Chroniques, 1 avril 1975, Avril
[" Le marxisme pt la question nationale {omment évaluer si le mouvement indépendantiste au à uébec aide ou non la classe ouvrière québécoise et ps | ternationale contre la bourgeoisie et l'impérialisme?sl | a peinture au Canada istoire d'une lutte ontrer la lutte entre la soumission coloniale aux tyles artistiques des centres impérialistes et la pcherche de formes autonomes au service des réalités ationales et populaires.le qu\u2019il faut lire dans Entretien es livres d\u2019école avec = Bernard 3s conditions réelles de travail dans les sines et les bureaux, le chômage, les Dort jaladies industrielles, les luttes ouvrières t en particulier les grèves, bref, l\u2019histoire Les rapports entre l\u2019es- u peuple québécois et des formes thétique et la politique pncrètes de sa vie quotidienne, cela les dans le travail théâtral januels scolaires n\u2019en parlent pas.en France et au Québec.SE NE RE Ce a.I RE ME RES RAR CAN EEE M see my rr or cerzs EE +, iy > _ 5 ER = EE 3 PS z a a pere Eats ces x as fre 5 pas === _ ca ces = parry gs .Tone Con x ie rs ces né ere as aecog 8 g re hos rm a mi Le a mi en amen ere es mat eee 14 A I i \u201ca IBibliothe =$ és ] i\" A À ¢ > me Eon w; ?5e =» BO A= À du iy \u201ca 4 > = 4 moe em es 4 £2 ae que Rationale du Queb br.f ga § COuvery Mgt à 1 Courier fay, la Jeary Qeron 1 Collet Case py hr Inform Chron! ' Enel ' Ligne ( IZA 3 Vol.1, 4 ~ \u2019 sommaire avril 1975 £ 7 Ligne ouverte 2.Deux lecteurs nous érivent Entretien 7.Thérèse Arbic et Robert Chartrand .rencontrent Bernard Dort \u2014 ] Chroniques 21.Le marxisme et la question nationale, \u2019 par Jean-Marc Piotte .24.Ce qu\u2019il faut lire dans les livres d\u2019école 1 par Céline St-Pierre 29.Les ratés du système: l\u2019asile, la prison - par Madeleine Gagnon 34.La tête me brûle \u201d _ par Philippe Haeck 39.Les \u201cluttes ouvrières\u201d au TNM par Thérèse Arbic 43.Histoire d\u2019une lutte par Laurent-Michel Vacher 49.Une télévision \u2018\u2018éducative\u201d\u201d par Noël Audet 54.Le Marketing innocent - I par Thérèse Dumouchel .59, -Le cinéma, bien, mais plus que le cinéma par Patrick Straram le Bison ravi 64.Del\u2019attitude cocon chez certains québécois par Léandre Bergeron Informations 68.- chroniques Case Postale 747, Succ.N, Montréal Collectif de production: Thérèse Arbic, Noël Audet, Léandre Ber- geron; Thérèse Dumouchel, Philippe Haeck, Madeleine Gagnon, Jean-Marc Piotte, Céline Saint-Pierre, Patrick Straram le Bison ravi, Laurent-Michel Vacher, secrétaire à la rédaction.Courrier de la deuxième classe: Enregistrement no 3451.Dépôt légal à la bibliothèque nationale du Québec.Maquette, composition: Agence de presse libre du Québec; couverture: Mario Leclerc.Impression: Journal Offset. Cc OUV erte Pierrefonds, le 14 mars 1975 Le Collectif de production, Chroniques, C.P.747, Succursale \u201cN\u201d, Montréal.- Lors d\u2019une rencontre avec le .Bison ravi, après la publication des deux premiers numéros, je lui ai fait part de quelques critiques qui me venaient au sujet de ces deux premiers jets de votre revue.Il m'a alors suggéré de vous écrire ces critiques.Ce que je fais aujourd\u2019hui.oo Deux des objectifs que vous exprimez dans l\u2019éditorial de votre premier numéro m\u2019avaiént surtout intéressé: 1.la place du sujet dans le projet révolutionnaire, en théorie et en pratique; 2.la réintroduction des phénomènes culturels, plus précisément ceux de la \u201ccontre-culture\u201d ou de l\u2019underground, dans les objectifs d\u2019ana- | lyse de la gauche québécoise, pour ne pas en laisser le monopole aux obscurantistes, qu\u2019ils soient de \u201cMainmise\u201d ou des libéraux de tous poils.Encore plus, je trouvais fondamental que les Québécois produisent leur propre rejet de la culture dominante, plutôt que de RS DER TEE HRN TR RHR INR nous servir des traductions comme le fait \u201cMainmise\u201d introduisant dès lors déjà une nouvelle mystification, confinant à la fumisterie.Plusieurs choses m'ont déçu avec vos deux premiers numéros; je vous les dis comme ça, sans ordre particulier.1.Le langage.\u2026 Déjà votre objectif de contester le monopole obscurantiste sur la ; contre-culture vous expose à la haine de leurs papes.Voilà qu\u2019à votre tour vous ouvrez flane à leurs attaques par un langage qui rappelle malheureusement trop souvent un rejet dogmatique de toute manifestation qui n\u2019attaque pas explicitement, selon des formes convenues, le système dominant.Avec le risque qu\u2019un simple rejet au niveau du langage tienne lieu d\u2019analyse-synthèse des dites manifestations.Et puis, à la longue ça écoeure! 2.Votre pratique/vos objectifs Il y a effectivement \u201cplace et nécessité pour une revue qui couvrirait (.) les activités culturelles et politiques au Québec dans une perspective critique de lutte de classes\u201d (No 1, éditorial).Mais il ne faudrait pas que votre rejet de la mystification apportée par la \u201cnouvelle culture\u201d genre Mainmise vous fasse rejeter en même temps des phénomènes ou expériences de libération qui, pour n\u2019être pas formellement dans la ligne marxiste-léniniste, représentent essentiellement des formes nouvelles basées sur une évolution des sociétés sur-industrialisées.Que ce soit au plan sexuel, psychédélique, artisanal, agricole, artistique, ete., Mainmise \u2018n'a pas créé les phénomenes de transgression dont elle profite pour re-mys- tifier le champ culturel.Non, ces phénomenes de transgression sont Je À cat Hi | | lem | rsp | jo ie He, 0s ue de ie a i es ery sement en pr Lorie 6 Cfa À ppp io (ely : 2 Dig 4 che di J is | Foi tle Fn Mie Sen st Et, og Sans er I à h qu i) qu ity di que for Tpk Me tes ie dl, is ces ot issus d\u2019un rejet réel des valeurs de la société bureaucratique, de type américain ou de type soviétique.Alors, il faut retenir de Mainmise l'éclairage qu\u2019elle a mis sur ce rejet, il faut retenir la plupart des sujets que Mainmise traitait sans vraiment les analyser, et alors les analyser.Sinon, vous allez jeter le bébé avec l\u2019eaû du bain.Vous me_direz peut-être qu\u2019après deux numéros il est trop tôt pour avoir couvert tout ce champ.Je veux simplement vous dire qu'après deux numéros, on peut déjà percevoir le champ.que vous proposez de couvrir, et qu\u2019il laisse de côté peut-être trop des manifestations révélées par les media \u201cde la \u201cnouvelle culture\u201d.3.Une p'tite citation.Je veux vous donner ici une _ citation tirée d\u2019une lettre d\u2019Engels à J.Bloch, qui date de septembre 1890, donc après la mort de Marx.\u201cC\u2019est Marx et moi-même, partiellement qui devons porter la responsabilité du fait que, parfois, les jeunes donnent plus de poids qu\u2019il ne lui est do au côté économique.Face à nos adversaires, il nous fallait souligner le principe essentiel nié par eux, et alors nous ne trouvions pas toujours le temps, le lieu, ni l\u2019occasion de - donner leur place aux autres facteurs qui participent-à l'action - réciproque.(.) Mais, malheureusement, il n\u2019arrive que trop fréquemment que l\u2019on eroit avoir compris parfaitement une nouvelle : théorie et pouvoir la manier sans difficultés, dès qu\u2019on s\u2019en est approprié les principes essentiels, et cela n\u2019est pas toujours exact.Je ne puis tenir quitte de ce repro- \u201d che, plus d'un de nos récents \u201cmarxistes\u201d.\u201d Voila.Si je veux vous donner cette citation, c\u2019est.qu\u2019elle me semble pouvoir contribuer à redonner de leur importance aux phénomènes autres qu\u2019économiques dans le matérialisme dialectique, ce qui est le propos déclaré de votre revue.Il faut donc faire pour les autres phénomènes l\u2019analyse que Marx et Engels n\u2019ont pu fairé complètement.Il faut le faire au Québec, un siècle plus tard.Cette citation s'applique imparfaitement à vous, j'en suis conscient, mais elle peut contribuer à expliciter ce que je veux vous dire quand j'accorde tant d'importance aux manifestations contre-cultu- relles.4.Vos rencontres Je ne peux m'empêcher de souligner que le questionnement, lors de ces rencontres, m\u2019apparaît pauvre.Ca me met hors de moi de constater que souvent les questions ne permettent pas à la personne reneontrée de nous livrer le plus clairement possible sa pensée, mais l\u2019enfargent plutôt.C\u2019est de la maladresse- qui est choquante, et qu'il serait assez facile d\u2019éviter.Voilà ce que j'avais à vous dire sur vos deux premiers numéros.En me relisant, jé\u201d me rends compte de la sévérité et de l\u2019apparence peut-être négative de mes critiques.Alors comprenez que: 1.la sévérité de ces critiques est due au fait que je ne me suis pas attaché à l\u2019analyse exhaustive de Chroniques, et que j'ai choisi de ne parler que de ce que je trouve - négatif; 2.si je veux vous le dire, c\u2019est parce que je suis d\u2019accord avec vos objectifs, donc positif envers vous au point de départ.Maintenant, vous êtes au courant de ce qui m\u2019achale chez vous.Laissez-moi vous dire que les critiques ci-dessus s'appliquent inégalement selon les collaborateurs considérés, mais que je ne \u2018veux pas commencer analyse individuelle de vos probablement très charmantes personnes.Alors que ceux à qui le chapeau va le prennent, que les autres cherchent une deuxième fois pour voir si vraiment il ne leur va pas, puis salut.Amicalement, avec camaraderie itou, Gaétan Tremblay P.S.J'ai aussi lu votre troisième numéro.Il me plait déjà plus.La question du langage est bien posée, bravo Léandre.Sur la mort, Piotte, c\u2019est beau.Sur la folie, Madeleine, c\u2019est fameux.Sur la T.V., Audet, c'est pertinent et clair.Merci.Le questionnement de Charron, par exemple, ça ne change pas la critique ci-dessus.Lächez pas! \u201cG.T.chroniques et la musique Par rapport à l'ensemble des textes de chroniques, la chronique musicale \u201csituations de l\u2019écoute\u201d détonne en plusieurs points.Le plus grave consiste en une position normative concernant l\u2019écoute de la musique contemporaine.Comme si cette musique devait s'imposer naturellement à l\u2019audition.On semble accuser les audi- teurs-qui-ne-comprennent-pas de mauvaise volonté (\u201cCe jugement , trahit une attitude fausse de l\u2019auditeur face à la musique de son temps.\u201d, No 2).Cette paranoïa ressemble dangereusement au mythe de l'artiste incompris: \u201cCeux qui s'occupent de musique parlent de l\u2019orchestre comme d\u2019un fait\u201d contemporain, comme s'il était le 4.\u2019 media principal de la musique aujourd\u2019 hui, pensant ainsi contrer la musique actuelle: en l\u2019ignorant, la faire ignorer de la masse\u201d (No 1).Sil y a censure contre la musique \u201cactuelle\u201d, il serait important ,d\u2019en citer des exemples précis; les difficultés rencontrées par cette musique sont-elles dues à une tentative d\u2019étouffement concertée ou à des problèmes culturels plus larges qui concernent l'éducation et I'écoute musicales?; attitude de \u201cla masse\u201d face à l'orchestre n\u2019est-elle pas d\u2019indifférence plutôt que de respect?Il faudrait faire une mythologie de la musique au Québec, afin de préciser quelle valeur mythique est accordée à l\u2019orchestre, à la musique classique comme ensemble, à la musique contemporaine par rapport aux divers types de chanson, par exemple.Avant d\u2019interpréter le supposé refus d\u2019écouter telle musique, il apparaît important d'analyser les conditionnements et les fonctionnements de I'écoute musicale.Ce n\u2019est pas la tentative d\u2019ifipo- ser une écoute idéale (\u201cC\u2019est ainsi qu'il faut écouter la musique de Xénakis.\u201d, No 2) qui fera entendre la musique.Qui, en effet, peut écouter de la façon proposée?Cette question essentielle de la pédagogie musicale de l\u2019écoute (et non de la technique de composition) semble absente ici.Il y a des gens pour qui la musique \u201cclassique\u201d est plate (sans relief), pour qui la musique contemporaine ne produit que du bruit (au sens de perturbation de la communication ou, au mieux, en tant que fond sonore): il faut se demander pourquoi telle musique est inaudible, et pour qui (tel texte illisible, pour qui).Dans l'optique de chroniques, il serait nécessaire non seulement de poser ces questions de la pédago- 8 ä ust Te à msi El i Es us À jt Éi § irl ie fe.gi 1 ton J ree 5 p sold 5 105 J ior liner | usique | doer tod ë dre He à brush re Je} voir ay et la tez ton rêti tl | Tes A tude mûr | réduction À effets de | politique | Tonal | Taine\u201d ¢ | ol ¢ entre l'a mel def k d'en aS poy | tinnene ont auta | revolts | lat arti 1 serait és | lise, pie: Prétenti: Misi Ld ute ; Mie py Uren tole ç (ete Île tr.og v gie musicale, mais aussi de justifier I'importance politique de la musique ment introduire a cette musique, mais aussi pourquoi).(Autre point discutable: cette écoute proposée est-elle la seule possible?on \u201cdevrait\u201d écouter Xénakis non pas linéairement mais de façon \u201cmassive\u201d, Oui.Cependant, cette définition formelle de l'écoute qui rejette \u201cl'expression musicale au sens romantique\u201d se double contradictoirement d\u2019un retour de l\u2019irterprétation humaniste: \u2018sa musique est l\u2019expression de la douleur et de la peur dans l\u2019attente d\u2019une libération\u201d (No 2).Ce qui repose totalement le problème: l\u2019écoute formelle - attentive aux transformations de la masse sonore - ne peut pas évacuer le pouvoir mythologique de la musique et la tendance à la représentation (récit, figuration) dans l\u2019écoute).= Il est significatif qu\u2019à cette attitude normative corresponde une réduction du politique à certains effets de surface: les \u201caspects politiques\u201d de la musique de Xénakis seraient un \u201cretour à la nature\u201d et un \u201cdésir de diffusion\u201d {No2)! Quel rapport existe-il entre \u2018engagement politique formel\u201d de Ferrari et sa musique (No .3)?Le politique est souvent cité mais peu analysé dans ses fonctionnements.Si \u201cles faits musicaux ont autant de résonnance histo- - rico-politique significative que tout fait artistique en général\u201d (No 1), il serait essentiel de préciser quelle histoire, quelle politique, quelle signification.Et d'interroger les prétentions politiques de certaines musiques autant que l\u2019apolitisme des autres.(Ce manque d\u2019analyse politique qui tient parfois du cliché surprend à l'intérieur du projet collectif de chroniques).Cette absence de -critique fait \u201ccréation: place au mythe surréaliste de la cet \u201cinstinct créateur présent en tout homme\u201d (No 1), comment une musique peut-elle le \u201clibérer\u201d (surtout si elle est inaudible pour tel public)?dans quelle mesure la musique ancienne opprimait-elle cet \u201cinstinet\u201d?Si la musique puise dans le \u201cfond sonore universel\u201d (?), est-ce suffisant pour qu\u2019elle soit \u201crendue à la collectivité\u201d, \u201caccessible à tous\u201d (No 3)?Au contraire, cette prétendue liberté camoufle une autre écoute normative: \u201cil (l'auditeur) devra écouter activement puisqu'il devient responsable de la musique\u201d (No 3).La croyance selon laquelle certaines oeuvres contemporaines \u2018provoquent à la \u201ccréation\u201d semble assez suspecte: d'abord, parce qu\u2019elle se pose universellement en méconnaissant les luttes idéologiques (qui crée, pour qui, selon quels codes?), et aussi parce qu\u2019elle occulte les modes de production de \u201coeuvre\u201d, qui ne sont pas exclusivement formels (ne peut-on pas être aussi \u201cresponsable\u201d de la musique de Beethoven?ou de Hendrix?pourquoi cette \u201cparticipation\u201d à la musique serait-elle plus forte,plus avancée chez Xénakis (surtout pour ceux qui n'ont même pas assimilé la musique \u201clinéaire\u201d)?) Il s'agit ensuite de tenter de concilier l'écoute - formelle - avec cette mythologie de la création: bien que Xénakis introduise les mathématiques dans la composition musicale, on s\u2019empresse d\u2019affirmer qu\u2019il sauvegarde \u201csa liberté créatrice\u201d (No 2); si Ferrari, lui,perd \u201csa singularité créatrice\u201d (1), c\u2019est afin de \u201credonner a tous le privilège de la création\u201d (No 3): s\u2019il ne s\u2019agit pas ici du mythe de la création comme invention du monde, comme expression d\u2019un contenu \u201cintérieur\u201d (ou, aussi, comme \u201cretour à la nature\u201d: chez Xénakis, 7 \u201cI'échelle naturelle de l'écoute musicale\u201d (No 2): comment une écoute peut-elle ne pas étre culturelle, conditionnée et condition- nante à l\u2019intérieur de structures idéologiques (en lutte)?les violences de l\u2019art contemporain ne peuvent pas retrouver cette mythique origine, cette oreille pure, mais seulement agir dans le sens\u201d d\u2019un certain déconditionnement de l'écoute qui ne peut que provoquer en.retour la construction d\u2019une \u201cnouvelle écoute\u201d, mais tout cela à un certain niveau, pour un certain groupe), il serait important de définir les rapports entre cet effet \u201ccréateur\u201d - que l\u2019on dit provoqué par la musique - et le désir comme force de rupture, et de différencier les musiques à ce niveau (même la musique de Ferrari demeure dans le champ de la musique \u201cd'auteur\u201d puisque le geste artistique peut se limiter au choix, à la désignation, à la signature (Marcel Duchamp), ce qui - n'entraîne pas que l'auditeur en \u201ccrée\u201d plus).x Cette survalorisation de la créativité se double de l\u2019idée de l\u2019avant- garde: \u201cC\u2019est une musique proche de l'homme d\u2019aujourd\u2019hui\u201d (No 2): mais, justement, cette musique demeure élitique, elle ne touche pas encore les femmes et les hommes d\u2019aujourd\u2019hui (pour des raisons complexes qui demeurent à analyser); quant à \u201cl\u2019homme d'aujourd'hui\u201d, \u201cil\u201d est plus que mythique, c\u2019est une case vide où l\u2019humanisme met en scène ses justifications en constant déplacement.Ces points illustrent les difficultés qui surgissent lorsqu\u2019il s'agit de parler sur la musqiue.Dans les textes à venir, il\u2019 serait intéressant d\u2019analyser vraiment les \u201csituations de l\u2019écoute\u201d et les modes d'intervention expérimen- HANNAH PO + tés (pédagogie de l\u2019écoute, animation musicale), de poser la question du rapport musique/politique non en termes d'\u201cengagement\u201d du compositeur mais au niveau de la signification du tissu musical (comment un \u201clangage\u201d sans signifié codé peut-il produire du sens?), étudier les modés d\u2019inscription sociale de la musique (à l\u2019aide des travaux de la sociologie et de la - sémiologie de la musique), établir le rapport psychanalyse/musique (comment la musique agit sur le sujet, le corps, le rythme, le pousse à quelle jouissance, à l\u2019entrée de quelles écritures).André Lamarre DRE IR O ET PER CIC AEIT ing, Te \u201centretien Sur le travail théâtral Thérèse Arbic et Robert Chartrand parlent avec ; Bernard Dort Un itinéraire Chroniques: Vous êtes actuellement à Montréal où vous \u2018donnez, à l\u2019Université de Montréal, un cours sur Brecht.A Paris, vous êtes professeur à l\u2019Institut d\u2019Etudes Théâtrales.Vous êtes également écrivain et critique de théâtre.Vous avez publié, entre autres, Théâtre public, Théâtre réel et Lecture de Brecht.Pouvez-vous, d\u2019abord, au début de cet entretien, nous tracer rapidement votre itinéraire d\u2019homme de théâtre?: Bernard Dort: J'ai commencé à écrire sur le théâtre en 1950, le premier article que j\u2019ai publié était consacré au Tartuffe monté par Louis Jouvet et joué par Louis Jouvet.Il a paru dans la revue de Sartre Les Temps Modernes.Mais, à cette époque, je m\u2019intéressais, à part égale, au théâtre, à la littérature et, peut-être même davantage, au cinéma.Un des deux événements qui m\u2019ont fait me consacrer presque exclusivement au théâtre, me spécialiser, si on peut dire, c\u2019est le Festival d\u2019Avignon.(1), en 1951, le premier Festival d\u2019Avignon auquel ait participé Gérard Philippe (2) et d\u2019où est sorti, vers la fin de l\u2019année, le TNP (Théâtre National Populaire) (3) de Jean Vilar, (4) avec Gérard Philippe.Le second événement, peut-être plus important encore pour moi, c\u2019est la représentation de Mère Courage de Bertolt Brecht, par le Berliner Ensemble (5), à Paris, en 1954.A Avignon, j'ai eu la révélation d\u2019un nouveau rapport entre le théâtre et le public, un rapport d\u2019enthousiasme et de communion.C\u2019est la cérémonie théâtrale qui m\u2019a \u2014\u2014 7. fasciné, cérémonie qui n\u2019était pas abstraite, qui se situait vraiment dans la société, qui n\u2019était plus celle des théâtres parisiens dont les usages restaient très marqués par le 19e siècle, par la bourgeoisie du 19e siècle.Chroniques: Quel aspect de cette cérémonie vous fascinait le plus, le lieu théâtral, le jeu de l\u2019acteur, ou quoi?Bernard Dort: C\u2019était tout à la fois.Il y avait une sorte d\u2019accord que je n\u2019avais pas rencontré jusque la, ou pour ainsi dire pas, eritre les oeuvres choisies \u2014 c\u2019était de grands classiques dont l\u2019un était très connu \u2018et l\u2019autre presque inconnu \u2014 Le Cid de Corneille et Le Prince de Hombourg de Kleist \u2014 et le style de mise en scène de Vilar, la simplicité de ce style de mise en scène, son caractère direct.C\u2019était le jeu des acteurs et, particulièrement de Gérard Philippe, le lyrisme de ce jeu.C\u2019était,-aussi et surtout, la réunion, dans un lieu ouvert, la Cour du Papais des Papes (6), d\u2019un public jeune.Un rapport profond semblait exister entre la cérémonie théâtrale et la Cité, à Avignon, entre une manifestation artistique et la vie sociale.Le second événement, Mère Courage du Berliner Ensemble, est venu, en quelque sorte, corriger le premier.C\u2019est-à-dire que, assez rapidement, le style de Vilar au TNP, les rites de la cérémonie de la représentation vilarienne, étaient devenus une rhétorique; le coefficient mythologique de ce qu\u2019était le théâtre populaire m'est apparu assez rapidement.Dans là présentation de Mère Courage par le Berliner Ensemble, dans un cadre beaucoup plus traditionnel puisqu\u2019il s\u2019agissait du Théatfe Sarah Bernhardt (7), de l\u2019ancien Théâtre Sarah Bernhardt, maintenant le Théâtre dela Ville, ce (1) Avignon: ville du sud-est de la France, où se tient chaque été un important Festival de Théâtre, fondé en.1942 par Jean Vilar.(2) Gérard Philippe: comédien français de théâtre et de cinéma, devenu célèbre au début des années \"SO.Il faisait partie du TNP et jouait régulièrement à Paris et à Avignon.Lors de la tournée du TNP, à Montréal, Gérard Philippe a interprété entre autres Le Cid et Lorenzaccio.Il est mort en 1959 alors qu\u2019il n\u2019avait pas encore 40 ans.(3) Le Théâtre National Populaire: une entreprise théâtrale française considérée durant plusieurs années eomme un modèle du \u2018\u2018\u2019Théâtre populaire\u201d.La troupe présentait régulièrement des spectacles au Palais de Chaillot à Paris au cours de la saison et à TAvignon durant l\u2019été.Jusqu\u2019en 1966 le TNP assumait seul la programmation du Festival d'Avignon.-Depuis 1972 le sigle du TNP a été attribué au Théâtre de la Cité de Lyon-Villeurbanne sous la direction de Roger Planchon, Patrice Chéreau et Robert Gilbert.- 7 (4) Jean Vilar: directeur du TNP de 1951 à 1963-puis directeur artistique du Festival d'Avignon jusqu\u2019à sa mort survenu en 1971.II était également metteur en scène et comédien.\u2014 (S) Berliner Ensemble: une troupe de théâtre allemande fondée par Bertolt Brech et sa femme Hélène Weigel en septembre 1949 à Berlin-est.(6) La Cour du Palais des Papes: la cour intérieure du Palais des Papes d\u2019Avignon transformée en lieu théâtral à l\u2019occasion du Festival.(7) Théâtre Sarah Bernhardt: salle de spectacles à Paris devenu depuis le Théâtre de la ville - \u2018 qui Mau rep spec l'est ans tert ars part finda ls VOUS: Jimi hab êt der ge fe Consy och) UN à 8.ST 7 dag Sages Sele Ig | le Utes NU ei (0 de à, la ait le de ce ir dy lai Une Mère ere INP, ls cite nde ls ) de I, ce valde dé ors Cid e rant eat pi sv fé de ober ii 7e él jets pon els re Weigel et Ernst Busch, Mere courage de Bertolt Brecht (Hainer Hill).qui m\u2019a frappé c\u2019est un véritable engagement, quoique le mot soit mauvais, un engagement politique de tous les signes de la représentation théâtrale.On l\u2019a beaucoup dit depuis, d\u2019ailleurs.Ce spectacle m\u2019a donné un sentiment absolu de maîtrise du rapport entre l\u2019esthétique et la politique, entre les signes et les significations.C\u2019est dans ce sens-là qu\u2019il m\u2019est apparu exemplaire de ce que pouvait être un véritable art politique moderne, conscient, à la fois, de son caractère artistique et, en même temps, de sa fonction politique.À partir de là, à partir aussi de la découverte progressive de l\u2019oeuvre de Brecht, j'ai eu tendance à me spécialiser dans le théâtre, mais je suis toujours resté, je le suis encore, dans une certaine mesure, marginal par rapport à ce que vous appelez l\u2019Institution Théatrale, dans la mesure même où je n\u2019ai jamais été sauf à une très courte période, critique de théâtre au'sens habituel du terme.J\u2019ai exercé la fonction de critique à l'Express, un an et demi, entre 1953 et 1955, mais assez rapidement, un désaccord a surgi entre la direction de l'Express et moi, peut-être parce que, sans en être toujours conscient, je me refusais à être un critique de la consommation théâtrale parisienne.Maintenant, ma position est double mais je pense que ces deux aspects sont convergents.Je poursuis une activité de critique, non pas de critique institutionnel, officiel, par ; 9. l'intermédiaire des journaux, que ce soit les quotidiens ou les hebdomadaires, mais comme membre du comité de rédaction d\u2019une hi 4 revue de théâtre qui paraît tous les trois mois, la revue Travail Thédtral.fv D'autre part, je: suis professeur à l\u2019Institut d\u2019Etudes Théâtrales de ppv l'Université de Paris III.Enfin de compte, on pourrait dire que, dans pif l\u2019un et dans l\u2019autre cas, il y a un élément commun, c\u2019est l\u2019élément 08 pédagogique.| \u2018 2 + ; bi - - à e[ jo We fh por gu'iouf cote tir amit tive ite] la fi ect pepe di propres , 1 1p Chron finden Dear il fae NN tide ler Benede 7 bondi Dans Travail Théâtral si nous tâchons, évidemment, de donner un uméte reflet de l\u2019activité théâtrale parisienne et, plus largement,-française, Mgr voire européenne, notre premier but reste d\u2019élaborer une réflexion | suivie sur les voies et les moyens du théâtre aujourd\u2019hui, ceci dans une [te perspective politique, en gros, disons, une perspective marxisante.A lt partir de là, au lieu d\u2019une critique de compte rendu, d\u2019une critique de fj consommation, nous essayons, d\u2019une part d\u2019amener nos lecteurs à [ur réfléchir, avec nous, sur la responsabilité des signes de la représentation 1 Pre théâtrale, la responsabilité politique de ces signes et, d\u2019autre part, de poursuivre, en commun avec certains hommes de théâtre, \u2014 pas tous, bien sûr, il y a un choix fondamental \u2014 un examen des différents modes de l\u2019activité théâtrale aujourd\u2019hui.Une mutation essentielle s\u2019est hii Mie à | Û Ha § ly oi 10. roduite entre 1951, l\u2019année de la naissance du TNP, et aujourd\u2019hui: \u2018est que, si en 1951, on pouvait encore croire à la possibilité de % existence d\u2019un grand théâtre populaire unique, presque universel, on ie peut plus y croire maintenant.Il y a aujourd\u2019hui autant de théâtres fu\u2019il y a de luttes sociales, qu\u201cil y a non seulement de classes mais de roupes sociaux.Sur le plan de l\u2019Institut d\u2019Etudes Théâtrales, par ailleurs, je ne me fuse pas à une fonction universitaire de type traditionnel, c\u2019est-à-dire la constitution d\u2019un savoir plus ou moins objectif sur le théâtre, qui va le l\u2019histoire du théâtre à la sémiologie théâtrale.Je crois que c\u2019est portant, dans la mesure où ce savoir n\u2019est pas encore constitué: il a oujours été masqué par le savoir littéraire, en France, peut-être plus [ncore que dans les pays anglo-saxons ou qu'en Allemagre.Les Histoires du théâtre, en France, sont des Histoires de la littérature jramatique, ce ne sont pas des Histoires du Théâtre.Mais dans mon Activité d\u2019enseignant, je retrouve aussi ce que je fais au niveau de la fevue Travail Théâtral, c\u2019est-à-dire une sorte de formation dialectique, | la fois de moi-même comMe enseignant, des étudiants comme futurs {pectateurs et aussi, peut-être, comme futurs hommes de théâtre, dans fine perspective qui n\u2019est pas du tout une perspective éclectique, qui est iitette perspective d\u2019un théâtre - qui peut intervenir par ses moyens propres dans les luttes de la vie sociale.3 {Expériences et problèmes Fg A hroniques: Parlez-nous en gros du théitre francais actuel, de ses endances?aution.Il n\u2019existe pas un théâtre français, il existe des théâtres fran- rais et ces théâtres sont parfois plus différents entre eux qu\u2019ils ne diffèrent de certains théâtres étrangers.Par exemple, entre une comédie de boulevard, un spectacle de Roger Planchon (8) et un spectacle d\u2019André 4Benedetto (9), il y a des différences absolument fondamentales.Une &omédie de boulevard française est plus proche d\u2019une comédie musicale américaine, de par sa structure et par sa fonction, que d\u2019un spectacle de {Roger Planchon.Tandis qu\u2019un spectaclè de Roger Planchon est plus 8) Roger Planchon:-metteur en scène et auteur dramatique, d\u2019abord à Lyon puis à \u2018Villeurbanne en France.Actuellement co-directeur du TNP.9) André Benedetto: directeur de la Nouvelle Compagnie d\u2019Avignon, également metteur bn scène, acteur et auteur dramatique.Cette compagnie existe depuis 1961.#10) Peter Stein: un metteur en scène allemand, membre d\u2019un collectif de production Ufer, à Berlin-Ouest.{11) La Schaubühne am halleschen Ufer: une entreprise théâtrale de Berlin-ouest, qui, «l\u2019un point de vue juridique, est un théâtre privé mais qui bénéficie d'importantes | 11.CS Bernard Dort: L'expression même de théâtre français est sujette à théâtrale composé de tous les travailleurs du théâtre, à la Schaubühne am halleschen - proche, peut-être, d\u2019un spectacle monté par Peter Stein (10), à fr! Schaubithne de Berlin (11), ou par Giorgio Strehler (12) au Picco os | Teatro de Milan (13) que de cette comédie de boulevard françaisdy# ._ .a Disons que je m\u2019intéresse surtout à deux directions de l\u2019activit a théâtrale actuelle qui, pour être assez éloignées l\u2019une de l\u2019autre, » s'excluent pas \u2014 il y a des points de passage entre l\u2019une et l\u2019autre \u2014 \u20ac qui constituent les deux pôles de la vie théâtrale française.La première ns la plus traditionnelle, c\u2019est la constitution d\u2019un grand théâtre ie répertoire ou de reprise en charge de la dramaturgie nationale Pc \u2018internationale et de création d\u2019une nouvelle dramaturgie sur une bag, .institutionnelle.Le TNP de Vilar en a été un grand exemple.Je crof™ que le TNP de Planchon et'de Patrice Chéreau (14) aujourd\u2019hui, pounn différent qu\u2019il soit, en est, également, un exemple.L'objet central d Ie cette recherche, de ce travail, c\u2019est la réalisation de représentations dN théâtres d\u2019une grande richesse, d\u2019uñe grande complexité, qui, biekrn- entendu, rompent avec une pseudo-tradition des classiques.Planchon key été, en France, dans ce sens, l\u2019homme qui a poussé le plus lof pn exploitation de la-legon brechtienne de l\u2019historicisation des classique; té (15).Ces représentations sont proprement contemporainès: dans led problématique, le public d\u2019aujourd\u2019hui peut retrouver ses propre problèmes confrontés avec les données des classiques et la méthodk, , brechtienne.Cela va d\u2019un spectacle comme Le Tartuffe, la récente, 1[/01# dernière version du Tartuffe de Molière monté et présenté pa \u201c Planchon en 1973-74, qui constitue une véritable somme moliéresque, p'\"4 la fois au niveau historiqued (c\u2019est-à-dire, de l\u2019ensemble dd interprétations passées de Tartuffe) et au niveau des moye J wd d'expression du théâtre actuel, jusqu\u2019à des spectacles beaucoup plugins subjectifs comme-eeux que Patrice Chéreau a-monté au TNP: Massacrfis ei froblem MTS C (12) Girogio Strehler: co-fondateur et co-directeur du Piccolo Teatro de Milan, avi {4 Paolo Grassi, de 1947 à 1968.A repris, seul, en 1972, la direction du Piccolo Teatro.Il e bom \\actuellement le metteur en scéne italien le plus célébre.bn (13) Piccolo Teatro de Milan: une entreprise théâtrale italienne fondée en 1947, pao Giorgio Strehler et Paolo Grassi, le Piccolo Teatro a dominé la vie théâtrale italien A depuis la guerre.subventions du Sénat de Berlin-Ouest.L\u2019équipe qu\u2019anime Peter Stein en a fait c dernières années, le théâtre le plus influent de la République Fédérale Allemande.; pentior (14) Patrice Chévreau: jeune metteur en scène français qui, après avoir travaillé à Paris a hig en Italie (au Piccolo Teatro de Milan) est depuis 1972 co-directeur du Théâtre Nation: auteur Populaire à Lyon-Villeurbanne.hits (15)\u2026la leçon brechtienne de l'historicisation des classiques: extrait de l\u2019Achat du cuiv parte de Brecht: \u2018dans les oeuvres de Shakespeare, il y a de ces précieuses ruptures où BS li nouveau lutte contre l\u2019ancien.Nous aussi, nous sommes pères de temps nouveaüx et fi be don de temps anciens, l\u2019homme est l\u2019ensemble de tous les rapports sociaux de tous les temp} (.) l\u2019essentiel est de jouer ces vieilles oeuvres de façon historique, c\u2019est-a-dire: de Ii mettre en opposition vigoureuse avec notre époque.Car c\u2019est seulement sur la toile d it ï fond de notre époque que leur forme se révèle être vieille, et je daute que, sans cette toi f, de forid, cette forme puisse, de quelque manière, se révéler.\u201d pie 12.Bing gi ÿ paris d\u2019après Marlowe et La Dispute de Marivaux.J'ai beaucoup de 1 0 hoses, personnellement, a objecter aux spectacles de Chéreau: leur figaractére baroque, un goût du faste qui, parfois, va jusqu\u2019a une espèce l\u2019auto-complaisance.Mais il est incontestable que ces spectacles émoignent, de façon assez remarquable, d\u2019une maîtrise des moyens fl\u2019expression théâtrale actuels et, en même temps, de la possibilité, pour mide Metteur en-scène, de s'exprimer de-manière aussi complète que te jorsqu\u2019on écrit un roman ou qu'on fait un film.Ca, c\u2019est un aspect du my, fhéâtre.On pourrait citer bien d\u2019autres exemples que le TNP de Planchon.° Bernard Dort: Evidemment, un des problèmes qui se posent, c\u2019est que in fe Genre d\u2019activité suppose des moyens économiques très importants.Se TNP de Planchon a une subvention de plus d\u2019un million de dollars ar an \u2014 je viens de lirè dans Le Monde que leTNP a un trou de plus de tion leux cent mille dollars pour l\u2019année 1974 \u2014 c\u2019est un théâtre de luxe.Dn peut s\u2019interroger sur le poids que représente un tel théâtre, ou de Sels théâtres, dans le système théâtral français dans son ensemble, à INahôté\"de la pauvreté des petites troupes, des petites compagnies.ede , .a jL\u2019orientation «marginale» ! -~ It pa - - su, {hroniques: Vous avez parlé de deux directions différentes du théâtre j (français actuel, quelle serait la deuxième direction?mafBernard Dort: L'autre direction qui m'intéresse peut-être davantage et p igqui me semble plus importante aujourd\u2019hui, c\u2019est le travail de certaines is{compagnies dites \u2018\u2018marginales\u201d\u2019 (entendez, par rapport au système théâtral établi), qui s\u2019inscrit beaucoup plus directement dans la problématique sociale française contemporaine.Cela va de toutes petites compagnies, pour la plupart fondées en 1968, pendant ou après in MMai 1968 \u2014 beaucoup ont disparu depuis mais d\u2019autres- se: sont nldaffermies \u2014 à des troupes plus larges et mieux établies, on peut citer, par exemple, le Théâtre éclaté d\u2019Annecy (16).La plupart de ces troupes wun\u2019ont réussi à subsister qu\u2019en établissant des rapports étroits avec la «collectivité dans laquelle'elles travaillaient, la ville, le faubourg, etc.Mentionnons aussi une autre troupe: La Nouvelle Compagnie sid Avignon, que dirige André Benedetto.Celui-ci en est, à la fois, l\u2019auteur, le metteur en scène et le principal acteur.Cette troupe a été fondée avant 1968 et, actuellement, évolue dans le sens d\u2019une participation directe à la lutte occitane: elle est l\u2019une des plus vivantes, xäldes plus productives parmi les groupes de théâtre français.Mais dans ce domaine, l\u2019exemple, évidemment, le plus important du théâtre it français actuel, c\u2019est le Théâtre du Soleil, la compagnie qu\u2019anime 416) Le Théâtre éclaté d'Annecy: .une troupe de théâtre directement liée à l\u2019existence {d'Annecy Action Culturelle qui regroupe les associations de la Ville d\u2019Annecy, un centre d\u2019animation culturel.- à fal co mand, 13.i r nu nn R RER IE OPIE NUR A PT ir BY conc I j *, Food » qu de I coms faire spect {ds Real oto appa get \u20ac frame Ra Ed ki : \\ , Ariane Mnouchkine.Le travail duThéâtre du Soleil est capital fle! plusieurs niveaux: au niveau de l\u2019organisation de la troupe, à celui de wn création d\u2019un nouveau lieu théâtral et à celui des spectacles et de leu Top rapports au public.- - : , AE A0 Set a ey a |e Au niveau de l\u2019organisation de la troupe parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019u bide groupe qui pratique le travail collectif sans tomber dans la mystiq ve communautaire, travail collectif qui va de l\u2019élaboration du texte à Tie ned s pee no réalisation et à la diffusion du spectacle.ir Au niveau de la création d\u2019un nouveau lieu théâtral parce que, apräqiz avoir tenté, avec difficulté d\u2019ailleurs, de s\u2019installer dans des lieux déjiheu constitués comme le Cirque Medrano par exemple, le Théâtre du Solet s\u2019est fixé à la Cartoucherie de Vincennes, dans de grands hangars et ÿ réussi à transformer la Cartoucherie en un.véritable lieu d\u2019attractiof théâtrale.D\u2019autres troupes, d\u2019ailleurs, sont venues rejoindre le Théât pe du Soleil à la Cartoucherie.Le public y est un public jeune et dans un | | large mesure \u201cpopulaire\u201d \u2014 en mettant le mot entre guillemets, car o de ne peut le mettre qu\u2019entre guillemets \u2014 maintenant habitué à ce lie géographiquement excentrique, il prend \u2018plaisir à aller à 1 ni Cartoucherie.Il faut ajouter qu\u2019il est important de faire du théât pe dans des lieux qui ne soient pas des théâtres à l\u2019italienne construitk li selon la conception bourgeoise du 19e siècle: presque toutes les entred fs prises théâtrales aujourd\u2019hui, éprouvent le besoin de rompre avec 14%; scène et la salle traditionnelles.thy Enfin, à un autre niveau, bien sûr, celui des spectacles du Théâtr is du Soleil.À cause de la réussite surtout, à mon sens tout à faï be exceptionnelle, que constitue le diptyque sur la Révolution françaises \u201c 1789 et 1793.Il faudrait en parler, bien sûr, longuement mais je croit: Da qu\u2019il y a là deux choses essentielles.1789 et 1793 relèvent d\u2019un véritablE ir 14. théâtre épique qui reprend, en la prolongeant et en la modifiant la conception du théâtre épique de Brecht, alors que, très souvent, quand on joue Brecht, on ramène, au contraire, les pièces de Brecht à un modèle dramatique antérieur.Deuxièmement, à cause de l\u2019importance du thème traité.Il est assez rare dans le théâtre français que l\u2019histoire de.la France soit le sujet même du spectacle, de manière non commémorative, véritablement critique.De ce point de vue, il faudrait faire une analyse beaucoup plus précise du discours des deux ] spectacles: 1789 comme 1793 et montrer que, contrairement à ce qu\u2019on a pu croire, il ne s'agissait pas seulement d\u2019une \u2018exaltation de la Révolution comme Fête, mais, en même temps, d\u2019une critique de cette notion de la Révolution, conçue uniquement comme fête, sous une apparence de célébration populaire.1789 et 1793 sont précisément des spectacles qui donnent à réfléchir sur l\u2019idéologie révolutionnaire française dans une perspective prolétarienne puisque le problème posé, c\u2019est le problème du rapport entre la Révolution et le\u2019 peuple.i Le rôle de l\u2019Etat Chroniques: Comment situez-vous ces entreprises théâtrales par rapport aux troupes institutionnalisées?il Bernard Dort: A ces deux directions théâtrales correspondent, | évidemment, deux secteurs théâtraux.Disons en gros qu\u2019il s\u2019agit du | secteur public ou parapublic du théâtre et du secteur marginal.Il y en a un troisième, évidemment, c\u2019est le secteur uniquement commercial, du théâtre privé traditionnel dont nous ne parlons pas ici.Cette division, qui apparait presque satisfaisante lorsqu\u2019on en parle, pose en réalité # beaucoup de problèmes.Le secteur public du théâtre, c\u2019est le secteur qui est soutenu par des subventions de l\u2019Etat, des subventions qui sont sans doute insuffisantes mais qui sont quand même assez élevées (globalement, de l\u2019ordre de 20 millions de dollars).Le système français, de ce point de vue, est à |-cheval entre le système anglo-saxon, à dominante privée, et le système allemand qui repose presque uniquement sur les subventions des Etats ou des municipalités.Il ne fait pas de doute, les événements récents d\u2019ailleurs le montrent, que le subventionnement n\u2019est pas inoffensif.L'intervention de l\u2019État, dans ce secteur, peut prendre un caractère répressif.On a interdit, par exemple, une piece d\u2019Armand Gatti La Passion du Général Franco pourtant rebaptisée Passion en violet, jaune et rouge au TNP en 1969 en arguant du caractère \u201cnational\u201d du TNP.Mais, surtout, cette intervention pèse et structure en quelque sorte ce secteur, sans compter qu\u2019elle suscite une auto-censure de la part des directeurs de théâtre.D\u2019autre part, la solution de la marginalité n\u2019en est pas une.De ce point de vue aussi, la Théâtre du Soleil est exemplaire.Actuellement, il 15. ne s\u2019est pas intégré et n\u2019a pas été intégré dans le secteur public ou puni para-public, il ne fait pas partie des entreprises de la décentralisation, il Lg \u201c ne bénéficie de subventions qu\u2019au titre des jeunes compagnies \u2014 het quoiqu'il ait déjà plus de dix ans d\u2019dge \u2014 comme la mondre petite |g compagnie qui se forme et qui bénéficie d\u2019une petite aide.Or, kyi l'importance de l\u2019entreprise du Théâtre du Soleil, les méthodes quel suppose le travail collectif \u2014 plus d\u2019un an de travail a été nécessaire à App la troupe pour élaborer son prochain spectacle et la troupe compte} _Aactuellement prés de SO personnes \u2014 toutes ces données font que Chron l\u2019entreprise est très lourde financièrement.Elle est, d\u2019une part ou ji\u2019 - condamnée au succès, c\u2019est-à-dire menacée d\u2019être intégrée au circuit} pm traditionnel du théâtre, elle a à subir le poid des journaux, de la|vatu critique.D\u2019autre part, elle ne peut continuer sans une augmentation |p des subventions de l\u2019Etat.Récemment, sa subvention est passée de [um $100,000.à $200,000.ce qui lui permet, provisoirement, de résoudre le | problème du nouveau spectacle prévu pour janvier 1975 mais ne résout fpH absolument pas le problème plus général du fonctionnement de la|spm troupe, Un des dangers qui menacent également ces entreprises, c\u2019est pa de se voir oppposer leur propre image de marque.C\u2019est ce qui est arrivé Hemi au TNP: son public voutait retrouver les spectacles qu\u2019avait fait Vilar be s au début du TNP, il n\u2019en voulait pas d\u2019autres.On peut craindre aussiPyat que le public du Théâtre du Soleil, en raison même du succès remporté Posh par le diptyque de la Révolution française ne s\u2019attende à des spectacles tke comparables.À partir de ce moment-là, il devient très difficile Fan d\u2019échapper à l\u2019institutionnalisation.Il n\u2019y a de solutions que dans} l\u2019essaimage progressif, c\u2019est-à-dire dans la formation de groupes d\u2019essai nes qui proposent d\u2019autres spectacles et qui se détachent progressivement bone de la maison-mére.: oo Jeri - Chroniques: Existe-t-il des groupes qui refusent de participer à| al l\u2019institution théâtrale officielle de quelque manière que ce soit?Fag , .a [sid Bernard Dort: Ce qu\u2019il faut dire aussi, c\u2019est que la notion même pn d\u2019entreprise théâtrale doit être soumise à examen.Autant il est je nécessaire, pour faire du théâtre, de constituer un groupe et que cela, groupe produise un véritable travail collectif, autant il est dangereux à ; que ce groupe se fige en institution.C\u2019est un problème extrêmement ui ' aigu actuellement, particulièrement dans une société comme la société mn française où coexistent des tendances à l\u2019institutionnalisation i \u2018 encouragées, bien entendu, par l\u2019Etat et des forces centrifuges qui vont on dans le sens de ce qu\u2019on appelait autrefois la \u2018\u2018décentralisation\u2019\u2019.| Au-delà de la double existence d\u2019un théâtre institutionnalisé et d\u2019un |! théâtre marginal, il faut tenir compte, bien sûr, de l\u2019évolution de cek iy qu\u2019on appelait autrefois le théâtre d\u2019amateurs et qu\u2019il serait plus juste i ii d\u2019appeler le théâtre non-professionnel.Si ce théâtre a été, pendant} \u201c% longtemps l\u2019apanage ou le fief de simples troupes de patronage religieuse ou laïque, il connait aujourd\u2019hui une transformation}: profonde.Certains groupes sociaux, comme par exemple les ouvriers Fes ! * 16. x, de lg entation iste te Ode Jp Ie out de fy SES, C'est st ariré ait Var dre aus emporté Dectacls diffi ue dan i svement per ! at! 1 mémé 1 ie ques] gett memes à so sation qi L gation\u2019 gt dun n de® lus jt pada fone mad guns _ ui.{immigrés se servent des moyens du théâtre pour exprimer leur propre situation, la .faire connaître et, peut-être, mieux la connaître .feux-mêmes.Ici, un nouveau rapport acteur/spectateur se dessine et, il me semble, que c\u2019est une des choses auxquelles nous devons être le plus attentifs aujourd\u2019hui.Approches du théâtre québécois Chroniques: Connaissez-vous le théâtre québécois?Qu\u2019est-ce que vous avez vu à Montréal et qu\u2019est-ce que vous en pensez?N Bernard Dort: Un théâtre qu\u2019on ignore jusque-là intéresse toujours, c\u2019est un très bon moyen de connaissance du pays dans lequel on vit.Pour connaître le Québec mieux vaut voir un spectacle de Tremblay-Brassard que lire La Presse.De ce que j'ai vu pour l\u2019instant (17), je retiendrai surtout deux pièces de Tremblay À toi pour toujours, ta Marie-Lou et Bonjour là, bonjour, ainsi que le film de Tremblay et Brassard Il était une fois dans l'est, mais mon intérêt est nuancé de perplexité.Mon intérêt porte paradoxalement sur ce que je comprends le moins, c\u2019est-à-dire la langue.Un des acquis du théâtre européen, au XXe siècle, que le théâtre français n\u2019a guère connu, sauf peut-être maintenant avec les textes d\u2019André Benedetto, c\u2019est l\u2019irruption, c\u2019est la possibilité de création d\u2019une langue théâtrale à partir d\u2019une langue parlée qui soit différente de la langue écrite.Je crois que c\u2019est un des atouts du théâtre québécois.Ceci dit, je ne suis pas assez versé pour savoir quelles sont les différences entre le joual, l\u2019acadien, etc.mais il me semble que dans les pièces de Tremblay \u2014 dans un film comme Les Ordres aussi ça m\u2019a beaucoup ffappé \u2014 ce qui est capital c\u2019est l\u2019existence d\u2019une langue québécoise orale.En France, le théâtre utilise - la langue écrite non la langue parlée.C\u2019est un des problèmes du théâtre français au XXe siècle.Toutes les grandes oeuvres dramatiques du XXe siècle ont été, peu ou prou, \u201c\u201c\u2018dialectales\u2019\u201d\u2019, en rupture avec les langues écrites littéraires.Brecht a utilisé les dialectes allemands, le théâtre de Pirandello est un théâtre d\u2019origine sicilienne comme le théâtre de Sean O\u2019Casey est irlandais.Je crois qu\u2019ici au Québec le théâtre est enrichi du fait de l\u2019existence d\u2019une langue parlée mais en même temps cette virtualité est affaiblie du fait que la langue écrite reste une langue d ailleurs.Tremblay fabrique une langue à partir même pas d'un dialecte mais d\u2019une façon de parler.d\u2019un quartier relativement restreint de Montréal.Ce choix d\u2019une langue, de ce parlé \u201c\u2018joual\u201d me parait extrêmement important.Un phénomène comparable mais inverse s\u2019est produit en France dans les années 50: les dramaturges du \u201cNouveau Théâtre\u201d (Ionesco, Adamov, Bec\" >tt, etc.) avaient choisi de nier la langue, d\u2019écrire une langue complètement incolore et d'atteindre par une sorte de provocation à un degré zéro de la langue.Mais, je ne crois \u2018pas qu\u2019on puisse résoudre le problème du théâtre uniquement par le (17) Je mentionnerai aussi Wouf, wouf de Sauvageau et Quatre à quatre de Michel Garneau que j'ai vus après cet entretien.17. choix d\u2019une langue et sans celui d\u2019un nouveau type de dramaturgie et de représentation théâtrales.Or, à ce niveau, le théâtre québécois reste | timide.I! me semble que les pièces de Tremblay, surtout À toi pour tou jours, ta Marie Lou sont représentatives de la mythologie québécoise en même temps qu\u2019elles tentent de s\u2019en_libérer: le problème de la famille, des deux générations, des marginalités, etc.Problèmes certainement fondamentaux dans le passage d\u2019une civilisation | paysanne à une civilisation industrielle, d\u2019une civilisation catholique a} une civilisation laique et d\u2019une civilisation puritaine à une civilisation permissive.Tout ça se trouve dans les pièces de Tremblay.Leur contenu socio-mythologique est trés riche et j'ai I'impression que les québécois s\u2019y reconnaissent.Reste la question du choix de la dramaturgie.En tant qu\u2019auteur naturaliste, au meilleur sens du terme, Tremblay est très doué, mais il a des ambitions autres.C\u2019est ce qui fait|.problème.La naturalisme (je ne suis pas du tout contre le naturalisme mais à condition que ce soit un naturalisme rigoureux, de rupture, qui casse le discours théâtral) met le spectateur en présence de fragments de réalité; il ne lui propose pas de conclusion, il le désoriente.Or, chez Tremblay, on retrouve le désir de faire un discours d\u2019ensemble sur la société québécoise, à partir d\u2019éléments très restreints, c\u2019est-à-dire, à partir du milieu familial.Et Tremblay de passer du microcosme familial au macrocosme social.C\u2019est là où je commence à ne plus être tout à fait d\u2019accord.Il y a, chez Tremblay, un goût de la généralisation, b un penchant au classisisme qui me parait contradictoire avec son ambition première de description précise, presque clinique.Une pièce |: comme Bonjour là, bonjour en est très significative.Loin de réussir à passer de la description d\u2019une famille à la description d\u2019une société, p\"® Tremblay réduit la société à un problème familial.Il truque même ce|I# problème familial dans la mesure où, dans Bonjour là, bonjour, ça me ps parait évident, l\u2019inceste est mis à la place d\u2019autre chose, sans doute ft!\u201c d\u2019une relation homosexuelle.Il y a réduction de la société à la famille, |\" réduction des conflits de classe au conflit oedipien et Tremblay aboutit ea au contraire de ce qu\u2019il souhaitait sans doute: il renoue avec une | idéologie familiale rurale contre laquelle la société québécoise s\u2019inscrit | on! en faux.C\u2019est à ce moment-là qu\u2019on se demande s\u2019il n\u2019y a pas un|* « danger de régression, du moins de nostalgie du passé.La réconciliation p-% du père et du couple incestueux a la fin de Bonjour la, bonjour m\u2019a fait spi tressauter: c\u2019est restaurer la \u2018\u201cnormalité\u201d dans la marginalité, c\u2019est fmm souscrire au rétablissement de l\u2019ordre (ancien).De plus, Brassard }#( semble hanté par la tragédie grecque.La mise en scène casse le |.l naturalisme et vise au statique.Le choeur des filles, de la famille dans | uf Bonjour là, bonjour, les deux personnages immobilisés dans leurs pu losanges d dans À toi Pour toujours, ta marie Lou, cette monomentalité tragique.: rT NE \u2014r A 222 ml, | l'oeur Con Le public québécois déchiffre très bien certaines des traces} Oy historiques de A toi pour toujours, ta Marie-Lou, moi, j\u2019y ai plus de} am Const 18.JO TR SEPT ge Te Dour Eo de | km ation fied lop Leur Ie fg kt em, Ii fai fsme Qu ments chez ur la I à mé être fon, 508 pice sir À iit ne ce 4 m out nil nut sri sui fn fait c'est sid ch dans lus alté radis 5 dé - Michel tremblay mal.Ce fut particulièrement le cas devant l\u2019espèce d\u2019anthologie de l\u2019oeuvre de Tremblay-Brassard qu\u2019est I était une fois dans l'est.Ils y \u2018ont empilé des conflits familiaux: au conflit du couple homosexuel se superpose le conflit familial du cabaret, au conflit familial des Belles-Soeurs se superpose le conflit de la fille qui est enceinte et qui veut se faire avorter, mais, si j'ose dire, il n\u2019y a pas de tissu conjonctif entre ces conflits, tous répètent le même conflit familial, primitif et l\u2019ensemble ne peut se terminer que dans une sorte d\u2019apocalypse, le désastre mouillé d\u2019orage et de pluie sur quoi se termine J/ était une fois dans l'est, qui est d\u2019ailleurs émouvant mais qui correspond à un refus de comprendre une société.C\u2019est du super-Tremblay.et du super-Tremblay, c\u2019est le désastre! De plus, je trouve que dans aucune des pièces déTremblay le problème du rapport économique entre une minorité et une majorité \u2014 ces rapports sont renversés selon qu\u2019on est au Canada ou au Québec \u2014 n\u2019est vraiment posé: ce rapport n'apparaît pas.Le contexte socio-politique-économique est occulté ou réduit au lieu familial.La figure grandiose et impuissante du père sourd, du père paralysé, surgit de la nuit des temps.Contlits familiaux ou conflits sociaux Chroniques: Mais est-ce que la venue sur scène du prolétariat ne constitue pas un progrès?Ce côté \u201ctranche de vie\u201d, d\u2019ailleurs.\u2018 19. x avait un sens dans le théâtre européen, à un certain moment; par} opposition au théâtre bourgeois du 19e siècle, elle préparait un autre}: théâtre.Ce qui, chez Tremblay, me parait contestable, ce n\u2019est pas la tranche de vie, c\u2019est qu\u2019il tend à réinscrire la tranche de vie dans uneÿ grande forme dramatique.C\u2019est ça qui est discutable: ou la tranche de vie est saignante ou il faut reconstituer le boeuf entier, mais Tremblay | veut nous faire prendre sa tranche de vie pour le boeuf entier.\u2014 g ) Bernard Dort: Je ne suis pas contre la tranche de vie.La tranche de vie ( Chroniques: La forme \u2018\u201c\u2018dramatique\u2019\u201d\u2019 au Théâtre peut-elle rendre compte de la réalité du monde actuel ou.Bernard Dort: Il me semble qu\u2019au delà du cas de Tremblay et du jeune h théâtre québécois c\u2019est un problème théorique fondamental qui se pose, À celui des formes d\u2019un nouveau théâtre aujourd\u2019hui.Ce qui m\u2019inquiète | chez Tremblay et même chez d\u2019autres auteurs québécois \u2014 dans 4 à 4} de Michel Garneau aussi \u2014 c\u2019est la volonté de retrouver, de revivifier |- des formes dramatiques anciennes proprement classiques: une action } fondée sur la cellule familialé et la notion de conflit, les conflits | familiaux renvoyant aux conflits sociaux.Un théâtre qui va jusqu\u2019à | proposer au spectateur une vérité, une solution, même si celle-ci ne }: consiste que dans la füite ou dans la marginalité \u2014 voir la chanteuse k western de Marie-Lou ou encore la constitution d\u2019une nouvelle famille j! \u201canormale\u201d dans Bonjour là, bonjour.De ce point de vue, la leçon } brechtienne me semble toujours valable.Il ne faut pas seulement des sujets nouveaux (ici des sujets québécois), il faut en parler de manière | nouvelle \u2014 pour Brecht c\u2019était la forme épique du théâtre \u2014 et, plus encore, nouer entre la scène et la salle des rapports noüveaux, des k rapports actifs.I\u2019irai même plus loin: c\u2019est entre le lieu théâtral et le lieu social qu\u2019il faut trouver des relations nouvelles.Jouer une pièce de - Tremblay dans ce Temple de la Culture que constitue la Place des Arts | (ce titre est significatif), c\u2019est déjà figer Tremblay en une sorte de k classique québécois.Or, aujourd\u2019hui, tous les classisismes sont suspects, ils consolident toujours le pouvoir de la classe dominante.b C\u2019est en ce sens que le naturalisme, à condition d\u2019être brut; peut être un } élément positif: le document (ou la tranche de vie) s\u2019inscrit en faux | contre la parole idéologique.Mais bien sûr, il faut dépasser le naturalisme.Pour cela, la voie indiquée par Brecht, celle d\u2019un théâtre F épique qui est le théâtre de nos comportements et de nos contradictions, reste valable aujourd\u2019hui, à condition, bien sûr, de ne } pas tomber dans l\u2019imitation servile de Brecht.Celle d\u2019un nouveau théâtre tragique, qui ne serait qu\u2019un théâtre naturaliste ennobli et figé }: (comme dans Bonjour là, bonjour) risque fort de n\u2019être qu\u2019une impasse.} \u2014 CL Novembre 1974 } SN \u20ac de te pe 1 duty t Dés | ARS Un che de bly Et, 4 Fétdre | 4 I ie Dose, ute 5404 Vii action of Usqu® ét ne niese - famile leçon 1 des Ake 4 plus , des ete êce de 5 Arts rte de ; sont manfe fre un ; faux ser le héâtre e 108 dene ured ain passe (I sans espoir, avec conviction Jean-Marc Piotte Le marxisme et la question nationale Les éditions l\u2019étincelle (Québec), en collaboration avec les éditions Maspéro (France), viennent de publier, à l\u2019automné 1974, une anthologie de textes marxistes, allant de Marx (1848) à Lénine (1914), anthologie intitulée Les marxistes et la question nationale (1848-1914).L\u2019anthologie est précédée d\u2019une introduction du marxologue (1) Georges Haupt, qui met l\u2019accent sur la diversité de points de vue des marxistes sur la question nationale, et est close par l\u2019excellent texte de Michael Lowy qui situe dans une perspective historique et politique, m\u2019apparaissant juste, l\u2019ensemble des documents publiés dans l\u2019anthologie.Cette anthologie, utile du point de vue de la connaissance historique, ne peut cependant être d\u2019une grande valeur pour comprendre la question nationale au Québec, car elle ignore les textes de Mao et de Lénine \u2014 si on excepte la publication de fragments de Notes critiques sur la question nationale et Du droit des nations a disposer d'elles-mêmes \u2014 qui nous donnent les instruments pour bien situer, ici, la question-nationale.Lénine de la première période | .Dans Notes critiques sur la question nationale (1913) et Du droit des nations a disposer d'elles-mêmes (1914), Lénine affirme.que les révolutionnaires doivent lutter pour la reconnaissance du droit à la séparation des nations dominées\u2014comme ils doivent lutter pour les autres (1) Le marxologue est un intellectuel, généralement professeur d\u2019Université, qui enseigne le marxisme ou qui écrit des textes sur le sujet, sans être marxiste ou, du moins, en cherchant à séparer Marx de la pensée de Lénine et de Mao et en oeuvrant à disjoindre les textes marxistes du mouvement ouvrier et communiste qui les\u2019a marqués.21. droits démocratiques (droit au divorce, à l\u2019avortement, etc.)\u2014 et doivent combattre toute tentative des nations dominantes désirant s'opposer par la violence a la volonté d\u2019autodétermination des nations dominées.doivent lutter, De plus, ils concrètement, \u2018contre toutes les injustices faites a une nation.Mais lutter pour la reconnaissance du droit des peuples à l\u2019autodétermination et contre les injustices nationales ne signifie absolument pas qu\u2019il faut appuyer tous les mouvements d'indépendance politique.Les révolutionnaires doivent appuyer ceux-ci dans la mesure seulement ou ils aident la lutte du prolétariat national et international contre la bourgeoisie.A cette époque, soit avant le déclenchement de la première guerre mondiale, Lénine jugeait exceptionnels les cas où les.révolutionnaires devaient appuyer les mouvements de libération nationale: dans la majorité des pays, ceux-ci devaient être combattus car ils renforçaient, selon Lénine, la bourgeoisie au détriment du prolétariat.Les effets de l'impérialisme Mais la guerre \u201914-'18 entraîna Lénine à approfondir ses positions sur -la question nationale.Les articles \u201c\u2018La révolution socialiste et le droit des nations à disposer d'elles-mémes\u201d (1916) et \u201cBilan d\u2019une discussion sur le droit des nations a disposer d\u2019elles-mêmes\u201d (1916) et, surtout, l\u2019important livre de la même période, L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, sont les résultats des PE nouvelles positions de Lénine.Ne nous trompons pas: les bases d'analyse demeurent les mêmes (lutte pour la reconnaissance du droit à la séparation; lutte contre toutes les injustices nationales: appui à un mouvement de libération nationale dans la mesure où il affaiblit la bourgeoisie au bénéfice de la classe ouvrière).Mais la guerre mondiale rend Lénine conscient de la nature de l'impérialisme et de ses deux effets politiques majeurs.D\u2019une part, la bourgeoisie des pays impérialistes, grâce à l\u2019exploitation des pays du Tiers-Monde, réussit à acheter l\u2019appui de la couche supérieure du prolétariat, couche qui défend le réformisme et le chauvinisme au sein de la classe ouvrière: \u2018\u201c\u2026le capitalisme a assuré une situation privilégiée à une poignée (moins d\u2019un dixième de la population du globe où, en comptant de la façon la plus \u201clarge\u201d et la plus exagérée, moins d'un cinquième) d\u2019Etats particulièrement riches et puissants, qui pillent le monde entier (.) On - conçoit que ce gigantesque sur- profit (car il est obtenu en sus du profit que les capitalistes extorquent aux ouvriers de \u201c\u2018leur\u201d pays), permettre de corrompre les chefs ouvriers et la couche supérieure de l'aristocratie ouvrière\u201d\u2019.(2) D'autre part, l\u2019impérialisme augmente l'oppression nationale et entraîne donc la multiplication \u201cet la radicalisation des luttes de libération nationale.Les révolutionnaires des pays industrialisés doivent donc \u2014 et \u2018ceci est le changement majeur dans la posi- (2) L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, T.22, éd.Sociales, p.210.La j ink Pour i \"lt \"goal il bp | meas i uses : aque ; ot pari : dupe dune p don fie ap penda pes È + ne ä lime se (om indé à 0 m0 X os Dour p Cr sou = ne Ne bie Même, Ite dy Contre ile là The.Oise re) tend Ue ge deux d'une Pays Nog londe, de a tariat, mime de la lime ed ème il, en plus moins ie 5, J On sure is du extor- leur\u201d re es ouch 0 fie onde gion a de voll gles sy le pi | ne , 20 tion léniniste \u2014 appuyer tous les mouvements de libération nationale qui luttent contre les impérialistes dominants.Lénine favorise ainsi une alliance qui unirait, contre la bourgeoisie et l\u2019impérialisme, la classe ouvrière des pays industrialisés et les mouvements de libération nationale des pays surexploités.Lénine nous donne donc les - bases pour analyser correctement la question nationale au Québec: 1- lutte pour la reconnaissance par la nation \u201ccanadian\u201d du droit du peuple québécois à l\u2019indépendance politique; 2- lutte contre toutes les injustices de la nation dominante, \u2018\u201ccanadian\u2019\u201d\u2019, contre la nation dominée, québécoise (3); 3- appui au mouvement d\u2019indépendance du Québec- dans la mesure où il aide la classe ouvrière québécoise et internationale contre la bourgeoisie et l\u2019impérialisme.Mais c\u2019est le- troisième point qui pose problème: comment évaluer si le mouvement indépendantiste au Québec aide ou non la classe ouvrière québécoise et internationale contre la bourgeoisie et l\u2019impérialisme?C\u2019est Mao qui nous vient ici à la rescousse avec \u201cson texte décisif, De la contradiction.La contradiction principale Dans toute société, il existe une contradiction principale, une contradiction qui est dominante et qui structure l\u2019ensemble de la société: \u2018\u2018Il apparaît donc que si un processus comporte plusieurs contradictions, il y en a nécessai- \u2018rement une qui est la principale et qui joue le rôle dirigeant, déterminant, alors que les autres -n\u2019occupent qu\u2019une position secondaire, subordonnée.Par conséquent, dans l\u2019étude de tout processus complexe où il existe deux contradictions ou davantage, nous devons nous efforcer de trouver la contradiction principale\u2019.(4) En posant bien la contradiction principale d\u2019une société, les révolutionnaires peuvent tracer la stratégie qui, en s\u2019attaquant à cette contradiction, permettrait la transformation radicale de la société.Comme je l\u2019ai expliqué ailleurs, (S} la contradiction principale au -Québec est céllé qui oppose la classe ouvrière à l\u2019impérialisme américain.Tout ce qui sert à masquer idéologi- quement cette contradiction principale et tout ce qui divise les alliés potentiels de la classe ouvrière québécoise contre l\u2019impérialisme américain renforce celui-ci et est donc à combattre.C\u2019est pourquoi, à mon avis, les \u201csocialistes du Québec doivent se démarquer clairement du projet indépendantiste qui masque la contradiction principale, en centrant tout le débat sur Québec versus Ottawa ou bourgeoisie anglo-canadienne, et qui divise les forces canadiennes qui ont des intérêts anti-impérialistes (classes ouvrières et petites-bourgeoisies québécoises et \u2018\u2018canadians\u201d\u2019).(3) Lénine distingue soigneusement le nationalisme des nations dominantes, qui est toujours réactionnaire, du nationalisme des nations dominées qui est progressiste dans la mesure où il combat les injustices.(4) Mao, De la contradiction, in Quatre essais philosophiques, éd.de Pékin, p.60.(5) \u2018Une question de stratégie\u2019, socialisme québécois, no.24, pp.S à 8, et \u2018Lutte de classes et question nationale\u201d, chroniques, vol 1, no.2,-pp.26-28.23. Céline Saint-Pierre Ce qu\u2019il faut lire dans les livres d'école.\u201cLe capitalisme peut signifier un régime caractérisé par le rôle prépondérant de la propriété privée ou du capital.Ce régime - favorise l'initiative, le rendement, le progrès; il économise beaucoup d'efforts; il respecte l'homme, ses droits, en particulier celui qu'a tout homme de posséder des biens et d'en disposer; il a fait faire à l'humanité d'immenses progrès.Au reste, il est perfectible, l'expérience le montre.Sous cette forme, il n'est pas à rejeter, il est acceptable.\u201d (1) -Dans mon analyse sur la division du travail dans la société capitaliste parue dans le premier numéro de CHRONIQUES, jai tenté de démontrer très brièvement comment l\u2019école demeure encore aujourd\u2019hui, dans la phase du capitalisme monopoliste, la plateforme centrale de trans- 24.~ A mission des valeurs de la classe bourgeoise et des objectifs du mode de production capitaliste fondé.sur le rapport de classes CAPITAL-TRAVAIL.Je vais appuyer cette analyse sur des faits concrets en me reférant à une étude qui a été menée par une équipe de recherche rattachée à la Centrale d\u2019Enseignement du Québec (CEQ).(2) Avant de présenter certains des résultats de \u2018cette étude, je veux mettre en \u201cgarde contre une interprétation mécaniste de ces fonctions d\u2019intégration et de reproduction de l\u2019école.L\u2019école (de la maternelle à (I) Bouvier, Emile Les l'économie, p.59 manuel québécois utilisé en Secondaire IV et V.(2) Ecole et luttes de classes au Québec, étude réalisée par la Commission d\u2019Enquête sur le rôle de l\u2019école et de l\u2019enseignant (CEREE) rattachée à la CEQ, 2e éd.1974 rouages de.Tk kre rs Pn ¢ pelle | is fur ponte classes nie uel hump ele Ç Tene Evch bir Êque | ganas Ly as 1 fe diction Beco F leu chron pompe Birnsn anys i x l\u2019université) a une fonction première de reproduction des rapports de classes et de transmission de l\u2019idéologie - dominante, celle de la classe bourgeoise.Cependant, l\u2019école est traversée par les rapports de classes qui sont ceux de l\u2019ensemble de la \u2014\u2014 société et elle est donc marquée par la dynamique du développe- .ment de ces rapports.Elle connaît des luttes dans lesquelles s\u2019affrontent les fractions de classes et les classes propres à la société : québécoise.Dans la période actuelle, au Québec, l\u2019école est un | champ d'intervention de la nouvelle petite bourgeoisie qui elle- même oscille entre une alliance avec la bourgeoisie et une alliance avec le prolétariat.C\u2019est donc dire \u2018que l\u2019école ne doit pas être analysée comme un appendice de la classe dominante mais comme\u201d un lieu où s\u2019exercent les contradictions propres à la société québécoise.Je vais aborder dans la présente chronique l\u2019étude de certaines composantes de l'idéologie transmise par l\u2019école à travers les manuels utilisés dans l\u2019enseignement au primaire et au secondaire.Dans une prochaine chronique, je poserai la question de la reproduction des rapports de classes à travers les structures d\u2019autorité qui sont celles de l\u2019école et que les règles de discipline ont pour fonction de supporter.Nous analyserons la fonction répressive | de l\u2019école.Division sexuelle du travail _Dans leur étude sur \u2018\u201cl\u2019idéologie transmise par l\u2019école,\u201d les membres de l\u2019équipe de la CEREE ont effectué une analyse de contenu des manuels, des programmes et des volumes \u2018de bibliothèque utilisés surtout dans les premières années de l\u2019école primaire, années de scolarité obligatoires pour tous.À partir de cette analyse de contenu, ils procèdent à une étude spécifique de certains thèmes considérés comme les fondements de l'idéologie transmise par l\u2019éco- Je: la famille, la femme, la société, les loisirs et le travail.C\u2019est ainsi que dans les manuels utilisés dans l\u2019enseignement à l\u2019école primaire, la famille est présentée comme un lieu non conflictuel où les rapports entre les parents et les enfants sont des rapports harmonieux et de bon ententisme.La .famille des -manuels scolaires est une famille aisée où la femme est une \u2018\u2018ménagère épanouie\u201d et l\u2019enfant, un être obéissant dont fa soumission est la condition nécessaire, le prix payé pour avoir droit à l\u2019affection de ses parents.Il vit dans une maison unifami- liale, pratique plusieurs sports, voyage pendant les vacances, possède beaucoup de jouets et des animaux.La division du travail au sein de la famille s\u2019effectue sur une base sexuelle.La famille est, la plupart du temps, identifiée à la mère et le père demeure le pourvoyeur économique et le détenteur de l\u2019autorité.Il faut voir dans la production de ces images comme représentatives de la réalité, le fonctionnement propre de l\u2019idéologie dans son travail de brouillage et de masquage de la réalité vécue par la majorité des individus à qui elle est transmise.Que la division des tâches au sein de la famille corresponde à une\u2014 25. ; 3 4 DE et] division sexuelle du travail, on ne peut le nier, mais présenter cette division comme étant naturelle et non sociale, c\u2019est là un effet du brouillage produit par l\u2019idéologie bourgeoise.L\u2019évacuation des problèmes sociaux tels \u201cle chômage, le divorce, le logement et la pauvreté qui caractérisent la majorité des familles dont les enfants fréquentent l\u2019école primaire, nous sign nale une trace du travail de l'idéologie.L\u2019apprentissage des roles sociaux est une des fonctions premières de l\u2019école primaire.Il vous faut lire les manuels pour voir les modèles que l'on propose aux enfants; un exemple: \u201cOui, c\u2019est une besogne pour nous, approuva Pierre (.) Demain jeudi nous tiendrons une réunion.\u201d \u201cL\u2019aprés-midi en rentrant de l\u2019école, Jeannette ECRIVIT les convocations (.)\u201d \u201cPierre 'SIGNA au bas de la page.\u201d (3) A travers l\u2019étude sur la division des tâches, les chercheurs ont fait un relevé des valeurs présentées comme \u201cvaleurs et attitudes féminines\u201d.Elles s'identifient ainsi: la beauté, la patience, la douceur, la compréhension, la bonté, la tolérance, la générosité, la serviabilité et la soumission.La société capitaliste: la meilleure au monde \u201cLa concurrence a de grands avantages: elle facilite singulièrement le classement -des hommes (sic); elle est le stimulant le plus énergique de l'activité humaine; elle facilite et hâte les progrès industriels; elle attire les capitaux et les personnes là où ils peuvent rendre davantage; elle 26._ _ met aux prises et en jeu toutes les variétés de jugements humains, elle prévient ainsi les engouements et les paniques.' [4] Qu'il s\u2019agisse de manuels utilisés pour l\u2019enseignement de l\u2019économie ou pour celui des sciences et des mathématiques, ils présentent tous la même caractéristique à savoir l\u2019utilisation d\u2019une argu- : mentation fondée sur la pseudo- rationalité\u201d scientifique pour justifier voire même faire l\u2019apologie du système capitaliste.A titre d'exemple, voici ce \u2018que les adolescents apprennent dans leur cours de chimie, à propos de la bombe sur Hiroshima: \u2018On estime que lors de l'explosion de la première bombe atomique sur Hiroshima environ un gramme de - masse a été converti en énergie: 2.1 x 10 calories\u201d (5).L\u2019objectif visé par l\u2019utilisation de la bombe n\u2019est pas-mentionné; on ne dit rien sur les utilisateurs et on ne parle pas des effets de cette bombe.La guerre d\u2019Hiroshima est réduite à une formule mathématique.Quant à la division du travail, le manuel d\u2019économie utilisé au Secondaire IV en donne l\u2019explication suivante: \u2018(\u2026.) chaque travailleur: le tailleur, la tisseuse, le poseur de formes du barrage, etc, est assigné à une tâche.Le ° = ., travail est réparti et distribué comme au jeu: a chacun des (3) Blyton, Enid Le clan des 7 à la rescousse, p.11 reproduit a la p.72 de \u201cEcole et luttes de classes au Québec\u201d (4) Bouvier, E.Les rouages de l'économie p.62 (voir document de la CEREE, p.81) (5) Ladouceur, Emile Chimie Générale, - | Secondaire III et IV, p.502-503 (document de la CEREE, p.84) ie 5 fg | yg ê0ue Ut tp.Tig en À jie Ig io.jis ogi fe le leur eh eff el ede - pe Oh ea 11 ne tite Les mee 2 de 8.IN omit A pol met «fl joueurs sa position, sa tâche.La répartition des tâches est l'opération en vertu de laquelle les travailleurs se divisent entre eux la besogne, chacun se spécialisant dans certains actes, un ou plusieurs, que requiert la fabrication du produit.L'homme trouve ainsi dans la collaboration avec ses compagnons le moyen de multi- \u2018plier le rendement de ses efforts.\u201d (6) Pour convaincre l\u2019étudiant que le respect de la liberté individuelle est assuré dans la société capitaliste, on lui présente une comparaison entre les conditions de travail de l\u2019ouvrier Tremblay le québécois et celles de l\u2019ouvrier Malenkov de l\u2019Union Soviétique.L\u2019ouvrier Tremblay est libre de choisir son emploi, discute son salaire ave¢ son employeur, choisit son syndicat, peut épargner s\u2019il le désire, ouvrir une petite usine à \u201c son compte et, par l\u2019intermédiaire de son syndicat, négocier une çonvention collective et faire la grève; l\u2019ouvrier Malenkov, quant à lui, ne peut rien faire dé tout cela, le socialisme privant tout citoyen de ses droits individuels et de sa liberté.(7) Les conditions réelles de travail dans les usines et dans les bureaux, les maladies industrielles, les luttes ouvrières et en particulier les grèves, bref, l\u2019histoire du peuple québécois et des formes concrètes de sa vie quotidienne, cela les manuels n\u2019en parlent pas.Ils reproduisent une société-fiction, celle que la classe bourgeoise dit être la société dans laquelle tous les hommes sont heureux de vivré et si ce n\u2019est pas le cas, comme dans les pays socialistes par exemple, la société dans laquelle ils souhaitent vivre.Je n\u2019ai donné que quelques exemples pour appuyer mon hypothèse mais ces exemples deviennent des preuves dans la mesure où ils ne sont pas le produit du hasard d\u2019une lecture rapide des manuels mais celui d\u2019une étude systématique de leur contenu telle que menée par .l\u2019équipe de la CEREE.Le processus même du travail de l\u2019idéologie, dans l\u2019école en particulier, oblige à distinguer deux moments qui, bien que distincts, sont dans un rapport étroit l\u2019un avec l\u2019autre: il s\u2019agit du moment de production et du moment de reproduction.Etudier le contenu des manuels scolaires, c\u2019est mettre l\u2019accent sur la production de l\u2019idéologie; mais il faut aussi pour comprendre comment l\u2019idéologie travaille, saisir ses outils de reproduction.Dans l\u2019appareil scolaire, l\u2019outil principal de reproduction de l\u2019idéologie transmise par les manuels scolaires demeure l\u2019enseignant.Celui-ci les utilise comme support de ses interventions et très souvent il se réfugie dans la répétition de leur contenu pour ne pas avoir à prendre parti.Ce travail de décodage de l'idéologie des manuels scolaires ne sera pleinement efficace que dans la mesure où il sera utilisé comme instrument de conscientisation des enseignants.Les effets d\u2019une telle prise de conscience devraient les amener non seulement à dénoncer l\u2019école comme instrument de la classe bourgeoise mais à se donner les moyens nécessaires pour rendre l\u2019école au peuple québécois et se mettre eux-mêmes (6) Bouvier, E.Les rouages de l'économie, p.46-(document de la CEREE,-p.92) (7) Bouvier, E.idem, p.73-74 (document CEREE, p.93) 27. - 28.4 au service des objectifs-de libéra- des moyens nécessaires à leur tion révolutionnaire du proléta- propre désembourgeoisement.riat.Les enseignants y arriveront (prochaine chronique: la dans la mesure où ils s \u2018assureront Co - - discipline à l\u2019école) Ne \u201cLes humanistes qui nous ont enseigné nous affirmaient -que la culture n'était pas un pur savoir mais une affaire personnelle.Faisant cela ils pensaient sans doute bien .faire mais il ne faisaient que servir \u2018la classe d'exploiteurs\u201d en nous cachant que la culture était | | d'abord une affaire sociale, collective.\u201d (Philippe Haeck, L\u2019Action restreinte/de la littérature, | - éd.de l\u2019aurore, 1975) ; | \u2014 - \u2014 # \u201cCessons de dire que les étudiants qui participent 4 activement au syndicalisme étudiant ne représentent ' pas la majorité; disons plutôt que ces étudiants i militants travaillent pour tous les étudiants en faisant de l'étudiant un interlocuteur valable.\u201d - $ (Philippe Haeck, L\u2019Action restreinte/de la littérature, éd.de l\u2019aurore, 1975) \" \u201cH faudrait donner à chaque cégépien un document où on lui indique qui prend les décisions à propos de sa démarche d'apprentissage et pourquoi: pourquoi cette personne et pas lui, et pourquoi cette décision plutôt que telle autre.\u201d! (Philippe Haeck, L\u2019 \u2018Action restreinte/de la littérature, éd.de l'aurore, 1975) EE EN\u2014\u2014\u2014\u2014 mme a 66 à T oute matière a une e histoire et le montrer à T étudiant lui permettra de saisir les rapports de cette matière - avec une société donnée.\" (Philippe Haeck, L\u2019 Action restreinte/de la littérature, ] _ éd.de l\u2019aurore, 1975) ; PI Cm A PA A mp me emp cama rem owe mmm oe ee emma eam lire ion ai A IE, N derrière les barreaux \u2018Madeleine Gagnon Les ratés du système: l'asile, la prison \u2018Certains tuent et acceptent de mourir pour que, dans l'immobilité mortelle, quelque chose arrive, se mette à vivre, à bouger, à questionner, à déranger.L'événement est-liber- té; il tranche comme une lame, ébranle, déjoue ou prend à revers toute espèce d'institution.Evénement exemplaire, le meurtre ici vise, dans un monde figé, l'intemporel de l'oppression et [lordre du pouvoir.\u2019 J.P.Peter et J.Favret dans \u2018\u2018L\u2019animal, le fou, la mort\u2019 tiré du document Moi, - Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère.[Un cas de parricide au XIXe siècle présenté par Michel Foucault], éd.Gallimard 1973.La prison, comme l\u2019asile, protège la société de ses déviants.Les deux systèmes, asilaire et pénitentiaire, ont ceci en commun qu\u2019ils permettent à tous de reconnaître un système normal et de se reconnaître en lui.Les barricades qui entourent l\u2019asile ou la prison confèrent à ces sous-systèmes le statut d\u2019en dehors ou d\u2019au-delà du système; permettent de ne pas les considérer comme des sous-produits ou des symptômes d\u2019un ensemble gravement troué.L\u2019anormalité institutionalisée sécurise.Elle dit à tous qu\u2019en deça d\u2019elle c\u2019est le lieu de la normalité, lieu où tout fonctionne dans la loi et l\u2019ordre du pouvoir dominant.Il est important que chaque individu \u2018\u2018normal\u201d puisse identifier les enclos culturels qui circonscrivent les déviants, fous ou criminels; il est même important que ces deux enclos se confondent comme à Pinel ou à Leclerc où les fous dangereux \u2014 criminels qui ont plaidé la maladie mentale \u2014 sont gardés par les flics et les psychiatres.La complexité croissante des sous-systèmes de la déviance garantit la simplicité du premier.Tout se multiplie à une vitesse folle dans les deux sous- systèmes: les avocats, les psychiatres, les travailleurs sociaux, les criminologues, les fous, les criminels, les.institutions.de prévention, de détention, de ré-adapta- tion, les maisons spécialisées pour les jeunes déviants, les écoles spéciales, les classes spéciales dans les écoles normales, *les psychologues, les orienteurs.De plus en plus d\u2019information, à la télévision, à la radio et dans les journaux, traitent des cas spéciaux.La coupe normal anormal garantie par le double système .remplace celle qui caractérise l\u2019ensemble: classes exploitées / classe qui exploite.La prison, pour qui ?Dans Le Capital, Marx avait bien démontré que l\u2019immense majorité des criminels, en Angleterre au siècle dernier, était composée de sous-prolétaires des nouvelles villes champignons de la montée de l\u2019industrialisation.Sous-prolétaires issus de la paysannerie que le capitalisme avait délogés de leurs terres et empilés dans les villes.Chômeurs pour la plupart, ils constituaient ce que Marx appelait \u2018l\u2019armée de réserve\u201d du grand capital.Dans tous les pays industrialisés du XIXe siècle, l\u2019accroissement du taux de criminalité (et de folie) correspondait à Jl\u2019anarchie de l\u2019organisation sociale du travail.En- France, à la suite de la 30.révolution bourgeoise, paysannerie qui fournira-la plupart des fous et des criminels, au XIXe siècle.Telle est l\u2019analyse du crime que nous proposent Michel Foucault et ses collègues dans le livre cité en exergue.Si \u2018\u2018l\u2019ordre féodal\u201d s\u2019est écroulé en France sous la poussée des masses .pauvres paysannes, utilisées par le nouvel ordre bourgeois qui a eu tôt fait, par ses fictions juridiques de l\u2019égalité-pour tous, de récupérer les velléités révolutionnaires de ceux-ci, \u2018le transfert immense de propriété dans les campagnes, la course privée au rachat des terres c\u2019est la seigneuriales a eu.raison de la \u2018masse de ceux qui ne possédaient que leurs bras à louer\u201d (p.247).Mais le droit bourgeois leur dit que \u2018maintenant ils sont libres et égaux en droit, ils sont hommes, enfin identiques à tout autres.Comme tels, ils peuvent contracter.Dans le contrat et dans l\u2019avidité pour la terre que le contrat règle, assouvit et relance, la vie paysanne désormais s'investit\u201d\u2019 (ibid).C\u2019est dans ce contexte de-course à la propriété que l\u2019ordre de la nouvelle société libérale \u2018\u2018a disposé ses instances de contrôle\u201d, dont le contrat, \u201cpour y tenir en main et y perpétuer hiérarchies et inégalités, mais cette fois, dans le faux-semblant, librement consenties\u2019\u2019 (p.247), c\u2019est dans ce contexte que s\u2019inscrit la criminalité: la course au désordre et à la révolte.Ici, au Québec, et il en va de même pour tous les pays capitalistes, c\u2019est le prolétariat pauvre et le sous-prolétariat urbains qui fournissent aux prisons et aux asiles l\u2019immense majorité des À \u2014.Uk lu.k, a dy hg NS Je otre tance ses dar le i fl ue pets ge 3e de Bla erres kh a \u201cI leur reg sont fout vert tel wh ne, sit de iis ct ces fra, à} gd 5e 5 ing: il déviants.Alors que les journaux jaunes genre Allo Police pullulent et fournissent, encore une fois aux individus des classes défavorisées, la ration quotidienne de faits divers et d\u2019histoires de cas, 1ls empêchent par leur traitement individualisé des problèmes, de poser justement le problème de la déviance en termes de classes.C\u2019est là leur fonction idéologique principale.Morceler la réalité atomiser les symptômes, maintenir par les détails et les descriptions morbides l\u2019attention sur les écarts à la norme Et ne jamais poser la question de la norme et du pourquoi des révoltes, ne jamais voir que ces révoltes sont la réponse anarchiste des classes les plus défavorisées.Anarchiste, comme disait Marx et non révolutionnaire, parce que cette réponse au système d\u2019exploitation est donnée par les couches marginalisées du prolétariat ou par le sous-prolétariat: ouvriers- pauvres, asssités sociaux, chômeurs, anciens paysans que l\u2019absence de planification économique a garrochés dans les villes.Autour d\u2019eux gravitent divers réseaux qui les maintiennent et garantissent leur entrée dans les sous-systèmes de la déviance: _ commerces interlopes, prostitution, journaux jaunes, etc.Anarchistes et non révolutionnaires puisque leur isolement dans ces couches marginalisées, loin de favoriser la solidarité de classe des travailleurs, conduit davantage a la rivalité entre clans d\u2019une même classe (le cas Blass en est un bel exemple) et à des désirs d\u2019ascension de classe plaqués sur le- modèle bourgeois de la réussite individuelle.Le pouvoir a besoin de ses bandits.Ce qu\u2019il faut voir c\u2019est que \u2018l'ordre dominant maintient les faibles dans leur révolte\u201d (ib., p.257), pour mieux se maintenir.Qu'ils se tuent entre eux, que leurs colères soient fondées sur des rivalités racistes (par exemple, le clan Blass qui se donnait comme objectif d\u2019éliminer le clan des italiens du nord de Rosemont et vice-versa) ou sexistes (le marchandage des protituées femelles, le viol, etc.), tant mieux! Pourvu qu\u2019ils ne se mettent pas ensemble à contester l\u2019ordre de classes qui les détermine.S'ils \u2018exagerent dans la tuerie, en s\u2019attaquant à des innocents normaux (par exemple les meurtres du Gargantua), on leur fera savoir qu\u2019ils vont trop loin - les autres normaux paniqueraient - qu\u2019il y a une justice pour protéger les bons sujets, et les flics recevront l\u2019ordre de les éliminer (l\u2019assassinat de Blass).Et d\u2019ailleurs, les fameux gardiens de l\u2019ordre deviennent de plus en plus importants.Seul le meurtre d\u2019un -policier ou d\u2019un gardien de prison est passible de peine de mort maintenant, au Canada.Les chefs d\u2019Etat n\u2019ont même plus \u2018cet honneur.Ce fait est d\u2019autant plus intéressant qu\u2019il indique un déplacement historique et montre l'importance que prend l'appareil policier.Alors qu\u2019en France, au XIXe siècle, c\u2019est l\u2019appareil familial surtout qui assurait la reproduction de l\u2019ordre en place, seul le parricide menait définitivement à la peine capitale: \u2018Le code pénal a fait du parricide le crime capital, plus définitif et total que l'assassinat, / 31. l'infanticide, l'empoisonnement\u2026 Au code civil qui établit l'autorité du père et sanctifie la famille en lui consacrant la majeure partie de ses dispositions règlementaires, le Code pénal répond en scellant par la peine la plus grave l'inviolabilité la plus grande\u201d.(ib., p.286).Et même le régicide est puni de la peine du parricide, le roi étant le père de tous et l\u2019idéologie familiale ayant pour fonction de le faire voir ainsi\u201d \u2026ll en fait même des héros Même quand les bandits sont emprisonnés ou tués, s\u2019ils ont réussi à se,hisser par leur exploits individuels au rang de vedettes, comme les vedettes sportives ou artistiques, ils deviennent des héros.On en fait des héros et tout y concourt pour eux.Encore une fois, on n\u2019a qu\u2019à consulter le fameux Police Dossier février 1975:\\Blass, sa vie, sa mort pour voir comment les flics, les geoliers, les journalistes ont tout mis en oeuvre - jusque dans le récit intitulé \u2018\u201cBlass et sa carrière\u201d - pour individualiser le problème d\u2019un \u201c\u2018\u2018petit gars ., pauvre de - Rosemont\u201d: lettres à sa mère, entretien avec celle-ci, analyse de I'album-journal intime de Blass (rempli de photos de ses vedettes du crime), description de ses coups, de sa mort, etc.Le rôle de tous ces récits de crimes c\u2019est justement de les continuer, d\u2019empêcher ceux qui les pratiquent ou qui les constatent, d\u2019en faire une analyse véritablement politique.Comme dit Michel Foucault: \u2018le meurtre et le récit du meurtre sont consubstantiels.le récit du crime n'était point, pour les contempo-b pui rains (de Pierre Rivière), enk ges dehors du crime et au-dessus deb pu lui, ce qui devait permettre d\u2019enb pire \u20ac saisir les raisons; c'était un élé-Wi\" ment faisant partie de sa rationa-Ë pue lité et de sa déraison\u201d\u2019 (ib., p.226).pr ?C\u2019est, comme l\u2019explique encore A { Foucault, la revanche historique] of de ceux qui ne font pas l\u2019Histoire, a la grande, la vraie - celle des} conquêtes économiques, politi-Ë ques, militaires - c\u2019est une-façon af eux de produire \u2018une histoire en dessous du pouvoir et qui vient} buter contre la loi\u201d (p.270) et enË cela ils sont assistés, pour ne pask dire moussés, par le discours desf journaux à potins qui Vient donner un sens à leurs gestes et} une garantie de survie dans la mémoire des leurs.\u2018Le meurtre rôde aux confins de la loi, en decay ou au-delà de la loi, au-dessus et au-dessous; il tourne autour duË pouvoir tantôt contre lui, tantôt avec lui (p.271).Et les} nombreux récits de meurtre, de même que les enquêtes publiques et les procès, en insistant sur les lois et les gardiens de celles-ci, neB font que maintenir ces margina-B lités à ta périphérie du pouvoir économique et politique.Les crimes qui commencent àf marquer la bourgeoisie et qui se: révèlent dans les enquêtes genrek Watergate, Commission Cliche,lf Enquête sur le crime organisé, etc., indiquent, en plus de ses contradictions que la bourgeoisiefp avait réussi à camouffler depuisil un siècle, que les besoins de marginalisation \"doivent être as-|b sumés par cette classe aussi, mais ce qui compte avant tout c\u2019est de sauver la face du système d\u2019ex-ft i Mrploitation et du pouvoir politique | afqui le supporte: les individus sont Wicoupables, ils seront punis, efl\u2019ordre qui les maintient sera lld\u2019autant moins questionné.Si la imfbourgeoisie peut punir les dé- 1 viants - y compris les siens - c\u2019est Te la preuve irréfutable qu\u2019il y a une tie justice pour tous et qu\u2019une oi minorité des normaux pourra ¢ dey] 7 Dot fond | re onl Vent ten J 3 $ des fe Vent ' wel] sh}?\u2018 wire |; dera Us ef rd - ontot les , de .TT continuer.d\u2019exploiter une majorité de normaux.P.S.It faudrait voir comment la Chine, après la révolution de 49, a entrepris de solutionner le problème alors.énorme de ses déviants, dans La Santé Mentale en Chine de Gregorio Bermann, éd.Maspéro 1973.Mais nous en reparlerons.~ que \u201cL'école avec le travail qu\u2019elle donne l'étudiant le I sf, force presque a sublimer sa sexualité.Ainsi ceux qui ne | peuvent sublimer c\u2019est-a-dire qui tentent de vivre leur te sexualité sont presque amenés a échouer leurs études wit} puisqu'ils n'y mettent plus autant d'heures de travail.ue _\u2014 pe ihe > is, > 5 pie qui ; de b pd | mais se fer ! LS) Ou le travail (demandé par la société) écrase la sexualité 1.de l'individu, ou la sexualité écrase le travail.Il maf faudrait qu'on travaille à résoudre ce dilemme.\u201d (Philippe Haeck, L\u2019Action restreinte/de la littérature, éd.de l\u2019aurore, 1975) \u201cCe qu'il faudrait mettre en clair dans chaque classe c'est le partage des pouvoirs entre le ministère, l'enseignant payé par le ministère et les enseignés que la société envoie à l'école.(Philippe Haeck, L\u2019Action restreinte/de la littérature, éd.de l\u2019aurore, 1975) - 33.nee la circulation des lettres La tête me brûle \u2014 La lecture .de Portraits du voyage de Jean-Marc Piotte, Madeleine Gagnon et Patrick Straram le Bison ravi (L\u2019Auroré, 1975) et de Demain les dieux naitront de Paul Chamberland (L\u2019hexagone, 1974) ne peut que m\u2019amener a ce que quelques-uns pourraient appeler des débordements \u2018\u2018subjectifs\u2019.Mais il faut bien voir que celle ou celui qui écrit, que celle ou celui qui lit par conséquent, le.font justement parce qu\u2019ils ont envie de connaissances neuves; quels intérêts aurai-je à lire ce que je sais déjà à part celui de tuer le temps ou encore .celui de cultiver un sentiment de vanité: le lecteur qui peut en montrer à l\u2019auteur n\u2019a\u201d qu\u2019à écrire s\u2019il n\u2019est pas content de \u2018\u201c\u201cses\u2019\u2019 auteurs.Ainsi qui décide de lire la production littéraire qui essaiè de transformer certaines représentations ne peut qu \u2018être en 34.\u201cdis situation inconfortable devant l\u2019oeuvre; la tête peut lui brûler | puisqu\u2019on l\u2019invite à penser d\u2019une façon différente de celles qu\u2019il connaît déjà, à déborder, à sortir de ses gonds.Devant les oeuvres, j'ai de- moins en moins envie de jouer au censeur qui condamne parce qu\u2019il ne reconnaît pas ses catégories, je veux plutôt essayer de comprendre, de me laisser prendre par ce que je lis, alors je ne peux que fournir une descrip- | tion de ma lecture sachant bien qu\u2019il y a d\u2019autres lectures possibles.Cela ne veut pas dire que ma lecture ne prendra pas parti; prendre parti ce n\u2019est pas jouer au |.censeur, c\u2019est après avoir questionné l'oeuvre, décider pour soi si _ telle oeuvre est utile à notre vie: je parce que comme f Miron je ne crois pas au salut in- F dividuel - ce serait pour moi facile § \u201cnotre\u201d et intolérable.eo À be oh Je g, Eh \u2018est de 2 Pc | ln tete st.vant ler \u2018une ort | ceux qui, L'\u2019androgyne, l\u2019oeuf .L\u2019écriture de Chamberland a toujours eu des ailes de Papillon, ses yeux sont de cristal ou de pollen, le prince de Sexamour est à des années-fusées de moi.Son livre est celui d\u2019un prophète qui menace: \u2018\u2018on est entré dans le règne des chiens, ceux qui veulent satisfaire leur goût de japper, de mordre, de punir, peuvent le faire impunément dans le cadre légal, celui du \u2018\u2018law and order\u201d, que partout, font acte d\u2019autorité prennent bien garde de ne pas se faire les Fossoyeurs les plus efficaces de la communauté des hommes, arrangez-vous comme vous voudrez LE CAPITALISME est notre ennemi à tous\u201d (p.198), qui annonce un \u201ctemps nouveau: \u2018\u2018des êtres viennent qui sacrifieront tout à la beauté, à la lumière, à la santé suprême.Ils défieront tous les obstacles, avec la logique de l\u2019enfance, de l\u2019enfance inconqui- se, intraitable et sauvage.\u201d (p.108).Demain les dieux naîtront est-du côté de l\u2019utopie, des contes de fée, des enfants (que Cham- barland oppose aux porcs); tout cela est d\u2019une beauté bien fragile \u201c à côté du système qui est dénoncé ici et là.Qu\u2019on rêve d\u2019un monde parfait, d\u2019un oeuf cosmique, de l\u2019énergie amoureuse qui circulerait sans aucun interdit, je n\u2019ai rien contre, mais je ne marche plus quand je lis: \u2018\u2018chose certaine, rien a faire sans le rejet inconditionnel du pouvoir.Je ne veux plus rien savoir de la théologie révolutionnaire héritée de Ila première, moitié du XXe siècle: TOUT LE POUVOIR AU PEUPLE, C.A.D.A NOUS.\u201d (p.103) ou Personne n\u2019est autorisé à donner des mots d\u2019ordre, à imposer des méthodes.\u201d (p.88).Chamberland alors fait l\u2019ange; les anges ici, nous en avons un par génération: Rina Lasnier, Fernand Ouelette, Paul Chamber- land, Juan Garcia, au lieu de nous apprendre à volèr nous auront freinés, nous auront retenus dans l\u2019enfance et l\u2019adolescence.Je n\u2019aime pas qu\u2019on parle de l\u2019enfance comme d\u2019un paradis, de la force amoureuse comme d\u2019une puissance qui fera tomber les murs du capitalisme: tout ça est bon pour les chansons qui bercent, qui mettent un baume sur la misère économique, morale, intellectuelle de la plupart.Je reproche à Chamberland de vouloir être beau comme un Dieu, d\u2019être romantique aujourd\u2019hui encore, de rêver à l\u2019âge d\u2019or: une telle activité qui tire sa force de la passivité, qui voudrait nous réduire à des photons, à un rayonnement lumineux, me paraît un luxe, un diversissement dans les conditions historiques présentes.Le travail de Chambrland \u201cne.concerne que les consciences libres\u201d (p.7), celles qui peuvent affirmer: JE N\u2019AI PLUS RIEN A VOIR AVEC TOUT CE QUE L'HOMME A ETE DEPUIS SES ORIGINES\u201d (p.214 et 236); cela ne veut rien dire, est impensable, _ il y a là une pureté impossible; la conscience toujours chargée de traces, il ne suffit pas de les nier pour les effacer, la conscience de Chambrland n\u2019échappe pas à ce fait: tout son texte est bourré de citations des hommes suivants: Rimbaud, Ducasse, Breton, le groupe Jefferson Airplane, les Beatles.Ce que je n'accepte pas 3 dans ce livre c\u2019est le passage d\u2019un amour particulier (\u2018\u2018présentement, je suis passionnément amoureux d\u2019un enfant de 13 ans.Jamais je n\u2019ai été si proche du délicieux impossible, de l\u2019unique, magnifique et>désespérant, qui arrive sous les espèces de ma chair et ma conscience.Ce violent amour saccage tous mes états de conscience antérieurs.\u201d p.183) à uhe utopie valable pour tous: \u201cTout commencera vraiment le jour où l\u2019on reconnaîtra LA ROYAUTE NATURELLE DE L'ENFANT :\u201d\"(p.125).Cela amène Chamberland à répéter: \u201cAI RENONCE A MA CONDITION D\u2019ADULTE.\u201d (p.104 et 117).Tout cela ne peut pas concerner, l\u2019opposition enfant/ adulte, le royaume des enfants/la porcherie des adultes, nie la réalité: à savoir que l\u2019enfant est aussi aliéné que l\u2019adulte.Le travail de désaliénation ne se fera pas par des enfants; ni par des adolescents (\u201cL\u2019ADOLESCENT PORTE-LE GENIE DE LA TRANSMUTATION EROTI QUE-ENERGETIQUE DE LA VIE\u201d p.104), mais par des adultes qui ont pris conscience de leur aliénation produite par la famille, l\u2019école, l\u2019église, le travail.Pas plus acceptable non plus la substitution d\u2019un point-de vue métaphysique -sur le corps (\u201cSEXE est la gloire de DIEU\u201d p.- 262; \u201cL\u2019ANDROGYNE EST LE SEXE DES DIEUX\u201d p.138) à un point de vue matérialiste: \u201cLE CORPS est l\u2019alphabet de l\u2019esprit tout est écrit dans le corps QUI EST LA PREMIERE REVELATION\u201d (p.26).Ce livre ou il faut \u201cécrire afin de parler juste\u201d (p.38) est un livre qui 36.me.IAAL mêle les cartes la plupart du temps, à côté d\u2019un paragraphe qui sonne juste (par exemple: \u201c\u201cl\u2019affirmation de la vie doit être aidée jusqu\u2019à son plein développement, mation du plaisir sexuel et sous sa forme objective de planification démocratique du travail!\u201d p.261), on en trouve des dizaines -qui ressemblent à des oeufs cosmiques, à des manifestes surréalistes qui pratiquent la confusionnisme.\u2018Trois écritures © Le lecteur aurait intérêt à commencer Portraits du voyage qui est un livre difficile par le troisième texte, \u2018\u2018une journée dans la vie de camarades\u201d, où Patriek Straram dans une écriture simple, intime, tendre aux camarades et rageuse à l\u2018endroit de l\u2019intelli- gentzia québécoise, narre les fait qui ont entouré l\u2019événement qui est au centre de ce livre: un \u201cmauvais\u201d voyage à l\u2019acide de\u201d Jean-Marc Piotte: \u201cD\u2019abord, Pio \u2018et la Lionne (c\u2019est le nom amérindien de Madeleine Gagnon) devenaient vieux, trés vieux, il n\u2019y avait plus qu\u2019eux au monde.Puis il fallait sauver le monde.L'amour résisterait-il?C\u2019est ensuite qu\u2019il est devenu un loup, la Lionne une louve.Tempête.Bientôt, il n\u2019y \u2018aurait plus d\u2019autre issue pour le loup que de dévorer sa compagne.\u201d (p.68-69).Stra- ram raconte tout ce qui lui vient à l\u2019esprit comme il en \u2018a coutume: des scènes du passé reviennent à la surface et se mêlent aux faits et aux pensées de cette journée.Les écritures de Straram ne cessent de vouloir rendre compte de son quotidien; il a décidé d\u2019être selon TEE I | | j 3 Yim histor KEL pn 3 * .A sous sa forme subjective d\u2019affir- .dre $ né gr pol À mots quoi À form nécess | oli lp pre! Jean dans Pari! (rams dans Lenin we joe \u201cCon fusion {in émous fiona 1 qt sient d'idéo bien i int Stra dpa privée Dour, ls ar Me:la eme sexuel al fy fg ÿ [Ber ture Li ft Altre Æ# le mot de Brecht, son propre homme de questionner son rap- d historien.Ce travail peut agacer port à la famille (frères, soeurs, qu ge ls ith i des marxistes qui ne veulent pas entendre parler des individus, des esthétes qui sont tannés d\u2019entendre Straram penser tout haut, rappeler ses amours et la lutte pour transformer les rapports de production, il n\u2019en reste pas moins que ces écritures de la quotidienneté avec toutes leurs informations sont parmi les plus nécessaires à une époque pré-ré- volutionnaire.Ensuite on peut lire le premier texte, \u2018\u201c\u2018Famicide\u201d\u2019, de Jean-marc Piotte qui a déja publié dans la collection \u2018Aspect\u2019 a Parti Pris: La Pensée politique de Gramsci (1970), \u2018Jour après jour\u201d dans Québec occupé (1971) et Sur Lénine (1972).\u201cFamicide\u201d\u2019 opère avec \u2018Jour après jour\u201d la conjonction de Freud et de Marx: \u201cConjonction, j\u2019insiste, et non fusion, car toutes les tentatives d\u2019intégration n\u2019ont abouti qu\u2019à émousser le tranchant révolutionnaire de ces deux théories, qu\u2019à émasculer leur rigueur- scientifique respective au profit d\u2019idéologies fumeuses, même si bien intentionnées.\u201d (p.28-29).II faut savoir reconnaitre le projet de Straram et de Piotte, a savoir \u201cla disparition de la coupure entre vie privée et vie publique\u201d (p.30), et pour cela l\u2019impossibilité de nier les avancées de la science moderne: l'analyse freudienne qui nous permet de fouiller nos histoires sexuelle et familiale (\u2018\u2018M\u2019enfoncer au fond de mes labyrinthes.I! faut que je me dépaussière.\u201d p.16) et la théorie marxiste.L\u2019écriture de Piotte est laborieuse, tantôt inquiète, tantôt affirmative, comment pourrait-il en être autrement quand il s\u2019agit pour un mère, père), son lien avec la femme aimante, et quand cet homme n\u2019est guère familier avec l\u2019écriture littéraire dont les fonctionnements ne suivent pas nécessairement ceux de la raison dialectique.Après on peut lire le deuxième texte, \u2018Amour parallèle\u2019\u201d\u2019, de Madeleine Gagnon où je retiens dans la première partie \u201cRebours\u201d les trois propositions\u2014 suivantes: 1.\u2018\u201cJe n\u2019est pas l\u2019autre.\u201d\u2019 (p.35) qui transforme le \u2018Je est un autre.\u201d de Rimbaud; 2.\u201cCe n\u2019est pas vrai qu\u2019il ne faut plus parler d\u2019amour.Ni de je.\u201d (p.37); 3.\u201cOn ne pourra vraiment connaitre la camaraderie amoureuse, si l\u2019on ne s\u2019est pas attaqué à, et débarrassé de, - la jalousie.Et de son corollaire: l\u2019amour idyllique, abusif, métaphorique: l\u2019amour symptôme.\u201d (p.38-39).Dans les deux parties suivantes, \u201cSurgir\u201d et \u2018\u201c\u201cRelire\u201d, Madeleine Gagnon nous invite à la folie, au délire qui va laisser passer nos désirs, \u2018\u201cDéjouer les censures.\u201d (p.52).La dernière partie \u2018\u2018Poursuivre\u2019\u2019 rappelle la première phrase du texte: \u201cJe commence à donner forme à ce qui ne l\u2019est pas.\u201d (p.35).Donner forme à \u2018\u2018la disparition de la coupure entre vie privée et vie publique\u201d, entre pratique individuelle rupturante et théorie générale systématisante, ce serait peut-être donner forme à l\u2019écriture neutre (1) ni féminine ni masculine parce que les deux.Il faut malgré (ou plutôt à cause de) sa difficulté lire Portraits du voyage, il y a là trois écritures* (1)-Par référence à Neutre d\u2019Hélène Cixous qui travaille autant du féminin au masculin que du masculin au féminin.37. grand Tout, il conduit à une réflexion qui essaie de penser les articulations de nos vies: rien n\u2019est simple alors.fouisseuses, qui grattent notre terre familiale et sexuelle; le voyage à l\u2019acide cette fois-ci ne conduit pas à des rêveries cosmiques où on trempe dans le \u201cCette mise au point est essentielle: non-directivité ne veut pas dire anarchie dans les rapports qu'ont les membres d'un groupe mais plutôt marque que le savoir - n'est pas directif, absolu.Etre non-directif c\u2019est élaborer - un savoir à partir du groupe au lieu d'imposer au groupe un savoir établi d'avance.Etre non-directif c'est engager le groupe dans un effort de compréhension du milieu qui l'entoure par le biais d'un savoir particulier.\u201d (Philippe Haeck, L\u2019 Action _restreinte/de la littérature, i éd.\u2018de l'antors, 1975) \u201cUn non-directivisme qui amènerdit les gens d\u2019un groupe à s'accepter inconditionnellement vient d\u2019un sentimentalisme réactionnaire car il contourne les conflits et évite ainsi de s'engager dans des luttes formatriees.Il faut que les désirs jaillissent et que des luttes s'engagent si nous voulons transformer le - monde.\" (Philippe Haeck, L\u2019Action restreinte/de la littérature, éd.del\u2019aurore, 1975) 38.= lab de 6 fie Lain He 6 found suri | Wah fous LE sift mp, Nowe; arr bly Dol; uk: Ë fim i, digi his tee nt Une 9.lig ley les ena.nf ooo sur le théâtre Thérèse Arbic Les luttes ouvrières au INM La barrière, une pièce | de Marc F.Gélinas Un aspirant \u201cjobbeur\u201d de bleuets, Daniel Tabarly, sa femme Laura, deux cueilleurs de bleuets, Le Grand et Le Coune, un gardien, Tabarly Barrière, le surintendant de la Compagnie, Watchtou, un juge et un avocat, tous deux également appelés \u201cTabarly\u2019\u2019: tous ces personnages s\u2019affrontaient, ii y a quelque temps, sur la scène du Théâtre du Nouveau Monde.L'enjeu: une barrière.Mais une barrière symbolique, qui, une fois enlevée, pouvait conduire Daniel Tabarly, à la tête des autres travailleurs, à la reconquête d\u2019une route, d\u2019un bois, d\u2019un moulin et de leur dignité.Mais une Compagnie ne se laisse pas déposséder aussi facilement.C\u2019est ainsi que, confidentiellement, par la bouche de son surintendant, Watchtou, elle informe les cueilleurs de son intention de transformer le moulin et \u2018\u2019d\u2019en faire le moulin le mieux équipé de tout le pays, le plus efficace, le plus automatisé.\u201d À la suite de cette communication, qui +amène l\u2019ensemble des cueilleurs à leurs intérêts immédiats, la majorité abandonne la lutte et Daniel devient l\u2019ennemi principal des \u201cboss\u201d, la forte téte qu\u2019il faut éliminer.La première partie se termine donc par la mort mystérieuse de Courne Tabarly, simple cueilleur promu depuis peu au sein de la Compagnie: il est tué au cours d\u2019un affrontement entre les travailleurs et les représentants de la Compagnie et l\u2019on rend Daniel responsable de ce meurtre.La deuxième partie: le procès de Daniel au cours duqüel on apprend que chaque homme \u2018a un truck caché en queque part 39. dans\u2019tête\u201d.Quand Daniel était petit il rêvait au Joual magique de son pépère mais maintenant qu\u2019it est grand, le joual est devenu un truck.Il a même été le premier à réaliser son rêve et à posséder un truck mais sa femme l\u2019a abandonné parce qu\u2019il l\u2019avait acheté avec: l\u2019argent de la maison.Au cours du procès, Daniel comprend ses erreurs, abandonne ainsi ses rêves pour assumer lucidement sa réalité.À la fin de la pièce, Daniel, condamné par le juge, mais \u2018\u2018lavé de toutes possessions, est maintenant libre.\u201d La pièce se termine sur ces \u2018mots: \u201cJoseph-Albert Daniel Tabarly tu es coupable d\u2019assassinrat\u201d.Daniel: \u201cC\u2019est pas vrai.\u2019 Laura: \u201cC\u2019est pas vrai\u201d.Laura sait que Daniel est innocent mais surtout elle a compris que maintenant, malgré sa condamnation, Daniel est libre puisqu \"il s\u2019est intérieurement assumé.L'auteur parle de ses choix dans l\u2019Envers du décor, journal-programme \u2018du Théâtre du Nouveau Monde.\u201cDaniel est un être ambivalent, entraîné par Jes événements, inconséquent; mais j'ai toutefois voulu que la somme de ses expé- - riences involontaires, en fasse un Être conscient et lui permette de faire une froide analyse de la société dont il fait partie.II parviendra a en accepter les lois arbitraires, à en être le coupable.\u201cDaniel s\u2019est érigé en chef, sans y 40.il revend son truck et avoir pensé et, encore moins, en ayant spéculé, mais seulement poussé par un besoin profond de changement.Il se trouve donc en possession d\u2019un certain pouvoir, un peu ahuri d\u2019avoir.pu, si facilement, entraîner à mouvement dont il à perdu le contrôle.Cette attitude trahit chez l'individu, un profond désarroi, il croit pouvoir se débarrasser de sa propre angoisse à travers une collectivité, mais dans bien des cas, il accroût l'anxiété au groupe, il le contamine, sans parvenir à se départir de la sienne.\u201d \u2018Chacun parle d'indépendance collective avant de songer à une libération individuelle, c'est pourquoi ces démarches avortent.\u201d Mon analyse politique de la pièce aidée par les textes de Lénine, de Jean-Marc Piotte et de bien d\u2019autres sur les luttes spontanéistes.Gélinas met en scène une lutte ouvrière spontanéiste rapidement récupérée par les patrons.Son analyse l'amène à conclure que l\u2019homme doit abandonner ses rêves et assumer lucidement sa - réalité s\u2019il veut être libre.C\u2019est par la somme de toutes les libérations .individuelles contre cette machine \u2018infernale qui broie l\u2019homme, que constitue le système dans lequel hous vivons, que notre société pourra se transformer, de conclure Gélinas.Or, deux aspects principaux de _ la lutte à mener contre cette \u2018\u201cma- sa suite un J chine | is: { add F inele pes - Blt : fell j pl J (un it bet is 8 du ñ \u2018oui Sor Dar diem casse Ein ema ¥ mont Ji tes D la pi baseul tous hc tem getlad défi Flame inère Runs Ma Appr qu blab pons lang ; doe] thang - dba pour | ide Ih 0, EK Vase J COunée IL jel i Ir chine infernale\u201d me semblent exclus: d\u2019une part, la conscience du travail que peut.accomplir un intellectuel petit-bourgeois (ceci n\u2019est pas une accusation mais une réalité objective) donc, ici, l\u2019auteur, aux niveaux théorique et politique dans le développement .d\u2019une * conscience collective des intérêts à court et à long terme de la petite bourgeoisie et de la classe ouvrière et,d \u2019autre part, l\u2019analyse du niveau de conscience des ouvriers par rapport à leurs luttes économistes.Dans la pièce de Gélinas, le déterminisme qui accable la classe ouvrière me parait suspect, juxtaposé à la description de faits, remarquablement observés, démontrant l\u2019habileté du patron à récupérer les luttes spontanéis- tes.Dans la deuxième partie de la pièce, par exemple, un jeu de bascule entre Daniel et le juge, tous deux, à la fois, juge et accusé, se termine par la victoire du juge et la défaite de Daniel.Mais une défaite apparente, dans l\u2019esprit de l\u2019auteur, puisque Daniel libéré intérieurement \u2018assume maintenant sa réalité.Le Mais de quelle réalité s\u2019agit-il?Apparemment, d\u2019une réalité subjective, intérieure qui est vraisemblablement acceptation des rapports de production capitalistes et dans lesquels les ouvriers sont actuellement exploités.Pour eux, abandonner leurs rêves signifie abandonner la lutte essentielle pour que s\u2019instaure un ordre social qui abolirait l\u2019exploitation de l\u2019homme par l\u2019homme.Or, en régime capitaliste, la classe ouvrière a toujours été coupée de la culture.Il revient donc aux intellectuels de faire l'analyse critique des rapports dè force de notre société et d\u2019indiquer, en s'impliquant, le cheminement à parcourir.Mais encore faudrait-il qu\u2019ils réalisent la place qu'ils occupent dans le processus \u2018de production; que leurs intérêts à long terme se situent du côté de la classe ouvrière et que perpétuer l'idéologie bourgeoise dominante va justement dans le sens de la libération individualiste, toujours contraire aux intérêts collectifs de la classe ouvrière.La description des échecs des luttes spontanées des ouvriers, parce qu\u2019elle n\u2019est pas accompagnée d\u2019une analyse des tâches de conscientisation et d\u2019organisation qui devra mener a la formation d\u2019un parti ouvrier regroupant toutes les forces progressistes et combatives de la petite- bourgeoisie et du prolétariat, amene nécessairement un public de théâtre à conclure en l\u2019inutilité de toute lutte collective.Actuellement toute lutte ouvrière spontanéiste, sans articulation politique, risque d\u2019être réduite aux rêves refoulés et aux révoltes individuelles de chaque homme ou d\u2019une minorité \u2018\u201c\u201cd\u2019agitateurs\u201d.Que penser du rôle de Laure, la femme de Daniel ?| \u201cLe personnage de Laura, me dit Marc F.Gélinas, est le plus sain de la pièce parce qu\u2019il a compris que, pour être heureuse, une femme doit avoir des enfants, posséder un foyer, une maïson.Laura a accepté sa réalité.\u201d Pour 41. sa part, Claude Jutra, le metteur en scène, déclare-dans /'Envers du décor: \u2018Laura représente la féminité dans son ensemble.Elle est encore tout d\u2019une pièce.Aux yeux de Daniel, elle a une grande importance, il en est follement amoureux.Il est cependant, déchiré entre sa vie politique et sa vie personnelle, il essaie de rêcon- cilier les deux, sans jamais y parvenir \u2018 totalement.Laura, sa femme, peut, à certains moments, paraître négative, mais toutefois, elle apporte une grande tendresse, beaucoup de chaleur et d\u2019intimité.Daniel craint de se laisser enfermer dans cette chaleur, et c\u2019est en grande partie, la raison de leur malheur.\u201d + Cette survalorisation de la femme au foyer, éducatrice et mère, épouse fidèle dont le rôle est réduit à défendre l\u2019ordre établi en maintenant \u201cson homme\u201d en bonne santé pour qu\u2019il puisse le - mieux possible servir l\u2019exploitation systématisée, peut-elle encore se, justifier?Dans quel siècle vivent donc notre auteur dramatique et son metteur en scène?N\u2019ont-ils jamais encore entendu parler des mouvements de libération des femmes, de leurs revendications, de l\u2019exploitation et de l\u2019aliénation dont elles prennent de plus en plus conscience?\\ et du jeu de la comédienne, la seule femme du groupe ?Louise Cuerrier a, parait-il, détesté ce rôle.En refusant son personnage, elle en a donné une interprétation à distance, parce 42.qu\u2019elle en a, consciemment ou pas, refusé l\u2019aliénation.Le recul que la comédienne a pris et qui était évident dans son jeu, a fait dire à plusieurs qu\u2019elle n\u2019était pas .\u201cdans la peau de son personnage\u201d (et pour cause!) qu\u2019elle ne séntait rien (ça, c\u2019est moins sûr!) \u2026Ce qui m'amène à parler de la production du TNM.Mais les autres: auteur, metteur en scène, acteurs, eux, ils y croyaient et le spectacle était, dirais-je, digne du TNM; propre, sans erreur apparente pour l\u2019ensemble des voyeurs /spectateurs, dans une langue correcte, un décor bien planté, un éclairage qui correspondait à l\u2019atmosphère générale de la pièce, dans un rythme lent mais bien adapté.Un théâtre sans surprise, sans audace, sans vitalité, adapté aux censures du système et aux attentes d\u2019un certain public.Que l\u2019action se situe en milieu ouvrier ne change rien à l\u2019esthétique théâtrale du TNM établie, une fois pour toute semble-t-il il y a vingt-cinq ans, quelles que soient les oeuvres présentées, les auteurs, \u2018acteurs ou metteurs en scène invités.Une Compagnie Théâtrale qui n\u2019en finit plus d\u2019agoniser avec son demi-million de subventions par année.La Tl qu fi Na 1 Ir} | -\u2014 = i | formes des choses, : peinture de la vie Laurent-Michel Vacher \u2014 Sans le conseil de Marcel Saint-Pierre, je me demande si j'aurais rencontré le livre de Barry Lord The History of Painting in Canada: Toward a People\u2019s Art (Toronto, N.C.Press, 1974, 233 pp-), qui est la première et la seule .tentative marxiste dans un tel domaine et donc une lecture absolument indispensable.Les fondements de ce vaste panorama -sont pour le moins inhabituels, quand on songe à quel point les discours sur l\u2019art sont monopolisés par l\u2019idéalisme ou le conservatisme: ici, tout est mis en perspective sur la base des trois critères suggérés par Mao Tse- toung dans son texte Sur la démocratie nouvelle.Barry Lord les présente ainsi: \u201cPour l\u2019art démocratie nouvelle d\u2019un peuple colonisé engagé dans un combat ik \u201cpour l\u2019indépendance à notre épo- \u2014 ~ _est scientifique.\u2014_\u2014 Histoire.d\u2019une lutte que, Mao propose trois critères: a) il est national.Il soutient la dignité et l\u2019indépendance de la nation et s\u2019oppose à la domination par les centres impérialistes.b) il Il favorise la recherche de la vérité à partir des faits, dépeignant les réalités de la lutte et du changement; en peinture, cela signifie: réalisme.La culture nouvelle-démocratie est opposée à l\u2019idéalisme, à la métaphysique et au mysticisme.c) il est démocratique.Il sert les travailleurs, la grande majorité de la population, et il deviendra graduellement compris et défendu par eux.Ce n\u2019est pas l\u2019art d\u2019une seule classe mais de toutes les classes de la colonie unies pour combattre l\u2019impérialisme sous la conduite de la classe ouvrière.Il n\u2019ignore nullement l\u2019art des autres pays, ni ne refuse-t-il l\u2019héri- 43.7 satcriitr tage culturel national: il apprend plutôt d\u2019eux\u201d (p.143).A partir de là, il faut le noter au passage, quel contraste avec le traitement \u2018\u2018culturel\u201d et simplement \u201c\u2018progressiste\u201d\u201d de Garaudy dont j'ai parlé le mois dernier: ici, il s\u2019agit d\u2019une histoire et non d\u2019une initiation au langage plastique; il est question de deux peuples colonisés (le Canada et le Québec) et non plus des nations impérialistes européennes; on recherche dans les oeuvres le point de vue de classe et non la vertu novatrice ou la portée prospective; les critères d\u2019évaluation sont ceux du réalisme 44.Miller Brittain d\u2019un socialiste et non ceux \u2018esthétisme social.Le style et le sujet Au premier abord, le travail de Barry Lord est enthousiasmant et les résultats de son approche se révèlent très valables.Un premier chapitre, consacré à l\u2019art des Indiens et des Inuits, illustre le principe selon lequel les symbolismes culturels reposent sur des bases objectives (géographiques, économiques, techniques, sociales) hors desquels ils ne peuvent Être correctement compris, et sans Xl \u2018re Pa lien tes chai |, LE 10 | ds 6 tof, orgs \u201cch ss § tion F Leys A Conti hr 16h G Mog i J -dore\u201d lesquels ils perdent leur vitalité et leur sens.Dans les deux chapitres suivants sur la peinture québécoise et la peinture canadienne du XVIIème siècle à la grande dépression, l\u2019auteur met en place son dispositif analytique fondamental: montrer la lutte entre la soumission coloniale- aux styles artistiques des centres impérialistes et la recherche de styles autonomes au service des réalités nationales et populaires.Cette lutte, située dans son contexte de classe (c\u2019est la riche classe dominante et la bourgeoisie \u2018\u2018compra- qui cultivent l\u2019aliénation culturelle), permet d\u2019éclairer la signification peu apparente de- plusieurs oeuvres.Qu'il\u201d s\u2019agisse de contraster Part d\u2019Eglise, impérialiste et mystificateur, et Part \u201c\u2018naif\u2019 des ex-vatos où se cherche un réalisme documentaire véritablement populaire, ou encore\u2019 \u2018qu\u2019il -s\u2019agisse de brossee un panorama des classes sociales au Québec À travers les portraits du XVIIIème et du XIXème qui reflètent si fidèlement l\u2019image que ces classes se faisaient (ou voulaient donner) d\u2019elles-mêmes et les tares ou faiblesses qu\u2019elles ca- chaienf, la méthode est fructueuse.| | Elle permet aussi de faire ressortir la perspective anglaise- des tableaux de genre de Krieg- hoff, avec leurs habitants pittoresques chargés de conforter les riches acheteurs dans leurs préjugés sur les Canayens, par opposition au réalisme patriotique de Légaré dont la vigueur expressive continue la naissante \u201c\u2018tradition québécoise\u201d des peintures votives.Côté canadien, Barry Lord montre comment l\u2019émergence pé- artiste) nible d\u2019un art du paysage qui fasse primer l\u2019autltenticité nationale du sujet sur les normes formelles importées est déterminée par la montée de la bourgeoisie nationaliste.Ici encore, pour opposer Whale a Fowler et Watson, ou Morrice a Culler, le double critère de l\u2019impérialisme et de l\u2019authenticité est un instrument pertinent.Chez les \u2018uns, l\u2019idéalisation ou la méconnaissance des sujets va de pair avec la soumission aux styles imposés par les capitales \u2018\u2018métropolitaines\u201d (Londres et surtout Paris), chez les autres, le réalisme des sujets appelle au contraire la production de formes autochtones.Les deux pôles entre lesquels oscillent les peintures québécoise et cana- dienné (parfois chez un même sont ainsi clairement établis et les analyses concrètes \u201cillustrent bien le processus socio- \u2018historique qui conduit (par exemple dans le cas du paysage canadien avec le Groupe des sept) de l\u2019imitation coloniale afiénante à la reconnaissance picturale de nos réalités et à la formation de traditions stylistiques spécifiques.La dernière partie de l\u2019ouvrage (\u201cPainting in the Age of U.S.Imperialism\u2019) pose davantage de problèmes au lecteur: c\u2019est que le schéma dont je viens de parler (alternative entre formalisme impérialiste et réalisme du sujet national et social) est lui-même un effet de la situation coloniale, dont il reflète les limites.Comme le vingtième siècle a vu se transformer profondément les voies et les moyens de l\u2019impérialisme, les structures socio-culturelles du Canada et du Québec ne se satisfont plus d\u2019une interpréta- tion aussi simplificatrice.L\u2019auteur se trouve alors pris dans un dilemme, qu\u2019il résout par une fuite en avant.Tout l\u2019art dit \u201cmoderne\u201d ou \u201ccontemporain\u201d tombe sous ses coups, avec À peine quelques nuances positives (par exemple sur la lutte anti-cléricale des automatistes): formalisme, décadence, trotskisme, la con- 46.Frederick Taylor damnation est globale et sans appel.L'histoire aurait dû suivre un cours linéaire: après avoir conquis le droit de montrer dans leur vérité les paysages et les gens du peuple, la peinture devrait aujourd\u2019hui nous montrer les ouvriers et leurs luttes.Qu\u2019il y ait des courants progressistes dans l\u2019art bourgeois (chose qu\u2019il ad- Tig M cu fou Te A mettait pour le dix-neuvième siècle), cela parait désormais exclu.Qu\u2019un art prolétarien ne soit possible comme forme esthétique accomplie et hégémonique qu\u2019au prix d\u2019une transformation sociale radicale semble oublié.Qu\u2019enfin l\u2019art des images puisse avoir un autre sens que la représentation n\u2019est pas même envisagé.La méthode qui ne s\u2019appliquait si bien à l\u2019art colonisé qu\u2019à cause de cette colonisation Même est étendu mécaniquement à toute production imagée.Illustration et liberté Cette dernière partie comporte, il faut le dire également, une série d\u2019éléments tout à fait positifs sur le marché de l\u2019art, la structure des .institutions artistiques et le fonctionnement du monde artistique.Sa description de la pyramide inversée du pouvoir social qui s\u2019exerce là est d\u2019une justesse critique irremplaçable: avec les grands bourgeois impérialistes au sommet (siégeant aux conseils des grandes institutions artistiques américaines), la bourgeoisie canadienne qui les \u2018relaie aux conseils des institutions colonisées d\u2019ici, les conservateurs et les professeurs américains à la remorque des modes \u201cinternationales\u201d, les éditeurs et les critiques qui suivent le mouvement et les marchands qui se chargent de fournir, en utilisant les artistes, les oeuvres \u2018d\u2019art que cet édifice réclame, sans que l'immense majorité du peuple, qui paie en grande partie pour ces \u2018\u2018affaires A culturelles\u2019\u2019, ait rien à voir avec .tout ceci.Ce qui est dit alors sur la nécessité pour les artistes de Lord voudrait = s'organiser, de lutter sur des bases anti-impérialistes et de se rapprocher du peuple est en théorie parfaitement légitime.Mais au total, même si divers éléments sont susceptibles d\u2019enrichir notre connaissance des aspects les moins souvent traités de l\u2019art canadien (certains artistes ouvriers, l\u2019Artists\u2019 Union des années \u201930, le rôle de la Canadian Artists\u2019 \"Representation), cette dernière partie est grevée par une esthétique ouvriériste, populiste et finalement jdanovienne qui dessert les buts de l\u2019auteur.La critique de Molinari et Tousi- gnant perd tout son impact si l\u2019apport de Borduas est pareillement écarté et si ne sont reconnues qué des toiles comme celles que nous reproduisons ici, et dont le caractère révolutionnaire et dialectique me semble profondément contestable.Barry dus les oeuvres d\u2019art soient plus ouvrières que les ouvriers, plus militantes que les militants, plus explicites en images que les mots eux-mêmes ne peuvent l\u2019être.Ce soi-disant réalisme socialiste n\u2019est plus ni national, ni scientifique, ni démocratique en vérité.II est surtout étonnamment non-histo- rique.Il exclut toute considération de l\u2019enracinement social des formes symboliques \u2014 contrairement à ce qui était admis lorsqu\u2019il s\u2019agissait des production aborigènes, si éloignées de toute forme de \u2018\u2018réalisme\u201d\u2019 comparable aux illustrations prosaiques et conformistes qu\u2019on voudrait pour le présent mettre en valeur.Le débat sur ces questions serait long et complexe.Il faudrait montrer comment certain \u2018\u2018réalisme\u201d n'est CESSE au fond qu\u2019un formalisme déplacé.Il faudrait reprendre le débat sur l'autonomie relative des superstructures idéologiques.Il faudrait, ce que Barry Lord néglige, débattre des principales 48.difficultés d\u2019une esthétique marxiste Contemporaine.(*) (*) Les éditions de l\u2019Aurore préparent une édition québécoise dans laquelle il semble que des modifications seront apportées.J'y reviendrai.Frederick Taylor lige ine | ble ts, J | télévision/idéologie Noël Audet Une télévision «éducative» \u2018Après un grand remue-ménage et beaucoup de difficultés, Radio- Québec a pris son départ et l\u2019on est en mesure de capter ses émissions tous les soirs, entré 7h et 10h., soit par le moyen du câble (canal 9) ou sur les ondes UHF (il suffit d\u2019ajouter à l\u2019appareil de télévision une antenne UHF qui ne coûte que quelques dollars).Pourquoi Radio-Québec ?Radio-Québec s\u2019est baptisé 'ORTQ à l\u2019instar de l'ORTF son cousin français.On note déjà à ce niveau une volonté chez ses fondateurs d\u2019en faire une radio- \u2018télévision d\u2019Etat liée à la promotion des intérêts de la \u2018\u2018nation québécoise\u201d.Dans l\u2019esprit de Daniel Johnson, Radio-Québec devait damer le pion à Radio-Ca- nada et offrir aux Québécois une télévision faite par eux et pour eux au pays du Québec.C\u2019est en partie les contradictions de Ra- .dio-Canada, section francophone, qui ont engendré Radio-Québec.Les tendances nationalistes de beaucoup de Québécois et les rêves politiques de Daniel John- : son se satisfaisaient mal d\u2019une télévision fédérale vouée à défendre les intérêts idéologiques, politiques et économiques d\u2019un Canada unitaire masquant les divergences de ses régions.Chaque tentative d\u2019exposer un problème d\u2019un point de vue québécois soulevait un tollé général de la _ part des politiciens fédéraux qui n\u2019ont pas tardé à définir Radio- Canada comme un instrument d\u2019unité nationale fédérale.À quelques contradictions près, bien là sa pratique.P q 49.PERRET ER VERT ICO TIR TEE Cependant, il n\u2019y avait pas de place pour Radio-Québec selon les critères du CRTC.Il a donc fallu passer par le biais de la télévision éducative, l'éducation n\u2019étant pas encore une juridiction provinciale directement contestée par Ottawa, alors que les communications le sont fortement (et l\u2019on comprend le gouvernement fédéral de tenir à ce puissant moyen de conditionnement idéologique et de propagande politi-\u201d que).Bref Radio-Québec est né sous le signe de la pédagogie, ce qui marquera sans doute pour longtemps son évolution.\u2018 Une seconde tentation a animé quelque temps les esprits Radio-Québec, soit celle d\u2019une télévision \u2018\u2018populaire\u201d ou communautaire, télévision que l\u2019on voulait en tout cas faite pour le Québécois moyen et partant moins sophistiquée que Radio- Canada.Cette velléité démocratique de l'ORTQ, que des groupes populaires avaient pris au mot, a eu tôt fait de révéler la véritable nature de l\u2019institution.Invités en effet à participer à la définition des besoins et même à la conception des émissions, groupes se sont vite fait imposer un rôle purement consultatif et ils ont compris\u2019 que l\u2019'ORTQ n\u2019était pas au service de leurs intérêts.Radio-Québec entendait bien maintenir sa politique d\u2019information et d\u2019éducation verticale, soit parler au nom des groupes populaires et les utiliser à titre de sujets d\u2019enquête ou de caution morale, mais non pas leur donner le pouvoir de déterminer les - contenus et la programmation.Ce fut la rupture et le premier indice de la nature de classe de 50.4 à ces MIAN EME \u2018Radio-Québec.De méme, le trés long eonflit avec le syndicat des employés a eu pour effet de marquer à quel point Radio-Québec était loin du mythe participationniste qu\u2019elle proposait par ailleurs dans sa publicité.Télévision subvention- | née par l\u2019Etat, avec une structure de pouvoir traditionnelle (conseil d\u2019administration, président nommé par le gouvernement), l\u2019institution ne jouit que d\u2019une autonomie très relative et qui s\u2019exerce plutôt dans le sens nationaliste que populaire, comme en témoigne l\u2019engagement de Laurent Laplante malgré les protestations du parti de Monsieur Bourassa.Vers le populisme et le nationalisme De la nature de l\u2019institution et des événements qui ont marqué sa création découleront deux tendances à Radio-Québec: un certain populisme et un nationalisme de facto, malgré les dénégations du président Labonté.Les titres d\u2019émissions trahissent un désir d\u2019accrocher le Québecois ordinaire: le ciné-club devient Aux p'tites vues; des émissions d\u2019intérêt historique ou documentaire s\u2019intitulent: En se racontant l'histoire d'ici, Ca n\u2019a plus l'air d'une école, C\u2019est grand chez nous, La vie qu'on mène, C'est quoi ça?, SI on s'y mettait, Rêver en couleurs (pour une émission sur la peinture), etc.On perçoit un programme politique sous-jacent qui vise à susciter un sentiment d\u2019identification et d'appartenance au Québec, au FL gi 15 yal 4 fly qui on I gt 4 ft gr Me ons ion | bécoise.Ainsi un ton familier, moyen de la langue utilisée et des contenus \u2018\u2018nationaux\u201d dans la mesure du possible.Sur ce chapitre, Radio-Québec me semble vouloir se définir en tant que lieu d\u2019expression québécois: voix nouvelle et différente dans la.pléthore des postes américains, pour défendre une manière de sentir, de parler et de poser les problèmes plus proprement qué- copain- copain, une manière de bredouiller, un sentiment de pris sur le vif.De plus, le contenu des\u2019 émissions portera davantage sur l\u2019histoire du Québec, l\u2019histoire parlementaire et les petites histoires régionales, de même que sur les | institutions québécoises (Hydro- Québec, structures du gouvernement, communautés urbaines.) ou la manière québécoise de réaliser l\u2019école, etc.Que cela plaise ou non au gouvernement, Radio-Québec est amenée, par son statut même, à privilégier le Québec en tant que pays-nation et donc à promouvoir une pensée nationaliste.Elle le fait d\u2019ailleurs assez ouvertement méme- si le gouvernement tente de la soumettre à ses intérêts politiques.Radio-Québec se situe à plein dans la contradiction d\u2019un appareil \u2018\u201cnational\u201d relevant d\u2019un Etat qui n\u2019est que partie d\u2019un pays.C\u2019est un test permanent pour mesurer jusqu\u2019où va le nationalisme du gouvernement québécois.Quelques émissions au hasard Aux p'tites vues.A Th.le samedi ler mars, Radio-Québec présentait Cromwell, de Ken Hughes.Histoire de la premiére révolution bourgeoise qui renforce le parlementarisme contre le pouvoir \u201cde droit divin\u201d de la couronne anglaise, ce film, dans le genre historique, me parait réussi.Ce qui m\u2019a particulièrement intéressé, cependant, c\u2019est la discussion qui a suivi, où diverses personnes avaient été invitées \u201c pour commenter le film et établir des liens avec le Québec.Sans dire que les commentaires étaient toujours pertinents, c\u2019est tout de même la première fois que je vois des gens à la télévision discuter.librement du concept de révolution et tenter de faire d\u2019un film un instrument de réflexion politique.Je trouve cette formule pédagogique excellente, et Radio-Québec aurait interêt a Ja développer.L\u2019animateur, dès le départ, cherche à poser des questions socio- politiques pour amorcer une réflexion que chaque téléspectateur peut poursuivre en se documentant.Le film n\u2019est pas mythifié par des questions du genre: pourquoi est-ce ou n\u2019est-ce pas un chef-d\u2019oeuvre?Il m'est considéré qu\u2019à titre d\u2019objet véhiculant une quantité donnée d\u2019informations.Et à partir de cette description d\u2019une réalité plus ou moins romancée, la discussion permet de clarifier des concepts, des événements historiques, des situations politiques.Ainsi, après la projection de Cromwell, les.téléspectateurs de Radio-Québec ont pu apprendre que la démo- cratfe bourgeoise dans laquelle nous vivons n\u2019est pas là de toute éternité, mais qu\u2019elle est le fruit d\u2019une révolution bourgeoise - ce qui @ a le mérite immense de placer 51. les\u201d choses en perspective et de relativiser le mythe que nos gouvernements font de leur démocratie.Par le choix des films et par le genre de questions posées, cette émission pourrait dissiper beaucoup de confusions au niveau idéologique.En se racontant l'histoire d'ici, le dimanche à 8 heures.Animée par Laurier Lapierre, cette émission reprend l\u2019histoire (politique) du Québec sous les premiers ministres successifs.À mon avis, cette émission cumule presque tous les défauts de Radio-Québec, défauts sans doute dus à l\u2019inexpérience de l\u2019institution: caméra rigide, sèche; uniformité du texte confinant à la platitude; et ce ton demauvais pédagogue lisant ses notes devant la classe tout en feignant de ne pas les lire.On retrouve trop souvent en effet ce ton professoral insupportable pendant plus de quelques minutes.J\u2019ai peut-être l\u2019oreille déformée par Radio-Ca- nada, mais il me semble que les techniques audio-visuelles, les techniques formelles et pédagogiques constituent un support nécessaire à toute émission, sinon le contenu \u2018ne passe pas l\u2019écran\u201d.Radio-Canada les possède \u2018assez pour les faire oublier.Ici le manque finit par créer un obstacle à la poursuite de l\u2019écoute.Je n\u2019arrive pas à imaginer un téléspectateur supportant ce ton pendant une heure.Voilà une intention pédagogique qui rate sa cible parce que la formule est anti-télévisuelle; elle serait d\u2019ailleurs dépassée méme en présence des interlocuteurs.Comment soutenir la concurrence des autres 52.postes?Car malgré le charriagef idéologique, ils apportent tout de même un certain plaisir émotif- § esthétique.fyi | is y it Cette trop bréve analyse ne me} \u2018permet pas de faire le tour def plusieurs émissions.Dans l\u2019en-h semble, il y a des ratés et quelques} émissions d\u2019un nouveau type assez intéressantes.On est forcé toute-b fois de constater que par rapport aux autres postes, Radio-Québecf amène parfois le téléspectateur àp un questionnement progressiste, k du fait par exemple qu\u2019il invite} des professionnels ou de simplesp citoyens qui défendent des posi- - tions nouvelles tant sur la culture que sur les problèmes socio-poli- an a tiques.De méme la volonté éduca- § tive de Radio-Québec I'oblige a} constituer une série de dossiers dont la diffusion comporte desk aspects positifs, ne serait-ce qu\u2019au} seul titre d\u2019une information plus} poussée amorçant une réflexion} sur la nature de nos institutions.IT} y a donc là un travail idéologiqueb non négligeable même s\u2019il n\u2019estf pas révolutionnaire.Quant aux aspects politiques et économiques, on ne peut deman-f der à un appareil difectement dépendant de l'Etat bourgeois def promouvoir les intérêts des travailleurs; Radio-Québec se con-Ë tente de flirter avec eux.président Labonté, invité au Leg congres de la SSIB de Montréal (15 mars 75), définissait à la fois la nature et la limite politique def - l\u2019institution par ces mots: Radio-} Québec pratique \u2018\u201c\u2018un nationalis- § me de bon aloi\u2019 \u2019.Du même coup, il rejetait la télévision commu-P nautaire au profit d\u2019une télévision} de masse dont les objectifs \u2014 ig onsistent a donner aux Québé- Voilà en clair les limites de tut gy ois une formation générale et & Radio-Québec et de son travail tot, ps intégrer à leur milieu.d\u2019\u2018\u2018éducation\u2019\u201d.33 100 go .5 Tip, _ E Leu ise toute ppt Québe ateur à es ~ i = 1 | inv \u2018 4 ils \u201cL\u2019 enseignant aujourd'hui n'a pas d'autre choix que de F Sk s'engager pour ou contre l'institution ou il travaille.cute C'est cet engagement qui donne de la valeur à son 4 Kpol- enseignement.Celui qui est contre l'institution fait | éduea- figure de révolutionnaire (les transformations) ou Dige à d'utopistes (les rêves).Celui qui est pour l'institution : 3 is fait figure de policier (les notes) ou de rhétoriqueur i te de (les discours officiels).Chacun est-il libre de prendre i qu'au la figure qu'il veut.\u201d ji 1 gl (Philippe Haeck; L\u2019Action restreinte/de la littérature, A flexion éd.de l\u2019aurore, 1975) E ons.I 1 opie : JE | nes - ; 8 quest - \u201cTout ceci qui vient d'être écrit ne sera sans doute tement compréhensible qu'à ceux qui comme moi ont commencé dis de à enseigner en mai 1968: j \u2018avais vingt et un ans, une : i - ~ bonne culture humaniste.En cinq ans j'ai eu le temps + | 2 _de voir comment la culture humaniste me séparait du | F LL > milieu ouvrier où j'avais grandi, du peuple québécois | qui était le mien.Peu à peu grâce aux étudiants j'ai hi - transformé ma culture humaniste à la gloire de l'Homme g en une culture révolutionnaire au service des femmes et\u2026 des hommes québécois.Si je blîme ceux qui m'ont enseigné de s'être réfugiés dans la tour d'ivoire des concepts purs, je leur suis reconnaissant de m'avoir lh appris a écrire.Mais le meilleur de ma formation vient oil - sans doute des étudiants.\u2019 nw (Philippe Haeck, L\u2019 Action restreinte/de la littérature, i éd.de l\u2019aurore, 1975) | jul 53.i eman- ns PE won Dr pr ane, le a oid] \u2014 fois we kfc Radio plis Ee nd la culture d\u2019en d\u2019sous Thérèse Dumouchel Le marketing innocent -1 N.B.Toutes les citations de mon article sont tirées de la revue MARKETING SOCIAL - les italiques sont de moi - J'identifie les auteurs utilisés par cette revue lorsque cette identification est révélatrice.Il est assez visible que pour les masses, production et consommation sont perçües comme deux \u201clieux\u201d séparés et que la plupart du temps le travailleur se perçoit principalement -comme consommateur et secondairement comme producteur.Ceux qui travaillent dans une perspective de libération des masses ne tiennent pas compte de ce renversement idéologique parce que, pour eux, ~ Tinverse est évident.D\u2019une part, le rapport dialectique production- .consommation n\u2019est jamais clari .fié pour celui qui doit produire pour consommer.D\u2018autre part, 54.on néglige le fait que la consommation .est pour les masses \u2018l\u2019autre lieu\u201d dans lequel elles} font l\u2019expérience de l\u2019exploitation et on laisse à des associations comme les-associations de con- Sommateurs le soin de poser le problème dans une problématique humaniste et d\u2019orienter les}.travailleurs vers des revendications qui masquent encore une fois leurs intérêts réels.La critique qui se dit progressiste se} limite en général à emboiter le pas de ces initiatives humanistes en critiquant la publicité sur le brainstorming psychologique qu\u2019elle opère pour lier ensuite abstraitement cette pratique à une notion de profit, posée elle aussi dans l\u2019abstrait i.e.en-dehors du procès historique de développement du MPC et indépendam-f ment des effets de ce développement sur le capital et sur les vs Jes \"objectifs de la classe capitaliste.Quand on trouve des analyses sémiologiques du message publicitaire, on s\u2019aperçoit que ces analyses sont partiellement erronées parce que dans la structuration d\u2019un message pour la vente (fonction de la publicité), l\u2019annonce proprement dite n\u2019est qu\u2019un élément.Analysé isolément, en- dehors des rapports qu\u2019il entretient avec ces autres éléments que sont par exemple le nom de marque du produit, l\u2019emballage, le prix et la promotion, cet élément qu\u2019est l\u2019annonce perd sa fonction, se trouve réduit à Ja mauvaise\u201d image psychique et cette structure spécifique qu\u2019est un-message-pour-la-vente s\u2019évanouit.Comme la sémiologie n\u2019est pas une propriété de la gauche, on n\u2019aura plus bientôt d\u2019ailleurs qu\u2019à consulter les fichiers des agences de publicité pour trouver l\u2019analyse de n'importe quelle image fonctionnelle destinée à des consommateurs: \u201cBien sûr la sémiologie de l\u2019image fonctionnelle ne rendra pas inutile les spécialistes actuels de l\u2019image, bien au contraire, mais elle leur permettra de soutenir leur intuition par une connaissance scientifique en vue de communiquer encore plus efficacement: vol.1, 3, p.30 Claude Cossette, professeur à l'école de journalisme et des arts visuels de l'Université Laval et président de Cossette associés Communication Marketing.Cette fixation de la critique sur l'image publicitaire est par ail- leurs révélatrice de notre ignorance quant au fonctionnement des entreprises capitalistes.Car la publicité n\u2019est à son tour qu\u2019un élément de la stratégie du marketing.Et c\u2019est par son service de marketing, pivot de l\u2019entreprise, que le capital orientera et contrôlera de plus en plus sa production.(Les grandes entreprises fonctionnent déjà de cette façon.) Or, il se produit ceci de nouveau: il est fortement conseillé à l\u2019entreprise par le grand capital de transformer son marketing traditionnel en marketing social.Ce qui veut dire concrètement que les attaques que les masses portent actuellement au capital, via leur statut de consommateurs et par les associations de consommateurs deviendront de plus en plus non-pertinentes.- Non pour les beaux yeux du consommateur mais parce que le grand capital, dans son intérêt, doit obliger le plus petit capital à se \u2018\u2018socialiser\u201d\u2019.Comment la gauche va-t- elle réagir a cette nouvelle orientation \u2018\u201c\u2018socialisée\u201d de la production et de la distribution par le grand capital?C\u2019est la question qu\u2019Edmond Maire posait l\u2019année dernière dans le Nouvel Observateur \u2018a propos de la nouvelle conscience écologique du grand capital.Il faut comprendre quels problèmes avoués incitent le grand capital à cette \u2018\u2018socialisation\u201d.1.La lutte des classes Si certains mouvements de gauche croient que les rapports d\u2019exploitation et la lutte des classes sont inaccessibles par le biais de la consommation, le grand capital qui a tous les instru- 55. | SRE LE PROTREE ments et les grosses têtes nécessaires pour prendre le pouls de la .réalité sociale ne craint pas lui de poser, au niveau même de la con- \u2018sommation, pour ouvrir les yeux et les oreilles de tous ses marke- teurs, lé problème de la contradiction entre: \u201c.un développement économique et \u2018la menace d\u2019une ~ guerre des classes au niveau mondial.Le développement économique est l\u2019occasion ré- vée de l\u2019ère présente.La guerte des.classes en est le danger.et selon que l\u2019on, profitera\u2014de l\u2019occasion ou qu\u2019on succombe- Ta au danger, l\u2019avenir économique du monde entier sera influencé par cette décision comme cette décision pourrait influencer son avenir spirituel, intellectuel, politique et social.Le marketing est au centre de cette nouvelle situation car le - marketing est un des plus puissants leviers pour transformer le danger en une occasion opportune.\u201d Vol.1, p.12 Peter Drucker, à un symposium américain sur \u201cle marketing dans les années 70\u201d in Journal of marketing.Le problème de l\u2019accentuation de la contradiction entre le développement des forces productives et les rapports de production doit être clairement énoncé par le grand capital à ses services de marketing i.e.là où se décidera de plus en plus l'orientation de la production, parce que les postes des services de marketing ne sont pas occupés par la grande bourgeoisie elle-même mais par ses petits-bourgeois de service.Or 56.RR cette petite-bourgeoisie à qui échappe encore le processus de sa] prolétarisation croissante nef pal l'exploitation dont elle est l\u2019objet, qu\u2019au niveau de la consommation.gs hid! prend souvent conscience de Il faut dônc rappeler aux marke- teurs petits-bourgeois quels inté- \u2018Têts ils doivent servir et sur quelle position de classe ils doivent se porter car ils ne savent plus trop parfois de quel côté seraient leurs intérêts réels: \u201cLes gens des milieux du marketing ont le devoir de fournir \u2018un leadership intelligent éclairé dans ce domaine, plutôt que de - se tenir À l\u2019écart et d\u2019assumer le rôle d\u2019obstructionniste, ou encore aller à extrême afin de prêter main- forte à-des actions bien intentionnées au nom de la justice \u2018sociale, mais qui, en fait, témoignent d\u2019un manque de compréhension du marketing.\u201d vol.1, 1, p.12.C\u2019est un article de R.J.Lavidge, membre du comité exécutif de la National Marketing\u2019 Advisory Committee et qui préside le task force de la NMAC sur le marché des consommateurs a faibles revenus.La contradiction est à ce point accentuée que l\u2019ère de la maximisation des profits à n\u2019im-f, porte quel prix qui guidait, sur la} fy base d\u2019un consommateur moyen anonyme, la production et la distribution du moyen et petit capital} i surtout, est révolue.Le marke- teur ne doit ni ignorer ni faire obstruction aux revendicationsf ; .de masses car ça devient dangereux pour le grand capital.Mais il ne doit pas non plus assumer cest |.iy SW 0 ÿ hs pif i ea ps hg Ig \u20ac pd | 100 Ps sur pl Fa sir xd l'autre} st pe it | Ei oi | 5 à ui SUS de ÿ dnte îe Me de St lobe Nation À marke.es in L quel Vent go Ds tp Ent leurs du mat fourni tii gue de dase oni l'autre taie 1 fen ) ste fi qe à toting,\" | Laviee, if de ba drisory J task marché los ree: Ld ede h i nie fork OjeR ta di capt marke: gi fue cations dng Mas met (ie) revendications.En fait, c\u2019est le plus souvent la petite-bourgeoisie qui organise la contestation au niveau de la consommation, et par la voie d\u2019associations qu\u2019elle a mise elle-même sur pied pour défendre ses intérêts de consommateur.Il faut donc satisfaire ses revendicaitons pour l\u2019empêcher de basculer sur une postiion de classe prolétarienne et empêcher que ces revendications contribuent à mobiliser la classe ouvrière.On va faire pour cela deux choses.La première consiste à contrdler- les profiteurs a outrance, qui sont souvent les plus petits investisseurs, entrepreneurs et distributeurs, au moyen du pouvoir d\u2019état.C\u2019est ainsi que fut passée en Chambre la loi de la protection du consommateur qui limite la possibilité de la publicité trompeuse et des contrats de vente frauduleux et qui donne accès à son dossier de crédit à tout consommateur.Pour la même raison, lé gouvernement a mis sur _ pied le Conseil de la Protection du Consommateur, composé de dix représentants des associations de consommateurs et de cinq représentants de l\u2019entreprise privée.Il ne faut pas se leurrer sur la forte représentativité des consommateurs, ce Conseil a pour fonction réelle de renseigner l\u2019entreprise sur les revendications des masses à l\u2019échelle nationale, prêtant ainsi main-forte aux services de marketing des grandes entreprises et préservant les plus petites entreprises non équipées de services de marketing adéquats de faux-pas susceptibles de nuire au grand capital.La petite et moyenne entreprise étant majoritaire au Québec, on comprend pourquoi le ministre Tetley vante les innovations du gouvernement québécois dans ce domaine.Lorsque dans son discours à l\u2019occasion d\u2019un symposium sur la consommation tenu à JlUOAM, il proclame la volonté du\u2019 gouvernement a rétablir \u201cles droits du citoyen dans le circuit de la consommation\u2019\u2019 et invite les indus- A triels a \u201ccommencer d\u2019orienter leurs efforts vers l\u2019intégration des principes-du \u201cnaderisme\u201d (égalité des consommateurs et des commerçants et des représentants des consommateurs au niveau du processus de décision) au fonctionnement de leur entreprise\u201d vol.1, 1 p.39.Nous comprenons très bien ce que cette égalité signifie.Il s\u2019agit de la même \u201cégalité\u201d que celle des associations patronales et des syndicats - égalité des forces en présence - par laquelle furent justifiées les lois anti-ouvrières passées sôus tous les gouvernements bourgeois.Donc, d\u2019une part satisfaire à certaines revendications en contraignant les exploiteurs et d\u2019autre part tenir compte des différences de classes au niveau même de la mise en marché: \u201cLes gens du marketing doivent agir simultanément dans les domaines de l\u2019affluence (abondance) et de la pauvreté au cours des années 70.Le problème des deux cultures posera des difficultés car des actions propres à une culture pourront s\u2019avérer très innop- portunes pour l\u2019autre.\u201d vol.I, 1, p.12.57. Comme la revue Marketing -la parution de l\u2019étude Rioux Social tire toutes ses informations de revues américaines, on peut être certain que le mythe d\u2019une classe moyenne est remise en question par l\u2019accentuation de la lutte des classes aux - U.S.A.même.Mais ce n\u2019est pas par hasard non plus que cette révue .québécoise informe ses lecteurs de \u201cCe qu'on cache c\u2019est la raison et le fonctionnement de l'institution.Par exemple quand je souhaitais que l'on distribue aux cégépiens un document qui identifierait les pouvoirs en action, il s'avère bien que cela est impossible car il faudrait reconnäître que l'enseigné n'a aucun pouvoir, que le ministère ne ! représente pas le peuple mais la classe dominante qui , exploite le peuple, que la philosophie de l'éducatio du ministère est bourrée de propositions idéalistes qu k, masquent-les buts réels de l'école: garder les enfants \\ leur apprendre à être soumis, en faire des technicien, Sévigny-Lamarche confirmant que les classes sociales existenig toujours au Québec et détermi\u2026i nent, entre autres, des formations de projets, des styles de vie et des idées sur l\u2019éducation propres chacune de ces classes.a \u2014 (à suivre) \u2019 - efficaces dépourvus d'esprit critique.\u2019 (Philippe Haeck, L\u2019 Action restreinte/de la littérature, he 58.éd.de l\u2019aurore, 1975 A RARE HI PTE TANT ! Le Bin fe è Roux, fi Mani Ste IL tri gy VE of gag ope nnement fois que ment qu ire bien ome store nef equ fucaton es qu enfants hued fie Gr 19 le cinéma, bien, - mais plus que le cinéma Patrick Straram le Bison ravi + 4 .Le problème est de savoir si on écrit l\u2019histoire ou si on crée une mythologie.Il n\u2019y a pas d\u2019art neutre: la neutralité de l\u2019illusion est une illusion de neutralité.rien ne dissimule mieux la réalité que la simulation de la réalité.Le cinéma est l\u2019art de toutes les simulations, l\u2019art même de la simulation.La proposition de Jean-Paul Sartre est peut-être plus d'actualité que \u2018jamais, dans l\u2019état acritique (où manque complètement la critique), et par conséquent fasciste, que nous te > vivons aujourd\u2019hui au Québec: \u201cs\u2019aimer c\u2019est hair le même ennemi.\u201d Désespoir, délire et dérision La fiction qu\u2019André Forcier filme est un mélo naturaliste: \u201cBar Salon\u201d est un film fait d\u2019intensités, autonomes mais qui aussi s\u2019inter-agis- sent, produisant plusieurs sens, qui marquent profondément, des fragments de la vie quotidienne de ratée québécois.Sans le moindre misérabilisme, sans le moindre apitoiement; avec fracas et justesse, avec réalisme et cette démesure qui de distancier fait mieux comprendre dans sa complexité un réel.Le propriétaire d\u2019un bar salon à Christian Zimmer «Cinéma et politique» Montréal va faire faillite.Pour économiser, il oblige sa fille à être la barmaid chaque soir, et lui-même va prendre la gérance d\u2019un autre bar salon en banlieue, mais ses amours avec une danseuse topless vont lui faire tout perdre, alors qu\u2019une brosse monumentale le mène en prison,dont il sort pour le mariage de sa fille avec un voyou qui est - parfois chauffeur de taxi quand il n\u2019est pas trop saoûl, mariage qui sera célébré au Bar Salon, dernière fête avant de fermer définitivement celui-ci.' Le mariage - alcool, grivoiserie, chicanes, effondrements - est a peine une apothéose, tant les autres séquences ont chacune été, avec un sujet déterminé (rapports homme/ femme, père/fille, fille/amant, ou partie de billard, beuverie, voyage en voiture, free for all au bar salon de banlieue déserté par son gérant avec sa danseuse, etc.) au maximum possible du désespoir, du délire et 59. RTH TF IRTTITHIN HHH de la dérision, les trois \u2018grands \u201cthèmes\u201d autour desquels s\u2019articule \u201cBar Salon\u201d, les trois structures desquelles il s\u2019origine, discours fait de moments, discours avec le hoquet et coups de poings, sans continuité apparente jusqu\u2019à ce qu\u2019on découvre que cet ensemble hétérogène et hétéroclite, qui parle par secousses\u2019 saisissantes \u2018successives le désespoir, le délire et la dérision, reflète exactement toute une réalité de la vie quotidienne de toute une partie .du peuple québécois, dépossédé, *s'inventant par à-coups répétés (comme Forcier son film) un délire déjouant l\u2019exploitation (s\u2019il la renforce de ne pas l'attaquer politiquement, c\u2019est évident: mais quelle avant-garde \u201ccommunique\u201d avec ces véritables \u201cmarginaux\u201d du Système?).Avoir utilisé, pour un personnage de pitre dansant, Charlie Beau- champ, 25 ans maître de cérémonie- au Rodéo, coin Saint-Laurent et La Gauchetière, indique le souci documentaire d\u2019André Forcier, occupé a composer une fiction \u201céclatée\u201d sans s\u2019écarter jamais du réel.De la même IIH HRI Ir Il HH ha RTI PIPE oT HPWH IHARHA 3 ! HRT façon faut-il comprendre les deux | Gaspésie.| (L'essentiel de la musique dans \u201cBar Salon\u201d: André Duchesne, en tous} remarquable encore une musiciens western de \u201cpoints\u201d fois.) - Guy L'Ecuyer et Jacques Marcot-} te sont d\u2019une intensité qui bouleverse dans le caricatural distancié; I'approximatif d\u2019un authentique dans les limites du discours tatif\u201d qu\u2019est un film (Guy L\u2019Ecuyer, au second degré, acquiert avec For- cier un sens de \u201créférent\u201d qui permet de mesurer dans quels autres champs se joue, se textua- lise, le cinéma québécois depuis \u201cLa vie heureuse de Leopold Z\u201d, de Gilles Carle - et:\u201cBar Salon\u201d marquef les limites du film si professionnel- \u2018lement tourné par Jean-Claude Labrecque, \u201cLes vautours\u201d, où la rapacité de trois tantes et l\u2019annulation du \u201cdestin\u201d prévu du neveuF dépossédé sont entièrement \u201cexpliqués\u201d par la présence au pouvoir de Duplessis: l\u2019idée et la cinématogra-} phie s\u2019annulent d\u2019un tel raccourcif \u201creprésen-F \"1 f a! aera ems montage or piques que À ok \u201cist gis se soft wre pars de \u201cDon Title Ji 0 4 \u201d .eit être rétro\u2019, qui eussent pu porter consi-§ petite fl Qui entr bali 2 more; fant quon vo Findufih hats py end poy Jaa de Joan] ur\u201d, Pis pg ln\u201d ts ing is bs gy \\ esi ing Ban f fd te a Nang ley igs lip le ny ese) i Hi vec Pop) nu 5 que \u2018lent puis I} It gg Ssionte annul | nevey Lexpe Uvoi de lator accourdl er COnS- | Lg dérablement y aurait-il eu traitement dialectique).Soulignons l\u2019image de François Gill, assisté de Claude Racine, dont la gamme des noirs et quelques blancs aveuglants rendent compte si justement, et si | dramatiquement, du lieu et du \u201ctemps ou vivent ces déshérités qui détournent, dévient, \u201cdéplacent\u201d leur misere, sans se sortir de la même misère noire.Il y a dans \u201cBar Salon\u201d un travail d'écriture et de réflexion sur le cinéma (tel plan, tel découpage, tel montage, toujours un peu \u201cdéplacés\u201d par rapport aux normes académiques ou commerciales) qui en assure la dynamique intrinsèque, par le détour de laquelle le film | satisfait si\u201d\u2019intensément, qui fait aussi réfléchir avec acuité, film qui se suffit à lui-mêrge et film-témoin sur un mode de vie à Montréal.J\u2019ai pensé devant plus d\u2019une image au \u201cDon Quichotte de la Démanche\u201d de Victo-Lévy Beaulieu, le comble de la dérision dans \u201cBar Salon\u201d étant \u201cpeut-être l'histoire d\u2019Amélie, une petite fille d\u2019une douzaine d'années, À qui entretient des rapports équivoques avec Robert, le bum chauffeur de taxi, et un vieux concierge, Amélie qu\u2019on voit dans un plan plutôt au début du film serrer amoureusement contre elle un chat, disant qu\u2019elle ne le vendra jamais, et qu'on voit dans un plan peu avant la fin du film faire peser une dizaine de chats par un Chinois auquel elle les vend pour son restaurant.J'ai aussi pensé au \u201cPierrot le fou\u201d de Jean-Luc Godard en voyant \u201cBar Salon\u201d.Fin radicale d\u2019un cinéma.Plus possible au Québec après \u201cBar Salon\u201d de tourner un seul autre de ces films \u201cconstats\u201d, passifs et complaisants, oscillant entre \u201cdéfinition\u201d de la spécificité québécoise et folklore, dont nous nous sommes - trop longtemps contenté avec un plaisir louche: Forcier a tué tout cela.André Forcier fera quoi maintenant, après ce film qui concrétise ce qu'annonçait déjà \u201cLe retour de l\u2019Immaculée-Conception\u201d?Ou bien il s'historise, il se décide responsable du sens politique d\u2019une production, ou bien lui est promis un brillant avenir de \u201ccinéaste\u201d sans rien de plus que le cinéma, aux côtés des Carle et Arcand, qu'il surpassera facilement, grâce à un sens du film à la Altman, cet escroc d\u2019Hollywood qui jouit ici même d'u prestige jugeant ceux qui l\u2019admirent avec passion (un sens de l\u2019articulation cinématographique qui peut bien vite se réduire au sens de la \u201cmodernité\u201d la plus artificielle de la forme, qui \u201cfascine\u201d le plus grand nombre).\u201cBar Salon\u201d sous-entend un politique: \u201cs'aimer, c\u2019est haïr le même ennemi\u201d.Ces défavorisés qui délirent pour tourner en dérision leur désespoir sont solidaires dès que l'ennemi menace, sous toutes les formes que prend l\u2019oppression exercée par la classe possédante-domi- nante.(Rien à voir avec le Grand Guignol minable de Jacques God- bout, \u201cLa Gammick\u201d, absolument à l\u2019image de la publicité choisie pour lancer le film: une édition spéciale de \u201cAllo Police\u201d, ce qui dit à quelle entreprise de fascisation Godbout contribue de plus en plus, en cinéaste de plus en plus insignifiant.) - Je pense André Forcier capable \u2018de se dépasser, dans le réel, c\u2019est- à-dire de s\u2019historiser, c\u2019est-à-dire de contribuer à transformer le réel.~ L'amour a une autre place - Le film commence par l\u2019image d\u2019un tournage de film, et il est dit qu\u2019un film dépend du lieu et du temps de son tournage.Celui-ci en sera un tourné au milieu du monde, 61. 1 IT I RR IR TR IIE ITN RO THR IR I IHR RH nomme-t-on un endroit en ainsi Suisse, ou par ailleurs l\u2019existence fait \u201cmilieu du monde\u201d, et dans un temps de normalisations, quand les espoirs de transformation sont décus, quand les événements ne cachent pas qu\u2019il ne se passe rien en profondeur, qu'\u2019idées, sentiments, désirs sont refoulés, que le temps passe sans que rien soit transformé \u201cen réalité\u201d.Le film va se dérouler selon une structure qui l\u2019explicite rigoureusement: dates, plans de la région à différentes saisons, passages de trains (le dernier entier dans le plan est - sublime).Un ingénieur, que le Parti Conservateur choisit comme candidat nouveau pour de prochaines élections, tombe amoureux fou d\u2019une serveuse de restaurant italienne.Ils vont vivre cent et quelques jours d\u2019une liaison qui les comble, puis se détériore et se casse.Les amants ont des intérêts de classe trop diffé- rent (sans aucune conscience de la valeur des différences).L'homme, de par son appartenance à la petite- 62.ET TTT TE Rr ITTY HH RHR HEF (HRI HH RR THERA Ma bourgeoisie et ses fonctions del technocrate, pris de plus qu'il est dans une pratique politique dont le mensonger est bien montré, est d\u2019un arrivisme et d\u2019un chauvinisme immondes - sans jamais charger Alain Tanner a réussi un portrait d\u2019homme qui devrait servir de modèle longtemps.La femme veut instinctivement se libérer, mais sa double exploitation, comme femme et comme ouvrière, fausse sa saisie du réel.La maîtrise et la volonté de tout expliquer (et la tendresse) d'Alain tt pa par le ures \u20ac à | queëlr À | de trans | mslese juré Poland Tanner lui ont permis de faire un Ë film indispensable et splendide, l\u2019une des analyses les plus pénétran- J tes sur la problématique amour/f lutte des classes, et ce film, qui est} \u2018comme un envers du \u201cHI grido\u201df d\u2019Antonioni, est aussi un autre volet capital du questionnement poussé fi son extrême le plus nécessaire par ft Godard avec \u201cTout va bien\u201d.\u201cLe milieu du monde\u201d.Paul savait ses désirs, mais de facon fragmentée, sans envisager de changement véritable.Adriana ne savait peut-é- tre que ce qu\u2019elle ne voulait pas, ra \u2014ma Les Se d aussi prit-elle une décision.Ainsi tous les jours des espoirs naissent, et puis sont échangés.Mais ils avortent, faute de se conjuguer au mouvement réel de la vie, et ils se brisent au mur des mensonges, de l\u2019opportunisme et de la peur.Ainsi les espoirs de Paul et Adriana furent-ils normalisés.Au lieu d\u2019être historisés.Jamais peut-être la proposition de Sartre n\u2019a-t-elle plus d\u2019actualité > qu'aujourd'hui ici: \u201cs'aimer, c\u2019est * hair le même ennemi\u201d.Mais il faut d\u2019ores ët déjà la poursuivre, afin ; d'accélérer le projet révolutionnaire de transformation du monde dans @ tous les champs (sur tous les fronts), ions de wi \u2018| dont le | est d'un |.Se IN er Alain dom mol |» nstne | dub f et co durée | de tout d'Alain are Un lendide, | petra amour | qi == Te volet sil JOUsSSé , iv | * .?Jol | age, py el] dp b \u2014 | en répétant avec Roland Barthes (\u201cRoland Barthes\u201d par Roland Barthes, coll.\u201cEcrivains de toujours\u201d 96, éd.du Seuil): \u201cLibération politique de la sexualité: c\u2019est une double transgression, du politique par le sexuel, et réciproquement.Mais cela n\u2019est rien: imaginons maintenant de.réintroduire dans le champ politico-sexuel ainsi découvert, reconnu, parcouru et libéré.un brin de sentimentalité: ne serait- ce pas la dernière des transgressions?La transgression de la transgression?Car en fin de compte ce serait l'amour: qui reviendrait: mais à une autre place.\u201d C\u2019est au corps même de cette hypothèse de travail que visent \u201cTout va bien\u201d et \u201cLe milieu du monde\u201d, l'amour \u201ccompris\u201d dans la lutte des classes allant très mal, ne pouvant avoir lieu qu\u2019a une autre place.\u2014 \u201cJe réve d'une école qui apprendrait au peuple à décider de ce qui est bon pour lui, d\u2019une école qui ait des finalités autres que de donner à la classe exploitrice des travailleurs efficaces à augmenter ses profits et des consommateurs non avertis.\u201d (Philippe Haeck, L\u2019 Action restreinte/de la littérature, éd.de l\u2019aurore, 1975) 63. HNN et à avec l'impétuosité de l\u2019avalanche et la force de la foudre x ç Léandre Bergeron = DE L\u2019attitude cocon chez certains québécois Il est certain que la langue québécoise est un outil de lutte pour notre libération nationale contre la-bourgeoisie impérialiste.Du fait que la langue principale de l\u2019impérialisme est l\u2019américain, utiliser la langue québécoise est une geste politique, un acte de lutte.Tout ceux qui utilisent la langue québécoise, orale ou écrite, posent un geste (inconsciemment ou non) de résistance à l\u2019impérialisme en affirmant le droit de la nation québécoise à se maintenir se développer.\u2018A quel impérialisme?A l\u2019impérialisme culturel américain que sous-tend 64.HER ET ET PY Se l\u2019impérialisme économique et l\u2019impérialisme culturel français, F vestige de nos origines.Mais il faut tout de suite affirmer que la résistance se manifeste différem- È ment selon le lieu de l\u2019action de la langue.À Saint-Jean-Port-Joli, ça semble.être moins un acte de résistance qu\u2019à Saint-Henri; dans sa cuisine, dire \u2018\u2018passe-moué patates\u201d\u2019, c\u2019est moins un acte de résistance que dans un Howard Johnson\u2019s.Dans les premiers cas, ça maintient une position, mais ça ne change pas le rapport de forces.Et ce qu\u2019il-faut changer c\u2019est justement lé rapport de sd i TL bil i ; 00S ed : an hus OV ion J yr fn bil.rion.glen © et te lu bg ier, ial i qu onal rés, ire en! jo {ravi plambres Mag is bier REALCOU} lit actu Ex de donises nie À LT RUE FI se to ms 0 % de | ge PA Title à Act que ef Tanga Mais que ffrem- on dea Jol, g2 ace dE pi dans eit acte dé Howard or C85 mis ls dat | ort de J Fa forces.Si nous croyons au droit de la nation québécoise de s\u2019épanouir sur son territoire, nous Jcroyons que sur son territoire sa langue doit Être la langue d\u2019usage courant.Il s\u2019agit donc que tout ceux qui croient aux droits de la nation québécoise militent dans leur vie quotidienne en faveur de leur langue, soit dans le milieu de travail, de restauration, de récréation, etc.dans tous les milieux où notre langue n\u2019est pas respecté sur notre territoire.Et cette lutte, c\u2019est tous les québé- cos qui peuvent la mener, | ouvriers, petits bourgeois, assistés [sociaux et même certains bour- \u2018geois qui veulent exploiter le nationalisme pour leurs propres intérêts.Et elle se mène, cette \u2018lutte, en fait dans bien des milieux \u2018de travail comme dans des chambres de commerce et des { magasins à rayons.Mais on sent très bien qu\u2019elle pourrait être beaucoup plus poussée qu\u2019elle \u2018est actuellement.Pourquoi?A -cause de certaines attitudes de colonisés qui paralysent encore nombre de québécois.ATTITUDE COCON: \u201cJe veux vivre dans ma langue donc je -refuse tout contact avec l\u2019étranger, \u2018l'anglais.Jachete chez Dupuis, jmange au Gobelet, chparle jamais à des *\u201c\u2018anglais\u201d.\u201d Attitude très répandu, attitude borné où le sujet se donne bonne - conscience dans son refus de toute \u201ccontamination\u201d mais en même temps n\u2019a pas à lutter.L\u2019angélisme des faibles.Résistance bête, héritage de cent ans de défaitisme.Attitude de larve qui se fait voler le fil de son cocon.À cette attitude cocon se ratta- che celle qui fait qu\u2019on refuse d'apprendre l\u2019anglais parce que \u2018l\u2019anglais c\u2019est la défloration de notre virginité française.Si nous apprenons l\u2019anglais, nos schémas mentaux ne seront plus français.O horreur!\u201d C\u2019est l\u2019attitude de bien des nationalistes québécois qui voient dans la langue anglaise, le fer de lance de l\u2019Autre, de l\u2019altérité, de l\u2019aliénation, concepts purement idéologiques, purement catholiques, où l\u2019Autre, c\u2019est le méchant, Satan, l\u2019aliénation mentale, et le Nous, l\u2019incarnation de l\u2019Esprit français, Jeanne d\u2019Arc, Maria Chapdelaine, la vertu, le Beau, le Bien et le Bon.Cette attitude, tout à fait compréhensible vu notre héritage catholique, n\u2019a qu\u2019à.se développer un peu pour se marier avec l\u2019aryanisme, le culte du peuple choisi et l\u2019absolutisme fasciste.- Apprendre une autre langue, ce n\u2019est pas une contamination, mais l\u2019apprentissage d\u2019un outil qui sert de moyen de communication d\u2019une autre nation et, dans certains cas, de moyen de domination.Apprendre une autre langue, c\u2019est pouvoir comprendre une autre nation pour ainsi dire de l\u2019intérieur et, dans certains cas, c\u2019est saisir un des outils du dominateur.Les québécois qui connaissent la langue américaine sont d\u2019autant mieux outillé pour comprendre la nation américaine et l\u2019impérialisme américain en même temps que la nation canadienne.Maitriser la langue américaine, c\u2019est maitriser un outil qui peut servir à lutter contre l\u2019impérialisme américain, d\u2019abord comme outil de compréhension intime et ensuite comme outil de propagande dans le territoire de l'impé- ee rialisme.Si nous nous inscrivons dans la lutte de libération nationale, il faut savoir se servir des armes de l'ennemi.(Les vietnämiens peuvent nous en apprendre là-dessus).Il faut recueillir toutes les armes possibles pour combattre l'ennemi.Quoi de plus efficace dans notre lutte idéologique pour ébranler l\u2019américano-anglophone sur notre territoire que de lui faire comprendre dans sa langue à lui qu\u2019il doit respecter- notre nation en apprenant à communiquer ici en québécois pour ensuite souit- cher en québécois et lui faire mettre en pratique ce qu\u2019on vient de lui dire.Quoi de plus efficace pour la cause de la libération nationale que d\u2019aller faire\u201d de la propagande au Canada et aux Etats-Unis dans leurs langues pour leur faire comprendre notre lutte et sinon rallier leur appui, du moins neutraliser les éléments canadiens et américains qui n\u2019ont pas un intérêt direct à appuyer les agents de l\u2019impérialisme au Québec.Ce sont de véritables délégations que nous devrions envoyer à l\u2019étranger comme le font tous les peuples en lutte, mais des délégations muni des outils qu\u2019il faut pour une telle propagande, une maitrise de la langue étrangère et également une formation idéologique qui situe notre lutte de libération nationale dans la lutte contre l\u2019impérialisme, stade suprême du capitalisme.Ajoutons à cela des traductions de livres qui servent notre cause, des articles dans des journaux sympathisants étrangers, production de films, etc.Nos alliés potentiels à l\u2019étranger (la classe ouvrière canadienne, nombre de petits bourgeois cana- 66.A RON EN TEE PIE FP IIIT, TTT PRIN RE HRI HE TIE ROTH REPAY ALAA 1adakil ed ialadaly 0 npn diens, les métis canadiens, les amérindiens, la classe ouvrière américaine, certains petits bourgeois américains, les noirs, les porto-ricains dans notre voisinage | immédiat) sont légion.A nous d\u2019aller les rallier à notre cause.Une autre manifestation de l\u2019attitude cocon c\u2019est de refuser de | fréquenter des institutions anglophones sur notre territoire.\u201cQuoi?T\u2019enseignes dans une université anglaise?Comment?Tu vas parler à des -comités de citoyens anglophones?Moi, enseigner dans une école anglaise?Jamais.Etc.\u201d Ces, réflexions qu\u2019on peut entendre à longueur d\u2019année émanent d\u2019abord de nationalistes borné et effarouché qui se réfugient dans des caravanes qui montent à Québec supplier un -gouvernement vendu aux intérêts impérialistes de proclamer le \u201cQuébec français!\u201d quand il faut au contraire investir toutes les institutions sur notre ferritoire, pénétrer dans les écoles et universités anglophones comme étudiants et professeurs, les envahir littéralement par le dedans et ainsi les transformer en quelques années en institutions québécoises (combien d\u2019étudiants québécois traité d\u2019assimilés parce que rendu à Sir George Williams défendent | mieux la cause québécoise que les \u201cardents nationalistes\u201d qui se terrent dans le refuge confortable U du Q - U de M), pénétrer les maisons d\u2019affaires, les journaux anglophones, postes de radio, TV, les quartiers anglo et même les clubs sociaux.La classe ouvrière , québécoise a bien accepté de travailler dans les shoppes anglo- E à F © # e 5 G VS phones pour gagner notre pain, la classe ouvrière dans la dure RSR PP ETS FCPI CPS VE PERL ICE oy.pris | oma F prope ul OE dl $ à a ls J du QU ans ens ralenl \u2018occup \u201cQuête refuge de che nos êl ses ai £0 quele d'il contrib | vention diants , J Ui boys.XIe Kage | yg cg À on de Ie de ing.loire; DE Une Ê Tr ÈS deg Ege) gle tHions lgueur d de touch Cafe che vendu 5 de pa\u201d Nvestir foire écoles ome en aus et élues scoises bécol rend agent els ii forts rer es mas IV 1 les kre je {ra- gl in, ae | nécessité de gagner sa vie a dû accepter l\u2019humiliation de se faire commander en anglais dans son propre pays mais aussi c\u2019est elle qui mène la lutte pour la langue québécoise à GM à Sainte-Thérè- se, à la Canadian Gypsum et dans tous les autres centres de travail du Québec.Est-ce que nos étudiants, professeurs et autres éléments petits bourgeois ne pourraient pas faire leur part pour \u2018occuper tout le territoire du Québec\u201d au lieu de chercher refuge dans des institutions \u2018\u201cben de chenous\u201d?Quand est-ce que nos étudiants vont occuper les sieges de classe que McGill offre aux étudiants américains parce qu\u2019elle manque d\u2019étudiants anglo d\u2019ici?(Oublions pas que c\u2019est le contribuable québécois qui subventionne les études de ces étudiants américians inscrits à Mc Gill).Quand est-ce que nos enseignants \u2018vont envahir les écoles \u201canglaises\u201d pour y enseigner le québécois et remplacer ceux des ressortissants frangais qui perpétuent en enseignant le \u201cbon français\u201d le racisme anglo vis à vis le québécois?Quand est-ce que nos \u201cnationalistes\u201d vont manifester une ouverture vis à vis l\u2019immigrant, l\u2019attirer vers les forces vives d\u2019un peuple en voie de libération plutôt que de le repousser dans l\u2019autre camp en le traitant d\u2019étranger?' \u2018 Analysons nos sentiments, nos attitudes, nos comportements.Extirpons de notre subjectivité l\u2019étroitesse et la complaisance nationaleuse.Voyons comment dans notre quotidien nous faisons avancer la libération nationale dans la lutte anti-impérialiste.\u201cTant que l'enseignant n'aura pas pris conscience qu'il est là avant tout pour les étudiants et que l'enseigné aura | impression que le professeur n\u2019est pas avec lui, pour lui, il arrivera ce qui arrive de la plupart des cours: ils n'auront rien donné à personne (sauf de l'argent à l'enseignant, un-diplôme à l'enseigné, une garderie pour la société).Ce qu'il faut donner c'est soi- même comme quand on aime.\u2019 (Philippe Haeck, L\u2019 Action restreinte/de la littérature, éd.de l\u2019aurore, 1975) 67. informations Au Conservatoire d\u2019Art Cinématographique, Université Con- cordia, 1455 boulevard de Mai- sonneuve, le lundi soir à 21h.30: le 7 avril: \u201cL\u2019Atalante\u201d de Jean Vigo (1934, l\u2019année de ma nais- - sance), à l\u2019origine de tout un cinéma européen moderne, un film-poème-manifeste impérissable, le 14 avril: \u201cBoudu sauvé des eaux\u201d de Jean Renoir (1932), un film irrésistible d\u2019irrévérence et de justesse, et une leçon de cinéma en liberté, le 21 avril: \u201cLa passion de Jeanne d\u2019Arc\u201d de Carl \u201c Th.Dreyer (1928) - le film \u201ccité\u201d dans \u201cVivre sa vie\u201d de Godard - ou l\u2019occasion revoir après la projection à la Cinémathèque 3 se- -maines auparavant crever l\u2019écran et le cinéma génial de Dreyer Falconetti et Antonin Artaud.P.S. «La Paloma» de Schmid La Cinémathèque québécoise - programme gratuitement sur demande: 866-4688 - fournirait- elle un éventail des classiques et des films modernes dans le monde auquel l\u2019Outremont aurait renoncé?Outre plusieurs films suisses des plus récents et \u201cLa passion de Jeanne d\u2019Arc\u201d de Carl Th.Dreyer (le 9 avril 4 19h.30), outre le beau film québécois d\u2019André Théberge \u201cLes allées de la terre\u201d (le 9 avril à 21h.30) et les films de William Klein, dont.\u201cMuhammad Ali the greatest\u201d (le 10 avril à 20h.) et \u201cEldridge Cleaver, Black Panther\u201d (le 11 avril à 19h.30), surtout, enfin, le 4 avril à 19h.30: \u201cLa Paloma\u201d de Daniel Schmid, qui en dit: \u201cLe film parle des clichés et du déclin humain parce que nous vivons de plus en plus dans un monde où dominent les idées traditfonnel- les.Les gens voient trop d\u2019images et ne savent plus choisir dans une telle confusion.Ils ne vivent plus directement leurs actions = mais toujours à travers des images, en étrangers.\u201d Version intégrale \u201c À l'Outremont - programme- à I S revue gratuitement sur deman- pi - _ de: 277-4145 ou .277-2001 -, où trop de mêmes films repassent de plus en plus soüvent, et surtout les plus commerciaux et les plus inintéressants, le 16 avril à 21h.15 \u201cJeunesse année zéro\u201d -de Louis Portugais, un documentaire si peu équivoque que le parti libéral qui l\u2019avait commandé, pour savoir les intentions des jeunes de 18 ans advenant qu\u2019ils obtiennent le droit, de vote, en interdit la diffusion, et \u201cLe chat dans le sac\u201d de Gilles Groulx le Lynx inquiet, un film de 1964 qui devance toujours de beaucoup la production \u2018québécoise courante d'aujourd'hui.Aussi, sur scène, le 18 avril à 22h.Jesse Winchester, le 19 avril à 19h.30 les extraordinaires Mimes Electri- ques et à 22h Plume (avec le caricaturiste Serge Chapleau), le 26 avril à 19h.30 et 22h.Maneige.Mais dans le dernier programme- \u201c revue des cinémas Outremont et 2001, on voit annoncé le 8 juillet a 21h.30 \u201cL\u2019amour fou\u201d de Jacques Rivette, version abrégée.Roland Smith, sous couvert de cinéma de \u2018répertoire et d\u2019essai, n\u2019aurait-il plus de fins qu\u2019opportunistes ou mercantiles, méprisant entièrement le public dont il a besoin et qui lui fait confiance depuis des années?Ecrire ou téléphoner à Micro-ci- néma ltée, 4651 rue Saint-Denis, Montréal, 849-2384, pour RE- CLAMER LA VERSION INTE- GRALE de \u201cL\u2019amour fou\u201d de Jacques Rivette.\u201d | \u2014 \u2014 \u2014 / P.S. Un «groupe littéraire En 1972, naissait au sein de la marxiste» aux U.S.A.plus vaste association littéraire au monde, le MLA (Modern language association), un groupe dissident mais non moins affilié au MLA, le \u201cmarxist literary group\u201d.En plus de participer activement aux conférences du MLA, le groupe organise régulièrement des séminaires, conférences, ateliers de travail un peu partout en Amérique du Nord, en vue de susciter la critqiue de l'institution littéraire à la lumière du matérialisme historique.Le groupe compte publier deux bulletins par année afin d'assurer la liaison entre ses diverses activités.Le bulletin \u201cintitulé Mediations est présenté sous forme ronéotypée.Le premier numéro vient de paraître.Pour faire partie du groupe ou pour s'abonner au bulletin, écrire à: MLG, Department of Literature C-005, University of California at San Diego, La Jolla, California 92037.Le prix de l'abonnement est proportionnel au salaire.La prochaine rencontre régionale aura lieu à Montréal du 3 au intéressés à suivre les débats ou à y participer peuvent écrire à Steve Zelnick, English, Temple U.Phila., 19122 ou communiquez avec Robert M.BROWNE, département d'études anglaises, Université de Montréal.La rencontre aura lieu à l\u2019Université de Montréal.5 avril (75).Tous ceux qui sont ; / \u201cRoland Barthes\u201d par Roland Barthes (coll.\u201cEcrivains de toujours\u201d 96, éd.du Seuil) est un livre de fragments, comme Jean- Roland Barthes LITLE SPIO EEE Fragments signes du corps Luc Godard avait fait femme mariée\u201d, \u201cfragments d\u2019un film\u201d.Mais ici c\u2019est lui-même que l\u2019auteur prend pour sujet.La dialectique je/il qui anime ce.corps fait circuler d\u2019innombrables sens, qui renvoient à quelques structures essentielles, procédant toutes de la CRITIQUE.C\u2019est, personnellement, le livre auquel j'adhère le plus entièrement, sans doute le livre que j'essaie d\u2019écrire depuis des années (à partir d\u2019un mouvement amorcé par la vision et l'écoute de \u201cLettre de Sibérie\u201d de Chris Marker en 1958).Barthes néglige un peu le politique.Toutefois l\u2019un des fragments, intitulé \u201cReproche de Brecht\u201d (longue citation empruntée à \u201cEcrits sur [§ 299 [TPN la politique et la société\u201d \u201cà R.B.\u201d, est très auto-critique - si Barthes, homme de langage, n\u2019omet pas de spécifier: \u201c\u2026le politique se donnant pour science fondamentale du réel (.) com- \u201cUne > ciple a SRE } ment pie le ! dans le loue à | Poland JE bautrefr \u201cableme pi Torn \u201cdons qu Pose à dipper is devint elle no pr ph Jaradox Orne Tépontg : em de dem Pls big Asi gy - lle wl \u2018Une fs dung Ie qt el, La me mb: à que 5 pre IQUE, e ime À, ntière- e que es an omen écoute (hrs Deg Toute ait longue ts SUT ! { 4 6 - i Le ' of Ll eee | com ment dès lors tolérer sans deuil que le politique rentre lui aussi tourne au Babil?\u201d Ce qu\u2019a de vital Roland Barthes, il l\u2019explique mieux que quiconque, en cet autre fragment qui résume admirablement un travail eulturel capital de la modernité: \u201cFormations réactives: une doxa (une opinion courante) est posée, insupportable; pour m'en dégager, je postule un paradoxe; puis ce paradoxe s\u2019empoisse, devient lui-même concrétion nou- _ velle, nouvelle doxa, et il me faut aller plus loin vers un nouveau paradoxe.\u201cRefaisons ce parcours.A l\u2019origine de l'oeuvre, l\u2019opacité des raports sociaux, la fausse Nature; la première secousse est donc de démystifier (\u201cMythologies\u201d); puis la démystification s\u2019immobilisant dans une répétition, c\u2019est elle qu\u2019il faut déplacer: la scien- dans le rang des langages, et, d\u2019armer le geste, la pose mytho- _ introduire, dans cet imaginaire ce sémiologique (postulée alors) tente d\u2019ébranler, de vivifier, logique, en lui donnant une méthode; cette science à son tour s'embarrasse de tout un imaginaire: au voeu d\u2019une science sémiologique succède la science (souvent fort triste) des sémiolo- gues; il faut donc: s'en couper, raisonnable, le grain du désir, la revendication du corps: c'est alors le Texte, la théorie du Texte.Mais de nouveau le Texte risque de se figer: il se répète, se monnaye en textes mats, témoins d\u2019une demande de lecture, non d\u2019un désir de plaire: le texte tend à dégénérer en Babil?Où aller?J\u2019en suis là.\u201d Lire ces lignes légitime que je crois encore en l\u2019utilité de l\u2019écriture, en sa nécessité et sa jouissance.P.S.OR Les politiques sociales et les travailleurs Tel qu\u2019annoncé dans le numéro trois de notre revue, le Cahier 1 de la série portant sur Les politiques sociales et les travailleurs et dont les auteurs sont Michel Pelletier et Yves Vail- lancourt, vient de paraître.L\u2019étude porte sur la période 1900- 1929 et se divise en trois parties: 1.Le contexte socio-économique, 2.Le contexte politique et idéologique, 3.Les mesures sociales et leur évolution de 1900 à 1929.vous pouvez vous procurer ce cahier en téléphonant aux au- _ teurs à 343-7081 ou à 343-7025.C.St-P.INFO - INFO INFO INFO Pour se tenir au courant de se § qui se passe aux Etats-Unis et | dans tout l\u2019empire américain, lire l'hebdo marxiste GUARDIAN, independent radical weekly.A- | bonnement d\u2019un an: $16.50.GUARDIAN, 33 W, 17th St., New York, NY 10011.Pour des articles de fond par des .marxistes américains, lire | MONTHLY REVIEW, an inde- : pendent socialist magazine.Abonnement d'un an: $10.MONTLY REVIEW, 62 West, 14th St., New York, NY 10011.-Journal de combat du Canadian Liberation Movement, NEW CANADA.Un an, dix numéros: $3.Box 6088, Station A, Toronto 1, Canada.NC Press, la maison d\u2019édi- : tion rattaché au Canadian Liberation Movement; annonce la parution de WHY THERE MUST BE A REVOLUTION IN QUEBEC, traduction de POURQUOI UNE REVOLUTION AU QUEBEC de Léandre Bergeron.ron.\u2019 L.B.¥ Gry dep Titioy Oram ge qu seq texte bi Centrar LU | \u2018Ppor Lde se Is et in, fre DIAN, ly, & 1650, hg, 8 par , ie: nde.6 4 i.West, IL Cana ment, , dix tatin dé Libe: el ERE NIN OUR: AU § ul 13] \u201cGramsci dans le texte Les Editions sociales viennent de publier, seize ans après la parution des Oeuvres choisies de Gramsci, cette nouvelle anthologie qui est plus complète que la précédente.Gramsci dans le texte comprend les principaux écrits de cet auteur, tout en se centrant sur les Cahiers de prison, lesquels contiennent les apports théoriques de Gramsci au marxisme.L'\u2019anthologie ne comprend cependant aucun des textes de la période 1923-26: le PCF, défendant une politique \u201cunitaire\u201d avec les socialistes, a préféré.taire les virulentes critiques qu'adressait Gramsci aux socialistes durant cette période \u201cde \u201cgauche\u201d de la IIIe Internationale.Les quelques 600 pages de textes de Gramsci sont précédées d'une introduction ou Francois Ricci trace la position du PCF face à ce marxiste italien.Après avoir publié l\u2019édition complète des lettres de prison de Gramsci, Gallimard vient de faire paraître le premier tome de l'oeuvre complète de Gramsci, tome qui porte sur la période 1914-1918, alors que celui-ci était socialiste, mais non encore communiste.Qui ne veut pas lire ou attendre la parution de l\u2019oeuvre complète chez Gallimard peut lire cette anthologie qui donne une image assez complète de la pensée de Gramsci.Comme chez Galli- mard, ce livre des Editions sociales coûte cher (60 francs à Paris).- ~J.-M.P.P.S.On peut se procurer ce livre, entre autres, chez le distributeur des Editions sociales au Québec: Librairie Nouvelles Frontières, 96 Sherbrooke ouest, Montréal. | Ginsberg, Burroughs & all a Montréal L'Atelier d\u2019Expression Multi- Disciplinaire (A.T.E.M.), en collaboration avec la Bibliothèque Nationale du Québec, organise, du 21 au 27 avril 1975, la \u201cRencontre Internationale de la Con- tre-Culture\u201d.L\u2019objet de cet événement est de mieux saisir la réalité actuelle de la société québécoise.La con- tre-culture, de par ses implications sociales, politiques et cul- semaine, en plus des participants - québécois, des écrivains américains et français afin de toucher à _ une vision historique et critique plus claire du phénomène et d\u2019en délimiter les spécificités québécoises.Cette semaine procédera sous forme d\u2019ateliers, de projections de films, d\u2019interventions, le tout se terminant, à chaque soir, par un spectacle de musique.Ces turelles, nous offre là possibilité\u2014\u2014activités auront lieu à la salle \u201cde mieux voir et comprendre les changements profonds qu\u2019a connu le Québec depuis plus d'une dizaine d'années.Culture marginale, oui, mais celle-là même que l\u2019on marchande auprès de la jeunesse: la nouvelle ou contre ou culture underground.Ce phénomène a su secouer nombre de structures et d\u2019habitudes sociales (attitudes vis-a-vis du monde, du temps, du sexe, des drogues, de la_politique, de la consommation, etc.) et ce de par le monde.Nous croyons que la question posée par ceux d'ici et d\u2019ailleurs, qui ont oeuvré dans la perspective d\u2019éclatement de la notion de culture, en est une d\u2019importance-capitale.Ont été invités à participer à la St-Sulpice de \u2018la Bibliothèque Nationale, de 13 heures à 24 heures.Un grand spectacle final de poésie et musique aura lieu au Palais du Commerce, dimanche, le 27 avril.Pour renseignements: ATEM: 866-4159.LES ECRIVAINS PARTICIPANTS 1.QUEBEC: Paul Chamber- land, Raoul Duguay, Pierre Léger, Georges Khal, Denis Vanier, Lucien Francoeur, Louis Geoffroy, Patrick Straram le Bison ravi, Claude Péloquin, le baron Filip.3.7B Jnl Michel 4, ETA berg, | renee | 8 Cr Tous ton au RL RB quot Hc fain fl iio À on {1.10 Ril ber- lé nr, ol ison go À 2.FRANCE: Claude Pélieu, Jean-Louis Brau, Daniel Biga, Michel Lancelot, Mary Beach.\"3.ETATS-UNIS: Allen Ginsberg, William Burroughs, Lawrence Ferlinghetti, John Giorno, Charles Plymell, Ed Sanders.Tous ces écrivains participeront au récital du 27 avril, a la salle du Palais du Commerce.Ils auront également I'opportunité de faire une intervention a la Bibliotheque Nationale.HORAIRE DE LA SEMAINE: A.ACTIVITES QUOTIDIENNES: .de 13 à 16 heures: ateliers quotidiens.de 16 à 18 heures: projections de films.3.de 19 à 22 heures: interventions.de 23 à 24 heures: spectacles de musique.Ces activités se tiendront à la Bibliothèque Nationale.B.ACTIVITES ADJACENTES: 1.Vidéos: Le Vidéographe offri- RR ra au public une programmation spéciale de vidéos en pro- -venance de l\u2019Europe, des E- tats-Unis, et spécifiquement du Québec.2.Expositions: la salle de la Bibliothèque proposera une exposition historique (images et vidéo).C.GRAND SPECTACLE AU PALAIS DU COMMERCE: Récital de poésie et spectacles de musique, de 12 a 24 heures.ATELIERS QUOTIDIENS - LUNDI le 21 avril: NOUVELLES VALEURS ET MODES DE VIE.MARDI le 22 avril; LUTTES DE LIBERATION MERCREDI le 23 avril: LES ARTS ET LA CONTRE- CULTURE JEUDI le 24 avril; LA POLITIQUE DANS LA CONTRE-CULTURE: VENDREDI le 25 avril; DIFFUSION, RECUPERATION ACTIONS POSSIBLES. Une rétrospective Giacometti au MAC Ÿ Une exposition rétrospective #: de l\u2019ensemble de l\u2019oeuvre d\u2019un _ des grands sculpteurs du XXe Giacometti (1901-1966), sera pré- j sentée à Montréal au Musée d'art J _contemporain de la cité du | \u201cHavre, du 27 mars au 4 mai 1975.C\u2019est la première fois que l\u2019on peut voir cette exposition au Québec.La fondation Alberto Giacometti a prêté pour Tocca- sion quarante-sept sculptures de bronze, de marbre, de bois et de platre avec métal ainsi que seize \u2014 tableaux à l'huile, quinze dessins et - dix-neuf lithographies.Le Musée Solomon R Guggenheim-a aussi disposé de neuf oeuvres supplémentaires (deux sculptures, une toile et six dessins).La proportion imposante de dessins, de lithographies et de toiles qui accompagnent cette exposition permet de mieux saisir l\u2019ensemble de l\u2019oeuvre d\u2019un -artiste surtout connu par la spécificité de son style sculptural.Le film \u201cAlberto Giacometti\u201d réalisé par Ernst Scheidegger en .1966 quelque temps avant la mort de l'artiste sera présenté au Musée d\u2019art contemporain pendant I'exposition.\u201csiècle, l\u2019Artiste suisse Alberton] Alberta gr n ettive ¢ din | {Te Îberto pré Jib td 1197 Je l'an 00 al lero locea es de \u20ac et de se ef eSSLOS Le - > el EW Pan > \u2014 a UvTÉS ha ph A PR KS 5) ke al TO LA CS Pei Ed e de at de telle at; mieux Cg bh Ne du i op 1 B LA pte J x tt F : + el Alberto Giacometti, 1h groupe de trois 2] > LS fea hommes I.+ bed 4 > Pa RK et Hy z 5 79. 7 j | formule d\u2019abonnement f Ot NOM A ce ere nr ane nana aan aa nana a nana eee J freee eee eee eee eee e eee naan ereeenans rs Cg ean BEL TL = © ; 7 1 Date.HS \u2026Signaturb.STEERS NS LS J MN
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