Chroniques, 1 janvier 1976, Janvier
[" \u2014 chroniques :::;., [an après: 1189 et perspectives ye~pbint sur la situation actuelle de phroniques, un rappel de nos politiques ditoriales, des prises de position sur jécriture et la question de la liaison à la #lasse ouvrière.14 ° ptratégie: un exemple fle dogmatisme | la polémique entre deux revues progressistes ne constitue ÿs, pour nous, un enjeu principal, nous croyons tout de même J\u2019une réponse lucide doit être apportée.pour une écriture montante v | | troduction à une lecture de Révolutions pour plus d\u2019un Faust d'Hélène Wxous.Wébat: petite bourgeoisie consommation des besoins/ désirs 4 EAM PAIN Hie iy Pistes ti nn vues om me [ton Ja fortes lp (ron bon tr le i Ha ie p Wire Migr di) Qe ste My rly APT sommaire Ligne ouverte 2 Editorial Débat(s) Textes a l'appui Chroniques 4 20 44 50 53 59 63 69 73 78 Informations 84 chroniques Case Postale 747, Succ.N.Montréal.Collectif de production: Thérèse Arbic, Madeleine Gagnon, Philippe Haeck, Réjean Jacques, Jean-Marc Piotte, Céline Saint- Pierre, Patrick Straram le Bison ravi, Laurent-Michel Vacher, secrétaire à la rédaction.Collaboration spéciale: Léandre Bergeron.Courrier de la deuxième classe: Enregistrement no 3451.Dépôt légal! à la bibliothèque nationale du Québec.Maquette, composition: Agence de presse libre du Québec; couverture: Mario Leclerc.Impression: Journal Offset.numéro 13 janvier 1976 Un an après: bilan et perspectives Stratégie: un exemple de dogmatisme Petite-bourgeoisie et consommation des be- boins/ désirs par Céline St-Pierre Comment le privé est politique par France Théorêt Les cours obligatoires de théâtre.I.Les objectifs de la DGEC par Thérèse Arbic Une Rencontre différente des autres par Madeleine Gagnon Pour une écriture montante par Philippe Haeck Le retour du féminin par Réjean Jacques L\u2019Oreille et la voix du Peuple par Jean-Marc Piotte pu Le cinéma, bien, mais plus que le cinéma par Patrick Straram le Bison ravi PCE PENAL SIAL MM MALS ligne ouverte Edition et critique _ Moi, ce qui m'ennuie avec les critiques, c\u2019est qu\u2019ils ont toujours raison.Il y a douze, treize, quatorze ans, quand on publiait à Parti pris Le Cassé, les Cantou- ques, le Cabochon, Pleure pas Germaine, tout le monde nous engueulait.La critique à l\u2019époque était aux mains de Jean-Ethier Blais, Guy Sylvestre, Gilles Marcotte et ils ont descendu la plupart des livres qui ont constitué ce qu\u2019on a appelé \u201cl\u2019école Parti pris\u201d.Ce n\u2019est que dans de petits journaux de province, comme par exemple le Canada français de Jean-Yves Théberge qu\u2019on trouvait des critiques qui aimaient la littérature.Ou à Joliette, ou à Rimouski.Montréal, c\u2019était la D.C.A.ou le black-out genre Radio-Canada.On n\u2019était pas dans le coup.Ah, il y avait bien aussi la clique.Dans Parti pris, Patrick Straram et Raoul Duguay preuves à l\u2019appui, trouvait qu\u2019on faisait de bons livres.2.Dix ans plus tard, ça n\u2019a pas changé.Avec cette différence que la critique d\u2019aujourd\u2019hui, trouve donc qu\u2019on était bon, il y a dix ans,| mais que les livres d\u2019aujourd\u2019hui,} vraiment, ça vaut pas cher.En fait, on n\u2019est pas chanceux, c\u2019est tout.On est toujours dix ans en avant des critiques.Quand on} publiait Lesbiennes d\u2019acid, En} désespoir de cause, L'Inavouable, descendus en flammes par Jean-i Guy Pilon, où était Philippe} ment en train de lire Spirou.Les livres d\u2019aujourd\u2019hui ne plaisent pas aux critiques d\u2019aujour-| d\u2019hui.Ils aiment mieux les livres} d\u2019hier.C\u2019est peut-être parce qu\u2019ils # sont des critiques d\u2019hier.| Côté clique, par ailleurs, ça n\u2019aj pas changé.La clique de l\u2019Aurore | est forte.On la retrouve dansif Chroniques et dans Le Devoir en particulier.Toute la poésie que l\u2019Aurore publie bénéficie automati- #: quement d\u2019une complaisance dej pa fier gs Low | 5 ven yp 60 But de H Un @ à Bi pre gs es 0 pu die ome dé pst fous cor Ms ee Mn à | Huck de pet des os ui rs, Ce qu ul de hs ls ns (he bb Tom Hachette 0 po TR Paie prior | Ji nil an Merde gy good Haeck?A la petite école, probable-§ Med A ip \u201c% js im, 3 3 monsieur Haeck.Même les textes # les plus abscons, il les explique, il j les comprend et il vous prouve que # out ça est de gauche, révolution- 4naire, prolétarien et tout et tout.Mais Louis Bergeron dénonce-t-il a radio-consommation, les politiciens vendus, la guerre du Vietnam en un langage quotidien, ce rsont de petits poèmes légers.Eh {bien ça alors,comme on dit.Non, | moi, je ne marchais pas en 1962-63 {4 dans les combines de la critique, je veux dire que je m'en crissais comme de l\u2019an quarante, avec le dans le corps, je m\u2019en crisse encore \u2018| plus, et je ne répondrai sûrement pas à l\u2019invitation de Philippe ]Haeck de me justifier publique- 1 ment des auteurs et des livres que {nous publions aujourd\u2019hui à Parti { pris.Ce qui m'étonne, c'est que le ml ridicule de la chose ne frappe pas # plus les gens.Quand verra-t-on w{ dans Chroniques une description &aspEkE Hachette sur la librairie et les 12,000 points de vente du Québec?Ca, ce serait du sérieux.Mais non, à] on aime mieux se faire valoir et == ble pe ble = PB te arborer des oriflammes et coller petits amis.Vivent les livres! Et merde aux critiques d'hier, d\u2019au- jourd\u2019hui et de demain.Gérald Godin Note du collectif de production.Voir \u201cla circulation des lettres\u201d dans \u201cChroniques\u201d 14 février, 1976.Là où ton corps succombe temps et dix ou quinze ans de plus de l\u2019empire Benjamin News et -des étiquettes et défendre les Fragment d\u2019une élégie à la mémoire de Pier Padlo Pasolini \\ ro sous les coups nazificateurs se lève une fleur de guérison.après la marée d'outrages et de blessures tes séquences attisent encore nos yeux.: les éclairs de ta visualité pansent les plaies de nos consciences.la beauté que tu as multipliée intensément redonne le gofit de la juste image et d\u2019une liberté sans génuflexions devant le fade la bêtise ou l\u2019infâme.- TE est-ce la marque d\u2019une absence si ta mort au flanc du hasard nous rassemble _ autour de ta révélation ou plutôt le symbole d\u2019une soif d'aimer?ce regard chaleureux coloré d'angoisse que tu portas sur tout annonce la naissance d\u2019un avenir sans chaînes Co \u2014 Gilbert LANGEVIN 13 novembre 1975 Pour Patrick S., cordialement. I I 1 RE éditorial Un an après: bilan et perspectives \u201c Chroniques a un an.I] nous a paru opportun de faire à cette occasion un temps d\u2019arrêt pour présenter quelques explications, quelques éléments d\u2019auto-criti- que de notre pratique et quelques projets.Nous croyons en effet qu\u2019il est indispensable d\u2019associer notre lecteur, dans toute la mesure du possible, à l\u2019élaboration et à la vie de la revue: c\u2019est dans cette optique que nous avons voulu accomplir cette étape de réflexion.\u201c 1.Comment ca marche Pour commencer, il est utile de connaître certaines précisions sur la manière dont, après une année complète de rodage, se fait concrètement la revue.L'expression \u201c\u2018collectif de production\u201d \u2014 dont - quelques-uns ont dû sourire \u2014 recouvre en fait exactement la réalité.A l\u2019exception du travail de composition et d\u2019impression proprement dit (exécuté par les militants de l\u2019Agence de presse libre du Québec et par les travailleurs de Journal-Off®tt respectivement), toutes les tâches impliquées pär la production de Chroniques (secrétariat, trésorerie, envoi des abonnements, envoi aux librairies de province, distribution directe aux librairies de Montréal, - correction des épreuves, préparation en comité de rédaction de EE ES chaque numéro, etc.) sont réparties entre tous les membres ou exécutées collectivement.Chacun fournit donc, mensuellement, sans rémunération, son travail 4 d\u2019écriture et son travail de production à peu près également distribué dans le groupe.Notre équipe, composée au départ de dix personnes, n\u2019en compte plus actuellement que huit.Thérèse Dumouchel et Noël Audet nous ont quittés pour diverses raisons.Léandre Bergeron s\u2019est éloigné de Montréal, sans rompre ses liens avec Chroniques.Réjean Jacques a pris la relève pour les mass-média et nous pouvons annoncer une nouvelle chronique sur les récits qui débutera le mois prochain, ce qui portera à neuf le collectif.De-plus, nous cherchons à pourvoir la place d\u2019un(e) chroniqueur(euse) ou plusieurs sur les musiques (du jazz au contemporain en passant par le populaire, le folklorique, etc.), d\u2019un(e) autre sur le roman et d\u2019un(e) dernier(e) sur la critique.de la vie quotidienne, ce qui porterait éventuellement notre 4 \u201cye .+ nombre à douze et faciliterait notre fonctionnement tout en enrichissant le contenu de la revue.Notre méthode de travail quant à la rédaction n\u2019a pas changé depuis le début.Tout texte est'lu et discuté par l\u2019ensemble du collectif, chaque mois, et il n\u2019est pas rare que des modifications substantielles ressortent de ces débats internes par lesquels se précise progressivement l\u2019ensemble de nos positions.Seuls les éditoriaux reflètent toutefois un accord formel et complet de l\u2019équipe: le sujet une fois choisi, un ou plusieurs d\u2019entre nous sont chargés de la préparation et de la rédaction d\u2019un texte.Il faut alors distinguer deux étapes.L\u2019accession au statut d\u2019éditorial suppose qu\u2019au moins huit sur dix des membres sont favorables au texte, après discussion et révision éventuelle.En pratique, tous les éditoriaux parus à ce jour ont fait, sur l\u2019essentiel, l\u2019unanimité.Une fois l\u2019éditorial accepté, tous les chroniqueurs(euses) s\u2019engagent toutefois à inscrire leurs articles à l\u2019intérieur de la ligne idéologique ainsi définie: l\u2019ensemble des éditoriaux détermine donc peu à peu le cadre dans lequel se fait tout le travail et il est entendu qu\u2019aucun texte qui contredirait de façon nette les positions soutenues dans un éditorial ne pourrait-être accepté.Lorsqu\u2019il y a désaccord sur un texte, la rubrique \u201cdébat(s)\u201d nous permet le cas échéant, comme nous l\u2019avons fait pour la langue, d\u2019exprimer dans un premier temps les diverses positions pour en arriver si possible, finalement, à formuler un point de vue éditorial commun (comme nous comptons le.faire prochaine- _ment sur la langue, justement).Dernier aspect de ces questions de fonctionnement sur lequel nous voulons apporter des précisions: les finances.A l\u2019heure actuelle nous vendons un peu moins de huit cents exemplaires par mois.Notre seuil de rentabilité se situe, comme nous Pindiquions dans l\u2019éditorial de notre premier numéro, à au moins mille.Une mise de fonds originelle de l\u2019équipe (un peu plus de $4,000.) nous a permis de ne pas connaître trop de | difficultés jusqu\u2019à présent, mais il est devenu clair il y a déjà plusieurs mois qu\u2019un appoint extérieur s\u2019avérait indispensable pour éviter la disparition de Chroniques.Nous nous sommes alors résolu à demander une subvention au Conseil des Arts qui nous a alloué la somme de $3,000.(pour la période allant jusqu\u2019en septembre 76).Nos ressources ne nous permettant pas de faire de publicité pour élargir notre audience et les quotidiens ayant en général ignoré ou dénigré notre tentative, il nous reste un gros effort à fournir du côté de la promotion pour assurer la progression de nos ventes.Les lecteurs peuvent sans doute y contribuer en faisant connaître la revue et en.suscitant des abonnements (en particulier des institutions, bibliothèques, etc.).En augmentant substantiellement le nombre de nos abonnés et de nos acheteurs réguliers, nous pouvons en effet consolider les assises de la revue.Quant aux aspects extérieurs, il nous semble que la présentation de la revue peut être améliorée.La mise vai en page nous apparaît peu aérée et les illustrations nettement insuffisantes.Compte tenu de nos possibilités, nous apporterons bientôt diverses modifications qui, sans changer le format, la périodicité ni la structure générale de la revue, renouvelleront la présentation des textes.Le numéro aura désormais plus de pages (96 au lieu de 80) et sera en conséquence collé et non plus broché.Nous utiliserons un meilleur papier, ce qui mettra mieux en valeur des illustrations plus nombreuses.L'ordre des chroniques sera modifié: les chroniques socio-politiques ont pu sembler (à tort d\u2019ailleurs) privilégiées parce qu\u2019elles étaient les premières.Nous voulons que Chroniques soit une revue avant tout culturelle, et les divers textes paraîtront selon l\u2019ordre alphabétique des auteurs, ce qui évitera tout effet de préséance injustifié.En second lieu, nous n\u2019avons pas su coller d\u2019assez près à l\u2019actualité dans nos sujets.Les conditions de production de la revue, contre-partie de notre caractère mensuel auquel nous attachons la plus grande importance, nous imposent un délai d\u2019un mois entre la rédaction des chroniques et leur lecture, ce qui ne facilite pas notre tâche de suivre l\u2019actualité, non plus d\u2019ailleurs que la disponibilité quand même limitée de chacun de nous.La rubrique \u2018\u2018Informations\u201d sera malgré tout étoffée et des éditoriaux prenant position rapidement sur des événements importants seront - publiés.2.Clarification de nos orientations Notre premier éditorial traçait les grandes lignes du programme à accomplir: intervenir de façon essentiellement critique dans la lutte idéologique dont le champ culturel et social est le lieu.Non seulement il désignait les deux tendances pseudo-novatrices à l\u2019oeuvre dans la petite-bourgeoisie scolarisée (le nationalisme réformiste et la contre-culture confusionniste ou éclectique), mais il posait l\u2019importance du domaine idéologique à la charnière du politique et du culturel._7 7. (A 0 x M Co À EAL STEAL HMMA HL ct AN 1H ue ant est d'exact envers des er produits du système, , \u201cNous disons politiques et culturelles parce que nous croyons que ces champs sont reliés, par le biais de l\u2019idéologie, et qu\u2019une analyse qui les isolerait, n\u2019indiquerait pas dans l\u2019un et l\u2019autre champ, le travail essentiel de l\u2019idéologie en place, à tous les niveaux, pour maintenir les rapports économiques d\u2019exploita- ee tion par lesquels notre société fonctionne, ou encore, cet autre travail d\u2019idéologie, cette fois subversive, pour le renversement de ces rapports.\u201d (1) Cela supposait que nous produisions une série d\u2019analyses qui explicitent d\u2019une part, notre appréciation de la conjoncture politique actuelle, en second lieu, nos positions sur des questions sociales reliées à l\u2019idéologie et a la lutte des classes, et enfin des bases concernant nos théories de la pratique culturelle.La relecture de nos éditoriaux nous donne a cet égard la conviction que nous avons réussi a clarifier les éléments principaux d\u2019une telle série d\u2019analyses.L\u2019éditorial de notre numéro 10 (\u2018La fascisation du régime\u201d) montre, sur le plan de la conjoncture.politique, comment s'expliquent le durcissement du pouvoir et le passage de la libéralisation à la répression: il est la conséquence des tendances à la fascisation inhérentes au capitalisme monopoliste d\u2019Etat en crise \u2014 en crise, mais toujours à la recherche du meilleur taux de profit (et du maximum de pouvoir social et politique au service de ce profit).C\u2019est bien la contradiction capital / travail qu\u2019on retrouve derrière les raidissements politiques et le défaitisme idéologique qui les accompagne.L\u2019appareil d\u2019Etat, dont le pouvoir s\u2019exerce de plus en plus clairement au-dessus des soit-disant mécanismes de contrôles de la supposée \u201cdémocratie parlementaire\u201d, est bien au service de la défense des intérêts de la bourgeoisie et des profits du capitalisme.Seule une telle analyse permet la juste compréhension de l\u2019inertie, du pessimisme, de la fuite du réel, du défaitisme si fréquents parmi la petite-bourgeoisie scolarisée et dans les milieux culturels depuis quelques années.C\u2019est ce que confirme la liaison établie dans notre éditorial du numéro 8-9 (\u201cPour une école - publique, laïque, démocratique et communautaire\u201d) entre la poussée réformiste de la nouvelle petite-bour- geoisie dans l\u2019appareil d\u2019Etat (durant la phase de relative expansion économique des années 60) et sa (1) \u201cLes enjeux de notre lutte\u201d, no 1, p.9. Fry) Lea soumission subséquente aux orientdtions et aux intéréts de la fraction hégémonique de la classe dominante, la bourgeoisie des monopoles (au fur et à mesure que se précise la phase de crise de stagflation).Dans ce texte, il apparaît\u2018bien que le soit-disant \u201cdrame de l\u2019enseignement\u201d renvoie à l\u2019échec du réformisme (Rapport Parent) et à la tendance actuelle à rentabiliser ouvertement l\u2019école en fonction des \u2018\u2018impératifs\u201d économiques engendrés par le capitalisme.L'analyse dévoile ainsi les causes du désarroi idéologique fréquent chez les enseignants, acculés à choisir entre le rôle de serviteur avoué du pouvoir et du capital ou les tâches militantes d\u2019une véritable mobilisation révolutionnaire.Alors que le réformisme moderniste avait pu entraîner à bon compte une bonne conscience \u2018\u201cprogressiste\u201d, la situation actuelle est source d\u2019anxiété et d\u2019opportunisme, puisqu\u2019elle radicalise les choix de classe nécessaire pour l\u2019enseignant.La même articulation du social, de l\u2019idéologique et du politique ressort du texte sur \u201cLibération des femmes et lutte des classes\u201d (no 2).Pour nous, les luttes des femmes révèlent comment, sur la différence naturelle des sexes et les contradictions qu\u2019elle implique, se sont greffées des contradictions d\u2019un autre ordre, dans une large mesure idéologiques mais déterminées en dernier ressort par les conditions économiques.Ceci nous amène à montrer que la lutte des femmes ne peut se penser indépendamment de la lutte idéologique ni de la lutte des classes tout en évitant les écueils parallèles du sexisme et de l\u2019économisme: \u2018\u2018si la différence sexuelle n\u2019est pas de nature antagonique, elle constitue la base historique sur laquelle se sont greffées des contradictions entre sexes véritablement antagoniques: les différences idéologiques, politiques et économiques.\u201d L\u2019abolition de ces antagonismes suppose qu\u2019au plan idéologique s\u2019accomplisse l\u2019analyse des différences-contradictions sexuelles et des antagonismes économiques qui les surdéterminent.Et ceci concerne la lutte des classes, car: \u2018quand la domination sexuelle, raciale, politi- 5 foi | thé d'in nti fi all à mo M ai dét fon ~~ que est vue et acceptée comme phénoméne naturel et inaliénable, il n\u2019est pas surprenant que l'exploitation d*une classe par une autre le soit aussi.\u201d De semblables analyses nous permettènt de bien situer le champ de l\u2019idéologique, point nodal de.l\u2019articulation dialectique entre le politique et le culturel, tout en dépassant l\u2019abstraction d\u2019une telle formulation grâce à des exemples situés et limités dans le champ culturel: le théâtre, les arts et la littérature.Dans le premier cas, notre éditorial du numéro 12 (\u201cLes contradictions du théâtre au Québec\u201d) tentait de préciser comment, dans la conjoncture sociale actuelle, trois tendances se partagent le travail théâtral: le théâtre officiel, reflet du libéralisme et instrument d'intégration; le théâtre d\u2019essai, le plus souvent nationaliste, réformiste ou utopique; le théâtre d\u2019agi- tation-propagande, progressiste et engagé mais exposé à l\u2019isolement et à l\u2019idéalisation ouvriériste.L\u2019impasse du premier,les limites du second et les erreurs du troisième ne relèvent pas des choix individuels eu des particularités subjectives des travailleurs du théâtre; elles sont l\u2019expression indirecte de la situation de classe des intellectuels et des artistes dans la conjoncture politique québécoise actuelle.Parallèlement, notrè texte \u2018Pour un art progressiste\u201d (numéro 11) relève l\u2019influence désastreuse de la tendance exclusive à l\u2019expérimentation qui, sous dès allures contestataires, perpétue le fossé entre la \u201c production esthétique et les finalités de libération politique et de changement social.Notre analyse peut ainsi remettre au permier plan l\u2019importance déterminante de la pratique Sociale de l\u2019artiste et fonder sur cette base une critique de l\u2019esthétique dite du \u2018\u2018réalisme socialiste\u201d.La complémentarité du recours à la pratique et de la réorientation idéologique radicale qui doit l\u2019accompagner se retrouve dans notre analyse sur \u2018Les conditions de l\u2019écriture au Québec\u201d (no 6-7).Montrant que c\u2019est sur la base de leur intérêt-de classe que la plupart des.écrivains entretiennent les- mythes éculés de la 9 11. Toe Fa ess re TIN EEE ares | que.\u201ccréation littéraire\u201d, ce texte établit que la pratique d\u2019écriture peut se transformer en intervention idéologique révolutionnaire sur la base d\u2019un recours à la théorie dont les instruments principaux seraient le marxisme (en particulier Brecht et Mao Tse-toung), la théorie de l\u2019inconscient (Freud) ainsi que, dans une certaine mesure, les théories philologiques et cultu - relles (Nietzsche).Le moins significatif n\u2019est pas, à nos yeux, d\u2019avoir pu dégager sur plusieurs de ces questions des perspectives d\u2019action éclairées et justifiées par nos analyses.L\u2019importance actuelle de toutes les luttes sectorielles ou ponctuelles face au durcissement du régime; les objectifs de politisation syndicale, d\u2019ouverture aux quartiers et de sensibilisation des jeunes à la connaissance et à l\u2019action dans le cadre scolaire; la formation de groupes d\u2019action communautaire pour faire éclater les limites des pratiques artistiques actuelles; la complémentarité pédagogique de la lecture des oeuvres québécoises contemporaines et d\u2019une activité d\u2019écriture de groupe fondée sur la connaissance, le rythme et le désir dans le cas de l\u2019enseignement de la littérature.Chacune à son niveau et dans le cadre tantôt large, tantôt restreint qu\u2019elle abordait, nos analyses ont débouché sur des propositions concrètes et progressistes qui sont le relais nécessaire de l\u2019efficacité théori- Ce résumé de notre démarche nous apparait donc, dans l\u2019ensemble, faire ressortir un acquis positif.Toutefois, nous sommes bien conscients du caractère encore partiel et non systématique de notre politique éditoriale, qui s\u2019élabore au fil des mois.Plusieurs de nos thèses seront peut-être critiquées; nous-mêmes entreprendrons de les compléter et si nécessaire de les réviser.- \\ \u2014 a es a 7 oN Te Tes WAT + TU FR le 1\" la ii le chrc: ik [i I fe Les conditio de l'éc iH vain matériali \u20ac écri i cule vers ( men 5 ce tt 5 HW commen x Québec en 1 tor-Li Be ft il Tissot, Je 1) i Madeleine Gagni | 5 Gervais, Philippe Savaty, Patrick rara Bi ! ce Théorét.cmcina bie iH 3 plus que le cinéma te Ï S risme du héros p if qui p servir le combatta iss va-t-il fall oir effective * rec rieusement \u201cLe cuira | ple inaugural mémorable, RN tout un cinéma de propa ttes marxistes qu que, ne faisant des vers exact de l\u2019enne lisme américain.Na S = NR SN 3.La poursuite de notre travail L'écriture elle-même doit être questionnée, pensée.Il n\u2019est pas en effet indifférent que nous utilisions tel discours ou telle écriture.Autant nous recherchons 13 la complémentarité de plusieurs appareils critiques | ] articulés selon la lutte des classes (pratique brechtienne du théâtre,analyse psychanalytique centrée sur le sujet sexuel, théorie du texte liée à une écriture textuelle, critique de l\u2019idéologie, description des formations symboliques, questionnement lyrique des productions _ artistiques, etc.), autant nous tenons à la diversité des écritures: écritures analytiques qui pratiquent la clarté, l\u2019affirmation, l\u2019ironie,qui s\u2019impliquent dans l\u2019étude de problèmes complexes, écritures lyriques \u2018engageant l\u2019individu qui écrit et manifestant son plaisir d\u2019écrire, sa participation à l\u2019objet étudié.Compte tenu _-de notre public formé surtout de petits-bourgeois intellectuels comme nous, nous rejetons toute forme d\u2019écriture de propagande qui se contenterait de répéter des mots d\u2019ordre ou de se limiter à l\u2019arrogance contre l'ennemi; nous ne voulons pas d\u2019une écriture | stéréotypée, simpliste.Ce que nous voulons ce sont des écritures transformatrices qui ne craignent pas de prendre des risques, c\u2019est-à-dire qui préfèrent à la | retraite derrière des certitudes théoriques la formula- | tion d\u2019énoncés neufs sur des phénomènes actuels.Nous sommes pour des écritures \u2018montantes\u2019, pour des écritures qui participent aux luttes idéologiques actuelles, pour des écritures qui activent la pensée.a Qu\u2019un tel choix produise assez souvent des textes § difficiles à lire, nous en sommes tout à fait conscients, mais nous continuerons à défendre de tels textes tant | que leur difficulté viendra de la complexité du réel, | de l\u2019inachèvement relatif des concepts d\u2019analyse ou de la force lyrique d\u2019une écriture.La complexité de nos objectifs le justifie pleinement.Découvrir comment on peut articuler les concepts du matérialisme historique et dialectique avec ceux de la psychanalyse, proposer des analyses matérialistes qui ne méconnaissent pas la spécificité B: des différentes pratiques, artistiques et didactiques, du | champ culturel et les perceptions collectives des faits culturels, politiques et économiques, exige une écriture | \u201cinventive, productrice, et nous empêche tout recours à | ~ jes à (is À fies be ¥ (inst ih ; rom i qu gi .pri ts Af fst i; lio ÿ nce Jo i me Ut le Ons fs, nt dl, de les it pe une écriture qui serait ou individualiste ou théoriciste.Ces deux déviations nous ont touchés a des degrés divers.D\u2019une part, certains textes ont confondu inscription du sujet avec le narcissisme individuel, la fétichisation de soi, les clins d\u2019oeil et les allusions incompréhensibles à la presque totalité des lecteurs.Le culte de la singularité masque le sujet et le mythifie au lieu de la révéler.D'autre part, nous devons nous garder de l\u2019écueil du théoricisme où l\u2019auto-suffisance des concepts et du discours, l\u2019impersonnalité et l\u2019abstraction de l\u2019analyse, risquent d\u2019occulter l\u2019articulation historique de l\u2019objet étudié avec notre pratique concrète.Nous travaillerons à éliminer ces deux déviations.Le choix même de nos objets d\u2019analyse peut être ré-orienté: la vague de défaitisme qui s\u2019est abattue sur une bonne partie de la petite-bourgeoisie scolarisée (étudiants, enseignants, producteurs culturels, etc.) et contre laquelle nous entendons lutter, nous avons couru parfois-le risque de l\u2019encourager indirectement en développant une activité critique trop fréquemment dénonciatrice.Nous n\u2019avons pas assez parlé de ce qui va bien; nous avons méconnu certaines tentatives qui se font au niveau artistique, scolaire, syndical, dans une direction socialiste.Les rechercher et les mettre en valeur est une tâche importante.Tout ce qui, par l\u2019écrit et d\u2019autres pratiques, lutte contre l\u2019impérialisme américain et les grands monopoles canadiens, contre les aliénations sociales et culturelles dont ils sont les causes, contre l\u2019idéologie et la vision du monde qu\u2019ils soutiennent, est progressiste et contribue, ne füt-ce qu\u2019indirectement, à créer des conditions propices à l\u2019expansion d\u2019un mouvement communiste au Québec et au Canada.C\u2019est donc surtout cela que nous devons faire connaître et encourager.Dans une certaine mesure, nous avons aussi négligé les deux idéologies culturelles qui nous apparaissent les plus dangereuses pour la petite-bourgeoisie intellectuelle (et que nous avions justement désignées dans notre éditorial de présentation): le nationalisme et la contre-culture.Ils restent, de par leurs ambiguités, les deux courants les plus dangereux.Le nationalisme se tourne, de plus en plus clairement, vers la droite (cf.l\u2019évolution récente du Parti Québécois) et ne charrie plus qu\u2019une sorte d\u2019humanisme réformiste, discours de censure et de démobilisation \u2014 même s\u2019il se pare du nom de \u2018\u2018progressiste\u201d\u2026 Pour beaucoup d\u2019enseignants, d\u2019étudiants, d\u2019artistes, d\u2019écrivains, ce \u2018\u2018nationalisme de bon aloi\u201d sert facilement de brevet de \u201c\u201cprogressisme\u201d\u2019 alors qu\u2019il autorise, sous couvert de réformes, l\u2019intégration au système, la passivité et le défaitisme.Les beaux discours d\u2019une publication comme Interventions (la nouvelle revue de Quinze) viennent à point nous rappeler qu\u2019il ne faut pas omettre de débusquer une telle tendance.7 Avec la contre-culture, notre travail de dénonciation doit être également plus poussé.Sous le nom de \u201cNouvelle culture\u201d, elle a tenté, après les déboires de la Semaine de la contre-culture, de se renouveler superficiellement, comme en témoigne par exemple la parution d\u2019un Mainmise \u2018\u201cnouveau et amélioré\u201d.Agent de démission et d\u2019idéalisme, ce courant appelle de notre part la vigilance et l\u2019approfondissement de l\u2019analyse.- A Nous sommes enfin conscients du travail qu\u2019il nous reste à accomplir pour faire porter nos recherches sur \"les infrastructures socio-économiques du champ culturel (conditions de vie et de travail des artistes, marché des biens culturels, nature des publics, revenus et profits, politiques gouvernementales, mécénat public ou privé, institutions culturelles, enseignement artistique, etc.).Il y a là un immense champ d\u2019investigation dont le rôle vital pour une juste analyse marxiste du champ culturel ne nous échappe pas.Toutefois, dans les limites de notre parution mensuelle, l\u2019insuffisance des données et l\u2019énormité du travail de documentation et d\u2019enquête à accomplir place cette tâche au-dessus de nos moyens.Nous essaierons RR IE TOT = Ee fo i le e pro rer rt EEE pm tte ES pe pourtant d\u2019aborder ces questions et nous sommes vivement intéressés à publier les résultats de recherches qui pourraient nous être communiqués dans ce domaine.Il reste un problème à clarifier.Nos lecteurs sont surtout, comme nous-mêmes, des intellectuels petits- bourgeois qui cherchent, qui se posent des questions mais ne savent pas où aller pour y répondre et pour agir.Ils sont menacés d\u2019une part de défaitisme (effet direct sur la petite- bourgeoisie du durcissement du pouvoir et de la crise économique) d\u2019autre part par le dogmatisme (dont nous pensons qu \u2018il représente le défaut le plus grave de ceux qui, dans divers mouvements, organisations ou groupes, cherchent à oeuvrer pour le communisme).Les étudiants, qui ont subi depuis quelques années un évident processus de prolétarisation relative, sont un public que nous aimerions rejoindre; c\u2019est pour eux plus que pour des militants ou des universitaires déjà convaincus que nous voudrions travailler.Certains nous ont reproché notre manque de liaison avec la classe ouvrière.En l\u2019absence d\u2019un parti communiste de masse, ce manque de lien est un problème pour tous les marxistes, y compris ceux qui oeuvrent dans l\u2019un ou l\u2019autre des groupes politiques de tendance communiste.Ce reproche, d\u2019ailleurs, en recouvre un plus précis: que nous ne soyons pas affiliés à l\u2019un ou l\u2019autre de ces groupements politiques.Nous croyons qu\u2019actuellement, compte tenu de l\u2019extrême division du mouvement communiste au Québec et du sectarisme qui y est la plupart du temps prédominant, être membre d\u2019un groupement politique consiste plus à se distinguer des autres organisations marxistes qu\u2019à se lier avec la classe ouvrière.Dans une telle conjoncture, nous avons préféré garder l\u2019autonomie de Chroniques face à l\u2019un ou l\u2019autre des mouvements politiques existants.Bien sûr, nous ne sous-estimons pas le travail indispensable accompli par les militants de plusieurs groupes politiques en vue d\u2019amorcer des liens avec les éléments avancés de la classe ouvrière.Mais nous ne croyons pas qu\u2019il faille absolument être membre de l\u2019une ou l\u2019autre organisation pour pouvoir participer à cette tâche.Nous pouvons le faire, par exemple, en militant dans nos syndicats respectifs et, par ce biais, en oeuvrant dans notre Centrale (où se côtoient des travailleurs de différents milieux) et dans les fronts communs locaux et régionaux pour entrer en contact - avec les travailleurs d\u2019autres secteurs et effectuer avec eux un travail syndical et politique.Nous reconnaissons la nécessité d\u2019un parti communiste de masse, mais nous savons qu\u2019il sera le fruit d\u2019un processus historique complexe et plus ou moins long, qui ne peut être décidé par un groupe d\u2019intellectuels, si \u201cmilitant\u201d voudrait-il être.Enfin, le mot d\u2019ordre de \u2018liaison avec la classe ouvrière\u201d a entraîné, à notre avis, une déviation politique, À savoir la tendance à négliger le travail spécifique que peuvent faire les petits-bourgeois intellectuels dans leur propre milieu.Pour un enseignant, par exemple, lutter contre les influences nationalistes et contre-culturelles qui s\u2019exercent sur nos étudiants, défendre un syndicalisme de combat, sont des tâches non seulement importantes mais indispensables.Tout en reconnaissant le rôle historique de direction que doit exercer la classe ouvrière dans le processus révolutionnaire,il ne faut pas oublier qu\u2019elle aura besoin de l\u2019appui des salariés prolétarisés, ainsi que d\u2019une fraction de la petite-bourgeoisie intellectuelle.Sans nier\u2019 que le problème fondamental pour tous les marxistes au Québec soit celui de la liaison avec la classe ouvrière, Chroniques tente de faire un travail nécessaire parmi les intellectuels et les travailleurs culturels, afin de développer chez eux une conscience de classe qui allie la défense de leurs intérêts à ceux, prioritaires, de la classe ouvrière pour une nécessaire transformation révolutionnaire de la société.(es ga comp mar 105 nous per } désor tetes ouver sell f des Ë atic EN 8 lsqu à dell j Ty de tole hy ~~ Ces remarques, élements de la réflexion en cours parmi l\u2019équipe de Chroniques, ne sont nullement complètes ni systématiques.Elles entendent seulement marquer une étape, indiquer une situation, exprimer nos perspectives actuelles.C\u2019est en partant d\u2019elles que nous sommes décidés à continuer notre travail.Pour .permettre à nos lecteurs d\u2019y participer, nous avons désormais trois rubriques qui élargissent le corpus des textes publiés au-delà de notre groupe: outre la \u2018\u201cLigne ouverte\u201d et, occasionnellement, les \u2018\u201cDébat(s)\u201d, une section intitulée \u2018Textes à l\u2019appui\u201d nous permet désormais de publier des études, des analyses, des articles, qui étoffent et complètent notre contenu \u2014 sans oublier nos deux numéros doubles de l\u2019été pour lesquels nous faisons appel à plusieurs collaborateurs de l\u2019extérieur.Ainsi élargie, et compte tenu de nos moyens limités, Chroniques sera mieux armée pour poursuivre son intervention critique.Le Collectif/ par L.-M.V.Dernière heure.Laurent-Michel Vacher démissionne du collectif de production de \u201cChroniques\u201d.Informations dans \u201cChroniques\u201d 14, le mois prochain. Stratégies un exemple : de dogmatisme Dans son numéro de printemps-été 1975, la revue Stratégie publiait une série d\u2019attaques à l\u2019endroit de Chroniques, dans un article intitulé: \u201cChroniques: contribution à une analyse concrète de leur situation concrète.\u201d Nous disons attaques et non pas critiques parce que le ton et la rhétorique sent cousus d\u2019insinuations et non de preuves concrètes, parce que les quelques exemples pour construire la preuve sont très souvent tirés hors de leur contexte et utilisés à des fins d\u2019allégations plus d\u2019une fois malhonnêtes de sorte que le débat ouvert par Stratégie se place d\u2019emblée sur le terrain de la polémique.(1) Or, si Stratégie nous amène sur ce terrain, nous ne considérons pas que les (1) Faut-il préciser, pour le lecteur, que lors d\u2019une rencontre des \u2018\u2018marxistes\u2019\u201d\u2019 québécois en matière de culture organisée à McGill au printemps 75 par le \u2018\u2018marxist literay group\u201d du Modern Language Association (U.S.A.), des membres de la revue Chroniques s\u2019étaient retrouvés dans un même débat avec quelques-uns des membres de l\u2019équipe Stratégie: nous leur avions alors proposé d\u2019organiser une table ronde réunissant les deux équipes afin d\u2019y pouvoir analyser-nos contradictions respectives en vue de parvenir à une collaboration -éventuelle entre les deux revues, ce à quoi ils avaient acquiescé.Point n\u2019est besoin de préciser à quel point leur choix ultérieur d\u2019entrée publique dans les querelles étalées ne correspondait nullement à notre conception de l\u2019auto-critique et de la critique constructives même si l\u2019équipe déclare dans sa première note: \u201cIl ne faudrait pas voir dans ceci une querelle de personnalités, ou encore une simple passe d\u2019armes entre revues en situation quasi concurrentielle\u201d (p.58).: - ERIC ARE PT PPPOIE bux £2 eam le sions afi er Bel | {put fi) homme age go due me 0, li \u201cus de ey fy Ung iL Te} n Uy I il deux revues, Chroniques et Stratégie, se situent dans des camps opposés, selon la logique manichéenne dans laquelle leur analyse voudrait les enfermer.Nous avions d\u2019ailleurs souligné l\u2019excellent travail accompli par Stratégie dans le champ de la lutte idéologique dès notre premier éditorial, ce qui ne fut évidemment pas retenu parmi \u2018\u2018leurs\u2019\u2019-exemples.(2) Il n\u2019est pas vain d\u2019ajouter que depuis la naissance de Stratégie (Hiver 1972), aucune revue québécoise ne .se vit accorder\u2019 l\u2019honneur de leur attaque polémique ou de leur critique, même pas da très réactionnaire revue _Mainmise, ce qui eût été, à notre avis, beaucoup plus efficace pour les lecteurs de Stratégie.Si la polémique entre deux revues progressistes ne constitue pas, pour nous, un enjeu principal, nous croyons tout de même qu\u2019une réponse lucide doit être apportée afin de dissiper ce que certains de nos lecteurs (qui lisent aussi Stratégie) ont nommé: brouillage idéologique.I- Les attaques de Stratégie Les attaques-formulées par Stratégie se regroupent sous deux étiquettes dont ils ont affublé Chroniques, étiquettes, puisque, comme nous le verrons, elles sont étayées de bien peu de preuves sérieuses: elles se nomment individualisme et libéralisme Nous les reprendrons, à l\u2019aide de leur texte, une à une.\u201d (3) Toutefois, un événement semble avoir provoqué leur (2) Voici ce que nous en disions: \u2018\u201cIl existe des organes de presse qui mènent la lutte dans certains domaines.Le Bulletin Populaire, Mobilisation et En Lutte tâchent de suivre la lutte des travailleurs québécois et d\u2019y apporter une analyse de classé qui serve à la faire avancer.Stratégie se veut une revue d\u2019analyse avec articles de fond quis \u2018attaque surtout aux manifestations de la culture bourgeoise\u201d.(no 1, janvier 75).\u2018 (3) Notons au passage, que dans son empressement à à descendre Chroniques, Stratégie n\u2019a pas cru bon attendre d\u2019autres livraisons 21. 22.hy * » 2 .a colère puisqu\u2019il est rappelé à plusieurs reprises, dans - leur texte, comme un leitmotiv: il s\u2019agit de l\u2019entretien avec le poète François Charron, ex-membre de Stratégie; entretien publié dans notre troisième numéro (mars 75).Or, ce que Stratégie ne dit pas et qui fausse, à \u2018 notre avis, tout le débat (comme nous le verrons, la majorité de leurs attaques sont construites à partir 1d\u2019exemples tirés de cet entretien) c\u2019est que l\u2019entretien fut proposé au journal Hobo Québec (avril 1974) par François Charron lui-même à Pépoque où il travaillait À encore à Stratégie.(4) Si nous relisons l\u2019entretien, nous voyons en effet que c\u2019est souvent au nom de Stratégie que François Charron parle.Lorsqu\u2019il y définit le formalisme littéraire, le progressisme et le libéralisme; lorsqu\u2019il place la revue La Barre du Jour, parmi les revues progressistes, à un moment de son histoire, \u201cdans la mesure où on a travaillé sur le désir-plaisir\u201d tout en admettant \u2018\u201cqu\u2019il n\u2019y a pas eu beaucoup de monde\u201d à la Barre du Jour qui ait effectivement produit un travail progressiste, c\u2019est F.Charron - \u2018pour se familiariser, entre autres: 1) avec potre mode de fonctionnement par chroniques individuelles, fonctionnement très différent du leur puisqu\u2019il n\u2019est pas axé sur l\u2019unité du point de vue et le nivellement des divergences et puisqu\u2019il encourt davantage le risque de la signature et des \u2018\u2018erreurs\u201d\u2019; cela ne veut pas dire que les chroniqueurs peuvent écrire n\u2019importe quoi dans leur chronique individuelle: chaque chronique doit se situer à l\u2019intérieur de l\u2019orientation définie par les éditoriaux (voir, à ce sujet, notre bilan \u2018critique du présent numéro); 2) avec notre politique éditoriale qui implique un assentiment collectif sur des problèmes auxquels, après débats multiples dont certains publiés, nous dégageons des lignes directrices; 3) avec le bilan que nous pouvons maintenant présenter aux lecteurs, après une année de travail et douze numéros.Stratégie a préféré lancer les invectives à partir de quelques textes des trois premiers numéros, alors que pour ce qui la concerne, elle ne produisit son propre bilan critique qu\u2019après 18-mois d\u2019existence (Automne 73 no 5/6), bilan qui se poursuit d\u2019ailleurs dans le dernier numéro (Printemps-été 75 no 11) dans les mêmes formes, comme nous le verrons ultérieurement.(4) Entretien publié dans Chroniques, avec le consentement de son auteur, par deux de nos collaborateurs (P.Straram et Ph.Haeck) qui venaient de quitter le journal Hobo Québec pour dés raisons idéologiques sérieuses ainsi qu\u2019ils le notent au tout début de l\u2019entretien.Tous ces faits étaient pourtant connus de l\u2019équipe de Stratégie, mais ils se sont bien gardés d\u2019en souffler mot.5 men [que 0 Sia Sra dep Fax prob fan | qlon i (bia | ment pente fours me (rls del ui | de\" elo | (n.d à énirel à paf quest Fa coms foutd tle tépro Ques raya iH dés i de §t tre Nae deFr TR ge City tre Cg de ; membre de Stratégie qui parle; lorsque \u2018 Charron admet que ce travail sur le désir-plaisir \u201cest négligé à Stratégie\u2019\u2019, lorsqu\u2019il affirme: \u201cje t\u2019avouerai qu\u2019à Stratégie la psychanalyse a été un peu mise de côté depuis le début; on n\u2019a jamais réellement discuté ces problèmes-là\u201d\u201d et que Stratégie ne pense pas travailler à l\u2019avenir les textes psychanalytiques, c\u2019est un membre de Stratégie qui parle; lorsqu\u2019il déclare: \u201cje pense qu\u2019on y a été plus souvent qu\u2019à notre tour dans le libéralisme à Stratégie il me semble,\u201d c\u2019est encore un membre de Stratégie qui parle; lorsqu\u2019il définit ce qu\u2019il entend par écriture progressiste_et que les interlocuteurs de Chroniques a acquiescent, il ne fait que re-trans- mettre la définition qu\u2019en a toujours donnée Stratégie.Or, la quasi totalité des exemples de la seconde partie de leur article intitulée \u2018\u201c\u2018le libéralisme à Chroniques\u201d est tirée de cet entretien de même que leurs accusations de \u201cformalisme décadent\u201d, de \u201cmanque de rigueur\u201d, de flou quant à la définition du mot \u2018\u201cprogressisme\u201d (pp.62-65).Ils ne citent à peu près qu\u2019à partir de cet entretien en confondant, bien sûr, ce qui est affirmé par François Charron et ce qui est soulevé, comme questions, par nos deux chroniqueurs.Faut-il ajouter que si l\u2019analyse de Stratégie est construite à partir surtout d\u2019un entretien, elle aurait pu tout de même y gagner dans la rigueur et l\u2019honnêteté si elle eût été fidèle à tout l\u2019entretien?Elle aurait reproduit, entre autres, cette remarque d\u2019un chroniqueur: \u2018\u2018je dirais que Stratégie me paraît produire un travail très progressiste bien que sa lecture soit réservée À certains spécialistes, des gars appelés à devenir des spécialistes, pour moi l\u2019importance fondamentale de Stratégie c\u2019est de s'adresser à des lecteurs qui autrement seraient récupérés par le Devoir et des moyens tels\u2019\u201d\u2019.Que Stratégie n\u2019ait pas digéré le départ de François Charron, c\u2019est son affaire; que Fr.Charron ne se soit pas expliqué publiquement sur ce départ, c\u2019est son droit; mais que l\u2019on vienne profiter d\u2019un seul entretien pour embarquer Chroniques et simuler une critique ça s'appelle de la fourberie et nous nous devons de le souligner.(S) f 23. Ç Sur l\u2019individualisme Les attaques de Stratégie concernant notre individualisme (6) sont aussi formulées à partir d\u2019une lecture très restreinte de Chroniques.Ils s\u2019en prennent, plus_ particulièrement, au texte de J.M.Piotte sur la mort (7), à ceux de M.Gagnon sur la folie et la criminalité ainsi qu\u2019à une phrase d\u2019Hélène Cixous.Ces attaques relèvent d\u2019une méconnaissance de la théorie psychanalytique (freudienne) et d\u2019une lecture biaisée.Sur ce dernier point, signalons tout juste que les scripteurs de Stratégie élaborent leur critique de notre supposée \u2018célébration de la transgression formelle\u201d sur une phrase tirée de l\u2019entretien avec Hélène Cixous (qui n\u2019appartient pas à notre collectif) (8) ainsi que sur une phrase d\u2019une chronique de M.Gagnon (leur article, pp.(5) Ces mises au point étant apportées, nous devons tout de même relever le fait qu\u2019à quelques reprises dans cet entretien, les deux .membres de Chroniques se sont montrés agressifs à l\u2019endroit de Stratégie: le ton quelque peu cavalier et certains jugements hâtifs ont pu faire croire à l\u2019équipe de Stratégie que notre revue, dans son ensemble, serait conçue sur ce modèle.(6) À part notre \u201cpéché\u201d qui consista à donner la parole à \u201cun individu\u201d, Gilles Hénault, dans notre premier entretien \u2014 quelle horreur! comme si les marxistes, tout en reconnaissant la lutte des classes comme moteur de l\u2019histoire, devaient négliger le rôle des individus dans cette lutte.(7) Surnommé d\u2019ailleurs par eux (sans le nommer, bien sûr) \u201cl\u2019un des piliers\u201d de notre revue.Faut-il préciser que nous signons nos textes mais, croyez-le ou non, nous n\u2019avons pas de \u201cpiliers\u201d à Chroniques: nous sommes un collectif de femmes et d\u2019hommes égaux dans leur(s) différence(s), ce qui n\u2019est peut-être pas le cas partout.: (8) Notons au passage une autre lecture en raccourci: \u201cLors de l\u2019entrevue d\u2019Hélène Cixous, il y a un moment du plus haut comique où tout le monde s\u2019énerve beaucoup à propos de la révolution qui sera faite par les \u2018\u201c\u2018anciennes hystériques\u201d.Ce n\u2019est pas ce mâle chauvin(sic) modérément normal de Karl Marx qui aurait pensé à ça\u2019.L\u2019on se demande ce qu\u2019il peut bien y avoir de si comique dans cette réflexion d\u2019Hélène Cixous.Quant à l\u2019allusion à Marx, cette ironie toute masculine ne peut être plus niaise.Cette sitation néglige du même coup une réalité dont la connaissance eût contribué à imodifier leur analyse: à savoir que dans le même numéro, Chroni- | ques présentait en éditorial une analyse sur \u2018la libération des femmes jet la lutte des classes\u201d où les thèses du matérialisme historique sur la ï question étaient rigoureusement endossées.Ce silence de Stratégie { n\u2019est certes pas innocent.F 61-62} gs, bourge domi } femme npr [elang yin d la\" acter Lu te de EE [deol itor wl f Elis defo Fun ond né |.casse ingg Soumis ue : 10te bu ( Tol EE (05 Ki Ki | ce I fos, EE | de 0 lege | con -Nique 8 1 8 té Mig = de\u201d ue in je oT iQ 5 | bo] 61-62) tirée évidemment hors de son contexte et de son sens.Cette phrase était la suivante: \u201cI'idéologie bourgeoise dominante, garante de toutes les formes de domination, du normal sur le fou, de l\u2019homme sur la femme, du patron sur l\u2019ouvrier, pour le maintien des rapports d\u2019exploitation et du profit, passe d\u2019abord par le langage.\u201d Ce qui fit dire à Stratégie, après avoir pris soin de souligner le \u201cd\u2019abord\u201d\u2019, que pour Chroniques, la \u2018\u2018révolution est affaire d\u2019alchimie verbale\u201d et que son acteur principal doit être, de toute évidence, \u2018\u2018l\u2019intellectuel\u201d (p.61), ce qui indique une confusion flagrante, de leur part, entre verbe et langage ainsi qu\u2019un aveuglement sur tout ce qui regarde le rôle de l\u2019idéologie et la place du sujet.Dès notre premier éditorial \u2014 mais cela ne fut pas relevé par Stratégie \u2014 nous-indiquions dans quelle perspective il nous fallait / envisager le sujet: non pas comme individu isolé et libre de toute contrainte, mais comme individu assujetti par un ordre économique, politique et idéologique; déterminé par des conditions matérielles et discursives de langage) qui viendra en grande partie garantir sa soumission à l\u2019ordre économique et politique dans lequel il naît: \u2018Dans un système dominé comme le nôtre par l\u2019idéologie capitaliste,il n\u2019y a point de fissures ou d\u2019échappatoire, et ce sont les terrains les plus \u201cneutres\u201d en apparence qui en constituent les rouages essentiels.La subjectivité n\u2019est pas une abstraction en ce sens que parler de subjectivité \u2014 et de toutes les Su questions réservées jusqu\u2019ici à la droite \u2014 c\u2019est accepter de comprendre le lieu où l\u2019idéologie prend place pour le sujet, ce \u2018\u2018rapport imaginaire aux condi= tions réelles d\u2019existence\u201d\u2019 dont parlait Althusser, c\u2019est accepter d\u2019analyser toutes les formes de domination (et de contrôle), sexuelles, morales, psychiques, sur lesquelles reposent finalement l\u2019acceptation (par conditionnement) de l\u2019exploitation capitaliste\u201d (Chro- |.niques, no.|, p.8).C\u2019est pourquoi, loin d\u2019avoir soutenu (les supposées \u2018\u2018révolutions\u201d verbales du formalisme littéraire (les diverses distorsions linguistiques), Chro- ÿ niques les a toujours situées par rapport à l\u2019ordre du § (langage \u2014 ordre symbolique déterminé par l\u2019idéologie t classes; mis au monde par un ordre symbolique (de - dominante \u2014 dans lequel elles s'inscrivent.De plus, lorsque ces distorsions verbales correspondaient à une remise en question de l\u2019idéologie dominante, Chroniques en a toujours souligné la portée révolutionnaire à \u201clong terme\u201d pour utiliser l\u2019expression de Gramsci concernant le travail artistique (par rapport au discours politique \u2018\u201cdirect\u201d\u2019 et à \u2018\u201ccourt terme\u201d de la propagande,par exemple).Evidemment, les confusions entretenues par Stratégie sur ces questions sont reliées à leur méconnaissance de toute théorie du sujet (donc, de la psychanalyse).Plutôt que de poser des questions sérieuses aux autres textes dont nous nous sommes servis à chaque fois pour étayer nos hypothèses (de Marx, Lénine, Brecht, Freud, Lacan, Althusser, Gentis, Barthes, etc.) et pour lesquels nous avons toujours fourni à nos lecteurs les références exactes, ils se contentent de lancer d\u2019autres étiquettes fumeuses (qu\u2019ils n'expliquent jamais à leurs lecteurs) en vue de poser des diagnostics à l\u2019emporte-pièce, sur ce qu\u2019ils appellent (sans que personne ne comprenne): \u2018\u2018revue d\u2019une mythologie petite-bourgeoise\u201d, \u2018\u2018discours national-socialiste\u201d, \u201cconception philosophique de l\u2019individu comme sujet\u201d, et, évidemment \u2018conception métaphysique de la mort\u201d(9) Cette méconnaissance de la théorie psychanalytique ainsi que de tout ce qui relève du symbolique (y compris les pulsions, fantasmes et désirs) leur fait particulière- (9) Ne reprochent-ils pas aussi à Chroniques de croire que \u2018\u2019la mort est au-dessus des classes\u201d alors que rien dans Chroniques, ne justifie une telle allégation?Ce qu\u2019ils ne semblent pas voir, cependant, c\u2019est que tout le monde meurt, quelle que soit la classe d\u2019origine ou d\u2019appartenance et que l\u2019exclusion de discours sur la mort sous prétexte qu\u2019ils ne parlent pas la mort du prolétaire, revient à la fameuse philosophie de la \u201ctable rase\u201d, voulant systématiquement bannir \u2014 sous prétexte de pureté révolutionnaire \u2014 les réflexions léguées par la culture bourgeoise sur des réalités, qui nous concernent tous.(Voir à ce sujet, les réflexions de Lénine ainsi que ses | mises en gardes contre les gauchistes du Proletkult, pour qui la ! \u2018culture ouvrière\u201d naîtrait d\u2019une négation pure ef simple de la {culture bourgeoise, dans Ecrits sur l'Art et la Littérature, éditions du \\Progrés, Moscou.) AAA rd.ined.mets mt lh tte.| ment confondre deux séries de concepts bien distincts \u2014 et distingués à plusieurs reprises par nous, à savoir: l\u2019individu.et le sujet; le langage et la langue.À plus forte raison confondent-ils par exemple, sous le \"concept de Sujet, les \u2018catégories psychologiques ou \u201cphilosophiques du \u201cmoi\u201d narcissique et de tout ce qui - s\u2019y rattache (dont le culte de la personnalité ou le \u2018Je\u2019 du vedettariat) et, sous le concept de langage, les manifestations conscientes de la langue et de la parole (10).Lorsque, par exemple, Stratégie reproche à Chroniques de vouloir \u201csauvegarder un oasis purement individuel: le désir\u201d et qu\u2019ils ajoutent: \u201cOr, il s\u2019agit d\u2019un leurre; le désir aussi est social, il n\u2019est même que cela\u2019\u2019(p.60), ils commettent d\u2019abord une erreur de | lecture de la psychanaiyse: on n\u2019a qu\u2019à retourner aux | textes de Freud et de Lacan (dont Chroniques a fourni à I plusieurs reprises les références) pour comprendre que I le désir correspond, dans l\u2019inconscient, à l\u2019instance de I l\u2019organisation symbolique de l\u2019individu en sujet social, économiques, idéologiques) et que parler de désir Implique nécessairement le passage de l\u2019individu au - sujet: sujet de famille, de coutume, de classe (11).La seconde erreur de leur part consiste à lancer, ce qui devient un slogan, puisqu'ils n\u2019expliquent pas: désir d - est social.Un peu comme si l\u2019on vous disait, mine de rien, l\u2019orgäsme est social et que l\u2019on ne précise pas: le lecteur veut bien le croire mais il ne faudrait pas trop longtemps abuser de sa bonne foi.Et d\u2019ailleurs, quand, dans le paragraphe qui suit, le lecteur est amené à lire qu\u2019avec \u201c\u2018l\u2019assouvissement des désirs personnels, aucune solution aux conflits sociaux n\u2019est possible\u201d, il se rend compte d\u2019une contradiction (12): en effet, si \u2018\u201cle désir est social et n\u2019est que cela\u201d, comment se fait-il que \\ (10) Sur ce point précis, voir le débat(s) sur la langue, Chroniques no 12, décembre 1975.(11) Toutes ces distinctions avaient d\u2019ailleurs été fournies dans deux éditoriaux des trois premiers numéros ainsi que dans quelques Chroniques mais Stratégie, comme par hasard, ne l\u2019avait pas lu.(Voir plus précisément les éditoriaux des nos 1 et 2, janvier et février 1975).instance structurée à même les interdits (politiques, A » \u2014 FT EET l\u2019assouvissement des désirs soit anti-social?Pas surprenant, au milieu de tant d\u2019imprécisions, de voir cet autre énoncé: \u2018\u201cIl ne faut pas se surprendre de voir Chroniques reprocher au marxisme d\u2019avoir cherché la \u2018mort du sujet.En quatre numéros, Chroniques a _ multiplié les \u2018attaques sournoises contre le marxisine\u201d_ \u201c (p.60).Devant un tel reproche, on se serait attendu à des exemples concrets.Où, quand, Chroniques a-t-il proféré de telles énormités?S\u2019il n\u2019y a pas d\u2019exemples c\u2019est que l\u2019assertion s\u2019avère mensongère, On a beau feuilleter Chroniques, rien de tel n\u2019a jamais été dit.Force nous est de constater que le sournois dont il est \u2018question se retrouve dans l\u2019attaque de Stratégie.Personne ne leur a jamais demandé de connaître la - théorie psychalanytique du sujet, ainsi que ce que certains marxistes en ont pensé, si tel n\u2019était pas leur projet, mais il eût été préférable que leurs premiers essais sur la question se risquent autrement que dans une attaque à vol d\u2019oiseau de ceux qui ont décidé de l\u2019abordet.\u201cUn autre exemple de lecture simpliste concerne.ce que Stratégie a tenté de formuler sous deux notions: la subversion et la déviance.Chroniques en effet, avait abordé deux problèmes qui ne sauraient être négligés dans la lutte idéologique, celui de la folie et celui de la criminalité.Sans répéter les thèses que nous avons proposées et sur lesquelles nous continuerons notre réflexion, thèses qui reprenaient d\u2019ailleurs la théorie et la \u2018pratique du matérialisme historique (13) en ce qu\u2019elles situaient ces phénomènes dits marginaux par la pensée bourgeoise dans une perspective de lutte de classes.Ce qui pouvait se résumer à ces quelques prin- | cipes: la folie et la criminalité ne sont pas des phéno- 12) A noter que dans cet énoncé, la catégorie philosophique de \u201cpersonne\u201d , est confondue, comme c\u2019était le cas pour la notion .d\u2019individû, avec le concept de sujet.; (13) Nos propositions s\u2019inspiraient: des analyses sur la criminalité esquissées par Marx dans le Capital; du traitement politique de la criminalité et de la folie en Chine, dépuis la révolution , exposé dans La Santé Mentale en Chine de Gregorio Bermann (éd.Maspero); des analyses de Michel Foucault et Roger Gentis.| i mène ii pui i snl atteign lursTe Fri | tha comme À de cor qu À Sat l'atag citi prec ute | int tm {seule b mani pi | | peu dl a lira | dans) situa | cap perme | his nos Cons | © qu | tog | | Matér | Whig ln Tey 4 Pets lg # lui 1g 5 Je mènes marginaux, en dehors du système, mais sont aussi situés dans les rapports sociaux (économiques, politiques et idéologiques) qu\u2019ils parlent à leur façon, selon les conjonctures précises; la folie et la criminalité atteignent surtout les classes défavorisées alors que leurs remèdes (justice et psychiatrie) sont surtout réservées aux classes privilégiées; le traitement de la folie 3 I de la criminalité n\u2019est pas individuel mais social et comme ailleurs \u201cla politique doit \u20actre placée au poste de commande\u201d.Comment se fait-il alors que les remarques.de Stratégie aient à ce point raté la cible?En fait, l\u2019attaque contre la folie est construite sur deux citations: la première concernait la folie et plus précisément la schizophrénie d\u2019Emma Santos et disait \u201cprendre délibérément cette parole comme outil de lutte\u2019, ce qu\u2019elle fit par l\u2019écriture et qui lui permit justement de s\u2019en sortir en travaillant non pas seulement son propre délire mais en rédigeant un manifeste sur la psychiatrie.En posant un geste politique.Comment, de cette seule citation, Stratégie peut-il affirmer: \u201cc\u2019est accorder un bien grand pouvoir aux mots que d\u2019en faire l\u2019instrument essentiel des libérations; et c\u2019est avoir de même une belle confiance dans les possibilités de juste appréciation de sa propre situation par quelqu\u2019un qui précisément s\u2019est révélé incapable de produire un discours sur lui-même qui lui permette de résister à l\u2019oppression sociale\u201d (p.62).En plus de la fausseté qui consiste à nous faire dire ce que nous n\u2019avons jamais pensé et écrit, à savoir que les mots constitueraient \u2018l\u2019instrument essentiel de libération\u201d, ce qui est malhonnête, leur énoncé indique trois choses: 1) ne pas reconnaîtse que les mots peuvent être aussi un instrument de lutte (Ex.tous les écrits du matérialisme - historique); 2) ne pas connaître la schizophrénie, la regarder de haut, avec mépris pour son discours: c\u2019est hourrir à l\u2019égard.de la maladie mentale une conception bourgeoise élitiste que de penser le schizophrène comme \u201cquelqu'un (nous soulignons)\u2026 incapable de produire un discours sur lui-même qui lui permette de résister à- l\u2019oppression 29. \\_ 30.sociale\u201d 3) négliger le fait que dans toute lutte révolutionnaire, *les -libérations sont toujours a prendre au sérieux\u201d selon le mot de Brecht (14).Enfin, citer contre nous la phrase \u2018\u201cles fous sont des prisonniers politiques\u201d (tirée de La Maladie Mentale ef Chine) et poser comme diagnostic que dans notre_ conception les criminels seraient les \u201ccombattants de choc de la révolution\u201d (p.62), cela s\u2019appelle du subterfuge et de la poudre aux yeux au lecteur car, quel lecteur aura le tentps, le goût et le loisir, de retourner à tous nos textes afin d\u2019y vérifier le bien-fondé des accusations de Stratégie?Le lecteur sera plutôt enclin à penser: ce sont des honnêtes marxistes, leur critique \u201c doit être fondée et justifiée.Mais quand à l\u2019analyse de leur texte et des nôtres, l\u2019on voit de quoi tout cela _ retourne, force nous est de dire qu\u2019ils se sont trompés.Sfgncore sur ces questions, dont l\u2019étude est essentielle pour la saisie du fonctionnement complexe de l\u2019idéologie bourgeoise, Stratégie s\u2019était déjà penché, nous pourrions au moins confronter nos analyses: malheureusement, sur tout cela, leurs textes-laissent un grand vide.Sur le libéralisme _ La plupart des attaques sur le libéralisme à Chroniques sont lancées à partir de citations tirées de Pentretien avec Frangois Charron, ainsi que nous - l\u2019avons ° déjà -expliqué.Selon leur système de numérotation, tout cé qui va de III - 8 à II - 27.Or, un tel système, tout en prétendant ne pas sombrer dans le vedettariat en ne révélant ni les articles en question ni les noms des signataires, permet de cacher au lecteur que justement il s\u2019agissait de cet unique entretien.Le reste, se résume en fait à deux exemples à partir desquels le fameux diagnostic sera posé.Quels sont-ils?Le premier dont Stratégie parle à quatre reprises, c\u2019est le fameux \u2018merde fasciste\u201d utilisé une fois par l\u2019un de nos chroniqueurs.Or, * (14) Sur le Réalisme, éd.L\u2019Arche, p.95.| Strat constr b rt À bares hos | À gis i Chron pag F suite 1 Jeu al } conclu pouva Jes me opi lucide | propos babar | nivel [Le est fi chioni | chroni parmi Sivan volent Cette a Sté M SOU M Ua A las | Masse | npr J dele al Dou, M mene | (sg a ony Blin it lop 1 Wray fn ka ma - Stratégie monte en épingle cette expression .et .y construit une cathédrale! ça devient, dans leur texte, \u201ccertains collaborateurs\u201d utilisent \u2018\u2018sans trop s\u2019embarrasser de nuances, l\u2019étiquette merde fasciste\u201d et plus loin \u2018\u2018en brandissant à tout propos merde fasciste\u201d (p.64).Ce qui fut lancé dans un texte de Chroniques par un collaborateur qui, sur ce point, ne partageait pas les vues du groupe mais qui s\u2019est par la suite rallié à notre éditorial sur \u2018\u201c\u201cla fascisation du -régime\u201d (octobre 75) (15) devient à Stratégie \u2018certains collaborateurs\u201d et \u201cà tout propos\u201d.Ils en ont bien sûr conclu à notre \u201cdispersion idéologique\u201d (p.64) ne pouvant pas concevoir que dans une équipe de travail, les membres ne peuvent pas toujours avoir la même opinion sur tout et que c\u2019est justement par l\u2019analyse lucide des différences que l\u2019on arrive à formuler des propositions collectives qui ont le mérite d\u2019être élaborées à partir de discussions et non par un nivellement constant des contradictions.Le deuxième exemple alléguant notre libéralisme est tiré d\u2019une lecture politiquement erronée d\u2019une chronique sur Sept-Iles (pp.65-66).Dans cette chronique, fruit d\u2019une enquête de plus de 10 jours parmi les ouvriers de Sept-Iles, il est rapporté le fait suivant: la majorité des ouvriers progressistes ne voient pas actuellement la nécessité d\u2019un parti ouvrier.Cette affirmation choque beaucoup l\u2019âÂme militante de Stratégie: le mot d\u2019ordre mis de l\u2019avant dans des groupes maoiste est la création du parti! Mais pour qui a compris la ligne de masse de Mao (partir des masses, tirer des mots d\u2019ordre, pour retourner aux masses) et lu Gramsci (la dialectique du sentir/ comprendre / savoir), il est évident qu\u2019il faut partir des besoins et des préoccupations actuels des ouvriers pour, par un certain nombre de médiations, les amener à la compréhension de la nécessité du parti: il (15) Si Stratégie n\u2019avait pas été si pressé d\u2019attaquer, ils auraient constaté, à partir de cet éditorial, que pour les membres du collectif de Chroniques, nous vivons présentement une fascisation du pouvoir et non un Etat fasciste, comme ils nous le font dire.Ou bien, ils auraient eux-mêmes produit une analyse concrète de la question ce dont, jusqu'ici, ils se sont bien gardé.Ra EE CART SpA ne s\u2019agit pas, quoi qu\u2019en pense Stratégie, de crier à la nécessité du parti pour que les ouvriers s\u2019en convainquent.De plus, cette chronique faisait état de influence démobilisatrice qu\u2019ont eu à Sept-Iles deux étudiants socialistes provenant de Montréal.Ce qui choque aussi beaucoup l\u2019équipe de Stratégie: cela nuirait et accentuerait même la séparation entre ouvriers et la fraction progressiste de la petite bourgeoisie.Reconnaître cette séparation est, au contraire de ce qu\u2019affirme Stratégie, le point de départ fondamental pour effectuer un travail militant efficace.Stratégie reproche aussi à l\u2019auteur de la chronique sur Sept-Iles de ne pas dire quels \u201cmots d\u2019ordre\u201d défendaient ces deux étudiants et à quelles organisations ils appartenaient.Contrairement à ce qu\u2019affirme Stratégie, l\u2019important n\u2019est pas \u2018l\u2019organisation\u2019\u2019 ou le \u201cmot d\u2019ordre\u201d, mais bien le fait qu\u2019un militant doit d'abord apprendre à \u2018\u2018sentir\u2019\u2019 ce que ressentent les ouvriers (Gramsci), doit d\u2019abord faite des enquêtes avant de lancer quelque mot d\u2019ordre que ce soit (Mao); cela est d\u2019autant plus vrai lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019étudiants d\u2019origine petite-bourgeoise extérieurs a la région.Mais pour les dogmatiques de Stratégie le \u2018\u2018sentir\u201d des ouvriers, l\u2019enquête, la ligne de masse semblent peu importants: seul seraient signifiants les mots d\u2019ordre, l\u2019organisation, l\u2019objectif du parti et la ligne juste définis à partir de fragments théoriques, de l'extérieur et sans les masses.- II- Des contradictions à Stratégie En quatre ans et demi d\u2019existence, Stratégie a publié onze numéros.Cette revue dont l\u2019objectif mis de l\u2019avant concerne \u2018\u2018la lutte idéologique\u201d est produite par un comité de quelques rédacteurs, tous enseignants de cégeps.Des collaborateurs y partici- 32. TE paient (16) réguliérement, sémiologues pour _a plupart.Il s\u2019agit donc d\u2019une revue pour jeunes spécialistes.Son public en est fort restreint même si les objectifs proposés sont très vastes: parler de la lutte, au Québec, qui oppose la classe ouvrière à la bourgeoisie (no5/ 6, p.9).Toutefois, ces objectifs ne furent précisés qu\u2019à partir du numéro 5/6, numéro qui marque une rupture par rapport aux premiers et qui l\u2019exprime d\u2019ailleurs sous forme de bilan/ critique ainsi que nous le précisions plus tôt.Nous ne saurions donc axer nos critiques sur les quatre \u201cpremiers numéros puisque la \u201cdispersion\u201d et le \u201clibéralisme\u201d qui \u201crégnaient, pour employer les épithétes du bilan, furent par la suite dénoncés par les membres de la rédaction et que les numéros qui suivirent opérèrent un virage sur lequel nous reviendrons.Stratégie première période Mais, afin de situer concrètement cette première série de textes dans l\u2019histoire des revues culturelles .québécoises, disons que Stratégie à cette époque, se donnait une double fonction: une première de traduction, pour les lecteurs québécois, de la sémiologie française telle que pratiquée par la revue Tel Quel: une seconde de reprise;-en des-termes plus théoriques, du travail amorcé par La Barre du Jour sur la poésie \u201c formaliste.En fait, à part les quelques textes d\u2019analyse sémiologique ou structuraliste, tous les \u201cautres auraient pu paraître dans La Barre du Jour: les mêmes collaborateurs signaient dans l\u2019une et l\u2019autre et toutes deux figuraient comme revues d'avant-garde.mais ce qui frappe, dans cette première période Stratégie\u2014et qui ne fut pourtant pas relevé dans le bilan critique\u2014c\u2019est le fossé qui existe entre les textes théoriques ou analytiques et les textes de fiction: aucun rapport dialectique entre les deux, aucun mouvement de retour ou de confrontation.Les deux (16) À partir du numéro 11, la revue est entièrement écrite par l'équipe restreinte du \u2018\u2018collectif de rédaction\u201d. séries de textes ne se parlent pas.Cette carence qui demeurera non critiquée, aura des répercussions sur le Stratégie deuxième manière et engendrera certaines de ses contradictions.=! Stratégie deuxième période Cela part, comme noüs l\u2019avons indiqué, du numéro 57 6.Nous parlerons du bilan pour ensuite dégager une analyse des textes ultérieurs.Or, l\u2019auto-critique contenue dans ce bilan n\u2019est que formelle, au sens où Brecht définit le formalisme: \u201c\u201cSi c\u2019est du formalisme que de chercher toujours des formes nouvelles pour un contenu identique, c\u2019est du formalisme que de vouloir garder pour un contenu nouveau des formes anciennes.Il faut que nos critiques étudient les conditions de la lutte sociale et qu\u2019ils en-déduisent leur esthétisme.\u201d (Sur le réalisme, p.17).C\u2019est-à-dire, dans le cas qui nous préoccupe: Stratégie affiche un contenu nouveau mais sous forme d\u2019une pétition de principe; Stratégie décrète que l\u2019analyse sémiologique servira désormais À questionner les \u2018\u2018formes de la pratique idéologique bourgeoise\u201d et à promouvoir \u201c\u201cl\u2019idéologie prolétarienne\u201d, mais on ne voit pas concrètement ce qu\u2019implique un tel voeu, à savoir: d\u2019où vient la sémiologie?Quels sont ses fondements idéologiques?Quel rô- le joue cette science dans l\u2019appareil scolaire, par exemple?Comment l\u2019institution du savoir s\u2019en sert-elle?Quelle est concrètement au Québec, la \u2018\u201cpratique idéologique bourgeoise\u201d?Comment, par quels Moyens, en quels lieux, la science sémiologique peut-elle contribuer à développer une \u2018\u2018idéologie prolétarienne\u201d\u2019?Comment, pourquoi la sémiologie est-ell\u20ac \u201cla seule théorie et seule approche actuellement en mesure de rendre compte du procès de production du sens et de l\u2019effet idéologique des .pratiques signifiantes\u201d (p.14.Nous soulignons)?Que signifient ces autres assertions générales: \u2018\u201cDe cette manière la recherche sémiologique s\u2019inscrit à l\u2019intérieur du matérialisme historique, à l\u2019exemple d\u2019une certaine sociologie, d\u2019une certaine psychanalyse, d\u2019une certai- ge lr (inte ond quel | cle jp Com bor toute (ent pare d'un sour t'es | ques mon l'ame toute preur la se | plus lsqu ques (ere eto Enon Stra pasu form Auty Tay Îque \u201cti con analy hog; rat Sle ng A sou | Ke 1 ne linguistique dont elle se veut précisément le lieu d\u2019intersection\u201d (pp.14-15)?De quelle certaine sociologie parle-t-on?De quelle psychanalyse?De quelle linguistique?Comment la sémiologie s\u2019inscrit- elle à l\u2019intérieur du matérialisme historique?Comment sera-t-elle le lieu d\u2019intersection de toutes ces certaines sciences?Le lecteur veut bien avoir la foi en toutes ces choses; il veut bien supposer qu\u2019en plein centre des sciences dites humaines\u2014dont on ne lui parle pas d\u2019ailleurs\u2014 l\u2019une des sciences jouirait enfin d\u2019un statut de nature révolutionnaire; il veut bien se sécuriser, pour un temps, de tant d\u2019espoirs.Mais il n\u2019est pas sot.Pour peu qu\u2019il veuille un peu questionner toutes les approches scientifiques du monde, il attend des preuves de ceux qui semblent l\u2019amener si allègrement au lieu d\u2019intersection ou toutes les contradictions s\u2019éclaireraient.Et des preuves, en ce lieu, il n\u2019en trouve pas plus qu\u2019ailleurs; la science sémiologique ne lui semble finalement ni plus pure ni plus certaine que les certaines autres avec lesquelles ses recherches l\u2019ont amené à se poser des questions.Puis il réalise que s\u2019il n\u2019a pas plus d\u2019exemples concrets ici qu\u2019ailleurs, aussi bien retourner aux textes marxistes qui fondent leurs énoncés sur des analyses concrètes.Le bilan de Stratégie 5/6, malgré les bonnes intentions, ça n\u2019est pas une auto-critique mais une série de dogmes.D\u2019un formalisme, Stratégie a sauté à un autre formalisme.Autant la fiction formaliste des premiers numéros n\u2019avait pas été questionnée, autant la théorie scientifique des autres ne le sera pas.Une auto-critique sérieuse aurait d\u2019abord supposé l\u2019analyse détaillée des contradictions antérieures.Ainsi les conditions d\u2019une analyse critique du statut idéologique de la science chosie (la sémiologie) pour démasquer les diverses pratiques sociales eurent été mises en place.Ces deux silences, sur le statut de la fiction et sur celui de la sémiologie, ce formalisme non critiqué, amènera le groupe Stratégie à la déviation qui caractérisera ses récentes prises de position: le dogmatisme.35. Avant d\u2019aborder cette déviation que nous considérons \u20actre le défaut principal de la revue Stratégie (auquel se rattachent les autres contradictions que nous avons relevées tout au long de cet article) et qui résulte d\u2019une mauvaise assimilation de l\u2019étude du matérialisme historique et d\u2019une connaissance insuffisante de l\u2019histoiré économique, politique et culturelle du Québec,(17) nous aimerions donner un exemple concret de l\u2019un des résultats des prises de positions dogmatiques qui se caractérise par l\u2019attitude gauchiste: il s\u2019agit du commentaire qui accompagne \u201c d\u2019une part l\u2019absence de réponses à Stratégie de certains écrivainS\u201dà qui la\u2019 revue avait fait parvenir un questionnaire et d\u2019autre part la seule réponse envoyée à Stratégie par l\u2019écrivain Jean-Jules Richard (Stratégie no.9, pp.5-18).En quelques pages et sous un titre \u2018ronflant \u201copportunisme et marche arrière dans le champ culturel\u201d \u2014 titre ronflant parce que ni l\u2019opportunisme- dénoncé, ni la supposée \u201cmarche arrière ne sont démontrés \u2014 Stratégie pose un diagnostic, tout fait de principes puisque jamais prouvé à l\u2019aide d\u2019exemples concrets, sur l\u2019ensemble des intellectuels progressistes du Québec: en effet, _ depuis le début des années 60, il y aurait eu sur le plan \u201cde la lutte idéologique, \u201cdémission\u201d\u2019.Quelle sorte de démission?Où?Comment?Quand?Dans les syndicats, dans les écoles, dans les revues, dans les livres publiés?Comment cette démission s\u2019est-elle théoriquement et concrétement manifestée?On ne le sait pas.Tout ce que le texte réussit à nous dire c\u2019est qu\u2019il y aurait eu \u201cdes opportunistes droitiers qui, il y a une dizaine d\u2019années, ont pu s\u2019infiltrer dans les groupes culturels progressistes ou être assimilés à ces groupes\u201d(p.7).D'abord, de quels groupes culturels progressistes parle-t-on?Et surtout qui étaient les \u201copportunistes droitiers\u201d?Comment, par quelles (17) Ce défaut a touché plusieurs individus, -ou groupes, depuis l\u2019avènement du matérialisme historique.II fut souligné et analysé à plusieurs reprises par Lénine, Gramsci et Mao.Le lecteur pourra se référer, comme exemple, au texte de Lénine: \u2018La Maladie infantile du communisme (le gauchisme)\u201d Oeuvres Complètes, tome 31.Li: fel à mani déclar p Qué poset E ol de Sr auto pau d intlle Au boli digg theor qu eu À cost git 1p Richa # doute sins poi Per lang gst sor À début soy quelg fc Étant ç | senti dig] big Cn i; M Tite tis Woy (Be stratégies, par quelles tactiques, avec quelles idéologies concrètes, ces opportunistes se sont-ils manifestés?On ne le sait pas non plus.Plutôt que des déclarations fumeuses sur une tranche d\u2019histoire du Québec, Stratégie aurait pu très concrètement se poser la question suivante: pourquoi, les écrivains sollicités n\u2019ont-ils pas répondu?ŸY aurait-il, au coeur de Stratégie, des contradictions à analyser, une auto-critique à amorcer, concernant, par exemple, le peu d\u2019impact et d\u2019influence de ses discours sur les intellectuels écrivains?Au lieu de cela, Stratégie a préféré s\u2019en prendre au seul répondant, Jean-Jules Richard, et poser un autre diagnostic à l\u2019emporte pièce sur \u2018l\u2019inconsistance tant théorique que politique\u201d de sa réponse (p.7).Il aurait, paraît-il, confondu \u2018\u2018le\u201d politique avec \u2018\u2018la\u201d\u201d petite politique partisane.Tant de naïveté ne fait pas que consterner, elle éveille chez le lecteur une colère bien justifiée, d\u2019autant plus qu\u2019un discours- pontifiant la supporte.On n\u2019a qu\u2019à retourner au texte de J.J.Richard pour s\u2019en convaincre.Celui-ci n\u2019avait sans doute pas lu Althusser et Poulantzas, il ne connaissait sans doute pas la distinction théorique entre \u201c\u2018le grand politique et \u201cla\u201d petite politique.Et il avait par surcroit le malheur de parler, dixit Stratégie, dans un langage \u2018\u201cmétamorphique\u201d\u2019 (pp.8-9).Ca y est, le chat est sorti du sac: ce qui germait chez Stratégie depuis le début, vient d\u2019éclore.À bas la métaphore! Place au discours direct du politique.On se croirait revenu quelques décennies en arrière, à l\u2019époque du réalisme socialiste! Et Maïakovski?Et Brecht?Et Luxun?Et tant d\u2019autres?Puis cette phrase de Brecht nous semble avoir été proférée hier, tellement elle devient actuelle: \u2018De nos jours, les poètes lyriques ont désappris le chant après avoir lu le Capital.Déjà Goethe et Schiller avaient leurs périodes scientifiques, où le flot de la création artistique \u2018\u2018coulait plus mince\u2019\u2019.Mais si le contact avec la science produit des crises, c\u2019est seulement dans la mesure où il en résulte un contact avec la réalité\u201d) (Sur le réalisme, p.144).(18) C\u2019est donc dans un style métamorphique \u2014 avec ses outils d\u2019écrivain \u2014 que J.J.Richard répond à Stratégie.11 ne théorise pas sur les rapports (du) politique/ littérature.Pour lui, le politique c'est d\u2019abord la politique partisane du duplessisme qu\u2019il a _ | vécue au temps de la gréve d\u2019Asbestos, en tant que militant.C\u2019est la politique de la répression syndicale, de l\u2019affrontement réel concret entre les grévistes et l\u2019Etat bourgeois, c\u2019est la politique des injonctions, c\u2019est la politique de la loi du cadenas: \u201cDu bruit.Branle-bas.D\u2019abord les mineurs sont-ils accomodés des poumons?Ne pourraient-ils pas s\u2019adapter a la vie souterraine comme les termites?Et puis la tour penchée ne recevait plus.Une panne comme ¢a, faisant la pantamine.Alors quelqu\u2019un a pensé au cadenas.Le cadenas ça veut aussi dire qu\u2019un objet peut dépasser sa fonction.Dans ce cas-ci, le cadenas est synonyme de silence.Un silence imposé en mal et due forme.Un-silence aimanté menant toute la rouille au socle de la po- : litique\u201d.(p.23).Et J.J.Richard, de parler aussi de silicose, d\u2019amiantose, de capital, de syndicat, de militantisme, comme les jeunes dogmatiques d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019ont pas su le lire.De parler aussi de cette coupure, de ce hiatus entre la parole du poéte et les conditions concrètes faites aux travailleurs manuels.De relever, sous un langage métaphorique \u2014 d\u2019autant plus que Pécriture du slogan pourrait difficilement rendre compte de la complexité du problème \u2014 de relever tout au long de son texte cette contradiction réelle, un peu comme l\u2019avait abordée ici, à Chroniques, un autre \u201c\u201cvieux\u201d\u201d militant syndicaliste, socialiste et poète, Gilles Hénault (voir Chroniques no.1, Entretien avec G.Hénault), contradiction qui ne fut jamais analysée (18) Voir aussi, dans le même texte de Brecht (p.94) sa défense du \u2018monologue intérieur\u201d tel que pratiqué dans les romans de Joyce, défense contre les \u201cquelques marxistes\u201d qui avaient taxé Joyce de \u201cformaliste\u201d\u2019, en y ajoutant, \u201cavec dégofit, I'étiquette de petit-bourgeois.\u201d par Stratégie et qu\u2019ils n\u2019ont pas su lire chez J.J.Richard.Pourtant, quelle leçon d\u2019histoire auraient-ils pu retirer de ce texte.Ca commençait même un peu comme les contes d\u2019histoires: \u2018\u2018c\u2019était en 1948.\u201d - (p.24) et ça se terminait par un \u2018\u201cDonc.\u201d\u2019(p.25) qui ne savait conclure pour ne pas prétendre contrôler toutes les vérités du très \u2018\u201cbeau\u201d\u2019 rapport posé par Stratégie entre (le) politique et (le) littéraire.Malheureusement, J.J.Richard est mort avant la réhabilitation de son texte, mais heureusement d\u2019autres poétes viendront encore parler du politique avec les matériaux propres a leur métier car, selon le mot de Brecht, avec l\u2019avènement du socialisme, on continuera \u201cde- permettre à l\u2019artiste d\u2019y consacrer son imagination, son originalité, son humour, sa puissance d\u2019invention\u201d (Sur le réalisme, p.118).Stratégie troisième période: le dogmatisme Le bilan du numéro S/ 6 sera repris dans le dernier numéro de Stratégie (11) dans un texte intitulé \u2018Notre champ d\u2019intervention\u201d\u2019.Comme ces textes éditoriaux constituent les seules prises de positions collectives du groupe ainsi que les seules analyses de l\u2019ensemble du travail poursuivi par la revue, c\u2019est donc à partir d\u2019eux que nous formulons la majorité de nos critiques.Ceci ne nous empêche pas pour autant de souligner l\u2019importance des analyses des diverses \u2018\u2018pratiques signifiantes culturelles québecoises\u201d\u201d contenues dans tous les numéros: sur le sport, la langue, le théâtre, les journaux, etc.Toutefois, nous croyons que d\u2019une part, l\u2019absence de questionnement des diverses approches sémiologiques ou structuralistes utilisées et d\u2019autre part, la rupture entre les prises de positions théoriques et ces approches scientifiques ainsi que le dogmatisme de ces prises de position, limitent grandement la portée et l\u2019efficacité du travail accompli par Stratégie sur les couches progressistes de la petite-bourgeoisie intellectuelle.Mais la contradic- - .aon tion principale résidant, à notre avis, dans le Bi dogmatisme, c\u2019est de cette déviation que nous jin parlerons maintenant.7 _ Bus Dans ce texte marquant donc le \u2018début d\u2019une soul troisième phase Stratégie, le collectif nous annonce plist trois choses: une auto-critique; un ennemi a te combattre, le libéralisme; une lutte idéologique a [wu mener.Quen est-il de chacune?Les trois sont Jub caractérisées par une méme tendance, le dogmatisme, à rat c\u2019est-à-dire que les trois sont affichées à partir de ex pétitions de principes et non sur des \u201canalyses ur concrètes de situations concrètes\u2019\u2019(Lénine).Nous-les | ia aborderons une à une.j olin dns Une auto-critique abstraite i Rappelant le bilan du noS/6 qui identifiait deux gia tendances à Stratégie, \u201cune tendance scientifique et J \"tt une tendance politique\u201d (p.2), le collectif propose sii \u2014 donc d\u2019opter principalement pour la seconde tout en J pig ne négligeant pas la première: \u2018\u2018loin de rejeter la wi nécessité d\u2019un travail cohérent, fondé sur les bases du Fug matérialisme historique et dialectique, Stratégie FE diy affirme néanmoins aujourd\u2019hui que ce travail ne peut F fu être mené correctement que si l\u2019on met clairement le dm: politique au poste de commandement.\u201d Plus question il de- sémiologie ni des diverses sciences, dont la fil linguistique et la psychanalyse, concernées par les [ qi; pratiques artistiques: la seule science invoquée est le sn}, matérialisme historique et la lutte idéologique se Ë résume en un principe sur lequel on ne peut pas ne pas être d\u2019accord: \u2018\u201cParler de lutte idéologique, c\u2019est la situer en rapport avec la lutte politique, lutte pour En) l\u2019instauration d\u2019un pouvoir ouvrier au Québec et au § Lu Canada\u201d puisque l\u2019idéologie c\u2019est \u2018\u201cla lutte entre deux J pe conceptions du monde: une conception bourgeoise et § \u2018UE une conception prolétarienne\u201d (p.3).C\u2019est beau, mais \u201cou - ce n\u2019est pas une auto-critique.Une auto-critique À Pil aurait impliqué, entre autres choses: que Stratégie Ul critique concrètement, à l\u2019aide d\u2019exemples, le travail | ly Wa Tu dk ql Droge a accompli antérieurement: pourquoi le silence sur ce que Stratégie avait nommé le \u2018\u2018formalisme\u201d\u2019 et le \u201clibéralisme\u201d \u2018dé la première période?Pourquoi l\u2019utilisation de la sémiologie \u2014 et laquelle \u2014 de la seconde période?Pourquoi la sémiologie n\u2019est-elle plus invoquée maintenant?Pourquoi la négation, déja et encore, de tout.ce qui reléve du sujet, du désir, de la sexualité, de l\u2019inconscient?Pourquoi le silence actuel sur tout ce qui touche à la matérialité des diverses pratiques artistiques?Au lieu de cela, Stratégie expose une ligne-de principes, ligne qui est juste naturellement et à partir de laquelle un autre diagnostic est lancé: désormais, les \u2018\u2018pratiques culturelles\u201d qui intéresseront Stratégie seront rangées dans deux camps: les \u2018\u201cprogressistes\u2019\u201d\u2019 qui démystifient la culturè et les valeurs bourgeoises; les \u2018\u201c\u2018militantes\u201d qui interviennent par le travail d\u2019agitation-propagan- de en direction de la classe ouvrière en vue de \u201cdévelopper les germes d\u2019une culture démocratique et socialiste\u201d (p.3).Pas question de penser que ces pratiques sont dialectiquement reliées, que l\u2019une ne se conçoit pas sans l\u2019autre et de le démontrer.Et surtout pas question de critiquer le simplisme d\u2019une telle dichotomie (absence d\u2019une analyse dialectique et d\u2019une mise en situation historique)\u201d ainsi que le dogmatisme qui la supporte dans un champ (la lutte idéologique) pourtant fort complexe qui touche à la fois les pratiques politiques et les pratiques culturelles qui se travaillent et se jouent dans et par le symbolique.> Pour notre part, nous préférons donner un contenu de classe au terme \u201c\u2018progressiste\u2019\u2019: est actuellement progressiste au Québec, celle ou celui qui, à un niveau ou à un autre, sur un point ou sur un autre, défend des positions qui vont à l\u2019encontre des intérêts de l\u2019impérialisme américain et des grands monopoles canadiens.Au niveau culturel, l\u2019on peut défendre ces positions avec différents outits (théâtre, fiction, \u2026), en utilisant différents types d\u2019écriture (le discours direct _ de l\u2019agit-prop n\u2019est qu\u2019une forme d\u2019écriture), en ~ travaillant dans différents milieux, en oeuvrant au sein de différentes classes sociales (nouvelle petite- bourgeoisie, salariés \u2018prolétarisés, classe ouvrière, assistés sociaux), même si la liaison avec la classe .ouvrière est déterminante en dernière instance et même si conjoncturellement elle est peut-être la plus importante actuellement.Mais d\u2019un point de vue marxiste et léniniste, il est absolument erronné de réserver le terme de \u201cmilitant\u201d, comme le fait Stratégie dans son dernier éditorial, (p.3) à ceux qui veulent \u2018mener un travail d\u2019agitation-propagande en direction de la classe ouvrière\u201d, \u2026ä moins d\u2019être gauchiste.Un ennemi secondaire qui devient principal: le libéralisme Stratégie entend donc combattre un ennemi: le libéralisme.C\u2019est même l\u2019ennemi principal car le \u2018libéralisme économique, le libéralisme politique et le .\u2018libéralisme idéologique sont les trois aspects du libéralisme de l\u2019Etat bourgeois\u201d (p.4).Est-ce que l'idéologie du \u201clibéralisme\u201d est la même aujourd\u2019hui, durant l\u2019époque du capitalisme monopoliste d\u2019Etat, qu\u2019à l\u2019époque du capitalisme concurrentiel?Quelles relations entretient l\u2019idéologie technocratique, qui s\u2019est développée avec le capitalisme monopoliste d\u2019Etat, avec le libéralisme?Dans la conjoncture actuelle de fascisation du régime, le libéralisme est-il encore l\u2019ennemi principal?Dans la période actuelle où les forces marxistes sont faibles et où il n\u2019y a pas de parti communiste de masse, le libéralisme est-il toujours l\u2019ennemi principal ou est-il une faille du système que nous devons utiliser?Parmi les .groupements socialistes, le défaut principal actuellement est-il le gauchisme ou le libéralisme?Parmi les petits-bourgeois intellectuels que Stratégie peut rejoindre quelles formes prend concrètement le libéralisme?L\u2019idéologie nationaleuse et la contre- culture ne seraient-ils pas des ennemis plus présents chez ces petits bourgeois que le libéralisme?N\u2019espérez pas trouver dans Stratégie de réponses à ces questions - car Stratégie fait l\u2019analyse livresque d\u2019une situation abstraite: le libéralisme appuyé par \u2018quelques citations de Lénine et Mao.Mais s\u2019ils avaient vraiment assimilé \u2018ces auteurs,ils auraient vu que ceux-ci, selon la - conjoncture, critiquent soit le libéralisme soit le dogmatisme, ou s\u2019attaquent aux idéolôgies concrètes qui prévalent à tel ou tel moment.+ Une lutte à mener ~ Le programme tracé par Stratégie (pp.7- 11) nous semble intéressant.Stratégie le résume en trois points: critiquer les pratiques culturelles bourgeoises; populariser les pratiques culturelles progressistes et militantes; produire des analyses et/ ou des dossiers sur des questions culturelles générales.Avec\u2019 ce programme, comme avec les principes généraux qui - l\u2019accompagnent, tous les individus -ou groupes: militants quels qu\u2019ils soient (trotskystes, maoïstes ou même \u2018\u2018révisionnistes\u2019\u201d du PC comme il est affirmé aussi à Stratégie) et où qu\u2019ils soient dans le monde, ne peuvent pas ne pas être d\u2019accord.C\u2019est tellement général et si peu situé que ça ne risque même pas les \u2018désaccords ou la critique.I reste que dans ce numéro 11, les enquêtes sur le Cinéma politique (CIP) et le Théâtre Euh.sont bien menées et que l\u2019analyse sur - \u201cle drame de l\u2019enseignement du français\u201d et le Manuel du Ier Mai est bien faite et pertinente.Mais toutes les questions laissées en suspens par Stratégie et qui concernent la complexité des domaines que recouvre le terrain idéologique, continueront de se poser pour des lecteurs sollicités non \u201cseulement comme sujets de classe dans des rapports économiques et politiques mais aussi comme sujets sexuels (avec un inconscient: des pulsions, fantasmes et désirs) dans des rapports symboliques : au monde.Bien sûr, si ces questions continuent d\u2019ê être occultées à Stratégie ces mêmes lecteurs, progressistes et militants, iront chercher ailleurs.Le Collectif / par M.G.43. CE EE débat(s) ) bovis! Ralent fos laqué piles tra J Mitel jn 20d pésnten forest, paris || me pulses Np re pur ist tion 8.Badia biologie fe celle ido hrmation Monte eli exp he de de igi, J fon a Néilogie ue Le Petite-bourgeoisi * Céline- Saint-Pierre \u2014 A la suite de ma dernière chronique: \u201cDu rappo Nadeau à l\u2019injonction du Recteur Lacoste\u201d, il s\u2019est avéré nécessaire pour le collectif que je poursuive une réflexio sur la notion de besoin vu son utilisation massive dans le discours actuel: que ce soit celui des \u201ccouches moyennes\u201d de groupes de consommateurs, des technocrates, des \u2014 étudiants, des psycho-sociologues, de certains psychana lystes, de certains marxistes et j'en passe.à rapport L'utilisation idéologique qui est faite par la class se 5 - dominante de cette notion de besoin et sa reprise par des de _ groupes sociaux qui se disent en rupture avec elle, peuvent qu\u2019ajouter à la confusion née à la fois de sorÿétnt} utilisation et de son renvoi à ce qui constitue sa faceitlu cachée, le désir.L'obscurantisme qui entoure cett + hw idéologie et le fait qu\u2019elle soit le produit d\u2019abord et avan ent tout de la classe bourgeoise, m\u2019amène à proposer le rejetflttin de cette notion et son remplacement par le concept dey, des so 3 < pratique sociale de classe.get de | Dans un premier temps (celui du présent textek je me propose d\u2019amorcer le débat à la lumière de certaing sg travaux que j'ai consultés et qui me sont apparut, particulièrement pertinents dans leur façon de poser lé My probléme: s\u2019appuyant sur une méthode dialectique deff, destruction-construction de l\u2019objet, ils nous fournissen{f my des éléments précieux de méthode pour étudier le d oo questions soulevées par le recours à la problématique du An A ; Date besoin pour décrire et expliquer une dynamique sociale] hi, La théorie du besoin-aspiration glans la sociologie bourgeoise Je vais tenter de faire ressortir les éléments qui me 4semblent les plus significatifs pour sortir de l'impasse dans laquelle nous place cette problématique.Je retiens {ici les travaux de Francis Godard, de Jean-Pierre Terrail, ! lde Michel Glouscard, d\u2019André Glucksmann; ils renvoient Ji aux analyses de Marx, de Lénine et de Mao et se présentent aussi comme une critique des théories de Marcuse, de Galbraith et d'un certain courant freudo- ) marxiste que prétendent soutenir Guattari et Deleuze.(1) Il ne s\u2019agit pas pour moi de systématiser leurs à jJanalyses respectives (ce qui mériterait d\u2019être fait sous l'Qune autre forme d'intervention et qui n\u2019est pas la mienne Jpour l'instant) mais de m\u2019en inspirer pour clarifier ma .&position sur la question.La distance que je prends face à la notion de besoin et à le {l'idéologie qui la soutient se révèle être du même type que celle que j'entretiens face aux théories psycho- sociologiques que j'ai ingurgitées pendant ma première formation de sociologue lorsque j'étudiais à l\u2019Université made Montréal au début des années \u201860.C\u2019est probablement mice qui explique mon allergie presque épidermique à ce piaftype de description et de compréhension des problèmes us{sociaux.Tout le travail critique que j'ai dû opérer sur ma et géniales, les amants du savoir et les séducteurs, les décorateurs et les poètes, tous ceux qu\u2019une humeur brûlante pousse au-delà du temps, les curieux et les inventeurs, et jusqu\u2019aux premiers anatomistes, tous les\u201d voyägeurs que rien ne retient de voyager sur le plancher mal assuré, oui je vois passer la troupe des insatisfaits, mue par une force mystérieuse et invisible, et tous ont la légèreté de ballons plein d\u2019air, telle qu\u2019en rêve j'aime en avoir la jouissance.(Hélène Cixous, Révolutions pour Plus d'un Faust, Ed.du Seuil, 1975).Ce roman n\u2019est pas à la mode: il n'appartient ni au nouveau roman Re ni au nouveau nouveau roman (lire la conférence du \u2018\u2018culturologue\u201d Renato Barilli dans Nouveau Roman: hier,aujourd'hui, 1, \u201c10/ 18\u201d no 720, où 1l explique cette nouvelle étiquette); c\u2019est plutôt un roman qui emprunte un mode de production fort ancien: le roman d\u2019aventures ou pour être plus précis le roman de voyages (Odyssée, La Divine Comédie, Don Qui- chotte de la manche, Faust et Second Faust, voilà du roman de voyages).L'auteur (Faust) et le fou survolent ensemble les \u2018\u2018Ateliers de la Nature\u201d et les événements de l\u2019Histoire: ' ° Orbites, Ballon, - Ballet discontinu, voies d\u2019autres, danses des structures, carnaval spontané des effets de culture, grande fête de l\u2019Histoire! Tu \u201c y danses, lecteur, tu rêves, tu sautes et tu te multiplies.C\u2019est là l\u2019ouverture du livre, ouverture qui ne trompe pas: ballet, danses, carnaval: le lecteur est invité à bondir parmi les.effets de culture.Qui n\u2019a pas de culture restera en dehors du livre: qui n\u2019a pas de culture révolutionnaire, celle qui propose des voyages, des aventures.On commence à saisir que le mot \u201c\u2018révolutions\u201d est un autre mot pour dire l\u2019aventure, le voyage, que Faust est l\u2019auteur et le lecteur curieux (il n\u2019y a de culture que de la curiosité), que ce livre est pour plus d\u2019un lecteur par son parcours infini.OUI je vois passer la troupe des insatisfaits, mue par une force mystéRIEUSE et inVI- sibLE, et tous ont la légèreté de ballons pleins d\u2019AIR, telle qu\u2019en rêve j'aime en avoir la jOUIssance.C\u2019est à jouir du sens que le lecteur est convié, à une vie qui prenne l\u2019air, à une insatisfaction rieuse.Oui, une écriture montante! 67. E Après Finnegans Wake de James Joyce Révolutions pour plus d'un Faust, brûlot, brule comme \u201c Giordano Bruno: voir Prénoms de personne (p.317, note 1) d\u2019Hélène Cixous.Un étudiant: Mais qu\u2019est-ce que brûler?L\u2019autre: C\u2019est devenir un Bruno, un briilot,.L\u2019étudiant: ?] L\u2019autre: Un brûlot est un petit navire chargé de poudre qu\u2019on envoie exploser près des navires ennemis.L'étudiant: Pourrait-on dire \u201c(l\u2019étudiant rit) que Chroni- , ques est un brûlot au flanc de l\u2019humanisme bourgeois?.(l\u2019autre rit) Mais Bruno?L\u2019autre: Il était né à Nola, dans le Royaume de Naples, en 1548.Entré au monastère de S.Domeni- co Maggiore a Naples, il était prêtre depuis 1572.Mais très tôt, ce brillant sujet, ce théologien rompu à la discussion scolastique avait montré des signes de lassitude à l\u2019égard de l\u2019enseignement et des pratiques de l\u2019Ecole.Son intérêt allait vers des auteurs ou des sujets marginaux, parfois interdits.Il montrait à l\u2019égard de certains dogmes un détachement, voire un scepticisme mal tolérables.Dès lors sa vie ne fut,pendant la quinzaine d\u2019années qui vont de 1576 à 1591, qu\u2019une longue errance à travers une Europe déchirée par les luttes religieuses et dont les terrorismes affrontés tolèrent mal la liberté de l\u2019exilé (Emile Namér, \u2018Le bûcher de Giordano Bruno\u201d dans L'Affaire Galilée, Galimard, 197,5).Pour des propositions jugées hérétiques par neuf cardinaux inquisiteurs \u2018\u201cil fut conduit par les ministres de la justice au Campo di Fiore, et là déshabillé et nu, il fut attaché à un poteau et brûlé vif\u201d le 16 février 1600.~ \u201cAu-dessus des années, au plus haut des airs, quand parfois dans un délire je - ~ briile, pour offrir à mon esprit un asile de fraîcheur, je forme de mon feu un château, une montange, de plus hautes hauteurs.(Une odeur de fumée prend l\u2019humanité à la gorge.) Et là-haut, pendant que je m\u2019élève, et parcours le théâtre des airs, je commence naturellement à changer, (on brûle Bruno au Campo de Fiori en février 1600) je deviens plus mûr et cependant plus jeune, plus ignorant, plus frais et cependant plus sûr, plus fragile, mais plus fort, et cependant plus sauvage, plus arbre, et donc plus futur.\u201d Le feu monte! Mais le feu a un autre nom: la jeune fille: Laisse-moil- Moi aussi j'ai de la force et du courage.Ma volonté, comme la tienne, ne se laisse pas facilement forcer.Tu te fies à ton bras?tiens ferme, insensé que tu es, et je te brûle pour m\u2019amuser.(Elle jette des flammes et flamboie en s\u2019élevant.) Suis- moi dans lés airs, suis-moi dans le tombeau; cherche à attrapper le but que tu as manqué.(Hélène: Faust).Second Ltn ?me que tie, F premêr sifuato présent Canada 3 Tul the ¢ Jouts ng ons | Dae deux un Haute ] femmes \u201chou Ugg QUE ng, tien, M tofs > a i ny as = ME Réjean Jacques Le retour du féminin L'émission F comme femme(s) me questionne dans la phallocratie.F comme Femme(s), la première d\u2019une série sur la situation des femmes en France, présentée le 26 novembre à Radio- Canada à 21 hres 30, télévision.(1) Virginia Woolf \\ Elle parle aux républicains espagnols de 1938 pendant la guerre civile d\u2019Espagne: \u2018\u201cEt si de nos i jours nous écoutons les informa- » tions à la radio, nous entendons: la place des femmes est au foyer, il y a deux univers, un pour les femmes, l\u2019autre pour les hommes, les femmes ont échoué, elles vont échouer,elles vont échouer.Même à présent, les \u2018clameurs sont telles que nous pouvons à peine nous entendre parler nous-mêmes.Elles étouffent les mots en nos bouches, (1) La suite sera probablement présentée de façon irrégulière à Radio-Canada, dans le cadre des émissions consacrées à la femme.No.- elles nous font dire ce que nous n\u2019avons pas dit.Ecoutez cette parole ancienne (Créon à Antigone): \u201cCelui que la cité désigne, cet homme doit être obéi, dans les plus intimes comme dans les plus grandes choses, dans les choses justes, dans l\u2019injustice.La désobéissance est le pire fléau, nous devons défendre la cause de l\u2019ordre et ne tolérer en aucune manière que- les femmes donnent des leçons.Les femmes doivent être des femmes et ne pas aller en liberté, Des servantes, retenez-les à l\u2019intérieur.\u201d Virginia Woolf: \u201cC\u2019est la voix de Créon le dictateur.\u201d Antigone: \u201cTelles ne sont pas les lois dictées aux hommes par la justice qui traite avec les dieux\u201d.Virginia Woolf: \u201cMais Antigone n\u2019avait derrière elle ni force, ni Capital.Et Créon l\u2019a enfermée dans une prison de femmes ou dans un camp de concentration, puis dans une tombe.Et Créon, nous l\u2019avons vu, a mené sa maison à la ruine, 69. AR CE EE jonché ses terres de cadavres.Il semble qu\u2019à écouter les voix du passé que nous-soyons en train de regarder des photos de cadavres et de maisons en ruine, comme celle de votre guerre.Les choses se répètent, semble-t-il, les images et les voix.Les femmes combattent le même ennemi que vous et pour les mêmes raisons.ELLES ONT LUTTE CONTRE LA TYRANNIE DU PATRIARCAT COMME VOUS LUTTEZ CONTRE LA TYRANNIE FASCISTE\u201d (cette parole est transcrite de l\u2019émission F comme Femme(s)).et Hélène Weigel.L'ordre de Créon Le mâle Créon, parce qu\u2019il s\u2019est approprié la force du Capital, assassine tout le corps amoureux et social d\u2019Antigone.Donne-nous » des fils, des soldats, des ouvriers, des savants, donne-nous des filles, 70.= Antigone, comme la voient Bertolt Brecht, tiquement, j'ai été désigné idéolo- And des ouvrières, des cuisinières, des |A jy mères, dit la société,dit le pouvoir.§ quel phallocrate.Il domine, dans la | ion.division familiale et sociale du [sik travail, les femmes sont oppri- Fei mées, l\u2019ordre de Créon, sexuel, @ mn! politique et économique ne recon- in dé naît pas l\u2019équilibre des différen- @gnelp ces, il assujettit hommes et femmes honn à se vivre dans des antagonismes, il ou codifie dans la phallocratie.Anti- Am gone, quand elle s\u2019oppose à Créon, sain joue son corps et sa vie, I'ébran- § lement de tout le texte patriar- à\" Ce .edly cal.Virginia Woolf a bien raison f§.; , que de dire qu\u2019hommes et femmes, | a nous avons le même ennemi, tout | Lu au point chaud de notre désir des } o n autres.La parole de Créon dicte la } ie mort, je risque la vie de rejouer ma | , langue.| qu, / , M iso Des voix de femmes, d\u2019ici et Rie d\u2019ailleurs, s\u2019élévent contre le gi phallocrate dictateur, \u201cF comme | Dan Femme(s), F comme futur\u201d, cel oy futur, cette folie des femmes, 8 ; ; mse maintenant la mienne, le retour historique de ce qui a été refoulé.§ Kk Je ne veux pas et ne peux pas parler nu à la place des femmes, je ne peux il que répondre de ma différence et re de mon féminin, avec elles et ils, M nous conjuguons, échange de) eon @ gestes et de paroles, nos langues nous épellent dans histoire.J lu Que je le veuille ou non, individu a sexuel j\u2019ai été écrit sujet de classe, } hé au masculin de la phallocratie.à Jusque dans la loi, j'ai été promu} \"* de l\u2019ordre de Créon.Et quel ordre?\"0 Et quel masculin?Dans ses habits j; eu de roi, le phallocrate -dictateur| x, i n\u2019en finit plus de m\u2019interpeller à la f si reconnaissance de son pouvoir:}- Le dominé économiquement et poli-| Folly it % ; des | Ivo 5 Jy ¢ dy Dp Xie), X00 en.Ines si Ant fn) ran- ig ison mes, tout 1 des.dela rm di et k me \"6 mes, fot | qu | atlt peur Ce 1151 dé ie | ish rail po ie abis gtell { à a noi pt bol ge) giquement à vivre ma différence sexuelle dans un rapport de domination.Dans la division familiale et sociale du travail ma différence est codifiée et avec elle tout , mon rapport à l\u2019autre.L\u2019oppression des femmes par le pouvoir sexuel, politique et économique de l\u2019homme n\u2019est pas étrangère au détournement de mon féminin.À l\u2019origine, le masculin et le féminin.Cela ouvre ma vie, je n\u2019arrête plus d\u2019aimer l\u2019une et l\u2019un à travers la caresse de l\u2019autre, je me déroule tout entier, je, bi-sexuel, l\u2019écriture de ma différence en sort toute modifiée.Le retour de mon\u2019 féminin lève l\u2019ordre de Créon, l\u2019ordre un, hétérosexuel, l\u2019ordre du Capital.Je conjugue à la première personne du pluriel, ce qui était divisé, enfoui, est réécrit, multiplié.Dans la société patriarcale, mon féminin a été détourné de son désir du masculin, l\u2019ordre de Créon écrit à perte de mon désir sexuel du masculin; l\u2019interdit se parle au masculin de la phallocratie, dans l\u2019ordre du langage et de l\u2019action.L'écriture phallocrate Créon impose à Antigone et aux femmes de ne pas aller en liberté,l\u2019interdit est politique; l\u2019ordre du langage appartient à Créon, à la force du Capital: \u201cQuant à toi (Antigone), dis-moi brièvement, sans phrases (c\u2019est moi qui souligne), si tu étais informée de l\u2019interdiction que j'avais fait proclamer\u201d.L'écriture phallocrate est un refoulement de la parole au féminin, un détournement de tout son ordre symbolique et historique.\u201cVous avez fait de nous des mythes, des muses, des symboles, une façon comme une autre de nous reléguer à nos fourneaux\u201d, f comme femme-fleur, nymphe, étrange objet de joie et de supplice, adorable femme des neiges, Bos- suet écrit que les femmes doivent se souvenir qu\u2019après tout elles viennent d\u2019un os surnuméraire, fascinante, le clitoris de la fée des étoiles, flammes, fécondité,\u2026, \u2018\u2018il y a actuellement des femmes qui se battent, il y a des femmes qui prennent la parole et je pense que même en silence, il y a des femmes qui font avancer la condition féminine même celles qui ne sont \u2018pas encore connues à l'heure actuelle.\u201d A partir de ces paroles de femmes, de leurs luttes d\u2019ici et d\u2019ailleurs, je reprends le mythe d\u2019 Antigone écrit par Créon, je relie cette histoire au féminin, ils et elles sont plusieurs a remonter dans l\u2019histoire patriarcale, l\u2019interdit du père est levé au retour du féminin.\u201cQuand l\u2019homme s\u2019interrogeait sur l\u2019histoire de l\u2019humanité, il disait toujours l\u2019homme, le temps est peut-être venu de dire aussi la femme\u201d.Je me défais, dans l\u2019ordre symbolique du langage phallocrate je défais la représentation de la normalité et celle de ma différence, ce qui était non-dit est maintenant possible de nous reparler, hommes et femmes à refaire toute notre histoire, sexuelle, politique et économique.Le retour du féminin \u201c\u2018Etre femme, c\u2019est être née avec un sexe féminin, être femme c\u2019est vivre dans un corps de femme, 71. 4 Le v are es c\u2019est moi, tout mon corps, c\u2019est moi, je ne suis pas limitée au point chaud du désir des hommes; même si jai du mal à me trouver,à me définir dans une société d\u2019hommes, non, non, non je ne suis pas un homme sans queue ni tête, comment être femme en dehors de l\u2019opinion masculine?; notre sexe est lieu de plaisir, d\u2019amour, comment le vivre, comment vivre notre sexe?; aujourd\u2019hui, le monde reste divisé, il reste divisé en classes, il reste divisé en sexes et un monde divisé reste un monde injuste; la femme n\u2019a pas tous les avantages qu\u2019un homme a, elle a dans son travail par exemple une journée chargée parce que non seulement elle travaille à l\u2019extérieur mais elle travaille chez elle également; je n\u2019aime pas qu\u2019on utilise mon corps et qu\u2019on l\u2019étale comme ça, je n\u2019aime pas qu\u2019on l\u2019exploite pour faire marcher le commerce, l\u2019ordre du Capital, si on se montre nue dans ce film, ce n\u2019est pas pour se faire voir, ce n\u2019est pas pour qu\u2019ils se rincent l\u2019oeil, c\u2019est qu\u2019on veut affirmer notre désir, jouissance mais pas voyeurisme, sexualité mais pas sex-shop, amour mais pas chantage; je n\u2019ai pas l\u2019impression du tout contrairement à ce que la société essaye de m\u2019inculquer depuis que je suis née qu\u2019il me manque quelque chose entre les deux jambes\u201d.Ce texte de femmes les parle politiquement dans l\u2019appel à la reconnaissance de leur différence sexuelle, la structure patriarcale est menacée là où l\u2019ordre du langage du Capital les assujettit a n\u2019être parlées qu\u2019à travers la représentation symbolique de 72.l\u2019Autre, au masculin de la phallocratie.\u201cLes hommes savent très peu parler leurs corps\u201d, quand ils en parlent, ils en parlent à travers la | sublimation de l\u2019autre, tout l\u2019étayage de l\u2019imagerie de la femme dans une certaine littérature masculine procède aussi du manque du retour de l\u2019homme à son propre corps féminin.Quand Virginia Woolf parle de la tyrannie fasciste, elle parle de l\u2019homme et avec raison uniquement de l\u2019homme.Dans l\u2019émission F comme femme(s), l\u2019historien C.M.affirme que dans l\u2019Histoire politique, la femme a été dans une certaine mesure \u201cT\u2019égale\u201d de l\u2019homme, il tire ses exemples de la monarchie absolue.Il ne reconnaît pas que pour avoir été l\u2019égale de l\u2019homme, la femme n\u2019en a pas moins été obligée de parler et de gouverner dans l\u2019ordre de la phallocratie.C\u2019est pourquoi affirmer que la femme peut être fasciste, ce n\u2019est pas reconnaître le lien de dépendance de l\u2019ordre symbolique et politique à l\u2019ordre du Capital, ce n\u2019est pas reconnaître que l\u2019idéologie prend place pour le sujet dans l\u2019interdit du père.Une telle méconnaissance a pu faire dire à nos historiens phallocrates, ici au Québec, que nous avions vécu dans une société matriarcale, elle a pu faire dire à d\u2019autres que nos mères étaient fascistes.Dominées dans la division familiale et sociale du travail, apprendre la parole qu\u2019à travers celle du père.gs Jean Li fl Dourrg diy elles n\u2019ont pu pourtant nous g rob ivy Ugly tong my er 15 | pr Io is § iy n nt i: | gh sf Jean-Marc Piotte L'oreille et la voix du peuple \u2018Les Québécois paient le plus haut niveau de taxes en Amérique du Nord.Le taux d\u2019inflation canadien est plus élevé qu\u2019aux Etats-Unis.Le chômage chronique persiste au Québec.Le peuple québécois, isolé dans le continent américain, craint pour la préservation de sa culture.Le système d\u2019éducation est en crise.Ces constats, posés par Cho- quette, pourraient être assumés à peu près par tout le monde.Pierre Elliott Trudeau, Robert Bourassa et René Lévesque, Samuel Walsh, Charles Gagnon et Michel Mill pourraient amorcer l\u2019un de leurs discours par l\u2019_énumération de ces problèmes: les différences s\u2019inscrivent dans leurs explications et, conséquemment, dans les solutions proposées.Des discours différents Les trois premiers posent les problèmes au sein du système capitaliste qui demeure non questionné.L'unité canadienne est le cheval de bataille de Pierre Elliott Trudeau: tous les problèmes énumérés peuvent et doivent trouver une solution au sein du Canada capitaliste et fédéraliste.Si les québécois ont plus de difficultés que, par exemple, les Ontariens, c\u2019est dû à la faiblesse des élites québécoises: Ottawa, sous le leadership de Trudeau a pour leitmotiv de faire disparaître les disparités régionales, dont celle subie par le Québec.Pour combattre l\u2019inflation, le Parti Libéral du Canada institue un système de contrôle des prix et des salaires, et 73.\" seuls les éternels grincheux peuvent affirmer que ce système vise surtout à faire porter le fardeau de la crise aux travailleurs.Si Robert Bourassa est fédéraliste, ce n\u2019est pas par \u2018\u2018idéologie\u201d: c\u2019est une question de rentabilité! Notre premier ministre \u2018provincial a voulu se donner l\u2019image de l\u2019administrateur compétent, du technocrate éclairé, de l\u2019économiste consciencieux, du comptable méticuleux.Evidemment, après cinq ans de pouvoir, son image a subi quelques éclaboussures, mais sa démagogie saura bien la restaurer en utilisant encore les erreurs de ses adversaires.René Lévesque veut civiliser, humaniser le capitalisme.Mais cela ne peut se faire au sein du fédéralisme actuel où Ottawa et Québec se disputent les juridictions au détriment du peuple québécois et même du peuple canadian.Seul un Québec libre et associé au reste du Canada pourra donner au peuple québécois les instruments nécessaires pour rendre \u201cpropre\u201d et \u2018humain\u2019 le capital.TT Walsh, Gagnon et Mill se situent, eux, hors du système capitaliste: ils sont communistes.Samuel Walsh, leader du Parti communiste du Québec, adhère à la 3e Internationale dont le centre dirigeant est en fait l\u2019'U.R.S.S.Au Québec, il propose la formation d\u2019un parti de masse fédéré des travailleurs afin de mener le combat contre les monopoles et afin de faire sortir de l\u2019isolement les communistes.Charles Gagnon, leader d\u2019En Lutte!, critique le révisionnisme, trouvant que la voie révolutionnaire est toute tracée par la Chine et l\u2019Albanie.Il propose la formation d\u2019un parti prolétarien, objectif partagé par les autres groupements maoïstes, même s\u2019ils s\u2019opposent sur la ligne autour de laquelle devrait se former ce parti.Michel Mill, du G.M.R,, fait partie de la tendance majoritaire de la 4e Internationale et, en cela, se distingue des deux autres groupes trotskystes dont l\u2019un est membre de la tendance minoritaire de la 4e et dont l\u2019autre veut \u2018\u2018reconstruire\u201d la 4e.Au Québec, il propose la formation d\u2019un parti révolutionnaire des travailleurs.Jérôme Choquette s'oppose aux seconds: il n\u2019est pas communiste, ni marxiste et même pas socialiste ou social-démocrate (1).Comme les premiers, il est un défenseur du capitalisme: \u2018Je crois à l\u2019entreprise privée parce que je crois à la liberté et à l\u2019initiative individuelle\u201d.(2) Mais contrairement à Trudeau qui met l\u2019accent sur l\u2019unité canadian, à Bourassa dont le slogan est l\u2019efficacité économique et à Lévesque qui s\u2019appuie sur le nationalisme québécois, Choquette croit que les-problèmes du capitalisme peuvent trouver une solution par un retour collectif et individuel à un certain nombre de valeurs morales: \u2018\u201cCe qu\u2019il y a de commun aux problèmes constatés dans les domaines financier, fiscal et économique ainsi que dans la recherche d\u2019efficacité d\u2019un service (1) Les socialistes constituent l\u2019aile gauche de la social-démocratie, et non pas l\u2019aile droite du mouvement communiste.(2) Discours de J.Choquette devant la Chambre de Commerce de Montréal, La Presse.12 novembre 1975.+ J alést ul } c'est fs du 5 géré aus ÿ crête j Dogue busi indivi b cholg Vind pas se Qernie troubl ment: ! asprre diras Choge Lill retour p que Men Car té b Droop ques, sécuri fp Slrtoy i Ni pe on Cy f le dé p {pe Tong) fp Dlg W Un ( Bd public comme celui de l\u2019éducation, c\u2019est la nécessité pour y remédier du sens des responsabilités, du sérieux et de la discipline.\u201d (3) Un nouvel ordre moral Les problèmes sociaux prennent naissance et trouvent leur solution au sein de l\u2019individu: beaucoup de chrétiens pensent comme ça (4); Duguay et Chamberland croient aussi que la révolution est d\u2019abord individuelle; la majorité des psychologues réduit.aussi tout à l\u2019individu.Choquette n\u2019est donc pas seul.Mais contrairement aux derniers qui veulent soigner les troubles psychiques et contrairement aux contre-culturalistes qui aspirerit à une révolution que je dirais magique de l\u2019individu, \u2018 Chogüette, comme les premiers, croit que la solution consiste en un retour à des valeurs morales, en ce que je nommerais un renforcement du sur-moi.Car, voyez-vous, nous sommes allés trop vite.Depuis \u201960, tout a été remis en question: réforme profonde des institutions publiques, institution d\u2019un système de sécurité sociale \u2018très avancé\u201d, et, surtout, chambardement de l\u2019ordre moral qu\u2019imposait une certaine orthodoxie religieuse.Jérôme Chôquette n\u2019est pas d\u2019accord avec le désordre actuel.Il faut reconstruire le Québec autour d\u2019un ordre moral dont les pivots seraient le (3) Ibid.(4) Un certain nombre de chrétiens pense que les valeurs de l\u2019évangile doivent se réaliser par et dans la transformation de la société.Le mouvement \u2018\u201cles chrétiens politisés\u2019\u2019 est au Québec l\u2019élément avancé de ce courant.rs sens des responsabilités, l\u2019esprit de discipline et l\u2019adhésion au bien commun.Mais comment re-construire cet ordre moral?Il faut un leader, évidemment Jérôme, qui soit l\u2019oreille et la voix du peuple.Il faut se mettre \u2018\u201cattentivement à l\u2019écoute des femmes et des hommes du Québec, des jeunes et de ceux qui sont entrés dans le troisième âge, des travailleurs, des cadres et des patrons, des francophones, des anglophones et des néo-québécois.Toutes les voix doivent être entendues.Ce n\u2019est qu\u2019à partir de leurs préoccupations et de leurs espoirs que je pourrai définir, sans trahir personne, le bien qui puisse Être partagé par tous\u201d.(5) Seul un tel leadership permettra de recréer le consensus perdu et tant désiré.~ Mais ce consensus doit aussi être instauré parmi les grands partenaires sociaux (les syndicats, le patronat \u2014 y compris les monopoles dont les \u201c\u2018dérèglements\u201d remettent en question la \u201cliberté\u201d et \u201c\u2018l\u2019initiative individuelle\u201d sur lesquelles repose l\u2019entreprise privée \u2014 et l\u2019Etat) dans la mesure où ils accepteront de subordonner- leurs commun.Sinon, c\u2019est le \u2018\u2018totalitarisme\u201d\u2019: \u201cLes abus des intérêts particuliers finiront-ils par en- trainer le monde entier a la société totalitaire?C\u2019est l\u2019issue probable à moins que des forces morales, traduites en politiques judicieuses, mettent en place un lieu démocratique réel pour que se rencontrent (S) Discours de Jérôme Choquette, La Presse, 12 novembre 1975, .75.intérêts particuliers et égoïstes au bien 4 gouvernements, institutions, par-.politiques, économiques et sociaux ele 3 tis, syndicats et entreprises.\u201d (6) est d\u2019ordre moral: Jérôme Cho- dt hi.Mais ce consensus des partenaires quette en est la présente et triste À pur sociaux ne peut s\u2019établir que s\u2019il illustration.\u2018 mn ei repose sur un consensus plus \u201c9 fondamental qui.serait celui du peuple, uni autour d\u2019un ordre 3 moral,, sous le leadership de- 1 Jérome Choquette.Un illuminé peut, hélas! illu- J © sionner.Qui?Faute d\u2019études J sérieuses, il est difficile d\u2019indiquer | # I quelle portion de l\u2019électorat peut | fre être fasciné par le \u2018\u2018charisme\u201d\u2019 de [ te Choquette.Néanmoins, s\u2019il ne | pid Le leader modifie pas sa position sur la br Un leader, qui écoute et exprime question de la langue, il pourra JH Wo le peuple, qui crée un consensus difficilement obtenir l\u2019adhésion de J msl id autour d\u2019un nouvel ordre moral cette fraction de la rhinorité de J ÿ%.9 dont les pivots sont le sens des langue anglaise et des nouveaux ri V4 responsabilités, l'esprit de disci- immigrés qui s\u2019est sentie trompée | F %* iy pline et Padhésion au bien\u2019 ©t lésée par le Parti libéral de La commun, voilà le programme Bourassa.On peut aussi dire que J sit politique auquel nous convie Choquette canalisera le vote de Jefon Hi Jérome Choquette.Dans des Ceux qui voient la solution des F wil ue périodes de crise profonde comme problèmes présents dans un retour fos celle que nous vivons, il y a à un-passé mythique où tout était À sts toujours des illuminés pour croire ordre, morale et religion.Mais qui rid que la solution aux problèmes 5 sont ces électeurs en termes de # pr.groupe social ou de classe sociale?| iy Je ne sais pas.Et, il faut avouer que ] la seule conscience politique de | classe qui \u2018existe\u2019 actuellement au Québec est la bourgeoise, que ce soit sous une forme ou sous une autre.Même parmi la classe ouvrière, la conscience politique de classe qui prédomine maintenant est celle de la bourgeoisie, et cela sous sa forme médiatisée de 3 conscience politique petite-bour- a > geoise.L'important est d\u2019expli- * quer pourquoi il en est ainsi et de .travailler à rendre cet \u201cainsi\u201d 4 Co passé.au Mais Choquette, si prétentieux soit-il, et même appuyé par ce Fabien Roy, devra s'entendre avec l\u2019U.N.de Bellemare pour former cette troisième force.Dans la (6) Ibid.mesure où celle-ci est formée, SES 0- te quelle sera sa place sur l\u2019échiquier électoral?Le Parti libéral de Bourassa avait réussi jusqu\u2019ici à faire le plein de ce que, faute de meilleurs termes, on peut indiquer comme le \u2018centre\u2019 et la \u201cdroite\u201d de l\u2019électorat.Cette troisième force, .en marginalisant encore plus les créditistes/ samsonites, devra arracher au Parti de Bourassa cet électorat conservateur qui l\u2019appuyait.Choquette réussira-t-il ou devra-t-il, comme son prédécesseur Dupuis, se retirer sur la pointe des pieds de la scène politique?Je n\u2019en sais rien.La bourgeoisie, sans doute, s\u2019interroge.D\u2019une part, avec une 3e force, elle pourrait se retourner vers un autre parti fiable dans le cas où le Parti libéral continuerait sa descente dans la cote de popularité de l\u2019opinion publique.D\u2019autre part, elle doit craindre la division des voix entre la 3e force de Cho- quette ef les libéraux de Bourassa, division qui ne pourrait profiter qu\u2019au Parti Québécois.Or celui-ci, même s\u2019il se situe sur des positions bourgeoises, est réformiste.Et dans une période de crise comme celle que nous vivons actuellement, la bourgeoisie a besoin d\u2019un pouvoir fort, qui sache mettre au pas les contestataires \u2014 aujour- d\u2019hui, essentiellement, les syndicats \u2014, ce que jusqu'ici a réussi à réaliser le gouvernement fascisant de Bourassa.Appui au seul Parti de Bourassa ou appui à celui-ci et à la 3e force de Choquette, voilà le dilemme cornélien dans lequel se retrouve actuellement la bourgeoisie.En prononçant son discours devant la Chambre de Commerce, Jérôme Choquette reconnaissait et sollicitait l\u2019indispensable appui de ses maîtres bourgeais.\u201cLes hommes peuvent être opprimés, mais ils peuvent opprimer de leur côté.Ils peuvent être dévorés, mais ils peuvent aussi en dévorer d\u2019autres.Les gens ne parviennent pas à bouger avec une telle hiérarchie dans la répression et en fait ils n\u2019y tiennent pas.Bougeraient-ils, qu\u2019un mieux pourrait en résulter, mais aussi des ennuis.\u201d Luxun HBEME ER sta LEME PE RTE le cinéma, bien, mais plus que le cinéma Patrick Straram le Bison ravi a Un auteur qui n\u2019apprend rien aux écrivains n\u2019apprend rien à personne.1 Walter BENJAMIN disant Bertolt BRECHT J\u2019aurais de plus en plus tendance a diviser les films en deux: ceux qui sont confortables et ceux qui ne le sont pas; les premiers sont tous abjects, les autres plus Jacques RIVETTE ou moins positifs.(Ge texte poursuit ceux publiés dans \u201cChroniques\u201d 11, novembre 1975, et 12, décembre 1975.) Propos recueuillis au magnétophone le 27 juillet 1968.Jacques Rivette: \u201cVraiment, je crois que le seul rôle du cinéma, c\u2019est de déranger, de contredire les idées toutes faites,toutes les idées toutes faites, et plus encore les schémas mentaux qui préexistent à ces idées: _ faire que le cinéma ne soit plus confortable.J'aurais de plus en plus- tendance à diviser les films en deux: ceux qui sont confortables et ceux qui ne le sont pas; les premiers sont tous abjects, les autres plus ou moins positifs\u201d Entretien avec Jacques Rivette, avec Jacques 78.Aumont, Jean-Louis Comolli, Jean Narboni et Sylvie Pierre, \u201cCahier du cinéma\u201d 204, septembre 68.L\u2019ancien et le nouveau Qu\u2019entends-je par cinéma sans cinéma, cette révolution du cinéma qu\u2019introduit \u201cL\u2019amour fou\u201d, bien plus que n\u2019importe quel film de Jean Renoir ou n'importe quel film de Jean Rouch, auxquels il doit tant?En un sens, \u201cL'amour fou\u201d est un film correspondant à une écriture / écrivance.Il y a spécificité du discours relatant la préparation d\u2019\u201cAndromaque\u201d et la crise Claire / Sébastien, et en même temps cette Bri 3 ciné ene: git x dos gong (ome & fit 9 ÿ vécue.8 ces & |: on Race folate pb wom produ Mau (4.b demon de cel trouve ; Qu # dis Homer | conti gable à Sponta Ek quand \u201cond Lev - 1 amées En tay day feat LT soi t ne | lege Qui Un Et, | We | EN ; le er b der à Échos k EX écriture, que je dis cinéma sans cinéma, est écrivance par le fait même: le film en train de se faire fait partie du film, tous discutent des possibles à essayer et il y a enregistrement des événements comme ils se produisent, rapport est fait sur le présent de l\u2019histoire vécue.(Il y a aussi écriture: l\u2019actuel et le spécifique du film, et écrivance: le commentaire \u201cinformatique\u201d de Racine et de pratiques du théâtre et de la télévision.) Voilà qui renouvelle complètement le cinéma, geste, production révolutionnaires.Maurice Merleau-Ponty, \u201cSignes\u201d (éd.Gallimard): \u201cOr c\u2019est au coeur de mon présent que je trouve le sens de ceux qui l\u2019ont précédé, que je trouve de quoi comprendre la présence d'autrui au même monde, et c'est dans l\u2019exercice même de la parole que j'apprends à compre- dre.Il n\u2019y a finalité qu\u2019au sens où Heidegger la définissait lorsqu\u2019il disait à peu près qu\u2019elle est le tremblement d\u2019une unité exposée à la contingence et qui se recrée infatigablement.Et c\u2019est à la même spontanéité non-délibérée, inépuisable, que Sartre faisait allusion quand il disait que nous sommes \u201ccondamnés à la liberté\u201d.\u201d Le véritable problème depuis les années 60 étant que presque tous croient pouvoir éviter cette \u201ccondamnation\u201d, et que pour n\u2019avoir pas à assumer cette liberté ils se résignent à la non-existence, n\u2019'étant plus que \u201ctransparence\u201d d'une Loi, soit celle de l'Ordre Etabli de l'immense majorité silencieuse, soit celle de la Doctrine de politiques qui vont constituer plus puissant encore un Etat ne pouvant se maintenir qu\u2019en réduisant plus encore toutes les libertés (certains \u201cmarginaux\u201d ne servant qu\u2019à justifier et consolider un ordre ou l\u2019autre, du catho- facho Soljenitsyne aux grands prêtres \u201ccontre-culturels\u201d des nouvelles mythologies), Ici ce \u2018sont\u2019\u2018un Lacan.et un Henri Lefebvre, un Sartre et un Michel Foucault qu\u2019il faut lire, pour comprendre comment articuler dialectiquement lutte des classes et sujet, matérialisme et culture.La culture, qui fonde et agit l'individu, indispensable au politique pour qu\u2019il ne se réifie pas (bureaucratie et totalitarisme).Merleau- Ponty, \u201cSignes\u201d: \u201cL\u2019histoire vraie vit donc tout entière de nous.C\u2019est dans notre présent qu\u2019elle prend la force de remettre au présent tout le reste.L'autre que je respecte vit de moi comme moi de lui.Une philosophie de l\u2019histoire ne m'ôte aucun de mes droits, aucune de mes initiatives.Il est vrai seulement qu\u2019elle ajoute à mes obligations de solitaire celle de comprendre d\u2019autres situations que la mienne, de créer un chemin entre ma vie et celle des autres, c'est-à-dire de m\u2019exprimer.Par l\u2019action de culture, je m'installe dans des vies qui ne sont pas la mienne, je les confronte, je manifeste l\u2019une à l\u2019autre, je me fais responsable de toutes, je suscite une vie universelle, comme je m'installe d\u2019un coup dans l\u2019espace par la présence vivante et épaisse de mon corps.\u201d \u201cExprimer, pour le sujet parlant, c\u2019est prendre conscience; il n\u2019exprime pas seulement pour les autres, il exprime pour savoir lui-même ce qu\u2019il vise.\u201d Ainsi faut-il comprendre les deux composantes majeures du travail de renouvellement que tente Jean- Pierre Kalfon (plus encore que Sébastien).Comme Rivette, Kalfon, qui se rend compte qu\u2019il \u201cdirige\u201d trop la troupe et la mise en scène, s'efforce de n'être qu\u2019un catalyseur, que le \u201cdéclencheur\u201d des idées et des initiatives des autres.(Rivette: \u201cC\u2019est la suite des conversations qu\u2019on avait eues pendant trois mois avant le début du tournage, à 79. propos de Racine, a_ propos de Barthes, a propos des acteurs, a propos de la mise en scène.Et nous étions tout à fait d'accord sur ce principe de la non-intervention _ comme principe de base.L'idée que le metteur en scène, non seulement ne doit pas être un dictateur, mais ne doit pas non plus être un père.\u201d) Kalfon veut qu\u2019on dise \u201cautrement \u201d Racine.Rivette: \u201cJean-Pierre voulait obliger ses acteurs à dire les vers d\u2019une certaine façon, il a commencé à les scander suivant les ruptures d\u2019idées, puis à marquer ces césures en tapant dans les mains.\u201d Sylvie Pierre: \u201cIl empêche le vers d'intervenir contre le sens, au niveau même de la diction.Celle qu\u2019il impose à ses acteurs s'appuie sur des unités d\u2019idées dans la phrase, non sur celle, artificielle, de l\u2019alexandrin.Cassé, celui-ci devient simple sous-jacence mélodique et son autorité musicale s\u2019en trouve décuplée.\u201d (\u201cLe film sans maître\u201d, \u201cCahier du cinéma\u201d 204).Ce travail sur le dire de Racine est l\u2019un des facteurs qui contribuent à la matérialité d\u2019un nouveau qu\u2019expose \u201cL\u2019amour fou\u201d.Roland Barthes, dans son commentaire sur \u201cAndromaque\u201d, dans \u201cSur Racine\u201d (coll.\u201cPierres vives\u201d / éd.du Seuil): \u201c.dans \u201cAndroma- ques\u201d Racine pose une troisième fois la même question: comment passer d\u2019un ordre ancien à un ordre nouveau?(.) L'ordre ancien est jaloux: il maintient.C\u2019est l\u2019ordre de la Fidélité (la langue du XVIIe siècle dispose ici d\u2019un mot précieusement ambigu, à la fois politique et amoureux, c\u2019est la Foi).\u201d - (On mesure comment s\u2019inter-agis- sent travail de préparation d\u2019\u201cAn- dromaque\u201d et crise amoureuse, comment fonctionne \u201cL\u2019amour fou\u201d.) C\u2019est encore contre toute Foi que s\u2019élabore et existe \u201cL'amour fou\u201d qui 80.y substitue l\u2019événement (l'Histoire) et le travail (la pratique).Mais comme Marx et Lénine savaient et disaient que le communisme était la | somme de tout le savoir et toute la culture qui le précédaient, qui y conduisaient, Rivette ne s'imagine aucune génération spontanée (c\u2019est au critique Rivette que je dois avant tout d\u2019avoir appris à lire et aimer le cinéma; le titre de ma chronique découle directement d\u2019une phrase de lui: \u201cPlus avant, quel est le but du cinéma?Que le monde réel, tel qu'\u2019offert sur l'écran, soit aussi une idée du monde.\u201d).Aussi, dans ce travail politique qu\u2019est une critique engendrant un culturel nouveau, non seulement Rivette filme-t-il en moderne l\u2019ancien Racine, mais la différence de \u201cL'amour fou\u201d a-t-elle pour substance qui l\u2019anime, qui la rend possible, tout le cinéma que \u201cL\u2019amour fou\u201d transforme.En fait, \u201cL\u2019amour fou\u201d réconcilie, combine, accomplit simultanément Méliès et Lumière, tout comme Hitchcock ou Lang et Mizoguchi ou Rossellini, en passant par Hawks et Murnau, Dreyer et Pagnol.Cette résolution des contraires s\u2019explique d\u2019abord par le fait que le nouveau s\u2019origine de l\u2019ancien, et c\u2019est ce qu'a de spétifiquement révolutionnaire \u2018la modernité qu\u2019appréhende Jacques Rivette, pour en finir avec un mensonge inhérent au cinéma, et inaugurer un cinéma qui soit d\u2019abord analyse / critique \u2014 l\u2019équivalent de la transformation du théâtre par Brecht ou de celle de l\u2019écriture par Mallarmé et Joyce.Parallèlement au travail politique de fait, et plutôt que prendre le politique pour prétexte mais ne servant qu\u2019à une fiction, un \u201csuspense\u201d, dans les termes mêmes du discours avec lequel affermit son idéologie la classe possédante / dominante, qui renforce ainsi son pouvoir sur les classes travailleu- et dom quem @ cr et les Benge ; desol\u201d Ae puisqu culture sible à tion de ques, | à tion gy AT tent tr 0 dan ses / productrices, les classes exploitées / opprimées qu\u2019elle manipule au moyen de ce discours idéologique, il faut effectuer un travail de déconstruction des langages qu'impose cette classe possédante / dominante.Surtout au cinéma qui est génériquement illusions, mais a apparence de réalité, qui occulte entièrement le réel.Surtout que la classe possédante / dominante fait illusion en laissant le cinéma prendre le politique pour prétexte, qu\u2019ainsi elle dévie, elle réduit à l\u2019anecdote et / ou à la psychologie conforme à son idéologie.Ce travail de déconstruction, Rivette l\u2019accomplit exemplairement au moyen du cinéma sans cinéma qu'il utilise pour inquiéter, déranger, forcer a réfléchir, à penser autrement le cinéma, et donc la vie, acte donc authentiquement politique, révolutionnaire, contre toutes les idées toutes faites et les schémas mentaux qui les engendrent, critique du \u201cce-qui-va- de-soi\u201d, de toutes les mythologies, puisqu'il y a construction d\u2019un autre culturel, un autre culturel indispensable dans le procès de transformation des structures socio-économiques.Pour une fois y a-t-il construction après la déconstruction qu\u2019il fallait d\u2019abord, à laquelle trop s\u2019arrêtent trop souvent, dans le culturel ou dans le politique.Le travail, de critique et de construction, qu\u2019entreprend Sébastien, s\u2019y oppose la désintégration du couple Claire / Sébastien, accident qui l'\u201cenveloppe\u201d mettant en difficulté le sujet dans sa praxis.Mais n\u2019y a-t-il pas des liens étroits entre les deux phénomènes, inter-rela- tion des deux problématiques?Le rapport \u201cAndromaque\u201d / \u201cL\u2019amour fou\u201d existe, qui fait tangible ce passage de l'Ancien au Nouveau (Rivette: \u201cIl est certain que le choix d\u2019\u201cAndromaque\u201d n\u2019était pas tout à fait innocent.Les risques d\u2019analogie \u2014 si jose dire \u2014 entre \u201cAndro- maque\u201d et \u201cL'amour fou\u201d nous ont même tellement frappés à la relecture de la pièce, que Jean-Pierre et moi avons décidé dès le début d'éviter tout rapprochement trop évident entre Racine et ce que nous faisions.\u201d).Barthes, \u201cSur Racine\u201d: \u201cLe conflit n\u2019est plus ici entre la haine et l'amour; il est beaucoup plus âprement (et justement) entre ce qui a été et ce qui veut être.Ce n\u2019est plus la paix qui conteste la violence, ce sont deux violences qui s\u2019affrontent; au déchaînement d'Hermione, à la \u201cbonne conscience\u201d d\u2019Andromaque, répond ouvertement le \u201cdogmatisme\u201d de Pyrrhus.(.) \u2026si l\u2019on pense la pièce en termes de Légalité, nul doute que Pyrrhus ne dirige toute l\u2019économie des forces.Ce qui fait de lui la figure la plus émancipée de tout le théâtre racinien (et j'ose dire la plus sympathique), c\u2019est que dans tout ce théâtre, c\u2019est le seul personnäge de bonne foi: décidé à rompre, il cherche lui-même Hermione (IV, 5), et s'explique devant elle sans recourir à aucun alibi; il n\u2019essaie pas de se justifier, il assume ouvertement la violence de la situation, sans cynisme et sans provocation.Sa justesse vient de sa libération profonde: il ne monologue pas, il n\u2019est pas incertain sur les signes (contrairement à Hermione, toute embarrassée dans une problématique des apparences); il veut choisir en lui-même et pour lui seul entre le passé et l'avenir, le confort étouffé d\u2019une ancienne Légalité et le risque d'une Légalité nouvelle.Le problème pour lui, c\u2019est de vivre, de naître à un nouvel ordre, à un nouvel âge.\u201d (On voit les analogies et - les divergences entre Pyrrhus et Sébastien.) C\u2019est donc bien à tous les niveaux que \u201cL'amour fou\u201d traite de l\u2019Ancien et le Nouveau, son pluriel, qui le fait 81. CE EE Sg le plus moderne, comme lefait le plus moderne son aléatoire (comme il est fait) au lieu d\u2019une composition selon des règles par làh-même éléments de la Loi à transgresser, de l\u2019Ancien à déconstruire pour construire le Nouveau.\u201cL\u2019amour fou\u201d est un film profondément politique; le cinéma ne peut avoir vertu d\u2019éveil en traitant de thèmes directement politiques.Le cinéma qui compte est celui qui en est un de plaisir; le cinéma doit plonger les gens dans l'horreur.Les contradictions sont toutes là, toutes assumées, et ce sont elles qui fondent le pluriel de \u201cL'amour fou\u201d, qui assure la circulation des sens, le nouveau (dans l\u2019ensemble contradie- toire basique de l\u2019ancien et le nouveau, base théorique du marxisme, l\u2019Histoire).Ce qui fait pour moi de \u201cL\u2019amour fou\u201d l'événement principal du cinéma d\u2019aujourd\u2019hui, c'est qu\u2019il ne fonctionne, qu\u2019il n'existe, qu\u2019il n\u2019alerte et ne fait réfléchir autant qu\u2019il fait plaisir, que parce qu\u2019il est intégralement dialectique.J'ai dit comment je perçois et éprouve \u201cL'amour fou\u201d, quelle lecture j'en fais.Il y a d\u2019autres lectures possibles, c\u2019est la force de \u201cL'amour fou\u201d, oeuvre ouverte.Le mérite exemplaire et la signifiance véritable de \u201cL'amour fou\u201d: le travail de LECTURE qu'il expose et qu\u2019il exige.L'aléatoire et le pluriel de ce film à propos de l'Ancien et le Nouveau fondent le questionnement auquel est obligé qui le regarde et l'écoute.Qui ne voit pas plusieurs fois \u201cL\u2019amour fou\u201d se \u201cprive\u201d de toute lecture qui soit suffisante du cinéma de la modernité (dans un champ différent des leurs mais parallèle et complémentaire, Rivette est avec Godard et Straub, et le Groulx de \u201c24 heures ou plus\u201d, à l'avant-garde vraie de la vraie dialectique cinématographique d'aujourd'hui), quiconque ne voit pas plusieurs fois \u201cL\u2019amour fou\u201d se \u201cprive\u201d de toute possibilité d\u2019une lecture / écriture (production) de la vie à la mesure du réel.\u201cL\u2018amour fou\u201d, c\u2019est du cinéma, bien, mais plus que le cinéma.2-6 aofit 75 4 décembre.Madeleine Gagnon a écrit quelle lecture elle faisait de \u201cL'amour fou\u201d dans \u201cChroniques\u201d 12, une lecture plus encore que la mienne partielle: \u201cC\u2019est de la souffrance d\u2019une femme, Claire, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019abord.\u201d Or; Claire, si l\u2019on ne s\u2019identifie pas au personnage, comment existe-t-elle?Il est exclu que Bulle Ogier soit Claire, elle l'interprète.Ni Rivette ni l\u2019équipe avec laquelle il faisait le film n'auraient aussi justement rendu compte de \u201ccette relation aliénante et aliénée du couple homme-femme où l\u2019une est dominée dans le travail et les deux sont assujettis dans le sexe et l'amour\u201d, le film n\u2019eût-il été fait de cette façon, cinéma sans cinéma, écriture / écri- vance.Ce sont donc une conception et une pratique différentes du travail cinématographique qui ont permis d'inscrire dans le film cette souffrance de femme.Si en faire cette lecture est mâle et dans la tradition, séparer projet conscient (travail) et projet fondamental (relation femme / homme) me parait dénoter un féminisme que son militantisme oblige à ne plus tenir compte momentanément d\u2019un procès réel de production, ce qui me parait peu dialectique.J'ai tenté d\u2019expliquer à quel point était dialectique \u201cL'amour fou\u201d, oeuvre ouverte permettant plusieurs lectures.Le prouvent assez le texte de la chère Madeleine et le mien, pour moi complémentaires et non antagonistes, qui indiquent à \u201cChroniques\u201d un travail dans le même sens que celui effectué pour faire \u201cL\u2019amour fou\u201d, au fur et à mesure de discussions.Nous, pour l'instant, nous disons que le cinéma est une tâche secondaire dans la révolution, mais que cette tâche secondaire est actuellement importante et qu'il est donc juste d'en faire notre activité principale.Jean-Luc GODARD pour le groupe Dziga Vertov - Et le cinéma, en faisant rendre gorge à la réalité, nous rappelle qu'il faut tenter de vivre.ff, Jean-Luc GODARD BR, 83. cons EEE AA EEE MES EDS w» = le = s = Le 9 Le] E Orgues, délices, amours C\u2019est à l\u2019église Immaculée- Conception, coin rues Rachel et Papineau, qu'a lieu le 4e concert de la 10e saison de la Société de Musique Contemporaine du Québec (739-5329), le jeudi 22 janvier à 20 heures 30.Mireille Lagacé, Bengt Ham- braeus et Réjean Poirier organistes, avec l\u2019ensemble de la S.M.C.Q.dirigé par Serge Garant.\u201cMusique pour orgue, cor et gong\u201d de Bruce Mather, \u201cTre Pezzi\u201d de Pal Karoly, \u201cConstellation III\u201d de Bengt Hambraeus, \u201cArchipel V\u201d d\u2019André Boucou- rechliev, Claude Ballif.Les deux derniers sont parmi.les musiciens qui provoquèrent le plus en moi le besoin / désir de corpus et de moments sonores différents, parmi ceux dont les compositions m\u2019intéressent et me - plaisent le plus.(André Boucourechliev, le musicien est aussi l\u2019auteur d\u2019un très remarquable \u201cBeethoven\u201d, coll.\u201cSolfèges\u201d 23 / éd.du Seuil, et, avec Chantal Roux de Bézieux, le traducteur d\u2019un essai capital, \u201cde \u201cJoyce a Boulez\u201d, \u201cL'oeuvre ouverte\u201d de Umberto Eco, coll.\u201cPierres vives\u201d / éd.du Seuil.) \u201cA partir d\u2019un certain niveau de réflexion/ on est obligé de s\u2019apercevoir que la plupart des problèmes musicaux ont des \\ correspondants dans l\u2019ordre ro- \u201cImaginaire IV\u201d de - - nf£ormations manesque, que les structures musicales ont des applications romanesques.Nous n\u2019en sommes qu'aux premiers balbutiements de cette élucidation réciproque, mais la porte est ouverte.\u201d Michel Butor, \u201cEssais sur le roman\u201d (coll.\u201cIdées\u201d 188 / éd.Gallimard).PS.Traditions A l\u2019Outremont (programme- revue sur demande: 277-4145), les 14 et 15 janvier, à 19h.30 \u201cRuby Gentry\u201d de King Vidor, une saga délirante qui brûle, à 21h.30 \u201cDuel in the sun\u201d du méme King Vidor, un autre monument insensé \u2014 dans ces deux oeuvres d\u2019un cinéma impossible: Jennifer Jones, elle-même un \u201cmoment\u201d inoubliable d\u2019un style de production qui sera à détruire mais dont certains paroxysmes demeurent des expérien- _ces qui firent aimer à certains le cinéma qu\u2019ils allaient modifier.Le 29 janvier à 21h.30 \u201cThe Yakuza\u201d, parce que c\u2019est un film d\u2019un des derniers cinéastes américains qui tentèrent d'inscrire une oeuvre singulière et critique dans un système de production I'empéchant, Sydney Pollack, et pour Robert Mitchum, a la présence indiquant avec intensité un mental physique, une idée de l\u2019homme se faisant à travers les résistances qu\u2019il affronte, un romantisme désabusé.Le 30 janvier à 19h.Jesse Winchester, un des plus atta- 84.\u2014 a gts \u201cWy Robert Mitchum chants baladins de la modernité, à 21h.30 et minuit Offenback.Le 31 janvier à 19h.Ti-Jean Cari- gnan, l'extraordinaire violoneux aux reels qui disent toute une culture toujours vivante, à 21h.30 et minuit Octobre.P.S.La fascisation du régime EQ Résistons cs àlagression capitaliste AUX MESURES TRUDEAU Dans notre éditorial d\u2019octobre 1975, nous indiquions trois évé- nements qui marquent la fascisation du régime ici: la crise d'octobre 1970; la riposte gouvernementale au Front commun inter-syndical en 1972; la Commission Cliche en 1974-75.Nous pourrions maintenant ajouter un quatrième événement: les mesures Trudeau qui visent les ouvriers à porter le fardeau de la crise actuelle du capitalisme.Pour une étude du Bill C-73, on peut lire le document soumis au Conseil confédéral de la CSN le 4 novembre 1975: \u201cRésistons à l'agression capitaliste: NON aux mesures Trudeau.\u201d J.-M.P.Le parti communiste canadien (marxiste-léniniste) Le M.R.E.Q.(Mouvement Révolutionnaire des Etudiants du Québec), qui s\u2019est maintenant fusionné avec deux autres groupes maoïstes pour former la Ligue Communiste (marxiste- léniniste) du Canada, a publié un fascicule qui constitue une critique acérée du PCC(m-) et qui s\u2019intitule: Le PCC(m-l): une caricature du marxisme-léninisme.On peut se procurer ce fascicule, entre autres, à la librairie Ho Chi Minh.J.-M.P.) 85. i a en 2 5 i RS 3 4 et tp Te pent eA See Et ST eC Lr Suk) re 0 ( La téte a Papino, une revue pour se faire plaisir Une nouvelle revue, promise toutes les trois semaines, une équipe qui veut se faire plaisir composée de Jean Gladu (conception graphique), du photographe Michel Giroux, des rédacteurs Roméo Bouchard, Louise Marsolais, et Jean-Pierre Dallaire, de Robert St-Jean et de Michelle St-Jean à l\u2019administration.L'intention de la Revue: \u201caller à la rencontre des Québécois d\u2019après- 1970\u201d, pour faire le point, \u201caprès les grands mouvements collectifs des années \u201960\u201d.La question posée: qu\u2019est-ce qu\u2019un vrai Québécois?Pour y répondre, chaque membre de l'équipe se prend comme \u201ctémoin de ce grand mouvement de reconquête de nous-mêmes, de notre culture, de nos racines, qui |_ occupe présentement beaucoup de Québécois.\u201d.Le Québec est présenté comme un peuple de têtes à Papino.\u201cC\u2019est une question d\u2019hérédité, de génération en génération.Les nouvelles têtes à Papino ont aujourd\u2019hui 20, 25 ou 30 ans.Il est temps qu\u2019on se prenne pour des têtes à Papino\u201d.Qu\u2019est-ce qu\u2019une tête à Papino?Il faudra lire les numéros subséquents pour le dire mais on peut déjà entrevoir cette tête portant \u201cle chapeau nationaliste à forte tendance chauvine supportée par une publicité qui intègre à la fois les syndicats et la bière Labbatt: \u201cOn est 6 millions de presque parents, faut se parler\u201d (p.2).En lisant ce magazine, j'en arrive à la substitution suivante: - On est 6 millions de presque têtes à Papino, faut se parler.c C.S.-P.Profession: écrivain Le 12 janvier 1976, j'ai 42 ans.Il y a 100 ans, le 12 janvier 1876, naissait Jack London, qui se tuait le 22 novembre 1916 \u2014 le 22 novembre 1971, je terminais un texte commencé la veille, \u201cWolf House & Cabaret de la Dernière Chance, François de-la Panam\u201d, pri pub qui 8% \u2018Le primitivement une préface au \u201cTalon de fer\u201d, que devaient publier les éditions de l\u2019Etincelle, qui est devenu l\u2019une des écritures de \u201cBribes 1 / pré-textes & lectures\u201d (éd.de l\u2019Aurore, 1975).Robert Davis s\u2019était fait prendre de vitesse par l\u2019Union Générale d\u2019Editions qui, passés les 50 ans après le décès de l'écrivain, après lesquels un éditeur ne paye plus de droits d'auteur, publièrent Jack London à n\u2019en plus finir dans la collection \u201c10 / 18\u201d: \u201cMartin Eden\u201d (776), \u201cLes temps maudits\u201d (777), \u201cLe talon de fer\u201d (778), \u201cLes vagabonds du rail\u201d (779), \u201cRadieuse aurore\u201d (815), \u201cAvant Adam\u201d (816), \u201cL'appel de la forêt\u201d (827), \u201cLes pirates de San Francisco\u201d (828), \u201cLe loup des mers\u201d (843), \u201cLe Cabaret de la Dernière Chance\u201d (844), \u201cL\u2019amour de la vie\u201d (862), \u201cHistoire des siècles futurs\u201d (863), \u201cLa Vallée de la Lune\u201d 1 et 2 (864 et 865), \u201cLes condamnés à vivre\u201d (890), \u201cLe bureau des assassinats\u201d (891), \u201cLe peuple de l\u2019abime\u201d (927), \u201cHistoire des îles\u201d (928), \u201cSouvenirs et aventures du pays de l\u2019or\u201d (956), \u201cLe dieu tombé du ciel\u201d (957).À paraître encore, entre autres: \u201cLe vagabond des étoiles\u201d, \u201cRien d\u2019autre que l\u2019amour\u201d, \u201cVivre la vie\u201d, \u201cProfession: écrivain\u201d \u2014 des titres qui indiquent une conscience et une pratique de ce pilleur d\u2019huîtres, chercheur d'or, matelot et journaliste, auquel le tenancier de bar Heinhold paya les études qu\u2019il décida de reprendre à 20 ans, après qu\u2019il ait découvert Karl Marx.Jack London vécut intensément en aventurier romantique, et en écrivain critique.\u201cSelf- made man\u201d typiquement américain et idéaliste à la mesure d\u2019une générosité qui le signifiait, mais sa réflexion et son métier progressivement orientés par le matérialisme historique, il fut la première \u201cstar\u201d de la littérature made in U.S.A., en même temps que de plus en plus d\u2019ennemis s\u2019acharnaient à le détruire.Ce fut l'écrivain américain qui le premier (si l\u2019on excepte William Morris, beaucoup moins lu) se prononça pour le socialisme (il militait), et certains de ses livres inaugurèrent avec un demi-siècle d'avance la politique-fiction, qui dénonçaient le capitalisme comme ennemi principal.C\u2019est en véritable précurseur qu\u2019il composait ses romans (souvent autobiographiques) autour de thèmes alors impensés / impensables aux Etats-Unis, l\u2019argent facteur de réification, l\u2019oppressif institutionnalisé obligé de tout pouvoir, l\u2019aliénation, le besoin d\u2019aménager écologiquement le lieu des femmes et des hommes, la nécessité d\u2019une sociétalisation selon aussi le culturel, le sentir et le penser l\u2019amour, après qu\u2019il eût été le poète de récits épiques sans pareils sur le Grand-Nord, les mers, les animaux.Les contradictions sur lesquelles Jack London fonda une écriture / écrivance où le lyrique et l\u2019analytique s\u2019inter-agissaient n\u2019ont jamais été plus actuelles qu\u2019aujourd\u2019hui (déjà Maïakovski ne s\u2019y était pas trompé, qui écrivit en 1917-18 le scénario de \u201cII n\u2019était pas né pour l'argent\u201d d'après \u201cMartin Eden\u201d, interprétant dans le film le personnage de Ivan / Eden / Jack London).Jack London sût dire ce qui I'animait, qu\u2019aujourd\u2019hui oceul- tent tant de technocrates et tant de bureaucrates qui accumulent les simulacres précipitant la crise J 87. et du sujet et du politique: \u201cLA FONCTION LE PROPRE DE L'HOMME, C'EST DE VIVRE, PAS D'EXISTER.\u201d P.S.Le jazz aujourd\u2019hui Quoique les modes le prétendraient, rien ne commence avec Gato Barbieri ou Jean-Luc Pon- ty, Chick Correa ou Keith Jarret.Ecouter des disques révèle combien peu apportent des vedettes de l\u2019heure\u2026 Jimmy Blanton invente un discours possible de la contrebasse dans le jazz \u2014 et jy entends une initiative identique à celle d\u2019Edgar Varèse \u201cmusiquant\u201d les bruits (admirable concert Varèse de la S.M.C.Q., direction Serge Garant, le 6 novembre dernier, 10 ans jour pour jour après la mort d\u2019un compositeur encore à découvrir).Ce que Jimmy Blanton inaugure, avec Duke Ellington, s\u2019en nourrira 10 et 20 et 30 ans plus tard Charles Mingus, qui a assez dit l'importance pour lui du Duke, qui \u201cécrit\u201d et \u201cpratique\u201d un univers sonore nouveau parmi les plus passionnants qui soient et l\u2019un des langages qui soient parmi ceux incitant le plus à une réflexion (qui \u201cgénère\u201d lui-même ces autres musiques fondamentales que sont celles de Richard Davis, de Charles Haden, de Gary Peacock, de Henry Grimes).\u201cJack the bear\u201d et \u201cAcross the track blues\u201d mettent particulièrement en relief cette invention et sa beauté qui font Jimmy Blanton renouveler le possible orchestral.Nul doute que l\u2019assise et la dynamique rythmiques dues 88.au Noir de 21 ans, qui va mourir 2 ans plus tard, soient pour beaucoup dans la totalité de la qualité de \u201cConcerto for Cootie\u201d et de \u201cKoko\u201d, 2 oeuvres charnières dans l\u2019histoire du jazz, \u2014des compositions de Duke Ellington \u2014la lière pour y introduire, à ce point d'intensité et de plénitude, la forme du concerto de la musique européenne (à son niveau comblant le plus: certains des concerti pour piano et orchestre de Mozart comme les interprètent Clara Haskil, Lili Kraus, Emile Guillels ou Alfred Brendel), la 2e pour l\u2019équilibre dans la profusion de l\u2019ensemble orchestral (à ce niveau d\u2019exploitation de toutes les ressources des masses instrumentales à quoi parviennent un Stravinsky, un Bartok, un Berg, un Xenakis).Peu de musiques d\u2019aujourd\u2019hui émeuvent, satisfont et stimulent (le corps et le sens critique) - comme \u201cConcerto for Cootie\u201d (où ce que produit le trompettiste | Ir A OV TS Cootie Williams est impensable sans la matière orchestrale de Duke Ellington à l\u2019intérieur de laquelle il joue en solo) et \u201cKoko\u201d, qui furent enregistrées les 15 et 6 mars 1940.Les 2 pièces (je les ai cherchées 20 ans) sont désormais sur un même disque, où il y a aussi \u201cChloe\u201d (qui donnera son nom à un personnage de \u201cL\u2019écume des jours\u201d de Boris Vian) et le fameux \u201cWarm valley\u201d ou excelle Johnny Hodges, ou il y a aussi la \u201csuite\u201d \u2014 18 minutes \u2014 \u201cBlack, brown and beige\u201d (1944) et le fameux \u201cCreole love call\u201d que chante le 26 octobre 1927 Adelaide Hall.Disque R.C.A.Victor 730.565.P.S.~~ Aujourd\u2019hui le jazz \u201cLe vécu est \u201chot\u201d et le conçu est \u201ccool\u201d.Ce que je préfère, c\u2019est le \u201chot\u201d.D'abord le vivre, ensuite l\u2019écrire\u2026\u201d écrit Henri Lefebvre dans \u201cLe temps des méprises\u201d (éd.Stock).Après la ré-invention du jazz par Charlie Parker, qui crée le bop entre 1940 et 1944, avec Dizzy Gillespie, Bud Powell, Thelonious Monk et quelques autres, c\u2019est, en 1949, dans l\u2019ordre de Gil Evans, la légendaire session \u201cBirth of the cool\u201d avec Miles Davis, Gerry Mulligan, Lee Konitz, John Lewis.Les meilleurs musiciens noirs, à commencer surtout par Charles Mingus, réimposeront vite un jazz plus hot, tandis que le cool deviendra un style blanc (apothéose du douteux Stan Getz).Dont le dernier avatar est l\u2019ensemble cool des émissions de radio aujourd\u2019hui, contenu aussi bien que forme, au moyen duquel désamorcer l'attention de l\u2019auditeur, le neutraliser, l'insensibiliser /-indifférencier.Mais John Coltrane, qui va permettre une autre ré-invention du jazz, la \u201cnew thing\u201d, le \u201cfree\u201d, fondera sa musique sur un alliage dialectique du hot et du cool.À l\u2019origine: Lester Young, the President.(Son histoire est celle d\u2019un homme tentant de concevoir un monde autre tant il lui était difficile de vivre et d\u2019un Noir brisé par l'Amérique.) Ce saxophoniste ténor va, à l\u2019époque où Coleman Hawkins triomphe volumineux et expressif, révolutionner le langage de linstru- ment, et celui du jazz, entre 1934 et 1940, y adjoignant pour la liere fois une certaine abstraction.Avec l\u2019orchestre de Count Basie et avec Billie Holiday, dont il était l\u2019amant (la façon dont il l\u2019\u201caccompagne\u2019, par exemple dans \u201cMe myself and I\u201d ou \u201cI can\u2019t get started\u201d: l'instrument fait l\u2019amour avec la voix), Lester Young (27 août 1909-15 mars 4 _ 89.eT ER \u2014=-= LL p 1959) introduit une invention mélodique et une tonalité comme \u201csuspendues\u201d dans toutes les effervescences, il \u201cmanifeste\u201d une sorte de détachement qui met plus en relief encore par le contraste le swing.Le jazz moderne est né: Charlie Parker, John Coltrane, Albert Ayler.Le cool qu\u2019inaugurait le Prez permettait toute une exploitation idiomatique impossible auparavant et n\u2019en chauffait pas moins.Cette musique en apprenait à tous le autres musiciens.Mis à part \u201cLover man\u201d par une Yvonne Blanc, ce qui m'a à jamais intégré vitalement au jazz \u2014 qui explique une-structure de mon écriture \u2014, vers 1947-48: Django Reinhardt, Charlie Parker, Thelonious Monk et Lester Young.Lester Young qui \u201cparlait\u201d ma sensibilité \u2014 je m\u2019entendais.Près de 30 ans j'ai cherché les sessions Alladin.Elles viennent d\u2019être rééditées: disque Blue Note BN-LA456-H2.Pas d\u2019analyste / historien du jazz qui n\u2019indique dans les quelques enregistrements indispensables pour savoir et aimer cette musique, comme le \u201cKoko\u201d et le \u201cConcerto for Cootie\u201d par Duke Ellington, le \u201cThese foolish things\u201d qu\u2019enregistre en octobre 1945 Lester Young.Peu de musique que j'écoute avec plus d\u2019intérêt et de plaisir aujour- d\u2019hui.Plus que jamais au- jourd\u2019hui \u201cLester leaps in\u201d.P.S.Les gauchistes libertaires Bernard Mataigne, dans une recherche encore inédite, démontre que le gauchisme est le défaut principal des mouvements socialistes au Québec depuis le début des années \u201860.Mais ce fut un gauchisme marxiste-léniniste.Il y a bien eu un début de gauchisme libertaire avec l\u2019oceu- pation des CEGEPs en \u201868 et le Quartier Latin de Méo Bouchard, mais ce courant n'a pu se consolider et donner naissance a un mouvement durable.En fait, les aspirations libertaires ont été reprises par la droite petite- bourgeoise, c\u2019est-à-dire par ceux qui posent la libération avant tout en termes d\u2019individu et de mysticisme, en d\u2019autres mots par Mainmise et consorts.Cette polarisation de la petite-bourgeoisie québécoise entre une idéologie libertaire de droite et un marxisme-léninisme gauchiste et sectaire reste à expliquer.Les discussions qu\u2019ont eu Jean- Paul Sartre, Pierre Victor et Philippe Gavi portent précisément sur les thèmes chers à la gauche libertaire.Dans la mesure où ils nous questionnent, le livre, qui est le résultat de leurs entretiens (On a raison de se révolter, éd.Gallimard, Coll.La France sauvage, 1974), mérite d\u2019être lu.J.-M.P.RAN ARRAN =.= + \u2014 >< TE CO Chroniques, année 1975 (nos 1 à 12) Editoriaux par le collectif _ no 1, janvier 1975: Les enjeux de notre lutte no 2, février 1975: Libération de la femme et lutte de classes (Madeleine Gagnon, Thérèse Arbic) no 6 / 7, juin / juillet 1975: les conditions de l'écriture au | Québec (Philippe Haeck) no 8/9, août / septembre 1975: Pour une école publique, laïque, démocratique et communautaire (Céline Saint-Pierre) no 10, octobre 1975: la fascisation du régime (Jean-Marc Piotte) no 11, novembre 1975: Pour un art progressiste (Laurent-Michel Vacher) no 12, décembre 1975: les contradictions du théâtre au Québec (Thérèse Arbic) \u2014 Textes Arbic, Thérèse Le théâtre de Michel Tremblay et la dégradation de la personne humaine en \u2019 milieu ouvrier (no 1) La rénovation urbaine à qui ça sert?ou Québéc qui dit mieux?(no 2) Baal de Bertolt Brecht à la télévision (no 3) \u201c Les luttes ouvrières au TNM (no 4) Raoul Duguay s\u2019en va-t-au ciel (no 5) Le Grand Cirque Ordinaire (no 6 / 7) Théâtre politique / théâtre d'avant-garde?(no 8 / 9) 91.AN ELDAR MESA OO PERS CRI OA NAME É ME (2AM 4 RCO ES ROSE HAL MRE RISEN PREM Eat ea Mademoiselle Marguerite ne changera jamais?(no 10) Lu Visa le noir, tua le blanc (no 11) .2 Un spectacle éblouissant (no 12) # L Audet, Noël i Quelques histoires de famille.sans conséquences?(no 1) j ler La semaine à Radio-Canada: de la glorification du travail à la journée du.d Seigneur (nos 2 et 3) 1 , cg Une télévision \u201céducative\u201d (no 4) 7 La rue des Pignons, garante des normes sociales (no 5) I Det Pour la langue (no 8/9) ' (ug Beaudet, André « Bs Intervenir dans la langue (no 8/9 | « Beaulieu, Victor-Lévy ; L'action, dans le très urgent de sa littérature (no 6 / 7 } 1 Bédard, Nicole + % Intervenir dans la langue (no 8/9) Ch we Bergeron, Léandre a Æ Enr Pour une langue québécoise (nos 3 et 6 / 7) 1 a De l'attitude cocon chez certains québécois (no 4) Grn Les opiums des peuples (no 5) - Te Premières fêtes populaires d\u2019Abitibi (no 8 / 9) on Blanchard, Jean-Guy Be La révolution culturelle, une erreur de terminologie (no 8/9) 1 Charbonneau-Tissot, Claudette , : ri Un hasard contrôlé (no 6 / 7) a Charron, Francois ino Comment ça s\u2019écrit (no 2) Hoo Entretien:l'écriture change.\u2018Le 8 avril 1974, Philippe Haeck et Patrick bu Straram le Bison ravi parlent avec François Charron (no 3) n Cixous, Hélène = fun Entretien: Dora et Portrait du soleil.Madeleine Gagnon, Philippe Haeck et lay Patrick Straram le Bison ravi parlent avec Hélène Cixous (no 2) ny Clari, Jean-Claude : la Un modèle d\u2019écriture (no 6/7).| à da Des Roches, Roger me (entre autres) comment mes textes m'écrivent (no 6 / 7) Dort; Bernard 7 by Entretien: sur le travail théâtral.Thérèse Arbic et Robert Chartrand [ parlent avec Bernard Dort (no 4) .: Dumouchel, Thérèse B iy A Germain - entre la dépense improductive et le fascisme: Le pére Noél (ng He 1) Ms 92. tri jf = Les potins à Péladeau et cie (no 2) \u201cFaut marier ti-Pierre ou\u2026.comment amuser mouman\u201d (no 3) Le marketing innocent (nos 4 et 5) Ethier, Diane Le rapport Nadeau ou le programme \u201cde crise\u201d du Ministère de l\u2019Education du Québec (no 8 / 9) Gagné, Sylvie \\ Découpage d'enseignement pour une histoire sans parole.(no 8/9) Gagnon, Madeleine \u201cEssayer de saisir cet instant entre raison et folie, cette lutte, moment \u201c décisif.\u201d (Emma Santos) (no 1) Les Communistes américains et la lutte des femmes (no 2) Les ratés du système: l'asile, la prison (no 3 et 4) L\u2019Avortement: encore une affaire de classes (no 5) Le journal Asteur: un exemple d'écriture militante (no \u20ac / 7) Pourquoi, comment, pour qui écrire?(no 6 / 7) Notes critiques sur \u201cLe drame de l\u2019enseignement du français\u201d (no 8 / 9) Entre Folie et Vérité (no 10 à 12) Sur la langue (no 12) Garneau, Michel Une vingtaine de raisons d\u2019écrire entre autres\u2026(no 6 / 7) Gervais, André En ce métalangage que je risque (no 6 / 7) Grande Passe, La 5 Entretien: Un café différent.Jean-Marc Piotte, Patrick Straram le Bison ravi et Thérèse Arbic rencontrent des travailleurs de la Grande Passe (no 10) Haeck, Philippe Quel amour (no 1) La folie, la tristesse (no 2) La poésiè en 1974 (no 3) La tête me brûle (no À) Des contes pour qui?(no 6 / 7) Les yeux complémentaires (no 6 / 7) Les étudiants, la poésie (no 8 / 9) Des cours intéressants (no 10) Parler québécois et écrire en québécois (no 11) La collection \u201cParoles\u201d?(no 12) Hébert, Robert Qu'est-ce que discourir sur l'éducation?Introduction à la lecture du rapport Nadeau (no 12) Hénault, Gilles Entretien: 30 ans après Refus global.Philippe Haeck, Jean-Marc Piotte et Patrick Straram le Bison ravi parlent avec Gilles Hénault (no 1) 93.Mes re ces re a n «ulin. Jacques, Réjean Du coke, de la bière et du poulet frit à la Kentucky (no 6 / T) Format 60: recoller l\u2019histoire (no 8 / 9) Les communications, l\u2019enseignement (no 10) Un récit de presse, la démission de Jérôme Choquette (no 11) Kojak, une émission inoffensive?(no 12) Ménard, Philippe \u201c Musique d\u2019écoles et lutte de classes (no 8 / 9) + I Pichette, Michel _ - L'éducation permanente ou l\u2019école à perpétuité (no 8/9) Piotte, Jean-Marc \u2014_ Sept-Iles du ghetto amérindien à l'invasion capitaliste (no 1) Lutte de classes et question nationale (no 2) Vivre à savoir sa mort + Marx et Freud (no 3) .Le marxisme et la question nationale (no 4) Deux notes sur la langue (no 5) U.R.S.S.et Chine: deux voies économiques (no 5) La pensée de Mao Tsé-toung n\u2019est pas stalinienne (no 67 D Moscou et Pékin (no 8 / 9) Un salon littéraire (no 10) - _\u2014 Pourquoi la Commission Cliche?.(no 11) Pour qui la Commission Cliche?(no 12) Roy, André Fragments, versions (no 6/ 7 Saint-Pierre, Céline un peuple.\u201d (no 1) Le chronomètre d\u2019une main, le coeur de l\u2019autre (no 2) Sécurité sociale ou sécurisation politique (no 3) Ce qu'il faut lire.dañs les livres d'école (no 4) Ces écoles qui sont des parkings (no 5) : Les sciences humaines, servantes du pouvoir ou de la population (no 6 / 7 Recherches sur le mouvement ouvrier au Québec (no 10) Samson, Jacques Guide des films anti-impérialistes (no 12) Samson, Jean-Marc | - L'éducation sexuelle à l\u2019école; une stricte nécessité (no 8 /.9) Savary, Claire __ Lacan (no 6 / 7) 94._ MERCI \u201cSubdiviser l\u2019homme, ¢ \u2018est l\u2019exécuter; subdiviser le travail, c\u2019est assassinerk Notes critiques sur \u201cLe drame de l\u2019enseignement du français\u201d (no 8 / 9 Du rapport Nadeau à l\u2019injonction du Recteur Lacoste (no 12) -À Quand Lacan manque la femme ou du manque de l\u2019écriture féniiñine che Straram le Bison ravi, Patrick Le cinéma, bien, mais plus que le cinéma (nos 1 à 7, 10 à 12) Un écrire.critique, une érotique / politique (no 6 / 7) Chez vous, ça va?Keep cool (no 11) Tarrab, Gilbert Pour une analyse institutionnelle du milieu hospitalier (8 / 9) Théâtre Euh! Entretien: Un théâtre de guérilla dans les rues de Québec.Thérèse Arbic, Léandre Bergeron et Céline Saint-Pierre parlent avec le groupe du Théâtre Euh! (no 5) Théorêt, France Au retour du refoulé, la fiction (no 6 / 7) Tremblay, Monique Le piège de la connaissance du passé (nol) Iannis Xénakis (no2) Luc Ferrari (no3) .Une critique des conservatoires et un aperçu de leurs problèmes (no5) Vacher, Laurent-Michel Des goûts et des classes (nol) Art populaire, art de lutte (no2) Modernisme, Histoire, Images (no3) Histoire d\u2019une lutte (no4) Une conjoncture et quelques artistes (no5) \u2018ère de l\u2019avant-gardisme (no 6 / 7) Remarques (no 8 / 9) Magie du verbe ou politique de la langue?(no 10) Mésaventures du réalisme (no 10) Une rue pas comme les autres?(no 11) De gauche à droite (no 12) Vaillancourt, Armand , Entretien.Céline St-Pierre parle avec Armand Vaillancourt, sculpteur (no 11) EEE EE Cac i ao EERIE Tous les numéros antérieurs sont disponibles.Ecrire à Chroniques C.P.747, | Succ.N, Montréal.- \u2019 ce ; formule d'abonnement | NOM.sans a sas su ms sereesee tenace sets ; f Xo (TTT TR aa anne nana nes e neuves RE tél: | |; A partir du numéro.: Date.SHGNAIUIE.eevee erie eee eee eee eee i \u2014.J | Abonnement d\u2019un an (douze numéros) | \u2018individu, $20.00; institution, $25.00; abonnement de soutien, $40.00 et plus.Veuillez expédier votre chèque ou mandat à l\u2019ordre de: CHRONIQ ES, case postale 747, succursale \u201cN\u201d\u2019, Montréal, Qué.- 96. ones LL EH ee pers TR TET ERO \\ pr EE PE __ _ té RECU LE g tan 1976 à BIBLIOTHÈQUE NATIONALE BU QUEBEC Sans nier que le problème fondamental pour tous les marxistes au Québec soit celui deg la liaison avec la classe ouvrière, Chroni-, ques tente de faire un travail nécessaire parmi les intellectuels et les travailleurs culturels, afin de développer chez eux une conscience de classe qui allie la défense de, leurs intérêts à ceux, prioritaires, de la] classe ouvrière pour une nécessaire trans-) formation révolutionnaire de la société."]
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