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Titre :
La revue nationale /
Éditeur :
  • Montréal :Impr. A. Ménard,1919-1932
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Petit canadien ,
  • Pays laurentien ,
  • Revue acadienne
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La revue nationale /, 1932-02, Collections de BAnQ.

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[" 14e ANNEE \u2014 No 2 MONTREAL FEVRIER 1932 AS = Ordane | Qa ae | TR )aint-|ean-Daptiste \u2014 OÙ SD J | = fe LL Wi AN 2 \u2014 === Monseigneur Ignace Bourget Lo i - ) PL Lee UP PP x.L'abbé Elie-J.Auclair | 27 Les deux tombeaux - Le Jean-B aptiste Lagacé 32 Université, progrès et survivancè ~~ = C ne Le dass ea nee ITO Jean Bruchéss 37 re Larmes SP \u2026 Jules Ledoux - 43 (ane Honoré d'Arles 45 Le Souvenir d'Albert Lozeau C7 Appel de la Fédération des Oeuvres sociales de Santé 54 Rédaction et administration: 1182, rue SAINT-LAURENT MONTREAL - Pages : oo \u2026\u2026 Antoine Bernard, C.S.V.50.A en AA.MR il AU ine PO _\u2014_ _\u2014\u2014 | a a hi ai 3 tn is Te ret a mn c\u2014 \u2026- a.crc mt ASS METRE EEE ES ee A a te, EEE LA SOCETE SAINT JEAN BAPTISTE DE MONTRÉAL Fondée en 1834 - \u2018Conseil général Aumônier général: Mar l'ARCHEVEQUE DE MONTREAL.Assistant- aumônier général: M.OLIVIER MAURAULT, p.s.s., supé- _ Tieur de l\u2019Externat Saint-Sulpice, 1000, bd Crémazie est.Présiaent-général: V.-ELZEAR BEAUPRE, I.C., professeur, 3732, rue .Saint-Hubert.- ler Vice-président général: ERNEST-J: BROSSARD, gérant de banque, 410, rue Beaubien est.- 2e Vice-président général: J.-ALFRED BERNIER, voyageur \u201cde coms merce, 48, rue Hazelwood, Outremont.| Secrétaire général: J.-OVILA MOQUIN, douanier, 139, rue Saint- Thomas, Co Longueuil, P.Q.q Trésorier général, J.-ALBERT BARITEAU, LL:L., \u201cnotaire, 1609, rue Maisonneuve.CL 1: Honorable F.-L.BEIQUE, sénateur, 112, rue Saint- Jacques ouest.Sir Hormisdas LAPORTE, C.P., 2232, rue Dorchester.ouest.J.-Victorien DESAULNIERS, B.A, \u2018divectelir- gérant, 55, rue Saint-.Jacques ouest.OR A LC Guy Vanier, C.R., 57, rue Saint-J acques \u2018ouest.= 2 Ce Te Aimé Parent, trésorier de la Ville de Verdun, 21, av.Galt, Verdun.Alphonse PHANEUF, optométriste, 1767, rue Saint-Denis.Arthur TREMBLAY, marchand, 2115, rue Delisle.: Maurice TESSIER, professeur, 2150, rue Dézéry.x C.-Hermélien MOINEAU, voyageur \u2018de commerce, 4426, rue .Christopher Colomb.h \u201c Dr Arthur- A.LEFEBVRE, 5586, rue Phillips, Outremmont.ae Chef du secrétariat : Alphonse de la.ROCHELLE, notaire, Bureau No 1, .Monument national.Téléphone: PLateau 1131, Organisateur et propagandiste: T.-Auguste POUPART, 7078, rue de \u2018Nor- manville.Téléphone: CAlumet 3876.CORPORATIONS FILIALES DE LA SOCIETE La Caisse Nationale d\u2019Economie \u2014 la Uaisse de Remboursement \u2014 ls Monument national \u2014 la Société Nationale de Fiducie \u2014 Je Société Nationale de Colonisation.La direction de la Revue nationale nes \u2018engage pas a rendre les manuscrits non insérés.Elle laisse aux auteurs la responsabilité des idées émises dans leurs articles.i Abonnemeént: $2.00 par année.LL 4 La REVUE NATIONALE est éditée par 1a Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, 1182, rue Saint-Laurent, et imprimée par \u201cL\u2019ECLAIREUR\u201d Inc.fmprimsurs- -éditeurs, 1723, rue Saint-Denis Tél: HArbnn- $34.se = LA REVUE NATIONALE Le thé le 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du Canada, dont les succursales sont réparties dans quatre provinces de l\u2019Est du pays, est en mesure de vous fournir toutes les facilités bancaires dont vous avez besoin.Pour vos achats de traites, lettres de change, - consultez le gérant local de notre succursale la plus rapprochée.LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA Bureau-Chef - - Montréal Correspondants dans toutes les parties du monde og ADRIEN BOILEAU.Président et Gérant Secrétaire-Trésorier Outremont Outremont Tel : ATlantic 4279 Té) : ATlantic 3308 DAMIEN BOILEAU, Limitée ENTREPRENEURS GENERAUX Spécialité: Edificez Religieux EDIFICE \u201cTRUST & LOAN\u201d, 10, RUE SAINT-JACQUES EST Téléphone: HArbour 4858 MONTREAL AIME BOILEAU, Vice-Président DAMIEN BOILEAU, \u2014 + K.C.SATISFACTION GARANTIE Tél : BElair 0408 ERNEST MEUNIER Membre de la section Saint-Jean-Baptiste No 13 TAILLEUR FASHIONABLE 994 est, RUE RACHEL - - - - Près du Parc LaFontaine MONTREAL + Bureau: LAncaster, 1771 Résidence: WIIbanKk 2397 C.LAMOND & FILS 29, RUE BLEURY MONTREAL Manufacturiers de Bijouteries et médailles.\u2014 Insignes en or, émail, or plaqué, argent, bronze et aluminium.Nous sommes possesseurs de 95% des coins de la maison Caron Frères Inc.W.LABADIE, représentant Dessins soumis sur demande Encouragez nos compatriotes IV + * \u2014 ve \u2014 cor Por ly; ig; On he Vie Jaw 14e ANNEE \u2014 No 2 MONTREAL FEVRIER 1932 LA REVUE NATIONALE Mer Ignace Bourget (Ecrit pour la Revue nationale ) L Y À tout près d\u2019un demi-siècle que Mgr Bourget, le deuxi- Ÿ I ème évêque de Montréal, est mort, plein de jours et de mé- CV] rites, le 8 juin 1885, et l\u2019on peut affirmer sans crainte qu\u2019il vit plus que jamais dans la mémoire de ceux qui savent se souvenir.Deux livres viennent de paraître, où nous le retrouvons tel qu'il était, Vraiment grand par ses vertus et par ses oeuvres: La Vie de Mère Marte-Rose ou Rose du Canada, par le Père Duchaussois, de la congrégation des Oblats de Marie, et Mgr Ignace Bourget, par le Père Langevin, de la compagnie de Jésus.Ce sont là deux volumes en vérité bien intéressants et bien attachants.J'en ai déjà écrit ailleurs de modestes recensions (1), et je n'insisterai pas ici sur leur valeur propre, à l\u2019un et à l\u2019autre, du point de vue historique et littéraire.Je voudrais simplement en les utilisant tous les deux, retracer, bien en raccourci hélas!, pour nos lecteurs de la Revue nationale, le portrait du grand et saint évêque qu'a été, au siècle dernier, Mgr Bourget.Dans son histoire de la fondatrice de l'institut des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, le Père Duchaussois ne nous raconte pas, sans doute, toute la vie de Mgr Bourget, puisque ce n\u2019était pas l'objet direct de son étude.Mais, en même temps qu\u2019il nous le montre au labeur apostolique dans l\u2019une de ses principales oeuvres, il nous donne, de lui, quelque part, l\u2019une des plus fidèles et des plus justes esquisses que je connaisse.\u201cMgr Bourget, écrit-il, avait tout pour séduire les hommes, les convaincre, les entrainer, les organiser, les pousser dans les voies de la terre et du ciel.Sourire de candeur et de paix, regard chaud et , () Vie de Mère Marie-Rose, article de l\u2019Avenir du Nord, le 15 janvier 1932, Mgr Ignace Bourget, article du Progrès de Valleyfield, le 21 janvier 1932, 28 LA REVUE NATIONALE pénétrant des yeux bleus, figure hiératique nimbée jusqu\u2019aux épaules d'une chevelure prématurément blanchie; gravité pontificale, alternant avec l'affabilité personnelle selon les heures et les fonctions: esprit rapide, aux conceptions claires, vastes et justes; activité régie par le voeu prononcé de ne laisser oisive aucune parcelle du temps; coeur humble et tendre, désintéressé, ignorant l'acception de personnes, interprétant toujours en bien toute action du prochain; amour pour le pauvre, le petit, l'abandonné; zèle à pourvoir à tout besoin, à se charger même de la besace des mendiants pour s\u2019en aller dans les bourgades frapper à chaque porte en faveur des oeuvres sans ressources; abnégation personnelle s'alliant à la frugalité monastique, entraînant le prélat à ne porter sur lui aucun argent et le réduisant à la fin de sa vie à un bilan qui n\u2019eut point permis de solder les frais de sa sépulture; large hospitalité cependant, ouverte à tous les prêtres; au dehors, l'énergie d'un chef, rempart et champion de la vérité, qui, sa décision une fois arrêtée devant Dieu, ne reculait plus jamais, restât-il seul contre tous; surpassant \u2018enfin ces dons et les animant jusqu'à l'exaltation, piété spontanée, quotidiennement grossie aux eaux vives des pratiques chrétiennes et sacerdotales, depuis le chemin de croix d'avant l'aurore jusqu\u2019à la visite au Saint-Sacrement.sur le coup de minuit \u2014 tel apparut l\u2019Ange de la prière, le Vincent de Paul de la charité, l'Augustin de la dostrine, 1\u2019 Athanase de la résolution, que le clergé et le peuple consultèrent comme l\u2019oracle de leur temps et qu'une voix unanime surnomma le saint évêque de Montréal.\u201d (Rose du Canada, pages 86 et 87).Au reste, dans cette histoire de Mère Marie-Rose et des débuts de son oeuvre, on aperçoit tout le temps l\u2019action, énergique et douce à la fois, du jeune évêque d'alors, tout autant que celle, si généreuse ct si dévouée, du Père Allard (plus tard évêque missionnaire) et des autres pères Oblats de Longueuil, qui ont tant fait pour la fondation de l'institut des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.Historien de carrière, connu par ses beaux livres sur les missions des Oblats dans l'Ouest canadien et aux Indes anglaises, dont plusieurs ont été couronnés par l'Académie française, le Père Duchaussois a eu vite saisi le rôle prépondérant de l\u2019évêque de Montréal dans la vie et l'oeuvre de Mère Marie-Rose et il a su brillamment le mettre dans le relief qui convenait.C\u2019est l\u2019une des beautés de son livre qui en contient nombre d\u2019autres.On est même tenté parfois, à ce qu'il me semble, de se demander, en lisant Rose du Canada, comme naguère Aux glaces polaires ou Sous les feux de Ceylan, si le Révérend Père ne s'applique pas trop peut-être à faire beau et s\u2019il ne ga- rts ra) \u20ac os ess ue MGR IGNACE BOURGET 29 gnerait pas à plus de sobriété dans la peinture des paysages ou des physionomies! Ce qu'il écrit toutefois, de Mgr Bourget n'en est pas moins au juste point et de toutes façons admirable.Le Père Langevin en est, lui, à ses commencements.Son Mgr Ignace Bourget est, si je ne me trompe, son premier livre.Il n\u2019a pas l\u2019acquis du Père Duchaussois et 11 pousse moins avant l'analyse des situations et des personnages qu'il nous présente.Il se borne davantage à l'exposé des faits, en les expliquant selon les circonstances dans lesquelles ils se sont produits.Mais, c\u2019est expressément de Mgr Bourget qu'il traite dans son volume.C\u2019est toute sa vie et ce sont toutes ses oeuvres qu\u2019il nous raconte en un in-douze de 300 pages.C'était, 11 faut en convenir, une lourde tâche, je dirais même une tâche écrasante de tout condenser en si peu de pages.Il y a, je crois, suffisamment réussi pour qu'on le loue sans réserve de son noble effort.Sa bonne plume a su rester à la hauteur du sujet qu'elle avait à développer.Que quelques omissions ou quelques inexactitudes lui aient échappé, que quelques périodes soient moins heureusement balancées que d'autres, cela importe peu.On se rend compte, à tout prendre, que son mérite n\u2019est assurément pas ordinaire.Aussi bien, est-ce de son livre que j'entends surtout parler dans la présente étude, voulant me guider sur son substantiel récit pour conduire le mien à bon terme.Mgr Bourget était né, à Saint-Joseph de Lévis, le 30 octobre 1799, d\u2019une honnête et forte famille de braves cultivateurs canadiens.Il fit ses classiques au séminaire de Québec.Il alla ensuite enseigner au séminaire de Nicolet, tout en y étudiant sa théologie, selon la coutume de l'époque.II était déjà sous-diacre, quand, en mai 1821, Mgr Plessis le donna pour secrétaire à Mgr Lartigue, qui venait d'être sacré, le 21 janvier de la même année, sous le titre d'évêque de T'elmesse, comme auxiliaire de Québec, avec résidence à Montréal.C\u2019est à Montréal, par suite, que l\u2019abbé Bourget fut ordonné prêtre le 30 novembre 1822.Il continua à remplir les fonctions de secrétaire de l'évéché, pendant quatorze ans, jusqu\u2019en 1836.Le 13 mai de cette dernière année, Montréal était érigé en diocèse autonome, et, le 8 septembre, Mgr Lartigue en prenait possession.1I nomma aussitôt M.Bourget son vicaire général, et, un an plus tard, il obtenait de Rome qu'il fût choisi pour être son coadjuteur.Elu le 12 mars 1837, sous le titre d'évêque de Telmesse, lui aussi, Mgr Bour- get fut sacré, à Montréal, par Mgr Lartigue, le 25 juillet suivant.Mgr Lartigue étant mort le 19 avril 1840, Mgr Bourget, son coad- MER ARR ALT Ly ERR CRE 30 LA REVUE NATIONALE juteur, devint de droit évêque titulaire de Montréal.II administra le diocese, en le dirigeant avec justice et droiture, autant qu\u2019avec zéle et désintéressement, en multipliant les paroisses et les oeuvres sans jamais se lasser, pendant trente-six ans, de 1840 à 1876.Démissionnaire en mai de cette année 1876, il prit, peu après, sa retraite, ayant reçu le titre d\u2019archevéque de Martianopolis, à la résidence Saint-Janvier, à Sault-au-Récollet.Il y vécut encore neuf ans et y mourut, à 85 ans, le 8 juin 1885.Mgr Bourget condense et résume en lui seul un demi-siècle au moins (1830-1880) de la vie religieuse et nationale de notre région de Montréal, et même de notre province de Québec et de tout le pays canadien.Sa carrière a été vraiment prodigieuse.Le mot est de M.Colin, l'ancien supérieur de Saint-Sulpice, qui disait, en prononçant son oraison funèbre, 4 Notre-Dame: \u201cMgr Bourget a ¢té, sans contredit, pour I'Eglise du Canada, l\u2019homme le plus considérable et le plus prodigeux de son siècle.\u201d C'est le regretté Père Edouard Lecompte, des Jésuites, le probe et alerte écrivain que notre public lettré a si justement apprécié, qui avait été chargé, il y a trois ou quatre ans, d\u2019écrire une vie populaire, et non pas une histoire définitive, ainsi qu'il me le disait à moi-même, de Mgr.Bourget.Il est mort, avant d\u2019avoir achevé sa tâche, le 20 décembre 1929.Son confrère de la compagnie de Jésus, le Père Langevin, a continué le travail commencé.Il se défend, dans son avertissement de prétendre \u2018à une grande profondeur d'analyse, non plus qu'à une grande richesse de synthèse\u201d.Mais, dans un style simple et naturel, correct et alerte toujours, qui s'émeut par endroits et sait être constamment entraînant et captivant, il nous raconte son héros et son oeuvre avec une netteté et une clarté qui nous le font, très à l'aise, parfaitement connaître.Une histoire plus élaborée, plus savante et plus fouillée, plus complète aussi, pourra s'écrire un jour.Il n\u2019en saurait être de plus \u201cpopulaire\u201d, selon le mot du Père Lecompte, que celle que nous donne le Père Langevin.Nous avions déjà une Vie de M gr Bourget, publiée en 1917, à Paris, dans la collection ou la série des Voix canadiennes d'Arthur Savaète, un gros volume in-octavo, de 462 pages, au texte serré, plein de faits et de documents, mais manifestement partial et injuste, contre la tendance outrancière duquel nos chefs d'Eglise les plus autorisés nous ont mis en garde.Comme le bon livre du Père Langevin s'anime de meilleurs sentiments et a une autre valeur d'instruction et d\u2019édification ! x 7 pried Ge MGR IGNACE BOURGET 31 Voici la brève analyse que j'èn faisais, l\u2019autre semaine, dans un article de recension écrit pour le Progrès de Valleyfield, qu\u2019on me pardonnera, je l'espère, de reproduire ici simplement.\u201cTout l\u2019ouvrage, que présente une éloquente lettre-préface de Mgr Georges Gauthier, archevêque-coadjuteur de Montréal, se ramène à une di- Zaine de chapitres.Les premiers nous racontent la jeunesse et la formation de Mgr Bourget, au foyer paternel et aux séminaires de Québec et de Nicolet.L'on y voit l\u2019action évidente de la Providence qui prépare, dans le futur évêque, un homme de prière et d'oeuvre exceptionnel.Viennent ensuite les chapitres des premières années de son règne épiscopal.C'est la période des orientations énergiques, des établissements ou des fondations d\u2019instituts et de communautés.Ce qu'il y en eut! Je renonce même à les énumérer.Ce serait trop long.Puis, ce sont les chapitres des dernières années d'activité, au cours desquelles Mgr Bourget eut tant de tribulations, à propos de la division ou du démembrement de la paroisse de Notre-Dame, des affaires de l'Université Laval, de la chicane politique des \u2018\u2018program- mistes\u2019\u2019 et des \u2018\u2019antiprogrammistes\u2019\u2019, de la condamnation de l\u2019Institut canadien, des procès Guibord, du scandale Chiniquy.Ce sont là, tranche par tranche, des récits sobres et mesurés, qui disent tout, bien qu'en n\u2019insistant pas sur les détails, avec infiniment de tact et de respect pour le caractère des personnages mis en cause, sans animosités ou querelles rétrospectives, sans parti-pris aucun, avec une parfaite sérénité d'âme ou d'esprit chez le narrateur.Enfin, le chapitre de la dernière étape, les huit ou neuf années de retraite du vieil évêque à Sault-au-Récollet, achève de nous édifier, de la façon la plus naturelle du monde, sur la vie de cet homme de Dieu, que notre peuple dénromma spontanément le saint évêque.\u201d Le livre du Père Langevin, en somme, justifie le beau portrait que nous donne, dans le sien, le Père Duchaussois, et que j'ai cité plus haut.Mgr Bourget, c\u2019est bien, par excellence, l\u2019homme de prière et l'homme d'action, grand dans ses vertus et grand dans ses oeuvres, que célébrait M.Colin dans sa fameuse oraison funèbre de Notre-Dame.Le grand et saint évêque qui gouverna le diocèse de Montréal de 1840 à 1876, c\u2019est bien, comme le proclamait Mgr Bru- chési à l'inauguration de son monument en face de la cathédrale, en juin 1903, l'artisan principal de tout ce qui s\u2019est fait à Montréal pendant cinquante ans, un Athanase pour l\u2019orthodoxie, un Charles Borromée pour le zèle et un Vincent de Paul pour la charité! Les deux livres dont je viens de parler, celui du père Duchaussois et surtout celui du père Langevin, l\u2019établissent et le démontrent, chacun EE pra S d ICN Bl IORI PT A EE ea Sig ee 32 LA REVUE NATIONALE à sa manière, jusqu'à l'évidence et superbement.Je ne saurais trop encourager ceux qui aiment à s\u2019instruire en s'édifiant à se procurer ces deux excellents volumes: Rose du Canada ou Mère Marie-Rose et Mgr Ignace Bourget.L'abbé Elie-J.AUCLAIR, de la Société Royale du Canada [Les deux tombeaux \u201c {OUT le monde sait que l'Abbaye de Westminster, ce pur joyau de l'architecture gothique, est l\u2019orgueil de Londres, tout comme Notre-Dame est la gloire de Paris.Mais ce que l'on sait moins, c'est que cette très vieille église abbatiale (sa fondation date du Xe siècle) est devenue le Panthéon de l'Angleterre.Là, dans l'ombre des déambulatoires et le recueillement des chapelles écartées, reposent ses rois, ses héros, ses orateurs, ses poètes, en un mot, les plus illustres de ses enfants.Aucun monument n'a été plus identifié avec l\u2019histoire d'un peuple: chacune de ses pierres tombales représente une page des annales de la patrie .Mais qui donc, en ce siècle de vaine agitation, se soucie encore de ce que racontent les pierres?Ce n\u2019était pas, à coup sûr, la troupe de touristes que je voyais, lors de ma visite en 1922, se bousculer sur les talons du cicerone qui nonchalamment débitait son boniment, que personne du reste n\u2019écoutait.Et les tombeaux défilaient sous des regards indifférents, parfois amusés.S'il est vrai qu'il y a des endroits voués à la tristesse, je n\u2019en connais pas qui plus que la nécropole de Westminster \u2014 si; peut- être Saint-Denis \u2014 donne une impression aussi poignante de la vanité des grandeurs humaines.En dépit de la richesse prodiguée, de l\u2019art dépensé, dé l\u2019éloquence des épitaphes, la plupart de ces innombrables tombeaux sont livrés, comme dit le poète: es .A Au sommeil sans rêve et sans moment Sur qui l\u2019oubli divin plane éternellement.\u201d Il en est un pourtant qui, dressé dans une trainée de lumière tombant d\u2019un vitrail, immobilisa le groupe turbulent que je suivais (1) Conférence donnée a la radio, poste CKAC, le 28 novembre 1931.Ta LES DEUX TOMBEAUX 33 a distance.Les conversations s\u2019étaient tues: même il me sembla voir s'allumer dans les yeux des toutes jeunes femmes comme un acte d'adoration.Je m\u2019approchai a mon tour et sur la blancheur du marbre je lus un nom sonnant la jeunesse et la victoire et ce nom était celui de James Wolfe, le vainqueur des Plaines d\u2019 Abraham.Une inscription apprend que ce sont le roi et le Parlement qui défrayèrent les frais de ce somptueux monument dont voici la description.Sur une large base demi-circulaire apparaît un bas-relief en bronze représentant les troupes anglaises prenant pied sur la falaise de Québec.Aux angles de ce piédestal élevé, deux lions supportent un sarcophage sur lequel se dresse la figure du jeune héros à demi couché sur un lit de camp, soutenu par un soldat.Il est nu jusqu'à la ceinture, parce qu\u2019il a fallu sonder la plaie par où fuyait la vie avec le sang.Les yeux illuminés, il semble interroger la plaine où se joue la terrible partie.Dominant le groupe, une victoire ailée tend au mourant la couronne de l'immortalité.Ce monument est-il un chef-d'oeuvre?Qui en est l'auteur?Je vous avoue que je n'en sais rien.Mes yeux et ma pensée étaient ailleurs.Je contemplais la figure transfigurée de ce favori de la Gloire et ma pensée mélancoliquement évoquait la scène finale du drame qui devait changer la destinée de tout un peuple.Le 13 septembre 1759, la nouvelle se répandait dans Québec que l\u2019armée anglaise était rangée en ordre de bataille sur les Plaines d'Abraham.Montcalm, emporté par sa vivacité ordinaire, ne prenant avec lui qu\u2019une partie de ses troupes, marche à la rencontre de l\u2019ennemi.Tout à coup éclate un feu si meurtrier que la petite armée décimée recule en désordre.Wolfe, blessé au poignet, commande la charge; mais à peine a-t-il fait quelques pas qu\u2019une balle lui traverse la poitrine.Transporté dans sa tente, il est déposé inconscient sur un grabat.Mais voilà que près de lui quelqu'un s\u2019écrie: \u201cIls fuient\u2019.Wolfe a entendu.\u201cQui?\u201d demande-t-il \u2014 \u2018Les Francais\u201d, lui répond-on.\u2014 \u201cQuoi, déjà?.Alors je meurs content.\u201d Ce furent ses dernières paroles.Il n'avait que trente-deux ans.Telle est la scène que le ciseau du sculpteur a matérialisée dans le marbre.Tandis que sur le jeune héros mon regard se posait une dernière fois, dans le secret de ma pensée se levait la touchante figure de l'Autre, le Nôtre .celui que par un sentiment de piété filiale nous appelons le Grand Vaincu.me PRE À 34 LA REVUE NATIONALE En août dernier j'étais à Québec.J'employai, vous pensez bien, le temps dont je disposais pour parcourir la ville en tous sens à la recherche des sites historiques, à la découverte des coins pittoresques qui abondent.\u2019lout d'abord, j'allai offrir mes dévotions à i: Notre-Dame des Victoires, m'étonnant cependant de ne pas trouver sur la petite place qui lui sert de parvis, le buste de Louis XIV dont la France a fait hommage à la ville et qui serait, soit dit en passant, a autrement évocateur que la banale fontaine qu'on a assez vue (1).3 Après avoir erré par les étranges rues que surplombe le Cap, je A gagnai la haute-ville dont je fis le tour des ramparts, caressant de 5 la main au passage un canon pacifique, m\u2019arrétant devant une vieilie A maison dont les jours sont peut-être comptés, me penchant à un w créneau croulant pour admirer l\u2019incomparable tableau du fleuve et 3 des Laurentides.Comme le terme de mon pèlerinage était la Chapelle des Ursulines où repose le Héros de Carillon, je voulus auparavant revoir la petite maison où la légende prétend que l'infortuné général avait établi ses quartiers.4 Alors, prenant une curieuse venelle qui, par un caprice qu'on ne tolèrerait plus aujourd'hui, tourne à angle droit, j'arrivat à ia Ÿ chapelle bâtie en bordure de la rue descendante.ii L'intérieur, on l\u2019imagine, n'a rien de la grandeur ni de la ma- = jesté de l'Abbaye de Westminster.C\u2019est tout simplement une as sez vaste salle rectangulaire à voûte surbaissée.Les muis de la nef, percés de larges fenêtres, n'ont d'autres ornements que cing grands tableaux d\u2019une très réelle valeur artistique.Le choeur, avec sa balustrade, sa chaire, ses deux autels de bois sculpté, est un magnifique spécimen de ce style gracieux et tourmenté qu'aftection- naient nos pères.Une grille qui monte jusqu'à la naissance de la voûte, clôture le choeur réservé aux religieuses.ur les parois de la nef, des plaques de marbre, diversement travaillées, perpétuent le souvenir de quelques citoyens marquants de la Capitale.Le tombeau de Montcalm se trouve enfermé, enfoui en quelque sorte, dans le mur de droite, à proximité de la table de communion.Une tablette de marbre, couverte d\u2019une longue inscription latine, en indique l'endroit.On a peine dans tout ce luxe de latin, d'un texte fin et serré, à découvrir et à démêler le nom de Mont- caim.Le visiteur non averti est bien excusable de passer sans s'ar- réter.Je dois ajouter en toute justice qu\u2019au dessous de la stele dont 1 Depuis le commencement de décembre 1931 le buste de Louis XIV a été installé sur le parvis de Notre-Dame des Victoires. LES DEUX TOMBEAUX 35 Je viens de parler, un médaillon de marbre porte les mots suivants: \u2018Honneur à Montcalm.Le destin en lui dérobant la victoire, l'a récompensé par une mort glorieuse\u201d.En face de ce mur où nulle forme de sarcophage ne laisse supposer une sépulture, je songeais au faste du tombeau de Westminster; je me rappelais même que le jour que je le visitai, une fraîche couronne de roses écarlates mettaient comme une éclaboussure de sang sur la blancheur du marbre; je me rappelais également que de chaque côté du mausolée, il y avait deux drapeaux qui, déposés là en ex-voto par l'un de nos bataillons en route pour les champs de bataille de France, semblaient conserver dans leurs plis immobiles quelque chose du vent qui avait autrefois fait claquer l'étendard anglais dans la rumeur de la victoire.Ici rien de tout cela: ni sarcophage, ni frissons de drapeaux, ni gerbes de fleurs.: Et pourtant ce vaincu fut un jour le vainqueur.Le malheur n\u2019abolit pas la gloire; seulement à la couronne de lauriers il mèle la couronne d'épines.De plus grands que lui ont succombé dans ieur tâche héroïque, écrasés sous le nombre ou trahis par la chance.Le Napoléon d\u2019Austerlitz n\u2019est-il pas aussi le Napoléon de Watei - loo?Et cependant, c\u2019est le dôme des Invalides qui abrite son éternel sommeil.À Montcalm, par hasard, tiendrait-on rigueur de n'avoir pas triomphé?.Il a donné sa vie.À Westminster, je m'étais incliné; dans la petite chapelle silencieuse de Québec, je m\u2019agenouillai, évoquant dans ma prière, comme je l'avais fait là-bas dans ma rêverie, la scène tragique du drame sanglant: la petite armée française, fauchée par le fer ennemi, se repliant en désordre; Montcalm frappé à mort, ramené sur son chevai dans la ville consternée.Transporté au Château Saint-Louis, il lui reste encore assez de force pour signer une supplique, recommandant la clémence à son heureux rival.Puis, uniquement occupé de Dien, il expire.Hitivement, dans la soirée du 14 septembre, à la lueur des flambeaux, sa dépouille est déposée dans une fosse qu'une bombe en éclatant avait creusée sous la chaire de la chapelle du Monastère voisin.Et c\u2019eut été l\u2019oubli sans les Ursulings, nos \u2018saintes femmes du tombeau\u201d.x x + Une table de marbre, même couverte de latin, c\u2019est trop peu pour commémorer de tels souvenirs.Sans doute, on nous dira: \u201cVous oubliez qu\u2019à l\u2019entrée des Champs de batailles se dresse sa statue; que dans l\u2019une des niches de l'Hôtel du Parlement, on a COCHE Cnn reese ete BERN RITIRIRT NHN IOC 36 LA REVUE NATIONALE placé son effigie; que son nom enfin est accolé à celui de Wolfe sur l\u2019obélisque de la \u2019l'errasse\u201d\u2019.Je sais tout cela.Mais je sais surtout que Québec, et par Québec j'entends la province tout entière, a la garde du tombeau de Montcalm .et que le tombeau de Montcalm est sans gloire.Il y faudrait voir figurer, comme à Westminster, l\u2019image de ia patrie déposant sur la dalle funéraire avec la couronne d\u2019immortelles la palme du martyre; il y faudrait aussi le frôlement de soie des drapeaux de Carillon et de Sainte-Foy; il faudrait enfin qu\u2019aux anniversaires joyeux ou douloureux, on y vint ranimer la Flamme du Souvenir.Sur l\u2019obélisque de la Terrasse consacré à la commune inémoire de Wolfe et de Montcalm, on a gravé une inscription, encore latine, que l\u2019on peut traduire ainsi: \u2018Leur courage leur a donné même mort; l\u2019histoire même renommée; la postérité, même monument\u2019.L'honneur nous impose le devoir de compléter la sentence par ces mots, français cette fois: \u2018L'amour et la reconnaissance leur ont donné un égal tombeau\u201d.Jean-Baptiste LAGACE Concert pour la nouvelle Université Nous annonçons pour le jeudi de Pâques \u2014 un grand concert à la salle Saint-Sulpice sous le haut patronage de Mgr le Recteur de l'Université.Les billets sont en vente chez les principaux marchands de musique et au Quartier Latin.Tous les envois d'argent, chèques, mandats-postes, etc, doivent être adressés au Trésorier de l\u2019Uni- versite.- Horace GUAY, organisateur © AT | UNIVERSITE, PROGRES ET SURVIVANCE 87 Université, progrès et survivance Lorsque le prince d'Orange, stadhouder des Provinces-Unies \u2014 nom dont on désignait la Hollande d'autrefois \u2014 voulut récompenser les habitants de la ville de Leyde, qui avaient, en 1574, repoussé l'attaque des Espagnols en perçant les digues protectrices et inondant la campagne voisine, il les laissa libres de choisir entre l'exemption d'impôts et une université.Les Hollandais de Leyde optèrent pour l\u2019université qui ouvrit ses portes l\u2019année suivante, et continue, après plus de trois siècles, d\u2019être au premier rang des universités d'Europe.| Les sujets du prince d'Orange avaient compris de quelle utilité serait, pour leur ville et la région, un établissement universitaire.Gens pratiques qui gagnaient leur vie dans le commerce ou la banque, ils avaient tout de même conscience qu\u2019une université, dispensant ce qu'on appelait au Moyen Age le studium général, contribue- tait non seulement au progrès intellectuel, mais aussi au progrès matériel de leur ville et de leur patrie.Ce qui était vrai, il y a 350 ans, pour les habitants de la patrie de Rembrandt, d\u2019une petite ville du pays des moulins et des tulipes, l'est encore et davantage, par suite des transformations de notre société moderne, pour les hommes du XXe siècle, en particulier pour nous, Canadiens français.Il ne se passe pas de semaine sans qu\u2019on nous dise: \u2018Les Canadiens français ont plus que jamais besoin d\u2019armes nouvelles pour lutter dans tous les domaines, où s'exerce le génie de l\u2019homme.Il ne suffit plus d'exister.Il faut vivre, c\u2019est-à-dire lutter, progresser.\u201d S1 le probième de la survivance et de la durée, dans le progrès continu, se présente toujours aux Canadiens français de 1931, comme il se posait pour nos arrières grands-parents, il ne se présente plus de la même façon.À ceux qui s\u2019agitent et se développent autour de nous, à ceux qui viennent demander à notre pays des moyens de subsistance et des sources d\u2019enrichissement matériel, nous devons, pour ne pas passer au rang des peuples inférieurs ou condamnés à mort, opposer autre chose que la seule force d'inertie jugée très longtemps suffisante.Il nous faut, ne cessons de le répéter, non pas une élite, mais des élites.Les professions dites \u2018\u2018libérales\u2019\u2019, qui paraissaient, il y a qi 1 + \u2018 by Ny Hi t Re eh Agee i 22228 Wf Ri: i fi i Bi 4 ee Pes Le EE A eee 38 LA REVUE NATIONALE cinquante ans, les seules dignes d'attirer notre attention et d\u2019accaparer nos énergies, les carrières industrielles qui offrent un champ de plus en plus vaste aux ingénieurs et aux chimistes, la vie économique dont le cercle s'agrandit d'année en année, l\u2019action sociale, qu'elle s'appelle bienfaisance, hygiène, ou apostolat ouvrier, exigent plus que jamais des spécialistes, et nous n\u2019avons pas le droit de nous en désintéresser ou bien de nous y livrer au hasard.Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas adopter une attitude de mépris ou simplement d'indifférence à l'égard de carrières que les découvertes de la science ont multipliées depuis les débuts de notre siècle.D'autre part, sous prétexte qu\u2019il faut d\u2019abord faire de l'argent, accroître la richesse matérielle des unités et de la masse de notre petit peuple, sous prétexte que nous vivons dans un siècle où l\u2019action pa- taît l'emporter sur la pensée \u2014 siècle de la vitesse et du renversement des valeurs \u2014nous ne pouvons pas commettre la faute lourde de renoncer à la culture générale.L'idée, heureusement, a encore sa place à la surface du globe.Le spirituel compte pour quelque chose, et ceux qui l\u2019oublient expérimentent encore, de temps à auire, combien il en coûte de négliger le spirituel.C\u2019est un des rois de l\u2019industrie moderne, Henry Ford lui-même, qui affirmait récemment: \u201cNous avons tellement confondu nos idées et notre idéal, travaillant sans bien savoir dans quel but, que nous avons perdu contact avec nos origines et n'avons aucune idée de ce qu\u2019est le monde\u201d.La grave crise économique, dont souffre présentement notre société, ne s'explique pas et ne se résoudra pas uniquement à l\u2019aide de statistiques.Il y entre des facteurs spirituels et des éléments de psychologie dont l'oubli ne ferait qu\u2019aggraver la catastrophe.\u2018Tout homme cherche et doit d\u2019abord chercher à bien connaître le métier ou la profession qu'il a choisi.Chaque travailleur, que ce soit le cerveau ou les muscles qui aient la plus grande part, est une unité de ce vaste organisme qui s'appelle l'Etat moderne.Tout en gagnant sa propre subsistance, il contribue au progrès de l'ensemble.Et cet ensemble, à son tour, se rapprochera d'autant plus de la perfection que chaque unité s\u2019en rapprochera elle-même.Mais il ne suffit pas de préparer des techniciens habiles.Un pays a aussi besoin d'hommes de culture générale.L'homme ne doit pas s'enfermer dans le cercle étroit de son métier ou de sa profession s'il veut être un citoyen complet, c\u2019est-à-dire posséder cette belle vertu de civisme sans laquelle il n'existe pas de richesse véritable ni de progrès durable, et encore moins s\u2019il veut prendre place parmi les chefs.We {rai Sty ro UNIVERSITE, PROGRES ET SURVIVANCE 39 Or, dernière étape d\u2019une route le long de laquelle se dressent l\u2019école primaire et le collège commercial ou classique, quelle est l'institution toute désignée pour donner à un pays ses spécialistes, ses techniciens et ses hommes de culture générale?La réponse sc présente d'elle-même: c\u2019est l\u2019université qui, remplissant cette \u201cdouble fonction de pensée et d'action\u2019\u2019, suivant le mot de M.Edouard Montpetit, apparaît de plus en plus comme un facteur indispensable au progrès d\u2019un pays, et partant un gage de survivance pour les petits peuples comme le nôtre qui ont besoin du Jeu de toutes leurs forces.Entrainés dans le tourbillon des affaires, poursuivis, Jusque dans les retraites les plus éloignées, par les inventions de la science, hallucinés par les mots progrès, vitesse, modernisme, il nous arrive d'oublier que, dans la longue suite des siècles, nous ne sommes après tout qu'un moment de l\u2019histoire.Nous oublions cela, comme d\u2019autres oublient les vieilles disciplines qui ont fait leurs preuves, que l'après-guerre avait reléguées au dernier plan des préoccupations humaines et auxquelles il faut revenir pour empêcher la ruine de notre civilisation.Sur cette terre canadienne, d\u2019autres sont venus avant nous.D'autres nous remplaceront un jour prochain.\u2018\u2018\u201cT'u seras l\u2019administrateur de cette terre pour ses habitants\u2019, disait à son fils le marquis de la Tour du Pin, l\u2019un des précurseurs de la doctrine sociale mc- derne.Nous sommes des administrateurs, ne l\u2019oublions donc pas.Et, de deux choses, l\u2019une.Ou bien, nous rappelant le pourquoi des luttes menées par nos ancêtres contre l\u2019Indien et la solitude, contre le climat et contre l\u2019Anglais, sachant le prix de leurs sueurs et de leurs travaux, comprenant que la lutte passe \u2014 sans doute pas tout entière \u2014 sur le terrain économique, nous nous efforcerons non seulement de conserver, mais d'accroître le patrimoine commun, profitant des erreurs qui ont pu être commises dans le passé, soucieux de ne pas tomber dans les mêmes oublis ou les mêmes négligences.Ou bien, renonçant à la lutte regardée comme inutile, oubliant les sacrifices de ceux qui ont tout de même su combattre avant nous et vivre sur cette même terre, n'ayant plus aucun espoir dans un redressement, aveuglés par le seul égoïsme, fatigués de défendre la langue, les croyances, en un mot l\u2019âme et aussi les biens matériels de notre petit peuple, nous abdiquerons aussitôt.Il existe, sachons-le, des compatriotes qui pensent ainsi, qui ne s'en cachent pas dans les réunions intimes, quittes à emboucher la trompette lorsqu'il s'agit pour eux d'accroître leur magot ou de re- - Ca TE MCT IU, hante anisD mo Attn TE em UAT NT Ec ; À n tH i H I HE Bit 4 Pre 40 LA REVUE NATIONALE cueillir les suffrages du peuple.Fort heureusement, ils sont le petit nombre.Tous les autres inclinent, inconsciemment ou non, vers la première attitude.Mais cela ne suffit pas.Encore faut-il prendre les moyens qui permettront de maintenir cette attitude, la plus logique, la plus naturelle, qui consiste à assurer la vie et non pas à la détruire.Il en va d\u2019un peuple, comme de l\u2019homme lui-même: son chef-d'oeuvre \u2014 Goethe l\u2019a dit \u2014 est de durer.Comment durer?Certes pas en piétinant sur place, dans la béate satisfaction d'exister.Toute vie implique progrès.C\u2019est la loi même de la nature.La vie d\u2019un peuple doit être marquée de progres.Et, parmi les facteurs du progrès d\u2019un peuple \u2014- progrès matériel aussi bien que progrès spirituel ou moral \u2014 d\u2019un peuple comme le nôtre surtout, à la recherche d\u2019élites seules capables de l\u2019entraîner en avant, il en est un dont nous ne paraissons pas saisir toujours le vrai caractère: c'est l\u2019université, celle-là même que les habitants de Leyde \u2014 nous l'avons vu plus haut \u2014 choisirent de préférence à une exemption d'impôts.Le Play a dit de l\u2019université qu\u2019elle était \u2018le couronnement nécessaire des institutions sociales\u2019.C\u2019est elle qui forme les élites sans lesquelles un peuple ne peut pas survivre.C'est elle qui donne le complément de culture propre à l\u2019éclosion du civisme dont parie encore M.Montpetit.Et Le Play a décrit l\u2019influence que les universités exercent sur la région où elles sont établies, contribuant, proclame-t-il, à relever le niveau intellectuel de chaque foyer.Il ne faut pas se représenter une université comme une machine où l'on fabrique des avocats, des notaires, des médecins ou des pharmaciens en série.Il ne faut pas croire qu\u2019une université est une réunion de professeurs qui ne voient et n\u2019entendent rien hors de leurs laboratoires, des salles de cours ou de dissection, qui ne tiennent aucun compte de la réalité et des mouvements du monde extérieur.Ceux-là qui pensent avoir tout dit lorsqu'ils ont prononcé avec dédain le mot universitaire et dont la seule raison d\u2019être ici-bas est d\u2019ex- etcer notre patience \u2014 les imbéciles aussi ont leur utilité \u2014 feraient mieux de la fréquenter un peu plus souvent cette université, objet de leurs sarcasmes, cette université qu\u2019ils espèrent noyer dans des flots de bave.Critiquer à tort et à travers, par dépit, par envie, insulter, ridiculiser: ce sont là, somme toute, des opérations assez faciles et ceux qui en font l\u2019objet de toute leur vie démontrent comme ils tiennent peu de cas des réalités.Or tout l'enseignement universitaire bien compris, chez nous comme ailleurs, s'inspire de la réalité. UNIVERSITE, PROGRES ET SURVIVANCE 41 Dieu merci nous ne sommes pas tombés dans l'erreur des Américains qui appliquent à l\u2019enseignement universitaire les méthodes jugées bonnes pour l\u2019industrie ou la finance.Nos universités n\u2019en sont pas encore rendues à offrir des cours sur \u2018les principaux processus employés dans les cuisines\u201d, \u2018\u2018l\u2019étiquette pendant les repas\u201d et \u2018les principes du blanchissage chez soi\u2019.Nos universités ne décernent pas des doctorats ou des maîtrises ès arts pour \u201cl\u2019analyse du rôle des couteaux en fonction de la perte du temps et de la matière dans l'épluchage des pommes de terre\u2019\u2019, \u2018l\u2019analyse des fonctions de concierge dans les écoles primaires\u2019, \u2018le temps et les mouvements dans les quatre méthodes employées pour laver la vaisselle dans les restaurants\u201d.Qu'on se donne la peine de parcourir le programme de notre Université de Montréal.Qu'on s'arrête d\u2019abord à ce qui est, au lieu de chercher uniquement ce qui n\u2019est pas, ce qui devrait être.On se rendra compte qu\u2019un tel programme dans le domaine de la science pure comme dans celui de la science appliquée, dans l\u2019étade des questions économiques ou sociales comme dans la préparation à un métier ou à une profession, serre la réalité de près.Et alors, si on est de bonne foi, on admettra que l\u2019oeuvre est belle, qui a été entreprise et conduite avec des ressources limitées.On admettra que le premier souci des directeurs de l'Université est d\u2019offrir à nos Jeunes gens un enseignement de plus en plus national, en rapport avec nos traditions historiques, conforme aux conditions de lieu dans lesquelles nous Vivons, susceptible de satisfaire les besoins d\u2019ordre professionnel, social, politique ou économique tels qu'ils se présentent sur cette terre canadienne.Mais, par ailleurs, il ne faut pas oublier qu\u2019il est vain d'élever des murailles pour empêcher de voir ce qui arrive chez le voisin, que c'est folie de prétendre se passer de l'expérience et du travail des autres.Nous ne devons pas craindre de faire de larges emprunts à l'extérieur, surtout chez les peuples auxquels nous rattachent l'ethnographie, l\u2019histoire et les nécessités économiques.Que ceux-là qui reprochent à notre enseignement universitaire d'être incomplet ou imparfait, lui apportent le secours de leur action et de leurs deniers au lieu de s\u2019en tenir à de vaines critiques faites souvent pour le seul plaisir d'attirer l'attention sur leur personne.Une université complète est un véritable monde relié au monde cxtérieur par mille antennes.Et que ne doit pas ce monde extérieur, notre monde du XXe siècle, si fier de ses découvertes et de ses pro- LE i pi t A j [ [3 gt: 4 i! | 1] À 4 IE ST TS Aor YT he nr SEE AE RER FE IY CO IOS CE ETT PTC uO PU LY UE PY PU PE PR PE RATE AR HR RAT ER SOON EH Bn RR Es Rae! 42 LA REVUE NATIONALE grès, au lent et consciencieux travail élaboré entre les murs d'une université! Que ne doivent pas la science politique et la vie économique aux enseignements répétés pendant des semaines et des mois dans les chaires universitaires! Que de principes ont d\u2019abord été découverts, appliqués dans les laboratoires d'université, avant de se répandre dans le monde, enrichissant le patrimoine commun de l'humanité et facilitant la vie matérielle de chaque jour! Combien d'hommes enfin doivent à l'enseignement universitaire d'avoir pu jouer, dans l\u2019histoire de leur pays, un beau rôle profitable à eux- mêmes et aux autres ! Cette année, comme par le passé, des milliers d'étudiants fréquentent nos universités.Ils en attendent les connaissances spécialisées et la culture générale, et les recevront s'ils acceptent de se plier à certaines disciplines.Cours pratiques et théoriques, cliniques et conférences s'offrent par centaines à des auditoires cù se coudoient tous les âges et toutes les classes de la société.Sans doute.encore une fois, il reste beaucoup à faire, il y a place pour des développements nouveaux.Si chacun y mettait du sien, conscient du rô- le bienfaisant des universités, nos établissements d'enseignement supérieur progresseraient plus vite.Comment nier, en tous cas, que nos esprits aient, dans ces universités, d\u2019abondantes sources où puiser, qu\u2019il s'agisse d\u2019une profession, de connaissances sociales, de problèmes économiques ou de sciences politiques?Il faut vraiment être encrouté dans le parti pris pour ne pas reconnaître cette beauté de l\u2019oeuvre universitaire dont parlait un jour M.Montpetit.Oeuvre universitaire, encore une fois, susceptible et désireuse d'être complétée, améliorée, si on lui en fournit les moyens; mais oeuvre universitaire, qui a déjà bien servi les intérêts de notre petit peuple, oeuvre universitaire qui, bien que récente dans sa forme actuelle, ne l\u2019oublions pas, forme patiemment des élites nouvelles, s'adapte de plus en plus à nos exigences.Dirigée avec fermeté, dans le sens de nos traditions historiques et conformément aux nécessités de l'heure présente, elle contribuera largement au progrès de la communauté et assurera notre survivance.Eee SA TEEN cornet A rr gi TATE TE Th Jean BRUCHESI 5H UN BON POINT POUR OTTAWA 43 Un bon point pour Ottawa TTAWA n\u2019a rien d\u2019athénien et ne pousse pas à l'extrême le culte des choses intellectuelles.Mais il faut rendre à César ce qui revient à César, quand bien même César ne serait qu'un chien.Hommage te soit donc rendu, capitale enchanteresse et raffinée! Grande dame tout esprit et point matière, tu donnes à l'Amérique en ces temps d\u2019épreuve et de retour à la barbarie originelle, un précieux exemple.Je lis dans les gazettes que la commission des écoles publiques d'Ottawa ne diminuera pas les traitements des professeurs au cours de l'année 1932.Au contraire, elle accordera à 320 instituteurs les augmentations ordinaires.Bravo! À merveille! Un instituteur a donc autant d\u2018importance qu\u2019un joueur de hockey, un bouffon de foire ou un lutteur?Les Ontariens ont le souci de l'instruction publique.L'homme ou la femme chargés de la formation intellectuelle des enfants, l'espoir de demain, ne sont pas à leurs yeux de vulgaires valets à qui on jette dédaigneusement une pitance du bout des doigts.Pour avoir des professeurs compétents, dévoués, attachés à leur noble profession, il faut leur témoigner l'estime et l\u2019encouragement nécessaires.Il importe de les rémunérer plus qu\u2019un journalier.Cet esprit éclairé de la province voisine \u2014 du moins à cet égard \u2014 mérite d'être cité en modèle en divers lieux du globe et même dans la bonne province de Québec, la seule terre \u2018\u2018latine\u2019\u2019 d'Amérique au nord du Rio Grande.À la campagne surtout, on s\u2019imagine que les instituteurs et les institutrices sont des espèces de fainéants auxquels on fait l'aumône d\u2019une sinécure et de quelques sous pour les empêcher de crever de faim.Les \u2018\u2018maîtresses d\u2019école\u2019\u2019, ça vit de l\u2019air du temps ou comme les oiseaux, des grains de blé picorés dans les champs.Nous sommes une minorité en Amérique, une petite minorité, une minorité sans beaucoup d'amis, presque sans argent et sans culture.Les amis, il vaut mieux parfois ne pas en avoir.Dieu me préserve de mes amis! disait l\u2019autre.L'argent ne fait pas le bonheur.Chanson connue.D'ailleurs, nous n\u2019en gagnerons jamais autant que les Juifs et les Anglais.Autre chanson connue, air triste, un tango.Mais la culture, ah! la culture, je veux dire l\u2019intellectuelle, À 15 44 LA REVUE NATIONALE celle-là, nous n\u2019en aurons jamais trop.Et nous pouvons y prétendre, puisque nous sommes des Latins.Air de valse ou de java.Commençons d'abord par traiter les éducateurs mieux que des charretiers ou des femmes de ménage.Et les gens vraiment cultivés, témoignons-leur autre chose qu\u2019une estime de commande, de surface, masquant mal parfois une indifférence profonde, sinon de l'envie, une hostilité foncière.C\u2019est à une époque de crise comme aujourd\u2019hui que déambule en guenilles par les rues et les ruelles et les grandes routes notre grande misère intellectuelle, gueuse qui ferait envie à la multitude même des gueux.Université presque en banqueroute, lésine triplement accrue pour toutes les choses de l'esprit, déroute de la musique et de la peinture, indigence des gens portant col blanc et cravate, mévente des livres, c\u2019est Minerve en haillons dans une nouvelle cour des Miracles.J'ai une profonde pitié pour les sans-travail.Jai déjà connu leurs angoisses et leur détresse.L'Etat et les particuliers leur Viennent en aide.La société industrielle et capitaliste doit bien ces secours aux ouvriers qui ont édifié sa fortune.Mais prenons garde qu'elle n'abandonne aujourd\u2019hui comme des blessés laissés pour morts sur le champ de bataille les travailleurs de l'esprit auxquels elle a toujours témoigné un magnifique dédain.Rien de plus triste que la misère des \u2018gens bien\u201d.Quand la faim du corps, la seule dont on tienne compte en Amérique, s\u2019ajoute à la faim du coeur et de l'esprit, la faim infinie de sympathie, de compréhension, d'idéal qui tourmente le véritable artiste, l\u2019abomination de l\u2019abomination règne dans une âme.La musique mécanique prive les musiciens d'un gagne-pain.Le cinéma a diminué le nombre des théâtres français à Montréal.Et quand 1l faut rogner son budget, monsieur et madame renonceront à l'achat d'un tableau, à un concert, plutôt qu'à une partie de hockey ou à une fourrure.Art et choses de l'esprit, bagatelles, fariboles, fantaisies un peu excentriques bonnes tout au plus pour les années d'abondance, et encore.Que les artistes et les écrivains crèvent! En Europe, la crise marque une régression à la barbarie.Ici, elle menace de nous arrêter et de nous faire dégringoler au cours d'une montée laborieuse d'évasion.L'exemple de la commission des écoles d'Ottawa mérite des éloges et une mention en lettres rouges ou en lettres d'or.Jules LEDOUX Ter or ich LE SYMBOLE CESARIEN 45 Le symbole césarien Rendons à Césaire ce qui est à Césaire À mes coparoissiens \u2014 H.d\u2019A.EPUIS quelque quatre ans, je cherche, jempile et je classifie des matériaux; plus tard, lorsque j'écrirai l\u2019histoire de notre paroisse natale, je n'aurai plus qu\u2019à piger dans le fichier: on ne peut pas toujours être à la peine.Mes recherches se font natureilement un peu partout: là où le flair de journaliste m\u2019attire.Depuis quelques mois, mon étoile m'a fait abandonner nos archives: celles de Québec et d'Ottawa: me voilà pâlissant sur des ouvrages d\u2019une volumineuse bibliographie qui ressuscite un très vieux passé.N'ayez crainte, je ne passerai pas au déluge.Pourquoi je suis rendu si loin?Bien, vous savez qu'eiles sont rares les monographies paroissiales qui parlent longuement de leur saint patron; j'ai voulu combler cette lacune en consacrant au nôtre un chapitre au moins.Et je n\u2019ai pas lieu, certes, de le regretter.Aujourd'hui, je m'explique facilement pourquoi Mgr Plessis érigea canoniquement notre paroisse sous le vocable de Saint-Césaire (Rou- ville).Dans la Vie et les Oeuvres de l\u2019évêque d\u2019Arles, on se prome- ne de merveilles en merveilles: le mot n\u2019est pas exagéré.S1 je vous disais, tout de suite, que le Symbole de saint Atha- nase devrait s'appeler le Symbole de saint Césaire, est-ce que ça ne vous convaincrait pas?.* x % Nous connaissons, n'est-ce pas, trois principaux symboles: celui des Apôtres, que nous appelons plus souvent le Credo: celui de Nicée et celui que l\u2019on attribuait à saint Athanase.Ces trois formules viennent-elles bien de ces trois sources?.Il n\u2019y a plus de doute pour les deux premières.Il est effectivement reconnu depuis jolie lurette, comme dit Louvigny de Monti- gny, que le Credo est bien l\u2019oeuvre des Apôtres: ils le rédigèrent, en effet, au lendemain de la Pentecôte; avant de se séparer pour aller prêcher l'Evangile par toute la terre, ils voulurent préparer pour leurs 46 LA REVUE NATIONALE fidèles un substantiel résumé de la doctrine chrétienne.Il est également admis que le deuxième symbole date du concile de Nicée, tenu en 325, et du concile de Constantinople, tenu en 381.Vous vous rappelez que les évêques se réunirent, en ces deux occasions, pout développer le Symbole des Apôtres: la première fois, en ce qui concerne le dogme de la divinité de Jésus-Christ; la seconde, en ce qui concerne le dogme de la divinité du Saint-Esprit, attaqués tous deux par Arius et Macédonius ainsi que par leurs sectateurs.Sur la provenance des deux premiers symboles, on s'entend donc à ravir: sur celle du troisième, 11 n\u2019en est plus de même; je devrais dire plutôt qu'il n'en était plus de même, il y a quelques années.C'est que, cette fois, on ne faisait plus qu'\u2019attribuer au saint patriarche d'Alexandrie ce troisième développement du Credo en ce qui a trait aux dogmes de la Trinité et de I'Incarnation, niés aussi par les Ariens, et que les prêtres récitent, le dimanche, dans l'office du Bréviaire.Ouvrons le Cours d'instructions religieuses de Mar Cauly.Que constate-t-on?Que l\u2019auteur, après avoir fait l'éloge de \u201c\u2018cette formule, admirable de clarté et de précision\u2019\u2019, déciare, en effet, qu\u2019 \u201cIL N'EST PAS CERTAIN\" que saint Athanase en soii le rédacteur.Alors à qui la doit-on?.À notre saint patron: à saint Césaire d'Arles.x * * Notre gracieux CAESARIUS vécut a la fin du Ve et durant la première moitié du VIe siècle: il est né, en effet, en 470, à Châlon- sur-Saône, et il est mort à Arles, en 543, à l\u2019âge de 73 ans, après une vie des plus saintement remplies.Qu'il me suffise, aujourd'hui, de vous rappeler que la grande histoire le considère comme le fondateur de l\u2019église mérovingienne.Où Césaire reçut-il sa formation?A l'abbaye de Lérins, ce phare spirituel qui règne au large de Cannes (France), dans cet amour d'île, appelée maintenant l\u2019île Saint-Honorat, du nom du grand fondateur de ce moutier du haut moyen âge.Cette fondation du IVe siècle fut, autrefois, selon l\u2019exquise expression de La- mennais, \u2018\u2018l\u2019asile de paix où, lorsque l'épée des barbares démenbrait, pièce à pièce, l\u2019Empire romain, s\u2019abritèrent, comme l\u2019Alcyon sous une fleur marine, la science, l'amour, la foi, tout ce qui console, en- 252 chante et régénère l'humanité\u201d. LE SYMBOLE CESARIEN 47 Inutile d'ajouter, ce me semble, que Césaire a écrit.Il a même beaucoup écrit.Ses ouvrages, de plus en plus nombreux par suite des découvertes qu'on en a fait au cours de ces dernières années, portent sur le dogme, la discipline et les nombreux conciles qu'il a présidés; sur la morale et la prédication, qu\u2019il considérait comme son premier devoir.On lui doit encore des lettres, dont plusieurs envoyées au Pape, ainsi que des règles pour monastères de religieux et de religieuses.\u201c Ce qui distingue le style de l'évêque d\u2019Arles \u2014 qui a écrit en latin et en grec \u2014 c\u2019est, comme le remarque Mgr Cauly, ia clarté et la précision.On peut donc dire qu\u2019il fut Français avant la lettre.Sa phrase est courte et, ainsi que l'observe à son tour un de ses derniers biographes, M.l\u2019abbé A.Chaillan, il \u2018\u2018aime l'énoncé des vérités religieuses sous la forme de théorèmes rigoureux\u201d.Un exemple entre autres: \u201cDieu le Père est parfait, on ne peut rien lui ajouter ni rien lui enlever.Il a donc dû porter et mériter toujours le titre de Père.Donc le Fils a toujours existé et toujours été son Fils.Le Père est infiniment bon «t infiniment puissant.Il n\u2019a pu engendrer qu\u2019un Fils parfait, en tout son égal.Car ou il ne serait pas bon, s'il avait refusé jalousement la perfection à son Fils, ou s'il n'avait pu la lui donner, il ne serait pas tout-puissant\u2019\u2019.- + + * \u2014 Vous êtes bien lent à nous dire qui a restitué le troisiènie symbole à notre saint patron.\u2014 Vous avez raison; aussi je m'empresse de vous dire qu'ils sont nombreux, comme vous allez le constater du reste.Cependant, celui qui paraît avoir le plus peiné dans ce sens, c\u2019est sans conteste dom Germain Morin.Cet érudit et infatigable religieux a publié, il y a quelques années, de longues études sur saint Césaire dans la Revue bénédictine de l\u2019abbaye de Maredsous (Belgique).Pour :- retrouver des manuscrits de l'évêque d'Arles, il a poursuivi ses enquêtes non seulement en France, mais aussi en Italie, en Autriche et en Allemagne.Vous verrez tout à l'heure ce qu\u2019il pense de ses trouvailles.En attendant, expliquons celle du 3e symbole.Comment se fait-il que l\u2019on ait trouvé le nom de saint Atha- nase en tête de cette formule?Pour la même raison que celle qui a fait trouver quantité de sermons de Césaire au beau milieu d'écrits de 1 f BH RH Ar HI RH A SH A IE 48 LA REVUE NATIONALE saint Augustin.Il y avait ici, une méthode de travail à découvrir, une mentalité à expliquer; aussi c\u2019est à cette rude tâche que s\u2019est attaqué tout d\u2019abord dom Morin \u2014 et avec succes! Césaire, écrit-1l, \u2018\u2019avait l'habitude de placer en tête de ses compilations le nom de l'écrivain ecclésiastique dont les ouvrages lui fournissaient les idées, une sentence, quelques mots même .Et il cite nombre d'exemples où l\u2019on voit repasser sous nos yeux les noms d'Athanase, surtout d'Augustin, son modèle évidemment, et de nombre d'autres écrivains ecclésiastiques des premiers siècles de l'Eglise.Qui, mais sur quelle preuve principale s'appuie-t-or pour se convaincre que le 3e symbole est bien de saint Césaire?Sur le fait suivant.On trouve des essais de rédaction du symbole dans ses écrits: dans le sermon 244e de I\u2019Appendice aligustinien tout d\u2019abord et \u2018\u2019Caspari, qui a tant fait pour l\u2019histoire des symboles, a publié, d\u2019après deux manuscrits de Paris, une homélie qui se rapproche du sermon 244e¢\u2019\u2019.M.Burns a aussi \u2018retrouvé des variantes de la publication Caspari\u2019\u2019.M.I'abbé Chaillan, a qui nous empruntons ces deux citations, ajoute ceci: \u2018Une dernière rédaction fit-elle passer ce qui est contenu aux ébauches et sermons de Césaire dans le symbole mis sous le nom d'Athanase?Les recherches de dom Morin le donnent à penser\u201d.D'après M.Lejay, il n\u2019y a plus de doute.Et cet écrivain ne tire sa conclusion qu'après avoir savamment parlé du rôle théologique de Césaire dans la Revue d'Histoire et de Littérature religieuses (année et tome X).Son témoignage vient donc renforcer celui des autres chercheurs qui ont restitué à notre saint patron non seulement le 3e symbole, mais aussi les premières ébauches qu'il en a faites.En voici une, extraite de l'exode du sermon 244e : \u201cCROYEZ QUE NOTRE SEIGNEUR EST NE DE LA VIERGE MARIE, MAIS CONCU DU SAINT ESPRIT.CROYEZ QU'IL A SOUFFERT POUR NOS PECHES SOUS PONCE-PILATE, QU'IL_ A ETE CRUCIFIE, QU'IL EST MORT, QU'IL EST RESSUSCITE.CROYEZ QU'IL EST MONTE AU CIEL AVEC SA CHAIR, QU'IL VIENDRA JUGER LES VIVANTS ET LES MORTS.CROYEZ A LA REMISSION DES PECHES, CROYEZ A LA VIE ETERNELLE\".Cars \u2019 2; LE SYMBOLE CESARIEN 49 Vous trouverez sans doute agréable que j'ajoute ceci: le 3e symbole, comme nous l'avons déjà fait remarquer, développe ie Credo en ce qui concerne la Trinité, or, précisément, nous devons à Césaire un Traité sur la Trinité.Ce serait même son premier ouvrage, selon M.Lejay.L\u2019Athanasianum du reste n\u2019est pas le seul écrit restitué à notre saint patron: plusieurs de ses sermons ont été attribués tout d\u2019abord a l'illustre évéque d'Hippone; les Statuta Ecclesiae untiqua, contenant les reglements ecclésiastiques du Ve siecle, en particulier ceux d'Arles, ont aussi longtemps été attribués au quatrième concile de Carthage, or, M.l'abbé A.Malnory, les a magistralement restitués à Césaire dans la thèse qu\u2019il a présentée sur cet évêque à la Faculté des Lettres de Paris, en 1894.La trouvaille fait plaisir, n'est-ce pas?Je savais qu'elle vous rendrait fiers de notre saint patron.Si vous voulez maintenant gonfler votre orgueil davantage, lisez-moi ceci, sous la plume de dom Morin: \u2018Mes trouvailles, parfois inattendues, suffisent à démontre: qu'il y aura toujours chance de trouver du Césaire inédit, tant qu\u2019on n'aura pas examiné jusqu\u2019au dernier des recueils homélitiques qui foisonnent dans presque toutes les bibliothèques de l'Europe.\u2018Peut-être l\u2019un ou l\u2019autre lecteur, mal préparé à ce genre de recherche, sera-t-il tenté de se demander comment il se fait qu\u2019il existe encore tant de débris jusqu'ici inaperçus du travail de Césaire, et si je ne cède pas à une sorte de manie en prétendant discerner sa inarque de tant de côtés à la fois?.\u201cHé bien, non: c'est un fait que les homélies de l\u2019évêque d\u2019Ar- les ont dû jouir d\u2019une vogue exceptionnelle, d\u2019abord un peu partout dans l\u2019Europe centrale, du VIe au XIIe siècle, puis dans les milieux ascétiques, du XIVe au XVIe\u201d.La Vie et les Oeuvres de Césaire sont motif à nombre d\u2019autres causeries intéressantes; nous y reviendrons un de ces jours.Honoré d'ARLES i iH I H: Br > it i Hl A i i A A H er [i LA REVUE NATIONALE Le souvenir d\u2019 Albert L.ozeau OEL, fête lumineuse qui éclaire d\u2019un rayon d'espérance le crépuscule d\u2019une année, Noël continue aujourd\u2019hui de chan- ç 1 ter à nos coeurs son hymne de paix.Pour ne pas briser a trame des sentiments liés à cette fête, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal offre, ce soir, à ses fidèles auditeurs, le nom, le souvenir d\u2019un poète canadien dont l'oeuvre, j'allais dire la musique, respire la sérénité des temples pieux, cependant que, par sa netteté de langue et par la clarté de ses images, elle évoque ia blancheur des premières neiges canadiennes.Albert Lozeau, l\u2019aimable chantre de la solitude, du recueillement, du paisible bonheur du foyer familial, sera ce soir, pour quelques instants, l\u2019hôte discret de vos demeures.Son nom voltigera parmi les brises de décembre, il planera sur cette campagne canadienne dont la large beauté enchantait l'artiste, dans ses rares et courtes échappées hors de sa ville natale.Tous savent, en effet, qu\u2019Albert Lozeau fut de bonne heure un sacrifié de la vie, un infirme condamné à une réclusion à peu près complète, au milieu des bruits et de la grisaille inséparables d'une grande ville moderne, fût-elle Montréal.La rue Rachel, où il naquit en 1878, puis la rue Laval, la rue Drolet, la rue Christophe- Colomb, gardent souvenir de son passage.Toute sa vie de quarante-cinq années, sauf un court stage sur la rue de Saint-Vallier, s'est donc écoulée dans le vieux et traditionnel quartier Saint-Jean-Bap- tiste, dans le village Saint-Jean-Baptiste, comme disent encore les anciens Montréalais Le père du poète s'appelait Joseph Lozeau, sa mère s'appelait Adèle Gauthier.Fils aîné, Albert Lozeau compta dix frères et soeurs, dont six lui survivent.Jusqu'à l\u2019âge de treize ou quatorze ans, Albert Lozeau, élève des Clercs de Saint-Viateur à l\u2019école Saint-Jean-Baptiste, fut, en enfant joyeux et alerte, ami du jeu non moins que des livres.Quelle fête pour lui d'accompagner, le dimanche, ses parents dans une excursion du côté de Saint-Vincent-de-Paul, où se trouve la maison de son aïeul paternel! La durable impression de ces courses à la campagne nous reste dans un sonnet intitulé La Maison du Passé, dont voici le début : (1) Causerie radiophonique faite le 26 décembre 1931, au poste CKAC. LE SOUVENIR D\u2019ALBERT LOZE AU 51 Bienheureux qui possède encor l\u2019humble maison Construite par l'aïeul, en bonne pierre grise, Dans les arbres, au bord de l\u2019eau, près de l\u2019église, Qui contente à la fois son coeur et sa raison ! Le vers final de ce sonnet : Il n\u2019est point de passé dans les maisons de ville.nous laisse deviner quelque chose des intimes souffrances que coûtèrent au poète, délicat par nature et malade, je dirais, par vocation, les quatre déménagements de sa vie.\u2018\u2018Partir, c\u2019est mourir un peu\u2019, disait-il en s'efforçant de sourire, \u2018\u2019mais déménager, c\u2019est mourir beaucoup, c\u2019est briser autant de liens avec le passé que de meubles le long du chemin\u201d.L'année 1896 marqua pour Albert Lozeau le début d\u2019une grande épreuve, d\u2019une longue lutte contre la mort, amorcée par une déviation de l'épine dorsale.Cloué sur son lit, entre les quatre murs d'une chambre dont la fenêtre donne sur la rue Laval, devenu plus que jamais un petit enfant aux bras de sa mère, le jeune homme de dix-huit ans comprend, du premier coup, l\u2019étendue du sacrifice que Dieu lui demande.Les médecins hochent la tête et ne lui accordent guère que quelques années de vie pénible.Mais l\u2019âme vibrante qui habite ce corps endolori n\u2019accepte pas sans un frémissement de résistance, l'arrêt fatal.Et c\u2019est ici que se manifeste à nous la puissance d'une énergique volonté associée au sentiment d\u2019une chrétienne résignation.Généreusement et sans arrière-pensée, Lozeau fait à Dieu le sacrifice de sa jeunesse et de sa vie.Mais il prétend ne perdre aucune parcelle du temps qui lui sera mesuré, il s'accroche à tous les moyens humains capables de prolonger ses jours.D'hôpital en hôpital, d\u2019un spécialiste à un autre, et jusqu\u2019à Sainte-Anne de Beaupré , il se laisse docilement porter, craignant toutefois de grever trop lourdement le budget familial.Enfin, après neuf années de lit, 1l accepte qu\u2019un habile chirurgien tente en sa faveur une opération délicate, couronnée de succès.A partir de 1905 jusqu\u2019à sa mort, Albert Lozeau, incapable de se tenir sur ses jambes, pourra du moins les plier, s\u2019asseoir dans une chaise roulante, au balcon de la rue Laval ou sur son toit fleuri de la rue Drolet, bien connu des hirondelles.Il pourra même, suprême joie des jours d\u2019été, pousser une pointe, en automobile, vers le mont Royal, vers Saint-Eustache, Oka ou Berthier, en compagnie de son médecin et ami, le docteur ct musicien Georges Beauregard. LA REVUE NATIONALE Reconnaissons que c\u2019est en bonne partie parce qu\u2019il a voulu vivre qu\u2019Albert Lozeau a vécu quarante-cinq ans, et concluons-en à l'importance du rôle de la volonté dans l'existence humaine.Le tout n\u2019est pourtant pas de posséder le souffle vital, de sentir battre un coeur dans sa poitrine.Que va faire de ses journées grises et de ses nuits d\u2019insomnie un malade perdu dans un quartier quelconque d\u2019une grande ville agitée de la fièvre du négoce?Quelle fée charitable va distinguer de la foule cette âme d'élite, se pencher sur sa douleur et l\u2019arracher, comme lui-même l\u2019a écrit, \u2018\u2019au désespoir et à la mort\u2019.Cette fée, ce fut la littérature, ce fut en particulier la poésie comprise comme l'expression sincère de tout ce monde intérieur que constitue une âme humaine.Et le résultat tangible des lectures, des conversations avec un groupe d'amis, des méditations, parfois des larmes secrètes d'Albert Lozeau, ce sont, a part les billets du soir qu\u2019il a signés au DEVOIR, trois volumes de vers intitulés: L\u2019Ame solitaire, Le Miroir des jours, Les Images du Pays.Oeuvre restée jeune et vivante, car, chaque page nous révèle l'élan d'une âme aui, par delà les images et les reflets terrestres, découvre le mystère de l\u2019éternelle Beauté.Albert Lozeau a même su tirer parti d'images qui se sont dérobées à son regard de reclus.Ainsi, durant toute sa vie d'homme, de dix-huit à quarante-cinq ans, il a été privé du réconfortant spectacle de nos cérémonies religieuses, 11 n\u2019a pu mettre le pied dans une église.Mais voilà que, certain soir de Noël, seul dans sa chambrette, il écrit un Noël solitaire débordant de foi ardente, dont je cite un quatrain : Par la vitre givrée où le soir vient plus tôt, On ne distingue pas la lueur des étoiles; Mais, par les yeux de l'âme, on aperçoit là-haut La solennelle nuit de décembre sans voiles.Il y a bientôt huit ans que la mort a brisé cette lyre.Depuis le 27 mars 1924, Albert Lozeau repose au cimetière du mont Royal, à l'ombre des feuillages dont il a si bien chanté la grâce printanière et les splendeurs automnales.Sa mort fut douce comme son âme et comme ses chants.Au moment d\u2019expirer, il sembla s\u2019éveiller d'un rêve, sourit à sa Vieille mère penchée sur sa couche et lui murmura: \u201cLa route est belle\u2019.\u2014 Pars-tu pour voyage?\u2014 lui demanda sa mère.\u2018\u201c\u2018Oui\u2019\u2019, fit le poète, et il expira dans les bras de celle qui, après l\u2019avoir mis au monde, l\u2019y avait conservé à force de tendresse et de soins persévérants. LE SOUVENIR D\u2019ALBERT LOZEAU 53 Madame Joseph Lozeau a survécu sept ans à son fils aîné.Elle est décédée chez une de ses filles, Madame Albert Cloutier, le 12 avril 1931.\u201cJe ne mourrai pas tout entier\u2019\u2019, disait avec raison, il y a deux mille ans, le poète Horace.Pas plus que le chantre de Tivoli, Albert Lozeau n\u2019est mort tout entier.Son oeuvre lui survit.Fondée sur le talent et la sincérité, vêtue du royal manteau d\u2019une langue impeccable, cette oeuvre charmera longtemps encore les âmes délicates et sensibles.Antoine BERNARD, C.S.V.Appel de la Fédération des Oeuvres Sociales de Santé L\u2019appel que la Fédération des Oeuvres Sociales de Santé fait au public cette année, s\u2019adresse a tout le monde.Par ces temps de crise et de privations, est-ce que ce n\u2019est pas le devoir de tous les gens de bien de partager un peu de leurs ressources avec les indigents, les miséreux, et les petits enfants des familles indigentes?C\u2019est la quatrième fois que la Fédération des Oeuvres Sociales de Santé fait un appel au public.La collaboration empressée des professionnels et des hommes d\u2019affaires indique clairement l\u2019importance de cette oeuvre sociale.Il fait plaisir de constater que les classes dirigeantes comprennent leur devoir et veulent s\u2019en acquitter généreusement \u2014 avec un sens profond de l\u2019honneur.Les groupements paroissiaux tiennent une grande place dans les cadres de cette organisation de la campagne.Dans chaque paroisse, on jettera sans tarder les bases d\u2019une organisation groupant tous les éléments \u2014 comme dévouement et puissance de sollicitations.Le travail admirable accompli par toutes les oeuvres de la Fédération est bien connu.Il se résume en quelques mots, \u2014 \u201cnourrir et vêtir les miséreux, secourir les enfants des parents indigents, aider les aveugles, protéger physiquement et moralement la jeunesse, sans compter toutes les autres oeuvres sociales et de santé, affiliées à la Fédération.On peut toujours s\u2019adresser, pour tout renseignement à la Fédération des Oeuvres Sociales de Santé, chambre 305, édifice Aldred, place d\u2019Armes.Téléphone: MArquette 4131 \u2014 4132.Ch Directeur : Alphonse DE LA ROCHELLE anses ESS 0200 EM 20 SN HE LA REVUE NATIONALE + | 80 de vos clients jugent votre maison d\u2019après votre papeterie et vos imprimés.Nous sollicitons votre patrecuage strictement sur les qualités de nos travaux, et sur notre habileté à vous bien servir dans toute l\u2019acception du mot.L\u2019ECLAIREUR, INCORPOREE Imprimeurs \u2014 Editeurs \u2014 Papetiers DEUX ETABLISSEMENTS BEAUCE VILLE MONTREAL + U.Boileau, Prés.-Gér.E.-N.Boileau, Sec.-Trés.Ulric Boileau, Limitée ENTREPRENEURS GENERAUX SPECIALITE: EDIFICES RELIGIEUX 4869, rue Garnier - - Montréal Bureau: Tél.CHerrier 3191-92 2 te + J.-A.ST- AMOUR Ltée, ENTREPRENEURS - ELECTRICIENS A & + pagnie d'Assurance sur la Vie Ja Saubegarde MONTREAL Narcisse Ducharme, président Encouragez nos annonceurs LA REVUE NATIONALE Ecole Technique de Montréal 200, KUE SHERBROOKE OUEST Fondée par le Gouvernement Provincial ORGANISATION DES COURS Cours réguliers Cours abrégés a) Techniques (3 années) Mécaniciens d\u2019autos (2 à b) Métiers (2 à 3 années) 6 mois) Cours d\u2019Apprentissage Imprimerie (3 années) Cours du soir Nombreux Cours libres % » « XT 9 +, e, e MEMBRES DE LA SOCIETE Abonnez vos garçonnets et vos fillettes à L'OISEAU BLEU Revue illustrée pour la jeunesse ABONNEMENT: Canada et Etats-Unis, 50 sous seulement.LA SOCIETE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL 1182, rue Saint-Laurent, Chambre No 1 Contes Historiques L'Histoire du Canada, avec texte et images en couleurs 16 contes, reliés en un magnifique album \u2026.\u2026.$0.30 franco En feuilles détachées: le cent \u2026.\u2026.\u2026.in en ours wie $0.80 franco Edités par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal 1182, RUE SAINT-LAURENT MONTREAL RESTONS MAITRES DE NOS INSTITUTIONS VI ER OA IUT 4 LA REVUE NATIONALE PREVOIR POUR POURVOIR La rente viagère c\u2019est le placement le plus sûr pour les économies réalisées: elle les soustrait au gaspillage.individuel; elle les soustrait aux séductions et aux dangers de la spéculation.CAISSE NATIONALE D\u2019ÉCONOMIE 55, rue St-Jacques O.\u2014 Montréal FIDUCIE ENTRE VIFS Créer un capital Vous le pouvez, jeune homme.Nous vous y aiderons.Venez arrêter les détails de votre contrat à notre siège social.Une partie de votre salaire suffira.Vous n\u2019aurez qu\u2019à nous le verser, régulièrement, chaque mois.SOCIÉTÉ NATIONALE DE FIDUCIE 55, rue St-Jacques O.\u2014 Montréal PRATIQUONS L\u2019EPARGNE VII om HE COMITES PERMANENTS DE LA | SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTREAL 1930-1931 COMITE DE REGIE ET DE PLACEMENT DE LA CAISSE NATIONALE D\u2019ECONOMIE ET DE LA CAISSE DE REMBOURSEMENT Président: M.Guy VANIER.Secrétaire-trésorier: M.J.-Albert BARITEAU Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, Aimé PARENT, J.-Ovila MOQUIN.COMMISSION ADMINISTRATIVE DU MONUMENT NATIONAL Président: M.Ernest-J.BROSSARD.Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, J.-Alfred BERNIER, J.-Albert BARITEAU, Alphonse PHANEUF COMMISSION D\u2019ETUDE Président: M.J.-Alfred BERNIER.Membres: MM.Olivier MAURAULT, P.s.s., v.-Elzéar BEAUPRE, J.- Ovila MOQUIN, Guy VANIER, Maurice TESSIER, Arthur TREMBLAY, Dr Arthur-A.LEFEBVRE.COMITE DES COURS ET PUBLICATIONS Président: M.Alphonse PHANEUF.Membres: MM.J.-Ovila MOQUIN, J.-Albert BARITEAU, Maurice TESSIER, Arthur TREMBLAY, C.-Hermélien MOINEAU.CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE FIDUCIE Président: M.Victor MORIN ler vice-président: M.Guy VANIER, C.r.2e vice-président: M.J.-Victorien DESAULNIERS Membres: MM.Charles LAURENDEAU, V.-Elzéar BEAUPRE, -Justi- nien PELLETIER, Aimé PARENT, Ernest-J.BROS- SARD, Dr Hector \u2018CYPIHOT.Directeur-gérant: M.J.-Victorien DESAULNIERS CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION DE LA SOCIETE NATIONALE DE COLONISATION Président: M.Jules de SERRES Vice-président: M.Rodolphe LANGEVIN Secrétaire: H.Henry L.-AUGER Membres: MM.V.-Elzéar BEAUPRE, gérant, Oscar GATINEAU, Alphonse HARDY, L.-M.CORNELLIER, \u2018J-Ovila MOQUIN, J.-Albert BARITEAU.i» x chm WM | ~< é COMPLIMENTS + k = DE LA \u2014 = $ BRASSERIE Dow el 3 ~ ~~] 4 ET DE LA / BRASSERIE DAWES \u2019 } j |A \u2014 \u2014 = - \u2014 \u201cNATIONÆAL BREWERIES LIMITED\u201d ç - { Imprimerie de l\u2019Eclaireur Inc.1723, rue St-Den.s, Montréal signa 40 _ > TN IT FT IIT STC TEES COLO TET ME FOI SC IE TU PEL FOP CPE MR ON "]
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