de l'heure présente que la réalisation de cette union plus étroite entre nos divers groupes français d'Amérique.Désormais ils ne devraient plus être comme des garnisons abandonnées s'obstinant à défendre des positions désespérées, mais comme les divers corps d\u2019une même armée, animés d'une même âme, se prêtant un mutuel appui, et dont l\u2019action concertée sait offrir une résistance victorieuse aux envahisseurs du sol national.IDésormais ces postes que la race française, à la suite de nos grands découvreurs, a jetés à travers le continent et qui s'échelonnent depuis le Québec Kpau'aux Montagnes Rocheu - ses, depuis l'Acadie jusqu'à la Louisiane, ces postes ne seront pas comme des îlots perdus que la marée montante doit submerger, mais ils se dresseront comme des phares lumineux au milieu de l'océan anglo-saxon, projetant à travers ses brouillards les clartés de la foi catholique et le rayonnement du génie de la France.Ce rôle bienfaisant et glorieux auquel nous destine notre passé, que notre race remplit déjà, nous avons le devoir de le préparer de mieux en mieux et d'en assurer la permanence.Notre action doit d'abord avoir en vue la préservation des caractères distinctifs de notre race, la conservation de ses forces morales et de ses belles traditions familiales.Par la propagande et par les oeuvres, créons autour de notre peuple une atmosphère tonifiante, favorable à l'épanouissement de sa vie, catholique et francaise.Apportons 3 notre organisation écc- nomique et sociale les perfectionnements requis par les temps nouveaux; aspirons dans tous les domaines, non pas à la suprématie mais à la supériorité.Faisons la preuve que notre nationalité par la sagesse jointe à la hardiesse de ses conceptions et de ses créations, par la haute qualité de sa culture, par la richesse de sa vie morale, par la force conquérante de son idéalisme, peut offrir au monde américain un type d'humanité supérieure.A la réalisation de ce noble dessein, notre Société Saint-Jean- Baptiste apporte depuis bien des années sa modeste contribution.Son ardent désir est de voir nos compatriotes lui fournir les moyens CW pon > } ak 8 LA REVUE NATIONALE d\u2019intensifier son action.Qu'ils accourent de plus en plus nombreux dans ses rangs, qu\u2019ils accueillent ses mots d'ordre, qu'ils donnent un appui généreux à ses diverses entreprises.Pour l'instant, puis- qu\u2019il faut se limiter, mentionnons seulement sa campagne en faveur de la langue et de la chanson françaises.Nous sommes à l'époque où dans nos familles les réunions se font plus fréquentes; la musique et les chants traduisent la joie de ces jours de fêtes.Faisons en sorte que dans nos foyers la chanson française soit à l'honneur; elle saura faire aimer notre belle langue et la faire bien parler.Ne permettons pas que le trésor de nos chansons françaises soit abandonné dans l'oubli.Nos vieilles chansons qui avaient redit la joie de vivre sous le ciel de France, firent partie de l'héritage apporté par nos pères au Nouveau-Monde.Sur les frêles navires de Cartier et de Champlain, elles furent chantées par les hardis marins et les courageux pionniers, \u2014 elles les accompagnaient à travers le vaste océan comme un vol d'oiseaux gracieux défiant la tempête.Elles vinrent se répandre sur la terre de la Nouveile-France, fui apportant quelque chose de l'âme de la vieille mère-patrie, un reflet de sa douceur et de sa lumière.Ces chants firent résonner les bords de nos rivières et de nos fleuves; nos rudes défricheurs les ont fait entendre aux échos de nos forêts; nos douces mères canadiennes ont bercé les générations successives aux accents de ces romances naïves et charmantes.Dans nos vieilles chansons c\u2019est l\u2019âme de toute la race qui s'exprime.C\u2019est par elles que les générations tour à tour ont traduit leurs sentiments de joie, leurs espérances, leurs douleurs.Elles ont mis dans ces chants l'empreinte de leur génie, et l'image de leur vie et la perfection de leur art, et ces chansons à leur tour nous appren- drort à modeler nos pensées et nos sentiments sur ceux de nos pères.Elles nous inspireront le gai courage des aïeux en face des lourdes tâches à accomplir, ainsi que leur sereine confiance dans l'avenir que le poète traduisait par ces vers de notre hymne national: \u2018Sous l\u2019oeil de Dieu, près du fleuve géant Le Canadien grandit en espérant\u201d.V.-Elzéar BEAUPRE, Président général i lo nm ue ORIGINE DES DROITS DU FRANCAIS AU MANITOBA 9 Origines des droits du français au Manitoba E fait dominant dans la vie de la race francaise d\u2019 Amérique, L a au cours du siècle dernier, c'est, sans doute, sa dispersion.Le Canada français ne saurait plus se définir comme une expression géographique limitée aux frontières québecoises.Entité plutôt ethnique, il se compose des 5,000,000 de Français 1ssus des 05,000 de 1760 et qui se répartissent comme suit: \u2018215 à 3 millions environ restés fidèles au vieux Québec, foyer de la race; le reste, y compris le million et demi de Franco-Américains fixés aux Etats-Unis, s\u2019éparpillent, simples états humains, de l'Atlantique au Pacifique, dans chacune des provinces canadiennes.\u201d La race prolifique a essaimé, mais par essaims irréguliers et capricieux qui, au lieu de se fixer dans le voisinage de la ruche-mère, se sont laissés emporter par l'esprit d'aventure ou l'impérieuse poussée de la faim.L'essaimage ne s\u2019arrêterait ni à la frontière américaine, ni à la province voisine de l'Ontario.Quand, par l\u2019un ou l'autre des transcontinentaux, le voyageur traverse £: Canada d'est en ouest, à l\u2019extrême nord de l'Ortario habité et du lac Supérieur et sur un parcours de 500 milles de chemin de fer, le pays prend insensiblement l'aspect d\u2019une zone désertique et désolée.La carapace de granit du plateau laurentien affleure, carapace tourmentée, creusée en entonnoir ou hérissée de maigres végétations.Tout a coup, par un de ces contrastes violents dont la nature canadienne est assez coutumière, la carapace granitique se dérobe; le sol s'aplanit, les réservoirs d'eau se multiplient, la végétation grandit.Encore quelques milles et voici l\u2019espace uniforme, l'immense prairie centrale d\u2019' Amérique, la patrie des grands blés.Avant même l\u2019arrivée à .Winnipeg, portique de ce nouveau monde, la prairie est déja apparue, mais encore envahie par la forét laurentienne.Le voyageur veut-il s'offrir le spectacle en son intégrité?Il n'aura qu'à sortir de la capitale manitobaine et, dès les limites de la ville-champignon, l'immense paysage se déploiera devant lui, uni comme la main, so! pur, sans une pierre, sans le plus petit gravier, à peine moucheté ci et là de graciles bosquets, de la fleur blanche d'une ferme, de la rotonde d\u2019une grainerie, d\u2019une silhouette d'élévateurs.Variant de couleur selon les saisons, noir comme l'encre après les labours, vert » \u2018 Lex - RER ET acy lata lite git als 10 ; LA REVUE NATIONALE sous les blés en pousse, blond sous les blés mürs, drapé l'hiver en son grand silence blanc, le paysage uniforme se déploie, se prolonge indéfiniment, jusqu\u2019au mirage où flottent, entre ciel et terre, des habitations de rêve, des bosquets extatiques.Bien au delà de la puissance des yeux, la prairie occidentale étend sa même surface, courant ainsi de l\u2019est à l\u2019ouest jusqu'aux pieds des Rocheuses, soit une longueur de 600 milles et une largeur presque égale.La prairie n'est pourtant pas un désert.En ce vaste espace coiffé du nord de la forêt subartique, et mesurant 357 miilions d'acres, le gouvernement fédéral à taillé trois provinces: le Manitoba, la Saskatchewan, I\u2019 Alberta, toutes trois, par l\u2019ensemble de leurs richesses agricoles, minières, et hydrauliques, formidables puissances en gestation, sièges futurs, au nord de l'Amérique, de grands Etats.Disons-le: ce n\u2019est pas sans un peu de mélancolie que le voyageur français embrasse les horizons de ce pays fabuleux.Il songe que des aventuriers de sa race, Pierre-Esprit de Radisson, natif de Paris, Médard Chouart, dit des Groseilliers, originaire de T'ouraine, les premiers, parmi les Blancs, atteignaient, vers le milieu du dix- septième siècle, ces lointaines régions.A l'esprit d'entreprise de ces coureurs de continent, la célèbre compagnie de la Baie d'Hudson devra même sa fondation.N'est-ce pas encore un des plus nobles fils de la race française, né aux Trois-Rivières d\u2019un père français et d'une mère canadienne, Pierre Gaultier de Varennes de la Vérendrye qui, le premier, en 1731, entreprendra, pour le compte de la France, l'exploration méthodique et l\u2019organisation commerciale de ces pays d'ouest?Lui encore qui, en 1742, enverra le chevalier, son fils, à des découvertes qui l\u2019amèneront au barrage altier des Montagnes Rocheuses.Désormais la prise de possession française est accomplie; elle ne fera plus que s'étendre et se fortifier avec Charles-J.de Noyel- les, Jacques-R.le Gardeur de Repentigny, le chevalier Saint-Luc de la Corne, lequel ne sera rappelé de l\u2019ouest, en 1755, que pour venir assister à l\u2019agonie de la Nouvelle-France.En ces régions où, comme dirait Chateaubriand, un nouvel univers recommence, que reste-t-il du passé français?YŸ peut-on retracer d'autres vestiges que des noms géographiques de consonance française, quelques plaques de plomb aux armes de France, perdues dans l'herbe?Le joyeux étonnement du voyageur ce sera bien de découvrir tout à coup, à plus de 500 milles du dernier établissement français de l'Ontario, et à plus de 1,200 kilomètres quelquefois de Montréal, des régions entières où il entend résonner sa langue, véritables miniatures du vieux Québec reconstruites là-bas par le génie ; ORIGINE DES DROITS DU FRANCAIS AU MANITOBA 11 de la même race.Dans les trois provinces de l\u2019ouest, l\u2019on compte aujourd'hui près de 150,000 Canadiens de langue française, quelquefois éparpillés, le plus souvent groupés.Et, dans cette bigarrure d'immigrants de tout pays et de toute race, pressés de se fondre dans le monochrome anglo-saxon, l\u2019un des phénomènes de la vie sociale et pratique au Canada, c\u2019est bien le spectacle de ces fils du Québec, entêtés dans leur individualité française, autour de leurs clochers latins.Mais ces Français, depuis quel temps sont-ils 1a?Et par quel miracle, en cette mosaïque de peuples, ont-ils gardé leur personnalité d\u2019origine?En 1867 la Confédération canadienne s'était formée par l\u2019alliance politique de quatre provinces: l'Ontario, le Québec, le Nou- veau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse, tout le Canada oriental actuel, moins l\u2019Ile du Prince-Fdouard.Dès lors néanmoins de futurs et vastes agrandissements sont prévus pour la jeune Puissance.Le gouvernement impérial doit s\u2019entremettre pour lui assurer l'achat et l'annexion des territoires de la compagnie de la Baie d'Hudson.Le 15 juillet 1870, le gouvernement canadien en prendra possession.Bien avant cette date toutefois, il commit l\u2019imprudence d'y faire acte de propriétaire, de dépêcher des arpenteurs à la colonie de la Ri- vière-Rouge, \u2014 nom que porte alors la colonie dont naîtra le Manitoba,\u2014d\u2019y envoyer même un lieutenant-gouverneur.Les arpenteurs se livrent à un bouleversement des anciennes propriétés.Un élément turbulent, venu de l\u2019Ontario, se livre à l\u2019accaparement du sol comme a une orgie, ne se prive guère de molester les habitants, les mena- cant d\u2019expropriations et voire d'expulsion.Qu'\u2019arriva-t-il?, Au Canada la nouvelle se répandit tout à coup qu\u2019un jeune homme de vingt-sept ans s'était présenté aux arpenteurs de la Rivière-Rouge et leur avait tenu ce langage de maître.\u2018\u2019Je vous défie d'aller plus loin\u2019! La même nouvelle apporta que le chef improvisé avait fait tourner bride aux fourriers du lieutenant- gouverneur.Intéressé, le public apprit ensuite que le jeune héros de la Rivière-Rouge portait un nom français; qu\u2019il appartenait à la nationalité métisse, mélange d\u2019Indiens et d'Européens et qu\u2019il s\u2019était fait le porte-parole de ses 12,000 compatriotes et de toute la population des Territoires du Nord-ouest.Le 16 octobre 1869, ce petit peuple se détermine à braver les autorités canadiennes; un gouvernement provisoire se dresse à Ia FC TER.wf uit di ne qu on ida. 12 LA REVUE NATIONALE Rivière-Rouge.Les instigateurs du mouvement se recrutent, il va de soi, parmi ceux que menace davantage le nouvel état de choses.Et voilà donc qu\u2019une poignée de Français catholiques, à plus de 11,0C0 milles de toute vie française, assumaient les plus grands risques pour la défense de leur patrimoine moral.Car encore que la population entière fasse bloc contre l\u2019envahisseur, ce sont pourtant les métis français que l\u2019on aperçoit à l'avant.C\u2019est le jeune Riel qui est l\u2019inspirateur de la résistance, lui qui parcourt les petits centres de la Rivière-Rouge pour les éveiller au sentiment du péril et du devoir, lui qui fait agréer aux métis de langue anglaise la nécessité d'un gouvernement provisoire, lui encore qui est l'animateur de ce gouvernement, en attendant qu\u2019il en devienne le président.Et, sans doute, ce qui meut Riel et les siens, c\u2019est, en premier lieu, leur sentiment froissé d'hommes libres et de sujets britanniqus, outrés qu'on les puisse livrer ainsi, à un pouvoir étranger, sans même prendre leur avis; et c\u2019est encore le souci de leurs propriétés terriennes qu'ils sentent menacées par de trop loquaces cupidités; mais, par-dessus tout ce qui meut ce petit peuple et lui a même mis les armes à la main, c\u2019est, à ce qu\u2019il semble bien, la volonté de perpétuer son individualité ethnique.Tout à l\u2019heure, quand leurs délégués emporteroni vers la capitale canadienne ce qu'ils appellent leur \u201cListe de droits\u2019, parmi le petit nombre d'articles qu\u2019ils affirment \u2018\u2019péremptoires\u2019\u2019, et déclarent ne point abandonner à la discrétion de ces délégués, il y a tous ceux qui, dans la future province, assureront les droits officiels de la langue française.À la fin d'avril 1870, trois délégués du Nord-ouest reçus en cette qualité officielle par le gouvernement canadien, siégeaient en face des délégués de l\u2019Etat fédéral.L'acte de Riel avait forcé les hommes d\u2019Ottawa i rabattre de leur arrogance.De la délibération des délégués sortit la constitution du Manitoba.Les Métis français et catholiques de la Rivière-Rouge entrèrent dans la Confédération la tête haute.Au chapitre des droits scolaires, la constitution de leur province déclarait intangible leur système d'écoles confession - nelles et séparées; puis, en cas d\u2019agression, leur conférait un droit d\u2019appel au cabinet fédéral.Un autre article conférait à la langue française des droits officiels égaux à ceux de la langue anglaise.L'égalité politique et juridique des deux croyances et des deux races se trouvait ainsi décrétée, de la façon la plus formelle.Votée presque à l'unanimité par le parlement d'Ottawa, sanctionnée après coup par le pariement impérial, la constitution manitobaine revêtit le caractère auguste d'un pacte parlementaire, document diplomatique ORIGINE DES DROITS DU FRANCAIS AU MANITOBA 13 parmi les plus sacrés et les plus inviolables au regard du droit anglais.Nul autre pouvoir que le parlement de Westminster n'aurait puissance de modifier la constitution de la nouvelle province canadienne.Lorsque le 15 juillet 1870, les catholiques de l\u2019ancienne colonie de la Rivière-Rouge devinrent sujets Canadiens, on peut dire que nul groupe religieux et ethnique ne se pouvait targuer au Canada, d'une aussi parfaite condition juridique.C\u2019est de ce droit historique, entre quelques autres, que se prévalent nos frères de la Saskatchewan pour revendiquer leurs écoles catholiques et françaises.D\u2019aucuns, nous le savons, qui n'ont pas toujours pensé ainsi, estiment aujourd'hui puérilité ces appels à un droit purement théorique, dont se moquerait, paraît-il, la majorité anglophone.Nous croyons savoir, au contraire, que les plus intelligents parmi nos concitoyens anglo-protestants s\u2019inclinent devant ce droit plus que devant tout autre.Le jour, du reste, où le droit historique n\u2019obtiendra plus que le mépris des hommes publics, en ce pays, soyons-en bien convaincus; le respect de tout droit sera mort au Canada, et les faibles et les minorités n'auront plus qu'à se résigner à la persécution générale et perpétuelle.Le droit historique est encore celui qui agit le plus puissamment sur l'opinion.Et s'il est vrai, comme on se plait a le dire, qu'un esprit canadien est en voie de formation, 'opinion ne reste-t-elle pas le meilleur appui, le plus solide espoir des opprimés?Lionel GROULX, ptre La parade du 24 juin vue par un Français Sous le titre \u201cSir Wilfrid Laurier\u201d, M.Robert Rumilly vient de publier une biographie du grand homme d\u2019Etat canadien, préfacée par M.René Doumic, de l\u2019Académie française.Toute la critique française a salué ce livre, destiné à un grand retentissement en France comme au Canada.M.Rumilly fait suivre, dans le même livre, la biographie de Laurier d\u2019un \u201cessai\u201d sur Montréal, qui est sans doute ce qu\u2019on a écrit de mieux, de plus au point, sur notre grande ville.Dans cet essai, il consacre à la parade de la Saint-Jean-Baptiste, du 24 juin, une page émouvante.C\u2019est un touchant et très bel hommage rendu par un Français à notre manifestation nationale.RER 14 LA REVUE NATIONALE Nos ressources musicales Le parti à en tirer EPUIS quelques années, on tente de dresser, dans un louable dessein de patriotisme, le bilan de nos ressources nationales.ce Sous le rapport matériel, constatation était faite que notre province de Québec est des plus avantageusement dotées: sol fertile, climat salubre, forêts quasi inépuisables, nombreux cours d'eau susceptibles de fournir des pouvoirs hydrauliques, mines diverses, elle est abondamment pourvue par la nature.Dans le domaine intellectuel, un semblable inventaire, s\u2019il met à jour des lacunes inévitables, n\u2019en offre pas moins des perspectives consolantes, surtout si l\u2019on mesure la distance parcourue depuis le point de départ.Sur ce terrain, néanmoins, nous n'avons pas donné tout l\u2019effort désirable, et si c\u2019est \u2018\u2019le fonds qui manque le moins\u201d le conseil du fabuliste: \u2018\u2018travaillez, prenez de la peine\u2019 attend encore sa pleine mise en pratique.Il est pourtant plus que jamais de saison.En face de la concurrence de plus en plus serrée que provoquera la crise actuelle, un travail acharné des nôtres pour se garder la place qui leur revient est indispensable sous peine de déchéance.Dans le domaine plus restreint, mais vaste encore, de la musique, un examen de conscience s'impose concernant le rang que nous y occupons en regard de celui que nous y devrions tenir, étant données nos ressources en ce genre.En effet, les aptitudes naturelles du Canadien-français pour la musique vocale ou instrumentale sont des plus remarquables.Les belles voix foisonnent et chez les enfants et chez les adultes.La justesse et la fidélité de l'oreille, la plus heureuse mémoire mélodique, la facilité à jouer d\u2019un instrument sont presque le lot de tous.Que si l\u2019on pose la question: occupons-nous de fait en ce domaine la place qui devrait nous revenir, étant donnés nos avantages naturels?Comment expliquer qu'avec de si beaux dons, nous n'\u2019atteignions pas un niveau artistique plus élevé, comme groupe racial?2 rm.or ey NOS RESSOURCES MUSICALES 15 L\u2019exposé des causes de cette infériorité relative n\u2019entre pas dans le cadre du présent article qu'il déborderait.Contentons-nous d'en indiquer une couple des plus importantes.La première est la peur de l'effort continu et du travail poussé à fond: c\u2019est du reste notre péché mignon dans toutes les branches.D\u2019ordinaire on se contente d\u2019une certaine médiocrité trop aisément satisfaite qui ne se rend jamais au but pour ne pas avoir visé assez haut.Une deuxième cause, et d'influence aussi néfaste, c'est l'absence de formation musicale dès le jeune âge.Nombre de riches talents, prometteurs de somptueuses moissons, restent dans leurs gaînes et ne donnent pas le rendement espéré faute de culture appropriée, d\u2019atmosphére favorable, ou par insouciance naturelle.\u2018Une courte incursion dans le domaine de la musique vocale, plus répandue chez nous, confirmerait cette assertion.Dans les nom - breuses chorales religieuses actuellement en activité, et dont plusieurs sont renforcées d\u2019une maîtrise d'enfants, combien s'en trouve-t-ii où la lecture musicale et la bonne émission vocale soient enseignées au moins dans leurs rudiments?D\u2019ordinaire, même avec ies adultes on \u201c\u2018serine\u2019\u2019 a jet continu les choristes et on les laisse chanter, à leur guise.Une jolie sonorité, des nuances, du rhytme, du solfège?Luxe que tout cela! Dès lors c\u2019est le règne de \u2018\u2019l\u2019à peu pres\u2019?le triomphe du médiocre, le glas de tout progrès: rien de néfaste comme cette résignation à la vulgarité.L'\u2019invasion de la musique amér1- caine sous les espèces du \u2018\u2018jazz\u2019\u2019 et des \u2018\u201c\u2018coon songs\u2019 par sa funeste emprise sur le gros du peuple est venue empirer une situation déjà compromise.Il faut entendre ce qui se joue ou se chante dans les soirées pour juger du degré auquel l\u2019atmosphère musicale est viciée.Heureusement que pour réagir, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a pris la louable initiative de remettre en honneur, par des concerts populaires, notre folklore qui s\u2019enlisait dans l\u2019oubii.Pareille digue est insuffisante, même renfoncée des nombreux barrages que constituent nos chorales religieuses, dont l'influence serait plus efficace si toutes se ralliaient résolument aux directions récentes des autorités supérieures.La musique vraiment religieuse est un puissant désinfectant d\u2019une atmosphère musicale contaminée.Il en est d\u2019autres qu\u2019il faut savoir utiliser; au premier rang l\u2019incomparable répertoire de la symphonie et de l\u2019oratorio.Il y a là toute une littérature inconnue, renfermant des chefs-d\u2019oeuvre de nations et d'époques diverses, dont l'exécution révèle des beautés supérieures.¢ i Bt + RL 16 LA REVUE NATIONALE Pour explorer ce monde nouveau, il faut des ressources musicales qui se fondent en un organisme particulier: l'orchestre symphonique.Partout ont surgi, au sein des grandes villes, de puissantes Sociétés symphoniques, objet d\u2019une légitime fierté.Paris en compte plus de cinq.Aux Etats-Unis, toute ville un peu considérable tient a avoir sa symphonie.Québec, avec une population canadienne cinq fois moindre que celle de Montréal possède depuis nombre d'années une symphonie bien active et vivante.Pour le bon renom d'une ville que sa population place au second rang des villes de langue française, avant Marseille et Lyon, il importe que cette lacune soit comblée d'urgence, sans quoi nos ressources artistiques s'en iront à des associations étrangères qui s\u2019en arrogeront tout le crédit.La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ferait une fois de plus oeuvre de patriotisme éclairé en prenant l'initiative d'un mouvement qui aboutirait à une création si désirable.La fondation d\u2019une \u2018symphonie\u2019 composée presque exclusivement d\u2019instrumentistes de langue française sous la direction d'un des nôtres est assurément chose possible à Montréal, et, dès lors, elle devrait s\u2019effectuer.Les avantages à retirer pour le bien général en font une obligation.Outre le relèvement du niveau artistique musical, nos musiciens d'élite auraient là un stimulant au travail, à l\u2019entraînement régulier, un idéal à atteindre dont ils sont privés; leur carrière en serait améliorée sous le double rapport artistique et financier; nos compositeurs les mieux doués et les plus laborieux y frouveraient un débouché à leurs productions et graduellement se formerait une élite d'auditeurs, intéressés à ces exécutions d'oeuvres du plus haut mérite.Le moment est venu, croyons-nous, de grouper nos meilleurs éléments en un solide faisceau et de montrer enfin ce que peut notre nationalité sur un terrain ou elle n'a qu\u2019a vouloir pour atteindre les plus beaux résultats.Il serait peu sage d\u2019ajourner la tentative, alors que les chances de succès sont réelles et les perspectives encourageantes.Une fois le mouvement bien amorcé et poussé par nos associations nationales la naissance d\u2019une \u2018Symphonie Canadienne\u2019\u2019 d'entité française, a Montréal, deviendra un fait acquis et rencontrera l\u2019assentiment universel.C.-H.LEFEBVRE, s.j.Me de chapelle au Gesu, Montréal Br LE LAROUSSE DU XXe SIECLE ET LES CANADIENS 17 Le Larousse du XXe siècle et les Canadiens \u201cL Madame la Présidente, Mesdames, Comme tout le monde le sait, une publication considérable est actuellement en cours, pour laquelle s'escriment les agences de publicité et dont 1l n'est pourtant besoin d'autre présentation que de rappeler le titre: Le Larousse du XXe siècle.Il serait vain et puéril, et loin de moi toute idée de tenter le procès de cette encyclopédie même si, ces dernières années, l\u2019on ne craignit pas de se permettre, dans les colonnes d\u2019une revue canadienne (Henri d'Arles dans l'Action française) d'en récuser l'autorité linguistique.Ce que Le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle a été pour les Français de 1880, ce que fut Le Nouveau Larousse Illustré pour les vingt-cinq années qui viennent de s\u2019écouler, Le Larousse du XXe siècle le sera pour ceux qui naissent aujourd\u2019hui à la vie intellectuelle, qui entrent dans la bataille des idées ou le champ de l'érudition, à savoir: le compagnon inséparable du cabinet d\u2019étude, l'arsenal inépuisable, l\u2019abrégé de toutes les connaissances, le guide de la langue, bref l'encyclopédie courante, quotidiennement consultée.Quoiqu'en retard puisque le ler volume date déjà de 1928, ce n'est que ces jours derniers que je trouvais l\u2019occasion d\u2019en feuilleter les pages actuellement publiées.Après avoir noté son format plus souple et plus commode que l\u2019ancien, admiré l'extrême soin de la tenue typographique, m'être familiarisé avec son but, ses grandes divisions, expliqués dans une superbe préface signée du directeur de la publication, M.Paul Augé, après avoir souligné non sans plaisir le nom d\u2019un collaborateur québecois (M.Gilbert Chouinard, président de la Société de Géographie de Québec), bref, après avoir palpé avec un soin infini ces feuillets merveilleux qui renferment tant de secrets, je m'empressai de me porter aux colonnes consacrées à notre cher Canada.1 Première partie d\u2019une étude donnée sous les auspices du Cercle Al- bani des Femmes Canadiennes (Native Daughters.) à l\u2019Hôtel Mont- Royal, le 9 novembre 1931. 18 co LA REVUE NATIONALE À première vue, je fus heureux d\u2019en constater l'exactitude gé- uiérale, regrettant tout de même que l\u2019on s\u2019étende sur ce qu\u2019on appelle notre \u2018\u2018armée\u2019\u2019 plus longuement que sur notre histoire, résumée, eile, en vingt-cinq lignes et répérée seulement de trois ou quatre noms d'explorateurs et de militaires, avec, pour dates culminantes, 1867 et 1914.(Et 1760?Et 1763?Et 1791?Et 1838?Et 1841?.) Mais cela peut se défendre: il pourrait être utile à l'occasion, pour les journalistes français de savoir que \u2018\u2019le chef de notre armée est le roi d'Angleterre\u2019, qui, je le soupçonne fort à part moi et sauf tout le respect que je dois à Sa Majesté et a nos colonels, n'a guère le loisir d\u2019y prendre garde.Cela peut se justifier aussi du point de vue d\u2019un publiciste de nation souveraine et qui ne saurait logiquement concevoir un peuple le moindrement organisé, sans armée.De notre justice, il n\u2019est pas question non plus.Pas un mot sur l'usage des lois françaises \u2014 la Coutume de Paris et le Code Napoléon\u2014qui régit la vie civile d'au delà de 30% de la population canadienne y compris celle de la métropole du pays.Comme signification politique ou sociologique, ne serait-ce que du point de vue d\u2019une forme d\u2019influence française encore agissante ici, le fait a peut- être autant d'importance que les détails oiseux sur notre armée active, notre \u2018\u2018permanent force\u201d, comme on l'y désigne, d\u2019un effect:f se totalisant à 4,000 hommes! Sur la langue que nous, Canadiens français, parlons, ce couplet bien connu, accoutumé: \u2018\u2018L\u2019élément canadien-francais.a conservé sa langue, qu'il parle avec une fidélité archaïque et où se retrouvent nombre de locutions et de tournures (normandes et poitevines) tombées en désuétude depuis l\u2019époque classique de notre littérature.il s\u2019est forcément produit une infiltration d\u2019anglicismes qui en troublent la pureté\u201d.(Les soulignés me sont propres.) Au sujet de la qualité archaïque, réelle ou prétendue, de notre langage, je réfère le rédacteur intéressé à l'étude définitive qu'a donnée en 1924 devant un auditoire européen (l\u2019Académie Royale de Belgique) M.Edouard Montpetit et publiée dans la Revue Trimestrielle Canadienne.Quant à l\u2019imputation d\u2019anglicismes, conten- tons-nous d observer la qualité de l'exemple qui peut venir pour la masse ici \u2014 il faut reconnaître que la langue de nos écrivains de la dernière génération en est le plus souvent indemne \u2014 de la première ville française du monde, ce Paris même envahi, s\u2019il faut en croire ses puristes, dans le ciel de ses affiches commerciales, et dans les colonnes de ses quotidiens, par l\u2019anglicisme triomphant.Et si l'on LE LAROUSSE DU XXe SIECLE ET LES CANADIENS 19 ne doit pas prétendre que le mal de l\u2019un guérit ie mal de l'autre, n\u2019exigeons pas d'autre part que l\u2019on soit ici plus orthodoxe qu'au Vatican! Autre inexactitude, mais si inattendue qu\u2019elle devient explicable.Dans l\u2019esquisse sur la littérature canadienne, tirée du tableau de Mgr Camille Roy (porté comme notre seul critique), on donne au chapitre de nos orateurs politiques, après Adolphe Chapleau et Fic noré Mercier: Wilfrid Larose.L'énumération, il va sans dire, appelle le nom de Laurier.Certes, M.Larose, homme d'esprit, ancien président de l'Ecole Littéraire de Montréal, sourira tout le premier du texte s\u2019il vient à sa connaissance.Et d'ailleurs quand le Larousse en sera aux articles commençant par la lettre L, Monsieur Froidec- vaux qui, sauf erreur, semble chargé de tout ce qui a trait à l'histoire canadienne, n\u2019aura qu\u2019à se reporter (en corrigeant: décédé à Ottawa au lieu de Québec) à l\u2019étude déjà consacrée à Sir Wilfrid Laurier quelque part dans le Larousse Mensuel de 1919 pour rendre justice à la plus haute personnification de la politique canadienne trente années durant.; De Canada est né Canadien et j'en arrive \u2014 ce n\u2019est certes pas trop tôt! \u2014 à la perle qui a causé mon émerveillement et qui vous fascinera tout autant, j'en suis sûr.Pour ne prendre personne par surprise, citons d\u2019abord intégralement ce que dans le nouveau Larousse l\u2019on appelle l'encyclopédie ethnographique des Canadiens.Lisons : \u2018Les Canadiens forment essentiellement une population composée d'Indiens, de Français, d\u2019Anglais et de Métis.\u2018Les Indiens (Iroquois, Mohawks, Senecas, Hurons, Cherokees, etc.), ne se distinguent guère des autres Peaux-Rouges que par l\u2019allongement de leur crâne.\u2018\u2019Les descendants des premiers colons français, qui constituent une sous-race robuste, travailleuse, très prolifique, ont conservé avec l\u2019amour de la mère-patrie, la langue, les croyances et la probité de leurs ancêtres.\u2018Les métis issus de leur croisement avec les indiens en possèdent toutes les qualités et, en diverses circonstances, ils ont prouvé par leur bravoure qu'ils sont Français de coeur tout en remplissant loyalement leur devoir envers le Dominion\u201d.Un point, et c\u2019est tout.Avez-vous, Mesdames, bien entendu?N'\u2019éprouvez-vous pas plutôt l\u2019invincible besoin de vous reporter à ce texte et Vous persuader que vous n'êtes pas l\u2019objet d\u2019une mystification ?RECRÉER CR RIPER CLR RREEE er) J Sh J Rt AER Prat ES 20 LA REVUE NATIONALE Relisons bien: population composée d\u2019Indiens, de Français, d'Anglais et de Métis.Les Indiens.les descendants des Français.les Métis.(mais que deviennent en tout cela, les Canadiens anglais d'antan et de toujours, ceux qui sont ici, ceux que vous avez vus tout à l'heure dans la rue?.) Enfin .vos yeux se dessillent, c\u2019est bien tel quel.L'expérience commune, vos études et l'observation courante vous avaient appris, de toutes façon vous aviez crû apprendre que le fait dominant de notre vie publique et profonde depuis près de deux siècles se constitue de nos efforts et de nos luttes sans nombre pour concilier dans un diapason commun les deux grandes races qui ont colonisé et développé le pays.Vous vous êtes trompés, vous vous êtes grossièrement trompés et c\u2019est le Larousse, le Larousse mieux informé qui vous apprend qu'un Canadien de 1930, c'est un mélange vague, mal défini d'indien, de français, d'anglais et de métis.Canadiens, au moment où vos hommes public, politiques, professeurs et écrivains s'emploient à vous répéter à qui mieux mieux, que votre pays est en passe depuis quelque dix ans, de prendre rang parmi les premières puissances du monde par son industrie, sa finance, ses richesses naturelles, le rôle de ses hommes d'Etat, et sinon encore par son renom scientifique et son éclat artistique qui sont l\u2019apanage des nations anciennes, du moins par la haute norme de vie de ses habitants, bref par son magnifique \u2018devenir\u2019, et quand vous cherchez la définition que l\u2019on peut donner de vous-mêmes dans l\u2019une des plus savantes publications du siècle, qui se donne sous la plume de son préfacier pour \u2018\u2018un répertoire complet de la langue française.:t.une somme des connaissances humaines dans tous les ordres\u2019, voilà, en termes non voilés, ce qui vous attend.A coup sûr, ce serait à s\u2019esclaffer.si ce n\u2019était tomber de si haut! Oh! je sais l\u2019objection qui se présente d'elle-même, à savoir qu'il est bien difficile pour ne pas dire impossible d'éviter que dans un ouvrage aussi considérable des inexactitudes ne se glissent.Je conçois.Et ce serait certes cruel d\u2019insister sur des vétilles.Je crois l'avoir prouvé par ma façon d'entendre les méprises que J'ai signalées en débutant.J'ai aussi accordé que l\u2019article sur le Canada ne s'éloigne pas trop dans son ensemble de la véracité.Et l'on conclura: il faut s\u2019y tenir.C\u2019est ce qui est à voir.Supposons pour un instant un jeune bachelier frais émoulu de Poitiers, de Besançon, de Toulouse ou de Paris, qui, après avoir épuisé son Gobineau, le Gobineau de l'Inégalité des races humaines, aborde l'étude de l'expansion de la race française de par le monde \\ ig = 2 = mir Co} LE LAROUSSE DU XXe SIECLE ET LES CANADIENS 21 depuis l'ère des grandes découvertes et des explorations lointaines.Vivant au siècle de la vitesse, et comme son enquête ne peut porter sur toutes les branches sorties du tronc initial, il s'en tiendra tout naturellement aux conclusions qu'il trouvera.Ouvrant son Larousse pour y chercher une définition ethnographique des Canadiens, ce sera pour y découvrir qu'ils forment essentiellement une population composée.mais vous savez désormais comment! C\u2019est contre la perpétration de telles erreurs qu'ici, je m'insurge.Ce n\u2019est pas pour le spécialiste que j'analyse, discute, m'attarde et vous retiens, c\u2019est pour le lecteur moyen, le curieux et l'amateur, vous et moi, transportés sous une autre latitude.Abordons maintenant l\u2019étude critique de ce texte, que je quai1- fierais volontiers d\u2019homérique, si je ne craignais de dépasser ma pensée, si je ne craignais en insistant de vous induire en suspicion contre l'autorité générale du grand Larousse dont je suis moi-même tout le premier, un fidèle et fervent admirateur.Et d\u2019abord, il y a lieu de s'inscrire en faux contre ie premier attribut du principe général de la définition.Ce premier attribut est le terme: Indiens.Malgré tout le respect, voire toute l'affection, que nous avons pour les populations indiennes, 1l se trouve que les Indiens ne sont pas des Canadiens au sens rigoureux du terme.Premiers occupants de ce sol, ils ont été relégués par droit de conquête à un rang ancil laire \u2014 J'en voudrais pourtant parler avec sympathie \u2014 et tout au plus participent-ils aujourd'hui à l\u2019activité matérielle du peuple canadien.Politiquement, ils n'ont guère d'existence, ils n'ont pas le droit de vote \u2014 ce privilège tant prisé en démocratie! \u2014 1ls sont en tutelle, pour ne pas dire en une quarantaine des plus sévères \u2014 pensez a leur réserves\u2014et, sauf erreur, ils n'ont pas le droit d'acquérir et de contracter dans les modes ordinaires.Socialement, a quelques rares exceptions près, ils n\u2019ont adopté aucun des systèmes courants d'éducation et ils n\u2019ont que fort peu suivi les progrès modernes de la vie domestique.Considérons ce qu'ils sont numériquement.Le recensement décennal de 1921 les rapporte dans une proportion ce 1.44% de la population globale, soit exactement 110,000 ames sur $ millions.Et voilà ce que l\u2019on tient en haut lieu comme l'un des éléments constitutifs de notre peuple.Apres cela, qu'on prenne soin de nous énumérer les diverses variétés d'Indiens (Sherokees, Senecas, etc.), et de remarquer qu\u2019ils ne se distinguent des autres Peaux-Rouges que par l\u2019alongement de leur crâne, je crois avoir indiqué, en disant le | Loe a ep Ces - man.etn ib WS.ama ae.ee [gary ry NOTRE ry 22 LA REVUE NATIONALE cas qu\u2019il faut faire de l'ensemble, que la chose m\u2019est parfaitement égale.Pour se montrer bon prince, il faut convenir qu\u2019il n\u2019y a rien a reprendre aux quatre lignes consacrées aux descendants des premiers colons français, comme on nous désigne.Abstenons-nous même de nous demander pourquoi dans un article proprement ethnographique l\u2019on se dispense de donner toute caractéristique physique et d'observer que c\u2019eut été pour le moins aussi approprié que 1 allusion à l'amour de l'ancienne mère-patrie que quatre Canadiens sur cing connaissent surtout de nom.De ce train, nous sommes parvenus au coeur du théorème, car ces lignes, pourtant brèves, m'apparaissent de plus en plus sous la forme d\u2019un théorème de moins en moins soluble.C\u2019est élémentaire: la condition essentielle d\u2019une bonne démonstration, c\u2019est d'expliquer tous les termes de la définition.Nous avons retenu l\u2019énoncé général que les Canadiens forment une population composée d\u2019Indiens, de Francais, d\u2019 Anglais et de Métis.Pardon pour la ritournelle.Et nous avons déjà observé au sujet des Canadiens anglais, seulement mentionnés dans le principe général, qu'ils n'ont pas même été jugés dignes de deux lignes de description, ne fût-ce qu'à titre égal avec les Indiens.Mais ces Britanniques (Anglais, Ecossais et Irlandais) comptent pour quelque chose ici, du fait primordial et patent de leur existence près de deux fois centenaire sur notre sol.Certains ne se ré- clament-ils pas, comme récemment l'honorable premier ministre du pays, de faire remonter leur lignée canadienne, jusqu'à quatre ou cinq générations?Eux s'imposent encore par leur nombre, qui est prépondérant, et depuis 1914, l\u2019on a appris n'est-il pas vrai, à ne pas faire la moue sur le nombre, notamment en matière de finance et d\u2019armée.Mais ces hommes au teint clair et aux yeux d'acier, qui ont contribué pour une large part à l'élaboration de notre présente constitution, et qui ont présidé \u2014 ne craignons pas le mot \u2014 à notre organisation économique, m'\u2019est avis qu'ils comptent ici, puisqu\u2019aujourd\u2019hui comme hier, depuis toujours, ils se retrouvent à toutes les avenues de la fortune et du pouvoir.D'ailleurs, 1l serait puéril d\u2019insister puisqu\u2019à la cote officielle de la statistique, les Britanniques d\u2019origine figurent pour plus de la moitié, soit exactement 55%, de notre population.L\u2019essentiel ne consistait-il pas, dans une définition qui ne peut ambitionner que de faire autorité, de représenter proportionnellement les aspects ou les caractéres les plus généraux de cette partie, pour le moins non négligeable, du peuple canadien?\u2014 A qua fat in Re: kg LE LAROUSSE DU XXe SIECLE ET LES CANADIENS 23 Et maintenant, le couronnement par l\u2019absurde.Une fois la transition logique méprisée entre les éléments les plus représentatifs de l'ordre de chose à définir, en l'occurrence, la jonction naturelle entre Français et Anglais, toute mesure peut s'oublier, licence est donnée à toutes les fantaisies.Ayons la patience de relire comment est expliqué et commenté le quatrième et dernier attribut du principe général: les Métis.\u2018Les Métis, issus de leur croisement (des Francais) avec les Indiens, en possèdent toutes les qualités et en diverses circonstances ils ont prouvé qu\u2019ils sont Français de coeur, tout en remplissant loyalement leur devoir envers le Dominion\u201d.Comme déférence à l\u2019égard des sang-mêlés, l\u2019on ne peut certes cxiger davantage.Mais une fois de plus, je le crains bien, l\u2019on nage en pleine confusion.Employons-nous à la voir.La part faite de l\u2019amour-propre et du dépit, Mesdames, je commence à croire notre cas décidément désespéré de ce côté.Bon gré, mal gré, il nous faudra nous résigner au lot de ces aînés de famille qui, étouffant sous la discipline paternelle, s'en vont au large tenter leur chance et, quoique bien servis par le sort ou la fortune, ne réussissent jamais complètement à faire admettre au vieux toit familial leur style, leur oeuvre ou leur personnalité.Depuis les hautaines remarques des contemporains de Montcalm, officiers et fonctionnaires, sur ces \u2018coloniaux\u2019 de Canadiens, pour rejoindre Brasseur de Bourbourg, réfuté par 1\u2018abbé Ferland, en passant par l'illustre Duvergier de Hauranne, pris à partie par Benjamin Sulte, et le nom moins célèbre de Quatrefages, à venir jusqu'à nos contemporains Melchior de Vogüé et Maurice Barrès, et en dépit des exposés lapidaires de Mgr Tanguay, des inlassables mises au point d'Hector Fabre, sans mettre en ligne de compte, celies de la presse canadienne depuis toujours, il reste, et toutes les apparences sont qu'il restera longtemps statué dans la teneur rigoureuse d\u2019un dogme que la race canadienne est mâtinée d\u2019indigènes, que la pureté s'en est altérée, ou autrement, que dans les veines des Canadiens coule le sang des anciens Mohawks d\u2019Amérique.Que voulez-vous, quand ces Messieurs parlent de nous, cette allégation devient mesurc d'hygiène mentale, un impératif catégorique qui leur est commandé par toutes leurs conceptions exotiques.J'entends d'ici la réflexion, à voix basse, de quelque sociétaire de section d\u2019Institut: M.Philippe Roy, M.Rodolphe Lemieux ou M.Athanase David, il ne faut pas le dire tout haut, mais assurément qu\u2019ils ont du sang indien, il n\u2019y a d'ailleurs qu\u2019à voir: leur teint ne peut mentir! SE es esse RE a OTE od 24 LA REVUE NATIONALE Cela fait maintenant cinquante ans que nous avons un commissariat à Paris, toujours fort dignement représenté et qui, si l\u2019on eu croit l'agence Havas ou la presse associée, semble jouer un certain rôle là-bas.Il n\u2019y avait crainte que dans une matière de cette 1m- portance l'on aille s\u2019enquérir auprès de lui.Rien n\u2019y fera et 1l en faudra prendre notre parti, celui de la résignation, puisqu'aussi bien on se montre résolument rebelle, sur certains chapitres, a la conviction.Pardon, Mesdames, pour cette parenthèse.Je reviens au cadre de mon analyse en ce qui concerne les Métis du Canada, mais non avec l'espoir de jamais convaincre nos amis, certains géographes ou ethnologues de France.Etablissons pour une centieme fois, mais pour notre bénéfice à nous, en quoi, dans une définition ethnographique des Canadiens, il n\u2019y a pas lieu de s'appesantir autrement sur l'apport prétendu du sang indien.A ce stade de notre étude, convenons d\u2019abord d'une premiere difficulté réelle, à savoir que les donnés positives manquent.Rappelons à nouveau, si fastidieux que ce puisse paraître, les proportions des diverses origines du peuple canadien et pour ce, 1invoquons les recenseurs officieis.Voici: Origine britannique, 55% ; origine française, 27% ; autres origines européennes, 15 % ; \u2014 notons que cela fait déjà un pourcentage de 97 \u2014 origine indienne, 1% et cela fait 9815%.Quant au 115% qui reste, eh! je vous le donne en cent, je vous le donne er mille.eh! bien, 1l est attribué aux jaunes et aux noirs.Je vous le demande sans ironie, mais en tout cela, où sont nos Métis?Dieu me garde pourtant de me laisser abuser ou de m en laisser imposer plus que de raison par les rapports officiels \u2014 les enquêtes politiques et administratives ne révêlent-elles pas surabondamment quels partis contradictoires en peuvent tirer d\u2019habiles avocats! Le ciel me préserve surtout de méconnaître l'existence ou ies droits des descendants des intrépides insurgés de 1869 et de 1885, à qui par ailleurs Larousse, en ce qui le concerne, a rendu un bel hommage, dans son édition de 1907, mais en lieu et place, à l\u2019article Métis.Il reste que les précisions statistiques sont difficiles à établir au sujet des rejetons des coureurs des bois, français ou écossais, et des filles des blanches steppes polaires.Même 1l semble qu'il faille croire que les données démographiques officielles n'existent pas.Leurs historiens, du moins ceux que j'ai abordés, ne donnent pas de chiffres.we LE LAROUSSE DU XXe SIECLE ET LES CANADIENS 25 Déductions et calculs faits, je ne croirai pas manquer à la générosité en accordant qu'ils peuvent constituer au grand total le quart de l'actuelle population indienne.Alors, 25,000 âmes, dispersées par tout le territoire du Grand-Ouest! Et encore une fois, je pense être fort généreux.D'ailleurs, je ne me souviens plus duquel, mais un de leurs historiens, le Père Morice ou le juge Prud'homme, constate avec mélancolie quelque part que si les Métis sont prolifiques, probes, doux, respectueux des lois, ils n\u2019ont par contre pas manifesté la vitalité et la vigueur avec quoi se fondent et durent les grandes races et qui ont été entr\u2019autres, les caractères distinctifs des Canadiens français.Et le même auteur de regretter qu'à la troisième génération les Métis s'éteignent ou en soient sérieusement menacés.Je me résume.L'énoncé même du principe général de l\u2019article incriminé est impropre, capable d'abuser tout à fait un esprit non averti.Aux Indiens, on accorde une place à laquelle ils n\u2019ont pas droit en dépit de leur titre considérable de plus anciens occupants du sol.Nous n'avons accepté que sous réserve la proposition relative aux descendants des premiers colons français.Quant aux Canadiens anglais, la portion la plus nombreuse de la population canadienne, je ne dirai pas qu\u2019ils sont traités avec in justice, ils ne le sont pas du tout.Ce sont les Métis qui reçoivent la part du lion.Sans avoir pu établir mathématiquement qu\u2019ils ne méritent pas cet honneur, si dignes d'intérêt qu'ils puissent être d'autre part, je crois avoir indiqué suffisamment que comme pour les Indiens, ce n\u2019est pas le lieu de traiter leur cas.Voilà donc, Mesdames, réduites à sa plus simple expression à quoi peut se résumer et comment s\u2019interprète à la lumière crûe de la critique, la démonstration \u2014 ne la dénommons pas ainsi par antiphrase! \u2014 de l\u2019auteur chargé de l\u2019article ethnographique des Canadiens dans le Larousse du XXe siècle.Aussi longtemps que l'analyse \u2014 laborieuse peut-être, mais ce n'était pas si facile \u2014 que j'ai essayé d\u2019en faire avec vous, ne sera pas pertinemment contredite, nous devrons la considérer comme nulle et non avenue, pêchant par la base, malencontreuse, impropre ei injuste, inélégante même, puisqu'elle ne révêle pas la moindre trace d'effort pour approcher, je ne dirai pas de la vérité, ce serait trop ambitionner, mais de la vraisemblance.Jean-Jacques LEFEBVRE MONTREAL, novembre 1931.Vip ; ve, I 2° Re \u2014 JY 22.aes.cms} i : Peer ee Re 28 © LA REVUE NATIONALE [a Fédération des Oeuvres de Santé La Fédération des Oeuvres de Santé fera dans quelque temps son quatrième appel annuel au public.Treize oeuvres font en ce moment partie de cette Fédération.Elles ont toutes de bons états de service envers la société.Si elles n\u2019existaient pas il faudrait les créer surtout par cette période de chômage et de temps dûr.Beaucoup de chefs de famille sont sans travail ou sans emploi.Les faibles réserves d'argent s'épuisent vite.Le courage s'abat.L'énergie s\u2019affaiblit et la famille est désolée à la pensée qu'il lui faudra recourir à la charité.Il fera sans doute plaisir de constater que tous les éléments, membres du clergé, hommes d\u2019affaires, financiers et négociants, travailleurs industriels et peut-être aussi des chômeurs, feront partie des équipes qui solliciteront votre souscription en faveur de la Fédération.Le comité est en train de jeter les bases d\u2019une organisation qui groupera toutes les bonnes volontés.Cette année, la campagne de la Fédération des Oeuvres Sociales de Santé ne le cèdera en rien à celles des fédérations protestantes, irlandaises ou juives qui ont obtenu plus d\u2019un million ($1,000,000) au cours de leurs appels successifs.Nous nous devons de secourir nos oeuvres.Les financiers, les maisons de commerce nous appuient avec enthousiasme.D'ailleurs sans entrer dans le vif de la question, sans faire une énumération complète des motifs qui animent ses directeurs, ne suf- fit-il pas de signaler à l'attention des gens de bien, des favorisés de la fortune, qu\u2019il existe des milliers de familles dans la misère, peut- être 20,000 enfants insuffisamment nourris, qui ont besoin de bon air, de soleil, de joie, de bonheur; des milliers de vieux et de vieilles sans foyer et dénués de tout; des jeunes gens et des jeunes filles qu'il faut à tout prix protéger contre la contagion de la rue, pour que la race croisse et se développe en restant forte et vaillante.Quartiers-généraux de la Fédération des Oeuvres Sociales de Santé, pour le temps de la campagne, Edifice Aldred, troisième étage, 507, Place d\u2019Armes.Téléphone: MArquette 4131, 4132.Directeur : Alphonse DE LA ROCHELLE = nia = ê TT fre V2 A + er BA Er VT Tr.Ih Thm A MEMBRES DE LA SOCIETE Abonnez vos garçonnets et vos fillettes à L'OISEAU BLEU Revue illustrée pour la jeunesse ABONNEMENT: Canada et Etats-Unis, \u201850 sous seulement.LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL 1182, rue Saint-Laurent, Chambre No 1 ®, 2% Contes Historiques L\u2019Histoire du Canada, avec texte et images en couleurs 16 contes, reliés en un magnifique album \u2026.\u2026.\u2026 80.30 franco En feuilles détachées: le cent \u2026.\u2026.iv iis ein een 00e $0.80 franco Edités par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal 1182, RUE SAINT-LAURENT MONTREAL 0 pagnie i Li A a En el, Yen \\\\\\ ¢Assurance sur la Vie : y Ç; | aSaubegarde = = MONTREAL Narcisse Ducharme, président | LA REVUE NATIONALE | 80 de vos clients jugent votre maison d\u2019après O votre papeterie et vos imprimés.Nous sollicitons votre patrcaage strictement sur les qualités de nos travaux, et sur notre habileté a vous bien servir dans toute l\u2019acception du mot.L\u2019ECLAIREUR, INCORPOREE Imprimeurs \u2014 Editeurs \u2014 Papetiers DEUX ETABLISSEMENTS BEAUCEVILLE MONTREAL ! = + K.©.SATISFACTION GARANTIE Tél : BElair 0408 1 ERNEST MEUNIER i Membre de la section Saint-Jean-Baptiste No 13 : TAILLEUR FASHIONABLE | 994 est, RUE RACHEL - - - MONTREAL : 3 Près du Parc LaFontaine | La £ 8 + 3 J.-A.ST-AMOUR Ltée, ENTREPRENEURS - ELECTRICIENS 2s - Ne négligez pas vos yeux U- Boileaw.~~ E-N.Boileau, Prés.-Gén.See.-Trés.1767, rue Saint - Denis Téléphone: HArbour 5544 Bureau: Tél : CHerrier 3191-92 LJ c\u2019est un bien qu\u2019on .ne perd ULRIC BOILEAU, Limitée qu\u2019une fois ENTREPRENEURS Examen de GENERAUX la vue Lunettes Spécialité: Edifices Religieux élégantes, etc.A.-L.PHANEUF 4869, rue Garnier Optométriste-Opticien MONTREAL A a Encouragez nos annonceurs VI LA REVUE NATIONALE Cours technique.\u2014 Troisannées d\u2019études.Enseignement théorique et manuel.Laboratoires et ateliers des mieux outillés.Bourses d\u2019études aux élèves méritants et peu fortunés.Cours des métiers.\u2014 S\u2019adressant aux jeunes gens qui n\u2019ont pas eu l\u2019avantage de finir leurs études primaires, mais qui désirent se préparer à l\u2019exercice d\u2019un métier.Cours d\u2019apprentissage.\u2014 Ces ; cours sont organisés selon les besoins locaux, en collaboration avec l\u2019Indus- appliquées.Dessin industriel, Electri- cité théorique et pratique (laboratoires et ateliers), Chimie industrielle, Peinture en bâtiment, (intérieur et exté- + | Cours libres.\u2014 Mathématiques | | | rieur), Plomberie sanitaire et chauf- PRÉPARANT AUX CARRIÈRES INDUSTRIELLES COMME EXPERTS, CONTREMAÎTRES, CHEFS D\u2019ATELIERS IMPRIMEURS, ETC.COURS DU JOUR trie, de façon à permettre aux apprentis qui travaillent régulièrement sous un patron, de venir à l\u2019École chercher les connaissances théoriques et appliquées qu\u2019il leur serait impossible d\u2019acquérir au cours ordinaire de leurs occupations.Cours spéciaux d\u2019Automobile.\u2014 Cours complet de mécanique et d\u2019électricité d\u2019automobile préparant à l\u2019obtention de la licence de mécani- niciens en véhicules moteurs délivrée par le Gouvernement de la Province de Québec.COURS DU SOIR fage, Etude des plans, Estimations en construction, Tracé en construction, Modelage, Menuiserie, Ebénisterie, Ajustage, Soudure autogène, Forge, Fonderie, Chaudière à vapeur, Automobile, Imprimerie (composition, presses).Les éléves ayant terminéleur cours primaire et qui seraient désireux de se créer une car- riére honorable et payante, ont intérét a venir nous consulter.Nous leur montrerons comment arriver rapidement et sûrement au succès.PROSPECTUS SUR DEMANDE as | se = N.B.\u2014 Invitation spéciale est jaite aux instituteurs, de venir visiter nos | | ateliers avec leurs élèves: ils seront toujours les bienvenus.| Ë POUR TOUS RENSEIGNEMENTS S'ADRESSER AU SECRÉTARIAT: TÉL- HA.2595 xd i \u2014 16 51,82 | Annonce composée à l\u2019atelier de typographie de l\u2019Ecole 1 À RESTONS MAITRES DE NOS INSTITUTIONS VII Le me eg 0 es Ve SES SRE a rT RY ST STE eee = _\u2014 \u2014 {3Ji200 RUE SHERBROOKE Quest, MONTREAL Fondée par le Gouvernement de la province de Québec Subventionnée par le Gouvernement Provincial et la Cité de Montréal nr aR I 4 JAE PES AE ET SE PER I AI LE CEE ER MESSE HER Ry Co INS A SAAN M EL TA NES CEE EN LA REVUE NATIONALE PREVOIR POUR POURVOIR La rente viagère c\u2019est le placement le plus sûr pour Ma les économies réalisées: elle les soustrait au gaspillage individuel; elle les soustrait aux séductions et aux dangers de la spéculation.; I e CAISSE NATIONALE D\u2019ÉCONOMIE A 55, rue St-Jacques O.\u2014 Montréal FIDUCIE ENTRE VIFS x ; &e e { Créer un capital Vous le pouvez, jeune homme.Nous Pris vous y aiderons, Venez arréter les fr: détails de votre contrat à notre siè- o ge social.Une partie de votre sa- fr laire suffira.Vous n\u2019aurez qu\u2019à nous le verser, régulièrement, cha- ne que mois.© SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE i ; i j te i 55, rue St-Jacques O.\u2014 Montréal Sur EL.PRATIQUONS L\u2019EPARGNE VIII i COMITES PERMANENTS DE LA SOCIETE SAINT-JEAN BAPTISTE DE MONTREAL 1930-1931 COMITE DE REGIE ET DE PLACEMENT DE LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE ET DE LA CAISSE DE REMBOURSEMENT Président: M.Guy VANIER.Secrétaire-trésorier: M.J.-Albert BARITEAU Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, Aimé PARENT, J.-Ovila MOQUIN.COMMISSION ADMINISTRATIVE DU MONUMENT NATIONAL Président: M.Ernest-J.BROSSARD.Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, J.-Alfred BERNIER, J.-Albert BARITEAU, Alphonse PHANEUF.COMMISSION D\u2019ETUDE Président: M.J.-Alfred BERNIER.Membres: MM.Olivier MAURAULT, P.s.s., V.-Elzéar BEAUPRE, J.- Ovila MOQUIN, Guy VANIER, Maurice TESSIER, Arthur TREMBLAY, Dr Arthur-A, LEFEBVRE.COMITE DES COURS ET PUBLICATIONS Président: M.Alphonse PHANEUF.Membres: MM.J.-Ovila MOQUIN, J.-Albert BARITEAU, Maurice TES- : SIER, Arthur TREMBLAY, C.-Hermélien MOINEAU.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE Président: M.Victor MORIN - ler vice-président: M.Guy VANIER, C.R.2e vice-président: M.J.-Victorien DESAULNIERS Membres: MM.Charles LAURENDEAU, V.-Elzéar BEAUPRE, Justi- nien PELLETIER, Aimé PARENT, Ernest-J.BROS- SARD, Dr Hector CYPIHOT.Directeur-gérant: M.J.-Victorien DESAULNIERS ~~ CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE COLONISATION Président: M.Jules de SERRES | Vice-président: M.Rodolphe LANGEVIN - Secrétaire: H.Henry L.-AUGER : Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, gérant, Oscar GATINEAU, Al- M A ere vi.Dhonse HARDY, L-M.CORNELLIER, J.-Ovila MOQUIN, BREE \u201c Louis POULIOT.- or rm lB 5 in ea ET near creme tas ie Se BLS An Ia HEE tulle .acartantan ad entente reste Pr j A i! Ÿ ; \u2014e Les => fs }\u2014 _ COMPLIMENTS a E \u2014 DELA ¢ BRASSERIE, Dow\u201d BS ) ET DE LA BRASSERIE DAWES \u2014 3 = | | ; fs AN | _ \u201cNATIONAL \u2018BREWERIES LIMITED\u201d = \u2014- Imprimerie de l\u2019Eclaireur Inc, 1723, rue St-Denis, Montréal situe 40 | re mm a res ae re Sel \u2014 "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.